L'ingénieur, 1 mars 1987, Mars - Avril
ïliTl* //III N° 378 73e année Mars/avril 1987 cent ans genie *UG 01 r09 *4 Èë pHOf*r toh* Display phone La solution totale Quels que soient vos besoins en télécommunications, Bell Canada vous offre la solution totale.La solution totale, c’est l’avantage de pouvoir compter sur l’ensemble complet le plus efficace d outils, de moyens et de compétences en matière de télécommunications.Entrez de pied ferme dans l’ère de l’information avec la solution totale de Bell. l'ingémeur/mars-avril 1987 mars/avril 1987 N° 378.73e année Éditeur Les publications l’Ingénieur inc Case postale 6980, succursale A Montréal (Québec) H3C 3L4 Tél (514)340-4764 Conseil d'administration Paul Major, président Marcel Desjardins, vice-président Comité exécutif Guy Drouin, président exécutif Jacques Lapointe, vice-président Jean L Corneille, vice-président Serge R Tison, secrétiare Roger P Langlois, trésorier Yolande Gtngras.directeur général Administrateurs Michel Bellerose Adolphe Blach Claude Bourgeois Claude Brulotte Roland Chevalier Fernand DeSerres Daniel Fleury Roger Lessard Ovide J Poitras Guy A Sicotte Christian Tessier Jean-Claude Therrien Jean Verdy Directeur général Yolande Gingras Comité consultatif de rédaction Gilles G Bélanger, directeur Joseph A Bouchard Dominique Chassé Jules Delisle Pierre Desrochers Claude Gou Jacques Lapointe Raymond Leroux Yves Lizotte Paul-Édouard Robert Georges Salloum Rédacteur en chef Joseph Kélada Publicité Robert Dumouchel Publications R A D enr 605 rue Filiatrault Suite 6 Saint-Laurent.(Québec) H4L 3V3 Tél (514)744-6019.744-6162 Composition Les Ateliers Chiora inc (514)383-4320 Imprimeur Presses Élite inc (514)731-2701 Abonnements Canada 1 5 $ par année Étranger 20 $ par année À l'unité 3 $ Six (6) numéros par année Droits d'auteurs Les auteurs des articles publiés dans l'INGÉNIEUR conservent l'entière responsabilité des théories et des opinions émises par eux Reproduction permise, avec mention de la source on voudra bien cependant faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication dans laquelle paraîtront les articles Engineering Index .Biol .Che .Sci.Abstracts Periodex et Radar signalent les articles publiés dans l'INGÉNIEUR — ISSN — 0020-1138 — Dépôt légal — Bibliothèque nationale du Canada — Bibliothèque nationale du Québec Courrier de deuxième classe Enregistrement n° 5788 El 2 3 7 9 10 12 15 17 19 21 24 Sommaire Cent ans de génie au Canada par Bernard Lamarre Les ingénieurs en 1987 par Gilles Tanguay Il était une fois.par Léon Lortie La faculté des sciences de génie de l'Université Laval a cinquante ans L'engagement de l'ingénieur par Yvon Tassé Hommage aux ingénieurs L'ingénieur de l'avenir par Roland Doré Cent ans déjà Léonard de Vinci, premier ingénieur Berceau d'une profession centenaire par Léopold Nadeau Dans le cadre du congrès: Conférences thématiques et sessions techniques par James Ham et Gilles Perron cca Photos en rapport avec le téléphone gracieuseté de Bell Canada 1 I ingénieur/mars avril 1987 1987 : Cent ans de génie au Canada 1087 ^987 Canadian Engineering: The next hundred years Le génie canadien- les cent prochain années La profession d'ingénieur à longtemps été considérée comme une profession efficace, mais «silencieuse» Rarement en effet, la population a-t-elle l'occasion d'entendre parler de ceux et celles qui sont à l'origine d'une foule de réalisations faisant partie de son environnement quotidien.Pourtant, derrière les noms des grandes entreprises qui inondent le marché de produits toujours plus perfectionnés, derrière les grands travaux qui transforment le visage de notre pays, travaillent consciencieusement une armée d'ingénieurs qui allient connaissances, savoir-faire, intuition, imagination et expérience, pour repousser toujours plus loin les frontières du possible.Cette année, nous rompons ce silence, à l'occasion du 100e anniversaire du génie comme profession organisée au Canada.Nous le rompons avec éclat puisque c'est la premièrefoisqu'ùn groupeaussi nombreux de professionnels convie ses membres et le grand public à réfléchir sur sa contribution passée à l'évolution de notre société et sur celle à venir.Le thème de nos célébrations est d'ailleurs éloquent: «Vision, cœur et raison — le génie canadien et les cent prochaines années».Il reflète la pleinedimension du génie, qui est à la fois art et science, et il témoigne de notre engagement dans le progrès de la société d'aujourd'hui et de demain Le centenaire de l'ingénierie au Canada nous permettra ainsi de nous pencher sur les grandes réalisations et les formidables progrès technologiques rendus possibles grâce à l'esprit d'innovation qui, de tous temps, a caractérisé les ingénieurs canadiens et sur les défis nombreux que nous aurons à relever, comme profession, au cours des cent prochaines années.Le congrès, qui réunira au-delà de 5 000 ingénieurs à Montréal, du 18 au 22 mai prochain, constituera sans aucun doute le point culminant de cette année de célébrations.Reflet de la complexité de notre profession, le programme, élaboré conjointement par une trentaine de sociétés techniques et d'associations d'ingénieurs, proposera plus de 250 sessions techniques et douze grandes séances thématiques animées par d'éminents spécialistes.Ces rencontres permettront d'ex- plorer l'univers du génie sous toutes facettes, du génie biomédical aux stations aérospatiales, en passant par l'ingénierie des régions froides, le développement des sources alternatives d'énergie, l'intelligence artificielle, les satellites de communication, la robotique et la biotechnologie et bien d'autres spécialisations.De nombreuses activités scientifiques, culturelles et sociales graviteront autour du Congrès.Certaines seront réservées aux ingénieurs et à leurs invités, d'autres permettront au grand public de se familiariser avec la réalité scientifique et technologique dans laquelle évolue le monde d'aujourd'hui.Mentionnons entre autres la grande exposition technique qui se tiendra dans le Vieux Port de Montréal, la remarquable exposition Léonard de Vinci, ingénieur et architecte, que l'on aura l'occasion de voir au Musée des Beaux-Arts de Montréal, le concert spécial du Génie, donné par l'Orchestre symphonique de Montréal et les visites industrielles, activités qui présentent un grand intérêt pour tous les publics.La Commission du Centenaire, créée par les membres des trois plus importantes associations canadiennes d'ingénieurs — l'Institut canadien des ingénieurs(ICC), l'Association des ingénieurs-conseils (AICC) et le Conseil canadien des ingénieurs (CCI), a coordonné l'en- semble des activités qui souligneront, d'un bout à l'autre du pays, cet anniversaire prestigieux.Depuis plusieurs mois déjà, les multiples comités et les associations d'ingénieurs s'affairent à la préparation des différentes manifestations prévues.Mais le succès des célébrations est entre les mains des ingénieurs eux-mêmes.Il dépend non seulement de leur présence, mais de la participation active qu'ils apporteront aux activités auxquelles ils sont conviés.Il dépendra également de l'enthousiasme avec lequel ceux et celles qui ont fait du génie leur profession témoigneront de la place qu'ils occupent dans le monde d'aujourd'hui et du rôle primordial qu'ils continueront à jouer dans l'amélioration constante de la qualité de vie de leurs concitoyens.En conviant tous les Canadiens à célébrer avec nous notre centenaire, nous soulignons nos performances passées, mais nous proclamons surtout notre volonté de demeurer les meilleurs, là où nous le sommes déjà, et de le devenir dans la multitude de domaines qu' façonneront notre vie de demain.Bernard Lamarre Président et chef de la direction de LAVALIN INC.Président de la Commission du centenaire de l'ingénierie 2 l’ingénieur/mars-avril 1987 Les ingénieurs en 1987 Gilles Tanguay «Le présent est le passé de l'avenir.» «Le présent est le futur du passé.» MM.Les héritiers de nos maîtres La profession de l'ingénieur célèbre en 1987 le centième anni-versaire de son organisation comme entité bien définie au Canada.À cette occasion, les louanges à l'adresse des ingénieurs prennent les formes les plus diverses et la société en général nous couvre d'hommages et de félicitations que nous acceptons évidemment de bonne grâce et avec, admettons-le, beaucoup de fierté et un peu d'orgueil.C'est avec raison que la profession peut se targuer, autant et peut-être plus que tout autre groupe de professionnels, d'avoir aidé à bâtir sans relâche un pays et une province qui font l'envie de nombreuses nations.Le dévoilement à Ottawa, le 22 janvier dernier, des dix plus importants travaux d'ingénierie des cents premières années de la profession indique trèsclairementque la profession de l'ingénierie a été possiblement le facteur le plus important dans la formation du Canada tel qu'on le connaît aujourd'hui.Il suffit de mentionner la construction du chemin de fer transcontinental, du réseau transcanadien de transmission par micro-ondes, de la voie maritime du St-Laurent, des barrages et lignes de transmission d'Hydro-Québec et du satellite Alouette pour comprendre rapidement que notre pays doit une fière chandelle à ses ingénieurs.Diplômé en génie électrique de l'université Laval en 1958, M.Gilles Tanguay est engagé par Bell Canada où, après avoir occupé divers postes, il est maintenant chef divisionnaire-gestion des investissements pour la région du Québec.Il est administrateur du Bureau de l'OIQdont il a été président en 1971.Il fut président du Conseil canadien des ingénieurs en 1974-75.Il est membre du Conseil consultatif de l'École Polytechnique (COCEP).Remise d'un certificat à M.Laurent Beaudoin, président du conseil et chef de la direction de Bombardier Inc., pour le développement de la motoneige.Remise d'un certificat à M.Guy Coulombe, président d'Hydro-Québec, pour les réalisations exceptionnelles de son entreprise dans le domaine du génie.Le Québec a aussi bénéficié sur une haute échelle du travail de ses ingénieurs.Certaines de leurs oeuvres les plus anciennes sont encore là et servent toujours la population.Les plus connues sont assurément les plus visibles comme le pont Victoria et le vieux pont de Québec.D'autres, plus modernes, sont utilisées couramment par la population qui, par ignorance, en attribue la paternité à des politiciens en oubliant que les ingénieurs en ont été les con- 3 les surpasser et à contribuer encore plus qu'ils ne l'auraient imaginé à faire progresser la société à une vitesse imprévisible et incroyable.Si nous sommes inévitablement les héritiers et les successeurs de nos maîtres, c'est avec fierté, sans excès de modestie, que nous devons juger de nos oeuvres.Nos champs d'action ont essaimé dans presque tous les secteurs et les domaines d'activités de la société qui, ma foi, semble très bien s'en porter.Cela ne fait pas de doute, la profession d'ingénieur est présente partout et, lorsqu'on l'examine dans tous ses aspects, on constate bien qu'elle est en excellent santé et que l'avenir est prometteur et sera encore plus brillant pour toute la société québécoise qui ne devrait pas hésiter, on l'espère, à investir les fonds que cela prendra pour continuer de s'assurer une bonne récolte d'ingénieurs.Au départ, la formation La profession du génie est le moteur de la société moderne.Plus que toute autre profession, elle est génératrice d'idées, d'emplois, d'améliorations, d'innovations et de revenus qui sont des vecteurs de progrès et d'avancement.Il est donc essentiel, au départ, de veiller avec un soin jaloux au recrutement, à la formation et au perfectionnement des ingénieurs.En 1987.on peut affirmer sans ambages que nos facultés de génie canadiennes accomplissent un boulot formidable et ont atteint une renommée qui dépasse largement nos frontières.Avec le concoursdu Bureau canadien d'accréditation qui est une création des ingénieurs de tous les secteurs de la profession, il existe aujourd'hui un véritable tribunal de validation des programmes de génie qui permet d'assurer une saine concurrence entre nos écoles d'ingénieurs et qui force les facultés, sur une base harmonieuse, à modifier leurs programmes de génie pour tenir compte des réalités de la pratique quotidienne et de l'évolution des sciences.Les facultés de génie elles-mêmes travaillent constamment au perfectionnement de leur corps professoral, hésitent de moins en moins à injecter du sang neuf parmi ceux qui sont chargés de mouler la généra- cepteurs et les réalisateurs.Qu'il suffise de mentionner les ponts Pierre-Laporte et Laviolette, le pont tunnel L.H.Lafontaine, le métro de Montréal, les nombreux édifices publics, les autoroutes, les systèmes de communications, les réseaux électriques.Les leçons de courage et d'ingéniosité de nos prédécesseurs et de nos contemporains ont porté fruit.Les exemples et les preuves de leur vitalité passée et toujours visible par leurs travaux, souvent des chefs-d'œuvre, continuent d'inspirer les ingénieurs d'aujourd'hui.Les professionnels d'hier ont aussi formé les ingénieurs de la présente génération qui non seulement réussissent aussi bien que leurs maîtres mais parviennent à Les téléphonistes des années 1880 portaient le harnais «Gilliand» qui pesait trois kilos. l'ingénieur/mars-avril 1987 Les téléphonistes d'aujourd'hui utilisent une technologie avancée, développée par les ingénieurs.tion montante, ne craignent pas d'innover en matière pédagogique et tissent de plus en plus de liens étroits avec l'industrie.La valeur de nos facultés est reconnue mondialement.On y vient de partout pour acquérir les plus récentes notions des techniques et technologies qui ont cours dans le monde moderne de l'ingénierie.Les étudiants étrangers foisonnent dans nos facultés et de nombreux professeurs de l'extérieur font dans nos écoles des séjours plus ou moins prolongés pour nous faire profiter de leurs connaissances et pour en acquérir de nouvelles.Voilà un état de fait qu'il faut non seulement admirer mais aussi poursuivre avec acharnement si on veut conserver et améliorer notre niveau de compétence dans la formation et l'éducation des futurs ingénieurs canadiens.Un autre aspect de la vie universitaire de la profession d'ingénieur est la co-opération internationale pratiquée à un haut degré par nos facultés de génie.Pour ne citer qu'un exemple parmi tant d'autres, la participation de l'École Polytechnique de Montréal à la création et au développement de l'École Polytechnique de Thiès au Sénégal est un reflet éloquent de l'excellent travail accompli dans d'autres pays par nos grandes écoles de génie.L'ingénierie ne peut grandir sans recherche et développement.C'est là une autre facette, combien importante, des travaux des facultés d'ingénierie.Une visite dans les laboratoires et les salles d'essais de ces facultés a de quoi surprendre même l'ingénieur le plus averti, surtout s'il n'a pas mis les pieds à l'université depuis quelques années.Toutes les découvertes et toutes les nouvelles technologies ne sont pas exclusivement l'apanage des facultés de génie mais il n'en demeure pas moins vrai qu'on y retrouve une concentration étonnante d'équipements spécialisés et d'ingénieurs et d'autres professionnels rompus à la recherche dont les industries, les entreprises et l'État ne se servent pas suffisamment.La recherche dans les facultés de génie est non seulement profitable pourceuxqui la commanditent mais elle s'avère avec le temps un facteur d'amélioration des cours de formation des futurs ingénieurs.La profession d'ingénieur au Canada en général et au Québec en particulier peut faire plus dans ce domaine qu'il ne se fait présentment et devra dans l'avenir faire des efforts considérables pour que la recherche et le développement dans nos facultés de génie soient mieux alimentés en fonds, en projets et en ressources humaines.Les premiers entrepreneurs Nous sommes à l'ère de l'en-trepreneurship.Depuis quatre ou cinq ans, la société se fait chanter sur tous les tons les vertus et les avantages de ce mode de fonctionnement.Pourtant, avant même de pouvoir travailler dans les grandes entreprises et dans des services de génie gouvernementaux qui n'existaient qu'à l'état embryonnaire quand ils existaient, les ingénieurs n'avaient pas d'autre choix que d'être des entrepreneurs de leur profession.Par goût ou pour pouvoir survivre, des centaines d'entre eux ont créé et fondé des cabinets d'ingénieurs-conseils et littéralement arraché du travail un peu partout.Les grandes firmes d'ingénieurs qui font aujourd'hui la fierté de notre profession et de notre société ont connu leur ori- gine de cette façon.L'esprit d'en-trepreneurship y est encore très vivant et ce n'est pas quelque chose de nouveau que nous, les ingénieurs, venons de découvrir.C'est le fondement même de la profession.Les réalisations de nos ingénieurs-conseils sont bien connues au Québec et sont souvent des oeuvres très spectaculaires.Au risque de répéter l'énumération du début, qui ne connaît pas les ponts Pierre-Laporte et Laviolette, le pont-tunnel L.-H.Lafontaine, les barrages de la Manicouagan, les édifices en hauteur de nos grandes villes, les usines de traitement des eaux, etc?Le génie-conseil québécois est aussi très présent en dehors de nos frontières.La renommée de nos ingénieurs sur tout les continents est on ne peut plus enviable.En Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique du Sud, le génie québécois est bien connu et très apprécié.Même plus, tout récemment, certaines de nos sociétés d'ingénieurs-conseils ont réussi à pénétrer les marchés de l'Union soviétique et de la Chine.L'excellence de ces ingénieurs non seulement leur procure-t-elle du travail mais devient pour le Québec et le Canada un atout important dans les relations commerciales inter- 5 l'ingénieur/mars-avril 1987 nationales, la création d'emplois dans les domaines techniques et technologiques et dans l'exportation de nos produits et de notre main-d'œuvre.Sur tous les continents, les ingénieurs-conseils québécois sont d'excellents ambassadeurs de notre pays.Leurstravaux réflètent leur vitalité et leur esprit d'entrepreneurship et son souvent l'aspect le plus connu et le plus visible de la profession.La majorité Il y a, par contre, une réalité qu'on ne peut ignorer et c'est que la majorité des ingénieurs sont à l'emploi d'entreprises ou de l'État.Ces firmes, grandes ou petites, privées ou publiques, comptent parmi leurs employés, ordinairement comme salariés et à titres divers, des ingénieurs qui, dans la plupart des cas, pratiquent intégralement leur profession.Ceux-là aussi contribuent, sous le couvert de l'anonymat corporatif ou gouvernemental, à l'avancement matériel de la société dans laquelle ils vivent et œuvrent.Ils occupent les postes les plus divers, la plupart du temps dans des groupes multi-disciplinaires composés de membres de divers métiers et diverses professions.Souvent chefs d'équipe, ils endossent la responsabilité de concevoir l'œuvre technique et d'en favoriser la réalisation dans les meilleures conditions économiques possibles et à l'intérieur d'échéanciers imposés souvent très serrés.Cette majorité de consœurs et confrères est largement anonyme, souvent silencieuse, presque toujours invisible.Elle est toutefois devenue avec le temps la partie la plus importante de la vie même de la profession.Des ingénieurs sont gérants d'usine, d'autres dirigent des entreprises de grande envergure dans tous les domaines imaginables, quelques-uns œuvrent en politique; nombreux sont les administrateurs, les dirigeants, gestionnaires, fonctionnaires.On pourrait continuer ainsi pendant longtemps cette énumération avant de faire le tour de tous ces postes et de toutes ces fonctions qui sont sous la gouverne d'ingénieurs.Tous les aspects de la vie du citoyen en sont affectés.Il y a des ingénieurs dans à peu près tous les ministères fédéraux et provinciaux.On ne compte plus ceux qui œuvrent dans les municipalités et qui en sont souvent les gérants ou les directeurs-généraux.Dans les grandes compagnies à incidences technologiques ou techniques, comme en télécommunications et en hydroélectricité, les ingénieurs sont présents à tous les paliers d'autorité et, dans certains cas, sont à la tête d'importants holdings.Du côté des PME, on signale partout l'engagement d'ingénieurs qui devraient à la longue apporter une aide précieuse à ces entreprises qui font marcher l'économie du Québec.D'autres membres de la profession font partie du personnel scientifique des hôpitaux et leurs travaux dans le domaine du génie bio-médical permettent à la médecine de faire des pas de géant.Ils sont appuyés par d'autres collègues s'occupantd'instrumentation et de simulation bio-physique.Les ingénieurs sont encore dans les usines de fabrication d'automobiles.On les retrouve dans le secteur de la recherche aéro-spatiale, dans les usines de produits pharmaceutiques, dans les mines, sur les chantiers géologiques, pétroliers, maritimes, dans les avionneries.Cette énumération bien superficielle illustre tout simplement que, cents ans après la constitution de l'ingénierie en profession, celle-ci est devenue de plus en plus diversifiée et a infiltré tous les secteurs de la société.L'ingénieur dans la société En 1987, il n'y a pas au Qué bec une seule autre profession aussi imbriquée dans le tissu social de la communauté.La raison en est bien simple: voilà cent ans au moins que des individus qu'on appelle ingénieurs s'ingénient littéralement à améliorer les infras tructures de la société, à perfectionner les outils et les méthodes de travail, à augmenter la productivité de leur milieu.Aujourd'hui plus qu'hier et plus que jamais, l'ingénieur est celui qui permet d'adapter les nouvelles technologies au mieux-être de l'ensemble de la société, à les vulgariser et à en faciliter l'usage par tous les citoyens et pour tous les citoyens.L'utilisation massive de l'informatique et l'arrivée de la robotique sont des outils relativement récents qui permettent à l'ingénieur de mieux utiliser ses connaissances pour aider à l'évolution de la collectivité vers une société du travail de l'intelligence plutôt que du labeur purement manuel.Le Québec continuera de connaître la prospérité et de posséder une économie vigoureuseà la seulecondition d'être un chef de file dans la création et l'implantation de nouvelles technologies pour produire des biens et des services que voudront et devront se payer non seulement nos concitoyens mais aussi les gens d'autres pays.C'est un rôle qu'assume déjà l'ingénieurde 1987 et qui s'amplifiera avec le temps.rifiQCfiiciif Bell Canada Bouthillette, Parizeau Ciment Canada Lafarge Conseil Can.des Normes Conseil Nat.de Recherches Coopoly Dufresne, Farley, Samson Flygt Canada Géophysique Sigma Inno-Cemtre Québec Int.Construction Consultant Lalonde, Girouard, Letendre C-2 20 ®ÉIÉtfl€€If# 32 20 La Rapière 32 18 Lavalin Inc.23 31 Les Lab.Industriels 32 & comm.23 C-3 Mon-ter-val inc.23 16 Northern Telecom C-4 32 Philips Electronics 30 Quéformat Ltée 23 32 Richard Sauvé assurance 29 SIAL 23 23 Université de Moncton 31 6 Il était une fois.Léon Lortie Dans le cadre du centenaire du génie du Canada, rappelons que l'École Polytechnique de Montréal est plus que centenaire.En effet: elle célébrait en 1973 ses cent ans d'existence.Dans un article publié à l'occasion, dans la revue l'Ingénieur en janvier 1973, M.Lortie racontait l'histoire de cette École.Nous reprenons ici cet article qui s'inscrit bien dans /'esprit du centenaire du génie au Canada.au printemps de 1873, un jeune Français arrivé depuis peu au Canada.Il présente au principal de l'Académie du Plateau, là où se trouve maintenant la Place des Arts, le projet d'un cours de mathématiques et de sciences appliquées que le ministre de l'Instruction publique essaie en vain d'établir à Montréal.Urgel-Eugène Archambault fait engager Charles Pfister par les Commissaires d'écoles catholiques de la ville.Gédéon Ouimet, qui est le premier ministre, signe avec eux le contrat qui crée l'École Polytechnique et leur assure une subvention annuelle de trois mille dollars pour sa subsistance.Archambault en est le principal sans cesse sur la brèche.Les cours débutent en janvier 1874 à l'Académie mais les odeurs venues du laboratoire de Pfister sont peut-être la cause du déménagement dans une maison voisine où l'école grandira sous la direction d'Émile Balète, quatrième mousquetaire du trio des fondateurs.Des dix premiers élèves inscrits, cinq, dont Stanislas Pariseau qui vivra plus que centenaire après avoir vu construire l'immeuble où l'école célébrera le sien, constitueront en 1877 la première promotion de Polytechnique.Léon Lortie fut attaché pendant de nombreuses années à l'Université de Montréal où il occupa successivement les fonctions de professeur de chimie, directeur du service de l'extension de l'enseignement et secrétaire général.Il siégea au conseil d'administration de la Corporation de l'École Polytechnique de 1962 à 1967.Rien n'est plus agréable à l'Université Laval, dixansplustard, que de s'affilier l'école et de décerner à ses élèves le diplôme d'ingénieur et le grade de bachelier ès sciences appliquées et même ceux de maître et de docteur.Elle continue de le faire lorsque l'école est incorporée en 1895, le gouvernement étant toujours son père nourricier.Il aide la Corporation à se donner pignon sur la rue Saint-Denis dans un immeuble qui est inauguré en grande pompe en 1905.Émile Vanier, élève de la première promotion, en a fait les plans et son camarade Ernest Marceau est principal de l'école, car, à l'instar de Moïse, Archambault, décédé en 1902, n'est pas entré dans sa terre promise.Balète prend sa retraite en 1908, année du décès de Pfister.Sous la direction d'Alfred Fyen, qui durera quinze ans, et avec l'appui du gouvernement de Lomer Gouin, l'école fait des progrès remarquables.On inaugure une annexe pour une section d'architecture et les laboratoires d'électricité, le programme est révisé, le ministère des Mines installe un laboratoire d'analyse des minerais, un cours de chimie industrielle a tant de succès qu'il suscite un don de Vanier et l'addition d'un étage au pavillon principal.Le personnel augmente en nombre et les élèves peuvent obtenir, outre le diplôme d'ingénieur civil, ceux d'ingénieur minier, chimiste, électricien et des chemins de fer.Incorporée en 1910, l'Association des Anciens prend une part active à la fondation de la RevueTrimestrielleCanadienne et à la naissance de la Corporation des Ingénieurs professionnels du Québec en 1920.Un bataillon du Corps École d'officiers canadiens, créé à l'école en 1913, fournità l'armée de nombreux officiers dont plusieurs tombent au champ d'honneur durant les deux guerres mondiales.Quand l'Université de Montréal se sépare de Laval en 1920, Polytechnique changed'allégeance mais conserve son affiliation.En 1923, l'école qui a formé en un demi-siècle quatre cent soixante et onze ingénieurs et soixante architectes marque son cinquantenaire en se donnant pour directeur un de ses anciens.Augustin Frigon, avec Aurélien Boyer qui succède à Marceau, donne à l'ingémeur/mars avril 1987 Polytechnique un élan sans précédent.La section d'architecture est transférée à l'École des Beaux-Arts.Un remaniement pédagogique porte le cours à cinq ans avec une année supplémentaire pour la spécialisation, modernise l'enseignement théorique, met l'accent sur les travaux de laboratoire et d'atelier, réorganise la bibliothèque et instaure les visites industrielles.On assure une caisse de retraite aux professeurs toujours plus nombreux, on leur attache des assistants et des élèves préparateurs.Certains, qui reçoivent des bourses du Conseil national de recherches et du gouvernement provincial, les aident dans leurs travaux ou vont se perfectionner à l'étranger.Quand les effets de la dépression économique commencent à se faire sentir, le secrétariat de la Province accorde des bourses d'études aux élèves dont le nombre ne cesse d'augmenter.L'enseignement de la chimie industrielle dont le laboratoire, détruit par un incendie en 1928, a été aussitôt reconstruit, est intégré à celui de la chimie générale.Des cours nouveaux de construction de routes et de barrages justifient l'érection d'une aile inaugurée en 1932 pour des laboratoires de résistance des matériaux et d'hydraulique qui font aussitôt l'envie des autres écoles canadiennes de génie.Boyer rétablit l'équilibre des finances mais les constructions obligent la Corporation à faire de nouveaux emprunts dont le gouvernement garantit le paiement du capital et des intérêts.Quand Frigon est nommé président de la Commission d'électricité du Québec en 1935, puis directeur général adjoint de la Société Radio-Canada, Adhémar Mailhot, professeur de géologie, de minéralogie, de métallurgie et des mines lui succède et Armand Circé, le grand artisan des nouveaux laboratoires, lui est donné comme assistant.Le décès de Boyer, l'année suivante, ramène Frigon qui devient principal.Il est alors question que le ministère des mines établisse à l'école une section de génie minier C'est l'Université Laval qui l'aura.Surchargé d'enseignement, déjà malade et privé par surcroît des services de Circé qui a été nommé directeur de l'École technique, Mailhot décède subitement à son bureau en avril 1938 7 l'ingénieur/mars-avril 1987 Stimulé par la création de l'École des mines de Laval, Circé qui lui succède réoganise et amplifie l'enseignement de la géologie et des mines et fait aménager un laboratoire de traitement des minerais et de métallurgie.L'École s'affirmedans ledomainedu génie minier où ses diplômés connaissent plus tard de brillants succès.Il en est de même en résistance des matériaux, grâce aux recherches de Georges Welter.Grand bâtisseur, Circé fait construire en 1941 un quatrième immeuble pour la bibliothèque et les laboratoires de chimie industrielle et, en 1945, un cinquième pour les laboratoires d'électricité, de machines thermiques et d'essais des matériaux et un atelier de machines-outils.Avec une nouvelle recrue de professeurs, dont plusieurs sont jeunes, l'électronique, la géotechnique, l'étude des métaux et alliages légers, la métallographie et l'hydrologie s'ajoutent au programme des études et la recherche pure et appliquée s'instaure définitivement à l'école.Les grades de maître et de docteur ès sciences appliquées sont réglementés et accessibles aux élèves diplômés qui s'engagent de plus en plus dans la recherche.Circé innove en instituant un régime mitigé de spécialisation qui ne rompt pas avec la tradition de formation générale qu'on maintenue ses prédécesseurs car elle ne se fait qu'en cinquième année.Aux quatre options de Travaux publics — Bâtiments, Mécanique — Électricité, Mines — Métallurgie et Chimie industrielle s'ajoute en 1943 celle d'Aéronautique, supprimée deux ans plus tard.Circé démissionne en 1945 et son successeur, Ignace Brouillet, continue son oeuvre en réunissant dans un Centre de recherche tous les professeurs titulaires et leurs assistants ainsi que tous les laboratoires de l'école sous la direction de Louis Bourgoin.L'objet du Centre est de promouvoir des études pouvant aider à l'avancement des sciences pures et appliquées ainsi que la mise en valeur d'idées et d'inventions nouvelles.L'école affirme ainsi son caractère d'institution supérieure d'ensei-gnementdu génie.On rappelle ses humbres débuts quand, deux ans plus tard, on célèbre brillamment le soixante-quinzième anniversaire de sa fondation.Elle est fière de ses 104 professeurs, de ses 465 élèves et d'avoir formé 1279 diplômés dont 1103 sont vivants.L'école qui, à ses débuts, calquait son enseignement sur l'École centrale des Arts et manufactures de Paris, n'est pas moins fière d'apprendre que le ministère de l'Éducation nationale de France assimile ses diplômes d'ingénieurs à ceux des grandes écoles françaises.Les dix premières années du dernier quart de siècle sont encore de l'histoire qui précède la période contemporaine.Au décès de Fri-gon, en 1952, Brouillet devient principal de l'école et président de la Corporation, Henri Gaudefroy lui succède à la direction des études.L'école occupe alors presque tout le quadrilatère compris entre les rues Saint-Denis, de Montigny, Sanguinet et l'arrière des magasins de la rue Sainte-Catherine.Elle ne peut plus s'agrandir alors que, le nombre de ses étudiants augmentant sans cesse, les statisticiens prévoient l'afflux prochain de l'explosion démographique.Or, en 1948, Huet Massue fait voir, dans sa «Contribution de Polytechnique au génie canadien», l'insuffisance numérique des ingénieurs canadiens-français dans la province.Brouillet dit alors que l'école a toutes les raisons de regarder l'avenir en face.Frigon déclare que dans dix ou quinze ans, l'ingénieur canadien-français aura obtenu sa place dans le domaine industriel et que l'école est un rouage essentiel à la vie économique du Québec.C'est pour réaliser cet idéal dans les meilleures conditions possibles que la Corporation décide de faire construire, sur un terrain que lui cède l'Université de Montréal sur son campus, un bâtiment qui pourra recevoir jusqu'à deux mille élèves.Le gouvernement de Maurice Duplessis lui accorde pour cela une subvention de six millions de dollars.Le premier ministre pose, la pierre angulaire, le 16 mai 1956, de l'édifice qui, dominant la colline universitaire, est inauguré deux ans plus tard.On y met en oeuvre un nouveau programme qui assure, comme toujours, une formation générale dans toutes les branches du génie, préparant à une spécialisation en génie civil, mécanique, électrique, chimique, métallurgique, minier, géologique, physique et industriel.Le service d'extension y offre des cours du soir, l'école y fonde un Institut de génie nucléaire, un Centre d'ingénierie nordique, un Centre de développement technologique, et un Institut de recherche en exploration minérale qui est aussi parrainé par l'Université McGill.Telle est l'œuvre accomplie par Brouillet et Gaudefroy, continuée par Paul Riverin et Julien Dubuc et que poursuivent actuellement Bernard Lavigueur et Roger Langlois.Voilà pour le passé récent qui a déjà mis l'école à l'étroit dans son immeuble actuel.L'avenir, c'est l'annexe dont la construction a commencé au mois d'coût de cette année.Polytechnique est vraiment «un rouage essentiel à la vie économique de la province».Ses débuts furent modestes et ses premiers diplômés furent, dans toute la force du mot, des pionniers.Ceux qui les suivirent dans la carrière ont fait largement leur part dans l'aménagement du territoire et des richesses naturelles du Québec, dans la croissance industrielle de Montréal et de sa région économique, dans la conception, l'exécution et l'administration de grands complexes urbains.Citons, de plus, la contribution de ses jeunes anciens à la réalisation, entre autres exploits récents, des centrales hydro-électriques de Manicouagan et de Bersimis, de la ligne de transport de 735 000 volts, du Métro de Montréal, d'Expo 67, de Sidbec, de la Centrale nucléaire de Gentilly, du Centre de recherche industrielle du Québec, de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec, des grandes autoroutes dont Montréal est la plaque tournante, d'exploitations minières, de travaux accomplis dans plusieurs pays du monde, lesquels s'ajoutent aux innombrables initiatives menées à bonne fin par leurs prédécesseurs.Unis en une solidarité peu commune dans l'Association des Diplômés de Polytechnique, qui en est la plus ferme appui, les aînés et leurs cadets partagent la fierté d'avoir fait honneur à l'institution qui les a si bien formés.8 l'ingénieur/mars-avril 1987 La faculté des sciences et de génie de l'Université Laval à cinquante ans La Faculté des sciences, ainsi qu'elle s'appela d'abord, fut créée par une décision du Conseil de l'Université le 6 décembre 1937.Ce jour-là, on détacha de la Faculté desarts les deux programmesd'en-seignement supérieur des lettres et des sciences qui, jusque-là, relevaient de cette Faculté.Le développement des études scientifiques à l'Université Laval réclamait une faculté spéciale qui puisse grouper ces études et en réglementer l'organisation.Comme la Facultédes lettres, la Faculté des sciences est née de l'impulsion donnée aux études supérieures par l'Université Laval en 1920.Dès 1907, par l'organisation de l'enseignement de l'arpentage et, en 1910, par la création de l'École forestière, l'enseignement scientifique cherchait à se constituer de façon plus efficace à l'Université Laval.En 1920, grâce aux ressources nouvelles venues des souscriptions généreuses du gouvernement de la Province et du public, l'Université créait une École supérieure de chimie, qui devint bientôt un centre très actif d'études et de recherches.Le programme de l'École supérieure de chimie comprenait, avec la chimie, les sciences fondamentales et spéciales comme les mathématiques, la physique, la géologie, la biologie.Toutes ces disciplines scientifiques y devinrent l'objet d'études et de travaux qui firent peu à peu, de l'École supérieure de chimie, une véritable Faculté des sciences.L'arrêté universitaire du 6 décembre 1937, qui créait la Faculté, ne faisait donc que reconnaître officiellement un état de choses qui existait déjà en fait.On prit soin de rattacher à cette Faculté nouvelle tous les autres programmes d'enseignement scientifique supérieur donnés à l'Université et c'est ainsi que l'École d'arpentage et de génie forestier, tout comme l'École supérieure d'agriculture et l'École des pêcheries de Sainte-Anne-de-la-Pocatière en firent partie pendant quelques années.Il en est de même de l'Ecole de pharmacie qui y fut rattachée de 1942 à 1964.On y offrit même une année pré-médicale de 1947 à 1951.Les années qui suivirent la fondation de la Faculté furent marquées par la création de programmes d'études dans les principales disciplines des sciences et du génie, le calendrier des premières inscriptions dans ces programmes s'établissant comme suit: 1939: mines; 1940: métallurgie; 1941 : géniechimique et biologie; 1942: génie électrique, pharmacie et physique; 1945 : génie géologique; 1946: génie civil; 1948: génie mécanique; 1949: mathématiques; 1956: génie physique; 1957: actuariat; 1959: biochimie; 1966: microbiologie; 1968: géologie; 1970: informatique; 1980: statistique.En 1974, elle modifiait son nom et devenait la Faculté des sciences et de génie.Programme des fêtes du cinquantenaire Vendredi 30 octobre : Colloque sur l'histoirede la Faculté: première d'un vidéo, lancement d'une plaquette, présentation des premiers prix d'excellence aux Anciens et dédicaçes des halls des Pavillons.En soirée: banquet des anciens au Chateau Frontenac Samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre .Journée «portes ouvertes» à la Faculté dans lecadrede la semaine des sciences Lundi 2 novembre : Remise des premières bourses Roche et A.Pouliot, remise des premiers prix d'excellence en recherche et en enseignement et conférences par les récipiendaires des prix d'excellence Mardi 3 novembre : Conférence du Doyen dans le cadre des déjeuners causerie de la Chambre de commerce et d'industrie du Québec métropolitain.Mercredi 4 novembre : Colloque Adrien-Pouliot Jeudi 5 novembre : Première réunion du Conseil d'orientation de la Faculté Vendredi 6 novembre : Scéance publique de clôture de la première réunion du Conseil d'orientation.Conférences par les récipiendaires de doctorats d'honneur et réception en leur honneur.Samedi 7 novembre Collation des grades au Grand-Théâtre de Québec, remise des doctorats d'honneur.Banquet et soirée des gradués au Centre Municipal des Congrès.Janvier 1988 : Congrès des étudiants en génie du Canada Février 1988 : Compétition québécoise d'ingénierie APPEL DE CONFÉRENCES 10ème session d'étude sur les techniques de sautage les 29 et 30 octobre 1987 Université Laval, Québec La Société d'Énergie Explosive du Québec est à la recherche de conférenciers désireux de présenter une communication reliée aux techniques de tir à l'explosif dans les mines souterraines(thème de la première journée) ou dans les travaux de construction et les grands ouvrages de génie civil (thème de la deuxième journée).Les conférences illustrant des histoires de cas comme celles abordant des aspects techniques ou ergonomiques de même que celles qui serviraient à souligner le I0ème anniversaire des sessions d'étude par une rétrospective sur un sujet particulier, seront bien reçues.Les Sessions d'Etude sur les Techniques de Sautage constituent un événement annuel ayant connu un succès grandissant au cours des années et rassemblant maintenant environ 150 spécialistes des domaines de la construction et de l'exploitation des ressources naturelles.Veuillez soumettre les propositions de conférence avant le 19 mai 1987 à: Pierre Choquet, ing.Université Laval Dept.de mines et métallurgie Québec, Qué.G1 K 7P4 Tél: (418)656-5273 9 l’ingémeur/mars-avril 1987 L'engagement de l'ingénieur Yvon Tassé Les rites d'engagement de l'ingénieur canadien sont un peu comme un meuble ancien qu'une famille aurait remisé au grenier pendant quelque temps; redécouvert: décapé, ciré, rétabli dans sa pureté originelle, ses beautés réapparaissent; il devient alors une richesses du passé à la disposition des générations présentes.Créés par Rudyard Kipling, ces rites sont d'origine anglo-saxonne.Cependant leur richesse est telle qu'ils sont véritablement universels.Dans un milieu qui n'est pas anglophone, il suffit alors de mettre en lumière les divers aspects de cette richesse et de l'entourer des accessoires appropriés au milieu.C'est ainsi qu'a été perçue la situation lorsqu'on a entrepris d'étudier les documents d'origine de ces rites et d'en retoucher la version française pour les adapter au milieu francophone du Québec.L'engagement C'est généralement au début de sa carrière que l'ingénieur est invité à prononcer son Engagement.C'est un bon moment pour exprimer son idéal.Il n'a pas encore eu à faire face aux difficultés de la pratique, aux tentations de compromis, à la traîtrise des matériaux.Il voit plus clairement son idéal et l'exprime sans être sous le coup des événements.C'est aussi le moment d'un tournant majeur dans sa vie; d'en-seignéqu'il a été jusqu'ici, il devient désormais enseignant.De plus en plus, c'est lui qui dira aux autres quoi faire dans le domaine du génie.Ses principales sources d'enseignement deviennent surtout les dures réalités de la vie.Ses confrères sont aussi ses maîtres.Il les traitera en frères, sans dénigrement ni jalousie.Ils l'aideront, le réconforteront, au besoin ils le contraindront lors de ses tentations, de ses faiblesses et de ses lassitudes, sans toutefois être ses juges dans le cour normal de sa vie.Ses actes, dorénavant, ont une tout autre signification.De profession dite libérale, l'ingénieur pose un acte souverain, qui engage tout son être et lui seul.Personne ne peut alors lui imposer son opi nion ni lui dicter sa conduite lorsqu'il s'agit d'un acte professionnel; il est seul à en décider.On a vu juste en choisissant ce moment pour inviter le nouvel ingénieur à prendre un engagement plein de sens et lourd de conséquences.Il ne s'agit pas de vétilles; il s'agit de principes, de lignes de conduite que l'ingénieur s'engage à respecter malgré toutes les difficultés qui se présenteront.Il s'agit d'une vocation.Enfin, c'est librement, volontairement, sans contrainte, que l'ingénieur prend cet Engagement.Il n'y est pas obligé.Et c'est parce qu'il est parfaitement libre de dire «non» que son «oui» a tant de valeur.Prononcé devant ses confrères anciens et nouveaux, l'Engagement repose sur l'honneur de l'ingénieur, sur sa conscience.Il le respectera parce qu'il a une parole et qu'il l'a donnée.Pour garder cet Engagement présent à l'esprit de celui qui le prend, deux signes extérieurs ont été établis : le certificat qui contient le texte de l'Engagement.Il se met au mur du bureau pour l'avoir continuellement sous les yeux et pour que les visiteurs puissent le voir et le lire.Autre signe extérieur: l'anneau defer martelé.Il se porte au petit doigt de la main qui travaille, afin de rappeler constamment à l'ingénieur la parole donnée.Seuls les ingénieurs canadiens et, parmi eux, seuls ceux qui ont pris l'Engagement ont droit de le porter.Les fondateurs de la «Société des Sept gardiens» ont eu idée de s'adresser à un homme de génie, Rudyard Kipling, pour créer les rites de cet Engagement.D'une profonde signification, imbus d'un symbolisme extraordinaire, accompagnés d'un peu de poésie, ils expriment l'idéal de l'ingénieur au début de sa pratique.C'est donc pour toute sa vie que, sans éclat, sans faste, mais de tout son être, il s'engage devant ses maîtres et ses pairs, sur son honneurs, à pratiquer sa profession comme une vocation pour le plusgrand bien de la société dont il fait partie, société dont les connaissances acquises avant lui et les aménagements matériels déjà existants lui ont permis de devenir ce qu'il est.Le texte original de l'Engagement, quoique composé en 1923, est en anglaisclassique; la version ci-après de l'Engagement a donc été rédigée en français classique dont les sources remontent au XVIIe siècle.Moi, devant eux, mes maîtres et mes pairs en ma profession, je m'engage sur l'honneur et le Fer froid, au meilleur de mes connaissances et de mes moyens, désormais à ne pas tolérer ni approuver ni contribuer à approuver le travail mal fait ou les matériaux défectueux, que ce soit dans l'accomplissement de mes oeuvres d'ingénieur devant les hommes ou en mon âme et conscience, devant mon Créateur.De mon temps, ne serai point avare; ma réflexion ne marchanderai pas; mes soins ne dénierai pas quant à la qualité, l'utilité, la solidité et la perfection des travaux auxquels je puis être appelé à mettre la main.Une juste rémunération pour mon travail recevrai en tout bien tout honneur.À ma réputation d'ingénieur veillerai grandement; aussi d'aucune façon n'interpréterai abusivement l'opinion ni n'extorquerai l'approbation de toute personne avec qui je puis traiter.De plus, de toutes mes forces et sans relâche, lutterai tôt contre la jalousie et le dénigrement dont mes confrères pourraient être l'objet, quel que soit l'aspect de leurs ouvrages qui soit mis en cause.Pour mes échecs et manquements certains, je demande pardon d'avance à mes maîtres et à mes pairs en ma profession ici réunis; et je prie le Ciel qu'à l'heure de mes tentations, de mes faiblesses et de mes lassitudes, le souvenir de cet Engagement et celui des personnes devant lesquelles je l'aurai prononcé me reviennent à l'esprit pour m’aider, me réconforter et me contraindre.Sur l'honneur et te Fer froid, avec l'aide de Dieu, j'ai la ferme intention d’honorer cet Engagement.La romance de la société des sept gardiens C'est à Montréal, en 1922, qu'a pris naissance l'idée de la Société des Sept gardiens.Au cours d'un déjeuner de l'Institut canadien des ingénieurs, 10 l'ingénieur/mars-avril 1987 le conférencier Haultain suggère de cultiver l'esprit de corps chez les ingénieurs.Il précise son idée en suggérant un engagement que prendrait le nouveau diplômé en génie, semblableau serment d'Hippocrate des médecins.Six anciens présidents de l'Institut et le président en exercice se constituent alors en comité pour concrétiser cette idée.La littérature et les cérémonies n'étant pas le fort des ingénieurs, ce n'estqu'aprèsavoir eu recours à Kipling et avoir discuté de ses suggestions pendant plus de trois ans que la première cérémonie a lieu le 25 avril 1925 à Montréal.La culture et la formation de Kipling créent le «Ritual of the calling of an Engineer».Ce «Ritual» constitue le manuel des textes et des règlements qui régiront les cérémonies d'engagement de l'ingénieur.Peu de temps après, une cérémonie a lieu à Toronto et la première section y est créée avec ses propres gardiens.Aujourd'hui, il y a 21 sections à travers le Canada, chacune avec ses sept gardiens, dont celle de Québec.Si les ingénieurs ont peu d'inclinaison pour la littérature et les cérémonies, il faut admettre qu'ils ont celui de l'organisation.Le 18 mars 1938, des lettres patentes sont émises en vertu de la troisième partie de la Loi des compagnies du Québec.Elles constituent les sept ingénieursdu comité fondateur en société sous le nom de «The Corporation of The Seven Wardens, Custodians and Administrators of The Ritual of the Calling of an Engineer».Plus tard, en 1969, des sections ayant été établies dans tout le Canada, la Société est incorporée au fédéral.À l'époque de la fondation de la Société, les ingénieurs francophones étaient peu nombreux.L'école Polytechnique était la seule école francophone de génie au Canada et le nombre de ses diplômés variait entre 12 et 22 par année.C'est ce qui explique la raison sociale anglophone.Depuis le 20 juin 1983, la raison sociale est bilingue et la seule mission de la Société est toujours de conserver et d'administrer les rites d'engagement de l'ingénieur et de détenir la propriété exclusive de l'anneau de fer martelé.C'est en 1961 que fut enregistré au Canada, en vertu de la Loi des marques de commerce, l'an- neau de fer martelé.À plusieurs reprises, les ingénieurs d'autres pays ont demandé de l'utiliser chez eux.À toutes fins pratiques, ces demandes ont été refusées de sorte qu'aujourd'hui l'anneau defer martelé n'est porté que par des ingénieurs canadiens; ilssontau nombre de plus de 140,000.Il est important de comprendre le rôle de la Société des Sept gardiens et de le distinguer de celui de l'université et de celui de l'Ordre des ingénieurs du Québec.L'université donne le diplôme de connaissances techniques.L'Ordre des ingénieurs donne la permission légale de pratiquer et il en fait la surveillance.Quant à la Société des Sept gardiens, elle est en quelque sorte le porte-parole des ingénieurs en exercice.Elle accueille le nouvel ingénieur au milieu d'eux et reçoit l'engagement solennel que prend le nouveau diplômé de pratiquer son activité d'ingénieur comme une vocation, respectueux des obligations qu'il a envers ses clients, envers ses confrères et envers la société où il vit, obligation qu'il observera par discipline personnelle, de son propre vouloir, parce qu'il en a donné sa parole.C'est ainsi que, tout simplement, sans ostentation, le nouvel ingénieur prononce son Engagement et reçoit son anneau de fer, symbole distinctif de cet engagement.C'est sans doute un des moments les plusémouvantsde la vie d'un ingénieur que celui où un de ses confrères, en présence de ses maîtres et de ses pairs, lui glisse au petit doigt ce symbole qu'il portera sa vie durant pour que tous le voient et qu'ils soient au courant des responsabilités qui sont les siennes.Le symbolisme des rites d'engagement L'anneau de fer martelé qui est remis à l'ingénieur lorsqu'il a prononcé son Engagement témoigne de la responsabilité que l'ingénieur a assumée auprès de la société dont il est issu.La forme de l'anneau est donc celle d'un jonc de mariage.Son apparence, le martelé, évoque les difficultés que l'ingénieur rencontrera, dans l'exercice de sa profession, pour maîtriser la matière.Le matériau, le fer froid, doit être de «tradition honorable», avoir servi, tout comme c'est le rôle de l'ingénieur.L'anneau est rugueux; il n'est pas poli, tout comme le caractère du jeune ingénieur; cependant, avec le temps et les frictions, tous deux le deviendront L'anneau n'a pasde commencement ni de fin, pas plus que le travail de l'ingénieur.L'anneau de fer coupera un anneau d'or s'il en est voisin; d'où le conseil qu'il vaut mieux, pour l'ingénieur, garder séparément son travail et son appétit pour le gain.L'anneau se porte dans le petit doigt de la main qui travaille pour rappeler continuellement à l'ingénieur l'engagement qu'il a pris envers ses concitoyens.Sept coups sont frappés sur une enclume au début de la cérémonie d'engagement.Ils sont en mémoire des sept ingénieurs du comité fondateur de la Sociétédes Sept gardiens, dépositaires et administrateurs des rites d'engagement de l'ingénieur.Ils sont frappés de façon à signifier en Morse, âme, esprit et temps, pour indiquer que le temps rnetà l'épreuve l'âme et l'esprit de l'homme.Les participants à la cérémonie d'engagement tiennent d'une main une longue chaîne; elle évoque les liens qui unissent tous les ingénieurs entre eux et l'obligation qu'ils ont de s'entraider; l'autre main est tenue levée en signe d'engagement solennel.L'appel à haute voix du nom de chaque ingénieur évoque l'idée que Kipling a voulu exprimer lorsqu'il a choisi le terme «calling» pour qualifier les rites de la cérémonie.La poésie dans la profession d'ingénieur Lorsque Kipling créa les rites et les textes utilisés pour la céré-monied'engagement, il les accompagna de poésie.Même aujourd'hui, plus de cinquante ans plus tard, il est intéressant d'en prendre connaissance.Fort heureusement, un confrère ingénieur, Arthur Piché, poète à ses heures, a traduit plusieurs poèmes de Kipling.Il en a même «commis» de suite à la page 14 11 Hommage aux ingénieurs Le monde dans lequel nous vivons est, à bien des égards, le fruit du travail des ingénieurs qui, depuis l'aube de notre histoire, n'ont cessé d'agir en bienfaiteurs de l'humanité.Notre propos, ici, est d'examiner leur rôle et de montrer combien leur importance est devenue, plus que jamais, la clé même de la survie de l'humanité.En qualité de citoyens des nations développées, nous vivons au royaume de l'ingénieur.Du matin au soir, que nous ouvrions le robinet d'eau ou éteignions les lumières, nous sommes entourés de structures, systèmes, produits et procédés d'ingénierie.Tous contribuent à nous nourrir, nous abriter, nous vêtir, nous véhiculer, à assurer notre confort, à nous divertir et à nous permettre de communiquer les uns avec les autres.Quelle que soit notre profession, une grande partie de notre travail s'effectue à l'aide d'objets créés par des ingénieurs.Et pourtant, les mystères de la technologie ne nous préoccupent guère, et nous n'accordons que très rarement d'attention à l'importance fondamentale que la profession d'ingénieur joue dans notre existence.Car, il faut bien en convenir, les merveilles de l'ingénierie sont désormais monnaie courante.Ellesfont partie de notre environnement quotidien tout comme les montagnes du Népal sont familières à un sherpa.Elles ont cessé de nous inspirer cette craite révérentielle et admirative qu'elles méritent pourtant, sauf lorsque, à l'imaged'une avalanche, un accident aux conséquences désastreuses se produit.L'ingénieur lui-même a disparu dans le brouillard au même titre que ses envahissantes réalisations.Nous connaissons les noms des sculpteurs et des architectes, les Henry Moore et les I.M.Pei, qui ont agrémenté nosgrandes villes de leurs oeuvres, mais qu'en est-il de ceux qui se chargèrent de construire les bâtiments et les ponts, qui percèrent les artères et installèrent lestuyauxet les câbles si utiles à la vie urbaine?Sur les registres des personnages historiques, les noms des ingénieurs fi-guient loin derrière ceux des monarques, politiciens et généraux.La raison en est simple: les ingénieurs, en temps normal, résol- vent les problèmes au lieu d'en créer.Or, un problème résolu est, de toute évidence, dépourvu d'existence.Le manque de reconnaissance témoigné à l'ingénieur, en dépit de son importance, est loin d'être un phénomène récent.Le nom de l'homme qui a construit la Grande Pyramide, Khufu-onekh, a sa place dans l'histoire, mais loin derrière celui de Chéops, le roi égyptien pour qui cet incroyable faste de génie a été entrepris.Alorsque les poètes et philosophes de l'Antiquité sont pasés à la postérité, les artisans des Sept Merveilles du monde sombrent dans l'oubli.Qui n'a jamais entendu parler d'Homère et de Platon?Et, pourtant, rares sont ceux qui connaissent le nom de la personne ayant construit l'Acropole.Virgile et Cicéron ne manquent jamais d'être cités, mais nul ne saurait dire qui a construit le Colisée.En outre, l'ingénieur a toujours vécu dans l'ombre du scientifique qui, de tout temps, a été félicité pour les progrès que ses découvertes ont fait faire à l'humanité.Cependant, certaines d'entre elles se seraient avérées complètement inutiles sans l'aide précieuse et créative des ingénieurs.La différence entre les deux réside dans le fait que l'homme de science s'applique à découvrir et que l'ingénieur, lui, cherche à appliquer ses découvertes à des fins pratiques, L'un ne va pas sans l'autre.Comme le disait, fort à propos, Louis Pasteur: «Il y a la science et l'application de la science, toutes deux sont liées comme le fruit l'est à l'arbre qui le porte.» En fait, l'homme de science et l'ingénieur n'ont souvent fait qu'un.Galilée a non seulement percé le secret des galaxies, mais a également construit le premier télescope.Marconi était un ferré physicien, mais il doit sa réputation au fait d'avoir appliqué les équations de Heinrich Hertz à la communication sans fil, grâce à une antenne et à un poste de radio qu'il avait lui-même construits.Mais d'abord, qu'est-ce qu'un ingénieur?Il est difficile de résumer, en une seule phrase, le travail de centaines de milliersd'hom-mes et de femmes opérant dans une multitude de spécialités techniques.La définition de l'ingénie- rie proposée par Y Encyclopaedia Britannica n'est, pourtant, pas loin du but.Elle définit donc la profession en ces termes : «l'art de mettre la science au service de la transformation optimale des ressources pour le bien-être de l'humanité.» L'Encyclopaedia Britannica indique, entre parenthèses, que ce n'est pas un heureux hasard si la science des ingénieurs relève de l'ingéniosité.Les termes ingénieur et ingénieux possèdent la même racine latine ingenerare.Bien que les ingénieurs s'activent depuis que le monde est monde, aucune appellation générique ne leur a été attribuée avant le Moyen Age, époque à laquelle le terme «ingénieur» s'appliquait à l'inventeur et au constructeur d'«en-gins de guerre» comme les catapultes et les béliers.Néanmoins, les ingénieurs militaires n'ont jamais limité leurs talentsaux inventions purement guerrières.Les routes pavées qui sillonnaient, depuis Rome, l'ensemble de l'Europe et du Moyen-Orient étaient le fruit du travail des ingénieurs des légions romaines.C'est à l'époque médiévale que s'établit la différence entre les ingénieurs militaires et les ingénieurs civils chargés de construire les grandes cathédrales d'Europe.La profession commençait à revêtir ses lettres de noblesse; les bâtisseurs de cathédrales utilisaient divers procédés architecturaux, tels que les arêtes, les arcs et les arcs-boutants pour compenser les poussées et tensions latérales.De plus, l'ingénierie se diversifiait.Les ingénieursen hydraulique travaillaient depuis longtemps dans les mines et les moulins et la chimie faisait son apparition.La percée de l'horlogerie favorisa ensuite l'avènement de l'ingénieur en mécanique.Et ce sont des ingénieurs de ce calibre qui, munis de leurs instruments, lancèrent la Révolution industrielle.La navette volante de John Kay et la machine à filer le coton de James Hargreave conduisirent les fermiers dans les usines.L'homme qui symbolise le plus les mutations de cette époque, James Watt, n'était autre qu'un ingénieur.Watt n'a pas inventé la machine à vapeur, mais il a considérablement amélioré cette découverte en la refaçonnant et en y ajoutant certains éléments.12 ingénieur/mars avril 1987 Dès ses origines, le Canada était une nation d'ingénieurs À bien des égards, Watt cor-respondaità l'image de l'ingénieur du passé; c'était un autodidacte qui n'avait suivi qu'une seule année de formation chez un constructeur d'instruments mathématiques.Tel éiait également le cas pour ses contemporains qui construisaient les canaux, les voies ferrées, les routes, les fonderis et les machines-outils qui transformèrent la Grande-Bretagne agricole en une opulente puissance mondiale.À cette époque, l'ingénieur suivait généralement une formation d'apprenti chez un habile artisan, puis s'attaquait aux problèmes de la nature muni, en tout et pour tout, d'une équerre en T, de son talent, de sa connaissance, de son bon sens et de son intuition.Bien que la première école des Ponts et Chaussées ait été créée en France dès 1747, ce n'est que vers le milieu du XIXe siècle, qui marque l'avènement de l'électricité et de sa première application pratique, le télégraphe, que les ingénieurs renoncèrent à leurs méthodes empiriques L'approche empirique qui, par le passé, avait régi la construction et la création de divers procédés ne pouvait s'appliquer aux réactions électriques, car l'électricité ne suit aucune règle empirique.Les découvertes faites en dyna-mique, en chimie, en métallurgie et dans d'autres domaines contribuèrent également à rendre plus complexe le métier d'ingénieur.À mesure que s'effectuait une certaine prise de conscience des complexités de la nature, il fallutd'une part, renoncer à l'empirisme et d'autre part, doter la profession d'un statut et d'un cadre particuliers en créant des écoles d'ingénieurs et des associations professionnelles.Les colonies qui, bientôt, allaient former le Canada s'intéressèrent très tôt à l'ingénierie.En 1854, notre première école d'ingénieurs était ouverte sur la site de l'actuelle université du Nouveau-Brunswick.Cet événement marquait ledébutd'un mouvement éducatif don l'importance ne cesserait de croître puisque aujour- d'hui, un Canadien sur cent possède un diplôme d'ingénieur.La fondation de l'école du Nouveau-Brunswick, venait, en quelque sorte, corroborer le fait que ce territoire vaste, rude et sauvage était véritablement une nation d'ingénieurs.Aucun progrès économique ne peut être réalisé sans travaux publics tels que la construction de routes et de canaux, et l'aménagement des ports.L'immense difficulté qui consistait à maintenir une présence politique marquée au nord de la frontière des États-Unis résidait dans le manquedecommunication au sein même des différentes poches de population qui formaient l'Amérique du Nord britannique.Les chemins de fer, qui étaient en voie de construction, promettaient de résoudre tous ces problèmes.Le Canada est probablement la seule nation au monde à mentionner un travail d'ingénierie dans sa constitution.La décision d'achever la construction d'une voie ferrée intercoloniale, liant les provinces maritimes aux provinces centrales, figurait en bonne et due place dans l'Acte de l'Amérique du Nord britannique.Par la suite, le nouveau Domi-nions'anima et s'adonna à de multiples activités d aménagement et de construction.Grâce aux compétences des ingénieurs des mines, les grandes étendues rocheuses du Canada cessèrent d'entraver le développement du pays.Leurs confrères de l'industrie des pâtes et papiers firent de même.Les ingénieurs en hydro-électricité contribuèrent à donner aux Canadiens une source d'énergie inestimable, à la fois économique et fiable.Compte tenu de l'importance du rôle joué par les ingénieurs dans la construction de notre pays, il n'est donc pas surprenant que l'un d'eux, sir Sanford Fleming, se soit élevé au rang des héros de la nation.Arpenteur dans les régions éloignées et responsable de la construction des voies de chemin de fer, il personnifiait l'énergie et l'ingéniosité propres à l'ingénieur des premières années de gestation du Canada.En outre, M Fleming représentait une autre tradition parmi ses collègues canadiens.Partisan de l'internationalisme, il est surtout connu pour avoir établi la normalisation horaire sur la planète.Bien avant que M.Fleming passe à la postérité, les ingénieurs canadiens avaient déjà exercé leurs talents hors de leur pays.Dans les années 1850 et 1860, ils prirent part à des projets historiques comme l'installation d'un câble télégraphique transatlantique entre Terre-Neuve et l'Irlande et le forage du premier tunnel ferroviaire aux États-Unis.Au même moment, une nouvelle science, celle du pétrole, naquit dans le sud de l'Ontario.(À cette époque, bien avant l'invention du moteur à explosion, le pétrole était raffiné pour les lampes à kérosène.) Dès 1874, les ingénieurs canadiens spécialisés dans l'exploitation du pétrole exportaient leurs talents vers les Indes Néerlandaises.Dès lors, et jusqu'à la Première Guerre mondiale, on pouvait les voir forer et construire des raffineries et des pipelines dans les coins les plus reculés de l'Europe, de l'Afrique, de l'Améri-quedu Sud, du Moyen-Orient et de l'Australie.Simultanément, le Canadien, muni de sa règle à calcul et chaussé de ses grandes bottes à lacets, prenait place dans le décor des mines et des chantiers de construction d'Amérique latine et des Antilles.On a souventditque l'Empire britannique que son drapeau précédait ses activité commerciales.En ce qui concerne le Canada, ce sont les ingénieurs qui précédaient, très souvent, les exportateurs.Aujourd'hui et plus que jamais, les ingénieurs canadiens sèment leurs connaissances par-delà le monde, non seulement dans leurs traditionnels domaines d'excellence que sont l'hydro-élec-tricité, les télécommunications et les pâtes et papiers, mais également dans diverses activités d'ingénierie allant de la métallurgie à la médecine.Dernièrement, les entreprises canadiennes ont participé à des projets et des études dans plus de 100 pays, et le commerce continue de fleurir sur la route empruntée par les ingénieurs.M.Camille A.Dagenais, président du conseil du groupe SNC, de Montréal, dont la réputation internationale n'est plus à faire, estime, en toute modestie, que 13 l'ingémeur/mars-avril 1987 l'activité des ingénieurs outre-mer engendre, chaque année, 700 millions de dollars d'exportations, sans compter les 300 millions de dollars que les cabinets d'ingénieurs génèrent par an, grâce à leurs projets à l'étranger.Parmi un «petit échantillonnage» d'articles achetés chez les fournisseurs canadiens, M.Da-genais cite, entre autres, les conduites, les outils, les poteaux téléphoniques, (es turbines, les générateurs, les compresseurs, les grues et les maisons mobiles.Un nombre non négligeable d'emplois, dans notre pays, dépendent du travail réalisé par les ingénieurs canadiens hors de nos frontières.«Participer à l'amélioration de la qualité de la vie des peuples du monde» «Le travail à l'étranger offre d'autres contreparties qui, quoique moins utiles, sont peut-être plus intéressantes à long terme pour chaque être humain etentité, écrit M.Dagenais.Plus important encore, vous pouvez ainsi participer à l'amélioration de la qualitéde la vie d'autres peuples.Aujourd'hui, la contribution des ingénieurs canadiens est d'une importance vitale en raison des sécheresses importantes et des menaces de famine qui pèsent sur un certain nombre de pays.» La Fédération Mondiale des Organisationsd'lngénieurs se réunira à Montréal du 17 au 22 mai 1987 et le rôle vital que la profession peut jouer dans la résolution suite de la page 11 son cru.Un des poèmes de Kipling mérite une explication.Les ingénieurs anglophones du Canada s'identifient souvent avec l'expression «Sons of Martha».Cette appellation est le titre d'un poème de Kipling.C'est l'évangile selon St-Luc qui l'a inspiré.On y lit que le Christ «entra dans un certain bourg, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.Elle avait une sœur, appelée Marie, qui, s'étant assise aux de graves problèmes mondiaux sera au centre des débats.La conférence célébrera le centenaire de la Société canadienne de génie civil (dénommée par la suite Institut Canadien des Ingénieurs) et il ne fait aucun doute que ses participants ne manqueront pas de noter à quel point la profession a changé depuis un siècle.Aujourd'hui, les ingénieurs travaillent en équipe, s'aidant, dans leurs efforts, de l'intarissable capacité des ordinateurs.Ils ont étendu leurs activités à une vaste gamme de spécialités et de sous-spécialités qui ne manqueraient pas de couper le souffle aux pionners de leur profession.Bien que les approches, les techniques et les outils aient changé, la tâche première des ingénieurs reste la même.Au sein de la société, ils sont chargés de veiller à ce que les choses soient accomplies.Outre cette responsabilité, ils doivent également accomplir leurstâchesde la façon la plus économique possible.'Reprenons la définition de I 'Encyclopaedia Britannica, «.la transformation optimale des ressources pour le bien-être de l'humanité.» L'épuisement des ressources naturelles de notre planète donne à cette définition une nouvelle dimension.Nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller les ressources, déjà affaiblies, dont nous disposons.Nous ne pouvons plus nous permettre de détruire notre environnement naturel.Les vagues et les nuages de pollution qui nous entourent viennent prouver combien la théorie du développement à tout prix est extrêmement périlleuse.Dans le «village global» de la communication créé par l'ingénieur, les conséquences sociales du développement pèsent terriblement sur l'inconscient collectif.Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur le tort causé aux minorités ethniques dans la poursuite d'un progrès matériel éphémère.Une nouvelle dimension humaine doit, par conséquent, être ajoutée aux obligations professionnelles de l'ingénieur.Déjà, dans les années 30, Albert Einstein avait pressenti ce phénomène en déclarant aux étudiants de l'Institute of Technology de Californie que «l'attention portée à l'être humain et à son destin doit toujours être au centre de nos préoccupations et de nos réalisations professionnels.afin que les créations de notre esprit, plutôt que de nuire, bénéficient à l'humanité tout entière.» Actuellement, ledestin de l'humanité pèse plus lourd que jamais dans la balance et les ingénieurs joueront un rôle important en vue de déterminer si ce destin bénéficiera ou pâtira de l'application des techniques.D'énormes problèmes menacent encore la planète et un certain nombre d'entre eux ont été causés par la main de l'homme.S'il est du pouvoir de quelqu'un de les résoudre, c'est à l'ingénieur que revient cette tâche, car c'est lui qui, à l'aube de notre histoire, s'est efforcé «d'améliorer la qualité de la vie».Ce genre de responsabilité est lourde à porter, néanmoins les ingénieurs se sont toujours montrés à la hauteur de leur mandat.Cet article a été publié dans le bulletin de la Ban que royale en octobre 1986 pieds du Seigneur, écoutait sa parole.Marthe, qui était occupée par maint service, se présenta, disant: «Seigneur vous n'avezcure que ma sœur me laissait seule faire le service?Dites-lui donc de m'aider.» Le Seigneur lui répondit: «Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous agitez pour beaucoup de choses! Or il n'est besoin que de peu de choses ou d'une seule.Marie, en effet, a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée.» Kipling s'est inspiré de ce texte évangélique pour rendre les nouveaux ingénieurs bien conscients du rôle qu'ils sont appelés à jouer dans la société.Le poème de Kipling souligne les responsabilités considérables des ingénieurs et il en fait l'éloge.Cependant, il indique aussi que les ingénieurs ne doivent pas ignorer le bien fondé de l'attitude de Marie.Ce qui veut dire que les ingénieurs seront de meilleurs citoyens s'ils possèdent des qualités humaines, des qualités du cœur et de l'esprit, en plus de connaissances sur les choses matérielles.» 14 l'ingénieur/mars-avril 1987 L'ingénierie de l'avenir » Roland Doré, ing.directeur de l'École Polytechnique de Montréal Le devenir de la profession d'ingénieur est intimement lié à l'avenir de notre civilisation.La technologie jouera un rôle accru dans le façonnement de la société du futur.H est difficile de prévoir toutes les transformations qui s'opéreront dans les 30 prochaines années.Bon nombre de ces transformations viseront à améliorer la qualité de la vie et de l'environnement.L'ingénieur sera un des principaux artisans de cette évolution.Son rôle social et ses responsabilités sociales seront élargis.U sera nécessaire que les ingénieurs qui désirent relever ce défi s'y préparent par une formation poly valente qu'ils devront parfaire tout au long de leur carrière.Décrire le passé dans une trame historique constitue en soi une tâche difficile.Prédire l'avenir peut s'avérer aisé ou pénible mais cela constitue toujours un acte téméraire.Comment peut-on décrire ce que sera le génie des cent prochaines années.Certains pourraient s'y risquer, nous nous contenterons des 25 ou 30 prochaines années.L'activité de l'ingénieur consiste essentiellement à s'assujettir les forces naturelles et à manipuler la matière en vue de créer et d'utiliser des objets et des systèmes qui améliorent la qualité de la vie et de l'environnement.La finalité de la profession étant cette qualité de la vie et de l'environnement, il est évident que le devenir de cette profession sera modelé par l'évolution du milieu tant physique, culturel que social (l'environnement global) et sera entraîné par la poussée technologique.L'ingénierie est et demeurera le miroir de notre civilisation.Roland Doré, ingénieur, est diplômé de l'École Polytechnique de Montréal en 1960 Il obtint par la suite une maîtrise et un doctorat de l'Université Stanford en Californie.Il est maintenant directeur de l'École Polytechnique et professeur titulaire au département de génie mécanique.La civilisation du futur Nos grands-parents ne pouvaient pas prévoir que leurs descendants immédiats voyageraient à des vitesses vertigineuses d'un continent à l'autre et que ces voyages feraient partie de la vie.Ils ne pouvaient pas prévoir qu'il serait possible de visionner, en direct et chez soi, le déroulement de guerres, d'événements sportifs ou de cataclysmes naturels ayant lieu aux quatrecoinsdu monde.Il leur était impossible d'imaginer que réellement l'Homme mettrait le pied sur la lune et que des engins guidés exploreraient d'autres planètes.Ils ne le pouvaient pas.Sommes-nous plus perspicaces?Le rythme des changements est-il plus lent?Nous avons tous réponse à ces questions.Nous savons bien que l'évolution de notre espèce est très lente et que l'évolution des découvertes scientifiques et des innovations technologiques est par contre constamment accélérée.Il est donc possible d'en déduire que notre ignorance de l'avenir est encore plus grande que celle de nos grands-parents d'il y a 60 ou 70 ans! Où serons-nous, que serons-nous dans 100 ans?Bien malin qui pourrait le prédire.Ce que nous savons par contre, c'est que: ( 1 ) la colonisation de l'espace se fera d'ici 10 ans.Les Américains et les Russes placent déjà en orbite les premiers éléments des futures plate-formes spatiales habitées.Ils planifient également des missions d'exploration humaines de plusieurs planètes du système solaire; (2) le concept du village global est maintenant une réalité.L'économie devient mondiale.Les projets de faire sauter les barrières tarifaires se précisent.Les valeurs des différentes monnaies sont intimement liées entre elles.Pour une entreprise, une stratégie de commerce axée uniquement sur le marché régional et même national a bien des chances d'être vouée à l'échecà plusou moinscourt terme.Les réseaux de communication permettent des échanges d'information instantanées partout sur le globe; (3) les connaissances remplacent de plusen plus lecapital et les ressources naturelles comme moteur de l'activité économique.La véritable valeurd'un pays, celle qui aura un impact sur son devenir économique, cellequi constitue sa vraie puissance est l'or gris que forme l'ensemble des connaissances contenu dans les cerveaux de la jeunesse; (4) une société de plein emploi est chose du passé.Il faudra dorénavant prévoir et organiser une société de pleine occupation.Il est faux de prétendre que la robotique est génératrice d'emplois.Elle est cependant génératrice d'activités économiques et son implantation n'est plus maintenant une question de choix mais une question de survie économique.Grâce au robot (extension du cerveau), l'être humain se libèredes tâches ardues et répétitives pour accéder à des tâches plus créatices.On assiste à une augmentation de la longévité, à une diminution de la natalité et, par conséquent, à un vieillissement progressif de la population; (5) les populations exigent dorénavant un accroissement de la qualité de la vie et de l'environnement.Elles vivent cependant dans ce paradoxe implicite où, en même temps, d'énormes efforts sont déployés pour prolonger la vie et, simultanément, pour produire des engins qui offrent le potentiel d'anéantir toutes vies sur la terre.L'avenir de l'ingénierie La vision de notre monde futur qui a été esquissée dans les paragraphes précédents nous permet de dégager des tendances fortes qui marqueront l'avenir de la profession, soit • le pouvoir associé aux connaissances; • l'accélération des changements et la complexification des savoirs; • la prépondérance des technologies en général et de celles des communications en particulier parmi les facteurs transformant notre société; • le nouveau partage des temps d'apprentissage, de loisir et de travail dans un plan de vie.L'ingénierie fait plus que de subir ces tendances fortes; en fait, elle participe à leur création.Par conséquent, il y a lieu de constater que la profession d'ingénieur accroît son influence dans la société.L'histoire nous apprend que les 15 ingémeur/mars-avril 1987 techniques transforment profondément lescivilisations.Elles continueront de le faire dans l'avenir mais de façon beaucoup plus diversifiée et plus intense.La profession subira une diversification de ses champs de pratique.Ces nouveux champs ne seront pas exclusivement réservés aux ingénieurs mais ceux-ci seront mieux préparés que la plupart des autres professionnels pour y apporter une contribution originale et appréciée.L'on peut penser par exemple à la conception, à l'administration, à la gestion financière et technique à tous les niveaux dans des domaines aussi variés que la construction, le transport, l'astronautique, les banques, l'alimentation, la distribution des biens, l'assurance, l'informatique appliquée et les technologies associées à la médecine et à la gestion des soins à la santé.L'ingénierie bénéficiera également de l'importance grandissante des emplois indirects.Au début de la dernière guerre mondiale, on comptait deux emplois directs pour chaque emploi indirect.En 1955, ce rapport était de un à un.En 1985, il était de deux emplois indirects pour chaque emploi direct.Bon nombre de ces emplois indirects nécessitent des connaissances techniques poussées que possède l'ingénieur ou qui lui sont plus facilement accessibles qu'à d'autres.Ces emplois indirects seront davantage intégrés au cycle de production comme on peut déjà le constater dans les usines flexibles où la fabrication assistée par ordinateur élimine la plupart des emplois directs.Au Canada, l'ère de la mise en place massive des grandes infrastructures — réseaux routiers et ferroviaires, aqueducs, égouts, aVpgares, ports — est à toute fin pratique révolue.L'ingénierie sra dorénavant appelée à gérer ces infrastructures, à les maintenir en bon état et à les adapter selon la variation des besoins.Au Québec, l'activité économique s'appuiera de plus en plus sur le développement de l'industrie de la transformation et de la fabrication.L'ingénierie sera intimement liée à cette transformation qui se fait déjà sentir dans la région de Montréal par la consolidation de l'industrie aérospatiale.Cet accroissement de l'activité économique sera basé sur la production de biens subissant de rapides transformationstechnologiqueset destinés aux marchés mondiaux donc, fabriqués en grande quantité et donnant lieu à des écono-miesd'échelle.Ce déplacement de l'activité économique, de l'exploitation des matières premières vers la production de biens posent des défis et offrent des possibilités sans précédant à l'ingénierie québécoise.L'ingénieur du futur La technologie joue un rôle grandissant danstoutes les sphères de l'activité humaine.Il paraît évident que l'ingénieur verra accroître progressivement son implication dans la société.De par sa formation, l'ingénieur a accès à des connaissances scientifiques et techniques et il peut, de son propre chef, s'initier auxautres domaines de connaissances.L'inverse est beaucoup plus difficile.Peu de spécialistes des lettres, des humanités ou de l'administration ont une compréhension suffisante des sciences et des techniques pour leur permettre d'appréhender avec quiétude et sérénité les transformations de la civilisation que les technologies de pointe laissent entrevoir aujourd'hui.Plus que cette compréhension des systèmes technologiques, les qualités qui seront recherchées chez l'ingénieur de l'avenir sont celles qui font sa force aujourd'hui.Ce sont la capacité de comprendre un problème apparemment complexe, la perspicacité pour en dégager les paramètres importants et l'ingéniosité pour générer une solution satisfaisante Cette habileté à la synthèse et à l'innovation sera certes rendue plus difficile par la prolifération et la tendance au morcellement et à la compartimentation des connaissances (la spécialisation).L'ingénieur du 21e siècle devra donc acquérir la polyvalence nécessaire pour pouvoir dégager les pincipes communs à plusieurs domaines du savoir.Ceci implique l'apprentissage de plusieurs spécialités en génie ou tout au moins d'éléments de plusieurs spécialités.L'ingénieur devra aussi être ouvert aux domaines scientifiques autres que le sien propre — biotechnologie, sciences sociales, médecine — et aux autres secteurs professionnels tels que le droit, la gestion et l'économie.Cette diversité des connaissances impliquera pour la plupart des ingénieurs l'obtention d'une maîtrise en ingénierie ou en administration des affaires et la poursuite de la formation formelle tout au long de sa carrière.Cette polyvalence devra être complétée par des aptitudes qui permettront à l'ingénieur de se sentir à l'aise et de jouer pleinement son rôle dans le commerce international.Il lui sera nécessaire de s'ouvrir à plusieurs cultures et d'acquérir la connaissance de plusieurs langues.Le défi est grand.Il est emballant.L'avenir offre, pour l'ingénierie, des possibilités dont on ne peut définir facilement les limites.Il s'agit pour nous de se préparer à relever ce défi et de le faire en étant conscient que nous aurons une bonne part de responsabilité dans l'établissement de la société que nous léguerons à nos descendants dans 25 ou 30 années.• GÉOPHYSIQUE APPLIQUÉE À L'INGÉNIERIE ET À LA GÉOTECHNIQUE 275.ST-JACQUES OUEST SUITE 54 • PROJETS ENVIRONNEMENTAUX MONTREAL, QC CANADA H2V 1M9 • LEVÉS HYDROGRAPHIQUES (514) 842-9807 16 l'ingémeur/mars-avril 1987 Cent ans déjà.Le présent numéro est consacré au centenaire du génie au Canada.Cent ans de génie est un événement qu'on se doit de célébrer.On doit se pencher sur le passé, sur l'histoire, observer le présent puis regarder vers l'avenir et poursuivre le chemin.L'année 1987 a donc été proclamée L'ANNÉE DU CENTENAIRE DU GÉNIE AU CANADA! Les ingénieurs de toutes les régions du pays célèbrent avec éclat le centième anniversaire de la mise sur pied de leur première association professionnelle.Depuis de nombreux mois, la Commission du centenaire, ses multiples comités, les associations provinciales d'ingénieurs et les sociétés techniques spécialisées s'affairent aux préparatifs de ce grand événement, avec la collaboration de l'entreprise privée et de divers organismes publics.Sous le thème VISION, COEUR ET RAISON — LE GÉNIE CANADIEN: LES CENT PROCHAINES ANNÉES, de nombreuses activités régionales, nationales et même internationales se déroulent d'un bout à l'autre du Canada, tout au cours de 1987.Elles mettenten lumière le rôle capital du génie dans la vie quotidienne de tous les citoyens et les perspectives d'avenir que laisse entrevoir l'état actuel des diverses disciplines du génie.Le Centenaire que les ingénieurs canadiens célèbrent, c'est celui, plus précisément, de la fondation à Montréal, en 1887, de la Société canadienne de génie civil.Presque toutes les activités d'ingénierie exercées au Canada relevaient soit du génie civil, soit du génie militaire.Toutefois, lorsque le nom de la Société a été changé en celui d Institut canadien des ingénieurs, en 1918, la profession s'était étendue à d'autres disciplines.La nouvelle appellation reflétait ainsi de façon plus juste letravail accompli par des ingénieurs spécialisés, dans un pays en pleine croissance.Dès 1920, des lois régissant le génie sont adoptées dans six provinces et, par la suite, dans les autres provinces et territoires du pays.L'année 1925 voyait la fondation de l'Association des ingénieurs-conseils du Canada.Cette association regroupe actuellement quelque huit cent cinquante firmes et représente plus de cent cinquante disciplines.Quelques années plus tard, soit en 1936, on mettait sur pied le Conseil canadien des ingénieurs professionnels.Il s'agit d'une fédération des douze associations provinciales et territoriales chargées de l'émission des permis et de l'inscription des ingénieurs au Canada En célébrant le Centenaire de l'Institut canadien des ingénieurs, c'est aussi et surtout les cent ans de génie professionnel au Canada qu'on veut mettre en lumière.Et justement, pour souligner dignement cet événement, les membres des trois grandes associations dont nous venons d'évoquer la naissance ont créé la COMMISSION DU CENTENAIRE DE L'INGÉNIERIE INC., que préside le président-directeur général de Lavalin, Bernard Lamarre.Pour afficher les couleurs du Centenaire, la Commission a choisi un thème riche de signification: VISION, COEUR ET RAISON — LE GÉNIE CANADIEN : LES CENT PROCHAINES ANNÉES.Cela veut dire, bien sûr, qu'on a placé l'année sous le signe de l'avenir, mais que cet avenir doit faire appel aux plus hautes qualités des hommes et des femmes qui le bâtiront, pour le plus grand bien de la société.L'avenir du génie est intimement lié à celui de la société canadienne.Vision, cœur et raison constituent, en ce sens, les bases véritables de l'engagement des ingénieurs canadiens envers cette société.Mais qu'est-ce donc qu'on a prévu pour rappeler à la grande famille des ingénieurs et à la population tout entière que LE GÉNIE A FAÇONNÉ CE VASTE PAYS?QU'IL L'A DESSINÉ, DÉLIMITÉ, CONSTRUIT, AMÉNAGÉ?Au début de l'année, on pro-cédra, à Ottawa, au lancement officiel du CENTENAIRE DU GÉNIE CANADIEN.À cette occasion, il y a eu proclamation de dix projets exceptionnels des cent dernières années, dans le domaine du génie au Canada.Le comité chargé de la mission très difficile de choisir les élus a reçu quatre-vingt-huit candida- tures, toutes plus prestigieuses les unes que les autres, provenant de toutes les régions du pays et même des États-Unis, où vivent des Canadiens qui s'intéressent à l'événement! Les réalisations soumises vont de l'infiniment petit à l'infi-niment grand, à l'image des champs de pratique de notre profession.Outre cette proclamation au lancement du Centenaire, les dix réalisations seront l'objet de divers honneurs et mises en valeur, tout au cours de l'année, et la Commission verra à leur assurer une reconnaissance permanente.D'autre part, elles auront une place de choix dans un document télévisuel.Il est probable qu'un tel document soit présenté à l'étranger et fasse ainsi valoir aux téléspectateurs d'autres pays le dynamisme canadien en matière de technologie.Cette visibilité internationale de notre génie se fera particulièrement sentir lors de l'événement qui constituera le point culminant du Centenaire: LE CONGRÈS DU CENTENAIRE DU GÉNIE CANADIEN qui se tiendra à Montréal du 18 au 22 mai 1987.Il s'agit d'une aventure scientifique sans précédent dans l'histoire du génie! Une trentaine de sociétés canadiennes d'ingénieurs et de groupes spécialisés représentant toutes les disciplines du génie ont accepté de participer à la préparation du programme technique.Du génie biomédical aux stations aérospatiales, en passant par l'ingénierie des régions froides, le développement des sources alternatives d'énergie, l'intelligence artificielle, les satellites de communication, la robotique ou la biotechnologie: on explorera toutes les facettes du génie.Le choix des thèmes illustre la portée scientifique, économique et sociale de chacune des spécialités du génie.Le Congrès fera la brillante démonstration qu'il faudra plus que jamais compter avec le génie, au cours des cent prochaines années! La participation canadienne s'annonce massive.Les dernières projections relatives aux inscriptions s'élèvent à trois mille ingénieurs et huit cents étudiants.Par 17 l'ingénieur/mars-avril 1987 ailleurs, le Congrès suscite l'intérêt des ingénieurs d'un peu partout dans le monde.Les demandes de renseignements affluent des États-Unis, de l'Angleterre, de l'Australie.D'autre part, les organisateurs ont convoqué au Congrès du Centenaire les dirigeants des quatre-vingt-cinq organismes membres de la Fédération mondiale des sociétés d'ingénieurs qui seront en congrès à Vancouver, à la fin du mois de mai.Et les mem-bresdu Commonwealth Engineering Association ont annoncé leur participation.Atout seigneurtout honneur! Pour célébrer leur Centenaire avec le faste qui s'impose, les ingénieurs ont fait appel à un illustre ancêtre, soit Léonard de Vinci, le premier de tous les ingénieurs.C'est ainsi que de mai à septembre, le Musée des beaux-arts de Montréal présentera une exposition exceptionnelle consacrée à ce grand maître de la Renaissance italienne.Une autre exposition prestigieuse se tiendra à Montréal, au Vieux-Port cette fois, de mai à septembre.Cette exposition technique d'envergure internationale regroupera les contributions de plusieurs grandes sociétés privées.Outre ces événements culturels majeurs, le Congrès du Centenaire du génie canadien comportera une brochette d'activités à caractère social, touristique, sportif et gastronomique, offertes individuellement ou sous forme de forfait.Tous les congressistes recevront la médaille commémorative réalisée par l'artiste ontarienne Dora de Pedery Hunt.Coulée en or, en argent ou en bronze, cette médaille sera également remise aux invités d'honneur du Centenaire.Parmi les faits saillants qui marqueront le Centenaire, il faut mentionner le lancement d'un important ouvrage signé par Norman Bail.Publié en anglais et en français, ce livre luxueux illustrera, par le texte et par l'image, la glorieuse épopée des cent années du génie canadien.Un document qui ne manquera pas de susciter l'enthousiasme et la fierté des ingénieurs et du grand public.Une exposition itinérante relatant les grands moments de l'ingénierie canadienne sillonnera le pays pour accompagner le lancement de cet ouvrage.Le génie a fait sa marque partout, au Canada.Et partout, il sera salué avec les égards qu'on lui doit.Les groupes d'ingénieurs de tout le pays mettent la main à la pâte avec ardeur! Chaque région soulignera le Centenaire à sa façon.1987 sera une année faste! Comme on peut s'en rendre compte par ce bref survol des événements et des activités qui marqueront le Centenaire du génie canadien, les organisateurs ont voulu donner à ces grandes fêtes un caractère «populaire», en ce sens qu'elles s'adressent non seulement aux ingénieurs, mais aussi à la population canadienne tout entière.Parailleurson n'a rien négligé pour que le Centenaire du génie canadien rayonne bien au-delà de nos frontières.On s'est aussi particulièrement attaché à intéresser la jeunesse à ce beau champ d'activité humaine qu'est le génie, sous toutes ses formes, dans toutes ses spécialités.Tout a été mis en oeuvre dans l'enthousiasme pour faire du Centenaire du génie canadien une fête sans précédent.Ce sera également une année de prise de conscience.Visionnaires et engagés, rationnels et audacieux, responsables et réalistes, les ingénieurs vont réfléchir ensemble sur la société à construire et sur les défis à relever.Et, par un effet de rétroaction important, le grand public alimentera cette réflexion.Un rendez-vous à ne pas manquer.Le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches peut aider à relever les défis techniques qui se posent à votre entreprise et vous mettre sur la voie du succès — sans entraves.Le réseau du PARI donne accès à des ressources scientifiques et techniques partout au Canada, ainsi qu’à l’étranger.Nos programmes couvrent toute une gamme de services: consultation technologique, programmes à frais partagés, entreprises technologiques à l’échelle internationale.Vous nous trouverez dans les Pages jaunes sous la rubrique “Technologie”.Le CNRC: la technologie à la portée de l'entreprise.m Conseil national National Research B ^ de recherches Canada Council Canada lCXv^lCX 0 18 l'ingénieur/mars-avnl 1987 Léonard de Vinci, premier ingénieur La célébration du Centenaire des ingénieurs est une occasion de prédilection pour rendre un hommage percutant à Léonard de Vinci.Tel un prophète, nomade et solitaire, il est passé, en son temps, d'une ville à l'autre, sans être véritablement reconnu à sa juste mesure, mais littéralement emporté par le courant de ses idées, de ses aspirations pour ne pas dire de son génie tellement il a été prolifique de découvertes et de trouvailles.La Renaissance avait rendu l'Italie fébrile et productive.L'effervescence des chercheurs, l'activité artisanale et artistique, la circulation des idées, tout poussait à l'universalisme, à la polyvalence et à la liberté créatrice.Léonard de Vinci a su conjuguer la fièvre de son époque à la sienne.Car sa véritable passion aura été la connaissance de la nature visible et des phénomènes invisibles qui commandent et régissent les corps.Percevoir, observer, vérifier, expérimenter, c'était là la démarche de de Vinci.Il voulait tout savoir: connaître le fonctionnement de l'univers et en apprivoiser les forces.Le graphisme et la mathématique lui ont permis de nous le dire trois à quatre cents ans avant d'autres inventeurs.Peu de ce qu'il a imaginé a été réalisé de son vivant.Mais son œuvre préfigurait le métier d'ingénieur avec la mécanique appliquée et la création d'une technologie.Ses croquis, d'une précision remarquable et d'un esthétisme peu commun, allaient visualiser, concrétiser ses plus folles idées.Si folles elles étaient à l'époque, il est maintenant possible de parler du don de visionnaire de Léonard de Vinci.Pour ce dernier, l'art, la science et l'invention technologique étaient intimement reliés.Peintre, sculpteur, architecte, ingénieur et théoricien, il entreprit des recherches en botanique, anatomie, cartographie, géologie, étude des matériaux, hydraulique, urbanisme, art militaire, architecture, mécanique et horlogerie.Vie et œuvre Né le 15 avril 1452 dans le hameau d'Anchiano, près de Vinci en Toscane, à 30 km de Florence, il pourra profiter de la formation d'un des meilleurs ateliers florentins en peinture, sculpture et art décoratif.Soucieux de répondre à trois aspects de la peinture — pictural, graphique et spéculatif — il créa une douzaine de chefs-d'œuvre exemplaires.Il tenait à mettre en pratique les résultats de ses recherches théoriques comme par exemple l'invention de la composition pyramidante et du sfumato.Il renouvela aussi l'art du portrait.En sculpture, il dût résoudre les problèmes de mouvement et d'équilibre, d'appareils de levage et de procédés de fonderie reliés à l'édification de statues monumentales comme pour cette statue équestre de Sfonza à Milan, qui n'a malheureusement jamais été achevée.Ce précurseur du delta-plane et même du parachute avait compris le principe de la portance de l'air.Il avait mesuré les forces aérodynamiques de l'air en inventant des instruments.Ses ailes mécaniques copiées sur celles des chauve-souris, ses machines volantes invraisemblables, son projet d'hélice aérienne — préfigurant l'hélicoptère — ses moulins à vent en avaient fait un Jules Vernes.Ses expériences balistiques utilisaient également ses connaissances de l'air afin d'améliorer la vitesse de tir des armes.Les guerres incessantes entre les cités italiennes et avec les royaumes voisins l'obligèrent à se pencher sur les problèmes militaires.Léonard de Vinci était au service des princes de l'époque donc nécessairement engagé à titre d'expert et d'ingénieur militaire: machines de guerre, véhicule blindé, char de combat avec ou sans plate-forme, ponts provisoires, canons, canon à vapeur, bombarde, arbalètes géantes, batterie de plusieurs pièces, obusieursgéants, obustrin-qués, bombes explosives, bombes à ogives, perfectionnement des armes à feu et bien d'autres inventions en sont des exemples édifiants.L'anatomie et l'horlogerie étaient également des domaines parfaitement maîtrisés par Léonard.La connaissance du corps humain n'avait plus aucun secret pour lui, ni dans sa croissance — depuis la conception — ni dans ses mécanismes.De Vinci allait au-delà des constatations.Il en expliquait le fonctionnement, ce qui l'amenait directement à la physiologie.Sa démarche l'induisait même à la création d'instruments de musique.D'autre part, sa connaissance de systèmes complexes d'engrenages, de ressorts, de contrepoids et d'autres mécanismes sophistiqués en faisait un grand artisan d'horlogerie et d'automates; il méritait le titre de grand maître des fêtes de la cour Ses jouets mécaniques atteignaient des tailles gigantesques.Techniques, éléments mécaniques et machines Quant à l'apprentissage technique de Léonard sur le chantier du Dôme de Florence, déjà les ingénieurs de l'époque se consultaient et travaillaient en équipe.L'achèvement du Dôme exigeait l'invention de nouvelles techniques, la tradition s'étant perdue depuis le Panthéon romain.Léonard a su concevoir une grue immense, capable de soulever des pierres énormes à 300 pieds de haut.Témoinsde la prospérité artisanale des villes italiennes de la Renaissance, Léonard de Vinci était convaincu de devoir recourir à l'automatisation des machines afin d'en obtenir un rendement industriel.Une véritable obsession le possédait: matérialiser les lois et les principes de la physique, puis utiliser ces éléments de mécanique pour créer ses célèbres machines.Il croyait à la fois au système de transmission qui assure une réduction de vitesse, avec une augmentation de force ainsi qu'à la transformation du mouvement alternatif en un mouvement circulaire et vice-versa.Vis, clavettes, treuils, poulies, joints, ressorts, palans, engrenages, leviers, pistons, roues dentées, pignons, maillons de chaînes, crochets à déblocage automatique, roulements à bille, système de roulement à disque, mécanismes différentiels, l'ensemble des problèmes mécaniques étaient soulevés.Ses épures d'une précision stupéfiante nousdévoilent tout son arsenal.Il lui restait à procéder à l'assemblage de ces pièces pour réaliser le montage de ses machines, toujours sur croquis.Déjà la conception de modèles préfigurait le travail des dessinateurs industriels et la construction des prototypes.La rigueur de sa démarche était prodigieuse.Voiture, bicyclette, autres véhicules, appareils de levage, grues, foreuses, raboteuses, laminoirs, machines 19 l'ingénieur/mars-avril 1987 textiles, machines à usinage.Léonard de Vinci prédisait l'avènement de l'industrialisation.L'exposition L'exposition Léonard de Vinci au Musée des beaux arts de Montréal (mai à novembre 1987) reconstituera huit de ces machines complètes et en état de marche.Trois machines hydrauliques y seront reconstituées.Les travaux hydrauliques des ingénieurs italiens de cette période étaient déjà très avancés.L'héritage des Romains avait été d'un apport considérable.Mais la contribution de Léonard dans la recherche des lois régissant la statique et la dynamique des fluides n'est pas négligeable.Il s'était intéressé à l'irrigation et à la régularisation des fleuves.Il imagina des excavatrices, des dragues, des écluses à deux portes et des pompes de tous, les types.Il étudia l'humidité, la vapeur, les vagues, les marées.Il conçut des appareils pour les mesurer.Moulin à eau, scaphandre, respirateurs, gants, chaussures, bouées, gilets de sauvetage, cloche submersible — ancêtre du sous-marin — sont des inventions pour lesquelles il savait transposer ses connaissances de l'eau.Léonard, architecte L'exposition introduira les visiteurs au monde de l'architecture.Cette analyse des éléments structuraux composant l'architecture les préparera à pénétrer une autre dimension de la pensée de Léonard de Vinci.Ce dernier avait suggéré quelques propositions pour la construction du dôme de la Cathédrale de Milan.L'on pourra en évaluer l'ingéniosité.Ses projets d'église à plan centré (croix grecque inscrite dans un cercle ou un carré) seront également décrits.Une maquette de 12 pieds de hauteur sera érigée à cet effet.Une section montrera ses différents projets d'escaliers.Tel un long récit animé, cette exposition prétendra apporter un nouvel éclairage sur l'œuvre impressionnante de Léonard de Vinci.Elle tentera de lui rendre justice et reconnaissance comme il se doit.Elle constituera un événement de taille.ni En matière de normes, Pignorance peut compromettre bien des projets! Les produits doivent souvent se conformer à plusieurs normes.En omettre une seule au moment de la conception peut vous obliger à reprendre tout le travail.Partez du bon pied! Assurez-vous de bien connaître les normes applicables.Pour vous renseigner sur les normes canadiennes, étrangères et internationales, appelez sans frais, 1-800-267-8220.Pour vous procurer des normes étrangères et internationales, appelez 1-800-387-8242, ou écrivez au Conseil canadien des normes, 350 rue Sparks, pièce 1203, Ottawa, Ontario KIR 7S8.u Conseil canadien des normes BOUTHILLETTE PARIZEAU ET ASSOCIÉS EXPERTS-CONSEILS MÉCANIQUE • ÉLECTRICITÉ CONSERVATION DE L'ÉNERGIE 9825 RUE VERVILLE MONTRÉAL (QUÉ.) H3L 3E1 TÉLÉPHONE 514 383-3747 LES ASSOCIÉS ROLAND BOUTHILLETTE, ing.MAURICE PARIZEAU, ing.ANDRÉ DORE, ing.DENIS ÉMOND, B Sc.Comm.JEAN-GUY GAGNÉ, ing.JEAN-CLAUDE HÉBERT, ing JULIEN HOULE, ing.MICHEL POULIOT, ing.PIERRE ROUSSEL, ing.RENÉ VIAU, ing.20 l'ingénieur/mars-avri! 1987 Berceau d'une profession centenaire, Montréal accueille avec éclat le congrès du siècle! Dr.Léopold Nadeau, ing Coordonnateur général Il y a plus de cent ans, Montréal assistait à la fondation de la première association d'ingénieurs au Canada: la Société canadienne de génie civil.Elle abrite aujourd'hui les trois plus grandes sociétés de génie conseil du pays, également chefs de file sur la scène internationale.Il lui revient donc de recevoir brillamment le Congrès du centenaire du génie canadien.Ce point culminant de l'année du Centenaire aura donc lieu du 18 au 22 mai 1987 au Palais des congrès de la métropole.Tout autour du programme officiel d'échanges techniques se greffent un foule d'activités s'adressant au cœur, à la vision, à la raison de l'ingénieur venu s'interroger avec sespairssur legéniecanadien: les cent prochaines années.Cet article vise essentiellement à faire un tour d'horizon de ces activités encadrant remarquablement le congrès du siècle.Des invités de marque Les véritables vedettes du congrès seront bien sûr les plus de 5 000 participants attendus représentant toutes les disciplines du génie.À lui seul, ce fait sans précédent ne saurait manquer d'attirer l'attention du public et des médias sur une profession souvent «invisible» comme le démontre un film réalisé en Ontario dans le cadre du centenaire.Cette production sera d'ailleurs projetée pour la première fois en public au cours de la semaine du congrès.Pourtant, pour rendre hom-mageaux 135000 ingénieurs canadiens, des figures de premier plan ont tenu à se joindre aux congressistes.Son Excellence la très honorable Jeanne Sauvé, Gouverneur général du Canada, honorera de sa présence l'éblouissante soirée dansante du jeudi 21 mai.Le lendemain, le Premier ministre du Canada, le Très honorable Brian Mulroneyqui avait lui-même donné le coup d'envoi de l'Année du centenaire du génie canadien à Ottawa en janvier dernier, prononcera le mot de la fin en tant que conférencier invité au déjeuner de clôture du congrès.Son homologue québécois, le Premier ministre Robert Bourassa se chargera, pour sa part, du premier déjeuner-causerie le mardi 19 mai.À cet impresionnant palmarès de dirigeants venus témoigner de la reconnaissance de la population envers notre profession, s'ajoute encore un illustre conférencier.Il s'agit d'un ingénieur canadien d'excellente réputation, respecté de ses pairs et mondialement reconnu, M.Camille Dagenais.Son intervention au déjeuner du 21 mai compte parmi les activités à ne pas manquer.Des visites techniques soulignant l'excellence du génie canadien.Au programme des activités du congrès, les visites techniques du mercredi 20 mai occupent une place de choix.Au menu, plus de 13 randonnées, incluant parfois deux visites, partant toutes simultanément du Palais des congrès et amenant les ingénieurs participants de la Baie James au Sague-nay-Lac-Saint-Jean.Le tableau ci-après donne une liste abrégée de ces occasions uniques d'apprécier les grandes réalisations du génie canadien ou de le voir à l'oeuvre.Des réunions d'ingénieurs sans précédent Le congrès appartient aux congressistes.Pendant toute sa durée, de nombreuses sociétés et associations entendent profiter de l'occasion pour réunir leurs membres, discuter ou célébrer à leur façon.La Société canadienne du génie chimique organise, entre autres, un «Déjeuner du mérite» le mercredi 20 mai.Par ailleurs, la Fédération mondialedesorganisa-tionsd'ingénieurs, dont le congrès annuel aura lieu à Vancouver les 25 et 26 mai prochains, a décidé de tenir une réunion extraordinaire et 7 sessions techniques à Montréal durant le congrès.Parmi d'autres sociétés ayant prévu des activités particulières, mentionnons le Commonwealth Engineers' Council; l'Institut canadien des ingénieurs; le Conseil canadien des ingénieurs; l'Association des ingénieurs-conseils du Canada et l'Ordre des ingénieurs du Québec.Des chefs de file en R&D spécialisée: • LA SOCIÉTÉ RECHERCHES BELL NORTHERN • PRATT & WHITNEY DU CANADA • L'IREQ • L’INSTITUT CANADIEN DE RECHERCHES SUR LES PÂTES ET PAPIERS • LE CENTRE DE RECHERCHE NORANDA • L'INSTITUT DE GÉNIE DES MATÉRIAUX • SPAR Une des plus importantes avionneries au pays.• CANADAIR Un système moderne permettant de joindre le cœur du pays à 3 500 km de la mer: • LA VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT Le complexe intégré d'un leader mondial en simulation de vol: • CAE ELECTRONIQUE L'un des systèmes de radiodiffusion les plus étendus au monde: • RADIO-CANADA Le grand responsable de l'expansion du métro de Montréal et expert-conseil en transport urbain: • LE BUREAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Un audacieux concept architectural mettant en œuvre des techniques d'ingénierie inédites: • LE PARC OLYMPIQUE DE MONTRÉAL 127 410 m2 de complexe de plein-pied de tri postal : • LE CENTRE PRINCIPAL D'ACHEMINEMENT POSTAL DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN L'un des plus grands complexes hydro-électriques au monde: • LA BAIE JAMES L'un des plus récents et plus vastes complexes d'alumineries: • alcan au Saguenay-Lac-Saint-Jean.21 l'ingénieur/mars-avril 1987 Une forte participation des étudiants Fidèle au thème visant les cent prochaines années, la relève sera de la partie.Grâce au Comité étudiant du centenaire, plus de 800 futurs ingénieurs pourront assister aux sessions techniques du congrès et prendre le pouls de la profession.Ainsi, les étudiants de toutes les écoles de génie du Canada peuvent bénéficier d'un forfait comprenant, outre les sessions techniques: l'hébergement, un certain nombre de repas et un programme complet d'activités organisées exclusivement à leur intention y-inclus des visites techniques et deux grandes soirées de fête.L'université McGill abritera les quartiers généraux des ingénieurs étudiants.C'est d'ailleurs le doyen de la faculté de génie de McGill, M Pierre Bélanger, ing., qui inaugurera officiellement le congrès pour les étudiants lors d'un vin et fromage le 18mai prochain.Ajoutons que le ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources du Canada, l'honorable Marcel Masse, a déjà accepté de présider une grande réception dansante organisée pour clore cette semaine du génie pour lesétudiants le 23 mai.Des soirées inoubliables Les soirées organisées à l'intention des congressistes ne seront pas moins grandioses et rehaussées par la présence d'invités de prestige.Par exemple, pour lancer le congrès du siècle, quoi de mieux qu'un concert gala à la Place des Arts?Le maestro Charles Dutoit dirigera lui-même l'Orchestre symphonique de Montréal en deuxième partie.Mais tout d'abord, Léonard de Vinci viendra en personne inaugurer la fête comportant un programme varié: vidéo sur Montréal et les activités du congrès, première mondiale de la projection d'un nouveau film réalisé sur ordinateur par Mme Nadia Thalmann, hommage aux dix plus grandes réalisations primées.La soirée se terminera par un buffet gargantuesque où tous pourront commencer à échanger cordialement avant de passer sérieusement aux sessions techniques dès le lendemain matin.Le mardi 19 mai, histoire de terminer la journée sérieuse en s'amusant, il y aura une soirée Casino organisée exclusivement pour les congressistes et leurs conjoints.Tables de jeux, musique, danse et autres divertissements sont sûrs de plaire à tous les goûts.Et pour clôturer en beauté les activités sociales, le jeudi 22 mai, un grand gala sous la présidence d'honneur de Son Excellence la très honorable Jeanne Sauvé, Gouverneur général du Canada.Lors de cette soirée d'une rare élégance, il y aura danse et dîner gastronomique.On y procédera aussi au tirage d'un voyage pour deux à Cannes dans le cadre du concours des pré-inscriptions au congrès.Soulignons ici que la date limite pour l'inscription au concours a été reportée de fin février à fin mars pour permettre à un plus grand nombre d'y participer.Deux expositions d'envergure internationale en hommage au génie Inaugurées en même temps que le congrès, deux grandes expositions marqueront à leur façon d'une part, les origines de la profession et, d'autre part, son identité canadienne et son avenir.Sous le thème de «Léonard de Vinci, ingénieur et architecte», le Musée des beaux-arts de Montréal exposera une collection de dessins manuscrits ou «codex» du grand visionnaire de la Renaissance italienne.Ces documents n'ont jamais été réunis dans un même lieu depuis la mort du Maître en 1519.Pour réussir ce tour de force, des experts ont parcouru l'Angleterre, la France, la Belgique, l'Allemagne et l'Espagne et sont allés jusqu'aux États-Unis.Pour mieux faire revivre de Vinci, l'ingénieur, le Musée a fait construire suivant ses spécifica-tions(calculs, matériaux, procédés) huit grandes machines.Des salles ont même été transformées pour réfléter ses idées et son utilisation de l'espace environnant.Par ailleurs, un peu grâce au congrès et beaucoup à la Commission du centenaire de l'ingénierie, Montréal bénéficiera enfin, l'espace d'un été, d'un véritable musée des sciences rendues accessibles à toute la famille.Il s'agit de la bientôt fameuse EXPOTEC, une exposition occupant plus de 40000pi2 dans le Vieux Port de Montréal.EXPOTEC s'est inspirée du thème du Congrès, «Le génie canadien: le cent prochaines années» pour exposer en public les nombreuses technologies de pointe développées au pays dans des domainesaussi variésque le génie électrique, informatique, pétrochimique, biotechnologique, aéronautique, militaire et autres (transport).Avec EXPOTEC on assistera à une autre première mondiale: une exposition d'hologrammes provenant de toutes les parties du monde, la plus importante jamais présentée.Cette collection a été réunie par le Musée national des sciences et de la technologie d'Ottawa.Unique elle présente les hologrammes, sortes d'images lumineuses à trois dimensions, sous deux aspects distincts: en tant qu'œuvres d'art et tels qu'utilisés dans le commerce et l'industrie.Au cœur d'EXPOTEC faisant état d'un passé garant de l'avenir on retrouvera aussi les dix plus grande réalisations canadiennes en génie des 100 dernières années.Ces réalisations font l'objet d'immenses panneaux-réclames entourés d'aires de repos.Une pléiade d'activités socioculturelles Des promenades, des visites guidées, des excursions, des évènements spéciaux, ainsi se résume l'impressionnant programmed'ac-tivités socio-culturelles encadrant le congrès.Soulignons que, comme pour tout le congrès, les organisateurs ont tenu à limiter les frais à débourser par les ingénieurs ou leurs conjoints pour participer à ces évènements.Parmi ceux-ci, on remarque une visite exceptionnelle de l'exposition des trésors de la Thrace, aujourd'hui Bulgarie.Organisée par la Ville de Montréal et intitulée «L'Or des cavaliers thraces», elle met en vitrine plus d'un millier d'objets précieux exposés pour la première fois du Canada.D'autres activités varient de la descente en «jet boat» des derniers rapides du Saint-Laurent à la démonstration sur l'étiquette et l'art de recevoir en passant par des visites guidées des villes de Montréal et de Québec et par un défilé de mode des plus belles fourrures canadiennes.Et pour prolonger le 22 I ingénieur/mars avril 1987 plaisir au déjeuner ou au dîner les congressistes pourront se repaître au Festin des Gouverneurs à l'ile Ste-Hélène où un repas leur sera servi comme au temps de Frontenac en 1642.L'après-congrès Les célébrations du centenaire s'inscrivent dans un esprit pancanadien au fait de la révolution technologique sur la scène internationale.Les organisateurs du congrès ont prévu un programme spécial d'excursions pour prolonger l'esprit du congrès et stimuler les échanges entre ingénieurs canadiens et étrangers.Nos homologues d'autres pays pourront bénéficier de visites spectaculaires révélant, d'un océan à I autre, une contrée portant la marque profonde de ses ingénieurs.Ces excursions prévoient des forfaits d'environ une semaine et des itinéraires couvrant les dix provinces canadiennes.Ainsi, après un retour aux sources, le génie et l'innovation des ingénieurs professionnels quittera Montréal à nouveau pour entreprendre un second siècle que nous pouvons escompter riche en innovation et en défis si le passé est garant de l'avenir.études •> ' ingénierie approvisionnement gestion de projets J;’’ construction ?¦ ; • • •• imWM Laval in Siege social: 1100, boul Dorchester O Montreal (Quebec) ~H3B 4P3 Tel (514) 876 4455 Telex 055-61250 11 mon - ter - val • oclété d'axpartlaaa Géotechnique Géologie Mécanique des Roches Contrôle des matériaux Hydrogéologie Int 3245 Grande Allee.Boisbriand, Que.J7H 1E4 442 ave Centrale, Val d'Or, Que J9P 1P5 Tel.(514) 430 9112 Tel (819) 824 6894 Tél.1 800 361 7718 QUÉFORMAT LTEE 591 LE BRETON LONGUEUIL P Q J4G 1R9 674 4901 FORAGES ÉTUDES GÉOTECHNIQUES CONTRÔLE DES MATÉRIAUX .CONTROLE DES MATÉRIAUX .ÉTUDES GÉOTECHNIQUES .ANALYSES CHIMIQUES Tél.: 336-5650 UE Les Laboratoires Industriels et Commerciaux Limitée 190 Beniamin-Hudson, St-Laurent Quebec.Canada H4N 1H8 fondée en 1928 G G 1400 rue Sauvé O , suite 214 Montréal, Québec Canada H4N 1C5 Tél (514)337-1030 Télex 05-825571 Lalonde Girouard Letendre & Associés Ltée Ingénierie, études techniques et gérance de projets SIAL Compagnie Internationale de Géophysique Inc.Etudes Géophysiques Hydrogéologie Vibration & Seismisite Géologie & Géochimie Exploration Minière Environnement 2225 Chemin Saint-François, Dorval, Québec, Canada H9P 1K3 (514) 683-4215 Télex GTS HTD MTL • 05-821643 23 l'ingénieur/mars-avril 1987 Dans le cadre du Congrès Conférences thématiques et sessions techniques Les conférences thémathiques Par James Ham* Président du comité technique Le programmetechnique présente un vaste éventail des spécialités du génie.Les ingénieurs de toutes les disciplines pourront y trouver leur intérêt, que ce soit dans le domaine de leurs connaissances spécialisées ou celui de leur pratique.En plus d'offrir à chacun ce qui le concerne plus particulièrement, le comité technique a voulu servir aux congressistes des conférences sur de grands thèmes d'intérêt général.À chaque jour du congrès, le comité a voulu que les ingénieurs se retrouvent autour de quatre conférences ditesthématiques.Le premier jour on traitera de sujets qui ont été les préoccupations majeures dans l'édification de la société : d'abord les ressources naturelles avec une vision écologique, l'énergie, les transports et les communications.À la seconde journée, on s'adressera aux grands défis de l'heure présente, à savoir, le défi des océans canadiens, la biotechnologie, les déchets, et enfin l'intelligence artificielle et la robotique.Au troisième jour, il était tout naturel qu'on scrute l'avenir.Les thèmes choisis sont les risques des nouvelles technologies, l'impact économique des nouvelles technologies, le génie et l'innovation et en dernier lieu, le génie et le développement du tiers monde.Chacun des sujets énumérés comporte un grand intérêt pour les ingénieurs.Le comité a, de plus, choisi d'éminents conférenciers pour traiter chacun des thèmes.Il sera sans doute difficile à chaque jour d'arrêter son choix, tant pour l'intérêtdu sujetque pour la valeur du conférencier! Le comité a toutefois prévu de rendre les textes disponibles sur demande.Les notes qui suivent donnent un aperçu du contenu de chacune des conférences thématiques.Les lecteurs de l'INGÊ- #M James Ham est un ancien président de l'Uni versité de Toronto.NIEUR y trouveront sûrement leur intérêt et ne voudront pas manquer un congrès qui ne se produit qu'une fois par siècle! L'énergie C'est un Canadien qui a inventé le procédé selon lequel on extrait le kérosène du pétrole, première utilisation d'une ressource qui fournit plus d'énergie dans le monde que toute autre.La société moderne industrielle utilise proportionnellement plus d'énergie et ce, de façon plus efficace que les anciennes sociétés agraires.Essentiellement, toute cette augmentation de la demande énergétique s'est produite au cours des dernières cent années et le Canada est en grande partie responsable de cette croissance remarquable.Avec à peine 25 millions d'habitants, il occupe aujourd'hui le huitième rang parmi les pays consommateurs de combustibles fossiles et seuls les États-Unis, l'U.R.S.S.et le Japon le dépassent en consommation d'électricité.Cet exposé traite de l'apport du Canada au développement énergétique et de la croissance de la consommation nationale en énergie.Conférencier: John Foster Les transports Historiquement, la technologie des transports peut être considérée comme ayant ses origines aux VIIIe ou VIIe siècle A.D.: des véhicules glissant sur terre et sur mer grâce à la force humaine.Jusqu'au début du XIXe siècle, les seules véritables innovations en ce domaine on tété le véhicule sur roues, l'utilisation des animaux et les navires à voiles (mus par les vents).Puis, la vapeur vientfournir l'énergie pour le transport de surface et sur l'eau, alors que la construction de routes et de voies ferrées augmente considérablement l'étendue et la capacité du transport terrestre.Au cours du siècle, le moteur à combustion, le moteur électrique, les turbines à vapeur et au gaz nous ont apporté le vol motorisé, le transport de masse et de surface (y-inclus les pipelines) et des augmentations d'échelle du transport maritime.Le développement du transport au Canada a passé à travers les mêmes étapes.Depuis les premiers occupants cependant, il a été inextricablement relié à l'évolution politique et sociale et aux objectifs nationaux.Il en est encore de même aujourd'hui.Si l'on examine le transport à l'heure actuelle et ses potentialités, la réussite de toute innovation ou développement dépend aussi bien de la volonté politique que de nos capacité et ressources technologiques.Conférencier: John Gratwick Le défi des océans canadiens Avec ses côtes s'étendant à perte de vue et ses plate-formes continentales touchant trois océans, le Canada devrait être une nation maritime de premier plan.L'impression générale est qu'il ne l'est pas.Cependant, si l'on se fie à ses compétences en science et en génie, cette impression devient fausse.À l'instar des premiers explorateurs européens, les Canadiens se sont fait pionniers et ont développé des compétences uniques pour travailler dans ces eaux difficiles.Aujourd'hui nous pouvons démontrer que nous sommes technologiquement des chefs de file en gestion des ressources marines — principalement pour la pêche et l'exploitation pétrolière — et en systèmes de transport ainsi qu'en véhicules automatisés sous-marins contrôlés à distance.Nous avons en place un cadre de gestion constitué d'un nombre imposant de spécialistes et d'organismes compétents en comparaison des bénéfices commerciaux présentement tirés du commerce des océans.Ceci, bien sûr, parce qu'une faible proportion seulement des océans sous intendance canadienne sontfacilement accessibles.Deux forces soutiennent la poursuite de nos activités dans ces eaux hostiles: l'exercice par le Canada de sa souveraineté territoriale et l'exploitation gazière et pétrolière à partir de plates-formes en haute-mer.Ces deux initiatives ont permis non seulement de développer de nouveaux équipements opérationnels mais aussi d'innover sur de nouvelles technologies 24 l'ingénieur/mars-avril 1987 de soutien pour travailler dans de telles immensités.La prochaine étape consiste à trouver le moyen d'exploiter les ressources des océans.Cet objectif nécessite une recherche s'appliquant directement à des opérations effectuées annuellement dans un site spécifique.Dans le cas du pétrole de l'arctique, par exemple, nous avons beaucoup appris des expériences opérationnelles.Noussavonsqu'il existe des réserves de grande valeur, nous connaissons les problèmes du travail en eaux éloignées fréquentées par les glaciers et nous possédons du personnel spécialisé pour le faire.Nous savons aussi surtout que les coûts étaient trop élevés pour nous permettre d'être compétitifs.Le défi consiste maintenant à utiliser nos compétences en génie pour inventorier toutes ces ressources à l'échelle nationale à en réduire le coût tout en préservant l'environnement.Deux centres canadiens de l'excellence — le Centre for Frontier Engineering Research et le Centre for Cold Ocean Resources Engineering — réunissant les talents de l'industrie, du gouvernement et de l'université, sont sur cette voie.Nous donnerons quelques exemples de leur démarche.Conférencier: A.E.Pallister Séances thémathiques Ressources naturelles et vision écologique Les ressources dites renouvelables — parmi les plus communes, l'air et l'eau et parmi les plus laissées à l'exploitation privée, la terre, la forêt et l'océan — peuvent être considérées du point de vue de la notion de rendement prolongé ce qui s'accorde avec la théorie écologique.Le Canada est loin d'atteindre ce rendement.La qualité de l'air et de l'eau s est détériorée bien qu'elle se réhabilite peu à peu.La préservation des sols et l'amendement des terres et des forêts d'une façon convenable demeurent encore hors de portée.Les désiquilibres écologiques et la pollution en sont en partie responsables mais les mauvaises pratiques d'exploitation abondent encore également.Par ailleurs, les ressources non-renouvelables — le pétrole, le gaz, le charbon, les gisements miniers — sont limitées et font l'objet d'une gestion largement dictée non par des idées écologiques mais par la technologie disponible, les structures tarifaires et salariales.On procède encore à d'importants déversements de résidus (sulphates, déchets miniers lessivés).Et ceci se répercute sur le rendement des sources renouvelables.Une gestion écologique judicieuse, par niveaux stratégiques, rapporte à long terme.Mais, cela semble difficile à avaler pour les dirigeants de la grande entreprise pour des raisons de bilans financiers.Conférencier: F.Kenneth Hare Les communications Le Canada s'est taillé une réputation de détenteur d'un des systèmes les plus perfectionnés de télécommunications au monde — un réseau qui a uni cette nation et créé une identité canadienne.Ce réseau a été forgé par des dizaines de milliers d'ingénieurs s'attachant à traduire des idées abstraites en des produits utiles répondant aux besoins du monde réel.Le Canada a joué un rôle très particulier dans l'Histoire des Télécommunications.Le premier téléphone, les premières émissions radio, les premiers réseaux commerciaux à fibre optique sont tous d'origine canadienne.Nous avons donc une solide plate-forme pour prendre part à l'émergence d'une économie fondée sur l'information et régie de plus en plus par les communications.La capacité de transmettre une quantité illimitée d'informations et de communiquer avec n'importe quel point d'un réseau dans son ensemble, offre des potentialités dépassant tout ce qui aurait pu être imaginé il y a à peine quelques années.La révolution dans le domaine des communications a eu un impact profond dans le do-maine du génie.De nouvelles techniques assistées par ordinateur, tellesque la simulation et la modélisation, orientent l'ingénieur vers plus d'abstraction, plus d analyse mathématique, moins d'expérimentation et vers des niveaux considérablement plus élevés de compétence et d'excellence.Aujourd'hui, les ingénieurs s'impliquent de moins en moins dans des travaux de génie conventionnel et se préoccupent davantage de formuler des idées et de faire des choix.Pourtant, la formation en génie ne s'est pas ajustée à la demande de l'Ère de l'Information.La pluridisciplinarité de la technologie moderne implique que les ingénieurs ne peuvent plus s'isoler, se confiner à une seule discipline.De plus en plus, ils seront appelés à jouer un rôle essentiel dans l'énonciation de politiques et procédures.Ces réalités invoquent un nouveau type d'ingénieur, une nouvelle approche.Cela, si les ingénieurs canadiens entendent continuer à servir leur pays aussi bien dans l'avenir que par le passé.La biotechnologie En 1970, «l'industrie» de la biotechnologie telle que nous la connaissons aujourd'hui n'existait tout simplement pas.Cependant, une sommedetravail énorme avait déjà été réalisée en recherche pure, reconnue d'une part par des douzaines de prix Nobel et d'autre part par une grande popularité dans les médias.Toute cette recherche pure atteint une apogée sans précédent lorsqu'en 1970 se développe la capacité de manipuler des cellules et le DNA.Ce phénomène déclenche l'établissement de centaines de nouvelles entreprises et l'investissement dans celles-ci de milliards de dollars.Après un décalage de quel-quesannées, on assiste également à l'engagement d'autant de milliards en biotechnologie par de grandes sociétés multinationales.En même temps, les nations sentent le besoin de se doter de politiques à long terme concernant leur intervention future en ce domaine.Dans certains cas, être chef de fiie en biotechnologie à l'échelle internationale devient même une prio-roté nationale.Plus important encore, ces circonstances s'accompagnent de réalisation en sciences appliquées et en génie qui surprennent même les défenseurs les plus convaincus de la biotechnologie.25 I ingénieur/mars avril 1987 Les études de marchés dans des secteurs comme la santé, l'agriculture et l'industrie estiment à des centaines de milliards de dollars les débouchés avant la fin du siècle.Le contraste entre la suraccumulation de science pure il y a 15 ans et l'incroyable lancée de la science appliquée aujourd'hui vaut la peine d'être examiné tout comme le phénomène des semi-conducteurs où les entrepreneurs américains joue un rôle de chef de file presque par défaut.Conférencier Ronald E.Cape Les déchets La prolifération des déchets due aux activités humaines et présentée ici dans une perspective historique.Il s'agit de déchets humains, industriels et agricoles sous toutes les formes: solides, liquides ou gazeuses.L'impact de l'industrialistion et de l'urbanisation sur l'environnement est examiné en même temps que les moyens utilisés par les civilisations passées et présentes pour faire face aux problèmes impliqués.La croissance «explosive» au coursdu siècledernier a suscitéde nouveaux défis pour le génie en tantque profession.Quelques-uns des problèmes, tels que les effets à long terme des produits chimiques toxiques et de la disposition des déchets atomiques demeurent encore des préoccupations majeures sans solutions apparentes.En définitive, le défi pour les ingénieurs ne consiste pas seulement à trouver des solutions techniques à ces multiples difficultés mais aussi à le faire de façon à satisfaire les besoins économiques et sociaux du pays.Conférencier: Donald R.Stanley L'intelligence artificielle et la robotique La technologie de l'information est en phase de transition passant du traitement de l'information au traitement des connaissances.Les systèmes à base de connaissances ont déjà un certain impact économique et provoquent un changement social important.Nous devons saisir les nouveaux concepts de l'ingénierie des connaissances, comprendre ses aspects économiques et dynamiques, et les traiter à partir des matières premières jusqu'aux produits à base de connaissances.La technologie de l'information peut mieux être comprise comme phénomène d'un monde vivant, généré et entretenu par ses procédés.Ses manifestations en génie informatique et génétique émanent d'une recherche qui anime et motive toute activité humaine et vise à réduire la complexité et à mieux prédire l'avenir.L'identification des besoins sociaux qui sous-tendent la génération de systèmes à base de connaissances permet de prévenir les besoins et de discerner les types de technologie susceptibles de les satisfaire, les sociétés qui en résulteront, les dilemnes moraux ou éthiques devant être confrontés.Ceci implique une révision des progrès effectués en intelligence artificielle et en robotique et un aperçu de leur impact sur le génie en tant que profession et sur la société.Conférencier: Brian Gaines Les risques des nouvelles technologies L'étude quantitative des risques d'ennuis biologiques est toute aussi importante que celle des ennuis mécaniques et présente de semblables difficultés.Ces problèmes se produisent particulièrement lorsqu'il s'agit d'établir la sécurité de nouveaux agents ou procédés lorsque le degré de risque n'est pas suffisamment connu d'expériences antérieures et lorsqu'une méconnaissance publique du danger et de la nature prévisible de l'essai, provoquent une angoisse bien compréhensible quant à l'importance du risque encouru.En biologie, cette situation est illustrée par les risques attribués auxagentstelsque les radiations par ions ou l'amiante, dont les effets se développent après une longue période latente et probablement sans aucun seuil de sécurité complète.La comparaison entre les genres et l'envergure estimée de tels effets avec les risques plus connus de la vie publique ou opérationnelle, est importante lorsque les mesures de contrôle établies pour de tels risques sont susceptibles d'être reconnues comme garantissant une sécurité adéquate.Conférencier: Sir Edward E.Pochin L'impact économique des nouvelles technologies De nombreux auteurs ont essayé de prédire l'avenir de l'innovation technique et se sont trompés.Cet exposé passe en revue quelques-uns de ces échecs et discute des problèmes impliqués.L'une des faiblesses principales des prédictions antérieures à été l'incapacité de faire le lien entre la technologie et l'économie.Lorsque la «trajectoire» de la technologie était claire, les prédictions se sont avérées remarquablement bonnes.Aujourd'hui, les difficultés viennent surtout d'un changement dans le «paradigme technologique», de la substitution d'une technologie à based'information à une technologie à base d'énergie.Cet exposé discute de l'impact économique de ce paradigme et de l'orientation future probable de la technologie de l'information, de la technologie de l'énergie et de la biotechnologie à la lumière de cette substitution.Conférencier: Christopher Freeman Le génie et l'innovation Le génie est une science appliquée ayant pour objet l'utilisation de produits inorganiques et de phénomènes physiques pour souscrire aux besoins humains des structures, machines, produits manufacturés et services techniques.L'innovation, dans ce contexte, est le processus de la découverte, du développement et de la commercialisation de la nouvelle technologie.26 I ingénieur/mars avril 1987 Cette conférence examine l'histoire de l'innovation en génie au Canada.Elle établiera des comparaisons avec les activités d'innovation technique dans d'autres pays pour tenter de voir comment nous faisons concurrence à l'international.L'exposé étudie en outre la capacité d'innover de l'inventeur, du scientifique et de l'ingénieur de même que les forces et les faiblesses de chacun dans ce domaine.Finalement, une question: Comment l'ingénieur peut-il innover le plus efficacement au sein de l'émergence de technologies nouvelles.Puis, des suggestionsquant à la possibilité pour le génie canadien d'innover plus efficacement.Conférencier: Allan Crawford Le génie et le développement du Tiers-Monde Le Canada s'est taillé une excellente réputation en fournissant des services d'ingénierie à d'autres pays développés et en voie de développement.Il est appelé à jouer un rôle important d'assistance aux pays en voie de développement en particulier par l'entremise de l'Agence canadienne de développement international.Dans cette fonction, il est d'une importance vitale que nous comprenions les enjeux du transfert de la technologie à des sociétés culturellement différentes.Conférencière: L'honorable Monique Landry, Ministre.?Les sessions techniques Gilles Perron ing.Coordonnateur Programme technique Le congrès du Centenaire du Génie fournit l'occasion d'une extra- ordinaire rencontre de quelque vingt-six sociétés ou associations techniques et professionnelles qui présentent des services d'information.Au coursde la périodedequa-tre jours, soit du 19 au 22 mai inclusivement, un total de 282 sessions est offert aux congressistes.Dans les journées les plus intenses, on aura le choix de 28 sessions parallèles couvrant toutes les facettes de l'ingénierie.Nos lecteurs ont reçu tant les bulletins que les deux versions du programme préliminaire où on donne strictement les titres de chaque séance.Le contenu de chacune a été laissé à l'initiative des sociétés participantes.La plupart comportent la présentation de communications dont le nombre varie entre un et cinq dans un période d'une heure et demie.Un certain nombre prendront la forme de panel.Enfin on en retrouvera quelques-unes où on présentera des films choisis sur d'importantes réalisations scientifiques.Quant aux sujets eux-mêmes, beaucoup seront à caractère très scientifique.C'est le cas de plusieurs sociétés techniques qui tiennent à cette occasion leur assem-bléeannuelle.Elles conservent leur format habituel et offrent des com-municationsqui s'adressent à leurs membres dans leur discipline propre.Bon nombre de présentations ont par ailleurs un caractère plus général et s'adressent à des sujets susceptibles d'attirer ceux qui ont quelque peu délaissé leur spécialisation originale.On parlera des océans, de l'espace, de l'environnement, sujetsqui concernent tout le monde et qui doivent intéresser chacun d'entre nous.On retrouve encore des séances organisées par des sociétés professionnelles.L'Association des Ingénieurs-Conseils du Canada (AICC) en dispensera sur la direction de projet et l'exportation de services d'ingénierie à l'étranger.Le Conseil Canadien des Ingénieurs traitera de la formation en génie et de la main-d'œuvre en génie.Il procédera respectivement par le Bureau Canadien d'accréditation des cours de génie et son Conseil Canadien de la main-d'œuvre en génie.Il est encore intéressant de noter que le Comité National des Doyens en génie et en sciences appliquées présentera lui aussi une session sur la formation.Le service de génie de la Défense Nationale y va de sa participation.Une telle venue est en elle-même une nouveauté.On y exposera au cours de plusieurs séances le rôlede l'ingénieur et de l'ingénierie dans la sécurité du pays.Enfin notons la présence de la Fédération Mondiale des Asso-ciationsd'lngénieurs.Toutau long du congrès, la FMOI nous entretiendra de l'information aux ingénieurs.Après avoir tenu son congrès bi-annuel à Vancouver, elle a voulu être des nôtres dans ce con-grèsdu siècle.Les ingénieurs canadiens apprécieront cet apport d'un organisme mondial qui attirera de nombreux confrères étrangers.Le programme technique comporte donc une ampleur tout à fait exceptionnelle et unique.C'est une occasion à ne pas manquer.En plus de l'information technique, les diverses manifestations constituent autant d'attractions qui doivent motiver notre présence.Comme disait le Président: «Il serait malheureux qu'on n'y soit pas, il faudra attendre en l'an 2087 pour retrouver pareille occasion;» SUJETS PRÉSENTÉS Survol de l'environnement Équipement forestier Stations aérospatiales Transport par rail Histoire de la géotechnique Phénomènes de transmission Formation en génie chimique Polymères CAD/CAM/CAE Symposium: Technologie de la bière Design de bioréacteur Contrôle par ordinateur Sources alternatives d'énergie Génie minier au Canada: Passé, Présent, Futur Alimentation en Pétrole Canada Formation et structures marines Techniques d'ordinateur en fabrication 27 I ingénieur/mars-avril 1987 Réacteurs nucléaires CANDU Production d'électricité Électricité aérospatiale Un siècle de réalisations Structures Génie de l'environnement Applications d'ordinateurs Le génie civil dans le Tiers-Monde Histoire Information aux ingénieurs dans les industries Construction et activités militaires Structures en mer glaces-icebergs Concours étudiant en design Lubrification et usure Gestion de grands projets Revue de grands projets Phénomènes de transmission Formation en génie chimique Composés de polymère Procédés de fermentation Design de bioréacteur Design à l'aide d'ordinateur Sources alternatives d'énergie Précédés pour l'or L'avenir du gaz naturel Projets d'Arctique brisage des glaces Manutention de rtiatériel Réacteurs nucléaires CANDU Transmission et distribution d'électricité Satellites et communication Mini festival de films Danger des innondations Comment les industries diffusent l'information aux ingénieurs Ingénierie des combats Arpentage hydrographique instrumentation Bouilloires à vapeur et cogénération Transport urbain L'avenir de la géotechnique Phénomènes de transmission Formation en génie chimique Procédés de fermentation Stimulation de procédés chimiques Design à l'aide d'ordinateur Recherche et développement Procédés pour l'uranium Défis futurs en alimentation d'énergie Structures navales pêche en eau profonde Système et contrôles de fabrication CANDU sécurité et réglementation Mini festival de films Rediffusion et communication Mini festival de films Statistiques hydrologiques Cartographie militaire Mise à jour de l'accréditation Main-d'œuvre en génie, évolution perception, progrès ingénierie sous-marine Lasers en fabrication Composés en ingénierie La protection des gens Ventilation des résidences animales Systèmes de récolte et ventilation Main-d'œuvre: choix et formation CANDU Gestion des déchets Automatisation en construction Études d'ingénierie Communication et électronique Voie Maritime du Saint Laurent et pollution Matériaux explosifs Instruments médicaux Ingénierie de production Transport routier Phénomènes de transmission Formation en génie chimique Cinétique de la réaction enzyme Simulation de procédés chimiques Problèmes d'environnement avec Au et U Érosion des sols Procédés de séchage à l'électricité Robotique Réalisations uniques du CANDU Électronique en énergie Communication par ordinateur Robotique et automatisation Modèles hydrauliques Gestion des déchets et contamination de l'eau Transport Information en création et prise de décision Dynamique navale Ingénierie de réaction Procédé polymère CAD/CAM/CAE Science des polymères Procédés de traitement biologique Contrôle par ordinateur Alimentation transport raffinage utilisation Innovation siècle futur Évolution de l'industrie et du marché Système d'alimentation du CANDU Sédimentation Filtrage des contaminants du sol Formation en génie civil Génie Aérospatial R & D technologie en haute mer Formation en génie chimique Procédé polymère CAD/CAM/CAE Symposium: Technologie de la bière Design de bioréacteur Contrôle par ordinateur Sources alternatives siècle futur Systèmes en ressources hydrauliques Contamination du sol interaction transport Formation génie Équipement minier Transfert de chaleur CAD/CAM Conception nouvelle de la prévention-incendie Ingénierie de l'alimentation Traitement des déchets d'animaux Haute technologie agricole Techniques de distribution CANDU Sécurité-risques réglementation Formation en génie électrique Santé et sécurité Micro-électronique Recherche en électrotechnique Instrumentation et applications Transport nordique L'avenir de l'amiante Applications de matériaux Ingénierie des réactions Rhéologie Cinétique de la réaction enzyme Simulation de procédés chimiques Implantation et organes artificiels Technologie des serres Irrigation et drainage Gestion des matériaux Fusion au Canada et dans le monde Technologie de l'électro-chaleur Téléphonie et télécommunication Ingénierie des régions froides Migration des contaminants Ingénierie des régions froides Transfert électronique de l'information Forces terrestres Géomatique et gestion Transport marin Standards Exportation de services Tunnels du passé, du présent et de l'avenir Ingénierie des réactions Procédés de traitement biologique Simulation de procédés chimiques Alimentation transport raffinage utilisation Évaluation économique procédés chimiques Aides techniques aux invalides Systèmes de tillage Procédés d'entreposage et électricité Mesure et amélioration de la production Ingénierie de fusion Laser et électro-optique Intelligence artificielle Ingénierie hydraulique Gestion des déchets et contamination des sols Rajeunissement du génie civil Construction Mécanique d'ingénierie Contrôle de pollution HVAC Exportation de services Procédés de traitement biologique 28 l'ingémeur/mars-avrïl 1987 Alimentation transport raffinage utilisation Ingénieurs et le monde des affaires Modèles d'ordinateur et diagnostic Équipement de récolte Matériaux de structure Qualité et contrôle des procédés Fusion source alternative d'énergie Matériaux Génie biomédical Ingénierie de construction Sociétés et associations participantes A.C.S.G.Association canadienne des sciences géodésiques A.C.T.Association canadienne des tunnels A.I.C.C.Association des ingénieurs-conseils du Canada C.C.I.Conseil canadien des ingénieurs C.N.D.S.A.G.Comité national des doyens des écoles de science appliquée et de génie F.M.O.I.Fédération mondiale des organisations d'ingénieurs I.C.A.S.Institut canadien aéronautique et spatial I.C.G.M.Institut canadien des ingénieurs en génie maritime I.E.E.E.Institute of Electrical and Electronics Engineers M.D.N.-GÉNIE Ministère de la Défence nationale — Génie M.G.M.-I.C.I.Membres généralistes de l'Institut canadien des ingénieurs S.C.G.Société canadienne de génie géotechnique S.C.G.A.Société canadienne de génie rural S.C.G.B.M.Société canadienne de génie biotechnique et médical S.C.G.C.Société canadienne de génie civil S.C.G.C.h.Société canadienne du génie chimique S.C.G.E.Société canadienne de génie électrique S.C.G.I.Société canadienne de génie industriel S.C.G.M.Société canadienne de génie mécanique S.E.E.Société d'énergie explosive 5.1.M.E.T.Société des ingénieurs métallurgistes du Québec 5.1.P.I.Société des ingénieurs en prévention-incendie S.M.(ICM) Société de métallurgie de l'Institut canadien des mines et de la métallurgie S.IM.A.M.E.Society of Naval Architects and Marine Engineers S.N.C.Société nucléaire canadienne S.P.(ICM) Société de pétrole de l'Institut canadien des mines et de la métallurgie SAUVE ASSURANCE inc Mesdames les ingénieures, Messieurs les ingénieurs, Vous avez toujours de bonnes raisons de communiquer avec nous COMPOSEZ LE 384-7371, vous serez agréablement surpris! RICHARD SAUVÉ ASSURANCE INC.130 HENRI-BOURASSA EST MONTRÉAL H3L1B7 TÉLÉPHONE: 384-7371 LIGNE WATS : 1 -800-361 -3922/1-800-361 -3925 29 ]& système Octolume Pleins feux sur l’éclairage de demain./su d’une technologie d’avant-garde, le système fluorescent Octolume offre qualité d’éclairage supérieure et maximum de rendement sous forme d’une lampe mince et efficace.Économie d’énergie, rendement supérieur et couleurs plus éclatantes.pas question de lésiner sur l’efficacité.Conçu et mis au point par Philips, le système Octolume ne représente que l’un des nombreux produits révolutionnaires qui prouvent la suprématie de Philips dans le monde en matière d’éclairage.L'éclairage avec les lampes fluorescentes au tri-phosphore donne plus d'éclat aux couleurs, donc un meilleur teint à vos employés.Les gens se sentent mieux tout simplement parce qu 'ils paraissent mieux.Résultat, la productivité augmente.OCTOLUME Comparativement aux lampes traditionnelles CW et WW, le système Octolume (avec un gain d'efficacité de 90 % et une luminosité accrue de 5 %) permet une économie d'énergie déplus de 10 %.Pour en savoir davantage au sujet du système Octolume, ou d’un autre de nos excellents produits, composez le 416-292-5161, ou faites parvenir votre demande à: Philips, 601, avenue Milner, Scarborough (Ontario) M1B 1M8.L’éclaireur du monde Division Éclairage PHILIPS r r Université de Moncton 'N L'université sollicite des candidatures aux postes de PROFESSEURS EN: GÉNIE GÉNÉRAL GÉNIE INDUSTRIEL Postes offerts également aux femmes et aux hommes Sous réserve d'approbation budgétaire, les postes ci-haut mentionnés seront à combler à compter du 1er juillet 1987.Lors de son engagement, le professeur à plein temps se voit attribuer un des rangs professoraux définis dans la convention collective selon sa formation et son expérience.Le traitement annuel est établi aussi selon la formation et l'expérience GÉNIE GÉNÉRAL (Poste régulier) Fonctions: Enseignement et recherche aux niveaux du 1er et 2e cycles.Formation: Ph D.ou l'équivalent.Les candidat(e)s possédant la maîtrise avec expérience pratique dans le domaine pourront également être considéré(e)s Les candidat(e)s devront posséder une formation en CAO/DAOeten ingénierie d'ordinateur appliquée dans le domaine du génie civil, industriel et mécanique Maîtrise de la langue française tant orale qu'écrite.GÉNIE INDUSTRIEL (Poste régulier) Fonctions: Enseignement et recherche aux niveaux du 1er et 2e cycles.Formation: Ph D.ou l'équivalent.Les candidat(e)s possédant la maîtrise avec expérience pratique dans le domaine pourront également être considéré(e)s.Les candidate's devront posséder une formation dans au moi os un des c.naines suivants production et contrôle d'inventaire, planification, système humain, contrôle de la qualité, simulation, robotique et IAO/FAO Maîtrise de la langue française tant orale qu'écrite.Les candidatures pourront être considérées dès leur réception et selon leur ordre d'arrivée.Toute candidature doit comporter un curriculum vitae détaillé avec le nom de trois (3) répondants et être transmise au plus tard le 1er avril 1987.Communiquer avec: Monsieur Narendra Srivastava, directeur École de génie Faculté des sciences et de génie Centre universitaire de Moncton Université de Moncton Moncton (Nouveau-Brunswick) E1A 3E9 Téléphone: (506) 858-4309 Conformément aux exigences relatives à l'immigration au Canada, ces postes sont offerts aux citoyens canadiens et aux résidents permanents seulement.^- ^ Centre universitaire de Moncton J Nous Avons d’Excellentes Références ! 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