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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mai - jiun
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1963-05, Collections de BAnQ.

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[" LE PRÉCURSEUR Mai-Juin 1963 DANS CE NUMÉRO Les Églises orientales\t419 R.P.Georges, Coriaty, B.S.La province du Nord a son premier prêtre africain\t438 Stanislas Shawa LE PRECURSEUR 2900, chemin Ste-Catherine, Montréal (26) Canada.Revue bimestrielle publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.Coopération canadienne à l\u2019apostolat 443 Mme Falcasantos L\u2019Eglise s\u2019enracine en pays sakalave 450 Sœur Sainte-Félicité, m.i.c.Un dialecte chinois: le cantonais 452 Sœur Saint-Martin-de-Tours, m.i.c.ABONNEMENT : Par an\t$1.00 À vie\t25.00 AVIS : Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.Gastronomie chinoise Sœur Sain te-Denise, m.i.c.Quand on court après l\u2019eau Sœur Marie-Corinne, m.i.c.Nécrologie 456\tAVANTAGES : Participation à l\u2019œuvre missionnaire accomplie par 400\ttoutes les religieuses;\tune messe célébrée chaque semaine, pour les abonnés : une messe également pour 466\tles défunts.PAGES-COUVERTURE; GUIDES DE HONG KONG.FEU D\u2019ARTIFICE DANS LE PORT.NIHIL OBSTAT : M.l\u2019abbé A.Cossette, p.m.é., 31 décembre 1962.Le Ministère des Postes, à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication. Depuis quelques années, l\u2019Orient politique tient la vedette de l\u2019actualité internationale.L\u2019Orient religieux, lui, attire les yeux du monde occidental depuis déjà bien longtemps.La Réforme protestante, à court d\u2019apos-tqlicité par suite de sa rupture avec l\u2019Église traditionnelle, s\u2019est tournée vers l\u2019Orient pour y chercher ce qui lui manquait; elle a essayé, mais en vain, de prendre racine dans l\u2019Orthodoxie.De leur côté, des savants catholiques, en se replongeant dans la Tradition orientale, ont démontré la perpétuité et l\u2019identité de foi entre LES EGLISES ORIENTALES Problèmes et solutions par le R.P.Georges Coriaty, B.S.1 L\u2019Ordre Basilien de Saint-Sauveur, un des plus anciens Ordres monastiques de l'Eglise melkite au Liban, fut fondé en 1685.par Mgr Eftimios Saifi, archevêque de Tyr et de Sidon.Son principal but est 419 les deux grandes Églises romaine et orthodoxe, sur les points fondamentaux que le protestantisme mettait en doute.De nos jours.Byzance trouve un regain de faveur auprès du monde savant.Son histoire, sa littérature, ses institutions sont l\u2019objet de recherches minutieuses.Bien des conceptions erronées ont été revisées.L\u2019art byzantin attire et le grand public et les artistes: le premier, déconcerté par un art religieux insolite, désire une forme capable de satisfaire sa piété; les seconds souhaitent la rénovation d\u2019un art trop décrié.L\u2019histoire religieuse de Byzance elle aussi a été étudiée avec plus d\u2019objectivité, et bien des idées fausses ont été rectifiées.Des hommes autrefois ana-thématisés prennent rang parmi les bons serviteurs de l\u2019Église.La spiritualité orientale en général, et la spiritualité byzantine en particulier, découvrent leurs trésors à un public toujours plus nombreux, avide de s\u2019enrichir de leurs valeurs; et nous constatons avec plaisir que de grandes collections leur ouvrent leurs publications.Malgré cela, l\u2019Orient reste pour un bon nombre le « mystérieux Orient » ! « Le monde chrétien de l\u2019Orient, à nos yeux d\u2019Occidentaux, apparaît lointain, confus, tumultueux comme un Moyen Age.La ronde des pays, des cités, des sectes aux noms étranges, l\u2019éparpillement des Églises, le foisonnement des doctrines et des rites nous déconcertent.» C\u2019est à Antioche que les disciples de Jésus ont pris pour la première fois le nom de chrétiens: Antioche, dont Pierre a été le premier évêque, fut appelée le siège de toutes les Églises du diocèse d\u2019Orient.C\u2019est aussi le titre d\u2019Antioche que se sont disputé les chefs de toutes les Communautés et que portent actuellement la plupart des patriarches orientaux.D\u2019autres sièges patriarcaux \u2014 même politiquement et numériquement plus importants \u2014 n\u2019ont pas été à l\u2019origine de la formation de tant d\u2019Églises de rites différents.En dressant cet arbre généalogique, nous avons voulu établir la filiation historique de ces Églises et la place de chacune dans l\u2019histoire du Christianisme actuel.Cette vision nous rappelle les vicissitudes par lesquelles l\u2019Église a passé.Elle fait ressortir à nos yeux la valeur de témoignage que portent en elles les Communautés orientales catholiques, et le rôle qu\u2019elles sont appelées à jouer vis-à-vis des autres Églises qui se sont détachées d\u2019elles ou dont elles-mêmes se sont séparées pour reprendre leur place dans la Catholicité.Il s\u2019est trouvé des chroniqueurs pour dénigrer le Christianisme oriental \u2014 surtout la fraction catholique qu\u2019il comporte: « Toutes ces Églises, disaient-ils, dérivent^ du schisme et de l\u2019hérésie.Que sont-elles numériquement par rapport à l\u2019Église ?Leur persistance provient d\u2019un archéologisme dépassé et l\u2019enseignement et l'apostolat auprès des orthodoxes.Ses œuvres sont réparties sur tout le Proche-Orient, Il s'occupe aussi de missions extérieures auprès des orthodoxes et des Grecs-catholiques du rite melkite.en particulier aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique, à Rome, à Paris et à Londres.Au Canada, les RR.PP.Basiliens ont une maison à Ottawa et une à Montréal.Leur apostolat dans la métropole s'exerce auprès de 450 familles de rite oriental, et aussi auprès de groupes d\u2019orthodoxes 420 constitue un scrupule dans la_ structure de l\u2019Église universelle.» (Études, 15 juin 1958).Complainte à courte vue qui méprise les leçons du passé! On s\u2019obstine à ne pas regarder vers l\u2019avenir et, faute d\u2019une vision sereine des événements, et d\u2019un examen objectif de l\u2019Histoire, on n\u2019a pas une idée exacte de la Catholica.Si, quant au passé, les Églises orientales unies au Siège de Pierre sont une preuve de la Catholicité et de l\u2019Universalité de l\u2019Église, elles demeurent \u2014 chacune dans sa sphère Le R.P.Georges t\u2019oriaty étend, pour la célébration de la messe, l\u2019antimension ou corporal en usage dans les Eglises orientales.Ce carré de toile, bénit et renfermant dans un sachet des reliques des martyrs, remplace la pierre d\u2019autel.Les Pères du Concile jouissent du privilège de se servir du très pratique antimension.421 Ktf»3 Vipw .V- * .jj»* \u2022* -it-V :w- «V*.\u2022 ^r\\ X\u2019 \" À - Diverse par les rites et les cultures.rassemblée des quatre vents, l\u2019Eglise une, sainte, catholique et apostolique. \u2014 le pôle d\u2019attraction pour les 250,000,000 de chrétiens séparés à qui les lient la même tradition patristique, la même spiritualité et la même liturgie.« Se peut-il que l\u2019on puisse penser sans émotion que nos fidèles et leurs évêques sont les descendants des Communautés qui ont donné à l\u2019univers Jean Chrysostome, Jean Damascène, Cyrille de Jérusalem, Basile le Grand, Athanase et tant d\u2019autres! Qu\u2019ils lui ont fait honneur dignement et courageusement durant treize siècles d\u2019oppression antichrétienne?Quelle reconnaissance ne mérite pas une telle fidélité qui suppose bien quelque dynamisme, et ne devrait-elle pas être plus sentie, quand, par contraste, on songe à ce qui est resté de la chrétienté latine de toute l\u2019Afrique du Nord, celle des Cyprien, des Augustin, des Fulgence, si vite effondrée après des épreuves moins dures et moins longues.» (Communication de S.Exc.Mgr P.-K.Médawar, en réponse à l\u2019article cité dans Études).LES RITES Qu\u2019est=ce qu\u2019un rite?Le rite d\u2019une Église particulière est l\u2019ensemble des manifestations publiques de sa vie religieuse, avec toutes ses caractéristiques propres.La prière liturgique en est évidemment une des parties les plus essentielles.(A.Stoelen, L'Année liturgique byzantine, Irénikon, 1926, T.IV).Le rite ne se réduit donc pas aux formes de la prière liturgique; il embrasse aussi la discipline ecclésiastique, en particulier tout ce qui regarde les degrés de la hiérarchie sacrée, et les fonctions, obligations et privilèges de ses membres, la manière de célébrer les fêtes, les obligations religieuses des fidèles, etc.Le rite byzantin On entend par rite byzantin celui des Églises catholiques dont la foi est la même que celle de l\u2019Église romaine, mais dont les cérémonies et les institutions propres diffèrent.Ces Églises comprennent: les Melkites, les Hellènes, les Russes, les Ukrainiens, les Ruthènes, les Roumains, les Géorgiens, les Bulgares et les Serbes.En somme, la majorité écrasante des Églises orientales.Le rite byzantin (ou de Constantinople) se constitua vers la fin du IVe siècle.Il supplanta peu à peu les rites des diocèses d\u2019Asie et du Pont, et au début du Ville siècle, remplaça le rite romain en Calabre et en Silicie.Il s\u2019étendit en même temps à l\u2019Isaurie, et un siècle plus tard, à Chypre où il se substitua au rite syro-palestinien.Au IXe siècle, également, Byzance porta aux Bulgares, aux Serbes et aux Roumains, en même temps que sa foi, son rite.Au Xle siècle, ce fut au tour des Russes de recevoir la foi et le rite de Byzance.Au Xlle et au XHIe siècle, les patriarches Melkites d\u2019Alexandrie, d\u2019Antioche et de Jérusalem abandonnèrent progressivement leur ancien rite pour adopter celui de Byzance qui devint ainsi le rite de l\u2019Orthodoxie face à l\u2019Occident.De par les peuples qui le pratiquent et les nombreuses langues liturgiques 424 Alors qu\u2019il était Patriarche de Cilicie des Arméniens sous le nom de Pierre-Grégoire l\u2019actuel Préfet de la Propagande.S.Km.le Cardinal Agagianian. par lui admises, le rite byzantin doit être considéré comme un rite vraiment universel et catholique; il n\u2019est pas le fait d\u2019une Église nationale, mais se manifeste au contraire supranational et appelé à une expansion encore plus grande.Les autres rites orientaux Ne pouvant développer chacun des rites orientaux, j\u2019ai essayé de le faire pour le plus répandu, le rite byzantin.Mais je m\u2019en voudrais de ne pas citer les autres: 1\t- Le rite arménien: il doit son expansion en de multiples points de l\u2019Orient et de l\u2019Occident grâce à l\u2019émigration de ses fidèles d\u2019origine.Il est issu de l\u2019ancien rite de Césarée et a survécu jusqu\u2019à nos jours à la suite de l\u2019adhésion de l\u2019Église arménienne au monophysisme, fin du Ve siècle.S.Ém.le Cardinal Agagianian appartient à ce rite.2\t- Le rite syrien ou antiochien comprend trois branches: a)\tLe rite syro-antiochien (appelé aussi syro-antiochien pur, syro-jacobite, syrien, syriaque,) en usage chez les monophysites de Syrie ou Jacobites, ainsi désignés du nom de leur grand propagandiste, Jacques Bardai.Ce rite est le plus représentatif de l\u2019ancien rite d\u2019Antioche.b)\tLe rite syro-maronite, issu de l\u2019ancien rite d\u2019Antioche.Il fut pratiqué par la Communauté de ce nom groupée autour du monastère de saint Maron, entre Emèse et Apamée, sur la rive droite de l\u2019Oronte.Depuis le Xlle siècle, ce rite a subi des modifications dans l\u2019intention de le rapprocher du rite latin.c)\tLe rite syro-malankar.Les Malankars sont un groupe de Malabares qui, refusant l\u2019union avec Rome, se soumirent non au patriarche nestorien \u2014 comme c\u2019eût été normal mais au patriarche syrien-jacobite, en adoptant sa foi monophysite et son rite syro-antiochien.Une fraction parmi eux s\u2019est unie à Rome en 1930, avec l\u2019évêque, Mgr Ivanios, et son suffragant, Mgr Théophilos.3\t- Le rite chaldéen comprenant: a)\tLe rite syro-chaldéen.D\u2019abord rite de l\u2019Église de Perse, il se propagea, avec le nestorianisme, en Mongolie, en Chine et en Inde, puis rétrograda à partir de l\u2019invasion de Tamerlan (fin du XlVe siècle).b)\tLe rite syro-malabare.La chrétienté malabare rejeta le nestorianisme au synode de Diamper, en 1599, et proclama son union avec Rome; mais son zèle mal compris dans les réformes liturgiques aboutit à un retour massif au nestorianisme, en 1653.Dans la suite, les deux tiers de la Communauté s\u2019unirent de nouveau à Rome, gardant leur rite déjà fortement latinisé.L\u2019autre tiers se soumit au patriarche syrien jacobite, formant le groupe syro-malankar.4\t- Le rite alexandrin a deux branches: a)\tLe rite copte (égyptien).Le rite d\u2019Alexandrie, après avoir supplanté les rites d\u2019Égypte, fut abandonné par les Melkites, mais il a été conservé par les monophysites d\u2019Égypte ou Coptes.b)\tLe rite éthiopien, dérivé du rite d\u2019Alexandrie, étendit pendant longtemps sa juridiction sur l\u2019Église d\u2019Éthiopie.426 Les Melkites appartiennent au rite Byzantin.Leur nom dérive d\u2019un mot syriaque: Malok, qui signifie Roi.Ce sont ceux qui ont suivi l\u2019Empereur de Constantinople et adhéré avec lui à la foi catholique du Concile œcuménique de Chalcédoine, en 451.Ce nom désignait également les catholiques et les orthodoxes, mais aujourd\u2019hui, on l\u2019emploie seulement pour un groupe du rite byzantin appelé quelquefois grec-melkite, grec-catholique ou Melkite.Raison d\u2019être des rites orientaux Le Pape Léon XIII l\u2019a admirablement résumée dans son encyclique Orientalium Dignita, du 30 novembre 1894: « Le maintien des rites orientaux a plus d\u2019importance qu\u2019on ne pourrait le croire.^ L\u2019auguste antiquité qui ennoblit ces divers rites est l\u2019ornement de toute l\u2019Église et affirme la divine unité de la foi catholique.Ils manifestent plus clairement aux principales Églises d\u2019Orient leur origine apostolique et mettent en même temps en lumière leur union intime, dès le principe du christianisme, avec l\u2019Église romaine.Rien, en effet, ne montre peut-être mieux la note de catholicité dans l\u2019Église de Dieu que l\u2019hommage singulier de ces cérémonies de formes différentes, célébrées en des langues vénérables par leur antiquité, consacrées davantage encore par l\u2019usage qu\u2019en ont fait les Apôtres et les Pères.» S.S.le Pape Pie XII, dans son encyclique Orientalis Ecclesiæ, affirme: « Il est nécessaire que tous et chacun des peuples de rite oriental, en tout ce qui dépend de leur histoire particulière, de leur propre génie et caractère, jouissent d\u2019une légitime liberté, pourvu qu\u2019elle n\u2019aille pas à l\u2019encontre de la vraie et intégrale doctrine de Jésus-Christ.Que tous soient certains et convaincus que jamais ils ne seront forcés d\u2019échanger leurs légitimes rites propres et leurs antiques institutions contre les institutions et les rites latins.Les uns et les autres doivent être tenus en égale estime et honneur parce qu\u2019ils entourent l\u2019Église, Mère commune, comme d\u2019une royale variété.Bien plus, cette diversité de rites et d\u2019institutions ne s\u2019oppose nullement à une vraie et sincère unité.» (Acta Apost.944).Et S.S.le Pape Pie IX: « Nous garderons entièrement intactes vos liturgies catholiques que nous honorons véritablement.Ces liturgies ont été honorées par nos prédécesseurs comme étant recommandables par leur vénérable antiquité et écrites en des langues parlées par les Apôtres et les Pères, et comme comprenant des cérémonies d\u2019un éclat et d\u2019une magnificence incomparables.» Avec cette approbation des chefs de l\u2019Église, je voudrais citer une allocution donnée par S.B.le Patriarche Maxime IV, de l\u2019Église Melkite catholique: « Nous devons nous convaincre que le christianisme ne pourra jamais s\u2019acquitter de sa mission dans le monde s\u2019il n\u2019est, non seulement de droit, mais aussi de fait, catholique, c\u2019est-à-dire universel.Si, pour être catholique, il faut renoncer à sa liturgie, à sa patristique, à son histoire, à son hymno-graphie, à son art, à sa langue, à sa culture, à tout son patrimoine spirituel, pour adopter le rite, la pensée philosophique et théologique, la poésie religieuse, la langue liturgique, la culture et la spiritualité d\u2019un groupement 427 donné, fût-il le meilleur, l\u2019Église n\u2019est plus le grand don de Dieu à l\u2019humanité entière, mais une faction, si nombreuse soit-elle, une institution humaine liée aux intérêts d\u2019un groupe.Elle n\u2019est plus la véritable Église du Christ.En résistant donc au courant de latinisation ou à un traditionalisme périmé, nous avons conscience de défendre les intérêts vitaux de l\u2019Église catholique, de rester fidèles à une mission, à une vocation que nous ne pouvons trahir sans défigurer le message du Christ devant nos frères.« Ainsi donc, notre mission est double: A l\u2019intérieur du catholicisme, lutter pour que latinisme et catholicisme ne soient plus synonymes, pour que le catholicisme reste ouvert à toute culture, à tout génie, à toute forme d\u2019organisation compatible avec l\u2019unité de foi et d\u2019amour; en même temps, amener l\u2019Orthodoxie, par notre exemple, à admettre qu\u2019on peut s\u2019unir à la grande Église d\u2019Occident, à la chaire de Pierre, sans pour autant renoncer à l\u2019orthodoxie ni à rien de ce qui fait la richesse spirituelle de l\u2019Orient apostolique, patristique, ouvert sur l\u2019avenir comme sur le passé.« Si nous sommes fidèles à cette mission, nous pourrons arriver à trouver une forme d\u2019union acceptable pour l\u2019Orient comme pour l\u2019Occident: ni auto-céphalie pure, ni absorption de fait ou de droit, mais communion réelle à la même foi, aux mêmes sacrements, à la même hiérarchie organique, avec le respect sincère de tout le patrimoine spirituel et de l\u2019organisation propre de chaque Église, sous la vigilance à la fois paternelle et fraternelle des success-seurs de Celui à qui il fut dit: « tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai MON ÉGLISE.)) Le génie des rites orientaux En une conférence célèbre, Edmond Bishop a magistralement mis en valeur le génie du rite romain en ses traits distinctifs (Le génie du rite romain).C\u2019est d\u2019abord en des traits opposés que se manifeste le génie des rites orientaux.La liturgie romaine se place sous le signe de la sobriété et de la simplicité.Ses cérémonies riches de rites symboliques et complexes lui sont venues de l\u2019extérieur, des pays francs notamment.Ainsi de la procession des Rameaux, de la bénédiction du feu en la nuit pascale, des rites actuels de l\u2019Ordination ou de la Dédicace des églises.Or, plusieurs d\u2019entre eux trouvent leur origine première en Syrie et à Jérusalem d\u2019où ils ont été apportés en Gaule et en Espagne.D\u2019autres se sont introduits d\u2019abord dans la liturgie papale à l\u2019époque où celle-ci s\u2019inspirait du cérémonial somptueux du Sacré Palais impérial de Constantinople.Deux traits, déjà mentionnés, frappent dès l\u2019abord dans toute célébration orientale, à quelque rite qu\u2019elle appartienne: la longueur et la complexité des cérémonies, mais aussi l\u2019atmosphère sacrale dans laquelle elles se déroulent, caractère sacral qui se concilie d\u2019ailleurs sans difficulté apparente avec un aspect populaire, familier.Le peuple est à tout moment sollicité de prendre une part active à la célébration.Les diacres réveillent l\u2019attention défaillante, indiquent les attitudes appropriées, invitent à la prière et dirigent les acclamations.Au premier regard, la liturgie romaine apparaît comme aristocratique, 428 non qu\u2019elle exclue délibérément aucun membre de la communauté \u2014 il n\u2019en est pas au contraire d\u2019aussi puissamment communautaire \u2014 aucune ne tient aussi largement compte de la fonction sacerdotale de tout le peuple chrétien.Mais elle le fait avec une telle mesure, une telle distinction empreinte de réserve, que, de longs siècles durant, elle était devenue affaire de clercs.Pareille mésaventure a été épargnée aux liturgies orientales.Nous savons que la plupart d\u2019entre elles ont pris leur forme définitive à partir des célébrations des petites villes, des bourgs et des villages, sous l\u2019influence de moines qui n\u2019ont jamais cessé de rester en communion étroite avec le petit peuple d\u2019où ils étaient ordinairement issus.Moines illettrés, pour la plupart, laïcs peu portés à raffiner sur les rubriques.La liturgie byzantine échappe à cette situation, comme elle échappa aussi, jusqu\u2019à sa constitution définitive, au Xe siècle, à la condition humiliée des Églises minoritaires en état islamique où la religion officielle ne connaît qu\u2019une prière aux rites fort simples et dépouillés.Ainsi, la liturgie byzantine réalisait une liturgie véritablement impériale et œcuménique.Mais façonnée par le génie de l\u2019hellénisme pré-chrétien et chrétien, elle était appelée à recevoir en terre slave une sève nouvelle d\u2019expression picturale et musicale, formant à l\u2019heure présente le répertoire ordinaire des chorales russes et ukrainiennes.Le Saint Père Jean XXIII, à la fin de la consécration épiscopale qu\u2019il a conférée en rite grec-melkite à Mgr Coussa, donnait ainsi ses impressions: « Le rite émouvant que Nous avons accompli ne demanderait point d\u2019explications supplémentaires.Mais si les yeux et le cœur l\u2019ont suivi avec exultation, cela ne peut pas Nous dispenser d\u2019exprimer en quelques paroles Notre vive satisfaction devant Notre-Seigneur et en présence de son Église.Les langues dans lesquelles cette liturgie s\u2019exprime et s\u2019affirme dans presque tout l\u2019Orient chrétien sont diverses, mais sa structure et sa signification sont les mêmes.» Voilà donc le génie des rites orientaux et leur richesse spirituelle.Particularités des rites orientaux, en particulier du rite byzantin Sacrements: Chaque sacrement est accompagné de gestes significatifs tout à fait symboliques.a)\tLe baptême: à la naissance d\u2019un enfant, le prêtre se rend à l\u2019hôpital prier sur la tête de la mère.Il prie également sur la tête du bébé et lui donne un nom.Quand la mère retourne à la maison, on fait encore une prière sur sa tête; elle porte elle-même son enfant à l\u2019église.Si c\u2019est un garçon, le prêtre le place sur l\u2019autel; si c\u2019est une fille, il l\u2019offre à la Sainte Vierge.b)\tLa confirmation: ce sacrement, dont le ministre ordinaire est le prêtre, est administré aux enfants après leur baptême.Dans le rite russe, on donne aussi la communion à l\u2019enfant en mettant une goutte de vin dans sa bouche.Comme les aliments sont nécessaires à sa vie matérielle, ainsi la nourriture eucharistique est nécessaire à sa vie spirituelle: « Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n\u2019aurez pas la vie en vous.» L\u2019enfant étant 429 tout à fait pur, n\u2019a pas besoin de la confession avant de recevoir le Corps de Notre-Seigneur.c) La messe et la divine liturgie: 1.\tL\u2019emploi des langues vivantes.La langue du rite byzantin est, de par son institution, la langue vivante comprise du peuple.Un long débat sur cette question a abouti à une décision du Saint Office, en date du 31 mars 1960, approuvée par S.S.Jean XXIII, le 1er avril de la même année.Le communiqué, envoyé à S.B.Maxime IV, patriarche Melkite catholique, le 2 mai 1960, s\u2019énonce ainsi: « On concède l\u2019usage de la langue vulgaire dans la célébration de la sainte messe du rite byzantin.» C\u2019est un fait certain, admis par tous les historiens, que les rites orientaux, et en particulier le rite byzantin, qui est universel, supranational, ont été toujours et partout célébrés dans une langue comprise du peuple.Cet emploi liturgique des diverses langues nationales en Orient est dû non aux hérésies ou au schisme, comme on l\u2019a insinué à tort parfois, mais au principe tout à fait logique que la liturgie étant une synaxe, aucune célébration publique, c\u2019est-à-dire étymologiquement et réellement populaire, ne saurait être tenue, si ce n\u2019est dans la langue du peuple.On ne réunit pas la foule pour lui parler ou la faire parler un idiome inconnu.L\u2019Orient a célébré la liturgie dans la langue du peuple, comme il n\u2019a pas hésité à traduire les Saintes Écritures dans la langue du peuple.Dieu a révélé les Livres Saints, et l\u2019Église a institué sa liturgie, afin que le peuple les comprenne, y accède directement et en vive.Voilà l\u2019aspect retenu de façon universelle et continuelle par l'Église orientale.Cela vaut d\u2019autant plus pour la liturgie byzantine qui est, dans sa constitution même, un dialogue continu entre le clergé et le peuple.Celui-ci ne peut y jouer son rôle que si la liturgie est célébrée dans une langue qu\u2019il comprend.« Si tu ne bénis qu\u2019avec l\u2019esprit (c\u2019est-à-dire en parlant un langage incompris), comment celui qui a rang de non-initié répondra-t-il « Amen » à ton action de grâces, puisqu\u2019il ne sait pas ce que tu dis?Ton action de grâces, certes, est excellente, mais l\u2019autre n\u2019en est pas édifié.Dans l\u2019assemblée, j\u2019aime mieux dire cinq mots avec mon intelligence, pour instruire les autres, que dix mille en langue (incomprise) ».Paul, I Corinthiens, XIV, 16-19.Toutes les raisons invoquées en faveur d\u2019une thèse contraire cèdent, nous semble-t-il, devant ce raisonnement plein de sens de l\u2019Apôtre.2.\tLa concélébration.C\u2019est une autre particularité du rite oriental: plusieurs prêtres célèbrent ensemble la même messe.3.\tL\u2019épiclèse.Dans les liturgies orientales, après avoir répété les paroles du Christ à la Cène, le prêtre s\u2019adresse au Saint-Esprit et lui demande de changer le pain au Corps et le vin au Sang du Christ.On a beaucoup discuté sur l\u2019importance de l\u2019épiclèse dans la consécration.Il est de plus en plus admis que les traditions peuvent différer (cf.« Dieu vivant ».no 14.Si 1 anamnèse (ou rappel des paroles de la consécration de la liturgie lati-ne) est toujours nécessaire, l\u2019Église peut, dans sa tradition orientale, considérer l\u2019épiclèse comme tout aussi nécessaire à la validité de l\u2019Eucharistie.430 En l\u2019église des Basiliens, de Montréal, communion sous les deux espèces. 4.La communion sous les deux espèces.Le pain trempé dans le vin est distribué sans autre explication que: « Prenez et mangez.» On le mastique comme du pain ordinaire.d)\tDans la cérémonie du mariage, le couronnement des époux est ainsi expliqué par saint Jean Chrysostome: « On met une couronne sur la tête des époux, symbole de leur victoire, car ils s\u2019avancent invaincus vers le port du mariage, eux qui n\u2019ont pas été vaincus par le plaisir.Si quelqu\u2019un, esclave du plaisir, s\u2019est livré à la prostitution, pourquoi a-t-il encore une couronne sur la tête, lui qui n\u2019est qu\u2019un vaincu ?» e)\tLe mariage des prêtres.L\u2019Orient chrétien a gardé la tradition apostolique de conférer les Ordres à des hommes mariés.Il a ainsi un double clergé : 1° le clergé marié, ordinairement pour les paroisses; 2° le clergé célibataire, dans les monastères, pour l\u2019ordinaire.Plusieurs Églises orientales ont conservé cet usage: le Liban a deux séminaires, l\u2019un grec-catholique, et l\u2019autre maronite, pour la formation des'hommes mariés à la prêtrise.Chaque fois que les Papes ont solennellement parlé du célibat ecclésiastique, ils ont toujours pris soin de spécifier que si le célibat est en honneur dans toute l\u2019Église catholique (tant orientale que latine), l\u2019usage latin du célibat obligatoire n\u2019est pas un blâme pour la tradition orientale: l\u2019ordination d\u2019hommes mariés est absolument légitime en Orient.Pour éviter toute fausse interprétation, précisons que l\u2019Orient ne marie pas les prêtres: il ordonne prêtres des hommes mariés, ce qui est fort différent.Il n\u2019oblige même pas tous les prêtres à être mariés; il maintient à un très haut degré la vocation au célibat et réserve l\u2019épiscopat aux prêtres-moines.Mais il estime qu\u2019il n\u2019est pas indispensable d\u2019être célibataire pour être un excellent et saint prêtre.f)\tLe Synode: c\u2019est la réunion des évêques, ou petit concile, présidée par le patriarche, en vue d\u2019établir la marche de l\u2019Église, de donner de nouvelles indications liturgiques ou d\u2019élire un patriarche ou des évêques.Les noms des évêques élus sont ensuite envoyés à Rome qui donne son approbation.g)\tLe patriarche: il est le chef spirituel de l\u2019Église orientale et exerce sa juridiction sur tous les membres de son rite, mais reste soumis au Pape.Rome a voulu respecter cette particularité en l\u2019insérant au Droit Canon, en 1949.I = Différence entre les rites catholiques orientaux et les rites catholiques latins La foi des deux Églises est la même: c\u2019est la foi catholique romaine.L\u2019enseignement du clergé oriental, soit en philosophie soit en théologie, est le même et puisé dans des livres en langue latine dont les^auteurs sont les mêmes.C\u2019est la même source doctrinale limpide.Mais l\u2019Église orientale possède peut-être un enseignement encore plus large à cause d\u2019une autre science, celle de la théologie orientale, et du Droit Canon (nouveau code), et la connaissance des langues de l\u2019Orient.432 Le couronnement des époux.Un des rites du mariage dans l\u2019Eglise orientale.Donc, pas de différence dans la doctrine et l\u2019enseignement.Seul, le rite, avec son ensemble extérieur de liturgie, de hiérarchie et de discipline, diffère.« Il faut de même envelopper d\u2019une estime méritée, disait Pie XII, tout ce qui constitue pour les Orientaux comme un patrimoine propre, légué par leurs ancêtres, à savoir ce qui regarde la liturgie et les ordres hiérarchiques, ainsi que tout ce qui concerne les autres aspects de la vie chrétienne.» « L\u2019auguste ancienneté qui ennoblit les rites orientaux, dit le Pape Léon XIII, est une grande gloire pour toute l\u2019Église et affirme la divine unité de Foi catholique.» 2 = Différence entre les catholiques orientaux et les orthodoxes Je résume en ces termes: le rite avec tout son ensemble est le même, mais ÿ\tla foi n\u2019est pas, actuellement, tout à fait la même.Nous le comprendrons mieux en étudiant les divergences entre catholiques et orthodoxes.Divergences 1.La divergence doctrinale fondamentale entre le catholicisme et l\u2019orthodoxie concerne l\u2019Église elle-même, ce qu\u2019elle est, où réside son autorité enseignante.Les catholiques ont tendance à mettre l\u2019accent sur les aspects sociaux, juridiques et extérieurs de l\u2019Église, et sur son extension numérique.Les 433 orthodoxes sont plutôt indifférents à de telles considérations et se préoccupent davantage de ses aspects spirituels, de la valeur de ses membres et de leur conscience religieuse.C\u2019est une des raisons dejeur indifférence à l\u2019égard, par exemple, du nationalisme ecclésiastique; ces Églises autocéphales trouvent leur unité dans la participation au Corps mystique du Christ, la confession de la même foi, le partage des mêmes sacrements, sans l\u2019adjonction d\u2019un organisme administratif ni d\u2019une autorité commune visible.Il y a dix-huit Églises autocéphales orthodoxes indépendantes, et pas un seul patriarche qui les unisse entre elles.2.\tInfaillibilité.Comment l\u2019Église orthodoxe exérce-t-elle son infaillibilité ?Dans leur réponse à la lettre apostolique In suprema, du Pape Pie IX, en 1848, les patriarches orthodoxes disent: « Le véritable gardien de la foi est l\u2019Église entière, c\u2019est-à-dire le peuple lui-même.» 3.\tLes conciles œcuménioues.Ils sont pour les orthodoxes la plus haute autorité dans l\u2019Église, et sont rendus dogmatiquement infaillibles par l\u2019inspiration du Saint-Esprit.Un conciliariste, comme le P.Bulgakov, soutient même que pour être œcuménique, un concile devrait être présidé par le Pape.Les orthodoxes reconnaissent que le Pape est nécessaire comme chef de l\u2019Église catholique, mais qu\u2019il n\u2019a rien à voir avec les autres Églises.4.\tLa discipline.L\u2019Oriental préfère une disposition intérieure à la discipline extérieure, souvent aux dépens de cette dernière.Le juridisme sous toutes ses formes lui est étranger.Son attitude dominante est la passivité plus que l\u2019activité.5.\tLe tempérament religieux oriental est radicalement différent de celui de i\u2019Occidental, mais il n\u2019est pas pour cela opposé en lui-même au catholicisme, nullement lié, d\u2019ailleurs, à un tempérament où à une mentalité particulière.Ceci est très important.Nous le voyons, la différence ne se situe pas au niveau dogmatique, mais simplement juridique, dans des choses extérieures.Les orthodoxes les ont prises, avec le temps, d\u2019un point de vue dogmatique, mais elles ne l\u2019étaient pas au début.« La foi des orthodoxes est dans son essence la foi catholique telle qu\u2019elle était comprise avant le schisme d\u2019Orient.La différence n\u2019est par conséquent ni importante ni essentielle, car la foi des sept premiers conciles est simplement celle qui s\u2019est développée jusqu\u2019à nos jours.Il est vrai que ce développement touche à l\u2019essence, mais seulement de manière à apporter des modifications subsidiaires.La foi primitive contient et implique tous les dogmes qui en sont sortis depuis.Mais bien que la foi orthodoxe soit restée en principe ce qu\u2019elle était au Xe siècle, les idées orientales ont subi une évolution considérable.Même ne l\u2019auraient-elles pas fait, et serions-nous restés des catholiques du Xe siècle, il y aurait encore une grande divergence entre nous, et c\u2019est souvent le degré infime et la subtilité de nos différences qui rend la compréhension mutuelle si difficile.C\u2019est quelque chose comme la ligne de clivage entre les doctrines thomistes et molinistes, dans la controverse de la grâce.434 « L\u2019image du Christ qui est au cœur de chaque dénomination chrétienne ne peut avoir qu\u2019une ressemblance lointaine avec l\u2019original; et deux Communautés chrétiennes ayant la même foi et la même doctrine peuvent avoir des idées qui, bien qu\u2019essentiellement identiques, soient accidentellement assez différentes pour paraître en opposition mutuelle.C\u2019est ainsi que le Christianisme oriental diffère de l\u2019occidental, même dans les questions où il n\u2019y a pas la moindre différence réelle, et ceci est dû à d\u2019innombrables subtilités qui échappent à toute tentative d\u2019expression.» (Mgr André Szepticky, archevêque ruthène de Lwow, dans Commonweal, 8 octobre 1930).Y aura=t=il conciliation?Dès que l\u2019on parle d\u2019union, entre chrétiens séparés, on pense que le mieux serait de « revenir à l\u2019état d\u2019avant la séparation ».A la réflexion, même si on le voulait, ce retour en arrière se révélerait impossible.Les difficultés présentes ne sont plus celles du passé.On ne guérit pas un infirme en le ramenant à son enfance.Il en va de même dans les rapports entre les Églises.Il faut pourtant prendre conscience des facteurs qui nous ont séparés, de ceux qui persistent, de ceux qui ont apparu au cours des temps, si l\u2019on veut travailler efficacement au rapprochement.Difficultés de jadis Les difficultés de jadis ne viennent pas d\u2019un fait théologique, mais plutôt de faits politiques, psychologiques et sociaux.Le deuxième schisme Orient-Occident, par exemple, est souvent daté de 1054.En fait, il est né d\u2019abord de la rivalité entre Rome et Byzance, à propos de la juridiction sur les territoires Dalmates.Il s\u2019est développé dans la rivalité entre le nouvel Empire d\u2019Occident, à partir de Charlemagne, et l\u2019antique Empire d\u2019Orient.Pendant tout le haut Moyen Age, les Papes subissaient l\u2019influence des empereurs d\u2019Allemagne, puis des rois de France (papauté d\u2019Avignon).De plus, l\u2019état de relative barbarie où se trouvait alors l\u2019Europe n\u2019était pas fait pour rehausser le prestige de ce Siège, tandis qu\u2019à Constantinople, une civilisation brillante continuait de resplendir.Quand Byzance avait besoin des forces européennes pour lutter contre l\u2019Islam, l\u2019empereur imposait un rapprochement (Concile de Lyon, 1274).Mais ces ententes politiques ne duraient pas.Enfin, la 4e croisade (1202-1204) et l\u2019installation d\u2019un empire latin ne pouvaient servir à la réconciliation.Aussi, l\u2019Union de Florence (1439) ne survécut-elle pas à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.Avec Constantinople, toute l\u2019Europe orientale et la Russie se sont ainsi trouvées séparées de Rome.Difficultés actuelles 1.Nous sommes séparés, malheureusement.La première difficulté, la plus évidente et celle à laquelle on pense le moins, n\u2019est-ce pas le fait d\u2019avoir vécu séparés les uns des autres depuis plus d\u2019un millénaire?Rien n\u2019est pire que l\u2019habitude.Or, l\u2019Orient et l\u2019Occident chrétiens ont pris l\u2019habitude de se passer l\u2019un de l\u2019autre.435 Les schismes ont infligé beaucoup de lacérations au Corps du Christ.« Le jour où chacun sentira, dans sa sensibilité chrétienne, cette frustration née des séparations, un grand pas aura été franchi vers l\u2019unité.» (R.P.Robert Clément, S.J.).Rencontres Je voudrais ici laisser la parole au P.Clément, Jésuite bien connu, qui a tracé les lignes suivantes d\u2019après son expérience personnelle et sa constatation de la réalité des choses en Orient; c\u2019est un prêtre latin qui parle: « Malheureusement, ces efforts n\u2019ont pas toujours produit les effets espérés et les Églises unies sont souvent considérées, par les orthodoxes, comme des concurrentes et le fruit de l\u2019esprit de domination de Rome.(Les Églises orientales sont prises entre deux feux: les orthodoxes les accusent d\u2019être des espions de l\u2019Église romaine.« Vous devriez être avec nous », disent-ils.Les catholiques, eux, nous croient orthodoxes.) « Elles devraient être la preuve vivante que l\u2019Église romaine est capable de respecter les traditions propres de l\u2019Orient.Dans ce but, elles ont été reconnues ou créées, et l\u2019Occident en parle souvent comme marque de sa libéralité.Malheureusement, il y a un malentendu au point de départ: malgré les efforts de plusieurs, malgré les Instituts pontificaux établis à Rome, l\u2019Orient est pratiquement très mal connu des catholiques latins qui, en grand nombre, l\u2019ignorent; ceux qui en connaissent quelque chose y voient surtout un « folklore liturgique ».Aussi, quand les rites sont sauvés, quand les titres de patriarche, d\u2019archimandrite et d\u2019higoumène sont utilisés, quand on parle d\u2019éparchie au lieu de diocèse, on croit facilement avoir tout fait pour « respecter » les antiques privilèges de l\u2019Orient.» Le terme de privilège est lui-même ambigu: il donne à entendre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019exceptions, bénévolement concédées, mais qu\u2019il serait tellement plus sage de supprimer un jour en faisant rentrer tout le monde dans le rang.Or, les traditions apostoliques orientales sont autre chose que des exceptions à peine acceptables: elles sont des richesses de tradition qui doivent trouver dans l\u2019Église universelle leur plein et légitime épanouissement, au même titre que les traditions latines.Or, les Églises orientales unies sont bien peu nombreuses dans le monde catholique.Comment ceux qui n\u2019ont pas le sens de l\u2019Orient peuvent-ils ne pas considérer ces Églises comme survivances regrettables?Même les plus bienveillants, les plus avertis sur les problèmes œcuméniques, ont de la peine à se débarrasser de leurs réflexes latins sur ce point.L\u2019Orient demande la sécurité de ses traditions.Tant que ce sens ne sera pas devenu courant dans l\u2019Eglise catholique, il sera impossible de parler d\u2019unité entre l\u2019Orient et l\u2019Occident.Le prix d\u2019une Tradition apostolique ne se pèse pas avec des mesures quantitatives.Il resterait nombre de points à développer sur ce vaste sujet des rites orientaux.Je veux conclure en disant que tout n\u2019est pas sombre dans la situation présente.Après l\u2019élection de S.S.le Pape Jean XXIII, le Con- 436 elle et les travaux qu\u2019il suscite soulèvent de nouveaux espoirs.Du 17 au 24 septembre 1961, s\u2019est déroulée à Naples la Ville Semaine pour l\u2019Orient chrétien.^La journée du 20 fut marquée par une cérémonie au cours de laquelle S.Êm.le Cardinal Amleto Cicognani prit la parole sur le thème « Rapport des Églises d\u2019Orient avec l\u2019Église Latine ».Après avoir évoqué quelques textes sur les événements des premiers siècles qui montrent combien était alors vivante dans les Commumautés orientales l\u2019unité avec Rome et le Pape, Son Éminence le Secrétaire d'État fit remarquer que « la séparation et les motifs qui l\u2019ont déterminée sont peut-être, si on les examine bien, moins profonds que ne pourrait le faire croire leur longue durée.« Une intime fraternité a même toujours continué de s\u2019affirmer entre nous et l\u2019Orient séparé, dans le sens de cette expression riche d\u2019une bienveillante amabilité, employée par S.S.Jean XXIII, à l\u2019égard des Orientaux: « Me voici, moi Joseph, votre frère.» L\u2019Orient a donné à la chrétienté la Pensée de ses docteurs, l\u2019exemple de ses Saints, tandis que Rome lui offrait la garantie et la Pureté de sa propre doctrine.» Conclusion: venons nous unir ! En tendant vers l\u2019union, les chrétiens ne briguent aucun avantage temporel: ce n\u2019est pas une hégémonie chrétienne, politique, sociale ou nationale qu\u2019ils revendiquent.Il ne s\u2019agit pas non plus d\u2019un colonianisme réalisé par un groupe au détriment d\u2019un autre, car dans l\u2019unité tous seront un dans le Christ, tout en conservant la polychromie des groupements, des rites, des Communautés et des nations.On ne s\u2019unit pas non plus pour faire front commun à un ennemi, ou à un parti politique, pas même au communisme.C\u2019est encore moins une recherche d\u2019un compromis doctrinal.La raison définitive qui résume toutes les autres est celle-ci: en réalisant l\u2019union avec nos frères chrétiens d\u2019abord, ensuite avec les non-chrétiens, réaliser notre union personnelle et communautaire avec le Christ.Rechercher l\u2019union, c\u2019est travailler à la réalisation de l\u2019économie divine dans la nature, dans la création, dans l\u2019Incarnation, la Rédemption et la CJpire, pour arriver à la parfaite stature du Christ.La charité, et la charité seule, unie au respect des autres rites, fera cette liaison et donnera ce nouveau souffle aux Églises, souffle qui tend à les retirer d\u2019un isolement lointain pour établir entre elles un dialogue fraternel et fructueux.1\tAl-Wahdat, L'Unité, revue œcuménique orientale en langue arabe, Liban.2\tLe Lien, revue grecque-catholique, Egypte.3\tBulletin de la paroisse grecque-catholique de Saint-Julien-le-Pauvre, Paris.4\tMotu Probrio, « Les personnes pour l\u2019Eglise Orientale », 1949.5\tLes Liturgies d\u2019Orient : Irénée, Henri Dalmais, o.p.6\tLa Prière des Eglises de Rite byzantin, R.P.Mercenier, Belgique.7\tLiturgicon, Mgr Néophite Edelby, Beyrouth, Liban.8\tL'Eglise et les Eglises, (1054-1954), Collection Irénikon, Chevetogne.9\tPrécis d'Histoire de l'Eglise Melkite, R.P.J.Chamnas, B.S.Liban.w Faith of our Fathers.The Eastern Orthodox Religion.Carlson el Soroka, Minnesota l! Le Mariage, P.Galtier, S.J., Liban.437 NYASSALAND par Stanislas Shawa, instituteur Mzambazi *9 LA PROVINCE DU NORD A SON PREMIER PRÊTRE Le 8 septembre 1962 fut un jour unique de réjouissances et\t91 de jubilation pour les catholiques du diocèse de Mzuzu, et tout spécialement pour ceux de la Mission de Mzambazi.Car ce jour-là avait lieu l\u2019ordination sacerdotale de notre compatriote, l\u2019abbé Bernard Lungu, le seul prêtre de la province septentrionale qui peut se dire enfant du diocèse de Mzuzu.La belle et impressionnante cérémonie qui marqua cet événement historique se déroula à la Mission de Mzambazi, son lieu d\u2019origine.438 * < Mzambazi acquiert du prestige Relativement à l\u2019histoire des missions catholiques chez nous, soulignons que le poste de Mzambazi ne remonte pas plus loin que 1940, alors que les premiers missionnaires s\u2019établissaient à cet endroit.Autre détail digne de mention, Mzambazi n\u2019est ni la plus vieille ni la plus considérable des missions du diocèse: elle se classe après Katete quant à l\u2019âge; elle vient au troisième rang, après Nkhamenya et Katete, quant au nombre de baptisés.Cependant le fait qu\u2019elle a donné le premier prêtre Tumbuka à l\u2019Église lui confère une importance exceptionnelle.Un rêve utopique ?L\u2019abbé Bernard Lungu comptait parmi les premiers garçons qui, en 1944, se sentirent attirés vers la « vocation exotique ».Personne, sauf les prêtres eux-mêmes, ne croyait, à cette époque du catholicisme naissant au Nyassa-Nord, qu\u2019un fils de la nation Tumbuka pourrait un jour devenir prêtre de Dieu.Naturellement, dans les villages, on tourna en dérision la démarche du jeune Bernard.On jugea son rêve utopique.«/ Le premier prêtre Atumbuka du Nyassaland, M.l\u2019abbé Bernard Lungu, en compagnie de sa mère !j» f ¦ ¦ \\ iliiS 0* *** l
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