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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2011-12-28, Collections de BAnQ.

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NPD : Turmel dit avoir réussi à garder ses troupes unies Page A 2 s '-% Des drones utilisés pour repérer les baleiniers japonais Page A 4 www.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.CII N°295 LE MERCREDI 28 DECEMBRE 2011 1,09$+taxes= 1,24$ PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR 17 avril 2011: Pauline Marois s’adresse aux congressistes du PQ, après avoir obtenu layeille un vote de confiance de 93%.Derrière elle, deux des députés qui devaient quitter le navire péquiste en juin, Louise Beaudoin et Pierre Curzi.A droite, 2 mai 2011: Gilles Duceppe annonce sa démission comme chef du Bloc québécois, après le dévoilement des résultats des élections fédérales.La «débarque» de l’année: le PQ, le Bloc et le mouvement souverainiste Désarroi et division ont suivi l’onde de choc des élections fédérales du 2 mai ANTOINE ROBITAILLE Québec — La voix est celle d’Agnès Maltais.La date?17 avril 2011: «Avec le geste de confiance qu’on s’est donné hier [on a dit] aux Québécois: le PQ des déchirements, c’est terminé”.» L’extrait sonore, retrouvé sur un disque dur peu avant Noël, étonne aujourd’hui.Mais il n’a rien d’étonnant: le point de presse où il a été enregistré avait lieu le dimanche du XVL congrès du Parti québécois à Montréal.La veille, Pauline Marois avait obtenu un appui de 93,08 % de la part de ses militants.La zizanie qui a depuis juin fait plonger la cote du PQ — entre autres à cause d’un geste d’Agnès Maltais, le projet de loi privé 204 sm l’amphithéâtre — nous a presque fait oublier ce moment d’euphorie pour la chef et sa garde rapprochée.Quelques instants après le dévoile-La débarque » ment de ce score sans précédent dans de l’année l’histoire de cette formation réputée dure pour ses chefs, Pauline Marois martèle un mot: «Ma victoire, c’est votre victoire.C’est la victoire d’un parti uni, d’un parti solidaire.» Il faut dire que le dernier sondage Léger-Marketing-Lc Devoir était plutôt encourageant pour la chef.Elle était «peut-être en meilleure position qu’elle ne l’a jamais été depuis l’élection de 2008», avait confié au DcwïV Jean-Marc Léger la veille.Au Centre des congrès, Pauline Marois, émue et ravie, descend de l’estrade.Les journalistes se massent autour d’elle: «Ce vote de confiance démontre comment le parti est solidement uni», déclare-t-elle.L’horizon semble clair: «Nous nous dirigeons vers une victoire, une victoire qui pourra avoir des conséquences absolument formidables pour le Québec.» Votre serviteur se promène dans la foule compacte.L’enregistreur numérique capte alors la déclaration de la députée de Crémazie, Lisette Lapointe: «C’est extraordinaire, c’est formidable, je pense qu’on vient de vivre une journée mémorable VOIR PAGE A 10: «DÉBARQUE» ¦ Le projet de l’année: le Plan Nord, page A 3 Syrie Accalmie dans la répression sanglante À Homs, des milliers de manifestants vont à la rencontre des observateurs de la Ligue arabe MÉTISSA GUILLEMETTE Les premiers observateurs de la figue arabe venus en Syrie pour évaluer la situation ont rencontré à Homs des dizaines de milliers de manifestants dénonçant la répression du gouvernement du président Bachar al-Assad.Cette ville au cœur de la contestation anti-régime a été vidée hier des chars d’assaut qui la bombardaient, tout juste avant le début de la mission des quelque 60 premiers observateurs de la Ligue arabe.Au total, 150 délégués évalueront si le gouvernement syrien applique le plan de sortie de crise pour lequel il a donné son accord au début de novembre.Selon ce plan, le régime doit lâire évacuer les forces de sécurité des villes, en plus de négocier avec l’opposition et d’assurer la liberté de circulation des journalistes et des travailleurs humanitaires.Mais encore lundi, 44 civils sont morts, d’après les opposants syriens, la plupart à Homs, troisième ville du pays.Les rues de Homs libérées des chars se sont remplies de manifestants anti-régime, au compte de plusieurs dizaines de milliers.Dans des vidéos captées hier et disponibles sur le site de partage YouTube, des Syriens sont aux VOIR PAGE A 10: SYRIE Lundi, 44 civils auraient été tués à Homs, contre six hier REUTERSA'LADIMIR RODIONOV/RIA NOVOSTI/KREMLIN PRÉSIDENTIELLE RUSSE Poutine promet une élection sans « tricherie » ¦ À lire en page B 6 INDEX Annonces.A 6 Avis publics.B 5 Culture.B 9 Décès.A 6 Économie .B 1 Éditorial.A 6 Idées .A 7 Météo.B 7 Monde.B 6 Mots croisés.B 8 Religions.B 5 Sudoku.B 5 Télévision.B 9 L’année de l’indignation (1) Que reste-t-il des Indignés européens?Symbole d’un renouveau démocratique pour les uns, le mouvement ne représente pour les autres qu’un refus de la politique sans véritables perspectives Le mouvement des Indignés constitue-t-il un progrès démocratique ou est-il au contraire une sorte de régression politique?Les experts ne s’entendent pas sur la portée de ce phénomène qui a vu le jour sur la Puerta del Sol, à Madrid, parallèlement à la révolte arabe, avant de se répandre en Europe, en Amérique, notamment à Wall Street, et ailleurs sur la planète.Premier d’une série de quatre articles.gouvernement Même si ces mesures recueillaient le soutien d’ime large majorité des élus et de tous les grands partis politiques espagnols, la protestation s’organisa spontanément.Quelques milliers de personnes se réunirent aussitôt sur la Puerta del Sol.Mais elles furent vite expulsées par la police.Lorsque les plus déterminés appelèrent à une grande manifestation pour le 47 mai, personne ne s’attendait CHRISTIAN RIOUX Paris — Tout avait commencé le 45 mai dernier, peu après le premier plan de sauvetage de la Grèce.Réagissant à la crise, le gouvernement espagnol avait annoncé le gel des retraites, une réduction de 5 % des salaires des fonctionnaires, la fin de l’aide de 2500 euros pour chaque nouveau-né et une réduction de 45 % des salaires des membres du DANI POZO AGENCE ERANCE-PRESSE VOIR PAGE A 10: INDIGNES Manifestante photographiée ie 15 octobre dernier sur ia Puerta dei Soi, à Madrid, au cours d’une journée mondiaie de protestation contre i’avidité des grandes sociétés et ies compressions gouvernementaies.Du temps libre pendant les Fêtes?Libérez-vous! WWW J N DIG N EZ» vous .CA 778313028317 A 2 LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 DECEMBRE 2011 ACTUALITES Entrevue avec Nycole Turmel Le défi de l’imité La chef intérimaire du NPD estime avoir réussi à garder ses troupes unies MARIE VASTER Ottawa — Le défi était de taille pour Nycole Turmel, qui a liérité d’un NPD désormais orplielin de son leader Jack Layton et lancé dans une course à la direction opposant pas moins de neuf candidats.La clief intérimaire du Nouveau Parti démocratique s’était fixé un seul et simple objectif: maintenir l’unité.Et elle estime qu’elle l’a relevé.Les sujets de discorde étaient au rendez-vous cet automne: registre des armes d’épaule, réforme de la carte électorale au pays, attribution de contrats navals, bilinguisme chez les juges et les officiers du Parlement.Tous des sujets sur lesquels les 102 députés néodémocrates issus des quatre coins du pays, urbains comme ruraux, ne s’entendent pas.«Mon objectif personnel, c’était de m’assurer que le caucus reste uni, qu’il travaille ensemble et qu’on remette ça au nouveau chef [.] A date, je considère que mission accomplie», souligne-t-elle en entrevue de fin d’année avec Le Devoir \a semaine dernière.Malgré ses efforts, au moment de voter sur le sort du registre les troupes néodémocrates se sont montrées divisées.La chef a imposé des sanctions aux récalcitrants, elle en aura été critiquée, mais reste que ce fut le seul vote qui n’a pas affiché d’unanimité.La nouvelle réalité démographique de la députation a toute- «Non je n’étais pas prête pour ce travail-là [.] Ce serait prétentieux de dire que j’étais prête.» fois bel et bien eu un autre contrecoup, cette fois-ci quant à la nomination de nouveaux juges à la Cour suprême.Car le député qui siégeait au comité à huis clos a approuvé les choix en évaluant uniquement les compétences juridiques des candidats, et non linguistiques.Résultat: un juge unilingue anglophone a été recommandé, alors que le NPD tente depuis 2008 de faire adopter un projet de loi imposant le bilinguisme des magistrats au plus haut tribunal du pays.Autre preuve que les préoccupations que doit maintenant concilier le parti ne sont pas toujours partagées par tous ses membres, le caucus étant composé aujourd’hui à majorité de Québécois (59 élus).Nonobstant, Nycole Turmel se dit fière de son travail à la tête du parti.Or, si elle estime avoir relevé les défis, elle a tout de même avoué, la dernière semaine des travaux parlementaires, que l’apprentissage avait été difficile.Propulsée à la tête du NPD seulement huit semaines après avoir été élue pour la première fois aux Communes, Mme Turmel devait maîtriser tous les dossiers, nationaux comme internationaux.«Non je n’étais pas prête pour ce travail-là [.] Ce serait prétentieux de dire que j’étais prête», es-time-t-elle.D’autant plus qu’à la veille des élections, Nycole Turmel n’était même pas convaincue de devenir députée — encore moins leader politique.«On se rappelle qu’en février-mars, on parlait d’une possibilité de faire SOLDES APRES-NOEL 15*à 60£ sur toute la marchandise jusqu’au 2 janvier 2012 *Excluant les collections printennps 2012 , et les manteaux Canada Goose.; N'- Aquascutum / Barbour ¦¦Ht ¦ Bogner 1^- \ Boss Black \ Boss Green K:.\ Brax W \ Bugatti %: \ Burberry \ Casamoda \ Chevignon \ Dormeuil i \ Façonnable I 1 Jack Victor 1 ^ John Smedley Kenzo c;,./ Klauss Boehler O ) M.E.N.S.Michael Kors Pal Zileri Paul & Shark / Polo Ralph Lauren L Robert Graham îj ' Robert Talbot Schneiders i j Strellson 1 Ted Baker I Tombolini 1 Victorinox Viyella ACCESSOIRES D’HIVER CHAUSSURES ET BOTTES D’HIVER Retouches gratuites sur articles à moins de 50% de rabais.% CHRIS WATTIE REUTERS Nycole Turmel a été propulsée à la tête du NPD huit semaines après avoir été élue pour la première fois aux Communes.élire trois députés au Québec — et j’étais la troisième qu’on mentionnait Donc, de se retrouver chef de parti, deux mois et demi après les élections, c’est vraiment un changement complet dans ma vie, personnelle et professionnelle.» Mais il n’était pas question de dire non quand Jack Layton l’a appelée pour lui demander son aide.La voix faible, son chef lui tendait la main et Mme Turmel a senti le devoir d’accepter.Au départ, il devait s’agir de deux mois, loin des Communes; le règne de la chef intérimaire sera finalement de huit mois, dont cinq en Chambre à aflronter le premier ministre et les conservateurs.Plusieurs ont d’ailleurs critiqué sa faible performance, lui reprochant d’être incapable de tenir tête à Stephen Harper.À ces remontrances s’est ajouté une baisse de momentum dans les sondages au Québec.Mme Turmel refuse de se montrer inquiète, n’ayant toutefois pas été en mesure de détailler depuis le début de la nouvelle tendance ce qu’elle prévoit mettre en œuvre pour renverser la vapeur et retrouver l’histoire d’amour que partageait le NPD de «Jack» avec les Québécois.Invitée à nommer les réussites de son parti, cet automne, Nycole Turmel souligne le dossier d’Attawapiskat.C’est le NPD qui a soulevé le premier le sort de la communauté autochtone du Nord de l’Ontario, aux Communes.Et émue par la situation, la chef intérimaire a pour une rare fois mis de côté les discours récités pour parler avec émotion et conviction.Son seul regret, en revanche, aura été l’épisode de sa carte de membre du Bloc québécois, qui a «mal parti» sa direction.Elle se dit déçue de ne pas avoir annulé sa carte plus tôt, et même de l’avoir prise, arguant que son engagement a toujours été «envers les néodémocrates et le Canada au complet».Le défi accompli, Mme Turmel a néanmoins hâte de redevenir simple députée de Hull-Ayl-mer, lorsque le prochain chef sera choisi à la fin mars.Pour le moment, elle refuse cependant de prédire si elle briguera un second mandat «C’est trop tôt pour le dire.On s’oriente vers ça.» Le Devoir La premiere bourse du carbone en Amérique du Nord se porte bien Québec emboîte le pas au marché du carbone dès janvier Alors que le Québec vient de confirmer le lancement, le 1" janvier, de ce qui pourrait devenir la première bourse du carbone au Canada, la première bourse du carbone en Amérique du Nord, elle, se porte plutôt bien.Pour l'instant Passant sous les écrans radars, la Regional Greenhouse Gas Iqifiafive (RGGp regroupe neuf Etats américains de l’est (surtout le nord-est).Et l’un d’eux, le Massachusetts, a eu droit en novembre à un cadeau de Noël sous la forme d’un rapport affirmant que l’Initiative avait créé 3800 emplois depuis trois ans (incluant sa métropole, Boston) et généré des revenus de 500 millions $., En comparaison, le petit Etat du New Hampshire aurait eu droit pour sa part à des retombées de 17 millions $ et 458 emplois, selon ce rapport, pondu par la firme de consultants Analysis Group, basée à Boston.Rappel.Une bourse du carbone a pour principe de mettre sur le marché des «permis de pollution» ou des «crédits de carbone».Les plus gros pollueurs peuvent acheter des crédits des entreprises qui sont de meilleures élèves, ou du gouvernement.La RGGI ne vise que les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques et l’objectif est une réduction de leurs émissions de 10 % en 2018.En comparaison, le nouveau règlement québécois vise l’ensemble des industries pour 2013 et les transports pour 2015.Pour l’instant, ce n’est pas à proprement parler une bourse du carbone, mais un règlement imposant un «plafond d’émissions», assorti d’un système d’échanges de permis.Initiatives agressives Ce règlement, tel qu’annoncé l’été dernier, a été adopté le 15 décembre par l’Assemblée nationale.L’objectif: une réduction des gaz à effet de serre québécois de 20 % (par rapport à 1990) d’ici 2020.Il constitue le billet d’entrée du Québec dans la Western Climate Initiative, une entente,entre une demi-douzainç d’Etats et de provinces des Etats-Unis et du Canada.En janvier 2012 toutefois, seuls le Québec et la Californie s’y engageront.L’Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique §ont en attente, tandis que des Etats américains qui avaient initialement annoncé leur adhésion ont reculé en 2011.Si le marché doit voir le jour le 1“ janvier prochain, les obligations relatives au système n’entreront en vigueur qu’à partir du T" janvier 2013 afin de permettre aux participants de se familiariser avec son fonctionnement.Dans le cas de la RGGI, les profits engendrent d’autres profits: le plus gros bénéficiaire, le Massachusetts, a utilisé une partie des nouveaux revenus pour financer des initiatives plus agressives d’économies d’énergie, lesquelles pourraient du coup accroître encore plus l’împact posîfîf du programme chez luî.À en croire le vîce-présîdent du Analysis Group: «Les investissements en efficacité énergétique ont un effet multiplicateur plus grand que toute autre forrne de dépense.» À sa façon, îl répond aux opposants classiques d'une bourse de carbone, qui prétendent qu’elle augmentera la facture d’électricité des citoyens.En Investissant les profits dans les économies d’énergie, le Massachusetts tente de faire la preuve du contraire.Pour l'Instant.Agence Science-Presse Une mosquée est la proie des flammes à Montréal VALÉRIAN MAZATAUD Une mosquée de l’est de la ville a été endommagée par un Incendie dans la nuit de lundi à mardi.Aucune victime n’est à déplorer.Le feu qui a démarré peu après 20h a été maîtrisé au cours de la nuit.Selon Richard Bourdeau, chef des opérations au Service de sécurité Incendie de Montréal, le brasier aurait débuté au premier étage, occupé par la fabrique de matelas «Matelas Signature» avant d’atteindre le centre communautaire Al-Baya-ne, au deuxième étage.«Nous avons vu la boucane monter et nous sommes sortis», raconte Abdelrhaffar Nairn, président du centre.Selon ce dernier, la structure du bâtiment, en béton armé, a permis d’éviter la destruction complète du local de 6000 mètres carrés, qui reste néanmoins Inutilisable pour l’Instant.«C’est dommage, car on a beaucoup d’activités durant les vacances», déplore M.Nairn.Ouvert depuis 16 mois, le centre se définit plus comme «un lieu d’activités socioculturelles où l’on prie aussi» que comme une mosquée.M.Nairn se refuse à émettre une hypothèse quant à l’origine de rincendle.Installé dans le quartier industriel de Pointe-aux-Trembles, le centre accueille une centaine de membres et leur propose un encadrement religieux, culturel et citoyen.La direction de Matelas Signature n’était pas joignable hier.Le Devoir avec La Presse canadienne 257 millions d’argent neuf en santé VALÉRIAN MAZATAUD Le ministre des Einances, Raymond Bachand, a annoncé hier un investissement de près de 257 millions de dollars destiné à l’amélioration des installations du réseau de la santé et des services sociaux de la région de Montréal.Les sommes annoncées s’inscrivent dans un budget global de 733 millions confirmé en septembre par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, dans le cadre du Plan québécois des infrastructures.Lancé en 2007, le plan prévoit des investissements de 41,8 milliards jusqu’à 2013, pour «la modernisation, la réfection et la préservation des infrastructures publiques» dans les domaines de la santé, des transports, de l’éducation et de la culture.La majeure partie des 257 millions seront destinés au maintien et à la rénovation des actife immobiliers et des équipements.La Eé-dération intérprofessionnelle de la santé du Québec (EIQ) s’est contentée de prendre noté et «attend de voir les effets concrets» sur les conditions de travail de ses membres.Aucun autre syndicat représentant les professions de la santé n’était disponible hier pour un commentaire.Le Devoir OGILVY monsieur ESPACE HOMME AU 4® 1307, rue Sainte-Catherine Ouest 514.845.4742 ogilvycanada.com Abat-jour Illimités LAMP HADE Obtenez 15% de rabais ! 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Canada en revanche, le chef d’un parti qui obtient un mandat majoritaire hérite de pouvoirs quasi absolus et il est assuré de pouvoir appliquer son programme.Cela a ses avantages, comme de permettre à un gouvernement de s’attaquer à des problèmes complexes qui exigent des solutions parfois impopulaires.Le conservateur Brian Mulroney s’est ainsi attaqué au libre-échange et à la réforme fiscale, le libéral Jean Chrétien au déficit.Il y a des désavantages cependanp dont celui de transformer le premier ministre en quasi-monarque.Et si ce dernier choisit d’exploiter tous ses pouvoirs sans la moindre retenue, on court le risque d’une dérive autoritaire.Au Canada, le chef d’État est la reine qui confie ses pouvoirs à son représentant, le gouverneur général.La plupart doivent cependant être exercés par le «gouverneur en conseil», c’est-à-dire sm avis du cabinet.En pratique, cependanp c’est le premier ministre qui détient le gros des pouvoirs en question.En plus de recommander les candidats au poste de gouverneur général, il choisit les lieutenants-gouverneurs et les membres de l’exécutif (ministres).Il contrôle la composition des deux chambres législatives puisqu’il nomme les sénateurs et décide qui pourra être candidat pour son parti.Il a un ascendant sur le pouvoir judiciaire en comblant les postes vacants à la Cour suprême.Il choisit aussi le^ ambassadeurs, les dirigeants des sociétés d’ÉtaL les hauts gradés de la fonction publique.C’est encore lui qui propose les candidats aux postes d’agents du Parlement.L’opposition est consultée, mais n’a pas de droit de veto.Avec une majorité, le premier ministre peut imposer son choix, comme on l’a vu récemment avec le vérificateur général.Et s’il détient la majorité des sièges à la Chambre et au Sénafi il peut pratiquement en faire à sa tête.Non seulement parce que certaines règles lui donnent le contrôle de l’ordre du join, mais parce que trop d’entre elles sont non écrites.Le système parlementaire de t^e britannique repose sur de nombreuses traditions et conventions efi pour bien fonctionner, dépend de la réserve et du fair-play des différents acteurs.Tous les gouvernements majoritaires ont à un moment ou un autre tiré profit de cette faiblesse pour imposer leur rythme, mais aucun ne l’a fait avec autant d’acharnement que le gouvernement Harper.Minoritaire, il a testé les limites d’à peu près toutes les règles pour avoir gain de cause sans avoir à faire de compromis.Les conservateurs sont allés jusqu’à fournir à leurs députés un guide pour paralyser les comités où l’opposition, alors majoritaire, se préparait à leur donner du fil à retordre.On a alors vu des présidents lever les séances sans avertissement, des réunions être annulées sans explication, des députés conservateurs boycotter les rencontres.Les conservateurs n’ont pas rangé leur guide le 2 mai dernier.Au contraire, ils s’en servent pour limiter les débats, forcer la tenue d’une partie des travaux à huis clos, couper court à des études et refuser d’entendre le vérificateur général sur des rapports embarrassants, ce qui est pourtant la coutume.Mais voilà, ce n’est qu’une coutume.Minoritaires, les conservateurs ont plusieurs fois utilisé les projets de loi de mise en oeuvre du budget comme des chevaux de Troie.Profitant du fait que ces projets de loi font l’objet d’un vote de confiance, ils y inséraient d’autres mesures qui n’avaient rien à voir avec le budget pour forcer l’opposition à les adopter.Sous Stephen Harper, le gouvernement a refusé des documents aux parlementaires et bloqué le témoignage des membres du personnel ministériel.Et depuis qu’il est majoritaire, il limite les débats aux Communes plus souvent que quiconque avant lui.Dans un livre sur le gouvernement Chrétien, le journaliste Jeffrey Simpson avait résumé ainsi la situation: «TTte Friendly Dictatorship», la dictature amicale.Stephen Harper n’a donc rien inventé, mais il a poussé plus loin le contrôle, la centralisation, l’intransigeance, l’intimidation et l’exploitation de chaque faiblesse du système pour imposer sa loi.Bref, il est en train de faire disparaître ce qui pouvait rester d’amical à ce régime.Voici une anecdote révélatrice.En voyage dans l’Arctique à l’été 2010, M.Harper enfourche un véhicule tout-terrain et part à tombeau ouvert sur la piste de l’aéroport de Tuktoyaktuk.Aux journalistes qui lui demandent s’il a le permis nécessaire, il rétorque: «Je fais les règles» (J make the rules).Et maintenant qu’il est majoritaire, il persiste à mépriser ouvertement le Parlement, institution démocratique par excellence de notre système, mais se lance dans la glorification de la monarchie, institution fondée sur le pouvoir héréditaire.L’envers de la démocratie, quoi.Mais laut-il s’en étonner de la part de quelqu’un à qui ne manque, du roi, que le nom?Le projet de l’année 2011:1e Plan Nord Jean Charest y voit des dizaines de milliards d’investissement pour le Québec ALEXANDRE SHIELDS Le premier ministre Jean Charest en a fait LÉ projet économique central de son gouvernement.Le Plan Nord des libéraux est effectivement ambitieux.D’ici 25 ans, ce vaste projet industriel doit entraîner des învestîsse-ments publîcs et privés de plus de 80 milliards de dollars.De quoi Imposer un développement à la vitesse grand V au Nord québécois, développement articulé essentiellement autour des projets d’exploitation de mines.Mais les bénéfices pour le Québec sont loin d’être acquis, estiment d’éminents économistes.Le tout a été lancé en mai dernier par une projection vidéo sur un écran de 20 mètres de largeur où défilaient un troupeau de caribous, une baleine qui plonge, des rivières majestueuses et des autochtones tout sourire, tandis que s’affichaient quelques-uns des mots clés du Han Nord, répétés depuis par M.Charest: «vision», «innovation», «immensité» et a5 ¦M AFP / GLENN LOCKITCH SEA SHEPHERD CONSERVATION SOCIETY L’organisation Sea Shepherd est réputée pour ses actions musclées à l’endroit de haleiniers.Ici, des activistes à hord du hateau Bob Barker prennent d’assaut un navire japonais (à droite) s’adonnant, en février dernier, à la chasse à la haleine dans les eaux de l’Antarctique.le pont des baleiniers, ou encore de stopper leurs hélices de propulsion à l’aide de câbles.Par le passé, des navires des deux camps sont parfois entrés en collision.En janvier 2010, un bateau de la Sea Shepherd a même été coupé en deux par un baleinier.L’hiver dernier, les navires japonais sont rentrés plus tôt que prévu, en raison du harcèlement continuel du groupe de Paul Watson.Mais cette année, Tokyo espère bien remplir son quota d’environ 900 Solde du temps des Fêtes Kanuk DIREŒMENTÀLAMANUFAQURE Jusqu’au 31 décembre www.kanuk.com petits rorquals tués, ainsi que quelques dizaines de rorquals communs.Ces deux espèces sont observées chaque été dans le fleuve Saint-Laurent.Le Japon prétend depuis des années qu’il mène une chasse dédiée à la «recherche scientifique».La Commission baleinière internationale (CBl) a interdit la capture commerciale de la baleine en 1986 pour protéger ces mammifères en voie de disparition, mais elle autorise des campagnes de chasse conduites à des fins de recherche.Les pays protecteurs des baleines et les défenseurs de l’environnement dénoncent toutefois cette pratique comme une chasse commerciale déguisée.La chair est effectivement vendue au Japon.Quant aux informations recueillies sur les carcasses, elles ToIq^o espère bien remplir son quota d’environ 900 petits rorquals tués sont soit déjà connues ou alors elles peuvent être obtenues par des moyens non létaux.Trois pays membres de la CBl ont d’ailleurs dénoncé de nouveau récemment la campagne des Japonais.Aq début du mois, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont invité Tokyo à renoncer à cette «prétendue chasse scientifique».Mais il qst difficile pour ces Etats de mettre en place un moratoire complet, en raison des divisions entre les pays membres de la CBL Greenpeace estime que le gouvernement japonais doit dépenser 30 millions pour sa campagne de chasse, en plus d’une subvention annuelle de 10 millions reçue par l’industrie baleinière, structurellement déficitaire, selon le groupe écologiste.Le Devoir SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE DU TEMPS DES FÊTES En échange de ce coupon, obtenez gracieusement un foulard polaire Kanuk de couleur unie au moment de l’achat d'un vêtement Kanuk de 395 $ ou plus (avant taxes).Un saul coupon par vêtement.Un seul vêtement par coupon.Valide au moment de l'actiat seulement.Jusqu'à épuisement des stocks.Non négociable.Ne se combine à aucune autre offre.Nul après le 31 déc.2011.» DU TEMPS DES FÊTES KA NUK Merciedi 28 décembre 9hà18h Jeudi 29 décembre ghà21h Vendredi 30 décembre ghà21h Samedi 31 décembre 10hàl7h Dimanche lerjanvier FERMÉ Nous acceptons : VISA, MasterCard, carte de débit et argent comptant.QUANTITÉ LIMITÉE PREMIER ARRIVÉ, PREMIER SERVI JUSQU’À ÉPUISEMENT DES STOCKS JEUDI 29 DÉCEMBRE : VENDREDI 30 DÉCEMBRE : LUNDI 2 JANVIER : MARDI 3 JANVIER : OUVERT DE 7H30 A 16H30 OUVERT DE 7H30 À 16H30 FERMÉ FERMÉ Nous sommes loin de vous?COMMANDEZ PAR INTERNET kanuk.com Résultats des tirages du : 2011-12-24 Collection Kanuk 2012 Le Patrouilleur junior CSS 01 18 25 26 36 39 02 14 17 19 32 38 40 compl.compl.Prochain gros lot (approx.) : 18 000 000 $ E|tra 587701 prix régulier: 494$ Résultats des tirages du : 2011-12-23 — E|tra 03I04I09I25I26I37I39 ^ÿ^AXMlLLIONS 2 lots de 1 million $ SbLbüllüNS NON DECOMPOSABLES 13 19 21 32 41 42 48 09 12 30 35 42 45 48 Prochain gros lot : 50 000 000 $ + \$^AXMILLIONS 10 lots de 1 million $ (approx ) zn cas de disparité entre cette liste et la liste otticielle de Loto Quebec cette derniere a priorité I NOUVEAU! LeChIcouté prix régulier: 770 $ Fourrure en sus prbc régulier: 661 $ Grand choix de DEVOIR prix régulier: 598$ et plus Quantité limitée HORA RF nu SOLDE CADEAU «T UNE VALEUR DE Les astronautes canadiens sans mission jusqu’en 2019?PETER RAKOBOWCHUK Les astronautes canadiens pourraient devoir rester les deux pieds sur Terre pendant plusieurs années après leur prochaine mission dans l’espace, prévue pour 2012.Le périple de Chris Hadfield vers la Station spatiale internationale à bord d’un engin russe, en novembre prochain, marquera la fin d’une période occupée pour les astronautes canadiens.Après cette mission, personne ne peut vraiment dire quand un autre Canadien aura la chance de visiter l’espace, affirmait vendredi dernier un porte-parole de l’Agence spatiale canadienne.«Selon l’entente encadrant les visites à la Station spatiale internationale, nous n’avons pas — après celui de Chris Hadfield — de vol prévu avant la fin de la décennie», a indiqué Gilles Leclerc, directeur général de l’exploration spatiale pour l’agence.Depuis le premier voyage dans l’espace d’un Canadien, effectué par Marc Carneau il y a 27 ans, huit astronautes du Canada ont effectué 15 voyages dans l’espace, plusieurs d’entre eux effectuant quelques périples.Au cours des prochaines années, le programme spatial canadien se concentrera sur l’envoi de machines dans l’espace, plutôt que d’humains.Des satellites pour l’observation de la Terre et à des fins militaires seront notamment du nombre.Plus de crédits Le Canada a eu en réserve jusqu’à six astronautes prêts à partir.Présentement, l’agence spatiale dispose de trois voyageurs de l’espace encore actifs: Chris Hadfield, David Saint-Jacques et Jeremy Hansen.Mais les deux derniers ont été recrutés il y a peu de temps et doivent encore s’entraîner avant d’être prêts à s’envoler.L’agence spatiale américaine a conclu une entente avec son homologue canadienne pour effectuer tous les voyages de Canadiens vers la station spatiale internationale tant que celle-ci sera en orbite — soit jusqu’en 2020, au moins.Parce qu’il a contribué à sa construction grâce à son gigantesque bras robotique, le Canada a obtenu des «crédits» pour des déplacements vers la station.Seul problème: le pays aura épuisé l’ensemble de ses crédits après le voyage de Chris Hadfield.Gilles Leclerc assure que l’agence tente de négocier avec les Américains pour repartir avant 2019.La Presse canadienne E N BREF PUBLICATION AUCUNE PUBLICATION LE LUNDI 2 JAN.AINSI QUE LE MARDI 3 JAN.Le prince Philip a quitté l’hôpital Londres — Le prince Philip, mari de la reine Éfisabeth II, a quitté l’hôpital hier, après avoir subi une intervention chirurgicale pour pue artère bloquée.Le duc d’Edimbourg, âgé de 90 ans, a passé quatre nuits à l’hôpital Papworth de Cambridge, après l’installation d’une endoprothèse coronaire destinée à faciliter le passage du sang dans l’artère.Cette procédure visait à éviter la formation d’un caillot.Le prince consort a quitté l’hôpital dans la matinée sans s’adresser aux journalistes, mais souriant et saluant ceux qui étaient venus assister à sa sortie.Selon le palais de Buckingham, il va regagner Sandringham, résidence privée de la reine dans la campagne du Norfolk, où il retrouvera les autres membres de la famille royale.Le prince Philip a ainsi manqué pour la première fois depuis des années les festivités traditionnelles de Noël de la famille royale.- Associated Press nos cordes.P A 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 DECEMBRE 2011 ACTUALITES Les liens militaires entre Ottawa et Washington se resserreront en 2012 MURRAY BREWSTER Ottawa — La transition s’est déroulée progressivement, de façon quasi imperceptible, pendant que les coups de fusils retentissaient encore en Afghanistan.Mais que les soldats canadiens en soient conscients ou pas, jamais, dans l’histoire du pays, ils n’auront été aussi proches des forces américaines qu’en quittant Kandahar cette année.Ces cinq années passées à combattre les talibans en sol afghan ont souvent été présentées par Ottawa comme une façon d’exercer son indépendance face à Washington, qui a exhorté en privé le gouvernement conservateur de ne pas quitter ce pays miné par des années de guerre.Mais ce qui est largement passé inaperçu, c’est que la coopération entre les deux pays en matière de défense semble de plus en plus étroite,, un aspect que le Canada et les Etats-Unis ont rappelé récemment en paraphant un accord sur la sécurité aux frontières, même si cette entente a deux pays peuvent être plus intimement liés.De façon plus significative, en 2008, Ottawa et Washington ont discrètement signé un accord visant à se soutenir mutuellement lorsque surviennent des catastrophes naturelles comme des inondations, des feux de forêts, des ouragans et des séismes, ou encore dans l’éventualité où un attentat terroriste serait perpétré.Le Canada s’est porté à la défense de la Grande-Bretagne lorsque les deux guerres mondiales ont éclaté, et s’est trouvé impliqué au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) pendant la Guerre froide.Sous Jean Chrétien, le gouvernement libéral a snobé Washington en refusant de prendre part à la mission en Irak sans mandat clair des Nations unies, préférant mener des actions multilatérales sous l’égide d’institutions comme l’Otan.Selon Lewis MacKenzie, la déception ressentie par le Canada face à la «nature dysfonctionnelle» de l’organisation, et le fait que les soldats canadiens se soient retrou- Les relations en matière de défense entre les deux nations ont évolué depuis que Stephen Harper a pris le pouvoir surtout des implications sur les échanges commerciaux.«Nous devons explorer de quelle manière nous pouvons approfondir notre relation en matière de défense, surtout par l’entremise d’institutions bien établies comme le Norad ou la Commission permanente mixte de défense», qui englobe le Mexique, signalait d’ailleurs une note de breffage envoyée en 2009 au ministre canadien de la Défense, Peter MacKay.«Notre relation en ce qui a trait à la défense repose principalement sur la coopération entre les armées des deux pays.Cela est essentiel et nous devrions continuer à bâtir et à renforcer ces liens.» Ces notes avaient été rédigées en 2009 en prévision d’une rencontre entre le ministre MacKay et l’amiral américain Mike Mullen, ancien président du Comité des chefs d’état-major interarmées, aujourd’hui à la retraite.Ce document, tout comme une série d’autres obtenus par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, démontrent de façon assez éloquente à quel point les relations en matière de défense entre les deux nations ont évolué depuis que Stephen Harper a pris le pouvoir.Le major-général à la retraite Lewis MacKenzie a été intrigué par cette déclaration.Selon lui, si l’on considère la myriade de programmes d’échanges et de partage qui ont été mis en place, il est difficile de voir comment les vés pratiquement seuls à mater l’insurrection à Kandahar, ont contribué à la naissance et à l’essor d’un sentiment de désenchantement.Le Canada se tqurne donc peut-être vers les Etats-Unis «par défaut, étant donné [sa] frustration», suggère M.MacKenzie.En se penchant sur un dossier qui est loin d’avoir défrayé la manchette, on décèle certains indices démontrant jusqu’à quel point Ottawa est prêt à aller pour rester dans les bonnes grâces de Washington.En 2008, le Canada faisait partie des signataires de la Convention sur les armes à sous-munitions, dont l’objectif est essentiellement de bannir ce type d’armes, en interdisant l’emploi, la fabrication, le stockage et le transfert des armes à sous-mu-nitions, qui contiennent des dizaines, voire des centaines de petites charges explosives.Or, Ottawa n’a pas encore ratifié cette convention à laquellel s’oppose plusieurs pays producteurs ou acheteurs — dont les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, Israël, le Pakistan et le Brésil.Une note de breffage destinée à Peter MacKay illustre ce qui est au cœur de l’hésitation du gouvernement Harper.«Nous reconnaissons l’importance de notre coopération militaire profonde avec les Etats-Unis [.] Nous ne souhaitons pas mettre cette relation en péril [.]», peut-on lire dans cette note.La Presse canadienne TODD KOROL REUTERS Stephen Harper a été élu à la tête d’un gouvernement conservateur majoritaire le 2 mai dernier.Il dirigeait depuis janvier 2006 un gouvernement minoritaire.Bilan 2011 La majorité des conservateurs est élue « nouvelle de l’année » STEPHANIE LEVITZ Ottawa — Les responsables des salles de rédaction au pays ont choisi la majorité du gouvernement conservateur comme la nouvelle de l’année 2011.Cette majorité tant souhaitée, le premier ministre du Canada Stephen Harper l’avait demandée aux électeurs maintes fois durant la campagne électorale.Son slogan de campagne le clamait: il lui fallait «un gouvernement conservateur fort, stable et majoritaire».Le fait qu’il ait finalement obtenu cette majorité a été désigné la nouvelle de l’année par les responsables des salles de rédaction du pays, qui se sont exprimés lors du sondage annuel réalisé à cet effet par La Presse canadienne.La majorité conservatrice a reçu 25 % des votes exprimés, devançant à peine l’arrivée du Nouveau Parti démocratique comme opposition officielle à la Chambre des communes, avec 24 % des votes.«J’ai choisi la majorité conservatrice parce que cela modifie en profondeur la joute politique au pays.En obtenant la majorité tant souhaitée, les conservateurs ont désormais les coudées franches pour mettre en œuvre leur programme politique.Et ils n’ont pas perdu de temps à faire tanguer le pays vers la droite», a commenté Gaétan Chiasson, directeur de l’information du quotidien L’Acadie Nouvelle.«C’était prévisible: les sondages indiquaient la tendance du vote.Mais je crois que les conservateurs ont supplanté les libéraux pour plusieurs années.Et à moins de revirements dans les autres volets de la politique canadienne, Stephen Harper demeurera premier ministre aussi longtemps qu’il le voudra», a commenté Dan Leger, du Halifax Chronicle-Herald.Depuis leur retour à la Chambre des communes, les conservateurs se sont attardés à remplir leurs engagements électoraux.Plusieurs de ceux-ci, toutefois, dépendent de l’équilibre budgétaire.Ce retour à l’équilibre doit finalement survenir en 2015, soit un an plus tard que prévu durant la campagne électorale.Les conservateurs se sont ainsi attaqués à la Commission canadienne du blé, au registre des armes d’épaule et à la loi sur le financement des partis politiques.Du même souffle, ils ont resserré les règles en matière de justice criminelle, notamment face aux jeunes contrevenants, soulevant ainsi l’ire de plusieurs groupes au Québec.«M.Harper n’a pas perdu de temps.Sitôt arrivé, il a commencé à faire les changements importants qu’il rêvait de faire et qui vont façonner autrement le pays», a commenté Murray Wood, de CJME 980 à Régina.Coupe Stanley Les autres nouvelles de l’année, selon les dirigeants des salles de rédaction du pays, sont les émeutes de la coupe Stanley à Vancouver, avec 12 %, les incendies de Slave Lake, en Alberta, en mai dernier, avec 11 % et le mouvement des indignés avec 8 %.«Ils n’ont pas perdu de temps à faire tanguer le pays vers la droite» La fin de la mission canadienne en Afghanistan et les histoires de corruption au Québec ont chacun recueilli 3 % des suffrages exprimés.Les autres sujets qui ont recueilli 2 % sont la controverse concernant les commotions cérébrales et les coups à la tête au hockey, la visite de Kate Middleton et du prince William au Canada, le déclin du mouvement souverainiste au Québec et le pipeline Keystone XL.En queue de peloton, on retrouve avec 1% des votes: les mésaventures de Research In Motion avec son Blackberry, le retour des Jets de Winnipeg et les femmes devenues premières ministres dans leur province respective.La Presse canadienne a également mené une consultation auprès de la population par le biais de Yahoo! Canada et, cette fois, c’est la nouvelle de la montée du NPD de Jack Lay-ton qui a été désignée comme nouvelle de l’année au pays, ayant recueilli 18 % des suffrages exprimés.«Je crois que beaucoup de Canadiens s’identifiaient à Jack Layton.On ne peut pas en dire autant de Stephen Harper ou de Michael Ignatieff», a commenté Andrew MacDonald, de Yahoo! Canada.La visite du prince William a reçu 11 % d’adhésion, le mouvement des indignés 10,6 %, les émeutes de Vancouver 10 %, la majorité conservatrice 9 % et les Jets de Winnipeg 9 %.La Presse canadienne Une bordée de neige et de la pluie pour le Québec La tempête hivernale annoncée pour hier soir pourrait surtout se répandre en pluie sur la plupart des régions situées au sud du fleuve Saint-Laurent, selon le météorologue René Héroux, d’Environne-ment Canada.Qn prévoit jusqu’à 10 centimètres de neige et près de 20 millimètres de pluie sur les secteurs de Montréal, de l’Estrie et de la Beauce.Les régions au nord du fleuve, telles Québec, les Laurentides, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Haute-Mau-ricie, devraient recevoir de 15 à 40 centimètres de neige.Environnement Canada prévoit un total de 15 centimètres de neige pour les secteurs de Rivière-du-Loup et Rimouski.Seules les régions de l’ouest de la province, dont l’Abitibi-Té-miscamingue, éviteront le système dépre^sionnaire en provenance des Etats-Unis.GraduellemenL le système se déplacera vers les provinces maritimes.Au Nouveau-Brunswick, les précipitations devraient tomber essentiellement en pluie, à la faveur d’un mercure à la hausse.En Qntario, ce sont toutes les régions au sud des Grands Lacs, à partir de Windsor, en allant vers Toronto, Kingston et Cornwall qui seront touchées par un mélange de pluie et de neige.La Presse canadienne E N BREF Un Canadien porté disparn est retronvé sans vie en Chine Toronto — Les autorités policières de Hong Kong enquêtent sur la découverte d’un corps qui pourrait être celui d’un Canadien qui manque à l’appel depuis près d’une semaine.Joseph Basha, âgé de 25 ans et originaire de Terre-Neuve-et-Labrador, a été vu pour la dernière fois le 21 décembre.Un porte-parole de la police locale a indiqué à La Presse canadienne que le corps inanimé d’un ressortissant étranger âgé entre 25 et 30 ans avait été découvert dans une toilette publique au cours de cette journée.11 a ajouté que ce décès n’est pas considéré comme suspect.La page Eacebook de l’étudiant de 25 ans affichait plusieurs messages de condoléances de proches et d’amis.Joseph Basha vivait en Chine depuis 2008, où il étudiait à l’Université de Hong Kong.- La Presse canadienne Téléphone : Télécopieur 514 985-3322 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesaimonces@ledevoir.corn I *N *D *E *X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100 • 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 1ÛÛ ‘150 Achat-vente-échange 160 ‘199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 2ÛÛ • 250 Achat-vente-échange 251 ‘299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit 1^^ PROPR T AVNDR PROPR T AVNDR MEUBLES VILLE-MARIE Au ctBiï de la hMe avise supeitie laidln amenagA, tanaasa av»c jandin 41t*u «1 pM9ii»iine 4# l«ii« an BUQé« locila par la >uellQ.Conipli[aivisnt rAnovA «A?SOOf a4 2011 style-cculiaiapHiaÉi, quaM M gaOt lam au idv.balle eipwiïmj irsiaflfr.A veifii!d»ci»î mls DANIELLE LANDRY 5f4S98-B131 AEJMMiluCatalic.APPARÎEMENÎSEÎ lOGEMENISAlOOER 4031 Lacombe - 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Avant la crise de 2008, leur part était de 55 %.En 1995, c’est à méditer deux fois plutôt qu’une, elle était de 17 %.Entre ces deux dernières dates, on se souviendra qu’en 1999 le gouvernement Clinton avait aboli ce qui restait de la loi Glass-Steagall votée sous le gouvernement Roosevelt, en 1933, afin d’ériger des barrières entre les quatre piliers de la finance pour ne plus revivre les dérives bancaires des années 1920.^Pendant 65 ans, la réforme orchestrée par \ Roosevelt nous a assuré une relative stabilité financière.Dans la foulée du décloisonne-1 t ment amorcé par Reagan et conclu par Clin- 7 - — ton ainsi que de l’autorisation accordée aux banques par la Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier, de multi-plier par trois leur endettement, les gouvernants soi-disant concernés par le bien public ont accouché d’un monstre baptisé «Too big to fail» (TBTE), ou trop gros pour tomber.Selon le Bureau de la stabilité financière, 29 banques, dont 8 aux Etats-Unis et 17 en Europe, sont jugées TBTE parce que présentant un risque systémique évident.Depuis que cette liste a été dressée, ces mammouths financiers ont tellement grossi que certains économistes, dont Johnson, estiment qu’ils sont en réalité trop gros pour être sauvés.Admettons un instant qu’une crise surgisse à l’horizon proche, qui ébranle sérieusement les TBTE, et qu’une fois encore elles soient secourues avec les deniers publics.Qu’adviendra-t-il après coup?Les coûts fiscaux afférents au sauvetage vont submerger les gouvernements à un point tel que ceux-ci seront confrontés à une catastrophe monétaire.Dans un récent article, Robert Sidesky, professeur émérite d’économie politique de l’Université de Warwick au Royaume-Uni, soulignait que «la nouvelle orthodoxie place sa foi en la capacité des autorités de réglementation d’améliorer l’évaluation du risque des banques, tout en ne changeant rien à la structure actuelle du système bancaire.Mais dès lors qu’il s’agit de relever les m-gences des fonds propres face aux actifs pondérés en fonction des risques, qui sera chargé de pondérer les risques et selon quelle méthodologie?[.] En bref, la nouvelle philosophie de réglementation remplace l’illusion selon laquelle les banques peuvent sans problème gérer leurs risques par l’illusion qui voudrait que les autorités de réglementation le fassent à leur place».Eaute d’avoir réformé «la structure actuelle du système bancaire», faute d’avoir réformé un système de primes qui favorise une gestion «agressive» du risque, faute d’avoir écouté Paul Volcker qui a proposé d’interdire aux banques de dépôt de poursuivre des activités de spéculation pour compte propre, faute d’entendre les avis de Paul Krugman, de Joseph Stiglitz, de Kenneth Rogoff ou de Nouriel Roubini, les élus, et en particulier les républicains qui ont bloqué le projet de loi Dodd-Erank, ont assis le monde sur un baril de poudre.Après la débâcle de 2008, les chefs d’Etat des deux côtés de l’Atlantique avaient l’occasion, une occasion en or, de discipliner un univers financier en proie à la folie, ainsi que l’atteste l’aveu de bien des dirigeants qu’ils ne comprennent rien aux véhicules financiers avec lesquels leurs courtiers jonglent.Dit autrement, ces politiciens, dont certains avaient promis une moralisation du capitalisme, ont construit, par défaut, un Munich social et économique.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO ^rand moment de KAdupAR/N K**- Le relativisme moral de l’abbé Gravel L’intervention de l’abbé Gravel que nous a rapportée Le Devoir le 22 décembre puit gravement aux efforts entrepris par l’Eglise catholique pour lutter contre la pédophilie.Tout d’abord, ses propos révèlent la face sombre d’un certain relativisme moral.Selon le raisonnement de Raymond Gravel, le mal de l’acte pédophile n’existerait pas «en soi», mais serait relié à ses conséquences sur la vie de la victime.Il af hrme: «La majorité de ceux qui réclament de l’argent ont fait leur chemin pareil, donc, ils ne sont pas victimes.» En refusant de reconnaître une victime sous prétexte que celle-ci a réussi à se faire un chemin dans la vie, Rajmiond Gravel relativise la gravité de l’acte traumatisant qu’elle a subi.Outre la dureté des propos de l’abbé Gravel, son raisonnement est en contradiction totale avec l’attitude du pape Benoît XVI devant les victimes d’actes de pédophilie.Pour le pape, 11 n’y a pas d’ambiguïté: la pédophilie, surtout commise par un prêtre, est un péché d’une «gravité particulière».Tous ceux qui connaissent ses positions et ses actions savent qu’il n’a jamais tenté de minimiser le problème, même avant de devenir pape.D’ailleurs, la politique adoptée et exigée par le Vatican aujourd’hui — tant dans les diocèses que dans les séminaires — est celle de la tolérance zéro.De plus, lorsque l’abbé Gravel refuse de reconnaître les victimes au nom de la survie de l’Église catholique, 11 effectue une dérive qui s’apparente à du sabotage.Certes, 11 est possible de discuter des montants exigés et de l’instrumentallsa-tlon (bien réelle) qui est faite de ces crimes pour laisser libre cours à une certaine «cathophobie» ambiante.Néan- LETTRES moins, cela ne doit jamais primer la reconnaissance de la gravité extrême du mal qui se produit lorsqu’un prêtre agresse sexuellement un enfant.Le Saint-Père rappelle lul-rnême que «la plus grande persécution de l’Eglise ne vient pas d’ennemis extérieurs mais naît du péché de l’Eglise».Le relativisme moral de l’abbé Gravel est peut-être compatible avec l’esprit du temps lorsqu’il s’écarte des positions traditionnelles de l’Éghse sur l’avortement et le mariage homosexuel.Mais avec ses déclarations, je doute qu’il puisse encore revendiquer l’étiquette de «progressiste».Stéphane Bürgi Chargé de cours et doctorant en études du religieux contemporain à l’Université de Sherbrooke Le 22 décembre 2011 Quand les Québécois parlent d’une seule voix Dans son texte publié dans Le Devoir du jeudi 22 décembre Intitulé «Le nouveau combat pour la citoyenneté», le professeur Denis Saint-Martin nous fait l’honneur de faire parler «les Québécois» d’une seule voix.N’ayant pas fait comme lui un doctorat en science politique, je ne peux donc me prémunir de cette omniscience qui doit vraisemblablement descendre sur tout nouveau détenteur d’un doctorat tel l’Esprit saint sur Jésus dans le Jourdain.C’est en tant que simple étudiant à la maîtrise que j’ose m’interroger: peut-on faire parler ainsi une population aussi large et aussi différenciée, dont les raisons sont aussi multiples pour sélectionner dans l’isoloir un «candidat-parti» plutôt qu’un autre?Une autre question surgit après cette première: n’est-ce pas de la récupération politique à mettre en lien avec l’option politique (fédérale) privilégiée par ledit professeur?Enhn, je me demande aussi si le professeur Denis Saint-Martin ne devrait pas éviter les eaux sur lesquelles il ne sait visiblement pas naviguer, soit l’analyse des comportements politiques et de l’opinion publique, pour s’en tenir à son champ de spécialité qui est l’adminis-tration et les politiques publiques.David Sanschagrin Le 22 décembre 2011 Hi^ab et cruauté Il est surprenant que, parmi les diverses réactions à l’acceptation du port du hidjab par une gardienne de prison, en dépit de la recommandation de la commission Bouchard-Taylor, personne n’ait relevé la prochaine descente aux enfers de celle-ci dans un milieu particulièrement cruel qu’est une prison.Cette femme sera à peu près certainement l’objet de sarcasmes et de harcèlements systématiques de la part des prisonnières.Tout cela parce que le gouvernement Charest refuse, comme d’habitude, de se tenir debout en respectant aussi les valeurs de la collectivité, comme le rappelait si bien Marie-Andrée Chouinard dans ces pages.Surtout, ce gouvernement ne voit pas que derrière tout cela il y a des fanatiques qui se servent de ce nouveau cas pour mieux imposer leur pouvoir.Alors que le Coran n’a jamais exigé ce voile, pas plus que la burqa et le niqab.Et quand cette gardienne n’en pourra plus, ces manipulateurs crieront à la discrimination venant d’une nation pourtant particulièrement accueillante, forçant encore plus ce gouvernement de pleutres à pher, ce qui est hna-lement leur objectif.Suzanne et Pierre-André Julien Bécancour, le 22 décembre 2011 LIBRE OPINION Gare au cul-de-sac caquiste ! NICOLAS MARCEAU Député de Rousseau à l’Assemblée nationale du Québec et porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances et de développement économique LaCoahtionavenir Québec (CAQ) refuse de se positionner sur la question nationale, prétextant qu’elle divise et nous empêche de nous attaquer aux vrais problèmes du Québec.Selon son chef François Legault, il faudrait d’abord régler nos problèmes et nous enrichir, ces dix prochaines années, avant de penser reposer la question de notre souveraineté.C’est absurde.Tout d’abord, une évidence: un Québec souverain serait très riche.Ainsi, selon un classement établi par l’Institut de la statistique du Québec à l’aide du PIB par habitant, le Québec se situe au 28® rang sur 235 pays dans le monde en 2009, donc parmi les 12 % les plus riches.Les voisins du Québec dans ce classement sont des pays tels que le Japon (27), la France (26), le Royaume-Uni (24) ou encore la Nouvelle-Zélande (32); rien de gênant.L’idée de la CAQ de s’enrichir encore plus avant de pouvoir devenir souverain apparaît alors absurde.Car si on accepte cette logique, les 207 pays qui nous suivent au classement seraient des imposteurs, qui devraient renoncer à leur souveraineté, le temps de s’enrichir.Ajoutons que les pays nous devançant au classement sont devenus souverains à des niveaux de richesse beaucoup plus faibles que le nôtre aujourd’hui.L’exigence caquiste d’une richesse encore plus élevée est donc sans fondement.De la même manière, l’idée caquiste qu’il faille régler nos problèmes avant de devenir souverain ne tient pas la route.Un grand nombre de pays, devant et derrière nous au classement, ont des problèmes à régler.Dans de nombreux cas, ces problèmes sont au moins aussi graves que les nôtres, et dans certains cas, ils sont bien plus graves.Ces pays devraient-ils renoncer à leur souveraineté, le temps de régler leurs problèmes?Les nations qui ont accédé à la souveraineté à travers l’histoire l’ont-ehes fait dans un moment de grâce, pendant une période où elles n’avaient aucun problème?La réponse à ces questions est évidente et on doit conclure que cette autre idée caquiste n’est pas plus convaincante.Je crois, quant à moi, que la question de notre souveraineté est plus actuelle et pertinente que jamais.Elle nous permettrait de mettre la main sur les moyens qui nous manquent cruellement pour nous enrichir encore plus et pour régler nos problèmes.Avec la souveraineté, les Québécois obtiendront des pouvoirs fondamentaux en matière de culture et de télécommunication, de justice criminelle, de propriété intellectuelle, de lutte contre les monopoles, ou encore d’assurance- emploi, tous actuellement entre les mains du Parlement fédéral dans lequel nous sommes une minorité.Avec la souveraineté, nous cesserons de partager avec ce même Parlement fédéral nos pouvoirs en agriculture, en environnement et en immigration.Avec la souveraineté, ce sera la tin des intrusions du Parlement fédéral dans les secteurs de la santé ou de l’éducation.Avec la souveraineté, le Québec négociera lui-même ses traités avec ses partenaires internationaux alors qu’aujourd’hui, le gouvernement Harper parle en notre nom et défend le plus souvent les intérêts du Canada, à notre détriment.Avec les moyens et les pouvoirs qu’elle implique, la souveraineté permettra, entre autres, d’atteindre notre indépendance énergétique, de maintenir le registre des armes à feu, de traiter les jeunes contrevenants selon nos valeurs, de mieux protéger notre langue, de ne remplir qu’une seule déclaration de revenus, de donner des dents à la loi contre les monopoles, d’accroître la concurrence dans le secteur des télécommunications, de signer des traités à notre avantage, de faire entendre notre voix et nos valeurs dans les forums internationaux, ou encore de corriger les lacunes du programme d’assurance-emploi et d’y intégrer de véritables parcours de formation pour nos travailleurs.La souveraineté permettra au Québec de se doter d’une politique industrielle axée sur ses priorités plutôt que de subir la politique canadienne avantageant largement le secteur de l’automobile ontarien et celui des hydrocarbures de l’Ouest.Enfin, la souveraineté permettra au Québec de se porter à la défense de ses secteurs économiques stratégiques.On a vu ce que peut faire un pays lorsqu’Ottawa a bloqué l’achat par des intérêts étrangers de Potash Corp.de la Saskatchewan en 2010.François Legault affirme que le Québec aurait dû faire de même pour bloquer l’achat d’Alcan par des intérêts étrangers.11 s’illusionne, car pour le faire, il faut être un pays.Le Québec ne peut rien faire de tel en tant que province.Prétendre, comme les caquistes le font, que le statut du Québec n’a pas d’impact sur notre capacité à intervenir dans notre économie, cela n’est tout simplement pas sérieux.En définitive, je suis convaincu qu’une nation est plus à même de s’enrichir et de surmonter ses difficultés lorsqu’elle dispose de tous les leviers décisionnels.La CAQ offre aux Québécois un cul-de-sac de dix ans alors que le Parti libéral du Qpébec voudrait que l’impasse dure des siècles.A l’inverse, le Parti québécois propose la souveraineté, laquelle permettra aux Québécois de prendre le véritable contrôle de leur destin, de régler leurs problèmes à leur manière, avec tous les moyens d’une nation normale et libre. LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 DECEMBRE 2011 A 9 IDEES Périmètre de sécurité Une option ou un impératif?GINETTE CHENARD Ex-déléguée du Québec à Atlanta et chercheuse senior en résidence à la Chaire Raoul-Dandurand delVQAM.a déclaration «Par-delà la frontière: une vision commune de la sécurité du périmètre et de la compétitivité économique», rendue publique le 7 décembre dernier par le président Barack Obama et le premier ministre Stephen Harper, vise à faciliter la circulation des biens et personnes à la frontière canado-américaine en réaffirmant que les enjeux de sécurité demeruent le préalable au commerce, une règle immuable prescrite par les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.Tant pour Ottawa que pour les provinces, cet ordre des choses qui subordonne le commerce à la sécurité n’est pas nouveau ni irrégulier, même si d’aucuns estiment qu’il dépasse parfois la mesure quand il est utilisé comme subterfuge à d’autres fins.Pour le Canada, sécurité oblige doublement en raison du contexte international et de la prépondérance des multiples facettes de son voisinage, surtout le commerce.L’énoncé textuel des quatre axes de coopération ayant fait l’objet d’un accord entre les chefs de gouvernement témoigne justement de l’interdépendance des objectifs poursuivis par cette initiative, à savoir: 1.agir tôt pour éliminer les menaces; 2.facilitation du commerce, croissance économique et emplois; 3.application transfrontalière de la loi; et 4.infrastructures essentielles et cybersécurité.Négociations bilatérales Cet accord dont le Canada s’est fait le principal promoteur propose en quelque sorte d’établir de nouvelles bases au partenariat canado-américain déjà existant.11 s’agirait nommément «d’ouvrir» davantage la frontière É srop L k Whicufoi ' N IHSPEPTnn* y JHSPECTOB \ y I L TODD KOROL REUTERS Pour le Canada, la question de la sécurité est primordiale en raison du contexte international et de la prépondérance des multiples facettes de son voisinage avec les Etats-Unis.et de la redéfinir, au moins pour éliminer la duplication des étapes d’inspection, harmoniser les critères de certification à l’égard de certains produits et simplifier les formalités administratives, autant d’entraves à la fluidité qui se traduisent en coûts considérables estimés annuellement à 16 milliards de dollars au Canada seulement, surtout pour les entreprises de petite et moyenne taille, depuis la mise en oeuvre du «Plan d’action sur la frontière intelligente» et ses mesures.L’issue des négociations bilatérales demeure toutefois incertaine.D’emblée, on compte parmi les embûches: les coûts élevés de la mise en oeuvre; des soulèvements probables s’il y a remise en question de pratiques ou valeurs identitaires considérées comme axes de souveraineté; le durcissement des tendances protectionnistes, en particulier au Congés, dans un contexte budgétaire et économique précaire; l’inertie partisane qu’engendre la tenue des élections présidentielles à l’égard d’un dossier de ce type; l’intérêt limité ou l’indifférence générale de l’opinion publique, de groupes d’influence, voire d’un,bon nombre de leaders aux Etats-Unis, quant aux enjeux commerciaux par rapport à l’incontestable primauté de ceux associés à la sécurité à la frontière.Rapports commerciaux diversifiés En dépit de ces obstacles, faut-il souligner que les options ne sont pas légion, surtout pour le Canada?A priori, le fait que chaque pays constitue pour l’autre le principal partepaire commercial et que les Etats- Unis forment l’économie la plus grande et la plus diversifiée du monde suffit à mettre en relief le bien-fondé d’une telle initiative.Certes, il est Jaborieux de faire valoir aux Etats-Unis la portée et les avantages résultant, de ses échanges et ceux de 35 Etats qui ont le Canada comme principal partenaire commercial.Toutefois, le Canada et les provinces reconnaissent sans équivoque que leur commerce est tr,ès largement concentré aux Etats-Unis et que pas moins de 30,9 % du PIB canadien, 29 % de celui du Québec, 75 % des exportations canadiennes et 67,9 % de celles du Québec sont tributaires du marché américain.Sans négliger pour autant l’objectif de diversification des rapports commerciaux, le gouvernement fédéral et les provinces devraient plutôt considé- rer cette initiative comme un impératif.Si la promotion de§ liens commerciaux avec les Etats-Unis va de soi à cause de leur ampleur stratégique, s’ils sont sources de prospérité et créateurs d’emplois (un sur sept au Canada), la mise en oeuvre du plan d’action serait susceptible de leur insuffler une nouvelle dynamique et de freiner le déclin presque constant des exportations, srutout depuis 2008.L’occasion se prêterait bien polu fouiller plus à fond les motifs favorables à l’appartenance à cette région économique.Le discorus politique canadien fait souvent référence à son existence en relevant l’interconnexion poussée de la chaîne d’approvisionnement et des cycles de production entre les deux pays, mais force est d’admettre qu’il ne résonne pas fort au sud de la frontière.Voilà pourquoi les interventions suivies, tant de la part du gouvernement fédéral que des provinces, nommément le Québec par l’entremise de ses partenariats et son accès auprès de gouverneurs et de gens çl’af-faires au sein de forums d’Etats fédérés, demeurent décisives.Le mérite d’une stratégie Enfin, il conviendrait également d’envisager la mise en oeuvre de cette déclaration comme un processus susceptible de mettre à l’épreuve certaines tendances, de ce côté-ci de la frontière, à se conforter quant aux performances en matière de productivité, d’inno-vafion et ,de compéfifivité, alors que les Etats-Unis figurent, à plusieurs chapitres, en haut de la liste des pays de l’QCDE.Plusieurs experts, dont le gou-verneiu de la Banque du Canada et des analystes du Conference Board, multiplient les mises en garde, car la croissance économique, ici mieux soutenue pendant la présente crise économique, serait en péril à cause de faibles gains en madère de productivité et de résultats insuffisants sur le plan des facteurs qui conditionnent la compéfifivité.Quand on sait que ces facteurs — résultats de dépenses en recherche et développement (R&D) dans les secteurs de pointe et d’innovation, du nombre de doctorats dans des domaines-clés comme le génie et les sciences, etc.— comptent parmi ceux qui déterminent le positionnement d’un pays dans l’économie mondiale, on doit reconnaître que le processus de mise en oeuvre de la déclaration pourrait s’avérer, à cet égard, un catalyseur de la compétitivité du Canada en la frottant de plu^ près à celle, redoutable, des Etats-Unis.En somme, toute stratégie propice à faciliter la circulation des biens et des personnes, à créer des emplois, à accroître la richesse collective et à fouetter la compéfifivité mérite considération pour autant que le Canada et les provinces entreprennent les négociations, et ce, sans, compromettre, à l’instar des Etats-Unis, l’intérêt national et les valeurs fondamentales.Bourse de Toronto aux Bermudes Les liaisons dangereuses 0 ALAIN DENEAULT Auteur E^’Offshore et de Faire l’économie de la haine (Ecosociété, 2010 et 2011) et membre au Québec d’Attac et du Réseau international pour la justice fiscale n en a fait tout au plus un entrefilet dans les pages égarées de quelques journaux.L’information révèle pourtant la tendance contemporaine à une intégration des régimes pplitiques dits démocratiques et ceux d’Etats de complaisance de type off hore.Ainsi, la Boruse de Toronto (TMX), qui est au cœru d’un processus faisant de la législation canadienne un havre réglementaire et financier pour l’industrie extractive mondiale, devient l’actionnaire principal de la Bourse des Bermudes (BSX), un paradis fiscal notoire et hautement controversé.En acquérant 16 % des parts de la Boruse ber-mudienne le 21 décembre dernier, «le TMX devient un des principaux actionnaires de la BSX et son chef de la direction, Torn Kloet, se joindra au conseil d’administration de la BSX», nous apprenait une dépêche de La Presse canadieime reprise par Le Devoir )euàl Cette alliance hautement problématique qntre un Canada qui se targue encore d’être un Etat de droit et un des paradis fiscaux les plus criminogènes de la planète, découle, à en croire le communiqué dij TMX lui-même, d’une entente entre les deux Etats en matière d’échange de renseignements sur des questions fiscales.Le communiqué du TMX ajoute que, «depuis le 31 octobre 2011, la BSX est reconnue comme une Bourse de valeurs désignée aux termes de la Loi de l’impôt sur le revenu du Canada».Des ententes à double tranchant Husierus éléments méritent ici d’être débrouillés.Certes, le gouvernement Harper a annoncé en 2011 la signature de plusieurs accords d’échange de renseignements en madère fiscale (AERE) avec des paradis fiscaux.Ces ententes, signées dans la foulée de démarches internationales de coopération soutenues par l’QCDE (Qrganisadon de coopération et de développement économiques), prétendent entamer le secret bancaire des Etats de complaisance qui accueillent chez eux des frauderus de tout acabit Mais, nonobstant ces prétentions, ces ententes favorisent sourdement le fonctionnement et le développement mêmes des paradis fiscaux, car elles prévoient en outre que tout acteur canadien qui place ses actifs dans un pays offshore signataire d’un tel traité puisse les rapatrier au Canada sans payer d’impôt.Qr ces fonds issus de l’activité canadienne n’ont de raison de séjourner par voie de grands détours aux Bermudes qu’en lien avec des stratagèmes d’évasion ou d’évitement fiscaux, comme le prix de transfert ou les facturations aberrantes (misprincing).C’est donc encore plus facilement et «légalement» que des milliards de dollars générés par l’économie canadienne se trouveront inscrits dans de telles législations à fiscalité nulle ou quasi nulle, en raison de stricts jeux d’écritures comptables, afin d’épargner à la classe financière des impôts pourtant voués à financer des institutions publiques dont elle profite à maints égards.Contournement des règles publiques Ensuite, il est dit de la Loi de l’impôt sru le revenu du Canada qu’elle reconnaît la Boruse des Bermudes.Qr «la fiscalité très avantageuse des Bermudes permet aux investisseurs non-résidants d’échanger des actions et de former des fonds d’investissement sans être soumis à aucun impôt», comme l’indique à sa clientèle le fiscaliste «offsholâtre» Grégoire Duhamel dans son guide intitulé Les paradis fiscaux (Paris, Grancher).De plus, la Bourse des Bermudes n’est soumise à aucune institution publique, sinon à l’ubuesque Bermuda Monetary Authority (BMA) qui, sur son site Internet est plus préoccupée à vanter les mérites des différentes entités qu’on peut créer dans ce paradis fiscal qu’à expliquer comment elle prétend en contrôler les dérives potentielles.C’est notamment en lien avec cette Bourse bermudienne qu’on crée librement des fonds d’investissement ou des fonds à risques {hedge funds), tels que ceux qui ont contribué à provoquer la crise économique de 2008.Ainsi, le gouvernement canadien se trouve à reconnaître nî plus ni moins qu’une institution vouée au contournement de ses propres règles publiques.De Halifax aux Bermudes En interprétant conjointement ce qu’il en est de ces modalités dont se réjouit la Boruse de Toronto, on comprend que les administrateurs du principal centre boursier canadien auront toute latitude pour faciliter l’activité financière canadienne à même un paradis fiscal qui ne prévoit aucun encadrement en madère d’investissement et de spéculation borusière, d’autant plus que les Canadiens qui participeront à tous ces manèges de la haute finance saruont qu’ils peuvent en tout temps depuis les Bermudes rapatrier lerus fonds au pays sans y payer d’impôt.On peut à plus forte raison être actif au Canada tout en bénéficiant des largesses berrpudiennes que le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, en confiant la gestion de son agence Nova Scoda Business Inc.exclusivement à des acteurs du sec-teiu privé, a permis la création à Halifax d’un pôle comptable en lien direct avec les Bermudes.Des fonds à risques ou des compagnies d’assruances sont ainsi gérés à Halifax même, mais créés aux Bermudes pour que soient contournées la loi et les institutions canadiennes.Blanchiment d’argent Du reste, les prétendus accords d’échange de renseignements (AE^, signés en principe poru permettre aux autorités politiques canadiennes d’obtenir la levée du secret bancaire aux Bermudes en cas de soupçons quant à tel ou tel frau-deiu canadien présumé, ne risquent pas d’empêcher substantiellement les opérations massives de blanchiment d’argent que ce paradis fiscal rend possibles à travers toutes les combinaisons opaques qui s’y forment.Selon un rapport soumis au ministère néerlandais des Einances par Brigitte Unger de l’Utrecht School of Economies, les Bermudes se révélaient en 2006 la deuxième législation au monde au titre du blanchiment d’argent provenant d’activités illicites ou criminelles.En matière de lutte contre le blanchiment, le gouvernement du Canada nous a de toute façon démontré en 2010 que ses politiques n’étaient elles-mêmes rien d’autre que complaisantes, lorsqu’il a signé en catimini un accord de libre-échange avec le Panama, soit le plus important lieu de blanchiment de fonds issus du narcotrafic au monde.En intégrant radicalement ses politiques et ses institutions financières à celles des législations de complaisance, le Canada se transforme lui-même sans ambiguïté en un paradis fiscal.En témoigne le site de conseillers financiers spécialisés dans la «création de sociétés offshore», Eran-ce-Qffshore.fr.Sa page d’accueil inscrit le Canada parmi «nos juridictions offshore», tandis que la fiche de présentation de notre législation laisse tomber un délicieux: «Le Canada n’est pas un pays offshore mais nous savons rendre une société créée au Canada offshore.» Voilà comment.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l’information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y^\&i\ D&gh.s&(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amelie Daoust-BoisvertFstïw^eJ , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaûXeier (reporters) ,A&axi-V\eTr& Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm {pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier et Genevieve Tremblay (commis internet) , Amelie Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettino-ParazeUi et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RauiviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxun-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Büyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 28 DECEMBRE 2011 ACTUALITES SYRIE SUITE DE LA PAGE 1 trousses des observateurs de la Ligue arabe, leur expliquant leur version des faits.«Ceci est le sang de mon fils» y affirme un homme en pointant une flaque de sang sur le sol.Les voix se multiplient, s’enterrent.Des manifestants portent le drapeau de Tindépen-dance, celui d’avant l’arrivée au pouvoir du parti Baas, toujours au pouvoir.«Ils semblent très désespérés et ils agissent comme si les observateurs de la Ligue arabe étaient vraiment leur dernier espoky a analysé la journaliste d’Al-Jazira Zeina Khodr, qui se trouve à la frontière de la Turquie et de la Syrie, à Antioche.On peut entendre un homme leur disant: “Venez dans mon quartier, venez dans ma rue, les gens sont en train de mourir, il y a des tireurs sur les toits, nous ne pouvons plus marcher dans les rues.”» Certains opposants au gouvernement en place demandent même une protection internationale, dans les vidéos maison diffusées sur le Web.Lorsqu’ils ont atteint la place principale de Homs, les dizaines de milliers de manifestants ont été dispersés par les forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes.Le chef des observateurs de la ligue arabe, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, semble impassible sur les vidéos diffusées, dont les sources ne sont évidemment pas vérifiables.Notons que la nomination du général ne fait pas l’unanimité, puisque le Soudan est AGENCE ERANCE PRESSE Cette image vidéo montre un char syrien manœuvrant dans la ville de Homs, lundi.Des dizaines de civils ont été tués, selon les opposants au régime de Bachar al-Assad.Les chars avaient quitté la ville, hier, à Tarrivée des observateurs de la Ligue arabe.considéré comme un État proche de la Syrie.Au terme de la première journée d’évaluation sur le terrain, le général Moustapha al-Dabi a déclaré que «la journée a été très bonne et [que] toutes les parties se sont montrées coopératives».Il est retourné à Damas pour une réunion, mais devrait revenir à Homs aujourd’hui.Repli strat^que?Les États-Unis ont pour leur part dénoncé la répression accrue qui a précédé la journée d’hier.«Le régime [syrien] a profité des derniers jours pour multiplier ses attaques contre certains quartiers de Homs et d’autres villes avant l’arrivée des observateurs» de la Ligue arabe, a déclaré un porte-parole du département d’É-tat.Mark Toner.«Bien évidemment, nous condamnons l’escalade de la violence.» La France craint que la mission de la Ligue arabe ne soit qu’une pause dans la répression sanglante, qu’elle soit l’occasion d’une manipulation de la part des autorités syriennes.«L’arrivée de ces observateurs n’est naturellement pas une fin en soi: c’est bien l’ensemble du plan de la Ligue arabe qui doit être mis en œuvre», a prévenu le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.La communauté internationale sera très vigilante, puisque jusqu’à présent, «le régime de Damas n’a ménagé aucun effort pour travestir la réalité», a-t-il ajouté.Sur la page Éacebook «Syrian Revolution 2011», des opposants syriens jugent que le repli des chars d’assaut à Homs n’est qu’une ruse et assurent que les forces de sécurité sont cachées si près de la ville que les bombardements pourraient reprendre en quelques minutes.Les opposants regroupés au sein des comités locaux de coordination rapportent 23 morts encore pour hier, dont six à Homs.Les autorités syriennes continuent d’affirmer que les violences sont le fait de terroristes.La chaîne de télévision privée Dounia, proche du pouvoir, a d’ailleurs indiqué que les observateurs s’étaient rendus hier dans le quartier de Bab Sebaa, à Homs, où ils ont «évalué les dégâts faits par les groupes terroristes».L’agence officielle Sana a aussi rapporté une attaque terroriste sur un gazoduc près de la ville.Par ailleurs, deux manifestations pro-Assad ont aussi été rapportées hier.Les violences entre l’armée et les déserteurs et opposants font craindre une guerre civile en Syrie depuis le début de la révolte contre le régime, en mars.Selon l’Organisation des Nations unies, 5000 personnes ont été tuées au cours des neuf derniers mois.Le Devoir Avec Reuters, AFP et AP « DEBARQUE » SUITE DE LA PAGE 1 et qu’on avance».Quelque 50 jours plus tard, cette dernière claquera la porte du caucus pé-quiste en pestant: «Le Parti québécois que je quitte, c’est celui de l’autorité outrancière d’une direction obsédée par le pouvoir.L’atmosphère est devenue irrespirable.Depuis un certain temps déjà, en effet, je suis très mal à l’aise avec certaines orientations et positions prises par la direction du parti et avec la façon dont elles nous sont imposées».«Uunité fait notre force» Mais revenons au 17 avril.En ce dimanche matin, lendemain du vote de confiance, le chef bloquiste Gilles Duceppe, en pleine campagne électorale, rend visite aux militants pé-quistes.«Nous savons que c’est l’unité qui fait notre force et vous l’avez drôlement prouvé hier que ça fait notre force!» lança-t-il à la foule en liesse.D’une part, en ce dimanche, les sondages n’avaient pas encore annoncé une hausse radicale de l’appui au NPD.D’autre part, l’unité, Gilles Duceppe connaissait ça lui aussi.Début février 2011, il avait traversé sans problème une épreuve de vote de confiance.Son score?Encore meilleur que celui de Pauline Marois: 95,3.«Un mandat fort, reçu à quelques semaines d’un possible déclenchement d’élections, a confirmé à Gilles Duceppe qu’il était sur la bonne voie», écrivit un reporter le 12 février.Le séisme du 2 mai La campagne électorale fédérale ne se passera pas comme l’état-major du Bloc l’avait prévu.Ses communications s’avèrent difficiles.Son slogan, «Parlons Qc», déplaît à l’opinion.A l’égard des figures de proue souverainistes — Gérald Laro-se, Jacques Parizeau, Gilles Duceppe — appelées en renfort, une fatigue semble s’être installée dans une partie de l’opinion québécoise.La popularité du chef du NPD Jack Layton atteint des sommets au Québec.Pour plusieurs Québécois, ce parti d’une gauche modérée, qui n’a jamais eu plus d’un député au Québec à la fois, mérite une chance.Le soir du 2 mai, c’est l’hécatombe: alors qu’il avait remporté une majorité de sièges au Québec depuis 1993, le Bloc perd 43 députés.Il ne lui en restera plus que quatre.Gilles Duceppe est battu dans sa circonscription et démissionne.Le pourcentage que le Bloc recueille, 23,40 %, est pratiquement similaire au pire obtenu par des souverainistes québécois dans leur histoire: 23,06 % en 1970.Dès le soir du 2 mai, l’onde de choc se transmet partout dans le mouvement souverainiste.L’angoisse s’installe.Pour ne pas subir le même sort, des péquistes, parmi lesquels le leader parlementaire Stéphane Bédard, se disent qu’il faudra donner de grands coups.C’est ce qui aurait conduit Pauline Marois à engager son parti, sans consulter son caucus, dans l’aventure du projet de loi privé 204 sur le futur amphithéâtre de Québec, populaire projet du maire de la capitale Régis Labeaume.Après qu’Agnès Maltais eut annoncé qu’elle se chargerait de défendre ce projet de loi, le caucus péquiste s’interroge, puis une partie se révolte.Les débats se multiplient.Certains récalcitrants, comme Louise Beaudoin, se font dire par l’entourage de la chef qu’ils doivent se soumettre à la discipline ou s’en aller.C’est finalement ce que trois députés très en vue feront, le 6 juin: Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe.Jean-Martin Aussant suivra le lendemain.Puis ce sera au tour de Benoît Charrette le 21 juin, premier jour d’un été où le mouvement souverainiste sera plongé dans une réflexion profonde.Ex-journaliste, ancien employé du Bloc et de Lisette La-pointe, Jocelyn Desjardins met sur pied un Nouveau mouvement pour le Québec (NMQ) clairement souverainiste, mais très critique du PQ de Pauline Marois.A ses yeux celui-ci apparaît «usé, confus dans ses interventions et banalisé par le public et les médias à la moindre action qu’il pose», comme le NMQ l’écrit dans son manifeste.Malgré tout, lors de son premier rassemblement le 21 août à Montréal, M.Desjardins enjoint aux différents courants indépendantistes de se parler.Un projet d’états généraux du mouvement est d’ailleurs relancé peu après.Réfractaire au départ, Pauline Marois demandera au Conseil de la souveraineté de l’organiser.L’automne 2011 passera sans qu’un accord sur la tenue de ce sommet soit conclu.Automne difficile L’automne sera ponctué de nombreuses secousses pour les souverainistes.Le 26 octobre, les réunions de caucus se multiplient et les rumeurs de putsch à l’encontre de la chef abondent.Celle qui, en avril, avait reçu 93,08% d’appui, en est réduite, vers 23h05 ce soir-là, à annoncer qu’elle tient bon.Les traits tirés, elle certifie qu’elle a «un bon appui du caucus» bien que ses députés lui aient «fait un certain nombre de remarques» durant la journée.Les sondages ne lui facilitent pas la vie.Ils indiquent qu’avec Gilles Duceppe à sa tête, le PQ battrait non seulement les libéraux Jean Charest, mais aussi les coalisés de François Legault.Peu de temps après la crise du 26 octobre, le député de Beauharnois, Guy Leclair, est accusé par l’entourage de la chef d’avoir confié un projet de putsch de 10 membres du caucus péquiste à une journaliste.Il est suspendu du caucus mais y reviendra une semaine plus tard.Soulagement pour la chef: dans une lettre ouverte, Gilles Duceppe fait savoir qu’il n’est pas intéressé de «prendre la place de qui que ce soit».Le répit est de courte durée pour Mme Marois qui devra bientôt se résoudre à expulser le député de Blainville Daniel Ratthé, lequel annoncera avant Noël son ralliement à la Coalition avenir Québec de François Legault.Parallèlement à la tenue de rencontres régionales du NMQ, un autre parti souverainiste est fondé en octobre par Jean-Mar-tin Aussant, Option nationale, lequel soutient avoir une démarche «plus claire» que le PQ vers la souveraineté.Alors qu’en début d’année 2011, les souverainistes n’avaient que les mots «unité» et «victoire» à la bouche, à l’aube de 2012, leur mouvement apparaît divisé et angoissé.De sondage en sondage, le taux d’appui à la souveraineté baisse.Une reprise du débat linguistique, les décisions impopulaires du gouvernement Harper majoritaire à Ottawa, l’usure du pouvoir qui afflige le gouvernement Charest ainsi que la commission Charbonneau leur font croire que tout peut-être n’est pas perdu.Le pire n’est toutefois jamais à exclure.La «débarque» de 2011 en est une bonne illustration.Le Devoir Cinq autres «débarques» de 2011 1) La première, c’est bien sûr celle des dictateurs arabes, les Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie), Hosni Moubarak (Égypte), Ali Abdallah Saleh (Yémen) et Mouammar Khadafi (Lybie).La «débarque» souverainiste et celle de ces hommes forts n’ont évidemment rien de comparable, malgré le rapprochement qu’a vainement tenté Victor-Lévy Beaulieu entre l’entêtement de Pauline Marois et celui de Kadhafi, quelque part avant l’exécution de ce dernier, en octobre.2) Avant d’être arrêté le 13 mai à New York en lien avec une affaire d’agression sexuelle, Dominique Strauss-Khan était directeur du Fonds monétaire international et pouvait prétendre à la plus haute fonction du pouvoir exécutif français.Aujourd’hui, il est qualifié d’ex-futur président et les médias s’amusent à fouiller ses mœurs échangistes et ses habitudes de «dragueur lourd».3) Après des années où les scandales ne l’atteignaient pas ou presque, le politicien et magnat Silvio Berlusconi a dû démissionner de son poste de chef du gouvernement italien le 12 novembre.4) Blackberry était jadis synonyme d’efficacité, de nec plus ultra des technologies de communications.En 2011, le téléphone «intelligent» a de plus en plus fait fi^re de «retardé» technologique avec ses pannes et les difficultés commerciales de Research in motion.5) La monnaie européenne a sans doute traversé sa pire année depuis sa mise en circulation en 2002.Certains se demandent parfois si elle va atteindre l’âge de 10 ans.INDIGNES SUITE DE LA PAGE 1 à ce que 60 000 personnes envahissent soudainement la ^ande place centrale de Madrid.Le mouvement des Indignados venait de faire ses premiers pas.Aucun des étudiants et des jeunes professionnels sans emploi qui campaient sur la Puerta del Sol n’avait alors conscience que ce mouvement allait vite gagner les principales villes d’Espagne.Puis s’étendre aux grandes capitales européennes.Pour finalement traverser l’Atlantique cinq mois plus tard.La démocratie et après.On se rappellera que le mouvement de la Puerta del Sol avait été précédé par de vastes mobilisations en Islande et en Irlande immédiatement après la crise de 2008.Le 15 octobre dernier, alors que la grande mobilisation lancée par les manifestants de New York ne rassemblait que 70 000 personnes dans toute l’Amérique du Nord (selon les chiffres de Nate Silver du New York Times), plusieurs villes d’Espagne, de Grèce et d’Italie dépassaient à elles seules très largement ce chiffre.Force est donc de reconnaître que le mouvement a surtout pris de l’importance dans les pays les plus durement touchés par la crise.En Espagne, où le mouvement a dépassé tous les autres, le chômage touche deux Espagnols sur dix et un jeune sur deux.Les manifestations ont d’ailleurs largement mobilisé cette couche de jeunes professionnels souvent très instruits qui ne trouvent pas d’emploi.L’Espagne possède en effet une des jeunesses les plus instruites d’Europe alors qu’elle bat tous les records de chômage.Même chose en Grèce et en Grande-Bretagne, où la crise frappe plus durement qu’ailleurs.Dans ce dernier pays, les étudiants des universités fortement touchés par la hausse astronomique des droits de scolarité ont été à la pointe de la mobilisation.C’est néanmoins l’Espagne qui a donné au mouvement son contenu et sa forme essentiels, repris ensuite dans le reste de l’Europe et en Amérique du Nord.Aux propositions concrètes de réforme politique, les Indignados ont préféré les mots d’ordre généraux revendiquant la «démocratie réelle maintenant!» {Democracia real ya^) et dénonçant les principaux partis politiques, la corruption, le capital financier et l’establishment en général.Les rares revendications concrètes exigeaient certaines réformes démocratiques comme l’introduction d’un scrutin plus proportionnel ou la tenue de référendums d’initiative populaire.Comme les mouvements anarchistes d’une autre époque, les manifestants se regroupaient dans des assemblées spontanées fonctionnant par consensus, refusant le vote à majorité et même d’élire des représentants.Selon Eva Bo-tella Ordinas, de l’Université autonome de Madrid, ces assemblées évoquent en Espagne la tradition des cabildos abiertos (conseils ouverts) qui datent du siècle et perdurent dans certaines petites communes espagnoles.Le refus de la politique Lors des élections législatives du 20 novembre dernier en Espagne, les groupes issus du mouvement des Indignés ont largement prôné l’abstention.Ceux qui choisissaient de participer au scrutin ont généralement soutenu de petits partis très marginaux sans influence véritable sur le vote.Comment alors mesurer l’influence des Indignés?De nombreux analystes ont vu dans ce mouvement un certain renouveau démocratique.Ce mouvement n’est pas une simple réaction à la crise, selon le politologue Bertrand Badie de l’Institut de sciences politiques de Paris.«C’est l’essence même de la politique qui est visée, déclarait-il au quotidien Le Monde.En ce sens, on dépasse de beaucoup ce qu’était la contestation par les partis d’opposition ou par les syndicats, voire par les groupes depression, comme dans les premiers temps de l’altermondialisme.» Selon le polito- logue, le mouvement des Indignés traduit «un comportement de sortie du politique, de défiance affichée et d’une forme de sourde résignation devant l’ampleur de la tâche à accomplir».Les Indignés ont voulu exprimer leur «peur de l’avenir, devenu totalement opaque», reconnaît aussi Pierre-André Taguieff.Mais, pour le philosophe français, cette contestation est loin de représenter un progrès démocratique.Cela illustrerait même une forme de régression politique.«L’indignation n’est pas une politique, déclarait-il au journal grec Kathimerini.Elle illustre la tendance contemporaine à l’impolitique, qui remplace la réflexion par un moralisme sans per^ectives ou par des imprécations anticapitalistes relevant du rituel magique.» Alors qu’une partie de l’extrême gauche a tenté de s’associer de toutes les façons possibles aux Indignés, en Europe, le mouvement a été vivement critiqué à gauche comme à droite.Pour l’ItcJien Ernesto Galli della Loggia, l’indignation est «devenue une mode».Cet historien libéral estime que «l’indignation, si elle est authentique, est une réaction immédiate et élémentaire.Si elle se transforme en état permanent, elle ne témoigne pas seulement d’une idéologie simpliste, elle est aussi primitive.» Uexception française C’est peut-être ce côté apolitique, pour ne pas dire antipolitique, qui explique la très faible mobilisation des Indignés en France.L’Hexagone est pourtant le pays par excellence des manifestations monstres et des mouvements contestataires les plus divers.Dans un pays habitué à des cortèges de plusieurs centaines de milliers de personnes, on s’étonne du petit millier d’Indi-gnés qui s’est mobilisé le 15 octobre dernier de Paris à Toulouse.Certes, la France a jusqu’ici été moins durement frappée par la crise que l’Espagne, la Grèce ou le Royaume uni.Mais, peut-être faut-il en chercher aussi la cause dans le fait que le pays est à l’aube d’une présidentielle où les forces d’opposition sont largement mobilisées dans les partis politiques.Le mouvement des Indignés a atteint son paroxysme en Europe au moment même où la gauche française tenait des élections primaires afin de désirer son candidat à l’élection présidentielle.Selon David Valence, le discours des Indignés qui renvoie dos à dos la gauche et la droite est traditionnellement associé en France au Front national.C’est ce que déclarait ce professeur agrégé d’histoire à l’Institut de sciences politiques de Paris, sur le site Atlantico.fr.«En clair, les Erançais désespèrent sans doute moins de la politique que leurs voisins, disait-il.Le rejet global de la gauche et de la droite y est donc moins marqué qu’ailleurs, parce que le désamourpour la politique y est sans doute moins profond, plus superficiel.» Ajoutons que si la France est à l’origine de ce qui est devenu le manifeste des Indignés, le best-seller de Stéphane Hessel intitulé Indignez-vous, c’est aussi dans ce pays qu’il a été le plus critiqué.L’écrivain Pierre Assouline y voyait «un texte dégoulinant de bons sentiments» alors que le neuropsychiatre Boris Cyrulnik rappelait à son auteur que «l’indignation est le premier temps de l’engagement aveugle» et qu’il fallait plutôt «nous demander de raisonner et non de nous indigner».Sept mois après sa naissance dans les rues de Madrid, nulle part en Europe le mouvement des Indignés ne semble devoir prendre de forme organisée susceptible d’influencer véritablement les partis et les institutions.C’est un peu ce qu’ont montré les élections du 20 novembre en Esr pagne où la droite a remporté une victoire historique.Les Indignés avaient beau dire «nous sommes les 99%» de la population, ce n’est pas ce qu’a dit le peuple le jour où on lui a demandé son avis.Correspondant du Devoir à Paris LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel Bureau de Québec 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 418-643-1541 La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de 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