Le monde ouvrier = The labor world, 1 février 1990, Février
(»%* /¦F '! V*S* • Le fédéral coupe encore Page 4 • Fonds de solidarité (FTQ) Page 5 • L'analphabétisme touche aussi nos membres Page 6 • I)u nouveau dans les régimes de retraite Page II • La lutte syndicale au Chili pendant la dictature Page 12 mm, BHnMMMMM HHMMj HHMMMj fetsyaaâiaï ni HMH| Clément Godhmit, directeur Syndicat des métallos Le Syndicat des métallos utilisera tous les recours juridiques pour contester le jugement d'inspiration sociale douteuse du juge Robert Hums du Tribunal du travail dans le cas de la syndicalisation des chauffeurs et cliauf-Icures de taxi.De plus, le syndicat a l'intention d'intensifier les pressions dans les rues afin de s’assurer que la vraie justice puisse s’exercer, c’est-à-dire que ce groupe puisse avoir un outil collectif de défense effectif de leur dignité au lieu de la “patente” de la Ligue de Taxi; Voilii l'essentiel du message livré aux milliers de chauffeurs et Avis est donné par la présente que la FTQ procédera au cours des prochains mois à une campagne de ré-nhunnement auprès de tous ceux et celles qui reçoivent une seule copie du Monde Ouvrier.L’objectif de cette campagne est double.Lit premier lieu, il s'agit de.taire une épuration de la liste des envois individuels dont la confection remonte a Id74.I*n second lieu.cliaufleures de taxi qui ont signé majoritairement leur carte de membre.leur donnant ainsi l'assurance que les Métallos n'ont aucunement l'intention d'abandonner la lutte.Dans un jugement moins étoffé que celui du commissaire Jacques Couture, le juge Burns refuse de reconnaître que les chauffeurs sont îles salariés au sens du Code du Travail.Le juge conclut son jugement en disant qu’il va être trop compliqué de négocier advenait! la reconnaissance du syndicalisme dans l’industrie du taxi.“De quoi j’me mêle?” a-t-on le goût de lui répondre.nous désirons compléter les informations que nous avons sur chacun et chacune d’entre vous, mais rien de confidentiel: nom du syndicat et numéro de la section locale, employeur et numéros de téléphone.Une nouvelle liste informatisée nous permettra de savoir quels syndicats et quelles régions il faut prioriser afin que le bulletin d'information de la FTQ rejoigne les mili- Participant à la conférence de presse du Syndicat des métallos, le secrétaire général de la FTQ, Fernand Daoust, a donné l’appui de sa centrale aux chauffeurs et artisans faisant état du fait que jamais aucune organisation syndicale n’a réussi à obtenir une telle majorité et que cette majorité doit être respectée.Si certains juges manquent de courage, ce n'est pas le cas des membres, du Syndicat des métallos et de la FTQ qui entendent prendre les moyens nécessaires et faire les pressions politiques qui s'imposent pour obtenir justice.tants et les militantes partout au Québec.Si vous voulez prendre de l’avance et vous assurer que vous ne manquerez pas un seul numéro, vous pouvez, dès maintenant, remplir le coupon d'abonnement en cochant la case “réabonnement”.Merci de votre collaboration llullt-tin d'information public par la fédération tics travailleurs et travailleuses du Québec (l-TQ) Président: Louis I.alterne Secrétaire nénéral: fernand Daoust Responsable: André Messier Collaboration: Alain Cuolhier, Ponds de solidarité; ( aride Cintras, l-TQ; André Leclerc.I TQ; Cilles I ,éveillé.l-TQ; Michel l.i/ée, ( IM; Pierre Richard, I M .MIT ! ; Ser^e Trudel, l-TQ.2UNI avenue Papineau, 4* étant-.Montréal, Québec.112K 4.14 lélepbonc: (514) 527-X5.Q Tirant” M (MM) l e tioven tics journaux syndicaux au Québec et au Canada.Première parution: IN mars l‘)l(i.Composé ci imprimé par tics travailleurs cl tics travailleuses svutlitpiés.Depot lenal a la hihliolhetpic nationale du Québec.toute reproduction totale ou partielle tics articles contenus dans le Monde Ouvrier est permise a la condition d'en indiquer la source. CONSTRUCTION La Coalition FTQ-CSN-INTER représente 90% îles 110 (XK) travailleurs et travailleuses île la construction au Québee.La Coalition représente surtout un immense espoir d’en arriver enfin il line véritable négociation dans l’industrie de la construction, ce qui ne s'est pas vu depuis plus de 10 ans."La coalition reflète la volonté des travailleurs de la base qui en ont assez des divisions entre syndicats.Nous avons la responsabilité de ne pas décevoir l’espoir que 110 000 travailleurs et travailleuses mettent dans cette nouvelle unité”, ont souligné plusieurs militants présents à cette rencontre.Comme il n’y a pas eu de vraies négociations dans la construction depuis au moins une décennie, il est donc normal que la Coalition se donne de grands objectifs qui visent à mettre la construction à l’heure de 1990.En juillet dernier, les trois organisations ont déposé des demandes qui visent, entre autres, les grands objectifs suivants: l’âge de la retraite à 55 ans.la réduction du temps de travail et la limitation stricte du temps supplémentaire, une clause d’ancienneté par métier et par chantier, la mise en application des dispositions en santé-sécurité dont le représentant à la prévention, l’indexation des salaires.Encore une fois, la revendication centrale des travailleurs et travailleuses de la construction en vue d'un régime de sécurité du revenu et d’emploi se retrouvera au coeur de la présente négociation.On se rappelle qu’en avril dernier, en retour de la prolongation du décret pour une nouvelle année, le gouvernement québécois instituait une commission d’enquête en vue d’établir les modalités d’un “système de stabilisation de l’emploi et du revenu" des travailleurs de la construction.Cette Commission, présidée par MM.Laurent Picard et Jean Sexton, doit remettre son rapport à la fin de février, deux mois avant l’expiration du décret.La FTQ-CONSTRUCTION et la CSN-CONSTRUCTION ont défendu devant la Commission Picard-Sexton la mise en place d'un régime de sécurité du revenu et d’emploi; l’objectif principal du régime proposé est d’inciter fortement les employeurs à faire travailler à l’année longue les vrais travailleurs de la construction, au lieu de recourir à de la main-d’ocuvre occasionnelle et au travail au noir.Cette pro- 3 position, suite à la publication du rapport de la Commission, rebon dira donc, d’une layon ou d'une autre, comme un enjeu central dans la mobilisation qui s’amorce.Tout au long de l’automne, l’Association des entrepreneurs en construction du Québee (AECQ) a maintenu une fin de non-recevoir aux demandes syndicales, tant à la table centrale qu’à lu vingtaine de tables particulières (métiers et occupations).Non seulement les employeurs n'ont bougé sur aucune demande, mais ils exigent de nom breuses concessions (abolition de la plupart des primes, diminution du salaire des apprentis, clauses particulières pour le secteur résidentiel dont l'abolition de la période de vacances ' " es,.).Devant l’immobilisme de l’AECQ, l'impatience grandit sur les chantiers.Des moyens de pression légaux commencent à s'exercer sur plusieurs chantiers à travers le Québec: refus de faire du temps supplémentaire, respect intégral à la let tre de diverses dispositions du décret,.Un comité provincial et des comités régionaux de stratégie intercentrale ont été mis sur pied; des comités de métier sont aussi à l'oeuvre.Les prochains mois s'annoncent chauds dans l’industrie de la construction au Québee.0152 lin forçant le Centre canadien d'hygiène et de sécurité du travail a s’auto-financer ou h disparaître, le ministre du travail, Jean Corheil, privatise le Centre en le lançant dans une opération commerciale.Le CCHST est un organisme fédéral avec un conseil d'administration tripartite oit siègent deux représentants rie la ITQ.Le Centre fournissait jusqu'à récemment une information de qualité et gratuite à toute personne qui en faisait la demande: il était un outil essentiel pour tous ceux et celles qui s’occupent de santé et de sécurité au travail.Sous prétexte rie difficultés financières du gouvernement, le ministre du Travail demande en llJX7 et I9XX de procéder it ties recouvrements ties coûts de production.Au début tic l’année I9XX, le ministre annonce qu’il coupe les fonds de moitié pour Tannée en cours et en entier à compter de Lan prochain.Il exige en plus qu’on lui soumette un plan pour maintenir les activités du Centre et éviter toute mise h pied.C'était louable mais impossible.Le ministre indique alors qu’il attend un rapport tie relance pour le 30 janvier.Le 23 janvier, le conseil d’admi- nistration du Centre se réunit et discute d'un plan de relance conçu par un comité de travail composé de membres de la partie patronale et gouvernementale, auquel la partie syndicale a refusé de participer, préférant soumettre son propre plan de relance basé sur un maintien des subventions pour les deux prochaines années.La discussion menée principalement par les représentants syndicaux porte sur le maintien et le retour éventuel à l'accès gratuit de l’information.Le plan soumis par le groupe employeur-gouvernement ne donne aucune assurance dans ce sens et met l'emphase sur la commercialisation tics produits existants et nouveaux auprès des employeurs et des gouvernements-employeurs: plus de la moitié des nouveaux revenus serait générée par des opérations commerciales, ce qui menacera le degré d’indépendance du Centre.Le coût des différents produits (information électronique, brochures, etc.) et des services (consultation, formation, etc.) seront prohibitifs pour les syndicats et feront du Centre un fournisseur d’information pour les mieux nantis, soit les grands employeurs et les gouvernements.Pour obtenir les services les plus essentiels, c’est près de 2 (K)() $ qu’il faudra débourser au lieu de 300 $, il y a moins de deux ans.Pour l’ensemble des services, ce sera 10 (XK) $ minimum.Il n’y a pas beaucoup de syndicats locaux qui seront capables tic se permettre de telles dépenses.Ce qui est également troublant, c’est que le plan s’attaque à la formation syndicale, à l’autonomie régionale et au fait français.On dirait que, pour les penseurs du plan, la vie commence et finit en Ontario et que le reste du pays doit consommer ce qui y est produit sans poser de questions.La FTQ entend donc poursuivre ses pressions pour minimalement sauver l’infrastructure du Centre et pouvoir le relancer éventuellement sur des bases plus solides.Liste des conflits FTQ (au 1er février 1990) Employeur Ville Nbre de trav.Syndicat Début l.cs entreprises Taillefer enr.Anjou 16 TUAC-713 88-12-08 Eastern Airlines Montréal 28 AIM-1751 89-03-04 l.OEH ine.(magasin Héritage) Gatineau 70 TUAC-747 89-11-23 Bctulix Avelex Montréal 316 TCA-1849 89-12-12 Métli Services (entrepôts) Montréal 40 TUAC-501 89-12-17 (bureaux) 45 (lock-out) Alcan Aluminium, profiles Alcan Laval 150 Métallos-7046 90-01-09 (lock-out) B.E.Grisé transport inc.Saint-Bruno 35 UES-298 90-01-15 Ville il'Alma (CREPS) Alma 23 SCFP 90-01-27 S 4 Encore une fois, le dernier bilan financier du Fonds de solidarité de la FTQ démontre une forte croissance.L’action du Fonds, réévaluée tous les six mois, est passée de 12,01$ (31-10-88) à 12.17 $ (30-06-89), puis à 12.57 $ (31-10-89), soit une hausse de 56C en I an.Cette progression de l'action correspond à un bénéfice net de 9,9 millions $ pour le dernier exercice, comparativement à 3,8 millions $ l’an dernier, une augmentation de 160%.L’actif a connu une progression de 36%, passant de 216,6 millions $ l’an dernier à 293,8 millions $.En ce qui concerne l'avoir des actionnaires, il est passé de 163,7 millions $ à 241 millions $, une augmentation de 47%.Le nombre d’actionnaires du Fonds est passé de 66 735 à 82 790.Fin janvier, on en comptait tout près de 85 000.55% des actionnaires du Fonds proviennent des syndicats de la FTQ, tandis que 16% sont membres d’autres organisations syndicales.29% sont des personnes non-syndiquées.On constate que le nombre d’actionnaires provenant de la FTQ est toujours le plus élevé, mais qu'il peut être encore augmenté par la négociation de clauses sur le Fonds dans les conventions collectives.Au-delà du tiers de ces 85 000 actionnaires souscrivent par déduction à la source sur le salaire.40Ï+I40 Votre investissement dans le RIÎR du Fonds de solidarité compte double à tout coup.Pout la moyenne de» contribuable», chaque dollar mve»li ne coûte en réalité que 20 cent» arâce à la double économie d'impôt Ct en réalité tout le monde y gagne F n ellet dan» le Fond», votre argent profile à toute l économio québécoise en 5 ans, plus de 15 000 emplois créés et maintenus.Si vout voulez »o»oii comment le fond» pour ou»»i travailler pour vou» appelez nout Montréal (514) 285 6400 Québec (418) 622 3258 De l'extérieur sans frais: 1-800-361-7111 F NDS® DESOUDARITÊ-FTQ NSS?' LE FONDS! FAITES TRAVAILLER Au chapitre de l’investissement, le Fonds est devenu au 111 des ans la plus grande société de capital de développement au Québec.Avec ses 70 investissements dans des PME québécoises et tout près de 16 000 emplois créés et/ou maintenus, le Fonds peut sans contredit affirmer qu’il est devenu un partenaire financier de toute première importance.Une grande partie de ces investissements ont été effectués dans des entreprises syndiquées FTQ.Les montants investis totalisent des engagements de plus de 105 millions $, dont 60 millions $ ont déjà été déboursés.La diverficalion du portefeuille du Fonds est un gage de sécurité pour les actionnaires.Au 31 octobre, 44% de l’actif net avait été investi dans des PME.33% dans des obligations, 10% sur le marché boursier, 10% en prêts et 3% sur le marché monétaire.En conclusion, ou constate que le bilan du Fonds de solidarité (FTQ) est reluisant et que la solidarité syndicale a créé l’un des outils les plus profitables, tant pour les travailleurs et travailleuses que pour l’ensemble de la société quélrécoise.On peut dire avec fierté que la création du Fonds de solidarité ets l’événement syndical de cette fin de siècle au Québec. Bertrand Perron Syndicat des métallos, section locale 2423 £ 6 Dans les cours, ça se sentait les gens qui avaient des problèmes.C’étaient surtout les travailleurs plus âgés et les immigrants.Il faut que les responsables syndicaux soient toujours disponibles pour aider.9 9 Diane Bedard Syndicat canadien de la fonction publique, section locale 313 ^ É La grosse difficulté c’est d'identifier les personnes qui ont besoin d’aide parce que les analphabètes réussissent à le cacher.Et ça se comprend.Mais les gens commencent à être plus sensibilisés, ce qui devrait faciliter les choses.9 9 .Ivan-Paul Besnicr Travailleurs et travailleuses canadiens de l'automobile, section locale 1163 ^ f II y a des gens qui refusent de suivre des cours en disant que c’est tlu niaisage, que ça ne donne rien, ou encore qu’ils n’en ont pas besoin.Je pense que ces excuses cachent autre chose.On a le devoir d’essayer d’aider 9 9 Il ne faut pas se le cacher, plusieurs de nos membres sont analphabètes, et fort probablement dans une proportion à peu près équivalente à celle de l’ensemble du Québec, soit 28%, dont 10% ne savent aucunement lire, écrire ou compter.Certains de nos syndicats ont commencé à trouver des moyens pour venir en aide aux cas problèmes.Cependant, c’est bien connu, les analphabètes développent plein de trucs pour cacher leur handicap.Le gros problème c’est donc l‘identification.Ce qui est clair c'est que nous avons des membres analphabètes et qu’il faut essayer de les aider.Au cours des derniers mois, il s’est fait beaucoup de formation sur le SIMDUT (Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail) et ces sessions sont ouvertes à tous les membres.On y rencontre donc des analphabètes.Jean-Paul Besnicr, de la General Motors à Boisbriand et Bertrand Perron de Sidbcc-Dosco à Montréal ont tous deux été formateurs dans le cadre du SIMDUT.Ils confirment les problèmes de plusieurs membres.Pour eux.ce qu’il y a de plus important, c'est d’être attentif et de les identifier afin de les mettre à l’aise.Il faut surtout éviter de les exposer.“Quand on a des doutes, précise Jean-Paul, il faut par exemple demander un volontaire pour lire un texte ou faire un rapport d’atelier." De son côté.Bertrand va méthodiquement “s’offrir’’ pour ceux qui auraient besoin d’aide pour remplir un questionnaire ou faire un exercice.À l'Hôpital Rivière-tics-Prairies, le syndicat a mis sur pied un service de préparation à la retraite.Diane Bedard, une des responsables, affirme que souvent des membres vont venir au bureau du syndicat pour “avoir de l'aide” lorsqu'il s’agit de remplir un formulaire, pour la Régie des rentes du Québec par exemple.“Ils ou elles ne diront jamais avoir de la difficulté à lire ou écrire, affirme Diane.On dit plutôt que c’est compliqué.” Mais le soutien syndical peut aussi répondre à des besoins plus vastes.Par exemple, toujours à Rivière-desPrairies.les préposé-e-s aux bénéficiaires doivent détenir un diplôme de secondaire V pour obtenir la classification “d’éducateur”.Le syndicat s’est aperçu que certaines personnes échouaient aux examens d’équivalence du ministère de l’Éducation ou n’osaient pas s’y présenter.On a donc offert des minisessions.en mathématiques, en français.etc., en dehors des heures de travail, afin d'aider les gens à préparer leur examen.”Hn petits groupes ou individuellement, déclare Diane, nous avons déjà aidé une vingtaine de personnes." À la FTQ, nous trouvons le problème très sérieux et travaillons à développer une problématique qui permettrait aux syndicats affiliés d’intervenir dans les milieux de travail.Pour plus de renseignements, vous pouvez communiquer avec Johanne Deschamps au service de l’éducation.6 De mères en filles.m.• i w Écouter ces trois générations de femmes d'une même famille se raconter, se confier, se révéler des secrets entre elles, répondre à toutes les questions avec réflexion et une franchise à toute épreuve, voilà une expérience inoubliable, une expérience de tendresse.Tout ce qui manquait c ’était une caméra, afin que des centaines d’autres puissent avoir le même plaisir et le même privilège.Dans les pages qui suivent, nous tenterons, avec la plume et la caméra, de vous faire partager et apprécier les témoignages de ces trois femmes, différentes et semblables en même temps, témoignages remplis de certains regrets mais surtout de détermination et d’espoir.et fille de la deuxième, elle a 18 ans.Elles en avaient long à raconter, sur elles, sur ce qu’elles ont vécu, sur leurs rêves d’hier et d’aujourd’hui, sur la condition féminine.vaillé, dès l’âge de 14 ans, chez des cultivateurs, puis au presbytère.Après avoir vécu 10 ans dans la famille de son mari, c’est le déménagement à Montréal où son mari devient chauffeur de tramway.Pauline Ladurantaye a 72 ans.Sa fille, Diane, militante syndicale au local 500 des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce, en a 42.Quant à Marie-France, petite-fille de la première Issue d’une famille de 11 enfants, Pauline est née et a été élevée en Ontario, à Hawkesbury.Son père travaillait au moulin à papier et sa mère “faisait et élevait des enfants”.Elle s’est mariée à l'âge de 17 ans, son mari en avait 18, après avoir tra- Pauline Ladurantaye n’était pas, au fond d'ellc-niême, une femme soumise, ou timide ou réservée.On lui avait montré qu'il ne fallait pas trop parler et elle avait choisi de ne pas faire de vagues.Mais si c’était à recommencer.Quand on lui demande ce qu’elle avait le goût de répondre à ceux qui disaient que les femmes ne devaient pas s’oeeuper de politique, elle affirme: “Ily a bien des affaires qui auraient sorti.Si c'était aujourd'hui, je vous dis qu 'ily a des choses.oh la la.je me défoulerais.' ' Son mari l’appelait “la douce’’.Quand on lui il il que c'est beau d’être doux, elle répond: “Oui, mais trop, c'est pas hou.” À sa fille qui lui dit qu’elle a toujours été une personne réservée, elle rétorque: “Heu réservée.On est habituée toujours de se faire dire de se taire.A un moment donné, on ne parle plus.” A propos des femmes d’aujourd’hui, elle dira: “Si on avait eu votre courage, ça aurait été beaucoup mieux dans nos vies.” Pauline commence aujourd'hui à exercer le pouvoir qu’elle a toujours eu! Elle a vécu 18 grossesses dont 12 sc sont terminées par des fausscs-couches ou des enfants morts-nés.“C’est à la dixième ou à la onzième que j’ai eu mon premier bébé.Un jour, je suis allée à la confesse pour vous savez quoi et on m’a refusé l’absolution.” Elle se souvient être sortie du confessionnal en pleurant et "dans ce temps-là il y avait pas mal plus de monde à la messe,” ajoute-t-elle en riant.“On nous avait élevées sur le principe qu’il fallait pas refuser notre mari.On était menées par la religion,” affirme-t-elle, tout en précisant qu'elle tient toujours à la religion catholique.Diane, née à Montréal, complète une partie de sa neuvième année à l’école Aberdeen, la même que Ginette Reno, sur le Plateau Mont-Royal.Elle commence à travailler dans une manufacture de vêtements et sc marie, elle aussi à 17 ans.7 Photos Serge Jongué enceinte de quatre mois.C’est lors de l’entrevue, 25 ans plus tard, que sa mère apprendra qu’elle a tenté d’avorter.“J’avais réussi à obtenir des pilules qui m’avaient coûté 65 $, mais ça n’a pas fonctionné,” se souvient-elle.Comme sa mère, elle connaîtra des grossesses difficiles, ne réussissant à garder que 2 enfants sur 5.A 23 ans, je me suis fait opérer.Dans ce temps-là, il fallait passer à un comité.“Il a fallu que ma mère s'en mêle pour qu’on accepte de m'opérer.Mais ce que j’ai vécu le plus mal, c’est quand on m’a dit, à l’hôpital, qu’il fallait que mon mari signe!” Diane a fait rentrer le syndicat dans l’épicerie IGA où elle travaille depuis 16 ans.les premières années à temps partiel.IVIarie-France est en transit.Elle vit présentement avec son père, mais se prépare à déménager avec son ami de 21 ans qui étudie et vit à Trois-Rivières.Quant aux études, elle a l’intention de les reprndre une fois déménagée, en psychologie enfantine.Jusqu’ici, elle a fait un saut du côté des techniques de garderie et un autre en assistance dentaire.À 14 ans, elle occupait, pendant tout un été.un poste de plongeuse dans un restaurant fast-food."J’ai toujours aimé le travail avec le public, rencontrer des gens, ce qui explique que je suis encore dans la restauration, raconte-t-elle.Aujourd’hui, j’occupe un poste de barman et serveuse dans une chaîne connue et j’aime mon travail.” Quand on demande à ces trois femmes ce à quoi elles rêvaient plus jeunes, comment elles se voyaient heureuses, certaines répones viennent rapidement.Pour Pauline, c’est clair: se marier et avoir des enfants.“On ne pensait pas à autre chose.Peut-être parce qu’on avait hâte de partir de chez-nous.” Diane ne pensait pas au mariage.Très jeune, elle a rêvé être chauffeure d’autobus comme son père, mais “dans le temps ce ne pouvait être qu'un rêve”.Elle se dit peu rêveuse dans l’ensemble.“Tout ce que je savais, c’est que je ne voulais pas travailler dans des bureaux.Marie-France se voyait professeure en maternelle et elle veut toujours travailler avec des enfants en plus de vouloir, elle l’exprime très claire- Diane lait partie de cette généra lion qui est descendue dans la rue.qui a innové, qui a défoncé îles pintes, qui a crié.“Quel nuire choix avions-nous /tour que {a commence a hou fier?'' Cette réalité, sa réalité a elle, elle tentera de l'expliquer a sa fille.“Ce il'clair fias qu'on était agressives, mais on avait perdu patience.Je suis que c'est dur pour toi de comprendre." Aujourd'hui.Diane continue même si.a des moments donnés, elle a des "downs' '.Il y a un dossier qui lui tient plus a coeur que d’autres, celui de l’avortement.“C'est comme le dernier gros symbole du contrôle des hommes, dira-t-elle en fin d'entrevue.! a journée que ce sera régie, qu 'on pourra enfin décider nous-mêmes, on aura franchi un autre grand pas." ment, se marier et élever une famille.Marie-France a de la difficulté à imaginer qu’il y a cinquante ans, les femmes n’avaient pas le droit de vote au Québec.“C’était niaiseux.Les femmes sont des êtres humains comme tout le monde.” Mais elle ne s’intéresse pas à la politique.Elle a voté pour la première fois l’année dernière.et elle a voté comme son père.“Quant à Pauline, elle n’a pas de souvenir de cette bataille.Peut-être était-ce parce qu’elle habitait en Ontario?“De toute façon, on ne pensait pas tellement à la politique.Les hommes disaient qu’on avait pas d’affaire là-dedans.Pourtant, ma mère allait non seulement voter mais fréquentait aussi les assemblées.” La première fois qu’elle a voté, elle avait au moins 27 ans: elle votait comme son mari.“Je me souviens m’être trompée une fois et il m’en a voulu pour longtemps! Par la suite, il ne me laissait pas aller voter seule.” Plus tard, comme bien des femmes de sa génération, Pauline votera pour le Parti Québécois.pour faire plaisir à ses enfants cette fois.La sexualité, voilà un sujet délicat.Pour Pauline, c’était tout simplement tabou.On n’en parlait pas du tout.“Quand les filles étaient menstruées pour la première fois, elles pleuraient.À l’école, les religieuses nous disaient d’aller à la maison, que notre mère nous expliquerait.Dans mon cas, les explications, ça n’a pas été très fameux.” Cette noirceur s’est poursuivie même pour moi qui est plus jeune, se souvient Diane.On ne m’a vrai- 8 ment rien expliqué.” Pas surprenant donc qu’aucune des deux n’aient de souvenirs précis de conseils que leur mère aurait pu leur donner quant aux relations sexuelles.Pour Marie-France, ce lut très different.A la maison, on parlait ouvertement de tout.Elle se souvient de la blague qu'elle a faite à sa mère, la journée de ses première menstruations et des nombreuses conversations sur la sexualité.Pauline a été sur le marché du travail avant de se marier.Après, le travail c’était les enfants.Comme la maison à Montréal était grande, elle a eu deux pensionnaires, en plus de six enfants et du mari.Quand son mari est décédé, elle n’avait que 49 ans et des enfants à la maison.Elle s’est mise à travailler au Bureau de poste la nuit.“Je trouvais ça dur et j’avais peur.Mais, se souvient-elle, le plus difficile a été la prise en charge du budget et des affaires de la maison, parce que c’était mon mari qui s’occupait de tout.” Elle trouve qu’aujourd'hui, on commence à voir des femmes partout et ça lui fait plaisir.“Quand je vois une chauffeure d’autobus, je la félicite.” Depuis un an, Diane occupe un emploi non-traditionnel: elle est commis d’épicerie, c’est-à-dire qu'elle place le matériel dans les tablettes.Ce ne fût pas une expérience facile puisque plusieurs de ses confrères de travail l’accusaient carrément de “voler la job d’un gars”.À toutes fins pratiques, pendant les premiers mois, on lui a mis des batons dans les roues.“11 a fallu qu’un jour je fasse une mise au point sérieuse pour qu’enfin on cesse de m’achaler.” Les filles plus âgées aussi lui demandaient ce qu’elle faisait là.“Une des choses dont je me souviens, c’est de l’encouragement d’un gars.Aujourd’hui, j’ai 43 ans, qu’il m’a dit, et je suis fini parce que je faisais le “smatte” plus jeune en levant deux ou trois caisses à la fois.” Pour Marie-France, ii n’y a pas de véritable problème puisqu’elle est convaincue que les filles sont capables et que dans son entourage, elle n’entend pas de commentaires sexistes par rapport au travail.Pourtant, elle a du insister pour passer d’hôtesse à barman.“Mon boss m’a dit que je n’étais pas assez forte.Je lui ai prouvé le contraire en le faisant.” Au départ, elle ne voit pas d’empêchements, ni pour elle ni pour les autres qui veulent.Elle dit cependant que les filles qui pensent accéder à des métiers non-traditionnels, c’est l’exception.Quand Marie-France parle de ce que sera sa vie avec son ami à Trois-Rivières, elle dit spontanément “Je vais être bien contente de lui faire à manger.Quand j’y vais les fins de semaine, je le fais et il est content.Pour ce qui est de la vaisselle, il me dit souvent de laisser faire, de m’asseoir et de me reposer.” Pour Pour la plus jeune de ces femmes, l’avenir sera différent de celui qu’ont connu sa mère et sa grand-mère.C’est comme si les filles de sa génération n’imaginaient pas qu’elles puissent vivre les mêmes problèmes, lin début d'entrevue, Marie-France affirmera que “les filles d'aujourd'hui ont presque tout." “J'ai été habituée à voir tua mère travailler dès mon jeune tipe, raeonte-t-elle, et e'est le eus de mes amies.Au CEGEP, on ne parle pas des problèmes du marché du travail parce tpi'on ne s'imagine pas tpie ce qui est du partage, “elle a confiance parce que son ami est bien intentionné.” Quand Diane parce de la période où les enfants étaient plus jeunes, elle constate qu’elle assumait la majeure partie des tâches, même si son mari en faisait des bouts.“Je me souviendrai toujours, raconte-t-elle, de la fois qu’il avait accepté de nettoyer la chambre de bain.Quand j'étais revenue à la maison, il m'avait dit: “Regardej’ai tout fait.mais je t’ai laissé la “bol”.On avait discuté serré ce soir-là.” Fn ce qui concerne le militantisme des femmes, Diane évalue que c’est plus difficile pour elles que pour les hommes.“Mon mari ne se posait pas de questions lorsqu’il avait des réunions syndicales.De mon côté, je pouvais en manquer si je n’avais pas de gardienne.Aujourd’hui, je pense que ce sont encore les bonnes femmes qui mettent plus d’eau dans leur vin.” Sur cette question, Pauline n’y va pas par quatre chemins: “C’est vrai que des fois les femmes sont aguichantes, mais ce n’est pas une raison pour sauter sur une femme et la des postes puissent nous être refusés parce tpi'on est des femmes.'' Aujourd’hui, elle ne sent pas le besoin de s’engager dans une orga nisation quelconque.“Ce n'est pas pour moi ees elioses-lii, dit-elle.Si je veux quelque chose, je prêtais les moyens pout l'avoir." 9 violer." Dans son temps c'était un sujet dont on ne parlait pas, mais pas du tout.Ht quand ça se parlait, on disait toujours que “c’était la faute de la femme”.Sa mère et sa fille protestent lorsque Diane dit que c’est parce qu’elle a l'air bête qu’elle n’a jamais été victime de harcèlement sexuel.Elle ajoute que ce qui la choque le plus, ce sont les “jokes des gars”.“Au début, je grimpais dans les rideaux.Aujourd'hui, je pars quand ça commence.Je pense que je suis un peu fatiguée de toujours répéter les mêmes choses.” Marie-France est catégorique: c’est un phénomène courant dans les écoles, entre autres dans les sports où elle a été témoin d’un cas de harcèlement d’un entraîneur à l’occasion du voyage d'une équipe sportive en France.Elle a vécu un cas au travail: un client du restaurant passait des commentaires sur son apparence.“A peu près au même moment, mon père est entré.et je l'ai salué à haute voix, ce qui a arrêté le bonhomme ben raide.Le problème dans mon métier, c’est qu’il faut être polie.Si j’avais pu, j’aurais réagi très fort.” foutes trois sont d’accord sur la contribution des groupes de femmes à l’avancement de la cause des femmes.Pauline trouve même que ça n’avance pas encore assez vite, que la jeunesse d’aujourd’hui n’en fait pas assez pour celles qui se battent.Et elle ajoute: “Si j’étais plus instruite et en meilleure santé, je m’impliquerais.” Aujourd'hui, quand elle entend certaines conversations d’hommes, ça la décourage.Elle aurait le goût de leur dire: “Vous nous avez assez niaisées dans notre temps, aujourd’hui, donnez-leur donc une chance.” “Ça été une bonne affaire, déclare Marie-France, mais moi m’intégrer à un groupe, non.” Même si elle reconnaît qu’il en reste encore à faire pour “faire comprendre aux hommes qu’on est aussi importantes qu’eux-autres”, elle n’est pas prête à s’impliquer personnellement.Elle ajoutera par la suite qu’elle n’aime pas le mot féministe: “On dirait que c’est un mot de guerre: On est là, tassez-vous!” Sur la question de l’avortement, elle dit clairement qu’il y a encore des choses à faire.” À la fin de cet entretien, nous avons demandé à Puline et à Diane comment elles voyaient l’avenir.quels conseils elles donneraient aux jeunes?Pauline résume ses conseils en un mot “continuer”.Elle trouve que les femmes ont “pas mal avancé” et que, depuis son temps, il y a eu beaucoup de changements positifs.“Je trouve les femmes qui se battent courageuses, conclut-elle.Si on avait eu ce courage, ça aurait été beaucoup mieux dans notre vie.“Je dirais aux jeunes, affirme Diane, qu’il ne faut pas que la lutte des femmes fasse peur.Ce n’est pas une guerre, mais il faut prendre les moyens pour être égales.” Diane trouve important de souligner le rôle du mouvement syndical dans ces luttes et elle ajoute: “même si des jours on est fatiguées, il ne faut surtout pas arrêter.” En terminant, elle se demande, interrogative, “si les filles ne devraient pas faire plus d’efforts pour écouter ce que les gars ont à dire.peut-être qu’à ce moment, eux aussi écouteraient davantage.” À la plus jeune, nous avons demandé ce qu’elle voulait voir comme changements pour que les hommes et les femmes soient plus égales.Les réponses de Marie-France se situaient toutes au niveau des changements de mentalités.“Nous sommes encore perçues comme le sexe faible, déclare-t-elle.On ne respecte pas ce que tu es capable de faire et jamais les gars ne nous encouragent dans ce que nous entreprenons.” ?;>ÿ EBalflBwifiltfmïti RwSBmmHBbb Le 1er janvier, est entrée en vigueur une nouvelle loi sur les régimes supplémentaires de retraite.Les changements à l'ancienne loi touchent les avantages minima auxquels ont droit les participants et participantes de même que toute la question de l'administration et du contrôle «les régimes.Elles ont comme principale conséquence de donner plus d’avantages aux travailleurs et aux travailleuses et aussi de leur permettre d'exercer un contrôle sur la gestion du régime.Il devient donc fort important que tous les syndicats s'impliquent plus activement que jamais dans ce dossier.Depuis toujours dans plusieurs secteurs, les régimes étaient a peu près exclusivement gérés par les employeurs.Avec la nouvelle loi.la gestion du régime revient obligatoirement à un comité de retraite sur lequel doivent siéger un ou ries représentants rie l'employeur mais aussi au moins un représentant ou une représentante des membres actifs, ceux qui travaillent et cotisent, et un des participants non actifs, ceux qui ne cotisent plus mais ont des fonds dans le régime, dont les personnes retraitées, ("est ce comité qui convoque les assemblées annuelles, perçoit les cotisa lions, verse les prestations, deter mine la politique de placements, fournit les états financiers, voit a la résorhtion ries déficits et a l'utilisa lion ries surplus, s'assure que l'employeur paie bien sa part.etc Même si ce n'est pas le syndicat qui est responsable rie la nomination ries représentants ries travailleurs et ries travailleuses puisque ceux ci sont élus lors de l’assemblée annuelle obligatoire, il a un rôle rie sensibilisation et d'information a jouer afin que scs membres part ici peut il l'élection de leurs représentants.Us iïfmœfjTx En vertu de la nouvelle loi.plus de personnes pourront être couvertes par des régimes de retraite privés.De plus, il sera dorénavant plus difficile pour les employeurs de se soustraire à leurs responsabilités de payer leur juste part dans les régimes.Voici quelques-uns des points saillants de la nouvelle loi: ® Les personnes qui travaillent it temps partiel ou sur une base temporaire peuvent participer au régime et le doivent si le régime est obligatoire; * L’employeur doit payer au moins la moitié de la rente.Yw'/T S'il y a eu cotisation pendant plus de deux ans, le conjoint ou la conjointe recevra la valeur de la rente.Si le participant ou la participante meurt avant la retraite après avoir cotisé moins de deux ans, le conjoint ou la conjointe recevra les cotisations versées ainsi que les intérêts.Si on quitte le régime â moins de dix ans de l’âge de la retraite, on peut transférer son régime dans un autre régime ou dans un REÉR bloqué.* • Une personne qui quitte le régime après avoir cotisé au moins deux ans bénéficiera 11 d’une rente diftirée ou pourra transférer sa rente acquise dans un autre régime ou dans un REÉR bloqué.Si elle quitte avant deux ans.elle récupère ses cotisations et l’intérêt.;st pas tout nrésenter is ne pouvons PrÈSf.n"" .nouvelles dlspo- danscetaiw*.—r- ce que vous avez Répondant à l'invitation de la Concertation des partis pour la démocratie, une délégation canadienne d’une vingtaine de personnes s’est rendue au Chili pour deux semaines afin d'observer le déroulement des élections.Formée à l’initiative du Comité Québec-Chili, cette délégation comprenait îles représentants d'organismes de défense des droits et libertés, d'organisations de femmes et d’organismes de développement, de députés ainsi que de juristes intéressés.Le mouvement syndical était représenté par des représentants de la FTQ (Osvaldo Nunez) et du CTM (Michel Lizée), de la CSN, de la CEQ et du Syndicat des infirmières d’Alberta.Elle prépare actuellement un rapport sur l'ensemble de sa visite et compte organiser vers le 14 mars une soirée d'information.I e coup d’état de septembre 1973 au Chili mettait fin a la première e.x|X' hence démocratique de transition vers le socialisme d'un pays d’Amérique latine, et marquait le début de 16 ans de repression, d'arrestations, de tortures.île disparitions, sans compter le chômage, la pauvreté et le démantèlement des services publics d'éducation et de santé.Dans la perspective de diminuer le rôle de l'Etat et de lutter contre l’inflation.le gouvernement militaire a pratique une politique de taux d'intérêt élevés et île monnaie chilienne forte par rapport au dollar américain.Une telle politique a fini par casser l’inflation, mais au prix d'un chômage énorme (il a atteint 35% en 1983), et surtout la destruction d’une grande partie du secteur industriel chilien qui appro-i isionnait le marché domestique chilien.mettant au chômage des dizaines île milliers de travailleurs industriels et rendant le Chili plus vulnérable aux importations et aux récessions internationales I l pourtant, dans un contexte politique.économique et militaire très difficile.le mouvement syndical chilien va réagir.Dès 1975, un premier cercle d'études est mis sur pied pour permet ire ii des dirigeants syndicaux de se rencontrer.Le 1er mai 1978, une Coordination regroupant 7 présidents de fédérations et confédérations défie Pinochet en organisant une marche unitaire des organisations syndicales et populaires, initiative qui sera reprise à chaque année.En plus de la répression militaire et policière dans les rues, la junte réagit ;t cette remontée de faction syndicale par la dissolution pure et simple de 7 fédérations et confédérations.Malgré la répression militaire et le risque permanent d'être congédié et se retrouver sur la liste noire, le mouvement syndical prend, de 1983 jusqu'il la grève générale de 1986.le leadership de l’opposition il Pinochet.Sur cette toile de fond, dans des conditions économiques très difficiles et en dépit des risques constants il leur emploi et il leur sécurité personnelle, les militants et militantes syndicales sont parvenus ii reconstruire le mouvement syndical.À la fin de 1989.la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) regroupe 410 000 membres, et le taux de syndicalisation de la main -d’oeuvre s'élève ii 10%.C’est beaucoup, compte tenu de la répression militaire et juridique it laquelle a dû faire face le mouve- ment syndical, mais c'est très inférieur au taux de syndicalisation historique qui oscillait autour des 30%.D’ailleurs, l'arrivée du nouveau gouvernement et l'assouplissement des mesures répressives amène la CUT à prévoir que son membership dépassera le million d’ici un an.Mais ce développement syndical ne se fera pas tout seul.D’autant plus que le nouveau gouvernement Aylvvin, à cause d’une loi électorale antidémocratique à plusieurs égards, sera en minorité au Sénat alors qu’il a obtenu plus de 59% des votes.Dans le contexte d’un Parlement à la merci des partis de droite, le mouvement syndical devra continuer à jouer un rôle d'avant-garde.Mais pour jouer à fond son rôle, le mouvement syndical chilien compte sur la solidarité syndicale internationale, sous forme d’appui financier certes, mais aussi sous forme d’échanges suivis sur des questions comme l'organisation syndicale, les nouvelles technologies et l’emploi, la santé et la sécurité au travail ainsi que l'environnement.Ils comptent aussi sur nos interventions auprès du gouvernement canadien pour qu'il contribue financièrement ii la mise sur pied d'un Fonds de solidarité sociale auquel contribuent déjà plusieurs pays.12 Depuis un an, près de 2 000 emplois industriels se sont envolés en Estrie.Même s'il y a eu création d’emplois, les nouveaux emplois se retrouvent surtout dans les services, ce qui veut dire des salaires plus bas, de moins bonnes conditions de vacances, d’assurances, de congés, pas de syndicat, etc.Cette saignée n’est pas propre à l’Estrie puisque toutes les régions sont touchées et que de plus en plus le Québec perd sa base industrielle.Si les nouveaux emplois se retrouvaient dans le secteur de la haute technologie, ce serait un moindre mal, mais ce n’est pas le cas.Malheureusement, le gouvernement Bourassa semble avoir la tête enfouie dans les eaux d’un certain lac alors que celui de Mulroney continue de favoriser l’Ontario, notamment en ce qui a trait à la recherche et au développement.Du côté de Québec, c’est pour quand une nouvelle loi pour empêcher les fermetures et les licenciements massifs sans justification et souvent sans préavis?Entreprise Emplois Lowney 400 Communications Tie 283 Marimac 220 Enlèvement du mort- terrain à Asbestos 300 Camoplast 225 Dominion Textile 200 Condelle 93 ESTG et Hyalin (fusion) 80 Produits de drainage Sherbrooke 18 Astrolab 10 Imprimerie Gauvin 10 Au début des années '80, c'était la crise économique qui plaçait les travailleurs et les travailleuses dans des positions intenables: accepter des concessions ou voir termer l’entreprise.Aujourd'hui c'est le libre-échange.Parlez-en aux 225 travailleurs et travailleuses de Catelli qui sont membres de la section locale 227 du Syndicat international des travailleurs de la boulangerie, de la confiserie et du tabac.Après avoir acheté Catelli, la compagnie Borden procède maintenant à des rationalisations.Borden demande donc, menaçant de foi mer si la réponse est négative, une réouverture de la convention collective.Elle veut ‘‘ramener les conditions salariales et de travail au niveau de celles qui sont en vigueur dans ses usines américaines”! Si le syndicat dit oui, Borden promet d'augmenter le travail dans les mois qui viennent.Le choix qui s’offre à ce groupe, si on peut parler de choix: négocier une nouvelle convention collective ou négocier une fermeture.En dernière heure, nous apprenons que l'assemblée générale s'est prononcée à 59,5% en faveur de la ré-ouverture.+ Dans les années '90, un nouveau défi attend les syndicats: c’est celui de l’information.De plus en plus de syndicats locaux sont conscients de cet enjeu et développent de meilleurs moyens de communications avec leurs membres.Un des moyens utilisés consiste à mettre sur pied un bulletin ou un journal.Le Monde Ouvrier veut faire connaître ces initiatives et vous invite à nous faire parvenir une copie de votre journal avec quelques détails sur sa fréquence de parution, son tirage, son ou ses responsable(s), etc.Nous nous ferons un plaisir d’en parler dans le Monde Ouvrier.Depuis quelques années, les patrons investissent davantage dans l’information: les journaux d'entreprise sont en croissance.On essaie que les travailleurs et les travailleuses s’identifient à l'entreprise.Ce n'est pas mauvais en soi, à condition que la solidarité syndicale n'en soit pas victime.D'ou 13 l’importance de développer nous aussi nos moyens de communications avec nos membres, de leur faire connaître les activités et les réalisations du syndicat, au niveau des griefs, de la santé-sécurité, de la condition féminine, de la négociation, etc.? Photo prise à Miami lors d'une manifestation contre la répression en Haiti.Au centre, Serge Jovin, secrétaire régional du KONAKOM au Canada.sion.Le secrétaire général, Fernand Daoust, a aussi sévèrement critiqué la mollesse du gouvernement Mul-roney dans ce dossier.Ottawa s'est en effet contenté d’émettre du bout des lèvres quelques remontrances au gouvernement Avril.Cela, a souligné le confrère Daoust, “rappelle malheureusement l'attitude passive et ambiguë qu'adoptait le gouvernement Mulroney.il y a deux ans, alors que le régime du général Namphy sabotait la tenue d’élections libres et démocratiques en Haiti".L’appui donné par la FTQ aux forces démocratiques d’Haïti, au KONAKOM en particulier, est un geste de solidarité envers des travailleurs et des travailleuses qui luttent avec un immense courage pour lancer un pays sur la voie du progrès et du développement.+ Une répression brutale s’est abattue ces dernières semaines en Haiti sur les partis politiques, sur les syndicats et sur les groupes populaires Des centaines de personnes ont été arrêtées, battues, torturées, des dirigeants ont été expulsés du pays, des locaux ont été saccagés, des journalistes et des postes de radio ont été la cible d’attaques armées.Dans un accès de fureur qui rappelait les pires moments de la dictature des Duvalier, le gouvernement militaire du général Prosper Avril s’est ainsi attaqué à toute la force démocratique d’Haïti, dans le but évident d’instaurer un climat de terreur et d’empêcher la tenue d’élections libres à la fin de l’année.La FTQ, dans le cadre d’une conférence de presse donnée par le Congrès national des mouvements démocratiques d’Haïti (KONAKOM), a dénoncé avec force cette répres- "Parler de ma détention, qui n’a duré que quelques heures, et des coups que j’ai reçus, ça me gêne un peu après le visionnement de ce film." C’est ainsi que Karen Ridd, exvolontaire des Brigades de la paix au Salvador, commençait son intervention, après la projection du film Roméro.Ce film raconte l’assassinat de l’archevêque salavadorien en 1980.Karen, qui a passé huit mois au Salvador, a été arrêtée en novembre dernier dans un Centre de réfugiés, où elle faisait son travail de "témoin" dissuasif de répression.C’est en effet l’un des rôles que se donnent les Brigades de la paix: accompagner des personnes oeuvrant dans des organismes démocratiques et humanitaires (comme les syndicats et les églises) dans des pays où sévit la répression.Il s’agit d’une organisation inter- ¦ ' .• — nationale non-violente qui s’est donnée comme mission de faire de la “prévention" en matière de droits humains.Organisation internationale fondée au Canada en 1983, elle a un taux de réussite élevé: aucune des personnes accompagnées par un ou une "brigadiste" n’a encore été assassinée.On peut avoir de plus amples renseignements sur cette organisation en téléphonant au comité québécois des Brigades de la paix au (514) 340-3409.?Depuis le mois de novembre dernier, Denise Gagnon assume, au service de l’éducation de la FTQ, les dossiers de retraite, de condition féminine et du programme de délégués sociaux et déléguées sociales.Permanente à l’Union des em-ployé-e-s de service pendant cinq ans, elle a déjà été stagiaire au Syndicat des métallos et responsable du dossier des avantages sociaux au Syndicat des agents de la paix.Bienvenue.^ 14 Remplissez l'iikce blanc, a votre e.oût ET RETOURNEZ LE COUPON A -, L'HONORABLE MICHAEL VJlLSON CHAMBRE DES COMMUNES, chambre 51 S - S, OTTAWA , ONTARIO.K1A 0 A (o (Aucun SEFR AKI cri SSEMENT NÉCESSAIRE) Le mois dernier, nous vous avons présenté les deux nouvelles vice-présidentes qui siègent au Bureau de la FTQ.Il y a aussi un nouveau vice-président en la personne de Marc Bellemarre de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).Il remplace Michel Chevalier qui ne s’est pas présenté au dernier congrès pour des raisons de santé.Marc vient de l'élément Emploi et Immigration de l'AFPC, et il a siégé pendant plusieurs années au Conseil général de la FTQ.?L’usine de la Générale Électrique, rue Faillon à Montréal, est rentable.Son carnet de commandes est bien rempli et les relations de travail y sont excellentes.Mais à cause d’un plan de rationalisation à l'échelle nord-américaine, la compagnie multinationale a décidé de fermer l’usine au profit d'usines situées en Ontario et aux États-Unis.C’est le 11 juillet prochain qu'on mettra la clef dans la porte si rien n’est fait d’ici là.Au total, 200 personnes seront touchées, dont 175 sont membres de la section locale 531 du Syndicat des travailleurs et travailleuses en électricité et en communication du Canada (STCC).Au train où vont les choses depuis l’entrée en vigueur de l’entente du libre-échange, il ne restera à peu près plus d’emplois industriels dans quelques années.Lors d'une manifestation à laquelle participait le président de la FTQ, Louis Laberge le 17 janvier dernier, ce dernier a dénoncé le fait que ce sont des Québécois et des Québécoises qui écopent, alors que le plan de rationalisation visait l'usine située à Oakville et que c'est à cet endroit que la majorité de la production des ampoules électriques sera transférée.Le STCC et la FTQ entendent continuer leurs pressions auprès du gouvernement Bourassa pour faire modifier cette décision.+ 15 (il iifiirfli l'«»rl da r« lullr u^raiili, si udiissa j f iilrrulioii di s Im mllaurs ai lia a j il la usa s du l^uclin < \ HJ).’I IM).ai cil lie, l'apilicaii.4t aluca.Main lli'ül.u« ha ï, 11 ' K 4 H I a la plm ua H I 4 •
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