Québécoises deboutte!, 1 décembre 1972, Décembre
; (ri ^tl8C ÎÏMMÎS, UBÉREI- }f.Votre liberté est entre vos mains.Choisissez la profession qï'Une-J;te“"e besoin pour libre Se doit d , e vous donne’chaque semaine ""e CEE vous enthouââsn» - es vous donne un certain esprit .-nez un but VOUSU^‘v, i ru*o -nez un but de liberté./* A*-.da nsla-^^f0”"- ^ C' */* >>/ 6i ie • ' .hers sont c^:.] —v-^ces sou- permettre16suxpeti tes fe°nÇUS d être plus erand“ femmes *»** p-8-om **2*1*» .f”»0001 u OTe P,us grandes que teurê pagnons du sex^fow Au com ministes, ~ 0rt* ^h, ces^ fé *&ï£2> ^ ¦ • T Vp dans teiutZVemm‘Eu:âiS ,n>«^ jlr^TF J®W& ^ \ ^PlUa^.Z?°E^eTot ^ ^nçu sa , ——* -i-m; °p dans I, p0V téUpSl”«j d.5' ; .- 9 Sftsll '®tOo r/^ 1 «O/T f d autres mots, il n'y a rien de changer au rôle ou à la situation des femmes.L expressvon "une femme libérée" est tout simplement devenue synonyme d'une femme "in" ou "à la mode".C'est le propre du processus de récupération du système que de changer le contenu des revendications pour en enlever toute la signification réelle et leur donner un sens seulement dans le cadre du système actuel.Les super-vedettes comme Hélène Bédard se disent féministes : "Je ne suis pas du type ferme soumise.Je croie que les femmes ont raison de se battre pour leur émancipation.Four leur dignité à sauvegarder, c'est un devoir pour elles, pour nous, de participer aux différents mouvements de libération.Pas au niveau des symboles farfelus.question d’élégance.mais au niveau des salaires, par exemple.Voilà.Oui, les autres me perçoivent comme féministe." Ces exemples de récupération du féminisme auxquels nous aurions pu en ajouter bien d’autres, montrent clairement comment le système intègre le mouvement de libération des femmes.Il reste que c’est toujours seulement une femme parmi des milliers, qui échappe au sort attribué aux autres femmes par son initiative personnelle.Ce que le système toléré, c'est la femme qui se libère individuellement de sa situation de femme. Il est important pour le système en place de récupérer un mouvement tel le féminisme 3 car le féminisme menace ses fondements mêmes.Si les femmes remettent en question le travail domestique comme étant leur rôle naturel3 l'organisation familiale telle qu'on la connaît est de fait remise en question.Et dans la société capitaliste3 la famille est essentielle en tant qu'unité de production3 de reproduction et de consommation.Toutefoisj les média prennent soin de nous présenter une image de ferme "Tibre” qui pendant qu'elle a une nouvelle apparence3 ne remet pas pour autant son rôle en question.Le lave-vaisselle "libère" la femme (riche) en la libérant de la tâche physique; toutefois3 il demeure que c'est la responsabilité de la ferme.C'est cela3 son rôle servil3 que la récupération masque* Et celaj nous ne pouvons y échapper individuellement.En effet, une action individuelle ne remet nullement en question la distribution sociale des tâches: elle est un pis-aller.Il faut nous regrouper pour briser l'isolement qui nous divise entre nous et qui nous fait voir en chaque femme une ennemie.Le plus3 cet isolement nous empêche de prendre conscience que notre oppression est vécue par toutes les femmes3 et donc de nous rassembler autour de notre oppression commune.Il faut nous regrouper aqr ce n'est que collectivement qu'il est possible de contester les rôles qui nous sont attribués socialement.Il faut nous regrouper pour travailler à la mise sur pied d'une organisation politique en mesure de lutter et de mettre fin à notre oppression.Québécoises Leboutte! REFERENCES: (1) La Presse, ' octobre 1972.(2) Journal de Montréal, 20 novembre 19723 p.25.VOUS ET NOUS.NOTRE LUTTE L’organisation politique des femmes québécoises n'existe pas encore et QUEBECOISES DEBOUTTE peut être un des instruments qui contribuera à sa mise sur pied.Cet objectif est réalisable en autant que le journal devienne un moyen pour nous toutes engagées dans la lutte, de mieux connaître notre condition, nos tentatives de regroupement, les problèmes auxquels nous faisons face dans nos milieux respectifs.Organe d'information et de formation, QUEBECOISES DEBOUTTE doit également être un instrument de liaison entre les divers groupes.A partir du prochain numéro, une section du journal sera consacrée aux femmes qui s'organisent.Si cela vous interesse de discuter votre expérience par ce biais, il n'en tient qu'a vous de nous contacter soit par téléphone à (1-514)522-8730, soit par écrit a QUEBECOISES DEBOUTTE, 3908 Mentana, Montréal.3- Les historiens se sont particulièrement intéressés au passé de la classe dominante blanche et masculine.Aussi, 1' histoire nord-américaine ne commence-t-elle véritablement pour eux qu'avec 1' entrée en scène des Européens; elle relate ensuite les étapes de leur emprise économique et les guerres qui s'ensuivirent .Ils rapportent bien sûr que des peuples habitaient déjà le pays avant 1' arrivée des "Blancs", mais ces gens ne sont pour eux que des figurants sans im- portance, tout au plus les voiént-ils comme des outils utiles à l'exploitation efficace des richesses du pays.Les commentaires qui sont fait sur les moeurs indigènes ne peuvent, dans un tel contexte, qu'être racistes, sexistes et colonisât Si certains historiens ont porté quelque attention à l'organisation sociale des amérindiens/nes, très peu d'entre eux se sont souciés des effets destructeurs que les nouveaux rapports économiques d'exploitation produisaient.les AMERINDIEN-NES On estime à 200,000 le nombre des indigènes qui habitaient le Canada et Terre-Neuve avant la conquête par les "Blancs".Mais dès le début de la colonie, "Les Relations des Jésuites" (1611-1616) nous rapporte que déjà leurs "sauvages" s'étonnent et se plaignent souvent de ce que dès que les Français hantent et ont commerce avec eux, ils se meurent fort et se dépeuplent.tantôt ils opinent que les Français les empoisonnent 3 ce qui est faux.D'autres se plaignent qu'on leur.vend des pois3 fèves, prunes, pain & autres choses gâtées.(1) On leur vend surtout de l'alcool: un produit plus ou moins frelaté et plus ou moins coupe d'eau qui les empoisonne non seulement au physique mais les abrutit à coup sûr.On leur vend aussi des couvertures usagées qui n'étaient pas sans contenir divers germes contagieux, et dans certains cas mortels pour les autochtones qui n'y étaient pas habitués .La petite vérole (syphilis) dont les "Blancs" étaient infestés aura aussi une grande part dans le dépeuplement des indigènes.Les femmes "blanches" étaient rares au pays au début de la colonie, et comme les conquérants exploitent toujours sexuellement les femmes des pays conquis, la contamination des- amérindiennes ne tarda pas.Les tribus huronnes furent particulièrement touchées.Entre les années 1630 et 1640, leur nombre passa de 30000 à 10000, pour être pratiquement réduit à rien quelques années plus tard par la vengeance iroquoise.On sait que les Français attisaient les rivalités entre tribus pour les laisser ensuite se détruire entre elles.Tactique efficace qui accélérera encore l'extermination des amérindiens/nes.Tactique qui a d' 1.Les Relations des Jésuites, The Burrow rows Brothers Co.Publishers, Cleveland, 1897, vol.3, ch.VI, p.98 ss.4 ailleurs toujours été utilisée avec au-( tant d'efficacité, l'exemple le plus ac-||( ||l('|,',|i a tuel en étant l'impérialisme américainjji!./ij'Jiî “ J qui fait s'entretuer les vietnamiens en- j"IH ||l tre eux.ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES HURONS-IROQUOIS Dans les sociétés sédentaires, la culture est le plus sûr moyen d'existence et les ressources de la chasse deviennent de plus en plus incertaines.L'agriculture ayant été traditionnellement le domaine des femmes - c'est elles qui l'inventèrent -elles se trouvent en quelque sorte les productrices principales et connaissent une indépendance relative.L'usage de la polyandrie a même été relevé dans une des tribus iroquoises, ce qui dénote selon Rouziers "l'importance capitale du groupe agricole féminin".L'auteur traite longuement de la filiation maternelle dans les clans iroquois et des mariages où c'était l'homme et non la femme qui changeait de clan.Mais en général conclut-il, dans ces sociétés communautaires, TOUS PROFITENT DES EFFORTS DE CHACUN.RÉCOLTE w fëm ~ ~ jüe.riz sauvage, était un aliment important des Indiens de La région des Grands Jacs.La préoccupation principale de ces sociétés paraît toujours avoir été le maintien de l’équilibre entre les deux ateliers qui contribuaient à leur subsistance.Le mariage.était un contrat d’échange entre un producteur de mais et un chasseur; or la ferme qui possédait dans son clan des frères chasseurs non mariés n’avait aucun besoin de recourir à ce contrat3 puisqu’elle trouvait sans cela le gibier qui lui était nécessaire3 et, corme cette situation se présentait assez fréquemment3 un grand nombre de fermes ne se liaient pas d’une manière fixe.(2) Les Huronnes-Iroquoises possédaient aussi une certaine autorité au niveau de la politique intérieure, celui du clan.Ainsi ce sont les fermes qui3 dans les nations huronnes3 choisissent les "conseillers" dont la dignité paraît & re la plus haute et le pouvoir le plus étendu.Les "anciens"3 désignés par leur âge3 ne tiennent que le second rang3 et les "guerriers" le troisième.elles délibérait les premières sur ce qui est proposé au conseil.leur avis est rapporté par les chefs au conseil général.Chaque clan avait donc un chef masculin qui détenait l'autorité suprême.A sa mort, le fils de sa soeur lui succédait.Comme les femmes avaient pleine liberté sexuelle, les hommes ne pouvaient jamais être assurés de leur paternité.Aussi en choisissant le fils de sa soeur, le lien de parenté était partiellement assuré.En somme, les femmes n'avaient que le pouvoir qu'on était obligé de leur accorder, parce que "sans elles, la 2.ROUSIERS, Paul; Revue LA SCIHNCE SOCIALE, P&ris, vol.X, août 1890, p.141 à 158, vol.IX, janvier 1890, p.g 82 à 103 et février 1890, p.*163-à 166.VANNAGE •ÉCORTICAGE SÉCHAGE Par contre, dans les tribus nomades "la dignité du chef était élective", c' était le meilleur chasseur qui dirigeait la tribu.La production des femmes n'y étant plus primordiale, elles vivaient sous la domination des maris.liberté sexuelle Chez les Iroquois/ses, Garneau nous dit qu'ils "se mariaient pour se quitter quand bon leur semblerait." (3) Dans "Le Grand Voyage au Pays des Hurons", Sagard fait état de ce que le garçon va coucher chez la fille trois ou quatre nuits sans qu’il y ait mariage ni même de promesses données "parce qu'a-près ce dormir il arrive souvent que 1' amitié ne continue point".Il raconte que la seconde fille du grand capitaine ne veut pas passer au mariage "parce qu' elle n'avait pas le serviteur agréable".Les femmes quittent facilement leurs maris, quand ils ne leur agréent point.D’où il arrive souvent que telle passe ainsi sa jeunesse en a-yant de 12 à 15 maris, tous lesquels ne sont pas néanmoins seuls en la jouissance de la femme, quelques mariés qu’ils soient; car la nuit venue, les jeunes femmes et filles courent d'une cabane a autre, comme font, en cas pareil, les jeunes hommes de leur côté, qui en prennent par où bon leur semble, sans aucune violence toutefois, remettant le tout à la volonté de la femme.Le mari fera le semblable à la voisine, et la femme à son voisin; aucune jalousie ne se mêle entre eux pour cela et ils n'en reçoivent aucune honte.(4) Rouziers que nous avons cité plus haut, était loin d'approuver la liberté sexuelle des Amérindiennes.Aussi mettait-il en garde contre un début de libération dont il craignait le développement dans les centres urbains où les parents ne sont pas, en général, maîtres des moyens d’existence de leurs filles; ils les voient leur é-chapper sans pouvoir les retenir, parce qu’ils n’ont pas sur elles la puissance de celui qui fait vivre.C'est la raison, poursuit-il pour laquelle l'usage refuse aux femmes l' exercice de certaines carrières où leurs aptitudes naturelles leur permettraient parfaitement de réussir.In-'dépendantes.elles manquant de protection.si vous ajoutez à cela.l'absence de tout frein moral.les secours religieux.(5) L'auteur montre ici clairement que le contrôle sexuel des femmes s'obtient par le biais de leur dépendance économique, par la "protection" qu'exerce la Famille patriarcale et par le "frein moral" de l'Eglise.Deux instances de répression que les Amérindiennes ne subissaient pas.La fonction de l'Eglise a surtout consisté à détruire la vie communautaire des Amérindiens/nes pour y substituer des structures familiales patriarcales -base de toute société hiérarchisée.Dans une société communautaire, les pères n’éprouvent pas le besoin d'identifier leurs enfants respectifs; les parents étant collectivement responsables de tous les enfants du clan.Ceux-ci peuvent alors recourir à d’autres adultes s'ils s'estiment lésés d'une manière ou d'une autre, ce qui n'est plus possible lorsqu'ils ne dépendent plus que de leur père et mère.3.Garneau, F.-X., Histoire du Canada.Beauchemin, Montréal, 1882, vol.1, p.116 4.Sagard, P.Gabriel, La découverte du Canada, tome III, Lea amis de l'histoire, Montréal, 1969,226p., pp.107-109 5.ibid.(2) c Pour établir une structure familiale patriarcale il faut réprimer la sexualité des femmes pour permettre aux pères d*identifier leur progéniture.(A mesure que les femmes françaises étaient introduites au pays, les services sexuels des amérindiennes devenaient d* ailleurs de moins en moins nécessaires aux colonisateurs.) Les missionnaires prêchèrent donc la fidélité/soumission des femmes à un seul homme, ils mirent de 1 * avant la pureté féminine, ils vantèrent même la beauté de la virginité.De tels sermons seraient sans doute restés sans effet n' eût été LE' BOULEVERSEMENT ECONOMIQUE QUE LA COLONISATION APPORTAIT.Les femmes devenaient de plus en plus dépendantes des trappeurs qui développaient la puissance économique de "celui qui fait vivre".Les conditions nécessaires à l'institutionalisation des rapports familiaux de domination et d'exploitation étaient réalisées.L'Eglise se chargea de les justifier.Son rôle historique est de faire accepter aux exploités leur condition.La Croix d'une main et la Bible de l'autre, les robes noires déclarèrent aux Amérindiennes qu'Adam était né le premier et qu'Eve devait donc lui être soumise, que la pudeur était une vertu "naturelle" chez la femme et que les enfants devaient obéissance à leur parents .Garneau nous dit que dès qu’ils pouvaient marcher, les enfants étaient affran-• chis de toute gêne.et qu' ils contractaient dès l'âge le plus tendre cet amour de la liberté et de l’indépendance que la civilisation n’a jamais pu dompter.(6) / Les Amérindiennes reçurent donc une éducation ménagère, on leur apprit à devenir de bonnes épouses, à se sacrifier sans compter aux intérêts des autres, à soutenir psychologiquement le mari frustré par l'exploitation économique, à assumer de façon exclusive la responsabilité des soins aux enfants,.à vivre isolées avec eux dans chaque unité familiale et surtout à leur inculquer la docilité qui convient aux opprimés.LA DlOMI N A TI O N ECONOMIQUE ET CULTURELLE Voyons d'abord comment les Jésuites décrivaient les indigènes: La nation est sauvage^vagabonde, mal habituée, rare et d’assez peu de gens.Elle est, dis-je, sauvage, courant les bois, sans lettres, sans police, sans bonnes moeursj elle est vagabonde, sans aucun arrest, ni des maisons ni de parenté, ni des possessions ni de patrie; elite est mal habituée, gens extrêmement paresseux, gourmands,irréligieux, traîtres, cruels en vengeance, et adonnés à toute luxure.Cl) Le Jésuite parlé;ici d'une tribu nomade "sans aucun arrest".Le'dire "mal habituée" témoigne d'un esprit étroit et colonisateur: les indigènes avaient des habitudes adaptées aux conditions particulières du.pays.Et ce sont ces gens "sans lettres, sans police, sans bonnes moeurs" qui ont enseigné aux "Blancs" lav science fondamentale qui est celle de la survie dans des conditions difficiles.Sans la science indigène les "Blancs" n' auraient jamais pu vivre au pays.Pour ce qui est des "bonnes moeurs", on a vu plus haut que la syphilis - maladie honteuse selon la morale chrétienne - fut importée par les colonisateurs.La mission soi-disant civilisatrice des Jésuites et des autres communautés religieuses qui sont venues par la suite était de faire adopter par les autochtones les valeurs de soumission et d'abnégation qui servaient le colonialisme.6.ibid.(3), p.117 7.Relations des Jésuites, op.cit.,vol I (1610-1613), p.172 Ainsi ces attitudes de soumission et d'abnégation que sont forcés d'adopter les Amérindiens/nes favorisent les intérêts économiques des colonisateurs.Concrètement, les compagnies françaises s'appropriaient pour des bagatelles les précieuses fourrures qui servaient en Europe à la fabrication de chapeaux de cérémonie et de vêtements de parure.CETTE ESCROQUERIE CHAMBARDE L'ECONOMIE INTERNE DU PAYS.D'une part, les chasseurs qui étaient intégrés à leurs communautés deviennent des trappeurs dépendants des compagnies; d'autre part, étant donné que ces trappeurs peuvent a-cheter certains produits agricoles des compagnies, l'importance de la production des femmes diminue.L'équilibre entre les deux ateliers de production -chasse et agriculture- est rompu.Le nouveau système d'échange qui s'établit entre les trappeurs et les patrons exclut las femmes; celles-ci tombent sous la domination de leur mari.La discrimination exercée à l'endroit d'un groupe est pro-protionnelle à l'oppression et à l'exploitation qu'il subit.Nous trouvons que la comparaison faite par Léandre WW* Bergeron^du génocide pratiqué conrre les Amé-rindiens/nes a-vec la barbarie d'Hitler contre les Juifs et à celle des Américains contre le peuple vietnamien, est tout à fait juste.LES STATISTIQUES OFFICIELLES CANADIENNES DEMONTRENT QUE LES AMERINDIENS/NES VIENNENT AU DERNIER RANG DES CATEGORIES ETHNIQUES EN CE QUI CONCERNE LE NIVEAU DE VIE.8 U Mit "Pourquoi aller travailler?On te gâte pas asses à la maison?."Qu'on se le tienne pour dit: qu'une ferme ne travaille pas, ce n'est qu’à demi-mal, mais, si le supporteur du foyer,lui, ne travaille pas, bientôt,tout le foyer^ manquera du nécessaire, puis, ce sera la tristesse, la désolation voire meme 1a désintégration du foyer.Que l'on se souvienne toujours que la femme, qui entre sur 1e marché du travail, elle le fait à un salaire moins élevé que n'importe quel homme, la conséquence: un employé masculin sera sacrifié à l’épouse irremplaçable à son foyer.Personnellement, je considère donc corme une espèce de plaie l’engouement obligatoire de la femme vers l’usine en plus djaugmenter le chômage du côté masculin(IJ Cette version de l'explication dû taux |élevé de chômage au Québec vaut la peine jqu'on s'y arrête parce que nous pouvons difficilement trouver un article plus propagandiste et plus sexiste sur un des problèmes majeurs de notre société.En faussant la réalité, l'auteur trompe les lecteurs et les chômeurs, et oppose les hommes aux femmes.Chômage et exploitation des travailleurs Le chômage est nécessaire à un système fondé sur le profit comme le capitalisme.D'abord, il permet aux employeurs, une plus grande sélection parmi le nombre de travailleurs sans-emplois sur le marché et par conséquent, permet à ces mangeurs de profit, de pouvoir payer les plus bas sa-aires, vue la compétition qui se crée pour un même emploi.Et d'ailleurs, à cause de la baisse dans l'offre d'emplois, le travailleur-chômeur n'a pas d'autre choix que de se vendre à très bas prix.Le capitalisme est basé sur l'exploitation d'une majorité (travailleurs) par une minorité (employeurs) afin d'augmenter le profit de cette minorité.Ce profit devient un capital qui se développe sur le dos des travailleurs vendant leur force de travail à bon marché.Chômage et exploitation des femmes Le capitalisme est responsable du chômage mais ne veut pas l'éliminer: il est nécessaire à sa survie.De plus, c'est un excellent moyen de semer la division entre les chômeurs-travailleurs.C'est a-lors que lfesprit compétitif entre en jeu: quand ils essaient d'entrer sur le marché du travail, les chômeurs-travailleurs deviennent des rivaux, entre eux.Mais voilà que les coupables, c'est nous.Si les hommes n'ont pas de job: c'est que nous les femmes on leur vole, on prend leur place.En poussant cette explication discriminatoire plus loin, nous en venons à conclure ce que M.Vachon (et bien sûr, tous ceux qui exploitent) veut faire passer comme message: les femmes en étant sur le marché du travail (productif) causent une hausse du chômage, il faut donc les renvoyer chez elles.Mais le marché du travail n'est pas exclusif aux hommes et nous devons y prendre notre place.Pendant les guerres ou en période de croissance etc., comment se fait-il que les femmes ont droit au travail?Parce que les capitalistes manquent de main-d'oeuvre.et alors les femmes ne sont plus nécessaires à la chaleur du foyer.Et voilà une des contradictions de l'idéologie capitaliste: 1.en période de chômage, la place des femmes, est à la maison où elles sont nécessaires "au bon fonctionnement de leur foyer et à l'éducation de leurs enfant s'.'( 2 ) 2.en période de manque de main-d'oeuvre, on cherchera à trouver le plus grand nombre de personnes aptes à travailler, en incluant les femmes.Et alors, elles ne se réalisent plus seulement, au foyer.Le travail non-rémunéré Donc en période de chômage, la société capitaliste, pour se justifier une fois de plus au Québec, essaiera de vanter les charmes de l'épouse-mère (travailleuse non payée par les capitalistes).La société capitaliste ne veut pas intégrer les femmes dans son mode de production'parce que c'est rentable pour elle d'exploiter le travail servile des femmes.Par contre, les femmes dans les manufactures, les waitresses, les laveuses de plancher volent-elles des jobs aux hommes?Sûrement pas, parce que c'est une catégorie de travail presqu'exclusivement féminin et aussi à très bon marché, et que les hommes ne veulent pas faire.Ces accusations suggèrent aux hommes une attitude de domination (patriarcale) et de répression sur les femmes.Seuls, ils doivent travailler et ainsi mettre sous leur charge, la femme et les enfants: conséquemment, le chef de famille retrouve sa valorisation (et qui sait sa virilisation?).C’est la faute à qui ?Ainsi toute cette idéologie suggère aux hommes de se battre pour faire retourner leurs femmes à la maison pour avoir ou conserver leurs jobs afin d'éviter de toucher à la vraie cause du problème: le système capitaliste.Le vrai responsable, c'est le capitalisme.Responsable du chômage, de l'exploitation des travailleurs et des travail leuses et de la propagande chauviniste qui divise les exploités en deux clans sexuels parce que le capitalisme sait que l'union de tous les exploités est mortelle pour lui.Ainsi en convainquant le travailleur-chômeur que les femmes sont responsables du chômage, les bases du capitalisme ne se ront pas attaquées: le travailleur-chômeur ne se battra pas pour détruire toutes les exploitations qui tiennent le système capitaliste en place.Références (1) L'INFORMATION DU CHOMEUR, vol.1,no 1 octobre 1972."Pourquoi tant de chômage dans notre province.dans notre pays?" Paul Vachon, p.3 N.B.: Nous tenons à préciser que l'auteur de cet article n'est pas un chômeur mais un administrateur.Donc en réfutant cet article, ce n'est pas aux chômeurs que nous nous attaquons (qui n'ont d'ailleurs pas participé à la rédaction des articles) mais à ceux qui utilisent ce journal pour fausser la réalité du chômage et récupérer les travailleurs sans-emplois. Il est peut-être un peu tôt pour que nous fassions une autocritique ouverte de notre groupe, de son orientation, de ses objectifs, de ses moyens d'action et de son fonctionnement.D'abord, nous a-vons à peine un an d'existence, et au cours de cette brève période, aucune de nos expériences de travail ne peut être considérée comme définitive.Pour la plupart, elles sont encore en marche, susceptibles d'être revisées, modifiées ou même abandonnées.L'analyse sur laquelle nous avons fondé ces expériences est elle aussi bien loin d'être complétée.Elle tend à se vérifier ou à se préciser dans notre action et c'est une tâche politique des plus difficiles que de s'astreindre à la clarifier constamment, au jour le jour, souvent dans la confusion inévitable de la routine quotidienne.Pour l'instant, nous voudrions donc nous attacher à discuter certaines questions politiques qui se posaient en janvier '72 et qui continuent d'être à l'ordre du jour à savoir par exemple: pourquoi le féminisme révolutionnaire au Québec et pourquoi l'organisation autonome des femmes.Car c'est la perspective que nous avions face à ces questions qui a déterminé le travail que nous a-vons entrepris depuis un an.Dans les prochains numéros, nous pourrons décrire plus en détail nos expériences de travail.CAPITALISME ET PATRIARCAT Le capitalisme: "Dans un tel système économique, les moyens de production" sont.la propriété d'un ou de plusieurs individus qui sont les actionnaires des entreprises.Ces individus que l'on appelle encore capitalistes entrepreneurs, constituent la classe possédante ici au Québec .Le capitalisme divise le monde en deux classes: la classe possédante ou domi- nante, et la classe des travailleurs du seul fait qu'elle détienne le pouvoir é-conomique et politique que lui confère la propriété ou la gérance des moyens de production.La classe des travailleurs est dominée parce qu'elle est obligée, pour vivre, de vendre son travail à la fiasse possédante." (1) POUR Uh FEMINIST REVOLUT ?“LE SUCCES D’UNE DEPEND DU DEED DES FEMMES” Le patriarcat : IN SME TIONNAIRE NE REVOLUTION BRE DE PARTICIPATION (LENINE) Le patriarcat a été le premier système d'exploitation d'un groupe humain par un autre.Son instauration, d'après Engels, a été "la plus grande défaite historique des femmes" qui depuis cette é-poque ont été confinées dans un rôle de reproduction et par extension de ménagère.Cette relégation les excluait et toujours encore, pour la majorité, de la vie économique, politique, militaire et judiciaire, celle-là contrôlée par les hommes.Le patriarcat s'est perpétué à travers les âges, s'articulant au système économique d'exploitation prédominant, que ce soit l'esclavagisme, le féodalisme ou le capitalisme.Dans sa forme actuelle, les femmes constituent la masse des travailleuses qui accomplissent les tâches ménagères en échange de leur entretien, ces tâches que Lénine appelle très justement "l'esclavage domestique".C'est que le capitalisme a besoin du •ravail gratuit de la ménagère pour .'entretien de ses "esclaves salariés" .Il a besoin aussi de la famille comme u-nité de consommation (une machine à laver pour chaque famille) et comme véhicule idéologique de ses valeurs répressives.Si les femmes débordent les cadres traditionnels et viennent s'inclure sur le marché du travail, les exploiteurs sous prétexte qu'elles ne travaillent que pour un salaire d'appoint, se servent d'elles comme "surer chean labor" faisant d'une pierre trois coups: augmenter leurs profits, diviser les travailleurs et les travailleuses et perpétuer la relégation des femmes comme réserve de main-d'oeuvre à bon marché.Le capitalisme vient donc supporter le patriarcat qui le sert si bien.Il n'a aucun intérêt à ce que les rapports sociaux fondés sur une oppression millénaire se transforment.Tout au plus peut-il accepter des "réformettes" style droit de vote qui viennent simplement masquer les causes réelles de l'oppression des femmes, c'est-à-dire, la division économique des rôles sur une base sexuelle, division à l'origine de toutes les oppressions et soutenue par la suite par tous les systèmes d'exploitation.12 Nous, militantes féministes, visons la destruction du système capitaliste et du système patriarcal.C'est donc dire que nous ne pensons pas regrouper toutes les femmes.En effet, les femmes de la classe dominante, qui ne tiennent pas à perdre les privilèges que leur confère le statut économique de leur mari, n'ont aucun intérêt dans l'avènement du socialisme.Elles ne seront donc pas prêtes à se battre à nos côtés.Notre lutte n'est donc pas dirigée contre les hommes mais contre tous ceux ou celles qui veulent maintenir les systèmes d'exploitation capitaliste et patriarcal.« On entend souvent dire encore que le renversement du système capitaliste entraînera automatiquement la fin de l'oppression des femmes.Pourtant on observe que dans les pays qui ont mené une révolution pour bâtir le socialisme, les femmes sont encore confinées dans un rôle de ménagères même quand elles sont sur le marché du travail.La socialisation des travaux ménagers (garderies populaires dans les quartiers et sur les lieux de travail, cafeterias et buanderies communautaires etc.) n’est pas prête d'être terminée et ne semble pas être un objectif prioritaire, sauf en Chine et en Albanie où d'ailleurs le mouvement des femmes constituait et constitue toujours une force imposante au sein de la lutte révolutionnaire.Marx dit, en se référant à Fourier: "Le changement d'une époque historique se laisse toujours déterminer en fonc-¦tion du progrès des femmes vers la liberté, parce que c'est ici, dans le rapport de la femme avec l’homme3 du faible avec le fort qu'apparaît de la façon la plus évidente la victoire de la nature humaine sur la bmitalité.Le degré de l'émancipation féminine est la mesure naturelle du degré de l’émancipation généra le." (2) Nous ne voulons pas voir au Québec ce qui s'est fait dans d'autres pays: la construction d'un socialisme où les besoins ont été définis par les hommes et en fonction des hommes principalement.C'est pour cette raison que depuis deux ans des femmes commencent à se regrouper pour analyser leur oppression, définir leurs revendications et pour intégrer cette lutte à la lutte des travailleurs du Québec.LA LUTTE DES FEMMES PAR LES FEMMES Nous savons pour être en contact avec certains d'entre eux, que des groupes de femmes surgissent un peu partout à Montréal, dans certaines régions du Québec, dans les quartiers métropolitains ou encore dans les milieux de travail et au sein d'organisations politiques.Comme tous ces groupes, nous avons décidé de travailler avec des femmes uniquement.Pourquoi?Dans la société québécoise, nous retrouvons différentes formes d'exploitation spécifiques aux femmes: garde à plein temps des enfants, charge des travaux domestiques sans rémunération, surexploitation sur le marché du travail, double journée de travail, dépendance é-conomique vis-à-vis du mari, objectification sexuelle etc.Cette oppression particulière que nous subissons a entraîné chez nous une série de comportements_et d'attitudes: pour nous maintenir dans les cadres du travail servile, il est de l'intérêt du système capitaliste et patriarcal que nous apprenions à être soumises, faibles résignées, douces, compétitives entre nous, surtout en présence d'un homme et que nous apprenions à manquer de confiance en nous.Ces comportements et ces attitudes nous empêchent de développer une solidarité entre nous et de nous battre pour une véritable libération. C'est à nous les femmes qu'il revient de changer cette situation.En tant que groupe opprimé, c'est nous qui pouvons le mieux articuler nos revendications.Pour ce faire, nous devons d'abord nous regrouper et sensibiliser d'autres femmes à notre condition.Et il semble que nous soyons les seules qui puissent se sentir concernées à entreprendre ce tra~ vail où nous avons encore tout à faire : connaître les termes de notre oppression préciser nos objectifs dans la conjoncture actuelle de la lutte du peuple québécois, décider de nos moyens de lutte, travailler à rassembler les Québécoises dans une organisation révolutionnaire qui sera leur force.Pourtant, si nous pensons que les femmes doivent s'organiser en.tre elles sur la base de leur oppression spécifique , nous ne concevons sûrement pas le mouvement des femmes comme une organisation isolée menant une lutte indépendante de la lutte des travailleurs.Un mouvement peut être autonome, c'est-à-dire avec ses objectifs, ses structures et ses moyens propres sans pour cela aller à l'encontre du mouvement des travailleurs.C'est qu'un mouvement de femmes peut justement servir à "faire de la lutte des femmes une revendication de la classe ouvrière".(3) Reste à savoir comment.C'est une question que nous résoudrons dans la pratique à partir de nos conditions concrètes.En fait, reste à créer le féminisme révolutionnaire québécois, un féminisme qui lutterait pour la fin de la discrimination exercée envers les femmes au niveau politique, économique, social et culturel.Et cette lutte implique nécessairement comme objectif premier un changement radical de la société québécoise.REFERENCES : *Moyens de Production: la machinerie,les usines et bâtiments, soit le stock physique de capital qui servent à produire les biens et les services.(1) Extrait tiré de "Ne comptons que sur nos propres moyens", document de la CSN, 1971; page 6 JANVIER 72 LE CENTRE DES FEMMES .C'est dans cette perspective que nous nous réunissions quelques femmes vers la fin janvier.A l'époque, nous avions choisi, beaucoup par réaction à l'incohérence du F.L.F.de nous regrouper sur la base d'une entente politique réelle au sein d'un petit noyau de travail.Ce noyau devait s'étendre par la suite au fur et à mesure des besoins que créaient inévitablement le développement de nos activités.Pour nous à cette époque, il ne s'agissait pas de créer un mouvement de femmes pour la simple et bonne raison que le féminisme révolutionnaire était (et est encore) au berceau.Pour arriver à mettre sur pied un tel mouvement, il fallait que certaines conditions existent.D'abord, il fallait une orientation idéologique qui tienne compte des conditions concrètes vécues par les Québécoises, à partir desquelles se préciserait des objectifs de lutte.Il fallait également que cette orientation soit partagée par au moins une minorité de femmes agissant dans des milieux différents et qui auraient senti la nécessité de se regrouper pour se donner les moyens nécessaires à la réalisation de ces objectifs.Comme aucune de ces conditions n'étaient réunies, il s'agissait dès lors de travailler à les créer, dans la mesure de notre possible.C'est autour de cet objectif qu'est né le Centre des Femmes.(2) Tiré du livre LA SAINTE FAMILLE OU LA CRITIQUE DE LA CRITIQUE CRITIQUE, cité dans LA VIE AMOUREUSE DE KARL MARX, page 41 (3) Mobilisation, no 6, avril 1972 14 Gendron: prêtre ou - - ?mm y.v.w.w.v/.v.v.depuis qaæ&psd t«8ip8 Xa provenance des.idées- **mmveXXas"
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