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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Janvier - février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1957-01, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XIX \u2014 38e année Janvier - Février 1957 Montréal \u2014 No 7 iL#e ^ irectiirseiiir 2900, chemin Sainte-Catherine \u2014 Côte-des-Neiges, Montréal 26 Imprimatur: t Paul-Émile Cardinal Léger, Archevêque de Montréal, 6 octobre 1955.Nihil obstat: Oscar Gravel, pire, 14 septembre 1956.Vol.XIX, 38e année\tMontréal, Janvier - Février 1957\tNo 7 Revue bimestrielle, publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.ABONNEMENT: Par an.$ 1.00 A vie.20.00 Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.AVANTAGES : SOMMAIRE Clear Water Bay .291 Sœur Saint-Jcan-l'Evangéliste, M.I.C.Depuis plus de quatre ans d\u2019attente.296 Sœur Jeanne-d\u2019Orléans, M.I.C.Notre-Dame chemine .298 M.I.C.Le polygame dans le cortège des Saints Innocents.300 Sœur Marie-Berthe, M.I.C.Un bout de chemin et sa parabole.303 Sœur Bernadette-de-France, M.I.C.Merci et.revenez encore t.307 Sœur Sainte-Patricia, M.I.C.Ma Tsou, déesse des mers .309 Sœur Sainte-Elisabeth, M.I.C.Un monastère de trappistes chinois à Lantao .314 Sœur Elisabeth-de-la-Trlnité, M.I.C.Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Religieuses de la Communauté, particulièrement des Missionnaires à l\u2019œuvre dans les cinq parties du monde.Essai sur l\u2019histoire de la musique à Cuba.319 Sœur Monique-d\u2019Ostie, M.I.C.Le Rembrandt japonais .322 Sœur Saint-Vincent-Ferrier, M.I.C.Les enchantements de Mirebalais .326 Sœur Sainte-Yolande, M.I.C.De plus, une messe est célébrée chaque semaine pour les abonnés vivants et une autre pour les défunts.Lettre à l\u2019amie Yo.329 Nos partantes de 1956.333 Nécrologie.334 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Notre page-couverture: Du bout de sa mitaine rouge, cette petite Nippone vous envoie les vœux de bonne année et le sourire de gratitude du \u201c Précurseur \u201d. Baie aux eaux claires! Sur quel rivage, sur quel site plus attrayant pouvions-nous asseoir notre nouveau couvent Notre-Dame-de-la-Protection et son école Good Hope ?Adossée au flanc du plus haut sommet de Kowloon, The Peak, la maison semble sur un palier plus rapproché du ciel et domine un panorama unique: en bas, vers la droite, l\u2019aérodrome Kai Tak (Puissance) où atterrissent à toute heure des oiseaux métalliques des cinq parties du monde; à gauche, l\u2019île de Hong Kong avec son amphithéâtre de constructions blanches accrochées au roc et escaladant jusqu\u2019au faîte des monts toujours verts.Quand la nuit vient allumer sur cette ville pittoresque la féerie multicolore de ses feux et étoiler la montagne d\u2019une myriade de joyaux qui plongent leur scintillement dans la Baie, tandis que la vague berce les navires illuminés, stationnés au port, le spectacle atteint à l'incomparable! La beauté d\u2019un pareil tableau ne peut être saisie que par l\u2019œil, et toute expression se révèle inadéquate.C\u2019est pourquoi les touristes, les aviateurs, les hommes 1 Gertrude Campbell, de Bedford, Qué.291 d\u2019affaires de l\u2019étranger qui se croisent sur ces plages, se contentent d\u2019affirmer, en rentrant chez eux: « Hong Kong?c\u2019est le plus merveilleux site que nous ayons jamais vu! » Entre cette île et notre péninsule continentale, la baie de Kowloon dé- ploie sa nappe nuancée jade et azur où glissent des embarcations de tous genres.Au loin, par-delà les îlots de verdure qui flottent à l\u2019horizon, se devine la haute mer.Reportant nos regards sur Kowloon, nous apercevons la cité entière avec 293 son modernisme, ses habitations tapies sous le feuillage, ses routes taillées à même les collines.Ici, comme à Hong Kong, l\u2019Orient et l\u2019Occident se rencontrent en un curieux amalgame où les contrastes marquent une gradation du très primitif à l\u2019ultra-moderne, tout cela dans un fondu si intime qu\u2019il n\u2019a rien de déconcertant pour personne.Le bol de plastique voisine avec le vase des Ming, et l'appareil de radio est l\u2019hôte commun des antiques chaumines et des villas fashionables.La fourmillante population, de même que le nombre des tramways, des hôtels et des boutiques, semble disproportionné quant à la superficie restreinte de cette colonie britannique.Hong Kong, Kowloon et les Nouveaux-Territoires qui en font aussi partie comptent ensemble près de deux millions et demi d\u2019habitants.Plus près de chez nous, au pied de la colline, s\u2019élèvent le couvent des RR.SS.du Bon-Pasteur et les édifices affectés à leurs œuvres sociales.Au second plan, la Dairy Farm avec ses bouquets d\u2019arbres et ses vastes espaces, évoque délicieusement la campagne canadienne.Puis le regard s\u2019envole par-delà l\u2019Académie La Salle des RR.FF.des Ecoles Chrétiennes, et la Maison provinciale des RR.SS.de Maryknoll, pour s\u2019arrêter au clocher paroissial de l\u2019église Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus.Ensemble harmonieux encadré dans une nature splendide et qui fait jaillir des chants de louange envers le Créateur.La pierre angulaire de notre nouvelle maison, située Clear Water Bay Road, fut bénite en mars 1955.Les travaux allèrent bon train en dépit 294 des pluies torrentielles de juin, juillet s\u2019accroît sans cesse.Aujourd\u2019hui, il et août.En septembre, l'école ou- atteint presque le millier pour les vrait ses portes à plus de cinq cents deux sections anglaise et chinoise, le enfants, garçons et filles, inscrits au kindergarten y compris.A l\u2019extérieur, les terrains de jeux cours primaire.Le 11 février 1956, S.Exc.Mgr sont terminés.Il reste à construire Laurenti Bianchi, évêque de Hong l\u2019auditorium, le gymnase et le labora-Kong, bénissait et le couvent et son toire.Nous entrevoyons encore, dans école Mount Good Hope.La céré- un avenir relativement prochain, la monie coïncida avec la profession per- possibilité d\u2019instaurer le cours se-pétuelle de notre chère Sœur Héléna- condaire.Marie l: double fête et double jubila- Daigne Notre-Dame de la Protection, d\u2019autant plus inoubliables du tion, titulaire de l\u2019établissement, attifait de la présence de notre bien-aimée rer et garder la jeunesse de Kowloon, Mère Supérieure Générale qui visitait car c\u2019est à la gloire de Celle qui est alors les Missions d\u2019Orient de la infiniment plus claire que la Baie aux Société.\teaux claires que nous venons d\u2019ériger Et depuis, le nombre de nos élèves cette Maison.1 Héléna Kong, de Canton, Chine.Jouant au TAI PAY. r m LIMBE, HAITI Depuis plus de quatre ans d\u2019attente.par Sœur JEANNE-D\u2019ORLEANS l, M.I.C.Ces \"trois sœurs: Marie-Thérèse, Rose-de-Lima et Jeanne-d\u2019Arc, arrivèrent de France au Limbé en 1952, et furent soumises, quatre années durant, à une vie de réclusion sinon d'oubli.Marie-Thérèse, la plus robuste du trio de bronze \u2014 car il s\u2019agit de cloches et non de jeunes filles \u2014 mesure à sa base huit pieds de circonférence; sa sœur Rose-de-Lima, d\u2019allure moins imposante, ne paraît cependant pas chétive à côté de la mignonne Jeanne-d\u2019Arc.D\u2019ordinaire, c\u2019est le clocher qui attend ses occupantes; mais aux ar- chives de l\u2019expérience en Haïti, il est consigné qu\u2019il n\u2019en va pas toujours de même ici.Et cette fois, ce sont les cloches qui ont attendu leur résidence; et voilà pourquoi nos trois héroïnes sont restées là si longtemps, par terre, humbles, muettes, réduites à mendier par leur simple présence cette aumône des fidèles qui devait permettre à M.le Curé d\u2019élever le clocher de ses rêves.Un beau jour, des échafaudages ont monté.Oh! lento, lento selon le rythme des constructions aux tropiques.Le ciment malaxé, moulé d\u2019é- 296 1 Jeanne d'Arc Nolin, de Québec. tage en étage, finit pourtant par décrire dans l\u2019espace la structure d\u2019un campanile.Alors vint ce moment de tirer de l\u2019ombre les trois recluses françaises et de songer à leur baptême.Et Marie-Thérèse, et Rose-de-Lima, et Jeanne-d\u2019Arc, d\u2019acquérir soudain de la popularité.S.Exc.Mgr A.Cousineau, évêque du Cap-Haïtien, accepta de célébrer une messe pontificale pour souligner l\u2019événement, et S.Exc.Mgr J.Jan, évêque titulaire d\u2019Edistiana, de procéder à la cérémonie liturgique du baptême.En la vigile de la Saint-Pierre, fête patronale de la paroisse, grande activité au Limbé.Des prêtres nombreux accourent de partout pour donner un coup de main à leurs confrères.Les Sœurs institutrices oublient presque les compositions finales de leurs élèves, toutes chargées qu\u2019elles sont de décorer l\u2019église et les cloches.Ma qualité de sacristine me vaut l\u2019honneur de parer l\u2019autel.Nos compa-pagnes du Cap nous ont envoyé les plus jolis lauriers; une paroissienne apporte des roses fraîches, géantes, de quoi ravir une âme bien fiée! Mais l\u2019heure n\u2019est pas aux ravissements prolongés.Dresser le trône nfi^ojju é^k^X*** Atyaut/.êtn M/^:^(JLU/ ^ ^a^e%awu*i/ 1 Un monastère de trappistes \\ La Chine communiste n\u2019a pas plus épargné ses Moines que ses Missionnaires, ses prêtres et ses religieuses.Chassés une première fois de leur monastère en 1947, les trappistes de Notre-Dame-de-Liesse, au diocèse de Chengtingfu, dans le Hopei, en furent définitivement expulsés en 1950.1 Rhéa Allard, de Sainte-Elisabeth de Joliette.ÆZlt mm : *?/.à î ®S» chinois à Lantao ¦ par Sœur ELISABETH-DE-LA-TRINITE l, M.I.C.MpRP .J La chapelle de la Trappe de Lantao.A droite, une partie de l\u2019hôtellerie.Ces religieux cisterciens étaient au nombre de quarante.En 1949, dix avaient pris la route du Canada et s\u2019étaient réfugiés au monastère de Notre-Dame-des-Prairies, près de Winnipeg.Mais leur supérieur, Dom Paulinus Lee, n\u2019avait pas l\u2019intention d\u2019ouvrir une nouvelle trappe en terre canadienne.Il retourna donc en Chine où trente autres de ses moines restaient encore.En six mois, il parcourut près de vingt mille milles par avion, bateau, train, pousse-pousse, etc., afin de réunir ses fils dispersés et de leur trouver un nouveau havre.Ses efforts demeuraient toujours vains, et c\u2019est avec grande tristesse qu\u2019il revenait pour une troisième fois à Hong Kong, quand, grâce à un bon mot du R.P.T.-F.Ryan, SJ., une lueur d\u2019espoir brilla du côté de Lantao.Cette île, pourtant deux fois plus étendue que celle de Hong Kong, était à ce moment presque inconnue et beaucoup réalisaient à peine qu\u2019elle formait partie intégrante de la Colonie.Dom Paulinus rassembla huit Frères et, assisté du P.Bernard Chao, se mit à la recherche d\u2019un terrain convenable à l\u2019établissement d\u2019un monastère.Un jour qu\u2019ils avaient gravi le sommet du pic Lantao, à 3,067 pieds d\u2019altitude, leurs regards s\u2019abaissèrent sur la vallée qui comprend le site du monastère actuel.Après avoir chanté Y Ave Maris Stella et récité un fervent Avé, ils enfouirent une médaille miraculeuse dans le sol, suppliant Notre-Dame de leur réserver elle-même cet endroit pour son monastère de Liesse.Leur confiante prière fut exaucée.Le Gouverneur général de Hong Kong, Lord Alexander Grantham, céda gracieusement soixante-treize acres de terrain pour la fondation projetée.En avril 1951, onze moines arrivaient dans cette région inculte et dépourvue de tous moyens de transport comme d\u2019approvisionnement.Dans ces conditions, la tâche qui s\u2019offrait aux trappistes devenait quasi surhumaine.Mais leur immense désir d\u2019établir une École de Service divin, telle que saint Benoît l\u2019appelle dans sa Règle, leur donnait le courage de surmonter toutes les difficultés.Les débuts s\u2019avérèrent pénibles à l\u2019excès.A Lantao, la vue était magnifique, la nature très pittoresque, mais on ne vit pas simplement de contemplation, même si l\u2019on est un fervent trappiste! Ayant effectué un second voyage au Canada, Dom Paulinus en ramena ses jeunes prêtres chinois, en attente à Notre-Dame-des-Prairies, et avec eux, des secours fournis par ses bons amis d\u2019Amérique.Grâce à ce renfort, les moines s\u2019attaquèrent d\u2019abord au déblaiement d\u2019un chemin qui leur faciliterait le transport des matériaux.Jusque-là, il leur avait fallu une heure pour apporter à bras, de la mer, chaque fardeau quelque peu lourd.La route coûta un dur labeur et des fatigues sans nom, mais quelle joie quand un beau jour, un tracteur s\u2019y engagea victorieux pour la première fois! Vint ensuite le creusage d\u2019un canal et l\u2019installation d\u2019un réservoir d\u2019eau avec filtre.On pouvait maintenant songer à la construction des édifices.En l\u2019espace de deux ans, une chapelle, un cloître, une hôtellerie et une laiterie s\u2019accrochèrent successivement au flanc de la montagne.Aussi, le 19 février dernier, lors de l\u2019inauguration de leurs nouveaux bâtiments, les dix-sept trappistes de Lantao pouvaient - ils chanter un vibrant Magnificat en voyant l\u2019heureux résultat de leur travail.Le Supérieur général de l\u2019Ordre des cisterciens, Dom Gabriel Sortais, célébra la messe d\u2019ouverture, en présence de S.Exc.Mgr Lawrence Blanchi, évêque de Hong Kong.A midi, le Gouverneur général et son épouse honoraient aussi la trappe de leur visite officielle.Ils furent conduits de leur bateau particulier au couvent avec le tracteur des moines.Dès les premières heures de la matinée, des groupes de prêtres, de religieux et religieuses, de laïques de tous âges et de tous rangs, chrétiens et même païens, étrangers et surtout chinois, amenés de Hong Kong par bateaux, avaient suivi la route grim- 317 Comment on accède au monastère! pan te qui accède au monastère.Ils composaient maintenant cette foule immense qui remplissait les vastes terrains entourant la chapelle et l\u2019hôtellerie.Quel spectacle émouvant quand, au moment de l\u2019élévation, des milliers de fidèles se prosternèrent sur le sol pour adorer le Dieu de l\u2019Eucharistie! Dans ce petit coin de terre perdu, aux frontières mêmes de la Chine Rouge, la Foi d\u2019un million de croyants au Credo catholique s\u2019affirmait une fois de plus dans toute sa vitalité, son audace, son courage et son invincible espérance! De cette île solitaire de Lantao, où jusqu\u2019à ces dernières années, seuls quelques fermiers chinois s'étaient aventurés, vont sourdre désormais des courants de vie et d\u2019activités dépassant le naturel, l'humain.Les moines de saint Benoît, dans leur citadelle de prière et de pénitence, face à l\u2019Empire communiste, formeront une garde puissante, et par les armes de leurs bras tendus vers le ciel et de leur immolation incessante, obtiendront victoire à l\u2019Église mutilée de leur chère Patrie.« Rien ne se perd, a écrit le penseur Saint-Exupéry, et le monastère clos de murs, lui-même, rayonne.» Essai sur l\u2019histoire de la musique à Cuba par Sœur MONIQUE-D\u2019OSTIE l, M.I.C, Quand M.Sanchez de Fuentes, compositeur cubain, écrivait: « Les chansons avec lesquelles nos mères nous endormaient sont d\u2019origine espagnole, et chacune était un joyau du folklore espagnol », il nous révélait \u2014 et avec quelle grâce \u2014 la prédominance de l\u2019élément espagnol dans la musique de son pays.Voyons comment la cantilène aux modalités antiques a pu donner le jour à la Guajira ou à la Rumba actuelles.La Perle des Antilles était peuplée primitivement de trois tribus indiennes dont les Siboneys, occupant la partie occidentale, sont considérés comme ses plus anciens habitants.Au quinzième siècle, les conquérants espagnols s\u2019établirent à Cuba.Ils épousèrent des femmes indigènes, de sorte que dans les foyers qui se multipliaient, les mélodies rudimentaires des Indiens, les areitos, se mêlèrent aux refrains de la Castille, de l\u2019Andalousie et de l\u2019Extremadura.Au commencement du seizième siècle, les Blancs, devenus maîtres de l\u2019Ile, firent venir par l\u2019entremise des Portugais, une foule de Noirs d\u2019Afrique afin de remplacer les pauvres Siboneys mourant de faim et de misère sous la rigueur des traitements des nouveaux seigneurs.Peu à peu la race indienne s\u2019éteignit, et avec elle, les accents de sa mélancolique chanson.Sur toute la période de ce seizième siècle, la musique espagnole régna en souveraine à Cuba.Et qu\u2019était cette musique espagnole sinon les mélodies aux modalités grégoriennes, transformées au cours des âges, et qui ont fait du folklore espagnol le plus riche d\u2019Europe avec celui de la Russie! Cependant, à l\u2019intérieur de ses baraques, le Noir chantait lui aussi, et il s\u2019accompagnait d\u2019instruments de sa confection.Selon qu\u2019il appartenait à telle ou telle tribu africaine, les instruments revêtaient une certaine forme et produisaient un son spécial, ce qui explique la variété inconcevable de tambours ou autres instruments à percussion en usage à Cuba.Au dix-septième siècle, la Révolution en Haïti provoqua la fuite massive des Blancs de ce pays qui se réfugièrent à la Havane et à Santiago, apportant avec eux les coutumes, les danses et les mélodies françaises.Pendant près de trois cents ans, tous ces éléments, indiens, espagnols, africains, français, etc., devaient survivre épars et sans organisation.Au début du dix-neuvième siècle, 319 1 Mamie Marte!, de Québec. lorsque les Cubains songèrent à se séparer de l\u2019Espagne pour réaliser l\u2019Indépendance de la patrie, ils tentèrent aussi bien de libérer leur musique de ses entraves séculaires et de lui imprimer un air de jeunesse cadrant mieux avec les printemps perpétuels, pleins de soleil et de fleurs de leur Ile.Manuel Saumell, pianiste et compositeur havanais, consacra sa vie à fonder une musique cubaine nationale.Sa première œuvre, Y Opéra Antonelli, de pure saveur créole, ouvrit la voie à une quantité d\u2019autres œuvres qui marquèrent pour toujours le caractère purement national de la musique à Cuba.En quoi consiste ce caractère national de la musique cubaine ?Pour qu\u2019une musique soit nationale, il faut qu\u2019elle réponde aux aspirations d\u2019un peuple et qu\u2019elle devienne en même temps son langage.Or, que peut désirer, que peut vouloir chanter un peuple qui, quatre siècles durant, s\u2019endormit chaque soir au son des berceuses espagnoles; un peuple qui, tout le jour, était tenu en haleine par les battements ensorceleurs d\u2019un tambour jamais assez perfectionné; enfin, un peuple qui, au contact des autres nationalités, sentait en son âme le besoin d\u2019une expression personnelle, d\u2019une langue colorée et veloutée comme les innombrables fleurs de son pays! Ce qui caractérise surtout l\u2019œuvre de Saumell, c\u2019est l\u2019emploi qu\u2019il fit de la contredanse (danse d\u2019origine anglaise qui passa en France et fut introduite à Cuba par les Français d\u2019Haïti) et de plusieurs mélodies de type espagnol.Après avoir fait entendre, harmonisée de façon plus ou 320 moins classique, une de ces mélodies souvent écrites à 6/8, quelquefois à 2/4, il inventait, en une seconde partie, des variations nombreuses sur des rythmes inconnus jusqu\u2019alors (rythmes que les Noirs cependant possédaient en virtualité, ce qui explique leur prompte diffusipn).Ces rythmes donnèrent lieu à une infinité de danses dont voici les principales: la danzon, le zapateo, le punto, le bembé, le tongo-congo, la conga, le son, la criolla, la guaracha, etc.Cette musique était éminemment populaire.Casamitjana fut le premier à harmoniser pour fanfare les rythmes afro-cubains, surtout le bembé qui se chantait dans les rues.A mesure que les Cubains s\u2019éloignaient des coutumes et des goûts espagnols, le rythme afro-cubain prit plus d\u2019importance, et avec des compositeurs tels que Roldan et Caturla, cette musique, sortie des baraques nègres et des fêtes populaires, franchit le seuil des salons de l\u2019aristocratie et confirma le caractère national de la musique à Cuba.Il est un élément rythmique caractéristique de la musique cubaine attribué aux nègres français venus d\u2019Haïti et qui se répandit dans toutes les régions où ces Noirs formaient majorité ou fraction importante de la population.Cet élément est une déformation du rythme de la contredanse à 6/8 (une noire et quatre croches).Trouvant la formule trop majestueuse ou trop paisible, ces Noirs y incorporèrent le frémissement de leur âme primitive et en firent le si populaire t\u2014pr -3\u2014> CINQUILLO J J J lequel donna lui-même\ti\u2014r\u2014i naissance au trésillo.J- J- J Nulle composition cubaine ne peut se glorifier d\u2019être nationale si elle ne présente un de ces rythmes (simple ou développé) qui constituent le fondement d\u2019une musique dont par-delà les océans s\u2019enchantent tour à tour les amateurs et les spécialistes.Après que les Ignacio Cervantès, les Sanchez de Fuentes, les Ernesto Lecuona (fin du dix-neuvième siècle et début du vingtième), tous élèves des Conservatoires de Paris ou de Madrid, eurent enrichi de leur écriture au style romantique la musique de leur pays; pendant que beaucoup de jeunes compositeurs cherchent une expression purement nationale à leurs élans artistiques et patriotiques; voici qu\u2019un enfant de la Havane, fils de musicien, élève de Manuel de Falla, se lève, résolu de marcher sur les traces des grands maîtres, rejetant toute préoccupation nègre, comme disent ses compatriotes.Nous avons nommé Julian Orbon, qui vient de voir une de ses œuvres symphoniques couronnée par des maîtres éminents, et sur qui semble reposer l\u2019avenir de la musique à Cuba.Surnommé le Brahms espagnol, ce jeune compositeur de trente ans a déjà doté la musique de son pays d\u2019une Symphonie, de nombreuses pièces de musique de chambre ainsi que d\u2019une quantité de pièces pour chœurs et pour piano.L\u2019Histoire de la Musique à Cuba n\u2019en est pas à son dernier chapitre; elle nous réserve certainement des surprises.L\u2019immense, l\u2019incomparable richesse rythmique de l\u2019Art actuel au pays, voilà ce qui étonne et enchante le musicien de l\u2019étranger étudiant à la Havane, voilà l\u2019élément précieux dont disposent les compositeurs autochtones pour créer des œuvres d\u2019une expression neuve et originale.321 WAKAMATSU, JAPON Rembrandt japonais par Sœur Saint-Vincent-Ferrier xt M.I.C. Sesshu (Bateau de Neige), ce bonze-artiste célèbre pour ses soies murales et qui illustra Tère Muromachi au quinzième siècle, a mérité d\u2019être appelé le Rembrandt du Japon.A l\u2019instar du maître hollandais, le noir et le blanc dont il use surtout lui servent à poursuivre la lumière à la façon de la couleur.Bien que l\u2019histoire de l\u2019Art ne révèle que peu de chose de la jeunesse de ce peintre, il est cependant un trait de sa vie très populaire parmi le peuple.Sesshu, dit-on, fut placé de bonne heure au temple bouddhique de Hofo-kuji ou temple du Trésor du Bonheur lequel s\u2019élevait au district d\u2019Okayama, aujourd\u2019hui ville du diocèse d\u2019Hiroshima.Le garçonnet à la tête rasée ne sembla point découvrir le trésor du bonheur à étudier les Soûtras, livres sacrés du bouddhisme.Il ne rêvait si bien que pinceaux et couleurs qu\u2019il encourait souvent les foudres du grand bonze et cette admonition: « Si tu continues à paresser ainsi, tu ne pourras jamais devenir un excellent serviteur de Bouddha.» En dépit de ces reproches, toujours tourmenté du désir de peindre, Sesshu retournait invariablement à son art.La nature le séduisait; le simple contour d\u2019une fleurette faisait frissonner son pinceau.Or il arriva qu\u2019un jour, emporté par une sainte colère, son maître l\u2019enferma dans une oubliette du temple, et là, l\u2019attachant à une solive, lui tint ce langage: « Nous allons bien voir maintenant à quoi t\u2019auront servi tes pinceaux! » Graduellement le jour baissa; un silence désertique noya le temple; les ombres s\u2019allongèrent sur la muraille en spectres menaçants.Le novice prisonnier se prit à pleurer, implorant la clémence du grand bonze.Retiré dans ses appartements, celui-ci entendait mais demeurait inflexible.Cependant, lorsque la voix se tut, il alla voir à pas feutrés.Le pauvre enfant s\u2019était endormi.A ses pieds, un souriceau pas peureux du tout et l\u2019œil malin, montait la garde.Malgré les chut 1 Isabelle Ethier, de Montréal.323 \u2014 O* rw Eka au bras résolu répétés de l\u2019important personnage, il ne broncha pas.« Étrange souriceau, marmonna le bonze, tu veux me tenir tête?Je te vaincrai toi aussi! » Mécontent, il avança le pied.Mais, ô merveille! l\u2019insolente petite bête n\u2019était autre qu\u2019un dessin de Sesshu! D\u2019un doigt, avec ses larmes, le novice avait reproduit les traits d\u2019un compagnon de capti- 324 vité! Le maître comprit qu\u2019un état de vie ne s\u2019impose pas et dès lors il laissa pleine liberté à son disciple qui devint l\u2019immortel Sesshu.Cette tolérance influença-t-elle la vocation du novice?Il est fort probable, car Sesshu ne quitta point le temple où il allia la carrière de peintre aux devoirs du bonze.Les commandes affluèrent.Il n\u2019en refusa jamais.Mais avant de manier le pinceau, pour établir l\u2019équilibre parfait en son âme, il s\u2019infusait une tasse de thé qu\u2019il buvait à petites gorgées, puis il jouait de la flûte, après quoi seulement il s\u2019abandonnait à l\u2019inspiration.Comme la plupart des grands maîtres, Sesshu ne fut pleinement apprécié qu\u2019après sa mort.Un jour, un seigneur chez qui il avait feu et lieu lui montra un magnifique tableau reçu de Chine et lui demanda le nom de l\u2019auteur.Sesshu, qui avait voyagé en Chine à cette époque, connaissait l\u2019art chinois et ses maîtres.Il répondit en toute simplicité: « C\u2019est moi.» Croyant à une vantardise et choqué d\u2019une telle audace, son protecteur le renvoya froidement.Ce n\u2019est que plus tard, lorsqu\u2019on s\u2019avisa de laver l\u2019envers du chef-d\u2019œuvre, qu\u2019apparut le nom de l'auteur: c\u2019était celui de Sesshu! Aussitôt le prince dépêcha des serviteurs auprès du bonze-artiste avec ordre de le ramener au palais.Mais hélas! âgé de plus de quatre-vingts ans, il avait rendu l\u2019âme.L\u2019œuvre la plus fameuse du Rembrandt japonais et qui l\u2019a fait appeler encore le saint artiste s\u2019intitule Eka Dambi.Elle représente Daruma en prière.Eka, venu des Indes, le supplie de l\u2019accepter pour disciple.Mais le moine plongé dans l\u2019exercice du zen ne daigne même pas lui répondre.Sans se déconcerter, Eka tire son poignard du fourreau et se laboure le bras gauche de l\u2019épaule au coude.Daruma sort de sa méditation et touché de tant d\u2019héroïsme admet Eka en qualité d\u2019élève.D\u2019où le titre du tableau Eka Dambi (Eka au bras résolu).Plusieurs toiles de Sesshu ont pour titre San Sui (Eau de la Montagne).Toutes sont peintes sur soie, à l\u2019encre de Chine, aux contours gras et énergiques.Ces paysages respirent la simplicité et la paix.L\u2019habitude du zen ou méditation bouddhique chez leur auteur n\u2019est sans doute pas étrangère à ces qualités d\u2019expression: Sesshu a traduit son âme.Sœur Saint-Vincent-Ferrier et de futurs Sesshu peut-être. (r V%% , \u2022 !Jk.sJ ¦X*3 \u2019SS® /L4/77 Par où commencer pour vous parler de la poésie qui remplit mon pays d\u2019adoption ?Poésie des clairs matins toujours habillés d'or et d\u2019azur ?Jamais de grisaille si ce n'est le soir.Les averses de cinq heures sont elles-mêmes pleines de charme puisqu\u2019elles abreuvent la terre desséchée par les ardeurs du soleil.Point nécessaire, à l\u2019aube, d\u2019arroser les rues: le bon Dieu s\u2019en charge, le soir.Des fleurs ?Il y en a partout! Lauriers, hibiscus, rosiers, offrent sans cesse autour des habitations la joie de leurs fleurs.Chez nous, en mars, un laurier projette, dans l\u2019encadrement d\u2019une fenêtre de la salle de communauté, sa tête rose suavement parfumée.Depuis septembre, toujours des roses à la chapelle.Mes élèves m'ont apporté des lis d\u2019une variété inconnue et d\u2019une odeur exquise.De la pelouse ?Il y en a le long de la route et devant les cailles; et cette richesse des cocotiers et des palmistes! et ces bananiers mêlés un peu sans ordre à tout le reste! Le climat?Ici, à Mirebalais, je le trouve enchanteur.Les nuits sont fraîches et reposantes; et cet air pur qui entre de tous côtés; et cette bonne brise qui vous glace au moment le plus chaud de la journée sans se comporter avec quelque arrière-pensée de rhume! Parfois on est tout étonné de sentir un léger filet ruisselant qui vous chatouille la joue: vous réalisez alors que vous transpirez.Tout ce que je puis observer touchant le climat, c\u2019est qu\u2019il semble nous évaporer au sens littéral du mot: il fait fondre à la longue, et c\u2019est peut-être pour cela qu\u2019on a pu le qualifier d\u2019épuisant.Mais, oyez! Le R.P.Créache, de Mirebalais, compte à son crédit quarante années de mission en Haïti sans jamais avoir pris un congé en France, sans jamais avoir fait la sieste du midi! et il tient! Pour ma part je trouve si délicieuse la joie missionnaire que je goûte ici que tout me devient enchantement, la chaleur y comprise.La seule chose qui m\u2019a un tout petit peu taquinée, c\u2019est, le mois qui suivit mon arrivée, de n\u2019avoir pas senti d\u2019intégration au sein de la population.Je n\u2019ai rencontré tout juste que quelques demoiselles venues voir curieusement la nouvelle Mère du Canada.Après deux semaines de classe cependant, j\u2019ai senti une liaison avec mes élèves, et l'impression a disparu.Dans ma tâche d\u2019éducatrice, je crois difficile de faire assimiler aux élèves la haute culture que le programme exige d\u2019elles: travail formidable pour elles que d\u2019ingurgiter la science de tous ces beaux manuels dans une langue qu\u2019elles ne parlent pas à la maison! Tour de force que l\u2019étude de la psychologie, de la morale, dans ces conditions! Malgré ces problèmes de langue, ces enfants peuvent se dire quand même avec fierté: nos pères, jadis esclaves, ont vaincu, dans la conquête de l\u2019Indépendance du pays, une des premières nations civilisées de l\u2019Europe! Cette espèce d\u2019orgueil national (et n\u2019est-il pas légitime en quelque sorte?) s\u2019oppose souvent chez mes jeunes Haïtiennes à la simplicité.Comment sauraient-elles comprendre l\u2019ouverture simple que l\u2019éducatrice aimerait obtenir?Prouesse de mes élèves.Vous dirai-je qu\u2019en la fête de notre Père Curé mes grandes ont joué Esther et chanté avec brio la cantate Prière d\u2019Enfant?Les plus petites qui formaient l\u2019orchestre, ont enlevé la plus grosse part d\u2019applaudissements.Les parents étaient ravis.Un théâtre avait été érigé à la grande salle et les murs enduits de bleu.Les coupons et les confections reçus des États- Unis ont fourni des costumes frappants.Mlle Nina, l\u2019institutrice la plus connaissante, m'a dit que le groupe de nos actrices aurait pu rivaliser avec la troupe nationale de Port-au-Prince.On a remarqué la diction; on l\u2019a jugée parfaite.N\u2019est-ce pas qu\u2019il est consolant d\u2019enseigner la jeunesse haïtienne?Dès que j\u2019eus examiné le programme, je me lançai à l\u2019étude de la géographie et de l\u2019histoire de mon pays d\u2019adoption.Chère Perle Noire! comme elle a souffert! combien douloureuse est son histoire, combien captivante aussi ! Pourquoi des étrangers sans scrupules sont-ils donc venus semer l\u2019ivraie dans cette bonne Terre ?Lors de ma nomination, Haïti, qui jusque-là m\u2019avait paru \u2014 ainsi que sur la carte géographique \u2014 un genre de crabe étendant ses pinces d\u2019un côté, se mit soudain à rosir et à se métamorphoser.Aujourd\u2019hui c\u2019est pour moi un beau coursier doré! Les missionnaires ont ici un travail splendide à accomplir, et cela dans des conditions matérielles relativement intéressantes.En résumé: tout m\u2019enchante dans ma Mission! Et je souhaite cette même joie profonde à ceux et celles qui partiront pour une terre lointaine.Haïti attend tous les professeurs de l\u2019École Supérieure de Granby et.de beaucoup d\u2019autres écoles.Ici, à peu près le même programme qu\u2019au Québec et en français également.Ah! qu\u2019elle est magnifique la tâche de l\u2019enseignante en Mission! C\u2019est la conquête des âmes dans toute l\u2019extension du terme! Sœur Sainte-Yolande *, M.I.C.(extrait d\u2019une lettre à la Directrice de l\u2019École Supérieure de Granby).328 1 Elisabeth Vanchestein, de Saint-Mathieu. Lettre \" au'novi VNT\\ VIau ramie ¦ *' Ma chère Yolande, Quelle joie de savourer ta longue épître, de te retrouver toujours aussi personnelle et aussi vraie! Ta promotion récente comme professeur au cours secondaire ne m\u2019a pas étonnée.Ta jeunesse ?Un atout de plus, tout simplement, quand on connaît tes rares qualités d\u2019éducatrice et les exigences de la psychologie spéciale de l\u2019adolescente.Combien j\u2019aimerais te surprendre au milieu de tes filles! Ce doit être si clair, si épanouissant, chez toi! Mais, dis donc, pourquoi t\u2019apitoyer ainsi sur mon sort?Un peu plus et tu me posais au front l\u2019auréole du martyre: «Tout ce bonheur.et penser que toi, ma pauvre Louise, tu y renonces à jamais! Je t\u2019imagine, ta vie durant, penchée sur des lépreux dégoûtants ou occupée, dans une crèche quelconque, à tenir le biberon de sales marmots.Me croi-ras-tu?J\u2019en frissonne.Le bon Dieu, il me semble, ne peut exiger un tel héroïsme, sacrifice total de sa personnalité et de ses dons.Ton bac, à quoi te servira-t-il?Vrai, je ne te comprends pas! » Ma très chère Yo, je comprends, moi! Veux-tu que nous réfléchissions ensemble?Ton esquisse ne manque pas de couleur ni d\u2019émotion, mais franchement, elle retarde un peu et ce ne serait pas superflu, je crois, de rafraîchir tes connaissances mission- 329 Sœur Saint-Améciée (Emilienne Vézina, de Québec) explique la notation musicale avant de passer à l\u2019exécution.naires.Simple conseil en passant, pourquoi ne pas te renseigner dans quelque revue du genre, sérieuse et bien documentée?Tu te rendrais vite compte de ce fait capital dans l\u2019essor missionnaire actuel: le combat de l\u2019Église ne se livre plus en chaire, mais à l\u2019École.C\u2019est la jeunesse qu\u2019il faut à tout prix gagner au Christ, et le Saint-Père, dans la grande encyclique missionnaire Evangelii Præ-cones (juin 1951), appuie fortement sur ce point: « Tous reconnaissent l\u2019importance des soins qu\u2019il faut donner à l\u2019éducation; aux écoles et aux collèges.Les écoles, en effet, nouent d\u2019opportunes relations entre les missionnaires et les païens de toute classe.La jeunesse, surtout, souple encore comme la cire, éprouve plus aisément le désir de comprendre, d\u2019apprécier et d\u2019embrasser la doctrine catholique.Ces jeunes plus instruits seront, demain, les chefs de l\u2019État; les masses les suivront comme leurs guides et leurs maîtres.Nous exhortons donc paternellement les supérieurs des Missions à ne rien épargner de leurs peines ni de leurs ressources pour développer ces entreprises scolaires.» L\u2019invitation, comme tu le vois, est pressante et les perspectives magnifiques! Le Souverain Pontife continue: « Il faut que les religieux et les religieuses qui sentent l\u2019appel de ces vocations fructueuses se donnent, avant de quitter leur patrie, la culture intellectuelle et morale que requièrent aujourd\u2019hui ces services.» N\u2019est-ce pas d\u2019une évidente clarté ?A combats différents, armes différentes! L\u2019Église si divine et si profondément humaine sait s\u2019adapter.On ouvrira de nouvelles écoles catholiques, mais ces 330 ir Cenevi®ve-d«-Nanterre (Geneviève Saint-Pierre de Montréal) et de* étudiants de la High School.¦ écoles, elles seront à la page, en mesure de rivaliser avec les établissements neutres déjà installés et de répondre aux exigences des gouvernements.Alors, on a vu les différentes congrégations missionnaires, tant d\u2019hommes que de femmes, dociles à la voix du Père commun, diriger des effectifs de plus en plus nombreux vers l\u2019apostolat de l\u2019éducation, consentir à des sacrifices coûteux afin de pourvoir à une préparation très poussée des professeurs.Ma Communauté, je te l\u2019assure, n\u2019est pas restée en arrière dans le grand mouvement.L\u2019enseignement, mis à l\u2019honneur dès les débuts de la fondation par l\u2019apostolique Mère Marie - du - Saint - Esprit, figure aujourd\u2019hui comme œuvre principale dans quarante-trois des cinquante- neuf établissements de la Société.« D\u2019un pôle à l\u2019autre », les filles de l\u2019immaculée dispensent à près de quinze mille étudiants et étudiantes de toutes catégories, les trésors de l\u2019éducation et de l\u2019instruction chrétiennes: classes maternelles, jardins de l\u2019Enfance, écoles primaires, secondaires, supérieures, normales, ménagères et commerciales.Pour les Philippines seulement, tu peux compter cinq High Schools! Ajoute à cela les cours privés de doctrine, de langue, de musique et de peinture.Il y a vraiment pour tous les goûts et toutes les aptitudes.Encore, une formation sérieuse s\u2019impose-t-elle! Commencé dès le séjour au noviciat, l\u2019entraînement des aspirantes missionnaires se poursuit soit au scolasticat école-normale de la Maison Mère, jusqu\u2019à l\u2019obtention du brevet A et 331 du baccalauréat en pédagogie, soit à l\u2019Université, à l\u2019Institut de Pédagogie familiale, ou encore, selon les besoins particuliers de certaines œuvres, en d\u2019autres écoles spécialisées et collèges canadiens ou américains.De plus, une fois sur place, plusieurs de nos professeurs, surtout celles des Philippines, des Antilles et du Japon, doivent, afin de satisfaire aux exigences locales et d\u2019obtenir leur permis d\u2019enseignement, fréquenter I\u2019Uni-versité et décrocher, dans la langue du pays, baccalauréats, licences et même doctorats.Je m\u2019arrête.En voilà assez, je crois, pour déraciner chez ma si loyale amie un préjugé trop répandu, celui de la quasi-incompatibilité de l\u2019enseignement et de la vie missionnaire.Non, chère Yolande, console-toi.Mon bac n\u2019est pas enseveli à jamais; il est probable même que je continuerai à me qualifier pour donner davantage.Je n\u2019ai pas renoncé à ma carrière d'éducatrice; les confidences échangées au soir de notre graduation restent vraies; mon idéal demeure le même, mais agrandi aux dimensions du monde.Mes élèves!.Cette seule évocation, sois-en certaine, éveille en mon âme, les mêmes résonances profondes, tout l\u2019enthousiasme d\u2019autrefois.La seule différence, peut-être, je les vois, bruns, ou jaunes, ou noirs.Un secret pour terminer.Je recevrai la blanche livrée des novices de l\u2019immaculée, le 11 février prochain.Tu seras au rendez-vous ?C'est promis?D\u2019ici là, meilleurs vœux de succès dans la formation de tes « grandes »; je prie pour toi.Toujours amie.Sœur Louise, postulante 332 Nos partantes de 1950 Quarante-sept Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception ont quitté leur Maison Mère pour les Missions lointaines au cours de 1956.Pour les Philippines: Sœur Saint-Mathieu (Agnès Guénette, de Sainte-Anne-des-Plaines), Sœur Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus (Yvonne Gérin, de Coaticook), Sœur Saint-Jacques-le-Majeur (Emma Labrèche, de Saint-Jacques de l\u2019Achigan), Sœur Saint-Claude (Laurette Roy, de Thetford Mines), Sœur Gabriel-de-l\u2019Annonciation (Ida Carrière, de Hammond, Ont.), Sœur Pierre-Julien (Jeannette Tremblay, de Saint-Fulgence), Sœur Sainte-Flavie (Carmen Castonguay, d\u2019Edmunston, N.B.), Sœur Marie-Régina (Léa Chénier, de Wright ville), Sœur Jean-de-1\u2019Assomption (Cécile Dépôt, de Valleyfield).Pour le Japon: Sœur Marie-Georges (Agathe Bolduc, de Saint-Damien de Brandon), Sœur Saint-Fidèle (Gisèle Lambert, de Québec), Sœur Sainte-Emilienne (Jeannine Blanchard, de Montréal).Pour Hong Kong: Sœur Saint-Charles-de-Milan (Jeanne Bouchard, de Saint-Eloi), Sœur Marie-Honorius (Véronique Therrien, de Saint-Julien de Wolfestown).Pour Formose: Sœur Marie-Esther (Alice Buteau, de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe), Sœur Sainte-Eméren-tienne (Marie-Berthe Fleurent, de Saint-Germain de Granthman), Sœur Sainte-Rose (Jeanne Sanschagrin, de Charlesbourg), Sœur Marie-Elmire (Jeanne-d\u2019Arc Allary, de Sainte-Méla- nie), Sœur Sainte-Angéla (Gabrielle Drouin, dTnverness).Pour Haïti: Sœur Saint-Sylvère (Clara Leblanc, de Saint-Sylvère) Sœur Marie-du-Crucifix (Eva Tessier, de Saint-Bonaventure d'Yamaska), Sœur Saint-Germain-d\u2019Auxerre (Germaine Lefrançois, de Longueuil), Sœur Sainte-Germaine-Cousin (Marie-Anna Legris, de Montréal), Sœur Sainte-Rita (Rita Legrand, de Saint-Philippe de Laprairie), Sœur Marie-Alfred (Marie-Marthe Dubé, de Notre-Dame du Sacré-Cœur de Rimouski), Sœur Saint-Jean-Bosco (Angela Désilets, de Montréal ), Sœur Y vonne-de-J ésus (Pauline Mailloux, de Sainte-Angèle de Rouville), Sœur Saint-René-Goupil (Jeannine Gagnon, de Hérouxville) Sœur Sainte-Aurélie (Germaine Roy, de Nicolet), Sœur Joseph-du-Bon-Pas-teur (Jeanne d\u2019Arc Fontaine, de Québec), Sœur Saint-Jean-Vianney (Madeleine Grenier, de Saint-Jean-Baptiste-Vianney), Sœur Pierre-de-Galilée (Jeanne Jetté, de Montréal), Sœur Françoise-de-Rome (Françoise De-rome, de Montréal), Sœur Marie-Hermann (Claire Chapdelaine, de Sorel), Sœur Saint-Maurice (Monique Lemay, de Sainte-Justine).Pour Cuba: Sœur Saint-Alban (Marguerite Dionne, de Joliette), Sœur Saint-Albert-le-Grand (Marguerite Jobin, de Québec), Sœur Saint-Cyprien (Cyprienne Miller, de Montréal), Sœur Madeleine-du-Sauveur (Alice Labelle, de Montréal), Sœur Marie-Marthe (Marie-Alice Vézina, de Saint-Joseph-de-Beauce), Sœur 333 Saint - Jean - Chrysostome (Lucille Brouillette, de Richmond).Pour l\u2019Afrique: Sœur Saint-Pierre-d\u2019Alcantara (Madona Laliberté, de Leamington, Ont.), Sœur Saint-Pascal Baylon (Thérèse Déziel, de Côte Saint-Paul), Sœur Sainte-Hélène (Hélène Hébert, de Notre-Dame-de-Pier- reville).Pour Vancouver: Sœur Saint-Yves (Yvette Ricard, de Grand\u2019Mère), Sœur Joseph-de-la-Providence (Angèle Rondeau, de Sainte-Elisabeth de Warwick), Sœur Laurent-Marie (A-line Létourneau, des Trois-Rivières.) üécrologte Rév.Sœur Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus, Religieuse Obiate Franciscaine de Saint-Joseph.Bordeaux; M.J.-A.Moquin, Granby, père de nos Sœurs Marie-de-l'Epiphanie et Saint-Jean-de-l\u2019Eucharistie; Mme Gaudiose Bolduc, Québec, mère de notre Sœur Marie-du-Saint-Sauveur; M.Wilfrid Rompré, Sainte-Thècle, père de notre Sœur Saint-Expédit; M.J.-W.Gagnon, Jonquière, père de notre Sœur Bernadette-de-l\u2019Immaculée; Mme Claude Rinfret, Ottawa, mère de notre Sœur Claude-de-la-Colombière; M.Alfred Pageau, Québec, père de nos Sœurs Marie-Pauline et Saint-Rodrigue; Mme Wilfrid Métivier, Buckland, mère de notre Sœur Marie-de-Sion; M.Léopold Bourassa, Saint-Barnabé, frère de notre Sœur Marie-de-la-Charité; M.Armand Bou-lay, Waterloo; Mlle Liliane Derome, M.le Docteur Cornélius Derome, Mlle Francine Varin, M.Wilfrid Rousseau, Mme Zoël Langevin, M.G.Langlois, Mme Auguste Huguet, Mme Xavier Laberge, Mme Ernest Brunet, Mme Edouard Ricard, M.Elzéar Pelletier, Mme Joseph Porté, M.Bernard Lavallée, Montréal; M.Alphonse Savard, Cartierville; M.Gérard Caouette, Montréal-Sud; M.Emile Poirier, Saint-Josaphat; Mme Orner Brosseau, Laprairie; Mme Télesphore Fournel, Saint-Jérôme; Mme Léandre Adam, Sainte-Elisabeth; M.Adinas Forest, Saint-Thomas; Mme Arthur Beauregard, Granby; Mme Ernest Martin, Lac-des-Ecorces; Mme Hector Lamothe.Saint-Marc de Shawinigan; M.Raoul Lacombe, Saint-Thomas de Montmagny; M.Jean Dumont, Lévis; Mme Arthur Caron, LTslet; Mlle Marie-Anne Langlais, Roberval; M.Onésiphore Michaud, Saint-André de Kamouraska; Mlle Simone Godard, Labelle; M.Auguste Chouinard, Joliette.INTENTIONS MISSIONNAIRES de l\u2019Apostolat de la Prière JANVIER: Les prêtres et les fidèles de Chine qui souffrent pour la foi dans les prisons ou les camps de travail forcé.FEVRIER: Que l\u2019Eglise puisse exercer en paix son apostolat dans l\u2019Afrique du Nord. Maisons des Sœurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception AU CANADA MAISON MERE, 2900, chemin Sainte>Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26 .NOVICIAT, Pont-Vlau, Montréal 9 .OUTREMONT, 314, chemin Sainte-Catherine Montréal 8 .HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetiére Montréal 1 .NOM ININQUE, comté Labeile, Qué.RIMOUSKI, Qué.JOLIETTE, 750.rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l\u2019Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.ORANBY, 35, rue Dufferin.QRANBY, 279, rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle SAINTE-MAR1E-DE-BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.PERTH, N.B.OTTAWA, Ont., 443, rue Qilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-DE-LA-PROTECTION.Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.A FORMOSE KUANHSI, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan.SHIH KUANO TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan.TAIPEI, Ho Ping Tung, 2nd Section, An Tung Chieh 363, Taiwan.AU JAPON KORIYAMA,96 Toramaru, KoriyamaShi, Fukushima Ken.WAKAMATSU, 480, sakae machl, Aizu WakamaUu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen.Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rizal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERRIN, Haiti.MIREBALAIS, Haiti.LIMBE, Haiti.CAP-HAITIEN, Haiti.CHANTAL, Haiti.TROU-DU-NORD.Haiti.PORT-AU-PRINCE, cité Magloire, no 2.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer.Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haiti.MERCEDES, Province de Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.MANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Province de Matanzas, Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.EN AFRIQUE KATETE MISSION, Katete River, P.O.Nyasaland, B.C.MZAMBAZI MISSION, Kafukulc, P.O.Nyasaland, B.C.RUMPHI MISSION, Rumphi, P.O.Nyasaland, B.C.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.MZUZU MISSION, Nyasaland, B.C.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay, P.O.Nyasaland, B.C.FORT JAMESON, P.O.Box 106 Northern Rhodesia, B.C.A MADAGASCAR MORON DAVA, Madagascar. 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