La presse, 4 décembre 2014, Cahier A
[" Montréal jeudi 4 décembre 2014 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique 131e année No 40 60pages, 4 cahiers 1,00$ taxes en sus - Édition provinciale 1,10$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées LA PRESSE POLYTECHNIQUE 25 ANS PLUS TARD DANS LA TÊTE DESTUEURS DE MASSE Quelles pensées les hantent?Et comment en arrivent-ils à passer aux actes?PAGES A4 ET A5 PHOTOMONTAGE LA PRESSE ACCUSÉ D\u2019AVOIR VOULU DEVENIR TERRORISTE Pour la première fois au Québec, un citoyen vient d\u2019être accusé au criminel d\u2019avoir tenté de quitter le pays afin de participer à une activité terroriste à l\u2019étranger.PAGE A6 ACHTUNG BABY! U2 de retour à Montréal en juin.ARTS PAGE A28 i\u2014 - PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE 10 SPECTACLES \u2022 \u2022 DE NOEL ARTS PAGE A27 T : Æv v-:OV'''L /\tsï mm 1931-2014 .-'yj ¦ »! -.S t .>k-: '-'.-T'j.NOTRE CAHIER SPÉCIAL À CONSERVER Un géant s\u2019est éteint.YVES BOISVERT BÉLIVEAU, L\u2019ENTRÉE DANS\t1 LA MODERNITÉ PAGE A2 \"\ti\t:\tml PHILIPPE CANTIN LA CONSCIENCE DU CANADIEN SPORTS RONALD KING LE HOCKEYEUR QUI LISAIT DES LIVRES SPORTS ANDRÉ PRATTE MONSIEURCANADIEN DÉBATS PAGE A24 KENDRYDEN .UN GENTILHOMME EXEMPLAIRE DÉBATS PAGE A25\t¦ Cb» ., \\ : ¦ o- ¦\t-\t¦ ' ., \u2022\u2022\t: JEAN-PHILIPPE DÉCARIE RECEVOIR UNE PASSE DU GRAND JEAN BÉLIVEAU AFFAIRES 9æ ¦O* -s- ¦ :.' \u2022 \u2014- V;.V\u2014 3*® ¦ : - 1 PHOTO MICHEL GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE MON CLIN D\u2019ŒIL STÉPHANE LAPORTE Si le CH n\u2019a pas de capitaine, le ciel en a maintenant un.CUBA Venez voir mon blogue! www.lapresse.ca/laporte L-V 621924 98765 1 SES IDEES CHANDAILS ÀPARTIRDE 39,98$ ef«f N\u2019OUBLIEZ PAS VOS CARTES-CADEAUX *Détails en magasin.621924987651 A 2 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn JEAN BÉLIVEAU 1931-2014 Centrée dans la modernité YVES BOISVERT CHRONIQUE Richard, Béliveau, Lafleur.Un par décennie.Tous liés par le fil d'or de la tradition et du mythe.Trois rois d'une dynastie québécoise.Et trois époques du Québec.Jean Béliveau a succédé à Maurice Richard un peu comme Gilles Vigneault a pris le relais de Félix Leclerc.Après la période sauvage et héroïque du pionnier venait une sorte d'entrée dans la modernité.Maurice Richard quitte le Canadien en 1960, au moment où le Québec entreprend un grand virage de scolarisation et de prise de contrôle de son économie.Jean Béliveau devient le capitaine.Même si c'était à son corps défendant, M.Richard avait symbolisé autant la réussite exceptionnelle dans un environnement hostile que la révolte d'un peuple exclu du pouvoir économique.Le joueur qui se fait refuser un congé, même s'il est fourbu après une journée de déménagement (qui imagine des joueurs de hockey déménager leurs meubles aujourd'hui?).Et qui marque cinq buts, fait trois passes.Le joueur suspendu pour la fin de la saison et pour les séries éliminatoires, en 1955, l'émeute du Forum qui suit.Il gagnait même quand tout conspirait contre lui.Jean Béliveau paraît aux antipodes.Richard joue avec une sorte de fureur, d'instinct, il explose.Béliveau est fluide et élégant, plus cérébral.PHOTO DOUG BALL, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Jean Béliveau, Guy Lafleur et Maurice Richard : trois rois d\u2019une dynastie québécoise.Et trois époques du Québec.Ceux de ma génération qui n'ont d'autre souvenir qu'un très, très gros chiffre imprimé très, très gros dans le journal en 1971 (500e but!) ont connu le sage qui veillait aux destinées de la famille.L'homme de « la compagnie ».M.Béliveau était un employé de Molson pendant la saison morte dès son embauche ; dès sa retraite, il devient cadre du Canadien et termine sa carrière comme vice-président aux affaires sociales.On a fini par voir en lui surtout ce gentilhomme bienveillant.Il était entouré d'une admiration presque religieuse.Je me souviens, stagiaire, que le pupitre des sports avait corrigé « le gros Bill » par « le Grand Bill », dans un texte que j'avais fait sur sa fondation.Un peu de respect! Les preuves de l'exquise gentillesse de l'homme ne manquent pas.Quel autre joueur de hockey est allé présenter ses excuses au gardien de but pour l'avoir fait mal paraître après un but (son 500e) ?Mais en lisant Philippe Cantin et le professeur Benoit Melançon, une autre image émerge.Pendant quatre ans, le jeune Béliveau résiste aux offres du Canadien.Il reste avec les Citadelles, puis les As de Québec, un club semi-professionnel qui le paie mieux que Maurice Richard et Gordie Howe.Dick Irvin, directeur de l'équipe, l'accuse de manquer de loyauté envers les Canadiens français en ne venant pas jouer à Montréal.Rien que ça! Et quand finalement il accepte de signer un contrat, c'est le plus lucratif jamais signé au hockey : 5 ans, 100 000$.Aujourd'hui, même en dollars constants (1 million), ces sommes sont dérisoires par rapport à ce que gagnent même les tâcherons de la LNH.Mais souvenons-nous que Maurice Richard devait négocier son contrat chaque saison, sans possibilité de quitter l'équipe, qui était « propriétaire » de lui.Béliveau a été un fin négociateur.Il a préfiguré l'époque suivante, celle de la première expansion et des premières tentatives de négociations collectives des joueurs.Surtout, M.Béliveau incarnait une autre version du héros sportif québécois.Il ne représenterait pas la victime d'un système d'exploitation - même si bien des gens se sont enrichis grâce à lui.Il saurait au contraire en tirer profit avec intelligence, planifier sa carrière, sa retraite.Il émanait de lui une assurance et une compétence qui en faisaient le héros parfait de la génération montante.Notamment de cette classe moyenne émergente, plus instruite, plus riche que celle de ses parents.Une génération qui prenait peu à peu possession de sa destinée.Et à qui il a donné confiance d'une nouvelle manière.a Pour joindre notre chroniqueur: yves.boisvert@lapresse.ca JEAN BELIVEAU 1931-2014 9 % LA PRESSE+ PAUSE SANTÉ PHOTO PIERRE MiCANT, ARCHIVES LA PRESSE PHOTOMONTAGE La PRESSE -\t' fl.-, JEAN BÉLIVEAU 1931-2014 r> ¦ ¦¦ V iiV y,l - ¦ /W UNIQUEMENT DANS LA PRESSE+ Portrait d'un géant, faits saillants en vidéo et plus de 100 photos Découvrez ce dossier spécial dans la vitrine de La Presse+ LA PRESSE +¦ ILS ONT DIT « C\u2019était un grand Québécois.C\u2019est une grosse perte pour le Québec.[.] Je l\u2019ai rencontré à l\u2019âge de 13 ans.J\u2019étais allé me cacher derrière le Forum pour attendre les joueurs après leur pratique.J\u2019avais réussi à avoir un autographe de chaque joueur, incluant le sien.» \u2014 Philippe Couillard, premier ministre du Québec « Ça été un symbole de l\u2019intégrité.Un homme d\u2019intégrité sans faille et certainement une constante source d\u2019inspiration pour les Québécois.» \u2014 Pierre Karl Péladeau, député du Parti québécois « C\u2019est un homme qui ne refusait aucune occasion d\u2019aller encourager les jeunes.C\u2019était un ambassadeur.Je ne pense pas qu\u2019il était très bien payé pour faire ça, mais il en mettait beaucoup.» \u2014 François Legault, chef de la Coalition avenir Québec « C\u2019est avec tristesse que j\u2019ai appris le décès de Jean Béliveau.Il était une véritable légende, un Grand.Mes sympathies à ses proches.» \u2014 Stephen Harper, premier ministre (par Twitter) \t \t Amusez-vous !\tSPORTS 12 Arts\tA27, A28, A30 etA31 Astrologie du jour\tSPORTS 11 Débats\tA24 à A26 Décès\tSPORTS 9 à 11 Horaire télévision\tA30 Loteries\tA16 Monde\tA20 à A23 Petites annonces\tSPORTS 8 Sudoku\tAFFAIRES 4 Météo Passages nuageux en avant-midi, maximum -4, minimum -9.SPORTS 8 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 A3 JEAN BELIVEAU 1931-2014 Jean Béliveau est parti serein PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Le Canadien de Montréal a décidé hier midi d\u2019installer la statue de Jean Béliveau devant l\u2019entrée principale du Centre Bell.¦¦ ir r .S.MH9 1 t,i.j.J.I ilüW^ f.',** i m ÉMl , v i-, PHOTO YVES BEAUCHAMP, ARCHIVES LA PRESSE Marié à Elise Couture le 27 juin 1953, Jean Béliveau était reconnu pour être un homme de famille.C\u2019est d\u2019ailleurs pour rester auprès d\u2019elle qu\u2019il a refusé, par deux fois, une carrière politique.GABRIEL BELAND C'est dans sa maison de Longueuil, auprès de sa femme, que Jean Béliveau est mort des suites d'une pneumonie, mardi vers 22 h 30.La légende du Canadien, dix fois vainqueur de la Coupe Stanley, était « serein » à l'orée de la mort, selon son ami Brian Mulroney.« Je suis allé le voir dans sa chambre à coucher, chez lui, il y a quelques semaines, a raconté l'ancien premier ministre en entrevue, hier.Il n'était pas bien.Mais il était très lucide, gentil, souriant.On a parlé de sa carrière, de ses enfants, de ses petits-enfants et de sa vie.» « Je l'ai senti serein.On a parlé du fait qu'il avait toutes les raisons de l'être, tellement sa vie était impressionnante là où ça compte : il a eu une carrière professionnelle probablement inégalée, avait une réputation sans tache, des réalisations énormes pour la communauté, dit M.Mulroney.Il était admiré partout.Je le lui ai dit.» Les éloges sont venus hier comme venaient pour lui les points et les buts : par centaines.La mort de cette icône n'a laissé personne indifférent.En début de soirée, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a annoncé que M.Béliveau aura droit à des funérailles nationales mercredi prochain à 14 h.Elles auront lieu en la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, au centre-ville de Montréal.« M.Béliveau était respecté, admiré, mais surtout aimé par les Québécois et les Québécoises », a déclaré M.Couillard dans un communiqué.La dépouille de ce membre du Temple de la renommée du hockey sera par ailleurs exposée en chapelle ardente au Centre Bell dimanche et lundi.L'amphithéâtre sera ouvert au grand public entre 10 h et 18 h.Hier, des admirateurs de Jean Béliveau ont convergé vers la statue qui jouxte l'aréna qui porte son nom, à Longueuil.Un foulard du Canadien a été passé autour du cou de bronze et des mots d'affection ont été déposés à ses pieds.Une statue à son effigie existe également à Montréal, devant le Centre Bell.Mais elle avait été retirée de la place du Centenaire depuis le début des travaux de construction de la Tour des Canadiens.L'équipe a décidé hier midi de ressortir la statue, qui était remisée.Elle a été installée devant l'entrée principale, avenue des Canadiens-de-Montréal.Un homme de famille La famille Béliveau a été consultée hier tant par l'équipe que par le gouvernement du Québec.Elle a accepté « de partager son deuil avec la population ».« Conformément aux volontés de la famille, toutes les activités seront à l'image du disparu : simples et accessibles au public », a indiqué le Canadien dans un communiqué.La famille a toutefois demandé aux médias de respecter son intimité.Elle n'a d'ailleurs pas commenté la mort du patriarche.Jean Béliveau était reconnu comme un homme de famille.C'est d'ailleurs pour rester auprès d'elle qu'il a refusé, par deux fois, une carrière politique - il s'est vu offrir un poste de sénateur puis de gouverneur général du Canada.Le gendre de M.Béliveau est mort en 1986, laissant sa fille Hélène seule pour élever deux enfants.Jean Béliveau avait alors décidé qu'il s'occuperait coûte que coûte de ses deux petites-filles, Mylène et Magalie.En mars 1993, Brian Mulroney lui a offert un poste de sénateur indépendant.« Il a refusé.Il m'a dit que c'était tout un honneur, que ce serait formidable.Mais il m'a dit : \"J'ai une responsabilité particulière maintenant auprès de ma famille : ma fille et mes deux petites-filles\", se souvient l'ancien premier ministre du Canada.Il était auprès de sa femme, de sa fille et de ses petits-enfants d'une fidélité extraordinaire.» « J'ai eu le plaisir de connaître bien des gens dans ma vie, a ajouté M.Mulroney.J'ai 75 ans maintenant et j'ai servi longtemps comme premier ministre.J'ai fait toutes sortes de choses dans ma vie.Mais je peux vous dire que je n'ai jamais rencontré un homme plus impressionnant.» Maurice et M.Béliveau Jean Béliveau était l'un des derniers géants de la génération dorée du Canadien, qui a remporté la Coupe Stanley cinq fois d'affilée entre 1955 et 1960.L'exploit n'a jamais été égalé.L'autre géant, Maurice Richard, est mort il y a plus de 14 ans, le 27 mai 2000.Les deux hommes ont joué ensemble sept saisons complètes.« Ils étaient deux monuments, mais ils sont bien différents en même temps, explique l'auteur des Yeux de Maurice Richard : une histoire culturelle, Benoît Melançon.Maurice Richard était imprévisible.Avec l'émeute de 1955, dans le récit historique des Canadiens français, un martyre est né.Il n'y a pas cette dimension avec M.Béliveau.Il a une tangente plus rectiligne, sans surprise.Il fait ce qu'on attend de lui et il le fait très bien.» M.Melançon note aussi que Jean Béliveau était grand, « que tout lui semblait facile sur la glace ».« M.Richard, lui, était petit et il avait une grande détermination.Il devait se battre pour faire sa place, explique-t-il.C'était plus facile pour les gens de s'identifier au petit qu'au grand.» La proximité apparente n'était pas non plus la même.Le professeur de littérature à l'Université de Montréal note que l'un se faisait appeler « Maurice», alors que l'autre avait droit à « Monsieur Béliveau».«On tutoyait Richard, on vouvoyait Béliveau», dit-il.Mais qu'on l'appelle Jean ou Monsieur Béliveau, reste que l'homme a marqué son sport.« Je ne sais pas si le hockey verra un autre joueur comme lui », a dit hier une autre légende, Wayne Gretzky, dans une vidéo diffusée par la LNH.« Jean Béliveau nous laisse un sport à jamais élevé par son caractère, sa dignité et sa classe», a quant à lui commenté le commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), Gary Bettman.Un peuple perd une idole.Des joueurs perdent un modèle.D'autres perdent un ami et un coéquipier.« Il s'est beaucoup occupé de ses enfants.C'était un type très près de sa famille, se souvient Jean-Guy Talbot, qui a joué 14 saisons auprès de Jean Béliveau.Et c'était la même chose quand il était capitaine avec nous autres.Mardi soir, c'est notre capitaine qui est parti.» \u2014 Avec Joël-Denis Bellavance y-.C.(M É CARTIER.AUTOMATH CALIBRE DE CARTIER DIVER 300m/1 MOUVEMENT MANUFACTURE 1904 MC mmm CHATEAU D\u2019IVOIRE MONTRÉAL \u2022 2020 RUE DE LA MONTAGNE, 514 845 SANS-FRAIS I 888 883 8283 WWW.CHATEAUDIVOIRE.COM , 465 I D ¦ A4 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn POLYTECHNIQUE 25 ANS PLUS TARD DANS LA TÊT DES TUEURS DE MASSE Un garçon de 11 ans qui veut tuer des filles et rejoindre le petit Jésus.Un toxicomane de 17 ans qui menace d\u2019exterminer \u2019 l( les «persécuteurs» de sa polyvalente.Au Québec, bien des jeunes profondément perturbés rêvent de commettre le pire, comme l\u2019a fait Marc Lépine à Polytechnique il y a 25 ans.Quel genre de pensées les hantent?Comment en arrivent-ils l Et peut-on les aider?La Presse fait le point avec ceux qui évaluent leur dangerosité.PHOTOMONTAGE LA PRESSE MARIE-CLAUDE MALBOEUF Depuis longtemps, très longtemps, le garçon de Québec était hanté par des rêves sadiques.William (dont le vrai nom est interdit de publication) était obnubilé.Il souhaitait faire du mal à ceux qui avaient transformé son passage à l'école primaire en enfer.Il voulait punir son ancienne copine en la poussant au suicide.« Il avait décidé que, plus jamais, il ne serait victime », résume le tribunal de la jeunesse dans une décision rendue l'an dernier.L'obsession de William?«L'adolescent rêve souvent à des cadavres pendus aux arbres, à un homme habillé de noir qui s'amuse à tuer des gens, rapporte la cour.Cet homme serait son \"autre moi\", qui représenterait toute la haine, la colère et la rage en lui.» La dangerosité du vrai William était tout aussi réelle.C'est du moins ce qu'a conclu un psychiatre ayant reconnu chez lui les symptômes d'un trouble de la personnalité ou d'une possible psychopathologie.Si le médecin a pu sonner l'alarme, c'est que, par bonheur, vers 15 ans, le garçon en avait eu assez.Il avait demandé de l'aide au CSSS.Sans la franchise de William, personne n'aurait pressenti le pire.Car « rien dans la vie de cet adolescent n'aurait pu attirer l'attention, souligne le tribunal.Les parents ont décrit leur fils comme un garçon exemplaire, mais renfermé ».William ne consommait pas de drogue et « respectait les règles ».Il n'avait même pas bronché lorsqu'on avait confisqué ses jeux vidéo.Pour Kevin Cameron, principal expert canadien en « évaluation des menaces » en milieu scolaire, cette histoire est classique.« Les élèves qui rêvent de commettre un massacre passent souvent inaperçus, dit-il, parce que dans la majorité des cas, ils ne ressemblent pas du tout aux délinquants traditionnels, qui ont un historique de violence.» « La citation qui tue, c'est : \"Je le connais, c'est un bon jeune.Il ne ferait jamais ça.\" Dans les faits, un \"bon jeune\" peut vivre une souffrance émotionnelle assez grande pour poser un risque », constate l'Albertain, qui a fondé et dirige le Canadian Centre for Threat Assessment and Trauma Response.«À côté du petit Jésus» Dans la région de Montréal, les jeunes menaçants sont référés à la clinique Réseau-Jeunesse de l'Institut psychiatrique Philippe-Pinel, pour Disponible chez: CHATEAU D\u2019IVOIRE JOAILLIERS MONTRÉAL » 2020 RUE DE LA MONTAGNE, 514 845 465 SANS-FRAIS I 888 883 8283 O OMEGA PRÉSENTE AVEC NICOLE KIDMAN qu'on évalue leur dangerosité.« Ils ont souvent été expulsés après avoir proféré des menaces sur Facebook ou par textos, rapporte le psychiatre Martin Gignac.Ils veulent s'en prendre à d'autres élèves ou à l'école comme symbole grandiose.« Les policiers nous envoient leurs messages; il faut parfois les décrypter.Plusieurs élèves vont assumer leur geste.C'est leur façon de souligner leur détresse, de dire qu'ils ne sont pas acceptés et qu'ils veulent faire payer les autres pour ça.» « Leur apparence ou leur manque d'habiletés sociales font que les autres les rejettent, renchérit le Dr Louis Morissette, aussi psychiatre à la clinique.Ne pas se sentir accepté, être ignoré, c'est pire que les coups sur le nez.Ils trouvent que les choses sont injustes, qu'ils n'ont pas de place, et qu'ils doivent faire quelque chose pour être reconnus.» À Drummondville, le tribunal a dû se pencher sur le cas d'un écolier atteint de dépression majeure, qui avait lancé « vouloir amener des armes pour tuer des filles».Quand l'école l'a suspendu, le garçon a éclaté : « Je vais faire sauter l'école, sauter la ville et j'irai à côté du petit Jésus.Personne ne m'aime.Pourquoi je suis venu au monde ?» Même s'il s'agissait d'un enfant de 11 ans, sa pédiatre avait pressé son entourage de prendre au sérieux « toute verbalisation suicidaire ou meurtrière».Chez les jeunes très perturbés, ces deux options se mêlent souvent, confirme Kevin Cameron.« Ils passent de l'une à l'autre, avec fluidité.Tant et si bien qu'il arrive qu'un adolescent fasse une tentative de suicide, et qu'on découvre qu'il planifiait une attaque.» Près de Terrebonne, une adolescente d'origine cubaine traitait régulièrement son camarade de classe de « laid».Le jeune a renoncé au suicide après s'être mis à dessiner des croix gammées partout, avant de la tuer à coups de bâtons sa « sensibilité extrême au rejet et aux échecs » par des « fantaisies de succès et de puissance ».Et qu'il voulait « réparer son sentiment fondamental d'impuissance et d'incompétence » par « un imaginaire violent et grandiose ».D'après Peter Langman - qui a aussi étudié l'histoire de Lépine et du meurtrier du cégep montréalais Dawson Kimveer Gill -, tous deux semblaient carrément psychotiques.D'autres tueurs étaient avant tout traumatisés par des épreuves innombrables, dit-il.Et d'autres encore semblaient psychopathes- antisociaux et narcissiques, au point de se sentir supérieurs et d'être enragés de ne pas être reconnus comme tels.L'ex-officier Glenn Woods utilise grosso modo les mêmes catégories : «sad, bad, mad» (soit malheureux, méchant, malade mental).« Tous ont des griefs, des rancunes», constate l'expert ontarien, qui a accumulé plus de 20 ans d'expertise en profilage criminel et en analyse des crimes violents à la GRC, avant de fonder la firme de consultation Behavioural Analysis Investigation and Training (BAIT).«Aujourd\u2019hui, il a une copine» Aider ces jeunes est ardu lorsqu'ils sont incapables de se remettre en question.Peu après le drame de Dawson, un garçon de Joliette a menacé d'exterminer les « persécuteurs » de son ex-polyvalente.Il consommait une panoplie de drogues et niait ses nombreux problèmes : manque d'empathie, traits antisociaux, immaturité, impulsivité, autocritique superficielle et logique paranoïaque.« Son attitude dénigrante, provocante et opposante suscitera l'agressivité chez l'autre et le confirmera dans son sentiment de persécution généralisée.Ce cercle vicieux peut mener très rapidement à une escalade de violence », s'est inquiétée la cour, qui l'a enfermé pour quelques mois en 2008.«Je vais faire sauter l\u2019école, sauter la ville et j\u2019irai à côté du petit Jésus.Personne ne m\u2019aime.Pourquoi je suis venu au monde?» \u2014 Un écolier de 11 ans atteint de dépression majeure de baseball.« Il décide que ce n'est pas à lui de payer parce qu'il est rabaissé, mais à la victime.Il s'identifie donc au racisme pour se faire une armure, a expliqué le tribunal.C'est sa façon de combattre le sentiment d'infériorité, l'état d'humiliation.» Blâmer les autres Tous les jeunes mal aimés ne rêvent pas de tuer.Par ailleurs, ni les jeux vidéo, ni la soif de célébrité, ni même l'intimidation ne jouent toujours le rôle qu'on veut bien leur prêter, tranche Peter Langman, qui décortique l'histoire de dizaines d'élèves tueurs de masse dans deux livres (Why Kids Kill, paru en 2010, et School Shooters, qui paraîtra en janvier).« Ce ne sont pas des jeunes ordinaires.Ce sont des jeunes qui ont de profonds problèmes psychologiques », résume le psychologue américain en entrevue.Dans le rapport du coroner sur la tuerie de Polytechnique, on découvre que Marc Lépine semblait lui-même atteint d'un « trouble majeur de la personnalité » et d'une « grande vulnérabilité narcissique».Qu'il compensait Le Californien Elliot Rodger, qui a abattu six personnes en pleine rue, en mai dernier, a écrit s'être décidé un an plus tôt, outré d'avoir alors été frappé et expulsé d'une fête.Mais ses opposants voulaient protéger une fille, qu'il avait tenté de pousser d'un rebord de fenêtre.« Les jeunes hautement à risque ont besoin d'un milieu sécuritaire ; c'est la seule façon de les aider.Mais on peut intervenir auprès de la grande majorité », assure le Dr Martin Gignac.« Plusieurs viennent de milieux favorables », renchérit le Dr Louis Morissette, qui se souvient d'un garçon, « tout petit, pris dans sa bulle », entré à Pinel après avoir poignardé un élève qui le traitait de « fifi » et de « laid».« Il n'en pouvait plus de se sentir poire et nul.Pendant un an et demi, ici, il a amélioré ses habiletés sociales.Aujourd'hui, il est retourné dans sa région et il a une copine.» « On peut les aider à trouver une juste place dans la société.» À LIRE DEMAIN: Comment repérer le danger LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 A 5 .POLYTECHNIQUE 25 ANS PLUS TARD Complices et contaminés Selon une étude du FBI, 8% des élèves qui ont commis une tuerie avaient recruté des camarades pour passer à l'attaque avec eux.Plus choquant encore: 44% avaient été encouragés par d'autres élèves, et 11% avaient obtenu leur aide.Certains vont jusqu'à suggérer des noms de cibles et à fournir les armes, précise le psychologue américain Peter Langman.Au Canada, on observe le même phénomène, assure Kevin Cameron, du Canadian Centre for Threat Assessment and Trauma Response.L'Albertain a évalué la dangerosité de centaines de jeunes depuis 1999.«Au départ, les écoles pensent avoir affaire à un jeune malade qui agit seul.Mais dans la majorité des cas, il y a au moins quelqu'un d'autre en coulisse.On doit le chercher», dit-il, en précisant que les filles se trouvent souvent dans l'ombre.«L'internet et les divertissements violents amènent une dépersonnalisation et une certaine désensibilisation, analyse le psychiatre Louis Morissette.La violence est devenue un spectacle.» Les jeunes influençables ou en mal de modèles s'inspirent ainsi des autres, même à l'étranger.« Avec internet, la zone d'impact d'une tragédie déborde grandement de ground zero, constate Kevin Cameron.Et le risque augmente lors de périodes critiques: deux semaines après les tueries, autour de leurs dates anniversaires et le mois précédant Noël.» Selon une enquête du réseau ABC News, la tragédie de Columbine a inspiré au moins 17 autres attaques aux États-Unis ainsi que 36 complots sérieux.\u2014 Marie-Claude Malboeuf TROIS TYPES DE TUEURS Le psychologue américain Peter Langman a fouillé la vie et les écrits de 48 tueurs qui ont fait couler le sang dans les écoles et les universités de 6 pays: 24 fréquentaient l\u2019école secondaire, 13 un collège ou une université et 11 étaient adultes.Il leur a trouvé suffisamment de traits communs pour les regrouper en trois catégories, pour mieux comprendre ce qui aurait pu être fait pour les soigner - et atténuer les risques.- Marie-Claude Malboeuf Les psychotiques Proportion : 52 %* des cas recensés Trouble : Des illusions ou des délires paranoïaques ou de grandeur, résultant de maladies psychotiques (comme la schizophrénie) ou d\u2019un trouble de la personnalité.La consommation de drogue ou d\u2019alcool les aggrave.Comportement : Repli sur soi, déficit social, discours et écrits confus, croyances ou comportement bizarres, fascination pour les tueries passées.Milieu : Les sujets étudiés vivaient généralement avec leurs deux parents, mais avaient souvent des frères et sœurs plus âgés, qui réussissaient mieux.L\u2019école avait ensuite accentué leur sentiment d\u2019être inadapté.Particularités : Ce sont eux qui étaient fascinés et influencés par les autres tueurs ou qui invoquaient une idéologie pour justifier leurs gestes.Pour les soigner: La prise dantipsychotiques aurait pu prévenir ces drames.Mais plusieurs de ces tueurs n\u2019avaient pas été diagnostiqués.Les « psychopathes » Proportion : 35 % des cas recensés Trouble : Dénués d\u2019empathie et de remords, narcissiques, antisociaux et parfois même sadiques.Comportement : Portés à se sentir supérieurs aux autres et au-dessus des règles.Portés à blâmer les autres pour leurs ennuis et à vouloir se venger.Capables de charmer et de manipuler.Souvent impulsifs, fascinés par les armes.Loin d\u2019être victimes d\u2019intimidation, 94% d\u2019entre eux avaient au contraire tourmenté d\u2019autres élèves.Milieu : Les sujets étudiés venaient de familles souvent intactes, mais qui avaient tendance à les gâter.Souvent, leur père avait des aspirations militaires et possédait des armes en toute légalité.Particularités: Ce sont eux qui avaient recruté d\u2019autres jeunes, plus vulnérables (psychotiques ou traumatisés) pour passer à lattaque.Pour les soigner: La psychopathie et les traits comme le narcissisme sont difficiles à traiter, car les individus atteints ne cherchent pas d\u2019aide et ont du mal à se remettre en question.La thérapie est plus efficace pour ceux chez qui ces troubles sont moins prononcés ou dont la personnalité n\u2019est pas encore totalement formée.Les traumatisés Proportion : 25 % des cas recensés Trouble: Dépression ou détresse, voire quasi-délire à la suite d\u2019une succession de traumatismes sévères.Comportement: On les reconnaît par défaut, parce qu\u2019ils ne manifestent pas le même narcissisme ou la même confusion typiques des tueurs des deux autres catégories.Milieu : Les sujets étudiés ont grandi dans des familles brisées et pauvres.Ils avaient souvent été battus et agressés sexuellement.Au moins un de leurs deux parents était violent ou carrément criminel.Plusieurs avaient eu un père absent ou propriétaire d\u2019armes illégales.Et 74% d\u2019entre eux avaient été ostracisés à l\u2019école.Particularités: Ce sont eux qui sont les plus susceptibles d\u2019avoir été encouragés ou recrutés par des camarades.Pour les soigner: La dépression, les traumatismes, les distorsions cognitives se traitent bien grâce à la thérapie et aux médicaments.Les habiletés sociales s\u2019enseignent, tout comme la gestion de la colère.Sources : Peter Langman, Why Kids Kill: Inside the Mind ofSchool Shooters (2010) et School Shooters: Understanding High School, Le total dépasse 100 % car 6 des 48 tueurs appartenaient à deux catégories.\tCollege and Adult Perpetrators (à paraître en janvier 2015) Quelle aide apporter Les tueurs de masse ont tous un point commun : ils n\u2019ont pas reçu de soins adéquats, parce que le système a échoué à les aider à temps.Telle est la position des auteurs d\u2019un article publié dans le Journal of Police Crisis Negotiations en 2011*.Pour ses auteurs, psychologue et juriste, on fait fausse route en blâmant les jeux vidéo et films violents.Quels services offrir?Lutter contre l\u2019intimidation a du bon, répond le Dr Martin Gignac.Mais il faut aussi s\u2019attaquer à l\u2019impulsivité, aux troubles d\u2019opposition, aux troubles familiaux et, surtout, à la toxicomanie, dit-il.« La consommation est liée à la délinquance et accentue les désordres psychiques comme la dépression et la psychose.» « Il faut arrêter de stigmatiser les soins en santé mentale, plaide pour sa part le psychologue Peter Langman.Certains parents ne cherchent pas d\u2019aide par peur que leur enfant soit ostracisé, expulsé ou placé sur une liste noire.» * « Psychological Profiles of School Shooters : Positive Directions and One Big Wrong Turn » \u2014 Marie-Claude Malboeuf f facebook.com/TeleQc telequebec.tv ©telequebec Boit-on pour célébrer ou pour déstresser?UNE PILULE, UNE PETITE GRANULE Ce soir 20 h Avec Marie-Élaine Proulx et le Dr Georges Lévesque Une émission spéciale sur la consommation d\u2019alcool au Québec Télé-Québec L\u2019AUTRE TÉLÉ M r 4 P A 6 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ACTUALITÉS Séduit par le djihad, un ado risque 10 ans de prison Il est accusé d\u2019avoir tenté de quitter le pays afin de participer à une activité terroriste PHOTO MOHAMMED ABED, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE Le simple fait de quitter le pays ou de tenter de le faire pour commettre des actes terroristes est maintenant considéré comme un crime au Canada.GABRIELLE DUCHAINE Pour la première fois au Canada, un citoyen vient d'être accusé au criminel d'avoir tenté de quitter le pays afin de participer à une activité terroriste à l'étranger en vertue de la nouvelle Loi sur la lutte contre le terrorisme.Le Montréalais, qui n'a que 15 ans, a volé 2000$ dans un dépanneur à la pointe du couteau pour, disent les autorités, financer son voyage vers le djihad.La semaine dernière, La Presse révélait l'histoire de cet adolescent que la loi nous interdit d'identifier parce qu'il est mineur et qui est détenu dans un Centre jeunesse depuis qu'il a plaidé coupable à des accusations de vol en octobre.Lors d'un interrogatoire de police, le jeune maghrébin d'origine avait raconté que l'argent dérobé devait lui servir à s'acheter un billet d'avion vers un pays soumis à la loi islamique.Il avait refusé de préciser lequel.L'adolescent disait vivre dans le péché parce qu'il ne réside pas dans un pays musulman.Il aurait décrit aux policiers le Canada comme un pays d'infidèles.S'estimant en guerre, le garçon considérait qu'il avait des raisons légitimes de s'emparer du «butin» de ses ennemis.Les enquêteurs ont aussi établi qu'il entretenait des liens sur le réseau Facebook avec Martin Couture-Rouleau, auteur d'un attentat contre des militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu.Hier, le jeune homme était de retour devant un juge du tribunal de la jeunesse pour répondre à une accusation d'avoir tenté de quitter le Canada dans le but de participer à une activité d'un groupe terroriste.Il s'agit de la première fois au pays qu'une telle accusation est portée depuis que la nouvelle Loi sur la lutte contre le terrorisme a été adoptée en juillet 2013 (voir capsule).Le changement législatif fait d'un crime le simple fait de quitter le Canada ou de tenter de le faire pour commettre des actes terroristes (article 83.181).En mai, le Canadien d'origine somalienne Mohamed Hassan Hersi, 28 ans, a été condamné pour un crime semblable en vertu d'un ancien article de loi.Il avait tenté de rallier le mouvement des islamistes somaliens shebab et avait été arrêté en mars 2011 à l'aéroport de Toronto, où il devait embarquer dans un vol pour Le Caire puis rejoindre la Somalie.Non coupable Hier, l'adolescent montréalais de 15 ans a aussi été accusé d'avoir tenté de financer un acte terroriste.Il risque des peines de 10 ans de prison.Il a plaidé non coupable aux deux chefs d'accusation.Lors de son bref passage en cour, le garçon, cheveux rasés, vêtus d'un pantalon et d'un chandail de jogging, a gardé les yeux rivés au sol.Il n'a pas regardé son père, assis au premier rang dans l'audience.C'est ce dernier qui, inquiet de son comportement de plus en plus radical, l'a dénoncé à la police.Un comportement inquiétant Le 11 octobre dernier, le jeune homme est entré dans un dépanneur de l'Ouest-de-l'Île, le visage couvert d'un foulard.Il a sorti un long couteau avant de réclamer le contenu du tiroir-caisse.Le propriétaire a déposé environ 2200$ dans un sac.Ce soir-là, son père a soupçonné que quelque chose ne tournait pas rond chez son fils.Sorti de chez lui avec un sac à dos, l'ado est rentré vers 22 h sans son sac.Le père a retrouvé celui-ci dissimulé dans la cour arrière avec l'argent à l'intérieur.Le père, un musulman modéré, a questionné son fils, mais ce dernier a nié avoir commis un crime.Il a alerté les autorités, qui sont allées arrêter son fils pendant qu'il était à l'école dans un réputé collège privé montréalais.«J'ai juste fait mon devoir de citoyen.Je ne veux pas de médaille », a dit l'homme qui a accepté de s'entretenir brièvement avec La Presse la semaine dernière.Il a décliné notre demande d'entrevue, hier au tribunal.Selon nos informations, la GRC a passé l'ordinateur de son fils au peigne fin.Des vidéos de propagande djiha-diste ont été saisies.Le garçon sera soumis à une évaluation psychiatrique dans le prochain mois.Il reste détenu.\u2014 Avec la collaboration de Caroline Touzin L'adolescent disait vivre dans le péché parce qu'il ne réside pas dans un pays musulman.Il aurait décrit aux policiers le Canada comme un pays d'infidèles.EN BREF >\tLa nouvelle Loi sur la lutte contre le terrorisme est officiellement entrée en vigueur en juillet 2013.>\tLe gouvernement conservateur avait déposé un projet de loi en avril 20l3 dans la foulée des attentats au marathon de Boston qui a fait trois morts et quelque 180 blessés.La secrétaire parlementaire Candice Bergen avait déclaré que ces événements démontraient que le terrorisme demeurait une « menace réelle ».>\tLe projet de loi a été adopté par 183 voix contre 93 à la Chambre des communes.Les députés conservateurs et libéraux ont approuvé la mesure, tandis que le Nouveau Parti démocratique et les autres partis ont voté contre.>\tLa loi rétablit certaines dispositions du Code criminel qui ont été en vigueur entre 2001 et 2007 (adoptée après le 11-Septembre), de manière à permettre la détention préventive, la liberté surveillée ou l\u2019imposition de témoigner.Par exemple, s\u2019il y a des motifs raisonnables de croire qu\u2019une personne détient des informations sur une infraction liée au terrorisme, la cour peut la forcer à comparaître.>\tLa loi inclut aussi quatre nouvelles infractions qui visent le fait de quitter le Canada ou de tenter de le faire pour commettre certaines infractions terroristes.>\tHier, un Montréalais de 15 ans a été le premier Canadien à être accusé en vertu de ces nouvelles infractions.\u2014 Gabrielle Duchaine ma mua Spuing waù'a'i 'iïi\u2019îJftSÇlî aercplan Le CONCOURS MILLIONS E MILLES AEROPLAN aircanada.com K 3 .g 8 n °\"qU q_ u c \"O ro E £ c c -c o P o 2 u u « S3-! £ b y 2 d - C-fl) K a; o < ¦= -1 ul: 2.m_aj c si X s-° S > O ;=~ 6^ Eg~ œ§-§| 1\u2014 ° 01 O È \u20141 «0- «u o V ÎZ L= O -ro _o OJ™ c a; D ?\t_Û \"O u\tE io S \u2014\tai\toj 9\t-m\tE\t°\t2 E\t£\t£\t=\to aj\tc\t3\t3\tu ^\tL\t01\t^\t(Il Réservez à aircanada.com d'ici le 8 décembre O c U ra^ 0.0 U TJ 13 C Q- 11 TJ \u201d I- u c ra cj jo \u201cgJ 1 8 8 2c ?\u2022ra'OJi/it-v ut c oj în 3 y j ai si iS-ït 2 ÊlÜg g ¦c Eco V.O o \u2014 O VI g-a=°.i m ü ! S £ 3-ëSËP chance de gagner.I mÉh II HlÜ WËÊ ^li c\tra\t\u201c\t4\u201c\tc \u2014\tc\t^\tvi Û\tra 9\tra\t4-1\tOJ .\tU !o\tE\tM* 5 B®B S El \" ?\t¦ :¦ T .\u201eJ t ; i g I 9 î i 9 0 S ft * S IWB»B s S B B $ B s\u20198 B\t¦ ¦'\t\"s S BP \u201c\t'2 ».nfl*BBMBI®SBA?BOB*-\t\u201d -\t\u2018 ¦ ¦¦ ¦ CHIBS : O BBi~ \u201d Ss B BB 9BAa>B®£B*3f -_\t,\t-^B®Br -a* SB^\u2018 -^liBBPlB^sillBBR-\t*?-\t- * \u2019 :\t\u201c » ;\u2022 \u2019SU IH T! ÿ Ç SSrij 0 r F3f!5 P- -j®*! 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Jean Béliveau et Guy Lafleur.Les trois furent plus que d'extraordinaires joueurs.Maurice Richard était animé par une rage de vaincre jamais vue avant et depuis.Guy Lafleur a été un des joueurs les plus spectaculaires de tous les temps.Dans un sport intrinsèquement violent, Jean Béliveau a réussi l'exploit de jouer avec grâce, grand, solide et calme comme un chêne.Après une vie où il a donné beaucoup plus qu'il n'a reçu, monsieur Béliveau est décédé mardi, à l'âge de 83 ans.Grand, solide et calme comme un chêne.Dès les débuts de sa carrière, sur et hors de la patinoire, Jean Béliveau a été une force tranquille.On sait qu'il a résisté pendant quatre ans aux pressions qu'on exerçait sur lui afin qu'il quitte Québec et rejoigne le Canadien.Béliveau est resté dans la Vieille Capitale par loyauté pour les citoyens de Québec qui l'avaient si chaleureusement accueilli.Et puis, il avait commencé à fréquenter Élise Couture, «une jolie blonde» qu'il épousera en 1953 et avec qui il a partagé les 61 années suivantes.« Si on retient quelque chose de moi lorsque je ne serai plus, je souhaite qu'on dise que j'étais un joueur d'équipe.À mes yeux, il n'y a pas de plus beau compliment», a écrit monsieur Béliveau dans son autobiographie.* Oui, Jean Béliveau a toujours été un joueur d'équipe.Comme joueur, il fut non seulement un excellent compteur, mais aussi un excellent passeur.Son sens de l'équipe explique aussi pourquoi ses coéquipiers l'ont choisi comme capitaine, en 1961, devant Dickie Moore et Bernard Geoffrion.Jean Béliveau a terminé sa carrière de joueur actif comme il l'avait menée : avec sagesse et élégance.Après être devenu le quatrième joueur de l'histoire de la LNH à marquer 500 buts dans sa carrière et avoir aidé son équipe à gagner une 17e Coupe Stanley, il a annoncé sa retraite.S'il l'avait souhaité, il aurait pu jouer encore deux ou trois saisons.Après tout, malgré ses 39 ans, le numéro 4 venait de terminer au dixième rang des compteurs de la ligue.Mais monsieur Béliveau sentait qu'il n'était plus à son meilleur.À ses yeux, continuer aurait été injuste pour l'équipe et pour les partisans.Lorsque, quelques mois plus tard, les Nordiques de Québec, de l'Association mondiale de hockey, lui ont offert un plantureux contrat, il a refusé net : « Peu importe l'argent que vous mettrez sur la table, je ne reviendrai pas au jeu.Je ne peux plus jouer comme j'aimais le faire.Si je pouvais le faire, je jouerais avec le Canadien.» Le passage de la patinoire aux bureaux du Canadien de Montréal s'est fait sans difficulté tellement M.Béliveau était déjà un ambassadeur hors pair pour son équipe.Pendant les années où il a représenté le Canadien d'un bout à l'autre du continent, l'ancien capitaine a toujours fait honneur à l'organisation.Jusqu'à son dernier souffle, Jean Béliveau a été un joueur d'équipe.* Jean Béliveau : ma vie bleu-blanc-rouge, Hurtubise (2005) OPINION PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE Jean Béliveau, d\u2019hier à aujourd\u2019hui BENOÎT MELANÇON Professeur à l\u2019Université de Montréal, auteur des Yeux de Maurice Richard, une histoire culturelle Nous sommes en 1952.Un jeune homme, cheveux foncés, fortement charpenté, est étendu sur son lit, livre à la main, cigare au bec, bras musclé en vue.On le devine catholique: le Sacré-Cœur, accompagné de deux adultes (ses parents?), veille sur lui.On le sait sportif, car un trophée trône sur la commode à côté de lui.Il porte un anneau à l'annulaire : s'il n'est pas marié, il le sera bientôt.Ce jeune homme mêle des images contradictoires : l'intellectuel et le sportif, le traditionaliste et l'esprit libre.Cela le distingue parmi ses semblables.Soixante ans plus tard, le même homme a délaissé le cigare pour le flambeau, qu'il passe à un enfant.L'un et l'autre portent le numéro 4.Chevelure blanche, maillot rouge du capitaine de l'équipe, port de prince, celui qui pourrait être le grand-père de l'autre, voire son arrière-grand-père, incarne désormais une vision patrimoniale de son sport, le hockey.Ce qu'il remet à l'enfant, ce n'est pas simplement un objet: c'est un héritage, celui du Canadien de Montréal.Cet homme, bague de la coupe Stanley au doigt, représente l'histoire glorieuse de son équipe, une histoire qu'il confie aux jeunes générations.Comme le dit une phrase inscrite sur le mur du vestiaire de son équipe: «Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut.» Le rebelle a cédé le pas à la figure tutélaire.Il n'y a pas un seul Jean Béliveau, mais plusieurs.On les pleurera., > Y UNIQUEMENT DANS APRES envidéo «Un grand monsieur» Le légendaire numéro 4 du Canadien de Montréal comptait parmi ses admirateurs l\u2019ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien.Celui-ci avait même offert à Jean Béliveau le poste de gouverneur général.Rencontré il y a quelques semaines, M.Chrétien nous a parlé de son admiration pour le grand hockeyeur.JEAN BÉLIVEAU 1931-2014 POURNOUSJOINDRÉ La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZUNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?\tVOUS VOULEZ EXPRIMERVOTRE OPINION?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca\tÉcrivez-nous à debats@lapresse.ca REDACTION 514.285.7070 commentaires@lapresse.ca ABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 www.lapresse.ca/abonnement PETITESANNONCES 514.987.8363ou1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca DÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca PUBLICITÉ 514.285.6931 CARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la PresseAssociée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, Itée dont le siège social est sis au7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est impriméàTranscontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles,division de Imprimeries Transcontinental GT.inc.GuyCrevier.Président et éditeur.DROITS RÉSERVÉS/serge.chapleau@lapresse.ca OPINION Je me souviens du « Gros Bill » GAÉTAN FRIGON Président exécutif de Publipage, ex-PDG de la SAQ et de Loto-Québec.Jean Béliveau n'est plus.Celui que les gens appelaient avec affection le « Gros Bill » était une force de la nature à tous les points de vue.Il me laisse des souvenirs impérissables.Dans mon village natal de Saint-Prosper-de-Champlain, situé entre Québec et Montréal, nous avions deux clubs fétiches au début des années 50.Le premier, c'était les As de Québec de la Ligue de hockey senior du Québec, parce que ce club avait Jean Béliveau, un grand joueur élégant qui flottait littéralement sur la glace.Il était tellement populaire qu'on disait qu'il avait payé à lui seul le « nouveau» Colisée de Québec.Le second club, c'était le Canadien de Montréal de la Ligue nationale de hockey, parce que ce club avait Maurice Richard, un félin aux yeux perçants.Notre cœur balançait entre ces deux clubs, même si on savait fort bien que le Canadien, c'était le vrai club.Mais Québec avait le « Gros Bill».Le roi Je me souviens du « Gros Bill » qui a longtemps résisté à Frank Selke, le directeur général du Canadien, qui avait les droits professionnels sur lui.Selke avait dû attendre deux ans avant que Béliveau accepte de quitter Québec pour aller jouer à Montréal.Il faut dire que Béliveau était le « roi» de Québec et gagnait déjà plus avec les As que la grande majorité des joueurs de la Ligue nationale.Et Béliveau aimait tellement Québec qu'il ne voulait pas décevoir ses partisans.PHOTO MICHEL GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE Pour Gaétan Frigon, les multiples conquêtes de la Coupe Stanley sont certains des meilleurs souvenirs qu\u2019il a de Jean Béliveau.Je me souviens du « Gros Bill» lorsqu'il a joué ses premières parties d'essai avec le Canadien en 1952.Il compta trois buts contre les Rangers de New York et deux autres contre les Bruins de Boston.Je me souviens du « Gros Bill» lorsqu'il a signé son premier contrat professionnel avec le Canadien de Montréal, un pactole de 100 000$ pour 5 ans, 20 000$ par saison.Et c'était tout un salaire pour un joueur de hockey à ce moment-là.Je me souviens du « Gros Bill», le joueur gentilhomme qui répliquait parfois aux joueurs adverses avec des coups bas.S'il se faisait prendre et avait une punition, c'était parce que l'arbitre était pourri, qu'il n'avait pas vu que c'était le joueur adverse qui avait commencé.Et s'il ne se faisait pas prendre, alors là, c'était parce que l'arbitre avait bien compris.Je me souviens du « Gros Bill» lorsqu'il a compté un de ses buts mémorables en descendant à toute vitesse la patinoire du côté droit.C'est alors qu'il fit une feinte pour laisser croire qu'il passerait devant le gardien, mais, à la dernière seconde, envoya ce dernier « prendre une tasse de café» en marquant un superbe but à la droite du gardien après une autre magistrale feinte.Le tout sembla si facile.Je me souviens du « Gros Bill» chaque fois que, en tant que capitaine de l'équipe, il soulevait la Coupe Stanley après des séries éliminatoires excitantes.Je me souviens du « Gros Bill», au début des années 2000, longtemps après sa retraite, alors que j'avais mes billets de saison au Centre Bell, immédiatement à l'arrière des siens.En arrivant à son siège, il nous saluait tous individuellement comme si nous étions de la famille.Et, avant le début de la partie, entre les périodes et à la fin, il prenait le temps de signer des autographes.Jamais impatient, et avec un bon mot pour chacun, tant les jeunes qui ne l'avaient jamais vu jouer que les plus vieux.C'est ce Jean Béliveau dont je me souviens. LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 A 25 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll\t À BIEN Y PENSER J\u2019ai 54 ans.Jean Béliveau était venu nous rendre visite dans ma classe de 4e année au primaire.La gang de ti-culs que nous étions était très impressionnée.Il nous a remis à tous une photo de lui (format carte postale) signée de sa main.Je la garde précieusement et je la sors seulement durant les séries.Reposez en paix, Jean Béliveau.\u2014 Le Dr Jean-Claude Richer\t JEAN BÉLIVEAU 1931-2014 Un gentilhomme exemplaire KEN DRYDEN Ancien gardien de but du Canadien de Montréal et ancien ministre au fédéral Chaque fois qu'on l'a présenté ou décrit, c'était en utilisant la même expression.Ce n'est pas un titre auquel on peut aspirer, mais ce qu'une bonne vie, parfois, accorde: Jean Béliveau avait de la classe.Jean Béliveau fut mon premier co-chambreur chez le Canadien.J'ai été son dernier.Il avait 39 ans et j'en avais 23.J'avais été rappelé quelques semaines auparavant et, alors que la série finale de la Coupe Stanley contre les champions en titre (les Bruins, avec Bobby Orr et Phil Esposito) allait débuter, on avait dit à Jean quelque chose que je ne savais pas.Je serais le gardien partant.À l'époque, les joueurs du Canadien restaient ensemble, en équipe, pendant toutes les séries.Sur la route, nous étions dans des hôtels.À domicile, nous habitions à La Sapinière, un centre de villégiature des Laurentides, à une centaine de kilomètres au nord du Forum.Jean s'était fait confier la tâche par Al MacNeil carrière comme joueur.Très peu d'entre nous deviennent des joueurs vedettes.Beaucoup moins traversent les époques.Dans les extraits vidéos des vieilles parties, la plupart d'entre nous paraissent dépassés.Jean, si grand, si élégant et si puissant, semble défier le temps.Il aurait été autant à sa place dans le jeu d'aujourd'hui qu'à son apogée, un peu comme un Jonathan Toews en plus gros et plus mature, peut-être.Jean est inévitablement lié au plus grand joueur de l'équipe, Maurice Richard.Le Rocket, large d'épaules, explosif, avait une volonté qui intimidait ses adversaires.Jean, lui, jouait en plein contrôle de l'action.Pour les amateurs du Québec, le Rocket était comme eux: il accomplissait ce qu'ils rêvaient de faire.Jean était au-dessus d'eux, hors de portée.L'un suscitait un amour profond, l'autre, une grande admiration.Mais tout aussi différents qu'ils pussent être, avec de grands entraîneurs et gérants, et quelques joueurs d'exception autour d'eux, ils furent l'étoffe du Canadien.Il est facile d'oublier que le Canadien ne fut pas toujours légendaire.Lorsque Jean joua sa première saison complète en 1955, l'équipe n'avait remporté que Aucun endroit n\u2019était trop petit ou trop éloigné puisque tous les admirateurs, tous les gens étaient importants.Il était le grand Jean Béliveau, élégant, gracieux et aimable, avec cette chaleureuse dignité et ce sourire amical.Il était là.et Sam Pollock, respectivement entraîneur de l'équipe et directeur général, de «garder un œil sur le jeune».Une autre chose que je ne savais pas.Jean avait déjà remporté neuf fois la Coupe Stanley et il était le capitaine de l'équipe.Il avait le lit double de la chambre et moi, le lit simple.J'étais pour lui un coéquipier et il ne voyait pas de problème à partager sa chambre avec moi.Il ne dérangeait pas, sauf si nécessaire.Il me laissait faire et m'observait.Et je l'observais aussi.S'il avait pu garder le cap tout au long de notre surprenant périple en dents de scie vers la Coupe ce printemps-là, de quel droit aurais-je pu ne pas le faire?J'ai lu plus tard que de toutes ses conquêtes de la Coupe Stanley, celle-là fut sa préférée.Les autres étaient arrivées si souvent qu'elles finirent par être tenues pour acquises, jusqu'à ce que, soudainement, en 1971, l'équipe ayant raté les séries la saison précédente et sa retraite imminente, il ne devait plus y en avoir d'autre.Celle-ci fut un cadeau.Il n'était plus un joueur étoile, mais dans ses derniers jours comme joueur, il fut ce qu'il restera pour le reste de sa vie, une présence imposante.Aussi étrange que cela puisse paraître, il est aujourd'hui facile de sous-évaluer sa sept fois la Coupe Stanley pendant ses 46 années d'existence.Detroit aussi en avait gagné sept, tout comme les Maple Leafs.Mais en comptant les championnats remportés par les Arenas et les St.Pats, les noms précédents des Leafs, Toronto avait en réalité gagné neuf fois.Un an plus tard, le Canadien allait remporter le premier de cinq championnats consécutifs.Dans les 19 années qui suivirent, ils en gagnèrent neuf de plus, laissant toutes les autres équipes dans le sillage de leurs patins, tant pour ce qui est des records que de la réputation.Avec le Rocket, le Canadien devint grand.Avec Jean, il devint dominant.C'est pourtant après 1971 que Jean, lui, devint vraiment spécial.Il fut un ambassadeur sans pareil pour le Canadien.Il était fier d'être un membre de l'équipe et fier de son sport.Il était fier d'être un Victoriavillois et un Montréalais, fier d'être un Québécois, fier d'être un Canadien.Il croyait en chacun de ses rôles et il les représentait partout où il allait.Aucun endroit n'était trop petit ou trop éloigné puisque tous les admirateurs, tous les gens étaient importants.Il était le grand Jean Béliveau, élégant, gracieux et aimable, avec cette chaleureuse dignité et ce sourire amical.Il était là.n PHOTO PIERRE McCANN, ARCHIVES LA PRESSE Ken Dryden a gagné la Coupe Stanley en compagnie de Jean Béliveau, qui a aussi été son cochambreur durant une année.Il traitait chacun avec respect.Il disait les bonnes choses, et de la bonne façon - en français et en anglais -, parce que c'est ce qu'il croyait et ce qu'il était.Il rendait chaque situation meilleure.Il faisait en sorte que tous les gens ressentaient que leur ville, leur organisation, leur province, leur pays et leur événement était important.Qu'ils étaient importants.En faisant appel au meilleur d'eux-mêmes, il leur rappelait ce qu'il y avait de mieux en eux.C'est ainsi qu'il avait été comme joueur.Contrairement à la plupart des autres grands joueurs, sa présence n'éclipsait pas les autres.Il les rendait meilleurs.Jean avait d'autres talents.Il aurait pu faire d'autres choses.Mais il avait compris, probablement tôt dans la vie, qu'il aurait une plus grande influence non pas en tant que chef d'entreprise ou politique, mais en tant que Jean Béliveau, en faisant ce qu'il faisait, en étant ce qu'il était.Véritable géant du hockey, ambassadeur extraordinaire pour tout ce en quoi il croyait, la plus grande réussite de Jean aura probablement été qu'il fut un gentilhomme exemplaire.Vos souvenirs du Grand Jean De nombreux lecteurs qui ont eu la chance de rencontrer Jean Béliveau nous ont fait parvenir leurs témoignages hier.En voici quelques-uns.Nous sommes des millions à être orphelins Monsieur Jean Béliveau s'est éteint à l'âge de 83 ans, j'en suis profondément triste.Mes sincères condoléances à sa femme Élise, sa fille Hélène, ses petites filles Mylène et Magalie et ses proches.Nous sommes des millions à être orphelins de lui.Il nous laisse en héritage ses multiples exploits sportifs et sa grandeur d'âme.Sphinx du hockey, il aura marqué des générations d'admirateurs par ses 10 conquêtes de la Coupe Stanley et son style de jeu.Il vivra aussi dans notre mémoire pour ses qualités humaines.J'ai eu le privilège de connaître Jean Béliveau, le gentleman, de près.Tous les dimanches matin, en allant faire mes courses, j'arrêtais prendre mon expresso avec lui en compagnie de sa femme, Élise, et d'un groupe d'amis.On passait une heure à parler de tout et de rien.Il suivait l'actualité politique et en discutait avec intérêt.Même diminué dans sa force physique par un cancer de la gorge, il venait régulièrement prendre son petit-déjeuner dominical jusqu'à ce que son état de santé ne le lui permette plus.J'en garde un souvenir impérissable.Si Maurice Richard a sonné le réveil d'un peuple, Jean Béliveau a été, toutes personnalités publiques confondues, celui qui l'a le mieux représenté.Il était calme, poli, courtois : bref, un capitaine que j'aurais suivi, peu importe le domaine qu'il aurait pu choisir.Heureusement, il a évolué dans le sport qui rassemble le plus les Québécois.Au revoir, Monsieur Béliveau.Vous resterez à jamais présent dans nos esprits et dans nos cœurs.Fatima Houda-Pepin, députée de La Pinière de 1994 à 2014 Un appel à l\u2019hôpital Lors de mon hospitalisation en 2010 et grâce à mon ami Bob Fillion (préposé au salon des anciens au Centre Bell), Monsieur Béliveau m'avait téléphoné pour me souhaiter bon courage.Il m'avait parlé durant environ dix minutes pour m'encourager à poursuivre ma lutte contre la maladie.Je lui avais demandé pour quelle raison il prenait le temps de faire ce geste et sa réponse a été que la vie avait été très bonne pour lui et que c'était une manière à lui de redonner à la société.J'avais été très touché par son geste.Merci à Bob Fillion de m'avoir permis de discuter avec ce grand homme.Tout un gentleman que ce Monsieur Béliveau.André Daigneault, Beloeil Un admirateur au marché J'ai rencontré Jean Béliveau par hasard dans un marché public de la Rive-Sud, il y a 10 ans.Je me suis approché en lui demandant: «Est-ce qu'un admirateur peut vous donner la main?» Il a eu un grand rire, avant de me donner une généreuse poignée de main et de dire bonjour à mon épouse, qui s'était tenue à l'écart, craignant de l'importuner.Robert Pilon, Brossard La médaille Il y a 50 ans, Jean Beliveau m'a félicité et remis une médaille aux jeux de sports étudiants de Mashteuiatsh.C'est un grand moment de ma vie et je ne l'oublierai jamais.Mille mercis, Jean ! Roger McNicoll Le plus impressionnant J'ai rencontré M.Béliveau au Salon du livre de Montréal, il prenait le temps de signer toutes les dédicaces demandées.C'était le personnage public qui m'a le plus impressionné.Un grand homme! Eric Larochelle Merci pour ma sœur J'ai eu le privilège de rencontrer M.Béliveau en 1971 lors d'un événement privé avec lui au Forum.Cette rencontre a été organisée par mon père au bénéfice de ma sœur Carole, déficiente intellectuelle.Carole vouait (et voue encore aujourd'hui) une admiration sans limites à M.Béliveau.Durant la saison 1970-1971, M.Béliveau était dans une léthargie de production sur la glace.Lorsqu'il a finalement compté un but, Carole s'est mise à pleurer de joie et de soulagement.Le lendemain, mon père envoya une lettre à l'organisation du Canadien pour demander une photo de M.Béliveau.Au lieu d'une photo, M.Béliveau organisa une rencontre au Forum, un samedi après une pratique des joueurs, pour rencontrer la famille (mes parents, ma sœur et moi).Lors de cette rencontre, il lui remit un bâton autographié (bâton qu'elle possède encore aujourd'hui et qu'elle conserve précieusement), ainsi qu'un livret d'autographes des joueurs.Merci, M.Béliveau, d'avoir été si important pour Carole.Bon voyage.Jean-Pierre Mallette Il était un géant Je terminais de lacer mes patins un soir de janvier 1978 pour aller faire une randonnée sur la rivière Saint-Charles à Québec.Tout à coup, une paire de patins géants apparaît sous mes yeux.Je lève la tête pour voir qui était ce géant.Mon regard croise celui de Jean Béliveau qui me fait tout naturellement un sourire.Je me suis levé et il a pris ma place.À mes yeux, même assis, il semblait malgré tout encore plus grand que tous ceux autour de lui.Le sourire aux lèvres, il a signé quelques autographes.Que ce soit sur la glace du Forum ou sur le banc des joueurs, sur la glace d'une rivière ou sur un banc public, il était un géant.René Huot A 26 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn DEBATS L'énigme Péladeau } LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca Il y a des libéraux et des caquis-tes qui se réjouissent à l'idée que Pierre Karl Péladeau sera le prochain chef du PQ.Il va «s'auto-peluredebananiser », prédisent-ils, paraphrasant la fameuse expression qui décrit la chute inopinée sur une pelure de banane.Il y a beaucoup de péquistes qui, au contraire, se félicitent de la venue providentielle de celui qu'ils voient comme le sauveur du parti, voire comme celui qui pourra réaliser la souveraineté du Québec.Comment des gens qui vivent sur la même planète et observent les mêmes événements peuvent-ils avoir des perceptions aussi contradictoires?Après tout, on a beau être partisan, on n'est pas nécessairement aveuglé.Le phénomène du « wishful thinking » (on prévoit ce que l'on souhaite) n'explique pas tout non plus.Comment expliquer que l'homme que certains voient comme un futur gagnant soit pour d'autres un futur raté de la politique ?La réponse, c'est qu'il y a deux PKP.Celui qui risque de rater son coup et celui qui a des chances de le réussir.Les deux hypothèses sont réalistes.Seul l'avenir dira laquelle est fausse, et encore peut-être faudra-t-il plusieurs années pour le savoir.ll y a deux PKP: celui qui risque de rater son coup et celui qui a des chances de le réussir.PKP est un chef d'entreprise intraitable, connu pour ses crises de colère et sa brutalité dans ses rapports professionnels.Comme patron de Québecor, il a l'habitude de tout régenter jusque dans les moindres détails et de ne travailler qu'avec des gens qu'il a lui-même choisis.Exactement le contraire du comportement requis pour un politicien, qui doit être capable de faire des compromis et qui ne choisit ni ses alliés ni ses collègues.MAIS on peut aussi dire que sa réputation d'autocrate ne le desservira pas nécessairement auprès des électeurs qui veulent un chef fort, capable d'inspirer le respect et de décider sans passer son temps à consulter.PKP se fiche éperdument des règles élémentaires de la politique.Il se moque des correspondants parlementaires, qu'il accuse de « harcèlement », et passe par-dessus la tête des journalistes pour communiquer directement avec le public sur Facebook.MAIS on peut aussi dire qu'il est rafraîchissant de voir un politicien tenir tête à la presse parlementaire.Après tout, pourquoi ne pas parler directement à la population avec les outils de l'ère moderne, plutôt que de passer par l'intermédiaire de journalistes qui risquent de mal le citer ou de déformer ses propos ?PKP dit, sur Facebook ou au micro, tout ce qui lui passe par la tête, sans réflexion ni sens de la mesure.Pour un homme qui aspire au poste de premier ministre, c'est irresponsable et dangereux.MAIS on peut aussi dire qu'il sait s'excuser quand il a gaffé.Et cette spontanéité, aux antipodes de la langue de bois, va le servir auprès des citoyens qui en ont marre des politiciens « préformatés ».PKP est très mauvais orateur -débit hachuré, ton criard, français approximatif, digressions saugrenues.Quand il écrit son texte, c'est encore pire.MAIS on peut aussi dire qu'il y a eu des politiciens qui ont bien réussi sans être particulièrement éloquents.Pensons à Stephen Harper ou à Robert Bourassa (surtout dans son premier mandat).Justin Trudeau ne s'exprime pas mieux et ses principaux adversaires, François Legault et même Philippe Couillard ne sont pas de grands orateurs.Corrections Le nom de la mère de Pierre Karl Péladeau est Raymonde Chopin (et non Jobin).Par ailleurs, la députée Martine Ouellet n'a pas assisté à l'assemblée de PKP à Saint-Jérôme (elle avait toutefois un sosie dans la salle!).Enfin, c'est une conseillère et non la présidente des jeunes péquistes qui a pris la parole à cette assemblée.PHOTO MOHAMMED ABED, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE Le gouvernement palestinien a fait de la reconnaissance de l\u2019Etat de Palestine un élément-clé de sa stratégie afin de débloquer des négociations qu\u2019il estime entravées par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, écrit notre collaborateur.Reconnaître l\u2019Etat palestinien Le gouvernement palestinien a fait de la reconnaissance de l\u2019État de Palestine un élément-clé de sa stratégie JOCELYN COULON Directeur du Réseau de recherche sur les opérations de paix, affilié au CERIUM de l\u2019Université de Montréal, il collabore régulièrement à La Presse Débats.Mardi, l'Assemblée nationale française a adopté une résolution invitant le gouvernement de François Hollande à reconnaître l'État de Palestine.La résolution n'a aucune valeur contraignante, et seul le pouvoir exécutif est en mesure de reconnaître un pays.Néanmoins, le vote des parlementaires français s'inscrit dans une série de mesures similaires adoptées par plusieurs législatures en Europe et visant, pour ses partisans, à redonner une nouvelle vie au processus de paix israélo-palestinien.Pour les opposants, ces votes sont symboliques et ne favorisent pas la conclusion d'un accord de paix.Le gouvernement palestinien a fait de la reconnaissance de l'État de Palestine un élément-clé de sa stratégie afin de débloquer des négociations qu'il estime entravées par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.Le vote français n'est en fait qu'un épisode d'une campagne amorcée il y a plusieurs années et qui a mené à l'entrée de la Palestine aux Nations unies à titre d'État observateur en 2012.À cette époque, le nombre de pays reconnaissant la Palestine est passé d'une centaine à 130.Ce beau succès diplomatique est cependant demeuré incomplet.En effet, très peu de pays occidentaux, surtout les plus importants, ont reconnu pleinement la Palestine.Tout au plus reconnaissent-ils l'Autorité palestinienne et lui accordent-ils un statut diplomatique.Le président Mahmoud Abbas veut forcer la main des Occidentaux et les amener à franchir le pas vers la reconnaissance pleine et entière de son État.D'où la campagne actuelle qui consiste à convaincre les parlementaires européens de faire pression sur leur gouvernement en adoptant des résolutions favorables à cette reconnaissance.Et la campagne fonctionne, même auprès de pays traditionnellement pro-israélien.Ainsi, le 13 octobre, les parlementaires britanniques de toutes tendances politiques ont adopté une résolution similaire à celle de leurs collègues français.Deux semaines plus tard, la Suède est allée plus loin et est devenue le premier grand pays occidental à reconnaître l'État de Palestine.Contrer la haine Les politiciens britanniques, français ou suédois invoquent deux raisons afin de justifier leur geste: leur profonde exaspération face à l'impasse entre Israéliens et Palestiniens et leurs craintes de voir un Proche-Orient déjà secoué par le terrorisme et les conflits civils et reli- plus difficile et qu'elle contrevient à l'esprit et à la lettre des négociations de paix dont la finalité est justement la création d'un État palestinien et sa reconnaissance après la conclusion d'un accord.Les arguments des uns et des autres se valent et chacun choisira son camp selon la lecture qu'il fait des événements qui secouent le Proche-Orient depuis si longtemps.Toutefois, une certitude demeure : l'État palestinien existe, même si l'occupation israélienne entrave sa pleine liberté d'action.Il réunit, comme le stipule la déclaration de Montevideo de 1933, les quatre conditions d'existence d'un État: une population, un gouvernement, la capacité d'entrer en rapport avec les autres États.Quant au territoire, les Palestiniens en contrôlent une partie, mais son statut définitif et ses frontières restent à déterminer.L'occupation et l'absence de statut et de frontières définis sont-elles des obstacles à la reconnaissance ?Certainement pas, puisque l'acte de Les arguments des uns et des autres se valent et chacun choisira son camp selon la lecture qu\u2019il fait des événements qui secouent le Proche-Orient depuis si longtemps.gieux «s'embraser», comme l'écrivent les anciens ministres des Affaires étrangères français et espagnol Bernard Kouchner et Miguel Angel Moratinos.La reconnaissance, écrivent-ils, peut relancer les négociations et enrayer l'« engrenage des haines et des confrontations».Cette justification est rejetée par les opposants à la reconnaissance.Ils font valoir qu'elle va rendre le dialogue reconnaissance est d'abord et avant tout un geste fait par un État afin de soutenir politiquement une autre entité étatique, aussi imparfaite soit-elle.C'est tellement vrai que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a promis de reconnaître la Palestine si une nouvelle négociation israélo-palestinienne étalée sur deux ans devait échouer.Un humain en détresse Ostraciser Jeremy Searle n\u2019est pas la solution à son problème dalcoolisme MAGDA POPEANU Conseillère de ville, Côte-des-Neiges Depuis lundi soir, les élus et les médias ont fait grand cas d'un événement qui a eu lieu lors du conseil d'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.Mon collègue et conseiller de ville, Jeremy Searle, s'est levé, sans raison apparente, durant la période de questions des citoyens, pour venir m'embrasser sur la joue et se rasseoir.La suite est connue : après une suspension de la séance au cours de laquelle les élus de l'arrondissement se sont réunis, le maire Russell Copeman a pris la décision d'expulser M.Searle pour manquement au décorum et parce qu'il était vraisemblablement sous influence de l'alcool.Il est de notoriété publique que Jeremy Searle reconnaît souffrir d'un grave problème d'alcoolisme.Son comportement de lundi soir dernier est sans équivoque le comportement erratique d'un homme aux prises avec un problème qu'il ne maîtrise pas.Cette situation est d'autant plus tracassante que le vote de M.Searle peut affecter l'évolution de plusieurs dossiers importants et stratégiques au sein des instances de notre métropole.Préoccupant Cette situation me préoccupe grandement depuis plusieurs mois et j'ai moi-même tenté d'aider mon collègue.Malheureusement, peu de ressources sont disponibles pour faire face aux problèmes de dépendance que vivent nos concitoyens, qui sont plus courants que nous ne le pensons.De plus, comme l'actualité des dernières semaines nous le démontre, certaines situations à caractère plus personnel et humain ne sont pas abordées par les lois, les règles et les codes qui régissent le comportement de ceux et celles qui occupent des fonctions publiques.Ceci rend notre responsabilité et notre devoir d'intervention auprès de notre collègue encore plus difficiles.Contrairement à ce que semblent mentionner la plupart de mes collègues masculins qui veulent « porter plainte», « prendre des mesures » ou « sévir » contre M.Searle, je ne crois pas que ces approches soient les bonnes pour venir en aide à quelqu'un qui est avant tout un être humain en détresse.C'est pourquoi j'ai choisi de ne pas porter plainte.Soyez assurés qu'à aucun moment, jusqu'à présent, je ne me suis considérée harcelée ou en danger en présence de M.Searle, malgré son comportement qui peut nous apparaître déroutant.Comme dans n'importe quelle situation où un problème de dépendance est en cause, il faut être ferme et ne pas accepter les comportements erratiques.Par contre, je ne crois pas qu'ostraciser M.Searle soit la solution à cette situation qui peut parfois provoquer son lot de moments désagréables comme celui vécu lundi soir.Avec un minimum de compassion, j'ai la conviction que nous réussirons à convaincre notre collègue Jeremy Searle d'obtenir l'aide dont il a désespérément besoin pour retrouver la santé, ses capacités physiques et mentales et son jugement. LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 A 27 LA PRESSE ARTS *JÈSÊêÊ musique ancienne r ¦ Noël à l orgue HÈWlWj :! ïï jl m Si# 3 **j i Le Noël de Québec Issime 'mm- La Nuit de Noël des Wainwright Patrick Watson Les spectacles de Noël sont à nos portes.À Montréal et dans les environs, des dizaines de concerts et événements seront présentés au cours du mois de décembre.Au-delà de l\u2019incontournable Casse-noisette des Grands Ballets canadiens, qu\u2019il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, voici 10 suggestions pour les mélomanes de 7 à 77 ans.NOËL EN CAROLINE RODGERS UN NOËL ÉTOILÉ À L\u2019ORATOIRE Cette année, l\u2019oratoire Saint-Joseph invite les jeunes et les moins jeunes trois fois plutôt qu\u2019une à entendre des airs de Noël avec les Petits Chanteurs du Mont-Royal et 10 artistes et personnalités publiques : sœur Angèle, Annie Blanchard, Giorgia Fumanti, Maxime Landry, Michel Louvain, Renée Martel, Michaël, Patrick Normand, Chantal Pary et David Thibault.Le 5 décembre, 20 h ; le 6 décembre, 14 h 30 et 20 h, à l\u2019oratoire Saint-Joseph NICOLAS NOËL Avec son ami, le lutin Grésille, Nicolas Noël raconte des histoires en chansons aux tout-petits dans son spectacle La magie de la poussière d\u2019étoiles, dont le DVD a été certifié double platine.Les chansons originales ont été composées par François Tremblay, mieux connu des enfants sous le nom d\u2019Arthur L\u2019aventurier.Le 13 décembre, 15 h, et le 20 décembre, 11 h, Théâtre St-Denis 2, et en tournée au Québec jusqu\u2019au 27 décembre FESTIVAL NOËL DANS LE PARC Un festival qui propose une cinquantaine d\u2019activités dans trois parcs de Montréal, dont des spectacles dartistes québécois de divers horizons.Parmi les concerts au programme, mentionnons ceux de Canailles, Les chercheurs d\u2019or, Random Recipe, Elisapie, Stefie Shock et les BB, entre autres.Les activités se déroulent au parc des Compagnons-de-Saint-Laurent, au parc Lahaie et à l\u2019Esplanade Financière Sun Life du Parc olympique.Pour l\u2019horaire complet : noeldansleparc.com ANDY KIM ET SES AMIS Le chanteur canadien Andy Kim, qui est né à Montréal et a surtout été populaire dans les années 60 et 70, donne chaque année depuis neuf ans un concert de Noël dont il remet tous les profits à des œuvres caritatives.Cette année, cet événement a lieu pour la première fois à Montréal avec des invités tels que Patrick Watson, Sam Roberts, Amy Millan, Kevin Drew, Ron Sexsmith et Alan Frew (Glass Tiger).Les profits seront remis à la Fondation pour l\u2019enfance Starlight.Le 13 décembre, 20 h, au Théâtre Corona DÉCEMBRE DE QUÉBEC ISSIME Après 12 ans, on peut dire que le spectacle Décembre de Québec Issime est devenu une tradition populaire.Le spectacle met en vedette 13 chanteurs - dont Natalie Choquette -, 8 danseurs et 4 musiciens, et présente des incontournables de Noël dans des décors hauts en couleur.Cette année, on nous promet 12 tableaux sur des thèmes comme Le feu dans la cheminée, La chasse-galerie, Songe d\u2019une nuit d\u2019hiver et La veillée du jour de l\u2019An.En semaine à 20 h, les samedis à 14 h et à 20 h, les dimanches à 20 h, du 11 au 30 décembre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts LA NUIT DE NOËL DES WAINWRIGHT Rufus et Martha Wainwright se retrouvent à la Maison symphonique avec leurs invités, Louis-Jean Cormier, Ariane Moffatt et Amy Millan, pour un concert au profit de la Fondation Kate McGarrigle pour les soins et la recherche contre le cancer et les hôpitaux universitaires de McGill.On annonce aussi «d\u2019autres invités spéciaux».Le 21 décembre, 19 h, Maison symphonique de Montréal LES PETITS CHANTEURS ET LOSL L\u2019Orchestre symphonique de Laval présente un concert de Noël avec les Petits Chanteurs de Laval.Un beau programme sous la direction du chef Alain Trudel avec des extraits de Casse-noisette, de Hansel et Gretel chantés en français, et des chants de Noël populaires avec trois solistes de l\u2019Atelier lyrique de l\u2019Opéra de Montréal.Le 10 décembre, 20 h, salle André-Mathieu LE MESSIE EN RAFALE Cette année, pas moins de quatre institutions musicales proposent l\u2019œuvre phare de Noël, Le Messie de Handel.On l\u2019entendra d\u2019abord demain soir au Festival Bach de Montréal avec les Violons du Roy sous la direction du réputé Trevor Pinnock.L\u2019Orchestre symphonique de Montréal prend la relève avec deux représentations, suivi par le Chœur philharmonique du Nouveau-Monde (parties pour chœur seulement) et par l\u2019Orchestre de chambre McGill.Violons du Roy: le 5 décembre, 19h30, Maison symphonique de Montréal; OSM : les 9 et 10 décembre, 20h, Maison symphonique de Montréal ; Chœur philharmonique du Nouveau-Monde: le 13 décembre, 19h30, église St-Germain, Outremont; Orchestre de chambre McGill : le 15 décembre, 19h30, cathédrale Christ Church.NOËLÀ LEIPZIG On aime bien s\u2019imaginer la ferveur de Noël au temps de Bach.Une idée qui se concrétise grâce au Studio de musique ancienne de Montréal, qui présente trois cantates de Bach, dont deux composées pour le jour Noël, dans le cadre de l\u2019intégrale des cantates de Bach de la salle Bourgie.Avec quatre solistes (Marie Magistry, Josée Lalonde, Michiel Schrey et Normand Richard) sous la direction de Christopher Jackson.Le 13 décembre, 15 h, et le 14 décembre, 14h, salle Bourgie NOËLÀ L\u2019ORGUE Un autre concert en train de devenir une tradition des Fêtes nous revient pour la cinquième année d\u2019affilée: les 12 Noëls pour orgue de Louis-Claude Daquin, au Gesù, avec François Zeitouni, titulaire de l\u2019orgue du Gesù depuis 2005.Cet organiste montréalaise, élève du légendaire Raymond Daveluy, perpétue une tradition que son professeur avait longtemps maintenue du temps qu\u2019il était titulaire de l\u2019orgue de l\u2019oratoire Saint-Joseph.Le 21 décembre, 15 h, au Gesù A 28 LA PRESSE MONTRÉAL JEUDI 4 DÉCEMBRE 2014 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ARTS MUSIQUE U2 de retour au Centre Bell PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE La tournée de Bono et son groupe est limitée à neuf villes en Amérique du Nord en 2015.Montréal fait partie de cette courte liste.ggpfg ALAIN DE REPENTIGNY Après avoir attiré 162 466 spectateurs en deux soirs à l'Hippodrome de Montréal en juillet 2011, U2 sera de retour à Montréal le temps de deux concerts au Centre Bell, les 12 et 13 juin 2015.La tournée d'arénas Innocence + Experience s'amorcera à Vancouver le 14 mai et se poursuivra en Europe à compter du 4 septembre, à Turin.U2 se produira sur une scène centrale dans un Centre Bell qui pourra accueillir environ 20 000 spectateurs chaque soir.Les billets pour tous les concerts annoncés hier seront mis en vente le lundi 8 décembre, mais les membres du fan-club de U2 pourront s'en procurer sur le site U2.com à compter de demain à 10 h, jusqu'à samedi à midi.«Nous allons essayer d'avoir une ambiance complètement différente chaque soir et d'avoir du plaisir à jouer avec les thèmes de l'innocence et de l'expérience », a déclaré Bono dans le communiqué transmis par evenko, hier.Montréal dans un club sélect Ce sera la première fois en 14 ans que U2 passera par Montréal dès le premier volet de sa tournée nord-américaine.« On s'en doutait après le succès de l'Hippodrome, reconnaît Jacques Aubé, patron d'evenko.Mais si on n'avait pas été aussi déterminés pour convaincre U2 de venir à Montréal en 2011, on ne serait pas sur cette liste très limitée aujourd'hui.Montréal est une des neuf villes sélectionnées en Amérique du Nord parmi des gros marchés comme Los Angeles, New York et Chicago.» « Bono et sa gang aiment notre ville, ils sont chums avec Guy [Laliberté] et ils ont vécu une expérience incroyable ici en 2011.N'oubliez pas qu'au départ, je leur avais garanti de vendre 60 000 billets et on en a vendu 162 000 », a rappelé Jacques Aubé, patron d'evenko.Les 8 et 9 juillet 2011, U2 s'était produit dans un stade aménagé de toutes pièces pour l'occasion sur le terrain de l'Hippodrome.Le deuxième soir, à la fin d'un concert diffusé sur le web, Bono avait lancé au public, en français : «Vive la différence! Vive [le] Québec ! » Le chanteur amoché Incidemment, ces deux concerts de 2011 avaient été reportés d'un an parce que Bono avait dû subir une intervention chirurgicale au dos en 2010.Les plus vieux fans de U2 se souviendront également que le chanteur avait le bras en écharpe quand il s'est produit au Stade olympique le 1er octobre 1987.Or, quand s'amorcera la tournée Innocence + Experience, Bono aura terminé la longue période de réadaptation progressive que lui ont prescrite ses médecins à la suite de son accident de vélo dans Central Park, le 16 novembre dernier.Le chanteur de 52 ans, qui tentait d'éviter un autre cycliste, a subi de multiples fractures à l'épaule, au bras, au coude et à la main gauches ainsi qu'au visage, pour lesquelles il a passé cinq heures sur la table d'opération.U2 n'a pu se produire toute une semaine à l'émission The Tonight Show où l'attendait l'animateur Jimmy Fallon, et il a fallu que Chris Martin et Bruce Springsteen acceptent de remplacer Bono pour que le groupe, rebaptisé pour l'occasion U2 Minus One, donne un concert surprise pour la Journée mondiale du sida à Times Square, lundi.On a craint, jusqu'à l'annonce d'hier, que U2 ne puisse partir en tournée comme prévu en 2015.«Cet accident n'a rien changé dans les plans de la tournée », assure Jacques Aubé.Une controverse.et des éloges Cette tournée mondiale fera suite au lancement controversé du 13e album studio de U2, Songs of Innocence.De connivence avec Apple, U2 a offert cet album gratuitement en téléchargement automatique au demi-milliard de clients d'iTunes dans le cadre du lancement de l'iPhone 6, le 9 septembre.Devant les nombreuses réactions négatives, le groupe s'est excusé dans une vidéo postée sur Facebook un mois plus tard.Dans son mea culpa, Bono a déclaré que ce geste avait été motivé par « une pointe de mégalomanie, une touche de générosité, un peu d'autopromotion et la crainte profonde que ces chansons auxquelles [ils avaient] consacré les plus récentes années de [leur] vie ne soient pas écoutées».Songs of Innocence n'a pas fait l'unanimité, certains critiques estimant que U2 tourne en rond tandis que d'autres, comme le magazine Rolling Stone, qui vient d'en faire son album par excellence de 2014, ont louangé son dynamisme.Live Nation, producteur de la tournée, affirme que Songs of Innocence a été écouté en ligne 81 millions de fois et téléchargé par 30 millions de fans.Faut-il voir dans la décision de U2 de retourner dans des arénas un indice de la baisse de popularité du groupe irlandais ?«Non, il n'est pas rare que des artistes passent des stades aux arénas: ça dépend du type de production, estime Jacques Aubé.Et puis il y a beaucoup plus d'arénas disponibles.Lors des deux dernières tournées avant 360°, U2 a joué en aréna.C'est un choix artistique, je pense.» une présentation de POWER CORPORATION DU CANADA 4 DERNIÈRES À MONTRÉAL! À L\u2019AFFICHE JUSQU\u2019À SAMEDI EXPLOSIF! DES BULLES DE CHAMPAGNE.-CATHERINE POGONAT, DESSiNE-MOiÜNDiMANCHE, ICI PREMIÈRE, R-C DRÔLEETG RINÇANT.-CHRISTIANE CHARETTE, LA SOIRÉE EST ENCORE JEUNE, ICI PREMIÈRE, R-C D\u2019ETRE CSNSTANT EOSCAR WILDE n NORMAND CHAURETTE YVES DESGAGNES EN TOURNEE DES LE 13 JANVIER LES SORTIES DU TNM TROIS-RIVIÈRES 13 JANVIER 2015 salle J.-ANTONIO-THOMPSON / DRUMMONDVILLE 15 JANVIER MAISON DES ARTS DESJARDINS / SHERBROOKE 20 JANVIER SALLE MAURICE O\u2019BREADY / LAVAL 23 JANVIER SALLE ANDRÉ-MATHIEU / SAGUENAY 28 JANVIER THÉÂTRE BANQUE NATIONALE / RIMOUSKI 31 JANVIER SALLE DESJARDINS-TELUS / QUÉBEC 2 FÉVRIER SALLE ALBERT-ROUSSEAU / GATINEAU 6 ET 7 FÉVRIER MAISON DE LA CULTURE Caisse de dépôt et placement du Québec Théâtre du Nouveau Monde TNM.QC.OA 514.866.8668 3 ICI ^ RaDio-canara m + artv Hommage à Marc Favreau Une œuvre lumineuse de la SAT A l\u2019occasion du premier anniversaire de la bibliothèque Marc-Favreau, créée dans l\u2019arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, une œuvre numérique lumineuse réalisée par la Société des arts technologiques (SAT), Urba Morphic - Volume 1, également appelée LAllumière, a été dévoilée, hier, en hommage à l\u2019imaginaire de Marc Favreau.Il s\u2019agit de la troisième oeuvre d\u2019art public intégrée dans la bibliothèque Marc-Favreau.Urba Morphic - Volume 1 a été conçue par Louis-Philippe St-Arnault, directeur du département de l\u2019immersion à la SAT.Constituée de 600 pixels lumineux et de toiles opaques, elle s\u2019intègre - sur 25 mètres de long et 6 mètres de haut - à l\u2019architecture vitrée et anguleuse de Gilles Prud\u2019homme, architecte de la firme Dan Hanganu.PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE « Elle appuie la structure architecturale épurée de la bibliothèque le jour et la redéfinit comme volume malléable le soir », a dit M.St-Arnault.\u2014 Éric Clément LA CHAPELLE DE QUÉBEC SAISON 2014-2015 LES LE MESSiE DE HANDEL VENDREDI 5 DÉCEMBRE 19H30 TREVOR PINNOCK, CHEF MIRIAM ALLAN, SOPRANO ALLYSON MCHARDY, MEZZO-SOPRANO ALLAN CLAYTON, TÉNOR ANDREW FOSTER-WILLIAMS, BARYTON-BASSE AVEC LA CHAPELLE DE QUÉBEC OPTIMUM.Présenté par PARTENAiREDESAiSON À MONTRÉAL laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LaCapitale Groupe financier VIOLONS Le retour très attendu d\u2019une œuvre phare avec Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec! pour les 30 ans et moins MAiSON SYMPHONiQUE DE MONTRÉAL PHOTO LAPRESSE Meg Stuart, Benoît Lachambre et Marie Chouinard.4*- > > ' M M\tCOTE DE SÉCURITÉ 5 ÉTOILES DELA NHTSA\t«MEILLEUR CHOIX ¦\tET AUCUN ACOMPTE AUX ESSAIS DE COLLISIONS LATÉRALE ET FRONTALE1 SÉCURITÉ» SELON L'i Prix de départ du modèle DodgeJourney Crossroad 2015 montré : 30 750 $\u2022 DODGE JOURNEY SE 2015 LE MULTISEGMENT PRÉFÉRÉ AU PAYSV ÀPARTIRDE: 19 995$ LE PRIX INCLUT 2 000 $* DE REMISE AU COMPTANT, LES FRAIS DE TRANSPORT ET LES FRAIS SUR LE CLIMATISEUR.FINANCEMENT À L'ACHAT À PARTIR DE : AUX DEUX SEMAINES POUR 96 MOIS FRAIS DE TRANSPORT ET FRAIS SUR LE CLIMATISEUR INCLUS.TAUX DE FINANCEMENT À L\u2019ACHAT À PARTIR DE : JUSQU'À 96 MOIS ET AUCUN ACOMPTE «MEILLEUR CHOIX SÉCURITÉ» SELON L'IIHS PASSEZ CHEZ VOTRE CONCESSIONNAIRE CHRYSLER | JEEPMD | DODGE | RAM DU QUÉBEC chrysler.ca/offres dodge.ca/offres Le consommateuravisé lit les petits caractères : t, *, ±, **, Q, ?.Les offres de cetteannonce s'appliquent à la livraison au détail des modèles neufs sélectionnés achetés auprès des concessionnaires participants à compter du 2 décembre 2014 et pendant le mois en cours seulement, et peuvent être modifiées ou prolongées sans préavis.Les frais de transport (1 695 $) et les frais sur le climatiseur (le cas échéant) sont compris dans le prix d'achat.Aucuns frais supplémentaires ne seront ajoutés aux prix tout inclus des véhicules annoncés.L'immatriculation, l'assurance, les droits sur les pneus neufs (15 $) et les taxes applicables sont en sus et seront exigés à l'achat.Un acompte peut être demandé.Le concessionnaire peut devoir échanger ou commander un véhicule (lorsque applicable).Le concessionnaire peut vendre ou financer à prix moindre.Voyez votre concessionnaire participant pour les détails et conditions.t Les prix d'achat annoncés s'appliquent aux modèles Chrysler 200 LX 2015 (UFCE41 + 28A)/Dodge Grand Caravan SE 2015 (RTKH53 + 29E)/Dodge Dart SE 2015 (PFDH41 + 25A)/Dodge Journey SE 2015 (JCDH49 + 22F + WFU), respectivement : 19 995 $/19 995 $/16 995 $/19 995 $.Le prix d'achat comprend les frais de transport de 1 695 $ et, le cas échéant, les frais sur le climatiseur de 100 $, une remise au comptant et/ou un boni au comptant.* Les remises au comptant sont offertes sur certains modèles neufs 2015 sélectionnés et sont déduites du prix négocié avant l'application des taxes.Une remise au comptant de 3 000 $ est applicable sur le modèle Chrysler 200 LX 2015 (UFCE41 + 28A).Une remise au comptant de 8 100 $ est applicable sur le modèle Dodge Grand Caravan SE 2015 (RTKH53 + 29E).Une remise au comptant de 2 000 $ est applicable surle modèle Dodge Journey SE 2015 (JCDH49 + 22F + WFU).± Letauxde financementà l'achat à partir de 3,99 % jusqu'à 96 mois est offert aux clients admissibles sous réserve de l'a pprobation de crédit parla RBC Banque Royale, la Banque Scotia ou Financement auto TD et est applicable sur certains modèles 2015 sélectionnés.Exemples : Chrysler 200 LX 2015 (UFCE41 + 28A)/Dodge Grand Caravan SE 2015 (RTKH53 + 29E)/Dodge Dart SE 2015 (PFDH41 + 25A)/Dodge Journey SE 2015 (JCDH49 + 22F + WFU) avec un prix d'achat de 19 995$/19 995$/16 995$/19 995$, financé à un taux de 3,99 % pour 96 mois sans aucun acompte (0 $), équivaut à 208 paiements aux deux semaines de 112,35 $/112,35 $/95,49 $/112,35 $, des frais de crédit de 3 373,80 $/3 373,80 $/2 866,92 $/3 373,80 $ et une obligation totale de 23 368,80 $/23 368,80 $/19 861,92 $/23 368,80 $.** Prix de départ du modèle Chrysler 200 Limited 2015 (UFCH41 + 28E) montré, incluant une remise au comptant de 3 000 $ : 23 850 $.Prix de départ du modèle Dodge Grand Caravan Crew 2015 (RTKP53 + 29K) montré, incluant une remise au comptant de 7 000 $ : 31 550 $.Prix de départ du modèle Dodge Dart GT 2015 (PFDR41 + 27S) montré : 23 850 $.Prix de départ du modèle Dodge Journey Crossroad 2015 (JCDR49+ 28V) montré, incluant une remise au comptant de 2 000 $ : 30 750 $.Les prix de départdes véhicules montrés incluent les remises/bonis au comptant et n'incluent pas les options (par exemple, certaines teintes de peinture).Les options sont disponibles moyennantdes coûts additionnels.Les modèles montrés peuvent différer légèrement des modèles qui sont commercialisés au Canada.Q Le rabais additionnel de 500 $ s'applique sur certains modèles Chrysler ou Dodge 2015 neufs sélectionnés achetés entre le 2 et le 31 décembre 2014 seulement auprès des concessionnaires participants.Les modèles Dodge Journey SE, SE Plus et Dodge Grand Caravan SE sont exclus.Ce rabais consiste enunboniau comptant qui sera déduit du prix négocié après l'application destaxes.?L'offre «Aucun paiementau financement pour 90 jours » est d'une durée limitée et s'applique aux clients au détail qui financent un nouveau véhicule Chrysler, Jeep, Dodge ou Ram 2014/2015 (à l'exclusion des modèles Dodge Avenger SE 2014 et SRT Viper 2014/2015) admissible à un taux fixe subventionné sous réserve de l'approbation de crédit par la RBC Banque Royale, la Banque Scotia ou Financement auto TD.L'offre ne s'applique pas aux contrats de financement à taux subventionnés de la Banque Scotia qui excèdent 90 mois.Les paiements mensuels/aux deux semaines seront retardés pour 60 jours et les contrats seront prolongés en conséquence.Les frais d'intérêts ne s'accumuleront pas durant les 60 premiers jours du contrat.Après 60 jours, l'intérêt commencera à s'accumuler et l'acheteur remboursera le capital et l'intérêt pendant la durée du contrat à compter du 90e jour.Les clients sont responsables pour le paiement de tout versement initial (le cas échéant) et des frais d'immatriculation, de permis et d'assurance au moment de la signature du contrat.Pour obtenir toutes les précisions, consultez votre concessionnaire.OSelon le segment inférieur des berlines intermédiaires 2014 de Ward's.Selon le PDSF des modèlesde base.Exclut les autres véhicules conçus et construits par Chrysler Group LLC.t Selon le programme d'évaluation des nouvelles voitures utilisé par l'organisme a mérica in National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) (www.safercar.gov).> Selon la catégorie des petites berlines de gamme supérieure 2014 coûtant moins de 25 000 $de Ward\u2019s.VSelon lesdonnéestiréesdu recensementde IHSAutomotive:Polkdisponibles en date du mois de juillet 2014 sur les véhicules en service au Canada, selon la définition des catégories de multisegments de Chrysler Canada Inc.MC Le logo SiriusXM est une marque de commerce enregistrée de SiriusXM Satellite Radio Inc.MD Jeep est une marque déposée de Chrysler Group LLC et utilisée sous licence.Coop publicitaire des concessionnaires Chrysler * JeepMD * Dodge * RAM («siriusxm») LeS RecRueS "]
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