L'ingénieur, 1 décembre 1963, Hiver
•mo •Xjcuqn ©Mi s lïOj-t'Oioeo HIVER 1 O « 3 ANNÉE NO 106 '4krr 4-r^ ¦ ^ Mi M RIELLE CANADIENNE warn 4SÂ VOTRE NOUVEAU CENTRE DE SERVICE CATERPILLAR^ MONTRÉAL PROJETÉ ET BÂTI POUR VOUS MIEUX SERVIR! SITUÉ DANS LE NOUVEAU PARC INDUSTRIEL À POINTE-CLAIRE SUR SERVICE DES PIÈCES PIÈCES REMISES A N SERVICE TECHNIQUE ÉCHANGE D’ENSEMBLES DE PIÈCES MACHINES USAGÉES gw—aai Cat et Caterpillar sont /y l ifiP Uf \J l\j7 Wl \J 1 r 1 ¦ m ækIM® Il s IRT LJO .i% 1 frtBwti/ des marques déposées de CATERPILLAR TRACTOR CO.ROUTE TRANS-CANADA, POINTE-CLAIRE, QUÉBEC — TÉL 697-6911 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Jt HIVER 1963 VOLUME 49 — No 196 ADMINISTRATION ET ABONNEMENTS Ernest Lavigne .secrétaire B.P.501, Snowdon, Montréal 29, Canada Tél.: RE.9-2451 RÉDACTION Louis Trudel rédacteur en chef PUBLICITÉ 2500, ave Guyard Montréal 26 Tél.RE.9-2451 PHOTO DE COUVERTURE On a pu voir à l'Exposition Française de Montréal ce disjoncteur à 735,000 volts présenté par les Industries électriques et électroniques françaises.Ce disjoncteur est analogue à ceux qu'Hydro-Québec a commandés à la France pour l'équipement d'une ligne de transport à la plus haute tension du monde.Voir article en page 19 de ce numéro, ainsi que l'article en page 35 de notre numéro d'automne 1963.somme LE MATÉRIEL D’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE FRANÇAIS par Henri Noël .19 ANALYSE D’UN RÉSEAU D’AQUEDUC PAR CALCULATRICE ÉLECTRONIQUE par Bernard Lanctôt et L.Cour vil le .27 L INDUSTRIE MINIÈRE SE RÉVEILLE par Paul Riverin .31 LE CHAUFFAGE RADIANT PAR INFRATHERMES par Germain Berland .33 OBSERVATIONS SUR L INFLUENCE D’UN COURANT ÉLECTRIQUE SUR LA SÉGRÉGATION par Rémi Tougas et André Hone .36 COUP D’OEIL SUR L’INDUSTRIE ET SUR LA TECHNOLOGIE .10 VIE UNIVERSITAIRE .40 NOUVELLES DES INGÉNIEURS .42 REVUE DES LIVRES .48 s INDEX DE L’ANNÉE .50 INDEX DES ANNONCEURS .52 ÉDITEURS : L'Association des Diplômés de Polytechnique, en collaboration avec l'École Polytechnique de Montréal, la Faculté des Sciences de l'Université Laval et la Faculté des Sciences de l'Université de Sherbrooke.C.P.501, Snowdon, Montréal 29, Canada.Tél.: RE.9-2451.Parution: mars, juin, septembre et décembre.— Imprimeurs : Pierre Des Marais.— Abonnements : Canada et Etats-Unis $5 par année, autres pays $6.— Autorisée comme envoi postal de la seconde classe, Ministère des Postes, Ottawa.— Droits d'auteurs : les auteurs des articles publiés dans L'INGÉNIEUR conservent l’entière responsabilité des théories ou des opinions émises par eux.Reproduction permise, avec mention de source; on voudra bien cependant faire tenir à la Rédaction un exemplaire de la publication dans laquelle paraîtront ces articles.— L'Engineering Index et Chemical Abstracts signalent les articles publiés dans L'INGÉNIEUR.TIRAGE CERTIFIÉ : MEMBRE DE LA CANADIAN CIRCULATION AUDIT BOARD te AB Un autre projet FORM-LOK Charpentes pour les Services de Contrôles à Niagara Falls, consistant dans un ensemble de 5 piliers totalisant 6,000 verges cubes de béton.Ce projet fut effectué en 1962 par l’Hydro Ontario qui nous rapporte ceci : “Selon les remarques qui nous parviennent du chantier, le système de coffrage FORM-LOK nous a donné entière satisfaction et s’est avéré excellent pour ce genre de travail." ~“-‘C ïpôwjj* LE MICROFILM RECORDAK DANS LE DESSIN INDUSTRIEL Un classeur de dessins microfilmés, montés sur cartes à fenêtre, ne prend que 2% de la place exigée par les originaux.Avec le système Recordak pour dessin industriel, les dessins ne quittent jamais le classeur.N’importe quel document peut être retrouvé instantanément.peut être reproduit en quelques secondes et à peu de frais, pour consultation immédiate dans le lecteur Recordak.Plus besoin d’attendre les réimpressions coûteuses.Et pour toute sécurité, un double de tous les dessins peut être conservé hors de l’établissement.Vous voudriez en savoir davantage?Envoyez le bon ci-contre pour recevoir notre dépliant détaillé.of Canada Ltd.(Filiale de la Eastman Kodak Company) Halifax • Québec • Granby • Montréal Ottawa • Kingston • Toronto • Hamilton • London Sudbury • Winnipeg • Regina • Edmonton • Vancouver * REVOYEZ-LES.SUR DOSSIER DE MICROFILM RECORDAK AISEMENT ACCESSIBLE PUMtZ Ct COUPON DES AUJOURD’HUI L-1Z-I RECORDAK ot Canada Lie! , 4988 Place de la Savane, Montréal, P.Q.Veuillez m’envoyer tous details sur le système de microfilmage Recordak.Nom_________________________________ Ville Prov.Bureaux de vente et d’entretien—Consultez les PAGES JAUNES de l'annuaire à l’article "MICROFILMS” pour obtenir l’adresse et le numéro de téléphone.L’INGÉNIEUR HIVER 1963 — 3 POUR LES ROUTES DE L'AVENIR, LE QUÉBEC EMPLOIE BETON Ce tronçon de la route Trans-Canada, actuellement en construction près de Montréal, s’inscrit dans le vaste programme de construction routière entrepris par la Province de Québec; le revêtement est en béton fait de ciment “Canada”.Le béton dure longtemps et exige très peu d’entretien.Pour le contribuable, il représente une épargne substantielle.Il est officiellement reconnu que les routes de béton résistent, sans grand entretien, à la circulation la plus intense; leur surface de roulement demeure toujours la même, ce qui augmente la sécurité routière et le plaisir de conduire.Ce pont à double travée en encorbellement, fait de béton précontraint, est le premier de ce genre en Amérique du Nord.Long de 590 pieds, il traverse, près de Sainte-Adèle, la rivière aux Mulets qu’il domine de 85 pieds.Cet ouvrage important, construit lui aussi avec du ciment “Canada”, vient s’insérer dans le prolongement de l’autoroute des Laurentides.çsetj.a S: lïü y JAW N (En haut) Propriétaire: Ministère de la voirie de la province de Québec.Ministre: L’hon.Bernard Pinard.Sous-ministre: M.Roger-J.Labrecque.Ingénieur en chef: M.Arthur Branchaud.Entrepreneurs généraux: Construction Rive-Sud Ltée.Fournisseurs du béton: 0.Beaudry & Fils.(En bas) Propriétaire: Office des autoroutes du Québec.Président: M.Guy Poliquin.Ingénieur en chef: M.Roger Trudeau.Entrepreneurs généraux: Janin Construction Limited.Plans: Régis Trudeau, ingénieur-conseil.Fournisseurs du béton: Mount Royal Paving &.Supplies Limited.Assistance technique et documentation sur demande dans tous les bureaux de vente cimeNT CANada muiii Canada Cement company, limited IMMEUBLE CANADA CEMENT, PLACE PHILLIPS, MONTRÉAL Bureaux de vente: Moncton, Québec, Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Regina, Saskatoon, Calgary, Edmonton ASSOCIATION CANADIENNE DES SONNES SOUTES A — HIVER 1963 L’INGÉNIEUR LA CHAUDIERE AUTOMATIQUE INTEGREE STEAMBLOC POUR ÉCOLES HÔPITAUX INSTITUTIONS MAISONS DE RAPPORT ' CENTRES D’ACHATS USINES INDUSTRIES La “steambloc” est une chaudière complète par elle-même, d'une puissance de 20 à 725 CV et offrant de nombreuses possibilités d’adaptation pour répondre à une grande variété d’applications.La “steambloc” est une chaudière ignitube horizontale à trois passes, à tirage forcé, intégrée et entièrement automatique, disponible en versions vapeur ou eau chaude.La “steambloc” est livrée équipée de tous ses auxiliaires entièrement renfermés dans son enveloppe et montée sur une base d’acier épais.L’ensemble est de formes simples et compactes, n’exige ni fondations ni excavations spéciales et s’installe dans un espace minimum.La “steambloc” comporte cinq pieds car- rés de surface de chauffe par cheval de puissance nominale.La “steambloc” subit, avant son expédition de l’usine, des épreuves sévères qui lui garantissent une efficacité d’opération supérieure à 80% dans des conditions normales de fonctionnement.La “steambloc” est équipée d’un brûleur pouvant utiliser toutes les huiles combustibles jusqu’au mazout “C”.La combustion efficace et complète n’engendre pas de fumées nuisibles.Pour vous documenter sur la “steambloc”, téléphonez ou écrivez au plus proche bureau ou agent de B.& W.: vous y trouverez un représentant de B.& W.parfaitement qualifié pour vous renseigner sur les chaudières servant au chauffage ou à l’usinage.CHAUDIÈRES POUR LE CHAUFFAGE STEAMBLOC CHAUDIERES POUR L’INDUSTRIE BABC0CK-WILC0X AND GOLDIE-McCULLOCH LIMITED, GALT, ONTARIO Montréal • Toronto • calgary • vancouver L'INGÉNIEUR HIVER 1963 — 5 (fMium ^wwm f/à* mMHMm mmm J, tw mmm *mmm innMMi wïaamîsB PWOTI»|8 V^TOT«W3» 'pismimi tSmimw* jywmmBl .’rmnanji ,™%mnnym i^ywnusigj | ÿsw tp«nP !,*4wfîS*«i lassa TREILLIS SOUDES sÉWWWilWB -lu -—*4#w -.i ;**t; «iUiU DOSCO V / MODELES REGULIERS POUR LA CONSTRUCTION chez votre distributeur de produits en acier » ÉCRIVEZ-NOUS POUR DEMANDER NOTRE CATALOGUE DESCRIPTIF SUR LES TREILLIS SOUDÉS DOMINION STEEL AND COAL CORPORATION, LIMITED MONTRÉAL.(QUEBEC) 6_ HIVER 1963 L'INGÉNIEUR A/iJf Â/iotïJ* i—la mWÊÊÈâm mm mmm._ ^ s^S.'ff'f ____________i >*• ”^w (//V IMPORTANT PERFEC TIONNEMEN T Dispositif d‘Ecumage Automatique * DANS L'ENTRETIEN et LE FONCTIONNEMENT DES PETITES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT DES EAUX D'EGOUT UNE EXCLUSIVITE SMITH & LOVELESS .Le mouvement des eaux du bassin d'aération cré un siphon qui aspire les eaux de surface du bassin de sédimentation et du compartiment situé à l'arrière du trop-plein.Les goulottes situées de chaque côté du bassin de sédimentation nettoient la surface du compartiment arrière, tandis que celle du centre nettoie le bassin de décantation.Ces dispositifs enlèvent ainsi automatiquement et continuellement les matières flottantes sur les deux bassins.“L’Ecumeur Hydraulique”* est un dispositif d’écumage automatique non-mécanique qui enlève les matières flottantes de la surface des bassins de décantation.Equipant maintenant toutes les installations “Oxigest” construites à l’usine, ce dispositif d’écumage réduit l’entretien .élimine les ennuis de fonctionnement .et, plus important encore, cet “Ecumeur Hydraulique Automatique” fait de 1’ “Oxigest” Smith & Loveless l’installation de traitement d’eaux d’égout la plus efficace, la plus sûre et la plus économique.Le Québec compte plus de 35 installations “Smith & Loveless” qui ont été entièrement construites et vérifiées à l’usine.De plus, “Smith & Loveless” offrent des contrats de services annuels à ceux qui le désire, ces contrats mettent à votre disposition des équipes de spécialistes.Pour tous détails et notre manuel sur les petites installations de traitement “Oxigest” fabriquées à l’usine — ou plus grandes montées sur place, écrivez à: ‘Brevets en cours DIVISION PROCOR PROCOR LIMITED L’INGÉNIEUR HIVER 1963 — 7 *4,1 UC# L'eau de Javel concentrée Javex et LES VANNES PERMATURN A première vue, il semble y avoir peu de chose en commun entre l'eau de Javel concentrée Javex et les vannes Permaturn.Excepté un élément: le soin de fabrication.Javex est fabriqué scientifiquement avec le plus grand soin, afin que ce produit de blanchiment à usage domestique soit d’une uniformité et d'une efficacité constantes.Le même soin préside au choix de l'équipement industriel.En effet, le matériel des usines Javex comprend des vannes Permaturn de Rockwell.Pour des raisons bien connues, les vannes Permaturn fonc- PV 6302-F donnent sans interruption pendant des années, avec un entretien réduit: leur obturateur à revêtement spécial ne colle et ne se bloque jamais.Nombre de sociétés réputées font confiance à Permaturn.Vous aussi, vous pouvez compter sur les vannes Permaturn.Adressez-vous à la Division des vannes Permaturn, Rockwell Manufacturing Company of Canada, Ltd.,C.P.978, Montréal (P.Q.).Autres bureaux à Toronto, Winnipeg, Edmonton, Calgary et Vancouver.PERMATURN VALVES Fabrication canadienne de Rockwellw V__________________?8 —HIVER 1963 L'INGÉNIEUR — I K ENCASDF auARME t-OCAlE Spécifiez les produits Standard: il n’y a pas d’“équivalent" Commandez le nouveau catalogue de Systèmes d’Alarme Contre le Feu DF-200 STANDARD ELECTRIC TIME COMPANY OF CANADA LIMITED 103.rue Gun, Pointe Claire, P.Q.h t - L’INGÉNIEUR HIVER I963 — 9 SUR L INDUSTRIE ET SUR LA TECHNOLOGIE Nouveau siège social de Hewitt Le nouveau siège social de Hewitt Equipment, distributeur de Caterpillar dans la province de Québec, a été conçu pour améliorer le service aux acheteurs tout en conservant l'efficacité industrielle ' *ssaire pour répondre aux besoins d'une clientèle qui s'accroît rapidement.Ces bâtiments de 117,000 pieds carrés, tout en acier et béton, profilent leur silhouette basse sur un terrain de 33 acres situé sur la nouvelle route transcanadienne, à Pointe Claire, dans la banlieue de Montréal.C'est là que se trouvera le centre administratif et technique de cette organisation qui couvre toute la province et compte aussi des centres de service à Québec, Sept-Iles et Val d'Or.Les installations ont été améliorées dans chaque service.De plus, Hewitt a créé ici un immense terrain d'essais et d'entraînement qui aidera les clients à réduire leurs coûts.Ce secteur, qui occupe 14 arpents à l'arrière de l'usine, comprend une piste d'un demi-mille et des postes de travail où les appareils de terrassement de toutes dimensions pourront fonctionner en pleine charge.Composé de deux spécialistes expérimentés en terrassement qui sont à la disposition des entrepreneurs, le service technique de Hewitt utilisera constamment ce terrain d'essais pour les démonstrations concernant les nouvelles méthodes d'emploi du matériel Caterpillar et ses accessoires.De plus, les clients pourront, même avant d'acheter, déterminer avec certitude le rendement de la machine en assistant aux essais effectués à l'aide de balances électroniques.Nouvelle usine de postes de soudage à l'arc La création d'une nouvelle compagnie canadienne, pour la fabrication de postes de soudage à l'arc, a été annoncée par Canadian Liquid Air Ltd — Air Liquide Canada Ltée.Le capital de cette entreprise en participation, qui prendra la dénomination de Miller Welders Canada Ltd., sera réparti entre Liquid Air, fabricant et distributeur de gaz et matériels de soudage, et Miller Electric Manufacturing Company d'Appleton, Wisconsin, un important fabricant de postes de soudage à l'arc depuis 34 ans.Les nouvelles installations de production seront situées à Montréal, où la gamme complète des postes de soudage à l'arc Miller sera fabriquée.Canadian Formwork à Chomedey La compagnie 'Canadian Formwork Ltd and Francis Hughes 6 Associates" est heureuse d'annoncer sa nouvelle installation au tout début de 1964, Ave- nue Francis Hughes, dans le Parc In-dutriel, à Chomedey.Le nouvel emplacement aura une superficie utilisable de 20,000 pieds carrés et un édifice à deux étages de 45' par 90' est prévu pour les bureaux.Dans la superficie totale de 9 acres, sera comprise une cour asphaltée de 2 acres.Union Carbide accroît ses moyens de production L'Union Carbide Canada Limited annonce l'installation à la division du carbone et des métaux de cette compagnie, à Beauharnois, de nouveaux moyens de production en vue de la préparation d'alliages au silicium de haute qualité.Un deuxième four électrique à sole tournante sera mis en place.La compagnie avait déjà installé en 1960 un four similaire, le premier du genre au Canada.L'agrandissement du bâtiment principal affecté aux fours, à Beauharnois, mesure 100 pieds par 175, ajoutant 17,-500 pieds carrés à la surface disponible pour les fours.La mise en place du four devrait commencer en décembre, l'entrée en service devant avoir lieu en juillet 1964.Le four servira à la fabrication d'alliages au silicium de haute qualité, et spécialement de métaux au silicium de grande pureté.Le four compte de nombreux perfectionnements techniques qui se prêtent à une fabrication extrêmement efficace, entre autres, l'en- Le nouveau siège social de Hewitt Equipment à Pointe-Claire.10 —HIVER 1963 L'INGÉNIEUR fournement et l'alimentation mécaniques en matières premières ainsi qu'un système automatique pour le contrôle continu du début des électrodes.Le four aura un rendement de 7,500 tonnes par an et permettra de porter à 12,500 tonnes par an la capacité de production de l'usine en métaux au silicium.L'Association québécoise des techniques de l'eau Cette association tiendra son deuxième congrès annuel à Québec, les 10 et 11 février 1964.Prévu pour l'automne 1963, le congrès a été remis à l'hiver pour satisfaire au désir des membres qui disposent alors de plus de temps.De plus, on a voulu que le congrès coïncide avec les derniers jours du Carnaval d'hiver de Québec.Une partie du programme du congrès sera consacrée à l'étude de l'épuration des eaux usées.Les ingénieurs qui s'intéressent aux problèmes des techniques de l'eau et bon nombre de municipalités de la province devraient être représentées à ces importantes journées d'étude consacrées uniquement à l'étude des problèmes d'approvisionnement en eau et à l'assainissement.On obtient tous les renseignements supplémentaires en s'adressant au secrétaire trésorier de l'Association québécoise des techniques de l'eau, 6070 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 28.Pourquoi Chomedey ?Un intéressant dépliant sur la ville de Chomedey vient d'être lancé par cette progressive municipalité de l'Ile Jésus, qui est née en 1961 de la fusion de L'Abord-à-Plouffe, Saint-Martin et Renaud.En termes simples et dans une langue imagée, le dépliant explique l'expansion extraordinaire, l'aspect financier, la vie sociale, intellectuelle et re-iigeuse de Chomedey, exposant ce que cette municipalité peut offrir à celui qui choisira d'y demeurer ou d'y installer son usine ou ses bureaux.On peut obtenir copie de ce dé* pliant en s'adressant à la mairie de Chomedey.Obturateur automatique pour radiateur L'obturateur automatique pour radiateur Varivane, de Cresswell, est maintenant vendu partout au Canada, après plus d'un an d'essais menés sous diverses conditions de température aussi bien dans le nord du Québec qu'au sud de l'Ontario.Fabriqué au Canada par Cresswell Pomeroy Ltée, ce nouvel obturateur pour radiateur est à l'usage de n'importe quel moteur à liquide réfrigérant.C'est le premier du genre au Canada.L'installation peut généralement être effectuée dans moins d'une heure, demandant seulement l'attachement de l’obturateur au radiateur et de simples connexions de boyaux dans le système de réfrigération.L'obturateur est actionné par un thermostat qui réagit au moindre changement de température du moteur, assurant ainsi une température contrôlée, continuelle et exacte.Cette méthode est unique en ce qu'aucun système d'air supplémentaire n'est exigé pour le fonctionnement de l'obturateur, ré- duisant ainsi considérablement les problèmes d’entretien.Ce contrôle précis est sans interruption d'air de l'obturateur, rendu possible par Cresswell, permet un meilleur rendement du moteur et des coûts d'exploitation moins élevés.Pour renseignements supplémentaires, on s'adresse à Cresswell Pomeroy Ltée, rue Léon Hamel, Granby, P.Q.Une solution peu coûteuse des problèmes d'installation d'aérage.Les ventilateurs de toit mécaniques de "Canadian Blower'' Que l’on ne s’y trompe pas ! Les ventilateurs de toit mécaniques “Sky-Vent” de Canadian Blower fournissent de plus grandes masses d’air frais à un coût moindre que n’importe quel système d’aération sur le marché.Grâce à leur fabrication en “bloc” ils peuvent fonctionner aussitôt installés.Conçus pour expulser l’air vicié (Style V) ou pour amener l’air frais (Style H) ils peuvent aérer des usines entières .ou des sections.Ils n’exigent pas de canalisation .et ne gênent jamais l’éclairage, la manipulation aérienne ou l’agencement de la production.Leurs plus fortes capacités de déplacement d’air abaissent le nombre d’unités et d’embouchures nécessaires.Les frais d’équipement, d'installation et d’entretien sont maintenus au strict minimum.Les accessoires tels que filtres, serpentins de chauffage à l'épreuve du gel et étouffeurs se logent facilement dans le corps des ventilateurs .à l’écart .au-dessus du niveau du toit.Leur fabrication robuste comprend des capuchons et des corps de cheminée renforcés de tubes capables de supporter la neige la plus épaisse et les vents de tempête.Leurs capacités varient de 1,000 à 250,000 cfm .le diamètre des roues de 12” à 120”.Toutes les unités sont enduites d'une couche anti-corrive.Obtenez des renseignements complets sur ces ventilateurs aux usages variés et de coût modique du représentant de Canadian Blower le plus près de chez vous.Ou écrivez-nous.Demandez les bulletins SV-100-1 et SV-200.CANADIAN BLOWER & FORGE COMPANY LIMITED AFFILIÉE À CANADA PUMPS LIMITED • BUREAU-CHEF: KITCHENER.ONTARIO BUREAUX DES VENTES AVEC SERVICE D'INGÉNIEUR : Montréal • Toronto • Hamilton • Sarnia Ottawa • London • St.John • Winnipeg • Edmonton • Vancouver Equipement^ de traitement Pompes centrifuges "Cana- «J Î A M D I t I A 1 1 AAI,* I A t ! So-Low Style "V" Sky-Vent 2,000 à 120,000 cfm .roues de 15" à 72" de l'air "Canadian Buffalo" pour déplacer, chauffer, refroidir, assécher et purifier l'air et autres gaz.Machines-outils "Canadian Buffalo" pour perforation industrielle et fins d'entretien.dian Buffalo" pour le traitement de la plupart des liquides et des boues.Représenté par LÉO LISI LIMITÉE, Chicoutimi, Qué.et SARTO BUIES LIMITÉE, Québec, Qué.Style "H" Sky-Vent 1,000 à 250,000 cfm .roues de 12" à 120" AF Type Style "V" Sky-Vent L’INGÉNIEUR HIVER I963 — Il L'aréna de Drummondville rai».-5- A ^ r La charpente de l'aréna de Drummondville est composée de 32 cadres en béton armé, dont 28 fournissent un porte-à-faux de 20 pieds chacun servant à supporter 16 fermes métalliques.La portée totale de l'immeuble est de 175 pieds.Aucune colonne n'obstruera la vue des quelque 3,050 spectateurs qui peuvent prendre place assis dans l'immeuble."Nous en sommes fiers D’abord parce que nous croyons qu’il s’agit du plus gros condenseur évaporatif fabriqué au Canada.Et aussi parce que c’est le modèle ultime de notre nouvelle série de condenseurs industriels produits à Brantford, Ont.Une longueur de plus de deux milles de tuyau d’acier galvanisé après fabrication et sans ailettes forme le serpentin d’évaporation.Pour application industrielle, la gamme de capacités est de 100 à 250 tonnes et pour application commerciale, de 20 à 75 tonnes inclusivement.Tous nos condenseurs industriels sont fabriqués d’acier de calibre 8, et les panneaux sont soudés entre eux pour plus de rigidité.Ils sont disponibles avec éventail centrifuge ou à hélice.Comptez sur KeepRite pour fabriquer, ici même au Canada, le condenseur dont vous avez besoin.KeepRite PRODUCTS LIMITED, BRANTFORD, ONTARIO Une compagnie 100% canadienne L'aréna de Drummondvile, immeuble de forme architecturale très intéressante, sera probablement au service des sportifs de cette ville cet automne.Terminée à la fin de l'été, la charpente de cet aréna consiste en 32 cadres en béton armé, dont 28 fournissent un porte-à-faux de 20 pieds chacun servant à supporter 16 fermes métalliques.Ces fermes de forme ovale ont une portée de 135 pieds et une hauteur maximum au centre de 12 pieds.La portée totale est de 175 pieds et aucune colonne n'obstrura la vue des quelque 3,050 spectateurs qui pourront être assis.L'aréna a 182 par 224 pieds La partie avant où sont logés l'entrée principale, le restaurant et les salles des machines au sous-sol, mesure 120 par 30 pieds.Lucien Leclair, de Drummondville et de Montréal, est l'ingénieur conseil du projet, et l'architecte, Ferdinand Blais, de Drummondville.L'immeuble a été construit par Benjamin Robidas, de Drummondville.Appareils portatifs de photocopie à sec L'appareil portatif 3M "58" de photocopie à sec est basé sur le procédé du "double spectre" qui utilise deux segments du spectre électromagnétique et combine une exposition du genre photographique et un développement complètement sec.Le "58" donne des copies blanches, sèches et prêtes à employer, sans que l'on ait besoin de liquides, de poudres ou de produits chimiques.Cette machine est complètement portative et peut être employée partout où il y a de l'électricité.Elle mesure seulement 15" par 15V2 P*31" 6V2" e* pèse 22 livres.Citernes à l'épreuve des fuites Une compagnie canadienne d'essais et d'inspection a fait oeuvre de pionnier en mettant au point des méthodes de contrôle de la qualité pour rendre les camions-citernes en aluminium entièrement à l'abri des fuites.Bien que l'on considère l'aluminium comme un métal facile à souder, une méthode de soudage précise et un contrôle minutieux de la qualité sont essentiels.Afin d'éliminer tout problème causé par les fuites, Imperial Oil Ltd.s'est assuré les services de la division des essais non destructeurs de la Warnock Hersey Company Ltd.Warnock Hersey a mis au point un programme de contrôle de la qualité qui inclut, au cours de la fabrication et de l'assemblage, l'inspection des soudures, la mise en place et l'alignement des cloisons, ainsi que l'inspection du train de roulement et de tout l'équipement auxiliaire.12 —HIVER 1963 L'INGÉNIEUR Gros plan de la fontaine en forme d'arbre, fabriquée aux ateliers de Canadair Tube inoxydable diminué de 4.5" à 3.5" sur 23', sans refoulage plier de 18 pieds.Les deux bords ont Comment diminueriez-vous un tube inoxydable de 23', de Yi" d’épaisseur, pour qu’il ait 4.5" de diamètre extérieur à la base et 3.5" au sommet .quand les frais de filage à la presse en une seule pièce sont prohibitifs?Canadair Limited a trouvé une solution ingénieuse pour le “tronc” de cette fontaine en forme d’arbre, conçue par l’architecte Norman Slater (avec la collaboration mgESB de M.Felix Kraus, ingénieur en cons-tructions métalliques) pour le Jardin .V.j des Provinces d’Ottawa.Prenant un tube de 4", en acier ¦sty' inoxydable No 80, on a découpé dans SjujA sa paroi un ruban trapézoïdal, puis En&>13H refermé de proche en proche la saignée sur une presse a été ensuite soudés en continu, le cordon meulé et poli sur toute sa longueur.On a obtenu ainsi un magnifique tube tronconique en acier inoxydable.La fabrication des “feuilles” posait un deuxième problème, car l’emboutissage en une passe, en plus de créer des contraintes inadmissibles dans la tôle d’acier inoxydable type 304, de 0.094" d’épaisseur, aurait froissé ses bords.Solution: une passe d’étirage sur ÉRVVVBM presse hydraulique de 150 tonnes, puis bosselage sur presse à emboutir de 1,000 tonnes.Atlas Steels Company, une division de Rio Algom Mines p | f J Limited, Welland (Ont.) & Tracy (Qué.) WÉHP Fabricants d'acier inoxydable, d'acier à outils et d’alliages d’acier V AT* tir#* «.« ?«4* h f Vj 44^, ***, ¦#.'v ** * EN VENTE PARTOUT CHEZ LES PRINCIPAUX DISTRIBUTEURS FIG.40 Taraudée DURABLE La vanne à étrier JENKINS mérite un examen attentif de la part de ceux qui savent apprécier la qualité.Elle est robuste.Et comme elle est conçue pour résister aux déformations et distorsions, vous constaterez qu'elle se démonte plus facilement pour l'examen et l'entretien.Elle est durable.La maison JENKINS s'attache à la qualité: sa production est étudiée et réalisée en vue d'une plus longue durée et d'un entretien économique.La vanne entièrement en fonte illustrée ici est recommandée pour les acides faibles, les alcalis, les produits caustiques, les saumures et autres liquides attaquant les métaux non ferreux.JENKINS fabrique des vannes à étrier pour tous vos besoins—tout fonte, tige bronze, vis intérieure ou extérieure.Avez-vous consulté le catalogue JENKINS récemment?Il est expédié gratuitement sur demande.Écrire à Jenkins Bros.Limited, Lachine, Qué.E 14—HIVER 1963 L'INGÉNIEUR L Une tâche intéressante et rémunératrice, en plus d’un plan de pension généreux, attendent l’ingénieur diplômé et spécialisé en travaux publics et bâtiments, en mécanique, en électricité, en chimie-métallurgie, ou autres sujets, dans l’Armée canadienne.L’Armée marche de pair avec les inventions modernes et se prépare pour l’avenir .La défense du Canada exige un système complexe de radar, des projectiles téléguidés, des hélicoptères et des cargos aériens.Les essais, l’entretien et le fonctionnement de ce nouveau matériel exigent toutes les ressources de l’ingénieur moderne.UNE CARRIÈRE DANS LE GÉNIE avec V Armée canadienne Pour de plus amples renseignements, écrivez sans tarder afin d'obtenir la plaquette ( CONDUITE CHANGEE l- CONDUITE ELIMINEE FEUILLE NO 2 OONNEES DE PRESSION M°l°| I I | PIEDS I.PRESSION TOUS DE LES DEPART COMMUNE NOEUDS PRESSIONS DE OEPART, NOEUDS INDIVIDUELS NOEUDS A PRESSION CONSTANTE NOEUD NO PRESSION PI 1 15 w w w FOURNIES NOEUO NO.PRESSION PI £ W w OU RETIREES -^.REPLACE TOUS LES 'S' A ZERO Feuilles de données.tout endroit où Ton fournit ou retire de l'eau (fig.2b).On adopte comme convention qu'un débit vers un noeud est positif, un débit sortant d'un noeud est négatif.L'eau peut être fournie ou retirée soit à pression constante ou à débit constant.En général l'eau est fournie à pression constante et retirée à débit constant.Si un noeud est maintenu à pression constante, la correction à appliquer lorsqu'on examine ce noeud est zéro.Lorsque le réseau aura été complètement équilibré, on devra calculer la quantité d'eau à fournir ou à y retirer.Dans l'autre cas on fournit ou retire une quantité d'eau S pi3/sec et on devra corriger la pression.Si au moment ou on examine un noeud (fig.2a) il y existe une pression H0, on veut y appliquer une correction ô H0 pour satisfaire la loi de Kirchoff.Le débit dans une branche est: Ht - (H0 -h 5H0 1 K, Si on pose Hi — H0 = AHj o, - (^): Par une expression en binôme et en négligeant les termes d'ordre supérieur on a: La somme des débits de ou vers le noeud est donc V ^Qi + S = S + Cette somme doit être zéro.On peut donc en tirer: [»?m Cette correction de pression n'est que partielle puisque les valeurs des pressions aux noeuds adjacents ont aussi été corrigées soit partiellement soit pas du tout.Cependant à mesure qu'on répète le processus de correction des noeuds, les valeurs de pressions convergent vers des valeurs finales vraies.On atteint ce point lorsque les corrections à tous les noeuds sont plus petites qu'une tolérance donnée.Le processus peut converger de façon asymptotique ou oscillatoire.Dans le cas de systèmes très sensibles ces oscillations peuvent devenir (noeud a pression cste ?no de 'branche t~ô~| CETTE BRANCHE EXISTE (ce noeud EXISTEX CALCULER S H* ACCUMULER I CORRIGER Ho Fig.4 — Diagramme de la partie “calcul".L'INGÉNIEUR HIVER 1963 — 29 .x.001 3000.0 6.0.100 1.x.002 1500.0 10.0.100 2.x.003 1500.0 8.0.100 3.x.004 1500.0 10.0.100 4.x.000 1500.0 12.0.100 4.X.0C2 1500.0 8.0.100 .000.0001 .100 .000.0004 1.899 .001.0002 1.100 .002.0003 -588 .002.0004 - .237 .003.0004 -1.162 000 199-9999 1.999 001 198.7667 .999 002 194.7309 - .749 003 190.9710 - 1.750 004 195.*648 - .499 Fig.5 — Forme des résultats.divergentes; nous avons déterminé expérimentalement qu'on pouvait éviter cette difficulté en n'appliquant que la moitié de la correction théorique à chaque itération.Organisation du programme Le programme comporte quatre parties plus un sélecteur permettant à l'opérateur de mettre en jeu chaque partie à volonté.La première partie permet de placer dans la mémoire, d'en effacer ou d'y changer les données décrivant la topologie de l'aqueduc.On numérote les noeuds consécutivement et pour chaque conduite on fournit: La deuxième partie permet de placer dans la mémoire les pressions de départ évaluées et, pour des noeuds individuels, soit une pression fixe soit une quantité fixe d'eau fournie ou retirée.La fig.3 donne une idée des feuilles de données pouvant être utilisées.La troisième partie effectue les calculs nécessaires pour équilibrer le réseau.Ces calculs sont détaillés sous forme de diagramme à la fig.4.La quatrième partie termine les calculs et imprime les résultats qui sont de deux types: pour chaque conduite, on imprime l'écoulement dans cette conduite.pour chaque noeud, on imprime la pression à ce noeud ainsi que la valeur recalculée de la quantité d'eau fournie ou retirée.Exemple de calcul Comme exemple nous avons calculé le réseau de la fig.1.On fournit de l'eau à deux endroits, au noeud zéro à pression constante et au noeud 1 à débit constant.Aux autres noeuds on retire de l'eau.Les résultats sont présentés à la fig.5.Le premier paragraphe répète la description des conduites.Le deuxième paragraphe donne les débits dans chaque conduite.Un signe négatif indique que l'eau s'écoule du deuxième noeud vers le premier.Le troisième paragraphe donne les réponses de noeud.Le temps de calcul a été de 8 minutes.Au tarif normal de location de la calculatrice utilisée, le coût aurait été de $3.50.Conclusion De plus en plus et dans toutes les branches du génie on découvre l'utilité de la calculatrice électronique.Comme le montre cet exemple, même des problèmes qui à première vue semblent n'être traitables qu'à la main peuvent être résolus.De cette façon l'ingénieur passe moins de temps à effectuer des calculs répétitifs et plus à exercer son jugement et à faire profiter son client de son expérience.— Les numéros des noeuds à l'un et l'autre bout.— La longueur de la conduite en pieds et dixièmes.— Le coefficient de rugosité — Le diamètre en pouces et dixièmes.REMERCIEMENTS Nous désirons remercier MM.André Leclerc et Roger Labonté de la collaboration qu'ils ont apportée à la réalisation de ce travail.30—HIVER 1963 L’INGÉNIEUR ENFIN, L'INDUSTRIE MINIÈRE SE RÉVEILLE! par P.E.RIVERIN Directeur du Département des Mines, École Polytechnique; vice-président du Comité de l'Éducation de la Conférence des Ministres des Mines IHalifax, septembre 19631; membre du Comité sur l'Éducation, Canadian Institute of Mining and Metallurgy; membre et représentant de l'École Polytechnique I chairman! de l’American Society for Engineering Education.L'industrie minière canadienne, ce géant endormi depuis plusieurs décennies, s'est subitement réveillée.Elle ouvre enfin les yeux sur le vide qui se fait autour d'elle.Mais ses pieds sont ankylosés et si on ne vient pas à sa rescousse, elle s'effondrera.Bien que croissant continuellement, notre industrie minière commence à montrer des défaillances, faute de personnel technique qualifié.La situation est critique En 1962, moins de 300 ingénieurs des mines recevaient leurs diplômes des quelque 50 institutions de l'Amérique du Nord.Si l'on considère seulement le Canada, la situation n'est guère plus brillante : le Comité sur l'Education du "Canadian Institute of Mining and Metallurgy" a fait, avec la collaboration de 21 universités canadiennes, un relevé du nombre de diplômés en mines prévu pour les années 1962-1965.On obtint les résultats suivants : 1962 .52 diplômés 1963 .37 diplômés 1964 .35 diplômés 1965 .25 diplômés Si cette tendance continue, tant au Canada qu'aux Etats-Unis, plusieurs grandes écoles renommées dans le domaine des mines devront fermer leurs portes en 1970 et l'industrie devra s'accommoder d'un personnel plus ou moins qualifié qui la dirigera vers un déclin.En 1963, les mines canadiennes produiront pour près de trois billions de dollars.Et les deux tiers de ces produits seront exportés, représentant environ un tiers de nos exportations totales.Il saute aux yeux que toute atteinte à une industrie de cette envergure ne peut que grever l'économie de notre pays.Le Canada, et particulièrement notre province, traversent en ce moment une période d'expansion extraordinaire : le manque de compétence peut sérieusement retarder ce développement.À qui la faute ?Doit-on jeter tout le blâme d'une telle situation sur le dos des jeunes ?Existerait-il parmi eux un manque d'esprit d'aventure ?L'esprit de clocher qui leur est tant reproché prévaudrait-il chez eux ?Je n'en crois rien.Je crois qu'un étudiant sérieux, qui entrevoit une carrière intéressante, ne s'attarderait pas à ces considérations.La grande responsable est l'industrie minière : à mon avis, elle n'a pas évolué.L'Honorable Robert Winters disait, lors d'une conférence dgn-née récemment à l'Association des Ingénieurs Professionnels de l'Ontario : "Pourquoi un jeune homme passerait-il une grande partie de sa vie comme ingénieur des mines, une profession que l'on associe à la vie de pionnier, dans des endroits éloignés, travaillant au pic et à la pelle, dans la noirceur et le danger, quand la science nucléaire et la technique des fusées lui offrent des privilèges si attrayants ?" Il ajoutait : "Dans plusieurs facultés, le nombre d'étudiants ne fait que décroître, même dans des disciplines aussi importantes que les mines, la géologie et la métallurgie.Cet état de chose est plutôt angoissant." La publicité tapageuse, dramatisée à outrance lors des accidents de mines, crée une impression si mauvaise que le jeune homme qui se dirige vers ce domaine prend figure de héros.La vérité est toute autre : la sécurité dans les mines canadiennes se compare favorablement à celle de plusieurs autres industries.À la rescousse Devant cette situation déplorable, le C.I.M.a pris l'initiative de reformer son Comité sur l'Education.La tâche à accomplir est énorme et délicate car il ne s'agit pas seulement d'éveiller l'intérêt des jeunes vers cette carrière mais il faut aussi tirer de leur léthargie les employeurs et les éducateurs.Lors de la Session du Comité sur l'Education à la Conférence des Ministres des Mines à Halifax, nous avons exposé une partie de notre programme.Un administrateur d'une de ces grandes entreprises fit remarquer qu'il ne suffit pas seulement d'inciter les jeunes gens à se diriger vers les mines, mais qu'il faut surtout leur créer des postes intéressants.Tous les membres de ce comité comprenaient pour la première fois la portée du problème qui leur était soumis.La réaction fut unanime : un redressement s'impose.Le temps du pic et de la pelle pour le jeune diplômé est révolu.Il faut offrir aux jeunes un travail leur L’INGÉNIEUR HIVER 1963 — 31 permettant dès l'embauche d'employer à bon escient leurs connaissances spécialisées et ainsi fournir l'occasion de se tailler une carrière enviable.Or, la mise en circulation de ces idées produira une révolution dans l'industrie minière qui donnera au jeune diplômé du travail d'ingénieur avec une rémunération adéquate.Les universités doivent emboîter le pas.Avec la collaboration des sociétés minières, il sera possible de former des ingénieurs compétents qui fourniront un apport déterminant à cette industrie.La recherche A la conférence des Ministres des Mines, le docteur G.W.Holbrook, Président du "Nova Scotia Technical College", suggéra un autre champ d'action pour l'ingénieur de mines : la recherche dans les universités.Il prétend que chaque dollar que l'industrie dépense en recherches dans les universités lui rapporte 4 et même 10 dollars.En effet, les universités disposent de facilités dont l'industrie peut bénéficier : laboratoires, outillage, personnel technique, etc.Il est certain que ces recher- ches pourraient apporter des résultats très intéressants et rémunérateurs.L'industrie peut aider d'une façon tangible le jeune diplômé à poursuivre des études de maîtrise.Si une société minière octroyait une bourse à un finissant, celui-ci s'engagerait à prendre comme sujet de thèse un travail proposé par cette société.Le jeune homme se familiariserait donc tôt avec une des phases de l'exploitation, se rendant ainsi rapidement utile à cette société si elle le prenait à son service.Cette collaboration serait profitable aussi bien à l'industrie qu'au jeune ingénieur.Il est de plus en plus évident que, devant le développement rapide de l'industrie minière, l'ingénieur des mines devra se spécialiser dans des domaines bien définis.Citons par exemple : 1 — Exploration du minerai par des méthodes modernes et appropriées aux différents types de gisements.2 — Application à l'industrie mi- nière d'équipement moderne et améliorations possibles de cet équipement.3 — Mécanique des roches, nou- velle science permettant de calculer d'une façon assez précise les efforts que subissent les parois d'ouvertures souterraines et à ciel ouvert.4 — Sciences connexes au génie minier telles que climatisation de l'air, sécurité, études de temps et de rendements, analyses de l'économique, recherches opérationelles, méthodes de contrôle, etc.5 — Traitement des minerais, étu- des sur les améliorations à apporter aux différents procédés de concentration employés dans l'industrie minière.6 — Planification et construction d'usines de concentration, mise en plan de futurs travaux d'exploitation, etc.7 — Administration et relations ouvrières.Il semble donc que l'avenir de nos jeunes ingénieurs de mines s'avère des plus intéressants.L'industrie et les universités devront collaborer pour créer des postes d'avenir et former des ingénieurs compétents aptes à les remplir.Le mouvement est déclenché : aux jeunes d'emboîter le pas.32— HIVER 1963 L'INGÉNIEUR LE CHAUFFAGE RADIANT PAR INFRATHERMES par GERMAIN FERLAND, In g.P.Gérant, Produits Spéciaux Hupp Canada 119611 Ltd., L'Assomption, P.Q.Le chauffage des bâtisses industrielles a toujours créé un problème important à cause de la hauteur du toit.Par nature, l'air chauffé tend à monter au plafond où il n'est certes pas aussi utile qu'au niveau du plancher.Les moyens mécaniques employés dans les fournaises à air chaud et dans les aérothermes ne parviennent pas à combattre économiquement cette tendance qu'a l'air chaud de monter au plafond.En pratique, on parvient à obtenir une température acceptable au niveau de l'ouvrier mais c'est au prix d'une dépense accrue de combustible; du même coup, on surchauffe inutilement la zone supérieure de la bâtisse, augmentant ainsi les pertes de chaleur.Planchers froids et plafonds torrides, voilà un problème commun à la grande majorité de nos usines, en plus des gymnases, églises, piscines, etc.L'ingénieur avisé sait qu'un chauffage rayonnant offre une solution logique.Et, parmi les divers types de chauffage rayonnant, le chauffage par in-frathermes convient le mieux aux bâtisses industrielles.Le mot "infratherme" est nouveau dans le vocabulaire de l'ingénieur.Il sert à désigner les appareils de chauffage conçus de façon à convertir une grande partie du combustible en énergie electro-magnétique de type infrarouge.On sait que la quantité de rayons infra-rouges dégagés par un corps est proportionnelle à la quatrième puissance de la température absolue de ce corps.Les infrathermes sont donc conçus pour créer une température très élevée.Présentement, il existe des infrathermes à gaz et à électricité.Les infrathermes électriques sont très peu répandus à cause du coût élevé de l'électricité.Infrathermes à gaz Par contre, les infrathermes à gaz connaissent actuellement aux Etats-Unis et au Canada une vogue grandissante.Beaucoup d'ingénieurs-conseils seront surpris d'apprendre qu'il existe en Amérique au-delà de 75,000 installations d'infrathermes à gaz.D'une façon générale on peut classer les infrathermes à gaz en deux grandes catégories : 1 — à utilisation partielle 2 — à utilisation totale Les infrathermes à utilisation partielle sont ceux où les produits de la combustion non transformés en énergie radiante sont rejetés directement à l'extérieur de la bâtisse.Il s'agit donc dans ce cas de pourvoir une grande surface de chauffe capable de rayonner une partie importante de la chaleur de combustion.Ces appareils fonctionnent à basse température, i.e.en dessous de 1000°.Ce ne sont ni plus ni moins que des échangeurs de chaleur.Les infrathermes à utilisation totale sont ceux où les produits de combustion sont utilisés à 100% à l'intérieur même de la bâtisse.Il n'y a donc aucune cheminée qui relie l'infratherme à l'extérieur de la bâtisse.C'est cette caractéristique qui rend l'infratherme à gaz si popu- laire.On conçoit facilement qu'une efficacité de 100% soit un attrait très puissant pour l'ingénieur et surtout pour le propriétaire de la bâtisse.Les principaux avantages inhérents de l'infratherme à gaz sont : 1 — Consommation élect r i q u e négligeable ; aucun moteur.2 — Utilisation rationnelle des produits de combustion : 100%.3 — Distribution positive de la chaleur aux endroits requis, i.e.sur le plancher, sur les personnes, sur les machines.4 — Frais d'entretien négligea- bles parce qu'il n'y a pas de pièces mobiles.5 — Zonage idéal, même sans cloison ; il suffit d'ajouter des thermostats.6 — Mouvements d'air éliminés.7 — Uniformité de température du plancher au plafond.8 — Degré d'humidité très con- fortables grâce à la vapeur d'eau des produits de combustion.9 — Pas de bruit : aucun moteur, ni souffleur.10 — Flexibilité d'installation et d'expansion de la bâtisse.11 —Chauffage localisé et partiel.12 — Pas de chaudière à vapeur : pas de mécanicien.Fig.1 — Coupe du brûleur.Un orifice calibré (1) laisse pénétrer juste la bonne quantité requise de gaz dans le Venturi (2).La vitesse du gaz crée un vide partiel dans l'ouverture et ce vide aspire l'air requis pour la combustion.(3).Le mélange de l'air et du gaz se fait dans le venturi et se répand ensuite dans l'espace (4).Le mélange brûle à la surface de la plaque en céramique (5).Une petite flamme presqu'invisible se produit à chaque trou de la plaque.La température de la plaque atteint 1600°F et émet des rayons infra-rouges.L'INGÉNIEUR HIVER 1963 — 33 Fig.2 calcul graphique de la temperature des parois murales dun edifice Exemple Temperature de I air intérieur 55*F Temperature de l'air extérieur -I0“F Coefficient U du toit 0 7 TD 55 (-10) 65 F l.-Tracez une ligne verticale de A" (65 ) à "B" (0 7) 2 Tracez une ligne horizontale de B à "C" (55°) 3- Tracez une ligne verticale de C à D Le point D donne la temperature de la face intérieure du toit TEMP DE LA PAROI 0.6 : 0.5 S TD (Temp.int.mein* Temp, ext.) matiques.Le débit du gaz est calibré par le régulateur de pression et un orifice d'une précision extrême.L'air requis pour la combustion est aspiré invariablement par l'effet mécanique du Venturi.Ce débit constant est calibré de façon à produire moins de 0.04% de monoxyde de carbone ; donc, aucun danger d'asphyxie, même si les gaz de combustion sont jetés dans la bâtisse.Enfin, l'allumage des brûleurs se fait mécaniquement, soit par la bougie d'allumage, soit par résistance électrique et veilleuse.Un mécanisme de sécurité arrête complètement Toutes ces caractéristiques apparaîtront peut-être au lecteur comme un feuillet publicitaire.Pourtant, il n'en est rien puisque chacun des avantages mentionnés est bel et bien réel ; ils représentent des améliorations concrètes qu'on peut difficilement passer sous silence.L'infratherme à gaz à utilisation totale qui est le plus en vogue actuellement est celui qui fut inventé il y a une vingtaine d'années par l'ingénieur allemand Guenther Schwank.La fig.1 montre une section du brûleur qui engendre les rayons infra-rouges.Le coeur du brûleur est la plaque en céramique perforée de 200 trous par pouce carré où brûle le gaz.La température de cette plaque atteint 1650° F.et, dans ces conditions, l'énergie radiante est très considérable.La plaque céramique possède un avantage considérable sur les autres types de brûleurs constitués de treillis métalliques car ces derniers se détériorent rapidement sous l'effet des expansions et contractions répétées.L'expérience a prouvé que les plaques de céramique ont survécu à 10 ans d'utilisation sans être le moindrement endommagées par ce même phénomène parce que le coefficient d'expansion de la céramique est très faible.Les infrathermes modernes sont des appareils complètement auto- Fig.3 CALCUL GRAPHIQUE DU POINT DE ROSÉE - F Température de l'air intérieur Exemple: Input (gaz nat.) 420 000 BTU/hr.Changement d'air - 290,000 pi.eu.par hr.à 20°F.1 -Tracez une ligne horizontale partant de 420,000 BTU/hr.2.-Tracez une ligne verticale partant de 290,000 pi.eu./hr.jusqu'à l'intersection "A" de l'horizontale précédente -Tracez une ligne radiale de 0 jusqu'à "A" puis jusqu'à la ligne de 20° (point B) Le point de rosée est 34" sur la ligne de 20° (B) Si I 'input est supérieur à 1,000,000 BTU hr.changez les 2 échelles proportionnellement.100 200 300 400 CHANGEMENT D’AIR EN 1000 PI.CU.PAR HR.500 600 34 —HIVER 1963 L’INGÉNIEUR Tableau I FACTEURS DE DILUTION Système périmétrique et réduction de 15% des pertes de chaleur GAZ NATUREL Temp.Int.— Temp.Ext.20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 CFH/1Ü00 BTUH 211 219 228 238 248 260 273 287 302 en oo 339 CFM, 1000 BTUH 3.52 3.65 3.80 3.97 4.14 4.34 4.55 4.79 5.04 5.31 5.65 GAZ PROPANE Temp.Int.— Temp.Ext.20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 CFH 1000 BTUH 254 266 279 294 310 328 349 372 399 430 466 CFM/1000 BTUH 4.24 4.44 4.65 4.90 5.16 5.46 5.81 6.20 6.65 7.16 7.77 le débit du gaz si le brûleur devient défectueux ou s'éteint sous l'effet d'un courant d'air violent.De plus, grâce à 10 années d'expériences, les manufacturiers du brûleur Schwank ont déterminé une méthode scientifique de contrôler l'utilisation des produits de combustion.Fonctionnement Tout gaz qui brûle engendre de l'eau, du dioxyde de carbone et du monoxyde de carbone.La vapeur d'eau est utilisée pour augmenter le degré d'humidité dans la bâtisse; toutefois cette humidité peut devenir un handicap si les parois intérieures des murs et surtout du toit sont à une température trop basse; il peut en résulter de la condensation.Les ingénieurs ont donc établi des graphiques qui, tenant compte de la composition du mur, des degrés de température, de l'apport d'air extérieur soit par infiltration soit par ventilation, permettent de déterminer si l'isolation des murs est suffisante ou si la ventilation doit être augmentée.Ces graphiques apparaissent aux figs.(2) et (3); ils permettent de déterminer rapidement et scientifiquement si le point de rosée est supérieur à la température des parois internes des murs.Quant aux gaz CO et CO2, il faut les diluer de façon à diminuer leur concentration en dessous des quantités permises par la loi (soit 5000 ppm pour le CO2).Aucune dilution n'est requise pour le CO, puisque le pourcentage de 0.04 est très faible et en-dessous des normes de danger.Une étude quantitative détaillée des produits de combustion a permis aux ingénieurs de déterminer les normes de ventilation requises.Ces normes apparaissent au tableau I.Lorsqu'on désire obtenir une ventilation contrôlée mécaniquement on raccorde les ventilateurs mécaniques dans le circuit électrique du thermostat.Un relais fait donc fonctionner les ventilateurs dès que le thermostat allume des in-frathermes.Il est évident que les ventilateurs doivent être placés aussi loin que possible des infrathermes pour permettre aux gaz chauds de circuler longtemps à l'intérieur de la bâtisse et d'y laisser tout leur contenu calorifique avant d'en sortir.Un autre des avantages exceptionnels de l'infratherme consiste à utiliser les rayons infra-rouges pour chauffer un endroit précis, soit dans une gande bâtisse que l'on ne désire pas chauffer au complet, soit à l'extérieur.L'application la plus courante se retrouve dans les arénas où l'on chauffe uniquement les spectateurs ; dans ce cas, l'action des rayons sur les spectateurs est immédiate et il suffit d'allumer les infrathermes seulement lorsque les spectateurs arrivent.On se sert également des infrathermes pour chauffer les estrades des pistes de courses, les rampes de chargement, pour la fonte de la neige et enfin pour prévenir la corrosion dans les entrepôts d'acier.Il est presque incroyable de découvrir le nombre incalculable d'applications pour ces merveilleux appareils.Malheureusement il semble que les ingénieurs du Québec soient très peu familiers avec cet appareil relativement nouveau.Nul doute que cette situation se corrigera d'elle-même car un appareil de chauffage possédant d'aussi grandes qualités ne peut manquer de faire sa marque et de devenir très en demande.L'appareil a passé le stade de la période expérimentale; près de 10 années d'expérience ont permis de corriger les erreurs du début et d'établir des données scientifiques solides qui s'avéreront très utiles aux ingénieurs progressifs.L'INGÉNIEUR HIVER 1963 — 35 OBSERVATIONS SUR L'INFLUENCE D'UN COURANT ÉLECTRIQUE SUR LA SÉGRÉGATION par RÉMI TOUGAS et ANDRÉ HONE Cet article est en partie extrait de la thèse soumise par M.Rémi Tougas, en février 1962, comme condition partielle à l’obtention du grade de docteur ès sciences appliquées à l’Ecole Polytechnique de Montréal.Reproduit avec la gracieuse permission des rédacteurs de Canadian Metallurgical Quartely, où il a paru dans le no juillet-sept.1963.M.Rémi Tougas est assistant-professeur au département de Génie métallurgique de l’Ecole Polytechnique, Université de Montréal.M.André Hone, Chef du Département, a dirigé les travaux.Résumé L'efficacité des méthodes de purification des métaux par solidification peut être augmentée par le passage d'un courant continu au travers de l'interface solide-liquide au cours d'une solidification progressive.Dans le cas du système étain-plomb, par exemple, en utilisant un courant continu comme méthode de chauffage au lieu de l'induction haute fréquence, il est possible de multiplier la vitesse de solidification par environ cinq tout en obtenant un même degré de purification.Introduction Décrire pour la première fois par Pfann en 1952(1), la méthode de la zone fondue a été employée pour la purification ultime d'un grand nombre de substances.L'abondance des études publiées sur le sujet au cours des dix dernières années témoigne de la puissance et de l'efficacité de la méthode, en particulier pour l'ul-tra-purification des métaux.La méthode consiste essentiellement à déplacer lentement une zone liquide le long d'un barreau de métal; cette zone liquide entraîne les solutés vers l'une ou l'autre des extrémités du lingot.L'efficacité de la méthode de la zone fondue pour une impureté donnée est liée au coefficient de partage kQ entre la solution solide et la solution liquide.Le coefficient de partage kQ, qualifié souvent de théorique, est le rapport d'équilibre de la concentration du soluté dans la phase solide à la concentration du soluté dans la phase liquide (Fig.1).kQ est plus petit que l'unité si le soluté abaisse le point de fusion du solvant (c'est le cas illustré sur la Fig.1).k0 est plus grand que l'unité si le soluté élève le point de fusion du solvant.Les conditions de solidification des procédés de zone fondue ne sont évidemment pas les conditions de solidification à l'équilibre.En conséquence, le coefficient de partage effectif k, qui se rattache aux procédés pratiques de zone fondue, est différent du coefficient de partage d'équilibre kQ.Pour le cas où k0 est plus petit que l'unité, le coefficient de partage effectif k est compris entre kQ et 1; plus la valeur de k est petite, plus le partage du soluté entre le liquide et le solide est marqué, c'est-à-dire plus l'efficacité du procédé de purification est élevée.Le coefficient de partage k d'un soluté peut donc être considéré comme étant un indice de l'efficacité d'un procédé de zone fondue.Au cours d'une étude préliminaire sur les méthodes susceptibles d'augmenter le rendement du procédé de purification des métaux par la méthode de la zone fondue (2), nous avons observé qu'un courant continu circulant au travers d'un interface de solidification pouvait influencer d'une façon utile la valeur de k.Nous avons alors entrepris des travaux de recherche afin de préciser l'influence d'un courant électrique sur le coefficient k.Le présent article fait état des travaux accomplis jusqu'aujourd'hui.Méthode expérimentale La solidification normale d'un lingot allongé permet de déterminer expérimentalement le coefficient de partage effectif d'un soluté.Par solidification normale on entend une solidification progressive et dirigée dans le sens de la longueur du lingot (Fig.2).Cette méthode a l'avantage d'être simple et de reproduire les conditions de solidification présentes en zone fondue.La relation suivante, sous la forme donnée par Pfann (3), décrit analytiquement la ségrégation survenant lors de la solidification normale d'un lingot allongé : Cs = kC0(l-gr où Cs est la teneur en soluté du solide, C0, la teneur initiale en soluté, k, le coefficient de partage Fig.1 — Portion du diagramme d'équilibre A-B.LIQUIDE LIQUIDE + SOLIDE SOLIDE TENEUR EN B -» 36 —HIVER 1963 L’INGÉNIEUR Fig.2 — Solidification normale d'un lingot._______________i___________________ SENS DE DÉPLACEMENT DU FRONT DE SOLIDIFICATION effectif, et g = x/1, la fraction solidifiée (Fig.2).Cette méthode de solidification normale a été utilisée au cours du présent travail pour la détermination expérimentale des coefficients de partage effectif.Elle nous a permis de comparer l'efficacité de différents procédés de purification basés sur la répartition d'un soluté lors de la solidification d'un alliage.Les essais de solidification normale ont été réalisés en utilisant les montages expérimentaux décrits schématiquement à la Fig.3.Pour un courant I > 180 ampères/cm2 circulant dans le lingot, la chaleur générée par effet Joule était suffisante pour maintenir liquide à tout instant la partie fondue du lingot.Par le réglage du refroidissement, le taux d'avancement du front de solidification se trouvait fixé.Les teneurs en soluté (Cs et CQ) ont été déterminées par spectrofluorescence de rayons X.Des tranches d'environ cinq millimètres d'épaisseur ont été prélevées perpendiculairement à la direction de déplacement du front de solidification.La surface complète a été balayée par les rayons X pour donner une teneur moyenne en soluté pour chaque section.Résultats La variation du coefficient de partage effectif d'un soluté en fonction du taux de déplacement du front de solidification, d'une part, et de la polarité du courant continu circulant dans le lingot, d'autre part, a été étudiée au moyen de trois groupes d'essais de solidification normale : a) un premier groupe d'essais a été réalisé en utilisant l'induction haute fréquence (450,000 cycles/seconde) comme méthode de chauffage.Les essais ont été faits à des vitesses variant de 5 à 47.5 centimètres/ heure (Fig.3A).b) un deuxième groupe d'essais a été réalisé en faisant circuler un courant continu d'intensité constante (de l'ordre de 225 ampères/cm2) dans les lingots (Fig.3B).La partie solide du lingot était reliée à la borne positive de la source de courant continu (les électrons passaient du liquide au solide).Vitesses, de 5 à 47.5 centimètres/heure.c) enfin un troisième groupe d'essais, semblable au précédent sauf que la partie solide du lingot était alors reliée à la borne négative de la source de courant.Vitesses, de 5 à 47.5 centimètres/heure.Pour tous ces essais, les conditions suivantes ont été maintenues constantes : — alliage étain-plomb contenant nominalement 2% Pb — longueur du lingot : 20 centimètres — section du lingot : constante pour chacun des lingots, et de l'ordre de 1.70 cm2 — intensité du courant continu, pour les essais des groupes b) et c) : ~ 225 ampères/cm2 La valeur du coefficient de partage effectif correspondant à chacun des essais a été déterminée au moyen de l'équation (1), utilisée sous la forme suivante : log (Cs/C0) = log k+(k-l) log (1-g) La Fig.4 montre la variation de log (Ci/Co) en fonction de log (1-g) pour un essai de solidification normale pour lequel un courant continu circulait dans le lingot; la régression linéaire calculée, de même que le coefficient de corrélation "r" y sont indiqués.Sont rapportées au Tableau 1 les valeurs de k pour différentes vitesses de solidification normale.On notera l'effet utile, au point de vue purification, d'un courant continu circulant dans un lingot de solidification normale.Cet effet d'un courant continu circulant dans un lingot de solidification normale sur le coefficient de partage effectif du soluté n'est pas exclusif au système étain-plomb.Les systèmes Bi-Sn, Sn-Bi, Pb-Cd, Sn-In, Sn-Sb, Sn-TI (le premier métal nommé indique le solvant), ont été soumis à des essais de solidification normale comparables aux précédents, et des effets utiles semblables ont été observés (4, 5).Discussion A partir des résultats pour le système étain-plomb donnés au Tableau 1, on peut faire les observations suivantes : a) quand un courant continu d'intensité de l'ordre de 225 ampères par centimètre carré circule dans un lingot de solidification normale, la ségrégation est plus poussée (c.-à-d.k est plus petit) que dans le cas où l'induction haute fréquence est utilisée; et ceci, quelle que soit la polarité du courant continu.Toutefois, quand la partie solide du lingot est reliée à la borne négative de la source Fig.3 — Description schématique des montages expérimentaux utilisés pour les essais de solidification normale.A) CHAUFFAGE PAR INDUCTION HAUTE FRÉQUENCE SOLIDIFICATION INDUCTEUR AIR B) CHAUFFAGE PAR COURANT CONTINU TUBE DE SOLIDIFICATION 'QUARTZ liquide ÉLECTRODES DE GRAPHITE SOURCE DE COURANT CONTINU HIVER 1963 — 37 fig- 4 — Essais de solidification normale: log (C / C ) en fonction de loq (1-q).Alliage Sn-Pb; C = 2% Pb; lonqueur du lingot : 20 cm; I = 225 ampères/cm2; V = 10 cm/hre.0.30 0.2 0 0.10 0.00 -0.10 k = 0.80
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