Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le monde ouvrier = The labor world
Éditeurs :
  • Montréal :[The labor world = Le monde ouvrier],1916-,
  • Fédération provinciale du travail du Québec,
  • Fédération des travailleurs du Québec,
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Contenu spécifique :
samedi 2 septembre 1939
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Demain (Montréal, Québec)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le monde ouvrier = The labor world, 1939-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
125e Année — No 35 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1939 MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1939 25th Year No.35 DEINK DOW’S ALE Standard of Strength and Quality U]t ICtilwr ïuarlù TRY BLACK HORSE ALE 100 Years of Brewing Experience behind it Redaction : 11, rue Saint-Paul Ouest INSTRUIRE ET AMELIORER » Téléphone : LAncaster 5361 A bâtons rompus Une nouvelle surprenante.C'est celle selon laquelle, vers le milieu du mois dernier, un négociant anglais, qui se spécialise dans la vente des métaux, aurait tout simplement refusé de vendre $100,000.00 de nickel à l'Allemagne."J'ai cru", dit-il, comme un reporter l'interrogeait à ce sujet, "que ce serait mal de ma part de fournir l'Allemagne de matériel de guerre au moment même où mon pays en a lui-même besoin." Cette attitude en temps de paix, qui s'inspire pourtant d'un patriotisme de bon aloi, est anormale au point de vue strictement affaires parce qu'on voit raremnt un mercanti refuser de "faire de l'argent", dut-il pour cela vendre à un pays ennemi des choses susceptibles de retourner chez ses concitoyens sous forme de boulets de canon, de bombes incendiaires ou de gaz asphyxiants.Mais ce n'est là qu'une exception qui confirme la règle.La propagande nazie aux Etats-Unis.Le comité Dies, chargé par le Congrès américain d'enquêter sur l'espionnage par des agents étrangers ou sur leur activité illégale sous iorme de groupes comme le "Bund" nazi, était récemment informé des menées pour le moins étranges des nazis américains.Comparaissant comme témoin de ce comité enquêteur, Miss Vooros, elle-même ex-leader du Bund, en raconta des vertes et des pas mûres à ces messieurs du comité, notamment cjue les chefs dudit Bund étaient des immoraux et qu'un de leurs objectifs était d'empoisonner la jeunesse américaine par une propagande soutenue.Nous nous en doutions bien un peu.Qui faut-il croire ?Alors que les membres du gouvernement Duplessis s'époumonnent, oussi souvent qu'il se peut, à célébrer les bienfaits des crédits agricoles, des voix de cultivateurs arrivent jusqu'à nous qui ne chantent pas la même chanson.Un d'entre eux, plus inquiet que les autres, apparemment, nous a brutalement dit qu'il s'en allait au diable et ne savait plus à quel saint se vouer pour éviter un désastre financier irrévocable.D'autres encore nous ont assuré que ce crédit était une arme à deux tranchants et que bientôt, du train dont vont les choses, il ne lui resterait plus que le vague souvenir de son aisance d'antan.Qui croire ?Les politiciens concussionnaires.En Louisiane, aux Etats-Unis, des politiciens de haut bord ont été récemment pris la main dans le sac, selon l'expression courante.En d'autres termes, ils auraient profité de la haute situation que leur avait •onférée l'électorat de leur Etat pour se laisser octroyer des sommes considérables par des hommes d'affaires intéressés à des travaux publics ou à des fournitures gouvernementales.Cette concussion politique n'est pas chose nouvelle ni exclusivement locale.Elle est apparemment universelle.On sait que dans l'entourage de Mussolini et d'Hitler de nouveaux millionnaires ont surgi comme par enchantement et sont en passe de constituer ce qu'on pourrait appeler une aristocratie roturière à la faveur d'une politique de terreur et d'oppression.Plus près de nous, ne serait-il pas possible de montrer du doigt quelques-uns de nos hommes publics, honorables et aspirants-honorables, gens qui, de pauvres qu'ils étaient en 1936, roulement maintenant auto, habitent de riches demeures et mènent un train de grand seigneur ?La concussion est malheureusement une maladie officieuse inhérente notre régime politico-économique.Elle n est pas incurable, certes, mais sa guérison implique un de ces grands nettoyages que nul n a encore osé, que nous sachions.Le caillou clans la mare aux grenouilles.Cet expédient imprévu d'une sorte de pré-alliance entre les autorités de Moscou et celles de Berlin a mis nos crétins, toutes catégories, dans un Mat de stupeur comique.Pensez donc, l'homme-cu-couteau-entre-les-dents et l'incendiaire du Reichstag s'entraînant aux premières mesures de i’hymne de la réconciliation ! Il n'en fallait pas plus pour jeter dans le dus complet désarroi ceux qui, chez nous, depuis quelques années, ne urent que par la croix gammée ou le fascio, ont adopté le salut totalitaire et la chemise du même métal et ont quasi déifié Mussolini, puis Hitler.Qualité - Saveur J» JnJfii La Fête du Travail C’est, par excellence, le symbole commémoratif de l’union des travailleurs.Selon une louable tradition à laquelle ils se garderaient bien de manquer, nos bons ouvriers syndiqués chômeront, lundi prochain, ce qu'on est convenu d'appeler la Fête du Travail.Pour ne pas faire faux bond à la coutume établie, il y aura, tout d'abord, parade solennelle de toutes nos unions ouvrières, chacune d'elles ayant sa bannière propre et un respectable contingent de participants, puis, dans l'après-midi, des réjouissances diverses, le tout bruyamment agrémenté de musique appropriée, de discours de circonstance et d'amusements variés où jeunes et vieux trouveront sûrement leur compte de satisfaction.Le caractère officiel de cette belle festivité ouvrière ne doit pas nous faire oublier qu'elle a simultanément un caractère social de la plus haute importance.Ce premier lundi de septembre, en effet, est beaucoup plus qu'une simple procession, déambulant par les rues de la ville, suivie d'un banquet, de discours et de jeux.C'est un des plus beaux aspects de la fraternité travailliste sur le plan économique et syndical.C'est, entre autres choses sérieuses, une manifestation collective de solidarité où ouvrières et ouvriers communient en pensée et en actes tangibles sous les espèces du syndicalisme appliqué, préparateur infatigable de la société de demain.C'est aussi quelque chose comme un garde-à-vous adressé à qui de droit et dont la signification, en tout ce qu'elle implique, ne doit pas échapper à ceux qui ont assumé la très lourde responsabilité de nous gouverner dans la paix et la liberté ; à ceux mêmes auxquels la faveur électorale ne confère jamais, fut-ce par enchantement, une compétence quelconque en matière économique, mais qui, forts de la faiblesse intellectuelle populaire savamment entretenue en hauts lieux, ne s'en arrogent pas moins le droit arbitraire de légiférer à tort et à travers dans un domaine où il faut, plus que partout ailleurs, user d'une intelligente prévoyance, d'un savoir réel et d’un grand désintéressement personnel.La Fête du Travail symbolise également, qu'on veuille bien le croire, la détermination inébranlable de la classe ouvrière non seulement de résister constitutionnellement aux lugubres manigances de tous les réacteurs : politiques, financiers et autres, mais aussi de poursuivre, toujours dans le cadre des lois du pays, sa marche en avant vers la conquête de sa sécurité économique, sécurité qui demeure menacée tant que la crise actuelle, source toujours possible de monstruosités totalitaires, n'aura pas été minimisée au point de laisser la plus large place, parmi nos classes dites dirigeantes, à une plus humaine compréhension de leur rôle de chefs sociaux ainsi qu'à l'impérieuse nécessité pour cette soi-disant élite de faire taire son féroce égoïsme de caste devant les besoins naturels d'apaisement soc:al par quoi seront matés, une fois pour toutes, les adorateurs du Veau d'Or et les vampires insatiables du bellicisme axiste.En ce jour mémorable qui réunira, dans une même pensée libératrice, quelque 50,000 ouvrières et ouvriers de la métropole et des environs — pour ne rien dire des millions d'autres qui célébreront dans toute l'Amérique du Nord — il convient que la classe laborieuse de tout le pays canadien prenne de nouveau conscience de sa force numérique, qui est aussi bien au service du moral que du matériel, et qu'elle sache orienter cette puissance collective vers la réalisation d'un idéal commun : l'Internationale de l'Amour par la défaite définitive de l'Internationale de la Haine, c'est-à-dire une coalition des forces mondiales de la paix pour mettre hors d'état de nuire cette barbare et sanglante coalition des nations agressistes dont l'idéal est fait de force brutale, de massacres massifs et qui, si l'on n'y met sous peu bon ordre, fera bientôt de ce monde ahuri un vaste cimetière.Plus que jamais, nous avons tous le devoir, lundi prochain, de nous rappeler que l'union des travailleurs seule est de taille à établir solidement la paix universelle.Georges DELPEQUE.Ces chasseurs de communistes ne savent plus guère à quel chien se vouer et leurs chefs, honteux comme des renards que des poules auraient entôlés, baissent leurs grandes oreilles et s'apprêtent déjà, dit-on, à mettre une tardive sourdine à leur haineuse propagande, cependant que nos impérialistes endurcis ne savent plus, eux non plus, s'ils doivent déclarer la guerre à la paix ou fiche la paix à la- guerre.Seuls les marchands de canons ne désarment pas, mais leur étoile pâlit un peu à l'horizon et il se pourrait que le désir de travailler pour la mort par le crime collectif commence bientôt à se subordonner au besoin d'oeuvrer utilement par la paix, également collective.Nettoyons nos codes de leurs lois périmées.On raconte que, tout dernièrement, un marin de cette ville était condamné en vertu d'une loi datant de 1794 ! Cela vient à propos pour nous rappeler que nos codes civil et criminel renferment une foule de ces vieilles lois qui auraient dû être abrogées depuis longtemps parce qu'elles ne répondent plus, tant s’en faut, aux légitimes besoins de notre époque.A cet égard, il semble que, dans tous les pays dits civilisés, les léais-lcteurs sont tellement occupés à encombrer le code de lois nouvelles qu'ils ne songent pas à épurer ledit code de lois caduques et qu'on n'ose d'ailleurs plus appliquer dans la plupart des cas.Dame Thémis est, décidément, une personne arriérée et peu disposée apparemment, à se mettre à la page.(Suite à la quatrième paye) PAGE 2 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1939 LABOR DAY Message du Président — The President's Message En cette fête du Travail, mon plus grand désir serait de saluer mes compagnons de travail d'une manière plaisante pour eux et pour moi.Malheureusement, la situation est telle gue, quoiqu'on cherche à se montrer joyeux, il nous est impossible de nous montrer autrement que quelque peu découragé par l’attitude belliqueuse de certaines nations européennes et asiatiques.Les gains du travail sont plus profitables en temps de paix.En temps de guerre, il donne sa jeunesse et ses meilleurs citoyens au pays, en qualité de soldats ou d'artisans employés à la fabrication des engins de guerre.Le travail est plutôt constructif que destructif.Il est constructif, puisqu'il cherche à faire de ce monde une meilleure place où vivre pour le travailleur et sa famille.Il n'est destructif que lorsqu'il cherche à empêcher les abus et à faire redresser les torts.Dans le Québec et le Dominion, le travail peut regarder son passé avec satisfaction.Lentement mais sûrement, grâce aux activités du Travail Organisé et à son influence, le lot du travailleur s'est matériellement amélioré.En comparant les conditions qui prévalaient il y a vingt-cinq ans avec celles d'aujourd'hui, nous constatons que nous avons beaucoup progressé.Le mouvement ouvrier organisé enseigne aux travailleurs les bénéfices et la discipline du gouvernement de soi-mème.C'est essentiellement un mouvement démocratique.Durant l'année écoulée, nous avons eu nos difficultés.Nous avons été contraints de désavouer la législation adoptée par le présent gouvernement provincial.Certains changements étaient loin d'être à l'avantage des travailleurs.Nous continuerons à faire des représentations ou gouvernement jusqu'à ce que nous obtenions une législation rencontrant les besoins des travailleurs de la province.Il nous fait plaisir de déclarer que le mouvement international a tenu son rang.Nous devons faire face à l'opposition agressive et injuste de mouvements rivaux qui, apparemment, sont prêts à sacrifier les intérêts des travailleurs pour augmenter leurs effectifs.Le travailleur expérimenté et intelligent, membre d'une union internationale, sait que ses droits politiques et religieux ne sont aucunement menacés.Le mouvement trade-unioniste international a fait beaucoup pour les travailleurs des provinces et du Dominion.It a besoin de leur appui.Le jour que nous célébrons, sacré au travail, fut reconnu comme fête légale après des demandes répétées du travail organisé aux congrès et parlements divers.Nous devons continuer nos efforts pour induire les travailleurs des deux sexes à joindre l'armée des travailleurs dont le seul capital est leur travail ou leur habileté.N'eut été le malaise qui règne depuis plusieurs années, le Dominion aurait résolu ses problèmes, même les plus sérieux, parce que les meilleurs cerveaux du pays se sont appliqués à chercher des moyens de créer de l'emploi.Quelle que soit la situation, en ce moment, nous ne devons pas perdre courage.Le travail est la plus grande influence dans la communauté et a triomphé d'obstacles qu'on croyait insurmontables.C'est avec joie que nous constatons que, durant la dernière session, le Parlement a reconnu légalement le droit aux travailleurs de s'organiser, ca qui démontre que la persistance du travail et ses représentations finissent par porter des fruits.Le travail doit s'affirmer universellement.Il ne doit pas plier le genou devant les dictateurs.Il doit protéger la démocratie contre toutes les tentatives de renversement.Le Canada est un pays offrant les plus grandes possibilités et, lorsque la situation se sera éclaircie, le travail sera abondant non seulement pour ceux qui seront dans ses frontières, mais pour les millions d'autres qui voudront créer de la richesse et qui voudront se réfugier dans un pays démocratique.Je saisis l'occasion offerte par la Fête du Travail pour remercier les employeurs qui se sont montrés sympathiques au travail et qui ont bien voulu coopérer avec lui pour le bénéfice de tous.Espérons que lorsque nous célébrerons la prochaine Fête du Travail le monde aura retrouvé la paix et que les travailleurs de l'univers jouiront des bénédictions de la liberté sous des gouvernements démocratiques.L'année écoulée fera époque dans l'histoire du Canada par la visite de Leurs Gracieuses Majestés.Sans distinction de race, de foi ou de classe, nous sommes tous Canadiens et nous devons tous travailler à l'unisson pour un Canada uni.RAOUL TREPANIER President du Conseil des Métiers Vice-Président du Congrès des Métiers et du Travail du Canada Vice-President oj the Trades and Labor Congress of Canada I wish I could greet my fellow workers this Labor Day in a-manner that would be pleasing to them and myself.Unfortunately the situation is such that no matter how cheerful one may seek to be, he is inclined to be somewhat discouraged because of the attitude of certain European and Asiatic nations.Labor gains most when the world is at peace.In war it gives of its youth and best citizens in the quality of soldiers, and workers engaged in the manufacture of war equipment.Labor is constructive rather than destructive.It is constructive, since it seeks to make the world a better place to live in for the worker and his family.It is destructive only in the sense that it seeks to eliminate abuses and secure redress of grievances.Labor in Quebec and throughout the Dominion can look back on its past with a great deal of satisfaction.Slowly but surely, because of the activities of the Trade Union movement and its influence, the lot of the worker has been very materially improved.When we make comparisons of conditions as they prevailed twenty five years ago with those existing today, we learn that we have travelled quite a distance.The Trade Union movement teaches the worker the benefits and discipline of self-government.It is essentially a democratic movement.During the past year, we have had our usual difficulties.We have been compelled to register our objections to the legislation adopted by the present Provincial Government.Certain changes that have been brought about, are not to the advantage of the workers.We shall continue, nevertheless, making representations to the government, until we obtain the legislation that will best meet the needs of the workers of the province.It is gratifying to be able to state that the International movement has more than held its own.We have to meet the aggressive and unfair opposition of rival movements that, apparently, are ready to sacrifice the best interests of the workers, in order to secure a large membership.The experienced and intelligent worker, who is a member of an international union, knows that in no way are his political or religious rights interfered with or abridged.The International Trade Union movement has done a great deal for the workers of the provinces and the Dominion.It needs their fullest support.The day we celebrate, as sacred to labor, was legislatively adopted following the repeated demands made by organized labor to congresses and parliaments.We must continue our efforts to induce workers of both sexes to join the organized army of workers whose sole capital is their labor or skill.Had it not been for the unrest which has prevailed for several years and has inspired fears of a terrible conflict, I believe that the Dominion would have solved its problems, even the most serious of them, since the best brains of the country would have devoted themselves to devising ways and means to create and expand employment.Be the situation what it may at the moment, we must not be discouraged.Labor is the most powerful influence in the community and has triumphed over obstacles that at one time were regarded as insurmountable.It is gratifying to be able to record that, during the last session of Parliament, labor's right to organized was definitely set out in a statute.This demonstrates that labor's persistence and representations must eventually bring success.Labor throughout the world must assert itself.It must not bow to dictators.It must protect democracy against all attempts to overthrow it.Canada is a land that offers tremendous possibilities and when once the situation clears, not only will there be abundant employment for those within its borders, but the millions who will be willing to work and create wealth and seek a safe haven under a democratic government.I take the opportunity that Labor Day affords to thank the employers who Have shown themselves sympathetic to labor and willing to co-operate with it for the benefit of both.Let us hope that when we next celebrate Labor Day the whole world will be at peace and the workers of the world enjoying the blessings of liberty under democratic governments.This year will go down in Canadian history as an epochial one because of the visit of Their Gracious Majesties.Regardless of race, faith, or class, we are all Canadians and must work together for a united Canada.La Fête du Travail L'usage consacre un jour dans l'histoire d'une nation, d’un groupement où la vie d’un homme, pour commémorer un événement marquant de son existence.La Fête du Travail est une page de l’histoire du monde ouvrier et est un grand jour non seulement pour le tra vailleur de la pensée mais aussi ixiur le travailleur organisé dans tous les do maines de l’activité sociale, astreint à la loi commune: "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.” En ces 25 dernières années l’organisation a apporté aux travailleurs organi sés un bien-être inconnu de nos ainés, qui ont lutté pour ces principes chers, sacrifié de leur personne aux idées qu’ils préconisaient, avec le plus grand désintéressement, avec une vision bien sentie de l’avenir, laissant en héritage à la gé nération présente, les conditions qui prévalent aujourd’hui.Je rends hommage a ces pionniers en cette circonstance qui est on ne peut mieux appropriée pour ce qu’ils ont fait.La situation s’est améliorée de façon sensible: meilleures condi fions économiques, heures plus courtes, conditions sanitaires plus conformes aux données de la science médicale et ces conditions ont une tendance à se concrétiser davantage en raison de l’unification toujours de plus en plus marquée des travailleurs.Mais ce n’est que par l’organisation que ces conditions ont été rendues possibles et ce n’est que par l’organisation qu’elles pourront être maintenues C’est donc un devoir impérieux pour chacun de bien faire ressortir toute la puissance économique du travail organisé en ce jour qui lui est spécialement dédié, et doit être une invite à tous, organisés ou non à joindre les rangs, c’est un sacrifice qui en vaut la peine.C’est dans l’unité que seront rendues possibles les législations adéquates à un ordre social approprié au progrès, et que la science, tous les jours apporte, devance même, et qui devient partie intégrante de la vie moderne, et cette unité ne devrait pas être l’apanage que d’un organisme privilégié, mais de tous les travailleurs des villes, d’une province, d’une nation, devenir la thèse mondiale du travail, dans la paix et la justice.Les dirigeants du mouvement ouvrier doivent se préparer une étude approfondie et une formulation spéciale à la solution des problèmes que confronte la classe des travailleurs organisés et seuls les dirigeants bien avertis pourront faire face à la situation inextricable de la mécanisation, des rivalités d’association, l’individualisme, de la politique mondiale, la démocratie dressée contre le totalitarisme dans un monde aux abois, consacrant toutes ses forces vives dans une infernale course à la destruction, au point de paralyser ses facultés de penser aux oeuvres constructives, son but, sa raison d’être.Il appartiendra donc à ces chefs d'in eulquer aux masses des principes humanitaires, une saine philosophie conforme à l’idéal chrétien dans une grande action concertée, dans un esprit large, visant au mieux-être de l’artisan, des lois sociales plus justes, plus humaines, dans le meilleur esprit des encycliques qui sont la véritable synthèse et l’énoncé le plus juste des doctrines sociales.Il est donc très opportun en ce jour que tou tes les forces du travail organisé prennent aujourd’hui la ferme résolution de s'unir dans une même pensée d’union et démontrer sa force économique, politique, au point de vue ouvrier et social.L’organisation n’a jamais été une dé ficience, pour l’industrie; l’expérience a démontré d’une façon évidente qu’elle avait toujours été un facteur de progrès.Soyons fiers des progrès accomplis et préparons nous à faire face aux problèmes de l’avenir, ayons confiance en nos dirigeants du mouvement ouvrier, accor-dons-leur tout l’appui dont ils ont tant besoin dans cette tâche plutôt ingrate de résoudre les questions qui confrontent le monde ouvrier moderne.Une collaboration plus étroite entre le capital et le travail, vers le but ultime d’une régénération complète d’un ordre nouveau plus chrétien et l’union de ces deux puissances serait le summum d’un grand principe et de la plus saine philosophie.CHARLES COUTU Président de l'Union Typographique Jacques-Cartier No 145. fete DU travail SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1939 PAGE 3 Labor Must Have Confidence in its Just Cause and United Power Organisons-nous, c'est un besoin Quoique nous soyons en face d’une terrible situation, nous devons toutefois admettre que la célébration de la Fête du Travail de 1939, n’est pas aussi assombrie que celle de l’an dernier, malgré que tous les travailleurs ne sont pas de retour à l’usine, au travail.Hélas, il y a encore de nombreux travailleurs qui chôment et des milliers qui sont à temps court.Nous sommes encore confrontés avec cet angoissant problème de ce que nous allons faire de nos ouvriers qui doivent absolument gagner de l’argent afin de pourvoir à leur existence, qui ne demandent autre chose que de soutenir leur famille du fruit de leur labeur et non de l’assistance publique.C’est pourquoi un emploi est si important et la raison pour laquelle la perte d’un emploi peut devenir une tragédie même plus grande que la mort.Ces ouvriers ont mis en gage leurs Par J.-E.GARIEPY, Secrétaire du Comité de la Fête du Travail."•W; vies et leurs forces dans leurs emplois.Ils étaient orgueilleux de leur travail.Tous les travailleurs, dans leurs fonctions respectives, étaient fiers d’appartenir à la classe des travailleurs.Hélas, cette terrible dépression et ces menaces constantes la paix universelle en font des chômeurs, pour d’un côté assurer aux gouvernements des outils pour les maintenir dans leurs fonctions ou bien d’en faire des soldats pour aller à la boucherie pour satisfaire les ambitions de ces dictateurs et financiers véreux qui ne cherchent que dans le sang leur propre ambition ou les millions pour assouvir leurs passions à satiété, sans s'occuper que chacun a un droit unique à la vie et qu’il doit de plus gagner sa vie au prix de son labeur.La cupidité de l’industrie est responsable de cet état de choses, et) il est du devoir de l’industrie de pourvoir à la restauration des conditions industrielles qui devraient prévaloir en ce pays de ressources incommensurables où tous devraient et ont droit à une existence si non aisée, tout au moins convenable.Peut-on blâmer ces ouvriers, jadis laborieux, de murmurer contre le sort qui leur est imposé, lorsque ceux-ci n’ont eu mot à dire dans la situation qui les a plongés dans le désespoir?Les travailleurs demandent de l’emploi.Ils ne veulent pas de la charité ou du secours direct, car, en somme, ce ire sont que des paliatifs à la sltua-1 ion actuelle de chômage.Ce n’est qu’avec raison qu’ils demandent à ceux qui ont charge de la direction de l’industrie de leur donner de l’emploi stable afin qu’ils puissent redevenir des citoyens libres et disposer à leur guise du pouvoir d’achat provenant des salaires gagnés à la suite de leur labeur.Le pouvoir d’achat des ouvriers doit balancer son pouvoir de pro- One does not have to be of a pessimistic turn of mind to admit that Labor Day, 1939, finds the wage earning population of Canada faced with very much the same problems as we have had to face for a decade.Following 1929 we constantly had the hope that the heavy volume of unemployment would be only temporary — that, as always happened before, the situation would correct itself, and that jobs would again become plentiful.Most unfortunately we have been disappointed in that hope, even though there has been substantial improvement in employment across Canada since the low point of the depression in 1933.It is still necessary, however, for the workers to urge on industry and governments to keep applying the measures which, if they do not cure unemployment, at least will minimize it, and ease its consequences for those who cannot get work through no fault of their own.In trade union policy unemployment must continue to receive every attention.Of less immediate concern to the individual than employment and unemployment, but of potential tragic consequences, nevertheless, is the international situation.This is not the place to discuss the background of a situation that is unparalleled in modern times — short of the Great War period — but prospects of international peace and amity have progressively dimmed for some time past.Great nations have diverted their energies very largely to preparation for war, for more horrible war than has ever before been waged.We in Canada are, quite naturally, but a small factor in world relations, but the outcome of the present situation must be of vital moment to us, particularly to the masses of our people.We can only hope for the best, and each of us duction, c’est-à-dire que les revenus de l’industrie doivent être distribués avec une plus grande équité.Cela veut dire que les heures de travail qui représentent les possibilités d’emplois doivent être distribuées d’une manière plus équitable, en limitant la journée et la semaine de travail à de telles bases qui pourront procurer du travail pour tous les travailleurs.C’est à l’industrie de solutionner ce problème ou d’en laisser le soin à d’autres.Nous sommes fermement convaincus que si l’on avait permis au travail organisé de coopérer au rétablissement des conditions industrielles, le marasme dans lequel nous croupissons présentement ne serait peut-être que chose du passé.Les ouvriers organisés en unions ouvrières seraient capables de voir à l’avancement de leurs intérêts dans l’industrie avec plus d’équité.Les employeurs et les financiers se sont opposés aux unions ouvrières parce qu’ils savaient que les unions assureraient aux travailleurs des salaires plus élevés et une part dans les produits de l’industrie.Qu'on donne aux travailleurs le droit de s’organiser en unions pour l’avancement de leurs intérêts et qu’on donne aux destitués la chance d’y participer proportionnellement et nous aurons fait un pas de l’avant pour la stabilisation des conditions d’emploi.La solution première de notre présente situation réside dans la stabilisation des salaires, la diminution des heures des travail et si les employeurs croient que notre pays ne serait plus prospère, qu’ils en fassent l’essai, mais d’ici là, l’essai en vaut la peine, le pire des résultats ne peut être pire que la situation actuelle.should vow in his humble way to advocate peaceful settlement, in place of war, in all international affairs.Wars settle but little, and to the masses of both sides they By P.M.DRAPER, President, Trades and Labor Congress of Canada.litetll Ü % leave a legacy of misery which even time is slow in wiping out.Linked closely with threats of war is the rise of the modern dictators, and it is to be noted that dictators have always, early in their careers, suppressed any semblance of a free trade union movement.A free trade union movement cannot be tolerated by despotic government, for the movement demands the right to look after the interests of its members, whereas dictatorship grants no rights to its citizens.The proper alliance is as between constitutional democracy and trade unionism, and in this regard we in Canada are fortunate.Even under the severe economic stress of a prolonged de- ll est évident que la sécurité est essentielle à la vie ordonnée des hommes et des femmes afin que ceux-ci puissent exprimer cette dignité et la noblesse dont ils sont capables.La sécurité des travailleurs alors que réglée par la prospérité au sein de l’industrie, repose entièrement sur- la reconnaissance des droits des travailleurs dans leur travail ou condition dans l’obtention équitable des conditions auxquelles ils ont droit.D’établir et de maintenu- cette sécurité pour les travailleurs est là la fonction de l’union.A moins que les travailleurs ne soient organisés en unions ils ne peuvent mettre en pratique et forcer des conditions basées sur la reconnaissance des droits de l’ouvrier et leur association à la production.Et c’est ce que nous offre chaque année la Fête du Travail, l’occasion de démontrer que nous sommes organisés et la nécessité qu’il y a de démontrer que nous sommes organisés et la nécessité qu’il y a de démontrer nos forces; de faire connaître au public qui a les yeux sur nous que nous sommes une grande famille qu’on ne peut supprimer, parce que la solidarité est à sa base fondamentale.Malgré tous nos déboires, le Travail Organisé doit oublier momentanément sa condition déplorable pour fêter dignement et avec enthousiasme la Fête du Travail, afin de puiser dans cette célébration les forces et l’endurance nécessaires pour attendre le retour des jours meilleurs.Montrons de plus en plus notre attachement à ce grand mouvement ouvrier international qui a tant fait pour les travailleurs et rappelons-nous que nous devons coopérer plus que jamais auparavant si nous vou- pression, and though there may be some in our midst who would sacrifice our democratic birthright for the illusion of governmental efficiency, we still have our democratic institutions unimpaired.That is something that cannot be told to trade unionists too often, in order to drive home this lesson : that democracy can only survive if properly supported.It is the plain duty of the Labor Movement, in its own as well as in the country's interest, to lend undying support to democracy.Under that system, with all its faults, and under that system only may the workers hope to gain recognition for their rightful place in the economic scheme.While trade unions have disappeared under dictatorships, here in Canada we ha.ve progress to report.In the last few years the Parliament of Canada and the Legislatures of seven provinces have adopted, in one for or another, the draft Bill of the Trades and Labor Congress, giving legal protection to organization.That is something tangible the workers have secured for themselves to strengthen their position, a right established of which all industrial workers should take full advantage.On Labor Day, a holiday granted in recognition of, and on the request of, the rising International Trade Union Movement of late last century, it is the workers' right and privilege to celebrate their success, and to scan the future.In extending a word of felicitation to the workers who celebrate the day across Canada, I would just add this note : "Have confidence in your cause and in your united power, for success follows only on effort, but if the effort is sustained and the cause just, success must follow, however dark the outlook." Ions voir apparaître l’aube de meilleurs jours.Consacrons donc entièrement le lundi, 4 septembre, à la démonstration de nos forces afin que ceux qui n’ont pas encore apprécié notre grand mouvement ouvrier international à sa juste valeur ouvrent les yeux et comprennent le devoir qu’il y a pour eux de se joindre à nous s’ils veulent relever leur standard de vie et permettre le retour à la prospérité que le monde entier souhaite si ardemment.Il ne s’agit pas de croire • que le mouvement ouvrier donne une mesure de sa force seulement quand ses membres sont dans la rue, défilant fièrement aux sons des fanfares, sous l’égide de leurs bannières.Cette démonstration annuelle est une manifestation extérieure pour le commun des mortels, une incitation à ceux qui n’ont pas encore le bonheur de faire partie de leur union de métier à prendre les mesures nécessaires et utiles pour venir prêter main forte à leurs camarades qui ont déjà commencé le travail pour l’obtention de conditions raisonnables et de salaires permettant à la classe ouvrière de vivre convenablement.C’est aux unionistes de se montrer fiers de leur organisation et de ne pas avoir peur de montrer à tous qu’ils en font partie, afin que les non-unionistes rallient au plus tôt les rangs, pour le bien de tous.Le Monde Ouvrier est imprimé sur papier journal manufacturé par la maison E.B.Eddy & Co., dont les ouvriers sont organisés 100 pour cent. PAGE 4 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1939 LABOR DA: A BATONS ROMPUS (Suite de la première page) Les peuples marcheraient ils a fond pour la guerre ?Sauf imprévus nouveaux — car il serait puéril de vouloir statuer avec autorité sur quoi que ce soit —- il est fort possible que nous u'ayons pas, en définitive, cette petite guéguerre européenne à laquelle presque tout le monde se prépare.En effet, si certains gouvernements soi-disant démocratiques se sont engagés, sans consultation populaire préalable, à précipiter leurs constituants dans une nouvelle tuerie massive, il n’est pas dit que les peuples armées "marchent" à fond et se fassent tuer pour sauver la peau ridée des impérialismes aux abois.Il se pourrait donc que ceux à qui c’est toujours le tour de se faire tuer pour autrui fassent vote-face, comme les Russes en 1917, et décident, en leur propre nom et à l’encontre de leurs chefs, que la gloire ramassée sous les auspices du dieu Mars n’est, en somme, qu’une vaine gloire toujours trop chèrement payée.Aujourd'hui, on ne peut jurer de rien, tant le rythme des événements prend une allure vertigineuse et imprévisible.Et qui sait si, un de ces quatre matins, on ne s'arrangera pas, d'un commun accord, à déclarer la paix à la guerre ! On dirit que nos classes dirigeantes deviennent conscientes d'une chose : c'est que les prochains champs de bataille pourraient bien être le tombeau de quelques-unes d'entre elles.Un excès cle zèle est toujours un défaut.L'arrestation de M.Savignac, président du Comité exécutif municipal, est un fait-divers qui sort un peu de l’ordinaire, étant donné que la victime est un personnage auquel on se plaît à accorder quelque importance.M.Savignac n’a pas le droit d'ignorer les règlements municipaux sur la vitesse des autos en ville et il méritait, certes, de payer l'amende pour avoir fait plus de 40 milles dans notre ''petit nord".Mais nous pensons que l'agent qui l'a arrêté a fait un peu trop de zèle et qu'il mérite d'être sermonné de la belle façon, non parce qu'il avait affaire à notre deuxième magistrat municipal, mais parce qu'en la circonstance il aurait dû simplement opérer comme à l'ordinaire, c'est-à-dire prendre le numéro de l'auto et faire rapport.Nos agents font assez souvent de ces bévues.Ils croient, eux aussi, au prestige de l'uniforme, et il leur arrive plus souvent qu'à leur tour malmener brutalement et grossièrement de paisibles citoyens.Aussi i conseillons-nous de se rappeler que, dans l'exercice de leurs foncti: le tact demeure le père de leur sécurité professionnelle.Arriérés ou indifférents ?M.Lud.Bonin, dans "L'Action Médicale' 'd'août, y va d'une inter santé mercuriale à notre vieux Québec au sujet de la prévention médic: Il dit, entre autres choses : 'La diphtérie tait plus de ravages chez nous que dans le reste du monde.Singulière distinction qu'a notre pauvre province à laquelle nos voisins de gauche et de droite reprochent à tout propo son manque de développement culturel et sanitaire.Ont-ils tort Au sujet de la diphtérie, il serait puéril de leur reprocher cette moue dédaigneuse."Il n'y a pas un médecin de campagne la plus reculée à qui il est aujourd'hui permis d'ignorer la cure et surtout la prophylaxie de la diphtérie." Il y en a comme cela toute une page et nous regrettons que le manr d'espace nous prive du plaisir de citer ce courageux confrère in exfer: , Honneur à la province de Québec ! La liberté cle la presse.Les plus enragés partisans de la liberté de la presse sont, nature! ment, les propriétaires de journaux, surtout les gros dont l'influence es énorme auprès du naif public.Or, qui possède nos journaux, notamir.-s les plus importants d'entre eux ?Poser la question, c'est y répondre Une presse vénale en pleine liberté est une chose dangereuse en ?et elle mérite d'être soigneusement muselée, car elle est de nature à in:.xiquer l'opinion publique, ce que, d'aillurs, elle ne se gêne nullement : faire dans le cours ordinaire de son existence.Une benne presse — .n'est pas nécessairement synonyme de Bonne Presse — qui s'applia .exclusivement à éclairer le public, à le renseigner impartialement et refuse de se prostituer mérite de jouir de la liberté, tandis qu'une près jaune ou une presse politique.Il ne suffit pas de réclamer la liberté, il faut d'abord en être digne à notre époque, c'est beaucoup plus difficile qu'on ne pense.INTERIM.g I • mm ¦ ¦ MUi ÉfiM Mm 88888g WMUwMtH • • • .mm wm ¦Mm mMW «lit *Èm mm HH mm fete DU travail SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1939 PAGE 5 Conseil des Métiers et du Travail de Montréal Montreal Trades and Labor Council Officiers — Officers Raoul TREPANIER .President Alfked MATHIEU .Vice-Président J.-A.SULLIVAN .Vice-Président J.-E.GARIEPY .Secrétaire-Correspondant J.-A.BELLAND .Secrétaire-archiviste français J.-R.MOORE .Secrétaire-archiviste anglais Alphetus MATHIEU .Secrétaire-financier Eu.DESORMIERS .Secrétaire-financier-adjoint P.-A.CORRIVEAU .Trésorier H VAILLANCOURT .Statisticien P.GIROUX .Guide N FORTIER .Sentinelle Comité exécutif — Executive Committee Alfred MATHIEU .Président J.-E.GARIEPY .Secrétaire P.FOURNIER H.CORRIGAN D.WOLFE C.JODOIN S.SARKIN J.A.SULLIVAN H.VAILLANCOURT Comité de la Fête du Travail—Labor Day Committee Jos.GIROUX .Président O.BIBEAULT .Vice-Président J.-E.GARIEPY .Secrétaire A.GRAVEL H.CORRIGAN N.FORTIER J.-C.GERMAIN R.LEPAGE L.'THIBAULT Comité de réception — Reception Committee Jos.GIROUX Raoul TREPANIER J.-E.GARIEPY Vérificateurs — Auditors Jos.GIROUX O.-A.NEVEU J.-C.GERMAIN Conseil des Métiers de la Construction Building Trades Council J.-A.CHARRON .Président Oscar BOYER .Vice-Président O.RENAUD .Secrétaire-financier Pierre LEFEVRE .Trésorier Edgar GILBERT.Secrétaire-archiviste et correspondant Comité d'organisation — Organization Committee Jack CUPPELLO .Président Paul FOURNIER .Secrétaire C.JODOIN A.GAULT L.THIBAULT E.FAGNANT E.-A.LANDRY K.ROWLEY LES PROBLEMES DE DEMAIN C'est toujours avec émotion que Ton voit le cycle des jours nous ramener celui de la Fête du Travail, jour choisi entre tous pour glorifier le rôle joué dans la société par le Travail Organisé, pour reconnaître la part importante qu’il prend dans la marche en avant du progrès et de la civilisation ; jour qui non seulement lui permet de démontrer à la population sa force numérique, son énergie virile et sa solidarité mais lui donne aussi l'occasion de faire un examen de conscience, de mesurer ce qu’il a accompli au cours de l'année, de se rendre compte s'il a maintenu son élan ou ralenti son essor vers la réalisation de ses aspirations, l'obtention de ses revendications et le règne d'une véritable justice sociale ; chaque Fête du Travail lui permet d'enregistrer les victoires remportées, les défaites subies, de se demander pourquoi les unes n'ont pas été plus complètes, les autres moins amères.Ce bilan établi, il lui reste à se préparer avec plus de détermination que jamais, un courage de plus en plus indomptable, pour les luttes de demain.Il est incontestable que de nouveaux problèmes se posent tous les ;ours ; problèmes économiques et sociaux dont la solution nous incombe peut-être plus qu'aux autres classes de la société parce que c'est nous qui en souffrons le plus comme c'est encore nous qui seront le plus affectés par leur solution plus ou moins complète.Il est donc essentiel que le Travail Organisé se rende compte des obligations et des responsabilités qui lui incombent ; qu'il abandonne de se confiner dans les routines du passé : ce qui paraissait logique et au point au début du trade-unionisme n'est peut-être plus de mise aujourd'hui ; il lui faut adopter des conceptions plus hardies, ne pas condamner toute idée nouvelle pour la simple et unique raison qu'elle ne fut pas préconisée par les pionniers du mouvement.Nos devanciers ont conçu et développé des organismes pour parer aux éventualités de leur temps et ils ont certes fait une belle et grande oeuvre utile et méritoire ; nous les admirons et leur en sommes des plus reconnaissants, mais est-ce à dire pour cela que nous ne devons pas nous efforcer de parfaire leur oeuvre, de la compléter par des méthodes au diapason de la transformation industrielle et des méthodes de production d'aujourd'hui ?A des problèmes nouveaux, il faut des solutions nouvelles.Cela peut se faire sans tout bouleverser, sans détruire l'édifice de fond en comble.Le Travail Organisé, comme tout autre mouvement, doit suivre une marche ascendante, s'il veut continuer à remplir la mission qu'il a remplie dans le passé, et remplit encore aujourd'hui.Je reste profondément convaincu qu'il ne faillira pas à sa tâche, en dépit de tous les contre-temps qu'il rencontrera sur sa route et des défaitistes — gros et petits — qu'il compte dans les rangs.Ce que l'avenir nous réserve semble être un problème terriblement effarant : instabilité des relations mondiales, menaces de guerre, haines de races, nationalisme chauffé à blanc, lutte économique sur les marchés mondiaux, antagonisme des pays totalitaires contre les démocraties, engloutissement de millions sur millions de dollars pour des armements, course aveugle et à un rythme de plus en plus accéléré vers un conflit mondial, un vent de folie semble avoir passé sur le monde et le pousser vers un cataclysme où sombrera la civilisation.Qui sera le sauveur de cette situation désespérée ?Mystère.Ajoutez à cela la marée montante du chômage et du sous-emploi.Que faire avec des millions d'ouvriers qui se cherchent du travail, sont désireux d'en trouver mais frappent inutilement à toutes les portes ?Partout, c'est la même réponse : ''Le personnel est au complet, nous venons de renvoyer de nos employés", et tandis que la main-d'oeuvre humaine est inoccupé®, jetée au rebut dans toute la force de l'âge, on installe de nouvelles machines qui produisent toujours de plus en plus vite et ce sans arrêt nuit et jour, l'homme n'est plusqu'un accessoire ; c'est la machine — nouveau frankenstein — qui domine et broie le genre humain.Que voulez-vous que deviennent tous ces chômeurs, à part de vivre chichement des secours directs et finir par être inemployables.— et de ceux encore, peut-être plus nombreux, qui travaillent à temps réduit et parviennent bien juste à mettre les deux bouts ensemble ?Tous sont las et découragés, ils désespèrent de l'avenir et finissent inévitablement par condamner et maudire un régime social qui permet qu'une infime minorité ait de tout à satiété tandis que l'énorme majorité végète dans la pauvreté, s'achemine vers un paupérisme permanent et dangereux pour la génération de demain.N'est-il pas permis alors d'envisager comme une certitude la transformation radicale du système économique actuel et de l'ordre social d'aujourd'hui et de dire que par une progression — peut-être lente mais continue — de la pensée humaine la société de demain se présentera sous une toute autre forme que celle que nous concevons aujourd'hui.N'est-il pas alors de l'impérieux devoir du Travail Organisé d'aider cette transformation, de la diriger avec calme et modération, tout comme il se doit à lui-même de combattre sans répit les extrémistes des deux camps opposés ; ceux qui cherchent à profiter du désarroi moral et économique pour pressurer davantage la classe ouvrière, lui niant tous les droits et ne lui reconnaissant que des devoirs ; tout comme ceux qui dans le but de dominer à leur tour aspirent à remplacer l'oligarchie financière et politique d'aujourd'hui par une dictature prolétarienne ou un Etat tota-itaire ?L'un n'est pas mieux que l'autre, car rien de stable, ni de juste, ne peut s'édifier sur des mouvements engendrés dans la haine et la violence.Ne perdons pas foi en l'avenir.Le Travail Organisé sera à la hauteur de la tâche qui lui incombe, il coopérera à la transformation de Tordre social dans la légalité et la justice, avec le moins de heurts et de secousses possibles.Ceux qui viendront demain seront dignes de ceux qui les auront précédés, ils marcheront sur leurs traces et continueront à maintenir les principes immuables du Travail Organisé.GUS.FRANCQ Secrétaire, Fédération Provinciale du Travail de la province de Québec.Aux unionistes, mes confrères Ce message que je vous envoie, en qualité de vice-président du Comité de la Fête du Travail du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, s’adresse non seulement à mes collègues officiers et membres du Local 375 de l’Association Internationale des Débardeurs, que j’ai l’honneur do représenter, comme agent d’affaires, mais a tous les officiers et membres de nos unions affiliées au Conseil central et aussi à tous, sans aucune distinction, syndiqués ou non.En ce grand jour de fête ouvrière nationale, nous devons nous arrêter un instant et nous demander quels ont été les résultats de nos efforts jusqu'à date, succès ou défaites, c’est-à-dire faire ce qu’on peut appeler un petit examen, puis après avoir vu clairement où nous en sommes rendus, nous devons envisager l'avenir avec ses possibilités et ses problèmes nombreux et complexes, problèmes qui ne peuvent être résolus que par la classe ouvrière elle-même et elle le fera en s’unissant et travaillant la main dans la main.Pour mieux prouver l’avantage que l'ouvrier peut retirer de son union, je vous parlerai avec expérience.Nous, les débardeurs, nous formions une organisation puissante mais indépendante de tout corps central.Les employeurs profitèrent de notre indépendance pour nous désorganiser.Un instant, nous sommes disparus financièrement et nous fûmes désorganisés, mais non moralement.Toujours avec l’appui des débardeurs, nous nous sommes mis au travail et nous avons décidé d'entrer dans la grande famille de l'Internationale affiliée à la grande Fédération Américaine du Travail qui a fait ses preuves dans le passé et qui a fait une merveille sur le port de Montréal en augmentant les salaires de 18'', dès la première année.On entend dire parfois que le Travail Organisé n’a pas les chefs qu’il devrait avoir.Il faut certainement de l’enthousiasme, mais cet enthousiasme doit être trempé par l’intelligence et une expérience consommée qui ne peut s'acquérir que par un long entrainement.Les véritables dirigeants de l'ouvrier doivent comprendre la mentalité, les aspirations, les besoins de celui-ci.Ils doivent être d'une honnêteté à tout épreuve et au-dessus de tout soupçon, être familiers avec tout ce qu’il y a de plus beau, de plus noble, et ils doivent être bien convaincus pour persuader les membres de leur organisation, leur faire comprendre leur manière de voir, et accepter leurs directives et faire partager leur enthousiasme et leur ferveur à ceux qui les ont choisis pour les représenter.Montrons notre solidarité et nos sentiments d’unionistes en achetant des produits faits dans les ateliers d’union.Montrons que nous tenons à garder notre place au soleil.Nous devons continuer à marcher de l'avant.Notre mot d’ordre : “Unissons-nous pour lutter ensemble.Instruisons-nous.” C’est par cette méthode seule que nous obtiendrons le succès.Vérité aussi profonde aujourd'hui qu'hier ; la force qui nous entraîne de l'avant dans la voie du progrès, c’est la puissance physique et intellectuelle de nos ouvriers et ouvrières.Mon désir sincère est que tout homme et toute femme désirant du travail aient un emploi ; que leurs salaires soient satisfaisants, leurs conditions de travail favorables ; qu'ils jouissent d’un traitement juste et honnête.Ainsi, en cette grande fête des travailleurs, unissons-nous pour célébrer, encourager et louer l'ouvrier.A vous tous, travailleurs, joie et bonheur.DONAT BIBEAULT, Agent d’affaires du Local 375.Association Internationale des Débardeurs, Vice-lirésident, Comité de la Fête du Travail -:o :- DIPLOMATIE Une dame est en train d'adresser d’amers reproches à un vagabond qui lui demande quelques sous et de quoi manger.La dame: “Mon mari était aussi un vagabond, il y a bien longtemps, mais il décida, un beau jour, de se faire une existence normale et de devenir un homme.dans toute l'acception du terme.Le vagabond : “Pas étonnant, madatne, qu’il ait pu faire cela, inspiré qu'il était par une femme d'une telle beauté." La dame.C est très bien, mais entrez donc.Je vais voir à vous faire confectionner quelques sandwiches! PAGE 6 SAMEDI, 2 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 2, 1939 LABOR DAY Firm Ranks on Labor Day and After Montreal trade unionists march this year under the very shadow of war which threatens to engulf the world every time one or the other of the fascist dictators opens his mouth to let out another ‘‘barbaric yawp.” On every side, both abroad and within our own land, reactionary forces manoeuvre and deploy in an endeavour to feel out the weak spots in Labor’s armor.For reaction knows full well that the workers and their progressive allies constitute the bulwark of those liberties and rights J.A.SULLIVAN which mark the difference between our world and that of the oppressed regimented citizens of the “totalitarian" states.The serried ranks of the workers and the slogans on their banners seem to breathe an optimism that must be attributed to a consciousness of their united strength and a determination that the enemy shall not break through.Let us on this day pledge that these ranks will remain firm and in close, order.Let us reaffirm our devotion to the cause of Unity.For if our house is divided against itself there will be rejoicing in the camp of the enemy and Labor will be forced to retreat at a time when the forces of progress must advance.By the time this appears, electoral campaigns will most likely be.in full swing.The immediate future of our country and its people in these critical days can be made happier and more secure by the election of labor and progressive men and women.Our movement must strive to send to the legislative halls those lawmakers who pledge to safeguard the rights of the people and to retire those who have shown themselves to be ranged against us.Here, again, we find that united labor action can alone ensure the fulfillment of this vital task.United we stand — and we must not fall' Labor Day marchers, keep firm ranks — today and every day! POUR VOS IMPRESSIONS.Lorsque voies avez besoin de travaux d’imprimerie, appelez LANCASTER 5361 Nous garantissons satisfaction sous tous rapports, car nos ateliers sont de l'union de la cave au grenier.Mercantile Printing Ltd 11, rue St-Paul O., Montréal Fête du Travail
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.