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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Septembre - Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1948-09, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XIV, 29® année MONTRÉAL, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1948 \u2014 No 11 OEuvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA M A ISON - MÈRE,\t2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal 26 (Fondée en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère, et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9 OUTREMONT, Montréal 8, P.Q., 314, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et demoiselles.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal 1\t(Fondée en 1918) Enseignement du catéchisme aux Chinois.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-lée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et demoiselles.Œuvre de la Sainte-Enfance.VILLE DE RIMOUSKI, rue Saint-Germain\t(Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de '\t^\tffOMooic» çj âll\u201c se.Ouvroir pour les missions.Jar l\u2019Enfance.Cours privés de français glais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis\t(Fondée\ten 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 651, rue Saint-Cyrille\t(Fondée\ten 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Récollections.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.Visite des Chinois malades dans les hôpitaux et à domicile.Énseignement du catéchisme aux enfants et aux adultes chinois.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell\t(Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langue et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure\t(Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et demoiselles.Patronage pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et dem®i-selles.Ouvroir pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale\t(Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Concep-tion » pour jeunes filles.École Maternelle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et demoiselles.VILLE DE SAINT-JEAN, P.Q., 430, rue Champlain\t(Fondée en 1935) Retraites fermées pour dames et demoiselles.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir.VILLE DE VANCOUVER, 3080, rue du Prince-Édouard\t(Fondée en 1946) Hôpital Oriental.{A suivre à la page 3 de la couverture) î i.Le Précurseur Par*an : $ 1 .OU A vie :\t5;2Ü.0Ü Bulletin bimestriel publié par les Soeurs Missionnaires de ïImmaculée-Conception avec l'autorisation de Monseigneur rArchevêque de Montréal Les abonnements commencent avec le numéro de janvier.2900, CHEMIN SAINTE-CATHERINE CÔTE-DES-NEIGES, MONTRÉAL (26) Vol.XIV, 29' année Montréal, Septembre-Octobre 1948 No 11 SOMMAIRE A la Vierge du Sourire.591 La Rédaction La Prière de tous les âges et de toutes les circonstances.592 La Rédaction Un grand chrétien : le Docteur Wu.596 R.P.M.A.Tennien, M.M.Fruits de coopération missionnaire.599 Intention missionnaire pour septembre 1948.600 S.Exc.Mgr T.-J.McDonnell Nos Missionnaires nous écrivent.601 Journée mariale à Granby .603 J aime la Croix.604 La Rédaction Le sou de la veuve .607 Le bienheureux Théophane Vénard.609 Chanoine F.Trochu Exposition missionnaire aux Etats-Unis.613 Sur les plages lointaines.614 Elles partent pour la Moisson.620 Confirmation d\u2019un adulte chinois à Chicoutimi.;.635 Echos divers.^51 Au Noviciat.^58 La Page des Enfants.Reconnaissance \u2014 Recommandations \u2014 Nécrologie .\u2022 .646 Page-couverture : Sourire d\u2019Afrique. vm,A|4 ^ ' f'%-i y^âiÿ 0 gracieuse Reine, souriez-nous, comme jadis à la petite Thérèse ! Jetez aussi sur nous vos yeux pleins de botité et de tous nos maux, guérissez-nous ! la Vietg,e du Soutite Souriez-nous, ô gracieuse Reine, Triste est la terre et sombre est l\u2019horizon; L\u2019homme demande, en vain, à la raison Quelque formule apaisant toute haine.L\u2019esprit malin, parcourant l\u2019univers.Glisse l\u2019erreur, la révolte et le vice : L\u2019ange déchu sait toujours l\u2019artifice De se couler en reptile pervers.Souriez-nous, ô Reine gracieuse.Et l\u2019ennemi, dans son antre de feu.Pris de terreur, abandonnant le jeu.Ira cacher sa défaite honteuse.Nous mendions, misérables pécheurs.Votre sourire, ô Reine magnanime.Il est courage au cœur pusillanime, Il est pardon à qui verse des pleurs.Il est bonté, douceur, pure lumière.Vous ne savez comment le refuser; L\u2019on n\u2019a point peur d\u2019en jamais abuser.Car ce sourire est celui d\u2019une Mère I Ce doux rayon.Reine, Mère d\u2019Amour, Sur nous, toujours, daignez le laisser luire.Et qu\u2019au trépas, vers vous, il nous attire : Qu\u2019il brille encore au sombre carrefour ! Le Prêcursexh?. 'ü j(^a ptiète de touà leà âg.eà et de touteà leâ cixconâtanceà ETTE prière, c\u2019est VAve Maria.Elle s\u2019imprime de bonne heure et par bribes dans la mémoire de l\u2019enfant.Parce que VAve est la prière de la maman, l\u2019âme du tout-petit en prend naturellement le goût et ses lèvres le pli : ainsi en est-il du moins dans ces foyers où la Sainte Vierge est reconnue Reine et Maîtresse.A peine le bambin sait-il que Marie est la Mère de Jésus, qu\u2019il se plaît à la prier en bégayant le Je vous salue, Marie qu\u2019il entend depuis le berceau; et dans sa raison encore à l\u2019éveil, perce déjà une pointe d\u2019ingénue doctrine l| mariale: « Puisque Jésus est si bon et si aimable, sa maman ne peut manquer d\u2019être très bonne et très aimable: il convient donc de lui parler tous les jours comme on parle à Jésus ! » Ce n\u2019est là sans doute qu\u2019un principe bien naïf mais parfois il suffit à établir une vie entière dans la plus suave des dévotions à la sainte Vierge: celle du chapelet.Le chapelet est un don inestimable de la bonté, de la miséricorde et de l\u2019amour maternel de Marie à l\u2019égard des humains.Précisément à cause de cela, il s\u2019adapte de façon merveilleuse à tous les âges.Il est la prière des premiers communiants qui viennent de consacrer à la Reine des anges la pureté de leurs cœurs.En se préparant à recevoir Jésus, ils ont appris à couronner, chaque jour, des roses de leurs Ave, la Vierge généreuse qui, la première, a donné Jésus au monde.Ces jeunes serviteurs de Marie ont alors des gestes gracieux à ravir le ciel, tel ce petit homme de six ans qui se plaignait de ne pouvoir réciter son chapelet parce qu\u2019il n\u2019avait personne « pour le répondre », ce qui amena son père, un monsieur très savant et très occupé, à interrompre tous les soirs son travail afin de remplir cet office.Le chapelet, c\u2019est la prière des adolescents qui, dans le tumulte de passions et de tentations nouvelles, sentent le besoin de serrer davantage le câble céleste qu\u2019on leur a mis, hier, entre les mains.C\u2019est aussi la prière des jeunes gens interrogeant l\u2019avenir; c\u2019est leur appel à la Dame de Lumière qui éclaire si splendidement la route de quiconque se confie en elle.C\u2019est encore la prière de ceux que l\u2019existence a mûris à coups de soucis et d\u2019épreuves, surtout de ces mamans inquiètes qui, ne pouvant plus suivre leurs grands enfants, les abandonnent à l\u2019invisible mais vigilante protection de la Mère suprême.Enfin, le chapelet c\u2019est cette fontaine de Jouvence où les vieillards aiment à rafraîchir leur âme avant de passer à l\u2019étemel séjour.Si le chapelet s\u2019adapte à tous les âges, il ne se prête pas moins admirablement à toutes les circonstances de la vie.Veut-on glorifier Marie ?On ne saurait le faire de plus heureuse et de plus excellente manière que par la Salutation de l\u2019Ange.Quelles délices la Vierge n\u2019éprouve-t-elle pas lorsqu\u2019elle entend répéter à l\u2019infini, par des voix montant de la terre, les paroles dont Gabriel la salua de la part du Très-Haut au jour de l\u2019Annonciation! Ce sont Montreal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 593 les joies de l\u2019Incarnation qui se renouvellent alors en elle, car, comme le remarque si bien l\u2019éminent Père Lacordaire, « chaque fois qu\u2019une bouche humaine lui répète ces mots qui furent le signal de sa maternité, ses entrailles s\u2019émeuvent au souvenir d\u2019un moment qui n\u2019eut point de semblable au ciel et sur la terre, et toute l\u2019éternité se remplit du bonheur qu\u2019elle ressent.» Mais le chapelet n\u2019est pas seulement un bel encensoir d\u2019or d\u2019où s\u2019échappe le parfum de la louange, il est aussi une arme de guerre terrible au démon.On se souvient qu\u2019au troisième siècle, lorsque Marie en fit présent à son serviteur Dominique, elle le lui indiqua comme l\u2019arme par laquelle l\u2019hérésie albigeoise serait vaincue.Le chapelet opéra effectivement des conversions en masse d\u2019hérétiques farouches, et l\u2019on vit à Muret le triomphe d\u2019une poignée de croisés soutenus par les Ave de saint Dominique et d\u2019une foule de pieuses gens.Plus tard, au seizième et au dix-septième siècle, le chapelet reproduisit le prodige du Languedoc en arrêtant à Lépante et à Vienne la montée de l\u2019islamisme sur le continent européen.A travers les âges, l\u2019arme de celle qui est plus forte qu\u2019une armée rangée en bataille n\u2019a rien perdu de sa puissance.Un temps, elle a paru tomber en désuétude et il a fallu Lourdes et Fatima pour la remettre entre les mains V Les tout petits aiment à dire leur chapelet 594 Moniréiil LE PRECURSEUR Septembre-OcioDre 1948 des peuples.Mais Fatima surtout, avec son message si urgent, ne permet plus de garder quelque indifférence pour le chapelet.Notre-Dame n\u2019y a-t-elle pas formellement recommandé la récitation du Rosaire pour obtenir la conversion des pécheurs, la fin de la guerre et le retour à Dieu de la Russie ?Au petit berger François, n\u2019assure-t-elle pas le paradis moyennant « beaucoup de chapelets » ?Encensoir d\u2019or, arme de guerre, le chapelet, pourrait-on ajouter, est la meilleure ligne de téléphone entre le ciel et la terre car il nous met en communication directe avec celle par qui nous viennent toutes grâces.Aux cinquante appels, cette bonne Mère répond toujours promptement et aimablement.Dès qu\u2019elle entend résonner ces mots: « Priez pour nous, pécheurs, maintenant et à l\u2019heure de notre mort », elle s\u2019empresse d\u2019implorer de son divin Fils les grâces actuelles, spirituelles ou temporelles, dont ce maintenant doit être pourvu et prend note de la requête qui lui est adressée en vue d§ l\u2019heure dernière.Si parfois nous ne saisissons pas la réponse de Marie, c\u2019est que le manque de conformité de notre volonté à la volonté divine « fait quelque bruit sur la ligne » et nous empêche de percevoir que la grâce accordée est meilleure pour nous que la grâce demandée.Il ne faut pas l\u2019oublier: « la volonté de Dieu, c\u2019est la volonté de Marie ».En tout temps, en toutes occasions, il est toujours très séant de converser avec Marie par le chapelet, car, a dit quelqu\u2019un à ce propos: « Il n'est point de circonstances où il ne soit convenable de s\u2019entretenir avec sa Mère! » Dans les momients les plus rudes de la vie, dans la maladie, les deuils, les angoisses, les tentations, comme après les plus lourdes chutes, l\u2019âme n\u2019a pas de meilleur refuge qu\u2019en VAve Maria.Pour peu qu\u2019elle y mette un grain d\u2019amour et de confiance, elle y trouve courage, consolation, lumière ou grâces de relèvement.Jamais Marie ne repousse ses enfants, fussent-ils souillés de fautes graves! Il semble même que ce soit pour les pécheurs que cette tendre Mère ait le plus d\u2019affection et de sollicitude.Cette glorieuse Vierge ne peut oublier que sans eux elle n\u2019aurait jamais eu l\u2019honneur d\u2019être la Mère du Fils de Dieu!.Parce qu\u2019ils sont en quelque sorte la cause de En méditant les mystères du Rosaire, la jeune fille apprend à modeler sa vie SUT celle de sa Mire du ciel. Montreal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 595 sa gloire, elle veut se faire la cause de leur bonheur éternel.Aimons notre chapelet; met-tons-lc au premier plan de nos dévotions.Instrument de miséricorde, il nous ouvrira les portes du paradis.Qu'il fera bon, au tribunal suprême, d\u2019entendre la Reine plaider en notre faveur parce que nous lui aurons dit « beaucoup de chapelets » ! :?\u2022 La Sainte Vierge se montra un jour toute rayonnante de splendeur céleste à un pauvre ermite qui lui était très dévoué.Sur son royal manteau étaient brodés en fils d\u2019or et de soie des centaines à\u2019Ave Maria.Pendant que l\u2019ermite contemplait ce radieux spectacle, la Sainte Vierge lui sourit maternellement et lui dit: « Mon fils, à chaque .\\ve que vous récitez en mon honneur, votre Ange Gardien brode votre salutation en fils d\u2019or sur ce manteau.Bientôt la parure sera complète et je vous récompenserai éternellement dans le ciel.» Au soir de sa vie, le vieillard se prépare au grand voyage en égrenant les Avé du chapelet.Rappelons-nous que Marie ne manque jamais de récompenser ceux qui la saluent par de fervents Ave Maria.Le Rosaire est une dévotion toute divine, une source de grâces, un remède à mille maux, une chaîne qui unit le ciel à la terre, un arc-en-ciel de paix que le Seigneur, dans sa miséricorde, a tracé dans le firmament de son Église, et une ancre de salut pour les chrétiens.Sainte Thérèse d\u2019Avila.Mettez votre confiance en Marie; allez à elle dans vos peines et vos angoisses; épanchez doucement votre cœur dans le sien, elle fortifiera votre volonté, guérira les plaies de votre âme et vous donnera un courage nouveau.Vénérable P.Liberman. Un g.%and cktetien : le docteur %Vu Il était tard dans la soirée et je ne pouvais me décider à fermer mon volume par trop captivant.Soudain, un appel téléphonique me ht sursauter.Qui donc pouvait bien désirer le Père à une heure aussi tardive ?Je ne fus pas longtemps à me poser cette question, car une voix lourde d\u2019anxiété se ht entendre « Mon Père, ma sœur se meurt Je vous ai appelé parce que je sais que vous vous couchez tard dans la nuit.Auriez-vous la grande bonté de venir lui administrer les derniers sacrements ?\u2014 Certainement, mon ami, j\u2019irai avec plaisir \u2014 Je serai là avec ma voiture dans quelques instants », reprit le Chinois en guise d\u2019adieu.Hâtivement, je mis ma soutane et me rendis à la chapelle chercher les saintes huiles et le Viatique.Un homme drapé d\u2019un long manteau et des souliers de drap aux pieds s\u2019avança silencieusement et s\u2019agenouilla pour faire sa prière au Dieu de l\u2019autel.Ce gentilhomme chinois, qui égrenait son chapelet en me conduisant par les rues étroites, n\u2019était autre que le bon Docteur John-C.-H.Wu aujourd\u2019hui Ministre de la Chine au Vatican.Nous nous rendîmes donc sans tarder auprès du chevet de la mourante, laquelle avait été convertie un mois auparavant par M.Wu lui-même, et je lui administrai les derniers secours de notre sainte religion Six semaines après cette sortie nocturne, les autres parents de la personne décédée, quatorze en tout, devinrent catholiques.« Ils furent tellement impressionnés par l\u2019administration des derniers sacrements et par les funérailles, qu\u2019ils ont tous demandé à être instruits dans la religion chrétienne », expliquait M.Wu.Le Ministre de la Chine au Vatican n\u2019a probablement pas été surpris outre mesure, lors de sa nomination à ce poste élevé, vu qu\u2019il connaissait déjà intimement le Chef de son pays, le Généralissime Chiang Kai-Shek.En effet, l\u2019on se rappelle qu\u2019en novembre 1942 le Généralissime avait fait mander M.Wu et, le priant d\u2019inter-rc'mpre ses hautes fonctions d\u2019alors, lui avait demandé de commencer une traduction chinoise du Nouveau Testament Des hommes de peu de foi pourraient se moquer d\u2019une telle démarche, mais non le Docteur Wu et son Chef, le Généralissime Chiang, car tous deux ont une profonde appréciation des valeurs spirituelles Aux heures sombres des défaites pour la Chine, ils ont travaillé de concert ahn de procurer à leur peuple les doctrines du Christ sous une forme attrayante et en leur langue maternelle.C\u2019est un groupe délicieux qui se réunit chaque soir autour de M.et Mme Wu> dans l\u2019mtimité de la famille.Quelques petits se roulent le plus joyeusement possible sur le tapis, d\u2019autres s\u2019assoient sur les divans et les chaises, tandis que l\u2019avant-dernier reste sur les genoux de sa maman et le bébé dans les bras de son nère.Le papa commence par raconter une histoire tirée d\u2019un livre catholique ou de la Bible et en fait l\u2019application, toujours en souriant, à son petit monde.Lorsque tous ont bien ri, le papa commence le Rosaire en chantant le Credo En Chine, la prière n\u2019est pas une récitation, c\u2019est un chant qui envoie une demande vers le ciel sur les ailes de la musique.Tous font partie du grand chœur familial.Au commencement de chaque dizaine du chapelet, M.Wu s\u2019arrête quelques moments pour expliquer la prière, la vie de quelque saint, ou tout autre sujet qui arrive à propos.Lorsque j\u2019allai voir la famille Wu, accompagné du P.Sweeney de la colonie des lépreux, le papa parla à ses enfants de la chanté des catholiques envers les lépreux et leur fit comprendre quel grand malheur c\u2019est d\u2019être infecté de la lèpre du péché.Pendant la récitation du Rosaire, le bébé dans les bras paternels voulut se faire remarquer, sans doute, et ses cris obligèrent son bon père de le promener d\u2019un coin à l\u2019autre de la chambre, tout en récitant ses prières encore plus fort.Enfin. Montréal LE PRECURSEUR Septembre Octobre 1948 597 la maman décida d\u2019allei coucher son petit, et il s\u2019endormit, bercé par la douce mélodie du chant sacré des prières du Rosaire à la Vierge.Le Généralissime Chiang a choisi pour Ministre au Vatican un savant étudiant et un littérateur émérite.Le père de ce dernier était fervent Confucianiste.Son fils fut donc imbu de littérature et de philosophie confucianiste, dont on retrouve des traces assez fréquemment dans ses écrits, où il se plaît à citer des proverbes des grands sages de son pays.Il découvrit le Christianisme dans sa jeunesse et devint Méthodiste tandis qu\u2019il était étudiant en droit en 1917.Dès le début, le succès accompagna ses pas, et l\u2019on prévoyait un brillant avenir pour le jeune avocat.Cependant, il lui manquait encore une chose: quoique lettré, il n\u2019avait pas fréquenté l\u2019école de la souffrance; quoique prospère, il n\u2019avait pas gravi les degrés de la douleur et des difficultés qui couronnent la véritable grandeur Sa vie, pendant près de quarante ans, avait été plutôt lyrique qu\u2019épique.Puis vint, en 1937, l\u2019épreuve qui l\u2019étreigmt jusqu\u2019au fond du cœur.Quand l\u2019armée japonaise entra dans la ville de Shanghai, John Wu abandonna sa maison et ses biens et se réfugia avec sa famille chez des chrétiens II fut émerveillé de voir ses hôtes réciter le chapelet en commun chaque soir, et, mû sans doute par la grâce divine, il se mit à approfondir les doctrines familières aux catholiques Ce fut, toutefois, la spiritualité toute de simplicité telle qu\u2019enseignée dans la vie de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus qui toucha les fibres les plus intimes de son âme et le fit s\u2019incliner devant la religion du Christ.Pour son épouse, comme pour lui le chemin de la souffrance fut celui sur lequel elle rencontra la vraie lumière.Leur benjamine tomba gravement malade d\u2019une pneumonie et le médecin ne conservait aucun espoir de guérison.Mme Wu prit la petite dans ses bras et se prosterna devant une image de sainte Thérèse A travers ses sanglots, elle promit que si Dieu conservait la vie à son enfant bien-aimée, elle embrasserait le Catholicisme Au grand étonnement de tous, la fièvre était tombée le lendemain, et à qui voulait les entendre, le père et la mère proclamaient qu\u2019un miracle s\u2019était accompli en leur faveur.Dans la Ville Éternelle, M Wu continue ses labeurs intellectuels.Le P Frederick Heinsmann, des Pères de Maryknoll, à Rome, alla visiter le nouveau Ministre au Vatican, quelques jours après son arrivée, et le trouva occupé à lire les révélations de sainte Gertrude.Cinq minutes plus tard, tous deux se rendirent à une bibliothèque où le Docteur choisit la Somme de saint Thomas et une brassée de livres théologiques.Un grand jour dans la vie de M.Wu a été celui de son audience chez Sa Sainteté le Pape Pie XI1.R.P.Mark A.Tennien, M.M.La prière en commun Nous venons d\u2019établir chez nous la prière en commun.C\u2019est un usage bien touchant et bien utile si l\u2019on veut que sa maison soit, selon l\u2019expression de la Sainte Écriture, « une maison de frères ».Rien ne relève autant l\u2019esprit des serviteurs que cette communion quotidienne avec leurs maîtres par la prière et par l\u2019homélie devant Dieu, qui ne connaît ni grands ni petits .Et cela accoutume les enfants à penser à ce vrai Père qu\u2019ils ne\u2019voient pas, mais à qui l\u2019on s\u2019adresse avec respect et confiance devant eux Mme DE Lamartine.Le sourire est bon qui naît des yeux d\u2019une mère.Il est beau sur la bouche d\u2019un enfant.Il est grand et noble dans les traits graves et mûris d\u2019un père. -ft J4, \"ommag,e LE PRECURSEUR est heureux d'offrir ses hommages de profond respect et ses voeux les plus ardents à S.Exc.Mgr J.-C.Chaumont, auxiliaire de l'archidiocèse de Montréal, à l'occasion de son jubilé d'or sacerdotal.Puisse le ciel déverser ses précieuses bénédictions sur le vénéré jubilaire! Ce' 3%uità de coopération miààionnaite LLEZ, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », disait le Sauveur à ses Apôtres, avant son Ascension glorieuse.1^^\tparoles du divin Maître ne cessent, depuis /\t^ lors, d\u2019activer, au sein de l\u2019Église, l\u2019universelle et rayonnante flamme de l\u2019apostolat missionnaire.A côté de la phalange de prêtres et de religieux qu\u2019elles gagnent à l\u2019apostolat actif en pays de Missions, que de dévouements multiples ne suscitent-elles pas, qui s\u2019exercent moins directement sans doute, mais produisent cependant des fruits abondants et admirables.Tels sont, par exemple, ces groupements de coopération missionnaire si efficace que sont nos Ouvroirs de Dames et de Demoiselles.L\u2019exposition des travaux annuels du Cercle Notre-Dame-du-Saint-Esprit, tenue à la Maison-Mère, du 27 au 31 mai dernier, fournissait, cette année encore, aux nombreux Bienfaiteurs et Amis qui ont eu l\u2019avantage de la visiter, une preuve touchante et incontestable de la fécondité de telles initiatives: les chapelles, les dispensaires, les orphelinats et les écoles si pauvres de nos Missions y avaient tous leur part désignée et généreuse en travaux de lingerie ou autres articles d\u2019ordre essentiellement utile et pratique.Fruits savoureux du sacrifice et du zèle le plus désintéressé, la plupart de ces dons deviendront \u2014 on peut l\u2019espérer \u2014 une semence de foi et d\u2019amour du vrai Dieu dans qudque pauvre cœur païen!.A nos inlassables Pourvoyeuses du Cercle Notre-Dame-du-Saint-Esprit, ainsi qu\u2019à toutes les bénévoles et généreuses Ouvrières des autres Cercles missionnaires de nos différents Couvents, nous offrons, à la fin de cette année de labeur, avec l\u2019expression de notre bien vive gratitude et de celle de nos protégés des pays lointains, l\u2019assurance que nos prières reconnaissantes solliciteront pour chacune d\u2019elles les plus abondantes bénédictions de la Vierge Marie, Reine des Missions.Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Par l\u2019Œuvre de la Propagation de la Foi, celui qui multiplia les pains dans le désert se fait entendre des humbles et des petits, comme de ceux à qui il a donné les biens de ce monde; il multiplie l\u2019obole du pauvre par le mérite du sacrifice, les dons du riche par le détachement volontaire; et de ces sources cachées se forment les eaux jaillissantes qui, à la voix des apôtres, vont répandre la vie de la grâce sur toute la terre.Admirable fécondité dont le secret est en Dieu ! Sntention miââionnaite pout âeptembte 1948 « La défense des écoles catholiques de V Inde » Depuis que l\u2019Inde a conquis son indépendance, la question de l\u2019éducation dans cette vaste contrée se pose avec plus d\u2019instance que jamais.Avant la retraite des Anglais, 1 Angleterre avait déjà commencé la mise eri vigueur de certaines lois qui ne furent pas sans créer de grandes difficultés pour l\u2019Église catholique dans tous les avant-postes territoriaux de contrôle américain.L\u2019indépendance de l\u2019Inde, qu\u2019elle s effectue sous le régime hindou ou musulman, apporte aujourd\u2019hui de nouveaux problèmes.Cette vaste péninsule qui contient un cinquième de la population du monde entier, se trouve maintenant à un point décisif de sa longue histoire.Environ trois^ cents millions d âmes en ses frontières sont liées par les lois implacables du système de castes, lesquelles contrôlent jusqu\u2019au plus minime détail de la vie de chaque Hindou.Un autre quatre-vingts millions, disciples fanatiques de Mahomet, ne veulent rien avoir à faire avec la religion hindoue et ont établi leur propre État indépendant de Pakistan.Certaines peuplades des montagnes, unies aux belliqueux Sikhs, ont aussi fomenté d\u2019autres troubles au sein de cette nation si jeune et composée le tant de nationalités diverses.Pour la petite minorité de quatre millions de catholiques, l\u2019avenir marquera leut-être un tournant décisif dans une longue histoire de tragédies et de persécutions sanglantes.Une solide éducation chrétienne est h seule réponse à cette énigme ang:oissante; la charité du Christ, la seule arme assez* puissante pour vaincre les préjugés des Musulmans, Sikhs, animistes et des mille et une autres sectes de l\u2019Inde.Dieu veuille que la hiérarchie, le clergé et les religieux de l\u2019Inde aient la sagesse et le courage nécessaires pour faire face aux problèmes scolaires actuels et pour résoudre les nombreux et pressants dilemmes qui se présentent à eux.Dieu veuille aussi qu ils reçoivent 1 appui sincère et généreux des laïques, aussi bien au pays qu\u2019au loin, pour mener à bien les plans qui doivent assurer la conquête de l\u2019Inde au Christ.S.Exc.Mgr T.-J.McDonnell, Directeur national de la Propagation de la Foi aux États-Unis.J^a ctoix Il s est trouvé dans ce monde de misères et de crimes un symbole de gloire et de vertu; dans ce monde où la force s\u2019est installée avec l\u2019e clavage, un symbole d\u2019éternelle justice et de sainte liberté; dans ce monde de perpétuelle douleur, un symbole d\u2019éternelle consolation.Celui qui s\u2019est nommé le Fils de l\u2019homme a légué l\u2019instrument de son supplice à l\u2019humanité; et pendant dix-huit siècles l\u2019humanité s\u2019est prosternée devani ce legs sacré.Jusqu\u2019à lui, les rois et les riches seuls avaient eu des enseignes et des bannières.Il en donne une aux pauvres, au genre humain tout entier, et les riches et les rois abdiquent les leurs pour l\u2019adopter.La Croix du Christ a présidé les destinées du monde moderne.Elle s\u2019est associée à toutes ses adversités et à toutes ses gloires Elle a servi de base à ses institutions et d étendard à ses armées.El e a consacré les pompes les plus illustres de la civilisation, comjne les émotions les plus intimes de la piété.C\u2019est du haut de la croix que la terre a reçu les premières leçons d\u2019une liberté, la seule vraie, d\u2019une égalité, la seule possible.Elle est l\u2019abrégé de notre histoire, le code de nos devoirs, la garantie de nos droits, le sceau de notre avenir.Montalembert. J^oà miààionnaiteà noué éctivent Académie anglo-chinoise, Manille, 4 avril 1948.Parlons de Narra, Narra, le pays de nos amours.Ce n\u2019est ni beau ni grand ni frais, mais pour nous, les heureuses privilégiées qui avons le bonheur d\u2019y exercer notre apostolat, c\u2019est presque le paradis.Il y a des âmes, de nombreuses âmes de petits enfants qui sont assoiffées de lumière et de chaleur, oui, car même sous les rayons d\u2019un soleil tropical, il peut faire froid et sombre dans un cœur qui ne connaît pas la divine lumière.Et c\u2019est à nous qu\u2019incombe ce rôle de choix d\u2019éclairer ces petites âmes.Deux cent trente et un élèves fréquentent notre trop modeste Académie.La plupart sont encore païens, mais nous espérons les gagner tous à ____\tnotre sainte religion.Ils sont très bien disposés et même les premières victoires ont été remportées.C\u2019était un premier baptême à Noël; lejnardi saint, douze de nos petits recevaient aussi leur billet d\u2019entrée dans le giron de l\u2019Église, et au radieux matin de Pâques, vingt-six s\u2019approchaient de Jésus-Hostie pour la première fois.Ah! quel bonheur nous goûtons en ces moments du ciel! Tous les minimes et gros sacrifices qui ont précédé sont alors oubliés.Notre Époux est un Époux divin et c\u2019est royalement qu\u2019il rémunère ce qu\u2019on fait pour lui.Je souhaite à toutes nos chères Sœurs de goûter un jour le bonheur des Missions lointaines.En attendant, vos prières et vos sacrifices vous feront partager notre joie et nos conquêtes.Sœur Claire-de-l\u2019Eucharistie, M.I.C.(Claire Fontaine, de Québec).Canton, 28 février 1948.Comme au temps de ma joyeuse enfance, voici que, chaque matin, je pars pour l\u2019École avec d\u2019autres compagnes.Dès 7 h.30, après l\u2019audition de la sainte messe, nous nous mettons en route pour Shameen.Le trajet par autobus coûtant très cher et ne nous accommodant pas, nous voyageons à pied.Nous avons donc tout le temps voulu pour réciter un ou deux chapelets.A cette heure matinale, la Chine n\u2019est pas encore en ébullition; il fait bon prier dans le calme, alors que le peuple attend que la lumière de l\u2019astre du jour vienne le tirer de son sommeil.Une jeune fille, étudiante à Shameen, et qui se fait un devoir de nous aider dans notre apostolat auprès des siens, nous accompagne, ainsi qu\u2019une orpheline qui prend des leçons de doctrine une heure par jour et, le dimanche, enseigne le catéchisme en chinois à nos jeunes catéchumènes ou chrétiens.A 8 heures, nous sommes à destination.Dans la pièce à droite, en entrant.Sœur Saint-Jean-Baptiste ' reçoit les grandes élèves auprès desquelles elle se dévoue; ce sont des jeunes filles parlant bien l\u2019anglais et déjà avancées dans les sciences.A gauche, j\u2019accueille mes petits bouts d\u2019écoliers, de vrais petits savants pour leur âge.La classe de 9' B, composée de fillettes plus grandes qui ne savent encore ni lire ni écrire, m\u2019est aussi confiée.Ces élèves sont au nombre de dix et se montrent bien disposées à apprendre.De nouveau, ma carrière apostolique a pris vie.Il y a juste un an aujourd\u2019hui, j\u2019étais en Mandchourie, sur la route entre Tungleao et Leaoyuansien, poursuivie ( 1 '\tPRLLAND, de We=^t-Glover, Vt 602 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 par les Communistes dont les chevaux dessinaient déjà leur ombre dans la brunante.Maintenant, je travaille dans un autre champ.Puisse le Dieu tout-puissant et miséricordieux rendre doublement fécond le Sud de la Chine en compensation de la perte du Nord, de notre chère Mandchourie.Sœur Blandine-de-Jésus, M.I.C.(Blandine Simard, de Roberval).Kowloon, Hong Kong, 18 airil 1948.Je suis en bonne santé et toujours occupée aux classes et à la musique.Priez pour moi afin que je puisse faire du bien à tout le petit monde qui nous entoure et qui est bien intéressant.Si notre maison était élastique, nous pourrions en loger plusieurs centaines de plus.Le lundi de Pâques, nous avons eu à l\u2019église du Rosaire la première communion de vingt-trois de nos petits garçons.Avec le R.P.Curé, ils ont récité les prières de la Sainte Messe tout haut dans l\u2019église et chanté de pieux cantiques pour inviter Jésus à venir dans leur cœur que le Saint-Esprit avait bien préparé.C\u2019est moi qui avais eu la chance d\u2019aider cet Esprit d\u2019amour en leur enseignant le catéchisme pendant les deux mois qui précédèrent la première communion.Le matin de ce jour, je leur ai fait dire une prière spéciale pour notre bien chère Mère et pour toute ma famille.Actuellement, nous préparons la grand\u2019messe, messe des Anges, pour la fête de Notre-Dame de Fatima, notre Patronne.Nos petits Chinois sont habiles en musique; mais ils sont aussi très coquins, et, l\u2019autre jour, j\u2019en ai surpris trois ou quatre qui chantaient le Kyrie en s\u2019étirant le gosier pour faire un impressionnant trémolo.Les plus grands ont sept ou huit ans.Je n\u2019ai qu\u2019une douzaine d\u2019élèves de piano et qu\u2019un vieux piano, mais l\u2019année prochaine.Sœur Supérieure m\u2019a promis un bon instrument, si la chose est possible.Nous pourrons alors avoir les pratiques ici, ce qui sera plus intéressant.Sœur Saint-Philippe, M.I.C.(Annette Beaudoin, de Champlain).Port-Salut, Haïti, 18 avri 1948.Un mot d\u2019un de mes amours: ma classe.Les jeunes Haïtiens sont plutôt dociles et mes élèves ne me donnent pas trop de difficultés.Voici les noms de quelques-unes d\u2019entre elles: Lunesse Saintanne.Yveneuse, Miracula, Rainette.Dieuia, Ivika, Hosanna, Lironne, Servitude, Céleste, Sœurette, Sadoctrine, Repose, etc.Ces noms ont d\u2019ordinaire pour origine une circonstance particulière qui a précédé la naissance de l\u2019enfant.Nos petits Haïtiens sont habitués à la misère; plusieurs viennent chaque matin de trois ou quatre milles, souvent à la pluie et à jeun.Ce matin, elles nous sont arrivées trempées jusqu'aux os, car quand il pleut en Haïti, c\u2019est à torrent.Aujourd\u2019hui, l\u2019on a supprimé la grand\u2019messe, le prône, le sermon, la procession, à cause du bruit que faisait l\u2019orage en tombant sur la couverture de l\u2019église; nous entendions à peine le carillon au moment du Sanctus.Tout s\u2019est réduit à une messe basse.Durant l\u2019office, de légers dérangements se sont produits à plusieurs reprises; je fus moi-même forcée de déménager mon prie-Dieu et ma chaise pour fuir les dégouttières.Mais ces petits désagréments ne parviennent Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 603 pas à assombrir le ciel de notre âme; nous sommes toujours de joyeuses et heureuses Missionnaires.On dit qu\u2019il fait chaud ici; c\u2019est vrai, mais nous n\u2019avons pas le temps d\u2019y penser.Je me plais beaucoup en Haïti et n\u2019ai pas encore eu le temps de m\u2019ennuyer.Je suis à la classe la plus grande partie de la journée; entre temps, j\u2019aide à la sacristie de l\u2019église; le samedi, je m\u2019occupe du jardin, tant que le soleil n\u2019est pas trop haut; j\u2019y vais aussi chaque soir, quelques minutes après le souper.Nous avons mangé de la laitue provenant des graines apportées de la Maison-Mère; encore quelques jours, et les épis de blé d\u2019Inde seront mûrs, mais les oignons ne poussent pas ici.Nous avons planté des\u2019ananas qui produiront dans trois ou quatre ans.Port-Salut est le pays des ananas.Comme c\u2019en est la saison de ce temps-ci, nos élèves nous en apportent presque chaque jour.Sœur Saint-Roch, M.I.C.(Marie-Jeanne Bédard, de Québec) ?% ^outnée matiale à Qtanby.E 23 MAI DERNIER, se tenait à Granby une journée mariale pour les dames et les jeunes filles de cette ville et de la région.Cette journée fut un triomphe à la gloire de Marie, triomphe dont le mérite revient pour une bonne part au zélé directeur des Retraites Fermées dans le diocèse, M.l\u2019abbé L.-P.Breton, ainsi qu\u2019aux dévouées propagandistes de l\u2019Œuvre.La journée s\u2019ouvrit par la sainte messe célébrée par M.le curé L.-P.Nadeau, en la salle de réception de l\u2019École Sainte-Famille.Un autel provisoire avait été dressé sur le théâtre, au pied d\u2019une jolie grotte de Notre-Dame de Lourdes.Plus de huit cents dames et demoiselles étaient présentes.A cette foule avide d\u2019entendre célébrer les grandeurs de la Très Sainte Vierge, le R.P.Pa-quin, S.M.M., parla dans plusieurs conférences des « Apparitions de Notre-Dame » et de sa « Médiation ».L\u2019ardent apôtre de Marie commenta également les mystères du Rosaire d\u2019où il tira d\u2019excellentes leçons de vie chrétienne.Les instructions de l\u2019après-midi eurent lieu à l\u2019église Saint-Eugène et alternèrent avec la récitation du chapelet et la méditation individuelle.Il fut vraiment édifiant de voir avec quelle générosité l\u2019on se rendit au désir du R.P.Prédicateur qui avait demandé que le silence fût gardé entre les conférences.La démonstration du soir subit un léger contretemps, car il fallut supprimer la procession à cause de la pluie.Mais cela n\u2019altéra en rien la ferveur des âmes, car, dès six heures, l\u2019église Notre-Dame, où devaient se dérouler les derniers exercices, était envahie par une foule de douze cents personnes.Après l\u2019heure mariale, les élèves des révérendes Sœurs de la Présentation de Marie offrirent une couronne symbolique à la Reine du ciel et de la terre.La Bénédiction du Saint Sacrement, qui termina cette journée de grâces, descendit sans doute à la façon d\u2019une rosée fécondante sur la semence que les lumineuses prédications avaient déposée dans les cœurs. T\u2014'rzji ^aime la Oioix! J\u2019aime la Croix qui, jadis, au Calvaire, Vit expirer mon Sauveur et mon Père.Jésus, le Roi des rois ! Avec amour, je baise sa parcelle.En m\u2019inclinant, plein de foi, devant elle.J'aime la Croix ! J'aime la Croix au clocher de l'église; Quel cœur chrétien résiste à son emprise ?J'entends, quand je la vois, Jésus-Hostie, au fond du Tabernacle, Me convier à son divin Cénacle.J'aime la Croix ! J'aime la Croix sur le chemin agreste.Se profilant toute blanche et modeste.A l'heure des abois.Quand le fléau ravage et terrifie.C'est à ses pieds qu'on s'agenouille et prie.J'aime la Croix ! J'aime la Croix aux beaux rayons de gloire Qui, sur nos monts, proclame la victoire Du Christ et de ses droits.Heureuse ville à sa garde commise ! T erre bénie où brille sa devise ! J'aime la Croix ! M.\"A -J, , à LA CROIX BLANCHE DU CHEMIN, SENTINELLE PIEUSE VEILLANT SUR NOS CAMPAGNES J'aime la Croix qui demeure en prière Sur les tombeaux du pieux cimetière.Croix de fer ou de bois.De marbre rare ou de pierre, elle veille.Quand tous ont fui de l\u2019enclos qui sommeille.J\u2019aime la Croix ! J\u2019aime la Croix, souvent dure et pesante, Que le Seigneur, de sa main, me présente; Je l\u2019accepte sans choix.Elle est dès lors d\u2019autant plus méritoire.En la portant, je m\u2019en vais à la gloire.J\u2019aime la Croix ! J\u2019aime la Croix! Aux plus lointains rivages, D\u2019un pôle à l\u2019autre et sur toutes les plages.Sans souci des carquois.Du feu, du fer ou semblable supplice.Pour la planter, je m\u2019offre avec délice.J\u2019aime la Croix ! J\u2019aime la Croix ! Que sa pure lumière Guide ma vie; à mon heure dernière.Qu\u2019on la place en mes doigts ! Et quand viendra le jugement suprême, Sois mon salut, ô symbole que j\u2019aime.Divine Croix ! Le Précurseur. U VelIVe Lentement le petit Michel referma le livre aux gravures et par la lucarne entr\u2019ou-verte il regarda, comme dans un rêve, les nuages passer.Sa mère, elle, était toute à son ouvrage.Déjà depuis l\u2019aube, sa machine à coudre trottait sans répit, emplissant la mansarde proprette de ronflements sonores.La couture, c\u2019était l\u2019unique gagne-pain depuis que le mari, en 1914, était mort à l\u2019ennemi.Cette pauvre veuve Christiane, en avait-elle enduré des épreuves durant la grande guerre et depuis! Le pain, le charbon si cher et le loyer qui montait, montait, puis les fortifiants qu\u2019il fallait acheter pour son marmot si pâlot, le chagrin et les soucis avaient creusé plus d\u2019une ride sur son front et de sa coiffe des touffes s\u2019échappaient argentées bien avant l\u2019âge.L\u2019ourlet achevé, la machine ralentit son allure par saccades, le bruit tomba.La veuve, par-dessus ses lunettes, jeta un regard sur son fils et hocha la tête tristement.Ah! non! son mioche n\u2019était pas comme les autres; si frêle et bien trop tranquille pour ses douze ans.\u2014 Allons, Michel., te voilà aux anges de nouveau!.Tu me disais pourtant que ce livre du Père Damien fallait ?Le petit eut un sursaut, ses joues cireuses se colorèrent.\u2014 Ce livre.Maman ?.Si je l\u2019aime! Mais.c\u2019est que je.Il rougit davantage, puis, comme hésitant à livrer son secret, il toussa.Une petite toux sèche, opiniâtre.\u2014 Voilà qui devient joli, fit la veuve, avoir des mystères pour sa maman! ?.\u2014 Oh! mère.du tout! Tenez!.je pensais à la conférence.Vous savez bien, le Père Blanc qui racontait des missions lointaines et de.de l\u2019école apostolique.Il s\u2019arrêta net, baissant la tête.Un moment, la veuve resta toute pensive; elle avait saisi.\u2014 Toi, chéri?.Tu es encore bien jeune, soupira-t-elle.Vois-tu, Michel, pour cela l\u2019on prie beaucoup et longtemps.Et d\u2019abord, il te faudrait attraper de bonnes joues bien fraîches, et ne plus tousser du tout.Avec une petite moue résignée, le pauvret reprit sans répliquer sa lecture favorite.La mère se remit à l\u2019ouvrage pressant le trot de la machine et suivant d\u2019un regard distrait l\u2019ourlet commencé.La conférence du Père Missionnaire?Encore et toujours! Voilà trois mois qu\u2019elle surprenait Michel à en rêver.Un Père du Sacré-Cœur l\u2019avait donnée cette splendide conférence avec projections; toute la paroisse, ce soir-là, était au Patronage.Avec quelle émotion le Père avait parlé de ces immenses conjÿ-ées du globe où des millions de païens attendent en vain un prêtre catholique.Et chaque jour, ils y meurent par milliers sans avoir entendu seulement prononcer le Saint Nom de Jésus.Il avait parlé aussi du Père Damien, le grand apôtre des lépreux; qu\u2019il fut héroïque le trépas de ce martyr! A ce récit l\u2019auditoire avait été ému jusqu\u2019aux larmes.Pour sa part le petit Michel, aux côtés de sa mère, avait sangloté tout haut.Le Père avait 608 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 clôturé par un vibrant appel fait aux enfants présents.Il leur avait rappelé la navrante actualité de la parole du Sauveur: Grande est la moisson des âmes.Bien petit le nombre des ouvriers, des missionnaires! Et cette autre encore: Venez!.Suivez-moi!.Et voilà! avant que la veuve eût pu l\u2019empêcher, Michel d\u2019un bond avait sauté sur la banquette et criait à tue-tête: « Père Blanc!.Me voici.Il peut compter sur moi!.» Le cœur d\u2019or!.A ce souvenir, la mère Christiane, derrière sa machine, ne put s\u2019empêcher de sourire.Et pourtant, qui sait ?Si Dieu l\u2019appelait un jour, son enfant! D\u2019avance son cœur de mère saignait à cette pensée.Ah! malgré tout, elle l\u2019aurait vu partir avec orgueil, avec bonheur.Mais non, cette heure ne viendrait pas.Michel, si chétif, et cette méchante toux qui ne lâchait prise.Elle arrêta la machine et coupa le fil.Michel lisait toujours, chevauchant par monts et par vaux à la conquête des âmes immortelles.Autour de sa petite face, un rayon de Mai traçait un nimbe éblouissant.Et le cœur de la maman se demandait anxieux : \u2014 Missionnaire, lui?.ou bien un ange là-haut?* * Il faisait bien triste dans la chambrette sous les toits, depuis que la machine à coudre ne trottait plus.Déjà depuis des semaines, la veuve en larmes veillait près de la couchette où son petit se démenait sous les étreintes douloureuses du mal qui l\u2019emportait.Jour et nuit, elle était là, à ses côtés, égrenant son chapelet.A bout, toute rendue, elle sommeillait.\u2014 Maman, maman!.de l\u2019eau., vite., de l\u2019eau! Elle se releva chancelante.\u2014 As-tu soif, chéri ?.Du lait ?Un peu de vin ?.Michel fixait sur sa mère ses grands yeux noirs, agrandis encore par la fièvre intense: \u2014 Non, maman., de l\u2019eau.pour les baptiser tous.Voyez!.Ils sont deux cent trente millions.ces mahométans.à eux seuls.Et là.encore cent millions de fétichistes et puis., ô pauvre Jésus! cinq cents millions de bouddhistes.Lourdement sa tête retombait sur l\u2019oreiller et, râlant convulsivement, il toussotait; et le sang, en filet vermeil, lui coulait des lèvres.La veuve Christiane, l\u2019âme broyée, ramena les petits bras amaigris sous la couverture.Elle n\u2019y tint plus; accablée, elle se rassit en sanglotant.\u2014 Tu pleures, maman?.Pourquoi?.Ne pleure pas., je vais au ciel., j\u2019y prierai tant.pour toi.toujours.et pour les missionnaires.Tu m\u2019en promets.autant., n\u2019est-ce pas, maman ?Et la mère, regardant mourir son petit missionnaire: \u2014 Michel, mon petit ange., je te le promets!.Chaque matin, une femme en deuil s\u2019approche de la table sainte.Après la messe on la voit s\u2019agenouiller aux pieds de la Mère des douleurs et s\u2019en aller ensuite en toute hâte.Les amies de Christiane se demandent bien souvent pourquoi elle est toujours si pressée, depuis que son garçon repose au cimetière.A l\u2019atelier aussi l\u2019on s\u2019étonne.C\u2019est que, depuis la mort du petit Michel, la veuve rapporte chaque samedi un double paquet d\u2019ouvrage.Mais le plus ébahi de tous, c\u2019est bien le Supérieur de l\u2019école apostolique.Ce bon Père, depuis novembre dernier, se demande en vain quelle riche inconnue lui envoie chaque mois cette lettre laconique: « Mon Père, Avec mes communions, mes prières et la douleur de mon cœur brisé, voie i 50 francs pour vos missions.Signé : Une mère chrétienne.» {UApôtre de la Messe et de la Communion.^ bienkeuteux Tjkéopkane Vénatd par M.le chanoine Trochu (Suite) On imagine aisément après cela les dangers de toutes sortes qu\u2019avaient bravés les Pères Theurel, Titaud et Vénard en s\u2019enfonçant à leur tour parmi ces hauteurs, en errant dans la brousse, la solitude farouche où le tigre est roi.Le nom de Ong-Kop \u2014 Seigneur Tigre \u2014 que lui donnent les gens de ces parages dit suffisamment le prestige de sa cruauté.C\u2019est une bête formidable: il est beaucoup plus grand que n\u2019importe quel lion, beaucoup plus haut, et beaucoup plus long, beaucoup plus fort aussi.Il tombe comme tombe la foudre sur sa proie, et la tue net d\u2019un seul coup de sa patte toute-puissante.Ce qui rend la hantise du tigre une chose vraiment angoissante, c\u2019est que la brousse annamite est incroyablement opaque.Dans cette savane on ne voit pas à deux pas devant soi.Les herbes sont trop hautes.L\u2019impression qu\u2019on ne voit rien, que l\u2019on flotte parmi des brouillards végétaux, et qu\u2019on est toutefois très bien vu ou plutôt flairé par mille formidables adversaires \u2014 fauves et serpents \u2014 vous met les nerfs à une certaine épreuve, lorsqu\u2019on sait surtout que le principal mangeur d\u2019hommes, Ong-Kop, est là, presque toujours, et souvent proche.Au milieu de ces herbes perfides, les Pères Theurel, Titaud et Vénard s\u2019avancent sans armes, souvent sans guide.Eux aussi, en ces tristes montagnes, ils se blessent les pieds en appuyant sur les oreilles de chai \u2014 ces pierres rongées par les pluies et qui se hérissent d\u2019arêtes tranchantes.Enfin, dans les taillis épais s\u2019ouvre une clairière.Tant bien quemal ils utilisent un abri abandonné, toit de branchages, plancher fait de poutres mal jointes et installé  ?Le Seigneur-Tigre. 610 Montréal LE PRECURSEUR Seplembre*Octobre 1948 sur pilotis, par crainte des bêtes féroces.Mais si les tigres ne peuvent les atteindre, des myriades de moustiques les assaillent; leurs mains, leurs pieds, leurs visages sont sans cesse enflés et endoloris.Toutefois leur grande épreuve c\u2019est de manquer du nécessaire pour célébrer la messe.Nos proscrits s\u2019organisent.Peut-être vont-ils vivre là longtemps, séparés de leur évêque et de leurs confrères.Des néophytes du village de Dong-Chiem, situé à une lieue plus loin, dans les contreforts de la montagne, connaissent la cachette des Pères et leur apportent de quoi ne pas mourir.« Chaque jour, au dire de Théophane, les trois missionnaires ajoutent quelque nouveau perfectionnement à leur vie de Robinson; ils recueillent l\u2019eau de pluie pour cuire les aliments et infuser le thé; ils ont aplani une allée pour se promener ensemble ou réciter leur bréviaire en marchant; ils commencent à défricher du terrain pour planter des ignames.» Fini de l\u2019installation ! Ils sont là depuis dix à douze jours, lorsque, un matin, surviennent six païens armés de fusils et de couteaux de chasse, qui disent être à la poursuite d\u2019un tigre.Les trois missionnaires ont compris.Après un accueil aussi gracieux que possible, ils s\u2019excusent d\u2019avoir, eux aussi, à se retirer dans la forêt.Et du plateau où est suspendu leur ermitage, ils fuient en hâte les faux chasseurs \u2014 espions envoyés à leur recherche \u2014, courent jusqu\u2019au pied de la montagne où s\u2019étend l\u2019inondation annuelle, sautent dans une barque toujours prête à les recevoir.Pendant plusieurs semaines, ils mèneront une vie d\u2019oiseaux aquatiques dans les roseaux.Deux fois le jour, un jeune pêcheur leur apportera de la nourriture.Mais les grandes eaux elles-mêmes cessent d\u2019être un sûr asile.Les trois missionnaires se séparent.Grâce à l\u2019inondation, Théophane peut regagner son district de la Source-Jaune.Péril pour péril, il préfère mourir, s\u2019il le faut, dans sa chère chrétienté.Au milieu d\u2019alertes continuelles, il demeure terré trois semaines durant chez un de ses fidèles.La maison semble suspectée.Le missionnaire gagne de nuit le village, moitié chrétien, moitié païen, de But-Dong.Il connaît ce village.C\u2019est là que se cache le monastère des Amantes de la Croix où déjà, en mars 1855, il s\u2019est réfugié avec le regretté Père Castex.L\u2019adjoint du village, qui est chrétien, est au courant de tout.En cas de blocus, deux antres sont creusés en des maisons amies.Toutefois, dans le village, la seule résidence possible pour Théophane, c\u2019est encore la maison des religieuses.Là aussi, il y a pour les prêtres fugitifs des abris tout préparés.Accueilli au monastère comme un saint de Dieu: « Croyez bien, mes sœurs, affirma-t-il dès son arrivée, que je viens chez vous poussé par la nécessité.Pas d\u2019autre asile! Shdes habitants du canton m\u2019offraient l\u2019hospitalité, je ne resterais pas ici.» Le Père Ven, cette fois encore, échappera aux persécuteurs.Oh! la joie de pouvoir enfin dire la messe!.Puis voici que lui arrive un compagnon, Théophane vient d\u2019apprendre qu\u2019un Européen erre d\u2019asile en asile aux alentours de But-Dong.Vite il envoie un catéchiste à sa recherche.Et une belle nuit, le Père Saiget se pré- Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 611 sente, harassé, mourant de faim, en guenilles.Ce Breton têtu \u2014 qui, né le 10 novembre 1829, est du même âge, à dix jours près, que son ami Vénard \u2014 a vécu comme en prison pendant des semaines, caché dans un réduit obscur, autour duquel des païens, soupçonnant sa présence, montaient la garde nuit et jour.N\u2019en pouvant plus au physique comme au moral, celui que Mgr Retord nommait jadis, on s\u2019en souvient.Gouverneur des gymnaset a percé le toit de son réduit et, par un rétablissement digne de son grade, priv la clef des champs.Épargné par les tigres dont vingt fois sous les arbres de la forêt il a entendu les rauques miaulements, il se croit en paradis lorsque, après avoir doucement reposé, il se retrouve à l\u2019aurore, paré pour sa messe que lui sert le Père Vénard, dans l\u2019oratoire des Amantes de la Croix! CHAPITRE IV LA MORT DE Mgr RETORD ET LE SACRE DE Mgr THEUREL L\u2019escadre franco-espagnole devant Tourane.\u2014 Redoublement de persécution et nou veaux martyrs.\u2014 Vaines tentatives de sauvetage.\u2014 L\u2019agonie du vicaire apostolique.\u2014 Un nouveau Paul vient de mourir.Ce que le Père Vénard pense de l\u2019expédition manquée.\u2014 Les effets lamentables de la persécution.\u2014 Le nouvel évêque d\u2019Acanthe.\u2014 La nuit du sacre.\u2014 Les félicitations de Théophane.\u2014 « Petit enfant Ven » conseiller et directeur de son évêque.De septembre à décembre 1858, d\u2019importantes nouvelles parvinrent à Théophane Vénard dans sa retraite de But-Dong.Tandis que les évêques et les missionnaires français du Tonkin se serraient en des trous marécageux ou dans les antres des montagnes; tandis que les évêques espagnols, des prêtres indigènes, des catéchistes et des milliers de fidèles mouraient pour la foi, l\u2019Europe chrétienne commençait à s\u2019émouvoir: le sang de ses enfants immolés ne criait-il pas vengeance contre leurs persécuteurs?Sans doute, eux, les doux martyrs, ils avaient pardonné.Mais la justice humaine garde ses droits; les nations ont leur honneur à défendre.Or, en l\u2019espace de vingt-cinq ans \u2014 de 1833 à 1858 \u2014 les rois de l\u2019Annam avaient fait mourir dans les supplices sept évêques \u2014 un Français et six Espagnols \u2014 neuf missionnaires \u2014 six Français, un Italien et deux Espagnols.De plus, on se souvenait chez nous de l\u2019affront infligé à notre pavillon, du défi porté à notre pays, trois ans plus tôt, lorsque les corvettes le Câlinât, la Capricieuse, puis le navire amenant l\u2019envoyé de Napoléon III, M.de Montigny, s\u2019étaient présentés dans les eaux de Tourane.Et ici il convient de noter une aventure assez curieuse, aux conséquences inattendues.L\u2019évêque de la GDchinchine septentrionale \u2014 l\u2019évêque de Hué \u2014 était alors un ancien vicaire de Saint-Louis de Brest, Mgr Pellerin.Ce Breton résolut d\u2019atteindre, fût-ce au péril de ses jours, les marins de la Capricieuse.« Dans un lambeau de toile peinte, conte le Père Adrien Launay, il se tailla un semblant de-pantalon européen, se découpa un gilet, une espèce de tunique et se confectionna un soi-disant képi.Il orna le tout de je ne sais quels vieux galons.Un prêtse indigène endossa à peu près le même costume, et voilà nos deux marins de contrebande en route vers la corvette.L\u2019un 612 Montreal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre était censé être un officier supérieur et portait une longne-vue en guise de fusil; l\u2019autre suivait en qualité d\u2019ordonnance et n\u2019avait qu\u2019une canne à la main.Ils traversèrent ainsi tous les postes de soldats annamites.Arrivés en face du navire, ils attirèrent son attention par des signaux, un canot vint à eux et les conduisit à bord.» La Capricieuse quitta Tourane pour Hongkong.De là, comme la persécution s\u2019aggravait dans le royaume de Tu-Duc, Mgr Pellerin, se voyant dans l\u2019impossibilité de retourner dans sa mission, s\u2019embarqua pour la France; il exposerait à l\u2019empereur lui-même les souffrances des missionnaires et des chrétiens de l\u2019Annam; il supplierait Sa Majesté d\u2019agir pour assurer là-bas la liberté religieuse.Déjà bien accueilli au ministère des Affaires étrangères, Mgr Pellerin était reçu aimablement par Napoléon III, alors à Biarritz.L\u2019empereur, cette fois, fit preuve de décision.D\u2019accord avec Ferdinand VII, roi d\u2019Espagne, il résolut d\u2019intervenir énergiquement en Cochinchine.Le 30 août, une escadre franco-espagnole, sous les ordres du vice-amiral Rigault de Genouilly, partait de l\u2019île chinoise de Hainan où elle s\u2019était ralliée.Le 31 au soir elle mouillait devant Tourane.Le 1®'' septembre, les canons des navires réduisaient au silence les forts de la ville; le port, la baie, la presqu\u2019île de Tourane tombaient au pouvoir des troupes alliées.L\u2019ennemi avait fui en désordre.Français et Espagnols n\u2019avaient qu\u2019à m_archer sur la capitale pour obtenir une paix avantageuse.Tous les éléments honnêtes du pays le souhaitaient.Des mois après sa victoire, il s\u2019obstinait à attendre.Quels espoirs pourtant faisaient battre les cœurs! {A suivre) Oxdo de la ^ête de J^ot ie-d)ante deà Ccolei Le troisième samedi d\u2019octobre ou l'un des huit jours suivants.Dans TOUTES LES MAISONS D\u2019ENSEIGNEMEN T DU QUEBEC, et dans chaque EGLISE ou ORATOIRE où les maîtres et les élèves se réunissent, soit le troisième samedi d\u2019octobre, soit l\u2019un des huit jours suivants (pourvu que ce ne soit pas en la fête du Christ-Roi), d\u2019après l\u2019induit du 24 octobre 1947, à perpétuité.Une messe votive solennelle de Sancta Maria in Sabbato N\u201c V (Post Pent.) en ornements blancs: Gloria, sans mémoire de la fête du jour (sauf celle de S.Luc, le 18 octobre, iet celle d\u2019un dimanche occurreîit), avec l\u2019oraison commandée '\t\u2022 par l\u2019évêque, seulement si elle est impérée pro re groKi (M ), Credo, Préface de la Sainte Vierge: Et te in veneratione NOTRE-DAME DES ÉCOLES, (ayec, si c\u2019est le dimanche, le dernier Evangile de la messe PatTonnt de la Jeunesse étudiante du Québec.de ce même dimanche). Cxpoâition mhàionnaite aux Ctatà-UnU Sur l\u2019invitation de S.Exc.Mgr R.Cushing, archevêque de Boston, quarante-huit Communautés religieuses ayant des Maisons dans cet archi-diocèse prirent part à une grande exposition missionnaire qui se tint au Séminaire St.John, à Brighton, Mass., durant tout le mois de juillet.Cette exposition, organisée par la Mission Academia, fut une des plus considérables tenues jusqu\u2019à présent aux États-Unis et mit en relief les œuvres de charité tant spirituelles que corporelles des diverses Congrégations religieuses, soit au pays, soit en terre de Mission.Notre Communauté, qui depuis deux ans possède une Maison à Adarlboro, dans l\u2019archidiocèse de Boston, se fit un heureux devoir de participer à cette exposition.Espérons que cette apostolique et grandiose démonstration fera germer de nombreuses vocations missionnaires au sein de la jeunesse américaine.«\"'\"'¦IAT NOVITIATE S.Exc.Mük K Cushing, archevêque de Boston, au kiosque des Sœurs Missionnairesdel'Immaculée-CoNcEP^lTON. I\u2019EXPOSITION MISSIONNAIRE DK BRIGHTON, MaSS. Sux leâ plag^eâ lointaineà \"1 CHINE SÜCHOW BAPTEME DE MLLE THERESE SOU Le 10 février dernier, se déroulait dans notre chapelle l\u2019imposante cérémonie du baptême de l\u2019une de nos anciennes élèves de français, Mlle Thérèse Sou, étudiante en droit à l\u2019Université de l\u2019Aurore.La nouvelle convertie ayant manifesté le désir de se préparer à ce grand jour par une retraite fermée, le R.P.P.-E.Gauthier, S.J., qui prêcha les saints exercices, présida aussi la cérémonie du baptême.Pour la circonstance, notre petit sanctuaire avait été décoré de lis et de roses blanches qui ajoutaient encore aux charmes de la fête.Quand l\u2019eau sainte eut coulé sur son front, pour symboliser le grand mystère qui venait de s\u2019opérer en elle, l\u2019heureuse néophyte échangea son manteau bleu pour un blanc; on la revêtit aussi d\u2019un voile immaculé et d\u2019une délicate couronne de roses blanches.Suivit le saint Sacrifice pendant lequel les cantiques chinois et français alternèrent.Le célébrant prononça une substantielle instruction propre à toucher le cœur des assistants païens et à leur inspirer le désir de s\u2019abreuver eux aussi à la source du vrai bonheur qu\u2019est notre sainte Foi.Vint ensuite l\u2019heure tant désirée de la première communion.Toute recueillie, Thérèse prit part au divin Banquet, puis prolongea longtemps son action de grâces.« C\u2019est, nous disait-elle à l\u2019issue de la messe, que ma liste de cadeaux à demander au Jésus de ma première hostie était bien, bien longue ! » Après le déjeuner, elle se rendit à la chapelle pour son acte de consécration à la Sainte Vierge et déposa, non sans émotion, sa blanche couronne aux pieds de sa bonne maman du ciel, comme elle se plaît à appeler notre divine Mère. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 615 En ce jour de joie tout apostolique, nous avons supplié le bon Maître d\u2019ouvrir à tous les païens les vastes et sublimes horizons du Christianisme.QUAND GRAND-MÈRE FAIT SA RETRAITE Elle arrive un beau dimanche, à cinq heures du soir, et manifeste sa joie de venir passer trois jours au Couvent.Mme Li est chrétienne depuis dix ans seulement.Elle désire bien profiter de sa retraite et, pour cela, s\u2019informe du règlement à observer et se propose de garder fidèlement le silence.Lorsqu\u2019on lui demande son nom pour l\u2019inscrire dans le registre, elle répond: «Je m\u2019appelle Li; mon nom de baptême est Cheng Mou Malia (Sainte Vierge Marie).» Le premier soir, quand vient le moment du repos, elle déplie l\u2019ancien drapeau qui enveloppe son mouchoir et son chapelet et en recouvre l\u2019oreiller du lit qui lui est assigné; à soixante-dix ans, il n\u2019est plus temps d\u2019habituer sa vieille tête à dormir dans le blanc; le foncé favorise mieux les rêves!.Durant sa retraite, grand-mère prie pour la paix qui ne vient pas vite, pour la conversion des communistes en train de détruire son pays.Elle a encore une intention pour son vieux qui est aussi en retraite dans le moment, chez les RR.PP.Jésuites.Grand-mère ne sait pas lire, mais elle récite son chapelet avec une grande piété.Son crucifix, qu\u2019elle tient dans sa main gauche, lui sert de point de méditation, tandis que ses doigts se posent longuement sur chaque grain.A mesure que les heures de recueillement s\u2019envolent, notre bonne aïeule s\u2019enthousiasme de tout ce qu\u2019elle voit ou entend chez les Sœurs.Sa retraite la satisfait pleinement; elle dit même qu\u2019elle ne songe pas à partir.Pourtant, les trois jours écoulés, il faut bien retourner au foyer.Avant de quitter sa petite chambre de retraitante, elle s\u2019agenouille sur sa chaise, près de son lit, et avec des Ave fervents, remercie pour les grâces reçues.Chère grand-mère, vous avez prié avec tout votre cœur et fait votre possible pour ne laisser perdre aucune des grâces qui vous étaient offertes, partez en paix.La bonne Vierge Marie, dont vous portez si fièrement le nom, est contente de vous et vous prépare une belle place près d\u2019elle! LES RÉFUGIÉS La population de Süchow, qui était de 250,000 habitants, s\u2019est accrue cette année d\u2019environ 300,000 réfugiés, par suite des pillages exercés partout aux environs par les bandes communistes.En conséquence, une famine Grand-m£re arrive pour sa retraite. SŒUR DU SAINT-CŒUR-DE-MARIE (AGNÈS LAVALLÉE, DE WINNIPEG), VISITATRICE DE NOS MAISONS D'ORIENT, LORS DE SON PASSAGE À SÜCHOW, SE REND AUX QUARTIERS DES PAUVRES Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 617 comme il ne s\u2019en est pas vu depuis vingt ans sévit actuellement.On a mangé jusqu\u2019aux pousses du blé, ensuite les racines, et c\u2019est maintenant la misère à son paroxysme.On dit que d\u2019ici à Tanghshan, c\u2019est-à-dire sur une distance de soixante milles, il meurt en moyenne douze personnes par jour.Quelques-uns, avec l\u2019espoir d\u2019obtenir quelques secours en ville, entreprennent le trajet à pied et meurent en chemin.D\u2019autres s\u2019agrippent aux trains et, tombant d\u2019épuisement en cours de route, se blessent mortellement.Celui-ci a un membre fracturé, celui-là la langue coupée, cet autre le crâne fracassé, etc.; ils arrivent au dispensaire dans le plus pitoyable état.Nous avons hébergé l\u2019une de ces misérables victimes, une gentille fillette de trois ans, dont le père, la mère et un frère ont été tués en tombant d\u2019un camion.La fillette a elle-même un bras amputé.Après un long traitement à l\u2019Hôpital, ne sachant à qui confier la pauvrette, les dirigeants de cette Institution sont venus nous supplier de bien vouloir la protéger.Nous l\u2019avons acceptée, en attendant une occasion de la conduire à Shanghaï.Cette petite infirme, très intelligeiite, mais à l\u2019air triste et craintif, inspire vraiment la compassion.Pour recevoir les faméliques, des camps de refuge sont ouverts en différents endroits de la ville; tous regorgent.Quel bel apostolat il y a à exer'''r dans ces tristes asiles où nous nous rendons toutes les semaines! Lors des dernières visites, nous avons ondoyé douze moribonds dans un endroit el seize dans un autre.Après toute une vie de souffrances, ces malheureux acceptent avec joie les espérances éternelles, et quelle ne doit pas être leur surprise en arrivant en Paradis ! Le petit coin de la ville où s\u2019entassent ces misères défie toute description.On ne saurait dire non plus le nombre de familles cachées dans ces taudis.Quant à la disposition des habitations, c\u2019est un vrai méli-mélo: il y en a dans tous les sens.On ne sait de quel nom qualifier ces huttes qui se composent pour la plupart de deux nattes posées sur le sol, un peu éloignées à la base et se rejoignant à la partie supérieure.Ces abris sont si bas, qu\u2019on a dû creuser le sol à l\u2019intérieur afin de pouvoir y séjourner sans trop de fatigue.Ce qui est plus pénible, c\u2019est que ces affligés ne sont pas toujours des mendiants de profession, mais souvent des gens qui ont connu le bien-être et qui, pour échapper à la mort, ont été contraints de fuir les Rouges, après s\u2019être fait traîtreusement escroquer leur terre et tous leurs biens.Sous l\u2019un de ces toits, presque inhabitables pour des êtres humains, nous avons trouvé une maman malade depuis deux mois.Comment avait-elle pu résister si longtemps à tant de misères ?Couchée sur la terre nue, sans autre couverture que ses habits en lambeaux, elle souffrait du fameux Kalo-Azar, si fréquent dans cette région.Pour l\u2019approcher, et lui prodiguer une parole d\u2019encouragement, avec quelques remèdes, il fallut nous écraser sur nos talons, car la masure ne mesurait pas plus de trois ou quatre pieds de hauteur.Les deux vieilles nattes qui la constituaient étaient criblées de trous et les extrémités ouvertes à tous les vents.Le mari de la pauvresse, et sa fillette de douze ans portant sur son dos sa petite sœur de deux ans, mendiaient de porte en porte.La résignation avec laquelle cette femme supportait ses épreuves nous a grandement édifiées; on l\u2019aurait même crue heureuse au sein de l\u2019indigence la plus absolue que nous ayons jamais rencontrée. km * N^î'.\t, .Hi' a«a«nK DANS LES TIGES DE SORGHO. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 619 Notre Saint-Père le Pape, qui incarne ici-bas la charité et la sollicitude de Notre-Seigneur lui-même, profondément affligé de cette effroyable détresse, a envoyé une généreuse aumône pour les affamés de Süchow.La répartition de ces secours, à laquelle deux d\u2019entre nous s\u2019employèrent, s\u2019est effectuée sous forme de billets donnant droit à des vêtements ou des teou ping (galettes d\u2019extraits de fèves pesant huit à neuf livres et très nourrissantes).Sept cent cinquante billets pour habits et treize cents galettes ont été distribués.Ainsi, 1,870 familles et 7,350 personnes ont été secourues grâce à cette largesse du Chef de l\u2019Église.Ce que nous souhaitons avant tout à ces miséreux, c\u2019est le précieux do.de la foi.Que de gloire ils pourraient procurer à Dieu par l\u2019acceptation chré tienne de leurs maux! LE SORGHO EN CHINE Le sorgho est un végétal dont les tiges ressemblent à celles du blé d\u2019Inde, Il atteint onze à douze pieds de hauteur et produit un pain brun assez nutritif.Cet aliment constitue, avec une bouillie au millet, l\u2019invariable menu quotidien; encore se considère-t-on très heureux quand on peut s\u2019en rassasier deux fois par jour.La sobriété est vraiment une caractéristique du Céleste qui vit là où tout autre succomberait.Les tiges de sorgho, une fois séchées, servent pour le chauffage, car on ne connaît pas ici le luxe du gaz ou de l\u2019électricité.Alimenter le feu de la marmite est la tâche des enfants; disposer le combustible de telle façon, le tourner et le retourner à temps, et tout cela par principe d\u2019économie, est quasi un art.Les Missionnaires arrivantes en savent quelque chose, quand les circonstances les obligent à s\u2019initier au métier: que de fois la fumée provoquée par leur inexpérience met du brillant dans leurs yeux!.A droite de la photo ci-contre, on remarque une natte enroulée; c\u2019est la couche, qui ne semble pas très confortabie, mais sur laquelle nos braves gens font les plus beaux rêves: ils ne l\u2019échangeraient pas pour le lit le plus moelleux.A même de choisir entre une bonne paillasse et le plancher, le Chinois n\u2019hésite pas à s\u2019étendre sur ce dernier; à défaut d\u2019oreiller, une pierre servira à reposer sa tête et il tombera bientôt dans les bras de Morphée.Bien plus, pendant les grosses chaleurs de l\u2019été où le thermomètre oscille entre 100° et 105°, il n\u2019est pas rare de voir un cultivateur endormi dans son champ, la tête appuyée sur le socle de sa charrue.OUVERTURE D\u2019UN CATÉCHUMÉNAT Le beau mois de saint Joseph a marqué le début d\u2019une œuvre qui ne manque pas d\u2019importance: celle d\u2019un catéchuménat pour les femmes et les enfants.Les maisons vacantes de l\u2019ancienne école des filles étaient toutes désignées comme local pour cette organisation.Des bancs, tables et chaises y furent transportés, pendant qu\u2019une chasse active était menée contre les gros moutons et les diligentes araignées, seuls locataires de ces domaines depuis quelques mois.On procéda ensuite à la décoration des pièces: banderoles aux couleurs variées, grandes images de la sainte Famille et du Cœur (A sutpre à la page 622) elle à partent pi Si':, Vingt-trois des nôtres viennent d\u2019entendre l\u2019appel du Maître les invitant à quitter leur Maison-Mère, leurs parents, leur patrie, pour aller travailler dans les champs lointains de l\u2019apostolat missionnaire.Trois se sont dirigées, le 24 juillet, vers Canton, Hong Kong et Shek Lung, en Chine.Cinq s\u2019embarqueront sous peu pour les Iles Philippines et deux pour le Japon.Treize prendront la route des Antilles, dont une pour la ville des Cayes, en Haïti, et douze pour Cuba.Notre Communauté vient, en effet, d\u2019accepter de prêter son concours à l\u2019apostolat que les Prêtres des Missions-Étrangères de Québec exercent depuis quelques années dans cette dernière République.Quatre Religieuses se rendront à Colon, quatre à Mercédès et quatre à Marti, trois postes du diocèse de Matanzas à la tête duquel est placé S.Exc.Mgr Alberto Martin.Nous donnons ci-après les noms des partantes avec le lieu de leur destination.1.\tSœur Véronique-du-Sauveur (Véronique Delcourt, de Westbrook, Maine) pour Canton, en Chine.2.\tSœur Marie-Alvarez (Noëla Brisson, de Cornwall, Ont) pour Hong Kong, en Chine.3.\tSœur Marie-des-Ohviers (Gertrude Laforest, de Montréal) pour Shek Lung, en Chine.4.\tSœur Geneviève-de-Nanterre (Geneviève Saint-Pierre, de Montréal) pour Manille, aux Iles Philippines.5.\tSœur Marie-Albertine (Jacqueline Blondin, de Longueuil) pour Manille, aux Iles Philippines.6.\tSœur Marie-Paule (Marie-Paule Larocque, de Montréal) pour Manille, aux Iles Philippines.7.\tSœur Thérèse-de-la-Sainte-Face (Thérèse Le Blanc, de Moncton, N.-B.) pour Mati, aux Iles Philippines.i «VA» ' .\ts». r.J?^ \u2018 ;gyu.tjyi yir».^.i^J^M ¦iii&aiiiiii ^OUt la moi.ààon 8.de 10 Sœur Joseph-Oscar (Thérèse Beaulieu, de Saint-Eusèbe Témiscouata) pour Las Pinas, aux Iles Philippines.Sœur Madeleine-du-Sauveur (Alice Labelle.de Montréal) pour Colon, à Cuba.Sœur Léon-Joseph (Simone Sabounn, de Saint-Isidore de Prescott, Ont.) pour Colon, à Cuba 11.\tSœur Sainte-Colette (Lucienne Constantin, de Montréal) pour Colon, à Cuba.12.\tSœur Saint-André (Jeanne Ostiguy.d\u2019Acton-Vale) pour Colon, à Cuba.13.\tSœur Marthe-de-Béthanie (Berthe Pothier des Trois-Rivières) pour Marti, à Cuba.14.\tSœur Marie-Alice (Marie-Alice Ladouceur, de Sainte-Gene-viève-de-Pierrefonds) pour Marti, à Cuba.15.\tSœur Sainte-Véronique (Fabienne Bernatchez, de Pont-Rouge) pour Marti, à Cuba.16.\tSœur Joseph-Arsène (Jeanne Berger, de Saint-Épiphane) pour Marti, à Cuba.17.\tSœur Saint-Alban (Marguerite Dionne, de Joliette) pour Mer-cédès, à Cuba.18.\tSœur Saint-Joseph-Calasanz fJeanne-Berthe Morin, de Mont-Laurier) pour Mercédès, à Cuba.19.\tSœur Angèle-du-Sacré-Cœur (Desneiges Brault, de Morinville, Alberta) pour Mercédès, à Cuba.20.\tSœur Saint-Maxime (Jeanne Pelletier, de L\u2019Islet) pour Mercédès, à Cuba.21.\tSœur Sainte-Adéline (Juliette Villeneuve, de Québec) pour Wakamatsu, au Japon.22.\tSœur Françoise-du-Carmel (Madeleine Coursol, de Montréal) pour Konyama, au Japon.23.\tSœur Jean-Théophane (Berthe Guay, de Compton) pour les Cayes, en Haïti.2.1 622 Montréal LE PRECURSEUR (Sutie de la page 619) Septembre-Octobre 194S immaculé de Marie, tableau de la mort du Juste et du Pécheur, furent fixés aux murs, comme pendant aux cadres et paysages chinois.Comme dernière touche à cette grande toilette.Sœur Marie-Esther \\ aux yeux ravis de tous, déploie sur les tables, en guise de tapis, de jolis couvre-pieds minutieusement confectionnés dans nos ouvroirs canadiens.Ah! vraiment, nos zélées collaboratrices seraient heureuses de voir quel bel effet produisent ces petites retailles de coton, assemblées et décorées d\u2019un point d\u2019ornement! Tout cet ensemble, en créant une atmosphère de fraîcheur et de gaieté, contribuera à nous concilier la sympathie et la confiance de nos braves catéchumènes, puis, avec l\u2019aide divine, gagnera leurs cœurs.Une jeune fille sert de professeur pour les femmes et les enfants et une vieille dame enseigne les prières à celles qui ne savent pas lire.Sœur Marie-Esther et Sœur Marie-Céline ^ sont chargées des leçons de catéchisme.Le R.P.Vicaire se rend aussi chaque semaine pour des cours d\u2019instruction religieuse.Dès les premiers jours, dix catéchumènes vinrent s\u2019inscrire et leur nombre augmente sans cesse.Les institutrices païennes des deux Écoles préparatoires suivent régulièrement les cours; la vieille portière de l\u2019École, Mme Wang, une fois sa tâche terminée, fait diligence pour venir apprendre ses prières.Une jeune marchande d\u2019œufs, quand son dernier œuf est vendu, nous arrive souriante et pleine d\u2019entrain, dépose son panier derrière la porte et gagne sa place près de la bonne Mme Mao qui, avec une inlassable patience, fait répéter mot à mot les prières.Une maman s\u2019amène avec son bébé et sa servante.Pendant que cette dernière amuse le petit, la mère écoute la leçon de doctrine.Une vénérable septuagénaire protestante vient aussi chaque jour, clopin-clopant, sur ses petits pieds.Elle ne dissimule pas son admiration pour le catholicisme; après avoir erré de longues années dans le doute, cette âme voit enfin la voie de la lumière et de la vérité s\u2019ouvrir devant elle.Pour compléter la liste, ajoutons deux autres noms: celui de Mme Mao, une élève de musique, qui aime entendre chaque jour une leçon de doctrine.Mère de cinq enfants, cette jeune dame, de retour chez elle, se fait un plaisir de donner une répétition de catéchisme à ses chéris.C\u2019est ensuite Mlle Lieou, étudiante dans un hôpital, qui emploie ses loisirs à la pratique du piano et à l\u2019étude de notre sainte religion.Des jeunes filles et dames professeurs sont aussi inscrites et reçoivent un cours spécial après leur classe.A 4 heures de l\u2019après-midi, c\u2019est le bataillon des petits garçons et petites filles qui se présente.Ceux-ci sont baptisés mais se préparent à leur première communion.1 Alice liUTEAU, de Notre-Danie-f e-Ia-Guadeloupe, P.Q 2.Régina Béliveau, de Saint-Paul-de-Chester, P.Q. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 623 L\u2019œuvre semble donc pleine d\u2019espoir; daigne le divin Maître bénir le travail de ses apôtres en fécondant la semence qu\u2019ils jettent dans les âmes.UNE EXCURSION À LA MONTAGNE DU DRAGON C\u2019est dimanche et dimanche de la joie qui coïncide avec le quinzième anniversaire de l\u2019approbation de nos Constitutions.Ih-ofitant du congé que nous accorde ce beau jour, nous organisons une petite excursion à Yun Loung Chan (montagne du Dragon).Après avoir traversé les rues bourdonnantes où le peuple fait le marché, nous commençons à respirer le grand air de la campagne et les douceurs rl\u201c la solitude, et dans le calme favorable à la prière, nous égrenons pieuserrert notre Rosaire.Cette louange, nous nous efforçons de la rendre aussi ferven'O que possible; peut-être est-elle, dans ce milieu païen, la première qui monte vers la Reine du ciel.Nous voilà au pied de la montagne.Plusieurs escaliers, surmontés d\u2019arches en pierre, conduisent au sommet.Çà et là, dans la montée, sont dispersés des monuments, des kiosques, etc.Nous prenons quelques instants de repos dans un des pavillons où ont été déposés les restes d\u2019un mandarin, ancêtre d\u2019une de nos élèves de musique.Un peu plus haut, nous récitons un De profundis devant la pierre tombale d\u2019un aviateur américain, dont l\u2019appareil prit feu au-dessus de la ville.On ne retrouva de la victime qu\u2019une médaille, ce qui permit de lui procurer des obsèques à la Cathédrale.% 'i i.'i Dans un voyage  Siaoshien, poste à vingt milles de Süchow, les Missionnaires de cette dernière Mission font la rencontre de la diligence qui transporte les voyageurs entre les deux villes.Cette voiture est tirée par trois mules. 624 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 194S Nous atteignons enfin le sommet de la montagne où souffle perpétuellement une brise rafraîchissante.D\u2019un côté, le panorama magnifique de la ville se déroule sous nos yeux; de l\u2019autre, c\u2019est la verte campagne où s\u2019étendent les champs de blé verdoyants.Des montagnes encerclent tout le paysage.Une descente abrupte conduit à la fameuse pagode.A l\u2019entrée, un énorme bouddha, sculpté dans la montagne, accueille les visiteurs avec un sourire plein de suffisance.A ses pieds s\u2019élève un autel où se consument sans cesse des bâtonnets d\u2019encens.D\u2019autres dieux de moindre dimension figurent aussi çà et là.Quelques bonzes, à la tête rasée, vêtus d\u2019une ample tunique, se tiennent dans le temple et égrènent leur long chapelet.Nous nous informons combien de fois par jour ils le récitent.Ils nous répondent: « Cela varie; quand il y a des gens, nous prions; lorsqu\u2019il n\u2019y en a pas, nous nous reposons.» Ils donnent donc l\u2019impression d\u2019être plutôt des machines à prières.Sur les entrefaites, une dame d\u2019une cinquantaine d\u2019années se présente avec son petit-fils de dix ans.En entrant dans le temple, elle dépose des bâtonnets d\u2019encens sur l\u2019autel, puis s\u2019agenouille sur un coussin où elle fait trois grandes prostrations.Le bonze lui passe alors une boîte ronde remplie de bâtons en forme de crayons et la femme, dans un geste rythmique, la secoue jusqu\u2019à ce qu\u2019il en tombe un bâtonnet que le bouddhiste ramasse; d y lit un numéro auquel il va référer dans un livre.Là se trouve indiquée, ;dvec l\u2019aumône qu\u2019elle doit verser, la réponse à sa demande.Il va sans dire que ces oracles sont toujours ambigus afin de s\u2019adapter à toutes les requêtes.Pour le cas présent, la réponse reçue est celle-ci: « Dans deux jours, vous saurez ce qu\u2019il en adviendra.» Poussah a parlé, quoique triste, car elle sollicitait la guérison de sa vieille mère, la fervente bouddhiste s\u2019en retourne, satisfaite d\u2019avoir rempli son devoir.Dans une autre pagode, en face, dix-huit dieux de bois, d\u2019une dizaine de pieds de hauteur, sont figés dans un aspect diabolique, attendant eux aussi des adorateurs.En songeant aux 250,000 païens qui, dans la seule ville de Süchow, sont les tristes victimes de l\u2019infernal Trompeur, combien nous souhaiterions révéler à tous les trésors d\u2019amour et de miséricorde du Cœur divin.Il fait si bon vivre sous le regard de ce doux Jésus! Avec lui, l\u2019existence se transforme, la croix est plus légère, la vie a un sens, puisqu\u2019elle nous fait entrevoir le sublime idéal de la bienheureuse éternité.DEUX JEUNES AMIS Deux copains de quinze ans, dont l\u2019identique destinée avait scellé l\u2019amitié, furent nos patients au dispensaire durant le mois de mars.L\u2019un était cardiaque, l\u2019autre souffrait d\u2019hydropisie.Ces petits mendiants avaient savouré plus d\u2019amertume que de douceurs au banquet de la vie.Leurs membres amaigris, leurs joues pâles et creuses témoignaient qu\u2019ils avaient souvent « déjeuné d\u2019aurores et soupé d\u2019étoiles ».Tant de misères et de souffrances les avaient conduits, dans un âge encore si tendre, au terme de leur existence; aussi notre chère Sœur Catherine-d\u2019Alexandrie \u2018 eut-elle la 1.Catherine Lebel, de Saint-Êpiphane de Riroouski DEUX JEUNES ORPHELINS DESÜCHOW, RÉDUITS À FOUILLER LES POUBELLES POUR TROUVER l.EUR SUBSISTANCE.UNE FOULE D\u2019AUTRES ENFANTS SONT COMME EUX CONDAMNÉS À LA MISÈRE DANS LA CHINE DÈV\tLES COMMUNISTES 626 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 joie tout apostolique d\u2019allumer dans ces jeunes cœurs la flamme de la Foi.Au récit de, nos consolantes vérités, surtout de l\u2019espérance d\u2019un beau ciel, leurs grands yeux noirs s\u2019animèrent et, sous les grossiers habits, on devinait de petites âmes que le Beau, le Vrai, le Grand savaient faire vibrer.Bientôt, l\u2019eau régénératrice coula sur leur front.Albert et Gaudiose, le visage radieux de bonheur, avaient oublié leurs maux.Ils revinrent les jours suivants, chacun un gros bâton en main, leur panier au bras contenant toute leur richesse: un bol, parfois quelques croûtons, et, dissimulées dans un carton, quelques pièces de monnaie de peu de valeur.Un matin, ils arrivent sous une pluie torrentielle, grelottant de froid, harassés de fatigue, mais souriants quand même.Pendant qu\u2019Albert se fait traiter, nous demandons à Gaudiose: « As-tu déjeuné ?\u2014 Un monsieur m\u2019a acheté deux galettes, répond-il, mais j\u2019ai encore faim et comme il pleut beaucoup, les grandes portes restent fermées.» Deux jours plus tard, le cher enfant tombait de défaillance en pénétrant au dispensaire.Un bon cordial le remit immédiatement, mais voyant sa fin prochaine, des gens le transportèrent dans une maison voisine où nous nous rendîmes à son chevet pour l\u2019encourager et lui suggérer de pieuses invocations.Au cours de la nuit, pendant qu\u2019Albert sommeillait à côté de son jeune compagnon, le divin Moissonneur vint cueillir cette petite âme pour les parvis célestes.MANILLE Lettre de Sœur Marie-de-Massabielle h Sœur Missionnaire de r Immaculée-Conception de Gagalangin, Manille, à sa Supérieure Générale Manille, 9 mars 1948.Révérende et bien chère Mère, Le beau mois de Notre-Dame de Lourdes m\u2019a apporté l\u2019une des plus grandes joies de ma vie et je viens vous en faire part, sachant bien qu\u2019elle ne réjouira pas moins votre cœur tout apostolique.Vous vous souvenez, sans doute, du Chinois à qui j\u2019ai fait le catéchisme pendant mon séjour à Outremont.Or, à la fin de janvier, il m\u2019écrivait d\u2019Hono-lulu, me disant qu\u2019il était en route pour sa patrie et me demandant de prier pour son père, malade à l\u2019Hôpital du bateau.Ce vieillard, quoique catholique, ne pratiquait pas, aussi ma crainte était grande en songeant qu\u2019il mourrait sans secours religieux.A l\u2019arrivée de nos Sœurs le 10 février, je me rendis au port où je saluai M.Hum Tse et m\u2019informai de son père.Mon cœur se serra lorsque j\u2019appris que ce dernier était mort en route.« Y avait-il un prêtre pour l\u2019as- 1.\tAnne-Marie Lévesque, de Westmoimt.2.\tSœur Marie-Ajristidb (Alice Carrier, de Worcester.Mass.) et Sœur Sainte*Patricia (Patricia Blan-chet, de Southbridge, Mass.), désignées pour notre École Chinoise de Manille. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 627 M.Hum Tse.sister à ses derniers moments ?demandai-je.\u2014 Mais oui, répondit son fils, il y avait un prêtre.Quand le Docteur me déclara que mon père était très malade, je me souvins de la recommandation que vous m\u2019aviez faite plusieurs fois: « Si votre père est malade, ne manquez pas d\u2019appeler un prêtre.» J\u2019allai donc trouver vos deux Sœurs qui se trouvaient sur le General Meigs et je leur demandai de m\u2019envoyer un prêtre catholique.Un Missionnaire qui retournait en Chine et parlait parfaitement le cantonnais vint visiter le malade.Il le trouva d\u2019abord sans connaissance, mais il revint un peu plus tard et cette fois le mourant avait recouvré sa lucidité.Il le confessa et le prépara au grand voyage.On était au vendredi ; le lendemain, samedi, mon père partait pour l\u2019au-delà.» Le pauvre jeune homme a éprouvé une profonde affliction de voir son père expirer avant de revoir les siens qu\u2019il avait quittés il y a seize ans.Il songea d\u2019abord à câbler la nouvelle à sa famille, mais réfléchissant que ce serait bientôt le Jour de l\u2019An chinois, il ne voulut pas assombrir leurs fêtes et décida de porter seul sa douleur.Il se consola en pensant que si son père était mort en Chine, il n\u2019aurait probablement pas eu de prêtre pour l\u2019assister, ni la messe qui fut offerte le lendemain pour le repos de son âme; il n\u2019aurait pas non plus bénéficié des suffrages des dix Missionnaires qui sont venus prier près de sa dépouille, sur le bateau.Hum Tse Veut maintenant convertir sa femme, sa petite fille, sa vieille mère, son frère et toute sa famille qui est païenne.Sa tâche sera assez difficile, car il n\u2019y a pas de prêtre dans son vHlage.C\u2019est son grand désir de voir un Missionnaire venir s\u2019établir dans cette contrée; alors ce ne serait plus une famille seulement, mais peut-être un village entier qui ouvrirait les yeux à la vérité! Le General Meighs devant rester trente-six heures à Manille, la grande majorité des passagers est descendue visiter la ville.Notre brave Chinois, qui n\u2019avait pas demandé son visa, était condamné à rester sur le bateau.Sœur Supérieure ^ envoya Sœur Saint-Louis-de-Gonzague ^ au Bureau de l\u2019Immigration afin de lui obtenir un permis de descendre.Cette bonne Sœur, à Manille depuis si longtemps et connue de tous comme étant très honnête, reçut sans difficulté l\u2019autorisation demandée et alla la porter à Hum Tse.Celui-ci, dans sa gratitude, laissa tomber ces paroles: « Je suis très reconnaissant et très heureux que vous ayez fait cela pour moi, d\u2019autant plus que mes compagnons m\u2019ayant demandé si j\u2019allais descendre, je leur répondis: Peut-être que les Sœurs vont me faire descendre! Un éclat de rire général 1.\tSœur Madeleine-du-Sacré-Cœur (Madeleine Payette, de Montréal).2.\tAnna Giraru, de Claremont, N.-H. 628 Montréal LE PRECURSEUR ^ ; ¦ ' \u2022¦.,' -ft '¦ ¦\u2022¦ > '¦\"¦\u2022.* t LE 0 GENERAL MEIGHS ».Septembre-Octobre 194* accueillit cette réponse et les railleries n\u2019ont pas manqué.« Si tu penses qu\u2019elles vont se déranger pour toi, tu te trompes », disaient-ils.Je suis fier de leur montrer ce billet, comme preuve que je ne m\u2019étais pas trompé.» Et brandissant le papier libérateur, il alla le mettre sous les yeux de tous ceux qui s\u2019étaient moqués de sa confiance et qui, paraît-il, ont changé de sentiments.J\u2019espère, bien chère Mère, que je vous reviendrai avant longtemps, car je suis certaine que la douce Providence, qui a décidé le vieux Chinois à partir en plein hiver, pour venir mourir en paix sur l\u2019Océan, me fournira encore la très grande joie de vous raconter de nouveaux traits de la miséri-corcîe du Seigneur! Votre très heureuse enfant missionnaire.Sœur Marie-de-Massabielle \\ M.I.C.AFRIQUE Lettre de Mgr Marcel Saint-Denis, préjet apostolique du Nyassa Septentrional, à notre révérende Mère Supérieure Générale Katete Mission, le 5 mai 1948.Très révérende Mère, C\u2019est avec une joie bien vive que je viens d\u2019apprendre, par télégramme de Cape-Town, que les quatre Religieuses que vous daigniez m\u2019accorder, le 11 août dernier, pour votre première fondation en Afrique, viennent d\u2019arriver dans l\u2019Union Sud-Africaine.Leur télégramme nous informe en outre qu\u2019elles espèrent arriver à Beira vers le 7 mai.Le voyage de Beira à Katete se fait d\u2019ordinaire en moins d\u2019une semaine, partie par chemin de fer, partie par autobus et partie par automobile.C\u2019est vous dire que nous espérons les posséder parmi nous pour la belle fête de la Pentecôte.Ça ne prenait rien moins que l\u2019intervention du Saint-Esprit \u2014 fête de la Pentecôte \u2014 unie à l\u2019intercession de la très Sainte Vierge \u2014 mois de Marie \u2014 pour nous amener nos Religieuses depuis si longtemps attendues.Que le bon Dieu et la très Sainte Vierge en soient remerciés ! Missionnaires, chrétiens et chrétiennes surtout, ont attendu avec grande hâte celles que le bon Dieu a bien voulu se choisir pour collaborer à l\u2019ex- Anne-Marie LÉVbîsQUh.de Westmouni Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 6 29 I tension de son Règne dans le Nyassa Septentrional; d\u2019autre part, je ne doute pas que, de leur côté, les élues elles-mêmes n\u2019aient pas été sans attendre avec quelque impatience l\u2019heure marquée par la divine Providence pour se rendre jeter les fondations de l\u2019Œuvre si belle et si grande à laquelle elles, et avec elles toute la Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, ont été appelées à coopérer en plein cœur de l\u2019Afrique.La réunion fera donc beaucoup d\u2019heureux.Et le retard, permis par la Providence, n\u2019aura pas été lui-même sans avoir eu certains avantages, tant il est vrai, comme le dit l\u2019adage, qu\u2019à toutes choses malheur est bon.Ce retard, en effet, aura tout d\u2019abord épargné à nos voyageuses les transes par lesquelles ont passé le P.Cyr et le Frère Jean-Marie à bord de {\u2019Empire Wallace dont la tragique histoire vous est maintenant connue.Il leur aura valu en outre d\u2019avoir été précédées par leurs bagages dont la privation aurait été un sérieux inconvénient pour un tout début.Par suite d\u2019une grande congestion de marchandises dans le port de Beira, depuis quelques m.ois, tous les bagages de cette caravane ont eux aussi dû subir un retard et viennent tout juste de nous arriver.Ils semblent tous en excellente condition.Aucun dommage apparent.Deo gratias ! Il aurait pu en être bien autrement.Ce retard nous a permis, en dernier lieu, de mettre une dernière main à l\u2019habitation de nos Religieuses qui entreront maintenant dans un véritable petit palais tout en briques, en pleine brousse africaine! Un jardin, planté de pommes de terre et de différents légumes déjà poussés, y est adjoint et attend lui aussi celles pour lesquelles il a été préparé.Et les petites Africaines elles-mêmes se sont maintenant mises en frais de planter une belle bananeraie pour leurs Marna ou Religieuses.Comme vous pouvez le conclure, la première caravane des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception en Afrique est ardemment désirée et n\u2019a pas été oubliée.Maintenant que l\u2019expérience vient de nous montrer qu\u2019un certain temps, voire même plusieurs mois, peuvent s\u2019écouler avant de pouvoir mettre une caravane en route, puis-je vous demander, ma très révérende Mère, de commencer à me préparer le plus tôt possible le prochain départ.Comme les quatre qui vont bientôt m\u2019arriver appartiennent réellement à 1947, je vous serais extrêmement reconnaissant d\u2019un autre renfort pour 1948.Ces dernières vivraient d\u2019abord à Katete en compagnie des premières arrivées, en attendant d\u2019être initiées et suffisamment nombreuses pour fonder un deuxième Couvent dans la Mission voisine de Katete, la Mission de Mzambazi, où nous sommes déjà à préparer un autre endroit pour Religieuses.Soyez assurée, ma Mère, qu\u2019avec la grâce de Dieu, qui ne nous fera certainement pas défaut, et votre coopération en personnel, vous posséderez dans quelques années de splendides Missions en Afrique.Je désire en terminant, j\u2019aurais dû commencer par là, vous exprimer, ainsi qu\u2019à votre Conseil, ma gratitude la plus profonde pour la magnifique offrande de messes que vous m\u2019avez envoyée au commencement de l\u2019année.J\u2019aurais dû et voulu m\u2019acquitter de ce devoir bien avant ce jour, mais vous ne sauriez croire combien j\u2019ai été pris depuis mon arrivée, d\u2019abord par toutes sortes de réceptions, visites officielles aux Autorités anglaises et indigènes, visites de mes Missionnaires et Missions, organisation de l\u2019immense territoire qui m\u2019a été confié, etc.La somme de travail que j\u2019ai eu à rendre depuis 630 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 mon retour a été peu ordinaire et m\u2019a contraint à bien des sacrifices envers mes parents, amis et bienfaiteurs.Soyez assurée cependant, ma très révérende Mère, que je n\u2019ai pas pKJur autant oublié les bienfaits des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception du Chemin Sainte-Catherine et me suis fait en retour un devoir de prier et de faire prier pour elles et leurs Œuvres.Donc de nouveau ma plus vive reconnaissance et soyez assurée que les Missionnaires et moi-même qui avons célébré vos Messes, en plus de satisfaire aux intentions demandées, en avons fait profiter les diverses Missions de la Préfecture.Votre aumône a fait d\u2019autant plus plaisir à chacun qu\u2019elle a été excessivement utile pour les diverses œuvres du Nyassa Septentrional, qui, comme toute Œuvre naissante, exigent des sommes énormes.Je vous quitte, ma très révérende Mère, en vous priant, ainsi que toute votre Communauté, en particulier les nombreuses mains volontaires qui se sont levées pour l\u2019Afrique lors de mon passage chez vous, d\u2019agréer l\u2019hommage de mon profond respect uni à l\u2019assurance de mon religieux souvenir en Notre-Seigneur et Notre-Dame d\u2019Afrique.J.-M.Saint-Denis, Préfet Apostolique du Nyassa Septentrional.Extraits du Journal de nos Missionnaires en route pour la Mission de Kaiete, au Nyassa Septentrional 19 mai 1948 Vers 8 heures, ce matin, nous sommes à la gare de Ntakataka où se trouve une Mission Catholique Nous remarquons plusieurs naturels portant ostensiblement un chapelet autour du cou; des femmes et de nombreux enfants se groupent à nos fenêtres.Les Religieuses ne leur sont pas inconnues, aussi nous font-ils leur plus beau sourire auquel nous aimerions bien répondre par un bon mot, mais impossible encore.A 9 h.30, nous arrivons à Salima et apercevons immédiatement Mgr J.-M.Saint-Denis qui s\u2019avance vers nous en nous souhaitant très paternellement la bienvenue.Le dévoué Frère Jean-Marie, qui l\u2019accompagne, nous aide à sortir nos bagages par les fenêtres, de braves Noirs s\u2019en chargent ensuite.Nous nous retirons dans une pièce d\u2019un bâtiment voisin de la gare, mis à la disposition des voyageurs, et Monseigneur nous fait partager les provisions apportées pour notre déjeuner.Inutile de dire que les cœurs sont à la joie! Mais le temps presse si nous voulons arriver à Katete avant la tombée de la nuit, car il reste encore cent quatre-vingt-dix milles de chemin à parcourir.Deux d\u2019entre nous montent dans la jeep de Monseigneur, les autres trouvent place dans le camion des bagages et nous voilà en route.Avant de quitter le village.Monseigneur a eu la délicate pensée d\u2019envoyer une dépêche rassurante à notre Maison-Mère.Nous arrêtons à quelques milles de Salima, dans un poste fondé il y a à peine quinze jours, en pleine brousse.Tout le long du parcours.Monseigneur nous entretient de notre chère Mission et des projets qu\u2019il forme pour l\u2019avenir.Nous touchons enfin la limite de la préfecture du Nyassa Septentrional, marquée par une petite rivière.Monseigneur ne peut résister au désir de nous Moniréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 631 faire fouler immédiatement le sol de son territoire et nous descendons de voiture.Quelques Noirs se rassemblent; Monseigneur leur explique la raison de notre présence ici et les invite à se rendre à la Mission dimanche.Mais, arriverons-nous à Katete avant la noirceur ?C\u2019est peu probable, et Monseigneur le regrette, car plusieurs chrétiens, paraît-il, devaient se réunir pour saluer notre arrivée; ils seront sans doute repartis, car les indigènes ne sortent que rarement dans l\u2019obscurité, par crainte des fauves.Lorsque nous entrons enfin à la Mission, bien qu\u2019il ne soit que 6 heures, la nuit est complète, mais nous sommes accueillis par des cris de joie et d\u2019enthousiasme.Les braves chrétiens sont restés quand même pour nous attendre; ils se jettent à nos genoux et veulent tous nous prendre les deux mains pour nous souhaiter la bienvenue.L\u2019émotion de ce moment est indéfinissable! Heureusement que nous entrons tout de suite à l\u2019église pour un Salut solennel d\u2019action de grâces: aux pieds de Jésus-Hostie, nous laissons s\u2019épancher le trop-plein de nos cœurs.Nous ne savons dire qu\u2019un mot: Merci, mon Dieu! Mais dans ce mot passent tous les sentiments de profonde gratitude dont notre âme déborde.Nous pensons à notre vénérée Mère Fondatrice qui, du haut du ciel, doit sourire à ses Filles arrivant en Afrique; nous pensons à notre bien-aimée Mère, à nos parents, à nos amis, à nos bienfaiteurs qui ont multiplié leurs sacrifices pour nous; nous pensons à ces chers Noirs qui nous entourent, pour le bonheur desquels nous offrons de nouveau toute notre vie; et nous sommes heureuses, heureuses, heureuses! En mer.Sœur Madeleine-Marie (Madeleine Loranger, de Westoount), Sœur Joseph-du-Sauveur (Bérengêre Cadieux, de Montréal-Nord), Sœur Thérèse-Marguerite (Thérèse Gouin, de Montréal), Sœur Saint-Justinien (Paule-Ida Coulombe, de Monument, Québec) **»^ i- #jy *»- Iy^> ^\t*5»- % -iWS\t^\t^ II BARQUES DES INDIGÈNES DE L\u2019ÎLE SAINTE-HÉLÈNE, DANS L\u2019OCÉAN ATLANTIQUE, VENANT A LA RENCONTRE DES PASSAGERS DU « LLANSTEPHEN CASTLE » Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 633 Nous entrons ensuite à la résidence des Pères pour le souper.Après le repas, quelques notables se présentent encore pour nous saluer dès ce soir.L\u2019un d\u2019eux attire principalement notre attention; c\u2019est le chef des catéchistes qui, après nous avoir pris les deux mains, en fléchissant le genou, s\u2019écrie; « Comn'ent, vous venez vivre avec nous qui sommes tout noirs en dehors et en dedans?Ah! Deo gralias ! Deo gralias ! » Et le brave homme est tout ému.Un autre, chef d\u2019un village voisin, encore païen mais ami de Monseigneur, tient aussi à nous rencontrer.Nous apprenons que c\u2019est lui qui a cédé le terrain sur lequel est construit notre Couvent et nous le remercions de notre pauvre mieux.Mais ce Couvent, nous avons hâte de le voir!.Comme nos caisses ne sont pas ouvertes et qu\u2019il se fait tard, on décide de nous prêter des couvertures pour cette nuit.Alors, en procession, on se dirige vers notre Maison située à environ quatre cents pieds de l\u2019église.Monseigneur et nous tenant les fanaux, les dévoués Pères et les serviteurs chargés de draps, couvertures, bassins, etc.Monseigneur, qui devait mettre à notre disposition une maison de la Mission, nous a fait construire un très joli petit Couvent.Il est tout heureux de voir notre surprise; il nous précède dans toutes les pièces avec son fanal, nous disant quel usage il a prévu que nous en ferions, mais nous laissant bien libres toutefois d\u2019en disposer selon nos vues.Avant de se retirer, il nous réunit dans la petite chapelle et nous redit sa joie de nous accueillir dans sa préfecture.Il nous annonce qu\u2019il célébrera demain le Saint Sacrifice pour nous et nous invite à nous joindre à lui pour remercier le bon Dieu, lui demander de bénir notre apostolat ainsi que celui de toutes les Sœurs Missionnaires de rimmaculé-Conception qui nous suivront en Afrique.Il nous gratifie d\u2019une précieuse bénédiction et, nous montrant le tabernacle, nous apprend qu\u2019il désire nous laisser le Saint Sacrement aussitôt que nous serons prêtes à le recevoir; puis il nous quitte.Nous nous installons comme nous le pouvons pour la nuit et nous nous endormons en répétant toujours: Merci, merci, mon Dieu! 20 mai Monseigneur célèbre ce matin la Sainte Messe à nos intentions; les chrétiens y chantent continuellement des cantiques.Quel souvenir nous garderons de cette première messe et de cette première communion à Katete! L\u2019église est bien modeste, mais pieuse.Les Pères et les Sœurs seuls ont des prie-Dieu; les fidèles s\u2019agenouillent sur des nattes recouvrant les briques du plancher.Au sortir de l\u2019église, ce sont encore de nombreuses salutations.Après le déjeuner, Monseigneur, nous fait visiter les dépendances, puis l\u2019École primaire des garçons, l\u2019atelier de menuiserie qu\u2019il a organisé et duquel sortent tous les meubles destinés aux différents postes de la préfecture.Nous nous rendons à l\u2019École Normale des garçons et visitons ensuite les jolies maisonnettes construites tout auprès pour les maîtres et leurs familles; c\u2019est tout à fait bien.Nous voyons aussi les briquetiers qui préparent les briques avec la terre même de l\u2019endroit.La Mission s\u2019est extraordinairement développée depuis les quelques mois à peine que Monseigneur y est arrivé.Sur le terrain, 634 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 on a détourné un petit ruisseau qui s\u2019écoule en différents endroits dans des rigoles et rend de précieux services, surtout pour l\u2019agriculture et le délayage de la terre rouge pour la brique.Monseigneur nous réservait, pour terminer, une autre belle surprise: il nous a fait ensemencer un jardin; les patates sont prêtes à être récoltées, les petits pois et d\u2019autres légumes sont bons à manger.Il a même fait planter une cinquantaine de bananiers qui produiront à la fin de l\u2019année.21\tmai Nous avons comme aides trois bonnes jeunes filles chétiennes: Beata, Rosalina et Cecilia.La première a déjà étudié chez les Sœurs Blanches et parle l\u2019anglais; elle nous sert d\u2019interprète.Toutes trois sont bien dévouées.Ce matin, nous recevons de la visite, pas désirée celle-là: un gros serpent entre dans le réfectoire et se faufile en arrière des caisses.Les aides s\u2019arment de bâtons et la chasse commence; nous préferons ne pas nous en mêler!.Enfin, le reptile est assommé.22\tmai Nous nous hâtons de préparer la chapelle et le tabernacle, car nous espérons avoir notre première messe lundi.Nous n\u2019avons pas un instant à perdre, puisque c\u2019est demain dimanche; mais le bon Dieu nous offre de belles occasions de renoncement: dix à quinze fois par jour, nous sommes appelées à la porte par quelques personnes des villages voisins qui désirent nous souhaiter la bienvenue dans leur pays.Nous ne voulons pas leur refuser ce plaisir, nous les aimons tant déjà nos bons Noirs, mais nous n\u2019avons jamais tant déploré la confusion de la tour de Babel.23\tmai De nombreux chrétiens et catéchumènes viennent à la Mission ce matin.A la grand\u2019messe.Monseigneur, puis le R.P.de Repentigny nous souhaitent la bienvenue dans les deux dialectes en usage dans la préfecture, expliquant aux Noirs le but de notre venue en Afrique.Après l\u2019Office, ce sont encore salutations et salutations.Que nous avons hâte de pouvoir faire du bien à ces pauvres gens, si favorablement disposés: Cette après-midi, Monseigneur doit venir consacrer notre calice et bénir les vases et le linge sacrés.Comme nous sommes ici en colonie anglaise, le cup of tea est d\u2019usage.Nous invitons donc Monseigneur à le prendre chez nous, tout en lui faisant part de notre embarras: nous n\u2019avons que deux Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 635 tasses et ils seront trois.« Ne vous inquiétez pas, nous répond-il, je dirai au Frère Jean-Marie que s\u2019il veut du thé, il doit apporter sa tasse! » En effet, l\u2019heure venue, le bon Frère nous arrive.avec sa tasse! De plus.Monseigneur nous fait remettre un service à thé complet, qu\u2019il nous prête en attendant que nous puissions en avoir un, car nous aurons souvent l\u2019occasion de servir le cup of tea, lorsque les employés du gouvernement viendront à la Mission; il n\u2019y a rien comme cela, paraît-il, pour demeurer en bons termes! 24 mai En cette fête de Notre-Dame Auxiliatrice, Monseigneur vient lui-même célébrer le Saint Sacrifice dans notre humble oratoire.Nous avons maintenant le bon Dieu avec nous, tout près de nous.Nous nous sentons tout à fait chez nous, et nous espérons nous mettre à l\u2019œuvre bientôt.Katete n\u2019est ni une ville ni un village, c\u2019est tout simplement la Mission qui, elle, est entourée de nombreux villages.Nous sommes en pleine brousse, à cent cinquante milles de Lilongwe.Un camion passe chaque jour et laisse le courrier.A quarante milles plus haut est Mzimba appelé à devenir un centre important.Dimanche, nous aurons l\u2019honneur et le bonheur d\u2019avoir le reposoir de la Fête-Dieu à la porte de notre Couvent.Monseigneur fera la bénédiction de la maison après la procession.Le semaine prochaine, nous recevrons la visite du Délégué Apostolique pour toutes les colonies anglaises, S.Exc.Mgr Matthews.Ctiicoutlml CONFIRMATION D\u2019UN ADULTE CHINOIS 18 juin 1948 Pour une seconde fois, à moins d\u2019un an d\u2019intervalle, nous voyons se dérouler dans notre chapelle une cérémonie bien propre à réjouir nos cœurs de Missionnaires.Un néophyte chinois de Jonquière, M.Pierre-Antonin Seto Fong, régénéré il y a quelques jours, en l\u2019église Saint-Laurent de cette ville, reçoit cette après-midi, des mains de S.Exc.Mgr G.Melançon, le sacrement qui fait les forts.Présidée par notre si paternel évêque, cette fête pieuse revêt tout à la fois un cachet d\u2019intimité et de grandeur.Son Excellence est assistée de MgrL.Maurice, P.A., V.G., et de M.l\u2019abbé L.Cossette, de Jonquière.Sont aussi présents: MM.les abbés Cyrille Couture et Louis-Philippe Larouche, de 636 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 Chicoutimi, et Isaïe Coudé, de Bagotville.Parmi les assistants, on remarque les RR.Mères Marguerite-Marie et Saint-Êmilien, des Sœurs Antoniennes de Marie; le parrain et la marraine de baptême du nouveau converti, M.et Mme Pitre Tremblay, de Jonquière, et leur famille; le parrain de Confirmation, M.Aurèle Martel, et son épouse; M.Stanley Tremblay; quelques compatriotes du nouvel élu, entre autres, M.le Docteur W.Lou, interne à l\u2019Hôtel-Dieu Saint-Vallier, M.Roy Paul Kong et son épouse, M.Lee Port, ainsi que bon nombre d\u2019amis de notre Communauté.Au sortir de la chapelle.Son Excellence daigne présider la modeste réception offerte aux invités.Et lorsque, trop tôt au gré de nos désirs, notre si bon évêque doit nous quitter, nous formulons en nos cœurs le souhait de voir luire encore les clartés d\u2019un jour aussi heureux et tout illuminé des joies de l\u2019apostolat.Quant à M.Fong, son bonheur semble parfait.Cette fête est pour lui le couronnement de longues semaines d\u2019étude et de préparation.Les nombreux sacrifices qu\u2019il dut s\u2019imposer afin de s\u2019instruire de notre sainte religion reçoivent maintenant leur récompense: notre Dieu si bon inonde son âme de sa grâce et de son amour.Avec lui, nous remercions l\u2019Auteur de tout don et sollicitons pour ce nouvel enfant de la Sainte Église la grâce précieuse de la persévérance.A l'occasion de la Confirmation de M.Seto Kong, le 18 juin 1948.Au CENTRE : s.Exc.Mgr G.Melançon; â sa gauche ; M.Seto Kong, nouveau converti, Mgr L, Maurice, P.A., V.G.; À sa droite : M.le Docteur W.Lou.M.l'Abbé L.Cossette; en arrière : MM.les Abbés C.Couture, Isaïe Coudé, L.-P.Larouche et quelques personnes assistant à la cérémonie.Religieuses ; Mère Saint-Émilien et Mère Marguerite-Marie, des Sœurs Antoniennes DE Marie, Sœur Sainte-Jeanne-de-Chantal, Sœur Marie-de-la-Misêricorde et Sœur Marie-Cécilia, des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception. Ccitoà divetà Un mandarin veut se convertir avec 10,000 administrés Wuchow, Chine (N.C.).\u2014 Wong Kai Tong, mandarin du comté de Shungkaï pour un quatrième mandat, a demandé au R P.Mark Tenmen, Missionnaire de Pittsford (Vermont), d\u2019envoyer un grand nombre de catéchistes dans son village.Il veut que tout son peuple puisse s\u2019instruire de la foi catholique, mais comme 10,000 personnes ont exprimé un tel désir, le Père Tenmen lui a fait savoir que son village devrait attendre son tour.Ce mouvement vers la conversion fut provoqué par le mandarin, qui mit son arrondissement au courant de son intention de se faire catholique.\u2014 (L'Action catholique.) Nomination d'un évêque chinois La Sacrée Congrégation de la Propagande a nommé S.Exc.Mgr Pierre Wang au siège vacant de Suanhwa, province de Chahar, en Chine.Le nombre des évêques indigènes chinois est ainsi porté à vingt-deux.Le nouvel évêque n\u2019est âgé que de quarante-quatre ans II est né dans la province de Chahar et a fait ses études théologiques au Séminaire de Chala, près de Péiping.Il a d\u2019abord été employé au ministère paroissial Puis il est devenu professeur dans le Séminaire du diocèse de Suanhwa.C\u2019est là que sa nomination l\u2019a trouvé.Il est maintenant évêque du diocèse.Le diocèse de Suanhwa est un des six premiers qui ont été confiés au clergé indigène par L Pape Pie XI en 1926.\u2014 (Bulletin de l'Œuvre Pontificale de Saint-Pierre-Apôtre La Trappe de Notre-Dame-de-la-Consolation s'installe à Péking Péking (.4.I.F.).\u2014 Après de tragiques événements au cours desquels les communistes du Hopeh ont incendié la Trappe de Notre-Dame-de-la-Consolation, tait mourir de misère vingt de ses religieux, massacré cinq autres d\u2019atroce façon, et condamné sept des survivants aux travaux forcés, les rescapés se sont regroupés à Péking et ont repris leur vie de prière et de travail.Le monastère provisoire, qui s\u2019est installé dans une ferme appartenant jusqu\u2019ici à des émigrés russes, vient de recevoir son premier novice, M Matthieu An, jeune chrétien de Teming, dans le Hopeh.\u2014 (Fides.) Procession catholique à Yokohama Yokohama, redoutable citadelle de guerre, est devenue une citadelle de paix, alors qu\u2019environ cinq mille catholiques y prirent part à la première procession publique et profession de foi tenue au Nippon.Japonais et Américains \u2014 naguère ennemis mais Frères dans la même foi \u2014 cheminèrent ensemble à travers les rues de cette ville où se trouvait le quartier général de la marine japonaise.La procession se déroula à travers les rues jusqu\u2019à l\u2019emplacement autrefois strictement gardé des quais et de l\u2019arsenal de marine.S.Exc.Mgr P.Marella, délégué apostolique au Japon, dirigeait la procession.Une fanfare de la Marine américaine, stationnant en cette ville, fit les frais de la musKjue.Les fidèles s\u2019agenouillèrent pieusement pour recevoir la bénédiction de Son Excellence qui bénit aussi toutes les sections de la ville et la base navale \u2014 (The Canadian Register ) cAu noviciat QUAND DIEU INVITE Sous les feuilles empourprées du bocage où quelques novices ont cherché refuge en cette après-midi ensoleillée de septembre, Sœur Angèle prépare sa classe d\u2019application.En vue de l\u2019initier à la tâche d\u2019éducatrice qui incombe à la plupart des Missionnaires, on lui a demandé, à la leçon de pédagogie, d\u2019enseigner les sept demandes du Pater à des bambines de troisième année, rôle que les postulantes, elle le sait, rempliront très consciencieusement.Aujourd\u2019hui, des postulantes, oui, mais demain?.Et voici que tout à coup l\u2019érable sous lequel elle est assise se métamorphose en un gigantesque palmier, et que tout autour d\u2019elle surgissent des petits Noirs aux grands yeux éveillés et dont les menottes suppliantes se tendent vers le ciel: « Donnez-nous aujôurd\u2019hui notre pain quotidien.» La jeune novice en est là dans sa rêverie missionnaire lorsque soudain une voix près d\u2019elle la fait sursauter.« Ma Sœur, vous êtes demandée au parloir.» C\u2019est la Sœur portière, un peu essoufflée par sa marche précipitée à travers le bocage.Quelques minutes plus tard.Sœur Angèle pénètre au parloir.Une jeune fille mise avec élégance et sobriété l\u2019y attend.Aussitôt qu\u2019elle l\u2019aperçoit, elle vient à sa rencontre et, faisant^ne profonde révérence, dit avec une pointe de moquerie: « Je vous salue, ma révérende! \u2014 Claire ! En voilà une belle surprise, abstraction faite de cet accueil du moyen âge! Quel bon vent t\u2019amène?\u2014 Le vent de la Pentecôte, Angèle.Et, si éthérée que paraisse ma réponse, elle n\u2019est pas une parole en l\u2019air! \u2014 Tu m\u2019intrigues.Mais asseyons-nous; nous serons plus à l\u2019aise pour causer.\u2014 Merci.Je dois te dire d\u2019abord, Angèle, que ton départ pour le couvent, il y a deux ans, a causé toute une sensation dans le cercle universitaire.Tu rirais si je te citais quelques-uns des motifs qu\u2019on a prêtés à ce qu\u2019on appelait ton coup de tête.\u2014 Hum, un coup de cœur eût été plus juste.\u2014 De tête ou de cœur, je ne sais.Dieu le sait.Mais, farces à part, Angèle, je crois que la plus impressionnée de toutes fut ta vieille amie Claire ici présente.Je te connaissais trop bien pour ne pas être convaincue qu\u2019aucune des suppositions alléguées n\u2019approchait de la vérité.Aussi ton départ m\u2019a-t-il tout simplement mystifiée, pour ne pas dire déroutée.\u2014 Es-tu sérieuse ?riÉ Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 6 39 \u2014 Bien sûr que je le suis.Cela m\u2019arrive quelquefois, tu sais.Mais tu vas comprendre.J\u2019avais toujours cru, \u2014 un préjugé de famille peut-être, \u2014 que les Religieuses formaient une classe d\u2019êtres privilégiés qui naissaient l\u2019anneau au doigt, prononçaient le nom de Jésus à deux mois, s\u2019enfermaient dans un pensionnat dès l\u2019âge de raison et n\u2019en sortaient ensuite que pour entrer au couvent.\u2014 Ouf! Si je me souviens bien du procédé autrefois en usage, je soustrais neuf dixièmes d\u2019exagération de l\u2019énoncé et reste avec la formule simplifiée qui suit: « Je croyais que les Religieuses en général n\u2019avaient jamais connu ni aimé le monde (il n\u2019est pas ici question du monde au sens péjoratif) et que, vu leur éducation première et leur tempérament monacal, elles ne pouvaient faire autrement que d\u2019embrasser la vie religieuse.» \u2014 Bravo! Premier prix d\u2019intuition algébrique! Cette formule posée, imagine ma stupéfaction de te voir, toi, Angèle, entrer au couvent.Toi qui aimais la nature, les sports, le mouvement, enfin tout ce que la vie a de beau, d\u2019enlevant, de vivant! Toi qui jamais n\u2019avais été pensionnaire, qu\u2019on choyait à la maison, tu allais t\u2019enfermer entre quatre murs pour chanter des psaumes! \u2014 Halte-là, mon amie.Je t\u2019assure que pour une Missionnaire, ces quatre murs ne sont pas longtemps les mêmes et qu\u2019entre deux psaumes toute une vie d\u2019activité apostolique peut loger! \u2014 Cela se conçoit aisément.Mais pour que tu saisisses où je veux en venir, il me faut t\u2019avouer qu\u2019à l\u2019une de mes retraites de fin d\u2019année, il y a quatre ans, je m\u2019étais senti appeler à la vie religieuse; mais toujours à cause de ce fameux préjugé, je m\u2019étais persuadée que ce n\u2019était là qu\u2019une impression, une impulsion de retraite; que la vie religieuse n\u2019était pas pour moi; que Dieu réservait cette grâce sublime à des âmes privilégiées, des âmes plus grandes.NOVICES DANS LE BOCAGE. 640 Montréal LE PRECURSEUR Sepiembre-t^ctübre 1^48 \u2014 Oh! Claire, mais ce sont souvent les âmes les plus petites qui sont les privilégiées de Jésus.Et si Jésus t\u2019invitait, n\u2019était-ce pas te prouver que tu étais de ces âmes choisies ?\u2014 Oui, mais alors je n\u2019osais, ou peut-être serait-il plus franc de dire: j\u2019avais peur de le croire.Mais ton départ m\u2019a donné à réfléchir.« Angèle, me suis-je dit, avait les mêmes goûts, les mêmes intérêts que moi.Alors, si par hasard cet appel jadis entendu n\u2019était pas une illusion ?» J\u2019ai maintenant terminé mes études et me trouve à la croisée des chemins.Tu vois pourquoi je suis venue.Dis-moi, Angèle, est-tu heureuse ?\u2014 Heureuse?Oh! Claire, quelqu\u2019un a dit que si les gens du monde pouvaient se faire une idée du bonheur que l\u2019on goûte en communauté, les couvents et les monastères ne seraient pas assez grands pour les accueillir tous.Et si le bon Dieu a mis sur terre une échantillon du ciel, crois-moi, Claire, c\u2019est au couvent qu\u2019il faut l\u2019aller chercher.\u2014 Serait-il indiscret de te demander ce qui t\u2019a poussée à te faire Religieuse ?Est-ce ce même bonheur ?\u2014 Non, Claire, je ne le connaissais pas plus que toi.Sans cela, où donc serait l\u2019amertume du sacrifice ?Dis-moi, as-tu déjà réfléchi aux bienfaits sans nombre dont le bon Dieu t\u2019a comblée, à cette grâce insigne d\u2019être née au sein d\u2019une famille catholique, d\u2019avoir reçu une éducation et plus tard une instruction chrétiennes, d\u2019avoir été préservée de mille dangers du corps et de l\u2019âme, sans compter les marques de tendresse et d\u2019amour que tous les jours il te donne ?Et à cette pensée, n\u2019as-tu pas senti en ton âme le désir, le besoin de remercier, de donner en retour?Eh bien, voilà, Claire, dans toute sa simplicité, le motif de ma décision.Quid retribuam ! Ma ville, mes amies, mes parents, moi-même?Ce n\u2019était pas encore assez.Alors, j\u2019ai résolu de donner à Dieu l\u2019amour de toutes les âmes de la terre et je me suis faite missionnaire.\u2014 Ah! Angèle, si tu savais comme ce que tu me dis là me rassure et m\u2019encourage.Cet idéal qui est le tien peut tout aussi bien être le mien.Il n\u2019est pas au-dessus de mon âme; il est à la portée de toutes les petites âmes que Dieu invite ?\u2014 Oui, Claire, et si vraiment tu sens en toi-même cette soif de te donner pour les âmes, consulte ton directeur, puis viens, viens remercier avec moi Celui qui nous a tant aimées.» Et tandis que Claire monte à la chapelle converser avec Jésus et Marie de son grand projet.Sœur Angèle retourne à son travail, tout heureuse à la pensée que bientôt, peut-être, une nouvelle Missionnaire viendra se joindre à la blanche armée de l\u2019immaculée pour conquérir au Dieu d\u2019amour les pauvres âmes du monde païen.\u2022 \u2022 L\u2019amour de Dieu, l\u2019amour des âmes \u2014 ces deux grands aspects de la vertu de charité, deux aspects qui n\u2019en font qu\u2019un, \u2014 nous commandent également l\u2019apostolat; et pour nous formuler ce commandement, nous avons plus et mieux que des préceptes abstraits, nous avons un exemple vivant, nous avons l\u2019exemple du Christ, type accompli de l\u2019amour de son Père, type accompli de l\u2019amour des âmes, et, pour cette double raison, messager de Dieu auprès dps âmes. J(!a pag.e de à enfant à Mes Bons Petits Amis, Comment avez-vous aimé vos vacances ?Vous trouvez qu\u2019elles ont passé vite, n\u2019est-ce pas?.Mais vous êtes contents, tout de même, de reprendre vos classes.Il y a bien de la joie à s\u2019instruire.Pensez-vous parfois à tous ces pauvres enfants des pays païens qui n\u2019ont pas l\u2019avantage d\u2019être instruits?Qui, surtout, hélas! ne connaissent pas le Bon Dieu ?.Oh! comme il faut prier pour eux, et comme il faut savoir se sacrifier chaque jour, afin de partager avec eux le grand bonheur d\u2019être chrétiens!.Je veux, aujourd\u2019hui, vous présenter CASSE-NOISETTES ET SES AMIS La « Villa des Bouleaux » est un vaste chalet confortablement sis sur le bord d\u2019un lac tranquille.De ses larges fenêtres, l\u2019on peut admirer, d\u2019un côté, ie lac lui-même aux eaux vertes, bleues ou grises, selon les jours, et de l\u2019autre, une jolie petite colline, flanquée d\u2019arbres touffus dont la verdure aux multiples nuances est dominée par.le cône sombre d\u2019un pin gigantesque.Or, c\u2019est précisément dans un vieux nid de corbeau, douillettement rembourré de tendres mousses pour la circonstance, et juché à la cime de cet arbre séculaire, que naquit Casse-Noisettes et trois de ses frères-écureuils, par un beau jour de printemps, alors qu\u2019un radieux soleil faisait miroiter les eaux du grand lac et que les prés d\u2019alentour s\u2019égayaient de fleurs et de gazouillis.Une franche amitié devait s\u2019établir entre le joli petit animal au pelage roux et deux des jeunes hôtes de la Villa des Bouleaux; Luc et Colette.Mais, à cause de « Doudou », l\u2019énorme chat des enfants, que Casse-Noisettes fuyait d\u2019instinct, comme un grand ennemi de sa race et qui, cette année-là, malheureusement, avait été amené au chalet pour le temps des vacances, la rencontre entre les futurs amis ne se fit que l\u2019été suivant.C\u2019est donc pour cela que Casse-Noisettes est devenu un charmant écureuil d\u2019un peu plus d\u2019un an lorsque, du haut d\u2019une clôture, où il grignote une faîne, il aperçoit pour la première fois la petite Colette; celle-ci le voit aussi; et, le croiriez-vous ?.tous deux se trouvent de leur goût.La fillette sourit même si gentiment, que, malgré la menace d\u2019un grand râteau qu\u2019elle porte appuyé sur l\u2019épaule, Casse-Noisettes n\u2019a pas un seul instant l\u2019idée de fuir.Ce que voyant, la bambine met la main dans sa poche, en retire quelque chose et le lance à son nouvel ami en criant, joyeuse: « Tiens, c\u2019est pour toi, Casse-Noisettes! » 642 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 A'.-' %/ X' La fillette sourit si gentiment.Quand la pistache (car c\u2019en est une) atteint la clôture, le léger animal est déjà loin, et Colette, regrettant le geste malencontreux qui vient de l\u2019effaroucher, s\u2019en va toute triste.Quelle ne serait pas sa joie si elle pouvait voir, quelques minutes plus tard, Casse-Noisettes lui-même, cherchant et retrouvant la précieuse pistache et la plaçant en réserve dans une de ses abajoues.Il reste ensuite longtemps sur la clôture où il pense, sans doute, au nom si beau qu\u2019il vient de recevoir et qui sera le sien désormais; Casse-Noisettes!.Quelle joie d\u2019être nommé ainsi pour la première fois!.et par celle-là même qui, il le sent bien, est appelée à devenir sa meilleure amie parmi les humains.« Mais, pourquoi ne pas essayer de rejoindre cette gentille amie ?Peut-être a-t-elle encore quelques pistaches dont elle aimerait à soulager sa poche ?.» se dit tout à coup notre écureuil, et le voilà qui, par bonds rapides et légers, traverse le pfé fleuri, s\u2019engage allègrement sur la route grise et gagne bientôt les abords du chalet.C\u2019est l\u2019heure du souper et toute la famille se trouve réunie sur la véranda où se prend d\u2019ordinaire le repas du soir; une douce odeur d\u2019amandes grillées caresse agréablement le museau délicat de Casse-Noisettes et ne contribue pas peu à le rendre audacieux, au point de grimper jusque sur une petite tablette, servant de desserte, à quelques pieds seulement des convives.Personne ne s\u2019aperçoit d\u2019abord de sa présence; mais, lui, de ses yeux perçants, dévisage tout le monde.Celui que Colette nomme papa est un grand blond au regard empreint à la fois de fermeté et d\u2019indulgence.En face de lui, une jeune dame à la figure douce et tendre voit à ce que tous et chacun soient bien servis; c\u2019est la maman de Colette; celle-ci est assise à sa droite et Casse-Noisettes, du haut de son observatoire, peut constater combien elle ressemble à sa mère.Il remarque aussi que Luc, brunet de six ans, frère de Colette, n\u2019a pas un appétit de poulet du printemps.Roland, un petit cousin du même âge, est là aussi, en visite probablement; c\u2019est un garçonnet actif et travailleur que Casse-Noisettes se souvient d\u2019avoir déjà vu, un long balai en main, de l\u2019autre côté de la colline, en grands frais de nettoyage aux alentours de la maison paternelle. Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 6 .3 Cependant, Colette, venant à lever les yeux vers la fameuse tablette, aperçoit enfin l\u2019indiscret petit rongeur, qui, pour se donner un air sans doute, s\u2019est assis et se fait, avec ses pattes de devant, un brin de toilette.\u201d Oh! regardez donc! s\u2019écrie la fillette.C\u2019est Casse-Noisettes, j\u2019ensuis sûre!.Casse-Noisettes ?.-\tOui, un écureuil à qui j\u2019ai donné une pistache, cet après-midi.\u2014\t11 en veut d\u2019autres, sans doute, sourit papa, en lançant sur la desserte la plus savoureuse amande de noix piquée qu\u2019aient jamais dégustée les écureuils des environs.\u2014 Heureusement, j\u2019ai acheté aujourd\u2019hui même quelques livres de pistaches pour les enfants, nous lui paierons la traite, il est si gentil!.s\u2019écrie maman.Ce soir de bombance peu ordinaire devait marquer pour le petit amateur de noix et d\u2019amandes une ère de prospérité qui semblait ne jamais devoir finir.Pensez donc, durant cette première veillée seulement il ne fait pas moins de vingt voyages vers sa cache à provisions d\u2019hiver, dans l\u2019enfourchure d\u2019un gros chêne, au pied de la colline.Mais, si Casse-Noisettes s\u2019imagine, en son cerveau d\u2019écureuil, que c\u2019est là le bonheur sans fin dont il a entendu parler, un matin qu\u2019il écalait des glands, sur le bord de la fenêtre d\u2019une église durant un sermon, les premiers jours d\u2019automne viendront le détromper cruellement.Car, avec la rentrée des classes, toute la maisonnée de la Villa des Bou- L leaux retournera à la ville, laissant Casse-Noisettes à sa solitude et à ses désillusions.if.;» En attendant, toutefois, il n\u2019est aucun jour qui ne réserve pour lui des heures exceptionnellement délicieuses.Celle de la traite du soir devient vite une habitude à laquelle ni ceux qui donnent ni celui qui reçoit ne voudraient manquer.Parmi les autres, moins régulières mais tout aussi agréables, Casse-Noisettes aime particulièrement l\u2019heure où, caché dans les hautes branches d\u2019un arbre touffu, il assiste sans w, Casse-Noisettes se souvient de l\u2019avoir un long balai à la main.vu 644 Montréal LE PRECURSEUR Septembre-Octobre 1948 être vu aux ébats des enfants ou écoute leurs petites conversations souvent bien édifiantes.Ainsi, un jour de grande chaleur, alors que deux jeunes amies de Colette, Jeannine et Paule, se trouvent en visite à la Villa, après une partie de cache-cache animée, Colette propose un petit repos à 1 ombre du grand chêne.\u2014 Moi, je vais faire un tour de chaloupe, déclare Luc.Et il part sans plus de façon, laissant le trio de fillettes à leur babillage.\u2014 Sais-tu, Colette, que j\u2019ai reçu une belle lettre de ma tante, missionnaire en Chine ?demande tout à coup Jeannine.\u2014 Oui ?Quand ça ?\u2014 La semaine dernière.Tu aurais dû voir comme il y avait des timbres sur l\u2019enveloppe.Ça n\u2019en finissait plus!.\u2014 Elle te parlait des petits Chinois ?\u2014 Oui; et elle me demandait de ne pas oublier de prier, et d\u2019offrir des sacrifices afin de leur obtenir la grâce du baptême.\u2014 Oh! j\u2019ai presque oublié cela durant les vacances, avoue Paule.\u2014 Moi aussi, soupire Colette.\u2014 Ma tante disait justement: « Si tu les oublies parfois, recommence à les aider dès que tu y penses; il n\u2019est jamais trop tard pour secourir les malheureux! » \u2014 Alors, de s\u2019écrier Colette, mettons-nous-y pour de bon, Paule!.\u2014 Oui, c\u2019est cela, approuve celle-ci, et puisque les vacances achèvent, prenons des résolutions de générosité pour la prochaine année scolaire.\u2014 Maman m\u2019a dit souvent, affirme Colette, que les meilleurs sacrifices pour une écolière consistent à bien étudier et à bien obéir; c\u2019est facile.\u2014 Ça ne paraît pas difficile, affirme Jeannine, mais ça l\u2019est en grand.Il faudra donc prier beaucoup la sainte Vierge pour qu\u2019elle nous aide à être fidèles.C\u2019est justement ce que ma tante me disait en finissant sa lettre.\u2014 Oui, oui.Eh bien ! propose Colette, pourquoi ne dirions-nous pas chaque jour au moins un Ave Maria rien que pour cela ?\u2014 Ça c\u2019est une très bonne idée, Colette; alors, c\u2019est entendu, n\u2019est-ce pas, nous ferons de notre nouvelle année scolaire une belle, très belle année pour le rachat et le salut des enfants infidèles.Quelques jours plus tard, les trois amies se retrouvaient en classe, plus décidées que jamais à mettre leurs géné-Luc hart «v rha\u2019oupe\treuses résolutions en pratique.Ovrrl *onireal LE PRÉCURSEUR Septembre-Octobre 1048 645 à Casse-Noisettes, il fut grandement déçu du départ de ses amis de la Villa des Bouleaux, et, à partir de cette date, les provisions à emmagasiner pour l\u2019hiver furent beaucoup diminuées.Inutile de n'ous dire.Chers Petits Amis, que je désire de tout mon coeur vous voir prendre aussi, au début de cette année scolaire, de chantables résolutions en faveur de vos frères et sœurs des pays infidèles.Vous pouvez tant pour eux, avec l\u2019aide de la Sainte Vierge.Confiance donc! et générosité toujours!.Votre Grand Ami, Le Précurseur.LA PARABOLE DU GLAND Avez-vous déjà entendu raconter la parabole du gland ?L\u2019autre jour, je ramassai un tout petit gland et le plaçai contre mon oreille.Devinez ce que je lui ai entendu dire- « Plus tard, les oiseaux viendront bâtirl eurs md dans mes branches.Je servirai de bois de chauffage et répandrai de la chaleur dans bien des foyers.Je protégerai les bestiaux des ardeurs du soleil.L\u2019on se servira de moi dans la construction d\u2019immenses vaisseaux contre lesquels les vagues de l\u2019Atlantique viendront en vain se briser.\u2014 Comment, m\u2019écnai-je, toi, si faible, si insignifiant! Tu te crois capable de tout cela ?\u2014 Oui, repartit le gland.Dieu et moi.» Je pris un petit enfant et le serrai contre mon cœur.Savez-vous ce qu\u2019il m\u2019a dit « Plus tard, quand je serai grand et fort, j\u2019aimerai le Christ et j\u2019aiderai les Vis sionnaires, ou mieux encore j\u2019irai peut-être moi-même enseigner l\u2019amour de notre doux Sauveur aux peuples païens et j\u2019en conduirai un grand nombre au ciel.\u2014 Comment! lui dis-je, tu ferais cela, toi, si petit, si frêle ?\u2014 Oui, répondit l\u2019enfant avec un sourire, le Christ et moi.» {The Boston Ptlot.) LE SECOURS DE LA GRÂCE Quand il s\u2019agit de corriger les défauts d\u2019un enfant, de redresser ses penchants, de lui communiquer les énergies de la vertu, ni la discipline, ni les châtiments, ni les récompenses, ni l\u2019autorité du père, ni les larmes même de la mère, ni rien d\u2019humain ne suffit il faut une force divine! C\u2019est que tout enfant, si charmant qu\u2019il soit, étant un fils d\u2019Adam, est un être déchu il a une nature malade, un cœur et des sens inclinés au péché, une volonté débilitée: pour guérir cette maladie, pour résister à ces inclinations, pour réconforter cette faiblesse, il a besoin de ce remède, de ce frein, de ce secours qui s\u2019appelle la grâce! Si la grâce est nécessaire pour former l\u2019homme pleinement digne de ce nom, combien plus pour former le chrétien! Car le chrétien est une plante divine qui doit fleurir et fructifier pour le ciel.Il ne peut vivre et s\u2019épanouir sans une sève surnaturelle, sans une rosée céleste, sans les rayons d\u2019un soleil divin.Jésus-Christ est ce soleil c\u2019est lui qui réjiand cette rosée, qui fait couler cette sève.Il est l\u2019auteur et le dispensateur de la grâce.Cardinal Amette. Pienfaifâ be iïlarie Remerciement à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme O.Girard, Lachine.\u2014 Reconnaissance à Marie Immaculée pour bienfait reçu.Mme L.L.Montréal.\u2014Je viens remercier la très Sainte Vierge pour la grande faveur qu\u2019elle m\u2019a accordée.Anonyme.\u2014 Remerciement à Marie, Reine des Cœurs, pour faveur obtenue après promesse de publication.Je sollicite sa continuelle protection.Une abonnée.\u2014 Reçon-naissant merci pour grâce reçue.Mme H.McNicoll, Montréal.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme M.Sauro, Montréal.\u2014 Reconnaissance pour bienfait reçu par l'intercessiop de la Vierge Immaculée.Mme M.-A.Gourd, Ville-Emard.\u2014 Je viens remercier Marie, Reine des Cœurs, pour une grâce qu\u2019elle m\u2019a obtenue et lui demande la santé pour mon mari.Mme L.F.\u2014 Remerciements à la très Sainte Vierge pour faveur reçue.M.A.Micliell.\u2014 Reconnaissance à Marie pour logement trouvé.Mme S.Foisy, Montréal.\u2014J\u2019ai obtenu la grâce que je sollicitais; veuillez publier ma reconnaissance.Mme Roland Clément.St-Adolphe-de-Howard.\u2014 Reconnaissance à notre Mère du ciel pour bienfaits attribués à son intercession.Mme G.Vanier, Rosemont.\u2014 Une grande faveur obtenue par l'intercession de Marie, Reine des Cœurs: position longuement recherchée.Merci à la \\\u2019ierge toute bonne! Mme N.D., Montréal.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge pour faveur reçue, l'ne prière pour mon fils, s'il vous plaît.Une abonnée.\u2014 Luminaire en l'honneur de la Sainte Vierge, en action de grâces.Une abonnée de St-Ours.\u2014 Un grand merci à la Sainte Mère de Dieu pour la guérison de mon petit garçon très malade.Je demande ma propre guérison, je suis père de quinze enfants.H.L.\u2014 Merci pour faveur reçue.Une abonnée.\u2014 Je désire faire publier dans « le Précurseur » la faveur que la Sainte Vierge m'a obtenue.Mme A.Perreault, Joliette.\u2014 Remerciement pour faveur obtenue.Lîne prière pour ma santé et l\u2019accord dans notre famille.Mme M.M.P.\u2014 Hommage de gratitude à notre céleste Mère pour grâce qu\u2019elle m\u2019a accordée.Je recommande mon fils.Une abonnée.\u2014 Mon Ills a trouvé un emploi: veuillez publier ma reconnaissance dans « le Précurseur ».Une dame de Winooski.\u2014 Merci du cœur pour grâce reçue.Mme C.L.\u2014 Grand merci pour faveur obtenue.Mme Carrière.\u2014 Vive gratitude pour faveur obtenue par l\u2019intercession de la Sainte Vierge.Mme M.C.\u2014 Je m\u2019acquitte d\u2019une promesse en l\u2019honneur de la Sainte Vierge en reconnaissance d\u2019une faveur qu\u2019elle m\u2019a obtenue.Mme A.D.\u2014 Veuillez remercier avec moi notre bonne Mère du ciel pour sa protection.V.D.\u2014 Mon mari a trouvé du travail; je remercie de tout cœur la très Sainte Vierge.Mme R.H.\u2014 Vives actions de grâces pour de nouveaux bienfaits obtenus par l'intercession miséricordieuse de la Vierge Immaculée.Mme R.Colloman.\u2014 Remerciements à la Sainte Vierge et demande de nouvelles grâces.Mme J.P.\u2014 Reconnaissant merci pour faveur reçue.Je recommande un jeune homme menacé de surdité.Mme L.B.RECONNAISSANCES DIVERSES Reconnaissance à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus et à saint Jude pour faveur obtenue.Une abonnée de Montréal.\u2014 Remerciement à Marie, Reine des Cœurs, et à sainte Thérèse de Lisieux pour une grande faveur obtenue.Mme E.Michaud.\u2014 Grand merci à la Patronne des Missionnaires pour bienfait reçu par son intercession.Mme A.S., St-Ubald.\u2014Je m\u2019acquitte d\u2019une promesse en remerciement à sainte Thérèse pour guérison d\u2019un panaris.Mme A.Côté.\u2014 Je désire remercier sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus pour une grâce reçue.Mme E.P.\u2014 Un grand merci à la Sainte Vierge et à sainte Thérèse pour grâce spéciale.H.L.\u2014 Reconnaissant merci à la bonne sainte Anne pour guérison obtenue et demande d\u2019une autre faveur.Mme E.D.\u2014 Je remercie la bonne Vierge et les Ames du purgatoire pour faveur obtenue.Mlle M.G.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge et à sainte Thérèse pour faveur reçue.Mme A.Boily, Montréal.UNE messe est célébrée chaque semaine dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception aux Intentions de leurs abonnés au PRÉCURSEUR et de tous leurs bienfaiteurs vivants. m E â>oubene?=bous! Une jeune fille malade.Anonyme.\u2014 La conversion d\u2019une personne chère.Une abonnée.\u2014Je demande pour une seconde fois à Notre-Dame de Banneux, la Vierge des pauvres et des malades, ma guérison et celle de mon mari.Une abonnée.\u2014 Je réclame l\u2019aide de la Sainte Vierge dans une transaction en vue.Je lui recommande aussi un jeune ménage.Une abonnée.\u2014 Un père de famille menacé de ruine par suite de procédés malhonnêtes de la part d\u2019un avocat.Daigne la Sainte Vierge nous délivrer de cette épreuve.Une mère affligée.\u2014 La protection de la Sainte Vierge dans des affaires importantes; la santé et grâce d\u2019une bonne mort.M.G.D.\u2014 Demande de faveurs.Mme Albanie Ger-vais, St-Barthélemy.\u2014 Une jeune maman de vingt-sept ans, mère d\u2019un enfant de quatre ans et abandonnée de son mari.Anonyme.\u2014 Ma santé ainsi que celle de ma fille; la protection de la Sainte Vierge pour mon mari et mon fils.Mme C.A.\u2014 La guérison de nos petits enfants.Une abonnée, Coteau-Station.\u2014 La grâce de connaître ma vocation et la persévérance.Anonyme.\u2014 Prières instantes pour ma santé.Mme Léo Adam, Montréal.\u2014 La bonne conduite d\u2019une rnère de famille.Une abonnée, Montréal.\u2014 Une guérison.Une abonnée, Sorel.\u2014 lin fils disparu.Mme R.P., Montréal.\u2014Je demande ma guérison.Mme Laçasse.\u2014 Daigne Marie.Reine des Cœurs, m\u2019obtenir ma guérison.Mme A.Dumontier, Montréal.\u2014 Je recommande la guérison de ma petite fille malade à l\u2019Hôpital.Un abonné.\u2014 Je sollicite une très grande grâce: celle de ma guérison, car je suis paralytique et incapable de marcher.Mme A.Vaillancourt, Montréal.\u2014 Je recommande mon fils marié, malade et paralysé, père de quatre enfants.Une abonnée.\u2014 Une grande faveur vivement désirée.Une jeune fille.\u2014 La vente de notre terre, ma guérison et celle de mon garçon.L'ne abonnée.\u2014 Je réclame une part de vos prières à mes intentions.Une qui a confiance.\u2014 La guérison de mon fils.Une abonnée, Montréal.\u2014 Je recommande un jeune homme dont la conduite est déréglée.Une abonnée.\u2014 La grâce de pouvoir.faire vivre ma famille honnêtement; la santé pour nous tous.P.-H.S.\u2014 Une neuvaine, s\u2019il vous plaît, au sujet d\u2019un garçon qui semble s\u2019être égaré de ses principes religieux.Anonyme.\u2014 Je recommande mon mari qui prend de la boisson.Anonyme.\u2014 La santé pour un jeune homme revenu de la guerre avec une paralysie.Mme N.R.\u2014 La guérison de ma petite fille, sa vocation et autres intentions.Mme A.N.\u2014 Je demande des prières pour ma guérison; je suis une jeune maman malade depuis un an.Mme R.G.\u2014 La conversion d\u2019une personne qui m\u2019est chère.Mme B.P.\u2014 La guérison de mon mari souffrant d\u2019un mal au genou.Mme A.M.\u2014 La conversion de personnes chères.Anonyme.\u2014 La grâce de trouver un bon logement pour ma fille, mère de quatre petites filles.Anonyme.\u2014 Le recouvrement d\u2019un objet de valeur.Mlle M.-A.L.\u2014 La conservation de la vue pour un petit garçon et le succès de ses études.Mme A.G.\u2014 L\u2019obtention d\u2019une position pour mon fils; la guérison de ma petite fille épileptique; protection pour mes enfants; santé pour mon mari et moi-même.Mme H.J.\u2014 La santé pour mon pari et la vente de notre maison.Mme E.D., Montréal-Est.On demande des prières aux intentions suivantes: conversions, 4; guérisons, 25; positions, 2; intentions spéciales, 46.¦ 0B LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception Lampes du sanctuaire.$25.00 10 sous.Un lampion ou un cierge.75 sous pour une neuvaine.$ 2.00 pour un mois.20.00 pour une année. lionne?=lcur, â>eigneur, le repos étemel (D'après avis reçus jusqu'au 19 juillet) M.le curé R.Caron, Ste-Madeleîne d'Outremont; M l\u2019abbé A.Sénécal, Côte-Saint-Paul; M l\u2019abbé H Bouchard, Montreal; notre Soeur Marie-Immaculée {Alice Vanchestem, de St-Mîchel-de-Napierville), Missionnaire à Manille, Mme Amédée Caron, Pont-Viau, mère de notre Sœur Samte-Jeanne-de-Chantal, Mme Adélard Lefebvre, Montréal, mère de notre Sœur Saint-Charles-Borromée; M Georges Bilodeau, St-Pierre-Baptiste, père de notre Sœur Saint-Pierre-Chrysologue; M Philippe Bernier, East-Angus, père de notre Soeur Philippe-du-Sauveur, M J.-Léopold Blanchet, St-Vital de Lambton, père de notre S.p.CO \"C 05 P C SS - S-S 2 g «s g .2 s'e .\u2019C J! O < l 'M g Z © H e » > P O  H O 00 O w a C Service SPENCER Mme c.e.pellehek Un dessin est créé spécialement pour vous TOUS GENRES DE CORSETS, CEINTURES CHIRURGICALES, etc.Spécialiste en corseterie médicale 75, rue St-Jean, Québec - Tel.: 2-7553 ik FAVORISEZ NOS ANNONCEURS ET MENTIONNEZ « LE PRÉCURSEUR » expéxience de ving,t àiècleà « J'estime que dans la famille, comme dans l'Etat, la meilleure source de richesse est l'économie », disait Cicéron.L'expérience de vingt siècles confirme cette vérité.Faites-en votre profit.L'épargne et le placement méthodiques vous assureront l'indépendance.Mettez de côté régulièrement l'argent dont vous n'avez pas besoin tout de suite.Ouvrez un compte d'épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, environ $380,000,000 531 bureaux au Canada\t65 succursales à Montréal PRODUITS DE QUALITE LAIT CRÈME BEURRE CRÈME GLACÉE FRontenac 3121 LIMITEE ACCESSOIRES ELECTRIQUES en gros S63Z, av®.du Parc MONTREAL CA.5731 U h h U & Ûs Ûii y 5 t Q (f) h Z O Q O U CÛ v(y H DOMINION MOPS Manufacturier de vadrouilles a 'V kl -k» c O s to O -J CO Q O n S < K U U b U 00 CS in vo CS k -k» c 0 Ji Z 3 c 0 Si kl CS S U 0 n O 'T3 Ü CS X O k CS S a â S O Q I H w n D k VS SO 00 Tél.TAlon 3811 1247 EST, RUE JEAN-TALON MONTRÉAL ÉTATS-UNIS MARLBORO, Mass., 187 Pleasant St.Retraites fermées.Ouvroirs.(Fondée en 1946) EN CHINE CANTON, 135, Tai Sun Road (Fondée en 1909) École de catéchistes.Catéchuménat.École pour élèves chrétiennes et païennes.Orphelinat.Crèche.Ouvroirs.TO KOM HANT.Adresse postale: 135, Tai Sun Road, Canton Crèche Notre-Dame-de-la-Providence.Orphelinat.SHAMEEN École.SHEK LUNG, près Canton (Fondée en 1913) Léproserie.KOWLOON, 103, Austin Road, Hong Kong\t(Fondée en 1927) Procure et École.TSUNGMING, Mission Catholique, Nan Paochen, Kiangsu (Fondée en 1928) Orphelinat.Crèche et École, Ouvroir.Noviciat indigène « Sainte-Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus ».PAOCHEN, Kiangsu Dispensaire.SÜCHOW, Mission Catholique (Fondée en 1934) Formation de vierges indigènes.Dispensaire.EN MANDCHOURIE LEAOYUANSIEN, Mission Catholique (Fondée en 1927) Diepensaire.PAMIENTCHENG, Mission Catholique (Fondée en 1929) Dispensaire.Orphelinat.FAKOU, Mission Catholique (Fondée en 1930) Dispensaire.TAONAN, Mission Catholique (Fondée en 1931) Dispensaire.Pensionnat.SZEPINGKAI, Mission Catholique (Fondée en 1931) École Apostolique.Dispensaire.Noviciat indigène « Notre-Dame-du-Saint-Rosaire ».Pensionnat.TUNGLEAO, Mission Catholique (Fondée en 1932) Dispensaire.PAITCHENGTZE, Mission Catholique (Fondée en 1933) Dispensaire.KOUNGTCHOULING, Mission Catholique\t(Fondée en 1933) Dispensaire, AU JAPON KORIYAMA, 96, Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken (Fondée en 1930) Jardin de l\u2019Enfance.Œuvres de charité.WAKAMATSU, 480 sakae machi, Aizu Wakamatsu\t(Fondée en 1933) Jardin de l\u2019Enfance.Œuvres de charité.MANILLE, 2250, Juan Luna, Gagalangin École.1111, rue Narra.École Chinoise.AUX ILES PHILIPPINES >una, (Fondée en 1921) (Fondée en 1947) LAS PINAS, Rizal École.MATI, Davao École.Dispensaire.(Fondée en 1946) (Fondée en 1947) AUX ANTILLES LES CAYES, Haïti (Fondée en 1943) Dispensaire.École.Ouvroir.Refuge pour vieillards et enfants nécessiteux.LES COTEAUX, Haïti (Fondée en 1944) Dispensaire.École.ROCHE-A-BATEAU, Haïti (Fondée en 1945) Dispensaire.École.PORT-SALUT, Haïti (Fondée en 1947) Dispensaire.École.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.Procure pour les missions.\t(Fondée en 1925) AFRIQUE KATETE MISSION, Lelongwe P.O., B.E.Africa.Dispensaire.École.(Fondée en 1948) Bienfaiteurs de la Société des Soeurs Missionnaires de rimmacuiée-Conception 1.\t\u2014 Sont fondateurs ceux qui assurent à la Société un capital de $1,000.00 et plus.2.\t\u2014 Sont protecteurs ceux qui, par une somme de $500.00, pourvoient à l\u2019entretien d\u2019une novice pauvre.Une paroisse, une communauté ou une famille, en réunissant leurs aumônes, peuvent avoir droit à ces titres.Un diplôme de fondateur ou de protecteur est décerné aux personnes qui font les offrandes plus haut mentionnées.3.\t\u2014 Sont souscripteurs ceux qui versent une aumône annuelle de $25.00.4.\t\u2014 Sont associés ceux qui donnent la somme de $2.00 par an.La Société considère aussi comme ses bienfaiteurs, tous ceux qui, par une offrande quelconque, soit en argent, soit en nature, viennent en aide à ses oeuvres.Avantages accordés aux bienFaiteurs Tout en laissant à Dieu le soin de récompenser lui-même, selon leur générosité, leurs différents bienfaiteurs, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception leur assurent une participation aussi large que possible au mérite de leurs travaux apostoliques, ainsi qu\u2019aux prières et souffrances de tous les malheureux confiés à leurs soins.En outre, les bienfaiteurs ont droit aux avantages spirituels suivants: 1° Un souvenir particulier dans toutes les messes entendues et les communions faites par les religieuses; 2° Une messe chaque mois à leurs intentions; 3° Tous les vendredis et dimanches de l\u2019année, les religieuses, se succédant auprès du Saint Sacrement exposé dans la chapelle de leur maison-mère, offrent l\u2019heure d\u2019adoration tout entière aux intentions de leurs bienfaiteurs (les noms des fondateurs et des protecteurs sont déposés sur l\u2019autel de l\u2019exposition) ; 4° Aux mêmes fins, est faite tous les jours, par les membres de la communauté, la Garde d\u2019honneur de Marie, laquelle consiste dans la récitation ininterrompue du Rosaire au pied de l\u2019autel de la Sainte Vierge.Cette Garde d\u2019honneur est faite aussi en Chine, à la léproserie de Shek Lung.Là, les pauvres lépreuses se succèdent, par groupes de quinze, pour offrir à l\u2019intention des bienfaiteurs de la Société, les prières du saint Rosaire; 5° Un service est célébré, chaque année, pour les bienfaiteurs défunts; 6° Aux bienfaiteurs défunts est aussi appliquée une participation aux mérites du chemin de la Croix fait chaque jour par les religieuses; 7° Chaque semaine, dans la chapelle des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, deux messes sont célébrées spécialement pour les abonnés au Précurseur et les bienfaiteurs vivants et défunts.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.IMPRrMERieOU MESSAGER, MONTr£aL\t11 "]
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