Radiomonde, 24 octobre 1942, samedi 24 octobre 1942
Un Canadien français devient directeur musical de tout le réseau de Radio-Canada (V»M PAO: 7) T^OoiLl£ OU ¦ ¦'¦¦¦ ; ¦ MP! • ••• • •: •• ' i*iio ro : STirmo desauteui vol.n Mo 45 MONTREAL* 24 OCTOBRE 19» On prépare une autre « Histoire d’Amour » à CKAC * îndiscrélfom Youvreuse Le “stunt” de la semaine a ete fait par les ingénieurs de P»adio-Canada.Une émission simultanée Québec-Montréal.Durant cette émission Victor Francen s'est fait entendre de Québec et a dit l’un des plus émouvants poèmes de Richepin, “La Glue”.* * * L'autre "stunt” (pour parler français) a été accompli par les membres du comité pour l'Emprunt de la Victoire.D’intelligentes devises ont été imprimées sur les trottoirs en lettres blanches et rouges.Voilà de la propagande intelligente et bien faite! * ¥ ¥ Elle vaut mieux, assurément que celle de propagandistes officiels qui, une fois leur tâche terminée, vont déblatérer dans les cafés, entre eux, en se disant: "Elle est bien bonne!” * * ¥ A force de répéter le "Miracle de Théophile”, les interprètes de cette pièce médiévale ne parlent plus qu'en “vieux français".Jacques Auger a été admirable de sincérité.Et le réalisateur Paul Dupu.mérite des éloges pour son courage indomptable.* * * Qui n’aime pas Charles Péguy?Mais pour célébrer les néros de Dieppe, est-ce qu'une bonne vieille pièce de poésie “canayenne-fran-çaise” ne serait pas de mise, dite par un bon viei lartiste “canayen-français" ?La France vivra! nous dit M.Devglun.¥ ¥ ¥ Pour le moment, elle vit en maudit sur les bords du Saint-Laurent .* * ¥ Vera Korène a obtenu un triomphe dans la "Dame aux Camélias '.Cett beonne vieille dame, tout de Salle à maiiKcr: l’I.atenu 0701 Cuisine: HArbaw 0746 "Le rendez-vous des artistes* RESTAURANT FRANÇAIS Citez Stien Cuisine française - Tables d'hôtes • Tables séparées Salons privés.Bières et vins de choix at ns* que fines liqueurs.505 est, Dorchester, Montréal (coin llerrl) même! C'est encore elle qui fait recette .* * * Le grand comédien Victor Francen a été applaudi à Québec dans “Cyrano".Il y avait du monde debout, et jusque dans la fosse de l’orchestre.Après s'être imposé les fatigues de deux semaines de répétitions, Victor Francen a dû affronter le feu des micros.Géré par une affection de la gorge, il n'a pu claironner les vers de Rostand.mais il les a nuancés, ce qui est beaucoup mieux.* * * L’homme du jour, c'est Bouffard.Depuis la maladie de "papa" Go-deau, c’est lui qui doit assumer seul la direction de la scène, au Saint-Denis.Emile est un travailleur et un consciencieux.Bravo, Emile! ¥ ¥ ¥ On a attribué à Véra Korène une partie de la mise en 6cène de "La Dame aux Camélias".La brillante sociétaire de la Comédie-Française s’est en effet dépensée sans compter pour assurer le succès des représentations.Elle rêve maintenant d’être accessoristc.* ¥ ¥ Un jeune qui promet, c'est Jean Duceppe.Après de* débuts modestes, il a fini par trouver un rôle.Et comme il est travailleur, ardent et dévoué, il fera sûrement son chemin.¥ ¥ * Et que pensez-vous de la charmante Huguette Oligny?Elle fut remarquée dans “Les Jours Heureux” et son instinct du théâtre la poussa vers le théâtre Arcade où elle trouva un joli rôle.* ¥ ¥ * Quel eet le comble de la bonne humeur?Recevoir la convocation d'un réalisateur.Lire le rôle.L'accepter.Faire la première répétition.Vous faire dire par le même réalisateur que vous êtes excellent.Et recevoir un appel téléphonique pour vous apprendre que vous ne jouez pas! ¥ ¥ ¥ Amabilités.— Monsieur, vous n’étes qu'un amateur! L'artiste, ainsi apostrophié répondit au directeur: — Et vous, monsieur, quand j’étais dans les langes, vous n’étiez .vous n’étiez qu’un apprenti-bébé! Oh! qu’en choses jolies ces i choses-là sont mises! L'artiste de cinéma Veronika Lake offre cinq millions pour une de ses tresses blonde*, et ceci en vue de promouvoir l’achat ou la vente d’obligations de la Victoire.Combien pour la moustache de Clark Gable?les grains de beauté de Mae West, et les poils follets de Rita Hayworth?¥ ¥ ¥ Il y a beaucoup de commandos dans l'air.Serait-ce une nouvelle' invasion dans le domaine de la radio ou un second front commun?¥ ¥ ¥ Madame e*t l’épouse d’un acteur très en demande.Elle i’atter.d d’une émission à l’autre et le "chèque” à la seconde.L’acteur arrive avec deux minutes de retard.— Avec qui étais-tu?demande l’épouse courroucée.— Avec .avec moi-même! répond l’autre interloqué.— C'est ça, dit la femme soup- Voici une photo prise sur le vif pendant une récente rép.,o,i du populaire programme “Histoires d’amour”.On voit ici les interprètes et le réalisateur en train de mettre au point quelques détails de l'émission.De g.à d., Mme Jeanne FREY, Gaston D AU RI AC, Renée COUTLF.E, Louis BELANGER l'annonceur du programme, et Bernard GOULET, le réalisateur.çonneuse, tu vas encore t'abimer la santé .¥ ¥ ¥ Deux débutantes (de la radio) échangent leurs opinions: — Pour mol, dit l’une, le meilleur moyen de réussir est de plaire au réalisateur.— Tu te trompes, dit l'autre, le meilleur moyen c’est de plaire à sa femme ! ¥ ¥ ¥ Un certain critique ayant écrit qu' Mlle Z.n’avait qu’un “petit peu de talent”, la jeune donzelle l’alla voir: — Comment osez-vous écrire ur.e chose pareille, dit-elle en poussant des cris de pervenche.Et le critique de lui répondre: — Mademoiselle, si c’est pour la répétition générale, c’eet demain soir à minuit! ¥ ¥ ¥ Pensée juteuse.— La pomme rst un fruit.L’amande est une noix.Mais le type qui m’a promis d’être au poste, hier soir, n’est qu’un vieux citron! .L’OUVREUSE Ktf?6 A.v.Spécialité: Manteaux 1294 rue Beaubien E.(prés Chambord) DO.4706 RESTEZ JEUNES cheveux Manes 'Vieillesse.ÜA cheveux noirs =jeunesse • •• Ne gardez pas vos cheveux gris Dan* tou* le* Salon* de Coiffure, et si voue voulez le faire vous-même, chez tou* le* Pharmacien*, vou* trouverez le fameux colorant uDo*ol” qui, en 1 > minute*, fera disparaître tou* vos cheveux blancs! 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A La contradiction dans les nouvelles est le fait d’un hebdomadaire qui nous annonce, à la page 54 que les clubs Canadien et Boston n’iront pas en Californie, dors qu’à la page suivante l’on nous donne tous les détails de ce départ qui se fera.Iront-ils?That is the question.0 Les "variétés” fleurissent toujours et prospèrent de façon étonnante.Mais que dire de ce spectacle, en temps de guerre, où l’on nous glorifie les splendeurs de Vienne avec "de riches costumes autrichiens”?Voilà qui ferait un petit veiours à Hitler .A Nos ballerines montréalaises vivent dans un anonymat charmant.Elles sont "adorables’, "rocket-tes ”, “poupées françaises”, etc .Mais le comble du surnom est encore les “américainettes”.Nous aurons probablement les “montréalettes , les “canadi.mettes” et les “mm-trompettes .0 Si Hitler a ses divisions “panzers”, nous avons, nous, des divisions parmi nos "panzers !.1 0 La prochaine pièce à costume verra François Rozet à la porte d’un établissement de la rue Notre-Dame, avant le lever du soleil! £ Ah! quLdira le charme de cette blonde artiste pour les beaux yeux de qui tant d’hommes sont éprisJ (c’est en vers, mais ça ne coûte pas plus cher!).% Monsieur, dit un certain directeur, vous ne savez pas vous coiffer! Oh! si, répliqua l’autre, je sais très bien.Seulement je suis moins peigne que vous! ! % Les artistes sont atteints par les taxes et 1 impôt.Une charmante comédienne qui végétait depuis le départ d’une personne très chère, murmura au retour de l'infidèle: Maintenant, me faudra-t-il payer 1 impôt sur le revenu?LES TROIS X Avez-vous lu le troisième numéro de CINÉ MON DE?C’EST LA VIE Quand vous commençâtes A lire ceci, Vous crûtes vraiment Que c’était un poème ! Maintenant, Avouez-le.Vous vous êtes Trompés ! C’est bizarre, Tout de même, Comme les gens Continuent De lire une chose, Quand ils savent Malgré tout • Qu’on les trompe Honteusement ! A la manière de “'Whiz Bang” Marcel BAULU !ItS-L" k* 1 * - I I tu^ \ -ZZ l ~ hSrtclorîS' OMliR RENAUD, au service de Radio-Canada depuis 1937.— D’abord comme simple annonceur, puis annonceur en chef en 1939, gérant ill's postes de Radio-Canada, à Montréal, en 1911, à qui l’on vient de eonfier les responsabilités de l’administration générale des Postes CBF, CBM, CBV et CBJ.Orner Renaud est un jeune qui a fait ses preuves et nous lui souhaitons le meilleur succès possible dans ses nouvelles fonctions.Ib^o C.|J Ij/VItSALütl Su*J - LiLHT O I- f 'Ma femme raffole tel le nu-ni de Ions les skelehes radiophoniques quelle n épargne rien ftour encourager les commanditaires." I PAGE 3 r r 3>.JRu~bl»M ri eSt Chronique Musicale pur Eugène Lapierre D.M.La guerre et les chorales d'église La guerre a eu des conséquences inattendues, aux Etats-Unis comme au Canada, sur la tenue musicale des cérémonies religieuses.En certaines paroisses, chez nos voisins, il n’y a plus que des choeurs féminins à assurer le service du chant et de la musique.Le recrutement des chorales d’hommes est devenu presqu’impossible, de même que le maintien des effectifs engagés, cela à cause de l’enrôlement obligatoire et du travail intensifié des usines.Les maisons d’éditions, qui sont bien au courant, il va sans dire, de la situation, écrivent aux compositeurs pour leur demander des motets, des messes ou des Requiem à deux voix égales seulement.Il paraît que c’est la seule musique d’église qui se vende présentement.Cela réserve des surprises.Il n’est pas facile de bien composer à deux parties surtout quand il faut donner l’illusion qu’il y en a davantage! La difficulté est alors en raison inverse des voix.Les messes à l’unisson sont des messes "tours de force”; il n’y a que les très grands musiciens qui les réussissent.Pareillement, dans le domaine instrumental, il n’v a que très peu de compositions pour un instrument seul (hors clavier).Il a fallu un Jean Sébastien Bach pour en réussir qui soient de purs chef-d’oeuvre.Chez nous, dans nos églises de la métropole en particulier, la même pénurie de choristes se retrace.Ce sont les mêmes causes qui agissent: service militaire et travail d’usine.La répétition traditionnelle du mercredi soir ou du vendredi soir, tend à disparaître pour être remplacée par une répétition à 9.30 hrs du matin, le dimanche même.Il y aurait à cela, à coup sûr, au moins l’avantage que les programmes dominicaux seront plus immédiatement préparés.Par contre, il faudra redouter que les présences soient moins nombreuses, à cause des habitudes acquises et du repos matinal nécessaire à des musiciens tenus à du travail inaccoutumé.Il nous semble, en conséquence, que la musique aux églises va connaître une période de transition: il faudra s’en tenir, qu’on le veuille ou non, a une espèce de "modus vivendi” que seuls la sagesse et le doigté des maîtres "nadiomondc" est édité par les Publications Radio Limitée, 1434 «n> st.Sainte - Catherine, 1’Late au 41S6*.et imprimé par la Cie de Publications la ’Tair c ’.Le PARNASSE MUSICAL LACHUTE, QUE.Edition Canadienne de Musique Demandes notre catalnjue.de chapelle pourront rendre satisfaisant.Pour ce qui est des répertoires, la difficulté d’approvisionnement s’est encore accrue, ce qui n’est pas peu dire.La Messe de Minuit, cette année, va en souffrir, soit dit sans pessimisme exagéré.Nous avons été déjà, pour notre part, le confident de plus d’un maître de chapelle aux aboiL On ne trouve plus rien aux comptoirs.Les vieux auteurs ne sont plus à la page.On hésite à exhumer de leur défaveur les vieilles messes “clinquant” d’il y a cinquante ans! Alors qu’on a mis tant de temps à les abandonner, on s'aperçoit aujourd’hui que le goût a changé et que tout ce répertoire contient plus de papier que de splendeurs! Il est incontestable que la mystique à l’église a fait du progrès depuis les dernières décades: il est au moins indiqué de la souligner dans un article comme celui-ci.A la Radio, les programmes de Noël vont bientôt être mis en répétition.On se trouvera en face du même état de choses.Les éditions sont rares et les arrangements périlleux.On nous servira peut-être, à cause de cela, des nouveautés qu’une situation ntrna’.e ne nous aurait jamais valu d'entendre.Souhaitons du moins qu’il en soit ainsi.La guerre a quelquefois des effets salutaires.dans tou sles domaines, le domaine musical en particulier.4P » * Pour ceux qui ne croiraient pas facilement que la guerre a son bon côté dans le domaine musical et artistique, il faut citer ce fait constant qu'après chacun des grands conflits, les arts connaissent des époques de prospérité et d’essor qui sont très faciles à observer.Après de longues périodes de pai, — ou même des périodes relativement courtes — les esprits, hélas! deviennent blasés, fatigués, exaspérés, énervés de confort et de fantaisie.La guerre est peut-être faite pour ramener l’ordre et la frugalité dans les esprits comme dans les habitudes de vie.L’humanité se détruirait tout autant dans une paix perpétuelle que dans la plus affreuse des tueries momentanées.De même les arts, et la Musique parmi ces arts, trouvent-ils dans les malheurs de la guerre le principe de leurs réhabilitation, le correctif à leurs dévergondages.Il est à prédire que l’on va nous débarrasser pour un temps, après cette seconde grande gueire, de toutes les extravagances musicales et de tous les accords hurlants dont une sensibilité émoussée avait besoin pour vibrer.La musique des églises en profitera puisque c’est de ces genres raisonnables et plus stables que les répertoires de chorales religieuse ssc constituent Eugène LAPIERRE, docteur en musique.RADIOMONDE compte au nombre de ses lecteurs des professionnels du théâtre et de la musique, des critiques musicaux avertis.Quelques-uns pensent même à décerner des louanges à quelques-uns de ses collaborateurs.Frédéric Pelletier, dans sa Vie Musicale du 3 octobre, écrivait que “Radiomonde est un journal pour lequel j’ai beaucoup d’estime, même si cela lui est égal (mais, non, Monsieur), et son collaborateur .M.Pelletier me pardonnera de ne point donner sa phrase au complet.Mais je puis ajouter que le 10 octobre, M.Frédéric Pelletier a parlé de nouveau de Radiomonde dans les termes suivants que je puis donner ceux-là textuellement: Un texte “Je recommande à tous les lecteurs de la Vie Musicale l'article, dans Radiomonde du 10 octobre, de M.Eugène Lapierre, intitulé “L’imprésario”.Ceux qui ne l'ont pas lu feront bien de se procurer ce numéro du journal.M.Lapierre étudie en profondeur et en surface l'homme qui fait son affaire — et ses affaires — de la présentation des artistes de la musique au public des concerts, celui de New-York, comme celui de Montréal et son analyse est aiguë et complète, tous les mots et tous les faits portent.Que les impresarios de chez nous se consolent, M.Lapierre ne les visent qu'en autant qu'ils ont péché et tant pis pour ceux qui le font.Les remarques du chroniqueur musical de Radiomonde sont générales et c’est à chacun à faire son examen de conscience particulier et à dire son mea culpa, s’il y a lieu.” CHARLES GOULET dans le rôle du général Boum qu'il chantera dans l’opérette “LA GRANDE DUCHESSE”, qui donneront les Variétés Lyriques les 5, 7, 8 et 10 novembre prochains, au Monument National.Variétés Lyriques Monument National NOVEMBRE 5 - 7 - 8 - 10 GRANDE DUCHESSE Musique d'Offenhach avec CARO I.A MOL R EUX Pierrette ALARIE — Lionel DAUNAIS — Charles GOULET Henri POITRAS — Roland CREPEAU — Rosaire PHARAND Prix des places: 1.65 - 1.35 - 1.20 - JM! (Taxe incluse) Tél.PLateau 9161 • * ¦ ¦ ¦'< f V* O&i ; • - • • • W ' *> ¦' - J’*" / ^ ¦ A*1 ; W .T.-C.AUBRY, seo.-trés.J.-I.CADIEUX, président iflOO AVENUE MONT-ROYAL EST 1470 COTE SUD 24 OCT.1942 Radiomondc #¦ TAGE 5 La propagande erre en sa façon d’encourager les nôtres au combat ! Ce n’eit pas par des programmes bâtis sur les deuils passés que l’on soulèvera l’enthousiasme de la victoire chez les nôtres.Que l’on donne aux Canadiens français des émissions pleines d’élan.Et aussi qu’on laisse aux nôtres le soin de nous dire notre devoir.Dimanche à la fin du jour, tous les postes de la province émettaient de l'Auditorium du Plateau, un programme d'envergure dont les fins étaient doubles: rendre un nouvel hommage aux héros de Dieppe et créer de l’enthousiasme au sein du public pour le Troisième emprunt de la victoire.Les auditeurs sont encore sous l'impression profonde que laissèrent les paroles des divers narrateurs et des vétérans qui s'illustrèrent à cette mémorable attaque de la côte normande.Il y vibrait une émotion sincère que n'aurait pu créer la meilleure évocation littéraire.Les faits qu’on rapportait, les accents de nos valeureux défenseurs, mieux que n’importe quelle dramatisation, provoquaient, dans les coeurs, un sentiment de sympathie en même temps que d'orgueil envers les nôtres.Voilà ce qui est pour la portée première de l’émission.* H- * Passons à la seconde.On peut se demander si le Comité de l'Emprunt de la Victoire ou ceux qui préparèrent ce programme ont atteint leur deuxième but, c'est-à-dire s'ils sont parvenus à allumer dans l’auditoire un enthousiasme vibrant, une volonté de contribuer par leur argent au splendide effort de nos soldats, bref s’ils ont réussi à soulever, chez le radiophile, cette résolution brûlante de servir jusqu'au bout?Permettez que je doute.Je n’en-trstiens aucune restriction mentale quant à la bonne volonté des promoteurs du programme.Mais je crois, qu’avec la meilleure intention du monde, par l'architecture même de l'émission, textes et évocations lyriques, ils ont passé bien loin de leur objectif.* * * Créer de l’enthousiasme chez quelqu'un, c’est exacerber sa volonté d’agir en lui montrant qu’il prend part à une action présente, qu'il doit être fier de son rôle et qu’il ne peut s’abstenir de 1C jouer.En ce qui nous intéresse, c’est créer une fierté nationale qui dirige vers le soulèvement patriotique de toute la nation, mais une fierté agissante et non rétrospective.A quoi tendait, le programme de dimanche soir, si ce n'est à une sensation de deuil, à une pensée morbide de désespérance et — si cela était le but que l’on recherchait — à une pensée de revanche.De tout ce “trois quarts d’heure”, il ne restait qu’une mélancolie profonde sinon un abattement singulièrement improductif.Ce furent des appels de clairons, des constatations sur les pertes de nos armées, des gémonies sur l’histoire d'hier.Sommes-nous si entachés de cette maladie chronique de regarder en arrière plutôt que vivre le jourd’hui et préparer le demain, que lorsqu’il s’agit de préparer un programme pour l’avenir, il faille pleurer sur ce qui ne peut plus être?* * * Si je me souviens bien de mon histoire, nul peuple vainqueur n’a préparé ses victoires par des larmes et des retours sur "commont-je-souffre”.C’a été par des chansons de route que Napoléon enflammait ses troupes.Ça été par des refrains glorieux, par une attitude d’optimisme, que nous avons gagné la guerre de ’14.Ma mère me disait, un jour, qu'elle sc souvenait du fait qu’à la première guerre, une fanfare martiale paradant dans les rues entraînait la jeunesse à »e joindre aux rangs.Ce que les hommes de bonne volonté désirent ce sont des messages d’espérance et non des gémonies de Vendredi-Saint ou de Jour des Morts?* * * Non seulement là, c’est-à-dire au programme de dimanche soir, mais généralement dans sa propagande, la radio erre.Combien de sketches par semaine qui ne nous parient que des souffrances de gens, des misères des combattants, des hor-Heurs de la guerre aux fins de susciter chez les gens un mouvement de haine et une demande de représailles.C’est, je le soumets, partir d’un point négatif pour obtenir un résultat positif.L’individu est tel qu’il s’apitoiera jusqu’aux larmes sur la souffrance des autres, parce qu'il se sentira bon de s'apitoyer.Il ne risquera pas sa quiétude pourtant s’il lui faut se mettre en danger personnellement pour sauver le prochain.Mais que l’on donne à ce même individu, un profit à se précipiter au secours de l’autre, quelque chose à gagner, et il ne ménagera plus sa fatigue.II en est ainsi de la guerre.* * * Tant que Radio-Canada et les autres postes permettront cette politique de propagande négative appuyée sur les malheurs des autres, Us accompliront bien peu de chemin dans la réalisation de leurs honorables desseins.Mais qu'ils fassent voir au Canadien, que son armée peut vaincre, que lui sera le maître de ses destinées s’il se jette dans la mêlée, qu'il a un profit personnel, autre que celui de changer de servitude et de maître, il sera au premier rang comme ses traditions le destinent à l'être.Et là, on aura accompli quelque chose de positif.* * * Et qu'on procède avec tact ! La semaine dernière, pour illustrer la gloire des nôtres de Dieppe, tous ces gens à noms français, pour inciter les Canadiens français à verser leurs sous à l’Emprunt de la victoire, les promoteurs ont jugé bon de retenir les services rémunérés de Mme Ludmilla Pitoëff.Je ne veux pas discuter le talent dramatique de cette artiste russe, d’adoption française quoique je n’aie jamais lu dans aucun cours d’art dramatique que la palinodie, adaptée en système, soit un substitut à l’interprétation rationnelle d’un texte.Je ne suis pas de ces Canadiens qui s’en laissent imposer par une “réputation”.Puisque la nature a voulu donner à l’être humain une capacité de critique, celui-ci a droit de rejeter la rumeur publicitaire qui entoure n’importe quelle vedette et demander à celle-ci de lui prouver son mérite avant de l'accepter en toute confiance Jusqu'à présent, Mme Pitoëff que j’ai vue et entendue dans “Le procès de Jeanne d'Arc” et à Saint-Laurent, m'est apparue strictement sous le jour d’une bonne artiste de cantilène.Et la cantilènc n’a rien à faire avec la guerre! * * » Ne savais-je qu’une certaine chapelle existe pour qui l’étranger est l'enfant prodigue en faveur duquel il faille tuer le veau gras à la plus grande privation des fils du pays que je ne comprendrais pas pourquoi on a demandé à une étrangère de conseiller aux nôtres de sortir leurs sous, comme d’ailleurs, je ne Tous les postes de radio du Canada ont transmis, jeudi soir, la fête organisée au parc Lafontaine à Montréal en l'honneur des décorés de Dieppe.A midi et demi, le même jour, le lieutenant-colonel DOLLARI) MENARD, commandant dea Fusiliers Mont - Royal, le major ARMAND S.ABOUR1N, aumônier du régiment et le sergent-major LEVESQUE ont donné de* intervious à la radio.On voit Ici M.ROGER BAULU, chef des annonceurs de Radio-Canada à Montréal s’entretenant avec le lieutenant-colonel Ménard et le major abbé Sabourln en vue des intervious radiophoniques.Ce» intervious ont été enregistrés sur disques et ensuite radiodiffusés.saisis pas très bien pourquoi CBF dont; bien mieux aimé entendre fice.a retenu les services de cette même un gars de chez nous ou une femme Mais que dire?On prépare une actrice pour diriger le Théâtre de chez nous prononçant ces mots messe des morts pour nous exciter Classique qui va chez nos maisons avec un accent de chez nous, lors- à être vivants.Le reste n'import» d’éducation.qu’il s’agissait de soulever chez les peu.Mais je m'égare.J’aurais, cepen- miens du zèle et du désir de saeri- René-O.BOIVIN FAITES QUE CE SOIT UN HIVER CHAUD ET CONFORTABLE Pour porter avec une jupe, un costume ou sous un manteau, voici quelques chandails d’une collection complète des derniers styles les plus en vogue [$3.49 à $6.95].Choisissez à votre aise. ) nond nenhe* la “Mélodie de* Anien" .V- - ; &¦¦nioiileK, s KI.El Ks ICI La Patrie il curiste HW r.M ^«-Catherin» *jvrai *
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