Le monde ouvrier = The labor world, 1 mai 1945, samedi 19 mai 1945
(W ïuiiuir t iUituOc lÉfefr HBf 30e Année — No 20 SAMEDI, 19 MAI 1945 — MONTREAL SATURDAY, MAY 19, 1945 30th Year — No.20 La taxe de luxe Au Conseil des Métiers et du Travail Les prochaines I/exéculif de la Fédération provinciale du Travail vient d'enregistrer sa protestation contre la taxe de luxe et a lait | parvenir à l'honorable M.Duplessis, premier ministre, et à l'honorable Alphonse Raymond, président du Conseil législatif, le télégramme suivant : "La Fédération provinciale du Travail n'admet pas une taxe de luxe qui affecte des articles de première nécessité, elle proteste également contre la continuation d'une taxe de vente sur le prix d'achat du gaz et de l'électricité pour usage domestique ainsi que l'imposition d'une nouvelle taxe pour ces services pour lins industrielles et commerciales." La Fédération du Travail reconnaît qu'un gouvernement doit avoir des ressources pour administrer et qu'il doit taxer pour trouver ces ressources ; elle estime toutefois qu'il y a d'autres moyens disponibles que celui d'imposer une taxe de vente qui est toujours nuisible au commerce et aux meilleurs intérêts de tous les citoyens, pauvres comme riches.En principe, la Fédération est opposée à toute taxe de vente mais plus particulièrement à une taxe de luxe qui frappe un grand nombre d'articles de première nécessité et d'usage courant.Nous admettrions à la rigueur une taxe de luxe qui ne s'appli- j querait qu'aux objets véritablement de luxe et encore faudrait-il que cette taxe sur les objets de luxe soit mise en vigueur dans toutes les provinces — soit sous forme de taxe fédérale, soit d'après entente avec toutes les provinces ; sans cela, cette taxe nuit au commerce interprovincial et devient pour ainsi dire impossible d'application.On aura beau créer des "no man's j lands" exempts de l'application de cette taxe, les municipalités voisines de ces territoires privilégiés se trouveront dans une position encore plus fâcheuse car elles verront leur commerce local disparaître ou tout au moins réduit considérablement.Si cette taxe de luxe s'appliquait à toutes les provinces, il y aurait encore le danger que des achats se fassent chez nos voisins des Etats-Unis, mais dans ce cas il y aurait au moins moyen d'y remédier par un tarif douanier.La taxe de vente de 2 pour cent était certes un ennui tant pour le vendeur que pour l'acheteur, mais on la supportait vaille que vaille.Elle disparaîtra, nous dit-on, au plus tard le 31 décembre prochain.Pourquoi ne pas la faire disparaître immédiatement ?Ce serait logique puisque dans bien des cas elie est remplacée par cette taxe de luxe de 6 pour cent.A ce propos, il est bon de mettre les acheteurs en garde : lorsque cette taxe de 6 pour cent s'applique, elle englobe la taxe de vente de 2 pour cent provinciale, quoiqu'il reste la taxe de vente municipale de 2 pour cent dans certaines municipalités — dont Montréal entre autres.On nous a cité des cas où des marchands faisaient payer une taxe de 10 pour cent, soit la taxe de 6 pour cent, la taxe de vente de 2 pour cent et la taxe municipale de 2 pour cent, soit 10 pour cent de taxe.C'est illégal et nous conseillons à nos membres et lecteurs de refuser de se laisser exploiter de la sorte et de rapporter le fait au bureau du directeur du service de la taxe de vente, 420 ouest, rue Lagauchetière.Lorsque la taxe de vente de 2 pour cent sera abolie, elle ne le sera que partiellement, car elle continuera à s'appliquer aux factures de gaz et d'électricité, ce qui est absolument injuste et déplorable, car cela affecte tout le monde.Savez-vous que sur ces comptes de gaz et d'électricité vous payez 12 pour cent de taxe, soit une taxe fédérale de 8 pour cent, — qui est une mesure de guerre et qui, espérons-le, disparaîtra sous peu, — 2 pour cent de taxe provinciale et 2 pour cent de taxe municipale.Cela ne s'appliquait qu'aux maisons privées, soit pour l’usage domestique, mais à l'avenir les maisons d'affaires commerciales et industrielles devront payer une taxe de vente provinciale de 2 pour cent.C'est donc une nouvelle taxe.Nous ne critiquons pas l'imposition d'une taxe sur certaines choses : ainsi sur les liqueurs spiritueuses, il y aura une taxe de vente de 6 pour cent et un sou d'augmentation par once, en plus on paye un impôt de $1.00 pour le carnet de rationnement.Tout cela monte, mais c'est plutôt du luxe.11 y a exemption pour la vente de la bière au consommateur, mais il paraîtrait, si l'on en croit certaines indiscrétions, que le gouvernement aurait taxé les brasseries au joli chiffre de trois millions de dollcrrs par année, est-ce bien vrai ?Cela ne nous surprendrait pas.Il est un fait certain, c'est que l'opposition contre la taxe de luxe a pris des proportions inattendues et les protestations se lont de plus en plus nombreuses et proviennent de toutes les classes de la société.Nos gouvernements ne semblent pas savoir qu'il existe une limite au delà de laquelle il est dangereux de surcharger le contribuable.On se demande si réellement cette limite n'est pas atteinte, même déjà dépassée.SOCIUS.L’assemblée régulière du Conseil des Métiers et du Travail a été tenue jeudi soir dernier sous la présidence du confrère Paul Fournier, président, assisté des vice-présidents R.Desparois et E.Secoure.Ce fut une assemblée mouvementée au possible, les questions devant l’assemblée étant des plus importantes pour tout le mouvement ouvrier international.Le secrétaire J.-E.Gnriépy donna lecture d’une communication du président Percy-R.Bangough, du Congrès des Métiers et du Travail du Canada, annonçant que le Conseil venait d’être suspendu pour ne pas s’être conformé aux ordres du Congrès en date du 14 novembre 1944, suspendant le président Paul Fournier.L’exécutif s’étant réuni pour étudier la communication fit le rapport suivant: "Que le Conseil ne possède pas de charte du Congrès des Métiers et du Travail du Canada, mais en détient une de la Fédération Américaine du Travail, que sous les conditions nous cdntinuions à opérer sous notre charte de la Fédération jusqu’à ce que nous soyons ordonnés autrement par la Fédération Américaine du Travail.” Ce rapport amena une longue discussion.Les délégués opposant la suspension se basèrent sur le fait que M.Bengough n’avait pas l’autorité de suspendre le Conseil, celui-ci ne détenant pas de charte du Congrès, alors qu’un certain élément voulait à tout prix que la décision de l’exécutif du Congrès soit adoptée.Dans un télégramme adressé au président Fournier par M.William Green président de la Fédération Américaine du Travail, celui-ci demandait d’essayer d’en venir à une entente afin de régler ce malentendu, tout en disant qu’il n’envisageait pas la question de retirer la charte du Conseil et de plus, que pour le moment il ne prenait pas part à ce différend.Le vote étant appelé sur la recommandation de l’exécutif, celle-ci fut adoptée sans qu’aucun délégué ne manifeste contre.La résignation du président Fournier fut lue par le secrétaire.Celle-ci disait qu’il avait accepté d’être candidat dans le comté St-Denis à titre d’ouvrier indépendant et que voulant observer la constitution il se voyait forcé d’agir ainsi.R fut proposé que cette lettre de résignation reste sur la table indéfiniment.C’est alors qu’il y eut de vives passes d’armes de part et d’autre.On réclama le vote nominal; le vice-président R.Desparols occupait à ce moment le fauteuil et rendit une décision quant à la manière de procéder, ce qui ne fut pas prisé par un certain groupe qui en appela de la décision de la chaise.Finalement la décision de la chaise fut renversé et on procéda au vote par appel nominal.La motion fut remportée, le vote étant de 79 à 94.Le Conseil endossa la candidature du président Fournier qui se présente comme candidat ouvrier aux élections fédérales.Le Conseil a décidé de souscrire la somme de $10.00 pour aider au comité de recoasti tu tion des unions ouvrières dans les pays où les dictateurs ont saccagé les droits d’organisation des travailleurs.élections Personne ne pourra se plaindre de ne pas avoir de choix aux prochaines élections, car pas moins de 965 candidats sont sur les rangs, dont 294 dans la province de Québec.C'est Verdun qui détient la palme avec 11 candidats, d'autres circonscriptions de Montréal suivent avec 6, 7 et 8 candidats ; tout cela se subdivise en candidats libéraux, conservateurs, C.C.F„ ouvriers-progressistes ( ?), crédit social, bloc populaire canadien et indépendants — (indépendants de qui, de quoi ?) Si l'on croit Dame Rumeur, la lutte se ferait surtout entre les partis libéral et conservateur ; le bloc semble avoir perdu pas mal de terrain depuis la fin de la guerre ; d'autre part, les députés du bloc à la Législature de Québec ont également contribué à cette perte de prestige par leurs déclarations plutôt erratiques ; le C.C.F.n'inspire pas encore beaucoup de confiance chez la masse des électeurs, quoiqu'il soit fort possible qu'il réussisse à faire élire quelques-uns de ses candidats sur l’ile de Montréal et dans quelques autres centres industriels de la province ; les ouvriers-progressistes — quoique naviguant sous un nom d’emprunt qui peut leur attirer un certain nombre de votes — pourront-ils décrocher un seul siège, c'est douteux, car c'est généralement connu que ce sont des communistes ou tout au moins des sympathisants, ils auraient mieux fait de se montrer sous leur véritable étiquette car cela aurait démontré leur force et aurait prouvé que s'ils sont fort actifs leur nombre est plutôt restreint ; parmi les candidats ouvriers-progressistes combien y a-t-il de membres d'unions ouvrières ! Bien peu, semblerait-il, si Ton en juge d'après leur profession ou occupation.Que dire des "indépendants" ?Que représentent-ils, en somme ?Il y a nombre d'eux qui étaient reconnus comme des libéraux ; d'autres sont d'anciens conservateurs et d'autres encore des dépités qui, n'ayant pas réussi à décrocher une candidature officielle d'un parti ou de l'autre, se sont réveillés des indépendants ; on pourrait les qualifier de vire-vent, vire-capot ou encore d'arrivistes tout court.Ces jours derniers il y eut toutes sortes de développements plutôt inattendus : Thon.M.Cardin a abandonné l'idée de lancer un autre parti, le Front National, et se présente comme indépendant ; puis il y a Thon.Oscar Drouin qui n'est plus l'adversaire de Thon.M.Saint-Laurent mais ce dernier aura toutefois à faire la lutte à six adversaires dont deux candidats ouvriers.Parlons donc du maire Camillien Houde : d'après les journaux, il serait devenu candidat indépendant dans Sainte-Marie — a-t-il laissé tomber son titre de grand manitou du Bloc Populaire ?Toutes ces métamorphoses laissent rêveur.Que couvrent-elles ?Personnellement, nous estimons que les fonctions de maire de Montréal — avec ses $10,000 par année à la clef - sont assez importantes pour s'en contenter ! La charte de la ville de Montréal devrait interdire le double mandat aussi bien d'ailleurs qu'une loi provinciale devrait y pourvoir.Nous n'admettons pas, par exemple, qu'un homme puisse être conseiller législatif à Québec et sénateur à Ottawa, quand on sait que ces deux corps législatifs s'essemblent presque aux mêmes dates ; à moins d'avoir le don d'ubiquité, un homme ne peut être à deux endroits à la fois, il doit donc forcément négliger Tune ou l'autre de ces fonctions, probablement même les deux.Il y a un candidat ouvrier ou indépendant dans Saint-Denis et ce n’est ni plus ni moins que Paul Fournier, le président du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal ; il se serait présenté sous l'égide du parti conservateur ou même du Bloc Populaire que cela n'aurait pas plus étonné.C'est son droit de citoyen qu'il exerce en étant candidat et nous ne lui contestons pas ce droit, mais nous considérons qu'il est plutôt regrettable que certains de nos dirigeants ouvriers qui occupent des positions responsables aient la marotte de se lancer dans la politique ; ils savent pourtant bien que cela a toujours causé des dissensions et que cela nuit à la bonne harmonie qui devrait exister dans le Travail Organisé.Dans le temps, nous avions un Parti Travailliste bien organisé, il présentait des candidats qui étaient régulièrement choisis par une convention d'unions et de clubs ouvriers dûment affiliés audit Parti, mais même cela n'a pas réussi et après quelques années d'essais infructueux, l'idée fut abandonnée et le Parti Travailliste fut dissous.Nous estimons qu'il vaut mieux ne pas mêler la politique et les activités syndicales, cela n'a pas marché dans le passé, et rien ne permet de croire que cela marchera mieux aujourd'hui ou demain.SOCIUS.BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE RUE SHER3RCOKE EST MONTREAL PAGE 2 SAMEDI, 19 MAI 1945 MONTREAL SATURDAY, MAY 19, 1945 L’industrie du papier au Canada MArquette 9331 ALEX.JULIEN, prop.HOTEL PLAZA ENR’G CHAMBRE SI.50 — REPAS 50c ET PLUS Téléphone et eau courante dans chaque chambre 446 Place Jacques-Cartier MONTREAL G-arage AUBERTIN Garage Téléphones: Jour-Day: FA.1050 — Soir - Night: CH.3350 Débossage, Mécanique, Peinture, Soudure, Réparations générales Body and Mechanical Repairs, Refinishtng, Welding 1104 rue Plessis Street MONTREAL O'Sullivan College, Ve L.J.Comeau, B.L., rdun, Reg’d Principal a 4080 Wellington, VERDUN.FItzroy 7640 Rés.: 6631 rue Saint-Denis CA.3920 FLEURS TELEGRAPHIEES PARTOUT 1269 BERNARD O.Tél.OA.7900 PAUL GAUTHIER Notaire
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