Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 janvier 1933, Janvier - Février
[" J VoL.VII.14'année Montréal, Janvier-Fevrier 1933 W Œuvres des Soeurs Missionnaires de rimmaculée-Conception AU CANADA MAISON MÈRE, 314, ch.Ste-Catherine, Oulremont, près Montréal (F.en 1902) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Procure des missions.Atelier d\u2019ornements d\u2019église, de broderie, de dentelle et de peinture pour le soutien de la Maison Mère et du Noviciat.École de formation de catéchistes chinoises.Cercles de couture de dames et de demoiselles.Diffusion d\u2019une revue missionnaire; Le Précurseur.Bibliothèque missionnaire gratuite.NOVICIAT, Pont-Viau (près Montréal), Cté Laval HÔPITAL ET DISPENSAIRE CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchelière, Montréal Enseignement du catéchisme aux Chinois.\t(Fondée en 1918) Les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception visitent aussi les Chinois malades dans les hôpitaux catholiques ou protestants lorsqu\u2019on les y appelle.NOMININGUE, P.Q.(Béthanie) (Fondée en 1914) VILLE DE RIMOUSKI, rue St-Germain (Fondée en 1918) École apostolique pour les aspirantes aux missions.Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroir pour les missions.VILLE DE JOLIETTE, 100, rue St-Louis (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Adoration du saint Sacrement.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Atelier d\u2019ornements d\u2019église.Ouvroirs pour les missions.VILLE DE QUÉBEC, 4, rue Simard (Fondée en 1919) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Récollections pour jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.VILLE DE VANCOUVER, 236, Campbell (Fondée en 1921) Hôpital Oriental.Refuge et dispensaire pour les Chinois.Cours privés de langues et de catéchisme pour les enfants et adultes chinois.Visite des Chinois à domicile.VILLE DES TROIS-RIVIÈRES, 466, rue Bonaventure (Fondée en 1926) Bureau diocésain de la Sainte-Enfance.Œuvre chinoise.Ouvroir pour les missions.QUÉBEC, 651, rue St-Cyrille (Fondée en 1928) Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Ouvroir pour les missions.Leçons privées de peinture.GRANBY, 64, rue Ottawa (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.Patronages pour jeunes filles.CHICOUTIMI, 138, Rivière-du-Moulin (Fondée en 1930) Bureau diocésain de l\u2019Œuvre de la Sainte-Enfance.Retraites fermées pour dames et jeunes filles.GRANBY, 285, rue Principale (Fondée en 1931) Patronage de « l\u2019Immaculée-Conception » pour jeunes filles.SAINTE-MARIE DE BEAUCE (Fondée en 1932) École apostolique.(,0NNES sun DEMANDE ^\u2018 ¦¦ ¦ -r-Wf i-il^ f^' ^3CV- & 1*sr fe ïçr I\u2014 lè fTv^^ !4w \u2022.É Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 Veuillez lire attentivement\t\t\t Chasuble, damassée, galon de soie\t$ 16.00 et\t\t\t$ 25.00 »\tmoire antique avec beau sujet.\t\t25.00 »\t35.00 »\tmoire antique, riche broderie d\u2019or\t\t75.00 ))\t100.00 »\ten velours, galon et sujets dorés.»\tdrap d\u2019or fin, sans ou avec une très\t\t30.00 »\t38.00 riche broderie d\u2019or à la main,.\t\t50.00 »\t90.00 Voile huméral.\t\t7.00 »\tplus Chape, damas, galon de soie et doré\t\t\t30.00 »\t50.00 » moire antique, avec riche broderie\t\t\t d\u2019or.\t\t70.00 »\t90.00 » drap d\u2019or, avec beau sujet et broderie\t\t\t d\u2019or en relief à la main\t\t\t100.00 »\t150.00 Aube, avec dentelle guipure\t\t\t8.00 »\tplus Surplis en toile avec et sans dentelle\t\t\t3.00 »\t» Tapis d\u2019autel en feutre, vert ou rouge\t\t\t5.00 »\t» Voile de tabernacle\t\t\t5.00 »\t» Voile de ciboire\t\t4.00 »\t)) Signet pour bréviaires, peint\t\t\t1.00 »\t» Collier pour « Ligue du Sacré-Cœur »\t\t\t8.00 »\t» Grande variété de bannières et de dais\t\tconfectionnés à\t notre atelier.\t\t\t Drapeaux en soie, brodés et peints à la main.Hampe en chêne.Lance et raccord cuivre verni or.Frange or mi-fin au\t\t\t bout flottant.\t\t\t Description et prix donnés sur demande.\t\t\t ENFANTS-JÉSUS EN CIRE\t\t\t Longueur\tLongueur\t\t 5 pouces\t\t\t$ 1.50\t14 pouces.\t\t$14.00 7\t»\t\t\t\t 3.00\t17\t»\t\t20 00 9\t»\t\t\t\t 5.00\t22\t»\t\t30 00 12 » \t\t\t 10.00\t\t \tf Amicts\t\t.$12.00 la douz.\t \tCorporaux\t\t.\t8.50\t» » Lingerie d\u2019autel _\u2022\t^ 4|0È^Jï~^ GROUPE DE LÉPREUSES DE SHEK LUNG, CHINE, ET L'UNE DE LEURS INFIRMIÈRES, SŒUR SAINT-RAPHAËL, MISSIONNAIRE DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1933\t23 Le 8 juillet, nous recevions une recrue de quarante-six malades dont huit femmes.Ce même jour, une épidémie de fièvre, sévissant sur l\u2019île, faisait deux victimes.Cinq jours plus tard, nous avions la douleur de perdre un de nos plus fervents chrétiens: jeune garçon qui savait la peinture et nous aidait à gagner le riz de notre grande famille de miséreux.C\u2019était un protégé de la sainte Vierge.Un jour que la paralysie le tenait cloué sur son lit, il promit à cette tendre Mère que si elle le guérissait, il se ferait baptiser et servirait bien le bon Dieu.La Vierge si bonne daigna exaucer sa prière.Lui, de son côté, fut toujours fidèle à ses promesses, car jamais nous n\u2019avons eu à lui faire des reproches.Sa conduite était exemplaire.Le 16 juillet, une de nos bonnes chrétiennes nous quittait à son tour pour aller jouir des consolations ineffables promises à ceux qui souffrent avec patience et résignation ici-bas.Elle appartenait à une famille aisée de Singapor.Le 31 juillet, une nouvelle épreuve nous atteignait avec tous nos malades: l\u2019inondation envahissait notre île pour la deuxième fois depuis l\u2019été.L\u2019eau est montée de deux pieds.Chacun sauva son petit avoir.Poulets, biches et lapins furent logés sur la véranda, mais nos jardins furent saccagés et tous nos légumes perdus.C\u2019était grand dommage, mais nous ne nous sommes pas découragées, nous avons recommencé les semailles.La belle fête de l\u2019Assomption fut bien goûtée par nos malades.Ils s\u2019y étaient préparés avec ferveur.Dès 4 h.30, ils étaient rendus à la chapelle égrenant le Rosaire.Il y eut communion générale et instruction à la messe par un Père jésuite de passage.Nous avons pu procurer à nos pauvres malheureux le mets des grandes fêtes: le porc; ce fut un régal!.Ce même jour, une de nos chères lépreuses rendait son âme à Dieu après avoir beaucoup souffert.Combien son bonheur dut être grand à son arrivée là-haut! Combien les concerts des anges et des saints en l\u2019honneur de l\u2019Assomption de leur Souveraine durent lui paraître magnifiques!.Le 21 août, nous recevions deux cents pensionnaires.deux cents canards que nous avons achetés, avec l\u2019argent que vous avez envoyé, chère Mère, pour les élever et les garder jusqu\u2019au 21 novembre, jour où nous fêterons le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la léproserie par le R.P.L.Conrardy, mort à Hong Kong le 24 août 1914.Aussi, vos grands enfants appellent-ils d\u2019avance le repas du jubilé, le banquet de notre Mère.Le 31 août, nouvelle épreuve.Une pluie torrentielle produisit une nouvelle inondation.Nous dûmes encore réfugier toutes nos bêtes, plus les deux cents canards, sur la véranda.Inutile de dire qu\u2019ils étaient à l\u2019étroit.Une des digues s\u2019est brisée, malgré le travail pénible que les hommes s\u2019étaient imposé pour les renforcer.Dans l\u2019espace d\u2019une heure, le riz qui venait d\u2019être planté, ainsi que tous nos légumes qui commençaient à pousser ont été dévastés.C\u2019est une grosse perte, mais dans l\u2019épreuve comme dans la consolation ne faut-il pas remercier le bon Dieu de tout ce qu\u2019il permet?.Vos AIMANTES FILLES DE LA LÉPROSERIE 24 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1935 I.E R.P.L.CONRARDY, FONDATEUR DE LA LÉPROSERIE DE SHEK LUNG, CHINE, ET QUELQUES-UNS DE SES CHERS LÉPREUX SZEPINGKAI, CHINE Extrait d\u2019une lettre des Missionnaires de V Immaculée-Conception de Szepingkai, Mandchourie, à leur Supérieure générale Szepingkai, 1er octobre 1932 Bien-AIMÉE Mère, Au milieu de nos activités journalières, comme nous trouvons que le temps passe vite!.Nous voudrions le retenir pour faire plus ample moisson dans le vaste champ ouvert à nos bras, mais il passe son chemin, faisant tomber la nuit sur nos labeurs, trop tôt à notre gré, et succéder l\u2019automne à l\u2019été qui, il nous semble, vient seulement de paraître.Mais si la brièveté des jours nous cause du regret, ce nous est une douce consolation de penser que nous les employons de notre mieux pour procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes païennes qui nous entourent.Voici les principaux faits glanés dans notre journal durant ces deux derniers mois.Le 2 août, nos Sœurs infirmières avaient le bonheur d\u2019ondoyer vingt petits enfants, au dispensaire de Koung-tchou-ling.Ce même jour, une épreuve frappait à la porte du Noviciat indigène.Lou Malya, l\u2019une des plus vaillantes novices, était atteinte de la typhoïde, et malgré les précautions que nous avons prises pour éviter la contagion, cinq jours plus tard. Montréal\tLE PRECURSEUR\tJanvier-Févner 1933\t25 une postulante, Han Martha, était terrassée à son tour.D\u2019autres suivirent bientôt.Nous commençâmes immédiatement une neuvaine à la sainte Vierge pour être préservées du fléau.Le 4 août, ce fut grande fête à Szepingkai, fête de reconnaissance pour la grande faveur que le bon Dieu a accordée à notre préfecture en élevant Mgr J.-L.-A.Lapierre au siège épiscopal.Le saint Sacrement fut exposé tout le jour dans notre humble chapelle, et nous essayâmes de rendre nos prières aussi ferventes que possible, demandant à Dieu d\u2019accorder à notre vénéré Pasteur un long épiscopat, afin qu\u2019il puisse réaliser sur cette terre de la Mandchourie, ses vastes projets apostoliques.La journée du 8 août fut offerte tout entière à vos intentions, bien-aimée Mère.En cet heureux anniversaire de votre profession religieuse, nous n\u2019avons pas manqué de remercier le bon Dieu et notre Mère Immaculée des grandes grâces dont Ils vous ont comblée et dont Ils ont comblé notre cher Institut depuis que vous avez accepté de devenir notre Mère; et tout spécialement aussi, nous les avons remerciés de nous avoir choisies pour vos enfants.Les huit petites âmes régénérées, en ce jour, au dispensaire de Szepingkai furent présentées, en votre nom, à notre Père céleste et à notre divine Reine comme tribut de gratitude.Le 13 août nous apportait une nouvelle consolation: notre professeur de chinois, Mlle Wang, et le professeur des novices indigènes, Mlle Tcheou, entraient par le saint baptême dans le giron de l\u2019Église.Daigne notre bonne Mère du ciel les garder toujours pures et leur accorder la persévérance dans leurs bonnes dispositions.Le 16 août, notre postulante Han Martha, âgée de dix-sept ans, reçut rExtrême-Onction; son état nous inspirait les plus vives inquiétudes.Elle fit généreusement le sacrifice de sa vie, mais le bon Dieu, contre nos prévisions, lui rendit peu à peu la santé et maintenant elle est guérie, ainsi que ses cinq compagnes atteintes elles aussi de la typhoïde, quoique moins grièvement.Au dispensaire de Peiko, les patients n\u2019ont pas été nombreux au cours de ce mois.On en attribue la cause aux brigands qui infestent les routes.Comptes rendus pour le mois d\u2019août 1932: Dispensaire de Szepingkai : Baptêmes.44 Patients.664\tTraitements.\t940 Pansements.234\tVisites à domicile.\t136 Dispensaire de Koung-tchou-ling (à une heure et demie de chemin de fer de Szepingkai), ouvert une journée par semaine: Baptêmes.63 Patients.800\tTraitements .\t.1,124 Pansements.724\tVisite à domicile.1 Dispensaire de Peiko (petit village en dehors de la ville de Szepingkai), ouvert une demi-journée par semaine: Baptêmes.12 Patients.150\tTraitements .\t 220 Pansements\t10\tVisites à domicile .5 26 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 Le 5 septembre, dans une nouvelle visite au dispensaire de Koung-tchou-ling, nos Sœurs infirmières ne traitèrent que quatre-vingt-seize patients, la crainte des brigands retint les pauvres malades à leur demeure.Nos chères Sœurs ne revinrent cependant pas les mains vides, elles moissonnèrent dix petites fleurs pour le beau paradis.A Szepingkai, nous n\u2019avons pas eu la visite des brigands, mais nous fûmes bien inquiètes de nos chères Sœurs de Taonan et de Fakou, quand nous apprîmes que ces forcenés se préparaient à attaquer ces deux villes.Nous adressâmes au ciel nos plus ferventes prières, afin qu\u2019il ne leur arrivât aucun mal.Et c\u2019est le cœur débordant de reconnaissance que nous avons rendu grâces au bon Dieu et à la sainte Vierge quand nous apprîmes que les brigands avaient été forcés d\u2019évacuer la place par l\u2019arrivée des soldats chinois et japonais.Le 27 septembre fut un jour de grande liesse à la Mission par l\u2019arrivée de S.Exc.Mgr Lapierre et des nouveaux missionnaires.Line lettre de Monseigneur, mallée à Yokohama, nous avait annoncé le jour de son arrivée et celle de nos six nouvelles compagnes.Plusieurs chrétiens se rendirent à la gare pour recevoir Son Excellence.La scène qui se déroula alors fut vraiment touchante.Malgré les nombreux païens qui étaient présents, tous s\u2019agenouillèrent et baisèrent l\u2019anneau de leur évêque.Dans notre petit Couvent, nous avions préparé à nos chères Sœurs la plus affectueuse réception.Après avoir pris une légère réfection, elles assistèrent aux messes dites dans notre chapelle par deux des nouveaux missionnaires, puis récitèrent en commun leur acte de consécration à la sainte Vierge.Ce fut ensuite le dîner, suivi immédiatement du congé.Nos chères arrivantes eurent fort à faire pour répondre à toutes nos questions.Il faisait si bon entendre parler de notre bien-aimée Mère, de toutes nos Sœurs, du cher pays natal.Au cours de l\u2019après-midi, Mgr Lapierre, accompagné de quelques Pères, vint nous faire visite ; il se rendit aussi au Noviciat indigène.Nos prières de la journée furent ''urtout animées par la reconnaissance envers la douce « Étoile de la Mer » qui a veillé sur nos voyageuses pendant leur long trajet et les a conduites heureusement au port.Le lendemain, nos nouvelles compagnes reçurent leurs noms chinois.Selon la coutume du pays, il n\u2019y a SCÈNE CHINOISE\trien de plus poli que de demander à la Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1933\t27 personne que l\u2019on rencontre pour la première fois: Ni koui sing?(Votre noble nom de famille?)\u2014Mon vil nom est.doit-on répondre.Les noms de religion se traduisant difficilement, chacune reçut un caractère chinois se rapprochant plus ou moins par le son du nom de famille.Ainsi, Sœur Marie-des-Cinq-Plaies s\u2019appelle maintenant: Tsi cou nai {cou nai veut dire Sœur), Sœur Joseph-Arthur {Teue), Sœur Marie-Médiatrice (Louo), Sœur Marie-Emmanuel {Kang), Sœur Saint-Paul-de-la-Croix {Sin) et Sœur Sainte-Denise {Man).Au cours de l\u2019avant-midi, elles allèrent voir les novices et postulantes indigènes au travail; elles furent bien intéressées en les voyant, les unes confectionnant des ornements, d\u2019autres des souliers, plusieurs brassant la lessive, d\u2019autres les marmites, etc.Une petite soirée récréative vint clore la journée.Notre bonne Sœur Supérieure nous redit les maternels conseils de notre vénérée Mère et son grand désir de voir la charité régner constamment parmi nous.Oh! oui, nous voulons vivre bien unies et très attachées à notre chère Maison Mère.Le 30, les séparations commencèrent à s\u2019effectuer.Sœur Marie-Médiatrice 1 partit pour Leao Yuan Sien et Sœur Joseph-Arthur ^ pour Pamien Tcheng.Ce fut à regret que nous nous quittâmes; avec un renfort de six, notre petite maison n\u2019était pas grande, mais nous étions heureuses.Bien vite cependant, nous reprîmes courage.C\u2019est pour Dieu et les âmes!.Comptes rendus pow le mois de septembie 1932: Dispensaire de Szepingkai: Baptêmes.\t.Pansements.\t334 Patients .\t.\t630 Dispensaire de Koung-tchou-ling: Baptêmes Patients.223 Pansements .123 Dispensaire de Peiko: Baptêmes.Patients.\t180 Pansements.\t.20 .20 Traitements Visites à domicile .18 Traitements.Visites à domicile.Traitements .Visites à domicile 745 92 420 .2 200 3 Pendant ce dernier mois, le nombre des patients a considérablement diminué.Nous espérons qu\u2019après les troubles, notre chère Œuvre du dispensaire reprendra son accroissement.Vos AIMANTES FILLES DE SZEPINGKAI 1\tAline Malouin, de Charny, P.Q.2\tLaura Thérien, de St-Léonard d\u2019Acton, P Q. Montrât LE PRÉCURSEUR janvier-i^évtier i933 LEAO YUAN SIEN, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Leao Yuan Sien, Mandchourie, Chine Vendredi 5 août 1932 Hier, notre Sœur infirmière faisait une fois de plus le renom du dispensaire.Elle extrayait une dent à un personnage.Avant de résider à Leao Yuan, ce monsieur remplissait l\u2019office de premier juge au Palais de Justice du Koan Li.Il souffrait du mal de dents depuis trois ans, mais n\u2019avait jamais osé se faire traiter par les dentistes chinois, il ne les trouvait pas assez compétents.L\u2019extraction fut faite « sans douleur » par notre Sœur infirmière.Aujourd\u2019hui, ce fonctionnaire envoie sa femme, sa belle-mère et sa fille se faire traiter à notre dispensaire.Trois adultes mourants sont ondoyés au cours d\u2019une visite.Mardi 9 août Une femme vient nous chercher pour aller voir sa belle-mère malade.Chemin faisant, elle'nous raconte son histoire, celle de tant d\u2019enfants de la pauvre Chine! «Moi aussi je suis chétienne, nous dit-elle.\u2014 Mais comment ?nous ne vous voyons jamais à la messe le dimanche ?\u2014 Mes parents étaient chrétiens.Je fus baptisée, élevée dans la religion catholique jusqu\u2019à l\u2019âge de douze ans.A cette époque, mon village fut pillé par les brigands.Afin de fuir plus librement, rnon père me vendit à une famille païenne, depuis, il me fut impossible de pratiquer ma religion.» Arrivées à la maison, nous trouvons la belle-mère si malade, que nous lui parlons immédiatement du bon Dieu, de son âme, du baptême.La lumière de la foi jaillit dans cette âme qui ne connut que la nuit du paganisme.Elle est heureuse de se faire baptiser.Jeudi 18 août Dans une visite à domicile, nous rencontrons une pauvre femme.Inconsolable d\u2019avoir perdu sa bru, morte dernièrement, elle vient de jeter ses deux petits enfants pour leur épargner les souffrances de la vie.Comme on ne sait pas apprécier le bienfait de la vie quand on n\u2019a pas la foi.Samedi 20 août En remettant une médaille miraculeuse à une septuagénaire, nous lui conseillons de la suspendre à son cou par une corde.« Pas besoin de corde, reprend-elle, je la mets ici, ma médaille.» Et, tirant la plus belle épingle de sa petite toque grise, elle la fixe à sa chevelure.Nous la laissons faire: chacun ne peut-il pas honorer la sainte Vierge à sa manière?. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933\t29 Mercredi 31 août Compte rendu du dispensaire de Leao Yuan Sien pour le mois d\u2019août Baptêmes 126 2,980 Visites à domicile .1,245 Traitements divers.337 Dents extraites .138 3,593 .20 1932; Patients.Pansements Consultations Jeudi P'' septembre Nous avons la joie d\u2019ondoyer cinq bébés dans la journée.Vendredi 9 septembre Depuis trois ou quatre jours, nous ne faisons plus de visites à domicile: pas de voiture.Des soldats chinois en route pour Taonan sont ici pour quelque temps.Ils arrêtent les cochers sur les rues, s\u2019emparent de leurs voitures ou les forcent à les conduire où bon leur semble.Mercredi 21 septembre Les brigands pénètrent dans la ville, par groupes d\u2019une dizaine.Ils s\u2019introduisent dans quelques maisons, essayent de rassurer les gens apeurés.« Pas besoin d\u2019avoir peur, disent-ils, nous ne vous ferons aucun mal, nous venons battre les Japonais.» De fait, ils se dirigent vers la caserne japonaise, située à quelques pas de la Mission, mais canons et mitrailleuses les repoussent et les poursuivent de rue en rue jusqu\u2019en dehors de la ville.Commencée vers deux heures de la nuit, la lutte se prolonge jusqu\u2019à sept heures du matin.Les coups d\u2019armes à feu ne cessent de retentir, nous nous sentons entourées de toutes parts.Un moment, nous hésitons à nous lever, craignant que des balles perdues ne viennent nous atteindre; de nos lits, nous commençons à lancer des Ave et des invocations à Notre-Dame de la Protection, puis, pleines de confiance, nous nous habillons à la hâte et nous glissons à la sacristie où nous serons plus en sûreté, car il y a moins de fenêtres.Ouvrant la porte donnant accès à la chapelle, nous nous groupons au pied du saint Sacrement et là, à l\u2019abri de tout danger, nous ne cessons d\u2019égrener notre Rosaire, alternant à chaque dizaine avec les invocations: « Notre-Dame de la Protection, protégez-nous, protégez cette Mission, protégez cette ville.» Sur le matin, le R.P.Charest vient nous avertir de nous rendre à l\u2019église pour la messe: messe d\u2019action de grâces, la Mission a été préservée de l\u2019invasion.Le Père nous dit que les brigands ont entouré la Mission toute la nuit.Repoussés par les Japonais, ils ont dû sortir de la ville.Merci à Notre-Dame de la Protection, que nous ne cessons d\u2019invoquer chaque soir avant de nous livrer au repos.Dans la journée, nous apprenons que les vaincus ont mis en liberté les trois mille prisonniers de la ville.Samedi 24 septembre Depuis plusieurs jours, impossible d\u2019acheter des provisions, les magasins sont fermés dans la crainte des bandits et les cultivateurs n\u2019osent pas quitter leurs résidences. 30 Montréal\tLE PRÉCURSEUR\tJanvier-Février 1933 Lundi 26 septembre La ville est maintenant hors de danger.Les Japonais continuent à repousser les brigands dans la campagne.Nous faisons une visite aux malades, les magasins sont encore fermés, les rues désertes, quelques passants que nous rencontrons nous regardent étonnés.PA MIEN TCHENG, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Pa Mien Tcheng, Mandchourie, Chine Mercredi 15 juin 1932 Une des premières patientes du dispensaire, jeune tuberculeuse de dix-huit ans, désirait depuis longtemps recevoir le baptême, mais ne pouvait obtenir le consentement de sa famille.Son état devenant chaque jour plus grave, on résolut de lui accorder, à l\u2019insu de ses parents, la faveur qu\u2019elle désirait.Mais, le jour fixé pour la cérémonie, elle fut incapable de venir.Ce matin, une vierge indigène se rendit auprès d\u2019elle pour se rendre compte de son état.Trouvant la jeune fille très mal, la visiteuse se hâta de tête l\u2019eau sainte qui la fera L.sSs A L'ORPHELINAT DE PA MIEN TCHENG, MANDCHOURIE.CHINE réaliser enfin ses désirs, en versant sur sa héritière du céleste royaume où elle va bientôt entrer.Nous avons l\u2019espérance que, du haut du ciel, cette pieuse enfant se vengera de l\u2019indifférence qu\u2019elle eut à supporter de la part des membres de sa famille, en ouvrant leurs yeux à la lumière de la foi.Jeudi 16 juin Fête de saint Jean-François Régis.Que de doux souvenirs ce beau jour nous rappelle! Pour suivre notre belle vocation de missionnaires, nous avons dû quitter le doux nid du Noviciat, mais nous nous unissons du moins aux heureuses colombes de la Volière pour supplier notre céleste Mère de combler de ses plus maternelles bénédictions celle qui fut notre bien-aimée Maîtresse et dont c\u2019est aujourd\u2019hui la fête patronale.Mardi 21 juin Cinq blancs lis, cueillette de notre journée au dispensaire pour les célestes parvis.Nos fraisiers, plantés le printemps dernier, nous fournissent des fraises en abondance.Les légumes du jardin ont très belle apparence.C\u2019est avec Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Févner 1933\t31 joie que nous avons vu lever les belles graines venues du Canada et déjà nous avons l\u2019illusion de posséder un petit coin du cher pays natal.Vendredi 24 juin, fête de saint Jean-Baptiste Nous fêtons en ce jour notre saint patron, l\u2019illustre Précurseur du Messie.Puisse-t-il sur la terre étrangère nous continuer sa puissante protection et, répondant à notre humble prière, allumer au cœur d\u2019un grand nombre de nos jeunes compatriotes les flammes de l\u2019apostolat! Au dispensaire, nous enregistrons sept baptêmes.Samedi 25 juin Nous sommes parfois témoins de scènes vraiment drôles.Des personnes qui nous voient pour la première fois s\u2019imaginent que nous devons entendre bien difficilement vu que nos oreilles sont enveloppées, et elles nous parlent à tue-tête.Ce matin, une brave femme vient faire traiter ses yeux; d\u2019une voix de tonnerre, elle dit à l\u2019infirmière; « Docteur, mes yeux sont malades.» L\u2019infirmière l\u2019invite à s\u2019asseoir et applique un collyre.Quand tout est fini, la patiente reprend encore plus fort: « Merci, merci! » Une de nos aides, fatiguée de ses cris, lui dit; « Point besoin de parler si fort, le docteur n\u2019est pas sourd.» A cette déclaration, la pauvre vieille, toute honteuse comme si on venait de la prendre en faute, se confond en excuses, parmi lesquelles domine celle-ci; «Comment le docteur peut-il bien comprendre, ses oreilles ainsi cachées ?» Lundi 27 juin Une grand\u2019maman vient offrir à l\u2019orphelinat sa petite fille âgée de deux mois; l\u2019enfant est acceptée, et, cet après-midi, elle reçoit, avec le saint baptême, le nom de Louasa (Rose).Privée des soins maternels depuis plus d\u2019un mois, la petite est bien maigre et a grande chance d\u2019aller bientôt jouir d\u2019un éternel bonheur.Mardi 28 juin Nous continuons à faire ample cueillette pour les célestes parterres.Ainsi, ce soir, nous comptons encore cinq baptêmes.Merci au Sacré-Cœur et à la douce Vierge pour cette ineffable joie que nous goûtons chaque fois que nous avons le privilège de verser l\u2019eau sainte.Jeudi 30 juin Compte rendu du dispensaire de Pa Mien Tcheng pour le mois de juin 1932: Baptêmes.\t.60 Patients .3,098 Pansements.370 Traitements.\t4,466 Dents extraites\t.36 Visites à domicile.3 Enfants vaccinés.49 32 Montréal Mardi 5 juillet LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 Nous traitons ces jours-ci une femme ayant une grande plaie sur la tête; la malheureuse veut guérir à tout prix, mais nous ne pouvons lui en donner l\u2019assurance vu la gravité de son mal.« J\u2019ai été voir bien des médecins, dit-elle, et j\u2019ai dépensé beaucoup d\u2019argent pour me faire soigner, mais toujours en vain », et sur sa figure se lit un profond découragement.Tout en essayant de la réconforter de notre mieux, nous pensons au privilège qui nous a été donné de connaître notre belle religion, laquelle est si consolante dans la souffrance, et l\u2019hymne de la reconnaissance monte de notre cœur vers Dieu pour cet insigne bienfait à notre égard.Mercredi 6 juillet Parmi les patients du dispensaire sept petits enfants reçoivent le saint baptême; bientôt, transformés en chérubins, ils s\u2019en iront là-haut jouer avec leurs frères dans la céleste patrie.Samedi 9 juillet Une de nos aides au dispensaire est allée dans sa famille pour y prendre des vacances de quelques jours.Au cours de sa visite, apprenant qu\u2019un de ses parents avait un enfant gravement malade, sans hésiter, elle alla le voir, et le trouvant sur le point de mourir, elle l\u2019ondoya.Le bébé mourut quelques jours plus tard.Cette jeune fille a été baptisée à l\u2019immaculée-Conception; elle prêche ses proches, encore païens, de paroles et d\u2019exemples.Sa vieille mère a brûlé ses idoles et se dit chrétienne; quant à son père, la conquête semble plus difficile, cependant il y a espoir, car le fait qu\u2019il a consenti à ce que sa femme jette au feu la tablette des ancêtres, l\u2019objet le plus précieux dans une famille chinoise païenne, indique que la grâce le travaille en secret.Nul doute que la Vierge toute miséricordieuse n\u2019obtienne à ce brave paysan le don de la foi.Lundi 11 juillet Au moment de fermer les portes du dispensaire, cet avant-midi, arrive une maman portant sa petite fille malade.Nous constatons qu\u2019elle n\u2019a plus qu\u2019un souffle de vie; sans perdre une seconde, nous versons sur le front de la petite moribonde l\u2019eau sainte du baptême.Nous doutons que la mère ait le temps de regagner son logis avant le trépas de la pauvre petite; peut-être même la jettera-t-elle sur le bord du chemin où les chiens et les pourceaux ne tarderont pas à se partager sa dépouille.Il nous reste au cœur l\u2019ineffable consolation de lui avoir ouvert le ciel.Mardi 12 juillet La journée est bonne au dispensaire, nous y comptons huit baptêmes.Vendredi 15 juillet A l\u2019heure du souper, on nous apporte une gentille petite fille comptant à peine deux heures de vie.La mère est à l\u2019extrémité et le père, se voyant sur le point de devenir veuf, accuse la pauvrette d\u2019être la cause de son Monlréal LE PRECURSEUR Janvier-P'évner 1933\t33 malheur.Il veut s\u2019en défaire en l\u2019assommant.Le frère de la malade, un ouvrier qui travaillait à la Mission l\u2019été dernier, l\u2019en dissuade et apporte lui-même le bébé à notre orphelinat.Après une toilette sommaire, car la petite ne paraît pas vouloir rester sur cette terre, le saint baptême lui est administré.Les gens sont occupés de ce temps-ci à faire la récolte de l\u2019opium; cette opération, qui consiste à recueillir sur chaque fleur de pavot le suc qui fera la poudre bien connue de l\u2019opium, est des plus fatigantes.On la fait sous un soleil ardent et elle exige un temps très long.Vu le grand mal causé par l\u2019abus de l\u2019opium chez les Chinois, il est expressément défendu aux catholiques, sous peine d\u2019excommunication, de cultiver le pavot.Dimanche 17 juillet Notre nouvelle venue d\u2019avant-hier prend des forces.Après d\u2019actives recherches nous lui avons trouvé une nouvelle maman.Sa mère est décédée dans la soirée de vendredi; pauvre mère, elle n\u2019a pas eu le bonheur de connaître le vrai Dieu avant son départ pour l\u2019au-delà.Mercredi 20 juillet Loudia et Mee Koui, orphelines de trois et deux ans, demandent à Sœur Supérieure de bien vouloir leur donner à chacune une paire de souliers.La vierge qui nous aide à l\u2019orphelinat leur avait préparé la phrase qu\u2019il fallait dire, laquelle se terminait ainsi: a Ta kou nai, kee ouo i tch\u2019oang, sing pou sing, Sœur Supérieure, donnez-moi une paire de souliers, cela vous va-t-il ou non.» Arrivée à ces derniers mots, sing pou sing, Loudia ne fait pas la question, elle dit du ton le plus convaincu qui soit; « Sing, Cela vous va », de crainte qu\u2019on ne lui accorde pas le sujet de sa demande.Cette petite n\u2019a pas toujours été choyée.Quand elle n\u2019avait que deux mois, sa grand\u2019mère tenta de l\u2019empoisonner; sa mère, heureusement, s\u2019en aperçut à temps et enleva le poison de la bouche de son enfant.Quand elle eut six mois, son père la vendit avec sa mère pour satisfaire sa passion de l\u2019opium.Depuis qu\u2019elle est à l\u2019orphelinat, elle a souvent été malade; cet été, elle va très bien.Espérons que la sainte Vierge va la protéger d\u2019une manière spéciale et qu\u2019elle va en faire une bonne chrétienne.Lundi 25 juillet La chaleur et surtout l\u2019humidité se font cette année terriblement sentir.Par contre, avec une pareille température, les légumes de notre petit jardin poussent à vue d\u2019œil.La première récolte est faite, nous avons de nouveau ensemencé carottes et betteraves, ce sera notre provision d\u2019hiver.Au dispensaire, parmi les quelque soixante-dix malades que nous traitons, nous avons la consolation d\u2019ondoyer deux bébés.Mardi 26 juillet La température est des plus maussades; nous nous en affligeons car nous aurions bien aimé offrir à sainte Anne un joli bouquet de petites âmes fraîchement régénérées dans l\u2019onde baptismale.H ne se présente aucun 34 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 bébé moribond durant l\u2019avant-midi, mais au cours de l\u2019après-midi, nos vœux sont réalisés: avec joie nous présentons à notre sainte vénérée deux blancs lis.Mercredi 27 juillet Nous avons, de ce temps-ci, pour cuisinière à l\u2019orphelinat une brave païenne de soixante-huit ans, alerte, vive, toujours de bonne humeur, aimant beaucoup les enfants et sachant s\u2019en faire aimer.Les premiers jours, quand Sœur Saint-Lazare ', présidant aux repas des enfants, leur faisait dire le Bénédicité et les Grâces, cette action intriguait beaucoup notre bonne femme qui suivait la prière avec grand intérêt.A midi, notre Sœur se trouvant dans l\u2019impossibilité d\u2019arriver au commencement du repas, que fait la vieille ?Elle s\u2019approche de Loudia et, gravement, essaie de lui faire dire sa prière, mais elle en ignore les mots, elle a recours à Liou Thérésa, la plus grande de nos orphelines, et, avec son aide, elle réussit à faire réciter le Bénédicité.Elle-même ne se met plus jamais à table sans faire le signe de la croix.Nous espérons que cette âme de bonne volonté embrassera un jour la vérité.Nous lui avons dit que si elle le désirait, elle pourrait aller à la messe le dimanche et même la semaine; à cette proposition, elle ne répondit pas un mot, mais le lendemain, elle était rendue à l\u2019église.Daigne notre toute bonne Mère la garder dans ces excellentes dispositions.Jeudi 28 juillet Nous comptons ce soir trois visites à domicile et sept baptêmes, dont un fut administré au cours d\u2019une visite.Dimanche 31 juillet Compte rendu du dispensaire de Pa Mien Tcheng pour le mois de juillet 1932: Baptêmes\t61\tPansements Patients .\t1,895\tDents extraites Traitements\t2,733\tVisites à domicile 256 39 4 FAKOU, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Fakou, Mandchourie, Chine Jeudi 30 juin 1932 Compte rendu du dispensaire de Fakou, pour le mois de juin 1932: Baptêmes\t.\t26 Patients\t3,030\tDents extraites .Traitements\t4,175\tVisites à domicile Pansements\t518\tEnfants vaccinés 19 117 5 1 Juliette Rainville, de Beauport Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933\t35 Vendredi juillet Nous assistons aux funérailles de Mme Tchang, décédée hier.Cette mort nous a beaucoup édifiées et consolées; la mourante, malgré de très grandes souffrances physiques, resta, jusqu\u2019à la fin, joyeuse et remplie de confiance envers le bon Dieu qu\u2019elle avait appris bien tard à connaître, mais qu\u2019elle aimait de toute la sincérité de son âme.Il y a quelques jours, après un pansement douloureux, nous lui présentions le crucifix à baiser.Alors, le regardant avec amour: « Jésus, dit-elle, a souffert plus que moi, n\u2019est-ce pas?.» La veille de sa mort, elle oubliait encore sa propre souffrance pour consoler sa petite fille qui pleurait près d\u2019elle, et, toute radieuse à la pensée de son bonheur prochain, elle promettait en souriant au R.P.Barbeau, qui était allé lui donner une dernière absolution, de ne pas oublier là-haut tous ceux qui lui avaient fait du bien sur la terre.En voyant cette figure irradiée d\u2019espérance, que glaçait déjà le froid de la mort, nous nous disions: Qu\u2019elle est belle notre vocation! que nous sommes heureuses d\u2019avoir été choisies pour porter en terre païenne les lumières de la foi et les ineffables consolations qu\u2019elle procure pendant la vie et surtout à l\u2019heure de la mort! Samedi 9 juillet Hier, nous visitions pour la première fois une jeune tuberculeuse de vingt-trois ans et lui faisions un court exposé de nos saintes vérités; puis, lui remettant une médaille de la sainte Vierge, nous demandions à cette bonne Mère de faire bien vite germer la divine semence en son âme, qui ne tardera pas à briser son enveloppe mortelle.Ce matin, la mourante nous reçoit avec un bon sourire; sur sa poitrine brille la sainte médaille.Nous l\u2019entretenons longuement du Dieu des chrétiens, ce Dieu si bon qui ne lui demande qu\u2019un acte de foi et la réception du saint baptême, pour la faire son enfant et la rendre participante d\u2019un bonheur inexprimable et sans fin.A toutes nos questions, la mourante répond: « Je crois, je désire être baptisée.» Avec une joie indicible, nous versons sur son front l\u2019eau régénératrice.Dimanche 10 juillet Quoique le dispensaire soit aujourd\u2019hui fermé, deux petits enfants viennent à nous pour se faire ouvrir les portes du ciel.Lundi 11 juillet Au nombre des cinq enfants ondoyés, cet avant-midi, se trouvait un petit garçon de trois ans qui n\u2019attendait que la grâce du baptême pour rendre le dernier soupir.Il mourait dans les bras de sa mère, en sortant du dispensaire, un instant après que l\u2019eau sainte eut purifié son âme.Deux mères nous demandent, en parlant de leur enfant: « Est-il bon à nourrir les chiens?.» D\u2019autres nous disent souvent, non pas, « Mon enfant est mort », mais, « J\u2019ai jeté mon enfant ».Bien que révoltantes, ces expressions populaires chinoises ne traduisent que trop la réalité des faits.Un enfant pour qui on ne conserve plus d\u2019espoir de guérison est, en effet, jeté à la voirie, où il devient la pâture des chiens. 36 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 Samedi 16 juillet Une petite catéchumène de douze ans nous arrête ce soir, au sortir de l\u2019église: « Ma Sœur, dit-elle, voudriez-vous prier pour moi ?\u2014 Oui, mais que veux-tu que nous demandions pour toi au bon Dieu?.\u2014 Le Père m\u2019a promis de me baptiser à la prochaine fête, à l\u2019Assomption, et il ne me reste plus qu\u2019un mois.» La chère enfant comprend l\u2019importance du grand acte qu\u2019elle va poser et elle éprouve le besoin d\u2019un secours surnaturel.Vendredi 22 juillet Au dispensaire, une mahométane refuse de prendre sa potion.« C\u2019est pour moi jour de grand jeûne, je la prendrai à l\u2019heure du repas.» Pauvres gens! que ne nous est-il donné de leur faire connaître à tous la doctrine toute de douceur et d\u2019amour du bon Dieu.Mardi 26 juillet Une petite mahométane de trois ans, que nous avions ondoyée, s\u2019en va aujourd\u2019hui chez le bon Dieu, rejoindre la phalange déjà nombreuse des enfants de cette secte, baptisés à l\u2019article de la mort.Nous espérons que l\u2019intercession de ces petits anges obtiendra à leurs familles, si réfractaires à la prédication de l\u2019Évangile, des grâces de conversion.Dimanche 31 juillet Compte rendu du dispensaire de Fakou, pour le mois de juillet 1932: Baptêmes.35\tPansements.410 Patients.3,029\tDents extraites.13 Traitements.4,093\tVisites à domicile.54 Jeudi 11 août 1932 Pour condescendre au désir d\u2019une bonne chrétienne qui le secourt dans sa maladie, un pauvre apostat, que le R.P.Curé recommandait dernièrement aux prières, a consenti à se faire traiter par nous.Nous nous en réjouissons, car nos visites quotidiennes nous procureront l\u2019occasion de dire un mot du bon Dieu à cette âme égarée.Vendredi 12 août Nouvelle visite à M.Lee.Sa famille nous le dit tourmenté par le démon, auquel il s\u2019est voué, croit-on.Nous engageons le malheureux à la confiance envers la sainte Vierge, lui remettons une médaille miraculeuse et l\u2019exhortons à détruire ses nombreuses idoles, s\u2019il veut recouvrer la tranquillité et la paix.Samedi 13 août Il nous est donné d\u2019expérimenter, une fois de plus, combien grande est la miséricordieuse bonté de notre Mère du ciel à l\u2019égard des pauvres pécheurs.Nous trouvons aujourd\u2019hui notre malade très bien disposé; il a suspendu à son cou la médaille miraculeuse et un crucifix.« Ce crucifix, Montréal LË PRÉCURSEUR Janvter-t'évrier 1933\t3?GROUPE D\u2019ÉLÈVES DE L\u2019ÉCOLE DES FILLES, MISSION DE FAKOU, MANDCHOURIE, CHINE nous dit-il, m\u2019a été donné aux jours de mon enfance, par le prêtre, comme gratification à un concours de catéchisme.» En entrant dans cette maison, notre toute-puissante Reine a mis tous les démons en fuite.La petite pagode du foyer et son dieu protecteur ainsi que toutes les autres idoles ou emblèmes superstitieux ont été délogés.Comprenant que l\u2019heure de la grâce est sonnée pour notre cher malade, nous lui demandons s\u2019il ne désire pas la venue du prêtre.Et cet homme qui, il y a deux jours à peine, répondait aux mêmes avances par un refus catégorique, répond aujourd\u2019hui: «Je serais très content de voir le Père.quand pourra-t-il venir?.» De retour à la Mission, nous annonçons la bonne nouvelle au R.P.Curé qui part aussitôt.Une heure ne s\u2019est pas écoulée, que le sang du divin Rédempteur coule sur cette âme et en efface les fautes de plus de vingt années d\u2019égarement.Lundi 15 août La fête de l\u2019Assomption est, en Chine, non seulement d\u2019obligation, mais à l\u2019instar de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, elle est une des grandes fêtes de l\u2019année.En ce jour, Marie, qui est toujours et en tous lieux la voie qui conduit à Jésus, accompagne à la Table sainte plus de cent trente de nos chrétiens; jamais la petite église de Fakou n\u2019a vu une telle affluence.Au dispensaire, la journée est bien remplie; les chrétiens des postes éloignés, qui ne peuvent venir à la Mission qu\u2019à l\u2019époque des grandes fêtes, profitent alors de la proximité des « docteurs » pour se faire traiter.Celui-ci a mal aux yeux, celui-là a une dent à faire extraire, cet autre est sourd, etc.Remettant à demain les malades qui ne partent pas immédiatement, nous nous rendons aux désirs des autres, essayant de nous faire toutes à tous.Une lettre de nos chères petites Sœurs novices nous arrive aujourd\u2019hui.Qu\u2019elles sont intéressantes ces lettres du berceau de notre enfance religieuse, que de bien elles font à nos âmes! Mardi 16 août Nous avons ondoyé une jeune femme de vingt ans qui, aujourd\u2019hui même, entrait dans son éternité, à peine quelques heures après avoir été régénérée dans les eaux baptismales.Samedi 20 août A cette saison de l\u2019année où le kao leang, atteignant sa hauteur, devient un repaire de brigands, il n\u2019est pas facile de sortir de Fakou.Le R.P.A. 38 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Févner 1933 Barbeau, parti il y a quelques jours pour K\u2019ang ping, était accosté à mi-chemin par huit brigands, véritables brutes, nous dit le Père.Tandis que deux le mettaient en joue, les autres s\u2019emparaient de son argent; satisfaits sans doute de la recette, ils le laissèrent ensuite continuer tranquillement son chemin.Pour le reste du voyage, le Père dut se faire accompagner d\u2019une escouade de soldats.Lundi 29 août Au dispensaire, une vieille dame nous salue ce matin par ces paroles: « Quand serez-vous prêtes à me baptiser?.» Les enseignements reçus au dispensaire l\u2019ont convaincue de la nécessité du baptême que, dans sa simplicité, elle croit pouvoir recevoir immédiatement.Nous lui expliquons qu\u2019elle devra auparavant étudier la doctrine afin de bien savoir à quoi elle s\u2019engage, car après le baptême, il lui faudra observer les préceptes du christianisme.Quoique la perspective de redevenir élève à son âge ne lui sourie guère, sur l\u2019assurance que nous lui donnons que, pour les vieillards, on n\u2019est pas trop exigeant du côté de la science, la bonne vieille promet de faire son entrée au catéchuménat dans quelques jours.Mercredi 31 août Compte rendu du dispensaire de Fakou pour le mois d\u2019août: Baptêmes.38\tPansements.446 Patients.3,723\tDents extraites\t,19 Traitements.5,218\tVisites à domicile.63 Dimanche 4 septembre Le R.P.A.Barbeau nous envoie le compte rendu des fêtes grandioses qui ont eu lieu au pays natal, à l\u2019occasion du sacre de S.Exc.Mgr J.-L.-A.L.apierre.Nous sommes touchées des honneurs rendus par l\u2019Église du Canada à celui que notre Saint-Père le Pape a choisi pour chef et père des missionnaires canadiens de la Mandchourie, et il nous tarde de saluer le jour où il nous sera aussi donné de rendre nos respectueux hommages à notre vénéré Pasteur.Mardi 6 septembre Une armée de soldats chinois, entrée dans la ville la nuit dernière, a jeté le trouble dans notre population.Presque personne n\u2019ose sortir aujourd\u2019hui; au dispensaire, nous n\u2019avons que quelques patients du voisinage.Les marchands n\u2019ont pas ouvert leurs magasins dans la crainte d\u2019être pillés.Ce soir, la nouvelle se répand que les brigands sont à quelques lis, épiant le moment favorable pour entrer dans la ville.On croit communément que les soldats commis à la garde de Fakou sont de connivence avec eux, car il y a quelques jours, dans une sortie contre les brigands, les soldats se contentèrent de tirer quelques coups de fusil à une dizaine de lis de distance; ils s\u2019entendirent ensuite fraternellement, dans l\u2019espoir, sans doute, de partager aussi fraternellement le butin.Vers 6 heures, le R.P.Curé reçoit la visite d\u2019un des mandarins militaires de la ville, autrefois grand chef de brigands, dans la région de Taonan.Il Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933\t39 promet protection pour la Mission catholique.Grâce à la fortune acquise autrefois, par ses brigandages, l\u2019étoile des honneurs lui sourit aujourd\u2019hui.En voyant les trois décorations qui brillent sur sa poitrine, l\u2019on pourrait se croire en présence de quelque grand bienfaiteur de l\u2019humanité.Nous ne saurions compter sur la protection de tels fonctionnaires; aussi, mettons-nous toute notre confiance en notre bonne Mère du ciel, qui, à l\u2019heure du danger, est toujours auprès de ses enfants pour les défendre et les protéger.Mercredi 7 septembre La journée se passe dans l\u2019anxiété, car l\u2019armée des brigands, forte de deux à trois mille hommes, se dispose à entrer dans Fakou cette nuit.Vers 5 heures, deux aéroplanes japonais lancent plusieurs bombes, mais sans atteindre personne, dit-on, car à leur approche, les brigands se sont dispersés dans le kao leang.Jeudi 8 septembre C\u2019est au bruit de la canonnade que nous inaugurons cette année la belle fête de la Nativité de la sainte Vierge.Comme nous avions pu le prévoir hier soir, soldats et brigands se sont battus toute la nuit.La Mission catholique, située à l\u2019extrémité est de la ville, s\u2019est trouvée être à proximité du lieu du combat; aussi, maints projectiles sont trouvés ce matin dans les cours.Avec le jour, le calme revient pour n\u2019être interrompu, de temps à autre, que par une légère fusillade.En dépit des inquiétudes du moment, mettant notre confiance en Celle qui, selon l\u2019expression de la liturgie de cette fête, mit au monde le Roi qui régit le ciel et la terre, nous passons le plus joyeusement possible le traditionnel congé que nous apporte la solennité de ce jour.Vendredi 9 septembre I.a nuit a été relativement bonne.La situation demeure la même.Les soldats chinois ont été renforcés par un détachement de soldats mongols, mais on dit que l\u2019armée des brigands a aussi reçu le renfort de maints groupes isolés.Durant ce temps, notre œuvre du dispensaire est quasi paralysée; seuls, quelques malades du voisinage viennent se faire traiter, et il ne nous est pas loisible de faire des visites.Parfois cependant, le bon Dieu nous ménage des occasions inattendues d\u2019ouvrir le ciel à quelques âmes.Mercredi, c\u2019était un jeune mourant de dix-sept ans qui, à la tombée de la nuit, était transporté au dispensaire.Nous n\u2019eûmes pas de peine à constater que le mal était incurable.Le catéchiste appelé l\u2019exhorta à recevoir le saint baptême qu\u2019il accepta avec joie.Le lendemain matin, nous apprenions que notre malade contemplait déjà les splendeurs de l\u2019éternel au-delà.Aujourd\u2019hui, un chrétien nous apporte une toute petite enfant trouvée sur son chemin.Baptisée par le R.P.Curé, elle prend son essor vers les célestes parvis, deux heures après avoir reçu le sacrement régénérateur.Samedi 10 septembre Du dispensaire, nous pouvons voir les brigands campés sur une petite éminence qui domine la ville.Dans cette avantageuse position, ils attendent que les soldats prennent l\u2019offensive. 40 Montréal Dimanche 11 septembre LE PRECURSEUR Janvier-Kévrier 1933 Les efforts des brigands se portent aujourd\u2019hui sur l\u2019usine électrique qu\u2019ils canonnent toute la journée.S\u2019ils parviennent à la détruire, par là même sera levé le plus grand obstacle à leur entrée dans la ville.Mardi 13 septembre Hier, une petite Marie était ondoyée au dispensaire.Plusieixrs malades profitent de l\u2019accalmie de ce jour pour venir se faire traiter; nous comptons une soixantaine de patients.Mercredi 14 septembre Bien que les brigands n\u2019aient pas encore abandonné la partie, la dernière nuit et la journée se sont passées tout entières dans la plus parfaite tranquillité.Nous souhaitons et demandons à notre Immaculée Mère que ce calme soit précurseur de la déroute complète de cette armée d\u2019exécrables qui, depuis plus d\u2019une semaine, fait la terreur de notre ville.Jeudi 15 septembre Pas de yue ping cette année à la kouo tsie.Les yue ping, excellents petits gâteaux, sont le mets traditionnel dont les Chinois se régalent le quinzième jour du huitième mois lunaire qui est jour de grande fête.Les nombreux soldats que, depuis plus d\u2019une semaine, la ville doit entretenir, ont consommé toute la provision de farine; rien, d\u2019autre part, ne pouvant entrer, les Fakounois ont dû forcément faire le sacrifice de leurs yue ping.Qu\u2019adviendra-t-il si les brigands continuent le siège?.Dix jours ont suffi pour épuiser les provisions de farine, de riz, etc., pourvu que le chou mi ne vienne pas à manquer.Ce serait vraiment inquiétant, si nous ne pouvions compter sur la bonne Providence.Samedi 17 septembre Nous sommes appelées auprès d\u2019un petit garçon de six ans dangereusement malade.Comme il a le privilège de demeurer non loin de la Mission, le R.P.Curé nous permet cette visite.L\u2019enfant étant bien mal, nous avons le bonheur de verser sur son front l\u2019eau du saint baptême.Dimanche 18 septembre Pour ménager notre petite provision de farine, nous nous essayons à manger du chou mi.C\u2019est bien mangeable.Vraiment, si nous sortons de cette impasse sans autre désagrément, nous n\u2019aurons pas trop à nous plaindre.En attendant le moment propice pour entrer dans la ville, les brigands mettent tout à feu et à sang dans les villages voisins.Les cultivateurs ne pouvant aller moissonner leurs champs, sans exposer leur vie, voient périr, au moment de la récolte, le fruit d\u2019une année de travail; un grand nombre de maisons sont brûlées, tandis que maints propriétaires, soupçonnés d\u2019avoir caché leur fortune, sont horriblement torturés.Nous traitons aujourd\u2019hui l\u2019une de ces victimes.Samedi dernier, les brigands entraient chez lui et lui demandaient son argent.« Je n\u2019en ai pas », répondit-ii.Alors, ces forcenés. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 4l après l\u2019avoir lié, le brûlèrent et le fouettèrent avec une sauvage barbarie, pour lui faire avouer le lieu de sa prétendue cachette.Ce corps couvert de blessures nous remémore les raffinements de cruauté employés par la Rome païenne contre les chrétiens de la primitive Église.Mais, hélas! tandis que ces derniers mouraient en bénissant leurs bourreaux, les victimes de la Chine païenne souffrent sans mérite, la rage dans le cœur et en préméditant leur vengeance.Que ne nous est-il donné de hâter le jour où les malheureux Chinois pourront trouver dans leur amour du bon Dieu et dans l\u2019espoir des éternelles béatitudes un dérivatif et une compensation à leurs souffrances?.TAONAN, CHINE Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Taonan, Mandchourie, Chine Lundi 13 juin 1932 Il fait une très belle journée, les patients arrivent en foule au dispensaire.Vers midi, on vient nous chercher pour nous conduire auprès d\u2019une jeune fille mourante qui demande le baptême avec instance.Elle a suivi déjà les cours de catéchisme au dispensaire, mais son état s\u2019étant aggravé, elle n\u2019a pu continuer.Cependant, la semence jetée en bonne terre a germé et, fécondée par la grâce divine, elle porte ses fruits.Impossible de décrire la joie de la mourante à notre arrivée; aussi, est-ce le cœur rempli de douces émotions que nous versons sur ce front, déjà livide, l\u2019eau régénératrice qui fait enfant de Dieu.Cette jeune fille avait été vendue à un homme qui, ne la voulant pas pour femme, l\u2019avait revendue à de bien vilaines gens.C\u2019est dans ce triste réduit qu\u2019elle fut atteinte du mal qui la conduit au tombeau.Un jour, des créanciers de son maître eurent pitié d\u2019elle, ils la reçurent dans leur maison, en échange de l\u2019argent qui leur était dû, et en prirent soin.Leur charité a été récompensée, car depuis ce temps, leur petit commerce est très prospère.Espérons que le bon Dieu leur accordera à eux aussi la grâce si précieuse de la foi et le courage d\u2019embrasser les pratiques de notre sainte religion.Jeudi 23 juin M.Su revient de sa famille où il est allé assister son père.Ce jeune homme est un fervent chrétien.En le voyant arriver, son père, malade depuis quelques mois et sentant venir la mort, eut un soupir de soulagement: « Maintenant que je te vois, j\u2019ai le cœur content! » Le moribond vécut éloigné du bon Dieu pendant quelque temps, mais il se montra toujours bon et loyal, aidant de tout son pouvoir la cause de l\u2019Église catholique.Survenait-il quelques difficultés, M.Su mettait en jeu toute son influence et, immanquablement, il réussissait à faire triompher la bonne cause.Aussi, le bon Dieu eut pour lui des grâces extraordinaires de miséricorde à ses derniers instants.Une image de la sainte Vierge était suspendue à son chevet. 42 Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Févner 1933 il aimait à la contempler.Un jour, son fils, entrant dans sa chambre, le vit tout souriant.Il lui demanda la cause de sa joie, et le moribond de lui raconter quelle belle promenade il venait de faire, par les allées du paradis, en compagnie de la sainte Vierge.« Elle m\u2019a tout fait visiter, que c\u2019était beau! » dit-il.Il recommandait à son fils, qui veillait sans cesse à ses côtés, de ne pas permettre aux païens d\u2019entrer dans sa chambre: « Quand ils viennent, la pensée des affaires me revient.C\u2019est une tentation que tu dois m\u2019épargner; le temps presse de me préparer à l\u2019éternité.Trop tard, j\u2019ai servi le bon Dieu.» A chaque heure, il récitait tout haut son acte de contrition.Lui arrivait-il de dire des paroles inconvenantes, son fils lui rappelait qu\u2019il ne fallait pas dire cela, que c\u2019était faire de la peine au bon Dieu; aussitôt, il en avait grand regret et faisait demander un prêtre pour entendre sa confession.Il mourut deux heures après s\u2019être de nouveau confessé avec de grands sentiments de piété.Cette mort est un deuil pour la Mission de Taonan qui perd en M.Su un de ses plus puissants protecteurs, mais nous avons confiance que là-haut, il lui continuera son assistance.Dimanche 26 juin « Mon Père, voulez-vous me baptiser ?Mon Père, voulez-vous me baptiser ?» répètent en chœur un groupe de treize jeunes filles qui, depuis quelques mois seulement, fréquentent les classes de la Mission.Leur prière se fait suppliante.Rien n\u2019est plus impressionnant que l\u2019assaut qu\u2019elles livrent pour assurer le succès de leur requête.Et pourtant, le Père a l\u2019air de ne pas vouloir l\u2019agréer.C\u2019est qu\u2019il faut procéder avec prudence, car plusieurs d\u2019entre elles ont à la maison de véritables persécutions à endurer, depuis qu\u2019elles veulent embrasser la foi.« Voyons, dit le missionnaire, si vous savez votre catéchisme.» Les réponses ne se font pas attendre.Sans hésiter, elles récitent non seulement la lettre du catéchisme, mais encore donnent toutes les explications; leurs prières, celles même du chemin de la croix, ont été apprises par cœur.Tous les dimanches et jours de fête, elles ne manquent pas d\u2019assister à la messe; plusieurs même y viennent tous les matins.Plus moyen de retarder davantage et, séance tenante, il est décidé que quelques-unes seraient baptisées à la fête de l\u2019Assomption et les autres à Noël.Vite on court au calendrier et le calcul des jours commence.Lundi 27 juin Le lundi nous amène toujours beaucoup de patients au dispensaire.Ce soir, nous avons la consolation d\u2019enregistrer treize baptêmes, treize petites âmes d\u2019enfant qui ne tarderont pas à s\u2019unir aux chœurs angéliques pour chanter les louanges du divin Cœur de Jésus.Jeudi 30 juin Compte rendu du dispensaire de Taonan pour le mois de juin 1932: Baptêmes .\t114\tPansements\t938 Patients .\t1,570 Dents extraites\t.\t9 Traitements .\t3,353\tVisites à domicile\t39 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 19!^3\t43 Dimanche 3 juillet Ce matin, le R.P.Berger vient dire la première messe dans notre pauvre chapelle.Comme il faut que le bon Dieu soit bon pour venir demeurer avec nous, rien que pour nous, humbles petites missionnaires!.Et nous le sentons, ce bon Maître y vient les mains chargées de bénédictions et de grâces.Sanclus! Sanctus! Sanclus! Dans un religieux silence, ces paroles résonnent majestueusement.Une atmosphère de pieux recueillement prélude à l\u2019instant solennel: Hoc est, enim, corpus meum!.Qu\u2019il est grand, qu\u2019il est bon, notre Dieu! Il nous semble que nous le comprenons davantage sur la terre in- HUMBLE CHAPELLE DES SŒURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÊE-CONCEPTION A TAONAN, MANDCHOURIE, CHINE fidèle.Quelle reconnaissance nous voudrions lui témoigner! Oui, avec quel cœur nous voulons redire chaque matin le cantique des trois jeunes Hébreux: « Œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur, louez-le et glorifiez-le à jamais! » Mardi 12 juillet Le 8 juillet, nous ouvrions un nouveau dispensaire à Pai Tch\u2019eng Tze et, aujourd\u2019hui, nous avons le bonheur d\u2019y faire le premier baptême: une petite Élisabeth échangera bientôt les misères de la terre de Pai Tch\u2019eng Tze pour les délices du ciel.Puisse-t-elle de là-haut attirer toutes les petites âmes de la contrée qui s\u2019apprêtent à quitter l\u2019exil.Trente malades se sont présentés.Pour une deuxième visite, c\u2019est un chiffre qui donne de belles espérances.Mercredi 13 juillet On vient de deux lis nous demander des remèdes pour un enfant de deux ans qui, dit-on, est bien malade; il a déjà les pieds froids.On n\u2019a pas osé l\u2019emporter, de peur qu\u2019il ne meure en route.Il n\u2019y a pas à hésiter, c\u2019est une âme à sauver! Notre Sœur infirmière part aussitôt.Ce petit ange s\u2019appelle maintenant Anaclet, en l\u2019honneur de notre Sœur dont c\u2019est la fête patronale. 44 Montréal\tLE PRECURSEUR\t\tJanvier-Févner 1933\t Dimanche 31 juillet\t\t\t\t Compte rendu du dispensaire de\t\tTaonan pour le mois de juillet\t\t1932: Baptêmes\t122\tPansements.\t\t722 Patients\t2,073\tDents extraites\t\t10 Traitements\t2,637\tVisites à domicile\t\t38 Compte rendu du dispensaire de\t\tPai Tch\u2019eng, ouvert le 8 juillet\t\t1932: Baptêmes\t\t5\t\t Patients\t165\tPansements.\t\t12 Traitements\t200\tDent extraite\t\t1 Vendredi 12 août\t\t\t\t Ces jours-ci, chaque fois que nous allons visiter les malades, nous rencontrons des convois funèbres.La terrible épidémie du choléra fait une soixantaine de victimes par jour, dans la seule ville de Taonan.Il nous arrive de traiter quelques-uns de ces cas; les gens ont tellement peur, qu\u2019ils ne savent où se jeter.Pauvres païens! Nous déplorons leur mort si inopinée, eux qui ne connaissent pas le bon Dieu!.Les Japonais vaccinent et s\u2019occupent, par des mesures sanitaires, d\u2019enrayer la contagion.Espérons que sous peu le bon Dieu aura pitié de nos pauvres Chinois et commandera au redoutable fléau de cesser ses ravages.Samedi 13 août Il s\u2019est enfin levé le jour tant désiré par notre professeur de langue chinoise, Mlle Liou.Elle a heureusement passé son examen de catéchisme et recevra le baptême cet après-midi.Une orpheline russe de dix-sept ans, adoptée par une riche dame chinoise réfugiée ici depuis les troubles avec les Japonais, est admise elle aussi au saint baptême.Les deux néophytes revêtues de blanc se rendent à l\u2019église où le R.P.Masse, assisté du R.P.Bonin, de passage à Taonan, leur administre le sacrement qui fait enfant de Dieu.La cérémonie terminée, nous donnons à chacune un petit souvenir.Il n\u2019est pas possible de décrire la joie de ces jeunes filles.« Je n\u2019ai jamais éprouvé tant de bonheur, » répètent-elles à l\u2019unisson.Nous jouissons nous aussi de leur bonheur et passons, en leur compagnie, d\u2019heureux moments qui nous rappellent les belles fêtes de famille qui suivent nos cérémonies de prise d\u2019habit ou de profession religieuse.Comme le bon Dieu est bon de réserver de si douces joies au cœur de ses missionnaires.Dimanche 14 août Nos heureuses baptisées d\u2019hier font ce matin leur première communion.Leur joie est à son comble; elles voudraient mourir, disent-elles, tandis que leurs âmes sont encore immaculées, pour aller au ciel tout de suite.Plusieiurs de leurs compagnes envient leur bonheur, mais il faut attendre que sonne pour elles l\u2019heure de la grâce divine.En attendant, elles s\u2019efforcent d\u2019être bien ferventes catéchumènes, pour attirer sur elles les bénédictions et faveurs du ciel. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933\t45 Lundi 15 août JEUNES FILLES CHINOISE ET RUSSE BAPTISÉES LE 13 AOÛT 1932, MISSION DE TAONAN, MANDCHOURIE, CHINE En l\u2019honneur de l\u2019Assomption de la sainte Vierge qui est fête d\u2019obligation en Chine, nous avons eu le bonheur d\u2019entendre trois messes.A la grand\u2019messe, l\u2019église de la Mission était littéralement remplie.Le R.P.Bonin a fait une très belle allocution de circonstance.Dans notre humble chapelle, nous avons mis notre cœur à orner l\u2019autel.Nous aurions voulu en faire un petit coin du ciel comme à notre cher Outremont, mais dans notre pauvreté, nous n\u2019avons pour vases que des bouteilles de remèdes, pour colonnes, des boîtes, et pour fleurs, des zénias, mais en quantité, avec de la verdure des champs.Notre si bonne Mère du ciel a dû tenir compte de notre bonne volonté.Après la messe, le R.P.Masse a pris la photographie de notre petite chapelle puis celle des deux premières communiantes d\u2019hier.Dans le cours de la journée, nos nouvelles chrétiennes, rayonnantes de bonheur, se sont rendues plusieurs fois à la chapelle, effeuiller des couronnes à.\u2019Ave Maria aux pieds de la sainte Vierge, en hommage de reconnaissance.Dans quelques visites à de pauvres malades, nous avons la consolation de régénérer sept petites âmes qui iront sous peu chanter les gloires de la Reine du paradis.Mardi 16 août Ouverture des écoles de la Mission pour les Allés, les garçons et les catéchumènes.Il y a de l\u2019activité sur le terrain de la Mission comme jamais.Les nouvelles écoles vont difficilement contenir tant d\u2019élèves.Et pourtant, avec les récents agrandissements, on avait escompté être largement pour cette année.C\u2019est encore une fois le cas de dire que la moisson est abondante.L\u2019heure de la grâce, de la miséricorde divine semble arrivée pour Taonan; les parents ont toute confiance dans les œuvres de l\u2019Église catholique, puisqu\u2019ils viennent si nombreux nous confier leurs enfants.Le P.Berger s\u2019ingénie pour trouver de la place à tout ce petit monde.Ici, ils entendront parler de notre sainte religion tous les jours, et la bonne semence produira dans leur âme, nous en avons la douce confiance, d\u2019abondants fruits de salut.Le nombre des élèves est fixé à cent vingt à l\u2019école des filles et autant à l\u2019école des garçons.Si on en juge par les résultats de l\u2019an dernier, ces deux écoles feront beaucoup de bien et formeront, en même temps que des gens instruits, de bons chrétiens.Les jeunes filles de l\u2019école, principalement les vingt de la première classe, sont de ferventes catéchumènes et exercent un 46 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 ascendant des plus favorables sur leurs jeunes compagnes.Tous les dimanches et jours de fête, elles assistent à la messe et récitent leurs prières.Moins de patients au dispensaire, mais en revanche, plus de visites à domicile; c\u2019est que l\u2019épidémie du choléra continue ses ravages.Des familles entières y passent.Les gens tombent foudroyés.Lundi 22 août Bonne journée: dix petites âmes ont reçu leur passeport pour l\u2019éternelle patrie.De ce nombre, un enfant de neuf ans atteint du choléra.w m tmn ÉLÈVES CATÉCHUMÈNES DE L'ÉCOLE DE TAONAN Jeudi 25 août Nous sommes appelées auprès d\u2019une malade atteinte du choléra.Nous la trouvons toute cyanosée, les extrémités froides comme celles d\u2019un cadavre; on ne perçoit plus le pouls de l\u2019artère radiale; toutefois, la mourante a encore sa pleine connaissance.Il n\u2019y a pas une minute à perdre.Pendant que nous préparons quelques remèdes, la vierge Su Madeleina qui nous accompagne, lui expose les principales vérités de la foi.La tâche est facile, car la malade a souvent entendu parler de la religion au dispensaire.Elle accepte le baptême que nous lui donnons sans retard avec les noms de Marie-Madeleine.Toute la famille est dans la stupeur; nous la rassurons de notre mieux et quittons ces pauvres gens après leur avoir indiqué les précautions à prendre pour préserver de la contagion les autres membres de la famille.Nous avons à peine fait quelques pas, que nous apercevons un mourant étendu sur le bord du chemin.Au bruit de la voiture, il ouvre les yeux.Nous demandons au cocher d\u2019attendre, et descendons pour nous assurer si le malade a encore sa connaissance.Il comprend tout, demande qui nous sommes, d\u2019où nous venons, et, tout confiant, consent à prendre quelques remèdes.Hélas! c\u2019est le seul soulagement que nous puissions procurer à ce pauvre abandonné; nous voudrions l\u2019amener avec nous, mais ici on ne pourrait faire cela sans courir risque d\u2019être accusées de l\u2019avoir tué, s\u2019il venait à mourir chez nous.Il faut donc nous résigner à le laisser là.Nous lui Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 193J\t47 parlons de notre sainte religion; quand il entend dire que pour lui aussi il y a possibilité d\u2019un bonheur éternel, il consent au baptême qui effacera tous ses péchés et le mettra bientôt en possession de cette joie sans fin.Pendant notre arrêt, il s\u2019est formé autour de nous un groupe de près de deux cents personnes, mais aucune ne s\u2019offre à secourir le malheureux; comme il nous fait pitié!.Assurément, la mort ne tardera pas à le délivrer de la triste prison de son corps.Vendredi 26 août Une jeune femme à qui, hier, nous avons envoyé une médaille miraculeuse par une chrétienne, vient nous remercier ce matin.Elle était tourmentée par le démon tous les soirs.Déjà, il avait commencé son infernal tapage, quand notre chrétienne lui apporta son précieux talisman.Elle la suspendit à son cou et passa la meilleure des nuits.Aujourd\u2019hui, elle ne sait comment nous dire sa reconnaissance.Cette médaille ne la quittera plus et elle promet de se faire catholique.Mardi 30 août Compte rendu du dispensaire de Taonan pour le mois d\u2019août 1932: Baptêmes .195 Patients.3,042 Visites à domicile.\t.105 Pansements.\t.869\tInoculations anticholériques.325 Traitements.\t.3,968\tDents extraites.7 Jeudi 1®'' septembre Les soldats font, de ce temps-ci, la chasse aux brigands et aux malfaiteurs.Aujourd\u2019hui, au retour d\u2019une visite à domicile, nous sommes arrêtées au coin d\u2019une rue par une foule qui se presse pour voir passer un condamné à mort.Des soldats armés, à cheval, précèdent et escortent la charrette du malheureux, en jouant de la flûte sur un ton de circonstance.Cette vue fait mal au cœur! Nous frémissons, en pensant à cette âme qui bientôt entrera dans son éternité, et dans quel état!.Samedi 3 septembre Nous apprenons que la ville de Tou Ts\u2019iuen (distante de Taonan de 300 lis) a été prise par les brigands.Les communications téléphoniques et télégraphiques sont interrompues, de sorte que nous ne pouvons avoir de nouvelles des PP.Michaud, Guilbault et Roch qui desservent ce poste ainsi que le village du Sacré-Cœur qui en est éloigné de 8 lis.Lundi 5 septembre Ce matin, arrivait de Tou Ts\u2019iuen un messager qui est parvenu à s\u2019échapper de la Mission avec une lettre des Pères.Il était tout en guenilles, les pieds endoloris, car il a dû marcher à travers champs et rivières pour éviter la rencontre des brigands.Pour ne pas éveiller leur attention, il enveloppa sa lettre d\u2019une poignée de foin dont il se servait pour envoyer les mouches; 48 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 quand il entrait quelque part, sans cérémonie, il jetait sa poignée de foin par terre, et la reprenait au départ.Ce commissionnaire chrétien est parti samedi au moment où quatre mille brigands, après avoir pillé la ville, s\u2019apprêtaient à entrer dans la Mission.A la première attaque, les soldats se sont d\u2019abord défendus, mais bientôt, voyant les forces des brigands supérieures aux leurs, ils se sont mis de leur parti pour saccager la ville.Tout a été mis à feu et à sang, les principaux commerçants ont été tués.A une première attaque, la Mission a résisté un jour et une nuit.Le chef de la première bande de brigands avait promis de ne pas entrer dans la Mission, mais voilà qu\u2019il survint une nouvelle bande; ces brutes, voyant que les premiers avaient déjà tout volé et qu\u2019il ne leur restait rien, voulurent à tout prix envahir la Mission.Quelques francs-tireurs d\u2019un petit village voisin se joignirent aux chrétiens de la ville réfugiés à la Mission catholique pour la défendre.Ils étaient cent quarante en état de se défendre, en comptant les femmes et les enfants.Ils n\u2019avaient que quelques fusils, les autres étaient armés de faucilles, pioches, etc., mais tous étaient décidés à défendre jusqu\u2019à la mort les Pères et leur église.Mais que s\u2019est-il passé depuis deux jours ?Impossible d\u2019avoir des nouvelles plus récentes.Nos cœurs sont dans l\u2019angoisse, mais restent confiants en la puissance du Très-Haut et la maternelle protection de la Reine des cieux.Mercredi 7 septembre Sur le soir, nous recevons quelques bonnes nouvelles de Tou Ts\u2019iuen, mais nous ne savons pas si les Pères ont été épargnés.Tout en préparant la parure de la chapelle pour la belle fête de la Nativité, nous demandons à la sainte Vierge de nous obtenir comme bouquet de fête, la préservation de la Mission de Tou Ts\u2019iuen et de ses missionnaires.Nous pensons aussi à Taonan.Près de deux mille soldats sont partis d\u2019ici à la rencontre des brigands, car on dit qu\u2019après avoir pillé les autres villes du Nord, ils se dirigeront vers Taonan.Jeudi 8 septembre En la belle fête de la Nativité de la sainte Vierge, nous avons la messe dans notre petite chapelle ornée de notre mieux.Nous pensons à nos chères Sœurs qui, aujourd\u2019hui, prendront le saint Habit ou prononceront leurs vœux et nous partageons leur bonheur.Vers 8 heures, ce matin, on vient nous annoncer qu\u2019un messager venant de Tou Ts\u2019iuen rapporte que la Mission catholique a été épargnée.Près de 300 personnes s\u2019y étaient réfugiées.De part et d\u2019autre on a député un parlementaire, on s\u2019est entendu, les brigands ont consenti à se retirer après avoir demandé un fusil.On dit que les soldats de Taonan, partis hier avec les Japonais, ont tué sept cents brigands.Nous espérons que cela contribuera à sauver la ville de Taonan de l\u2019invasion.Nous sommes bien tranquilles; le P.Berger a été sur le point de nous envoyer à Szepingkai pour nous protéger, mais la voie ferrée du Sud n\u2019étant pas sûre, nous restons à notre poste, confiantes en la puissante protection de notre Immaculée Mère.Ce soir, nous chantons un Magnificat, en reconnaissance des bonnes nouvelles reçues aujourd\u2019hui de Tou Ts\u2019iuen. Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933\t49 Lundi 12 septembre Nous apprenons que le train que nous aurions pris pour nous réfugier à Szepingkai, si le P.Berger avait décidé de nous faire partir, a déraillé (œuvre des brigands).Quelques Japonais ont été tués et tous les voyageurs pillés.Une fois encore, nous faisons monter vers le ciel les sentiments de reconnaissance dont nos cœurs sont remplis envers le bon Dieu qui veille avec tant de sollicitude sur ceux qui se confient en lui.Mercredi 14 septembre A midi, nous allons visiter deux personnes atteintes du choléra.Depuis une semaine, nous n\u2019entendions plus parler de l\u2019épidémie, mais voilà qu\u2019elle reparaît dans un coin de la ville.Nous passons devant une maison où elle a fait une victime dans l\u2019espace d\u2019un jour et d\u2019une nuit.A ce moment, la procession funèbre se met en marche pour se rendre à la pagode et y brûler deux énormes bœufs en Chou kai et en papier.Le garçon de la défunte, vêtu de blanc, portant dans ses mains une poignée de bandelettes de papier jaune, est traîné par deux hommes.Ceux qui portent le deuil pleurent et se lamentent à tue-tête pendant que les joueurs de musique, engagés pour la circonstance, font entendre des cris déchirants.Pauvres païens! qu\u2019ils font pitié avec leurs ridicules superstitions.Que ne nous est-il donné de leur faire connaître à tous les consolantes vérités de la Foi! Jeudi 15 septembre Des commerçants de Tou Ts\u2019iuen, riches propriétaires, victimes des brigands, maintenant ruinés, réduits à la dernière pauvreté, viennent visiter les Pères.« C\u2019est un Dieu fort et puissant, le vrai Dieu qui a protégé la Mission catholique de Tou Ts\u2019iuen », ne cessent-ils de répéter.« Nous avions de bien meilleurs moyens de défense que la Mission et avons aussi essayé d\u2019avoir une entente avec les brigands, mais rien n\u2019y fit; nous dûmes subir leur rapacité.» Quoique païens, l\u2019action de la divine Providence ne leur a pas échappé.C\u2019est un mouvement, une impulsion nouvelle pour l\u2019extension de la foi dans nos missions.Samedi 17 septembre Le plénipotentiaire d\u2019un commandant d\u2019armée, ami du R.P.Curé, vient le visiter et lui annonce qu\u2019il vient traiter avec le gouverneur Tchang Hai P\u2019ong et les Japonais pour faire rentrer dans l\u2019armée régulière de Taonan deux mille ex-brigands qui sont redevenus honnêtes soldats, maintenant qu\u2019ils se sont enrichis des dépouilles des habitants de Tou Ts\u2019iuen.Le nombre des réfugiés à la Mission de Tou Ts\u2019iuen augmente de jour en jour, il s\u2019élève à près de mille personnes.Tous sont plongés dans la plus profonde misère et cherchent secours auprès des Pères, en attendant que le calme extérieur soit rétabli.Heureusement que le P.Berger avait une réserve de grain; il ne lui en restera pas beaucoup après les troubles, mais il est à espérer que le catéchuménat sera rempli de fervents catéchumènes qui auront touché du doigt la puissance de notre Dieu et la charité de la religion catholique. 50 Montréal LE PRECURSEUR Janvier-Février 1933 Lundi 19 septembre Au cours de six visites à domicile, nous comptons quatre baptêmes dont deux d\u2019enfants et deux d\u2019adultes à l\u2019article de la mort et trois autres au dispensaire.Une des adultes, âgée de quarante-huit ans, fut foudroyée par le choléra.Hier, elle était en parfaite santé, aujourd\u2019hui, elle est aux portes du tombeau.Mardi 20 septembre Le R.P.Bonin, revenu hier de Pai Tch\u2019eng Tze, nous parle des misères de son poste.Les soldats de la ville, ne recevant aucun salaire, se sont faits brigands et ont voulu se payer en pillant la ville.A la première alarme, mandarins et officiers s\u2019enfuirent, laissant le champ libre aux voleurs.Ce fut un dépouillement complet; dans quelques heures, il ne resta plus rien, tant des meubles que des billets de banque amassés dans les coffres.Quand les soldats arrivèrent, tout avait été enlevé.Ils n\u2019en firent pas moins une guerre en règle.La fusillade dura deux heures, après quoi ils arborèrent le drapeau chinois se déclarant maîtres de la ville.Une couple d\u2019heures plus tard, les Japonais arrivèrent avec mitrailleuse et canons et le bombardement commença.Le Père et les quelque soixante-dix personnes réfugiées à la Mission avaient dû se retrancher dans les maisons, car les balles sifflaient de tous côtés; pas moyen de regarder par les fenêtres d\u2019où venaient ces projectiles, sans risquer de se faire tuer.Vers le soir, le calme se fit.Pendant deux jours et deux nuits, les portes de la ville restèrent ouvertes et personne pour les garder.Jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, la Mission n\u2019a souffert aucun dommage.Évidemment, c\u2019est la sainte Vierge qui l\u2019a protégée.Dans le moment tout est relativement tranquille, mais les brigands ne sont pas loin, ils guettent l\u2019occasion favorable pour entrer de nouveau.Un bon nombre de familles se sont régufiées dans un endroit plus sûr.Les magasins et maisons privées dont les portes donnent sur les rues principales sont barricadées.La misère s\u2019annonce bien grande pour l\u2019hiver, les récoltes qui avaient été épargnées par l\u2019inondation sont en partie détruites par les brigands qui s\u2019y tiennent cachés et empêchent les propriétaires de recueillir leur moisson.De tous côtés, nous entendons des récits de brigandage qui vraiment navrent le cœur.Les parents d\u2019une de nos aides-infirmières venaient hier se réfugier à la Mission.Ce sont de braves paysans qui cultivaient un petit coin de terre à 200 lis d\u2019ici.Il y a deux jours, une bande de brigands armés arrivèrent chez eux et, pointant le revolver sur la poitrine du père, voulurent le forcer à se faire un des leurs.« Il faut que tu te fasses brigand avec nous ou je te tue.\u2014 Hé bien! tue-moi, je ne me ferai pas brigand, que deviendraient ma femme et mes enfants ?» La discussion dura quelques minutes après quoi le garçon, un brave gaillard de dix-neuf ans, s\u2019offrit à la place de son père.L\u2019échange fut accepté et ce pauvre chrétien eut la douleur de voir partir son fils en pareille compagnie.La maison fut pillée, on n\u2019y laissa que quelques misérables objets.Ce malheureux père, craignant d\u2019autres récidives de la part des brigands, décida de venir se réfugier à Taonan avec sa famille.Leixr premier bonjour en arrivant, hier matin, fut pour le bon Dieu.Pauvres gens! comme il faut qu\u2019ils aient la foi, comme Montréal LE PRÉCURSEUR Janvier-Février 1933\t51 il faut que le bon Dieu les aide pour accepter si courageusement de si grandes épreuves.Une jeune femme s\u2019est aussi réfugiée à la Mission avec trois enfants.Son mari fut pris, garrotté, martyrisé.Elle se sauva dans un champ de grain avec ses quatre enfants, dont l\u2019aînée âgée de six ans.Bientôt, elle entendit les brigands qui arrivaient dans sa direction.L\u2019un d\u2019eux l\u2019ayant découverte appela ses camarades.Sur ce, elle partit précipitamment, portant dans ses bras trois de ses enfants; ne pouvant les emporter tous les quatre.force lui fut donc d\u2019abandonner sa petite fille de trois ans, déjà malade.A demi morte de fatigue et de peur, elle arriva hier à la Mission.L\u2019infortunée mère ne peut se consoler d\u2019avoir ainsi abandonné son enfant.Des misères comme celles-là sont inconcevables.Jeudi 22 septembre De la Mission dè Tou Ts\u2019iuen plus aucune nouvelle, les communications par téléphone sont de nouveau interrompues.Personne, ni pour or ni pour argent, ne consent à conduire le R.P.Berger qui désirerait s\u2019y rendre avant d\u2019aller à Szepingkai, pour l\u2019arrivée de S.Exc.Mgr Lapierre et la retraite annuelle.Il y a des groupes de brigands disséminés partout où il y a des gens sans défense à dépouiller.Les cultivateurs et les habitants des petits villages sont les plus à plaindre.Nous sentons plus que jamais que nous sommes entre les mains du bon Dieu.Il est infiniment bon et puissant.Il ne tombera pas un cheveu de notre tête sans sa permission.Nous nous abandonnons à sa divine Providence, en adorant ses desseins miséricordieux qui préparent peut-être par ces troubles le salut de beaucoup d\u2019âmes.L\u2019expérience est là pour prouver qu\u2019il est bien plus facile d\u2019orienter les âmes vers le bon Dieu quand elles sont visitées par l\u2019épreuve.r îrranche 25 septembre Hier, le saint baptême faisait sept nouveaux chrétiens dont deux de nos grandes élèves de l\u2019école des filles avec, l\u2019une son père, l\u2019autre son grand-père.Ce matin, tous les sept font leur première communion.La cérémonie est bien simple, les démonstrations extérieures ne sont pas faciles dans ce pauvre pays, mais la foi et la ferveur des néophytes est la plus douce des consolations.* * * KORIYAMA, JAPON Extrait du Journal de nos Sœurs Missionnaires à Koriyama Mardi 23 août 1932 Nous recevons, ce matin, de la Préfecture de Fukushima, l\u2019approbation définitive pour l\u2019érection de notre Jardin de l\u2019Enfance.Étant reconnu par l\u2019État, notre petit Jardin, nous l\u2019espérons, verra s\u2019accroître le nombre de ses jeunes élèves.Vendredi 26 août Le R.P.Reid, o.P., nous annonçait hier l\u2019heureux retour au bercail d\u2019une pauvre brebis.Cette femme gisait dans une affreuse misère; sentant (9,^>//Cxi,/y^xJy A 0^(sW AAA^aX s H ü « H Q » H 'C s-sg, h \" a f SS! § 8 §¦-\t,\ti 10\t^ O |i -«! \u201c sl'W J §i es kS H O K 2 11\ts F;g w ^\tS O i* n 'fl- l-i O ai >\u2022 » Q £ £ «O\tO 5 «'5 S il =l« 0\u201c5 if iSl \tO\t\t4-» (fi \t\t\t0) D \tO)\t\tO \t\t\t \t\t\ta> a\t\t\ts
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