Jeune théâtre, 1 mars 1972, Mars
jeune TEARE FOUR UN THEATRE CE LIBERATION “IL NE SUFFÎT BAS ^INTERPRETE?LE MONDE, LFALiï Œ CHANGER" ^ k Journal publié par l'ACTA Association Jeune Théâtre Vol.1 No.3 AU SOMMAIRE La troupe des treize p.4 Du "théâtre politique" en tournée 6 Un théâtre pour l'indépendance du Québec 8 Théâtralités 10 Le théâtre et la peur 12 Au moment où le Grand Cirque Ordinaire recommence la tournée du Québec avec T'en rappelles-tu, Pibrac?où le théâtre du Polygone met en scène Le Petit Manuel d'Histoire du Québec de Léandre Bergeron, où le Théâtre Populaire d'Alma ''tourne'' avec Le Chemin de Lacroix de Barbeau, où la Quenouille Bleue représente le Show de votre vie, où les "Petits Enfants Laliberté" reprennent Rodéo et Juliette au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, où les Treize de l'université Laval "ambulent" avec Exploitation' et C'est octobre, c'est /'Québec et la troupe de l'université de Montréal donne la suite de L'arme à l'oeil, l'arme au poing de Dominique de Pasquale, au moment donc où une offensive spontanée de "politisation” du théâtre québécois s'opère, il est sûrement opportun de tenter de voir "de quoi il retourne".Pour ce faire, il faut se plonger un peu dans l'histoire, juste le temps de se rappeler le tourbillonnement des -années 60 qui ont vu l'éclatement de notre cinéma, de notre littérature, de notre théâtre.Juste le temps aussi de se rappeler l'existence des Saltimbanques et des Apprentis-Sorciers, d’Hamlet, prince du Québec, des "shows" de Duguay, du festival de l'Acta d'il y a trois ans.Juste le temps de remettre en place certains jalons.De montrer la continuité, dans le théâtre québécois, d'une volonté de libération culturelle.De rappeler qu'au Québec, le néo-colonialisme économique américain et anglo-canadien est doublé d'un néo colonialisme culturel qui vient renforcer le système d'exploitation impérialiste; qu'à la dépossession économique correspond la dépossession culturelle; qu'ici comme dans tant d'autres pays, l'oppression s'exerce à tous les niveaux d'activité du peuple sans violence apparente: on manipule FOP UN THEATRE DE LIBERATION Tl ne suffit pas D'INTERPRETER LE MONDE, L FAUT LECHANGHT ITARL MBRX par la publicité, on contrôle les mass-média par des pressions économiques; l'éducation même sert les intérêts financiers du capitalisme et de l'impérialisme dans la mesure où elle doit fournir à l'industrie (c'est-à dire leur industrie) les moyens de se développer; les intellectuels sont formés dans des ghettos qui les isolent du peuple et ils perdent contact avec la réalité de leur pays; enfin, on inonde les cinémas et les théâtres d'oeuvres "digestives” ou mystificatrices.En somme, les capitalistes contrôlent la majorité des secteurs d'activités, y compris le secteur idéologique , ce qui perpétue l'aliénation des masses en masquant les rapports réels dans la société (d'exploiteur à exploité) et en favorisant le désir constant d'accession à la bourgeoisie (accumulation de biens, consommation effrénée, mode de vie passif, etc.).C'est cette domination à tous les niveaux que, de plus en plus, consciemment ou inconsciemment, le théâtre québécois affronte ; la floraison à laquelle depuis quelques années on assiste, de spectacles qui se veulent démystificateurs, ne peut s'expliquer autrement.Malheureusement, il y a loin de la coupe aux lèvres: cette volonté de démystification demeure la plupart du temps inefficace, sans impact autre que sur des chapelles d'initiés.C'est sans doute pourquoi ceux qui veulent que le théâtre qu'ils font soit réellement un instrument de libération culturelle,doivent commencer à questionner certaines idées reçues.Le "théâtre d'auteur" Le "théâtre d'auteur", même s'il se proclame révolutionnaire ou sympathisant 2 des forces progressistes de libération — ce qui peut être vrai au niveau individuel de la sincérité n'en recourt pas moins au langage et â la technique des classes dominantes.L'esthétique de la bourgeoisie qui se reflète dans les magasins et les revues transparaft aussi à travers tout le théâtre québécois.C'est-à-dire que le "théâtre d'auteur" peut pleinement répondre aux voeux de la société de consommation.Donc l'auteur, même s'il est subjectivement révolutionnaire, continue à développer des oeuvres objectivement bourgeoises.Son propos est court-circuité.Il veut critiquer la bourgeoisie, mais il reste essentiellement bourgeois dans son esthétique, voire dans sa conception.Si l'auteur de "gauche" critique la bourgeoisie, celle-ci se reconnait en lui et s'exclame: 'Qu'il est beau! Que ce spectacle est l'fun! " En définitive, tout se résume à ceci: M.Untel a des idées opposées aux miennes, mais M.Untel s'exprime si bien avec mon langage! Nous nous entendons très bien parce que M.Untel, tout en changeant d'idées n'a changé ni son ex pression, ni sa subjectivité, ni son irrationnel.Il continue de s'exprimer dans un monde et un mode de consommation bourgeoise.Il est récupérable.Le "théâtre de contestation" La virulence, le non-conformisme, la simple rébel 11 ion, l'insatisfaction sont les produits qui s'ajoutent au marché de vente et d'achat capitaliste des objets de consommation: les oeuvres théâtrales frondeuses et tapageusement d'avant-garde sont applaudies par les classes dominantes, comme le cinéma de contestation est lancé dans les monopoles de distribution sur les grands marchés internationaux.En réalité, la latitude des protestations permises par le système capitaliste est bien plus grande qu'il ne l'admet lui-même,de sorte qu'il donne aux artistes l'illusion qu'ils agissent contre le système en allant au delà de certaines limites étroites et ils ne se rendent pas compte que même l'art anti-système peut être absorbé et utilisé par le système.Par ailleurs, le théâtre, en tant que spectacle, s'adresse à un être déglutinant ("digestif"); le monde, l'existence, le devenir historique restent enfermés dans les limites d'une scène de théâtre: l'homme est plus considéré comme un consommateur d'idéologies que comme un faiseur d'idéologies.Ainsi donc, le théâtre de libération ne peut être un "théâtre d'auteur”, ni un "théâtre de contestation" ou un "théâtre-spectacle".A la place de l'oeuvre achevée, du théâtre pour spectateur, il faut rechercher une praxis: l'existence d'un théâtre de libération n'est pas concevable sans l'exercice constant et méthodique de la pratique, de la recherche et de l'expérimentation.Bien plus, il faut s'engager, avoir le courage d'affronter toutes les hypothèses esthétiques.C est dans cette aptitude à se situer en marge du connu, à se déplacer au milieu des dangers continuels que réside la possibilité de découvrir et d'inventer des formes et des structures théâtrales neuves qui servent à une vision plus en profondeur de notre réalité, traversée de part en part par les constantes de la domination impérialiste et de l'exploitation des travailleurs québécois.Au Québec, la culture nationale véritable naftra avec la nécessité d'en finir avec l'oppression et l'exploitation.André Paradis U 4 PRESENTE t" =ja ¦ La VIE TfWUtWTE TftOl) BLÉ -és Dusaeivr Jean fhappe une' pièce DE AKDRÊ SIMARD DISTRIBUTION : ârma ch&rest nîcky ?oy ^xuire plante reje^n boutin a hart Merge ANIMATION : an
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