Argus, 1 janvier 1981, Janvier - Février
[" , ïrA: 1 ¦¦ -« i .____________________^ r Contraste insuffisant ARGUS Comité de redaction Editorial Committee Denyse Leger près Diane Allard Serge Coulombe Claude Langlois Louise Pelletier Hélène Roussel Rejean Savard Correcteurs Correctors Jean-Pierre Côte Helene Roussel Maquettiste Antoine Godbout Impression Printing Les Presses Lithographiques Lac Etchemin (Quebec) Traductrice Translator Mynam Ticoll Publicité Advertising Agence Marsy 440 ouest Boulevard Dorchester Suite 1101 Montreal Que H2Z 1V7 (514)871-1757 Dépôt légal Legal deposit Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Argus est une revue bimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec Elle vise a I information et a ( éducation de la profession La redaction laisse aux auteurs l entiere responsabilité de leurs textes L abonnement annuel est de 18$ (4$ le numéro) et de 20$ (4.50$ le numéro) pour l exterieur du Québec II est gratuit pour tous les membres de la Corporation Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée au plus tard un mois suivant la date de parution a ! adresse suivante Argus Secrétariat de la CBPQ 360 rue Le Moyne Montreal Québec H2Y 1Y3 Les articles de la revue sont indexes dans le Bulletin signaiétique section 101 Sciences de ! information - documentation, Information Science Abstracts.Library Information Science Abstracts (LISA), Library Literature et dans RADAR répertoire analytique d articles de revues du Quebec Argus is a bimonthly journal sponsored by the Corporation of Professionnal Librarians of Quebec Its aim is to publish original papers for the information and education of the profession Articles are the entire responsibility of the authors The yearly subscription is 18$ (4$ an issue) and 20$ (4 50$ an issue) outside Quebec Subscription for members is included m their fees to the Corporation Any request concerning missing issues should be sent, no later than a month after date of publication to the following address Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montréal Quebec H2Y 1Y3 Articles are indexed m Bulletin Signaletique section 101 Sciences de l'information - documentation, Information Science Abstracts Library Information Science Abstracts (LISA).Library Literature and in RADAR répertoire analytique d articles de revues du Quebec ARGUS JANVIER FÉVRIER 1981 VOLUME 10 NUMÉRO 1 1 / bibliofiches 4545 Boul.Laurier, St Hubert, P.Q.J3Y 3X3 Tél: 676 7961 A \u2022 C \u2022\t« 352 \\\\ 355 3512 536\t537 \u2022\t\u2022\t 3525-3540-3580 555 556 559 ' ¦ 1\t\t 550\t\t \u2022\t560\t552 \t\t\u2022 Fiches divisionnaires horizontales No\tMatériel\tCouleur\tPattes Positions\tTrouée\tFiches par paquet 352\tcarton\tchamois\tunies\t2\tb 16\t100 355\tcarton\tchamois\tunies\t5\t5/16\"\t100 3512\tcarton\tchamois\tmois\t5\t5 16\"\t12 3526\tcarton\tchamois\tA Z\t5\t5 16\"\t25 3531\tcarton\tchamois\t1\t31\t5\t5 16\"\t31 3525\tcarton\tonglet métal\tA Z\t5\t5 16\"\t25 div.3540\tcarton\tonglet métal\tA Z\t5\t5 16\"\t40 div 3580\tcarton\tonglet métal\tA Z\t5\t5 16\"\t80 div 536\tcarton\tsaumon\tpleine largeur\t5 16\t10 537\tcarton\tbleu\tpleine largeur\t5/16\"\t10 538\tcarton\tchamois\tdemi gauche\t5 16\"\t10 540 Dewey carton\tchamois Fiches \"Polyor\"\t\t\t10 fiches pleines 100 fiches demies\t5/16\t110 550\tpolyester\tor\tdemi gauche ou droite\t3/8\t100 551\tpolyester\tor\tdemi centre\t3/8\t100 552\tpolyester\tor\tpleine largeur\t3/8\t100 Vedettes-Matière pour fiches ''Polyor''\t\t\t\t\t MiQ\t\t11\tt '\tj\t\tGrandeur\tneb\tes oar oauuet\t 5d5\tindex\tnoir sur blanc\t\tg gyr\t* 4 rin\t 3 ID X / 1 / de haut - pouvant contenir X Ü30CI (es differents formats de Thermivit -ei.es et un perfo\tf a î f* uuf\t, ?\tPieces de rechange\tx!;;\tD«cnpt*op\tformai\tCatalogue \t\tVT- y £ V mV\"\txi ; : ;\tDescription\tCatalogue \u2022 Equipement !-0iblio Quebec |nc 1635 rue Begin Montreal (Quebec) H4R 1W9 Tel (514)336 4340 4 La gestion de l\u2019innovation technologique * Par Œline R.('-artier A zant de se laisser tenter par la technologie nouz elle et attirante, il faut d'abord se demander si elle est vraiment necessaire, en planifier sérieusement l'implantation et ne pas oublier le personnel impliqué dans ce changement.Pour ce faire, les administrateurs de bibliothèques devront avoir une approche systémique de leur milieu.Before allowing oneself to be tempted by the new and appealing technology, one must first put into question its necessity, ana carefully plan us implementation, keeping in mind the per south11 involved in the change.In order to do this, library administrators should adopt a systemic approach.Si je me trouvais devant une assemblée composée uniquement Je bibliothécaires de référence et de conseillers à la documentation, je serais tentée de v ous dire: chers éventuels courtiers en information, parce qu'il semble que cette facette de nos activités est appelée à évoluer dans ce sens.Mais comme je reconnais parmi vous des gestionnaires et des administrateurs, des spécialistes du télétraitement et de l'ingénierie des systèmes, des technologues des media visuels et sonores, des maîtres de l'interrogation des banques documentaires, des indexeurs, des documentolo-gues, des informaticiens et au moins un chargé de recherche, je me restreindrai a vous appeler: chers collègues et chers amis! Nécessité de planifier Au début du mois de novembre, la Se conférence sur l'utilisation des micro-supports dans les bibliothèques avait lieu a Boston En revenant de cette conférence, a bord d'un petit avion de 1S passagers dans lequel il n'est question ni de se promener puisqu'il faut y marcher en courbant les épaules , ni de manger, ni de turner, ni de converser puisque le vrombissement des moteurs a de quoi vous rendre sourd .trop fatiguée pour lire quoi que ce soit de sérieux, j\u2019ai tenté de passer le temps a feuilleter les quelques journaux et revues qui traînaient dans l'avion.Parmi les bulletins de l'Association des pilotes privés et les journaux de la fédération des marchands du Massachusetts., la revue Life m'est apparue plutôt comme un \u201clife-saver\u201d.Je l'ai lue du début j jusqu'à la tin.(Croyez-le ou non, c'est j une page de publicité de la Champion j International ( Corporation qui a retenu j le plus mon attention et qui m'a sou- j dain tait penser à la conférence que je I devais prononcer sur la gestion de l'in- j novation technologique.La compagnie | (Champion s'intéresse à tous les pro- j I duits de la forêt.Prenant comme pré- ! texte le lait que cette compagnie traite un produit qui met cinquante ans à j I atteindre sa maturité, la publicité insis- j tait sur l\u2019importance de la planification I du futur en disant: nous plantons des graines, nous moissonnons des arbres.Nous produisons du bois et du papier, j Parce que nous vivons de la forêt, notre succès dépend d'une manière ou d'une autre de l'avenir; c\u2019est pourquoi la (Champion (Corporation doit prévoir a long terme Ht le texte continuait comme ceci: \u201cThe future is coming.And with it will come great benefits for mankind.And a whole new set of problems\" Par exemple: \u201cIn the future, electronic information gathering and analysis techniques could be used to find out more about you, and what vou think and tecl.How will we prevent our heads from turning into open books\"' Vos pensées et vos sentiments sont-ils votre propriété?Ou appartiennent-ils a n'importe quelle organisation qui grâce a l'expertise et la technologie a le pouvoir de recueillir toutes les données qu elle souhaite obtenir à votre sujetC\" Le texte continuait sur le débat crucial et controversé concernant les libertés individuelles, débat que la Privacy Pro- tection Study (Commission n'a pas réussi à trancher après deux années d'étude.D'une part, l'information personnelle sur chacun des citoyens est essentielle à l'État pour la prise de décision en bien des domaines: l\u2019allocation des ressources, le logement, l'alimentation et les programmes sociaux.D'autre part, il est bien admis que la vie personnelle de l'individu doit être protégée.Sans aucun doute, l'information sera dans l'avenir l'un des plus importants produits.Déjà, un emploi sur deux aux LCtats-l'nis est relié à la manipulation de l'information.La page publicitaire se terminait ainsi: la Privacy Protection Study (Commission a recommandé au (Congrès américain de mettre sur pied, à l'intérieur du gouvernement, un bureau fédéral indépendant pour la protection des libertés individuelles \u201cin the age of information, with its omnidirectional microphones, its lasers, its incredible data banks, etc.\u201d Vous comprenez sans doute facile ment pourquoi cette publicité m'a automatiquement rappelé à l'esprit la journée d'étude d'aujourd'hui qui traite précisément de la gestion de l'innovation technologique par les bibliothécaires qui sont les manipulateurs par * i ontérence prononcée lor' Je la journée Je tormation professionnelle sur la gestion Je l'innovation technologique organisée par la Corporation Jes bibliothécaires professionnels Ju Quebec le novembre 1^79 ** Céline Cartier est Jirecteur Jes bibliothèques a ri niversite I a\\aI excellence de l'information (x*qui m'a lait le plus réfléchir, et inquiétée a la fois, c\u2019est cette insistance sur la nécessité Je la planification a long terme, alors que dans le domaine de la technologie, nous serons demain non pas face à une évolution normalement prévisible et mesurable mais bien plutôt à une révolution prodigieusement rapide et déconcertante Comment, devant cet avenir non simulable, planifier et prendre des décisions qui peuvent impliquer des investissements importants?Comment gérer ensuite l\u2019incertitude ou le temporaire?Les bibliothécaires sont préoccupés par ces questions épineuses; en septembre, par exemple, avait lieu dans une université de Caroline du Nord un symposium sur ce sujet.Le rapport en a été présenté dans la livraison de novembre du Library journal ne u s.La journée d\u2019étude d\u2019aujourd\u2019hui en est un autre exemple Les bibliothécaires ne veulent pas se lancer dans l\u2019innovation sans réflexion ni prudence.Le phénomène de la technologie, on le sait, est entré dans nos vies quotidiennes et il y restera, qu\u2019on le veuille ou non.Je crois aussi que les bibliothèques sont passablement avancées dans l\u2019utilisation de la technologie; qu\u2019on pense seulement aux banques documentaires qui sont de plus en plus largement exploitées dans un bon nombre de bibliothèques universitaires, au traitement automatisé des documents qui a fait du catalogage une opération collective à frais partagés, aux sous-produits qui sont programmés et utilisés à des fins de gestion interne ou de diffusion de l\u2019information scientifique et technique, tels les listes de toutes sortes acquisitions, périodiques, commandes , les étiquettes, les fiches, les catalogues SOM Sorties d\u2019ordinateurs sur microfilms , etc.; pensons aussi aux systèmes de prêt et de réservation des documents \u201con- i line\", au prêt entre bibliothèques qui I puise dans le catalogue collectif automatisé, à l\u2019usage des rayonnages compacts, aux installations antivol électroniques, à l\u2019utilisation des micro-supports, et j\u2019en oublie certainement, toutes réalisations qui feront l\u2019objet d\u2019exposés aujourd\u2019hui.Technologie et planification dans les bibliothèques Cependant, tout en constatant cet engagement réel des bibliothèques dans le processus technologique, on ne peut guère retracer la planification originale qu\u2019elles ont effectuée avant de se lancer dans l\u2019aventure.A vrai dire, la planification a été extrêmement limitée et ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne le traitement automatisé de la documentation, que ce soit dans le système utilisé par le consortium Té lé cat/ l\u2019mcat ou dans la banque de données a accès direct de f Université d u Quebec Badaduq , pour ne parler que de ces réalisations que nous connaissons bien Cela dit, il faut se hâter d\u2019ajouter que cette constatation n\u2019a rien de très anormal car.par définition, \u201cinnover, c\u2019est introduire dans une chose établie quelque chose de nouveau, d\u2019encore inconnu\" dictionnaire Robert, tome 4, p 11 L\u2019innovation comporte donc par nature le risque de l\u2019inconnu, de l'imprévisible.Or, l\u2019imprévisible étant le contraire de la prévision, sur laquelle repose essentiellement la planification, celle-ci ne peut être qu\u2019aléatoire lorsqu\u2019il s'agit d\u2019innovation, encore plus quand il s'agit d\u2019innovation technologique.On ne peut parler dans ces cas que de planification partielle, de \u201cprécaution\u201d à prendre et non de planification globale.Il est à peu près certain que ni Badaduq ni le système d'l\u2019 I -LAS University ol Toronto Librarv Automation Systems ), n'auraient vu le jour si les universités avaient attendu qu'une planification totalement étayée soit possible pour agir ou \u201cplonger\u201d A tout le moins avaient-elles sans doute pris la précaution de se documenter sur les systèmes analogues déjà existants dans d'autres pays afin de planifier au moins au point de vue technique J\u2019ajouterai pour prouver mes avancés, surtout à l\u2019intention des incrédules, que l'adoption par quelques bibliothèques universitaires du Québecd'un système automatisé en 197Ù auquel ont adhéré par la suite les autres institutions sauf 1 Université du Québec , a constitué un projet pilote et demeure théoriquement un projet pilote puisque à aucun moment ce statut expérimental n'a été officiellement remplacé par celui de permanent.Ln pratique cependant, un point de non retour a été pour ainsi dire constaté et accepté après l'étude de rentabilité qui a été effectuée il y a deux ans.L'adhésion de plus de vingt bibliothèques à ce système a aussi, à toutes tins utiles,contribué à prouver sa viabilité.Dans le cas de Badaduq.le système original ne prévoyait que le repérage de l\u2019information.( e n\u2019est qu'après plusieurs années de fonctionnement que l\u2019on a songé à y intégrer ou greffer d'autres types d'opérations.Il ne s'agissait donc pas là aussi de planification à très long terme.Badaduq est d'ailleurs actuellement repensé et restructuré.La Bibliothèque de l'Université Laval, considérée comme une pionnière dans le domaine de l'automatisation, av ait déjà en 1 ^66 établi un programme-complet en vue d'automatiser ses operations.Il s'agissait d'une planification de type théorique sans études de rentabilité ou de coût/bénéfices très poussées.I x ca rac tè re a ve n t u re u x de s p re m le - res applications expérimentales de la technologie moderne dans les biblio-i theques au cours de' années bO a déjà été compare- aux expériences vécues par les premiers pilotes d\u2019av ion ( es expc -riences, comme les a décrites St-Lxu-perv dans l\u2019olde nuit, avaient un caractère d\u2019expérimentation fébrile, de liberté excitante et de défi passionnant Les pionniers de l'aviation avaient la liberté de choisir la meilleure route pour atteindre leur destination, dégagés de toute direction ou contrôle venant de la terre ferme.Le pilote se sentait tout puissant et son succès dépendait de son initiative et de son courage (\"était une époque glorieuse et fascinante qui fut de courte durée.L'aviation se développa rapidement, devint de plus en plus complexe et très coûteuse.Les pilotes durent subir des entraînements sévères et les qualités d'autrefois initiative et courage devinrent moins importantes que l'habileté technique et la volonté de suivre avec précision les consignes rigoureuses, les directives strictes et les procédures établies, de même que la capacité de travailler en équipes Des techniciens ingénieux et des professionnels très hautement qualifiés ont remplacé les poètes et les aventuriers.De la même layon, les pionniers de I l'automatisation dans les bibliothèques | lurent davantage des créateurs considérés plus nuageux que pratiques, des innovateurs jugés plus aventureux que techniciens.Ils jouissaient d'une liberté d'action considérable, favorisée par l'ignorance et le désintéressement de certains de leurs supérieurs quand ce n'était pas la terreur ou la crainte révé-rentielle a l'égard des ordinateurs et de l'analyse de systèmes Les meilleurs de ces premiers innovateurs étaient en quelque sorte des hommes à tout faire, choisissant les tâches à automatiser, établissant les projets, programmant les opérations, implantant les systèmes et parfois opérant eux-mêmes les appa-j reils et cajolant les sorties d'ordinateur ( \"était là aussi une aventure fascinante | marquée par la créativité.Tout cela a rapidement changé.Les travaux et les équipements sont devenus de plus en plus complexes et coûteux.( x ne pouvait plus être l'oeuvre d'un seul homme dédié à l'innovation spontanée mais le travail dcquipes de spécialistes supérieurement formés, structurés, contrôlés, chargés d'effectuer le design de systèmes collectifs ou de participer a des groupes conseils attachés a des consortia Le caractère de plusen plus sophistiqué des ordinateurs, les investissements de plus en plus considérables qu'ils exigent ont lait perdre aux pionniers une grande part de leur belle-liberté originelle et leur indépendance créatrice et ils ont été appelés progressivement a travailler davantage au trans- 6 APr ER FÉVRIER i numéro ^ îert.a l'adaptation et a l\u2019implantation Je systèmes et logiciels déia existants ou vendus par des entreprises commerciales Il existe encore cependant des tenants du plongeon systématique et de la liberté délirante, à preuve, cette phrase que l'ai relevée d'un article du mois d'avril de la revue Tht Futurist dans lequel il est question de l\u2019enseignement assisté pa.micro-ordinateur La seule chose, dit l'auteur, qui manque encore c'est le logiciel Peut-être que la meilleure layon pour le développer \u201cis to turn instructors loose on microcomputers and let them develop the software through actual use\" La situation sera chaotique pour un moment mais elle va s'aiuster elle-même.La chose importante c'est de démarrer.Si l'on attend de savoir ce que l'on fait pour agir,on n'ira ïamais nulle part' Il people uait until they know what they are doing, they will never get anywhere\u201d.Sur cette question de la planification plus ou moins possible lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019innovation, je voudrais résumer ma pensée de la layon suivante: 1.il est assez normal de ne pas pouvoir planifier à très long terme lorsque l\u2019on innove; 2.de toute layon, il serait inutile de planifier pour l\u2019éternité puisque la technologie est en constante transformation, pour ne pas dire révolution; V sachant cela, il ne faut pas pour autant ne rien faire, ou se lancer aveuglément dans des aventures ou des projets non documentés; 4.il faut aussi éviter le piège d\u2019innover parce qu\u2019il le faut, ou que c\u2019est la mode, ou pour doubler son voisin; 5.l\u2019innovation coûtant très cher, il faut au moins, avant toute initiative, connaître les vrais besoins et estimer les coûts afférents à cette initiative.Enfin, les bibliothèques ont maintenant une expérience valable en matière d\u2019innovation technologique et cette expertise devrait les inciter à la prudence et au réalisme.Elles devraient absolument soumettre leurs activités actuelles à une sérieuse et profonde é va -luation.Cette opération constituerait la base minimum, lctape préliminaire à tout nouveau développement.Oci constitue déjà une forme de planification.Je me permets d\u2019insister s»ur ce dernier point car je ne crois pas que les bibliothèques qui ont évalué après coup leurs initiatives technologiques soient nombreuses Que coûte en réalité l\u2019exploitation des banques de données?Ottc activité est-elle rentable pour des bibliothèques de moindre envergure?Quel bénéfice marginal la clientèle tire -t-elle de chaque nouvelle banque documentaire?Le prêt automatisé est-il satisfaisant\u2019\" Quelles sont les conséquences des pannes d\u2019ordinateur, des arrêts de service, de la surcharge des systèmes pour le personnel et les usagers?Toutes ces questions doivent être posées dans l\u2019optique de la fonctionnalité des activités sans négliger cependant le caractère politique de certaines décisions prises antérieurement.Technologie et relations de travail N\u2019eût été la lecture de la revue Life à bord de l\u2019avion, à laquelle j\u2019ai fait allusion, je n\u2019aurais pas commencé cette conférence de cette layon J\u2019aurais plutôt parlé d\u2019abord de la gestion des ressources humaines.( xHa peut sans doute vous ctonner, mais je suis convaincue que ce n\u2019est pas tant la gestion de l\u2019innovation technologique en elle-même qui est importante et complexe mais bien plus celle des êtres humains engagés dans l\u2019opérationalisation des changements technologiques.Rappelons-nous seulement quelques-uns des con-; Hits sérieux qui ont éclaté chez les j postiers, au journal La Presse ou au Times, lors de l\u2019automatisation de certaines opérations.Avec ou sans innovation technologique, la gestion des ressources humaines constitue le principal défi de tout administrateur.Il faut dire tout de suite que, dans un cas comme dans l\u2019autre, la marge de manoeuvre du gestionnaire est relativement mince, en raison de ces contrats que constituent les conventions collectives et les protocoles qui dictent les trois quarts, sinon les sept huitièmes, des comportements.Hans ce contexte, les changements dans les méthodes et les habitudes de travail qu\u2019entraîne l\u2019utilisation d\u2019une technologie nouvelle sont pour ainsi dire inscrits au fur et à mesure dans les conventions de travail, soit par des lettres d\u2019entente ou lors des renouvellements de ces conventions.Quelle part d\u2019initiative reste-t-il à l\u2019administrateur?Il lui reste la possibilité d\u2019agir au niveau du climat de travail, au niveau de la préparation psychologique du milieu avant l\u2019implantation des changements.Cette action est extrêmement délicate et de la plus haute importance.Elle requiert un doigté certain, une comprehension réelle des problèmes humains et une forme de leadership qui ne soit pas superficielle.Le malheur souvent vient du fait que les gestionnaires eux-mêmes ne sont pas toujours convaincus de la pertinence des modifications qu\u2019ils doivent apporter, Comment susciter l\u2019intérêt et la motivation et la coopération chez autrui si l'on n'est pas soi-même absolument favorable au renouveau technologique?La tâche n'est certes pas facile car la résistance au changement n'est pas que chez les autres; elle existe chez chacun de nous, à des degrés divers ou très souvent dans l'inconscient.D\u2019autre part, les gestionnaires sont parfois démunis face à certains phénomènes d\u2019ordre strictement technique difficilement explicables lorsqu'ils entrent en conflit avec des phénomènes d'ordre humain.Je n'en voudrais citer comme exemple que l'égard que l'on réserve aux ordinateurs, ventilés, humidifiés, traités aux petits soins alors que l'on a parfois des problèmes à obtenir des conditions ambiantes convenables pour les humains que sont les employés, l\u2019n ordinateur par exemple dans une atmosphère très chaude ou trop sèche s\u2019arrêtera de fonctionner.L'employé de son côté, qu\u2019il fasse trop chaud ou trop froid, ne s'arrêtera pas II a parfois l\u2019impression que c\u2019est lui la machine.Dans le même ordre d'idée, l\u2019ordinateur en panne ne sera pas réprimandé ou ne subira aucune mesure disciplinaire même si cette panne entraîne, chez les emprunteurs de documents par exemple, des insatisfactions sérieuses.Vous verrez au contraire une nuée de spécialistes, de techniciens s\u2019affairer autour du \u201cmalade\u201d pour diagnostiquer le malaise.L'employé de son côté subira physiquement et moralement les conséquences de la panne et devra supporter sans trop regimber les invectives des usagers qui feront la queue devant le comptoir du prêt en réclamant les anciennes petites fiches de prêt et louangeant les systèmes manuels.Dans les bibliothèques, il y a les humains qui opèrent les changements et il y a aussi les humains qui utilisent les résultats de ces changements.La gestion des innovations technologiques doit aussi tenir compte de cette catégorie d'êtres humains que sont les usagers.Ne connaît-on pas la répugnance que manifestent généralement étudiants et chercheurs à utiliser les microfilms, microfiches et autres micro-supports pour la documentation.Que dire aussi de la résistance de ces usagers face à l\u2019utilisation des rayonnages denses et même des systèmes antivols! La gestion des ressources humaines engagées dans l\u2019exploitation et l'utilisation des innovations technologiques apparaît donc comme une fonction prioritaire et délicate qui doit être accomplie avec infiniment de minutie et de respect et un sens profond des relations humaines.Plus le climat de travail sera automatisé, machinisé, dé-pcrsonnalisé, plus il sera important d\u2019accorder une attention particulière aux facteurs humains qui continueront d\u2019avoir un impact dans l'organisation du travail et la fourniture des services.L'un de ces facteurs par exemple que l'on peut mentionner comme étant bénéfique, et qui fait éminemment appel au sens des responsabilités individuelles, c'est l\u2019horaire flexible.Ce système, qui permet à l\u2019employé d'agir en adulte consciencieux, peut s'appliquer dans n'importe quel contexte, qu'il soit technologique ou traditionnel.Mais il est ARGUS JANVIER FÉVRIER 198VOLUME iQ NUMÉRO 1 7 évident qu'il est encore mieux apprécié et qu'il a une portée plus significativement humaine dans un climat où la quincaillerie et la machinerie prennent Je plus en plus d'importance.L\u2019ne attention particulière aussi doit être apportée à la qualité des communications écrites et verbales entre supérieurs et employés, entre collègues, entre les diffuseurs et les clientèles, compte tenu de la quantité d'opérations codées, chiffrées, apparemment dénuées de vie, qui doivent être quotidiennement exécutées.Même le secteur de la référence, qui a toujours constitué un domaine d\u2019échanges privilégié sur le plan humain, se déshumanise progressivement par l'utilisation croissante des banques de données auxquelles on accède par une panoplie de descripteurs et de phrases tronquées qui n'ont d'intéressant que leur commodité d'usage.Pour continuer dans le domaine des réactions humaines, il faut être sensible aussi comme gestionnaire au phénomène inévitable qui surgit dès qu'une mécanique se perfectionne.Je m'excuse de l'analogie, mais tout le monde sait que les singes dans les laboratoires réussissent à contrer tous les défis que leur pose la mécanique au point que régulièrement les serrures des cages doivent être changées, à chaque fois que les bestioles en ont trouvé le secret, ce qui occasionne chez les responsables des maux de tête croissants.Qui n'a pas entendu parler de l'imagination et de la créativité remarquables que développent les usagers pour défier les systèmes antivols?Plus les systèmes sont sophistiqués, plus l'esprit d'invention s'aiguise.Les cégépiens qui étudient en informatique sont presque plus intéressés à défier les systèmes en programmant des tours de passe-passe, des trucs plus invraisemblables les uns que les autres, que d'assimiler la philosophie de chacun des langages.L'un aura trouvé le moyen de \"pitonner\u201d sur le compte d'un voisin, l'autre aura réussi à bloquer le circuit pour tel copain, etc., etc.Tout cela est assez normal et bien humain, mais implique pour le gestionnaire une vigilance constante et un sens de la prévision sans défaillance.Installer des systèmes, prévoir en même temps les faiblesses, les failles, de même que les comportements des utilisateurs: cela fait donc aussi partie de la gestion.Le changement vu selon une approche systémique L'un des impacts les plus sérieux de l'application d'une nouvelle technologie dans le domaine des bibliothèques, et qui se traduit en cauchemar pour les administrateurs, tient au fait que le travail est effectué à l'unité mais de layon globalisante.Je m'explique: si par exemple, en médecine, en 1981, on décide d'utiliser un nouvel instrument opératoire qui est le truit d'une recherche technologique, on commencera a l'utiliser pour chaque cas qui se présentera a compter de cette date Si dans le secteur industriel, on découvre une technique nouvelle pour l'embouteillage d'un produit quelconque,on l'emploiera dès le moment de la découverte et pour l'avenir.Dans ces deux cas, il n'y aura nullement lieu de revenir en arriére pour uniformiser l'output des années antérieures par rapport à celui d'aujourd'hui, pour actualiser en quelque sorte la production passée.Dans ces cas, les opérés des années antérieures sont opérés une fois pour toutes \u2014 bien portants ou morts; les bouteilles ont été remplies, vendues et vidées et elles n'ont aucun impact sur la méthodologie à venir.Dans notre domaine, chaque changement, technique ou autre, doit être peryu de layon globalisante en incluant le passé le présent et l\u2019avenir.C Changer de système de classification, par exemple passer du système Dewey a celui delà Library of Congress, implique des opérations de reclassification extrêmement coûteuses.Le jour où l'on a commencé à entrer le catalogage dans une banque de données, il a fallu entrevoir des programmes de conversion pour le catalogue rétrospectif.Le jour où l'on a décidé d'entrer les périodiques dans un système automatisé, il a fallu aussi investir ou prévoir un investissement pour le transfert des données antérieures.Le jour où l'on pense élaborer un programme d'acquisition de microtextes, il est à peu prés certain qu'il faudra tôt ou tard examiner les fonds anciens et planifier leur microfilmage éventuel.Le transfert physique d'une collection exigera la mise à jour des fichiers, destruction de fiches devenues désuètes, intercalation des nouvelles IVcide-t-on d'installer un système de prêt en direct?Il serait inutile de songer a ne traiter que les nouvelles acquisitions De la même fayon, le traitement rétrospectif des collections est indispensable si l'on accepte d\u2019installer des systèmes électroniques contre le vol.('.haque changement entraîne des révisions, des reprises d'opérations antérieures.C'est pourquoi, malgré les remarques que je faisais au début au sujet delà planification à long terme, chaque changement que l'on entrevoit doit être examiné selon une approche très large, systémique, afin de percevoir toutes les implications de ce changement dans le temps et toutes les conséquences d'une opération sur une autre et les coûts souvent exorbitants qui leur sont reliés.Comme je l'ai dit plus tôt, l'innovation comporte nécessairement un stade expérimentai Ilabituellement, pour faire passer une idée nouvelle, on effectue une étude de rentabilité et on propose un projet expérimental.La plupart du temps, les calculs sont plus ou moins réalistes ou plus ou moins biaisés selon la volonté que l'on a de taire accepter le projet Puis, on s'aperyoït a un moment donné, trop tard habituellement, que certains aspects ont été oubliés ou négligés, que là où l\u2019on prévoyait quatre employés il en faudra six, que l'on a mal évalué les besoins d'équipement nécessaire pour le projet, etc , etc.A ce sujet, qui n'a pas été confronté a un \"promoteur'' chargé d'établir la grille des avantages et des inconvénients reliés à un projet nouveau?Plus le promoteur est enclin à faire passer le projet à tout prix, plus il accumulera la documentation favorable.Je me souviens avoir dit personnellement à l'un de ces promoteurs \"Je parierais que dans la bibliographie que tu as constituée sur le projet, il n'y a pas un seul article défavorable\".Effectivement, aucune documentation, aucune critique négative n\u2019avait été retenue.Dans une analyse coût bénéfice, on gonflera les bénéfices, on escamotera certains coûts.Le plus bizarre, c\u2019est que très souvent ces camouflages sont inconscients et c\u2019est pourquoi les administrateurs doivent manifester clairvoyance et perspicacité, vigilance et lucidité.En évaluant, par exemple, un projet de catalogue SOM, ils devront non seulement tenir compte des économies à réaliser par l'abandon du classement des fiches et des économies de mobilier, mais aussi des coûts d\u2019investissement qu'impliquent la duplication des microfiches et les refontes cumulatives, des coûts d\u2019équipement, des problèmes éventuels d\u2019entretien, de la perte possible d'un certain nombre de microfiches \u2014 donc des coûts de vérification, etc.Autre exemple: le projet d'un fichier SOM collectif peut paraître a première vue merveilleux; en effet, quelle satisfaction remarquable que d'avoir à sa portée les catalogues de dix, quinze, vingt bibliothèques, ('fui.mais.Quel serait l'impact sur le prêt entre bibliothèques?Les bibliothèques sont-elles toutes équipées pour répondre à une demande accrue?Quel serait le niveau de désenchantement des usagers qui constateraient que neuf fois sur dix les ouvrages repérés dans le fameux f ichier sont ailleurs et que leur emprunt exigera plusieurs jours d\u2019attente?Il est évident, comme le mentionnait le texte d'introduction à cette journée d'étude qui \\ous est parvenu il y a quelques semaines, que la \"preuve n\u2019est plus a faire des bienfaits de la technologie\u201d; grâce à elle, les bibliothèques ont pu mieux rationaliser, développer, rentabiliser et contrôler leurs activités; la collaboration et le partage des responsabilités sont désormais possibles par le A H GU JANVIER-FÉVRIER 1981 VC ME 10 NuMERC biais des réseaux et surtout, surtout les usagers profitent maintenant de ser-vices qui, sans la technologie, n\u2019auraient jamais vu le jour.I/ensemble des bibliothécaires, tave a l\u2019automatisation des activités, sc partage en trois catégories: ceux qui jonglent allègrement avec les systèmes présents et sont hantes par les systèmes à venir à un point tel qu\u2019ils ont oublié qu'au bout du système il y a un lecteur avec deux pieds et deux bras, la deuxième catégorie est composée des indifférents qui \u201cn\u2019ont rien contre\", mais qui ne sont pas enflammés d\u2019ardeur et qui s\u2019en passeraient volontiers;et.troisième catégorie, ceux qui sont favorables en principe à l'évolution technologique dans la bibliothèque, mais qui sont préoccupés essentiellement par l\u2019utilisateur et en conséquence un peu réticents ou plutôt inquiets de l\u2019impact sur la clientèle.Il faut peut-être de tout pour faire un monde, mais je fais un voeu pour que la troisième catégorie recrute le plus possible d\u2019adeptes car c'est là que résident le bon sens et la sagesse.Et c'est de cette façon que le minimum de planification qu'il est possible d'effectuer comportera une analyse des besoins réels des usagers et comprendra aussi des mécanismes de communication et d'information pour les sensibiliser progressivement à l'avènement et a l'implantation d'une nouvelle technologie.La première catégorie que j'ai mentionnée n\u2019est pas inutile bien sûr.(\"est celle qui comprend encore quelques-uns de ces innovateurs impénitents qui ont le mérite de pousser coûte que coûte sur le progrès.Quant à la seconde, elle regroupe ce que l'on peut peut-être appeler l'indispensable majorité silencieuse.Lors de cette conférence nut l'utilisation des micro-supports, à laquelle j'ai lait allusion au début de mon exposé, il est bien évident que l'ensemble des communications a fait état des bienfaits de leur utilisation dans les bibliothèques.(\"est l\u2019une des voies de l'avenir pour régler les problèmes d\u2019espace auxquels nous sommes confrontés en raison de la croissance exponentielle du nombre des publications.Les problè-mes de choix, de traitement, de contrôle bibliographique, d\u2019entreposage, d'entretien ont certes été signalés et débattus.On y a peu parlé cependant des problèmes des utilisateurs.Les participants toutefois ont soulevé ces questions.Les conférenciers, on le devine, avaient été choisis parmi les bibliothécaires les plus engagés et les plus enthousiastes et sans doute les plus competent dans ce domaine.Lors du dernier exposé, qui se voulait un bilan des activités et une perspective d\u2019avenir, le conférencier s'est efforcé de v anter les progrès de la technologie et les développements prévisibles du futur et il a conclu en disant II est bien certain que nous devrons malheureusement vivre à l\u2019avenir dans cet env ironnement technologique\" Le mot \u201cunfortunately\u2019\u2019 lui a sans doute échappé, ai-je pensé, et cela m\u2019a paru significatif d'un certain niveau de réticence malgré tout; mais cette phrase m'a donné à réfléchir Sur le moment, je me suis dit \u201cc'est ridicule de vanter les mérites de quelque chose et de dire ensuite qu\u2019il y a un certain malheur à devoir l'utiliser\".Puis, réflexion faite, j\u2019ai compris qu'il y av ait là fort probablement beaucoup de lucidité Le progrès technologique nous envahit, nous dépasse et nous ne pouvons le refouler (!e progrès apporte d'immenses bienfaits mais aussi des problèmes considérables.On ne peut malheureusement pas profiter des bienfaits et oublier ces problèmes \u2014 ce serait trop beau, (\"est probablement cela qu'a voulu exprimer ce dernier conférencier, ce qui constituait un genre d\u2019avertissement aux participants.En terminant, il serait bien facile de vous ressasser la vieille rengaine qui nous est servie depuis dix ou quinze ans, a savoir qu'en l'an 2(X)0 chacun aura son terminal dans sa chambre ou son bureau, que l'information sera stockée électroniquement, que le livre aura peut-être disparu, que les bottins de téléphone et les livres de recettes seront sur microfiches et que chaque maison sera équipée de l\u2019appareil de lecture nécessaire et d'un téléphone à écran où l'on verra son interlocuteur, etc.Je m'en garderai bien, car cela me fait penser à la civilisation des loisirs qu'on nous promet depuis si longtemps et qui n'est pas pour demain, bien que l\u2019enseignement a déjà prévu des cours de récréologie; les horaires de travail sont toujours aussi longs et la mise à la retraite vient toujours aussi tard! Je m'abstiendrai de vous faire de telles prédictions sur l\u2019avenir, car au rythme où la technologie évolue, cet avenir est imprévisible.Tout ce à quoi l'on peut penser aujourd\u2019hui comme conséquences quotidiennes de l'innovation technologique est probablement insignifiant par rapport aux changements qui effectivement se produiront.Pensons seulement à ce qui s'et passé au cours des vingt-cinq dernières années! Les vingt-cinq prochaines vont sans doute être encore plus révolutionnaires, compte tenu de l'acquis présent.Je lisais il y a quelque temps dans le TV Hebdo un court article sur la photonique intitulé: \u201cLa fibre optique va changer votre vie\u201d.On y faisait allusion, comme toujours, aux innovations de demain: votre téléviseur, genre de cerveau domestique, pourra bientôt non seulement recevoir mais transmettre des messages; vous pourrez emmagasiner vos instructions pour cuire le gigot, ou faire démarrer la voiture; il vous permettra le magasinage visuel a domicile par une caméra mobile se promenant sur les rayons d'une épicerie, vous paierez automatiquement vos factures; vous pourrez de la même façon lire sur votre écran un livre \u201cemprunté\u201d à la bibliothèque, effectuer toutes espèces de démarches administratives et même passer un électro-cardiogramme chez vous, etc.Je me suis dit en lisant une fois de plus toutes ces promesses que l'homme de l\u2019an 2000 vivrait dans son fauteuil.Si j'avais à recommencer ma carrière, je choisirais certes la diététique car les problèmes d'obésité en l'an 2000 vont être cruciaux! Blague à part, pour ce qui est des développements futurs que nous aurons à gérer, on peut malgré tout les imaginer dans les domaines de la bibliothéconomie où la technologie a déjà commencé à s'appliquer, par exemple l'interrogation par terminal des catalogues, l'utilisation plus poussée des techniques vidéo, la transmission des documents par télécopie, etc., tous types d'activités déjà réalisables mais encore trop onéreuses.Je serais bien incapable de me prononcer sur l'impact que pourraient avoir sur nos opérations le développement de mémoires sur bulles magnétiques, ou de mémoires holographies, ou celui des micro-processeurs qui dev iendront des nano-processeurs, mille fois plus puissants que les précédents, puis des pico-processeurs dont la densité sera un million de fois plus grande et qui pourraient changer la nature humaine s'ils étaient greffés au cerveau, comme le prédisent les futuristes, mais il est certain que tous ces développements plus spectaculaires les uns que les autres qui visent l\u2019infinitésimal influenceront ce domaine de la documentation qui est menacé au contraire par le gigantisme.Je ne me sens nullement compétente pour élaborer plus longuement sur ces prédictions et de toutes façons, pour celui que cela intérese, il y a suffisamment de documentation écrite sur la question Depuis quelques années, on ne peut ouvrir une revue traitant de bibliothèques ou des sciences de l'information sans y trouver un article sur la bibliothèque de l'an 2000.Récemment, on a commencé à élargir les prévisions.Le bulletin de nouvelles de College &' Research Libraries pour ce mois-ci porte en effet en couverture un court article sur les bibliothèques de recherche de l'an 2030.Le besoin de repousser les prévisions vient sans doute du fait que technologiquement l'on se rapproche très vite de l'an 2000; c\u2019est peut-être aussi que les auteurs qui s'aventurent dans la prédiction estiment qu'en l'an 2000 il y aura trop de gens encore vivants pour vérifier leur prévision.En l'an 2030, la plupart d'en- ARGUS JANVIER- p £ VRiER 1981 VOLUME 10 NUMERO 1 9 9 Il____.____:__y trc nou^ seront morts et enterrés ou Je bons petits vieux à la retraite sur une plage Je la Floride, s'il en reste Je non polluée, ou parques au sixième étage J'un quelconque MI M pour personnes âgées \u2014 et Je toutes tarons bien loin Jes problèmes Je gestion Je l'innovation technologique\u2019 Je reviens sur ce que je Jisais avant cette Jigression \u2014 il nous taut prévoir pour les bibliothèques, je crois, non pas tellement J'abondantes innovations \u201cnouvelles\" je m'excuse Je cette re-JonJance , mais plutôt l'amplification et l'amélioration Jes applications Jéà en vigueur à l'heure actuelle tant au point Je vue Ju développement Jes collections.Je l'organisation Jes tonJs, Je la communication Je finlormation, et même aussi Je la formation documen-taire.De la même façon, Jans un environnement particulièrement dynamique, il faudra améliorer et raffiner l'administration Je ces innovations perfectionnées l'expérience Je la gestion, sans Joute hasardeuse que nous v ivons aujourd'hui, devrait nous permettre Je développer progressivement Jes processus administrants plus adéquats et efficaces encore.Knfin, il m'apparaît que, quel que soit le niveau d'avancement Je la technologie.les demarches futures dans l'utilisation Je plus en plus courante Jes moyens qui seront a notre disposition devront s'appuyer sur quatre objectifs ou responsabilités premières 1.\taméliorer la v iabilité économique des bibliothèques 2.\taccroître la disponibilité Jes ressources documentaires 3.\trendre l'information accessible au bon moment et au bon endroit 4.\trepersonnaliser les bibliothèques en mettant l'accent sur l'humanisation et la personnalisation Jes activi- tés ( ela semble banal, me direz-vous Peut-être bien1 Mais \u2019\u2019ai la profonde conviction que les processus vont considérablement changer, mais que les fonctions fondamentales,elles, ne changeront pas 1 Au moment ou ce texte e\\t publie, le réseau Télécat t\u2019mcat a été démembre, ce qui ne remet pas en cause la viabilité du système comme tel Quelle orientation prendront les bibliothèques universitaires a titre individuel' Certaines maintiendront vraisemblablement leur participation au système d I I I AS.d\u2019autres adopteront un svsterne différent, tel peut-être Dobis l.ibis.d\u2019autres seront tentées de développer un in-housc system\u201d t êsdiverses décisions imprévisibles.reliées à la dissolution du groupe Iélécat l\"meat.auront, sans nuldoute.un impact certain et direct sur la planification et le développement qu\u2019effectuera I I 1 AS dans l\u2019avenir 10 ARC ANVlER-FÉVRlER \u201998 IUME \\ MÉR Le rôle du bibliothécaire dans son milieu et la fonction de la bibliothèque publique Par Gilbert Gagnon* L 'auteur met l'accent sur l'emploi d'un personnel spécialisé dans les bibliothèques publiques et sur leur place de plus en plus grande parmi les services municipaux communautaires.Devant la concurrence des moyens de communication avec le livre, le bibliothécaire a un défi à relever pour répondre aux besoins d'information et de documentation de tous les citoyens.L'auteur évoque la perception traditionnelle de la bibliothèque publique centrée sur la conservation du livre et la préparât um de fiches et définit brièvement une nouvelle perception de la bibliothèque comme agent de promotion de la lecture, de diffusion de l'information et de changement socio-culturel.The author stresses the importance of employing specialized personnel in public libraries and their ever expanding place in community services at the municipal level.Given the competition books face from other means of communication, the librarian must meet the challenge of responding to fhe information and documentation needs of citizens.The author discuss the traditional view of the public library based on book conserv ation and the preparation of catalog cards and briefly outlines a new view of the library as an agent for the promotion of reading, the dissemination of information and socio-cultural change.Un programme gouvernemental d\u2019aide financière à la construction et à la rénovation de bibliothèques publiques est offert pour la première fois aux municipalités du Québec en 1980.(l'est le moment approprié de mettre l\u2019accent sur l'emploi d'un personnel spécialisé dans ces bibliothèques et sur la place de plus en plus grande que doit occuper la bibliothèque publique parmi les services communautaires d\u2019une municipalité.Depuis quelques décennies la perception du rôle du bibliothécaire et de la fonction de la bibliothèque publique au Québec a changé radicalement.I.a tendance actuelle dans le développement de la profession de bibliothécaire et des services de bibliothèque laisse prévoir une évolution aussi rapide, sinon plus, avec le développement accéléré de la technologie et des découvertes scientifiques, avec la progression géométrique des connaissances et l'accumulation de la documentation, avec le besoin de divertissement, d'identité, d'information, de formation continue et de compréhension d'une société en perpétuel changement et à la recherche d'un plus être.La bibliothèque publique, par le leadership et le dynamisme de son personnel spécialisé, sera sans doute amenée à s'impliquer de plus en plus dans le développement culturel, social et économique du milieu à desservir.I.La perception Je lu profession Je bibliothécaire et Je la bibliothèque publique au Québec.1 Le bibliothécaire et la bibliothèque avant 1960.\u2014 Pendant cette I période, le bibliothécaire, généralement formé par les études classiques, est considéré comme un humaniste et un érudit qui passe une grande partie de son temps à faire des recherches dans la solitude derrière les rayons d\u2019une biblio-I thèque accessible à un petit groupe de privilégiés.Sa formation fait de lui un i homme cultivé et possédant de vastes connaissances dans tous les domaines du savoir.Il est ainsi apte à orienter, à conseiller et à éclairer les lecteurs dans ! le choix des livres sans ignorer la morale et la doctrine chrétienne.Il voit la bibliothèque comme un temple sacré, un genre de musée où l'on entrepose et conserve des documents.Hile est en quelque sorte un objet de luxe que l'on maintient avec un minimum de frais.Les livres sont souvent classés selon les normes du bibliothécaire qui passe une bonne partie de son temps à expérimenter ses techniques personnelles plutôt qu'à attirer de nouveaux usagers à la bibliothèque.La profession de bibliothécaire est définie comme un métier permettant d'exercer une activité plus ou moins rémunératrice.Le bibliothécaire est le plus souvent un enseignant à la retraite, un religieux, un commis, un technicien ou une dame bénévole.La majorité des membres de l'association des bibliothécaires n'ont pas un diplôme universitaire reconnu.Le bibliothécaire et la bibliothèque après 1960.\u2014 Pendant cette période, des événements tels que la remise en question du système de valeurs religieuses et sociales, la prise de conscience d'une réforme scolaire et le besoin d'un affranchissement aux niveaux culturel et économique provoquent des changements profonds au sein des groupes sociaux.Pour leur part, les bibliothécaires n\u2019échappent pas à ces changements et réévaluent leur action et leur rôle dans la société québécoise.Le changement de statut de l'Ecole de bibliothéconomie de l'Université de Montréal, la création de la Commission et du Service des bibliothèques publiques, le développement du Service de bibliothèques scolaires, la fondation de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec CBPQi et de l'Association pour l\u2019avancement des sciences et des techniques de la documentation ASTED * Gilbert Gagnon est sociologue au ministère des Affaires culturelles ARGUS JANVIER-FÉVRIER \u2019981 VOLUME \u20190 NUMÉRO i 11 et l'adhésion des bibliothécaires au syndicalisme vont favoriser 1 emergence d'une nouvelle image de la profession de bibliothécaire.En effet, les exigences scientifiques prennent plus d'importance que l'humanisme dans les facteurs de structuration de la pensée des bibliothécaires.Les questions à l'ordre du |our des congrès de jadis telles que l'humanisme chrétien, la critique littéraire, la morale, les devoirs du bibliothécaire et son rôle d'éducateur sont remplacées par celles de la mécanisation des services techniques, l'administration, la planification du développement des bibliothèques, la recherche, la compétence, les qualifications des bibliothécaires, etc.Le syndicalisme a eu un effet positif sur les conditions de travail et la description des tâches du bibliothécaire.La ( BPQ a contribué aussi à relever le niveau de compétence des bibliothécaires.Le bibliothécaire professionnel doit maintenant détenir une maîtrise en bibliothéconomie en plus d'un titre universitaire dans une autre discipline.2.L 'évolution récente Je la profession et des bibliothèques publiques.La spécialisation des bibliothécaires n'est pas terminée puisque déjà certains bibliothécaires possèdent une formation en informatique, en marketing, en animation ou en administration.La j bibliothèque publique doit maintenant j être considérée comme une institution vivante où le bibliothécaire doit pren- j dre les initiatives nécessaires pour aller au devant du public au lieu d'attendre passivement un public plus ou moins marginal.Elle doit être un centre de documentation et d'information qui fournit des outils nécessaires au développement culturel.L'informatisation et l\u2019automatisation des opérations techniques, en particulier dans la préparation des fiches et dans le service du prêt, devraient faire j disparaître la répétition des mêmes tâches dans les bibliothèques publiques.La concertation et la coopération entre les bibliothèques devraient entrai-ner une utilisation plus grande et plus rationnelle de la documentation.La ! centralisation de certaines opérations telles que l'achat de volumes, la préparation de fiches, le catalogage et la classification serait une façon d\u2019économiser I les ressources matérielles et humaines au bénéfice des lecteurs et de la popula- | tion.Au Québec, 25% des bibliothèques publiques autonomes situées dans les municipalités de 5000 habitants ou plus sont maintenant entrées dans ce processus de rationalisation de l'emploi de leurs ressources.La conception de leur bibliothèque est ainsi très différente de celle de la bibliothèque traditionnelle Elle est un centre d'animation a la lecture et de promotion du livre où une bonne proportion du budget et du nombre d'employés est utilisée à conseiller les lecteurs, à susciter l'intérêt a la lecture, à attirer des usagers en taisant connaître la bibliothèque à la population, à étudier ses besoins et à évaluer le rendement de la bibliothèque Pour leur part, les bibliothèques centrales de prêt font en commun le traitement de leur documentation, centralisent leurs opérations techniques et s'apprêtent à informatiser leur système de rotation des collections de livres.3.Le défi du bibliothécaire pendant les prochaines décennies L'utilité de la bibliothèque.\u2014 La bibliothèque publique occupe une place très importante parmi les services municipaux offerts aux citoyens.L'information est de plus en plus stockée sur des microfilms et des documents audio-vi-suels pour économiser l\u2019espace, mais le livre demeure l'un des supports privilégiés pour la diffusion des connaissances et pour la formation personnelle.Les média électroniques n'ont pas encore réussi, jusqu'à maintenant, par leur influenced minimiser l'importance du livre et à diminuer la proportion de lecteurs et d'usagers de la bibliothèque.Le livre demeure un instrument irremplaçable de développement culturel.(Cependant, la rareté de la matière première du livre entraînera des coûts d'achat de plus en plus onéreux qui inciteront le citoyen à fréquen-ter sa bibliothèque.Les objectifs du bibliothécaire.\u2014 Le bibliothécaire a la tâche d'organiser la lecture publique de façon à atteindre deux objectifs: démythifier la bibliothèque souvent perçue comme un endroit pour les adolescents, les étudiants et les \"gens cultivés\" et baser sur le livre une action culturelle favorisant la formation personnelle du citoyen.Le type de bibliothécaire capable d'atteindre ces objectifs est caractérisé j par son dynamisme et par la polyva- j lcnce de sa spécialisation et de sa fonction, en particulier dans les moyennes et petites bibliothèques où le personnel est plus restreint.La concurrence des moyens de communication avec le livre.\u2014 Pour j assurer sa survivance et sa rentabilité, j la bibliothèque ne peut plus conserver son mode traditionnel d'administration ! et de fonctionnement dans une société I nouvelle qui utilise les moyens moder- j nés de diffusion de l'information.Le j développement des techniques audio- | visuelles, du microfilm et de l'ordina- ! teur obligera la bibliothèque a se transformer rapidement afin d'être en mesure de stocker l'information et d'organiser sa diffusion.La bibliothèque de\\ ra ainsi automatiser ses opérations techniques, s\u2019affilier a un réseau national et accroître les qualif ications de son personnel afin de demeurer la principale source d'information du milieu, afin d\u2019avoir accès aux connaissances qui doublent à tous les dix ans et afin de répondre adequate ment aux besoins de sa clientèle.Le bibliothécaire a donc un rôle très important à jouer dans la nouvelle \"société câblée\" \".the librarians have a special responsability to ensure that technological change is moving into the fabric of society in ways which enable libraries to: broaden and also personalize their information services to the public, strengthen their ability to communicate with other libraries and with users, and increase their internal productivity.The library of the future will be more than a place to house physical manifestations of the printed word, it will become the public's main access link to a network of knowledge containing all types of information in all types of formats\".- La formation du bibliothécaire.\u2014 Le bibliothécaire de la bibliothèque publique a besoin,en plus de sa formation en bibliothéconomie, d'un bagage de connaissances et de techniques pour étudier les besoins de son milieu, la structure sociale de la population et son environnement culturel et pour accroître la fréquentation de la bibliothèque.La profession future de bibliothécaire dépendra de la qualité des services d\u2019information et de documentation dispensés aux citoyens et de l'influence de la bibliothèque publique sur l'évolution de la société.Le bibliothécaire-conseiller.\u2014 Le bibliothécaire possède des connaissances en psychologie et en sociologie et a des aptitudes pour les relations interpersonnelles et la communication documentaire.Il identifie l'appartenance sociale de l'usager qui le consulte et connaît ses intérêts.Sa connaissance de la production littéraire et ses méthodes de repérage de la documentation lui permettent d\u2019offrir la plus large représentation du savoir humain II guide le lecteur dans le choix de l'information et de ses lectures avec impartialité et un respect de ses valeurs religieuses, morales ou politiques.En dialoguant avec le lecteur, le conseiller en lecture lui donnera non seulement l\u2019information qu'il veut, mais aussi celle qui répondra adé- 12 ARGUS JANVIER-FÉVRIER '981 VOLUME *0 NUMERO i quaternent a ses besoms Le bibliothécaire est aussi l'un des principaux conseillers Je l\u2019architecte dans le design de la bibliothèque et dans l\u2019aménagement de locaux attrayants, spacieux et fonctionnels.Le bibliothécaire-animateur.\u2014 I/ammation de la lecture est l\u2019une des fonctions les plus importantes de la bibliothèque pour diffuser l\u2019information et la documentation, pour accroître sa fréquentation par les citoyens et pour faire bénéficier au maximum les usagers de leurs lectures.La bibliothèque est un lieu de rencontra, de communication, dcchange, de confrontation et de critique sur des thèmes littéraires, des livres lus, des sujets d\u2019actualité, des problèmes sociaux, des projets de loi, des activités créatrices ou artistiques, etc.L\u2019animateur a l\u2019embarras du choix des activités à organiser pour faire connaître le livre et développer les intérêts et les habitudes de lecture des citoyens de son milieu.Il est appuyé dans son action par le comité des amis de la bibliothèque qui ont suivi un stage de formation en animation littéraire ou un cours de lecture rapide.Le bibliothécaire-animateur répond aux préoccupations des diverses catégories d'usagers.Parmi ceux qui veulent de l\u2019information, certains ne sont pas sûrs d\u2019être satisfaits, ou ne connaissent pas les services de la bibliothèque, ou ne savent pas comment les utiliser, ou encore sont tout simplement insatisfaits.Le bibliothécaire-\u201cpromoteur\u201d.\u2014 l\u2019ne autre fonction très importante du bibliothécaire est d'utiliser tous les moyens publicitaires existants pour faire connaître la bibliothèque dans son milieu.Il utilise de plus en plus les techniques du marketing.(ctte fonction est définie comme l\u2019orientation des besoins des consommateurs selon la connaissance de leurs comportements et de leur mode de vie.Le marketing a d'abord été développé dans les entreprises à but lucratif et est de plus en plus utilisé par les organismes sans but lucratif .Il a l'avantage de mettre l'accent sur l'information aux consommateurs plutôt que sur la fabrication et la préparation du produit.Selon James L.Freeman , l'utilisation du marketing par des bibliothèques et des ser\\ ices d\u2019information sans but lucratif est assez, récente.Son application devra être généralisée à l'ensemble des bibliothèques afin de concurrencer d'autres services d'information du secteur privé qui utilisent régulièrement cette technique.Dans la promotion de sa bibliothèque.le bibliothécaire doit faire interve- nir divers facteurs dont la qualité et la rapidité des services offerts à toute la population, l\u2019étendue des champs d'intérêts des lecteurs actuels ou potentiels, la facilité et la gratuité de l'emprunt, la compétence du personnel, l\u2019horaire d\u2019ouverture, la proximité du parc de stationnement, des centres d'achat, de loisir et des affaires, etc.Les campagnes publicitaires dans les mass-média sont accompagnées de la distribution de macarons, d'affiches et de feuillets dans les écoles, les centres de loisir et les endroits stratégiques fréquentés par la population et requièrent la collaboration du milieu des affaires.Le bibliothécaire-agent de changement culturel et social.\u2014 La bibliothèque est de plus en plus considérée comme un pôle catalyseur du développement culturel de la municipalité et de ses quartiers.Hile est le lieu de manifestations culturelles qui mettent à contribution le livre et l'information sur les arts et la vie culturelle et favorisent son utilisation optimum par la population.Sans minimiser sa fonction spécifique, la bibliothèque a donc une contribution importante à apporter au développement culturel du milieu.Elle doit, selon James Thompson\u2019,être un lieu de participation des citoyens à la vie culturelle et artistique Le bibliothécaire y organise ainsi avec la collaboration du comité culturel local des manifestations culturelles qui incitent le citoyen à pratiquer des activités créatrices.Le livre est présenté lors Je ces manifestations comme à l'occasion d'activités de loisirs vacances, jardinage, artisanat, sport, etc , d\u2019événements annuels, de débats sur des questions de l'actualité, etc.I ,e bibliothécaire en chef doit repenser les tâches de son personnel en fonction de services d'information communautaire qui ont un impact sur la solution de problèmes sociaux.Il doit ainsi définir une nouvelle approche de ses relations avec son milieu.Sa connaissance des caractéristiques socioéconomiques de la population âge, sexe, scolarité, langue,etc.),de l\u2019évolution culturelle de la population et des problèmes sociaux délinquance, familles désunies, chômage, maladie, vieillesse, etc.lui permet d'améliorer la qualité des services de bibliothèque à la population.Avec l'appui du conseil municipal, des leaders, des organismes socio-culturels, des hommes d\u2019affaires et des entreprises, le bibliothécaire contribue à orienter la vie des citoyens vers un plus être.En collaboration avec le service de la protection publique de sa municipalité, le bibliothécaire organise, par exemple, des rencontres sociales ou sportives avec un groupe de jeunes délinquants afin de discuter de sujets qui les intéressent et de connaître leurs besoins en lecture II peut ainsi leur faire visiter la bibliothèque et leur proposer des lectures pour occuper leur temps libre.D\u2019autres actions concretes peuvent aussi être entreprises avec les assistés sociaux, les chômeurs, les malades et les personnes âgées.La lecture a, chez ces groupes défavorisés, un effet de valorisation personnelle et sociale, apporte une meilleure compréhension de leur environnement socio-culturel, favorise la communication interpersonnelle et facilite leur intégration sociale.Des études ont en effet démontré la fonction thérapeutique de l\u2019activité de lecture.Hile soulage ainsi les vieillards de leurs problèmes d'ennui et d'isolement, elle adoucit la douleur et parfois hâte la guérison des malades.\u2022 \u2022 \u2022 Le bibliothécaire a donc à élaborer une stratégie adaptée au milieu à desservir afin de donner aux citoyens de toute condition les moyens matériels et intellectuels d'accéder à toutes les connaissances en respectant les libertés de chacun.Il est de plus en plus conscient de sa responsabilité comme agent de changement socio-culturel de sa communauté.L\u2019action du bibliothécaire aura un plus grand impact qu'actuellement sur la fréquentation de la bibliothèque et sur la circulation de l'information et de la documentation.Il lui sera toutefois plus difficile, à moins de trouver les indices appropriés, de mesurer avec précision l'impact de la bibliothèque sur l\u2019évolution socio-culturelle de la population.Au Québec, la recherche sur la lecture et les bibliothèques est quasi-inexistante.Il faudra donc rattraper ce retard et développer en particulier des techniques d'évaluation du rendement de la bibliothèque publique qui nécessitera des investissements de plus en plus élevés.Il serait peut-être utopique d'espérer qu'un jour on ait les données qualitatives et quantitatives permettant de montrer dans quelle proportion la bibliothèque publique contribue à réduire les coûts sociaux et à augmenter le produit national brut.1\tGilbert Gagnon, \u201cLes Idéologies des bibliothécaires canadiens-! ranyais 19s 1-1968 \", Documentation et bibliothèques, vol.22,no4 décembre 1976 pp 169-179.2\tJoseph Becker, Libraries society and technological change\", I.ibrarx Trend*.Winter 1979.P 414 s James h Freeman, \"Information Marketing\".Annual A\\ ; ie:: ot Information S, none and Technology\u201d, vol IL 1979.pp ^7-s9 4 James Thompson, l.ibrar\\ Potier: a ne:i phi-lou'phx ot hhrananship Bingley, Linnet Book'' and ( .live, 197 L p 6s ARGUS JANVIER-FÉVRIER 1981 VOLUME 10 NUMÉRO 1 13 L\u2019efficacité du système de repérage dans la perspective de la désuétude documentaire* Par Jean de Bonville** L'élagage ne suffit pas à résoudre les problèmes de sous-uttlisdtion de ld documentation.Cdr en plus d'etre due à lu désuétude de l'information, l'entropie du système documentaire résulte du comportement des responsables du traitement, des responsables de la sélection et des usagers.Weeding alone cannot solie the problem of the under-utilisation of documentation.For, in addition to being caused by information zchich is out-of-date, the entropy of a documentary system is a result of the behaviour of those responsible for the processing and selection of material, and the users.L'intérêt de cette journée d'étude tient dans la façon de poser les problèmes, façon peu coutumière dans nos milieux bibliothéconomiques.En contrepartie, cette approche exige de la part des participants au débat un effort pour éviter les ornières habituelles mais en même temps pour respecter la thématique suggérée.Je tenterai quant à moi de proposer des ré flexions complémentaires à l'exposé de mes co-panelistes.Certains s\u2019intéressent particulièrement a l\u2019activité de communication des chercheurs.Pour ma part, je m'attarderai principalement aux implications de la désuétude de l'information pour les services documentaires eux-mêmes.Voici l'ordre dans lequel j'aborderai mon propos.Tout d'abord, je crois utile de m'attarder aux concepts évoqués par le sous-thème proposé l'élimination de l'anti-information en tant que source d'interférence dans le repérage de l'information: \u2014 la mesure de la désuétude intellectuelle de l\u2019information documentaire ), soit: A.\tl\u2019information et son corollaire B.\tla redondance C.\tla documentation I).l\u2019anti-information ou entropie E.la désuétude de l'information et de la documentation.En second lieu, j\u2019envisagerai quelques composantes et activités du sys- tème d'information documentaire dans une perspective de repérage de l'information.I.Définition des concepts Il m'apparait nécessaire, au départ, de déîinir les concepts clés que j'utiliserai de façon à poser le problème avec précision et assurer l'efficacité de mes propos.Information.Au sens courant du terme, il est synonyme de nouvelles,de message et se réduit, à la limite, au contenu d'une chose signifiée.Les théoriciens de l'information, à la suite de Claude Shannon, ont proposé une définition plus précise du concept, qu'A-braham Moles exprime ainsi: l\u2019information, c\u2019est la \u201cmesure de la réduction de l\u2019incertitude qu'il peut y avoir au sujet de l'état d'une partie de l'univers ce qui se passe au lieu de l\u2019émetteur par l\u2019intermédiaire d'un message\".L'information, c\u2019est la mesure de l'efficacité des signes utilisés pour rendre efficace un message chargé d'un contenu précis.Redondance.Le concept de redondance est corollaire d'information II désigne en général ce qui est dit en trop, en excès par rapport à ce qui est nécessaire pour la compréhension par le récepteur En pratique la redondance est aussi une mesure de l'excédent relatif de signes par rapport au nombre minimal nécessaire pour convoyer la même quantité d\u2019originalité.La redondance est donc, vue sous l'angle de l\u2019économie des signes, un gaspillage des signes dans la transmission.On voit ici que le concept d'information est relatif: il mesure l\u2019efficacité d'un rapport entre un récepteur et un émetteur de message, c\u2019est-à-dire une communication.Il peut y avoir communication sans transfert d'information, ou circulation d'information relativement faible compte tenu du nombre de signes utilisés.D\u2019après cette définition de l\u2019information, il apparaît tout de suite abusif d'utiliser l\u2019expression information ou même information documentaire pour désigner des documents emmagasinés sur des tablettes.(x.*s documents sont susceptibles de devenir information, ils sont de l'in- * Texte légèrement remanie d'une conférence prononcée au colloque organise coniointe-ment par la ( K 1\u2019 Q et l\u2019École de bibliothéconomie de rt\u2019niversité de Montreal le 2H mars |980et intitulée Four un< gestion plus ruiit'nnt lle des p*nJs d i .e' problèmes et la nécessite d une collaboration ont été excellemment misenev idence dans les propos de J Bull 1 Par exemple, a U niversité de .Montreal, les travaux menés par divers professeurs ou etudiants avee 1 équipé de S l.usignan M I t'ilier.( ,'fin\u2019rJurut J, > vu r, .J, ( hntun jt I r H Allard.( .-n.>rJuru t Jt /.< J, iu re/wniHt pt'rtuüMH M ( 20 Apr, AN VER fEvHiER 198 \u2019 V :M£R Contraste insuffisant PROTOCOLE DE RÉDACTION Argus » se a assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec Les articles publiés traitent de la formation, du rôle et du statut du bibliothécaire dans la soc»ete du professionnalisme des nouvelles orientations et de la recherche en bibliothéconomie et en science de ( information de i apport des autres disciplines Le comité de redaction accepte des articles originaux soit en français, soit en anglais A l'occasion il publie des textes de conferences prononcées dans le cadre des activités de la Corporation Les publications peuvent prendre plusieurs formes articles de fond (de 15 a 25 pages dactylographiées) textes plus courts rendant compte d'un événement recent entrevues \u2014 chroniques sur l\u2019audiovisuel les revues professionnelles la recherche (de 3 a 6 pages dactylographiées) lettres a i éditeur paraissant sous le titre Argus commentaires et commentant une question d actualité ou un article récemment paru dans la revue comptes rendus d'ouvrages sur le professionnalisme ou la recherche Les articles doivent être soumis en quatre exemplaires, dactylographies a interligne double sur papier 21 x 28cm et ?ccompagnes d'un résumé informatif Sur la premiere page doivent figurer le nom le titre académique.le statut professionnel et le lieu de travail de lauteur ainsi que le titre et le resume du texte Les notes mfrapagmales doivent être numérotées et tapees sur une feuille a part II appartient aux auteurs de fournir les references bibliographiques completes et presentees de la façon suivante Monographie Herbert Goldhor Introduction to Scientific Research in Librarianship(Urbana III University of Illinois 1972) p 198 Chapitre d un livre William M Potter History the Behavioral Studies and the Science of Man in Mary Lee Bundy and Paul Wasserman Reader in Research Methods for Librarianship (Washington.Microcard Editions.1970).p 36 Article de périodique Yves Courrier Analyse et langage documentaires Documentaliste.vol 13.no 5-6 (septembre-decembre 1976).pp 178-189 Les correcteurs se reservent le droit de renvoyer aux auteurs les textes dont les references ne correspondent pas à ces exigences Ils peuvent effectuer des corrections mineures des textes sans en avertir les auteurs Les auteurs sont pries de conserver un double de leur article Aucun manuscrit ne leur sera remis Chaque auteur recevra trois exemplaires du numéro auquel il aura contribue EDITORIAL STATEMENT Argus aims to inform members of the Corporation of Professional Librarians of Quebec and further their profession al development Articlescover the training of librariansand their role and status in society professionalism, new directions and research in library and information science and contributions from other fields The Editorial Board accepts original articles written in French or in English Papers delivered at Corporation 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University of Illinois 1972), p 198 Chapter of a book: William M Potter History, the Behavioral Studies and the Science of Man\u2019 in Mary Lee Bundy and Paul Wasserman Reader in Research Methods for Librarianship 'Washington Microcard Editions 1970).p 34 Article in a periodical: Yves Courrier.Analyse et langage documentaires' Documentaliste.vol 13.no5-6 (septembre-décembre 1976).pp 178-189 Editors reserve the right to return articles if references do not conform to these standards Minor corrections may be made to an article without the author s prior knowledge We request that the author keeps a copy of his her article Manuscripts will not be returned Authors receive 3 copies of each issue in which their article appears WËM "]
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