Argus, 1 janvier 1990, Printemps
[" Original en couleur Contraste insuffisant Printemps 1990 / ISSN 0315-9930 Volume 19 numéro 1 ARGUS ; CIBlICTHEOtï jgK^^i^ricN ARGUS Comité de rédaction / Editorial Committee Pierre Meunier, président Louise Carpentier Nathalie Groutx John Leide Michel Lefebvre Josée Schepper, secrétaire Extraits de la politique éditoriale (février 1990) Argus vise à assurer l\u2019information et le développement professionnel des membres de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Les articles publiés traitent de la formation, du rôle, du statut et des conditions de travail du bibliothécaire dans la société, du professionnalisme, des nouvelles technologies, des nouveaux marchés, de l\u2019environnement économique et socio-politique, des besoins des clientèles, des services et des produits documentaires, des nouvelles orientations et de la recherche et du développement en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information, ainsi que de l\u2019apport des autres disciplines.Les publications peuvent prendre plusieurs formes: \u2022\tarticles de fond (de 15 à 25 pages dactylographiées) \u2022\tétat de la question \u2022\ttextes plus courts rendant compte d\u2019un événement récent ou consistant en une expression d\u2019opinion \u2022\tarticles décrivant une expérience ou une réalisation \u2022\tchronique sur la documentation professionnelle, la recherche, la gestion des services documentaires, les nouvelles technologies, etc.\u2022\trésultats de recherche \u2022\tlettres à l\u2019éditeur commentant une question d\u2019actualité ou un article récemment paru dans la revue \u2022\tréflexion autour d'un ou de plusieurs ouvrages sur la profession ou la recherche \u2022\tentrevues.Le comité de rédaction accepte des articles originaux soit en français, soit en anglais.À l'occasion, il publie des textes de conférences prononcées dans le cadre des activités de la Corporation.Certains articles sont examinés par un comité de lecture.La rédaction laisse aux auteurs l\u2019entière responsabilité de leurs textes.Argus est une revue publiée 3 fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.L\u2019abonnement annuel est de 25$ (9$ le numéro) au Québec, 30$ (10$ le numéro) au Canada et 30$ U.S.(10$ U.S.le numéro) pour l\u2019extérieur du Canada.Les étudiants bénéficient d\u2019un prix spécial de 15$ l\u2019abonnement annuel.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l\u2019adresse suivante: Argus Secrétariat de la CBPQ 307, rue Ste-Catherine Ouest, suite 320 Montréal (Québec) H2X2A3 Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être faite avec la mention de la source.Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, T205; Sciences de l\u2019information-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature et dans Point de repère.Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Canada et à la Bibliothèque nationale du Québec.Courrier de deuxième classe - enregistrement no 5794.Correctrices/Correctors Mireille Cliche Wayne Lebel Nylda Aktouf Luce Payette Huguette Thibault Extracts of editorial policy (February 1990) The aim of Argus is to inform the members of the Corporation of Professional Librarians of Québec and to further their professional development.Articles deal with such diverses issues as training, role, status and working conditions of the librarian in society; professionalism; new technologies; new markets; the economic and socio-political environment; customer needs; products and documentary services, new directions and research in library and information studies, as well as contributions from other fields.Publications may take several forms: \u2022\tin-depth articles (15 to 25 typed pages) ; \u2022\tstate-of-the-art analyses; \u2022\tshorter articles reporting a recent event or expressing an opinion; \u2022\tarticles describing an experience or accomplishment; \u2022\tcolumns on professional documentation, research, management of documentary services, new technologies, etc; \u2022\tresults of research; \u2022\tletters to the editor discussing a current issue or a recent article appearing in the journal; \u2022\treviews of professional or research literature; \u2022\tinterviews.The editorial board accepts original articles in French of English.Occasionally it publishes papers presented at Corporation activities.Some articles may be read by a review committee.Authors are entirely responsible for the context of their articles.Argus is a journal published 3 times a year by the Corporation of Professional Librarians of Québec.The yearly subscription is $25 ($9 an issue) in Québec, $30 ($10 an issue) in Canada and $30 U.S.($10 U.S.an issue) outside Canada.A special student rate is $15 for the yearly subscription.Any request concerning missing issues should be sent, no later than a month after the date of publication, to the following address: Argus Secretariat of the CPLQ 307 Ste-Catherine Street West, Suite 320 Montréal, Québec, H2X 2A3 Articles may be reproduced, in whole or in part with proper credit to their source.Articles are indexed in Pascal Thema, part 205.Sciences de I\u2019information-documentation, Information Science Abstracts, Library and information Science Abstracts (LISA), Library Literature and in Point de repère.Legally deposited as required with the National Library of Canada and the Bibliothèque nationale du Québec. mill La lettre d\u2019Argus S\u2019ADAPTER OU POURSUIVRE?Volume 19, Numéro 1 / Printemps 1990 ISSN 0315-9930 ARGUS En cette dernière décennie du 20ième siècle, nous serons confrontés à une succession de changements ayant une influence majeure sur les services documentaires.Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Notre environnement professionnel sera dominé par la croissance de la masse informationnelle, la décroissance des ressources publiques, rélargissement de la privatisation des services gouvernementaux, la déréglementation des activités économiques, le vieillissement de la population, la variété de la composition ethnique de la population, l\u2019émergence de nouvelles valeurs socio-culturelles et de nouvelles habitudes de vie, la croissance du niveau de scolarisation de la population, la stabilisation ou la décroissance des ressources humaines, la pénétration des technologies nouvelles, le perfectionnement des réseaux de télécommunications et le développement de l\u2019«intelligence artificielle».Dans un tel contexte, si nous désirons accroître la productivité et augmenter le niveau de personnalisation et le degré de compétitivité de nos services documentaires, nous devons maîtriser notre environnement en favorisant l\u2019évaluation de la performance de nos activités, la connaissance de l\u2019impact de nos politiques et procédures, l\u2019innovation par l\u2019apport des technologies nouvelles et l\u2019utilisation d\u2019approches plus structurantes.Les articles de la présente parution reflètent ce processus d\u2019adaptation aux changements.L\u2019évaluation des collections: les fondements nous fait prendre conscience des incidences majeures sur les services à la clientèle des diverses approches prises en matière de sélection et d\u2019élagage des collections.La réaction de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal aux mutations de la société de l'information: l\u2019évaluation et la révision de son programme de maîtrise décrit les changements devant être apportés à la formation des bibliothécaires afin de favoriser une plus grande accessibilité de notre profession aux besoins du marché.Le contexte législatif de la pratique professionnelle des bibliothécaires au Québec dresse un tableau des principales lois ayant une influence directe et indirecte sur notre pratique.Enfin, Les bibliothécaires en otage?nous entretient de l\u2019évolution de la profession avec le passage de l\u2019imprimé vers le multimédia.Le bibliothécaire actuel doit plus que jamais tenir compte de ces nouveaux paramètres.Il doit donc développer des attitudes qui vont lui permettre de mieux insérer son organisation dans l\u2019environnement socio-culturel et d\u2019adapter davantage ses processus de décision et ses politiques de gestion aux attentes signifiées des clientèles.Bref, s\u2019adapter pour mieux poursuivre! Corporation of Professional Librarians of Québec La lettre d\u2019Argus Pierre Meunier.Page 1 L\u2019évaluation des collections: les fondements* Pierre R.Liboiron Page 3 La réaction de l\u2019Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal aux mutations de la société de l\u2019information: l\u2019évaluation et la révision de son programme de maîtrise Suzanne Bertrand-Gastaldy Marcel Lajeunesse .Page 11 Le contexte législatif de la pratique professionnelle des bibliothécaires au Québec Céline Amnotte Page 25 Conférence Les bibliothécaires en otage?* Benoît Lacroix.Page 32 Index annuel Volume 18 (1989) Michel Lefebvre Pages centrales Pierre Meunier, bibl.prof.Président du comité de rédaction Le texte n\u2019a pas été soumis à une évaluation externe du comité de rédaction ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 1 La dernière passion des rats de bibliothèque onçu par des bibliothécaires pour des bibliothécaires, multiLIS intègre une multitude de fonctions avant-gardistes.Il donne à tout moment une vision précise de la situation: aux gestionnaires, aux préposés et aux usagers.Toutes les fonctions sont intégrées à partir d\u2019une même banque de données où elles vont à la fois puiser et verser de l\u2019information.Vous avez donc un contrôle absolu de toute la gamme des opérations.Les usagers, eux, sont ravis, car multiLIS est accessible aux petits rats comme aux grands érudits, selon leur capacité d\u2019utilisation.\u2022\tSystème automatisé véritablement intégré, développé par l'université du Québec à Montréal \u2022\tInteraction avec l'usager, unique en son genre \u2022\tSix fichiers d'autorités en accès direct \u2022\tCatalogage en format régulier ou en format MARC intégral \u2022\tAcquisitions, prêts, recherche (booléenne, troncature) \u2022\tProduction de rapports et statistiques \u2022\tMultilingue \u2022\tFonctionnalité «réseau» \u2022\tPour petites ou grandes bibliothèques, spécialisées, publiques ou académiques \u2022\tmultiLIS opère sur toute une gamme d'ordinateurs -\tles ordinateurs VAX de Digital -\tles TOWER 32 de NCR -\tet plusieurs autres équipements qui utilisent le système d'exploitation UNIX system V Malgré ses caractéristiques avant-gardistes, multiLIS est peu coûteux et ne requiert pas d\u2019analyste sur place pour son entretien.Les experts sont unanimes: multiLIS est largement en avance sur la concurrence.C\u2019est d\u2019ailleurs le premier système en importance au Canada et le cinquième en Amérique du Nord.Demandez une rencontre d\u2019information sur multiLIS; vous verrez: c\u2019est passionnant! Écrivez-nous: multiLIS Groupe Sobeco Inc.Édifice Sobeco 505, boul.René-Lévesque Ouest Montréal, Québec H2Z 1Y7 __ #e, u>si '*37 Cop ¦ ** 19\to' Liste bimestrielle des publications du gouvernement du Québec Annuellement, 6 numéros et un index pour 25 $.Québec ss Retourner ce coupon à Les Publications du Québec Service à la Clientèle-Abonnements 7.chemin Bates Outremont (Québec) H2V 1A6 Tél (514)270-7172 UN BIMESTRIEL ESSENTIEL pour votre bibliothèque 10 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 La réaction de l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal aux mutations de la société de l\u2019information: l\u2019évaluation et la révision de son programme de maîtrise Suzanne Bertrand-Gastaldy Professeur agrégé, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, Université de Montréal Marcel Lajeunesse Directeur et professeur titulaire, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, Université de Montréal Des changements majeurs sont survenus, ces dernières années, dans le traitement et l\u2019utilisation de l\u2019information, de môme que dans le contexte socio-économique, ce qui n\u2019a pas manqué d\u2019avoir de sérieuses répercussions sur le marché de l\u2019emploi et sur les conditions de travail des diplômés en sciences de l\u2019information, bibliothéconomie et archivisti-que.L\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l\u2019Université de Montréal a donc décidé de procéder à une évaluation de son programme de maîtrise.Les différentes étapes de cette opération sont exposées.Les résultats qui se dégagent des diverses enquêtes et consultations auprès des étudiants, des diplômés et des employeurs sont comparés aux tendances relevées dans la littérature et aux prévisions pour le court et le moyen termes.Les décisions prises pour adapter le programme aux nouvelles réalités tiennent compte à la fois des critiques et suggestions émises par les divers intervenants, des programmes comparables en Amérique du Nord et des contraintes inévitables.Finalement, la mise en place de mécanismes d\u2019évaluation continue devrait désormais permettre à l\u2019EBSI de s\u2019adapter plus rapidement et avec moins d\u2019à-coups aux nouveaux défis qui l\u2019attendent.Over the past few years, a number of major changes have occured in the handling and use of information, particularly in the socio-economic context, that have not failed to have serious repercussions on the job market for and working conditions of graduates in information science, librarianship and archival science.The École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information (EBSI) of l\u2019Université de Montréal therefore decided to undertake an evaluation of its master\u2019s level programme.The different steps of this operation are discussed.The results emanating from many different meetings and consultations with students, graduates and employers are compared to trends highlighted in the literature as well as to short and medium-term forecasts.The decisions made in order to tailor the programme to today\u2019s needs take into account the criticisms and suggestions of those consulted, comparable programmes in North America and the unavoidable constraints placed on the programme.Finally, the establishment of an ongoing evaluation mechanism would moreover allow EBSI to adjust more quickly, and with fewer disruptions, to the new challenges that face it.I.INTRODUCTION Pour une école, un département universitaire, le programme d\u2019études est d\u2019importance capitale.Il permet de définir les domaines d\u2019intérêt de l\u2019unité académique, de préciser les domaines d\u2019enseignement et de recherche du corps professoral, de fixer les axes de développement d\u2019une unité universitaire.Un programme d\u2019études universitaires est une réalité vivante.Il doit être constamment adapté à révolution des connaissances, aux changements de la discipline et de la pratique professionnelle, de même qu\u2019aux changements des politiques de l\u2019enseignement universitaire.Ces principes d\u2019évolution d\u2019un programme d\u2019études sont encore plus impératifs quand il s\u2019agit d\u2019un programme d\u2019études professionnelles: dans ce cas, il doit s\u2019y trouver l\u2019adéquation la plus complète possible entre l\u2019enseignement dispensé et le développement de la profession ou des professions qui le sous-tendent.Plusieurs études (Moore 1987, Cronin 1982, Perennou-Soenen 1984, Harris et Reid 1988) ont po- sé, au cours de la dernière décennie, ie problème de l\u2019évolution des métiers de l\u2019information.Le marché de i information indique nettement une stagnation de la demande dans le domaine traditionnel au cours des années 1990; les institutions traditionnelles devront élargir au cours des prochaines années leur mandat et leurs activités.La technologie aura une influence de plus en plus grande sur les modifications de l\u2019emploi.Les diplômés des écoles de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information sont en concur- ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 11 rence avec les diplômés d\u2019autres domaines (communication, gestion, etc.); ils devront être en mesure de vendre leurs compétences et posséder un esprit d\u2019entrepreneurship évident.Les appellations des professionnels de l\u2019information sont très diverses; elles reflètent parfois le domaine, parfois le type de média ou le type de fonction, mais l\u2019on remarque principalement la fréquence du mot information dans leur intitulé.Les professions de l\u2019information sont des professions orientées vers les gens, des professions de service, et elles demandent des aptitudes à travailler avec et pour des individus.D\u2019autres données ressortent des études actuelles: l\u2019information considérée comme une ressource économique, les besoins d\u2019intégration d\u2019informations de différentes sources ressenties par tous les organismes et les entreprises privées en particulier, la nécessité d\u2019une représentation synthétique des données, l\u2019apport de plusieurs domaines du savoir à la compréhension des phénomènes de transfert d\u2019information textuelle, graphique ou numérique, l\u2019importance des qualités personnelles des diplômés (leadership, faculté d\u2019adaptation, dynamisme, compétence en informatique, en administration et dans une autre discipline), les besoins d\u2019une formation polyvalente pour les futurs responsables de petits services d\u2019information et d\u2019une formation plus spécialisée pour ceux qui oeuvrent dans de grands services.Voilà, brièvement, quelques-unes des caractéristiques des métiers de l\u2019information qui sont ressorties des analyses d\u2019experts, et qui ont servi d\u2019assises à la réflexion sur l\u2019évaluation et la réforme du programme de maîtrise à l\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information.Ce nouveau programme constitue le troisième programme de maî- trise dispensé par l\u2019École depuis sa fondation, en 1961 (Lajeu-nesse, 1987).Le premier programme, élaboré de 1967 à 1969, fut approuvé par les autorités de l\u2019Université de Montréal en mars 1970 et entra en vigueur en septembre de la même année; ce programme souple exigeait que l\u2019étudiant suive 48 crédits de cours, dont 18 étaient obligatoires, correspondant à 16 cours de 3 crédits, dont 6 étaient obligatoires; ce premier programme de maîtrise exigeait, comme condition d\u2019admission, un premier cycle universitaire dans un champ du savoir.Les détenteurs du baccalauréat en bibliothéconomie étaient invités à poursuivre des cours de maîtrise dans un programme de 24 à 30 crédits.Au milieu de la décennie 1970, l\u2019on sentait, à cause des changements de la discipline, le besoin de modifier le programme de maîtrise.Cette révision qui associa l\u2019expertise du Service pédagogique de l\u2019Université au travail du Comité des études et à la réflexion de l\u2019Assemblée de département donna lieu à une analyse des besoins effectuée entre octobre 1976 et mai 1977.Après avoir adopté les buts et objectifs de l\u2019École, les professeurs approuvaient, en septembre 1977, les fondements du programme d\u2019information documentaire, base théorique à l\u2019élaboration des contenus de cours, à la sélection des objectifs d\u2019apprentissage et au choix des méthodes pédagogiques.Cette réforme du programme s\u2019appuyait, essentiellement, sur l\u2019étude du milieu et de l\u2019usager, point de départ et point d\u2019arri vée de tout service d\u2019information documentaire.On a voulu, de plus, s\u2019assurer d\u2019une compétence minimale certaine, commune à tous les étudiants (grâce à une première année de maîtrise constituée uniquement de cours obligatoires), et d\u2019une certaine spécialisation alliée à l\u2019apprentissage de la recherche, à la relation avec la pratique et au travail indi- viduel (mise en place de concentrations, en 2ième année, de séminaires de recherche, du tutorat et de stages).Ce nouveau programme, qui mettait l\u2019accent sur les différents processus utilisés pour la collecte, l\u2019organisation, le stockage, le repérage et la diffusion de l\u2019information dans la société, fut dispensé à partir de septembre 1979 (Reicher et La-jeunesse, 1979).II.OBJECTIFS DE L\u2019ÉVALUATION ET DE LA PRÉSENTE RÉVISION Le programme de 1979 a été une étape importante dans l\u2019élargissement de la mission de l\u2019École.Il a posé, pour de bon, le problème des relations entre la bibliothéconomie et les sciences de l\u2019information, il a soulevé celui de la formation en archivistique.En septembre 1984, les autorités de l\u2019Université modifiaient le nom de l\u2019École en celui d\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information.Sans toucher à la structure même du programme de 1979, l\u2019EBSI a effectué un certain nombre d\u2019ajustements au fil des années.Une étude effectuée en 1988 a montré que près d\u2019une centaine de modifications mineures ont été soumises à la Faculté des études supérieures et acceptées (Bertrand-Gastaldy, 1988a).Elles ont porté principalement sur le contenu des cours, leur intitulé et leur description; les plus importantes avaient trait à la création d\u2019une concertation en archivistique en deuxième année (1983) et à l\u2019ajout d\u2019un cours obligatoire d\u2019archivistique en première année (1985).D\u2019autres changements eurent lieu au cours de la décennie 1980.L\u2019École s\u2019est dotée, en 1987, d\u2019une politique des stages; deux coordonnatrices administrent et supervisent désormais les stages obligatoires des étudiants.Le développement du laboratoire d\u2019in- 12 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 formatique documentaire et l'engagement d\u2019une responsable à plein temps du laboratoire, en février 1988, ont contribué à modifier sensiblement le contenu et les méthodes pédagogiques de plusieurs cours.De décembre 1987 à juin 1988, l\u2019Assemblée de département a défini les balises de l\u2019évaluation et de la révision du programme de maîtrise confiées au Comité des études, et a délimité les rapports avec le Service pédagogique de l\u2019Université.Elle a recommandé de suivre trois étapes distinctes, mais complémentaires: 1) l\u2019évaluation proprement dite du programme en vigueur; 2) la révision, si nécessaire; 3) la mise en place de mécanismes d\u2019évaluation continue.Lors de la mise en route de l\u2019opération, les objectifs suivants ont été établis: 1- évaluer le programme de maîtrise dispensé depuis 1979, en tenant compte de l\u2019évolution rapide des sciences et des technologies de l\u2019information ainsi que des mutations importantes du marché du travail; CANEBSCO un service d'abonnement au Quebec .et dans le monde entier.CANEBSCO vise l'excellence dans les services offerts aux bibliothèques pour la gestion de leurs périodiques.C'est pourquoi: \u2022\tNous avons créé et maintenons à jour une banque de données de plus de 200,000 périodiques, magazines, séries irrégulières, annuels et envois d'offices publiés dans le monde entier.\u2022\tNous avons développé EBSCONET® un service d'abonnement en ligne reliant les bibliothèques avec notre banque de données.\u2022\tNous avons développé des passerelles avec la plupart des systèmes intégrés en usage dans les bibliothèques.\u2022\tNous opérons un réseau de 25 centres de traitement dans 15 pays et sur les 5 continents.\u2022\tNous opérons un centre de traitement local pourvu de personnel formé pour comprendre et satisfaire vos besoins personnels.\u2022\tNous vous offrons l'expertise d'une compagnie internationale jouissant d'une solide réputation.CANEBSCO propose aux clients du Québec le service le plus complet et le plus pertinent pour une gestion efficace de leurs périodiques.La compétence et la réputation CANEBSCO à votre service.LES SERVICES D'ABONNEMENT EKTCîü&Œ Six Boul.Desaulniers, Suite 308 St Lambert, Quebec J4P 1L3 (514) 672-5878 Ligne directe pour Quebec.(800) 361-7322 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 13 2-\tpallier, de façon globale et structurée, un certain nombre de lacunes mises en évidence par les différentes études et consultations effectuées; 3-\trépondre aux développements dans le domaine de l\u2019informatique documentaire et des technologies de l\u2019information; 4-\trenforcer et intégrer la formation d\u2019archivistes professionnels dans le cadre du programme de maîtrise en bibliothéconomie et en sciences de l\u2019information.III.MÉTHODOLOGIE SUIVIE POUR L\u2019ÉVALUATION ET LA RÉVISION 1.Les études entreprises pour l\u2019évaluation Afin de procéder à une évaluation systématique, le Comité des études a entrepris, sur les conseils du consultant du Service pédagogique, une série de travaux ayant pour but de colliger le maximum d\u2019informations, utiles à la prise de décisions.On en retrouvera une représentation condensée dans le tableau 1.Examen des données du programme actuel Les données descriptives du programme en vigueur étaient regroupées dans quelques sources facilement accessibles: d\u2019une part le Guide de l\u2019étudiant dans lequel figurent, entre autres, les buts et objectifs de l\u2019École, ainsi que la description, les objectifs, les méthodes et les instruments pédagogiques, le plan et les modes d\u2019évaluation pour chaque cours (EBSI, 1988); d\u2019autre part tous les documents produits pour le programme de 1979, en particulier l\u2019étude de besoins et des compétences des futurs diplômés de l\u2019EBSI (Messier et Cyr, 1977).Il a fallu en rassembler d\u2019autres, comme celles qui portaient sur toutes les modifications effec- tuées depuis l\u2019entrée en vigueur du programme auxquelles on a fait allusion plus haut.Afin d\u2019obtenir un portrait complet des insatisfactions exprimées dès le début, nous avons également dépouillé tous les procès-verbaux du Comité des études en y relevant toutes les propositions de modifications non suivies d\u2019effets, ce qui a permis, en les confrontant à d\u2019autres données, de juger de leur pertinence actuelle.(Nau-fal et Bertrand-Gastaldy, 1988).Jugements portés par les personnes touchées par le programme Parallèlement, une autre série d\u2019études a cherché à connaître les opinions globales des personnes vivant ou ayant vécu le programme.Une première enquête, d\u2019ordre qualitatif surtout, a été effectuée par le conseiller pédagogique auprès des étudiants, professeurs et coordonnatrices de stages durant l\u2019hiver 1987 pour identifier leurs préoccupations et leur perception des points forts et des points faibles du programme (Cyr 1987a, Cyr 1987b, Cyr 1988a).Cette première enquête a servi ensuite à constituer les questionnaires pour les enquêtes subséquentes destinées à fournir des données quantitatives.Une seconde enquête réalisée auprès des étudiants durant l\u2019hiver 1988 a obtenu un taux de réponse très élevé: 91% pour la première année et 80% pour la deuxième (Cyr et Bernhard, 1988a).Ces données ont complété utilement celles que les professeurs recueillent, depuis plusieurs années, sur leur enseignement au moyen d\u2019un questionnaire qui souffre, toutefois, de nombreux défauts et qui sera revu prochainement.L\u2019enquête auprès des diplômés (de 1981 à 1987) a été un succès: eux aussi ont répondu en grand nombre (62,4%) et ont fourni d'abondants commentaires (Cyr et Bernhard, 1988b).Enfin, une consultation auprès des employeurs a eu lieu du 4 au 10 octobre 1988.Sur les 94 personnes invitées, 29 ont accepté de se déplacer et nous avons reçu 6 réponses au questionnaire que nous leur avions envoyé pour leur permettre de préparer leur intervention.Nous les avons reçues en sept groupes: services d\u2019archives; bibliothèques de recherche et d\u2019enseignement; bibliothèques publiques, bibliothèques spécialisées et centres de documentation; producteurs de banques de données, serveurs et consultants; autres secteurs (vidéotex, communications, informatique); associations professionnelles.Nous avons également procédé à une évaluation comparative avec d\u2019autres programmes.Certaines caractéristiques, comme le nombre de crédits, le régime des stages et la place de la recherche ont été confrontées à celles d\u2019autres programmes professionnels de l\u2019Université de Montréal.Les professeurs, coordonnatrices de stages et chargées de formation pratique ont fouillé la littérature de façon systématique pour établir l\u2019état de la question sur: 1\t- l\u2019enseignement des différents domaines des sciences de l\u2019information, de la bibliothéconomie et de l\u2019archivistique en particulier, dans les autres écoles, surtout celles agréées par l\u2019American Library Association (compétences, objectifs, contenu, méthodes pédagogiques, place de la théorie et de la pratique, etc.), ainsi que d\u2019après des études publiées; 2\t- la mission et les objectifs de ces écoles et les caractéristiques générales de leurs programmes (durée, nombre de crédits, prérequis, structure, stages, etc.).Pour chaque domaine, un rapport a été 14 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 Tableau 1 Études entreprises pour l\u2019évaluation du programme Autres programmes professionnels à l\u2019Université de Montréal Standards d\u2019excellence des programmes en Sciences de l\u2019information selon la littérature (états de la question) Standards d\u2019excellence des programmes en Sciences de l\u2019information selon l\u2019Ameri-can Library Association Autres programmes en Sciences de l\u2019information au Canada et aux États-Unis (agréés par l\u2019ALA, de 2 ans) en Europe États de la question: mission, objectifs, compétences, contenu, méthodes pédagogiques, matériel pédagogique, théorie/pratique, nombre de crédits.Standards d\u2019excellence des programmes selon les organismes universitaires au Québec Standards d\u2019excellence des programmes selon l\u2019Université de Montréal Comparaison relative Comparaison absolue DONNÉES DESCRIPTIVES DU PROGRAMME ÉVALUÉ Comparaison avec besoins du marché Opinions globales Diplômés (1981-1987) « i enquête par questionnaire Employeurs \u2022 entrevues structurées Étudiants \u2022\t2 enquêtes par questionnaire \u2022\tquestionnaires d\u2019évaluation des cours \u2022\tparticipation au Cpmité des études et à l\u2019Assemblée de l\u2019Ecole Professeurs, coordonnatrices de stages, chargées de formation pratique \u2022\t1 enquête par questionnaire \u2022\tentrevues \u2022\tComité des études et Assemblée de l\u2019École \u2022\trencontres, échanges Évolution du marché du travail en information \u2022\tÉtats de la question: résultats d\u2019études diverses \u2022\tBanque de données d\u2019offres d\u2019emploi \u2022\tRencontres avec employeurs ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 15 rédigé dont nous ne pouvons pas donner la liste ici, sous peine d\u2019allonger indûment cet article.Évaluation dans l\u2019absolu par rapport aux standards acceptés Pour harmoniser nos critères avec ceux des organismes chargés de nous évaluer périodiquement, nous avons tenu compte d\u2019abord des critères de l\u2019American Library Association, les plus élaborés et les plus exigeants, puis de ceux de la CREPUQ (Conférence des Recteurs et Principaux des Universités du Québec) en cours de révision à l\u2019époque, du Conseil des Universités, du Vice-rectorat à la planification de l\u2019Université de Montréal en cours d\u2019élaboration (Couture, 1988).Ceux-ci se sont donc ajoutés à ceux que nous avions glanés dans la littérature.Évaluation par rapport au marché du travail L\u2019évolution du marché de l\u2019emploi, en particulier dans les secteurs nouveaux, a fait l\u2019objet d\u2019une revue de la littérature et les employeurs reçus à l\u2019EBSI ont été invités à donner leur opinion sur le marché actuel et les prévisions pour les années 1990 dans leur secteur.Nous avons pu ainsi colliger les principales compétences exigées des professionnels de l\u2019information (CBPQ 1987, CBPQ 1988, Munger 1973/1974, Griffith et King 1986, Bertrand-Gastaldy 1988b).2.La logistique Les moyens mis en oeuvre pour l\u2019évaluation, puis la révision du programme visaient l\u2019atteinte de plusieurs objectifs.Il fallait d\u2019abord garantir la représentativité des membres chargés de mener les opérations.Le Comité des études,/ mandaté par l\u2019Assemblée de l\u2019École pour me- ner l\u2019opération, est composé, selon les statuts de l\u2019Université, du directeur de l\u2019EBSI, de trois professeurs, de deux représentants des étudiants et de deux diplômés de l\u2019École.Il fallait ensuite que la prise de décision se fasse par consensus, pour que chacun adhère au nouveau programme et contribue ensuite à la réussite de son application.Pour cela, parallèlement aux travaux du Comité des études, des réunions de professeurs et autres personnes impliquées dans la pédagogie ont été tenues dès le début, sur des thèmes de plus en plus «pointus».Elles ont d\u2019abord été destinées à des échanges de vue, puis à la mise en commun des résultats de recherche sur des points précis et des évaluations, enfin à des propositions concrètes de modifications.Discutées, modifiées à plusieurs reprises, ces dernières sont devenues décisions.Outre les réunions du Comité des études et de l\u2019Assemblée de l\u2019École, nous nous sommes réunis une trentaine de fois de janvier 1988 à février 1989, pour examiner les résultats des recherches et des évaluations.Nous tenions à donner un caractère scientifique à l\u2019ensemble de la démarche.Dès le début de l\u2019opération, nous avons bénéficié de la collaboration du Service pédagogique de l\u2019Université de Montréal auquel nous avions déjà fait appel pour le programme actuel.Un conseiller pédagogique agissait comme consultant, recommandait des cheminements, élaborait les questionnaires en collaboration avec un professeur de l\u2019École et procédait à des entrevues.L\u2019École, par le truchement des membres du Comité des études, gardait le contrôle des opérations en tenant compte des contraintes de tout ordre (durée, coût, calendrier universitaire, délais administratifs, etc.).Les réponses fermées aux questionnaires remplis par les étudiants et les diplômés ont été analysées grâce aux logiciels STATISTIX et SPSS.Les réponses ouvertes ont été compilées au traitement de texte (Cyr 1988b, Cyr 1998c).De plus, la collaboration du conseiller pédagogique a assuré la confidentialité des résultats.Tous les questionnaires et toutes les notes d\u2019entrevues ont été dépouillés au Service pédagogique.Enfin, il fallait préserver autant que possible l\u2019impartialité et la sérénité des débats.Au moment le plus crucial de l\u2019opération, lorsque au cours de quatre journées intensives, s\u2019est amorcée la prise de décision, nous avons demandé à une personne du Secrétariat général de l\u2019Université de présider les séances: il s\u2019agissait de veiller au respect de l\u2019ordre du jour, de maintenir le climat d\u2019objectivité, de sortir des impasses, etc.La tâche était extrêmement délicate et la personne en question s\u2019en est acquittée avec brio ! Pour la consultation des employeurs, nous avons jugé opportun de recourir à une personne expérimentée dans les évaluations et révisions de programmes à la Faculté de l\u2019Éducation permanente.Nous voulions laisser nos invités s\u2019exprimer très librement, très franchement, sans qu\u2019ils subissent des pressions même subtiles de la part du corps professoral.Nous voulions également que cette personne nous fasse bénéficier du recul que lui conférait sa vaste expérience.Elle a pu établir des parallèles entre les réactions des employeurs du domaine de l\u2019information et celles des employeurs d\u2019autres secteurs professionnels, les sciences de la santé par exemple, tout en dédramatisant la dichotomie entre exigences du marché du travail et exigences universitaires.16 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 IV.LES RÉSULTATS DE L\u2019ÉVALUATION S\u2019il fallait résumer en quelques mots les caractéristiques des informations recueillies, nous parlerions de richesse, de diversité, de subjectivité, mais aussi de convergence.1.\tRichesse des informations recueillies Le résultat de ces études a généré d\u2019innombrables documents en de nombreuses éditions.On en trouvera la liste dans les références bibliographiques.Les commentaires des personnes consultées ont été abondants et ont dépassé le cadre strict du programme.On y a parlé du nom de l\u2019École, des professeurs, de la sélection des candidats, du marketing de l\u2019EBSI, des activités visant à améliorer l\u2019image de l\u2019École, de colloques, de déjeuners-causeries, bref de tous les moyens qui contribuent à créer un terrain favorable pour l\u2019épanouissement d\u2019un programme.2.\tDiversité des types d\u2019informations recueillies Nous avons obtenu des données à la foi qualitatives (issues en grande partie des états de la question, des entrevues semi-structurées avec les employeurs, mais aussi des questions ouvertes des questionnaires adressés aux étudiants et aux diplômés; même dans le cas des questions fermées, nous avons reçu de nombreux commentaires) et quantitatives.Certaines informations recueillies étaient propres au Québec, d\u2019autres s\u2019inspiraient d\u2019un contexte plus large, nord-américain, européen, carrément international; elles provenaient soit d\u2019individus ou d\u2019établissements reconnus (nous avions éliminé les autres, la plupart du temps), soit de vastes enquêtes, comme celle de Griffith et King (Griffith et King, 1986).3.\tCaractère subjectif des interventions Les membres de chaque groupe consulté avaient nécessairement une vue partielle du programme et introduisaient, par le fait même, un biais systématique dû à la fois à leur appartenance à un groupe et à leurs expériences et goûts personnels.Les étudiants pensaient surtout méthodes pédagogiques, ressources, charge de travail .; les diplômés, adéquation du programme au marché de l\u2019emploi (à partir d\u2019une expérience de huit ans ou de quelques mois, selon l\u2019année d\u2019obtention de leur diplôme); les employeurs, marché de l\u2019emploi dans une optique de gestionnaires.Ces derniers valorisaient les qualités et les compétences qui ont fait leur succès: habiletés au travail d\u2019équipe, aptitudes à la communication orale et écrite, capacités politiques internes et externes, etc.Quant aux professeurs, avec leurs intérêts et leurs compétences propres, ils avaient la tâche d\u2019intégrer toutes les demandes et de les replacer dans leur contexte, d\u2019y ajouter les exigences et contraintes de l\u2019Université, de dépasser leurs préoccupations pour comprendre celles de leurs collègues et, finalement, de prendre une décision rapide, éclairée, rationnelle! C\u2019est en cela que la multiplicité de nos approches et les données quantitatives issues des questionnaires (dont les taux de réponses étaient très élevés) ont servi de balises.4.\tConvergence des résultats des différentes études Analyse des résultats quantitatifs Pour l\u2019analyse, une compilation des résultats obtenus pour les deux questionnaires a été effectuée séparément, pour chaque question, puis une cumulation et différents tris ont permis de visualiser les besoins par ordre d\u2019importance (Bertrand-Gastaldy, 1988c).Nous avons ainsi obtenu une liste réduite de besoins criants de changements, une liste également réduite d\u2019éléments très satisfaisants et une liste assez longue de points que l\u2019on souhaitait voir changer sans que l\u2019accord soit vraiment unanime.Voyons d\u2019abord les modifications souhaitées pour la structure et le contenu du programme.L\u2019EBSI devrait former ses étudiants à oeuvrer dans des milieux particuliers (dans les entreprises ou dans le secteur des média, par exemple) et leur donner en même temps une polyvalence telle qu\u2019ils puissent s\u2019insérer dans divers milieux.Ils devraient être préparés à exercer n\u2019importe quelle fonction, plutôt qu\u2019une seule.Parmi les demandes les plus fortes, on retrouve la possibilité de choisir une deuxième concentration et la possibilité de choisir entre plusieurs cours dans une même concentration.Les diplômés devraient être capables de créer et de gérer des bases de données, de faire du courtage en information.Les méthodes automatisées devraient être intégrées à tous les cours.Les répondants voudraient que l\u2019École réactive la concentration Milieu et usagers et offre une concentration en développement des collections.Donc s\u2019expriment à la fois le besoin d\u2019une formation polyvalente, un désir d\u2019une plus grande flexibilité et celui d\u2019une spécialisation dans des secteurs mal représentés dans le programme actuel.La demande qui vient en tête de liste, pour les étudiants, est d\u2019être mieux informés des recherches des professeurs.Et ils réclament ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 17 avec passablement d\u2019insistance qu'on les implique dans ces recherches.Par ailleurs, étudiants et diplômés voudraient que l\u2019EBSI crée un programme de doctorat.En ce qui concerne les méthodes pédagogiques, les étudiants sont surtout préoccupés par les liens entre la théorie et la pratique.Ils veulent plus de contacts avec le milieu professionnel, être parrainés par des praticiens, bénéficier de plus d\u2019un stage et mieux connaître la réalité québécoise.Par contre, parmi les plus grands sujets de satisfaction figurent, pour les étudiants et les diplômés, tout ce qui concerne les stages et la compétence des stagiaires, ainsi que le matériel pédagogique (guides et documents) en complément des cours, chez les étudiants.Les diplômés trouvent, dans une très forte proportion, que les cours de la concentration qu\u2019ils ont choisie étaient pertinents.Dans la zone médiane, on retrouve, du côté des demandes, le besoin d\u2019une formation aux nou- #\tveaux marchés de l\u2019information, *\td\u2019acquérir plus de connaissances pratiques et la nécessité d\u2019avoir une connaissance préalable de l\u2019informatique plutôt que des méthodes statistiques.Les étudiants se plaignent d\u2019un manque de rétroaction dans l\u2019évaluation de leurs travaux (ce que la première enquête avait déjà décelé et que l\u2019École avait tenté de corriger, sans atteindre donc un succès total) et d\u2019une mauvaise répartition de la charge de travail, ce que l\u2019Assemblée de l\u2019EBSI avait décidé d\u2019ignorer (un rutur professionnel doit apprendre à gérer et son stress et son calendrier!).Dans les éléments satisfaisants, on relève la disponibilité des professeurs, la conformité des cours aux syllabus et le fait que les cours mettent l\u2019accent sur les connaissances importantes, le contenu théorique du programme, la pertinence des cours appelés «interdisciplinaires», le principe des concentrations, le lien entre le stage et la concentration, la place accordée à l\u2019usager dans les cours.Dans l\u2019ensemble, les étudiants et les diplômés ne divergent pas beaucoup d\u2019opinions.Il y a cependant des exceptions, en particulier en ce qui concerne les cours à ajouter.Si on fait la moyenne des réponses, on READ UP OMIT Participate in this national campaign to promote books written and published by Canadians and watch for the READ UP ON IT announcements on CBC television.A project of the National Library of Canada and the CBC television network.For further information write to: READ UP ON IT, National Library of Canada, 395 Wellington Street, Ottawa, Ontario K1A 0N4.\t/ USEZ SUR LE SUJET Participez à la compagne nationale de publicité qui apour butde faire connaître les livres qui ont été écrits et publiés par des Canadiens et guettez les annonces du projet LISEZ SUR LE SUJET au réseau anglais de télévision de la Société Radio-Canada.Il s\u2019agit d\u2019un projet commun à la Bibliothèque nationale du Canada et au réseau anglais de télévision de la Société Radio-Canada.Pour obtenirde plus amples renseignements, veuillez écrire à: LISEZ SUR LE SUJET, Bibliothèque nationale du Canada, 395, rue Wellington, Ottawa (Ontario) K1A0N4.i j.i National Library Bibliothèque nationale\t^Jl*l 11 caada ducanada\tCanada 18 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 constate que les sujets les plus demandés sont, par ordre d\u2019importance décroissante: les nouvelles technologies (71%); le développement des collections (49%) les bibliothèques spécialisées (ex.: d\u2019entreprises) (48%); la gestion de l\u2019information en tant que ressource (45%); les publications officielles (42%); le courtage de l\u2019information (38%); certains usagers-cibles (enfants, adolescents, etc.) (35%); les aspects économiques de l\u2019information (32%); les bibliothèques publiques (32%); la bureautique (31%); les bibliothèques scolaires (28%); l\u2019intelligence artificielle (28%).De façon générale, les diplômés sont nettement moins en faveur des cours sur les types de bibliothèques (bibliothèques publiques, bibliothèques scolaires), sur les types d\u2019usagers et sur les publications officielles, mais favorisent plutôt ce qui touche les nouvelles technologies.Dans l\u2019ordre décroissant, ils indiquent: les nouvelles technologies (65%); l\u2019informatisation des services documentaires (57%) [non suggéré dans le questionnaire étudiant]; le développement des collections (44%); la gestion de l\u2019information en tant que ressource (39%); le courtage en information (35%); la bureautique (32%); l\u2019intelligence artificielle (30%).Tout de suite après, vient un cours sur les bibliothèques spécialisées (28%), puis les aspects économiques de l\u2019information (27%).Sans doute est-ce parce qu\u2019ils sont confrontés à ce type de besoins dans leur travail.Les étudiants demandent, dans l\u2019ordre décroissant, plus de cours en: informatique documentaire (44%); bibliographie et référence (35%); organisation et gestion (32%); milieu et usager (22%); traitement analytique (20%); traitement descriptif (17%); archivistique (14%).Les diplômés accomplissent ou ont eu à accomplir les fonctions suivantes, dans l\u2019ordre décroissant de fréquence: référence et bibliographie; choix et développement des collections; indexation (à égalité avec la précédente); administration; informatisation; classification (à égalité avec la précédente); catalogage, organisation des archives; conception / évaluation de langages documentaires; étude de clientèle (à égalité avec les deux précédentes).On peut comparer ce tableau avec leur choix de concentration lorsqu\u2019ils étaient à l\u2019EBSI: référence et communication (32.3%); informatique documentaire (18.8%); organisation et gestion (13.9%); traitement analytique (11.7%); sans concentration (mémoire) (6.3%); traitement descriptif (2.7%); milieu et usager (2.7%) [concentration suspendue].Voici, dans l\u2019ordre décroissant, les fonctions pour lesquelles ils s\u2019estiment les mieux préparés: indexation; référence et recherche bibliographique (à égalité avec la précédente); étude de clientèle; catalogage; choix et développement des collections; classification; conception et évaluation des langages documentaires; organisation des archives; administration; informatisation.Globalement les diplômés semblent satisfaits de leur formation, puisque la majorité des répondants seraient prêts à s\u2019inscrire à l\u2019École si c\u2019était à refaire.Analyse des résultats qualitatifs Sans les résultats quantitatifs, les données qualitatives fort nombreuses auraient été difficiles à synthétiser et auraient rendu la prise de décision plus ardue.Par contre, elles ont apporté un éclairage et une perspective indispensables aux données chiffrées.D\u2019après les employeurs, les diplômés de l\u2019EBSI sont assez appréciés.Ils savent gérer un système d\u2019information, ont des connaissances satisfaisantes et une bonne maîtrise des techniques de base; ils possèdent un certain bagage d\u2019expériences, en plus de faire preuve de bonne volonté.Bien sûr, on leur reproche de ne pas être pleinement opérationnels avant quelques mois et de ne pas s\u2019intégrer immédiatement à l\u2019organisation qui les embauche.Mais n\u2019est-ce pas inévitable?L\u2019employeur ne doit-il pas assumer sa part dans ce domaine?ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 19 En ce qui concerne ia sélection des candidats, les recommandations des employeurs consultés vont dans le même sens que les conclusions des études sur le marché de l\u2019emploi, notamment celles qui se sont faites par le dépouillement des offres d\u2019emploi.Il faut des gens polyvalents, dynamiques, dotés de leadership, d\u2019entrepreneurship, aimant travailler avec le public, ayant l\u2019esprit d\u2019équipe, sachant bien communiquer oralement et par écrit, capables de s\u2019adapter au changement, d\u2019innover, d\u2019être créateurs, ayant une bonne capacité d\u2019analyse et de synthèse, possédant un esprit curieux et ayant des aptitudes à la gestion.Or, nos diplômés seraient plutôt passifs.À la suite de ces consultations, nous avons pu dresser une liste de compétences souhaitées par les employeurs (Bernhard, 1988).Cette liste est partielle parce qu\u2019axée surtout sur la gestion, entre autres la gestion des nouvelles technologies, et c\u2019est normal étant donné le groupe d\u2019où elle provient.Mais quand on sait que 50% des diplômés déclarent occuper des fonctions de gestionnaires, il faut y accorder beaucoup d\u2019importance.Voici en vrac, les compétences requises: être capable de gérer les relations de travail et le personnel, de mener des entrevues de sélection, de manipuler et de gérer le matériel (contrats d\u2019entretien), de gérer des projets, d\u2019évaluer des services, d\u2019analyser les besoins, les systèmes, l\u2019automatisation, de gérer un secrétariat, les droits d\u2019auteur, de faire une planification stratégique et budgétaire.Ils doivent aussi être capables d\u2019agir comme conseillers, consultants, vendeurs.Il est clair que tout ceci ne peut être acquis à l\u2019École seulement.Quant au contenu du programme, les suggestions correspondent assez bien à ce qu\u2019avaient révélé nos revues de littérature et aussi en partie aux suggestions de modifications de programme qui avaient été acheminées au Comité des études, parfois depuis 1980.Elles rejoignent également, on s\u2019en rendra compte, les réponses des étudiants et des diplômés.Il est suggéré d\u2019inclure dans le programme: les nouvelles technologies, la création de bases de données, la synthèse et la structuration de l\u2019information, en particulier la rédaction et la présentation de toutes sortes de documents (rapports, notes de service, brochures, affiches, rapports statistiques, etc.), les études de besoin, la notion de service, le marketing et les relations publiques, la structure organisationnelle, l\u2019animation, la législation, le fonctionnement en réseaux, la réalité canadienne et québécoise.Il n\u2019est pas nécessaire que chacun de ces éléments fasse l\u2019objet d\u2019un cours au complet; il s\u2019agit plutôt de s\u2019assurer qu\u2019il figure dans l\u2019ensemble du programme.Pour la recherche, on met l\u2019accent sur la recherche appliquée, sur la rédaction de rapport, l\u2019évaluation de prestation d\u2019un service, la synthèse de la documentation, toutes choses qui sont pratiquées depuis le début des années 1980.Les méthodes pédagogiques suggérées visent en général une meilleure intégration de la théorie et de la pratique.La plupart sont d\u2019ailleurs déjà employées à l\u2019EB-Sl, mais peut-être ne sont-elles pas suffisamment généralisées ou tout simplement suffisamment publicisées.Il s\u2019agit d\u2019activités de consultation, d\u2019études de cas et de projets avec participation de professionnels.Pour les stages, on recommande de s\u2019inspirer de la formule coopérative de l\u2019Université de Sherbrooke, de repousser le stage à la fin des études, ce que nous avons fait depuis l\u2019an dernier.Un point paraît devoir mériter toute notre attention: le fait qu\u2019on ne perçoive pas spontanément la capacité de nos diplômés à occuper les postes des nouveaux marchés.Ils font plus figure de spécialistes de la documentation que de spécialistes de l\u2019information.Cela, en fait, découle directement des objectifs du programme de 1979.Et le futur programme a une toute autre orientation.Mais si l\u2019on doit en tirer une leçon, c\u2019est bien qu\u2019il ne faut en aucun cas laisser vieillir des objectifs de formation pendant une décennie! V.LA RÉVISION Munis de tous ces avis, de toutes ces données, nous avons entrepris la révision, de façon progressive en cours même d\u2019évaluation, puis de façon intensive du 24 octobre 1988 à la fin janvier 1989.En cours de route, la première enquête effectuée auprès des étudiants avait révélé quelques problèmes d\u2019ordre pédagogique auxquels il était possible de remédier immédiatement.Les professeurs et coordonnatrices de stages ont donc bénéficié de deux sessions organisées par le Service pédagogique sur les objectifs de cours et l\u2019évaluation des travaux des étudiants, en plus d\u2019une assistance personnalisée sur demande.Il est apparu très vite que, avant toute chose, l\u2019École devait se doter d\u2019une mission et énoncer sa philosophie de la formation professionnelle, ce que le Comité de la planification fit en collaboration avec le Comité des études et l\u2019Assemblée de l\u2019École.À la suite des différentes études, de nouvelles compétences furent proposées, avec les moyens appropriés pour les faire acquérir (nouveaux cours, modifications de cours existants, méthodes pédagogiques, formation sur le terrain après l\u2019obtention du diplôme, cours d\u2019éducation continue, etc.) et de nouveaux objectifs pédago- 20 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 giques pour l\u2019École furent rédigés.Les objectifs spécifiques suivirent et ils débouchèrent sur des propositions de cours.VI.DESCRIPTION DU NOUVEAU PROGRAMME Le nouveau programme (tableau 2) se situe dans la continuation du programme dispensé depuis 1979, mais il veut apporter des réponses précises à des questions qui y étaient déjà posées.Il accentue le développement des sciences de l\u2019information, il élargit la place de l\u2019informatique documentaire, il introduit des cours en technologies de l\u2019information, il apporte une solution au problème de la formation d\u2019archivistes professionnels dans le cadre du programme de maîtrise en bibliothéconomie et en science de l\u2019information.De nouveaux objectifs ont été élaborés.Certains s\u2019appliquent à l\u2019ensemble des diplômés, et d\u2019autres à certains d\u2019entre eux selon le profil ou la spécialisation suivie.Cette liste de treize objectifs du programme de maîtrise a servi de base à la refonte du programme (tableau 3).C\u2019est sur ces objectifs généraux que sont venus se greffer les objectifs de chaque cours, puis les contenus et les méthodes pédagogiques.La première année de maîtrise a toujours pour finalité d\u2019assurer une base de connaissances communes et d\u2019assurer des compétences minimales à tous les étudiants.Un nouveau cours s\u2019ajoute, en technologies de l\u2019information.La première année comprend donc maintenant dix cours pour un total de 28 crédits, soit Sciences et professions de l\u2019information (2 cr), Fondements de l\u2019archivistique 1 (3 cr), Clientèles et milieux (3 cr), Fonds documentaires (3 cr), Organisation des documents et de l\u2019information (3 cr), Analyse de l\u2019information (3 cr), Communication de l\u2019information (3 cr), Introduction à l\u2019informatique documentaire (3 cr) et Technologies de l\u2019information (2 cr).En deuxième année, les anciennes concentrations ont été abandonnées pour des profils (huit au total: Développement et gestion des fonds documentaires, Création et gestion de catalogues, Analyse de l\u2019information et bases de données, Repérage et diffusion de l\u2019information, Gestion des services et des ressources d\u2019information, Informatique documentaire et technologies de l\u2019information, Bibliothèques publiques, Milieu scolaire, et enfin un profil individualisé), avec, en plus, une spécialisation en archivisti-que.Les étudiants auront donc plus d\u2019options dans l\u2019orientation de leurs études.À l\u2019intérieur même des profils, les cours sont organisés en trois blocs dont au moins un permet un certain choix, contrairement au parcours rigide imposé par les anciennes concentrations.Les étudiants seront également davantage guidés grâce aux cours qu\u2019on leur recommande de suivre, en harmonie avec le profil choisi.Pour répondre aux connaissances et besoins particuliers de certains individus, surtout de ceux qui ont déjà fait un choix de carrière, l\u2019École a prévu un profil individualisé, géré par un professeur remplissant le rôle de conseiller pédagogique.D\u2019ailleurs, une politique de professeurs/conseillers pédagogiques a été établie pour l\u2019orientation des étudiants tout au long de leurs études de maîtrise.La spécialisation en archivistique permettra aux étudiants qui veulent devenir archivistes de ne suivre en deuxième année que des cours d\u2019archivistique, et de recevoir, à la fin de leurs études, une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l\u2019information, avec la spécialisation en archivistique, inscrite sur le libellé du diplôme.En deuxième année de maîtrise, quel que soit le profil ou la spécialisation, tous les étudiants devront suivre le cours Méthodes de recherche en sciences de l\u2019information (3 cr) et le stage (4 cr/24 jours) en rapport avec leur profil ou leur spécialisation.En deuxième année, l\u2019option recherche est maintenue.Par contre, le mémoire de maîtrise (20 cr) est remplacé par des travaux dirigés (12 cr), formule plus adaptée aux exigences d\u2019une formation professionnelle complète.Pour les deux années de maîtrise, le programme passe de 51 crédits (maîtrise avec cours) ou 53 crédits (maîtrise avec mémoire) à 56 crédits, soit 28 crédits en première année (comparativement à 27\tdans l\u2019ancien programme) et 28\tcrédits en deuxième année (comparativement à 24 ou 26 crédits).Voici quelques intitulés de cours que l\u2019on retrouve en deuxième année de maîtrise: Développement et gestion des collections; Conservation et restauration; Catalogage automatisé; Recherche documentaire automatisée (2 cours); Création de bases de données documentaires; Structures et fonctions des logiciels documentaires; Implantation et gestion de systèmes automatisés; analyse de l\u2019information et ordinateur; Thésaurus et bases de connaissances; Intelligence artificielle et systèmes experts; Télématique et réseaux; Économie de l\u2019information; Création, organisation et évaluation de bibliothèques spécialisées; Marketing des services d\u2019information; Institutions et documents officiels; Ressources et services d\u2019information en sciences; Ressources et services d\u2019information en sciences humaines et sociales; Ressources ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 21 ORGANISATION DU PROGRAMME DE MAITRISE EN BIBLIOTHECONOMIE ET SCIENCES DE L'INFORMATION IM Wl\tIM\t~ cm t- f- F- F- 33 e r> t\u2014 ncnen(ncDcncn< O « E E cm m m o ?_ _J -J _i _i _J _J CC en en en en en en .5 *M F\u2014 F- 2 * \u2022 CM F- F- > m en < =j«ncncncncnencn< lO lO O O O z O CM F\u2014 F- F\u2014 > > jj en en cq ^ O 22 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 VII.CONCLUSION Tableau 3 Objectifs de la maîtrise 1.À la fin de ses études, tout étudiant doit être en mesure de: 1.1\tManifester des attitudes en accord avec la philosophie de service et la déontologie qui gouverne toutes les professions de l\u2019information.1.2\tComprendre le contexte global et les principes du transfert de l\u2019information dans ses dimensions politiques, économiques et sociales.1.3\tComprendre le rôle et la fonction sociale de la bibliothèque, du service d\u2019archives et des autres services d\u2019information dans leur action culturelle, éducative et informationnelle.1.4\tComprendre les principes du développement des collections, ceux de l\u2019organisation et de la communication des documents et de l\u2019information, ainsi que les principes de gestion des bibliothèques, services d\u2019archives et autres services d'information.1.5\tConnaître les technologies utilisées pour la gestion de l\u2019information.1 6 Intégrer les connaissances, les habiletés et les attitudes acquises tout au long de sa formation.2.et, selon son profil ou sa spécialisation, de: 2.t Maîtriser les principes et les méthodes d\u2019évaluation, d\u2019acquisition et de conservation des documents et de l\u2019information.2.2\tIdentifier, analyser et évaluer les besoins et les comportements d\u2019information des différentes clientèles.2.3\tAppliquer les théories cognitives et linguistiques au traitement, à la représentation et à la communication de l\u2019information textuelle.2.4\tMaîtriser les principes et les méthodes spécifiques à l'organisation et au traitement des archives à des fins administratives et de recherche.2.5\tMaîtriser les principes et méthodes d\u2019organisation de l\u2019information en vue de la conception et de l\u2019implantation des systèmes d\u2019information.2.6\tRépondre aux besoins en information des différentes clientèles en fournissant cette information ou en guidant ces clientèles dans le repérage et l\u2019interprétation de celle-ci.2.7\tGérer un système ou un service d\u2019information en utilisant les principes et les méthodes de gestion appropriés.et services d\u2019information dans le domaine des affaires; Ressources et services documentaires en mi- lieu scolaire; Collections multimédias; Formation des utilisateurs; Bibliothèques publiques.Le nouveau programme constitue, croyons-nous, un réel progrès; il offrira aux étudiants à la fois plus de flexibilité et plus de diversité.Pour que les modifications au programme germent dans un milieu favorable et portent fruit, l\u2019EBSI devra agir sur plusieurs fronts à la fois: modifications du profil des étudiants, mise sur pied d\u2019un programme de formation continue, recrutement de professeurs dont les compétences sont adaptées aux nouvelles exigences de formation, meilleure interaction avec les milieux susceptibles d\u2019engager les diplômés, échanges plus nombreux avec les chercheurs des disciplines connexes, poursuite de l\u2019excellence dans les activités de recherche, adaptation continue des méthodes et outils pédagogiques.Dans le domaine des nouvelles technologies, l\u2019École a fait des progrès considérables et, dès l\u2019automne 1989, elle disposera de trente-trois micros-ordinateurs, cinq lecteurs de CD-ROM, une cinquantaine de logiciels généraux et spécifiques et dix bases de données sur CD-ROM.L\u2019aménagement dans les nouveaux locaux au printemps 1990 devrait encore améliorer les conditions matérielles.Des débats-midi sur des problématiques de recherche, un programme de conférences et le renforcement des moyens de communication avec les diplômés et la profession devraient aider à fournir un climat favorable à la confrontation des idées et à la créativité.Le Comité des études a déjà amorcé la mise en place de mécanismes d\u2019évaluation continue et y consacrera toutes ses activités en 1989-1990.Il faut que l\u2019EBSI puisse dorénavant s\u2019adapter plus rapidement et avec moins d\u2019à-coups.Déjà nous avons réalisé une maquette pour une banque de données d\u2019offres d\u2019emploi qui permettra de suivre l\u2019évolution des besoins du marché, nous ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 23 avons prévu une harmonisation des mécanismes d\u2019évaluation pour satisfaire à la fois les exigences de l\u2019American Library Association, de l\u2019Université de Montréal et du marché du travail.Nous sommes en train d\u2019étudier la possibilité d\u2019utiliser en partie les différents questionnaires d\u2019évaluation mis au point pour sonder régulièrement les étudiants, les diplômés et les superviseurs de stages.Il nous faudra améliorer considérablement nos outils d\u2019évaluation de renseignement et maintenir à jour certains dossiers: programmes d\u2019études des écoles semblables à la nôtre, évolution du marché de l\u2019emploi, écrits sur l\u2019enseignement et la recherche dans notre domaine.Et nous entendons aussi consulter régulièrement les professionnels.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Bernard Paulette, 1988.Rencontre avec les employeurs - Document de synthèse.Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, 1988.7 P Bertrand-Gastaldy, Suzanne, 1988a.Liste des modifications apportées au programme de 2e cycle depuis 1979.Collab.Leila Naufal.Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, octobre 1988.11 p.Bertrand-Gastaldy, Suzanne, 1988b.Les besoins du marché de l\u2019emploi.Collab.Renaud Lessard.Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, 21 octobre 1988.23 p.Bertrand-Gastaldy, Suzanne, 1998c.Tableaux synoptiques des résultats des questionnaires étudiants et diplômés -Besoins de modifications (cinq tableaux).Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, 23 octobre 1988.29 p.CBPQ, 1987.La pratique professionnelle: tâche du bibliothécaire professionnel.Montréal: Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, Comité des conditions d\u2019exercice de la profession, 1987.7 p.CBPQ, 1988.La situation du bibliothécaire professionnel au Québec, telle que perçue par un groupe d'experts, do- cument-synthèse des résultats de la consultation conduite de janvier 1988 à mai 1988, soumis au Conseil d'administration de la CBPQ par le groupe de travail ad hoc sur l'évaluation du bibliothécaire professionnel.Mai 1988 21 p.Couture, Carol, 1988.Comparaison d'exigence d\u2019évaluation de programmes de formation.Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information, avril 1988 20 p.Cronin, Biaise, 1982.The education of library-information professionals: a conflict of objectives.London: Aslib, 1982.20 p.Cyr, Jean-Marc, 1987a.Quelques points forts et points faibles du programme de maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l'information et certaines suggestions en vue d'en améliorer la qualité: document de travail.Montréal: Université de Montréal, Service pédagogique, mai 1987.64 p.Cyr, Jean-Marc, 1987b, Analyse d\u2019incidents critiques en rapport avec le programme de maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l\u2019information.Montréal:\tUniversité de Montréal, Service pédagogique, mai 1987.6 p.Cyr, Jean-Marc, 1988a.Objets et questions d'évaluation.Préoccupation des membres du Comité des études et de l'Assemblée de l'École à l'égard du programme de maîtrise.Montréal: Université de Montréal, Service pédagogique, février 1988.50 p.Cyr, Jean-Marc, 1988b.Le point de vue des étudiants sur le programme de maîtrise de l'École de bibliothéconomie et les sciences de l'information.Document de travail.Montréal: Université de Montréal, Service pédagogique, octobre 1988.172 p.Cyr, Jean-Marc, 1988c.Le point de vue des diplômés sur le programme de maîtrise de l\u2019École de bibliothéconomie et les sciences de l'information.Document de travail.Montréal: Université de Montréal, Service pédagogique, octobre 1988.186 p.Cyr, Jean-Marc et Paulette Bernhard, 1988a.Questionnaire d\u2019évaluation du programme de maîtrise à l\u2019intention des étudiants de Maîtrise I et de Maîtrise II, Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information / Service pédagogique.Université de Montréal, mars 1988.15 p.Cyr, Jean-Marc et Paulette Bernhard, 1988b.Questionnaire d'évaluation du programme de maîtrise à l'intention des diplômés.Montréal, Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information / Service pédagogique, juin 1988.9 p.EBSI, 1988.Guide de l'étudiant 1988 1989.Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l'information.139 p.Griffith, José-Marie et Donald W.King, 1986.New directions in library and information science education.West-port (Conn.): Greenwood Press / American Society for Information Science, 1986.456 p.Harris, Roma M.et Joanus Reid, 1988.Career opportunities in library and information science:\tAn\tAnalysis of Canadian job advertisements in the 1980's, Canadian Journal of Information Science, vol.13 (Septembre 1988), pp.17-29.Lajeunesse, Marcel, 1987.L\u2019École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information de l'Université de Montréal: un quart de siècle de formation des professionnels de l\u2019information (1961-1986), Argus, vol.16, no 1 (mars 1987), pp.3-8.Messier, Réal et Jean-Marc Cyr, 1977.Description des principales données recueillies par l'Analyse de besoins réalisée par l'École de bibliothéconomie de l'Université de Montréal.Montréal: Université de Montréal, mai 1977.198 p.Moore, Nick, 1987.The emerging markets for librarians and information workers.London: British Library, 1987.162 p.Munger, Denys, 1973/1974.Liste des tâches professionnelles du bibliothécaire.Argus, vol.2, no 4, (mai-août 1973), pp.65-68; Argus, vol.3, no 6, (nov.-déc.1974), pp.70-73.Naufal, Leila et Suzanne Bertrand-Gastaldy, 1988.Propositions de modifications à apporter au programme, formulées au Comité des études depuis 1979.Montréal: Université de Montréal, École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, octobre 1988.5 p.et annexes.Perennou-Soenen, Hélène, 1984.Le marché de l'emploi des professions de la documentation.Thèse de doctorat, Paris: Université de droit, d\u2019économie et de sciences sociales (Paris II), Institut français de Presse et de sciences de l\u2019informatique, 1984.Reicher, Daniel et Marcel Lajeunesse, 1979.Le nouveau programme de maître à l'École de bibliothéconomie: genèse et organisation, Argus, vol.8, nos 3-4 (mai-août 1979), pp.43-48.?Argus est saisi et mis en page par: Créations VMC Enr.(514)441-4913 24 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 Le contexte législatif de la pratique professionnelle des bibliothécaires au Québec Céline Amnotte Directrice des services documentaires Martineau et Walker L\u2019auteur dresse un tableau des principales lois ayant une incidence directe ou indirecte sur la pratique professionnelle quotidienne des bibliothécaires au Québec.Cet impact est analysé sous trois aspects: le bibliothécaire face à sa profession, le bibliothécaire dans son milieu de travail, et face à ses usagers et à la société.Tous les secteurs professionnels sont abordés et l\u2019accent est mis sur les services aux usagers.Cette brève analyse s\u2019ouvre enfin sur une perspective plus globale du bibliothécaire dans la société.The author presents a study of the most important laws affecting librarians in their daily professional practice in Quebec.Their impact is analysed at three different levels: the librarian and his profession, the librarian in his work environment and finally his interaction with library users and society.All professional areas are analyzed and a special emphasis is placed on services to users.This brief analysis is finally expanded to the wider perspective of the librarian and society.Comme nous le remarquons tous, les lois et les règlements sont de plus en plus présents dans notre société.Plus d\u2019un facteur concourent à créer cet état de fait: l\u2019intervention croissante de l\u2019État dans de nombreux secteurs, l\u2019adoption de lois socialisantes comme la Loi de protection du consommateur ou la Loi sur l\u2019as-surance-automobile, le plus grand rôle des cours depuis l\u2019avènement des Chartes des droits de la personne, la présence des média et la récente augmentation des poursuites contre divers professionnels.Il importe donc, comme citoyen et plus particulièrement comme bibliothécaire professionnel, d\u2019apprendre à se retrouver dans ce dédale plutôt rébarbatif au premier coup d\u2019oeil.Cet article vise à donner un aperçu des principales lois et réglementations touchant directement ou indirectement la pratique quotidienne des bibliothécaires professionnels.Il ne prétend pas être exhaustif - ce qui risquerait d\u2019être long et fastidieux - ni constituer un essai sur l\u2019avenir de tel ou tel domaine du droit.Nous examinerons d\u2019abord les principales lois concernant le bibliothécaire professionnel face à sa profession, ensuite dans son milieu de travail, et enfin face à ses usagers et à la société.I.LE BIBLIOTHÉCAIRE ET SA PROFESSION La Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec a été constituée par une loi adoptée en 19691.Cette loi établit les fonctions du bibliothécaire professionnel, les buts de la Corporation, les qualités académiques requises pour les membres et autorise la Corporation à adopter des règlements pour la conduite de ses affaires.Certains règlements concernant l\u2019admission des membres, les cotisations et les qualités exigées, doivent être adoptés en assemblée générale et publiés dans la Gazette officielle du Québec.Par exemple, l\u2019assemblée générale du congrès de mai 1989 a voté une modification au règlement concernant les membres titulaires et associés, ainsi que les cotisations.Cette modification au règlement a été publiée dans la Gazette officielle du Québec, partie 2, du 19 juillet dernier2.La loi constituant la Corporation réserve le titre de bibliothécaire professionnel aux membres de la Corporation et prévoit des peines pour quiconque enfreint cette disposition.En vertu des articles 7c et 7h de la Loi, la Corporation a adopté des règlements de régie interne, concernant notamment les dirigeants, les finances, les comités et les élections.Ces règlements doivent être ratifiés par l\u2019assemblée générale.En plus du règlement concernant les membres, la Corporation a adopté un code d\u2019éthique professionnelle, lequel a été enrichi par un code de déontologie, préparé par un comité de la Corporation et présenté au congrès de 1978.Ce code établit les devoirs et obligations du bibliothécaire envers la société, le client et la profession.Le comité des conditions d\u2019exercice de la profession de la Corporation a rédigé un manuel des tâches du bibliothécaire.Celles-ci sont organisées autour des axes suivants: administration, gestion des ressources documentaires, organisation et traitement des ressources documentaires, diffusion de l\u2019information documentaire, enseignement et recherche, développement de la profession et ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 25 perfectionnement, consultation et gestion de la documentation administrative.Un dernier aspect réglementant notre pratique professionnelle est celui de l\u2019agrément des écoles de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information par l\u2019American Library Association.Cet agrément du programme de maîtrise de nos écoles oblige celles-ci à tendre vers l\u2019excellence dans la formation de leurs diplômés et invite la profession à se renouveler.II.LE BIBLIOTHÉCAIRE ET SON MILIEU DE TRAVAIL A.Lois du travail Quelque soit son milieu de travail, le bibliothécaire doit composer avec un certain nombre de lois et de règlements, notamment avec des lois du travail, parfois complexes.Le Code du travail du Québec3, le Code canadien du travail4, la Loi sur les normes du travail5, la Loi sur la santé et la sécurité du travail6, la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles7 ne sont que les principales lois s\u2019appliquant à l\u2019ensemble des secteurs.Les notions de santé et sécurité au travail semblent peut-être éloignées de nos préoccupations.Pourtant, qu\u2019il suffise de songer au retrait préventif des employées enceintes travaillant devant des écrans cathodiques.Une telle mesure oblige alors le bibliothécaire responsable à revoir l\u2019organisation des tâches de son équipe pour une période donnée et, selon le personnel disponible, peut parfois entraîner l\u2019abandon d\u2019un service pour un certain temps.Quant à la Loi sur les normes du travail, elle constitue une pièce majeure de nos lois du travail, en ce sens qu\u2019elle s'applique à tous les travailleurs, syndiqués ou non.Elle régit notamment la durée du travail, et le droit à des congés annuels payés8.Il est nécessaire de souligner qu\u2019en vertu de notre régime fédéral, les parlements fédéral et provincial peuvent avoir tous deux compétence pour agir en matière de relations de travail.Cependant, ia province a généralement juridiction en matière de relations de travail.Toutefois, la compétence fédérale s\u2019impose, par exemple dans une entreprise dont l\u2019activité principale est de juridiction fédérale, comme les télécommunications.Dans le secteur public, les conventions collectives sont le moteur de toute l\u2019organisation du travail, tant au niveau des tâches, qu\u2019au niveau des salaires et de l\u2019embauche par exemple.En plus des lois mentionnées précédemment, une foule de lois et de règlements viennent régir les fonctions publiques et leurs struc- tures administratives, les activités syndicales, les conventions collectives, les négociations et les conflits de travail, sans parler des décrets et des lois spéciales.Pour terminer, rappelons que d\u2019autres lois importantes ont des incidences directes sur nos milieux de travail.Mentionnons notamment la Charte de la langue française9 pour ce qui concerne la francisation des entreprises par exemple, les Chartes des droits de la personne pour les questions de discrimination et de harcèlement sexuel10,11, la Loi sur la sécurité dans les édifices publics12 au chapitre des normes que l\u2019employeur doit respecter, la Loi sur la Fête nationale13 pour les congés fériés, la Loi assurant l\u2019exercice des droits des personnes handicapées14 qui précise les obligations de l\u2019employeur vis-à-vis ses NCR CANADA LTEE DIVISION DE TRAITEMENTS D\u2019IMAGES Des solutions qui vous feront économiser espace, temps et argent ?\tMICROFICHE ?\tMICROFILM ?\tIMPRESSION AU LASER ?\tÉQUIPEMENTS ?\tFOURNITURES \u2022 NCR \u2022 CANON \u2022 FUJI \u2022 XIDEX \u2022 MINOLTA \u2022 \u2022 AGFA \u2022 RING KING \u2022 POUR PLUS D\u2019INFORMATION: 1675, Trans-Canada Dorval, Québec H9P 1J2 Montréal: (514) 684-9760 Extérieur: (514) 336-2311 26 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 employés, les programmes d\u2019accès à l\u2019égalité autorisés par les Chartes et établissant une discrimination positive pour certaines catégories d'employés éventuels, comme les femmes ou les minorités ethniques.B.Secteurs de pratique professionnelle Dans chacun de nos secteurs de pratique professionnelle, d\u2019autres lois, normes ou règlements interviennent pour régir de nombreux aspects de notre travail.Dans les bibliothèques municipales, les structures et les normes administratives déterminent souvent l\u2019existence même d\u2019une bibliothèque, sinon à tout le moins son fonctionnement.En effet, aucune loi ni aucun règlement n\u2019oblige une municipalité à établir une bibliothèque, encore moins d\u2019engager un bibliothécaire pro- fessionnel.En vertu du Code municipal du Québec, article 524, sous la section VII intitulée «De l\u2019aide à l\u2019agriculture, à l\u2019horticulture et aux établissements de charité» (!), les municipalités sont autorisées à adopter des règlements pour établir et/ou maintenir des bibliothèques publiques15.Le volume et la complexité de cette réglementation varieront selon la taille de la municipalité et l\u2019importance qu\u2019y accorderont les élus municipaux.La Loi sur les cités et villes16 autorise également les conseils municipaux à créer des bibliothèques publiques et à les maintenir.Le fonctionnement, le financement et la gestion des bibliothèques municipales, de même que l\u2019embauche du personnel y oeuvrant, relèvent donc de la discrétion des conseils municipaux.Les bibliothèques publiques, de façon plus générale, sont régies par la Loi sur les bibliothèques publiques17, laquelle a institué la Commission des bibliothèques publiques du Québec, ses devoirs et fonctions.Les Bibliothèques nationales du Canada et du Québec18,19, de même que la Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale20 et celle du Parlement du Canada21 font l\u2019objet de dispositions particulières.La Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec a été modifiée en 1988, et les modifications sont entrées en vigueur en avril 1989.Elles visaient à constituer la Bibliothèque nationale en corporation, la désignant comme mandataire du gouvernement et établissant ses fonctions.Mentionnons enfin les règlements sur le dépôt légal, tant fédéral que provincial, adoptés en vertu de la Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec22 et de la Loi sur la Bibliothèque nationale du Canada .L'INDISPENSABLE ! Bibliothèque administrative Québec fldminutration \u2022t gaition Communication, at informatique Education Québec ss Nouveautés de la Bibliothèque administrative Pour être au courant des dernières publications en administration et gestion, communication et informatique, droit, éducation et travail, acquises par la Bibliothèque administrative, il vous faut Nouveautés de la Bibliothèque administrative.Abonnement annuel comprend 12 numéros.40$ Abonnement et information Les Publications du Québec Service à la clientèle - Abonnement 7 chemin Bates Ville d\u2019Outremont (Québec) H2V 1V6 Tél : (514) 270-7172 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 27 Les bibliothèques publiques et nationales sont, à l\u2019instar des bibliothèques municipales, également régies par des normes administratives et gouvernementales qui ont un impact important sur leur développement.Par exemple, les documents administratifs pour les subventions aux bibliothèques, les normes pour les bibliothèques d\u2019hôpitauxv les exigences du Secrétariat d\u2019Etat pour l\u2019alphabétisation.Jusqu\u2019en juillet 1989, les bibliothèques scolaires relevaient de l\u2019article 475 de la Loi sur l\u2019instruction publique, lequel donnait aux commissions scolaires l\u2019autorisation d\u2019assumer le coût de l\u2019établissement, du maintien et du développement des bibliothèques scolaires.La nouvelle loi sur l\u2019instruction publique, adoptée en 1988 et entrée en vigueur en juillet 1989, ne contient aucune disposition précise sur les bibliothèques scolaires24.Elles sont gérées par l\u2019article 472 concernant les règles budgétaires sur les dépenses de fonctionnement des commissions scolaires, et les articles 230 et 7 qui traitent des manuels scolaires et du matériel didactique devant être mis gratuitement à la disposition des élèves par les commissions scolaires.Ces nouvelles dispositions confèrent aux bibliothèques scolaires un statut encore plus précaire qu\u2019auparavant.Des commissions d\u2019étude, telles la Commission Sauvageau sur les bibliothèques publiques et la Commission Bouchard sur les bibliothèques scolaires, ont établi le portrait, plutôt alarmant, de la situation dans leur secteur respectif et tentent d\u2019amener les gouvernements à légiférer dans le sens du développement de nos bibliothèques.Ces commissions et autres projets sont importants car ils permettent d\u2019obtenir un consensus du milieu sur certaines recommandations et de donner ainsi l\u2019heure juste aux différents intervenants.La Loi sur les archives nationales du Canada, telle que modifiée en 1987, établit la mission de cet organisme, soit essentiellement de conserver les documents privés et publics d\u2019importance nationale et d\u2019en favoriser l\u2019accès25.Au Québec, la Loi sur les archives concerne également les archives publiques et privées, et définit les organismes réputés publics ainsi que leurs obligations quant à la gestion des documents26.Ces dispositions tant fédérales que provinciales, ont un impact certain sur la pratique des bibliothécaires oeuvrant dans les organismes publics.Pour terminer ce court chapitre sur le secteur public, ajoutons que la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre27 oblige tout organisme public à effectuer ses acquisitions auprès de libraires agréés, en vertu de deux règlements de cette même loi28,29.Dans le secteur privé, secteur où les services documentaires sont appelés à une grande croissance, aucune loi n\u2019intervient directement dans le travail des bibliothécaires, comme c\u2019est le cas des professionnels oeuvrant dans les bibliothèques municipales ou scolaires par exemple, sauf bien sûr en ce qui concerne les lois du travail et les lois régissant les relations entre le professionnel, ses usagers et la société, dont nous parlerons plus loin.Ce sont plutôt les lois du marché qui s\u2019appliquent, à l\u2019échelle de nos services bien sûr.Il importe alors de bien connaître les structures administratives, la culture de l\u2019organisation et les priorités de la direction, et de tenter alors de faire la promotion des intérêts de notre bibliothèque.Rappelons enfin que l\u2019aménagement des bibliothèques est régi par la Loi sur la sécurité dans les édifices publics, ainsi que par diverses normes administratives des organisations et des gestionnaires des édifices.Soulignons enfin l\u2019existence de la Loi sur les produits dangereux30 en vertu de laquelle des employés peuvent exiger de connaître la nature des produits fabriqués ou conservés dans l\u2019édifice où est située la bibliothèque.III.LE BIBLIOTHÉCAIRE, SES USAGERS ET LA SOCIÉTÉ Le bibliothécaire, par ses fonctions de sélection, d\u2019organisation et de diffusion de l\u2019information, est plus particulièrement touché par un ensemble de lois ayant un impact sur sa pratique professionnelle.Les lois québécoise et canadienne sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels31,32,33 concernent le bibliothécaire sous plusieurs rapports.D\u2019abord, si le professionnel pratique dans le domaine public ou para-public, il a le devoir de rendre accessibles les documents devant l\u2019être pour tous les usagers.Par exemple, un bibliothécaire oeuvrant dans une société d\u2019état ne peut refuser l\u2019accès à un document à un citoyen qui en fait la demande, sauf bien sûr pour les documents classés confidentiels.D\u2019autre part, un bibliothécaire travaillant dans le secteur privé ou dans un organisme autre que celui ayant produit le document recherché doit faire en sorte d\u2019obtenir ce document.Au chapitre de la protection des renseignements personnels, nous sommes concernés étant donné les informations personnelles dont nous disposons sur nos usagers.Ces notions font appel au droit à la protection de la vie privée et de la liberté d\u2019expression dans le choix de ses lectures et activités.Plusieurs cas éclairants à ces égards sont survenus aux États-Unis.Notons par exemple, une bibliothèque du Colorado à laquelle la police avait demandé 28 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 de contribuer à l\u2019enquête concernant l\u2019individu accusé d\u2019avoir tenter d\u2019assassiner le Président Reagan en 1980, en dévoilant les habitudes de lecture de celui-ci, ou encore l\u2019utilisation des dossiers des usagers de certaines bibliothèques par des agents du FBI durant les années 60 pour découvrir des informations concernant des opposants à la guerre du Vietnam34.À l\u2019instar de l\u2019Ame-rican Library Association, qui a adopté une politique à ce sujet, les professionnels québécois doivent réfléchir à cette question de la protection de la vie privée des usagers et de la liberté d\u2019expression.Face à nos usagers, nous sommes tenus, en vertu de notre code de déontologie, au secret professionnel, tant au niveau des renseignements personnels qu\u2019au niveau des demandes de référence.À cette exigence du secret professionnel peut s\u2019ajouter, selon l\u2019organisation ou l\u2019entreprise où pratique le bibliothécaire, l\u2019aspect confidentialité des dossiers, particulièrement dans des secteurs compétitifs, comme les affaires ou la recherche scientifique.Les délicates questions de censure, de diffamation, de littérature haineuse ou de propagande nous concernent tous, dans la mesure où l\u2019information constitue notre matière première.Il faut toujours avoir ces notions à l\u2019esprit dans le développement de nos collections et la diffusion de nos services afin d\u2019éviter d\u2019éventuelles poursuites en responsabilité pour diffamation, ou des poursuites invoquant une atteinte aux droits et libertés.Ces questions peuvent paraître loufoques à plusieurs, mais la profusion d\u2019informations et d\u2019opinions contradictoires dans notre société ne nous mettent pas à l\u2019abri de tels événements.Nous avons évoqué à quelques reprises déjà le rôle grandissant des Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.Nous devons en tenir compte tant dans les relations de travail, pour éviter toute situation de discrimination, que dans nos relations avec les usagers, peut-être plus particulièrement dans les bibliothèques publiques et scolaires, où les clientèles proviennent de multiples horizons.PIERRE 1AROCHELLE 615, 4ème RUE SHAWINIGAN, QC G9N 1G9 (819) 537-1617 1-800-567-9373 - SPÉCIALISTE EN RELIURE DE LIVRES DE BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES - LAMINAGE DE CARTE GÉOGRAPHIQUE OU TOUT AUTRE DOCUMENT (SANS LIMITE DE GRANDEUR) - SERVICE RAPIDE -\tPRIX COMPÉTITIFS -\tNOUS EMPLOYONS TOUJOURS DES MATÉRIAUX DE PREMIÈRE QUALITÉ Depuis 2d ans, nous offrons un service de qualité à travers toute la province.Q).\t, fités.ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 29 La Loi canadienne sur le droit d\u2019auteur35 mérite à elle seule de longues et sérieuses analyses.Qu\u2019il suffise de mentionner son impact dans notre pratique quotidienne au chapitre de l\u2019utilisation des informations obtenues par des recherches sur des banques de données, des innombrables photocopies faites dans nos différentes institutions et de la disponibilité de logiciels dans certaines bibliothèques.La nouvelle loi sur le droit d\u2019auteur, adoptée en 1988, a conservé la notion «d\u2019utilisation équitable» des oeuvres dans les bibliothèques, maintenant notre rôle de diffuseur de l\u2019information dans une zone grise un peu difficile à soutenir face aux créateurs.Cette loi modifiée ouvre la porte aux nouvelles technologies, telle l\u2019informatique et les supports audio-visuels.Il reste à souhaiter que le gouvernement canadien parvienne à trouver une manière équitable de respecter les droits des créateurs et ceux des citoyens d\u2019avoir accès à l\u2019information.D\u2019autre part, les bibliothécaires doivent bien connaître la protection contenue dans les contrats signés avec les serveurs de banques de données et les producteurs de logiciels.Cette protection contractuelle est souvent la seule garantie des diffuseurs et des créateurs.Un des éléments importants de la nouvelle Loi sur le droit d\u2019auteur est l\u2019utilisation des oeuvres des écrivains dans les bibliothèques.La Commission canadienne de droit du prêt public verse aux écrivains, depuis trois ans maintenant, une compensation financière pour l\u2019utilisation de leurs oeuvres dans les bibliothèques publiques et universitaires, par le biais de sociétés de gestion collective formées par les auteurs.Des bibliothèques anglophones et francophones, représentatives de ces deux secteurs, ont été choisies et collaborent avec la Commission pour compiler ces informations.Une autre question, concernant plus particulièrement les bibliothèques de droit, est celle de l\u2019admissibilité en preuve devant une Cour de documents sur microfiches ou d\u2019imprimés d\u2019ordinateur.De plus, un bibliothécaire peut être amené à signer un affidavit confirmant avoir fait une recherche sur telle banque de données, à telle date.À plusieurs égards, le législateur a été dépassé par l\u2019évolution très rapide de la technologie informatique et cette situation a créé certains vides juridiques.Cette faiblesse de la législation nous concerne tous, considérant notre utilisation croissante de la technologie dans nos milieux respectifs et les difficultés que nous rencontrons par exemple dans la question du droit d\u2019auteur sur les logiciels, la disponibilité d\u2019informations sur nos usagers ou l\u2019utilisation des banques de données.EN CONCLUSION Bien d\u2019autres questions auraient pu être abordées dans cet article.Il s\u2019agissait plutôt de faire succinctement un portrait de la situation législative dans laquelle évoluent les bibliothécaires professionnels au Québec, et de souligner l\u2019importance de l\u2019environnement législatif dans notre pratique.Nous avons tenté de traité les éléments les plus importants sans alourdir cette brève analyse par trop de détails.L\u2019essentiel est d\u2019être sensibilisé à l\u2019importance des lois et de demeurer à l\u2019affût de l\u2019actualité et de révolution de notre législation.En effet, tout tableau de nos lois, aussi exhaustif soit-il, ne sera plus valable dans quelques mois, voire quelques semaines.Les secteurs de l\u2019information, des communications et de la culture en général évoluent rapidement dans nos sociétés.Il serait souhaitable que tous les intervenants du milieu de l\u2019information et des bibliothèques, les associations professionnelles et les autres groupes de pression travaillent ensemble pour influencer révolution des lois qui nous gouvernent.Les bibliothécaires ne peuvent se permettre de laisser passer les Gazettes officielles s\u2019ils veulent participer à ces changements et, surtout, y contribuer.SOURCES 1.\tLoi constituant la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec, L.Q.1969, c.105.2.\tRèglement modifiant le règlement concernant les membres, G.O.Q.1989.11.3538.3.\tCode du travail, L.R.Q., c.C-27.4.\tCode canadien du travail, L.C., c.L-2.5.\tLoi sur les normes du travail, L.R.Q., c.N-1.1.6.\tLoi sur la santé et la sécurité du travail, L.R.Q., c.S-2.1.7.\tLoi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, L.R.Q., c.A.-3.001.8.\tBrière, Jean-Yves, Clermont, Yves.Loi annotée sur les normes du travail.Québec: Publications du Québec, 1988.9.\tCharte de la langue française, L.R.Q., c.C-11.10.\tCharte des droits et libertés de la personne, L.R.Q., c.C-12.11.\tCharte canadienne des droits et libertés, Partie I de la Loi constitutionnelle de 1982, constituant l\u2019annexe B de la Loi de 1982 sur le Canada, (R.U.), 1982, c.11.12.\tLoi sur la sécurité dans les édifices publics, L.R.Q., c.S-3.13.\tLoi sur la Fête nationale, L.R.Q., c.F-1.1.14.\tLoi assurant l\u2019exercice des droits des personnes handicapées, L.R.Q., c.E-20.1.15.\tCode municipal, L.R.Q., c.C-27.1.30 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 16.\tLoi des cités et villes, L.R.Q., c.C-19.17.\tLoi sur les bibliothèques publiques, L.R.Q., c.B-3.18.\tLoi sur la Bibliothèque nationale du Canada, L.C., c.N-12.19.\tLoi sur la Bibliothèque nationale du Québec, L.R.Q., c.B-2.1.(modif.par L.Q., 1988, c.42).20.\tLoi sur l\u2019Assemblée nationale, L.R.Q., c.A-23.1.21.\tLoi sur le Parlement du Canada, L.C., c.P-1.22.\tRèglement sur le dépôt légal, R.R.Q., c.B-2, r2.23.\tRèglement sur le dépôt de livres à la Bibliothèque nationale, C.R.C., Vol.XII, c.1109, p.8981.24.\tLoi sur l\u2019instruction publique, L.R.Q., c.1-13.3 (modif.par L.Q., 1988, C.84) 25.\tLoi sur les archives nationales du Canada, L.C., 1987, c.1.26.\tLoi sur les archives, L.R.Q., c.A-21.1.27.\tLoi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, L.R.Q., c.D-8.1.28.\tRèglement sur l\u2019agrément des librairies, R.R.Q., c.D-8.1, r.4.29.\tRèglement sur l\u2019acquisition de livres par certaines personnes dans les librairies agréées, R.R.Q., c.D-8.1, r.1.30.\tLoi sur les produits dangereux, L.C., c.H-3.31.\tLoi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, L.R.Q., c.A-2.1.32.\tLoi sur l\u2019accès à l\u2019information, L.C., c.A-1.33.\tLoi sur la protection des renseignements personnels, L.C., c.P-21.34.\tB.M.Kennedy, «Confidentiality of Library Records: A Survey of Problems, Policies, and Laws», (1989) 81 Law Library Journal 731, à la p.734.35.\tLoi sur le droit d'auteur, L.C., c.C-42; L.C.1988, c.15.Abréviations:\t C.R.C.:\tCodification des règlements du Canada G.O.Q.:\tGazette officielle du Québec L.C.:\tLois du Canada L.R.Q.:\tLois refondues du Québec R.R.Q.:\tRèglements refondus du Québec ?\t \t \t (periodica) AGENCE INTERNATIONAL INTERNATIONALE SUBSCRIPTION D\u2019ABONNEMENTS AGENCY \u2022\tEntreprise canadienne-française.\u2022\tService professionnel d\u2019abonnement.\u2022\tGestion informatisée.\u2022\tService personnel aux collectivités.1155, avenue Ducharme, Outremont, Qué., H2V 1E2 C.P.444, Outremont, Qué., H2V 4R6 Tél.: (514) 274-5468 Fax: (514 ) 274-0201 Pour le Québec et TOutaouais: 1-800-361-1431 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 31 Conférence Les bibliothécaires en otage?* Benoît Lacroix Chercheur associé, Institut québécois de recherche sur la culture L\u2019avantage pour une conférence d\u2019ouverture est qu\u2019elle sera corrigée au besoin par les travaux qui vont suivre.Après 20 ans d\u2019expérience vous en avez entendu bien d\u2019autres.Ce soir, vous avez affaire à un historien de la culture populaire.Or les historiens ont la célèbre réputation de réveiller les morts mais.pour mieux endormir les vivants.Quand même! L\u2019ancien professeur d\u2019histoire du livre que je fus durant 10 ans à L\u2019École des bibliothécaires (c\u2019était son nom) à l\u2019Université de Montréal m\u2019invite à vous poser une question tendancieuse: seriez-vous, comme par hasard, en tant que professionnel du LIVRE, en OTAGE?C\u2019est-à-dire retenus, gardés, surveillés, prisonniers d\u2019une nouvelle culture technique et sur-informatisée, plus visuelle que livresque, plus orale même qu\u2019écrite.Alors le livre, malgré lui, serait peu à peu renvoyé à l\u2019ar-rière-scène, peut-être même ici et là sacrifié à des administrations armées, à des budgets totalitaires qui vous tiennent enchaînés.Est-ce exagéré d\u2019employer un tel vocabulaire?Sans faire de crise de jalousie, n\u2019est-il pas étonnant que stades et musées - et je pense à la Pyramide du Louvre -obtiennent de plus en plus la part du lion?Assistons-nous au * Il s\u2019agit du texte de la conférence d\u2019ouverture réalisée le 25 mai 1989 dans le cadre du 20e Congrès annuel tenu au Château Mont Ste-Anne à Beaupré.Ce texte n\u2019a pas été soumis au Comité de lecture.triomphe définitif de la culture visuelle?À l\u2019âge du vidéo-clip, du vidéo-disque, du film en série, du logiciel, des écrans de toutes catégories, comment encore parler du livre et de l\u2019imprimé avec enthousiasme?De toute façon, n\u2019y a-t-il pas déjà trop de livres publiés sans être lus?Le fait que l\u2019écrit change de support, que le premier responsable du livre, le bibliothécaire, doive composer avec les sciences de lïnformation, que les bibliothèques publiques ainsi que les maisons de la culture conservent enregistrements sonores et images, qu\u2019elles organisent des activités culturelles variées, tout cela ne signifie-t-il pas que la profession doive changer de nature, ce qui serait pire encore qu\u2019être simple otage de la nouvelle culture1.Il arrive que le livre subisse une autre attaque subtile, celle dont parlait dernièrement le penseur américain Allan Bloom.Voici un texte révélateur d\u2019une certaine forme de culture à l\u2019horizon, et je le cite en sachant que les «masculinités» et «ségrégationnistes», qui écoutent ne seront pas nécessairement d\u2019accord.Mais pour un historien de la culture, qu\u2019il le veuille ou non, la citation est inévitable: «Vrais dépositaires de l\u2019antique structure du pouvoir qu\u2019ils enseignent au moyen des textes sacrés., les livres sont importants mais en tant qu\u2019ennemis à abattre.Les livres que nous lisons sont tous écrits par des mâles occidentaux blancs et ce sont des instruments de domination des femmes, des gens de couleur; ils représentent le pouvoir dominant du colonialisme et de l\u2019impérialisme.Il faut les démonter pour en révéler les secrètes volontés de puissance de leurs auteurs.» Comment les remplacer?Allan Bloom prévoit malicieusement: «Par les exercices de croissance personnelle maintenant à la mode et de préférence dans une perspective exotique»2.LE LIVRE ENTRE-T-IL DANS UNE ÈRE NOUVELLE?«Après les règnes successifs du livre roulé (le volumen, depuis le llle millénaire av.J.-C.) et du livre plié en cahiers (le codex, apparu dans les premiers siècles ap.J.-C.), voici le livre affiché sur écran, à l\u2019aube du llle millénaire.Un bouleversement plus radical que ne le furent, dans l\u2019histoire du codex, l\u2019adoption d\u2019une écriture cursive, la diffusion du papier de chiffons, voire à l\u2019invention de l\u2019imprimerie: le texte, séparé de son support, circule à travers le monde à la vitesse foudroyante des télécommunications.La nouvelle technique a déjà trouvé son terrain d\u2019élection.C\u2019est grâce à elle que la «Bibliothèque de France» annoncée par François Mit-terand le 14 juillet 1988 doit «couvrir tous les champs de connaissance» et «être à la portée de tous».Le lecteur 32 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 y viendra pour pianoter sur un clavier; les pages demandées lui seront transmises sur écran, éventuellement reproduites sur papier, que le livre se trouve à Paris, à Aix-en-Pro-vence, voire à Princeton.Et réciproquement, cette bibliothèque futuriste pourra communiquer les références qu\u2019elle détiendra à celles qui lui seront associées»3.Entre temps s\u2019élabore un rapport de force entre une culture acquise davantage dominée par le mot, le dit, l\u2019écrit, le transcrit, et une culture visuelle nouvelle.Deux univers culturels s\u2019affrontent.Comme avant la découverte de l\u2019imprimerie au XVe siècle.Cette bataille remonte même aux présocratiques quand, quelque 480 ans avant notre ère, Héraciite d\u2019Ephèse disait que les yeux étaient des témoins plus précis que les oreilles et déjà, longtemps avant, les Chinois prétendaient qu\u2019une image valait 1000 mots.Nous nous souviendrons que l\u2019invention de l\u2019imprimerie en Occident par Gutenberg, XVe siècle, a eu un effet massif sur les cultures orales de l\u2019époque.Verba volent, scripts manent! Le prestige de l\u2019imprimé est tel que la tradition orale est quelque peu mise au rancart par les théoriciens d\u2019É-glise.Le théâtre religieux devient suspect.Les artistes, les peintres, tous les gens de l\u2019audiovisuel doivent quitter les lieux sacrés influencés de plus en plus Librairie SOLIDEMENT ETABLIES DEPUIS DES DECENNIES ACCUEILLANT DYNAMIQUE ET COMPETENT L OFFICE PERSONNALISE l A COMMANDE SPECIALE QU,ON ECOUTE UN SYSTEME INFORMATIQUE A VOTRE SERVICE POUR MONTREAL (06A)\t1691.EST RUE FLEURY (514) 384-9920 POUR LES LAURENTIDES (06B) CARREFOUR DU NORD.ST-JEROME 432-9100 POUR LA MONTEREGIE (06C) LES PROMENADES ST-BRUNO (514) 653-0546 CENTRE COMMERCIAL DUVERNAY (514) 661-6000 POUR LAVAL (06E) CARREFOUR DE L ESTRIE (819) 569-9957 POUR L\u2019ESTRIE (05) LES GALERIES DE HULL (819) 770-4058 POUR L\u2019OUTAOUAIS (07) MAURICIE (04) CARREFOUR DES BOIS-FRANCS VICTORIAVILLE (819) 758-9449 POUR UN RESEAU DE SERVICES DANS UN RESEAU DE LIBRAIRIES ENCORE PLUS DE NOUVEAUTÉS POUR REPONDRE À UNE CLIENTÈLE TOUJOURS PLUS SPÉCIALISÉE DES STRUCTURES UN PERSONNEL DES SERVICES DES LIVRES POUR PLUS D\u2019INFORMATION UN SEUL NUMÉRO (514) 384-9920 DEMANDER: JEAN-CLAUDE GUICHARD OU LOUISE TREMBLAY par le texte imprimé.Des litanies bibliographiques sont créées en faveur du livre, roi et souverain de la culture4.La Bible devient le best-seller de l\u2019univers culturel et elle le demeure encore maintenant.À cause d\u2019elle, les protestants sont catégoriques:\tau centre de l\u2019église, il y a la chaire, the pulpit.Ce qui est écrit est écrit.Il ne faut surtout pas ajouter au texte reçu.L\u2019imprimerie crée une aristocratie de la culture; la bibliothèque devient le nouveau sanctuaire de cette culture.Encore en 1950, un éminent écrivain H.-l.Marrou, déclare que la religion chrétienne est avant tout une religion du livre.Après la découverte de l\u2019imprimerie (XVe siècle), nous avons été entraînés à penser que l\u2019homme cultivé par excellence serait l\u2019homme du livre, la femme du livre.L\u2019imprimerie jouait un rôle quasi magique dans notre évaluation de la culture même populaire et se trouvait dès lors au service de la classe dirigeante.Suivons la route des dates.En 1839, début de la photographie qui favorise nettement la diffusion du visuel.Mais en 1876 et 1901, avec le téléphone et la télégraphie, la culture orale reprend le dessus.Arrive vers 1895 le cinéma: autre victoire du visuel.Mais en 1920, victoire de l\u2019oral par la radio.Au début du siècle, se prépare une sorte de mini-paix: la télévision, une forme de compromis culturel entre le visuel (qui risque de l\u2019emporter) et l\u2019oral qui traîne de la patte.La dernière étape de l\u2019histoire des médias, nous la connaissons: retour du visuel, l\u2019oral à travers le visuel, des enseignants préfèrent l\u2019audio-visuel à l\u2019écrit et les symboles parlants à la lecture des textes.L\u2019écrit avait figé le mot, l\u2019image va le ressusciter, le micro va l\u2019amplifier et le vidéotex va le diffuser.La mythologie moderne consacre le règne de l\u2019image.Le schème présocratique du visuel et de l\u2019oral, en tant que premières sources du ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 33 savoir, est réhabilité.L\u2019écrit retient tout au plus un statut d\u2019aide-mémoire.L\u2019entrée de la radio et de la télévision sur le marché de la culture et dans les programmes d\u2019éducation populaire a ainsi changé les pièces du jeu.Les nouveaux palais de la culture seraient-ils les musées d\u2019art populaire, les maisons de la culture, les centres multimédias, plus que les bibliothèques au sens strict du terme?Les budgets accordés à la création de nouveaux musées risquent de laisser pour compte les budgets accordés aux «vieilles» bibliothèques.Et vous voilà professionnels du livre en OTAGE.Une fois de plus.En otage de l\u2019image pour ne pas dire davantage.La bataille est aujourd\u2019hui menée dans le contexte trouble d\u2019une accélération étonnante de l\u2019histoire.Qui va, qui doit l\u2019emporter: la culture visuelle ou la culture orale ou écrite?L\u2019image ou le mot ou le texte?Je parle d\u2019une culture qualitative.Vous avez deviné les questions qui hantent l\u2019esprit d\u2019un historien face à ces défis.Faut-il accepter les faits, réagir?Que penser?Qu\u2019y a-t-il de plus qualitatif pour la culture d\u2019un peuple: le visuel, l\u2019oral ou l\u2019écrit?l\u2019image ou l\u2019imprimé?Quel est le meilleur consommateur de la culture aujourd\u2019hui?Quelle est la meilleure forme de culture aujourd\u2019hui?Quelle est la personne la plus cultivée aujourd\u2019hui?Est-ce celle qui a lu le plus de livres?Ou l\u2019ethnologue qui a interrogé le plus de gens possibles sur le terrain, à la radio?Est-ce la personne qui est à l\u2019écoute des meilleurs programmes radiophoniques?Est-ce plutôt la personne qui a vu le plus de films au cinéma, à la télévision?Le livre est-il le symbole d\u2019une culture savante, élitiste, comme l\u2019image serait le symbole d\u2019une culture populaire, celle de la majorité, genre LANCE ET COMPTE?Les bibliothèques doivent-elles devenir exclusivement des centres multi-médias et les bi - bliothécaires de stricte observance faire hara-kiri tout de suite?Le bibliothécaire deviendra-t-il à sa manière gardien d\u2019un musée muet de livres endormis?Qu\u2019est-ce qui va arriver?Qu\u2019est-ce qui doit arriver?AU RISQUE DE.1.\tTous, nous connaissons les risques de l\u2019image.Elle distrait, elle est un signe; le peuple veut souvent qu\u2019elle soit la réalité, sinon la vérité.A force de voir et de revoir, il oublie le jugement critique.Permettez que je donne des exemples que je connais mieux.C\u2019est ainsi que Dieu visualisé comme grand-père à barbe blanche, dans les nuages, oriente le peuple vers l\u2019idée d\u2019un Dieu vieilli, lointain, juge et souverain.Quand il s\u2019agit du Christ, l\u2019image réduit le personnage à l\u2019Enfant Jésus de Noël ou au crucifié décédé.De même Marie de Nazareth devient, par l\u2019image encore, la jeune femme idéale, une vierge couronnée, souvent désincarnée.La représentation visuelle risque des raccourcis culturels parfois désastreux: comme autrefois on disait: «C\u2019est écrit dans la gazette, donc c\u2019est vrai», encore aujourd\u2019hui pour signifier que je dis vrai, je dirai: «J\u2019ai vu cela à la télévision».2.\tNous connaissons tout autant les risques de la seule culture orale.Nous n\u2019oublions pas la tendance naturelle à croire sur parole, surtout si cette parole se fait insistante et obsessionnelle comme il arrive dans les techniques publicitaires.En outre, la multiplicité des mots crée souvent la diversité des opinions qui risquent la confusion des idées.3.\tD\u2019autre part, les écrits ne disent pas tout.Loin de là.«La lettre tue, l\u2019Esprit vivifie»5.Les mots ne sont que les signes d\u2019une vérité plus grande.Nous devinons les dangers qui guettent une culture purement livresque, concep- tuelle, parallèle à la vie quotidienne.En posant toutes ces questions, je n\u2019oublie pas qu\u2019en m\u2019adressant à des bibliothécaires, le mot entendu au sens étymologique de gardien du livre, je parle en même temps à des OTAGES de la nouvelle culture.Or, que fait un otage pour survivre et espérer un jour la liberté qu\u2019il mérite?Il observera les règles de conduite de tout bon otage: 1) d\u2019abord rester calme; 2) respecter ses bourreaux; 3) surveiller tout ce qui arrive autour; 4) surtout espérer sa libération.Or, le meilleur moyen pour nous, gens de bibliothèques, de rester calmes est de nous rappeler quelques principes intangibles et universels en histoire de la culture.QUELQUES FAITS ET PRINCIPES?1.\tLa culture moderne est une culture globale; elle ne choisit pas nécessairement entre l\u2019oral et l\u2019écrit, entre le visuel et l\u2019oral.Tous nous sommes solidaires de la même planète, tous du même village global.«Nul n\u2019est une île.» Tout devient forcément culture de masse.Le livre fera partie de la nouvelle culture.Médium entre d\u2019autres médias! 2.\tDans le contexte où toute information devient vite mondiale, forcément populaire parce qu\u2019universelle est accessible à tous les gens dans tous les coins du globe, portons à notre actif qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019opposition stricte entre le médium audio-visuel et l\u2019imprimé comme fait naturel.Ainsi va s\u2019étendre à l\u2019infini le champ de l\u2019information écrite.3.\tQuoi qu\u2019il en soit de l\u2019éclectisme de la culture encyclopédique, les médias ne sont que des moyens de communication et n\u2019agissent qu\u2019à la frontière de la culture.La question qui se pose n\u2019est plus tellement celle des rapports entre le visuel, l\u2019oral et 34 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 récrit, mais bien celle des valeurs.L\u2019écologie, la libération sociale des remmes, le nationalisme, les rites de passage, sont des valeurs irréversibles, des valeurs sûres comme on dit en histoire socioculturelle.Les valeurs font leur chemin malgré toutes les techniques possibles et impossibles.Les idées font leur chemin surtout à cause de l\u2019écriture qui les fixe.Rien n\u2019empêchera une idée de faire son chemin, pas plus que l\u2019hiver n\u2019empêchera l\u2019été d\u2019arriver un jour.Dans la nouvelle culture, celle de l\u2019âge technique, le livre apparaît comme le document médiateur par excellence: celui qui conserve et assure la meilleure promotion à la pensée humaine.Pourquoi?Parce que non seulement il informe comme l\u2019oral, ou symbolise comme l\u2019image, mais parce qu\u2019en plus il stabilise, fixe, filtre, condense ou même intériorise la culture.Un des nouveaux rôles de l\u2019imprimé est d\u2019être le médiateur de la culture tout court, en équilibrant les excès techniques de l\u2019oral et du visuel.Au surplus, le champ de l\u2019oral et du visuel est si immense et si indéfini que, sans l\u2019écrit qui vérifie périodiquement l\u2019authenticité du texte vivant - ce qu\u2019on appelait autrefois la tradition -, l\u2019homme, la femme moderne risquerait le vide ou la dispersion.«En réalité, l\u2019écran et le papier seront forcément associés dans la future institution, au moins le temps - qui promet d\u2019être fort long - nécessaire à la copie informatique des textes.Et sans doute au delà.C\u2019est que l\u2019usage du livre traditionnel procure un précieux confort du regard et de la main.Sur ordinateur, on ne lit pas un roman ou un récit de voyage: on le dépouille.Et, si on ne l\u2019a pas lu au préalable, il y a fort à parier que le dépouillement sera mal conçu.Surtout, le livre est lié à une pratique du travail intellectuel, de la confrontation des sources, de la réflexion critique comme de la prise de connaissance rapide, qui est une base de notre civilisation.Les «étranges lucarnes» des ordinateurs sont beaucoup trop étroites pour ces tâches, qu\u2019il s\u2019agisse de feuilleter un ouvrage, de le lire de manière suivie ou d\u2019en comparer plusieurs.L\u2019ordinateur sert le papier avec son extraordinaire puissance.On ne voit pas comment il le supplanterait.»6.QUELQUES CONSEILS D\u2019AMI Permettez que j\u2019ajoute, en dernier lieu, quelques points de vue ou mises au point plus larges sur notre rôle culturel face à la culture de notre temps.1.Oui tout change.Il n\u2019y a pas de solution définitive au changement.Le changement exige beaucoup de provisoire.Le bibliothécaire, au sens strict du terme, sait au moins une chose: il y a raison d\u2019être là car le livre est inévitable en histoire de la culture; il en est même le monument durable.Ce qui faisait dire un jour à nul autre qu\u2019au célèbre biologiste Jean Rostand: «La civilisation de la fourmi est inscrite dans les réflexes de l\u2019insecte qui eux-mêmes procèdent de ses chromosomes.La civilisation de l\u2019homme ne réside pas dans l\u2019homme: elle est dans les bibliothèques, dans les musées et dans les codes»7.2.\tLe bibliothécaire des temps nouveaux cherche des liens entre la culture visuelle, la culture orale et la culture écrite.Il observe, par exemple, la manière dont les enfants aiment et lisent leurs livres d\u2019images, il pense tout à coup que ce sont les enfants qui, aujourd\u2019hui, font mieux les liens concrets entre culture visuelle, culture orale et culture écrite.La manière dont l\u2019enfant traite ses livres-jeux électroniques et la bande dessinée signifie que l\u2019avenir de l\u2019écrit.et du livre est loin d\u2019être piégé.Au fond, ne vaut-il pas mieux s\u2019évaluer socialement et comme professionnel, moins à partir des budgets de l\u2019État qu\u2019à partir des gens, des jeunes et des moins jeunes qui désirent la culture.Le désir social du livre est inextinguible, tout comme le désir de savoir.Au-delà de l\u2019administration, du catalogage, de l\u2019achat, de l\u2019administration, il existe des gens qui vous désirent comme médiateurs et médiatrices de la culture.3.\tEnfin, le livre imprimé, en particulier, permet de rejoindre mon être intérieur et personnel, alors qu\u2019une seule approche audiovisuelle encourage la distraction plutôt que la méditation.Le livre, silencieux, favorise le dialogue des cultures et rétablit l\u2019équilibre nécessaire entre les services de la vue et de l\u2019ouïe.4.\tD\u2019ailleurs n\u2019a-t\u2019on pas noté que plusieurs des grands films qui honorent particulièrement l\u2019histoire du cinéma sont à base de documents écrits de grande valeur.Qu\u2019aurait été L\u2019Homme qui plantait des arbres sans Giono?Et Alain Cavalier sans la Thérèse de l'Histoire d\u2019une âme?Et Scorcece et D.Arcand sans YÉvangile?5.\tQue seraient les grandes religions chargées de véhiculer les grandes valeurs qui font espérer l\u2019humanité même malgré elle, sans la Bible, sans le Coran, sans les mantras?6.\tNon, l\u2019humanité ne peut pas se passer de livres.Ceux-ci lui sont aussi nécessaires que la mémoire l\u2019est à une personne normale.Au moyen âge latin on disait: Claustrum sine armario est quasi castrum sine ar-mentario.ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 35 Un cloître sans livres est comme un château sans arsenal.Cloître sans livres: jardin sans fleurs.Un proverbe voulait aussi que les livres soient les amis qui ne trompent jamais.Robert de Fiers, humaniste à sa manière, conclurait: Les LIVRES sont des amis parfaits.Ils sont accueillants et discrets.Ils écoutent tout ce qu\u2019on leur raconte et se gardent de le répéter.Aucune indulgence ne peut être comparée à la leur.Il n\u2019y a qu\u2019une chose qu\u2019ils ne peuvent pas souffrir, c\u2019est d\u2019être prêtés.Quand on les prête ils sont si vexés qu\u2019ils ne reviennent jamais.CONCLUSION Quelques décades avant Gutenberg (+1468), déjà au XIVe siècle l\u2019écrit et le livre manuscrits avaient créé des enthousiasmes comparables à ceux qu\u2019a provoqués l\u2019arrivée de la radio en 1920 et de la télévision vers 1950: un évêque du moyen âge, chancelier en plus, signe en 1343/1345 un texte intitulé Philobiblion: De amore librorum! Richard de Bury (1282-1387) cite la Bible, Aristote, les poètes latins, les psaumes; il s\u2019adresse aux étudiants en même temps qu\u2019il fait la critique des professeurs trop distraits par leur tâche orale.Je cite: Dans les livres je vois les morts comme les vivants; dans les livres, je prévois l\u2019avenir;.Qui donc pourrait apprécier justement par une valeur d\u2019une autre espèce le trésor infini des livres, grâce auquel les écrivains savants agrandissent le domaine de l\u2019antiquité et des temps modernes?.Ce sont des maîtres qui nous instruisent sans bâtons et sans férules, sans cris et sans colères, sans costumes et sans argent.Si on les approche, on ne les trouve point endormis; si on les in- terroge, ils ne dissimulent point leurs idées; si l\u2019on se trompe, ils ne murmurent pas; si l\u2019on commet une bévue, ils ne connaissent point la moquerie.O livres, qui possédez seuls la liberté, qui seuls en faites jouir les autres, qui donnez à tous ceux qui vous demandent, et qui affranchissez tous ceux qui vous ont voué un culte fidèle.Que de milliers de choses ne recommandez-vous pas.»8.En somme, c\u2019est notre liberté que représente le livre en histoire de la culture.Vive la liberté! Vive les bibliothécaires! NOTES 1.\tExposé inspiré des écrits de Marschall McLuhan (+1980), de la lecture du Philobiblion de Richard de Bury, édition et traduction de H.Cocheris, Paris 1856, 287 p.2.\tD\u2019une conférence prononcée le vendredi 29 avril 1988, à l\u2019occasion du colloque «Éducation: le temps des solutions» organisé par l\u2019Agora au Centre d\u2019arts Orford, dans Les cahiers de l'Agora, no 3, automne 1988, p.18.3.\tCf.L\u2019Histoire, no 120, mars 1989, p.91.4.\tCité dans le Philobiblion, éd.citée, p.17-18.5.\tIl Cor.3, 6.6.\tL\u2019Histoire, p.18.7.\tCité par Emile Robichaud, Les cahiers de l\u2019Agora, 3, 1988, p.26.8.\tPhilobiblion, ch.1, p.14 et suiv.?Index de la santé et des services sociaux LE SEUL REPERTOIRE BIBLIOGRAPHIQUE PORTANT EXCLUSIVEMENT SUR LA SANTÉ ET LES SERVICES SOCIAUX AU gUÉBEC! Un index qui donne accès à l'information portant sur: \u2022\tl'administration de la santé et des services sociaux: \u2022\tles populations cibles (jeunes, famille, condition féminine, personnes âgées, handicapés, etc.; \u2022\tles problèmes de santé et les problèmes sociaux; \u2022\tles méthodes et services d'intervention, etc.; Un dépouillement des principales publications de santé et de services sociaux: \u2022\t37 revues: \u2022\tune sélection de publications gouvernementales: \u2022\t4 quotidiens (Le Devoir, La Presse, Le Soleil, Le Droit) 8000 articles par année, sélectionnés, indexés, classés et résumés au besoin.L\u2019index est disponible sous forme de 3 parutions trimestrielles et d'une refonte annuelle.Pour abonnement ou renseignements: Infcrm II > I linififef'm 11 OTDfEf 4999 Ste-Catherine ouest, suite 430.Westmount.QC H3Z 1T3 1514)484-5951 Le» spécialistes en edition de bases de données 36 ARGUS / Printemps 1990 / Volume 19 / Numéro 1 PROTOCOLE DE RÉDACTION (février 1990) Les articles doivent être soumis en cinq (5) exemplaires, dactylographiés à interligne double sur papier 21 x 28 cm et accompagnés d'un résumé informatif.Ils doivent être envoyés à l'adresse de la revue.Sur la première page doivent figurer le nom, le statut professionnel et le lieu de travail de l'auteur ainsi que le titre et le résumé du texte.Les graphiques et tableaux doivent être fournis sur des pages séparées.Les références à un document cité ou paraphrasé se font en incluant entre parenthèses, le nom de l'auteur, l\u2019année de publication et la ou les pages citées, par exemple (Courrier, 1976, p.179); pour un document du même auteur publié la même année, on assigne une lettre à chaque item, par exemple (Lancaster, 1977a, p.48).Il appartient aux auteurs de fournir les références bibliographiques complètes et présentées de la façon suivante: AUTHOR GUIDELINES (February 1990) Articles should be submitted in quintuplicate, typed doublespaced on sheets 21 by 28 cm.An informative abstract should be provided.Articles should be sent to: Argus, Secretariat of the CPLQ, 307 Ste-Catherine Street West, Suite 320, Montréal, Québec, H2X 2A3.The author\u2019s name, professional status, and place of work, as well as the title and abstract of the article, should appear on the first page.Illustrations should be included on separate sheets.References to documents cited or paraphrased should include in parentheses the name of the author, year of publication, and the pages cited, e g.(Courrier, 1976, pp.179) -assign a letter to each duplicate date under the same author, e g.(Lancaster, 1977a, p.48).At the end of the article, the author must provide complete bibliographic references according to the following examples.Monographie / Monograph Lancaster, F.W.1977a.The Measurement and evaluation of library services.Washington, D.C.Information Resources Press, 1977.Lancaster, F.W.1977b.Toward paperless information systems.New York: Academic Press, 1977.McDonald, A.R.1983.Managers view information.New York: Special Libraries Association, 1983.Extrait d\u2019une monographie / Portion of a monograph Potter, W.M.1970.\"History, the behavioral studies and the science of man\".In: Bundy, M.L.& Wasserman, P, eds.Reader in research methods for librarianship.Washington, D.C.: Microcard Editions, 1970, pp.34-65.Article de périodique / Periodical article Courrier, Y 1976.\"Analyse et langage documentaires\".Documentaliste.Vol.13, no 5-6 (sept-déc.1976), pp.178-186.Les correcteurs se réservent le droit de renvoyer aux auteurs les textes dont les références ne correspondent pas à ces exigences.Ils peuvent effectuer des corrections de forme.Les auteurs sont priés de conserver un double de leur article.Aucun manuscrit ne leur sera remis.Chaque auteur recevra trois exemplaires du numéro auquel il aura contribué.The editors reserve the right to return articles if references do not conform to these standards.Minor corrections may be made to an article without the author\u2019s prior knowledge.Authors should keep copies of articles submitted.Manuscripts will not be returned.Authors receive three copies of the issue in which their articles appear. 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