Radiomonde et télémonde, 11 octobre 1952, samedi 11 octobre 1952
Jean COUTU EST (QUASI) DECOURAGE: IL ABSOLUMENT A S* w m ! ¦ ¦ adiomonde Vol.XIV — No 45 MONTREAL, 11 OCTOBRE 1952 10 CENTS Toujours dans le cadre des célébrations du 30e anniversaire à CKAC, cette pboto fut prise lors de la proclamation, du gagnant >^v miSmÊÊ “LES MEMOIRES DU Dr LAMBERT” “VOGUONS VERS L’HORIZON” SUR LES ONDES! (voir pages 3 et 7) JEAN COUTU.aver-vous $4,000.00 7.Bral Nous présentons à nos lecteurs.Mademoiselle Danièle Bourassa, fille du Lieutenant Colonel Yves Bourassa et de Madame Nicole Germain, artiste bien connue.La mignonne poupée repose bien sagement dans les bras de sa maman et a consenti à ouvrir les yeux, juste le tempe qu'il fallait pour être photographiée par le photographe de Radio- monde”. f\T» • “le seul périodique exclusivement consacré à la radio et à ses artistes” Rédaction et administration: 211, Gordon Verdun — PO: 6-3569 MEMBRE DE L 10c le numéro $3.50 par année ''Autorisé comme enrol postal de la deuxième classe pai le Ministère des Postes.Ottawa.Merci, Monsieur le Ministre! AUX ambitions des jeunes artistes doués d'un talent naturel, qulls ont développé à leurs frais par du travail et des cours pratkrues et qui désirent, sans en avoir les moyens pécuniaires, l’affiner au contact des grands maîtres européens, le Ministère du Bien-Etre et de la Jeunesse est une source d'espoir et d’optimisme.Les bourses, qu il octr^ aux méritants, leur permettent leurs recherches de perfection dans les grandes capitales du monde.Le monde des comédiens, chanteurs et musiciens ne peut que se réjouir de la générosité dont U a été l'objet de la part de l'honorable Paul Sauvé; le ministre lui a réservé plus de 24 bourses dont voici la liste officieuse : (première fois) Robert Gàdouas, Hélène Loiselle, Madeleine Langlois, Lionel Villeneuve, Anne-Marie Hammond (Hull), comédiens; Gilles Lamontagne, baryton.Constance Lambert, soprano, Robert Savoie, basse, Thérèse Laporte, soprano, Marguerite Paquet, mezzo (Québec); Gilles Breton, pianiste; (deuxième fois); Colette Mérola, mezzo, André Turp, ténor, Michèle Bonhomme, soprano, Abramo Car-fagnini, ténor, Claire Dorval, pianiste, Hughette Séguin, pianiste, Clermont Pépin, compositeur, Claire Duchesneau, pianiste; (troisième fois) ; Yoland Guérard, basse, Richard Verreault, ténor, (Québec) ; Marthe Létourneau, soprano, Lucienne Letondal, comédienne (attachée a la Comédie Française), Margaret Mercer, danseuse (Sadler WeWs) et — qui sait — peut-être d’autres.C’est un beau tableau qu’il convient d’admirer et qui honore les gouvernants de la Province.Bientôt l’honorable monsieur Sauvé, dans une conférence de presse, donnera la nomenclature des boursiers de ces quatre dernières années.Le public constatera que, de plus en plus, son ministère s’intéresse au développement artistique des nôtres.Et le monde des artistes — pour qui la politique, en général, est un problème assez mystérieux — ne peut qu’être ravi des attentions qui lui sont manifestées en haut lieu.RADIOMONDE — si lié qu’il est & la vie de ce monde des artistes — trouve en ces propos une raison de se réjouir et d’applaudir.Plus le nombre des favorisés grandira, plus nos espérances de voir progresser parmi nous les arts dramatiques, musicaux, lyriques et chorégraphiques seront près d’être réalisées.OUt: CROYCîîO nous faire l’interprète de tous les Intéressés aussi bien du public, aux quel les boursiers apporteront plus tard le fruit de leurs études sérieuses, en disant : merci, monsieur le ministre.René-O.BOIVLV V o h * Vous seriez mieux d attendre que le trentième anniversaire de CKAC soit terminé pour revenir me voir.Alphonse ».N l-'Votis souvenez - vous^lililll DANS RADIOMONDE LE régiment de Chôteouguay organise une magnifique “Soirée du Soldat”, au Forum.La troupe des Ballets russes de Monte-Carlo, les Cosaques du Don, Grace Moore du Metropolitan Opera, Claire Gagnier, Marcelle Manetta, Simone Quesnel, Marielle Lefebvre, Lucille Dumont, Jacqueline Bernard, Francine, Paul-Emile Corbeil, Jean Lalonde, le choeur Lavallée-Smith, Nazaire et Barnabé et autres sont à l’affiche.Prix des billets: $1.00, S 1.25, $1.50, $1.75, $2.00 et $2.50.{On croirait rêver eri lisant ces chiffres de nos jours pour pareil spectacle.Et il n’y avait pas de taxe à payer.) L’OUVREUSE rapporte: “L’élégante femme de notre Secrétaire provincial, Mme Perrier, a fondé: “Les amis de l'Art’'."Un jeune comédien de talent, Roger Gare eau veut fonder : “La maison du théâtre”.Il se propose de trouver des commanditaires.Cette “maison du théâtre” aura six étages dont un sous-sol.” (Les commanditaires furent introuvables et Roger Garceau médita sur cet à-peu-près: ne pas monter six étages peut-être, mais tout seul!) JV4ARIAGE de Berthe Lavoie et de Léopold Fortin en to chapelle fri du Sacré-Coeur de l’église Notre-Dame, dans îa plus stricte intimité.(L'intimité commençait à neuf heures, ce matin du 8 octobre).Jeanne Maubourg annonce Couverture de son studio: “la Bergerie artistique”.(Non, madame Maubourg ne se lançait pas dans l'élevage du moutonl).Francois Bertrand se préparait à partir pour la B.B.C., Londres avec René Lecavalier et Alain Gravel.Marie-Thérèse Lenoir et Robert Claude (Laurent Jodoin) sont juges au concours: “Chansonnettes de chez nous” à CKAC.Radio-Canada annonce cinq programmes: "Frères d’équipage" (une demi-heure); chaque jours "La métairie Rancourt", "Le courrier du jour"."La France vivra”; trois fois La semaine: “la fiancée du Commondo” et “Pierre Guérin".(Tous sont disparus et on dira que rien ne change à ki radio.) l'ARCHIVISTE LES FETES du trentième anniversaire de naissance de CKAC et les rétrospectives, qu’elles ont suggérées à la direction de ce poste dans l’agencement des émissions spéciales, nous ont donné la curiosité de connaître un peu l’histoire de la Radio en général.Celle-ci a 34 ans d’existence à Montréal.Ce n’est pas très long mais qui se souvient de toutes les phases de son développement?Nous avons cherché une documentation auprès d’autorités (directeurs de postes, vétérans du métier et autres) et surtout auprès de Monsieur Léonard Spencer, ingénieur en chef du poste de « La Presse» depuis 1920.Ses souvenirs sont inépuisables.Il en tirera un opuscule (ou un livre) qu’il publiera à loisir; ce sera un document précieux pour les chercheurs futurs et les archives.LE PREMIER POSTE LE PREMIER poste commercial fut mis en ondes en 1918 par la Canadian Marconi Company.Son indicatif était XWA et son studio était dans l'ancienne manufacture de ses propriétaires, rue William, entre la brasserie Dow et la chocolaterie Lowney.XWA.à l’automne de 1921 devint CFCF et se logeo au dixième étage de l’édifice Canada Cernent.Au cours des années, CFCF passa de cet endroit à l’hôtel Mont-Royal, puis à l’édifice King’s Hall et enfin dans son immeuble de la Côte des Neiges.Son transmetteur est à Beaconsfield.DUPUIS FRERES 1922 marque l'ouverture de plusieurs postes dont CKAC.qui annonçait ses projets au printemps et donnait sa première émission en septembre.Au mois de mai, la maison Dupuis Frères publiait une annonce dans « La Presse » pour aviser sa clientèle de la création d’un département de service et de vente des appareils récepteurs ainsi que d’une station: CJBC Celle-ci diffusait chaque mercredi soir des émissions de disques et de variétés jouées par des artistes.Cependant la maison Dupuis Frères n’avait Eas de studios ni d’installations radiophoniques.In de ses employés, Monsieur J.-Elphège Dussault s’était construit un émetteur « amateur » dans sa demeure, rue Saint-André.Ses employeurs louèrent cette installation et c’est de là que provenaient les programmes.Le poste avait une puissance de 10 watts.Ses commanditaires abandonnèrent après un an — ou à peu près — d’opérations, jugeant que celles-ci coûtaient trop cher.Peut-être — eussent-ils persévéré — seraient-ils maintenant titulaires de 50.000 watts?Vers l’automne, la Northern Electric inaugurait CHYC dans ses usines de la rue Notre-Dame (ouest).Là, comme ailleurs, c’était surtout des disques et on pratiquait le bilinguisme.LE POSTE CNRM L INDICATIF CNRM était celui des Canadian National Railroads de Montréal dont les programmes étaient diffusés par CKAC.On trouverait maintenant bizarre qu un poste puisse changer ainsi de lettres d’appel.A l’époque, c’était pratique courante.Ainsi les Canadian National Railroads, après avoir obtenu permission d’Ottawa, achetaient une certaine période de temps à CKAC et substituaient leur propre identification à celle du vendeur.Il en aurait été de même si.par exemple, l’Im-perial Tobacco Company eût utilisé les studios de CFCF.Venant sur la longueur d’ondes de Marconi, on aurait dit: « ITCM ».Les autorités fédérales, en obligeant le commanditaire a donné ses propres initiales sur l’air, lui imposaient l’entière responsabilité de ses productions et protégeaient ainsi les postes émetteurs contre tout blâme.Maintenant ceux-ci — advenant une anicroche dans une émission commerciale — doivent en répondre.LES AUTRES POSTES CHYC et CNRM eurent une existence éphémère, deux ou trois ans à peine.En 1932 1» Commission Aird-Frigon ayant siégé, apparut le premier organisme d’Etat avec l’inauguration du poste CRCM (Canadian Radio Commission Montreal, je suppose) qui céda la place à Radio-Canada en 1936, au mois de novembre, avec l’ouverture de CBM qui utilisa l’émetteur du précédent à Marieville.Le poste français de la CBC, CBF ne devait prendre place à 1 horaire qu’en décembre 1937, avec antenne à Verchères.Janvier 1933, marqua la venue de CHLP, alors propriété du journal « La Patrie » qui n’appartenait pas encore à « La Presse », puis décembre 1945, celle de CJAD, propriété de J.-Arthur Dupont et enfin novembre 1946, celle de CKVL, Verdun, (Jack Tietolman).NOTE FINALE SAVAIT-ON que la Télévision vécut deux ans à Montréal entre 1932 et 19341 CKAC émettait des spectacles sous la direction de Léonard Spencer, à raison de 60 images à la seconde et de 30.L’image était en rouge et noir plutôt qu’en blanc et noir parce que •* lampe réceptrice était de néon.CKAC devrait *K*«ter à ses titres: pionnier de la TV.RAGE X RodioMoode Ml OCTOME 1952! La mer fera entendre sa voix.VOGUONS vers L’HORIZON! L« premier programme commanditée par la Marine depuis la guerre — à CKVL et les postes de la Radio Française du Québec MERCREDI, 15 OCTOBRE — 8 h.30 Depuis toujours et en tout temps, pale vedette sera celle qui doit faire la marine est celle qu'on a dénommée, à juste titre, le “silent service".C’est, parmi nos forces armées, l’arme muette, dans la mesure où U s’agit de chanter elle-même ses exploits.Fiers de leur dévouement fidèle à leur devoir, les gens de mer continuent de mener une vie parfois âpre et dure, sans éprouver le besoin de vanter leurs mérites.Cet attachement farouche & un devoir rempli dans un silence orgueilleux, qui a valu à la marine son titre de “silent service" est plus qu'une qualité.C'est un symbole.Le symbole d’une vocation.Car la mer, pour le marin, c’est une vocation et seuls suivent cette vocation ceux qui s’y sentent attirés par un appel Intérieur.H peut arriver, cependant, que des circonstances extérieures étouffent cet appel au fond des consciences endormies.Ceux qui avaient la vocation de la mer n’y répondent pas.Il faut une voix pour faire entendre, plus fort, cet appel endormi.Les circonstances extérieures qui ont étouffé dans bien des coeurs l'appel de la mer sont, on l’a deviné, la vague d’inflation et de prospérité qui, plus que tout autre facteur, a retardé le recrutement.De^%nt ce problème, le “silent ser- GERMA^NE JANELLE organiste.vice" a décidé de rompre son alienee et de se chercher une voix.Cette voix, il l’a trouvée dans rémission qui commencera mercredi prochain, sous le titre "Voguons vers l’horizon”, et dont la princi- entendre sa voix: la mer.Mais la mer et les marins, quand ils décident de renoncer à leur fier silence, ne confient pas à n’importe qui le soin de parler pour eux.Aussi est-ce à Paul L’Anglais lui-même que la marine canadienne a PAUL L’ANGLAIS réalisateur.¦ '/ confié la réalisation de cette émission.C’est même là une stipulation expresse du contrat: Paul L’Anglais doit réaliser personnellement cette émission.Pour faire entendre ta voix de la mer, Paul L’Anglais travaillera sur des textes de Mme Françoise Lo-ranger-Simard, auteur canadien bien connu dont le Mathieu, on s’en souvient, a été couronné du prix du Cercle du Livre de France.Ces textes, où la mer ne cessera de jouer le rôle principal, illustreront tous les aspects de la vie des gens de mer.Ils comprendront notamment des dramatisations des plus grandes batailles navales (pas nécessairement celles où la marine canadienne a joué un rôle).Ce n’est pas la marine de guerre, canadienne ou autre, qu’on veut mettre en vedette, mais la mer, la "verte amante’’ qu'ont chantée les poètes.Tous les sketches doivent comporter un fond de vérité, un élément d’authenticité, que ce soit par la reconstitution d’une épopée historique ou par l’observation minutieuse du local et de la vie maritime.La trame sonore de “Voguons vers l'horizon” sera confiée à Germaine Janelie qui évoquera, dans ses » ¦ mÆ A l'occasion de la célébration dn trentième anniversaire de fondation du poste CKAC A Montréal, le 5 octobre, une émission spéciale fut préparée par CKRS Jonquière.Cette émission mettait en vedette 1» chorale de St-Jérôm«.Lac St-Jean.Cette chorale mixte, hommes et enfants, que l'on voit ci-haut, est sous la direction du Rév.Frère Marie-Omer, Mariste.transitions musicales à l’orgue, tous les sentiments divers qu’inspire la mer.* Cette émission dédiée à la mer et destinée à raviver l’appel de la mer chez nos jeunes Canadiens (n’avons-nous pas tous des attaches, proches et lointaines, avec elle?) passera sur les ondes du réseau qui origine à CKVL.Pour diffusion de “Voguons vers l’horizon”, 4 postes se grefferont à ce réseau: ce sont CHGB, CHRL, CJFP et CKBL C’est donc dire que la voix de la mer pourra être entendue partout dans la province.Le premier sketch, qui sera présenté mercredi le 15 octobre de 8 h.30 à 8 h.55 (les autres émissions passeront également le mercredi, à la même heure) a pour titre: L’Abordage.Il s’agit de la capture d’un sous-marin allemand, pendant la dernière guerre, par une corvette canadienne.Voici, au moment où nous allons sous presse, la première distribution "confirmée”: annonceur, Jacques Dssbaillets; MM.Armand Leguet, Marcel Larmec, Jean Lajeunesse, Ls-Philippe Hébert, Maurice Gau-vin, Robert Rivard, Paul Guèvre-mont, Ted Bums et Bouda Bradon.Cette première émission comprendra aussi d'autres interprètes, qui 3 WSLa*. .• % " > .f •%.* UN dollar,c’est bon MARCHÉ.ÇA NE VAUT PAS LA PEINE DE LE FAIRE MOI MÊME POUR CE PRIX f osa 995 0770 7697 lTf¥.T V.& Vendredi soir, j’entre au poste CK VL en quête de spécimens d’écriture.La place me semble déserte.“Pas de veine”, me dis-je.Bientôt la figure joviale d'Henri Poulin m’apparait et la pression bienveillante du cicerone me permet d’obtenir des spécimens d’écriture de Jacques Auger, Sitta Riddez, Ovila Légaré, Jeannette Deguire Légaré, Albert Duquesne, Claude Sutton, Léo Gagnon, Maurice Garon, Guy d’Avignon, Bernard Turcot, Jean Dumas, Zézette, Yvette Lorrain, Bernard Brisset des Nos, et Gilles Pellerin.Radiomonde vous réserve donc des graphologies très intéres- COURS COMPLET COUTURE commerciale et familiale COUPE AMERICAINE CROQUIS — CHAPEAUX DECORATION intérieure familiale ENSEIGNEMENT GARANTI DIPLOMES Cours le jour et le soir L'École d’Art Ltée Jeannette Beaudry, dir.1825 E., Mt-Royal I près Papineau) FR.4866 FR.3082 Inscrivez-voue dès maintenant dans le domaine qui tous intéresse santés pour les semaines à venir.Gilles Pellerin est court de taille; je craignais de voir apparaitre une écriture volumineuse.Je fus heureusement surpris de constater que le tracé était menu; c’est révê’a-teur.H arrive assez souvent que les courts de taille écrivent “gros”.Ils tracent ainsi sur le papier la taille qu’ils désirent secrètement posséder.Ils manifestent inconsciemment, en ce faisant, la crainte qu’ils nourrissent de passer inaperçus.Le chanteur, Mario Lanza, nous présente un exemple typique de cette particularité: son écriture est énorme.L’ami Gilles nous prouve donc qu’il est adulte accompli, ayant depuis longtemps délaissé oe défaut enfantin qu’est celui d’incarner.en imagination, le personnage faisant l’objet de nos rêves.Absente également, cette crainte de passer inaperçu.De nombreux indices me permettent d’affirmer que les amis de Gilles n’ont jamais à craindre de coups de jarnac de sa part.Il attaquera violemment, de front, lorsqu’il sera à bout; il préfère cependant opérer l’offensive sur le ton badin, supputant avec raison, que l’interlocuteur possède suffisamment d’esprit pour saisir l’ailu-sion; si tel n’est pas le cas, Pellerin est convaincu qu’aucun autre moyen ne s’avérerait utile.Ce qui frappe le plus, dans cette écriture, c’est l’indice d’une assurance sans défaillance, d’une quasi parfaite confiance en soi.Ce n’est pas une assurance de surface que dément un raidissement du personnage, accompagné d’un désappointement qui teinte la repartie.C’est un état de sécurité intérieure qui ne se permet pas d’être ébranlée par la constatation de l’apathie ou de l’indifférence.Vous avez, sans aucun doute, re- marqué le souci de pointer les “i”, de poser les accents.Même le “i" de Pellerin est pointé en dépit du fait qu’il ne soit pas tracé.On est généralement porté k croire qu’un gai luron se fait fi de la précision, de la ponctualité, de l’ordre; qu’il compte sur la badinerie pour faire passer inaperçus ses accrocs à ce sujet.Gilles nous prouve le contraire.Il déteste le manque d’ordre.Son écriture me force à admettre qu’il n’est pas ainsi sur toute la ligne; mais, contrairement à ce qui advient à bien des gens, ses petits débordements lui font apprécier le comportement ordonné au lieu de former l’ancre qui assujettit dans le désordre.Cette écriture de Gilles Pellerin nous révèle le contentement obtenu en accomplissant, le travail que nous avons adopté, avec joie, avec une réelle satisfaction.Notre ami Gilles possède ce don de transformer en partie de plaisir ce qui semblerait le moins apte à l’être.Ne semble-t-il pas posséder la meilleure formule du contentement?L’être le moins brillant peut grimacer son déplaisir.N’est-il pas admirable celui qui accomplit tant d’efforts afin de ne pas nous imposer ses ennuis?Ce tracé est celui d’un homme qui est estimé de ses auditeurs parce que ces derniers le considèrent comme l’un d’eux.Il est estimé parce qu’il aime ce que nous aimons tous: de la bonne humeur sans affectation,- sans contrainte.Les majuscules de la signature révèlent les qualités qui ont permis à Monsieur Pellerin d’employer sa personnalité et son esprit éveillé pour obtenir une popularité constante.Pas d’imperfections?Mais oui.Mentionnons son impatience qu’il ne peut pas toujours comprimer.Sa i , *C'A cfl 4Î-H.a • g Ccj, %VCV\ ^ distraction qui doit être volontaire de temps à autre.Et son coeur?.Une influence bienfaisante lui a appris à ne pas l’ouvrir si grand.Il fut un temps ou sa générosité avait une teinte de faiblesse.La signature révèle un soupçon de méfiance.C’est celle d’un artiste assurément, mais, d’un artiste qui ne cherche pas à imposer sa personnalité.“Prenez-moi comme je suis, semble-t-il dire; si je vous plais, tant mieux; si je vous déplais, tant pis!” Tout de même, n’allez pas croire que cette écriture est celle d’un indifférent.Comme je le disais plus haut: il est admirable celui qui sourit afin de ne pas nous imposer ses ennuis.Certaines lectrices ne me pardonnent pas le fait d’oublier de mentionner le thème musical suggéré.C’est matière d’impression personnelle.Cette écriture de Gilles Pellerin me suggère une mélodie sentimentale: “Evening Star” de Richard Wagner.Monsieur Pellerin, un sentimental?.Du moins, un être d’une sensibilité très développée, très aiguë.Emil ROC La semaine prochaine: Jacques Auger.SARRAZIN b CHOQUETTE, 421 E ru, STI CATHERINE - PL 9«22 • - • • ' m ÇTiHoii mai11 h»n:6) U”J •SS A/#/ /0M4£/£// Afat/Æ*fJT 0ô#a/£.O/?/ AfatfS/füf? 's&up&ep'/rs/.«!«• m m u t» mm •’/ vàumr fi /r# wm m m m u*m sut m* / mum /A/'j'J *0' VZ>.j/li • ^1 fs/ ccr-cc es /V'f'r/r/rps* f/zs cszzc t/pstewee F \\ OCTOBRE 1952?• RadioMonde • PAGE 15 i 'A T£ n M // z>sv/£A/r z>s &///S S/V PÀ//S SUM è S&XSS &UU&2 U S£/*&££ A/* &T4US U/*fU^ So*/ $ (2 /• f\ / /r/ss£Z-/u&/ < iP£y*T7e*JÇS 7XW//X/ UÆS/?£*r/SSS sSa/ /'sS*'*/Æ‘,Y 7~ / \ // %( / / ^/// / Ï, A Ecoufet Thoun9 à "Radio-Music-Hair, le mercredi soir à 9 heures, sur les postes CKYL_C//LN RmüoMomh PAG* 14 11 OCTOBM 19» AH voue voulez.KICÉ OE MOI.EW.C'eST 01EM.1 voue l’auicez I VOULU.HA-WA v»C'Wo-v»0 HA-WA v»C'Wo-v»0 KICÉ DC MOI.C'est eiew.) voue causez.I VOULU.AVAôSÉClKïff» 'ARMAND PAR C-HARLëS BRUNET-, COMMET*.voue eiex cmcoke ?CA we vous fait tzieu z- mow/ CFTTÉ VALISE afp’artieut au TYPE A5ôl£ reeKiÈtce mc» .// TEU&l HA-HA-Wa JE JETTE MO-^o-HC VOTEE VAU-&E MA.Ma-WA-/^ ^ LA FEUETEÊ ;3‘ ii £ •-j-'S" i>,-w>* v •- .êi y Y' ; .' T; - ARMAND PAR CNARLëS BRUNET-, •-j-'S" i>,-w>* Msfs**" V ••• • ECOüTg-Z M'SIEUEÎ MOI AU6SI J’AI RAYÉ MOU PILLET ALOC5 PO UE.LA t ,e«fe E7 OfKMie^e EOI6 : AUEIEZ- VOL'5 L'OpLieEAluCe De METTRE CÉTTe VAU6& 't^È AIUCUKS LE TEAIfJ E5T |Q BON)DÉ ET JE \)OÜO\ZA\ * * ¦" - Au “CLUB 730” le samedi après-midi (2 h.#5) à CKAC Mario Verdon reçoit chaque semaine des vedettes.Lors de cette photo La grande artiste Irène Hilda était au micro de CKAC pour raconter aux auditeurs sa carrière, ses succès dans le domaine de la chansonnette, et ses projets.Oette période du samedi, de 2 h.05 h 6 h.permet à l'animateur de faire entendre les derniers enregistrements.de même que les mélodies et les refrains choisis au palmarès de la chanson américaine et française.CKAC "or v ' ‘ f < f f ff » - Wm 'vK-'ÀjL ?¦’ VS® r •' 4 K .grCv Quelle ne fut pas la surprise des Montréalais de voir dans les rues de la métropole vendredi dernier ee véhicule modèle 1922.A bien y regarder, une explication était possible.CKAC qui célèbre son 20e anniversaire organisait U semaine dernière un cocktail pour les représentants des agences de publicité et se rendait chercher plusieurs invités dans cette voiture de l’époque.Qui pourrait reconnaître confortablement assis dans cette limousine, à gauche G.-C.“Humilie* Hammond et R-H.”11111 " Harwood de Cockfieid, Brown A Co.Ltd.Alors que cette voiture sortait de l’ssine en 1922, CKAC était déjà au servi ce du public."Les CONTES de la PLUIE et du beau temps Une nouveauté radiophonique de PIERRE DA GEN AIS présentés à CKAC le soir à 7 h.30.Une nouvelle création de Pierre Dagenais ne saurait passer inaperçue! Au cours d’une carrière de vingt années, bien que Jeune encore, Pierre Dagenais a habitué son public à n’attendre de lui que des réalisations de tout premier choix.L’une après l’autre, chaque nouvelle entreprise de Dagenais nous a révélé de nouveaux aspects de son talent.Travailleur assidu et consciencieux, il a déjà réalisé plus d’un millier d’émissions Tadiophoniques, a écrit exactement neuf cent onze textes dramatiques; a signé deux pièces de théâtre, a monté, dirigé et financé de ses propres deniers dix-huit productions théâtrales; a dirigé "The Intruder” pour le MET et “King Lear” pour la Shakespeare Society de Montréal.Pierre Dagenais est le seul cana-dien-français auquel nos compatriotes de langue anglaise, aient fait appel pour diriger leur propre troupe, et il eut l’honneur de jouer à la scène l’important rôle de March-banks dans la pièce "Candida” de George Bernard Shaw.Passé lourd de succès mais garant de l’avenir.C’est donc un heureux choix que celui de PIERRE DAGENAIS pour la nouvelle série d’émissions radiophoniques du soir à 7 h.30 sur les ondes de CKAC et d’un groupe de postes de la province.“Les contes de la phhe et du beau temps” nous présentent l’artiste à la fois auteur, narrateur, interprète et réalisateur.C’est un programme q- TONIQUE EST BON,JACQUES?J PAGE 20 • RadioMonde • Il OCTOBU 1952 par André Rufiange L'orchestre donnait des accords mystérieux .C'était la composition de leur chef, le grand Louis.Une composition pleine de douceur et de mélancolie, de langueur et de rêverie .Et les couples, enlacés, dansaient en silence.Le grand Louis avait composé plusieurs pièces pour l’occasion.Car ce n’est pas tous les Jours qu'on fête un aussi parfait ménage que celui des Lober t.Il y avait cinq ans qu’ils étaient mariée, maintenant, et ils avaient célébrer, à leur solide union, vingt jeunes filles et vingt jeunes gens, voulu réunir autour d’eux, pour tous des célibataires.— Ça leur portera chance, avait dit Mina Lobert à son mari.— Tu crois?— Puisque nous sommes si heureux, chéri, pourquoi ne pas communiquer notre amour & quarante autres jeunes qui, ensuite, s’uniront peut-être pour la vie?— Tu as raison.Nous leur porterons chance.— Je préparerai une liste de tous nos amis célibataires.— N’oublie pas Annette, ni Gilles, ni Lucie, remarqua Léon Lobert.Tous deux prirent un calepin dans lequel ils inscrivirent les noms de ceux qu’ils inviteraient.— Que dirais-tu, fit Mina, si on invitait notre nouvelle voisine?Elle est tellement jolie.— Nous ne la connaissons pas.— C’est une façon comme une autre de lier connaissance, non?— Puisque tu le veux ainsi.— Alors, J’inscris son nom: c’est une demoiselle Viger, que m’a dit la concierge.Fleur Viger.— Fleur?— Oui.— Tu parles! — C’est un nom qui respire l'amour.On rédigea les invitations, Léon les posta et attendit ses invités le 11 octobre, jour anniversaire de ¦es épousailles avec la belle Mina.Au début de la réunion, quand chacun fut arrivé et présenté à ceux et celles qu’il n’avait antérieurement pas eu le bonheur de connaître, Léon se leva pour souhaiter la bienvenue .— Mes chers amis, je vous souhaite de passer une agréable soirée .U chercha ses mots pour continuer, mais après avoir bafouillé quelque phrases sans grande signification, 11 annonça plutôt: — Mon épouse vous dira quelques mots.-Mina, souriante et majestueuse dans sa robe de tulle rouge chinois, s’avança près de l’orchestre, et prononça gentilment ces quelques mots: pendant que les garçons servaient le champagne : — Mon mari et moi fêtons ce soir le cinquième anniversaire de notre mariage .Après nous être rencontrés dans une soirée dan- sante, nous avons vécu fort heureux notre vie à deux.Dieu ne nous a pas encore donné d’enfants, mais, pour compenser, U nous a rendu un bonheur incomparable qui a grandit chaque jour.Or, pour célébrer avec nous, nous vous avons invités, garçons et filles.Nous aimerions que quelques uns d’entre nous puissent goûter aux coins, des serments d’amour .D’autres se questionnaient du regard, se parlaient à mi-voix.les filles étaient belles; les garçons fort galants ., Aux petites heures du matin, on retrouvait encore la voisine Fleur Viger au bras du docteur Rubis.— Regarde comme die semble De sa voix incertaine, elle confiait à son vis-à-vis : — Je suis seule, Michel, dans la vie.Et je ne m’en plains pas trop, car j’aime la solitude.— Fleur .commença Michel, mais il ne put trouver les mots p>our exprimer les sentiments que son coeur ressentait.Alors il l’invita à danser, à dan- « 11 1 Les noms et les caractères des personnages des romans publiés dans Radiomonde sont absolument fictifs et ont été choisis au hasard.S'il y a ressemblance de personnages et de faits, c’est une pure coïncidence.mêmes délices qui furent nôtres U y a cinq ans.Ce sera peut-être.chez plusieurs, l’ébauche d’un roman merveilleux?Je le souhaite, car l’amour est une chose qui ne se remplace pas.Allez, mes amis, choisissez votre partenaire et dansez .Dansez toute la nuit au bras de celle qui vous plaît.Grisez-vous de joie et de bonheur.Et pour bien commencer la soirée, portons un toast à ., — Portons un toast à nos hôtes! interrompit une voix dans la salle! Chacun cria bravo, et, pendant que Léon et Mina Lobert se regardaient tendrement, tout le monde trinqua à leur santé, et à leur bonheur futur.Le grand Louis ne se fit pas prier pour jouer.Il ne cessa, après une danse, d’en interpréter une autre.Juste le moment, entre les deux, de prendre son petit coup, et la musique recommençait.La musique folle d’une nuit folle, d’une nuit en rose px>ur tous ceux qui voulaient la vivre comme un roman.L’assistance bruyante du début se taisait peu à peu.On échangeait déjà, dans certains heureuse, notre petite voisine, fit remarquer Mina à son marL — Et le docteur, alors?— Us sont bien, tous les deux.— J’aurais juré qu’ils se retrouveraient.Michel avait attiré Fleur vers un divan et 10i faisait la cour .Son visage paraissait mystifié par la grâce et le charme de sa compagne: Elle était vraiment séduisante, cette Fleur, avec ses boucles blondes et ses grands yeux noirs, sa démarche mystérieuse et sa pause aguichante.On aurait dit qu’elle était faite pour plaire.Un front large, pur et franc surmontait des paupières sensuelles et des cils fins et longs.Son nez mutin et sa bouche allongée avaient quelque chose de triste, mais d’une tristesse qu’on aime.ensorceleuse, attirante.Une tristesse qu’on veut connaître, ap-paiser.Elle était vêteu d’une somptueuse robe noire, avec des diamants tout autour du rebord, qui lui dégageait les épaules et qui faisait voir un buste ferme et une taille d’élégante.ser encore, à tourner sur la musique de boléro de l'orchestre du grand Louis.Toute la nuit, Ils s’enlacèrent ainsi dans le tourbillon d'une danse sans fin.Bras dessus, bras-dessous, quelques couples commencèrent à partir .L’un à un venait remercier ses hôtes et leur présenter ses hommages Michel et Fleur étaient maintenant seuls au milieu de la place qui continuaient à valser pendant que l’orchestre du grand Louis, patiemment, leur servaient la musique enchanteresse.Les yeux fermés, dans un songe étrange, Fleur avait collé sa joue à celle de son compagnon.Celui-ci, pris d'un amour aussi grand que précipité, entrevoyait déjà une vie à deux fort belle .Les six heures du matin avait sonné à l’horloge quand Fleur, tout-à-coup, s'affaisa dans les bras du docteur.Celui-ci la transporta sur un divan et la ranima aussitôt p>our l’entendre dire : — Je ne veux plus de tes bras, Michel.Etonné, le docteur répondit : Mais - pourquoi?— F^rce que quand j’y suis.Je ne peux plus les quitter.— Bravo, petite.Je voudrais qu'il* t’entourent tout la vie.— Je ne le voudrais pas .— Fleur, chérie .— Ne proteste pas.Michel.Je suis ingrate, je le sais, mais il faut te dire .— Me dire quoi?— Que je ne peux plus te revoir.— Pourquoi?— Parce que .commença Fleur, mais le reste de sa phrase se perdit dans l’infini.Elle marmotta quelques mots imperceptibles à l’oreille.Se resaisissant, le jeune docteur lui conseilla de^se reposer quelques minutes : — Tu est fatiguée d’avoir trop dansé .C’est ma faute.— C’est la mienne.Je le voulais.— Alors?— Alors tu serais gentil de me conduire à la maison.Mina et Léon, qui avaient suivi la conversation d’une oreille indiscrète.se regardèrent avec étonnement.Quel secret cachait donc la petite voisine?Pourquoi renvoyer cet homme qui semblait tellement lui plaire?Us entendirent Michel qui lui disait encore : — Demain, tu auras oublié cette faiblesse.Nous irons dans un bar.Un bar où l’on ne danse pas.— N’insiste pas, Michel.— Alors je te déplais?— Au contraire, tu me plais beaucoup trop, remarqua-t-elle d'une voix éteinte.— Tu as peur de te marier?Tu ne veux pas du mariage?— Peut-être .— Eh bien, je te fais une promesse.Permets-moi de te revoir, et je te jure que jamais, à moins que tu n'en viennens à m’accorder ce droit, que jamis, dis-je, je ne te parlerai de mariage.Les yeux de Fleur s’ouvrirent bien grands, s’illuminant de Joie, lorsqu’elle répondit à Michel : — Tu promets?—Bien sûr ! Ça te va ?— Donne-moi la main, Michel.,, — D’accord.Souriante, la petite voisine de M.et Mme Lobert se leva, salua ses hôtes, et accepta le bras de Michel qui la reconduisit chez e'ie, dans l’appartement d’à-côté.Sur le seuil de la porte, elle lui donna son numéro de téléphone qu’il inscrivit dans un petit calepin.— Tu en as beaucoup, je suppose, dans ce calenin?— Oui, mais je suis prêt à les biffer tous pour retenir le tien.FTlle sourit, et entra.U y avait maintenant plusieurs mois que Michel et Fleur se fréquentaient.Cette dernière n’avait jamais cessé de se montrer réticente sur la question du mariage.A quelques reprises.Michel avait tenté de l’aborder, mais Fleur, chaque fois, reorenait : — Je ne veux pas que tu me parles de ça, cher, parce que.— Arrête! coupait Michel.Je ne veux pas savoir! J’aurais trop mal, si J'apprenais qu’il y a.à notre mariage, une intervention sérieuse, un obstacle infranchissable.Je préfère espérer, espérer toujours .Fleur avait beau tenté de lui dire, le Jeune homme l’interrom-JSuite à la page 22) Ecoutez "Les Secrets de la Vie" le lundi soir à 8 heures sur les postes CKVL — CHLN — CKCV — CJSO 111 OCTOBRE 1952! RadtoMonde PAGE 21 Boucles blondes I dcmw • ¦» ' pait chaque fois.Il ne voulait pas savoir la vérité sur cette jeune fille, le pauvre Michel.H l’aimait tellement que.maintes fois, ses clients furent forcés de lui faire remarquer sa distraction.“Attention, docteur.'.” Aie, docteur, vous ne me suivez pas .“Je vous avais demandé de venir hier, docteur .“Vous m’avez donnez la prescription d'un autre client, docteur .Il pensait toujours à celle qu’il avait aimé dès qu'il l’eût rencontrée.La nuit, le jour, elle occupait son esprit, elle hantait ses pensées.Pendant ce temps.Fleur, réalisant le mal qu’elle faisait à son amoureux et celui qu’elle se faisait elle-même, pleurait de découragement.Si au moins elle avait eu la force de lui dire, mais non! Une puissance intérieure l’en empêchait, chaque fois qu'il se présentait devant elle.Un soir, elle reçut une lettre qui la chavira.Quand elle reconnut la signature de l’envoyeur, ses yeux déjà se brouillèrent, mais elle continua, malgré les pleurs qui venaient, à lire le message qui y était contenu.“C’est le comble! “cria-t-elle enfin, froissant dans ses mains le papier bleu de la lettre.Affolée, elle s'assit et, la tête entre ses mains, elle se mit à réfléchir.Elle resta dans cette position de longues heures, et ne se leva que quelques minutes avant que Michel n’arrivàt.Elle avait un visage défait.Cette fois, elle dirait tout à Michel.H le fallait.Il le fallait à tout prix.— Bonsoir, chérie, fit Michel en fcr-ivant.— Bonsoir.— Alors?On ne m’embrasse pas?__Assieds-toi, Michel, dit-elle sans sourciller.J’ai quelque chose à te dire d'extrêmement important.— Je suis prêt.— Je vais te faire mal au coeur.— Mais .— Je te demande de m’écouter.Et, si tu m'aimes, tu feras ce que je te demanderai.— Quel mystère! ma fleur d'amour .Il prit place sur le fauteuil de style Louis XVI, et écouta la jeune fille, qui, debout, les mains jointes comme par nervosité, parla sans le regarder.— J'attends de la visite, et il faudra que tu partes.— Tu ne veux pas que je sois présent?à ta visite?Tu veux cacher nos fréquentations?— Oui.Je veux même qu’elles cessent.— Quoi?sursauta Michel.— Prends courage, s'il te plaît.Aide-moi, Michel aide-moi.— Quelle est cette visite?— Un homme.— Ton frère?— Non, Michel.— Alors qui?La jeune fille aux boucles blondes hésita, puis répondit, la voix pleine de sanglots : — Mon mari! — Ton.?— Oui, mon mari, Michel ! Mon mari, mon mari, te dis-je! — Tu es mariée?— Pardonne-moi, Michel.— Bougre d’un nom, pourquoi ne m'as-tu jamais dit que tu étais mariée?«m ¦.5CTlW # M .smM LISE MAILLET, compositeur, pianiste et chanteuse de I» chansonnette française, artiste de la radio et de la scène, remporte de brillants succès tout partout où elle passe par son grand talent de compositeur, de pianiste et chanteuse.Elle remporta dernièrement un très grand succès à la soirée dansante de l’accueil Franco-Canadien le 19 septembre dernier, et le 25 septembre dernier à I» soirée dansante hebdomadaire de l’Union des Latins d’Amérique au Cercle Universitaire et le poste de radio CKVL fit entendre une de ses compositions au programme des chansonniers canadiens, “Le rêve merveilleux”, le 25 septembre dernier.Malgré son jeune âge, elle possède dans sa bibliothèque plusieurs de ses compositions qui sont très populaires.Lise Maillet vient s’affilier à l'enseigne de l’imprésario Marcel Archambault.— Parce que tu ne m’en as jamais donné la chance.J'Ai souvent voulu te dire la vérité, mais je n’ai pas été capable.— Alors tu aurais dû au moins me barrer ta porte, ne pos accepter ma compagnie.— Je t’aime, Michel! Je t’aime! cria la Jeune fille pour la première fois, alors que Michel s’avançait pour la recevoir dans ses bras.Elle continua, pleurant sur son épaule : — Je t’aime, Michel, Je t’aime, mais nous devons nous quitter.J'ai accepté de te voir, parce que je pensais que mon mari, que Je n'aime plus, ne reviendrait jamais de .l’asile.— De l’asile?man, puis, d'une voix éteinte, U ajouta : — Allez.Alors, il prit l’enfant dans ses bras, le regarda, le cajola, et, alors qu’un large sourire se dessinait sur ses lèvres, il dit â garde Chagnou: — Regardes cette fille! Une beauté.Elle aura des boucles blondes.Elle sera cachotière, séduisante .et malheureuse! Devant une garde Chagnon stupéfaite, il sortit aussitôt, pour se rendre dans la chambre de la mère du nouveau-né.H resta auprès d’elle de longues minutes, â la contempler en silence, à veiller sur son sommeil, après avoir Interdit à quiconque d’entrer dans la chambre.Quand elle s'éveilla.U eut un mouvement maladroit.Il tenta de reculer, mais Fleur lui dit : — Comment est mon enfant, Michel?— Comme sa mère.C’est une fille de 7 livres.Et elle aura des boucles blondes.— J’ai tenu à ce que tu sois celui qui la mette au monde.— Fleur — Voilà au moins un petit être qui rendra mon existence plus facile.— J’espère.— C’est le plus beau souvenir qu’ait pu me laisser mon mari .— Il est parti ?— Parti pour toujours, chéri .Et puisque, sur son lit de mort, U m’a prié de refaire ma vie, c’est toi que j’ai choisi.— Oui, il a été fou.Et les médecins l’avaient condamné.Une lettre, reçue aujourd’hui, m’apprend qu’il est parfaitement rétabli, maintenant, et qu’il vient me retrouver.Oh, c'est atroce, Michel! C'est atroce! — Que veux-tu que je fasse?— H n’y a rien à faire., — Je suis médecin.Je pourrais lui fabriquer un état de santé fautif, prétendre qu’il n’est pas rétabli .— Non, ce ne serait pas charitable.Je suis mariée à cet homme, et je dois recommencer à vivre avec lui.— Je ne veux pas.Fleur sortit de l’étreinte dans laquelle la retenait Michel, se rendit près de la porte .— Il n’y a qu'une solution.Qu’une décision à prendre.Et il faut la prendre vite, car nous n’aurons, sans cela, jamais la force ni le courage de nous quitter.— Laquelle?Fleur ouvrit la porte, et lança à Michel, en retenant ses pleurs : — Vas-t’en! Et tout de suite! — Fleur.supplia Michel.— Vas-t’en! Le jeune homme, comprenant qu’il lui était impossible de faire changer à Fleur sa décision, hésita quelques secondes, puis sortit sans rien ajouter.Quand elle referma la porte sur lui.Fleur fondit en larmes.Michel n’était plus le même homme.Depuis un an, soit depuis le Jour où Fleur l’avait chassé, 11 avait négligé sa clientèle, et s’était mis à boire.Ses confrères avaient menacé de rapporter sa conduite au Collège des Médecins et de demander sa suspension.Même les garde-malades s’en méfiaient.Par exemple, la petite garde Chagnon qui, un matin, lui dit : — Docteur, vous avez un accouchement au début de la soirée.Je compte sur vous, n’est-ce pas?"Je compte sur vous ." Une garde-malade à un médecin.Michel devina bien que c’était là une supplication de la .part de Mlle Chagnon de ne pas* se saouler de la journée.En grand enfant qu’il était, il se soumit à la demande de sa garde.U arriva dans la salle d’opération quelques secondes seulement avant que le bébé ne vienne au monde.La maman, endormie, avait été recouverte d’un linge de figure blanc.On ne voyait que ses yeux clos.Michel, habitué à faire les accouchements en série, ne s’occupa pas de connaître le nom de la femme ni son âge.Il procéda.L'accouchement terminé, 11 se contenta de dire à ses aides : — Reconduisez la mère à sa chambre.Tout a bien été.C’est une fille.On enleva le linge blanc sur la figure de la maman endormie, et on la transporta sur une civière.Quand celle-ci passa près de Michel, il la regarda distraitement, puis, soudain, s'écris : — Un Instant I Etonnée les ambulanciers arrêtèrent.Michel examina longuement le visage de la nouvelle ma- CETTE suwanW \’a ûres* YeuiUel Nom •••• Adtes*» ’ Vill* Com»* °* inclus U d’abonn' igiii 3^3***» • »3 - s O* ^ * PAGE 22 = • RadioMonde • .11 OCTOBRE 1952! moii Qua forte ^ " -V ' ' ' aoech€l)Rl POU LID J e, 7 Le premier ministre Maurice Duplessis a f< passer une bien mauvaise semaine à bien des gens qui s’occupent de TV.Ce n’est pas que la TV projette de faire des spectacles censurables, mais tout simplement qu’avec censure par-dessus censure, le médium déjà si difficile à manier n’en gagnera pas en souplesse.Malgré tout, le droit provincial de censure **t, au dire même de M.Duplessis, indiscutable.Et le premier ministre de la province le souhaite indiscuté.+ 0 V A U aurait été si simple dans le temps, de permettre le réseau provincial.A 0 V A Nos confrères américains, avec leur manie du slang, qualifient de “sacred cows” tous les sujets Intouchables dans tous les domaines.Il y en a déjà énormément de vaches sacrées (sans parler des sacrées vaches) dans notre pays.C’est un peu pour ça, sûrement, qu’il est si difficile de faire des émissions vraiment comiques.* 0 V A Bronzé et ankylosé par sept mille milles et trois semaines d’auto, le réalisateur cékavellois Maurice Thisdel revient du Mexique en baragouinant des phrases d’espagnol et en chantonnant des tangos.U a les poches encore pleines de pesos, et raconte volontiers la corrida.* 0 V A Picadors, torreros, sombreros et mantilles sont des mots courants dans son vocabulaire nouveau.Les femmes, là-bas, surtout dans les campagnes, se promènent avec d’énormes paniers sur la tête et portent tous les fardeaux à pied, tandis que les dignes époux suivent à dos de mulet.+ 0 A C’est un plaisir de retrouver au micro la délicieuse Thérèse Daly, qui fait revivre les chansons de 1900, au trentième anniversaire de CK AC.Cela rappelle la belle époque des Variétés de l'époque à CKVL.Pendant qu’il n’est pas là, c’est le moment de dresser un peu l’horaire du camarade André Rufiange: O a sa collaboration régulière à Samedi-Dimanche; son roman hebdomadaire pour Radiomonde; son sketch quotidien des Troubadours à CBF; ses articles réguliers et se6 reportages pour Radiomonde.Il écrit maintenant les textes du nouveau programme Christin, à CKVL, conduit sa Mercury décapotable aux Trois-Rivières à peu près toutes les fins de semaine.Un horaire de cheval, pour ne pas dire de poulin.A 0 V A Innovation probable à CKVL : S’il trouve Je temps, Roland Chenail deviendrait aviseur en diction auprès du personnel articulé.Il ae tiendrait des cliniques régulières d’annonceurs pour radioeanadia-niser l’énonciation verdunoise.A O V A J.-Léo Gagnon, à cause d’engagements radiophoniques préalables, n’a pas pu monter (le dos à la caméra) les marches du presbytère dans I Confess, le film qu’Alfred Hitchcock a tourné à Québec en extérieur.Sa présence à Hollywood pour tourner les intérieurs devient donc superflue et il reste ici.+ .O V A A propos dn meme, lui qui a l’habitude de représenter des agents de police dans ses personnages radiophoniques, tenait la semaine dernière (à mon émission préférée), le rôle d’un racketeer.Une mauvaise langue a dit que ce n’était pas un gros changement à faire.Quant à Arthur Lefebvre, c’est encore le meilleur braillard sur les ondes.H n’y en a pas comme lui pour mettre un sanglot dans la voix, et des larme* discrètes mais senties dans une réplique.v, c .* 0 V A Naturellement, vous avez reconnu que ces choses- là se passaient toutes dans mon émission favorite : Les Secrets de la vie avec HENRI POULIN "LE CASINO DE LA CHANSON" Une auditrice de Montréal, Mme Blanche Auger, de 8501, rue des Belges, a enfin réussi à solutionner la devinette du “CASINO DE LA CHANSON” (CKAC — 10 h.20 a.m.du lundi au vendredi).Pour sa bonne réponse, Mme Auger a reçu un chèque de $5,050, le plus fort montant jamais remis à cette émission vedette du matin et sans doute la plus importante somme d’argent jamais donnée à une émission radiophonique sui tes ondes canadiennes.C’est au cours de l’émission du 3 octobre que les animateurs Jean-Pierre Masson et Emile Genest ont trouvé la solution à la devinette avec la réponse BElair 1534 que soumettait la lettre de Mme Auger.Voici comment on pouvait arriver à déchiffrer l’énigme de $5.050 qui tenait bon depuis plusieurs mois au “Casino”.Le refrain “O Canada mon pays, mes amours” qu’on entendait tout d’abord, donnait la première partie de la réponse, soit l’échange “BElair”, puisque cette mélodie connue de tous est considérée comme un "bel air”.' E r P N sheer // >.) |i ?° >( ( OCTOBRE 1952! • RadioMonde • PAGE 23 le poste C K V L poste-clef du Réseau de la Radio Française du Québec rend hommage à un ami: Le POSTE à l’occasion de son 30e anniversaire d’existence lhampion de la culture française sar des jeunes talents A ide de tous les arts hampion de l’entreprise privée % ET LA RADIO VIT! \
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