Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 avril 2004, Avril - Juin
[" W WT'^ I 1V LE PRECURSEUR LE PRÉCURSEUR Revue missionnaire publiée depuis 1920 par les Soeurs Missionnaires de 1\u2019Immaculée-Conception \u2022Directrice: Louise Denis, m.i.c.\u2022Rédactrice en chef: Céline Gauvin,m.i.c.\u2022Collaboratrices à la rédaction: Gilberte Bleau, m.i.c., Louise Gauvin, m.i.c.\u2022Promotion: Gemma De Grandpré, m.i.c., Denise Bourgeois, m.i.c., une équipe de M.I.C.et de laïques \u2022Service aux abonnements: Alma Couture, m.i.c., Thi Hien Duong et une équipe de M.I.C.\u2022Comptabilité: Thérèse Déziel, m.i.c.\u2022Infographie : Yves Demers Paris \u2022Pelliculage: Film-O-Progrès Inc.\u2022Imprimerie transcontinental Inc.\u2022Reçus aux fins de l'impôt : Enregistrement: NE 89346 9585 RR0001 PRESSE MISSIONNAIRE M.I.C.\u2022Dépôts légaux: Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0315-9671 \u2022Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC) \u2022Abonnements : voir p.23 Pour tout changement d'adresse, s'il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.En renouvelant votre abonnement inclure votre numéro d'abonné.\u2022CONVENTION DE LA POSTE-PUBLICATIONS N°40064029 N° D'ENREGISTREMENT 09641 RETOURNER TOUTE CORRESPONDANCE NE POUVANT ÊTRE LIVRÉE AU CANADA À LE PRÉCURSEUR 120, PLACE JUGE-DESNOYERS LAVAL (QUÉBEC) CANADA H7G 1A4 Téléphone : (450) 663-6460 Télécopieur : (450) 972-1512 Courriel : leprecur@colba.net Site internet : http://www.soeurs-mic.qc.ca ommalïe VOLUME 47, NUMERO 2.AVRIL - MAI - JUIN 2004 Dire oui à sa mission\t3 Céline Gauvin, m.i.c.Fille du Père-Soleil et de la Terre-Mère 4 Entrevue avec Cipriana Ccahuana, m.i.c.La Lumière a jailli.Entrevue avec Rossetti Lau, m.i.c.S'ouvrir à la Vie\t10 En collaboration avec Rita Amabili-Rivet Le 2e Congrès de l'Amérique Missionnaire /Murielle Dubé, m.i.c.Vers la liberté AAarie-Paul Ross, m.i.c.Dieu, présent à notre vie.Jacques Musset Sur les routes du monde.Un message de Délia Marie-Thérèse Beaudette, m.i.c.12 14 16 17 18 Une spiritualité qui met le cœur en joie 19 Suzanne Labelle, m.i.c./\\}ouvl\u2019Ul\u2019s d\u2019ici et d\u2019ailleurs Au Jardin de Dieu Ta main me conduit.20 22 24 7 yyü Fille du Père-Soleil et de la Terre-Mère \\ W .re f La Lumière a jailli Le 2e Congrès de l'Amérique Missionnaire INTENTIONS MISSIONNAIRES 2004 Avril Pour que la mission Ad pentes devienne, dans la communauté chrétienne, un thème de réflexion et un motif d'engagement constant de la pastorale.Mai Pour que, par l'intercession maternelle de Marie, l'Eucharistie soit pour les chrétiens le cœur et l'âme de l'activité missionnaire de l'Église.Juin Pour que la liberté religieuse, droit fondamental de tout être humain, soit toujours mieux respectée dans les pays d'Asie. à sa mission La vie se présente à nous comme une longue route pleine de promesses et de mystères, mais aussi de risques et de défis.À chaque carrefour, un choix s'impose.Sans cesse, il nous faut décider du chemin à suivre sans perdre de vue l'orientation que nous voulons donner à notre existence.Autrement dit, nous sommes invités à dire oui à notre mission.Car la mission d'une personne, c'est l'orientation fondamentale qu'elle donne à sa vie en réponse à un appel intérieur.Le mot mission évoque l'aspiration profonde, le dynamisme intérieur qui nous pousse à prendre la direction la meilleure pour accomplir la tâche pour laquelle nous sommes nés.En effet, chaque être humain reçoit un appel à réaliser une mission personnelle qu'il est le seul à pouvoir accomplir.Et quand il utilise ses talents, ses connaissances dans l'accomplissement libre de sa mission, il enrichit l'univers d'une façon unique et irremplaçable.Cette mission personnelle prend des formes concrètes qui sont, bien sûr, au service de l'amour et de la vie.Ainsi, pour réaliser plus adéquatement sa mission, on apportera des modifications à son travail ou encore à ses attitudes.Parfois, on ira jusqu'à opter pour une nouvelle carrière ou choisir un style de vie totalement nouveau : mariage, adhésion à un groupe de personnes qui vivent les mêmes valeurs, partagent les mêmes projets.La mission accueillie, acceptée avec enthousiasme devient l'étoile qui guide notre route, l'éclaire; elle nous aide à prendre les bonnes décisions, elle donne un sens à notre vie.Cette démarche dynamique se retrouve tout au long des témoignages offerts dans ces pages.Des femmes engagées dans la vie religieuse missionnaire racontent comment des appels intérieurs, des événements, des situations, des rencontres leur ont fait découvrir le chemin de leur mission.Ce sont des expériences où se laissent entrevoir la présence active de Dieu, le désir sincère de rencontrer Jésus et de cheminer avec Lui.À leur tour, des participants au deuxième Congrès de l'Amérique Missionnaire (CAM 2) nous dévoilent comment ils se sont ouverts à la dimension communautaire de leur mission.Vouloir mieux discerner notre mission, oser croire qu'elle est inscrite dans le cœur de Dieu, voilà ce qui peut donner à notre vie sa vraie dimension.Dieu ne nous demande rien d'autre que de réaliser nos rêves, nos désirs profonds, nos potentialités, comme le suggère la parabole des talents (Mt 25,14s) .-faire fructifier les dons reçus, signes de l'amour de Dieu pour nous, et les partager dans la joie, l'action de grâces! Tî*-'-. Cuzco, Pérou.Quelque part sur la route des Incas.¦jtJM 'it '¦> W\u2019T&J 'r;%£.r**.' i - n'-V-uv^lÿ^ ; »>*'\u2022 j C% à .W.vvV* .s.»ÿ\\ ¦5n.« Enfrévué avêc GîpViana uana ÉBMHÉÉ Sr Cipriana a grandi au sein d'une civilisation millénaire, celle des Incas dont les traditions religieuses recèlent un trésor spirituel inestimable.Au contact du Dieu des chrétiens, sa vie et celle de son peuple lui sont apparues sous une lumière nouvelle.La Bible est devenue comme un miroir où se reflète leur histoire.Une expérience qui l'a incitée à rejoindre les plus pauvres et à s'engager avec eux.Bonjour, Cipriana! Tu es péruvienne, plus précisément andine quechua.Fais-nous connaître le milieu où tu as grandi.Je viens du petit village de Youri-Espinar situé à quelque 4000 mètres d'altitude.Je suis née et j'ai grandi dans la cordillère des Andes où nichent les condors; là aussi s'étend la pampa, vaste plaine peuplée de vigognes et de lamas.Ma langue maternelle, c'est le quechua.Ma mère, Pedrona, et mon père, Remigio, ont eu 7 enfants : 5 filles et 2 garçons.Je suis la cinquième de la famille.Avec les gens de notre village, nous formons une communauté profondément unie, enracinée dans l'histoire et la culture millénaire de nos ancêtres, les Incas.Nous habitons le berceau du Tawantisuyo, ce vaste et fabuleux empire qu'ils ont édifié.Cuzco, l'ancienne capitale impériale, et ses environs conservent les vestiges de notre patrimoine culturel et spirituel.L'histoire de nos ancêtres Incas est tissée de mythes et de rites sacrés.De génération en génération, les parents la racontent lors d'un événement spécial ou encore le soir, au moment des repas, près du feu.Voilà comment nous conservons nos traditions et nos manières d'être, de lutter, de vivre les uns pour les autres.Les Incas vénèrent un Dieu bon qu'ils appellent Tayta Inti.Il n'est pas seulement un astre qui brillerait dans l'espace :cela n'aurait aucun sens! Il est le Transcendant.Il est vivant.Il a un cœur, des sentiments.Il est plein d'amour.Dans notre expérience religieuse andine, Dieu est en tout.Dieu est mystère et ne peut être réduit à une simple expression humaine.Nous avons des noms masculins et féminins pour Jour de marché à Cajamarca Symbole du leadership dans l'ancien Pérou Le désigner d'après ses nombreux visages et ses multiples manifestations.Ainsi, moi, Ci-priana, je suis fille de ce Père-Soleil, Dieu créateur et donneur de vie.Je suis aussi fille de Pachamoma, cette Terre-Mère qui ne se fatigue jamais de nous donner la vie, la nourriture, tout ce que nous voyons et admirons.Quel a été ton parcours de foi depuis l'enfance?Vers l'âge de sept ans, j'ai quitté la maison paternelle pour aller étudier dans la grande ville d'Arequipa.Je demeurais chez une de mes tantes avec mes grandes soeurs, étudiantes elles aussi.C'est à cette époque qu'on me présenta le Dieu des chrétiens, car jusque-là je connaissais Dieu selon son visage andin, celui de mes ancêtres, celui de la culture inca.Tout en entrant en relation avec ce Dieu qu'on m'apprenait à connaître et à prier, je cherchais par tous les moyens possibles à en savoir davantage.J'ai alors commencé à chercher Dieu en parcourant la Bible.Cependant tous mes efforts me laissaient sur ma soif.Alors j'ai voulu Le provoquer.J'étais encore toute jeune quand j'ai dit à Jésus : Que veux-tu de moi?Pourquoi tant captiver mon cœur puisque tu connais qui je suis?Tu sais bien que je ne suis pas des tiens.Est-ce que par hasard tu voudrais que je devienne religieuse, tout en sachant bien qui je suis?J'ai alors ;\t.i i Sr Cipriana en costume de fête essayé d'écarter cette possibilité et de trouver une autre voie.Et il y en avait une! Je me souviens de cet après-midi-là.C'était l'année de mes 21 ans.Je me trouvais au bord de la rivière Uchok'arko.J'étais fatiguée, épuisée.Tout à coup, je me suis sentie comme enveloppée d'amour jusqu'au fond de l'âme.C'était Jésus! Nous avons longuement parlé ensemble.Je Le sentais tellement près des miens, près de mon peuple marginalisé, exploité.Il était bien le Dieu de tout l'univers.Cuzco, la Fêfe du Soleil se célèbre selon les rites incas.«iii Cuzco.Le 24 juin, la Fête du Soleil fait revivre le glorieux passé des Incas.Que s'est-il passé ensuite?En ce temps-là, j'habitais Yauri et j'enseignais aux enfants des petits villages environnants.J'ai commencé à chercher où m'engager.Je me suis d'abord sentie appelée à entrer dans une toute nouvelle communauté de religieuses indigènes à Sicuani, dans ma région natale.Je me souviens avec gratitude d'Agnès Bouchard, m.i.c, notre responsable.Nous recevions une formation pour devenir missionnaires auprès de notre peuple.Durant cinq ans, cette expérience m'a permis de partager avec les gens d'Espinar mes plus beaux rêves missionnaires.Pourtant ce n'était pas là que Dieu m'appelait.Je partis donc pour Lima afin de mieux me préparer à aider les gens de mon pays.Je désirais de tout mon cœur venir en aide aux plus pauvres et cela en quelque lieu qu'ils soient.C'était ce que je cherchais le plus.J'étais aussi très marquée par le travail des Missionnaires de Tlmma-culée-Conception dans ma paroisse.Leur joie, leur simplicité, Rencontre avec des jeunes de Cajabamba.Sr Cipriana (3e à dr.).1.WrM Cueillette du raisin à Pachacutec.Cipriana, m.i.c.(1re à g.), Isabel Ayala, m.i.c.(au centre), Carmen Tito, m.i.c.(debout, 2e à dr.).' 'K M .' leur proximité m'impressionnaient.J'admirais leur audace.Nous savions qu'elles se retiraient à l'écart avec leur Dieu pour se mettre ensuite à notre service.Elles m'interpellaient fortement et inconsciemment me lançaient dans leur propre aventure.Et je pensais : Dieu a tant fait pour moi.Il m'a donné sa vie en abondance.Comme II m'aime malgré ma petitesse! Pour Le remercier, il ne peut y avoir pour moi meilleure communauté que celle de ces religieuses, elles-mêmes vouées à l'action de grâces.Voilà pourquoi j'ai choisi cette communauté.Quelles sont les valeurs de ta culture que tu peux vivre à Cajabamba?À Cajabamba, je suis mêlée aux gens de la campagne et je me trouve privilégiée de pouvoir partager tout ce qui fait leur vie.En réalité, nous sommes différents sur certains points, car ils sont du nord des Andes et moi, du sud.Mais nous vibrons aux mêmes valeurs : travail communautaire, joie de fêter, de célébrer, étroite relation avec la nature, sens religieux profond.Malheureusement plusieurs des valeurs de notre culture sont tombées dans l'oubli depuis que les Espagnols ont imposé la leur.En quoi consiste ton travail dans les ateliers bibliques?Je travaille en collaboration avec le Centre de pastorale biblique latino-américain du Pérou et je m'inspire de la méthode qu'il nous propose pour leurs ateliers.Il s'agit d'apporter la Parole de Dieu aux gens, de les aider à en vivre avec amour dans le concret de leur vie, mais aussi de les amener à découvrir et à expérimenter que Dieu est avec eux, qu'il écoute leur clameur et les accompagne dans leurs luttes pour une société plus juste.Dans mes rencontres avec les enfants comme avec les adultes, le premier pas consiste à leur faire décou- vrir que la Bible nous livre la grande histoire d'amour de Dieu pour son peuple et celle du peuple élu pour son Dieu.Comme nous aussi nous sommes son peuple, notre propre vie et notre propre histoire y sont écrites.Mon vécu à Cajabamba m'invite à rendre grâce.J'admire comment ces gens simples, courageux accueillent la Parole de Dieu et de fait accueillent Dieu lui-même comme partenaire de leur vie.Je me sens solidaire de leurs souffrances et de leurs luttes.M'engager avec eux et pour eux, avec Dieu et pour Dieu, quelle magnifique mission! * Jeune bergère des Andes au milieu de lamas k; J ' [VC-.V.'.iv.\tv ¦ - Wmèhi mm cm.ægaSSB - , mm Lumîè Entrevue avec Rossetti Lau, m.i.c, .o''-V\\s>\\\\vvV«; « )y: S''\tv'oV.xü sms Adolescente, Rossetti Lau était bien déterminée à trouver des réponses aux questions que lui posait la vie, peu importe le temps nécessaire pour y arriver.Les réponses sont venues.et avec elles, des découvertes inattendues, passionnantes! Rossetti, aujourd'hui religieuse dans notre Institut, lève le voile sur son mystérieux passage du bouddhisme à la foi chrétienne et à la vie missionnaire.Bonjour, Rossetti.J'aimerais que tu te présentes et que tu nous parles de ton enfance.Je suis née et j'ai grandi à Hong Kong.Mes parents venaient de Chiu Chow, un petit village du sud de la Chine; ni l'un ni l'autre n'étaient catholiques.Ils étaient très attachés aux valeurs chinoises traditionnelles : ardeur au travail, primauté des garçons sur les filles, fidélité à la famille, etc.Cadette d'une famille de r (it *lï~*k*r ' - -1- rr-* -.'r* mmm Hong Kong.Temple bouddhiste.A l'avant, bâtonnets d'encens qui brûlent pour obtenir la protection des dieux.r ~ IWMPW P T»»*t*rTr«î -> « 7 enfants (5 filles, 2 garçons), j'ai été éduquée par mes soeurs aînées parce que j'étais une fille; j'ai dû faire mon chemin dans la vie, étudier très fort.Quant à mes valeurs religieuses, j'adhérais à celles de ma mère, un mélange de bouddhisme, de taoïsme et de religion populaire.C'est la croyance de la majorité des Chinois de Hong Kong.Elle s'exprime par des prières adressées aux multiples divinités et accompagnées d'offrandes d'aliments, d'argent, de vêtements de papier.Après mes études primaires, j'ai réussi à m'inscrire à Tak Oi, une école secondaire subventionnée par le gouvernement et dirigée par les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception.L'ambiance de l'école était chaleureuse.Il y régnait un climat de grande liberté et un véritable esprit de famille empreint d'amour, ce qui m'a beaucoup aidée au cours de mes années d'adolescence.Cette heureuse expérience a fait naître en moi un ardent désir : devenir enseignante pour aider d'autres jeunes dans leur croissance personnelle.Une fois mes études universitaires complétées, j'ai débuté ma carrière comme pro-fesseure de biologie, puis pendant onze ans, on m'a confié les cours d'éthique et d'enseignement religieux.Professeure cSq ir@ii\u20acjiion dsns un© écoSs Partons du tout début.La religion de mon enfance mariait bouddhisme, taoïsme et religion populaire.Même si je fréquentais une école catholique, je n'avais nullement l'intention d'adhérer à cette religion.Rien ne m'attirait dans les rites et symboles que j'observais à la messe célébrée en milieu scolaire.Mais l'éduca- 0 f/on que j'y recevais éveillait en moi le désir de chercher quelque chose de plus profond.Dès ma quatrième année secondaire, je me posais beaucoup de questions : D'où est-ce que je viens?Où irai-je après ma mort?Quel est le sens de la vie?Pourquoi la vie comporte-t-elle tant de souffrances?.Alors je me suis mise à chercher des réponses à toutes ces questions.J'ai fréquenté un peu le protestantisme, puis plus longuement le bouddhisme.L'enseignement de Bouddha au sujet de la vie et de la souffrance me rendait très heureuse, mais je n'obtenais pas de réponse à ma question : D'où est-ce que je viens?Philippines.t ses compagnes lors de sa formation à la vie religieuse à notre noviciat de Baguio.Alors que je végétais dans le bouddhisme, j'ai saisi l'occasion qu'on m'offrait d'assister à une classe de catéchuménat dans une église catholique.Ainsi les cours me permettraient d'être plus renseignée sur la foi catholique et au bout de deux ans, je n'aurais qu'à décider de recevoir ou non le baptême.Après un an et demi de catéchuménat, je n'avais pas trouvé de réponses à toutes mes questions.Cependant, quand on m'a demandé si je voulais recevoir le baptême, j'ai senti qu'au cours de ces deux années de recherche, une douce rivière avait lentement déversé en moi ses eaux paisibles; il n'y avait aucune raison de l'arrêter.Après avoir cherché pendant dix ans, j'ai dit Oui! Hong Kong.Sr Rossetti au moment de son baptême en 1986.Que s'est-il passé alors?J'ai été baptisé en 1986 durant la Veillée pascale.Cet événement a complètement changé ma façon de voir ma vie.Je me suis sentie plus positive, plus joyeuse, plus vivante.Cette transformation a été, bien sûr, le fruit de nombreuses rencontres, activités et sessions Sas % Hong Kong.Sr Rossetti à notre école Good Hope durant ses années de formation à la vie missionnaire.auxquelles j'ai participé au niveau du diocèse.On peut aussi l'attribuer à la vie de ma communauté paroissiale dans laquelle je m'impliquais.Peu de temps après, l'épreuve est survenue.J'ai été confrontée à de véritables défis : la maladie, l'expérience de mes propres limites et les difficultés inhérentes à la vie.Pourtant ces défis se sont avérés des temps de grâce.Ils m'ont permis d'accueillir l'amour d'un Dieu qui guérit.Le Seigneur me conduisait par des vallées sinueuses où j'expérimentais, à l'intérieur de moi, sa présence aimante, une présence forte, intense.Plus il me comblait de son amour, plus je me sentais poussée à partager avec d'autres ce message, cette Bonne Nouvelle du Salut : Jésus, le Christ, est notre Sauveur; Il nous apporte espérance, vie et joie! Cette étape a duré plusieurs années, jusqu'au moment où j'ai demandé au Seigneur : Mon Dieu, tu m'as tellement donné, que puis-je faire de plus pour toi ?Puis, comme ma relation avec Lui s'intensifiait, une autre question a surgi : La vie religieuse ne serait-elle pas un moyen pour mieux vivre ma relation avec Dieu?Une telle décision n'était pas facile à prendre, car j'avais un emploi stable, une famille, des amis qui m'aimaient, etc.De plus, je ne voulais pas devenir religieuse chez les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception uniquement parce que j'avais étudié chez elles.Je me suis donc mise à la recherche d'autres communautés religieuses pour trouver celle où je pourrais vivre ma vie avec Dieu.Cette démarche fut courte, moins de deux ans, car j'ai bientôt compris que, peu importe la quantité d'informations recueillies et le nombre de personnes consultées, c'était moi, en fin de compte, qui devais plonger dans l'inconnu.J'ai donc demandé mon admission chez les Sœurs Missionnaires de l'Imma- O culée-Conception.Pourquoi ai-je finalement choisi cette Communauté?Parce que la spiritualité d'Action de Grâces qui l'anime correspond parfaitement à mon vécu de foi.Une parole de notre Mère Fondatrice, Délia Tétreault, l'exprime très bien : Dieu nous a tout donné, même son propre Fils;quoi de mieux pour le payer de retour que de lui donner des enfants, des élus qui à leur tour chanteront éternellement ses bontés.Ainsi, pour toi, le meilleur moyen de te rapprocher de Dieu et de Le remercier, c'est de participer à la Mission.Comment as-tu accueilli le projet missionnaire que la Communauté te proposait en Afrique?Je suis entrée dans cette expérience missionnaire avec confiance en Dieu, sachant qu'il en tirerait du bien.J'étais heureuse d'apprendre que j'enseignerais la biologie à l'école Marymount de Mzuzu.C'est un sujet fascinant qui ouvre notre regard aux merveilles du Dieu Créateur et puis j'aime beaucoup enseigner, accompagner les jeunes dans leur croissance.Mais je n'étais pas sans crainte.Je m'inquiétais de mon adaptation comme professeure dans une autre culture : les étudiantes vont-elles m'accepter.me comprendre, moi, une étrangère?Et qu'as-tu vécu au Malawi?L'école secondaire Marymount accueille environ 600 élèves.Chaque classe compte 70 à 80 filles.Elles viennent de tous les coins du pays.En plus d'enseigner la biologie en secondaire I et III, j'anime aussi un club missionnaire.Une quinzaine de jeunes en font partie; j'apprends beaucoup à travers leurs partages.Mon travail à Mzuzu répond pleinement à mes aspirations.Je reçois énormément dans cette expérience missionnaire.À Marymount, les professeurs, tout comme les étudiantes, communiquent spontanément avec les per- Mzuzu, Malawi.Sr Rossetti au milieu de ses élèves.sonnes d'autres nationalités et les accueillent cordialement.Leur ouverture m'impressionne beaucoup.Les Malawites sont chaleureux, sympathiques, hospitaliers.À leur contact, je rencontre une autre culture débordante de joie de vivre, avec ses chants, ses danses.Je fais aussi l'apprentissage d'une façon différente de considérer le temps, d'une autre philosophie de l'efficacité et du développement.Pour les gens du Malawi, ce qui prime, c'est l'accueil de la vie.Prendre la vie comme elle vient, en souriant; savoir attendre, recommencer, sans exagérer les difficultés.Ce qui me touche aussi, c'est leur relation à Dieu : il leur est tout naturel et facile de prier, de Lui parler.Ils se reconnaissent humblement comme ses créatures et ils ont besoin de Lui.J'ai encore beaucoup à découvrir! J'entre à petits pas dans la vie africaine.Et je réalise à quel point Dieu me prodigue ses dons à travers cette expérience missionnaire.Une expérience si enrichissante que je prends chaque jour le temps de la savourer! En me donnant la possibilité de vivre en Afrique, Dieu me donne accès à une compréhension plus adéquate de moi-même, de ma propre culture et de mes valeurs, ainsi qu'à une meilleure compréhension des autres, de leur culture et de leurs valeurs.J'arrive ainsi à une expérience plus profonde de son Amour et à une appréciation plus juste des merveilles de sa création.* Zambie.Sr Cecilia (3e r., 7e à dr.), lors d'une journée de formation à Vilimukulu.'*?\u2022&* W- yy // *>» K \u2022'i En collaboration avec Rita Amabili-Rivet wy.Enfant, Cecilia Mzumara a évolué dans un milieu familial empreint d'une foi rayonnante, riche en engagements apostoliques et sociaux.Elle a rencontré des personnes passionnées par le désir d'aider les autres dans leur croissance humaine et spirituelle.Aujourd'hui, Cécilia puise dans cette précieuse expérience.Elle y découvre ce qui a nourri et continue de nourrir sa vocation religieuse missionnaire.Ceciiia Mzumara est née à Mzimba au Malawi, un pays d'Afrique centrale qui compte 20% de catholiques.Six frères et trois soeurs colorent le quotidien de son enfance, mais un lien particulier l'unit à Maggie, sa jumelle.Ses parents, éducateurs de carrière, comptent parmi les chrétiens convaincus et engagés.Durant deux ans, son père a collaboré à la traduction œcuménique de la Bible.Sa mère, responsable de l'enseignement des arts ménagers au primaire pour le district de Mzuzu, se rendait dans les écoles rurales pour former les pro-fesseures et superviser leur travail.Lorsque Cecilia reprend contact avec la fillette qu'elle fut jadis, le souvenir de sa mère Élizabeth remonte rapidement à la surface.Maman était très engagée comme catéchète dans la paroisse.Tout le samedi y passait.De plus, chaque dimanche matin après la messe, elle accompagnait Sr Gabriel le dans les villages éloignés pour animer les petites communautés chrétiennes, prier avec les gens.Et je me disais-.Puisque Sr Gabrielle a tant besoin de l'aide de maman, débordée d'ouvrage, c'est qu'il manque de collaborateurs pour accomplir cette mission.Quand je serai grande, j'irai l'aider.Un cœur à l'écoute À huit ans, Cecilia observe déjà avec beaucoup d'attention l'attitude de sa mère et celle des religieuses Missionnaires de Tlmmaculée-Conception : leur complicité extraordinaire, leur dévouement inlassable, leur soif de Dieu, leur joie d'aider les autres à progresser humainement et spirituellement.Elle voit ces missionnaires travailler avec les catéchètes de son école, s'engager à fond dans la formation intégrale des femmes, dans la médecine préventive ou encore auprès des handicapés.Sr Cecilia garde toujours à l'esprit ses longues conversations avec sa mère.J'aimais recevoir ses confidences.Elle me faisait part de son émerveillement pour Délia Tétreault, fondatrice des Soeurs Missionnaires de Mzuzu, Malawi.Sr Cecilia (2e à dr.), avec ses parents et sa sœur jumelle, Maggie.«mm «: » a « » '-¦X Xv.iv,/.wm -.'WM Donner la vie.pour continuer la lignée des ancêtres! l'Immaculée-Conception.J'écoutais aussi avec bonheur l'histoire de mon grand-père, Ignasio.Elle parlait de sa détermination à devenir catholique.Il avait patiemment étudié le catéchisme et prié sans relâche afin de pouvoir être baptisé en 1935.Devenu instituteur dans une petite école de campagne, puis premier catéchiste de la mission de Katete, il comptait plus de 30 ans de labeur, de dévouement inlassable, de sacrifices de toutes sortes, pendant lesquels il n'avait cessé d'aller de l'avant pour témoigner de sa foi, pour porter l'Évangile aux autres.Sans catéchiste, ces communautés chrétiennes n'auraient pu survivre.Jamais maman n'oublia l'impressionnante cérémonie religieuse où l'on avait remis à son père, de la part du pape Jean XXIII, la médaille d'or Bene Merenti, en reconnaissance de ses services comme catéchiste, ainsi qu'une bénédiction papale pour lui et toute la famille.Tout Katete était en fête! Discerner les appels Après ses études secondaires et sa formation d'éducatrice, Cecilia devient professeure.Elle aime ce travail et s'y donne sans compter.À cette époque, l'appel de Dieu à la vie religieuse devient de plus en plus direct et constant.Elle se questionne, réfléchit et prie beaucoup.Quoi choisir?Le mariage ou la vie religieuse?Qu'est-ce que Dieu veut pour moi?Elle admire beaucoup sa tante Ernestina, religieuse chez les Sisters of the Holy Rosary, une jeune congrégation typiquement africaine bien enracinée dans le pays et qui travaille avec compétence dans des domaines variés.Elle connaît aussi d'autres instituts religieux, car en quelques années l'Église du Malawi s'est profondément transformée et la vie religieuse est maintenant florissante.Mais c'est chez les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception qu'elle décide de vérifier si Dieu l'appelle vraiment à la vie religieuse.Lors d'une retraite dans leur couvent, une parole de l'Évangile résonne très fort en elle -Jésus, voyant les deux disciples qui le suivaient, leur dit : Que voulez-vous?Ils répondirent : Où demeures-tu?Venez et Zambie.Au Jubilé d'or du diocèse de Chipafa, nos missionnaires et des jeunes africaines récemment entrées dans notre Institut.Sr Cecilia (debout, 2e à dr.).voyez, leur dit-il.Ils allèrent donc et virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui ce jour-là (Jn 1, 38b-39).Une lumière jaillit dans son cœur.Cecilia est touchée à la fois par un vif désir de rencontrer le Christ et par un goût profond d'aller vers les autres.Son rêve se précise.L'avenir s'éclaire! De tout son cœur, elle accueille la vocation à laquelle Dieu l'appelle : elle sera missionnaire.Je pouvais maintenant révéler mon désir de me joindre aux Sœurs Missionnaires de l'Im-maculée-Conception.Katete, Malawi, 1961.Ignasio Chirwa et son épouse Cecilia, grands-parents de Sr Cecilia.En route vers t'avenir En Afrique, les jeunes filles ne sont pas poussées au couvent, loin de là! La femme incarne la promesse de nombreux enfants et son devoir consiste à donner la vie pour continuer la lignée des ancêtres.Dans ce contexte, renoncer à la maternité implique un deuil à vivre.Mais Cecilia reste convaincue de la fécondité d'une vie consacrée à Dieu.Devenue religieuse, elle fait un stage pastoral en Zambie et revient ensuite au Malawi où lui est confiée la formation des jeunes africaines intéressées à se joindre à notre Communauté.Puis, toujours attentive aux signes de Dieu, Cecilia poursuit sa route.Aujourd'hui au Québec, elle commence une étape spéciale de formation : le scolasticat international.En elle brûle toujours Tardent désir de porter l'Évangile, ce message de bonheur, cette Parole vivante de Jésus qui se fait rencontre et se donne.En elle bat le cœur de l'Afrique.Ce qu'elle a reçu là-bas,elle le partage ici.* Le 2e Congrès de l\u2019Amérique par AAurielle Dubé, m.i.c.CAM 2, un congrès longuement préparé dans la prière, demeure un merveilleux souvenir pour les personnes qui ont eu l'avantage d'y participer.Comment rendre compte de cette expérience unique vécue au Guatemala en novembre dernier?Qu'est-ce qui a marqué ces jours où se sont réunis 170 Canadiennes et Canadiens ainsi que 3 500 chrétiennes et chrétiens venus de tous les coins de l'Amérique?Murielle Dubé, m.i.c., répond à ces questions en nous décrivant le déroulement de cette importante rencontre.Une ouverture de congrès superbe! Et un climat tout empreint de joie, d'enthousiasme et de beauté.Arborant leur drapeau respectif, près de trois mille personnes ont défilé dans les rues jusqu'à l'auditorium Jean-Paul II, centre de rassemblements.De magnifiques tapis jalonnaient le parcours sur plusieurs kilomètres.Durant la nuit, plusieurs artistes guatémaltèques avaient patiemment créé ces mosaïques de sciures de bois multicolores.Elles illustraient le thème du Congrès et présentaient les différentes provinces du pays hôte.Avec l'ardeur d'une foi à partager, les délégués entraient déjà dans une culture de gratuité et de don! f I Jeunes congressistes du Canada et leurs animateurs.Ida Brochu, m.i.c.(2e r., 2e à dr.).On a accueilli les participants tout comme si l'on accueillait Jésus lui-même : prévenance et délicatesse sans limites! Avec joie, les familles ont offert gîte, déjeuner et souper.Insérés ainsi au cœur même du quotidien, les visiteurs ont découvert les coutumes, les chants, les danses, mais surtout la foi riche et profonde du peuple guatémaltèque.Une Église de martyrs Durant le Congrès, les participants ont vécu des moments de prière exceptionnels, riches de sens.Animés par les communautés autochtones du Guatemala, exprimés dans la langue et selon les coutumes propres à chaque groupe, ils ont permis de communier à la vie réelle du peuple guatémaltèque.On y a rappelé le martyre de catéchètes, de religieuses, de prêtres assassinés parce que leur foi les mettait au service des marginalisés, des appauvris et dérangeait l'ordre du pouvoir établi.L'Église d'Amérique Centrale et en particulier celle du Guatemala témoignent de l'amour de Dieu à partir de la pauvreté, de la petitesse et du martyre.Pour le monde entier, elles sont un modèle de courage et de persévérance.C'est toujours avec une vive émotion que l'on se souvient de nos frères Oscar Romero, Juan Gerardi et d'innombrables autres qui ont versé leur sang pour que le peuple puisse vivre sa foi dans la liberté et la sérénité.L'Église du XXIe siècle continue d'être une Église de martyrs.ASMIC déléguées au Congrès : Monique Lefebvre, Jocelyne Dallaire, Roquina Orillaneda et Viviane Perreault. Missionnaire (cam Un message qui relance la mission Les conférences de chaque jour ont mis en lumière la diversité des contextes missionnaires à travers le monde et les défis que la situation contemporaine présente à la Mission.Elles ont souligné l'importance de s'unir pour éradiquer la pauvreté, la misère, l'injustice.À la grandeur de la planète, il faut répandre le message de paix, de justice et d'amour du Christ, le partager avec d'autres personnes en dehors de nos réseaux habituels.Bref, devenir missionnaire dans notre propre pays et même au-delà.L'assemblée a tout particulièrement apprécié la substantielle conférence de Mgr François Lapierre, évêque de St-Hyacinthe.Dans un langage simple, plein d'humour, il a fait comprendre l'importance de l'ouverture à l'autre, du dialogue et de la solidarité.L'évongile de Luc, dit-il, présente la visite de Marie à sa cousine Élisabeth comme un magnifique modèle d'annonce de l'Évangile de la vie.Ce sont deux femmes pauvres, deux femmes enceintes; c'est une rencontre intergénérationnelle.Cette visitation nous rappelle que Dieu visite et rachète son peuple; la Mission, c'est d'abord la Mission de Dieu! Nous pouvons en faire l'expérience chaque fois que nous sortons de nous-mêmes et que nous nous ouvrons à l'autre, comme Marie qui est allée vers sa cousine Élisabeth.Une invitation à abandonner l'esprit de clocher pour développer une nouvelle conscience de la mission comme rencontre, réciprocité, don et accueil.tafortCnf'8^ 'eu/jpc\tde Un éloquent témoignage Sur l'initiative des ASMIC de St-Jean [Associés et Associées aux Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception), les ASMIC du Québec avaient recueilli des fonds et acheté des bibles en langue espagnole.Les déléguées du groupe présentes au CAM 2 se sont donc rendues à Quilada pour remettre leurs précieux cadeaux à des jeunes de l'endroit.Mme Viviane Perreault raconte : J'ai vécu avec mes compagnes un moment privilégié, car apporter ces bibles, c'était leur apporter la Bonne Nouvelle de l'Espérance.J'ai capté dans les yeux et le sourire de ces jeunes une grande joie et une touchante reconnaissance; à travers eux, j'ai vu le visage du Christ et comment vous expliquer.?Une lumière est venue comme s'installer au fond de mon cœur : j'ai compris que ces jeunes d'un pays pauvre avaient développé une grande richesse intérieure : I'AMOUR.Une paix et une sérénité profondes m'ont alors envahie : j'ai réalisé que, malgré la pauvreté que j'expérimente face à la mission, je peux faire connaître à mes sœurs et frères la Bonne Nouvelle de l'Évangile et la douceur d'un Dieu qui les aime.tf n amies JlQn&H*\t.En bref, C/AM 2 a ouvert de nouveaux chemins de rencontres entre les Églises du continent.Il a vivifié la Mission et généré une spiritualité d'engagement et de témoignage,, C >\u201c111111 w Mon/i a dr.) et Perreault (r* t MBBÊÊÊ mm Ven la liberté ^ IIDI Institut International de par Marie-Paul Ross, m.i.c.\tDéveloppement Intégral Infirmière et psychothérapeute, Marie-Paul Ross, m.i.c., détient une maîtrise en counselling sexologique et un doctorat en sexologie clinique de l'Université Laval, à Québec.Ses compétences professionnelles l'amènent à travailler dans différents pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique.Depuis 25 ans, elle donne des cours et des conférences, anime des sessions pour des groupes variant de 10 à 750 participants.Un parcours inusité pour une religieuse missionnaire.On n'invente pas sa mission, dit-elle.On la reçoit; elle se manifeste et ouvre sur des horizons toujours plus vastes.îpJ®!$S I «St iSaU-J-z;, i On la reçoit ' ouvre ¦ sur des horizons toujours plus vastes.>TC' A ma naissance, le médecin affirmait : Elle ne vivro pas longtemps.Elle va bientôt devenir un petit ange au ciel! Enfant, j'étais fragile, timide, peureuse.À l'école, du primaire au secondaire,j'avais beaucoup de difficultés; je n'étais pas à l'aise dans ce milieu.Les échecs alimentaient mon souhait d'abandonner mes études.Pourtant, avec beaucoup de persévérance, j'ai réussi à terminer ma onzième année générale à 17 ans.Jeune adolescente, j'étais gênée au point d'éviter de rencontrer les gens.Je n'aimais pas aller en visite, voyager.Je préférais demeurer à la maison.J'avais des lieux secrets pour m'isoler.Devant l'avenir, des questions existentielles m'assaillaient.En ce qui concerne la sexualité, je n'y comprenais rien.Je choisissais d'ignorer ces choses pour me retrouver dans un monde sans histoires.La route de mon avenir devenait de plus en plus étroite.On n'invente pas sa mission, on la reçoit Comment arriver à comprendre et à expliquer le parcours que j'ai suivi?C'est la détresse humaine et la vie de Marie qui,j'en suis convaincue, m'ont conduite sur des routes à peine tracées, faites d'imprévus, de surprises.La souffrance, la pauvreté et mes propres détresses m'ont amenée à me consacrer entièrement à des causes humanitaires.J'ai été touchée par la vie de religieuses missionnaires vouées à Marie et faisant de leur existence un signe visible de l'action de Dieu dans ce monde blessé.J'ai choisi de devenir Missionnaire de l'Immaculée-Conception.Mais c'est avant tout en regardant Marie, humble femme de Nazareth, et en me laissant pétrir par son choix d'être «oui» à la volonté de Dieu que, peu à peu, j'ai perdu mes craintes, mes peurs, mes inquiétudes face à l'avenir.Avec Marie, j'ai dit «ou/» à ma mission.J'ai compris que si j'avais survécu aux graves maladies de mon enfance, c'est qu'une mission m'était confiée sur terre.On découvre peu à peu sa mission Mes premières expériences missionnaires en Bolivie et au Pérou ont été assombries par de sérieux problèmes de santé.Au cours des années, une lutte constante entre ma fragilité physique et les exigences de la mission s'est révélée pour moi la principale épreuve à surmonter.Ces combats ont été d'excellentes occasions de croissance et d'apprentissage.Suite à ces difficultés et à titre d'infirmière,j'ai cherché à comprendre davantage les éléments de la santé physique et psychique qui conduisent au mieux-être.Ce désir m'a amenée à porter plus attention à la détresse humaine, à en chercher les causes profondes.La sexualité blessée, l'affectivité brisée, le vide spirituel, le corps portant la marque d'angoisses non traitées m'ont semblé les principaux facteurs qu'il importait de prendre en considération pour venir en aide aux personnes.*0 J'ai donc commencé à proposer des programmes d'éducation sexuelle à des enfants d'âge scolaire, à des jeunes et à des parents.Puis j'ai collaboré à la formation de personnes engagées dans la vie religieuse, et à la promotion d'une sexualité saine pour le célibat consacré ou la vie en couple.Dès le début, il m'est apparu évident que l'être humain porte en lui une pulsion de vie qui le pousse à se réaliser dans sa mission d'être :être pour l'Amour et pour la Vie.J'ai vu clairement aussi que la sexualité pousse l'être humain à atteindre la maturité et lui permet d'aimer en vérité et avec liberté.Plus j'observais la souffrance, plus je me sentais interpellée à promouvoir l'intégrité et la dignité des personnes.J'ai cherché alors à faire de chaque rencontre avec l'autre une occasion de le conduire à une plus grande plénitude de vie.J'ai mieux compris ce qu'est l'amour vrai : \u2022\tAimer une personne, c'est lui offrir le meilleur, mais avant tout, c'est la conduire au meilleur de ce qu'elle est.\u2022\tAider une personne, ce n'est pas l'amener à se sentir bien avec moi, mais avant tout l'aider à croître.Grâce à mes expériences de travail, spécialement comme coopérante avec CECI (Centre d'Étude et de Coopération Internationale), j'ai pu développer une réflexion plus scientifique, organiser l'intervention clinique et fonder à Lima un cen- mmmÀmirmaasaaamMiB Bolivie.Aider Sr Marie A 17/0/, Québec, une équipe prête à collaborer au mieux-être des per sonnes.Marie-Paul Ross, m.i.c., fondatrice et directrice de 17/0/ (au centre), Estelle Fortin, m.i.c., orthothérapeute (Ire à g.).tre favorisant le développement psycho-sexologique et spirituel.En cours de route, j'ai eu maintes raisons d'abandonner mes projets, mais les difficultés et les critiques m'ont donné l'occasion de revenir à l'appel de Dieu en moi.Ce qui me permettait de continuer, c'était le «oui» de Marie qui passait par mes «oui» quotidiens.Un «oui» d'amour en fidélité à ma mission, à mon être.Vers des horizons toujours plus vastes Des études en sexologie sont venues éclairer mon expérience et répondre à mes questions.Elles m'ont permis de développer un nouveau modèle en intervention sexologique : le MIGS (Modèle d'intervention Globale en Sexologie).Cet outil aide à intégrer les composantes physique, affective et spirituelle; il favorise la croissance personnelle, permet d'atteindre une maturité affective et un développement sexuel harmonieux.l'autre à grandir.Paul, m.i.c.Lima, Pérou.Sr Marie-Paul (debout, 1rc à g.), lors d'une session pour des psychologues péruviens au CEDEPSE (Centre de Développement Psycho-Sexologique et Spirituel) qu'elle a fondé en 1982. mm Depuis l'an 2000, je me sens davantage appelée à travailler au Canada, mon pays d'origine.J'y vois les mêmes besoins et je reçois les mêmes demandes.La vie m'a conduite à fonder {'Institut International de Développement Intégral (IIDI).I! vise à offrir des outils pour une meilleure gestion de la santé globale.Pour moi accompagner quelqu'un dans son processus de sexualisation (croissance sexuelle), c'est l'amener à récupérer dans son histoire tout ce qui peut contribuer à le construire, à le resituer dans l'amour et à l'aider à réaliser sa mission.Je crois fermement qu'à l'intérieur de chaque être humain, il y a la Vie qui indique la direction à prendre.Il y a une Présence, celle du Dieu de la Vie, qui procure sécurité et paix.% wtt à notre vie.Dieu, invisible pèlerin de l\u2019aventure humaine et secrète présence à l\u2019histoire de chacun, compagnon fidèle des sentiers où nous cheminons souvent obscurément Mets en nous le souffle nécessaire pour prendre ou reprendre la route, oser croire qu \u2019il y a toujours une issue, surmonter la crainte de nous perdre, tenter contre toute espérance la traversée de la nuit ! Et rappelle-nous sans cesse l\u2019essentielle vérité : le royaume intérieur, le trésor caché se découvrent seulement.en marchant ! Partis vers l\u2019inconnu, répondant à un appel intime, ils nous précèdent les pèlerins de tous les temps, emplis de la foi qui bouscule les montagnes, patients et passionnés.Nous qui sommes en route aujourd\u2019hui, obéissons, comme eux, à la Parole qui nous tire en avant, simples mots dont la vérité s\u2019éclaire dans l\u2019aventure du chemin : plus loin, plus avant, plus profond.i Jacques Musset S>ux Us ïoutes du Seigneur, accompagne dans leur mission celles qui partent en Ton nom pour annoncer Ton Évangile.Que par leur témoignage, leur amitié, leur présence, ceux qui ont besoin d'être réconfortés le soient; ceux qui cherchent la paix la trouvent; ceux qui ont le désir de rendre grâce puissent le faire; et que chacun reparte vers sa propre maison avec la joie d'avoir rencontré Jésus lui-même, Lui, le Chemin, la Vérité, la Vie.monde»* Ederlina Torres, m.i.c.de Juan Guerra, San Martin, diocèse de AAoyobamba, Pérou Arrivée à Montréal en novembre dernier, Sr Ederlina collabore à l'animation missionnaire dans les paroisses du Québec : homélies, rencontres avec les jeunes et les groupes de partage, soirées culturelles.Un travail qui lui permet de créer des liens de solidarité, d'amitié entre les gens de son pays et ceux du Québec.Au Pérou, Sr Ederlina a travaillé à la formation des futures religieuses de notre Institut et assumé des responsabilités d'animation et d\u2019administration au niveau de notre Congrégation.Gisèle Guinois, m.i.c.de St-Léonard-de-Port-/\\Aaurice, diocèse de Montréal, Québec Missionnaire au Pérou depuis 44 ans, Sr Gisèle a été appelée à participer à la formation des jeunes religieuses de notre Institut et à celle des responsables des communautés chrétiennes en région rurale.Durant six ans, elle a aussi assuré l'animation et l'administration de notre Congrégation en Amérique du Sud.De retour au Pérou, elle est présentement engagée dans un nouveau projet de formation humaine, chrétienne et pastorale à Cajabamba et dans les petits villages environnants.Yolaine Lavoie, m.i.c.de Ville-de-la Baie, diocèse de Chicoutimi, Québec ! Sr Yolaine est retournée à Madagascar où elle travaille depuis 40 ans.Actuellement secrétaire nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPA/l), elle agit également comme animatrice missionnaire au niveau national et comme responsable des projets Missio-Madagascar.En terre malgache, Sr Yolaine s'est particulièrement impliquée en éducation puis, durant 12 ans, elle a été responsable de l'animation et de l'administration de notre Institut.MISSIONNAIRES AVEC NOUS Sylvie Razafindrakoto, m.i.c.^'Antananarivo, diocèse d'Antananarivo, Madagascar Partie pour Cuba en janvier dernier, Sylvie poursuit son apprentissage de l'espagnol et se familiarise avec la culture du peuple cubain avant de s'engager en pastorale.À Madagascar, Sr Sylvie a enseigné la catéchèse au secondaire et travaillé en paroisse auprès des jeunes qui se préparent à recevoir les sacrements.Elle a aussi collaboré à la formation humaine et chrétienne de 250 jeunes paysans du district d'Ambohibary qui regroupe 40 petites communautés chrétiennes.Ci-inclus le montant de NOM: _____________________ ADRESSE: APR: Vos cadeaux-départs aident nos missionnaires Afl|*AÇÇA7 7K ¦ ____________ PROCURE DES MISSIONS SOEURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION 121, AVENUE MAPLEWOOD - OUTREMONT (QUÉBEC) CANADA H2V 2M2 Tél.: (514) 274-5691 - Merci de votre solidarité CODE: TEL.: ( Désirez-vous un reçu aux fins de l'impôt?OUI ?NON ? * ^ * % n nn- Délia Tétreault oute petite, Délia Tétreault a l'intuition d'être destinée à une grande mission.Dans un rêve prophétique, elle aperçoit un immense champ de blé et, soudainement, tous les épis dorés se transforment en têtes d'enfants.Adolescente, Délia discerne un appel particulier de Dieu sur sa vie.Mais, quel est cet appel?Les signes ne sont pas clairs.Douloureusement, jusqu'à l'âge adulte, Délia cherche à connaître la volonté de Dieu et le sens de sa vocation spécifique.Quelle est ma vocation?Délia prie.Délia écoute la petite voix de son rêve d'enfant.Peu à peu, Dieu se révèle.Délia craint l'illusion.Se pourrait-il que l'orpheline de Marieville se prenne pour une autre?Se pourrait-il que l'ange des ténèbres se soit déguisé en ange de lumière?Un dur combat se livre! Au bout du tunnel, Délia reconnaît clairement la silhouette de son rêve d'antan qui l'interpelle toujours.Délia accepte l'invitation.Avec élan, elle tend la main et dit un OUI inconditionnel : Bon Maître, me voici pour faire votre volonté! Mais, exactement, comment cela se fera-t-il?Comment réaliser cette volonté de Dieu sur sa vie?Graduellement, Dieu révèle à Délia en quoi consistera sa grande mission.Dans une époque plutôt imprégnée de Wm mmlim (fl® fete jansénisme, Délia est appelée à vivre l'action de grâces, à célébrer la gratuité du Père et même à devenir une messagère de fête partout sur la terre.Délia vit de confiance et de foi.Tout son être exulte de bonheur.Ses magnificat abondent du matin au soir.Quelle sublime vocation! Délia ne peut contenir sa joie.Impossible de vivre cette vocation toute seule! Eh oui, graduellement, des compagnes se joignent à elle pour exalter Dieu.La besogne quotidienne de ces femmes ordinaires s'effectue dans l'esprit des béatitudes et dans la joie.Leurs oeuvres se multiplient auprès des pauvres, des démunis et des sans importance.Tout s'articule autour de l'amour de Dieu et, pour elles, quel bonheur de chanter Dieu! C'est dans cet élan de joie qu'en 1902, Délia fonde la première congrégation missionnaire des Amériques.Et bientôt, il y aura des centaines de Missionnaires de l'Immaculée-Conception qui sillonneront la planète.Leur grande mission : vivre l'action de grâces, être des messagères de joie.messagères qui proclameront la Bonne Nouvelle du Salut à ceux qui ne la connaissent pas et qui donneront à Dieu des enfants qui chanteront ses bontés dans les siècles des siècles.Marie-Thérèse Beaudette,m.i.c.ïH! M GPS ® [b $ (à ® (y (§ § \u2022\tLe Bon Dieu nous a obtenu une grande faveur par l'entremise de Mère Tétreault : une réconciliation entre nos deux fils, ce qui nous cause beaucoup de joie.Merci à Délia Tétreault d'avoir intercédé pour nous.A.B.\u2022\tAprès avoir prié avec confiance Mère Délia Tétreault, mon neveu a cessé de prendre de l'alcool.Action de grâce pour ce grand miracle.C.V.\u2022\tJ'ai bien prié Sœur Délia pour le travail de mon fils.Voilà que le prolongement de son contrat est accordé.Merci à Sœur Délia.C.L.\u2022\tMerci à Délia Tétreault pour une grande grâce obtenue à l'occasion d'une faillite.Nous n'avons pas tout perdu.J'ai porté sa relique et j'ai prié chaque jour.Merci mille fois et continuez de prier pour nous.G.Y.\u2022\tDans les derniers mois, j'ai eu à traverser une période difficile.Je porte toujours avec confiance une image de Délia Tétreault.À ce moment j'ai commencé une neu-vaine, certaine d'obtenir de l'aide de votre Mère Délia.C'est ce qui est arrivé : elle m'a donné la force de passer à travers mes difficultés.G.T.Si vous receviez une faveur spéciale de Dieu par l'intercession de Délia Tétreault, nous apprécierions que vous la partagiez avec nous.Notre adresse est la suivante : Bureau de la Cause Délia Tétreault 100, Place Juge-Desnoyers Laval Qc Canada H7G 1 A4 m ifi, l'J i ÜN6 SpfrîljU '.Ÿ' \t\t MîS! Dieu est père, le meilleur des pères.Pourquoi ne pas le dire?Il est mère aussi.En 1925, Délia Tétreault pensait ainsi lorsqu'elle écrivait à une missionnaire : Oui, ma fille, vous avez cent fois raison de dire que le bon Dieu est «mère» et «mère incomparable» dans l'action de sa divine Providence! Dieu nous aime, tous et toutes, autant et plus qu'un père et une mère tout à la fois et il nous veut heureux et heureuses dès maintenant.Ce qui ne signifie pas le bonheur du ciel sur terre, mais l'assurance absolue et le bonheur inaltérable de se savoir aimé quoi qu'il arrive et de pouvoir aimer en retour.Marie Ce fut le bonheur de Marie.Elle accepta d'un Oui plénier la mission que Dieu lui proposait, celle de devenir la mère de Jésus.Remplie de joie, elle chanta le Magnificat qui fait vibrer encore tant de cœurs reconnaissants.Puis elle vécut son expérience de première disciple du Christ, dans la foi, l'espérance et l'amour.Mère Délia Telle fut aussi la félicité de Délia Tétreault.Elle eut à chercher sa voie pour remplir une mission hors de l'ordinaire icelle de fonder le premier institut de religieuses missionnaires en Amérique.Dans sa fidélité à cet appel, elle s'exclama un jour : Quand je m'arrête à penser que le Bon Dieu m'aime divinement., je me sens la créature la plus heureuse du monde! Et nous Cette réalité n'est pas le privilège de quelques rares personnes.Elle est à la portée de tous les croyants et croyantes qui, dans la sincérité de leur cœur, cherchent à percevoir ce que Dieu attend d'eux et orientent leur vie en ce sens.Ces personnes trouvent leur joie même au milieu des peines de la vie.Car, dans une conscience toujours plus vive de l'amour de Dieu pour chaque être humain, tout devient motif de confiance et d'action de grâces pour qui sait le reconnaître comme père.Alors.Que faire maintenant pour avancer sur la route entreprise?Rappelons-nous l'itinéraire tracé au départ, il y a quelques mois, et allons de l'avant.\u2022\tAccueillons en nous cette vérité : Dieu m'aime personnellement.\u2022\tLaissons-la nous envahir, nous transformer.\u2022\tVoyons en quelle occasion nous pourrions transmettre cette Bonne Nouvelle à quelqu'un de notre entourage.\u2022Aussi, dans l'Évangile (Le 1, 46-55), relisons le Magnificat pour le faire nôtre ou en inventer un à notre manière; y revenir souvent.Suzanne Labelle, m.i.c. AJ ok e it Congrès missionnaire des enfants.Mésina Paulémon, m.i.c., sup.prov.Rosette Lafortune, m.i.c., directrice de la revue Timoun Misyonè.PL L
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