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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1998-11, Collections de BAnQ.

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[" U ¦ j NOVEMBRE-DECEMBRE 1998 .\t.\u2019 - S* i _ '>! 1, s.'tw if '\tA.' il-.- -¦ SpfiSttŒï* Bw v'_ '\"i'Æif1 \"-% IHHSi lis J'\"' \u2022a ¦\u2022¦:-¦:, \u2019 .1:4\" MS.I SÊëfi ¦ Directrice : Louise Denis, m.i.c.Rédactrice en chef : Céline Gauvin, m.i.c.Collaboratrices A la rédaction : Ma.Anthea Raso, m.i.c.Gilberie Bleau, m.i.c.Thérèse Lortie, m.i.c.Collaboration spéciale : Christian Beaulieu Service de la comptabilité : Pâquerette Gauthier, m.i.c.Service de la promotion : Gemma De Grandpré, m.i.c., une équipe de M.I.C.et de laïques Service aux abonnements s Véronique Bematchez, m.i.c., René Cournoyer une équipe de M.I.C.et de laïques Infographiste : Christiane Beaulieu Pelliculage : Film-O-Progrès Inc.Imprimerie : Transcontinental Inc.i REVUE D'INFORMATION ET D\u2019ANIMATION MISSIONNAIRES PUBLIEE DEPUIS 1920 PAR LES SŒURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION VOLUME 41, NUMÉRO 5 \u2022 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1998 30NNBMBNT :\t\tSoutien s 8$\t1 an\t10$ 15$\t2 ans\t20$ 23$\t3 ans\t30$ 15$\tÉtats-Unis et autres pays ( 1 an)\t La revue paraît cinq (5) fois l'an.Reçus aux fins de l \u2019impôt : Enregistrement : 0940007-47 PRESSE MISSIONNAIRE M.I.C.Pour tout changement d'adresse, s'il vous plaît, faire parvenir l'ancienne et la nouvelle.En renouvelant votre abonnement, inclure votre numéro d'abonné.Adresse : LE PRÉCURSEUR CP.157 Suce.Laval-des-Rapides Laval (Québec) Canada H7N 4Z4 Téléphone : (450) 663-6460 Télécopieur : (450) 972-1512 Site Internet : http://www.mission-mic.org Courrier électronique : leprecur @ colba.net Date de parution : Novembre 1998 Dépôt légal s Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Envoi de publication Enregistrement n° 0357 Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC).Page couverture : Femme péruvienne Photo : A.Eichenloub SOMMAIRE Editorial : Le temps d'un regard 3 Évangéline Plam on don, m.i.c.Un projet d\u2019envergure 4 Murielle Duré, m.i.c.Cuba.50 ans de présence M.I.C.7 Bernardeta Collazo, m.i.c .et Gloria Pérez, m.i.c.Un Jubilé qui, enrichit notre histoire 10 Évangéline Plamondon, m.i.c.Célébration des diversités 11 Agathe Durand, m.i.c.Des Boliviennes courageuses et avisées 12 Anita Perron, m.i.c.Délia Tétreault, enfant 16 Bande dessinée Chemins d'espérance : Vers des terres inconnues 18 Christian Beaulieu Visages de femmes 20 Esther Vargas Les combats de Pilar Coll 22 Maria Arroyo, m.i.c.Intermission 23 Au jardin de Dieu 26 Jeanne Guinois, m.i.c.Missionnaires à Chiloé 28 En collaboration I 2 EDITOQIAL s'enrichit d'une présence pour toujours.Il vous est sûrement arrivé de vivre une telle expérience.Dans notre carnet de souvenirs personnels, ces regards font partie des trésors précieux.Pourquoi?À bien y penser, ne sont-ils pas des rencontres?Parfois, un regard rapide, un simple coup d'oeil.et le coeur Um \\2a i ; - If i * Des années vécues en Amérique du Sud, j'ai gardé plusieurs de ces expériences qui enrichissent l'horizon.Je pense, entre autres, à cette jeune femme de Lima transportant sur son dos son fils handicapé, âgé de 15 ans; elle m'interpelle encore : Cest mon fils! Cest vrai, le voir ainsi est une croix.mais je l'aime! Le Seigneur nous donne la force.Cest mon fils! Et que dire de toutes ces femmes dont j'ai croisé le regard au marché populaire du quartier de Breha?Tôt, très tôt le matin, elles commencent à monter leur kiosque de fleurs, de fruits, de légumes, de poissons et quoi encore! Toute la journée, debout ou assises sur un petit tabouret, elles offrent leurs marchandises avec une profusion de gestes, de paroles, voire même avec quelques cris pour attirer notre attention.Leur vie, c'est la vie de millions de femmes à travers le monde.c'est la banalité du quotidien, transformé parce qu'on aime sa famille.parce qu'on désire de l'instruction pour ses enfants, ses petits-enfants, parce qu'on doit payer les comptes de l'hôpital, parce qu'on lutte pour survivre, parce que.parce que.LE PRÉCURSEUR vous invite à croiser le regard de quelques femmes d'Amérique du Sud.Puissiez-vous passer avec elles de bons moments et vivre une rencontre enrichissante.Les M.I.C.et les missionnaires laïques qui travaillent à leur côté gardent la préoccupation constante de promouvoir la formation intégrale des femmes et s'y engagent de multiples façons.En Amérique et au-delà, femmes du Sud et femmes du Nord s'unissent, tissent des liens de collaboration, de bonne entente et d'amitié pour construire un monde meilleur.Et parfois, le temps d'un regard a suffi pour commencer.Au nom de toutes les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception et de leurs partenaires dans la mission, mille mercis pour votre solidarité et votre générosité.En cette année préparatoire au jubilé de l'an 2000, année spécialement dédiée à Dieu le Père, que Son regard se pose sur vous et remplisse vos coeurs de confiance et de paix.En Sa Joie, Supérieure générale . / AMÉRIQUE LATINE / Un propet d par Murielle Dubé, m.i.c Dons l'Amérique latine qui compte 318 millions d'habitants, environ 100 000 religieuses se consacrent à l'Evangélisation.En 1994, la CLAR (Confédération latino-américaine des religieuses et religieux) a lancé une recherche conscientisante sur la mission de la femme dans le continent sud-américain.Elle a invité les femmes religieuses à relire leur histoire personnelle, communautaire et sociale.Murielle Dubé, m.i.c.a participé à ce vaste plan d'action de la CLAR.Son article nous partage quelques fruits de sa propre recherche.Vous connaissez la CLAR?C'est un organisme qui réunit plus de 130 000 religieuses et religieux vivant dans les Caraïbes, l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale.Fondée en 1959, la Confédération latino-américaine des religieux (CLAR) est, depuis ses débuts, un phare, une éveilleuse de conscience, une énergie dynamisante et parfois.dérangeante.Formée des délégués des Conférences religieuses nationales de plus de 25 pays et appuyée au niveau théologique par une équipe de grande qualité, la CLAR est riche de l'expérience des religieuses et religieux qui vivent au quotidien la suite de Jésus.Avec un leadership dynamique, elle maintient ses membres en éveil et les invite à vivre avec audace évangélique pour être signes prophétiques d'espérance.Option préférentielle pour les pauvres, spiritualité incarnée, libératrice et in-culturée, ecclésiologie renouvelée sont les lignes directrices de la CLAR depuis les débuts.Un organisme qui a les ailes et les yeux de l'aigle pour voir haut et loin et la simplicité de la graine de semence pour s'enraciner là où se joue la vie du peuple.Relire l'histoire Pour fêter ses 40 ans d'existence (1959-1999), la CLAR vient de lancer un projet d'envergure : récupérer la mémoire historique de la Vie religieuse féminine en Amérique latine et aux Caraïbes.Pourquoi?Au cours de sa dernière Assemblée générale tenue à Lima, du 12 au 21 juin 1997, la CLAR répond : Un des signes d'espérance en ce chan- gement d'époque que nous vivons, avec ses incertitudes et ses questions, c'est le renforcement du rôle de la femme dans l'Église et la société.Il revient à la CLAR, qui représente de façon prédominante la vie religieuse féminine, d\u2019aider à dépasser la mentalité patriarcale, le sexisme, le machisme et les pratiques discriminatoires dominantes dans la société et dans l'Église.Rappelons qu'en Amérique latine, la proportion est de quatre religieuses pour un religieux.La conscience du besoin pour les femmes de récupérer la position qui leur revient dans la société et dans l'Église est un signe des temps.Cette conscience nous fait relire l'Évangile avec une nouvelle lumière et retrouver l'attitude de Jésus vis-à-vis des femmes de son époque.Elle nous resitue à un point M Murielle Dubé, m.i.c.et Maria Teresa Porcile, théologienne d'Uruguay lors d'un séminaire de la CLAR.Guatémala 96 Des M.I.C.du Pérou.Elles vivent intensément la solidarité avec les femmes péruviennes.4 Lima.Des parents se donnent une formation pour accompagner leurs enfants.Louise Pagé m.i.c.(Jre r., I e à dr.) I* ?fondamental de la pratique de Jésus qui aurait toujours dû être la pratique de son Église.Cette ligne inspiratrice ne concerne pas seulement les femmes mais toute l'humanité, hommes et femmes.Il convient également de remarquer que la nouvelle conscience que les femmes ont d'elles-mêmes aide aussi les hommes à revoir leurs schémas mentaux, leur façon de se comprendre eux-mêmes, de se situer dans l'histoire et de l'interpréter, d'organiser la vie sociale, politique, économique, religieuse et ecclésiale (fean-Paul II).En cette fin de millénaire, la CLAR, attentive à un des changements culturels les plus profonds et les plus universels de l'histoire, nous invite donc, religieuses du continent latino-américain, à partager notre expérience tout en la situant dans le contexte historique global.Ce que nous vivons au niveau local a son impact au niveau continental et universel : cultures, races, religions, Églises, nations.Et cette réalité des femmes qui partout dans le monde prennent leur place, réclament leurs droits, exercent leur leadership a son impact dans notre vie de tous les jours.Nous avons donc devant nous un important projet : relire notre histoire de femmes, de religieuses et, pour nous les M.I.C., notre histoire de missionnaires.Faire mémoire Interpellée par ce projet de la CLAR, montent spontanément à ma mémoire des noms, des expériences, des situations.J'imagine que vous aussi, lecteurs et lectrices, vous auriez beaucoup de femmes à présenter, des femmes qui ont mis la main à la pâte et enrichi le pain de l'humanité: une mère, une soeur, une tante, une artiste, une ouvrière, une travailleuse sociale, une missionnaire.Leur créativité, leur audace, leur amour et leur respect de la vie leur ont permis d'écrire des pages d'histoire qui ont changé la tournure des événements.Permettez-moi d'évoquer ici deux personnes qui ont marqué ma vie missionnaire en Bolivie et au Pérou et d\u2019effleurer ce qu'a été et ce qu'est notre marche avec les femmes de ces pays.Domitila Barrios de Chungara Nous sommes en 1961.Les femmes de Siglo XX à Catavi, en Bolivie, créent le Comité des ménagères (Amas de casa) afin d'améliorer leurs conditions de vie.Domitila s'incorpore au groupe en 1963 et devient très vite une dirigeante audacieuse.Le Comité commence par réclamer de meilleurs salaires pour les maris qui travaillent très dur dans les mines, puis demande un meilleur service à l'épicerie \u201cdirigée par les autorités minières et exige de meilleures conditions scolaires pour les enfants.Peu à peu, nous confie Domitila, nous nous rendons compte que la lutte n'est pas simplement économique mais aussi politique.Et la première des batailles, c'est au foyer qu'il faut la gagner pour que le mari laisse sa femme et ses enfants participer à ce combat pour la vie.Domitila continue: Toutes les femmes accomplissaient une double journée de travail, ce qui n'était reconnu ni par la société, ni par le mari, ni en plusieurs cas par la femme elle-même.Pour ces femmes, pas d'autre alternative que d'entrer de plein pied dans la quête de justice et de dignité.La grève de la faim qu'elles réalisent à la fin de 1978 permet au peuple bolivien de faire un pas énorme vers la démocratie dans ce pays trop longtemps gouverné par des dictatures militaires et des gouvernements usurpateurs.Domitila a connu la torture.Emprisonnée, elle a donné naissance à un enfant qui n'a pas survécu à la souffrance.Aujourd'hui encore, elle transmet aux nouvelles générations du pays toute cette expérience accumulée dans sa Jeunes animatrices de la catéchèse familiale.Pérou i * 5 Photo : O.Fernandez mémoire.Domitila symbolise un des jalons historiques les plus importants pour le retour de la démocratie dans notre pays, écrit Mauricia del Pilar Delgadillo, journaliste bolivien.Maria Elena Maoyano Madré Coraje, Mère Courage, la surnommaient les habitants de Villa El Salvador, Lima, Pérou.Elle travaillait en étroite collaboration avec le maire de l'endroit.Elle était de toutes les organisations populaires susceptibles de favoriser la vie de son peuple.Épouse, mère, dirigeante, animatrice, Maria Elena était une femme connue, aimée, engagée.Elle voulait la paix pour tous et le respect pour tous, l'entraide mutuelle, la joie.En février 1992, des membres des Sentiers lumineux l'ont lâchement assassinée.Ce fut le commencement d'une profonde déroute pour cette organisation terroriste.Le peuple ne pouvait pardonner \u201e l'élimination si brutale J de l'une de ses diri- 9 géantes.Madré Coraje 2 restait vivante au coeur ^ des Péruviens.M.I.C.d'Amérique latine Missionnaires de l'Immaculée-Conception présentes en Bolivie depuis 1957 et au Pérou depuis 1960, nous avons connu ces femmes.Quelques-unes d'entre nous ont accompagné Domitila dans ses luttes les plus difficiles.Nous avons vécu le coude à coude avec des dirigeantes de coopératives ou de réfectoires populaires, avec des missionnaires rurales ou des mamans catéchètes.Nous nous sommes impliquées auprès des étudiantes d'une école de couture et auprès des jeunes femmes d'un institut d'Éducation rurale ; auprès également d'élèves et de professeurs des cours primaire, secondaire et commercial.En Haïti, au Chili, au Pérou et en Bolivie, nous avons une longue histoire écrite à l'heure des dictatures militaires comme au moment de la lente et difficile gestation des démocraties, à l'heure des mouvements 6 révolutionnaires subversifs comme à l'arrivée du néo-libéralisme et de ses conséquences.Cette histoire, elle est aussi marquée de notre marche en Église où nous avons été appelées à vivre des changements notables, surtout après le Concile Vatican II et la rencontre de Medellin.Que de fois nous avons eu à réajuster notre manière d'être religieuses et de vivre la mission en terre latino-américaine.Voilà ce que la CLAR nous invite à relire.Quelle grâce! Prendre un temps d'arrêt et faire mémoire de notre vécu 4 pour y découvrir les acquis et reconnaître nos erreurs.Raconter comment les femmes que nous sommes et celles que nous connaissons ont été, par leur courage, leur détermination, leur vision, des actrices incontournables de changement; raconter aussi comment parfois nous avons bloqué la vie et empêché le progrès.Entrer dans le projet de la CLAR, c'est exprimer notre foi en l'avenir et nous préparer au 3e millénaire avec un nouvel enthousiasme, conscientes qu'une société où la femme a sa place génère sans aucun doute des relations sociales fondamentalement différentes des relations actuelles.Le projet de la CLAR est donc un projet plein de vie qui débouche sur un chemin de progrès pour l'humanité entière.Avec ces femmes et les hommes qui oseront participer parce qu'ils croient en cette humanité nouvelle qui germe, je bénis le Seigneur.?Des conditions de vie extrêmement dures pour ces femmes d'Amérique latine.Rose-Alice Rousseau, m.i.c.ne pourra jamais l'oublier.N.D.L.R.La voix d'Haïti se fait silencieuse dans ce numéro consacré aux femmes d'Amérique Latine.La Conférence haïtienne des religieux est cependant très engagée dans ce projet de la CLAR et les M.I.C.d'Haïti ont pris plusieurs initiatives en ce sens spécialement en regard des droits de la femme.Nous souhaitons avoir l'occasion de vous les faire connaître dans un prochain numéro.Photo : J Boily, / CUBA ! M.I.C.par Bernardeta Collazo, m.i.c.et Gloria Pérez, m.i.c.1955.Visite officielle de Madeleine Payette, m.i.c., supérieure générale, (au centre) [ -Cf I élébrer 50 ans de présence M.I.C.à Cuba, c'est V ^revivre l'histoire personnelle et communautaire de nombreuses femmes missionnaires qui, en fidélité à Dieu et à elles-mêmes, ont témoigné de l'Évangile.Ces femmes ont joué un rôle vital dans la vie de l'Église et du peuple cubain.Le temps des pionnières : 1948-1961 Juillet 1948.Douze M.I.C.sont nommées pour Cuba et partent au cours des mois suivants.En moins de six ans, 46 Soeurs débarquent sur l'île.Elles travaillent en étroite collaboration avec les Prêtres des Missions-Étrangères (P.M.É) dans sept paroisses des diocèses de la Havane et de Matanzas.Dans une lettre de l'époque, Mgr Martin Villaverde, évêque de Matanzas, remercie la Communauté d'avoir accepté de venir travailler à Cuba et exprime les besoins missionnaires de son Église : Je n'ai pas le moindre doute sur la contribution importante que les Soeurs de l'Immaculée-Conception apporteront à ce diocèse.Depuis le début de mon épiscopat, j'ai désiré une Communauté qui, en plus d'assumer la direction de l'école paroissiale, s'intéresserait au catéchisme dans la paroisse de même qu'à d'autres oeuvres d'évangélisation ce qui signifie, des religieuses qui n'auraient pas peur de sortir de leur couvent pour porter la connaissance de Dieu là où la nécessité se fait sentir.J'attends beaucoup des Soeurs canadiennes et je suis convaincu qu'elles combleront mes attentes car je ne doute pas qu'elles soient animées d'un même esprit de sacrifice et de zèle ardent qui caractérise mes bons prêtres canadiens.La Havane, mars 1998! Notre Communauté, les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception (M.I.C.) célèbre 50 ans de présence missionnaire à Cuba.Au cours de ce demi-siècle d'histoire, des liens de profonde amitié se sont tissés avec le peuple et l'Eglise de ce pays.Bernardeta Collazo, m.i.c.et Gloria Pérez, m.i.c., originaires de Cuba, racontent l'aventure de foi des débuts et celle des 38 dernières années pendant lesquelles des M.I.C.ont su encourager, soutenir, fortifier les gens durant les différentes étapes de la révolution.?Là où il y a une petite chorale, les M.I.C.s'en occupent.S.Véronique Bernatchez Les jeunes religieuses qui arrivent à Cuba ont précisément cet élan, ce dévouement sans calcul que notre fondatrice Délia Tétreault cherchait à inculquer à ses missionnaires dès le début de l'Institut.Leur programme d'action apostolique donne priorité à l'éducation : les écoles paroissiales où l'on enseigne les cours élémentaire et supérieur, le baccalauréat et le commercial, les travaux manuels et la musique.Elles collaborent également à la catéchèse, à la préparation à la première communion et à d'autres activités paroissiales.Elles visitent les malades et viennent en aide aux pauvres.Les Soeurs invitent quelques dames et jeunes filles à se joindre à elles pour ce travail d'évangélisation et visitent avec elles les cam-pos.Personnellement, confiait S.Anne-Marie Magnan, l'heure que je désirais le plus était celle du samedi.À quatre heures de l'après-midi, la cour intérieure se remplissait d'enfants de la paroisse et de la campagne.Ils se regroupaient dans MM \"T ^ 1998.Jubilé d'or M.I.C.à la Havane.Gloria Pérez (3e r.lre à g.) et Bernardeta Collazo (2e r., Ve à dr.) auteures de l'article.Au centre, Amélia Mejides, supérieure provinciale et Evangéline Plamondon, supérieure générale les classes où des professeurs leur transmettaient la Bonne Nouvelle et tous terminaient par un chant à Marie.En lisant les lettres de ces pionnières, nous nous étonnons de ne trouver aucune référence aux difficultés rencontrées durant ces premières années.Elles ne parlent ni des sacrifices imposés par l'apprentissage de la langue, ni de l'inconfort de la chaleur, ni de l'adaptation à une culture différente.Elles ne mentionnent que la douleur ressentie en 1961 lorsque le gouvernement révolutionnaire s'approprie les écoles.Elles doivent alors renoncer à leurs responsabilités dans l'éducation, ce qui signifie, pour plusieurs d'entre elles, abandonner définitivement une terre de mission qu'elles aiment immensément et où elles donnent le meilleur d'elles-mêmes.Elles évangélisaient.Un témoignage nous éclaire sur leur savoir-faire d'enseignantes, leurs qualités d'organisatrices, leur persévérance et leur foi : Les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception sont celles que j'ai le mieux connues.Elles étaient à Los Arabos lorsque j'y suis arrivé en 1956.Je les ai vues de près.Par le biais de l'école, elles formaient des chrétiens mieux éclairés et plus forts dans leur foi.Elles atteignaient les parents.Elles évangélisaient.Les M.I.C.ne perdent pas de temps.Avec un vocabulaire de deux ou trois mots, elles se mettaient au travail.Du lundi au vendredi : école .Samedi : catéchèse dans les villages voisins de même qu'à la paroisse.Dimanche : animation des messes, catéchèse aux enfants, préparation des catéchistes.Avais-tu une petite chorale?Les M.I.C.s'en occupaient.Fallait-il décorer l'église ou la salle pour une fête quelconque?Robe blanche, ceinturon bleu, voile noir, sueurs détrempant le tout, mais joie dans les yeux et le coeur, les filles de chez nous étaient là.Ah! J'allais oublier leurs peurs.Pas des craintes, mais de vraies peurs, durant les années de la guerre révolutionnaire.Il y avait de quoi! Mais elles étaient là : à Los Arabos, 8 Manguito, Marti, Maximo Gômes, Colon.Un long chemin de souffrances dans leur fidélité à Dieu et au peuple cubain aboutit à une éclosion de belles vocations.C'est ainsi que le curé de Los Arabos, le Père Roger DeMontigny p.m.é., missionnaire à Cuba de 1953 à 1971, rappelle cette étape de nos pionnières à Cuba.1 Dans les programmes du temps, l'accent était mis sur la qualité de la formation intellectuelle, de l'engagement, des relations sociales, en un mot sur une formation intégrale.Au lendemain des fêtes du Jubilé, une ancienne élève du collège de Los Arabos écrit : Cette fête de la célébration des 50 ans nous a permis de retourner à une belle étape de notre vie et de nous rappeler plus d'un moment agréable : les classes, la mission, votre patience et vos délicatesses, le respect que vous inspiriez, les expériences de vie ensemble.Sachez que nous nous souvenons de vous avec affection et que nous vous sommes reconnaissantes de la formation reçue.Quand aurons-nous à nouveau des collèges religieux à Cuba?demande une autre, exprimant un désir ressenti par plusieurs anciennes étudiantes de retourner à la formation reçue chez les Soeurs.Nous aimerions que nos enfants aient une formation comme celle que nous avons reçue dans vos collèges catholiques.Quand le grain de blé TOMBE EN TERRE, Les événements politiques et sociaux de 1959 ont marqué une autre forme de présence M.I.C.à Cuba.En 1961, c'est l'incertitude face au présent et à l'avenir.Le processus révolutionnaire qui pointe déjà vers un athéisme pratique provoque de nouvelles situations et requiert de nouveaux apprentissages : après l'exode des années 59-61, le personnel M.I.C.est réduit à un groupe de 10 Soeurs.Celles-ci n'ont plus d'écoles comme moyen privilégié d'exercer leur travail apostolique.Geste riche de souvenirs : S.Jeanne Berger, canadienne, offre de la terre de Mercedès, lieu de notre première mission M.I.C; S.Josephine Leal, philippine, rappelle notre ouverture à la mission universelle. Photos : M.I.C.Cuba Le grand défi est de trouver d'autres chemins pour vivre leur mission.Décidées à poursuivre leur engagement apostolique, les Soeurs continuent de travailler à la catéchèse dans les paroisses, de visiter les hôpitaux et les familles et d'animer les communautés chrétiennes.Mais ces petites communautés deviennent de moins en moins nombreuses en raison de l'exode massif des Cubains vers les États-Unis et de la pression exercée par le gouvernement sur les personnes qui pratiquent leur foi.Ce sont des années de fidélité éprouvée, d'abandon confiant entre les mains de Dieu, d'incroyable créativité et de lutte pour conserver la joie au milieu de tant d'incertidude.Des communautés humbles dont la foi est un exemple.S.Bernardeta Collazo,\tà g.fi ¦ - | *fpr; blh ïa À ces religieuses canadiennes qui se caractérisent depuis le début par leur proximité du peuple et leur capacité d'inculturation se joignent de jeunes Cubaines.Celles-ci désirent consacrer leur vie à l'annonce de l'Évangile et sont attirées par l'esprit missionnaire en action de grâces vécu par les Soeurs.En 1965, le noviciat M.I.C.ouvre ses portes affrontant tous les défis de pareils moments.L'arrivée de ces nouveaux membres permet l'ouverture de nouvelles fondations dans d'autres diocèses dont les besoins en présence religieuse sont immenses.Face à l'impossibilité légale d'acquérir des maisons, les Soeurs voient la nécessité de transformer les petites sacristies des églises en lieux de résidence.Une fois de plus, leur créativité est mise à contribution.Elles recréent les lieux et inventent un nouveau style de vie qui éveille l'admiration et le respect des laïques, des prêtres et des évêques.De porte en porte, à la rencontre des gens Peu à peu, les Soeurs trouvent des chemins neufs en réponse à la nécessité d'évangéliser le peuple dans un climat caractérisé par la peur et le rejet de toute manifestation religieuse.Avec ardeur et audace, guidées par l'Esprit Saint, elles vont de porte en porte à la rencontre des gens.C'est une mission risquée car on ne sait jamais qui on va rencontrer.Cette expérience se révèle favorable.Plusieurs laïques engagés dans des communautés chrétiennes se joignent à ce travail patient dont les fruits sont à peine visibles.Le bon souvenir que le peuple cubain garde des Soeurs facilite le dialogue.Des gens ouvrent leur maison et leur coeur et se laissent interpeller par les valeurs de l'Évangile.Dans ces petites communautés de foi, l'animation se fait autour de la Parole de Dieu : partage d'Évangile, révision de vie, célébration de la Parole, liturgies vivantes.Cette formation permet à chacun de s'alimenter à la Parole de Dieu et de vivre davantage selon l'Évangile en un moment où la force du témoignage est par le fait même évangélisatrice.Dans les années suivantes, le travail apostolique se fait plus diversifié et de nouvelles possibilités se présentent.En plus de la catéchèse, de l'animation des communautés de base, de la formation des agents pastoraux, les M.I.C.s'engagent davantage auprès des jeunes et des familles.Elles acceptent aussi diverses responsabilités au niveau diocésain et national.Certaines commencent un travail plus spécialisé avec les femmes et les prisonniers.Par ce travail et le témoignage de leur vie, elles éveillent chez d'autres jeunes Cubaines le charisme de la vocation M.I.C.que Dieu a semé en elles.-ST**- Je serai avec vous tous les jours jusqu'à la fin.Aujourd'hui, à Cuba, notre groupe communautaire est devenu international : 16 Cubaines, 4 Canadiennes, une Malgache, une Portugaise, une Philippine.Nous nous engageons de toutes nos forces à poursuivre la mission avec le même zèle missionnaire et le même esprit d'action de grâces des débuts.Nous cherchons à vivre notre engagement en reconnaissant et en faisant connaître l'action de Dieu présente dans notre peuple.Nous voulons promouvoir les valeurs évangéliques de paix, de fraternité, de foi en l'amour gratuit de Dieu et nous rendons grâces pour la faim et la soif de Dieu qui habitent notre peuple.?M.I.C.et un évêque de passage lors de la visite du Pape à Cuba 1 Roger DeMontigny, p.m.é., Missions Étrangères, vol.25 n\u201d 10 9 Uw Jubilé QUI ENRICHIT NOTRE HISTOIRE par Évangéline Plamondon, m.i.c.Joie et action de grâces à la cathédrale de la Havane, ce 25 mars 98.En effet, ce jour-là, le cardinal Jaime Ortega, une trentaine de prêtres, des religieux et des religieuses, de nombreux parents et amis célèbrent 50 ans de présence M.I.C.à Cuba.A cette occasion, S.Evangéline Plamondon, m.i.c., supérieure générale, s'adresse à l'assemblée en ces termes.Lorsqu'en 1948, Mgr Martin Villa-verde, évêque de Matanzas, accueillait les deux premières Soeurs canadiennes, nul ne pouvait prédire les pages d'histoire que nous feuilletons aujourd'hui.Pour nous, Missionnaires de l'Imma-culée-Conception, ces 50 années comptent parmi les plus valeureuses que notre Institut a vécues et vous en faites intimement partie.M.I.C.des premières heures réunies pour célébrer le Jubilé.De g.à dr., Fabienne Bernatchez, Claire Carrier, Jeanne Ostiguy, Eliette Gagnon, Jeanne Berger, Simonne Perreault i1 n-rm U Avec vous, nous avons appris à vivre et à partager notre foi discrètement, silencieusement, parfois dans des situations difficiles et avec de pauvres moyens.Au fil du quotidien, nous nous sommes solidarisées avec l'Église de Cuba et avec les gens qui nous entourent.Nous avons découvert que les dépouillements, les sacrifices nous rendent plus accueillantes, plus miséricordieuses et favorisent aussi l'audace évangélique.Être demeurées avec vous a permis d'assurer une relève M.I.C.cubaine, de diversifier nos engagements pastoraux et d'aller rejoindre les gens dans des endroits où nous ne serions jamais allées si nous étions restées dans nos écoles.sion de foi, ces paroles sont pour notre Institut missionnaire un appel à être missionnaire ici à Cuba et au-delà des frontières.Nous croyons que l'expérience de foi du peuple cubain et l'expérience de votre Église peuvent beaucoup apporter ailleurs aux autres peuples et aux autres Eglises locales.Pour partager leur foi, les chrétiens de Cuba ont un vécu spécial et avec la visite du Pape, le monde extérieur a perçu la fidélité du peuple cubain au Dieu de la Vie.Il a entendu son cri d'espérance.Personnellement, je suis convaincue que l'Église de Cuba vit actuellement une étape historique très importante et plus ancrée dans la dimension universelle de la foi.Mais ce que nous, M.I.C., devons accueillir aujourd'hui comme une grâce et en remercier Dieu, c'est d'avoir, tout au long de ces années, découvert avec vous d'autres visages du Christ sur cette terre cubaine.Notre foi s'est affermie.L'Evangile ne cesse d'interpeller la vérité et le courage qui doivent nous habiter.Et si nous regardons l'horizon comme Institut missionnaire, nous comptons des M.I.C.cubaines en mission dans d'autres pays.La foi, burinée par le creuset de la souffrance, a mûri et est partagée ici et ailleurs.Nous ne pouvons oublier les paroles prononcées ici dernièrement par le Pape : Que le monde s'ouvre à Cuba et que Cuba s'ouvre au monde.Accueillies dans une vi- 10 Oui, rendons grâces au Seigneur! Au nom de notre Institut et en mon nom personnel, merci à l'Église de Cuba et aux gens qui nous ont accueillies.Ils nous ont pennis de vivre avec eux, sur cette île magnifique, une page de l'histoire sainte du peuple de Dieu.Que les prochaines années nous permettent de cheminer encore pour édifier la civilisation de l'amour où tous les Cubains et toutes les Cubaines pourront vivre dans la vérité, la paix et la justice.Quant à nous, M.I.C., nous sommes toujours prêtes et heureuses de nous y engager comme Institut.C'est une question de fidélité à notre charisme.A Notre-Dame-de-la-Charité, patronne de Cuba, nous offrons nos prières et nos espérances.Nous lui confions votre beau pays et l'éveil nouveau de son Église.?Photo : M.I.C.Cuba ÉBRATION DES DIVERSITÉS Faite de contrastes, Dame Nature DESSINE TOUS LES PAYSAGES.Vêtus d9ombres et de lumières, TOUS LES RECOINS DE NOTRE TERRE PRENNENT SENS ET VITALITÉ DANS LE REGARD CRÉATEUR D9UN ARTISTE, D9UN CHERCHEUR, D9UN POÈTE, D\u2019ÊTRES DU TERROIR, AMANTS DE LA MÈRE PLANÈTE.Aucun désert n9est que sable plat, Nul océan, nappe égale à l\u2019infini.Dansent les oasis et les dunes, valsent les vagues, ondule en milliers de reflets l\u2019insondable diversité de la mer.À VOL d9oiseau, immense, sombre et mystérieuse, la forêt : À PERTE DE VUE, ELLE NE MANQUE PAS D9IMPRESSIONNER.Balancent les géants, s\u2019enlacent les lianes; POUSSENT DANS LA PERCÉE CLAIRE LES GÉNÉRATIONS MONTANTES.Écoute la tige minuscule, l\u2019arbrisseau, l\u2019arbre adulte.Chacun raconte à sa façon la sève enracinée, redistribuée, PORTEUSE D9UNE HISTOIRE ET D9UNE DESTINÉE.imil SfÉÉll: En cette fin de millénaire, heureux, heureuse ES-TU SI, DANS TA BALADE HUMAINE, DANS TA FOI ET TA LUTTE POUR PLUS DE DIGNITÉ ET PLUS DE VIE, TU PORTES AU COEUR LE SECRET D9APPRÉCIER LES DIFFÉRENCES.TA VULNÉRABILITÉ N\u2019EST PLUS MENACÉE PAR L\u2019APPARENTE SÉCURITÉ DE TON VOISIN.LA DIVERSITÉ DE CULTURES, DE LANGUES, DE SEXES, DE RELIGIONS, DE COULEURS, D9OPINIONS N\u2019EST PAS UN MUR ENTRE TOI ET L\u2019AUTRE, MAIS L\u2019OCCASION D\u2019ALLER CHERCHER DANS TON PROPRE TERREAU LA FORCE QUI T9HABITE, LA SOURCE QUI CHANTONNE.TU DEVIENS LIBRE POUR RECONNAÎTRE ET CÉLÉBRER LE MESSAGE INÉDIT DE LA DIVERSITÉ AU QUOTIDIEN.TU PEUX AVANCER, HARMONISER TA NOTE DANS LE CONCERT UNIVERSEL .* l9Esprit de Dieu te projette VERS DES TERRES INCONNUES.Agathe Durand, m.i.c.n Photo : F.-A.L'Heureux, m.i.c. BOLIVIE ùes Boliviennes courageuses et avisées par Anita Perron, m.i.c.Trente ans dans les Andes boliviennes.Une solidarité à toute épreuve avec les femmes aymaras et quechuas dans des villages dont les besoins sont immenses.Anita Perron, religieuse Missionnaire de Tlmmaculée-Conception (M.I.C.J, est bien placée pour mieux nous faire connaître ces femmes boliviennes en quête de justice, de dignité et de liberté.Son témoignage montre également différents visages de l'activité missionnaire des femmes en Amérique du Sud.* Anita Perron, m.i.c.et des jeunes de Cochabamba I ' n octobre 1997, les M.I.C.célé-braient 40 ans de présence en Bolivie.C'était comme tourner les pages d'un album de famille et y reconnaître les inquiétudes, les luttes, les audaces, les joies et les espoirs de tout un peuple.Aujourd'hui, je veux surtout partager mon admiration pour le courage des femmes des campagnes et celles des mines de l'Altiplano.Un courage AUX MULTIPLES FACETTES En juillet 1969, je m'aventurais dans la Cordillère des Andes pour arriver aux fameuses mines d'étain de Siglo XX et de Catavi.Assez vite, j'ai compris que ma mission se vivrait là dans un climat de tension.Les mineurs étaient conscients des injustices et réclamaient leurs droits, appuyés par leur épouse et les jeunes du milieu.La répression brutale des militaires ne se faisait pas attendre.J'ai vécu dix ans dans ce contexte d'oppression.Le courage des femmes des mines prend des facettes multiples : la patience pour vivre les longues files d'attente au magasin des mineurs ou encore l'ardeur pour récupérer l'étain dans les eaux et les pierres laissées comme résidus; l'audace lors des manifestations épuisantes au côté de leur mari afin d'obtenir de meilleures conditions de vie ou encore la détermination pour résister aux militaires qui menacent de détruire leur radio communautaire.Des femmes ont même passé quelques nuits à l'intérieur de cet établissement.Je les ai vues prêtes à attaquer si nécessaire.C'était le petit David contre le géant Goliath).J'ai aussi été témoin de l'héroïsme de 5 femmes et de 14 enfants qui ont commencé une grève de la faim à l'archevêché de La Paz, fin 1977.Ces femmes exigeaient entre autres la libération des prisonniers politiques et le retour de centaines d'exilés.Cette initiative a déclenché au niveau national une solidarité avec plus de 5 000 grévistes.Le Président du pays, alors général d'armée, a été amené à démissionner de son poste et des élections ont dû être convoquées.La fai- blesse du régime était rendue trop évidente sur le plan économique et politique.Cette fois encore, le petit David a eu raison du géant Goliath.Sous les régimes militaires, de 1969 à 1982, l'histoire a retenu plusieurs actes héroïques de la part des femmes.Celui qui reste gravé dans ma mémoire se réfère à trois d'entre elles.Ces femmes s'étaient enveloppées dans le drapeau national pour résister à une attaque militaire et elles ont été fusillées à bout portant.Les femmes martyres en Bolivie.en Amérique du Sud sont trop nombreuses! Où est la source d'un tel courage?Dans la foi au Dieu de l'impossible, dans l'espérance de jours meilleurs, dans une confiance inébranlable en Marie, pleinement femme.Malgré le contrôle militaire, j'ai vu les femmes s'intéresser à l'apprentissage de la couture et à des techniques d'artisanat.Elles ont fait des démarches pour établir à Catavi une succursale de l'Académie Santa Rita de La Paz.Cette école, dirigée par les M.I.C., vise la formation intégrale de * la femme bolivienne.Quelques centaines de femmes ont suivi les cours qui leur donnaient droit à un certificat de main d'œuvre qualifiée.Elles ignoraient alors combien ces nouvelles compétences les aideraient à affronter, en partie, les difficultés financières que leurs familles devraient assumer en 1986, avec la mise à pied de milliers de mineurs.La résistance de plusieurs maris à l'initiative et à l'autonomie de leur compagne a ouvert les yeux des femmes.Elles ont vu la nécessité d'une réflexion sur l'égalité des chances et la dignité des partenaires.Des programmes de radio, avec des mises en situation, ont été préparés et réalisés par les femmes elles-mêmes afin de créer un espace pour le dialogue entre les travailleurs et au sein de la famille.Un changement de mentalité s'est amorcé.Les M.I.C.ont été solidaires des luttes des mineurs.Elles ont essayé de répondre , selon les valeurs évangéliques, aux besoins du milieu au niveau de la santé, de l'éducation, de la promotion de la femme.En 1979, elles ont quitté ce milieu en laissant des femmes responsables à la tête d'une Académie qui poursuit aujourd'hui encore ses cours de formation en couture et en technique d'artisanat.Dans le domaine de la santé, la Coopérative Populaire de Santé (COPOSA) offre toujours ses services avec du personnel bolivien, dont une femme comme administratrice de l'hôpital.Quant à l'organisation populaire des femmes, née de leur propre initiative, elle a continué son cours et répond aux besoins pressants du milieu par un service social adapté.Toute une dose de courage.Aujourd'hui, à l'Institut d'Éduca-tion Rurale (1ER) de Cochabamba, je suis témoin du réveil des jeunes femmes paysannes.Leur vie comporte toute une dose de courage.L'IER est un internat qui accueille pour un an une quarantaine de jeunes de 17 ans et plus.Elles apprennent la couture, s'initient à l'artisanat et reçoivent des cours de culture générale, d'alphabétisation, de premiers soins de santé, d'agriculture et de catéchèse.Elles participent activement dans la réalisation de projets de production et d'autogestion.Cette formation fortifie leur sens communautaire et leur estime de soi.La deuxième année, parmi celles qui ont le désir et les aptitudes pour devenir auxiliaires-infirmières en milieu rural, une dizaine sont choisies.Elles suivent des cours théoriques et font des stages pratiques dans deux hôpitaux.Bien préparées, elles reviennent ensuite dans leur village où elles vont travailler dans un petit dispensaire.Celui-ci est souvent très éloigné d'un centre médical mieux équipé et dont le personnel est plus apte à répondre aux cas difficiles.Vaillantes, elles risquent l'aventure! Ces jeunes auxiliaires-infirmières sont elles-mêmes étonnées de leurs progrès.Il y a quelques mois à peine, elles étaient à garder les moutons, et les voici qui atteignent aujourd'hui des objectifs insoupçonnés.L'une d'entre elles vient d'obtenir une bourse d'études en technique de laboratoire.Qui aurait dit cela, quand Floria est arrivée à LIER il y a deux ans?.Les M.I.C.encouragent les jeunes paysannes à être fières de leur identité féminine et culturelle.La langue, les vêtements, la musique, les danses et coutumes typiques du pays sont valorisées.La formation offerte ne se limite pas aux apprentissages techniques et scolaires, elle vise aussi à préparer des promotrices actives de la dignité de la femme, de ses droits, de l'égalité des chances, de l'amélioration de la qualité de vie dans leur milieu.C'est un apport concret au processus actuel de changement des mentalités en regard de la femme.J'écoute également mes compagnes M.I.C.engagées en milieu rural.Elles m'aident à percevoir là aussi la détermination de la femme quechua pour vivre à la fois les responsabilités Les M.I.C.ont accompagné les mineurs et leur épouse dans leurs luttes difficiles. 1 h W £
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