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Titre :
Le monde ouvrier = The labor world
Éditeurs :
  • Montréal :[The labor world = Le monde ouvrier],1916-,
  • Fédération provinciale du travail du Québec,
  • Fédération des travailleurs du Québec,
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Demain (Montréal, Québec)
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Références

Le monde ouvrier = The labor world, 1946-12, Collections de BAnQ.

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§\\t Çatmr w mi i) /ZS (^uurttr 31e Année — No.23 DECEMBRE 1946 — MONTREAL — DECEMBER, 1946 31st Year — No.23 2 j f Les officiers et les membres de T exécutif de la.Fédération Provinciale du Travail souhaitent à tous un « I The Officers and Members of the Executive of the Quebec Provincial Federation of Labor Wish a t J PAGE 2 DECEMBRE 19 U MONTREAL - DECEMBER, 1343 LE MONDE OUVRIER Un autre cauchemar terminé, au moins pour le moment.John Lewis a, le 7 décembre dernier, donné ordre aux mineurs de retourner au travail et ce, aux mêmes conditions qui exis taiont cvant qu'il leur eut donné l’ordre de ne plus travailler parce que leur contrat était terminé avec le gouvernement américain qui opère les mines au lieu et place de leurs véritables propriétaires.Qu'est-ce qui a bien pu le faire changer d'idée V Mystère, et d'ailleurs cela n'a plus grande importance aujourd'hui.Le président général Murray, du C.1.O., semblait tout disposé à emboîter le pas et à appuyer Lewis 100 pour 100 ; par contre, on dit que William Green, le président de la Fédération Américaine du Travail, lui aurait conseillé de mettre bas les armes et de se conformer à l'injonction intérimaire avant que la cause vienne devant la Cour Suprême des Etats-Unis.; oit le plus haut tribunal du pays, celui dont les décisions sont respectées par le peuple en général.Des le début de cette affaire malheureuse, j'ai dit que cette grève était inopportune, qu'un homme, aussi puissant fût-il, ne pouvait pas prendre sur lui de dire qu'un contrat était terminé event sa date d'expiration.le n'ai pas changé d'opinion ; je disais de plus que la grève était l'arme légale de la classe ouvrière et son meilleur moyen de défense et qu'il -serait regrettable qu'une législation quelconque y mette des entraves.Si l'on veut éviter que cela arrive, il faut l'employer à bon escient, ne pas aller trop loin, respecter l'opinion publique e: ne pas jeter en chômage des centaines de mille ouvriers qui ne sont pes directement intéressés dans le différend en jeu.John Lewis a-t-il compris cela ?On peut le présumer, car son changement d'attitude semble l'indiquer.Il n'es! îamais trop tard pour admettre qu'on s'est trompe et, dans son cas, son prestige n en est pas diminué, loin de là.Tout est bien qui finit bien, le chemin est ouvert et libre maintenant pour négocier un contrat de travail avec les véritables propriétaires des mines.Toutefois, il reste le jugement de le Cour Suprême à laquelle le Gouvernement a soumis la cause.Quels en seront les résultats et les répercussions dans l’avenir ?Bien malin, qui le sait.Le "picketing" est-il favorable à une Union ?Et pendant que nous sommes sur le sujet des grèves, ’1 n'est pas mal de parler du piquetage (picketing).Ça c'est également une arme excessivement dangereuse, à deux tran chants : il est légal et permis quend il est paisible, c'est ce que dit la loi.Mais quand est-il paisible et quand ne l'est-il plus ?Et qui doit décider s'il est l'un ou l’autre ?Il saute aux yeux que quand on assemble une centaine ou deux de grévistes accompagnés d'un plus grand nombre de badauds, — des jeunes presque toujours, — que ceux-ci attendent les non-grévistes à la sortie de 1 usine avec des gourdins, qu'on brise des carreaux à profusion, ce piquetage alors est loin d'être paisible, on court le risque de se faire arrêter, risque d'autant plus grand quand on est officier de l'union en greve.C'est ce que vient d'apprendre à ses dépens Kent Rowley, de l'Union des Ouvriers unis des Textiles.Sa cause est en appel, nous n'en parlerons donc pas pour le moment.Depuis un an, nous avons eu plusieurs grèves a Montreal, tout comme il y en a eu ailleurs.Presque dans chaque cas, c'est devenu une habitude de dresser une ligne de "piqueteurs autour de l'usine en grève, on fait de même pour la bâtisse dans laquelle les bureaux sont situés, on interdit l’entree a qui que ce soit, même au patron et aux officiers supérieurs , ou encore, l'union prépare une liste de ceux^ qui pourront traverser cette ligne de "sentinelles : hommes d entretien, employés de bureaux, etc.Je me suis toujours demande de quel droit on agissait ainsi et quel bien cela pouvait bien faire a l'union intéressée, — je sais qu'en m'exprimant ainsi je ne su s suis pas en communion d'idées avec bon nombre de membres d'union, mais nous vivonç, Dieu merci, dans un pays libre ou Ton peut exprimer une opinion sans se faire tomber dessus, m emprisonner comme cela se pratique dans certains pays, tan, vantés, à régime de dictature, prolétcrienne ou autre.Certains de mes confrères estiment que c est indispensab.e , d'avoir une ligne de "piqueteurs" si Ton veut réussir une greve.En admettant que ce soit vrai dans certains cas ou on a la cuasi certitude de le faire paisiblement, maigre tout, le danger est toujours là, les esprits se montent, les insultes viennent facilement et les coups suivent.Il faut aussi compter sur ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas suivre les sages consens de leurs officiers et se livrent à des actes reprehensibles.Et qui paie les pots cassés, qui se fait arrêter ?Les grévistes, naturellement.Ensuite, il faut trouver des cautionnements pour les faire libérer, des procédures longues et coûteuses suivent, il y a des victimes presque chaque fois, si non immédiatement, alors un peu plus tard ; nos unions perdent de leur prestige, leur bonne réputation en souffre et cela pour ce qu î y a n gagner r Message de ! M.J.-R.Delate 'resident du Conseil (les Métiers et (lu Travail cle Montreal J.> : "is heureux d’avoir l'occasion le venir offrir mes souhaits au Tra-vnij Organisé de la province.Nous terminons une année qui re fut pas ans trouble.Malgré tout, notre sort ut meilleur que celui des pays ravagés d'Europe.Nous devons remercier Dieu de vivre dans un pays , démocratique comme le nôtre.Le Travail Organisé réuni dans différentes conventions demande un i neilleur standard de vie, une légis-j lation ouvrière adéquate pouvant j kider l’ouvrier.Plusieurs amendements ont été faits, mats beaucoup d'autres doivent être obtenus.C'est : à nous du Travail Organisé de nous unir afin de pouvoir diriger et guide nos administrateurs à nous donner une bonne législation ouvrière.Par notre solidarité nous pourrons obtenir des lots où patrons et ouvriers pourront discuter amicalement différents problèmes et en arriver à une entente collective de travail assurant une sécurité au Capital et au Travail.Il ne faut pas oublier que l'un ne va pas sans l’autre.L'année 1946 a été une année d’étude, espérons que 1947 sera l'an- ée de réalisation.Comme président du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, je remercie ceux qui, de piès ou de loin, nous ont aidés.Leur aide fut hautement appréciée.A tous les ouvriers j'offre mes meilleurs voeux pour un Joyeux Noël et une Bonne Année.Qu'elle mit.remplie de santé, de travail et d'entente fraternelle.Fraternellement vôtre, J.-R.DELAGE.President.sHSr» i rku ürillntra Hunts île santé, lunthmtr te pruBjjénté \ a îmts uns rrnnpatriutPB MONTREAL Lo plus grand quotidien français d'Amérique l'autre, à celui qui paie le plus haut prix.Le plus tôt le Travail Organisé se débarrassera de ces pieuvres, le mieux ce sera.Il sera alors possible d'avoir des unions ouvrières animées d'un véritable esprit d'unionisme, et dont les chefs ne seront (Suite a la page 12) MA.0237 BE.0858 AUBERGE DU CANADA 339 à 343 Est, rue Saint-Paul MONTREAL re iepuiuiwn en ûcu.i.c c.- r- * , Non, vraiment, le jeu n en vaut pas la chandelle.On ne gagne pas de nouveaux adeptes à nos unions de -ette façon forte, il vaut mieux avoir 500 membres convaincus du principe syndical que d'en avoir 5,000 qui entrent^ par .a porte d'arrière, pour qui l'Union est une obligation qu on leur impose et dont ils se débarrasseront à la première occasion qui se présentera.C'est dû à cela qu'on voit des unions entières changer leur allégeance de la Fédération Américaine du Travail au Conqrès d'Organisations Industrielles et vice-versa, tou! comme on voit des soi-disant organisateurs évoluer des Syndicats catholiques aux Union* internationales, puis su Congres d'Orqanisations Industrielles au au Congres Canadien du Travail et ensuite à leur groupement personnel.Quelle sorte d'organisateurse cela peut-il bien faire ?Ils vont de 1 un d Best Wishes for a Merry Christmas and a Happy New Year NT EATON CT OF MONTREAL I THE LABOR WORLD DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 PAGE 3 Le comité de libération de Fred Rose En voilà encore un comité qui fait pailer de lui plus souvent qu'à son tour.Qu'est-ce qu'on peut bien lui reprocher à celui-là ?Il essaie de faire remettre Fred Rose en liberté sous caution en attendant que sa cause vienne devant la Cour d'Appel.Cela peut ne pas être du goût de tout le monde, mais il n'y a rien d'illégal dans cela, et pour moi ceux qui mènent cette campagne le font bien maladroitement.Tout dépend de la manière dont on s'y prend.Personnellement, je connais bien peu Fred Rose, je n'ai guère'de sympathie pour lui, il a été reconnu coupable d'avoir conspiré contre son pays d'adoption, il y en a plusieurs autres dans le même cas.A-t-on refusé de laisser les autres acusés en liberté sous caution ?Je sais qu'il y en a quelques-uns qui ont été reconnus innocents en dépit du rapport de la Commission Royale et de la preuve qu'on avait accumulée contre eux.D'autres ont été condamnés.La seule chose qui m'intéresse — bien d'autres comme moi c'est de savoir si Fred Rose a été traité plus durement que les autres accusés ?Est-ce logique de ne pas le laisser jouir : de sa liberté durant le temps que sa cause est en Appel ?Somme toute, Fred Rose n'est pas le premier venu : il est membre de la Chambre des Communes, il fut élu par le peuple et, pour arriver à cela, il a dû certes travailler et se remuer.On lui reproche d'être communiste.C'est son droit, il est membre du Parti Ouvrier Progressiste qui n'a pas été déclaré illégal.Notez que je n'approuve pas ce parti qui navigue lui aussi sous de fausses couleurs, pas plus que j'approuvais le Parti Communistte tel qu’il était constitué au Canada, je l'ai 1 toujours combattu pour ses tactiques déloyales dans le Travail Organisé ; il en est de même pour le Parti Ouvrier Progressiste.Tant que les "communistes'' resteront dans la légalité, n'en parlons pas, ou le moins possible, cela vaudra mieux : la conspiration du silence est, dit-on, la meilleure manière de tuer son homme.Noël par la fenêtre Loulou était une pe’ite fille unique.Elle avait perdu son papa, et sa mère, une belle maman jeune qui devait l’aimer, il est vrai; elle la comblait de toutes sortes de cadeaux, siiabillait comme une poupée — la maman de Loulou avait beaucoup d'argent — mats Loulou, la plupart du temps, restait seule avec la bonne à la maison et ne voyait presque pas sa maman.Elle s'ennuyait à mourir.Or, savez-vous quel était le plus grand bonheur de Loulou?Il y avait tout près de chez elle, une grande maison très modeste par ailleurs, mais riche en ce sens qu’elle abritait une famille de sept entâtes et que, du matin au soir, elle était ébranlée par leurs courses joyeuses à travers ses pièces et retentissant de leurs rires et de leurs cris.Loulou ne connaissait pas ces enfants, mais un jour qu'elle passait avec la bonne devant la maison illuminée.elle avait aperçu, par la fenêtre.trois petits lutins grimpés sur le papa et qui tiraient les moustaches, les cheveux, en riant aux éclats.Si Loulou avait son papa, peut-êtr bien qu’elle aurait du plaisir comme ça, elle aussi, elle ne serait sûrement jamais triste et ne s’ennuierait pas, oh! non! Loulou était restée trois bonnes minutes à contempler cette scène et il fallut que la bonne la tirât très fort jra r le bras pour l’en détacher.Mais elle était restée imprimée pour toujours dans sa petite tête et elle en rêvait, la nuit.Et Noel vint.Le cadeau que sa1 maman lui avait promis si elle était bien sage — elle l’était toujours pourtant — le fameux cadeau arriva: un bébé: superbement vêtu, presque aussi gros que celle qui allait être sa petite mère.Qu’il était beau! Loulou ne se lassait pas de l’embrasser, de le cajoler comme si c’eut été un bébé vrai.Mais le soir venu, un beau soir étoilé comme il y en a souvent à Noël.Loulou pensa que c’était bien triste de rester seule, même avec un beau bébé bien habillé, le soir de Noël; car sa mère était partie en taxi, très belle dans sa longue robe de velours chiffon noir et son court manteau d’hermine.Toute seule! Et la bonne lui avait dit qu’il faudrait se coucher de bonne heure, parce qu’elle (la bonne) avait veillé très tard la veille et vile était fatiguée.Loulou monta donc très docilement û sa chambre; mais elle ne °e déshabilla pas; elle : ne se coudra pas non plus, elle mit | sa petite robe de nuit, son propre | bonnet à sa poupée et la coucha è I sa place.Puis elle attendit après ’ quelques instants, des ronflement' sonores lui parvinrent : la botme dormait.Loulou savait, qu’elle ne dormait pas légèrement, il fallait la secouer cinq bonnes minutes presque tous les matins pour qu'elle s'éveillât.Elle profita donc du sommeil profond de la bonne pour se glisser légèrement hors de sa chambre.Qu’avait-elle dans la tête?Oh! c’est bien simple, aller voir par la fenêtre ce qui se passait dans la maison qui lui avait parue si joyeuse, l’autre jour.Elle chaussa ses petits pieds bien chaudement, revêtit son manteau et se coiffa de son petit bonnet de fourrure, pour ensuite se faufiller légère comme une gazelle hors de la maison maternelle, s’acheminer sur la grande route, exposée aux dangers qui l’entouraient; mais Loulou était | rop jeune pour s’en rendre compte.Après quelques secondes de marches | dans l'obscurité, elle fut rendue.Oh ! Que c'était beau, ce qu'elle voyait par la fenêtre! Il y avait dans la j grande salle, un énorme sapin avec i quantité de lumières rouges, vertes, ' bleues, jaunes et.au bas de l’arbre, | des bas de Noël à demi pleins encore J de petits jouets et de bonbons.Au j milieu de tout cela, un brouhaha de : voix enfantines remplies d’allégresse, j II y avait un petit garçon qui trai-nait un cheval de quinze sous monté : sur des roulettes, un autre qui jou-| ait du clairon en marchant comme un militaire, une petite fille qui don-j nait la dinette à ses trois petites soeurs, dans un minuscule service de porcelaine.Le papa et la maman étaient tous deux assis sur le divan et ils semblaient avoir un plaisir fou à regarder ainsi s’amuser leurs | enfants.I oulou resta longtemps ainsi à se gaver les yeux du bonheur de ses ! voisins.A un moment donné, le plus J "rand des garçons, sur un ordre d° j son père, vint ouvrir un carreau de la fenêtre; je suppose qu’il de'">i< j faire très chaud dans la maison.Ef! farouchée, la petite fille se sauva I mais le garçonnet nvait bien cm apercevoir deux grands yeux qui re-j gardaient par la fenêtre.II y a quelqu'un dehors, dit-il.Ça 'oit être un petit pauvre.Faisons-'¦> '-ntmr, papa?Il doit avoir faim et froid.Mais il n’y avait déjà plus person- c£fr*** ar une imposante majorité.Le nouveau président cut M.Hector Marchand, ex-secrétairc-archi-vistc fronçais pendant de nombreuses années, il remplace à cette charge importante M.Karl Troisaas.qui n’a pas brigué les suffrages pour cause de santé.Il est bon de rappeler que M.Trolsaas avait été élu pour la première fois en 190-4, par la suite ii fut réélu pour différents tonnes et remplit ses fonctions de président sars aucune interruption depuis 1938, En remettant son mandat entre les mains du nouveau président, M Trolsaas dit qu'il regrettait que son état de santé ne, lui permit plus de continuer ces importantes fonctions Il souhaite tout le succès possible à son successeur et lui recommande de tenir les membres bien unis, car la paix et l'harmonie dan- les rangs est la clef du uccès dans toute organisation.grande ou petite.Il demanda aux membres de continuer à accorder le même appui à son successeur comme ils l'avaient fait pour lui, aussi bien qu'à tous les officiers, car si la situation des Débardeurs est prospère aujourd’hui, dit-il, cela est dû à leur travail et à la bonne entente qui règne dan: leur Union.En témoignage des services éminents que l’ex-président Trolsaas a rendu à l’Union et aux débardeurs en général, durant son long terme d’office, il fut unanimement adopté que M.Trolsaas soit nommé président honoraire à vie comme marque d’appréciation et de reconnaissance Quelques faits de la carrière de Karl Trolsaas Qui ne connait pas Karl Trolsaas sur les quais du port de Montréal?Car depuis près d'un demi siècle, exactement quarante-six ans, il y trime, ce qu’il a aidé à charger et à décharger des navires durant ce long laps de temps, ce qu’il en a vu des changements et des perfectionnements tant dans l’outillage que dans la manière de traiter les débardeurs; dans les premières années de son travail au port de Montréal les débardeurs n’avalent pas d’union et ils gagnaient une magnifique somme de vingt cents de 1 heure pour un travail éreintant et plein de dangers, et qu'il y en avaient des accidents, des chutes à fond de cale nétaient pas rares mais c’était terrible pour le malheureux débardeur qui allait se fracasser ’c crâne trente pieds plus bas.je ne suis pas prêt à dire, nous confia-t-il, qu’il n’y a plus d’accidents au port de Montréal mais ils sont bien moins fréquents et l’indemnité est bien moins difficile à obtenir depuis qu’il y a une commission des accidents du travail qui règle tous les cas de façon à peu près satisfaisante et assez promptement, c’est presque automatique aujourd’hui, la seule objection que les débardeurs ont.c'est que la Commission supprime ou diminue de beaucoup l'indemnité dès qu’il y a consolidation de la blessure, sous le prétexte que l’accidenté peut faire un travail léger, ce qui n’est pas le cas; un débardeur travaille de son mifier ou il ne travaille pas, car pour faire sa besogne il doit jouir de toute sa force physique c* ne pas être handleappé d’aucune manière.Lorsque nous n’avions pas d'union, je me rappelle, ajouta-*-U, qu’on nous appelait à toute heure de la nuit mais qu'on attendait presque KARL TROLSAAS toujours au matin pour commencer à travailler, et fout le temps qu'on attendait on n’était pas payé, non, croyez-moi ce n’était pas drôle.Aussi, cela ne jxmvait continuer ainsi, les débardeurs se fatiguèrent d'être traités aussi cavalièrement, et en 1902 on fonda l'Association des Débardeurs du port de Montréal, cela marcha mieux par la suite, mais il y eut encore bien des difficultés à aplanir avant qu’on s’entendit avec les armateurs, les vieux de ’a vieille se rappellent encore de notre fameuse grève de 1903, pas un seul membre de notre Association ne se rendit nu travail lorsque le premier navire entra dans le port, des briseurs de grève furent engagés, mais arrimer un navire eeln ne s’apprend pas en cinq minutes, plus il y avait de briseurs de grève sur le port moins la besogne avançait, ils faisaient plus de tort que le bien, il y eut quelques échafourrées.mais pourquoi raj?pcler ces mauvais souvenir, c’est chose du passé.On peut dire toutefois que ce fut un bien pour un mal, un bureau de conciliation régla les difficultés, et notre Union en sortit jtlus grande et plus forte que jamais; nous avions gagné nos épaulettes et depuis, à de très rares exceptions prêt, nous signons un contrat de travail chaque année et tout marche bien.Pour maintenir cette position enviable.il faut que les débardeurs se sentent les coudes, qu'ils restent fidèles à leur Union internationale qu’ils travaillent d'accord avec les officiers qu’ils se donnent, tout comme ils l’ont fait pendant les nom- ! breuses années où Karl Trolsaas fut leur président.COMPLIMENTS de LA LITHOGRAPHIE DU SAINT-LAURENT LIMITEE 7501 boulevard Saint-Laurent.CAlumet 5751 ENRAYEZ LA TUBERCULOSE ACHETEZ DES TIMBRES DE NOËL AK * & * W v k* £'»?s r>;?f / .s f -s"'* , ' '¦ i s ., ' m y; \\ \m • \£ *, - kàr Les Timbres de Noël seront en vente aux succursales de toutes les Banques du 30 novembre au 21 décembre inclusivement.Les Dames Auxiliaires de la Ligue tiendront aussi des comptoirs où l’on pourra acheter des timbres, dans les magasins à rayons dont voici la liste: EATON • MORGAN .OGILVY DUPUIS FRERES .SIMPSON du 30 novembre au 1+ décembre inclusivement.Achetez des Timbres de Noël à votre banque ou dans un magasin à rayons.On peut aussi se procurer des Timbres de Noël en envoyant un chèque ou un mandat, fait à l’ordre de la Ligue, à l’adresse donnée plus bas.Un reçu accompagnera les Timbres.Les Timbres tie sunt expédiés que sur demande.LA LIGUE ANTI-TUBERCULEUSE DE MONTRÉAL, INC.3446 AVENUE DE L’HÔTEL-DE-VULE MONTREAL 18, R.O.PLATEAU 9966 PAGE 6 DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 LE MONDE OUVRIER Les témoins de Jéhovah sont-ils aussiactifsdansles autres provinces que dans le Québec P Us pourront certes se vanter d'avoir fait parler d'eux, ces Témoins de Jéhovah, — plus qu'ils méritent et plus qu'ils méritent, — on les arrête un peu partout dans le Québec, plusieurs centaines à la fois à Montréal, moins dans les autres centres ; ce qu'on leur reprochait, au commencement, c'était de distribuer des circulaires de porte en porte sans avoir le permis de colporteur, et on les laissait sortir sous caution ; mois depuis quelque temps c'est devenu plus grace : on les accuse de sédition et de troubler la paix publique, et ce, paraît-il, sous l'empire d'une mesure de guerre qui les déclarait hors la loi, ce décret n'aurait amais été révoqué.On ne peut s'em pêcher de trouver de l'ironie dans cette déclaration de l'hon.M.Duplessis qui semble, en principe, opposé à tout ce qui touche Ottawa de près ou de loin, mais qui, en l'occurrence s’en sort pour sévir contre ces pauvres hallucinés, jeunes filles et jeunes gens, - qui se sont enthousicsmés pour cette secte idiote au point d'être prêts à en devenir les martyrs et à souffrir pour leurs idées.Un des principaux leaders de cette secte serait un restaurateur bien connu qui servait de caution chaque fois qu'un disciple se fcisait coffrer.M.Duplessis lui a fait enlever son permis de vente de spiritueux, pour le punir d’avoir servi de caution dans plusieurs centaines de cas.Le premier ministre uvcit-il ce droit ?Nous n'en savons rien, mais un fait certain, c'fest qu’il invoque bien des raisons pour justifier son geste.Nous ne croyons pas que la loi dise qu'un citoyen ne pourra déposer un cautionnement que pour un nombre déterminé le cas.C’est aux juges de décider s'ils acceptent le cautionnement ou non et si celui-ci consiste en un dépôt en argent, quel que soit l'endroit d'où vient l’argent, ils ne peuvent pas refuser le cautionnement.Alors pourquoi punir un bonhomme pour un droit dont il peut jouir ?Somme toute, M.Duplessis a peut-être raison, mais cela ouvre bien des horizons nouveaux, s'il est vrai qu'un permis pour la vente de spiritueux est un privilège donné à un citoyen honnête et respectueux des nos lois, le restaurateur en question ne rencontrait donc pas ces qualifications ; mais alors, il y en a des quantités qui ont des permis pour vente de spiritueux ou de bière qui ne devraient pas en avoir, car ils sont loin d'être des petits anges, le moins on dira sur ce chapitre, le mieux ce sera.Mais, pour en revenir aux Témoins de Jéhovah, je n'ai jamais vu, ni de près ni de loin, leurs brochures de propagande, pas plus que jamais aucun d'eux n'est venu sonner à ma porte.Je ne sais donc pas ce qu'ils contiennent, ni ce qu’ils veulent, et comme moi il y en a des centaines et des mille, si j'en crois le cercle de mes connaissances qui sont dans le même cas et me disent "jamais vu”.J'ai bien la visite parfois des braves gens de l'Armée du Salut et de quelques pasteurs nègTes qui sollicitent des fonds pour leurs missions d'Afrique, mais de Témoins de Jéhovah, jamais vu, ni connu.Leur travail de propagande ne serait donc pas si formidable qu'on le dit.Je trouve toutefois qu'on en parle beaucoup trop, ce qu'on leur en fait une réclame.S'ils sont réellement un danger pour la sécurité de l'Etat, qu'on sévisse contre eux en se servant de la loi.Une chose qui me chiffonne, cependant, est-ce que les Témoins de Jéhovah font la même propagande dans les autres provinces ou chez nos voisins de la Grande République, et que font, le cas échéant, les autorités pour mettre un frein à cette propagande "qui pourrait dégénérer en un véritable conflit", comme le dit fort à propos M.Duplessis ?On est moins chatouilleux sur ce chapitre chez nos voisins ?Un religieux nous faisait remarquer qu'il y a plusieurs manières de se débarrasser de ces gêneurs, sans leur faire une publicité tapageuse : c'est tout simplement de prendre leurs brochures, leurs tracts, et de les jeter immédiatement au feu.Cela ferait toujours cela de moins en circulation.Le seul danger de ce procédé, c'est que parmi nous il y a des faibles qui pousseraient la curiosité jusqu'à lire ces écrits idiots et compliqués.Oh ! alors, c'est à nos propres gens qu'il faudrait faire la leçon.En tou! cas, c’est le meilleur moyen de débarrasser notre ville de cette plaie des Témoins de Jéhovah, à qui "on" fait tant de réclame.Le silence a tué plus d’hommes que les dénonciations les plus véhémentes.Donc, établissons la conspiration du silence contre les Témoins de Jéhovah.SOC1US.Le maire de Montréal désire offrir ses voeux à la population à l'occasion de Noël et de l'An Neuf.Le voeu formulé il y a deux mille ans s'applique présentement plus que jamais : "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".j;| K K A tous mes compatriotes du Canada et de la province de Québec, en particulier aux travailleurs — ceux des usines et ceux des champs, — j'adresse mes souhaits les plus sincères pour un Joyeux Noël et une Heureuse Armée 1947.K ;; En ces jours d'allégresse, oublions nos divergences d'opinions pour ne penser qu'à l’avenir de notre pays, qui sera grand si nous restons fidèles à nos belles traditions religieuses et fcmiliales.K ;i Je prie la Providence de répandre ses bienfaits sur toute la population, sans distinction, et d'inspirer à nos gouvernants les mesures publiques nécessaires pour assurer une juste répartition des richesses dont Elle a doté notre pays.K Ü Au seuil du Nouvel An, que notre voeu le plus ardent soit de voir régner la paix, la sécurité et la charité chrétienne dans notre chère province cfin que Québec soit un exemple pour l'univers entier.ii :: ADELARD GODBOUT, Chef de l'Opposition et député du comté de % L'islet à l'Assemblée législative.K jj K La guignolée (Suite de la page 3) d’avocats, rie médecins, rie notaires, et voire même cio conseillers de la ville.Depuis que je suis ici — à Montréal, —¦ il ne m’a pas été donné d’entendre à ma porte la voix impérieuse de la société commandant la charité pour ceux de ses membres qui ont part de bonheur en ce jour où tout le monde est et doit être content”."La Guignolée a servi de thème à une infinité rie chansons ci complaintes tour à tour suppliants et menaçants.Lorsque j’étais enfant j’ai frémi plus d’une fois au dernier couplet de la chanson que l’on chante chez nous: La Guignolée, la Guignolée! Si vous voulez pas la donner Nous prendrons vot ’fille ainée, Nous lui ferons chauffer les pieds.“Je tremblais pour une de mes tantes, qui, elle ne paraissait pas avoir peur le moins du monde.En y songeant depuis, je me suis douté qu’elle avait de bonnes raisons de ne pas s’effrayer des menaces des chanteurs et que, ma grand’mère l’eût-elle livrée, elle n’eût pas eu fort à se plaindre de ses chauffeurs.Car le plus souvent, c’était des amis et des gars du voisinage qui couraient ainsi la Guignolée.Mais ma grand’mère ne se laissait pas tirer l’oreille, elle donnait ft larges mains mais, soit, du lard, soit de la farine, et la troupe à ma grande satisfaction.s'éloignait en chantant gaiement: Entre Paris et Saint-Denis.V avait une bergère Qui faisait paitre son troupeau Le long d'une lisière”.Le Jour de l'An n'a pas toujours été fixé comme 1 ''est aujourd'hui.En France, du temps de Charlemagne, Noël était le Premier de l’An.A la fin du lie siècle et jusqu’en 1563, le Samedi Saint l'emporta sur Noël.Le 25 mars, Jour de la Conception, eut aussi son jour.Un édit de Charles IV daté du 4 août 1563 décréta que désormais l'année com-mensera le 1er janvier.Pour en revenir à la Guignolée, ce n'est que depuis une quarantaine d'années qt e l'on “court” la Guignolée à la Noël.Avant, - quête était faite la veille du Jour de l’An.A mes ELECTEURS et ELECTRICES je souhaite un JOYEUX NOEL et une BONNE et HEUREUSE ANNEE L’honorable Jos.-A.Francoeur Député provincial du comté Montréal-Mercier SEASON'S GREETINGS Compliments de la saison HON.J.ARTHUR MATHEWSON Député de Notre-Dame-de-Grâce JOYEUX NOEL Maire de Ville St-Pierre Député du comté de Jacques-Cartier BONNE HEUREUSE ANNEE s THE LABOR WORLD DECEMBRE 194G — MONTREAL — DECEMBER, 1946 PAGE 7 LA FEDERATION A QUEBEC DELEGATION OUVRIERE: Oette photographie nous fait voir quelques-uns des officiers de la Fédération provinciale du Travail et représentants des unions Internationales affiliées h la Fédération qui ont présenté le mémoire législatif annuel aux membres du cabinet provinciale.On remarque.Thon.Antonio Barrette, ministre du Travail et à ses côtés, MM.Elphège Beaudoin et Gustave Francq respectivement président et secrétaire de cet organisme.On remarque également MM.J os Matte, J.-B.Arsenault et Phil Cutler, vice-présidents de la Fédération; Arthur D'Aoust, vice-président honoraire; MM.J.-E.Gariépy, Edouard Larose, Adrien Villeneuve.Georges Laverdure, Chas.E.Chalifour, Léopold Francœur, Citas.McKercher, j.-l.Morel, J.-M.Laframboi.se, Harry Bell, D.Bibeault, Roger La-f ram boise, et autres.v La Fédération provinciale du Travail du Québec a soumis son Mémoire Législatif à l'hon.Premier Ministre ainsi qu'aux membres de son Cabinet mercredi, le 4 décembre dernier.C'était une forte délégation de représentants du mouvement international (F.A.du T.) qui était conduite par le confrère Elphège Beaudoin, président de la Fédération; elle fut présentée par l'hon.A.Barrette, ministre du Travail, qui eut des paroles appropriées de bienvenue.Les membres du Cabinet présents étaient l'hon.Maurice Duplessis, premier ministre de la Province, ainsi que les hon.A, Barrette, J.B.Bourque, Orner Côté, Paul Beaulieu, Antonio Talbot, Marc Trudel, Tancrède Labbé, T.O.Larochelle et J.H.Délisle, le sous-ministre du Travail, Gérard Tremblay, était également présent.Faisaient partie de la délégation les officiers de la Fédération: Elphège Beaudoin, Jos.Matte, J.-B.Arsenault, Ph.Cutler, vice-présidents, et Gus Francq, secrétaire.Chs.-E.Chalifour, vice-président régional.Le vice-président Arthur D'Aoust, du Congrès des Métiers et du Travail du Canada, était également présent, ainsi que les confrères Georges Laverdure, J.-E.Gariépy, Chas McKercher, J.-L.Morel, Mme J.-A, Guillemette, Claude Jodotn, Bernard Shane, J.Ulene, J.-M.Laframboi.se, Harry Bell, D.Bibault, F.-X.Nolin, J.-A.Cantin, Dan, Daniels, L.-P.Larose, A.Pugh, E.Dufresne, A Hamois, C.Moineau, Frs.Maheux, L.Francœur, Edouard Larose, Alphonse Fortin, Roger D.LaBrie, Albert Larose, J.M.Landriault, René Michaud, Leopold Genest, Wilfrid Roy, AU.Richard, Jean-Marie LaPlante, Roger Laframboise, Martial Duguay, Robert Menary, C.Brooks et autres dont les noms nous échappent.Le président Beaudoin donna lecture du Mémoire Législatif, il fut commenté par le secrétaire Gus Francq, le vice-président Jos Matte ot las confrères Edouard Larose ot Claude Jodoin.Après la lecture de l'avant-propos du Mémoire Législatif, le président Beaudoin pria le secrétaire Gus Francq de présenter le premier sujet qui traitait des Conférences du Bureau international du Travail, Les conférences du Bureau International du Travail, et un Code du Travail Une conférence du Bureau Internationol du Travcdl s'est tenue à Montréal du 19 septembre au 9 octobre dernier ; elle adopta plusieurs conventions qui seront soumises aux Etcis-Membres pour ratification.Ces conventions traitaient entre autres de la protection des enfants et des jeunes travailleurs en ce qui concerne Texcmen médical d'aptitude à l'emploi et la limitation du travail de nuit des adolescents tant dans les travaux industriels que non industriels, aussi bien que des conventions et recommandations adoptées par > les sessions précédentes (1939-1945) ; il y a actuellement cinquante-deux de ces conventions en vigueur.Nous regrettons devoir avouer que le Canada n’en a ratifié que quelques-unes, principalement celles qui ont trait aux gens de mer et à la navigation.Pour expliquer cette situation plutôt défavorable, le gouvernement du Canada signalait, en janvier 1938, que la commission judiciaire du Conseil Privé avait déclaré que les lois du parlement adoptées pour faire porter effet a ces conventions outrepassaient la compétence du Parlement du Canada et qu'il attendait un rapport de la Commission Royale sur les relations entre le Dominion et les provinces, nommée en vue d'examiner à nouveau la répartition des pouvoirs législatifs, en tenant compte du développemen* économique et social des soixonte-dix dernières années.Dans une autre lettre en date du 24 février 1941, le gouvernement ajoutait qu'il avait reçu le rapport de la Commission Royale et l'avait soumis à une Conférence des ministres du Dominion et des provinces, mais la conférence avait pris fin sans aborder cette question, qui reste par conséquent en suspens.Les trois conventions en jeu étaient le repos hebdomadaire, la durée du travail dans l’industrie, et la fixation des salaires minima.Il en résulte que les délégués du Canada —- ceux du gouvernement fédéral, des employeurs et des travailleurs — engagent, par leur vote affirmatif, le Canada à ratifier les conventions adoptées par la Conférence, sachant que la plupart de ces conventions adoptées tombent légalement sous la juridiction des provinces car elles traitent de la réglementation des conditions de travail ou encore de législation sociale telle que : réparation des accidents du travail, repos hebdomadaire, assurance, etc.11 y a là une situation anormale, il est illogique que des délégués, par leur vote, obligent en quelque sorte d'autres Etats-membres, — au nombre d'une cinquantaine, — à se conformer à une ou plusieurs conventions, tandis que le pays qu’ils représentent ne peut ou ne veut les ratifier ou ce qui est encore pis les ratifie mais ne les observe pas.Il nous semble qu'il doit y avoir moyen de sortir de cette impasse, le Gouvernement du Dominion pourrait ratifier les conventions votées par une conférence du Burecu International du Travail après avoir appelé une conférence fédérale-provinciole à laquelle seraient soumises les conventions qui sont légalement de juridiction provinciale, celles-ci seraient alors approuvées, chaque province s'engageant à les mettre en vigueur dans leurs grandes lignes, sur un plan uniforme, lorsqu'il s'agit de conventions à caractère purement fédéral, rien n'empêche le gouvernement du Canada de les ratifier et de les mettre en vigueur.En décembre 1945, nous attirions votre attention sur une situation analogue en rapport avec un Code du travail national, réclamé à plusieurs reprises par des conférences du Congrès des Métiers et du Travail du Ccnada, et sur le tait que depuis 1940, le gouvernement fédéral, au moyen d'arrêtés-en-conseil, édictés sous l'empire de la Loi des mesures de guerre, régissait les relations industrielles et autres mesures touchant les salaires, les conditions de travail, etc., toute cette réglementation sera abrogée sous peu, dit-on, et ne se continuera que du consentement des provinces.Peut-on anticiper que toutes les provinces y acquiesceront ?Si une ou plusieurs provinces s'y objectent, qu'arrivera-t-il ?Cette législation fédérale serait en vigueur dans les provinces acquiescentes mais ne le serait pas dans d'autres, cette situation sera-t-elle dans l'intérêt de la classe ouvrière ou dans celui du pays en général ?Les organisations ouvrières que nous représentons favorisent un Code du travail qui établirait un minimum de salaire uniiorme pour tout le pays, des heures et conditions de travail identiques, laissant à chaque province la liberté d'augmenter ces minima de salaire ou d'améliorer les conditions de travail.Ce Code du travail reconnaîtrait aux ouvriers le droit de s'organiser dans la pleine acception du mot, décréterait un système approprié et complet d'assurance-santé et remanierait du tout au tout l'assurance du vieil âge P?ur,la remPlacer Par un système de pensions de retraite assurant à tous, dès l'âge de 60 ans, un revenu suffisant pour garantir un véritable niveau de vie canadien.Le secrétaire Gus Francq démontra la fausse position dans laquelle se trouvaient les délégués des Etats-Membres qui vivaient dtuts un pays sous statut fédéral.Ils aidaient par leur vote affirmatif l'adoption de conventions sachant que l'Etat-Membre qu’ils représentaient ne pouvait les ratifier, la plupart des sujets visés par ces Conventions étant de juridiction provinciale en ce qui concerne le Canada, tout au moins; il avait attiré l’attention des autorités compétentes sur cet état de chose dès 1925 lorsqu'il assista à une Conférence du Bureau international du Travail à Genève, il réitère la même chase aujourd’hui après avoir asstsité en qualité de délégué ouvrier à la Conférence du B.I.T.à Montréal récemment.Il se demande s’il n'y aurait pas moyen pour chacune des provinces de ratifier ces Con- ventions à la suite d'une Conférence interprovinciale; en certains cas, dit-il, nous avons dans le Québec, entre autre, de la législation allant plus loin que ces Conventions, mais dans d'auttres cas c'est tout le contraire et ce serait é l'avantage de la classe ouvrière de voir ces conventions être mises en vigueur.R termine en demandant l'adoption d'un Code du Travail canadien avec un minimum de sécurité sociale, laissant à chaque Province le droit de l’améliorer et de le rendre plus avantageux pour les ouvriers de chaque province respectivement; si nous ne pouvons avoir un Code du Travail National ayons au moins un minimum d'uniformité de législation sociale.Ce sera toujours un commencement.Tribunaux et magistrature du Travail Avec l'avènement d'une législation sociale prévoyant une règlementation dans les rapports entre employeurs et employés, il devient de plus en plus évident que cette législation court le risque de perdre de son efficacité par le lenteur avec laquelle les infractions sont réprimées et la procédure devant les tribunaux retardée, rendant ainsi l’assignation des témoins plus difficile pour le plaignant.Il résulte de cela que les ouvriers attendent de longs mois pour recouvrer les arrérages de salaire qui leur sont dus ; les comités paritaires sont handicappés dans les poursuites qu'ils intentent, tant au civil qu'au criminel.Sans vouloir mettre en doute la compétence, l'intégrité ou l'impartialité de ceux qui sont chargés de l'administration de nos cours de justice, nous estimons qu'ils ne sont pas toujours aussi renseignés qu'il le faudrait en regard de cette législation sociale.Ceci expliquerait les délais dont nous nous plaignons aussi bien que certaines sentences plutôt légères imposées aux violateurs de la loi.Nous suggérons l'établissement dans les principaux districts judiciaires de la province de tribunaux spéciaux ou tout au moins la nominaiion de juges bien versés dans la législation sociale et industrielle.Loi des relations ouvrières Cette loi a été quelaue peu amendée lors de la dernière session parlementaire mais comme toute chose humaine elle est loin d'être parfaite, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que sa mise en pratique démontre ses faiblesses comme ses avantages.Ainsi l'article 4 dit que "tout employeur est tenu de reconnaître comme représentant collectif des salariés à son emploi les représentants d'une association groupant la majorité absolue desdits salariés et PAGE 8 DECEMBRE 194G MONTREAL DECEMBER, 1946 LE MONDE OUVRIER de négocier de bonne loi avec eux une convention collective de travail." et 1 article 42 définit les pénalités dont un employeur est pcssible pour refus de reconnaître les représentants de ses salariés.Pourtant combien d'employeurs refusent de se conformer à cette loi ?Cela commence à la prise d'un vote au scrutin secret ordonnée par la Commission, au lieu de faciliter la tenue de ce scrutin, tel que le dit l'article 8, on y met tous les obstacles possibles, on désigne un endroit peu convenable pour tenir ce scrutin, on fait pression sur les employés, tous les moyens sont bons, et lorsque finalement et malgré tout la certification est accordée, on refuse de se rendre à l'invitation de rencontrer l'autre partie (Article 11) pas plus qu on ne se rend à la demande du conciliateur, on ignore le tout, on fait traîner les choses en longueur, on fait pression nouvelle sur les employés, on menace de fermer boutique, tant et si bien qu'on finit par décourager ces derniers qui abandonnent leur certification et l'on forme alors une union de compagnie.Voilà les faits.Nous estimons que toute infraction devrait être poursuivie avec rigueur et célérité ; il faudrait également que les pénalités imposées par l'article 42 soient augmentées.Ne pourrait-on pas imposer une amende pour chaque jour pendant lequel un employeur ou l'association d'employeurs refuse de négocier avec l’agent de négociations reconnu par la Commission ?A 1 article 49, il est dit aucune poursuite ne peut être intentée sans I autorisation écrite de la Commission ou le consentement du procureur général ; nous estimons qu'il serait préférable que lo procureur général ou la Commission se charge de prendre les poursuites au lieu de laisser ce so;n à 1 initiative privée, tel que le laisse sous-entendre cet article.Nous estimons que la Commission devrait motiver ses décisions et en aviser les intéressés.Ceux que nous représentons n'ont pas demandé cette législation sous sa forme actuelle, nous 1 avons acceptée toutefois et lui avons donné notre appui le plus sincère, mais si on n'oblige pas les employeurs récalcitrants à s y conformer dans les délais prescrits, autant vaudrait l’enlever de nos Statuts, nous saurions alors que nous devons nous fier uniquement sur nos contrats d union et nous servir de notre force économique pour obtenir nos justes revendications, sans être liés par l'article 24 qui déclare une grève illégale si on ne s'est pas conformé à ce que prescrit ledit article.Il y a trop de délais dans l'application de cette loi, délais inutiles et nuisibles à bien des points de vue.Il en est de même d'ailleurs avec la Loi concernant les conseils de conciliation et d'arbitrage (Chapitre 167, S.R.Q., 1941) ; elle devrait être revisée du tout au tout car elle ne répond plus aux besoins de la situation actuelle, elle ne définit pas tout ce qui peut tomber sous son application, tout comme elle dit par exemple qu'aucun différend ne peut être soumis à un conseil de conciliation ou d'arbitrage s'il y a moins de dix employés intéressés dans le litige, nous dirons même qu'elle vient en contradiction directe avec la Loi des relations ouvrières, les articles 10 à 18 sont devenus inutiles en pratique, ils visent les bureaux de conciliation, tandis qu actuellement un simple conciliateur nommé par le Ministre du Travail remplit les fonctions d'un Conseil de conciliation.Il y a également la rémunération des membres d'un Conseil d'arbitrage, ce qui est fixé à 1 article 30 est ridicule, nous désirons que les arbitres soient convenablement payés mais nous nous objectons aux nombreux délais et au peu de temps consacre aux seances, on siège une heure ou deux et l'on ajourne à huit ou quinze jours ; trop de temps perdu.Nous demandons également que les témoins appelés devant des bureaux d'arbitrage soient rémunérés avec justice, ils n'ont droit qu'au montant dérisoire de $2.00 par jour, nous soumettons qu'ils devraient au moins avoir droit à Sô.OO par jour et à $4.00 pour une demi-journée.Différends dans les services publics.Statut des employés de compagnies de la Couronne Une certaine législation connue sous le nom de "Loi concernant les différends entre les services publics et leurs employés" fut adoptée en 1944 pour faire face à une situation passagère ; son but principal est défini à ¦'article 5 qui dit : "toute grève ou contre-grève est interdite en toute circonstance" ; elle abrogeait la loi relative à l'arbitrage entre certaines institutions de charité et leurs employés.Nous nous demandons si l'article 2 ne couvre pas trop de services, et s'il n'est pas temps de reviser cet article.Défendre une grève en tout temps prive la clcsse ouvrière du seul moyen de défense qui lui reste làrsque toutes les autres méthodes de conciliation et d'arbitrage ont été épuisées.Mais il y a, parait-il, une tendance à exclure des bénéfices de la législation ouvrière et sociale un certain groupe d'employés de services publics dès que ces services sont nationalisés ; le fait qu’une compagnie privée devient en quelque sorte une compagnie de la Couronne n'est pas une raison pour priver lesdits employés de certains droits ou privilèges dont ils jouissaient antérieurement et nous prions le Ministre du Travail de soumettre ce cas aux aviseurs légaux de son Département pour que cette anomalie disparaisse et que ces employés bénéficient de toute législation appropriée.Accidents du travail Nous réitérons les demandes que nous avons faites antérieurement, lesquelles se lisaient comme suit : 1.Que tous les employeurs, sans exception, soient assujettis à cette loi, sans tenir compte du nombre de personnes à leur emploi, ni du montant global des salaires par eux payés ou du plus ou moins de risques inhérents à l'industrie ou au commerce envisagé.2.Que toutes les maladies professionnelles soient assimilées à un cccident de travail et soient compensables au même titre.3.Que la base de calcul des indemnités soit établie d'après le salaire normal gagné le jour de l'accident, multiplié par 300 ; il semble que ce système de procéder sercit plus simple et moins compliqué que la méthode actuelle de déterminer les gains hebdomadaires moyens ou mensuels durant les douze mois précédant la date de l'accident.4.Que la Commission des accidents du travail interprète la loi de manière à ce que tout accidenté reçoive la pleine compensation à laquelle il a droit durant toute la durée de son incapacité et non pas seulement jusqu'au moment de la consolidation de la blessure ; il semblerait que, sous le prétexte que l'accidenté peut faire un travail léger, sa compensation est réduite même jusqu'à concurrence de 50% ; il est d'ailleurs reconnu que, généralement, partout où les ouvriers travaillent par équipes, un travail léger n'existe que bien rarement.5.Que votre gouvernement, — par voies d'ententes interprovinciales, — s'efforce de faire établir un taux de compensation d'au moins 75% du salaire de l'accidenté et ce dans toute l'étendue du Canada.6.Que des centres de thérapie occupationnelle et de physio-électro- THE LABOR WORLD DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 9 a.thérapie soient établis dans les districts industriels de fcçon à hâter la convalescence des ouvriers invalidés au lieu de les considérer comme des rebuts parce qu'ils souffrent d'une incapacité permanente ; la science permet aujourd'hui de rééduquer le plus grand nombre de ces invalides.7.Qu'il devrait y avoir des rapports plus suivis entre la Commission des accidents du travcil et le service d'inspection des établissements industriels ou commerciaux.Actuellement, seuls les accidents à résultat fatal ou ayant causé des blessures graves sont rapportés au service d'inspection.Nous estimons que tous les accidents causant un arrêt de travail devraient être rapportés tant à la Commission des accidents du travail qu'au service d'inspection des établissements industriels et commerciaux.Loi de la convention collective de travail et certificat de qualification Nous soumettons que la loi de la convention collective de travail devrait être modifiée, à la lumière de l'expérience acquise depuis sa mise en vigueur.Nous attirons votre attention particulière sur le fait que l'article 25 de la loi de la convention collective permet à un comité paritaire de rendre obligatoire, par règlement, un certificat de qualification pour tout salarié assujetti au décret dans toute ou partie de la région déterminée dans ce décret.De ce fait, il y a, tout particulièrement dans les métiers de la construction, des ouvriers qui, tout en travaillant pour le même patron, peuvent être appelés à travailler dans plusieurs villes ou régions et dans chacune d'elles ils doivent obtenir un certificat de qualification, subir un nouvel examen et payer une somme n'excédant pas deux dollars ; de plus, il y a des cas où des ouvriers ont passé l'examen avec succès dans un comité paritaire et ont été rejetés dans un autre.Nous réitérons une de nos demandes antérieures au sujet du certificat de qualification et suggérons ce qui suit : 1.Tout comité paritaire exigera à titre d'honoraire pour l'examen un taux minimum de trois dollars ($3.00) pour l'ouvrier qualifié, et un dollar (S 1.00) pour l'examen d'un apprenti ; 2.Si le candidat au titre d'ouvrier qualifié réussit son examen, il lui sera remis un certificat de qualification sur paiement d'une somme supplémentaire de deux dollars ($2.00) ; 3.Ledit certificat de qualification sera renouvelable chaque année sur paiement d'une somme de cinq dollars ($5.00) pour l'ouvrier qualifié ; de deux dollars ($2.00) pour un apprenti de deuxième année ; trois dollars (S3.00) pour celui de troisième année et quatre dollars ($4.00) pour celui de quatrième année ; par la suite ce dernier sera reconnu comme ouvrier qualifié et son certificat de qualification sera valable dans toute la province et renouvelable chaque année.4.Tout ouvrier membre d'une organisation ouvrière bona tide, tel que défini au paragraphe B, article 1, sera exempté du paiement de tout honoraire ; sa carte de membre sera reconnue comme certificat de qualification pourvu toutefois que l’organisation dont il est membre lui fasse subir un examen en conformité avec l'article 30 de la loi de la convention collective ; ladite carte de travail sera reconnue dans toute la province et ce durant tout le temps que le porteur de cette carte de travail reste membre en règle de son organisation ouvrière et qu'il continue à avoir les qualifications techniques requises pour pratiquer son métier.Certification accordée dans les métiers de la construction Il nous a été rapporté que des certifications avaient été données à un groupe d'ouvriers travaillant sur un chantier des métiers de la construction.Ceci serait de nature à détruire l'intégrité des conventions collectives et des comités paritaires.Nous estimons qu'aucune certification ne devrait être émise pour une entreprise dans les métiers de la construction car généralement le travail n'est que passager tout comme il est de ncture plus ou moins temporaire.Il y a là un précédent dangereux s'il est bien vrai que des certifications de ce genre ont été accordées.La crise du logement Il est reconnu que, — à Montréal tout particulièrement — il existe une pénurie de logements ; que cette rareté devient de jour en jour plus grave, et ce en dépit du fait que plusieurs projets de construction de logements ouvriers sont en exécution ; malheureusement, les prix de location de ces logements sont généralement trop élevés et nullement à la portée de la bourse de la moyenne de la classe ouvrière, il s'en suit que ces logements sont loués à une classe de personnes plus fortunées.En vertu de la loi nationale sur le logement, un gouvernement provincial voire même une municipalité — peut s'engager à verser des contributions supplémentaires périodiques à une Caisse de réduction des loyers que l'autorité locale de logement peut utiliser pour permettre des diminutions sur les loyers exiges pour les maisons du projet d’habitations à bon marché, et ce suivant accord à intervenir entre le gouvernement de la province et l’autorité locale de logement.Nous vous prions de bien vouloir considérer cette situation et prendre les mesures que vous jugerez les plus opportunes pour remédier tant à cette crise du logement que pour activer la disparition des taudis et leur remplacement par des habitations salubres à la portée des moyens financiers de la moyenne de la classe ouvrière.Age de la scolarité obligatoire Nous considérons que tout enfant devrait fréquenter l'école depuis l'âge de 6 ans jusqu'à la fin de l'année scolaire au cours de laquelle il a atteint l'âge de 16 ans.Simplification de notre législation Comme nul n'est censé ignorer la loi, il n’est pas raisonnable pour nos législateurs de passer des lois si difficiles à comprendre, car même les avocats ne peuvent tomber d'accord sur le sens exact qu'il faut leur donner, tant le style est compliqué.Les ouvriers organisés veulent obéir aux lois de leur province et de leur pays, mais il est injuste de leur demander d'obéir à ce qu'il leur est très difficile à comprendre.La simplification des termes légaux dans nos lois est une réforme que le Travail Organisé estime des plus opportunes.Hospitalisation et soins médicaux sous le contrôle de l'Etat Nous admettons qu'à première rue ces demandes semblent être YARN ason’s Greetings THE MONTKEÜL COTTONS LIMITED Valley field Quebec PAGE 10 DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 LE MONDE OUVRIER empreintes d'un radicalisme outré, mais on est forcé de reconnaître que le coût élevé des frais d’hôpitaux et des soins médicaux met ces services trop souvent hors de la portée du travailleur.Il en résulte des infirmités qui auraient pu être et dû être évitées, parfois même la mort, ou bien alors "intéressé s'endette pour des années, sinon pour toujours.La principale objection à une législation de contrôle des services médi eaux est la crainte d'enrégimentation de la profession médicale.Pourtant dans d'autres pays, certaines villes ont réglé ce problème soit par un service volontaire, soit d'une autre façon, et cela à l'entière satisfaction d'une foule de membres de la profession médicale.Serait-ce trop vous demander que de vous prier de bien vouloir faire une enquête impartiale sur la situation et sur ce qui se passe ailleurs à cet égard, cfin de pouvoir établir le meilleur système du genre dans le Québec ?Procédures d'injonction Dans le passé, des injonctions intérimaires ont été émises contre des officiers d'organisations ouvrières sans que ceux-ci aient eu l’occasion de fournir aucune preuve devant les tribunaux pour leur défense.Nous insistons pour qu'aucune injonction intérimaire ne soit accordée contre des représentants d'organisations ouvrières, avant que les parties en cailse aient eu l'opportunité de comparaître en Cour et y donner leur version.Nous demandons en outre qu'aucune injonction ou ordre restrictif ne soit rendue par les tribunaux dans les cas de disputes travail-administration.Travail à domicile Le travail à domicile est incontestablement une menace à la santé et à la moralité des citoyens de cette province, car le travail à domicile n'est pas assujetti à la loi d'inspection des établissements industriels et pommer ciaux et peut, de ce fait, devenir une source de contamination et de maladies infectieuses non constatables.Dans la plupart des cas, les travailleurs à domicile ne gagnent qu'un salaire pitoyable et ce pour de longues heures de travail, ce qui constitue une concurrence injuste aux établissements industriels soumis à l'inspection et autres lois aussi bien qu'à ceux qui y sont employés ; d'autant plus que les produits du travail à domicile sonLjetés sur le marché sans aucun contrôle Nous vous prions d'abolir dans le plus bref délai possible le travail à domicile, mais dans l'intervalle nous suggérons que l'enregistrement des travailleurs à domicile soit obligatoire, que ces ateliers clandestins soient assujettis aux dispositions des lois de l'inspection des établissements indus triels, du salaire minimum aussi bien que celle de la convention collective.Crédit ouvrier Les ouvriers tout comme les cultivateurs ont généralement des familles nombreuses, il est reconnu qu'il est difficile pour les grandes familles de se trouver un logis ; que le nombre des ouvriers propriétaires de leur maison est très limité, nous estimons que l'établissement d'un crédit ouvrier basé sur le plan du crédit agricole encouragerait l'ouvrier à se créer un foyer digne de ce nom.Le délégué Edouard Larose, de la Prater- exemples frappants l’Injustice commise à nlté des Charpentiers-Menuisiers commenta l’égard d’ouvriers des métiers de la cons-l’item traitant de la loi de la convention truction qui, tout en travaillant pour le collective de travail.Il démontra par des même patron, étaient appelés à travailler sur des travaux exécutés dans différents districts et dans chacun d’eux ils étaient tenus de passer un nouvel examen, de prendre un nouveau certificat de qualification, payer à chaque fols le droit exigé par un différent comité paritaire et comme il y en a onze en existence dans le Québec, cela dev.nait une véritable exploitation; il cita un cas particulier où un ovrier travaillant depuis des années pour la même compagnie et qui avait été appelé à nller travailler pour quelques jours dans un autre district, il avait négligé de demander au comité local un certificat de qualification, il fut arrêté et condamné, grave injustice, il demande à ce que le certificat de qualification ou la carte de travail d’union soit valable dans toute la province et renouvelable chaque aimée.Le délégué Claude Jodoin, de l’union de l’industrie de la robe commenta le sujet du travail à domicile et brossa un tableau exact des abus et des ravages causés par le travail à domicile.Le vice-président Jos Matte renouvela ce qu’il avait dit à plusieurs reprises au sujet du crédit ouvrier, il regrette le nombre restreint d’ouvriers propriétaires de leur domicile, il estime qu'avec un crédit ouvrier le nombre des propriétaires augmenterait sensiblement et ce pour le plus grand bien de la province.Le président Beaudoin résuma les sujets traités et termina en disant que nous avions 1e meilleur ministre du Travail que Québec avait eu et que nos rapports avec lui avaient toujours été des plus cordiaux et encourageants.L’hon.M.Duplessis remercia les délégués d’être venus rencontrer le gouvernement et d'avoir présenté leurs revendications de façon attssi éloquente, avec autant d’à-propos que de clarté, n s’unit de tout coeur aux éloges que tes délégués ont faits ait Ministre du .Travail, M.Barrette.Il estime que l'uni -formité des lois dans un pays comme le Canada est impossible, la décentralisation s’impose, et somme toute, n'est-il pas mieux que nos lois soient faites à Québec, pour Québec et par des Québécois.Comment voulez-vous que nous puissions surveiller l'application d'une loi à base nationale dans la Colombie-Anglaise et vice versa.Rien, dit-il, n’empêche les provinces d’appliquer dans leurs lois les conventions internationales, les législatures ont ce droit et elles offrent plus de garantie qu'Ottawa à ce point de vue.Au sujet des employeurs qui ne respectent pas nos lois, il réitère sa promesse souvent faite que les lois seront observées par tous, employeurs comme employés.L'autorité doit être respectée et si nous devons faire des amendements à nos lois pour les rendre plus sévères nous le ferons, il ne peut y avoir de lois unilatérales, les ouvriers ont plus droit que d’autres à la protection de l’Etat et nous verrons a cc qu'ils l’obtiennent.Pendant trop longtemps, dit-il, des employeurs ont considéré leurs employés comme des machines; des abus sont déjà disparus, je verrai à en faLre disparaître d’autres; le droit à la grève est acquis à l’ouvrier, c’est mie excellente chose à condition qu’on n’en abuse pas; quand il y a grève tout le monde paie les pots cassés, on ne gagne rien à saboter, à causer du trouble et à ruiner le prochain; on peut revendiquer ses droits, la loi est là pour vous aider, mais il faut que oeta se fasse légalement, comme d’ailleurs votre groupe le fait généralement.Au sujet du crédit ouvrier, M.Duplessis dit que personne n’est plia favorable à ce projet que lui-même ot son gouvernement.Il ne faut pas oublier que Québec a manqué d’orientation et c’est la cause du petit nombre de propriétaires chez-nous; ce manque d’orientation, dit-il, est la cause que les taxes ont été mal reparties et qu’elles écrasent le petit propriétaire, mais actuellement il y a également pénurie de main-d’œuvre et de matériaux.Il fera tout son possible pour aider à régler cotte situation.Jamais l’avenir de la Province de Québec n’a été plus brillant, nombre d’industries ont les yeux sur nous; aux patrons et aux ouvriers d’en profiter sous l’égide d’un gouvernement qui leur promet de faire tout en son pouvoir pour les aider.L’honorable Antonio Barrette a ensuite remercié le premier ministre des sages conseils qu’il venait de donner aux officiers et membres de la Fédération provinciale du Travail et a félicité ceux-ci de la sagesse et de la modération de leur exposé qui a certes été préparé de main de maître, U se dit très sensible aux éloges qu’on lui a donnés, il s'efforcera de continuer à les mériter, il demande à cc que le respect des lois soit toujours maintenu par le Travail Organisé, car c’est la base même de notre société.En terminant, il souhaite à tous les membres de la Fédération et à la classe ouvrière en général un Joyeux Noël et une Heureuse Année.vT> S J?w 5?g l l h k ï }à ï >à M k i î î h k i PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE Plus que jamais les grands principes chrétiens devraient inspirer nos esprits et orienter notre action.Des tâches énormes affrontent les gouvernants, les chefs d'entreprise, les dirigeants d'associations ouvrières, bref toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont la responsabilité de faire régner la justice et de promouvoir le progrès social.La Fête de Noël fournit à chacun de nous une occasion magnifique de s'inspirer des principes chrétiens sans lesquels toute oeuvre de reconstruction économique et sociale serait vaine et stérile.Je souhaite que l'année 1947 apporte à tous la paix intérieure, le bonheur, la satisfaction du devoir accompli et une juste prospérité.ANTONIO BARRETTE, Ministre du Travail.n % 8 8 8 8 k ï i » n M k }i n k i if 8 î THE LABOR WORLD DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 PAGE 11 Montreal Local Obtains Good Contract Contract Negotiated Jointly With the Printing Pressmen and Typographical Unions Sets Minimum of $1 Per Hour By P.J.GALLEY, International Representative International Brotherhood ol Bookbinders Local No.91 of Montreal signed an agreement with the Employing Printers of this city calling for a 40-hour week at a minimum of $1 an hour for bookkbinders and 50c an hour 1'or btnderywomen.This agreement grants one week’s holiday with pay and also the following holidays: Labor Day.Christinas.New Year's Day.Thi‘ contract was negotiated jointly with the Printing Pressmen and Typographical unions.It is the first time within the past 25 years that such a contract was negotiated and signed jointly by the three unions and the Employers’ Association of Montreal, so far as I can find out.Collective Code Aqieement We have in force also a Collective Code Agreement for the printing industry which calls for 43 horn's at 91c pci- hour for men and 46c per hour for women.This was approved as a floor for the industry in order to offset unfair competition for the employers which means that nonunion workers work 43 hours and our member's work 40 hours.We have also some of our members who are paid for eight holidays, plus one week's vacation with pay.Regardless of opposition from our National Union and from various other organizations, and strong resistance by a group of employers, we were forced to certify our members in some plants.We approached the Labor Department and then had to accept arbitration and lost out.But we did not lose hope and kept on insisting for a union contract.On the 9th of August we all found agreement and the union contract was finally signed.This, by the way, took us almost one year, which proves that only by good hard work and sound common .sense with united action can we win out.On the 12th and 13th of October, the Federation of International Printing Trades Unions of the Province of Quebec held its fifth annual convention.A number of resolutions were submitted to the delegates- and quite a number were adopted.Federation Aims The writer has had the honor to serve this Federation as president for the past two terms, but declined réélection this year.For the benefit of those who may not be acquainted with the Federation of International Printing Trades Unions, I will say that it is composed of all International Unions of the printing trades ir.Quebec Province, It meets once every month as a District I Council.We have one in Quebec, one in Three Rivers and one in Sherbrooke, all in the Province of Quebec.The aim of the Federation i i to establish uniform working con-hit o:.s and wages throughout its' jurisdiction.A great deal of bene-iicial work has been accomplished ,ir tli.' affiliated unions, the Fed-ration giving an opportunity for: '.he required united action.To our International officers and I our membership at large, Local 91 wishes a most Happy Christmas and i Prosperous New Year.Bank Note Workers Organizing Ottawa, Can.—Under the direction of A.E.Hemming, associate secretary Trades and Labor Congress of Canada, office employes of the Canadian Bank Note Company Limited are moving toward the establishment of OEIU membership and subsequent collective bargaining with their employer.Hemming reports that interest in the group is high and that its members are diregarding actions of their employer calculated to discourage their efforts toward obtaining collective bargaining.Additional organizing activities are contemplated by Hemming which should result in an expansion of OEIU membership in Canada and tlie establishment of additional local unions.Value of Ljabor Press The 64th convention of the Illinois State Fédération of Labor paid ! high tribute to the labor press as an agency in education of union members.In adopting the report of the executive board on the subject, the convention declared "despite the advancement of motion picture news flashes and radio commercial programs intorspeded with news items, the labor journal and labor newspaper are still in the lead.” Other techniques of spreading knowledge and information are substitutes for the printed word, the report stated.A survey revealed that 30 labor papers aie published in the industrial centers of Illinois.Most are supervised by boards made up of local central body delegates who subscribe to the aims and ixilicies o.the Amreican Federation of Labor.THESE POINTS ARE IMPORTANT In the critical months ahead, ^ while prices decline and business readjusts, everyone wants to avoid a ! major business recession.A great responsibility rests on workers and managements as they negotiate new agreements.The American Federation of Labor in its Labor's Monthly Survey notes these points : (1) No government wage formula can help in a situation where it is vital for workers and management to reach the decisions best suited to their own plants or industries.(21 Management should give workers the liighest passible wage in order to build up buying power; workers should get the facts, con- sider the employer's capacity to pay and where facts are furnished should co-operate to improve production.(3i Success- of the negotiations depends on the will of both parties to reach agreement and to bargain in good faith.Every constructive effort should be made to avoid work stoppages which could disrupt business at tilts critical time.Our American free enterprise system has given us the highest living standards in the wolrd.As citizens of a free country it is our responsibility to preserve it.To make it finition for the benefit of all, strikes j may sometimes be necessary, but : only as a last resort.Free Enterprise: Contrast With Communism This spring's gain in wages without increasing unit labor costs Are particularly significant at a time when the Moscow Communist dictators are trying to undermine the free enterprise system in our country.The Communist dictators, in their effort to cut production costs, i.creased the Russian wage earner's work load without raising his wages.As a result, living standards in USSR declined so seriously that production was retarded.Here in America under free enterprise with free unions, we can cut production costs and raise wages at the same time.This is the secret of our constantly rising living standard.While Russian living standards before the war (after 22 years of Communism') were lower than they had been under the Czars, and are even worse today, tlie American worker’s living standard rises steadily.The American worker’s “real" wage is at least 65' ; higher today than it was at the time of the Russian revolution (1917), while the Russian worker's real wage is lower.We should remember these facts when Communists and their fellow travellers claim that the Soviet “workers' government" brings a better life for tlie workers.— A.F.of L.Labor’s Monthly Survey.• Every child should have one quart of pasteurized milk every day— every adult one pint.o Liver, preferably pork liver, once a week is essential in any normal diet.THE FOUNDATION COMPANY of Canada Limited Marine and General Contractors HALIFAX ¦ MONTREAL - TORONTO D’J’EVER?IM 6c , TING ALONG SWELL, DAD/.LISTEN TO THIS ^ .JIB D'J'EVER MUMBLE TO YOURSELF WHEN THE SON BEGINS HIS PIANO PRACTICE JUST AS YOU START TO READ YOUR NEWSPAPER- /Tv, m % md 'SwU T A till m ‘STS' AND JUST AS YOU GET SETTLED IN ANOTHER PART OP THE HOUSE, THE DAUGHTER DECIDES ITS TIMÉ FOR HER VIOLIN LESSON- mwm-f I'VE ALWAYS SAID THAT THEREë NOTHING LIKE A MUSICAL EDUCATION J FOR KIDS -jm , qiL, YES, DEAR/ _ pi’: = r.BUT SOME MONTHS LATER WHEN THEY BOTH TAKE FIRST PRIZE AT THE SCHOOL CONCERT, YOU FEEL AS PROUD AS PUNCH.y wN'vvrV D'J'EVER REALIZE THAT TAKING AN INTEREST IN YOUR YOUNGSTERS' STUDIES IS A BIG ENCOURAGEMENT TO THEM ?DAWES BREWERY PAGE 12 DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 LE MONDE OUVRIER J.A.W.ARCHAMBAULT & ASSOCIES Labor on Guard ! That Republican "sweep" in the United States is having tile reverberations in our great Dominion .Though it was far back from being a “sweep, our anti-labour elements —regardless of party label — are making the most of it .and are already — though much prematurely — smacking their collective Ups .They have but one purpose : striking a death knell against organized labour .Spécialité Rapports d'impôts sur le Revenu 159 rue Craig Ouest.» BE.3003 Times have never been ho critical and ominous for the trade union movement hi Canada as they are at this moment .Big Business, aided by the hongers-on who keep to its coattails for their miserable livelihood, are urging it on through the most vicious methods of propaganda to take up the sword against labour and eliminate the organized trade unions of Canada so that they can have a field day of cheap labor costs, more profits and to hell with the standard of üvtng of the people who constitute tlie labor group — and the largest single unit — in the country .A MERRY CHRISTMAS AND A HAPPY NEW YEAR Austin Gloves Mfg Office: MONTREAL Mills: SHERBROOKE Compliments of the Season CANADIAN CAR & FOUNDRY Co.LIMITED Profits, the kind of profits Big Business seeks, are not consistent with the promotion of human welfare .The profits unlimited and exorbitant profits—that the spokesmen for Big Business advocate—are pure and simple greed.And where greed enters the picture, all human considerations, ail ethics, fly out the window , .It is this burning desire for greater profits that makes the present situation provocative and tense .Organized Labor in Canada cannot sit back and rest on its laurels .The recent gains made by the trade unions aie being wiped out by the increased cost of living.That doesn't concern Big Business.That the worker and his family have to get by on less and less is of no concent to the elements in our social structure who preach "freedom of Choice” for the worker .They cry aloud against the unions.Their henchmen call the trade union every name under the sun.And reoently they have added a new one."The trade unions are nothing but cartels, “shouts one of their highest paid stooges in Canada .That’s a new one.Or, rather a new twist to an old campaign technique.Like calling the kettle black.The best weapon of modem propaganda technique is the oft-repeated lis.That was the technique of Hitler, Goebbels and Company.Jump the gun on the other fellow and paint him with the colors that are actually yours.Don't let him spotlight you.And if you keep on telling the lie, shouting it, repeating it time and again, some people —and eventually a lot of people— will begin to believe it.Your battle is then won.But what these high-powered and well-paid propagandists do not realize that labor in Canada has grown.It is out of its rompes and has achieved manhood.Organized labor in Canada has grown into a collective sturdy giant who cannot be challenged easily.Labor does not have to resort to the lie technique to defend its cause.Labor does not do that, because the cause of labor is tlie cause of the people who work to earn their daily bread.Labor is not motivated by greed, but by the compassion and humane needs of men and women who make up the greater portion of our industrial papulation.But labor cannot sit back and let these fellows repeat the lie until it becomes an obsession.Labor must remain alert to the dangers that lurk at it from every side.The propaganda machines cannot be silenced in a free country.But organized labor can and must use its own weapons.Education.And such propaganda that will make the heads swim hirelings of unscrupulous and greedy in our country.LABOR ON GUARD ! LE MONDE OUVRIER — THE LABOR WORLD Est publié mensuellement par la Fédération provinciale du Travail du Québoc, dans le but de promouvbir de la législation sociale tendant à protéger et à améliorer le sort de la classe ouvrière de cette province.Exécutif : J.-Elphège Beaudoin, président ; Jos.Matte, J.-B.Arsenault et Cha-E.Chalifour, vice-présidents; Gustave Francq, secrétaire-trésorier et rédacteur; Marcel Francq, administrateur; Henri Richard, rédacteur associé.Adressez toutes les communications à 11, rue Saint-Paul Ouest Imprimé par Mercantile Printing, Limited, 11 ouest, ru» Saint-Paul, Montréal 1 Téléphone: LAncaster 7808 la published by the Quebec Provincial Federation oi Labor monthly, for th» purpose of promoting legislation towards the protection and advancement oi the working class oi the Province oi Quebec.Executive : J.Elphège Beaudoin, president : Joe.Matte, J.B.Arsenault, and Chas.E.Chalifour, vice-presidents ; Gustave Francq, secretary-treaiurer and editor ; Marcel Francq, manager ; Henri Richard, associate editor.La grève du , .I Suite de la jxige 21 plus en place pour le seul bénéfice de leurs poches, de leurs mesquins intérêts personnels.Dans ces unions ,il ne sera pas nécessaire d'établir de lignes de piqueteurs, parce que, une fois la grève décidée, après avoir suivi toutes les prescriptions de la constitution de Bunion et des lois ouvrières de la province ou du pays, il n'y aura aucun besoin de faire le siège de l'usine affectée.Quand des hommes sont convaincus qu'ils ont raison, que leurs demandes sont justes et qu'ils les revendiquent dans l'ordre et suivant l'esprit des lois, ils ne doivent pas être surveillés comme c'est présentement le cas pour les membres qu'on a fait entrer de force dans les unions ouvrières et qui ne savent parfois pas le premier mot du syndicalisme ouvrier.Même dans ce cas il pourra arriver que quelques membres optent pour ne pas suivre leurs camarades qui décident de faire la grève, mais ce sera le petit nombre et, comme dans nombre d'occasions, ils paieront pour leur escapade irréfléchie et égoïste : leur honte d'être rejetés des rangs des unionistes aura plus d'effet sur leur esprit que n'importe quelle ligne de piqueteurs.Quant à ceux qui se prétendent des leaders ouvriers et qui passent leur vie à organiser et à désorganiser toutes sortes d'unions, il est évident que leurs principes ne sont pas appuyés — même imperceptiblement — sur une base solide et on peut leur dire sans trop craindre de se tromper : Qui a trahi, trahira.Pour le plus grand bien du mouvement ouvrier, demandons au Ciel de nous débarrasser de tous ces caméléons et de leurs "suiveux".SOCIUS.Faites corriger les pince- LA CHIROPRAT1QUE ments de nerfs dans votre ^ ajoutera de la vie à vos épine dorsale, et VOUS VOUS années et des années maintiendrez en santé.à vobe vie.Laurent Hurtubise 4553, rue St-Denis Diplômé de Palmer Tél.HArbour 7524 916 est, rue Ontario MANUFACTURIERS DE CHAUSSURES Hommages de MONTREAL 758, RUE BERR1 ST.Opposite Viger Station Tél.MA.0105- 0251 Taverne : MA.0839 BIERE ET VINS SERVIS AUX REPAS BEER "God rest you merry, gentlemen, Let nothing you dismay," Thus begins the old English Christmas carol we have sung since we were children."Let nothing you dismay.This injunction seems rather difficult to obey in this Christmas season of 1946.There is so much to dismay us near and far misunderstanding, discrimination and intolerance.In the industrial field management and labor seem to be getting farther and farther away from achieving that understanding and mutual respect which alone can be the basis for peaceful relations in industry.Throughout our nation racial and religious discrimination and intolerance seem to be increasing.Real democracy seems to be farther distant even than it was when we were fighting bloody battles to preserve it.And the world organization which we set up with such high hopes — the United Nations — seems to gro more disunited because of bickerings and arguments.In such seeming confusion we approach the Christmas season.But it is no darker than on the first Christmas.The star over Bethlehem then brought new hope to a dismayed world.And so it does today.The true spirit of Christmas means unselfishness and brotherhood and togetherness.The shepherds went together to Bethlehem — and so did the Wise Men .We need more than hope and a sense of brotherhood, however.The shepherds arose and went into Bethlehem and so received the blessing.And the Wise Men traveled far to Bethlehem — and so they received the blessing.Each had to ACT.If each of us, high or low, rich or poor, black or white or brown or yellow, acts — and acts in a spirit of forebearance and understanding, we can make this a different world.So let us pledge our united efforts on this Christmas of 1946, to advance the cause of brotherhood and justice, so that we may truly have "Peace on Earih, Goodwill to Men." ILO Becomes Associated With The United Nations Montreal — The United Nations General Assembly, in the closing hours of its first session at New York, voted approval of an agreement bringing the International Labor Organization into official relationship with the United Nations.Addressing the Assembly immediately afterwards.Edward Phelan.Director-General of the International Labor Office, told the delegates that their action had given effect to a deeply felt desire tliat co-operation between the two organizations should be instituted, this desire, he said, was based on a profoundly held belief that this collaboration was “of the very' essence of the world’s efforts to achieve peace, production and prosperity." Drafted last May by negotiating committees of the Economic and Social Council of the United Na tions and the Governing Body of the ILO, the agreement was approved by the General Conference of the ILO here October 2.The Economic and Social Council recommended it for approval of the General Assembly on June 21.Before its approval by the General Assembly in plenary session, it went before tile Assembly's Second.Third and Sixth Committees.Mr." Plielaal declared thaCthe coming into force of the agreement was welcomed by the ILO "because we believe that working together we can achieve more than we could achieve by working separately.” Such concessions as the ILO had made in the agreement, he said, "we make gladly, believing them to be more than justified by the advantages to the great cause which both of our institutions exist to serve.” He pointed out that the ILO retained “all those fundamental characteristics of our unique tripartite constitution which have been our strength in the past and are the promise of our success in the future." But, he added.”we shall operate under that constitution, not only to pursue those objectives which are properly within our sphere of action but also hi order to mobilize still greater support for the work of the United Nations of which we are now proud to be the recognized associate." thus assure the production of adequate supplies of textile goods.p "îhe subston- International trade must be restored on a free basis, but;tial achievements of more than a competition must not be based on skill, quality and efficiency quj!£er.of a ., - not on sweated labor under sub-standard conditions.There- 'Ve bnne the detonnnat.on to fere, the A.F.of L.delegates proposed the establishment a ,he promotlon of ^lal jaslice international minimum labor standards such as an international | ^ that wllat the wori(j produces minimum wage, the 40-hour week and an agreement on equal j may pe fairly distributed, and so pay for equal work for men and women.that thereby all these various ef- forts may rest on an increasingly the United Nations, and the ILO, solid foundation.’’ he said, esteemed it a privilege tliat Tile ILO saw the association, he henceforth we shall work with said, as "a welcome partnership of Y°u in bringing these hopes to-service in the cause of internatio- fruition, nal peace” the smooth working of which was guaranteed by the excellent relations which had already ProDOSCtl PCTltlltiCS been established between the or- j , ganizations.At the recent session j for Race Prejudice of tile International Labor Con ference at Montreal, lie added, “he and Secretary-General Trygve Lie had renewed an acquaintance that Edmonton, Alta.— A resolution proposing that the city council be given power to impose penalties and went back 20 years, and found they ! cancel tile license of any public-could discuss with mutual confi- j place of amusement which refuses donee and complete frankness their admission to any person oil account common problems.The peoples of the world, he con- of race, creed or color, was passed at the October meeting of the eluded, had placed their hopes in Council for Canadian Unity J.A.RACETTE Opticien d'ordonnances licencié • 6528 St-Denis Téléphone : CA.9572 ¦ LUNETTES • LORGNONS • REPARATIONS Lundi.Jeudi, 10 a.m.à 0 p.m.Autres jours, de 10 a.m.à 9 p.m.How to Get More Shirts By LLOYD KLENERT Secretary-Treasurer of the United Textile Workers The recurrent shortages of textile goods have worked severe hardships on American families in the past few years.But our scarcities are mild by comparison with the utter lack of clothing in Europe all through the war and at the present time.Textiles are not merely scarce in Europe — they are virtually nonexistent for everybody.The need to increase textile production all over the world led to the calling of a conference, under the auspices of the International Labor Organization, of representatives of labor, management and government from the major textile-producing countries.We met a few weeks ago in Brussels where the American Federation of Labor delegates, representing American labor, called for the establishment of those conditions which could create a stable textile economy for the entire world, and COMPLIMENTS OF A FRIEND SEASON'S GREETINGS VIENNA GRILL LTI).1964 St.Catherine Street East AMherst 6191 COMPLIMENTS DE LA SAISON Charles Desjardins & Cie LIMITEE Le plus grand magasin de fourrures au Canada J.A.NOEL, gérant & Sec.-très.1170, rue SAINT-DENIS HArbour 8191 The most significant fact about inadequate production in nïrA*-¦ovtilp inrlnctripc nf thp world ns well as in our own country.ÏZït-CZZï I the textile industries of the world as well as in our own country is the shortage of labor.This is responsible, in fhe main, for the lack of production which causes a scarcity of goods in our stores.The only way the American public and the people of p the world will be able to get the clothes they need is by meeting the problem of attracting labor into the textile industry.The only intelligent policy which will eliminate this labor shortage, and the consequent lack of needed textiles, is to j i establish in the textile industry a wage which will bring back to the industry all the workers who left it during the past 5 years.This will also encourage young people who are seeking their first jobs to enter the textile industry, as a field with both a present and a future.If the textile industry remains a low-wage substandard , industry, the American people will continue to lack textiles, and the people of the world will continue to suffer from shortages of essential clothing.j-riîsS-Jrt.CHRISTMAS GREETINGS and BEST WISHES FOR 1947 JOYEUX NOEL ET MEILLEURS SOUHAITS POUR L'ANNEE 1947 Our Best Wishes lor a Merry Christmas and a Happy New Year Nos meilleurs souheits pour un Joyeux Noël et une Heureuse Année il!FrX 915 ST.CATHERINE ST.EAST PL.8811 JAS.A.OGILVY’S LIMITED Department Store Montreal THE LABOR WORLD DECEMBRE 1946 MONTREAL DECEMBER, 1946 PAGE 15 Workers Education: What?why?How?By JOHN D.CONNORS, Director Workers Education Bureau ot America VI.HOW IT'S DONE Well ntcgratcd workers' education programs, while often difficult to set in), are a inusl for the success and continued growth of the trade union movement.There is no magic formula to guarantee the success of such programs; "it's dogged as does it," together with the very necessary money to pay the bills.Programs take many forms.Those of national and international unions may differ considerably from those j of state federations of labor, and j they in turn from those set up by city central bodies and local unions.But for all of them there is a necessary first step: setting up a committee to study the educational needs of tire group and then to plan and conduct a program which will best meet those needs.Educational programs in national 1 and international unions are most] often under the supervision of a paid educational director and staff, who carry out the policies formulated by the educational committee.In addition to the more formalized program of classes, forums, conferences, etc., in which often only a minority of the members actively participate, tire pages of the union’s journal are frequently used to carry labor education into the home of every member and thus reach his family as well.The State Federation's Program The pattern used most frequently by state federations in their educational work has been the labor institute.During the past sixteen years such institutes have been held in 37 states, sponsored jointly by a state federation and a state university, as described in the third article in this series.Sometimes this pattern is changed and the educational session becomes a forum held in conjunction with a state federation convention, with one session or a whole day devoted to educational discussiors.* A recent development has been the establishment of a state-wide program of workers' education con-\isting of classes and workshops, local institutes, and research, such •as that set up by the Kentucky State Federation of Labor.At its tecent convention a constitutional amendment was adopted providing for a per capita tax to finance its Department of Education and Fte-• i-arch.Recently Colorado initiated plans for a similar program, and other states are considering following this new trend.Education at the Local Level When we come to the local organizations — city central bodies and local unions — we find a variety of techniques in use.Perhaps the most prevalent medium employed is to carry on an educational session at the regular meeting.This may be a forum or discussion period.with an outside speaker from education, government, management, the clergy, community services, etc., to discuss some timely subject, with a general discussion following.At other times a panel of such outride speakers or of the urion’s own members discusses some such topic.Tire ideal procedure is always to have as much audience participation as possible Again, an outsider or a member of ;he union reviews a book of particular interest to labor and valuable discussion is thus stimulated.Dramatic skits on labor topics are sometimes presented.Moving pictures or slide-films are also used and are Li; trssvsoi! p! ses Ü BBS 8 V — Lei Prospvi'its* Aussi Inevitable mont quo le lover du soleil do demain.LA BANQUE D’ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTREAL Sri Éf; rUU' iV.Tf m -ri mm Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE * H THE ROBERT SIMPSON MONTREAL LIMITED Telephone PLateau 7221 sometimes made the basis for film forums.Seme local groups prefer to have at least some of their educational activities separate from the regular meetings.These are sometimes a forum series, which is open to the public aLso.By far the most valuable educational method is conducting regular weekly classes in subjects such as labor history, collective bargaining techniques, grievance procedures, job evaluation, officer training, labor problems, everyday economics, parliamentary procedure r public speaking.The Libraries Help Many unions are building libraries in their headquarters through the systematic buying of books dealing with their particular interests, which are circulated among officers and rank-and-filers alike.Educational committees find that public librarians are glad to co-operate in offering suggestions for such libraries rd also in setting up separate trade union sections in the public libraries themselves.A recent development Is the preparation and broadcasting of regular durational programs in co-opera-t!on with the local radio station.This serves a three-fold purpose: the preparation and presentation of the program is hi itself a means of education; tlac program furnishes education to the worker who listen; and it also is valuable in building better public relations for labor.We must not fail to mention the great value of education of the printed word.Manuals, handbooks, textbooks, pamphlets, and many other types of printed materials do their large part in helping" Joe Worker to be a better trade unionist and a better citizen.Christmas Delivery lContinued from page 13y "Santa seems to be feeling better now.I guss all of us lielpers liave bo n bringing in good news to him." "Yes, he’s all right now," Duster replied."He does get worried sometimes for fear he'll miss some of his believers.During the war years my heart ached for him.He tried o hard, but he just couldn’t cover the whole world.We all worked overtime, too, but we had to miss a great many children.I hope it won’t ever happen again.Poor Santa aged a hundred years.This year is much, much better." "I wouldn't trade litis job for any in the world," Skimmer declared."Nor I," echoed Duster.’’Lots of people don’t give us credit for doing much good, but I feel like we’re all pretty important to the Ixtys and girls.After all.they’re the ones who count.If it weren’t HOTEL LAFAYETTE 1005 De Bullion Street INTER CITY BAKING CO.LIMITED A.
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