Bulletin de la Société de philosophie du Québec, 1 janvier 1984, Avril
[" BULLETIN DELA SOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE DU QUÉBEC VOLUME X, NO.2 AVRIL 1984 BULLETIN DE LA SOCIETE DE PHILOSOPHIE DU QUEBEC Directeur\tSerge Thibault (Collège de Trois-Rivières) Comité de rédaction:\tDenis Gouin (Collège de Trois-Rivières) Pierre Lemay (Collège de Trois-Rivières) Jacques G.Ruelland (Collège Edouard-Montpetit) Le Bulletin est administré par le Conseil d'administration de la Société de Philo Sophie du Québec.\t Présidente\tJosiane Ayoub (U.Q.A.M.) 1er Vice-président\tPaul-André Quintin (U.Q.T.R.) 2e Vice-président\tBernard Dupuis (Collège de Valleyfield) Secrétaire\tJacques G.Ruelland (Collège Edouard-Montpetit) Secrétaire-adjoint\tRodrigue Bergeron (Séminaire de Sherbrooke) Trésorier\tAndré Rocque (Collège Montmorency) T résorière-adjointe\tDanièle Letocha (Université d'Ottawa) Directeur de philosophiques\tMaurice Gagnon (Université de Sherbrooke) Directrice adjointe de philosophiques\tJosiane Ayoub (U.Q.A.M.) Archiviste\tClaude Gagnon (Collège Edouard-Montpetit) Archiviste-adjoint\tMarc Chabot (Collège François-Xavier-Garneau) Président du CEPH\tPierre Cohen-Bacrie (Collège Montmorency) Directeur du bulletin\tSerge Thibault (Collège de Trois-Rivières) Président sortant\tAlain Lallier (Collège de Trois-Rivières) Représentants régionaux\tSuzanne Foissy (Collège Montmorency) Venant Cauchy (Université de Montréal) Romain Gagné (Collège Françoix-Xavier-Garneau) Yvon Lafrance (Université d'Ottawa) François Latraverse (U.Q.A.M.) Laurent-Paul Luc (Université de Sherbrooke) Roberto Miguelez (Université d'Ottawa) Julien Naud (U.Q.T.R.) René Pellerin (Collège Laflèche) Louise Poissant (Université d'Ottawa) Maurice Rainville (Université de Moncton) Jean-Claude Simard (Collège de Rimouski) Alain Tremblay (Collège de Chicoutimi) John R.Gallup (Université Laval) Adresse de la S.P.Q.\tCase postale 1370, Place Bonaventure Montréal (Québec) H5A 1H2 Dépôts légaux: Bibliothèque Nationale du Canada P:bliothèque Nationale du Québec mars 1983 Imprimé par CopieXpress, Trois-Rivières Sauf indications contraires (à la fin des articles), la reproduction est autorisée à condition d'indiquer la source. BULLETIN DE LA SOCIETE DE PHILOSOPHIE DU QUEBEC Volume X, numéro 2 Avril 1984 SOMMAIRE PAGES Liminaire.4 Nouvelles.,.5 Colloques et Congrès.9 Conférences.18 Du côté des revues.21 Publications récentes.26 Documents: Liste des mémoires et thèses en philosophie soutenus dans les universités du Québec et francophones hors Québec au cours de l'année civile 1983.27 Dossier: La philosophie démantelée, par Maryvonne Roth.30 Contributions: L'institution orwellienne, par André Rocque.41 Orwell et le totalitarisme, par Jacques G.Ruelland.44 4 LIMINAIRE Le 29 février 1984 a été une date importante pour la vie philosophique québécoise.Le Règlement sur le régime pédagogique du collégial a été adopté en conservant les 4 cours de philosophie au Collège.On ne peut passer sous silence le travail exceptionnel accompli dans le dossier des cours de philosophie par le Comité pédagogique de philosophie, Philosophie au Collège, le CEPH et la S.P.Q.Le Comité de rédaction du Bulletin veut rendre hommage à toutes les personnes qui, d'une manière ou d'une autre, ont travaillé pour cette cause.Toutefois la réflexion sur la place de la philosophie et de son enseignement au Collège n'est pas pour autant terminée.C'est dans ce sens que nous avons jugé bon de vous présenter un texte préparé, avant l'adoption du RRPC, par une collègue qui nous amène, à sa manière, à réfléchir sur la situation de la philosophie au Collège.Qu'il me soit permis, en terminant de vous signaler que les prochaines semaines seront fertiles pour la vie philosophique.Vous pourrez trouver à la rubrique «Colloques et Congrès» les programmes du Xle Congrès de la S.P.Q., du 1er Congrès de l'Association Québécoise de Philosophie, ainsi que celui du XXe Congrès de l'Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française.Serge Thibault Di recteur 5 NOUVELLES NOMINATION Monsieur Guy Lefebvre comme membre de la Commission de l'évaluation du Conseil des collèges à partir du 1er janvier 1984.Celui-ci est, depuis 1 978 , coordonnateur du secteur des lettres au collège du Vieux-Montrëa1 .De 1968 à 1970, il a été professeur en méthodologie du travail intellectuel à la Commission scolaire régionale de Chambly.Au collège du Vieux-Montréal, il a enseigné la philosophie de 1970 â 1978 et il a été, à ce même collège, de 1973 à 1978, co-responsable de la coordination départementale de philosophie.?AVIS DE DECES  1 ' Ange-Gardien, le 13 octobre 1 983 , est décédé à l'âge de 52 ans, M.l'abbé Benoit Gariépy.Né â ce même endroit le 18 août 1931, il fut ordonné prêtre le 4 juin 1955.La même année, il obtient une licence en théologie de l'Université Laval.Après avoir enseigné pendant quelques années la philosophie au Petit Séminaire de Québec, il retourne aux études, à Laval d'abord pour une licence en philosophie, puis à l'Angelicum de Rome, d'où il revient Docteur en cette même discipline en 1962.Par la suite, il enseigne la métaphysique et la morale au Petit Séminaire de Québec.On le voit aussi chargé de cours à la Faculté de Philosophie de l'Université Laval.De plus, il fut aumônier diocésain de la Société St-Jean-Baptis te de Québec de 1968 à 1982.Peu de temps avant sa mort, il publiait un livre intitulé: Contre vents et marées dans lequel il livre la synthèse de son enseignement dans un langage accessible à tous.Sous le ton de la confidence et de l'exhortation, on sent battre le coeur d'un homme affectueux qui a consacré sa vie â faire grandir les jeunes.Les intéressés pourront retrouver la référence bibliographique complète à la rubrique «Publications récentes» de ce même numéro.Notons enfin qu'un mois avant sa mort, il donnait une entrevue à Marcel 6 Brisebois dans le cadre de l'émission RENCONTRES que la Société Radio-Canada télédiffusait le 1er avril dernier.?* ASSOCIATION DES SOCIETES DE PHILOSOPHIE DE LANGUE FRMWSE Lors du conseil d'administration de l'ASPLF qui s'est tenu à Montréal, à l'occasion du XVIIe Congrès mondial de philosophie du 21 au 27 août 1983, le point essentiel de l'ordre du jour a été l'organisation du XXe Congrès de l'ASPLF.Cet événement se tiendra du 20 au 23 août 1984 à l'UQTR sur le thème de «La Création».Pour tout renseignement, s'adresser â Monsieur A.Robinet, CNRS 156, avenue Parmentier PARIS 75010 * ?* CONFERENCES PUBLIQUES Le département de philosophie du Collège de Valleyfield organise périodiquement des conférences publiques dont les textes sont rendus disponibles au grand public sous forme de brochures au coût de $2.00 l'exemplaire.Voici les indications concernant les conférences de cette année 1er décembre 1983:\t«Le jeune et l'activité philosophique: la fonction de l'activité philosophique dans la conquête de l'objectivité à l'adolescence» par le professeur Jacques Lavigne 2 mai 1984\t:\t«Vie, santé et mort: les implications éthiques de la médecine moderne» par le professeur Hubert Doucet, Université St-Paul Ottawa Lieu Collège de Va 11eyfie1d Heure Local 19 h 30 D -1 3 5 Pour obtenir copie de ces documents, contacter M.Alton Legault à l'adresse suivante: Conférences publiques Département de philosophie Collège de Valleyfield 169, rue Champlain Valleyfield, P.Q.J6T 1X6 ?* 7 A PROPOS DE GEORGE ORWELL Le mardi 27 mars dernier, à 15 h 00, avait lieu au Centre Social du Pavillon des Humanités du Collège de Trois - Rivières , un panel portant sur l'actualité du roman de l'écrivain britannique George Orwell: 1984 Présidé par M.Donat Gagnon, professeur de philosophie au Cégep de Troi Rivières, on retrouvait également les panelistes suivants tous professeurs de philosophie: M.Jacques Ruelland (Cégep Edouard Montpetit), André Rocque (Cégep Montmorency) et Jacques Rioux (Cégep de Tro i s -Rivières ) .Un dossier regroupant divers articles de revues parus dans les derniers mois ainsi qu'une bibliographie sur le Totalitarisme préparé par M.Pierre Lemay, professeur de philosophie au Cégep de Trois-Riviëres , furent remis aux participants.Notons que cette activité était organisée par le département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières.?DEJA 5 ANS En effet, avec le Volume 5, numéro 2, la revue Carrefour fêtait en novembre 1983 son cinquième anniversaire.En ce qui concerne ses orienta tions, Carrefour ouvre ses portes aux philosophes de profession qui croient en leur discipline ainsi qu'au rôle social qu'ils ont à jouer.Elle se veut aussi un lieu d'expression dialogante avec d'autres disciplines.Enfin un lieu d'expression oû la réflexion, philosophique au sens très large, soulève des questions en se portant â la rencontre de certaines préoccupations liées 5 l'actualité économique, sociale, politique et culturelle.Pour abonnement:\tSociété de Philosophie de l'Outaouais 65 , Hastey Ottawa, Ontario Kl N 6N5 ?LES SALONS DU LIVRE AU QUEBEC EN 1984 21 au 25 mars 1er au 6 mai 24 au 27 mai 7 au 10 juin Salon du livre de l'Outaouais Salon international du livre de Québec Foire du livre de l'Abitibi-Tëmiscamingue (Val d'Or) Salon du livre du Centre du Québec 8 26\tau\t30\tseptembre\ti Salon\tdu\tlivre\tdu\tSaguenay/Lac-St-Jean 1 7\tau\t21\toctobre\t:\tSalon\tdu\tlivre\tde\t1'Estrie 1 e r\tau\t4\tnovembre\t:\tSalon\tdu\tlivre\tde\tRi mou s ki 20\tau\t25\tn ovemb re\t:\tSalon\tdu\tlivre\tde\tMontréal * * ?NOUVEAU GUIDE EN HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE GRIGORIEFF, Vladimir.Philo de base.Le miracle grec, les défis religieux, réforme et révolution, le 20e siècle.Verviers (Belgique), Les Nouvelles Editions Marabout, coll.«Marabout Service», no MS 58 3 , 1 983.\t352 p.($6.10).En suivant l'ordre chronologique, ce vade-mecum donne un aperçu succinct de la vie et de l'oeuvre des g rands ¦ phi1 osophes à partir du miracle grec jusqu'aux défis du 20e siècle.A l'intérieur de cette démarche, il déga ge, à grands traits, les idées-forces des grands courants philosophiques * ?SAVIEZ-VOUS QUE .Il y a 325 ans, débutait l'enseignement de la philosophie au Collège des Jésuites â Québec.Cela se passait en 1659.Il y a 125 ans, naissait Mgr Louis-Adolphe Paquet qui fut le premier à s'intéresser â l'histoire de la philosophie et de son enseignement au Canada français.Cela se passait en 1859.Il y a 100 ans, plusieurs collèges du Québec adoptaient le manuel du dominicain italien Mgr T.-M.Zigliara intitulé: Summa philosophica.Cela se passait en 1884.Il y a 95 ans, était fondée la Faculté de philosophie de l'Université d'Ottawa.Cela se passait en 1889.Il y a 60 ans, l'Université de Montréal recevait du Saint-Siège, un Décret d'érection pour sa Faculté de Philosophie.Cela se passait en 1924.Il y a 55 ans, était créée la Société Thomiste de l'Université d'Ottawa.Cela se passait en 1929. 9 COLLOQUES ET CONGRÈS PROGRAMME DU Xle CONGRES DE LA SOCIETE DE PHILOSOPHIE DU QUEBEC (dans le cadre du 52e congrès de l'ACFAS, Université Laval, 9-11 mai 1984) MERCREDI 9 MAI Avant-midi:\t10 h -12 h 15 1.\tCommunications libres Président:\tRobert PLANTE (Université Laval) - Michel ROUSSEL (Etudes anciennes, Université d\u2019Ottawa): «Héraclite, fragment 1» Denis DUBOIS (Coll.Bois-de-Boulogne ) : «Auguste Comte, Louis-Joseph Fourier et la naissance du positivisme en France» Louise MARC IL-LACOSTE (Université de Montréal): «Le projet d'égalité parfaite: Mably, Babeuf, Dom Deschamps».2.\tActivité spéciale (en l'honneur du 10e anniversaire de la S.P.Q.) Président:\tClaude GAGNON (Coll.Edouard-Montpetit ) Animateur:\tMarc CHABOT (Coll.F.-X.Garneau) Venant CAUCHY (Université de Montréal): «Témoignage».3.\tActivité P.S.P.L.* (présentation d'ouvrage) -\tPrésident: Nicolas KAUFMANN (U.Q.T.R.) Ouvrage discuté: Théorétigués , par Yvon GAUTHIER Exposé de François LÈPAGE (Université \u2022 de Montréal) -\tExposé de Robert NADEAU (U.Q.A.M.) Réponse d'Yvon GAUTHIER (Université de Montréal) 4.\tActivité A.Q.P.** (relectures) Président: Ouvrage discuté: L'inquiétude humaine, par Jacques LAVIGNE.Jacques LAVIGNE: «Préface pour aujourd'hui â L'inquiétude humaine».Jacques BEAUDRY (U.Q.A.M.): «Réception, en 1953 et ensuite, de L'inquiétude humaine».* P.S.P.L.: ** A.Q.P.: section «Philosophie des sciences et philosophie du langage» Association québécoise de philosophie. Robert HEBERT (Coll, de Maisonneuve): «Autour de L'inquiétude humaine:\tmanières de l'hétérodoxie» Après-midi:\t14 h - 17 h 5.\tColloque interdisciplinaire organisé par la section PSOTHI* * Présidente:\tLouise MARCIL-LACOSTE (Université de Montréal) Thème:\t«Diderot et l'émergence de notre modernité» Josiane AYOUB (U.Q.A.M.): «La pensée philosophique et épistémologique de Diderot» Michel GRENON (histoire, U.Q.A.M.): «La pensée sociale et politique de Diderot» René LAPIERRE (études littéraires, U.Q.A.M.): «La contribution littéraire et esthétique de Diderot» 6.\tCommunications libres Président:\tAlain BOUCHEZ (Coll, de Lévis - Lauzon) Jocelyne OUIMET (Université de Montréal): «La différence sexuelle dans les rapports homme/femme.» Jocelyn BEAUSOLEIL (Université de Montréal): «La revendication d'égalité des femmes et la rationalité de la civilisation universelle» France GIROUX (Université de Montréal): «Maîtres et esclaves» Michèle M0R0S0LI (Coll.Ahuntsic): «L'imaginaire maternel».7.\tTable ronde Président:\tJean GRONDIN (Université Laval) Thème:\t«Aspects du pragmatisme» Maurice GAGNON (Université de Sherbrooke): «Quine est-il plus pragmatiste que Carnap?» François LETT (Université de Sherbrooke): «Il était un petit navire.» Daniel HÉBERT (Université de Sherbrooke): «Carnap et Quine» Michel BLAIS (Université de Sherbrooke): «Quelques remarques sur 1 'internal is me».8.\tActivité A,Q.P.\t(14 h - 16 h ) Président: Recherches en cours (présentation, par divers chercheurs et chercheuses, de leurs travaux sur la philosophie québécoise) 9.Activité A.Q.P.\t(16 h - 17 h ) Assemblée générale N.B.:\tEn fin d'après-midi (17 h 15), les participant(e)s au congrès de la S.P.Q.sont i n vit é(e ) s à un cocktail par la faculté de Philosophie de l'Université Laval.* PSOTHI: section «Philosophie sociale et théorie des idéologies» JEUDI 10 MAI Avant-midi:\t9 h - 12 h 15 10 .Communications libres Président:\tGuy BOUCHARD (Université Laval) Nicole AUDIFFREN (Université Laval): «La philosophie face à la question de la femme» Marcel COTE (Université Laval): «Les couples philosophiques dans la théorie de l'argumentation: manifestation possible d'un structuralisme rhétorique» Gilles PLAM0ND0N (Université Laval): «Dante et la métaphore du chemin: la question des dispositions naturelles dans le Banquet» Géraid ALLARD (Coll, de Ste-Foy): «Les serviteurs volontaires, leurs conditions, leurs effets selon le Di scours de la ser-vitude volontaire d'Etienne de la Boétie».11.Conférence spéciale, section P.S.P.L.(commençant à 10 h) - Président: Claude PANACCIO (U.Q.T.R.) Présentation du conférencier par Serge ROBERT (U.Q.A.M.) Conférence de Hugues LEBLANC (Université Temple): «Implication logique, probabilité et degré de croyance rationnelle».12 .Table ronde Président: André CARRIER (Coll, de Lévis-Lauzon) Thème:\t«L'encyclopédie du savoir et la philosophie» Louise MARCIL-LACOSTE (Université de Montréal): titre à déterminer, à propos de l'encyclopédie au XVIIIe siècle Nicolas KAUFMANN (U.Q.T.R.): «Encyclopédie ou science unifiée (divergences entre Neurath et Carnap)» Robert HEBERT (Coll, de Maisonneuve): «Critique philosophique de la notion d'encyclopédie».13.Table ronde Président:\tGérard POTVIN (Education, Université de Montréal) Thème:\t«Les études collégiales de philosophie et la construc- tion de l'identité personnelle chez les collégiens» Après-midi:\t14 h - 15 h 15 14.Communication libre Président:\tAndré CARRIER - Jean-Claude SIMARD (Coll .de la philosophie de 1 (Coll, de Lévis-Lauzon ) de Rimouski): «La double histoire» origine 15.Communication libre Présidente: Marie BRISSON (Coll.François-Xavier Garneau) Laurent-Paul LUC (Université de Sherbrooke): «La ruse de l'Evangile hégélien» 16.Communication libre Président:\tRomain GAGNE (Coll.François-Xavier Garneau) Michel GERMAIN (Université de Montréal): «Orwell 1984: une prédiction sans solution» 17 .Présentation d'ouvrage Président:\tMarcel Mélançon (Université Laval) Ouvrage discuté: Exégëseet méthode en histoire de la philoso-phie, par Yvon LAFRANCE) Exposé de Georges LEROUX (U.Q.A.M.) Réponse d'Yvon LAFRANCE (Université d'Ottawa) JEUDI 10 MAI Après-midi:\t15 h 45 - 17 h 15 18.\tAssemblée générale de la S.P.Q.VENDREDI 11 MAI Avant-midi:\t9 h - 12 h 15 19.\tTable ronde - Président: Jean-Claude SIMARD (Coll, de Rimouski) Thème:\t«Les droits de la personne» Participation de: -\tFrancine FOURNIER (présidente de la Commission des droits de la personne du Québec) -\tMarie-Chantal GUEDON (directrice générale de la section canadienne francophone d'Amnistie internationale) -\tJohn HUMPHREY (Université McGill) -\tJocelyn BEAUSOLEIL (Université de Montréal) 20.\tCommunications libres Président:\tAndré COTE (Université Laval) -\tGeorges LEROUX (U.Q.A.M.): «Convention de représentation, con- vention d'institution» -\tNicolas KAUFMANN (U.Q.T.R.): «La causalité intentionnelle en philosophie analytique de l'action» 13 -\tJean LEROUX (Université d'Ottawa): «Le problème empiriste de l'analycité en science» -\tJocelyne COUTURE (Université de Montréal): «Analycité et com- plétude» 21.\tActivité P.S.P.L.- Président: Philip Knee (Université Laval) Thème:\t«La philosophie du langage» Participants: -\tJean-Guy MEUNIER (U.Q.A.M.) -\tDaniel VANDERVEKEN (U.Q.T.R.) Après-midi:\t14 h - 17 h 22.\tCommunications libres Président:\tJohn GALLUP -\tMaurice LAGUEUX (Université de Montréal): «Montesquieu et la conception 'sémiologique' de la monnaie» Claude PANACCIO (U.Q.T.R.): «Le particularisme des qualités» -\tMichel SEYMOUR (U.Q.T.R.): «L'existence n'est pas un prédicat» Daniel LAURIER (Université de York): « Intersubstituabi1ité et traduction» 23.\tActivité PSOTHI (table ronde) Présidente:\tJosiane AYOUB Thème:\t«La notion d'habitus d'Aristote 5 Bourdieu» Participants: -\tClaude SAVARY (U.Q.T.R.) -\tRobert TREMBLAY (U.Q.A.M.) Aimé-Pierre ROSE (U.Q.A.M.) 24.\tPrésentation d'ouvrages Président:\tMarcel Mélançon (Université Laval) Présentation de Si les marrionnettespouvaient choisir (de Gilles LANE) , par André CARRIER (Coll .de Lëvis-Lauzon) Réponse de Gilles LANE (Université de Montréal) Présentation de Théorie et pratique de la désaliénation (de René PELLERIN) par Marc CHABOT (Coll.F.-X.Garneau) Réponse de René PELLERIN (Coll.Laflêche) Pour informations supplémentaires: Guy Bouchard Faculté de philosophie Pavillon Félix-Antoine Savard Université Laval G1 K 7P4 Tél.:\t(41 8 ) 656 -2777 ?* 14 ASSOCIATION QUEBECOISE DE PHILOSOPHIE Dans sa première année d'existence, l'Association Québécoise de Philosophie tient son premier congrès dans le cadre du 52e Congrès de l'ACFAS (Université Laval, mai 1984) PROGRAMME 9 MAI 10 h 00\tRELECTURES De L'Inquiétude humaine de Jacques LAVIGNE.Paris, Chez Aubier, Editions Montaigne, 1953, 230 p.(«Philosophie de l'esprit»).1.\tJacques LAVIGNE: Préface pour aujourd'hui à L'inquié- tu de humaine.2.\tJacques BEAUDRY: La réception de L'inquiétude humaine en 1953 et ensuite.3.\tRobert HÉBERT (Collège de Maisonneuve): Autour de L'inquiétude humaine: manières de l'hétérodoxie.14 h 00\tRECHERCHES EN COURS Présentation (20 ou 30 minutes par chercheur/e) de recherches en cours (mémoire, thèse, publication, etc.) suivie d'une période de rétro-action (10 3 15 minutes).Ces recherches portent sur la philosophie québécoise (historiographie et/ou entreprise de définition/réa1is ation d'une philosophie québécoise).Cette activité entend favoriser une circulation de l'information sur les chercheur/e/s, leurs recherches et les instruments de travail.Les personnes intéressées 3 présenter leur recherche doivent nous en aviser d'ici le 6 avril 1984.* 16 h 00\tASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'A.Q.P.1.\tOrientations de l'A.P.Q.2.\tStatuts provisoires.3.\tÉlection d'un comité de coordination.* Pour informations, s'adresser à: Yvan Cloutier Département de philosophie Collège de Sherbrooke 475 rue Parc Sherbrooke (Québec) J1 H 5M7 ?* XXe CONGRES DE L'ASSOCIATION DES SOCIETES PITH'!LÛS-Û'PHIÊ DE LA'NGuE'ERA'NÇXTTE Thème :\tLa création Dates:\t20-23 août 1984 Lieu :\tU.Q.T.R.PROGRAMME DU CONGRES: Dimanche - 19 août 1984 18 h 00 Accueil et inscription des congressistes.Hall du Pavillon Albert-Tessier.Université du Québec 3 Trois-Rivières N.B.:\tIl est conseillé aux congressistes, munis de leur inscription et arrivant 3 Trois-Rivières le dimanche 19 août 1984, de se rendre directement 3 leur hôtel ou à leur résidence.En cas de difficultés, ils pourront communiquer par téléphone avec le bureau d'accueil :\t(81 9 ) 376-5564.LUNDI - 20 août 1984 8 h 30\tAccueil et inscription des congressistes.Hall du Pavillon Albert-Tessier Université du Québec 5 Trois-Rivières 10 h 00 Séance inaugurale sous la présiderce du Recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières Allocutions du Président de l'Association des sociétés de philosophie de langue française et du Président du Cercle de philosophie de Trois-Rivières 10 h 30 Conférence 12 h 00 Déjeuner 14 h 00 Travaux en sections 18 h 00 Cocktail offert par le Recteur de l'Université du Québec 3 Trois-Rivières 21 h 00 Représentation théâtrale au Centre culturel de Trois-Rivières MARDI - 21 aoOt 1984 9 h 00\tTravaux en sections\t 1 1 h 00\tConférence plénière\t 12 h 30\tDéjeuner\t 14 h 00\tCOLLOQUE: Thème:\tla création chez Gabriel Marcel\t 18 h 00\tRéunion des délégués des Sociétés membres de 1'\tASPLF.20 h 00\tConcert\t MERCREDI -\t22 août 1984\t 9 h 00\tTravaux en sections\t 11 h 00\tConférence plénière\t 12 h 30\tDéjeuner\t 14 h 00\tTravaux en sections\t 15 h 30\tSéance de clôture et rapports des Présidents de\tsections 17 h 30\tRéception â l'Hôtel de Ville.\t JEUDI - 23\taoût 1984\t 10 h 00\tExcursion en bateau sur le fleuve St-Laurent\t 1 7 h 00\tRetour au port de Trois-Rivières\t SECTIONS\t\t oupe A\t1.\tPhilosophie et création / Métaphysique et création 2.\tArt et création / Littérature et création 3.\tEthique et création / Théologie et création 4.\tScience et création 5.\tSciences humaines et création\t Groupe B 1.\tThéories de la création 2.\tCréation et langage 3.\tCréation et communication / Création et enseignement 4.\tCréation et invention: le «virage technologique» 5.\tCréation, culture et civilisation ?RECEPTION DES INSCRIPTIONS Les inscriptions, sans augmentation de prix, sont reçues jusqu'au 30 juin 1984.Après cette date, les droits seront augmentés de 15,00 $ pour les membres actifs, de 10,00 $ pour les conjoints et pour les professeurs retraités et de 5,00 $ pour les étudiants.COMMUNICATIONS Inscr iption Les auteurs des communications doivent s\u2019inscrire ayant le 5 juin!984 en faisant parvenir au Secrétariat du Congrès le bulletin et 1 es droits d'inscription, ainsi que le somma ire de leur communication (une page dactylographiée à double interligne).Durée Le temps alloué pour la présentation d'une communication ne pourra, en aucun cas, dépasser 15 minutes (6 pages à double interligne).Un horaire très précis sera établi, afin de permettre aux participants de passer facilement d'une section 3 l'autre et de prendre ainsi connaissance du plus grand nombre possible de communications répondant à leurs intérêts particuliers.DROITS D'INSCRIPTION Participant ordinaire Conjoint et professeur retraité* Etudia nt** Avant le 30 juin 60,00\t$ 30.00\t$ 20.00\t$ Après le 30 juin 75.00\tS 40.00\tî 25.00\tS * Fournir une photocopie d'une pièce justificative ** Joindre la photocopie de la carte officielle d'étudiant.SECRETARIAT:\tXXe Congrès de 1 \u2019 AS PL F Université du Québec 3 Trois-Rivières 3351 , Boul.des Forges C.P.500, Trois-Rivières, Québec, Canada G9A 5H7 Tël .:\t(81 9 ) 376-5705 18 CONFÉRENCES UNIVERSITE D'OTTAWA COLLOQUIUM - Semestre d'automne 1984 6 janvier\t\tJean LEROUX (Univeristé d'Ottawa) L'approche sémantique des théories physiques\t 20 janvier\t\tDavid RAYNOR (Université d'Ottawa) Hume and Intentiona1ity\t 3 février\t\tYnhui PARK (Simmons College, Boston) Les rapports théoriques entre la phénoménologie et la\t \t\tphilosophie analytique\t 24 février\t\tAdam MORTON (Bristol) Scientific Partisanship\t 9 mars\t:\tJ.N.KAUFMAN (U.Q.T.R.) Traitement unifié de 'pouvoirs' et 'habiletés' dans\t \t\tle cadre de la philosophie analytique de r\taction 16 mars\t\tKenneth DORTER (Université de Guelph) Conceptuel and Aesthetic truth\t 21 mars\t\tGuido KUNG (Fribourg, Ch) Real and Intentional Objects\t 23 mars\t;\tSimon LAFLAMME (Université d'Ottawa) Problématique des philosophies morales\t 5 avril\t\tW.V.O.QUINE (Université de Harvard) Events and Reification\t 13 avril\t:\tPierre BELLEMARE (Université d'Ottawa) La fonction vitale du sens de l'ouïe selon\tAristote RENSEIGNEMENTS :\t\tHilliard Aronovitch, 231-3227, ou Danièle Letocha, 231-3227\t Toutes les 6 5 Has tey ,\tséances auront lieu dans la salle 320 du Pavillon à 14 h 30.\t\tMorisset, ?OUVERT A TOUS 1 9 SOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE DE L'OUTAOUAIS ACTIVITE I 28 septembre 1983 Pavillon Morisset salle 318-320 Remo BODE I (Université de Pise) La rationalité de 1'action prudence ou calcul?ACTIVITE II Colloque pluridisciplinaire: Crise de l'individualisme?25 novembre 1983\t:\tIntervenants: Koula MELLOS Guy LAFRANCE Patrick IMBERT Jean BERNABE Paul LEMAIRE Hubert DOUCET ACTIVITE III Symposium en français et en anglais: Ghandi - is his non-violent action still applicable1?Participants : L.ALSCHULER, professeur, Science politique, Université d ' Ottawa K.P.FABIAN, Haut-commisaire adjoint pour 1'Inde au Canada V.SUBRAMANIAM, Professor, Political Science, Carleton University Modéra teu r: R.LAPOINTE, Directeur, Département des Sciences religieuses, Université d'Ottawa.29 février 1984 8 h 00 Salle 135 Pavillon Simard 165 Waller 20 ACTIVITE IV Mini-col 1oque organisé avec le concours de la Faculté de Droit et de l'Animation communautaire/eu 1 tu re 11e : La charte canadienne des droits et libertés 20 mars 1984 de 16 h â 18 h 30 au Tribunal-ëcole Faculté de Dro i t 57, Copernicus Avec la participation de: L'Hon.Mark MacGUIGAN, Ministre de la justice Considérations phi1osophique s sur la charte des droits et 1ibertés Me Yves de MONTIGNY, professeur de la Faculté de Droit (Droit civil) La charte et son application aux relations privées' Me Daniel Proulx, professeur de la Faculté de Droit (Droit civil) La charte et l'accession des tribunaux au pou- voir po1itique» Questions discutées:: La charte et le droit naturel La charte et la société canadienne Problèmes d'application (Missiles «Cruise», relations privées, etc.) Problèmes d'acceptation (consensus social, légitimité, etc.) ? 21 DU CÔTÉ DES REVUES PHILOSOPHIQUES Sommaire du vol.XI, no 1, avril 1984 Articles J.-P.MARGOT: La lecture foucaldienne de Descartes:, ses présupposés et ses implications.J.BOULAD AYOUB: L'image du centre et la notion de l'un dans les Ennéades .P.KNEE: Ironie et mauvaise foi.D.LAURIER: Remarques sur la sémiotique.Egalité, justice et différence Note de la rédaction - L.MARCIL LACOSTE: Introduction générale: l'impasse des égaux L.MARCIL LACOSTE: Cent quarante manières d'être égaux J.R.BEAUSOLEIL:  quoi peut servir la notion d'égalité si elle n'est ni vraiment heuristique ni simplement éristique?J.SAINT-ARNAUD: Les définitions aristotéliciennes de la justice: leurs rapports à la notion d'égalité.Interventions L.VILLEMA IRE: Les chiens de garde de Paul NIZAN G.GODIN: Pour un bilan culturel du Nouveau Monde Etude critique R.HEBERT: Sans trop mâcher les mots, percevoir.Contribution au Réjean Ducharme, Nietzsche et Dionysos de René LEDUC-PARK.Comptes rendus SERGE ROBERT: Les révolutions du savoir, par Andrew LUGG et Donald McDONELL.Guy H.ALLARD et Serge LUSIGNAN, éditeurs, Les Arts mécaniques au moyen âge, par Robert NADEAU Gérard RAULET: Humanisation de la nature, naturalisation de l'homme, Hernst Bloch ou le projet d'une autre rationalité, par Jacques G.RUELLAND.Gilles LANE:  quoi bon la philosophie?, par René PELLERIN. 22 la petite revue de philosophie Sommaire du vol.5, no 2, printemps 1984 Liminaire Réal RODRIGUE: La philosophie du «grand cercle» Michel LAVOIE: Lecture de «L'Utopie» Michel MORIN: Crise de l'imaginaire?Claude BERTRAND: Jean-Jacques et l'imaginaire Gérard RAULET: Le rôle des «sciences de la culture» dans une science sans domination Alain MASSE, Daniel BABIN, Jean-François METHOT: Comment concilier savoir, existence et utopie?Pierre BERTRAND: Couples Diane-Ischa ROSS: La symbolique de l'eau dans «Le chandu monde» de Jean Giono Lysiane LANGEVIN: Le mauvais genre Marie-Paule DESAULNIERS: Une nouvelle lecture du Féminin chez Teilhard de Chardin Ecritures de femmes (7 mars - 29 mars) ?LES CAHIERS ETHI COLOGIQUES DE L'UQAR Sommaire du Cahier no 7, Novembre 1983 Articles René SIMON: Evolution de la recherche et de la réflexion éthique dans les 20 dernières années Jean-Yves THERIAULT: Dossier sur la qualité de la vie au travail Raymond GAGNON: Discourir pour libérer ou libérer le discours Réaction au texte de Jean-Yves THERIAULT Eric VOLANT: Le suicide, discours ultime Nicolas DEVILLE: Un bon jour pour mourir Gemma TREMBLAY: L'éthique des sectes et l'intégration personnelle Pierre-Paul PARENT: Un désir peut-il prendre corps?(à propos de la pornographie) Recensions Chronique de la matrise LAVAL THEOLOGIQUE ET PHILOSOPHIQUE Sommaire du vol.40, no 1, février 1984 23 -\tJean-Paul PAGE: La pensée de Karol Wojtyla (Jean-Paul II) sur la relation homme-femme -\tHubert DOUCET: Le diagnostic prénatal: interprétation culturelle et réflexions éthiques -\tJaromir DANEK: Leibniz et notre temps -\tHenri-Paul CUNNINGHAM: Langage et réalité -\tJean-Dominique ROBERT: Ambiguïté du concept de «réel» Michel ROBERGE: La composition de Jean 6, 22-59 dans l'exégèse récente .?CARREFOUR Sommaire du vol.5, no 2, novembre 1983 Liminaire:\tUn cinquième anniversaire Politique -\tRemo BODE I : Politique et pouvoir chez Foucault -\tVinh de NGUYEN: Le modèle du citoyen chez Rousseau Descartes -\tRoch BOUCHARD: Descartes et l'ontologie de l'inexplicable -\tJean-Paul MARGOT: La critique cartésienne des formes substantielles Signes, rythme, prophétie -\tDenis BACHAND: Les structures linguistiques et l'image du monde Paul-M.LEMAIRE: Information, cybernétique et rythme Roger LAPOINTE: Un prophète m'a rencontré L'actualité en questions -\tRoberto MIGUELEZ: Le XVIIe congrès mondial de philosophie Patrick IMBERT: «Le nom de la rose» (Umberto Eco) Paul-M.LEMAIRE: «Fanny et Alexandre» (Bergman) -\tVance MENDENHALL: Transgressions - figures et déraisons - stratégies conversationnelles.?Sommaire du vol.6, no 1, mai 1984 Crise de l'individualisme?Paul RICOEUR (entretien avec), Les ambiguïtés de l'individualisme. 24 Koula MELLOS: Aspects économiques et politiques de la crise de 1 'individualisme.-\tGuy LAFRANCE: L'individu dans la théorie moderne de la justice.Paul-M.LEMAIRE: L'individu et le mythe de la communication.Patrick IMBERT: L'individuel en question dans le «littéraire»: de l'avant-garde (?) au juste milieu (?)?Jean BARNABE: Le Sens Actuel de l'Etre-Soi -\tHubert DOUCET : L'individualisme et les aléas du discours éthique.L'actualité en questions Denis BACHAND: La Californie P.Q.Jacques BENJAMIN: L'avenir des partis verts Danièle LETOCHA: Des Etats généraux oû il manquait deux ordres ?CRITERE Somma ire du no 37 - Le nouveau paysage mythique 2 Luc BRISSON: Le mythe, mode d'emploi.Louise JOUBERT-G ILL : Rêve réalisé - réalité vécue Paul WARREN: Performer ou mourir Louise POISSANT: Vénus, version quatre-vingt André BELLEAU: L'ordinateur saisi par le mythe Pierre MARANDA: Au pays de tes rêves Paul OHL: (Le rêve olympique) Jean-Paul DAOUST : Des Florides Denis BACHAND: La Californie, P.Q.Jean-Guy VAILLANCOURT: Ethique(s) de l'environnement J.-Benoît BUNDOCK: Stratégie mondiale de la conservation Charles PERRATON: Du mythe de la québécité dans les espaces de masse * * * RC C RP Sommaire du vol.Ill, no 5, octobre 1983 Jean-Pierre DUPUY: Ordres et désordres.Enquête sur un nouveau paradigme (Robert Hébert) Rachel ERTEL: Le Shtetl: la bourgade juive de Pologne (Régine Robin ) ?Sommaire du vol.Ill, no 6, décembre 1983 E.BRITO: La christologie de Hegel, Verbumm Crucis (Benoît Garceau) 25 Yvon GAUTHIER: Théorétiques: Pour une philosophie constructiviste des sciences (Louis Marchildon) Pierre GISEL et Philibert SECRETAN: Analogie et dialectique.Essais de théologie fondamentale (Theodor G.Bucher) Emmanuel LeROY LADURIE: La sorcière de Jasmin (Francis Parmentier) Peter LOPTSON, ed.: Anne Conway: The Principles of the Most Ancient and Modern Philosophy (Catherine Wilson) Paul RICOEUR: Temps et récit (Roberto Miguelez) Dan SPERBER: Le savoir des anthropologues; trois essais (Dominique Legros ) Jean-René VERNES: Critique de la raison aléatoire ou Descartes contre Kant (Jean-Paul Margot) Denis ZASLAWSKY: Analyse de l'être (Maryvonne Roth) ?* FRAGMENTS No 14, janvier 1984 Jacques BEAUDRY: «Hommage au philosophe Roland Houde à l'occasion du trentième anniversaire de la publication de Handbook of Logic.» No 15, février 1984 Reprise.(publication du texte «L'Esprit philosophique en 1892» extrait du collectif: A la mémoire de Alphonse Lusignan , Montréal, Désaulniers et Leblanc, 1 892 , 3 3 0 p.(pp.117-124).No 16, mars 1984 Jacques BEAUDRY: «Dans la valise de «Balises» et dans l'autre».?Citons en outre, la publication de ces textes: Guy BROUILLET: «La philosophie se vu 1garise-t-e11e?» , Prospectives, déc.1983, vol.19, no 4, pp.163-167.René CHAMPAGNE: «Lettre en 1984 â l'auteur de 1984», Relations, no 497, janvier-février 1984, pp.30-33.* ? 26 PUBLICATIONS RÉCENTES 19.\tBRISSON, Luc.Platon, les mots et les mythes.Paris, François Maspéro, coll.«Textes 5 l'appui», série:.Histoire classique, 1 982 .\t237 p.($20.50 ) .20.\tBRISSON, Luc.Platon: sa vie, son oeuvre, sa doctrine.Joliette, Edition Privée, 1 984 .21.\tCARRIER, Micheline.Doit-on pendre Jocaste?.Sillery (Québec), Les Publications Apostrophe Enr., coll.«Apostrophe», no 2, 1 983.\t98 p.($7.25) .22.\tFLAMAND, Jacques.Ecrire et traduire sur la voie de la création.Préface de Jean Darbe 1 net.Ottawa , Lë\"s Editions Vermi lion, coll.«Langue et communication», no 1, 1983.\t147 p.($10.75).23.\tGARlEPY, Benoît.Contre vents et marées.Lettre â mon neveu.Lac Beauport (Québec ) , Editions Anne Sigier, 1 983 )\t1 1 9 p.($6.95:\tédition cartonnée; $13.95: édition reliée).24.\tLAFRANCE, Yvon.Méthode et exég&se en histoire de la philosophie.(Soutenance de Paris-Nanterre) .Paris/Montréal , Les Belles Lettres/Bellarmin, coll.«Noêsis», 1983.\t133 p.($8.95).25.\tMARC IL-LACOSTE, Louise.Claude Buffier and Thomas Reid, Two Com- mon Sense Philosophers! Kingston/Montréal, McGill/Queen's University Press.1 982 .26.\tMORIN, Michel et Claude Bertrand.Les p31es en fusion.La Salle, Editions Hurtubise HMH, coll, «constantes» , no 43 , 1 983.231 p.($15.95) .27.\tPELLERIN, René.Théories et pratiques de la désaliénation.Montréal.L'Hexagone, cool, «positions philosophiques», 1983.200 p.($14.95) .28.\tREHBAN, Gérard.Phi1osophie fondamenta 1e.Introduction a la phi- losophie.Ethique.Politique .Të éd .Be 1oei1 , Editions Zgharta, 1983.\t123 p.($12.00).29.\tROYER, Jean.Ecrivains contemporains.Entretiens 2:\t1 977-1 980.Montréal, L'Hexagone, 1 983.\t21 5 p.\t($12.50).(Entretiens avec: Paul Chamberland, pp.57-64.Michèle Lalonde, pp.178-186).?\u2022k\t? 27 DOCUMENTS LISTE DES MEMOIRES ET THÈSES EN PHILOSOPHIE SOUTENUS DANS LES UNIVERSITÉS DU QUÉBEC ET FRANCHOPHONES HORS QUÉBEC AU COURS DE L'ANNÉE CIVILE 1983 Au cours de l'année 1983, soit de janvier a décembre, quelques 37 mémoires de maîtrise et 16 thèses de doctorat en philosophie ont été soutenus dans les universités du Québec et francophones hors Québec.Les institutions recensées sont les suivantes: Université Laval, de Montréal, UQAM, UQTR, McGill, Concordia, Sherbrooke, Institut d'Etudes médiévales à Montréal, Ottawa, Collège Dominicain de Philosophie et de Théologie â Ottawa et Université de Moncton.La présente liste reproduit comme â l'habitude le nom de l'auteur, le titre du mémoire ou de la thèse ainsi que l'institution oü le travail a été réalisé et soutenu.Denis Gou i n A.- THÈSES DE DOCTORAT (janvier à décembre 1983) T.l AGYEMANG, Kivasi.The notion of historicity in Heidegger.(Ottawa).T.2 BLAIS, Michel.La légitimité de la notion d'infini actuel.(Montréal).T.3 BROWNE, Stanley.The trustworthiness of Memory.(Ottawa).T.4 CONTER, David.Reason and Oughts.(McGill).T.5 DABIRE, Constantin.L'homme nouveau comme relation.(Laval).T.6 GAUTHIER, Gilles.L'engagement psychologique dans les actes de langage.(UQTR).T.7 GIROUX, Michel T.La nature, le fondement et l'exercice du droit de résistance.(Laval).T.8 GUERTIN, Ghislaine.Sémiologie et critique musicale.(Montréal).T.9 HAWTHORN, John.The liar and theories of truth.(McGill).T.10 HENNESSY, Richard.Quality and Reality.(Laval).T.11 LAFLAMME, Raymond.Le matérialisme de Julien Offray de La Mettrie: le médico-philosophisme en France au siècle des Lumières.(Mon tréa1 ).T.12 LEBLANC, Suzanne.Contexte et signification.(UQTR).T.13 MARTINEAU, Alain.Herbert Marcuse et l'utopisme contemporain.(Montréal).T.14 MURPHY, Alan.Lénine, l'Etat et la Révolution: origine et genèse d'une problématique.(UQTR). 28 T.15 POISSANT, Louise.Cléments de pragmatique esthétique.(Montréal) T.16 PICARD, Yvon.Vie onirique et rêve prémonitoire en philosophie et psychanalyse.(Laval) B.- MEMOIRES DE MAITRISE (janvier à décembre) M.1 M.2 M.3 M.4 M.5 M.6 M.7 M.8 M.9 M.1 0 M.1 1 M.1 2 M.1 3 M.1 4 M.1 5 M.1 6 M.1 7 M.1 8 M.1 9 M.20 M.21 M.22 M.23 M.24 BEAUDIN, Pierre.L'enseignement moral dans une perspective cognitive.(UQAM).BEAUPRE, Carol.Ontologie du monde de la vie.(Laval).BEAUPRE, Denise.«Ce qui crie dans l'histoire de l'histoire.» Essai sur les idéologies de l'écriture de l'histoire.(UQAM).BELISLE, Marc.Genèse et limites du concept de l'inconscient.(Montréa1 ) .BRUNET, Bernard.The City in Shakespeare's Timon of Athens.(Laval ) .BUISSON, Muriel.Rabelais philosophe.(Montréal).CANTIN, Serge.De l'illusion en philosophie.Eléments pour une herméneutique de la culture.(UQTR).COTE, Marcel.Narcisse et la philosophie: le paradoxe du mensonge 3 soi-même.CREAU, Anne.Gadamer-Habermas : à propos de la distinction épistémologique classique sciences naturelles/sciences humaines.(Montréal ) .CROZE, Richard.Le pouvoir politique.Essai d'une problématique philosophique.(UQAM).DESAULNIERS, Céline.Réflexion et création chez Camus.(Montréal) FORTIER, Serge.La crise, le conflit et la notion de tiers.K R A S N IC KI , Thaddeus.In what sens is it possible to speak of good and Evil in Max Scheler's Der Formalismus in der Ethik und die materiale Wertelhik?(Concordia).LABERGE, Jean.La notion de grammaire chez Wittgenstein.(UQAM).LAFAILLE, Richard.Deleuze et Guattari, critique de Lacan.(Montréal ) .LAMY, Laurent.'Discussio metaphysica' ou études des données cosmogoniques envisagées sous l'angle de la perfusion de la lumière et de la ténèbre dans le 'Poinmandrès' , traité de révélation attribué 3 Hermès Trismégiste.(UQTR).LASNIER, Jacques.Lecture commandée de la section 'conscience de soi' dans la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel.(Sherbrooke ) .LECLERC, André.De 1 ' intention a 1ité 3 l'action.(UQTR).LEMIEUX, Céline.L'essence du discours philosophique selon les écrits hégéliens d'Iena.(Sherbrooke).LONG, Kevin.La définition en géométrie.(Laval).LUKUSA, Kambaji.La problématique de la liberté chez Jean-Paul Sartre.(Laval).MASSICOTTE, William J.Husserl's Theory of evidence: A Study of Husserl Phenomenological Reformulation of evidence Problematic.(Concordia) .M0NT0N0, Bernard.De la liberté dans 1 'Ethique de Spinoza.(Laval).M0R0S0LI , Michèle.La relation Mère-Fille, Etude du discours.(Montréal) . 29 M.25 OSBALDESTON, Antony.L'hiérarchie des mouvements naturels.(Laval ).M.26 PARE, André.L'inscription de la poésie chez Heidegger.(Montréal ) .M.27 PELLETIER, Daniel.Un aspect du lien entre la théorie et la pratique de la psychanalyse de Sigmund Freud.(UQAM).M.28 PICHË, Yves.La théorie piagétienne du nombre.(UQAM).M.29 PLAMONDON, Gilles.Le symbolique.(Laval).M.30 RADONJ IC, Tatjana.The Necessity of art: an inquiry into Marxist Aesthetic.(Ottawa).M.31 RIENDEAU, Luc.De la femme et de la vérité chez Nietzsche.(Montréal ) .M.32 ROBINSON, Stephen J.The Concept of production in Heidegger's Philosophy.(Concordia).M.33 RUELLAND, Jacques.L ' anti-his toricisme de Karl Popper.(UOAM).M.34 SIMARD, Jocelyne.Sentir.L'affectivité comme mode existentiel de la réalité humaine.(Montréal).M.35 TONICH, Nikola.Vers une société libre et démocratique.(Montréal) M.36 TREMBLAY, Patricia.Law and Morality, abortion Law and Existentialism.(Concordia).M.37 WESTLEY, Richard.Repetition and the pseudonymous approach to self-recognition:\tan essay to Kierkegaard.(McGill).?* ? 30 DOSSIER LA PHILOSOPHIE DEMENTELEE Réflexions sur la place de la philosophie au collège «La vocation de la philosophie est de contester mais son destin est d'être contestée.Ceux qui ridiculisent cette nécessité philosophique de contester ou de justifier la philosophie et accusent les philosophes de radotage sénile sont en réalité d'une éclatante mauvaise foi: ils mettent la philosophie en demeure de désigner son objet; ce qu'ils redoutent par dessus tout, c'est la possibilité même de la mise en question».Vladimir Jankélév i tch , Le Monde, 13 juin 1978.Cette remarque du philosophe V.Jankélévitch s'applique admirablement à la situation de la philosophie dans les Collèges.En effet, depuis l'instauration des quatre cours de philosophie obligatoires au niveau collégial (1967), la philosophie n'a pas cessé de devoir se justifier en désignant son objet; elle n'a pas non plus cessé d'éveiller la méfiance, sinon la peur, à cause de ses objectifs critiques.Toute défense de la philosophie se trouve donc condamnée 3 être opportuniste ou suicidaire.Opportuniste, la défense de l'enseignement de la philosophie au CEGEP retombe dans les discours généraux et moralisateurs relevant d'un humanisme bon ton, généralement accepté.Suicidaire, toute autre défense risque de réveiller la peur de la philosophie et donner des raisons de plus de supprimer les cours que l'on voulait justement voir maintenir.Cependant, la défense opportuniste, nourrie d'une «philosophie spontanée de l'éducation» s'avère inopérante.Elle repose sur un bien fondé de l'action éducative revendiqué par toutes les disciplines^.Ainsi, mise en demeure de désigner son objet, la philosophie répond en présentant des objectifs: rationalité, rigueur, critique, formation générale, démocratisation de la culture.Mais il est clair que la philosophie n'a pas l'apanage de la rationalité, de la rigueur, de la critique, de la formation générale démocratique.Et le cercle vicieux de la dénonciation-justification continue: pourquoi la philosophie?Pour briser le cercle, il faut accepter le risque d'une défense philosophique de la philosophie, oublier la prudence, reconnaître les faiblesses du statu quo, faire une critique constructive du nouveau projet de règlement sur le régime pédagogique du Collégial.La présente analyse de la situation de l'enseignement de la philosophie au CEGEP comprend trois volets: 31 I-\tMalentendu sur la fonction de la philosophie et Crise de la philosophie au niveau collégial.II-\tLa place de l'enseignement de la philosophie au collège.III-\tLa structure des quatre cours de philosophie.I- MALENTENDU ET CRISE Pourquoi avoir introduit des cours de philosophie au CEGEP? l'origine de la création des collèges'il y a un objectif global de démocratisation de l'enseignement sitSt démenti dans les faits par la dichotomie entre le général et le professionnel.Il s'agit d'une part de préparer à l'Université une élite francophone (secteur général), et d'autre part de préparer «3 la vie» une main-d ' oeuvre spécialisée mais polyvalente, capable de s'adapter aux exigences et aux fluctuations du marché du travail (secteur professionnel).Que doit-on attendre du cours de philosophie dans ce cadre?Selon le Rapport Parent^, les cours de philosophie devaient assurer essentiellement la formation morale et civique des étudiants et étudiantes allant dans le sens d'un conformisme libéral éclairé désamorçant toute critique en profondeur du système social et des valeurs dominantes.En effet -\t1) La philosophie est présentée comme le «couronne- ment de la formation non spécialisée du secondaire.Elle doit permettre 3 l'étudiante et 3 l'étudiant de procéder 3 une «synthèse» de son expérience, afin d'en dégager la «signification globale» et ce, malgré «l'immaturité» qui caractérise l'adolescence.2)\tL'esprit critique, caractéristique reconnue de la réflexion philosophique, est interprété comme un instrument permettant 3 l'étudiant et 3 l'étudiante de «ne pas céder aux propagandes, d'apprendre 3 se situer dans le monde et dans la société, de savoir préférer une chose 3 une autre».En conséquence de quoi «la valeur éthique de cette formation (philosophique) est inestimable».3)\tLa philosophie doit encore selon le Rapport Parent, «permettre d'adhérer 3 la vérité».Elle donne «la raison de la vie», de l'être, des choses et aide la personne 3 voir sa vraie place dans le monde des réalités et des idées.4)\tEnfin, elle permet de comprendre sa propre culture. 32 Ainsi, si l'enseignement de la philosophie est introduit au collégial malgré la supposée immaturité des étudiants, c'est que le niveau collégial constitue le lieu ultime de la formation morale des individus, la dernière chance de les couler dans le bon moule alors que l'esprit est encore maléable et le corps encore immature.La philosophie au collégial devait être à l'esprit ce que l'éducation physique devait être au corps.Dans les deux cas, il s'agissait de canaliser les énergies, de désamorcer les déviances: une âme saine dans un corps sain.Le sport, nous dit le Rapport Parent apporte la discipline et la maîtrise de soi et doit devenir une «ascèse» bien que cela ne soit pas sans danger puisque reconnaît-on «on pourrait rétorquer que les Grecs qui pratiquaient l'athlétisme et les sports n\u2019ont pas toujours été des modèles d'équilibre affectif, sexuel ou moral» et que «une éducation physique mal orientée peut exacerber l'agressivité au lieu de la cana- ( 3 ) liser, développer le narcissisme, faire dévier la sexualité.» Notons que l'éducation physique est aussi menacée de disparition au collégial: serait-ce que les deux gardiens de l'ordre et de la moralité, entendons la philosophie et l'éducation physique, auraient failli à leur tâche?Si l'on veut supprimer la philosophie, c'est que le cours de philosophie ne joue plus son rôle (l'a-t-il jamais joué?) de «préparation â la vie» et de renforcement de la philosophie implicitement véhiculée par tout le système scolaire, c'est-â-dire de facteur intégrateur de la personnalité sociale de l'étudiant et de l'étudiante.La philosophie devait, selon le Rapport Parent, «couronner» une formation générale antérieure visant essentiellement l'insertion sociale de l'individu, via l'intériorisation des valeurs dominantes (en faire de bons citoyens responsables).Or, ce rôle est adéquatement joué par d'autres disciplines apparemment non philosophiques et inadéquatement joué par l'exercice de la philosophie.Le cours de philosophie conforme aux attentes officielles est superflu, le cours de philosophie non conforme aux attentes officielles est subversif.(C'est ainsi qu'en toute bonne foi, on peut remplacer un cours de philosophie sur la nature et les idéologies par un cours d'histoire des institu- .tions québécoises.) Il ne s'agit pas ici de porter un jugement de valeur sur ces objectifs.Tout système d'éducation vise en dernier ressort l'insertion sociale des individus.Il s'agit simplement de noter que si l'on a cru que la philosophie pouvait être l'instrument privilégié de cette insertion, c'est une méprise. 33 Il y a donc une crise de 1'enseignement de la philosophie au CEGEP, crise dont l'origine est à rechercher dans un malentendu sur la fonction sociale et culturelle de la philosophie.Or, jusqu'à présent, toutes les tentatives pour justifier la philosophie ont avalisé ce malentendu.Par conséquent, seule une réévaluation de la fonction de la philosophie peut résorber la crise que nous vivons actuellement et qui menace jusqu'à l'existence même des cours de philosophie au niveau collégial.II- PLACE DE LA PHILOSOPHIE Pour réévaluer la place de l'enseignement de la philosophie au niveau collégial, il faut dissiper les malentendus quant à son objet et ses objectifs.Commençons par ce que la philosophie n'est pas: Elle ne consiste pas en un savoir métaphysique sur des objets que les autres disciplines lui auraient laissés en attendant de pouvoir les intégrer à leur champ.Elle n'est pas la spécialiste des généralités.Elle n'est pas l'artisan de la synthèse du savoir morcelé dans les différentes disciplines.Elle n\u2019est pas ce «résidu unique» qui permet d'atteindre l'équilibre intérieur dans un monde menacé d'éclatement.Elle n'est pas, du moins pas uniquement, une activité réflexive permettant à l'individu de développer une synthèse ouverte sur le monde et fondant son autonomie.Tous ces lieux communs ont certes servi tant bien que mal à définir la spécificité de la philosophie (ils ont été glanés au fil de la lecture de l'interminable cycle des justifications^).Mais la métaphysique, l'abstraction, la vision globale totalisante, l'utopie moraliste ne peuvent pas être tenus pour des critères de l'activité philosophique, même si elles en sont parfois des symptêmes (pathologiques, le plus souvent).Comment alors sinon définir, du moins cerner l'entreprise philosophique ?C'est une activité réflexive visant par des questions adéquates à faire surgir des problèmes là ou souvent l'habitude a force de certitude^. 34 C'est une activité critique questionnant la légitimité des principes et des méthodes de la connaissance et de l'action (en tant que telle elle élabore des connaissances particu1iëres sur les autres disciplines et avec elles).C'est une activité transformatrice des pratiques ébranlées par ses questionnements (la réflexion se prolonge en action).Cette façon de caractériser l'activité philosophique a des conséquences à la fois sur la relation entre la philosophie et la culture en général et sur la relation entre la philosophie et les autres agents de la culture, en particulier les autres disciplines.a- Philosophie et culture Si la philosophie enseignée n'est pas nécessairement la philosophie, la philosophie est une discipline indissociable de son enseignement.A qui s'adresse-t-on?Pourquoi?Pendant combien de temps?La réponse 3 ces questions en ce qui concerne la philosophie n'influence pas seulement les modalités de l'enseignement mais la discipline enseignée e11e-même.^ ) Le Québec partage avec quelques rares pays le privilège de disposer d'un enseignement philosophique pré-uni versitaire et l'existence d'un tel enseignement influence la pratique philosophique.Sans le foyer de l'enseignement collégial, la vie philosophique québécoise serait étouffée entre la philosophie américaine déjà omniprésente et les courants européens qui reflètent souvent des préoccupations pour ne pas dire des modes intellectuelles par rapport auxquelles la philosophie canadienne française reste en marge.La philosophie au CEGEP est en contact direct avec une réalité s ocio-eu 1 tu re 11e québécoise qui, par la contestation même des cours de philosophie, oblige la pratique philosophique à se repenser en fonction des exigences du milieu.La vie philosophique dans les CEGEP a toujours été active et stimulante même si elle a été le plus souvent méconnue, voire même discréditée.Il faut voir dans cette indifférence teintée de mépris la marque d'un ostracisme intellectuel des CEGEP de la part des universitaires qui, pour produire plus de travaux spécialisés, négligent parfois la recherche appliquée, la pédagogie et l'implication socio-cu1 tu re 11e.Le CEGEP est le creuset ou se forme une authentique philosophie québécoise.Que ce lieu privilégié disparaisse et c'est toute la philosophie au Québec qui est menacée de perdre son identité.Mais si assurément la philosophie y perdrait, le Québec y perdrait aussi . 35 La fonction socio-culturelle de la philosophie a été sous-estimée justement S cause du malentendu déjà signalé selon lequel la philosophie aurait essentiellement un rôle réflexif d ' intëgrateur de la personnalité de l'individu.Une telle conception relègue l'activité philosophique 3 un rôle d'assimilation de la culture par opposition 3 un rôle de production et elle limite sa pertinence au niveau individuel 3 l'exclusion du niveau social.Il y a bien un sens dans lequel la culture est un phénomène individuel, mais ce sens est second par rapport 3 celui de la culture comme phénomène collectif.La culture est culture de classe avant d'être culture personnelle.Or, dans les sociétés dites historiques, changements matériels et transformations idéologiques s'entraînent mutuellement dans un mouvement dialectique 3 la fois réfléchi et produit par une conscience collective, philosophie implicite, que la démarche proprement philosophique s'attache 3 rendre explicite, 3 stimuler et 3 critiquer.Ainsi il apparaît, conformément aux caractéristiques de la philosophie retenues plus haut, que ce qui est visé par l'activité philosophique n'est pas l'intégration rétro-active d'un donné culturel mais la promotion active d'une culture en devenir (philosophie et historicité ont d'ailleurs toujours été liées).La philosophie n'est rien moins que le catalyseur de la vie culturelle et des changements sociaux.Mais pour jouer adéquatement ce rôle, la philosophie doit être sur le terrain ou se forment les agents porteurs de la culture.Dans cette perspective, la philosophie devrait non seulement être maintenue, au niveau collégial, mais aussi introduite au niveau secondaire (La philosophie est la seule matière fondamentale dont on retarde parfois indéfiniment l'apprentissage^^ et renforcée au niveau universitaire .Ainsi, l'enjeu dépasse de loin les préoccupations corporatistes des professeurs de philosophie.Il y va de tout le système d'éducation et donc aussi de tout ce que la société québécoise attend de l'enseignement et de la recherche.b- La philosophie et les autres disciplines  chaque fois que l'on entreprend de défendre la philosophie en arguant de sa position privilégiée, on sent monter la protestation des autres disciplines réclamant l'abolition des privilèges.La philosophie tiendrait ses lettres de noblesse de ses origines, les autres disciplines détiendraient leur pouvoir croissant de leur contribution active 3 l'augmentation du capita 1 - s avoir .\tIl est donc essentiel pour comprendre quelle est la place de la philosophie au collège d'éclaircir son rapport aux autres disciplines.La philosophie emprunte aux autres disciplines et plus particulièrement aux sciences humaines et historiques des problématiques et des 36 éléments d'information.D'autre part, toutes les autres disciplines qu'elles soient techniques ou théoriques sont amenées â faire une réflexion philosophique sur leur fo\u2018ndement épistémologique, sur les implications éthiques de leur pratique, sur le statut de leur objet, sur leur rapport à leur dehors c'est-â-dire aux autres champs d'activité et de recherche.Ainsi, le rapport entre la philosophie et les autres disciplines loin d'être conflictuel, est un rapport de collaboration et de complémentarité dans l'interdisciplinarité.La philosophie n'occupe pas au CEGEP une place qui pourrait être attribuée S une autre option.Faire de la philosophie au CEGEP, ce n'est pas en faire au lieu d'une autre discipline, mais en faire avec les autres disciplines.La philosophie développe des connaissances sur des sujets particuliers qui appartiennent en propre aux autres disciplines avec les spécialistes de ces autres disciplines.Cependant, il faut reconnaître que la structure des cours de philosophie telle qu'elle a été introduire par le régime pédagogique provisoire â la fondation des CEGEP et telle qu'elle existe encore actuellement n'est pas propre à favoriser cette coopération non-compëtitive des disciplines.Ceci nous amène au troisième point, la question des quatre cours de philosophie.III- La séquence des quatre cours Pourquoi quatre cours de philosophie?Peut-on justifier ce nombre?La réponse est non.Pourtant ce choix n'était pas arbitraire.Il avait sa raison d'être dans les quatre parties de la philosophie traditionnelle héritée du collège classique! la logique, la philosophie de la nature, la métaphysique et la morale.On aurait pu logiquement choisir de ne pas suivre cette classification déjà désuète à l'époque.Historiquement cependant, la décision de retenir la structure des quatre cours était un compromis peut-être inévitable.Il demeure que dans la pratique, la classification des parties de la philosophie qui conférait â cette structure sa rationalité était sitôt remise en question et abandonnée.En effet, les enseignantes et les enseignants en philosophie ont été parmi les premiers â ressentir les exigences propres de l\u2019enseignement au niveau collégial, exigences liées aux caractéristiques du milieu:\tla coexistence du général et du professionnel, l'accès élargi à l'enseignement post-secondaire, le pluralisme idéologique .Il devenait impossible d'importer directement des collèges classiques aux CEGEP la forme et le contenu des cours de philosophie.La philosophie 37 au CEGEP s'est donc trouvée devant une forme vide; la structure des quatre cours dont le contenu et la méthode étaient â repenser.Mais dire qu'au départ la structure aurait pu être autre ne veut pas dire qu'il nous est loisible maintenant de supprimer arbitrairement l'un des cours.Depuis plus de dix ans, les professeur-e-s de philosophie ont travaillé à l'établissement de plans-cadres à l'intérieur de la structure des quatre cours, conférant une cohésion interne 3 ce qui n'était au départ qu'un aléa.Mais l'erreur a probablement été justement de vouloir aménager une structure qui, dès le départ, s'était révélée inadéquate.De même que la place initialement attribuée 3 la philosophie au CEGEP reposait sur un malentendu concernant les objectifs de la philosophie, l'importation au CEGEP du cours de philosophie des collèges classiques reposait sur une maldonne concernant l'objet de la philosophie.La philosophie était considérée comme une discipline auto-suffisante, se donnant 3 elle-même son objet et sa méthode.Or, comme il a été vu, la philosophie est solidaire des autres disciplines et des autres activités humaines qui lui fournissent un objet de réflexion et un terrain d'action.L'intervention philosophique a besoin des autres pratiques pour ne pas tourner 3 vide, comme les autres pratiques ont besoin de la philosophie pour ne pas s'exercer aveuglément, se méconnaître et méconnaître leur rapport aux autres.Dans cette perspective, le projet de substitution d'un cours d'histoire des institutions québécoises 3 un cours de philosophie de ( 9 ) la culture paraît dérisoire et arbitraire.Cette substitution démantèle le programme actuel de l'enseignement de la philosophie, fruit de plusieurs années d'expérience, d'efforts et de concertation^0^ sans pour autant remédier 3 la carence du régime actuel, en particulier en matière de pluridisciplinarité.C'est pourquoi le nouveau régime pédagogique devrait être l'occasion unique de repenser toute la structure de l'enseignement de la philosophie au collégial.Pour repenser cette structure, le PREC nous fournit un instrument d'analyse intéressant.Il s'agit de la distinction entre la formation générale et la formation fondamentale.Ces concepts ont parfois été confondus, mais il y a entre les deux formations des différences non négligeables .La formation générale vise à donner aux individus des connaissances non spécifiques et des aptitudes intellectuelles polyvalentes leur permettant de s'orienter et de se prendre en charge.C'est la «tête bien faite» de Montaigne.La formation fondamentale fournit 3 l'individu toutes les connaissances de base spécifiques nécessaires 3 l'apprentissage et à 38 l'approfondissement d'un domaine particulier de connaissance.La formation philosophique a souvent été associée 3 la formation générale du fait de ses prétentions 3 la rigueur, â la rationalité, à l'esprit critique, etc.Or, si la contribution de la philosophie (en particulier d'une introduction â la philosophie( 3 une telle formation générale est indéniable (au point que l'on a voulu limiter à cela sa contribution), la philosophie peut et doit également contribuer 3 la formation fondamentale grâce aux connaissances particulières (épistémologique, éthique, etc.) qu'elle développe sur les autres disciplines.Ces connaissances, loin d'être superflues, sont nécessaires à la maîtrise de ses disciplines.Les spécialistes de ces disciplines n'ont d'ailleurs pas attendu l'intervention des spécialistes de la philosophie pour ébaucher occasionnellement des démarches philosophiques dans leur champ de connaissance et d'action.Ils ne disposent cependant ni du temps, ni du cadre institutionnel, ni parfois de la formation nécessaires pour pousser assez loin ces démarches avec les étudiantes et les étudiants.Leurs cours, tels qu'ils sont définis, visent d'autres objectifs que ceux-là.Ce serait aux cours obligatoires de philosophie de remédier à cette lacune.Il est remarquable d'ailleurs que le nouveau plan cadre des études philosophiques au niveau collégial accuse déjà une césure entre des cours répondant plutôt à des objectifs généraux de formation et d'enracinement culturel et des cours s'orientant plutôt vers des thèmes de réflexion plus spécifiques.Ainsi, le cours «philosophie, pensée et discours» (101) a pour objectif général de faire acquérir des connaissances et des habiletés nécessaires à la critique des discours et des pratiques et pour objectifs spécifiques la reconnaissance des différents types de discours et d'analyse critique du processus de production du savoir.Le cours «L'être humain et son milieu» (201) porte d'une façon générale sur l'organisation du milieu humain et plus partieu 1ièrement sur les rapports entre cette organisation et la production idéologique.Ces deux cours permettent aux étudiantes et aux étudiants d'acquérir des instruments dlanalyse philosophique tout en les amenant 3 réfléchir sur le processus général d'acquisition des connaissances et sur la production d'un milieu humain culturel.En tant que tels, ils répondent â des exigences de formation générale.Le cours «Les conceptions de l'être humain» (301) porte sur les conceptions de l'être humain telles qu'elles sont produites par les différents discours et les différentes pratiques (les sciences, les sciences humaines, les techniques, les philosophies.).Ce cours invite à une réflexion sur les rapports entre l'individu et la collectivité, sur les rapports entre les sexes, sur la liberté et le 39 déterminisme etc, dans une perspective nettement pluridisciplinaire.Cette réflexion est reprise dans le cours «Ethique et politique» (401) avec deux orientations différentes.L'une, éthique, insiste sur les systèmes de valeurs, les normes, la responsabilité morale; l'autre, politique, s'engage dans l'étude des différents systèmes de gouvernement et des rapports entre les individus et le pouvoir étatique.On voit comment le contenu de ce dernier cours se prête à un ajustement en fonction des besoins et des préoccupations des différentes disciplines (recherche sur la justice, la violence et l'état policier en technique policière, recherche sur les décisions bioéthiques en technique infirmière, par exemple).Sans opérer un cloisonnement étanche et rigide, il semble souhaitable que, dans une certaine mesure, le cours de philosophie réponde plus précisément aux besoins spécifiques des étudiantes et des étudiants en matière de recherche philosophique compte tenu de leur concentration.Ce faisant, le cours de philosophie contribuerait d'une façon à la fois originale et pertinente 3 la formation fondamentale.Les cours de philosophie devant répondre 3 des exigences de formation fondamentale plutôt que générale devraient être dispensés 3 des groupes homogènes et leur contenu serait différencié pour répondre plus adéquatement aux attentes particulières de ces groupes.Les gains pédagogiques d'une telle réorganisation de l'enseignement de la philosophie au collège seraient indéniables, tant en ce qui concerne la pertinence des contenus de cours qu'en ce qui a trait 3 la dynamique de groupe (point partieu 1iërement important pour les profes-seur-e-s qui optent pour une pédagogie par projet).En effet, au niveau de la méthode pédagogique, les professeur-e-s de philosophie s'efforcent, dans les deux premiers cours (101 et 201), de donner aux étudiantes et aux étudiants les instruments intellectuels et les connaissances théoriques de base nécessaires 3 la prise en charge autonome du processus d'apprentissage.Puis les étudiantes et les étudiants sont amenés 3 faire des travaux de recherche et 3 réaliser des projets d'intervention sociale sur des problématiques et des situations concrètes particuliêres (301 et 401).Ainsi, la reconnaissance d'un double objectif de formation générale et fondamentale supposerait non pas l'abandon pur et simple du plan cadre déjà élaboré mais son aménagement en fonction d'une nouvelle structure.Remarquons enfin que la convergence entre les conclusions de l'analyse théorique de la situation de l'enseignement de la philosophie au CEGEP et les résultats de la recherche pratique d'une séquence appropriée pour cet enseignement prouve que la crise de l'enseignement de la philosophie au CEGEP est en passe d'être surmontée. 40 On ne peut donc pas sans mauvaise foi invoquer cette crise pour supprimer la philosophie.Mais comme dit le proverbe, «qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.» Maryvonne Roth Collège de l'Outaouais NOTES 1-\tRobert Hébert, «Tendances, cycle des justifications».Dans Revue de l'enseignement de la philosophie au Québec, vol.2, pp.40-45.2-\tRapport de la Commission Royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec\"! TT ITT EfT ch.XXIV.3-\t0 p .cit, , ch.XXII, p.165.4-\tVoici les principaux documents qui ont été consultés pour cette étude:\tFrançois Charbonneau et al., Les professeurs de philoso- phie des collèges du Québec: Leurs représentations de ^a iTôTo-phie comme savoir et comme pratique.Rapport d'enquête APPEC 1967- T97ÜT Montréal , 1 972 .Léo Paré, «Le régime pédagogique de l'enseignement collégial», 25 oct.1972.Cahier pédagogique de la coordination provinciale de la philoso- phie.La position de la coordination en regard du projet de régime pédagogique, vol.2, //1 , fëv.1973.Idem., vol.3, #1, avril 1 974.Idem., Profil provincial, déc.1 974 .Actes du colloque «Dix ans d'enseignement collégial de la philosophie.Bilan et prospectives».Revue de l'enseignement de la philosophie au Québec , vol.1 , #2, jan.1 979 .Lettre de CEPH (Comité d'experts sur la question des objectifs de l'enseignement de la philosophie au collégial).Dans Revue de l'enseignement de la philosophie au Québec, vol.3, #1T déc.T980.5-\tLa formule est tirée du Nouveau vocabulaire des études philosophi-ques de Sylvain Auroux et Vvonne We i 1 , Paris, Hachette, 19 75 .6-\tCf.3 cet égard les remarques de Michéle Le Doeuff dans son article «La philosophie renseignée», dans Philosopher.Les interrogations contemporaines.Matériaux pour un enseignemen£T CT Delacampagne et R.Maggiori, dir.Paris, Fayard, 198Û.7-\tCf.GREPH, Qui a peur de la philosophie?, Paris, Flammarion, 1978.8-\tCe pluralisme est particulièrement mis en évidence par le profil provincial établi en 1974 par la coordination provinciale, cf.ci-dessus, note 4.9-\tDécision appuyée par le Conseil des Collèges.Le document Avis du Conseil des Collèges sur le Projet de règlement des études collé- giales est d'ailleurs une illustration remarquable des malentendus sur la philosophie que je signale ici.10-\tCf.le document produit à ce sujet par Gilles Boudrias, coordonnateur du comité pédagogique, 2 mars 1983. 41 CONTRIBUTIONS L'INSTITUTION ORWELLIENNE (abrégé de la première version) Mon analyse du roman 1984 de George Orwell (1903-1950) se fonde sur un modèle auquel je travaille actuellement à partir de la pensée de Wilhelm Dilthey (1833-1911) et de Martin Heidegger (1889-1976).L'espace m'empêche d'en faire une présentation â titre de préface théorique â l'analyse elle-même; je signale seulement que j'ai laissé ici de côté l'aspect heideggerien de mon modèle.Nous rencontrons dans la société orwellienne une constellation d'institutions véhiculant des valeurs en apparence diverses et ayant des finalités socio-politiques certes complémentaires mais néanmoins différentes.Il s'agit du Ministère de la Paix, qui conduit la guerre; du Ministère de l'Abondance, qui gère la pénurie; du Ministère de la Vérité, qui gère la propagande; et du Ministère de l'Amour, qui gère la terreur  ces quatre Ministères s'ajoutent la Ligue Anti-Sexe et les Jeunes Espions.Il y a enfin le Parti lui-même et la Fraternité de Goldstein.Les institutions du Parti s'adressent primordia 1ement aux membres du Parti.Si les membres du Parti subissent au même titre que les prolétaires les effets des activités du Ministère de la Paix et du Ministère de l'Abondance, ils subissent par contre plus sérieusement les effets des activités du Ministère de la Vérité et du Ministère de l'Amour.Si le Ministère de la Vérité semble quantitativement surtout occupé 3 fournir aux prolétaires leurs produits de délassement, il n'en demeure pas moins que ce Ministère, en ce qui concerne la vérité - donc, qualitativement -, vise d'abord les membres du Parti.La rectification des archives ne concerne en rien les publications destinées aux prolétaires mais bien plutôt celles lues par les membres du Parti, telles le Times.Le dictionnaire novlangue ne s'adresse également qu'aux membres du Parti, car eux seuls lisent et pensent effectivement.(Notons en passant que le novlangue joue un rôle exceptionnel pour une langue, celui d'une institution, â savoir ici d'une institution réductrice).De la même manière, le Ministère de l'Amour ne s'intéresse pas vraiment aux prolétaires.La Police de la Pensée les surveille, sans doute bien 42 discrètement, et élimine les plus doués, sans plus.Enfin, la Ligue Anti-Sexe et les Jeunes Espions travaillent en complément au Ministère de la Vérité et au Ministère de l'Amour et confirment la prédominance de ces deux Ministères dans la vie des membres du Parti.Notons que la Ligue Anti-Sexe et les Jeunes Espions ne s'intéressent nullement aux prolétaires mais seulement aux membres du Parti.Encore faudrait-il maintenant opérer une distinction importante: de toute évidence, les activités des diverses institutions répertoriées ne visent que les membres du Parti extérieur.D'une part, aucun membre du Parti extérieur n'exerce par définition de fonction impliquant du pouvoir sur d'autres.D'autre part, les tortionnaires et interrogateurs de Winston appartiennent tous au Parti intérieur.Le «livre» de Goldstein - d'ailleurs rédigé par des membres du Parti intérieur -décrit le Parti intérieur comme le cerveau de l'Etat et le Parti extérieur, comme les mains.Mais il y a plus.La domination ne se partage pas avec le dominé ou: on ne peut à la fois infliger et subir soi-même les mêmes souffrances.Rien n'exclut qu'un membre du Parti intérieur dévie un jour de la ligne juste et tombe aux mains de la Police de la Pensée, mais il faudrait s'en étonner, en particulier en raison de l'éducation poussée que reçoivent les membres du Parti intérieur.Plus précisément, on pousse très loin le développement de leur aptitude à la doub 1 e-pensée.De la sorte, la double-pensée elle-même se révèle une institution - et une institution fondamentale.Les institutions répertoriées dénotent une volonté de domination et d'écrasement.Toutefois, la manière dont s'exerce cette domination et a lieu cet écrasement ainsi que l'apparition de la double-pensée comme institution nous fait voir que l'intérêt du Parti intérieur et des institutions de domination et de terreur croît et décroît tout naturellement selon l'intérêt que présente la cible.Or l'intérêt de la cible dépend de sa sophistication.Les cibles de choix se trouvent alors dans les rangs du Parti extérieur mais encore 13, il faut faire une distinction: pas tous les membres du Parti extérieur ne présentent le même intérêt, ce dont on s'aperçoit en relisant les descriptions des collègues de Winston.Ou encore, parlant de la guérison de Julia, on sent chez O'Brien de l'ennui lorsqu'il dit:\t«Ce fut une conversion parfaite, un cas de manuel.» Winston, par contre, l'intéresse au plus haut point parce qu'il résiste.O'Brien le traque depuis sept ans et l'apparence de son corps et de ses sous-vêtements laisse facilement croire à un séjour d'au moins un an au Ministère de 1'Amour.Les pénuries, la propagande et l'endoctrinement, les bombes sur la tête et le harcèlement quotidien, l'appauvrissement du vocabulaire, tout 43 concourt à restreindre l'exercice de la pensée.Celui qui parviendra toutde même à commettre un crime par la pensée présentera alors un très grand intérêt en raison de l'énorme sophistication requise pour sortir des schèmes de pensée inculqués et sans cesse renforcés.Encore faut-il que l'individu puisse commettre son crime par la pensée et on voit alors comment ce qui constitue pour le membre du Parti intérieur son cadre épistémologique, voire métaphysique - la double-pensée -, devient pour le membre du Parti extérieur le piège par lequel il se perdra.«Les prolétaires et les animaux sont libres» dit un slogan du Parti.Ceci veut tout simplement dire qu'il n'y a aucun intérêt ni plaisir à exercer du pouvoir sur une victime qui ne sait pas apprécier ce qu'il lui arrive.Le Parti a pris le pouvoir pour le pouvoir.Le Parti s'emploiera éternellement 5 écraser les peuples conquis, les prolétaires, son propre Parti extérieur mais 3 travers eux tous, il vise la pensée (qu'on se rappelle la question du nombre de doigts!).Pouvons-nous déceler présentement une tendance vers le type de société décrit par Orwell?S'il semble que 1 984 , de par sa parution et de par l'attention qu'il a reçu depuis lors, a eu un effet modérateur sur ladite tendance, certaines conclusions me paraissent possibles, que je vous livre sous forme d'énoncés détachés.1)\tCompte tenu de la subtilité croissante du pouvoir, la violence policière et l'écoute électronique renvoient p1u131 3 autre chose.2)\tLa dégradation de la production culturelle - l'éducation, la recherche, la télévision, le cinéma, les revues et les journaux - tend 3 produire un prolétariat (au sens orwellien) intellectuellement déshérité et de 13, totalement vulnérable.3)\tL'implication politique n'a plus de sens ni d'effet; en même temps, la marginalisation prend de l'ampleur et connaît même une certaine efficacité.4)\tLa cible de choix de la répression devient alors toute activité intellectuelle y compris jusqu'3 la recherche scientifique fondamentale.5)\tL'interconnexion mondiale des économies nationales et régionales et l'émergence d'une certaine culture commune en Occident ont partiellement sapé le pouvoir des gouvernements nationaux en faveur d'organismes supra-nati onaux (dont les mu 1ti-nationa1 es constituent l'exemple le plus facile 3 repérer).Ces groupes ou organismes, comme le Parti dans 1_984_, ont appris 3 mettre la compétence et l'efficacité au-dessus des appartenances de race ou de classe, ainsi qu'au-dessus des liens du sang.Si nous vivons une évolution vers un avenir orwellien, elle a lieu 13.84-04-10 André Rocque Département de philosophie Collège Montmorency 44 ORWELL ET LE TOTAL I RAT I SME(*) 1984, le dernier roman écrit par George Orwell avant sa mort, peut être lu au moins de trois façons différentes.La première consiste à considérer le roman comme entièrement 'ou même partiellement autobiographique.Nous la négligerons parce que nous ne voyons pas l'intérêt philosophique immédiat d'une telle approche.La seconde, plus répandue et plus naïve, consiste à voir en 1984 une prophétie ou un emsemble de prophéties, une vision apocalyptique du futur, vision que les adeptes de cette conception estiment juste et bien étayée dans le roman.La troisième, et la plus exacte â notre point de vue, consiste 5 voir en 1984 un avertissement contre la montée du totalitarisme.Après la lecture de 1984, on pourrait en effet se demander si Orwell, après tout, n'était pas un prophète - ou jouait au prophète.C'est le cas lorsqu'on fait connaissance avec Orwell en commençant directement par la lecture de 1984.Mais si l'on a la chance de lire d'autres oeuvres d'Orwell, La ferme des animaux en particulier, cette aura de prophéties quitte bientôt l'image que l'on se fait de George Orwell.Bien sûr, la prophétie semble évidente.Comment ne pas songer lorsqu'on sait les moyens techniques (et financiers) déployés par les puissances totalitaires pour asseoir leur pouvoir à l'intérieur de leurs frontières et l'imposer 5 l'extérieur?George Orwell se rebelle contre toutes les formes de dictatures, qu'elles soient de «gauche» ou de «droite».Son cri d'alarme concerne peut-être plus spécifiquement le nazisme et le stalinisme, qu'il a pu apprécier à leur juste valeur; mais il concerne tout autant les formes plus subtiles de totalitarismes que la civilisation occidentale nous impose en nous les faisant accepter.Le totalitarisme post-orwellien du monde occidental n'est pas seulement celui qu'imposent les Etats-Unis au Etats d'Amérique latine, bien proche des modèles nazi et stalinien; c'est aussi, S travers la critique du totalitarisme politique des appareils d'Etats dans 1984, la critique de l'usage abusif de la science et de la technique, qui perdent totalement leur utilité fondamentale - servir l'humanité - pour devenir des outils au service d'une caste privilégiée.Cette critique de l'usage abusif des découvertes scientifiques et technologique a fait dire à certains qu'Orwell était une sorte d'inadapté, * Résumé succint des communications présentées aux panels L'an Orwe11 , Société de Philosophie de Montréal, Université de Montréal, 14 mars 1 984 , et Sommes-nous en 1 984?, Collège de Trois-Rivières, Département de Philosophie, 27 mars 1984. 45 qu'il refusait le progrès technologique engendré, en particulier, par l'intensification de la recherche durant la Ile Guerre mondiale.En réalité, Orwell ne craint pas tant le progrès scientifique et technique que l'usage que l'on pourrait être amené à légitimer au nom de la raison d'Etat.Un usage abusif de la technique pourrait provoquer un assujettissement total de l\u2019individu, une déprivatisation complète de son intimité, une perte irrémédiable de son identité et de sa liberté, une sujétion pleine et entière au système et aux desiderata du pouvoir étatique, bref, tous les états d'Sme que l'on retrouve dans 1 984.Cette chose pourrait arriver, nous dit Orwell.Il ne tient qu'â nous qu'il n'en soit pas ainsi.C'est cela le véritable message qu'Orwell adresse aux peuples d'Occident.Jacques G.Ruel1 and Collège Edouard-Montpetit ?* 46 Adresser\ttoute correspondance relative au Bulletin à: \tSerge Thibault Bulletin de la S.P.Q.a/s Département de Philosophie Collège de Trois-Rivières 3 500, rue De Courva 1 Trois-Rivières, QC G9A 5E6 ' mmsm wmmm rBEÇU LE * \\.5 WH SOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE DU QUÉBEC Case postale 1370 / Place Bonaventure Montréal, Qué.H5A1H2 PHILOSOPHI "]
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