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Le soleil
Journal quotidien d'information de grande diffusion publié à Québec. Il a longtemps été associé directement aux partis politiques libéraux.
[...]
Le Soleil voit le jour à la fin de 1896 pour prendre la relève du quotidien d'allégeance libérale L'Électeur, qui avait subi la réprobation de l'Église. Sans perdre un seul jour de publication, le journal, qui avait publié les contributions de Louis Fréchette, Arthur Buies et Wilfrid Laurier, est relancé sur un ton plus modéré, sous son nom actuel, à l'initiative d'Ernest Pacaud et des directeurs de la Compagnie d'imprimerie du Québec.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les principaux actionnaires et dirigeants du journal sont des hommes politiques libéraux. Le Soleil s'affiche d'ailleurs pendant tout ce temps comme un organe des partis libéraux provincial et fédéral. Il deviendra par la suite un journal d'information généraliste.

Au fil des ans, le journal accueille les contributions de grands rédacteurs et journalistes : Ulric Barthe, Henri d'Hellencourt, Jean-Charles Harvey, Joseph Barnard, Raymond Dubé, Joseph Hardy, Joseph Voisard, Henri Dutil, Paul Audet et Gilbert Lavoie, parmi plusieurs autres. Dès le milieu des années 1930, Germaine Bundock et Renaude Lapointe tiennent des chroniques féminines et couvrent les actualités culturelles et sociales; viennent ensuite Monique Duval, puis Lise Lachance. Le journal imprime des photographies d'Alcide puis de Pierre Martineau, et plus tard de Raynald Lavoie et de Clément Thibault. Les caricaturistes Raoul Hunter, puis Berthio (Roland Berthiaume) et André-Philippe Côté y feront aussi leur marque.

En 1936, Le Soleil consolide sa présence sur le marché de la presse quotidienne de Québec lorsqu'il acquiert son concurrent, L'Événement, publié depuis 1867, puis Le Journal en 1938. Les deux titres sont fusionnés. L'Événement-Journal sera publié de 1938 à 1962, puis il reprendra le nom de L'Événement jusqu'à sa fermeture définitive en 1967.

Après avoir été présidé par la famille Gilbert (à partir de 1948), Le Soleil est acquis en 1974 par Jacques Francoeur et le groupe Unimedia. Le journal passe aux mains du groupe Hollinger de Conrad Black en 1987, puis à celles du groupe Gesca en 2000. En 2006, pour faire face à la concurrence du populaire Journal de Québec, il abandonne le grand format pour adopter le format tabloïd.

Le Soleil
est tiré à 22 000 exemplaires en 1907, à 49 000 en 1932, à 121 000 en 1960, à 160 000 en 1971, pour redescendre à 100 000 exemplaires en 1987 puis à 80 000 en 2000.


Sources :


BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 11-15.

LEMIEUX, Louis-Guy, Le roman du Soleil - Un journal dans son iècle, Québec, Septentrion, 1997.

BOIVIN, Mathieu, « Tout petit, le Soleil », Trente, vol. 31, no 8, septembre 2007.

CARDINAL, François, « Le Soleil brillera-t-il pour Gesca? », Trente, vol. 25, no 6, juin 2001.


Éditeur :
  • Québec :Le soleil,[1896]-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Électeur (Québec, Québec : 1880 : Édition quotidienne)
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Références

Le soleil, 1960-01-02, Collections de BAnQ.

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[" LE SOLEIL QUÉBEC, P.Q.Vol.2, No 1 2 jan.1960 Kor*h SA SAINTETÉ JEAN XXIII sm -f Perspectives -¦'SkZÆ$SX.Ï ¦ Certaines fob, les pêcheurs de petites morues ont des surprises qui ne sont pas désagréables du tout.Ce pêcheur a trouvé au bout de sa ligne un esturgeon de dimensions fort respectables.trjïâ, \\V Ste-Anne-de-la-Pérade, à une trentaine de milles au nord de la ville x.m poisson Tous les hivers, les cabanes de pêche poussent comme des champignons sur les battures fragiles du Saint-Laurent Photos Roger Tessier PERSPECTIVES 2\t!\u2022»\tt»«® P 'Tir-.', .'\u2019TC ¦J ¦ I V *ISI| a ^ .T- T» ^ * nSf^v.\u2022 »¦ aC- $üii L .1 \u2022r* ¦-,¦ .:- de Trois-Rivières, n\u2019est pas le seul endroit où l\u2019on pêche le petit poisson des chenaux, mais c\u2019est sûrement le plus fréquenté.Un carnaval y Marcel Cognac précède la saison de pèche.fi HAQUE fin de décembre, de Trois-Rivières, {qui fume de toutes ses cheminées d\u2019usine, jusqu'à Donnacona.à quelques milles au sud de Québec, les villages alignés le long du fleuve St-Laurent s\u2019animent et prennent un aspect inaccoutumé.Sur les battures de glace accrochées à la rive, paysans et villageois plantent des maisons comme on plante des oignons.Maisons modestes, il va sans dire, puisque leur existence est aussi éphémère que les grandes gelées.On les dirait presque sorties de la palette d\u2019un peintre tant leurs couleurs sont vives sur le rideau terne de la neige, à perte de vue.D\u2019autres villages prennent forme, bâtis ceux-là sur le fleuve qui souffle une vapeur dense là-bas, à hauteur de chenal.Avec fièvre, on tisse entre chacune des cabanes un réseau de fils électriques, de lignes téléphoniques et on accroche même aux toits les tiges qui capteront les images de la télévision.En moins de quelques jours, les cheminées à tête noire laissent échapper des filets qui montent droit comme des chandelles et des centaines de lumières jaunes scintillent dans les nuits que l\u2019hiver paraît immobiliser pour toujours.Dans les cabanes où toussent les poêles de fortune, penchés sur des cordes noires que l\u2019eau fait dévier, des hommes, des femmes et des enfants surveillent avec ferveur les moindres oscillations d\u2019une allumette de bois qu\u2019étrangle la corde.Une drôle de moisson vient de commencer, celle de milliers de petites morues qui prendront la route de tous les marchés de la province et feront les frais des jours maigres du Carême.Si ces morues d'eau douce, qu'on appelle partout poissons des chenaux, servent maintenant à adoucir les rigueurs du jeûne, elles ne furent pas toujours aussi propices à l\u2019épanouissement de la vertu.En 1856, alors que le bon abbé Onésime Desilets, curé du Cap-dc-la-Madeleine, prêchait chaque dimanche le respect de la religion, les poissons des chenaux devinrent une tentation trop grande pour plusieurs de ses ouailles.Cette année-là, la veille de Noël, malgré les répétitions ardues de la chorale, malgré des cantiques qui fusaient bien au-delà des pauvres vitraux de l\u2019église, seulement trois hommes se présentèrent à la messe de minuit.Femmes et fillettes y étaient aussi nombreuses que les années précédentes, mais le curé, qui avait bon oeil, eut tôt fait de déceler dans (Suite page 4) PERSMCTIVtS 2 jan.1960 Grand-père, malgré son âge, n\u2019a pas perdu la tentation de taquiner le menu fretin.Il prépare lui-même une série d'appâts au foie de lard.Le premier poisson, le pêcheur l\u2019examine avec des yeux écarquillés qui en disent beaucoup sur l'envie de ses compagnons.Heureusement, la tribu poissonneuse n\u2019est pas avare de ses sujets.Le poisson ne peut.(Suite de la page précédente) l'assistance toutes les places vides réservées habituellement aux hommes.Montant en chaire pour le prône rituel de la messe nocturne, le bon curé Desilets n'était pas tout à la joie de la Noël.Il avait bien découvert, ie saint homme, que ses paroissiens, piqués par un démon \u2014 sans doute le même dont allait parler, quelques années plus tard, ie conteur Alphonse Daudet \u2014, avaient préféré rester sur le fleuve pour embrocher force morues.Rouge d\u2019une colère que ses supérieurs n\u2019auraient sûrement pu lui reprocher.le bon curé lança à la morue un anathème dont elle ne se relèverait jamais.Durant les années qui suivirent, les récoltes de poissons étaient aussi maigres que celles du blé pendant la triste famine d'Egypte, dont on parle encore d\u2019ailleurs.Atterrés, rongés par le remord, les pécheurs résolurent de battre humblement la coulpe devant leur curé.Celui-ci se laissa toucher, mais interdit formellement aux poissons de remonter le fleuve avant le jour de l'an.Depuis ce temps, bon an mal an, les meilleures pêches se font après le jour des Rois! Si les moeurs du poisson ont quelque peu changé, celles des pêcheurs sont restées les mêmes .Depuis l'époque des Indiens, premiers locataires des richesses naturelles du fleuve, la pêche aux poissons des chenaux s'accomplit selon des rites bien précis que seul le pêcheur novice ne se croit pas obligé de suivre.Une fois la cabane montée au-dessus d\u2019une ouverture d\u2019un pied de largeur par une dizaine de pieds de longueur.on installe les agrès de pêche.Contrairement à la truite ou au saumon, le poisson des chenaux a conservé jusqu'à nos jours des goûts d\u2019une grande simplicité.Il ne perd pas son sang froid devant des leurres artificiels, fussent-ils achetés dans les magasins où l\u2019on parle de pêche dans des termes qui font honneur à la pensée humaine.Malgré tous les efforts déployés par les puristes, la petite morue se contente encore du prosaïque foie de lard ou de boeuf, coupé en cubes.Il faut bien dire quelle a une excuse qui justifie ces goûts prolétariens.Par un nez fin, la petite morue doit compenser la faiblesse de sa vue.Piqué à l\u2019hameçon, qu'alourdit un plomb, le morceau de foie trouve vite le fond de la rivière et dégage une odeur qu\u2019a vite fait de reconnaître le frétin vert olive.Suivant les émanations du foie avec un flair qui aurait fait pâlir Sherlock Holmes s\u2019il n\u2019avait eu en plus des yeux et une loupe, le poisson mord l\u2019appât avec appétit.Les pêcheurs font preuve de tant de dextérité que le poisson ne vit jamais assez vieux pour raconter l'aventure à ses descendants et c'est ainsi que les pêches tiennent toujours du miracle.Du moins on le dit .Des pêcheurs plus entreprenants, qui connaissent les goûts de nos familles et la maladresse de la morue, ont depuis plusieurs années tiré de cette pêche des revenus impressionnants.Ils sèment ici et là sous la glace du fleuve, des rivières Batiscan, Ste-Anne et d\u2019autres cours d'eau, des filets en forme de cloche.A l\u2019aube, quand ils les retirent, des milliers de poissons frétillent dans les mailles Petit poisson ne pourra devenir grand, puisqu\u2019il a.bien malgré lui, trouvé la route d\u2019une chaude poêle à frire.raidies.Ils sont immédiatement étendus sur la glace où ils gèlent vivants, puis expédiés vers les villes de la province.Benjamin Suite, historien que la pêche ne laissait pas indifférent, prétend que les pêcheurs du petit village de Champlain firent plus de $6,000 en une seule saison.A la fin du siècle dernier, c'était une jolie somme.Aujourd\u2019hui encore, le poisson des chenaux compte pour beaucoup dans la vie économique de la Mauricie.Si la pêche commerciale rapporte à ceux qui la font des profits intéressants, ceux qui pêchent par plaisir laissent aux citoyens de la région des bénéfices qu\u2019ils ne dédaignent pas.Les propriétaires de cabanes ne les cèdent jamais à moins de dix dollars par soir et le loyer augmente selon la demande.Par les bonnes fins de semaine, le pêcheur du dimanche ne peut espérer trouver un gîte sur la glace à moins d\u2019avoir fait une réservation plusieurs jours à l\u2019avance.Le poisson des chenaux se retrouve sur toutes les côtes orientales de l\u2019Amérique du Nord, dans le golfe St-Laurent, dans les baies de Terre-Neuve et jusqu\u2019en Virginie, mais celui que l\u2019on pêche de Trois-Rivières à Donnacona, sur les deux rives du fleuve, a une saveur toute particulière.Du moins on le dit ./^E qu\u2019il gagne en saveur, il le perd toutefois en gros-^ seur.Quand, au retour d\u2019une soirée fructueuse, muni d'un couteau et d'une paire de ciseaux, le pêcheur se met en frais de préparer le poisson, il en vient à regretter cet avantage.Par bonheur, les ménagères effacent rapidement cette arrière-pensée.Frite, la petite morue se mange avec délices, mais c'est en gibelotte que les gourmets plus raffinés la préfèrent.La cuisinière barde de lard le fond d\u2019une cocotte, y couche les poissons et les couvre de pommes de terre et de rondelles d\u2019oignon.Cuit à l\u2019étouffée pendant une demi-heure, le plat fait venir l\u2019eau à la bouche du bec le plus fin.Il n\u2019en faut guère plus pour rassasier des estomacs que les plaisirs de la pêche avaient dangereusement creusés.L'atmosphère d\u2019une cabane exiguë et enfumée a des inconvénients et le poisson, malgré une fidélité proverbiale, ne mord pas sans arrêt.Quand, vers les petites heures du matin, un pêcheur lance, \u201cÇa ne mord pas, mais on en prend quand même!\u201d, c\u2019est ordinairement parce qu\u2019il est à se faire l'estomac pour le repas du lendemain.Du moins on le dit! (X PERSPECTIVES 2\tl««-\t'\u2019*0 ¦ .JÊfêû''&.\u2022 -Srvt .-/*r-.SaJg^l^aP \u2022.'\u2022.*jM*r-.v\\ - '.V-i \"lY- k in y > * \u2018W rz r J ¦f ^ V* \\ ^ f ;J / \\ .^ >?_/ ' y \u20224 V -rf Ü /Vs> > & La bataille d\u2019oreillers fait rage dans cette chambre d\u2019hôtel de Las Vegas où dix jeunes et jolis mannequins, venus pour un concours de beauté, \u201cse délassent et se reposent\u201d.\u2022A, en liberté i/ Ce mannequin est pris entre deux feux et, dans l\u2019ardeur du combat, se défend mal.INVITÉS à Las Vegas pour participer à un concours de beauté, dix jeunes mannequins ont fait tout un chahut à l'hôtel où ils passèrent la nuit.Pour la plupart des jeunes filles, c\u2019était le premier voyage dans la capitale américaine du jeu, et vous pensez bien qu\u2019elles s\u2019en donnèrent à coeur joie! Elles s\u2019amusèrent comme des collégiennes et, le soir venu, on aurait pu croire que, fourbues de fatigue, elle se seraient couchées dès leur arrivée à l\u2019hôtel.Mais, au lieu de s\u2019étendre sagement sur leurs lits, ces demoiselles engagèrent une mémorable bataille d\u2019oreillers qui mit tout l\u2019hôtel en émoi, pendant une bonne partie de la nuit.Kj i y y La possession de cet oreiller, arme de combat, donne lieu à une dispute acharnée.PERSPECTIVES 2 jan.1»60 i' 'SB- /#» s- Tout l\u2019hôtel a été mis en émoi et maintenant c\u2019est le moment de la détente, 5 K i v 922 Un univers nourri de monstres Portrait en gros plan de la jeune Marie-Claire Blais et des personnages fantastiques qu\u2019elle crée NE natte de cheveux démesurée, un profil d'écolière, des yeux vert-brun et des lèvres faites pour rire, c'est Marie-Claire Blais.Née à Québec.Marie-Claire est une nouvelle habituée de la faculté des lettres comme des cours de sciences sociales que dispense à l\u2019Université Laval le R.P.Georges-Henri Lévesque.Cette fille de 20 ans, qu'on prendrait à coup sûr pour une couventine attardée, a déjà écrit trois romans, des centaines de poèmes, des contes et des pièces de théâtre.\u201cLa belle bête\u201d, roman que l'Institut littéraire de Québec vient à peine de publier, a lancé Marie-Claire de façon fulgurante et étonné le monde littéraire du Canada français.Dans quelque temps, on éditera la même oeuvre chez Flammarion, en France.Il aura suffi de quelques mois pour assurer à Marie-Claire une renommée que la plupart des auteurs mettent des années et souvent une vie à atteindre.Pourtant, dans une conciergerie modeste de la rue St-Stanislas.face à l'enceinte grise de l\u2019Université Laval, j'ai rencontré presque une adolescente, vivant entre quatre murs couverts de photographies tirées d\u2019un magazine populaire américain.Près du lit, qui occupe la moitié de la pièce, des dessins à l'encre font un drôle de collier à l'appareil de téléphone.Ils sont de Marie-Claire.Sur une table, une quinzaine de volumes d\u2019auteurs différents, une dissertation sur 'TEtranger\" d\u2019Albert Camus et une bouteille vide de porto, que l\u2019hôtesse a dû offrir puisqu\u2019elle ne boit, ni ne fume.C\u2019est dans ce décor fabriqué en trois mois \u2014 elle vivait jusqu'alors avec sa famille dans un quartier ouvrier de la capitale \u2014 que m\u2019a reçu Marie-Claire, dans la lumière bleue d\u2019un matin de fin novembre.Si Marie-Claire ouvre la porte de son appartement avec un empressement ingénu, elle garde jalousement sa vie de toute intrusion.D'une voix adolescente, un peu flûtée, elle évite avec art les questions qu'elle juge indiscrètes.Est indiscret tout ce qui touche à son enfance, aux années de son adolescence, alors qu\u2019elle dut quitter le pensionnat St-Roch en classe de belles-lettres pour gagner sa vie et aider sa famille.Marie-Claire se contente de laisser savoir qu\u2019elle est née dans \u201cune bonne famille canadier.ne-française\u201d, qu\u2019elle a deux frères et deux soeurs beaucoup plus jeunes qu\u2019elle et a dû occuper six emplois différents en moins de deux ans.\u2014\tJe trouve qu\u2019il est très dur de gagner de l\u2019argent.Je ne suis pas faite pour ça! Tout le reste devient chasse-gardée inviolable comme l'univers fantastique, éclairé de poésie, qui est le sien et celui de ses oeuvres.La vie a commencé pour elle le jour où le Père Lévesque accepta de la recevoir.ÏT\u2019MPLOYÉE de bureau dans une usine de chaussures, elle résolut de rompre définitivement avec des occupations qui ne lui semblaient plus possibles.Une première lettre écrite avec espoir au professeur de Laval demeura sans réponse.Une deuxième subit le même sort.A la sixième lettre, le Père Lévesque accepta de recevoir l'ancienne élève de pensionnat.Elle arriva à son bureap avec une pleine serviette de textes dactylographiés minutieusement.\u2014\tLe Père Lévesque était ma seule chance, m'a dit Marie-Claire avec des yeux qui trahissent encore la reconnaissance qu\u2019elle a pour lui.Il a lu avec patience tout ce que je lui avais remis, même si je sais qu'il est loin du monde qui m\u2019occupe.Après une pause, Marie-Claire m\u2019a avoué que le Père Lévesque lui réclama, quelques jours plus tard, une \u201coeuvre cohérente\u201d.Cette \u201coeuvre cohérente\", ce fut \"La belle bête\u201d, écrite en quinze jours dans une euphorie dont seule Marie-Claire pourrait apprécier l'intensité.Le Dominicain se chargea de livrer le manuscrit à l'éditeur Michaud.Si impressionné par ce qu\u2019il avait lu, il réussit à convaincre un homme d'affaires de donner une bourse à Marie-Claire.Forte d'une somme appréciable, la jeune fille quitta emploi et famille pour s\u2019établir au troisième étage d\u2019une conciergerie.Elle n'a pas cessé d\u2019écrire depuis, de correspondre à l\u2019étranger, avec Vallery-Radot, entre autres, et Julien Green bientôt, découpant avec parcimonie le temps qu\u2019elle accepte de consacrer à la conversation.Marie-Claire écrit avec fébrilité comme si tout son monde pouvait s\u2019effriter demain matin, la laissant face à une réalité avec laquelle elle ne veut rien avoir de commun.\u2014 J\u2019ai peur de vieillir.Je sais que je ne pourrai alors avoir la même vision.Si je pense à demain, je deviens inquiète.Cette fille, qui parle avec un léger accent parisien et n\u2019est jamais sortie de son milieu, gesticule nerveusement, lance des regards curieux sur tout, ne semble avoir d'autre désir que de cohabiter avec les êtres qu\u2019elle crée, \u201cdes êtres qui doivent exister quelque part, puisque je les vois, puisque je les aime\u201d .Elle écrit par intuition, passionnément.Toutes les fins de semaine, avec Jeanne Lapointe, professeur à la faculté des lettres, Marie-Claire se MARIE-CLAIRE BLAIS, qui dévore la Bible en même temps que Gide, Kafka ou Green, a publié jusqu\u2019à présent un roman \u201cLa belle bête\" et quelques poèmes dans un numéro de la série \u201cLes écrits du Canada français\".La télévision a présenté une de ses pièces.Elle aime ce qu\u2019elle écrit et ne s'en cache pas.\u201cOn ne se sort pas les enfants du ventre pour les détester ensuite!\u201d C\u2019est dans une langue poétique qui peut se comparer à celle d\u2019Anne Hébert qu\u2019elle a livré \u201cLa belle bête\".Le roman a des défenseurs enthousiastes et des adversaires agressifs.Ses personnages, dont la psychologie tient plutôt du fantastique, n\u2019ont guère laissé de lecteurs indifférents.Louise, belle femme qui possède un immense COMMENT L\u2019AUTEUR VOIT SON ROMAN \u201cLA BELLE BÊTE\u201d: domaine, vit avec son fils, Patrice, et sa fille, Isabelle-Marie.Celle-ci est laide et Patrice, très beau, est idiot.La mère, qui adore Patrice à cause de sa beauté, ne se rend pas compte de son idiotie et Isabelle-Marie en est très jalouse.Tandis que son frère erre tout le jour avec sa mère, elle travaille sur la ferme.Un jour que Louise part en voyage, laissant Patrice aux soins d\u2019Isabelle, celle-ci le prive de nourriture afin de le rendre malade.Sa mère revient mariée à un dandy, Lanz, qui enlève à Patrice une partie de l\u2019attention que Louise lui avait toujours portée.Lors d'une danse, Isabelle rencontre un aveugle.Michael, avec qui s\u2019ébauche une idylle qui se terminera par un mariage.Mais Michael, à qui sa jeune épouse avait fait croire qu\u2019elle était belle, recouvre enfin la vue et elle part avec son enfant, une petite fille qui a hérité de la laideur de sa mère.Pendant ce temps, la vie continuait au domaine de Louise, qui partageait son temps entre Patrice et Lanz, jaloux de son beau-fils au point de le battre un soir à coups de fouet.Plus tard, alors que Patrice fait de 1 équitation dans les bois, il lance son cheval à fond de train sur Lanz et le blesse mortellement.Louise, atteinte d\u2019un cancer à la joue, reporte maintenant toute son attention sur Patrice, rendant Isabelle-Marie, revenue chez sa mère, chaque jour plus jalouse.Pendant l\u2019absence de Louise, Isabelle plonge la tête de son frère dans l'eau bouillante et celui-ci en garde des marques si affreuses que sa mère ne songe plus maintenant qu\u2019à s'en débarrasser.L'asile semble la seule solution.Elle l\u2019y envoie et apprend finalement d\u2019Anne, la fillette d'Isabelle, le drame qu\u2019elle avait pris pour un accident.Elle chasse sa fille et sa petite-fille, restant seule et rongée par le cancer.Isabelle revient un jour mettre le feu à la maison de sa mère et se sauve avec Anne.Les deux filent vers la voie ferrée où passera le train dans quelques secondes.Patrice, évadé de l'asile, revient chez sa mère où il ne trouve que ruines.Comme autrefois, il va se mirer dans un lac voisin pour \u201cy rechercher son beau visage d\u2019autrefois.\u201d \u201cDans le bleu du ciel qui succédait au bleu de l'eau, la belle bête (Patrice) retrouvait enfin son âme.\u201d Nous avons posé à Marie-Claire Blais douze questions concernant son roman.Elle a répondu 6 PERSPECTIVES 2 i»n.1«*° Par Guy Fournier Rédacteur de PERSPECTIVES Photo*} Miehel Brault retire en vase clos et travaille avec une frénésie d'abeille à la correction des prochains textes qu\u2019elle livrera à l\u2019indiscrétion de l\u2019éditeur, des lecteurs ensuite.Et l\u2019attention dont on la couvre?Les exigences que l'on a pour elle et qui font un peu penser à la fleur dont on respirerait le parfum avec gourmandise de crainte de la voir se faner plus tôt qu\u2019on ne l'aurait voulu?Marie-Claire en éprouve encore une certaine surprise: \u2014 J\u2019aimerais être aussi sûre de moi que le sont ceux qui m\u2019ont aidée jusqu\u2019à ce jour! QUANT au succès, aux contingences qu\u2019il traîne avec lui et impose avec rigueur, Marie-Claire ne le trouve pas lourd.\u2014 Je voudrais bien continuer d'exercer sur les gens cette fascination.Si plus d\u2019un parle déjà du phénomène Marie-Claire Blais, plusieurs ont eu pour la jeune fille des paroles sévères et porté sur son roman des jugements définitifs.Les critiques ne la laissent pas indifférente.\u2014 Je les lis peut-être trop, m\u2019a-t-elle dit avant de se plaindre de ce qu\u2019on veuille lui imposer des règles alors qu\u2019elle n\u2019en a pas suivies.Ses juges les plus sévères, elle les rencontre dans le milieu étudiant de Laval.Les universitaires sont en général plutôt sceptiques sur le génie qu\u2019on lui prête en d'autres milieux.Marie-Claire n'a qu\u2019un projet immédiat: partir pour un an ou deux à destination de Paris.Elle emmènera, sans passeport et sans bagage, un criminel prodige, des êtres vampiriques, un violoniste de dix ans, un roi affamé, tous personnages venant d'un monde dont elle seule a la clé.\u2018J\u2019aimerais être aussi sâre de moi que le sont ceux qui m\u2019ont aidée jusqu\u2019à ce jour\u201d, de dire Marie-Claire Blais.à dix d\u2019entre elles et passé par-dessus celles qui lui demandaient d'expliquer pourquoi son roman se situe dans un milieu exotique et si ses personnages évoluent dans une symbolique.Voici comment elle voit son oeuvre: Q.\tDans quel genre cataloguez-vous votre roman?R.\tDans le genre mi-poétique, mi-psycholo-gique.On a dit que c'était un roman-poème.Les critiques sont capables de préciser cela plus que moi, je crois.Mais je désirais dans \"La belle bête\" un peu de ce rythme fou du poème et de la brièveté dans la description, une sorte d'impressionnisme du roman.Q.\tPourquoi le roman n\u2019est-il pas situé dans le temps?R.\tJe n\u2019aime pas situer ce que j'écris.J\u2019aime tracer du vague autour de mes personnages, comme une vapeur de mystère.Ainsi, on peut les voir comme on veut.On peut les métamorphoser aussi.C\u2019est peut-être aussi parce que je veux travailler plus librement, dans l'espace, sans contraintes.O- Pourquoi cinq personnages qui sont des monstres?R.Parce que la monstruosité est comme une mère.Tout ce qu'elle envahit est enfanté.Les personnages de \"La belle bête\u2019\u2019 sont monstrueux non par eux-mêmes, mais les uns à cause des autres.les uns dans les autres par les autres.Isabelle- Marie ne serait pas aussi terrifiante sans Patrice.Louise serait moins vaniteuse sans Patrice.Patrice n\u2019est pas un monstre.Il est innocent.Mais tout ce qui gravite autour de lui est impur.Ainsi, des monstres sont liés sans trop le savoir.Q.\tLes personnages qui s'affrontent sont-ils une transposition de personnages que vous avez connus?R.\tAucunement.Ils sont nés hors de moi et de mon connu.Ils appartiennent ou à un néant (Patrice) ou à une race oubliée dans son mal (Isabelle-Marie).Je les décris parce que je les aime, mais sans les connaître.Q.\tLa vraisemblance vous a-t-elle préoccupée?Vraisemblance des situations, des relations entre les personnages, qui paraissent agir froidement, avec calcul, presque de façon animale?R.\tBien, je ne sais trop.A chaque fois que j\u2019écris un roman, je me laisse emporter par la passion de chacun des personnages.Alors je suis la logique des destins que je trace.Peut-être qu'in-consciemment.la logique dont je parle est cette préoccupation de ma vraisemblance à moi .Q.\tPourquoi cette quasi-complaisance dans la description de la laideur?R.\tIl ne s\u2019agit pas de complaisance.Dans la laideur, même l\u2019épanouissement humain est possible.Si le poète n\u2019est pas envoûté jusqu\u2019au fond du coeur par la description des ténèbres ou de la joie, il lui manque cette violence intérieure qui le marie à son univers.Q.\tPourquoi votre roman fait-il abstraction de l\u2019amour?R.\tIl ne fait pas abstraction de tout amour.Il montre des amours qui ne vont pas jusqu\u2019au bout .mais au moins des amours qui naissent.Pensons à Michael, à Isabelle-Marie, ils s\u2019aiment et soudain ils désapprennent l'amour; pensons à l'amour de Louise envers son fils.Il y a l\u2019ombre de l\u2019amour maternel sous cette indomptable vanité.Q.\tConsidérez-vous votre roman amoral?Vos personnages cruels et méchants?R.\tMon roman n'est pas amoral.La vérité que l\u2019on voit, que l'on pressent n\u2019est pas amorale en soi.Mes personnages sont cruels et méchants parce qu'ils ne savent pas agir autrement.Ils sont engloutis mutuellement par l\u2019ignorance.Ils ne cherchent pas à se connaître.Quand on écrit de la monstruosité (qui contient une forme de la beauté en soi.sans cela il n'y aurait pas d'espoir), il ne faut pas hésiter à la pénétrer.Sans cela, il y aurait mensonge.Q.\tTrois jeunes filles romancières sont connues chez nous: Françoise Sagan, Pamela Moore et Claire France.Pensez-vous avoir quelque affinité avec Tune ou l'autre?R.\tNon! Nous sommes très différentes.Le cri de chaque âme est différent.PERSPECTIVES 2 j*n.I960 7 .* \u201d \t avion pour Londres, et il nous révéla que fious avions souffert d\u2019une forme d\u2019empoisonnement dont il ne pouvait déceler la cause.\u201cJ\u2019ai bien cru que vous alliez mourir quand je vous ai vus pour la première fois, nous a-t-il dit.Vous auriez d\u2019ailleurs succombé si vous n\u2019aviez pas été soignés tout de suite.\u201d Quand nous arrivâmes à Londres, j\u2019étais encore faible, à ce point qu\u2019on dut me conduire à l\u2019hôpital sur-le-champ.On me crut d\u2019abord atteint de malaria.Mais après plusieurs prises de sang, les spécialistes constatèrent que j\u2019avais été victime d\u2019un poison violent.Je ne ressortis de là qu\u2019au bout de dix jours.Mike, un peu plus chanceux, s\u2019en tira avec une semaine d\u2019alitement.J\u2019ai rapporté tous ces détails sur notre santé parce que j\u2019y vois une conséquence directe de notre chasse aux marchands d\u2019esclaves.Je suis convaincu que certains Touareg qui nous en voulaient ont essayé de nous supprimer.Ces accusations peuvent paraître mélodramatiques, mais il ne faut pas oublier que, chez ce peuple, on ne se fait pas scrupule de battre à mort un esclave.Le Targui n\u2019accorde jamais quartier à ses ennemis et n\u2019en implore pas d\u2019eux, non plus.Ces gens-là voient dans la répression de la traite des Noirs une tentative de modifier de force leur mode de vie tout entier; et ils n\u2019allaient sûrement pas laisser agir librement deux Anglais sans armes et trop curieux à leur gré.Hélas non! l\u2019esclavage n\u2019est pas en voie de disparaître.Et j\u2019ai même toutes raisons de croire que ce régime va étendre considérablement son emprise, à mesure que les Français se retireront de l\u2019Afrique.Le Soudan français n\u2019est d\u2019ailleurs pas la seule contrée du globe où il persiste.Il infeste également les colonies britanniques et la vaste Nigeria, entre autres.Comme les Français, les Anglais font tout en leur possible pour l\u2019extirper de ces régions; mais ce n\u2019est pas facile.Quant à l\u2019Arabie Séoudite, où l\u2019esclavage est légal, il y a peu à espérer, à moins que ses gouvernants ne se convertissent brusquement à des vues plus humaines.La chose est très improbable car de fortes sommes sont en jeu.Mais je maintiens qu\u2019on peut garder espoir quant aux territoires français et britanniques, même si nos administrateurs coloniaux s\u2019en retirent peu à peu.Cet espoir repose sur une nouvelle façon d\u2019aborder ce problème, en recourant à une organisation internationale plutôt qu'aux pressions physiques ou morales exercées par un seul Etat, si puissant et si libéral fût-il.C\u2019est une tâche dont les Nations Unies, par exemple, pourraient se charger.Il faut envoyer dans les pays sous-développés où règne l\u2019esclavage des conseillers et des techniciens qui ne se laissent pas influencer par les intérêts mesquins de leur seule patrie.CES conseillers doivent se faire les amis des peuples qu'ils visiteront.C\u2019est ainsi seulement qu\u2019on réapprendra aux esclaves le sens du mot liberté.Et c\u2019est ainsi qu\u2019on montrera à leurs maîtres que ce qu\u2019ils considéraient comme un mode normal d\u2019existence est une forme diabolique d\u2019oppression et qu\u2019il peut être remplacé par un nouveau style de vie.Ce n'est qu'à ce moment que nous aurons fait un progrès décisif dans la suppression de ce cancer.Tout ce que je souhaite pour ma part, c\u2019est que les cent dollars que j\u2019ai versés pour acheter Ibrahim portent plein intérêt, en faisant honte aux indifférents et en les forçant à agir dès maintenant contre les marchands d\u2019esclaves.!jk V,c».\t' s/ss s s \t PERSPECTIVES 2 Jan.1960 21 LE SIROP MATHIEU r depuis 1890 TOUX RHUMES BRONCHITES GRIPPE roi RHO.' BROm U CR, LE SIROP IDEAL \u2014 pour toute la famille ! Toute la famille est dans la piscine; Tony et Janet enseignent la natation à leurs deux filles.La semaine prochaine, racontera, en images, comment nos garde-pêche -prennent sur le fait les pêcheurs qui ne respectent pas la loi Vous lirez dans Perspectives plusieurs autres articles qui ne manqueront pas de vous intéresser CIGARETTES BOUT UNI OU FILTRE Aigreurs.indigesfion.vite soulagées! Les dérangements d\u2019estomac sont souvent causés par la tension, l\u2019énervement ou une nourriture trop riche.Pour un soulagement rapide, croquez un ou deux Turns au goût agréable.Les Turns neutralisent rapidement l\u2019excès d\u2019acidité.Ils soulagent ainsi les aigreurs de l\u2019indigestion.font disparaître cette sensation de lourdeur.Vous pouvez prendre des Turns à toute heure et en tout lieu .pas besoin d\u2019eau.OUR l\u2019acteur Tony Curtis, quel contraste entre la cohue des plages .: new-yorkaises, où, enfant, il apprit à nager, et l'intimité de sa magnifique piscine privée de Beverly Hills, à Los Angeles, où il peut aujourd'hui, en toute tranquillité, enseigner la natation à ses deux filles, en compagnie de sa femme, l\u2019actrice Janet Leigh.Agées respectivement de trois ans et d\u2019un an, Kelly Lee et Jamie s'ébattent dans l'eau sans se douter du travail achamé que leurs parents ont dû accomplir pour pouvoir leur offrir un tel luxe.Et quelle joie pour Tony et Janet lorsqu\u2019ils trouvent le temps de jouer avec elles! L\u2019époque où les deux acteurs devaient lutter durement pour se faire connaître est maintenant passée.Heureusement pour eux, leur vie mondaine à Hollywood ne les empêche pas d'avoir une vie familiale intense qui fait actuellement d'eux l\u2019un des couples les plus heureux et les plus équilibrés de la capitale du cinéma.pour l\u2019estomac Achetez le paquet économique de 3 rouleaux Avec un ami, Kelly Lee traverse la piscine sous la surveillance de ses parents, PERSPECTIVES 2 Jeu.1960 (tyenfatetl vous parle LA NOUVELLE ANNÉE DÈS LA plus haute antiquité, les hommes ont bien été obligés de remarquer que, chaque année, le cycle des saisons recommençait et que le soleil revenait au même point de l\u2019horizon pour se lever et se coucher, comme un mortel.Les astronomes ont été là de tout temps pour le signaler avec précision à tous ceux qui ne savaient rien au juste de cette habitude du ciel et de la terre.C\u2019est pourquoi l\u2019astronomie est la plus ancienne des sciences.La question était de savoir à quelle date faire commencer la ronde nouvelle.Pour les Egyptiens et les Chaldéens, les plus vieux astronomes de l\u2019Occident, l\u2019année commençait à l\u2019un des deux moments où le soleil, dans sa course, passe à l\u2019équateur céleste, c\u2019est-à-dire à ces périodes de l\u2019année où le jour est égal à la nuit.Ces deux peuples, aussi vénérables que géniaux, choisirent l\u2019équinoxe d\u2019automne, vers le 22 septembre, pour marquer une année nouvelle.Les Grecs, eux, fixèrent leur choix sur le premier septembre.Quant aux Romains, c\u2019est l\u2019équinoxe du printemps, soit vers le 21 mars, qui les guida.L\u2019Empereur Jules César réforma tout cela, et, en l\u2019an 45 avant J.-C., fixa le jour de l\u2019an au premier janvier.Mais il devait se déplacer bien des fois.En France, sous les Mérovingiens, de 428 à 752, la nouvelle année se souhaita le 1er mars; sous les Carolingiens, de 752 à 987, à la Noël.Au temps des Capétiens, à partir de 987, on fit commencer la nouvelle année avec la fête de Pâques, ce qui faisait que le jour de l\u2019an changeait tous les ans.Ainsi, par exemple, en 1347, Pâques et le jour de l\u2019an tombèrent le 1 er avril, et l\u2019année suivante, le 20 avril.Pour éviter pareilles complications \u2014 personne n\u2019avait de calendrier chez soi, et pour cause \u2014 on fixa la date au 1er avril.Premier avril, poisson d\u2019avril; surprise.Ce n\u2019est qu\u2019en 1563 que Charles IX restitua au premier janvier l\u2019honneur d\u2019ouvrir à nouveau l\u2019année, malgré l\u2019opposition vigoureuse du Parlement et de la population.En Angleterre, la nouvelle année commença le 15 mars jusqu\u2019au milieu du XVHIe siècle.Chose extraordinaire, les Anglais en eurent assez de ne pas faire comme tout le monde; en 1751, le Par- lement décréta que désormais on ferait comme sur le continent et que la prochaine année commencerait le 1er janvier.En 1751, l\u2019année anglaise n'eut donc que neuf mois, ce qui provoqua une grande émotion dans le pays.Si nous avions une juste idée des transformations continuelles qui se sont accomplies au cours des siècles, dans les usages et dans les moeurs, nous crierions moins au scandale devant des façons nouvelles de vivre et de penser.L\u2019ignorance nous fait vivre devant l\u2019horizon fermé de nos quelques années d\u2019existence.C'est pourquoi quelqu'un qui veut se cultiver et devenir un homme doit toujours élargir dans le présent et approfondir dans le passé, en toutes matières, le champ de ses connaissances.Et les étrennes du jour de l\u2019an?On en attribue l\u2019institution au roi des Sabins qui, au dire des légendes, partagea le trône avec Romulus, fondateur et premier Roi de Rome.Au commencement de l\u2019année, on eut l\u2019idée de lui offrir quelques branches d\u2019arbre coupées dans un bois consacré à la Déesse Strenua (d\u2019où étrennes), déesse de la Force.Le roi passa une excellente année, ce qu\u2019il attribua aux branches qu\u2019on lui avait offertes.Cette expérience ayant paru concluante, tout le monde se mit par la suite à offrir chaque jour de l\u2019an des branches d\u2019arbres à ceux à qui on souhaitait le bonheur; puis ce furent des rameaux de verveine, plus tard des figues, des dattes ou du miel .La mode des étrennes a fait depuis le tour du monde.Saviez-vous que le 3 janvier est la fête de sainte Geneviève?Dès le XVIe siècle, lorsque le jour de l'an fut fixé au premier janvier, la population parisienne voulut associer la bergère de Nanterre aux fêtes du nouvel an.Elle avait sauvé Paris de l\u2019invasion des Huns, commandés par Attila, de ces mangeurs de viande crue, m\u2019avait-on dit à l\u2019école dans ma toute petite enfance, qui mortifiaient leur viande en la plaçant entre leurs fesses et la selle de leur cheval, ce qui me donna un jour l\u2019idée de m\u2019asseoir sur le bifteck que ma mère venait d\u2019acheter .Donc, le lendemain du jour de l\u2019an, dès six heures du soir, des milliers de parisiens accou- raient à l\u2019église St-Etienne-du-Mont où était déposée la châsse de la sainte.Bien entendu, la plupart devaient rester dehors, et ils assistaient comme ils pouvaient à la messe de minuit, car pour sainte Geneviève comme pour la naissance de l\u2019Enfant-Jésus, on célébrait une messe de minuit.Pendant toute la journée du 3 janvier, les fidèles faisaient toucher quelque objet au cercueil de la sainte.Ces fêtes se perpétuèrent jusqu\u2019en 1793, avec une fidélité touchante, et ce ne fut que le 21 novembre de cette année-là que le Conseil révolutionnaire de Paris fit brûler les restes de sainte Geneviève en Place de Grève.Telle est l\u2019intelligence des Révolutions.A PRÈS les solennités du nouvel an et de la Ste-C*- Geneviève, vient l\u2019Epiphanie qui, dans la pensée populaire, est devenue la fête des Rois.Autrefois, cet anniversaire donnait lieu, dans les églises mêmes, où est né le théâtre français, comme on sait, à la représentation d\u2019un vrai mystère, où les Mages étaient figurés par des chanoines.L\u2019usage du gâteau des Rois date de fort loin.Nous avons une charte de Robert, évêque d\u2019Amiens en 1311, qui en parle comme d\u2019une pratique déjà ancienne.C\u2019est lui qui spécifia que ce gâteau devait être fait d\u2019une pâtisserie feuillée, composée uniquement de beurre (doux), de farine et d\u2019oeufs frais, comme il se fait encore aujourd\u2019hui.Qu\u2019est-ce que vient faire la fève là-dedans?Celui qui la trouvait était élu roi pour l\u2019année, comme un véritable roi Mage, et chaque corporation élisait ainsi un roi; plus tard l'habitude passa dans les familles.Nous savons que sa royauté ne dure qu'un instant, et je vois mal un père de famille à qui elle aurait été échue se prévaloir de sa royauté pour se faire obéir .Pourquoi une fève?Aristote nous dit que de temps immémorial les suffrages s\u2019exprimaient par des fèves.Il n\u2019y avait pas de papier pour fabriquer des bulletins de vote.En Angleterre, jusqu\u2019à George III y compris, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019en 1820, les souverains offrirent en personne l\u2019or, l\u2019encens et la myrrhe à l\u2019Enfant-Jésus dans sa crèche, le jour de l\u2019Epiphanie.Voilà mon histoire pour aujourd'hui.Là-dessus, bonne année à tous.coups\tet Que ferait-oa sans les petits poissons des chenaux?Perspectives Pitié pour houm.pérhvurHÎ Dans la région de Trois-Rivières, le petit poisson des chenaux, dont nous vous entretenons en page 2, n\u2019est pas seulement un microgradus morrhua (et on dira que le latin est une langue mortel), c\u2019est presque une institution.Le petit poisson figure, par exemple, dans les armoiries de la ville de Trois-Rivières; il attire plusieurs milliers de touristes, sert de prétexte à un grand carnaval d\u2019hiver à Ste-Anne-de-la-Pérade et à d\u2019innombrables rencontres qui n\u2019ont habituellement rien de désagréable.Raymond Douville, sous-secrétaire de la province et historien, a même écrit que la \"petite morue forme une part importante de notre vie sociale\".A Ottawa, les députés aux prises avec les grands problèmes internationaux n\u2019ont pu éviter un jour de se pencher sur ceux de la pêche aux petits poissons.L\u2019hiver dernier, les navires emprisonnés par les glaces dans le port Ue Montréal ont repris très tard la route de la mer.Dans leur hâte de retourner à leurs ports d\u2019attache, les capitaines ont exagéré la vitesse des navires, qui ont déplacé tant d\u2019eau que les battures de glace ne purent résister.Du Cap-de-la-Madeleine à Champlain, les pécheurs aux abois remisèrent leurs cabanes avant qu\u2019elles ne soient emportées par le courant.L\u2019affaire ne devait pas rester là.Forts de leurs droits séculaires, les pêcheurs ont logé à Ottawa une vigoureuse protestation.Elle n'a rien arrangé pour l'an dernier, mais les autorités fédérales ont promis de veiller à ce que la même situation ne se répète plus.Travail
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