Argus, 1 janvier 2010, Automne
[" POSTE PUBLICATION 40021801 a\\r\\s, dlt Bernard Rivière Cfst\" _____ Haïti?, PER BAnQ / \\RGUS La revue québécoise des professionnels de l\u2019information documentaire Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec L\u2019ACTA, une menace pour le Canada?La Grande Bibliothèque et le monde des bibliothèques au Québec cinq ans apres BAnQ: de la culture à la culture numérique Une mine de ressources a explorer pour le voyageur immobile Bibliothèque en l\u2019église La bibliothèque troisième lieu, vers une redéfinition du modèle de bibliothèque Naviguer en eaux troubles : le développement d\u2019outils pour les jeux en ligne en bibliothèque Le livre numérique comme véhicule de communauté en bibliothèque Quel avenir pour les bibliothèques de l\u2019Université d\u2019État d Corporation of Professional Librarians of Quebec voltage isssæa SS» :¦ Etablissez LUS de connexions WorldCat.org donne à votre bibliothèque plus de visibilité sur le Web.Il met en valeur votre matériel sur le plus grand réseau de bibliothèques au monde.Vos utilisateurs trouveront beaucoup plus \u2014 plus de matériel, plus de formats, plus d\u2019options de socialisation, plus de langues \u2014 dans votre bibliothèque, dans votre groupe et ailleurs.Voyez comment établir plus de connexions avec vos utilisateurs au www.worldcat.org.OCLC Les bibliothèques du monde, connectées.^\\WorldCat 0l Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec Rédaction Vincent Audette-Chapdelaine et Marie D.Martel rédacteurs en chef Frédéric Champoux, responsable de la section État des milieux Linda Patry et Aminata Keita, responsables de la section Comptes-rendus Traduction Brigitte Lafond Révision Pierre Chicoine Page couverture Fig Communications figcom@sympatico.ca Graphisme Manon André manonand@videotron.ca Impression CRL Imprimerie Publicité Jean-François Similien (514) 845-3327 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0315-9930 Poste publication 40021801 Tirage 1000 exemplaires ARGUS est une revue publiée trois fois l'an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (C.B.P.Q.) dont le siège social est situé au : 353, rue St-Nicolas, bureau 103, Montréal (Québec), H2Y 2P1 Téléphone : (514) 845-3327 Télécopieur : (514) 845-1618 info@cbpq.qc.ca Tous les textes publiés dans la revue expriment les points de vue et opinions des auteurs et n'engagent que ceux-ci.Abonnement annuel 33$ (Québec tarif individuel 12$ le numéro ) Québec institutionnel 40$ (15$ le numéro) Canada 48$ (17$ du numéro) États-Unis 48 $ US (17 $ US du numéro) Étranger 50$ US Étudiants 23$ Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois après la date de parution au Secrétariat de la C.B.P.Q.Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être autorisée par le Comité de rédaction.Les articles de la revue sont indexés dans: \u2022\tPascal Thema.T 205, Sciences de l'information-documentation \u2022\tInformation Science Abstracts \u2022\tLibrary and Information Science Abstracts (USA) \u2022\tLibrary Literature \u2022\tRepère [ sommaire 1 3 le mot de présentation par Marie D.Martel et Vincent Audette-Chapdelaine 5 tribune libre L'ACTA, une menace pour le Canada?par Anthony Hémond _7 La Grande Bibliothèque, cinq ans après par Marcel Lajeunesse _9 BAnQ : de la culture à la culture numérique par Marie D.Martel 13 Une mine de ressources à explorer pour le voyageur immobile par Richard Coveney 17 Bibliothèque en l'église par Luc Noppen 20 Vers une redéfinition du modèle de bibliothèque par Mathilde Servet 23\tLivre numérique comme véhicule de communauté en bibliothèque par Christian Liboiron 24\tDéveloppement d'outils pour les jeux en ligne en bibliothèque par Thierry Robert 27\tFavoriser la rencontre des enfants et des livres par Pascale Grenier 28\tBambou, un biblioblogue en herbe par Jérôme Pouchol 31 Les technologies permettent-elles l'intelligence collective?par Olivier LeDeuff 33 L'intelligence économique, un modèle à découvrir?par Monica Mallowan 37 Quel avenir pour les bibliothèques de l'Université d'État d'Haïti?par Daniel Marquis 39 Le Web social dans les bibliothèques de Montréal par Marie D.Martel et Sylvie Passerini 42\tTwitter en plus de 140 caractères par Marie Hélène Labory 43\trecensions par Marcel Lajeunesse et Marie D.Martel Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [ 1 ] SâfsPîÎE L \u2018T «inv m ;R05 LOT un salon des nouveautés mensuel, des espaces de travail, des libraires d\u2019expérience et un service personnalisé.Un service aux institutions qui s\u2019adapte à vos besoins ! Consultez notre site www.librainemonet.com nous reinventons ûr) la librairie m % Galeries Normandie \u2022 2752, de Salaberry, Montréal (Québec) H3M1L3 \u2022 Sortie 4 de l'autoroute 15 \u2022 514.337.4083 la Librairie Monet [ le mot de présentation 1 rédacteurs en chef Vincent Audette-Chapdelaine et Marie D.Martel vincentac@gmail.com mariedmartel@gmail.com Grande Bibliothèque troisième lieu, jeux vidéo, livre numérique et bien plus! Ce numéro d\u2019Argus clôture le cinquième anniversaire de la Grande Bibliothèque.Comme le souligne Marcel Lajeunesse, 2010 aura aussi été l\u2019occasion de célébrer les 50 ans d\u2019existence de la bibliothèque publique moderne, puisque le Service des bibliothèques publiques du Québec a été fondé en 1960.Mais il sera aussi question d\u2019avenir puisque l\u2019entrevue avec Guy Berthiaume présente les orientations actuelles de la Grande Bibliothèque et les défis liés aux enjeux numériques que doit relever la plus importante maison documentaire québécoise.L\u2019un de ces enjeux consiste en l\u2019élargissement de l\u2019accès à l\u2019ensemble de la populaüon québécoise grâce à l\u2019offre en ressources numériques explorée par Richard Coveney.La bibliothèque comme heu propose de nombreux axes de réflexion, autant au plan de l\u2019architecture des bâtiments que de l\u2019aménagement de l\u2019espace.Comme l\u2019explore Luc Noppen, le Québec a un long historique de conversion d\u2019églises en bibliothèques, opération de sauvegarde du patrimoine qui n\u2019est pas sans apporter son lot de défis.Mathilde Servet nous présente pour sa part le concept de bibliothèque troisième heu, déjà bien implanté dans plusieurs bibliothèques européennes.La technologie a pris tant d\u2019ampleur dans nos sociétés qu\u2019il est indispensable, aujourd\u2019hui, que la bibliothèque soit à la fois présente dans les espaces physique et numérique, et que l\u2019espace physique soit lui-même bien intégré aux technologies.Thierry Robert se penche ainsi sur le nouveau rôle des bibliothécaires amenés à développer des ouüls pour les jeux en ligne, tandis que Christian Liboiron s\u2019intéresse à la quesüon du livre numérique comme véhicule de communauté en bibliothèque.Ce ne sont là que quelques-uns des articles qui composent ce numéro, notre premier, qui se veut varié et en phase avec les enjeux de la profession! Bonne lecture! La librairie MERCIER a pour objectif de faire tout son possible afin de simplifier uotre trauail.Notre expérience nous permet d'effectuer des recherches fréquentes pour uous, et ainsi, réduire le nombre de vos commandes et uous sauuer du temps.Depuis 1952, nous desservons les institutions d\u2019enseignement et de recherche, telles que les bibliothèques municipales, scolaires, provinciales, fédérales et d\u2019hôpitaux.Nous comptons avoir le priuilège de bien uous servir très bientôt.LIBRAIRIE MERCIER librairie agréée, 40, St-Joseph, Ste-Thérèse, Qc J7E 3L6 Téléphone : (450) 435-0581 Télécopieur : (450) 430-1584 Volumes reliés de luxe Arts et histoire Littérature Scientifiques Médicaux Service de recherche Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [3] A L*ÉCOLE Coin détente 6*- * Pour commander 1 I 800 363-7765 M.450 646-1596 \u2022 I 877 646-1596 PROJEL INC.0 450 646-1120 Les équipements de loisir VOUS PROPOSE des sacs de pois % iêsJMLû ' 5,022033 VfCSàTileS et ULTRA CONFORTABLES A LA BiBlïOTHfQIJe Coin lecture CfNTRf de FfTiTf fNFANCf En denim ultra confortable S harmonise bien aux décors Rempli de billes de polystyrène de première qualité Choix de quatre grandeurs r tribune libre 1 Anthony Hémond anthonyhemond@gmail.com L'ACTA, une menace pour le Canada?L\u2019Anti-Conterfeiting Trade Agreement (ACTA), ou Accord commercial anticontrefaçon, est un accord multilatéral actuellement négocié, depuis plus de deux ans, par les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Maroc, la Corée du Sud, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l\u2019Australie, l\u2019Union européenne, la Jordanie, Singapour, la Suisse ainsi que les Émirats arabes unis.Cet accord a pour but d\u2019introduire des mesures spécifiques visant à coordonner et à renforcer la lutte contre la contrefaçon de marchandises, qu\u2019il s\u2019agisse de pièces d\u2019automobile, de médicaments, ou encore de vêtements.Il appartient aux gouvernements de protéger leurs citoyens contre ce type de danger que représentent les médicaments contrefaits ou les pièces automobiles qui pourraient porter atteinte à la sécurité des personnes.Cependant, il existe des instances internationales déjà compétentes en la matière, soit l\u2019Organisation mondiale des douanes, l\u2019Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, voire l\u2019Organisation mondiale du commerce.Pour éviter ces instances, T ACTA créerait sa propre organisation internationale.L\u2019une des principales critiques concernant cet accord porte sur le manque de transparence des négociations.En l\u2019occurrence, les gouvernements négocient derrière des portes clauses, sans que le public ni même les parlementaires de chaque pays impliqué dans le processus de négociation ne soient informés des clauses figurant dans cet accord.Les organisations à but non lucratif comme les parlementaires de nombreux pays ont dénoncé avec force cette façon de procéder1.Devant cette levée de boucliers, les pays qui négocient cet accord ont dû publier une version du texte en avril 20 1 02.Malheureusement, il faut savoir que les États-Unis s\u2019opposent encore, à l\u2019heure actuelle, à la publication de l\u2019accord.En fait, depuis avril 2010, deux autres négociations ont eu lieu sans que les dispositions de l\u2019accord ne soient divulguées.Il y a donc toujours un déficit de transparence.Les principales dispositions de cet accord, telles que publiées en avril 2010, visent essentiellement la contrefaçon numérique, c\u2019est-à-dire celle qui peut avoir lieu à travers le réseau Internet.Qu\u2019il s\u2019agisse de la copie d\u2019œuvres littéraires, musicales ou audiovisuelles, Internet est l\u2019enjeu véritable de l\u2019ACTA.Certaines dispositions visent à renforcer les mesures techniques de protection qui empêchent d\u2019effectuer des copies des œuvres ou qui en contrôlent l\u2019accès, tandis que d\u2019autres permettraient à des agents des douanes de fouiller les appareils électroniques des personnes dans le but de rechercher toute contrefaçon numérique.A cela s\u2019ajoute un régime de responsabilité très strict des intermédiaires du réseau Internet, à savoir les fournisseurs de services en ligne.En l\u2019occurrence, il a été proposé d\u2019instaurer un système de riposte graduée, qui se décomposerait en trois parties.La personne qui téléchargerait un contenu protégé par un droit d\u2019auteur, sans l\u2019autorisant du titulaire des droits, recevrait d\u2019abord un courriel lui demandant de cesser de se livrer à ce genre d\u2019activité.Si la personne continuait, elle pourrait recevoir un courrier recommandé l\u2019avertissant que, la prochaine fois, l\u2019interruption de son accès Internet serait réclamée auprès de Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] son fournisseur.Si la personne était prise une troisième fois dans les mailles du filet, son accès Internet serait coupé, sans possibilité de se réabonner auprès d\u2019un autre fournisseur.D\u2019autres craintes ont été soulevées, concernant les médicaments génériques qui peuvent transiter par l\u2019Europe et qui pourraient être saisis, du fait de lois différentes sur la propriété intellectuelle d\u2019une région à l\u2019autre, comme en Inde et en Europe.Les médicaments dont il s\u2019agit sont souvent destinés à l\u2019Afrique.D\u2019autres critiques sur cet accord ont émané du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).Il est d\u2019ailleurs frappant de constater que ces pays, dont certains sont montrés du doigt par les États-Unis dans le rapport spécial 301 de 2010 du Office of the United States Trade Representative3 qui traite des questions de propriété intellectuelle, ne sont pas invités à prendre part aux négociations relatives à cet accord.Au contraire, cet accord va, semble-t-il, faire l\u2019objet d\u2019une plainte de l\u2019Inde auprès de l\u2019Organisation mondiale du commerce4.Si Ton replace les négociations de cet accord dans le contexte canadien, il faut savoir qu\u2019actuellement, le gouvernement canadien a déposé un projet de loi modifiant la Loi sur le droit d\u2019auteur5.Or cet accord vise essentiellement à renforcer les droits de propriété intellectuelle.Le gouvernement, d\u2019un côté, négocie un accord au niveau international qui porte sur le droit d\u2019auteur et, de l\u2019autre, dépose un projet de loi sur le droit d\u2019auteur.Doit-on interpréter cela comme un double jeu de la part du gouvernement?11 faut savoir qu\u2019une fois signé, cet accord devra être ratifié par le Parlement.Cependant, si le gouvernement signe l\u2019accord, la marge de manœuvre du Parlement pour le ratifier sera assez réduite, voire inexistante, à la lumière de ses dispositions dans la version publiée en avril 2010.Autrement dit, T ACTA est la véritable loi canadienne sur le droit d\u2019auteur.Notes 1.Guillaume Champeau.« Le Parlement européen vote massivement pour la transparence sur l\u2019ACTA [http:// www.numerama.com/magazine/15228 [5] [ tribune libre 1 -le-parlement-europeen-vote-massive ment-pour-la-transparence-sur-l-acta.html] (page consultée le 1er septembre 2010); également APRIL, La Quadrature du Net, Act Up-Paris.« ACTA : les responsables du dossier renforcent nos inquiétudes » [http:// www.actupparis.org/spip .php?articles 932] (page consultée le 1er septembre 2010).2.\tCanada.Affaires étrangères et Commerce international.« Accord commercial relatif à la contrefaçon : texte de négociation de l\u2019ACRC » [http://www.intemational.gc.ca/trade agreements-accords-commerciaux/fo /intellect_property.aspx?lang=fra] (page consultée le 1er septembre 2010).3.\tOffice of the United States Trade Representative.2010 Special 301 Report [http://www.ustr.gov/about-us /press-office/reports-and-publications /2010-3] (page consultée le 1er septembre 2010).4.\tJulien L.« L\u2019Inde prête à porter plainte à l\u2019OMC contre l\u2019ACTA », Numerama [http://www.numerama.com/magazine/16372-l-inde-prete-a-porter-plainte-a-l-omc-contre-l-acta.html] (page consultée le 1er septembre 2010).5.\tCanada.Parlement.Projet de loi C-32 [http ://www2 .pari.gc.ca/HousePubli ations/Publication.aspx?DocId=4580 265&Mode=l&Language=F] (page consultée le 1er septembre 2010).Anthony Hémond est avocat, analyste en télécommunication, radiodiffusion et vie privée à l'Union des consommateurs.Il est l'auteur d'articles publiés dans les revues juridiques Cahiers de propriété intellectuelle et Canadian journal of law and technology.Il est titulaire d'un diplôme d'études approfondies en créations immatérielles de l'Université Montpellier I (France) et candidat à la maitrise en droit des technologies de l'information à l'Université de Montréal.Vous avez envie d\u2019écrire pour Argus?Vous désirez partager vos expériences?Creuser vos interrogations?Faire part de vos lectures?Nous mettre sur une bonne piste?Contactez-nous à l\u2019adresse into@cbpq.qc.ca !!!«!\u2022 Les Solutions de rangement e PRismA 1-888-248-4030 Agent distributeur exclusif des produits MONTEL -\tSpécialiste en 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Mobiliers pour enfants ml JonTi-CrafT 1T For learning, for a lifetime: [6] [ ARGUS ] Vol.39, n\" 2, automne 2010 [ 5 ans de la Grande bibliothèque 1 La Grande Bibliothèque et le monde des bibliothèques au Québec cinq ans après Marcel Lajeunesse marcel.louise@sympatico.ca Si la Grande Bibliothèque fête, en 2010, ses 5 ans de fonctionnement, la bibliothèque publique moderne souligne la même année ses 50 ans d\u2019existence au Québec.En effet, à la suite de la première et seule Loi des bibliothèques publiques, votée par le gouvernement de Paul Sauvé le 17 décembre 1959, c\u2019est à l\u2019été 1960 qu\u2019est créé le Service des bibliothèques publiques et qu\u2019est nommé son premier directeur, Gérard Martin.À l\u2019occasion du cinquième anniversaire de la Grande Bibliothèque, il est opportun d\u2019évaluer ses interrelations avec l\u2019ensemble des bibliothèques publiques et de mesurer son impact sur le développement de la lecture publique au Québec.La Grande Bibliothèque du Québec est née, rappelons-le, des éditoriaux de Lise Bissonnette dans le journal Le Devoir et de la volonté du premier ministre Lucien Bouchard de doter le Québec d\u2019une institution consacrée au livre et à la lecture.Le projet, étudié par un comité présidé par l\u2019ex-ministre des Affaires culturelles Clément Richard, entériné lors du Sommet sur le livre et la lecture en 1998, a été voté unanimement par l\u2019Assemblée nationale la même année.Si le projet de Grande Bibliothèque suscitait un intérêt certain lors de sa création, il ne manquait pas de soulever alors un certain nombre d\u2019interrogations.La Grande Bibliothèque était une bibliothèque d\u2019un genre nouveau.A l\u2019origine, elle n\u2019était ni nationale, ni municipale, ni universitaire, mais publique, ouverte à tous, gratuite.Mais elle n\u2019était pas une bibliothèque publique selon les canons habituels et les définitions acceptées.Par la loi qui l\u2019a instituée, la Grande Bibliothèque du Québec est une institution nationale constituée en corporation et dirigée par un président-directeur général et un conseil d\u2019administration.Comme elle regroupait la collection de la Bibliothèque centrale de la Ville de Montréal et la collection de diffusion de la Bibliothèque nationale du Québec, on se demandait au tournant des années 2000 si elle serait la Grande Bibliothèque du Québec ou de Montréal, à défaut pour la ville de Montréal de posséder elle-même une bibliothèque de grande ampleur, ou si elle se prendrait pour la Bibliothèque nationale du Québec, compte tenu de la visibilité que lui donnerait la diffusion de la collection nationale.On craignait aussi que les établissements d\u2019enseigne- ment universitaire ou collégial situés dans l\u2019environnement de la Grande Bibliothèque s\u2019appuient sur celle-ci pour leurs services documentaires.La construction de cette Grande Bibliothèque serait-elle construite au détriment du développement des bibliothèques publiques de Montréal et du Québec?À ces questions, les actions posées au cours des années qui ont suivi ont apporté réponse.La décision de séparer à l\u2019intérieur de la bibliothèque la collection universelle de prêt et de référence de la collection nationale constituait, dès la conception de l\u2019institution, une sage décision qui distinguait nettement les deux composantes de cette bibliothèque.Quant à la fusion avec la Bibliothèque nationale du Québec, elle n\u2019avait pas été prévue à l\u2019origine du projet en 1998.Réalisée en 2002, elle a levé l\u2019imbroglio qui pouvait se développer entre les deux institutions.Cette fusion créait ce qu\u2019on a appelé pendant quelques années la nouvelle Bibliothèque nationale du Québec.Une nouvelle fusion, en 2006, formant Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), a modifié, elle aussi, l\u2019institution prévue à l\u2019origine, ce qui a fait dire à Lise Bissonnette, en 2008, que « par sa taille, la diversité de ses missions et sa présence territoriale, Bibliothèque et Archives nationales du Québec est devenue la plus importante institution culturelle du Québec ».La création de la Grande Bibliothèque avait pour but de procurer à Montréal une grande bibliothèque publique, à l\u2019instar d\u2019autres grandes villes nord-américaines, notamment Toronto, Vancouver, Denver, San Francisco, fl s\u2019agissait aussi de redynamiser et de consolider d\u2019éclatante façon le réseau des bibliothèques publiques, en donnant aux citoyens de la Ville de Montréal, de l\u2019agglomération montréalaise et aussi du Québec une collection de large taille diversifiée quant aux supports, ainsi que d\u2019offrir, parmi ses services, une expertise en bibliothéconomie à l\u2019ensemble des bibliothèques publiques québécoises.La qualité de l\u2019édifice de la Grande Bibliothèque, soulignée et par les experts et par les usagers, et son exceptionnelle situation géographique à l\u2019intersection des lignes du métro ont été, dès l\u2019ouverture, des facteurs importants de fréquentation élevée.Le bibliothécaire français Michel Melot a bien raison d\u2019affirmer que le premier livre d\u2019une bibliothèque est son édifice.L\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque a démontré avec éclat qu\u2019une fréquentation élevée et enthousiaste des citoyens suivait une offre de service riche et de qualité.Le niveau de fréquentation, qui a surpris les prévisions les plus optimistes de ses protagonistes, ne s\u2019est jamais démenti depuis 2005.Après cinq ans de fonctionnement, la raison n\u2019en est certes plus la nouveauté.Quatorze millions de visites, vingt-deux millions de livres Vol.39, n\u201c 2, automne 2010 [ ARGUS ] [7] f 5 ans de la Grande bibliothèque 1 empruntés depuis cinq ans, près de 300 000 abonnés, dont 65 000 à distance, cela fait de la Grande Bibliothèque la bibliothèque la plus fréquentée de la Francophonie, dépassant par ses résultats les bibliothèques centrales de Toronto, de Vancouver et des grandes villes américaines.De par son mandat, la Grande Bibliothèque vise à desservir, grâce aux technologies de l\u2019information et des communications, l\u2019ensemble des citoyens du Québec.Cette mission territoriale, la fourniture des services de bibliothèque à distance, devenait possible non seulement par le prêt entre bibliothèques et un site Web, mais aussi par la mise en place d\u2019un véritable portail (la bibliothèque numérique) sans cesse enrichi.Il faut mentionner que la fusion avec les Archives nationales concourt à la réalisation de cet objectif par l\u2019ajout d\u2019une dizaine de centres régionaux que les Archives nationales possèdent dans les villes principales des diverses régions du Québec.La fréquentation du portail de BAnQ est impressionnante : 3 650 000 visites en 2008-2009.Cette statistique rend compte du succès de cet ouül de diffusion auprès des usagers.Depuis la conception et la réalisation du projet de la Grande Bibliothèque, Lise Bissonnette a réaffirmé, dans ses écrits et ses conférences, le rôle culturel des bibliothèques publiques, étant bien entendu que la culture recouvre toutes les facettes de l\u2019activité humaine et ne relève pas d\u2019une conception élitiste de la bibliothèque.Sans nier les aspects informationnels, économiques et sociaux de la bibliothèque, elle affirme haut et fort la primauté de la culture : « Ce n 'est pas en nous substituant aux hôtels de ville, aux agences d\u2019information, aux médias, aux chambres de commerce, aux groupes communautaires que nous apporterons notre pierre aux mutations actuelles de nos sociétés, mais en tablant sur notre spécificité culturelle, qui est réelle.» Il est certain que pour elle la bibliothèque publique ne doit pas devenir un supermarché de l'information.Les nombreux textes produits par madame Bissonnette concernant le rôle culturel de la bibliothèque publique, au cours d\u2019une décennie à la tête de la Grande Bibliothèque, ont eu une influence certaine sur la vision de la bibliothèque publique au Québec.Ils ont permis un rééquilibrage dans les diverses missions attribuées à ce genre de bibliothèque.Un observateur des bibliothèques publiques, Jean-Paul Baillargeon, a écrit dans son Plaidoyer pour une bibliothèque publique culturelle (2007) que la vie d\u2019une bibliothèque se prête mal à la médiatisation.Pourtant, la Grande Bibliothèque a été et est encore grandement présente dans les médias, et cela a contribué sans conteste à sa notoriété et à son succès.Toute l\u2019information dispensée sur cette bibliothèque, de même que les débats publics qui ont entouré sa création, son ouverture en 2005, son fonctionnement et son succès de fréquentation, repris récemment lors du cinquième anniversaire, ont profité et profitent sans nul doute encore à la connaissance de la bibliothèque publique et à son développement dans l\u2019ensemble du territoire québécois.Toute la publicité entourant la Grande Bibliothèque a permis de diffuser un discours positif sur la bibliothèque publique, son rôle, sa mission, son action.La bibliothèque publique est de plus en plus partie prenante du développement culturel des municipalités, et les réunions annuelles de l\u2019organisme Les Arts et la Ville, qui regroupe depuis 1987 municipalités et organisations culturelles, prennent en compte cet aspect.Le Sommet tenu à Québec en 1998 a donné heu à la mise en place de la Politique du livre et de la lecture.Parmi les constats de ce Sommet, on notait que le pourcentage des abonnés aux bibliothèques publiques stagnait depuis le début des années 1990 à 31 %.Quant à la proportion de livres par habitant dans ce genre de bibliothèque, elle s\u2019établissait à 1,91 en 1995 et à 2,28 en 2000, et on visait un objecüf de 3 livres par habitant en 2003, 5 ans après le Sommet.Les résultats dévoilés par l\u2019Observatoire de la culture et des communications pour l\u2019année 2007 confirment hors de tout doute l\u2019apport de la Grande Bibliothèque à l\u2019atteinte des objectifs de la politique de lecture publique.En 2007, 35,8 % des Québécois sont inscrits à mie bibliothèque publique, quand ce taux est de 42,4 % en Ontario, de 50,2 % en Colombie-Britannique, de 55 % aux États-Unis et de seulement 19 % en France.L\u2019objectif de 3 livres par habitant a été atteint cette année-là, alors que la moyenne est de 2,9 en Ontario, de 2,8 en Colombie-Britannique et aux États-Unis.Les prêts de livres par habitant ont augmenté à 6,2, inférieurs tout de même aux 9,9 en Ontario, aux 11,4 en Colombie-Britannique et aux 7,4 aux États-Unis.Les dépenses par habitant, 39,82 $, se comparent bien à celles de l\u2019Ontario (46,22 $), de la Colombie-Britannique (39,74 $) et des États-Unis (34,95 $).Les carences du réseau des bibhothèques publiques québécoises concernent le personnel professionnel des institutions.Si le nombre de bibliothécaires est de 431 au Québec, soit 0,59 bibliothécaire pour 10 000 habitants, il est de 1 333 en Ontario (1,14), de 487 en Colombie-Britannique (1,15), de 47 151 aux États-Unis (1,61).Le nombre de bibliothécaires professionnels était de 300 en 1995 et de 304 en 2000.L\u2019augmentation considérable à 431 en 2007 s\u2019explique en grande partie par le personnel nouveau requis pour la mise en service de la Grande Bibliothèque.L\u2019étude de l\u2019Observatoire démontre qu\u2019il faudrait doubler le nombre de bibliothécaires professionnels pour rejoindre la moyenne de l\u2019Ontario et de la Colombie-Britannique.Quant à l\u2019atteinte du taux de trois livres par habitant, elle est le résultat des achats massifs effectués par la Grande Bibliothèque.En 2007, le budget total des bibhothèques publiques québécoises atteignait 303 millions de dollars.Si, en 1995, la contribution des municipalités comptait pour 82,4 % de ce budget et celle du gouvernement du Québec pour 11,3 %, l\u2019année 2007 voyait la contribution des municipalités descendre à 72,2 % pendant que celle de Québec augmentait à 23,5 %.La différence entre les données de ces deux années vient essentiellement de la contribution additionnelle du gouvernement du Québec au financement de ce grand projet culturel qu\u2019est la Grande Bibliothèque.Par ailleurs, les sommes accordées à la Grande Bibliothèque n\u2019ont pas empêché le ministère de la Culture et des Communications de verser entre 2003 et 2010 près de 60 millions de dollars dans des projets d\u2019aide aux immobilisations de bibhothèques publiques.[8] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 [ 5 ans de la Grande bibliothèque 1 Conclusion À l\u2019échelle nord-américaine, la bibliothèque publique québécoise, avec un demi-siècle d\u2019existence, apparaît comme une institution encore jeune.Il ne faut pas être surpris outre mesure si elle est, sous plusieurs aspects, encore en situation de rattrapage par rapport à ses voisines.À l\u2019heure des bilans, on se doit de faire un constat nuancé.Le chemin parcouru est considérable et l\u2019œuvre réalisée est impressionnante.La population est desservie à 95,3 % par des bibliothèques municipales autonomes et par des bibliothèques régionales en milieu rural, et l\u2019on ne compte plus maintenant le nombre de belles réalisations dans les bibliothèques du Québec.L\u2019ouverture de la Bibliothèque Gabrielle-Roy dans le quartier Saint-Roch de Québec en 1983 était un événement.L\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque au centre-ville de Montréal en 2005 en fut un autre.La création de ces deux bibliothèques de grande dimension, à quelques décennies de distance, ressort, dans l\u2019aventure de la lecture publique en terne québécoise, comme deux actions majeures.Depuis cinq ans, la Grande Bibliothèque s\u2019est avérée être le navire amiral du réseau des bibliothèques publiques, selon le souhait de ses concepteurs.Elle a indéniablement contribué au développement des bibliothèques publiques dans l\u2019ensemble du territoire québécois.Son impact sur l\u2019essor de la lecture publique est perceptible.Elle a été souvent, pour les citoyens qui la fréquentent avec assiduité, la « découverte » de la bibliothèque publique moderne.En 1999, Denis Vaugeois avait écrit avec prémonition : « La Grande Bibliothèque sera un succès si elle provoque un solide mouvement de solidarité à son endroit.» Cinq ans après, il est indiscutable que ce mouvement existe.Bibliographie Bissonnette, Lise.2003.« Bibliothèque publique et transmission de la culture », Documentation et bibliothèques, vol.49, no 2 (avril-juin), p.57-60.« Dossier: La Grande Bibliothèque : au service des Québécois depuis 5 ans », À rayons ouverts, no 83 (printemps-été), p.3-39.« Dossier: Ouverture de la Grande Bibliothèque », À rayons ouverts, no 63 (printemps), p.4-20.Lajeunesse, Marcel.2009.« Bibliothèques publiques du Québec : une institution stratégique pour le développement culturel », Bulletin des bibliothèques de France, tome 54, no 3, p.64-72.Lajeunesse, Marcel.1999.« La Grande Bibliothèque et le monde des bibliothèques au Québec », L'Action nationale, vol.89, no 7 (septembre), p.79-87.Leroux, Éric et Marcel Lajeunesse.2007.« Le gouvernement du Québec et sa Politique de la lecture et du livre de 1998 : les objectifs et les réalisations », Documentation et bibliothèques, vol.53, no 1 (janvier-mars), p.27-41.Poulain, Martine.2009.« Les bibliothèques françaises de 1990 à 2010 : l\u2019entrée dans une ère nouvelle », in Histoire des bibliothèques françaises.Vol.4: Les bibliothèques au XXe siècle.Paris : Cercle de la librairie, p.1051-1094.Observatoire de la culture et des communications.2010.Statistiques en bref, no 58 (mars).Benoît Allaire.« Importante progression des bibliothèques publiques du Québec entre 1995 et 2007 », 24 p.www.stat.gouv.qc.ca /observatoire (consulté le 22 juillet 2010).Marcel Lajeunesse a été professeur et directeur de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI).Il a notamment écrit Lecture publique et culture au Québec : XIXe et XXe siècles (Québec, Presses de l'Université du Québec, 2004) et Les Sulpiciens et la vie culturelle à Montréal au XIXe siècle (Montréal, Fides, 1982).BAnQ de la culture à la culture numérique Marie D.Martel mariedmartel@gmail.com Dans cette entrevue, Guy Berthiaume, président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, brosse le tableau au présent de cette institution et de son inscription dans la sphère culturelle, qui embrasse désormais celle de la culture numérique.Il nous fait part de la vision qu\u2019il entretient et des défis que représente l\u2019émergence du livre numérique et du Web social pour la plus importante maison documentaire québécoise.En poste depuis plus d\u2019une année, le nouveau maître des lieux partage avec nous ses sources classiques et ses lectures.Marie D.Martel : Comment voyez-vous l'avenir de BAnQ?Guy Berthiaume : Nous avons été invité par le Ministère à revoir notre plan stratégique, qui s\u2019étendait sur trois ans, ainsi qu\u2019à réaliser une remise à niveau budgétaire importante.Comme je suis entré en fonction au milieu de la première année du plan, nous en avons profité pour définir un énoncé de vision en cinq pôles.Le premier de ces pôles vise à installer une vision de BAnQ en tant qu\u2019institution définie comme un carrefour culturel.Nous sommes l\u2019institution culturelle la plus importante au Québec, dans la mesure où BAnQ reçoit la plus grande part budgétaire entre toutes les institutions culturelles.Or cette position avantageuse va aussi de pair avec des obligations dont nous avons une conscience aiguë.Dans ce contexte, BAnQ veut être au cœur de la mission du Ministère.Bien sûr, BAnQ est d\u2019abord une institution documentaire, Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [9] [ 5 ans de la Grande bibliothèque 1 mais elle œuvre largement en partenariat avec tous les acteurs du milieu culturel québécois.Être au centre de la vie culturelle, être cette plaque tournante de la culture, c\u2019est cela, être un carrefour culturel, et cette dimension revêt pour nous une importance capitale.La seconde caractéristique de notre vision consiste à nous positionner comme institution de mémoire.Ayant la responsabilité des archives et de la bibliothèque nationales, nous avons comme mandat d\u2019être la mémoire du Québec, d\u2019être présent dans tout le Québec, de représenter la diversité culturelle qui s\u2019y déploie et d\u2019en faire la promotion.Nous sommes aussi, en troisième heu, une institution de savoir à travers nos fonctions documentaires en tant que bibliothèque publique, bibliothèque nationale et archives.Ceci, à mon sens, doit passer par une collaboration très étroite avec tous les milieux engagés dans la promotion du savoir, et notamment, il va sans dire, le monde de l\u2019éducation.Nous avons entrepris de collaborer de façon plus étroite avec ces milieux et avec le ministère de l\u2019Éducation, la Commission scolaire de Montréal ainsi que les universités avec lesquelles nous avons déjà conclu deux partenariats, soit l\u2019UQUAM et l\u2019Université Concordia.Cette approche vise davantage à mettre en place des relations plus structurées dans le cadre de programmes qui prévoient le recours à la bibliothèque ou aux archives, au heu de reposer seulement sur la visite ou la fréquentation des lieux par les groupes scolaires.En tant qu\u2019institution de savoir, nous souhaitons aussi nous attaquer à la problématique de la littératie.Il existe un sérieux problème d\u2019analphabétisme au Québec, dans la mesure où près de la moitié des citoyens n\u2019ont pas un niveau de compréhension des textes suffisant pour bien interpréter un mode d\u2019emploi, par exemple.Lorsqu\u2019on me fait valoir que c\u2019est un problème qui affecte tout l\u2019Occident, je réponds que le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un enjeu occidental ne justifie pas qu\u2019on fasse l\u2019économie de s\u2019en occuper ici.Être une institution de savoir, par conséquent, consiste à la fois à tisser des liens avec les universités mais aussi, de manière tout aussi fondamentale, avec le milieu de l'éducation, pour favoriser le développement de la littératie.À mon sens, cela fait partie de l\u2019essence même de la bibliothèque publique.Le quatrième pilier de notre vision consiste à être une institution engagée dans les voies de l\u2019avenir, en étant notamment à la fine pointe des technologies.Nous avons eu la chance d\u2019être créé il y a cinq ans, au moment où tous les nouveaux moyens étaient en pleine éclosion, et nous souhaitons maintenir cette position d\u2019avant-garde.Enfin, BAnQ veut être une institution communicante, en faisant mieux connaître ses activités et ses réalisations.Nous en sommes à cette étape de notre développement.Nous avons été très sollicité par les fusions successives et quasi brutales avec la Bibliothèque puis les Archives nationales.Maintenant, nous devons nous ouvrir vers l\u2019extérieur, grâce à nos partenariats et à nos divers modèles de diffusion.Plus particulièrement, quels sont les grands axes stratégiques qui vont orienter le développement de cette institution dans les prochaines années?Le premier axe vise à développer l\u2019offre numérique, numériser, acquérir des bases de données, des livres numériques; l\u2019offre numérique est le premier travail à faire, car il ne faut pas oublier que la Grande Bibliothèque et BAnQ sont au service de l\u2019ensemble du Québec.Le numérique a ceci d\u2019extraordinaire qu\u2019il donne accès aux documents à tous les Québécois au même moment, en temps réel, en abolissant l\u2019obstacle des espaces.Nous pourrions multipher les prêts interbib-liothèques ou entre bibliothèques, nous ne serons jamais en mesure d\u2019offrir des services aussi rapidement et équitablement qu\u2019en développant notre offre numérique.Ceci est essentiel aujourd\u2019hui pour toute bibliothèque dans le monde.Le deuxième axe que nous allons mettre de l\u2019avant est le développement de notre mission culturelle.J\u2019ai évoqué l\u2019importance de ne pas être en vase clos et de développer nos activités en intégrant la totalité du monde culturel.En 2010, la bibliothèque n\u2019est pas exclusivement une collection de livres.C\u2019est un heu de culture, et ce statut, j\u2019entends bien l\u2019assumer, le revendiquer et le développer de façon plus précise.Je veux aussi développer notre mission éducative avec les universités et l\u2019institution s?ur Télé-Québec, qui se trouve dans le giron du ministère de la Culture et de la Condition féminine.Nous avons connu une expérience fort réussie cette année avec la série de conférences sur la Révolution tranquille, conçue avec l\u2019UQAM, notre premier partenaire universitaire.Les conférences se tiennent ici, à la Grande Bibliothèque, et connaissent un succès considérable avec des salles combles tous les soirs.La captation des conférences, pour diffusion sur le Canal Savoir, multiplie le nombre de personnes qui peuvent voir ces conférences.Nous avons profité d\u2019un beau rayonnement avec cette série, et une exposition qui circulera à Québec et à Montréal est en train d\u2019être montée sur le thème de la Révolution tranquille.Voilà un exemple de rayonnement culturel fort intéressant.Un troisième axe que l\u2019on pourrait juger auxiliaire, mais crucial à mon sens, constitue l\u2019accroissement de nos revenus autonomes.Nous vivons une situation budgétaire difficile, et la capacité de BAnQ de réaliser sa vision, sa mission, comme on vient d\u2019en parler, va passer par une augmentation de ses revenus autonomes.Ceci doit être présent dans les axes de développement.Il y a plus d'une année désormais que vous êtes en poste, quels ont été les défis et les accomplissements les plus significatifs?Sur le plan personnel, le défi, pour moi qui arrivait du milieu universitaire, a été d\u2019apprendre et de comprendre le fonctionnement de BAnQ, sa logique, son karma.Cette institution très complexe comporte une bibliothèque publique d\u2019envergure, avec toutes ses ramifications, une bibliothèque nationale, avec cette dimension capitale qui se rattache à la fonction de mémoire et de réseau, ainsi que neuf centres d\u2019archives, enrichis d\u2019une antenne à Gaspé.J\u2019ai profondément aimé ce défi, je m\u2019y suis consacré de façon sérieuse et studieuse.Je ne souhaitais aucunement me lancer dans l\u2019exer- [ 10 1 [ ARGUS ] Vol.39, n\u201c 2, automne 2010 f 5 ans de la Grande bibliothèque 1 cice de redéfinition du plan stratégique de vision, par exemple, avant de m\u2019être astreint, au cours de l\u2019été, pendant les trois ou quatre premiers mois, à visiter nos centres, à rencontrer les gens et à m\u2019imprégner de la culture de l\u2019organisation.L\u2019expérience a été extraordinaire.Sur le plan institutionnel, le défi de l\u2019année, même si nous sommes toujours plus enclin, par nature, à parler de culture et de littérature, a été le retour à l\u2019équilibre budgétaire.Beaucoup d\u2019énergie a été requise de ma part, mais aussi de tous, car j\u2019ai souhaité que cet exercice mette l\u2019ensemble du personnel à contribution.J\u2019ai misé de manière importante sur la communication avec les employés, je les ai mis au défi de suggérer des pistes de solution, dont plusieurs se sont avérées porteuses et ont été retenues.Nous avons eu à faire des choix déchirants, dont la réduction des heures d\u2019ouverture, et jamais je ne pourrai qualifier cette expérience d\u2019agréable, mais tout le monde a été mis à contribution.C\u2019est à ce titre une expérience réussie, réussie collectivement.Plus précisément, le choix de réduire les heures d\u2019ouverture en était un de quantité ou de qualité.Nous aurions pu garder la bibliothèque ouverte le même nombre d\u2019heures mais avec moins d\u2019employés, ce qui signifiait une qualité d\u2019échange moindre, des files d\u2019attente et un service de qualité inférieure.Nous avons choisi de réduire et d\u2019offrir un service d\u2019une qualité digne de la confiance que les gens nous témoignent.Je continue de penser et d\u2019espérer que cette situation est temporaire et que nous pourrons remettre les heures d\u2019ouverture à l\u2019amplitude exceptionnelle que nous avions, de 10 h à minuit.Mais c\u2019est notre choix et nous l\u2019assumons collectivement pour l\u2019instant.Parmi les succès que nous pouvons revendiquer cette année, il en est un à l\u2019échelle internationale : le remodelage du Réseau francophone numérique, auparavant le Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques.Nous avons refait la gouvernance, j\u2019ai moi-même été élu secrétaire général du RFN; nous lui avons donné un second souffle, une deuxième vie, et nous pouvons en être très fier.Bien sûr, d\u2019autres partenaires ont joué un rôle, mais BAnQ a été la bougie d\u2019allumage dans ce processus.Nos partenariats avec les universités sont également un des beaux succès de l\u2019année, non seulement parce qu\u2019ils fonctionnent, mais parce qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un bon exemple de ce qu\u2019une bibliothèque publique peut faire avec ses partenaires en matière de diffusion d\u2019idées, d\u2019informations et comme heu de débats.Ainsi, si l\u2019on reprend l\u2019exemple de la série sur la Révolution tranquille, à travers cet exercice, on ne parle pas seulement d\u2019histoire mais de notre actualité.Les gens s\u2019appuient encore aujourd\u2019hui sur l\u2019héritage de la Révolution tranquille pour leur gouverne.Cette référence constitue véritablement un paradigme, en discuter fait partie de notre mission, qui consiste à être un lieu citoyen par excellence.Dans les succès d\u2019estime, les célébrations de la visite de notre trois millionième visiteur, en décembre avec Dany Laferrière, et de notre cinquième anniversaire, en avril avec le premier ministre, se sont avérées des moment dignes de mémoire.BAnQ/La Grande Bibliothèque a pu faire mieux connaître ses réalisations, poursuivre son cheminement favorable dans l\u2019imaginaire des gens et en faire un motif de fierté pour les Québécois et les Montréalais.Un dernier succès a été de remettre de l\u2019avant notre vocation d\u2019être la bibliothèque centrale de Montréal.J\u2019y tiens beaucoup.Nous l\u2019avons fait de façon symbolique en remettant la rosace dans nos communications, mais aussi concrètement en accentuant le dialogue avec la Ville à différents niveaux.Notre vocation fondamentale s\u2019étend à l\u2019échelle du Québec, mais il n\u2019empêche que nous sommes la bibliothèque centrale de Montréal, et je veux qu\u2019on en prenne toute la mesure.Vous avez une formation d'historien de l'Antiquité classique, que vous ont transmise ses auteurs et qui vous habite peut-être encore.On dit que les lectures classiques et l'humanisme de Jefferson ont eu un impact déterminant sur le modèle de la Bibliothèque du Congrès.Est-ce que cette fréquentation des auteurs classiques a une influence sur l'idéal de la bibliothèque auquel vous adhérez?Je retiens plusieurs choses de ma fréquentation de l\u2019Antiquité, la plus importante étant associée à une réflexion sur l\u2019immuabilité des choses.En effet, même si l\u2019on croit faire face à des phénomènes immuables, il s\u2019avère que tout change, que rien n\u2019est acquis pour toujours.Les Égyptiens ont eu un royaume pendant 3 000 ans, les Romains ont eu un empire florissant pendant 1 500 ans, l\u2019Italie est certainement le plus beau pays du monde, mais elle n\u2019est plus aussi dominante.Il n\u2019y a pas de direction transcendante qui va de l\u2019obscur au clair, du moins bon au mieux.C\u2019est ce que l\u2019exposition sur les éditeurs québécois en temps de guerre montrait clairement, par exemple.A cause des circonstances, les éditeurs étaient amenés à publier une diversité de livres français qui ont provoqué une sorte de pré-Révolution tranquille mais, lorsque la Seconde Guerre s\u2019est terminée, on a remis le couvercle sur la marmite et on est retourné à la grande noirceur.Il serait donc hasardeux de penser qu\u2019on ne peut revenir en arrière, qu\u2019on ne peut, en tant que culture, pays ou civilisation, régresser.Il y a un effort constant à produire collectivement pour amener le progrès et la flamme.Dans le même ordre d\u2019idée, à savoir que le monde n\u2019est jamais à l\u2019abri du changement, il ne faut pas être trop inquiet de la menace entourant le livre papier, par exemple.Il faut se rappeler qu\u2019auparavant les gens lisaient sur des supports tels le papyrus ou le vélin.Même si le livre disparaît, ça ne veut pas dire que la lecture, la connaissance disparaîtront.Les choses passent.C\u2019est une philosophie que m\u2019a léguée la connaissance de l\u2019Antiquité.Sur le plan de la bibliothèque, ma vision est profondément ancrée dans celle de Ptolémée, celle de la bibliothèque d\u2019Alexandrie, dans son caractère d\u2019universalité.Et plus que jamais, aujourd\u2019hui, nous sommes en mesure de réaliser cela grâce aux moyens que le numérique met à notre disposition.Que lisez-vous en ce moment?Qu'est-ce qui meuble votre table de chevet ou votre portable?Quel type de lecteur ou d'amateur de culture êtes-vous?J\u2019ai lu récemment L\u2019énigme du retour de Dany Laferrière, Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [ 11 l [ 5 ans de la Grande bibliothèque 1 qui m\u2019a captivé, ainsi que Ru de Kim Thuy, qui manie avec une grâce remarquable l\u2019alternance des moments lourds et légers, le ton tantôt presque naïf puis poignant.Mais au moment où l\u2019on se parle, je suis en train lire Je m \u2019appelle Asher Lev de Chaïm Potok, récit d\u2019un jeune juif hassidique des années 50 doté d\u2019un talent hors du commun pour le dessin, quasiment autiste, confronté à l\u2019incompréhension croissante de son père fidèle à la tradition religieuse, qui redoute et méprise la pratique des arts.La tension et la progression de cet affrontement, qui mène à la rupture entre ces deux êtres, font de ce roman une œuvre fascinante.Aussi, ayant déjà dit que l\u2019Italie est le plus beau pays du monde, j\u2019ai un faible pour la littérature qui concerne cette région, notamment pour l\u2019auteur Andrea Camilleri, dont j\u2019ai lu la presque totalité de l\u2019œuvre.Par ailleurs, je m\u2019intéresse énormément aux essais qui portent précisément sur la lecture, le livre et son avenir, comme ceux de Robert Damton, Bruno Racine de la BNF, Umberto Eco.J\u2019ajouterai sous peu à cette liste un ouvrage de Nicolas Carr, The shallows : what the Internet is doing to our brains.Carr procède à l\u2019examen des effets de l\u2019Internet sur le cerveau.Il soutient que nos capacités de concentration et de rétention de l\u2019information s\u2019amenuisent avec l\u2019usage de l\u2019Internet.La question de la transformation des supports de lecture et de notre relation à la lecture me passionne.Le monde de l'édition et celui de la création littéraire sont en pleine transformation, bousculés par différentes innovations technologiques : livre numérique, ebook, iPad, œuvres interactives, etc.Dans un nouveau blogue qui s'intéresse à ces enjeux, Christian Liboiron affirmait : « Les changements actuels ont lieu à la puissance 10, et il devient donc important pour les entreprises du secteur d'établir des stratégies numériques pour conserver leurs parts de marché et leur présence sur le Web et auprès des lecteurs.» BAnQ dispose-t-elle d'une telle stratégie pour le livre et l'œuvre numériques?Quelles en sont les grandes lignes?Quels sont les obstacles les plus évidents?Par ailleurs, comment prévoit-on préserver les œuvres numériques, les blogues, les sites susceptibles de posséder une valeur patrimoniale?Selon nous, la question du numérique et de la numérisation représente la voie royale pour remplir notre mandat de la manière la plus achevée et exhaustive qui soit.Comme je l\u2019ai mentionné plus tôt, chaque fois que nous proposons un document numérique, il nous est possible de surmonter les contraintes spatiotemporelles.Ce document devient accessible, en toute égalité, à l\u2019ensemble du Québec, que l\u2019on habite Sept-îles ou le Plateau.C\u2019est pour cette raison que nous visons toujours à accroître nos collections numériques.Actuellement, nous disposons de plus de sept millions de fichiers, résultat de la numérisation des collections patrimoniales, de l\u2019achat de licences pour les bases de données de journaux et de périodiques, ainsi que pour les livres numériques.Mais, définitivement, notre stratégie ne consiste pas seulement à numériser ce qui est patrimonial, elle réside aussi dans l\u2019offre de contenus numériques nouveaux et actuels aux usagers, afin de répondre à leurs besoins et à leurs attentes en matière de lecture en ligne.En ce moment, nous cherchons à trouver une avenue afin de respecter l\u2019esprit de la Loi 51 dans notre approche de l\u2019environnement numérique, bien que techniquement rien ne nous y oblige puisque, comme le livre numérique n\u2019existait pas au moment où cette législation a été promulguée, sa situation y échappe.Mais, dans la continuité de la loi et des pratiques mises en place, il nous semble préférable d\u2019acquérir des livres numériques chronodégradables par l\u2019entremise des librairies, plutôt que de le faire directement avec les éditeurs.En ce moment, nous cherchons à trouver une avenue afin de respecter l'esprit de la Loi 51.Or aucun libraire ne s\u2019est encore montré suffisamment intéressé à travailler avec les bibliothèques; c\u2019est en ce moment le principal obstacle.Toutefois, nous poursuivons nos discussions à travers le CAREQ, dans le but de développer une solution avec des libraires qui seraient prêts à accepter de créer l\u2019outil permettant aux usagers d\u2019emprunter des contenus québécois.Je ne vous cacherai pas que nous sommes un peu impatients, car nous achetons déjà des contenus français et américains, pour lesquels nous avons des ententes.Le milieu des libraires et des éditeurs d\u2019ici s\u2019est montré relativement lent.Nous reconnaissons par ailleurs la nécessité de conserver ces contenus libres et publics, que ce soit les sites, les blogues ou les œuvres numériques.Si nous ne le faisons pas, notre mémoire en pâtira et les chercheurs, les historiens et tous ceux qui s\u2019intéressent aux traces de notre société seront privés de matériaux essentiels.Nous travaillons à élaborer une stratégie pour la préservation de ces biens culturels.Mais avant d\u2019en arriver là, nous devons aussi considérer les sites gouvernementaux, comme nous le faisons en ce moment, en expérimentant, en discutant avec BAC et divers correspondants internationaux au sujet de normes à suivre et à définir.Cependant, le défi est considérable, car nous ne pouvons pas tout conserver et, si nous le faisons, selon quelle périodicité devons-nous le faire.chaque semaine, chaque mois?Les questions sont innombrables.Lors de la célébration des cinq ans de BAnQ en présence du premier ministre Jean Charest, ce dernier a souligné l'audace et l'innovation de BAnQ en matière de technologies de l'information, en évoquant notamment sa présence sur Twitter.BAnQ est active sur les médias sociaux, vous êtes vous-même sur Facebook, quelle est votre position à l'égard du Web social et des informations qui y circulent?Que pensez-vous de la relation entre bibliothèques et médias sociaux?Je crois fermement à l\u2019utilisation des médias sociaux [12] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 I- 5 ans de la Grande bibliothèque 1 comme moyen privilégié de rejoindre nos usagers et le public.À mon avis, le Web 2.0 comporte des possibilités immenses comme lieu d\u2019échange, de discussion, de promotion de la littérature, et plus généralement de la culture.Il n\u2019existe presque plus d\u2019émissions littéraires, on parle peu de livres, même La Presse a renoncé à son cahier « Livres ».J\u2019apprécie l\u2019utilisation par la New York Public Library des outils comme Facebook pour valoriser les nouveautés, par exemple.Je ne suis pas aussi adepte que vous de ce réseau social, mais je suis fier de constater que BAnQ/La Grande Bibliothèque a rassemblé en très peu de temps 2 250 abonnés; c\u2019est une communauté impressionnante, à laquelle nous souhaitons proposer un espace pour ce type de conversation.Je rêve de la mise en place d\u2019un dispositif où les bibliothécaires pourraient commenter l\u2019actualité littéraire et les œuvres et qui serait ouvert à une participation du public.Récemment, nous avons aussi développé des applications en vue d\u2019offrir des services mobiles, afin que notre portail s\u2019intégre bien aux téléphones intelligents et aux supports comme iPad.Par la bibliothèque mobile, les usagers sont en mesure d\u2019effectuer des recherches, des consultations, des réservations et de poursuivre leurs activités de réseautage social avec nous.Et maintenant, je commence même à apprivoiser Twitter.Il n\u2019y a rien à notre épreuve, l\u2019avenir, dès aujourd\u2019hui, nous appartient.Guy Berthiaume est président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.Marie D.Martel est conseillère en ressources documentaires à la Direction des bibliothèques de Montréal.Une mine de reSSOUTC6S à explorer pour le voyageur immobile Richard Coveney r_coveney@hotmail.com Apprendre, se divertir, s\u2019émouvoir, se souvenir, écouter, regarder : voilà ce qu\u2019offrent les nombreuses ressources électroniques du site Internet de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Et cela explique sans doute la popularité croissante du portail Web de BAnQ, qui a enregistré une hausse de fréquentation de 21 % en 2009-2010.Cela totalise plus de 96 000 visites chaque semaine! Plus de 81 % de ces consultations sont effectuées par des usagers qui ne se trouvent pas dans l\u2019un des 11 édifices de l\u2019institution.Pour la même période, les ressources électroniques ont connu une hausse d\u2019utilisation de 35 %.1 La part du budget d\u2019acquisition réservée aux ressources électroniques a également augmenté de près de 10 % au cours des cinq dernières années, pour atteindre 30 % en 2010.Les abonnés de tout le Québec ont la possibilité de consulter plus de 200 bases de données sur une foule de sujets (généalogie, voyages, apprentissage de langues, etc.) dans des formats variés (textuel, sonore ou visuel).(Image_l) L\u2019accès à ces ressources en ligne est gratuit.Il faut toutefois avoir un compte, que l\u2019on peut créer en ligne par Internet.Sur les 270 000 abonnés de BAnQ, près de 72 000 sont abonnés aux services à distance uniquement.L\u2019abonnement aux services à distance à accès restreint est réservé aux résidants du Québec pour un usage personnel, comme le stipule l\u2019avertissement des conditions d\u2019utilisation.Lorsque l\u2019usager s\u2019est identifié, l\u2019authentification est valable pour tout le portail de BAnQ, et l\u2019usager n\u2019a pas besoin de répéter le processus pour accéder aux différentes banques de données.Ces ressources grand public sont principalement en anglais, car les fournisseurs anglo-saxons permettent plus facilement l\u2019accès à distance.Le travail pour convaincre les éditeurs québécois et français d\u2019offrir l\u2019accès à distance est beaucoup plus laborieux, comme l\u2019indique Stéphanie Gagnon, chef de service pour les acquisitions et le développement de la collection de prêt et de référence.Maryse Trudeau, directrice du service, renchérit : « Plus on est proche du producteur, plus c \u2019est difficile d\u2019avoir les accès à distance.» La rubrique « Journaux québécois, canadiens et étrangers » permet à la fois de faire des recherches et du bouquinage dans plus de 20 000 titres.Les icônes à la droite des ressources indiquent clairement lesquelles sont disponibles sur place et à distance.Une autre icône décrit succinctement la ressource et le contenu.On peut également chercher un journal ou une revue spécifique et en connaître le corpus.Si l\u2019on ne connaît pas le nom de la publication, on peut butiner par région.Selon les sources disponibles, l\u2019abonné a le choix d\u2019afficher le journal en format PDF ou bien de faire une recherche plus pointue sur une interface de recherche.Malheureusement, certaines publications québécoises comme La Presse ou Le Devoir, disponibles sur Eureka, cc, ne peuvent être consultées que sur Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] M3] [ 5 ans de la Grande bibliothèque 1 place.L\u2019édition courante du quotidien torontois The Globe and Mail, par contre, est disponible en format PDF.Comme l\u2019explique Stéphanie Gagnon, les journaux en ligne sont particulièrement utiles pour les membres des communautés culturelles et les nouveaux arrivants.Par exemple, un immigrant russe peut lire l\u2019édition du jour de La Pravda dans sa langue maternelle.BAnQ propose également l\u2019accès à plus de 44 000 livres électroniques et sonores.Actuellement, l\u2019offre en français est plutôt pauvre, soit environ 15 % des ressources disponibles.Au cours de la prochaine année, BAnQ veut augmenter l\u2019offre de contenu québécois et les éditions récentes, a indiqué Stéphanie Gagnon.Malgré ces restrictions, il est possible d\u2019écouter Dany Laferrière lire son propre roman L\u2019énigme du retour grâce à la banque de données NumiLog.Mais c\u2019est comme à la bibliothèque : s\u2019il n\u2019existe qu\u2019un exemplaire virtuel de L\u2019énigme du retour, un seul usager à la fois peut le télécharger! Les ressources touchent une foule de sujets (économie, affaires, littérature, sciences sociales et humaines, technologies de l\u2019information, génie) et proposent également des ouvrages de référence, comme les dictionnaires et les encyclopédies, utiles pour valider les informations glanées dans Wikipédia! Patrimoine et Archives du Québec BAnQ décrit ainsi son plan pour la mise en ligne de la collection numérique patrimoniale et archivistique : .un ambitieux programme de numérisation qui vise l'ensemble du patrimoine documentaire publié ou archivistique produit au Québec depuis le XVIle siècle ou d'origine étrangère et relatif au Québec.Toutes les catégories de documents sont touchées : imprimés et manuscrits, photographies, enregistrements sonores, etc} « On voudrait tout préserver pour la postérité et tout numériser pour la diffusion », lance en souriant Sophie Montreuil, directrice de la recherche et de l\u2019édition, tout en reconnaissant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un naïf objectif d\u2019exhaustivité.La numérisation est effectuée en fonction des budgets, des moyens disponibles et de ressources humaines et techniques limitées, naturellement.Mais cette recherche est faite aussi selon certains principes de sélection : plutôt que de fonctionner par décennie, on conçoit des ensembles thématiques, comme des affiches et des programmes de théâtre, qui seront utiles à la fois au chercheur et à l\u2019usager en général.La banque de données Pistard est l\u2019outil de recherche à utiliser pour chercher les documents d\u2019archives du portail de BAnQ.Les collections numériques comprennent plus de 10 millions d\u2019objets : des cartes postales, des cartes et des plans, des annuaires municipaux, des archives d\u2019écrivains, des archives civiles et judiciaires, sans compter les documents sonores et visuels.Pour la seule année 2009-2010, la collection numérique sur Internet s\u2019est enrichie de 1,8 million d\u2019objets (pages de documents, images, films, etc.), dont 46 nouveaux journaux, 3 000 illustrations du XIX' siècle, 2 800 cartes et plans, 16 000 cartes postales et 94 films du cinéaste Arthur Lamothe (Chevalier de l\u2019Ordre national du Québec en 1999), qui a consacré la majeure partie de son œuvre à la culture amérindienne.Les statistiques révèlent que la majorité des consultations des documents d\u2019archives se font à distance.Ainsi, pour l\u2019année 2009-2010, sur un total de 662 180 pages consultées, 631 093 pages des Archives des notaires ont été affichées à distance.Pour les Registres de l\u2019État civil, il s\u2019agit de 9 880 pages consultées de l\u2019extérieur, sur un total de 10 310.La collection numérique de Pistard comprend plus de 944 000 images.Après les documents de généalogie, les photos sont les plus consultées, d\u2019expliquer en substance Hélène Cadieux, directrice de la direction du conseil et de l\u2019action régionale.Par exemple, le fonds Conrad-Poirier (1912-1968) permet de voir le Montréal des années 1930 et 1940, tandis que le fonds Point du Jour contient des photos aériennes de tout le Québec.« Il s\u2019agit d\u2019un énorme travail de préparation intellectuelle et de descrip- tion, qui peut être trois à quatre fois plus long que le processus de numérisation », reconnaît Hélène Cadieux.Sous le thème « Généalogie », les férus d\u2019histoire seront particulièrement intéressés par Notre mémoire en ligne : « Une bibliothèque numérique ambitieuse et en constante évolution qui comptait, en 2009, bois millions de pages tirées du patrimoine imprimé canadien, depuis l\u2019époque des premiers colons européens jusqu\u2019au début du XXe siècle.»3 II s\u2019agit d\u2019une production de Canadiana.org.Le portail présente aussi des parcours thématiques sur des personnalités et des événements, comme Claude-Henri Québec b À propos Oc BAnQ Pour nous ordre Aide Portai Québec Enoish Chercher dans le portail Ressources en ligne BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC Ressources en ligne Revues, journaux, bases de données Journaux Livres Musique BREF Toutes les ressources Patrimoine et archives Collection numérique Ils ont dit.Parcours thématiques Branché sur notre histoire Biblio-archives Publications gouvernementales du Québec en ligne Relations France-Québec Bibliothèque Gaston-Mlron Idées de lecture Nouveautés (GB) Romans@lire Pistard\tRessources Collections Services Activités Espace\tServices Archives en ligne\tJeunes\tadaptés Accueil > Ressources en Igné Ressources en ligne Revues, journaux et bases de données Journaux québécois canadiens et étrangers Livres Musique BREF 1800 sées Internet de référence Voir toutes les bases de données Revues, encyclopédies, dictennaires.Patrimoine et archives du Québec EJ Collection numérique Livres, journaux manuscrts.photos, cartes postales, musique.IIS ont dit Moments choisis des archives de Rade-Canada Propos de personnaBés marquantes du Québec Parcours thématiques PersonnaBés et événements marquants de Thtstoire du Québec ¦ Courir les magasins - De la rue principale au centre commercial Rallye vutuei oan* 15 wile* québécoise* \u2022 On n'arrête pas le progrès! - Des métiers en mutation Exposition virtuelle et témoignages de travailleurs Branché sur notre histoire Fims, journaux personnels, revues anciennes BibliO-archiveS Répertoire des ivres situés dans les Centres d'archives Publications gouvernementales du Québec en ligne Relations France-Québec Trouvez un titre qui traite des relations France-Québec depuis 1760 la Délégabon générale du Québec à Paris Mon dossier [ 14] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 [ 5 ans de la Grande bibliothèque 1 Grignon, Expo 67 ou le tramway à Québec.Il donne également accès à des banques de données d\u2019enregistrements musicaux de tous les styles, à écouter en ligne.La section Archives radiophoniques, en collaboration avec la Société Radio-Canada, contient des extraits sonores de personnalités qui ont marqué l\u2019histoire du Québec et du Canada.Pour sa part, la section Musique permet d\u2019écouter plus de 2 000 enregistrements gravés entre 1900 et 1952.On effectue la recherche en fouillant dans les divers index (titre, date, interprète, sujet, parolier, etc.).Cartes et plans La collection des cartes et plans, qui compte plus de 9 500 images cartographiques du Québec, est l\u2019une des plus populaires du portail de BAnQ (près d\u2019un million de consultations en 2009-2010).C\u2019est une mine de renseignements pour les historiens, les géographes, les architectes, les géologues et le grand public.Ces images témoignent de l\u2019évolution du Québec depuis l\u2019époque de la Nouvelle-France jusqu\u2019à nos jours.Les cartes ont par exemple permis à un généalogiste de localiser un lieu-dit disparu, du nom de Chicot, dans la région de Saint-Eustache.Au fil des années, le cartothécaire Jean-François Palomino a dû répondre à quantité de demandes variées et quelquefois inusitées.Entre autres exemples, un chercheur a examiné des cartes de Montréal durant la guerre de Sécession pour retracer le parcours d\u2019un général confédéré.Et une carte ancienne a même été utilisée comme source pour l\u2019exécution d\u2019un tatouage! Pour en savoir davantage sur les cartes et les plans, il faut consulter le dossier « Cartographier l\u2019Amérique », publié en 2007 dans la revue À rayons ouverts, une publication gratuite de BAnQ que l\u2019on peut également consulter en ligne.Les publications gouvernementales du Québec Les publications gouvernementales en ligne du Québec (PGQ) obtenues par le dépôt légal sont aussi disponibles sur le portail.La collection compte présentement plus de 21 000 titres et plus de 60 000 fichiers PDF.Le dépôt des publications en ligne, contrairement au dépôt légal des publications imprimées, n\u2019est pas obligatoire, explique Nathalie Lussier, bibliothécaire pour le Dépôt légal des publications diffusées sur Internet.Plus de 300 éditeurs, parmi lesquels 150 ministères et organismes gouvernementaux, participent au dépôt des publications en ligne.Des changements seront bientôt apportés à PGQ, qui deviendra PEQ (Publications en ligne du Québec).PEQ visera à donner accès à l\u2019ensemble des publications gratuites de tous les secteurs d\u2019activité (gouvernemental, parapublic et privé).Les futurs développements prévoient aussi le moissonnage (ou archivage) des sites Web québécois.Une nouvelle interface de recherche L\u2019offre de ressources du portail de BAnQ est liée à la mission nationale de l\u2019institution.Il permet de rejoindre toute la population québécoise, où qu\u2019elle se trouve sur le territoire du Québec, relate Sophie Montreuil.Au cours de la prochaine année, BAnQ Ressources électroniques Le portail de BAnQ propose des ressources électroniques variées et gratuites : plus de 200 bases de données, qui permettent l\u2019accès en ligne à plus de 20 000 titres de revues électroniques, 27 000 livres numériques, 3 000 livres sonores, 713 000 pièces de musique, encyclopédies, dictionnaires, etc.Le catalogue Iris recense pour sa part : \u2022\t2 100 affiches \u2022\t16 800 cartes postales \u2022\t2 000 cartes géographiques \u2022\t23 500 publications officielles \u2022\t1 100 enregistrements sonores \u2022\t450 programmes de spectacles \u2022\t220 journaux numérisés \u2022\t425 partitions \u2022\t2 200 livres numérisés veut favoriser l\u2019accès à la richesse de ses collections numériques par l\u2019utilisation d\u2019une interface de recherche qui permettra à l\u2019abonné d\u2019avoir une vue d\u2019ensemble des diverses ressources à sa disposition.« La prochaine année sera une année charnière de transition pour les nouvelles interfaces », ajoute-t-elle.À l\u2019heure actuelle, le site de BAnQ compte plus de 30 interfaces de recherche, développées au fil des ans.Certaines sont appelées à disparaître.Il s\u2019agit d\u2019un effort de simplification pour que l\u2019usager s\u2019y retrouve plus facilement, précise Mme Montreuil.Cette recherche globale, complète sa collègue Maryse Trudeau, présentera les résultats par source et permettra de donner à l\u2019abonné un portrait global des ressources disponibles en ligne.« Ce sera une très grande amélioration au niveau de l\u2019exploitation des banques de données.Nous avons beaucoup à offrir en termes de ressources documentaires.» Le grand défi, c\u2019est la promotion et la mise en valeur des ressources de BAnQ.Richard Coveney est bibliothécaire à l\u2019Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.Notes 1.\tÀ rayons ouvert, no 83 (printemps-été 2010), p.21 et 25.2.\tBAnQ.2010.[http://www.banq.qc.ca/collections/ collection_numerique/index.html] (page consultée le 13 septembre 2010).3.\tBAnQ.2010.[http://www.banq.qc.ca/ressources_en_ligne/ b d_revue s _j ournaux/ theme s/index.html ?theme=3] (page consultée le 13 septembre 2010).Richard Coveney est administrateur de bases de données et coordonnateur de la gestion de l'information à la Fondation de Polytechnique.Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] I 15] Solutions Innovatrices et Flexibles MSndo ^\tBBVisieJ______ (jjjBiblio PortFoii ifij Book till Shift @ Carrière Pour en savoir plus, n\u2019hésitez pas à contacter notre équipe des ventes au 514-337-3000 ext 330 ou info@bibliomondo.com www.bibliomondo.com Bibliothèque en !'éç|liS6 Luc Noppen noppen.luc@uqam.ca Au Québec, depuis déjà des années, plusieurs églises désaffectées ont été converties en bibliothèques.Les exemples les plus anciens sont passés inaperçus, pour avoir paru presque naturels : une nef vide, quelques rayonnages, le tour était joué.Ainsi en fut-il tout d\u2019abord de quelques petites églises protestantes, délaissées lors des fusions qui ont créé l\u2019Église unie du Canada en 1925.Ensuite, dans les années 1960, la récupération par l\u2019État des établissements a voué des centaines de chapelles à devenir les bibliothèques d\u2019écoles et de cégeps.Puis vint le tour des couvents abandonnés et des hôpitaux, dont les anciennes chapelles offrirent leurs grands volumes aux formes ecclésiales aux livres et à la lecture.Dans les dernières années du millénaire, l\u2019accélération de la fermeture des lieux de culte a suscité une considération nouvelle pour ce type d\u2019usage, qui s\u2019est dès lors répandu dans l\u2019imaginaire collectif québécois.De plus en plus souvent, la conversion de quelque église en bibliothèque semble s\u2019imposer comme solution pour la sauvegarde de ce patrimoine en péril : les bancs des nefs vides faisant place à des rayonnages et à des tables, le tour serait joué.Ne fréquente-t-on pas la bibliothèque comme l\u2019église, un par un, en silence?Tout se passe ainsi, comme s\u2019il suffisait de créer une bibliothèque chaque fois qu\u2019une église est menacée.Sans doute n\u2019est-il donc pas sans intérêt de citer l\u2019exemple de quelques églises devenues bibliothèques, pour dégager les avantages de celles de ces conversions qui ont connu un succès certain, puis pour tenir en vue les écueils que n\u2019ont pu éviter certaines autres.La bibliothèque Saint-Jean-Baptiste, installée en 1980 dans l\u2019ancienne église anglicane St.Matthew, préalablement classée monument historique, est un exemple pionnier, maintes fois cité en exemple dans les milieux patrimoniaux.La conversion s\u2019est échelonnée en deux temps.L\u2019inauguration première s\u2019est faite sans investissement majeur pour répondre à deux urgences : le diocèse anglican avait cédé l\u2019église à la Ville de Québec, qui devait lui trouver un usage, et le quartier, en processus d\u2019embourgeoisement, requérait immédiatement une bibliothèque.À cette époque et dans ce milieu précis, le faubourg Saint-Jean, l\u2019offre d\u2019un espace cultuel excédentaire a rejoint une demande réelle; l\u2019arrimage s\u2019est fait en douceur.Quelques années plus tard, en 2000, une fois les besoins précisés et au vu des résultats de l\u2019inspection du bâtiment affecté de faiblesses structurales, une importante mise à niveau de la bibliothèque s\u2019est imposée : consolidation à grands frais et renouvellement des services mécaniques (éclairage, ventilation, toilettes) ont cadré l\u2019intervention, qui a aussi permis de réorganiser les espaces, afin de mieux aménager les aires d\u2019accueil et de travail.D\u2019emblée, il importe d\u2019observer qu\u2019en 1980, la Ville n\u2019aurait pas adopté ce projet si elle avait su ce qu\u2019il lui en coûterait 20 ans plus tard.De telles conversions gagnent donc nettement à être réparties en phases successives, si l\u2019état du bâtiment et les attentes des nouveaux occupants le permettent.Ici, le résultat est en effet exemplaire du point de vue de la conservation patrimoniale : on a préservé en l\u2019état le ch?ur de l\u2019église et maintenu en place des éléments du mobilier liturgique (chaire, fonts baptismaux), si bien que la communauté anglicane utilise à l\u2019occasion, comme heu de mémoire, la petite église dans laquelle elle se reconnaît toujours, ce qui contribue d\u2019autant à accroître l\u2019intensité patrimoniale du monument.Dans l\u2019aménagement de la bibliothèque, les concessions à l\u2019intégrité du patrimoine sont d\u2019ailleurs nombreuses : les rayonnages sont bas, pour ne pas nuire à la vue d\u2019ensemble de l\u2019espace intérieur dominé par une riche charpente de toit en bois sombre, et les magnifiques vitraux sont demeurés en place.En conséquence, moins de livres peuvent être rangés dans cette bibliothèque, les usagers sont tenus à des contorsions permanentes pour atteindre les ouvrages plus souvent près du sol et l\u2019éclairage des espaces fait cruellement défaut.La visite reste agréable, mais les employés de la bibliothèque, selon un avis de la Commission de la santé et de la sécurité du travail, ne peuvent y travailler à temps plein.Dans ce cas-ci, leur horaire a pu être modulé en partage avec celui d\u2019une autre succursale, mais une telle solution ne s\u2019offre pas toujours lorsque le quartier ou le village ne dispose que d\u2019une unique bibliothèque.La valorisation du patrimoine de l\u2019église s\u2019est ainsi faite au détriment de la fonctionnalité de la bibliothèque.Les amateurs et les activistes du patrimoine jubilent là où les bibliothécaires trouvent dorénavant des arguments pour s\u2019opposer à l\u2019aménagement de bibliothèques dans des églises.Comme plusieurs autres cas précurseurs, l\u2019exemple de St.Matthew met en lumière l\u2019éventail des écueils de telles conversions.Il importe au premier chef de bien évaluer la capacité de charge des planchers et l\u2019impact du poids des livres et des nouveaux meubles sur la structure.C\u2019est ce qui a fait de la bibliothèque interculturelle du Mile-End, à Montréal, un bâtiment essentiellement neuf, construit sous une précieuse charpente de toit méticuleusement conservée.Pour autant, la mise en valeur de cette charpente se voit Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [ 17 ] Bibliothèque du Mile End ¦¦ ;t F itC mm ¦'\t,.f\t-\u2019t'i compromise par la batterie de rampes d\u2019éclairage qui en obstrue la vue depuis le sol; il faut en effet monter à l\u2019étage pour l\u2019admirer, depuis une salle adjacente à la nef, d\u2019où l\u2019on peut aussi apprécier la qualité des vitraux réinstallés dans la nouvelle enveloppe qui pastiche l\u2019ancienne.Cette reconstruction a cependant permis de mieux utiliser le sous-sol et d\u2019agrandir l\u2019édifice vers l\u2019arrière.Dans la ruelle, la figure de l\u2019ancienne église est complètement disparue.Un troisième exemple, qui a pu tirer profit de l\u2019expérience acquise dans les deux précédents, est la magnifique bibliothèque Pierre-Georges-Roy, aménagée dans l\u2019ancienne chapelle extérieure du collège de Lévis, un bâtiment digne d\u2019une église paroissiale.Une première étude de faisabilité laissait entrevoir que le volume disponible était trop grand pour les besoins mais, au terme du projet, l\u2019espace vint à manquer.Ici, comme au Mile-End, il a fallu doter la bibliothèque d\u2019une nouvelle aire d\u2019entrée, à partir de laquelle les visiteurs peuvent se diriger vers le rez-de-chaussée ou le sous-sol.Cette section nouvelle, qui a permis aux architectes d\u2019accroître l\u2019accessibilité de l\u2019édifice, affirme aussi clairement dans le paysage le nouvel usage des lieux : on entre bel et bien dans une bibliothèque et non plus dans une église, ce qui a l\u2019intérêt d\u2019inscrire l\u2019édifice patrimonial dans le temps présent.Toutefois, la chapelle, comme toutes les constructions pré-modernes (1880-1945), a aussi posé des problèmes de struc- ture, notamment de contreventement.Les architectes et les ingénieurs ont ainsi dû doubler le squelette existant de nouveaux portiques en acier, habilement dissimulés entre le gros œuvre et le décor architectural.Vu les hauteurs à desservir, la distribution des services mécaniques à partir du rez-de-chaussée n\u2019a pas été chose facile non plus.Le comptoir d\u2019accueil, les rayonnages et les espaces de lecture occupent principalement le volume de la nef, tandis que le ch?ur accueille dorénavant les enfants.Au sous-sol, d\u2019autres rayonnages côtoient les services techniques; le dégagement très important de ces espaces a aussi permis d\u2019y installer des locaux d\u2019animation.La principale réussite de cette conversion, outre d\u2019avoir vaincu les difficultés techniques qui la menaçaient, reste néanmoins l\u2019éclairage : grâce au fenêtrage latéral des bas-côtés et à une haute claire-voie, la nef, sans vitraux, baigne dans une abondante lumière naturelle, qui se conjugue à celle des projecteurs, douce et uniforme, réfléchie par la surface blanche de la fausse voûte.Une église haute, sans vitraux et, surtout, dotée d\u2019une fausse voûte ou d\u2019un plafond clair facilite inéluctablement une conversion en bibliothèque.Un denier cas, celui de la bibliothèque Rina-Lasnier, établie dans l\u2019ancienne église Saint-Pierre-Apôtre de Joliette, permet de dégager quelques conclusions.Sise en milieu suburbain, l\u2019église est flanquée d\u2019un grand stationnement, indispensable dans ce type d\u2019environnement.Construite dans les années 1950, Saint-Pierre-Apôtre offrait aussi une structure bien contreventée et des planchers aptes à porter les charges requises.La nef dégagée, sans colonnes, a aisément accueilli des galeries en mezzanine, tandis que le presbytère adjacent a naturellement été investi par les espaces techniques et des bureaux.Ici aussi le ch?ur a été dévolu aux jeunes lecteurs.La bibliothèque de Joliette permet de comprendre que ce sont les églises construites depuis la Seconde Guerre qui sont les plus aptes à être converties en bibliothèques, du fait de leur capacité structurale et donc des coûts généraux de leur conversion.Leur habituel bon état d\u2019entretien et leur prix d\u2019acquisition réduit (en moyenne quelque 650 000 $) commandent un budget de réalisation d\u2019environ 6 M $.L\u2019église construite après la Seconde Guerre a aussi l\u2019avantage d\u2019une intensité patrimoniale moindre, ce qui facilite une adaptation sans retenue du volume intérieur à sa nouvelle fonction.C\u2019est pourquoi les municipalités qui songent à établir quelque bibliothèque dans une église optent ces temps-ci pour des bâtiments de ce type (c\u2019est le cas à Magog, par exemple).L\u2019architecture de la Révolution tranquille se prête encore mieux à ce type de conversion.Projet modeste mais excellent, la bibliothèque d\u2019Asbestos s\u2019est incrustée sans heurts dans un édifice moderne avec un budget raisonnable; le résultat impressionne.Plus ambitieux est le projet (en cours) d\u2019installer la bibliothèque Monique-Corriveau dans l\u2019ancienne église Saint-Denys-du-Plateau, au centre-ville de Sainte-Foy (Québec).Là, quelque 20 M $ donneront bientôt une seconde vie attendue à un chef-d\u2019œuvre architectural de Jean-Marie Roy (1963), grâce à un concours qui a couronné un projet des [ 18] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 architectes Dan Hanganu, Côté, Leahy, Cardas.À suivre.Néanmoins, honnis cette adéquation plus spontanée d\u2019un groupe particulier d\u2019églises à la fonction bibliothèque, toutes les églises méritent d\u2019être évaluées pour de tels projets de conversion.D\u2019abord parce que le surcoût dû aux caractéristiques physiques des édifices historiques se justifie dans une optique de développement durable.On ne peut plus longtemps accepter de remplir des dépotoirs avec nos églises désaffectées.Et si l\u2019on doit conserver une église et en même temps construire une bibliothèque, fondre le programme de l\u2019une dans l\u2019enveloppe de l\u2019autre relève d\u2019une saine gestion.Mais il y a plus.Tous les bibliothécaires qui œuvrent dans ces églises-bibliothèques le disent volontiers : s\u2019ils n\u2019étaient pas chauds à l\u2019idée au départ, ils sont tout simplement enchantés du résultat.La clientèle, plus nombreuse, se déclare fort satisfaite aussi.Et pour cause : la position centrale que tiennent les églises dans la communauté et dans le tissu urbain reste hors de portée des projets de nouvelle construction, sans compter qu\u2019aucune bibliothèque neuve ne pourrait justifier une mise en œuvre symbolique aussi forte (emplacement sur le site, signalétique, volumes intérieurs, capacité d\u2019évocation, etc.).De plus, la conversion apporte une garantie de pérennité de l\u2019image acquise, puisque le bâtiment patrimonial ne se disqualifiera pas dans la succession des modes architecturales.Mais à tous ceux qui proposent de sauver le patrimoine ecclésial par la conversion en bibliothèque, il faut rappeler que les nouveaux usagers voudront en négocier l\u2019intensité patrimoniale.Le geste de conversion en est un de reprise, de nouvelle appropriation d\u2019un patrimoine, par lequel nous souhaitons nous projeter dans l\u2019avenir.Il ne sert à rien de mettre sous cloche un immeuble abandonné, sous prétexte d\u2019y ranger quelques livres.L\u2019église a été, lors de sa construction, un événement architectural dans son milieu.Elle doit réintégrer la société et l\u2019imaginaire collectif par un geste architectural équivalent, qui consacre son nouvel usage et interpelle sa clientèle nouvelle.Récemment, j\u2019ai eu l\u2019occasion de donner mon avis sur un projet de bibliothèque dans une église.Alors que du côté de la bibliothèque, les acteurs du milieu auraient préféré une construction nouvelle, ce sont plutôt les acteurs du patrimoine qui ont fait échouer le projet.Le litige portait sur le clocher, dont la structure était affaiblie.Sa consolidation et sa restauration rendaient le coût de conversion prohibitif.La vraie question est restée en plan : une bibliothèque a-t-elle à tout prix besoin d\u2019un clocher?Poser la question revient à y répondre.L\u2019église n\u2019a pas trouvé preneur; elle demeure vide et sera probablement démolie.Tous auraient pourtant gagné à quelque compromis; entre le tout et le rien, la bibliothèque en l\u2019église reste une voie dont il faut poursuivre l\u2019exploration.Luc Noppen est Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain - ESG, Université du Québec à Montréal TRANSPORTS LAG )MBE Depuis 1974 5644, rue Hoche lag a Montréal (Qué6ec), OdlN 3 L7 Tél.514-256-0050, Pétée.514-256-1650 Courriel: info@transportslacomhe.com Nous sommes Ces spécialistes du déménagement de bibliothèques, darcfiives et de centres de documentation au Québec, depuis 1974 (Bildiothèque Nationale Cégep du Niew^Montréal Hautes études commerciales (HEC) Ecole de technologie supérieure (EPS) Archives nationales du Québec (Planification, Codification, (Démontage, fb*\t(Emballage, (Déballage, Déménagement, Installation, .JAvant de choisir JAppeler nous.fbr> Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [ 19] La bibliothèque troisième lieu vers une redéfinition du modèle de bibliothèque Mathilde Servet mathilde.servet@yahoo.fr Les bibliothèques traversent actuellement une période de crise identitaire.Le foisonnement d\u2019enquêtes et d\u2019études à leur sujet témoigne de ce climat d\u2019inquiétude.Les pays pionniers en matière de bibliothéconomie, d\u2019Europe du Nord ou de culture anglo-saxonne, ne sont pas épargnés.Ainsi, il y aurait eu plus d\u2019une centaine de fermetures de bibliothèques au Royaume-Uni entre 2006 et 2009'.Cependant, à l\u2019heure où l\u2019on annonce parfois leur fin prochaine, menacées qu\u2019elles sont par la dématérialisation du savoir et la multiplication des offres culturelles et de loisirs concurrentes, l\u2019on assiste dans le même temps à une éclosion de bibliothèques d\u2019un nouveau genre.On voit se profiler une mutation, une réinvention de la bibliothèque, voire son dépassement ou sa fusion dans un autre modèle, celui de la bibhothèque troisième heu.De nouvelles appellations Il est symptomatique que les bibliothèques optent de plus en plus pour de nouvelles appellations : learning centres, learning resource centres, learning streets, learning hubs, learning malls, learning grids, research villages, idea stores, book bars, cultural centres2 ou encore discovery centres.Ces dénominations reflètent d\u2019une part la mission de formation traditionnellement attachée aux bibliothèques dans le monde anglo-saxon, mais illustrent également révolution de leurs fonctions ainsi que la volonté d\u2019associer à la bibhothèque une image plus moderne et plus engageante.On connaît, dans les domaines du marketing et de la publicité, le pouvoir évocateur du nom des produits, capable de susciter ou non l\u2019adhésion.En fait, il importe ici de s\u2019inscrire en rupture avec un univers de la bibhothèque, ressenti comme parfois trop institutionnel, trop formel ou trop austère, et d\u2019évoquer un espace résolument positif, associé au plaisir, à l\u2019instar des « champs libres » à Rennes, en France, dont le nom rappelle celui d\u2019un café ou d\u2019un restaurant.La DOK de Delft, quant à elle, s\u2019autoproclame de façon programmatique Library concept centre sur sa façade vitrée, juste au-dessus de son entrée principale.Elle se donne à voir comme un dispositif visant à revisiter le concept de bibhothèque, comme une sorte de laboratoire bibliothéconomique expérimental, et ne s\u2019assigne rien de moins pour mission que d\u2019être la bibhothèque la plus moderne au monde.Une nouvelle image fondée sur le marketing La bibhothèque travaille son potentiel d\u2019attraction et cherche à se décliner en un heu excitant, innovant, ludique, capable de rivaliser avec l\u2019univers marchand.Elle n\u2019hésite pas à s\u2019inspirer de celui-ci.La démarche adoptée par les bibliothèques anglo-saxonnes ou nordiques relève pleinement du marketing.Comme le souligne Cora Kônig, de la bibhothèque de Rotterdam aux Pays-Bas, l\u2019expérience vécue à la bibhothèque contribue à forger son image de marque3.Il s\u2019agit donc de la penser soigneusement afin de mieux répondre aux attentes du chent, d\u2019analyser ses besoins et de mettre en place des services capables de susciter chez lui un regain d\u2019intérêt et de le fidéliser.Dans le district de Tower Hamlets, un des quartiers les plus défavorisés de Londres, le projet des idea stores, première chaîne de bibliothèques au monde4, se fonde ainsi sur la plus vaste enquête marketing jamais menée pour un établissement public au Royaume-Uni.Il est ressorti de cette étude que la communauté reconnaissait certes l\u2019importance de la bibhothèque et ses bienfaits pour la société, mais que les structures datant de l\u2019époque victorienne ou des années 1960 souffraient d\u2019un fort déficit d\u2019image.Les bâtiments étaient perçus comme intimidants, sévères, peu accueillants et mal situés.La grande majorité de la population ne parvenait pas à s\u2019approprier ces édifices, et usagers comme non-usagers s\u2019accordaient pour estimer les services offerts par la bibhothèque inadéquats et en décalage avec l\u2019époque actuelle5.De nouveaux services calqués sur les attentes et les besoins des usagers Les fruits de cette étude minutieuse ont permis de revisiter complètement le concept traditionnel de la bibhothèque et de le redéfinir afin de dissiper les stéréotypes négatifs qui lui étaient attachés, en fonction des attentes et des besoins spécifiques de la communauté de Tower Hamlets.Les idea stores ont multiplié leurs services et proposent une offre d\u2019activités variées en un même heu, un peu à la façon d\u2019un centre commercial.Si l\u2019offre en livres en reste l\u2019élément central, les idea stores, conformément aux vœux exprimés par les usagers, proposent une palette de supports plus diversifiée, des équipements informatiques en très grand nombre, mais aussi la possibilité de prendre un café, de se restaurer, de faire garder ses enfants, d\u2019assister à des manifestations culturelles, à des ateliers, de faire du sport, de se rendre dans un centre de santé, de se faire aider dans sa recherche d\u2019emploi, de suivre des formations professionnelles ou simplement des cours de cuisine, de photo, pour le plaisir.Ces services sont contextualisés, construits selon les besoins spécifiques de la communauté à desservir.[20] [ ARGUS ] Vol.39, n\u201d 2, automne 2010 Tmm IM.V.Il J illSm ët irm Axées sur les besoins et les attentes des usagers, ces nouvelles bibliothèques proposent plusieurs services en leur sein ou pratiquent la colocation, à l\u2019instar du John Pound Centre de Downham, près de Londres, ouvert en 2007 et qui remporte un vif succès auprès des adolescents et comprend, outre une bibliothèque avec café et centre informatique dédié à la jeunesse, un centre médical, de l\u2019équipement sportif et une piscine.Autre exemple, le Millenium Centre de Norwich - dont la bibliothèque a été trois fois couronnée la meilleure au Royaume-Uni depuis son ouverture en 2001 - regroupe également, sous un vaste habitacle de verre, une librairie, un restaurant, un grand hall prévu pour des manifestations, une antenne de la BBC et un centre de formation.Les combinaisons peuvent se décliner Bibliothèque publique d'Amsterdam à l\u2019envi et représentent pour l\u2019usager un gain de temps conséquent, ainsi qu\u2019une bonification de son « expérience ».Une nouvelle empreinte architecturale Cette nouvelle génération de bibliothèques propose également une sémantique architecturale renouvelée.Souvent habillés de façades vitrées, dotés d\u2019escaliers roulants, de néons, d\u2019écrans rappelant la facture des espaces commerciaux et de loisirs, ces établissements déroulent des univers conviviaux et colorés, « tendance », parsemés de canapés et de chauffeuses.Ils proposent des bâtiments attrayants et vivants qui cherchent à mettre l\u2019usager en confiance, à susciter son engouement.L\u2019espace fonctionne en quelque sorte comme produit d\u2019appel et fait partie intégrante de l\u2019offre.Comme le mentionne la Canadienne Janine Schmidt, le client réclame un nouveau look, une nouvelle ambiance chaleureuse et à la mode.Cela lui permet de rompre avec une vision négative des codes de la bibliothèque traditionnelle et du service public, dont il estime souvent les prestations de qualité insuffisante et dénuées d\u2019originalité.La bibliothèque doit au contraire l\u2019attirer en combinant ressources culturelles et fantaisie, voire humour6.Les bibliothèques néerlandaises l\u2019ont bien compris et rivalisent d\u2019originalité, de créativité, en se parant d\u2019éléments de mobilier et de décors innovants et atypiques.À une échelle plus modeste, le design pop des idea stores fait lui aussi son effet.Ce n\u2019est pas tant une question de moyens que d\u2019attitude.De nouveaux espaces adaptés à de nouvelles pratiques La configuration de ces freux se décline de plus en plus en fonction des diverses pratiques des usagers.Les bâtiments se Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] mmm découpent en zones silencieuses, en espaces de travail informels, de détente ou d\u2019échange, dont les cafés constituent le centre de socialisation.Intimistes ou ouverts, les différents espaces sont décorés, meublés, illuminés, insonorisés en fonction des pratiques auxquelles ils sont dédiés ou des collections qu\u2019ils renferment.Ces lieux évoluent en permanence et abolissent au fur et à mesure les distinctions autrefois opérées entre espaces privé et public, entre intérieur et extérieur, entre travail et domicile7.La configuration des espaces reflète également une autre approche de la bibliothèque, fonctionnelle, accessible et flexible.Meubles sur roulettes peuplent ainsi la DOK ou la bibliothèque d\u2019Heerhugowaard aux Pays-Bas, et permettent d\u2019agencer l\u2019espace à la demande.Une nouveau chez-soi, un home-away-from-home Bénéficiant de larges amplitudes horaires, positionnées en des points névralgiques du tissu urbain, souvent dans des artères marchandes à forte fréquentation, ces nouvelles structures se déclinent comme des living rooms publics, aisément accessibles, comme des lieux de vie citoyens, derniers espaces communs gratuits avec les parcs, où chaque type de public doit pouvoir se sentir à l\u2019aise et trouver sa place.La nouvelle bibliothèque centrale de Cambridge, hébergée dans un centre commercial flambant neuf au centre de la ville, a ainsi cherché à restituer l\u2019ambiance chaleureuse et ensoleillée d\u2019un dimanche matin, où on lit confortablement chez soi.La bibliothèque de Limoges, en France, a fait récemment une campagne de publicité intitulée « Comme à la maison », revendiquant directement le lien avec le confort et le cadre non contraignant du foyer.La bibliothèque devient une forme de second chez-soi public, où l\u2019on reproduit des usages domestiques en se mêlant aux autres.Les usagers sont autorisés à boire un café en effectuant une recherche sur Internet ou à discuter de littérature ou du quotidien dans de confortables fauteuils, tout en répondant à un appel si leur téléphone portable sonne.Comme les obstacles traditionnels sont levés, il devient possible pour le public de s\u2019approprier le lieu personnellement, comme le préconise David Adjaye, architecte des idea stores, qui les envisage comme des « containers de vie ».La bibliothèque fait figure de troisième lieu, ni domicile (premier lieu) ni sphère du travail (second lieu), mais espace de vie informel dédié à la collectivité.La bibliothèque, un nouveau troisième lieu idoine Cette bibliothèque se veut lieu de culture, d\u2019étude, d\u2019apprentissage, de détente, de loisir, mais aussi fondamentalement lieu de débat, de rencontre, lieu de vie.Il s\u2019agit de proposer un terrain neutre, fédérateur, où les usagers peuvent se retrouver et qu\u2019ils peuvent investir à leur guise, tout en développant un sentiment d\u2019appartenance communautaire.Il s\u2019agit d\u2019injecter du lien entre les différents membres de la collectivité, de recréer du capital social, d\u2019apprendre à se côtoyer, à vivre ensemble.En ce sens, la bibliothèque peut jouer un rôle politique fort, comme le faisaient auparavant l\u2019église, les places de marché ou les bistrots, les cafés, troisièmes lieux par excellence pour Ray Oldenburg, fondateur du concept.On est en droit de se demander si l\u2019on a encore véritablement affaire à une bibliothèque plutôt qu\u2019à un objet culturel et social protéiforme, si la vocation sociale renforcée des bibliothèques troisième lieu ne tend pas à évincer les missions fondamentales des bibliothèques, la lecture, la transmission des savoirs et de la culture, ou si au contraire elle ne présente pas un cadre particulièrement propice à leur mise en valeur, en les inscrivant dans un cadre attrayant et stimulant, s\u2019adressant au plus grand nombre.On peut s\u2019interroger sur la compatibilité des techniques marketing employées par cette nouvelle génération de bibliothèques avec ces missions et l\u2019essence du troisième heu.Il est bon de le faire en se remémorant toutefois que les finalités essentiellement non marchandes de la bibhothèque désamorcent ce paradoxe apparent.Enfin, si la bibhothèque troisième heu scelle l\u2019ère de la dissonance culturelle, de Y infotainment, des cheminements multiples vers la culture, cela ne doit pas pour autant remettre nécessairement en cause la qualité des collections.On peut tout à fait opter pour une approche non élitiste de la culture, sans renoncer dans le même temps à toute exigence en matière de contenus.La bibliothèque troisième heu peut servir bien au contraire de tremplin privilégié vers la culture et la démocratisation de celle-ci.Notes 1.\tFlood, Alisson.2008.« Library\u2019s bookbudget fall again », The Guardian (29 octobre).2.\tMcDonald, Andrew.2007.« The top ten qualities of good library space », in IFLA library building guidelines : developments & reflections.Munich : K.G.Saur, p.13.3.\tEntretien par courriel avec Cora Kônig, au sujet du concept de la Belevnisbibliotheek, « bibliothèque de l\u2019expérience ».4.\tTower Hamlets compte plusieurs idea stores, dont les façades vitrées aux rayures vertes et bleues rappellent les couleurs des étals des marchés locaux et opèrent comme un logo, à la façon de ceux adoptés par les chaînes commerciales.5.\tTower Hamlets Borough Council.2006.« A library and lifelong learning strategy for Tower Hamlets ».Londres.Ce document figure en ligne, sur le site des idea stores, et retrace leur genèse, leurs caractéristiques, leurs objectifs et les stratégies développées pour les atteindre.6.\tSchmidt, Janine.2007.« Unlocking the library : library design from a marketing perspective », in IFLA library building guidelines : developments & reflections.Munich : K.G.Saur, p.65-66.7.\tWebb, T.D.2000.Building libraries for the 21st century : the shape of information.Jefferson : McFarland, p.11.Mathilde Servet, conservateur d'État des bibliothèques, est chef de projet numérisation à la BnF.Elle s'intéresse en parallèle aux bibliothèques troisième lieu et intervient ponctuellement en tant que consultante, notamment auprès de l'agence d'architecture Loci Anima pour la future médiathèque d'Angoulême et de l'agence d'ingénierie culturelle abcd pour le « troisième lieu » de Thionville.[22] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Livre numérique comme véhicule de communauté en bibliothèque Christian Liboiron christian.liboiron@gmail.com Depuis longtemps, on ne voit plus ces fiches d\u2019emprunt insérées dans une enveloppe à l\u2019intérieur de la couverture arrière des livres.J\u2019aimais beaucoup ces petites fiches de carton jaune indiquant la date d\u2019emprunt et donc l\u2019échéance du prêt en question.J\u2019aimais surtout consulter la liste des usagers qui avaient emprunté un livre avant moi.Parfois, j\u2019y reconnaissais un nom familier, ou même un ami ou un professeur.On pouvait déceler avec ces fiches la vie du livre, le nombre d\u2019emprunts, la fréquence également.Certains livres étaient plus véloces que d\u2019autres, et quelques-uns semblaient hautement confidentiels.Le mystère existait quand la fiche, abîmée, perdue, mais souvent complètement remplie, était changée.Alors, tout le parcours du livre était du coup effacé, il devenait amnésique.Valeur intrinsèque et extrinsèque du livre numérique Ce long préambule pour souligner l\u2019importance du livre numérique, mais non sa valeur intrinsèque, indéniable.Un texte idéalement libre de tout verrou, ouvert le plus possible à tout support, bref aux possibilités offertes par la technologie.Le livre numérique doit offrir les mêmes avantages que ceux conférés par le livre papier actuel, en plus des avantages du numérique, comme l\u2019intégration d\u2019un dictionnaire, par exemple, et d\u2019autres fonctionnalités.Le livre numérique sera encore plus riche que son équivalent papier et, en plus de ces propriétés nouvelles, il a une valeur extrinsèque de connectivité entre les usagers.Le livre retrouve la mémoire de son parcours à travers ses lecteurs, comme le permettait la fiche d\u2019emprunt, mais, plus encore, il crée un nouvel espace virtuel.Bibliothèque au sein de ses communautés d'intérêts Le livre numérique pourrait devenir un véhicule important d\u2019animation de communautés d\u2019intérêts pour les bibliothèques et, de ce fait, mettre le réseau des bibliothèques photo / Matt Whitwell publiques, scolaires ou universitaires au centre d\u2019échanges et de discussions.Les bibliothèques sont naturellement des espaces de communautés et s\u2019affairent à offrir des services extra-muros, tendance que le livre numérique peut faciliter.Quand on regarde de près la définition des réseaux sociaux actuels, elle partage un certain tronc commun avec celle d\u2019une bibliothèque, au sens large bien entendu.Les réseaux sociaux se composent de trois éléments de base : participants, lieu et contenu.On pense à Facebook, à Twitter, à Fliclcr et consorts, mais également à des sites de lecture sociale, comme Pause Lecture, Goodreads et Bookglutton, plus près de l\u2019univers des bibliothèques.Le livre numérique qui circule dans le réseau des bibliothèques a le potentiel de conserver la trace des emprunts, donc de son parcours, mais, plus intéressant encore, l\u2019activité de l\u2019usager peut être conservée et agrégée au profit des autres, que ce soit le surlignement, les commentaires et les discussions d\u2019un club de lecture, à même les fonctionnalités du livre numérique.La bibliothèque accumule ainsi un méta-contenu sur les livres, favorise la création d\u2019un réseau social général et de communautés d\u2019intérêts plus particuliers, scientifique, thématique, régional, etc.Livres numériques : contenu et métacontenu Dans la tradition judaïque, plus particulièrement la tradition orthodoxe, le Talmud, texte hermétique et complexe, a été analysé et critiqué abondamment par les rabbins, qu\u2019ils aient de la notoriété ou pas.Ces lectures critiques, voire ces corrections, sont incluses dans toutes les éditions du Talmud à travers son histoire.Cette tradition juive du texte, dans ce cas sacré, qui incorpore ce qu\u2019on appelle l\u2019appareil critique d\u2019un livre par des érudits, peut nous enseigner comment aujourd\u2019hui le livre numérique peut profiter de cette pratique.Alors que cette tradition fait appel à quelques exégètes et savants, aujourd\u2019hui les réseaux sociaux font appel à l\u2019intelligence des foules.De commentaires superficiels et anecdotiques, d\u2019intérêt pour un cercle restreint de connaissances ou de spécialistes d\u2019un domaine donné, aux commentaires d\u2019amateurs sérieux et de spécialistes, c\u2019est l\u2019amalgame com- Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] I 23 ] munautaire qui peut faire profiter de sa science.Ainsi, en empruntant Kamouraska d\u2019Anne Hébert, j\u2019aurai accès aux usagers qui l\u2019ont également emprunté.Je pourrai consulter les passages annotés ou les plus surlignés, comme le permettent actuellement les applications de liseuses, accéder à un hyperlien qui renvoie à une photo d\u2019époque ou contemporaine d\u2019un lieu, ou même à un commentaire comparatif sur un extrait du film de Claude Jutra ou de Mon oncle Antoine.Les possibilités sont immenses.Le défi réside dans la qualité des commentaires et des annotations, mais l\u2019arbitrage doit privilégier la transparence et la modération par les usagers eux-mêmes.Participants et rôle accru des usagers Le développement fulgurant des réseaux sociaux mène à un constat sur la manière de s\u2019informer et de se divertir des gens, et bien sûr de consommer.Dans toutes les sphères d\u2019activité, que ce soit dans les médias, les entreprises ou les services publics, les gens souhaitent être partie prenante de ces organisations et y participer activement.Le succès futur des organisations dépendra de leur capacité à créer une base (ïaficionados et de superusagers, et les bibliothèques n\u2019y échapperont pas.La participation est le nouveau paradigme, sur Internet comme ailleurs.Le livre numérique devient une plateforme de connexion entre ces usagers, et surtout un véhicule de réseautage de participants à une même communauté d\u2019intérêts.Imaginons que 300 personnes qui ont emprunté, lu et annoté Kamouraska, qu\u2019elles viennent de Moscou, de Paris, de Montréal ou de Rivière-du-Loup, soient mises en contact pour discuter de l\u2019œuvre, de la symbolique de l\u2019hiver dans la littérature québécoise, ou de je ne sais quoi.La participation à travers les fonctionnalités périphériques du livre numérique pourrait permettre le rayonnement accru d\u2019un réseau de bibliothèques, grâce à ce réseau d\u2019usagers actifs, et les abonnés profiteraient ainsi d\u2019une mise en réseau.Quel chercheur de Moscou ne souhaiterait pas connaître l\u2019avis d\u2019un lecteur de Rivière-du-Loup sur sa compréhension de Kamouraska?On comprend que chaque abonné aurait ainsi son profil de membre du réseau, qui se bonifierait au rythme de ses activités auprès de sa bibliothèque.Bibliothèque comme lieu physique et virtuel La présence sur Internet, et particulièrement sur les réseaux sociaux, est devenue un enjeu pour beaucoup d\u2019organisations qui, sans cette présence, perdent de leur pertinence dans les communautés qu\u2019elles desservent.Cette présence peut s\u2019effectuer de multiples façons, l\u2019assurer par le livre numérique ajoute à leur pertinence et permet d\u2019offrir un rôle de participation aux usagers.Les bibliothèques et leur personnel sont maîtres dans la gestion de contenu et de l\u2019information, que ce soit le référencement, l\u2019indexation ou la recherche, par exemple.En ce sens, ils peuvent apporter de meilleures pratiques de catalogage, déficientes dans la majorité des réseaux sociaux, et assurer une meilleure plateforme de partage sur chacun des livres.Ces livres ne sont plus des îles isolées, mais un réseau de livres qui composent une collection autant qu\u2019une communauté.Voilà pourquoi chaque livre numérique devient une parcelle de bibliothèque.Livre et bibliothèque dématérialisés Par le rôle et le mandat même des bibliothèques, celles-ci sont certainement en position privilégiée pour offrir ce genre de service et mettre en réseau non plus simplement leurs collections entre elles, mais aussi livres et usagers.Ce n\u2019est pas seulement le livre qui se dématérialise, c\u2019est aussi la bibliothèque qui entre dans un espace virtuel.Christian Liboiron est gestionnaire en vente et en marketing dans le secteur de l'édition.Il est également co-organisateur de BookCamp Montréal.Naviguer en eaux troubles le développement d'outils pour les jeux en ligne en bibliothèque Thierry Robert thierry.robert@ville.montreal.qc.ca Depuis quelques années, le jeu s\u2019intégre de plus en plus à nos espaces et va jusqu\u2019à remettre en question la place réservée à la diversité des œuvres culturelles.Malgré que les bibliothèques proposent des jeux depuis plusieurs siècles (Nicholson, 2010), l\u2019effervescence des jeux vidéo est un nouveau défi pour la gestion du divertissement entre les murs de la bibliothèque.Tout cela commence par les jeux en ligne, souvent parmi les principales utilisations des postes informatiques dans les bibliothèques publiques, sinon la principale.Cette sous-catégorie des jeux vidéo est souvent mise de côté devant des appareils plus coûteux, ce qui laisse de côté les jeux en ligne, qui attirent pourtant plus de 25 % des joueurs sociaux réguliers chez les adultes (Information [ 24] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Solutions Group, 2010).Devant ce nouveau paradigme, la question peut se résumer ainsi : que pouvons-nous faire pour intégrer les jeux en ligne à notre mission et leur permettre de mûrir en tant que nouvelle offre culturelle?Pour l\u2019instant, les bibliothécaires nagent dans un certain flou : incapables de gérer ce nouveau flux d\u2019intérêt, certains décident de limiter l\u2019utilisation des jeux, tandis que d\u2019autres proposent pêle-mêle des listes de suggestions maison.Il devient de plus en plus évident que nous devrons utiliser nos compétences acquises de professionnels de l\u2019information avec d\u2019autres ressources plus traditionnelles, afin de les appliquer aux jeux en ligne.Pour bien représenter la diversité qui existe et apprendre à naviguer à travers les centaines de milliers de jeux en ligne, il faut développer une expertise issue à la fois des compétences bibliothéconomiques et des concepteurs de jeux.Comme le bibliothécaire qui s\u2019intéresse aux livres en devient un critique, les ludothécaires doivent connaître le monde du jeu afin de comprendre les subtilités de son évaluation.Il doit s\u2019inspirer des particularités des trames narratives non linéaires pour développer des outils adaptés à la classification des jeux, à l\u2019établissement de règles de rejet en fonction de la présence de violence, de sexualité, de racisme et de sexisme, à l\u2019évaluation de critères de sélection tels que la jouabilité, le graphisme, les mécanismes et les règles du jeu, la difficulté et le public cible d\u2019une œuvre ludique.Les compétences acquises par les ludothécaires sur les jeux en ligne devraient mener à la création de programmes sur ceux-ci dans les bibliothèques.Un programme de jeux en ligne selon l'expérience de jeu Comme pour le développement de collections, les bibliothécaires doivent de prime abord s\u2019intéresser aux jeux en ligne pour répondre à un besoin des usagers.Deux grandes avenues sont disponibles pour initier le contact entre les usagers et la collection : le programme libre (semblable à un prêt de document en bibliothèque) et le programme encadré (semblable à une animation comme l\u2019heure du conte).Pour le premier, un espace Web ou une ludographie papier permet de diffuser une sélection effectuée par des experts.Pour le second, le jeu en ligne devient un outil pour la transmission d\u2019une information qui peut être éducative, sociale ou ludique.Avant de vous lancer dans le développement d\u2019une telle collection, il faut tenir compte de l\u2019élément le plus crucial de votre réflexion : l\u2019expérience de jeu que vous souhaitez faire vivre à vos usagers.Selon le bibliothécaire Scott Nicholson, il existe cinq grandes catégories d\u2019expériences de jeu : les jeux axés sur les connaissances (Cranium, jeux questionnaires en ligne), les jeux axés sur la stratégie (Starcraft, Risk), les jeux axés sur l\u2019action (Doom, Tetris), les jeux axés sur la narration (Dungeons and Dragons) et finalement, dans un registre un peu plus complexe à atteindre pour les jeux en ligne, les jeux axés sur les relations sociales (Wii Sports, Guitar Hero).Veuillez noter que les exemples inscrits entre parenthèses ne sont pas propres à la catégorie sous laquelle ils apparaissent, mais représentent des titres qui peuvent être utilisés pour réussir à atteindre l\u2019expérience souhaitée.Ainsi, chacune des expériences que vous souhaiterez faire vivre à vos usagers vient avec un éventail de bonnes pratiques, de critères (son, ambiance, public cible, espace requis, expertise des animateurs) et de jeux qui guideront la création de votre programme de jeux en ligne.Par exemple, vous pouvez mettre sur pied un programme intergénérationnel pour développer les relations enfants-aînés (jeux axés sur les connaissances ou les relations sociales), des tournois entre usagers ou entre bibliothèques pour rafraîchir l\u2019image de votre bibliothèque (jeux axés sur l\u2019action ou la stratégie), des lieux de discussion pour socialiser dans le cadre d\u2019une activité commune (jeux axés sur la narration) ou des outils pour mieux faire comprendre une réalité ou un fait (jeux axés sur les connaissances).[Nous devrons utiliser nos compétences acquises avec d'autres ressources plus traditionnelles, afin de les appliquer aux jeux en ligne.La sélection des documents Pour réussir à développer un programme de jeux en ligne, nous sommes aussi confrontés à d\u2019autres problématiques particulières à ce type de documents.Les jeux en ligne sont parfois payants (ou demandent un investissement pour que les joueurs reçoivent des bonus), nécessitent souvent des plugi-ciels (la plupart du temps Flash), sont fréquemment violents, hébergés sur des portails hyperpublicitaires, rarement en langue française (et encore plus rarement de création québécoise), engloutis dans des classifications complexes et potentiellement reliés à d\u2019autres jeux à caractère sexuel.Il devient donc évident que les bibliothécaires sont appelés à naviguer dans une mer de jeux de qualité très variable, qui cherchent plus souvent à favoriser le gain des créateurs qu\u2019à être la porte d\u2019entrée des concepteurs.Pour aider à votre sélection, quelques sites proposent des critiques de jeux en ligne, comme JayisGames qui présente une analyse complète des œuvres, met en scène une compétition de jeux en ligne pour développer de nouveaux talents et offre une classification du contenu à quatre cotes, selon le langage, la violence et les situations adultes (nudité, drogues et sexualité).De plus, la majorité des portails de jeux offrent une cote de popularité des usagers et une cote d\u2019expert qui peut donner un deuxième avis.La création d'un programme libre Dans les bibliothèques, la création d\u2019un programme libre implique automatiquement la mise sur pied de divers outils : grille de sélection, outil de mise en valeur et de présentation des jeux en ligne, promotion, politique de mise à jour, tuto-riels et outils de référence, afin d\u2019aider les usagers à mieux intégrer le monde du jeu en ligne.Si votre bibliothèque désire développer une collection en lien avec une expérience de jeu, Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [25] il vous faut créer un espace de présentation (Web ou papier), développer votre contenu et favoriser sa diffusion par la plus-value que peuvent apporter les ludothécaires : classification, sélection rigoureuse et informations supplémentaires.Parmi ces informations, notons quelques critères que vous pouvez ajouter : tableau des pointages, tutoriels d\u2019aide, procédures pas à pas, traduction des règles pour les jeux en d\u2019autres langues, durée du jeu, degré de difficulté, public cible, besoins techniques et résumé du jeu.En plus de votre sélection particulière, cet ensemble de données supplémentaires permet à votre offre de se distinguer des portails de jeux en ligne existant déjà sur le Web.ES'il est une collection pour laquelle les ompétences des bibliothécaires en sélection nt nécessaires, il s'agit bien des jeux en ligne.Pour ce qui est de la pérennité, les ludographies de jeux en ligne sont semblables aux webographies : le contenu est appelé à changer subitement et sans préavis.Il faut donc nous assurer de vérifier les liens et l\u2019évolution du contenu sur les sites que nous dirigeons.Une possibilité est d\u2019offrir le jeu directement sur notre site via un lien incorporé (embedded).Par contre, il faut aussi nous assurer d\u2019avoir les droits pour effectuer une telle redirection.À ce sujet, le site Armorgames offre une gamme de produits à incorporer, que vous pouvez ajouter à votre portail si vous en mentionnez la provenance.La création d'un programme encadré Contrairement à un programme libre, un programme encadré demande moins d\u2019investissement de la part de vos ressources humaines et moins de temps de création.Par contre, vous devez engager un animateur possédant la compétence nécessaire pour l\u2019utilisation de jeux en ligne dans un contexte particulier et pour une orientation structurée.De plus, si votre bibliothèque veut offrir une animation sur les jeux en ligne, il faut vous assurer que votre parc informatique soit adapté au nombre d\u2019usagers présents, tant pour la vitesse de connexion que pour le nombre de postes.Les animations permettent souvent de rejoindre plus directement les usagers et d\u2019intégrer le jeu à un programme plus vaste, comme peut le fait un livre à l\u2019heure du conte.Comme outils pédagogiques, les jeux ont souvent été reconnus pour leur apport à la compréhension systémique (Gee, 2007).Par contre, cette valeur ajoutée est souvent méconnue des bibliothécaires, qui espèrent offrir un gain plus concret.Ainsi, de plus en plus de jeux sont disponibles sous un nouvel étiquetage : les jeux sérieux.Cette nouvelle itération des jeux pédagogiques provient « des médias d\u2019un nouveau genre, qui utilisent les forces du jeu vidéo à des fins de formation, de thérapie ou d\u2019apprentissage par l\u2019action ».Plusieurs musées et services gouvernementaux offrent désor- mais des jeux sérieux en ligne, pour sensibiliser les jeunes par une approche ludique.Que ce soit le musée qui veut intéresser les jeunes à diverses réalités géographiques ou spatiales, Educ\u2019Alcool qui veut les sensibiliser aux effets de l\u2019alcool ou les services policiers qui s\u2019intéressent à la sécurité sur le Web, de multiples créations originales sont développées pour rendre accessible l\u2019information par ce nouveau support.Les jeux sérieux se prêtent particulièrement bien à la sensibilisation sur un sujet donné, et donc à la transformation du jeu en ligne en un outil dans le cadre d\u2019une animation.Pour ce qui est des questions (qui viendront fréquemment, voire obligatoirement) sur la relation entre les jeux et les livres, sur la violence, sur la dépendance et sur les valeurs proposées par les jeux, il ne faut jamais oublier qu\u2019ils sont, au même titre que les autres œuvres, des supports utilisés librement par les créateurs.Devant l\u2019avènement de cette nouvelle forme de loisir, les bibliothèques se doivent d\u2019anticiper les besoins de la clientèle, en offrant une sélection de titres pour l\u2019amener à mieux interagir avec ces œuvres.S\u2019il est une collection pour laquelle les compétences des bibliothécaires en sélection sont nécessaires, il s\u2019agit bien des jeux en ligne.Bref, rien ne sera simple si les bibliothécaires ne sont pas préparés à faire face à ce nouveau défi.Et, avant d\u2019offrir des services de référence et de combler le besoin des usagers dans le domaine ludique, je crains que la traversée soit longue.Bibliographie Armorgames.2010.Free website games.[http://armorgames.com/ffee-website-games] (consulté le 5 septembre).Information Solutions Group.2010.2010 social gaming research, [http://www.infosolutionsgroup.com/2010_PopCap_Social_Gaming_Res earch_Results.pdf] (consulté le 5 septembre).Jayisgames.2010.Flash and casual game reviews : walkthrough, room escape games, point and click games, puzzle games and morel, [http://jayisgames.com/] (consulté le 5 septembre).Gee, James Paul.2007.What video games have to teach us about learning and literacy.(2e éd.) New York : Palgrave Macmillan.Nicholson, Scott.2010.Everyone plays at the library.Medford, N.J.: Information Today Inc.Thierry Robert est bibliothécaire à la Direction des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal et diplômé de l'EBSI depuis l'hiver 2010.Il s'occupe de la médiation du site Web SOS Devoirs, un outil de promotion du fonds documentaire, destiné aux 6 à 12 ans.Il est aussi le concepteur des jeux Web de formation documentaire SOS Jungle, destiné au projet de portail jeunesse, et Ludiformation, un projet de formation en recherche dans les bases de données aux niveaux collégial et universitaire, sous la direction de Clément Arsenault.Durant la dernière année, il a présenté un résumé de ses travaux sur les jeux en bibliothèque au LIDA (Libraries in the Digital Ages) à Zadar, en Croatie, et à l'ACSI (Association canadienne des sciences de l'information) à l\u2019Université Concordia, à Montréal.[ 26 ] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Pour favoriser la rencontre des enfants et des livres l'Union internationale pour les livres de jeunesse Pascal Grenier pascale.grenier@banq.qc.ca « Il n\u2019y a pas que la soupe qui fait grandir.»' Il existe partout dans le monde des adultes qui multiplient les idées et les actions afin que les enfants, peu importent leurs origines et l\u2019endroit où ils vivent, aient à leur portée des livres de qualité conçus pour eux et destinés à les amener à rêver, à réfléchir et à s\u2019affranchir.Et quoi de mieux pour multiplier ces idées et ces ressources que de les mettre en commun?C\u2019est la mission que s\u2019est donnée l\u2019Union internationale pour les livres de jeunesse2 (IBBY), dont les membres croient que les livres pour la jeunesse peuvent rapprocher les cultures et, ultimement, promouvoir la paix.Plus près de nous, IBBY Canada3 fait le lien avec ceux qui, dans le monde entier, partagent ces mêmes valeurs.Une union internationale pour un partage planétaire Plusieurs organisations à vocation culturelle et humanitaire sont nées au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.Fondée en 1953 à Zurich, en Suisse, l\u2019Union internationale pour les livres de jeunesse en est une.Sa mission première est restée la même depuis sa fondation : « En tant qu \u2019organisation non gouvernementale avec un statut officiel à l\u2019Unesco et à l\u2019Unicef [l\u2019Union internationale pour les livres de jeunesse, ou IBBY] a pour mission de défendre les livres pour la jeunesse.Les buts d\u2019IBBY sont conformes aux principes de la Convention internationale des droits de l\u2019enfant, telle qu \u2019elle a été ratifiée par l\u2019Organisation des Nations unies en 1990.L\u2019un de ses principaux articles concerne le droit de l\u2019enfant à bénéficier d\u2019une éducation élémentaire et à accéder librement à l\u2019information.Grâce à l\u2019initiative d\u2019IBBY dans la rédaction de cet article, les nations du monde entier sont invitées à promouvoir la production et la distribution de livres pour la jeunesse.»4 Depuis la fondation d\u2019IBBY, plus de 70 sections nationales ont vu le jour.Chacune d\u2019entre elles est indépendante et libre de choisir son propre mode de fonctionnement et de gestion.Des sections fonctionnent avec un comité d\u2019administration comprenant des membres, tandis que d\u2019autres sont représentées par une institution.Mais toutes sont sans but lucratif.Les objectifs et les programmes d\u2019IBBY sont fixés par le comité exécutif de l\u2019association, composé de 10 personnes provenant de pays différents et d\u2019un président.Ces personnes bénévoles sont élues tous les deux ans par les sections nationales réunies en assemblée générale pendant le congrès qui a lieu chaque année dans une ville différente.C\u2019est Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, qui a été choisi pour être la ville hôtesse du congrès de 2010, qui a eu lieu du 8 au 12 septembre5.Les affaires courantes sont quant à elles traitées par le secrétariat, établi à Bâle, en Suisse.Une section nationale canadienne depuis 30 ans pour rassembler les cultures IBBY Canada, l\u2019une des 77 sections d\u2019IBBY, a été fondé en 1980.En novembre, IBBY Canada fêtera donc son 30' anniversaire.Au cœur de ses missions pour promouvoir la littérature canadienne pour la jeunesse, à l\u2019échelle nationale et internationale, et appuyer des organisations aux missions similaires dans le monde entier, voici quelques-unes des activités qu\u2019il pilote ou qu\u2019il pratique en collaboration avec différentes sections nationales : \u2022\tprix Elizabeth Mrazik-Cleaver, décerné annuellement à un livre jeunesse canadien pour la qualité et l\u2019originalité de ses illustrations; \u2022\tprix Claude Aubry, remis tous les deux ans à une personne ayant contribué, au cours de sa carrière, à la promotion et à la reconnaissance de la littérature jeunesse canadienne; \u2022\tbourse Frances E.Russell, remise annuellement pour un travail de recherche canadien sur la littérature jeunesse ou le lectorat jeune; \u2022\tinstance de sélection des nominations pour les prix Astrid Lindgren et Hans Christian Andersen, les deux plus hautes distinctions internationales dans le domaine de la littérature jeunesse, et le prix de promotion de la lecture IBBY Asahi; \u2022\tsélection de titres canadiens pour la liste d\u2019honneur, publiée tous les deux ans, fruit du travail collaboratif entre les Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [27] différentes sections d\u2019IBBY; \u2022 sélection de livres canadiens pour le projet international « Les meilleurs livres pour les enfants handicapés ».Devenir membre d'IBBY Canada et s'engager pour la cause Les membres d\u2019IBBY Canada sont auteurs, illustrateurs, éditeurs, traducteurs, journalistes, critiques littéraires, éducateurs, professeurs, étudiants, bibliothécaires, libraires, travailleurs sociaux et parents.Une fois l\u2019an, habituellement à la toute fin de l\u2019hiver, ils se rencontrent à Toronto pour discuter des activités passées et futures de l\u2019organisation.Cette occasion unique permet de partager des idées et de créer des liens, ainsi que de faire connaître ce qui se passe chez nous, au Québec, et d\u2019en apprendre plus sur les pratiques canadiennes-anglaises et l\u2019actualité dans le domaine de la littérature jeunesse de langue anglaise.Cela étant, si les auteurs, illustrateurs et éditeurs de littérature jeunesse québécoise sont bien représentés à la réunion annuelle de Toronto, ayant remporté plusieurs des prix décernés, il reste que, parmi l\u2019ensemble des membres, peu sont québécois.Il faut aussi savoir qu\u2019IBBY Canada n\u2019a aucune permanence ni direction générale.Les membres du comité d\u2019administration travaillent bénévolement, menant les activités de l\u2019organisme à bon port, selon l\u2019esprit des missions de l\u2019association.Toutefois, bon an mal an, malgré toute la bonne volonté du monde et un enthousiasme vif et partagé, le besoin de renforts se fait toujours sentir.Être membre individuel d\u2019IBBY Canada coûte 50 $ par année6.Cet abonnement n\u2019est pas accompagné d\u2019une revue spécialisée ou de matériel promotionnel de maisons d\u2019édition.Cependant, tout l\u2019argent provenant des adhésions sert ou bien à décerner des bourses, ou bien à remettre des prix, ou bien à soutenir des projets à l\u2019échelle nationale ou internationale, et ce, toujours avec le même objectif : favoriser les rencontres entre les livres et les enfants, ici et dans le monde entier.Si vous voulez en savoir plus sur IBBY et IBBY Canada, ou connaître de quelle façon vous pourriez apporter votre aide et votre contribution, je vous invite à consulter les liens indiqués ci-dessous ou à communiquer avec moi par courriel.Notes 1.\tSlogan du Salon du livre de jeunesse 1991 en Seine-Saint-Denis, Montreuil (France).2.\tIBBY [www.ibby.org], 3.\tIBBY Canada [www.ibby-canada.org].4.\t« Qu\u2019est-ce qu\u2019IBBY » [www.ibby.org/index.php7id =about&L=2].5.\tCongrès 2010 [www.ibbycompostela2010.org], 6.\tPour devenir membre d\u2019IBBY Canada [http://www.ibby-canada.org/join.html].Pascale grenier est bibliothécaire responsable du Centre québécois de ressources en littérature pour la jeunesse (CQRU) de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et conseillère pour la section québécoise d'IBBY Canada.Bambou, le blogue qui pousse Jérôme Pouchol jpouchol@gmail.com On ne compte plus aujourd\u2019hui le nombre de blogues professionnels consacrés aux sciences de l\u2019information et de la documentation.Leur essor continu et leur audience témoignent en effet d\u2019un réel besoin de la profession des bibliothécaires et documentalistes de s\u2019informer, de s\u2019autoformer, de s\u2019intégrer à une communauté d\u2019échanges et de partage, bref de prendre en marche, à différents niveaux d\u2019implication, le train de la veille et de l\u2019édition numériques.Parmi ces biblioblogues, notons la singularité de Bambou', un blogue institutionnel à ancrage territorial, celui du réseau intercommunal des médiathèques Ouest Provence2 (France).Conçu initialement pour être avant tout un outil de management de la connaissance - outil de veille informationnelle et de partage des savoirs professionnels - au service d\u2019une organisation particulière, celle de la MIOP3, Bambou a pourtant, au fil des billets, gagné en visibilité dans la biblioblo-guosphère francophone : il est devenu aujourd\u2019hui, au terme de 30 mois d\u2019activité, un acteur à part entière dans le paysage de l\u2019info-doc en ligne (90 000 visites à ce jour).Au sein d\u2019une diversité thématique, Bambou fait plus particulièrement référence dans les domaines de la politique documentaire - dont on notera ici l\u2019acception large du terme - et des logiciels libres de bibliothèque, deux domaines phares de l\u2019activité du réseau intercommunal Ouest Provence, deux sujets au cœur des problématiques actuelles du métier.Billets informatifs, analyses synthétiques, outils de pilotage, modèle de fiche de poste, descriptif organisationnel, entretiens, actes de colloque, autant de contenus ainsi produits qui peuvent accompagner la réflexion et l\u2019action des professionnels au sein de leurs établissements documentaires.Animé par le directeur de la politique documentaire, en corédaction avec d\u2019autres acteurs du réseau Ouest Provence, Bambou espère bien prendre « rhizome » et démontrer qu\u2019un tel outil de veille et de publication interne peut participer progressivement à l\u2019expression et à la diffusion d\u2019une culture professionnelle commune.[28] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Bambou en chiffre Nombre de visites (au 14 nov.2010)\t90 000 Nombre de billets\t220 (190 commentaires) Moyenne quotidienne\t120 (maximum : 950) Catégories les + représentées\tMIOP Koha Logiciel libre Internet Poldoc TICE Bibliothèque numérique Pages (onglets) les + visitées\tPage d\u2019accueil (32 000 visites) Bambou ?(5 000) Poldoc (4 000) Symposium Koha (4 000) Concours (3 000) Sites pro (2 500) e-veillez-vous ! (2 200) TOP 10 des articles les + visités\tLes logiciels libres en bibliothèque (3 000) Fiche domaine V3 (1 800) La Poldoc de la MIOP (900) Un entretien avec les sociétés prestataires autour de Koha Banques d\u2019images libres de droit Olivier Donnât répond à Bambou La MIOP en campagne Les guides Michelin sur Google Books Koha à la BU d\u2019Aix-Marseille Les séances DJing de la MIOP Les principaux vecteurs d\u2019accès\tNetvibes.com/ Portail MIOP (page espace pro) Google.fr/reader Twitter Poldoc enssib Netvibes.com/Bibliobsession TOP 10 des termes de recherche\tbambou miop bambou blog blog bambou symposium Koha salon du livre olivier donnât bambou miop bambou pouchol bambou koha Notes 1.http://docmiop.wordpress.com/.\tJérôme Pouchol est directeur de la politique documentaire de la médiathèque intercommunale Ouest Provence.2.\thttp://www.mediathequeouestprovence.fr.3.\tMédiathèque intercommunale Ouest Provence.Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [ 29 ] REGARD, un investissement rentable pour votre bibliothèque! Un produit éprouvé, stable, évolutif, flexible, durable, et surtout économique ^ REGARD est un logiciel québécois qui comprend tous les outils nécessaires pour gérer efficacement une bibliothèque, y compris : ¦\tmodule d\u2019aide au catalogage MARC 21 ¦\tveille informationnelle De plus, tous les clients de REGARD bénéficient ¦\td\u2019un engagement sans contrat à long terme ¦\td\u2019un service incomparable ¦\tsoutien téléphonique illimité ¦\tformation ¦\téquipe de spécialistes ¦\tetc.REGARD est utilisé dans plus de I5DD établissements Distributeur autorisé -Marché municipal Une filiale de la Société GRICS GRICS Technologies au service de l'éducation info@m2e.qc.ca www.m2e.qc.ca 514 251-3718 info@grics.qc.ca www.grics.qc.ca 514 251-3730 Les technologies permettent-elles l'intelligence collective?a Olivier Le Deuff oledeuff@gmail.com Un ouvrage récent (Juanals et Noyer, 2010) fait le point sur le rapport entre les technologies de l\u2019information et l\u2019intelligence collective.Il y fait état de différents projets et réflexions autour d\u2019intelligences collectives, le concept étant volontairement au pluriel pour démontrer cette variété d\u2019approches.De nouvelles potentialités et systèmes innovants sont en effet actuellement à l\u2019œuvre, notamment via les technologies du numérique qui vont bouleverser les méthodes de travail et de formation, ce que montrent particulièrement Brigitte Juanals et Jean Max Noyer : Ces systèmes (.) supposent l\u2019apprentissage et l\u2019adoption de normes, de programmes, de routines, de dispositifs d\u2019écriture et d\u2019interfaces à la plasticité très grande.Ils supposent que soient développés et appropriés des modes de représentation et de navigation dans des espaces-temps coopératifs complexes et distribués.D'où le renouvellement des dispositifs de formation continue et la remise en cause des systèmes de formation figés dans le temps comme dans les contenus.C\u2019est à ces conditions que des dispositifs coopératifs, impliquant des agents hybrides, hétérogènes, asynchrones et porteurs de temporalités et de subjectivités très différenciées, peuvent se développer.» (p.38) Les technologies du numérique constituent des conditions qui contribuent au succès de dispositifs complexes de gestion de l\u2019information et des connaissances.Cependant, s\u2019il faut espérer la mise en place et le développement d\u2019intelligences collectives, cela ne peut se produire qu\u2019à deux conditions principales : \u2022 d\u2019une part, que l\u2019échelon individuel puisse s\u2019épanouir et progresser au sein des dispositifs de manière non contrainte et nullement coercitive, afin que l\u2019apport individuel soit un actif dans la dimension collective; \u2022 d\u2019autre part, que la technique soit support de la pensée.Il importe donc que les technologies de l\u2019information soient conçues de manière à être utilisées pour la progression individuelle et collective, et non pas pour être des instruments de contrôle et de captation publicitaire.La technique est donc bien plus qu\u2019un simple outil, elle est un élément constituant de l\u2019intelligence et de la culture, ce que rappelle fort justement Bernard Stiegler : La culture n\u2019est rien d\u2019autre que la capacité d\u2019hériter collectivement de l\u2019expérience de nos ancêtres et cela a été compris depuis longtemps.Ce qui a été moins compris, c\u2019est que la technique (.) est la condition d\u2019une telle transmission.(Stiegler, 1998, p.193) Par conséquent, la réussite des intelligences collectives repose sur le développement d\u2019une culture technique qui ne peut s\u2019acquérir que par une formation.Cette dernière n\u2019est pas nécessairement de nature scolaire, mais peut aussi s\u2019acquérir par le biais de « réseaux apprenants ».Développer une culture technique face à des usages prescrits La culture technique (Simondon, 1989) suppose un esprit critique et une liberté d\u2019usage vis-à-vis des outils.Or, la tendance la plus prégnante dans les organisations est plutôt de procéder par mimétisme ou volonté.Cette stratégie, qui nie souvent les besoins des salariés ou des usagers, s\u2019accompagne fréquemment de l\u2019interdiction d\u2019implanter de nouveaux outils et, avec eux, d\u2019autres usages au sein de l\u2019environnement de travail.La culture de la collaboration et de l\u2019échange n\u2019est pas réellement développée, malgré les travaux d\u2019Olivier Zara (Zara, 2008).La méfiance prédomine d\u2019autant que les responsables de la sécurité informatique ainsi que les managers craignent une dispersion et une perte de productivité, voire une diminution de leurs prérogatives, du fait des nouveaux outils comme les messageries instantanées, les réseaux sociaux, les wikis et les blogues.Les dirigeants préfèrent souvent imposer une solution logicielle, le nouveau programme étant conçu comme remède à un problème détecté.Il se produit alors une « excroissance du code », comme le note Christian Fauré (Fauré, 2008), la technique étant perçue comme un palliatif, un remède qui soigne mais ne guérit pas vraiment et qui, au final, devient tout autant un poison.De plus, il se produit souvent une dépossession continue qui s\u2019effectue avec le transfert du savoir-faire dans la machine ou le logiciel : Ce qui se perd (.) c \u2019est le savoir-faire et la connaissance critique.Et cela est d\u2019autant plus vrai du point de vue de l\u2019architecte qui doit penser l\u2019articulation entre des composants du système d\u2019information.On ne peut pas être architecte (que ce soit de l\u2019architecture réseau, applicative ou même de l\u2019architecture des données) en étant incapable de porter un regard critique.Cela passe nécessairement par la capacité à discuter et à émettre Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [31 ] des avis critiques, ce que ne sont pas capables de faire les experts techniques maîtrisant les solutions d\u2019un seul éditeur de logiciel.(Fauré, 2009) L\u2019idéal est donc de former des individus capables de penser l\u2019ensemble, dans une démarche proche de celle d\u2019un architecte, et possédant une capacité critique, c\u2019est-à-dire ayant aussi la possibilité d\u2019envisager des alternatives, voire des améliorations.La technique ne doit donc pas servir de palliatif ou de simple remède, mais davantage être conçue comme médium de dispositifs de transmission.Penser et concevoir les dispositifs de transmission Les dispositifs d\u2019organisation des connaissances constituent déjà des technologies de l\u2019intelligence qui sont d\u2019essence collective, ce qu\u2019explique Pierre Lévy : Il faut remarquer que les capacités cognitives individuelles reposent presque toutes sur Vutilisation d\u2019outils symboliques (langues, écritures, institutions sociales diverses) ou matériels (instruments de mesure, d\u2019observation, de calcul, véhicules et réseaux de transport, etc.) que l\u2019individu n \u2019a pas inventé lui-même mais qui lui ont été transmis ou enseignés par la culture ambiante.La plupart des connaissances mises en œuvre par ceux qui prétendent que l\u2019intelligence est purement individuelle leur viennent des autres, via des institutions sociales comme la famille, l\u2019école ou les médias, et ces connaissances n\u2019auraient pu s\u2019accumuler et se perfectionner sans de longues chaînes de transmission intergénérationnelles.» (Lévy, 2010) Pierre Lévy nous est également fort utile pour répondre aux deux critiques habituelles \u2014 le collectif peut être bête et également annihiler le libre arbitre individuel - qui sont adressées au concept d\u2019intelligence collective : Ainsi, l\u2019ironie facile sur la bêtise collective (qui est évidemment toujours la bêtise des « autres ») échoue à reconnaître tout ce que nos lumières personnelles doivent à la tradition et ce que nos institutions les plus puissantes doivent à notre capacité à penser et décider ensemble.Est-il besoin d\u2019ajouter que l\u2019adoption de l\u2019intelligence collective comme valeur essentielle n\u2019implique aucune abdication de la pensée critique ou de l\u2019originalité individuelle?» (Lévy, 2010) Pour parvenir à ce que ces dispositifs produisent des formes d\u2019intelligence collective, il faut que les individus puissent en retirer des bénéfices personnels, de manière à ce que leur investissement soit ensuite profitable au collectif.Dès lors, des relations plus complexes peuvent se développer.Les technologies du numérique (veilles collectives, documents partagés, etc.) peuvent ainsi faciliter des entreprises plus ambitieuses.Pierre Lévy travaille d\u2019ailleurs actuellement au développement d\u2019une lingua franca, c\u2019est-à-dire d\u2019une langue universelle, au travers du modèle IEML, qui « permettrait non seulement d\u2019élucider les mécanismes de la cognition symbolique mais encore de perfectionner notre gestion collective des connaissances et donc en fin de compte de soutenir le développement humain » (Lévy, 2010).Il s\u2019agit aussi d\u2019envisager une langue qui permettrait de mieux interagir au sein d\u2019environnements numériques.Néanmoins, l\u2019idéal serait que les usagers puissent être autant concepteurs que contributeurs de ces dispositifs.Conclusion.Des besoins scientifiques : la mesure des intelligences collectives.Pierre Lévy déplore notre incapacité à comprendre et à analyser la formation de l\u2019intelligence collective.Il y a un déficit de mesure scientifique en la matière : Il n \u2019échappe à personne, en effet, que l'on ne dispose aujourd\u2019hui d\u2019aucune unité de mesure sérieuse ni de méthodes scientifiques rigoureuses pour évaluer la puissance d\u2019une intelligence collective.Les quelques efforts qui ont été tentés dans cette direction se contentent généralement de choisir une batterie d\u2019indicateurs et de mesurer des quantités (un « quotient d\u2019intelligence collective »), alors qu\u2019il faudrait pouvoir décrire des dynamiques de systèmes, des patterns d\u2019évolution, des modèles de transformation de quantités et de valeurs dans l\u2019univers des significations.Et au cas où l\u2019on s\u2019imaginerait disposer d\u2019une telle méthode scientifique, la distinction classique entre l\u2019objet étudié et le sujet de l\u2019étude serait bien difficile à maintenir.Il ne peut jamais être garanti - par exemple - que le prétendu « objet » étudié (un groupe humain) n\u2019a pas développé une dimension cognitive qui échappe radicalement à ceux qui se prétendent les spécialistes de sa mesure ou de son évaluation.La science de l\u2019intelligence collective à laquelle j\u2019aspire ne pourra être que radicalement ouverte, dialogique et symétrique (ou réciproque : l\u2019objet et le sujet échangeant régulièrement leurs rôles).» (Lévy, 2010) La mise en place d\u2019une science de l\u2019intelligence collective s\u2019avère tout aussi complexe que son objet d\u2019étude.Il est difficile de considérer qu\u2019il sera possible d\u2019établir des lois strictes, mais il est évident que des premiers enseignements peuvent déjà être tirés et qu\u2019il convient donc d\u2019envisager de rationaliser le concept d\u2019intelligence collective, de manière à ce que des dispositifs vraiment efficients soient développés et au sein desquels l\u2019individu puisse progresser, participer et contribuer.Bibliographie Juanals, Brigitte et Jean Max Noyer (sous la dir.de).2010.Technologies de l\u2019information et intelligences collectives.Hermes Science Publications.Fauré, Christian.2008.« Le style d\u2019architecture SOA », Christian Fauré (billet du 8 octobre) [http://www.christian-faure.net/2008/10/08/le-style-darchitecture-soa/].Fauré, Christian.2009.« La prolétarisation dans les sociétés informatiques » Christian Fauré (billet du 14 mars) [32] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 [http://www.christian-faure.net/2009/03/14/la-proletarisa-tion-dans-les-societes-informatiques/#more-1025].Lévy, Pierre.2010.« Vers une science de l\u2019intelligence collective » [http://www.ieml.org/IMG/pdf/00-2-vers-sci-IC.pdf].Lévy, Pierre.1990.Les technologies de l\u2019intelligence : l\u2019avenir de la pensée à l\u2019ère informatique.Paris : La Découverte.Simondon, Gilbert.1989.Du mode d'existence des objets techniques.Paris : Aubier.Stiegler, Bernard.1998.« Leroi-Gourhan : l'inorganique organisé », Les Cahiers de médiologie, n° 6, p.187-194.Stiegler, Bernard.2008.Prendre soin.Tome 1: De la jeunesse et des générations.Paris : Flammarion.Zara, Olivier.2008.Le management de l\u2019intelligence collective : vers une nouvelle gouvernance (2e éd.).M21 Éditions.Olivier Le Deuff est docteur en sciences de l'information et de la communication et webmaster des sites Le guide des égarés et Cactus Acide, [oledeuff@gmail.com].L'intelligence économique, un modèle à découvrir?Monica Mallowan monica.mallowan@umcs.ca A l\u2019intersection des sciences de l\u2019information, de la communication, de la gestion, de l\u2019économie, de l\u2019informatique et des TIC, le concept d\u2019intelligence économique est né en France dans les années 1980, sous la forme du processus de « veille technologique », pour évoluer assez rapidement, sous l\u2019impulsion de trois moments marquants.En 1994, le rapport Intelligence économique et stratégie des entreprises (ou rapport Martre) du Commissariat général du Plan, chargé de la planification économique de la France entre 1946 et 2006, est le premier à employer le syntagme d\u2019intelligence économique.Le rapport Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale (ou rapport Carayon) introduit, en 2006, le patriotisme économique dans ce modèle, combinant veille stratégique, gestion des connaissances, protection de l\u2019information et actions de soutien ou d\u2019influence.Par la suite, avec la nouvelle fonction de haut responsable en intelligence économique (HRIE), faisant le lien entre gouvernement, ministères, programmes de stimulation de l\u2019innovation, associations professionnelles et programmes de formation à l\u2019intelligence économique, initiale ou continue1, FIE est promue en France au rang de politique nationale.Les politiques et les actions reliées à FIE prennent de l\u2019ampleur dans la Francophonie.Des chercheurs de plusieurs pays collaborent à des projets de recherche, les événements scientifiques et professionnels, nationaux et internationaux2-3, favorisent les échanges d\u2019idées, Internet donne accès aux ressources informationnelles traitant du concept d\u2019intelligence économique française et de son évolution.Dans ce contexte, le lien historique ainsi que le dialogue permanent entre la France et le Canada français permettent de croire en une influence sur le plan de la diffusion du concept d\u2019intelligence économique au Canada français.La prise en compte de ces facteurs laisse supposer que ces échanges influencent la façon dont l\u2019information stratégique est appréhendée au Canada français et que des manifestations théoriques ou pratiques du concept d\u2019intelligence économique existent dans Faire mentionnée.Profil de l'intelligence économique française Une revue sélective de la littérature permet de dresser un portrait global du concept d\u2019IE (Achard et Bernat, 1998; Bloch, 1999; Revelli, 2000; Martinet et Marti, 2001; Prax, 2003; Juillet, 2004; Clamen, 2005; Marcon et Moinet, 2006), dont voici les grands traits : -\tl\u2019impulsion donnée par l\u2019État; -\tles objectifs de compétitivité des entreprises, des régions et de l\u2019économie nationale; -\tle processus de veille stratégique et de gestion des connaissances; -\tla protection de l\u2019information et l\u2019influence; -\tles fonctions organisationnelles principales : réseau, mémoire, maîtrise, analyse / vigilance, anticipation, influence / maîtrise de l\u2019information stratégique, protection du patrimoine, détection des opportunités et des menaces, coordination stratégique, mise en œuvre de pratiques d\u2019influence; -\tles métiers à compétences multiples (management, information, communication, TIC, droit, influence, etc.).Ce profil révèle la spécificité du modèle français et facilite Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [33] la mise en parallèle avec les éléments centraux de la gestion de l\u2019information stratégique dans le contexte canadien- français.Méthodologie de l'étude Milieux de l'investigation Nous tenterons de vérifier l\u2019hypothèse formulée par l\u2019analyse d\u2019un corpus d\u2019articles scientifiques et généralistes, de dossiers informatifs et d\u2019offres d\u2019emploi, sélectionnés à la suite d\u2019une investigation des milieux académiques et de la recherche universitaire, ainsi que des médias francophones et des sites d\u2019offres d\u2019emplois spécialisés, principalement dans les provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick.Les cinq pôles du référentiel de formation en intelligence économique (environnement international et compétitif, intelligence économique et organisations, management de l\u2019information et des connaissances, protection et défense du patrimoine informationnel et des connaissances, influence et contre-influence) permettront d\u2019identifier des variables utiles à cette investigation et d\u2019y déceler des indices des manifestations mentionnées ci-dessus.Les sources utilisées dans l\u2019étude comprennent les périodiques spécialisés Argus et Documentation et bibliothèques, qui publient régulièrement des textes traitant de gestion stratégique de l\u2019information; Journal of competitive intelligence and management, publié par la Competitive Intelligence Foundation de la Society of Competitive Intelligence Professionals (SCIP); la base de données Eureka de Cedrom-SNI, fournisseur de contenu de presse; des sites Web d\u2019associations professionnelles, d\u2019événements spécialisés et d\u2019institutions d\u2019enseignement supérieur.Collecte et analyse de l'information Le corpus non exhaustif exploré est composé d\u2019articles et de communications scientifiques, de descriptifs de programmes académiques, d\u2019articles de presse grand public et d\u2019offres d\u2019emploi, dont nous allons entreprendre l\u2019analyse descriptive ci-dessous.Diverses combinaisons de termes clés ont guidé l\u2019exploration des sources identifiées (compétitivité, information stratégique / intelligence économique, veille stratégique, gestion des connaissances, protection de l\u2019information, sécurité des systèmes d\u2019information, lobbying - lobbyisme, influence, formation, programmes, actes, offres d\u2019emploi).Les résultats collectés ont été regroupés dans les catégories suivantes de sources et de contenu : -\tprogrammes de formation à la gestion de l\u2019information stratégique / intelligence économique (IS / IE) - connaissances et savoir-faire spécifiques en IS / IE; -\tarticles scientifiques - thèmes de recherche en IS / IE; -\tarticles de presse - image de l\u2019IE dans des textes « grand public »; -\toffres d\u2019emploi - fonctions dédiées à FIS / IE.L\u2019analyse de ces résultats cherche à voir si une influence du concept français d\u2019intelligence économique se manifeste dans la manière d\u2019aborder et de maîtriser l\u2019information stratégique au Canada français.Présentation et discussion des résultats Programmes de formation à la gestion de l'information stratégique / intelligence économique (IS/1E) De niveau baccalauréat, maîtrise et doctorat, dispensés en français (sauf pour le programme de l\u2019Université McGill, en anglais), les programmes de formation initiale à la gestion de l\u2019information stratégique existant au Québec et au Nouveau-Brunswick se classeraient en deux catégories : formations spécifiques à la gestion de l\u2019information stratégique, d\u2019une part, et, d\u2019autre part, formations à modules intégrés (en information stratégique) dans le cursus de base.Les formations spécialisées identifiées (baccalauréat en gestion de l\u2019information de l\u2019Université de Moncton, maîtrise et doctorat en sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal, master et doctoral degree in information sciences de l\u2019Université McGill) se réclament des sciences de l\u2019information, mettant l\u2019accent sur l\u2019information, ressource stratégique organisationnelle.Les formations à modules intégrés (MBA en gestion internationale et microprogrammes de 2e cycle en gestion des connaissances et en TI de l\u2019Université Laval, MBA des HEC de Montréal, programme court en gestion de l\u2019information numérique de l\u2019Université du Québec à Rimouski) s\u2019arriment à l\u2019administration, au management ou bien aux TIC, en sensibilisant le futur décideur à la maîtrise de l\u2019information stratégique ou bien en fournissant une formation d\u2019appoint.A la différence de l\u2019intelligence économique française, articulant veille stratégique, gestion des connaissances, protection du patrimoine informationnel et influence, les formations repérées et les professeurs-chercheurs4 qui y enseignent s\u2019inscrivent plutôt dans la logique de la veille stratégique, définie comme un processus à valeurs ajoutées de collecte, de transmission, d\u2019analyse et de diffusion d\u2019information publiquement disponible, obtenue éthiquement et légalement, pour produire de la connaissance d\u2019action, ainsi que la production de cette intelligence d\u2019action pour réduire l\u2019incertitude, supporter une meilleure prise de décision et l\u2019action (Bergeron, 1995; Bergeron et Hiller, 2002).La similarité des cursus analysés révèle une cohésion de ces programmes : on y constate la présence de cours dédiés à la recherche et aux sources d\u2019information, à la veille stratégique, à la gestion des connaissances, à la sécurité des systèmes d\u2019information, au comportement informationnel, à la gestion stratégique de l\u2019information.D\u2019autre part, on constate l\u2019absence de Taxe de l\u2019influence, initiant aux subtilités de la communication stratégique ou aux pratiques de soutien, dont peut dépendre l\u2019avantage concurrentiel d\u2019une organisation (Marcon et Moinet, 2006), tandis que la question de la protection du patrimoine est souvent abordée sous l\u2019angle de la sécurité des systèmes d\u2019information, surtout dans leur sens restreint (systèmes informatiques et TIC).On pourrait toutefois se demander si l\u2019approche française ne prépare pas mieux à une meilleure compréhen- [ 34] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 sion de la compétition économique, par la sensibilisation aux mécanismes du jeu concurrentiel.Thèmes de recherche en IS / IE au Canada français Comparés au nombre des formations françaises à l\u2019information stratégique, les programmes du Canada français sont peu nombreux, mais la recherche académique est bien établie, les professeurs-chercheurs publiant leurs travaux et partageant leurs réflexions avec la communauté scientifique internationale spécialisée, tout en évitant l\u2019uniformisation des manières de penser et de faire induite par la mondialisation.L\u2019observation précédente, sur l\u2019absence, dans les programmes présentés, de la protection de l\u2019information et de l\u2019influence, s\u2019applique aussi à la recherche, la maîtrise de l\u2019information stratégique étant désignée par la « veille stratégique », générique pour toutes les formes de veille spécialisée (Brouard, 2000; Bergeron et Hiller, 2002).Les obstacles à la pratique de la veille dans les organisations sont analysés (Bergeron, 1995), des outils de diagnostic des pratiques de veille pour les PME sont proposés (Brouard, 2005), les programmes et les activités de veille gouvernementaux au Québec et à l\u2019étranger sont étudiés dans une perspective comparative (Bergeron, 2000), ainsi que les outils employés (Bouthillier et Shearer, 2003), les fonctions et les compétences requises par le processus de veille stratégique (Bouthillier et Jin, 2007).La gestion des connaissances est étudiée en tant que stratégie de capture du patrimoine immatériel pour améliorer la compétitivité organisationnelle (Jacob, 2001) ou pour stimuler le développement régional par la mobilisation des expertises (Moldovan, 2006), comme moyen de « rétention du savoir-faire» (Dalkir, Bergeron et Guay, 2001) et d\u2019augmentation du rendement organisationnel et de création de valeur (Dalkir, 2008).L\u2019intérêt pour la gestion du savoir est mesuré (Moldovan, 2005).Ce survol de la recherche en gestion de l\u2019information stratégique retient donc la veille stratégique, processus itératif d\u2019aide à la décision par la gestion de l\u2019information critique, la gestion des connaissances organisationnelles, capital immatériel de valeur, la compétitivité des organisations dans un environnement instable.La sécurité des systèmes d\u2019information est traitée par les spécialistes en TIC, tandis que l\u2019influence n\u2019est pas abordée.L'image de l'IS / IE Afin d\u2019examiner la manière dont les périodiques francophones reflètent le concept d\u2019IE, la base de données Eureka a été interrogée5.La requête « intelligence économique » + « dans tout le texte » + « dans toutes les archives » (depuis 1980 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui)6 permet de repérer 32 documents, le plus ancien datant de 1997 (Anonyme) et le plus récent de 2008 (Bergeron).Ces résultats sont classés selon les thèmes abordés et le nombre d\u2019articles traitant de ces thèmes : -\tveille stratégique : 6 articles; -\tespionnage : 3 articles; -\tguerre de l\u2019information : 3 articles; -\trenseignement : 3 articles; -\tsécurité informatique : 3 articles; -\tannonce de colloque : 2 articles; -\tréseaux sociaux : 2 articles; -\tstratégie de développement économique : 2 articles; -\tannonce d\u2019événement : 1 article; -\tformation spécialisée : 1 article; -\tinformation stratégique et avantage concurrentiel : 1 article; -\tméthode de collecte des données : 1 article; -\tveille stratégique dans une formation : 1 article; -\tprésentation du rapport Carayon : 1 article; -\tréférence d\u2019un ouvrage : 1 article; -\tTIC et Francophonie : 1 article.Ce classement reflète la compréhension des journalistes, généralistes et spécialisés, du concept d\u2019IE au Canada français et de l\u2019image qu\u2019ils en projettent : en regroupant les articles traitant d\u2019espionnage, de guerre, de renseignement et de sécurité informatique, on constate que ce sont 12 articles qui véhiculent un message partiel et déformé du concept d\u2019IE, tandis que les 6 articles consacrés à la veille stratégique se penchent seulement sur les activités de recherche d\u2019information pour soutenir la compétitivité de l\u2019entreprise.Il est possible que cette image explique la résistance à aborder le modèle de FIE.Les projets de collaboration académique et de recherche ou de coopération en cours, encore peu nombreux, réussiront peut-être à se développer et à donner une nouvelle impulsion à l\u2019étude de l\u2019IE.Le marché de l'emploi en gestion de ITS / IE Face aux mutations que subit la profession, la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec prévoit entre autres le poste de « veilleur7 » dans le profil de ses membres et diffuse des offres d\u2019emploi destinées aux professionnels en gestion de l\u2019information stratégique8.Leur analyse permet de constater que, sur un total de 512 offres affichées entre janvier 2005 et septembre 2008, 73 concernent des fonctions de gestion de l\u2019information stratégique , dont analyste-recherchiste d\u2019information, spécialiste de l\u2019information stratégique, agent de recherche, chargé de veille, assistant de recherche.La description des tâches recouvre en entier ou en partie l\u2019ensemble du processus de veille stratégique.Il faut noter que les tâches se recoupent de façon marquante dans ces offres (la recherche d\u2019information figure en premier, suivie de la gestion documentaire et des tâches reliées au système d\u2019information).Les variations de management de l\u2019information et des connaissances sont mentionnées de façon explicite, la sécurité des systèmes d\u2019information et la compétitivité des organisations sont implicites, tandis que la protection de l\u2019information et l\u2019influence ne sont pas du tout mentionnées.À souligner l\u2019augmentation du nombre d\u2019organisations s\u2019intéressant à la veille stratégique, dans son acception moms offensive, mais suffisamment utile, de « radar » informationnel contribuant à la prise de décision.Ce portrait des manifestations du concept d\u2019intelligence économique français dans le contexte canadien- français présente quelques limites, dont celle géolinguistique déjà signalée, ainsi que le choix des termes clés utilisés dans Vol.39, n\u201c 2, automne 2010 [ ARGUS ] [35] l\u2019exploration de la base Eureka, ayant pu entraîner la perte de textes utilisant des synonymes.Toutefois, cette étude a le mérite de jeter un regard global sur la formation, la recherche, l\u2019image dans la presse et les offres d\u2019emploi dans le domaine de la gestion de l\u2019information stratégique / IE, dans sa réalité canadienne-française.En élargissant le périmètre des recherches aux auteurs anglophones, aux initiatives gouvernementales ou bien aux mécanismes culturels et d\u2019éducation à l\u2019information stratégique, il serait peut-être possible de déceler la trame d\u2019une vision de l\u2019information stratégique plus proche qu\u2019on ne le pense de l\u2019état d\u2019esprit au cœur du modèle français.Notre analyse révèle l\u2019impact partiel du modèle français de l\u2019intelligence économique sur le modèle à l\u2019œuvre dans la francophonie canadienne : ainsi, les formations universitaires sont ancrées dans les sciences de l\u2019information et de la gestion, axées sur l\u2019environnement international et la compétitivité, la gestion de l\u2019information et des connaissances, la sécurité des systèmes d\u2019information, sans toucher toutefois au patriotisme économique ou à l\u2019influence.La recherche se concentre sur la gestion stratégique de l\u2019information et des connaissances.Les emplois dans le domaine sont de plus en plus nombreux, sans faire état des tâches d\u2019influence ou de sécurité caractéristiques du concept français.La fonction la plus fréquente est celle de spécialiste de l\u2019information, avec des responsabilités de recherche d\u2019information - veille, gestion documentaire, gestion du système d\u2019information - dans divers milieux de pratique : privé, public, institutionnel.On pourrait conclure que certains axes de TIE française coïncident avec la vision et la manière de gérer l\u2019information stratégique au Canada français, sans que la défense - patriotisme économique ou guerre économique - et le lobbying fassent partie de cette superposition des deux modèles.Toutefois, on remarque un léger tournant dans la gestion stratégique de l\u2019information franco-canadienne, avec un retour à des politiques protectionnistes par rapport aux prises de contrôle de sociétés canadiennes par des sociétés étrangères (Solomon, 2007), le besoin d\u2019encadrer la pratique du lobbying9 ou bien des échos concernant l\u2019importance de la formation universitaire au renseignement (Caldwell, 2008).Notre exploration n\u2019a pas décelé de discours s\u2019intéressant de manière poussée à un modèle de gestion de l\u2019information stratégique ayant des similarités avec le modèle français.Toutefois, dans le contexte des grandes mutations économiques, géopolitiques et technologiques actuelles, la contribution de TIE à la compétitivité organisationnelle mériterait d\u2019être regardée de plus près car, encore et toujours, l\u2019information.Notes 1.\tHaut responsable pour l\u2019intelligence économique.Référentiel de formation en intelligence économique.[http://www.intelli-gence-economique.gouv.ff/IMG/pdf7re ferentiel_IE_numerote.pdf].À noter l\u2019existence de plu-sieurs dizaines de formations de cycle supérieur en IE (environ 70 en 2008).2.\tEntre autres, Rencontres IE, CERAM Sophia Antipolis [http://www.rencontresie2007.com/tikiwiki/tiki-index.php]; ATELIS ESCEM Tours [http://www.atelis.org/ evenements_colloques .htm].3.\tD\u2019autres exemples de grands événements scientifiques examinant la gestion stratégique de l\u2019information : Les rencontres ICC (innovation, compétitivité, connaissance) [http:// www.icc2008.info]; SCIP European Competitive Intelligence Summit [http://www.scipsummit.org/]; European Conference on Information Security [http:// www.forum eurosec.com/]; World Library and Infor-mation Congress, IFLA [www.ifla.org].4.\tPour une revue de la recherche académique en veille stratégique au Canada jusqu\u2019en 2004, voir J.Calof et F.Brouard.2004.« Competitive intelligence in Canada », in Journal of competitive intelligence and management, vol.2, no 2.5.\tSource de contenu de presse, donnant accès aux archives numériques contenant les articles de tous les principaux périodiques francophones canadiens (18 périodiques généralistes et spécialisés dans le monde des affaires, archivés depuis 1980).On compte, parmi ces périodiques, La Presse, Les Affaires, Commerce et PME.6.\tDernière interrogation et vérification effectuées le 15 septembre 2008.7.\tCBPQ.Profil des membres de la CBPQ en 2007 [www.cbpq.qc.ca/corporation/profil/_membres2007.htm].Un nombre de 24 membres déclare occuper un poste de veilleur en 2007.Toutefois, ceci ne représente pas le nombre de tous les veilleurs en exercice au Canada français, vu que ce membership n\u2019est pas une condition d\u2019emploi et qu\u2019ils peuvent choisir de s\u2019inscrire à d\u2019autres associations professionnelles, canadiennes ou américaines, comme la Special Library Association ou la SCIP.8.\tLes intitulés d\u2019emploi repérés dans cet ensemble sont les suivants : agent / associé / assistant / de recherche, recher-chiste, spécialiste de recherche, 26 offres; spécialiste de l\u2019information, 22; analyste de l\u2019information stratégique, 7; conseiller en information stratégique, 4; chargé de veille, 4; analyste de contenu, 3; documentaliste, 3; gestionnaire de l\u2019information, 2; gestionnaire des connaissances, 1; professionnel de l\u2019information, 1.Les milieux organisationnels se présentent comme suit : milieu privé, 36; milieu gouvernemental fédéral ou provincial, 32; recherche universitaire, 5.9.\tGouvernement du Québec.Commissaire au lobbyisme [http ://www.commissairelobby.qc.ca].Monica Mallowan est professeure adjointe en sciences de l'information, Université de Moncton, campus de Shippagan, Nouveau- Brunswick.La version intégrale de ce texte est disponible dans les Actes de la 2e édition des Assises nationales de la formation en intelligence économique, Aix-en-Provence, France, 18-19 décembre 2008.[36] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Quel avenir pour les bibliothèques de l'Université d'État d' Haïti?Daniel Marquis dmarquis@cegepgranby.qc.ca Huit mois après le « Bagay », le terme haïtien pour désigner le tremblement de terre du 12 janvier 20101, la question se pose : quel avenir pour les bibliothèques de l\u2019Université d\u2019État d\u2019Haïti (UÉH)?Que pouvons-nous faire collectivement par nos institutions (EBSI, SIS, CBPQ, ASTED) ou individuellement comme professionnel?Cet article propose quelques pistes de réflexion sur cette question, à la suite de mes rencontres et de mes observations sur place, au cours de deux séjours en 2009.Le premier au cours duquel j\u2019ai été appelé à poser un diagnostic organisationnel sur la bibliothèque de la Faculté de médecine et de pharmacie2; et un second où j\u2019ai eu la chance de rencontrer les responsables et le personnel de la majorité des bibliothèques de l\u2019UÉH, dans le cadre d\u2019un séminaire de formation.Ma réflexion repose également sur des rencontres et des discussions avec plusieurs bibliothécaires haïtiens, dont Nixon Calixe, responsable des bibliothèques et de la documentation, qui relève du vice-recteur à la recherche de l\u2019UÉH.La communauté universitaire haïtienne a déjà démontré qu'elle est prête à remettre sur pied, et selon de nouveaux standards, ses bibliothèques.taire.Rappelons brièvement que l\u2019Université d\u2019État d\u2019Haïti compte 20 000 étudiants, dont la moitié étudie en province.On compte 70 employés dans le réseau des bibliothèques de la capitale et en province.Les 11 bibliothèques totabsent près de 110 000 volumes, dont seulement 10 % sont encore à jour selon un rapport récent, en plus de 18 abonnements à des périodiques pour l\u2019ensemble du réseau4.L\u2019intérêt porté par la communauté internationale, notamment les gouvernements du Québec et du Canada mais aussi la Communauté européenne, laisse entrevoir dans les mois à venir un soutien financier majeur, dans le cadre de programmes d\u2019aide à l\u2019enseignement supérieur et aux infrastructures.Dans le cas des bibliothèques de l\u2019UÉH, la définition de certains axes de développement permettrait de mieux circonscrire et de canaliser efficacement cette aide vers l\u2019atteinte d\u2019objectifs quantifiables.Voici cinq axes de développement.Structure organisationnelle : une Direction des bibliothèques Les bibliothèques universitaires de l\u2019UÉH relèvent avant tout des facultés pour le financement et l\u2019organisation des services.Récemment, l\u2019intérêt porté par le rectorat, avec la création d\u2019une division Bibliothèque relevant du vice-recteur à la recherche, laissait entrevoir une meilleure coordination des services offerts.Une Direction des bibliothèques pour la normalisation des pratiques et procédures, la mise en commun des expertises, le partage des ressources en ligne et la mise en place d\u2019activités de formation me semble une condition préalable, comme le laissait entendre M.Fritz Deshommes, vice-recteur à la recherche de l\u2019UÉH et responsable du dossier des bibliothèques, lors de la remise des diplômes du séminaire de formation en avril 2009.Toutefois, chaque faculté ou école doit être impliquée dans l\u2019élaboration des plans et devis et dans l\u2019organisation des services.D\u2019entrée de jeu, il est important de préciser que les 11 bibliothèques de l\u2019UÉH3 étaient déjà en attente d\u2019un financement adéquat pour assurer leur développement, avant même le tremblement de terre.Lors de mes séjours dans ce pays des Caraïbes en 2009, j\u2019ai eu l\u2019occasion de constater sur place l\u2019intérêt porté par les enseignants, les étudiants et les doyens pour leurs bibliothèques, notamment celle de la Faculté de médecine et de pharmacie et celle des Sciences humaines.Toutefois, si l\u2019on considère les budgets de fonctionnement pour l\u2019acquisition des livres, les ressources en hgne, les abonnements à des périodiques ainsi que l\u2019état des bâtiments, on constate un sous-financement qui ne permet pas au personnel en place de répondre aux besoins et aux exigences de l\u2019enseignement universi- Formation : essentielle pour prendre le virage technologique Le séminaire organisé par le vice-rectorat à la recherche a permis de constater l\u2019intérêt et les besoins des bibliothécaires et du personnel pour l\u2019usage des nouvelles technologies et les besoins majeurs en formation.En plus de la poursuite de ces activités de formation sur place, dans le cadre de séminaires ou d\u2019attestations d\u2019études, des programmes de bourses à l\u2019étranger, favorisant la diplomation de deuxième cycle en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information, permettraient de garantir, à moyen et long termes, le développement des bibliothèques selon des normes et des standards de pratique reconnus.Cet axe de développement, la formation, a été Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [37] priorisé par l\u2019ACURIL, l\u2019Association des bibliothèques universitaires, de recherche et institutionnelles des Caraïbes (http://acuril.uprrp.edu), à Saint-Domingue, en République dominicaine, le 11 juin 2010.Système intégré de gestion de bibliothèques (SIGB) Les bibliothèques de l\u2019UEH ne peuvent se développer en marge des technologies utilisées quotidiennement dans le monde.Il n\u2019existe pas de catalogue en ligne dans les bibliothèques de l\u2019UEH.Avant tout, un système intégré de gestion de bibliothèques (catalogue, traitement documentaire, circulation) est essentiel pour la gestion quotidienne des opérations.Un portail de ressources en ligne Une première étape a été franchie par les Haïtiens eux-mêmes, avec la mise en place d\u2019une bibliothèque virtuelle du réseau des bibliothèques de l\u2019UÉH : http://www.ueh.edu.ht.La bibliothèque de la Faculté de médecine et de pharmacie avait fait de même quelques mois auparavant avec son propre portail : http://ftnp.ueh.edu.ht/biblio/.Dans ce dernier cas, une entente avec l\u2019Organisation mondiale de la santé et le consortium HILARI permet aux étudiants d\u2019accéder gratuitement à près de 2 000 périodiques du domaine de la santé.Il faut donc multiplier ces initiatives avec d\u2019autres produits documentaires, notamment des ressources bien connues comme Érudit, ScienceDirect, CAIRN ou 1\u2019Encyclopaedia Universalis en ligne.Une grande bibliothèque universitaire pour la capitale?Les investissements dans les infrastructures et les bâtiments doivent être répartis sur l\u2019ensemble du territoire, car n\u2019oublions pas que près de la moitié des étudiants proviennent de l\u2019extérieur de la capitale.L\u2019importance des bibliothèques en province et d\u2019y investir dans les infrastructures ne doit toutefois pas remettre en cause la prépondérance de la capitale nationale, Port-au-Prince.La moitié des bibliothèques universitaires se trouvent près du Champs de Mars et du Palais national.Une telle concentration nécessite de se pencher sur la pertinence de la construction d\u2019une institution centrale regroupant plusieurs bibliothèques et assurant un leadership institutionnel dans le domaine des bibliothèques et du savoir.Les défis posés aux bibliothèques de l\u2019UÉH sont grands.La communauté universitaire haïtienne a déjà démontré qu\u2019elle est prête à remettre sur pied, et selon de nouveaux standards, ses bibliothèques.Une concertation de tous les intervenants québécois, canadiens, américains, caribéens et européens est essentielle afin de canaliser les énergies dans le même sens.La définition d\u2019axes de développement autour d\u2019un plan stratégique permettrait d\u2019enclencher le processus de construction et d\u2019édification du Réseau des bibliothèques de l\u2019Université d\u2019État d\u2019Haïti (RBUEH).En ce qui concerne les autres bibliothèques, notamment celles du domaine municipal ou communal, des organismes comme Blue Shield (http://haiti2010.blueshield-intemational.org) et Bibliothèques sans frontières (http://www.bibliosansfrontieres.org/haiti.html) sont déjà à l\u2019œœuvre sur le terrain.Car n\u2019oublions pas que le Bagay a causé beaucoup de dommages matériels et de souffrance, mais il n\u2019a pas atteint ce qui fait la force de la nation haïtienne : sa culture et sa détermination.Notes Le rapport le plus complet sur la situation a été compilé par l\u2019organisme Blue Shield (le Bouclier bleu), qui se veut l\u2019équivalent de la Croix-Rouge dans le domaine de la culture et qui émane d\u2019organismes internationaux comme l\u2019IFLA et l\u2019ICA.Le rapport de juin 2010 est disponible à cette adresse : http://www.blueshield-international.org/ images/pressreleases/BouclierBleu_rapport%20mission% 20Haiti%202010_fr.pdf.Le mandat pour le diagnostic organisationnel a été confié par le PARC, le Projet d\u2019appui au renforcement des capacités en gestion de la santé en Haïti, relevant de l\u2019Unité de santé internationale affiliée à l\u2019Université de Montréal (http://www.usi.umontreal.ca/projets.asp?id=94).3 L\u2019UÉH est composée des facultés et des écoles suivantes : Linguistique appliquée, Sciences, Médecine et Pharmacie, Droit et Sciences économiques, Agronomie et Médecine vétérinaire, Ethnologie, Sciences humaines, Odontologie, Institut national d\u2019administration, de gestion et des Hautes Études internationales, École normale supérieure, Institut d\u2019études et de recherches africaines, CALIXTE, Nixon.2009.Le réseau des bibliothèques de l\u2019Université d\u2019État d\u2019Haïti (RBUEH) : état des lieux.Université d\u2019État d\u2019Haïti.10 p.Daniel Marquis est consultant et Coordonnateur Bibliothèques et technologies éducatives au Cégep de Granby Haute-Yamaska.APPEL AUX CHERCHEURS Argus se dote d'une nouvelle section consacrée à la recherche en bibliothéconomie et en sciences de l'information.Cette section intitulée Recherche offrira un nouvel espace de diffusion permettant aux chercheurs de partager leurs résultats.Les bibliothécaires professionnels effectuant de la recherche, les professeurs et les étudiants à la maîtrise ou au doctorat sont invités à soumettre une proposition d'article contenant les éléments suivants : sujet abordé, problématique/ objectifs, méthodologie, résultats sommaires.Veuillez noter qu'aucune thématique particulière n'a été retenue.Toutefois, le sujet doit être lié au domaine de la bibliothéconomie ou des sciences de l'information.L'article peut être rédigé en français ou en anglais.Intéressé?Veuillez alors communiquer à la CBPQ info@cbpq.qc.ca [38] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Le Web social dans les bibliothèques de Montréal les résultats de l'enquête 2010 Marie D.Martel et Sylvie Passerini marie.d.martel@ville.montreal.qc.ca sylvie.passerini@ville.montreal.qc.ca Aujourd\u2019hui, les Montréalais n\u2019occupent pas seulement le territoire géographique délimité par leur arrondissement et la Ville de Montréal.Les derniers résultats de Statistique Canada indiquaient, en 2009, que 80 %' des Montréalais de 16 ans et plus occupaient à des fins personnelles ce territoire numérique qu\u2019est le Web.C\u2019est une hausse de 73 % par rapport à 2007.En d\u2019autres termes, les Montréalais accèdent à des services en ligne, recherchent et partagent des informations, créent du contenu et interagissent entre eux2.Ils se tournent vers les ressources en ligne pour trouver lecture, musique, film et autres divertissements parce qu\u2019il existe une telle offre culturelle Web, de plus en plus disponible et accessible.Dans cet environnement numérique, le Web social est pensé comme une passerelle qui permet d\u2019amener la bibliothèque aux gens et les gens à la bibliothèque, pour ceux, car ce n\u2019est pas le cas de tous, qui veulent encore s\u2019y rendre.Historique et vision Le Web social à la Ville de Montréal a été implanté fin 2008 par le développement d\u2019une trousse d\u2019outils corporatifs internes : un premier wiki, le blogue Espace B, conçu comme un webzine, ainsi qu\u2019un univers Netvibes.Quelques outils externes, tels que des comptes Facebook, Twitter, Flickr, YouTube, se sont ajoutés.2009 a constitué une année d\u2019expérimentation accompagnée d\u2019initiatives sur le plan de la formation des bibliothécaires avec, en outre, une opération de sensibilisation qui a pris la forme du Colloque Bibliothèques de Montréal 2.0.La migration du wiki sur la plateforme de MediaWiki a été entamée avec l\u2019objectif d\u2019en faire un véritable intranet.2010 représente une année de consolidation, par le biais d\u2019une stratégie pour le Web social permettant d\u2019installer une vision plus claire.Cette vision est celle d\u2019une présence innovante des B PM ' grâce à une identité numérique forte aux côtés des leaders de la communauté des médias sociaux de Montréal, avec lesquels un dialogue tente de s\u2019établir.Il s\u2019agit, par ailleurs, de faire croître la culture de la collaboration au sein du réseau, afin d\u2019étendre le rayonnement des BPM et leur impact local.Cette conviction a été renforcée par les résultats qui ont émergé de l\u2019enquête menée en juin dernier sur l\u2019utilisation du Web social.Enquête Le 22 juin dernier, une enquête sur Tutilisation du Web social dans les bibliothèques a été lancée par l\u2019entremise d\u2019un questionnaire envoyé aux 43 bibliothèques et au bibliobus du réseau.Toutes ces organisations ont répondu.L\u2019outil gratuit Survey Gizmo 3.0 a servi à construire le questionnaire en ligne, à le diffuser et à récolter les données.Le questionnaire contenait 24 questions regroupées sous les thèmes suivants : \u2022\tLa présence des bibliothèques dans les médias sociaux; \u2022\tLes usages des médias sociaux; \u2022\tLa maintenance; \u2022\tLa formation; \u2022\tLa participation à un comité Web social réseau.Les objectifs de l\u2019enquête étaient les suivants : \u2022\tObtenir un inventaire complet des comptes Facebook, Twitter et autres détenus par les Bibliothèques publiques de Montréal; \u2022\tIdentifier les usages associés au Web social; \u2022\tDéterminer par qui est effectuée la gestion de ces outils et combien de temps elle prend; \u2022\tDéterminer les besoins du réseau en termes de formation; \u2022\tIdentifier les obstacles à Tutilisation de ces outils.Les résultats Inventaire des médias sociaux Les résultats indiquent que 27 % des bibliothèques du réseau ont créé un compte Facebook, soit 12 bibliothèques.Parmi ces bibliothèques, quatre détenaient plus d\u2019un compte.On peut considérer que ceci souligne une présence encore timide.En revanche, en 2009, une enquête menée par Baromètre multiple-media (http://barometre.multiple-media.com/?p=115) auprès des organisations québécoises indiquait un taux de pénétration de 12 %.Par conséquent, si on compare ces résultats, ceci signifie que les BPM devancent les organisations québécoises en général en ce qui concerne l\u2019intégration à Facebook.Une seule bibliothèque (Ahuntsic), outre le corporatif, Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [39] Quelles sont les utilisations que l\u2019on peut faire des médias sociaux?\u2022 Promouvoir les services des bibliothèques en général\t90,9 % \u2022 Promouvoir les activités spécifiques aux jeunes\t90,9 % \u2022 Fournir des informations sur la bibliothèque\t88,6 % \u2022 Promouvoir les activités spécifiques aux adultes\t86,4 % \u2022 Sonder les besoins des usagers, obtenir des suggestions ou des commentaires\t86,4 % \u2022 Diffuser des recommandations de lecture\t84,1 % \u2022 Promouvoir les nouveautés\t79,5 % avait jusqu\u2019à ce jour ouvert un compte Twitter.Ce qui est moins que les entreprises québécoises du Québec, qui ont intégré Twitter à leur stratégie de marketing dans une proportion de l\u2019ordre de 6 %, selon la même firme (http://barome-tre.multiple-media.com/?p=289).Une bibliothèque, Plateau-Mont-Royal, a créé un blogue de projet pour permettre aux adolescents d\u2019échanger avec un auteur en résidence.Usages Pour 95,5 % des bibliothèques interrogées, les médias sociaux sont perçus comme des outils importants pour la promotion de la bibliothèque.C\u2019est une donnée qui rejoint les autres sondages, aux Etats-Unis et en Europe, quant à la perception du potenüel des médias sociaux en madère de promotion.A la question sur l\u2019usage des médias sociaux, la promotion des services de la bibliothèque et des services spécifiques aux jeunes vient en tête.Les autres usages proposés ont une importance moindre, quoique significative : Les raisons les plus souvent invoquées pour limiter le développement des médias sociaux sont : \u2022\tLe manque de temps; \u2022\tLe manque de personnel formé aux médias sociaux; \u2022\tLes contraintes des services informatiques locaux.Maintenance On apprend également que la maintenance des médias sociaux en bibliothèque est assurée dans 54 % des cas.Fait surprenant, la majorité des bibliothèques (60 %) consacrent moins d\u2019une heure par semaine à la maintenance de leur compte.26,7 % ont répondu que la gestion de leur site prenait entre 1 et 2 heures, alors que 2 bibliothèques ont déclaré qu\u2019une journée était allouée à la maintenance.Par conséquent, ces résultats indiquent une charge relativement légère, qui contraste avec F affirmation selon laquelle le temps représente un obstacle à l'intégration des médias sociaux.Mais cela peut évidemment signifier que les gens sont disposés à en faire davantage, alors que les conditions ne s\u2019y prêtent pas.Les bibliothécaires ont, dans la majorité des cas, la charge d\u2019entretenir les médias sociaux.Formation 77 % des bibliothèques se sont montrées intéressées à recevoir une formation sur les outils du Web social.Facebook vient en tête (44 %), suivi des outils de veille dans une proportion de 30,8 %.Enfin, Twitter reçoit un timide 24,6 %, qui donne à penser que le microbiogage n\u2019est pas encore perçu comme un outil de promotion stratégique.D\u2019après les commentaires, les répondants souhaitent aussi une formation sur les blogues destinés à des clientèles particulières (clubs de lecture, ados, etc.).75 % des bibliothèques ont répondu favorablement à une participation à un comité Web social réseau, qui permettrait un partage des points de vue quant aux attentes et aux besoins en matière de marketing, de développement et de formation.Plan d'action A la lumière de ces résultats et du bilan des différentes initiatives menées jusqu\u2019à ce jour, il a été décidé de mettre en place un plan d\u2019action pour assurer la consolidation du Web social, tant sur le plan corporatif que local.\u2022\tParce que les médias sociaux développés au corporatif requièrent déjà des aménagements quant au design; \u2022\tParce que la création de contenu doit être réalisée en fonction de nos orientations, avec sens, pertinence et régularité, en vue d\u2019installer une identité numérique forte; \u2022\tParce qu\u2019il importe de mieux réseauter avec.le réseau des BPM et les usagers; \u2022\tParce qu\u2019on a pu constater que les BPM sont relativement peu présentes sur les médias sociaux et ont manifesté des besoins clairs en matière de formation.Plus généralement, il est apparu que le Web social constitue un service utile et stratégique, qui requiert une réflexion de gestion qui doit s\u2019inscrire dans une planification plus globale du Web et des orientations de l\u2019organisation.Notes 1.\tStatistique Canada.2009.« Enquête canadienne sur l\u2019utilisation d\u2019Internet de 2007 », in Bulletin S@voir.stat, Institut de la statistique du Québec (septembre), p.1.2.\tPour des statistiques sur les différentes utilisations d\u2019Internet selon les tranches d\u2019âge, consulter « Gene-ratio-nal differences in online activities, Pew Internet, consulté en ligne le 24 septembre 2009 [http://pewintemet.org/ Infographics/Generational-differences-in-online-activities.aspx].3.\tBibliothèques publiques de Montréal.Marie D.Martel est conseillère en ressources documentaires à la Direction associée des bibliothèques de Montréal.Sylvie Passerini est bibliothécaire à la Direction associée des bibliothèques de Montréal.Elle est, entre autres, coresponsable du WikiBPM, l'Intranet des bibliothèques publiques de Montréal.[40] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 HTCÏ ?mans québécois romans québécois -Henri Debeur ARCHAMBAULT s* Une compagnie de Québécor Media \t\t\t\t\t sie service aux institutions et entreprises www.ARCHAMBAULT-sie.ca LECTURE DE LA LECTURE PLEIN LA VUE Littérature \u2022 littérature québécoise littérature jeunesse \u2022 romans livres pratiques \u2022 bandes dessinées ouvrages de référence et plus encore ! 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La forme même de Twitter facilite la veille et le partage d'informations, de même que l'enrichissement de son réseau de contacts - qu\u2019il s'agisse de collègues, d\u2019acteurs du domaine de la culture, du livre, de l'éducation ou des médias.Sur Twitter, règle générale, on ne cherche pas, c'est l'information qui nous trouve.Il est évidemment possible de lancer des recherches sur des sujets particuliers, mais il s'avère en fait plus intéressant de se fier au hasard et à ses contacts pour faire de belles trouvailles.Et dans le but de tâter de bien des médias, et plus largement de sources d'information en parallèle, la fréquentation régulière de Twitter m'a permis d'observer que sa valeur ajoutée réside non pas tant dans la possibilité d'être tenu au courant de ce qui se passe dans les milieux qui nous intéressent, mais plutôt dans celle d'avoir toujours une longueur d'avance en matière d'information et d'actualité.En matière de veille, cette caractéristique peut s'avérer très rentable.Quant aux défis posés par Twitter, la nature même de plusieurs d'entre eux est propre à stimuler bien des bibliothécaires.A titre d'exemple, la question de la citation des sources est un enjeu que j'ai vu soulevé à differentes reprises sur le réseau.Le repérage d'information vous préoccupe autant que moi?Le système d'indexation développé par les utilisateurs de Twitter eux-mêmes, basé sur l'ajout d'un # devant chaque mot-clé (hashtag, dans le jargon de Twitter), vous intéressera.Tellement « twypique »! Vous êtes curieux?Vous aimeriez bien tâter de ce mystérieux bidule, vous aussi?Et pourquoi pas! Sachez quand même que les premiers rapports avec Twitter sont bien souvent déconcertants, si ce n'est carrément frustrants.Il faut se donner le temps d'apprivoiser le langage propre à ce média, [42 ] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 [ recensions 1 choisir avec attention les comptes qu'on suivra, apprendre à distinguer les différents types de gazouillis qui peuvent être transmis ou reçus.Regrouper ses abonnements en listes thématiques dès le début facilitera aussi leur gestion lorsque leur nombre augmentera.Enfin, si je n'avais qu'un seul conseil à donner à des débutants sur ce média, ce serait de ne pas hésiter à consulter vos collègues ou connaissances plus au fait de la chose.Quels sont leurs trucs, quel est leur avis sur ces outils qui s'utilisent en complément de Twitter, quelles utilisations en font-ils eux-mêmes?Après tout, nous sommes bibliothécaires.Partage et diffusion d'information devraient nous être familiers! ;-) Mon UFollowFriday Il est de tradition sur Twitter de profiter du vendredi pour partager ses comptes coups de cœur avec son réseau.Vous me permettrez d'user de cette tribune pour y aller d'un #FollowFriday un peu particulier.Que vous soyez déjà sur Twitter ou que vous songiez à vous y mettre, voici donc quelques suggestions de contacts à suivre.Faute d'espace, je me suis fait violence, limitant ma sélection à 16 comptes.Sur maintenant plus de 400 auxquels je suis abonnée, vous comprendrez que c'est tout un défi! Un écrivain?@ nicolasdickner - une maison d'édition?@Courte_echelle - une librairie?@LibrairieMonet - un média?@lactualite - un journaliste?@DominicArpin - en éducation.@Infobourg - sur les nouveaux médias.@mar-tinlessard - pour rire! @mcgilles - le must de la veille bibliothéconomique?@Bouillon - une bibliothécaire française?@cgenin - .et, last but not least, six (seulement six?argh!) bibliothécaires d'ici : @bibliofusion, @Bibliomancienne, @jfcusson, @ljodoin, @pmlozeau, @vincentac.Bonnes découvertes! Notes 1.\tMorasse, Marie-Eve.2010.« Mots de passe : simples comme \u201c abc 123 \u201d », La Presse, 5 février [http:// technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/intemet/201002/05/01 -9465 52-mots-de-passe-simples-comme-abc 123.php] (page consultée le 5 février 2010).2.\tCassivi, Marc.2010.« Une maudite belle machine », La Presse, 28 janvier [http://www.cyberpresse.ca/opinions /chroniqueurs/marc-cassivi/201001/28/01-943 843 -une-maudite-belle-machine.php] (page consultée le 5 février 2010).3.\tMaisonneuve, Pierre.2010.« Huis clos sur le Net : 4' revue de presse », Maisonneuve en direct, 4 février 2010 [http://twurl.cc/25yf] (page consultée le 5 février 2010).La citation se situe à environ 3 min, 24 s de l'entrevue [via @mcgilles].Marie Hélène Labory est diplômée de l\u2019EBSI depuis 2003.Elle a travaillé dans divers milieux, dont trois ans en bibliothèque universitaire.Elle œuvre maintenant en bibliothèque scolaire.Vous pouvez la rejoindre sur Twitter : @mariehlabory.Le Web 2.0 en bibliothèques : quels services?quels usages?Sous la direction de Muriel Amar et Véronique Mesguich.Éditions du Cercle de la Librairie, 2009.par Marie D.Martel mariedmartel@gmail.com Avant même la lecture de l\u2019ouvrage, quatre éléments me semblaient compromettre l\u2019intérêt de ce projet.D\u2019abord le titre mettant en vedette le « Web 2.0 », alors que cette expression est en décalage par rapport à l\u2019usage maintenant généralement adopté de « Web social », qui souligne ce que ces médias font plutôt qu\u2019un repère ordinal.Ensuite la table des matières, dont la consultation révèle l\u2019absence d\u2019au moins deux des principaux protagonistes de ce courant en France, Silvère Mercier et Lionel Dujol, ce qui relativise d\u2019entrée de jeu l\u2019autorité de l\u2019ouvrage, s\u2019agissant de présenter l\u2019état des lieux.Par ailleurs, il y a inévitablement une déception par rapport aux attentes qui viennent avec une production discutant d\u2019environnement Web et qui se cantonne dans une présence papier : l\u2019absence d\u2019un prolongement numérique rend suspect le projet de l\u2019éditeur et suggère que sa finalité est moins déterminée par un engagement réel et innovant au sein de la profession que par l\u2019effet de mode.Enfin, après les contributions définitives, il y a trois ans (déjà!), de Meredith Farkas et de Nancy Courtney, on pouvait encore se demander si, outre l\u2019utilité incontestable de prendre la parole en français, il était vraiment possible d\u2019arriver avec une présentation inédite du Web social si tardivement.Si les trois réserves initiales mentionnées demeurent intactes, la dernière a été levée à la lecture de l\u2019ensemble.La bibliothèque se positionne comme passeur des données versées par le public.« Nécessairement collectif », mais pas nécessairement Web, cet ouvrage sur le Web collectif se divise en trois parties.La première propose un survol des technologies sociales canoniques, blogues, wikis, flux RSS, applications composites (mashups), et des usages qui leur sont associés.Le travail de tous les intervenants est soigné, remarquablement bien documenté des points de vue historique, théorique et pratique.Par contre, l\u2019absence de Twitter dans le traitement des réseaux sociaux trahit la difficulté d\u2019être à jour sur ces questions au moyen de l\u2019imprimé.La seconde partie explore la manière dont les « aspects sociaux » de ces nouveaux dispositifs entraînent un renouvellement des fonctions bibliothéconomiques traditionnelles.La troisième partie, consacrée à « la bibliothèque 2.0 », expose des expériences à la fois particulières et exemplaires, menées à l\u2019Université Laval par Pierre Chicoine et relatées par Véronique Delannay à propos de l\u2019Université libre Vol.39, n° 2, automne 2010 [ ARGUS ] [43] f recensions 1 de Bruxelles.C\u2019est ici que des initiatives issues de la bibliothèque publique, largement reconnues et susceptibles d\u2019intéresser tous les milieux, présentées par les protagonistes susmentionnés, auraient pu permettre d\u2019équilibrer et d\u2019étendre la portée de cette exploration.En revanche, c\u2019est aussi dans cette section que l\u2019on peut apprécier la contribution éclairante de Hervé Le Crosnier sur la construction des biens communs, lequel identifie un déplacement significatif dans le rôle de médiateur numérique comme positionnement de la bibliothèque.La bibliothèque s\u2019instituant naguère comme « éditeur » des fonds pour le public, il s\u2019agit désormais pour elle de se positionner comme passeur des données versées par le public, pour la mise en valeur des collections, comme on peut l\u2019observer à travers la mise en place des Flickr Commons.Cela dit, on regrette aussi qu\u2019une réflexion sur les conditions d\u2019implantation de ces technologies sociales n\u2019ait pas été développée, qu\u2019elle fut associée à la nécessité d\u2019intégrer le Web social à une stratégie Web générale ou de prévoir une démarche de formation professionnelle, dans la mesure où la dimension amicale (user-friendly) de la gestion des contenus et des contenants y est trop souvent surfaite.Miribel, Marielle de.Accueillir les publics : comprendre et agir.Paris, Cercle de la librairie, 2009.512 p.Collection Bibliothèques.par Marcel Lajeunesse marcel.louise@sympatico.ca L\u2019auteure, qui est conservateur en chef de bibliothèque à Médiatix (Centre régional de formation aux carrières de bibliothèques de la région Île-de-France, à Saint-Cloud), nous offre un volume qui s\u2019adresse tant aux bibliothèques désireuses de former leur personnel à l\u2019accueil qu\u2019aux agents qui pratiquent l\u2019accueil en bibliothèque.Pour elle, accueillir le public est un métier qui recouvre de nombreuses aptitudes.Accueillir le public, ou plutôt les publics, en bibliothèque est une responsabilité qui engage l\u2019équipe et l\u2019ensemble des services de la bibliothèque.L\u2019accueil est une fonction transversale, stratégique et une interface entre services internes et services publics.L\u2019accueil est aussi une aptitude relationnelle.C\u2019est le rôle de la bibliothèque de s\u2019adapter à son environnement, et non l\u2019inverse.C\u2019est à elle de se préoccuper de conquérir et de fidéliser ses lecteurs, ce qui signifie les connaître et s\u2019adapter le mieux possible à leurs demandes, besoins, aspirations, dans le respect des missions.Et l\u2019objectif de ce livre est de proposer aux bibliothécaires des outils à cette fin.Pour Marielle de Miribel, le bibliothécaire est un médiateur culturel, intermédiaire entre lecteurs et savoir, entre lecteurs et société.Cette médiation du bibliothécaire est plurielle.Elle est non seulement culturelle (dans son rôle entre le savoir et ses lecteurs), sociale (dans son rôle de médiation entre les usagers et les lecteurs eux-mêmes), mais aussi institutionnelle et politique (dans son rôle de médiateur des lecteurs auprès des instances politiques et administratives).Le bibliothécaire est un passeur, « passeur de mots, de messages, de connivence, d\u2019enthousiasme, de croyances, d\u2019espoir».Pour la démonstration de ses propos sur l\u2019accueil, l\u2019auteure applique à la bibliothèque les théories de l\u2019organisation, dont celles d\u2019Henry Mintzberg, les théories de la communication, de Palo Alto, de Claude Shannon et de Roman Jakobson, et les théories de l\u2019analyse transactionnelle pour gérer les conflits et les décalages d\u2019ordre culturel ou organisationnel.Pour attirer ses publics, la bibliothèque dispose, en dehors des compétences professionnelles et relationnelles du personnel, d\u2019atouts ou d\u2019« arguments de vente ».Ce sont ses espaces, ses collections et les modes de fonctionnement et de mise en œuvre de ces différentes ressources.On insiste dans ce volume sur l\u2019importance de l\u2019organisation de l\u2019espace, des lois de circulation, des carrefours stratégiques, des postes d\u2019accueil.Il en est de même pour la localisation des collections, qui peut se matérialiser en de nombreux lieux de lecture à vocations différentes.On y présente la signalétique, qui est une partie non négligeable de l\u2019accueil des lecteurs en bibliothèque.En effet, elle donne à voir, de manière claire et permanente, la façon dont la bibliothèque considère ses publics par le choix et la mise en œuvre des informations qu\u2019elle leur transmet par ce canal, essentiel dans les grandes bibliothèques, utile dans toutes les bibliothèques.Il y a nécessité d\u2019établir une typologie des publics.Il y a variété d\u2019usagers dans les bibliothèques publiques et il y a diversité d\u2019étudiants et de professeurs dans les bibliothèques universitaires.Il est important de créer un cadre de référence qui est, en fait, la clé de compréhension des enjeux de valeurs, de cultures, de croyances et d\u2019expériences qui se jouent dans les relations à l\u2019œuvre dans une bibliothèque.Il est impérieux de créer ce cadre de référence avec diverses clientèles, comme les adolescents, les handicapés, les minorités.Les compétences relatives à l\u2019accueil sont des compétences humaines (curiosité, exercice de l\u2019autorité, vivacité), relationnelles (patience, égalité d\u2019humeur, diplomatie), professionnelles (connaissance des fonds, des publics, des règles).Pour reprendre le titre de l\u2019ouvrage, « Accueillir les publics : comprendre et agir », c\u2019est être soi-même à l\u2019aise, mettre à l\u2019aise les lecteurs, savoir gérer les situations difficiles.Ce volume, rempli de tableaux, de diagrammes et d\u2019encarts, riche sur le plan documentaire, rend compte en fait de tous les conflits et situations qui peuvent se produire en bibliothèque entre un bibliothécaire et un lecteur, en consacrant un long développement à la référence et au comportement du bibliothécaire, professionnel de la médiation.Madame de Miribel, qui a beaucoup fréquenté nos congrès, connaît bien la situation bibliothéconomique québécoise.Elle fait référence dans son livre à des textes de bibliothécaires d\u2019ici et donne à plusieurs reprises en exemple la Grande Bibliothèque pour expliciter ses propos.C\u2019est un ouvrage à la fois théorique et pratique, riche d\u2019informations, sur un sujet capital de la discipline et de la profession.[44] [ ARGUS ] Vol.39, n° 2, automne 2010 Au service de tous les Québécois Profitez des riches collections et des nombreux services de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) offerts à distance et gratuitement à tous les Québécois.Explorez les immenses ressources du portail Web de BAnQ et bénéficiez du prêt entre bibliothèques.Plus grande institution culturelle du Québec et pilier essentiel de la société du savoir, BAnQ rassemble, conserve et diffuse le patrimoine documentaire québécois.Elle offre aussi les services d'une bibliothèque publique d\u2019envergure.BAnQ regroupe la Grande Bibliothèque, le Centre de conservation et neuf centres d\u2019archives à Montréal, Québec, Gatineau, Rimouski, Rouyn-Noranda, Saguenay, Sept-îles, Sherbrooke et Trois-Rivières, de même qu\u2019un point de service à Gaspé.banq.qc.ca ¦ HUGH 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Bibliothèque et Archives nationales > i\tEJ EJ Québeco » jusqu à RabaisCampus © com garantis de rabais sur le prix en kiosque paires isr; ÏÏJjÿg.i Super écoTiorriies a 15$ ou moins surlignées en jaune Super économies a 15$ ou moins surlignées en jaune Votre bas prix 179,92$ 199,95$ 209,56 b 194.48$ 158,08$ 189,89$ 42,00$ 197,08$ 57,30$ Prix en kiosque 341.64$ 468,00$ Votre bas pTix 16,50$ 13,50$ H,95$ 10,95$ Prix en kiosque 49.90$ 19.96$ Durée 52 sem./ 6 jrs.52 sem./ 6 jrs.56 sem./ 6 jrs.52 sem./ 7 jrs.52 sem./ 7 jrs.52 sem./ 7 jrs.13 sem./ 6 jrs.30 sem./ 6 jrs.30 sem./ 7 jrs.Durée Chez Soi Coté Jardins Decormag La Maison du 21e Siècle Les Idées de ma Maison Maison & Demeure Rénovation Bricolage Tout Simplement Clodine Vivre à la Campagne Architectural Record Dwell Style at Home Châtelaine (français) Clin d'Œil Elle Québec FA (Femme dAujourd'hui) Loulou (français) Madame Vita Elle Canada In Style Biosphère La Presse * Le DevoiT Le Droit Le Journal de Montréal ** Le Journal de Québec ** Le Soleil National Post The Globe and Mail The Ottawa Sun ¦ Camelots motorisés ** Camelots réguliers Courrier International ^actualité (avec renouv.autom.l L'actualité (avec renouv.autom.) 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Délire 167,72$ 24,99 143,00 28 nos 25,00 259,48 6 nos 6 nos (1 an) 14,95 98,45$ DLire Enfants Québec 54,95 24,95 47,40$ Pour une description complète des publications, consultez notre site Web transactionnel à : RabaisCampus © com 19,95 Full Fille 24.90$ 6 nos (i an) 14,95 1 31.45 Géo Ado I Love English Images Doc J\u2019Aime Lire Julie Les Belles Histoires Les Débrouillards Les Explorateurs Manon Petites Mains Pomme d\u2019Api Popi Safarir Wakou Wapiti Yoopa Youpi Parents 95.40$ 89,50$ 95.40$ 79,50$ 95.40$ 87.45$ 54,45$ 54.45$ 79.50$ 47,70$ 69.50$ 83,40$ 26,25$ 99.6o$ 99.6o$ 23.92$ 83,40$ 54.oo$ Taxes applicables en sus 19,50 49,95 24,95 24,95 44,00 34,oo 20,00 38,00 35,95 20,25 20,00 Animal Homme Le Bel Age Le Bulletin des Agriculteurs Le Monde de la Bible Panorama Psychologies Reflet debociété Canadian Living Wine Enthusiast 32,00 12,00 29.70 14,95 30,00 44,95 Offre d\u2019une durée limitée.Taxes en sus.Certaines conditions peuvent s'appliquer.Les prix et la disponibilité des produits peuvent changer sans préavis, imprimé 08/2010 .19,95 59,95 90,00 79,00 24,95 23,00 www.rabaiscaTnpus.com ou \\ÿ (514) 982-0180 ou 1800 265-0180 Service d'abonnements AUX MEMBRES Abonnements à tarifs spéciaux à vos journaux et magazines préférés Pourquoi payer plus cher pour vos abonnements?Protège^0, fX'tS'f Epargnez encore plus! \u2022 ; titres disponibles ! 28 titres à l ou moins! 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