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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Juillet - Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1973-07, Collections de BAnQ.

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[" ^nceupisEuR [Revue d[Information )71 1 Juillet-Août, 1973, Ville de Laval-Vol.XXVIle-No 10 issionnaire HAÏTI ^ate.mala BOLIVIE Zambie 'N VATICAN: Le Prix de la Paix Jean XXIII à Mère Thérèse.La cérémonie de la remise du Prix de la Paix Jean XXIII à Mère Thérèse Boyaxhiu, Fondatrice et Supérieure Générale des Missionnaires de la Charité de Calcutta (Inde), s\u2019est déroulée dans la salle Clémentine, au Vatican, en présence du collège cardinalice, du Corps diplomatique et des représentants d\u2019instituts religieux et missionnaires, dont plusieurs membres de la Congrégation et de la famille de Mère Thérèse.Notre photo a été prise au moment où Paul VI remet à la récipiendaire, le montant de son prix: un chèque de $25 000.(US).(Fides) LE PRÉCURSEUR No 10 \u2014Juillet-Août \u2014Vol.XXVIIe Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0357 Port de retour garanti. Flamme d\u2019amour dans un monde de ténèbres ERE TERESA v ¦m.Mère Thérèse revêtue de l\u2019habit qu\u2019elle a choisi pour ses Soeurs: sari indien blanc bordé d\u2019un liséré bleu.Le photographe a pu saisir son franc sourire révélateur de la joie profonde qui anime les Missionnaires de la Charité dans leur inlassable dévouement au service des pauvres et des malades.Texte: Madeline Maillet, m.i.c.Photos: Fides 1971 6 janvier Pour la première fois, le Pape Paul VI accorde le prix pour la paix dans le monde.Ce prix institué à la mémoire de Jean XXIII a été attribué à Mère Thérèse, missionnaire à Calcutta depuis quarante ans.QUI EST MÈRE TERESA?Femme \u201cunique au monde\u201d: une albanaise, fille d\u2019un droguiste Gonx-ha Bojaxhiu, née à Skopje en 1910 en Yougoslavie.A l\u2019âge de douze ans.devenue fillette pieuse et sage, elle perçoit un appel secret.A dix-huit ans, elle entend parler des missionnaires de Calcutta: coup de foudre.Elle s\u2019embarque et durant neuf ans, se prépare à un engagement définitif.Elle enseigne d\u2019abord à des filles de castes, riches, dociles, ordonnées, 257 mais les murs de cette école tamisent la plainte des pauvres de l\u2019Inde.Des voix de misères lui parviennent jusqu\u2019au coeur, des râles de moribonds la glacent de terreur.A Calcutta, on compte plus de 400,000 sans-logis, dans les gares, sur les ponts; partout des malheureux, plus malheureux les uns que les autres.1946 10 septembre Soeur Thérèse s\u2019en va à Darjeeling pour la retraite annuelle.Elle voit des huttes dont les chiens ne voudraient pas, des enfants abandonnés, des petits squelettes, des aveugles rongés de plaies, des mendiants estropiés, des agonisants qui halètent.Devant tant de douleur et d\u2019abandon, elle s\u2019interroge, elle ne peut fuir.La voix qui l\u2019appelle se fait pressante .Mais quitter sa communauté, son habit, cette vie qu\u2019elle a toujours menée .Comment pourra-t-elle s\u2019occuper de tous ces miséreux, les soigner, leur être utile?Par quels moyens?Sa retraite terminée, sa décision est prise, elle ira.De retour à Calcutta, elle se présente chez Mgr l\u2019Archevêque.Il refuse catégoriquement d\u2019approuver sa sortie de sa communauté: elle ne peut que louer la sagesse du Prélat.En fait, le temps est un grand maître: au bout d\u2019une année, elle renouvelle sa demande.L\u2019autorisation lui est accordée de s\u2019entendre avec sa Communauté.Mère Gertrude, supérieure générale, oeil clairvoyant et sagace, ouvre grand son coeur pour approuver le généreux dessein de sa fille et l\u2019assurer qu\u2019elle aura toujours sa place à Notre-Dame de Lorette si elle veut y revenir.1948 12 avril Rome autorise Mère Teresa à se faire pauvre avec les pauvres.Elle quitte donc la tunique de Notre-Dame-de-Lorette pour revêtir le sari de coton bordé de bleu qu\u2019elle paye quatre roupies; une petite croix sur l\u2019épaule signifie son appartenance au Christ.Il faut cependant avoir quelques notions de \u201cpremiers soins\u201d pour soulager tant de maux! Trois mois de stage chez les \u201cMedical Sisters\u201d à Patna lui suffisent pour se munir des connaissances indispensables à sa tâche nouvelle.Elle poursuivra désormais avec une tendre charité les pires misères des bourgs.Georges Gorrée et Jean Barbier dans \u201cAmour sans frontière\u201d, s\u2019expriment ainsi: \u201cElle va d\u2019une cabane à l\u2019autre, se met à l\u2019oeuvre avec de l\u2019eau et du savon .Les femmes indiennes la regardent faire.Elle lave les gosses, elle rit.Elle leur donne à manger, elle rit.Elle les soigne, elle rit.\u201d Et tous ceux qui la regardent comprennent que Dieu leur est apparu: ils sont heureux, eux aussi.Au fur et à mesure qu\u2019elle entame la besogne, les yeux de Mère Teresa entrevoient l\u2019immensité des besoins, la mer de douleurs dans laquelle elle s\u2019est engagée et surtout la dérive qui la guette.Elle doute.Elle se sent prise d\u2019angoisse.D\u2019autre part, l\u2019armée innombrable des pauvres l\u2019entoure, elle est assaillie; jamais, elle n\u2019a vu tant d\u2019horreurs: une femme vivante à moitié rongée par les rats et les fourmis, une autre jetée aux déchets .par son propre fils, pour ne citer que ces deux cas.Mère Teresa est près de succomber: ses jambes ne veulent plus avancer, son corps craque! De nouveau, sa petite croix la saisit et elle renouvelle son engagement: les plus pauvres seront sa maison, sa famille, son bien.Ceux qui la voient à l\u2019oeuvre restent muets de stupeur.On est foudroyé par tant de charité! Bientôt il en est qui se dérangent pour l\u2019aider: des étudiants, des mères de famille, même un fonctionnaire de l\u2019administration qui offre un gîte.La chaude sympathie d\u2019une protestante lui apporte un vrai réconfort.Elle se surprend à songer que seule une vocation religieuse donnera la force de répondre à tant d\u2019exigences.Lentement, elle ébauche un statut de vie missionnaire pour les futures Missionnaires de la Charité dont le phare sera la parole de l\u2019Evangile: \u201cj\u2019ai eu faim .j\u2019étais nu .\u201d Une première aspirante, robuste, intelligente, joviale: Shubashini avait toutes les qualités d\u2019une vocation évidente.Mère Teresa la retarde à la fête de saint Joseph.Au jour dit, la prétendante réapparaît, se dépouille de ses richesses pour revêtir le sari des pauvres: ce sera désormais Soeur Agnès, le prénom que Mère Thérèse portait jadis.Dix autres jeunes filles complètent bientôt la douzaine d\u2019apôtres dont le couvent sera le premier étage de la maison de l\u2019administrateur Gomez.1950 7 octobre La Congrégation est née.Rome décerne un premier témoignage d\u2019approbation.1965 1er février Les Missionnaires de la Charité sont désormais une Congrégation Pontificale.Paul VI manifeste ainsi hautement l\u2019intérêt qu\u2019il porte à l\u2019oeuvre admirable de Mère Teresa.Combien cette âme généreuse dût louer le Ciel pour cet appui de l\u2019Eglise! Comme elle a goûté la joie de voir son pénible labeur ainsi couronné! Avec une ardeur nouvelle, elle poursuit ses tristes besogne.s.Chaque jour les soeurs se rendent dans les taudis, chez les plus abandonnés, au milieu d\u2019une cohue indescriptible.Elles sont à l\u2019écoute de tous les besoins, de toutes les plaintes, en particulier du peuple des trottoirs.Une foule de mendiants, d\u2019estropiés, de culs-de-jatte n\u2019ont que le sol pour dormir dans une ambiance repoussante.258 Le Cardinal Conway, d\u2019Irlande, et Mère Thérèse, fondatrice des Missionnaires de la Charité, au refuge du temple de Callighat, où cette religieuse recueille les vieillards et les mourants qui n\u2019ont pas de toit.«* *» *»« /.H' \\ Les Filles de Mère Teresa s\u2019occupent des enfants d\u2019une maigreur squelettique.Distribuer des cadeaux aux enfants est agréable pour les Filles de Mère Thérèse.Le but de la Congrégation fondée à Calcutta le 21 décembre 1949, est en effet avant tout de prendre soin des plus pauvres, des incurables et des mourants.Le Cardinal Conway d\u2019Irlande à Calcutta.On le voit ici entouré d\u2019enfants bien sympathiques au Shishu Bhavan (home pour enfants) de Mère Thérèse.Les jeunes filles qui entrent chez les Missionnaires de la Charité s\u2019engagent par un quatrième voeu\u2014celui de charité\u2014à servir le Christ dans leur prochain qui souffre.C\u2019est précisément cette disposition à voir le Christ dans les malades qui donne aux Soeurs la force de remplir de pénibles besognes.260 1954 La Presse locale mentionna un jour cette détresse des gens qui mouraient d\u2019épuisement dans la rue.Mère Thérèse émue, se mit à la recherche d\u2019un \u201cmouroir\u201d.Le temple de la déesse Kali, lieu de pèlerinage très fréquenté, offrait deux salles qui résoudraient le problème.On les lui donna.Les prêtres de la déesse virent d\u2019un mauvais oeil, des religieuses chrétiennes s\u2019établir à leurs côtés.L\u2019un d\u2019eux fut admis au nombre des patients parce que l\u2019hôpital n\u2019avait pu l\u2019accueillir.La charité dont il fut entouré par Mère Teresa gagna à celle-ci la sympathie des autres et même on lui attribua une subvention de soixante dix mille francs.Qui pourra s\u2019imaginer toutes les scènes dont les infirmières sont témoins chaque jour: gangrène, plaies grouillantes de vers, peau plus fragile qu\u2019un papier de soie, os découverts; ni pleurs, ni cris, mais respect de cette mort qui vient à chaque moment.La sollicitude de Mère Teresa ne s\u2019arrête pas aux moribonds.Elle organise un Home pour enfants, des maternités, des orphelinats, des écoles.Les soeurs s\u2019adonnent à toutes les éducations couture, dactylo, menuiserie, ferronnerie, coopératives, clubs: elles demeurent partout servantes des pauvres.Mère Teresa veut que ses pauvres sachent qu\u2019ils sont aimés, qu\u2019on a même besoin d\u2019eux.Comme le dit Raoul Follereau, \u201celle est l\u2019amour, son don est lucide, volontaire, obstiné.\u201d Son souci est de rayonner le Christ, d\u2019attirer vers le Christ, de transpirer le Christ.Chaque plainte, chaque détresse trouve un écho dans son coeur, elle aime chaque individu pour lui-même.Ce qui lui importe, c\u2019est l\u2019approche de personne à personne.Son oeuvre est faite de sincérité, d\u2019authenticité.Avec une immense tendresse, ses filles prennent la relève, pas seulement elles, mais des amis au coeur généreux; le bien est aussi contagieux.1963 25 mars A côté des sept cents membres de la famille religieuse de Mère Teresa, distribués aux quatre coins du monde, une Congrégation de Frères devait naître de son zèle puisque certaines tâches dépassaient les forces féminines.A leur tour ils iraient se multipliant pour servir les pauvres sans distinction de races ou de croyances.Les uns et les autres sont fidèles à la consigne de joie de Mère Teresa: \u201cC\u2019est avec joie qu\u2019il faut toucher le Christ sous son masque de misère, dit-elle, car la joie est l\u2019amour, la joie est la force.\u201d Paradoxalement, leur joie de vivre est renforcée par un travail rebutant et une existence austère; chaque missionnaire connaît la pauvreté totale: pour tout bagage, un matelas, un mince coussin, deux draps et puis un seau qui peut contenir tout l\u2019avoir.En plus le régime est dur: lever à quatre heures, service jusqu\u2019à vingt-et-une heures; repos une demi-heure chaque jour et détente le jeudi consacré à la prière et à la lecture.C\u2019est ainsi que la fin de notre siècle voit se lever une phalange d\u2019âmes d\u2019une qualité particulière et cela sur tous les continents: l\u2019époque actuelle aura vu des religieuses indiennes aller porter secours aux pauvres de Rome à la demande du Pape, et à Harlem.Sincérité, authenticité, désintéressement total sont la base de l\u2019oeuvre de Mère Teresa qui ne fait jamais de plan puisque l\u2019amour n\u2019est jamais planifié.261 PHILIPPINES Notre région possède maintenant un Centre qui donne à réfléchir aux plus pessimistes\u2014le Centre Communautaire de Fatima\u2014inauguré pour le service de milliers de familles des quartiers pauvres de Piapi et d\u2019autres secteurs de la paroisse.Fondé il y deux ans, le Centre a déjà fait bénéficier environ 48 000 indigents, de services médicaux et dentaires.De plus, à la faveur d\u2019autres activités, des CENTRE C( DE ^Éüifl NtflWKW! .*** >7 a in i'fit- m uii'i.ti x i.,.lit li.i » ililUi li.l » lli i )4l HSi ; .j ii .i ) j \u2022 a j ! j ifa-u * \u2022m* t-LM, f-'A' , centaines de jeunes filles sont devenues des ouvrières compétentes.Quelques-unes de ces dernières, monitrices au Cours de Couture, aident même leurs parents à boucler leur budget familial.L\u2019histoire de cette entreprise est pleine d\u2019intérêt selon ce que racontent les fondateurs: le Père Marcel Lavoie, curé, Soeur Madeleine Marie, m.i.c., et le Conseiller Bonifacio Tamayo.IMMUNAUTAIRE PIAPI ¦Il !Mi, .\u2022n .\t.V- .> nï » I -n î MM-; \u2022 Û \\ i i t !.»¦ ! ! it V \u2022' ,\\ii: tk*m: 269 Tout geste est symbolique: ceux qui désirent de l\u2019argent achètent des billets miniatures; d\u2019autres se procurent une maison miniature, un camion ou autres objets utiles.* rw Un groupe de danseurs.mm mm que demain.Aujourd\u2019hui, prime la fête profane: plus de 50 groupes de danseurs aux costumes typiques se mettent en marche.Suivent les pasantes (personnes) qui ont contribué au paiement des costumes bénis à la messe du matin.Des autos décorées de fleurs et d\u2019objets en argent ferment ce cortège symbolique.Les gens regardent le défilé ou vont et viennent autour des nombreux petits commerces d\u2019aliments, de liqueurs, de cierges, d\u2019images, etc.Avant ou après cette entrada les uns entrent à l\u2019église pour écouter les cantiques à la Vierge, les autres font brûler des cierges, d\u2019aucuns demandent la bénédiction du prêtre qui touche leur tête avec son étole.D\u2019autres, malheureusement, s\u2019enivrent avec la chicha (boisson du pays).Vers 7 h.la place principale est littéralement envahie de spectateurs venus pour le concours des fanfares, les différents amusements et les traditionnels feux d\u2019artifice.Toute la nuit, la symphonie des sicuris (ensemble musical) se fait entendre.Dans le temple aussi, des campagnards au corps maigre et bronzé tirent de leurs samponas et tarkas (instruments musicaux primitifs) des airs tristes et monotones, humbles et plaintifs tout comme leur vie infortunée, sans horizon, perdue dans leurs montagnes désolées.Mélodie dont le message semble dire: \u201cJusques à quand cette situation, ô Vierge de Orkopina\u201d?15 août A l\u2019aube de cette fête de l\u2019Assomption, les samponas et les cloches de bronze de l\u2019église lancent dans l\u2019air leurs notes matinales.A 5 h.30 commence la messe de l\u2019aurore suivie de la Concélébration nove-nantes (de neuvaine).Pour répondre à la piété sincère des Boliviens et latino-américains, tout l\u2019avant-midi se déroulent des Célébrations Eucharistiques.Vers 2 h.la grandiose procession du département de Cochabamba parcourt les rues.La croix ouvre le défilé religieux, vient ensuite le brancard de la Vierge porté sur les épaules des croyants qui se disputent cet hon- neur.Une foule recueillie alterne en chants et prières pendant que des groupes de fanfares et de danseurs scandent le pas presque religieusement.Toute la journée, c\u2019est fête, toute la journée les cloches sonnent.Des gens des quatre coins du pays visitent le sanctuaire de la Vierge sollicitant sa protection et redisant leur gratitude.Comme la veille, durant la soirée, l\u2019orchestre, les pétards et feux d\u2019artifice marquent la joie générale.16 août En ce jour, la fête populaire se tient sur la montagne surnommée Calvaire.La statue de la Mère de Dieu y est transportée, accompagnée de la foule suppliante et chantante qui assiste ensuite à la messe.Tout est symbolique et typique.Ceux qui désirent de l\u2019argent achètent des billets de monnaie miniature ou vont casser des pierres qu\u2019ils viennent faire bénir avec la promesse d\u2019employer noblement cet argent si leur désir se réalise un jour.Ils font de même avec les autres objets miniatures, symbole de leurs désirs les plus légitimes comme par exemple, un camion, une maison, une ferme, etc.Jusqu\u2019aux amoureux qui paient une fanfare et dansent en prévision de leur prochain mariage qu\u2019ils viennent confier à la Vierge.A 7 h.c\u2019est au tour des pèlerins de la Paz et d\u2019Oruro de présenter leurs feux d\u2019artifice et leur concert comme l\u2019ont fait les gens de Santa Cruz.Cette fête de l\u2019Assomption se prolonge tard dans la nuit avec de petites processions organisées par des groupes de pèlerins particuliers.A l\u2019air heureux de ces gens, on a l\u2019intuition pour ne pas dire la certitude que plusieurs ont été exaucés par la Madone de Orkopina.QUE PENSER DE TOUT CELA?Lors de la Deuxième Conférence Générale de l\u2019Episcopat Latino-américain à Madellin, Colombie en 1968, les évêques ont étudié, avec grand intérêt, les manifestations religieuses populaires du peuple sud-américain.Ces démonstrations spectaculaires sont le fruit d\u2019une évangélisation réalisée au temps de la conquête des Espagnols.C\u2019est une religion de voeux et de promesses, de pèlerinages et d\u2019innombrables dévotions, basée sur la réception des sacrements surtout ceux du Baptême et de l\u2019Eucharistie.Si chaque homme diffère dans ses relations avec Dieu, ainsi en est-il des peuples.Avec les années, les expressions de foi peuvent avoir été déformées, mêlées au patrimoine religieux reçu des ancêtres, à la magie et aux superstitions.C\u2019est le devoir des missionnaires engagés dans la pastorale de découvrir la semence de foi que Dieu a déposée en ces hommes et de profiter de ces fêtes religieuses pour faire passer le Message Evangélique.Le missionnaire ne doit pas condamner ces pratiques qui, à première vue, lui semblent étranges et superficielles.L\u2019histoire et la culture de ce peuple peuvent l\u2019orienter dans sa démarche, ses recherches de compréhension lui faisant découvrir et canaliser les valeurs, les richesses ancestrales vers un \u201cPlus être\u201d, un \u201cDevenir\u201d.L\u2019amour et la piété envers la Vierge demeurent un héritage des Espagnols qu\u2019il ne faut pas analyser à la légère.Avec le temps, chaque missionnaire apportait la dévotion de son lieu d\u2019origine; de là ce grand nombre de vocables à Marie et ces lieux de pèlerinage caractérisant la foi du peuple bolivien.Visiter un sanctuaire, laisser un cierge aux pieds d\u2019une statue, c\u2019est une promesse d\u2019honneur à accomplir; promesse réalisée maintes fois au coût de grandes fatigues et de pénibles sacrifices.Mais qu\u2019importe?On est venu, on a baisé la statue, on a recouvré la paix, on a rendu hommage à la Vierge.Ce peuple a besoin de se traduire dans des signes, des gestes concrets et sa dévotion à la Madone fait peut-être de l\u2019Amérique du Sud la terre de Marie.Pierrette Quévillon, m.i.c.Cochabamba, Bolivie 271 J'AI VU L'AFRIQUE Christiane, 17 ans, a eu le privilège d\u2019un séjour en Zambie, Afrique.Soeur Pauline Pageau, m.i.c., a recueilli ses impressions pour le Précurseur.», «SÉl.s * par CHRISTIANE t Q.\t\u2014Christiane, tu es allée en Afrique, c\u2019est tout un enrichissement pour une étudiante, tu veux bien m\u2019en parler?R.\t\u2014Avec plaisir, mais par quoi commencer?Il y a tant à dire sur la Zambie et Lusaka, sa capitale.Q.\t\u2014C\u2019est ton premier contact avec le Continent Noir?R.\t\u2014Oui et non.Je veux dire qu\u2019à l\u2019aéroport, nous n\u2019avons pas encore l\u2019impression d\u2019être en Afrique.Lusaka est une cité semblable aux petites villes nord-américaines; évidemment, on rencontre des Africains mais aussi beaucoup de Blancs.Ce ne sera que sur la grande route menant à Chipata, que nous réaliserons pleinement fouler le sol africain.Q.\u2014Quelqu\u2019un vous attendait à l\u2019aérogare?R-\u2014Oui, le Père Michel, p.b.et Soeur Françoise, m.i.c.qui nous conduisent d\u2019abord chez les Soeurs Blanches vraiment accueillantes pour nous les cinq Canadiens littéralement fourbus après dix-neuf heures de vol.Q-\u2014C\u2019est en camionnette, je suppose, que les missionnaires vous emmènent ensuite à Chipata?272 R.\u2014Oui, sauf Huguette et Françoise qui font le trajet en avion.Nous, nous roulons six heures environ sur la route principale Lusaka-Chipata.Que de surprises! D\u2019abord la température de 50° F.: juin et juillet sont les mois d\u2019hiver; la végétation sèche qui s\u2019offre à nos yeux, nous l\u2019aurions aimée luxuriante; la couleur rouge de la terre, les arbres géants nommés baobabs, tout nous frappe mais surtout les gens.Que dire des femmes portant leur bébé sur leur dos ou une charge sur la tête! r>\tDenis fait remarquer la joie exubérante des Noirs.est le seul grand magasin où s\u2019entasse un méli-mélo inouï mais où nous avons pu nous procurer des choses typiques vraiment appréciables.Q.\t\u2014On dit que les Africains ont un sens profond de l\u2019hospitalité, c\u2019est vrai?R.\t\u2014Oui, ils sont très, très accueillants.Ils offrent des cadaux aux visiteurs: pistaches, citrouilles, même une poule vivante.Une chance que Soeur Evelyn était là pour la prendre.Un jour, chez un catéchiste qui nous avait invités, Rodrigue avait apporté une belle couverture de laine mais il fallut i fl \"i» ___ AVENTURE DE VACANCES : J\t.\t¦ .\u201e , \u2014 Ont-ils réellement quelque chose à nous envier?tellement ils semblent bien dans leur peau.Q.\t\u2014Paraissent-ils étonnés de vous rencontrer, vous, des touristes?R.\t\u2014Non, car ils sont habitués aux missionnaires, aux Européens, toutefois un groupe de cinq laïcs canadiens a pu les intriguer car les visiteurs sont rares.Chipata est une petite ville de 25 000 habitants environ ne possédant ni hôtel, ni taxi, ni transport en commun.On a bien taquiné Françoise qui voulait magasiner .le marché public argumenter longtemps pour convaincre le bon Monsieur d\u2019accepter ce présent: tel pays, telles coutumes! Q.\t\u2014Vous êtes allés en brousse?R.\t\u2014Disons plutôt dans la campagne, pas précisément la brousse.Là une Leader du Mouvement de la Promotion de la Femme, Lucia nous a fait visiter ses champs, la fabrication du miel et du beurre de pistaches d\u2019ailleurs délicieux.Chez-elle, cette africaine nous a offert, selon la coutume, des nattes de paille pour nous asseoir, mais son mari, 273 Marche dans la brousse, visite à la réserve, flâneries au marché et même acrobatie sur le toit d\u2019une hutte, quelle aventure! !i: ; DAy' AIR PORT 4HIWI-: lodch y im! seigneur de la maison, avait un banc.L\u2019homme est très respecté là-bas; nos deux compagnons ont joui de cette civilisation .même un jour, une femme plia le genou devant eux en leur donnant la main.Q.\t\u2014Avez-vous goûté les mets africains?R.\t\u2014Oui, ça c\u2019était mon grand désir et quel inoubliable souvenir! Imaginez l\u2019intérieur du \u201chome\u201d où nous avions été invités à souper: une grande pièce avec un feu au milieu; chaises, bancs, table recouverte d\u2019une nappe .papier journal.Au centre de la table, une chandelle faisait ressortir la variété des teintes et des grandeurs de la vaisselle de granit.Le couple avait même emprunté des ustensiles sachant que les Canadiens s\u2019en servaient.Nous passons à table, la femme et les enfants assis à terre derrière nous, ne mangent pas.L\u2019hôte nous invite à nous servir de sima (farine de maïs avec de l\u2019eau) dans le plat au centre de la table.Soeur Françoise nous apprend à rouler la pâte dans notre main; \u201ccomme de la plasticine\u201d dis-je à Huguette.C\u2019est bon, il manque peut-être un peu de sel mais on y supplée en sauçant la boulette dans un des trois plats de viande épicée, fèves ou omelette: menu très varié pour cette réception.C\u2019est délicieux mais il faut mastiquer longtemps .Le dessert n\u2019est pas dans les coutumes mais Coke et Fanta sont du \u201cparty\u201d.En parlant de Fanta, ça me rappelle que chez un autre ami des Soeurs, après nous avoir offert un breuvage et des biscuits au chocolat (les seuls dégustés en Afrique) le Monsieur nous donna en- 274 viron 60 sous pour nous acheter de la Fanta en Europe ou au Canada .La politesse des Africains est proverbiale; ils poussent la délicatesse jusqu\u2019à reconduire leurs visiteurs chez eux après la soirée; et plus on apprécie quelqu\u2019un, plus on va loin .Nous étions quasi fatigués de voir ce cher Zambien suivre en bicyclette, l\u2019auto des Canadiens.Q.\t\u2014Comme étudiante, Christiane, cela a dû t\u2019intéres- ser de visiter des écoles?R.\t\u2014Je n\u2019en ai vu qu\u2019une: St.Monica\u2019s Secondary School subventionnée par l\u2019Etat mais où plusieurs religieuses enseignent dont une Soeur de l\u2019Imma-culée-Conception, des Soeurs Grises d\u2019Ottawa et des Soeurs de Maryknoll.Les laboratoires de chimie et de biologie nous ont particulièrement intéressés.Voyez-vous, ils ont sur place les animaux: serpents, panthères, crocodiles que les professeurs dissèquent et empaillent.Tout est couleur locale, les poubelles, par exemple, sont des pattes d\u2019éléphant.L\u2019enseignement se fait en anglais mais quelques étudiantes prennent le français comme langue seconde ce qui nous a permis d\u2019échanger un peu.Q.\t\u2014En parlant d\u2019éléphants, la Zambie possède une belle Réserve, tu l\u2019as visitée?R.\t\u2014Ah! oui, MFUWE où vivent à l\u2019état sauvage une grande variété d\u2019animaux: antilopes, hyènes, léopards, éléphants, zèbres, lions, hippopotames etc.Ce parc immense est tout à fait l\u2019opposé de nos jardins zoologiques.Les animaux s\u2019y ébattent en toute liberté alors que ce sont les touristes qui visitent emprisonnés dans leur voiture.Si on en descend pour prendre des photos, la vigilance s\u2019impose .Q.\t\u2014Avant de terminer, Christiane, me donnerais-tu tes impressions sur le travail des missionnaires?T\u2019attendais-tu à les voir préoccupés du développement, des intérêts humains de ce peuple africain?R.\t\u2014En effet, nous avons été tous les cinq agréable- ment surpris et ravis de voir les missionnaires: Pères, Frères et Soeurs mettre en valeur la dignité de la personne humaine.Je pensais que les missionnaires, du moins selon la conception d\u2019autrefois, ne s\u2019occupaient que de religion, je veux dire veillaient surtout à ce que les gens prennent conscience de l\u2019existence de leur âme à sauver.Ces spécialistes de la missiologie mettent en premier cet aspect religieux mais y arrivent en partant du concret.Q.\t\u2014Oui c\u2019est bien cela, la mission d\u2019aujourd\u2019hui: par- tir du sensible, des valeurs et de la civilisation des peuples pour atteindre le but: ÉVANGÉLISATION.Avez-vous assité à la messe dominicale?R.\t\u2014Certes et quel rassemblement! quelle expression de musique et de chant! Il y règne une animation extraordinaire, c\u2019est probablement la seule rencontre de la semaine.Je ne veux pas et ne peux pas porter de jugement mais on devine un certain mysticisme qui attire la foule, répond à leurs besoins et rejoint leurs valeurs religieuses ancestrales revalorisées.q.\u2014Comme cela, Christiane, tu es echantée de ton séjour en Zambie, pourrais-tu nous livrer un autre souvenir?R.\u2014Oui, j\u2019aime à revenir sur le travail des missionnaires.J\u2019ai vu des religieuses données, des femmes extraordinaires, des expertes en arts ménagers, en catéchèse, en puériculture, en sciences; des amies, des compagnes pour ces chères africaines: leurs élèves.J\u2019ai vu des personnes tellement authentiques qu\u2019elles m\u2019ont donné le goût d\u2019aller leur aider peut-être un jour .q.\u2014Tu partirais comme missionnaire laïque un an ou deux?R.\u2014Non, je n\u2019aurais pas ce courage, mais expérience de vacances; seconder un mois ou deux.q.\t\u2014Alors tu crois qu\u2019en 1973 les missionnaires ont leur place dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui et qu\u2019il y a encore appel?R.\u2014Je crois, quoique je ne comprenne pas trop .c\u2019est un mystère pour moi.Voyez-vous, des femmes de chez nous aimant tellement leur pays d\u2019adoption qu\u2019elles ne veulent plus revenir au Québec, ça me pose question.Q.\t\u2014Tu ne penses pas qu\u2019elles sont motivées par quel- que chose de fort ou QUELQU'UN de bien cher?R.\t\u2014C\u2019est certain qu\u2019elles sont motivées pour aimer un travail si ardu mais source de nombreuses joies.Si vous voyez comme elles sont aimées et appréciées là-bas! Le respect dont on les entoure, l\u2019amour et la gratitude qu\u2019on leur témoigne, c\u2019est formidable! Q.\u2014Du point de vue culturel, ce voyage t\u2019a apporté quelque chose?r.\t\u2014Qui, beaucoup, ça m\u2019a fait apprécier notre vie ici au Québec.Nous sommes des comblés à tous points de vue et nous devrions aider davantage nos compatriotes missionnaires.Le prêtre, par exemple, sa tâche est magnifique, mais combien lourde.Il est non seulement pasteur, mais administrateur menuisier autant qu\u2019avocat, conseiller de tous, c\u2019est un homme merveilleux.L\u2019un de notre groupe disait: \u201cS\u2019il n\u2019y avait pas de missionnaires, il faudrait INVENTER une autre sorte de gens pour les remplacer\u201d.C\u2019est si vrai que le résumé de mon séjour à Chipata pourrait se traduire: HOMMAGE AUX MISSIONNAIRES.Nous avons fait la découverte de religieuses compétentes, de femmes exceptionnellement humaines et accueillantes qui nous ont reçus au sein de leur merveilleuse petite équipe communautaire.Une révélation pour nos compagnons encore plus que pour nous qui s\u2019étonnaient de cette atmosphère chaude, spontanée; une intimité telle, qu\u2019inconnus hier, nous tutoyions ces Soeurs si gentilles, si dynamiques.Cet accueil que nous n\u2019oublierons jamais a contribué à faire de notre voyage, un succès, des vacances idéales et enrichissantes.275 DU GUATEMALA VACANC Bertha Bussières, m.i.c.Champérico, Guatémala Le 23 décembre 1972, la radio, la T.V., les journaux du Guatemala annoncent qu\u2019un terrible tremblement de terre a détruit 80% de Managua, capitale du Nicaragua.A cette nouvelle les pays voisins et le monde entier sont consternés et aussitôt tout est mis en branle pour venir en aide à ce peuple durement éprouvé.En moi un rêve ardent se dessine: \u201cPartir aider là-bas dans un hôpital\u201d.Etant en vacances jusqu\u2019au 8 janvier, je transmets mon désir à ma responsable et au Père Juan Manuel Amézaga, curé de la paroisse.Ce dernier me dit: \u201cMa Soeur, aucune personne ne peut se rendre à Managua, mais j\u2019ai un ami qui ira porter des vivres, je lui en dirai un mot, peut-être pourriez-vous entrer par la Coix Rouge\u201d.Le 26, le Père arrive: \u201cTenez-vous prête, vous partirez\u201d.Un rêve de jeunesse va se réaliser: \u201cExercer ma profession d\u2019infirmière où il y a urgence\u201d.Le 28 décembre je pars enthousiaste et heureuse d\u2019apporter mon humble quote-part aux victimes de cette tragédie.Mes compagnes viennent me reconduire à l\u2019aérogare.Je prends place dans une avionnette de quatre sièges dont deux occupés par le chargement et les deux autres, vous le devinez, par la voyageuse et le pilote.Ce dernier, Don José Cuesta Prado, membre du Club Rotario de Retalhuleu, me dit: \u201cNous allons à Léon, ville voisine de Managua, où vos services seront grandement appréciés\u201d.Partis à 6 h.a.m.du Guatemala, nous sommes à 276 M NICARAGUA CE DE LA CROIX ROÜG Photo: Galeria del Arte Managua après le tremblement de terre.i ' je.4 #¦ ¦ T^ér ~ m Léon, Nicaragua, à 9 h.Deux médecins m\u2019attendent à l\u2019aéroport pour me conduire dans une maison de vieillards, dirigée par les Soeurs des Pauvres de Saint-Pierre Claver, communauté colombienne.La supérieure me reçoit à bras ouverts, car ses Soeurs sont exténuées.Elles sont six et une vingtaine d\u2019aides; aucune n\u2019est infirmière.Soixante-dix-sept personnes dont plusieurs invalides, habitent ce foyer, plus une cinquantaine de réfugiés qui s\u2019y sont ajoutés: jeunes, vieux, sourds, aveugles, impotents.Ces sans-logis de Managua sont peu blessés, mais quelques-uns souffrent d\u2019ulcères variqueux depuis plusieurs mois voire nombre d\u2019années.Les pansements n\u2019avaient pas été refaits depuis 5, 7, ou 9 jours, alors il faut avoir bon coeur! De plus nous n\u2019avons pas de matériel pour parer à une si grande nécessité.Nous réussissons à nous procurer des médicaments et des bandages; strict nécessaire pour éviter la contamination et soulager.Le matin, je fais les pansements, distribue les remèdes et accompagne le médecin dans sa tournée auprès des malades.L\u2019après-midi, je classe les rares médicaments, je prépare le matériel pour pansements et premiers soins et j\u2019initie aussi une jeune fille qui pourra me remplacer.Le soir, je fais le tour des salles pour répondre aux besoins des malades, les encourager dans leurs soufrances et leur souhaiter bonne nuit.Le 29, j\u2019assiste aux funérailles du Père Bruno Ramirez, Espagnol, religieux de Saint Joseph Calasanz, décédé à la suite de lésions dues au tremblement de terre.Plus d\u2019une centaine de personnes lui rendent un dernier hommage et l\u2019accompagnent jusqu\u2019au cimetière.Le lendemain, autre victime: une maman dont j\u2019avais nettoyé hier une blessure à la tête.Quelques jours plus tard c\u2019est un vieillard qui a fini de souffrir et rentre à la Maison du Père.Nous ne pouvons avertir aucun membre de leur famille; nous n\u2019avons pas leurs noms.Quatre prisonniers accompagnés de deux soldats viennent chercher les corps pour les porter en terre.Cela me donne à réfléchir.Le premier a tout quitté pour suivre le Christ; il meurt loin de son pays, de sa famille, de ses amis, mais tel que promis, il reçoit le centuple, regretté de ces Nicaraguéens qui le vénèrent comme un bienfaiteur.Les deux vieillards meurent dans leur pays mais les circonstances tragiques du séisme les privent de la présence de leur famille.Que les décrets de Dieu sont impénétrables! Le 30, nous recevons d\u2019autres réfugiés dont un grand père qui ne s\u2019est pas lavé depuis plusieurs jours et son petit-fils de 13 ans qui se jette dans mes bras en m\u2019appelant maman.Plusieurs personnes doivent coucher à terre; les religieuses font des demandes pour leur procurer un lit, ou au moins un matelas.Que de souffrances à soulager! Le 31 décembre, les Soeurs de Saint-Pierre Claver après s\u2019être munies d\u2019un permis, m\u2019amènent à Managua: 81 kilomètres de Léon.Le trajet se fait en une heure; la route est belle et le panorama magnifique.En arrivant sur les lieux, quel désastre! Très peu de gens circulent.Je ne parlerai pas de la situation, la T.V.a montré cette ville regor- geant de blessés, de décombres, où flotte une atmosphère de douleur, de désespoir.Une chose attire pourtant mon attention et me surprend: dans de nombreuses rues maintenant nettoyées, l\u2019asphalte est intact.Voici ce que disent les journaux de Léon: \u201cL\u2019ambassade des Etats-Unis vous fait connaître le rapport de l\u2019évaluation du tremblement de terre du 23 décembre 1972.Plus de 60 000 maisons détruites, 300 000 personnes durent évacuer; on calcule le nombre de morts entre 4 000 et 6 000 et le nombre de blessés à 20 000.La moitié de la production interne brute est perdue.La moitié des écoles et tous les édifices du Gouvernement furent détruits.Nicaragua aura besoin d\u2019aide pour le moins durant les dix premiers mois\u201d.Ce qui m\u2019attriste beaucoup c\u2019est de rencontrer un grand nombre de survivants affolés qui cherchent leur père ou mère, frère ou soeur ou autre personne aimée portée disparue.Des familles entières furent ensevelies dans les décombres; plus de 4 000 cadavres incinérés.A Managua, survivent au désastre 90 000 personnes seulement.Ici, à Léon, 20 000 s\u2019y sont réfugiées.Leurs maisons portent un drapeau rouge.La ville est surpeuplée.Certains services sont paralysés tels: la poste et le télégraphe mais grâce à la solidarité universelle, l\u2019aide internationale vient de tout côté.Deux jours durant, je suis allée prêter main forte à la distribution des aliments.L\u2019ordre était parfait, tout bien contrôlé, répartition juste et équitable.Les sinistrés ont une carte indiquant leur nom et ceux des membres de leur famille; le contrôleur enregistre la date sur sa liste et sur la carte.Selon le nombre de personnes, on reçoit pour une semaine: sucre, mais, fèves, riz, gruau et patates (venant de Canada Packers Ltée).Les secousses sismiques continuent à Managua, les secours s\u2019avéreront encore bien nécessaires, mais la population affligée met sa confiance dans la généreuse collaboration de chacun.Grâce à la compréhension de Don Manuel Barrios, administrateur de la Compagnie du Port où je donne mes services d\u2019infirmière à Champérico, je pus prolonger mes vacances à Léon.Le 15 janvier 1973, je reprends la route du Guatemala avec une expérience de plus à mon crédit.Je parcours de nouveau Managua pour me rendre à l\u2019aéroport.Partout c\u2019est bien triste: nous circulons entre ruines et rues délabrées.Des gens essayent de réparer les dégâts causés, mais la plupart détruisent davantage dans un inutile effort de récupération.Après une journée d\u2019attente à la capitale, un avion décolle pour le Guatemala.Les habitants de Nicaragua qui ont survécu à la tragédie vivent une situation pénible; mais malgré les lourdes pertes ils remercient le Seigneur de leur avoir conservé la vie.Je lui rends grâces moi aussi de m\u2019avoir donné la joie d\u2019apporter un peu de soulagement à ces pauvres gens.Je me suis sentie vraiment impliquée dans la douloureuse épreuve de ces chers sinistrés.Découvrir l\u2019esprit de solidarité et de fraternité m\u2019a aussi fait bien chaud au coeur.278 « % A,'» ¦ iV*%V i :¦£*,, y*i ¦ \\-4e0t .-^ *.« \u201d ' V-; \u2022ïmi Çr .*¦ ¦ '.> .< ^ - ' J\u2019AI ÉTÉ AUXILIAIRE DE VACANCES AU MAROC Chère Gisèle, Tu me demandes de te raconter un peu mes vacances au Maroc, ces trois semaines merveilleuses et enrichissantes qui furent miennes; voici je t\u2019arrive.Comme tu le sais, c\u2019est dans le cadre \u201copération-bénévoles-auxiliaires de vacances à la disposition des vieillards\u201d que je répondais, avec des amies, à l\u2019appel des Petits Frères des Pauvres.\u2014\u2014 psw*®**\t\" 7?»: Texte et Photos: Luce de Guillebon Scènes de rue au Maroc. C\u2019est fantastique, cette expérience que j\u2019ai vécue à l\u2019été après une année d\u2019enseignement: tu pars pour donner et tu reviens enrichie, tu pars pour aider et tu reviens grandie.Alors, tu veux bien me suivre dans une de ces journées à \u201cla maison de vacances\u201d à Bouskoura située à 16 kilomètres de Casablanca.Nous étions cinq dont un aide marocain pour nous occuper d\u2019une vingtaine de vieillards, non pas des autochtones, dont je te parlerai tantôt, mais de Français et d\u2019Espagnols vivant là depuis x années.Le matin, presque tous les jours, à vélo, j\u2019allais chercher le lait avec une compagne, à une ferme d\u2019environ 5 kilomètres de notre résidence.Nous partions au petit matin vers 6 h.45.Il faisait encore frais.C\u2019était bien agréable de faire le trajet à travers une grande forêt d\u2019eucalyptus sur une route tantôt caillouteuse, tantôt sablonneuse où nous patinions.Près de la ferme, nous rencontrions des hommes partant au travail à dos d\u2019âne et des enfants qui se débarbouillaient à la fontaine.Au retour, nous préparions le petit déjeuner de nos vieux amis que nous embrassions tout comme nos grands-parents.C\u2019est étonnant comme un échange très simple peut unir deux générations, faire naître une profonde amitié.Le repas se prenait en plein air à l\u2019abri d\u2019énormes palmiers, doucement pour leur laisser le temps de se raconter et d\u2019oublier la solitude qui pèse sur eux si lourdement parfois tout le long de l\u2019année.Puis venait l\u2019heure de l\u2019épluchage des légumes, c\u2019était toujours très animé en causeries, en musique pendant que nos chers amis jouaient aux boules près de nous.Parfois il me fallait descendre à Casablanca faire des commissions.J\u2019aimais beaucoup l\u2019ambiance des marchés arabes où il faut marchander, c\u2019est très vivant, chaud en couleurs.Chaque boutiquier essaie de vous attirer à son étai alléchant et chaque client passe de kiosque en kiosque pour s\u2019enquérir des prix.La photo ci-incluse te donne une idée des vendeurs assis au milieu de leurs pastèques (plante à fruit, genre melon d\u2019eau) ou près de leurs tentes fabriquées de vieux cartons ou de toiles défraîchies.Dans ces courses, on rencontre des enfants portant des plats sur îeur tête; les femmes tiennent aussi de cette façon leur panier, leur planche avec le pain, suite p.288 281 \u2022\u2022 \u2022*.y.QUI EST PAULINE-MARIE JARICOT?Quelle attachante figure que celle de Pauline-Marie Jaricot! Un de ses biographes l\u2019a surnommée la missionnaire des missionnaires.Bien qu\u2019elle ait vécu il y a plus d\u2019un siècle, son message répond aux besoins d\u2019aujourd\u2019hui.Les yeux grands ouverts sur la réalité du monde de son temps, Pauline en percevait les nécessités les plus impérieuses.Elle était incapable de dormir tranquille lorsque tant d\u2019appels battaient à sa porte.Elle connut néanmoins de cuisants échecs, mais la Croix ne fit que la grandir.1 3 Pauline-Marie Jaricot naît à .le .Londres, le 1 janvier 1801 Lisieux, le 16 juillet 1780 Lyon, le 22 juillet 1799 Pauline-Marie renonçant à une vie mondaine se consacre à Dieu à l\u2019âge de: vingt-cinq ans dix-huit ans vingt ans 2 4 Adolescente et jeune fille, elle vit dans: l\u2019aisance la pauvreté la pénitence Elle organise l\u2019Oeuvre de la Propagation de la Foi à: trente ans cinquante ans dix-neuf ans 282 Son projet missionnaire connaît: l\u2019échec un succès étonnant l\u2019inquiétude Pauline-Marie Jaricot remet l\u2019administration de son oeuvre et: se repose sur ses lauriers tire de nouveaux plans vit en recluse Une nouvelle oeuvre d\u2019apostolat: \u201cLe Rosaire Vivant\u201d: est prise en charge par le clergé demeure aux mains de Pauline-Marie passe à un autre organisme demande de l\u2019aide au bureau de bienfaisance de son temps 14 En butte aux trahisons et aux mesquineries nombreuses, elle: critique les autorités s\u2019indigne contre ceux qui ruinent ses projets ne tient pas rancune à ses ennemis 15 Pauline-Marie meurt après avoir: payé toutes ses dettes été insolvable récupéré sa fortune 8 Pauline-Marie prend un vif intérêt aux: problèmes de justice sociale difficultés de la monarchie questions d\u2019ordre politique g Ce nouveau projet se nomme: Service de Promotion Sociale Fraternité des Travailleurs Conservation de la Foi 10 Cette oeuvre est: réalisée pleinement approuvée de tous ruinée dès ses débuts 11 Dans ses épreuves, Pauline-Marie est: encouragée par les siens critiquée par quelques-uns blâmée par la majorité 12 Dans son désarroi, elle: s\u2019abandonne au découragement harcèle ses créanciers s\u2019acquitte de toutes ses dettes 13 Réduite à une extrême pauvreté, Pauline-Marie: s\u2019aigrit et se tourmente est assaillie de doutes Pauline-Marie Jaricot.Peinture réalisée par Le-Van-De, Indochinois.283 5 RÉSULTATS DU QUIZ 1 Pauline-Marie Jaricot naquit à LYON, en France, le 22 juillet 1799.Elle était la dernière d\u2019une famille de sept enfants.Sa mère, Jeanne Lattier, l\u2019entourait d\u2019une vigilante tendresse.Son père, Antoine Jaricot, occupant une situation enviable, était très fier de sa fille.Au sein de ce foyer chrétien, régnait une foi transcendante et invincible.2 Adolescente et jeune fille, Pauline vivait dans (\u2019AISANCE.A 14 ans on la voyait aux fêtes et aux bals de la société lyonnaise.Ses parents ne savaient rien lui refuser.Sa beauté et sa grâce attiraient tous les regards.Ardente au plaisir, avide de l\u2019amour des créatures, sensible aux flatteries, elle aimait la vie.Mais elle aimait aussi le Christ qui l\u2019avait choisie, et destinée à de grandes choses.Pauline était déchirée entre cet appel divin et un amour humain symbolisé par un anneau de fidélité qu\u2019elle portait au cou.3 La jeune fille renonça à une vie mondaine pour se consacrer au service de Dieu à l\u2019âge de 18 ANS.Un sermon qu\u2019elle entendit sur les illusions de la vanité la détourna du monde et de ses attraits.Prenant tout de suite au sérieux ses résolutions de \u201cconvertie\u201d elle poursuit un seul but: lutter pour la justice sociale de l\u2019Eglise.4 Elle organise l\u2019oeuvre de la Propagation de la Foi à l\u2019âge de 19 ANS.Grâce à ses efforts l\u2019Eglise entrevoit une vision nouvelle des missions.L\u2019esprit apostolique après avoir périclité pendant plusieurs années prend un essor nouveau.Pauline écrit: \u201cJ\u2019aime tous ceux qui souffrent sans espoir, qui sont opprimés, je les aime plus que moi-même .Je sens que je dois travailler au salut des âmes non d\u2019un seul pays mais du monde entier.\u201d Son projet missionnaire connaît un SUCCÈS ÉTON- NANT.En moins de trois ans il prend une telle envergure que Pauline doit en céder l\u2019administration à un groupe de hauts personnages pouvant assurer à l\u2019oeuvre une solidité et un avenir qu\u2019elle seule ne saurait lui conférer.Après avoir été sommairement \u201cécartée\u201d en 1822, elle se retire définitivement.Son coeur si sensible souffre de voir ses titres de Fondatrice et d\u2019initiatrice de la Propagation de la Foi contestés; mais elle accepte de partager ainsi les humiliations du Christ.Dans une lettre à une amie, elle se désigne finement et modestement comme: \u201cLa première allumette pour allumer ce feu et, qu\u2019est-ce qu\u2019une allumette pour qu\u2019on en parle?\u201d 6 Après avoir remis l\u2019administration de son oeuvre en d\u2019autres mains, elle TIRE DE NOUVEAUX PLANS.L\u2019impiété faisait alors d\u2019inquiétants ravages.Pauline songe à intensifier la foi des fidèles.A cet effet, elle organise en 1826 l\u2019oeuvre du Rosaire Vivant considérée comme un moyen puissant de \u201ccombattre les combats du Seigneur\u201d.Le but primordial de l\u2019association est la conversion des pécheurs et le maintien de la foi.L\u2019apôtre infatigable imagine la subdivision du Rosaire entre 15 personnes qui s\u2019engagent à réciter chaque jour une dizaine du chapelet en méditant le mystère.De plus, chaque mois les associés doivent donner une offrande à des oeuvres de charité.Bientôt l\u2019association compte plus d\u2019un million de personnes assurant le rosaire perpétuel.7 L\u2019administration de cette nouvelle oeuvre demeure AUX MAINS DE PAULINE.Elle écrit au sujet des luttes à subir dans l\u2019élaboration de ce projet apostolique: \u201cL\u2019orage ne cessa pendant quatre ans d\u2019agiter cette frêle barque.Le démon avait mis tout en branle pour étouffer ce nouvel Isaac .\u201d Pendant plusieurs décades cette initiative favorisa le renouveau de l\u2019esprit chrétien; ses objectifs spirituels répondaient aux besoins du temps.8 Pauline prenait un vif intérêt aux PROBLÈMES DE JUSTICE SOCIALE.Elle possédait des antennes pour capter les appels de son époque; les difficultés de la classe ouvrière lui posaient question.Elle explicite sa pensée à ce sujet dans une lettre: \u201cIl faudrait d\u2019abord rendre à l\u2019ouvrier sa dignité d\u2019homme en l\u2019arrachant à un travail sans relâche .C\u2019est en vain qu\u2019on essaie de moraliser le peuple en s\u2019adressant à son esprit; les cris de la haine et de la douleur étouffent 284 les voix les plus éloquentes.Si vous voulez moissonner cent pour un, aimez premièrement et moralisez ensuite.Pendant dix ans elle pria et élabora son plan.Puis elle se mit au travail, 9 Cette nouvelle oeuvre se nomme CONSERVATION DE LA FOI, car elle ne cesse de penser aux moyens à prendre pour maintenir la foi dans les masses ouvrières.Dans son désir d\u2019améliorer le sort des travailleurs, elle présente des projets et décide d\u2019y consacrer sa fortune.Son plan comprend trois branches: une ligue de prières, l\u2019assistance aux malheureux, l\u2019oeuvre de prêts gratuits; une association de personnes riches qui consentent à un don de 10 000 francs chacune et dont les intérêts doivent servir à la cause ouvrière; la régénération de la masse par les ouvriers eux-mêmes.C\u2019était simple et séduisant\u2014sur le papier.10 Cette oeuvre fut RUINÉE DÈS SES DÉBUTS.Pauline fut empêchée de réaliser ce plan généreux et concis.Elle écrivait un jour au sujet de cet échec: \u201cLe mystère qui enveloppe mes affaires est celui de la Croix.\u201d Elle ne pouvait mieux dire.Des hommes qu\u2019elle avait tout lieu de croire religieux et honnêtes l\u2019engagèrent à son insu, dans d\u2019inextricables opérations frauduleuses au cours desquelles elle perdit toute sa fortune.Au terme de ses déboires, elle disait; \u201cIl n\u2019est qu\u2019un bien temporel auquel j\u2019aspire, c\u2019est de payer mes dettes et de remplir mes engagements.\u201d Et elle ajoutait: \u201cJe crains les dettes plus que la mort!\u201d Payer ses dettes sera désormais son obsession et sa croix.Pour bien des personnes de son entourage et de sa famille, le fait d\u2019avoir des dettes constituait une tare et un déshonneur.Ses créanciers étaient au nombre d\u2019une quinzaine de riches et d\u2019une centaine de personnes de la classe ouvrière.11 Dans ses épreuves Pauline est BLÂMÉE PAR LA MAJORITÉ.Cependant elle demeure ferme dans sa conviction que son oeuvre vient de Dieu.A ceux qui la traitent d\u2019aventurière, de coquine, elle répète: \u201cCe projet n\u2019est pas venu de mon propre fond.Pendant plus de dix ans je l\u2019ai mûri dans le secret de la prière.Je ne l\u2019ai lancé qu\u2019après avoir pris l\u2019avis de personnes sages et avisées.\u201d Aux douze procès qu\u2019elle eut à soutenir, s\u2019ajoutèrent une quantité de petites procédures sournoises, des chicanes, des mesures d\u2019intimidation, des moqueries.Par contre les pauvres continuaient de la vénérer comme une sainte, et des hommes célèbres comme le Docteur Récamier et le Comte Alfred de Mun faisaient son éloge: \u201cQuelle femme extraordinaire! Où donc a-t-elle puisé une si profonde connaissance des maux et des besoins de notre société agonisante?\u201d 12 ELLE S\u2019ACQUITTE DE TOUTES SES DETTES en commençant par celles des créanciers les plus pauvres.Cette oeuvre avait été soutenue surtout par les efforts des ouvriers eux-mêmes.Ces derniers ne la pressèrent jamais de les payer.Il n\u2019en fut pas de même des riches qui la harcelèrent jusqu\u2019à son dernier souffle.Sa famille qui était riche, ne refusait pas de la secourir, mais à une condition: \u201cTout pour Pauline, rien pour les créanciers.\u201d A quoi elle répliquait: \u201cTout pour mes créanciers, rien pour moi.\u201d 13 Réduite à une extrême pauvreté, Pauline se décide à DEMANDER DE L\u2019AIDE AU BUREAU DE BIENFAISANCE DE SON TEMPS.Après sa mort on trouve le certificat de sa pauvreté totale dans une enveloppe qui porte ces mots: \u201cmes titres de noblesse\u201d.Même au sein des plus cruelles épreuves, sa foi ne défaille jamais.\u201cSi Dieu ne me délivre pas, c\u2019est par plus d\u2019amour encore .Il saura tirer sa gloire de mon abjection\u201d, écrit-elle à une amie.Mais son coeur aimant et délicat souffre de l\u2019abandon et du mépris de ses meilleurs amis, de ceux même qu\u2019elle avait tant aidés.Vers la fin de sa vie, elle disait: \u201cJe me démène comme je peux contre le mauvais vouloir des créatures; mais c\u2019est comme la petite fourmi tournée à l\u2019envers et qui agite ses pattes sans pouvoir remuer.Priez pour moi car je ressens encore au fond du coeur un goutte d\u2019amertume.\u201d 14 En butte aux pires trahisons et aux mesquineries de tout genre, elle ne TIENT PAS RANCUNE A SES ENNEMIS.A la veille de mourir, elle dira à Marie Dubois, la fidèle compagne de la dernière partie de sa vie: \u201cChère petite! Seule vous savez ce qu\u2019/7s m\u2019ont infligé.Eh bien, promettez-moi de ne jamais laisser percer de mes souffrances le moindre mot au détriment de qui que ce soit, fut-ce notre pire ennemi.\u201d Jusqu\u2019à sa dernière heure, on l\u2019entendit murmurer \u201cpar .par .par .pardonnons à ceux qui nous ont offensés .\u201d 15 Pauline-Marie mourut INSOLVABLE, le 9 janvier 1862.\u201cInsolvable par moi-même mais solvable par Jésus-Christ\u201d avait-elle écrit un jour.Elle rentra à la Maison du Père dans un dénuement complet pour avoir trop pensé aux autres.Comme le dit si bien le Père Joseph Folliet dans sa dernière Conférence Internationale Missionnaire: \u201cLe coeur de Pauline-Marie bat toujours.Il vit dans l\u2019action sociale des chrétiens car elle est la patronne désignée du mouvement chrétien social.\u201d 285 * OPÉRA TION 15 - OPÉRA TION15 - OPÉR Grand Concours d\u2019Abonnements Recueillez des abonnements nouveaux.Offrez \u201cLE PRÉCURSEUR\u201d à vos parents et à vos amis.CONDITIONS: Un abonnement nouveau ou un réabonnement vous donne droit à 15% (.30) du prix d\u2019un abonnement de $2.00 (un an).Opération 15 du 1er mai au 31 août.BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse Souscrit par Adresse BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse Souscrit par Adresse BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse Souscrit par Adresse Souscrit par Adresse QUELLE COLLABORATION OPÉRATION 15 - OPÉRATION 15 - OPÉR m IATION 15 - OPÉRATION 15 - OPÉRATIO à la Revue \u201cLe Précurseur\u201d DÉDUISEZ votre pourcentage de 15% (.30) par abonnement ,\tdfun an et envoyez votre chèque ou mandat à: LE PRÉCURSEUR C.P.157; Suce.Laval des Rapides Ville de Laval, Qué.\tTel: 663-6210 BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse Souscrit par\tSouscrit par Adresse\tAdresse BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse BULLETIN D\u2019ABONNEMENT Nom Adresse Souscrit par\tSouscrit par Adresse\tAdresse EN FAVEUR DES MISSIONS! î 4TION 15 - OPÉRATION 15 - OPÉRATIO m suite de la p.281 leur cruche à eau.Les mamans, pour la plupart voilées ont aussi leur bébé accroché sur le dos avec un châle, une serviette de bain ou un vieux tissu; même les fillettes portent ainsi leur petit frère, mais personne n\u2019aime à se faire photographier.J\u2019ai pu prendre, pourtant, (et c\u2019est ma photo préférée qui passera dans un concours d\u2019ailleurs) les deux petits frères à la tête rasée.Beaucoup d\u2019enfants là-bas ont des maladies de peau et on leur coupe les cheveux par hygiène.Sur l\u2019autre photo tu remarques les garçonnets avec ces sortes de grandes robes plus ou moins élimées.La pauvreté existe là-bas: on a des vêtements déchirés, en lambeaux ce qui n\u2019empêche pas ces bambins d\u2019être bien sympathiques et vraiment intelligents.Plusieurs nous ont servi de guides merveilleux dans ces villes, véritables labyrinthes pour les européens, mais domaines familliers de ces gosses débrouillards.Elle est typique aussi n\u2019est-ce-pas la photo de grand-père sur son âne?Vois-tu, c\u2019est la voiture du pauvre.L\u2019accueil des Marocains est partout proverbial; dans la moindre boutique pour peu qu\u2019on se mette à jaser en toute sympathie avec le marchand, on vous offre un verre de thé à la menthe.Mon amie et moi avons été reçues dans une famille et même nous y avons fait un assez long séjour.Impossible de partir car l\u2019on nous retenait toujours avec des invitations ici et là chez des connaissances; les soirées de folklore étaient fantastiques; une véritable féérie, on avait l\u2019impression de vivre un conte des \u201cMille et une Nuits\u201d.Mais avant de te quitter, chère Gisèle, je reviens à mes Vieux Amis de la Colonie de Vacances qui furent si heureux de leur séjour à \u201cleur maison de campagne\u201d.Imagine, pour eux, trois belles semaines de repos, de vie insouciante où bien entourés, ils n\u2019avaient aucun souci pécuniaire.Quelle joie pour ces esseulés de se sentir aimés, choyés, d\u2019avoir quelqu\u2019un à qui raconter un peu leur vie! Aussi nous ne pouvions leur faire plus plaisir que d\u2019aller les voir dans leur chambre et les écouter de longs moments.Puis après, les uns aimaient aller faire un tour en voilier; nous les y conduisions et parfois jouissions de ces excursions.Les autres préféraient se promener doucement dans les jardins, parcs publics voire forêts pour contempler les beautés de la riche nature nord-africaine.Deux fois par semaine, après le souper, nous projetions des films; les vieux films étaient toujours les préférés .les autres soirs, les jeux de boules ou de cartes étaient les agréables passe-temps.Puis nous les reconduisions à leur chambre leur souhaitant \u201cBonne Nuit\u201d avec d\u2019affectueux baisers à l\u2019appui.C\u2019était à se demander à la fin de chaque journée, lesquels étaient les plus heureux de ceux qui donnaient ou de ceux qui recevaient .Toi aussi, chère amie, tu as expérimenté souvent cette joie du partage, alors tu me reviens à ton tour me raconter tes vacances?J\u2019ai hâte de te lire.A bientôt.Luce INDE\t: Mère Teresa\t257 PHILIPPINES\t: Le Centre communautaire de Piapi\t262 HAÏTI\t: Folklore Haïtien\t264 BOLIVIE\t: Les Fêtes religieuses de Orkopina\t268 ZAMBIE\t: J\u2019ai vu l\u2019Afrique\t272 GUATEMALA\t: Mes vacances au service de la Croix Rouge\t276 MAROC\t: J\u2019ai été auxiliaire de vacances au Maroc\t279 \tQuiz\t282 \tConcours d\u2019abonnements\t286 SOMMAIRE 288 DIRECTION: Gisèle Villemure, m.i.c.\u2014 ÉQUIPE DE RÉDACTION: Pauline Pageau, m.i.c., Madeline Maillet, m.i.c., Agnès Lavallée, m.i.c.\u2014 TIRAGE ET PUBLICITÉ: Rita Ready, m.i.c., Anna Ready, m.i.c.\u2014 SERVICE ARTISTIQUE: Anita Julien, m.i.c.CONDITIONS D\u2019ABONNEMENTS: $2.00: 1 an $3.00: 2 ans Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.Revue bimestrielle éditée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l'Ordinaire de Montréal.ADRESSE POSTALE: Le Précurseur Casier Postal 157 Bureau de Poste Central Ville de Laval P.Q., Canada Tél.: 663-6210 NIHIL OBSTAT: , 13 avril, 1973 Jean-Charles Valin, prêtre POUR COMMUNIQUER AVEC Les Soeurs Missionnaires de Tlmmaculée-Conception AFRIQUE CENTRALE.\true St-Louis - ST-JEAN: 430 rue Champlain - NOMININGUE: Malawi:- MZIMBA: Provincial House, P.O.Box 47 - KASEYE: 108, rue Saint-Ignace, Comté Labelle - TROIS-RIVIÈRES: P.O.Box 100, Chitipa - MZUZU: P.O.Box 24 - N K AT A BAY: 1325, rue de la Terrière - QUÉBEC: 1073 ouest, rue St-Cyrille, P.O.Box 9 - KARONGA: P.O.Box 14 - KATETE: P.O.Box 8, Québec 6 - RIMOUSKI: 225 ouest, rue St-Germain - CHI-Champira - MZAMBAZI: P.O.Eutini - RUMPI: P.O.Box 15.COUTIMI: 906, Chemin Sydenham - VANCOUVER: Mount St.Zambia:- CIKUNGU: P.O.Kazimuli - CHIPATA: P.O.Box 107 Joseph Hospital, 3080, Prince Edward St., Vancouver 10, - KANYANGA: P.O.Lundazi.\tB.C.- Refuge de l\u2019Imm.-Con., 236 Campbell Avenue, Van- couver 4, B.C.AMÉRIQUE DU SUD.Bolivie:- COCHABAMBA: 3403 Galle Oruro, Casilla 1667 -CATAVI: (Oruro) Casilla 434 - IRUPANA: Academia Santa Rita, Casilla 2893, La Paz - LA PAZ: Avenida Abarao 895, Casilla 2893.Chili:- ANCUD: 227 Calle Errazuriz, Casilla 82 - SANTIAGO: Calle Santa Teresa 1175, Casilla 4782, Correo 2.Pérou:- LIMA: Casa Provincial, Pedro Murillo 963, Depto F-Pueblo Libre 21 - LIMA: Napo 1124, Azcona, Brena, Lima 5 -PUCALLPA: Internado Nuestra Senora de Guadalupe, Aparta-do 241.AMÉRIQUE CENTRALE.Guatemala:- TOTONICAPAN: Colegio Pedro de Bethancourt -CHAMPERICO: Calle Xelaju #3-27, Puerto de Champerico.ANTILLES.Haiti:- PORT-AU-PRINCE: Maison Provinciale, C.P.1085, Cité 2 - LA BOULE: C.P.1085, Cité 2, Port-au-Prince - CAP HAÏTIEN: Ecole Normale, C.P.81 - CAMP PERRIN: C.P.14, Les Cayes - DESCHAPELLES: Hôpital Albert Schweitzer, C.P.2213-B, Port-au-Prince - CROIX DES BOUQUETS: C.P.1291, Port-au-Prince - PORT SALUT - TROU DU NORD - HINCHE -LES CAYES - CHANTAL (Sud) - LIMBE - ROCHE A BATEAU - Les COTEAUX.Cuba:- COLON: Apartado 21, Colon (Matanzas).CANADA.MONTRÉAL: Maison Généralice: 121 avenue Maplewood, Montréal 153 - Noviciat et Scolasticat: 314, Chemin Ste-Catherine, Outremont, Montréal 153 - Maison Provinciale: 7535, rue St-Dominique, Montréal 327 - Miss, de l\u2019Imm.-Con.2900, Chemin Ste-Catherine, Montréal 250 - Hôpital Chinois, 355 est, rue Paillon, Montréal 327 - Miss, de l\u2019Imm.-Con., 392, rue Edouard-Charles, Montréal 152 - PONT-VIAU: Maison Provinciale, 58, rue Desnoyers, Pont Viau, Ville de Lavai -GRANBY: 35, rue Dufferin - OTTAWA: Centre Chinois, 30, avenue Goulburn, Ottawa 2, Ont.Kin 8C8 - JOLIETTE: 750, HONG KONG.KOWLOON: Provincial House, 103 Austin Road - Tak Sun School, 103 Austin Road - Good Hope School, Clearwater Bay Road - Novitiate, 125 Waterloo Road - Tak Oi Secondary School, 8 Tsz Wan Shan Road.ILES PHILIPPINES.MANILA: Provincial House, P.O.Box 3400, Manila D-404 -BAGUIO CITY: Novitiate, 73 Pacdal Road, P.O.Box 83, Baguio City, B-202 - INTRAMUROS: Immaculate Cone.Academy, General Luna St., Manila D-406 - DAVAO CITY: Good Counsel, Florentine Torres St., Davao City, 0-404 - MATI: Imm.Heart of Mary College, Davao Oriental 0-507 - LAS PINAS: St.Joseph Academy, Rizal D-710 - GAGALANGIN: Immaculate Con.Academy, 2212 del Rosario St.- PADADA: St.Michael\u2019s College, Davao del Sur, C-412 - HAGONOY: Holy Cross of Hagonoy, Davao del Sur, 0-407 - KIBLAWAN: Holy Cross of Kiblawan, Davao del Sur, 0-407 - SAPANG PALAY: P.O.Box 3400, Manila D-404.JAPON.TOKYO: Provincial House, 13-16 Fukazawa 8 chôme, Setagaya ku, Tokyo 158 - AIZU-WAKAMATZU: 1-49 Nishi Sakao machi, Aizu-Wakamatzu 965, Fukushima ken - KORIYAMA SHI: 3-18 Toramaru machi, Koriyama Shi 963, Fukushima ken.MADAGASCAR.TANANARIVE: Maison Provinciale, Tsaramasay - MORON-DAVA: Boîte Postale 53 - AMBOHIBARY: Sambaina - ANTSIRABE: Ste-Thérèse de Mahazoarivo, B.P.146 - MAHABO: via Morondava - ANTSIRABE: Noviciat, 02 F 10 Route d\u2019Am-bositra, B.P.207.TAIWAN.KWANSI: Novitiate, 119 Cheng I Lu - Hsinchu Hsien, Kwansi-306 - SHIH KUANG TZE - 306, Hsinchu Hsien - TAIPEI: 363 An Tung St., Taipei -106 - NAN AO: Nan Ao Catholic Hospital, 25 Tai An Road, Man Hsien, Nan Ao - 272. \u2014\u2014 Etes-vous D'ACCORD à trouver un ABONNEMENT NOUVEAU?LE PRÉCURSEUR (formule d'abonnement) Vous trouverez ci-joint la somme de $.pour un abonnement Nom .Adresse .ADRESSE POSTALE Le Précurseur Casier Postal 157 Succursale Laval des Rapides Ville de Laval P.Q., Canada Tél.663-6210 .année Abonnement 1 an: 2 ans: à l'étranger 1 an: 2 ans: $2.00 $3.00 $3.00 $5.00 _ "]
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