Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 septembre 1960, Septembre - octobre
[" Vol.XXIe - 41e année Septembre-Octobre 1960 Montréal no 5 Le Précurseur Lb Pir^BBiujirmBiujir 2900, Chemin Sainte-Catherine \u2014 Côte-des-Neiges, Montréal 26 Imprimatur : f Mgr Paul Touchette, P.A.V.G., 31 décembre 1959.Nihil obstat : François Brouillette, ptre, 5 mai 1960.Vol.XXIe - 41e année\tMontréal, Septembre-Octobre 1960\tno 5 Revue bimestrielle, publiée par les Sœur?Missionnaires de rimmaculée-Conception.ABONNEMENT : SOMMAIRE Quand Cuba proclame sa foi Sœur Marthe-du-Rédempteur, m.i.c.Par an $1.00 Nouveaux Cardinaux A vie .25.00 Cumpleanos.Sœur Françoisc-de-Chantal, m.i.c.19S 202 20S \t\t \t\t \t\t \t\t AVANTAGES : Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Religieuses de la Communauté, particulièrement des Missionnaires à l\u2019œuvre dans les cinq parties du monde.De plus, une messe est célébrée chaque semaine pour les abonnés vivants et une autre pour les défunts.\u201cAssociés\" aujourd\u2019hui, missionnaires de- Sœur Léon-Joseph, m.i.c.\t'\t209 Toujours guide!\t Sœur Agnès-de-Jésus, m.i.c.\t.218 Evolution sociale à Karonga Sœur Saint-Léon-Ie-ürand, m.i.c.\t.222 La vraie chanceuse\t Sœur Alice, novice\t.225 Sous le vocable de Fatima\t Sœur Marthe-du-Sacré-Cœur, m.i.c.\t.229 Le tour du monde en 8 minutes\t Une novice philippine\t.232 De par le monde\t\t235 Nécrologie \t\t.238 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Pages- couvertures : Paysans indiens de la Bolivie. proclame sa foi par Sœur MARTHE-DU-REDEMPTEUR1, m.i.c.Pendant des mois, les mouvements d\u2019Action Catholique travaillèrent fiévreusement pour assurer le succès du Congrès Catholique de la Havane.On tenait à ce qu\u2019il rassemble dans la capitale le plus grand nombre possible de fidèles de toutes les provinces.Des campagnes de prières ardentes, de sacrifices et d\u2019œuvres de charité furent lancées.Du congrès dépendait la vie du catholicisme à Cuba: après un succès, les catholiques se sentiraient forts; advenant un échec, les ennemis de la religion auraient beau jeu.Une semaine avant le ralliement, en la fête de la Présentation de Marie, tous les catholiques participèrent dans les églises de leurs paroisses à une veillée d\u2019armes, tandis qu\u2019au sanctuaire marial national de Cobre, S.Exc.Mgr Perez Serantes, archevêque de Santiago, bénissait une torche qu\u2019il remettait à un membre de la Juventud Catolica pour être portée jusqu\u2019à la Havane.Ainsi commença le marathon du Flambeau dont la flamme devait servir à embraser les torches des congressistes lors de la procession précédant la messe nocturne du 28 novembre.D\u2019un pueblo à l\u2019autre, les jeunes coureurs se relayèrent; partout sur son passage le Flambeau fut l\u2019objet de manifestations enthousiastes de foi et de piété.A ce marathon les organisateurs avaient su donner une valeur symbolique: de même que .le feu allumé en la province d\u2019Oriente devait courir et briller jusqu\u2019au cœur du pays, de même le feu de la foi devait se communiquer de paroisse en paroisse, de province en province pour illuminer toute l\u2019Ile.Le vendredi, 27 novembre, sur la place de l\u2019Université Nationale, une messe solennelle marqua l\u2019ouverture du congrès et de ses séances d\u2019étude.C\u2019est dire que, dès le jeudi soir et le vendredi matin, la Havane était envahie par les congressistes.Trains, autobus, jeeps, voitures privées, avaient été mobilisés.Un délire de joie circulait parmi le peuple: n\u2019avait-on pas annoncé que la statue miraculeuse de la Caridad, patronne de Cuba, quitterait son sanctuaire de Cobre pour la première fois depuis Marie-Marthe Laurin, de Beauharnois.195 Sous ia pluie.durant la messe du Congrès. trois siècles et serait transportée par avion au ralliement ?Il en avait coûté seize heures de chemin de fer aux groupements du Sud de l\u2019Ile pour atteindre la capitale.Quant à nous, de la province de Matanzas, il nous suffit de partir ce jour même du 28, à midi, la procession étant fixée au début de la soirée.Cette démonstration populaire allait être suivie d\u2019une messe de minuit couronnée par un radio-message du Souverain Pontife.Deux Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception de Colon et une vingtaine de nos jécistes se trouvaient déjà sur les lieux, ayant assisté aux sessions d\u2019étude.Par ailleurs la plupart de nos pensionnaires se rendaient à la Havane en compagnie de leurs parents.Quelques-unes seulement se joignirent à nous, aux professeurs et aux aides laïques, L\u2019autobus spécial n\u2019en fut pas moins rempli.Une petite pluie fine nous escorta sur tout le trajet, mais selon nos pronostics, la journée finie, la soirée serait splendide.Pas un instant nous n\u2019avons imaginé que le bon Dieu nous demanderait un tout autre genre de pèlerinage.Nous entrions à la Havane quand une forte odeur de caoutchouc brûlé se répandit dans la voiture: le moteur faisait quelque attaque.à'engine.Le chauffeur nous avertit qu\u2019il ne pouvait continuer ainsi et partit chercher du secours.Alors nous descendons sur le bord du chemin et, malgré la pluie et le vent qui s\u2019élève, avalons une bouchée.Et comme le temps file et qu\u2019à tout prix nous voulons être de la procession, nous décidons de marcher.Par bonheur la Providence nous envoie l\u2019autobus^du collège des Pères des Missions-Étrangères.Le chauffeur, après avoir conduit ses passagers à destination, était en quête d\u2019un endroit où garer le véhicule.Nous montons avec lui et peu après rallions le groupe des paroissiens.C\u2019est gai et impressionnant tout comme une belle fête de famille! Les gens se connaissent tous, se félicitent d\u2019être venus, s\u2019embrassent.Vers les 7 heures, nous atteignons le capitole.Il faut serrer les coudes pour ne pas se perdre, car la foule est dense et mouvante.Très rarement les cérémonies et les réunions cubaines commencent à l\u2019heure; mais cette fois tout le monde se surpasse en exactitude.Il règne un ordre parfait: chaque province, chaque paroisse a sa place indiquée par une pancarte tenue par des jeunes gens.Les provinces de la Havane et de Pinar del Rio sont campées une dizaine de rues plus haut que la nôtre; Matanzas se range près du capitole, enfin les autres provinces s\u2019échelonnent à la suite, de manière à ce que les paroisses, chacune leur tour, emboîtent le pas au passage du cortège.Les endroits de ralliement ont été bien choisis et les groupements paroissiaux peuvent s'aligner d\u2019avance.Le défilé tourne à la rue Reina, monte Carlos Tercero pour se terminer à la Place Civique face au monument de Marti près de la Terminal de Omnibus.A 8 heures précises, s\u2019ébranle la belle, la magnifique et colossale procession: NN.SS.les évêques en tête, les jeunes portant les drapeaux et les bannières de chaque paroisse et de chaque groupement d\u2019Action Catholique, le porte-flambeau du congrès, puis les premières paroisses dont le point de départ est à dix rues du capitole.Enfin, à 10 h.45, 197 les groupes de Matanzas s\u2019ajoutent au flot humain déferlant.Ce n\u2019est qu\u2019un cri de joie.De tous les cœurs monte ün chant à la Vierge de la Charité: «O Vierge Sainte.salut, salut, Délices du Ciel! Suprême Beauté, Patronne de Cuba! N\u2019abandonne pas, ô Mère, ton peuple aimé!\u2018Sauve-le de l\u2019angoisse.Ton nom est notre étendard, Notre-Dame de la Charité! » Tous proclament leur foi et leur amouf.Nous n\u2019atteindrons la Place Civique ou plutôt ses abords \u2014 car elle ne suffira pas à contenir la foule \u2014 que vers 2 h.15! Et tout ce temps nous paradons sous la pluie.Depuis 7 h.30, de gros nuages déversent de copieux arrosages.Au commencement le Père Curé faisait prier pour que le temps se rèmette au beau.du moins au neutre.Nous chantions à plein cœur, suppliant la Vierge de fermer' les cataractes du ciel pour que le congrès ne soit pa£ un désastre.L\u2019on avait tant rêvé d\u2019une nuit sereine avec clair de lune! Ce que notrè bonne Mère devait sourire en pensant à ce qu\u2019elle avait préparé pour les dévots de son Cœur! Loin de cesser, la pluie redoublait poussée par un vent froid.Le thermomètre marquait 50° F.Quand le Père Curé vit qu\u2019au lieu de cesser les averses augmentaient, il dit férmement à ses paroissiens: «C\u2019est évident que le bon Dieu et la Sainte Vierge veulent la pluie et ils la veulent en abondance.Maintenant nous allons\u2019 prier d\u2019une autre façoh : nous demânderons que personne ne s\u2019en aille et que les catholiques de Cuba montrent à la face de tous qu\u2019ils ne sont pas venus à un spectacle mais à une réelle manifestation religieuse.Restez tous.Je vous assure que vous ne serez pas malades.» Les jécistes passèrent dans les rangs invitant les gens à ne pas démissionner.Le vent sifflait comme dans les tempêtes d\u2019hiver canadien.Les porteurs de pancartes et de! bannières les maintenaient à grand-peine; de même les techniciens de la télévision avec leürs installations.Parfois la pluie arrêtait uhe dizaine de minutes.Chose surprenante nos vêtements séchaient.Et le défilé se poursuivit sans désertion; ce n\u2019étaient que prières, chants, acclamations.Que c\u2019était beau ce témoignage catholique du peuple cubain! Et il n\u2019y avait pas que des hommes et des jeunes gens, mais des femmfes et des jeunes filles en toilette légère, des \"enfants, des malades, des religieusës de toutes les Congrégations, de vieilles personnes s\u2019appüyant sur une canne et se traînant avec peine.Des gens précautionneux munis de pliants (il faut se rappeler qu\u2019ils devaient attendre la messe\u2019 de minuit jusqu\u2019à l\u2019arrivée des derniers membres de la procession) s\u2019en servaient comme d\u2019un parapluie, les deux pattes posées sur leurs épaules et la toile cirée sur leur tête; des hommes avaient noué un mouchoir sur leur crâne chauve pour éviter des ruisseaux aveuglants; enfin beaucoup s\u2019étaient fabriqué un casque avec un journal plié.Les femmes et les enfants marchaient sur un front de six, au centre des avenues, pendant que les hommes, à la file et portant des torches, formaient escorte de chaque côté.Au milieu du parcours, des marchands ambulants passèrent avec cet excellent café cubain qui ranime les énergies.Après l\u2019on se sentait en 198 forme pour affronter la seconde partie de la marche, non la moins ardue.Quand quelqu\u2019un s\u2019iqquiétait de ses rhumatismes, de son arthrite, le Père Curé disait: « N\u2019y pensez pas.Je vous dis que vous ne serez pas malades.» Prédiction qui devait se réaliser singulièrement.Assuré que plus il pleuvrait, plus le congrès serait un succès, l\u2019on cessa de se préoccuper.Dès que la marche ralentissait sous une douche froide, vite un cantique, des acclamations « Vive la Vierge de la Charité! » Christus vincit! » « L\u2019espérance de voir la statue de la Caridad et de la vénérer animait la foule à tenir bon.A n\u2019en pas douter, Marie est la Reine et la Mère des Cubains qui l\u2019aiment d\u2019un amour sincère, exubérant, indéfectible.Quand la majeure partie de la procession eut atteint la Place Civique, S.Em.le Cardinal Arteaga y I Betancourt fit son entree et se.rendit à l\u2019estrade dressée pour les dignitaires ecclésiastiques.En dépit de son âge avancé, il avait accepté de présider lui-même la cérémonie.Alors d\u2019une seule voix tonnante, la masse des fidèles acclama le représentant du Pape à Cuba.Une mer de mouchoirs s\u2019agitèrent au-dessus des têtes.Mêmes ovations, mêmes protestations de foi à l\u2019arrivée du corps épiscopal.A ce moment notre groupe de Colon passait devant la Grande Loge des francs-maçons surmontée d\u2019un globe terrestre géant, symbole de domination mondiale.Alors un jeune homme lança de toutes ses forces des acclamations à reprendre en chœur.« Plus fort! plus fort! criait-il, acclamons le Christ et la Vierge.» Secondé par un jeune prêtre cubain, le R.P.Pol, il électrisait la foule par ce mot Caridad! Caridad! scandé sur un rythme irrésistible.Transies mais heureuses de faire notre petite part, nous partagions l\u2019allégresse des Cubains devânt le succès de ce Congrès Catholique sans précédent.Ce million de personnes sous la pluie, c\u2019était bien la preuve du succès! Ainsi qu\u2019on nous l\u2019avait prédit, il nous fut impossible de pénétrer sur la Place, d\u2019approcher de l\u2019autel et de la Madone.Il fallut nous contenter de suivre les prières et les chants de la messe dans un pré voisin.Avant le Saint Sacrifice, Mgr l\u2019évêque de la Havane prit la parole.L\u2019émotion l\u2019étreignait.Incapable d\u2019exprimer ses sentiments, il n\u2019eut qu\u2019un mot: « Merci! merci d\u2019être venus! Merci d\u2019avoir bravé la mauvaise tempéra- ture! La Vierge vous bénira.Non, vous n\u2019êtes pas venus à un spectacle; vous avez voulu vous unir dans une même foi et rendre à notre vénérée Patronne l\u2019honneur et l\u2019amour qui lui sont dus.» A la consécration, j\u2019hésitais à m\u2019agenouiller tellement il y avait de la boue et de l\u2019eau.Mais à ma droite, un vieillard s\u2019agenouilla, puis un couple d\u2019âge mûr.Comment ne pas imiter de si beaux exemples?On se serait cru dans une église pourvue de confortables agenouilloirs.Et à cet instant la pluie et le vent claquaient, décharnés.Personne ne bougea.Magnifique! merveilleux! Monseigneur ne craignit pas d\u2019affirmer que cette grandiose manifestation dans de telles circonstances tenait du miracle.Il fut impossible de distribuer la communion: on conseilla aux fidèles de la solliciter au retour dans leurs paroisses.Après la messe, vers les 3 heures, la parole extraordinairement claire et douce de S.S.Jean XXIII frappait à la porte de tous les cœurs comme un appel tendre et persuasif à la compréhension mutuelle, à la justice sociale, à la fraternité, à la charité.La bénédiction papale descendit sur la foule recueillie, et ce fut le chant du Christus vincit, puis la séparation.Comme il n\u2019y avait pas assez de voitures et d\u2019autobus pour ramener les congressistes à leurs logis ou aux foyers de charité, la plupart marchèrent encore une dizaine de rues, et cela après les neuf à dix heures de fatigue.Le lendemain avait lieu la clôture du congrès et le départ de la Vierge 200 par avion.Beaucoup y allèrent pieds nus.La pluie avait cessé mais le froid durait.Au beau milieu du chemin, la jeep qui tirait le carrosse se brisa.Alors hommes, femmes, jeunes gens, se firent un honneur de le pousser jusqu\u2019à l\u2019aéroport.Des compagnes de Colon, restées à la Havane par affaire, rencontrèrent, au 'Bureau de la douane, Vir-gilio, un militant de l\u2019Action Catholique.Allant à elles et leur tendant la main, le jeune homme s\u2019écria avec feu: «Merci! Merci! \u2014De quoi ?demandèrent-elles surprises.\u2014D\u2019avoir participé au congrès! Je vous ai vues ainsi que plusieurs membres de votre Communauté.Vous n\u2019avez pas eu peur de vous joindre à nous; maintenant nous savons que vous sympathisez avec nous et que la belle charité chrétienne n\u2019a pas de frontières.» 1 Claire Garceau, de Trois Rivières.Et Virgilio raconta aux Madrés ses activités fiévreuses de la dernière quinzaine et comment il était tombé de sommeil, la nuit précédente, sur la Place Civique.Et il ajouta: « Combien de temps ai-je dormi ?je ne sais.Mais chose certaine, quand un compagnon me secoua à l\u2019heure de la messe, je me relevai sans aucune trace de fatigue.J\u2019étais comme un homme nouveau, et mes vêtements étaient secs.Savez-vous que cela me fait penser à Fatima?» Survenant à l\u2019improviste, le père de Virgilio, vieillard cardiaque, qui avait pris part à la démonstration nocturne, dit à Sœur Saint-Némèse 1 à la veille de quitter Cuba pour rentrer au pays: « Dites bien aux Canadiens que le peuple cubain aime la Sainte Vierge à la folie et que s\u2019il a pu ainsi afficher sa foi, braver les intempéries, c\u2019est qu\u2019il est réellement catholique et qu\u2019il ne peut périr! Nous sommes légions d\u2019un bout à l\u2019autre de l\u2019Ile.» INTENTIONS MISSIONNAIRES de P Apostolat de la Prière SEPTEMBRE: Vaincre le racisme par la charité chrétienne.OCTOBRE:\tDe nombreux catéchistes pour les pays de mission.201 Le nouveau Cardinal philippin, S.Exc.Mgr Rufino Santos, archevêque de Manille. S.Em.le Cardinal Pierre Tatsuo Doi, archevêque de Tokyo, premier prélat japonais à revêtir la pourpre cardinalice.Jr** ml africain, iï\\ Rugambwa, ¦ Tanganyika. COCHABAMBA, BOLIVIE Cumpleanos par Sœur FRANCOISE-DE-CHANTALm.i.c.Point d\u2019endroit plus propice que ma chère patrie d\u2019adoption pour connaître les habitants du ciel! La plupart illettrés, les Indiens savent pourtant très bien quel saint figure à telle date du calendrier liturgique.Ayant reçu au baptême le nom du saint du jour, ils observent cette tradition de réunir dans une même célébration retentissante leur anniversaire de naissance et la fête de leur saint patron.Par exemple, si un garçon naît à Noël, on le nommera Jésus, et chaque Noël revêtira pour lui une double solennité.N\u2019est-il pas raisonnable que plus d\u2019éclat marque deux fêtes fusionnées en une seule?Voici comment cela s\u2019est passé chez notre voisin.D\u2019abord, pas de réjouissance sans fusées ni pétards.La veille, quelques détonations annoncèrent que Jésus vieillirait d\u2019un an le lendemain.Puis tous les invités escortèrent la statue de Notre-Seigneur, l\u2019hôte d\u2019honneur, lui jetant une pluie de confetti.Un peu plus tard dans cette même soirée, on alluma une sorte de feu de camp sur lequel, en vue du festin, on fit rôtir un porc.Pendant ce temps, les visiteurs assis autour du feu et les enfants criant, sautant, admiraient les fusées lancées dans la nuit et saluaient les salves de pétards.On s\u2019égaya de cette façon jusqu\u2019aux petites heures.Au matin, la fanfare jouait des airs joyeux devant la pauvre demeure du héros de la fête pour l\u2019avertir que la messe aurait lieu bientôt.Chose curieuse, les cumpleanos (anniversaires de naissance) s\u2019ouvrent par l\u2019assistance à la messe même si le précepte dominical reste habituellement lettre morte.Et la maisonnée, en procession triomphale, partit pour l\u2019Église en compagnie de la statue de Notre-Seigneur qui devait aussi être présente au Saint Sacrifice.Ainsi le veut la coutume: la statue du saint patron, ou à défaut toute autre statue que l\u2019on possède, entend la messe avec la famille.J\u2019imagine qu\u2019il dut y avoir un peu de tapage et que la musique ne manqua pas 1 Pierrette Quévillon, de Montréal.205 \u2014 : ' ¦ ./ \u2022r'' ¦ipites*- fcfeÈ^Ï.il lï^\\ï > ««w » a\u2022 « \u2022 à*\" -r*C2£«' «
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.