Le monde ouvrier = The labor world, 1 février 1936, samedi 15 février 1936
22e Année — No 7 SAMEDI.15 FEVRIER 1936 — MONTREAL — SATURDAY.FEBRUARY 15.1936 TRY BLACK HORSE ALE 100 Years of Brewing Experience behind it Çf fllimDc : ' r c1 iu‘ Caliur 22nd Year No.7 DRINK ROW S ALE Standard of Strength and Quality Rédaction: 11, rue Saint-Paul Ouest “INSTRUIRE ET AMELIORER" Téléphone: LAncaster 5361 Les baux annuels Il faut encore donner un avis de renonciation de trois mois, mais la visite des logements est réduite à trente jours.— Ce changement dans une vieille coutume est tout à l’avantage du propriétaire.— Une augmentation dans le prix des loyers.— Qui en est responsable?Les meilleures intentions au monde agissent souvent au détriment de eux qu'on voulait aider; ainsi on a décrété que la période de visite des logements à louer se limiterait à trente jours, soit du 1er avril au 1er mai; mais l’avis de renonciation doit toujours se donner trois mois avant l’expiration du bail, soit le 1er février en général puisqu’une vieille coutume veut qu’on loue pour une année, soit du 1er mai au 1er mai suivant.Voici en pratique ce qui arrive: le propriétaire fait sa visite annuelle le 1er février, il touche son loyer — mais pas toujours, cette année — il informe son locataire que vu l’augmentation des taxes, etc., il est obligé d'augmenter le prix de location de cinq dollars par mois; le locataire en reste tout abasourdi: “comment”, lui dit-il.vous voulez augmenter mon loyer, on a déjà de la misère à joindre les deux bouts, je vous ai bien payé, vous n'êtes pas raisonnable et dans ces conditions ie vais chercher ailleurs.” Le propriétaire met l’affiche à louer et il attend un nouveau locataire, mais comme c’est naturel, l’ancien locataire refuse péremptoirement de laisser visiter son logement; alors les choses restent apparemment dans le statu quo.Pendant deux à trois mois, propriétaires et locataires sont dans le doute: le premier se demande s’il trouvera preneur à son nouveau prix de location: le second se fait du mauvais sang, il s’informe à droite et à gauche auprès de ses amis et connaissances s’ils ne connaîtraient pas un logis qui lui conviendrait.Comme la patience n'est pas la vertu dominante de l’humanité, il faut que l’un des deux cède; c’est généralement le pot de terre — le locataire, en l’occurrence — qui.ne sachant pas où il ira se nicher au 1er mai, entame de nouvelles négociations avec le propriétaire qui tient bon et finit par louer à son prix ou qui, feignant de faire le généreux, fait un compromis et coupe la différence en deux.Voilà ce qui se passe dans des milliers de familles aujourd’hui, à peu d'exceptions près et cela grâce aux articles de journaux publiés à dessein par les associations de propriétaires et les compagnies d’administration, disant qu’il y a une tendance à l’augmentation du prix des loyers; c’est une affaire de $5.00 par mois qui domine.Nous ne discutons pas le lot des propriétaires; ça les paie-t-il ou non d'avoir des logements?Mais nous savons que la classe ouvrière, tous les locataires en vénérai sont incapables de supporter une augmentation quelconque du prix de leur loyer et que les proprios qui ont été bien payés au cours des années de crise que nous avons traversées devraient s’estimer des plus heureux d’avoir eu des locataires qui les payaient régulièrement tous les mois.Nous estimons qu'on devrait une fois pour toutes couper le mal dans sa racine et qu’un avis de renonciation de loyer de trente jours devrait être la règle générale.C’est facile à dire mais difficile à faire, je l’admets.Il n’y a rien du pis qu’une coutume: c’est pour cela que pour y mettre fin il faudrait une législation décrétant illégal d’insérer dans un bail d’un logement privé un : davis de renonciation de plus de trente jours.Pourquoi déplacer le secours direct ?Le travail à domicile Quand on introduit des mesures pour faire disparaître une plaie sociale, .imagination humaine est tellement fertile — pour le mal surtout — qu’elle trouve autre chose pour détourner cette bonne mesure.Grâce aux lois d’inspection des manufactures, de salaire minimum, contrats collectifs, etc., on a sensiblement amélioré le sort des ouvrières dans les manufactures, ateliers et magasins, leurs heures de travail ont été réduites à quarante-huit heures par semaine et même quarante-quatre, leurs salaires ont été augmentés, puisqu’il ne peut plus être question de deux et trois dollars par semaine et que le minimum initial de base est de S7.00 par semaine à Montréal, et $6.00 pour le reste de la province Pourvu que l’ouvrière ait travaillé 48 heures dans sa semaine — si elle fait moins d’heures de travail elle doit être payée au pro rata', de plus, il faut que 65 et même 70 pour cent du personnel féminin reçoive le taux de salaire des ouvrières expérimentées, soit $11, 12 et $12.50 par semaine, tel que déterminé par les Ordonnances du salaire minimum, on admettra qu’il y a un progrès sensible.Certes, il y a des infractions, il y en a des quantités et il y en aura toujours en dépit de la vigilance des services du Ministère du Travail et des poursuites, suivies de condamnation à l’amende et à la prison, des violateurs de ces lois; ajoutez à cela l’apathie et la crainte des ouvrières elles-mêmes qui non seulement ne rapportent pas l’exploitation dont elles sont les victimes mais vont jusqu'à couvrir le patron malhonnête et déclarent même sous serment qu’elles sont payées le salaire minimum, qu’elles ne travaillent pas plus que les heures légales, tandis que c'est le contraire qui existe; il faut les plaindre plutôt que les blâmer, elles sont victimes du système social vicié sous lequel nous vivons.Une de ces dernières formes d’exploitation est celle du travail à domicile •— surtout dans les métiers de l'aiguille.Un certain nombre de manufacturiers donnent leur travail à des "contracteurs”, ceux-ci à leur tour le font faire non pas dans leur atelier mais au domicile môme de leurs ouvrières et ce à un prix dérisoire, ces pauvres infortunées travaillent jour et nuit et ne gagnent même pas un dollar par jour, toute la famille donne un coup de main, du plus petit au plus grand.Voilà où nous en sommes rendus.Le manufacturier y trouve son profit, le “contracteur” — qui est généralement pauvre comme Job — est obligé d'accepter les conditions du manufacturier sans cela il perd son contrat, il est exempt de toute ingérence des inspecteurs du gouvernement, il paie ses ouvrières ce qu’il veut: les pauvres filles sont odieusement exploitées pour la raison bien simple que notre législation sociale ne couvre pas le travail à domicile.Il faut mettre fin à ces abus.C’est difficile mais pas impossible.Il est impératif que le travail à domicile soit contrôlé et protégé s’il doit continuer.Le moyen le plus radical serait, de l’interdire complètement, mais ce serait priver de travail un certain nombre de personnes qui ne peuvent travailler à la manufacture, à l’atelier.On pourrait commencer par obliger le manufacturier de donner aux inspecteurs du travail la liste des “contracteurs” à qui il donne des contrats, contraindre ceux-ci à faire rapport aux mêmes inspecteurs des personnes qui travaillent pour eux à domicile, à tenir un record de l'ouvrage que celles-ci ont fait et de ce qu’elles ont été payées pour ce travail; comme cet ouvrage est payé à tant du morceau, à la douzaine, on exigerait que ce prix soit le même que si le travail avait été fait à l’atelier et que ce prix soit au niveau tout au moins du salaire minimum exigé par la loi.Le manufacturier devrait être tenu responsable des infractions au même titre que ses “contracteurs”, lorsque l’un comme l’autre réaliseront qu’ils n’ont aucun bénfice à espérer du travail à domicile, celui-ci aura vécu ou tout au moins diminué dans une grande mesure, ce sera la fin d’une autre exploitation.SOCIUS.Nos modernes Don Quichotte, faute de oiilin à vent, s'amusent à donner des mips d’épée dans les jupes de ces demoi-• Tics.On ferraille comme on peut.Celles-ci 'entendent pas que.sous prétexte de ga-anterie, on leur enlève le droit au travail chèrement acquis.Si, pour une faible mi-orité.le labeur quotidien leur apporte le axe ou le plaisir de paraitre sous leur meilleur jour, pour la veuve, l’orpheline, elle qui a charge d’âmes, c’est une néces-ité.une obligation.Pourquoi déplacer le ccours direct?Faire des mendiantes pinot que des quêteux, humilier un sexe plutôt que l’autre?D'abord, mettons les choses au point, ne oyons pas dupes des mots et des inten-’ions.Nos chevaliers ne tiennent nullement à alléger le fardeau de nos demoi-elles, à se faire leur Simon de Cyrène, à débarrasser ces fragiles épaules, au derme satiné, de la croix qui les humilie et les meurtrit.Non, ils en tiennent pour son argent, pour son salaire.S’ils souhaitent leur “job", ce n’est pas pour leur faire une existence de sybarite et les promener sous des baldaquins de pourpre d'or en effeuillant des roses sous leurs pas, c'est pour pouvoir prendre les bouchées doubles, se la couler plus douce.Us voudraient les constituer “reines du foyer", leur épargner ces besognes contraires à leur sexe, remplacer la machine à écrire par la cuve, le tordeur par la plume, par la vadrouille, les voir traîner dans la cuisine parmi les chaudrons! Regardez-les verser des larmes de crocodiles sur les humiliations qu'on fait .subir aux demoiselles dans les bureaux, les administrations, les usines, les banques, les assurances.C’est plus digne d’elles de les voir une poubelle pendue au bras ou ie dos arrondi sur la machine à coudre, alternant d’un labeur d’esclave à celui d’une mercenaire, ou crucifiées sur un plancher.Pensez donc, ces demoiselles sont parées comme des princesses, elles ont des ongles colorés d’oiseau des tropiques, les joues perpétuellement en fleur, les lèvres purpurines, la peau parfumée comme un sachet! Quelle horreur! La femme forte de l’Evangile doit avoir une jupe de dro-guet, des pantoufles éculées.la couette sur le dos et sentir l’eau de vaisselle ou la fricassée pour charmer les hommes! A la maison! petites vagabondes! Le bal est fini, jolies Cendrillon, réintégrez votre cuisine! Mais on ne remonte pas le courant.On ne se baigne pas deux lois dans le même flot, dit Héraclite.Vous avez beau crier: Petit! petit! et tendre la main avec d’illusoires graines de mouron à l’oiseau qui s’est échappé de sa cage et bat l’espace de son aile heureuse, il n’a garde de revenir dans sa prison.Qu’allez-vous faire?les anti-féministes?Déclarer la cuisine obligatoire, faire comme dans le temps de la Révolution française quand ce grand général entra à cheval dans une église et força les moines et les religieuses qui assistaient au service divin à s’épouser sur l’heure.Le mariage ou la mort! dit-il en braquant sa mitrailleuse sur le jubé.Décréterez-vous le mariage obligatoire?.Allez-vous ramener au bercail toutes ces petites chèvres de M.Séguin en mettant la police et ses meutes après elles, parce que de bon gré elle ne reviendront jamais à la maison?M.Hitler a voulu, lui aussi, user de ce Stratagème pour faire changer l’argent de main, remplacer les femmes par les hommes, mais il a dû déchanter devant les griffes acérées des filles d’Eve qui menaçaient ses yeux.La main sur la conscience, messieurs les fémino-phobes.trouvez-vous l’argent mieux placé dans le gousset des hommes que dans le réticule de ces demoiselles?Dépenser ses sous pour du fard ou du tabac à chiquer, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.Pourquoi faut-il que ce soit les femmes plutôt que les hommes qui torchent les enfants, lavent les plafonds et les carreaux, fassent la soupe, pèlent les patates, récurent les casseroles?Quel est leur signe de prédestination pour ces très honorables fonctions?Sans doute que.dans une parabole, on voit qu’un potier a fait des vases d’élection et d’autres pour de vulgaires usages, mais ce ne sont pas ceux d’un grain rude, d’une forme commune, qu’on réserve pour ces bas emplois.Il n’y a pas de commandement de Dieu qui ordonne aux femmes d’être les domestiques non payées de leur mari, les bonnes à tout faire sans rémunération.Et que faites-vous de la liberté individuelle.de ce principe sacré, contre lequel personne ne peut s’insurger sans commettre un crime de lèse-civilisation: éga- lité des deux sexes devant la loi.devant la conscience, devant la mort! Commencez par le commencement, donnez un mari à toutes ce s petites filles qui triment pour gagner leur pain, donnez-leur un foyer, si vous voulez les contraindre à avoir un “home": les plus étourdis des moineaux bâtissent leurs nids d’abord.Allez-vous mettre de nouvelles charges sur les bras des parents qui se trouvent si soulagés quand les filles peuvent gagner pour s’habiller?Mais vous ne faites que changer le mal de place.Vous déshabillez Pauline pour habiller Paul.Quelle logique! Vous n’avez trouvé que ce moyen pour enrayer la dépression! Vous manquez pour le moins d'imagination.Croyez-vous en bonne vérité que le bonhomme qui se chauffe les pattes sur la bavette du poêle depuis deux ans et qui a pris goût à cette “soft job”, que les maris qui font le trottoir depuis un certain laps de temps et se chauffent ensuite dans les bibliothèques ou les églises, que les pelleteurs de neige qui passent des heures chaque jour à interroger la nue pour voir venir la “bordée" salvatrice”, qui mettra du whisky dans leur eau, sont ravis de cette initiative?Ils tremblent à l’idée de revivre la monotonie des jours gris de la manufacture.de l’usine, du magasin.Que l’argent nous vienne de la main droite ou de la gauche, peu importe! Laissons s’accomplir la destinée et le monde hors de son orbite retomber dans ses gonds.Au plus méritant la position! JULIEN SAINT-MICHEL. Page 2 SAMEDI, 15 FEVRIER 1936 — MONTREAL — SATURDAY.FEBRUARY 15, 1936 Ce qui se passe dans nos unions LES TRAVAILLEURS EN FER LE CONSEIL DES METIERS Le Local 307 de l'Union des Travailleurs en fer a tenu, dimanche dernier, une très importante assemblée qui avait réuni une nombreuse assistance et surtout fort représentative.car pas moins de neuf employeurs étaient représentés par quelques-uns de leurs employés.Le président souligne ce fait à l’ouverture de l'assemblée.Ceci, dit-il.est de bon augure et prouve que les négociations du prochain contrat collectif suscite déjà beaucoup d’intérêt.Au début de l’assemblée.M.Emile Mathieu.secrétaire et inspecteur en chef du comité conjoint de l'industrie de la fourrure, fut invité par le président à adresser la parole.Il fit un bref exposé de la loi de l’extension juridique des contrats de travail, depuis le début jusqu'à aujourd'hui, et il conclut en disant que si on n’en a pas retiré tous les bénéfices qu’on en attendait, c'est encore le meilleur moyen à la disposition des ouvriers dans les circonstances actuelles pour améliorer leurs conditions de travail et il ajouta qu'il était du devoir de tous les métiers de la construction d’unir leurr efforts pour renouveler le prochain contrat et le rendre plus effectif que celui qui est actuellement en force.L’agent d’affaires.J.-A.Charron, soumit un très intéressant rapport de ses activités et se déclara très satisfait du progrès qui s’accomplit à chaque semaine.Il invita les membres à s'intéresser au développement des négociations et à assister à la prochaine assemblée qui aura lieu le 16 février.Afin de faciliter le travail du comité d'examinateurs, on est prié de se rendre de bonne heure, le vendredi soir, car le bureau est ouvert à 7 h.30 du soir.OUVRIERS DE "LA FOURRURE Une grande assemblée générale de tous les ouvriers et ouvrières de la fourrure de Montréal, fut tenue vendredi soir dernier.M.Albert Roy, vice-président général de l’Union internationale des Ouvriers en fourrure, était présent et renseigna les assistants sur un événement de grande portée au point de vue industriel et pour les ouvriers et ouvrières de la fourrure.Il donna lecture d'un télégramme du président général de cette union, lequel ne manqua pas de les rassurer sur leurs activités futures en vue d'une meilleure protection des intérêts des uns et des autres de ces ouvriers et ouvrières.Les ouvriers et ouvrières, unionistes ou non.ne devraient pas manquer d’assister aux assemblées de cette union, car ce n’est plus le temps de rester isolés quand ses intérêts ont tant besoin d’une protection et d'une défense énergiques, que seule l’Union peut procurer.LES ACCIDENTS DU TRAVAIL AUGMENTENT DANS LE QUEBEC La Commission des accidents du travail a accompli, en 1935, un travail plus considérable que les années précédentes, à cause du plus grand nombre de réclamations qui lui ont été soumises.Il y a une augmentation de dix pour cent dans le nombre d’accidents rapportés à la commission.Le nombre des accidents qui tombent sous sa juridiction a été de 39,008.tandis qu'il avait été de 35,-436.en 1934; de 30.462.en 1933, et de 34,414.en 1932.Cette augmentation est attribuable, pour une bonne part, au fait qu'il y a eu une reprise appréciable dans l’industrie.Elle est aussi attribuable au fait que le nombre d'employeurs soumis aux dispositions de la loi des accidents de travail augmente sans cesse.Il atteint aujourd'hui les 11.000, alors qu’au premier décembre 1934, il était de 9.498.Comme on le sait, les compagnies qui ont leur propre système d'assurance, telles que les compagnies de chemin de fer, de télégraphe, de navigation, etc., ne relèvent pas de la commission.D'autres employeurs se trouvent aussi exemptés, en vertu des dispositions de la loi, ceux )>ar exemple qui n’ont pas un nombre suffisant d’employés.Au premier janvier 1936, le nombre de dossiers en marche à la commission était de 6.479.Sur ce nombre, il y avait 3,093 cas d'accidentés qui reçoivent des compensations; 909 cas d’accidentés qui reçoivent l'assistance médicale; enfin.2,472 dosiers sous examen, autrement dit, à l’assemblage.L’augmentation dans le nombre des accidents.au cours de 1935, s'est maintenue durant tous les mois, excepté celui de juin.L'installation solennelle des officiers nouvellement élus du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal aura lieu, jeudi soir, le 20 février courant, à l'hôtel Mont-Royal.Les délégués ne manqueront sûrement pas d’assister à cette séance, au cours de laquelle des questions du plus vif intérêt devront être discutées.Les divers comités du Conseil devront aussi soumettre d'intéressants rapport.M.G.-R.Brunet a été réélu pour un troisième terme consécutif président de cet organisme important qui compte plus de 90 unions affiliées.Il est bon d’ajouter ici, qu'il fut président avant le regretté J.T.Foster, ce qui veut dire que M.Brunet est un vétéran du mouvement unioniste international à Montréal.-:o :- LES PEINTRES Le Local 349 de la Fraternité internationale des Peintres, à sa dernière assemblée, a adopté une résolution exprimant les sympathies et condoléances de ses membres et officiers, d'abord à leur confrère, M.A.Goudreau, pour le décès de son vénérable père; à leur confrère M.A.Bernard, poulie décès de son frère et à la famille de feu P.Pélisson, qui était membre du Local 399.des peintres.UNE SCISSION EST PROBABLE Malgré les protestations d’un groupe nombreux de délégués, le congrès des mineurs unis a voté une augmentation considérable de salaire à son président John-L.Lewis.Celui-ci.qui recevait déjà $12.000 par an, touchera maintenant $25,000.On affirme qu'aucun autre président d'union ne gagne aux Etats-Unis plus que $20.000 liar an.Le congrès a aussi résolu d’étendre le champ d’action de l’union aux entreprises de transformation du charbon.Cette mesure, dit-on.aura une répercussion considérable pour ce qui a trait à la lutte au sein de la Fédération Américaine du Travail.entre les partisans des unions de métiers et ceux des unions d’industrie.Cette dispute menace de provoquer une scission dans le puissant organisme.Les salaires des vice-présidents Murry et Kennedy ont aussi été augmentés.On leur donnera maintenant $18,000 par année, au lieu de $9,000.Les autres augmentations de salaires regardent: le rédacteur en chef du Miners' Journal.$7,000 au lieu de $4,000; les membres de l’exécutif, $500 par mois au lieu de $300; les délégués aux congrès.$12.50 par jour au lieu de $10.50.Les adversaires de ces augmentations n’ont pas manqué de rappeler que des mineurs souffraient de la faim et allaient pieds nus.LE TRAVAIL DE LA FEMME On nous demande de publier le communiqué suivant de J.-P.des Châtelets, ce que nous faisons volontiers: L’étendue du travail féminin est immense: au Canada, il y a près de 700,000 femmes qui travaillent.Il va de soi qu'un-telle avalanche de bras, dans un milieu économique déjà ébranlé, doit embrouiller beaucoup les cartes vers le progrès.De ce fait découlent des conséquence désavantageuses, non seulement pour l’homme, mais pour la femme.Son existence est minée pa>- le travail sa faible constitution — quoi qu’elle en pense — ne peut supporter bien longtemp; le fardeau d'une tâche régulière; son travail terminé, souvent le repos n’existera pas pour elle — surtout si elle vit seule Et c’est indiscutable, que si cette femme prend mari, son but principal ne sera pas la famille.Le travail est certainement pour quelque chose dans la baisse énormi du taux de la natalité.En attendant qu’une législation vienne limiter cette émancipation du travail féminin, la canaliser peur qu’elle soit non uni obstruction, mais un complément au travail masculin, l’homme de nos jours se sent en déroute non seulement dans la vie éco nomique, mais bien au cénacle marital, où il personnifie, selon un grand juriste, le parfait type du roi constitutionnel qui ré gne mats ne gouverne pas! Chacun est libre de son opinion, n'est-cc pas?C’est pourquoi nous laissons à ce cor respondent la sienne, tout en gardant la nôtre.Demandez l'étiquette de l'Union sur toutes vos marchandises Always demand the Union Label - It oays Reproduction des marques syndicales, cartes d’ateliers, boutons Union Labels, Shop Cards, Working Buttons and irmhuma mm) et Insignes de travail qui désignent l’affiliation aux unions to designate membership In the affiliated National and In ter-internationales affiliées à la Fédération Américaine du Travail national Unions with the American Federation of Labor.ISSUED Br UI MOHlT V 01 • »4 !>•« tiiatasara’ l • >»« Law» OPAC.F.IA lat.raaliaast Pbals Cafra>ara‘ Uaiaa La a.I Lak«t it Unité Cariatat Wirtiu af A U«al Pfwua i I’altt Lak.t ( Painters ^v^pteoRATORi} l.akri it Iki Jiirmirm Titlin' Limb af An AOCil,^jJ7|COU>»Cft IliH Pnallai Tr%4*a Lakai Praia#»ka*4 af Fatal***.D.raraurt n4 Pap«>ka»t**t' Uaiaa \WOfiKERS UNION la* a I T.Mfrapkiral Uaiaa Laka< WNJOWTO1AMP1 Factory L’i*4 *a Rail* a*4 BiafU MADE "mm*” g MMR lum ¦«ara Ca>4 it Mat! Call**.A B«»k*.W.rk 1 1 »h Mai It.««4 w w-L-iSKrrrT» |na*nr»o*j tanrajrjA- I BMTLA l'.i,4 Hau.r.af Nar»fc Amirm I RCQUARANTEtDi lataa LaWla af ClrttrWal W UNTON MADE mud n e tine «U.W.P.C.of N.A££| fZMJU UNION-MAD L'eiae l.ak*l af Uait*4 Wall Papat Crafts laws Labs I af UpkaLlSfsra’ lal aaltsaal Uaiaa af Ami International LABEL — -MpNT R E A.W.RCGI5 JLBI.D (REGISTERED) 1‘akaa t-ak.l af Bakrra an4 Csaf*«n*a« |rtwcm terratauf tofu ,» term THE STOGIES STOGIE 111•'p KryVnapNirr •» r*v Ci> * - l-akal .?SUf» Hak.fa J ».Union-made Cigars.OpiA fin or.w» ft tn4 tf «'UB.&W Of UBFC&S DW BrWk a*4 Car Wark.r.’ Laksf Car4 it Uaiaa Waiura ClfaraukarV Uaiaa LaUI U ai 1*4 Braarrr.n»a*.C*r»al an4 Raft Drink < Warkfra' Uaiaa Lat»la y—iPflr-; s?j SAMEDI, 15 FEVRIER 1936 — MONTREAL — SATURDAY, FEBRUARY 15, 1936 Page 3 Veut-on résoudre la crise économique par les armements et la guerre?Depuis des années, des miliers de gens scrutent chaque mois anxieusement les statistiques pour s’assurer que la faible lueur annonçant que la crise économique sera un jour vaincue, ne s’est pas évanouie en emportant leur fragile espoir.Comme, la crise perdurant, la vie économique s’est de plus en plus repliée sur elle-même et s’est scindée en unités nationales de plus en plus 'cparées les unes des autres, qu’on ne dispose plus d’importants moyens de comparaison d’ordre international, que certaines courbes d’observation et certaines associations de faits — les unes et les autres ayant autrefois servi ce baromètres économiques — ont perdu toute signification ou valeur, les économistes et autres sommités scientifiques se trouvent divisés sur la réalité u l’inexistence d’indices de reprise économique.Selon la signification que l’on accorde à telle ou telle circonstance, des diagnostics sont différents sinon contradictoires.Il n’est qu’un ensemble de faits dont l’observation est approximativement concordante: la hausse des chiffres traduisant la production, l’augmentation des échanges, l’ascension des chiffres du commerce mondial, voire même la résorption du chômage dans l’un ou l’autre pays ne signifient pas grand chose tant qu’ils ne coïncident pas evec un accroissement réel de la puissance d’achat.On peut poser en principe que poiu tous les espriis qui font, de 1 accroissement et de la décroissance du bien général des grandes masses, le critère de la situation économique, force est oc conclure que jusqu à 1 heure actuelle on ne peut constater une reprise economique générale ni même l’indice certain qu’on soit sorti de la crise.I ar cette constatation, nous affirmons que nous ne nous rangeons donc point parmi les statisticiens et "hommes de science” qui s’escriment à déceler ces présages heuieux dans la production et la consommation croissantes de fer, -' acier et autres métaux, qui concluent à la fin de la crise parce qu’on a doublé les équipes de travail dans la construction aéronautique, dans la construction navale, dans la construction mécanique, dans l’industrie chimique.Pour nous la question de la fin de la crise s’est invariablement posée du point de vue de savoir si un assainissement du régime économique capitaliste disloqué, et amené au point de dislocation par la crise mondiale, est possible par le jeu des forces de résistance et de vie de ce système.Cette question appelle, catégoriquement et irréfutablement, une réponse totalement et absolument négative.Si, à 1 heure actuelle, on constate une pénurie de fret dans la Méditer-lanée, quen Hitlérie les immenses stocks de houille fondent comme neige au oleil (cependant quen France et en Angleterre ils s’accumulent automatiquement en raison des sanctions contre l’Italie), que la demande augmente pour les armes et munitions, les avions, les tanks et les gaz toxiques, que haussent les prix du charbon, du pétrole, de la laine, des métaux, etc.— il n’y a là et ¦ i ne peut y avoit là pour nous aucun signe de régression réelle de la crise mais de nouveaux symptômes pathologiques du capitalisme économique et social, qui entraîneront, fatalement, de nouvelles répercussions.La crise n est pas surmontée parce que les usines de guerre travaillent jour et nuit et parce que T’Tnternationale sanglante des armements” se repait derechef de plantureux bénéfices.Il ne se présente qu’une conjoncture particu-licï e, d une ampleur nettement limitée, venant voiler, temporairement, le désarroi (.u restant de 1 activité économique; il nous parait plus nécessaire que jamais ¦ c îamener à ses justes proportions l’importance de cette conjoncture suscitée par des événements bellicistes.Dans la plupart des cas on ne peut nettement établir la part exacte de la politique d’armement des divers pays dans l’accroissement de la production idérurgique.On peut d’ailleurs déterminer tout aussi peu précisément la part de production en vue de la guerre qu’expriment les chiffres croissants de ; réduction dans la construction automobile et mécanique.En effet, ce n’est point partout que la situation soit aussi claire et nette i on Allemagne hitlérienne par exemple, où la quasi totalité du regain d’acti-• 'e industrielle est redevable à la politique forcenée de réarmement.Toute-”is.on dispose de statistiques fournissant une base d’appréciation du degré îique] la situation économique générale profite de la course aux armements.: n se basant sur de prudentes estimations, on peut admettre comme établi que exportations (lesquelles ne représentent naturellement qu’une partie de la production) de matériels de guerre (armes, munitions, navires de guerre, vions, tanks, etc.) ont augmenté dans de fortes proportions.Le "théâtre de la guerre” tient un rôle notoire: par exemple, l’Italie agresseur de l’Ethiopie, exporta en 1934 pour 10,8 millions de matériel di uerre mais en importa pour 11,1 millions (de marks).Pour 1935 on constat ! i0 pour cent d’augmentation des importations, à savoir: 140 pour cent pou aimes et munitions et 114 pour cent pour les avions et pièces détachée; ' cas de la Roumanie est encore plus typique: ce pays passa aux usines Skoclc 1 I chécoslovaquie, une commande de plus de 600 millions de couronnes, c î eprésente environ le double du montant des exportations tchécoslovaque matériel de guerre.Ainsi les besoins d’un seul pays ont suffi à bouleverse empiétement le bilan du commerce extérieur de l’industrie de guerre cl’iu utre pays.Evidemment il ne s’agit là que d’indices décelant une tendance: tou a est loin d’être complet.D’abord les chiffres concrétisant le commerc ciieur en armements pour un pays ne contiennent nulle indication sur 1 miction réservée au pays lui-même et, ensuite, d’autres pays, fort impor nts, échappent à ces sortes de relevés.La production allemande de matérii c uerre depuis l’avènement du fascisme dépasse vraisemblablement l’imagina m la plus téméraire.De même on ne peut que supputer grosso modo la pro 1 tion japonaise.On ignore également quelle fraction de la consommatio ’’ierurgique des Etats-Unis est engloutie par les armements.La Grande hetagne ne publie plus, depuis le début de l’année, les chiffres quantitatif oos exportations d’armes et de munitions! Quoi qu’il en soit, un fait est certain: tandis qu’en 1935 l’ensemble d ommerce extérieur mondial n’a augmenté que de 2 pour cent par rapport J" " commerce mondial de matériel de guerre a certainement augment au moins 40 à 50 pour cent.En conclusion que les “statistiques” et les “statisticiens” font connaitr • la production de fer et d’acier a considérablement augmenté, que l’arme < minage a diminué d’ampleur, il convient de ne pas perdre de vue la pai a a dans cette situation ce qu’on appelle la “conjoncture de guerre”.Pour nou: tte reprise conjoncturelle indique que les puissances capitalistes et fasciste it une tentative désespérée de se sauver par tous les moyens.Le fascisme, le ¦ mements, la guerre ne feront que précipiter le monde dans de nouvelle 1 nses, plus profondes encore sinon mortelles.Ce qui, à l’heure actuelle, peu .¦ para re aux yeux des observateurs superficiels ou prévenus comme un ame loration de la situation économique” et un "démarrage” n’est et ne ser ,u une crampe agonique du régime capitaliste s’accrochant furieusement à 1 toutes parts son organisme disloqué et exsangue.(Bulletin d 1 Federation Syndicale Internationale.) Ouvriers en Construction DE MONTREAL ET DU DISTRICT DES TRAVAUX considérables en construction requérant des ouvriers compétents dans tous les métiers vont bientôt commencer.Avez-vous un certificatdequalification?Obligatoire pour obtenir le salaire fixé par la loi Conformez-vous à — téléphonez PL.9616 pour savoir où vous obtenir votre certifi qualification — COMITE CONJOINTdes METIERS de la CONSTRUCTION 520 Edifice New Birks — MONTREAL avez (,.ci.e’s heur reff the fact that in Dominion elections women have the right to vote and since they have exercised this right the country has not in any way suffered.The .undamental lights of citizens consist of ill earning a livelihood, 12) participating in government either as an elector or representative chosen by the electors.It is an accepted principle, in all British countries, that there should be no taxation without representation.Women who are gainfully employed contribute to the general tax fund.They can, therefore, justly claim that it is unfair to deny them the right to vote in municipal or provincial elections.In Montreal women earning over a given amount now pay income tax.Yeti men who are dependent entirely upon the doie are given the right to vote! Can those who still persist in their reactionary attitude in the matter of women s political lights contend that this is just to women wage earners or those in receipt of a salary?The overwhelming majority of women employed in industry and commerce are dependent upon their own exertions for a livelihood.Those who merely work for so-called "pin money” constitute a mere fraction o fthe total number of women who are gainfully employed.A goodly percentage are widows who are certainly entitled to a great deal of praise for the sacrifices they make i!i older to maintain the family.They are mother, nurse and breadwinner.Tiie average working man’s wife is entitled io our gratitude for what she omplishes in the line of duty.Since the depression hundreds, perhaps housands, of mothers of families have been compelled to seek employment m order to feed and clothe their dependents.Would anyone contend that '•omen in this class should be displaced and replaced by men?Have men so much to be proud of when we think of their inability to prevent wars and uitiol conditions that would prevent depressions and other serious crises?Women have demonstrated that they are in every way qualified to occupy positions of importance and responsibility.In many callings they are superior ' men in the quality and efficiency of the work they perform.Surely they are tied to the liberties and opportunities which were only grudgingly given nem after years of effort! One of the ablest Members of the House of Commons s Miss Agnes Macphail.Women have also made their mark in the various professions.When we speak of women taking the places of men, it is pertinent ’ refer to the indignation contained in the contribution from your able and ¦ mpathetic contributor, Socius, who criticized the action of a large tobacco :!1'm for dismissing 250 girls following the introduction of labor saving machinery.What are these girls to do?Who is to support them?There are no camps for women.If, because of circumstances over which they have no control, they fall by the wayside, they are regarded with pity or held up to ifempt as social outcasts.The Chief Magistrate of Montreal, who professes have a knowledge of social and economic conditions, believes that the nacea for these conditions is the dismissal of women and sending the un-•npioyed back to the farm.He entirely overloks the fact that the w-hole prob-of unemployment can be solved without dismissing one woman from her mployment, or sending men into the wilderness to build homes, if industry is ¦ganized on a democratic basis.A well known writer pointed out that what is needed is increased produc-•,"n; increased purchasing power; and increased leisure.If machines are dis-'¦ !'''ng men from employment, isn’t it logical to ask why there should not be induction of the working week and a more equitable distribution of what the 1 mmo produces?Women consume as well as produce.Where they are I' o>cd, they can out of what they earn buy what they require.Unfortunately, mustry today is carried on not to satisfy needs which can be multiplied but mrket demands.Oldest European Discovery Against Stomach Troubles and Rheumatism Acclaimed Best by Latest Tests Since 1799 thousands of people have regained their normal health after years of suffering from stomach troubles of all types, such as constipation, indigestion, gas, and sour stomach which are the basic factors of such maladies as high blood pressure, rheumatism, peri- odic headaches, pimples on face and body, pains in the back, liver, kidney and bladder disorder, exhaustion, loss of sleep and appetite.Those sufferers have not used any man-made injurious chemicals or drugs of any kind; they have only used a remedy made by Nature.This marvelous product grows on the highest mountain peaks, where it absorbs all the healing elements and vitamins from the sun to aid HUMANITY in distress.It is composed of 19 kinds of natural loaves, seeds, berries and flowers scientifically and proportionately mixed and is known as LION CROSS HERB TEA.LION CROSS HERB TEA tastes delicious, acts wonderfully upon your system, and is safe even for children.Prepare it fresh like any ordinary tea and drink a glassful once a day, hot or cold.A one dollar treatment accomplishes WONDERS; makes you look and feel like new born.If you are not as yet familiar with the beneficial effects of this natural remedy LION CROSS HERB TEA try it at once and convince yourself.If not satisfactory money refunded to you.Also in tablet form.Try it and convince yourself with our money-back guarantee.One week treatment $1.00 Six weeks treatment $5.00 In order to avoid mistakes in getting the genuine LION CROSS HERB TEA, please fill out the attached coupon.Dept.10641 Lio - Pharmacy, 1180 Second Ave., N.Y.City, N.Y.Gentlemen: Enclosed find $.for which please send me.treatments of the famous LION CROSS HERB TEA.NAME ADDRESS CITY .STATE .Building Trades Employees OF MONTREAL and DISTRICT CONSTRUCTION work in volume will soon start, requiring competent workers in all trades.Have You a Competency Certificate?—Indispensable to insure getting the wage rate fixed by law.Get under the protection of the Law — Phone PL.9616 for information as to HOW and WHERE to secure your certificate.BUILDING TRADES JOINT COMMITTEE 520 New Birks Bldg.- MONTREAL .Wcd tegai tvot rec^cttwie nave overt °t recent Job on s°n'c women of Canada, particularly those employed with governments, must unite and become more aggressive in defence of their right to share with men, in the opportunities that are available in all spheres of activity for which they are trained and adapted.Women in the government service, without disassociating themselves from fellow workers of the other sex in the same service, should, in order to more effectively protect themselves, form separate associations to fight any discrimination because of sex.If women in the Province of Quebec had the right to vote, they wouK • m itedly be able to influence members of the Legislature in promoting i soc’a* measures.The women of the Province of Quebec are certainly Ued to that grand old fighter for women’s rights, Mrs.John Scott, that i îan and charming exponent of feminism, Madame Pierre Casgrain, and i’ aggressive fighter for her sex, Miss Idola St-Jean.Tiie movement to exclude women from industry, commerce and govern-u.mus e fought to a finish.Tiie women employed in various industries callings must form associations for their own economic protection.Tire mar a of political and social philosophy in a manifesto issued self and a collaborator urged the workers of the world to unite.Tiie Women, I believe, constitute the majority of the electors in Dominion elections.A powerful, ably directed and aggressive association made up of employees in the Dominion Government Service would undoubtedly be able to bring strong pressure to bear upon governments, the members of which would certainly hesitate, before enacting legislation or adopting regulations, denying women the right to employment, or subjecting them to other handicaps or disabilities because of their sex.To a Dominion organization such as the one suggested, provincial organizations could be affiliated.An organization of this type would not only give women employed in the government services fuller protection than they presently have, but encourage women generally who are dependent upon their labor for a livelihood, to organize, in order to obtain that justice and consideration to which they are entitled as citizens. Page 8 SAMEDI, 15 FEVRIER 1936 — MONTREAL — SATURDAY, FEBRUARY 15, 1936 FROM NEAR AND FAR duction of the workers to a condition o: The Social Creditors ray they will not interfere with the profits of capitalists.Here is a statement by an authority on Social Credit: Under Social Credit, machines are not a menace, for the "wages of the machine” are distributed to the people displaced by the machine.This is the only solution oi the problem of unemployment.” The capitalist will tell you that the machine is his fixed capital, and that his profits are the wages of his capital.If the wages of fixed capital are to be distributed among the unemployed, there will certainly be interference with the profits of capital.And as for this being a solution of unemployment! It is only a vague way of saying that unemployment can be perpetuated if the profits of capital are distributed among the unemployed.Here you have the implication that Social Credit will somehow give the unemployed the right to the “wages of the machines.” the profits of capitalists.And yet there is to be no interference with profits or capitalistic property rights.Coherent thinking is not the strong forte of Social Credit advocates.READER.* » * Ottawa.— The question of having the expression “standard of living" more closely defined becomes of increasing importance in Canada, due to both federal and provincial legislation.Now there are Boards in several provinces fixing "minimum standard" wages for both male and female workers.And there is federal legislation providing for Boards to fix minimum wages all over Canada.In the past Conciliation Boards appointed by the Dominion Department of Labor to try to settle industrial disputes have usually based their decisions on assumptions concerning the cost of living; the employers’ representatives have presented their ideas of the cost of what they considered a reasonable standard of living for labor, and the workers’ representatives presented their ideas — usually different.On both sides, the ideas have been mostly mathematical abstractions arising from comparisons of indexes of the cost of living and indexes of money wages.And each side has usually selected a different basis for the purpose of its comparison, the year which permitted a comparison most favorable to its contentions.The point is that such mathematical comparisons do not start from any basic conception or recognition of what should constitute a reasonable standard of living.They were show a change in the relations of rates of money wages and the indexes of the cost of living, which indexes are themselves mathematical abstractions based on certain assumptions as to minimum necessities of family of five persons.It is not admitted that capital should have its “wages” determined by similar comparisons between production costs and prices.The Boards for the determination of “industrial standards," meaning the Boards now engaged in fixing minimum male workers’ wages in each industry in a given region, arc basing their decisions on similar loose assumptions as to the standard of living.And the minimum wage rates, which tend to become the standard, are being scaled to a subsistence level, instead of to a health and decency standard, or a comfort standard.While the Canadian experiments in official fixing of minimum wages, legally enforceable, may serve to protect unorganized workers from intensive exploitation, their effect is fairly certa'n to be an undermining of the position achieved by well organized workers — unless the wage-fixing boards are obliged to work from a legal definition of the expression “standard of living.” such legal definition to conform with trade union ideas of what constitutes a reasonable standard of living.Once the public authority undertakes to regulate wage rates, there is no end to the legal decisions and regulations which will need to be made, if the outcome is to be anything better than the re- involuntary servitude.C.M.# * * Del Rosa, Cal.January 30, 1936.Editor, The Labor World.I notice that Bernard Rose remarks: "Herbert Spencer’s Law of Equal Freedom,’ if permitted to apply as that eminent philosopher thought it should, would have added greatly to the burden of misery and oppression of the workers.” I understand that although he caught a fine glimpse of the concept of equal freedom.Herbert Spencer did not perceive its requirements that all non-gift transfers of service of normal adults between such persons be on the basis of hour-for-hour exchange of services.But.though not perceiving the full practical implications of the law of equal freedom.Herbert Spencer stated that law well when he said: “Liberty of action being the first essential to exercise of faculties, and therefore the first essential to happiness; and the liberty of each limited by the like liberty of all.being the form which the first essential assumes when applied to many instead of one, it follows that this liberty of each, limited by the like liberty of all, is the rule in conformity with which society must be organized.Freedom being the prerequisite to normal life in the individual, equal freedom becomes the prerequisite to normal life in society.And if this law of equal freedom is the PRIMARY law of right relationship between man and man, then no desire to get fulfilled a SECONDARY law can warrant us in breaking it.” Note the “limited by the like liberty of all.” That is what distinguishes equal freedom from “freedom’ in an unqualified or unequally qualified sense.True Equality of Freedom is impossible where what is commonly called “Capitalism” exists.If the normal adults were equally free, then the workers would be the owners and be self-employed, exchanging their services on the hour-for-hour basis.The medium of trade, called money, would then have a unit that represented a definite duration of the service of fairly normal adults, an dso such money would be a true medium of exchange The whole problem of the relation of employers and employees arises from the fact that we have NOT equal freedom for normal adults.If we had.gifts 'including inheritance) aside, no one could secure an hour of another's service without serving an hour in return, hence it would be utterly impossible for anyone to accumulate a fortune far beyond what most could accumulate.Hour-for-hour exchange would put an automatic, a natural, limit on the amount of so-called wealth anyone could secure either ownership or other control title to.While equal freedom would prevent there being a government tan official ruler) to interfere between private persons or private groups, it would at the same time prevent there being unofficial ruler-ship of some private persons or groups by other private persons or groups, hence the excuse for such interference.Sincerely.VAUGHN BACHMAN BROKAW.PROBES RAYON MILL CLOSING Prime Minister Mackenzie King created a Royal Commission headed by Mr.Justice W.-F.-A.Turgeon.of the Saskatchewan Appeal Court, to investigate the alleged arbitrary closing of the Dominion Textile Company’s flat silk works at Sherbi ooke, which threw five hundred workers into the unemployed army.Tire management of the company claimed the shut down was caused by the flood of Japanese rayon imports.Since, the mill was reopened and most all employees went back to work.In connection with the probe of the mill closing the Royal Commission is authorized to investigate conditions in the textile industry throughout the Dominion.Social Obligations of Corporations Finance Minister Charles Dunning expressed the opinion that industry general- LE MONDE OUVRIER The Labor World Rédigé en collaboration Le porte-parole des ouvriers organisés de la province de Québec The Bilingual Mouthpiece of the Province of Quebec Organized Workers Mernber of the International Labor I’rei» Membre de la Tresse internationale Ouvrière d'Amérique MARCEL FRANCQ Secrétaire de la Rédaction Secretary, Editorial Department The Canadian Converters Company, Limited 470 LAGAUCHETIERE ST.WEST MONTREAL Our Leading J Amusement J Places ! Dans nos Théâtres PALACE ?-D 2nd and FINAL WEEK Ronald COLMAN “A Tale of Two Cities” With a Cast of 49,000 10 A.M.to 1 P.M.25 CENTS o—-?CAPITOL A CHEAT CANADIAN INDUSTRY DOMINION TEXTILE CO.LIMITED BRIDGE CO.Limited Head Office and Works at LACHINE, P.Q.Branch Works: Amherst Ottawa Toronto Winnipeg Calgary Vancouver WARNER BAXTER in KING of BURLESQUE With ALICE FAYE — ‘‘MY MARRIAGE” with CLAIRE TREVOR PRINCESS THEATRE Charlie CHAPLIN in MODERN TIMES Added Feature ‘‘GUARD THAT GIRL” 10-1, 25c; 1-6, 35c.— Week Day» Saturday & Sunday Aft.; 40c; 6-11, 60a A lesson from the depression—Be a Civil Servant—Postman, Customs Examiner, Clerk, Stenographer, etc.Free Booklet “How to get a Government Job.” M.C.C.Civil Service School, Toronto (10) ly, and especially an industry which has had for years the benefit of the protection afforded by the customs tariff, should recognize its responsibility to carry on operations with due regard to its obligations to employees and the public, and not arbitrarily shut down its plants.” The Commission will determine the responsibility of employers toward their employees and the public and will recommend appropriate legislative action to include this responsibility in the required functions of industry'.To achieve this purpose the inquiry will go fully into costs and profits, wages, salaries, bonuses and all phases of the industry pertinent to the report which the Commission will make to the Government.PROFITS OF WAGE CUTTERS Liggett k Myers Tobacco Company cleared $16,856.543 net profits in 1935.The great bulk of this huge net income came from the manufacture of cigarettes.The total wages paid in the entire cigarette industry of the United States in 1935 was around $14,000.000 — probably less.Wage figures for that year are not yet available; but they have averaged about that figure for some years, and for a period, the tendency was downward.So, we have the glad news that a single tobacco company, third in size of the Big Four tobacco companies which makes 85 per cent of the cigarettes manufactured in this country, raked in more, net profits last year than all the workers who drew their living from the industry.High profits, and low standards of living.That is the practical motto of the Big Four tobacco companies — American, R.J.Reynolds, Liggett & Myers, and P.Lorillard.That has been their guiding principle for 25 years.Faites vos achats de MERCERIES et VETEMENTS f/K^ÏÏION-pRAFT chez LECHASSEUR, Limitée 974 ouest, rue Sainte-Catherine 281 est, rue Sainte-Catherine 375 ouest, rue Saint-Jacques J.SYLVIO MATHIEU SERVICE DE TOILETTE Tabliers.Jaquettes, Gilets, Nappes, Napkins, Serviettes de barbiers, etc., et tout autre article è Tusagc de la toilette.I.IN'C.i: DE FAMILLE A LA LIVRE Buanderie: 1871, rue CARTIER Tél.: AMherst 8566 Résidence: 3851, rue Dandurant Tél.: CLalrval 2230 The Windsor Hotel ON DOMINION SQUARE MONTREAL J.ALDERIC RAYMOND Vice-Président AVires and Cables—Telephone Apparatus—Fire Alarm and Pollrei Slgnnlllnj: Systems — Radio Transmitting nnd Receiving Equipment.Made In Canada by Northern Electric Plant nnd Genernl Offices MONTREAL.P.Q All Imperlul product* are manufactured In Canada by Canadian Workmen, at our six modern Refineries one of which Is located at Montreal East.IMPERIAL OIL LIMITED 0566
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