Argus, 1 janvier 1979, Mars - Avril
[" Corporation des bibliothécaires professionnels du québec ISSN 0315-9S30 vol.8, no 2 mars-avril 1979 vol.8, no.2 March-April 1979 y Corporation of Professional Librarians of Québec ARGUS Comité de rédaction/Editorial Committee: Suzanne Gastaldy.prés.Serge Coulombe Denyse Léger Philippe Lelièvre Jean Lemaire Catherine Passerieux France Richer Diane Rochon Réjean Savard Correcteurs/C orrectors: Suzanne Gastaldy Catherine Passerieux Graphisme et impression/Graphism and Printing: Les Presses Solidaires inc.Traductrice/Translator: Murielle Alary Publicité/Advertising: Jean Lemaire 9155, St-Hubert Montréal 389-5921 (poste 246) Dépôt légal/Legal deposit Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada Argus est une revue bimestrielle publiée par la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Elle vise à l\u2019information et à l'éducation de la profession.La rédaction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.L\u2019abonnement annuel est de $15.00 ($4.00 le numéro) et de $18.00 ($4.50 le numéro) pour l'extérieur du Québec.Il est gratuit pour tous les membres de la Corporation.Toute demande concernant les numéros manquants doit être envoyée, au plus tard un mois suivant la date de parution, à l\u2019adresse suivante: Argus Secrétariat de la CBPQ 360, rue Le Moyne Montréal, Québec H2Y 1Y3 Les articles de la revue sont recensés dans Library Literature et dans Library Information Science Abstract (LISA).Argus is a bimonthly journal sponsored by the Corporation of Professionnal Librarians of Québec.It\u2019s aim is to publish original papers for the information and education of the profession.Articles are the entire responsibility of the authors.The yearly subscription is $15.00 ($4.00 an issue) and $18.00 ($4.50 an issue) outside Québec.Subscription for members is included in their fees to the Corporation.Any request concerning missing issues should be sent, no later than a month after date of publication, to the following address: Argus Secretariat of the CPLQ 360 Le Moyne Street Montréal, Québec H2Y 1Y3 Articles are indexed in Library Literature and in Library Information Science Abstract (LISA). JÊ\tI |#\\ Corporation des bibliothécaires Æ\\ I mm B 9^^ professionnels du Québec Corporation of Professional F 19 m.\tLibrarians of Québec vol.8, no 2 mars-avril 1979 March-April SOMMAIRE CONTENTS\t Editorial\t3 Recherche et professionnalisme Réjean Savard\t4 Le doctorat en bibliothéconomie à l\u2019Université de Toronto Laurent G.Denis\t9 Sujets des thèses de doctorat nord-américaines récentes en bibliothéconomie et science de l\u2019information Madeleine Laliberté\t15 Pour un programme de recherche orientée en science de l\u2019information au Québec Eric de Grolier\t18 L\u2019analyse des systèmes, c\u2019est quoi, finalement?Pierre Voyer et Rolland Hurtubise\t23 A propos de recherche.; compte rendu Réjean Savard\t29 La Corporation et le développement culturel; l'an 1 Alain Perrier\t30 Ouvrages reçus\t22 CBPQ/CPLQ 360 Le Moyne Montréal Québec H2Y 1Y3 ISSN 0315-9930 r bibliôfiches 4545 Boul.Laurier, St-Hubert, P.Q.J3V 3X3 Tel: 676-7961* Lelysco Un autre produit; résultat des recherches de LELYS.Eprouvé sur une longue période de temps dans nos propres ateliers, LELYSCO un produit local, est garanti pour tous les genres de reliure et réparation de livres.Base synthétique.D\u2019une flexibilité supérieure, LELYSCO conservera vos reliures plusieurs années.No 199 \u2014 4 litres No 200 \u2014 1 litre Nouveau couvercle \u2018\u2018UTILITÉ\" pour essuyer votre pinceau.CCTle G4JE CCTLE No 113 COLLE PLASTIK GLUE Pi ÂSTIK Ci UE Plastik Faite pour adhérer à toutes surfaces, elle est idéale pour réparer les livres.Elle sèche rapidement en un film transparent et flexible.No 193 \u2014 1 litre No 194 \u2014 4 litres (incluant un dispensateur).y r v.Il y a maintenant un peu plus d\u2019un demi-siècle, le premier programme de doctorat en bibliothéconomie voyait le jour à l\u2019Université de Chicago.Malgré ce cinquantenaire, certains points demeurent toujours à l\u2019ordre du jour et méritent ainsi d'être précisés.En quoi consiste concrètement un programme de doctorat en bibliothéconomie?Quels sont les sujets abordés par les récentes thèses de doctorat nord-américaines?Quelle est la valeur de la méthode scientifique pour ces recherches?Au Québec, quelle est la situation de la recherche en bibliothéconomie?Quelle orientation devrait-elle prendre?Quelle est, enfin, l\u2019importance véritable de la recherche pour la profession?Il existe, à notre avis, un lien direct et indispensable entre la recherche et le professionnalisme.En effet, si cette notion tant vénérée de professionnalisme comporte certains droits et privilèges, elle comporte également certaines responsabilités sociales.Et l\u2019acquisition de connaissances nouvelles et objectives no doit pas être la moindre de ces responsabilités.La condition multidisciplinaire de la bibliothéconomie n'implique surtout pas d\u2019être entièrement à la remorque des études entreprises dans d'autres disciplines pour établir un corpus de connaissances rattaché à notre profession.La recherche vigoureuse se doit d\u2019être une attitude de l\u2019esprit, une façon d'entrevoir aussi bien son travail quotidien que les grands problèmes de la profession.Il est impérieux de passer de l\u2019étape intuitive et subjective à celle de la recherche objective et scientifique.Cette sensibilisation à la nécessité de la recherche en bibliothéconomie doit débuter au niveau académique et se poursuivre au niveau professionnel par la mise en place de mécanismes permettant d\u2019inciter et d\u2019encourager le développement de projets spécialisés.Comment peut-on concevoir, justifier et exploiter efficacement des moyens de gestion, de traitement, de stockage et de diffusion sans le développement parallèle d\u2019un ensemble de connaissances théoriques?Comment intégrer efficacement de nouvelles applications technologiques (comme le repérage automatisé de l\u2019information) sans une étude approfondie de leurs impacts et de leurs possibilités?La recherche en bibliothéconomie devrait donc permettre d\u2019apporter des solutions concrètes et objectives aux problèmes rencontrés dans la pratique.Lorsque les bibliothécaires assumeront pleinement leurs responsabilités de recherche et d\u2019innovation, les problèmes d'identification, de dynamisme et de survie de la profession seront en grande partie résolus.Dans ce numéro, le comité d'Argus vous présente donc une série de quatre articles permettant d\u2019alimenter la réflexion et de faire le point sur l\u2019état de la recherche en bibliothéconomie et sur son lien essentiel avec la profession.D\u2019autre part, toujours dans le sens du professionnalisme et de la responsabilité sociale, Alain Perrier nous dresse un bref historique des activités de la Corporation relatives à la publication du livre blanc gouvernemental sur le développement culturel au Québec.Enfin, comme prémisse à la journée de formation professionnelle qui aura lieu dans le cadre du Congrès de la CBPQ, le 18 mai prochain à Trois-Rivières et qui aura pour thème l\u2019analyse systémique, Argus vous propose un article de synthèse sur la question.Nous espérons qu \u2019un tel document de base permettra aux profanes, et même à ceux qui le sont moins, de se préparer plus activement à cette journée de formation professionnelle et d'y participer avec d autant plus d\u2019intérêt.Le Comité de rédaction A ARGUS, Vol 0.no 2 (March-April 1979) 3 Réjean Savard Bibliothèque nationale du Québec Recherche et professionnalisme L'importance de la recherche en information documentaire est démontrée.La méthode philosophique ou réflexive, ainsi que la méthode historique, sont successivement analysées et considérées comme relativement peu utiles au développement de la profession.Seule la recherche s'appuyant sur la méthode scientifique peut réussir à faire naître un cadre théorique propre à la bibliothéconomie, en plus de fournir un lien essentiel entre théorie et pratique.Les bibliothécaires professionels devront davantage s'impliquer dans la recherche scientifique en bibliothéconomie.It is fully recognized that documentary information research is needed.Methods based on philosophical principles or assumptions or based on historical studies are successively analysed; they are considered as of little value for the advancement of the profession.Scientific research is the only way to give library science a theoretical framework and to relate theory to practice.Professional librarians should become Increasingly engaged In scientific research in librarianship.Un éminent bibliothécaire faisait remarquer il y a quelque temps, qu\u2019on n\u2019arrive plus à savoir aujourd\u2019hui ce qu\u2019est exactement la recherche- \"I think the first thing we have to recognize is that there is a great deal of confusion about this word research.We talk about research libraries, and we assume sometimes that anything that goes on in a library is somehow research\u201d1.Au Québec bien sûr, on a aussi tendance à utiliser ce mot abusivement.Qu\u2019en est-il exactement de la recherche?Quel est son rapport avec l\u2019exercice de la profession?Fait-on de la recherche au Québec?Ce sont, à l\u2019origine, les questions qui ont motivé la rédaction de cet article.Personne n\u2019oserait affirmer que la société n\u2019a pas besoin de la recherche.En fait, s\u2019il fallait éliminer tous les progrès techniques qui sont le résultat de la recherche, de la recherche médicale par exemple, bien peu s\u2019en accommoderaient, voire survivraient.L\u2019avenir d\u2019une profession est lié à l\u2019attitude de ses membres envers la recherche: elle évoluera ou restera stagnante, en autant que ses membres entreprendront ou non des activités de recherche.Il s\u2019agit même, pour ceux-ci, d\u2019un devoir moral, d\u2019une question d\u2019éthique professionnelle, comme le soulignait Douglas Waples dès 1956: \u201cThe library profession is under an obligation to society to acquire whatever knowledge serves to justify public confidence\u2019\u20192.Selon Gary Purcell 3.le professionnel de l\u2019information documentaire a une triple responsabilité envers la recherche: 1.\tComprendre et voir les implications des résultats de la recherche dans son domaine, et ensuite en faire usage dans sa propre institution, quand la chose est possible.2.\tUtiliser lui-même les techniques et les méthodes de recherche dans sa propre institution pour aider à la prise de décision et améliorer la performance.3.\tIdentifier dans son institution tout problème qui peut être généralisé à toute la profession, entreprendre une recherche systématique et rendre publics les résultats.L\u2019hypothèse de base de cet essai est que les professionnels de l\u2019information documentaire n\u2019ont pas encore compris ce triple rôle, cette triple responsabilité.En fait, ils n\u2019ont même pas compris en quoi consiste la recherche et comment elle peut faire avancer la profession pour le bénéfice de la société.Cette constatation est malheureusement encore plus évidente au Québec En effet, on a confondu bien sou-vent méthode réflexive ou 1.\tD.J.Urquhart, \u201cThe Objectives of Library Research\u201d, Objectives and Administration of Library Research.Papers given at a Seminar organized by The Advisory Board on Research of The Library Association and held on 20th and 21st, September 1971 at the University of Nottingham.(London, The Library Association, 1972), 50p.2.\tDouglas Waples, \u201cDo we want a library science?A reply\".Library Journal, no 56, pp.743-746.cité par Lloyd, Houser et Alvin Schrader, The Search for a Scientific Profession (Metuchen, N.J., Scarecrow Press, 1976) p.158.3.\tGary R.Purcell, \u201cThe Research Role of the Librarian\", Utah Libraries, vol.19, no.1 (Spring 1976), pp.34-38 4 ARGUS, Vol 8.no 2 (mars-avrii 1979) philosophique, méthode historique, et méthode scientifique, quant à leur valeur sur le plan de la recherche.Plusieurs, en effet, ont pris pour acquis qu\u2019une recherche philosophique ou historique suffirait à fournir à la profession un cadre théorique valable.Mais tel n\u2019est pas le cas: It is only through such study (la recherche scientifique) that librarianship can move out of the condition where it is almost exclusively dependent on knowledge acquired in actual experience by trial and error but not yet systematized into scientific laws and theories.The goal of research is the formulation of a scientific law by testing, verify-ing, and confirming a generalization often enough and in sufficient diverse circumstances that one can be confident that it is correct.Its value is that it allows for prediction \u2014 that a given thing will happen under certain circumstances 4.Après nous être penchés sur les méthodes philosophiques et historiques, nous aborderons plus en détail la méthode scientifique.Philosophie et information documentaire Cet essai, comme la plupart de ceux publiés en bibliothéconomie, est le fruit de la méthode réflexive.En ce sens, il répond en partie au désir que manifestait André Cos-sette il y a quelques années, lorsqu\u2019il écrivait: \u201cLes bibliothécaires ont réellement besoin d\u2019une philosophie professionnelle\u201d 5.Il est fort peu probable, cependant, que ce genre d\u2019essai amène la bibliothéconomie au rang de science.Un autre auteur, avec un peu d\u2019astuce, pourra publier dans quelque temps un autre article qui réfutera complètement celui-ci.La méthode réflexive se base sur des opinions, des faits plus ou moins contrôlés et contrôlables, et s\u2019accompagne d\u2019une réflexion personnelle: elle n\u2019a rien de scientifique.Dans son ouvrage très documenté.André Cossette défend la thèse selon laquelle il est inutile de se lancer dans la recherche tant que ne sera pas écrite ce qu\u2019il appelle la \u201cphilosophie de la bibliothéconomie\u201d.Il ajoute* \u201cElle (la bibliothéconomie) aura beau appliquer la méthode scientifique dans tous ses secteurs, elle n\u2019en demeurera pas moins une discipline de seconde zone, si elle ne parvient pas à définir ses buts, à justifier son existence\u201d6.Il écrit également que le fait de ne pas avoir de philosophie systématique \u201cfait naître de nombreuses lacunes dans la discipline: une théorie peu rigoureuse, une documentation faible, une image académique peu reluisante et une certaine confusion concernant la formation de ses spécialistes\u201d 7.Ces problèmes sont en effet bien réels, mais il est difficile de voir comment la philosophie pourrait les régler.Cette idée de \u201cconnaissance suprascientifique\u201d, c\u2019est-à-dire l\u2019idée à tendance dogmatique que la métaphysique seule peut combler les lacunes de la science et assurer ainsi sa rédemption, n\u2019est pas nouvelle.Jean Piaget nous avait déjà mis en garde contre cette inclination dans Sagesse et illusions de la philosophie8.Piaget, on le sait, était philosophe avant de devenir psychologue expérimental.Celui-ci nous remémore Descartes qui, écrit-il, disait qu\u2019il ne fallait \u201cconsacrer à la philosophie qu\u2019un jour par mois et consacrer les autres à des occupations telles que le calcul ou la dissection\u201d 9.Car Piaget ne condamne pas la philosophie.Il lui confère un rôle essentiel de \u201ccoordination des valeurs\u201d.Il constate cependant que l\u2019influence de la philosophie diminue et perd progressivement certaines parties de son \u201cchamp d\u2019exercice\u201d, comme par exemple la psychologie et l\u2019épistémologie, à mesure qu\u2019il devient possible de soumettre celles-ci à la recherche scientifique.La philosophie est donc en quelque sorte une espèce de palliatif à l'étude de ce qui échappe encore, pour le moment du moins, à la recherche scientifique: \u201cEn résumé, la philosophie aurait cent fois raison si elle se réservait les territoires où la science ne va pas, ne veut pas aller, ne peut pas aller pour l\u2019instant.Mais rien ne l\u2019autorise à croire que ses chasses sont gardées in aeter-num\u201d10 Toujours selon Piaget, la philosophie viendrait même après la science, tout comme l\u2019art vient après l\u2019exécution: \"on ne construit des \u201cArts poétiques\u201d qu\u2019après a poésie\u201d11.Et il ajoute: .il me semble alors incontestable que les grands systèmes de l\u2019histoire de la philosophie, c\u2019est-à-dire ceux qui en ont déclenché d\u2019autres et qui ont exercé eux-mêmes une influence durable, sont tous issus d\u2019une réflexion sur les découvertes scientifiques de leurs auteurs eux-mêmes ou sur une révolution scientifique propre à leur époque ou immédiatement antérieure: ainsi de Platon avec les mathématiques, Aristote avec la logique et la biologie.Descartes avec l\u2019algèbre et la géométrie analytique, Leibniz avec le calcul infinitésimal, l\u2019empirisme de Locke et de Hume avec leurs anticipations de la psychologie, Kant avec la science newtonienne et ses généralisations, Hegel et le marxisme avec l\u2019histoire et la sociologie et jusqu\u2019à Husserl avec la logistique de Frege12.Comment donc justifier la priorité de la philosophie de la 4.\tHarold Lancour, **The Library School and Research In Llbrarlanshlp In North America\", a paper delivered to the Committee on Library Education, Council of the International Federation of Library Associations, 37th Session.(Liverpool.England.September 2 1971)\t; cité par Charles Busha et Royal Purcell, The Scientific Investigation of Library Problems (Indiana University, Bloomington, Graduate Library School, 1972)\t, p.7.5.\tAndré Cossette, Humanisme et bibliothèques (Montréal, Asted, 1976), p.23.6.\tIbid., p.24 7.\tIbid., p.23 8.\tJean Piaget, Sagesse et illusions de la philosophie (Paris, Presses universitaires de France, 1968).9.\tIbid., p.67 10.\tIbid., p.165 11.\tIbid., p.30 12.\tIbid., p.68 ARGUS.Vol 8.no 2 (March-April 1979) 5 bibliothéconomie sur la recherche scientifique?Une philosophie de base certes, une idéologie susceptible de donner un sens à la profession, mais non pas une condition sine qua non.D\u2019ailleurs, le fait que les biologistes n\u2019aient pas encore trouvé le sens de la vie ne les empêche pas de poursuivre leurs recherches.Mais il faut admettre qu\u2019une approche philosophique de la profession peut être utile, à condition qu\u2019on n\u2019y attache pas plus d\u2019importance qu\u2019il ne faut, et qu\u2019on ne suive pas l\u2019exemple de H.Curtis Wright.Cet auteur a péché par excès, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.Dans un article publié récemment, il affirmait ni plus ni moins que la bibliothéconomie allait remplacer la philosophie! Voici ce qu\u2019il écrivait: \u201cLibrarianship, which may be described as the management of human intellection, is a metaphysical technology of know-ing based on philosophy (knowledge of subsistents); it is not a physical technology of action based on science (knowledge of existents)\u201d13! Histoire et information documentaire From history comes a better understanding of the present as the result of past forces a true sense of historicity that may eventually take shape in the search for universal laws or philosophical principles that may have prognostic values18.Urquhart lui, l\u2019a fustigé: We are not concerned seriously, however interesting it may be, with worrying about the development of libraries in the Monasteries of Florence in the 15th century.We are concerned with what to do and how to do it now10.Dans un livre publié en 1954, David M.Potter, lui-mème historien, a sérieusement remis en question la recherche de type historique.In its headlong, ad hoc assault upon the record of human experience, history has built its narrative upon an extraordinary melange of unstated premises, random assumptions, untested hypotheses, and miscellaneous notions about the nature of man, the workings of society, and the causation of historical change20.George Mouly décrivait la méthode historique comme celle \u201cwhich is concerned with the past and which attempts to trace the past as a means of seeing the present in perspective\u201d 14.Cela est-il possible?L\u2019histoire peut-elle nous aider à comprendre le présent?Goldhor 19, sous la seule appellation de recherche scientifique, définit trois types de recherche, trois méthodes qui sont: la méthode expérimentale, la méthode descriptive et la méthode historique.La plupart des auteurs en méthodologie de la recherche s'accordent généralement sur cette tri-pi?division.Kerlinger 16 et Selltiz 17 cependant, comme d\u2019autres, se refusent à inclure la recherche historique dans la recherche scientifique.Jesse Shera, tout comme Goldhor, a fait l\u2019éloge de la méthode historique Fred Kerlinger ne parle de la méthode historique qu'en appendice de son ouvrage, et quoiqu\u2019il reconnaisse une certaine valeur à l\u2019histoire et aux historiens, il reste très critique par rapport à leur méthode de travail: To use secondary sources when primary sources are available is a major historiographical error.The dangers of distorsion and consequent erroneous interpretation are too great21.LLoyd Houser et Alvin Schrader, dans un ouvrage récemment publié 22, soutiennent la thèse que la bibliothéconomie a beaucoup souffert d\u2019un biais historique transmis par les bibliothécaires de génération en génération dans les écoles de bibliothéconomie: The historical model, for example, has been espoused by many library science educators.It is not, however, a sufficient model for the development of an indépendant profession of library science23.D\u2019après les deux auteurs, la profession a pris un tournant fatal vers la méthode historique juste avant la dernière guerre parce que les professeurs de bibliothéconomie d\u2019alors n\u2019ont pas réalisé que les problèmes bibliothéconomiques pouvaient être résolus par la méthode scientifique La méthode historique est donc fortement contestée, et son utilité pour l\u2019avancement de la profession plutôt discutable.On inclut généralement dans cette catégorie la recherche bibliographique.Les bibliographies sont certes utiles en soi, mais elles ne concernent en rien le progrès scientifique de la profession, comme le font remarquer Houser et Schrader: Even less intellectually defensible are the enumerative 13.\tH.Curtis Wright, \u201cInquiry In Science and Librarianship\", Journal of Library History, vol.13, no 3 (Summer 1978), p.261.14.\tGeorge J.Mouly The Science of Educational Research (New York, American Book Company, 1963), p.198.15.\tHerbert Goldhor, Introduction to Scientific Research in Librarianship (Urbana, III., University of Illinois, 1972), 201 p.16.\tFred N.Kerlinger, Foundations of Behaviorial Research, 2nd ed.(New York, Holt, Rinehart and Winston, 1973), 740p.17.\tClaire Selitiz, et al., Research Methods in Social Relations, 3rd ed.(New York, Holt.Rinehart and Winston, 1966), 622 p.18.\tJesse H.Shera, Historians, Books and Libraries (Cleveland, Western Reserve University Press, 1953), p.110 19 D.J.Urquhart, p.7 20.\tWilliam M.Potter, \u201cHistory, the Behavioral Studies and the Science of Man\u201d in Mary Lee Bundy et Paul Was-serman.Reader in Research Methods for Librarianship (Washington, Microcard Editions, 1970), p.34.21.\tFred Kerlinger, p.702 22.\tLloyd Houser et Alvin Schrader, The Search for a Scientific Profession (Metuchen, N.J., Scarecrow Press, 1978), 180 p.23.\tibid., p.152 6 ARGUS.Vol 8 no 2 (mars-avrtl 1979) bibliographies which pass as Ph D dissertations.These often constitute more listings of all or most of the documents on a given subject or in a given time period, or some combination of these.Awarding the research degree for these mere enumerations of things is, as Butler warned in 1933, \"positively harmful\" to the profession.Neither the compilation of bibliographies in library school classes or for Ph D.dissertations makes any contribution to a theoretical framework for library science24.Gail Schlachter et Dennis Thomison 25, après une analyse des thèses de doctorat en bibliothéconomie, soutiennent que, entre 1925 et 1972, 30% des dissertations doctorales en bibliothéconomie étaient des recherches historiques.A une certaine époque, ce pourcentage atteignait 48%, voire 66%.Aucune autre profession en sciences sociales ne tolérerait une proportion si élevée d\u2019études historiques.Ces pourcentages, jumelés avec ceux des recherches d\u2019autres types mais dont la qualité est également \u201cdouteuse\u201d, font que la bibliothéconomie est réellement en mai de bonne recherche scientifique.De plus, il faut penser que nous ne parlons ici que de ce qui se fait aux Etats-Unis, un pays qu\u2019on dit avant-gardiste en ce qui concerne la recherche en bibliothéconomie: on ose à peine imaginer les chiffres d'un état qui serait plutôt à l\u2019arrière-garde dans ce domaine! En fait, le gros problème de la méthode historique est qu elle n\u2019offre pas la possibilité d\u2019une observation directe des faits, et par conséquent pas de contrôle scientifique.Un exemple illustrant bien cette lacune pourrait être tiré de la nouvelle école \u2018\u2018révisionniste\u2019\u2019 de Michael Harris aux Etats-Unis.Celle-ci soutient une théorie tout à fait à contre-courant, à propos de la création des bibliothèques publiques Alors que pendant plusieurs années les historiens et tous les bibliothécaires ont été d\u2019accord pour affirmer que les bibliothèques publiques aux Etats- Unis avaient été créées à des fins purement démocratiques, c\u2019est-à-dire pour l\u2019\u201chomme ordinaire\u201d et pour lui permettre de se documenter et de s\u2019instruire comme les mieux nantis, Harris démontre le contraire.Selon lui, tout le monde a été entretenu dans l\u2019erreur, puisque les bibliothèques publiques auraient été créées pour \"maintenir l\u2019ordre\u201d, pour inculquer \u201ccertaines valeurs\u2019\u2019 au peuple, notamment pour \u201cassimiler\" le grand nombre d\u2019immigrants qui débarquaient aux Etats-Unis à cette époque.Dans cinquante ans peut-être, quelqu\u2019un d\u2019autre arrivera avec une nouvelle \u201cthéorie\u201d historique diamétralement opposée à celle de Harris.L\u2019histoire ne conduit jamais à des certitudes; elle n\u2019est que pure spéculation comme l\u2019écrit lui-même Harris: As G.Kitson Clark pointed out some time ago, the account of the past which satisfies a particular generation of scholars must be regarded as nothing more than a working hypothesis, and that while each generation of scholars must be conversant with earlier work, they must constantly attempt to ask new questions of the emerging historical record.This perpetual reconsideration of the nature of history will produce refinements, and occasionally new interpretations, but each revision must be considered tentative by all serious scholars27.Mais la profession peut-elle se contenter d\u2019hypothèses?Elle a surtout besoin de théories scientifiques, testées et éprouvées, et qui puissent permettre aux bibliothécaires impliqués présentement dans la diffusion de l\u2019information documentaire, de prendre adéquatement des décisions.Encore une fois, comme pour la méthode philosophique, il ne s\u2019agit pas de condamner la méthode historique: elle a tout de même fourni à la profession une certaine \u201cperspective\u201d.Il ne faudrait pas, cependant, en faire un idéal de recherche en bibliothéconomie, comme plusieurs ont malheureusement tendance à le faire.Science et Information documentaire Il semble donc que la bibliothéconomie ait besoin d\u2019une méthode de recherche plus scientifique, et qu\u2019elle doive par conséquent abandonner pour le moment les méthodes réflexives et historiques qui, sans être condamnables en soi, ne peuvent garantir une étude systématique et contrôlée des différents problèmes quotidiens rencontrés dans l\u2019exercice de la profession.Qu\u2019est-ce que la méthode scientifique?Herbert Goldhor la définit ainsi: \"Broadly speaking, research is any conscious premeditated inquiry \u2014 any investigation which seeks to increase one\u2019s knowledge of a given situation\u201d28.Plutôt vague et incomplète, cette définition nous pousse à chercher d\u2019autres sources.Kerlinger, quant à lui, définit la recherche scientifique en introduisant d\u2019abord la notion de \u201cbon sens\u201d.La science, écrit-il, est une extension du \u201cbon sens\u201d29.Elle en diffère cependant de cinq façons principales: 1.\tLa science utilise les schèmes de conceptualisation et les structures théoriques de façon différente: le scientifique ne prend rien pour acouis et s\u2019assure qu\u2019une théorie est vérifiée avant de l\u2019accepter comme telle.2.\tLa science teste tout de façon systématique et empirique.24.\tIbid., p.154 25.\tGall Schlachter et Dennis Thomison, \u2018The Library Science Doctorate: A Quantitative Analysis of Dissertations and Recipients\", Journal of Education for Librarianship, vol.15, no.2 (Fall 1974), pp.95-111.26.\tMichael H.Harris.The Role of public Library in American Life; A Speculative Essay (Campaign, III., University of Illinois, Graduate School of Library Science 1975), 42p.; et, pour une vue plus concentrée, \u201cPublic Libraries and the Decline of the Democratic Dogma\", Library Journal, vol.101, no.19 (November 1, 1976), pp.2225-30.27.\tMichael H.\"Antlquarianlsm, Profes slonal Piety, and Critical Scholarship In Recent American Library Historiography\", The Journal of Library History, Vol.13, no.1 (Winter 1978), p.38.28.\tHerbert Goldhor, p.7 29.\tFred Kerlinger, pp.3-4 ARGUS.Vol 8 no 2 (Msrch-Apnl 1979) 7 3.La science exerce un contrôle \u201cserré\u201d.4 La science étudie systématiquement les relations entre les phénomènes.5.La science ne tient pas compte d\u2019explications \u201cmétaphysiques\u201d ni de toute autre explication qui ne peut pas être testée.Puis, de la science, Kerlinger va à la théorie qui, écrit-il, est le but de la science: \u201cA theory is a set of interrelated constructs (concepts), definitions, and propositions that present a systematic view of phenomena by specifying relations among variables, with the purpose of explaining and predicting the phenomena\u201d30.Enfin, il définit la recherche scientifique ainsi: \"Scientific research is systematic, controlled, empirical, and critical investigation of hypothetical propositions about the presumed relations among natural phenomena\u201d31.Selltiz, elle, insistait sur cette relation qui existe entre théorie et recherche dans la science: The relation of theory and research is one of mutual contributions.Theory can point to areas in which research is likely to be fruitful, can summarize the findings of a number of specific studies, and can provide a basis for explanation and prediction.Research findings, on the other hand, can test theories which have been worked out, can classify theoretical concepts, and can suggest new theoretical formulations or extend old ones.Moreover, the process of reciprocal contribution is a continuing one: research stimulated by theoretical considerations may raise new theoretical issues, which in turn lead to further research, and so on indefinitely32.La théorie dépend donc de la recherche scientifique et vice-versa.Le fait que la bibliothéconomie n\u2019ait pas encore de théorie propre force les chercheurs dans ce domaine à utiliser des cadres théoriques venant d\u2019autres disciplines.Mais, \u201crappelons que la physique expérimentale est née plus de vingt siècles après les mathématiques et la logique et qu\u2019il a fallu encore deux siècles pour comprendre que la psychologie supposait une expérimentation\u201d33.La bibliothéconomie scientifique, ou à tendance scientifique, est encore jeune, très jeune même.George Mouly introduisait dans sa définition de la recherche une notion pratique, en rappelant qu\u2019elle vise avant tout la solution de problèmes concrets: \"Actually, research is simply the process of arriving at dependable solutions to problems through the planned and systematic collection, analysis, and interpretation of data\u2019\u201934.En effet, la recherche scientifique ne doit pas être étrangère à la pratique, comme le faisait également remarquer tout récemment un auteur soviétique: .research implies the theoretical substantiation of practical measures directed towards the improvement of library and information services, the testing of new hypotheses, the preparation of forecasts, and the study of problems connected with the augmentation of the role of libraries in a dynamically changing society in the epoch of scientific and technical progress35.Selon Stephen Roberts, c\u2019est la recherche qui doit faire le lien entre pratique et théorie.Il affirme que pratique, recherche et théorie forment les éléments d\u2019une chaîne selon laquelle: \".it must be possible to establish the kind of knowledge which would provide the basis for intellectual power in the discipline\u201d36.Cette observation très judicieuse nous porte à croire que les pressions des étudiants en bibliothéconomie pour obtenir plus de contacts avec la profession, notamment les demandes de stages pratiques crédités, sont une réaction tout à fait normale à un enseignement \u201cthéorisateur\u201d dépourvu de toute préoccupation pour la recherche scientifique.Si on avait accordé plus d\u2019importance à celle-ci.sans doute aurait-on pu satisfaire ce besoin de sens prati- que chez les étudiants, sans avoir à les soumettre à ces stages qui ont peut-être du bon, mais qui risquent plus de les rapprocher du technicien que du concepteur.Conclusion En information documentaire, le Québec a des problèmes à résoudre lui aussi, des problèmes qui lui sont propres.Il ne sera plus toujours possible de se fier aux étrangers pour rechercher des solutions.Les bibliothécaires professionnels québécois devront s\u2019impliquer dans la recherche scientifique.La Corporation et les écoles de bibliothéconomie ont un rôle primordial à jouer dans ce sens.D\u2019ailleurs, il semble maintenant évident que le vrai professionnel se tournera de plus en plus vers la recherche et la conception, pour enfin laisser aux bibliotechniciens les tâches techniques et journalières.C\u2019est également l\u2019opinion de Maurice Marchant, qui manifestait même son optimisme quant à l\u2019avenir de la profession à cet égard: \"I feel confident that the librarian\u2019s role is in a pattern of change that will emphasize research-type activities more in the future than in the past\u201d37.30.\tibid., p.9 31.\tibid., p.11 32.\tClaire Selitiz, pp.498-99 33.\tJean Piaget, p.226 34.\tGeorge J.Mouly, p.4 35.\tL.M.Inkova \"Results and Prospects for the Development of Library Science in the USSR', Libri vof.28, no.2 (1978), p.107 36.\tStephen Roberts, \"Librarianshlp: Practice, Research and Theory\" in Holroyd, Gileon, Studies in Library Management vol.4, (London, Clive Bingley/Hamden, Conn., Linnet Books, 1977), p.142 37.\tMaurice P.Marchant, \"Research: How to Get There From Here\" Utah Libraries, vol.19, no.1 (Spring 1976), p.50 8 ARGUS, Vol 8, no 2 (mars-avril 1979) Laurent-G.Denis Faculty of Library Science University of Toronto (Collaboration spéciale) Le doctorat en bibliothéconomie à l\u2019université de Toronto Au Canada, seules les universités de Toronto et de Western Ontario offrent des programmes de doctorat en bibliothéconomie.A Toronto, depuis 1971, ce programme est accessible aux étudiants possédant une maîtrise en bibliothéconomie plus un diplôme universitaire.Il comprend, entre autres, des cours de méthodes de recherche, de statistique, un séminaire de recherche et la rédaction d'une thèse.Les études durent de trois à six ans; les recherches sont variées ainsi que les méthodes utilisées.Le doctorat a pour but la formation de chercheurs et non le perfectionnement professionel ou administratif des cadres.In Canada, a doctoral program in library science is offered only by the University of Toronto and Western Ontario University.It has been in effect since 1971 in Toronto.Applicants must hold a master's degree in library science and must have completed a bachelor's degree.The Ph.D.program includes courses on research methods, on statistics, a research seminar and a doctoral dissertation.Studies can extend from three to six years; both methods and topics are diversified.The goal of the program is to develop research capabilities in qualified candidates; it is not intended to update the professional or administrative skills of library managers.Nombreux sont les collègues qui s\u2019enorgueillissent de connaître les détails des programmes de formation professionnelle en bibliothéconomie.Trop souvent cette connaissance se résume à une seste expérience vécue dans un passé plus ou moins récent.Quand il s\u2019agit du doctorat en bibliothéconomie, ce minimum d\u2019une expérience personnelle n\u2019existe même pas pour la presque totalité des bibliothécaires professionnels, puisque les docteurs en bibliothéconomie sont encore relativement peu nombreux au Canada et aux Etats-Unis; au Québec, ils sont rarissimes.Les études au niveau du doctorat sont une réalité sur notre continent nord-américain depuis plus d\u2019un demi-siècle.En effet, c\u2019est en 1926 que le premier programme fut créé par l\u2019école de bibliothéconomie de l\u2019Université de Chicago \\ Ce programme restera unique pendant plus de vingt ans car ce n\u2019est que quelques années après la deuxième guerre mondiale que deux autres universités établiront elles aussi des études doctorales en bibliothéconomie2.Après 1948, le nombre de programmes de doctorat alla croissant et en 1960 on en comptait déjà sept3.Il y en a maintenant vingt-deux4.Au Canada, bien que l\u2019on ait discuté du bien-fondé des études en bibliothéconomie au niveau du doctorat dès le début des années 60, ce n\u2019est qu\u2019en 1971 que le premier programme fut mis sur pied à l\u2019Université de Toronto 5.Deux ans plus tard, l\u2019Université Western Ontario lançait aussi le sien 6.Pendant près de cinquante ans, tout Canadien désireux d\u2019obtenir un doctorat en bibliothéconomie devait s'expatrier aux Etats-Unis quelque temps et voilà qu\u2019en deux ans, deux programmes devenaient accessibles à moins de 200 km de distance l\u2019un de l\u2019autre.Créer un programme de doctorat à l\u2019Université de Toronto ne fut pas chose facile.Une fois la décision prise par l\u2019école et une première ébauche du programme établie, il fallut plus de sept ans pour que le projet devienne réalité.Ce long délai n\u2019est aucunement dû à quelque résistance que ce soit de la part des autorités universitaires ou gouvernementales envers la bibliothéconomie, mais plutôt à la complexité du processus décisionnel en matière de nouveaux programmes dans les universités de l\u2019Ontario.La plupart des étapes parcourues vers la fin des années soixante existent encore aujourd\u2019hui et.bien que plusieurs délais aient été réduits, le cheminement n\u2019en demeure pas moins pénible.Les lecteurs intéressés à ARGUS.Vol 8.no 2 (March-Apnl 1979) 9 »AltllS m* m*\tM ** 9* t* > (Photo Marcia Nauratil) connaître les péripéties du programme de doctorat liront avec profit l\u2019ouvrage de Bertha Bassam consacré à l\u2019histoire de l\u2019école de Toronto7.Voyons un peu quelles étapes doit parcourir le ou la bibliothécaire qui caresse le désir d\u2019accéder au doctorat en bibliothéconomie offert à l\u2019Université de Toronto.En premier lieu, mentionnons que, contrairement à la pratique courante des universités américaines, le doctorat en bibliothéconomie à Toronto est basé exclusivement sur certains secteurs de spécialisation déterminés au préalable selon l\u2019intérêt et la compétence du corps enseignant.En conséquence, les cours sont limités par ces centres d\u2019intérêt et les sujets de thèse ne sont acceptés que s\u2019ils s\u2019inscrivent naturellement dans ces cadres.Les trois secteurs de spécialisation présentement offerts au programme de doctorat de l\u2019Université de Toronto sont: les bibliothèques et leurs milieux, les sources d\u2019information et les fonds de bibliothèque.la gestion des bibliothèques 8.Un certain nombre de cours particuliers sous chacune de ces rubriques aident à mieux saisir la portée des spécialisations 9.Le programme exige que le candidat soit en résidence, c\u2019est-à-dire physiquement présent pendant au moins deux années scolaires complètes.Mentionnons également que le doctorat en bibliothéconomie a pour but la formation des chercheurs et non le perfectionnement professionnel et administratif des cadres.Le programme tend à développer chez le candidat les qualités qui feront de lui un chercheur accompli, capable d'oeuvrer tant dans la recherche et l\u2019enseignement que dans la pratique.La recherche peut être profitable aux bibliothèques du Québec au point de vue de leur rendement aussi bien qu'au point de vue de leur fondement social et politique.Plus il y aura de chercheurs québécois à l\u2019oeuvre, plus il est probable que leurs efforts se tourneront vers la recherche de solutions aux problèmes des bibliothèques québécoises On recherchera donc chez les candidats un vif intérêt pour la recherche et d'excellentes habitudes intellectuelles.Donc si la recherche en bibliothéconomie vous attire et vous passionne et si vous croyez que vos centres d\u2019intérêt sont compatibles avec les secteurs de specialisation de l'é- 1.\tGraduate Library School, University of Chicago.Afin d'éviter de parsemer le texte de noms en anglais, ( expression école de bibliothéconomie, sans majuscules, est utilisée pour signifier toute institution de formation professionnelle en bibliothéconomie.2.\tGraduate School of Library Science, University of Illinois (1948) et School of Library Science, University of Michigan (1948).3.\tEn plus des trois précédents, School of Library Service, Columbia University (1952), School of Library and Information Studies.University of California à Berkeley (1955), School of Library Science, Western Reserve University, depuis 1968 devenue Case Western Reserve University (1956) et Graduate School of Library Service, Rutgers University (1960).4.\tEn plus des sept déjà nommés: School of Library Science, University of Southern california (1961), Graduate School of Library and Information Sciences, University of Pittsburgh (1963), Graduate Library School, Indiana University (1964), Library School, University of Minnesota (1964), Library School, University of Wisconsin-Madison (1965), School of Library Science, Florida State University (1968), College of Library and information Services.University of Maryland (1969), Graduate School of Library Science, University of Texas at Austin (1969), School of Library Science, Texas Women's University (1970), School of Library and Information Sciences, North Texas State University (1970).School of Information Studies.Syracuse University, (1970?), School of Library Science, Simmons College (1973), Graduate School of Library Science, Drexel University (1974), Graduate School of Library and Information Science, University of California.Los Angeles (1976).School of Library and Information Science.State University of New York at Buffalo (1977?).5.\tFaculty of Library Science.University of Toronto.6.\tSchool of Library and information Science.University of Western Ontario (1973).7.\tBertha Bassam, The Faculty of Library Science.University of Toronto and its Predecessors, 1911-1972 (Toronto.Faculty of Library Science in Association with The Library Science Alumni Association.1978), pp.102-109.8 Advanced Studies in the Social Environment and Libraries; Advanced Studies in Information Resources and Library Collections; Advanced Studies in Library Administration.9.University of Toronto, Faculty of Library Science, Calendar 1978-1979 (Toronto, University of Toronto Press.1978), pp.43-44.10 ARGUS Vol 8.no 2 (mars-avril 1979) cole de bibliothéconomie de Toronto, vous êter un candidat en puissance.L'étape suivante, plus formelle, consiste à faire une demande d'admission en passant par la faculté des études supérieures 10.Cette faculté est une entité administrative qui assume la responsabilité de tout programme conduisant à un diplôme supérieur.C\u2019est donc elle, et non pas l\u2019école de bibliothéconomie qui accepte ou qui rejette en première instance les candidatures au doctorat comme à la maîtrise en bibliothéconomie selon un certain nombre de critères minima.Dans le cas du doctorat, il faut, en plus de la maîtrise en bibliothéconomie d\u2019une école accréditée et d\u2019une durée de deux ans.un premier grade universitaire représentant quatre années d\u2019études réussies avec au moins la mention \u201cB\u201d ou son équivalent.Bien sûr, il faut aussi une bonne connaissance de la langue anglaise, puisque les cours se donnent en anglais, que la plupart des travaux sont rédigés dans cette langue et qu\u2019une très forte proportion de la documentation n\u2019est disponible qu'en anglais.Le candidat soumet aussi par écrit les raisons personnelles qui le motivent à vouloir parfaire sa formation.Le document pèse lourd dans la balance.Les évaluateurs l\u2019analysent de très près et lui accordent la plus grande importance.Une entrevue du candidat avec deux, trois ou même quatre professeurs est habituellement requise avant que la décision finale ne soit prise.Lorsque le candidat est accepté.on établit alors son programme de cours.Dans tous les cas il s\u2019agit d\u2019un programme individuel déterminé selon les intérêts de la personne et la nature de la recherche à entreprendre.Normalement, il comprendra un minimum de trois cours, chacun d\u2019une durée d'un an, c\u2019est-à-dire deux semestres, la participation à un séminaire de recherche, un cours de méthodes de recherche et un autre de statistique.Ces deux derniers cours ne sont obligatoires que si le candidat n\u2019a pas déjà à son actif leur équivalent.Graphiquement, les études con- conomie à Toronto se présentent duisant au doctorat en bibliothé- de la façon suivante: Représentation graphique des échéances du programme de doctorat en bibliothéconomie à Toronto Obtention du diplôme Définition de la question Examens de synthèse Soutenance Programme d'études Majeure-Mineures Sém.de recherche (Méthod & Stat ) Choix d\u2019un secteur de recherche et du sujet M Bibi.Méthodologie et Statistique comprises Recherche Hypothèse de recherche Thèse Proposition de recherche Premier grade Le sujet majeur détermine la spécialisation dans laquelle la recherche se fera.Cette majeure est résermée exclusivement aux étudiants inscrits au doctorat; elle est habituellement conçue sous forme de séminaire; l\u2019attention y est centrée sur les travaux de recherche et la participation active de l\u2019étudiant est requise.La première mineure se compose généralement de deux cours de maîtrise en bibliothéconomie, ou d\u2019un deuxième cours du niveau du doctorat.La deuxième mineure se prend dans une faculté de l'univer- 10.School of Graduate Studies.ARGUS.Vol 8.no 2 (March-April 1979) 11 Bibliothèque de l'Université de Toronto (Photo Marc.a Nauratii) - i-r sité autre que l'école de bibliothéconomie.A ce jour, la deuxième mineure de nos candidats a exploré, entre autres, les domaines suivants: le marketing, les relations industrielles, l\u2019audio-visuel, le service social, les sciences politiques, les sciences de l\u2019éducation, la psychologie.Les besoins particuliers du candidat, ses lacunes et sa specialisation dictent la deuxième mineure.On suit simultanément les cours de la majeure et des deux mineures tout en participant aux séminaires de recherche tenus mensuellement.Ce programme dure habituellement une année scolaire, de septembre à mai.L\u2019étape suivante, normalement de mai à octobre, est celle de la préparation immédiate aux deux examens de synthèse couvrant la majeure et la première mineure.Ces examens écrits ont pour but de mettre à l\u2019épreuve les connaissances de l\u2019étudiant et de mesurer l\u2019aptitude du candidat à synthétiser et à organiser recherches, écrits, documents et analyses variés en une présentation ordonnée, intelligente et perspicace.Il va sans dire que les cours suivis dans le cadre de la majeure et des deux mineures constituent une certaine préparation aux exa-ments, mais ils ne couvrent qu\u2019une partie de ces vastes secteurs.Tous les professeurs de l\u2019école prennent connaissance des réponses du candidat et participent à un débat à huis clos qui précède l\u2019attribution de la mention: \u201créussite\u2019\u2019 ou \u201céchec\u201d.La réussite aux examens de synthèse annonce un changement radical dans le statut du candidat.En effet, jusque-là le candidat était vraiment un simple étudiant, à un niveau supérieur et dont on attendait beaucoup, soit, mais étudiant tout de même, devant assister à des cours, préparer des travaux, faire des lectures plus ou moins obligatoires.Il devient maintenant libre de son temps, et n\u2019a plus à faire face à des échéances déterminées par d\u2019autres.Il peut donc consacrer tout son temps à préparer et à mener à bien sa recherche.C\u2019est cette recherche qui le distinguera de tout autre étudiant, c'est elle qui le marquera pour la vie.Bien qu\u2019on lui ait assigné un directeur de thèse et qu\u2019on l\u2019ait encadré d\u2019un comité de professeurs qui le guideront dans sa recherche, l\u2019étudiant est laissé à lui-mème.C\u2019est lui qui décidera du sujet, de la méthode, de l\u2019analyse et de la présentation de sa thèse, les autres le soutiendront, l\u2019orienteront, l\u2019encourageront au besoin, mais en un mot ils réagiront à ses initiatives plutôt que de lui tracer la voie.Bien que, dans cet article, la description des étapes soit séquentielle, bien souvent la proposition de recherche n\u2019attend pas les examens de synthèse pour s\u2019amorcer.Même avant de s\u2019inscrire, le candidat devrait avoir une certaine idée de la recherche qu\u2019il voudrait poursuivre.Les cours, les lectures, les discussions et la préparation des examens lui fourniront maintes occasions de préciser sa pensée.Du secteur général il passera à un sujet particulier et vraisemblablement à la détermination propre de la question à traiter.C\u2019est ce cheminement intellectuel que le schéma ci-dessus tente d\u2019indiquer en établissant un parallèle entre le processus académique (cours, examens, proposition de recherche) et le développement du problème à traiter.La proposition de recherche ne peut être reçue par les professeurs de l\u2019école qu\u2019une fois les examens de synthèse réussis.Cette proposition de recherche est un document substantiel qui décrit le problème que le chercheur se propose de traiter, ses ramifications et son importance.Elle traite aussi des hypothèses précises qui feront l\u2019objet de vérification, de la méthode qui servira à recueillir les données, de la nature des données elles-mêmes et de l\u2019analyse qui suivra.Il n\u2019est pas rare que le document fasse l\u2019objet de trois ou quatre versions avant de recevoir l\u2019assentiment du directeur de thèse et du comité, d\u2019où l\u2019indication des quatre à six mois qu\u2019on doit lui consacrer.Des candidats réussissent à amorcer la recherche elle-même avant la fin de leur deuxième année de résidence, mais le plus souvent l\u2019acceptation de la proposition de recherche conclut cette période et le chercheur quitte l\u2019école sans avoir vraiment sa recherche Si le candidat doit retourner au travail d\u2019où il était en congé d é-tudes ou s\u2019il doit entrer sur le marché du travail, il est fort peu probable que la recherche et la rédaction de la thèse puissent se terminer dans les trois années indiquées sur le schéma.Il est 12 ARGUS.Vol 8.no 2 (mars-avril 1979) alors plus juste de prévoir quatre ou même cinq ans avant d'arriver au terme du programme.Précisons cependant que, selon les exigences de l\u2019université, toutes les conditions pour l\u2019obtention du doctorat doivent être remplies pendant les six années qui suivent l\u2019admission du candidat.La faculté des études supérieures peut accorder un délai d\u2019un an si un candidat en fait la demande et si la demande est soutenue par l\u2019assemblée de l\u2019école 11.Le candidat pouvant demeurer en résidence une troisième année aura d\u2019excellentes chances de terminer sa recherche et de recevoir son diplôme à la fin de cette période.La recherche peut porter sur tout sujet qui émane du secteur dans lequel le candidat a choisi sa majeure à condition qu\u2019il se trouve sur place, à l\u2019école, un professeur compétent en la matière qui accepte de servir de directeur de thèse.Le candidat et le directeur de thèse choisissent les membres du comité dont un au moins appartient à une faculté autre que l\u2019école de bibliothéconomie.Le candidat travaille généralement à sa recherche en étroite collaboration avec son directeur de thèse; le comité suit les progrès de plus loin et n\u2019intervient qu\u2019au besoin.La rédaction de la thèse est aussi suivie de près; il n\u2019est pas rare que le directeur de thèse l\u2019approuve chapitre par chapitre.Le comité a aussi droit de regard et doit donner son assentiment à la version finale avant que le futur docteur n\u2019obtienne la permission de défendre publiquement sa recherche.La soutenance publique est le couronnement naturel des efforts intellectuels soutenus et considérables que représente une recherche valable, bien conçue et bien réalisée.Le plus souvent, la soutenance marque l\u2019entrée d\u2019un candidat dans le monde de la recherche.A cet égard l\u2019événement est capital pour l\u2019individu, car des chercheurs, des intellectuels vont apprécier la qualité du travail et.en définitive, admettre ou non le candidat au rang des chercheurs et des docteurs de la discipline.La recherche que l\u2019on défend, si importante, si nouvelle, si pleine de conséquence soit-elle, ne peut être perçue comme l\u2019oeuvre principale du candidat, mais plutôt comme un premier effort prometteur pour l\u2019avenir.On ne peut douter que ni le directeur de thèse, ni le comité n\u2019exposeraient le candidat à la censure publique s\u2019ils avaient la moindre réticence quant à la qualité du travail.Une fois la thèse défendue devant les examinateurs nommés par le doyen de la faculté des études supérieures et acceptée par eux, il ne reste plus que quelques révisions mineures de forme avant que le candidat ne reçoive officiellement son titre.Le lecteur se demandera peut-être combien de personnes se lancent dans pareille entreprise et pourquoi.L\u2019année même de l\u2019implantation du programme, une étude visant à connaître le nombre et la destination possible des docteurs en bibliothéconomie fut menée par deux professeurs de l\u2019école12.Les auteurs s\u2019enquirent auprès des directeurs des grandes bibliothèques du Canada de leur opinion sur le bien-fondé d\u2019un programme d\u2019études de troisième cycle en bibliothéconomie et sur le nombre de docteurs en bibliothéconomie qu\u2019ils pourraient utiliser à bon escient dans leurs bibliothèques.Les résultats furent encourageants.Des quatre-vingts questionnaires distribués, soixante-trois soit 80% furent retournés.Plus de 80% des répondants voyaient d\u2019un bon oeil l\u2019établissement au Canada du doctorat en bibliothéconomie.Les directeurs affirmaient qu\u2019ils voyaient dans les bilbiothèques d\u2019alors quelque quarante et un postes qui auraient pu être occupés avantageusement par des docteurs en bibliothéconomie et que de 1971 à 1976 ils en prévoyaient trente-quatre autres pour un grand total de soixante-quinze.Il va sans dire que jamais nous ne nous sommes attendus à voir un aussi grand nombre de docteurs en bibliothéconomie sortir des écoles du Canada.Cependant le nombre était de bon augure et représentait pour nous l\u2019enthousiasme de la profession pour le nouveau programme.En fait, les candidats qui ont terminé les deux années de résidence à Toronto n\u2019ont eu aucune difficulté à réintégrer le marché du travail, bien qu\u2019ils n\u2019aient pas répondu complètement à toutes les exigences du diplôme.Les répondants qui voyaient mal la nécessité du doctorat en bibliothéconomie au Canada ont sans doute confondu la recherche et le perfectionnement professionnel car leurs réponses semblaient dire que les docteurs en bibliothéconomie ne seraient guère mieux préparés pour le travail que n\u2019importe quel autre bibliothécaire.Depuis la mise en place du programme à Toronto, dix-huit étudiants ont été acceptés 13.Une 11.\tCommittee on Doctoral Studies, à l\u2019Université de Totonto.12.\tLaurent-G.Denis et L.J.Houser, \u201cA Study of the Need for Ph D s in Library Science in Large Canadian Libraries \u2019, Canadian Library Journal, vol.29 (January-February 1972), pp.19*27.13.\tVoir le détail dans le tableau qui suit.Candidats admis au doctorat en bibliothéconomie à Toronto\t\t\t Année\tAdmis\tPoursuivent\tOnt renoncé 1971-72\t2\tr\t1 1972-73\t3\t1\t2 1973-74\t4\t3\t1 1974-75\t1\t0\t1 1975-76\t0\t9\t0 1976-77\t2\t1\t1 1977-78\t2\t2\t0 1978-79\t4\t4\t0 Total\t18\t12\t6 * Ce candidat a reçu le diplôme en\t\t1974.\t ARGUS.Voi 8 no 2 (March-April 1979) 13 seule de ces personnes a reçu le diplôme, cinq autres terminent leur thèse extra muros.Deux ou trois d\u2019entre eux devraient être en position de soutenance d\u2019ici environ un an.Un certain nombre de candidats ont abandonné !a partie à diverses étapes du programme pour des raisons personnelles, financières ou familiales: six sont dans ce cas A l\u2019heure actuelle, on compte onze étudiants actifs: cinq font leur première année de résidence, un sa deuxième année, un autre vient tout juste d\u2019amorcer sa recherche et quatre autres sont en rédaction de thèse.Les candidats sont de calibre supérieur, ce qui leur permet de rivaliser avantageusement avec tous les étudiants de l\u2019Université de Toronto pour les bourses du Gouvernement de l\u2019Ontario, du Conseil des Arts du Canada, des associations professionnelles et de l\u2019Université.Leur succès dans l\u2019obtention de bourses importantes, voire prestigieuses, est plutôt phénoménal si l\u2019on considère par exemple que, sur les quarante-cinq bourses Connaught de l\u2019Université 14.deux ont été gagnées par des étudiants de bibliothéconomie cette année.Au cours des années, au moins trois de nos candidats ont reçu la bourse Phalin de la Canadian Library Association.Récemment l\u2019une de nos étudiantes a eu l\u2019insigne honneur de se voir décerner l\u2019une des trois bourses universitaires offertes aux étudiants du doctorat dont les recherches sont orientées sur les études canadiennes en sciences sociales ou en sciences humaines 15.Presque chaque année un ou deux de nos candidats se classent parmi les étudiants les plus méritants dans la liste que l\u2019Université prépare au profit du Conseil des Arts pour l\u2019attribution de bourses doctorales 16 et sont donc presque assurés de les recevoir.Les recherches sont variées et portent sur des sujets d\u2019importance pour la profession.On trouvera en annexe la liste des thèses complétées ou à terminer.On se rendra compte à l\u2019examen de la liste que les sujets touchent à plusieurs facettes de la bibliothé- conomie et que les méthodes utilisées sont presque aussi nombreuses que les chercheurs eux-mèmes.Bien loin de vouloir forcer quiconque dans un moule, l\u2019école favorise au contraire l\u2019initiative et l\u2019individualité de chacun, souvent au prix d\u2019efforts considérables de la part des professeurs et de la direction.On sait que le groupe qui guide les destinées du programme de doctorat compte, selon les années, de quatorze à dix-huit professeurs; les programmes individuels font appel à bon nombre de professeurs, ils sont souvent plus nombreux que les étudiants eux-mêmes, et la préparation des examens de synthèse d\u2019un seul étudiant peut impliquer plus de cinq professeurs, comme c\u2019est le cas cette année.Tout cela pour souligner l\u2019importance que l\u2019école de Toronto attache à son programme de doctorat.Les étapes et les obstacles décrits plus haut ont certes leur importance et l\u2019on ne saurait impunément les ignorer ou les minimiser.L\u2019essentiel n\u2019est pas là.Toute la question tient au fait que le candidat au doctorat est auto-motivé au point de départ et ferme dans sa détermination.De notre côté, nous faisons l\u2019impossible pour nourrir son enthousiasme, animer sa curiosité intellectuelle, bref entretenir le feu sacré.14.\tCette année, les bourses sont de $5 000.00 chacune, plus les frais de scolarité.15.\tLa bourse est de $4 800.00 plus les frais de scolarité.16.\tAu montant de $5 000.00 chacune.Annexe Liste des thèses complétées ou à terminer England, Claire.The Climate of Cen-sorhip in Ontario: and Investigation into Attitudes towards Intellectual Freedom and the Perceptual Factors Affecting the Practice of Cen-sorhip in Public Libraries Serving Medium-sized Population, Unpublished Ph.D.dissertation, University of Toronto, 1974.170 p.Phillips, Dolores.An Investigation into the Production and Dissemination of Real-Property-related Information by Provincial and Municipal Government Agencies in Ontario (Sujet accepté en juin 1975) Crouch, Keith.Interpersonal Communication and the Reference Interview (Sujet accepté en janvier 1976).Hambleton, Alixe.The Elementary School Librarian in Ontario: a Study of Role Perception, Rolec Conflict and Effectiveness.(Sujet accepté en janvier 1976).Amey, Lome J.Information Seeking Activities of Adolescents of Different Socioeconomic Classes in a Canadian Urban Centre (Sujet accepté en juillet 1976).Ansari, Nouchine.Histoire od Public Libraries in Iran, 1905-1965 (Sujet accepté en mai 1978).^\tjC ^ \\\\ * v \\&V\\ \u2022 \\ * ^\trr^e ,V\\j *.\tA , _o \\ Se \u2022 oC V Vv 14 ARGUS.Vol 8 no 2 (mars-avril 1979) Madeleine Laliberté Université Laval ' Sujets des thèses de doctorat nord-américaines récentes en bibliothéconomie et science de l\u2019information Cet article analyse les sujets de cent thèses nord-américaines en bibliothéconomie de 1977-78.Le titre de la thèse sert à établir le sujet.Ce dernier est réparti selon six divisions: administration, services aux usagers, services techniques, matériel, automatisation et histoire.Il ressort de l'étude que les sujets les plus choisis sont les services aux usagers et l'administration.Viennent ensuite le matériel, l'automatisation, les services techniques et finalement, l'histoire.The article deals with one-hundred North-American Ph.D.thesis topics in library science for 1977-78.The topic is established from the title of a thesis.Topics are divided into six groups; administration, user services, technical services, equipment, automation and history.It appears that topics most often chosen are those relating to user services and administration followed by equipment, automation, technical services and finally, history.Introduction Durant l\u2019année académique 1928-29.le premier programme de doctorat en bibliothéconomie fut introduit à l\u2019Université de Chicago.Depuis cette date, une vingtaine d\u2019universités américaines et deux écoles de bibliothéconomie canadiennes (Toronto et London) offrent des programmes de doctorat dans cette discipline.Présentement, aux Etats-Unis, il existe deux programmes différents pour le doctorat: celui du Ph.D.(Doctor of Philosophy) et celui du D.L.S.(Doctor in Library Science).Le premier diplôme est qualifié d\u2019académique.It est spécifiquement tourné vers la recherche; il exige la rédaction d\u2019une thèse.Ce doctorat est le plus courant, c\u2019est delui dont il sera question dans cet article.Le second est plutôt professionnel et n\u2019exige pas de thèse.Il est proposé à l\u2019Université de Californie à Berkeley.Le diplôme académique (Ph.D.) est accordé en reconnaissance d\u2019une grande valeur intellectuelle, d\u2019une recherche effectuée de façon autonome et de la présentation d\u2019une thèse qui apporte une contribution importante à la science.Les écoles de bibliothéconomie des Etats-Unis jouissent d\u2019un prestige bien mérité et attirent des étudiants d\u2019intérêts très divers venant de tous les pays du monde.Depuis l\u2019introduction du doctorat, une grande variété de sujets de thèse ont été choisis.A ce propos, le Dr Phyllis Richmond souligne: \u201cThe upshot is that library science is a conglomerate of eclectic subjects.Moreover this conglomerate sprawls all over the field of knowledge judging from the variety of dissertation topics and master\u2019s essays accepted\u2019\u20191 De plus, la bibliothéconomie est elle-même interdisciplinaire.Le Dr.Jesse Shera, un des grands maîtres de la bibliothéconomie aux Carvxtart Theses 197V72 1.Phyllis A.Richmond, \u201cThe Ph.D.in Library Science\", College and Research Libraries (September 1970), p.313.ARGUS.Vol 8 no 2 (March-April 1979) 15 Table I.Thèses de doctorat en bibliothéconomie\t\tpar sujets.\t(1977-1978)\t Sujets\tNombre de thèses\tPourcentage 1.Administration\t26\t26% 2.Services aux usagers\t39\t39% 3.Services techniques\t8\t8% 4.Matériel\t11\t11% 5.Automatisation\t10\t10% 6.Histoire\t6\t6% \t100\t100% Etats-Unis, reconnaît le caractère d\u2019interdisciplinarité de la bibliothéconomie en ces termes: \"If librarianship is to be concerned \u2014 as it must be \u2014 with the epistemological problem in society, it must be also interdisciplinary.It must bring to its practitioners the methods of any number of sciences\u2019\u2019 2.Méthodologie Pour étudier les sujets des thèse de doctorat nord-américaines récentes en bibliothéconomie et science de l\u2019information, j\u2019ai consulté le Journal of Education for Librarianship qui donne régulièrement la liste des sujets acceptés dans ce domaine.Mon étude couvre une période d\u2019un an et demi: 1977 et le premier semestre de 1978.Le total des thèses énumérées par le Journal for Education of Librarianship en 1977 se chiffrait à 74 et celui des deux premiers trimestres de 1978 à 26, ce qui fait un total de 100 et facilite l\u2019établissement de pourcen-tages.Le périodique cité précédemment donne le titre, l\u2019auteur et l\u2019année d\u2019acceptation de la thèse.Il va sans dire que la liste n\u2019est peut-être pas complète, c'est-à-dire que certaines universités peuvent avoir tardé à envoyer leur liste.Il faut aussi noter que certains candidats au doctorat n\u2019achèveront jamais la rédaction de leur thèse ou changeront peut-être d\u2019orientation dans leur travail.Les 100 thèses considérées proviennent de 23 universités dont 21 américaines et 2 canadiennes.L\u2019Université de Pittsburgh vient au premier rang avec 20 thèses, suivie par Case Western Reserve University avec 10 thèses, Colorado School of Education avec 8 thèses; Berkeley avec 5 thèses, etc.Les universités américaines sont représentées par 97 thèses et les 2 universités canadiennes par 3 thèses seulement.Sujets de thèses La répartition des sujets a été faite d\u2019après le titre de la thèse seulement.Il peut arriver qu\u2019une thèse touche deux sujets et qu\u2019il soit difficile de choisir celui qui a la priorité, mais ces exceptions ne peuvent faire changer d\u2019une manière sensible les résultats de l\u2019étude en question.Les divisions adoptées ont été empruntées à Tim LaBorie et Michaël Halperin qui les avaient employées pour une étude des références dans les thèses de doctorat 3.Ces derniers s\u2019étaient inspirés du shéma de classification élaboré par Saracevic et Park pour leur étude d\u2019articles de périodiques en bibliothéconomie4.Les six sujets généraux sont: (1)\tAdministration: études sur les finances des bibliothèques, l\u2019analyse des systèmes, les salaires: bibliothécaires et formation professionnelle, éthique; architecture et construction.(2)\tServices aux usagers: utilisation des bibliothèques, service de référence et de recherche; prêt et coopération entre bibliothèques.3) Services techniques: acquisitions et catalogage; classification et indexation.(4)\tMatériel: choix des livres; développement des collections, forme, et fond littéraire, livres rares.(5)\tAutomatisation: automatisation des opérations de la bibliothèque, systèmes automatisés de repérage de l\u2019information.(6)\tHistoire: études historiques des bibliothèques, des organisations de bibliothèques, de l\u2019édition commerciale; biographies * Comme il est facile de le constater, les services aux usagers oc- cupent la première place dans le choix des sujets de thèses de cette période.Les thèses sur l\u2019administration et les services aux usagers forment à elles seules un peu plus des deux tiers du total.Les travaux sur les services techniques, le matériel et l\u2019automatisation comptent chacun pour à peu près 10%.Les thèses sur l\u2019histoire représentent environ 5% du total.Dans une étude faite sur les sujets de thèses par J.Periam Danton, en 1959, les thèses historiques en bibliothéconomie comptaient pour 36% du nombre total.5 L\u2019étude de Danton qui comprend les thèses de bibliothéconomie de 1930-59 et celle de William F.Newberry qui inclut les thèses de 1930-75 6 montrent une évolution dans le choix des sujets et des intérêts.2.\tJesse J.Shera.An Epistemological Foundation for Library Science,\" The Foundations of Access to Knowledge A Symposium (Syracuse, N.Y., Syracuse University Press, 1968), p.24.3.\tTim LaBorie et Michael Halperin, \u201cCitations Patterns in Library Science Dissertations, \u201d Journal of Education for Librarianship (Spring 1976), p.273.4.\tT.Saracevic et L.J.Park, \u201cAscertaining Activities In a Subject Area Though Blbllometric Analysis,\" Journal of the bamerican Society for Information Science, no.24 (March-April 1973), pp.120-134.5.\tJ.Periam Danton, \u201cDoctoral Study in Librarianship in the United States,\" College and Research Libraries.Vol.20.no.6 (November 1959), p.436.6.\tWilliam F.Newberry.\u201cSubject Perspective of Library Science Dissertations,\" Journal of Education for Librarianship (Winter 1978).pp.203-212.16 ARGUS.Vol 8.no 2 (mars-avril 1979) NOTRE DIXIÈME ANNIVERSAIRE Le prochain congrès (10e) de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Quebec aura lieu a Trois-Rivières a l\u2019Université du Québec 17au 20 mai 1979 Conclusion La bibliothéconomie est interdisciplinaire.Elle couvre une grande variété d\u2019aspects comme le prouvent les thèses écrites jusqu\u2019à présent.Ce que disait Danton, il y a bientôt vingt ans, est encore vrai.\u201cIt is clear, therefore, that the prospective doctoral student in librarianship does not lack for opportunity to pursue an investigation in virtually any field of our discipline\u201d 7.Au Québec, la recherche en bibliothéconomie est à peine née et il serait temps que la profession de bibliothécaire voit apparaître quelques \u201cspécialistes\u201d.(*) Les traductions sont de l'auteur.7.J.Periam Danton.\u201cDoctoral Study in Librarianship in the United States,\" College and Researh Libraries Vol.20, no.6 (November 1959), p.439.DE VRAI(E)S LIBRAIRES ! Librairie Renaud-Bray, 5219, Côte-des-Neiges (près Reine Marie), Montréal H3T 1Y1 Tél: 342 1515 ARGUS.Voi 8.no 2 (March-Apnl 1979) 17 Eric de Grolier Ecole de bibliothéconomie Université de Montréal (Collaboration spéciale) Pour un programme de recherche orientée en science de l\u2019information au Québec La recherche en science de l'information au Canada et au Québec en particulier est insuffisante, elle accuse un grand retard par rapport aux Etats-Unis et les écoles de bibliothéconomie n'offrent que très peu de programmes de doctorat.Au Québec même il n'y a aucun programme de doctorat et ta recherche peu abondante est difficilement accessible.Dans ce contexte, il semble important d'établir des priorités de recherche dont les thèmes principaux pourraient être: l'inventaire des ressources d'information au Québec, l'évolution de \u201cla main-d'oeuvre spécialisée\u201d et les besoins et habitudes des usagers.Research in information science is not highly developed in Canada, particularly in Québec, compared to the United States and very few doctoral programs are available in library schools.In Québec, there is no doctoral program and the little research is not widely disseminated.It is important then to determine research priorities.The main areas of study could be: an inventory of information resources in Québec, the evolution of \u201cspecialized manpower\" and the needs and habits of library users.La recherche en science de l'information au Québec: un peu d'histoire et de statistique Dans mon article publié par Argus en août 1978 \\ j\u2019avais écrit que \u2018\u2018Le Canada en général, et le Québec en particulier, demeurent quelque peu en retard.en ce qui concerne la recherche en science de l'information\u201d.Ce jugement d\u2019ensemble, plutôt subjectif, se fondait sur une étude préliminaire des documents que j\u2019avais pu consulter et sur lesquels étaient basés une \u201cNote préliminaire sur la recherche en science de l\u2019information au Québec \u201d, puis un \u201cMémorandum\u201d sur le même sujet 1 2.Cette documentation était loin d\u2019ètre complète, et j\u2019en étais fort con- scient, mais il s'est avéré très difficile de la rendre plus exhaustive.Contrairement aux Etats-Unis, où la diffusion des résultats de la recherche en bibliothéconomie et en science de l\u2019information a fait l'objet de multiples initiatives, avec du reste une forte \u2018\u2018redondance\u2019\u2019 3, cette diffusion au Canada est encore insuffisante et lacunaire ce qui d'ailleurs, en soi.est un symptôme de l\u2019état relativement peu développé de la recherche 4 1.\tArgus, , Vol.7, no 3-4 (mal-août 1978), p.103 2.\tDocuments internes de l'Ecole de bibliothéconomie de l'Université de Montréal, (3 mal et 7 juin 1978).3.\tVoir l'article de D.Ferguson sur ce thème, Bulletin de (Unesco à l\u2019intention des bibliothèques, vol.29 (novembre-décembre 1975), pp.339-349.4.\tLe Centre de documentation sur les bibliothèques de la Bibliothèque nationale du Canada est chargé, depuis mars 1972, de recueillir les données concernant le Canada dans le cadre du système ISOPID de I Unesco (Système international d'information sur les recherches en matière de documentation).Frank T.Dolan a dirigé, à la School of library and information science de l\u2019Université de Western Ontario, une étude sur les recherches en cours e;i science de l\u2019information au Canada; il l a évoquée brièvement à ia 6e Conférence annuelle de l\u2019ACSI en mai 1978 mais, à ma connaissance, elle n\u2019a pas encore été publiée.A cette même école.L.Bond et S.Gibbs ont préparé une Annual review of Canadian libraries couvrant la période 1974-1977, elle aussi encore inédite.Valérie Barnes a rédigé (sous i» direction également de Frank Dolan) un Directory of research at SLIS, multigraphiè en septembre 1978.A Toronto, le Centre for Research in Librarianship, dirigé par John P.Wilkinson, publie depuis juin 1976 une Newsletter renseignant sur la recherche proprement bibliothéconomique au Canada 18 ARGUS.Vol 8 no 2 (mars-avril 1979) Il est commode de distinguer, dans l\u2019évolution d\u2019une discipline ou, plus généralement, d\u2019un domaine de recherche, trois stades: ceux de la recherche individuelle, de la recherche in-stitutionalisée et, enfin, de la recherche orientée 5 L\u2019institutionnalisation peut se manifester par divers événements: création de chaires professorales (ou d\u2019écoles), d\u2019instituts de recherche, de revues spécialisées, d\u2019associations scientifiques, ou même par l\u2019organisation de réunions plus ou moins régulières entre spécialistes.L\u2019étape de l\u2019orientation de la recherche est franchie quand les pouvoirs publics interviennent pour établir des objectifs prioritaires et financer des équipes de chercheurs (voire, en certains cas, des chercheurs individuels) acceptant de se conformer plus ou moins étroitement à ces objectifs.Bien entendu, il peut y avoir un certain décalage temporel ou des chevauchements entre ces étapes, et il reste que la recherche purement individuelle peut quelquefois obtenir des résultats plus importants (en science fondamentale) que celle des deux autres types 6 Quels que soient les indices choisis pour reconnaître ces différentes étapes en science de l\u2019information, on constate un écart, souvent assez important, entre le moment où celle-ci s\u2019est \u201cprofessionnalisée\u2019\u2019 dans les pays innovateurs et celui où ce phénomène a eu lieu au Canada; et il est advenu souvent au Québec après certaines des provinces anglophones.Si nous prenons comme exemple le cas de la psycho-sociologie de la lecture, on trouve un début d\u2019institutionnalisation en Russie (Ukraine) dans les années 1880 et une recherche déjà pleinement institutionnalisée en Allemagne et en Pologne après la première guerre mondiale (Walter Hoffman à Leipzig, Hélène Radlinska à Varsovie) ainsi qu\u2019en Suisse (Institut de N.Rubakin à Lausanne); les Etats-Unis suivent avec un décalage de quelques années avec les études de Waples, Carnovsky et autres à Chicago à partir de 1928-30.Au Canada, il faut, semble-t-il, attendre 1958 (Terre-Neuve) et au Québec 1969-70 (J.-K.Szpakowska à Montréal, G.Gagnon a Québec).La recherche \u201corientée\u2019\u2019 paraît avoir débuté aux Etats-Unis, d\u2019abord juste avant la deuxième guerre mondiale dans le cadre du \u201cNew Deal\u201d rooseveltien (rapport Joeckel de 1938, travaux dirigés par McMurtrie sur les \u201cAmerican imprints\u201d), mais surtout en 1957-58, après le choc du Sputnik, avec l\u2019intervention massive de la National Science Foundation.La Grande-Bretagne a suivi en 1965.la Suède au début des années 70, la France vers 1973-74.Pour le Canada, il est plus difficile de dater cette étape, on trouve des recherches financées par des organismes du gouvernement fédéral dès 1957 (énergie atomique), mais surtout après 1965 (Defence Research Board, DBS, National Research Council); au plan provincial, le gouvernement du Québec a publié dès 1963 une enquête et un projet de développement sur les bibliothèques de la région ouest de l\u2019île de Montréal (Marion Gilroy) et, en 1967, une étude de G.Gagnon sur le \u201cdécoupage du territoire québécois en régions de bibliothèques\u201d, avant même les enquêtes commandées en Ontario, Colombie britannique et Alberta.Mais le service de la recherche du ministère des Affaires culturelles du Québec a été supprimé ensuite, lors d\u2019une réorganisation administrative, et actuellement seul l\u2019Ontario finance (sur contrats) un Centre for Research in Librarianship à l\u2019Université de Toronto, depuis 1975.J'aurais aimé donner ici des chiffres quant aux dépenses pour la recherche en science de l\u2019information au Québec, par rapport au reste du Canada.Malheureusement, ces données ne semblent pas disponibles, et l\u2019on a seulement quelques indications plus ou moins éparses.Sur l\u2019ensemble du programme FCAC (formation de chercheurs et d\u2019action concertée), je n\u2019ai pu relever dans notre domaine qu'un crédit de 15 000 dollars pour un projet de développement (au Cegep Dawson) d\u2019un centre d\u2019information sur le processus d\u2019innovation en éducation, en 1972-73.Le Rapport de l'étude des bibliothèques publiques de la région de Montréal, de Claude Aubry et Laurent-G.Denis, écrit en 1975 et publié en 1976, a été financé par le gouvernement du Québec, pour une somme qui semble avoir été d\u2019environ 125 000 dollars.Une grande étude dirigée par Claude Galarneau sur les importations de livres au Québec depuis la fin du régime français a été dotée de quelque 500 000 dollars.A l\u2019Ecole de bibliothéconomie de l\u2019Université de Montréal, les fonds anglophone, et Laurent Denis et Lloyd Houser, tous deux professeurs à l'Ecole de bibliothéconomie, ont lancé récemment (novembre 1978) une enquête sur les activités de recherche du personnel enseignant des écoles de bibliothéconomie canadiennes.On peut aussi signaler trois \u201cétats des recherches\u2019' sur des domaines particuliers: Marc Alain, \u201cRecherches psychosociologiques sur les habitudes de lecture au Canada\", Bulletin de IACBLF.vol.18 (septembre 1972) pp.181-200; Janina-Klara Szpakowska, Etat de la recherche en bibliothéconomie scolaire au Canada (Montréal, Ecole de bibliothéconomie.1973); Claude Galarneau, \u201cLe Livre ancien au Québec: état présent des recherches \", Revue française d\u2019Histoire du Livre , nouvelle série, no 16, (juillet-septembre 1977), pp.335-348.Pour le secteur des communications de masse (qui, selon nous, fait aussi partie de la science de l'information), on dispose de deux documents du même genre: celui de Diane R.Clerk, \u201cLa recherche en mass-media au Québec\", Bullletin de I ACBLF, vol.18, no 4 (décembre 1972), pp.233-243, et Line Rota, \u201cMass-media: quelques problèmes de recherche\", Recherches sociographi- ques, vol.12, no 1 (janvier-avril 1971), pp.7-15.5.\tVoir John Zlman, The Force of Knowledge (Cambridge University Press.1976).6.\tL\u2019exemple type étant celui d'Einstein dans la période où II était quelque chose comme documentaliste (ou plutôt \u201crecherchiste') à l'Office suisse des brevets.Sur les irrégularités dans la professionnalisation de la recherche, voir par ex.Maurice Crosland, Gay-Lussac: une étape dans la professionnalisation de la Science\", La Recherche, no 91 (juillet août 1978), pp.632-633.ARGUS.Vol 8 no 2 (March-Apol 1979) 19 de recherche ont représenté depuis 1969, en dollars constants 1971, un total de 37 818 dollars, soit une moyenne annuelle de 4 202 dollars; en pourcentage des budgets de l\u2019Ecole, cela a représenté entre 2% et 5,5% de 1969 à 1974.pour tomber à zéro en 1975-76 et 1976-77 (0,5% en 1977-78) 7 Il n\u2019y a pas davantage de données statistiques disponibles sur les effectifs de chercheurs en science de l\u2019information au Canada, et l\u2019on en est sur ce point également réduit à présenter des données partielles.Les ûureaux de consultants, qui font aux Etats-Unis une part relativement importante de la recherche en SI, sont peu nombreux au Canada: ceux dont j\u2019ai trouvé mention pour notre domaine sont Albert Bowron à Toronto, Information Systems Ltd à London, Ont., L.W.Downey Research Associates à Edmonton, Comstat Consulting Services à Ottawa, Gordon Soules Economie & Marketing Research à Vancouver.A Montréal, la Cogena semble en fait peu active en SI, où elle n\u2019a pas.apparemment, de concurrent.Dans tous les pays, les étudiants \u2014 en maîtrise, mais surtout en doctorat \u2014 représentent une source de \u201ccheap labour\u201d traditionnellement fort exploitée pour la recherche universitaire.On peut noter, à cet égard, que les écoles de bibliothéconomie canadiennes ont accusé un retard assez considérable sur leurs voisines du sud: la première maîtrise en bibliothéconomie a été décernée à Albany en 1905 8 et c\u2019est à Columbia que le premier Canadien ayant eu un grade de MLS (le Père Desrochers) est allé l\u2019acquérir en 1951.Le programme de maîtrise a été introduit à McGill en 1956, à l\u2019Université de Montréal en 1970.Je n\u2019ai pu déceler au Québec que cinq titulaires d\u2019un Ph.D.se rapportant à la SI 9, et l\u2019on sait que deux programmes de doctorat en bibliothéconomie existent en Ontario 10, mais aucun au Québec.Pour comparaison, on notera que 15 écoles de bibliothéconomie des Etats-Unis avaient, en septembre 1971 212 doctorants, et 27 écoles en annonçaient 224, en septembre 1976 11.Si l\u2019on compare les populations respectives \u2014 Etats-Unis/Québec \u2014 on peut conclure que 6 à 7 doctorants en SI au Québec correspondraient grosso modo aux besoins.s'il y avait de l\u2019espoir pour eux de trouver des postes correspondant à leur qualification.En fait, il y en a actuellement, si mes informations sont bonnes, quatre ou cinq, mais la plupart font leur thèse ailleurs qu\u2019au Québec 12.En 1970, à une époque où le vent était à l\u2019optimisme, L.-G.Denis et L.J.Houser avaient conclu à l\u2019opportunité de créer un programme de Ph.D.en bibliothéconomie (on ne parlait pas encore de science de l\u2019information.) au Québec 13.Je pense, pour ma part, que ce projet serait malgré tout à reprendre, dans un avenir point trop lointain.Il n\u2019est que juste d\u2019ajouter qu\u2019il se fait, au Québec, de la recherche en SI \u201cintra-muros\u201d, pour employer le jargon des spécialistes en politique de la science: dans les bibliothèques elles-mêmes (surtout universitaires), sous l\u2019impulsion de la CREPUQ, et à l\u2019intérieur de certains ministères (Communications, Affaires culturelles, Education), parfois avec l\u2019aide de consultants extérieurs.Au 5e congrès annuel de l\u2019ASTED à Québec, en octobre 1978, ont été ainsi présentées (assez sommairement) plusieurs études d évaluation, ou plutôt d\u2019\u201cauto-évalua-tion\u201d; l\u2019ASTED avait également organisé à Montréal, le 13 avril 1978.une journée d\u2019étude sur \u2018\u2018l\u2019évaluation des services publics\u2019\u201914 Malheureusement, ce type de recherches demeure difficilement accessible: les rapports en restent le plus souvent \u2018\u2018confidentiels\u201d, 7.\tCe 0,5% représente 1 800 dollars 1977, soit 1 048 dollars 1971.Pour l'exercice 1977-78, les dépenses de recherche de l'Université de Montréal (compte non tenu de Polytechnique et de HEC) ont atteint 17 646 047 dollars, soit 11,3% du budget total.Comme point de com- paraison, on peut prendre l'Ecole de bibliothéconomie et de science de l'in- formation de l'Université de Western Ontario, où les crédits de recherche mentionnés dans la note 4 ci-dessus ont été de 168 052 dollars pour la période 1974-77.En 1976-77, les 27 écoles reconnues par I ALA aux Etats-Unis qui ont fait état de crédits de recherche ont dépensé 897 211 dollars, soit 6,42% de leur budget total (dépenses de bibliothèques non comprises.comme du reste à l'Université de Montréal), mais les pourcentages sont dans bien des cas plus élevés: 8,2% a Pittsburgh, 9,3% è Wisconsin-Madison, 9,6% à l'Université d'Arizona (ces deux écoles ont des budgets comparables à celui de l'Université de Montréal), 13,2% à Drexel, 18,2% à la Catholic University, et 24,9% (le plus élevé) à Syracuse.En Angleterre, l\u2019école de Sheffield a dépensé depuis 1965 l'équivalent de quelques 1 860 000 dollars canadiens sur une trentaine de projets de recherche, soit environ 62 000 dollars par projet, ou encore quelque 143 000 dollars/an.8.\tVoir Richard O.Walker, \u2018The quantity and content of masters theses accepted at library schools offering the doctor s degree, 1949-1958\u201d, Journal of Educational Librarianship, vol.3, no 4 (Spring 1963).pp.264-279.9.\tMarielle Durand (relation adulte-enfant dans la littérature enfantine, thèse en éducation, Université de Montréal), Marcel Lajeunesse (thèse d'histoire, Université d'Ottawa), Madeleine Lalibertè (sur l'adaptation de PRECIS en français, Case Western Reserve à Cleveland), Gilbert Maistre (géographie des mass media, thèse de l'Université de Grenoble).Le R.P Fillon possède deux Ph D honoris causa.Yves Courrier et Laurent G.Denis, titulaires eux aussi de Ph D.en bibliothéconomie, sont partis du Québec, l'un é I Unesco è Paris, l'autre à Toronto.10.\tAux écoles de bibliothéconomie de l'Université de Toronto et de celle de Western Ontario.La première annonçait 4 doctorants en 1976-77; dans le répertoire de la recherche à Western Ontario, j\u2019en ai repéré 5 pour 1978.Cependant, John P.Wilkinson, dans son article \u201dTrends in Library Education \u2014 Canada\", Advances in librarianship, vol.8, (1978), p.210, indique pour 1977-78 respectivement 8 et 7 \u201cdoctoral students\u201d à Western Ontario et à Toronto.11.\tLa majorité des étudiants en Ph.D.se trouvent dans 4 écoles seulement: Chicago.Columbia, Indiana et Pittsburgh, avec 116 doctorants à elles quatre en 1971, et 103 en 1976.12 Gilles Deschatelets è London, Ont.; J.-P.Gonin à Pittsburgh; Réjean Savard è Toronto; Mme Paule Rolland-Thomas à l'Université de Montréal.13.\t\u201cA Study of the Need for Ph.D.In Library Science in Large Canadian Libraries\u201d, Canadian Library Journal, vol.29 (January-February 1972)., pp.176-177.14.\tLes textes des conférences d'avril 1978 ont été multlgraphiés par LASTED en octobre 1978.20 ARGUS.Vol 8.no 2 (mars-avril 1979) ^rv* h * \u2019» \u2018 voire \u201csecrets\u201d, ce qui fait que ni leurs méthodes, ni leurs conclusions ne peuvent être efficacement passées au crible de la critique et que, finalement, elles contribuent assez peu à la \u201cprofessionnalisation\u201d de la recherche.En utilisant les répertoires disponibles 15 \u2014 qui sont assurément incomplets \u2014 j\u2019ai cherché à évaluer quantitativement le nombre de recherches en SI au Québec par rapport au reste du Canada.Voici les résultats: de \u201crésultats de recherches\", dont un seul (suivi d\u2019une discussion) émane du Québec (M.Laliberté) 18 En cherchant à calculer le pourcentage des travaux pouvant être considérés comme \u201cde recherche\u201d dans la bibliographie des monographies de bibliothéconomie au Québec publiée par Denis Rousseau 17, j\u2019ai évalué (assez grossièrement) ce pourcentage à 8,2%.J\u2019ai complété, comme je l\u2019ai pu, cette bibliographie pour 1975-77: cela donne un total de 33 et 1978, ces séries ont publié 43 titres, dont 19 pour Dalhousie, 11 pour l\u2019Université de Montréal, 8 pour McGill et 5 pour Western Ontario, mais de 1963 à 1970 on n\u2019y compte que 5 titres, alors qu\u2019il yen a 38 depuis 1972, soit une moyenne de 5,4 par an 19.Un programme de recherche \u201corientée\u201d Dans ma \u201cNote préliminaire\u201d de mai 1978, j\u2019écrivais que \u201cDans les conditions actuelles du Québec, il Répertoire\tPériode couverte\tNombre de Canada\trecherches Québec\t% Québec/ Canada Current research.\t1957-68\t19\t2\t10,5 LIST\t1971-75\t138\t37\t26,8 R & D projects (FID)\t1971-78\t103\t20\t19,4 ISORID (Unesco)\tjulll.73-déc.77\t61\t7\t11.5 Si l\u2019on tient compte du pourcentage de la population canadienne au Québec \u2014 27,1% en 1976 \u2014 seul le recensement de LIST fait apparaître un nombre de recherches correspondant presque exactement à ce pourcentage.Mais il convient d\u2019observer que cela est entièrement dû à la présence, dans le premier volume de ce répertoire (1971), de toute une série de projets de développement ou d\u2019études de faisabilité à l\u2019Université Laval: 18 au total, ce qui porte pour cette année-là le pourcentage québécois à 54,3%.Les pourcentages des années suivantes sont nettement inférieurs: 13,3%, 20,0%, 8,3% et 14.3% respectivement, soit une moyenne, pour 1972-75, de 13%.Il semble bien que, après un départ relativement précoce, la R & D québécoise en SI ait connu un certain ralentissement, alors que, au contraire, dans les provinces anglophones, celte R & D, un peu plus tardive, s\u2019est développée de manière plus continue.Je n\u2019ai pas pu tirer au clair les raisons de ce phénomène.Si l\u2019on prend maintenant l\u2019organe de l\u2019ACSI, Revue canadienne des sciences de l\u2019information, on peut constater que, sur les 39 articles publiés par ses trois numéros, 7 peuvent être qualifiés monographies \u201cde recherche en bibliothéconomie\u201d depuis 1916, mais c\u2019est seulement depuis 1965 qu\u2019il s'en est publié au moins une par an (sauf en 1971).L\u2019histoire est représentée par 13 titres, soit 39,4%, et les \u201cenquêtes\" (surveys) par 8 titres, soit 24,2% 18 Enfin, il n\u2019est pas sans intérêt de noter que quatre écoles de bibliothéconomie canadiennes ont des publications plus ou moins régulières: celles de l\u2019Université de Montréal, de McGill, de Dalhousie et de Western Ontario.Entre 1963 15.\tCurrent Research and Development in Scientific Information, Washington, NSF, 15 fascicules.LIST: Library and Information Science Today, N.Y., Science Associates, 5 vol.Research and Development Projects in Documentation and Librarianship, La Haye, FID.Rubrique ISORID dans le bulletin de l\u2019Unesco Bibliographie, documentation, terminologie, à partir du vol.13, no 4, juillet 1973.jusqu'à fin 1977.Pour le premier de ces répertoires, je n'ai pris en compte que les premières mentions des recherches; pour les autres, j'ai reculé devant le travail de détection des doubles ou triples emplois, et la statistique concerne donc toutes les références à des travaux de R A D canadiens, uniques ou répétés.Ceci ne doit guère changer les pourcentages.16.\tRapport d évaluation sur la Revue canadienne des sciences de l'information, (16 octobre 1978), pp.4 et 14.17.\t\u201cL'édition en bibliothéconomie au Québec\", dans le recueil publié sous la direction de Qeorges-A.Chartrand, semble que l\u2019on ne puisse plus se contenter d\u2019initiatives isolées de recherches portant sur la science de l\u2019information\u201d et j\u2019avançais l\u2019opinion que le moment paraissait venu d\u2019entreprendre un programme cohérent de R & D dans ce domaine, en même temps que l\u2019hypothèse selon laquelle un tel programme devrait être centré sur la recherche appliquée plutôt que sur celle dite \u201cfondamentale\u201d 20 A titre tout à fait provisoire et individuel, je proposais comme point de départ pour une liste de Livre, bibliothèque et culture québécoise; mélanges offerts à Edmond Desrochers.S.J (Montréal.ASTED.1977), t.l, pp.229-267.18.\tCes pourcentages ne sont pas fort différents de ceux trouvés par Gail Schachter et Dennis Thomison dans leur analyse des thèses de Ph.D.aux Etats-Unis ci.leur article \"The Library Science Doctorate: a Quantitative Analysis of Dissertations and Recipients\", Journal of Educational Librarianship, vol.15, no 2 (Fall 1974) pp.95-111, et leur bibliographie Library Science Dissertations.1925-1972 (Littleton: Libraries Unlimited.i974).19.\tIl faudrait y ajouter 11 mémoires de maîtrise à l\u2019Université de Montréal depuis 1972, mais la plupart n\u2019ont pas été \u201cpubliés\" au sens strict du terme.J'ai inclus dans les chiffres de McGill le mémoire de Juliette Chabot, publié en 1963, et le travail de Dorothy Spence de 1966, qui ne font pas partie de la série des \"Occasional papers\".20.\tDocument cité note 1 ci-dessus, p.5 ARGUS.Vol 8, no 2 (March-April 1979) 21 recherches prioritaires une série de huit \u201cthèmes\u201d, que j\u2019avais repris et résumés dans mon \u201cMémorandum\u201d de juin 1978 21.Il ne me' semble pas utile de publier ici la liste in extenso de ces thèmes: pour différentes raisons, certains d\u2019entre eux ne me paraissent plus aujourd\u2019hui aussi \"prioritaires\u201d que je le croyais il y a six mois.Au surplus, il me semble que, si l\u2019on devait proposer au gouvernement du Québec, aux autorités universitaires et aussi sans doute aux organismes de financement extérieurs (gouvernement fédéral, fondations.) un programme \"raisonnable\u201d, dont la mise en oeuvre pourrait être concrètement envisagée, compte tenu des ressources disponibles (en chercheurs, surtout \u2014 mais aussi en crédits), il faudrait faire précéder une telle action d\u2019une large consultation, parmi les bibliothécaires eux-mêmes, comme parmi les diverses catégories de spécialistes de différentes disciplines dont le concours serait indispensable.Peut-être le premier thème de recherche devrait-il être une sorte d\u2019inventaire des sources d\u2019information au Québec, recommandé par plusieurs des participants à la Table ronde sur la planification des services documentaires québécois, le 4 mai 1978.Un tel inventaire, qui supposerait une sorte de \"géographie de l\u2019information au Québec\u201d, un peu dans le style de ce qu\u2019avait fait Louis Round Wilson aux Etats-Unis 22, déboucherait assez naturellement sur deux autres recherches: l\u2019une portant sur la \u201cmain d\u2019oeuvre spécialisée\u201d disponible et son évolution proba ble ou désirable 23, l\u2019autre sur les besoins et habitudes des diverses catégories d\u2019utilisateurs.Un autre thème pourrait concerner les systèmes et réseaux régionaux d\u2019information, comprenant une étude des diverses solutions adoptées ou préconisées dans d\u2019autres pays: Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, R.F.A., Danemark.dans l\u2019optique des transformations technologiques en cours (évolution de l\u2019informatique, des télécommunications et plus spécialement de la télécopie) et des \u201céconomies d\u2019échelle\u201d possibles 24 Je pense personnellement que ces deux champs de recherche sont ceux qui présentent le plus grand caractère d\u2019urgence, mais on pourrait sans doute en ajouter deux autres: -\tcelui des méthodes d évaluation des systèmes d\u2019information et de documentation existants; -\tcelui de ce que l\u2019on dénomme, d\u2019un terme peut-être déjà un peu vieilli, les \"langages documentaires\u201d (classifications systémati- ques, méthodes d\u2019indexation et d\u2019analyse.) qu\u2019il conviendrait sans doute de réexaminer, compte tenu des progrès réalisés ou prévisibles en matière d\u2019utilisation du langage naturel et, d'autre part, de l\u2019adaptation aux besoins spécifiques du Québec \u2014 besoins linguistiques et besoins culturels \u2014 que l\u2019on a peut-être eu jusqu\u2019ici trop tendance à négliger pour \u201cnormaliser\u201d les systèmes de recherche documentaire sur ceux pratiqués aux Etats-Unis.Mais, encore une fois, ce serait aux principaux intéressés: bibliothécaires, administrateurs et chercheurs, démettre leurs opinions.21.Idem, pp.13-14.22 The Geography of Reading (University of Chicago Press, 1933).23.\tPlusieurs études faites dans d'autres pays pourraient ici servir de sources d'inspiration, sinon de modèles: celles conduites en Grande-Bretagne, notamment à Sheffield, en Australie, et (en cours) à l'Université de Pittsburgh.24.\tUne difficulté proviendra du fait qu'il n\u2019existe au Québec, ni un recensement complet de ces \u201csources d'information\u201d, ni statistiques détaillées et fiables, de telle sorte qu'il serait fort difficile, par exemple, d'établir des documents comparables à ceux produits aux Etats-Unis pour la NCLIS, National Inventory of Library Needs.1975 (par Boyd Ladd, March 1977) ou Resources and Bibliographic Support for a Nationwide Library Program par ia Westat.Inc., August 1974).!h» Jo-ffnc*\tLa Oevu*
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