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Titre :
Le nouvelliste
Éditeur :
  • Trois-Rivières :Le nouvelliste,[1920]-
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Cahier 3
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le nouvelliste, 1993-11-27, Collections de BAnQ.

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[" MONTRÉAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 J% | Tngt ans de lutte pour I CASSER LES SOUFFRANCES * - OXFAM-QUÉBEC DANS LE MONDE « .IL Y A QUELQUE PART UN ENFANT QUI A FAIM Qu\u2019il soit derrière chez TOI OU DE L\u2019AUTRE CÔTÉ de u Terre C\u2019EST LE TIEN C\u2019EST LE MIEN IL A FAIM ET SA DOULEUR N\u2019A PAS DE FRONTIÈRE ET LA COULEUR DE SA PEAU N\u2019A PLUS D\u2019IMPORTANCE A FAIM CAR LE MONDE EST DEVENU CE QU\u2019IL EST NOUS NE SOMMES PAS MÉCHANTS MAIS NOUS L\u2019AVONS LAISSÉ FAIRE NOUS DU MONDE ENTIER NOUS DE LA PLANÈTE TERRE Le TEMPS A BEAU PRESSER ET BRÛLER COMME SABLE AU DÉSERT Il n\u2019est jamais trop tard POUR PRENDRE U MAIN À L\u2019ENFANT QUI A FAIM Michel Rivaro 2\tMONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-QUÊBMC DAMS LS MONDA Message du chef de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec Depuis vingt ans, OXFAM-Québec nous a permis, collectivement, d\u2019exprimer notre générosité et notre solidarité envers ceux et celles qui, sur la terre, souffrent et ont besoin de soutien.Cette présence québécoise internationale témoigne de l\u2019ouverture de notre peuple et de son désir de jouer un rôle utile sur le plan mondial.Tous ensemble, continuons à supporter OXFAM-Québec.Parizeau Québec MESSAGE DU PREMIER MINISTRE Au nom du gouvernement du Québec, je suis heureux de souligner le vingtième anniversaire d'OXFAM-Québec.Depuis le tout début de ses activités, cet organisme a su accomplir un travail exceptionnel en sensibilisant le public à l\u2019importance de l\u2019aide internationale.A une époque où les disparités à ce chapitre sont de plus en plus marquées à l\u2019échelle de la planète, la contribution des organisations qui apportent un soutien humanitaire aux pays en voie de développement s\u2019avère essentielle et nécessite l\u2019appui de la population.En se consacrant sans relâche à cette tâche, OXFAM-Québec suscite la générosité traditionnelle des Québécois et nous rappelle qu\u2019il appartient à chacun et chacune d\u2019entre nous d\u2019oeuvrer â la recherche de cet objectif de premier plan.A tous ceux et celles qui, depuis vingt ans, concourent â la poursuite de cette remarquable mission, j\u2019adresse mes plus cludeureuses félicitations et souhaite la fructueuse continuation de leurs louables efforts.la fructueuse continuation de leurs louables efforts.Robert BOURASSA Québec 1993 Oui, Oxfam-Québec a déjà sauvé des vies Alors que continuent de sévir chez nous, au Québec, des malaises économiques qui font mal à beaucoup de gens, il peut paraître déplacé que des femmes et des hommes d\u2019ici continuent de mettre au coeur de leurs préoccupations les difficultés des autres, ailleurs dans le monde.Cependant, quand on y regarde de plus près, on ne peut s\u2019empêcher de constater et de reconnaître que la misère des autres a quelque chose de plus dramatique et de plus pitoyable et qu\u2019on ne peut y rester insensible sous prétexte que dans notre propre demeure elle existe aussi.Les protections sociales que nous nous sommes données depuis un demi-siècle n\u2019existent pas dans le tiers monde, pas plus que notre niveau de vie général et nos instruments multiples de développement qui nous assurent l\u2019instruction de qualité, les soins de santé appropriés, l\u2019alimentation nécessaire, l'habitation adéquate, les moyens de déplacements abondants et efficaces, la liberté de parole et d\u2019action et la sécurité de nos biens et de nos personnes.Tout n\u2019est pas parfait, loin de là.Mais, la paix prévaut chez nous et la démocratie, solidement implantée, gère nos différends politiques de façon exemplaire.Ce n\u2019est pas encore le cas un peu partout ailleurs.Face à cette réalité d\u2019injustices, d\u2019inégalités, de souffrance et aussi de courage \u2014 celui de continuer de vouloir vivre et celui de lutter pour changer les choses \u2014 plusieurs ont choisi d\u2019intervenir.OXFAM-Québec est né de cette volonté, il y a 20 ans aujourd\u2019hui.Bien de T eau a coulé sous les ponts depuis.Beaucoup de solidarité et de générosité ont été exprimées au fil des ans avec des résultats bien modestes compte tenu de l\u2019immensité des besoins.Mais nos dons et nos gestes ont, malgré tout, compté pour bien des êtres.Des vies \u2014 nombreuses tout compte fait \u2014 ont été sauvées; des quotidiens ont été améliorés, des bases de changements durables ont été édifiées, de l\u2019espoir a été semé et moissonné.Malheureusement, la tâche encore à faire est toujours immense.C\u2019est difficile à admettre et à accepter.Certains pourraient même penser que nos efforts ont été peu significatifs.Nous avons cependant la preuve du contraire.Nos partenaires des pays du tiers monde en témoignent Mieux que cela, après un grand ménage interne et une vigoureuse relance, nous sommes toujours à leurs côtés et encore beaucoup mieux qu\u2019auparavant.Présent dans pas moins de 25 pays, pas seulement avec de l\u2019argent, mais avec des experts de chez-nous, deux cents coopérants-volontaires, OXFAM-Québec est plus que jamais T out il par excellence de notre solidarité nationale et de notre rayonnement outre-mer.Apolitique et non confessionnelle, notre action vise non seulement à secourir mais aussi et surtout à soutenir, à la base, les petits efforts multiples et fondamentaux des gens qui veulent s\u2019en sortir.Ces humains ont besoin d\u2019aide et ont besoin de savoir qu\u2019ils ne sont pas seuls, isolés, abandonnés.Avec nous, ils savent que le Québec est avec eux.Nous voulons aussi témoigner Témoigner de ce que nous sommes et témoigner de ce qu\u2019ils sont, si différents et si semblables.Témoigner aussi de ce qui doit changer chez nous pour qu\u2019ils puissent enfin avoir aussi leur place au soleil.Et pour que nous, à long terme, nous conservions la nôtre.Voilà le sens de mon engagement et de celui de tous mes collègues, bénévoles autant qu'employés d'OXFAM-Québec.Mais pour continuer, nous avons besoin de vous.\u2019/Ht** lean-Pierre CFfARBONNEAU Président du Conseil d\u2019administration OX FA M-Québec MONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 3 OXFA M-QUÉBEC DAMS LS MOMDS Ce que fait OXFAM-Québec C\u2019est, entre autres, 200 coopérants volontaires dans 25 pays MARIE-ODILE VÉZINA directrice des communications OXhAM OUEBtC OXFAM-Québec de I993 ne ressemble plus tout à fait à l\u2019organisme qui a été fondé il y a vingt ans.S\u2019il convient de définir l\u2019actuel OXFAM-Québec comme une organisation vouée à la coopération et à une solidarité internationale plus opérationnelle, en raison principalement de son association avec l\u2019Organisation canadienne pour la solidarité et le développement ( OCSD ), Solidarité Europe de l\u2019Est (SEE) et Assistance médicale internationale (AMI), il convient aussi de préciser que le nouvel OXFAM-Québec poursuit toujours la même mission.Organisation humanitaire, à but non lucratif, apolitique et non-confessionnelle, OXFAM-Québec oeuvre pour le développement durable des pays du tiers monde ou en voie de développement.Avec de nombreux partenaires des pays du Sud, OXFAM-Québec soutient des projets structurés, visant l\u2019autosuffisance des populations par la prise en charge de leur propre développement et ce, dans le respect de leurs valeurs et de leur culture.La spécificité d\u2019OXFAM-Québec repose principalement sur ses interventions d'urgence et d'aide humanitaire.OXFAM-Québec est l\u2019un des rares organismes au Québec à financer et réaliser des programmes de secours d\u2019urgence.En 1993, l\u2019organisme aura à ce chapitre mené des interventions en Somalie, en Haiti et au Rwanda.Ainsi que leur nom l\u2019indique, les opérations d\u2019urgence répondent par une action immédiate à des besoins liés à la survie de populations en détresse, victimes de catastrophes naturelles ou de guerres.Depuis sa fondation, OXFAM-Québec a financé des interventions d\u2019aide humanitaire en Éthiopie, au Soudan et au Bangladesh.Pour soutenir ses activités de développement durable, OXFAM-Québec utilise deux modes d\u2019intervention.L\u2019organisme finance des projets et envoie des ressources humaines dans une dynamique de transfert des connaissances.Dans beaucoup de pays et auprès de nombreux partenaires, l\u2019appui d\u2019OX-FAM-Québec se matérialise par les deux modes d\u2019intervention jumelés.À la dernière page de ce cahier spécial, on peut voir de façon schématique B B Gouvernement B B du Québec Pour que vive OXFAM-Québec En ce vingtième anniversaire d\u2019OXFAM-Québec, je suis heureux d'exprimer à la direction de cet organisme et à ses bénévoles, au nom du gouvernement du Québec, ma reconnaissance pour l\u2019oeuvre extraordinaire qu\u2019elle a accomplie auprès des plus démunis dans tous les coins du monde.Le dévouement de ses membres et la générosité de ses donateurs font en sorte que la souffrance humaine est devenue un sujet de préoccupation pour toute la population québécoise.fe suis persuadé que l\u2019ensemble de celle-ci reconnaît à OX F AM Québec une grande part de la responsabilité à cette prise de conscience et je souhaite que son action se poursuive dans les années à venir.fohn CIACCIA Ministre des Affaires internationales les types d'actions et les moyens qu\u2019OX-FAM-Québec conduit et met en appui à ses partenaires des pays du Sud.L\u2019organisme est présent dans quelque 25 pays dans lesquels oeuvrent près de 200 coopérants volontaires.OXFAM-Québec soutient des projets dans différents secteurs dont celui de la santé, de l\u2019approvisionnement en eau, de la sécurité alimentaire, de la formation, de l\u2019environnement et du développement communautaire.PARTENAIRES ET POPULATIONS-CIBLES OXFAM-Québec appuie l\u2019ensemble de ses interventions sur la philosophie du partenariat.Cette approche met en évidence le rôle que jouent les organisations et les institutions des pays en voie de développement dans la construction de sociétés civiles et démocratiques ; elle répond également à la mission profonde d\u2019OX-FAM-Québec dont un des objectifs est de soutenir des organisations afin de leur permettre d\u2019augmenter leurs capacités à réaliser leur plan d'action, de servir plus adéquatement leur clientèle et d\u2019encore mieux représenter leurs membres dans leurs revendications pour la défense de leurs droits.Pendant longtemps \u2014et cela existe encore aujourd\u2019hui \u2014 la coopération internationale a davantage misé sur la réalisation de projets que sur le renforcement de l'action d\u2019organisations locales et partenaires.L\u2019approche-partenaire d\u2019OXFAM-Québec a l'avantage de favoriser le processus de développement de l\u2019autonomie des organisations que nous appuyons.De plus, elle indique clairement que l\u2019action d\u2019OXFAM-Québec doit être limitée dans le temps.H ne s\u2019agit pas de prendre en charge des organisations de base mais de permettre à ces mêmes organisations d\u2019atteindre leurs objectifs.Dans le cadre de l\u2019approche-partenai-re, l\u2019organisme se définit moins comme un gestionnaire de projet que comme une instance qui met des ressources à la disposition de ses homologues du Sud ; les mêmes ressources financières ou humaines sont temporaires et fournies dans le souci de faire en sorte que les organismes aidés se prennent rapidement en mains.OXFAM-Québec s\u2019assure du bien-fondé des demandes d\u2019appui qui lui sont soumises par des partenaires de pays du tiers monde.Des critères très précis sont établis, le premier en lice étant bien évidemment que les actions des partenaires demandeurs s\u2019inscrivent dans la mission d\u2019OXFAM-Québec.De la même manière, chacun des projets est suivi tout au long de sa réalisation et évalué en fonction des objectifs de départ.Le contrôle en matière d\u2019efficience des interventions d\u2019OXFAM-Québec dans les 25 pays d\u2019intervention se fait maintenant par les équipes hautement qualifiées qui travaillent sur le terrain.OXFAM-Québec dispose d'une quinzaine d\u2019antennes sur trois continents.Les responsables outre mer de l\u2019organisme ont pour mandat de constituer dans chacune de leur région des comités formés de membres nationaux qui effectuent généralement la première étude des demandes.C\u2019est donc sous le signe de la participation active qu\u2019OXFAM-Québec encourage ses partenaires a s\u2019aider eux-mémes, à entreprendre l\u2019amélioration de leurs conditions sociales et économiques dans le respect de leur environnement physique.Afin de mieux cibler ses interventions et d\u2019en maximiser l\u2019impact, OXFAM-Québec a choisi d\u2019axer une grande partie de sa programmation sur deux populations-cibles : les femmes et les personnes réfugiées, déplacées ou rapatriées.L\u2019organisme a été l\u2019un des premiers du genre à définir une politique femme et développement.À ce chapitre, l\u2019objectif fondamental d\u2019OXFAM-Québec est de favoriser la transformation des rapports sociaux entre les hommes et les femmes, au Québec comme ailleurs, de favoriser également le rôle accru des femmes dans le grand processus du développement des pays.Toutes les interventions outre-mer d\u2019OXFAM-Québec, dans chacune des régions outre-mer, comportent un volet femmes et développement.Les personnes réfugiées, rapatriées ou déplacées constituent le deuxième groupe-cible de l\u2019organisme.De récentes statistiques produites par le Haut Commissariat aux Réfugiés démontrent que plus de 42 millions de gens appartiennent à cette catégorie.L\u2019action d\u2019OXFAM-Québec à ce niveau se fait principalement dans les camps et touchent, bien évidemment, les besoins fondamentaux des individus.M.-O.V.Fabricant de meubles\tPüTAiliER |d1 298.Chaput\t St-Pie (Québec)\tTél.: (514) 772-2403 Canada JOH 1W0\tFax: (514) 772-5055 4\tMONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-QUÉBKC DAMS LS MOMDS Pleins feux sur le tiers monde Des chiffres des plus éloquents sur des souffrances mal connues Beaucoup d entre nous s interrogent sur l'efficacite des actions de solidarité internationale.En 30 ans, les choses ont beaucoup changé pourtant, traduisant une amelioration significative, notamment au niveau de l\u2019esperance de vie, de la santé et de I alphabétisation.C'est du moins ce que nous apprennent les récents rapports du Programme des Nations unies pour le développement ( PNUD ), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), du Fonds des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).A titre d exemple, entre les progrès et les manques, nous présentons ici un bilan de croissance des pays en voie de développement.SANTÉ ET CONDITIONS HYGIÉNIQUES LES PROGRÈS ¦\tDans le monde en développement, plus de 70% de la population a accès aux soins de santé dont 80% des habitants des centres urbains et 44% seulement de la population rurale.¦\tLa vaccination des enfants d\u2019un an a fait un bond en avant au cours des années 80, sauvant ainsi l,5 million de vies par an.¦\tLa proportion de personnes vivant dans les zones rurales et ayant accès à des installations sanitaires suffisantes a doublé au cours des années 80.¦\tL'espérance de vie a augmenté de plus d\u2019un tiers au cours des trois dernières décennies.¦\tLe taux de mortalité des moins de 5 ans a baissé de moitié depuis 1970.LES MANQUES ¦\tQuelque 17 millions de personnes meurent chaque année de maladies infectueuses ou parasitaires, les maladies diarrhéiques, le paludisme et la tuberculose.¦\tEnviron 95% des 10 à 12 millions des porteurs du virus du sida vivent dans les pays en développement.L'Afrique paie le plus lourd tribut au sida et les ravages de l\u2019épidémie sont partout visibles.L\u2019Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que d\u2019ici l\u2019an 2000, au moins 10 millions d\u2019enfants auront été infectés par le virus du sida et que la grande majorité auront été atteints par la maladie et seront morts avant cette date.En Afrique de l\u2019Est, un adulte sur quatre est porteur du virus.Il faut donc s\u2019attendre à voir, au cours des années 90, principalement en Afrique noire, plus de 10 millions d\u2019enfants de moins de dix ans non infectés mais orphelins à cause du sida.¦\tPour chaque enfant qui meurt, beaucoup d\u2019autres continuent à vivre en si mauvaise santé et à grandir dans de si mauvaises conditions que jamais ils n\u2019atteindront le potentiel physique et mental auquel ils pourraient aspirer à la naissance.¦\tChaque année, 14 millions d\u2019enfants meurent avant d\u2019avoir atteint leur cinquième anniversaire.Pas moins de 4 millions d\u2019entre eux décèdent de maladies diarrhétiques et cinq a six autres millions de maladies qui pourraient être évitées par la mise sur pied de nouveaux vaccins.¦\tTrois cent mille enfants perdent la vue faute de capsules de vitamines A coûtant chacune.deux cents! ¦\tSeulement en Inde, au Bangladesh et au Pakistan, on retrouve 30% de tous les enfants qui meurent chaque année dans le monde, 30% de tous ceux qui ne sont pas vaccinés et 40% de ceux qui sont atteints de malnutrition.¦\tPlusieurs pays et particulièrement ceux d\u2019Afrique, au sud du Sahara, seront incapables d\u2019ici l\u2019an 2000 d\u2019atteindre les objectifs fixés par le Sommet mondial sur les enfants en 1990: réduire d'un tiers la mortalité infantile et réduire de moitié le taux de mortalité maternelle.VARIATION DU NIVEAU DE VIE LES PROGRÈS ¦\tDans les pays en développement, le revenu par habitant a augmenté de près de 4% par année dans les années 80.Les progrès ont été de 9% en Asie de l\u2019Est.LES MANQUES ¦\tPlus d\u2019un milliard de personnes vivent toujours dans un état de pauvreté absolue.¦\tParmi les 141 pays recensés par le Population Crisis Committee, dans le cadre de son rapport sur la souffrance humaine dans le monde, 83 pays ont un indice de souffrance très élevé ou élevé.Soixante-treize pour cent (73%) de la population mondiale vit aujourd\u2019hui dans ces pays contre 70% en 1987.L\u2019indice de souffrance humaine montre que les trois quarts des habitants de la planète vivent dans des pays où la souffrance est une règle plus qu'une exception.Le Canada est considéré avoir un indice de souffrance humaine minime, le troisième meilleur score au monde.¦\tSeul 20% des 300 millions de personnes âgées de plus de 60 ans ont des revenus garantis d\u2019une façon ou d\u2019une autre.¦\tEn 1992, le PNUD a établi que les plus riches de la planète ont 59 fois plus de revenus que les plus pauvres.Au cours des 30 dernières années, l\u2019écart entre les plus riches et les plus pauvres a doublé.¦\tSoixante-dix p.cent des pauvres de la planète vivent en Asie.¦\tLe revenu moyen a baissé en Amérique latine et en Afrique subsaharienne au cours de la dernière décennie.En Amérique latine, 183 millions de personnes vivent en dessous du seuil de la pauvreté, soit 44% de la population.ALIMENTATION ET EAU POTABLE LES PROGRÈS ¦\tLe pourcentage de personnes souffrant de la faim diminue.¦\tDe 1965 à 1990, le nombre de pays où les besoins quotidiens en calories étaient satisfaits a plus que doublé.¦\tLe pourcentage de familles vivant en zone rurale et ayant accès à l\u2019eau potable est passé de moins de 10% en 1960 à 60% en 1980.¦\tQuatre-vingt un p.cent des gens ont accès à l\u2019eau potable.LES MANQUES ¦\tEnviron huit cents millions de personnes souffrent encore, chaque jour, de la faim.Parmi elles, 142 millions vivent en Afrique, soit 35% de la population de ce continent.¦\tChaque année, des millions de personnes meurent de soif ou de maladies liées à la piètre qualité de l\u2019eau.¦\tLa malnutrition touche un enfant sur trois dans le monde.Actuellement, 180 millions d\u2019enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition grave mais le nombre absolu de personnes souffrant de la faim augmente constamment à cause de la croissance démographique.¦\tTous les jours, entre 35 000 et 40 000 enfants, dont plus du tiers sont africains, meurent des suites directes ou indirectes de la faim.Si les tendances actuelles se poursuivent, 100 millions d\u2019enfants mourront de malnutrition d\u2019ici l\u2019an 2000.¦ Plus de 2 milliards d'humains souffrent de carences en oligo-éléments.%-,** i Altl \\\\ 1 ALPHABÉTISATION ET INSTRUCTION LES PROGRÈS ¦\tLes taux d\u2019alphabétisation des adultes sont passés de 40 à 60% entre 1970 et 1985.¦\tLe taux de scolarisation, au niveau secondaire, pour les filles est passé d\u2019environ 17% en 1970 à 36% en 1990.LES MANQUES ¦\tPlus d\u2019un milliard d\u2019adultes sont encore illettrés.¦\tLes deux tiers des illettrés au monde sont des femmes.La moitié des femmes rurales âgées de plus de 15 ans sont illettrées.¦\tTrente millions d\u2019enfants vivent dans les rues, 80 millions travaillent et 100 millions ne fréquentent ni l\u2019école primaire ni l\u2019école secondaire.¦\tLes Nations unies estiment que quelque 200 000 enfants combattent et font la guerre dans le monde. 5 MONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-QUÉBEC DAMS LS MONDE Générosité, solidarité et justice Des idéaux à la portée des Québécois par le biais d\u2019OXFAM PHOTO LUC SIMON PERRAULT U Près» en Somalie * ' # * m TIM BNOADHKAO ex-dirccteur général du Conseil canadien de la coopération internationale et aureur du livre * Bridges of Hopes Pour un organisme, la vingtième année d\u2019existence marque une occasion rêvée de prendre un temps de réflexion.Lorsque OXFAM-Québec a été créé, en 1973, les pays industrialisés étaient au faite de leur prospérité: cette année-là, la flambée subite des prix du pétrole a été le premier signe de la transformation radicale qu\u2019allait connaître l\u2019économie mondiale.Le processus de décolonisation était bien engagé, même si, en Afrique australe, on tentait, par des conflits incessants, de s\u2019accrocher à l\u2019ordre ancien.Le monde était divisé: entre l\u2019Est et l\u2019Ouest, entre deux régimes économiques concurrents, entre le Nord et le Sud, entre pays «développés» et «pays en voie de développement».Ces deux réalités modelaient alors le rôle joué par le Canada sur la scène internationale.Les engagements militaires contractés envers l\u2019alliance occidentale et l\u2019aide étrangère constituaient alors les pierres d\u2019angle de notre politique extérieure.Il semble que tout a changé au cours des vingt dernières années.Les anciennes divisions géographiques, tout comme les certitudes qu\u2019elles contribuaient à affirmer, ont disparu.Les marchés libres ont été érigés en fondement de la prospérité, et la géographie ne conditionne plus la prospérité ni la pauvreté.L\u2019économie mondiale est devenue une réalité.La technologie et la concurrence internationale transforment la vie économique, tandis que la diminution de nos richesses naturelles pose, pour de larges segments de la population active, des dilemmes des plus douloureux.Nous avons beaucoup appris Le Sud, ou «tiers monde», est également devenu plus complexe.En 1973, nous croyions pouvoir vaincre la pauvreté grâce à notre argent, notre bonne volonté et notre expertise.Mais en vingt ans, nous avons beaucoup appris, notamment que le développement ne pouvait être planifié de l\u2019extérieur, aussi nobles les intentions en cause fussent-elles, et que les pays occidentaux, tout en contribuant, d\u2019une part, au développement \u2014 par le truchement de l\u2019aide étrangère\u2014 perpétuaient, d\u2019autre part, un régime économique ayant pour effet d\u2019enfermer de vastes régions du Sud dans une pauvreté déchirante.Lorsque, de nos jours, les Canadiens et Canadiennes contemplent la situation qui règne dans le Sud, que voient-ils?Pour certains, le portrait est sombre.Persistance de la pauvreté, guerre civile, famine \u2014 le développement, en apparence, ne fonctionne pas.Pour d\u2019autres, il semble \u2014fait paradoxal \u2014 trop bien fonctionner: l\u2019économie de l\u2019Asie du Sud-Est, dont la croissance est deux fois plus rapide que le taux annuel moyen de croissance observé dans les pays industrialisés, ainsi que le succès grandissant de certains pays d\u2019Amérique latine sur le plan économique, com- mencent à menacer notre propre mode de vie.Quoi qu\u2019il en soit, la valeur de l\u2019aide est mise en doute.S\u2019agit-il d\u2019une dilapidation effrénée de l\u2019argent des contribuables, ou d\u2019un investissement dans la croissance économique d\u2019autres pays-qui aura pour effet de réduire notre capacité de vendre nos propres produits et de maintenir notre niveau de vie?Des réalisations En réalité, ni l\u2019un ni l\u2019autre.Certes une partie de l\u2019aide a pu être gaspillée.Mais nous ne devons pas oublier ce qui a été accompli au moyen de la coopération internationale: dans le Sud, l\u2019espérance de vie s\u2019est élevée à 62 ans, de 46 ans q\u2019elle était en I960; pendant la même période, le taux d\u2019immunisation est passé de 20 à 80%, et la variole a été éradiquée.En trente ans seulement, le tiers monde \u2014en ce qui touche l\u2019alphabétisation, la nutrition et l\u2019espérance de vie\u2014 a accompli ce que les pays industrialisés ont mis I00 ans à réaliser! Il est clair que l\u2019ascension rapide de certains pays, particulièrement en Asie du Sud-Est, représente un défi pour le Canada \u2014 et pour d\u2019autres nations industrialisées.Mais il s\u2019agit d\u2019un défi que nous pourrons relever non pas en freinant la croissance des pays qui recherchent, pour leurs citoyens, un niveau de vie comparable à celui dont nous nous enorgueillissons, mais bien en faisant la meilleure utilisation possible de nos ressources, de nos compétences et de notre créativité.U y a vingt ans, OXFAM-Québec a donné aux Québécois et aux Québécoi- ses un instrument unique pour affirmer leur solidarité avec le Sud.L\u2019organisme a recueilli de l\u2019argent et soutenu des projets, forgé des liens avec des groupes communautaires et cherché à sensibiliser les gens d\u2019ici aux réalités du tiers \u2022monde En 1993, OXFAM-Québec renaît et redéfinit le rôle qu\u2019il s\u2019est assigné dans le contexte des réalités décrites ci-des-sus.De nos jours, on ne fait plus du développement une simple question de croissance économique; bien sûr, on doit assurer aux gens les conditions minimales de survie; mais ces derniers souhaitent également exercer leurs libertés démocratiques, jouir du respect des droits de la personne, affirmer leurs valeurs culturelles et religieuses et définir la voie de leur avenir.Pour OXFAM-Québec, comme pour d\u2019autres organisations non gouvernementales, le défi consiste maintenant à explorer et à défendre le sens véritable de la coopération internationale.En partie, cela signifie qu\u2019il faudra continuer d\u2019accorder une aide financière aux organismes locaux dynamiques qui aident les gens à s'organiser eux-mêmes de manière à leur permettre de répondre à leurs propres besoins, à lutter pour la défense de leurs droits et à tenir les gouvernements responsables de leurs actes vis-à-vis de leurs commettants.Cela signifie également qu'i faudra collaborer avec les organismes parents du Québec et du Canada: on s\u2019assurera ainsi que notre politique étrangère favorise une équité et une justice plus grande dans le monde, et que nos concitoyens comprennent qu'un monde plus juste est la clé d'un monde plus stable et plus sûr.Ce n'est pas du scoutisme Il ne s\u2019agit pas d'avoir l'âme d\u2019un boy scout.Selon l'Institut Nord-Sud, les difficultés économiques qu\u2019a connues le Sud, dans les années 1980, se sont traduites, suivant certaines estimations, par la perte de 180 000 emplois et par un manque à gagner de 24 milliards de dollars au chapitre des exportations.Même si, au Canada et au Québec, nombreux sont ceux qui ressentent les effets du chômage et des réductions salariales, il n\u2019en demeure pas moins que, dans l\u2019ensemble, les 20% de la population mondiale qui vivent dans les pays industrialisés consomment 83% des ressources de la planète.Cette mauvaise distribution qui, selon les Nations unies, s\u2019est accentuée dans les années 1980, a créé des ilôts de richesse dans un océan de misère qui, chaque jour, s\u2019étend un peu plus.Une répartition plus équitable de la richesse \u2014aussi bien entre les pays qu\u2019à l\u2019intérieur des pays\u2014 pourrait bientôt être perçue comme une condition de notre survie.Le contraire n\u2019est pas viable, ni du point de vue environnemental, ni du point de vue humain.Les organisations non gouvernementales ont été aux premiers rangs de ceux qui militent en faveur du changement.Elles ont montré que le soutien accordé aux femmes \u2014 par la voie de l\u2019éducation des filles, de la participation aux activités communautaires ainsi que de l\u2019accès au crédit et à la formation \u2014 avait les répercussions les plus grandes sur le mieux-être des collectivités.Ces organisations ont appuyé les luttes pour le respect des droits de la personne et attiré l'attention sur les effets néfastes pour l\u2019environnement des projets de grande envergure qui tiennent insuffisamment compte de la participation des collectivités et de leurs besoins.Elles créent des réseaux internationaux de citoyens qui uilisent efficacement toute la puissance du savoir et des communications.Les 20 années à venir nous obligeront vraisemblablement à relever des défis encore plus grands.Drogue, terrorisme, pollution: voilà certains des problèmes les plus marqués auxquels on ne saura répondre qu\u2019au moyen de la coopération avec d\u2019autres pays.On obtiendra une plus grande prospérité mondiale en créant un système international dans lequel tous ont un rôle à jouer, et non en maintenant un système qui permet aux riches d\u2019imposer leur volonté aux pauvres.Au moment d'engager des dépenses, les Canadiens et les Québécois, aux prises avec des compressions budgétaires, devront établir leur ordre de priorité: l\u2019armement ou la coopération mondiale, les fastueux projets d\u2019aide officiels ou un soutien communautaire efficace qui passe par les organismes de bénévoles, le secours d'urgence ou un investissement dans la personne par la voie de l'éducation et des services de santé.Plus que jamais, OXFAM-Québec aura besoin de l\u2019appui de tous les Québécois pour pouvoir continuer de concrétiser leurs idéaux de générosit , de solidarité et de justice. 6\tMONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 199S OXPAM-QUÉBEC DANS LM MONDE , LEURS problèmes sont NOS problèmes Avant de s\u2019intéresser aux problèmes et aux malheurs des autres, on pense aux nôtres d\u2019abord.C\u2019est normal.«Charité bien ordonnée.» Ainsi, selon plusieurs sondages, nous sommes particulièrement préoccupés ici par le chômage, la pauvreté et la création d\u2019emplois; la pollution et la détérioration de notre environnement, notre sécurité et la paix au plan international dominent également nos esprits.En fait, il y a, trop souvent, une séparation entre NOS problèmes et LEURS problèmes.On se dit alors que ce qui se vit ailleurs ne nous concerne pas vraiment et qu'on devrait s\u2019en occuper le moins possible.Pourtant.\t|ean-Pierre CHARBONNEAU Nos emplois passent par leur pouvoir d'achat ¦\tSaviez-vous que la pauvreté et l\u2019arrêt du développement économique dans la majorité des pays du Sud, depuis près de 15 ans, est un des facteurs qui expliquent la récession chez nous et la persistance de la crise économique internationale?¦\tSaviez-vous qu\u2019une étude de l\u2019Institut Nord-Sud a démontré que dans les années 1980, la diminution du pouvoir d\u2019achat de 17 pays du Sud, causée par la crise de la dette, a signifié la perte de 24 milliards d\u2019exportations et de 180 000 emplois au Canada?¦\tSaviez-vous qu\u2019en 1990 l\u2019Overseas Development Council de Washington avait informé le Congrès américain que les USA avaient perdu 1,8 million d\u2019emplois \u2014 plus du cinquième de l\u2019ensemble du chômage d\u2019alors \u2014 à cause de la baisse des exportations vers le tiers monde provoquée par la crise de la dette et la récession affectant ces pays?¦\tSaviez-vous que, selon une étude de l\u2019équipe de recherche du Parti démocrate de la Commission économique du Congrès américain, chaque milliard d\u2019exportation en moins vers le tiers monde représente toujours de 20 000 à 30 000 emplois supprimés?¦\tSaviez-vous que dans son rapport mondial 1992 sur le développement humain, le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) estimait que le protectionnisme des pays industrialisés à l\u2019égard des pays du Sud privait ceux-ci d\u2019un accès aux marchés du Nord (dont le nôtre) et de quelques 500 milliards de revenus par année?¦\tSaviez-vous que pour les 30 prochaines années les pays du tiers monde devront absorber annuellement de 45 à 50 millions de nouveaux travailleurs?Privés de travail et de pouvoir d\u2019achat, ils seront incapables d\u2019acheter nos produits et nos services.¦\tSaviez-vous que les économies québécoises et canadiennes dépendent à plus de 40% de nos exportations?Comment imaginer protéger notre niveau de vie si l\u2019État et l\u2019individu à l\u2019étranger n\u2019acquièrent pas un pouvoir d\u2019achat suffisant pour devenir des partenaires commerciaux?Notre sécartté est menacée par levr panvreté ¦\tSaviez-vous que la pauvreté absolue, qui afflige plus d\u2019un milliard d\u2019êtres humains, est le terrain le plus fertile qui soit pour le radicalisme, le fanatisme, le terrorisme et le banditisme?¦\tSaviez-vous que nos barons de la drogue ont développé leurs empires sur la pauvreté de paysans producteurs de pavots, de coca, de cannabis qui n\u2019avaient et n\u2019ont toujoure pas d\u2019autres choix que de participer à ce vaste trafic international?Il faut savoir aussi que ces mêmes seigneurs de la drogue s\u2019alimentent de la criminalité croissante qui se développe dans les grandes villes du tiers monde?¦\tSaviez-vous que de nombreux conflits armés où les soldats canadiens sont intervenus sous le drapeau des Nations unies nous auraient coûté moins cher si nous avions investi, quand il le fallait, dans le développement des populations concernées?¦\tSaviez-vous que l\u2019une des pires menaces à la paix mondiale est sans doute le fait que 90% de la population de la planète ignore la véritable démocratie, n\u2019est pas maître de son destin et se trouve exclue des processus de décision, comme l\u2019indique le rapport 1993 du PNUD?¦\tSaviez-vous que les pays industrialisés constituent une minorité décroissante de la population mondiale et que bientôt, nous, du Nord, ne serons plus que 5% de la population mondiale à devoir négocier avec les 95% restants, le tiers monde?¦\tSaviez-vous que selon le Programme des Nations unies pour l\u2019environnement, l\u2019instabilité croissante qui sévit dans plusieurs régions du globe sape la capacité de l\u2019ONU et des gouvernements de combattre la pollution?¦\tSaviez-vous que selon le gouvernement américain, l\u2019un des plus grands risques de guerre est la pénurie d\u2019eau potable dans le tiers monde?Leur environnement, le nôtre: même chose ¦\tSaviez-vous que la démographie incontrôlée est la première menace sur l\u2019environnement mondial, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour la population?Dans les pays pauvres, l\u2019impact démographique est responsable de près de 79% du déboisement, de 72% de l\u2019expansion des terres arables et de 69% de la multiplication du bétail.¦\tSaviez-vous que depuis 1972, la population mondiale a cru de 1,8 milliard de personnes, soit l\u2019équivalent de presque toute la population de la Terre au début du siècle?A ce rythme (97 millions de nouveaux venus chaque année), la planète sera rapidement incapable de suffire à la demande.¦\tSaviez-vous que les dernières grandes forêts tropicales de l\u2019Amazonie, de l\u2019Afrique centrale et de l\u2019Asie du Sud-Est sont en quelque sorte les poumons de la planète et que, à chaque minute, 20 hectares de forêts tropicales sont détruites, ce qui fait au total 17,5 millions d\u2019hectares de forêts tropicales rasées annuellement?¦\tSaviez-vous que les paysans pauvres marginalisés des pays du Sud, expulsés de leurs terres, en sont souvent réduits à occuper des terres fragiles, à défricher puis à utiliser aveuglément les ressources forestières pour le chauffage et la cuisson, ce qui, en Afrique en particulier, accélère la déforestration avec comme conséquence la progression du désert?¦\tSaviez-vous que la désertification accélérée a accru considérablement le cycle de la sécheresse et que celle-ci s'accompagne désormais automatiquement de disettes et de famines?¦\tSaviez-vous que la déforestation des pays du Sud est l\u2019une des principales causes du réchauffement climatique de la planète et qu\u2019un réchauffement d\u2019un seul degré Celsius de la Terre causerait des problèmes majeurs au Québec?¦\tSaviez-vous que les écosystèmes des pays du tiers monde sont de plus en plus pollués et que cette pollution se déplace vers nous par les eaux et l\u2019air?iir&n-'&'s rÿ .V ' ans tm ¦ ¦\t¦ au service des plus démunis Lr Croupe Mallette Mafieu tient à souligner le travail accompli par Oxfam-Québec depuis 20 ans et est heureux d\u2019être associé à lui Langue vie à Oxfam-Québec ! IIHI1 Le Groupe Mallette Maheu ¦ Vérification ¦ Fiscalité ¦ Consultation Présent dans près de 40 villes au Québec Cestavec plaisir que Bombardier s'associe au 20e anniversaire de fondation d'OXFAM-QUÉBEC BOMBARDIER ->^C UNE FORCE EN MOUVEMENT MONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 7 OXFA M\u2019QUÉBEC DAMS LS MONDE Des enfants à l\u2019école de la haine La coopérante Rahmeh Mansour n\u2019a pas reconnu sa Palestine RAHMEH MANSOUR De retour en Palestine avec mes fils après un exil volontaire de 25 ans, j'ai été rapidement confrontée à des sentiments contradictoires, me faisant passer d\u2019un état de surexcitation à la tristesse et la colère.Dès mon arrivée, j\u2019ai eu peine à reconnaître le pays de mon enfance où rien ni personne ne ressemblait aux souvenirs précieusement gardés en mémoire.Des enfants âgés de 6 à I0 ans me parlaient comme le font les adultes: «Je veux prendre les armes pour libérer mon pays», répétaient-ils Aucun ne me rappelai! la fillette insouciante et heureuse que j\u2019avais été à leur âge.Étonnants de maturité, la plupart des enfants ne fréquentaient plus l\u2019école.Victimes de violence, de répression, d\u2019humiliation et des drogues, plusieurs affichaient des problèmes d\u2019ordre psychologique.Le projet que je devais mener à bien sous l\u2019égide d\u2019OXFAM-Québec avait pour nom Le coin des enfants.Amorcé en 1990 en Cisjordanie, mon travail consistait à multiplier de petits terrains de jeux offrant aux jeunes âgés de 4 à 15 ans une kyrielle d\u2019activités sportives, culturelles et éducatives.Expression créative, échanges démocratiques, compréhension de soi et de l\u2019environnement étaient à l\u2019honneur tandis que leurs parents guerroyaient dans les rues.La société palestinenne est très jeune.Sur une population de l,8 million de personnes, 60 p.cent n\u2019ont pas 19 ans et 20 p.cent ont moins de 5 ans.Depuis ces cinq dernières années, les consé- m Coopérantes québécoises chez des Palestiniennes.' - T ?\u2022 1 -V -** Ï' W*.: \u20227,_______, quences de l\u2019occupation du territoire palestinien par l\u2019armée israélienne frisent la catastrophe: 200 enfants ont été tués; 15 000 ont été blessés; 10 000 autres parfois âgés d\u2019â peine cinq ans ont été emprisonnés.Répercussions dramatiques Témoins des raids militaires, de l\u2019arrestation de leurs parents, des passages â tabac, de la mort de leurs proches, de l'humiliation de leurs ainés et du dynamitage de leur maison, les répercussions de la guerre larvée sur la jeunesse palestinienne sont dramatiques.Derrière les fenêtres aux volets tirés en permanence, les réactions des enfants de mes soeurs et de mes proches demeurés durant tout ce temps en Palestine ne cessaient de me surprendre.Je devais m\u2019habituer â leur parler comme si je m'adressais â des adultes.Je devais me forcer à comprendre le langage de la répression façonnant leur façon de s\u2019affirmer, de revendiquer et de s\u2019intégrer â une société éclatée.Je devais pressentir que le seul fait de marcher dans la rue était devenu dangereux.Je devais surtout concevoir que les enfants ne reviennent pas toujours de l\u2019école.J'ai appris graduellement â vivre et à parler comme mes soeurs, mes parents et mes voisines interdisant à leurs enfants de jouer dans la rue.Je suis devenue anxieuse, sursautant d'effroi à chaque coup de feu retentissant au loin, espérant que mes fils, ceux de mes soeurs ou de mes amies n\u2019avaient pas servi de cibles aux balles israéliennes, fussent-elles en caoutchouc.Mes fils qui s\u2019amusaient dans les rues au Canada apprirent â jouer loin des rues, des parcs et des clubs de loisir avant de faire leur deuil des séances hebdomadaires de cinéma.Leur éducation fut régulièrement interrompue par la fermeture des écoles par l\u2019armée israélienne.Dans un tel contexte, mon implication dans le projet communautaire prenait toute son importance, occupant mon temps et mes énergies non seulement durant les heures de travail mais aussi dans la vie de tous les jours.Le 18 septembre 1992, un second «coin» fut ouvert â Jalous, petit village situé dans le nord de la Cisjordanie, entre Tukarem et Qalqilya, dans lequel vivent 3000 personnes.La moitié d\u2019entre elles n\u2019ont pas 15 ans.Il n\u2019y a aucun service social.L\u2019électricité est disponible huit heures par jour.L\u2019eau est rationnée et les habitants dépendant de l\u2019agriculture ont vu une grande partie de leur terre confisquée lors de l\u2019installation d'une colonie israélienne située à un jet de pierre du village.La petite communauté a malgré tout investi son temps et son énergie à créer le seul endroit où leurs enfants peuvent s\u2019amuser en paix.La création de ce modeste espace réservé au monde de l\u2019enfance devint un événement exceptionnel auquel les enfants ont activement participé.Lors de la cérémonie d\u2019ouverture, le conseil du village invita les membres des communautés avoisinantes et les organisations d'aide internationale â assister â un spectacle émouvant présenté par les enfants.Les couleurs canadiennes furent hissées â côté du drapeau palestinien.Malgré la signature de l\u2019accord politique du 13 septembre 1993 entre l\u2019Organisation de libération de la Palestine et le gouvernement israélien, la situation reste inchangée sur l\u2019ensemble des territoires occupés.Les Palestiniens doivent patienter durant des heures aux postes de contrôle israélien pour se rendre â Jérusalem.De jeunes soldats patrouillent les quartiers réservés aux Palestiniens et stationnent aux heures de pointe leur véhicule près des écoles.Ils arrêtent sans discernement les écoliers â leur sortie des classes et vérifient leur papier d\u2019identité.Sans vie récréative et sans espace de loisir, il ne resterait aux enfants de la Palestine que les affrontements de la rue pour apprendre â vivre et à mourir en bas âge.OXFAM-Québec doit aller de l\u2019avant dans ses projets communautaires afin d\u2019offrir une alternative aux générations présentes et futures voulant grandir dans la paix et dans la dignité.La Banque Nationale salue OXFAM-Québec à l\u2019occasion de son 20e anniversaire et rend hommage à tous ceux et celles qui ont participé à son nouvel essor.Félicitations pour votre remarquable travail auprès des plus démunis ! BANQUE NATIONALE 8 MONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 199S \u2018111 :i~ LA PLACE DES FEMMES DANS LE MONDE fertilité ¦ Un demi-million de femmes meurent chaque année des causes liées à la grossesse et à l\u2019accouchement.Dans beaucoup de collectivités, les femmes se voient encore refuser le droit de décider si elles veulent des enfants et à quelle période de leur vie.égalité ¦ Les femmes constituent la majorité de la population mondiale et pourtant leur situation, en matière d\u2019égalité des chances et de droits, reste très précaire.education ¦ Les deux tiers des personnes illettrées sont des femmes.En Asie du Sud, par exemple, le taux d\u2019alphabétisation des femmes est inférieur de 50% à celui des hommes.En Afrique subsaharienne, il y a trois fois moins de femmes que d\u2019hommes inscrits en enseignement supérieur.emploi ¦ Dans les pays en développement, les femmes ont beaucoup moins de possibilités d\u2019emploi.Elles sont deux fois moins nombreuses que les hommes sur le marché du travail.Cela ne signifie pas qu\u2019elles sont inactives, bien au contraire.Leur journée d\u2019activités est souvent plus longue que celle des hommes, à la différence que les tâches qu\u2019elles effectuent ne sont pas reconnues comme elles le devraient dans les comptabilités nationales.politique ¦ Dans un certain nombre de pays, les femmes n\u2019ont toujours pas le droit de vote.Elles sont également presque partout sous-représentées dans les gouvernements.En 1980, elles ne représentaient que 10% des parlementaires dans le monde et moins de 4% des ministres.En 1993, seuls six pays étaient dirigés par des femmes.santé ¦ Santé: les femmes vivent généralement plus longtemps que les hommes.Mais dans certains pays d\u2019Asie et d\u2019Afrique du Nord, la discrimination à l\u2019égard des femmes sur le plan sanitaire et nutritionnel est telle que leur espérance de vie est beaucoup moins élevée.Le taux de mortalité maternelle dans les pays en développement est 15 fois plus élevé que celui des pays industrialisés.; LE MON* m* m* Coopérantes nicaraguayennes et québécoises oeuvrant dans le champ de la défense des droits des femmes.Solidarité féminine au Nicaragua __ ¦ I était une fois.le Regroupe-¦ ment des maisons d\u2019hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, au Québec: cinq féministes québécoises désireuses de vivre une expérience nouvelle, une coopérante volontaire dynamique, pleine d\u2019idées, en charge du programme «femmes et développement» au Nicaragua, un organisme, OXFAM-Québec, à l\u2019esprit ouvert et désireux de promouvoir l\u2019échange Nord-Sud ; et il était une fois, aussi, cinq Nicaraguayennes, féministes, intellectuellement curieuses de s\u2019ouvrir à d'autres réalités et de comparer approches et méthodes.Les deux groupes se sont rendu visite : trois semaines au Québec, puis un mois au Nicaragua.«Au travail, dira une Québécoise, j\u2019ai senti l\u2019ouverture et l\u2019intérêt de chaque collègue.Excitation et aussi quelques peurs.Vivre un voyage, mais cette fois-ci avec des gens, en créant des liens.|e savais que cet échange allait changer ma vie en quelque sorte.De là, mes peurs, l\u2019ai reçu support et encouragement.«l\u2019ai eu la chance d\u2019observer qu\u2019au Nicaragua, les femmes sont très organisées au niveau politique.Elles ont une vision qui tient compte du groupe et de l\u2019avancement de celui-ci.Leur objectif de travailler en collectif résulte d\u2019un consensus.«La libération des femmes, qu\u2019elles soient au Nord ou au Sud, passe par la solidarité, le libre choix à la maternité, la désexualisation des rôles sociaux, l\u2019égalité au travail.Et les femmes du Nicaragua travaillent à leur reconnaissance.Autre témoignage «fe crois, dira une autre Québécoise, que nos collègues nicaraguayennes ont apprécié notre analyse féministe de la problématique des femmes victimes de violence.Leur action vise à s'attaquer aux problèmes économiques des femmes et ce, dans un contexte de grande instabilité politique et économique.Durant notre première semaine, le pays était immobilisé par une grève des transports qui a dégénéré en manifestations violentes.Faute de téléphone, nous devions nous déplacer à pied pour savoir ce qui se passait dans les centres.Dans une ambiance de barricades et d\u2019instabilité sociale et politique, comment se concentrer sur les problèmes des femmes?«|e réalise comment c\u2019est crucial de faire ce genre d\u2019échange.Nous ne pouvons nous limiter à travailler pour enrayer la violence uniquement dans notre petit coin du monde.C\u2019est un problème mondial.» «Plus que la visite des centres et des groupes populaires, note une autre coopérante, pour moi c\u2019est la Rencontre féministe nationale qui a été le moment le plus intense.Trois cents femmes de tout le pays venaient pendant trois jours préparer la VIe Rencontre féministe latino-américaine de San Salvador, un mois plus tard.«l\u2019ai pris une position d\u2019observatrice.|\u2019ai fait six groupes en trois jours, l\u2019ai eu plusieurs discussions individuelles intéressantes et j\u2019ai pu saisir d'où venait la réputation du Nicaragua d\u2019ètre un modèle d\u2019organisation féministe.Sur le fond, il n'y a que peu de dissension.C\u2019est dans la pratique, le comment, que ça accroche un peu.En fait, même fond que nous, mêmes contradictions entre la pratique et la théorie, même lutte contre le patriarcat.De forum en forum, toutes finissent par se mettre d\u2019accord sur des principes universels de base comme le droit à son corps, au respect et à la non violence.«Le sentiment de plénitude que je ramène de cet échange me vient surtout du contact que j\u2019ai pu établir avec elles de personne à personne vivant le quotidien.Des nuits blanches de confidences où le Nord et le Sud ensemble changeaient la face du monde.Comme ça, simplement, sans frontière de langue ou de politique, juste parce qu\u2019on était «femmes», libérées de l\u2019oppression.» \u201cK.'vy' S?* J: 4,.V Desjardins est heureux de s'associer à OXFAM-Québec à l'occasion de son 20e anniversaire.I Le Mouvement J des caisses Desjardins CCPEDQ usager inscrit de cette VISA Desjardins marque [J] Desjardins I.incroyable* lorcc de* la coopération. MONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 9 OXFAM-QUÉBEC DAMS LS MONDE La saga des coopérants volontaires Religieuses et prêtres auront été les ancêtres du mouvement MARIE-ODILE VEZINA Les religieux missionnaires auront été les premiers coopérants-volontaires de l\u2019histoire de l\u2019aide internationale.Longtemps, les religieuses et prêtres se sont trouvés les seuls à accepter d\u2019aller vivre ailleurs, dans des conditions souvent difficiles, pour soutenir et appuyer des collectivités en détresse.C\u2019est au début des années soixante que les premiers civils québécois et canadiens ont pris, sur la base du volontariat, la relève des religieux.Durant la période 1985 à 1990.les principaux organismes non gouvernementaux d\u2019envoi de coopérants volontaires avaient entre 1000 et 1200 hommes et femmes en poste dans les pays du tiers monde et les pays en développement.La coopération volontaire est malheureusement fort mal connue en dehors du cercle de l\u2019aide internationale et souvent dévalorisée en regard à la coopération technique traditionnelle.En fait, la coopération volontaire porte l\u2019héritage des valeurs missionnaires qu\u2019animaient les coopérants reli- gieux.Elle est axée sur l\u2019engagement bénévole de personnes qui partagent la même vision de leurs actions en déve-loppement.Le coopérant-volontaire est un agent de développement international au même titre que le coopérant ordinaire.Toutefois, les motivations du coopérant volontaire reposent sur la notion de service, le désir d\u2019aider les autres moins privilégiés que lui-même et ce, dans des conditions souvent hasardeuses mais dans une perspective de libre choix individuel qui constitue la base de son engagement.Le coopérant-volontaire OXFAM-Québec ne reçoit pas de salaire mais une allocation qui lui permet de vivre décemment.À OXFAM-Québec, l\u2019équipe de coopérants volontaires est à l\u2019origine celle de l\u2019Organisation canadienne pour la solidarité et le développement (OCSD).L\u2019OCSD, qui a vu le jour en I983, est l\u2019une des quatre principales organisations canadiennes d\u2019envoi des coopérants-volontaires.Depuis l\u2019intégration des deux organismes, OXFAM-Québec et OCSD, le programme de coopération volontaire est géré par les nouvelles instances d\u2019OXFAM-Québec.Ne devient pas coopérant volontaire qui veut.À la base, il convient de comprendre et de partager l'approche philosophique qu\u2019implique le rôle d\u2019agent de développement.Des sentiments de partenariat et de solidarité avec les collègues des pays en développement, exprimés sous la forme d\u2019une responsabilité commune pour le projet à entreprendre, le partage des conditions de travail et d\u2019existence avec ces mêmes collègues du tiers monde, des dispositions à s\u2019adapter et à faire preuve de souplesse dans un environnement différent et le désir d\u2019apprendre plutôt que de simplement enseigner, telles sont les principes fondamentaux auxquels doit adhérer le coopérant-volontaire.Il doit, en outre, démontrer une volonté ferme et des aptitudes à résoudre des problèmes et trouver des solutions aux difficultés et obstacles rencontrés dans la vie pratique.La coopération volontaire se justifie par trois besoins.Le premier, et sans cloute le plus fondamental, est celui de répondre à la demande de nos partenaires du Sud en matière de formation et d\u2019appui technique.La coopération volontaire privilégie une approche d\u2019accompagnement et de flexibilité.Le coopérant volontaire met ses connaissances et ses aptitudes au service de ses homologues des pays en développement.La coopération volontaire est donc un appui au développement par compétences humaines interposées.Il ne s\u2019agit pas, on le comprendra, d\u2019envoyer des Québécoises et des Québécois pour occuper les fonctions et postes de ressources locales mais d\u2019accompagner ces mêmes ressources dans un esprit de transfert de connaissances et de consolidation d\u2019habiletés.Plusieurs pays en développement comptent aujourd'hui de nombreuses personnes qualifiées qui, souvent, une fois formées, quittent leur pays à la recherche de meilleures conditions de vie.D\u2019une façon qu\u2019on pourrait qualifier de contradictoire, le taux de chômage est également très élevé chez le personnel qualifié de certains pays.Des politiques économiques inadéquates ont engendré la multiplication de ressources destinées à grossir les appareils polit! ques et administratifs.En conséquence, dans beaucoup de secteurs, on enregis tre des carences en matière de forma tion et d\u2019expérience Le second besoin auquel répond la coopération volontaire repos»' sur la né cessitr de crée'- des solidarités interna tionales a une époque où la mondialisa tion du développemen' devient une priorité et une responsabilité.Mieux que n\u2019importe qui, les coopérants volontaires sont bien placés pour travailler à la création ou à la consolidation de ces solidarités internationales; leur présence et leur travail avec les populations du Sud favorisent une connaissance mutuelle et font d\u2019eux des témoins agissants.À ce chapitre se définit le troisième axe sur lequel tourne le bien-fondé de la coopération volontaire.Les Québécoises et les Québécois engagés dans cette forme de coopération jouent un rôle primordial en matière de sensibilisation du public que nous sommes.Témoins engagés de la situation des pays en développement, ils ont aussi pour mission de transmettre les réalités qu\u2019ils ont perçues et les connaissances qu\u2019ils ont acquises.QUI SONT LES COOPÉRANTS VOLONTAIRES?OXFAM-Québec envoie dans les pays en développement des coopérants volontaires qui échappent \u2014et de très loin \u2014 à l\u2019image que le public avait d\u2019eux au début des années 60: jeune diplômé, en quête d\u2019une première expérience dans un pays en développement, plein d\u2019idéalisme mais sans grande compétence.Les statistiques établies par OXFAM-Québec indiquent que les coopérants volontaires de cet organisme sont âgés en moyenne de 39 ans, environ 70% des effectifs ayant entre 30 et 49 ans.Les effectifs, répartis dans 25 pays, comprennent 57% de femmes et 43% d\u2019hommes.Les coopérants volontaires disposent d\u2019un très haut niveau de formation académique.La plupart d\u2019entre eux, soit 73%, ont un diplôme universitaire.Le quart de l\u2019équipe possède d\u2019ailleurs une maîtrise.Dotés de titres universitaires, les coopérants volontaires d\u2019OXF AM-Québet ont également plusieurs années d\u2019expé rience dans leurs domaines d< spécial! sation OXFAM-Québec es; présen\\ sui tron continents.Des 143 coopérants-volon taires en poste fir septembre.57% oei vraient en Afrique.33% en Amérique latine et 10,5% en Asie Déjà 20 ans.Pendant toutes ces années, OXFAM-Québec a soutenu des projets qui, essentiellement, ont aidé des communautés démunies à obtenir de la nourriture, de l'eau potable, des soins médicaux, de l'éducation et le droit d'être entendues.Ce sont tous des besoins qui pour nous, au Nord, semblent relativement aisés à combler mais qui, au Sud, posent aux communautés des défis quotidiens.La CSN salue le travail de OXFAM-Québec qui a su, pendant tout ce temps, permettre aux peuples du tiers-monde de réaliser des projets durables dans ie respect de leur culture et de leurs valeurs propres.Par son engagement, OXFAM-Québec o contribué à ce que les Québécoises et les Québécois aient une ouvertur\u20ac> sur le monde) en se sentam solidaires des populations les plus démunies Confédération des syndicats nationaux tzS 1601 avenue de Lorimier, Montréal H2K 4M5 Les travailleuses et les travailleurs de OXFAM-Québec/OCSD sont syndiqués à la CSN.Le Groupe S.M.S705.boni.Industriel, Sherbrooke (Québec! J1L 1X8 (819) 566-8855 Télécopieur: (819) 566-0224 2111.bout Fernand Lafontaine.1-ongueuil (Quebec)J4(.2J4 (514) 651-0981 Télécopieur: (514)651-9542 en solidarité avec OXFAM-QUEBEC 10\tMONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-QUÉBMC DAMS LS MONDE Tout laisser à Partir, vivre comme coopérant, puis reve r 40 ans.Des ava GAÉTAN BLAIS Chef de projet OXFAM-Outbec en Tunisie TUNIS, le 2 novembre 1995 Partir à 40 ans, ou presque.Pour le Bénin, petit pays d'Afrique de l\u2019ouest.Alors que je suis en pleine lancée professionnelle avec un projet porteur et des partenaires efficaces et motivés.Laisser tout «tomber» pour partir à l\u2019aventure en Afrique! C\u2019était il y a neuf ans, en novembre 1984.Je décide de quitter mon emploi, d\u2019abandonner mes projets prometteurs, pour partir comme coopérant-volontaire avec OXFAM-Qué-bec pour un contrat de deux ans.Trente-neuf ans, une maîtrise universitaire, une douzaine d\u2019années d\u2019expérience sur le marché du travail, ce n\u2019est pas un profil très original pour un coopérant-volontaire.C\u2019était \u2014et c\u2019est encore\u2014 à peu de choses près, le portrait type de ces personnes qui décident d\u2019aller travailler outre-mer.Partir pour l'argent?Sûrement pas.Une allocation de séjour suffisante pour vivre correctement à Cotonou, la «grande ville» du Bénin, sans plus.Mais, avec comme bagage principal, une soif de découvrir et d\u2019apprendre.Partir pour l\u2019inconnu, certainement.|e n\u2019avais jamais voyagé en Afrique.Un peu comme beaucoup de gens de ma génération, j\u2019avais voyagé en Europe, dans les Antilles, en Amérique latine, j'avais une certaine expérience du dépaysement, de l\u2019exotisme.Mais je n\u2019avais de cet immense continent qu\u2019une connaissance rudimentaire.Une vie nouvelle Ce que j\u2019allais chercher en Afrique pendant deux ans, c\u2019était une expérience de vie nouvelle et une expérience de travail différente qui me forcerait à me prouver à moi-mème que j'étais capable de relever un défi, de construire quelque chose dans un milieu nouveau et radicalement différent du mien.Une autre motivation me poussait à poser ce geste important et c\u2019est celle du partage: aller appren-1 dre et découvrir, mais aussi apporter quelque chose.Apporter une expérience professionnelle, une compétence technique, et aussi l\u2019idée qu\u2019on peut travailler ensemble à réaliser un projet durable et porteur d\u2019espoir.Comme beaucoup de personnes, j\u2019étais bien installé, tant dans ma vie personnelle que professionnelle.Le premier départ en coopération signifiait donc d\u2019abord une «désinstallation».Une désinstallation physique et psychologique.Un changement radical.Et il faut plus que le goût de l\u2019aventure et l\u2019exotisme pour nous faire partir comme coopérant volontaire et pour que l\u2019expérience dure quelques années.Il faut avoir le goût de donner un coup de barre à sa vie.De lui donner un sens nouveau, différent.Ma vie a été profondément bouleversée.Partir dans un pays nouveau, c\u2019est aussi et beaucoup, quitter les siens, ses parents, ses amis et un mode de vie qui nous est propre.Accepter d\u2019ignorer ce qui nous attend, aller se créer un nouveau cadre de vie.je ne suis pas parti pour fuir un milieu dans lequel je ne fonctionnais plus, je ne suis pas parti non plus parce que je n\u2019avais pas de travail.je suis parti parce que j\u2019avais envie d\u2019initier quelque chose, de créer; et ça s\u2019appelait développer avec des partenaires béninois un programme de coopération: développer des activités et des projets, très souvent de dimensions restreintes, au niveau des villages, avec des groupements de femmes, de jeunes, de paysans qui ont eux-mèmes choisi ce qu\u2019ils veulent faire et qui veulent bien qu\u2019on travaille ensemble.Toutes ces motivations sont à la base de la décision du départ comme coopérant volontaire.Généreuses et altruistes, sans doute.Mais dé-terminantes au fur et à mesure qu\u2019on évolue dans son nouvel environnement; elles sont la condition même non seulement de la durée mais aussi de l\u2019efficacité du travail professionnel.Elles se développent en terme de solidarité.Et ces raisons qui m\u2019ont poussé à partir il y a neuf ans ne cessent de se développer avec les années et l\u2019expérience de travail.Avec les yeux des partenaires Petit à petit, le développement de la solidarité prend le dessus sur tous les autres motifs.Nos partenaires nous apprennent à voir le monde autrement, avec leurs propres yeux, à regarder les réalités mêmes du ter- rain d\u2019une autre façon.Us nous font comprendre d\u2019une façon très concrète les enjeux du développement, la nécessité du partage.Ces motifs, si généreux et souvent abstraits au début, deviennent très concrets.Le choix du départ est à refaire constamment à chaque questionnement qu\u2019on vit sur le «terrain».Dans le travail de coopérant volontaire, il n\u2019y a pas d\u2019acquis définitif.On ne part pas une fois pour toutes, j'oserais dire qu'on part tous les jours.Avec toutes les difficultés que nous rencontrons dans l\u2019exercice de nos fonctions (et Dieu sait qu\u2019il y en a!), nos motivations doivent être chaque jour présentes pour poursuivre la tâche.Si je travaille encore aujourd\u2019hui comme coopérant avec OXFAM-Québec, c\u2019est parce que je suis plus conscient que jamais de l\u2019importance du développement solidaire.Plus conscient que jamais de la nécessité de ces échanges entre cultures dont nous sommes les acteurs privilégiés.Dans un monde en bouleversement profond, où l\u2019incompréhension entre cultures différentes est une des dominantes, la solidarité est importante non seulement pour le développement économique et les transferts mutuels de compétences mais aussi et surtout pour la communication et l\u2019acceptation interculturelles.Mon engagement professionnel avec mes partenaires contribuera peut-être avec le temps à l\u2019émergence d\u2019un développement économique durable, à une plus grande participation de toutes les couches sociales à ce processus.je souhaite \u2014 et c\u2019est là la première motivation de mon travail \u2014 qu\u2019il permette qu'on comprenne mieux que l\u2019inégalité du développement et du partage des richesses dans le monde est intolérable et qu\u2019il est une des premières causes des explosions sociales auxquelles nous assistons présentement.Pas plus aujourd\u2019hui qu\u2019hier, je n\u2019ai l'ambition ou l\u2019impression de «sauver» le monde.Mais aujourd\u2019hui, beaucoup plus qu\u2019il y a neuf ans, je suis conscient que ma contribution, malgré sa dimension restreinte, peut apporter une pierre à l'édification d\u2019une meilleure compréhension, d\u2019un dialogue entre les peuples autant que d'un développement durable.:***£.¦ '4?** ?: ?>J%V « ** LOUISE DOVON ex ( et future ) -coopérante en République centrafricaine BANGUI Je suis arrivée en Républ fants et mon conjoint er au Bénin et trois ans en Tun Au début de mon séjour,.ne me sentais pas facilemeni ment difficile surtout pour n se mêler à la population du En RCA.nous nous sention d\u2019activités et l\u2019isolement les vent en conflit l\u2019un envers portable et il fallait penser plus adéquat pour qu\u2019ils pui; avoir des contacts avec les pi Notre deuxième choc est essayé de s\u2019introduire dans dormions.Ils étaient armés coups de pied dans les portes re fois de ma vie, j\u2019ai eu l\u2019i était en danger, j\u2019ai voulu t des voleurs a arraché le fil di suis dit que c\u2019était le seul lie Michel hurlait Au secours!, trafricains soient sensibles à âgé de 12 ans, a très bien réa a réussi à placer le fauteuil c cela bloque son ouverture, pleurait au milieu du salon, vés et les voleurs ont fui.C fants n\u2019ont jamais pu retrou\\ Ces agressions se sont mu çais, symptômes de graves r qui devaient éventuellement Le 26 avril 1993 éclate uni gui.Les étudiants revendiqi aux cours.Les magasins sont voyant la situation s\u2019aggrave fants à l\u2019école lorsque des m veaux l\u2019encerclent et lui lam de la voiture volent en éclat chel, lui faisant voir la mort cependant, c\u2019est d\u2019avoir vu d En cette même journée fa lorsque je vais fermer la por l\u2019air, tension qui a duré plus La situation n\u2019a pas cessé lions prenaient forme à tous très peur pour mes enfants.^ nait pénible, avec un véhic ponctuée de morts chez les ( gers, d\u2019un taux élevé de vols.Tous ces événements ont n ou non dans ce pays avec n< grande solidarité unissant Québécois et des Français v d\u2019un réseau d\u2019information bii de prévoir en partie les coup; Aujourd\u2019hui, je me prépan enfants qui, eux, ont hâte de pas le meilleur baromètre qu LE F NDS^ DESOLIDARITÉ ffAS DES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC (FTQ) DES SOLIDARITES ESSENTIELLES MONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993\t11 OXFAM-QUÉBMC DAMS LS MOUDS revenir ne relèvent en rien du pique-nique avatars.VON opérante \u2022ntrafricaine vée en République centrafricaine avec mes en-on conjoint en 1992 après avoir travaillé un an ois ans en Tunisie.e mon séjour, j\u2019ai habité dans un quartier où je pas facilement en sécurité.C'était particulière-surtout pour mes enfants qui étaient habitués à population du quartier en Tunisie et au Bénin, s nous sentions vraiment confinés.Le manque \u2019isolement les ont rendus très irritables et sou-it l\u2019un envers l\u2019autre.C\u2019est vite devenu insup-fallait penser à déménager dans un quartier jour qu\u2019ils puissent s\u2019épanouir normalement et acts avec les petits Centrafricains, ième choc est survenu lorsque des voleurs ont troduire dans la maison au moment où nous étaient armés de coupe-gorge et frappaient à dans les portes pour les ouvrir.Pour la premiè-vie, j\u2019ai eu l\u2019impression que notre vie à tous îr.|\u2019ai voulu téléphonner à la police mais un irraché le fil du téléphone.À ce moment, je me était le seul lien qui me restait avec l\u2019extérieur, t Au secours!, en espérant que nos voisins cen-ent sensibles à notre détresse.Étienne, mon fils a très bien réagi.Dans son instinct de survie, il er le fauteuil contre la porte en souhaitant que an ouverture, (oakim, mon autre fils (5 ans) lieu du salon.Finalement, les voisins sont arri->urs ont fui.Cela fut très éprouvant et les entais pu retrouver un sommeil profond en RCA.ns se sont multipliées dans des quartiers francs de graves malaises économiques et sociaux ventuellement déboucher sur l\u2019émeute.993 éclate une émeute au centre-ville de Ban-ants revendiquent leurs bourses et leur droit magasins sont saccagés et pillés.Mon conjoint ition s\u2019aggraver décide d'aller chercher les en-lorsque des manifestants cachés dans les cani-lent et lui lancent des pavés.Toutes les vitres oient en éclats et un pavé frôle la tète de Mi-t voir la mort de près.Ce qui l\u2019a le plus touché st d\u2019avoir vu des femmes rire de la situation, me journée fatidique, on me menace de mort fermer la porte.Il y avait de la frénésie dans ui a duré plus d\u2019une semaine, n\u2019a pas cessé de se dégrader.Des manifesta-t forme à tous les trois ou quatre jours, j'avais mes enfants.Meme aller faire le marché deve-ivec un véhicule sans vitres.Cette crise fut orts chez les Centrafricains et, chez les étran-élevé de vols, d\u2019agressions et de blessures, icments ont représenté un défi, celui de rester î pays avec nos deux enfants et ce, malgré la ité unissant les coopérants volontaires, les les Français vivant en RCA.Nous disposions iformation bien organisé, qui nous permettait artie les coups.je me prépare à retourner en RCA.Avec mes x, ont hâte de se retrouver là-bas.Ne sont-ils baromètre qui puisse exister?1*4 w sssNr y - I r 1/ I Mî ik i ¦ SP- * à a î jfV; \u2022 i w 8 ** * \u201c\t\u2022 i \u2022 a m îi M ï Sp' Le vide, selon Martine.RÉJEAN TREMBLAY journaliste à La Presse uand je suis revenue d'ici»: le lapsus résume bien ce que ressent encore, quatre ans après son retour, Martine Mercier.Quatre ans en décembre que Martine Mercier revenait de Tunisie où elle avait oeuvré pendant deux ans à compléter la mise sur pied d\u2019un cours de formation de travailleurs sociaux.Quatre ans et même si Mlle Mercier s\u2019est trouvée un emploi intéressant et lucratif en pédopsychiatrie à l\u2019hôpital Douglas, elle traine encore un sentiment de vide depuis son retour au Québec.Pour certains coopérants, le retour est difficile pour des raisons financières.Certains n\u2019ont jamais retrouvé leur emploi.D\u2019autres ont vu de belles carrières ralenties pendant des années.D\u2019autres, et c\u2019est le cas de Martine Mercier, 34 ans, jeune femme de Sainte-Euphémie, un petit village de 450 habitants dans le comté de Montmagny, le retour est extrêment difficile pour des raisons personnelles: «je suis revenue encore plus distante de mon milieu, je le reconnais facilement, j\u2019ai fait une grosse réaction en revenant, comme une dépression de situation.En Tunisie, je me suis retrouvée avec tellement à faire et si peu de moyens, je me suis donnée, j\u2019ai tenté de donner.Comme partout ailleurs, la bureaucratie a tendance à compliquer le travail sur le terrain mais je sentais le besoin et l\u2019urgence du changement.«Quand je suis revenue, j\u2019ai été frappée par la léthargie, par l\u2019apathie de nos gens.Nous avons tellement de moyens et si peu de désir, de volonté de s\u2019en servir.Ça fait quatre ans que je suis revenue et je suis révoltée par l\u2019absence de volonté politique, par l\u2019absence de volonté personnelle des citoyens de faire quelque chose pour améliorer le sort de la collectivité.La volonté de changer les choses, on ne l\u2019a plus et quand on a oeuvré pour OXFAM dans des pays moins favorisés, ça nous frappe en plein visage.« je suis retournée dans mon village.Les choses ont régressé.Nos villages survivent, ne vivent plus.On attend.Je ne suis pas bien là-dedans.En vérité, si j\u2019en avais la chance, je retournerais en Tunisie, je sais qu\u2019il y a des besoins, je sais que c\u2019est extrêmement difficile pour une femme de travailler librement dans une société où l\u2019intégrisme musulman s\u2019impose de plus en plus, mais je sais que je serais utile, j'ai envie d\u2019un projet réel, pas seulement de mots vides de sens», d\u2019expliquer Martine Mercier.Le chemin vers Tunis Ce que la jeune femme recherche désespérément, c\u2019est une passion.Passion du défi, passion de la vie, passion du changement.Passion et ferveur qu\u2019elle ne trouve plus au Québec.C\u2019est la nature et la formation de Martine, qui la poussaient vers la coopération.Elle agissait comme travailleuse sociale auprès des femmes éprouvant des problèmes sérieux avec la justice.En plus de donner des cours a l\u2019Université Laval à Québec et d\u2019être très active dans les milieux de gauche.«Mon directeur de thèse était tunisien, j\u2019ai entendu parler d\u2019un projet impliquant l\u2019OCSD à l\u2019époque, un projet vieux d\u2019une vingtaine d\u2019années qui arrivait à sa fin.L\u2019implantation d\u2019une école de formation d\u2019assistants sociaux, je suis débarquée à Tunis le 7 novembre 1987.On sentait la montée de l\u2019intégrisme mais j'étais prête à m'adapter à ce milieu totalement différent de ce que j\u2019avais connu auparavant», dit-elle.Surtout qu\u2019elle était jeune, célibataire et pas riche: «j\u2019avais quelques dettes, mes prêts et bourses, une auto, c\u2019est tout.Et à cause du contexte social, personne d\u2019autre n\u2019a appliqué pour obtenir le poste de coopérante.Les jeunes femmes célibataires et diplômées ne recherchent pas nécessairement ce genre de poste», d'expliquer Mllc Mercier.Elle a adoré Tunis.Elle a adoré travailler avec ses collègues.D\u2019autres jeunes femmes auraient trouvé absolument insupportable le fait de ne pas avoir de vie privée: «Là-bas, tout le monde se sent obligé de protéger la jeune femme qui vit seule.Vivre seule, de toute façon, ça ne se fait pas.Les voisins pouvaient survenir n\u2019importe quand dans la soirée, je devais m\u2019y faire, j\u2019ai appris à décoder la culture, les manières pendant la première année.Et puis, venant d\u2019une grosse famille et d\u2019un petit village où tout le monde savait tout de la vie de tout le monde, j\u2019étais habituée à vivre en «communauté» malgré moi.«je me suis sentie beaucoup plus efficace dans la deuxième année, j\u2019avais un beau grand logis, de bons meubles et mes 500$ mensuels suffisaient largement à mener une vie confortable.Les six derniers mois, je les ai passés au sud de la Tunisie, près de la frontière de la Libye.Là, je peux dire que je suis vraiment descendue sur le terrain, je me débrouillais un peu en arabe, j\u2019ai vraiment eu le sentiment profond de pouvoir aider des gens», dit-elle.Un trip ou il n'y a rien de réel «Quand je suis revenue d'ici», dit-elle, «ma mère était morte, ma famille avait changé Ou plutôt, j'avais changé, je me suis lancée à la recherche d\u2019un emploi mais c\u2019est étrange, on dirait que ces deux années vécues en Tunisie à travailler, à apprendre, à me débrouiller, à découvrir ne sont pas comptabilisées nulle part.C\u2019est comme un trip où il n\u2019y aurait rien eu de réel.Et pourtant.», dit-elle avec une vague d\u2019émotion qui lui monte dans la gorge.Martine Mercier, coopérante en Tunisie, novembre 1987 à décembre 1989.Repartira un jour.LES A NOTRE DEVELOPPEMENT DURABLE 12 MONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAm-QUÉBEC DAMS LS MONDE 900 000 personnes soudain déracinées Un coopérant raconte l\u2019horreur des événements survenus au Rwanda MICHEL LEFEBVRE coopérant OXFAM Québec au RWANDA Arrivé depuis peu au Rwanda, une vision cauchemardesque dépassant tout ce que j\u2019avais pu imaginer m'attendait en novembre 1992 dans la région frontalière de Byumba où s\u2019affrontaient le front patriotique et l\u2019armée régulière rwandaise.Quelque 350 000 hommes, femmes, enfants et vieillards affamés, assoiffés, en proie à la malaria et à de nombreuses autres maladies tentaient de trouver refuge chez des parents ou dans des camps improvisés par des organismes internationaux.Les réfugiés âgés pour la plupart de moins de 15 ans se retrouvaient dans un état de dépendance totale.Leur maison incendiée, leur récolte détruite, tous pleuraient en silence la mort ou la disparition d\u2019un parent, d\u2019un enfant ou d\u2019un ami.Les parents les bras chargés d\u2019enfants se déplaçaient pieds nus avec, pour seul bagage, une petite valise, une natte, un panier sur la tète et, parfois, une chèvre attachée a leur poignet.Les plus chanceux tenaient précieusement contre eux une houe, seul outil aratoire auquel ils s\u2019accrochaient désespérément dans l\u2019espoir de reprendre un jour le travail de la terre.Soumis au froid et aux pluies incessantes, la plupart avaient erré durant des jours, voire des semaines, à travers les sentiers escarpés de montagnes inhospitalières avant de se résoudre à quémander l\u2019aide que nous avions peine à leur offrir.À mes cotés, soeur Yvette Vincent, à l\u2019oeuvre depuis 20 ans au Rwanda, battait la marche après avoir elle-même été forcée de fuir l\u2019établissement de la communauté des Soeurs Sainte-Chrétienne situe près de la frontière ougandaise.Différents camps furent ouverts pour accueillir le flot quasi-ininterrompu de réfugiés en haillons.Les écoles de la ré- gion durent faire place aux familles les plus démunies avant d\u2019être transformées en dispensaires médicaux ou en entrepôts dans lesquels transitaient brièvement les maigres vivres destinées aux milliers de ventres gonflés par la faim.Des forêts entières d'eucalyptus furent abattues pour loger hommes, femmes et enfants dans des abris rudimentaires mesurant deux mètres sur trois.Rien n\u2019était laissé au hasard.Les troncs servaient de combustible.Les branches soutenaient la structure des abris.Les branchailles et les feuilles recouvraient les murs et les toits.Une toile de plastique recouvrait le tout.Dans ces camps improvisés de toute pièce, les naissances mais surtout les décès se succédaient à un rythme affolant.Au début, les paysans utilisèrent des nattes pour disposer des dépouilles de leurs proches.Mais rapidement ils durent se rabattre sur des boites de carton et des sacs de plastique pour offrir une sépulture décente aux plus faibles qui tombaient comme des mouches.L'aide alimentaire était fournie par la Croix-Rouge Internationale.OXFAM-Québec distribuait des suppléments alimentaires aux enfants de moins de cinq ans, aux mères décharnées allaitant leurs enfants et aux femmes enceintes.Farine ou mats, huile de palme, sucre et sel composaient l\u2019essentiel de cette blanche mixture à laquelle nous devions ajouter de l\u2019eau.Certains jours, l\u2019eau potable venait à manquer, ajoutant à la frustration et au désarroi des réfugiés.Encore aujourd'hui je revois les images des enfants en bas âge se bousculant pour lécher le fond des marmites tant leur faim était grande.La révolte aurait facilement pu gagner l\u2019ensemble des camps.Or, les Rwandais dépendant exclusivement de l\u2019aide internationale demeuraient calmes et stoïques malgré les pleurs et les gémissements des enfants affamés Graduellement, la confusion du début fit place à une organisation cohérente.Il devint possible de mettre sur pied des activités éducatives, notamment des ate liers de couture, pour vêtir les enfants.Finalement, nous avons réussi à mettre Fonds humanitare des Métallos i&m&À POUR NOS MEMBRES ET POUR LE MONDE Fond humanitaire du Syndicat des Métallos 234 Eglinton Avenue est Toronto, Ontario M4P 1 K7 (416)487 1571 AFP iiiograptm ¦ Laurence Saubadu OUGANDA RWANDA ZAÏRE Qaanyt ByifntM ¦ KIGALI Cyrvjufrj BURUNDI ^ Zones de combat sur pied des centres thérapeutiques pour soigner les plus affamés qui, après quelques semaines d\u2019un régime alimentaire bonifié, retrouvaient la santé.Malheureusement, le 8 février 1993, le vent tourna.Une nouvelle attaque massive du Front patriotique dans la région nord du pays força les secouristes rwandais et internationaux à fuir les camps.Les entrepôts furent pillés.Les centres thérapeutiques détruits.Les abris temporaires mis à sac.Tout notre travail était à recommencer.Des centaines de milliers de réfugiés se retrouvèrent sur les routes poussiéreuses convergeant en direction de la capitale.De nouveaux camps de fortune furent improvisés à quelques kilomètres de Kigali.En l\u2019espace de deux semaines, les réfugiés s\u2019y entassant passèrent de 350 000 à 900 000 personnes.Les collines recouvertes d\u2019arbres furent rasées pour fabriquer des abris de secours et éloigner les serpents qui pullulaient.Dans un vacarme assourdissant, des centaines de milliers de cabanes abris furent érigés en quelques jours.L'insécurité grandissante s'étendait à la grandeur du pays.Les militaires étaient aux abois.La population vivait dans une crainte continuelle tandis que le taux de criminalité enregistrait des bonds vertigineux.Le 24 février 1993, à la demande de l\u2019ambassade canadienne incapable d'assurer notre sécurité, je quittai le Rwanda lame en peine.Heureusement, OX-FAM-Québec avait prévu des actions rapides d\u2019aide directe auprès des réfugiés grâce â des partenaires locaux demeurés sur le terrain.Aujourd\u2019hui, je demeure confiant que le peuple rwandais retrouvera un jour la paix d\u2019esprit qui l\u2019habitait avant que n\u2019éclate le conflit armé.que.mT, tiers/ JCATION MONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 13 OXFAM-QUÉBMC DAMS LS MONDE Tim Bood, médecin sous les balles Soudain un cri: «Croix Rouge, par ici! Nous avons des blessés» TIM BOOD médecin coopérant MANAGUA, Nicaragua Ce 21 juillet 1993, il fait beau.Esteli est ensoleillée.Je m'apprête à aller à la banque quand un visiteur arrive à la maison et nous annonce, sur un ton parfaitement naturel, qu\u2019un groupe de « rearmados » (c\u2019est ainsi qu'on appelle les ex-contras ou autres guérilleros qui ont repris les armes) est en train de prendre le contrôle de la ville.Certains sont déjà à la banque, d\u2019autres au poste de police.On entend des tirs isolés.Des marchands de rue s\u2019empressent de ramasser leurs affaires pour rentrer chez eux.Des boutiquiers enlèvent leur enseigne pour éviter le pillage.Des curieux restent sur le pas de leur porte, pour observer l\u2019évolution de la situation.Les tirs s\u2019intensifient.Deux passantes, affolées, sonnent chez nous et demandent refuge.La tension est grande pour les habitants d'Esteli.Il faut dire qu\u2019ils ont en mémoire la rébellion des années 1978-79 contre la dictature de Somoza.Plusieurs témoignent encore du pire moment de ces hostilités : le bombardement, touchant aussi bien la population civile que les rebelles par les forces aériennes du dictateur équipées par les États-Unis.Mais revenons a ce 21 juillet 1993.Nous avons cru d'abord que les tirs allaient s'arrêter rapidement, une fois que les «rearmados» auraient dévalisé la banque; qu\u2019ils retourneraient ensuite dans les collines.Mais les heures passent.Les tirs continus de mitraillettes, ponctués d\u2019explosion de grenades, indiquent que les combats vont se poursuivre et peut-être pour longtemps.|e suis médecin.Malgré le danger, malgré ma crainte de laisser ma famille seule à la maison, je décide de me rendre a l'hôpital pour voir si je peux être utile.Rapidement je revois, dans un traite de medecine, les soins à donner en cas de blessures par balles.Ce ne sont pas des traitements que nous dispens-sons très souvent au Québec.Après avoir réuni un peu de matériel médical, je dessine avec un marqueur deux croix rouges sur du papier que je colle à l\u2019avant et à l\u2019arrière de ma chemise.J\u2019embrasse ma femme et mes deux filles puis c\u2019est la rue, le chaos.Des gens m'arrêtent pour me dire que je ne pourrai pas aller au-delà du premier coin de rue.Avant même de pouvoir évaluer la situation, avant même de décider si je poursuis mon chemin ou retourne à la maison, quelqu\u2019un me crie : «Croix Rouge, par ici ! Nous avons des blessés».Je m\u2019engouffre dans une maison où une douzaine de personnes entourent un soldat blessé à la cuisse par une balle qui lui a fracturé le fémur.Le blessé a besoin d\u2019une aide plus spécialisée.Heureusement, une ambulance arrive.C\u2019est avec ce soldat, tranporté par l\u2019ambulance, que je réussis à me rendre à l\u2019hôpital.La situation à l'hôpital n\u2019est guère brillante.La salle d'urgence fait face à la rue où des tirs intenses se poursuivent.Il n\u2019est donc pas question de l'utiliser.Les blessés sont installés dans le couloir arrière et y sont traités sur place.Pourtant certains cas sont critiques.Les pires étant les personnes, des civils pour la plupart, atteintes de blessures multiples de balles de mitraillette ou d\u2019éclats de, mortier.Je vois deux enfants mourir ainsi.Plus tard, dans mon département d\u2019obstétrique, deux enfants naissent.La vie rattrape les souffrances, la mort, l'absurdité.Au matin, nous assisterons même à une naissance, sur le sol de la salle d\u2019accouchement, tandis que les balles sifflent dans la rue, tout à côté.«Bienvenue dans notre monde», lance quelqu\u2019un au bébé! Vers le soir, les tirs diminuent enfin.Mes salles se remplissent de médecins et d\u2019infirmières, épuisés, venus chercher un peu de repos dans les lits où il n\u2019y a plus de patientes.Les sirènes d\u2019ambu- Tim Bood, médecin coopérant: cas de maternité au Nicaragua.lance et quelques tirs brisent le silence nocturne.Mais à cinq heures du matin, les tirs reprennent de plus belle et toute l\u2019équipe médicale s\u2019enfuit de la salle d\u2019accouchement.Les forces armées arrivent.Elles ont ordre de reprendre possession de la ville.Nous entendons des explosions au loin.Chacun s\u2019inquiète pour sa famille.Plus personne n\u2019est en sécurité.N\u2019importe qui, femme, enfant, passant innocent, peut devenir victime d\u2019un mortier mal dirigé.C\u2019est comme une loterie débile.Je tente une visite aux patients de mon service de gynécologie.Mais se déplacer dans l\u2019hôpital est devenu presque impossible.Environ 15 «rearmados» du Front révolutionnaire, des ouvriers et des paysans se trouvent dans l\u2019hôpital depuis la veille.Personne n\u2019est véritablement inquiet par leur présence mais tout le monde se demande ce qu\u2019ils font là.Ils se sont installés aux fenêtres de mon département et tirent sur les soldats qui s\u2019empressent de riposter.Pour assurer la sécurité des patients, nous les transportons donc dans le corridor où ils se serrent les uns contre les autres.J'entreprends de distribuer calmants et antibiotiques quand on me crie de me coucher par terre, seul endroit où les gens sensés se retrouvent dans un moment pareil.Une jeune homme nerveux, tenant une grenade à la main, frappe à la porte vitrée.Une infirmière avisée lui crie: «Les grenades ne sont pas autorisées dans la salle d\u2019accouchement! * Contre toute attente, il fait demi-tour.Le travail se poursuit.Pendant que nous transférons des patientes en train d\u2019accoucher, les vitres volent en éclats et nous forcent à nous réfugier dans les salles de toilette.Pour me protéger la tète, j\u2019utilise un urinoir.Plus tard, quand je raconterai cette anecdocte à mes collègues, ils manqueront mourir.de rire! Un peu plus tard, les tirs se calment et nous sortons de nos cachettes.Presque 24 heures après le début des combats, je réussis à quitter l\u2019hôpital.Dehors, malgré les risques, des centaines de personnes errent à la recherche d\u2019ami ou de parent.C'est la désolation.Esteli, Nicaragua, 22 juillet 1993.Le bilan est lourd.Au moins 22 personnes ont été tuées et 98 blessées, la grande majorité sont des civils.Ce qui s\u2019est passé ce jour-là à Esteli peut être qualifié d\u2019explosion sociale provoquée par le désespoir, la pauvreté et la faim.La situation dans laquelle est actuellement plongé le Nicaragua est la conséquence directe d\u2019une guerre contre les Contras ; une guerre dans la guerre où les États-Unis ont investi 500 millions de dollars.Économie agonisante, pertes de vie, souffrances diverses sont les résultats les plus flagrants et les plus dramatiques de ces conflits.Pourtant, convaincus que leur révolution les conduira vers une société plus juste et de meilleures conditions de vie, les Nicaraguayens tiennent le coup.Et depuis dix ans! Imaginez un peu ce qu\u2019on aurait pu faire avec les cinq cents millionsS américains.Construire le pays plutôt que le détruire.Le Nicaragua a besoin de nous, de vous ! II \u2022v.v\t::y:¦ SS»»*: iliipPi ?' I n e\\ ' i\t\t«§§5.I \" G y.w ¦ \u2022¦MjsSBæfe \t 14 MONTRÉAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-OUÉBBC DANS LM MONDA Traverser la crise haïtienne Un programme en sept points, avec OXFAM-America ANDRÉE GILBERT responsible du programme d'OXFAM-Outbec en Haiti A pied d'oeuvre en Haiti depuis une dizaine d\u2019années, OXFAM-Qué-be«: « intensifié son aide auprès des personnes les plus pauvres en 1989.Malgré In crise politique qui secoue le pays depuis le 30 septembre 1991, OXFAM-Ouebec est demeuré sur le terrain, appuyant sans relâche les efforts des groupes et organismes démocratiques invesussant dans le développement durable du pays.Dans un pays déchiré où les pauvres sont encore plus pauvres, où la terre ne suffit plus à nourrir les enfants, où la « Quand on est étranger et qu'on ne sait quoi faire, il faut offrir son amitié, sa solidarité et sa fraternité.» \u2014 Pierre BOURGAULT Le Devoir, octobre 93 mer gagne chaque jour sur le sol dénudé, où les soins de santé se font de plus en plus rares, où les droits de la personne sont quotidiennement bafoués, la position d'OXFAM-Québec reste résolument la même maigre les blocus internationaux qui se succèdent intensifier son appui au peuple haïtien qui, plus que jamais, a besoin de toute \u2019\u2019aide possible.Quatre personnes assurent en permanence la présence d'OXFAM-Québec dans le pays.Tous partagent sur une base quotidienne les joies et les souffrances d\u2019un peuple attendant le jour où il pourra prendre en main sa destinée.Face à l\u2019ampleur de la tâche à accomplir, deux membres de la famille OX-FAM-lmernational convenaient pour la toute première fois de leur existence d'unir leurs efforts en septembre dernier.Travaillant de concert avec le bureau de coordination de Port-au-Prince, OXFAM-Québec et OXFAM-America accouchèrent d\u2019un programme conjoint couvrant sept points prioritaires visant à aider les réfugiés, mettre en valeur le secteur agricole, relancer les soins de santé et les communications, appuyer les femmes porteuses de changement social, mettre sur pied des groupes d\u2019intervention populaire et promouvoir les droits de la personne Les rapatries et les réfugiés En 1991, OXFAM-Quebec a participé a un programme d\u2019urgence venant en aide à 65 000 personnes déportées manu militari de la République dominicaine.Ces personnes vivaient dans un état de quasi-esclavage.Aide alimentaire, hébergement, soins médicaux, éducation des enfants, formation des adultes, aide économique et juridique, tout était â faire.Malgré nos efforts, le quart de ces personnes vivant dans des conditions insalubres nécessitent toujours notre aide alors que se profile l\u2019ombre d'une seconde déportation massive Secteur agricole OXFAM-Québec concentre son aide agricole dans le Nord-ouest du pays, là où les paysans sont condamnés à se -HEUREUX DE MOI AV 1)1-.t i K A N, I } 11K I C >( >1 )IN\t101 Kl.rut Jt la ftauihrlirrt OutO Hurt au .\u2019\u2018MM.Muatria/.1lluthrt H ill ! AVfX.A I S\tiéliphum (ÎI4) H7H-4.il I Tilânpteur < 114/ H 'H till nourrir de racines pour survivre.Il est impérieux d'accroître la production agricole de cette région la plus pauvre d\u2019Haiti, d\u2019augmenter le cheptel animal et de subventionner l\u2019achat d\u2019outils, de semences et d\u2019engrais afin que les paysans puissent assurer le plus rapidement possible leur autosuffisance alimentaire.Également, suite au naufrage du Neptune en février dernier, naufrage qui a fait plus de 2000 victimes parmi les habitants de la région de Grande Anse, il est impératif d\u2019apporter toute l\u2019aide économique possible aux proches des survivants ayant perdu tout pouvoir d'achat suite à la noyade des petits commerçants disparus corps et âmes avec le produit des récoltes et l\u2019argent du peuple Soins de la santé Comment est-il possible qu\u2019une population demeure en santé là où il n\u2019y a pas d\u2019eau potable?Dans le Sud et le Sud-Est du pays, là où femmes et enfants doivent marcher des heures durant pour approvisionner leur famille en eau potable, il faut remettre en place l\u2019ancien système d\u2019approvisionnement démantelé par les militaires et dévelop- per un nouveau système de traitement des eaux usées.Communications et société Comment un peuple privé d\u2019information objective peut-il évoluer sainement dans un société juste?OXFAM-Québec appuie sans réserve la mise sur pied de réseaux d'information au service de la nation haïtienne.Les organisations populaires ayant vu le jour au lendemain du départ de |ean-Claude Duvalier en février 1986 ont été démantelées lors du putsch militaire de 1991 Ces organisations constituées principalement de femmes actives socialement sont essentielles à l\u2019avancement et au développement durable du pays.Sans elles, la démocratie ne pourra jamais prendre racine en Haiti.Dans un pays où les militaires régnent en maîtres, tout reste à faire quant aux droits de la personne.«Quand on ne sait plus quoi faire, il reste à formuler une exigence : celle du respect (.) Quand on est étranger, le combat pour la justice et la liberté ne saurait nous être étranger», disait Pierre Bourgault.Qucbon est la marque de creme glacée la plus vendue chez nous.Mieux encore, e'est la plus grande marque de produits laitiers qu\u2019on retrouve sur nos tables, jour apres jour.(,c grand nom synonyme de qualité est signe Natrel.%0 -u l)e loin une des plus importante société laitière du Québec, forte de quelque I 400 employés et 000 agents distributeurs, Natrel offre du lait et de La force du lait nombreux produits laitiers Irais ou glaces, sous plusieurs grands noms réputés, dans une multitude de formats et de saveurs.Son envergure, son service et, surtout, sa vitalité en (ont un partenaire énergique et stimulant du secteur agroalimentaire québécois Natrel est la grande force de notre industrie laitière Natrel iaval Turdèlicc MONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 15 OXFAM-QUÉBEC DAMS LS Mi Un vétérinaire qui parle d\u2019amour La joie de voir l\u2019espoir s\u2019épanouir dans le visage de milliers de gens GUY-ALEXANDRE BANVILLE vtttrinam.coopérant d\u2019OXFAM-Québcc BELED WEYNE.Somalie in novembre 92: l\u2019ambiance des fêtes colore de plus en plus mon quotidien à la faculté de médecine vétérinaire.À la télévision, la crise en Somalie fait régulièrement la manchette aux nouvelles: famine, sécheresse et guerre civile affligent toute une population.Tout cela semble si loin du Québec et de mon douillet logis.Le téléphone d\u2019une amie ce 24 novembre 92 changera bien des choses: recruté comme superviseur-vétérinaire par OXFAM-Québec, je suis devenu l\u2019un des nombreux acteurs d\u2019une vaste opération de secours d\u2019urgence en Somalie.Grâce à un fonds du gouvernement canadien, à l\u2019appui du public et à la Fondation lean Coutu, OXFAM-Québec s\u2019est engagé en novembre 92 à reprendre une partie du programme vétérinaire d\u2019urgence mis en place par le Comité international de la Croix-Rouge.Il peut sembler étrange de parler de programme vétérinaire pour un pays souffrant de la famine et de la guerre civile, mais il ne faut pas oublier que pour la Somalie, les cheptels de petits ruminants, bovins et chameaux constituent la princi- pale source alimentaire et la base vitale de l\u2019économie.L\u2019équipe d'urgence d\u2019OXFAM-Qué-bec est alors composée de trois coopérants: une administratrice logisticienne, Claudette Chevrette-Naud, basée à Nairobi, un gestionnaire de projet, Guy Naud et moi-même affectés sur le terrain.Notre base est établie à Beled Wey-ne, à quelque 350 km au nord de Mogadiscio, et on couvre tout le territoire de la province d\u2019Fliran (environ 30 000 kmQ.À la mi-décembre 92, c\u2019est maintenant mon paisible quotidien qui semble bien loin de mon nouvel environnement somalien mais l\u2019esprit des fêtes m\u2019envahit alors dans son sens le plus profond car la notion de partage et d\u2019amour embaume mon engagement humanitaire.La Somalie se révèle à nous au jour le jour.Contrée aride où la pluie fait le beau temps, pays déchiré par une soif de liberté qui déstabilise une structure clanique traditionnelle assurant autrefois paix et équilibre social.Mais en même temps, ce peuple si fier, pour qui la survie fait partie de la réalité quotidienne depuis des siècles, se dévoile à travers sa poésie et sa culture.Le contraste est saisissant et fascinant.|e me souviendrai n E3 Gouvernement Q Q du Québec Nous sommes tous responsables À Hire de ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec, il me fait plaisir de souligner le 20e anniversaire de fondation d\u2019OXFAM-Québec, un organisme qui se dévoue sans relâche pour trouver des solutions au problème de la faim dans le monde.Si nous.Québécoises et Québécois, profitons en général d\u2019une excellente sécurité alimentaire, on ne peut en dire autant d'une large proportion de la population de la planète.En effet, les statistiques révélent que la distribution inéquitable des denrées alimentaires provoque, toutes les minutes, la mort de 24 personnes, majoritairement des femmes et des enfants.Nous avons tous et toutes, individuellement et collectivement, une responsabilité à assumer face à une situation aussi criante, dont l\u2019urgence n\u2019est plus à démontrer.N\u2019oublions pas que pour plusieurs millions de personnes à travers le monde, l\u2019insécurité alimentaire est une réalité quotidienne.C\u2019est pourquoi il est important d\u2019appuyer des organismes comme OXFAM-Québec qui travaillent, souvent sur le terrain, à améliorer les techniques agricoles ainsi que les conditions de vie générales de peuples moins nantis.Le ministère que je dirige participe aussi, dans la mesure de ses moyens, à ce vaste mouvement visant la sécurité alimentaire pour tout le monde.Depuis plusieurs années, des spécialistes du ministère effectuent des stages à l\u2019étranger afin d\u2019aider ces populations à se prendre en mains et à développer une agriculture qui leur permette de subvenir à leurs besoins alimentaires tant physiquement qu\u2019économiquement pour mener une vie active et saine.Yvon PICOTTE Ministre de l'Agriculture toujours de cet ami nouvellement rencontré qui m\u2019explique entre deux blagues et de larges sourires comment son frère s\u2019est fait tuer la semaine précédente.La mort est une fatalité qui donne à la vie son sens le plus profond.Énigmatique Somalie Dans ce pays en tourmente, mon travail me donne l\u2019opportunité de scruter les multiples facettes de l\u2019énigmatique faciès somalien.Énigmatique car il y a peu de points de repère dans cet univers mulsulman et nomade pour l\u2019Occidental que je suis.La religion assure tant l\u2019hygiène mentale que physique et détermine les jalons de l\u2019ordre social.Les nomades pastoraux se déplacent en sous-groupe et leur transhumance est régie par la quête incessante d\u2019eau et de nourriture pour le cheptel.Un conseil d\u2019anciens a pour rôle de régler les litiges et de prendre les décisions collectives et en cas de conflit majeur, c\u2019est au roi, le UGAS, autorité traditionnelle suprême, qu\u2019on demande de trancher.Notre campagne de vaccination et de traitements me fait côtoyer aussi bien ces Somaliens hautement éduqués qui travaillent avec moi que ces nomades profondément enracinés dans un style de vie ancestral.En fait, la guerre a frappé beaucoup plus durement la classe citadine et intellectuelle qui fait maintenant face aux ruines et a la désolation que ce peuple de nomades endurcis pour qui guerre, sécheresse et famine ne représentent que des épreuves supplémentaires à surmonter.Le programme vétérinaire est très populaire car pour un éleveur, son cheptel représente son bien le plus précieux, sa source et sa raison de vivre.L\u2019accueil est toujours cha- leureux et l\u2019hospitalité me fait souvent oublier les conditions difficiles et les risques élevés de mon travail.Toutefois, la présence de mes gardes bien armés, chargés d\u2019assurer notre sécurité, me ramène à la réalité de mon contexte d\u2019intervention.Les mois passent et c\u2019est l\u2019accalmie après la tempête.L\u2019aide internationale a jeté un baume sur les plaies et le caractère d\u2019urgence s\u2019évanouit dans les pages de l\u2019histoire humaine.La métamorphose qui s\u2019est opérée lors de ces dix derniers mois est incroyable.À Beled Wey-ne, la vie économique et sociale a repris son cours, les rues et les marchés débordent de vie, les enfants bien nourris jouent et gambadent partout, les écoles rénovées sont bondées et des tournois de soccer font partie des activités parascolaires.On se sent loin du spectre de la famine et des conflits armés qui hantaient les rues désertes quelques mois auparavant.En province, plusieurs dizaines de milliers de nomades ont pu bénéficier du programme vétérinaire d\u2019urgence d\u2019OXFAM-Québec et l\u2019objectif d\u2019accroître la sécurité alimentaire semble etre atteint.Aujourd'hui, j\u2019écoute de nouveau des cantiques de Noël avec un soupçon de nostalgie et je revis cette dernière année riche en émotions avec le sentiment d\u2019avoir grandi, l'entame la dernière phase de mon engagement en Somalie et bientôt je passerai le relais à mon successeur avec le sentiment du devoir accompli.Le travail dans le secteur d\u2019urgence est très exigeant mais les résultats sont immédiats et voir l\u2019espoir s\u2019épanouir dans le visage de milliers de gens, je ne connais rien de plus gratifiant.Nos félicitations à OXFAM-QUÉBEC pour ce 20e anniversaire, une étape majeure de votre histoire.A.Lossonde Inc.lossoncto Rougemont Oasis, Fruité et Del Sol SOLIDES\tCHEZ\tNOUS\tUPA PRÉSENTS\tPARTOUT\tISgB tSÈÊMP\tL'Union des producteurs ^\tagricole 16 MONTRÉAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-QUÉBEC DAMS LS MONDE Le Con»e\u2014 (l'OXMM-OMÉBBCv 1991-1994 Pour intervenir avec efficacité La fusion a permis de réduire sensiblement les coûts Président IEAN-PIERRE CHARBONNEAU lournaliste et animateur, ex-coopérant en Afrique ' et ex-député à l'Assemblée Nationale du Québec 1\tère vice-presldentè NICOLE ST-MARTIN Directrice des programmes de formation.Institut de recherche et d'enseignement pour les coopératives de l'Université de Sherbrooke 2\te vice-président FRANÇOIS MERCIER Consultant en management, Centre de formation et de consultation ( Groupe CFC) Trésorier ' FERNAND ROY Vice-président exploitation.Vidéotron -Québec Secretaire GILLES BESNER Directeur du développement organisationnel, Union des producteurs agricoles les administrateurs MURIEL Dl BATTISTA Secrétaire, Comité exécutif de la Ville de Montréal GINETTE FORGUES , Directrice de l\u2019administration.Institut Mondial EDI FRANCINE JACQUES Agente d'information.Université du Québec à Montréal MICHELINE JOURDAIN Directrice de la vie professionnelle et socio-poli tiq ue.Centrale de l\u2019enseignement du Québec DENIS L'HEUREUX Directeur de la promotion santé et bien-être, Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec PIERRE PAQUETTE Secrétaire général, Confédération des syndicats nationaux VICTOR PICHÉ Directeur du département de démographie, Université de Montréal LOUISE PLAMONDON Conseillère en gestion et directrice de l'Association des femmes d'affaires de l'ouest de File de Montréal GÉRARD RANCOURT Courtier en assurances \u2022 LOUISE SURPRENANT Enseignante en cinéma et conseillère-analyste en audiovisuel et en communication.Université du Québec à Montréal PIEIME VÉRONNEAU directeur general.OXFAM Quebec Pour la nouvelle direction d\u2019OX-FAM-Québec, deux objectifs priment: qualité et efficacité d\u2019intervention d\u2019une part, et d\u2019autre part, gestion rigoureuse des fonds qui nous sont octroyés par la population du Québec.Depuis un an, OXFAM-Québec a changé.Ce «nouvel OXFAM», né d\u2019un leadership renouvelé et de l\u2019association avec trois autres organismes de coopération internationale ( OCSD, AMI et SEE), s\u2019est doté de moyens encore plus adéquats pour réaliser sa mission: solidarité et développement international.OXFAM-Québec est une organisation de développement international à laquelle la population du Québec a constamment démontré son attachement depuis sa fondation en 1973.Avec ce nouveau regroupement, les Québécois se dotent d\u2019un outil de travail encore plus pertinent et plus efficace dans un monde en pleine mutation; un monde dans lequel OXFAM-Québec contribue, notamment, à l\u2019émergence des sociétés démocratiques et respectueuses des droits individuels et collectifs, conditions indispensables à un développement réel et durable.Gestion rigoureuse Avec ses nouvelles structures corporatives et organisationnelles, OXFAM-Québec, je peux le certifier, est en mesure de bien administrer les ressources humaines, matérielles et financières qui sont beaucoup plus importantes qu\u2019au-paravant, mais cependant mieux intégrées.Déjà, grâce aux associations et aux regroupements effectués, d\u2019importantes économies ont été faites et de nouveaux mécanismes de contrôle financier sont en place.Cela nous permet de réaliser des interventions à des coûts administratifs réduits et de transférer plus de ressources vers les populations du tiers monde.Au chapitre des coûts de levées de fonds en particulier, ceux-ci ne représentent que 8,919 des revenus recueillis et des subventions supplémentaires directement obtenues grâce à ces dons.Par rapport à l\u2019ensemble de nos revenus, qui englobent également les financements de nos différents programmes, les coûts de la levée de fonds s\u2019élèvent à 2,2%.Incontournable efficacité Tant au Québec que dans le reste du monde, les changements des dernières années exigent d\u2019une organisation de développement international d\u2019ètre encore plus performante et plus à même de réagir rapidement et avec pertinence aux défis qui lui sont lancés.A ce chapitre, la mobilisation de ressources polyvalentes, de ressources financières significatives, la réalisation d'activités de communication et d\u2019information efficaces et le développement de systèmes de gestion toujours plus efficients figurent parmi nos priorités.¦ 1 Expérience, expertise et engagements sont les atouts principaux de notre organisation dont la crédibilité repose non seulement sur ses actions mais aussi sur des facteurs fondamentaux: des membres qui croient en sa mission et qui s\u2019impliquent, des administrateurs bénévoles compétents venant de tous les horizons de notre société, un personnel expérimenté et efficace.Le nouvel OXFAM-Québec s'est aussi doté de mécanismes de contrôle et d'évaluation qui lui permettent de suivre l\u2019évolution des projets, de s\u2019assurer de leur impact, de leur efficacité, de leur intégration et de pratiquer une saine gestion.Sur le terrain, deux autres facteurs contribuent essentiellement au succès des projets: des partenaires nationaux qui sont la base de notre travail et des coopérants volontaires \u2014 plus de 200 dans le monde \u2014 qui exercent leur compétence en étroite liaison avec ces partenaires.Avec cette équipe dynamique au Québec et à l\u2019étranger, OXFAM-Québec peut aussi réaliser un autre volet de sa mission : la sensibilisation et l\u2019éducation du public québécois au développement et chercher ainsi à influencer les politiques canadiennes et québécoises en matière de relations internationales et d\u2019aide au développement.Dans notre «village planétaire», les problèmes vécus par les populations des pays en développement affectent nos propres conditions de vie.Si nous connaissons mieux ce qui se passe ailleurs, nous pouvons travailler plus efficacement à un développement plus équitable et à un meilleur partage des richesses.Nous partageons un avenir commun et OXFAM-Québec participe directement à la construction de ce monde.On ne peut savoir et se taire.20' (ummMoàê de OXFAM-QUÉBEC RAYMOND, CHABOT, MARTIN, PARÉ LA FORCE DU CONSEIL « MONTREAL.SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 17 OXFAM-QUÉBBC DANS LS MOUDS OXFAM-Québec dit merci Toute l'équipe d\u2019OXFAM-Québec tient à remercier très sincèrement les organismes et entreprises qui ont accepté de commanditer ce cahier spécial.Ce merci s\u2019adresse d\u2019abord aux propriétaires et éditeurs de journaux qui diffusent aujourd\u2019hui ce cahier.Leur contribution a permis à OXFAM-Québec d\u2019auto-financer cette importante opération de sensibilisation du public québécois.OXFAM-Québec remercie tout spécialement La Presse et son président-éditeur, M.Roger D.Landry, dont l\u2019appui a été déterminant pour la réalisation de ce projet.Le comité de production de ce cahier spécial tient également à exprimer sa reconnaissance à toutes les personnes qui ont collaboré à la conception et à la rédaction de ce document, principalement nos collègues en poste à l'étranger, les responsables outre-mer et les permanents du siège social.Un merci tout particulier à Réal Pelletier, de La Presse, qui a assuré bénévolement la coordination de ce cahier et qui en signe la conception graphique et la mise en page ; à Jocelyne Patelle, de La Presse qui a conçu la une de ce cahier; au photographe Luc Simon Perrault, de La Presse également à qui Ton doit notamment la photo de la une ; à facques Chassé, qui a assuré le montage de ce cahier en atelier; à Réjean Tremblay enfin qui nous a prêté son talent et sa plume.OXFAM-Québec veut aussi remercier Tim Brodhead, exdirecteur général du Conseil canadien de la coopération internationale, pour sa précieuse collaboration.Pour terminer, nous remercions également les entreprises suivantes pour précieuse collaboration : DOMTA R, Publicité Martin, Strategem Communications et Vidéotron et sa filiale f.P.L.A toutes les personnes, les entreprises et les institutions qui ont permis cette réalisation, l\u2019équipe responsable de ce cahier chez OXFAM-Québec \u2014 fean-Pierre Charbonneau, Marie-Odile Vézina et Francine facques \u2014 tient, au nom de l\u2019ensemble d\u2019OXF AM-Québec, à faire savoir sa profonde gratitude.1+1 canadienne de\tCanadian International international Development Agency L'histoire d'une chaîne.une chaîne dont les premiers maillons commencent en Asie, en Afrique ou dans les Amériques et dont le dernier maillon s\u2019appelle l\u2019ACDI \u2014 l\u2019Agence canadienne de développement international chargée de gérer la plus grande partie du programme canadien d\u2019aide.Ce premier maillon peut s\u2019appeler Kaibigan, ou Association rwandaise de développement intégré ou bien encore Casas de la Mujer.Ce sont des organisations non gouvernementales nées des besoins et du dynamisme des populations locales ainsi que de leurs traditions.Elles sont aux Philippines, au Rwanda ou au Nicaragua, ou bien ailleurs.En fait il y en a partout dans le monde.Quand l\u2019association Kaibigan a eu besoin d\u2019aide pour offrir un abri aux enfants de la rue de Manille, elle s\u2019est adressée à OXFAM-Québec.Kaibigan ne pouvait apporter à ce projet que son travail, sa bonne volonté et la participation de la collectivité.Il fallait de l\u2019aide d\u2019ailleurs.Pourquoi OXFAM-Québec?Parce que l\u2019organisation est connue dans la région depuis de nombreuses années, y a déjà un passé de collaboration et a de l\u2019expertise dans le domaine.Ensemble les deux ONG élaborent un plan d\u2019action pour la construction et la gestion d\u2019un centre d\u2019accueil pour les enfants.Les prochains maillons dépendent de la générosité des Canadiens.C\u2019est auprès d\u2019eux qu\u2019OX-FAM-Québec va chercher les premiers fonds.Enfin, c\u2019est au tour de l\u2019ACDI d\u2019entrer en jeu en donnant une contribution importante à OXFAM-Québec.La mise en oeuvre peut commencer.Par cette voie non gouvernementale, en 1991-1992, l\u2019ACDI a contribué une somme de 366 millions de dollars aux projets de développement des organisations et institutions canadiennes.L\u2019ACDl facilite ainsi le partenariat entre ONG canadiennes et ONG des pays en développement \u2014 partenariat fondé sur des rapports d\u2019égalité et un respect mutuel.OXFAM-Québec: un peu d'histoire.1942 ¦ La famille OXFAM nait en Grande-Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale lorsqu\u2019un groupe d\u2019universitaires secoués par la famine qui afflige la Grèce fonde le OXford Committee for FAMine Relief.1950 ¦ Après la guerre, constatant la pertinence de ses interventions, l\u2019organisation adopte le nom OXFAM et choisit d\u2019appuyer les plus démunis des pays pauvres dans leurs efforts de survie et de développement.1960 ¦ La création, par l\u2019Angleterre, d\u2019un ministère du Développement international, frappe l\u2019imagination de l\u2019Occident.Une attention nouvelle pour le tiers monde engendre la famille OXFAM internationale: OX-FAM-Belgique, puis OXFAM-Canada en 1963.1970 ¦ Avec la crise du Biafra, puis celle du Bangladesh, la famille OXFAM s\u2019étend en Australie, aux États-Unis et à Hong Kong.Au Québec, la section régionale d\u2019OXFAM-Canada qui, depuis 1968, a un bureau permanent identifié OXFAM-Québec, se donne pour mandat d\u2019intéresser la population francophone.Autour du frère Raymond Cournoyer et de ses recrues Pierre Rivard, Jean Perreault et lean Foisy-Marquis, se constitue une équipe dont les figures les plus connues sont Yvon Deschamps, Guy Latraverse et Pierre Marc Johnson.En 1971, la section québécoise obtient le droit de mener des levées de fonds parallèles sur son territoire et d\u2019en consacrer le produit à des projets de son choix.1973 ¦ À l\u2019automne 1973, sans heurt, OX- FAM-Québec acquiert son indépendance et devient, avec l\u2019assentiment de tous, un membre à part entière de la famille OXFAM Internationale.Assez rapidement, l\u2019organisme s\u2019impose comme un acteur majeur de la coopération internationale québécoise et canadienne.Portée, entre autres, par Yvon Deschamps, OXFAM-Québec devient enfant chéri des Québécois et une véritable institution nationale.1992 ¦ À l\u2019automne 1991, au moment où s'amorce la célébration du 50e anniversaire de la famille, une crise secoue OXFAM-Québec.En mai 1992, une équipe de sauvetage dirigée par le président actuel |ean-Pierre Charbonneau, de retour de deux ans en Afrique, entreprend de relancer l\u2019organisme.L\u2019opération, bien accueillie dans tous les milieux, se solde par un franc succès.Des pourparlers d\u2019association s\u2019amorcent avec l\u2019Organisation canadienne pour la solidarité et le développement ( OCSD ) et sa filiale Solidarité Europe de l\u2019Est (SEE), ainsi qu\u2019avec l'Assistance médicale internationale (AMI).En juin 1993 naîtra un nouvel OXFAM-Québec, fusionné avec les trois organismes précités.1993 ¦ Au printemps, une délégation de la famille OXFAM internationale vient à Montréal évaluer l\u2019opération de sauvetage et de relance.Elle conclut au succès de la réorganisation.Avant la crise, OXFAM-Québec ne disposait que d\u2019un seul bureau outre-mer, avec une coopérante sur le terrain en Haiti.Essentiellement, OXFAM-Québec était un organisme de financement de projets réalisés et supervisés par d\u2019autres sur le terrain.Désormais, l\u2019organisme dispose de 15 bureaux dans le tiers monde et d\u2019une équipe de 200 assistants techniques \u2014 les coopérants volontaires \u2014 oeuvrant à l\u2019étranger tant pour le développement que pour l\u2019aide aux victimes de guerres ou de cataclysmes naturels.Félicitations à Oxfam! BANQUE LAURENTIENNE DEPUIS 1846 18\tMONTREAL, SAMEDI 27 NOVEMBRE 1993 OXFAM-QUÉBEC DAMS LS MONDA J g appuie OXFAM-Québec parce qu\u2019au cœur de ses préoccupations, il y a l\u2019amélioration des conditions de vie des enfants qui souffrent dans le tiers monde.À chaque fois que je chante Y a des enfants, de jean-Paul Dreau, je pense à tous les enfants d\u2019ailleurs «qui ne grandiront jamais».Comme dit la chanson: «Dans leur ville de sang, leur chagrin est muet.» je pense aussi à ces enfants victimes de la guerre qui sont déjà trop vieux.Comme mère et comme femme, je ne peux pas accepter cela sans rien dire et sans rien fai- Ginette RENO Charité bien ordonnée commence par soi-même.C\u2019est ce qu\u2019on dit.La planète se fait de plus en plus petite.L\u2019Asie, l\u2019Afrique.c\u2019est juste à côté.La Bosnie, tout le monde en parle, c\u2019est dans notre cour.Et si, au lieu de «juste en parler», on leur tendait la main?Si, concrètement, on faisait quelque chose?Même si c\u2019était rien que pour apaiser notre conscience?Au fond, la seule vertu c\u2019est d\u2019aider les autres.Moi, je fais confiance à OXFAM-Québec.je sais qu\u2019avec OX-FAM, ça va se rendre.______ jean-Pierre COALLIER Par l\u2019entremise d\u2019OXFAM-Québec, j\u2019ai passé une semaine en Haiti en 1991.Guidé par leur déléguée, j\u2019y ai rencontré plein de gens, j\u2019y ai vu plusieurs réalisations concrètes et j\u2019ai constaté la grande misère des camps de réfugiés haïtiens, chassés des «ba-teys».Cette semaine m\u2019a convaincu de l\u2019absolue nécessité des ONG dans notre monde cruel.Au retour, le scandale qui a éclaté autour de l\u2019administration d^OXFAM-Québec de l\u2019époque a bien failli me décourager complètement de toute coopération avec quelqu\u2019organisme humanitaire que ce soit, j'ai donc suivi avec grand soin mais de loin la lourde tâche qu\u2019a entreprise jean-Pierre Charbonneau de transformer et d\u2019assainir les pratiques administratives d\u2019OXFAM-Québec et de redorer son blason.Il semble avoir pleinement réussi.C\u2019est donc de tout cœur que j\u2019accorde de nouveau mon appui et mon soutien à OXFAM-Québec.Pierre CURZI ^ «p m.Nous nous plaignons sans cesse alors que nous avons tout, ou presque tout.Eux n\u2019ont rien, mais on ne les entend pas se plaindre car ils n\u2019ont même pas assez de force pour crier ou supplier.Nous savons que ce que nous donnons n\u2019est qu\u2019une goutte d\u2019eau dans leur océan de misère, mais nous ne pouvons pas ne pas le faire.Question d\u2019humanité.Claire LAMARCHE «Il s'agit de servir la dignité de l'homme par des moyens qui restent dignes, au milieu d'une histoire qui ne l'est pas.» \u2014 Albert Camus Bravo pour ces 20 ans de générosité et de partage ! Continuez dans cette belle voie d\u2019espoir.(\u2014~Mliuu t teihniqut' Kiiuiikciih iiI de projets \" i«K>penAnLs volonUires 810,000 S IGVPTI / PALESTINE TERRITOIRES OCCUPÉS \\.vsisUme technique Kinancement de projets 13 UM>penuiLs »olonUire> 364.000 $ HAITI Seeour» d'urgence tvsisume technique Financement de projets S c«M>perant> tolontaires 289.000 $ NIGER Assistance technique Financement de pntjets 2 c(M>perants->olontaires 86,000 S O » ^ ^ MALI Financement de pntjets 60.000$ _ \t\t NICARAGUA\t\t Assistance technique\t\tBURKINA FA$0 Financeaient de pntjets\t\tAvsistance technique 16 coopérants-volontaires\t-Ai\tFinancement de projets 44\".000$\t\t16 ciHtperants-volontaires \t1 1\t\t El SALVADOR Assistance technique Financement de pntjets S coopérants-volontaires IU .000 $ SOUDAN SUD Financement de pntjets 10.000 $ CHINE Avsistance technique Financement de pntjets 3 cmtpéranls-vstlonlaires 61.000 $ Assistance technique Financement de pntjets citopéranl-volontain* 6.S00S ï0msm Avsistance technique Financemcnt de projets 3 citoperanLs-volontaires 160.000 $ Secours d'urgence 3 coopérants-volontaires éIT.OOO $ BANGLADESH Financemc-nt de projets 100.000$ 0 - BOLIVIE Assistance technique Financement de projets 21 coopérants-volontaires 423.000 $ Grands pntjets Avsistance technique Financement de projets U coopérants-volontaires \" 30.000 $ CAMEROUN\t\t) ^ Grands projets\th\tRWANDA Assistance technique\ts
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