Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mars 1966, Mars - Avril
[" Mars=Avnl 1966 LE PRECURSEUR .Dieu n'est pas un parfait magasinier rassemblant dans des casiers des objets similaires et tenant des états de stocks: il n\u2019y a pas pour Dieu des Blancs, des Noirs, des Asiatiques et des Occidentaux, des bons et des mauvais, des pratiquants et des incroyants, des pas chrétiens et des chrétiens.Pour tous, son Fils est mort, et nous, nous devons faire pressentir à « tous )), et à chacun d\u2019eux, cette dimension nouvelle: à savoir que Dieu dépasse nos dimensions et nos classements, qu\u2019il est Père infiniment, et que chacun, à l\u2019image de Dieu, est appelé à être fils.Jacques Loew extrait de Comme s'il voyait VInvisible PAGE=COUVERTURE : Jeunes travailleuses de Pucallpa, Pérou.Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Port payé à Montréal. 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal (26) Canada LE PRÉCURSEUR Revue bimestrielle publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.NIHIL OBSTATî M.l\u2019abbé A.Cossette, p.m.é., 31 octobre 1965.No 2 Mars - Avril 1966 Vol.XXIVe SOMMAIRE Paul VI, pape missionnaire\t50 Sr Gisèle Villemure, m.i.c.La vocation d\u2019un morne\t56 Sr Elmire Roseberry, m.i.c.Soir de Vendredi Saint\t58 Sr Françoise-Romaine, m.i.c.Si l\u2019on te requiert pour 1 kilomètre, fais 1000 kilomètres\t60 Sr Gaêtane Guillemette, m.i.c.Pour une pastorale d\u2019ensemble\t63 Sr Jacqueline Breault, m.i.c.Le « mon » ou marque de famille\t72 Sr Anna-Marie, m.i.c.L\u2019Eglise vous réclame à Hong Kong\t75 Sr Thérèse Le Blanc, m.i.c.Lettre ouverte à une collégienne\t79 Sr Sainte-Patricia, m.i.c.Voyage d\u2019œcuménisme\t83 Sr Suzanne Lachapelle, m.i.c.Propos aux bananes\t89 Sr Henriette Sylvestre, m.i.c.Selon le renouveau, Jours Saints au noviciat 92 un groupe de novices Abonnement: Par an\t$\t1.50 2 ans\t$\t2.50 4 ans\t$\t5.00 A vie\t$30.00 Pour tout changement d'adresse, ne pas oublier d'envoyer l'ancienne et la nouvelle. * Pape missionnaire PAUL VI Dans son discours lors de la canonisation des Martyrs de PUganda Paul VI disait, en annonçant son voyage en Inde: « Oui, en prenant la route le Pape se fait missionnaire ce qui veut dire témoin, pasteur, apôtre.En vérité, ce n\u2019est pas le goût des nouveautés ou des voyages qui Nous pousse à cette décision, c\u2019est le seul zèle apostolique de crier la Bonne Nouvelle évangélique aux immenses horizons humains, que notre époque entrouvre devant Nos pas, et c\u2019est dans le seul but d\u2019offrir à Jésus-Christ un plus large, plus vif et plus humble témoignage de foi et d\u2019amour1.» Imitant l\u2019aggiornamento de l\u2019Eglise, Paul VI transforme la vie du pape: il n\u2019est plus prisonnier du Vatican mais des foules.Le souverain pontife sait que rien ne resserre davantage les liens de la fraternité qu\u2019un contact personnel avec les peuples, si bref soit-il.Aussi pressé par cette consigne évangélique: « Allez, enseignez les nations.» il brise toutes frontières, et devient missionnaire sur les routes du monde: Jérusalem, Bombay, New York.L\u2019humanité n\u2019oubliera pas la blanche silhouette du pontife descendant vers les foules, bras tendus.D\u2019abord en Palestine, où ce retour aux sources et cette démarche vers l\u2019unité, symbolisée par l\u2019accolade entre Paul et Athénagoras, ont ému les non-chrétiens eux-mêmes.La prière du pape à Bethléem, à Nazareth, à Gethsémani est intensément missionnaire; dans son cœur il porte l\u2019humanité.« Seigneur Jésus, notre Rédempteur et notre Paix, qui nous a fait connaître Ton suprême désir: « Que tous soient un », exauce ce désir que nous faisons nôtre, et qui est devenu, ici notre prière: Que tous nous soyons un ».Au pays de Gandhi le pape communie aux aspirations de l\u2019Inde dans un désir de paix et d\u2019échange.Catholiques, hindouistes, parsis, bouddhistes, musulmans fraternellement mêlés acclament « l\u2019homme saint » d\u2019Occident.N\u2019est-ce pas pour souligner le caractère universel de l\u2019Eglise qu\u2019il consacre en Inde: deux Indiens, un Congolais, un Togolais, un Malgache et un Australien ?Mais le triomphe papal connaît son apogée à l\u2019O.N.U.où Paul VI a voulu rencontrer les représentants de 117 nations réunies.Avec émotion l\u2019on a écouté le message de paix adressé par le Vicaire du Christ aux chefs du monde entier assemblés sur le sol américain.Le pape a prononcé ce 50 Oss.Romano, 30 octobre 1964 mtoèM'.«Si vous voulez La rencontre de S.S.Paul VI et de cet autre artisan célèbre de la paix, U Thant, en la circonstance historique du 4 octobre 1965.\u2019ï'tvv,1 \u2014 PAUL VI MISSIONNAIRE de la PAIX et du DIALOGUE FRATERNEL sur les ROUTES du MONDE A Jérusalem être frères, laissez tomber Tes armes de vos « Les peuples se touraent vers les Nations Unies comme vers l\u2019ultime espoir de la concorde et de la paix.» Paul VI illl pi iiii« SiBSS a ¦U.\tii::: nui nm »- ? jour-là ce qu\u2019on a appelé un grand discours basé sur la Charte même de l\u2019O.N.U., institution qu\u2019il ne craint pas de mettre en parallèle avec l\u2019Eglise.« Vous êtes un pont entre les peuples.Nous serions tenté de dire que votre caractéristique reflète en quelque sorte dans l\u2019ordre temporel ce que notre Eglise catholique veut être dans l\u2019ordre spirituel: unique et universelle.Votre vocation est de faire fraterniser non pas quelques-uns des peuples, mais tous les peuples.» Ces trois démarches du pape vers les hommes ont à l\u2019origine son esprit missionnaire.Il est allé vers d\u2019autres peuples comme un homme parmi les hommes, ayant pour unique mobile de porter le message évangélique.Il a ainsi appliqué ses principes sur le dialogue avec le monde moderne, principes qu\u2019il a exposés en particulier dans son encyclique Ecclesiam suam.Dès son ascension au Saint-Siège, Paul VI a donné une orientation tout apostolique à son pontificat.Non seulement ses voyages, qui ont pris un relief saisissant parce qu\u2019inusités, mais toutes ses activités révèlent cette préoccupation missionnaire: rencontres, encycliques, exhortations, audiences, concile œcuménique.Il est sans doute trop tôt pour mesurer l\u2019apport de Vatican II au monde missionnaire, toutefois d\u2019ores et déjà, l\u2019on peut prévoir les bienfaits œcuméniques suscités par la sensibilité missionnaire du chef visible de l\u2019Eglise.Ne discernons-nous pas ce qu\u2019entrevoyait Teilhard de Chardin il y a quelque cinquante ans?Une humanité qui, malgré les conflits et les divisions, s\u2019unifie toujours davantage.Le mouvement est donné; l\u2019Eglise conciliaire, sous la houlette de Paul VI, cherche à se faire comprendre des hommes d\u2019aujourd\u2019hui.Sa mission universaliste de porter la vérité à tous les peuples, l\u2019Eglise du XXe siècle l\u2019accomplit plus que jamais en la personne de son chef dont le pontificat marque un sommet-qui émerveille l\u2019humanité.Il n\u2019est pas difficile d\u2019essayer de dégager le sens des faits et gestes de Paul VI: sa mission est de tout réunir.L\u2019unité hante son cœur.Le premier radiomessage du pape au lendemain de son élection formulait ce vœu: « consacrer toutes ses énergies pour que l\u2019Eglise catholique puisse attirer à elle tous les hommes ».Fidèle à sa consigne, il donne à l\u2019Eglise du XXe siècle son impulsion et son dynanisme missionnaire.Paul VI est un grand pape, missionnaire sur les routes du monde! Sœur Gisèle Villemure, m.i.c.(Yamachiche) Photo: Nations Unies 55 La vocation d'un morne par Sœur Elmire Roseberry », tn.i.c.mm m Il y avait en ce temps-là en Haïti un petit morne aride et morne et broussailleux.Morne stérile au flanc pierreux.Depuis toujours qu\u2019il était là à l\u2019entrée de la capitale inoccupé, endormi dans sa médiocrité.\t; Le soleil lui badigeonnait le dos d\u2019or brûlé, d\u2019ocre roux.Pauvre petit morne roux ! « Etre là tout le jour sur la place » dans l\u2019inutilité! Il y avait en ce temps-là en Haïti un petit morne.56 'Saint-Pierre de Broughton I â. Il y avait aussi tout près de là un grand rêve d\u2019apostolat.Clair matin de juin.Neuf heures.Tel cet homme de l\u2019Evangile « sorti de grand matin afin de louer des ouvriers » une missionnaire de l'immaculée s\u2019en va.Elle interroge l\u2019horizon: où planter la maison pour cette Jeunesse ardente qui veut apprendre à servir l\u2019Eglise missionnaire ?où trouver le lieu solitaire pour y bâtir un noviciat ?En ce matin de juin chaud comme le rouge des flamboyants, chaud comme la frange rousse des herbes du chemin, la missionnaire monte le sentier qui mène au sommet désert du petit morne Lamothe.\u2014\tBonjour mornet ! Pourquoi es-tu là sans rien faire ?\u2014\tBonjour.C\u2019est que personne ne m\u2019a encore embauché.\u2014\tPour la Vigne du Maître voudrais-tu te prêter ?J\u2019ai besoin de toi, de ta paix, de ta solidité.\u2014\tMais que puis-je, moi, si aride et nu, riche d\u2019un peu de broussailles \u2014\tPrête seulement ton roc, laisse-toi creuser.Un jour ton être va chanter.\u2014\tMoi, chanter ?\u2014\tOui, toi.Et le morne dit: « Je suis prêt.» Les ans ont passé.Mais quelle métamorphose quand on se laisse entailler.Le petit morne ne dort plus, il ose chanter.Il se sent maintenant une âme joyeuse et généreuse en sa solitude peuplée.Car des jeunes, pleines d\u2019idéal, habitent la maison couronnant sa crête.Avec les novices il exulte d\u2019hymnes de fête aux jours d\u2019oblation; avec elles il chante les psaumes de la vie quotidienne , et les mélodies de la terre haïtienne.A la onzième heure le petit morne a découvert sa vocation en même temps que son âme: être un haut lieu de consécration à Dieu. LIMA, PEROU SOIR DE VENDREDI SAINT Toute nouvelle vie missionnaire, un jour ou l\u2019autre, rend l\u2019apôtre témoin d\u2019un spectacle inédit.Ce spectacle me fut offert alors que j\u2019assistais au traditionnel Chemin de Croix du Vendredi Saint.La procession se déroule à travers les rues et les ruelles de notre paroisse Saint-Paul et Notre-Dame située dans l\u2019un des quartiers pauvres de la capitale péruvienne.Une vive émotion m\u2019envahit quand je me trouve ainsi mêlée aux paroissiens profondément conscients du caractère pénitentiel de cette cérémonie.Par cet exercice, ils désirent faire amende honorable au Seigneur des Miracles qu\u2019ils aiment particulièrement.Bientôt les rues s\u2019emplissent d\u2019une foule compacte, fourmillante de vie et de couleurs.D\u2019où vient-elle, cette foule?Des quatre coins de la paroisse.Près de mille personnes, véritable Peuple de Dieu, convergent vers l\u2019Eglise.Quelque solennelle que soit l\u2019occasion, elle en est une de détente et de rencontre pour ces braves gens.Ils se saluent.Ils se parlent.Ils viennent à nous comme à de vieilles connaissances.Quel bonheur de se sentir des leurs! Dans ma naïveté de débutante, je m\u2019attends toujours à ce qu\u2019un Père divise le défilé par groupes: croisés, élèves, dames, religieux, etc., comme cela se pratique dans nos paroisses canadiennes.Mais non, ici tout est beaucoup plus simple.Précédés des enfants de chœur et d\u2019une immense croix, hommes, femmes, enfants, pressés les uns contre les autres, suivent dans la rue et sur les trottoirs.Ceux qui ne peuvent rien voir, poussent de toutes leurs forces ceux qui sont devant.La tête du cortège s\u2019arrête quelques instants à chaque station pour méditer les considérations présentées par notre curé.Quatorze maisons, décorées par les soins des familles désignées à l\u2019avance par l\u2019organisateur, illustrent les différentes scènes du Chemin de la Croix.Mais ce qui caractérise par Sœur Françoise-Romaine,1 m.i.c.cette procession, ce qui la distingue de celle des autres fêtes, c\u2019est le comportement des participants.Ceux-ci ne se contentent pas de défiler.Ils psalmodient.Ils participent à l\u2019action.La procession parle.La procession chante.La procession est vivante.C\u2019est cette action dans la marche qui donne à cette manifestation un sens si réaliste.Bien qu\u2019à la longue la fatigue gagne surtout les plus jeunes et se traduise par des chuchotements et des éclats de rire, il reste qu\u2019une atmosphère de piété et de componction règne jusqu\u2019à la fin.Il est aussi remarquable que la vue du Christ illuminé et ouvrant le cortège ranime le courage et entraîne à poursuivre vaillamment la douloureuse montée.Soudain, un murmure de compassion s\u2019élève de la rue alors que ces paroles: « Jésus rencontre sa Mère », lancées avec énergie, résonnent dans l\u2019air.« Une mère, dit le narrateur, c\u2019est la générosité, l\u2019oubli de soi, la tendresse, l\u2019amour.Tous, nous avons une Mère qui pense à nous et qui veille avec affection sur notre vie.Cette Mère, c\u2019est la Vierge Marie! » C\u2019est là le climax de la procession.Au terme de cette longue marche de deux heures et demie, j\u2019étais convaincue une fois de plus que le Sang du Sauveur n\u2019a pas été versé en vain.Aujourd\u2019hui encore l\u2019exercice du Chemin de la Croix garde tout son sens.Il demeure un spectacle inoubliable, une manifestation unique, un émouvant témoignage de la foi profonde du peuple péruvien.Ce grand rassemblement, qui nous a rapprochées de ces âmes simples et ferventes, augmente aussi le bonheur que seule ressent une âme éprise de l\u2019idéal divin parce que missionnaire de l\u2019Eglise! Ce n\u2019est qu\u2019à la fin de cette mémorable journée que je compris la portée de cette réflexion d\u2019un bon Liménien: « La fierté d\u2019habiter Lima se traduit par ce dicton: Lorsque Dieu estime quelqu\u2019un, il l\u2019invite à Lima!.58 Françoise Philie, Saint-Hyacinthe m ¦Jipjp \"V ¦MscXfin, ^irV 3*' W* '\u2022;\u2022\u2022.\u2022«.' 'V*:< Je *-V- f-W; Vt'i- 4*'.' - ^-r ¦ \"BP I Routes au flanc des monts andins dans les Yungas-Sud Ê^ÈM \\-a?* S&%H tern: wm TV?4 £3r .r£ A ¦\u2022 -it > ^\tj ,' V< i.z/i^ ;- î-ir^^r ' ' Xî:- VjJîi .SI L\u2019ON TE REQUIERT POUR 1 KILOMETRE, 60 « Et qui est mon prochain ?» (Le 10, 29).IRUPANA, BOLIVIE Lors de ses visites à Chica, desserte A environ une heure d\u2019auto d\u2019Irupana, le Père Théodore, curé de notre paroisse, entendit parler d\u2019une famille indienne atteinte de la lèpre.Un bon matin le Père Théodore nous demanda d\u2019aller avec lui à la recherche des soi-disant lépreux.D\u2019après les indications données, leur maison se trouvait sur une côte à pic, en un lieu isolé, inaccessible à la jeep.En effet, au terme d\u2019un sentier escarpé surgit une hutte solitaire.Quatre enfants de 4 à 9 ans se sauvent à la vue de visages étrangers tandis que la mère sort nous souhaiter la bienvenue.Des visiteuses chez elle?C\u2019est pour le moins inattendu.Nous apportions des pains dorés, appétissants.Comme par magie ils ont le don d\u2019apprivoiser les enfants qui se laissent approcher par l\u2019infirmière, Sœur Marie-Juliette1.Les deux aînés ont le visage enflé et tout d\u2019une plaie; l\u2019un a aussi peine à marcher, car son pied droit est gonflé et rongé par le mal; un troisième n\u2019a que des taches à la figure, et le plus jeune presque rien.La mère est atteinte à un œil; quant au père apparemment sain, il nous découvre ses jambes marquées des traces de la même infection.Sur notre rapport, le médecin d\u2019Irupana propose l\u2019hospitalisation des six personnes.Leur réaction nous inquiète, surtout celle des jeunes qui n\u2019ont jamais quitté leur montagne.A la visite suivante, Sœur Marie-Juliette s\u2019en-quiert auprès du plus malade des enfants s\u2019il consentirait à la suivre à Irupana pour y être traité et guéri.Dans un geste spontané et confiant, il s\u2019avance vers elle et, levant ses yeux enflammés traversés d\u2019un rayon d\u2019espoir, répond un oui heureux.Quelques jours plus tard nous ramenions en jeep, à Irupana, la famille tout entière.A la première consultation le docteur, qui a déjà fait un stage parmi les lépreux, soupçonne un cas de lèpre guérissable.Mais impossible de garder de tels patients à l\u2019hôpital sans mettre les autres en fuite.Le médecin nous conseille d\u2019avoir recours au Ministère de la Santé de La Paz, afin d\u2019obtenir FAIS 1000 KILOMÈTRES les médicaments nécessaires.En la capitale, on nous réfère au Cuerpo de Paz lequel s\u2019occupe de faire admettre toute la famille à la léproserie de Los Négros, à plus de 1000 kilomètres d\u2019îrupana.Mais comment y transporter ces gens ?Aucun autobus ou camion ne les acceptera comme passagers.Sr Gisèle Picard * nous propose alors de les conduire nous-mêmes en jeep « parce que ce sont des membres souffrants du Christ » et des plus démunis.Un matin de décembre, nous partons en jeep avec la mère et les enfants; le père, retardé par des affaires à régler, nous rejoindra en camion.Dans l\u2019après-midi nous sommes à La Paz chez nos sœurs qui nous donnent asile.Elles ont préparé pour nos compagnons de route une petite maison située sur leur terrain.Dès 7 heures, le lendemain, nous roulons vers Cochabamba.Sur le coup du midi, alors que nous cassons la croûte au bord du chemin, une voiture s\u2019arrête et il en descend le Nonce Apostolique en Bolivie, Mgr Carmine Rocco, qui se dirige vers nous.Peut-être nous croit-il en panne?.Tout ému en apprenant le but de notre voyage, il adresse des paroles encourageantes à la famille, puis nous dit: « Je vous admire, mes sœurs, de faire preuve d\u2019une aussi grande charité.Que le bon Dieu vous bénisse et vous récompense.» Ce soir-là nos malades sont accueillis gracieusement à l\u2019Hôpital Viedma, de Cochabamba.Le jour suivant, nous entreprenons la dernière étape, soit 427 kilomètres, mais cette fois sur une belle route d\u2019asphalte.A Comarapa nous rencontrons par hasard S.Exc.Mgr Luis Rodriguez, évêque de Santa Cruz.A son tour il s\u2019intéresse à notre voyage et, dans sa grande charité, offre des fruits à nos passagers avec qui il s\u2019entretient.Nous atteignons la léproserie de Los Négros vers 4 heures.A notre grand désappointement, on n\u2019y a pas encore reçu le message annonçant notre venue.La technicienne, absente, on ne peut procéder aux analyses obligatoires avant l\u2019admission.Le médecin et ses auxiliaires décident de garder nos malades 1\tJuliette Ouellette, Squatec 2\tVillage des Aulnaies par Sœur Gaétane Guillemette1, m.i.c.(Saint-Hyacinthe) 61 1 Indien atteint de leishmaniosis, mal causé, dit=on, par la piqûre d\u2019un insecte et ressemblant à la lèpre à bout de force après ces trois jours de trajet: l\u2019hôpital se charge de les retourner à Irupana si non-lépreux.Pas lépreux ?serait-ce possible ?Les patients du lazaret ont une bien meilleure apparence que notre famille.Eh bien, quelques jours après, les employés de la léproserie nous les ramenaient.Le diagnostic les disait atteint de leishmaniosis, maladie tropicale non contagieuse, causée d\u2019ordinaire par la piqûre de certains insectes.A l\u2019hôpital nous pouvons leur donner le traitement contre cette terrible infection très longue à guérir et qui requiert des médicaments coûteux.Mais nous ne regrettons pas notre démarche de 1000 kilomètres (625 milles), car une famille indienne renaît à l\u2019espoir et à la joie de vivre.62 PUCALLPA, PEROU POUR UNE PASTORALE D\u2019ENSEMBLE Interview de Sœur Jacqueline Breault,1 m.La cathédrale de Pucallpa Les photos de cet article ont été gracieusement fournies par la Direction de Missions-Elranf.iles, de Pont-Viau.- : Val Q.\t-J\u2019ai ouï dire que vous avez déjà participé à une session spéciale pour une pastorale d\u2019ensemble à Pucallpa.R.\t-Oui, et cela remonte même assez loin: nous avons eu en 1964 trois journées d\u2019étude dirigées par M.le chanoine Boulard, expert au concile en pas- torale diocésaine.Tous les missionnaires religieux et laïcs de Pucallpa s\u2019étaient réunis pour une revision en commun du travail apostolique dans le vicariat.Q.- Ces assises vous ont sans doute apporté une aide précieuse.1 Val-Racine 63 R.- Elles ont eu l\u2019effet d\u2019un souffle printanier! A la lumière du Concile, nous avons tout d\u2019abord révisé notre christianisme de façon globale, car, en apostolat, il est essentiel de posséder une synthèse du message à transmettre.Q-Pour annoncer un message plus unifié?R.- Oui, la Bonne Nouvelle d\u2019un christianisme qui ne se présente pas avant tout en une série de vérités, mais en une histoire concrète, l\u2019histoire de l\u2019amour de Dieu qui se place dans la vie des hommes.Q.\t- Que pensez-vous de Vévangélisation à Pucallpa ?R.\t- La première évangélisation fut magnifique, mais faute de prêtres, le christianisme dégénéra en pratiques superstitieuses.On en est venu à enseigner un catéchisme sans influence dans la vie quotidienne.Or nos manuels, comme tous les travaux d\u2019Eglise, doivent porter au Christ, faire vivre avec le Christ.La connaissance fondamentale à inculquer, c\u2019est celle de Dieu, mais telle que révélée par le Christ.Q.\t- Nous en traceriez-vous un schéma.R.\t- Volontiers.Une catéchèse authentique montre par l\u2019intermédiaire du Verbe un Dieu personnel et qui personnalise, qui parle à chacun et à qui nous devons répondre.Ce Dieu est Père, mais sans paternalisme, c\u2019est le Dieu de l\u2019Amour, le Dieu vivant, le Dieu Saint, toujours fidèle à son Alliance et qui nous cherche sans se lasser.Il est notre Libérateur, le Dieu de l\u2019histoire humaine qui continue à diriger le monde.Q.\t- Je ne crois pas que cette connaissance puisse demeurer sur le plan théorique.R.\t- Non.On connaît Dieu en répondant par toute la vie, une vie avec le Christ mort et ressuscité, qui est à la fois une milice dure et une joie profonde.Cette vie oblige le chrétien, logique avec sa foi, à se donner à la construction chrétienne du monde.Q.\t- Vous touchez-là au sérieux du christianisme, à son dynamisme rayonnant.R.\t- Oui.Le christianisme exige l\u2019engagement de tout notre être au service de Dieu et de nos frères.Il ne se contente pas de processions occasionnelles, de neuvaines pieuses, pas même de catéchismes intéressants.Voyez-vous, ce n\u2019est pas parce que nous avons prêché la Parole du Christ que nous pourrons prouver que notre enseignement portera des fruits.Des notions intellectuelles ne suffisent pas pour entraîner à la vie chrétienne, pour favoriser la croissance interne d\u2019hommes de foi.Q.\t- Que faut-il alors ?R.\t- Les signes qui accompagnent une Parole vivante: signes de charité, d\u2019abnégation, de service désintéressé; d\u2019humilité, de pauvreté; de bonté, d\u2019amour vrai des gens; et par-dessus tout, le témoignage d\u2019une communauté de chrétiens authentiques qui découvrent le visage de Dieu: ce signe fondamental est un miracle permanent nécessaire.Q.\t- Je comprends que de nos jours les autres miracles soient plutôt rares.R.\t- Nous n\u2019en avons plus besoin comme au temps de saint François Xavier, il est vrai, pour plaider notre cause.Mais nous devons nous inquiéter en tant que catéchètes de notre façon d\u2019annoncer le Christ.Q.\t- Quelles questions vous posez-vous à ce sujet ?R.\t-Des questions comme celles-ci: Ai-je transmis la parole du Christ avec fidélité?Cette parole a-t-elle été reçue?A-t-elle été vivante?Est-elle parvenue jusqu\u2019au cœur ?A-t-elle grandi ?A-t-elle porté des fruits?Q.\t- Quel est à votre avis le plus visible de ses fruits ?R.\t-La vitalité de la communauté: des chrétiens qui vivent du Christ et qui se préoccupent d\u2019en faire vivre les autres.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019unique agent de transformation du monde.Q.\t- Nous n'avons qu'à nous reporter aux premiers siècles de l\u2019Eglise pour en obtenir la preuve.Vous devez donc compter sur l\u2019action des laïcs comme moyen d'apostolat.R.\t- Grandement Les laïcs ont un rôle à jouer qui leur appartient en propre.Nous ne saurions que trop leur en favoriser l\u2019exercice.Q.\t- Ce rôle exact, cette mission propre, c'est quoi?R.\t- Rien de très neuf.Tout au plus, s\u2019agit-il que les laïcs en soient conscients et inquiétés.Leur première mission apostolique, c\u2019est leur vie privée.Ils prêchent le message en manifestant dans le concret de leurs actions quotidiennes ce qu\u2019est un chrétien.Ils ne font pas de l\u2019apostolat seulement lorsqu\u2019ils ajoutent des activités apostoliques à leurs journées de travail.Lorsqu\u2019il visite son diocèse, l\u2019évêque de Pucallpa, Mgr Gustave Prévost, p.m.é., doit emprunter la voie fluviale de l\u2019Ucayali, affluent de l\u2019Ama-zone.64 1^0; ' ~ -.\u2014 ;ï.,Tr^ ™ks> ügg ^-,^s:~'- tJ\u2019Kfc I ¦^f\u2019~- [Vr-*, Cc-Vr'- .:«*Vr' ':&£^'Z*&?\u2018'ï~0f*&' La procession des Rameaux dans une paroisse de Pucallpa.ij&klZA jttyjKjg*.Q.\t- Cest vrai, être chrétien et être apôtre, « c'est tout un »\\ On ne pense pas assez au rôle de témoin de F Evangile dans le déroulement ordinaire de l'existence.R.\t- Pourtant où voyez-vous qu\u2019une mère, par exemple, est vraiment chrétienne sinon à son foyer.C\u2019est là qu\u2019elle s\u2019acquitte d\u2019un apostolat à nul autre pareil par sa seule manière d\u2019éduquer ses enfants en fils de Dieu.Et l\u2019employeur qui traite ses ouvriers en d\u2019autres lui-même, en chrétiens! Il se préoccupe de leurs conditions de travail, en appelle à leur sens des responsabilités.Q.\t- « Ce que tu es parle si fort », comme dirait l\u2019autre.J\u2019imagine que la vie sociale constitue dans son ensemble un lieu privilégié d\u2019apostolat.R.\t- Oui, la vie sociale marquée au coin de la justice et de la charité.« Quand les chrétiens ne sont pas justes dans la vie sociale, faisait remarquer saint Augustin, ils ont blasphémé le nom de Dieu.» Q.- Maintenant nous parleriez-vous du rôle de vos mouvements d\u2019apostolat proprement dits?66 Jardin d\u2019enfants de Pucallpa dirigé par une missionnaire laïque canadienne, Mlle Beaudoin.CEO w- ____ VZmSiÉÊ&S «MM MH» 111 ^21:; R.-Leur rôle est double: organiser le témoignage collectif des laïcs entre eux et unir les groupes formés à la hiérarchie en vue de les constituer apostolat d\u2019Eglise, sans compter que, pour les laïcs, le «\tfait de se grouper assure leur montée spirituelle, tant il est vrai que celui qui reste seul demeure stationnaire.Q.\t- Vos laïcs sont-ils appelés à dialoguer avec la hiérarchie ?R.\t- Ils y sont fortement invités pour une participation plus intense à la vie de l\u2019Eglise.Q.\t- On dit que dans l'Eglise du XXe siècle, les communications doivent s'effectuer dans les deux sens : de haut en bas et de bas en haut.Etes-vous de cet avis ?R.\t« Certainement.A Pucallpa, comme partout ailleurs dans l\u2019Eglise, nous avons besoin d\u2019une pastorale réalisée plus en commun avec la mise en action d\u2019un double mouvement: de haut en bas, tout d\u2019abord, car il n\u2019y a pas d\u2019évangélisation authentique en dehors de la hiérarchie; mais si tout apostolat dépend de l\u2019évêque, celui-ci doit être informé des 67 besoins de son diocèse ou de son vicariat, aussi accepte-t-il avec bienveillance les suggestions de ses subordonnés.Q.\t- Nous sommes responsables chacun à notre rang de la bonne marche de toute la société chrétienne dont nous faisons partie.Dans votre vicariat, vers quelle orientation les efforts de pastorale doivent-ils être dirigés pour être efficaces?R.\t-Ces efforts doivent être mobilisés non unique- ment sur des décrets universels mais encore sur l\u2019observation objective des faits sociaux particuliers, sur ces « phénomènes de milieux et de groupes qui composent le visage humain d\u2019un catholicisme local.» Q.\t- La sociologie s'intégre donc à votre apostolat.Comment travaillez-vous sur les faits sociaux?R.\t- Il s\u2019agit tout d\u2019abord de les découvrir par une attention habituelle aux gens et à leurs mœurs, de les noter exactement.Puis vient le moment de la Le Père Gérard Côté, p.m.é., à la porte de son église après une catéchèse aux jeunes.¦i.[Bfiwi jmmrn .-T-*#/ v-r*-'.'-? réflexion et de la discussion en équipe des renseignements recueillis.Par exemple, nous avons observé qu\u2019à Pucallpa le foyer est fragile.Nous en avons recherché la cause, en l\u2019occurrence, le manque de vie familiale dû à un agencement inadéquat des maisons et à une absence du sens des responsabilités.Q.\t- Les solutions?R.\t- Aux autorités civiles reviendrait la construction de logis salubres et attrayants.Quant à nous, de concert avec tous les éducateurs, nous tâchons de rendre nos gens responsables.Ceci avec une persévérance journalière à l\u2019école ou à l\u2019occasion de contacts individuels.Le dimanche, la prédication vise au même but.Q.\t- Quelle est votre attitude pratique vis-à-vis vos militants de l'Action catholique dans ce genre de campagne ?R.\t- Nous leur demandons de prendre des initiatives avec le droit que cela comporte, je veux dire le droit de se tromper.Voyez-vous, nous devons nous-mêmes nous montrer fidèles à nos compromis, ne pas nous contenter uniquement de prêcher.Nous devons nous demander si en toute notre activité nous sommes d\u2019humbles servantes du Seigneur.La qualité pastorale de notre action est notre fidélité même.Q - Pourriez-vous nous tracer un aperçu de la formation spirituelle donnée à vos laïques?R.- Nous nous formons ensemble à la pauvreté évangélique.Ne sommes-nous pas tous pauvres devant le Seigneur: sans Lui nous ne pouvons rien faire.Avec ceux qui sont satisfaits d\u2019eux-mêmes, comment aller de l\u2019avant ?Mais, par contre, ceux qui s\u2019inquiètent de ne pas être assez chrétiens deviennent les meilleurs collaborateurs à la grâce divine.Avec ceux-là nous suivons le programme tracé par Jésus dans l\u2019Evangile.Avant d\u2019aborder le sujet piété, nous nous intéressons à leur situation familiale et professionnelle.Puis, au lieu d\u2019un flot de paroles.tous à l\u2019œuvre! Q.\t- Vous ne négligez pas de partir des faits humains.R.\t- Non.Et à l\u2019occasion des difficultés rencontrées, nous nous employons à faire découvrir à nos militants quelles sont dans leur vie les exigences de la foi, de l\u2019espérance et de la charité.Nous leur apprenons à compter sur le secours de Dieu pour opérer des changements notables de mentalité dans leur milieu.Tout ceci dans un climat d\u2019optimisme chrétien, même devant les échecs qui, somme toute, ne sont jamais des faillites complètes.Q.\t- Cette façon de méditer sur nos limites ouvre les cœurs à la prière authentique, n'est-ce pas?R.\t- Oui.Ils en ressentent la nécessité de même que le besoin de recourir aux sacrements.Q.\t- Au Concile, on a affirmé que la liturgie est la première école de vie spirituelle.R.\t-Oui.C\u2019est le Christ vivant en nous par son action sacramentelle, par son Eucharistie.Pie X demandait « une participation active aux saints mystères » et Pie XI proclamait l\u2019efficacité des solennités liturgiques « pour pénétrer le peuple des vérités de la foi ».Q.\t- Quel avantage précis y souhaitez-vous pour Pucallpa?R.\t- Un moyen d\u2019éducation par excellence grâce à la profonde rénovation liturgique, car la célébration des saints mystères conduit à la transformation des gens: les disciples d\u2019Emmaus sentirent leurs cœurs brûlants pendant que le Seigneur leur parlait.Alors disparaîtront, nous l\u2019espérons, les superstitions et les dévotions sentimentales.Q.\t-La vie liturgique, comment la concevez-vous?R.\t- Elle consiste en la remise du message et en une conversion continue: on écoute le Seigneur et ensuite on le suit en son Eucharistie.C\u2019est la prière de l\u2019Eglise qui nous permet d\u2019intégrer notre vie personnelle à celle du Christ mort et ressuscité.Q.\t- 7os fidèles sont-ils prêts à participer ainsi aux mystères liturgiques?R.\t- Ils devront apprendre à être actifs, d\u2019une activité intelligente jaillie du cœur.Notre attitude spirituelle par notre vie avec le Seigneur sera toujours la meilleure formule éducatrice.Q.\t- Le Saint-Esprit est de toute évidence l'âme de tout le renouveau auquel nous assistons dans l'Eglise.Je suppose que de tous temps il l'a été de l'évangélisation.R.\t- Bien sûr.Deux moteurs existent dans l\u2019Eglise missionnaire, lesquels sont permanents et fondamentaux: la hiérarchie et les dons du Saint-Esprit.Q.\t-La hiérarchie?R.\t- Oui.Plus prédisément, l\u2019évêque dans son diocèse ou son vicariat à qui est dévolue la mission apostolique, à l\u2019instar des apôtres: « Comme mon Père m\u2019a envoyé, moi aussi je vous envoie.» Aucune parole de l\u2019Ecriture n\u2019est d\u2019interprétation indivi- 69 \u2014\t'-e ¦< i cï ^ > *v ' V < >\u201c».* Rue de Pucailpa.L\u2019habitation est le problème numéro 1 de la ville.duelle, il en va ainsi de notre apostolat.Nous sommes les mandatés de l\u2019évêque, nous agissons sous sa direction.Q.\t- Et pour clore notre entretien, voulez-vous résumer l'action de VEsprit-Saint dans l'œuvre apostolique?R.\t- Le Saint-Esprit intervient par les divers dons qu\u2019il dispense à qui II veut et comme II veut.Il peut parler par une moniale, par un laïc, par un enfant.Nous ne savons pas par qui II se fera entendre.Il s\u2019agit d\u2019être aux écoutes de cette Voix qui nous instruit de l\u2019extérieur par les autres.La plupart de nos dialogues ne sont-ils pas bien souvent des monologues juxtaposés: entrons-nous dans la pensée de notre interlocuteur?Ne défendons- 70 nous pas plutôt nos positions ?Q.\t- Par conséquent, quelle attitude à préconiser?R.\t- Une attitude de respect pour le peuple chez qui nous travaillons.Tâcher de le comprendre, lui faire confiance, entrer avec lui dans ses propres institutions en vue de les informer, de les orienter, tout en nous renseignant nous-mêmes.Car nous avons quelque chose à recevoir de lui.Il y a enrichissement réciproque.Le prêtre péruvien qui prêcha notre retraite de 1965 nous disait: « Avant d\u2019évangéliser, il faut être grandement évangélisé ».Et il a raison: les gens nous font souvent la leçon.Nous avons beaucoup à apprendre et à recevoir des gens.71 JAPON Le flON ou ma par Sœur Anna- Dans les circonstances solennelles: mariage, fur deux sexes et de n\u2019importe quel âge portent le kimoi noire a pour unique ornement le mon ou marque de minés: au milieu du dos, de chaque côté de la poitrin motif décoratif toujours interprété en blanc et noir < D\u2019après la tradition historique du Japon, l\u2019usag cipales: le sens de l\u2019esthétique de l\u2019habit chez le kug 1185), et l\u2019esprit pratique du samouraï ou classe gue Fiers de leur illustre lignée, les nobles ou kuge fii à leurs vêtements, à leurs voitures, à leurs effets pe symboles sur leurs étendards, leurs tentes et leurs an Au cours du douzième siècle, alors que s\u2019entrech Genji et Heike, les samouraïs adoptèrent eux aussi le et plutôt comme signes distinctifs de leurs bataillons A [tl)j O) A A A \u201cque de famille ia-Mariel, m.i.c.funérailles ou réceptions d\u2019apparat, les Japonais, des aono de cérémonie kmomonstuki.Ce kimono de soie de famille laquelle se retrouve à cinq endroits déterrine, sur le bord des manches.Le mon consiste en un ir et qui est l\u2019apanage d\u2019une famille particulière.sage de ces armoiries provient de deux sources prin-uge ou noblesse de la cour à l\u2019époque de Heian (794-;uerrière durant la période de Kamakura (1185-1333).firent choix de motifs singuliers qu\u2019ils appliquèrent personnels.En temps de guerre, ils affichèrent ces armes, afin de se distinguer des autres clans.choquaient les armes de deux clans rivaux puissants, le mon mais d\u2019un style plus sobre que celui du kuge, ans et de leur régiment.1 Jeanne Roy, Pain-Court, Ont.*7' 'r i Vers la fin du quatorzième siècle, toutes les familles quelque peu influentes, qiême celles vivant en milieu rural, choisirent leurs propres armoiries.Certains mon évoquèrent d\u2019une manière suggestive, parfois assez précise, le nom de famille lui-même.D\u2019autres n\u2019étaient que des signes symboliques comme le pin, le héron, la tortue, etc.D\u2019autres encore semblaient se rattacher à tel ou tel épisode de l\u2019histoire auquel avait été mêlé un ancêtre.Le mon se répandit davantage durant la période de Edo (1615-1868).C\u2019est alors que les acteurs et les comédiens en firent usage et qu\u2019on s\u2019en servit comme thème de chansons populaires et de poèmes satiriques, le senryu par exemple.A mesure que le mon acquit de la vogue, l\u2019importance qu\u2019on attachait au début à sa signification symbolique diminua; l\u2019on visa à une toute autre fin: l\u2019art décoratif.On en vint à des rivalités pour une plus grande variété et pour plus de gaieté.Si l\u2019on s\u2019en rapporte à l\u2019ouvrage de M.Keiichi Takasawa, intitulé Kimono, il existe environ 400 catégories de mon et plus de 3,000 modèles, lesquels en général représentent des fleurs, des feuilles, des animaux et des dessins linéaires: la flèche, l\u2019éventail, le sabre.Plusieurs sont à base de figures géométriques ou d\u2019un style conventionnel.Bien que le mon ait subi beaucoup de modifications à travers les âges, son sens primitif demeure.Il est l\u2019expression par excellence de l\u2019art japonais caractérisé par sa simplicité et sa clarté.C\u2019est là sans doute une des principales raisons de la survivance de ces armoiries de famille toujours à la mode. L\u2019EGLISE VOUS RECLAME A HONG KONG J/' ~***ltu \\ -''V' J I i.m\til\u2014il 111 II 11 I Une merveille de l\u2019apostolat à Hong Kong: la Légion de Marie.< imr.n».»)» iîlll >.*!» iJliilU ila» ; r fl?Ki'i tm h Ai jl « L\u2019Eglise vous réclame à Hong Kong.» Paroles exaltantes pour une missionnaire et fille de l\u2019Eglise.Depuis qu\u2019elles me furent adressées, je n\u2019ai cessé de les peser, de les méditer.J\u2019ai dit « paroles exaltantes », oui, mais n\u2019impliquent-elles pas aussi une profonde exigence?A l\u2019instant même, je compris que le Seigneur m\u2019attendait ici, à Hong Kong, pour travailler auprès des jeunes filles chinoises et les guider à lui, le Christ.Tâche pas toujours facile! Bien sûr, il m\u2019accordera sa grâce; d\u2019ailleurs il l\u2019a toujours fait.Pour m\u2019en convaincre je n\u2019ai qu\u2019à regarder avec un peu d\u2019attention le bout de route déjà parcouru: j\u2019ai d\u2019abord enseigné la grammaire anglaise ou la phonétique tantôt aux jeunes novices, tantôt aux futures missionnaires ou aux missionnaires en congé; ensuite je fus appelée auprès des petits de la maternelle.Je n\u2019ignorais pas que le destin de l\u2019homme se joue sur la carte de son 75 enfance; je croyais aussi qu\u2019agir sur l\u2019enfant, c\u2019est agir sur l\u2019homme.Dieu sait les inquiétudes et les joies que j\u2019ai partagées avec eux! En pensant à ces charmants élèves, c\u2019est sans ironie que j\u2019évoque les années lointaines de cette période balbutiante.Je me souviens de Bernard qui, depuis, s\u2019est livré à Dieu dans le sacerdoce.Un jour,\u2014 je le vois encore se précipiter sur moi \u2014, il me dit en bégayant: « Ma sœur, j.j\u2019ai rencontré Dieu dans le corridor.» Quelle peine j\u2019eus à lui faire comprendre que la longue barbe du missionnaire rencontré ne l\u2019identifiait pas à Dieu le Père.Comment ne pas me rappeler Pablo qui timidement me demandait: « Es-tu la femme du Père Noël?.Peut-on jamais oublier aussi une demande « Je suis créé pour faire quelque chose que personne d\u2019autres ne pourrait faire; j\u2019ai une place dans les desseins de Dieu.que personne d\u2019autres ne peut occuper.» C\u2019est cela que les missionnaires enseignent à la Jeunesse de Kowloon, tout en enseignant l\u2019anglais.L\u2019école secondaire Mount Qood Hope accrochée 'à S **1 1 M 76 en mariage?Titus, bambin de cinq ans, semblait un prétendant assez sérieux jusqu\u2019au jour où il rencontra « celle que son cœur aime ».Combien précaire l\u2019amour humain!.Estrella, ce petit être délicieux comme son nom, possédait une âme d\u2019artiste.Elle aimait citer ce vers de Keats, son auteur préféré: « A thing of beauty is a joy forever.» Plus tard elle devint amoureuse de la Beauté Incréée et échan- } à la montagne de Kowloon appelée Le Pic.¦Kl: gea ses longues nattes noires contre le voile de la religieuse missionnaire.A côté d\u2019elle, il y avait Marie, la petite protestante un peu fanatique; après une leçon de religion, Marie courut chez la directrice^ pour savoir « si Sœur Thérèse enseignait bien la vérité.» Sa soif de la vérité ne s\u2019étancha que lorsqu\u2019elle eut connu la Lumière Véritable.Enfin, je me souviens de tous ces enfants avides d\u2019entendre l\u2019histoire « toujours ancienne et toujours nouvelle » de Jésus, enfant comme eux.Existe'-t-il une tâche plus belle que celle de faire grandir l\u2019homme en même temps que le fils adoptif de Dieu ?Il m\u2019est impossible d\u2019évoquer cette période déjà quelque peu reculée sans promener un regard affectueux sur tous ces jeunes ménages qui, aujourd\u2019hui, m\u2019appellent « Nenang » (marraine) et même « grand-mère » à mesure que les berceaux se multiplient.Cette vieille chanson: « Darling, you are growing old, Silver strands among the gold.» roule dans ma tête alors que je suis à la veille de fêter mon jubilé d\u2019argent de profession religieuse.Mais il faut que je m\u2019arrête; chacun de ces menus incidents en fait jaillir un autre dans mon esprit.Je voudrais pourtant en ajouter de plus récents, car c\u2019est à Hong Kong que le Seigneur me réservait les plus grandes joies apostoliques.Le contact avec de jeunes baptisées me procure des expériences nouvelles et parfois bouleversantes.Quand je me prends à les considérer, je saisis la fraîcheur d\u2019un regard neuf: Dieu est pour elles merveilleux, le Christ les a sauvées, l\u2019Evangile est une Parole de Dieu qui fouette leur désir de perfection.Par contre, elles s\u2019aperçoivent qu\u2019elles se trouvent au seuil d\u2019une vie nouvelle où il faudra beaucoup lutter pour être fidèles.Est-il nécessaire de souligner ici combien il est important de soutenir leur effort par une amitié qui accueille, qui aide, qui rassérène?Devenir cette amie, voilà ma mission.J\u2019aime à relire ce passage de Newman: Nous sommes tous créés pour Sa gloire (la gloire de Dieu).nous sommes créés pour faire sa volonté.Je suis créé pour faire quelque chose que personne d\u2019autres ne pourrait faire; j\u2019ai une place dans les desseins de Dieu, dans le monde de Dieu, que personne d\u2019autres ne peut occuper.j\u2019ai une mission .je puis ne jamais la connaître en cette vie mais je l\u2019apprendrai dans l\u2019éternité.Qu\u2019importe le genre de travail, je suis persuadée que l\u2019enseignement de l\u2019analyse grammaticale ou de la composition, ou de la littérature va bien au delà de ces simples mots.Biao Lan passait dernièrement cette réflexion: « En nous présentant la conjugaison des verbes, vous avez su nous inculquer les grands dogmes de notre religion ».Biao Lan poursuit ses études en Sciences à Fordham.C\u2019est toujours avec beaucoup d\u2019humilité et de respect que je rhe rappelle aussi les témoignages recueillis chez mes grandes.Fanny, par exemple, qui admettait ouvertement: « Il y a cinq ans, à Shanghaï, je n\u2019avais jamais entendu parler de Dieu.Je ne savais même pas qu\u2019il existait.et dire qu\u2019au-jourd\u2019hui je suis son enfant! » Hier encore elle communiait à un idéal matérialiste.Pour Bessie, l\u2019Eucharistie demeure une énigme.Cécilia, baptisée secrètement avec ses sœurs, en instruit d\u2019autres en esprit de reconnaissance.Margaret, attirée à la vie religieuse, reste perplexe devant cette chose mystérieuse.Vivian vibre à la parole des grands mystiques.N avens surmonte tous les obstacles afin de conduire le prêtre auprès de sa grand-mère mourante.Yvonne a finalement échangé l\u2019offrande traditionnelle faite à Bouddha contre l\u2019assistance à la messe pour réussir ses examens.Susan désire ardemment le baptême mais doit attendre le consentement de ses parents.Eliza, bien que non-baptisée, développe avec l\u2019ardeur d\u2019un théologien le thème souvent discuté: la divinité dm Christ.Une autre Cécile, fervente apôtre de la Légion de Marie, assistait à la dernière messe de l\u2019évêque de Shanghaï alors que les communistes attendaient son Ite Missa est.Que penser aussi du témoignage rendu par nos professeurs laïques ?Une non-catholique, après une lecture attentive de la Bible, posait cette question : « Sœur Thérèse, tout cela est-il vrai ?» Une autre, catéchumène, se montre « surprise qu\u2019une femme chinoise puisse éprouver du bonheur à être chrétienne ».Et finalement, Angéline, mon aide à la bibliothèque, est tout émerveillée d\u2019apprendre que ma famille entière est catholique depuis toujours! A travers ces témoignages, ne découvre-t-on pas une Eglise du silence dont la foi persévère et grandit au milieu de mille difficultés?Ceci m\u2019amène donc à conclure que le Christ veut me rendre attentive à tout ce qui peut donner à ma vie une plénitude à chaque instant totale, toujours neuve, sans routine monotone.Soit que je dirige un præsidium, soit que j\u2019enseigne l\u2019anglais ou la littérature, je suis sûre de répondre de toute mon âme à cette parole exaltante dans son exigence même: « L\u2019Eglise vous réclame à Hong Kong! » Sœur Thérèse LeBlanc, m.i.c.(Moncton, N.B.) 78 MATI, ILES PHILIPPINES LETTRE OUVERTE A UNE COLLEGIENNE Bonjour Claire! Enfin j\u2019ai reçu ta lettre.Les lignes que tu m\u2019adresses font chaud au cœur.Tu me dis: « Ce dont je suis certaine, c\u2019est que je veux travailler avec les enfants; surtout faire quelque chose pour les autres.» Ta volonté de servir exige une solution concrète: « Quelle forme de service adopter?Dans quelle direction m\u2019engager ?» Vie laïque, vie religieuse, voilà les deux pôles entre lesquels, peut-être, ton âme oscille.Un choix s\u2019impose, mais pour choisir il faut connaître.Aujourd\u2019hui, regardons ensemble la vocation religieuse.Ne crains pas: parler de ce sujet ne t\u2019amè- nera pas nécessairement au seuil du cloître! Non, ça t\u2019apportera seulement plus de lumière.Des jeunes comme toi se posent la question: « Comment Dieu ap-pelle-t-il ?» Nous sommes tous d\u2019accord; ce serait tellement plus simple si Dieu venait nous taper sur l\u2019épaule pour nous avertir qu\u2019il nous veut à son service.Bien sûr, il arrive parfois qu\u2019une sorte de touche divine s\u2019abat sur une âme au moment où elle s\u2019y attend le moins.C\u2019est le coup de foudre de Dieu! Mais ordinairement l\u2019appel se manifeste plutôt à la manière d\u2019une insinuation progressive.Par exemple, il met au cœur un vif désir de se dévouer auprès des enfants, de servir l\u2019humanité et de l\u2019arracher à sa misère matérielle et spirituelle.Il faut être très attentive, car peut-on voir le signe de Dieu si on ne regarde jamais du côté d\u2019où part l\u2019appel.Si tu as lu des ouvrages sur la vie religieuse, tu as sans doute appris quelques marques de la vocation.Parmi ces marques tu as trouvé: appel, aptitudes, difficultés.J\u2019espère que tu n\u2019adopteras pas le critère de la difficulté.Aux yeux de plusieurs ce qui fonde le mérite de la vie religieuse, c\u2019est la quantité de sacrifices qu\u2019elle comporte.Erreur.Alors on n\u2019envisage que 79 Inauguration du terrain des sports du collège de Mati.Sr Sainte-Patricia au moment de couper le ruban traditionnel. l\u2019ordre terrestre et la force de caractère des personnes, tandis qu\u2019il s\u2019agit surtout d\u2019un engagement selon ses aptitudes, ses attraits et les indications providentielles.La vie religieuse c\u2019est une réalité à la fois mystérieuse et simple.Ça t\u2019intéresserait d\u2019avoir mes impressions sur ma vocation missionnaire?Un jour, j\u2019ai pensé sérieusement que si vraiment Jésus-Christ était mort pour moi personnellement (tu comprends ça, Dieu est mort pour moi, pour toi, pour chacun de nous!) j\u2019ai pensé que si vraiment cela était, eh bien! je serais moins chic de ne pas lui donner tout.Il avait soif de moi; il avait même tellement besoin de moi qu\u2019il me demandait de devenir son épouse, de lui vouer, pour l\u2019enrichir, toutes mes potentialités profondes, et ça il l\u2019exprimait en termes d\u2019exigence: « Donne-moi ta tête, ton cœur et tes mains pour m\u2019aider à sauver le monde! » Vois-tu, quand j\u2019ai eu bien réfléchi à cela, je ne pouvais plus me refuser.Songe! Il avait besoin de moi, il me désirait, et je ne lui aurais pas tout donné ?Alors, j\u2019ai répondu, oui.Il y a vingt-cinq ans de cela; ça m\u2019a paru un jour.Claudel avait bien raison de dire: « 11 n\u2019y a pas d\u2019autre bonheur que de donner son plein.» Depuis seize ans, je travaille avec des centaines et des centaines de jeunes Philippines.Je cherche d\u2019abord à être proche d\u2019elles, de leur vie telle qu\u2019elle est, dans une présence d\u2019amitié.Je tâche de développer chez elles le sens des responsabilités.J\u2019essaie d\u2019être surtout attentive à leur vie avec les autres.C\u2019est ainsi que tout le problème des rapports entre garçons et filles est abordé.Alors, je m\u2019intéresse également aux grands du collège.Mais il ne faudrait pas croire qu\u2019avec eux il n\u2019y a que des problèmes à résoudre ou des choses sérieuses à discuter, non, il y a aussi les fiestas à préparer, les excursions à organiser, les jeux à animer.Enfin, je dois Le « service avec le sourire » de la bibliothécaire du collège Sr Cécile-des-Anges (Cécile Kirouac, Bristol, Conn.).s V\u2019 if ¦y v,>\u2019 * - 1 contacter les parents et leurs petits, les pauvres et les malades.Tous m\u2019attirent parce que ma mission c\u2019est justement d\u2019apporter à tous les hommes la joie de la Rédemption.81 Je t\u2019avoue que les richesses découvertes dans la vie de mes jeunes est souvent le point de départ d\u2019une prière authentique de contemplation.Un regard sur leurs difficultés n\u2019oriente-t-il pas vers un cri de confiance qui rejoint celui des psaumes?Et ces contacts ne m\u2019amènent-ils pas à une communion plus vraie avec le monde et avec le Christ ?Voilà un peu en quoi consiste ma vie missionnaire.Tous les jours, je chante ma reconnaissance au Seigneur qui me permet de participer à la mission même de l\u2019Eglise.Bien que je ressente vive- ment mes limites dans l\u2019accomplissement d\u2019une œuvre belle et divine, je compte cependant sur des cœurs généreux, des cœurs prêts à me seconder dans ma mission.Qui sait, un jour, peut-être, seras-tu parmi la relève?Tu le reconnais: la vie missionnaire comme la vie laïque se présente comme une œuvre d\u2019amour.Ce qui importe pour toi, c\u2019est de choisir non pas la plus grande vie en soi, mais la vie que Dieu veut pour toi.La mesure de ta fidélité à ta vocation sera l\u2019étalon de ta grandeur.Goûte avec moi cette pensée profonde de Rainer Maria Rilke: Le collège de Mati.Il y a quinze ans, il commençait avec quelques classes pri~ maires.Aujourd\u2019hui ilcou= vre le secondaire et le collège.« Le moins que nous puissions faire, c\u2019est de pas plus résister à Dieu que ne résiste la terre au printemps quand il vient.» Excuse-moi, j\u2019ai été un peu longue.Tiens-moi au courant de tes activités, ça m\u2019intéresse.Sœur Sainte-Patricia, m.i.c.(Patricia Blanchet, Southbridge, Mass.) ë 1 V NKATA BAY, MALAWI VOYAGE D\u2019ŒCUMENISME par Sœur Suzanne Lachapelle1, m.i.c.4J !'Jii*.Vx***-.- Œcuménisme: synonyme de rapprochement, d\u2019unité, de fraternité.Compétition: synonyme de défi, de challenge, de rivalité.On ne saurait imaginer de contraste plus marqué que celui de fraternité et de rivalité.Et pourtant les compétitions de basket-ball et de football, en honneur au Malawi, permettent aux étudiants catholiques et protestants de se rencontrer.C\u2019est ainsi que des équipes de Nkata Bay ont fait un voyage à la fois œcuménique et sportif à Likoma, petite île du lac Malawi.1 Montréal 83 Chargée des sports à l\u2019école Sainte-Maria-Goretti, je fus désignée à l\u2019unanimité pour accompagner nos élèves; Sœur Gisèle Legris1 et Miss Rose Mary Nyirongo, institutrice, se joignirent à nous ainsi que les équipes de football de l\u2019école Saint-Augustin.De Likoma nous savions très peu de choses: île pauvre et aux arbres rares, de cinq milles de longueur sur trois de largeur; paroisse anglicane avec en tête un évêque africain, le révérend Josiah Mtekateka.Le samedi, veille du départ, notre évêque Mgr J.-L.Jobidon, p.b., nous rend visite.Il se montre enchanté du projet, car il garde un très bon souvenir de son séjour à Likoma où il a représenté l\u2019Eglise catholique lors de la consécration de l\u2019évêque anglican.De son côté notre curé, le Père Jean Van der Pol, p.b., nous accorde toutes les dispenses nécessaires.Puisque nous partagerons avec nos élèves leur menu ordinaire, sima et poisson, le lunch est vite préparé; juste un supplément de bananes et de lait en poudre.L\u2019Ilala II doit lever l\u2019ancre vers les 6 heures du matin.L\u2019institutrice et les jeunes y passent donc la nuit.Nous qui sommes restées au couvent allons les retrouver dès l\u2019aube.Une fois au port, c\u2019est avec un frisson de crainte que je franchis la passerelle, et mon cœur se serre un peu quand le navire s\u2019éloigne du quai.Malgré le bruit régulier des moteurs et le va-et-vient des nouveaux arrivés, les 250 personnes entassées sur le plancher du pont à travers les bagages dorment profondément sous des couvertures multicolores qui les protègent du vent froid.Outre les passagers le bateau transporte une cargaison de poches de farine, fagots de bois, maïs, etc.Il nous faut enjamber gens et choses avant de rejoindre notre équipe installée dans la cale.Des exclamations de joie signalent notre présence aux plus endormies.A peine sommes-nous assises sur des chaises de fortune que le capitaine nous invite, à notre grande surprise, à monter sur le pont supérieur et nous offre la clé d\u2019une cabine de luxe.Il y a méprise: nous n\u2019avons aucune réservation.Il nous permet alors de rester sur le deuxième pont moins encombré.Nous voguons doucement sur les eaux moirées du lac Malawi et il en sera ainsi pour les 43 milles qui nous séparent de Likoma.Tout autour, c\u2019est la splendeur bleue et sereine du ciel et du lac, splendeur qui évoque à mon esprit cette parole du Christ: « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix.» Quel sujet pour ma méditation! LMlala II assure le service sur le lac Malawi, les premiers missionnaires de l\u2019Eglise réformée ¦¦¦¦¦ gprs; 84 1Saint-Vincent-de-Paul Il a remplacé le célèbre llala I transporté d\u2019Ecosse et assemblé sur place, au siècle dernier, par d\u2019Ecosse.Ce nom llala rappelle le pays Lala où mourut David Livingstone.»\t\"\u201c\u2022Xk'*»» v\t¦ Il a remplacé le célèbre llala I transporté d\u2019Ecosse et assemblé sur place, au siècle dernier, par 1 \u2019 \u2022' h-'V.Æ#*- 4 fi f; 85 Sr Legris et Sr Lachapelle accueillies à Likoma par le révérend J.Parslow et des membres du Peace Corps.> t ^ Après trois heures de navigation apparaît l\u2019île.L\u2019Ilala approche très lentement et jette l\u2019ancre au large.Trois Africains descendent la première chaloupe à l\u2019aide de poulies et de câbles tandis qu\u2019un quatrième prépare le moteur.Ce n\u2019est qu\u2019au moment où l\u2019embarcation suspendue dans l\u2019espace s\u2019immobilise au niveau du deuxième pont que je réalise qu\u2019il me faudra sauter le garde-fou.Je n\u2019ai pas le choix.Sans hésiter je passe par-dessus bord et Sœur Gisèle Legris fait de même.Nous nous sentons glisser le long de la paroi du navire, aux applaudissements et aux rires des jeunes qui s\u2019amusent de nous voir ainsi balancés entre ciel et mer.Quelques minutes plus tard nous abordons une berge argileuse.Tous les gens de l\u2019île, près de 500 personnes, sont là pour nous recevoir.Spectacle unique dans l\u2019histoire de Likoma que cette arrivée en chaloupe de quatre Africains et de deux religieuses! Pendant que nous saluons les notables de l\u2019île, les membres de l\u2019équipage retournent chercher les autres passagers, les ramenant par groupe d\u2019une vingtaine chaque fois.On nous a sûrement accordé un traitement de faveur! Tout le monde est bien gentil, mais ici on parle le cinyanja, dialecte très différent de notre citumbuka.Heureusement qu\u2019on nous présente les professeurs qui eux conversent en anglais.La foule se disperse; il ne reste plus que deux Américains et un Anglais, membres du Peace Corps, et le ministre anglican européen, Father J.Parslow.86 L'équipe gagnante de l\u2019école Sainte-Maria-Goretti de Nkata Bay.\t ,7-1 1 .1 ;».% 'J.¦V %» '* / \" ' Jf.W' f «\u2022 '% 1 .1 A, t- y - HH Ce dernier nous prête une maisonnette autrefois habitée par des compatriotes.Son accueil est empreint de bonté, de respect et d\u2019esprit œcuménique.Nous prenons nos repas chez lui et sommes très à l\u2019aise dans ce réfectoire de communauté: service à l\u2019anglaise, thé servi au salon.Le lendemain, fête de saint Pierre, patronale de la paroisse.A cette occasion il y a un service solennel célébré par l\u2019évêque anglican assisté d\u2019un diacre et d\u2019un sous-diacre.L\u2019on nous remet un livre de prières et l\u2019on nous assigne des places dans le chœur.Au premier coup d\u2019œil les rites liturgiques ressemblent aux nôtres à s\u2019y méprendre: encensement, baiser de paix, gloria, credo, sanctus, élévation, Agnus Dei.Cependant la consécration comporte une différence essentielle: l\u2019absence de la Présence réelle.L\u2019officiant ne fait qu\u2019apprêter le repas du Seigneur, simple mémorial de la Cène.Aussi, à la communion, il ne nous était pas permis de partager la table de nos frères chrétiens qui nous accueillaient pourtant avec une si belle charité.Jamais nous n\u2019avons ressenti aussi profondément la blessure de la séparation des Eglises.Les festivités religieuses terminées, l\u2019on nous régale de danses et de chants folkloriques accompagnés de tambour.Vers 1 h.30, le dîner est servi aux invités dans une hutte africaine.Le menu consiste en sima, mets national, et poisson bouilli; pour dessert, gâteau non levé avec flan.Les jours suivants, nous assistons aux compétitions de basket-ball et de football.Les équipes de Nkata Bay rencontrent les équipes de la paroisse Saint Peter et de ses succursales Yofu et Nkwozi.Après une lutte des plus chaudes, surtout au football, Nkata Bay l\u2019emporte sur Likoma.Cependant aucun trophée ne souligne la victoire: les trophées sont attribués lors des compétitions interscolaires organisées au plan du district.Le dernier jour, je passe la matinée sur la plage.Comme une lame de couteau, le lac découpe net la ligne d\u2019horizon.Au-dessus de cette bande bleu sombre, les montagnes du Tanzania et de la Mozambique s\u2019élèvent rose tendre dans un ciel vert, vaporeux.Bientôt la plage s\u2019anime.Je regarde, j\u2019observe, j\u2019engage même le dialogue avec une maman venue pour le bain des enfants.Un peu plus loin, une autre s\u2019adonne à sa lessive; un groupe de- pêcheurs réparent leurs filets ou vendent le produit de leur pêche nocturne.Plénitude des menus rites quotidiens redevenus soudain évangéliques à mes yeux.Nous nous embarquons à regret sur le coup du midi et mettons le cap sur Nkata Bay.Le retour est assez mouvementé, et nous goûtons à une tempête sur le lac.Les eaux en furie nous ballottent d\u2019un côté à l\u2019autre du navire et nous procurent l\u2019expérience du mal de mer.Malgré cette fin houleuse, notre voyage d\u2019œcuménisme demeure pour nous un événement unique: il a intensifié en nos âmes la souffrance de la division des chrétiens et la nostalgie de l\u2019unité.1 ¦îm;.fi y p &j* - 88 *?¦ ¦¦** Æ KARONGA, MALAWI par Sœur Henriette Sylvestre', m.i.c.Ce n\u2019est pas la recette d\u2019un banana split que je vous propose.Il s\u2019agit d\u2019observations personnelles faites incidemment au pays des bananes.Les premières pluies venaient de tomber sur l\u2019incandescent Karonga.L\u2019atmosphère sensiblement rafraîchie et la brise agréable comme le remous d\u2019un éventail invitaient à la marche.Je partis donc en compagnie de mon aide-infirmière africaine visiter certains patients du dispensaire rentrés à leurs villages.Non loin de l\u2019agglomération paroissiale, nous avions à traverser une bananeraie.C\u2019est là que commencèrent mes réflexions aux bananes.Les longues feuilles majestueuses s\u2019inclinaient en parasol au-dessus de nos têtes.Un homme, avec sa hache, venait de coucher par terre un plant haut de vingt-quatre pieds.Curieuse, je m\u2019approchai pour examiner le tronc d\u2019environ 13 pouces de diamètre: il n\u2019était pas de bois mais d\u2019une substance spongieuse.\u2014\tPourquoi avez-vous abattu ce bananier, dis-je?Un peu étonné de ma question, l\u2019homme répondit: \u2014\tChaque bananier ne produit qu\u2019un régime.Dès que les bananes sont mûres, il faut enlever le tronc inutile pour que la sève nourrisse les jeunes pousses.Regardez.En effet, autour de la tige tombée, se dressaient neuf petites pousses.\u2014\tMais d\u2019où vient la graine ?Voyant mon ignorance, mon interlocuteur m\u2019expliqua le mystère de la bananeraie.\u2014\tCe plant, fit-il, comptait parmi les plus hauts.1 Montréal-Nord 89 Jardin africain.Devant le rideau de la bananeraie, les rangées de « skawa » ou arachides.-Vi ' V'- imm .- \u2022 ;' 3{ w1 \u2022W%.\u201c : rrsi \u2018A i ' r.'\u2019^ * riv \u2022¦' ï-CV'\u2019 »'V.' tVATS -MkfC J \u2022& vr ¦****& WT '*r *&r des hommes dans le travail quotidien.Suivent les aliments substantiels, une deuxième coupe et le pain azyme que notre bien-aimée Supérieure générale, qui préside aux agapes fraternelles, distribue à chacune des tables.Nos âmes se nourrissent en même temps des commentaires lesquels, au milieu d\u2019une atmosphère de silence et de recueillement, préparent au banquet eucharistique dont ce repas n\u2019est qu\u2019une simple figure.L\u2019action de grâces chantée, toutes les voix s\u2019unissent encore pour supplier Dieu d\u2019accorder au genre humain « l\u2019unité des esprits dans la vérité et l\u2019union des cœurs dans la charité » avant de se diriger à la chapelle pour 1\u2019office.7 h.30: c\u2019est maintenant, que nous célébrons ensemble, Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception et Prêtres des Missions-Etrangères, le vrai repas de la Nouvelle Alliance.Pour la première fois nous aurons chez nous une concélébration.Le Père Gilles Ouellet, supérieur général, se rend donc à l\u2019autel avec quinze de ses prêtres.L\u2019homélie qu\u2019il nous adresse au cours de la liturgie de la parole appuie sur cette unité tant demandée par le Christ, avant sa mort, pour son Corps mystique.« Je dois souligner l\u2019unité qui existe entre nos communautés, depuis presque leur fondation, et encore plus dans le cœur de notre fondatrice, Mère Marie-du-Saint-Esprit », remarque-t-il.Du chapitre 17 en saint Jean, il tire trois idées directrices: 1\t- Le Seigneur ne donne aucun commandement, cependant il exprime ses derniers vouloirs, son testament, un message qu\u2019il appartient à nous, missionnaires, de transmettre à toutes les nations.2\t- Nous devons refléter l\u2019unité voulue par le bon Maître, pratiquer ce que nous enseignons.Notre foi en l\u2019unité, notre amour fraternel se manifesteront au sein de notre communauté d\u2019abord, pour ensuite rayonner sur nos frères.3\t- Notre travail apostolique, nos vies mêmes doivent être reliés à l\u2019autorité épiscopale et locale par une obéissance filiale.C\u2019est le sens de la communion à tous nos frères par le Christ qui est le Lien de la charité, le Principe de notre unité.Par l\u2019Eucharistie, nous nous incorporons de plus en plus à Notre-Seigneur pour ne plus faire qu\u2019un esprit et un seul cœur.Les derniers versets de la prière sacerdotale transmettent toujours l\u2019appel de notre Chef à l\u2019union en vue d\u2019un apostolat fécond: «.qu\u2019ils soient un comme nous sommes un, et que le monde sache que tu m\u2019as envoyé ».Nous méditons encore ces paroles suppliantes du Sauveur quand l\u2019officiant « quitte son manteau.verse de l\u2019eau dans un bassin et se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le S £ ?Ivf Concélébration du Jeudi Saint qui réunit en la cha= fondatrice : les Prêtres des Missions=Etrangères et 94 pelle du noviciat les deux familles chères à notre les Missionnaires de rimmaculée=Conception.linge dont il était ceint » (Jn 13, 4-5).Pendant cette cérémonie la schola des séminaristes extrait de l\u2019Evangile: « Je vous ai donné une loi nouvelle ».C\u2019est ensuite le tour des novices avec le chant « Où sont amour et charité, Dieu est présent ».La translation solennelle du Saint Sacrement remémore « La nuit qu\u2019il fut livré » dont les lignes alternent avec une strophe du Pange lingua lue en français par un séminariste; le dépouillement des autels s\u2019accompagne du psaume 21 qui traduit les « souffrances et l\u2019espoir du juste ».Suivent les complies.La veillée se termine par l\u2019adoration nocturne de la divine Victime.Vendredi Saint Au programme, un chemin de croix dans le bocage des Pères.Mais la température s\u2019unit à la tristesse de l\u2019Eglise.Nous parcourons donc les stations dans notre chapelle.Devant chacune: rappel du fait représenté, méditation et prière suivie d\u2019un psaume pour accompagner les déplacements.Pour l\u2019office de l\u2019après-midi, nous apprécions l\u2019emploi du français.Nous conservons un résumé de l\u2019homélie émise par le célébrant: « Le Vendredi Saint est un jour de deuil, mais pour un chrétien c\u2019est en même temps un jour de joie, car il voit le salut arrivé par la croix.Nous sommes en présence du mystère du péché, et de ce mystère est sorti celui de la croix; mais il ne faut pas en rester là, car la croix est l\u2019objet de notre rédemption.Oui, la Croix est un mystère autant que celui de l\u2019Incarnation et de la Trinité; pourtant l\u2019homme moderne, avec toutes ses inventions, a peur de l\u2019aborder.Il réussit peut-être, grâce à de nouvelles découvertes, à diminuer un peu la souffrance physique, mais il ne fait qu\u2019augmenter la souffrance morale.En face des épreuves, il est porté à se demander: Pourquoi ?et pourquoi celui-ci et non pas un autre?Qu\u2019a-t-il fait de mal ?C\u2019est qu\u2019il ne comprend pas assez la valeur de la croix rédemptrice.« Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (I Cor.1, 25).\t« Nous prêchons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs comme Grecs, c\u2019est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (I Cor.1, 23-24).Comme missionnaires, nous irons annoncer ce mystère, mystère que nous devons d\u2019abord accepter de vivre.Pour terminer l\u2019office, d\u2019un seul cœur, nous acclamons cette croix rédemptrice par le chant « Victoire, tu régneras, ô Croix, tu nous sauveras ».95 « Nous allons manger ensemble le vrai Pain qui nous unit.» Nuit Pascale Des parents de nos Sœurs se joignent à nous pour célébrer cette nuit radieuse qui débute au hall du noviciat par la bénédiction du feu nouveau et du cierge pascal.Le chant « Joyeuse lumière » et le feu de nos cierges acclament le divin Ressuscité.Lectures entrecoupées d\u2019hymnes, et le temps vient de redire notre ferme adhésion au Christ vainqueur de la mort par le renouvellement des engagements de notre Baptême.\u201c'Comme au Jeudi Saint, nous assistons ensuite à une messe concélébrée au cours de laquelle le joyeux Gloria monte aux accents enlevants de l\u2019orgue.Après la communion, les Laudes psalmodiées expriment à Dieu notre vive reconnaissance pour cette joie pascale qui jaillit de nos âmes avec le souvenir des grâces personnelles sans nombre départies au cours des saints mystères: « Le Seigneur fit pour nous des merveilles » par l\u2019intermédiaire de nos supérieurs et de leurs collaborateurs.Du haut du ciel, notre vénérée Mère Fondatrice dut se réjouir à la vue de ses enfants réunis pour louer et remercier d\u2019une seule voix Celui qu\u2019elle tenait tant à faire connaître et aimer.96 Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception CANADA MAISON MERE, 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26 NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 40 OUTREMONT, 314, Chemin Sainte-Catherine, Montréal 8 HOPITAL CHINOIS, 355 est, rue Paillon, Montréal 10 NOMININGUE, comté Labelle, Qué.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Germain JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille VANCOUVER, Refuge de ITmmaculée-Conception 236, rue Campbell VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière GRANBY, 35, rue Dufferin GRANBY, 50, rue Saint-Joseph CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle SAINTE-MARIE-DE-BEAUCE, C.P.358, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain OTTAWA, 30, Avenue Goulburn PERTH, N.-B., C.P.259 EDMUNDSTON, N.B., 85, rue Victoria ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street HONG KONG MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong MAISON NOTRE-DAME-DE-L\u2019ESPERANCE, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong TAIWAN KUANHSI, 83 Cheng I Lu, Hsinchu Hsien, Taiwan, Republic of China SHIH KUANG TSE, Hsinchu Hsien, Taiwan, Republic of China TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Republic of China SUAO, 36 Chung Cheng Rd., Suao Ilan Hsien, Taiwan, Republic of China HSINCHU CITY, Cheng Mou Yuen, Choi Yuen chiai no 49, Koang Fou Li, Republic of China JAPON KORIYAMA, 3-18 Toramaru, Koriyama shi, Fukushima ken WAKAMATSU, 480, Sakae machi, Aizu Wakamatsu TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku ITALIE ROMA 0881, via Giacinto Carini, 8 MADAGASCAR MORONDAVA, Madagascar AMBOHIBARY, Sambaina, Madagascar ANTSIRABE, Paroisse Ste-Thérèse de Mahazoarivo TANANARIVE, Tsaramasay MAHABO, via Morondava PEROU PUCALLPA LIMA, Escuela Maria de la Providencia, Napo 1124, Azcona (Brena) GUATEMALA TOTONICAPAN, Colegio P.Betancourt, Guatemala, A.C.BOLIVIE SANTA CRUZ de la Sierra, Cardinal Cushing Business College, Calle Lemoine, Casilla 70 COCHABAMBA, Academia Comercial, Calle Oruro No 3403, Casilla 1667 IRUPANA, Hospital Nuestra Senora de la Providencia, I ru pana, Sud Yungas LA PAZ, Academia Santa Rita, Galles Juan Granier y Entre Rios, casilla 2893 CHILI ANCUD, Colegio Inmaculada Concepcion, Calle Errazuriz, Casilla 82 ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Academy, General Luna St., Intramuros MANILLE, 2212 del Rosario St., Tondo SAN JUAN, Little Baguio, Rizal LAS PINAS, Rizal MATI, Davao Province DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall, Florentine Torres St.PADADA, Davao Province BAGUIO City, 73 Pacdal, Box 83 ANTILLES LES CAYES, HAITI LES COTEAUX, Haiti ROCHE-A-BATEAU, Haiti PORT-SALUT, Haiti CAMP-PERRIN, Haiti MIREBALAIS, Haiti LIMBE, Haiti CAP-HAITIEN, Haiti CHANTAL, Haiti TROU-DU-NORD, Haiti.PORT-AU-PRINCE, Orphelinat, Cité no 2, C.P.1085, Haiti PORT-AU-PRINCE, Noviciat, Cité no 2, C.P.1085, Haiti CROIX-DES-BOUQUETS, C.P.1291, Haiti DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, P.O.Box 2213 B, Haiti LA BOULE, C.P.1085, Haiti HINCHE, Haiti COLON, Province de Matanzas, Cuba AFRIQUE KATETE, St.Theresa\u2019s Parish, Champira P.O., Malawi, C.Africa MZAMBAZI, St.John\u2019s Parish, Eutini P.O., Malawi, C.Africa RUMPI, St.Patrick\u2019s Parish, Rumpi P.O., Malawi, C.Africa KARONGA, St.Mary\u2019s Parish, Karonga P.O., Malawi, C.Africa KASEYE, St.Michael\u2019s Parish, Chitipa, P.O., Box 100, Malawi, Central Africa NKATA BAY, Nkata Bay, P.O.Box, 9, Malawi, C.Africa MZUZU, Mzuzu P.O.Box 24, Malawi, C.Africa FORT JAMESON, P.O.Box 107, Zambia, C.Africa KANYANGA, Lundazi, P.O , Zambia, C.Africa NYIMBA, Sacred Heart Hospital, Zambia, C.Africa CIKUNGU, Kazimuli, P.O., Zambia, C.Africa Coucher de soleil derrière la forêt, près de Pucallpa Pérou."]
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