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Titre :
Interface : la revue de l'ACFAS
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1984-2000
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de l'ACFAS
  • Successeur :
  • Découvrir (Montréal, Québec)
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Interface : la revue de l'ACFAS, 1999-05, Collections de BAnQ.

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ux: Argent, recherche et entreprises, p.42 LA REVUE DE LA RECHERCHE r.r L'asthme:” incurable mai I VOL.20, N° 3 I MAI-JUIN 1999 contrôlable HKH U Internet contre rethnocide Laval : les défis d'une jeu ne technopole Sur les traces du Néandertal Un physicien choisit la liberté Le secret est dans la tige 0 10010 26651 8 I Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L 2M7 N° de convention de vente relative aux envois de publications canadiennes 1260413 01001026651803 1*1 Revenu Revenue Canada Canada Recherche scientifique et développement expérimental Le gouvernement fédéral offre des encouragements fiscaux, sous forme de crédits d’impôt, pour inciter les entreprises canadiennes, particulièrement les petites et les moyennes, à effectuer de la recherche scientifique et du développement expérimental (RS&DE) au Canada.Chaque année, 1,3 milliard de dollars sont distribués à travers le Canada.L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a considéré, en 1997, que le programme fiscal canadien de soutien à la RS&DE est l’un des meilleurs parmi les pays industrialisés.I Services disponibles Section de la vérification des incitatifs fiscaux: O Séminaires publics d’information fournissant des renseignements sur les exigences du programme et la manière de présenter une demande; O Examen préliminaire des projets permettant d'obtenir une opinion sur les travaux pendant leur réalisation ou avant qu'ils ne débutent; O Consultations avec nos conseillers sur des questions particulières; C> Visites sur place pour discuter des projets de RS&DE; O Séances d’information en groupe, sur demande, où des questions précises sont abordées; O Services à l’intention des nouveaux demandeurs, qui vous guident à travers le processus de présentation de votre première demande relative à la RS&DE; O Site Internet : http://www.rc.gc.ca/rsde Pour obtenir des renseignements, veuillez contacter: BUREAU DES SERVICES FISCAUX DE VOTRE RÉGION Section de la vérification des incitatifs fiscaux Canada VOLUME VINGT | NUMÉRO TROIS | MAI-JUIN 1999 INTERFACE Recherche et innovation: «UN BOUILLONNEMENT D’ACTIVITÉS» Danielle Ouellet MOT DE LA RÉDACTION 4 Argent, recherche et entreprises p.42 Science clips IJB 8 CANCER DU COL DE L’UTÉRUS ET TRANSFERT TECHNOLOGIQUE 9 Le secret est dans la tige Hfl io Troouer le sarrau pour le complet-veston io Les cicatrices du sol h Génie tissulaire: les enjeux commerciaux 12 Un PHYSICIEN CHOISIT LA LIBERTÉ 13 Religieuses: une image À revamper 14 Sur les traces du Néandertal 15 SIDA: UNE pub sans émotions, s.v.p.Face à face 16 Les visions de Laurent Marchand Sophie Malavoy Laurent Marchand est l’un des principaux stratèges du géant des télécommunications, Ericsson Communications, en matière de R-D.Recherche 22 Laval: les défis d’une jeune technopole David Doloreux et Claude Manzagol Pour mériter le titre de technopole, une ville doit remplir certains critères.Laval est sur la bonne voie.L’asthme, incurable mais contrôlable 28 Louis-Philippe Boulet Les recherches récentes indiquent que le contrôle de l’environnement et l'éducation des personnes asthmatiques jouent un rôle primordial dans le traitement de cette maladie.Dossier asthme 33 SlNGULAIRMC: PETITE HISTOIRE D’UNE DÉCOUVERTE Maggie Beute et Jacques Yves Gauthier Un nouveau médicament pour traiter l’asthme a été mis au point à Montréal par des chercheurs de Merck Frosst.40 Mieux soigner un enfant asthmatioue Hélène Patenaude Faire preuve de flexibilité est une stratégie avantageuse pour traiter des enfants asthmatiques.Enjeux: Argent, recherche et entreprises 42 Nourrir les racines de l’innovation Peter J.Nicholson, vice-président BCE Quelles sont les implications prévisibles d’un financement de plus en plus « privé » de la recherche ?50 Le privé finance la R-D Financer la R-D en entreprise Caroline Julien Zoom 54 La propriété intellectuelle: POUR NE PAS PERDRE SES IDÉES Petr Hanel 58 Science monde Internet contre l’ethnocide Laurent Fontaine 60 Rubriques Livres, Emplois, Calendrier, Quoi de neuf?65 La fine pointe Le point S 66 PHOTO: JEAN-BERNARD PORÉE MOT DE LA RÉDACTION Recherche ET INNOVATION:________________________ un «bouillonnement d’activités» Des chercheurs qui deviennent entrepreneurs, des transferts de technologies de plus en plus nombreux, ou encore, un financement de plus en plus « privé » de la recherche, voilà autant d’illustrations du « bouillonnement d’activités en matière de recherche et d’innovation» que constatait le ministre de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Jean Rochon, au moment de l’annonce de son plan d’action en mars dernier.Le ministre Rochon dévoilait alors la participation financière du Québec à toutes ces activités: il créait le fonds Innovation Québec et l’organisme Valorisation-Recherche Québec, deux nouveaux outils qui, selon le ministre, accroissent les subventions aux chercheurs québécois de 76,6 millions de dollars, une augmentation de 37 p.100, et qui assurent 76,1 millions au transfert des connaissances et à l'innovation.Il a prévu un autre montant de 19,5 millions pour soutenir les projets spéciaux ponctuels en accord avec la politique scientifique qu’il est en train de mettre au point.Voilà des premiers pas encourageants en regard de la recherche, de la science, de la technologie et de l’innovation pour assurer le «positionnement fort du Québec dans la nouvelle économie» souhaité par le gouvernement québécois.Ce numéro d'Interface témoigne de ce bouillonnement de la recherche et de l’innovation.Les Science clips du début décrivent des transferts de technologie réussis et présentent des chercheurs institutionnels qui ont fait le grand saut vers l'entreprise privée.Vient ensuite le portrait de Laurent Marchand qui dirige le groupe de recherche chez le géant des télécommunications Ericsson Communications: il donne une vision différente de la vie de chercheur.Dans Enjeux, Peter J.Nicholson, chef de la stratégie chez BCE, nous livre ses réflexions sur les conséquences d'un engagement de plus en plus grand des entreprises dans le financement de la recherche.Interface fait aussi le point sur les recherches relatives à l'asthme, une maladie préoccupante - pensons aux allergies de la période estivale — et qui affecte un nombre croissant de personnes.Bonne lecture à toutes et à tous ! Directrice et rédactrice en chef, Interface -( LA REVUE DE LA RECHERCHE )- INTERFACE i,p ¦ H* ,• & ias- f.b Au-delà des apparences.3 bCIGHCG Le magazine de vulgarisation scientifique INTERFACE vous informe des recherches EFFECTUÉES AU QUÉBEC ET VOUS FAIT RÉFLÉCHIR SUR LES ENJEUX DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE.Cinq numéros par an + le Bottin de la recherche.Abonnement: étudiant 25$ régulier 45$ Renseignements: Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas) téléphone: (514) 849-0045 télécopieur: (514) 849-5558.interface@acfas.ca http://www.acfas.ca/interface Interface est disponible en kiosque. vi 1 r1he®m chynski a le sens de l’entre-: preneurship.Il affirme n’avoir 6 O maisons pour sidéens ou enseigner à l’université.Certaines agiraient même comme avocates pour les plus démunis.Un traitement stéréotypé, même s’il passe souvent par la comédie — le film Sister Act, par exemple, qui mettait en vedette Whoopie Goldberg —, n’est pas sans risques, selon la chercheuse : il peut à la longue décourager des vocations et mettre en danger la survie même de la « profession ».Agence Science-Presse jamais eu de mal à comprendre le domaine des finances et des affaires.Le plus difficile, selon lui, consiste plutôt à gérer le personnel: «Aucune formule mathématique ne peut prédire le comportement des personnes.Elles sont si différentes les unes les autres.Dans une entreprise, le plus grand élément d’incertitude, ce sont les ressources humaines.» Mais l'entrepreneur n’est pas du genre à se laisser impressionner par les difficultés.Il vise le meilleur: faire de MPB Technologies l'une des plus importantes multinationales de haute technologie.Caroline Julien 1 INlhKEALËlSfl COMMUNICATIONS ARCHEOLOGIE SCIENCE CLIPS Sur les traces du Néandertal Oui était l’homme de Néandertal?Pour répondre à cette question, Serge Lebel, archéologue à l'Université du Québec à Montréal, contribue depuis près de dix ans à la quête d’indices.Il jouit d’un privilège unique: il est le seul Québécois à avoir obtenu l’autorisation de diriger des fouilles archéologiques en sol français et d’exporter des artéfacts au Canada à des fins d’analyse.«Les premières années, j'étais un peu inquiet, rappelle le chercheur.Le sol trop dur n’était pas accessible.Pour atteindre des couches plus meubles, nous avons dû utiliser des produits chimiques qui fissurent le calcaire.Il fallait du courage pour entreprendre des fouilles sur ce site.» Comme quoi la détermination mène à de belles découvertes! Aujourd’hui, l’archéologue considère qu’il a affaire à un site exceptionnel, notamment quant au nombre de vestiges: des outils de silex, plusieurs dents de Néandertaliens, des fragments osseux de mammifères disparus et des foyers vieux de 200 000 ans, parmi les plus anciens d’Eu-rasie.«Inouï, s’exclame-t-il, car il est rare de trouver des traces de feu datant de cette époque!» Mais que peut-on comprendre de ces découvertes?L’étude du matériel et des couches archéologiques permet d’étoffer la thèse suggérant que l’homme de Néan-14 dertal aurait eu un comportement plus évolué qu’on l'avait cru jusqu'à maintenant.Cet homme trapu, petit (environ 1,60 mètre) et à la boîte crânienne allongée, a longtemps été décrit comme un homme frustre et primitif.L'étude du contexte archéologique, des restes alimentaires et des outils de silex laisse croire qu'il serait moins différent de l'homme moderne qu’on ne l'imaginait.Claude Guérin, Martine Faure et Philippe Fernandez, de l'Université Claude-Bernard, à Lyon, sont des membres français de l’équipe internationale dirigée par Serge Lebel.Ils ont découvert avec surprise des restes d’animaux très variés: aurochs, chevaux, rhinocéros des prairies, mégacéros, cerfs, chevreuils, sangliers et ours bruns.On a longtemps pensé que le Néandertalien était un piètre chasseur, limité aux animaux de petite taille et spécialisé dans la capture d’une seule espèce.Or voilà que le site rassemble des espèces très différentes dans leurs comportements de défense.De plus, l’évaluation de l’âge des animaux, par l’observation de l’usure de leurs dents, montre que ce chasseur préhistorique ne se limitait pas nécessairement aux bêtes les plus jeunes ou les plus âgées, mais qu’il était suffisamment habile pour s’attaquer à tous les groupes d’âge.Le Néandertalien était capable d'une prédation V *«>¦ _______ Abri sous roche du bau de l’Aubesier Vaucluse) qui a été fréquenté par les Néandertaliens à différentes époques.A.Vue de l’abri et des couches archéologiques datées à 200 000 années.?Dégagement des vestiges archéologiques dans un niveau à aire de combustion.active et organisée: ce chasseur savait chasser! L’étude des silex révèle aussi des techniques de taille évoluées avec un souci de productivité et une économie de la matière première: «Les silex démontrent une connaissance et une maîtrise parfaite de ce matériau, et l’anticipation des besoins et les techniques s’approchent de celles utilisées par l'homme moderne», explique Serge Lebel.La présence des foyers suggère enfin que l’homme de Néandertal utilisait et contrôlait le feu, qu’il organisait des activités et qu’il y avait sans doute une importante agrégation humaine dans ces abris sous roches.Une étude plus approfondie du site permettra de cerner les activités reliées au feu: travail de la pierre et du bois, des peaux, découpe en filet, décontamination, extraction de la moelle, type de combustible utilisé, etc.Les fouilles se poursuivront au cours de l’été.Serge Lebel voudrait investiguer le fond de l’abri.Son équipe a découvert l’an dernier que la cavité se poursuivait par un large couloir comblé de sédiments.Dans ce secteur, on a trouvé cinq dents attribuées à l’homme de Néandertal.Cela permet de penser que l'occupation humaine pourrait être encore plus intense et riche de vestiges vers le fond de l’abri, et qui sait quelles autres découvertes attendent l’archéologue québécois?Caroline Julien TO INTERFACE | « Sida: une pub s sans émotions, l s.v.p.Les publicitaires qui souhaitent inciter les jeunes à adopter un comportement sexuel sécuritaire par rap- port au sida devraient faire appel davantage à la raison qu’à l’émotion : les jeunes, en effet, sont beaucoup plus critiques qu’on ne le croit face aux messages «classiques» de prévention.C’est ce qui ressort d'une recherche menée par June Marchand, professeure au Département de marketing de l'Université Laval et son collègue de l’Université du Québec à Montréal, Pierre Fi-liatrault, auprès de 278 étudiants de 18 à 25 ans.Une agence publicitaire a conçu, spécialement pour les besoins de la recherche, trois messages sur la prévention du sida avec, dans chaque cas, les mêmes comédiens et le même texte.Par contre, la mise en scène différait sensiblement: le premier message montrait simplement un dialogue entre un homme et une femme assis sur un tabouret; le deuxième, une infirmière soignant un mourant atteint du sida; le troisième, un couple s’apprêtant à faire l’amour et à utiliser un condom.Dans les deux derniers cas, où l’émotion était à l’honneur, c'était un récitant hors champ qui lisait le texte.Contrairement à ce que June Marchand pensait avant l’étude, les étudiants se sont montrés très critiques à l’égard des deux messages faisant appel à leurs sentiments.La scène d’amour leur a semblé particulièrement condescendante et démagogique.«Les jeunes nous ont vus venir avec nos gros sabots! Le discours de prévention étant essentiellement un discours adulte, ils perçoivent très bien les tentatives pour pénétrer dans leur univers.» Les publicitaires auraient selon elle tout intérêt à livrer le message avec franchise, sans chercher l’originalité à tout prix.La recherche a été couronnée d'un prix lors du concours annuel du Centre pour le marketing social de l’Université de Carleton.Il ne reste qu’à voir si le constat pourrait s’appliquer à d’autres messages de prévention, en matière d’alcool au volant ou de violence, par exemple.Pascale Guéricolas Agence Science-Presse rche pas .« ifjih 11 î*.|| .» Des programmes d’études thématiques : collaborations privilégiées avec le millieu.Un soutien financier assuré : bourses de l’INRS et bourses d’excellence.Une formation adéquate au marché : 94 % des diplômés ont un emploi après un an.La formation à l’INRS Maîtrise et doctorat en sciences de l'eau Maîtrise professionnelle en sciences de l'eau Maîtrise et doctorat en sciences de l'énergie et des matériaux Maîtrise et doctorat en sciences de la terre (Programmes conjoints INRS - Université Laval) Maîtrise professionnelle en sciences de la terre (Programme conjoint INRS - Université Laval) Maîtrise en sciences expérimentales de la santé Maîtrise en virologie et immunologie Maîtrise en microbiologie appliquée Doctorat en virologie et immunologie (Programme conjoint INRS - Université de Montréal) Doctorat en biologie (Programme conjoint INRS - UQAM) DESS en technologie de l'information (Programme conjoint INRS - ETS - TELUQ - UQAM) Maîtrise en technologie de l'information (Programme conjoint INRS - ETS - TELUQ - UQAM) Maîtrise et doctorat en télécommunications Maîtrise professionnelle en génie logiciel (Programme conjoint INRS - ETS - UQAM - Université Laval - École polytechnique) DESS en analyse socioéconomique de la réhabilitation des infrastructures urbaines Maîtrise en analyse et gestion urbaines (Programme conjoint INRS - UQAM - ENAP) 1 Maîtrise et doctorat en études urbaines (Programme conjoint INRS - UQAM) ¦ Séminaires de doctorat (INRS-Culture et Société) 1 Stages et études postdoctorales Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Téléphone : (418) 654-2500 Internet : www.inrs.uquebec.ca Téléphone sans frais : 1-877-326-5762 m 'à •i mm limn:. FACE A FACE DE Marchand Dans la jeune quarantaine, assis dans son bureau a des visions.technologiques.Il est même payé pour cela, payé pour « voir » ce que sa compagnie pourrait bien développer dans les années à venir, payé aussi pour «voir» comment y parvenir.Nous sommes dans les locaux du centre de recherche d'Ericsson Communications à Montréal, la filiale de l'une des plus importantes compagnies de télécommunications mobiles au monde.«C'est moi qui ai la plus belle job ici !» Laurent Marchand est un homme heureux.«Je cherche tout simplement à développer des produits qui pourraient me simplifier la vie de tous les jours.Ma position ici est intéressante, car je fais partie du comité qui décide de la stratégie corporative en ce qui concerne la R-D de produits.» De fait, Laurent Marchand — dont le titre officiel est directeur technique du groupe de recherche 17 Interface BIT 4992 FACE À FACE — compterait même parmi les cinq principaux «visionnaires» de la multinationale, les quatre autres étant rattachés au siège social en Suède.Une position qui témoigne d'une chose: l'homme a des idées, beau-roup d'idées et un immense désir de se faciliter la vie ! Par exemple, Laurent Marchand possède chez lui deux ordinateurs, dont un portatif, et une imprimante.Pour ses services de téléphone, d'Internet, d'appels interurbains et de téléphonie cellulaire, il transige avec quatre fournisseurs différents, ce qui signifie quatre factures à payer à la fin de chaque mois.Son rêve?«J'aimerais pouvoir utiliser mon ordinateur portatif dans la cuisine, imprimer mes travaux et consulter Internet sans devoir me battre avec des fils pour me re- non?Pratique aussi, cette idée d’avoir une clé programmable à distance, histoire d'obliger sa progéniture à ne pas rouler trop vite et surtout à rentrer avant une certaine heure.Une clé pour les Cendrillons de l'an 2000.ISans frontière et SANS Fil On connaît tous l'idée du village global.Parler avec Laurent Marchand, c'est découvrir un village non seulement sans frontières, mais sans fil.Et dans ce monde sans fil, une nouvelle révolution se prépare.« Les premières générations de cellulaires, au début des années 80, étaient analogiques, explique-t-il.En 1995, sont sortis les cellulaires de la deuxième génération, comme Fido, Cantel PCS, où le signal est converti en numé- t L’homme a des idées, beaucoup d’idées et un immense désir de se faciliter la vie! lier à l'imprimante ou au téléphone.J'aimerais, de plus, voir tous les services que j'utilise intégrés en un seul.» Pourquoi alors ne pas relier tous ces éléments en un réseau sans fil fonctionnant à partir du téléphone?Son rêve se réalisera peut-être bientôt.Très bientôt.Laurent Marchand ne «cogite» pas inutilement pour le plus important fournisseur de systèmes de téléphonie sans fil au monde (40 p.100 du marché mondial.Au Québec, Ericsson Communications fournit les systèmes pour Cantel et Microcell, soit Fido) ! Mais sa vision des «réseaux» va plus loin.La compagnie Ericsson Communications vient de mettre au point une puce électronique, baptisée Bluetooth, qui s'intégre aux composantes électroniques de n'importe quel appareil électrique pour le mettre en réseau, lequel pourrait ensuite être relié à Internet.«Si le lave-vaisselle fonctionne mal, la compagnie d'entretien pourrait ainsi poser son diagnostic à distance, vous pourriez gérer votre ordinateur à distance, etc.» Avec cette puce, il rêve également d'intégrer en un seul réseau toutes les composantes électroniques d'une auto : les prochaines générations pourraient en compter jusqu'à 60 ! Le tout serait relié à un poste de contrôle dans le tableau de bord, poste qui offrirait en plus une multitude de fonctions : affichage des cartes routières et plans de ville, accès à Internet, téléphone, télécopieur, jeux, et même un système pour indiquer les parcomètres disponibles dans la région où vous allez.Pratique, rique afin d'augmenter la capacité de transmission et d'offrir une plus grande confidentialité.Mais on n'a encore rien vu ! Bientôt, vont se pointer les cellulaires de troisième génération, qui utiliseront le réseau Internet.Ils permettront de transmettre non seulement la voix, mais aussi des données, de naviguer sur le net ou de recevoir des images vidéo.Ces téléphones pourront fonctionner dans 150 pays environ.Leur capacité de transmission sera beaucoup plus grande, jusqu'à 2 mégabits/seconde : on pourra alors utiliser pleinement la technologie Bluetooth pour la mise en réseau de divers appareils.» Ericsson Communications et Rogers Cantel Inc.inaugureront d'ailleurs, en juin prochain, le Centre d'essai en communications évoluées sans fil de troisième génération.Inutile de dire que ces téléphones représentent un enjeu majeur de plusieurs milliards de dollars pour les compagnies de télécommunications du monde entier.Et la lutte s'annonce chaude, très chaude.Les Européens et les Américains se livrent déjà à une guerre de brevets en ce qui concerne l'adoption de normes radio de communication.Et personne ne sait encore si les téléphones de troisième génération finiront par tous utiliser les mêmes normes universelles de communication, question d'être fonctionnels partout.Plusieurs en doutent, mais c’est là une autre histoire.«Pour l'instant, confie Laurent Marchand, le défi pour les chercheurs est de s'assurer que l'on va pouvoir trans- 18 Efl INTERFACE | FACE À FACE porter la voix en offrant la même qualité qu'avec le système actuel.Or Internet n'est pas encore un système fiable.Le service peut être soit très rapide, soit très lent, quand il ne tombe pas en panne.Pour mettre au point le téléphone de troisième génération, il faut réinventer Internet, ses caractéristiques.» Vaste programme ! OIR L OBJET.PENSER L ENSEMBLE Et Laurent Marchand d’expliquer que son travail de chercheur, mais surtout de coordinateur des recherches, l'oblige à avoir une vue d'ensemble de toutes les technologies nécessaires à une innovation.«On part d’une idée, d'une vision, puis on doit imaginer l'architecture du système et ses composantes, et définir les axes de recherche nécessaires pour réaliser le projet: Quelles sont les technologies existantes?Celles à développer ?Les partenaires possibles?Les problèmes à résoudre?» L'homme est à l'affût de tout ce qui se fait dans le monde.C'est d’ailleurs ce besoin d'avoir une vue d'ensemble qui explique sa lointaine décision de ne pas poursuivre une carrière en recherche à l'université.Titulaire d’un baccalauréat en informatique de l'Université de Montréal, suivi d'un second en génie mécanique à l'École Polytechnique — au début des années 80, le génie informatique n'existait pas — , il a travaillé presque deux ans comme attaché de recherche dans cette dernière institu- développement de la compagnie, l'argent n'est pas un problème ! Je ne m'occupe pas de l'aspect financier.» Il faut dire que le centre de recherche d'Ericsson Communications à Montréal est l'un des plus importants de la compagnie: le budget attitré à la R-D atteint 180 millions de dollars.Précisons que cette compagnie suédoise est l'entreprise privée qui investit le plus en recherche au Québec et l'une de celles qui le font le plus au Canada.Le budget total de R-D d'Ericsson Communications est de l'ordre, quant à lui, de 5,6 miliards de dollars, une activité qui occupe près de 20 p.100 du personnel, soit 20000 personnes.G U PAYS DE LA RECHERCHE PRIVEE «Quand on travaille pour une entreprise privée, confie Laurent Marchand, il faut s'assurer de trouver des retombées commerciales à nos travaux.Comme chercheur, on ne peut pas être déconnecté du monde !» Cet état d'esprit conditionne bien sûr les recherches, mais aussi la communication des résultats.Ainsi, depuis quelque temps, on demande plus à ce chercheur de faire des présentations dans des événements scientifiques à caractère commercial, comme des salons, que dans des colloques, congrès ou autres rencontres de spécialistes.«Une communication strictement scientifique a peu d'effet sur la valeur des actions, commente-t-il, et tout ce que l'on fait doit représenter des avantages pour les actionnaires de la compagnie.» Si l’idée est bonne, l’argent n’est pas un problème ! tion.«À l'université, on te donne un sujet très précis et il est difficile de voir l’impact de tes recherches.Je travaillais sur des systèmes d'optimisation par éléments finis.J'aimais ce que je faisais, mais il n'y avait pas vraiment de débouchés commerciaux pour mes travaux.Nos systèmes auraient coûté beaucoup trop cher à l'indus- Les résultats des recherches ne font d'ailleurs pas tous l'objet de publications.Certains travaux sont publiés après le dépôt d'un brevet, d'autres pas.D'autres encore ne sont jamais brevetés.Pourquoi?«Déposer un brevet oblige à divulguer de l'information.Alors, quand on sent que des concurrents pourraient en profiter et qu'il serait impossible de prouver qu'ils ont copié notre inven- trie.» Il quittera donc l'École Polytechnique pour une compagnie de télécommunication d'Ottawa dont il préfère taire le nom.Sept ans plus tard, en 1991, la compagnie Ericsson Communications vient le chercher.«Ici, on peut avoir n'importe quelle idée.Si l'on est en mesure de démontrer sa pertinence, il nous sera possible de la faire passer du concept au produit.» Et l'argent?«Si l'idée est bonne, si on réussit à la vendre aux groupes de tion, on ne brevette pas!» Cela dit, Laurent Marchand se défend bien de ne faire que de la recherche à court terme.« On parle ici de certains projets pour l'an 2010.L'important, c'est d'avoir de la vision.Plusieurs personnes ne voient pas l'intérêt de ce que l'on fait, mais vous savez, au tout début de la téléphonie, plusieurs n'y croyaient pas non plus.S'il fallait attendre que nos clients nous demandent de développer certains produits, on serait en faillite d'ici 10 ans!» 19 i iNihRiAchiar TÉLÉCOMMUNICATIONS FACE  FACE îu V- T McGill Nos plus sincères félicitations aux récipiendaires des Prix McGill pour les meilleures communications étudiantes présentées au congrès 1998 de l’Acfas: Madame Nancyjulien, étudiante en nutrition à l’Université McGill Monsieur Jean-François Hamel, étudiant en littérature comparée à W l’Université de Montréal w 845, rue Sherbrooke o A Montréal, Québec H3A 2T5 www.mcqill.ca - AIDE AUX CONGRÈS SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES Le Programme de soutien à la communication scientifique et technologique permet d'aider financièrement la tenue de congrès qui se tiennent au Québec et qui revêtent un caractère pertinent, que ce soit par la participation de spécialistes pouvant s'exprimer en français, par la thématique retenue ou par la capacité de mieux faire connaître le Québec comme lieu d'expertise et d'innovation en science et en technologie.La priorité est accordée aux congrès qui ont trait aux sciences naturelles, au génie et aux sciences biomédicales, et qui établissent des liens avec des applications technologiques.Une somme maximale de 10000$ est octroyée pour un congrès québécois et de 20000$ pour un congrès international.Cependant, le montant alloué ne dépassera pas 50 p.100 de l'ensemble des dépenses admissibles aux fins du programme, soit les frais reliés au secrétariat et à la promotion de l'événement, aux travaux du comité d'organisation et du comité scientifique, à la participation des experts étrangers invités (à l'exception de leurs honoraires) et à la diffusion en français des actes du congrès.Présentation des demandes Les demandes de subvention doivent être reçues en cinq exemplaires au plus tard le 16 juillet 1999.Pour obtenir le Guide de présentation des demandes de subvention, veuillez consulter le site provisoire du Ministre à l'adresse: www.mic.gouv.qc.ca ou téléphoner au (418) 691-5666.v.Recherche, Science, Technologie Québec j ILE DILEMME PE LA MATIÈRE GRISEl Le centre de recherche d'Ericsson Communications à Montréal a démarré au début des années 80 avec une vingtaine d’employés.Il en compte maintenant 1300 dont plus de 1000 en R-D.Une belle croissance, mais est-ce difficile de recruter la matière grise ?« Nous commençons à avoir des problèmes, avoue le chercheur.Il faut dire que nous avons besoin de gens dans des domaines qui ne s'enseignent pas encore à l'université! Nous avons d’ailleurs l'intention de nous associer avec des établissements d'enseignement pour le développement de certains programmes.» Et d'ajouter qu'on a surtout besoin de personnes provenant d'horizons divers.«Quand tout le monde pense pareil, ce n’est pas bon !» Mais voilà, certains horizons semblent plus difficiles à conquérir que d'autres.«Nous avons du mal à recruter des chercheurs étrangers, surtout américains.Et ce n'est pas la langue, le problème, mais bien.les impôts.Chez eux, les chercheurs américains payent environ 30 p.100 d'impôts, alors qu'ici, ils payeraient plus de 50 p.100.Fait amusant: avec les crédits d'impôt offerts aux compagnies qui investissent en recherche, la taxation québécoise a un effet exactement contraire sur l'implantation de compagnies étrangères comme Ericsson Communications.«Montréal est une ville financièrement très intéressante pour les Suédois, qui y voient, en plus, un compromis entre les États-Unis et l'Europe.» Intéressante pour les entreprises, mais pas pour le chercheur! Et la collaboration avec les universités?«Nous faisons de plus en plus de choses avec les universités, mais notre façon d'interagir est différente.Par le passé, on regardait les recherches qui s'y faisaient et on prenait ce qui nous intéressait.Maintenant, on va les voir avec nos projets de recherche et on les finance.» Coup d'œil sur sa montre, l'homme est pressé.Il revient d'un voyage de 15 jours en Irlande, en Suède et aux États-Unis, et il repart demain pour la Californie.«Je suis environ six mois par an en voyage.Certains mois, je passe plus de temps dans les avions que le personnel volant, c'est-à-dire plus de 80 heures!» Rêve-t-il d'un système pour éliminer le décalage horaire?Pour se téléporter par Internet?«Le décalage?J'évite d'y penser.Il ne faut pas y penser.» Bon voyage, monsieur Marchand! ? IIAiiO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES - til J J 1\/(1 - Un accès à la recherche de pointe ** Un meilleur taux de placement » Un passeport pour le monde Faites votre demande d'admission dès maintenant 'mlHÊm UNIVERSITE LAVAL LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR ICI www.ulaval.ca 656*2764 1*877*7ulaval (poste 2764) RECHERCHE 1 'I H I'avanl-garde o en recherche anNviraie IjTN Boehringer illlllp Ingelheim Boehringer Ingelheim (Canada) Ltée Bio-Méga division recherche 2100, rue Cunard Laval (Québec) H7S 2G5 Canada Tél.: (450) 682-4640 Téléc.: (450) 682-8434 mieur! gion ueQuébec.indelBiiante, rtion complète Professionnelle, citaire efficace julation active.: Le Mode ¦ M P LO Le Mode Pour les formations, tous les types de for Pour les emplois, tous les types d'emplo Pour les chercheurs, les secrétaires, les les informaticiens, les appariteurs, les i les chefs d’entreprise, les communicate1 Pour les formations, Pour les emplois, Un seul journal spécialisé en format 25 000 copies 60 000 lecteurs dans de la Mauricie, de la Beauce, de la de la Côte Sud et bientôt pout tout MIS IBpltATlQlJB 527.6633 et de formation affiche une certaine étroitesse car il est exclusivement tourné vers les secteurs de la santé avec la présence de l'INRS-Institut Armand-Frappier.Les mécanismes de création technologique sont essentiellement assurés par la pharmaceutique, qui rassemble 80 p.100 des montants destinés à la R-D.La provenance de facteurs liés à la productivité, aux sous-traitances, aux commandes, aux collaborations scientifiques et productives, demeure pour l'instant limitée, dépourvue de dynamique locale et définie uniquement à l’échelle de l'agglomération.Enfin, le nombre d'entreprises essai-mées demeure faible, d’autant plus que les trois firmes issues des laboratoires de recherche sont spécialisées en pharmaceutique.Les défis Malgré un certain décalage entre le contenu et l'image projetée par la technopole, il faut garder à l'esprit que l’enracinement d'un projet technopolitain est une entreprise de longue haleine.Actuellement, l’émergence d'un biopôle performant et dynamique quant au nombre des entreprises et du personnel, à la production scientifique et à l'intensité de la R-D apparaît clairement.Pour atteindre sa pleine maturité, la technopole la-valloise devra relever trois grands défis: rassembler localement les compétences favorables à la création d'un milieu innovateur pour les secteurs de l'électronique, des télécommunications, de l'aéronautique et de l'informatique; renforcer l'animation technologique pour créer une atmosphère industrielle à l'échelle locale; établir la cohérence du projet à l’intérieur de la ville elle-même.Laval a choisi de se doter d'une base économique dynamique fondée sur les hautes technologies.Elle s'est pourvue d’un outil de développement et d'une image de marque qui anticipent sur l'avenir.Ici comme ailleurs, le temps est une donnée essentielle : il ne faut pas oublier que la genèse des technopoles s'inscrit dans la durée.?Références 1.BRUNET, R.Les mots de la géographie, Paris, La Documentation française, 1994.2.DOLOREUX, David.«Politique technopolitaine et territoire: le cas de Laval», Revue canadienne des sciences régionales, à paraître.3.Relations, «Dossier Laval», janvier-février 1998. Nous avons l'énergie pour défier l'imagination.Nous recherchons et nous développons pour nous maintenir à la fine pointe de la technologie, pour assurer la pérennité de notre savoir, pour créer des emplois et stimuler l'économie Nous recherchons pour trouver et nous développons pour grandir parce que nous sommes animes par une énergie nouvelle qui n'a pas peur de plonger dans l'inconnu pour y trouver du nouveau.www.hydroquebec.com IREQ Institut de recherche d ' H y d r o - Q u é b e c http://www.ireq.ca Q* Hydro Québec Une énergie nouvelle VIEILLIR iw’ AVEC OU SANS SOUFFRANCE?Premier investisseur au Canada en recherche et développement pharmaceutique, Merck Frosst s’affirme aujourd’hui comme le chef de file incontesté de cette industrie.Ainsi, par la mise au point des médicaments et des vaccins parmi les plus importants de notre époque, Merck Frosst a participé de manière significative à l’amélioration de la qualité de vie des hommes et des femmes.Merck Frosst peut donc s’enorgueillir, après 100 ans d’existence, d’avoir changé le cours de bien des maladies, de l’asthme à l’ostéoporose, en passant par le sida, le glaucome ou les maladies cardiovasculaires.Tant que nous aurons à affronter la maladie et la souffrance, nous n’arrêterons pas le combat.MERCK FROSST Découvrir toujours plus.WWW.merckfrosst.ca Vivre toujours mieux.Sa Le point de départ, c'est votre idée.Elle est géniale, réalisation est longue, la mise en marché encore plus.Smart & Biggar a pour mission de la protéger.Vous avez maintenant l'assurance qu'elle restera unique.Depuis une centaine d'années, SMART & BIGGAR* s'est donné comme mission de protéger et de défendre les idées originales de l'entreprise locale et étrangère.Qu'il s'agisse de l'obtention d'un brevet d'invention, d'une marque de commerce, d'un dessin industriel, d’un droit d’auteur, de la protection d'un secret de fabrique, d'un litige ou des aspects contractuels reliés à l'une ou l'autre de ces matières, ses quelque 100 professionnels pratiquant dans l'un ou l'autre de ses bureaux de Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver, ont la formation et l'expérience requises pour vous conseiller, notamment dans les domaines suivants : - le génie mécanique - l'électricité et l'électronique - l'informatique - la chimie et la biochimie - la biotechnologie - la métallurgie SMART & BIGGAR se veut votre partenaire dans la protection de vos idées.Pour de plus amples renseignements, communiquez avec nous au (514) 954-1500.SMART & BIGGAR Nous protégeons vos idées originales.* En partenariat avec Fetherstonhaugh & Cie L’asthme est une affection inflammatoire chronique des voies respiratoires aériennes qui affecte, au Canada, 10 à 15 p.100 des enfants et 4 à 7 p.100 des adultes.La cause de cette maladie incurable est encore inconnue, mais elle semble liée à l’action conjuguée de facteurs génétiques et environnementaux.L’asthme est responsable chaque année de 400 à 500 décès au Canada.L’éducation des personnes participant au traitement, la recherche médicale et les changements dans la nature des soins soulèvent des espoirs. RECHERCHE 1 j L'asthme, incurable mais contrôlable Depuis deux décennies, l’asthme est en croissance un peu partout dans le monde et malgré les recherches, cette maladie chronique, l’une des plus fréquentes, reste incurable.Les médicaments permettent aujourd'hui d'en maîtriser les symptômes, mais l'éducation des personnes atteintes et de celles qui les soignent apparaît de plus en plus comme une étape indispensable pour minimiser les conséquences de l'asthme dans la vie de tous les jours.Des travaux récents, effectués dans notre établissement ainsi qu’en collaboration avec d’autres chercheurs québécois, ont permis de mieux comprendre cette maladie.1 Louis-Philippe Boulet | pbouietcmed.uiavai.ca pneumologue au Centre de pneumologie de 1’Hôpltal Laval et professeur titulaire de médecine à l’Université Laval Nous ignorons encore pourquoi certaines personnes développent de l’asthme.Nous savons, par contre, qu’il s'agit d'une maladie inflammatoire des bronches, devenues hyperexcitables, et qui les amène à se fermer spontanément ou sous l'effet de facteurs déclenchants (illustration 1), le plus souvent des allergènes et des irritants respiratoires comme la fumée de cigarette.Un essoufflement intermittent, des sillements, une sensation d'oppression à la poitrine, des sécrétions bronchiques et parfois une toux persistante sont les symptômes les plus courants.Et comme nos récentes études l'ont démon- tré, la perception de l'intensité de la bronchoconstric-tion varie fortement d'une personne à une autre.D'où l'importance de la mesurer à l'aide de tests de fonction respiratoire pour bien l'évaluer.On ignore aussi les causes précises de l'augmentation de la fréquence de cette maladie au cours des dernières années.On l'attribue souvent à la mauvaise qualité de l'air intérieur, d'une part, et à de meilleures méthodes de diagnostic, d'autre part.Nous savons que de 5 à 10 p.100 de la population présentera des symptômes respiratoires liés à l'asthme au cours de sa vie, ce qui est 28 ES INIhKfACE] ILLUSTRATION: STÉPHANE JORISCH Dossier asthme 7 INTERFACE RECHERCHE le cas présentement pour près de 10 p.100 des Canadiens et Canadiennes de 22 à 44 ans1.Par ailleurs, les coûts de santé annuels associés à l'asthme sont de près de 600 millions de dollars au Canada, dont environ 150 millions au Québec, la plupart des coûts étant liés aux soins d'urgence et d'hospitalisation.Des pistes de réponses Pourquoi l'inflammation bronchique qui mène à l'asthme apparaît-elle en premier lieu?Ici aussi, nous ignorons les causes avec certitude, mais nous avons des pistes de réponses.Une prédisposition génétique semble en partie reliée à la tendance à développer de l'allergie respiratoire.Plusieurs anomalies ont été retrouvées sur certains chromosomes en relation avec l'asthme et l'allergie.À l'occasion d'une étude menée avec nos collègues du Centre hospitalier de l'Université Laval (pavillon CHUL), nous avons pu identifier une fréquence accrue pour une mutation sur le chromosome 11, région ql3 chez des personnes allergiques de la région de Québec et ce, pour deux caractéristiques associées à l'asthme: la tendance à développer des anticorps, et donc l'allergie, ainsi que l'hyperrééactivité bronchique.Le Dr Catherine Laprise, principale au- teure du rapport faisant état de cette observation, poursuit cette recherche auprès de familles du Saguenay— Lac-Saint-Jean.L'environnement joue aussi un rôle primordial dans la majorité des cas d'asthme.Le développement d'allergies à des substances inhalées, des particules animales, des acariens ou des mites à poussière, particulièrement en bas âge, serait un des principaux facteurs déclenchants.Et plus une personne allergique prolonge le contact avec l'allergène, plus ses risques de développer de l'asthme augmentent.Paradoxalement, la décision de se séparer d'un animal semble souvent très difficile à prendre, même lorsque c'est le médecin qui le recommande: 47 p.100 des personnes interrogées au cours d'une étude de Santé Canada rapportaient que leur asthme était pire au contact d'animaux domestiques, mais 56 p.100 d'entre elles continuaient de garder des animaux à la maison.Certains irritants tels que la fumée de tabac peuvent aussi favoriser l'apparition de l'asthme, surtout, comme nos recherches l'indiquent, si le contact se fait en bas âge.Nous savons maintenant que le tabagisme de la mère affecte le développement du système respiratoire de l'enfant: les enfants dont les parents fument sont, Muqueuse Muscle détendu Bronche normale Voie aerienne Cartilage Trachee Poumon Mucus Bronches (voies aériennes Bronche durant une crise d’asthme Voie aérienne contractée Cartilage Accumulation de mucus Poumon non asthmatique Poumon asthmatique Inflammation de la muqueuse Muscle contracté 30 INTERFACE GRAPHIQUE: MERCK FROSST GRAPHIQUE: MERCK FROSST en effet, plus vulnérables à l'asthme et aux affections respiratoires.Et malgré la publication de ces résultats, parmi les 13 p.100 des enfants de 5 à 19 ans de neuf villes canadiennes qui étaient asthmatiques, dans une autre étude, la moitié étaient exposés régulièrement à la fumée de cigarette, sans compter que près du quart des étudiants de 13 à 19 ans fument quotidiennement ou occasionnellement.Par ailleurs, nous avons récemment démontré, tout comme d'autres auteurs, que le contact en bas âge avec certains virus, tel le Syncytial Virus Respiratoire (RSV) qui provoque une infection des petites bronches chez les enfants — une bronchalite — pourrait également contribuer au développement de l'hyperexcitabilité bronchique et de l’asthme chez les enfants.Il pourrait même être à l'origine de sa persistance à l'âge adulte, possiblement en affectant la structure des bronches lors de l'infection initiale.Enfin, certaines personnes développeront de l'asthme dans leur milieu de travail, à la suite de contacts avec des substances industrielles (il en existe plus de 200) qui causeront une inflammation et un « remodelage » bronchique.Les isocyanates, par exemple, sont un groupe de substances très irritantes qui se retrouvent dans les émanations de peintures employées pour les automobiles ou dans différents plastiques industriels.Les poussières de bois de menuiserie comme le cèdre, la farine des boulangers et même les fruits de mer sont aussi en cause dans l'asthme professionnel.Dans le cadre d’une collaboration de longue date avec l'équipe de pneumologie de l'Hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, nous avons évalué divers mécanismes par lesquels les substances industrielles causent l'asthme.Ce type d'asthme, surtout celui provoqué par des substances toxiques, est associé à un changement marqué de la structure des bronches elles-mêmes, ce qui explique probablement que l'asthme professionnel soit habituellement irréversible.Il est donc très important de cesser l'exposition à la substance incriminée le plus rapidement possible une fois le diagnostic posé.Diagnostic et prévention Nos travaux récents ont aussi démontré qu'avant même l'apparition des symptômes de l'asthme, certaines personnes souffrent déjà d'inflammation bronchique de type asthmatique, quand ce n'est pas la structure bronchique elle-même qui est modifiée.Chez ces personnes à risque, c'est probablement la persistance de cette inflammation ou ses effets sur la structure bronchique qui amènent le développement de l'hyperréactivité bronchique et des symptômes d'asthme.Les risques augmentent de manière significative chez les personnes allergiques ayant une prédisposition familiale à cette Dossier asthme 1: L’éducation est au cœur DU TRAITEMENT DE L’ASTHME En matière de traitement de l’asthme, un consensus se dégage: au même titre que la médication, l’éducation doit occuper une place de premier choix Nos recherches ont démontré qu’une information bien structurée peut améliorer la maîtrise de l’asthme, réduire les visites à l'urgence et les hospitalisations, et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes.De plus, un programme de perfectionnement des professionnels s’occupant du traitement et de l’éducation des personnes asthmatiques leur a permis d’intervenir plus efficacement.Au cours des cinq dernières années, le Réseau québécois pour l'enseignement sur l’asthme (RQEA) a mis sur pied une structure unique en son genre: dans une centaine de centres d’enseignement aux asthmatiques (CEA)1 répartis à travers le Québec, on enseigne les notions essentielles à une bonne compréhension de l’asthme et de son traitement, afin d'en réduire les conséquences.Au ROEA, on a aussi développé des programmes de formation et de mise à jour des médecins et autres professionnels de la santé en cause, collaboré à la mise sur pied de groupes de soutien, élaboré du matériel éducatif et procédé à des études visant à vérifier l’efficacité des interventions effectuées, et ce, en collaboration avec le Réseau en santé respiratoire du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSO) et de plusieurs autres groupes de chercheurs universitaires.Référence i.Site Internet des centres d’enseignement aux asthmatiques (CEA) : www.rqea.com maladie qui s'exposent régulièrement à un allergène domestique, comme un animal.Une fois l'asthme diagnostiqué, cette maladie, ou du moins la tendance à la développer, persiste généralement pour la vie, sauf chez certains enfants qui verront leur asthme disparaître à l'adolescence.Évolution du traitement Jusqu'au début des années 60, les personnes atteintes d'asthme étaient le plus souvent considérées comme des invalides chroniques.On a ensuite cru que l'asthme était lié à un bronchospasme.On traita celui-ci par des bronchodilatateurs, des appareils plutôt lourdeaux qui ressemblaient à un petit moteur et dont les malades ne pouvaient pas s'éloigner beaucoup.En dernier recours, on prescrivait des corticostéroïdes qui, adminis- 31 INTERFACE Bff RECHERCHE 1 très par voie orale, provoquaient des effets secondaires importants, notamment sur la croissance des enfants, ou encore, des pertes osseuses légères.L'arrivée des corticostéroïdes inhalés a constitué une étape cruciale dans le traitement de l'asthme: outre des effets secondaires minimes ou absents aux doses habituelles, cette médication est celle qui permet le mieux de maîtriser les symptômes et d'améliorer la fonction pulmonaire.Son effet apparaît en quelques jours et devient maximal après quelques semaines: il faut donc prendre régulièrement le médicament à la dose minimale requise pour obtenir l'effet voulu.On a par la suite constaté que l'asthme était une maladie inflammatoire.L’inflammation apparaît d'abord dans les bronches, qui deviennent alors hyperréactives et sujettes au bronchospasme.Ensuite apparaissent les symptômes de l'asthme.Les médicaments anti-inflammatoires bronchiques, surtout les corticostéroïdes inhalés, se sont alors imposés.On a tout de même continué à employer les bronchodilatateurs, également présentés sous forme de petites pompes portatives, pour soulager ou pour maîtriser les symptômes aigus occasionnels.Tbut dernièrement, de nouveaux médicaments sont apparus.Il s'agit des antagonistes des récepteurs de leucotriènes (voir notre article à la page 33).Ces dernières sont des substances naturelles libérées au cours des réactions asthmatiques.Les antagonistes agissent sur l'inflammation des bronches causée spécifiquement par les leucotriènes.Ils sont pris par la bouche et présentent un excellent profil de sécurité, ce qui les rend attrayants.On doit toutefois les prendre quotidiennement, à titre préventif, tout comme les corticostéroïdes inhalés.Quoique leur rôle précis dans le traitement de l'asthme reste à préciser, on sait qu'ils pourront certainement aider plusieurs asthmatiques à mieux maîtriser leurs symptômes.En résumé, une fois le diagnostic confirmé, les facteurs déclenchants isolés et le degré de gravité de l'asthme déterminé, le traitement commence par l'assainissement de l'environnement et l'éducation de la personne asthmatique.En effet, une personne bien informée peut mieux qu'une autre contrôler sa maladie (encadré J).Un traitement pharmacologique individualisé permet ensuite de maîtriser l'asthme rapidement.Il s'agit, d'une part, d'un bronchodilatateur inhalé, à courte durée d'action au besoin, pris le moins souvent possible, et qui sert de médication «de dépannage» pour soulager les symptômes aigus; d'autre part, on utilise des corticostéroïdes inhalés si les symptômes respiratoires requièrent l'utilisation du bronchodilatateur plus de trois fois par semaine (la recherche sur l'utilisation des antagonistes des leucotriènes à cette étape n'est pas terminée).Si l'asthme est grave, on commence le traitement avec des corticostéroïdes oraux.Une fois les symptômes maîtrisés, on détermine la dose minimale de corticostéroïdes à inhaler pour maintenir le contrôle.Si l'asthme n'est pas parfaitement maîtrisé une fois franchies toutes ces étapes, on pourra ajouter un bronchodilatateur à longue durée d'action, un antagoniste des leucotriènes ou autre2.Oue réserve le futur?La recherche va bon train dans le domaine de l'asthme.De nombreux médicaments sont présentement à l'essai, qui ciblent les différents mécanismes inflammatoires considérés importants dans le développement de la maladie.Pour notre part, en plus d'évaluer l'effet de divers traitements, nous avons développé, en collaboration avec des chercheurs de l’Université Laval et d'autres universités canadiennes, divers outils permettant d'explorer les mécanismes de développement de l’asthme.Des cultures cellulaires et la mise au point de divers modèles à partir des cellules obtenues à la suite de biopsies bronchiques de sujets asthmatiques, nous ont permis de mieux évaluer les mécanismes par lesquels l'inflammation modifie la structure bronchique et ainsi, quel rôle l'inflammation peut jouer dans la persistance de l'asthme.Au cours des prochaines années, l'analyse de marqueurs génétiques ou le dépistage précoce de l'inflammation bronchique de type asthmatique par des méthodes non invasives, comme l'analyse des cellules présentes dans les expectorations, pourront nous aider à mieux conseiller les malades et à intervenir rapidement, avant même que la maladie n'apparaisse.Arrivera-t-on à détecter les personnes susceptibles de développer de l'asthme?En attendant ce jour béni, le grand défi consiste à déterminer qui est le plus apte à bénéficier de mesures de prévention primaires comme l'élimination des allergènes et de la fumée de cigarette, et surtout, de persuader les gens d'appliquer ces mesures.?Références 1.Les statistiques mentionnées dans cet article proviennent de : a) SANTÉ CANADA.L'asthme infantile dans les secteurs desservis par les unités de santé sentinelles, Bureau des maladies respiratoires, Laboratoire de lutte contre la maladie, Ottawa, Santé Canada, septembre 1998, p.1-92; b) STATISTIQUE CANADA.L'état de santé des Canadiens.N° de cat.11-612MPF, n° 8 (1994).c) KRAHN, M., C.BERKA, R LANGLOIS et al.«Direct and indirect costs of asthma in Canada», Can.Med.Assoc./., vol.154, n° 9, 1996; d) BOULET, L.R L’asthme: notions de base, éducation, intervention, Québec, Presses de l'Université Laval, 1997.2.Le Guide thérapeutique canadien a été révisé et sera publié prochainement dans le Journal de l’Association médicale canadienne.32 WS IN ïfcKfACE i SingulairMC: petite histoire crime découverte Le Singulair"c, un médicament nffert dans une soixantaine de pays, constitue, selon les chercheurs de Merck Frosst qui l’ont découvert et mis au point, le progrès le plus important dans le traitement de l’asthme depuis 25 ans.Du début de la recherche jusqu’à la mise en marché du produit en 1998, l’entreprise a investi plusieurs centaines de millions de dollars en R-D et elle a constitué une équipe multidisciplinaire de plus de 250 personnes à son Centre de recherche thérapeutique de Montréal.MAGGIE Beute | maggie_beute9merck.com chef des comntunkations chez Merck & Co.Jacques Yves Gauthier I jacques-yves_gauthieT9merck.com chercheur chez Merck Frosst L'histoire du SingulairMC débute en 1979.Joshua Rokach, directeur de la recherche chez Merck Frosst, la division canadienne de Merck & Co., vient d'assister, à Washington D.C., à la conférence du Suédois Bengt I.Samuel-son, qui recevra le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1982.Le conférencier révèle avoir réussi à identifier les composants de la substance connue sous le nom de SRS-A (slow-reacting substance of anaphylaxis).Il s'agit de leucotriènes (encadré 1 ) qui, lorsque produites en trop grande quantité, déclenchent une crise d'asthme.Informés aussitôt par téléphone, les chercheurs de Merck Frosst à Montréal, qui avaient étudié la SRS-A, se réjouissent de cette découverte.À la lumière de ces données, ils peuvent se lancer à fond dans la recherche d'un médicament contre l'asthme.La cible?Les leucotriènes.Synthèse et production de leucotriènes Ibut d'abord : trouver un moyen de produire les leucotriènes, c'est-à-dire de les synthétiser, car pour tester des produits qui puissent les combattre, il faut en posséder une certaine quantité.Cette étape est essentielle avant d'entreprendre les travaux de biologie, de pharmacologie et de dépistage indispensables à la mise au point d'un médicament.I INTERFACE B RECHERCHE Acide arachidonique Cydooxygénase Réductase CO,H CO,H 5-HPETE 5-HETE Peptidoconjugase CO,H CO,H 1 i INFLAMMATION, FIÈVRE, DOULEUR INFLAMMATION ASTHME, ALLERGIES Encadré 1 Vers 1940, Kelleway et Trethewie observaient une activité biologique curieuse entraînant la contraction des muscles lisses, et unique de par son action, d’abord lente puis puissante et prolongée.Il a fallu près de 40 ans pour que l’origine de cette «slow-reacting substance of anaphylaxis» (SRS-A) soit identifiée.Produites dans les leucocytes et caractérisées par la présence d’une unité triène conjuguée, les leuco-triènes constituent des médiateurs puissants de l’asthme bronchique.Elles sont dérivées d’un acide gras essentiel présent chez tous les humains, l’acide arachidonique, par le biais d’une série d’enzymes dont la 5-lipoxygénase et la peptidoconjugase.La production excessive de leucotriènes est associée à plusieurs pathologies telles que l'asthme, le psoriasis, la fièvre des foins et les pathologies inflammatoires de l’intestin, pour ne nommer que celles-là.Chez les asthmatiques, les facteurs déclenchants, tels les allergènes, poils, poussières, pollens ou le froid, entraînent la constriction des muscles entourant les voies aériennes et causent une obstruction: la sécrétion accrue de mucus entrave le passage de l’air et l'activation des cellules qui tapissent les voies aériennes entraîne un oedème (enflure).Ce sont là les conditions idéales pour une bonne crise d’asthme.STRUCTURE DES LEUCOTRIÈNES.Chez une personne en santé, le corps humain dégrade l’acide arachidonique, un acide gras essentiel à la vie, sans aucun problème.La leucotriène LTA4 est une structure intermédiaire très toxique et très réactive qui réagit avec une protéine pour donner la leucotriène LTD4.Certaines personnes produiraient la LTD4 en plus grande quantité que la normale et d’autres y seraient plus sensibles, ce qui expliquerait l’apparition de l’asthme.D'autres joueurs, en 1979, sont dans la course, le plus «préoccupant» étant Elias James Corey, un chercheur de Harvard qui obtiendra le prix Nobel de chimie en 1990 et qui possède alors une bonne longueur d'avance pour avoir déjà travaillé avec le chercheur suédois Sa-muelson.Survient alors un moment d'hésitation chez Merck Frosst, où l'on se demande s'il ne vaudrait pas mieux attendre et reproduire les résultats obtenus par d'autres: «Nous avions cependant le profond sentiment que l'expérience que nous pourrions acquérir en créant notre propre processus de synthèse serait inestimable, rappelle le directeur de recherche d'alors, aujourd'hui vice-président à la recherche, Robert Young, et nous nous sentions tous la force de concurrencer et peut-être même de battre cette équipe.» La direction donne le feu vert.Les deux équipes concurrentes réussissent la synthèse des leucotriènes à peu près au même moment, soit durant la période de Noël 1979.Vient ensuite la production des leucotriènes.Vers le milieu de 1981, les quantités obtenues sont suffisantes pour qu'on puisse commencer à tester des centaines de composés.Ces tests permettent d'étudier l'action des leucotriènes à l'intérieur et à l'extérieur des poumons.Dans le but d'accélérer la recherche, Merck Frosst offre gratuitement des leucotriènes de synthèse aux chercheurs des universités.Bientôt, l’arrivée à la barre d’un jeune universitaire, Anthony Ford-Hutchinson, stimule la formation d'une nouvelle équipe de pharmacologues et de biochimistes qui unissent leurs efforts pour donner l'assaut aux leucotriènes.Deux axes de recherche prometteurs Sous la direction de Ford-Hutchison, on organise deux axes de recherche : les inhibiteurs de la biosynthèse des leucotriènes et les antagonistes ou bloqueurs des récepteurs des leucotriènes (encadré 2).Dans le premier cas, on cherche à inhiber une enzyme importante, con- 34 Efl INTERFACE] nue sous le nom de 5-lipoxygénase, qui permet de convertir l'acide arachidonique en leucotriènes.Dans le second cas, on cherche un antagoniste ayant la capacité de bloquer les récepteurs de la principale leuco-triène responsable de l'asthme, la leucotriène D4, et d'empêcher ainsi l'apparition des symptômes associés à cette maladie.Pendant les dix années qui suivent, on mène ces deux programmes de front.Entre 1981 et 1985, une équipe évalue des milliers de composés, jusqu’à 40 ou 50 par semaine, pendant qu'une autre identifie les récepteurs des leucotriènes D4.En 1986, les efforts aboutissent à la mise au point de l'antagoniste des leucotriènes MK-571, presque 50 fois plus puissant que les antagonistes précédents.En 1988, après deux ans de travail supplémentaire, les chercheurs voient enfin la lumière au bout du tunnel: la recherche sur le MK-571 atteint le stade de l'expérimentation clinique.Ils évaluent l'effet du composé dans différents types d'asthme.Ils constatent avec un enthousiasme grandissant que le composé est efficace dans les cas d'asthme provoqué par l'exercice, d’asthme allergique, d'asthme induit par l'aspirine et d’asthme chronique.«À ce moment-là, se souvient Robert Zamboni, le chercheur qui a dirigé la mise au point du MK-571, nous nous apprêtions à sabler le champagne.C'est alors que je reçus un appel du groupe d'évaluation de l'innocuité, et tous les chimistes thérapeutiques savent que ce genre d'appel inattendu ne présage en général rien de bon.» Et malheureusement, en effet, on l'informe que le composé MK-571 provoque des troubles hépatiques inacceptables.«Il ne nous restait plus qu'à tout recommencer», raconte Robert Zamboni.Cent fois sur le métier.Sachant que le MK-571 est composé de deux isomères (encadré 3), les chercheurs posent alors l'hypothèse suivante: et si un seul des deux était à l'origine des troubles hépatiques?L’hypothèse se révèle exacte et cette découverte capitale oriente les chercheurs vers un tout autre objectif: obtenir un isomère totalement pur.On produit alors un autre antagoniste des récepteurs des leucotriènes, le MK-679, appelé par le suite le Venzair.Autre série de tests fructueux au cours de l'année 1990.Le Venzair se révèle aussi efficace que son prédécesseur et les espoirs sont grands : « C'est alors que les choses se gâtèrent encore, se souvient Robert Zamboni.Une surveillance attentive des résultats nous amena à constater une hausse des enzymes hépatiques chez certains patients.» L'effet est toutefois différent des troubles hépatiques observés précédemment avec le MK-571.Malgré la très faible fréquence de cette anomalie biochimique, les résultats sont pourtant clairs : il est résolu d'interrompre le développement du produit.» Dossier asthme Encadré 2 Schéma général d’action d’un ANTAGONISTE ET D’UN INHIBITEUR Récepteur Inflammation -l».Asthme Récepteur Allergies, etc.Récepteui « La recherche était arrivée à une impasse, raconte Robert Zamboni, nos concurrents s'étaient heurtés aux mêmes problèmes et nous aurions pu facilement mettre un terme à nos travaux et nous tourner vers un autre projet.» Or, contrairement aux entreprises concurrentes, Merck Frosst décide d'accroître les ressources affectées à cette recherche : « Bien des gens ont pensé que nous étions des chasseurs de rêves», rappelle Anthony Ford-Hutchinson.Persévérer et gagner En 1990, l'équipe de pharmacologie moléculaire de Kathleen Metters franchit une étape cruciale en se basant sur un problème signalé par les chimistes, à savoir que certains composés très puissants dans les études 35 INlhkfALh BIT C35H35CINNa03S Structure moléculaire du Singulair' RECHERCHE isomère-(R) Encadré 3 Structure moléculaire du MK-571 ET DES ISOMÈRES Comme la main droite et la main gauche, l’isomère-(R) et risomère-(S) du MK-571 sont des images miroirs, non superposables.Il s'agit de deux entités distinctes avec des propriétés biologiques différentes sur le plan moléculaire.INTERFACE isomère-(S) initiales in vitro semblent perdre de leur puissance lorsque testés in vivo.Ces composés sont souvent plus fortement liés aux protéines plasmatiques dans la circulation sanguine.Il faut donc trouver un moyen de déterminer l'effet des protéines plasmatiques sur l’activité des composés avant l'expérimentation chez les animaux.Ce qu'on fait.Les chercheurs sont désormais munis d'un outil supplémentaire pour sélectionner les composés susceptibles d'être de bons antagonistes.C'est alors avec un enthousiasme renouvelé qu'une importante équipe de chimistes se lance une fois de plus à la recherche d'un nouvel antagoniste des récepteurs des leucotriènes.Ils doivent trouver un composé qui non seulement Encadré 4 À LA CERISE, s’il VOUS PLAÎT! Un garçon asthmatique dont la mère travaille au sein du groupe de recherche chez Merck avait proposé une saveur de coca-cola pour le comprimé SingulairMC destiné aux enfants.Les chercheurs en pharmaceutique, reconnaissant l’importance de la saveur pour les enfants, se sont penchés sur la question.Les préférences varient d’un enfant à un autre et même d’un pays à un autre: la saveur de banane est très prisée en Europe alors qu’en Amérique du Nord, on préfère les saveurs plus sucrées.Un sondage effectué au hasard auprès de pédiatres a montré que les enfants préfèrent la saveur de cerise.Il s’agit aussi de l’agent aromatique le plus largement accepté par les agences de réglementation de plusieurs pays.Le comprimé à croquer pour les enfants de SingulairMC a donc un goût de cerise.activité optimale sur les récepteurs, mais qui répondrait aussi aux critères de qualité extrêmement rigoureux de Merck.Marc Labelle, qui dirigeait le groupe des chimistes, se souvient avoir compté 17 critères comprenant, entre autres, une absence de toxicité, une puissance thérapeutique élevée, une longue durée d'action, une administration monoquotidienne, une bonne activité par voie orale.Au cours de l'année qui suit, des centaines de composés sont synthétisés et analysés, et les quatre ou cinq produits les plus prometteurs sont envoyés chaque mois dans les laboratoires de West Point, en Pennsylvanie, pour y subir des tests pré-cliniques d'innocuité.Ces composés sont si précieux que les chercheurs les remettent en personne au responsable.Au mois d'avril 1991, le chimiste Yi-Bing Xiang procède à la préparation du L-706,631, qui devient le MK-476.Le nouveau produit s'appelle «montélukast sodique»: son préfixe «mont» provient de Montréal.Sa formule chimique, 50 fois moins complexe que celle de la vitamine B12, par exemple, est C35H35CINNa03S.On commence à le tester chez l’humain, avec la plus grande prudence (illustration 1).Au cours des derniers mois de 1993, Merck & Co.décide de faire approuver l'indication du MK-476 à la fois chez les adultes et chez les enfants dès l'âge de 6 ans.C'est la première fois en plus de 100 ans d'histoire de l'entreprise qu'elle soumet une double indication A « Dossier asthme à l'approbation de la FDA (Food and Drug Administration, USA).La date de soumission approche à grands pas et l'équipe de recherche pharmaceutique travaille d'arrache-pied pour trouver une présentation qui conviendrait aux enfants.Pour Élizabeth Vadas, directrice de la R-D pharmaceutique, cette période d’intense activité représente «la consécration du projet» (encadré 4).En 1994, après une étude concluante de six semaines auprès de volontaires qui ont reçu du MK-476, on amorce une étude clinique à grande échelle.Près de 1800 adultes et enfants de 6 à 14 ans absorbent le médicament.Les résultats démontrent que chez les patients adultes et les adolescents recevant 10 mg de montélukast une fois par jour, le médicament entraîne une augmentation de 42 p.100 du nombre de jours et de nuits durant lesquels l'asthme est maîtrisé et réduit de 37 p.100 la fréquence des crises.Et le tout sans aucun signe de toxicité ni d'effets secondaires.Le 23 février 1997, Merck & Co.présente à la FDA une demande d'homologation de drogue nouvelle pour le montélukast sodique, maintenant nommé Singu-lairMC.Elle l'obtient le 20 février 1998 (illustration 2).Au sp*«**r' Singulair*10 mg iW ILrffidf Acid, montélukast.La première ordonnance du médicament, le io mars 1997 Canada, le 20 août de la même année, au bout de près de vingt ans de recherche et de quelque 300 publications scientifiques, Merck Frosst annonce la mise en marché d'un nouveau médicament, découvert et mis au point à Montréal, pour le traitement de l'asthme chronique.La route a été longue, et les chercheurs auraient eu plus d'une fois raison de se décourager, notamment lorsque les concurrents de Merck Frosst mirent un terme à leurs programmes de recherche sur les leucotriènes.«La plupart des personnes engagées dans ce projet n'ont jamais vraiment douté de l'importance des leucotriènes», rappelle Tbm Jones, pharmacologue principal du projet, qui ajoute que «le secret d’une bonne recherche scientifique est la curiosité et la persévérance».?I INTERFACE Avis de recherche Bénévoles de la communauté scientifique et technologique prêts à se rendre dans une classe d’élèves du primaire ou du secondaire.Doivent être capables de répondre à mille et une questions en moins de cinquante-cinq minutes et avec une santé leur permettant de voyager pendant environ une heure et ce, trois fois par année dans une des régions suivantes: Montréal et Oiitaouais (514) 873-1544 Estrie (819) 565-5062 Saguenay-Lac-Saint-Jean (418) 668-4792 Québec (418) 658-1426 Est du Québec (418) 722-8482 N.B: Les élèves aiment bien les bénévoles qui leur font découvrir des choses insoupçonnées et des métiers passionnants. Innouateurs à l’école Science Technologie Professions Carrières Des scientifiques au grand cœur ! Vous connaissez un moyen de donner un visage à la science et à la technologie et de rendre ces matières vivantes aux yeux des jeunes qui rêvent déjà d’inventer demain ?Nous oui ! Avec le réseau des Innovateurs à l’école, un réseau où le savoir se conjugue au quotidien dans les écoles primaires et secondaires du Québec.Depuis 1994, plus de 500 scientifiques bénévoles ont transmis la passion qui les anime tout en offrant une fenêtre priviligiée sur le monde des métiers et des carrières en science et technologie.Pour en savoir plus, signalez le 1-800-INOV ou consultez notre site web au www.spst.org Le programme des Innovateurs à l’école est une initiative du Gouvernement du Québec, Recherche, Science et Technologie, et d’entreprises comme Nortel, Merck Frosst et Pratt & Whitney.Un réalisation de la Société pour la promotion de la science et de la technologie en collaboration avec les Conseils du Loisir Scientifique en Estrie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et à Québec.Société pour la promotion de la science et de la technologie NORTEL NETWORKS Ainsi communique le monde.^Gouvernement du Québec Recherche, Science et Technologie 417, rue Saint-Pierre, bureau 808 Montréal (Québec) H2Y 2M4 Tél.: (514) 873-1544 Fax: (514)873-9257 MERCK FROSST PR ATT & WHITNEY CANADA Agronome Archéologue Astronome Biologiste Biologiste en milieu marin Botaniste Chimiste Climatologue Démographe Entomologiste Enobiologiste Géographe Géologue Historien des sciences Informaticienne Ingénieur en foresterie Ingénieure en mécanique Ingénieure en télécommunications Instructeur en aéronautique Mathématicien Médecin uétérinaire Météorologue Nématologiste Océanographe Pharmacienne Phgsicien Séismologue Spécialiste en sciences spatiales Technicienne en mécanique Technicien en procédés chimiques Technologue en robotique Technicienne en santé animale Toutes les disciplines en science et technologie Mieux soigner _fant asthmatique S’occuper d’un enfant asthmatique implique, pour les parents, des décisions délicates à prendre au quotidien.Doivent-ils permettre à l’enfant de se baigner avec les amis au mois de juin et ainsi encourager son interaction sociale, ou bien l’en empêcher en raison des risques de grippe?Lui accorderont-ils la permission de coucher chez un ami, en sachant qu’il pourrait se retrouver dans un environnement malsain pour lui ?Ces questions, banales en apparence, peuvent devenir de véritables casse-têtes, car l’asthme est une maladie complexe, changeante dans ses manifestations, ses causes, son traitement, et qui entraîne des situations imprévisibles, parfois sources d’anxiété.Notre étude' visait à savoir comment les parents prennent soin de leur enfant asthmatique dans la vie de tous les jours.HÉlIni PatiNAUDI I he1etie.patenaude«>fsl.ulaval.ca professeure-chercheuse agrégée à la Faculté des sciences Infirmières de l'Université Laval et membre de l’Unité de recherche, développement et évaluation des pratiques de soins du Centre de recherche Saint-François d’Assise.À partir de témoignages de parents, nous avons dégagé trois types d'applications des prescriptions et des recommandations médicales dans les soins quotidiens à l'enfant asthmatique: les applications conformes, alternatives et flexibles.À la lumière de ces approches, nous voulons aider les parents à s'attarder non seulement à la santé physique de l’enfant, mais aussi à l'ensemble de ses besoins.Les parents qui favorisent les applications conformes respectent à la lettre les doses et la fréquence de prise des médicaments prescrites par le médecin.Ils modifient l'environnement rapidement et radicalement, selon l'avis médical.Cette attitude se confirme d'autant plus que les parents perçoivent les symptômes comme sévères et instables et qu'ils connaissent peu cette maladie.De plus, le fait que les crises ou les symptômes ne disparaissent pas complètement peut engendrer encore plus de conformité, allant jusqu’à un contrôle de l'environnement sans discrimination.On en arrive à éviter certains endroits et à restreindre les activités sociales.Si elles perdurent, les applications conformes présentent un risque de dépendance face aux professionnels de la santé.Elles sécurisent les parents, mais elles nient en même temps leur capacité à utiliser librement leur jugement dans un contexte particulier.Des soins orientés vers la santé sont théoriquement souhaitables, mais s'ils sont appliqués sans égard au contexte de la famille et aux réactions particulières de l'enfant, ils risquent d'être insatisfaisants par rapport à l'ensemble des besoins de l'enfant et de sa famille.Applications alternatives Il arrive par ailleurs que certains parents se tournent vers des approches alternatives.Le traitement vise alors à remplacer les médicaments nord-américains jugés néfastes, par une médecine parallèle.On ne change pas l'environnement et seules les prescriptions sont modifiées.On peut alors avoir recours à la chiropractie, à l'homéopathie, à l’acupuncture, aux massages énergétiques, ou même à la prière.Une application alternative motivée par la recherche d'une solution «miracle» est en fin de compte peu différente de l'application conforme.Seul le volet pharmacologique y est substitué.Elle peut même devenir conforme à une idéologie rigide, peu soucieuse des besoins de l'enfant, et se résumer à une technique visant à lui redonner la santé physique.Par contre, si l'intention est d'essayer des moyens de se prendre en charge, d'être autonome et d'envisager diverses facettes de la réalité, l'application alternative peut avoir un effet bénéfique sur le comportement général de l'enfant, notamment une augmentation de la confiance en sa capacité de s'auto-soigner ou un mieux-être général.Certaines approches parallèles, plus globales que celle de la médecine traditionnelle, ajoutent une dimension spirituelle qui permet de gérer le stress et les émotions de façon autonome.Dans ce contexte, les applications alternatives se rapprochent des applications flexibles.40 BU interface] Applications flexibles En plus de viser la santé physique de l'enfant, les applications flexibles ont pour but d'assurer son bien-être dans les différents aspects de sa vie.Les parents tentent de concilier les soins reliés à la maladie aux soins liés aux habitudes de vie, au développement de l'enfant et aux différents événements de la vie quotidienne.Ils font des compromis, des essais, ils prennent des risques calculés, avec ou sans aide médicale.Par exemple, des parents cessent de se priver d'aller chez des amis car le sentiment de «devenir fou» à force d'éviter tous les déclencheurs potentiels devient intolérable, autant pour eux que pour l'enfant.La flexibilité détend l'atmosphère familiale : la recherche de l'environnement idéal diminue et des écarts quant à la médication sont permis à l’occasion.Une confiance dans l'autonomie de l'enfant se développe.Nos résultats suggèrent qu'une application flexible permettrait de maintenir un équilibre entre la satisfaction des différents besoins de développement, d'habitudes de vie et de santé physique de l'enfant.De plus, l’application flexible répondrait mieux à la situation des parents.C'est ici que s'inscrit la notion de compromis à l'origine de ce modèle.Même s'ils ne vont pas toujours dans le sens des recommandations des professionnels de la santé, les compromis permettent de satisfaire d'autres besoins jugés importants et liés au développement affectif ou social de chacun.Par exemple, la jeune Clara, qui adorait les animaux, a eu la permission du médecin pédiatre d'avoir un hamster même si elle semblait être allergique aux chiens et aux chats.Six mois plus tard, des tests ont montré qu'elle réagissait faiblement mais positivement au hamster.Un spécialiste des allergies lui a dit qu'elle devait se «débarrasser» de son animal.Devant sa peine, sa mère a trouvé une solution de compromis : le hamster irait chez la tante de Clara.La fillette pourrait aller le voir et jouer avec lui régulièrement.Sa mère affirme que Clara n'a présenté aucun symptôme respiratoire à la suite de ces visites.Pour plus de flexibilité Les programmes d'enseignement aux parents d'enfants asthmatiques sont habituellement centrés sur la suppression des symptômes et le rétablissement de la santé physique.La notion d'équilibre entre les différents besoins de l'enfant et de la famille y est souvent reléguée au second plan, lorsqu'elle n’est pas carrément absente.La flexibilité ainsi que la promotion de conditions permettant d'y parvenir de façon sécuritaire n'y sont pas suffisamment mises en lumière.Un effort pour pallier ce manque apparaît essentiel.De plus, la majorité des interventions éducatives visent à transmettre des connaissances générales au sujet de Dossier ifo isthme l'asthme.Les connaissances particulières des réactions de son propre enfant ne sont pas encore suffisamment présentées comme un atout dans les compétences à acquérir pour en prendre soin.Pourtant, ces deux types de connaissances, générales et particulières, sont essentielles pour parvenir à une application flexible.Enfin, l'importance des connaissances particulières à leur enfant acquises par les parents n'est peut-être pas suffisamment reconnue par des professionnels de la santé au moment de prendre des décisions de soins.Dans notre enquête, une mère a mentionné ce fait en déclarant: «Souvent, les papas et les mamans connaissent mieux leur enfant que les médecins», mais elle ne l'a affirmé qu'à voix basse.Dans les programmes d'enseignement, on aura donc avantage, entre autres, à reconnaître le savoir-faire des parents et à valoriser un rôle actif de leur part, à les aider à se connaître eux-mêmes et à mieux connaître leur enfant, ainsi qu'à situer et à intégrer la maladie et son traitement dans l'ensemble de la vie de l'enfant et de la famille.On pourrait aussi proposer des compromis en vue de maintenir la santé physique et de satisfaire d'autres besoins de l'enfant et de la famille, et encourager les parents à rechercher des solutions en fonction de situations particulières.Ces recommandations pourraient s'appliquer non seulement aux programmes d'enseignement aux parents d'enfants asthmatiques, mais aussi à l'ensemble des parents qui ont à prendre soin d'un enfant atteint d'une maladie chronique.Quant aux professionnels de la santé, certains d'entre eux préconisent actuellement l'application flexible.Cependant, leur formation semble plutôt centrée sur l'application stricte de principes.Ces derniers sont surtout orientés vers le rétablissement de la santé physique ou vers des applications standardisées qui ne prennent pas en considération les nuances et la complexité de la réalité.Il y aurait lieu d'assouplir des programmes de formation encore trop rigides pour enseigner aux professionnels de la santé à ajuster des règles plus flexibles aux situations particulières et surtout à considérer l'ensemble des besoins de la personne dans la vie quotidienne.Ils seront alors mieux en mesure d'aider la personne dans sa globalité et dans son contexte de vie.?1.Cette recherche a été menée dans le cadre d’études de doctorat en psychopédagogie (1994) à l’Université Laval.41 lNlhktACh BIT Nourrir ^racines Alors même qu'on n'a jamais consacré autant de ressources à la recherche scientifique et au développement technologique et que l'économie du savoir est saluée partout comme le fondement du progrès social et du bien-être individuel, il peut sembler déplacé de se poser la question suivante: «La source de l'innovation risque-t-elle de se tarir?» Pourtant, si l'on se reporte à l'âge d'or des découvertes scientifiques fondamentales, qui a culminé dans les années 60, on peut se demander à bon droit s'il existe aujourd'hui quelque chose de comparable aux grandes intuitions qui ont révolutionné notre façon d'appréhender le monde.Qu'on pense à la théorie de l'évolution de Darwin et à son fondement moléculaire, l'ADN, ou encore à la théorie quantique, à la théorie de la relativité d'Einstein ou à celle de l'électrodynamique de Maxwell.Des chercheurs, figures de proue de leur époque, ont formulé les grandes lois naturelles à partir desquelles les génies de l'ingénierie ont donné au monde les télécommunications, les médicaments miracle, le laser et le microprocesseur, la chimie moderne et la biotechnologie.*BCE inc.est l’appellation officielle de Bell Canada Entreprises, le plus important holding canadien en matière de télécommunications, qui regroupe notamment Bell Canada, Nortel Networks, Bell Mobilité, Bell International, CGI, etc.42 ENJEUX ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES Se pourrait-il que la recherche scientifique fondamentale, qui est à la source de la pléthore d’inventions commerciales d'aujourd’hui, soit menacée d'extinction?Risquons-nous de ne pas investir suffisamment dans le type de recherche «ouverte» qui a produit les grandes découvertes du passé?Et, si tel est le cas, pourquoi?Mais peut-être convient-il surtout de se demander si cela importe vraiment.Ne se pourrait-il pas que les pas de géant franchis par un Darwin ou un Einstein ne soient que le fruit du hasard et d'éclairs de génie ?Et que leur nature et leur fréquence n'aient pas grand-chose à voir avec les décisions d'accroître ou de réduire les sommes allouées à la recherche scientifique ?Et même si c'était le cas, si cela importait vraiment, n'oublions pas que la recherche scientifique fondamentale ne peut vraiment porter fruit que si l'on affecte des sommes énormes et de plus en plus élevées à la R-D afin de convertir les intuitions fondamentales en biens et services utiles.Il faut donc se demander si les secteurs public et privé sont encore disposés à investir suffisamment dans la R-D à long terme.On peut également se demander si le resserrement de l'horizon de la recherche dans les entreprises en raison de la concurrence — surtout en ces temps où elles doivent de plus en plus prendre le relais des pouvoirs publics pour le financement de la recherche fondamentale — est une bonne chose.À mon sens, il s'agit là d'un coup de barre qui s’imposait depuis longtemps et qui remet, en quelque sorte, les pendules à l'heure.Ma seule inquiétude est qu'on aille trop loin sur cette voie.Quoi qu'il en soit, la baisse relative du financement de la recherche scientifique par l’État — tendance générale que l'on peut observer aussi bien aux États-Unis qu'en Europe de l'Ouest — n'est-elle qu'un correctif à court terme imposé par les pressions financières actuelles, ou laisse-t-elle présager une réorientation durable de la façon dont la société moderne organisera la recherche dans l'avenir?Voilà l'ambitieuse série d'enjeux que je propose d'aborder ici en répondant à la question de fond suivante: «La source de l'innovation risque-t-elle de se tarir?» Mon argumentation peut se résumer aux sept propositions suivantes.Premièrement.Pour diverses raisons — certaines éphémères et d'autres d'ordre structurel, donc relativement permanentes —, le Canada et les États-Unis continuent de réduire les sommes allouées à la recherche à long terme, dictée purement par la curiosité.Deuxièmement.Alors que l'État réduit ses subventions à la recherche, du moins en termes relatifs, le secteur privé prend le relais.Cela a pour effet de rétrécir l'horizon de la recherche et d'obliger les chercheurs universitaires à orienter leurs travaux et à former les étudiants de deuxième et troisième cycles en fonction des objectifs particuliers des entreprises assurant le financement.Il n'y a rien là d'immoral: une telle situation ne fait que refléter les mesures incitatives enjeu.Troisièmement.Le réaménagement correspondant des priorités et du mode de fonctionnement du secteur de la i recherche privée, on ne parle plus aujourd’hui de recherche «fondamentale ou «appliquée», mais plutôt de « risque » et d’« horizon ».recherche en Amérique du Nord est, dans une large mesure, tout à fait sain.Mais il représente un défi de taille sur le plan des habitudes de travail et de l'organisation des milieux universitaires et de nombreux laboratoires gouvernementaux.Quatrièmement.La tendance selon laquelle la recherche entreprise par simple curiosité cède graduellement la place à une recherche fortement dirigée — autrement dit, où l'innovation n'est en fait qu'une forme «sophistiquée» de résolution de problèmes — ne doit pas être poussée trop loin.Sinon, nous risquons de tarir la source de l'innovation fondamentale, et ce sont les futures générations qui en paieront le prix.Cinquièmement.L'intensification de la concurrence n'est guère propice au retour de grands établissements de recherche privés comme les Bell Labs, BNR, Xerox PARC et le laboratoire Watson d'IBM, structures qui ont par le passé beaucoup contribué à combler le lNilRfALE BIT Sil ENJEUX ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES fossé entre recherche fondamentale et recherche appliquée.Désormais, petites et grandes entreprises, partout dans le monde, sont de plus en plus contraintes d'axer leurs travaux de R-D sur des projets rentables à court terme et orientés vers le marché.Sixièmement.Il y a un prix à payer pour les avantages énormes que les citoyens, en tant que consommateurs, retirent de la concurrence, puisque le secteur privé est beaucoup moins disposé à investir dans la recherche «pure», la seule qui puisse garantir un pro- 1 que la guerre froide à l’armement sont choses du passé, la science et la technologie soMjwijUe! comme des instruments de compétitivité' mE grès soutenu.Et tout cela se produit au moment même où l'État se tourne de plus en plus vers le secteur privé pour financer la recherche et en fixer les objectifs.Septièmement et finalement.Pour continuer à profiter des bienfaits de la science et de la technologie, la société doit être prête à réinvestir une partie des avantages qu'une concurrence accrue procure à tous les citoyens.Concrètement, cela signifie que les gouvernements devront allouer plus de fonds au genre de recherche à long terme que le secteur privé ne peut plus prendre en charge.De nouveaux horizons POUR LA RECHERCHE PRIVÉE Dans le secteur de la recherche privée, on ne parle plus aujourd'hui de recherche «fondamentale» ou «appliquée», mais plutôt de «risque» et d'«horizon».Simple question de vocabulaire, diront certains, mais cette évolution de la terminologie est révélatrice des forces à l'œuvre derrière les décisions relatives à la recherche.Deux tendances émergent.La première est la décentralisation de la R-D d'entreprise.Cela comprend non seulement l'impartition tous azimuts et les partenariats avec des firmes spécialisées, mais aussi le fait de confier à des unités d’affaires plutôt qu'aux laboratoires centraux l'établissement des priorités en matière de recherche.La tendance à l'imparti-tion reflète la conviction selon laquelle de petits groupes hautement spécialisés ont plus de chances aujourd'hui de produire l'innovation que les grands laboratoires bureaucratiques.Ce déplacement de la responsabilité de la R-D vers les unités d’affaires reflète une préoccupation commune à toutes les entreprises d'aujourd'hui, soit celle de répondre aux besoins des clients.Il s'agit là d'une réaction face à l'intensification de la concurrence sur tous les marchés.À titre d’exemple, on peut citer Northern Télécom, qui a réorganisé sa fonction R-D en rattachant presque tout le personnel et les projets à des unités d’affaires déterminées: adieu BNR.bonjour Nortel Tèchnologie.La seconde tendance importante est la réduction des fonds alloués à la recherche à long terme et à haut risque en faveur de projets générant des retombées commerciales plus sûres et plus rapides.Un sondage effectué aux États-Unis révèle, entre autres, que la durée moyenne des projets de «recherche» industrielle a diminué, passant d'environ 22 mois en 1991 à 17 mois en 1996, soit un resserrement de près de 25 p.100.On observe une tendance similaire dans les laboratoires gouvernementaux1.À quoi est due cette compression des délais?Essentiellement, à l'intensification de la concurrence, tant locale que mondiale.S'y ajoutent d'autres facteurs du même ordre, notamment la transmission instantanée de toute nouvelle information partout dans le monde et les pressions exercées par les investisseurs institutionnels sur les dirigeants d'entreprise afin d'obtenir une croissance maximale soutenue.Tbut cela accélère la cadence de l'innovation reliée aux produits et draine les investissements, y compris ceux au titre de la R-D, vers les projets susceptibles de générer des profits rapides sur le marché.Or la concurrence tend à raccourcir la période pendant laquelle un produit génère de l'argent et à accroître le facteur de risque pris en considération par le taux d'actualisation, deux éléments qui font pencher les investissements 44 INTERFACE 1236 ^50954 8ooo - 6000 - 4000 - vers les initiatives rentables à court terme.L'industrie informatique en 14000 est l'exemple classique, puisque, d'après les rapports, 80 p.100 de ses revenus sont tirés de produits qui sont sur le marché depuis moins de deux ans.La concurrence a aussi pour effet d'éliminer les monopoles, ou les quasi-monopoles, de géants industriels comme AT&T, IBM et Xerox, qui pouvaient autrefois s’offrir le luxe d'investir des sommes considérables dans la recherche à long terme et à haut risque.Ces compagnies pouvaient se le permettre parce qu'elles étaient assurées, de par leur puissance commerciale, d'en tirer un rendement approprié.De moins en moins de compagnies jouissent d’une telle emprise sur le marché.Des investissements privés EN CROISSANCE Avec cette toile de fond à l'esprit, passons maintenant des cas particuliers à quelques données statistiques illustrant la tendance des dépenses de R-D au Canada.Ce qui saute d'abord aux yeux (diagramme 1), c'est que le total des dépenses de R-D au Canada continue de progresser à un rythme vigoureux, ayant bondi d'environ 8,9 milliards de dollars en 1989 à plus de 13,8 milliards de dollars en 1998.Il s'agit là d'une hausse de plus de 55 p.100 qui, compte tenu de la récession du début des années 90, est à la fois étonnante et encourageante.Fort heureusement, le plafonnement de la recherche gouvernementale et universitaire a été plus que compensé par la croissance exceptionnellement vigoureuse des activités de R-D du secteur privé (diagramme 2).Les investissements des entreprises au titre de la R-D se sont accrus de plus de 60 p.100 depuis 1989, passant de 54 p.100 à 62 p.100 de l'activité totale en 1996.Mentionnons qu'au début des années 60, le secteur privé n’assumait que 40 p.100 de la R-D canadienne.La R-D privée représente maintenant près de 1 p.100 du PIB, comparativement à seulement 0,4 p.100 au milieu des années 70.En fait, les investissements en R-D du secteur privé ont progressé beaucoup plus rapidement au Canada qu’aux DÉPENSES EN R-D AU CANADA Dépenses (millions $) « % du PIB 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 Source : STATISTIQUE CANADA, Bulletin de service Statistique des sciences, vol.22, n° 5, octobre 1998 DÉPENSES DES INDUSTRIES EN R-D AU CANADA Dépenses (millions $) « % du P 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 Source : STATISTIQUE CANADA, Bulletin de service Statistique des sciences, février 1997 États-Unis au cours des cinq dernières années.Tbutefois, dans le secteur privé américain, les investissements en R-D par habitant sont encore deux fois plus élevés qu'au Canada.Ces tendances reflètent un changement structurel important de l'activité R-D au Canada, à savoir une augmentation marquée de la part assumée par le secteur privé.Cette «privatisation» croissante de la R-D se traduit par un horizon de recherche moyen plus rapproché et une orientation de plus en plus commerciale.Un tel phénomène n'est pas le fruit du hasard mais procède bien d'une volonté.45 IntérïaléEB 1 ENJEUX , ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES /-s LIMITES À LA CROISSANCE : LE « BIC CRUNCH » 1OOOOOO -r- 100000 - Journaux scientifiques ioooo - 1000 - 100 - Ph.D.en physique aux États-Unis / io - 2000 Source: GOODSTEIN, David, The Big Crunch, NCAR Symposium, septembre 1994; http://www.caltech.edu/~goodstein/crunch.html À l'heure actuelle, les entreprises ne financent que 10 p.100 environ de la R-D universitaire au Canada, mais entre 1991 et 1995, l'apport du secteur privé à la R-D universitaire a progressé de plus de 90 p.100, soit de plus de 140 millions de dollars.Les subventions gouvernementales directes, par contre, ont augmenté de moins de 10 p.100, soit de moins de 100 millions en termes absolus.Et, comme le comportement des gens est fortement influencé par les changements de mesures incitatives, on comprend pourquoi le rythme d'accroissement du financement privé est tout à fait disproportionné par rapport à la valeur totale encore modeste des fonds engagés.Faut-il s’inouiéter de la privatisation de la R-D?Quelle grande conclusion se dégage des tendances statistiques que je viens d'évoquer ?C'est que la recherche se privatise peu à peu.Il y a lieu de se demander si ces tendances laissent présager une réorientation profonde et permanente de la R-D caractérisée par un engagement beaucoup moins élevé du secteur public.Si tel est le cas, faut-il s'en inquiéter?La situation est effectivement préoccupante.Mais il existe tout de même des raisons de rester optimiste.En premier lieu, la diminution, en dollars absolus, des fonds alloués à la recherche scientifique par l'État tient probablement à des contraintes financières, ce qui permettrait de croire qu'il s'agit d'une situation temporaire.Les derniers budgets fédéraux ont d'ailleurs donné des signes encourageants à cet égard.Par ailleurs, les nouvelles initiatives sont très nettement axées sur les applications.Les milieux politiques ne semblent pas très intéressés à investir davantage dans la recherche dictée par la seule curiosité à long terme.Comme les décisions politiques constituent habituellement un baromètre assez fidèle du sentiment populaire, il y a peut-être lieu de se demander si le public est plus réticent qu'avant à soutenir la recherche pure.J’ai plutôt l'impression qu'il est devenu plus impatient et plus avide de résultats.Tbut va si vite, le temps se fait plus court pour tout le monde.Maintenant que la guerre froide et la course à l'armement sont choses du passé, la science et la technologie sont perçues comme des instruments de compétitivité économique par la plupart des citoyens.Ceux-ci souhaiteraient donc que l'utilisation des fonds publics obéisse à des priorités plus proches de celles du secteur privé.Poussée à l'extrême, cette volonté aurait pour effet de raccourcir encore plus l’horizon de recherche et, au bout du compte, de restreindre la portée du processus d'innovation.Heureusement, un homme averti en vaut deux! Au Canada, dans la tendance très claire à rompre avec la recherche fondamentale, il faut voir plus que l'effet des facteurs extérieurs dont nous avons parlé plus haut, à savoir le désengagement des gouvernements et la réaction du secteur privé à l'intensification de la concurrence.J’estime qu'il y a aussi des facteurs structurels fondamentaux liés à l'activité de recherche universitaire proprement dite qui comptent pour beaucoup dans les changements actuels.En effet, la connaissance scientifique a fait un bond extraordinaire depuis le XVIIIe siècle et il vient un temps où la loi des limites extrêmes doit mettre un frein à la croissance ou au moins orienter l’activité dans de nouvelles directions.L'idée a été illustrée dans un article extrêmement original de David Goodstein, du California Institute of Tèchnology, qui a calculé la croissance cumulative du nombre de publications scientifiques sur une période de 300 ans : leur nombre a doublé tous les quinze ans environ depuis 1750.M.Goodstein a ajouté des chiffres sur le nombre de Ph.D.en physique qui ont été accordés annuellement aux États-Unis.Après avoir reporté ces chiffres sur une échelle logarithmique, il a observé l'apparition d'un «Big Crunch» au début des années 1970 alors que la courbe de croissance à long terme s'est soudainement aplatie (diagramme 3).Dans certains domaines arrivés à maturité, l'heure du «Big Crunch» a sonné.Pas seulement parce que les 46 BS INTERFACE ENJEUX ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES création de la Fondation canadienne pour l'innovation semble démontrer qu'au moins le gouvernement du Canada a saisi le message.Deuxièmement, mon optimisme est inspiré par le fait que la technologie issue de l'observation continue de s'améliorer de façon exponentielle sous l'impulsion du développement commercial dans les domaines de l'informatique, de l'électronique, de l'optique, de la biotechnologie, etc.Bien que nous parlions habituellement des retombées commerciales de la recherche fondamentale, il faut mentionner aussi que la recherche profite de plus en plus des progrès de la technologie commerciale et, dans ce domaine, les perspectives sont extrêmement prometteuses.Dans beaucoup de domaines, le «bassin» applications inexploitées des découvertesje base est encore fort rempli.Troisièmement, mon optimisme tient au fait que dans beaucoup de domaines, le «bassin» des applications inexploitées des découvertes de base est encore fort rempli.Par exemple, on ne voit pas encore de limites physiques fondamentales à d'autres progrès dans la performance des microprocesseurs et de l'optoélectronique.Il existe en fait un large consensus selon lequel les limites physiques de la loi de Moore (encadré I) ne seront pas atteintes avant au moins 15 à 20 ans; la croissance risque plus d'être freinée par la capacité économique des usines de fabrication.En supposant que la loi de Moore s'applique une bonne dizaine de fois encore, des pans entiers de l'informatique et de la réseautique interactive verront le jour, d'où des résultats assurément révolutionnaires.Des occasions inexploitées semblables existent notamment dans la science des matériaux, le génie génétique et les neurosciences, trois des domaines les plus emballants et les plus prometteurs d'aujourd'hui, à la fois sur le plan commercial et intellectuel.Quatrième raison, le rapprochement actuel entre les entreprises et les universités créera inévitablement des débouchés prometteurs pour la recherche fondamentale.Je parle d'une nouvelle source de questions, dont un grand nombre mèneront à l’adoption d'approches multidisciplinaires.Phénomène tout aussi important, les entreprises canadiennes seront, grâce à ces liens, plus 48 EB IN 1 hkfAQÊT] en mesure de puiser dans le bassin fécond de connaissances et de compétences encore inexploitées que recèlent les centres de recherche de nos universités.Et n'oublions pas que la forte croissance des dépenses totales de R-D au pays laisse entrevoir des perspectives plus favorables pour les scientifiques, les ingénieurs et les techniciens diplômés, à condition qu'ils se montrent assez flexibles et acceptent de déployer leurs talents là où on en a le plus besoin.On peut donc affirmer sans risque de se tromper qu'il y a plein de raisons d'être optimiste quant à l'avenir de la recherche au Canada et ailleurs.Privatiser la RECHERCHE N’EST PAS SUFFISANT Évitons cependant de tomber dans la complaisance, et c'est là mon message central.L'horizon de recherche se rétrécit et la concurrence force les entreprises à concentrer leur énergie sur la R-D qui donne des résultats rapidement et dont elles pourront récolter tous les avantages.La privatisation de la recherche constitue une voie salutaire dans la conjoncture actuelle, mais ce n’est pas suffisant.En effet, les facteurs qui influent sur les décisions des entreprises dans l'économie mondiale fortement concurrentielle d'aujourd'hui poussent vers un resserrement, et non une expansion, de la portion des dépenses de R-D que l'entreprise est capable de soutenir.C’est donc à l'ensemble de la société que revient la responsabilité de combler ce fossé toujours plus prononcé.?Référence 1.R&D Magazine, «Basic Research White Paper» (1997).Note Ce texte est une mise à jour d’une conférence prononcée à Halifax en Nouvelle-Écosse, le 12 mai 1997.— L'AVENIR À VOTRE PO Bolirse de milieu de cherche Toutes les 28 minutes, quelqu’un meurt d’une maladie du cœur! FONDATION DES MALADIES DU COEUR DU QUÉBEC Signes avant-coureurs d’une crise cardiaque : - Forte pression, sensation de lourdeur, de brûlure, malaise ou douleur au centre de la poitrine qui : - pourrait s’étendre au cou, à la mâchoire, aux épaules, aux bras et au dos; - pourrait être assez léger.- Essoufflement, pâleur, transpiration ou faiblesse; - Nausées, vomissements et/ou indigestion; - Inquiétude, crainte, refus d’admettre la réalité des signes avant-coureurs; - Les signes avant-coureurs peuvent être intermittents.Si vous désirez connaître les signes avant-coureurs d'unAVC communiquez au l 888 473-4636 Toutes combinaisons des signes ci-dessus peuvent signifier l’amorce d’une crise cardiaque.Si vous ressentez ces signes, composez immédiatement le numéro d’urgence de votre localité.~po*n€Z, Àte riov&ts ‘forfqu* id du, ehew», Président campagne corporative MARC CAMPAGNA Président et chef de la direction Internationaux du sport de Montréal CLAUDE DUBOIS VALEUR ANNUELLE DES BOURSES Date limite : 30 Septembre Pour information : (418) 643-8560, poste 455 sans frais : V888 653-6512 www.ffcar.qc.ca/metud.html a .Gouvernement du Queïï5C~ fWt Ministère de l’Education ENJEUX ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES gouvernements ont décidé de réduire leur aide financière, mais surtout parce qu'il faut réaffecter les ressources entre les différents champs d’étude, en laissant de côté les domaines ou sous-domaines où les investissements supplémentaires rapportent de moins en moins, à la fois sur le plan intellectuel et économique, et en optant plutôt pour ceux qui s'annoncent plus profitables.En bref, l'activité de recherche fondamentale, qui est presque exclusivement concentrée dans les universités aujourd’hui, ne repose pas sur la structure requise pour qu'on puisse revoir en profondeur ses priorités en fonction des nouveaux paradigmes.Si cet immobilisme persiste, le rendement des investissements dans la recherche s'en trouvera réduit et l'appui de la société sera de plus en plus difficile à obtenir.En fin de compte, l'organisation doit changer, sinon elle est condamnée à dépérir.Beaucoup de signes montrent que les universités ont compris le message.Les initiatives interdisciplinaires se multiplient et des partenariats surgissent dans plusieurs disciplines.La grande question est de savoir si le mouvement ira assez loin, s'il se fera assez rapidement et si, en cours de route, la liberté et la qualité de la recherche universitaire seront compromises.Bien malin qui pourrait répondre.Chose certaine, la pression s'accroît sur les universités et les établissements de recherche gouvernementaux pour qu'ils soient plus réceptifs aux objectifs établis hors de leurs murs.De bonnes raisons d’être optimiste À mon avis, une bonne partie de ces changements auraient déjà dû avoir lieu.Les systèmes sont faits pour être remis en question de temps à autre, pour leur bien comme pour celui des autres.On peut cependant se demander si, mises ensemble, toutes les tendances dont j'ai fait état peuvent miner le processus d’innovation scientifique sur lequel repose le progrès technologique soutenu.Sous réserve d'une mise en garde essentielle qui sera faite en conclusion, je suis convaincu qu'il y a au moins quatre raisons d'être optimiste.Premièrement, les idées de génie germeront toujours dans le cerveau de quelques grands penseurs qui trouveront inévitablement du soutien quelque part.Après Encadré 1 Une observation empirique, attribuée à Gordon Moore, co-fondateur d’Intel, le leader américain incontesté DANS LE DOMAINE DES MICROPROCESSEURS, VEUT OUE LA QUANTITÉ DE TRANSISTORS OUE PEUT RENFERMER UNE PUCE, ET PAR CONSÉQUENT LA RENTABILITÉ ÉCONOMIQUE DES MICROPROCESSEURS, DOUBLE TOUS LES 18 MOIS ENVIRON.LA loi de Moore se vérifie depuis PRÉS DE 30 ANS DÉJÀ.fL^ression s’accroît sur les universités et les e^^sements de recherche gouvernementaux pouruu’ils soient plus réceptifs aux objectifs établis hors de leurs murs.tout, la recherche pure structurée est essentiellement un phénomène de l'après-Deuxième Guerre mondiale qui a peu à voir avec les grandes percées des 150 dernières années.Les organismes qui subventionnent les recherches et les laboratoires des entreprises ne peuvent pas produire des Einstein ou des Darwin sur demande.J'ai le sentiment que les prochains concepts révolutionnaires naîtront de secteurs où il est encore possible à des personnes inspirées et de petites équipes de travailler ensemble à la frontière du savoir.Néanmoins, même les petites équipes ont besoin aujourd'hui d'installations complexes, et souvent coûteuses, pour s'approcher de cette frontière.Heureusement, la 47 1 INTERFACE B ENJEUX ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES Caroline Juliei Le prive 97, les revenus de é finance la R-D Entre 1994 et 1997, les revenus de la recherche universitaire québécoise subventionnée par le secteur privé canadien sont passés de 132086000$ à 157065000$.Depuis 1993, dans les universités canadiennes, 30 p.100 du financement de la recherche provient de sources privées, comparativement à 18 p.100 en 1980.De plus en plus, l'entreprise privée devient un partenaire financier dans la R-D, et ce, grâce à plusieurs programmes.CTIONS CONCERTEES DU FONDS FCAR Près d'une trentaine de partenaires sont actuellement associés au Fonds FCAR dans le cadre du programme Actions concertées.Depuis 1987-88, 9239168 $ ont été investis par des partenaires privés et parapublics, comme Fiducie Desjardins, Merck Frosst Canada, Hydro-Québec.On vise à favoriser des partenariats entre entreprises, gouvernements et établissements de recherche.Un exemple: le pro- gramme de recherche stratégique de l'industrie laitière FCAR-NOVALAIT dispose d’un budget de 900000 $ sur deux ans, et treize équipes de recherche ont été sélectionnées qui bénéficient de 50000 $ chacune par année.Innovation Québec vient d’ajouter 2 millions (sur deux ans) à ce programme.Info: 418-643-8560 ou http://www.fcar.qc.ca/fch.html#action RESEAUX DE CENTRES D’EXCELLENCE (RCE En 1997-1998, près de 350 entreprises canadiennes, 46 universités, 100 ministères fédéraux et provinciaux et plus de 250 autres organismes étaient associés dans l'un des quatorze réseaux de centres d'excellence (RCE) mis sur pied par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le Conseil de recherches médicales du Canada (CRM) et Industrie Canada.Les RCE permettent de combiner recherche universitaire, savoir-faire industriel et financement, dans les domaines de la santé et de la biotechnologie, de la technologie de l'information, des ressources naturelles, de l'infrastructure et de l'apprentissage assisté par ordinateur.Depuis dix ans, ils ont attiré plus de 180 millions de dollars d'investissement, dont plus de 130 millions du secteur industriel.Un succès qui profite : huit nouveaux RCE seront créés d’ici 2001 grâce à une augmentation des subventions annuelles du gouvernement fédéral de 30 millions de dollars.Info: 613-996-1545 ou http://www.nce.gc.ca Programme de partenariats de recherche du CRSNG À ce jour, plus de 1 000 sociétés canadiennes ont contribué 335 801 758 $ au Programme de partenariats de recherche du CRSNG.Ce programme favorise depuis 1984 la collaboration entre les chercheurs universitaires et ceux des autres secteurs.Il sert notamment à la formation des chaires de recherche, au financement d’un projet université-industrie en développement corporatif, à l'aide aux nouveaux professeurs pour une collaboration avec l'industrie et à la formation de réseaux de recherche.Info: http://www.nserc.ca/pTograms/resguide/Tppfr.htTn Bourses et chaires de recherche subventionnées par l’entreprise' La création d'une chaire de recherche permet une association durable de partenaires pour des activités planifiées au carrefour de l'expertise universitaire de pointe et des préoccupations concrètes des entreprises.Au Québec, plusieurs chaires ont été créées grâce à des fonds provenant également du CRSNG et de partenaires privés.L'enveloppe budgétaire sert à payer la recherche et le salaire du professeur titulaire.Après cinq ans, si la chaire est renouvelée, le CRSNG retire graduellement ses subventions, délé- guant ses responsabilités aux partenaires.Il y a des chaires dans la plupart des universités québécoises, dont 9 à l'Université Laval, 21 à l'Université de Montréal et 16 à l'Université du Québec à Montréal.Des entreprises privées accordent aussi des bourses de recherche.Un exemple : Wyeth-Ayerst a accordé prés de 400000 $ depuis dix ans au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) pour la recherche en endocrinologie de la reproduction.50 EB INILkfAŒ (MD Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada Il ne s’agit pas seulement d’un nouveau nom, mais d’un nouveau mandat.Un organisme, comme une personne, change avec le temps.L’Association canadienne de l’industrie du médicament en est un bon exemple.Au cours des dix dernières années, notre organisme est devenu la plus importante source de financement de la recherche médicale au Canada.Le fait d’être à l’avant-garde de la recherche médicale canadienne est maintenant notre principale caractéristique.Nous changeons notre nom pour rendre compte de cette réalité.Nous nous appelons désormais «Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada».Nous sommes aussi identifiables à notre nouveau logo : Rx&D.Nous sommes totalement dévoués à la recherche, nominalement comme dans les faits.La recherche : source de vie L XJ A SOCIETE DE CAPITAL DE RISQUE qui s'implique DANS LE PRÉDÉMARRAGE ET DANS LE DÉMARRAGE d'entreprises DANS LE SECTEUR DES SCIENCES DE LA SANTÉ.TRANSFERT TECHNOLOGIES B I 0 COMMERCIALISATION CAPITAL 1550, rue Metcalfe, bureau 502, Montréal, Québec H3A 1X6 Téléphone : (514) 842-9849 • Télécopie : (514) 842-1505 Internet : www.t2c2capital.com BioCapital De la découverte.à la commercialisation BioCapital participe financièrement au démarrage et à la croissance d'entreprises démontrant un fort potentiel dans les secteurs des soins de la santé et de la biotechnologie.m Produits thérapeutiques • Altarex • Labopharm • BCM Développement • MethylGene • BioChem Pharma • Neokimia • Biomatrix • Neurochem • ConjuChem • OriGenix Technologies • Cubist Pharmaceuticals • Laboratoires Paladin • GlycoDesign • Protein Design Labs • Hybridon • RTP Pharma • ICAgen • Theralipids • Intellivax International PARTICIPATION DE BIOCAPITAL Dispositifs médicaux et PRODUITS DIAGNOSTIQUES Biorthex Biovet CryoCath Haemacure Corporation Quantum Biotechnologies Vasogen Xillix Technologies Services de la santé et SYSTÈMES D’INFORMATIONS AFCAN BASE 4 Biolnformatics CIFRA Médical GSI Environnement Systèmes Médicaux LMS Ltée irOu!Capital 3690, rue de la Montagne, Montréal (Québec) H3G 2A8 • Tél.: (514) 288-0128 Téléc.: (514) 288-0130 Internet : www.biocapital.com Courriel : info@biocapital.com • BCK.U - Bourse de Toronto et de Montréal Société d investissement spécialisée en biotechnologie ENJEUX 1 ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES Programme d’aide a la recherche du MAPAO Les chercheurs universitaires peuvent associer un projet à un organisme privé pour obtenir des fonds du Programme d'aide à la recherche lancé l'automne dernier par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ).Ce programme favorise la R-D axée sur les priorités du Conseil des recherches en pêche et en agroalimentaire du Québec (CORPAQ) en bioalimentaire, pêche et mariculture, et en agroalimentaire.L'un des volets vise spécifiquement l'association avec un partenaire industriel; le Ministère finance alors 60 p.100 du projet.Info : http://www.agT.gouv.qc.ca/fTdt/paT/ ou 418-646-5775 Fondation canadienne pour l’innovation w La FCI offre l'occasion aux universités de renouveler et de moderniser leur infrastructure de recherche.Elle finance environ 40 p.100 des coûts de l’infrastructure de recherche admissible et les demandeurs doivent trouver les 60 p.100 restants, soit 40 p.100 des ministères provinciaux et 20 p.100 d'autres parte- naires comme l'entreprise privée.Son budget de 800 millions de dollars, accordé pour cinq ans lors de sa création en 1997, vient récemment d'être augmenté de 200 millions de dollars.Info: http://www.innovation.ca/fTench/about/fndex.html L’INRS, BRANCHE SUR L’ENTREPRISE DEPUIS 30 ANS Lors de sa fondation en 1969, l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) s'est donné comme mission de développer un partenariat avec l'industrie et de favoriser le transfert de technologie.L'INRS-Télécommunication, par exemple, a même établi ses pénates chez Nortel.Aujourd’hui, l’INRS est associé à 10 entreprises et environ 25 p.100 de son budget to- tal de 5,5 millions de dollars provient du privé.La collaboration s'établit sous forme de projets ponctuels conjoints portant sur différents thèmes, comme le traitement de signal ou la reconnaissance de la parole, et sous la forme de la chaire en communication personnelle Bell/Nortel/Bell Mobilité/CRSNG en communication personnelle.Programmes de partenariat de recherche du CRM Depuis 1987, le Conseil de recherches médicales du Canada (CRM) a élaboré des programmes de partenariat avec le secteur industriel en santé.Le programme CRM-ACIM a attiré depuis 1994 près de 204 millions de dollars du secteur privé, particulièrement de compa- gnies membres de l'Association canadienne de l’industrie du médicament (ACIM).Pour chaque projet financé, la contribution de ces entreprises s'élève au moins à 20 p.100 du budget; le CRM finance le reste.Info : http://www.mTC.gc.ca/gag/f 9798/c/ctoc.html Financer la R-D en entreprise Plusieurs programmes permettent aux entreprises de se lancer dans la R-D.En voici quelques-uns.Partenariat technologique Canada [SB) En 1996, un nouveau fonds d'investissement de 250 millions de dollars a été créé pour aider les entreprises canadiennes à affronter la concurrence dans les secteurs de la haute technologie, particulièrement l'aérospatiale, les technologies environnementales, les matériaux, les procédés de fabrication avancés, les technologies de l'information, les biotechnologies et le pharmaceutique.Partenariat technologique Canada (PTC) s'adresse aux entreprises prospères, déjà constituées en sociétés, dont la situation financière est saine.En 1997-1998, PTC a conclu des contrats visant 35 projets, dont 8 au Québec, et totalisant un investissement pluriannuel de 154 millions de dollars.Info: PTC: 1-800-266-7531.52 EH lNIfcKlACÊl ENJEUX .ARGENT, RECHERCHE ET ENTREPRISES Credits d’impôts Les entreprises peuvent obtenir des crédits d'impôts variant entre 20 et 40 p.100 des dépenses admissibles de recherche scientifique et développement expérimental (RS-DE).Près d’un milliard de dollars est alloué annuellement par les gouvernements fédéral et pro- vincial.L'an dernier, 11 000 entreprises - dont 75 p.100 de PME - en ont demandé, et ce nombre augmente de 13 p.100 chaque année.Info: Revenu Canada: 514-496-1871 ou http://www.rc.gc.ca/Tsde/ Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) En 1997-98, 12 000 industries manufacturières et des petites entreprises canadiennes ont reçu des conseils, de l'aide financière et des informations scientifiques et techniques dans le cadre du Programme d'aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches du Canada (CNRC).Ce réseau national, qui existe depuis 50 ans, dispose actuellement d'un budget de 102 millions de dollars.Les projets admissibles comprennent notamment la R-D sur une petite échelle et le perfectionnement de technologies.Un nouveau volet du PARI, l'Aide à la précommercialisation (AP), cible la mise au point ou la démonstration de produits ou de procédés technologiques nouveaux, ou sensiblement améliorés, jusqu'à l’étape précédant leur commercialisation.L’aide financière couvre habituellement les coûts salariaux directs des employés et la moitié des frais de sous-traitance.Info: 450-641-5300 ou http://www.TCsec.OTg/fedbis/bfs/1017.html et http://pub.iTap.nTC.ca/iTap/web/iTapcomm.nsf/ Programmes fédéraux divers Une quinzaine de ministères et d'organismes du gouvernement fédéral offrent des programmes d'aide financière pour la R-D en entreprise.Au Québec, en 1996-1997, le gouvernement fédéral y a investi 209 millions de dollars.http://stTategis.ic.gc.ca/sc_innov/tech/frndoc/ib.html Programmes d’aide financière des gouvernements provinciaux Il n'existe plus de programme provincial dédié précisément au financement de la R-D en entreprise.Par contre, les petites et moyennes entreprises peuvent bénéficier d'autres programmes, comme Impact PME du ministère de l'Industrie et du Commerce, qui appuie l'embauche de personnel pour diverses activités, dont la R-D, et le programme Garantie PME, d'investisse- ment Québec (anciennement Société de développement industriel), qui garantit le prêt d'une banque destiné au financement d’une entreprise, dont des dépenses de R-D.Innovation Québec accorde 19,5 millions jusqu'en 2001 pour des projets ponctuels.Info : http://strategis.ic.gc.ca/sc_mnov/tech/fmdoc/ic.html et http://www.mic.gouv.qc.ca Au Québec, en 1997, 546 millions de dollars ont été investis par les sociétés de capital de risque comme la Banque de développement du Canada, Sofinov, Innovatech, et 347 entreprises québécoises en ont bénéficié, plus particulièrement dans les domaines de la fabrication, de l'information et de la biotechnologie.Depuis quelques années, de nouvelles sociétés, comme T2C2, ont vu le jour pour financer les entre- prises en phase de prédémarrage (poursuite de la recherche, obtention des brevets, rédaction du plan d'affaires) : ces dernières attirent plus difficilement les sociétés de capital de risque traditionnelles.Info: Réseau Capital au 514-334-9688 ou http://www.re-seaucapital.com.Liste des sociétés à capital de risque canadiennes sut Internet: http://strategis.ic.gc.ca/SSGF/te01361f.html Emission initiale d’actions à la bourse En 1998, 102 entreprises ont vendu des parts au public, en émettant des actions.Pour aller à la bourse, il faut choisir une firme de courtage et préparer un dépliant présentant l'entreprise.La Commission des valeurs mobilières du Québec accepte ensuite le docu- ment et la firme se charge de rendre les actions disponibles au public.Par la suite, l'entreprise tient la Commission au courant de son évolution.Info: Commission des valeurs mobilières du Ouébec: 514-940-2150 ou 1-800-361-5072 rÎNlhRhALhBB AAZOOMZOOMZOOMZOO ZO OM Petr Hanii | phanel€>couTTier.u$hei'b.ca pour ne pas perdre ses idees Dans les universités, qui se rapprochent actuellement de l’entreprise — notamment au moyen des transferts technologiques —, la propriété intellectuelle est à l'honneur.Lors d'un séminaire sur le sujet en novembre dernier, l’Association des universités et des collèges du Canada (AUCC) s’est penchée sur la question1.Par ailleurs, la course à l’innovation stimule l'intérêt des entreprises à cet égard.Dans chaque secteur d’activités, la propriété intellectuelle est gérée selon des besoins particuliers.Ainsi, les logiciels sont généralement protégés par des droits d’auteur car il est difficile d’en démontrer l’originalité, comme on l’exige pour l’obtention d'un brevet.Les innovations en télécommunications et en technologies de l’information sont sous le se- CHRONOLOGIE cret commercial, en raison du rythme rapide des développements qui exige une confidentialité incompatible avec les brevets.Il existe aussi des instruments particuliers de protection intellectuelle pour les dessins industriels, les marques de commerce et, plus récemment, pour les topographies de circuits intégrés.Les brevets, sans doute les plus anciens (encadré 1) et certainement les plus importants outils de protection, sont aussi les mieux adaptés pour le secteur biomédical et celui des biotechnologies2.Au Québec, l’industrie pharmaceutique est certainement l'exemple le plus spectaculaire illustrant l'importance d'une protection efficace de la propriété intellectuelle.La réforme de la politique canadienne sur le sujet, entreprise en 1987, a at- teint son point culminant avec la modification du projet de loi C-91 en 1993.Les droits des détenteurs de brevet ont été alors renforcés par une prolongation à 20 ans de la durée de protection, et une disposition encore plus importante de cette loi a éliminé les licences obligatoires.Ce resserrement, associé à un programme de crédits d’impôts très généreux, a favorisé une expansion de l’industrie pharmaceutique : en huit ans, les investissements des fabricants de médicaments de marque établis au Québec se sont accrus de 268 p.100 pour atteindre 264 millions de dollars en 19963.Avantages et limites des brevets Le premier objectif du système de brevets est d’encourager le progrès technique en offrant aux inventeurs une période d’exclusivité temporaire pour l’exploitation commerciale de leur création.Le second s’inscrit en échange du droit d’exclusivité : on cherche à donner un accès généralisé à une description détaillée de l’invention.Un brevet d'invention devient donc une source d’information extrêmement riche pour l’ensemble des inventeurs et des industries.Dans ce dernier contexte, la protection n’est pas toujours très efficace.En effet, la description détaillée de l’invention permet souvent aux compétiteurs et aux imitateurs de proposer des solutions alternatives et des améliorations.Et l'inventeur peut perdre certains bénéfices.Il arrive, en effet, qu’il puisse être plus payant pour un entrepreneur de laisser aux inventeurs l’honneur 1474: Les brevets d’invention, une importante innovation institutionnelle de la Renaissance, apparaissent à Venise en réponse à la rapide diffusion d’information provoquée par l’invention de l’imprimerie.1624: Ancêtres de nos brevets, les « lettres patentes » sont introduites par une loi de la Couronne britannique en vue d'accorder un droit d’exclusivité de 20 ans au « First and true inventor or inventors of manufactures ».1791 î Délivrance des deux premiers brevets, dans ce que l’on appelle aujourd’hui le Canada, à Angus Macdonnell, soldat écossais en garnison à Québec et à Samuel Hopkinson, habitant du Vermont, pour deux nouvelles méthodes de fabrication de potasse et de savon à partir de cendres de bois.Fait intéressant à noter, Hopkinson a obtenu les premiers brevets américains, également en 1791.1824: Promulgation de la Loi sur les brevets par la province du Bas-Canada (Québec).Il s'agit de la première loi (sur les brevets) en vigueur dans ce qui est aujourd’hui le Canada.Le premier brevet délivré sous cette loi fut attribué à Noah Cushing, de Québec, pour une machine à laver et à fouler.1869: Promulgation de la première loi fédérale sur les brevets s’appliquant aux quatre provinces du Dominion, soit l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.1872: La Loi sur les brevets est modifiée afin de permettre aux étrangers d’obtenir des brevets canadiens.Le Bureau des brevets publie pour la première fois une liste de brevets délivrés, pratique qui est à l'origine de l’actuelle Gazette du Bureau des brevets.1923: Le Canada signe la Convention de Paris pour la protection de la propriété intellectuelle.Il a, par la suite, maintenu sa participation sur la scène internationale par son adhésion au Traité de coopération en matière de brevets.54 EH INlhRFAŒ" DESSIN: MUSÉE J.-ARMAND-BOMBARDIER +¦?MM» nTTrYi r_o c ÿsmamsd I lectuefle Le brevet d’invention accordé à Joseph Armand Bombardier en 1937, le premier qu’il ait reçu, protégeait son « auto-neige B7 » contre les imitations.Cet exemple classique illustre le système de brevets à son meilleur.Cette protection temporaire contre la contrefaçon a permis à l’inventeur d’organiser une production commerciale originale et de réaliser des bénéfices pour développer son entreprise.En faisant connaître le nouveau produit, le brevet a aussi favorisé le développement d’inventions complémentaires et de substituts par les concurrents.d’être les premiers sur le marché, mais de copier ou d’améliorer l'invention originale.Les dirigeants d’entreprises innovatrices s’entendent pour dire que l’efficacité des différents instruments de protection varie à l’intérieur d’un même secteur industriel ainsi que d’un secteur à un autre.Les brevets sont le plus efficaces dans les industries où l’invention peut être bien décrite et bien définie, et où la revendication de la propriété intellectuelle ne prête pas à confusion.Cela est le cas en l'occurrence pour les nouvelles substances chimiques et pharmaceutiques.Grandeurs et misères du système de brevets canadien L’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC) reçoit annuellement plus de 25 000 demandes de brevet.L’examen d’une demande dure en moyenne trois ans et environ deux demandes sur trois passent l'examen avec succès.Jusqu’à récemment, l’OPIC classait chaque brevet non seulement selon la classification réglementaire, mais également selon le double critère des industries les plus susceptibles de manufactu- 1988: Amendements à la Loi sur le droit d’auteur afin d’inclure la protection des logiciels.Ils apportent des distinctions entre cette loi et la Loi sur les dessins industriels.1989: Modifications fondamentales à la Loi sur les brevets.1990: Promulgation de la plus récente des lois en matière de propriété intellectuelle : la Loi sur les topographies de circuits intégrés.1993: Au Canada, les droits des détenteurs de brevet sont renforcés par une prolongation de la durée de protection à 20 ans.Une disposition encore plus importante de cette loi élimine les licences obligatoires.1996: Nouvelle Loi sur les brevets et Règles connexes entrées en vigueur le ier octobre.Source: Industrie Canada Petr Hanel, professeur au Département d’économique de l'Université de Sherbrooke 55 1INlhRLALL WS ZOO Art Figure ZOOAAZOOAAZOOAAZOO Nombre de demandes de brevets par habitant Notes Les données sur les dépôts de brevets (WIPO) sont pour l’année 1993.Nombre de brevets déposés aux Etats-Unis par 100 experts en R-D, selon le pays d’origine Figure 2 de l’OCDE et se rapportent à 1990.Tradition ~ innovation1 ?Droit de la propriété intellectuelle DES IDÉES POUR PROTÉGER LES VÔTRES brevets • marques de commerce • droits d’auteur dessins industriels • secrets commerciaux OGILVY SWABEY RENAULT OGILVY RENAULT AVOCATS Montréal Ottawa Québec Toronto Londres www.ogilvyrenault.com info@ogilvyrenault.com AGENTS DE BREVETS ET DE MARQUES DE COMMERCE Montréal Ottawa Toronto Québec swapat@mtl.swabey.com rer et d’utiliser l’invention définie dans le brevet.La banque des données PATDAT permettait ainsi aux chercheurs de comprendre le mode de diffusion des nouvelles technologies entre les entreprises et entre les industries.Des analyses statistiques ont notamment permis de démontrer que les entreprises dans un petit nombre de secteurs (produits électroniques, chimiques, machinerie et instruments scientifiques et professionnels) sont la source de nouvelles technologies pour le reste de l’économie.Malheureusement, au moment où l’originalité et l’utilité de cet outil de renseignements et de recherches original qu’était le PATDAT, ont commencé à être reconnues non seulement au Canada mais aussi à l’étranger, cette initiative a été victime des coupures budgétaires.Deux des particularités du système canadien sont sa grande ouverture à l’égard de l’étranger et la relative faiblesse du nombre d'inventeurs canadiens.Le fait que l’économie canadienne soit encore orientée vers l’exploitation des ressources naturelles, et l’intensité moins élevée des activités de R-D, expliquent pourquoi les inventeurs d'ici n’obtiennent qu’une faible proportion du nombre total des brevets accordés annuellement au Canada : elle est passée de 5 à 6 p.100 dans les années 60 et 70 à 7 à 8 p.100 au cours des années 90, mais elle reste encore inférieure à celle des autres pays industrialisés d’importance comparable.Un autre indicateur de la performance est le nombre de brevets étrangers accordés aux ZOOM entreprises et inventeurs canadiens.Il corrobore les statistiques précédentes : notre performance à ce titre est restée, dans les années 70 et 80, inférieure à celle de nos concurrents.Dans les années 1990, les efforts pour accroître les activités de R-D consentis au Canada et au Québec — subventions et crédits fiscaux — ainsi que l’attention croissante portée par les entreprises et les institutions de recherche à l’importance de la protection de la propriété intellectuelle, semblent avoir porté fruit (graphiques de l’OCDE).À moins que le ralentissement des dépenses privées de R-D au cours des années 90 et que les coupures dans le financement de la recherche publique et universitaire n’aient interrompu le rattrapage observé, la faible performance du Canada au titre des brevets d’invention pourra bientôt être une chose du passé.Références 1.Un document sur la propriété intellectuelle préparé avec l’appui de Industrie Canada pour l’Association des universités et des collèges du Canada, à l’occasion du séminaire sur le sujet en novembre 1998, se trouve sur le site http ://www.aucc.ca/francais/about/ briefs/ip_fr_nov98.htm 2.L’ensemble de ces instruments est administré au Canada par l’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC), situé à Ottawa.Site à consulter : http ://strategis.ic.gc.ca/ sc-mrksv/cipo 3.Daniel Germain, « Montréal, la terre promise des pharmas », Commerce, vol.ioo, n° 4,1er avril 1998, p.40. m Atomic Eitfergy \ pi Canada limited # du Canada limitée .%.* * 1 -V .j p-v^.'V .v.L’énergie nucléaire : l’énergie propre Le réchauffement de la planète, le smog urbain et les pluies acides sont tous causés par l’utilisation de combustibles fossiles dans les centrales électriques, les usines, les domiciles et les automobiles.Les centrales nucléaires produisent une électricité propre, sûre et fiable et assurent ainsi un environnement plus sain maintenant et pour l’avenir.L’énergie nucléaire ne produit pas de gaz qui contribuent au réchauffement de la planète ou à la pollution atmosphérique.L’énergie nucléaire est une solution adoptée par un nombre croissant de pays en développement qui ne disposent pas de combustibles fossiles sur leur territoire; et c’est aussi la solution qui s’impose graduellement aux pays industrialisés qui dépendent d’autres sources d’énergie.La centrale nucléaire Gentilly-2 répond à environ trois pour cent des besoins en électricité du Québec.En Ontario, les centrales nucléaires produisent environ la moitié de l’électricité de la province, et la centrale nucléaire de Pointe Lepreau fournit environ 30 pour cent de l’électricité du Nouveau-Brunswick.Énergie atomique du Canada limitée (EACL) conçoit et vend des réacteurs nucléaires CANDUMD. 'OMMUNICATIONS SCIENCE MONDE Télécentres Internet contre l’ethnocide Laurent Fontaine Internet peut-il aider les plus pauvres DE LA PLANÈTE À FAIRE ENTENDRE LEUR VOIX ET À TIRER LEUR ÉPINGLE DU JEU DANS LE VILLAGE GLOBAL?UNE EXPÉRIENCE DE Télécentres menée en Équateur et en Colombie, PERMETTRA PEUT-ÊTRE DE LE SAVOIR.Ils n’ont plus rien.Plus de terre, peu d’emplois, quel avenir?Dans la forêt amazonienne de l’Équateur, à plusieurs heures de route et de piste de Quito, les Indiens Cofan, Sio-nas et Secoyas sont aujourd’hui des peuples «en situation d’ethnocide» — selon l’expression même de Roberto Roggiero, secrétaire exécutif d’Intercom-Nodo Ecuanex, un réseau équatorien d’Internet tourné vers les ONG et le domaine communautaire.Trois mille Indiens, chasseurs et cueilleurs depuis des siècles, qui sont devenus en quelques années des populations sédentaires, distribuées en trois villages dans la forêt, pas loin de la ville de Nueva Loja (appelée aussi Lago Agrio), dans le nord-est du pays.Une région pétrolière où les grandes multinationales, notamment, ont bousculé les traditions séculaires des minorités ethniques.«Dans ces villages, la communication orale prédomine encore, explique Valeria Be- 58 EH INlhREAŒl ____________________ tancourt, chercheuse à Inter-com-Nodo Ecuanex.Il faut plusieurs heures de mauvais chemins et de fleuve pour les rejoindre.Le seul moyen de communication est la radio et encore, uniquement pour recevoir des messages.» Ailleurs, autour de Lago Agrio, la situation est à peine meilleure: quelques lignes téléphoniques de très mauvaise qualité, sauf, bien entendu, les systèmes de communications par satellite des compagnies pétrolières.Dans les trois villages perdus des Cofan, des Sionas et des Secoyas, un ordinateur Pentium multimédia relié à une antenne et alimenté par des panneaux solaires, est maintenant en mesure de recevoir et d’envoyer du courrier électronique.Les données informatiques transitent par le réseau d’Intercom-Nodo Ecuanex jusqu’à Quito, d'où on les expédie par câble jusqu'à Lago Agrio, au siège du Front de défense de l’Amazonie, une ONG chargée de dé- fendre les intérêts des populations locales contre les multinationales du pétrole.De là, les données voyagent par ondes radio HF jusqu’aux radios-modems des trois PC perdus dans la forêt ! En théorie, l’accès au monde entier est à la portée des villages amazoniens, à la vitesse de 200 bauds par seconde — très très lent — et sans frais, grâce aux ondes radio gratuites.Dans la pratique, la situation est plus complexe.En Équateur, la forêt amazonienne est un milieu franchement hostile, et pas seulement pour l’humain! La topographie capricieuse, le taux élevé d’humidité et les changements brusques de climat perturbent le signal radio.La liaison filaire entre Quito et Lago Agrio est mauvaise et sera probablement remplacée par un lien micro-onde.Mais les plus gros problèmes ne sont pas d’ordre technique.Approcher les organisations autochtones, en faire des partenaires du projet, ou convaincre les autorités équatoriennes qui surveillent scrupuleusement leurs ondes radio, ne sont pas de minces défis.«Nous avons sous-estimé les problèmes reliés à la langue et à la formation des populations locales qui ne parlent pas couramment espagnol, dit Gilles Cliche, chargé de projet au Centre de recherches pour le développement international.L’alphabétisation, un préalable indispensable pour l’usage d'outils informatiques, est minimale.Mais, espère-t-on, l’outil va lui-même faciliter bientôt l’apprentissage de l’espagnol grâce à des animations multimédias.» Moins de deux ans plus tard, le projet en Équateur n’en est qu’à l’implantation technique.Même s’il a permis d’établir un contact entre les trois communautés amazoniennes, le projet est très lent à se mettre en place.Aurait-on choisi une population trop difficile à marier avec les communications modernes?«Ces gens sont à la limite de l’exclusion.C’est un cas majeur où les communications modernes peuvent vraiment changer une situation», croit Gilles Cliche, en rappelant que l’objectif n’est pas de leur fournir du matériel à la fine pointe technologique, mais plutôt un outil pour favoriser leur développement: «On veut protéger la bio-diversité, la faune, mais que fait-on pour les populations, les êtres humains en danger qui sont eux-mêmes la mémoire vivante de l’univers amazonien?», interroge Gilles Cliche.Il faut encore du temps pour que les Cofan, les Sionas et les Secoyas se familiarisent avec les outils du XXIe siècle.«L’implantation de ce réseau est le plus grand défi que j’ai eu à relever», dit Gilles Cliche.Depuis 1997, le CRDI a investi 250000 $ dans ces télécentres en Équateur et en Colombie.On veut vérifier l’hypothèse selon laquelle l’accès aux moyens de communications modernes peut avoir un effet bénéfique réel sur le développement des communautés les plus retirées.«En Uruguay, rappelle Gilles Cliche, le fait de donner, sur les ondes radio, le prix d’achat des citrons, des oranges et des limes à Montevideo ou Buenos Aires, a CHRONIQUE ES' J R I W »0 1 i K »sm m-W >vôK.J «S»ÊZ?^b% SSIBLE GRÂCE À LA COLLABORATION DU CENTRE DE RECHERCHES CRDI POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL (CRDI) I Âi pays différents - des organisations très proches des ONG et des milieux communautaires.Ces exploitants locaux sont chargés de mettre en place la partie technique.Ils sont associés avec des groupes communautaires locaux habitués à mener des actions de développement: «Les gens sur place connaissent les besoins, ils trouvent souvent eux-mêmes les réponses aux problèmes techniques», dit Gilles Cliche.En Colombie, l’implantation des télécentres dans trois quartiers pauvres de Bogota — Suba, San Cris- permis aux producteurs de connaître enfin la valeur réelle des fruits, sans plus dépendre des informations et du bon vouloir des transporteurs.» L’Agence canadienne veut aussi démontrer qu’il est possible de bâtir des réseaux ren- tables à petite échelle.C’est le cas de ces deux projets de télécentre, en Équateur et en Colombie, mis sur pied par l’Association pour le progrès des communications, un regroupement d’exploitants de réseaux à but non lucratif venus d’une vingtaine de tobal et Bosa — donne des résultats plus rapidement qu’en Équateur car la situation y est moins extrême: «Ouatre-vingt p.100 des habitants de la capitale ont le téléphone et il y a deux bons réseaux Internet depuis plus de quatre ans», expli- que Sylvia Cadena, une des responsables du projet à Col-nodo, le réseau colombien chargé de l’aspect technique du projet.Le système est donc moins complexe à implanter (un lien TCP-IP, en dial-up, comme celui qu’utilisent la plupart des gens au Canada).Les télécentres, appelés ici des unités d’information de quartier, sont installés dans des quartiers qui ne disposent pas de bons systèmes de communication.Ils donnent accès au courrier électronique mais aussi à la toile Web.Colnodo s’est associé avec des groupes communautaires actifs depuis plus de 15 ans dans chacun des quartiers.Six femmes ont été formées à l’utilisation des postes multimédias, pour développer des outils et faciliter l’accès aux gens des quartiers.Des jeunes utilisent déjà les ordinateurs et plusieurs se familiarisent avec les outils Internet.Des services qui répondent à des besoins locaux précis commencent à naître, comme un service d’emploi pour les femmes de ménage.«L’objectif n’est pas seulement de donner un accès à Internet, mais aussi de permettre aux gens de ces quartiers d’accéder à de l’information, de la faire circuler, de leur donner une voix, d’en faire des acteurs des décisions qui les concernent», rappelle Sylvia Cadena.Bref, il s’agit de faire de ces nouveaux internautes de vrais citoyens du Village global.?http ://www.redes-comuni tarias.apc.org 59 I lNlhkLALh BIT PHOTOS: MICHEL GROULX COMMUNICATIONS UBRIOUES 60 LIVRES LA REPRÉSENTATION SYNDICALE.Visage juridique actuel et futur, Gregor Murray et Pierre Verge, Les Presses de l’Université Laval, 186 pages.LE DIALOGUE AVEC LES CULTURES MINORITAIRES, sous la direction d’Eric Waddell, collection «Culture française d’Amérique », Les Presses de l’Université Laval, 246 pages.DICTIONNAIRE DES PROVERBES (anglais-français, français-anglais), Françoise Bulman, Les Presses de l'Université Laval, 272 pages.LE COLPRON.Le dictionnaire des anglicismes, Constance Forest et Denise Boudreau, 4e édition, Groupe Beauchemin, 382 pages.PAYSAGE, MYTHE ET TERRITORIALITÉ: CHARLEVOIX AU XIXe SIÈCLE.Pour une nouvelle approche du paysage, Lynda Villeneuve, Les Presses de l’Université Laval, collection «Géographie historique», 336 pages.LE PÈRE EUGÈNE PRÉVOST (1860-1946), Jean Hamelin, Les Presses de l’Université Laval, 648 pages.L’AMÉRIQUE DU NORD FRANÇAISE DANS LES ARCHIVES RELIGIEUSES DE ROME (1600-1922).Guide de recherche, sous la direction de Pierre Hurtubise, Luca Codignola et Fernand Harvey, Les Éditions de l’IORC, 202 pages.LES NERFS DE LA CULTURE.Être humain à l’heure des machines à penser, Derrick de Derckhove, Les Presses de l’Université Laval, 252 pages.POUR UNE HISTOIRE AMÉRINDIENNE DE L’AMÉRIOUE, Georges E.Sioui, Les Presses de l’Université Laval, 160 pages.AFFIOUETS, MATACHIAS ET VERMILLON.Ethnographie illustrée des Algonquiens du nord-est de l’Amérique aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Marc La berge, collection «Signes des Amériques », Recherches amérindiennes au Québec, 228 pages.Placement étudiant du Québec Le Programme de soutien à l’emploi stratégique du ministère de l’Industrie et du Commerce permet aux entreprises privées et aux organismes à but non lucratif de recevoir une aide financière pour l’embauche d’étudiants-stagiaires dans des disciplines faisant l'objet du stage.Nous vous invitons à communiquer avec les représentants du PEO de votre région pour en connaître davan- 10-14 MAI 67e Congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, à l’Université d’Ottawa.DU FUTUR AU PASSÉ.LES ATHAPASCANS SEPTENTRIONAUX, Recherches amérindiennes au Québec, vol.XXVIII, n° 3, hiver 1998-99,140 pages.LES POLITIQUES PUBLIQUES CANADIENNES, sous la direction de Manon Tremblay, Les Presses de l’Université Laval, 316 pages.tage sur les services et les conditions d’admissibilité au programme.Le PEO est présent sur l’ensemble du territoire québécois, dans 17 directions régionales du ministère de l’Industrie et du Commerce.www.placement-etudiant.mic.gouv.qc.ca Courriel : info.peq@mic.gouv.qc.ca Téléphone : 1 800 463-2355 Québec : (418) 643-6965 Montréal : (514) 873-7395 Renseignements : Acfas Téléphone : (514) 849-0045 Télécopieur: (514) 849-5558 www.acfas.ca/congres O EMPLOIS C(fj) CALENDRIER Mai 11 MAI Conférence sur la douance, conférencier : Françoys Gagné, organisée par l’Association Douance-Ouébec.au Centre communautaire J.H.Hemens, 339, chemin de la Grande-Côte, à Rosemère.Renseignements: (450) 430-7228 20-22 MAI La francophonie panaméricaine: état des lieux et enjeux, colloque multidisciplinaire international organisé par le Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest (CEFCO) et le Regroupement des universités de la francophonie hors Québec, au Collège universitaire de Saint-Boniface, à Winnipeg.Renseignements:Jean Lafontant Téléphone :i 888 233-5112 25-28 mai 16e Colloque international: «Apprendre à enseigner autrement»,organisé par l’Association internationale de pédagogie universitaire, à l’École des hautes études commerciales, à Montréal.Renseignements: Denis Grégoire Chaire d’entrepreneurship Maclean-Hunter Téléphone: (514) 340-6734 denis.gregoire@hec.ca canarie.hec.ca/~aipu/accueil _dte.htm 26 MAI Financement de l’urbanisation en Afrique et décentralisation : les dilemmes de l’aide extérieure, dans le cadre des déjeuners-séminaires de l’INRS-Urbanisation, au 3465, rue Durocher à Montréal.Renseignements: (514) 499-4013 www.inrs-urb.uquebec.ca INTERFACE l T' ' 1 A VISIONS NOUVELLES UlT^CrD nn"= L| Ld École des Hautes Études Commerciales se distingue par la qualité et par l’importance de sa recherche en gestion.Individuellement ou en collaboration, les 175 professeurs et chercheurs des HEC s’appliquent à élaborer des visions nouvelles dans tous les domaines de la gestion.Cette nécessité d’élaborer des visions nouvelles, ils y font face en adoptant une attitude proactive envers le changement.Leur but: contribuer à l’accroissement des connaissances et à l’amélioration des pratiques de gestion.Chaires, centres et groupes de recherche aux HEC • Chaire de commerce Orner DeSerres • Chaire de développement et de relève de la PME • Chaire de gestion des arts • Chaire de gestion des risques • Chaire d’entrepreneurship Maclean Hunter • Centre d’études en administration internationale (CETAI) • Centre d’études en transformation des organisations • Centre d’études sur les nouvelles technologies et les organisations (CENTOR) • Centre de gestion des coopératives • Centre de recherche sur les transports (CRT)1 • Groupe de développement de la méthode de cas • Groupe de recherche en contrôle de gestion • Groupe de recherche en finance (GReFI) • Groupe de recherche en gestion des ressources humaines • Groupe de recherche en systèmes d’information (GReSI) • Groupe de recherche et d’enseignement en marketing (GREM) • Groupe de recherche sur les entreprises familiales (GREF) • Groupe de recherche sur les pratiques de leadership en gestion • Groupe de recherche sur l’intégration et l’environnement de la chaîne d’approvisionnement (CHAINE) • Groupe d’études et de recherche en analyse des décisions (GERAD)2 • Groupe d’études et de recherche sur le management et l’écologie (GERME) • Groupe d’études sur le stress3 • Groupe Femmes, Gestion et Entreprises • Groupe humanisme et gestion 1 centre conjoint : Université de Montréal, École Polytechnique, École des HEC 2 centre conjoint : École des HEC, École Polytechnique, Faculté d’administration de l’Université McGill, UQAM 3 groupe conjoint : École des HEC, Université de Montréal Direction de la recherche École des Hautes Études Commerciales 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Montréal (Québec) H3T 2A7 Téléphone: (514) 340-6256 recherche.info@hec.ca iDimu.hec.ca RUBRIQUES 1 26-28 mai 3e Congrès international de génie industriel: «L’intégration des ressources humaines et des technologies: le défi»,organisé par le Bureau des congrès universitaires et le Département de génie industriel de l’École Polytechnique.au Radisson Hôtel des Gouverneurs, à Montréal.Renseignements : Pascall Thibault Téléphone : (514) 340-3215 www.congresbcu.com/cigi.htm 26-28 mai Sudbury’99, réunion annuelle conjointe de l’Association géologique du Canada et l’Association minéralogique du Canada, à l'Université Laurentienne, à Sudbury.Renseignements : Dr P.Copper Téléphone = (705) 675-1151, poste 2267 gacmac99@nickel.laurentian.ca Juin 2-12 juin Congrès des sciences sociales et humaines, organisé par la Fédération canadienne des sciences humaines et sociales (FCSHS), à l’Université de Sherbrooke et à l’Université Bishop’s de Lennoxville.Téléphone : (613) 238-6112, poste 312 congress@hssfc.ca www.hssfc.ca/ 9-11 JUIN 19e Colloque annuel de l’Association québécoise de pédagogie collégiale (AOPC) et Symposium sur l’élaboration locale et la mise en œuvre des programmes par compétences, au Centre des congrès de Trois-Rivières.Renseignements : AOPC Téléphone : (514) 328-3805 info@aqpc.qc.ca www.aqpc.qc.ca Juillet 4-8 JUILLET 3e Symposium international sur les nouveaux matériaux pour systèmes électrochimiques, organisé par le Bureau des congrès universitaires (BCU),à l’hôtel Radisson des Gouverneurs, à Montréal.Renseignements: BCU Téléphone: (514) 340-3215 bureau@congresbcu.com www.polymtl.ca/congres/materi-al.htm 27-30 JUILLET Rendez-vous BioAtlantech 1999 — technologies génomiques en agriculture, foresterie et aquaculture, organisé par BioAtlantech à l’hôtel Sheraton, à Fredericton.Renseignements : BioAtlantech Téléphone : (506) 444-2444 www.bioatlantech.nb.ca/rv99/ quoi DE NEUF?Le 6 mars dernier à Budapest, l’Université polytechnique de Budapest en Hongrie a décerné le titre de docteur honorifique au professeur Paul Pilisi.Celui-ci, d’origine hongroise, enseigne en sciences politiques au Département des sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi depuis 1972.?Le Bureau international de l’Université Laval, lancé officiellement le 18 mars 1999, entend relever le défi d’assurer à chaque étudiant une bonne connaissance du volet international de sa discipline, et cela dès 2004.Une sensibilisation interculturelle et la connaissance d’une deuxième langue sont au programme.?La Chaire en analyse des risques toxicologiques pour la santé humaine du Département du travail et d’hygiène du milieu de l’Université de Montréal a été créée le 11 mars 1999.Son titulaire, le Dr Gaétan Carrier, peut déjà compter sur plus d’un million de dollars qui proviennent de différents partenaires.Les objectifs de cette chaire: améliorer les connaissances relatives aux effets de l’environnement sur la santé humaine, et former des chercheurs et des analystes.?La Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke s’est classée au premier rang des seize facultés de médecine canadiennes aux examens d’aptitude du Conseil médical du Canada de 1998.Les étudiants se sont classés premiers en gynéco-obstétrique, en psychiatrie, en pédiatrie et en chirurgie, et deuxièmes en médecine et en médecine sociale et préventive.?Le Dr Michel Bergeron a reçu le prix Michel-Sarrazin décerné chaque année par la Société canadienne de physiologie pour récompenser l’œuvre scientifique d’un physiologiste ou d’un chercheur médical canadien.Ses travaux portent sur les maladies rénales.Il a proposé une hypothèse expliquant le syndrome de Fanconi et de nouveaux schémas sur l’organisation tridimensionnelle de la cellule.62 INTERFACE Université de Montréal Nouvel affichage Professeure ou professeur spécialisé dans le domaine des systèmes informatisés de communication multimédia Le Département de communication de la Faculté des arts et des sciences recherche une professeure ou un professeur adjoint régulier spécialisé dans le domaine des systèmes informatisés de communication multimédia.Fonctions Enseignement aux trois cycles.Encadrement d’étudiants aux études supérieures.Recherches, publications, rayonnement et contribution au fonctionnement institutionnel.Exigences Détenir un doctorat dans une discipline pertinente au domaine recherché.La personne devra pouvoir enseigner des cours de production multimédia aux 1er et 2e cycles.Une préférence sera accordée aux personnes qui possèdent une maîtrise des langages de programmation et qui peuvent démontrer un engagement en recherche dans les domaines des communications et du multimédia.Traitement Selon la convention collective.Date d’entrée en fonction Le 1er novembre 1999.Les personnes intéressées doivent faire parvenir leur curriculum vitae accompagné de leurs publications ou réalisations récentes et de trois lettres de recommandation, au plus tard le 1" juin 1999, à : M.André A.Lafrance, directeur Département de communication Université de Montréal C.P.6128, succursale Centre-ville Montréal (Québec), H3C 3J7 Tél.: (514) 343-7819 lafrana@com.umontreal.ca Conformément aux exigences prescrites en matière d'immigration au Canada, cette annonce s'adresse en priorité aux citoyens canadiens et aux résidents permanents.L'Université souscrit à un programme d'accès à i'égaiité en emploi pour les femmes et au principe d’équité en matière d’emploi.(0964) Contribution au progrès environnemental du Québec : Le volet ENVIRONNEMENT du Fonds des priorités gouvernementales en science et en technologie • Un soutien financier de 6 millions de dollars à l'innovation technologique et scientifique en environnement - de » • Un appui au savoir-faire de l'industrie québécoise de l'environnement dans la recherche, le développement et la démonstration des meilleures solutions aux préoccupations les plus stratégiques Pour plus de renseignements : Volet environnement du Fonds des priorités gouvernementales en science et en technologie 140, Grande - Allée Est, bureau 450 Québec (Québec) GIR 5M8 Téléphone : 418- 528-5647 Télécopieur : 418-643-1451 Site Internet : http://www.fpgste.gouv.qc.ca Courrier électronique : fpgste@fcar.qc.Gouvernement du Québec Ministère de l'Environnement Gouvernement du Québec Ministère de l'Industrie et du Commerce Québec s Les Prix de la recherche scientifique de VAçfas Ne manquez pas le Gala de la science Le 16 septembre 1999 Université de Montréal Prix des sciences humaines “1 Sciences humaines Commandité par l'Acfas Prix J.-Artnand-Bombardier Commandité par la Fondation J.-Armand-Bombardier ~| Innovation technologique Prix Jacques-Rousseau ~| Interdisciplinarité Commandité par un regroupement de centres de recherche de l’Université Laval Prix Léo-Pariseau Sciences biologiques et sciences de la santé Commandité par Merck Frosst inc.Prix Marcel-Vincent ~| Sciences sociales Commandité par Bell Canada Prix Michel-Jurdant ~| Sciences de l’environnement Commandité par Hydro-Québec Prix Urgel-Archambault Sciences physiques, mathématiques et génie Commandité par Mean Prix Bemard-Belleau ~| Doctorat - Santé et produits pharmaceutiques Commandité par BioChem Pharma inc.Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs ~| Maîtrise et doctorat - Toutes les disciplines Commandité par la Fondation Desjardins Renseignements et réservation : Acfas Téléphone : (514) 849-0045 Site Internet : http://www.acfas.ca/prix Télécharger des ŒUVRES MUSICALES -» http ://www.mp3.com/ http ://www.RioPort.com http ://www.eworldmusic.com TïVa i IgggSï ataftfc.WBaBBB La distribution de la musique dans Internet fait couler beaucoup d’encre et suscite des positions contradictoires, voire conflictuelles entre les membres de cette industrie.Le responsable principal ?Mpeg3, un format de distribution qui permet une très grande compression, ce qui réduit la taille des fichiers transférés tout en assurant une bonne qualité numérique.Par ailleurs, la mise en marché de RIO est venue alimenter le débat.Il s’agit d’un baladeur entièrement numérique conçu précisément pour le Mpeg3, que l’on branche à un PC afin de télécharger dans Internet de la musique offerte gratuitement ou moyennant un faible coût.Pour contrer le piratage des droits d’auteur, l’industrie doit donc s’ajuster et vendre des oeuvres musicales par l’intermédiaire du réseau.C’est ce qu’a compris la jeune entreprise eWorldMusic, qui permet aux jeunes musiciens, pour la première fois au Québec, de vendre leur musique en format Mpeg3 pour des sommes modiques.Cette approche permet aux nouveaux talents de se faire connaître beaucoup plus vite et à moindres frais que s’ils passaient par les canaux habituels de distribution, lesquels leur sont souvent inaccessibles.TlVO, OU LA TÉLÉVISION À LA CARTE HP CapShare 910,pour CAPTER L’INFORMATION EN DIRECT http ://www.capshare.hp.com HP CapShare 910 est un numériseur manuel qui permet de capter directement des pages ou des bouts de textes, et de stocker jusqu’à 50 pages.Une fois captés, ces documents peuvent être envoyés par infrarouge vers un PC ou vers une imprimante, et être expédiés par courrier électronique ou traités comme tout autre document électronique.00.WEB, UN TÉLÉAVERTISSEUR BRANCHÉ SUR INTERNET -> http ://www.rim.net/products/ IP950/about.html A CB K N in «ht poîrn of http ://www.tivo.com/ TiVo est à la fois un service de télévision personnalisé et un magnétoscope numérique qui permet d’enregistrer une émission, d’en arrêter la diffusion, de la rebobiner et de la visionner de nouveau tout en réenregistrant la suite.Tout comme si la chaîne de télévision travaillait exclusivement pour vous et suivait vos ordres pour arrêter la diffusion et la recommencer selon vos goûts ! Cette innovation s’appuie sur le même disque dur et sur les mêmes technologies que celles utili- sées avec les PC pour enregistrer un document tout en travaillant dans un autre, par exemple.Mais TiVo peut faire plus : il apprend les goûts de son maître, lui offre ses émissions préférées et lui en suggère même des semblables ! La possibilité de recevoir du courrier électronique par l’intermédiaire de téléavertisseurs a réjoui les utilisateurs.Le dernier cri dans le genre est l'avertisseur sans fil avec navigateur Internet intégré.Go.Web nous permet, en effet, de consulter une version épurée des pages du World Wide Web comme si vous étiez devant votre ordinateur.Avec un clavier minuscule, un écran et une mini-souris, il vous donne accès à votre courrier électronique, à votre agenda et à vos outils de gestion d’information sur serveur.Go.Web sera bientôt en vente au Canada.PTUKC E RI I DOM capture.STORE and SHARE ANYONE ___ ANYWHERE RichLink, pour COMPRENDRE DE qUOI ON PARLE -> http ://www.sentius.com/ En matière de logiciels, beaucoup d’efforts sont consacrés aux outils de gestion de contenu et de localisation des sites.RickLink est un outil de recherche de sens et de traduction des termes inconnus dans une page Web.Les développeurs de sites utilisent RichLink Author pour traiter le contenu du site et créer une base de termes et de signification.L’usager installe le module de RichLink View dans son fureteur, pointe le mot inconnu et obtient immédiatement sa définition, sa signification et ses équivalents dans plusieurs langues.a muot for bu Wto and CD pubfcohoro, RichLink Author M0||a|i£j£jUlUm«nt> and mokto thorn com» alivo with îll!l! To moko rtch or tichor.t To moko fullor, moro moonin«fui, Adel El Zaïm, directeur, Solutions Internet Institutionnelles Vidéotron.Net Adel.elzaim@videotron.net ?65 I lNlhREALh WS LE POINT Un Prix Nobel joue aux molécules Réunissez 9 atomes de carbone, 8 d’hydrogène et 4 d’oxygène ainsi que 26 liaisons, assemblez le tout et vous gagnez.une molécule d'aspirine, du C9H8O4 ! Voilà le principe du jeu Moleko, accessible dès l’âge de 10 ans.Son concepteur, Jean-Marie Lehn, est chercheur au CNRS, professeur au Collège de France et Prix Nobel de chimie.Il vient de concrétiser une idée qui lui trottait dans la tête depuis 10 ans: un jeu de chimie pour expliquer de façon simple comment la matière est faite tout en s'amusant.En attendant sa distribution au Canada, on peut trouver le jeu à la librairie du CNRS-Édition à Paris.Le Point, 31 décembre 1998 Contrairement à la croyance populaire, alimentée par les magazines féminins, les hommes ne quittent pas leur conjointe atteinte d’un cancer du sein.Pour arriver à cette conclusion, des membres du Groupe de recherche en épidémiologie de l’Université Laval ont comparé le taux de sépara- TI O N tion de 295 femmes qui ont eu un cancer du sein à celui de 8 600 Québécoises choisies au hasard.Fil des événements, 11 février 1999 WÊÊSkJ Viagra au Canada Le citrate de sildénafil, le très célèbre Viagra, est disponible au Canada depuis la fin mars.Un comprimé pris de 30 à 60 minutes avant la relation sexuelle rétablit la fonction i^lAGRA ¦wpopwATiow row mrawf Viagra SmftNA» 50 mg érectile, à la condition cependant qu’il y ait aussi stimulation sexuelle naturelle.On estime qu’environ trois millions de Canadiens sont susceptibles d’avoir recours au «médicament ».Même si des tests cliniques sont en cours pour comprendre ses effets sur la femme, Viagra est conçu uniquement pour l’homme.Le Québec primé aux États-Unis L'entreprise québécoise de haute technologie Biother-mica a reçu le prix J.Deane Sensenbaugh 1999, qui reconnaît sa contribution exceptionnelle dans le contrôle de la pollution de l'air.Biothermica a mis au point un procédé d'oxydation qui résout les problèmes de pollution de l'air reliés aux industries émet-trices de COV, entre autres, comme la fabrication de papier asphalté, les procédés de peinture, les usines de pâtes chimiques, d’équarrissage ou de traitement des boues.* ?(23) 0 = 00 (20) 0 = C = 0 - (6)A H H f CA I Benzo (a) pyrene + (23) 0, 20 C0, + (6) H,0 Pollution dans le Grand Nord Les taux de BPC dans le sang des enfants inuits du Nunavik et des enfants montagnais de la Basse et Moyenne-Côte-Nord sont quatre fois plus élevés que ceux des enfants blancs du sud du Québec.Les chercheurs de l'Unité de recherche en santé publique du Centre de recherche du CHUL (URSP) attribuent ces taux éle- vés à la consommation d'œufs d’oiseaux marins contaminés, dans le cas des Montagnais, tandis que les BPC dans le sang des Inuits proviennent surtout de leur consommation de mammifères marins.De plus, le taux de mercure des enfants inuits est sept fois plus élevé que celui des enfants montagnais et quatorze fois plus que celui des enfants blancs: le poisson et la viande de cétacé contiennent, en effet, beaucoup de mercure.Contact, hiver 1999 Propriété intgllectubllr La University of California at Davis (UCD) a breveté un gène extrait d’une variété de riz du Mali.Ce gène, possiblement transférable à d’autres variétés de riz et de plantes, pourrait rendre inutile l’épandage de fongicides, d’où des avantages finan- L aeroglisseur Triton Nicolas Gosselin, David Desmarais et Pierre Savoie ont conçu un aéroglisseur ergonomique de 4 mètres de long sur 5,25 mètres de large, assez grand pour quatre personnes.Triton est plus performant et 40 p.100 moins lourd et moins bruyant que les autres véhicules du même genre.Le projet a été réalisé dans le cadre du programme Hémisphère offert conjointement par l’École de design industriel de l’Université de Montréal et l’École de gé- nie mécanique de l’Université de Sherbrooke.Forum, 8 février 1999 ciers et écologiques importants.L’inventeur principal a créé un fonds génétique doté de 150 000 $ US, une avance sur les redevances à venir, et auquel les entreprises qui fabriqueront des o produits à partir de ce gène contribueront elles aussi.Louise Grenier, Connaissances indigènes et recherche, CRDI, 1998, p.27 66 BE 1N1LRLACË1 n Fondation canadienne po'ur l’innovation La Fondation canadienne pour l’innovation investit en partenariat avec les secteurs public, privé et bénévole dans des projets d’infrastructure pour stimuler la croissance économique et la création d’emplois dans l’économie du savoir.Par des investissements stratégiques dans les domaines de la santé, des sciences, du génie et de l’environnement, la Fondation permet aux chercheurs de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des Canadiens et Canadiennes.La Fondation tient à féliciter l’ACFAS à l’occasion de son congrès annuel et lui rend hommage pour sa contribution soutenue à l’avancement de la recherche.Pour renseignements : (613) 947-6496 www.innovation.ca Elle touche profondément tous les aspects de notre vie : notre bien-être, notre évolution, notre créativité.La recherche Forte de sa tradition d’excellence en recherche, qui a valu à ses chercheurs en 1998 une hausse de financement de 30 p.cent, l’Université d’Ottawa poursuit sa mission de repousser les limites du savoir dans quatre axes prioritaires : le Canada, la santé, les technologies de l’information et les sciences moléculaires.Pour en savoir davantage sur la recherche à l’Université d’Ottawa, appelez-nous au (613) 562-5270 ou visitez notre site Web au http://www.uottawa.ca.Hôte du 67 congrès de ÏACFAS du 10 au 14 mai 1999 Un choix qui rapporte ! Université d’Ottawa University of Ottawa Bâtir sur nos foire Canada Les enjeux sociaux et culturels Bilinguisme et multiculturalisme Bijuridisme dans une perspective internationale La communauté francophone en Ontario Gouvernance Le Canada à lere de la mondialisation Santé Santé de la population • Livraison des soins de santé • Soins de soutien • Santé des femmes Neurosciences Recherche cardiovasculaire Recherche sur le cancer Technologie biomédicale Technologies de l’information Innovations en technologies de l’information : • Télécommunications • Génie logiciel • La santé et les technologies de l’information Les technologies de l’information dans la société • Propriété intellectuelle • Droits de la personne • Éducation • Gestion Sciences moléculaires Biologie moléculaire et génétique Sciences biopharmaceutiques Catalyse et matériaux de pointe Grands défis environnementaux Excellente aujourd'hui.xceptionnelle dei
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