Le nouvelliste, 22 avril 1995, Cahier 2
[" Le Nouvelliste i Trois-Rivières Samedi 22 avril 1995 Plus Arts et spectacles Restaurants Vacances/voyage t ''y // V- \u2022 ^ v' V' I \"t- nm e ByC\" « Karine Lamy, future agricultrice (Image-Média: Alain Bédardl Agricultrice, elle sera! Yamachiehc «' : %-zr Quand je pense au conseiller en orientation scolaire qui m\u2019avait dit que je ferais une bonne réceptionniste».Elle qui rêvait de grands espaces et d'animaux.Les techniques administratives interrompues après deux sessions?C'était pour rassurer ses parents qui connaissent les difficultés du métier pour lequel elle se dit prédestinée.Karine Lamy a toujours voulu être une agricultrice.Une agricultrice elle sera.Karine avait deux ans lorsque son père a laissé un poste enviable à la Centrale nucléaire de (ientilly pour risquer un retour à la terre.«Il n\u2019y avait pas d'eau ni d\u2019électricité dans la maison», ajoute fièrement la jeune femme de 18 ans en faisant circuler les photos sur lesquelles on aperçoit une terre vierge et de vieux bâtiments que ses parents.Yvon et Huguette, ont détruit pour mieux reconstruire.Seize ans plus tard, la maison de campagne se fait belle et moderne et annonce une terre de 250 acres.«Cent quarante truies et 2500 porcs livrés par année», lance M.Lamy sans vouloir s'immiscer dans la conversation.Karine rêve tout haut de prendre possession du domaine familial.La relève, c\u2019est elle, l'aînée d'une famille de deux enfants, deux filles.Un rêve qui se fait déjà, un peu.beaucoup, réalité.Son père, un éleveur de pores et producteur céréalier, suit de très près les études de sa fille inscrite en agriculture animale conventionnelle, un programme dispensé, entre autres, par le Cégep de Victoriavil-le.«C'est ici que je veux travailler», insiste Karine.Attachée à la terre et à toutes ses valeurs, la collégienne n'a pas peur des longues journées de travail.A une époque où la société valorise la qualité de vie en réclamant la semaine de quatre jours, la jeune femme répète qu\u2019elle a l\u2019habitude de se lever tôt.sept jours sur sept, comme elle respire d\u2019aise à chaque fois que son regard se pose à perte de vue.«Dans mon logement, à Victoriavillc, je me sens «pognée».J\u2019ai l\u2019impression de marcher continuellement dans le même espace.Non.je ne suis pas faite pour travailler dans un bureau entre 9 et 5.» Etudier n'a jamais été aussi intéressant que dans sa ville d'adoption.Techniques de labourage, fertilisants, pesticides, gestion financière et îles ressources humaines, accords du GATT et de TALENA.etc., elle fréquente l'école de la vraie vie.«Tous les cours me seront utiles», ajoute Karine qui partage ses connaissances avec son père qui profite régulièrement, quant à lui, des cours d'appoint offerts par son syndicat ou par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation.Sur 35 étudiants en première année, neuf sont des filles, des jeunes femmes qui aspirent également à diriger leur propre entreprise agricole.«Ça ne faisait pas trois semaines que j'étais à Victoriavillc qu'on sortait ensemble», avoue Karine les yeux brillants.Son petit ami étudie en agriculture.Fils d'un producteur laitier, il semble que ce dernier ne détesterait pas «les petits cochons», précise la jeune femme dont le choix ne se pose pas entre travailler avec son conjoint \u2014 «C\u2019est plus agréable» \u2014 et engager \u2014 «Ça coûte cher» \u2014 un homme à tout faire, une alternative tout de même envisagée en cas de célibat.Karine connaît la pression du métier.Son père pourrait lui en parler des heures durant.Les vacances sont rares et courtes chez les agriculteurs.En Floride ou ailleurs, loin de la ferme et des animaux.le couple Lamy ne réussit pas à faire le vide totalement.«Ce n\u2019est pas comme la porte de ton bureau que tu fermes à clé avant de partir», rappelle-t-il.Sa fille connaît le refrain comme elle est persuadée qu\u2019il n\u2019existe pas de profession idéale.«Mais j\u2019aurai un emploi stable.Seule la faillite, et encore, pourrait me faire perdre mon travail», dit-elle.Car avec une bonne gestion, assure Karine, elle sera capable de tenir le fort et de prévoir les années creuses.«Il y aura toujours de la place pour les produits de la terre et de la ferme dans nos assiettes.» Filles en tête «Karine est une pionnière.Une jeune femme qui prend la relève de l\u2019exploitation agricole familiale n\u2019est pas une image très répandue au Ouébec.même en 1995», témoigne Mme Jocelyne Parisé, directrice des services aux agricultrices, direction qui relève du ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation.Depuis le début du mois d\u2019avril, en collaboration avec le Mouvement Desjardins, le MAP AO fait la promotion de la relève agricole.Le slogan.«Avoir les filles en tête», s\u2019adresse particulièrement aux parents.Le ministère souhaite influencer ces derniers dans leur façon de concevoir la place et le rôle de leur fille dans l\u2019entreprise familiale.«Les parents, sauf quelques rares exceptions, n\u2019ont pas encore le réflexe de voir une relève en leur fille.Ils se tournent davantage vers le fils ou le conjoint de la fille», explique Mme Parisé.L\u2019association père-fils est un modèle qui ne dément pas.comme le couple est la clef pour les filles qui veulent s'établir.«C'est très marquant».ajoute-t-elle avant d'insister: «Ui jeune femme qui veut prendre la relève doit l'exprimer sans ambiguïté.» Des activités de promotion régionales seront mises de l\u2019avant afin de faire connaître les jeunes agricultrices qui ont réussi à s'établir dans l\u2019entreprise familiale.Des rencontres sont également prévues avec les parents, les jeunes et certains organismes afin de cibler les difficultés reliées à l'établissement de la relève.Dans la participation des enfants aux activités de la ferme, les chercheurs ont observé une différence entre les filles et les garçons.Un premier écart apparaît vers l'âge de douze ans; plus souvent qu'autrement, la fille ne participe plus aux travaux de la ferme pour partager, avec sa mère, les tâches domestiques.Tendances et perspectives L'année dernière, le MAPAQ rendait public les résultats de l'étude; «Les agricultrices au Ouébec.tendances et perspectives».Plus de 2000 questionnaires ont été expédiés, au hasard, à des femmes vivant dans des exploitations agricoles.De ce nombre.900 ont été complétés par des répondantes provenant de toutes les régions du Ouébec.Les trois principales tâches des agricultrices: la gestion des salariés (58G ).la tenue de livres et de la comptabilité (530 ) et le partage de la gestion financière avec le conjoint ou les associés (4(/7 ).Au niveau de l\u2019accès à la propriété, entre 1940 et 1965, 640 des répondantes ne possédaient aucun titre de propriété.Ce pourcentage chute à 240 après 1986.Trente-trois pour cent des femmes interrogées déclarent être propriétaires uniques ou copropriétaires égalitaires ou majoritaires.Près de la moitié des répondantes ayant acquis des titres de propriété disent avoir augmenté leur motivation au travail, leur participation à la prise de décision et les échanges sur les objectifs poursuivis par les propriétaires de l'exploitation agricole.La formation La majorité des répondantes (84'r) exigent que leur relève soit formée en agriculture et qu\u2019elle détienne, de préférence, un diplôme d\u2019études collégiales.(\"est le cas de Karine et de ses compagnes de classe.En minorité au Cégep de Victorias ille, elles son! majoritaires, cependant, dans les Instituts de techniques agro-alimentaires de Saint-Hyacinthe et de La Pocatièrc.«En effet, les étudiantes sont plus nombreuses que les gars», a pu vérifier Mme Parisé.Quant à leurs aînées, le MAP AO entend les inciter à acquérir de nouvelles connaissances, particulièrement en analyse tcchnico-économique et en planification financière.Le ministère veut re-eonnaître ainsi l\u2019apport des femmes dans la gestion de l\u2019exploitation agricole au Quebec.\u2022 V 4 i i Ai Spectacles L'offre dépasse la demande \u2014 page P4 ¦i*» milt Voyages Amsterdam: ville sur l'eau \u2014 page PI 4 live 111 t» \u201e Ml ses -\"'¦*'5*21 t 1 P2 U Nouvelliste Samedi 22 avril 1995 Angèle St-Yves de Charette Toujours prête à repousser les barrières Sti-phan Katclle Shawinigan Je ne me suis jamais interdit de choses parce que jetais une femme ou parce que c\u2019était nouveau.» Angèle St-Yves.ingénieure agronome, est une véritable défonceuse de portes.Toute sa vie.la superfemme originaire de la municipalité de Charette a repoussé la barrière des préjugés.Elle fut.dans les années 70, la toute première femme à obtenir un baccalauréat en génie rural à l'Université Laval.Elle fut la première femme à devenir présidente de l\u2019Ordre des agronomes du Québec en 19X6.Elle est aujourd'hui directrice du Centre fédéral de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures de Québec.seule femme à occuper ce poste au Canada.La feuille de route de Mme St-Yves.S4 ans.est fort impressionnante et surtout marquée d'imprévus.Outre le poste à la station fédérale.elle fut également directrice à la Direction du milieu agricole et du contrôle des pesticides au ministère de l'Environnement du Québec.chef du Service agricole au même ministère.Ses champs d\u2019action: les aménagements hydro-agricoles, la gestion des sources de pollution diffuse, la valorisation agricole des boues d épuration, le contrôle des pesticides.Elle collectionne également les honneurs: prix d\u2019Excellence de la Presse, femme de l'année en agri-eulture au Salon de la femme, com-mandeure du mérite agronomique.Il y a quelques mois, elle recevait la Médaille Gloire de l'Escole, re- «Je ne me suis jamais interdit de choses parce que j'étais une femme ou parce que c'était nouveau.» Mme Angèle St-Yves il'hiiloimdiü - ( luudi (tilli connaissance ultime de l'Université Laval aux diplômés qui font leur marque dans leur champ d'action.Le club sélect comprend notamment Jean Chrétien: Yves Landry, pdg de Chrysler; Claude Bisson.juge en chef du Québec, pour ne nommer que ceux-là.Enseignante à Shawinigan-Sud Et pourtant, rien, mais alors vraiment rien, ne la prédestinait à une telle carrière.Aînée d\u2019une famille d'agriculteur-forestier de Charette, elle entreprend, à l\u2019aube de la vingtaine, une carrière d'enseignante à Shawinigan-Sud.En 1%1, son mariage avec Denis, l'homme de sa vie.l'entraîne dans une série d'aventures et de voyages, «celle qui prend mari prend pays», blague-t-elle.Première escale: la base militaire de la Nouvelle-Écosse où son mari termine son service militaire.Ensuite, la petite famille déménage à Québec où Denis entreprend des études universitaires.Puis, direction Lansing au Michigan ou l'homme obtient un doctorat en génie alimentaire au Michigan State University.Aux États-Unis, Mme St-Yves opère une garderie.Luc et Marie-Christine, les enfants du couple, profitent de la compagnie d'une dizaine de bambins.C'est à ce moment que la vocation de Angèle St-Yves se précise.Elle, une femme, pouvait imiter son mari et entreprendre des études à l'université.«Je voyais vivre les Américaines qui travaillaient.Leurs enfants n'étaient pas plus «traumatisés» que les miens que je couvais dans la ouate.J'ai décidé de poursuivre des études sans un sentiment de culpabilité» En 1%7, sa décision est prise.Angèle St-Yves va repousser les barrières; elle va entreprendre des études en génie rural.La famille de retour au Québec, elle s'inscrit au cégep afin d'obtenir les crédits indispensables à son admission à l\u2019Université Laval.Au même moment, en 1%8, la dernière-née, Valérie.vient compléter les rangs de la famille.En janvier 1973, c\u2019est finalement le grand saut universitaire.«J\u2019étais tellement contente de moi que j'en braillais.J\u2019avais 32 ans, j\u2019étais fiè-re.» L\u2019adaptation ne fut pas facile.Non seulement était-elle la seule femme, mais elle devait également s\u2019adapter à de jeunes étudiants au sortir de l\u2019adolescence.Elle devait aussi composer avec trois enfants qui avaient 10 ans et moins.Angèle St-Yves s\u2019en est sorti avec les grands honneurs en obtenant même une maîtrise.«Il s'agit de mettre les priorités à la bonne place».indique celle qui se rend encore régulièrement à Charette visiter ses parents.Lucille Déziel et Ix'o-nard St-Yves.Talentueuse, pendant ses études la compagnie SNC lui offre un contrat estival, en 1977.pour l'élaboration de plans pour des complexes d'élevages de bovins laitiers pour le Maroc.Ce fut un choc pour elle de découvrir ce pays.Les Marocains ont également sursauté en voyant une FEMME venir jouer à l\u2019ingé-nieure.«Certains se demandaient pourquoi on avait envoyé la secrétaire.Les gens étaient un peu mal à l\u2019aise de me voir dans le projet», constate-t-elle.La femme La situation de la femme est au coeur de ses préoccupations.Mme St-Yves a présenté plusieurs conférences afin de promouvoir l'implication des femmes dans les domaines scientifiques.«Il ne faut pas demander de privilèges, il faut simplement gagner notre place», prévient-elle.Chose certaine, le message a passé dans sa propre famille: Marie-Christine, 30 ans, est ingénieure mécanique et Valérie, 26 ans, la cadette, est médecin-résident à l'Hôpital Saint-François d'Assise.«Valérie n'est pas ingénieure mais elle travaille en génie.cologie», blague la mère.Sans oublier le mari.Denis Désilets, lui-même ingénieur agronome.Quant au fils aîné, qui est né sur une base d'aviation, il est contrôleur aérien à Montréal.Station de recherche On compte 19 centres de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures au Canada.Les experts de la station de Québec que dirige Mme St-Yves effectuent notamment des recherches sur un blé parfaitement adapté aux conditions du Québec.Ils ont développé plusieurs variétés de céréales ainsi que de nouveaux types de foin.«Notre mandat est de développer des plantes fourragères et céréales adaptées à nos conditions nordiques.En fait, nous repoussons les frontières.» Cette expression, «repousser les frontières», revient souvent chez Angèle St-Yves; que ce soit les frontières scientifiques, les frontières de la condition de la femme ou les frontières du Canada.Conférencière recherchée.Mme St-Yves fut notamment déléguée en France, au Brésil en Australie, dans plusieurs villes des États-Unis, au Mexique et à Haïti.«Quand une porte s'ouvre, je mets mon pied pour ne pas qu'elle se referme, même si parfois ça fait mal», répond-elle, prête à répondre à de nouveaux défis.\u2022 ÉÊÊ\tvt, m *rV' «iM JÊÊkàM Coin, coin! Mark Araujo aimerait bien donner à manger à cette famille de canards.Mais plus il s'avance plus ces bêtes à plumes se sauvent rapidement.Tout un problème pour un petit garçon de six ans.Coin, coin! La lettre arrive 51 ans plus tard B Vicence, Italie ( Reuter) \u2014 Une carte postale envoyée par un Italien à sa femme depuis un camp de travail en Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale est arrivée à bon port.51 années plus tard.«Les souvenirs de ces années atroces passées dans les camps ont aussitôt refait surface.Beaucoup de mes amis sont morts.», a raconté Qreste Brunello, 84 ans.La carte, envoyée en 1944 alors qu'il travaillait dans une mine à Essen, dans la région industrielle de la Ruhr, est arrivée a la maison familiale de Conco, dans les Alpes italiennes.Hitler le plus haï ® Londres (Reuter) \u2014 Adolf Hitler passe devant Saddam Hussein au palmarès de la haine des statues de cire chez Mme Tussaud à Londres.à en croire un sondage réalisé auprès ries visiteurs.Les statues les plus appréciées sont celles de Bill Clinton puis de Nelson Mandela.Côté Glamour, Cindy Crawford devance Claudia Schiffer.Championne toute catégorie, Diana, qui relègue là aussi Nelson Mandela en deuxième position.Téléphomanie en Jordanie B Amman (AP) Le gouvernement jordanien des télécommunications a lancé un appel aux adolescents de ce pays musulman pour qu'ils arrêtent d'appeler les services de téléphone rose, pour lesquels les publicités fleurissent dans les magazines.«Ces appels nuisent à la famille jordanienne et violent les normes sociales du pays», a plaidé M Jamal Sarayrah au cours d'une conférence de presse.Bien que destinées en théorie a se faire des «amis» et parler de tout et de rien, les conversations tournent en général assez vite autour du sexe.Beaucoup de parents se plaignent également auprès du gouvernement de payer des factures de téléphone astronomiques: beaucoup de ces services sont basés au Canada ou aux États-Unis, et le coût d'une télécommunication s'élève alors à plus de 3 dollars la minute.«Ces appels sont coûteux et don- nent la migraine aux parents, qui n'arrivent pas à empêcher les adolescents d'appeler ces services, a déploré le ministre.La statue de la reine Elisabeth décapitée ® Canberra (AP) \u2014 La statue représentant la reine Elisabeth d'Angleterre dans le plus simple appareil, installée en bordure du lac à Canberra, a été décapitée pendant la nuit, selon la police.L'oeuvre du sculpteur Greg Taylor, baptisée «Liz et Phil pres du lac», représentait grandeur nature la reine et son époux le prince Philip tous deux nus et assis sur un banc.Ut statue a suscité la colère des monarchistes australiens, qui la jugent vulgaire et choquante.Ée ou les auteurs de la décapitation n'ont toutefois pas été identifiés.Greg Taylor a souligné que son oeuvre n était pas un symbole d intolérance mais un plaidoyer en laveur de la liberté d'expression.Tempête de pollen Non.non, il n\u2019y a pas eu une tempête de neige en ( hine.Mais, de nombreux citoyens chinois ont eu du mal à traverser la ville de Beijing, à cause du pollen qui provient d'une sorte d'arbre, le I iti Xu.qui à ce temps-ci de l\u2019année se débarrasse de son pollen.Ainsi, il n'est pas rare d'observer un tel phénomène dans plusieurs villes.Avis aux personnes allergiques, ce ne sont pas des endroits à visiter pour l'instant.r k r \u2022 *-.m - \u2022 i \u2022 r V'.if \u2022%*> \u2022v I I t 4- Le Nouvelliste Samedi 22 avril 1996 P3 I\u2014 «T'en souviens-tu Godin?»\u2014 Admirateurs, proches parents et amis du regretté journaliste, poète et politicien Gérald Godin.se réuniront dans quelques jours au cours d'une soirée entièrement dédiée à la mémoire de ce grand Trifluvien.Le Nouvelliste, qui a eu l\u2019honneur de le compter en ses rangs au tout début de sa prolifique carrière, a joint quelques intimes de feu Gérald Godin.le temps de recueillir quelques souvenirs et de lui rendre l'hommage et l'affection qui lui sont dus.Louisa Godin Du sourire aux larmes Linda Corbo Champlain Dans cette maison du bord du fleuve à Champlain, Mme Louisa Godin évoque des souvenirs qui font luire ses yeux pétillants de 88 années d'amour.«Faut pas que je pleure aujourd'hui parce que je sais qu'il a donc eu une belle vie.» Dans les anecdotes qui se bousculent.Mme Louisa rigole à tous les coups de la complicité qu'elle partageait avec son fils Gérald.«Il avait beaucoup d\u2019esprit, c'était un véritable imitateur.Il riait de tout mais avec une telle sincérité, sans jamais insulter personne.» Les rires sont aussi de la partie lorsqu'elle relate la jeunesse de son fils.«Un caractère en or.dit-elle.Jamais un mot plus haut que l\u2019autre, mais il faisait toujours à sa tête.«Oui man!», l'imite-t-elle à son tour.Il acceptait toujours tout mais il ne le faisait pas.On ne pouvait pourtant pas être choqué contre lui.» En direction du Séminaire de Trois-Rivières, il quittait la maison, bouquins sous le bras, bien enveloppés de papier dissimulant les couvertures des volumes qui n'étaient souvent pas les bons, pas ceux des classes du moins.«Il partait avec d'autres livres, parfois des livres défendus.Il lisait tout le temps plutôt qu'étudier.Finalement, ça ne lui a pas nui.» Gérald Godin n'a jamais terminé son cours classique, troquant ses Avec cette photo datant du 23 février 1988 lors de la remise de la croix d'officier de l\u2019ordre national du mérite, Mme Louisa Godin a aussi reçu cette petite lettre: «Voilà la photo de la mère et de son rejeton.Je crois qu'il passait à ce moment dans mes yeux les tonnes d'amour et d\u2019affection que j'éprouve pour toi.Ton humour, ta tendresse, ton orgueil bien placé, tout ça me remplit d\u2019émotions diverses où souvent, le rire se mêle au «moton».Ton fils Gérald.» derniers cours pour la salle de rédaction du Nouvelliste où il agissait au départ à titre de correcteur d\u2019épreuves.Six mois ont passé ainsi sans que les parents sachent ce qu'il faisait véritablement de son temps.«Mon mari et moi ne dormions pas la nuit, il rentrait à 4 h du matin.On ne s'est toutefois jamais opposé.On l'a laissé faire.» Son départ pour Montréal a marqué la maison de Champlain de ses absences.A trois reprises, Loui- sa Godin est allée faire les campagnes électorales avec lui.nettoyant et repassant chaque soir le même pantalon gris.«Il a fait la première campagne avec ce pantalon gris et un blaser bleu.Il s'est toujours habillé en séminariste», lance-t-elle.Devant les photos et les coupures de journaux qui s'étalent devant elle, Mme Godin note, «Regardez celle-là, c\u2019est lorsqu\u2019il a commencé à s'habiller en ministre», reprend-elle, moqueuse à son tour.Le souvenir des campagnes électorales est heureux.«On riait tellement le soir», relate-t-elle.Reprenant ses paroles à lui, elle répète que chaque poète devrait être député puisque e'est là qu'on y apprend la vie.«Vous savez, je n\u2019ai jamais rencontré quelqu'un qui ait connu Gérald et qui ne l\u2019ait pas aimé.Il aimait tout le monde et tout le monde l\u2019aimait.» Fin.doux et affable, répète-t-elle, ce qui ne l'a jamais empêché de défendre ses positions et décisions.«Il écrivait et disait tout ce qu'il pensait, souligne-t-elle non sans fierté.Encore aujourd'hui, je vois ce qui se passe au gouvernement et \" Gérald Godin, 11 ans.à son départ pour le Séminaire de Trois-Rivières.On le voit ici sur la rue Honaventure, sur le site du stationnement de l'Evêché qui remplace aujourd'hui les deux maisons que l'on peut voir sur cette photo en arrière-plan.j'aimerais bien avoir son opinion.Pour moi, c'était plus qu'un fils, c\u2019était un confident, un vrai ami.On s'est beaucoup aimé et beaucoup amusé.» Les six semaines de convalescen- «Dans ma mémoire, comme un frère» Trois-Rivières (LC) Louis Caron et Gérald Godin ont suivi un parcours parallèle, à commencer par leur début au Nouvelliste comme correcteur d'épreuves, puis se faufilant tous deux dans la salle de rédaction comme journaliste, puis flirtant tous deux avec les pages littéraires.«On était les deux seuls à avoir un intérêt pour la littérature.Je me suis tout de suite lié à lui.Gérald avait laissé son cours classique.A l'époque, on devenait journaliste par défaut», relate Louis Caron.Le Nouvelliste est devenu le collège de ces deux collégiens dans l\u2019âme.À maintes reprises, le travail se terminait vers minuit ou une heure mais le duo préférait attendre le journal fraîchement sorti des presses à trois heures du matin.Les deux se dirigeaient à la gare de la rue Champflour et mangeaient leur soupe en lisant le journal.Puis, venait l\u2019heure îles courses avec la voiture sport de Gérald Godin en direction de Shawinigan en compagnie d'un typographe du journal.Jusqu'à 4 heures du matin.Souvent, l\u2019appartement de Louis Caron à I rois-Rivières devenait un véritable repaire.«Chez moi, c'était pour faire les fous.Chez moi ou encore sous une tente, l'été, à Port-Saint François.» Parmi les souvenirs de Louis Caron, le rire est toujours présent.«On faisait des folies, on sc racontait des blagues.Il avait de l'humour et était moqueur, raton rettx.Gérald était un homme qui aimait énormément rire de lui et îles autres.Il avait une ferveur, une bonhomie.une bonne humeur et un goût de vivre considérable.Même quand il dénonçait les choses, il n'était pas austère.Jamais grave comme certains le croyaient.» - Louis Caron Déjà à cette époque, Louis Caron reconnaissait la conscience sociale épanouie et l\u2019implication de son acolyte.«Gérald était plus intellectuel et plus rangé que moi», note-t-il tout de go.Aussi, lorsque la vie a séparé leur cheminement, il ne s'est pas étonné de suivre sa carrière, ses réflexions et ses poèmes.«Une langue si crue et si près des gens», note M.Caron.«C'était un provocateur mais encore et toujours avec humour et une extrême lucidité.Gérald voyait le mal dans la vie sans que cela ne le détruise.Il avait à la fois un immense amour et un immense désespoir.Un homme d'une énorme sensibilité qui utilisait l'humour comme arme de défense.» Leurs routes ne se sont pas croisées beaucoup par la suite, une fois tous les cinq ans peut-être.A chaque moment, il s\u2019en trouvait un pour faire rire l'autre.Dans un Salon du livre à Montréal, par exemple.ils se sont rencontrés, l'un descendant et l\u2019autre montant un escalier roulant.Ils ont repris chacun de leur côté leur escalier respectif.poursuivant des brides de conversations à toutes les croisées.«Au lieu de s'attendre, on a joué le jeu.Toujours cet esprit de jouer qui nous revenait.» Le titre de ministre était d\u2019ailleurs loin de transformer Gérald Godin.Mien au contraire.«Il le faisait exprès.Partout où on n'avait pas d'affaires à aller, on allait » I .ors de la remise du Prix du gouverneur général à Gérald Godin, Ijouis Caton l'a présenté en une page, îles mots qui ont coupé le souffle de ( iodin.«Il est arrivé sur la scène si bouleverse qu'il n'a pas pu parler.Il n'a pu que me regarder dans les yeux et me dire: p'tit chr.de Caron!» (Juelque 4(H) convives sont ainsi restés sur leur appétit./ A Gérald (iodin ce que Gérald Godin a passées à Champlain ont marqué de nouveau leur tendre complicité.Six semaines à plaeotter.à se taquiner, à regarder la télé de Radio-Canada.«Je manquais toutes mes émissions à l'autre canal mais je ne disais rien.», ajou-te-t-elle, les yeux une fois de plus plissés par le rire.Drôle et attachante, Mme Godin se fait calme, sereine mais aussi terriblement triste.«C'est incroyable qu'un enfant de 5b ans parte avant sa mère de 88 ans.La Providence m en demande beaucoup.» Le cahier de souvenirs qu'elle regarde quotidiennement reprend les moments heureux de la carrière de Gérald (iodin et fait gonfler son coeur de mère.«Fière?Beaucoup.Pas par orgueil mais parce qu'il était heureux» \u2022 Puis, à toutes les rencontres suivantes.il a vu des larmes dans les yeux de Gérald Godin.«A chaque fois, il me prenait par les bras et il pleurait, comme s'il pleurait sur sa jeunesse perdue et l'époque d'insou ciance qu'on avait vécue.On a commencé par rire et on a fini par pleurer.Je me demande si ça ne vient pas de la même source.Quand un homme est extrêmement heureux, il finit par pleurer aussi.Je crois que Gérald était un homme heureux et qu'il l\u2019est resté jusque loin dans sa maladie.Il lui restait plein de projets.plein de convictions.» Les souvenirs se font vifs, profonds et marqués maintenant de si- lences.«Profondément ému», répond simplement Louis Caron.«Il n'est pas mort.Il va rester dans ma mémoire quotidienne et permanente.Comme un frère.» Et d'une autre façon, il a inculqué cette mémoire auprès de ses élèves à l'Université de Paris, ceux à qui il a enseigné la culture et la littérature québécoises.«Mon livre de base était le lixre-svnthèse de l'oeuvre de Gérald.J'en avais fait venir une soixantaine.C'était ma façon à moi de les initier à la littérature québécoise.Je rigolais énormément en l'enseignant.J'étais très fier de moi.Très heureux.» \u2022 «Je me mourais de désirer vivre» Ce vers, (iérald la écrit alors qu'il avait à peine vingt ans, en un temps où rien encore n était accompli et voici que, déjà, tout pour lui est terminé.Aussi est-ce avec nostalgie que je veux évoquer brièvement ici cette période où il s'apprêtait à s'élancer dans la vie avec tant d'avidité.Quand je pense à (Iérald, je [tense à mes vingt ans car c'est à celle époque que je l'ai connu.Cela nous ramené avant la construction du pont Laviolet-te.et pour un Nieolétain Trois-Rivières était une cité lointaine\" puisqu 'il fallait se rendre à Saint-Angèle, attendre sur le quai, monter à bord du traversier.En été.ce trajet ne manquait pas de charme puisqu'il permettait de naviguer sur le fleuve, mais en hiver, les traversées étaient plus irrégulières et les retours nocturnes pas toujours assurés.Or l'appartement de Louis Caron était parfois le lieu de fêtes tpti duraient bien tard dans la nuit, (\"est dans cette atmosphere que je rencontrai (iérald.jeune homme fougueux, d'une drôlerie irrésistible, et qui écrivait des poèmes.Il préparait alors son premier recueil, ¦ Chansons très naïves», et, tout à son enthousiasme d'auteur qui va publier pour la première fois, il nous lisait les poèmes qu'il venait tout juste décrire.Il v avait chez-hti un mélange de pudeur et de gouaillerie qui le rendait tout de suite sympathique et je ha accordai sans hésiter mon amitié.N'avait-il pas écrit: «craintif je ne me voulais que des amis»?(.) // y avait chez (iérald un poète du coeur, un lyrique contre lequel il se rebiffait avec son humour et ses gros mots.Ce grand sensible ne voulait surtout pas passer pour un sensible, et c'est ce mélange d'abandon et de refus qui donne le ton si particulier de ses meilleurs poèmes.(.) J'allais donc à Trois-Rivières assez f réquemment.Mais ( iérald.a son tour, traversait parfois le fleuve et venait me rendre visite à Port-Saint-François où je vivais (Tété, bien stir) sous la lente, (\"est là qu'il m 'apporta avec fierté les épreuves de son manuscrit puis d'autres poèmes, intitulés Poèmes pour Maria», qu'il envisageait déjà d'inclure dans un second recueil.( \"est là, qu'un soir, en présence de plusieurs anus, autour d 'un feu de joncs sur la grève, il me fit la surprise de lire «Clotlomir», un poème d'un style tout nouveau.Il le lut avec son sens du comique et déclencha un fou rire général.(.) ( \"était déjà le ton qui allait être le sien, celui d'un auteur qui avouait avoir une dent contre la poésie» et qui allait chercher à écrire des poè-mes à la fois pathétiques et drôles, dépouilles de tout artifice littéraire.avec les mots de la langue parlée.(iérald n'est plus mais c'est celle image qu'il me plait de garder de lui.celle d'un étemel jeune homme.debout près du feu.récitant ¦Clodomir» et riant à gorge déployée /xnir cacher une intime blessure, blessure dont il allait découvrir par la suite qu'elle était celle de tout un [H\u2019iiple qui.lui aussi, se «mourait de désirer vivre ¦¦ Pierre ( hatillon P4 Le Nouvelliste Trois-Rivières Samedi 22 avril 1995 Arts et spectacles On se bouscule aux portes Trois-Rivières De plus en plus, le phénomène des spectacles de fin d'année dans les écoles secondaires prend de l'ampleur.On s'attaque à des défis plus grands et on s'y investit toujours autant.Même si le niveau de production n'est pas professionnel, on se doit de livrer la marchandise car le public, même indulgent, ne veut pas être déçu.Depuis bon nombre d'années, la population a eu droit à des productions d\u2019envergure.«Les Misérables», «Belle et Frédéric», «Le Rêveur du Nil», «Joseph et son manteau de rêve» et «Cats» en sont des exemples frappants.Au Séminaire de Trois-Rivières et au Collège Marie de l'Incarnation, ce rendez-vous annuel existe depuis maintenant quinze ans.Cette tradition, qui émerveille à chaque Roland Paille année les spectateurs et qui surprend aussi des parents d'élèves, crée dans la masse étudiante de ces institutions un attrait remarquable.Tellement qu'à chaque mois de septembre, le recrutement en vue de la prochaine production devient la source d'un heureux problème pour ceux qui ont à sélectionner les artistes en herbe.La raison?Il y a plus de candidats que de rôles: l'offre dépasse grandement la demande.Cet engouement vient du fait que les participants suscitent un vif intérêt chez les plus jeunes qui vont les voir à l\u2019oeuvre.Mais comme ce ne sont que ceux de secondaire 5 qui sont choisis, les cadets doivent prendre leur mal en patience avant de pouvoir solliciter un rôle.Mais ils en rêvent pendant tout le cours.Bref, on se bouscule aux portes quand arrivent les auditions.«Il y a plusieurs filles au CMI -et je pense que c'est la même chose au séminaire - qui y pensent dès le secondaire 1».fait remarquer Lien Bellemare.membre de l'équipe des huit adultes qui encadrent cette année les jeunes dans la préparation de la comédie musicale «West Side Story».«C'est un très gros projet pour les deux institutions, et les jeunes.à partir de secondaire 1.vien- nent voir le spectacle et y prennent goût.L'an dernier, je crois qu'il y a SO filles qui ont postulé pour les rôles principaux.Il y a définitivement un attrait», fait-elle savoir.Certains peuvent avoir une expé-rience des planches, mais la grande majorité en sont à leurs premiers pas dans le domaine.«Ouand j'étais en 4e année, au primaire, j'avais participé a «Belle et Frédéric» comme figurante.À ce moment-là, j\u2019avais dit que je serais de la comédie musicale lorsque je serais en secondaire 5».se rappelle Madeleine Fugère.Pour sa part, Alexandre-Philippe Avard est excité à l\u2019idée de se retrouver sur la scène de la salle J.-Antonio-Thompson, sur les mêmes planches que les artistes professionnels, «avec les techniciens et les gros éclairages», précise cet ancien des Petits chanteurs de Trois-Rivières.Madeleine «tripe» particulière ment sur l'esprit d'équipe qui anime toute la bande de jeunes.«Même si on a des répétitions ensemble, on est toujours ensemble, même durant «V £ (Image-Média: Main Bedard) «West Side Story» nécessite la participation d\u2019une centaine de jeunes qui prennent tous leur rôle au sérieux.i Image-Media: \\lain Kcdard Marie-Pierre Leblanc joue Anybody, membre de la bande des Jets.(Image-Media: Alain Bedardi Mexandre-Philippe Avard incarne le rôle de l\u2019onv, des Jets.\t nos temps libres.Ça m\u2019a toujours passionnée, que le «gang» se tienne comme ça», témoigne-t-elle.Ln jouant sur scène, Marie-Pierre Leblanc réalise son rêve et elle en savoure chaque instant.«J'adore jouer, me retrouver sur une scène.Je voyais ça tellement gros, tellement beau, que ça va bientôt être comme un rêve qui se réalise.» (Image- Madeleine Fugère personnifie Anita, Sharks.De cette expérience enrichissante, Madeleine reconnaît avoir appris énormément.«J'avais beaucoup de misère avec l'estime de soi - je n'avais pas confiance en moi - et ça m\u2019a bien aidé.Ln même temps, ça m'a fait comprendre que si tu travailles pour quelque chose, c'est sûr que tu vas réussir.Des fois, c'est des petits dé- VU'dia: Alain Bedard i du «gang» des lAout [ai [i[tati doux., Ui mots, tanclxai, jiouz ta iiCaLitz da i axhzimaz an [acuité an tout tanijn.C artes de souhaits I aire-part Invitations Remerciements etc.Albums souvenirs, écritures Aquarelles, encres de ('bine, textures ( )bjets d'art Photos de plantes sauvages Présentations informatisées.Sans frais de I rois-K meres (418)328-8154\t^ YicficU OuzChtU Atelier Bagatelle cru 1160 premier rang S.mii-I ilnu.ml Saini-l\u2019rosper-de-t hamplain ((Jtiehct i (>nX t AO tails, comme aller chercher une note.Mais à force de persévérance, tu y parviens», confie-t-elle.«Il faut s\u2019amuser» Ln discutant avec ces jeunes, on note qu'ils maîtrisent déjà une belle maturité vis-à-vis le rôle qu\u2019ils ont à remplir.La nervosité?Ils savent bien qu'elle sera là, le grand moment venu, mais ils préfèrent se concentrer sur ce qu'ils devront faire.et ce.de la façon la plus détendue que possible.«La chose la plus importante est Le nouvel ensemble a Cordes le présente son PREMIER CONCERT a la chapelle du Séminaire de Trois-Rivieres Le dimanche 23 avril à 19h30 de bach à Zappa.de développer un lien avec le public.C'est sûr que tout le monde va être nerveux, mais c\u2019est important de s\u2019amuser sur scène.Il faut s'amuser, parce que lorsque c'est le cas, ça donne un bon show», assure Madeleine.«Si on pratique assez, qu'on s'entraide, qu'on dépanne quelqu'un qui oublie sa réplique, je pense qu'on va être correct.Le principal.c\u2019est de posséder notre rôle et d'avoir une bonne présence sur scène.C\u2019est certain que je vais avoir des papillons, mais je suis convaincue que ça va bien aller», dit Marie-Pierre.Désir de prouver À leur participation à la comédie musicale, les étudiants se donnent une mission: montrer ce qu'ils peuvent faire.«On a une occasion de prouver aux autres que les jeunes ne sont pas que des délinquants qui ne savent pas quoi faire de leur peau», lance Madeleine.«On est fier de montrer qu'on peut faire quelque chose de beau en travaillant», renchérit Marie-Pierre.Impliquée depuis neuf ans dans la comédie musicale du STR et du CMI, Lien souligne que la «bande» subit une métamorphose en cours de route.«Je suis toujours impressionnée de voir le cheminement qu'ils font entre les mois de septembre et mai.Ils acquièrent énormément de confiance en eux», affirme-t-elle.Lire de la comédie musicale peut également être une source de fierté.«Quand j'ai appris que j'étais choisie, j'étais super contente, parce que les juges ne retiennent pas tout le monde.J'étais fière de moi.Ça m'a montré que j\u2019avais du potentiel et qu'ils y croyaient.Puis ma famille va venir me voir et ils vont voir que je suis capable de jouer au théâtre», relate Marie-Pierre, qui ne cache pas sa joie à l'idée d'avoir la chance de montrer son savoir-faire.Toujours faire mieux Avec les années, les productions audacieuses qu'ont montées les deux institutions privées ont forcé les promoteurs et artistes à élever la barre de la qualité.«Au fil des ans, le plafond d'une année devient le plancher de l'année suivante», illustre André ( adorette, aussi de l\u2019équipe des huit adultes.«Mais il ne faut pas oublier que les jeunes en sont à une première expérience du genre.Il faut donc reprendre les techniques de base à chaque année.Mais l\u2019équipe d\u2019animation essaie d'utiliser son expérience et son expertise afin de présenter un produit toujours plus affiné», explique-t-il.«Dans les premières années, l\u2019objectif a toujours été d'offrir un spectacle de la meilleure qualité possible.Mais depuis qu'on joue à la salle J.-Antonio-Thompson, les critères ont été haussés», admet-il.Découvrir de nouveaux talents Année après année, cette belle aventure marque les jeunes qui y prennent part.Au point où certains y découvrent une passion qu'ils souhaitent pouvoir entretenir plus tard, même s'ils optent pour un tout autre secteur d\u2019activité professionnelle.«Sans en faire une carrière, j\u2019aimerais continuer à jouer au théâtre, dans une troupe amateur.Pour mon plaisir», illustre Marie-Pierre.Par contre, il arrive que certains y découvrent une vocation artistique.Ln tous les cas.Alexandre-Philippe sent l'appel en lui.«L'endroit où je me sens le mieux, c'est sur une scène.Quand je m'y retrouve, on dirait que je ne suis plus moi-même.C'est comme si j'étais quelqu'un d'autre: je suis mon personnage, (\"est ce que j\u2019aimerais faire le plus, mais c'est un milieu difficile», rappelle-t-il.Par contre.Lien Bellemare donne l'exemple d\u2019une ancienne participante, Ysahellc Fugère (la soeur de Madeleine), qui étudie présentement à New York, en comédie musicale.dans l'espoir d\u2019une carrière sur Broadway.«Il y a aussi Catherine Sénard, qui joue dans «Watata-tow», Manon Brunet, qui fait carrière dans la chanson, et Martin Desgagnés, qui est comédien à Montréal».Des parents plus modérés Dans l'univers sportif, il n'est pas rare de voir des parents qui nourrissent de grandes ambitions pour leur jeune.Celui-ci n'en est qu'au niveau pce-wec que déjà ses parents le voient dans la Ligne nationale de hockey, avec plein de gros dollars dans ses poches.Heureusement, cette situation ne se retrouve pas dans le domaine artistique étudiant.Souvent, les parents n'ont pas idée du potentiel de leur enfant, et ils ont droit à une véritable surprise quand ils le voient sur scène, lors du spectacle.«Les élèves, la plupart du temps, ne veulent pas que leurs parents viennent les voir durant les répétitions.De plus, ils chantent très peu à la maison, devant leurs proches.parce que ceux-ci ne sont pas habitués à voir leur enfant dans cette situation-là.Souvent, c'est après la représentation que les parents réagissent.Ils viennent nous voir et nous disent: «On ne pensait jamais qu'il pouvait faire ça.» (\"est le commentaire qui revient le plus», indique Lien Bellemare.André fait observer que la facture semi-professionnelle du spectacle contribue a ajouter a la surprise îles parents qui constatent que cette performance, présentée par leur jeune à la salle I Antonio Thompson.dépasse largement le cadre de la «séance d\u2019école».Le public pourra voir «West Side Story» les 4-5-6 mai à 20 h et le 7 mai à 14 h.a la salle .1.-Antonio-Thompson.La aussi, ça risque de se bousculer aux portes \u2022 ( Arts et spectacles Il Nouvelliste Samedi 22 avril 1995 P5 Don Juan DeMarco: Marion Brando renoue avec le romantisme Le romantisme n'est pas mort.Ht il origine parfois des sources les plus inattendues.Marion Brando, pour ne pas le nommer.Son dernier film, «Don Juan De-Marco», est une bien agréable surprise.Vous savez peut-être ce qu\u2019il en est des grandes lignes du scénario.Ça se passe aujourd'hui à New York.Un jeune homme affirme être Don Juan DeMarco, le célèbre séducteur.Arrêté par la police lors d'une tentative de suicide, il est pris en charge par un brillant psychiatre tout juste à l\u2019orée d\u2019une retraite anticipée pour cause de burn-out imminent.CINEMA Ce nouveau patient veut bien être traité par lui mais affirme sans démordre être le vrai Don Juan.Il offre un pari au psy: il lui donne dix jours et si, au terme de ces dix jours, le psy n'est pas convaincu d'avoir affaire au vrai Don Juan, ce dernier acceptera de se soumettre à la médication.Pour le médecin, ce sera un dernier cas avant la révérence finale.Il est fasciné par le jeune homme et son récit.Mais plus que tout, par le monde intérieur de.Don Juan qui rejoint quelque chose qu'il couve au plus profond de lui-même.Un romantisme au-delà de toute contrainte.Débridé, libre, exalté.C\u2019est une comédie.Bien légère.Pas loufoque, bien loin de là, mais gentille, charmante.D'un grand romantisme auquel on s\u2019abandonne sans la moindre difficulté et avec grand plaisir.La grande surprise, elle vient de Vous êtes un scénariste, un réalisateur ou un producteur âgé de 18 à 35 ans ?Le programme d\u2019aide aux jeunes créateurs du cinéma s\u2019adresse à vous pour les quatre volets suivants : *\tDÉVELOPPEMENT *\tPRODUCTION 4 DISTRIBUTION *\tPERFECTIONNEMENT POUR RENSEIGNEMENTS PROGRAMME D AIDE AUX JEUNES CRÉATEURS \\ % ' * I Pour les besoins de son rôle de psychiatre à l\u2019orée de la retraite, Marlon Brando a retrouvé un souffle de jeunesse en compagnie de Faye Dunaway dans «Don Juan DeMarco», son lout dernier film.Marlon Brando.On ne le voyait plus guère que dans des rôles de tordus.A cause de son existence dissolue, peut-être.Tout à coup, il apparaît dans ce film tout mignon comme un homme normal, enjoué, doué d\u2019une forte propension au bonheur simple.Marion a beau être énorme, il est parfaitement à l\u2019aise devant la caméra.Imbu de son personnage mais décontracté.Disponible, enjoué.Drôle, même, à la rigueur.Très sympathique, ça, ça ne fait pas le moindre doute.Lui et Johnny Depp forment un étonnant duo.Autant ils paraissent dépareillés de prime abord, autant la chimie se fait entre les deux.Depp est celui qui nous entraîne dans son monde intérieur fait de rêverie.d\u2019un irréel fabuleux.C\u2019est la part du film qui est davantage un conte, une fable.Avee un petit côté comique qui ne fait que rajouter au charme.Une façon de ne pas se prendre au sérieux qui m'a bien plu.Le film est notamment produit par les studios American Zoctrope de Francis Ford Coppola.Un gage de qualité en général.Jeremy I.even fait du bon travail à la réalisation.Rien de renversant ou de vraiment remarquable mais il a su donner du chrme à son film et ça.c\u2019est énorme.Le film a connu du succès aux guichets des sa sortie et il devrait en connaître encore beaucoup.C'est un film sûr de plaire à un très large public.\u2022 Au nombre des conquêtes de Don Juan, la très belle Dona Julia qui, selon ses dires, lui servit de préceptrice.La jeune femme est interprétée par la ravissante Talisa Soto.ClMÉM/1, IMPÉKI^IL 4425, Boul.Royal, Trois-Rivières S7â-fl\u20acMB>11 I biï2î *A*Ü \u2022 MARDI ET MERCREDI MATINÉES SUR SEMAINE \u2022 27 AVRIL * SOIRÉES RABAIS À $4.00 À PRIX RÉDUITS! .\"Une Aventure Épique, Belle Et Bien Ficelée!\" Mike McKay, CBS-TV (Charlotte) Jcsfica LANGE Li*m NEESON VEN ETIUN A JEU.7 00-930 / SAM ET DIM 2.00 4 30 ¦ 7 00 9 30 SODEC St H II I h DE DÉUI om MEM DFAKNTMnUSI s M u i KEI l Es I7SV boulevard René l/vesque Fai.bureau 2011 Montréal (Québec > EJ2K 41* Téléphone .M4IR7V77MI Télécopie iit (M4iN7MWI INWNT S I Mlt> l*> HI40I VANESSA PARADIS GERARD DEPARDIEU k a nj ¦re'arra VEN ET IUN A JEU 7 05 9 35 SAM ET DIM 2 05 4 35-705-935 éailkwi^/e ® pingouin ATTRACTION SPÉCIALE ADDITIONNELLE cftOSfi0t0»Q«G,Qrï§i F.y VERSION FRANÇAISE au/¦rtstrs\u2019tnratsw VERSION FRANÇAISE DE TOMMY BOY iut Tru'1 ¦ \"¦n VH\u201811 «\t'» WÊr* in \u2022T-nuïini '\u2022Y, V TOUS LES JOURS 9 30 VEN ETIUN A JEU 7 30 / SAM ET DIM 130-3 30-5 30-730 DES LE 28 AVRIL: CHIEN D'ELITE UBTOU,\tCINÉMA.\u201c FLEUR DE LYS 375 3277 MAUVAIS GARÇONS (13+) MARTIN LAWRENCE - WILL SMITH Ven I8h50-2lh30 San dim : 12h50-15h30-18h50-2 Ih30 Lun au (eu I8h50 2lh30 DOLORES CLAIBORNE (16+) KATHY BATES - JENNIFER JASON LEIGH Ven 2lh20 Sarti dim 15h20-2lh20 Lun au jeu 2lh20 MAJOR PAYNE (G) IRRÉSISTIBLEMENT DRÔLE Barbara kScoft Siegel WNEW FM/ THE ENTERTAINMENT SYNDICATE Ven, I9h00 2lh30 Sam dim I3h00 15h30 I9h00 2lh30 Lun aujeu I9h00 2lh30 L ÉPIDÉMIE (G) DUSTIN HOFFMAN - MORGAN FREEMAN Ven I8h45 Sam dim I2h45 18h45 Lun au jeu I8h45 MATINÉES ÀÇTÔO^) LA PRINCESSE DES CYGNES Samedi et dimanche le 21 22 avril a I0h30 \u201cCAGE ET CARUSO EXPLOSENT DANS CETTE PIÈCE DE FICTION PULPEUSE!\u201d - Peter Travers.ROILING STONE Mil cm samuel Ijckson nicolas cage LE BAISEl DE U MT version française de KISS OF DEATH LAISSEZYASSER REfUSÉS Ven 19h00 2lh30 Sam dim I3h00 I5h30 I9h00-2lh30 Lun au |eu I9h00 2lh30 Marlon Brando Johnny Depp Faye Dunaway \"Un film qui est au cinéma ce que le champagne est à l'alcool: LÉGER,PÉTILLANT, EUPHORISANT./L -Érk Fourlonty VOIR\t^ tottjUAM c M *rco Ven I9h00 2lh}0 Sam dim !3h00 I5h30-1%00-2lh30 Lun au |eu IdhOO 2lh30 APRES-MIDI SAM DIM MARDI ET MERC.SOIR 450$ LES CINÉMAS BIERMANS 539-6700 -1553 Boulevard Biermans, Shieawinigetn-\u2014 ri CERCLE DE PHILOSOPHIE.DE l.\u2019CQTR Conférence (gratuit) NOUVEL ENSEMBLE MODERNE (Musique» «Visages de Vienne» (Billet 221* #En vente au guichet de la salle J .Antonio-Thompson et à la porte les soirs de représentations.ttlRUOTHEQUE GATIEN-Mpqimtc hjtpot*um_ jusqu\u2019au 1er mai Mottes de terre et racines, par Nichole Ouellette aquarelles, textures mica, extraits de poèmes de Girald Godin (1938-1994) Cette exposition est compUtie par la présentation des écrits de Gérald Godin ainsi que de certains objets personnels raclant sa carrière de poêle el de politicien Section des jeunes d Heure du conte Mon chien est un Héphant le mardi 25 avril à I0hl5 et I4h (3-4 ans) le dimanche 30 avril à 10h (5-6 ans) Pour réservations, 372-4616.CHIY UNE PRODUCTION cf/rm.tjm/6 TV ^PcHERl Le Nouvelliste CF T TE Pnor.nAMMATfQN FST nFNDuF POSSIBLE F N PAPTlF r.MACf A LA PARTICIPATION FiNANClFRF DU GotJVPmpmortt rtu Quebpc Ministère de la culture et des communications Offrez-vous une place de choix! Proiurey-wus la carte* Billetterie laaèi a« taan4i\tUhOOlIghOO Journta d« tpKtacle\tIthOO 4 ?1h00 Otmaacka \u2022\t13h00 4 21h00 Pour achat télép (819) 380- ^ir Serge L\u2019Heureux Trois-Rivières A crire un roman, c\u2019est AJ\tcomme si on embarquait J\u2014sur un bateau sans que le capitaine en connaisse la destination».Depuis 1976, année de la parution de Les Rescapés, André Major était resté à gué.contre son gré.Les contraintes du travail ne lui laissant pas la disponibilité qu\u2019il estime nécessaire pour entreprendre un roman, l\u2019écrivain, à qui on a remis le prix Athanase-David pour l\u2019ensemble de son oeuvre en 1992, s\u2019était essentiellement consacré à la nouvelle.LIVRES «Quand je n\u2019ai pas beaucoup de temps, j\u2019aime mieux écrire des nouvelles.Je trouve ça moins angoissant», ajoute-t-il.Même son nouveau roman, La Vie provisoire, aurait pu être écrit sous forme de nouvelle, mais le sujet s\u2019imposait avec trop d\u2019insistance, réclamait trop de développement.Le romancier a donc pris une année sabbatique pour se consacrer à l\u2019écriture, à raison de huit ou neuf heures par jour.«Il m\u2019aurait fallu six mois de plus, admet-il.J\u2019ai retrouvé la discipline de l\u2019écriture, la précision des descriptions, le travail de recherche.Ce n\u2019est pas si naturel que ça, écrire!», reconnaît-il.La Vie provisoire raconte l\u2019histoire d\u2019un homme désabusé, qui quitte travail et conjointe pour fuir en République dominicaine, espérant sans doute échapper à son destin.Sa fuite sera de courte durée.Revenu au Québec, il décide plutôt de s\u2019installer dans le village de son enfance où il tentera, sans succès, de se transformer en ermite.Son passé le rat-trapera toujours, sous les traits de son ex-femme, qu\u2019il aime encore, de sa fille, de ses amis.«C\u2019est une idée de roman que j\u2019avais depuis longtemps, raconte l\u2019auteur.Je voulais placer un personnage en période de crise, sans points de repères familiers.C\u2019est pourquoi l\u2019histoire commence en République.Je n\u2019avais pas prévu qu\u2019il reviendrait au Québec.».André Major n\u2019aura pas été le premier romancier à se laisser piéger par ses personnages, mais il est resté fidèle à son héros jusqu\u2019au bout.«C\u2019est la première fois que je centre un récit sur un seul personnage, mais j\u2019ai choisi de privilégier son point de vue parce que je voulais vraiment explorer tous les aspects de sa personnalité», explique-t-il.Bien que le thème de la fuite, si présent dans l\u2019oeuvre d\u2019André Major, soit repris à nouveau, il débouche cette fois sur une prise de conscience aiguë de la relativité de la vie.«Cet homme entretenait l\u2019illusion de pouvoir se contenter de lui-même mais, quand il revient au Québec, il découvre qu\u2019il a besoin des autres, que la fuite est impossible mais que, en même temps, tout est provisoire, sa vie affective comme sa carrière».De cet univers sombre, un peu triste, surgit quand même un message, et un roman, d\u2019espoir, estime André Major.«Le regard est pessimiste, mais il reste une sorte de vitalité malgré tout.Ce n\u2019est pas totale- ment négatif dans mon esprit; quand on peut exprimer l\u2019aspect négatif de la vie, des choses, on peut le dépasser.On voit alors la réalité avec plus d\u2019enthousiasme».Fasciné par les aspects quotidiens de la condition humaine, par sa relativité aussi, André Major estime que La Vie provisoire s\u2019inscrit dans le prolongement naturel de son oeuvre.Une continuité dans la relativité, en quelque sorte.«Je sais maintenant que je ne peux pas faire autre chose pour séduire un plus grand nombre de lecteurs.Ce roman me semble assez proche que ce que j\u2019écrivais avant, même si je me suis permis des libertés, comme de situer l\u2019action à l'extérieur du Québec».De toute façon, les lieux extérieurs n\u2019ont, comme les personnages secondaires, qu\u2019une importance relative dans cette histoire de l\u2019intérieur.«J'ai voulu prendre cet homme au début d\u2019une crise, en allant le plus loin possible avec lui», précise l\u2019auteur pour expliquer la fin du récit.«Je ne pouvais pas aller plus loin», conclut-il.\u2022 «La Vie provisoire».Roman d\u2019André Major.Éditions du Boréal.238 pages.4 IImagr-Media: Alain Bt-dardi Après un silence de près de vingt ans, André Major vient de publier un nouveau roman.«La Lenteur» Milan Kundera ou l'intelligence moqueuse André (îaudreault Milan Kundera est un Tchèque qui a adopté la France comme nouvelle patrie.Plus encore, il vient d\u2019en adopter la langue comme matériau d\u2019écriture.Voilà qui n\u2019était pas pour déplaire aux Français, d\u2019autant plus que l\u2019homme est d\u2019une grande intelligence.Si bien que depuis la publication de L\u2019Insoutenable légèreté de l\u2019être, Kundera est devenu incontournable quand on discute de littérature française actuelle.Et pourtant, je n\u2019ai pu passer à travers aucun des ouvrages de Milan Kundera, que ce soit La Plaisanterie, Risibles amours, L'Immortalité ou L\u2019Art du roman.Avec du recul, il me semble que les sujets de roman de Kundera sont insaissablcs.Comment mettre autant d\u2019intelligence et de subtilité au service d\u2019une abstraction et réussir un roman, voilà qui reste un mystère pour moi.Et c\u2019est bien pourquoi ses romans ou ses nouvelles me rebutent.Autant le plus récent.La Lenteur (écrit directement en français celui-là) que les plus anciens.Peut-être trop conscient de sa perspicacité, de l\u2019acuité de son intelligence, Milan Kundera est un raisonneur.Il a des opinons sur tout et tous II émet parfois des hypothèses surprenantes, comme pour étonner, dirait-on.Ce n\u2019est cependant pas le cas pour le thème de La Lenteur Ainsi quand il écrit que la vitesse est la forme de l\u2019extase dont la révolution technique a fait cadeau à l\u2019homme ou I>e degré de la lenteur est direc- tement proportionnel à l\u2019intensité de la mémoire (et que) le degré de la vitesse est directement proportionnel à l\u2019intensité de l\u2019oubli, on n\u2019a pas de mal à le suivre.Mais faire un roman avec cela, c\u2019est autre chose.! Pour amorcer son histoire (si l\u2019on peut dire), l\u2019auteur aura recours à un subterfuge: une nouvelle écrite au 18e siècle par un certain Vivant Denon qui met en scène quatre personnages, mari, amant, épouse et maîtresse où précisément deux des protagonistes illustreront le thème du roman, la lenteur, le désir qu\u2019on ne satisfait pas sur le champ.I,e nar-ratuer (qui est à n\u2019en pas douter le romancier) se dirige alors, en compagnie de sa femme, vers un chateau transformé en hôtellerie, non loin de Paris, histoire de passer un week-end à la campagne.Oh heureux hasard, on y a aménagé une salle de conférence, ce qui permettra au narrateur de voir défiler des tas de gens à qui il va céder la parole.Pour mieux les stigmatiser, je dirais.Comme ceux qu\u2019un certain Pontevin a nommé les danseurs, c\u2019est-à-dire les intellectuels médiatiques (dont Bernard-Henri I-évy serait un bel exemple).Comme ce danseur du nom de Berck; ce savant tchèque qui rate sa prestation devant une assemblée d\u2019cnthomologis-tes; de Vincent, antidanseur naif et de quelques autres.Comme en se jouant.Kundera observe et analyse les propos et comportements de chacun.En qucl-qes lignes et sans à-coup, on glisse de la métaphysique à la trivialité, de l\u2019émotion au rire, de la tendresse au sarcasme, de la tragédie au vaudeville.écrit le critique Pierre I epapc du quotidien I,e Monde.Mais aussi bien, tout cela peut s'appliquer à la conduite de chacun de nous qui passons avec autant d'aisance du sensé à l\u2019absurde.Milan disserte allègrement, écrit encore Lepape.L\u2019erreur serait de croire que La Lenteur est une illustration de ses réflexions (à peine) théoriques.C\u2019est tout le contraire: en se choisissant comme personnage de son romasn, l\u2019auteur proclame qu\u2019il n\u2019est qu'une voix dans le concert.une ligne dans la polyphonie.Ce qu\u2019il dit, ce qu\u2019il pense, ce qu\u2019il décide de faire ou de ne pas faire n'a pas davantage statut de vérité que ce que disent, pensent et font les autres personnages de La Lenteur.Rien n'est moins sûr.Milan Kundera semble parfaitement conscient de sa supériorité intellectuelle.Il donne ici libre cours à une vanité qu\u2019il a manifesté sur bien des tribunes jusqu\u2019ici y compris dans la littérature.A moins que Kundera ait l\u2019esprit foncièrement moqueur.D\u2019ù vient alors que l\u2019on ne sorte pas plus agagé de cette lecture?A cause de la finesse, du pointu de l\u2019intelligence de l\u2019auteur.Et à cause aussi de cette écriture classique sans être guindée pour un sou.cette écriture coulante et précise et qui ne peut que plaire sans être racoleuse pour autant.Milan Kundera est un grand écrivain.un esprit fin.parfaitement à l\u2019aise dans les concepts.Mais comment a-il pu écrire L'Art du roman, lui qui n\u2019en écrit pas.ou presque.\u2022 «la I-cntcur».Roman de Milan Kundera.Chez Gallimard.153 pa ges. Ateliers d'artiste ¦ Exposition permanente de l\u2019ar-tiste-peintre Claire Lévesque, à son atelier, 1722, rue Jean-Nicolet, Trois-Rivières.Sur rendez-vous.M.Pierre-André Gervais, artiste, vous invite à son atelier, en tout temps sur rendez-vous, au 1980, avenue du Parc, Trois-Rivières.Claude Mattheau, artiste-peintre, vous recevra à son atelier au 835, rue Saint-Pierre, Vieux-Trois-Rivières, sur rendez-vous, 372-9162.Concerts ¦ Au Centre des arts de Shawini-gan, Francelyne Du-Sablon et sa troupe présentent en prolongation, au restaurant Au Cénacle, tous les samedis, jusqu'au 27 mai, un voyage enchanté dans le monde de la comédie musicale.Pour le spectateur une visite dans l\u2019univers des airs les plus rect, Bt>d> painting, de Mariel T.et X33, jusqu'au 8 mai, au Café-bar Côte Jardin, 1398, rue Hart à Trois-Rivières.-\tDans le cadre de la saison des arts, la ville de Bécancour et la Société des amis du Moulin Michel, présentent.au Cercle d'Arts de Gentilly, aquarelle, vitrail, acrylique et fleurs séchées, à compter du vendredi 14 avril à 19 h 30, et les samedis et dimanches de midi à 17 h.jusqu'au 15 mai.-\tMichel Sokolyk expose ses photos d'oiseaux au Château Crête à Grande-Piles, jusqu'au 15 septembre.-\tLe Centre d\u2019Exposition des Gouverneurs, 90, chemin des Patriotes à Sorel, tient une exposition de sculptures de Francesca Penserini, sous le thème : Corps et eaux, jusqu'au 21 mai.Les heures d\u2019ouverture sont: du mercredi au vendredi, de 10 h à 17 h, et les samedi et dimanche de 13 h à 17 h.Information: 780-5720.il Le RAPP a dix ans (Imagr-Média: Alain Kedardl Un vernissage s'est déroulé cette semaine à la Galerie du Parc dans le cadre du 10e anniversaire du Regroupement d'artistes peintres et professionnels (RAPP).Lise Barbeau, Benoit Sauvageau, Colette Cloutier, Yves Cadorette et Mireille Berthelette, présidente du RAPP, contemplent ici une oeuvre de Ravmond Croteau.célèbres, les plus intenses de Broadway.-\tLes mercredis du conservatoire de musique du Québec à Trois-Rivières présente, le 26 avril, piano et violon, à la salle de concert du Conservatoire.-\tL'ensemble vocal de l'Université du Québec à Trois-Rivières, présentera un récital le dimanche 23 avril à 20 h, à l\u2019église anglicane St-James, rue des Ursulines à Trois-Rivières.-\tVisages de Vienne, un premier rendez-vous avec le Nouvel Ensemble Moderne (NEM), pour un concert le jeudi 27 avril à 20 h, au Centre culturel de Trois-Rivières.Information: 380-9797.Expositions B Au Musée des Religions de Ni-colet, exposition de la sculpteure Violette Dionne, sous le thème :Voix et pas.À voir maintenant et jusqu'au 28 janvier 1996.-\tLa bibliothèque municipale de Cap-de-la-Madeleine, 70, rue Saint-Pierre, tiendra une exposition de Paulette Perron, artiste-peintre, jusqu'au 30 avril.-\tLà Galerie art actuel, du 75, rue Saint-Antoine à Trois-Rivières, propose l\u2019exposition «Entre terre» de l\u2019artiste-graveure Taleen Hacikyan, jusqu'au dimanche 23 avril.-\tHommages à Gérald Godin (1938-1994) jusqu\u2019au 4 mai.Sous le thème: mottes de terre et racines, Nichole Ouellette expose ses tableaux, à la Bibliothèque Gatien-La-pointe, 1225, place de l\u2019Hôtel de Ville à Trois-Rivieres.Les heures d\u2019ouverture sont: les dimanches de 13 h 30 à 17 h, les lundis fermés.Les mardis de 10 h à 20 h, les mercredis, de 12 h à 20 h, les jeudis et vendredis, de 12 h à 18 h, et les samedis de 10 h à 17 h.Information: 418-328-8154.-\tLe Musée Laurier, accueille, jusqu'au 28 mai.les expositions, L\u2019Espace d'un instant de Louise Ally.Cris silencieux de Guy Longpré et Ciels d'encre, terre de feu de Nicholas Pitre.Le Musée, situé au 16, rue Laurier ouest à Victoriaville, est ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h, et les samedis et dimanches, de 13 h à 17 h.Le Musée Pierre-Boucher de Trois-Rivières tiendra deux expositions.Tune de Miyuki Tanobc, artiste-peintre.d\u2019origine japonaise, et la seconde de Marcel Dargis.artiste de Cap-de-la-Madeleine qui présente des oeuvres d'art naïf folklorique.Ces expositions se tiendront jusqu'au jeudi 11 mai.Ix:s heures d'ouverture sont du mardi au dimanche de 13 h 30 à 16 h 30 et de 19 h à 21 h.- Exposition de toiles du peintre Francine Laurin, membre fondateur de la Vision des Arts, à la salle à manger, La Clémentine, 311, rue Sainte-Marie à louiscvillc, tout le mois d'avril.-\tExposition de peinture, art en di- \u2018tyeeéSttd (ZuCtcwel fête 20 DA ClLTlKtL U Nouvelliste Samedi 22 avril 1995 - Le Centre d'interprétation de Baie-du-Fèbvre souligne la présence de l\u2019exposition: La nature du Quebec imagé 1994, regroupant les oeuvres du 8e concours annuel de photographies.Elle se tiendra jusqu'au 16 mai.I.es heures de visite sont: de 10 h à 17 h tous les jours, à l\u2019exception du mois d'avril ou elles se prolongent jusqu'à 20 h.Muséologie H - Le Musée des Filles de Jesus.1193, boul.Saint-Louis à Trois-Rivières, présente son exposition temporaire: L'autre liturgie, celle d'avant Vatican II Horaire, les mercredis et dimanches, de 13 h 30 à 16 h.Sur rendez-vous pour les groupes intéressés.Spectacles \u2022 Le resto-bar Le Cactus, de la rue Saint-Roch à Trois-Rivières, présen- te, tous les samedis, des 19 h 30.le spectacle Fiesta mexicaine, uvee l'ensemble mexicain : Les Mariachis -\tAu Château Crête des Grandes-Pi les.le samedi 20 mai.souper specta tie avec l'ensemble vocal les Holy sons sous la direction musicale de Mme Suzanne Elliot.Aussi chan sons d'hier et d'aujourd'hui, les sa médis, 22.29 avril et 6 mai.-\tle Blues bar.du 924, rue Notre-Dame à Trois-Rivières, présente, le samedi 22 avril, Billy Craig et ses quatre musiciens, le lundi 24 avril est consacré au l undi Bleus avec deux musiciens, le lendemain.Jam Session, où des musiciens sont invités à venir présenter leur spectacle.Le mercredi 25 avril.Jim Zellers avec son harmonica et les jeudi et vendredi, 27 et 28 avril.Jimmy James.guitariste, le trio le meilleur au Québec.Théâtre ™ La pièce: Duo pour voix obstinées.sera présentée à la Salle J.-Antonio-Thompson, le mardi 25 avril à 23 h.Information: 380-9797.\u2022 Huile sur toile \u2022 Image-Mt'din: Patrick Htatuhampi À la résidence Les Marronniers, Jeannine Belanger Lelaidier, peintre réaliste originaire de Saint-Wenceslas.présente ses huiles sur toile, (\"est au 1350 rue Auhuchon à Trois-Rivières, jusqu'au 25 mai.trois-rjviéres Service des affaires culturelles de la ville de Trois-Rivières ¦H.\t#< M 3 JUIN 1995 20h UNE PRODUCTION kttwtv/ CHIA55AM crkm.sn/mto TV Le Nouvelliste CETTE PROGRAMMATION EST RENDUE POSSIBLE EN PARTIE GRACE A LA PARTICIPATION FINANCIERE DU Gouvernement du Québec Ministère de la culture et des communications Offrez-vous une pince de choix! Procurez-vous la carie, Billetterie Lundi au samedi\t11h à 18h Journée de spectacle 11h à 21h Dimanche*\t13hà21h * (journée de spectacle seulement) Pour achat téléphonique : (819) 380-9797 LES CHUMS DU MATIN vous invitent à débuter la semaine du bon pied dans le cadre des ilqmèju© CE LUNDI ENTRE 6h.et 9h.SYLVIE En écoutant vos chums, vous pouvez gagner une AUTOMOBILE d\u2019une valeur de 13 000$ Tûus* eucaèe c/azctf O nu fie, raef/o Jean-Claude P8 IJ Nouvelliste Samedi 22 avril 1995 Arts et spectacles Céline Dion et Marjo: une question d'énergie Tows les dimanches matins NK MANOUIZ PAS LE Grand DÉCOMPTE TOP 30-ANGLAIS de 9h à 12h TOP 30-FRANÇAIS de m g 2Qh Ecoutez le grand décompte BIID et vous pourriez gagner 3 DISQUES LASER ^ _ _ ___ __¦ _ ¦ AUDlTIr Gracieuseté de: ¦ /tf//
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