Le monde ouvrier = The labor world, 1 mai 1944, samedi 13 mai 1944
CP*?*' 4 8 29e Année No 20 SAMEDI, 13 MAI 1944 MONTREAL — SATURDAY, MAY 13, 1944 29th Year No 2U L’encouragement à la natalité L’honorable M.King, premier ministre du Canada, lait bonne impression en Angleterre, il vient d'adresser la parole aux deux Chambres réunies du Parlement britannique, il a reçu une formidable ovation lorsqu'il termina sen discours.On peut certes différer d'opinion avec lui sur la manière dont il préside aux destinées du Canada, mais à moins d'être de mauvaise foi ou aveuglé par l'esprit de parti, on doit reconnaître qu'il nous fait honneur lorsqu'il nous représente dans les diverses conférences impériales, celles qui ont eu lieu depuis le début de la guerre surtout.Il vient d'affirmer que l'union et la prospérité du Commonwealth britanique dépendent de la liberté et ne reposent pas sur la force ; qu'aussi longtemps que la Crande-Bretagne partagera avec les autres pays de l'Empire britannique l'esprit de liberté, elle n'aura jamais à craindre pour l'unité du Commonwealth.Il a affirmé de plus que la politique canadienne a pour but primordial le maintien de la fraternelle association des peuples britanniques et américain.Ce qui frappe le plus dans la thèse qu'il a développée, c'est qu'il est totalement cpposé à la formation d'un cabinet de guerre impérial qui se composerait des premiers ministres des pays formant le Commonwealth ; il favorise le mode actuel de consultation impériale, qui ne porte aucune atteinte à la liberté des peuples du Commonwealth et ne donne aucune prise aux peuples étrangers d'y voir une tentative pour fermer un bloc fermé.Il note également que l'effort de guerre canadien est l'effort librement consenti d'un peuple libre.Cela repose des harangues échevelées de nos petits politi-cailleurs dont l'horizon ne dépusse pas le cadre d'une Laurentie à esprit étroit et ultramontain fleurdelisé dont toute l'ambition consiste à "tire-tei de là que je m'y mette".La session parlementaire provinciale continue son petit bonhomme de chemin, elle devait se terminer, disait-on, cette semaine, puis la veille de l'Ascension, peut-être même aux calendes grecques.On doit se demander pourquoi Québec doit avoir la palme pour la longueur des sessions parlementaires, car, dans les autres provinces, cela dure de quatre à dix semaines au plus, mais ici cela prend quatre mois.Avcns-nous tant de mesures législatives à transiger ?Ne serait-ce pas plutôt que nos législateurs se croient tenus de faire df longs discours qui, pour la plupart ne sont qu'un ressassement continuel des mêmes arguments sur un ton toujours plus ou moins monotone ?Cela coûte cher à la province et ne sert aucun but utile.Prenons, par exemple, les lamentations d'un député caméléon qui proteste parce que sur les cinq directeurs du nouvel Hydro-Québec il y en a deux de langue anglaise ; comme les Canadiens-français sont la majorité dans la province, nous devrions en avoir combien ?Cinq sur cinq, ou quatre sur cinq ?La belle affaire, ce qui intéresse le public, c'est de savoir si les taux exorbitants qu'il payait pour le gaz et l'électricité vont baisser sous un régime de nationalisation.Ce député fut le seul à voter pour sa motion, le côté ministériel votant naturellement en bloc contre, et les oppositicnistes aussi, parce quelle n'allait pas assez loin.Ces derniers auraient préféré protester contre la nomination des cinq directeurs, ils n'ont pas dit toutefois qui ils auraient voulu voir prendre la direction de ce système, .de leurs créatures, sans doute ?La conférence du Bureau international du Travail de Philadelphie tire à sa fin, il est trep tôt pour juger du bon travail qui s y est accompli, mais là comme dans toute autre conference, des divergences d'opinion assez prononcées se sont manifestées.On a constaté, par exemple, que les représentants des pays qui ont souffert directement de la guerre, dont la population a été affamée, meurtrie, assassinée brutalement, ont manifesté des sentiments de représailles : oeil pour oeil, dent p-ur dent ; on sentait percer la haine et la rancoeur contre leurs persécuteurs ; tandis que les représentants des pays éloignés du théâtre des hostilités étaient plutôt pertés à passer 1 éponge sur toutes ces atrocités, c’était évidemment que pour eux le peuple allemand était lui aussi la victime du régime nazi, Hitler est le seul coupable, — un peu aussi les Junkers ! allemands, la caste militariste, — mais pas le gros peuple, qu'il faudra aider après la guerre à se remettre sur pied et lui permettre sans doute de préparer une nouvelle guerre dans me autre vingtaine d années.Combien peu ces représentants connaissent la mentalité et l'arrogance allemandes, que ce soit sous le régime de Bismarck, du Kaiser ou de Hitler, elles ne changent pas ; le peuple allemand s'est toujours considéré ; comme la race supérieure qui doit dominer ses voisins immédiats d'abord et le monde entier ensuite, si possible.I! n'a jamais que bien peu connu les horreurs de la guerre dans son j pays même, il faut qu'il les connaisse cette fois-ci afin de lui enlever pour toujours sa soif de dominaticn et de rapine.Personnellement, je regrette 1 attitude du reDrésentant ouvrier américain et l'endossement que lui a donne le président de la Fédération Américaine du Travail.Elle différé totalement de l'attitude qu'avaient prise Sam Gompers et les délégués américains en 1919, lors des réunions de Londres et ! de Pans qui précédèrent la tenue de la Conférence de Berné à laquelle ils refusèrent d'assister parce que les représentants de 1 Allemagne et d'autres pays ennemis y avaint été invités ei à laquelle ils prirent part.J ai des raisons de m'en rappeler car j'y assistais comme représentant du Congrès des Metiers et du Travail du Canada.Gagnons la guerre d'abord, et ce sera dur, mais, pour 1 amour de Dieu, ne perdons pas encore une fois la Paix par des sensibleries qui ne sont pas de mise.Gardons notre pitié et nos bons sentiments de confraternité pour les millions de victimes de l'agression boche.SOCIUS.Grand ralliement des ouvriers et ouvrières des Métiers de l’Imprimerie Ce.st dimanche, le 28 mai 1944.à 2 heures de l’après-midi, qu’aura lieu l’assemblée des ouvriers de tous les métiers de l’imprimerie, sous les auspices de la Fédération des Unions internationales des métiers de l'imprimerie.à la salle de l'Assistance Publique, 458, rue Lagauchetière Est (coin Berri).sations si nous voulons obtenir des I succès.i | Il y va de l’intérêt- de chaque ouvrier des métiers de l’imprimerie I d'etre présent afin d’être mis au courant de la situation actuelle dans 1'ir.dustrie de l'imprimerie et de connaître les vrais moyens d'améliorer [ le sort des imprimeurs.Une invitation spéciale est faite à : tous les ouvriers et ouvrières de.'- ! métiers de l’imprimerie ainsi qu'à ceux des spécialités.Les discours seront prononcés en français et en anglais.Des hauts-parleurs seront installés dans la j salle.: Lisbonne.— Une forte campagne nationale vient de s’ouvrir en Allemagne, dans le but de stimuler de ; nouveaux mariages qui remplaceront 'les familles désunies par la guerre let assureront nu Reich des naissances de plus en plus nombreuses.La I nouvelle est annoncée par les journaux nazis récemment parvenus â ; Lisbonne.Des bureaux matrimoniaux récemment.établis favorisent, sans rému-J itération d’aucune sorte, la rencon-i tre des femmes, dont les maris sont sur le champ de bataille, avec des [soldats veufs en congé.Ces bureaux encouragent également les- femmes célibataires à choisir un compagnon parmi les militaires qui reviennent à la vie civile en raison d'infirmité ou maladie.D'après le "Der Angriff" de Berlin, journal du front ouvrier, le nombre de soldats enregistrés est insuffisant à répondre à toutes les femmes désireuses de se marier.Apparemment, les vétérans, manchots, aveugles, etc., s'inquiètent de leur réhabilitation dans la vie civile «près la guerre et hésitent à entrer dans la vie matrimoniale.Afin d'obvier à cette indécision, des placards affichés sur les bureaux matrimoniaux et dans les hôpitaux militaires, des conférences et- des discussions tenues dans les cliniques de convalescents engagent les jeunes filles à épouser ces vétérans.Le rationnement des breuvages et des denrées s’est un peu relâché en Allemagne, ce qui, croit-on, facilitera plus d'unions conjugales.Si l’on en croit les chiffres donnés par les Nazis, il y eut l’an dernier en Ilit-léric.525,906 mariages, plus que l’on en avait espéré, et, dans la même année.1,539,841 naissances, soit une augmentation de 4-, sur 19-12.Au Canada, du moins à Montréal, on ne semble iras encourager avec un tel enthousiasme les unions conjugales, et partant les naissances, si on en croit, les rumeurs courantes, qui affirment que certains propriétaires Insèrent dans leurs baux une clause par laquelle leurs locataires s’engagent "à ne pas avoir d'enfants durant leur séjour dans le logement qui leur est loué”.C'est incroyable.Si c'est vrai, il y a quelque chose qui ne va pas.Journal clandestin des jeunes Polonais On vient de soumettre à l'Assemblée un bill créant six nouveaux comtés, soit : Abitibi-Est, Abitibi-Ouest, Rouyn- Noranda, Rivière-du-Loup, Châteauguay et Richelieu.Il est fort possible que ces nouveaux comtés ruraux s'imposaient, mais que devient l'Ile de Montréal dans cette rédistribution ?C'est bien ici pourtant qu'est le gros de la population de la province, tout comme c'est Montréal qui en est la vache nourricière.Alors pourquoi ne lui donne-t-on pas la représentation à laquelle elle a droit ?Ce serait intéressant de le savoir.On a également parle des Allemands qui ont travaillé dans la forêt au cours de l'hiver dernier, ils auraient remplacé, dit-on, de nos "braves" fils de cultivateurs.Pour ceux qui sont un peu au courant des choses, ils savent qu'il y a eu pénurie de main-d'eeuvre là comme ailleurs, on a donc engagé des prisonniers de guerre allemands comme cela se pratique dans d'autres provinces.Il y en a même dans certaines usines qui ont des contrats de guerre et ils sont payés le même salaire que nos ouvriers nationaux.Je suis loin d'etre sentimentaliste et n'ai guère de sympathie pour nos prisonniers allemands ; d'autre part, n'est-il pas préférable qu'ils se rendent utiles plutôt que de tourner en rond dans des camps de concentration ?Tous les ouvriers des métiers de l'imprimerie — hommes, femmes et filles, unionistes et non-unionistes — -ont cordialement invités.Venez vous renseigner sur les avantages que vous auriez de faire partie d’une I bonne organisation ouvrière.Voulez-vous améliorer vos conditions de travail ?Si oui.ne manquez pas cette assemblée.Il vous sera démontré que sans l'aide d'une bonne organisation il est impossible pour un ouvrier d'améliorer ses conditions de travail, d'obtenir un salaire raisonnable, en un mot, de vivre conune les ouvriers le méritent.Quoique ce soient les unions qui lancent l'invitation à tous les ouvriers et ouvrières, ce sont les travailleurs qui profiteront de leur adhésion à l'union de leur métier.11 nous faut renforcer nos organi- Cette assemblée sera présidée par le confrère J.-E.Gariépy, ex-prési- ' dent de l’Union typographique Jac-Cartier No 145 et actuellement secrétaire-correspondant du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal et Conseiller municipal.L’embauchage diminue D'après les statistiques de l'Office de la statistique, à Ottawa, l'embauchage au Canada, au 1er mars, accusait une contraction.Le rapport de 14.383 établissements indiquait un total d’employés de 1.831,310 hommes et femmes, contre 1,844,190 au 1er février, soit une contraction de 07 pour cent.Quant aux salaires payés, ils figuraient à $59,028,861, en regard de $58,569,775.Londres.— Dès le berceau, les petits Polonais apprennent la leçon de guerre, ils s'habituent au silence et au secret au lieu de connaître la gaieté et le babillage: ils savent tôt que le prix de la parole peut être la prison ou même la mort pour eux et leurs parents.Les petits de Pologne ont leur journal édité par les femmes du mouvement clandestin.Cette feuille, petite, se dissimule aisément mais elle n'a rien des pages comiques que parcourent avec joie nos enfants canadiens.Le papier ouvre par une prière, celle du petit Polonais qui demande la bravoure, la force et la vaillance du soldat.Les histoires sont celles des enfants Polonais.Il y a aussi le récit de Ciapek, le chien d’une escadrille qui a assisté aux raids sur l'Europe. PAGE 2 SAMEDI, 13 MAI 1944 MONTREAL SATURDAY, MAY 13, 1944 Un grand débat à la conférence ouvrière Philadelphie.9.Les délégués à la conférence internationale du travail poursuivent un débat animé pour décider : i tout le peuple allemand ou seulement les chefs nazis doivent être punis apres la victoire alliée.Les délégués anglais s'opposent :¦ toute décision à cause de l'absence de la Russie et ils soutiennent que l'Union soviétique doit prendre part à la préparation des conditions de paix.Sir Walter Citrine s'est opposé au projet de venir en aide nux unions ouvrières allemandes.M.Robert Watt, délégué ouvrier américain, nffalrme que toutes les libertés naissent des unions ouvrières libres et il ajouta: “Je ne puis dire qu'un peuple entier est cruel".M Watt dit également qu'il a reçu des félicitations de la part de la Fédération américaine du Travail pour son attitude en faveur des unions libres allemandes.D'autre part.M.Jan Mnsaryk.premier ministre adjoint de la Tchécoslovaquie a insisté pour que tout le peuple allemand soit forcé de payer pour l'agression nazie.• John Lewis retire sa demande Washington.— John Lewis a retiré mardi dernier sa demande d'affiliation de l’union des mineurs à la Fédération américaine du travail j en critiquant violemment cette organisation ouvrière ainsi que le New Deal.La plupart des observateurs politiques sont convaincus que Lewis, combattra le New Deal de toutes ses forces cette année mais il ne pourra recevoir l'appui organisé des deux plus grandes organisations ouvrières.En retirant sa demande d'affiliation, Lewis accuse une deuxième défaite dans ses tentatives pour unir les mouvements ouvriers depuis qu'il s’est séparé du président Roosevelt en 1940.Lewis tient le New Deal responsable de ces deux échecs.Il y a deux ans, Lewis a tenté d’unir l'union des mineurs, le Congrès des organisations industrielles et la Fédération américaine du travail dans un seul mouvement ouvrier mais il n'a reçu aucun appui dans ses démarches.Douze mois plus tard, il demandait l’affiliation de son union des mineurs à la Fédération mais le conseil exécutif de cette organisation a refusé les conditions posées par Lewis qui reste maintenant isolé avec ses mineurs.ENTENDRE DISTINCTEMENT ET VIVRE.DE NOUVEAU"! Ni- laissez put un état ih* surdité tuer lu moitié des plaisirs que lu vio pont vous apporter.Suivez lu voir que AT MONTItFAl.in !!.I’rovim-o of tjm-liff, this :’,nl .lav April, l'HI.i : i : ! 111 : v spKtToit.S
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