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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Septembre - octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1963-09, Collections de BAnQ.

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[" XXIIe - No.11\tSeptembre-Octobre 1963 LE PRÉCURSEUR Le bon Pape Jean XXIII dont le monde entier n'oubliera jamais l'activité inlassable en faveur de l'unité et de la paix. A Sa Sainteté Paul VI, pontife élu comme Vicaire du Christ sur la terre, Vhommage filial et profondément respectueux du PRECURSEUR et de tous ses abonnés. Parmi les grands thèmes du Concile les Missions Par G.B.Tragella Les missions qui, jusqu\u2019à ce jour ont été considérées par les catholiques (en comprenant sous ce nom une bonne partie du clergé et pas seulement celui qu\u2019on appelle le bas clergé) comme une sorte d\u2019appendice périphérique de l\u2019Église, seront probablement au centre du Concile œcuménique, et elles déborderont même en dehors de la Commission des Missions dont les cinq sections n\u2019épuiseront pas le sujet.Pourquoi ?Pour le simple motif que révolution-révolution du monde qui se dessine en ce déconcertant après-guerre a porté sur la scène de l\u2019opinion publique mondiale les pays des continents asiatique et africain dont la connaissance n\u2019était auparavant le privilège que de quelques-uns.De toute cette humanité ignorée à laquelle jusqu\u2019à hier, l\u2019Église était seule à s\u2019intéresser, précisément par les missions, on se préoccupe aujourd\u2019hui, et la politique des grands états de l\u2019Occident, ainsi que l\u2019Amérique, s\u2019en disputent l\u2019accaparement.Les agences de presse quotidienne n\u2019ignorent plus cette humanité comme il y a quelques dizaines d\u2019années, et les journaux ont souvent sur les lieux leurs envoyés spéciaux qui tiennent les lecteurs au courant de ce qui se déroule en ces terres lointaines.Ceux qu\u2019au-trefois les hommes de science appelaient les peuples sans histoire envahissent aujourd\u2019hui, tumultueusement, l\u2019histoire et y ouvrent un nouveau chapitre.A cette humanité, l\u2019Église seule s\u2019intéressait et il ne faut pas fermer les yeux sur les résultats obtenus.Le premier millénaire, ou un peu plus, de l\u2019activité de l\u2019Église, millénaire dont nous sommes les fils, s\u2019est conclu par un actif: il a donné la vie à l\u2019Europe chrétienne.Le second millénaire qui va se terminer n\u2019a pas encore accompli son cycle: l\u2019enjeu se présente plus difficile.C\u2019est la période de l\u2019expansion chrétienne active au delà des océans, chez les nouveaux peuples qui, de siècle en siècle, sont entrés dans 524 Image de la jeune Eglise du Nyassaland.'évêque missionnaire, S.Exc.Mgr J.-L.Jobidon, p.b., du diocèse de Mzuzu l\u2019évêque autochtone, S.Exc.Mgr Cornelius Cisulo, du diocèse de Dedza.\t ! .ippPm m vmmtkm mm et f Si» \u2022\u2022**** '~:\u201ex -«-a A l\u2019accroissement de la population catholique de Hong Kong doit correspondre une augmentation des établissements scolaires.Mount Good Hope, nouvelle école secondaire de filles, reçoit près de 2,000 élèves.Sœur Saint-Raoul, m.i.c.(Yolande Moquin, d\u2019Ottawa) en est la directrice.l\u2019histoire.Ce cycle est encore en cours.Il n\u2019est conclu qu\u2019en partie dans les Amériques et, en Extrême-Orient : les Philippines.Dans le reste du monde appelé de « couleur », l\u2019apostolat est à l\u2019œuvre; mais la conquête est encore lointaine.Le délai peut d\u2019ailleurs être exprimé en termes géographiques et par des statistiques.Les statistiques ne sont pas trop claires pour celui qui réfléchit.A la fin de ce siècle, la population du globe aura atteint et peut-être dépassé trois milliards d\u2019unités, contre les deux milliards qu\u2019elle compte aujourd\u2019hui.L\u2019Eglise catholique qui, selon des estimations diverses, compte de 400 à 500 millions d\u2019adhérents, aura alors surpassé assez largement le demi-milliard; mais la proportion des catholiques par rapport au total de la popula- tion ne sera plus de 1 à 4, mais de 1 à 6.Il s\u2019en suit que l\u2019augmentation des catholiques, d\u2019environ 4 millions par an, en y comprenant un demi-million plus ou moins qui provient des pays missionnaires, ne marche plus de pair avec l\u2019humanité et que le progrès des missions est annulé.Cette situation s\u2019explique par le fait que les forces missionnaires s\u2019étendent sur une aire géographique insuffisante.Il est vrai que, sous cet aspect, il est impossible de faire des comparaisons entre aujourd\u2019hui et il y a seulement un demi-siècle, ainsi que le montre le sectionnement continuel des circonscriptions missionnaires, mais il demeure acquis cependant que: 1.des territoires immenses, spécialement dans le centre de l\u2019Asie, ne sont pas, et actuellement ne peu- 526 entreprise, explique qu\u2019au soleil de ce vingtième siècle, l\u2019Église a encore quelque chose à faire dans le monde non chrétien.Ellle doit appeler au bercail du Christ presque les quatre cinquièmes de l\u2019humanité vivante.Comme on le voit, il s\u2019agit d\u2019une bagatelle d\u2019environ deux milliards d\u2019hommes! Et ce n\u2019est pas peu de chose.Le Concile œcuménique, dans lequel quelques centaines d\u2019évêques de l\u2019Afrique et du lointain Orient interviendront, ne pourra pas faire abstraction de cet immense vide missionnaire qui, dans les circonstances actuelles, devient chaque jour plus dangereux.La toute première attention des Pères ne pourra donc être que celle-ci: comment multiplier les mailles du réseau missionnaire afin de rendre S.Exc.Mgr L.Blanchi, évêque de Hong Kong, bénit la pierre angulaire de l'École Secondaire Mount Good Hope, vent pas être, qualifiés comme territoires accessibles aux envoyés de l\u2019Évangile.2.Dans le réseau des territoires occupés par les missions, cette présence n\u2019est généralement opérante que dans les grands centres et dans les alentours immédiats, ainsi que dans les stations affiliées.Mais les contrées lointaines ont été au maximum découvertes: et comme il en advient ainsi dans les missions contiguës, il en résulte que ces territoires sont bien occupés officiellement, faisant partie des circonscriptions ecclésiastiques respectives, mais en réalité, ils ne sont jamais évangélisés en raison de la pénurie du personnel missionnaire.Cela, ajouté aux difficultés de tous genres inhérentes à la grande réellement opérante, et pas seulement nominale, l\u2019occupation missionnaire du monde infidèle?Devra-t-on changer la forme actuelle de cette occupation ?Oui, peut-être.Faudra-t-il laisser subsister ou abandonner le système qui consiste à confier des circonscriptions géographico-ecclésiastiques à un institut missionnaire, avec la responsabilité entière et exclusive de leur évangélisation ?Ce problème, avec le temps, perdra beaucoup de son importance par suite de la multiplication des nouveaux diocèses remis aux mains du clergé autochtone.Mais, actuellement, la question demeure, car le seul clergé indigène est incapable de pourvoir aux exigences actuelles des missions et, surtout, ce clergé n\u2019entre pas en question quand il s\u2019agit de territoires complètement nouveaux, privés jusqu\u2019à présent de toute évangélisation.A supposer que le vieux système survive là où un clergé local n\u2019est pas encore disponible, ne pourrait-on pas le corriger pour obtenir une plus grande occupation qui accélère l\u2019évangélisation de tout le territoire des diocèses missionnaires ?Rien n\u2019empêcherait, en fait, que l\u2019évêque responsable de tout le territoire le subdivise en secteurs qu\u2019il confierait, en sous-ordre, aux soins d\u2019autres instituts, en plus de ses confrères, rendant ces instituts responsables devant lui de l\u2019évangélisation de leurs districts respectifs?En agissant ainsi, on obtiendrait probablement une augmentation du personnel, parce qu\u2019un institut pas en état d\u2019assumer le soin d\u2019une mission entière n\u2019aurait pas de difficultés à prendre soin d\u2019une de ses parties.D\u2019autre part, les supérieurs des districts, qui devraient 528 jouir d\u2019une certaine autonomie (même en maintenant l\u2019uniformité des méthodes) seraient également intéressés à faire prospérer leurs propres champs d\u2019action, et l\u2019évêque ou l\u2019institut en question auraient toujours la satisfaction et l\u2019honneur d\u2019accomplir leur mission de la manière la plus conforme à leurs responsabilités.Au Japon, est en vigueur le système des régions missionnaires.A-dopter et multiplier les régions dans toutes les missions serait peut-être une solution de ce problème crucial.On ne voit pas pourquoi cette solution ne pourrait pas valoir pour les diocèses régis par le clergé local autochtone, l\u2019évêque pouvant toujours inviter un autre clergé et d\u2019autres instituts, européens ou américains, à partager avec lui la tâche de l\u2019évangélisation de son territoire.Le problème de l\u2019occupation effective de tout un territoire, afin que l\u2019appel parvienne à tous ceux qui ont droit à la prédication évangélique, n\u2019est pas seulement primordial et fondamental, par suite de la désolante absence de l\u2019Église en trop de lieux du monde et auprès de trop de millions d\u2019âmes qui attendent encore la première annonce du christianisme; mais il est urgent et impossible à remettre à plus tard, étant donné l\u2019époque dans laquelle nous vivons.Nous nous trouvons certainement à un véritable tournant de l\u2019histoire, et l\u2019apostolat passe d\u2019une époque à une autre.Ce n\u2019est pas une question de peu d\u2019importance car si dans cette délicate période de transition, les missions ne trouvaient pas dans l\u2019Église un guide illuminé et sûr, elles iraient à une faillite de l\u2019Église même, au moins en ce domaine. Cela ne doit pas et ne peut pas arriver.Et voilà pourquoi le Concile vient, à proprement parler, providentiellement et au juste moment, pour intéresser toute l\u2019Église dans l\u2019expression de sa plus grande autorité d\u2019assemblée, en union avec Pierre, à ce formidable problème.Ainsi, véritablement, comme- le souhaitait le P.Manna: « Toute l\u2019Église pour tout le monde ».Cette intervention massive de l\u2019Eglise pour diriger et régler l\u2019activité des missions, en sanctionnera le nouveau cours.Il en trans- formera la physionomie qui, jusqu\u2019à hier, semblait être naturelle et même spécifique et, par conséquent, nécessairement perpétuelle.Le processus est à peine à ses débuts, sous la poussée des événements.Quelles sont les causes de cette évolution de l\u2019apostolat qui est en train de transformer ses traits fondamentaux?Elles peuvent être reconnues dans quelques événements intérieurs à l\u2019apostolat, qui ne sont un mystère pour personne, spécialement quand il s\u2019agit des événements extérieurs.C\u2019est avant tout, pour Nouvelles baptisées de Lunyangwa, au diocèse de Mzuzu.Le ministre du sacrement: le R.P.Rodolphe Roy, p.b. quelques pays de missions la maturation de l\u2019activité même des missions qui découle du temps qui passe, des expériences qui s\u2019accumulent, de l\u2019évolution lente mais inéluctable qui se produit dans les diverses populations et les diverses civilisations, sans dépendre toujours ni totalement des événements extérieurs.Cela se vérifie spécialement dans les pays d\u2019antique civilisation, demeurés jusqu\u2019à hier dans une quasi-léthargie: la Chine, le Japon, l\u2019Inde, l\u2019Indochine.Deux autres facteurs qui ont provoqué un changement de route \u2014 plus rapide, plus désordonné \u2014 sont les phénomènes corrélatifs: la « décolonisation » et l\u2019obtention de « l\u2019indépendance », surtout dans les pays moins évolués de l\u2019Afrique noire.Dans le premier groupe de pays, le facteur « colonisation » a agi seulement en Indochine (aujourd\u2019hui Vietnam) et dans l\u2019Inde.Le Japon ne l\u2019a jamais connu, pas plus que la Chine, au moins dans le sens d\u2019une domination directe exercée par des autorités étrangères; mais l\u2019un et l\u2019autre subirent la fascination de la civilisation occidentale que le Japon chercha rapidement à copier dans ses manifestations les plus utilitaires: la science et la technique, et qu\u2019il imposa à la Chine, laquelle se réveilla finalement, après la défaite de 1894-95 infligée par son voisin, le Japon.L\u2019inde et l\u2019Indochine, au contraire, eurent la facilité d\u2019étudier la civilisation européenne, même dans les plus hautes expressions de la culture, chez elles, dans leurs écoles de type occidental, créées par les puissances colonisatrices, respectivement l\u2019Angleterre et la France.Cependant, en Inde et en Indochine, 530 comme au Japon et en Chine, l\u2019évangélisation agissait depuis des siècles.Elle accumulait des expériences, pas toujours favorables et quelquefois même tragiques, à travers lesquelles le Christianisme et les diverses populations eurent le temps et la facilité de se connaître réciproquement.Les résultats, souvent modestes, furent néanmoins plus positifs, et plus stables.Dans ces pays, les missions ont aujourd\u2019hui presque totalement perdu leur ancienne physionomie d\u2019étrangères (pour faire allusion seulement à l\u2019aspect extérieur) pour assumer celle d\u2019Eglises en phases de croissance vers l\u2019âge adulte et, par conséquent, avec des caractéristiques nationales locales plus développées et plus reconnaissables.Dans le second groupe, par contre, l\u2019évolution qui fait passer du stade « mission » au stade « église » a commencé plus récemment avec une plus grande rapidité, en vue de l\u2019imminente évolution politique.Mais, sous le cadre ecclésiastique normal: hiérarchie ordinaire et épiscopat indigène, le processus intérieur est plus lent.Cependant, il est en route, même quand il est troublé par le climat incandescent d\u2019un établissement difficile de l\u2019ordre politique.Tout ce nouveau mouvement, aussi bien dans l\u2019un que dans l\u2019autre groupe de missions, celui de l\u2019Orient et celui de l\u2019Afrique, réclame une révision méthodologique d\u2019une grande partie des activités missionnaires, à commencer par la catéchèse pour descendre jusqu\u2019aux initiatives d\u2019ordre social, charitable et éducatif.Ce ne sera pas la dernière préoccupation, ni la dernière précaution, de découvrir comment coordonner toutes ces activités avec les directives gouvernementales là où il en existerait, spécialement dans le secteur de l\u2019enseignement, afin d\u2019éviter par avance des désillusions, des malentendus ou, peut-être encore, des hostilités nuisibles.On entre ainsi dans le domaine du droit public qui touche les rapports entre l\u2019Église et les nouveaux États de l\u2019après-guerre, rapports qui sont presque normalisés en Orient, à l\u2019exception de la Chine; mais qui sont encore imprécis et parfois menaçants dans le secteur africain.Le message évangélique ne change pas; mais la manière de l\u2019annoncer et de l\u2019appliquer dans le nouveau monde issu du dernier conflit admet et exige toujours de nouveaux accords tactiques pour en adapter l\u2019acceptation et la mise en œuvre aux conditions particulières politiques, religieuses, culturelles et psychologiques des peuples non occidentaux.Ces derniers pourraient acquérir demain un poids très sensible dans le concert international des nations.Pour ces peuples, évangélisés en premier lieu par l\u2019Europe, la structure indigène externe ne sera pas suffisante.Cette structure est déjà en action, mais il faudra que l\u2019Église, tout en conservant l\u2019intégrité de son patrimoine doctrinal et moral, s\u2019incarne réellement dans la nation ainsi qu\u2019il est advenu chez nous, en Occident.Cette Église n\u2019est ni grecque, ni syrienne, ni arménienne, ni même latine, car elle est catholique.Ceci comportera une élaboration qui durera peut-être des siècles et qui constituera un des principaux devoirs de l\u2019épiscopat, du clergé indigène et des intellectuels catholiques locaux.Il est probable que ce travail sera commencé par le Concile.Les évê- ques, fils de ces nouvelles nations, sont directement intéressés à cette grande « mission » dont dépendra, pour toujours, l\u2019avenir de ces Églises, le salut de ces innombrables populations, qui, en majeure partie, ne sont pas encore entrées dans le bercail chrétien.On peut donc prévoir que les évêques orientaux et africains trouveront dans tous les secteurs et pas seulement dans ceux des missions, des^ indications et des invitations à intégrer les données des exigences de leurs églises et de leurs pays respectifs, soit sur le plan théologique, soit sur le plan pratique, juridique, moral, disciplinaire et liturgique.Également et par-dessus tout, ils auront le moyen de se faire entendre avec autorité dans les tractations relatives a la formation de leur clergé, à celle des futures familles religieuses qui ne manqueront pas de se créer, et à celle d\u2019un laïcat catholique prêt à toutes les initiatives courageusement évangéliques.Lorsque tout ce travail sera accompli, et que sera réalisée une prise de possession plus adéquate de tout le terrain disponible pour l\u2019évangélisation, alors, et alors seulement, on obtiendra cette occupation morale qui, intégrant totalement le but de l\u2019apostolat, transforme la mission en véritable Eglise.Le Vatican II, dont le but est de rendre une nouvelle vigueur à la foi et à la vie religieuse dans l\u2019Église déjà constituée, en Occident, aura donc par surcroît le mérite et l\u2019honneur d\u2019avoir donné l\u2019impulsion à cette œuvre de l\u2019implantation définitive de l\u2019Église dans des terres qui, depuis des siècles, attendent cette heure de salut.Osservatore Romano, 2 novembre 1962, 531 [arie-Anne, est-ce que le pape la Charité?\u201d ïmr* LES CAYES, HAITI Le Concile ET La Charité VOUS Par Sœur Marie-Anne m.i.c.Pas qu\u2019un petit BAGAIL ! Le Concile est l\u2019affaire de tout le monde.Aussi, dès le début de 1962, avions-nous entrepris d\u2019informer nos malades, les membres les plus humbles peut-être du Corps Mystique, afin qu\u2019ils prêtent leur collaboration spirituelle au travail de réflexion et de revision ecclésiales qu\u2019allaient accomplir les évêques du monde entier rassemblés à Rome.Notre infirmier et catéchiste, M.Maurice Jean, expliqua au cours de ses leçons régulières la nature et la fin du Concile.Le R.P.Bédard, o.m.i., en parla également dans ses instructions hebdomadaires.Et nous-mêmes, après la récitation quotidienne du chapelet, ajoutâmes une courte prière pour le succès de Vatican IL Nos malades en conclurent que cette réunion œcuménique n\u2019était pas qu\u2019un petit bagail Jeanne Béland, de Louiseville.533 *Wi9 * S' ft mm ^n. M.Maurice Jean, catéchiste à la Charité, explique que le Concile Vatican II n\u2019est pas qu\u2019un petit \u201c bagail Clopin-clopant, le cortège des malades arrive devant le Calvaire.Quoi faire ?Le dimanche qui précéda l\u2019ouverture des importantes assises, le Père Bédard exhorta le personnel de La Charité à s\u2019unir à tous les fidèles de l\u2019Église qui devaient offrir un tri-duum de prières et de pénitences pour implorer l\u2019assistance de l\u2019Esprit-Saint.Le lendemain, je visitai les salles et demandai aux patients ce que l\u2019on pourrait faire en réponse au désir du Souverain Pontife, désir réitéré par S.Exc.Mgr Louis Colli-gnon, évêque des Cayes, et par l\u2019au- mônier si dévoué de La Charité.A l\u2019unanimité, l\u2019on opta pour un pèlerinage à la grotte de Lourdes, au Calvaire et à l\u2019Oratoire de Saint-Vincent-de-Paul érigés sur le vaste terrain de l\u2019établissement.Cette décision me parut excellente, l\u2019expression même de la dévotion de nos gens: le peuple haïtien aime tant les pèlerinages! Donc, cet après-midi-là, à l\u2019heure du chapelet, un cortège se rendit clopin-clopant à la grotte, car plusieurs de nos malades marchent avec peine.Que Dieu me pardonne mes distractions! Mais tout en priant, je regar- dais s\u2019avancer ces infirmes, ces éclopés et ces vieillards, et je sentais mon affection pour eux s\u2019intensifier.Ils offraient vraiment quelque chose de méritoire.Avec quelle foi et quelle simplicité ils prièrent, et cela une heure durant! De temps en temps, je m\u2019enquérais: \u2014N\u2019êtes-vous pas fatigués?\u2014Non, non, chère maman nous.C\u2019est pour notre Saint-Père le Pape que nous marchons et que nous voulons marcher ces trois jours.Le bon Jean XXIII eût certainement été touché du geste de ses obscurs paroissiens.En la fête du 11 octobre Il y eut messe et communion générale au refuge.Les salles étaient ornées de photos du pape.Comme toute la gent étudiante d\u2019Haïti bénéficiait d\u2019un congé en l\u2019honneur de l\u2019événement du jour, nos élèves de l\u2019École de La Charité devaient venir en procession visiter les pavillons des malades.Tandis que je vaquais aux préparatifs de la manifestation, le jeune Jean-Marie qui m\u2019aidait me demanda: \u2014Mère Marie-Anne, est-ce que le pape va venir à La Charité ?Ils ont marché pour le Pape.« - Non, non, dis-je en riant, il lui faut rester au Vatican pour accueillir deux mille cinq cents évêques.\u2014Des personnages comme Mgr Collignon ?\u2014Oui.\u2014Mais, chère Mère,* où dormira et mangera tout ce monde?Cette question, c\u2019était aussi le sujet d\u2019inquiétude de nos vieillards et de nos patients.Ils ont tous connu, de façon expérimentale, le problème de la faim et du logement.S\u2019il est difficile de trouver sa nourriture et un toit, quel problème géant que celui de nourrir et de loger deux mille cinq cents personnes! Dans l\u2019après-midi, la procession des jeunes agitant de petits drapeaux et clamant « Vive le Pape! » consola les pauvres alités qui n\u2019avaient pu participer aux pèlerinages des jours précédents.En état de Concile Depuis lors, toute La Charité s\u2019il vous plaît vit en état de Concile.Souffrances et prières continuent de se diriger vers le cœur de la chrétienté comme un apport à la rançon du rajeunissement, du renouveau qui va s\u2019opérer dans l\u2019Église. mlmm Z*.W'^ÿpé ItMfl \u2022 \u2019< « *r T \u2022\u2022.\u2022\u2022 *5 * >.- - 'tir***.- ¦ Ai- *,s* :.- \"\\ /\u2019 .;¦ ;.ïSÉ2îi RETOURNERAS-TU?Par Sœur Marie-Albertine \\ m.i.c.Onze heures cinq du soir.Dans quelques instants nous toucherons la piste de Dorval, et notre puissant réacté nous fait goûter à plaisir rillumination d\u2019un Montréal de nuit.L\u2019aérogare apparaît.Dans la foule, nos cœurs devinent des parents, des amis, et longues sont les minutes qui suivent l\u2019atterrissage.Enfin, l\u2019escalier roulant nous conduit vers des êtres chers.les figures ont vieilli, les cheveux ont blanchi.des visages manquent à l\u2019appel.Que dit-on en pareilles circonstances ?Que dit-on après une absence de quinze ans?Je ne saurais vous l\u2019exprimer même après avoir vécu ces moments inoubliables.Cependant une question qui me fut posée ce soir-îà taquine encore ma mémoire: «Retourneras-tu?N\u2019es-tu pas satisfaite de quinze années passées là-bas?.» Que répondre?Être satisfaite, quand là-bas on peine, on supplie d\u2019envoyer du renfort?.Être Débuts et effectifs de la S.C.A.à Lorsque j\u2019arrivai à Padada, en mai 1960, l\u2019Action catholique des Étudiants y existait depuis 1954, c\u2019est-à-dire depuis l\u2019ouverture de l\u2019Académie.Dès les débuts, l\u2019évêque du diocèse, Mgr Clovis Thibault, p.m.é., satisfaite lorsqu\u2019on a rêvé de dépenser toute sa vie parmi ceux qui ont soif du Christ ?Mais au fait, qu\u2019a donc de si passionnant le travail missionnaire pour que, comme le soulignait mon interlocutrice, tous ceux qui reviennent du champ d\u2019action désirent y retourner, en éprouvent une nostalgie inguérissable?Difficile à expliquer! car pour une missionnaire tout dans son pays d\u2019adoption est attachant, prenant.De même que le businessman ne connaît qu\u2019une préoccupation, gagner le plus d\u2019argent possible, la missionnaire est possédée d\u2019une seule idée: donner le Christ aux âmes, à ces centaines d\u2019âmes qui l\u2019entourent et qu\u2019elle aime.Pour répondre à mon interlocutrice, je parlerai d\u2019un des aspects de mon service missionnaire, de l\u2019expérience que j\u2019ai vécue ces dernières années avec la Jeunesse étudiante catholique du Sud des Philippines.Padada avait encouragé ce mouvement organisé qui répondait si bien aux désirs des Souverains Pontifes et s\u2019adressait à la masse étudiante.La S.C.A.ou Student Catholic Action, ainsi qu\u2019elle se nomme, se développa à l\u2019Académie Jacqueline Blondin, de Longueuil.539 Saint-Michel d\u2019une façon rapide, grâce à l\u2019inspiration soutenue et au dynamisme d\u2019un vétéran de la J.E.C., Sœur Geneviève-de-Nanterre 2, m.i.c.Tout d\u2019abord, les élèves du cours secondaire remplirent la tâche de catéchistes dans les écoles libres primaires environnantes et préparèrent avec zèle des groupes de premiers communiants.Aujourd\u2019hui, après neuf années d\u2019existence, le mouvement enrôle 500 militants répartis en quatre unités sous un Conseil central formé de cinq officires du collège 3 et des responsables des unités.Affiliée au Chapitre diocésain et national, la S.C.A.de 2 Geneviève Saint-Pierre, de Montréal.Padada se propose des objectifs bien déterminés: 1° assainir l\u2019atmosphère du milieu étudiant, principalement au collège; 2° préparer des chefs pour la paroisse et la société; 3° promouvoir la sanctification personnelle de ses membres.Le rôle du militant Tout collégien catholique peut devenir membre de l\u2019organisation.Le militant est celui qui se dédie à l\u2019œuvre, celui qui pour donner Dieu à ses frères créera un contact.Et ce travail personnel de contact est tout un art à développer chez nos Ont-ils sérénadé Notre-Dame?Le directeur de la fanfare de l\u2019Académie Saint-Michel de Padada, M.Neniel, et quelques-uns des musiciens.540 jeunes, mais surprenant le nombre de ceux et celles qui parviennent à aborder une âme et à l\u2019ouvrir à la grâce.^ « L\u2019Église des Philippines n\u2019a que la dixième partie des prêtres qui lui seraient nécessaires3 4 », affirmait le R.P.Stephen Kealy.On pourrait ajouter sans aucune exagération que le diocèse de Davao n\u2019en a que la vingtième partie, car, depuis dix ans, sa population augmente à une allure quasi fantastique à cause de l\u2019envahissement des terres par les immigrants venus des autres îles.De ses 300,000 habitants en 1940 il est passé à 1,090,246; 114 prêtres desservent ses paroisses, dont 70 des Missions-Étrangères et 44 de diverses sociétés, soit 1 prêtre pour 9,600 âmes.La seule paroisse de Padada compte 70,300 habitants dont 65,500 catholiques, et deux prêtres seulement pour dispenser les secours de la religion! D\u2019où l\u2019on voit l\u2019impérieuse nécessité des mouvements d\u2019Action Catho- Charmante Miss Padada.lique.Pour pallier le manque de missionnaires, les militants de la S.C.A.doivent déployer un dévouement intelligent et désintéressé.TRAVAIL APOSTOLIQUE DE LA S.C.A.Le contact personnel Le mouvement, d\u2019après les objectifs énoncés, s\u2019efforce de sanctifier l\u2019individu et par lui de rendre meilleur son entourage.Ce point du contact personnel, partie essentielle de l\u2019apostolat de la S.C.A., nos jeunes de Padada l\u2019ont compris.Les étudiants tièdes, les non-pratiquants, sont vite dépistés.Les mili- tants les approchent par un travail lent et sûr, si bien qu\u2019après une demi-année de cours, les cas réticents, un à un, consentent à rencontrer l\u2019aumônier à son bureau.Ils en sortent tout jubilants après une confession parfois redoutée.Cas typique entre autres que celui de S.déjà marié et père de deux en- 3.\tPar collège il faut entendre ici une institution où se donnent, outre les cours élémentaire et secondaire des cours spécialisés supérieurs qui conduisent à l\u2019obtention du baccalauréat en certains domaines comme la pédagogie, le commerce, etc.4.\t\u201cLe Milieu où opère l\u2019Action catholique des Étudiants aux Philippines\u201d, dans Le Christ au Monde, 1960, no 4, p.471.541 Mais oui, c\u2019est une école !.une école de « barrio » aux environs de Padada.Vfv.Ti- ;re*s fants.Quand on s\u2019informe s\u2019il se mariera bientôt à l\u2019église, car il ne l\u2019est que civilement, il répond toujours: « J\u2019attends que ma belle-mère vienne.» Mais une bonne fois, des militants m\u2019amènent S.Après un préambule de questions banales, je risque: \u2014Es-tu marié à l\u2019église ?\u2014Non, j\u2019attends ma belle-mère.\u2014Voyons, S., si en retournant chez toi, ce soir, tu es frappé par une jeep.et assez pour en mourir.Vas-tu donner comme excuse à Dieu : « J\u2019attends ma belle-mère.» Le jeune homme, cette fois, perd 542 de l\u2019assurance et, après une longue réflexion silencieuse, laisse tomber ce soupir: « Est-ce que cela pourra se faire sans que personne ne le sache ?» .Personne n\u2019en sut rien sauf deux officiers de la S.C.A.qui, le soir de la cérémonie, servirent de témoins.Peu avant le oui de l\u2019engagement, les deux apôtres avaient vu couler l\u2019eau baptismale sur le front de la jeune femme qu\u2019ils avaient convertie de l\u2019agli-payanisme et qu\u2019ils adoptaient à titre de parrain et marraine.Le lendemain, les époux s\u2019approchaient de la table eucharistique.\\ \\ \\ I Catéchisme Dans presque tous les barrios ou villages des alentours d\u2019une ville comme Padada existent des écoles élémentaires.Elles sont sous le contrôle exclusif du Gouvernement, et la Constitution interdit à l\u2019État d\u2019y prendre l\u2019initiative en matière d\u2019instruction religieuse.L\u2019Église a le droit cependant d\u2019y enseigner le catéchisme trois fois par semaine.Mais comment deux prêtres déjà débordés par le ministère paroissial peuvent-ils arri- ver à catéchiser plus de six mille enfants ?Ici encore, les apôtres de l\u2019Action Catholique suppléeront : deux ou trois fois la semaine, ils dispenseront aux enfants des écoles publiques les leçons soigneusement mises au point la veille.Quelle joie le jour où le missionnaire, nonobstant la distance et le local pauvre, ira distribuer la première hostie à ces jeunes préparés à coups de sacrifices et de générosité! Par-delà les mers, Pardenle jeunesse étudiante catholique crie aux missionnaires en congé : « Reviendrez-vous bientôt ?» i'K .\u2022
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