Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry
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- Titre :
- Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry
- Date de création :
- 14 octobre 1793
- Genre spécifique :
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- Archives textuelles
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- Version intégrale légèrement normalisée : «Weissembour [Wissembourg] ce 14 octobre 1793. Tu vois, mon cher ami, que nous sommes déjà maître des lignes. C'est hier que s'est faite la grande opération. On ne peut s'imaginer la bravoure et la célérité avec laquelle on a poussé les patriotes. La droite que nous occupions avec une division d'Autrichiens était à plus de 2 lieues de Veissembourg, et avait un camp retranché à forcer, et les montagnes à balayer, la gauche Lauterbourg et la partie la plus forte des lignes à forcer. Hier à 2 heures du matin, nous nous mîmes en marche, à 4 heures nous étions près des patriotes sans qu'ils s'en doutassent. Le régiment de Siclée hongrois attaqua à la bayonnette au bout du fusil, et dans le plus grand silence la redoute de Steinfield défendu par 500 hommes du régiment du Roi; on prit les 8 pièces de canon qui étaient dedans, et alors un signal donné sur toute la ligne des Montagnes au Rhin, fit partir [...]
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- Version intégrale légèrement normalisée : «Weissembour [Wissembourg] ce 14 octobre 1793. Tu vois, mon cher ami, que nous sommes déjà maître des lignes. C'est hier que s'est faite la grande opération. On ne peut s'imaginer la bravoure et la célérité avec laquelle on a poussé les patriotes. La droite que nous occupions avec une division d'Autrichiens était à plus de 2 lieues de Veissembourg, et avait un camp retranché à forcer, et les montagnes à balayer, la gauche Lauterbourg et la partie la plus forte des lignes à forcer. Hier à 2 heures du matin, nous nous mîmes en marche, à 4 heures nous étions près des patriotes sans qu'ils s'en doutassent. Le régiment de Siclée hongrois attaqua à la bayonnette au bout du fusil, et dans le plus grand silence la redoute de Steinfield défendu par 500 hommes du régiment du Roi; on prit les 8 pièces de canon qui étaient dedans, et alors un signal donné sur toute la ligne des Montagnes au Rhin, fit partir toute l'armée; on entendit une fusillade et une canonnade continuel; depuis 4 heures jusqu'à onze heures que la droite arriva à la vue de Weissembourg après avoir emporté le camp retranchée, et chassé les patriotes des positions les plus avantageuses qu'ils pussent désirer mais qu'ils ne surent pas défendre. Le général Olsey avait forcé les lignes dès huit heures et il prit Lauterbourg le soir. Je t'écris du caffé, notre armée défile sur la place pour se rendre à Haguenau où les patriotes veulent se retirer, mais on présume que le prince de Valdée qui avant hier à onze heures du soir a passé le Rhin avec douze à 15 milles hommes leur aura coupé la retraite et qu'ainsi ils se trouveront pris entre nous, Valdée et le duc de Brunswick. Notre perte a été assez légère si l'on en excepte la légion de Mirabeau qui a perdu près de 150 hommes. Siclée n'a perdu qu'un homme, la lâcheté des patriotes doit rendre ceci croyable, car pour pour ma part j'en ai eu un exemple bien frappant. J'étais avec 8 pièces de canon engagé dans une rue de Oterorback enfilée d'une hauteur occupée par 2 bataillons patriotes et sans infanterie pour nous soutenir. La place n'était pas tenable. Les Mirabeau perdirent en un instant cinq canonniers. La rue était si étroite, qu'il était impossible de faire retraite. Décidés à tout dans ce moment, nous fûmes nous mettre en batterie à 60 pas des patriotes, au pied de la hauteur. Nous y fûmes assaillis d'une grêle de balles. La pièce où j'étais se trouva par un accident inconcevable, enclouée le malheureux monsieur de Rosne en voulant deboucher la lumière leva la tête pour me demander quelque chose et reçut à l'instant une balle que j'aurais reçue sans lui, il tomba à mes pieds, heureusement que nous trouvâmes le dégorgeoir, et que l'on put enfin tirer, il fallut plus de 40 coups de canon pour les forcer à la retraite. Mais ils n'eurent jamais la hardiesse de foncer sur nous avec la bayonnette pour nous enlever tout ce qu'ils n'eussent pas manqué de faire, puisque nous n'avions aucun moyen de retraite et personne pour nous soutenir sans un seul fusil. Nous en sommes tirés par le plus grand bonheur du monde avec un tué et un blessé. Je n'ai rien attaqué. Je ne puis pas t'écrire plus longtemps, parce qu'il faut que je rejoigne ma pièce qui passe dans ce moment. Je suis étourdi depuis deux heures des cris de vive le roi que jette toute l'armée qui défile devant le prince de Condé. Les bourgeois se joignent à nous. Est-ce de bon coeur? je n'en sais rien. Nous attendons après-midi un bataillon patriote qui a déserté. Quant à l'argent, comme on nous annonce une campagne d'hiver, que je suis sans le sou, et sans aucun habit, parce que l'on m'a volé mon porte-manteau, je prie le chevalier Herrier [Herris, Herries] de m'envoyer à Francfort quinze louis. Tu m'en donneras avis en m'adressant comme ci-devant, par Wissembourg. J'aurai les moyens de le faire venir ici. Je t'écrirai aussitôt que nous aurons terminé cette opération, c'est-à-dire pris Haguenau, et investi Strasbourg, ou autres villes. Adieu. Porte toi bien et compte sur toute mon amitié. J'apprends que Haguenau est pris par le prince de Waldeck. S'il a été à temps les patriotes sont coupés nous marchons sur eux. Je pars adieu. Monsieur de Lery chez le colonel Johnstone à Wolwich près de Londres.»
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