Argus, 1 janvier 1989, Hiver
[" des professionnels avertis en information Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebec ARGUS Comité de rédaction / Editorial Committee Pierre Meunier, président Louise Carpentier Nathalie Groulx John Leide Michel Lefebvre Josée Schepper Monique St-Jean, secrétaire Correctrices/Correctors Mireille Cliche Wayne Lebel Aktouf Nylda Luce Payette Huguette Thibault Argus est une revue publiée 3 fois l\u2019an par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.Elle vise à l\u2019information et à l\u2019éducation de la profession.La rédaction laisse aux auteurs l\u2019entière responsabilité de leurs textes.L\u2019abonnement annuel est de 25$ (9$ le numéro) au Québec, 30$ (10$ le numéro) au Canada et 30$ U S.(10$ U.S.le numéro) pour l\u2019extérieur du Canada.Les étudiants bénéficient d\u2019un prix spécial de 15$ l\u2019abonnement annuel.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l'adresse suivante: Argus Secrétariat de la CBPQ 307, rue Ste-Catherine Ouest, suite 320 Montréal (Québec) H2X 2A3 Toute reproduction des articles, en totalité ou en partie, doit être faite avec la mention de la source.Les articles de la revue sont indexés dans Pascal Thema, 7205; Sciences de Tinformation-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature et dans Point de repère.Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Canada et à la Bibliothèque nationale du Québec.Argus is a journal published 3 times a year by the Corporation of Professional Librarians of Québec.It aims to publish original papers to inform and educate the profession.Articles are the entire responsibility of the authors.The yearly subscription is $25 ($9 an issue) in Québec, $30 ($10 an issue) in Canada and $30 U.S.($10 U.S.an issue) outside Canada.A special student rate is $15 for the yearly subscription.Any request concerning missing issues should be sent, no later than a month after the date of publication, to the following address: Argus Secretariat of the CPLQ 307 Ste-Catherine Street West, Suite 320 Montréal, Québec, H2X 2A3 Articles may be reproduced, in whole or in part with proper credit to their source.Articles are indexed in Pascal Thema, part 205.Sciences de Tinformation-documentation, Information Science Abstracts, Library and Information Science Abstracts (LISA), Library Literature and in Point de repère.Legally deposited as required with the National Library of Canada and the Bibliothèque nationale du Québec.Courrier de deuxième classe - enregistrement no 5794 La lettre d\u2019Argus Volume 18, Numéro 3 / Hiver 1989 ISSN 0315-9930 AVOIR UN ESPRIT DE SERVICEI ARGUS Le concept de service est relativement récent dans notre vocabulaire.Les défis auxquels seront confrontés les bibliothécaires professionnels, au cours des prochaines années, seront d\u2019offrir des personnels qualifiés, de conceptualiser de nouveaux services adaptés aux besoins et comportements culturels manifestés par les clientèles-cibles, de développer des collections sur divers supports documentaires répondant aux attentes signifiées et de rendre accessibles, à moindre coûts, les sources d\u2019information spécifiques aux champs d\u2019intérêts des clientèles visées.En quelque sorte ce sont quelques-uns des principes d\u2019une véritable mise en marché stratégique des services documentaires.Les articles de la présente parution démontrent comment nous pouvons adapter et diversifier certains éléments de nos services documentaires à certaines clientèles.La bibliothèque publique et les communautés culturelles propose un modèle particulier de services documentaires axé sur la diffusion de l\u2019information, l\u2019intégration socio-culturelle, l\u2019épanouissement interculturel et l\u2019étude sur les communautés culturelles.User fees for online bibliographie searching: the policies of university libraries in Québec décrit l\u2019incidence de la prestation d\u2019une variété de services, de la demande de diverses catégories d\u2019usagers et de la présence de contraintes économiques sur rétablissement d\u2019une politique de tarification de la téléréférence dans les bibliothèques universitaires québécoises.Nos services documentaires doivent être plus accessibles et transparents à l\u2019usager! La pertinence et la qualité de notre pratique professionnelle se reconnaissent par le degré de satisfaction de nos clientèles.Avoir un esprit de service c\u2019est manifester notre savoir-faire! Pierre Meunier, bibl.prof.Président du comité de rédaction Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Québec La lettre d\u2019Argus Pierre Meunier.Page 73 La bibliothèque publique et les communautés culturelles Lam Van Be.Page 75 User fees for online bibliographie searching: the policies of university libraries in Québec Barbara Maass .Page 86 Pour en savok plus Lectures suggérées My Loan Duong Robert F.Clarke.Page 107 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 73 DES FICHES DE CATALOGUE AU CD-ROM 25 ANS D'INFORMATION PROFESSIONNELLE POUR LES PROFESSIONNELS DE L'INFORMATION AVEC QUALITÉ ET CONVIVIALITÉ SERVICES DOCUMENTAIRES MULTIMEDIA INC.PREMIER PRODUCTEUR DIFFUSEUR DE BASES DE DONNÉES DOCUMENTAIRES AU QUÉBEC UN MILLION DE k RÉFÉRENCES, A 1685, rue Fleury Est, Montréal, Québec, Canada H2C ITI ¦ Tél.: (514) 382-0895 ¦ Fax: (514) 384-9139 74 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 La bibliothèque publique et les communautés culturelles Lam Van Be Bibliothécaire, responsable de la Bibliothèque Mile-End, Bibliothèque municipale de Montréal Quelques réflexions relatives aux services interculturels offerts par une bibliothèque publique québécoise auprès des communautés ethniques et culturelles sont présentées.La bibliothèque publique pour les communautés culturelles devrait assumer quatre fonctions, soit celles de centre d\u2019information, de centre d\u2019intégration socio-culturelle, de centre d\u2019épanouissement interculturel et de centre d\u2019étude des communautés culturelles.L\u2019acquisition de méthodes d\u2019apprentissage des langues française et anglaise, de documents sur les aspects socio-culturels du Québec et du Canada, le développement des collections de livres, de revues et de documents audio-visuels en langues d\u2019origine, l\u2019organisation de manifestations culturelles, l\u2019acquisition de collections d\u2019études des communautés culturelles et l\u2019embauche de ressources humaines compétentes en la matière constituent les principaux moyens utilisés par une bibliothèque de quartier à vocation interculturelle pour atteindre ses objectifs.La bibliothèque Mile-End de la Bibliothèque municipale de Montréal est présentée comme un exemple type d\u2019une telle bibliothèque.A few thoughts pertaining to inter-cultural services offered by a Québec public library to the cultural communities (ethnic groups) are presented here.Public libraries for ethnic communities have four functions, there are: an information centre, a social-cultural integration centre for the ethnic communities, an inter-cultural development centre, and a study centre of the ethnic groups.Acquisition of French and English language learning methods as well as documents on socio-cultural aspects of Québec and Canada, development of book collections, magazines and audio-visual documents in their original languages, organization of cultural events, acquisition of material studying the ethnic communities and the hiring of competent personnel in this field are the principal means used by a public library with an inter-cultural vocation.The City of Montreal\u2019s Mile-End Library is presented as a typical example of such a library.INTRODUCTION La société québécoise est de plus en plus multi-ethnique avec le déclin démographique des francophones et l\u2019arrivée massive des immigrants venus de tous les coins du monde.Ces immigrants, qu\u2019on les appelle groupes ethniques, communautés ethniques, groupes ethnoculturels, néo-Québécois, et récemment communautés culturelles se concentrent majoritairement dans la région de Montréal, plus particulièrement dans la Ville de Montréal et dans quelques municipalités adjacentes.La plus récente compilation statistique démontre que «la moitié des personnes ayant une langue autre que le français et l\u2019anglais se retrouvent dans la seule Ville de Montréal, et huit autres municipalités en regroupent un autre tiers.Ce sont les villes de St-Laurent, St-Léonard, Laval, Montréal-Nord, Lasalle, Dollard-des-Ormeaux, Brossard et Côte-St-Luc.» (Bail-largeon, 1988, p.6).Si le paysage ethnique de Montréal s\u2019est beaucoup modifié et si la population ethnique s\u2019y est accrue de façon marquée ces dernières années, il faut se demander s\u2019il existe à Montréal des services de bibliothèque publique destinés aux communautés culturelles et quel serait le portrait souhaitable de ce type de bibliothèque.Nous voulons exposer, dans la première partie de cet article, quelques réflexions d\u2019un bibliothécaire oeuvrant dans le domaine et qui est confronté à la problématique de la bibliothèque publique aux communautés culturelles, et décrire, dans la deuxième partie, les particularités de la Bibliothèque Mile-End, une bibliothèque de la Ville de Montréal perçue comme une biblio- thèque publique à vocation interculturelle.I - PORTRAIT SOUHAITABLE D\u2019UNE BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DESTINÉE AUX COMMUNAUTÉS CULTURELLES Nous utilisons le terme «souhaitable» pour deux raisons.La première est due au fait que notre monde de bibliothèque vit constamment dans ce qu\u2019on appelle une «conjoncture».Il serait donc irréaliste, voire utopique, de rechercher l\u2019idéal.La deuxième, la plus importante, c\u2019est que, d\u2019une part, la littérature et l\u2019expertise en cette matière demeurent encore parcimonieuses, et d\u2019autre part, la question ethnique relève toujours de la particularité régionale: elle diffère d\u2019un pays à l\u2019autre, d\u2019une ville à l\u2019autre.Ainsi, la création d\u2019une bibliothèque publique pour les communautés culturelles ne peut se baser sur un modèle, mais doit plutôt tenir compte d\u2019une réalité.ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 75 En raison de ces considérations et en se basant sur certaines expériences et informations connues, nous voulons proposer un type de bibliothèque publique destinée aux communautés culturelles.Cette bibliothèque offrira des services orientés vers les quatre fonctions essentielles suivantes: 1\t- la bibliothèque est un centre d\u2019information 2\t- la bibliothèque est un centre d\u2019adaptation socio-culturelle 3\t- la bibliothèque est un centre d\u2019épanouissement culturel 4\t- la bibliothèque est un centre d\u2019études sur les communautés culturelles 1 - La bibliothèque: un centre d\u2019information Une information peut se transmettre de plusieurs façons: information verbale (référence), information écrite (livre, périodique, brochure.), information audio-visuelle (cassette audio, vidéo, film.).Et selon les besoins de l\u2019usager, une information peut être utilisée pour atteindre un ou plusieurs buts: information, culture, éducation ou divertissement.La bibliothèque destinée aux communautés culturelles devrait donc être dotée des services d\u2019information suivants.Information verbale Dans un document officiel du Gouvernement du Québec qui énonçait son plan d\u2019action à l\u2019égard des communautés culturelles, il est mentionné: «.Le gouvernement a constaté un grave manque d\u2019information au sujet des services et programmes gouvernementaux.Il est impensable qu\u2019un processus d\u2019intégration à la vie québécoise puisse s\u2019effectuer sans que les commu- nautés culturelles reçoivent une information adéquate.» (Québec.Ministère du développement culturel et scientifique, 1981, p.31).Et dans une table ronde réunissant les autorités gouvernementales et les communautés culturelles sur le thème «Accueil et adaptation des immigrants», on a confirmé aussi que «.la pénétration de nos services est peut-être à 40% de la population immigrante» (Humanitas, 1984, p.14).En fait, ce manque d\u2019information avoué ne vient pas de la rareté des documents mais de l\u2019absence d\u2019un mécanisme de communication efficace.Arrivant dans un pays complètement nouveau, de la langue à la façon de vivre, l\u2019immigrant éprouve un besoin énorme d\u2019information pour pouvoir s\u2019intégrer à sa nouvelle société d\u2019accueil.Pour ceux qui ne connaissent pas la langue du pays, le problème devient encore plus aigu.Dans ces circonstances, l\u2019élaboration d\u2019un service de référence aux communautés culturelles s\u2019avère nécessaire.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un service de référence ethnique - même s\u2019il pourrait l\u2019être dans l\u2019avenir - mais plutôt d\u2019une extension et d\u2019une spécialisation du service de référence quotidien.Pour être plus précis, nous pouvons dire que si nous renseignons un Québécois de souche sur la façon de trouver les documents pour acheter une maison, nous ferons de même, à un immigrant récemment arrivé au pays, pour le renseigner sur les modalités de la signature d\u2019un bail.Il est évident que ce service de référence spécialisée exige certaines conditions.Le personnel doit être capable de communiquer dans les langues des communautés desservies, particulièrement des communautés démunies d\u2019infrastructure communautaire.Il doit aussi connaître les rouages des services gouvernementaux, municipaux, communautaires et ethniques, et surtout, ceci étant le plus important, avoir une ouverture d\u2019esprit et un sens de l\u2019hospitalité.Information écrite Les informations verbales sont des explications succinctes, pas nécessairement complètes.Elles doivent être accompagnées, dans la mesure du possible, de documents.Puisque les publications gouvernementales, municipales et communautaires sont, d\u2019une part, nombreuses mais éparpillées dans plusieurs organismes, et que, d\u2019autre part, elles ne sont pas abondamment diffusées dans le circuit commercial, la localisation et l\u2019acquisition de ce type de documents ne sont pas toujours évidentes, même pour les Québécois de souche.Dans ces conditions, la bibliothèque pour les communautés culturelles constitue l\u2019endroit tout désigné pour rendre accessible toute cette masse d\u2019information et de documentation à la population, particulièrement aux communautés culturelles.L\u2019enquête que nous avons effectuée auprès d\u2019une vingtaine d\u2019organismes oeuvrant dans le domaine de l\u2019immigration et de l\u2019accueil des immigrants révèle que les nouveaux arrivants ont grandement besoin d\u2019informations et de documents sur les sujets suivants: -\ttravail: programmes, services, interprétation des lois; -\téducation: système d\u2019éducation, intégration de l\u2019enfant à l\u2019école, relation parents-école; -\tsystème de santé et services sociaux; -\tproblèmes de logement, consommation, adaptation sociale et familiale; -\tsystème judiciaire, police.76 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 Information audio-visuelle L\u2019audio-visuel présente aussi un support intéressant pour faire connaître la société québécoise aux immigrants et, réciproquement, sensibiliser les Québécois de souche à la réalité ethnique.Les émissions Planète et Arrimage de Radio-Québec, certaines productions de ONF, du Ministère des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, des organismes ethniques répondent effectivement à ce besoin.Nous venons d\u2019énumérer quelques types de services d\u2019information que la bibliothèque publique peut offrir aux communautés culturelles.Nous voulons aussi souligner qu\u2019en dispensant ces services d\u2019information, la bibliothèque n\u2019a aucune prétention de remplacer d\u2019autres organismes spécialisés même si, à certains égards, ces services peuvent être dédoublés ou entrer en compétition avec ces organismes.La bibliothèque vise tout simplement à apporter un soutien complémentaire aux communautés culturelles en exploitant les atouts dont elle dispose: -\taccessibilité: pas besoin d\u2019un rendez-vous pour avoir un service; -\tdisponibilité: ouverture dans la soirée et les fins de semaine, ce qui accommode les travailleurs immigrants; -\tspécialité: localisation et exploi- tation de documents et d\u2019information; -\timpartialité: plusieurs immi- grants, surtout les réfugiés politiques, manifestent une réticence, voire une méfiance, à l\u2019égard des organismes gouvernementaux à cause des séquelles psychologiques qu\u2019ils ont connues dans leur pays natal.De plus, plusieurs membres des communautés asiatiques et arabes préfèrent ne pas consulter leurs organismes communautaires à cause de leurs dissensions politiques ou religieuses.La bibliothèque est perçue dans ces cas, comme un milieu plutôt neutre et l\u2019information diffusée par le personnel de la bibliothèque est impartiale et fiable.2 - La bibliothèque: un centre d\u2019intégration 90cio-culturelle pour les communautés culturelles Pour bien illustrer le rôle que doit assumer la bibliothèque publique dans l\u2019intégration des nouveaux arrivants à la société québécoise, il importe d\u2019examiner brièvement les services d\u2019aide aux immigrants offerts par les organismes gouvernementaux (OG), organismes non-gouvernementaux (ONG) et les organismes ethniques.Organismes d\u2019aide aux immigrants Organismes gouvernementaux (OG): contrairement à ce que l\u2019on pourrait croire, les ministères de l\u2019immigration des deux palliers du gouvernement n\u2019offrent pas de services d\u2019accueil et d\u2019adaptation directs.Ils financent cependant les organismes non-gouvernementaux et les organismes ethniques qui offrent les services essentiels aux immigrants et réfugiés dans le cadre de leurs programmes.Organismes non-gouvernementaux: ce sont des organismes subventionnés par les gouvernements dont le mandat est de fournir des services essentiels aux immigrants et réfugiés pendant l\u2019année qui suit leur arrivée au pays.Au nombre de ces services, on peut compter sur l\u2019aide de première instance (hébergement, recherche de logement, interprétariat), counselling d\u2019emploi, cours de langues.Organismes ethniques: parmi les 1200 noms figurant dans le «Répertoire des organismes ethniques», on parvient à en rejoindre une centaine par l\u2019adresse et le numéro de téléphone indiqués, et une trentaine ont vraiment une structure de service d\u2019accueil et d\u2019adaptation.En fait, ces organismes ethniques, sauf ceux des communautés juive et italienne et dans une moindre mesure, de certaines communautés de l\u2019Europe de l\u2019Est, ne sont pas structurés pour aider leurs compatriotes en cas de besoin, notamment en matière d\u2019adaptation.875-9650 875-5635\tService aux Collectivités et Corporations LA GRANDE LIBRAIRIE\t4 nONTREALOISIR ?\t/JURE P\\ A Cf \\ LIBRAIRIE AGRÉÉE\tLIBRAIRIE AGRÉÉE 182 EST, SAINTE-CATHERINE / MONTRÉAL, QUE.H2X 1K9\t ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 77 Schéma du cheminement d\u2019un Immigrant dans la première année de sa vie à Montréal Activités Arrivée à l\u2019aéroport \u2014 (accueil) \u2014?1er mois i Aide de 1ère Instance - («' nécessaire)\u2014 1 ère semaine-2ème mois I Recherche de travail -* 6ème mois i Cours de langue -* i Problèmes d\u2019adaptation immédiate\t* Après 1 an I Adaptation socio-culturelle\t* Organismes et personnes d\u2019accueil et d\u2019entraide -\tMinistère de l\u2019Emploi et Je l\u2019Immigration du Canada et/ou -\tMinistère des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration du Québec -\tONG -\tParents - Amis -\tGouvernement (réfugié seulement) -\tCentres de main-d\u2019oeuvre du Canada -\tONG -\tParents - Amis -\tRecherche autonome -\tCOFI -\tONG -\tApprentissage autonome -\tONG - Organismes ethniques -\tParents - Amis Aucun Comme on peut le constater dans le schéma, les organismes non-gouvernementaux parviennent, tant bien que mal, à offrir aux nouveaux arrivants les services essentiels pendant la première année de leur installation à Montréal.Après un an, l\u2019immigrant est considéré comme étant autonome (selon les conditions de subventions du gouvernement aux ONG).Il ne peut donc plus faire appel à ces services.L\u2019immigrant est alors abandonné à un stade de non-intégration, stade où il éprouve plus que jamais un besoin d\u2019aide pour s\u2019intégrer à la société.Dans ces circonstances, la bibliothèque pourrait apporter une modeste contribution sociale et culturelle à la nouvelle vie des communautés culturelles par le biais de quelques actions suivantes: Apprentissage de la langue française Tout accès à une culture passe par la maîtrise de sa langue.La première et la plus importante difficulté que doivent affronter les nouveaux immigrants est le problème de la langue.Au Québec, l\u2019obstacle est double.D\u2019une part, la majorité et la législation invitent l\u2019immigrant à adopter le français et, d\u2019autre part, le travail l\u2019oblige souvent à apprendre l\u2019anglais, ce qui constitue une lourde charge par rapport aux immigrants des autres régions du continent nord-américain.Le gouvernement du Québec offre des cours de français aux immigrants dans les COFI (Centre d\u2019orientation et de formation des immigrants).Mais pour avoir accès à ces cours, l\u2019immigrant doit être déjà sur le marché du travail depuis au mo; 6 moins, ce qui est pour le moins absurde, car en réalité, l\u2019immigrant a besoin de ces cours pour aller travailler ! Certains organismes ethniques organisent aussi des cours de langue le soir pour aider leurs compatriotes.Mais les conflits d\u2019horaire, la fatigue après une pénible journée de travail manuel, la qualité de l\u2019enseignement, tous ces facteurs rendent ces cours presque inopérants.Dans ces conditions, le laboratoire d\u2019apprentissage constitue un meilleur moyen d\u2019apprentissage pour l\u2019immigrant: il peut suivre ses cours selon son rythme et selon ses disponibilités.Une collection de méthodes et de livres d\u2019apprentissage du français pour l\u2019utilisation sur place et pour le prêt contribue non seulement à faciliter l\u2019apprentissage de cette 78 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 langue, mais aussi à désacraliser la bibliothèque aux immigrants qui la perçoivent souvent, dans leur pays natal, comme quelque chose d\u2019inaccessible physiquement et intellectuellement.La fréquentation de la bibliothèque, l\u2019initiation à la lecture, et l\u2019accès à une culture commencent tout simplement par le prêt des livres d\u2019apprentissage du français.Apprentissage de la culture québécoise Comme nous l\u2019avons mentionné précédemment, l\u2019établissement de la nouvelle vie d\u2019un immigrant nécessite de l\u2019information.Ce besoin d\u2019information utilitaire de première instance passe graduellement à un besoin culturel dès lors que l\u2019immigrant a réussi à franchir l\u2019étape d\u2019instabilité économique et de maîtrise de la langue.C\u2019est à cette étape que la bibliothèque pourrait jouer pleinement son rôle de catalyseur pour intégrer l\u2019immigrant au milieu socioculturel québécois.Pour ce faire, une collection de documents (imprimés, documents audiovisuels) sur tous les aspects de la culture, de l\u2019histoire, de la géographie du Québec et du Canada devrait être à la portée des nouveaux citoyens.Des manifestations culturelles (théâtre, cinéma, expositions, conférences.) organisées en soirée et pendant les fins de semaine constituent aussi d\u2019excellentes occasions pour toute la famille de l\u2019immigrant de se divertir et de connaître la vie culturelle québécoise.3 - La bibliothèque: un centre d\u2019épanouissement interculturel Quoiqu\u2019il y ait des différences sur les politiques gouvernementales québécoise et canadienne en ce qui concerne l\u2019intégration des communautés culturelles (Québec: convergence culturelle, Canada: multiculturalisme), toutes ces idéologies politiques rejoignent cependant le même objectif: assurer et renforcer la sécurité culturelle des communautés ethniques dans l\u2019espoir que celles-ci soient davantage intéressées à contribuer «à l\u2019enrichissement de la culture nationale et à promouvoir la stabilité et le progrès du pays».(Gay, D., 1985, p.89).Cette sécurité culturelle se traduit par plusieurs moyens dont, entre autres, la possibilité pour les communautés culturelles de s\u2019épanouir dans leur culture maternelle au sein du pays d\u2019accueil.Comment et par quels moyens la bibliothèque publique pourrait-elle offrir aux communautés culturelles cette opportunité?ï-jr&Ef Ü#'°' ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 79 Développement de la collection de livres en langues d'origine Il est impensable de créer d\u2019un coup des collections de livres en diverses langues pour desservir les 80 communautés culturelles vivant à Montréal.Nous devons nous imposer certains critères quant à la priorité des collections à développer en fonction de la composition démographique, des infrastructures culturelles et communautaires, de l\u2019intérêt manifesté pour la langue maternelle, et des habitudes culturelles des groupes ethno-culturels.Contrairement aux adultes, les enfants s\u2019intégrent facilement et rapidement à la société par le biais de l\u2019école.Certains enfants de la communauté grecque, espagnole, portugaise, italienne, arabe et vietnamienne, grâce au pro- gramme PELO (Programme d\u2019enseignement de langue d\u2019origine) peuvent lire leur langue maternelle.Cependant, l\u2019étude de Hélène Roy à l\u2019École Enfant Soleil, une école à forte concentration d\u2019enfants issus des communautés culturelles située à Ville Saint-Laurent (Roy, 1985), et la faible circulation de livres d\u2019enfants en langues d\u2019origine observée à la Bibliothèque Mile-End (tableau 2) ont prouvé qu\u2019apprendre et lire la langue maternelle est un désir de parents imposé aux enfants plutôt que la motivation de l\u2019enfant lui-même.À partir de ces analyses, nous pouvons adopter une politique de développement de livres en langue d\u2019origine pour les jeunes selon ces principes: - Acquérir, dans la mesure du possible, des livres du genre abécédaires, ou albums pour les tout-petits, dans toutes les langues - Intégrer la collection des adolescents à la collection des adultes.Développement de la collection des périodiques en langues d\u2019origine Les revues attirent particulièrement les communautés culturelles.Si le développement de la collection des livres est limité par plusieurs facteurs, la création d\u2019une collection de périodiques en langues d\u2019origine doit être élargie pour plusieurs langues.Ces périodiques ne sont pas nécessairement commerciaux, car certaines revues ethniques locales offrent aussi de meilleures informations et des lectures de bonne qualité.Des périodiques publiés par le gouvernement, choisis à bon escient, permettent aussi aux immigrants de s\u2019informer de leur pays natal.Développement de la collection audio-visuelle en langues d'origine Il s\u2019agit là d\u2019un autre support plus populaire et moins dispendieux qui exerce un attrait certain sur tous les allophones, anglophones, francophones, la musique et le cinéma ayant ce pouvoir de dépasser toutes les frontières.Il s\u2019agit d\u2019une action extrêmement rentable car c\u2019est par cette voie que la bibliothèque peut être utilisée par toutes les communautés culturelles de tous les groupes d\u2019âge et de tous les niveaux sociaux.Activités culturelles ethniques Ce type de services vise deux buts.Pour les communautés culturelles, ces activités leur offrent la possibilité d\u2019affirmer leur identité dans la terre d\u2019accueil, de se ¦\\ UN RESEAU DE SERVICES DANS UN RESEAU DE LIBRAIRIES \tSOLIDEMENT ETABLIES DEPUIS DES DECENNIES \tACCUEILLANT DYNAMIQUE ET COMPETENT \tL OFFICE PERSONNALISE LA COMMANDE SPECIALE \t, QU.ON ECOUTE UN SYSTEME INFORMATIQUE A VOTRE SERVICE ENCORE PLUS DE NOUVEAUTÉS POUR RÉPONDRE A UNE CLIENTÈLE TOUJOURS PLUS SPÉCIALISÉE POUR MONTRÉAL (06A)\t1691.EST RUE FLEURY (514) 384-9920 POUR LES LAURENTIDES (06B) CARREFOUR DU NORD.ST-JEROME 432-9100 POUR LA MONTEREGIE (06C) LES PROMENADES ST-BRUNO (514) 653-0546 POUR LAVAL (06E)\tCENTRE COMMERCIAL DUVERNAY (514) 661-6000 POUR L'ESTRIE (05)\tCARREFOUR DE L'ESTRIE (819) 569-9957 POUR L\u2019OUTAOUAIS (07)\tLES GALERIES DE HULL (819) 770-4058 POUR LA MAURICIE (04) CARREFOUR DES BOIS-FRANCS VICTORIAVILLE (819) 758-9449\t, POUR PLUS D INFORMATION un Seul numéro (514) 384-9920 DEMANDER: JEAN-CLAUDE GUICHARD OU LOUISE TREMBLAY Librairie s^emarc 80 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 connaître les uns les autres au sein d\u2019une même communauté et entre les communautés.Et pour les Québécois de souche, c\u2019est une occasion de découvrir leur nouveaux compatriotes, de prendre conscience du fait que leur destin collectif est désormais marqué par la diversité 4 - La bibliothèque: un centre d\u2019études sur les communautés culturelles Avant de formuler ce quatrième rôle, il importe de préciser que la création de bibliothèques destinées aux communautés culturelles ne doit pas engendrer de phénomène de ghettoïsation de ces communautés culturelles et de folklorisation des groupes ethniques et de leurs cultures.Qu\u2019on comprenne que les nouveaux arrivants, s\u2019ils veulent toujours préserver leur culture mère, veulent aussi s\u2019intégrer à leur pays d\u2019adoption.Ainsi, créer des bibliothèques pour ne desservir que les communautés culturelles c\u2019est isoler culturellement et socialement ces communautés, et provoquer inévitablement la ségrégation.Suite à ces considérations, les fonctions et rôles que nous venons de proposer ci-haut doivent être compris comme une assignation départementale ou sectorielle de services à l\u2019intérieur d\u2019une bibliothèque de quartier située dans une région à concentration ethnique.Et c\u2019est grâce au processus d\u2019échange culturel et de connaissance mutuelle par le biais des services intégrés à l\u2019intérieur d\u2019une même bibliothèque que les usagers des diverses communautés culturelles pourront s\u2019initier à la culture majoritaire et que les Québécois de souche, de leur côté, pourront aussi s\u2019enrichir par l\u2019apport immense de la diversité culturelle des «autres».Cette diversité, qu\u2019on doit cependant étudier et conserver, constitue la quatrième fonction de la bibliothèque interculturelle.Selon la stratégie d\u2019implantation et les moyens mis en oeuvre, ce rôle de centre d\u2019études ethniques peut se refléter dans des collections et des ressources humaines réparties dans diverses bibliothèques de quartier à vocation interculturelle ou regroupées dans une bibliothèque de type central.Qu\u2019on pense aussi au rôle d\u2019archives ethniques que pourrait assumer une bibliothèque interculturelle centrale.Comme l\u2019ont mentionné plusieurs communautés culturelles lors des audiences publiques de la Commission permanente du développement de la Ville de Montréal, des documents précieux, des objets d\u2019art qui traînent dans les locaux vétustes des centres communautaires ou des sous-sols d\u2019églises, ces documents de cette première importance pourraient être soigneusement et sécuritairement conservés dans une bibliothèque centrale interculturelle.Il - PORTRAIT D\u2019UNE BIBLIO-THÈQUE À VOCATION INTERCULTURELLE DE LA VILLE DE MONTRÉAL Nous venons d\u2019esquisser le portrait souhaitable d\u2019une bibliothèque publique destinée aux communautés culturelles.Nous voulons, dans cette deuxième partie, dresser le portrait d\u2019une bibliothèque de la Ville de Montréal perçue comme une bibliothèque pour les communautés culturelles.Il s\u2019agit de la Bibliothèque Mile-End, située sur l\u2019Avenue du Parc, dans le quartier Mile-End, un des quartiers les plus cosmopolites de la région de Montréal.Il importe de préciser d\u2019abord que, même si le développement de la collection et des services n\u2019a pas encore atteint les objectifs voulus, la Bibliothèque Mile-End est réputée de plus en plus comme étant la première bibliothèque publique à vocation interculturelle de la province de Québec.1 - Caractéristiques de la Bibliothèque Mile-End Collections en langues d\u2019origine La bibliothèque dispose jusqu\u2019à présent d\u2019une collection de 9000 livres en langues d\u2019origine parmi les 45 000 livres de la bibliothèque.D\u2019ici la fin de l\u2019année, cette collection s\u2019élèvera à 12 000.Il s\u2019agit principalement de livres en grec, portugais, espagnol, italien, vietnamien, chinois, créole.On peut trouver aussi à la bibliothèque des ouvrages écrits dans une dizaine d\u2019autres langues, mais en quantité limitée de 50 à 200 livres par langue.Ce sont des livres appartenant au Biblio-service multilingue de la Bibliothèque nationale du Canada qui sont renouvelés par lot tous les 6 mois.La collection des documents audio-visuels révèle aussi son caractère multi-culturel.Une collection de 1500 cassettes de musique en plusieurs langues et de cassettes vidéo présentant les caractéristiques socio-culturelles des communautés culturelles au Québec, s\u2019ajoutant à une vingtaine de revues ethniques permettent à la bibliothèque de rejoindre les communautés culturelles dans toutes leurs préférences.Langue de communication Il est évident que la langue de communication est bien toujours le français, mail il arrive que, dans certains cas, devant les usagers qui ne peuvent s\u2019exprimer ni en français ni en anglais, nous devions recourir à la langue d\u2019origine pour faciliter la compréhension.En fait, la plupart des membres du personnel peut parler une troisième langue, soit le grec, l\u2019espagnol, le portugais, l\u2019italien, le roumain et le vietnamien.ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 81 2 - Bilan de certaines réalisations Malgré les difficultés rencontrées sur le plan du développement des collections et des services, la bibliothèque a cependant obtenu des succès remarquables.Nous nous permettons de relater ici quelques faits saillants.Un milieu favorable à l'intégration des communautés culturelles à la société québécoise Le premier impact que nous jugeons important, c\u2019est que la bibliothèque a pu rejoindre non seulement ia plupart des usagers du quartier, mais aussi les abonnés des communautés culturelles montréalaises.En nous basant sur l\u2019information apportée par l\u2019abonné au moment de l\u2019inscription ou par l\u2019origine des noms, nous avons réussi à identifier la composition ethnique de notre clientèle potentielle en octobre 1989, soit après 7 ans de fonctionnement de la bibliothèque (tableau 1).Tableau 1: Abonnés d\u2019origine ethnique en octobre 1989 Ethnie\tAbonnés/Adultes (D\tAbonnés/enfants (2)\tTotal 1 + 2 Hispanophone\t755\t381\t1 136 Portugais\t318\t411\t729 Grec\t820\t763\t1 583 Italien\t288\t153\t441 Vietnamien\t468\t291\t669 Chinois\t360\t142\t502 Arabe\t328\t72\t400 Haïtien\t130\t60\t190 Autres *\t423\t92\t515 Total abonnés ethniques\t3 890\t2 275\t6 165 Total des abonnés\t10 695\t4501\t15 196 % abonnés ethniques total des abonnés\t36%\t50%\t40% *Autres : cas non identifiables et abonnés ethniques numériquement moins important Il est bien évident que ces statistiques ne présentent qu\u2019un profil de la clientèle potentielle de la bibliothèque.Certains l\u2019ont quitté définitivement, d\u2019autres la fréquentent de façon très occasionnelle.Ainsi, de ce nombre, nous avons enregistré, dans les 10 pre- miers mois de 1989, un total de 4225 abonnés actifs, soit 2775 adultes et 1450 enfants (moins de 16 ans).Cependant, le pourcentage des abonnés d\u2019origine ethnique par rapport au total des abonnés de la bibliothèque demeure sensiblement le même: 35% à la section des adultes et 50% à la section des enfants.En comparant ces statistiques sur les abonnés à celles concernant le prêt externe de documents imprimés par langue, nous en arrivons aux quelques interprétations suivantes: 82 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 Tableau 2: Prêt externe de documents Imprimés (livres-*-revues) par langues dans les 10 premiers mois de l\u2019année 1989 ^'^Langue\tFrançais\t\tAnglais\t\tAutres langues\t\tTotal Secteur^^^\tN\t%\tN\t%\tN\t%\t Adultes\t30 304\t53\t10 444\t18\t16 800\t29\t57 548 Enfants\t28 543\t79\t6 900\t19\t652\t2\t36 095 Total\t58 847\t66\t17 344\t18,5\t17 452\t15,5\t93 643 Même s'il faut admettre au départ que la collection des livres en langue d'origine ne représente que 20% de la collection générale, avec une clientèle adulte d\u2019origine ethnique de 36%, le nombre de prêts de livres en français s'élève à 53% contre 18% en ce qui concerne les livres en anglais et 29% pour les livres en langues d\u2019origine.A la section des enfants, le pourcentage de prêts de livres en français atteint 79%, alors que le prêt de livres en langue d\u2019origine n\u2019est à peine que de 2%.Nous pourrions conclure, à partir de ces chiffres, que la bibliothèque joue un rôle stimulateur important et constitue un milieu propice à l\u2019insertion linguistique et sociale des immigrants à la société québécoise.Un foyer d'échange interculturel Si la bibliothèque est reconnue comme étant un milieu propice à l\u2019insertion linguistique et socioculturelle pour les communautés culturelles, elle représente aussi un foyer d\u2019échange interculturel.Un des moyens efficaces pour rapprocher toutes les cultures est peut-être le laboratoire de langues.On peut y apprendre 14 langues (français, anglais, allemand, arabe, chinois, espagnol, espéranto, grec, hébreu, hollandais, italien, japonais, portugais, russe).Et pour le français, la bibliothèque dispose d\u2019une dizaine de méthodes de plusieurs niveaux.Les manifestations culturelles, les expositions d\u2019art, les rencontres d\u2019écrivains avec la participation des francophones, anglophones, allophones constitue un autre aspect de la vie interculturelle de la bibliothèque Mile-End.Si le racisme existe et persiste dans la société, aucun incident notable du genre n\u2019a été perçu depuis 7 ans à la bibliothèque.On peut se demander si la culture décourage le racisme ou tout simplement, si les gens de toutes les cultures commencent à apprendre et comprendre leur nouveau contexte social à partir de cet environnement.En observant la clientèle qui la fréquente et les activités qui s\u2019y déroulent, quelqu\u2019un nous a fait remarquer que la bibliothèque est Montréal en miniature.CONCLUSION L\u2019état et le développement des services destinés aux communautés culturelles dans les bibliothèques est déjà préoccupant.Préoccupant parce que non seu- lement les services mis en place sont insuffisants, mais aussi parce que certains avis et recommandations des organismes compétents dans le domaine demeurent toujours à l\u2019état de voeux pieux.Il suffit de mentionner ici les deux recommandations les plus récentes et les plus significatives pour constater l\u2019ampleur du problème.-\tLe Conseil supérieur de l\u2019édu- cation du Québec attire l\u2019attention sur «l\u2019importance des bibliothèques publiques, d\u2019intégrer à leurs collections les ouvrages qui reflètent le plus fidèlement la diversité d\u2019appartenance des groupes qui composent la société».(Québec.Conseil supérieur de l\u2019éducation, 1987, p.37).-\tLa Commission d\u2019étude sur les bibliothèques publiques du Québec recommande que «.le Ministère des Affaires culturelles engage un chargé de projet pour effectuer une étude des besoins particuliers des personnes handicapées, des communautés culturelles, des autochtones et pour proposer des solutions» (La Commission, 1987, p.109) Si la situation est préoccupante aujourd\u2019hui, elle sera cruciale demain.Dans quelques années, avec le nombre croissant d\u2019en- ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 83 fants issus des communautés culturelles qui fréquentent présentement les écoles primaires et secondaires à Montréal, nos bibliothèques seront fréquentées par une clientèle qui parlera français, certes, mais qui véhiculera divers facteurs culturels mal intégrés et mal compris.Serons-nous prêts à nous adapter à ce nouveau contexte social et professionnel?BIBLIOGRAPHIE DES OUVRAGES CITÉS Baillargeon, Mireille.1988.Langue maternelle: importance des populations linguistiques du Québec et de la région de Montréal en 1986.Montréal: Ministère des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, 1988.Commission d\u2019étude sur les bibliothèques publiques du Québec.1987.Les bibliothèques publiques: une responsabilité à partager.Québec: La Commission, 1987.Gay, Daniel.1985.«Réflexions critiques sur les politiques ethniques du Gouvernement fédéral canadien 1971-1985 et du Gouvernement du Québec».Revues internationale d\u2019action communautaire, no 14/54 (automne 1985), p.79-92.Humanitas, vol 2, no 8 (déc.1984).numéro spécial sur le thème «Accueil et adaptation des immigrants» Québec (Province).Conseil supérieur de l\u2019éducation.1987.Les défis éducatifs de la pluralité.Québec: Le Conseil, 1987.Québec (Province).Ministère des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration.1989.Population immigrée recensée au Québec en 1986: importance et caractéristiques générales.Montréal: Le Ministère, 1989.Québec (Province).Ministère du Développement culturel et scientifique.1984.Autant de façons d\u2019être Québécois: plan d'action du Gouvernement du Québec à l\u2019intention des communautés culturelles.Québec: Le Ministère, 1981.Roy, Hélène.1985.«Jeunes Néo-Québécois et la lecture».Documentation et bibliothèque, juillet 1985.?MR3 Nous comblons tous vos besoins d'abonnements il tapie \u2019national OlK-lR't LES SERVICES D ABONNEMENT CANEBS SIX BOUL.DESAULNIERS SUITE 308 ST.LAMBERT, QUE J4P 1L3 (514) 672-5878 Ligne directe pour Québec: (800) 361-7322 SERVICE AU QUÉBEC: \u2014Centre de traitement à St.-Lambert \u2014Equipe spécialisée \u2014Banque de données \u2014Avis professionnels \u2014Représentant des ventes 84 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 PIERRE IAROCHELLE 615, 4ème RUE SHAWINIGAN, QC G9N 1G9 (819) 537-1617 1-800-567-9373 -\tSPECIALISTE EN RELIURE DE LIVRES DE BIBLIOTHEQUES PUBLIQUES -\tLAMINAGE DE CARTE GEOGRAPHIQUE OU TOUT AUTRE DOCUMENT (SANS LIMITE DE GRANDEUR) -\tSERVICE RAPIDE -\tPRIX COMPETITIFS -\tNOUS EMPLOYONS TOUJOURS DES MATERIAUX DE PREMIERE QUALITE Depuis 25 ans, nous offrons un service de qualité à travers toute la province.Çù.\tUicA&Me, fi léà.ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 85 User fees for online bibliographic searching: the policies of university libraries in Québec* Barbara Maass Bibliothécaire professionnel à la Direction de ianalyse et de la recherche de la Société d Habitation du Québec Fifteen Québec universities offering graduate programs participated in a March 1988 mail survey of Charging Policies for Online Bibliographic Searches conducted with the support of the Working Group on Fees of the Subcommittee on Libraries of the Conference of Rectors and Principals of Québec Universities.Charging policies are markedly different; fourteen distinguish between different client groups.Economic considerations (recovery of direct costs) were reported as the most important rationale.Other factors were encouraging demand of particular client groups, philosophical considerations, and discouraging the demand of particular client groups.Ten respondents foresaw an increase in user fees, but three respondents stated they were likely to decrease.Quinze institutions universitaires québécoises ont participé, au mois de mars 1988, à une enquête portant sur la tarification de leurs services de téléréférence.Cette étude fut réalisée par le groupe de travail sur la tarification des sous-comités des bibliothèques de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRE-PUQ).Ces politiques sont différentes d\u2019une institution à une autre; quatorze universités ont une tarification spécifique à leurs diverses clientèles.De façon générale ce sont des raisons économiques qui motivent de telles décisions.D\u2019autres facteurs, comme la nature de la demande de certaines catégories d\u2019usagers et certaines considérations philosophiques sont parfois considérées.Dix participants à l\u2019enquête indiquent qu\u2019ils ont déjà anvisagé d\u2019augmenter leurs tarifs mais trois autres ont préféré de les considérer à la baisse.This article examines the policies of Québec university libraries with regard to the charging of user fees for online bibliographic search services.A survey questionnaire, distributed in March, 1988, to the directors of fifteen university libraries in Québec, sought information concerning the policies in effect for online searching and the reasons underlying the development and implementation of these policies.Much has been written on the topic of user fees for online bibliographic searching.However, very little information has been available concerning the practice of * This article is a condensed version of a study originally prepared at the École de bibliothéconomie et des sciences de l\u2019information, Université de Montréal, and submitted to the Groupe de travail sur la tarification of the Sous-comité des bibliothèques, CREPUQ (la Conférence des recteurs et des Principaux des Universités du Québec).charging fees for online searching within the Québec or even the Canadian context.As Denis Rousseau writes: Le Canada, et le Québec, n\u2019échappent pas à la vague de la tarification.L\u2019examen de la question y est toutefois moins avancé qu\u2019aux États-Unis.et nous possédons peu de données de fait sur la pratique de la tarification.Les études restent à faire.À part le RE.B.et la photocopie, on sait que l\u2019interrogation des bases de données a été un des principaux services à faire l\u2019objet d\u2019une tarification dans les bibliothèques .il serait hautement souhaitable qu\u2019une étude approfondie et globale de ce seul secteur de la tarification soit entreprise, tant les pratiques sont variées d\u2019un côté et la documentation abondante de l\u2019autre (1987, pp.29 and 31).AN OVERVIEW OF THE ISSUES The \u201ccharge or not to charge- or \"fee vs free\" debate has been widely discussed in the library science literature since the mid-1970\u2019s.The debate surrounding user fees for library services is, however, not new.McMullen, in an extensive historical review of the practice, traces the charging of user fees back to 1853 in Britain where those users paying a supplementary fee gained access to a special collection housed within the austensibly \"free\" public library (1977, p.3).It is thought that it was with the introduction of relatively expensive online bibliographic search services in the 1970\u2018s, that the debate surrounding user fees intensified: \"Indeed, it is the advent of these services and the prospect of other ones based on high technology that has genera- 86 ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 ted the current interest in pay libraries and user charges\" (De Gennaro, 1975, pp.366-367); and \".computer-based retrieval services, both those developed locally and those which are commercially vended, were instrumental in directing the profession\u2019s attention to user fees and they have stimulated much of the current debate\" (Waldhart and Bellardo, 1979, p.40).A number of authors (e.g., Rousseau, 1987; Waldhart and Bellardo, 1979; the National Commission on Libraries and Information Science, 1986; and Revill, 1983) have summarized the views for and against the levying of user charges for library services and materials.In brief, the principal arguments put forward against user charges are as follows: 1.\tlibrary services are a public good-free access is a fundamental right of each citizen in a democratic society; 2.\tthe introduction of fees is the beginning of the end of free library services (i.e., they represent the \"thin edge of the wedge\"); 3.\tfees are discriminatory-an individual\u2019s access to information is based on ability to pay rather than on need; 4.\tfees represent a form of double taxation-first via taxes (or general revenues, including student fees), second via user charges; 5.\tuser fees encourage libraries to place emphasis on revenuegenerating services to the detriment of nonrevenue producing services; 6.\tfees reduce public support for libraries; and 7.\tthe cost of administering and collecting fees outweighs their financial benefits.Those In favour of user fees cite principally the following arguments: 1.\tuser fees increase recognition of the value and importance of library services; 2.\tfees encourage efficient use of public resources; 3.\tfees encourage better management practices; 4.\tfees limit overconsumption and discourage frivolous use\" of services; and 5.\tescalating costs demand the introduction of fees-without the imposition of fees the service may not be offered.For some writers, the current debate centres on the very concept of the library.Does the library provide \"public goods\" (those which benefit the community as a whole and which thus should be fully supported by general revenues) or \" private goods\" (those which benefit individuals and which thus should be paid for by the user)?According to the National Commission on Libraries and Information Science, most library materials and services are in fact \"merit goods\"-that is, they are neither purely public nor private as they are provided by the community for both the benefit of the user and the overall good of the community.It is assumed that such goods would not be purchased if left to the ability or preference of potential users .Many library services have both public and private qualities and may be financed by general revenues or user fees or a blend of each (1986, p.93).Other writers believe that the issue is fundamentally political and philosophical.For example, Roose, referring to charges for online bibliographic searches, states: The real issue is philosophy which determines priorities which determine how to spend money.A library needs a consistent policy based upon a sound philosophy of service rather than a policy that discriminates either by category of resource or by the financial resources of the patron.I will not take on face value the protests of libraries that say that they cannot afford to provide free online searching while they can afford equally expensive resources or programs or systems (1987, p.65).Yet others believe that the issue is fundamentally financial and economic: .for all the eloquence of those arguing against fees on the basis of the tradition of free access to information in American libraries and for all the emotional outcry about discrimination, these arguments carry little weight in the real world where bills must be paid (Breen, 1987, p.402).in the last analysis to charge or not to charge is a matter of money and it is the financial implications of these arguments that are the most relevant (Steig, 1985, p.96).There is also a middle ground to these opposing views.As De Gennaro writes: While most libraries can be expected to be opposed to the concept of pay libraries or user charges because of the traditions of the profession and as a matter of principle or political ideol- ARGUS / Hiver 1989 / Volume 18 / Numéro 3 87 La dernière passion des rats de bibliothèque mm ^ ^ HLj onçu par des bibliothé-________I aires pour des bibliothécaires, multiLIS intègre une multitude de fonctions avant-gardistes.Il donne à tout moment une vision précise de la situation: aux gestionnaires, aux préposés et aux usagers.Toutes les fonctions sont intégrées à partir d\u2019une même banque de données où elles vont à la fois puiser et verser de l\u2019information.Vous avez donc un contrôle absolu de toute la gamme des opérations.Les usagers, eux, sont ravis, car multiLIS est accessible aux petits rats comme aux grands érudits, selon leur capacité d\u2019utilisation.\u2022Système automatisé véritablement intégré, développé par l'université du Québec à Montréal \u2022\tInteraction avec l'usager, unique en son genre \u2022\tSix fichiers d'autorités en accès direct \u2022\tCatalogage en format régulier ou en format MARC intégral \u2022\tAcquisitions, prêts, recherche (booléenne, troncature) \u2022\tProduction de rapports et statistiques \u2022\tMultilingue \u2022\tFonctionnalité «réseau» \u2022\tPour petites ou grandes bibliothèques, spécialisées, publiques ou académiques \u2022\tmultiLIS opère sur toute une gamme d\u2019ordinateurs -\tles ordinateurs VAX de Digital -\tles TOWER 32 de NCR -\tet plusieurs autres équipements qui utilisent le système d'exploitation UNIX system V Malgré ses caractéristiques avant-gardistes, multiLIS est peu coûteux et ne requiert pas d\u2019analyste sur place pour son entretien.Les experts sont unanimes: multiLIS est largement en avance sur la concurrence.C\u2019est d\u2019ailleurs le premier système en importance au Canada et le cinquième en Amérique du Nord.Demandez une rencontre d\u2019information sur multiLIS; vous verrez: c\u2019est passionnant! 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