Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 juillet 1958, Juillet - août
[" USES SOEURS MISSIONNAIRES OÊ L'IMMACULÉE-CONCEPTION 1325 RUE DE LA TERRI ÈRE ou\u2018c\u2014 Montréal \u2014 No 4 Le Préeupseur Piré©iuiipssa de l\u2019eau pour recueillir les huîtres dans des baquets.Les mollusques sont ensuite portés aux laboratoires où des experts procèdent à la délicate opération de l\u2019insertion de la nacre.Il s\u2019agit d\u2019ouvrir sans le forcer le bivalve, de blesser son épiderme sans provoquer sa mort, puis d\u2019introduire dans la plaie minuscule la petite boule nacrée autour de laquelle la sécrétion perlière viendra se fixer.Les huîtres sont alors replongées dans l\u2019eau pour y réaliser leur chef-d\u2019œuvre.Ce travail peut exiger sept ou huit années: il faut du temps, même à une huître éduquée, pour fabriquer une perle! La longue transformation accomplie, les mollusques sont repêchés et ouverts, offrant au grand jour le fruit de leur labeur caché.Quelques-uns n\u2019ont rien produit; sept sur dix environ contiennent une perle.Ainsi le rêve d\u2019un petit marchand de nouilles a doté le peuple nippon d\u2019une industrie qui l\u2019honore hautement et proclame sa remarquable ingéniosité.Puisse-t-il découvrir aussi, un jour, le secret de la Perle sans prix dont parle l\u2019Évangile! jgàv * TAIFEI, FORMOSE L\u2019ETUDE de la LANGUE INDIGENE par Sœur SAINTE* AN GELA * l, M.I.C.Apprendre un nouvel idiome, voilà en général le lot de tout missionnaire arrivant en pays étranger.La première Pentecôte avait gratifié les apôtres du don des langues, mais aujourd\u2019hui les hérauts de l\u2019Evangile n\u2019obtiennent ce privilège qu\u2019au prix d\u2019études difficiles et prolongées.Labeur d\u2019adaptation grandement méritoire, mais qui comporte un avantage car il laisse au nouveau venu le loisir de s\u2019initier aux coutumes du peuple, de pénétrer son caractère et sa mentalité avant d\u2019entrer en contact direct avec lui.Arrivées l\u2019an dernier à Formose, Sœur Marie-Elmire » et moi sommes plongées depuis dans l\u2019étude du mandarin, langue officielle des Chinois, obligatoire ici dans les écoles, bien que les naturels de l\u2019île parlent divers autres dialectes.Le choix des professeurs est facile à Taipei, vu que la plupart des réfugiés du continent habitent la capitale et les environs.La langue mandarine possède quatre tons principaux ou accents musicaux variés lesquels, correctement prononcés, peuvent être saisis sans beaucoup de peine: le premier, uni ou égal; le second, ressemblant à une interrogation; le troisième, descendant; le quatrième, aigu et bref.Ces variantes tonales ne sont pas de mince importance puisque, grâce à elles, le même mot prendra plusieurs significations différentes.Ainsi, le son jye se traduit par rue, fête, délier eu emprunter, d\u2019après le ton 1 Gabrielle Drouin, de Inverness.1 Jeanne-d'Arc Allary, de Sainte-Mélanie. Physionomies taiwanaises sur lequel il est émis.Il arrive très souvent qu\u2019un même mot, prononcé sur le même ton, comportera trois ou quatre sens différents.Le contexte ou la tournure de phrase en donne a-lors l\u2019intelligence.De prime abord, ces difficultés semblent inextricables mais elles disparaissent dès qu\u2019on a quelque peu acquis l'habitude du langage.Quant à la langue écrite, c\u2019est-à-dire aux caractères chinois, ils s'apprennent sans beaucoup d\u2019efforts mais s\u2019ou- blient aussi très vite, à moins de les lire ou écrire assidûment.Dans cette langue, plus qu\u2019en toute autre peut-être, les bégaiements du début donnent lieu parfois à de singulières méprises.Notre professeur nous affirmait un jour que nos phrases et expressions cocasses fourniraient matière à un gros volume pouvant s\u2019intituler « Rions un peu ».Un soir, par exemple, je voulus prévenir l\u2019enfant de chœur qu\u2019il aurait à servir la messe le lendemain.162 Pleine d\u2019assurance, je déroule une petite phrase préparée d\u2019avance.Sans hésiter, le garçonnet étend les deux bras et me réplique avec un air moqueur: « Oh! vous voyez bien, je ne puis voler.» Par suite d\u2019une erreur de ton, j\u2019avais parlé d\u2019avion au lieu de messe.Un autre jour en classe, nous étions à étudier les règles de la comparaison.Plaçant mon crayon auprès de celui du professeur, je déclarai, triomphante: « Mon nez est plus long que le vôtre! » Fort amusée, la jeune Chinoise me fit remarquer la faute et rectifia le fameux ton.Je ris beaucoup de l\u2019incident qui me rappelait les taquineries de mes frères au sujet de mon nez.Malgré ces tâtonnements inévitables, nous sommes déjà en mesure de commencer l\u2019enseignement du catéchisme aux enfants.Préparées avec soin, nos leçons deviennent plus vivantes par l\u2019emploi de jolies images coloriées qui retiennent l\u2019attention des élèves et nous laissent les temps de réflexion nécessaires à la bonne construction des phrases.L\u2019urgent besoin pour des missionnaires de posséder au plus tôt la langue du pays nous stimule sans cesse à de nouveaux efforts dans ce travail ardu mais si riche d\u2019espoir pour nous! Que nos parents et amis du Canada veuillent bien seconder nos essais d\u2019apostolat, en implorant du ciel un souffle de Pentecôte pour les petites missionnaires de Formose, à l\u2019étude du mandarin.MATÎ, ILES PHILIPPINES Wint cïjanbeUe à la \"\u2019ÊTterge Par une fin d\u2019après-midi, trois hommes d\u2019aspect peu rassurant frappent à notre porte: \u201c Madré,\u201d dit le premier, nous venons d'accomplir sans incident, le voyage Padada-Mati sur la baie, en simple banco, et nous désirons offrir une bougie à la Birhen, (Vierge).\u2014 Pourriez-vous nous procurer une chandelle ?ajoute le second, en tirant de sa poche une pièce de cinq sous.Un peu sceptique, Sœur Cécile-des-Anges1 apporte tout de même l\u2019objet demandé.Pleins de joie, les rudes pêcheurs se confondent en remerciements puis s\u2019en vont tous trois comme des enfants de chœur en procession.Ils gravissent gauchement les degrés de la grotte de Lourdes érigée en face de notre couvent, enveloppent d\u2019un long regard admiratif la Bonne Mère qu\u2019ils avaient invoquée avec confiance, puis respectueusement déposent à ses pieds le cierge allumé.Sans doute, de son trône de gloire, la Reine du ciel a souri maternellement à ses fils bronzés de Mati et au témoignage naif, mais si sincère, de leur gratitude.Sœur Marie-Albertine *, M.I.C.163 1 Cécile Ktrouac, de Bristol, Coan.* Jacqueline Blondin, de Longueuil. Au Colegio i / Avant de vous parler des activités de notre Colegio, permettez-moi de dire un mot de la Cité étudiante de Colôn, œuvre encore en pleine jeunesse mais déjà connue et réputée à travers toute T Ile de Cuba.Elle doit le jour à l\u2019initiative et au zèle apostolique du R.P.Marcel Gérin, des Missions-Étrangères de Pont-Viau, et comprend, outre notre collège féminin ouvert à environ 250 jeunes filles, une école élémentaire, le collège ________\tclassique Padre Felix Varela avec plus * Cyprienne Muier.de Montréal.\tde 400 élèves, et le séminaire diocésain I Colon par Sœur SAINT«CYPRIEN », M J.C.de Matanzas, sous le patronage de saint Albert le Grand.Organisé particulièrement en vue du recrutement des vocations sacerdotales, ce dernier édifice répond à un besoin pressant à Cuba: avec ses cinq millions d'habitants, le pays ne comptait jusqu\u2019à ces dernières années que deux maisons de formation pour les aspirants au sacerdoce, l'une à la Havane et l\u2019autre à Santiago.Rien d\u2019étonnant alors qu'une affreuse pénurie de prêtres s\u2019y fasse sentir! Or, à l\u2019heure actuelle, nombre de jeunes gens qui ont milité dans les rangs de l\u2019Action catholique entendent soudain l\u2019appel du Maître à un dévouement plus total; aussi les demandes d\u2019admission affluent-elles au nouveau séminaire, déjà trop exigu.Pour répondre au désir de S.Exc.Mgr l\u2019Évêque du diocèse, sept des premiers séminaristes ont été envoyés au Canada et poursuivent leur théologie à Pont-Viau.Les Pères canadiens, quelques-unes de nos Sœurs et des professeurs laïques compétents enseignent les sciences religieuses et profanes dans l\u2019un ou l\u2019autre des quatre établissements de la Cité étudiante.Le programme d\u2019éducation adopté dans toute la république comprend le cours primaire, du premier au sixième grade, le cours primaire-supérieur avec les septième et huitième grades; le cours d\u2019Êcole normale réparti sur quatre ans; le cours commercial de quatre années également.On franchit les étapes du baccalauréat en cinq ans.Les trois examens officiels s\u2019échelonnent entre décembre et juin.Chaque jour, des autobus aux couleurs mêmes de l\u2019école déversent le flot bouillonnant des écoliers et écolières juste à la porte de la Cité étudiante.Dans leur uniforme bleu et blanc le dimanche, bleu et beige en semaine, garçons et filles, la joie au cœur, arrivent en chantant ou causant avec animation: on les croirait toujours en fête! A 8 h.25, silence subit au patio: une sonnerie électrique étouffe rires et éclats de voix et tout aussitôt le haut-parleur transmet les accords d\u2019une marche militaire ou triomphale; au son de la musique, le bataillon de la gent écolière s\u2019ébranle en direction des classes.Les écoles de Cuba n\u2019ont garde de négliger la culture physique.Ici, la Seftorita Olga Herrera en dirige les exercices; elle enseigne aussi les danses folkloriques de différents pays que nos jeunes exécutent avec une souplesse et une précision remarquables: tout Matanzas s'enorgueillit de leurs succès! Les Cubaines excellent encore dans l'étude de la musique et du dessin.Grâce au dévouement et à la sollicitude des Pères des Missions-Étrangères et des religieuses, les élèves de Colon bénéficient de tous les secours spirituels nécessaires à leur âge.Ne sommes-nous pas venus ici, nous missionnaires, avant tout pour placer le bon Dieu dans leur vie?Le matin, il y a séance de confessions et messe à 7 heures pour les pensionnaires; le mercredi et le vendredi, messe à 8 h.30 afin de faciliter aux externes l\u2019accès aux sacrements.Pour la même raison, le Saint Sacrifice se célèbre à 4 heures de l\u2019après-midi le premier vendredi du mois.Nos jeunes filles exécutent elles-mêmes les chants liturgiques et les accompagnent à l\u2019harmonium.Le dimanche, nous les voyons avec plaisir s\u2019avancer à la chapelle dans leur costume immaculé: on dirait de beaux lis s\u2019offrant au baiser du Seigneur! Huit heures du soir: le dernier son de cloche annonce l\u2019étude.Les voix se taisent, les jeux s\u2019interrompent; une à une, les lumières de la cour s\u2019éteignent, c\u2019est le moment du grand calme au collège de l\u2019Immaculée-Conception.Ces minutes me ravissent! Dans une promenade solitaire jusqu\u2019au bout de la véranda, il m\u2019arrive souvent d\u2019engager conversation avec nos « sœurs les étoiles », si brillantes dans le ciel profond! En 166 .3 » bas, s\u2019étendent d\u2019immenses plantations de canne à sucre bordées par les silhouettes hautes et hères des palmiers.Ces tiges de canne, effilées, très banales à première vue, parce que privées de tout ornement, se transforment au clair de lune en une mer argentée, ondulante sous la brise nocturne.Demain, le soleil jettera son or sur cette moisson en croissance imperceptible.C\u2019est le symbole d\u2019une autre moisson, celle de millions de jeunes âmes cubaines que le Christ voyait sans doute quand, un jour, il soupirait: « La moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre.Priez donc le Maître d\u2019envoyer des moissonneurs! » Cette plainte du Seigneur continuera, je l\u2019espère, à trouver un écho fidèle dans le cœur des adolescentes de chez nous.Un beau travail les attend en mon pays d\u2019adoption, avec, comme salaire inappréciable, les joies centuplées de l\u2019âme religieuse-missionnaire dès ici-bas et le bonheur sans fin dans les plaines enchanteresses du Paradis.S.Exc.l\u2019Ambassadeur du Canada à Cuba, M.H.Allard, en visite à la Cité étudiante de Colon.T'-**-\" ¦J-* KATETE, NYASALAND Langage des oiseaux par Soeur SAINTE-BERNADETTE », M.I.C.C\u2019était le 1er avril.Dans la matinée, comme de coutume, je me rendis à l\u2019École normale des garçons où j\u2019enseigne la méthodologie pour classes d\u2019enfants.Arrivée trop tôt, j\u2019attendis sur le perron du collège, au beau soleil.Sur la route s\u2019amenait le catéchiste Ignacio porteur de quelque message pour le R.P.Principal de l\u2019École.Soudain, je le vis s\u2019arrêter net, 1 Marie Fyfe, de Laprairie. S v-'J .:0Ê - Wj*J lever la tête et observer très attentivement un flamboyant, puis faire un crochet étrange.Ignacio m\u2019aperçut à son tour et m\u2019appela d\u2019un signe.Je me dirigeai de son côté.Il me montra alors un vilain serpent étendu de son long sur une branche et dormant un somme de digestion.Et le catéchiste de me demander: \u2014N\u2019avez-vous pas remarqué, en passant, qu\u2019une troupe d'oiseaux criaient comme des désespérés, au faîte de l\u2019arbre?\u2014Oui.J\u2019ai cru à une dispute familiale.\u2014Eh bien! quand vous entendez pareil ramage de n\u2019importe quelle espèce d\u2019oiseaux, examinez les lieux avec soin avant de vous y aventurer: les oiseaux voient le danger et s\u2019avertissent entre eux.Souvent ils voltigeront et crieront ainsi au-dessus d\u2019un léopard endormi dans la brousse ou de quelque autre animal, même d\u2019un hibou.Quant au serpent, il digère un oiseau, un caméléon ou une grenouille.Lorsqu\u2019il se réveillera, il ira gratter quelque peu dans la terre, y mettra sa tête et laissera sa peau, car c'est au mois d\u2019avril que les serpents changent de peau.Le conseil du catéchiste d\u2019écouter le langage des oiseaux me parut précieux de même que son cours d\u2019histoire naturelle.Il me souvint d\u2019un incident survenu la semaine précédente au même endroit: des oiseaux avaient crié d\u2019une façon extraordinaire alors que je revenais de l\u2019École et je les avais trouvés insupportables.Au moment de franchir le petit pont de bois, je faillis poser le pied sur un serpent allongé dans le sens des planches.Sa présence me fut révélée par son énergique coup de queue dans ma jupe.Je crus d\u2019abord qu\u2019une branche m\u2019avait tapé les jambes, mais j\u2019aperçus le reptile se sauvant la tête haute, prêt à lancer son venin.Une prière d\u2019action de grâces me monta aux lèvres.C\u2019est indéniable: la divine Providence et l\u2019Ange gardien suivent les missionnaires sur les chemins de la brousse.Toutefois, je sais ma leçon: prêter l\u2019oreille au langage des oiseaux.C\u2019est aussi sage que le stop, look, and listen des passages à niveau des routes de mon pays natal.Epilogue Mon serpent d\u2019avril perdit et la tandis qu\u2019il dormait en pleine béati-peau et la vie, car j\u2019invitai mes jeunes tude digestive, élèves à lui porter le coup de mort .¦iinhifl CAP HAÏTIEN ** Ce que vous aurez fait aux plus petits.\u201d par Sœur SAINTE-CLAIRE D\u2019ASSISE1, M.LC.(Spécialement dédié aux chères retraitantes de Granby et de Saint-Jean) Avec vous toutes que j\u2019ai quittées à regret, je reviens causer de ma patrie d\u2019adoption.Oh! comme elle m\u2019est devenue chère! On atteste quelquefois que la vie en mission c\u2019est le sacrifice de tous les jours et de tous les instants, mais, disons-le bien haut, sacrifice noyé et submergé dans la joie profonde de travailler pour Dieu et les âmes.Il y a quelque temps, sur un signe du Maître, je quittais le sud de l\u2019Ile pour prendre mon envol vers le nord.Un adieu ému à mes quatre-vingts vieillards de « La Charité, s\u2019il vous plaît », et me voici à l\u2019Asile Communal du Cap-Haïtien.Ici, je retrouve une autre famille de 130 miséreux, hommes et femmes, dont 43 aveugles, 26 paralytiques, 15 idiots, 10 ou 12 vieillards en enfance et 5 épileptiques.Pareil entourage ne laisse guère de place à l'ennui et même nous procure tous les jours du cinéma à bon marché.Quand la tâche s\u2019alourdit, la Providence se fait plus attentive; grâce à Elle, les difficultés s\u2019aplanissent et le même bonheur illumine toujours notre vie missionnaire.Chaque matin, je retourne avec joie vers ces pauvres gens pour partager leur fardeau et souffrir de toutes leurs souffrances; c\u2019est là l\u2019unique moyen de les toucher et d\u2019atteindre leurs âmes.En Haïti, comme partout ailleurs, la charité et la bonté trouvent seules le chemin des cœurs.On accède à l\u2019Asile par une allée joliment bordée d\u2019hibiscus.Au centre, en face du portique, se dresse un élégant palmiste entouré de fleurs tropicales.A droite et à gauche s\u2019allongent la salle des femmes et celle des hommes, comptant chacune quatre rangées de treize lits; en outre, vingt-six cas spéciaux occupent les locaux d\u2019isolation.Le blanchissage s\u2019exécute en plein air dans la cour arrière de l\u2019Asile.Une vieille couturière aide au raccommodage et à la confection des vêtements neufs.1 Claire Giroux, de Beauport-Est.173 sous la direction de Sœur Saint-Jean-Bosco *.Au début, celle-ci dut se mesurer avec une jolie besogne, vu l\u2019état pitoyable de la lingerie.Depuis quelques mois, l\u2019État nous soustrait malheureusement presque $100.00 de son allocation mensuelle, sans doute en raison de la gêne économique qui afflige le pays.Pourtant, par suite de la sécheresse prolongée, les vivres coûtent plus cher qu\u2019à l\u2019ordinaire.En conséquence, la caisse demeure vide et les projets de réparation attendent.Quant au bilan spirituel, le bon Dieu seul en connaît la véritable teneur.Comme réalisations tangibles, nous avons enregistré depuis un an quatre abjurations de la franc-maçonnerie et cinq premières communions.Résultat minime en apparence, mais le bon grain, quotidiennement jeté dans les âmes, opère sans bruit sa mystérieuse germination.Aussi, escomptons-nous avec foi la moisson future.Voici d\u2019ailleurs, entre mille autres, un petit trait révélateur du patient travail de la grâce.Un jour, tout en pansant les plaies vives d\u2019un hydropique, je m\u2019apitoyais sur ses souffrances: « Mon pauvre ami, que ne puis-je faire davantage pour vous soulager!.» Le vieillard me répondit aussitôt avec un bon sourire: « Ma chère Sœur, ne vous inquiétez pas, il n\u2019y a plus rien à faire pour moi, je m\u2019en vais.Déjà là-haut le peuple des élus est rassemblé pour me recevoir.» Quelques jours plus tard, en la fête de l\u2019Ascension, il partait pour le ciel.Les Haïtiens, en général, ne craignent pas la mort et attendent avec confiance sa redoutable visite.Un autre jour, l\u2019hôpital nous avait envoyé un malade qui n\u2019était plus qu\u2019une plaie de la tête aux pieds.Tâche repoussante que celle de procéder à ses pansements, vu l\u2019odeur nauséabonde de ses ulcères! Le pauvre homme, autrefois personnage distingué du Cap, ne cessait de remercier pour les moindres soins.Les siens, humiliés de le voir à l\u2019Asile, ne se montraient jamais.Deux longs mois passèrent.Le malade qui avait deux fils et quatre filles souffrait beaucoup de ne pas les voir.Ses forces diminuant de jour en jour, j\u2019envoyai un messager auprès de la famille pour l\u2019informer de l\u2019état grave du patient et prier qu\u2019on vînt lui rendre visite.Les six enfants arrivèrent avec leur mère.Cette dernière m\u2019avoua alors qu\u2019elle et son mari n\u2019avaient jamais été mariés.Si vous aviez vu la joie de ce malheureux en revoyant ses enfants! L\u2019excès de son bonheur le faisait bégayer.Les premières émotions passées, je profitai de cette rencontre pour faire régulariser la situation des parents et proposai une entrevue avec le prêtre.Le malade accepta et la cérémonie du mariage fut fixée au lendemain matin.Avec une ferveur touchante, le mourant accomplit ses devoirs religieux et s\u2019unit à toutes les prières liturgiques.Trois jours plus tard, il échangeait son grabat et ses souffrances pour les délices du paradis.De temps à autre, le bon Dieu sème ainsi des fleurs célestes sur le sentier parfois aride de ses missionnaires.Non, le Seigneur n\u2019attend pas toujours l\u2019éternité pour nous faire sentir la vérité de sa divine parole: « Ce que vous aurez fait au plus petit d\u2019entre les miens, c\u2019est à moi que vous l\u2019aurez fait.» 174 1 Angela Désilets, de Mdntréal. Souvenir de Mission par Sœur SAINT-CHRISTOPHE1, M.I.C.C\u2019était à l\u2019Hôpital chinois de Manille, quelque temps après mon arrivée aux Philippines.En assumant, ce soir-là, l\u2019office de surveillante de nuit, je trouve ce billet à mon adresse: « Le No 121 a été instruit en vue du baptême, par Sœur Marie-des-Victoires * *, mais il a refusé d\u2019être ondoyé.Il est présentement dans le coma.» J\u2019entrevois aussitôt ma responsabilité et aussi le bonheur d\u2019une régénération possible in articula mortis.Deux minutes plus tard, je suis au No 121.L\u2019infirmière me révèle l\u2019identité du patient: Kom Ang, commerçant chinois venu du continent dans les îles il y a bien des années, établi dans un village de province et marié à une Philippine catholique.Il connaissait déjà notre religion avant son admission à l\u2019hôpital mais il a exprimé son refus catégorique de l\u2019embrasser.Hélas! cette pauvre brebis s\u2019en ira-t-elle mourir loin du Bercail ?\u2014Pour le moment, rien à faire.Les infirmières se passent le mot d\u2019ordre: avertir la religieuse dès que le mourant reprendra connaissance.Je commence ma tournée de surveillance, en égrenant de fervents Ave et recommandant le malade à tous ceux qui veillent.La première minute de liberté 1 Alice Houde.d'Arthabaskaville.* Joséphine Bolduc, de Saint-Victor de Tring.me retrouve au chevet de Kom Ang.La vie, hélas! s\u2019échappe peu à peu.Autour de moi, tout est paix et silence, pas de cas d\u2019urgence, pas d\u2019incidents mais une tranquillité inaccoutumée, on dirait presque le calme plat qui précède une tempête.Vers onze heures et demie, des pas précipités se dirigent de mon côté.« M.Ang a repris connaissance.», me dit une infirmière.J\u2019accours en hâte pour administrer les remèdes prescrits, tout en exprimant des paroles de réconfort et des invites à la confiance en Dieu.En guise de réponse, le moribond me lance un regard furieux, ses gestes, le ton âpre de son langage incohérent me révèlent assez ses dispositions hostiles.Oui.il se rappelle fort bien, assure-t-il, les instructions de la Sœur catéchiste qui l\u2019a accueilli à l\u2019hôpital, mais qu\u2019on le laisse en paix!.il ne veut plus entendre parler de ces choses-là! A ce moment, une nouvelle phase de coma le replonge dans la nuit de l\u2019inconscience.Le dernier rayon d\u2019espoir vient-il donc de s'éteindre ?Oh! non, je ne puis le croire.Une supplique ardente jaillit de mon cœur angoissé: « O Mère Immaculée! n\u2019abandonnez pas ce malheureux au seuil de son éternité! » Continuant ma ronde silencieuse à travers l\u2019hôpital, j'assiste en esprit à 175 51 i/bC ¦ r- I \u2022 *\u2014«'-nO Une des salles de l\u2019Hôpital Général Chinois de Manille \u2018i\t^ toutes les messes qui se célèbrent à l\u2019heure même dans l\u2019univers, les offrant, avec les sacrifices de mon oblation missionnaire, pour la rançon de cette pauvre âme.Les gardes-malades partagent mon anxiété et aussi ma confiance; elles récitent avec cœur le chapelet.Une longue heure s\u2019écoule puis tout à coup, une voix interpelle: « Venez vite! il est de nouveau conscient.» En effet, le malade répond en pleine lucidité aux questions relatives à son état physique.Avec tous les ménagements possibles, je tente d\u2019aborder la brûlante question: croyance en Dieu, vie future.D\u2019un geste de colère et d\u2019un œil menaçant, Ang me fait signe de m\u2019éloigner.Puis, brusquement, il devient furieux, gesticule, vocifère.Nous essayons de le calmer; peine perdue! Son visage repoussant prend une expression de haine satanique qui glace d\u2019effroi.Une présence diabolique rôde autour de nous, cela se sent, et dans notre impuissance à lutter contre l\u2019Esprit des ténèbres, nous poussons du fond du cœur un cri de détresse vers l\u2019immaculée, immortelle triomphatrice du dragon infernal.En même temps, je glisse furtivement une médaille miraculeuse sous la natte du récalcitrant : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous! » Ces dernières paroles sont à peine prononcées que soudain, ô miracle de la grâce! ô prodige de l\u2019intercession de Marie! le visage crispé et haineux se détend, puis le moribond demande d\u2019une voix tranquille: \u2014Que voulez-vous ?\u2014Vous aider à devenir l\u2019enfant de Dieu.à préparer votre étemel bonheur! Sans résistance cette fois, l\u2019âme du mourant s\u2019ouvre à la lumière.Il ad- hère à tout, regrette ses fautes passées.-Voulez-vous maintenant devenir chrétien et fils de la vraie Église?\u2014Oui! fait-il avec un grand signe d\u2019acquiescement.Le cœur inondé de joie, j\u2019aide le malade à prononcer un acte de contrition.L\u2019instant d\u2019après, l\u2019eau qui purifie et régénère coule sur son front.A-lors, Joseph-Ferdinand, d\u2019un air serein et presque radieux, murmure: \u2014Le Maître du ciel!.vous le dites si bon! apprenez-moi à lui parler.tine infirmière lui suggère des actes d\u2019amour et les invocations de la bonne mort.« Jésus, Marie, Joseph, faites que je meure paisiblement en votre sainte compagnie.» Ses lèvres se ferment sur cette dernière prière, a-lors que le coma l\u2019envahit de nouveau.Les péripéties de la lutte avec l\u2019ennemi infernal, l\u2019intercession manifeste de Marie et la conversion subite et radicale du patient avaient duré moins de quinze minutes.Un ardent Magnificat monta de nos âmes vers le ciel.J\u2019aurais voulu clamer jusqu\u2019aux rivages de mon lointain Canada la joie tout a-postolique qui submergeait mon cœur! Nul bonheur ici-bas n\u2019est comparable à celui de collaborer avec Dieu à son étemelle œuvre d\u2019amour: le salut des âmes! A l\u2019aube, le nouveau baptisé quittait la terre sans avoir repris connaissance.Sous le manteau protecteur de Marie, il venait d\u2019entrer en possession de son héritage, la gloire étemelle.Le souvenir de cette nuit mémorable demeure à jamais gravé dans mon cœur.Que de fois il inspira à l\u2019heureuse missionnaire qui en fut témoin une espérance invincible en Marie Immaculée et en sa puissante Médaille, talisman précieux et clé mystérieuse des demeures célestes! 177 AU NOVICIAT Il était une fois \u2022 \u2022 \u2022 une petite fille éprise d\u2019idéal et de dévouement.Son père était mort alors qu\u2019elle n\u2019était qu\u2019un bébé au berceau.Sa maman dut réaliser seule le travail de sa formation première.De cette enfance un peu triste émergé quand même une Yolande pleine de joie et d\u2019enthousiasme.A douze ans, fervente du guidisme, elle rêve d\u2019explorer des terres lointaines, de conquérir le monde et ses merveilles, enfin de faire de sa vie quelque chose de beau, d'extraordinaire.Ses héros préférés sont Mermoz, Guynemer, Hélène Boucher, Saint-Exupéry.O ironie du sort! voilà qu\u2019à dix-huit ans elle se voit platoniquement et quotidiennement assise à taper des liasses de lettres toutes semblables, au bureau.Grand Dieu, est-ce là ma vie ?soupire-t-elle.Ce n\u2019est pourtant pas d\u2019une machine à écrire que j\u2019avais rêvé! Mais elle sait mieux que personne que l\u2019homme vit en partie de réalités qui coûtent des dollars concrets! Yolande trouve une évasion, le soir, dans ce mouvement d\u2019Action catholique qu\u2019elle a connu adolescente et dont elle est maintenant une cheftaine dynamique.Parce qu\u2019elle est gaie, très simple, tout le monde l\u2019aime.En dehors du guidisme, elle compte des amis intéressants et intéressés.Son passe-temps favori, c\u2019est de lire des récits d\u2019aventures et \u2014 dans le secret \u2014 des revues missionnaires.Yolande se dit parfois \u2014 encore dans le secret \u2014 qu\u2019il y a des analogies entre la vie guide et la vie missionnaire.Et, un beau jour, la voilà induite en tentation par certain passage d\u2019un article du Nyassa: il y était écrit que les Africains de la brousse ne demandent pas autre chose que des Sœurs missionnaires pour les instruire de la foi catholique.Les religieuses vont à bicyclette dans les villages enseigner le catéchisme; à l\u2019école, elles forment la mentalité des jeunes par le guidisme; le Nyassa a 178 Les religieuses vont à bicyclette dans les villages, enseigner le catéchisme, soigner les malades. déjà plusieurs compagnies de guides africaines.Missionnaire.Yolande.Une voix intérieure l\u2019appelle: laisse là ta machine à écrire, viens et suis-moi.Le dactylographe, cela se laisse très bien; mais une mère qu\u2019on aime comme deux, mais des grands frères très gentils qui ont tous cru devoir vous servir de père et vous gâter un peu, mais des grandes sœurs qui vous ont toujours aimée comme un chouchou parce que vous êtes la dernière de la famille, mais des amis auxquels on a le cœur lié par des fils de soie tordus en câble.La guide est vraie, franche avec les autres, franche avec elle-même.Yolande s\u2019avoue donc qu\u2019elle ne pourra jamais se bâtir un bonheur sur le refus, la peur de l\u2019inconnu.EHe prie, décide de prendre conseil.Cependant \u2014 encore et toujours dans le secret \u2014 elle espère que le conseil penchera du côté de l\u2019inclination naturelle de son cœur.Le conseil l\u2019oriente dans le même sens que la voie intérieure.Alors, en vraie guide, d\u2019un geste viril, Yolande boucle ses malles.Et c\u2019est ainsi qu\u2019entrait à Pont-Viau, certain 8 août, une Jeune cheftaine qui croyait que le bonheur, dans la vie, ça consiste à être d\u2019abord à l\u2019endroit où l\u2019on doit être et à faire ce que l\u2019on doit.Ce que contresigne aujourd'hui Une novice Le Nyassa et la Rhodésie ont déjà plusieurs compagnies de guides africaines.\\ V .v\tv-1 J» *\u2022 -v ' \\ ¦ ' *s - DAVAO, ILES PHILIPPINES Marie - Madeleine aux Quan^\tpetite cha- pelle, une j4injb fmme prit l'habitude d\u2019y venir entendre la messe le di-manchgjivPour nous, cette Phi était Mrs» X.,.qui disposait ^ coup^dç loisirs et d\u2019une sanœ a^ait^fert béàlvc^Rieirt ses services comme brodeuse.D\u2019elle nous ne savions guère plus., Pn)disai\u20ac son mari jalbrijc: il Q^ia laissait sdkftiM que pour aller atmAivent des MaérèsT Mrs.X.confectionna donc pour notre Enfant-Jésus de Prague quelques robes somptueuses dans le'goût espagnol.Aimable et distante tout à la fois, elle semblait n^us tenir en amitié.L\u2019occasion se préseril|a, HjQi)our, de témoigner notre reconnaissance à cette jeune fejnme en lui ofiÊfant de jolies boucles d'oreilles, envoyées par une amie d\u2019Amérique; Le cadeau lui plut à l\u2019extrême et elfe n\u2019em rien de plus pressé tjuô dé Je faire admirer par ses amies.On s\u2019extasia, on félicita, puis comme IV|és.X.^ repartait, joyeuse, avec ses bijoux, quelqu\u2019une me confia: \u2014Pauvre\tVous savez sans 182 ailles SEPH-DE-LA-SAINTE-FAMILLE M.I.C.doute,£Ajfa^f ¦ ///>\u2019 R«,- n^ssii, LAS PINAS L\u2019orgue de bambou des Philippines par Sœur MARIE-ARISTIDE \\ M.I.C.Un instrument merveilleux et uni* que au monde! Vieux de 138 ans, il se compose de 950 tuyaux de bambou et fut construit à la main, par un seul homme, en l\u2019espace de quatre ans.La paroisse de Las Pinas, agréablement sise sur les bords de la baie de Manille, s\u2019honore de posséder ce joyau antique.Elle avait pour pasteur en 1818 le R.P.Diego Cera, au-gustinien espagnol qui rêvait depuis longtemps d\u2019un orgue pour son église.Mais les maigres ressources du dévoué religieux ne lui permettaient pas de faire venir d\u2019Europe le roi des instruments.Impossible, d\u2019autre part, de trouver sur place les matériaux ordinairement employés à sa fabrication.Un ingénieux projet germa alors dans l\u2019esprit du saint prêtre: construire lui-même son orgue, en utilisant en guise de tuyaux, les tiges du bambou, arbre tropical très profus dans les Iles.Le Père sélectionna d\u2019abord avec soin les troncs nécessaires, puis il les enterra pendant six mois sous le sable de la plage, mesure préventive destinée à protéger le bois contre les attaques des « punaises à bambou ».Vint ensuite le long et difficile travail de supprimer les cloisons étanches qui sectionnent à intervalles rapprochés l\u2019intérieur des tiges.Mille difficultés surgirent au cours de l\u2019entreprise.On considère à bon droit comme une véritable merveille que l\u2019agencement de matériaux si simples et si primitifs ait réussi à produire des sons d\u2019une aussi grande pureté.Encaissé dans le mur, au-dessus des bancs paroissiaux, l\u2019orgue possède vingt-deux registres ou séries de tuyaux accordés chromatiquement et parcourant en totalité ou en partie, l\u2019échelle des sons musicaux.Il fait entendre à volonté les jeux de flûte, 1 Alice Carrier, de Worcester, Mass.187 bourdon, hautbois, clarinette, trompette, clairon.Un pédalier commande aux sons les plus graves.L'orgue de bambou a survécu à plus d\u2019un siècle et demi de tremblements de terre et surtout à de fréquents typhons qui parfois emportaient le toit de l\u2019église, la laissant exposée pendant plusieurs jours à des pluies diluviennes.Cinq fois, l\u2019instrument fut défait pièce par pièce pour un nettoyage général, puis reconstruit par des hommes expérimentés dans le mécanisme et la musique d\u2019orgue.De nos jours, il accuse évidemment quelque détérioration et porte trace des dommages dus à l\u2019âge et aux intempéries.Les termites, cependant, furent toujours son principal ennemi et c\u2019est une autre merveille que les sommiers et les tuyaux de bois aient résisté jusqu\u2019ici à leur insidieux travail de destruction.A cause de son originalité et des singuliers matériaux utilisés pour sa construction, l\u2019orgue de bambou est devenu l\u2019une des principales attractions pour les touristes du monde entier qui affluent chaque année aux Philippines.Ceux-ci estiment une heureuse fortune de le voir, de l\u2019entendre, et beaucoup tiennent à honneur de toucher l\u2019instrument.Vrai trésor pour les paroissiens de Las-Pinas, il accompagne chaque dimanche, entre les murs de l\u2019église deux fois séculaire, leurs prières murmurantes et mêle ses harmonies à tous les événements religieux et sociaux: baptêmes, mariages, funérailles.L\u2019orgue de bambou m\u2019est également cher à un titre spécial puisqu\u2019il fait partie de mon champ d\u2019apostolat.Notre couvent étant contigu à l\u2019église, les religieuses ont reçu la charge d\u2019accueillir les visiteurs étrangers; à moi revient la tâche de leur procurer l\u2019avantage qu'ils désirent, entendre ou toucher l\u2019instrument.La communication des renseignements et des explications amorce bien des confidences.Que d\u2019âmes ulcérées ou dégoûtées de la vie n\u2019ai-je pas rencontrées! Souvent, d\u2019aucuns m\u2019avouent avoir entrepris un lointain voyage, une randonnée à travers les continents, dans le seul but de s\u2019étourdir et d\u2019oublier leurs peines.Telle dame élégante et parée de bijoux fond en pleurs en entendant les accents de Y Ave Maria de Schubert: « On l\u2019a chanté à mon mariage.explique-t-elle, mais, hélas! j\u2019ai maintenant oublié cette douce prière.» Combien de fois n\u2019ai-je pas surpris des larmes dans les yeux des mondains lorsque, dans le religieux silence de la vieille église, s\u2019élève la voix majestueuse et pénétrante de l\u2019orgue! On semble vivre des minutes de paix et de sérénité; on s\u2019éloigne ensuite comme à regret: « Ma Sœur, priez pour moi, n\u2019est-ce pas?quel privilège pour vous d\u2019être religieuse!.» Sous ces mots, je devine tout un monde de vide et d\u2019ennui, de désenchantement et de regret.Il s\u2019y cache aussi plus d\u2019une aspiration vers une vie claire et haute, une vie libérée des tyrannies et des convoitises humaines.L\u2019orgue de bambou: oui, un réel champ d\u2019apostolat, un centre magnétique autour duquel gravitent les âmes.Car, bien souvent, par le truchement de ses mélodies, le Bon Pasteur ramène au Bercail d\u2019imprudentes brebis qui couraient l\u2019aventure loin du troupeau.188 Les intellectuels au paradis rouge Hong Kong (AIF) Le texte ci-dessous est extrait d\u2019une longue lettre de dix mille caractères, adressée au Président Mao Tse-tung par le camarade Yang Shichan, professeur à l\u2019Institut de Finances et d\u2019Economie du Centre-Sud.Datée du 17 mai 1957, cette lettre a donc été écrite dans la courte période où il était permis de tout dire.Si elle n\u2019a été publiée que le 13 juillet suivant, dans le Journal de Hankow, c\u2019est qu\u2019elle a dû très probablement servir comme acte d\u2019accusation contre son auteur, durant les mois de répression qui ont suivi la «politique des cent fleurs.» Ce texte paraîtra incroyable à beaucoup: il a pourtant été rédigé par un membre du Parti, adressé au Président et publié en Chine.L\u2019auteur n\u2019hésite pas à qualifier de « tortures spirituelles » les méthodes appliquées à tous ceux qui ne pensent pas suivant le conformisme officiel.C'est exactement le terme qu\u2019ont employé déjà les témoins des deux principaux « mouvements » dirigés contre les intellectuels: celui de la « réforme de la pensée » (1951-52) et celui qui, en 1955, s\u2019est attaqué aux « contre-révolutionnaires » et dont l\u2019écrivain communiste Hu Feng a été la victime la plus notoire.J\u2019admets que pendant les sept années qui viennent de s\u2019écouler sous le gouvernement du Parti, les succès ont été prédominants.Cependant, sur la question particulière de notre politique à l'égard des intellectuels, je contredirai la formule couramment acceptée « Succès prédominants, défauts négligeables ».Je ne puis en effet m\u2019empêcher de dire que les défauts ont prédominé.Plus exactement, je déclare que cette politique a été un échec.Le Parti en tant que Parti de la classe ouvrière, a sans doute regardé les intellectuels comme ses alliés plutôt que comme ses ennemis, mais il les a constamment mis de côté et n\u2019a pas réussi à les comprendre.Ce manque de compréhension nous a conduits à adopter envers eux l\u2019attitude suivante: tantôt et soudainement, nous leur avons ménagé une chaude réception, tantôt et aussi brusquement, nous leur avons accordé moins bon accueil.Parfois, nous avons le sentiment que les intellectuels ont une idéologie retardataire, une « histoire personnelle » compliquée, une attitude politique « obscure » et alors nous déclenchons contre eux un combat sévère: c\u2019est notre attitude habituelle.Parfois cependant, mais plus rarement, nous constatons qu\u2019ils ont quelque talent et quelque habileté technique et qu\u2019ils pourraient jouer un rôle dans la construction socialiste, nous leur témoignons alors une chaude amitié et les engageons à joindre le « front uni ».Parfois, nous les jetons au feu, nous les poussons à l\u2019eau, nous les précipitons en enfer et parfois nous les exaltons jusqu\u2019au ciel.Ceux que nous avons jetés en enfer sont rongés de regrets: ils s\u2019étaient cru sages en n\u2019écoutant pas leurs amis 189 qui les exhortaient à s'expatrier (à Formose).Ils sont déçus d\u2019avoir été assez fous pour suivre le Parti communiste, car ils sont maintenant étiquetés « contre-révolutionnaires ».Ils mourront, salis par les rapports qui ont été faits sur eux; leurs femmes et leurs enfants resteront méprisés.Ceux que nous exaltons jusqu\u2019au ciel sont effrayés, car ils ne savent pas au juste quand « l\u2019Empereur se mettra en colère » et quand il les fera descendre de leur position élevée.Ces sept dernières années, ils ont vécu comme une jeune fille qui a été élevée sous l\u2019autorité de sa future belle-mère, dans la maison de son fiancé, tremblante de peur.Considérée comme « membre de la famille », il lui faut cependant rester extrêmement humble et se conformer en tout aux caprices de sa belle-mère.Même en agissant ainsi, elle est encore remplie de la crainte de commettre une erreur et de donner à la famille l\u2019occasion de la punir.La politique de notre Parti à l\u2019égard des intellectuels a été complètement fautive.Elle n\u2019a pas réussi à prévoir et même à percevoir les changements idéologiques et les progrès accomplis par ces intellectuels.Sous la domination de sectaires cent pour cent, notre Parti les a regardés avec surprise et méfiance.Bien plus, il leur a asséné des coups, à l\u2019occasion de plusieurs campagnes de réforme sociale.Il a inventé des centaines de moyens pour les torturer spirituellement, comme s\u2019ils étaient trop nombreux pour être mis à mort.Nous avons appliqué aux intellectuels des méthodes de punition que les paysans n\u2019auraient pas employées envers leurs propriétaires ou les ouvriers envers les capitalistes.Pendant les campagnes de réforme sociale, incapables de supporter les tortures spirituelles et les humiliations du combat, incapables d\u2019accepter une « assistance » qui n\u2019était qu\u2019une tyrannie, ils ont, en nombre considérable, choisi le suicide, sautant d\u2019édifices élevés, se jetant à la rivière, avalant du poison, se coupant la gorge ou de toute autre façon.Les plus âgés et les femmes enceintes n\u2019ont pas été épargnés: c\u2019est bien à l\u2019École normale de la Chine du Sud qu\u2019au cours de la campagne contre les antirévolutionnaires on a compté un jour cinq cadavres et six vies supprimées.Le peuple soupirait le long des routes et Dieu même a dû en être courroucé.Comparant nos méthodes de massacres avec celles des facistes d\u2019Auschwitz, ces dernières apparaissent grossières et enfantines, mais à coup sûr plus promptes et plus « bienveillantes ».1 Si le camarade Staline n\u2019a pas échappé à la condamnation de l\u2019Histoire pour le massacre cruel qu\u2019il a fait de ses compagnons, notre Parti selon moi, sera condamné également pour le massacre de nos intellectuels qui, pourtant, avaient fait leur soumission sans condition.Le massacre des intellectuels par notre Parti et l\u2019enterrement des lettrés vivants par le tyran Chin Shih-huang resteront deux stigmates ineffaçables dans l\u2019Histoire de Chine.Et cependant, nous resterons heureux et fiers de nous, répétant: « Les succès sont prédominants ».Mais où sont donc nos succès ?Fides 1 Ce jugement pourra paraître exagéré; cependant, un missionnaire belge, le P.Lebrun, qui a connu les camps nazis et les prisons chinoises a pu affirmer sans ambages qu\u2019il préférait dix ans de détention sous le règne d\u2019Hitler à une seule année dans les prisons de Mao Tse-tung. Maisons des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception AU CANADA MAISON MERE, 2W0, Chemin Sainte-Calherine C6te-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 6.OUTREMONT, 214 Chemin Sainte-Catherine Montréal 8.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetiére Montréal I.NOMININQUE, comté Labellc, Que.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Qermain.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l\u2019Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.OR AN BY, 35, rue Dufferin.GRANBY, 270, rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.PERTH, N.-B., C.P.259.OTTAWA, Ont., 443, rue Oilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTR E-D AM E-DE-LA-PROTECTION, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FORMOSE KUANHSI, Cheng Mou Yuen, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan.Free China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Free China.AU JAPON KORIYAMA, 96 Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken.WAKAM ATSU, 480, sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya kui.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.A MADAGASCAR MORONDAVA, Madagascar.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen.Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rizal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haïti.ROCHE-.A-BATEAÛ, Haïti.PORT-SALUT, Haïti.CAMP-PERRIN, Haïti.MIREBALAIS, Haïti.LIMBE, Haïti.CAP-HAITIEN, Haïti.CHANTAL, Haïti.TROU-DU-NORD, Haïti.PORT-AU-PRINCE, cité no 2, Haiti.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haïti.MERCEDES, Province de Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.MANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba, MAXIMO GOMEZ, Prov.de Matanzas, Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.EN BOLIVIE COCHABAMBA, Academia Comercial, Calle Oruro, No 300, Casilla 1667 EN AFRIQUE KATETE MISSION, Katete River, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZAMBAZI MISSION, Kafukule, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.RUMPHI MISSION, Rumphi, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZUZU MISSION, Nyasaland, B.C.Africa.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay P.O.Nyasaland, B.C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107 Northern Rhodesia, B.C.Africa.KAN YANG A MISSION, Lundazi P.O.Northern Rhodesia, B.C.Africa. US9 SOEURS MISSIONNAIRES DÉ L\u2019I MMACULÉE-CONCEPT!ON 1325 RUE DE LA TERRIÈRE TROIS-RIVIÈRES, 0ué.Canada La culture de l'ananas !\tà Formose ; s Vi\" ¥ y # y "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.