Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mai 1978, Mai - Juin
[" %54®: S ¦ î~r*' &\u2022*, ^:3&( g ¦ iæF2îQ§ ,rSÆ-=-siSÊ*fc*Jû: mmm$ ¦%.: TjM - ¦¦: ¦;^ Os-.\u2022*\u2022 j.\t PRECIRSEUR Revue d\u2019information missionnaire Volume XXX no 3, Mai-Juin 1978 - «jg* ¦?«r ÿfevs *1.1 ' \"'-: mz *%#£?¦ '-£ jS* ».¦ \u2022 * ÿÿM^tfÿ \u2022'.ï PRECURSEUR Revue d'information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception avec l'autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.H* * mm yg.NOTRE COUVERTURE: Doris Twyman m.i.c., professeur d'art ménager à l'école secondaire de Marymount au Malawi, avec deux de ses élèves.Inventer des mets nouveaux avec les aliments du pays et confectionner des vêtements dernier cri, voilà le rôle de la missionnaire auprès de ces jeunes filles désireuses d\u2019apprendre des choses nouvelles, en vue de la promotion de la femme africaine.Directrice et Rédactrice en chef: Réjane Gaudet, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Équipe M.I.C.Secrétaire à la rédaction: Géraldine Vaillancourt, m.i.c.Services artistiques: Fleur-Ange L\u2019Heureux, m.i.c.Isabelle Ethier, m.i.c.Anita Julien, m.i.c.Secrétariat de l\u2019AMIC et Diffusion: Équipe M.I.C.Abonnement.1 an $3.00 2 ans $5.00 à l'étranger $4.00 Pour tout changement d\u2019adresse s\u2019il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.Adresse: AMIC C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 tél.: 663-6210 SOMMAIRE ÉDITORIAL:\tCelle dont on n'a rien dit.61 Montréal:\tSculpture de notre Fondatrice\tà\tMontréal.62 Afrique:\tRecherche sur le rôle des guérisseurs et des plantes médicinales en Afrique.66 Malawi:\tUne histoire vraie.celle de Petulo\tet\tPaulo.71 Malawi:\tTemps nouveaux, alimentation\tnouvelle .74 Pérou:\tMission et engagement .77 Montréal:\t\u201cMes amis de la souffrance\u201d.82 Montréal:\tNous partons, vous venez?.84 Montréal:\tPage publicitaire.85 Rimouski:\tLes Jeunes du Monde de Rimouski et les Droits de l\u2019Homme.86 Montréal:\tAmic-Précurseur.88 s> Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Imprimerie: Librairie Beauchemin Limitée Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0357.Port de retour garanti. ÉDITORIAL C^elle dont on n a nen \"Une femme dont on n\u2019a rien dit\u2019\u2019, c\u2019est le titre bien trouvé et très juste d\u2019un chant à la Vierge mis en musique par le grand liturgiste jésuite: Didier Ri-maud.Cette femme, c\u2019est la Vierge Marie.Les écrivains sacrés nous ont livré, en fait, une information parcimonieuse à son sujet.Tout juste le strict nécessaire.Ils nous ont révélé son nom, son lieu d\u2019habitation, son statut social, son projet de vie avec un descendant de David nommé Joseph, l'étonnante visite d\u2019un certain Messager venu de la part de Dieu et quelques autres renseignements en fonction de ce message mystérieux.Suffisamment pour authentifier son identité et son rôle dans le mystère de Jésus, Verbe incarné.Rien de plus.QUI EST-ELLE DONC CETTE FEMME?C\u2019est paradoxal, mais c\u2019est un fait.On n'a rien dit d'elle ou si peu, cependant aucune femme dans l\u2019histoire de l\u2019humanité n\u2019a autant polarisé l\u2019attention.Saint Bernard n\u2019affirme-t-il pas qu\u2019elle est le \"Centre du monde, l\u2019affaire de tous les siècles?\u201d Centre du monde cette jeune juive si pareille aux autres femmes que les historiens profanes de son temps l\u2019ont totalement ignorée! C\u2019est pourtant l\u2019exacte vérité.Marie semble l\u2019avoir elle-même pressenti quand elle s\u2019exclame dans son sublime Magnificat: \".toutes les générations me diront bienheureuse!\u201d Humainement parlant, il est exact aussi d\u2019affirmer que Marie n\u2019a rien dit ou fait qui la distingue des autres femmes de son temps.Qu\u2019est-ce donc qui la met totalement à part et au-dessus de toutes les autres femmes?\u201cC\u2019est ce que Dieu a fait pour elle, en elle et par elle\u201d, affirme Bernard Martelet dans un récent et magnifique ouvrage intitulé: Marie de Nazareth, celle qui a cru.C\u2019est donc en raison de ce choix que Dieu a fait de Marie pour réaliser l\u2019Incarnation qu\u2019elle est devenue \"Centre du monde\u201d.En acceptant ce plan divin sur elle, Marie se trouve investie d'une double Maternité, celle de Jésus, Verbe Incarné, et celle de l\u2019humanité réconciliée avec Dieu-Père en Lui.\u201cC'est d\u2019un même regard, ajoute Bernard Martelet, qu\u2019il (Dieu) voyait et le Fils et la mère; c\u2019est d\u2019un même amour qu\u2019il aimait et le Fils et la mère.Puis dans ce même regard, dans ce même amour, il nous englobait tous, en lui et en elle.\u201d MARIE, MÈRE DE DIEU ET MÈRE DES HOMMES Oui Marie est une mère.Et pas n\u2019importe laquelle.Elle est la mère du Dieu fait homme.Là est toute sa grandeur.De là découle son extraordinaire et perpétuel rayonnement.Marie nous a donné Jésus.Jésus nous a donné Marie.Elle est sa mère.Elle est notre mère.Beaucoup de femmes, au cours de l\u2019histoire, ont marqué, changé même les événements de leur époque.Je pense à Judith, à Esther, ces gloires du peuple choisi.L\u2019histoire de l\u2019Église comme l\u2019histoire des peuples conserve de longues listes de femmes célèbres qui ont illustré leur temps.Il en existe beaucoup de nos jours et dans toutes les sphères d\u2019activités: dans les arts, les sciences, la politique, la religion.Marie ne s\u2019est spécialisée en rien de tout cela.Ou plutôt non.Elle s\u2019est spécialisée dans la science par excellence, celle de l\u2019amour.Dieu l\u2019a regardée, il l\u2019a aimée.Marie s\u2019est laissée regarder, elle s\u2019est laissée aimer.Et elle est devenue pure transparence ici-bas de Celui qui a nom l\u2019AMOUR.C\u2019est parce qu'elle a aimé de tout son être que Marie a dit OUI au projet de Dieu sur elle.C\u2019est parce qu elle a aimé en vérité, que ce projet, elle l\u2019a assumé en totalité et l\u2019a vécu jusqu\u2019au bout.C\u2019est dans la lumière de cet ineffable événement de l\u2019Incarnation du Verbe éternel, Lumière née de la Lumière, qu\u2019on découvre qui est Marie.Elle est Celle que Dieu a placée au centre de l\u2019histoire pour réaliser en elle, par elle, avec elle, son merveilleux rêve de rassembler les hommes dans l\u2019AMOUR en JÉSUS, Fils de Dieu et Fils de Marie.En \"Celle dont on a rien dit\u201d tout a été dit puisqu\u2019Elle nous a donné Celui qui est la Parole de Vie, le Verbe de Dieu.Réjane Gaudet, m.i.c.61 MONTRÉAL Sculpture de notre ddondatrlce L\u2019église de la Nativité de la Ste-Vierge dans le quartier Hochelaga à Montréal.Le 3 juin dernier \u2014 75e anniversaire de fondation de notre Institut\u2014 avait lieu, en notre Maison-Mère, le dévoilement d'une photographie prise à l\u2019église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge à Montréal.Cette photographie reproduisait la statue en bas-relief de Mère Marie-du-St-Esprit, notre fondatrice, parmi le groupe des \u201cFondatrices des Communautés de Femmes établies dans le Diocèse de Montréal \".(Archives de l\u2019église de la Nativité).Et ce fut grande surprise pour les M.I.C.ce jour-là.Car le fait, connu de la fondatrice, elle l\u2019avait confié entre autres à S.Imelda Robitaille en 1928, était demeuré plutôt inconnu et caché probablement par la grande humilité et le désir d\u2019effacement de Délia Tétreault.À l\u2019occasion de nos fêtes jubilaires, S.Georgette Barrette m.i.c.qui vivait du souvenir de Notre Fondatrice contemplée souvent au temps de sa jeunesse en son église paroissiale, nous a fait \u201credécouvrir\u201d la statue de notre Mère et l'a située pour nous à partir du texte qui suit.ÉGLISE DE LA NATIVITÉ DE LA SAINTE VIERGE L\u2019église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge de Montréal est située dans le quartier d'Hochelaga, plus précisément rue Ontario, côté sud, entre les rues Dézéry et St-Germain.Plus que centenaire, la paroisse de la Nativité a été érigée par Mgr Bourget le 10 septembre 1867 après les instantes supplications de plusieurs personnes du secteur dont M.Dézéry donateur du terrain pour la construction de la première \u201cchapelle\u201d paroissiale.Après quelques avaries et certaines transformations, l\u2019église de la Nativité fut incendiée le 19 avril 1921.C\u2019est l\u2019année au cours de laquelle Mgr Georges-Marie LePailleur1 accepte la cure de la Nativité.Il conçoit alors le i \u2022/\t'O- r w V: If- / S' \\\\\t.w.:-U.» * < > »' V t À/ - \\ :-'> >Ai' - ZI* ¦ -«IMWI*» ¦MSSjMP^O* projet d une construction grandiose et coûteuse pour l epo-que2.Il n\u2019en fallait pas moins, semble-t-il, pour satisfaire le coeur ardent du pieux curé préoccupé \u2014 l\u2019édifice en donne preuve \u2014 de faire chanter dans la pierre les gloires de Marie.UN LIVRE DE PRIÈRE \u201cL\u2019église est un lieu de prière La nôtre est encore plus un livre de prière\u2019\u2019.3 \u201cAd Jesum per Mariam\u2019\u2019, paraît avoir présidé à l\u2019agencement des chapitres de cet évangile de pierre.À l\u2019extérieur, au portail en imposante préface, la Vierge de la Médaille Miraculeuse nous y introduit: c\u2019est la \u201cPorta Coeli\u201d.De style roman à la décoration d\u2019art égyptien,4 l\u2019église se fait remarquer par l\u2019ampleur et la majesté de ses proportions et la nature de ses matériaux (pierres françaises de Caen) et la noble simplicité de ses lignes.LA FRISE Mais l\u2019originalité de ce temple, c\u2019est la frise,5 \u201cce livre de prière\u2019\u2019 qui contourne les murs intérieurs à une hauteur telle (50 à 60 pi.) que ses richesses éducatives et artistiques en demeurent pratiquement ignorées: il faut prendre du recul, lever la tête, la renverser en arrière pour lire et goûter ce chef-d\u2019oeuvre incomparable par la présentation des tableaux, la beauté des personnages (v.g.la Vierge des fiançailles) et leur réalisme (v.g.les fondateurs d\u2019Ordre) mais surtout pour l\u2019impression de sacré produite sur les admirateurs.Cette frise désignée encore \u201cchemin du ciel\u201d par d\u2019anciens paroissiens, peut-être à cause de sa hauteur ou du ciel en coupole qu elle rejoint au-dessus du maître-autel était aussi qualifiée par les jeunes d\u2019autrefois de \u201cchemin des saints\u201d, sans doute en raison des nombreux personnages figurant autour de la Vierge en ses mystères.6 La frise se révèle surtout un véritable livre d\u2019enseignement où s\u2019étalent divers chapitres en bas-reliefs: des pages de la Bible, de l\u2019histoire de l\u2019Église universelle ou de l\u2019Église canadienne.Mais chaque page veut, même à travers l\u2019attitude des personnages secondaires, signifier, transcrire, traduire ou expliquer la Vierge, sa vie, son rôle et sa glorification.LA VIERGE C\u2019est ainsi qu\u2019au centre du pan arrière on peut admirer un tableau \u201chors-série\u201d: une Vierge genre Assomption de Murillo, sculpture de haut-relief excédant la frise en bordure du jubé de l\u2019orgue, symbolise bien la gloire de Marie.C\u2019est un tableau saisissant par sa majesté mais plus éloquent encore lorsqu'on regarde à l\u2019opposé et à même hauteur, en plein centre du choeur sous le ciel étoilé, le frêle bébé \u2014 l\u2019immaculée \u2014 qu'en sa Nativité la Trinité contemple.Composition antithétique de grand art qui polarise la vie signifiante de Marie dans le temps de Dieu et l\u2019histoire des hommes à travers les divers chapitres latéraux! Chef-d\u2019oeuvre du Seigneur et splendeur de notre humanité, ainsi apparaît Marie glorieuse en son attitude d\u2019ascension.Vers elle symbole de l\u2019Église triomphante s\u2019avancent, 0 k 63 p»!® œ i i fp 1} Pf» et rangés parfois comme en une pieuse procession, ceux qui ont honoré l\u2019Église militante de leurs vertus et de leurs mérites comme de leur attachement et de leur dévotion à Marie.Ainsi (côté rue St-Germain) s'avancent vers Elle les fondateurs d\u2019instituts religieux masculins établis dans le diocèse de Montréal lors de la construction de l\u2019église et à l\u2019opposé (côté rue Dézéry) les fondatrices des Congrégations féminines d\u2019alors.MÈRE MARIE DU SAINT ESPRIT Et notre chère Mère Marie-du-Saint-Esprit?Elle est bien là, au premier rang, parmi des homologues.Aucun ordre ne semble avoir présidé à la position des personnages.7 Une photographie ou une image proposée aurait-elle facilité au sculpteur telle ou telle disposition?Quoi qu\u2019il en soit, il a su si bien rendre les visages que réalité, mémoire et oeuvre d'art s\u2019identifient.Quel talent et quel mérite!8 Pour nous quelle joie de savoir que notre chère fondatrice, au \u201cchemin du ciel\u201d de la Nativité, en sa statue de pierre de Caen s\u2019avançant vers Marie célèbre avec nous ce 75e anniversaire, souriant peut-être au \u201ctour\u201d qu'elle a joué en se tenant cachée ainsi longtemps à ses filles.Voudrait-elle, en cette agréable redécouverte et en ces célébrations familiales, nous rappeler qu\u2019en nous \u201cattachant aux pas de Marie nous ne ferons jamais fausse route?\u201d (26 mai 1915, dans Spiritualité de Mère Marie-du-Saint-Esprit, p.25).Plusieurs M.I.C.ont eu la joie, l\u2019été dernier d'aller à l\u2019église de la Nativité voir leur Fondatrice là-haut dans la frise.M.le Curé Jean-Guy Codotte, à qui nous devons une vive gratitude pour avoir facilité notre redécouverte, avait organisé à la mi-août une visite-exposition guidée au \u201cPatrimoine Nativité\u201d.Une équipe de quatre étudiants, sous sa direction et grâce à un octroi obtenu, a pu réaliser entre autres, la présentation de la petite histoire de la Nativité, une démonstration de souvenirs, la mise en valeur de l\u2019église et particulièrement de la frise qu\u2019un diaporama bien préparé permettait d\u2019apprécier mieux encore.Les M.I.C.visiteuses en sont revenues tout heureuses, \u201cconservant ces choses en leur coeur\u201d où se rejoignent, aux souvenirs de la Nativité d\u2019Hochelaga, leurs Mères bien-aimées, la \u201cTota Pulchra es\u201d9 l\u2019immaculée en sa naissance et sa fille Délia Tétreault, notre chère fondatrice, en sa gloire.Georgette Barrette, m.i.c.f: .64 I* a 1 \u2022.-\tf \\\t> wmmmmmm.m MmmKmmmmmm - m Une partie de la frise \"chemin du ciel\".Les fondatrices des Congrégations féminines établies au pays à cette époque sont ici représentées.1.\tMgr LePailleur a été pour nous un \u201czélé collaborateur\u201d de l\u2019Oeuvre Chinoise de Montréal dès 1913.2.\tLa construction débuta en 1922.3.\tFeuilles dactylographiées, sans auteur ni date, consultées au dossier, Église, histoire.no 8, des Archives du presbytère, 1855 rue Dézéry, le 16 décembre 1976.4.\tArchitectes: Viau et Venne: Ingénieur conseil: Guastavino, bureau de New York.5.\tLe 21 janvier 1928 les ateliers Carli-Petrucci de Montréal acceptent par contrat de la réaliser.6.\tLes personnages mesurent 2.135 m.ou 7 pi.(84,165 pces).7.\tSelon la liste relevée aux Archives de la Nativité et qui mentionne, entre les Filles de la Sagesse et les Soeurs de l\u2019Espérance, les \u201cSoeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 1902\u201d.8.\tAu moment de la fabrication de la frise, près de 100 artisans travaillaient aux ateliers Carli-Petrucci.Il a été impossible, ces mois derniers, d\u2019en connaître les maîtres-sculpteurs et de retrouver la photo ou le modèle qui aurait servi pour la statue de Mère Marie-du-Saint-Esprit.9.\tÉcusson du centenaire de la Nativité 1967.Note: Toutes les photos de cet article sont copiées des photos authentiques des Archives de la paroisse de la Nativité d\u2019Hochelaga.rrT' y , i \" 7\t«r/ f i Cx / / I Dans cet impressionnant cortège, notre fondatrice, Délia Tétreault, apparaît au premier plan la deuxième à gauche.mmmmmmm 65 AFRIQUE RECHERCHE SURI* RÔEE DES GUÉRISSEURS ET DES PEANTES MÊDICINAEES EN AFRIQUE Henriette Sylvestre, l'auteur de l\u2019article, en plein travail d'identification des plantes.Bien avant l\u2019âge de la médecine moderne, les peuples de tous les pays soignaient avec des moyens à leur portée et des remèdes naturels.En Afrique, plus spécialement sur la côte Est, les gens identifient bien les maladies et ils ont découvert différents remèdes pour les traiter.Ces connaissances naturelles se sont transmises de génération en génération par tradition orale jusqu\u2019à nos jours.Depuis quelques années, plusieurs pays d'Afrique tentent de redécouvrir ce précieux héritage laissé par les guérisseurs.Malheureusement, en raison de l\u2019absence de registre, beaucoup des connaissances dans ce domaine de la médecine traditionnelle ont été perdues.Toutefois une certaine partie en a été conservée jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.66 UNE QUESTION SE POSE Dans les pays occidentaux, les remèdes naturels, les moyens simples de soigner accessibles à tous, ceux qu\u2019on appelle ordinairement \u201cremèdes de ma grand\u2019mère\u201d ont disparu peu à peu pour faire place à la médecine conventionnelle.Est-ce que la manière naturelle de soigner jointe à une attention délicate et désintéressée n'était pas efficace, j'allais dire plus efficace?Ce qui est certain c'est que ces pratiques n'avaient pas les effets secondaires que peuvent avoir nos produits chimiques.Le peuple chinois a eu l\u2019heureuse intuition de conserver par écrit ses pratiques traditionnelles de médecine.En conséquence, guidés par les expériences sur les recherches et les résultats obtenus, les médecins de ce pays peuvent aujourd'hui perfectionner leurs propres moyens de traiter.Déjà le moderne s\u2019allie au traditionnel.Il est grand temps, dit le Docteur Kitundu de la Faculté de Médecine de l\u2019Université du Tanzania, de promouvoir une recherche sérieuse pour connaître les moyens traditionnels employés par nos guérisseurs, d\u2019étudier leurs remèdes et leurs thérapies et de mettre par écrit les conclusions de leurs découvertes afin d\u2019en dégager les valeurs scientifiques et culturelles.Il est essentiel pour le succès de ces travaux de nous assurer la collaboration de ceux qu\u2019on appelle guérisseurs, praticiens ou medecine-man, en les contactant personnellement et quand c\u2019est possible en recueillant leurs données cliniques.Il sera important aussi de connaître les effets de l\u2019application des remèdes en s'informant auprès des patients traités.DEUX OBJECTIFS Plusieurs Centres de recherches de médecine traditionnelle sont établis en Tanzanie, au Rwanda, au Zaïre, à Madagascar, au Togo, au Kenya, au Congo, au Cameroun et finalement en Zambie.Ce dernier toutefois a dû interrompre ses activités par manque de ressources financières.Leurs recherches, comme les miennes dirigées par le Centre de Tanzanie, poursuivent deux objectifs très précis: le premier consiste à collectionner les plantes employées comme médecine, à conduire une investigation pharmaceutique et chimique pour déterminer leur action curative et standardiser les dosages et finalement à expérimenter cliniquement les remèdes utilisables et ceux qui peuvent être obtenus et manufacturés localement.Le deuxième objectif c'est d\u2019étudier le rôle que les guérisseurs jouent dans la société au moyen de leurs coutumes et pratiques traditionnelles.Ceci afin d\u2019intégrer tout ce qu\u2019il comporte de valable dans nos thérapies modernes dans le but d\u2019améliorer les services médicaux pour le plus grand bien du peuple.Ce deuxième objectif s\u2019avère très complexe.Les guérisseurs jouent indéniablement un très grand rôle dans la société africaine, 85% de la population recourant aux traitements indigènes.Cette médecine traditionnelle, basée sur la nature, rejoint la conception de l'homme africain non limitée à une existence physique individuée, mais complétée par l\u2019environnement sociologique tel que le clan familial comprenant les vivants et les morts, sans omettre les forces occultes de l\u2019univers comme les esprits et les dieux.Les maladies, dans ce même concept, ne sont pas considérées comme une simple dys- illi \t / L l ' ifiiHà UX-A 1 .'O Cet arbre très caractéristique fournit des racines utilisées en médecine traditionnelle.*2.V fonction d'un organe attribuable à une cause physique, mais peuvent aussi être causées par une force naturelle quelconque.Conséquemment le traitement ne peut consister simplement dans l\u2019application de substances curatives mais doit être complété par des moyens venant du cosmos ou du monde immatériel.Cette façon d'agir est très importante pour la guérison du malade.Comme en médecine moderne d'ailleurs où l\u2019on tend de plus en plus à introduire des traitements psychologiques pour assurer la guérison.Ainsi le guérisseur emploie des manières de soigner provenant de coutumes fortement enracinées au coeur de l\u2019africain et pouvant avoir une influence sur le bien-être du patient.On a trop souvent discrédité l\u2019action des guérisseurs et leur rejet à priori a entraîné des conséquences malheureuses.Ainsi ces praticiens se protègent en gardant jalousement leurs secrets.Ils ne communiquent pas entre eux, et se tiennent prudemment sur la défensive sentant bien les soupçons qui pèsent sur eux et leur science.Tout cela les rend très réticents.Ces incompréhensions ont engendré certains abus comme le charlatanisme, la sorcellerie et les pratiques malhonnêtes.Tous ces aspects négatifs, souvent exagérés par les adversaires de la médecine traditionnelle, sont employés cependant comme argument pour rejeter son intégration dans les services de santé.Mais les diagnostics erronés, le manque de précision dans le dosage, l\u2019exploitation des forces immatérielles, les pratiques de sorcellerie et de charlatanisme sont-ils uniquement l\u2019apanage de la médecine indigène?C'est la question qu\u2019il faut honnêtement se poser avant de porter un jugement entièrement négatif sur le problème.Notre médecine moderne est-elle totalement à l\u2019abri de toute exagération, de toute exploitation, d'erreurs de diagnostic ou de précision dans le dosage des médicaments?Notre société occidentale moderne est-elle immunisée contre toute pratique de charlatanisme, des sciences occultes, de la magie, de l\u2019engouement pour les horoscopes ou la cartomancie?Si par ailleurs l\u2019on regarde l\u2019aspect positif du rôle joué par les guérisseurs il faut admettre qu\u2019il s\u2019avère bienfaisant sous bien des rapports.Leur action s\u2019étend à une très grande partie de la population demeurant loin des centres de santé.Si dans un village éloigné un problème de santé se pose, le guérisseur devient alors l\u2019unique ressource de la population.Un grand nombre de maladies, dans les centres ruraux, peuvent être soit enrayées, soit traitées par des moyens très simples utilisés par une personne non nécessairement qualifiée et facilement accessible.Le guérisseur à cause de ses connaissances, de la confiance de son clan, de sa compréhension de l\u2019environnement culturel, du contexte familial du patient peut devenir un agent actif de la promotion de la santé.?F En pleine brousse, à 25 kilomètres de Kanyanga, Soeur Henriette se rend au secours d\u2019une jeune femme aux prises avec un sérieux problème de maternité.68 lui présente.Devant cette admirable collaboration de tout le clan, de tout ce village perdu en brousse, comment désapprouver les soins d'urgence donnés au malade?Il serait inhumain de briser les liens étroits existant entre ces personnes sages, mûries dans la réflexion et de les blâmer pour les soins prodigués au malade devenu le centre d\u2019attraction vers lequel convergent tous les efforts.UN EFFORT SÉRIEUX ET LOUABLE Après avoir ainsi analysé les aspects positifs et négatifs de la médecine traditionnelle, les chercheurs de quelques pays d\u2019Afrique en sont venus à la conclusion qu\u2019il leur fallait s\u2019associer les guérisseurs pour les intégrer dans les services de santé.Ils ont révisé les modalités de leurs pratiques et ils espèrent que les recherches en ce domaine se poursuivront.Ils souhaitent que ces travaux ne soient pas confinés comme par le passé sur des substances curatives, les plantes par exemple, mais qu\u2019ils débouchent sur une étude de l\u2019ensemble des caractéristiques qui constituent la physionomie, la typologie très particularisée de la médecine traditionnelle.L'association des medecine-man à la médecine moderne permettrait de UN CAS ENTRE MILLE Il y a quelque temps, j\u2019ai eu l'occasion de réaliser personnellement l'importance de cette situation.Appelée pour un cas anormal de maternité j\u2019ai fait vingt-cinq kilomètres en voiture, puis cinq à pied faute de route carossable.Arrivée à destination, dans ce petit village enfoncé dans la brousse africaine, j\u2019ai compris le rôle nécessaire du guérisseur.Quelqu\u2019un est-il malade, c'est tout le village qui s\u2019implique.Chacun selon ses possibilités, veut collaborer au soulagement du malade: l'un se charge d\u2019apporter le bois de chauffage, l\u2019autre va chercher l\u2019eau à la rivière, celui-ci prépare une bouillie substantielle, celui-là un feu pour réchauffer le malade, un autre s\u2019offre pour le tenir en position ou prépare la nourriture pour la famille éprouvée.C\u2019est alors qu'entre en jeu le rôle du guérisseur.Sur lui se concentre l\u2019espérance de tous.Il part à la recherche de racines, d\u2019écorces, de feuilles médicinales.Les femmes se chargent de les faire bouillir pour les présenter au malade selon les indications du guérisseur.Ce peut-être selon les cas, sous forme de décoctions, de tisanes, d\u2019infusions.Parfois ce seront des macérations ou des ablutions et tout cela joint à des signes opérants.Le patient accueille docilement tout ce qu\u2019on Revêtue du \u201csaru\u201d national, Soeur Henriette examine les plantes d'un guérisseur heureux de lui faire part de ses expériences.«V.*J fc: s.¦.Vi; Ce guérisseur revient avec sa cueillette de racines et une peau de jeune léopard.Il a revêtu son costume de \"traitant\u201d qu'il ornemente parfois d'une peau d'animal.69 limiter les rivalités, les querelles et les intrigues pour mettre en valeur le besoin de se rencontrer pour intensifier une action commune.Les activités des guérisseurs en deviendraient plus ouvertes et conséquemment les dangers de leurs pratiques secrètes seraient atténués.Finalement, cette association éliminerait en les décourageant, les imposteurs, les charlatans et les sorciers, ce qui s'avère indispensable pour l'instauration d\u2019un code d\u2019éthique médical normal.Le recrutement des guérisseurs serait aisé, puisque c\u2019est ordinairement le clan qui les reconnaît comme tels.Au surplus, ce sont les guérisseurs eux-mêmes qui sélectionnent et forment leurs remplaçants.D\u2019ailleurs, c\u2019est ordinairement le père qui transmet ses connaissances à son fils.Il a été question au cours de cet article des forces occultes ou si l\u2019on veut d\u2019une certaine religion cosmique.C\u2019est là un sujet extrêmement complexe et difficile à développer.Un très grand nombre de plantes possèdent, il est vrai, une valeur thérapeutique indéniable.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019attendre qu elles soient organisées sous formes galéniques pour les utiliser, les guérisseurs possédant leurs recettes personnelles valables.D\u2019autres plantes, par ailleurs, servent uniquement d\u2019expression tangible à des forces mystérieuses et secrètes.Il est évident que ces dernières ne peuvent entrer dans la pharmacopée! Il faut savoir que la religiosité des Africains ne concerne pas seulement Dieu, mais tout un monde invisible peuplé d\u2019êtres ayant des pouvoirs et exerçant une influence décisive sur la vie des hommes.Ce monde mystérieux contrôle les forces du bien et du mal, et de lui dépendent la fertilité de la terre, la fécondité de la famille, les maladies, la bonne ou la mauvaise chance et enfin la mort.Parmi ces \u201cpouvoirs\u201d l\u2019on peut mentionner les esprits des ancêtres, les génies, les forces de la nature et autres qui contrôlent la vie de la tribu.Ces croyances émanant d\u2019une religion cosmique sont le fruit d\u2019une profonde réflexion humaine pour expliquer le bien et le mal.Pour ( Africain, tout événement qui survient a une cause antérieure.Par exemple, si un enfant tombe malade c\u2019est que les esprits des ancêtres sont irrités.La maman prend alors un morceau de tissu blanc ainsi qu\u2019une pièce de monnaie blanche ou argentée, les dépose dans un plat et pendant le sommeil de l\u2019enfant elle prie les esprits en se tenant au-dessus de ce plat.Puis elle couvre le plat qui, à l\u2019avenir, ne servira plus à d\u2019autre usage que celui de la maladie.Elle fait ensuite de la bière et convoque les anciens du village.Chacun boit de cette bière et le reste est conservé dans une calebasse.Si, le lendemain, on trouve de la mousse de bière autour de ce contenant, c\u2019est que les esprits sont venus boire et sont apaisés.Dans le cas contraire, aucun doute, les esprits sont mécontents.On appelle alors un medecine-man qui s'amène avec une provision d\u2019herbages ou de racines.Il s\u2019asseoit dans la hutte avec les parents du malade et le chef du village.Ensemble, on prie les esprits de venir guérir l\u2019enfant et de purifier la maison.Pendant la prière, les autres participants continuent de boire la bière à l\u2019extérieur de la maison.Comme on le constate par cet exemple, la guérison de certaines maladies relève et des plantes et de l\u2019intervention des esprits.Pour d\u2019autres cas, il faudra ajouter aux plantes curatives des séances de danse et de tambour.MON RÔLE EN TANT QUE RELIGIEUSE-INFIRMIÈRE Comment je perçois ici mon rôle en tant qu'infirmière?Je me dois de promouvoir cette mise en commun de la médecine moderne et de la médecine traditionnelle; de guider les guérisseurs de mon entourage en leur apprenant au moyen de l\u2019analyse, quelles plantes sont toxiques, nutritives et médicinales afin de les amener à un dosage rationnel.En tant que religieuse-missionnaire, mon rôle consiste à leur faire découvrir le plan de Dieu dans l\u2019histoire, à travers l\u2019étude de l\u2019Ancien Testament.L\u2019Africain saisit très vite que ses ancêtres croyaient, en définitive, à ce Dieu qui a parlé à Abraham, qui est intervenu dans l\u2019histoire de l\u2019humanité pour réaliser son plan de Rédemption et s\u2019est progressivement révélé à l\u2019homme par les prophètes et par le Christ-Jésus.Cette disposition religieuse fondamentale de l\u2019Africain devient un sol des plus favorables dans lequel le message de la Révélation peut prendre racine et porter tous ses fruits.Henriette Sylvestre, m.i.c.70 MALAWI Une hiito ire uraie.l^etuio et f^auio Jeannette Caron, m.i.c.Paulo à 10 mois Petulo à 10 mois 1951, le 13 décembre.La saison des pluies est commencée, il fait plutôt froid.À notre dispensaire de Mzambazi, nous accueillons ce jour-là deux poupons nés au cours de la nuit.Ils ont à peine douze heures de vie quand on nous les confie.Pauvres petits, ils sont orphelins déjà, leur naissance a coûté la vie de leur maman.Le père des nouveau-nés travaille au loin dans les mines.Ce sont les grands-parents qui prennent l'initiative de nous apporter les bébés jumeaux.Soeur Yvette Ricard, alors responsable de cette mission, hésite toutefois à endosser cette responsabilité.Le personnel est peu nombreux \u2014 quatre soeurs \u2014 les aides rares à cette époque et les deux bébés sont si fragiles.Le grand-père intervient et tranche le débat à sa façon: \"Si vous ne les gardez pas, je les jette dans la brousse.Il nous est impossible de les nourrir et de les soigner\u201d.Face à pareille alternative, plus d'hésitation possible.Nous nous occuperons des petits, provisoirement, jusqu'à leur transfert à notre mission de Katete où nos Soeurs viennent d\u2019organiser un petit orphelinat.La supérieure, à cette époque S.Madeleine Loranger, suggère que nous gardions les deux enfants pour une période d\u2019au moins trois mois.La raison: elle est convaincue qu\u2019étant si frêles, ils ne survivraient pas à Katete où le climat est plus froid que chez nous.ON SE RÉPARTIT LES TÂCHES Notre premier geste de mères adoptives.faire de nos deux petits des enfants de Dieu.Ils sont ondoyés et reçoivent les noms africains de Petulo (Pierre) et de Paulo (Paul).J\u2019ai l\u2019incomparable joie de baptiser Petulo et S.Germaine Morin, Paulo.S.Yvette et moi, nous nous engageons à tour de rôle, en changeant à chaque semaine, à veiller la nuit sur nos protégés.Il faut suivre de très près leur alimentation si nous voulons qu\u2019ils survivent.Soeur Yvette est infirmière au dispensaire et moi professeur à l\u2019école primaire.Nos journées de travail commencent à 7.15 heures du matin.Les heures de travail sont longues et le repos de la nuit assez court, nos poupons se chargeant d\u2019en interrompre le cours à intervalles réguliers! Mais voilà, nous avons accepté le rôle de mères de famille, alors rien d\u2019autre à faire que de l\u2019assumer pleinement.Pendant que S.Yvette et moi vaquons à nos tâches respectives, au cours de la journée c\u2019est S.Germaine Morin qui prend la relève.Confortablement installés dans un grand panier, Petulo et Paulo gazouillent leur joie de vivre sous son oeil vigilant.Germaine cuisine, jardine, coud, reprise, mais sans perdre de vue nos deux petits rois, comme nous aimons les appeler.71 Les bons soins et sans doute l\u2019affection dont ils sont entourés leur redonnent vie.À notre grande satisfaction, nos petits prennent du poids régulièrement.Au retour de l\u2019école ou du dispensaire notre première visite est pour nos jumeaux.Vraiment ils sont devenus le centre d'attraction du personnel de la mission et pourquoi pas, ils sont si mignons, si attachants! C\u2019est à l\u2019occasion de mes longues nuits occupées à surveiller ou à soigner Petuloet Paulo que j\u2019ai réalisé le dévouement sans faille de ma chère maman.Elle aussi a eu des jumelles! Sans l\u2019expérience personnelle que je vis actuellement, jamais je n\u2019aurais soupçonné la somme de renoncement que peut exiger le fait de dormir avec deux bébés.Deux enfants qui s\u2019éveillent aux trois heures, en même temps, et même plus souvent qu\u2019aux trois heures; deux petits tyrans qui réclament à grands cris d\u2019être servis et au plus tôt, ce n\u2019est pas une sinécure! En rappelant ces souvenirs, comme je comprends ce passage savoureux et tellement réaliste de la Sagouine: \u201cça prend des jeunesses attelées sur le sacrifice, pour avoir soin des bessons.et qui plus est.des bessons pas à nous autres!\u201d Plus d\u2019une fois, j\u2019ai pleuré la nuit, auprès d\u2019eux.Que de nuits presque blanches! Et le lendemain, il fallait être debout à l\u2019aube afin de pouvoir prier, aller à l\u2019Eucharistie, être prête pour reprendre la journée de travail dès 7.15 hres.Mais que ne peut pas faire l'amour?Toutes, nous persévérons avec ardeur dans la tâche entreprise.Si bien que trois mois plus tard, Petulo et Paulo potelés, pleins de vie et de sourires nous quittent pour l\u2019orphelinat de Ka-tete.Ce ne fut pas gai, ce jour-là.Nous nous étions attachées à ces petits êtres dont l\u2019existence n\u2019avait tenu qu\u2019à un fil.Nous les aimions tellement! À cette époque l\u2019orphelinat abritait une dizaine d\u2019enfants.Nos deux trésors sont donc confiés à d\u2019autres mères adoptives non moins vigilantes et aimantes: nos Soeurs Madeleine Loranger, Pauline Longtin, Alice Pépin, d\u2019autres encore.ET LA VIE CONTINUE Pendant une période de quatorze ans environ, j\u2019ai été éloignée de Petulo et Paulo.Des changements d\u2019obédience me transportent à Rumphi de 1953 à 1961 où je dois m\u2019occuper de l\u2019École des Catéchistes.Puis dans l\u2019extrémité-nord du Malawi à Kaseye de 1961 à 1965.Une année de congé au Canada, puis je reviens à Mzambazi au Centre Catéché-tique du diocèse de Mzuzu.C\u2019était le lieu d\u2019origine de \u201cmes jumeaux!\u201d Je savais que vers 1960, ils étaient retournés dans leur famille, qu\u2019ils étaient bien vivants.Mais où demeuraient-ils exactement, que faisaient-ils, allaient-ils à l\u2019école, autant de questions qui m\u2019obsédaient et pour lesquelles j\u2019aurais bien voulu des réponses précises.Mes \u201cenfants adoptifs\u201d ne quittaient pas ma pensée.Une mère peut-elle oublier ses enfants?Je décide d\u2019entreprendre les démarches nécessaires pour retrouver Petulo et Paulo.Et voilà que je finis par découvrir qu\u2019ils habitent chez une de leurs soeurs.Ils ne fréquentent malheureusement pas l\u2019école.On les emploie à garder les troupeaux de leur beau-frère qui, en retour, leur assure le gîte et le couvert.Ils ont à cette époque \u2014 1966 \u2014 un peu plus de quatorze ans.Je les reconnais sans difficulté aucune, leur grande soeur aussi.\u201cAmayi Brigita\u201d, s\u2019exclame-t-elle, en me voyant.C\u2019est elle qui portait un des bébés sur son dos, quand on nous les apporta en 1951.Elle ne cessait de rendre grâces à Dieu de m\u2019avoir conservé la vie pour que nous puissions nous revoir sur cette terre.La conversation se prolonge longtemps, longtemps.La grande soeur raconte à ses jeunes frères comment nous leur avions sauvé la vie en acceptant de les garder et d\u2019en prendre soin.Comme c\u2019est bon de se retrouver ensemble après une si longue absence.Petulo et Paulo sont heureux et moi donc! UNE AUTRE ÉTAPE COMMENCE Ma déception est profonde toutefois d\u2019apprendre que mes jumeaux ne savent ni lire, ni écrire.Je risque la question: \u201cAimeriez-vous fréquenter l\u2019école?\u201d Leurs beaux yeux d\u2019ébène étincellent de joie.Je leur promets de m\u2019occuper du problème et me voilà à la recherche de leur père.Peu de temps après, il se présente à la Mission.Une entente est conclue.Je m\u2019occupe des frais de scolarité et lui promets d\u2019envoyer les enfants à l\u2019école.Pauvres Petulo et Paulo! Ce n\u2019est pas une mince affaire que de commencer leurs études à 14 ans et demi.D\u2019être classés en 1ère année du cours avec des bambins de six, sept ou huit ans.Mais comme l'année scolaire ne débute qu'en janvier, je m\u2019engage à leur donner une première initiation aux études, en cours privés.Ils demeurent à six milles de la Mission, cela signifie parcourir douze milles chaque jour à pied pour profiter de mes cours.Aucune hésitation de leur part, ils sont si heureux de pouvoir enfin commencer leurs études.Cinq mois durant, du mois d'août 1966 à janvier 1967, mes deux jumeaux sont au rendez-vous chaque matin sans y manquer.Ils s\u2019asseoient sur la galerie et attendent patiemment mon retour de l\u2019École des Catéchistes.Ils sont si attentifs et si persévérants que cette période d\u2019apprentissage leur permet de voir le programme de la première année.Et en janvier 1967, après entente avec le Directeur de l\u2019École, mes écoliers peuvent être classés en 2ème année.Chaque jour, ils marchent cette distance de douze milles pour venir à l\u2019école.En 1971, S.Madeleine Loranger qui les avait accueillis à l\u2019orphelinat de Katete en 1951, est de passage au Malawi.Elle est alors Supérieure Générale de notre Congrégation, mais n\u2019a pas oublié Pe-tulo et Paulo.Elle s'informe d'eux avec affection.Apprenant la longue marche qu\u2019ils doivent faire quotidiennement pour se rendre à l\u2019école, elle me fait cadeau de $50.00 pour l\u2019achat d'une bicyclette.Ainsi \u201cnos jumeaux\u201d viendront en classe à l\u2019avenir tous deux sur leur bicyclette.J\u2019en pleure de joie! Mes jumeaux.en bicyclette.à l\u2019école.! C\u2019est presque trop de bonheur.Pour moi! Pour eux! Mes compagnes M.I.C.qui connaissent Petulo et Paulo m'aident à défrayer leurs dépenses vestimentaires.L'Oeuvre de la Sainte-Enfance, des membres de ma famille se chargent des frais de scolarité.Pendant les vacances, le samedi, ils viennent travailler au couvent afin de se faire un peu d\u2019argent pour acheter le savon dont ils ont besoin pour leur toilette personnelle et la lessive de leurs vêtements.Et cela jusqu\u2019en 1975.S.Pauline Longtin qui, elle aussi avait accueilli nos jumeaux à Katete en 1951 est alors membre du Conseil Général de l\u2019Institut.Elle me demande un jour de quelle somme j\u2019aurais besoin pour que Petulo et paulo puissent continuer leurs études.Environ cent dollars pour chacun, lui répondis-je.Une parente de Pauline, Mademoiselle D\u2019Aragon de Montréal, m\u2019envoie alors un chèque de $200.00 en 1975 et un second de $500.00 l\u2019année suivante.Je suis au comble du bonheur.Mes jumeaux pourront ainsi compléter non seulement leurs études primaires, mais entrer à l\u2019École professionnelle.Paulo a, depuis, fréquenté l\u2019École Technique de Mzuzu.Aujourd\u2019hui, il est maçon et gagne honorablement sa vie comme employé du \u201cMalawi Canada Railway Project\u201d dans la capitale du Malawi, Lillongwe.Petulo a pris un cours de conduite pour camion.Il a obtenu son permis de conduire pour camion et minibus.Actuellement, il est au service de notre École Secondaire Marymount à Mzuzu.Lui aussi gagne bien sa vie.Mes jumeaux! Deux solides garçons de 26 ans.Bien équipés pour l\u2019avenir, il leur reste à choisir leur compagne de vie.Ma prière les accompagne dans ce choix si important pour leur bonheur.Des dons reçus de ma famille et de Mlle D\u2019Aragon, il en reste suffisamment pour les frais de la dot exigée dans ce pays par les parents de la future épouse.Un compte a été ouvert pour eux à la Caisse Populaire de Mzambazi.Depuis, leur avoir a triplé.Jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, mes jumeaux ont toujours bien rempli leur devoir de chrétiens et ils me donnent beaucoup de joie.Un exemple.le 17 octobre dernier, je recevais de Paulo trois Kwacha (l\u2019unité monétaire du Malawi) avec ces trois mots: \u201cFor your mother\u201d! c\u2019était la fête des MÈRES au Malawi.N'est-ce pas gentil?Quand je considère le grand nombre de jeunes dont personne ne s'occupe, laissés à eux-mêmes, sans espérance face à leur avenir, je me sens triste.Et je trouve mes jumeaux bien favorisés.Si les autres, abandonnés à eux-mêmes, rencontraient quelqu\u2019un qui les aime vraiment, ne seraient-ils pas aussi gentils que Petulo et Paulo?Qui s\u2019en occupera?Ma prière se fait pressante pour que beaucoup de coeurs généreux entendent cet appel et y répondent. - .74 MALAWI ouveaux ^Jllimentation WouJte Doris Twyman, m.i.c.4 Lors de mon séjour au pays je fus surprise de constater plusieurs changements dans nos habitudes alimentaires.Ainsi plusieurs plats étrangers ont été introduits dans nos menus tels que: pizza, mets chinois, sans oublier les mets préparés et apportés à la maison comme le poulet barbecue , etc.La société canadienne change, par conséquent ses habitudes alimentaires changent aussi.CAUSES DE LA MALNUTRITION AU MALAWI Il en est ainsi au Malawi où je travaille depuis près de quinze ans.Jusqu'à dernièrement, la population a souffert, plus ou moins consciemment, de malnutrition.Cependant, ces dernières années, plusieurs travaux ont été entrepris par des organismes internationaux comme le F.A.O., par le gouvernement du pays et les missionnaires pour cerner ce problème d'ailleurs assez complexe.Les rapports statistiques ont démontré que la moitié des enfants mouraient avant d'avoir atteint l\u2019âge de cinq ans.Ce taux élevé de mortalité infantile est attribué à deux formes de malnutrition: l\u2019insuffisance de nourriture (marasme) ou une diète à base de farine et de sucre, donc très pauvre en protéine (kwashiorkor).Les aliments riches en protéine animale tels les oeufs, le lait, la viande apparaissent rarement dans les diètes enfantines.Conséquemment, en plusieurs pays d'Afrique, la malnutrition est due surtout au manque de protéine contenue dans les repas.Plusieurs raisons peuvent expliquer cette absence de lait et d'oeufs du menu habituel.La principale serait sans doute que le bétail est considéré comme bien de famille et est souvent utilisé pour payer la dot de la jeune fille.La vache \u201czébu\" a aussi dégénéré au cours des âges et la production du lait est réduite au minimum bien que d\u2019actives recherches soient faites actuellement pour améliorer la situation.Au surplus, il faut compter avec les nombreux tabous qui ont cours en ce domaine.Par exemple une femme ne peut manger d\u2019oeufs car elle sera atteinte de stérilité, il en est de même de l\u2019enfant dans certaines tribus.L\u2019ÉDUCATION EST COMMENCÉE Et c\u2019est ici qu\u2019intervient la nécessité d'une éducation adéquate pour jeter la lumière sur certaines croyances, pour améliorer les conditions d'agriculture et démontrer l\u2019importance d\u2019une diète équilibrée.Cette éducation se fait à différents niveaux: l\u2019école primaire et secondaire atteint la jeunesse, les travailleurs sociaux (Community Development) rejoignent les adultes dans les villages et les fermes.Personnellement, dans mon secteur de travail, je m\u2019occupe de la jeune fille africaine à l\u2019école secondaire.En tant qu'éducatrice, je me dois de leur inculquer un principe de base essentiel à savoir qu\u2019il ne faut pas supprimer les coutumes alimentaires déjà existantes, mais plutôt les améliorer en utilisant le plus possible les produits locaux.0 Uitliser le plus possible les produits locaux reste un objectif de premier plan pour Doris Twyman, professeur en éducation familiale.75 Une leçon d\u2019art culinaire à l\u2019École Secondaire Marymount.Si pour diverses raisons les aliments tels que le lait, les oeufs et la viande ne peuvent être introduits dans la diète ordinaire, il faut obvier à cette carence en exploitant au maximum les végétaux riches en protéine: les légumineuses et les noix.Ceci peut se faire de deux manières.D'abord on conseille fortement aux cuisinières d'apprêter, deux ou trois fois la semaine des \"pots-au-feu\" dans lesquels les fèves ou les pois entrent comme principal ingrédient.On leur apprend aussi que, si des arachides ou des fèves sont ajoutées aux feuilles vertes, au maïs ou aux bananes vertes, la valeur nutritive du plat de résistance sera augmentée.Dans cette ligne de pensée et d\u2019action une religieuse de Likuni, de la Congrégation des Soeurs Blanches, a préparé pour les enfants une farine nouvelle pouvant être cuite comme un gruau.Cette préparation contient un mélange de maïs, de fèves et d'arachides séchés et possède, selon les diététiciens, à peu près la même valeur nutritive que le lait et les oeufs.Le problème de l'insuffisance de protéine dans la diète des Africains est donc la cause principale de la malnutrition.Mais voilà que le progrès social apporte avec lui d\u2019autres problèmes.On n'a plus d'argent, on veut se nourrir comme les étrangers.Et soudainement, augmente considérablement la consommation du pain, du sucre, du thé.La raison?On associe ces aliments à un standard de vie plus élevé.L'éducation doit donc intervenir dans ce domaine.Il faut apprendre à nos gens, par exemple, qu\u2019un fruit est meilleur pour la santé qu'un biscuit ou un bonbon.Ils ont tendance aussi à substituer le pain et le riz au maïs qui, frais ou séché, en épis ou en farine constitue en Afrique l\u2019aliment de base.Or, la farine de blé est importée et coûte cher alors que le maïs, les arachides et les fruits croissent ici en abondance.Toujours dans l'optique d'une bonne éducation dans ce domaine si important de l\u2019alimentation, j'initie mes élèves à faire des expériences avec des aliments familiers.À titre d\u2019exemple, elles ont appris que la citrouille et ses feuilles pouvaient être servies de différentes façons: soit comme plat de résistance: les feuilles, les fleurs et le fruit sont alors préparés et cuits avec des arachides et des tomates; ou encore comme biscuit.Dans ce cas, la citrouille cuite est mélangée à de la farine, de la poudre à pâte et des oeufs.Mes élèves savent aussi qu'on peut réussir de délicieux biscuits avec des patates sucrées, des gâteaux avec des bananes ou avec du manioc en farine ou en tubercule.Cette recherche en alimentation en vue d\u2019une éducation à donner à notre bon peuple africain est un aspect de mon travail qui m'intéresse au plus haut point.C\u2019est mon humble contribution à cet effort général qui est fait actuellement pour combattre la malnutrition.J\u2019apporte en même temps ma quote-part à la promotion de la femme africaine qui veut s'instruire et prendre sa place dans la société.J\u2019ai conscience aussi qu\u2019en tant que religieuse-missionnaire mon apostolat comme toute ma vie sont ainsi orientés vers un plus-être de ces humbles, de ces pauvres, de ces petits pour lesquels Jésus-Christ est venu apporter la Bonne Nouvelle de leur salut et de leur libération.C\u2019est Lui, le Christ-Libérateur, que je sers en chacun de ces chers Africains qui me sont confiés.Et ça me rend profondément heureuse.Améliorer les conditions alimentaires pour permettre aux enfants zambiens de vivre, c\u2019est une préoccupation constante pour Soeur Doris.76 PÉROU CA N AS E S PI N AK CANCHIS CH U M 8 IVI LC AS CUSCO #»ISPIC*HCHIS PAfiUKO AREQUIPA Mission et Engagement Agnès Bouchard, m.i.c Depuis un peu plus de dix ans, je suis missionnaire au Pérou.En octobre 1967, à peine arrivée en terre péruvienne, je partageais mes impressions, mes inquiétudes et mes espérances avec nos lecteurs du Précurseur.Je terminais comme suit: \u201cJ\u2019aimerais occuper mes journées entières à visiter les gens de ma paroisse qui compte une population de près de 30,000 habitants.Je sens tellement le besoin de communiquer avec eux, de les écouter, de m'imprégner de leur culture, de leur manière de penser et de concevoir la vie, pour devenir vraiment une des leurs\u201d.À cette époque, j\u2019habitais Breha-Lima.Quel chemin parcouru depuis! Jamais je n\u2019aurais pensé que le Seigneur me conduirait jusque dans les Andes, à Espi-nar, à 4,000 mètres d\u2019altitude; une zone qui englobe plus de 47,000 habitants répartis dans 34 petits villages ruraux avec ses annexes ou ses rangs.En 1972, me voilà donc revenue à mes origines: la campagne.Les nombreuses années vécues en milieu urbain ont amenuisé mon sens d\u2019appartenance à la terre, le \u201csentir\u201d de ma classe sociale.Ici, à Espinar, j\u2019ai dû en quelque sorte \u201cre-naître\u201d, retrouver ce sens d\u2019appartenance à la terre, laisser surgir en moi le passé.J\u2019ai dû me rendre disponible pour que la conscience de classe reprenne forme en moi afin de me sentir vraiment solidaire de tous par l\u2019intérieur.Avec le temps j\u2019ai dû faire un deuxième pas: entrer dans la lutte pour la libération afin de rendre le Royaume de plus en plus visible.Ce Royaume, il est fait de justice, de paix, de fraternité et pourquoi pas de bien-être.77 Au Québec, l\u2019agriculteur est le \u201croi de la terre\".Il possède une maison spacieuse où il vit sinon richement du moins commodément.§ipr;®g v'''*** *4*4 j*.À Aé>, .Dans les Andes péruviennes, l\u2019agriculteur habite une maison en terre battue, sans fenêtre, avec porte basse et toit de paille.Il y vit très pauvrement sinon misérablement.if» AU QUÉBEC Au pays natal, combien de fois n'ai-je pas entendu dire en se référant au cultivateur qu\u2019il est le \u201croi de la terre\".À bien y réfléchir, l\u2019expression m\u2019apparaît assez juste.De ce passé toujours présent en moi, des images surgissent nombreuses et vivantes: de beaux champs de blé et d\u2019avoine, de grandes étables, des granges remplies, de nombreux troupeaux, des maisons spacieuses et invitantes avec leurs arbres et leurs parterres.Au milieu de cette riche nature des gens forts, paisibles, travailleurs qui vivent sinon richement, du moins commodément.DANS LES ANDES: Dans les Andes, l\u2019Histoire a façonné un paysan tout à fait différent de celui de mon pays.L\u2019image que l\u2019agriculteur andin a de lui-même est extrêmement négative.A ses yeux, il est un être infra-humain.Je jette les yeux autour de moi.Je n\u2019y vois que de la paille (ichu); aucun arbre, partout l\u2019aridité, toujours l\u2019aridité.Ici et là, un peu de terre remuée où on sème une variété de patate très petite.La récolte obtenue, cette terre devra reposer entre huit et vingt ans avant de pouvoir reproduire.Je vois encore des maisons en terre battue, sans fenêtre, avec porte basse et toit de paille, plus un petit enclos dans lequel broutent quelques maigres moutons, parfois des lamas ou des alpacas.Dans ce triste environnement, je rencontre des gens sous-alimentés, mais paisibles et travailleurs qui vivent sinon misérablement du moins très pauvrement.EN OUVRANT L\u2019HISTOIRE: Même si ces \u201cIndiens\u201d avaient connu un passé prestigieux, les nouveaux conquérants cherchent à les éliminer ou du moins à les repousser loin des centres.A la Cour d\u2019Espagne, on se pose même la question: à savoir si ces Indiens sont des hommes ou des bêtes! Et c\u2019est ainsi que les autochtones ont graduellement été refoulés vers les hauts plateaux là où on ne trouve que l\u2019altitude, le froid et la paille.Faut-il le dire, même acculés à cette extrémité, il s\u2019est rencontré des gens dits \u201ccivilisés\" qui les ont poursuivis jusque-là pour les réduire à l\u2019esclavage.Un grand nombre de ces pauvres déracinés sont envoyés dans les mines afin de fournir à la Mère patrie l\u2019or et l\u2019argent dont elle a besoin pour maintenir son prestige et continuer ses guerres de conquête.Comme on n\u2019arrivait pas à définir la véritable identité de l'Indien, c'est-à-dire s\u2019il était un homme ou une bête, les relations entre l\u2019Espagne et leur nouvelle colonie dégénèrent vite en exploitation pure et simple de l\u2019Indien.Les conquérants s\u2019approprient donc cet Indien, ses terres, son travail.Pour leur profit, il doit travailler cette terre aride d\u2019une lune à l\u2019autre.Sans arrêt il lui faut casser la pierre dans les galeries souterraines.Comme salaire, les exploiteurs lui donnent de la coca et de l\u2019alcool! Les siècles d\u2019exploitation ont donc créé chez le campagnard des Andes une image négative de lui-même.Ce qu\u2019il croit être: ni un homme ni un animal, un peu des deux peut-être.ou tout simplement, il faut l\u2019avouer, un pauvre âne: celui qui doit tout souffrir, tout endurer, ne rien dire, servir le maître! Cette domination, ces relations de production, ces conditions économiques ont développé en même temps chez le campagnard une image négative de Dieu.Associant cette image de la divinité à celle de leurs maîtres, Dieu leur apparaît comme favorable à la classe dominante; il l'identifie aux conquérants, aux puissants.Ce Dieu est sévère, dominateur, il cherche toujours à punir; ce \\ à 78 I l(* Dieu est lointain et rigide, mais il peut toutefois écouter les plaintes de ceux qui souffrent.Grâce à ce Dieu présent et agissant dans et par l\u2019Histoire, la lumière surgit peu à peu dans le coeur et l\u2019intelligence des campagnards.Ainsi dans la province d\u2019Espinar, des paysans ont donné leur vie pour leurs frères.C'est Domingo Huarca Cruz qui, en 1920, commence à réveiller ses frères campagnards sur la dure réalité de leur exploitation.Ces terres-là, ça leur appartient, pourquoi travailler gratuitement?Pourquoi leurs femmes et leurs filles sont-elles utilisées par les gens dits \u201ccivilisés\u201d?Pourquoi leurs enfants ne peuvent-ils aller à l\u2019école?Commence la résistance.Les \u201cexploiteurs\u201d s\u2019affolent.Les Indiens ne veulent plus obéir, ils sont insolents, ils réclament.Après bien des luttes ouvertes ou clandestines les campagnards sentent qu\u2019ils n\u2019auront pas le dernier mot, ils n\u2019ont ni le pouvoir ni les armes.Des têtes sont coupées entre autres celle de Domingo Huarca Cruz.Le calme revient.Pourtant la classe dominante n\u2019est plus si sûre de l\u2019Indien.On se décide à lui concéder certains bénéfices.On lui fait don d\u2019un lopin de terre, le travail gratuit disparaît graduellement, ici et là, une école est construite pour que ses enfants puissent recevoir un minimum d\u2019instruction.Malheureusement, le temps ne réussit pas à effacer l\u2019image négative que les campagnards ont d\u2019eux-mêmes.Tout est entre les mains de la classe dirigeante et organisé de façon telle que les Indiens n\u2019arrivent pas à émerger de leur misère et continuent à demeurer ce qu\u2019ils sont.Et l\u2019Histoire continue.Le système a créé deux blocs précis: riches-pauvres; exploiteurs-exploités.Un groupe privilégié qui accapare tout; la masse des autres utilisée pour enrichir les riches; toute une strate sociale manipulée pour défendre et protéger le système.L\u2019ÉVANGÉLISATION DANS LES ANDES: Parler d\u2019évangélisation dans les Andes signifie d\u2019abord ouvrir les documents conciliaires et post-conciliaires.Et pour nous, en particulier, nous inspirer du document de la 11e Conférence Générale de l\u2019Épiscopat Latino-Américain et celui de l\u2019Épiscopat péruvien; \"Justice dans le Monde\u201d.Avec nos amis lecteurs du Précurseur, l\u2019équipe M.I.C.d\u2019Espinar aimerait partager ses réflexions sur la situation des gens au milieu desquels elle vit.Faire connaître aussi les projets qu\u2019elle essaie de réaliser conjointement avec d'autres équipes de pastorale et en coordination avec des laïcs fortement enga- gés dans l\u2019histoire de leur pays.VOIR ET RÉFLÉCHIR: Tout autour de nous, des pauvres, des exploités, des méprisés.Ce ne sont pas des individus isolés, ils sont majoritaires dans notre contexte local, départemental ou national.Ils forment un groupe, une classe: les exploités, et cette classe est formée de campagnards et d\u2019ouvriers.Nous pourrions écrire un volume sur la réalité que nous voyons, entendons, vivons à coeur de jour et d\u2019année.Comme exemples-types, deux cas entre des milliers d\u2019autres: c\u2019est Jacinta, une humble campagnarde qui a trois enfants de pères différents.Elle a dû se plier à l\u2019égoïsme des patrons.Actuellement elle gagne $5.00 par mois et travaille d\u2019une \u201cétoile à l\u2019autre!\u201d \u2014 C\u2019est Victor, un campagnard embauché dans une mine de plomb.Après 12 ans de travail assidu dans les galeries souterraines, il se met à cracher le sang.La gérance le congédié avec une indemnisation de $40.00 et un sachet de pilules! Notre population se situe au bas de l\u2019échelle sociale.Elle est au service du pouvoir et a comme rôle unique celui de produire, encore produire, toujours produire.Et pourtant, elle peut à peine subsister.Notre option n\u2019est donc pas seule- SS»*** % Les siècles d exploitation ont créé chez le campagnard des Andes une image négative de lui-même.il croit qu'il doit tout souffrir, ne rien dire, servir le maître.! ?79 L'Indien veut secouer le joug.Ils commencent à s'organiser.Un d'entre eux explique aux membres de la Coopérative les avantages de s'affilier au ministère du Commerce.%.ment en faveur des pauvres, mais en faveur d'une classe sociale, les exploités et nous avons la conviction profonde que le Christ est là au milieu de nous, avec nous.L\u2019autre jour, Pierrette, un membre de notre fraternité M.I.C.nous partageait le fruit de sa réflexion.Après avoir médité le texte de Paul aux Philippiens \u201cLui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l\u2019égalait à Dieu\u201d, elle nous résume ainsi sa pensée sur ce texte: \u201cJésus, nous dit-elle, aurait pu se situer au niveau du pouvoir, de la domination, du système politique de son temps.Mais non, il choisit de se faire pauvre, de s\u2019anéantir lui-même prenant la condition d\u2019esclave.Il s'humilie plus encore, se faisant obéissant jusqu\u2019à la mort et la mort de la croix.Jésus entre dans le groupe des pauvres, Il s\u2019identifie aux petits, aux méprisés, aux laissés pour compte.Non seulement II est présent aux pauvres mais II veut surtout les libérer.Son rêve: créer une société nouvelle dans laquelle les biens seront au service de tous, une société où régnera la justice, la fraternité, une terre nouvelle où les hommes fraterniseront vraiment dans la justice et l'amour\u201d.Évangéliser dans les Andes, c\u2019est donc d\u2019abord et avant tout opter pour la défense et la libération des opprimés, des pauvres, des faibles.VOIR ET AGIR: La priorité pour nous consiste à redonner à nos amis confiance en eux, à effacer cette image négative qu\u2019ils ont d eux-mêmes pour faire surgir la véritable image de ce qu\u2019ils sont, des êtres humains créés à l\u2019image de Dieu et fils du Père.Et par le fait même changer leur vision fausse d\u2019un Dieu punisseur et ami des puissants.L\u2019Histoire, écrite par ceux qui ont le pouvoir ou qui protègent le système, a dissimulé aux yeux des Indiens tous les éléments valorisants de leurs tribus, de leur personne.Il nous faut donc faire ressortir toutes les luttes qu\u2019ils ont menées, toute la créativité qu\u2019ils ont dû déployer, toutes les structures mises en place pour survivre au coeur de cette nature sans entrailles.Il faut leur faire découvrir toutes leurs possibilités, élargir leurs horizons pour qu\u2019ils ne se sentent pas seuls mais en solidarité avec leurs frères ouvriers.Évangéliser pour nous, c'est donc, être très présente au sein du mouvement populaire, c\u2019est cheminer avec les exploités, participer à leurs luttes.Même si on y rencontre des déviations ou des erreurs, car nous sommes convaincus que le Christ Libérateur les aidera à les reconnaître pour reprendre la lutte dans le sens de la justice évangélique.Depuis déjà bien des années, les campagnards des Andes ont tenté de s\u2019organiser, mais le pouvoir invente de nouvelles organisations pour consolider ses positions et les manipuler afin de les gagner au système.Heureusement, les Andins sont de plus en plus lucides face à ce jeu et s'efforcent de s\u2019y soustraire.Évangéliser, c\u2019est encore être agissante dans ce mouvement populaire, milieu privilégié du Christ Libérateur.Au niveau de notre équipe communautaire, c\u2019est accepter que notre action soit in- Agnès Bouchard, m.i.c.très engagée dans le mouvement de libération des Indiens, anime une réunion de la Coopérative artisanale.A%&*&( **> ~ùx w % 80 ^'\"4.V Agnès Bouchard et son amie Mercedès ont revêtu deux magnifiques ponchos confectionnés par une femme indienne, membre de la Coopérative.terre improductive, l\u2019élevage possible avec orientation technique, la commercialisation de la laine, etc.Au surplus, ils réalisent ainsi qu\u2019ils sont aptes à administrer le peu de biens qu\u2019ils possèdent, qu\u2019ils sont capables de s'organiser et d\u2019aller de l\u2019avant puisque le Dieu Libérateur est là présent, luttant avec eux.Évangéliser dans les Andes, cela signifie donc qu\u2019il faut s\u2019engager à fond avec les exploités afin que l\u2019Église de ce peuple en gestation puisse prendre forme.Évangéliser, c\u2019est pour nous missionnaires, être toute écoute, toute disponibilité à l\u2019Esprit et aux pauvres afin que ceux-ci puissent expérimenter Jésus-Christ Libérateur et se réunir en Église afin de célébrer le Christ-Seigneur.En terminant cette réflexion sur la situation de nos amis, les campagnards des Andes, je ne résiste pas au désir d\u2019insérer un court poème qui traduit bien leur malheureux sort.Ce poème est l\u2019oeuvre d\u2019un étudiant de Yauri Espinar très lucide et très engagé, Zenon Castillo.comprise ou mal jugée.C\u2019est accepter de n\u2019avoir aucun prestige et d\u2019être peu ou pas appréciées.Évangéliser, c\u2019est aussi analyser avec les campagnards ce qui se passe autour d\u2019eux pour leur apprendre à détecter les multiples formes d\u2019exploitation dont ils sont victimes.C\u2019est les aider à s\u2019organiser d\u2019une façon autonome, à découvrir la présence agissante de Jésus au milieu de leurs luttes, de leurs revendications et essayer de cerner avec eux l\u2019émergence d\u2019une société et d\u2019une Église nouvelles.Dans les Andes, il est de primordiale importance que la praxis soit libératrice et transformante de la réalité actuelle.Il faut donner inconditionnellement son temps pour que les idées neuves qui surgissent se concrétisent et deviennent accélératrices du processus de transformation de la société.Je tiens à signaler ici un exemple concret de la créativité de nos Indiens.Les paysans de trois petits villages ont conçu le projet d\u2019une coopérative artisanale et ils sont en train de l\u2019organiser.C\u2019est un point de départ dans la réalisation des objectifs que nous poursuivons.Les campagnards des Andes deviennent maîtres de leurs richesses, ils prennent conscience de leurs problèmes: la MON DIEU EST BRONZÉ Mon Dieu est bronzé Il a les mains calleuses de tant remuer la terre de semer des espoirs d\u2019ensevelir des rancoeurs et de créer le monde.T Mon Dieu est sueur sur le front de l\u2019ouvrier Il est poumon défait et crachat avec sang dans la bouche du mineur.Mon Dieu a les lèvres enflées la bouche verte et la langue endormie à force de tant mâcher la coca de l\u2019angoisse.81 ¦1 tous mes amis que je ne connais pas À tous mes amis que je n\u2019aurai pas connu Quand sera fatalement arrivé ce qu\u2019il est convenu D\u2019appeler sinistrement \u201cl\u2019heure du trépas\u2019\u2019 V ous tous, connus et inconnus, chers amis Je vous invite à la table de ma vie Pour partager avec moi la jouissance infinie D\u2019une mission accomplie Du temps qui revit D\u2019une souffrance étouffée D\u2019un combat gagné Je vous attends, je vous espère à ma table Ne me décevez pas, je vous en prie, soyez aimables \u2019 AMIS DE LA tous mes amis D\u2019ailleurs et d\u2019ici Mes amis, les \u201cmoi-même\u201d que je ne connais pas Je voudrais vous convier à un grand repas Que je prépare depuis de longues années Et que je crois avoir enfin terminé.i Si acceptez l\u2019invitation de mon coeur et de mon âme Venez à ma table jetez vos habits de galas aux flammes Venez habillés de vos plaies et de vos cicatrices Venez manger mes Hosties et boire à mon Calice Venez comme vous êtes voir comme je suis Je vous attends, si beaux, mes très chers amis SOUFFRANCE Je vous attends pour échanger et partager Les richesses dont Dieu m\u2019a privilégié.C\u2019est parce que j\u2019ai su comment mourir Que j\u2019ai enfin appris comment vivre.K M, es amis de la souffrance Mes amis de l\u2019espérance Mes amis épuisés de souffrir Mes amis fatigués de mourir Et qui se meurent de vivre Je vous invite Je vous attends Venez à ma table Mes amis indispensables Mes amis affamés de vivre Qui ont soif d\u2019amour et d\u2019amitié De tendresse et de sérénité Venez à ma table qui déborde de \u201cVIVRE\u201d! Cet émouvant poème est l'oeuvre d\u2019un artiste de la radio et de la télévision de chez nous, Yvan Ducharme que nous n\u2019avons pas à présenter.Ce poème est le jaillissement d\u2019une grande souffrance acceptée pleinement, chrétiennement.L\u2019auteur a frôlé la mort.Il en est revenu plus vivant que jamais.Cette expérience du mystère pascal vécue dans sa chair, il veut la partager simplement, généreusement avec tous ceux qui voudront y communier.Dans ce poème comme dans le volume qu\u2019il prépare: \"Le deuxième souffle\u201d Yvan Ducharme n\u2019a d\u2019autre but que d\u2019aider les hommes, ses frères, à donner un sens à la souffrance qui les atteint tôt ou tard.Merci Monsieur Ducharme de nous permettre de publier votre poème.N\u2019est\u2018il pas l\u2019écho de ce message universel que nous a laissé Celui qui a accepté de mourir un certain Vendredi-Saint pour que nous ayons la Vie, Sa Vie, et que nous l\u2019ayons en abondance?N.D.L.R.83 Intentions officielles de l\u2019Eglise 1978 MAI\tUne utilisation honnête des 1 2 3 4 5 6\tmoyens de communications 7 8 9 10 11 12 13\tsociales.14 15 16 17 18 19 20\tPour un témoignage mission- 21 22 23 24 25 26 27\tnaire efficace.(des mass- 28 29 30 31\tmédia) Avec le Coeur de Jésus, bâtir la civilisation de l\u2019amour.Des missionnaires solidement ancrés dans leur vocation.JUIN 1 2 3 4 5 6 7 0 9 10 1112 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Père Saint, je t\u2019offre par la Vierge Marie, notre mère, toute cette journée en union, avec le sacrifice de ton Fils Jésus, renouvelé sur l\u2019autel.Je prie pour toute l\u2019Église et particulièrement pour l'intention missionnaire de ce mois.Nous partons, vous venez avec nous?4 Japon départ Agathe Bolduc, m.i.c.St-Damien-de-Brandon Dioc.Joliette.Japon 3e départ Gisèle Lambert, m.i.c.Québec Dioc.Québec Zambie 3e départ \u2014- Haïti 3e départ Rita Guay, m.i.c.Montréal Dioc.Montréal Angéline Rondeau, m.i.c.Ste-Elisabeth-de- Warwick Dioc.Nicolet 84 I \u201cCOEUR EN FÊTE\u201d COEUR EN FÊTE Veuillez me faire parvenir, au montant de $3.00, Coeur en Fête.Message livré par Une Femme de Chez Nous.Au coeur grand comme le monde.Le message de Délia Tétreault, fondatrice des MIC.NOM .ADRESSE .VILLE .CODE .Maison Généralice des Soeurs Miss, de Nmm.Conception 121 rue Maplewood, Montréal.H2V 2M2 PRÊTS À FONDS PERDU Vous voudriez aider les missions tout en vous assurant une rente annuelle durant votre vie?Voici votre affaire! Demandez des renseignements concernant les Prêts à fonds perdu et faites parvenir votre demande à: LES SOEURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION 121 rue Maplewood, Montréal.H2V 2M2 NOM .ADRESSE .VILLE .CODE .Date de naissance .¦.CADEAU-DÉPART Votre \u201cCADEAU-DÉPART\u201d, joint au coupon suivant, aidera une de ces MISSIONNAIRES à atteindre sa mission et ainsi vous serez solidaire de son travail d\u2019évangélisation.Il me fait plaisir de vous envoyer le montant de $.pour aider aux frais de voyage d\u2019une de vos Soeurs partantes.Procure des Missions des SS.Miss, de l\u2019Immaculée-Conception 121, Ave Maplewood, Montréal.H2V 2M2 NOM: .ADRESSE: VILLE: .CODE: .85 Liliane Chénard Rita Desaulniers, m.i.c.travaille activement, depuis plusieurs années, parmi la jeunesse étudiante du diocèse de Rimouski.Plusieurs de ces étudiants sont engagés à fond dans le mouvement missionnaire \u2018\u2018Jeunes du Monde\".Les objectifs poursuivis dans ce mouvement ont amené plusieurs clubs à appuyer fortement, cette année, Amnistie Internationale.Soeur Rita a bien voulu nous faire part du résultat de certaines activités réalisées en ce sens dans le milieu étudiant du diocèse.La relation ci-jointe fut préparée par Liliane Chénard élève de la polyvalente Paul-Hubert de Rimouski.N.D.L.R.Les droits de l\u2019homme sont un sujet très en vogue ces temps-ci.On parle violation des droits de l'homme, de prisonniers d'opinion, de torture.Mais que fait-on de plus?LES OBJECTIFS DES JEUNES DU MONDE Dans tout le Canada français, depuis près de vingt ans, les Jeunes du Monde s\u2019acharnent à construire un monde d\u2019amour, de paix, de fraternité.En conséquence, l\u2019existence de tout être humain nous concerne et doit nous intéresser.Nos objectifs: la fraternité universelle, la lutte contre le racisme, la justice entre les peuples, la paix internationale et l\u2019évangélisation, nous ont amenés à travailler avec Amnistie Internationale dans sa campagne de pétition en faveur de la libération de tous les prisonniers d\u2019opinion politique, religieuse ou raciale n\u2019ayant nullement prôné ou utilisé la violence. LA CAMPAGNE DE SENSIBILISATION Par le truchement de l\u2019Office des Communications sociales, des communiqués de presse sont diffusés dans les différents hebdomadaires de la région.Un étudiant de l\u2019UQAR, Marc-Yvan Coulombe, prépare un kiosque d\u2019information au Café étudiant de l\u2019université et anime une émission télévisée sur AMNISTIE INTERNATIONALE.A travers le diocèse, des étudiants de vingt-cinq (25) écoles secondaires, de cinq (5) écoles primaires, des cégeps de Matane et de Rimouski et de l\u2019UOAR participent à la conscientisation du milieu scolaire et paroissial.Le résultat?Plus de 15,000 personnes, indignées du fait que dans plusieurs parties du monde, plus de 700,000 hommes et femmes sont emprisonnés uniquement à cause de leurs croyances politiques ou religieuses, de leur race ou de la couleur de leur peau, signent la pétition pour la libération immédiate de tous les prisonniers d\u2019opinion.LE CARREFOUR DIOCÉSAIN Après un tel succès, le goût nous est venu de nous rencontrer pour donner suite à notre action.Le 10 décembre, toujours à Rimouski, se tenait donc un carrefour pour toutes les écoles qui avaient participé à la campagne de pétition.Nous avons invité Mgr Gilles Ouellet, archevêque de Rimouski, le Père Réal Lebel de l'Office des missions, M.Eudore Allard, député fédéral, M.Alain Marcoux, député provincial, M.Jean-François Abgrall, responsable d\u2019Amnis-tie Internationale dans notre diocèse.Ce dernier remercia en ces termes tous les Jeunes du Monde pour leur travail: \u201cPlus de 15,000 signatures ont été obtenues sur un territoire de 150,000 personnes ce qui veut dire que, grâce aux Jeunes du Monde, une personne sur 10 a soutenu la campagne.Si la totalité du Québec avait été couverte avec autant d\u2019ardeur, cela aurait fait plus de 600,000 signatures!\u201d L\u2019encouragement reçu de nos invités nous dédommagea pour tous les efforts fournis et nous fut un véritable stimulant pour continuer notre travail.Des résolutions furent prises après les échanges en ateliers, par exemple de préparer et de distribuer dans notre milieu un dossier sur Amnistie, d'étudier et de faire connaître la Charte des Droits de l'homme, de faire partie d\u2019un groupe d\u2019Amnistie, et autres.Les Jeunes du Monde du diocèse de Rimouski sont des jeunes qui promettent beaucoup comme vous pouvez voir, mais nous avons besoin de votre encouragement.J'espère que vous saurez nous le donner.Liliane Chénard, sec.IV Club Jeunes du Monde de l\u2019École Paul-Hubert, Rimouski.r J, ( - VT - Le dîner fraternel du Carrefour diocésain.Le 2e à gauche, M.Alain Marcoux, député provincial.87 VIEUX TIMBRES hü mMAJ/tWllAJU^ ïjJ }^AAAàAJ fi^LAJL/ AM AJ J^lM^AA/LL//VI) fai/ IM/MIAJ ÀJU Xmm1}AÀAJi /V1)AA/J MJ lüAAAAXû^ Q^AAJ AAfflJ/djLtiAA) : /jJaamJi/ fMJmJ IMrtjOA^tAJ dj MaXaJUJ. Provincial House, St.Paul's Parish, P O Box 47, MZIMBA, Malawi, Central Africa St-Mary's Parish, P.0 Box 14.KARONGA, Malawi, C.A -\tSt-Michael s Parish, P.O.Box 100 Chitipa, KASEYE, Malawi C.A Katete St Theresa s Parish, P O Box 8.CHAMPIRA, Malawi.C.A.-\tSt.John's Parish, P.O Box 3, Eutim, MZAMBAZI, Malawi, C.A Marymount Secondary School, P O Box 24, MZUZU, Malawi, C.A.-\tChikungu.P O Box 69, CHIPATA, Zambia, C A -\tP O Box 107, CHIPATA, Zambia, C A P O Box 150, KANYANGA, Lundazi,Zambia.Central Africa > -n 33 O c m ; Maison Provinciale.Tsaramasay TANANARIVE, Madagascar.AMBOHIBARY Sambaina, Madagascar -\tSte-Therése de Mahazoarivo, B P 146, ANTSIRABE, Madagascar -\t02 F 10, Route d Ambositra, B P 207.ANTSIRABE, Madagascar.MAHABO, via Morondava, Madagascar Boite Postale 53.MORONDAVA, Madagascar 3 > o > o > o > 73 \u2014 Provincial House, Good Hope, Clear Water Bay Road, KOWLOON, Hong Kong Tak Oi Secondary School 8 Tsz Wan Shan Road, KOWLOON, Hong Kong Tak Sun School.103 Austin Road, KOWLOON, Hong Kong 119 Cheng I Lu.56-7, KWANSI, Hsinchu Hsien 306, Taiwan (or Formosa) Nan Ao Catholic Hospital, 112 Ta Tung Rd Han Hsien, NAN AO 272, Taiwan \u2014 56-7 SHINKUANG Hsinchu Hsien, 306 Taiwan 65 Jui An Street.TAIPEI 106, Taiwan X o z o X o z o > \u20ac > -\tProvincial House, 13-16 Fukazawa 8 chôme, Setagaya Ku.TOKYO 1 58, Japan -\t3-18 Toramaru machi.KORIYAMA Shi 963, Fukushima ken, Japan Orphelinat 3-8 Momomidai.KORIYAMA 963, Fukushima.Japan 1-49 Nishi Sakae machi.Aizu WAKAMATSU 965, Fukushima ken, Japan.-\tProvincialate, P O Box 468, GREENHILLS, Rizal.Philippines D-738- GAGALANGIN I.C.Academy of Manila, 2212 del Rosario St.Tondo, Manila 2807 Philippines SAIDI, General Luna corner Real Sts INTRAMUROS, Manila, Philippines 31 Pacdal Road.Baguio City, P O Box 30.BAGUIO CITY, Philippines -\tGood Counsel, Florentine Torres St.DAVAO CITY, Philippines -\tI.H.M.Academy, MATI, Davao Oriental, Philippines.-\tSt-Michael's Academy, PADADA, Davao del Sur, Philippines -\tI.C Academy, P O Box 326, GREENHILLS, Rizal.Philippines D-738 SAPANG PALAY P.O Box 468.Greenhills, Rizal, Philippines 3113 > ¦o o z \"O X « ¦o 2 z m (O En guise de Bouquet de Fête À toutes les MAMANS du MONDE Ce mot merveilleux jailli du coeur Et des lèvres d\u2019une adolescente Qui a nom: Geneviève.\u201cMAMAN, ton nom évoque Pour moi L\u2019AMOUR Si ce terme existe Pour moi C\u2019est parce que Tu es là MAMAN.\u201d "]
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