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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mars - Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1945-03, Collections de BAnQ.

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[" m w XIII, 26® année Montréal, Mars-Avril 1945 AU CANADA MAISON-MÈRE, 2900, chemin Ste-Catherine, Montréal 26 (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison-Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire: Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9 OUTREMONT, Montréal 8, P.Q., 314, chemin Sainte-Catherine Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière, Montréal 1 Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Œuvre de la Sainte-Enfance.VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.Cours privés de français, d\u2019anglais, de musique et de peinture.VILLE DE JOLIETTE, 750, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du Saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, rue Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir pour les missions.Jardin de l\u2019Enfance.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.VILLE DE GRANBY, 35, rue Dufferin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronage pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.École.Jardin de l\u2019Enfance.CHICOUTIMI, 61, rue Jacques-Cartier (Fondée en 1930) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Patronage pour jeunes filles.VILLE DE GRANBY, 279, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.École Maternelle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) Retraites fermées pour dames et demoiselles.VILLE DE SAINT-JEAN, P.Q., 430, rue Champlain (Fondée en 1935) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Ouvroir.\tsuivre à la page 3 de la couverture) Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 Prière d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de i\u2019Immaculée-Conception à soutenir leurs œuvres en leur procurant du travail ES Sœurs Missionnaires de l\u2019Immacu-LÉE-CONCEPTION Ont un atelier d\u2019ornements d\u2019église et de lingerie sacrée, pour le soutien de leur Maison - Mère et de leur Noviciat.Qu\u2019on veuille bien remarquer que les missionnaires doivent subir une préparation de plusieurs années avant de pouvoir aller travailler dans les champs de l\u2019apostolat.A des conditions faciles, on peut se procurer à l\u2019atelier des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Montréal, les articles mentionnés dans la page intitulée « Encourager notre atelier.» En outre, on peint sur commande des bouquets spirituels de toutes sortes, calendriers avec images de la Sainte Vierge, de la sainte Famille, de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, de sainte Bernadette Soubirous et des missions, souvenirs de première communion et confirmation, ainsi que brassards, scapulaires, Agnus Dei, insignes pour congrégations, monogrammes, tableaux divers, coussins et différents objets de fantaisie.On fait aussi les Enfants-Jésus en cire de toutes grandeurs.On recommande d\u2019une manière toute spéciale les broderies et dentelles de Chine.Ces dentelles sont fabriquées par les orphelines chinoises.En encourageant ces ventes, l\u2019on coopère au salut de tant de jeunes païennes qui reçoivent dans les ouvroirs catholiques, avec le gain de la vie, la lumière de la foi. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avnl 1945 Encourager notre atelier c\u2019est venir en aide à nos missions Nous confectionnons tous les ornements sacerdotaux: chasubles, dalmatiques, chapes, voiles huméraux, étoles et bourses de salut.Forme: romaine, française et ample.Rochets, aubes et surplis en toile fine avec dentelle guipure ou dentelles faites à la main, filet brodé et dentelle aux fuseaux.Tapis d\u2019autel en feutre vert ou rouge.Voiles de ciboires et de tabernacles.Signets pour bréviaires et missels.Bouquets spirituels de fête et mortuaires.Soutanes pour enfants de chœur.Barrettes et plastrons.Colliers et bandes en velours rouge pour « Ligue du Sacré-Cœur ».Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord en cuivre verni or.Frange or mi-fin au bout flottant.Grande variété de bannières et dais confectionnés à notre atelier.Description et prix donnés sur demande.Amicts.$18.00\tla\tdouz.Corporaux.10.00\t»\t» Purificatoires.7.00\t»\t» Manuterges.6.00\t»\t» Pales.5.50\t»\t» Lingerie d\u2019autel ENFANTS-JÉSUS EN CIRE 7 9 12 14 Longueur 5 pouces.» » $ 3.00 .\t5.00 .8.00 14.00 .16.00 Longueur 16 pouces.18 » 20 » 22 » $20.00 .25.00 30.00 35.00 Taxe de vente et frais de poste et d\u2019emballage en PLUS.La taxe est de 2% dans la province de Québec et de 4% dans la ville de Montréal.Les Fabriques en sont exemptées.Nous fournissons les hosties aux Fabriques et aux Institutions religieuses, aux prix suivants : Petites.$1.20 le mille Grandes.0.40 » cent Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avnl 1945 MOYENS PRATIQUES d\u2019aider les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception En contribuant par des aumônes à : Chapelle de la Maison-Mère Construction de chapelles en pays de missions Entretien annuel de la lampe du sanctuaire dans nos maisons du Canada et en pays de missions .$ Fondation d\u2019une bourse pour le soutien d\u2019une Sœur missionnaire .\t.\t1 Entretien annuel d\u2019une vierge catéchiste Entretien et instruction annuels d\u2019une orpheline Fondation d\u2019un berceau à perpétuité Soins annuels d\u2019un lépreux ou d\u2019une lépreuse Entretien mensuel d\u2019un berceau.Rachat d\u2019un bébé viable.\t.Rachat d\u2019un bébé moribond.Entretien mensuel d\u2019une Sœur missionnaire Entretien mensuel d\u2019une novice se préparant pour les missions.S\u2019abonner au Précurseur .\t.25.00 ,000.00 50.00 40.00 200.00 60.00 5.00 5.00 0.25 10.00 15.00 1.00 ABONNEMENT AU « PRECURSEUR » La revue Le Précurseur paraît tous les deux mois.Prix d\u2019un abonnement de bienfaiteur: $1.00 par année.Prix d\u2019un abonnement ordinaire : 60 sous par année, 10 sous l\u2019exemplaire.Adresse : 2900, chemin Sainte-Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal 26, Canada.Abonnement à vie: $20.00 AVIS.\u2014 Nos abonnés qui changent de domicile voudront bien faire parvenir à l\u2019Administration du Précurseur leur nouvelle adresse avec l\u2019ancienne, ou mieux encore renvoyer l\u2019enveloppe elle-même avec l\u2019adresse corrigée. Notice de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception {Premier Institut missionnaire canadien) Origine.\u2014 Cet Institut, destiné aux missions étrangères, fondé par la très révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit (Marie-Délia Tétreault, de Marieville, comté de Rouville), débuta le 3 juin 1902, à Notre-Dame-des-Neiges, Montréal, sous le bienveillant patronage de Son Excellence Mgr Paul Bruchési et sous la direction de l\u2019abbé Gustave Bourassa.Le 1\" mai 1903, la Communauté naissante se transporta au numéro 27, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Le 7 décembre 1904, Mgr l\u2019Archevêque de Montréal, se trouvant à Rome pour prendre part aux fêtes du cinquantenaire de la proclamation du dogme de l\u2019immaculée Conception, soumettait à Sa Sainteté Pie X l\u2019œuvre projetée.« Fondez, Monseigneur, lui dit alors l\u2019auguste Pontife, et toutes les bénédictions du ciel descendront sur le nouvel Institut, auquel vous donnerez le nom de Société des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.» Le 8 août 1905, anniversaire de sa consécration épiscopale.Son Excellence Mgr Bruchési recevait les vœux des deux premières religieuses et donnait le saint Habit à trois postulantes.En 1909, sur l\u2019appel de Son Excellence Mgr Mérel, vicaire apostolique du Kouang-Tong, la Société ouvrait à Canton, Chine, sa première maison.En 1913, la Mission catholique lui confiait l\u2019importante Léproserie de Shek Lung, et en 1916 le gouvernement chinois lui donnait la direction d\u2019une nouvelle Crèche à Tong-Shan, près Canton b But de la Société.\u2014 Le but de la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception est la propagation de la foi chez les nations infidèles, en esprit d\u2019action de grâces.En conséquence, chaque sujet, par l\u2019émission des vœux dans la Société, voue à Dieu ses forces et sa vie à l\u2019extension du règne de Jésus-Christ et de son Immaculée Mère, comme un holocauste de perpétuelle reconnaissance, tant en son nom qu\u2019en celui de tous les hommes.Esprit de la Société.\u2014 Les vertus qui doivent caractériser les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, sont: la reconnaissance, l\u2019humilité, l\u2019obéissance, la charité, la joie spirituelle, l\u2019amour du travail et de la vie cachée, l\u2019esprit de foi et de prière, le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.Œuvres en pays infidèles.\u2014 L\u2019exercice de toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle: instruction des enfants indigènes, des catéchumènes et des néophytes; formation de religieuses indigènes et de vierges catéchistes, assistance des mourants païens et chrétiens; crèches, orphelinats, écoles de gardes-malades, écoles industrielles, ouvroirs, dispensaires, léproseries, etc.Œuvres en pays chrétiens.\u2014 Diffusion des Œuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi, ainsi que des revues faisant connaître les missions.1.Voir adresses des autres Missions sur la couverture. Montréal LF PRÉCURSEUR Mars-Avril 1945 Création d\u2019écoles apostoliques ou maisons de recrutement.Procures où l\u2019on reçoit les dons en argent et en nature pour les missions.Ecoles pour les enfants des nations idolâtres résidant au pays; direction de cours spéciaux pour les adultes païens; instruction religieuse des catéchumènes et assistance des mourants chinois, nègres, etc.Ligues de prières et de sacrifices pour l\u2019extinction des sociétés antireligieuses.Retraites fermées pour les dames et les jeunes filles.Exercices spirituels.\u2014 Persuadées que la piété est l\u2019aliment de la charité et du zèle, et qu\u2019elle est indispensable aux oeuvres qui leur sont propres, les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception joignent la vie contemplative à la vie active.Elles vaquent aux exercices suivants: Audition de la sainte messe.Oraison matin et soir.Lectures spirituelles.Récitation du rosaire en commun.Chemin de la croix en commun.Retraites mensuelles et annuelles.Heures d\u2019adoration devant le Saint Sacrement exposé; chaque dimanche et vendredi de l\u2019année et à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge, le Saint Sacrement est exposé toute la journée.Il est aussi exposé tous les jours de l\u2019année dans les lieux où l\u2019Ordinaire du diocèse le désire.Fêtes principales.\u2014 La Pentecôte et l\u2019immaculée Conception.Conditions d\u2019admission au Noviciat.\u2014 La première des qualités exigées des aspirantes au Noviciat est un ardent désir de se dévouer à l\u2019CEuvre des Missions.Elles doivent y ajouter certaines qualités naturelles: jugement sain, droiture, simplicité, générosité et force de caractère.L\u2019Institut ne comptant qu\u2019une seule catégorie de religieuses, toutes, par des aptitudes spéciales, doivent être en condition de se rendre utiles.Les jeunes personnes qui n\u2019ont pas fait des études complètes sont admises pourvu qu\u2019elles aient une instruction au moins élémentaire et qu\u2019elles possèdent d\u2019autres aptitudes, telles que: science du ménage, de la cuisine, de la couture, etc., ou encore qu\u2019elles aient des connaissances de la musique ou de la peinture.Les aspirantes sont aussi tenues de produire les certificats suivants: extraits de baptême et de confirmation, billet de recommandation de leur curé ou de leur confesseur, certificat de santé du médecin et consentement écrit des pdrents si le sujet est mineur.La durée du postulat est de six mois, celle du noviciat de deux ans.Pendant le Noviciat, les novices étudient la vie religieuse, s\u2019exercent à la pratique des vertus, s\u2019imprègnent de l\u2019esprit de l\u2019Institut, en apprennent les règles et usages et se préparent de loin à la vie apostolique à laquelle elles se destinent.La durée des vœux annuels est de trois ans.Pendant les vœux annuels, les jeunes professes se préparent plus directement à la vie de mission.A l\u2019expiration des trois années des vœux annuels, la professe se consacre irrévocablement à Dieu par l\u2019émission des vœux perpétuels.?* ?Le mars 1925, l\u2019Institut des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception recevait de Sa Sainteté Pie XI un Bref de louange et l\u2019approbation de ses Constitutions, et le 7 mars 1933, l\u2019Institut recevait du Saint-Siège son approbation définitive ainsi que celle de ses Constitutions.Le 14 mars 1933, l\u2019éminentissime cardinal Pierre Fumasoni-Biondi, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, fut nommé protecteur de l\u2019Institut, en remplacement de S.Em.le cardinal G.Van Rossum, décédé le 30 août 1932. tt Ô NOTRE MÈRE, PROTÉGEZ TOUS NOS BIENFAITEURS » Bulletin des ^œurs iîltoionnaireg be rSmmaculée^Conception Publié avec l\u2019aulorisalion de Monseigneur VArchevêque de Montréal Vol.XIII, 26° année Montréal, Mars-Avril 1945 SOMMAIRE TEXTE Montrez-nous Jésus.\tLa Rédaction La vie de saint Joseph.\tLa Rédaction Fleurs à saint Joseph Avenir prometteur pour les Missions\tCanadian Register Le prix du temps .\tP.B.Vercruysse, S.J.Notice biographique de la très révérende Mère Marie- du-Saint-Esprit.\t.\tLa Rédaction Promis\t.\tLa Rédaction Avec Lui, par Lui\tLa Rédaction Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, Patronne des Missionnaires\tPaul Destombes, Miss.A post.Le bienheureux Théophane Vénard ., Echos de nos Missions.Extrait des Chroniques du Noviciat.La Page des Enfants Reconnaissance \u2014 Recommandations Chanoine F.Trochu Nécrologie La Rédaction No 2 67 69 71 74 78 80 85 88 90 93 95 119 124 128 GRAVURES Enfants chinois priant pour nos bienfaiteurs.\t(hors-texte) Saint Joseph.\t.\t66 Modèle des chefs de famille .70 Mlle Délia Tétreault, à 18 ans.\t82 En veillée .\t.\t.86 La glorieuse Patronne des Missionnaires\t.\t90 Dans le parterre de la Léproserie, Shek Lung, Chine .\t95 Les ravages de la lèpre.\t96 A la porte de la Mission de Canton, Chine\t.\t.\t99 Maman chinoise.\t.\t100 Les petites orphelines de Canton à la prière du matin .103 Sous le ciel du Japon.\t.\t106 Maison des Sœurs Missionnaires de ITmmaculée-Conception à Kagoshima, Japon.\t107 Quelques malades de « La Charité, s\u2019il vous plaît », les Cayes, Haïti 110 L\u2019Ecole en construction à « La Charité, s\u2019il vous plaît »\t.\t112 Gigantesque cocotier, aux Cayes.\t113 Mgr Bertoli à l\u2019Oratoire Saint-Vincent-de-Paul, Les Cayes.\t114 S.Exc, Mgr J.-L.Collignon, Mgr Bertoli et les Sœurs Missionnaires de rimmaculée-Conception, Les Cayes\t.\t115 Mère chrétienne.125 I if % r if f f f f f \u2022amte Cïjérège ïre r\u20acnfant=5^sus PATRONNE DES MISSIONS {Suite} Ce faisant, l\u2019apôtre verra « sa tâche simplifiée » ; en s\u2019occupant intérieurement de s\u2019unir de plus en plus à Dieu, le reste, c\u2019est-à-dire l\u2019accès aux âmes et leur sanctification, lui sera donné par surcroît; \u2014 « Demeurant sous l\u2019influence divine, jamais il ne sera tenté de rendre les armes.Notre-Seigneur lui-même parlera par lui, et la lumière se lèvera dans les ténèbres pour les cœurs droits ».Thérèse écarte donc le naturalisme pratique qui ne mettrait pas suffisamment Dieu au principe de l\u2019activité apostolique par la négligence de la vie intérieure.Elle met aussi l\u2019apôtre en garde contre un autre danger, non moins fréquent dans le ministère, la recherche de soi, la substitution du ministre au Maître dans l\u2019œuvre de la foi.Elle pose le principe: « On ne peut faire aucun bien en se recherchant soi-même.» \u2014 « L\u2019apôtre n\u2019a donc pas à essayer d\u2019attirer les âmes à soi » ; \u2014 « sa mission est de les conduire à Dieu » et « par les voies de Dieu ».« Il faut absolument oublier ses goûts, ses conceptions personnelles, et guider les âmes, non par son chemin à soi, mais par le chemin particulier que Jésus indique.» Dans ce respect de l\u2019intention droite, Thérèse voit l\u2019occasion de grandes souffrances pour l\u2019apôtre.Elle en voit encore d\u2019immenses dans cette nécessité de s\u2019adapter sans cesse aux âmes: « Il y a entre elles une différence extrême.» Certes il ne faut pas se plier à leurs caprices et fantaisies: « nul n\u2019est bon juge dans sa propre cause », et les âmes ignorent souvent la méthode et les remèdes qui leur conviennent, mais l\u2019apôtre doit sans concession ni faiblesse discerner la pente secrète des âmes, leurs dons de nature et de grâce, leurs aptitudes profondes et il doit s\u2019y conformer.En entrant dans les âmes, il pénètre dans « un sanctuaire ».L\u2019apôtre s\u2019immolera encore en vivant dans une grande liberté de cœur, dans un détachement complet de tous les biens, même des biens de l\u2019esprit et du cœur.Et la sainte de noter finement que « les pensées profondes et personnelles, les flammes de l\u2019intelligence et du cœur forment une richesse à laquelle on s\u2019attache comme à un bien propre, auquel personne n\u2019a le droit de toucher.Pourtant nos pensées ne sont pas notre propriété, elles appartiennent à l\u2019Esprit-Saint, non à nous, puisque saint Paul assure que nous ne pouvons, sans cet Esprit d\u2019amour, donner à Dieu le nom de Père ».Ce dégagement de soi n\u2019implique pas pour autant la destruction de la vraie personnalité de l\u2019apôtre; bien au contraire, il permet la mise en œuvre de toutes les ressources humaines au service de Dieu.Thérèse, en effet, ne dédaigne point les qualités humaines; elle les veut seulement purifiées, et Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avii! 19^5\t91 dirigées par l\u2019inspiration divine.A l\u2019entendre, l\u2019apôtre doit jouir d\u2019une grande pénétration psychologique qui lui fasse deviner les âmes, comme elle savait le faire! « Il est des novices assez candides pour croire que je lis dans leur âme, parce qu\u2019il m\u2019est arrivé de les prévenir en leur révélant, sans révélation, ce qu\u2019elles pensaient.» Il doit rester ferme devant les petites habiletés des âmes qui essaient « de se raccrocher aux branches » quand on semble atténuer les vérités de la veille, « ne pas se laisser attendrir au point de se tourmenter d\u2019avoir fait de la peine »; « un mot pourrait alors détruire le bel édifice construit dans les larmes.» \u2014 « Il ne faut pas que la bonté dégénère en faiblesse.» L\u2019apôtre doit jouir de l\u2019estime pour agir efficacement.« Si je passais, ajoute-t-elle, aux yeux de la communauté pour une religieuse incapable, sans intelligence ni jugement, il vous serait impossible, ma Mère, de vous faire aimer par moi.» (A suivre) EO El DE (©uelquesi ros^eô effeuiUéeisi par la ^Patronne Îieîf ÜlisiÊÜonnaiceë ! Reconnaissance pour faveur obtenue par l\u2019intercession de sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus.Mme A.Bourassa, Granby.\u2014Sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, que l\u2019on n\u2019invoque jamais en vain, m\u2019a gratifiée de faveurs signalées; je l\u2019en remercie de tout mon cœur.Mme H.de Champlain, Rimouski.\u2014 Remerciements à sainte Thérèse de Lisieux pour sa constante protection sur nous.M.et Mme A.Tétreault, Village-Richelieu.\u2014 Merci reconnaissant à la chère Patronne des Missionnaires pour les faveurs qu\u2019elle m\u2019a obtenues.Je sollicite sa constante protection et une grâce spéciale.Mme A.Mallette, Montréal.\u2014 Remerciements à sainte Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus et demande de prières pour ma guérison.Mme R.Tellier, Salem, Mass.* * * LE ROC DE PIERRE Notre époque, que nous pourrions bien appeler apocalyptique, voit la décadence de pouvoirs, d\u2019ordres et de systèmes humains existant depuis des siècles.Sans doute, de grands changements politiques et sociaux produisent ordinairement de profondes conséquences extérieures sur l\u2019Église; mais ils ne peuvent jamais toucher à sa vie.La divine Providence a levé sa main protectrice sur Nous.A cette Providence, Nous Nous abandonnons avec confiance pour l\u2019avenir.Les tempêtes violentes pourront démolir les temples de pierre, symboles de l\u2019Église, elles pourront demander le sacrifice de vies humaines, et nous tous, sans doute, serions prêts, si Notre-Seigneur^le veut, à immoler notre vie, cette courte vie mortelle, pour nos frères.Mais l\u2019Église et la Papauté, nous en avens de sûres garanties dans la promesse divine, c\u2019est le roc de Pierre.*\tPie XII.* * VISITES AU « SÉPULCRE » LE JEUDI SAINT Aux fidèles qui, le Jeudi Saint et les premières heures du Vendredi Saint, visiteront dévotement le Saint Sacrement au Reposoir ou Sépulcre \u2014 comme on dit communément \u2014 en récitant chaque fois cinq Pater, Ave et Gloria en action de grâces pour l\u2019institution de la Sainte Eucharistie, et un autre Pater, Ave et Gloria aux intentions du Souverain Pontife, il est concédé: Indulgence de 15 ans à chaque visite; Plénière, une fois chaque jour moyennant la confession et la communion.(Semaine Religieuse de Montréal.) 92 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 Poursie be ê>amL3ro£iepb Pour l\u2019entretien d\u2019une missionnaire Une bourse est une somme d\u2019argent dont l\u2019intérêt crée une rente perpétuelle pour le soutien d\u2019une missionnaire.La religieuse, dont le soutien est assuré par la fondation d\u2019une bourse, devient pour la vie la missionnaire du donateur ou de la donatrice et tient sa place auprès des pauvres infidèles.Les fondateurs des bourses participent à tous les avantages spirituels de la communauté.La somme de $1,000.00, donnée en un ou plusieurs versements par une ou plusieurs personnes, forme une bourse complète.Offrandes reçues pour la « Bourse de Saint-Joseph » Mai-juin 1944 Juillet-août.Septembre-octobre Novembre-décembre Janvier-février 1945 $176.04 70.50 34.00 13.25 103.70 Toute offrande pour cette Bourse sera reçue avec la plus vive reconnaissance.Adresse : Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, 2900, chemin Sainte-Catherine, Côte-des-Neiges, Montréal, 26.LA GLOIRE DE SAINT JOSEPH Au xvp siècle, alors que notre saint Patriarche, presque aussi caché dans l\u2019Eglise que dans l\u2019obscur atelier de Nazareth, ne recevait que les hommages discrets d\u2019un petit nombre d\u2019âmes d\u2019élite, un célèbre dominicain, Isidore de Isolano, écrivait ces paroles remarquables: « On entendra un jour, dans l\u2019Église militante, un cri de triomphe et des transports de joie, lorsque les peuples chrétiens connaîtront la sainteté de Joseph.Dès ce jour, l\u2019Esprit-Saint ne cessera de solliciter les cœurs des fidèles, jusqu\u2019à ce que l\u2019Empire tout entier de l\u2019Église militante donne au culte de saint Joseph une splendeur nouvelle, qu\u2019il bâtisse des monastères et des églises et qu\u2019il érige des autels en son honneur.Ses fêtes seront célébrées avec solennité.Le Seigneur lèvera enfin les voiles, et l\u2019on admirera les dons intérieurs cachés en saint Joseph; on trouvera en lui un trésor d\u2019un ineffable prix, car les richesses et l\u2019abondance des dons spirituels ont brillé en lui d\u2019un éclat unique.» Ces paroles prophétiques reçoivent, sous nos yeux, la plus consolante réalisation.Aujourd\u2019hui, selon la pensée de l\u2019immortel Pie XI, le culte de saint Joseph occupe, dans la liturgie et dans la dévojion populaire, la place qui lui appartient et qu\u2019ii aurait toujours dû tenir.Or, l\u2019Église militante ne fait que refléter, dans son culte, les splendeurs de l\u2019Église triomphante.« Là, dit le pieux Gerson, le serviteur qui s\u2019est tenu le plus près de son Maître, aux jours de l\u2019épreuve, est maintenant, après sa divine Épouse, le plus rapproché de son trône dans le triomphe.» Chanoine A.Weber.* * * Une âme ne saurait être vraiment catholique si elle n\u2019éprouve pas le besoin de gagner des âm is à Dieu et de sauver ceux qu\u2019elle aime.P.Faber. He bicnfjeureux ÎE^Ïjéopfjane l^énarïi par M.le chanoine Trochu (Suite) maître de la jonque connaissait assurément ces cruelles prescriptions.Aussi ne respirera-t-il qu\u2019après avoir déposé les deux passagers au visage pâle.En attendant, le bateau fit escale en un lieu nommé Cua-cam, où se fait la contrebande chinoise.Le capitaine du navire, contrebandier lui-même à ses heures, n\u2019ignorait pas que l\u2019endroit était particulièrement surveillé.Il ne fut donc pas très étonné de voir monter à bord le mandarin de l\u2019endroit et des soldats de son escorte.Heureusement, quelques taëls glissés à propos rendirent l\u2019inspection peu sévère.Le mandarin longea sans défiance aucune la soupente où se tenaient les missionnaires.« Nous pûmes, a écrit Théophane, considérer son personnage à travers les fentes de la cloison.Le renard n\u2019a pas senti le nid.» Si nos deux voyageurs eussent quitté un jour plus tard la jonque chinoise, Théophane, qui sait ?n\u2019eût jamais foulé le sol de sa « nouvelle patrie ».En déchargeant le navire, quelqu\u2019un de l\u2019équipage avait eu la langue trop longue.Le lendemain, les gens du mandarin revinrent et fouillèrent cette fois de fond en comble toutes les jonques qui mouillaient dans le petit port.Grâce à Dieu, les missionnaires étaient loin.Le soir même de leur débarquement \u2014 c\u2019était le 23 juin 1854 \u2014 des catéchistes, riverains du fleuve, prenant dans un bateau léger les deux missionnaires, les conduisirent à la résidence de Mgr Hilarion Aleazar, dominicain espagnol et coadjuteur de Mgr Hermozilla, vicaire apostolique du Tonkin oriental.Les premiers prédicateurs du christianisme au Tonkin avaient été des missionnaires portugais.Leur œuvre d\u2019évangélisation, commencée en 1587 et bientôt abandonnée, était reprise en 1624 par un Jésuite français, le P.Alexandre de Rhodes.Trente-cinq ans plus tard, par un bienfait de Dieu, la Société des Missions-Étrangères de Paris s\u2019implantait au Tonkin, qui bientôt était divisé en deux vicariats apostoliques.A la fin du xvii® siècle, la Société laissait à des dominicains espagnols le vicariat oriental qui possédait déjà une centaine d\u2019oratoires ou d\u2019églises.Des évêques éminents dirigèrent au siècle suivant la partie occidentale demeurée aux missionnaires de France.Peu à peu ce vicariat reçut une organisation spéciale, pratique et forte, et qui subsistait encore sans modification notable au temps où Théophane Vénard abordait aux rives tonkinoises.C\u2019est, comme l\u2019écrira Mgr Retord, une mécanique très habilement faite.Là, tout repose sur une institution centrale, appelée du nom très expressif de Maison de Dieu, sorte de communauté très stable mais sans vœux.Le vicaire apostolique groupe autour de lui missionnaires, prêtres indigènes, catéchistes, domestiques, tous attachés à la mission pour leur 94 Montréal LE PRECURSEIR Mars Avril U>45 vie entière.Tout appartient à la Maison de Dieu - hommes et ressources, tout y va, tout en sort.C\u2019est un corps très uni, par suite très résistant, sous un commandement unique, et dont tous les membres se prêtent une mutuelle assistance.Les dominicains espagnols avaient eux-mêmes adopté l\u2019organisation de leurs collègues de France.Et grâce à cette méthode, ainsi que le disait, dès 1671, Mgr Deydier, l\u2019un des premiers évêques du Tonkin, les roses croissent parmi les épines.Malgré les édits du roi, la perte des biens, les bastonnades, les prisons, il se fait tous les jours de nouveaux chrétiens par un miracle continuel de la grâce.En 1854, année de l\u2019arrivée de Théophane, le seul vicariat du Tonkin occidental comptait environ 180,000 baptisés.La Propagande avait dû d\u2019ailleurs scinder le territoire confié à Adgr Retord et créer pour son ancien coadjuteur, Mgr Gauthier, lui-même chef intrépide, un vicariat du Tonkin méridional, avec 70,000 catholiques.(A suivie) ?= VQVt}, mon 3BiEU î {Cette firière a été trouvée sur un soldat américain inconnu, tué au front.Elle est parvenue au P.Gérald Lachance, P.B , prêtre américain, maintenant en Afrique.) Voyez, mon Dieu, le ne vous ai jamais parlé.Mais maintenant je veux vous dire: « Bonjour, mon Dieu! » Voyez-vous, mon Dieu, on m\u2019avait dit que vous n\u2019étiez pas.Et comme un fou je croyais tout cela.Hier soir, dans une tranchée, je vis votre firmament; Et je compris que l\u2019on m\u2019avait menti.Si j\u2019avais pris le temps de voir les choses que vous avez faites, .l\u2019aurais compris qu\u2019il n\u2019y avait pas de vérité dans leurs paroles.Mon Dieu, me prendriez-vous la main?Il me semble que vous, vous comprendriez.C\u2019est bien étrange qu\u2019il m\u2019ait fallu venir ici, dans cet enfer.Avant d\u2019avoir le temps de voir votre visage.Boni Je pense que c\u2019est tout pour cette fois.Je sais fort bien que la dernière heure approche.Mais je n\u2019ai pas peur, je sais que vous êtes près du signal.Bien, mon Dieu, il me faut aller.Je vous aime beaucoup, et je veux que vous le sachiez.Voyez donc, ce sera un combat terrible!.Qui sait, je serai peut-être chez vous ce soir! Ah! non, je n\u2019étais pas votre ami jusqu\u2019ici.Je me demande, mon Dieu, si vous m\u2019attendrez à la porte.Voyez, je pleure! Moi, verser des larmes!.Ah! que ne vous ai-je connu, toutes ces années! Bien! Il me faut partir, mon Dieu.au revoir! C\u2019est étrange, n\u2019est-ce pas, mais depuis que je vous ai rencontré.Je ne crains pas de mourir.(Çalholic Mission Digest.) î)0 I CHINE SHEK LUNG MEMOIRES (Suite) LA VIE ET LES OCCUPATIONS DES LÉPREUX L\u2019île Saint-Joseph est endiguée à fréquentes.On y aborde par le moyen lépreux et portant le nom gracieux d\u2019 sur la rivière des Perles.Les religieuses, de même que le mais assez confortable demeure, près quelques arbres fruitiers et des plantes pour la décoration de la chapelle.Les habitations des lépreux sont séparées de celles des lépreuses, les uns et les autres ayant leur chapelle propre.Une maison spéciale, composée d\u2019une unique pièce, constitue ce qu\u2019on appelle l\u2019Infirmerie; c\u2019est le séjour des patients les plus infirmes.Là, des planches posées sur des tréteaux servent de lits à ces pauvres malades qui voient leurs membres se désagréger et tomber en pourriture les uns après les autres.L\u2019ancienne maison du P.L.Con-rardy, le missionnaire au grand cœur qui, pour soulager plus efficacement ses chers lépreux, avait voulu se faire médecin, est religieusement conservée.Elle sert d\u2019hôpital ou de dispensaire.C\u2019est là que se donnent, depuis quelques années, les injections d\u2019huile de chaulmoogra qui procurent beaucoup de soulagement aux malades.Chaque lépreux est propriétaire d\u2019un petit coin de terre à la culture cause des inondations qui y sont très d\u2019une petite barque, conduite par des Étoile de la Mer, qui fait la traversée R.P.Directeur, y ont leur modeste de laquelle se trouvent un potager.SŒUR SAINT-FRANÇOIS-D\u2019ASSISE (Clara Hébert, de Saint-Cyprien de Napier-viLi.E), Missionnaire de l\u2019Immaculée-Con-CEPTION DE SHEK LUNG, DANS LE PARTERRE DE LA Léproserie, où l\u2019on cultive des fleurs pour ORNER LA chapelle ET RÉJOUIR LES MALADES- 96 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 duquel il met son ambition et son cœur.Une partie du terrain est mise en rizières qui fournissent assez de riz pour nourrir tout le personnel durant un mois environ.Une autre partie est plantée de mûriers dont les feuilles servent à l\u2019alimentation des vers à soie, industrie qui emploie bon nombre de travailleurs.Certains s\u2019occupent de cordonnerie, d\u2019autres de menuiserie.On fait aussi l\u2019élevage des porcs, des poules, de.^ chiens et des lapins dont la chair constitue un vrai régal pour ces malheureux, réduits presque continuellement à une maigre ration.Shek Lung possède sa garde de soldats, car l\u2019île est entourée de villages de pirates.Les lépreuses font le filage ainsi que le tissage de la soie et du coton, préparent le fil pour la fabrication des filets de pêche et confectionnent les habits des lépreux.SŒUR SAINT-EXPÊDIT (MARIE-ANNE ROMPRÉ, DE SAINTE-THÎÎCLE, P.Q.).MISSIONNAIRE DE 1,\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION, ET DEUX LÉPREUSES DE SHEK LUNG Celle de droite reçoit des injections d\u2019huile de Chaulmoogra, traitement QUI empêche les progrès de la lèpre; celle de gauche, n\u2019en recevant PAS, s\u2019est vue bientôt réduite au plus pitoyable état.Les moins malades sont groupées en une association dite de la Croix-Rouge.Cet emploi, qui consiste dans le pansement des plaies, le lavage des bandages et du linge des plus malades, est sans contredit des plus répugnants.L\u2019île Saint-Joseph a été appelée l\u2019île de la prière.En effet, il n\u2019est peut-être pas un autre coin de terre au monde où le bon Dieu soit plus prié que sur cet îlot solitaire, séjour des plus déshérités des humains.De leurs chapelles, un chant perpétuel de prières s\u2019élève vers la Vierge Immaculée: ce sont les Avé du Rosaire qu\u2019on égrène avec ferveur pour remercier la divine Reine de ses bienfaits et implorer sa constante protection sur la Léproserie.Bien avant cinq heures, le matin, on peut voir des silhouettes se dessiner sur le chemin qui conduit à l\u2019église.Aucune raison ne peut empêcher ces chrétiens de se rendre une heure avant la messe, pour la récitation des prières.Ceux qui ne peuvent marcher seuls sont soutenus par des bras charitables.Quand la liturgie ramène quelques fêtes religieuses, il est édifiant de constater avec quelle ferveur les malades s\u2019y préparent.Ces jours laissent dans leurs cœurs d\u2019innocentes joies qui les aident à porter plus vaillamment Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t97 la croix bien lourde de leur humiliante maladie.Et ainsi, de fête en fête, comme d\u2019oasis en oasis, ils traversent le désert de leur pénible vie.La Fête-Dieu tout spécialement provoque chez eux un renouveau de piété.Ils comprennent que c\u2019est à eux surtout que le bon Maître adresse ces réconfortantes paroles: « Venez à moi, vous tous qui souffrez, et je vous consolerai! » Aussi, c\u2019est avec joie et reconnaissance qu\u2019ils répondent à son invitation et font de la fête du Saint Sacrement un vrai triomphe.Les travaux d\u2019ornementation pour le parcours de la procession commencent un mois à l\u2019avance et se préparent à huis clos.Ce qui domine principalement dans ces décorations, ce sont les imitations de tapisseries faites avec des rassades et des graines de graminées teintes.Ces travaux exigent une infinie patience, et qui ne les a vu exécuter ne pourrait s\u2019imaginer que de telles inventions sont l\u2019œuvre de malades souvent presque aveugles et qui, pour la plupart, n\u2019ont plus de doigts ni même de mains.Pour travailler, ils se font attacher un petit bambou au moignon du bras et, trempant l\u2019extrémité de ce bâtonnet dans la colle, ils l\u2019appliquent sur le dessin ciu\u2019ils se sont tracé.Pendant le carême, tous les jeux sont interdits et les lépreux s\u2019occupent à apprendre des prières sur la Passion de Notre-Seigneur.En tout temps^ la prière est pour ces infortunés le plus grand des réconforts.Ceux mêmes qui, à leur arrivée à la Léproserie, se montrent insensibles et souvent remplis d\u2019aigreur, s\u2019adoucissent peu à peu au contact de la charité chrétienne.Et quand, par le saint Baptême, ils sont devenus enfants du bon Dieu, les consolations de la foi relèvent leur courage et leur font accepter avec grands mérites leur douloureux sort.En faisant la visite des malades, une Sœur, nouvellement arrivée à la Léproserie, voyait un matin avec émotion une des lépreuses venir à elle en marchant sur les genoux, sur le pavé en ciment.« Pauvre enfant, lui dit-elle, vous n\u2019avez plus de pieds et vous êtes obligée de vous traîner ainsi pour marcher! \u2014 Je puis encore, répondit l\u2019infirme, me servir de mes jambes une fois par semaine et cette fois je la garde pour le bon Dieu, pour me rendre à la messe du dimanche! » Quel exemple! Un médecin étranger, de passage à la Léproserie, a rendu ce témoignage des lépreux de Shek Lung: « Ils sont bien misérables, mais nous n\u2019éprouvons rien de pénible en les voyant, car ils ont l\u2019air heureux et joyeux.» Les progrès de la lèpre sont parfois très rapides.Un jour, une patiente se présentait au dispensaire pour faire panser une toute petite plaie de la grandeur d\u2019une pièce de dix sous.Le lendemain, elle revenait en pleurant, disant à l\u2019Infirmière: « Ma Sœur, regardez donc ma jambe! » La plaie était devenue grande comme la main et d\u2019une profondeur d\u2019un demi-pouce.Deux jours plus tard, son autre jambe était dans le même état que la première et bientôt la pauvre malheureuse ne pouvait plus s\u2019en servir.Cette marche accélérée de l\u2019affreuse maladie fait que les départs pour le ciel sont toujours fréquents sur l\u2019île de Shek Lung, mais les vides sont rapidement comblés par les envois successifs de nouveaux groupes de malades.(A suivre) 98 Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tMars-Avril 1945 CANTON LA SAINTE VIERGE, PAR UN MIRACLE ÉTONNANT, BRISE LES CHAÎNES d\u2019une MALHEUREUSE PAÏENNE Comme autrefois un ange du Seigneur vint du ciel rompre les chaînes de saint Pierre, retenu captif par la haine de ses ennemis, la Sainte Vierge vint briser les liens plus cruels encore qui retenaient captifs non seulement le corps, mais aussi l\u2019âme de la pauvre Chinoise dont voici l\u2019histoire: histoire vraie dans son entier et vécue de nos jours, puisque ce fait surprenant se passait il y a à peine vingt ans.Un jour d\u2019été, une toute jeune femme, jolie et convenablement vêtue, se présente à la Crèche de Canton, portant sur son dos un bébé d\u2019un peu plus d\u2019un an, et demande timidement si on ne voudrait pas recevoir son petit garçon.Étonnée, car les Chinois ne se défont pas facilement de leurs garçons.Sœur X., Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception, chargée des enfants de la Crèche, lui dit: « Pourquoi veux-tu me donner un si beau garçon, est-il malade ?\u2014 Je veux le donner », répond-elle simplement.Craignant une supercherie, la religieuse insiste pour savoir le pourquoi de cet abandon, mais elle s\u2019aperçoit bientôt que la pauvre mère voudrait parler, mais qu\u2019elle se tient sur la réserve.Délicatem.ent, elle multiplie les questions, afin de pénétrer les desseins de son interlocutrice.« D\u2019où viens-tu ?\u2014 De la campagne.\u2014 Quel âge as-tu ?\u2014 Dix-sept ans.\u2014 Depuis quand es-tu mariée ?' \u2014 Depuis près de quatre ans.\u2014 Ton mari vit-il encore ?\u2014 Oui.\u2014 Que fait-il ?\u2014 Il cultive les rizières.\u2014 Et vous ne pouvez plus avoir soin de votre enfant ?» Après bien des soupirs, la jeune femme se décide à ouvrir son âme et répond : « Mon mari exige que je l\u2019aide constamment, il faut que je transporte l\u2019eau, que je fasse tous les gros travaux et, quand il n\u2019est pas content, ce qui arrive souvent, il me bat.Tant que je n\u2019ai pas eu d\u2019enfant, je pouvais souffrir ces mauvais traitements, mais maintenant je ne peux plus.Je suis fatiguée de cette vie-là et je ne veux pas retourner avec ce Kom hak som (cœur aussi noir) qu\u2019est mon mari.C\u2019est pour gagner ma vie plus facilement que je viens te porter mon garçon.\u2014 Mais ne sais-tu pas que si tu nous le donnes, tu ne pourras plus jamais le réclamer ?.\u2014 Je le sais, mais ça ne fait rien, je veux le donner.» Le bébé fut accepté et So Allan \u2014 c\u2019était le nom de la maman \u2014 fut introduite dans une des salles où reposaient de nombreux petits êtres, arrachés à la barbarie païenne.En les voyant, elle se dit sans doute qu\u2019on a Montreal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t99 besoin de secours pour prendre soin de tout ce petit monde, et un autre désir germa dans ce cœur endolori, celui de rester avec les Sœurs pour leur venir en aide.D\u2019une voix hésitante, elle en fit timidement la demande: « Si vous voulez de moi, dit-elle, je serai à vos ordres du matin au soir et je ferai tout en mon pouvoir pour vous donner satisfaction.» So Allan avait si bon visage, elle paraissait si sincère, qu\u2019après réflexion on résolut de la recevoir.Elle logerait au refuge des vieilles la nuit, et le jour elle serait employée à la Crèche.Elle fut ce qu\u2019elle avait promis d\u2019être, rendant de grands services.Elle goûtait de plus en plus le bonheur d\u2019avoir échappé à l\u2019esclavage qu\u2019un mari cruel n\u2019avait cessé de faire peser sur elle; mais elle songeait à sa petite fille, bébé de trois ans, restée au village.Un jour, elle se décida à demander la permission de l\u2019aller chercher, ajoutant que si elle parvenait à l\u2019emmener, elle serait au comble de ses vœux.Connaissant les barbares représailles exercées par les païens contre les femmes fugitives, on s\u2019efforça de la dissuader, essayant de lui faire comprendre à quels grands risques elle s\u2019exposait, ainsi que ses enfants.Pourrait-elle jamais revenir ?.Mais l\u2019amour maternel parlait trop fort pour n\u2019être pas entendu! L\u2019espoir de sauver une âme aidant, on lui permit de tenter l\u2019essai, lequel, grâce à l\u2019absence du mari, parut d\u2019abord réussir à mervqjlle, puisqu\u2019elle revenait trois jours_______________________________________________ plus tard avec la petite.Mais le mari était revenu à la maison; furieux de n\u2019y pas retrouver sa fille, il envoya sa mère et une autre de ses parentes à sa recherche.Ces femmes furent même hébergées au Couvent, et elles allaient se retirer quand l\u2019une d\u2019elles aperçut So Allan et la reconnut, mais sans le laisser paraître.Dès le lendemain, le mari était à la porte de la Mission, demandant poliment à voir sa femme.Il ne fut pas compris tout d\u2019abord ; il lui donnait un nom qu\u2019on ne connaissait pas.Alors, il se mit à la décrire si parfaitement qu\u2019il était impossible de s\u2019y méprendre; mais la portière, en bonne Chinoise, assura qu\u2019elle ne la croyait pas dans la maison, ajoutant toutefois qu\u2019elle allait s\u2019en informer.So Allan avertie se mit à sangloter en disant: « Non, non; je ne veux pas le suivre; c\u2019est pour me tuer qu\u2019il veut me ramener; A LA PORTE DU COUVENT DES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÊE-CONCEPTION DE CANTON, CHINE Sœur* Marie-de-la-Miséricorde (Berthe Dufresne, DE Sainte-Hélène de Bagot, P.Q.) et quelques aides DE LA Crèche et de l\u2019Orphelinat dont So Allan, À GAUCHE, \\ LA PLACE MARQUÉE D\u2019UNE ÇRQIJÇ 100 Montréal LF PRECURSEUR Mars-Avril 1945 FEMME CHINOISE non, jamais, jamais!.» Et elle disparut.La portière dut revenir et assurer qu\u2019on n\u2019avait jamais eu personne de ce nom dans la maison.Alors, voici que cet homme, qui s\u2019était montré si poli jusque-là, élève la voix, se fâche et s\u2019écrie: « Elle est ici, je le sais, je la veux et je l\u2019aurai; si elle ne vient pas de bon gré, elle viendra de force.» Tous les arguments apportés par la portière restant inutiles, on se décide à livrer la pauvre victime, mais où la trouver ?Elle est cachée et les dépendances de la maison sont nombreuses.On la cherche partout, mais sans succès.On la croit même évadée et on vient en avertir le mari.« Comment, crie le forcené, ici les gens sortent sans que vous vous en aperceviez! Non, ce n\u2019est pas cela, vous savez Jîien où elle est et vous ne voulez pas me la rendre.» Sur ce, il sort brusquement pour revenir quelques minutes plus tard, suivi d\u2019un gendarme largement soudoyé, sans doute, pour bien remplir sa besogne.Celui-ci présente avec calme le cas de son client et insiste, sans chaleur toutefois, pour que la femme lui soit livrée.On lui dit alors que la personne en question a dû sortir de la maison, qu\u2019on la cherche partout sans la trouver.A cette réponse, le sergent de la ville entre en fureur et, secondé par l\u2019infâme mari, il vomit des injures et des menaces de toutes sortes.Pendant ce plaidoyer, une des enfants a découvert la cachette de la fugitive, mais celle-ci refuse absolument d\u2019en sortir.Craignant qu\u2019en la gardant il n\u2019y ait des complications sérieuses pour la Mission, Sœur X.s\u2019en fut trouver l\u2019infortunée So Allan: « Ma pauvre enfant, lui dit-elle, c\u2019est avec l\u2019âme brisée que je me vois contrainte de te congédier.Nous t\u2019avons reçue dans notre maison parce que tu étais dans le malheur; et maintenant que nous te connaissons, nous t\u2019aimons bien car tu as toujours été fidèle à ton devoir.Mais, tu le comprends, si tu persistes à vouloir rester ici, tu nous mets en péril.Tu nous aimes trop pour cela, n\u2019est-ce pas ?Tu as appris un peu de doctrine, tu sais qu\u2019il y a un Dieu toujours bon et qui t\u2019aime; ne l\u2019oublie jamais.Tiens, dit-elle, en lui tendant une médaille miraculeuse, voici l\u2019image de la Sainte Mère de Dieu; elle est bonne, elle sera aussi ta Mère si tu le veux et elle te protégera si tu l\u2019invoques, comme elle protège tous ceux qui la prient avec confiance.Si tu te trouves jamais dans l\u2019embarras, tu diras de tout ton cœur: Sing Mo Malea Kao ngo ( Sainte Mère Marie, sauvez-moi ).Va maintenant courageusement, nous allons bien prier pour toi et si plus tard tu peux revenir, nous te recevrons avec plaisir.Va et prends bien soin de tes enfants.» So Allan se chargea alors de son double fardeau et se présenta devant son mari.En la voyant, les deux hommes n\u2019eurent pas de peine à se persuader qu\u2019elle n\u2019avait pas le désir de retourner chez elle.En la lui rendant.Sœur X.recommanda au mari de ne pas la maltraiter.Ces recommandations provoquèrent des questions de la part du gendarme.« Est-ce vrai Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1946\t101 que ton mari te maltraite ?\u2014 Oui, c\u2019est bien vrai, fit-elle en pleurant, il me bat tous les jours, il me laisse tous les gros travaux, il n\u2019est jamais content et il gronde sans cesse.C\u2019est pour cela que je ne veux pas retourner avec lui.\u2014 Est-ce bien vrai ?demande l\u2019homme de police, se tournant vers le mari qui, baissant la tête, ne répond pas.Eh bien! si tu la bats encore et si elle s\u2019enfuit de nouveau, tu n\u2019auras plus aucun droit sur elle.» Qu\u2019allait devenir la malheureuse So Allan?On espérait que l\u2019avenir nous l\u2019apprendrait et on espérait surtout que la Sainte Vierge, à qui cette chère âme avait été confiée, saurait en prendre soin, mais on était loin de se douter que cet avenir était si prochain! Le lendemain même de ce jour de larmes, à cinq heures de la matinée.So Allan, portant une petite lampe allumée, était à la porte de la Crèche, demandant avec instances qu\u2019on lui ouvrît sans tarder.Asieu, la portière, ne pouvant en croire ses oreilles, courut avertir Sœur X., en disant: Ma seu, fy té, fy té, Allan fan tcha lai, queu seung yop lai, tak m\u2019tak né?Tsan leung ka?Ngo heu tai ha.(Ma Sœur, venez vite.So Allan est revenue et demande à entrer.Est-ce que je vais lui ouvrir, elle a peur et elle veut entrer vite, vite.) Et tout en se demandant si cela n\u2019était pas illusion d\u2019un esprit fatigué ou fantaisie d\u2019un songe qui s\u2019évanouit.Sœur X.courut à la porte.C\u2019est bien So Allan, en effet, mais seule, et les yeux affreusement gonflés de larmes.Ses habits sont sordides, ses cheveux en désordre, mais elle rayonne de joie en revoyant la maison où elle a été si heureuse.« Pauvre chère Allan, est-ce bien vrai que c\u2019est toi ?Tu dois être très fatiguée., viens t\u2019asseoir un peu.As-tu mangé?\u2014 Non, je n\u2019ai rien pris depuis hier matin.\u2014 Alors, viens que je te serve une bonne tasse de thé.Tout en prenant une modeste réfection, la jeune infortunée fit le récit de sa triste odyssée: \u2014 A peine avions-nous franchi le seuil de votre Couvent, que le gendarme et mon mari se mirent à me quereller d\u2019une manière épouvantable; ils poussaient de tels cris de rage que mon petit garçon en fut tout effrayé.Dès que nous fûmes rentrés chez nous, on me poussa dans un coin et on se hâta, pour apaiser la peur du bébé, de faire bouillir une vieille semelle de soulier et de lui en faire absorber les cendres avec un peu d\u2019eau.; c\u2019est un remède souvent employé chez nous pour guérir de la peur.Une bonne vieille ayant pitié de moi voulut me témoigner un peu de sympathie, mais mon infâme compagnon lui défendit même de me regarder; puis il me conduisit aux rizières, où il m\u2019enchaîna dans une petite cabane de bambou.Tu sais ce que c\u2019est, fit-elle, ces petites maisons au milieu des rizières; c\u2019est là que se tiennent les gardiens, la nuit ou quand il pleut.Il ferma la porte avec un cadenas et s\u2019éloigna après m\u2019avoir dit qu\u2019il reviendrait cette nuit-là même me trancher la tête.Peu après son départ, j\u2019aperçus une ombre qui glissa un bol de riz par une petite ouverture entre les bambous: ce devait être la bonne vieille qui avait eu pitié de moi, mais le bol se trouvait trop loin de mes chaînes pour me permettre de l\u2019atteindre.D\u2019ailleurs, j\u2019avais trop de chagrin pour avoir 102 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 le cœur de manger.Alors, me voyant seule, épuisée et abandonnée de tous avec l\u2019effrayante perspective d\u2019une mort tragique à brève échéance, je m\u2019assis sur la terre nue et me pris à sangloter plus que jamais et à répéter de tout mon cœur: Sing Mo Malea, koa ngo.(Sainte Mère Marie, sauvez-moi), en baisant la médaille de toutes mes forces; je le fis si longtemps que je m\u2019endormis pressant mon précieux talisman.Tout à coup, je m\u2019éveillai, je venais de me sentir touchée au bras.Ouvrant les yeux, j\u2019aperçus près de moi une belle Dame comme celle de ma médaille, elle me dit : « Lève-toi et va-t\u2019en.» Croyant rêver, je me frottai les yeux et regardai de nouveau tout autour de moi.O surprise! mes chaînes étaient tombées, la porte était grande ouverte et la Dame me dit de nouveau: « Lève-toi et sors.» Me levant alors, je vis à terre une petite lampe allumée, la Dame me fit signe de la prendre.Je sortis sans peur, et, en passant, je remarquai que le cadenas de ma prison gisait par terre.Nous_^passâmes à travers les nombreux sentiers qui sillonnent les rizières et nous arrivâmes sans encombre à la ville.Jusque-là, la belle Dame m\u2019avait précédée, mais dès ce moment je ne la vis plus et je ne pus voir par où elle était passée en me quittant.C\u2019est ainsi que je vous arrive avec ma petite lampe qui brûle encore.\u2014 Tout cela est bien merveilleux, répondit Sœur X., et tu dois de grands remerciements à la Sainte Vierge, car c\u2019est elle certainement qui est venue briser tes chaînes.» Ce jour-là même, on parvint à faire admettre So Allan à la buanderie de l\u2019hôpital, et peu de jours après on la faisait accepter comme servante dans une famille portugaise des plus chrétiennes résidant à Hong Kong.Vers l\u2019été de 1932, environ dix ans après cet événement.Sœur X., alors à la mission de Kowloon, partie de la colonie de Hong Kong, fut abordée en revenant d\u2019une course par une jeune Chinoise qui lui dit: « Me reconnais-tu ?\u2014 Je le crois, mais il me serait difficile de te donner ton nom.\u2014 Je suis Allan.Tu as donc oublié celle que, grâce à la médaille miraculeuse, la Sainte Vierge a sauvée! \u2014 Ah! oui, je te reconnais et je suis heureuse de te rencontrer.Où demeures-tu maintenant ?\u2014 Toujours chez le Chevalier X.où vous m\u2019aviez placée en 1922.\u2014 Et tes enfants, que sont-ils devenus ?Des larmes furent la seule réponse.N\u2019osant plus questionner et étant parvenue au Couvent, Sœur X.n\u2019en put apprendre davantage, mais elle savait ce qui l\u2019intéressait au plus haut point: Allan était devenue une fervente chrétienne.\u2014 Tin Tchu po yao, kou neung, fit Allan en s\u2019éloignant.(Que Dieu te bénisse, ma Sœur.) \u2014 Qu\u2019Il te bénisse aussi.So Allan, âme chérie du ciel », répondit la Missionnaire émue.Une Sœur Missionnaire de l\u2019Immaculêe-Conception DE Canton, rapatriée. Montréal LE PRECURSEUR CONVERSION D UNE FAMILLE PAÏENNE Mars-Avril 1945\t103 Wong Wai Yi et Woiig Wai Fong, deux fillettes de neuf à dix ans, appartiennent à une famille opulente chinoise, dont le père a quatre femmes.Wong Wai Yi est issue de la première femme et Wong Wai Fong, de la troisième.Ces enfants fréquentent notre École du Saint-Esprit de Canton.Toutes deux sont de bonne éducation, mais l\u2019intelligence de la seconde est de beaucoup supérieure à l\u2019autre.Wong Wai Yi s\u2019efforce de suivre le cours, et la maîtresse lui donne, pour l\u2019encourager, des leçons supplémentaires; mais elle se sent éclipsée par Wong Wai Fong et il s\u2019ensuit qu\u2019elle devient malveillante envers elle; puis, la jalousie se développant dans son cœur, elle réussit à faire retirer de l\u2019école cette petite sœur qu\u2019elle ne nomme plus que Moui Tsai (servante).D\u2019une nature peu développée, fière et opiniâtre, et d\u2019un caractère peu expansif, Wong Wai Yi fuit sa maîtresse, ou ne l\u2019aborde que pour se faire expliquer les passages difficiles des leçons.Elle propage parmi les élèves des brochures bouddhistes et sait mettre son mot à point pour déprécier le San Fou (Père spirituel, prêtre) et même ses maîtresses.Atteindre cette âme pour la gagner au bien n\u2019est pas chose facile, mais se souvenant de l\u2019affection de Notre-Seigneur pour les tout petits, la religieuse missionnaire, à qui la fillette est confiée, fait commencer une neu-vaine à l\u2019Orphelinat, par les enfants de quatre à sept ans qui se préparent à leur première communion.Oh! comme elles sont confiantes dans leurs naïves supplications!.Elles ne seront pas déçues, car la Sainte Vierge fera la merveille de grâce désirée.HS .f JIIIT ir :ïiî ^ y .8 I,\t, \u201ei?\t'ill# ' >¦«3.*!.-» il .r ili ÜJf J jj;\t'\u2022\u2022«¦iîïll' il 55'.Il - X' «1^ \t X.'S\t¦ 1 it\t LES PETITES ORPHELINES DE CANTON ADRESSENT  DIEU, tHAQUE MATIN.LEURS NAÏVES ET FERVENTES PRIÈRES 104 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 Après maintes attentions et bontés témoignées à la rebelle enfant, son apostolique maîtresse lui fait accepter une médaille miraculeuse qu\u2019elle a rejetée jusqu\u2019ici, la mettant au rang de Koun Yarn (vierge bouddha).Mais réciter l\u2019invocation: « O Marie, conçue sans péché, etc.», cela la révolte encore: « Jamais, dit-elle, je n\u2019invoquerai un esprit (Shan) que je ne connais pas, et qu\u2019aucun membre de ma famille n\u2019honore.» Dans une leçon de catéchism.e, l\u2019histoire des apparitions de Notre-Dame de Lourdes est racontée aux élèves.Notre petite païenne, soudainement intéressée, questionne; puis, un jour, elle dit à sa maîtresse que cette Dame devait être un grand esprit puisqu\u2019elle était si puissante, que peut-être elle pourrait guérir sa mère gravement atteinte de la peste (maladie, en Chine, ordinairement propagée par les rats).« Aimerais-tu, lui dit la religieuse, que j\u2019aille voir ta bonne maman et que je lui parle de cette belle Dame ?» La figure rayonnante de l\u2019enfant est une chaude invitation.Aussitôt, elle court vers sa mère.Celle-ci, en bonne païenne, dit qu\u2019elle sera très honorée d\u2019avoir la visite d\u2019un professeur, appelé ordinairement « un lettré ».En la fête de la Purification, deux religieuses s\u2019acheminent vers la patiente, conduites par la fillette, confiante que sa maman recouvrera pleine santé.A leur arrivée, des bonzes revêtus de la longue robe jaune battent du tam-tam, dans la salle d\u2019entrée, en face du dieu protecteur de la famille.Devant ce bouddha sont disposés de petits bols de riz, des olives, des papayes et des lai-tchi; de nombreux bâtonnets d\u2019encens dégagent, avec une épaisse fumée, une odeur désagréable.Les yeux courroucés des bonzes font comprendre aux Missionnaires que leur visite n\u2019est nullement appréciée par eux; mais l\u2019enfant, maîtresse chez elle, leur fraie le chemin et les introduit dans la chambre de sa mère qui les reçoit avec grande joie et cause aimablement avec elles; mais impossible pour ces dernières d\u2019aborder un sujet spirituel, la chambre est remplie de visiteuses païennes.Au départ des Religieuses, Mme Wong leur dit à voix basse: « Revenez me voir, je désire beaucoup m\u2019entretenir avec vous; revenez ce soir, à six heures.» Les Missionnaires sont fidèles au rendez-vous, mais, cette fois, le papa est présent et la fillette leur fait signe d\u2019être prudentes.Une fois de plus, elles constatent combien est difficile le travail d\u2019apostolat auprès des âmes païennes; mais elles ne se comptent pas pour vaincues.Cependant, ce ne sera qu\u2019à une troisième visite qu\u2019elles pourront causer librement avec la malade.En cette entrevue, après avoir donné les nouvelles de sa santé, de chacun de ses enfants, Mme Wong fait venir les petits pour saluer les visiteuses.Wong Wai Yi, revenue à de meilleurs sentiments, dit à sa mère le grand plaisir que causerait aux Sœurs le retour en classe de Wong Wai Fong.Mme Wong accède volontiers à ce désir, puis elle demande comment il se fait que sa petite fille est toute transformée et devenue, depuis son entrée à l\u2019École du Saint-Esprit, si respectueuse pour ses parents, si aimable et dévouée envers tous ses frères et sœurs.Et puis, ajoute-t-elle, elle me raconte des choses si merveilleuses de votre religion que j\u2019en suis tout émerveillée! Je comprends maintenant que nos croyances païennes ne peuvent donner le bonheur, et je sens qu\u2019il nous manque quelque chose.Oui, c\u2019est votre Dieu qui noue manque, je veux y croire, je veux m\u2019instruire Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t1 05 La première leçon de doctrine est donnée sur-le-champ, et renouvelée fréquemment jusqu\u2019au jour où le prêtre missionnaire peut verser l\u2019eau baptismale sur le front de la mère et des deux plus jeunes enfants.Cette fervente néophyte ne veut pas jouir seule de son bonheur, elle engage tous ses enfants à assister aux cours de catéchisme de la Cathédrale.Tous sont heureux de suivre l\u2019engageant exemple de leur bonne mère.Mais la joie de la famille est incomplète puisque le papa n\u2019est'pas du nombre.D\u2019instantes prières montent vers le ciel à cette intention, quand un messager vient au Couvent annoncer, en toute hâte, que Mme Wong est mourante.Cette nouvelle épreuve sera le coup de la grâce pour le chef de la famille.Les enfants éperdus s\u2019élancent au cou de leur père, en lui disant que si lui aussi croyait, le Maître du ciel se laisserait fléchir.et que leur maman ne leur échapperait pas.Comment résister à une telle étreinte, devant une épouse mourante?.Tout ému, M.Wong dit spontanément: « Mes enfants, je veux tout ce que vous voulez.» L\u2019agonisante étant bientôt revenue à la santé, le papa tint parole.Après avoir renoncé à toutes pratiques superstitieuses, l\u2019heureux converti fit remettre aux Sœurs les bouddhas du foyer et, le Jour de l\u2019An chinois qui, en cette année 1911, tombait le 11 février, la Mission catholique de Canton comptait un foyer chrétien de plus.Une Sœur Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception DE Canton, rapatriée.* ?* JAPON UNE AME D APOTRE Agnès Naga Ko descendait d\u2019une ancienne famille de fiers samurai (chevaliers) où les traditions de vaillance et d\u2019honneur étaient jalousement gardées depuis des siècles.Sa famille avait embrassé le christianisme et l\u2019enfant fut témoin, au foyer paternel, des plus beaux exemples de vertu.Sa pieuse mère s\u2019appliqua à l\u2019élever suivant les viriles méthodes de l\u2019ancien régime japonais, tempéré toutefois par les principes de notre sainte religion.Elle apprit à se soumettre aux multiples et assujettissantes exigences de l\u2019étiquette nippone, à ne jamais se plaindre des intempéries des saisons, à manger indifféremment de tous les mets qui lui étaient offerts, etc.Vers l\u2019âge de dix ans, ses parents la confièrent aux religieuses d\u2019un grand pensionnat de la capitale pour parfaire son éducation.Très appliquée à l\u2019étude et douée d\u2019une vive intelligence, Naga Ko se perfectionna de jour en jour dans les sciences divines et humaines.Elle réussit si bien à maîtriser la langue française que sa tante, auteur distingué et apprécié du peuple japonais, lui confia dès lors la traduction de plusieurs ouvrages catholiques.Elle fournit aussi des articles à plusieurs revues pieuses en sa langue maternelle.Son éducation terminée, Agnès rentra dans sa famille.Pieuse, aimable, d\u2019une distinction et d\u2019une modestie rares, elle eut tôt fait de gagner l\u2019estime 106 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1945 fl sous LE CIEL DU JAPON et l\u2019affection des familles païennes de son entourage.« Voyez donc Naga Ko San, se disait-on.Comme elle est docile et rangée! Sûrement que la religion chrétienne est une bien bonne religion pour former une si parfaite jeune fille.» Au Japon, ce sont les parents qui, par entremetteurs, disposent des mariages de leurs enfants à leur gré, souvent sans même consulter les intéressés.C\u2019est ce qui rend si difficile et si problématique le baptême de jeunes filles catéchumènes appartenant à des familles païennes.Heureusemient pour Naga Ko que ses parents étaient foncièrement chrétiens; elle ne se verrait pas forcée à contracter alliance avec un païen.Sa famille avait pourtant jeté les yeux, comme futur gendre, sur un jeune homme de famille distinguée, mais non encore chrétienne.Cependant, avant de faire aucune démarche, on fit discrètement sonder les dispositions du jeune homme à l\u2019endroit de la religion chrétienne.Le bon Dieu, dans sa sage Providence, se servit de cette occasion pour attirer à lui cette âme de bonne volonté.M.X.manifesta le désir de se faire instruire des vérités de la foi et, après les épreuves d\u2019usage, il fut fait enfant de la sainte Église.Alors seulement les entremetteurs proposèrent à sa famille l\u2019alliance projetée.Agnès se prépara à son nouvel état de vie par plusieurs jours de prière et de retraite, demandant au bon Dieu la grâce de fonder un foyer vraiment chrétien, qui exercerait sur les familles païennes une salutaire influence et attirerait vers notre sainte religion.A l\u2019occasion de ce mariage, il y eut de grandes réjouissances dans la famille et parmi les chrétiens.Tout semblait promettre aux jeunes époux un avenir heureux et plein d\u2019espérance.Mais Dieu, dont les voies ne sont pas les nôtres, avait décrété dans ses éternels desseins que Naga Ko devait se sanctifier dans l\u2019épreuve et dans l\u2019humiliation.Quelques mois s\u2019étaient à peine écoulés que son mari était atteint de démence.Agnès n\u2019avait que vingt-quatre ans, et elle goûtait pour la première fois au calice des afflictions.Un moment, son courage sembla faiblir; mais elle se ressaisit bien vite et sa résignation fut vraiment admirable et ne se démentit jamais.Il lui fallut quitter la capitale, ses parents, ses amis et aller s\u2019ensevelir avec son mari dans la maison de campagne de ses beaux-parents païens.L\u2019église catholique la plus proche se trouvait à une cinquantaine de milles et Agnès, qui communiait tous les jours depuis des années, se vit réduite à aller deux fois l\u2019an, à Pâques et à Noël, à la mission de Miyazaki retremper son courage et ses forces dans la réception des sacrements.Encore, ces rares visites à l\u2019église lui étaient-elles durement reprochées par sa belle-mère païenne. Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1945\t107 Il y avait plusieurs années que les choses en étaient là, lorsqu\u2019il fut décidé par la famille de tenter un essai de guérison pour le malade, en le confiant aux soins d\u2019un spécialiste renommé à Kagoshima.Agnès y conduisit son mari au début de l\u2019été 1933.Elle se réjouissait de penser que, pendant son séjour dans cette ville, elle pourrait aller à la messe et recevoir la sainte communion plus fréquemment; mais son bonheur redoubla quand elle apprit qu\u2019il y avait des religieuses à Kagoshima et qu\u2019elle pourrait même pensionner chez elles pendant son séjour dans la ville.Trois mois durant, Agnès pensionna à notre Foyer Sainte-Thérèse, et il nous fut donné d\u2019admirer le travail de la grâce en cette belle âme.Elle MAISON UES SŒURS MISSIONNAIRES UE L\u2019IMMACULÊE-CONCERTION À KAGOSHIMA, JARON voulut tout d\u2019abord se retremper dans une fervente retraite, puis elle se fit approuver par le Père nrissionnaire un règlement de vie, où les exercices de la vie intérieure avaient une large part, sans préjudice pour ses devoirs d\u2019état; une demi-heure de lecture spirituelle, une heure d\u2019oraison, la récitation du rosaire, etc., chaque jour.« Que je suis heureuse dans cette oasis! nous disait-elle souvent.Mais je sens que le bon Dieu ne m\u2019accorde ce temps de repos que pour me préparer à de nouvelles luttes.Il faut absolument que je gagne à Notre-Seigneur toute la famille de mon mari.Ce ne sera pas chose facile, mais j\u2019y réussirai avec la grâce divine et l\u2019aide de vos prières.J\u2019aurais beaucoup désiré que le bon Dieu me donnât des enfants; puisqu\u2019il m\u2019a refusé cette joie, j\u2019ai confiance qu\u2019il me donnera à la place de lui offrir beaucoup d\u2019âmes païennes.» Elle profita de ses loisirs pour travailler à la traduction d\u2019une Vie de saint Louis de Gonzague, qu\u2019elle acheva en deux mois.Ce volume fit beaucoup de bien dans la jeunesse japonaise.Elle le dédia aux habitantes de notre petit Couvent, où elle avait goûté, après des années d\u2019agitation, tant de paix sereine.Elle se m.it ensuite à l\u2019œuvre pour traduire en japonais la vie de Jésus-Christ par le R.P.Berthe, C.SS.R.; mais le stage du pauvre malade au sanatorium n\u2019ayant guère apporté d\u2019amélioration dans son état, il fut décidé de le retourner aux siens. 108 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 Au mois de septembre, elle reprit donc avec son mari le chemin de la campagne.Dans les années qui suivirent, elle nous donnait de temps à autre de ses nouvelles, nous annonçant la conversion de quelque nouveau membre de la famille.La belle-mère, cependant, et un beau-frère lui rendaient la vie pénible.Nous sentions, à travers ses lignes, combien cette vaillante se perfectionnait dans l\u2019épreuve et avec quel zèle elle travaillait au salut des âmes.Au début de la guerre, nous fûmes internées et toute correspondance fut interceptée.Plus aucune relation avec le dehors, à part de rares et courtes visites de quelques amis hardis et fidèles.Puis, au mois de septembre 1943, vint l\u2019ordre du rapatriement.Notre fidèle Agnès trouva moyen de nous faire parvenir une longue lettre, où elle nous disait son chagirn de nous voir quitter le Japon.« Si quelques-uns de nos compatriotes ont tout fait pour vous obliger à partir, croyez que vous avez encore au Japon des amis fidèles, des cœurs qui vous aiment et qui apprécient les missionnaires.Je vivrai dans l\u2019attente de votre retour.» Cette dernière lettre nous annonçait aussi qu\u2019à la fête de Pâques de cette même année, en la petite église de la Mission de Miyazaki, le seul membre de la famille de son mari qui n\u2019était pas encore chrétien avait reçu le saint baptême.Agnès se disait au comble du bonheur et elle ajoutait: « Remerciez bien le bon Dieu pour moi d\u2019avoir eu pitié de cette chère famille et de l\u2019avoir amenée tout entière dans le bercail de la sainte Église.Ma vie est très occupée.Je n\u2019ai plus guère le temps de faire beaucoup de lectures pieuses.J\u2019ai dû sacrifier aussi complètement mon travail littéraire et j\u2019ai presque oublié le français.Je sens que le bon Dieu me demande ce sacrifice de mes plus intimes aspirations, et que c\u2019est le prix auquel je pourrai obtenir la rançon des âmes.Je veux faire tout en mon pouvoir pour alimenter le feu sacré que vous autres, missionnaires, êtes venus apporter au Japon au prix de si grands sacrifices.Revenez le plus tôt possible, car nous avons encore besoin de vous.» En lisant cette missive, nos cœurs atterrés par la douleur de quitter notre chère Mission se sentaient consolés.Grâce à des âmes de cette trempe, le feu sacré ne s\u2019éteindra jamais au Pays du Soleil Levant, et comme jadis après deux cents ans \\ les missionnaires qui viendront après nous, le trouveront lumineux et ardent dans les âmes japonaises.Une Sœur Missionnaire de l\u2019Immaculée-Conception DE Koriyama, Japon, rapatriée.EQ ?DE Ceux qui communient souvent ne sont pas tous des saints, mais les saints seront toujours pris parmi ceux qui communient souvent.Saint Jean Vianney.1.En 1590, l\u2019Église du Japon comptait plus de 300,000 fidèles; en 1605, elle en comptait 750,000, cet empire allait devenir une nation chrétienne, lorsque s\u2019ouvrit la persécution qui dura plus de deux cents ans.Monsieur Petit-Jean, débarqué au Japon comme chapelain des résidents étrangers, avait inauguré en 1865 son église à Nagasaki.Un mois après cette inauguration, le 17 mars, une quinzaine de Japonais se présentèrent pour visiter ce sanctuaire.S\u2019étant convaincus que ce prêtre obéissait au Pape de Rome, qu\u2019il avait la dévotion à la Sainte Vierge et qu\u2019il gardait le célibat ecclésiastique, ils lui déclarèrent être les descendants des anciens chrétiens convertis par samt François Xaviei.Actuellement, le nombre des catholiques au Japon est de 117,000 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t1 09 ANTILLES Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires aux Cayes, Haiti.Samedi 5 août 1944 Yolande, une de nos petites mounes (aides) accourt de la poste toute joyeuse, remettant à Sœur Supérieure \u2018 une lettre venant du cher Canada.C\u2019est que, comme nous, nos jeunes mounes attendent depuis longtemps, avec anxiété, la missive porteuse des nominations pour la nouvelle Mission des Coteaux.Enfin, notre désir est réalisé: notre bonne Mère Générale nous fait connaître les noms des six compagnes qui viendront partager notre labeur sur la terre haïtienne.Oh! venez vite, chères Sœurs; si vous saviez comme nous avons hâte de vous recevoir! Dimanche 20 août Un cyclone est passé sur les Cayes la nuit dernière.Quantité d\u2019arbres sont tombés.A « La Charité, s\u2019il vous plaît », comme sur le terrain de notre future construction, la presque totalité des bananiers sont rasés.Des palmiers et cocotiers ont perdu leur tête, il n\u2019y reste qu\u2019un tronc dénudé.Les habitations cependant ont essuyé peu de dommages, car étant ouvertes de tous côtés, le vent peut y circuler librement.Mardi 12 septembre Une bonne lettre de notre chère Mère nous annonce l\u2019arrivée de nos Missionnaires à Port-au-Prince pour le 18.Quelle joie est la nôtre et comme nous souhaiterions accueillir nos chères compagnes aux Cayes dès le 19! A la maison, les préparatifs s\u2019accélèrent.Nos mounes frottent et lavent, empèsent et repassent.Nos rustiques planchers en bois brut prennent une belle couleur jaune, sous le vigoureux brossage dont ils sont gratifiés.Ne faut-il pas que tout reluise de propreté, pour recevoir des Sœurs tendrement aimées ?Elles devront se sentir heureuses et chez elles en notre humble chez nous, où règne la pauvreté, mais où, pourtant, nous ne manquons pas réellement du nécessaire.Dimanche 17 septembre Nous fêtons l\u2019anniversaire de notre arrivée en Haïti.Ce jour marque la fin d\u2019une année remplie d\u2019attentions, de délicatesses et de prévenances de la part du bon Dieu et de notre Immaculée Mère.Quelle dette de reconnaissance avons-nous contractée envers eux! En témoignage de notre gratitude, nous promettons de mieux vivre chacune de nos journées uniquement pour le bon Dieu, mettant plus de ferveur à le servir et plus d\u2019ardeur à exercer notre apostolat.A l\u2019Œuvre de « La Charité, s\u2019il vous plaît », nous enregistrons un décès: celui d\u2019un lépreux nommé Arvius Loussant, de trente-cinq ans environ.Atteint de cette impitoyable maladie qu\u2019est la lèpre, Arvius passait ses jours et ses nuits dans le champ, ayant pour lit une pousse de palmier 1.Sœur Eugénie-de-Jésus (Irène Blais, de Saint-Bernard, comté de Dorchester). 110 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 et pour abri quelques branches d\u2019arbres.Pour lui, l\u2019heure des pansements était toujours appréhendée, et lorsque les gardiens le conduisaient auprès de l\u2019Infirmière, il fallait à celle-ci une douceur extrême pour décider le patient à laisser soigner son pauvre nez qui tombait en décomposition.Après le nez, les yeux furent atteints et enfin, ces jours derniers, c\u2019était le front, de sorte que le pansement prenait la forme d\u2019une vraie croix.« Portons la croix encore aujourd\u2019hui, mon brave Arvius », lui disait l\u2019Infirmière, pour l\u2019exhorter à souffrir courageusement, pendant le douloureux traitement qui durait plus de quinze minutes.Oui, Chè Sè Mèsi, répondait le malade.Très profondes étaient les cavités creusées par le mal, aussi son cerveau fut rapidement affecté.Il s\u2019était confessé, avait communié et, depuis ce temps, montrait une grande résignation.Un sincère merci suivait chaque pansement, chaque service rendu.Mèsi, Chè Sè, Paradi-a ûvè pû û, disait-il.(Aderci, chère Sœur, le paradis est ouvert pour vous.) Quelques malades de « La Charité, s'il vous PLAÎT », SOUFFRANT DE PLAIES HORRIBLES Mardi 19 septembre L\u2019avant-midi se passe à mettre une dernière main aux préparatifs.Oh! nous n\u2019en doutons pas, nos chères Sœurs trouveront notre maison accueillante et chacune y aura bien sa place, sans que personne se sente trop à l\u2019étroit.Vers onze heures et demie, notre bonne Sœur Supérieure, rendue à Port-au-Prince depuis quelques jours, nous annonce par téléphone que les voyageuses arriveront aux Cayes vers une heure et demie, en compagnie de deux Religieuses de Saint-François-d\u2019Assise, nouvelles missionnaires dont l\u2019une est destinée à la Adission de A/Ianiche et l\u2019autre à celle d\u2019Arniquet.Enfin, voici deux automobiles qui s\u2019arrêtent à notre porte, ce sont nos Sœurs! La cloche réglementaire carillonne à toute volée et nous nous portons au-devant des arrivantes.Après la plus fraternelle accolade, toutes montent à la chapelle pour entonner un fervent Magnificat.Il nous faut modérer un peu notre légitime curiosité, car nos voyageuses ont grandement besoin de refaire leurs forces.Avec un bon dîner, nous leur accordons de grand cœur quelques heures de repos, remettant à demain une joyeuse récréation qui nous permettra de causer à loisir de la Adaison-Adère et du cher Canada.Jeudi 21 septembre Nos cinq nouvelles Adissionnaires, qui brûlent du désir de se rendre le plus tôt possible aux Coteaux, doivent multiplier les actes d\u2019abandon à la divine Volonté, car la saison des pluies les retient aux Cayes.Ce retard est sans doute voulu du bon Dieu, pour permettre à nos Sœurs de corn- i ¥ Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t111 mencer leur acclimatation et de profiter de cette douce réunion de Communauté, qui ne pourra certainement pas se répéter souvent, à cause des exigences des œuvres et de la difficulté des voyages.Nous déballons aujourd\u2019hui avec grande joie une grosse caisse reçue de la bonne maman de l\u2019une de nos Sœurs, Mme Ennis.Combien les remèdes, les vêtements, les chaudes couvertures que contient cette boîte vont apporter de soulagement à nos chers protégés! En faisant monter vers le ciel l\u2019hommage de notre reconnaissance pour ce précieux secours, nous demandons à notre Mère Immaculée et à notre bon Père saint Joseph de solder eux-mêmes notre dette de gratitude envers notre dévouée bienfaitrice et ses aides.Mercredi 11 octobre Vers sept heures, hier soir, les cloches de la cathédrale annonçaient joyeusement le retour de S.Exc.Mgr L.Collignon, qui fut accueilli avec enthousiasme au cri de « Vive Monseigneur! Papa nû ! » Sur la fin de l\u2019après-midi, notre Communauté, qui compte encore onze membres, se rend à l\u2019évêché pour saluer notre bon évêque.Oubliant la fatigue occasionnée par les réceptions multiples de la journée.Son Excellence nous entretient longuement et paternellement.Jeudi 12 octobre Le voyage de nos cinq Missionnaires des Coteaux est enfin organisé et s\u2019effectue aujourd\u2019hui.Le trajet se fera en deux étapes, une partie par terre et l\u2019autre par mer.Le R.P.B.Letarte, O.M.L, administrateur de Chardonnière, s\u2019est offert à servir de guide à nos voyageuses.Il est huit heures, quand, avec deux mounes, elles prennent place dans une camionnette qui est loin d\u2019être m.oderne, mais qui convient parfaitement aux chemins difficiles qu\u2019il s\u2019agit de franchir.Cette après-midi, une dépêche nous est envoyée de Port-Salut, par le R.P.Letarte, annonçant un voyage mouvementé, mais excellent.Nous disons notre reconnaissance au bon Dieu et à la Sainte Vierge, quand enfin un second message, donné cette fois par téléphone, nous apprend que le petit contingent est rendu à destination et que la population enthousiaste et sympathique des Coteaux l\u2019a escorté jusqu\u2019à l\u2019église au chant du Magnificat.Lundi 16 octobre Nous recevions hier avec plaisir, sous notre humble toit, deux Religieuses de la Congrégation de Sainte-Anne, dont la Maison principale est à Lachine, récemment arrivées à la Mission de Saint-Louis-du-Sud.Elles consacrent le début de cette avant-midi à visiter l\u2019Œuvre de « La Charité, s\u2019il vous plaît » et assistent à une partie des pansements.Leurs cœurs de religieuses missionnaires s\u2019apitoient sur les souffrances de nos protégés.La propreté qui règne dans les divers abris les frappe; c\u2019est que chaque lit, \u2014 il y en a environ cent, \u2014 est recouvert, pour la première fois, disons-le, d\u2019un beau drap tout blanc et tout neuf dont nous sommes redevables à notre chère Maison-Mère, comme à nos charitables bienfaitrices du Canada et 112 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 des États-Unis.Sur chacun, les jeunes filles de l\u2019Ouvroir ont brodé en grosses lettres rouges: « La Charité, s\u2019il vous plaît ».Chez nos pauvres malades, la mort opère sans cesse son œuvre et fauche des victimes dans leurs rangs.Notre bonne Flavie, qui, d\u2019après toutes les probabilités, devrait être dans sa tombe, est cependant épargnée.Ses compagnons et compagnes crient au miracle en la voyant marcher seule pour r L\u2019ÉCOLE EN CONSTRUCTION A L\u2019ŒUVRE DE « LA CHARITÉ, S'IL VOUS plaIt \u2022 LE TOIT EST FABRIQUÉ DE TIGES DE BAMBOU ET DE VI'TIVER (CHAUME) POUR MUR EXTÉRIEUR: DES NASSES OU TREILLIS DE TIGES DE BAMBOU.se rendre à l\u2019oratoire du bon saint Vincent, à qui elle attribue le prolongement de son existence.Plus que jamais, elle souffre avec joie, paix, abandon et totale résignation.Et ce n\u2019est pas peu dire, si, nous penchant sur le corps de la chère malade, nous voyons les plaies béantes qui rongent sa chair et que les soins dévoués de l\u2019Infirmière ne parviennent pas à guérir.Le coude du bras droit est percé jusqu\u2019à l\u2019os; les mains aux doigts enflés et difformes font pitié à voir.Quelle méditation salutaire que de considérer l\u2019admirable abandon de cette pauvresse au milieu de si cruelles douleurs! Il y a aussi notre brave Sonson Placide, qui est un sujet d\u2019édification pour tout le monde.Atteint d\u2019une grave maladie nerveuse qui ne lui permet pas de contrôler ses mouvements ni d\u2019agir par lui-même, il est réduit à compter absolument en tout sur le concours de ses voisins.Veut-il marcher, ses compagnons lui donnent charitablement une bonne poussée; il ne s\u2019arrête ensuite que lorsqu\u2019il rencontre un obstacle.« Tous sont bons pour moi! Tout le monde me sert et m\u2019aide.Que les Sœurs sont donc bonnes; elles se dévouent beaucoup pour moi; le paradis est ouvert pour elles! » Voilà le témoignage qu\u2019il rend de ses frères et de ses Infirmières.« Bô Dye (bon Dieu) bon, oui! » c\u2019est le cri de sa reconnaissance envers son Père du ciel. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t113 Lundi 6 novembre A « La Charité, s\u2019il vous plaît », c\u2019est l\u2019ouverture des classes, retardée jusqu\u2019à ce jour pour permettre à notre chère Sœur Saint-Jean-de-Brébeuf \u2018 de refaire ses forces perdues à la suite d\u2019un accès de fièvre.Quatre-vingt-dix élèves viennent s\u2019inscrire, tout heureux de prendre place dans les deux locaux qui ont été aménagés pour eux, plus heureux encore à la pensée que dorénavant leur repas du midi est assuré.De plus, les jeunes filles de l\u2019Ouvroir Notre-Dame-de-l\u2019Assomption, sous la direction de Sœur Maurice-de-Thèbes ^ travaillent activement à la confection de l\u2019uniforme qu\u2019ils revêtiront désormais: jupe de coton bleu foncé pour les fillettes et pantalon de même tissu pour les garçons, avec blouse de coton blanc et cravate bleue pour tous.Parmi ces enfants, une soixantaine devront être préparés pour la première communion et la confirmation.Leur maîtresse compte sur l\u2019aide de notre Mère Immaculée pour leur apprendre à bien aimer et servir le bon Dieu.GIGANTESQUE COCOTIER AUX ÉNORMES GRAPPES CHARGÉES DE NOIX DE COCO EN FORMATION OU A MATURITÉ AU CENTRE DE L\u2019aRBRE.UN ENFANT NOIR EST GRIMPÉ AVEC UNE HABILETÉ ÉTONNANTE ET S\u2019y TIENT FORT À SON AISE.Samedi 11 novembre Si le lever est matinal aujourd\u2019hui, nous n\u2019en remarquons pas la fatigue, songeant au bonheur que nous causerons à nos malades de « La Charité », en faisant les préparatifs d\u2019une messe en plein air.C\u2019est qu\u2019en ce jour a lieu la première communion d\u2019Édoine, jeune homme de dix-huit ans.Le bon Dieu trouvera certes une chaude demeure dans l\u2019âme de ce pauvre infirme.Ses deux jambes étant ankylosées depuis deux ans, la seule position qu\u2019il puisse prendre est de se tenir assis.Il doit 1.\tAlice Magnan, de Québec.2.\tYvonne Clouâtre, de Montréal. 114 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 se traîner péniblement en cette posture, lorsqu\u2019il veut se transporter d\u2019un endroit à un autre, faisant effort de ses mains pour avancer tout son corps.Quelle n\u2019est pas notre surprise de le voir ce matin se cramponner à un arbre et essayer, mais en vain, de rester debout.Il a grande confiance d\u2019être guéri en ce beau jour de sa première communion.Si Notre-Seigneur revenait sur la terre, il aurait du bonheur et aussi de la besogne pour guérir tous nos malheureux, car ici se trouvent réunis une foule de souffreteux et d\u2019estropiés: boiteux, rachitiques, infirmes de toutes sortes.De ce temps-ci, nous enregistrons des décès tous les jours.Le changement de température, surtout les nuits très fraîches, froides au dire des MGR BERTOLI, CHARGÉ D\u2019AFFAIRES DU SAINT-SIÈGE EN HAÏTI, CÉLÈBRE LE SAINT SACRIFICE A L\u2019ORATOIRE SAINT-VINCENT-DE-PAUL DE L\u2019ŒUVRE DE « LA CHARITÉ, S\u2019IL VOUS PLAÎT », LES CAVES, ET Y DISTRIBUE LA SAINTE COMMUNION Haïtiens, en sont la cause, comme aussi le vent du nord, très mauvais en décembre particulièrement.Les vides sont cependant vite comblés; chaque matin, un bon nombre de malades viennent en suppliant demander leur admission et il nous est vraiment pénible de ne pouvoir les recueillir tous: les Kaban (lit) se trouvant entièrement occupés, et plusieurs patients devant même coucher par terre, sur le pavé en ciment.Quelle misère et quel crève-cœur! Lundi 20 novembre La jeune Mission des RR.SS.de Sainte-Anne à Saint-Louis-du-Sud est cruellement éprouvée.Samedi dernier, une triste nouvelle nous apprenait la grave maladie de la Supérieure, arrivée en Haïti depuis moins de deux mois.Afin de tenter un dernier effort pour sauver la mourante, elle fut transportée à l\u2019Hôpital des Cayes, mais, hélas! le mal ne put être enrayé.Les cloches de la cathédrale sonnent aujourd\u2019hui le glas funèbre de cette missionnaire à peine débarquée au pays de ses rêves apostoliques.Deux de ses compagnes, venues avec elle à l\u2019Hôpital, souffrent aussi du paludisme. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t115 Le bon Dieu veut sans doute donner à cette jeune Mission une base solide; celle de l\u2019épreuve.O Seigneur! vous savez cependant combien vos ouvriers sont peu nombreux en Haïti! Nous nous soumettons à votre sainte Volonté et vous offrons notre sacrifice, avec la certitude que cette semence sera féconde et que vous nous enverrez d\u2019autres moissonneurs, car les épis sont prêts à cueillir en abondance! jt|gi K,,- S EXC.MGR L.CÜLLIGNON LVÊQUE DES CaYES, HaYTI, ET MGR BERTOLI, CHARGÉ d\u2019affaires DU SaINT-SIÈGE, EN VISITE À R La Charité, s\u2019il vous plaît », oü se dévouent LES Sœurs Missionnaires DE l\u2019Immaculée-Conception Jeudi 23 novembre L\u2019Œuvre de « La Charité, s\u2019il vous plaît » est honorée de la visite de S.Exc.Mgr L.Collignon, accompagné de Mgr Bertoli, chargé d\u2019affaires du Saint-Siège en Haïti.Nos chers malades et nos élèves leur souhaitent la bienvenue, et expriment par leurs chants leur profond attachem.ent à Notre Saint-Père le Pape.Le cœur plein d\u2019émotion, car il est frappé de l\u2019extrême pauvreté qui s\u2019étale à ses yeux, Mgr Bertoli s\u2019informe depuis combien de temps nous nous occupons de l\u2019Œuvre, et si nous sommes heureuses de nous y dévouer.Sur notre réponse que, depuis plus d\u2019un an, nous remplissons notre office avec joie.Monseigneur demande si Son Excellence nous en avait donné une juste idée, lorsqu\u2019elle nous a invitées à y travailler.« Oui, Monseigneur, répondons-nous, et c\u2019est précisément ce qui nous y a attirées davantage.» Mgr Bertoli apprend avec satisfaction que notre révérende Mère Générale elle-même est venue nous conduire en Haïti et est, par conséquent, bien au courant du bien que ses filles ont à accomplir en cette Mission.Mgr Ferrofino, secrétaire de la Nonciature apostolique, vient également visiter l\u2019œuvre et notre maison, au cours de la journée, et s\u2019offre à nous dire la messe demain.Samedi 25 novembre Mgr Bertoli célèbre ce matin une messe en plein air à l\u2019oratoire Saint-Vincent-de-Paul.Une foule pieuse y assiste, ainsi que les enfants des différentes écoles.Les jeunes filles de l\u2019Ouvroir font les frais du chant.Monseigneur se montre visiblement ému en distribuant la sainte communion à ces pauvres malades, véritables loques humaines.Il se rend aussi près de ceux qui ne peuvent se lever de leur misérable Kaban.Un beau congé nous est accordé et, de plus, une journée de vraie détente que, grâce à notre paternel évêque, nous passons à Camp-Perrin.Le climat excellent de cet endroit, et l\u2019air beaucoup plus frais qu\u2019aux Cayes, nous procurent un véritable et tonifiant repos.Une maison confortable a été préparée et mise entièrement à notre disposition.Nous y goûtons une douce tranquillité, laquelle contraste fort avec le bruit continuel des barils en tôle qu\u2019on roule dans la rue, ou celui du déchargement des provisions qui se fait aux entrepôts voisins de chez 116 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Avril 1945 nous.Nous n\u2019avons jamais pensé à nous plaindre de ces inconvénients, mais, tout de même, nous apprécions grandement le calme bienfaisant et le parfait silence dont nous jouissons aujourd\u2019hui, et nous en remercions le bon Dieu.Nous allons à la cueillette des goyaves, fruits de la grosseur des prunes, dont le goût approche celui de la fraise ou de la framboise.Afin de joindre l\u2019utile à l\u2019agréable, nous nous exerçons aussi à monter à cheval; les plus habiles parcourent un large champ au galop, contentes de se sentir braves et de se mettre en mesure de rendre service un jour, si un voyage s\u2019imposait au temps où les routes sont détruites par les pluies.* ?* MONTREAL Visite d\u2019un évêque missionnaire à la Maison-Mère Dimanche 14 janvier 1945 S.Exc.Mgr Paul Robert, évêque des Gonaïves, Haïti, en voyage au Canada pour refaire sa santé, honore ce matin notre Communauté de sa visite et célèbre le saint Sacrifice dans notre chapelle.Le passage d\u2019un missionnaire, au milieu de Religieuses essentiellement vouées à l\u2019apostolat, ne peut avoir pour résultat que d\u2019aviver dans leurs cœurs la flamme du zèle et de les embraser davantage du désir de porter la foi aux peuples encore assis dans les ténèbres de l\u2019erreur.Et si, comme aujourd\u2019hui, ce missionnaire est un digne évêque qui, depuis plus de vingt ans, prodigue son cœur et ses forces pour la conquête des âmes, quel élan d\u2019enthousiasme et de généreuse ardeur ne doit-il pas provoquer! Nous n\u2019avons garde de nous soustraire à l\u2019emprise qu\u2019exercent sur nous les chaudes et apostoliques paroles que nous adresse Son Excellence.La tristesse qu\u2019elle ressent, à la pensée des multitudes de pauvres Noirs assoiffés de vérité et laissés dans l\u2019abandon, passe de son cœur dans le nôtre et nous remplit d\u2019une sainte envie de voler au secours de ces populations en détresse.Déjà Haïti nous est chère, puisque, depuis un an et quelques mois, nous y avons établi deux Missions, et que la fondation d\u2019une troisième est en préparation pour l\u2019automne.Ce qu\u2019on nous en dit ce matin ne fait qu\u2019accroître notre affection et notre sympathie pour ce pays aux moissons blanchissantes.Considéré sous son aspect pittoresque, Haïti est un pays superbe, nous dit S.Exc.Mgr Robert, mais il y a autre chose de plus attrayant.On ne va pas aux Antilles pour admirer seulement, mais pour y sauver les âmes, et c\u2019est cela surtout qui est intéressant.Et ici on assiste à un phénomène vraiment merveilleux.Vos Sœurs ne connaîtront jamais dans sa vérité totale ce qu\u2019était auparavant Haiti, puisque c\u2019est juste avant leur arrivée qu\u2019une subite transformation s\u2019est opérée dans le pays, par un miracle vraiment extraordinaire et qui marque de la part du bon Dieu une sollicitude particulière pour la nation haïtienne.Son origine suppose d\u2019abord une attention spéciale de la Providence.On sait que ce peuple a été formé par la révolte des esclaves noirs.Comment ces derniers auraient-ils réussi à se cons- Montreal LE PRECURSEUR Mare-Avril 1945\t117 tituer en nation, si le ciel n\u2019était intervenu ?Dieu voulait avec eux créer la première nation de race noire.Le Pape Pie XI regardait comme un privilège d\u2019avoir vécu à une époque bouillonnante, telle que celle de son' pontificat.« Si la vieille Europe manquait à son destin de donner Dieu au monde, disait-il, je me tournerais vers le Continent Noir.» C\u2019est ICI qu\u2019intervient la nation haïtienne.Le bon Dieu a poursuivi, au cours des siècles, sa formation lente, difficile, je pourrais dire misérable; et la lutte s\u2019est faite pour essayer de la christianiser.C\u2019est le Pape qui a été le premier à reconnaître cette nation en tant que nation, et il a signé un Concordat avec le gouvernement haïtien, lequel permettait à ce pays de s\u2019organiser au point de vue religieux Depuis quatre-vingts ans, des missionnaires en grand nombre se sont donnés et sacrifiés pour sauver ce peuple et lui apporter la foi.D\u2019innombrables victimes ont succombé sous le poids des fatigues et les ardeurs des tropiques.En 1910, un évêque disait que la durée moyenne de la vie des prêtres en Haïti était de quatre ans.Actuellement, c\u2019est beaucoup plus.Lorsqu\u2019on entre dans une église, de quelque paroisse que ce soit, et qu\u2019on va s\u2019agenouiller au pied de son tabernacle, pour prier Notre-Seigneur, on est impressionné de voir le chœur pavé par les dalles funéraires des prêtres qui sont tombés au service des âmes.Tous ces sacrifices ont fécondé le sol d\u2019Haiti.Tout à coup, la nation a grandi.Il y a deux ou trois ans, une transformation prodigieuse s\u2019est accomplie, mais la lutte n\u2019est pas encore finie.Spectacle extraordinaire, j\u2019ai vu des multitudes m\u2019accompagner en chantant et en priant; ]\u2019ai vu des foules supplier pour être délivrées de la superstition et qui ont prêté le serment de ne jamais trahir leur baptême.Je les ai vues courir au travers des bois pour me rejoindre, insatiables de recevoir la parole du bon Dieu.Avant cette transformation, tous les efforts des missionnaires se butaient à une résistance obstinée.Les Noirs semblaient se rendre, mais leur acquiescement était un mensonge' ils disaient oui, acceptaient toutes les conditions proposées, mais leur cœur n\u2019était pas changé.Aujourd\u2019hui, tout le monde reçoit sincèrement la vérité.Le changement est aussi formidable que si, en deux ou trois ans, tous les catholiques de la province de Québec se faisaient protestants.Toutes les âmes demandent le bon Dieu.Un jour que je revenais de visiter une chapelle, je m\u2019arrêtai devant une agglomération assez considérable de personnes pour leur adresser quelques mots.En attendant que tout le monde fût prêt, je demandai à boire.Une brave femme m\u2019amena dans sa petite maison et elle me dit ceci: « Monseigneur, vous avez détruit nos superstitions, vous nous avez dit qu\u2019il fallait en finir avec le démon; maintenant, fi faut nous apprendie à prier, il faut nous donner le bon Dieu.» Ces paroles sortaient du cœur; et cette femme disait ce que tout le monde ressent là-bas.Permettez-moi une autre anecdote.C\u2019était au mois de mars dernier, j\u2019étais dans une paroisse.Le prêtre me présenta un brave homme qui était venu avec quelques amis et me dit « Monseigneur, voilà le coupable! » Et il me raconta son histoire.Il était venu, avec des compagnons, il y avait quelques mois, trouver le Père pour faire cette demande' « Nous sommes d\u2019une région très éloignée, le prêtre n\u2019est jamais venu chez nous.Sans doute, les plus courageux sont allés voir le missionnaire, œiais la plus grande partie de la population ne le rencontre jamais.Nous venons vous demander de venir nous bâtir une chapelle, afin que nous puissions profiter de la religion chrétienne.Si vous ne venez pas, les protestants vont venir.» Il faut remarquer que cet homme n\u2019était pas baptisé.Le Père lui répondit qu\u2019étant déjà accablé de besogne, il lui était impossible d\u2019acquiescer à son désir.Alors, le solhciteui s\u2019en alla, tout décontenancé et triste, avec son groupe.Le missionnaire n\u2019en entendit plus parler et continua son travail vraiment écrasant.Après quelques mois, il le voyait revenir tout joyeux.Prévenant toute demande de la part du bon Noir, il se hâta d\u2019alléguer de nouveau son impossibilité; mais l\u2019autre, cette fois, au heu de se décontenancer, dit en hésitant: « Père, nous ne venons pas vous demander de bâtir une chapelle, mais bien de venir bénir celle que nous avons construite.» Ce fait n\u2019est pas unique.Nous voyons le besoin des âmes et le problème qui se pose pour la religion catholique Dans un diocèse de 500,000 habitants, on compte quatorze prêtres qui exercent leur apostolat dans des conditions presque inimaginables, A la tête 118 Montréal LE PRECURSEUR Mars Avril 1945 d\u2019un centre de 30,000 âmes est placé un prêtre âgé, fatigué, qui peut à peine dire la messe, il a avec lui un jeune prêtre haïtien Certaines chapelles sont à huit heures de cheval du centre A la ville épiscopale, il y a un évêque, un vicaire général, un secrétaire, un curé, un premier et un deuxième vicaire, mais écoutez bien le vicaire général est curé de la cathédrale, le secrétaire est le premier vicaire et le deuxième vicaire, c\u2019est moi II y a là un travail fou, aussi tout le monde est usé, fatigué, rendu Nous avons, à l\u2019occasion de cette campagne contre la superstition, fourni un effort physique extraordinaire Les gens étaient si heureux que nous ne pouvions faire autrement J espère qu\u2019au Canada je trouverai de l\u2019aide S\u2019il y a en ce pays des gens qui ne pratiquent pas leur religion, ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils manquent de moyens, c est qu ils abusent de la grâce Tandis qu\u2019en Haïti il n\u2019y a personne pour donner le bon Dieu aux âmes Ce que le bon Dieu cherche premièrement pour opérer le salut de ces populations, ce sont les vies données, les vies livrées Tout le monde ne pourrait pas venir en Haïti, mais tout le monde peut et doit travailler au règne de Dieu Pour cela, il n\u2019est pas besoin de s\u2019en aller en Chine ou au Japon, ou d\u2019aller mourir des fièvres paludéennes en Haïti, ou de s\u2019épuiser sous le soleil, donnant sa vie goutte à goutte Ce qui cornpte, c\u2019est de donner son cœui au bon Dieu, c\u2019est de réaliser pleinement tout ce qu\u2019il nous demande, où que nous soyons, quelque chose que nous fassions Car la mesure du bien que nous ferons sera la mesure exacte de l\u2019amour de Dieu que nous aurons dans notre cœur, et cet amour de Dieu consiste à toujours faire de notre mieux pour lui donner tout ce qu\u2019il nous demande II faut, par conséquent, vivre de la vie intime au dedans de nous-mêmes, pour pouvoir arriver à enlever de notre âme et de notre natuie ce qui est un obstacle à l\u2019amour de Dieu et pour répondre à son appel avec plus de générosité Si vous faites cela, vous aiderez les missionnaires haïtiens, sans même qu\u2019il soit nécessaire d\u2019avoir une intention spéciale dans votre prière, parce que le bon Dieu sait très bien où il doit répandre ses grâces Tout de même, comme il n\u2019est pas défendu de lui manifester nos désirs, je vous demande un souvenir particulier pour les Gonaives et pour moi Cette intention particulière, nous ne manquerons pas de l\u2019avoir pour le diocèse des Gonaives et pour son dévoué pasteur Et, en attendant que le Seigneur nous appelle à nous dépenser d\u2019une façon directe dans les labeurs de l\u2019apostolat, nous nous efforcerons de remplir dignement notre rôle de Missionnaires, en suivant les précieux conseils qui viennent de nous être donnés.* t * Baptêmes\t19 Extrême-Onction\t1 Malades hospitalises\t109 Malades reçus au dispensaire\t3,197 Jours d\u2019hospitalisation\t2,425 Prescriptions remplies\t2,868 Visites à domicile et dans les hôpitaux JOIS DE MONTRÉAL,\tANNÉE 1944 Pansements\t4,102 Traitements\t476 Examens aux rayons X\t3 Injections\t3,558 Operations\t5 Décès\t15 90 50 \u2022 os Chaque âme a été rachetée par le sang de Jésus-Christ, et son prix de rachat en fixe la valeur.Cardinal Manning. wwm.y À1* ( mDIEES ^ ncs Ppr^^ 6iLL( sarcJnt aTnënâa (vi^rgq?au TVOl.''P*.44,(J C/fERS TARp/iTS Dimanche 22 octobre 1944 Des âmes! des âmes! pour chanter le Christ et le bénir! Telle est bien l\u2019ardente supplique qui, sous une forme ou sous une autre, jaillit à chaque instant de nos cœurs en ce pieux dimanche de la Propagation de la Foi.Si, présentement, nous ne disposons que de nos humbles prières et sacrifices pour la grande cause missionnaire, nous tâchons du moins d\u2019y suppléer par une plus grande ferveur.Méditations, cantiques à la première messe et avant la récréation, mystères du Rosaire, tout nous aide à entrer dans la grande pensée que l\u2019Église propose aujourd\u2019hui à ses enfants.Nos différentes missions étant tirées au sort, à chacune est désigné le théâtre de son zèle, c\u2019est-à-dire la mission pour laquelle elle est invitée à offrir sacrifices et prières, en attendant de se donner plus complètement elle-même, là où le divin Moissonneur l\u2019attend.Mercredi 1°'' novembre Vraiment les saints nous favorisent.Il fait une température idéale, tel un jour de la belle saison qui se serait attardé.Et que dire de l\u2019intérieur ?Le Gaudeamus de V Introït du jour se répercute à merveille parmi les blancs oisillons.C\u2019est la Toussaint, il faut nous réjouir.Après les deux inesses, auxquelles nous avons le privilège d\u2019assister chaque dimanche et fête, la cloche annonce le Deo gratias, grand congé qui débute par une salutation à tous les bienheureux du paradis.Et ensuite, rien de plus pressé que de nous faire connaître les unes aux autres le saint ou la sainte devenu notre patron ou patronne pour l\u2019année.Rien aussi de plus intéressant que cette présentation, avec les commentaires qui en résultent.Les Vêpres solennelles de la Toussaint ont lieu à deux heures et demie, stiivies des exercices du Rosaire et de la bénédiction du Saint Sacrement.Puis la liturgie tire comme un voile sur toutes ces joies et splendeurs, en nous rappelant le souvenir des trépassés; nous chantons les Vêpres des morts.Après nous être réjouies avec l\u2019Êg.ise triomphante, nous n^us tournons vers l\u2019Église souffrante pour compatir aux douleurs de nos frères détenus dans les flammes expiatrices.Que ne nous est-il donné de pouvoir ouvrir, aujourd\u2019hui même, le paradis à tous ces pauvres captifs! Nous faisons du moins en leur faveur le plus grand nombre de visites possible auxquelles sont attachées des indulgences plénières. 120 Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945 Dimanche 5 novembre La première neige.Bien qu\u2019elle fonde presque à mesure, elle n\u2019en est pas moins un avertissement que l\u2019hiver approche.Aussi songeons-nous, entre autres prévisions, à nos petits oratoires qui devront bientôt fermer leurs portes.Ce soir, comme lé ciel est redevenu serein, nous décidons d\u2019y faire un petit pèlerinage, probablement le dernier de la saison, que nous faisons suivre d\u2019une visite au cimetière.Tour à tour, aux pieds de la Sainte Vierge et de saint Joseph, nous chantons et nous prions, puis sur la tombe de notre vénérée Mère Fondatrice, chacune se recueille, ^ontanément, c\u2019est une supplique qui vers elle monte du cœur aux lèvres.Ne doit-elle pas avoir le pouvoir tout spécial de nous aider à atteindre notre bel idéal missionnaire ?Mère vénérée, intéressez-vous toujours à chacune des petites blanches de votre chère famille religieuse; au ciel, la puissance et la charité ne doivent connaître ni bornes, ni obstacles.Jeudi 9 novembre Vers dix heures, ce matin, l\u2019appel de la cloche nous réunit toutes près de la porte d\u2019entrée, où bientôt nous avons le bonheur d\u2019accueillir notre bien-aimée Mère Supérieure Générale.Deux de nos Mères Conseillères l\u2019accompagnent.Après avoir salué l\u2019Hôte du tabernacle et échangé les premiers bonjours, nous chantons un reconnaissant Afo^nijicot, Notre IVIère nous adresse ensuite quelques mots, puis nous invite à nous réjouir en donnant Deo gratias pour la journée.Ce nous est un réel bonheur de savoir qu\u2019elle passera plusieurs jours parmi nous.Dimanche 12 novembre Ce soir, professes, novices et postulantes se partagent les frais d\u2019un petit programme récréatif exécuté en l\u2019honneur de notre bonne Mère, dans le désir de la reposer un peu de ses lourdes occupations et de ses nombreux soucis.Et vraiment, nous pourrions croire avoir atteint notre objectif, en voyant cette chère Mère rire de si bon cœur à nos petites représentations.Nous en sommes même déjà toutes récompensées.Réjouir nos Mères, n\u2019est-ce pas réjouir le bon Dieu ?Lundi 20 novembre Novembre a la réputation d\u2019être triste, et pourtant que de belles fêtes il nous apporte! Après la glorieuse solennité de la Toussaint, de semaine en semaine, nous arrivons bientôt à la Présentation de Marie au Temple, particulièrement nôtre, heureuses novices de l\u2019immaculée, et à laquelle nous nous sommes préparées avec un surcroît de ferveur.La petite Vierge, venant s offrir à Dieu, est bien le plus parfait modèle des âmes qui se pré= parent au don d\u2019elles-mêmes par les saints vœux dans le temple de la Religion, Depuis quelques jours, un peu de mystère s\u2019est laissé percevoir dans les allées et venues, mystère impénétrable pour les plus jeunes qui en sont à leurs débuts au Noviciat.Et, en effet, nos bonnes Mères et officières nous ont ménagé de belles surprises.Dès ce soir, nous en expérimentons les déli» Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t121 catesses.Comme prélude à la fête, une jolie et pieuse séance est exécutée, où nos benjamines les postulantes sont les interprètes et nous les spectatrices très intéressées.Musique, chants à la Sainte Vierge, offrande de vœux, servent d\u2019ouverture, d\u2019intermèdes ou de cadre à une pièce des mieux choisies qui nous montre une fois de plus la bonté de notre Immaculée Mère envers ceux qui l\u2019invoquent avec confiance.Mardi 21 novembre, fête de la Présentation .Blancs lis à la chapelle et belle neige fraîchement tombée, tout symbolise les grâces virginales de la divine Reine que nous fêtons en ce jour, alors que dans nos cœurs et sur nos lèvres résonnent ses louanges, tout spécialement durant la sainte messe.Puis le va-et-vient matinal se fait plus intense.De toutes parts, les figures épanouies trahissent la joie des cœurs.Enfin, à neuf heures, la cloche fait entendre son joyeux appel.Les portes du Noviciat, fermées depuis la veille, s\u2019ouvrent à deux battants pour livrer passage aux blanches colombes qui deux à deux y défilent au chant de « Marie, à l\u2019âge le plus tendre.».Tout d\u2019abord, nos yeux se portent sur notre aimable Patronne, revêtue pour la circonstance de nos livrées.Mais voici que nous apercevons dans un angle de la pièce, ô surprise! une imposante statue d\u2019ange gardien, qu\u2019on devine bientôt et qu\u2019on nous annonce, en effet, être le cadeau de fête de notre bien-aimée Mère à ses petites novices.Un retentissant Deo gralias permet alors d\u2019exprimer les multiples sentiments qui envahissent les âmes.Qu\u2019elle est bonne notre Mère, redit-on de tous côtés, que ne pouvons-nous lui dire aussitôt notre plus filial merci! Heureusement, notre dévouée Maîtresse se fait, pour l\u2019heure, l\u2019interprète de toute la Volière.L\u2019attitude éloquente du céleste gardien, son doigt montrant le ciel, sauront nous rappeler à chaque instant la sainte présence de Dieu et la fin unique de tous nos actes, qui est Dieu.Et sans doute aussi, chacune à part soi se promet bien de vivre plus assidûment en la douce intimité de cet ami sans pareil.Nous assistons ensuite à la distribution des gentilles lettres bleues venant de là-haut et portant la signature de notre Immaculée Mère.Chacune préconise la pratique d\u2019une vertu spéciale, si bien adaptée qu\u2019on la croirait prise sur mesure.Puis vient la grande partie de perfection aux drapeaux que président l\u2019aimable gaieté et le plus vif entrain.Toutefois, en cela comm.e ailleurs, nous demeurons novices et les victoires ne s\u2019enregistrent pas sans défaites, ce qui du reste ne fait qu\u2019aiguillonner davantage l\u2019attention et l\u2019ardeur.N\u2019en est-il pas ainsi dans le domaine des vertus réelles?N\u2019est-ce pas à coups d\u2019efforts, d\u2019échecs et de reprises que nous parvenons à les acquérir et que maintes fois elles nous glissent des mains comme au jeu cet après-midi ?Hâtons-nous de dire, maintenant, qu\u2019aux joies du cœur et de l\u2019esprit s\u2019ajoutent, dans une part tout aussi abondante, avantages et jouissances de râm.e.En plus des exercices ordinaires de piété, c\u2019est la Garde d\u2019Honneur au Saint Sacrement et à la Sainte Vierge, laquelle nous est, aujourd\u2019hui, particxilièrement réservée, puis le chant du Rosaire et notre conférence spiritueüe. 122 Montréal LE PRÉCURSEUR Mars-Arvil 1945 Enfin, de jolies pièces musicales harmonisent les derniers moments de cette heureuse fête.Et quand vient l\u2019heure de remettre notre journée entre les mains du bon Dieu, un parfum de gratitude plus prononcé en pénètre l\u2019offrande.Mardi, mercredi, jeudi, 5, 6, 7 décembre Triduum de préparation plus immédiate à notre grande fête patronale, l\u2019Immaculée-Conception.Silence complet, lectures et méditations appropriées, tout nous y favorise et, nous n\u2019en doutons pas, attire aussi davantage les regards de la Vierge sans tache sur sa Volière aimée.Nous avons, de plus, le privilège d\u2019une instruction chacun de ces jours; la première' notre conference hebdomadaire, est donnée par M.l\u2019Aumônier, et les deux autres par M.l\u2019abbé L.Pageau, P.M.E., ce dont nous sommes des plus reconnaissantes.Vendredi 8 décembre Gloire à Marie ! Gloire à l\u2019immaculée! C\u2019est le pieux refrain qui chante dans les âmes en cette belle fête de l\u2019immaculée Conception.Oh! que nous sommes heureuses du beau titre sous lequel Marie a voulu adopter notre Institut, titre qui lui rappelle le plus aimé de ses privilèges.C\u2019est dire avec quelle tendresse filiale nous la saluons dès l\u2019aube de cette solennité et lui répétons ce que l\u2019Église nous met sur les lèvres à son adresse: « Vous êtes toute belle, ô Marie, et il n\u2019y a pas de tache en vous.» A la messe basse, des cantiques choisis lui redisent nos hommages, puis il y a rénovation des vœux, au moment de la communion, par toutes les Sœurs professes.Nous qui vivons dans l\u2019attente de ce grand bonheur, nous prions 1 Immaculée de nous offrir de nouveau à notre divin Fiancé et de vouloir bien elle-même suppléer à tout ce qui manque à la parure nuptiale de nos âmes.Samedi 9 décembre De la visite missionnaire, voilà qui réjouit toujours grandement le Colombier.Aujourd\u2019hui, ce sont deux de nos Sœurs, Sœur Marie-de-l\u2019Épi-phanie ' et Sœur Saint-Luc revenues depuis peu de Vancouver, que nous avons le bonheur d accueillir, lesquelles ont déjà d\u2019ailleurs passé plusieurs années en Chine.Elles sont accompagnées de quelques Sœurs de la Maison-Mère dont l\u2019une.Sœur Sainte-Julie fait aujourd\u2019hui sa visite d\u2019adieu, car elle partira dans trois jours pour cette mission du littoral, avec la doyenne des deux arrivantes qui retourne à son poste.Nous avons donc une fois de plus l\u2019avantage d\u2019entendre parler des belles œuvres d apostolat confiées à notre Institut, et auxquelles nous aspirons à nous dépenser.Et déjà, nos visiteuses doivent nous quitter.Nous souhaitons aux deux partantes un excellent voyage et les plus heureux succès auprès des âmes.1\tMay Moquin, de Eastman, P Q 2\tMane Bourdeau, de Saint-Luc, comté de Saint-Jean, P Q.3\tBéatrice Tessier, de Woonsoket, R -I. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t123 Dimanche 17 décembre Récréation bienfaisante et pleine d\u2019intérêt que celle de ce soir et qui nous renouvelle dans l\u2019esprit de cette Œuvre méritante qu\u2019est la Sainte-Enfance.Sur l\u2019écran, nous suivons nos lointaines missionnaires dans leurs multiples fonctions de charité et de christianisation auprès des enfants païens; crèches, écoles, orphelinats, etc.Nous en sortons résolues à prier et à nous sacrifier davantage pour le salut des pauvres petits infidèles.Lundi 25 décembre Noël, fête divine, qui jadis éveillait en nos âmes d\u2019enfant tant de joies pures et de plaisirs innocents, remplit maintenant nos âmes religieuses d\u2019un bonheur serein, d\u2019une piété suave, mais surtout d\u2019une reconnaissance profonde pour le grand bienfait de l\u2019Incarnation.Noël, c\u2019est la fête de tous, des petits et des grands.Quelque peu avant minuit, sur la colline de nos blancs dortoirs, retentit tout à coup un chant suave; « Çà, bergers, assemblons-nous », nous conviant, humbles petites bèrgères, à passer au Bethléem de notre chapelle où Jésus nous attend.Prestement, nous répondons à l\u2019appel, et bientôt, réunies au pieux cortège, nous sommes toutes prosternées au pied de la crèche, contemplant le doux Enfant Jésus qui semble n\u2019avoir d\u2019attentions que pour nous.A minuit, c\u2019est la grand\u2019messe, durant laquelle chacune a le bonheur de recevoir et de bercer le divin petit Frère dans la crèche de son cœur, préparée avec un redoublement de soins depuis le début de l\u2019Avent.C\u2019est l\u2019heure exquise pour lui parler de tous ses intérêts et des nôtres, pour lui multiplier nos hommages en compensation de tous ceux qu\u2019on lui refuse, embrassant dans nos prières le monde entier, toutes les âmes, tous ceux qui nous sont chers et à qui nous devons reconnaissance.Mais ces bons moments.comme ils passent vite! A l\u2019autel se continue le saint Sacrifice, trois fois renouvelé, pendant que les voix chantent de pieux noëls, redisant tour à tour amour, louange ou reconnaissance au Verbe incarné.Et quand, l\u2019ofifice terminé, il nous faut quitter la chapelle, c\u2019est pour passer au réfectoire où nous est servi un bon petit réveillon.Après quoi nous réintégrons notre gîte nocturne pour y reprendre notre sommeil, lequel se prolonge un peu ce matin, et pour être de nouveau réveillées au son de douces mélodies.La fête se passe des plus joyeuses, partagée entre les visites au petit Jésus et les douces causeries familiales, avec l\u2019intime contentement, pour la plupart d\u2019entre nous, de voir réapparaître les bonnes lettres du « chez nous » de nos bien-aimés parents.EO \u2022 OE Dieu seul est bon; mais l\u2019homme devient bon par l\u2019union avec Dieu; alors sa bonté, comme celle de Dieu, touche et attire les cœurs.Mgr Corbet. Mes bien chers Enfants, Je reviens de voyage et j\u2019en ai bien long à vous raconter; si je vous disais tout en une seule fois, je couvrirais des pages et des pages.Je me contenterai donc, pour aujourd\u2019hui, de vous parler de Diane, une enfant que j\u2019ai rencontrée et qu\u2019il vous fera certainement plaisir de connaître, car elle est très gentille.C\u2019est une fillette, oh! pas bien grande, six .ans peut-être, qui fera bientôt sa première communion.Son intéressante petite frimousse, encadrée de cheveux blonds cendrés, est égayée par deux grands yeux rieurs et si bleus qu\u2019on les croirait vraiment deux gouttes d\u2019azur tombées du firmament.Diane n\u2019est pas seule à la maison: deux jeunes frères, Olivier et Gilles, l\u2019un de cinq et l\u2019autre de trois ans et demi, et Gisèle, une mignonne sœurette d\u2019un peu plus de huit mois, partagent avec elle les douceurs de ce foyer chrétien.Je vous disais donc que pour Diane approche le jour si beau de la première visite de Jésus; ce sera à Pâques probablement.La charmante enfant, aidée de sa bonne mère, se prépare à ce grand événement, avec toute la ferveur dont elle est capable.N\u2019allez pas croire cependant qu\u2019elle récite de longues prières ou s\u2019impose de dures pénitences.Oh! non, car sa maman lui dit bien souvent: « Jésus n\u2019exige pas des enfants ce qui est au-dessus de leurs forces ou de leurs capacités, comme seraient, par exemple, des prières qui n\u2019auraient plus de fin et des privations qui les rendraient malades.Il ne leur demande qu\u2019une chose, une seule, et c\u2019est.de l\u2019aimer tendrement, comme tous les enfants savent aimer.» Un jour, la fillette fit cette question: \u2014 Maman, que dois-je faire pour que Jésus sache que je l\u2019aime et qu\u2019il soit content ?Pour réponse sa mère lui demanda alors avec un doux sourire: \u2014 M\u2019aimes-tu, ma Diane?.\u2014 Oh! oui, maman, je vous aime.\u2014 M\u2019aimes-tu, beaucoup, beaucoup?.\u2014 Oui, beaucoup, beaucoup, beaucoup! \u2014 Que fais-tu quand tu veux me prouver que tu m\u2019aimes et me rendre contente de toi ?\u2014 Oh! maman, avec vous ce n\u2019est pas difficile.Je sais que vous êtes contente quand je suis gentille avec Olivier et Gilles.Quand je joue doucement avec eux sans les tirailler.Quand je garde Gisèle et que je l\u2019amuse pour qu\u2019elle ne pleure pas.Et aussi, quand je suis polie à table; que j\u2019at- Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t125 tends sans dire un mot mon tour d\u2019être servie.Quand je me couche dès qu\u2019on me le demande; que je fais bien ma prière.Quand.maman, c est si facile de vous faire plaisir!.\u2014 Eh bien! mon enfant, pour Jésus c\u2019est absolument la même chose.Il t\u2019aime beaucoup plus que je ne t\u2019aime; et lorsque tu fais bien toutes les petites actions de la journée, celles que tu as énumérées et bien d\u2019autres encore, quand tu les fais de ton mieux, pour lui faire plaisir, ça le rend même plus heureux que moi.Il dit alors à ses beaux anges: « Voyez comme cette petite fille m\u2019aime; que j\u2019ai hâte de descendre dans son cœur! » Et Diane de s\u2019exclamer avec élan: \u2014 Moi aussi, j\u2019ai hâte qu\u2019il descende dans mon cœur! \u2014 Dis-le-lui souvent, ça le réjouit.Olivier et Gilles ne cessaient d\u2019interrompre cette conversation de la mère et de son enfant.Tous deux, assis par terre dans l\u2019angle opposé de la pièce, prenaient '' J il mPW' 'î* I.À.'n , 111\tlu\t.plaisir à construire, avec de petits cubes de bois aux brillantes couleurs, de superbes châteaux, des maisons à appartements, des forteresses, voire même de minuscules villages en li^oî Gussi, j Gî HgIc QU il descends 0ntier Qu\u2019lls dé-dans mon cœur !.mohssaient ensuite avec fracas, au grand contentement de Gisèle qui manifestait alors son enthousiasme par de petits cris joyeux.Cette approbation flatteuse de leur benjamine ne suffisait pourtant pas à nos jeunes amis; il leur fallait encore et surtout celle de leur mère.Aussi multipliaient-ils les appels et les exclamations à l\u2019adresse de cette dernière: \u2014 Maman, regardez donc mon château.Est-il beau ?.\u2014 Je suis au dernier étage de ma maison, petite mère, voyez.\u2014 Vite, maman, regardez, ça tombe.\u2014 Aimez-vous ça une tour, dites ?.\u2014 J\u2019ai fait une prison.Ce sont les barreaux, là tout en haut.Tenez, je la démolis.hop!.Patatras!.Et maman souriait, encourageait, admirait, ce qui rendait les petits bien heureux et ajoutait un grand intérêt à leur jeu; en bonne éducatrice, elle profita de l\u2019occasion pour parler à sa grande de notre Mère du ciel.\u2014 Vois-tu, ma chérie, lui dit-elle, Olivier et Gilles, parce que je suis leur maman, ne cessent de m\u2019appeler et de me parler.Ils trouvent moyen de me tenir au courant de tout ce qu\u2019ils entreprennent; ils veulent que j\u2019approuve et que j\u2019admire tout ce qu\u2019ils font.Ils sont bien heureux lorsqu\u2019ils m\u2019ont fait sourire.As-tu remarqué?. 126 Montréal LF PRECURSEUR Mars-Avril 1945 \u2014 Oui, maman.Ils sont toujours comme cela.\u2014 C\u2019est comme cela aussi qu\u2019il faut que tu sois vis-à-vis de la Sainte Vierge, notre Mère du ciel.Tout en travaillant, en jouant, en marchant, en te reposant, tu dois l\u2019appeler, lui parler, la tenir au courant de ce que tu penses, de ce que-tu fais, de ce que tu désires, enfin de tout ce qui te concerne.Et, puisque tu te prépares à la venue prochaine de son Jésus dans ton cœur, il faut lui dire bien souvent: « Ma bonne Mère, j\u2019ai hâte de recevoir Jésus; aidez-moi à me bien préparer à ma première communion, je ne suis pas capable toute seule.» Ou bien: « Bonne Sainte Vierge, voyez,' je me suis oubliée, j\u2019ai été maussade, désobéissante, mais je le regrette! aidez-moi à réparer et à ne plus recommencer »; ou encore: « Chère Mamarî du petit Jésus, venez aimer votre petit enfant en moi et par moi.» Si tu agis ainsi, la Sainte Vierge, qui est bien meilleure que la meilleure des mamans de la terre, te comblera de ses plus douces faveurs; elle te sourira, t\u2019encouragera, t\u2019aidera sans se lasser jamais.Diane avait écouté avec la plus grande attention toutes les paroles de sa mère, et, comme elle n\u2019est pas de ces enfants \u2014 car malheureusement il y en a beaucoup \u2014 qui, après avoir écouté avec légèreté les recommandations qui leur sont adressées, s\u2019en vont ensuite à leurs jeux ou à leur étude et ne s\u2019en soucient pas le moins du monde, elle se promit bien de faire son possible pour suivre très exactement les sages conseils qu\u2019on venait de lui donner.Quelques jours après, alors qu\u2019elle s\u2019amusait avec une petite voisine, on l\u2019entendit lui dire: « Jouons gentiment parce que j\u2019ai demandé à la Sainte Vierge de nous regarder.» N\u2019est-ce pas que c\u2019était charmant ?Pour plusieurs d\u2019entre vous, je le sais, mes chers Enfants, le jour si beau de la Première Communion approche aussi.Au cours des mois d\u2019avril ou de mai, vos jeunes cœurs s\u2019ouvriront tout grands pour recevoir enfin Celui qui désire tant y descendre.Comme Diane, il vous tarde de voir arriver cette belle fête, la plus belle de toutes les fêtes de votre vie.Ne manquez pas de vous y préparer avec un grand amour.Ce n\u2019est pas difficile, vous l\u2019avez vu, de plaire au bon Jésus; il suffit d\u2019accomplir de son mieux toutes les actions de la journée, même les plus petites; de réparer celles que, par étourderie, vivacité ou manque de réflexion, l\u2019on a gâchées, en prenant une forte résolution d\u2019être plus sage à l\u2019avenir.Voilà qui est à la portée de tous les enfants, et voilà ce que vous vous efforcerez de réaliser, n\u2019est-ce pas, mes bons petits Amis?.Je ne dis pas cela seulement pour ceux parmi vous qui communieront bientôt pour la première fois, mais pour vous tous, chers Enfants; car si la première réception faite à Jésus dans un jeune cœur doit être préparée avec une tendre piété et un ardent amour, celles qui la suivent doivent 1 être plus parfaitement encore.A mesure que le bon Maître multiplie ses visites dans une âme, l\u2019accueil doit s\u2019y faire plus fervent, plus généreux, plus aimant.Cela est possible et même facile avec le secours de la Sainte Vierge; réclamez-le donc constamment.Comme notre jeune amie Diane, demandez souvent à cette bonne Mère de vous regarder; sous son regard si doux, vous ne pourrez être que de bons petits enfants.Essayez, vous verrez!. Montréal LE PRECURSEUR Mars-Avril 1945\t127 N\u2019oubliez pas de dire au moins un petit mot d\u2019amitié au bon saint Joseph chaque jour du mois de mars, lequel, vous le savez, est consacré à l\u2019honorer spécialement.Au revoir, mes chers Enfants, je vous reviendrai pour le beau mois Votre Grand Ami, Le Précurseur.ED ¦ DE Jîlon cœur est assej granb, car.ARIE, une petite Indienne de six ans, avait bien hâte de faire sa première communion.On lui dit qu\u2019elle était trop petite.Mais cela allait-il l\u2019empêcher d\u2019essayer?Voulant recevoir Jésus dans son cœur, jamais elle ne manquait une leçon de catéchisme.Elle était très attentive pendant la classe, et on l\u2019entendait réciter et répéter les questions et réponses à haute voix pendant que les autres subissaient leur examen.Sa persévérance fut récompensée, car elle se tira si bien de son examen, que le Père Directeur lui donna la permission si désirée de faire sa première communion.Le jour béni arriva enfin.Marie, toute radieuse, faisait penser aux anges.Après la cérémonie, une religieuse lui demanda: \u2014 Marie, où est ton bon Jésus maintenant ?Et Marie de répondre avec un sourire ravissant, et en pressant ses deux mains sur son cœur: \u2014 Il est là dans mon cœur, qui est assez grand, car Jésus s\u2019est fait si petit! Un Miss, catéchiste de Marie Immaculée aux Indes.i^otre ^cre ccleôte auôôi connaît notre faiblesisie Deux petits enfants aidaient leur père à rentrer du bois pour le repas du soir.Le plus jeune se tenait devant son père et, sur ses petits bras étendus, celui-ci posait les morceaux de bois.L\u2019aîné était debout à côté attendant son tour.Quand il lui sembla que les bras de son frère étaient suffisamment chargés, il lui dit: « C\u2019est assez pour tes forces, petit frère; tu ne pourrais en porter davantage.» Mais le petit de répliquer en souriant: « Mon papa sait bien ce que je puis porter et il me donnera juste la charge raisonnable.» Mgr Tihamer Toth.LUMINAIRE DANS LES CHAPELLES des Sœurs Missionnaires de V Immaculée-Conception Lampes du sanctuaire.$25.00 10 sous.75 sous pour une neuvaine.Un lampion ou un cierge.$ 2.00 pour un mois.20.00 pour une année. Pour PAVeurs Obîi\u2019nues.Remerciements pour faveur obtenue.Mlle M.De Sève, Montréal.\u2014 Reconnaissance pour grâce reçue après promesse de publication.Mme A.-P.Peloquin \u2014 Remerciements a la Sainte Vierge pour faveurs obtenues.Mlle C.B.\u2014 Je remercie la Sainte Vierge pour le succès de mon opération et ma guérison.Mme H.Darche Villase-Kichelieu.\u2014 Hommage de gratitude pour faveur obtenue.Mme H -P Diehl \u2014 Vive reconnaissance pour guérison d\u2019un enfant par l\u2019intercession de Notre-Dame de Lourdes Une abonnée, Outremont.\u2014 Ma vive gratitude envers Marie Immaculée pour faveurs obtenues.L.L., Ville-Saint-Laurent.\u2014 Merci à la très Sainte Vierge pour faveur reçue.Mme O.Brault, Montréal.\u2014 Reconnaissance pour grande faveur obtenue Mme Joseph Ouellet, Mackayville.\u2014 Merci à la très Sainte Vierge pour faveur obtenue Mme G.M.\u2014 Remerciements à Marie, Reine des Cœurs, pour grâce spéciale accordée a une amie au moment de la mort.Mme R.B., Montréal.\u2014 Reconnaissance a la Sainte Vierge pour faveur obtenue.Mme E.Deschesne, Montréal.\u2014 Reconnaissance a la Sainte Vierge pour faveur obtenue pour mon fils.Mme Filion.\u2014Remerciements pour guenson obtenue par le moyen de la Médaille miraculeuse et de l\u2019eau de Lourdes.J.-S.L Montreal.\u2014 Remerciements pour faveur reçue par l\u2019intercession de Marie, noHe Mere.M.-A.B.\u2014 Reconnaissance à la Sainte Vierge pour grâce obtenue.Mme Henri Lehevre.\u2014 Je viens m\u2019acquitter d\u2019une dette de reconnaissance envers la ^inte Vierge qui m a obtenu du Cœur de Jésus la grâce que je sollicitais.Anonyme -7 Reconnaissance pour faveur obtenue.Mme Gérard Gagné, St-Cyprien \u2014 Remerciements pour le succès d\u2019une opération.Mme A.Chouinard, Montpelier, Vt.\u2014 Hom-mage de reconnaissance à Marie, Reine des Cœurs, pour faveur obtenue Mme Ph tremblay, Montreal.\u2014 Merci du cœur pour grâce qui m\u2019a été accordée Mme 1 D \u2014 Veuillez^ remercier pour moi notre céleste Mère pour un bienfait reçu Mlle B \u2014 Je desire témoigner ma reconnaissance envers notre bonne Mère du ciel pour une faveur obtenue.Une abonnée.\u2014 Remerciements pour protection spéciale.Mme L.F.Anse sainte-Anne-des-Monts.Marie, Reine des Cœurs, a exaucé mes prières' Mille fois merci! Mme M.B.\u2014 Je viens remercier la Sainte Vierge d\u2019une grâce dont j\u2019ai été tavorisee.JVl^me H.D.\u2014 Hommage de gratitude pour grâce reçue.Mme A H \u2014 le remercie la Sainte Vierge qui a exaucé ma demande.Mme A.B.\u2014 Remerciements pour faveur obtenue Mme S.S.\u2014 Vive reconnaissance à Marie, Reine des Cœurs pour ma guérison.M.F.L., Valleyfield.\u2014 Reconnaissant merci pour la guérison dé mon garçon.Mme E.P., Val-Monn.\u2014 Reconnaissance pour faveur obtenue.Y.C._ Vifs remerciements pour faveur reçue.L.C.\u2014 Merci à Marie Immaculée pour grâce obtenue.Mme R.P.\u2014 Je remercie la Sainte Vierge pour une faveur obtenue et de-J pour mes deux fils.M.J.B.\u2014 Remerciements pour faveur qui m a été accordée.Mme L.D.\u2014 Remerciements pour la guérison de mon bras.Mlle N.ts.Grand merci a la Sainte Vierge pour position obtenue.M.L.D., Montréal.RECONNAISSANCES DIVERSES Remerciements à saint Joseph pour faveur obtenue.E.B., Montréal.\u2014 le viens œmeraer la Sainte Vierge et saint Antoine pour faveur reçue par leur entremise.Mme N.n .,/^®\u201c'^\"^ssance a la Sainte Vierge et à saint Joseph, pour position obtenue.Alice A'Y\u2019r^ Reconnaissance a la Sainte Vierge et à Mgr de Laval pour faveur obtenue.Mme M -G.Sabrevois.\u2014 Remerciements a saint Joseph et à saint Jude pour grâces repues.Mme C.Savoie, Salem, Mass.\u2014 Je remercie saint Joseph de la grâce qu\u2019il m a obtenue et me recommande à sa protection.Mme A.P., Montréal.A la vénérée mémoire be iïïongeigneur ILouiô Cfiartietr, 91.,\t(g.I?.DES TROIS-RIVIÈRES DÉCÉDÉ DANS LE SEIGNEUR, EN JANVIER DERNIER Les Sœurs Missionnaires de VImmaculée-Conception perdent en ce remué disparu un ami dévoué et un bienfaiteur de leurs Missions.Dans leur gratitude elles se font un doux devoir de prier pour le repos de son âme, et toujours elles conserveront le souvenir de ses bontés à leur égard.i jlll'tl'lll ricorde.ir\\j^ ¦^otVc e^parancc! lario, coivçue pecl\\c, priez pour ¦'^i'^rvou^
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