Le devoir, 28 novembre 2011, Cahier A
^ \ Les lions de la ColombieBritannique remportent ^ leur sixième Coupe Grey A Le compte rendu de Jean Dion en page B 4 www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.en N“271 LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 1,09$+taxes= 1,24 P#INT CHAUD Guy A.Lepage songe à boycotter la Banque Nationale « Je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver des banquiers bilingues! » ANTOINE ROBITAILLE Québec — S’inquiéter pour la langue française à Montréal est insuffisant.«Il faut agir», croit Guy A Lepage.L’unilin^isme anglais de certains cadres de la Banque Nationale (BN), par exemple?«Je trouve ça épouvantable», lâche l’humoriste, acteur, scénariste, et célébré animateur de Tout le monde en parle, version québécoise.Client de cette banque depuis longtemps, il songe même à sortir ses billes de l’institution: «Je regarde ça avec attention.Et fai pas peur de le dire, mes options sont ouvertes.» Vendredi, le patron de la BN, Louis Vachon, l’a profondément déçu lorsqu’il a déclaré à La Presse qu’il ne ferait pratiquement rien pour exiger que son vice-président des technologies de l’information, John B.Cieslak, apprenne un peu de français.«Bon, si on me prouvait que le gars est le seul docteur au monde à avoir telle spécialité, peut-être que je comprendrais.Mais là, je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver des banquiers bilingues!» De même, l’unilinguisme de cadres de la Caisse de dépôt l’a «carrément insulté».«Je trouve ça totalement scandaleux», insiste-t-il, saluant du même coup le geste des employés qui ont osé porter plainte à l’Office québécois de la langue française (OQLF).C’est précisément ce qu’il fait, lui, lorsqu’un commerçant insiste pour le servir en anglais à Montréal.«Pour moi, ma langue, c’est un service essentiel.Alors, je niaise pas, je dépose une plainte» à l’OQLF.Cette préoccupation pour l’avenir de la langue officielle du Québec à Montréal est un des messages qu’il a livrés mardi dernier au Salon bleu, alors que l’Assemblée nationale remettait sa médaille au célébré groupe Rock et Bellçs Oreilles, qui célébrait ses 30 ans de carrière.A ses yeux toutefois, on a mal interprété certaines de ses déclarations comme: «cela devrait être une obligation pour tout le monde» à Montréal de parler français.Sur Twitter, le chroniqueur Don Mac-pherson s’en était d’ailleurs étonné.Guy A.réplique: «Non.Moi, je dis “laissons les gens parler la langue de leur choix dans leur vie”.On n’en est plus aux années 70, quand on criait “ta yeule” au Guy A.Lepage « Pour moi, ma langue, c’est un service essentiel» VOIR PAGE A 8: LEPAGE JACQUES NADEAU LE DEVOIR PRIX JUDITH-JASMIN La rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, est primée ¦ À lire en page B 7 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 2 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 6 Economie .A 5 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 4 Religions.B 6 Sudoku.B 2 Editorial.A 6 Télévision.B 7 La Grande-Bretagne et le climat ODD ANDERSEN AGENCE FRANCE-PRESSE À Londres, de 2001 à 2007, la part de la voiture dans les déplacements a diminué, passant de 43 % à 37 %.Londres, le leader ignoré Alors que s’ouvre à Durban la Conférence des Nations unies sur le climat, où devrait se jouer l’avenir du protocole de Kyoto, Le Devoir a visité un pays qui a cessé de tergiverser: en Grande-Bretagne, la bataille pour sauver le climat est véritablement engagée depuis le milieu de la dernière décennie.Londres en est un exemple probant.Deuxième d’une série de trois textes.LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le Devoir en Grande-Bretagne \ A l’heure de pointe, en plein centre de Londres près de Trafalgar Square, il n’est pas rare de voir de quatre à huit autobus rouges à deux étages — une signature culturelle incontournable — en attente à la queue leu leu à une intersection, entourés de sept à huit voitures.Souvent, le nombre d’autobus dépasse même celui des automobiles.Cette situation résulte d’un ensemble de décisions, certaines visionnaires, qui depuis 15 ans transforment cette ville de 8 millions d’habitants, soit l’équivalent de la population en- tière du Québec, qui vit sur une surface équivalant à seulement trois fois l’île de Montréal.Michèle Dix, directrice de la planification chez Transport for London (TFL), indique d’entrée de jeu qu’à Londres, de 2001 à 2007, la part de la voiture dans les déplacements a diminué, passant de 43 % à 37 % alors que le transport actif, soit marche et vélo, voyait sa part augmenter de 34 % à 41 % des déplacements.C’est le résultat cumulatif, dit-elle, de la mise en place d’un péage électronique à 15 $ par jour pour accéder au centre-ville, d’une amélioration radicale des transports collectifs et VOIR PAGE A 8: LONDRES Remboursement de médicaments Qui influence Québec ?La Coalition priorité cancer a reçu des centaines de milliers de dollars des pharmaceutiques AMÉLIE DAOUST-BOISVERT La Coalition priorité cancer au Québec, dont les dénonciations ont poussé le ministre de la Santé, Yves Bolduc, à étendre le remboursement public à trois médicaments anticancer coûteux refusés de prime abord, a reçu depuis sa création des centaines de milliers de dollars de l’industrie pharmaceutique.La coalition qui dit «défendre les personnes touchées par le cancer et leur donner une voix» a perçu, seulement l’an dernier, plus de 200 000 $ de l’industrie pharmaceutique.Ces dons représentent 60 à 65 % de son budget.Ainsi, depuis sa création en 2001, plusieurs centaines de milliers de dollars ont transité des coffres de l’industrie aux siens.Les compagnies Eli Lilly, AstraZeneca et Novartis, qui fabriquent les molécules nouvellement entérinées par Québec, comptent toutes parmi les donateurs de la coalition.La porte-parole de la Coalition, Nathalie Rodrigue, confirme ces chiffres, tout en restant vague sur les sommes totales reçues de l’industrie pharmaceutique depuis 2001.Au Devoir qui lui demandait de pousser la transparence jusqu’à dévoiler ses budgets passés, elle a répondu que le prochain rapport annuel, le premier à être rendu public, ferait preuve d’une grande honnêteté sur cette question.Dans la section «partenaires financiers» de son site Web, la coalition cite 13 compagnies pharmaceutiques.Nathalie Rodrigue assure qu’elle peut compter sur d’autres donateurs, mais que si les compagnies pharmaceutiques sont les seules mentionnées, c’est parce qu’il s’agit d’une condition de leur entente, une forme de publicité.«[Les pharmaceutiques] ne siègent pas à notre conseil d’administration, elles n’ont aucun droit de regard», garantit Mme Rodrigue, qui assure Après la dénonciation de la Coalition, Québec a étendu le remboursement public à trois médicaments refusés de prime abord VOIR PAGE A 8: CANCER À lire en page A 7 ¦ Médicaments anticancer: des ententes bienvenues entre Québec et les pharmaceutiques SYRIE La Ligne arabe adopte des sanctions contre Damas La Ligue arabe a adopté hier des sanctions sans précédent contre le régime syrien afin de le contraindre à mettre fin à la répression sanglante qu’il mène depuis huit mois.L’organisation régionale exige notamment la suspension de toutes les transactions avec la Banque centrale syrienne, ainsi que le gel des comptes bancaires du gouvernement syrien dans les pays arabes.Les sanctions comprennent aussi une interdiction de voyager dans les pays arabes pour un certain nombre de hauts responsables syriens, dont la liste reste à déterminer, et la suspension des liaisons aériennes entre les pays arabes et la Syrie.Dix-neuf des vingt-deux États membres de la Ligue ont approuvé la liste de sanctions, a précisé le premier ministre du Qatar, ffamad ben Jas-sim al-Thani, lors d’une conférence de presse au Caire.L’Irak et le Liban s’en sont quant à eux dissociés, n’empêchant pas des dizaines de milliers de partisans de l’opposition pro-occidentale de manifester hier à Tripoli, bastion sunnite dans le nord du Bilan, afin de dénoncer le régime syrien et son allié chiite libanais, le ffezbollah.VOIR PAGE A 8: SYRIE V.REUTERS Malgré la répression sanglante que mène le régime Al-Assad, les manifestations de protestations se poursuivent en Syrie, comme ici à Homs.77831302829449 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 ACTUALITES ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Près de 300 jeunes ont pris part au sommet tenu en fin de semaine à Montréal.2® sommet de Génération d’idées La réflexion cède le pas à Faction politique FABIEN DEGLISE Une réforme du mode de scrutin, un système d’élection à dates fixes, une refonte de la Loi sur les mines, la fin des énergies fossiles pour 2030, une augmentation des tarifs d’électricité, une amélioration des conditions de vie des autochtones et une aide juridique accessible à un plus grand nombre.Au terme de son deuxième sommet, qui se tenait depuis vendredi à Montréal, Génération d’idées, un groupe de réflexion constitué de 20 à 35 ans, a posé hier sur la table, en guise de conclusion, une multitude de projets visant à définir le Québec de demain.Avec, en trame de fond cette fois, l’idée de passer à l’action.en n’excluant pas d’investir la sphère politique traditionnelle.Pour la suite des choses.«Il faut être cohérent avec nous-mêmes, a résumé hier en entrevue au Devoir Paul St-Pier-re-Plamondon, président de Génération d’idées.La plupart des idées que nous avons fait germer ici en fin de semaine ne font pas partie de politiques publiques pour le moment.Nous devons maintenant, dans la logique de changement que Von souhaite apporter au Québec, passer à l’action par tous les moyens possibles.Et l’action politique en fait partie.» Dans cette optique.Génération d’idées, qui, depuis sa fondation il y a près d’un an, se tient relativement loin des partis politiques traditionnels — accusés d’avoir altérés la notion de service public —, a décidé d’ouvrir son sommet à quelques représentants de cette tradition pour discuter de Dans l’ensemble, le groupe s’est réjoui des discussions de la fin de semaine, tout comme des idées qu’elles ont fait germer.Près de 300 jeunes y ont pris part.Rappelons qu’une vingtaine de mentors, issus des générations précédentes, avaient également été invités pour éclairer autrement les débats.Le journaliste Jean-François Lépine, le sénateur Francis Fox et le philosophe Jocelyn Maclure en faisaient partie.Plus d’une «Nous devons maintenant, dans la logique de changement que l’on souhaite apporter au Québec, passer à l’action par tous les moyens possibles.Et l’action politique en fait partie» l’investissement dans la sphère politique classique.Yolande James, ministre de la Famille, Elsie Lefebvre, conseillère municipale pour Vision Montréal, et Alexandre Cloutier, député du Parti québécois, étaient du nombre.«On porte à l’attention de tout le monde le fait qu’une nouvelle composante [l’action politique] entre dans Génération d’idées», résume M.St-Pierre-Plamondon.vingtaine de thèmes ont été abordés allant de la santé aux forces armées en passant par le syndicalisme, les changements climatiques, la construction, l’éducation ou encore les ressources naturelles.Dans le détail.Génération d’idées s’est prononcé en faveur d’une abolition totale des combustibles fossiles au Québec d’ici 2030, d’une plus grande collaboration entre urbanistes et artistes pour la création de lieux publics, mais aussi d’une meilleure intégration des immigrants, et ce, par souci de préserver l’identité québécoi- se.Pour la première fois, ce thème identitaire s’est retrouvé au cœur des discussions cette année.Ailleurs, les participants ont plaidé pour que l’indice de développement humain des communautés autochtones au Québec soit ramené dans les prochaines années au même niveau que celui des communautés non autochtones, que le processus d’appel d’offres soit modernisé, mais aussi que la technologie soit mise à contribution pour éradiquer le temps d’attente dans les cliniques et les urgences.«C’est une proposition assez originale, dit M.St-Pierre Plamondon.Avec les messageries instantanées, les réseaux sociaux et les réseaux sans fil, il y a certainement quelque chose à faire en 2011 pour éviter à quelqu’un d’attendre plusieurs heures dans une salle d’attente.» Tout en confirmant qu’un «sentiment d’identité fort» s’est créé chez les 20-35 ans autour de Génération d’idées et de sa volonté d’incarner le changement, le groupe se donne désormais «un à deux mois de réflexion», dit son président, pour définir les actions concrètes à prendre pour faire avancer ses idées.Le Devoir Branle-bas de combat autour d’un portrait de la reine JENNIEER DITCHBURN Ottawa — Le premier ministre aimerait bien revoir son portrait de la reine.Voilà le résumé d’une note pressante envoyée par des représentants du premier ministre Stephen Harper au ministère des Affaires étrangères dirigé par John Baird, après les préparations frénétiques en prévision de la visite du prince William et de Kate en juin dernier.Le gouvernement conservateur s’est mis en tête d’accrocher des portraits de la reine dans les bureaux fédéraux et dans les installations diplomatiques du Canada à l’étranger au cours de la dernière année, mais il semble qu’il n’y avait pas toujours assez de portraits de la souveraine pour satisfaire à la demande.Le bureau du premier ministre a dû organiser un prêt de dernière minute d’un tableau de la reine d’Angleterre situé dans une pièce des bureaux de M.Harper sur la colline parlementaire pour ensuite l’accrocher dans l’entrée du bâtiment du ministère des Affaires étrangères, et ce, tout juste avant l’arrivée du duc et de la duchesse de Cambridge en juin.Des documents divulgués récemment — dont La Presse canadienne a obtenu copie — indiquent clairement que cette copie était un prêt temporaire et que les employés du bureau du premier ministre étaient impatients de la récupérer.Des lettres et d’autres documents divulgués en vertu des dispositions de la Loi sur l’accès à l’information racontent en détail le branle-bas de combat survenu ce mois-là lorsque le ministre des Affaires étrangères John Baird a soudainement ordonné qu’un portrait de la reine soit accroché dans le bâtiment Lester B.Pearson dans le centre-ville d’Qttawa.La visite du prince William et de Kate a été annoncée pour la première fois par le gouvernement à la mi-février.Les responsables n’ont cependant eu que neuf jours pour décrocher deux tableaux du peintre québécois Alfred Pellan, les entreposer correctement, nettoyer le mur de façon professionnelle et accrocher le portrait avec de nouvelles plaques commémorant le «Mur de la souveraine».Dans l’après-midi du 30 juin, le même jour où William et Kate arrivaient au Canada, les plaques de bronze n’étaient toujours pas arrivées.Le bureau du premier ministre a dû organiser un prêt de dernière minute d’un tableau de la reine 2,78$ y>ar Nous offrons bien plus qu'un repus à Noël.Nous offrons de l'espoir ! Touchez le cœur de 10 personnes qui souffrent de la faim! Pour la modique somme de 27,80$, vous pouvez leur offrir des repas chauds ou un abri sécuritaire.une aide qui pourrait être le point de départ d’une nouvelle vie.?27,80$ pour 10 personnes ?69,50$ pour 25 personnes ?139$ pour 50 personnes ?278$ pour 100 personnes ?________$ pour aider autant de personnes possible Veuillez débiter ma carte de crédit D Visa D MasterCard D American Express I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I I Un reçu d’impôt sera émis pour tout don de 10$ et plus.Mission Bon Accueil NO DE LA CARTE DATE D’EXPIRATION est Un Organisme de bienlaisance i NE108195215RR0001 NOM EN LETTRES MOULEES ( ) COURRIEL TÉLÉPHONÉ ADRESSE VILlf PROVINCE CODE POSTAL Assodez-vous aux efforts de Mission Bon Accueil afin de redonner dignité et espoir à des milliers de montréalais défavorisés.Découpez et envoyez votre don à : Mission Bon Accueil 606, rue de Courcelle MISSION Dépt.403102 Bon Accueil Montréal, QC H4C 3L5 Notre 120^ année au service des plus démunis.www.missionbonaccueil.com 514-523-5288 Le retrait des deux peintures de Pellan, appelées Canada Ouest Canada Est, a suscité la grogne de certains employés des Affaires étrangères et soulevé l’ire au Québec.Des détracteurs ont décrié ce qu’ils considéraient comme du colonialisme.Les deux tableaux colorés de Pellan présentant la Colombie-Britannique et les Maritimes avaient été commandés pour la première représentation diplomatique du Canada au Brésil en 1944, et ont été accrochés dans l’entrée du bâtiment Lester B.Pearson lors de son inauguration par la reine.Pellan est l’un des artistes pionniers de l’art moderne canadien, et un comté fédéral, ainsi que plusieurs lieux publics portent son nom au Québec.Certaines personnes impliquées dans l’installation du portrait ne semblaient cependant pas connaître l’histoire des toiles, ou ne porter aucune attention aux tableaux déjà accrochés dans l’entrée du ministère.«Pouvez-vous retirer les deux tableaux rouges immédiatement [nous déciderons ce qu’il faut en faire par la suite].», a écrit un des employés de M.Baird.Un autre fonctionnaire responsable de la logistique entourant le changement en parle comme de deux «grandes oeuvres d’art autochtone».Accrocher la représentation de la reine était clairement une priorité.L’opération a coûté 5900 $, en plus d’un montant non divulgué pour les plaques en bronze et la nouvelle photo de la reine qui serait accrochée dans l’entrée.La qualité du travail semblait moins importante que l’empressement avec lequel il devait être effectué.Des responsables ont souligné qu’une partie de l’emblème de la reine manquait, soit la couronne au-dessus de ses armoiries dorées commémoratives.Une plaque de laiton située sur le portrait et maintenue en place par un ruban adhésif est tombée durant l’opération.Le ministre s’est montré réticent à l’idée d’un admirateur de la souveraine de trouver un véritable tableau de la reine, plutôt qu’une reproduction d’une photographie prise lors de son jubilé en 2002.«Bien qu’il puisse sembler approprié de suggérer qu’un tableau à l’huile de Sa Majesté la reine devrait être accroché à la place de la photo pour mieux refléter la dignité et l’estime que nous éprouvons pour elle, il est important de comprendre que les Canadiens s’attendent à ce que le gouvernement du Canada gère l’argent des contribuables de façon ^fkace et s’assure que toutes les dépenses offrent un rendement correspondant au montant», a écrit M.Baird dans une lettre.Ce qu’il est advenu des deux tableaux de Pellan est quelque peu mystérieux.Le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu aux questions concernant leur emplacement actuel, renvoyant La Presse canadienne à des déclarations effectuées par le bureau de M.Baird en juillet dernier selon lesquelles un emplacement satisfaisant serait à terme trouvé pour les tableaux.Moins d’un mois après que le portrait de la reine eut été accroché dans l’entrée du ministère, le bureau du premier ministre réclamait son bien.«Je viens de parler avec Tyler Golden du bureau du premier ministre et il se demande quand ils pourront récupérer leur portrait de la reine, écrit un fonctionnaire.De ce qu’il comprend de la situation, le prêt du portrait n’était que pour la visite royale.» Pour célébrer le jubilé de diamant de la reine l’an prochain.Patrimoine canadien a payé 55135 $ pour 500 000 drapeaux du jubilé de diamant que l’on agite de la main.Le ministère a lancé un appel d’offres pour 2250 drapeaux de pleine grandeur pour un coût qu’il n’a pas encore été déterminé.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 A 3 ACTUALITES RVM ta frequence ! RADIOVM.COM Entre dicter et gouverner iZ Manon CORNELLIER Le ministre québécois de la Justice, Jean-Marc Fournier, était en furie lundi dernier après avoir rencontré son homologue fédéral, Rob Nicholson.Malgré tous ses efforts, M.Nicholson n’allait accepter que l’amendement le plus anodin des trois suggérés par Québec au volet du projet de loi omnibus portant sur les jeunes contrevenants.Tous les autres finiront aux orties.Les conservateurs nous avaient habitués à leur intransigeance lorsqu’ils étaient minoritaires.On a compris depuis le 2 mai que cela n’avait rien à voir avec leur statut précaire.C’est leur nature profonde, comme le montre bien la limitation répétée des débats sur presque tous les projets de loi litigieux et le peu de cas fait de l’étude en comité.Cette affaire est plus qu’une obscure chicane de procédures.La façon de manier les règles de la Chambre est révélatrice du respect qu’un gouvernement porte à l’institution et à la démocratie parlementaire elle-même.En ce moment, elles en prennent pour leur rhume.Les projets de loi doivent traverser une série d’étapes.Il y a la première lecture, qui n’est que la présentation du projet de loi, sans débat ni vote.Suit la deuxième lecture où l’on débat et adopte le principe du projet de loi, là encore sans amendement.Iæ projet de loi est ensuite confié à un comité qui en fait l’examen avec l’aide de témoins.Une fois les audiences terminées, il adopte chaque article du projet de loi en y apportant ou non des amendements.Le rapport qui en découle est débattu aux Communes, ce qui peut mener à la proposition et l’adoption d’autres amendements.L’étape finale est la troisième lecture.Une fois adopté, le projet part pour le Sénat où il suivra à peu près le même parcours.L’étape de l’étude en comité est cruciale, car c’est généralement là, avec l’aide des témoins — citoyens, experts, groupes de pression, fonctionnaires — que les lacunes et les incohérences sont mises au jour et corrigées.Mais encore faut-il que le gouvernement soit disposé à écouter.Les conservateurs y étaient forcés quand ils étaient minoritaires, mais, depuis le 2 mai, ils font la sourde oreille.Parmi les projets de loi qui ont traversé l’étape du comité, seulement deux ont été légèrement amendés (à l’initiative du gouvernement), soit le projet de loi omnibus en matière de justice et celui mettant fin au monopole de la Commission canadienne du blé.Les conservateurs affirment presser le pas parce qu’il s’agit de projets de loi qui ont été débattus en campagne électorale ou encore étudiés par les Parlements précédents.Cette explication fait fi du fait que bien des pièges peuvent se cacher dans les détails d’un projet de loi.Prenez celui sur le registre des armes d’épaule.Les conservateurs ont promis de l’abolir, mais pas de détruire les données.On l’a découvert en lisant le projet de loi.Invoquer l’étude faite par les Parlements précédents équivaut à ne pas prendre acte de l’arrivée d’une centaine de nouveaux députés.De plus, cette affirmation ne se vérifie pas pour tous les projets de loi.Dans le cas du projet de loi omnibus en matière de justice, certains volets n’ont pas fait l’objet d’un examen en comité, d’autres oui.Et pour ceux-ci, c’est comme si rien ne s’était produit puisque le gouvernement n’a pas tenu compte, sauf dans un cas, de la version amendée produite par les comités.Il a fait comme si tout ce travail n’avait pas eu lieu.Comme si les témoins n’avaient rien dit.On serait porté à croire que telle est la vie sous un gouvernement majoritaire.Mais non.La tradition jusqu’en 2005 était de tenir compte de ce qui se disait en comités.Un examen attentif des bilans législatifs des trois derniers gouvernements majoritaires libéraux le démontre.Si l’on fait abstraction des projets de loi portant octroi de crédits qui sont une formalité et si l’on ne tient compte que des projets de loi, adoptés ou non, qui ont franchi l’étape de l’étude en comité, on constate que 50 % d’entre eux en sont sortis amendés lors de la première session du premier gouvernement Chrétien.Il s’agit du plus bas taux observé durant le règne libéral.Durant les sessions suivantes, entre 65 et 75 % des projets de loi ont été amendés en comité ou à l’étape du rapport.Les libéraux voudront s’en vanter, mais c’était aussi la règle sous les conservateurs de Brian Mul-roney et d’autres gouvernements avant eux.En faifi ce devrait être la norme en système parlementaire britannique.Sous Stephen Harper, par contre, il s’agit de l’exception.Pour l’instanfi faut-il espérer.Cette façon de faire est préoccupante, car elle décourage les citoyens et les groupes qui ont des doutes au spjet d’un projet de loi de se présenter en comité.À quoi bon faire de la recherche, rédiger un mémoire, se déplacer si c’est pour parler à un mur?S’il fallait en arriver là, ce serait dramatique, car le gouvernement pourrait alors se vanter d’avoir l’appui de la majorité des témoins et être encore plus sourd aux opinions divergentes.Depuis 2006, le gouvernement Harper a constamment testé les règles non écrites et les conventions du Parlement, chaque fois pour arriver à n’en faire qu’à sa tête et à ne pas avoir à se soumettre à des contrepoids encombrants.Maintenant qu’il est majoritaire, c’est la démocratie parlementaire elle-même qu’il met sur la touche en agissant ainsi.Et voilà pourquoi il faut s’en soucier.mcornellier@ledevoir.corn / ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les ministres Jean-Marc Fournier et Yoiande James sont venus annoncer ies intentions du gouvernement.Québec viendra en aide aux parents séparés FABIEN DEGLISE Simplifier pour désengorger.Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a annoncé hier l’intention du gouvernement de faciliter les démarches judiciaires entre les parents séparés capables de s’entendre sur les termes de leur séparation.Dans la foulée, le gouvernement vient également améliorer dès à présent le programme de médiation familiale, afin d’encourager les ruptures négociées hors des tribunaux.En substance, Québec répond à la demande de plusieurs parents et spécialistes du divorce, avec la création envisagée d’un Service d’aide à la révision des pensions alimentaires pour enfants (SARPA).Un projet de loi va être déposé en ce sens dans les prochains mois, a indiqué le ministre à l’occasion d’une conférence de presse tenue dans une garderie de Montréal.Administré par la Commission des services juridiques, ce Service vise à «déjudiciariser» une partie des démarches légales entre parents séparés en leur permettant, entre autres choses, d’obtenir plus rapidement et à moindre coût la révision d’un jugement portant sur la garde des enfants, l’accès ou la pension alimentaire.Et ce, à condition que les termes de la révision aient fait l’objet d’une entente entre les parties.«Il faut voir cette mesure comme une approche intégrée qui s’inscrit dans la cadre du Plan d’Accès à la justice, a résumé le ministre hier.Elle va permettre de faire en sorte que ces questions se règlent plus rapidement, de manière moins coûteuse pour Québec envisage la création d’un service d’aide à la révision des pensions alimentaires les parents» tout en enlevant de la pression sur le système judiciaire québécois.Dans la foulée, Québec souhaite également bonifier son programme de médiation familiale en injectant 2,8 millions de dollars de plus d’ici 2014 dans un budget actuel de 4,8 millions.Cette somme va permettre, entre autres, d’augmenter le tarif horaire assumé par l’Etat pour les médiateurs.Ce tarif va passer de 76 $ à 110 $.Le milieu de la médiation réclamait depuis des années ces augmentations afin d’attirer de nouveaux médiateurs dans ce secteur.Dans l’ensemble, les couples en situation de rupture vont toujours pouvoir bénéficier, dans le cadre de ce programme, de séances d’information et de médiation d’une durée de 7h30 au total, remboursés par le gouvernement.«C’est un pas dans la bonne direction, a résumé hier François Crête, médiateur familial et porte-parole du Comité des organismes accréditeurs en médiation familiale.Mais il reste encore beaucoup à faire.Nous devons nous assurer que les ressources soient accessibles, que les gens aient accès rapidement à la médiation, pas après un an de séparation, et que tout ce processus soit humanisé».Selon l’institut de la statistique du Québec, en 2005, près de 52 % des mariages se sont soldés par un divorce.En 1972, ce taux de séparation était de 15 %.Dans les couples en union de fait, un statut largement répandu de nos jours, les séparations seraient à des niveaux similaires.Le Devoir Ottawa allège les frais douaniers pour les manufacturiers canadiens Ottawa — Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a annoncé de nouvelles mesures d’allégement tarifaire totalisant 32 millions de dollars pour les manufacturiers canadiens.Ces mesures permettront aux fabricants de ne plus payer des frais douaniers sur certains éléments importants utilisés notamment dans la transformation des aliments, l’ameublement et le matériel de transport.M.Flaherty a indiqué qu’il s’agissait d’une mesure découlant de l’engagement du gouvernement canadien en 2010 de faire du pays une zone libre de droits de douane pour l’industrie de la fabrication.Elle fait partie de la stratégie gouvernementale visant à favoriser la croissance de l’emploi.Le ministre a indiqué que les 70 produits qui bénéficieront de cet allégement tarifaire avaient fait l’objet de consultations avec le monde des affaires.Cette liste comprend le concentré de jus de pommes et d’autres mélanges entrant dans la confection de boissons, les articles de quincaillerie entrant dans la fabrication de meubles, les capsules de gélatine servant à fabriquer des produits pharmaceutiques et les courroies de convoyeur en plastique et en caoutchouc.Lors d’une entrevue accordée hier à l’émission Question Period, sur les ondes de CTV, M.Flaherty a expliqué que plusieurs de ces tarifs dataient d’une autre époque, et qu’ils n’avaient désormais plus leur place.«Si ces tarijs avaient du sens auparavant, aujourd’hui, ils ne servent plus qu’à nuire aux entreprises canadiennes et au secteur manufacturier», a-t-il dit.M.Flaherty a ajouté qu’à son avis, le Canada ouvrait la voie mondiale en matière de réduction de tarifs pour le secteur manufacturier.«En abaissant leurs coûts, nous accroissons la capacité de ces entreprises d’exercer leur concurrence au pays et à l’étranger, et nous les aidons à investir et à créer des emplois ici, au Canada.» Depuis 2009, le gouvernement dit avoir éliminé les tarifs douaniers sur 1800 produits, faisant ainsi épargner 435 millions par année aux entreprises.La Presse eanadienne les criminels Le durcissement des peines mis en doute à Justice Canada DEAN BEEBY Ottawa — Un rapport interne du ministère fédéral de la Justice soulève des doutes concernant l’efficacité des peines plus sévères, la pierre angulaire des politiques en matière criminelle du gouvernement conservateur.L’étude, qui couvre la période de 1977 à 2006, s’est penchée sur les cas d’environ 3300 personnes reconnues coupables d’avoir conduit avec les facultés affaiblies, et a découvert que 57 % d’entre elles ont commis un nouveau crime au moins une fois lors des cinq années suivantes, en moyenne.La sévérité de la première peine n’a pas eu d’impact sur le comportement des récidivistes.«Il n’y a pas de preuve laissant croire que l’imposition d’une amende ou une peine d’emprisonnement a eu un effet sur la probabilité qu’un criminel récidive ou non», selon l’auteur de l’étude, André Solecki.«Cela indique que la sévérité de la peine reçue n’a pas empêché les criminels de récidiver.Le taux de nouvelles condamnations pour l’ensemble des individus était similaire, et donc non influencé par la peine reçue pour la condamnation initiale pour conduite avec les facultés affaiblies», ajoute-t-il.Cette étude, intitulée Récidive chez les conducteurs avec les facultés affaiblies, fait partie des dizaines de rap- L’étude ports internes sur le système de justice préparés chaque an- interne née par des chercheurs ministériels, mais qui ne sont jamais concerne publiés ou rendus publics.La Presse canadienne a obtenu ce rapport en vertu de la ayant conduit Loi sur l’accès à l’information.^ Une porte-parole du ministè- avec des re n’a pas donné de détails ex-pliquant pourquoi l’étude avait facultés été commandée.Mais cet exa- offaiGUpc men fait suite à l’adoption, en aiiaiDues 2008, d’un projet de loi omnibus, la Loi sur la lutte contre les crimes violents, qui a révisé les peines pour la conduite en état d’ébriété, entre autres mesures pour «serrer la vis aux criminels».L’amende minimale pour une première infraction de conduite avec les facultés affaiblies a été augmentée à 1000 $, en hausse par rapport à 600 $ auparavant par exemple, et la peine d’emprisonnement minimale pour une récidive est passée de 14 à 30 jours de prison.Les politiques conservatrices en matière de justice criminelle ont fait l’objet de critiques qui affirment que le gouvernement ignore les recherches basées sur des preuves pour obtenir des gains politiques parmi les Canadiens qui ne font pas confiance au système de justice canadien.Une étude commandée par Justice Canada qui utilise une analyse statistique des méthodes de justice criminelle semble être en opposition avec la philosophie conservatrice de lutte contre le crime, d’autant plus qu’elle propose des conclusions contraires à propos des peines sévères.Un seul type d’infraction criminelle Une porte-parole du ministre fédéral de la Justice Rob Nicholson a toutefois souligné que l’étude ne portait que sur un seul type d’infraction criminelle, la conduite avec facultés affaiblies, et que ses conclusions ne pouvaient donc pas nécessairement être transposées à l’ensemble des crimes.Elle a également cité un rapport de Statistique Canada remontant à 2003 qui prouve en partie l’efficacité des peines plus sévères en raison d’un déclin du nombre de crimes de conduite avec facultés affaiblies, et ce, depuis des décennies.«De toute façon, les Canadiens perdent confiance envers le syàème de justice lorsque les criminels reçoivent des peines qui ne reflètent pas la sévérité du crime», a écrit Julie Di Mambro dans un courriel.La Presse eanadienne EN BREF Marois dans Bonaventure La chef péquiste, Pauline Marois, est retournée hier dans la circonscription de Bonaventure où se tiendra une élection partielle le 5 décembre en raison du départ de la députée libérale Nathalie Normandeau il y a plus de deux mois.Mme Marois a fait campagne hier bras dessus bras dessous avec le candidat du Parti québécois, Sylvain Roy, alors que les électeurs pouvaient se prévaloir pour la première de deux journées du vote par anticipation.Le PQ a notamment reporté son conseil national qui devait se tenir les 3 et 4 décembre afin de confisquer ce fief libéral.- D’après La Presse canadienne Les indignés songent à la snite Au lendemain de leur expulsion du campement «Qccupons Montréal» par le Service de police de la Ville de Montréal, des «indignés» étaient rassemblés samedi au square Victoria notamment afin de discuter en assemblée générale des laçons de donner im second souffle à leur mouvement Une centaine de personnes étaient sur la «place du Peuple» aux côtés de nombreux sympathisants à leur cause, dont le député de Mercier, Amir Khadir, ainsi qu’un large contingent de membres de la CSN-Construction.En fin de journée, le groupe Bran Van 3000, Paul Cargnello et les Zapartistes ont offert des prestations.- D’après La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 ACTUALITES Sables bitumineux Le Canada aurait eu l’appui secret de la Grande-Bretagne Ottawa — La Grande-Bretagne a secrètement soutenu la campagne du Canada contre la proposition de l’Union européenne visant à étiqueter le pétrole produit à partir de sables bitumineux comme étant plus polluant, a rapporté hier un journal britannique.The Guardian a en effet révélé que Shell et BU deux géants du secteur de l’énergie ayant chacun un important projet d’exploitation de sables bitumineux en Alberta, avaient fait du lobbying auprès du gouvernement de David Cameron afin qu’il prête main-forte au gouvernement de Stephen Harper dans sa lutte contre l’initiative européenne.Selon des documents obtenus en vertu des lois sur l’accès à l’information, au moins 15 réunions de haut niveau et plusieurs échanges ont eu lieu depuis septembre entre Londres et Ottawa.L’Union européenne souhaite faire officiellement reconnaître que le transport du pétrole provenant des sables bitumineux génère 22 % plus de gaz à effet de serre que celui du pétrole traditionnel, ce qui reviendrait à étiqueter le pétrole albertain comme étant plus polluant.En prévision du vote européen sur la qualité des carburants, qui aura lieu vendredi, le secrétaire aux Affaires étrangères britannique, William Hague, avait offert son appui au gouvernement canadien et envoyé, en septembre, un télégramme aux ambassades de la Grande-Bretagne au Canada leur ordonnant de transmettre l’opinion de Londres sur la question et de demander à Ottawa ce qui constituerait pour elle un arrangement acceptable.Selon The Guardian, le fait que la Grande-Bretagne adopte la même position que le Canada au sujet de la proposition de l’Union européenne isole le pays par rapport au reste du continent et le place dans une situation très embarrassante, alors qu’une nouvelle série de rencontres internationales sur les changements climatiques est sur le point de commencer à Durban, en Afrique du Sud, aujourd’hui.L’article du quotidien est basé sur des documents obtenus par The Co-operative, un regroupement d’entreprises britanniques qui milite contre les sables bitumineux dans le cadre d’une campagne sur les changements climatiques.«C’est très décevant d’apprendre que le gouvernement de la Grande-Bretagne soutient les efforts du Canada et nous espérons qu’il reverra sa position et qu’il placera la nécessité de remédier aux changements climatiques avant les intérêts commerciaux du Canada lorsque viendra le temps de voter pour la proposition de la commission européenne», a déclaré Colin Baines, le responsable de la campagne contre les carburants toxiques pour The Co-operative, en entrevue avec The Guardian.Bill McKibben, un environne-mentaliste américain qui a été arrêté en août dernier alors qu’il manifestait contre le pipeline Keystone XL de TransCanada, a affirmé que la Grande-Bretagne semblait être devenue le «partenaire de crime» du Canada.«Ce sera l’une des plus importantes décisions en matière d’environnement prises par le gouvernement Cameron», a-t-ü conclu.La Presse eanadienne 4 TODD KOROL REUTERS La mine de la pétrolière Syncrude à Fort McMurray, en Alberta Destinations " DESTINATIONS 2012 AFRIQUE DU SUD ^7 751 $ 26 jours > 11 mars au 6 avril 2012 36 repas RUSSIE ^7 238$ 28 jours 4- 9 sept, au 6 oct.2012 4- Tout Inclus K/ev, Moscou, St-Petersbourg et croisière 17 jours BULGARIE-MACÉDOINE4 5 732 $ 23 jours 4> P' au 23 juin 2012 4> 41 repas INSCRIVEZ-VOUS AVANT LE 1^ DECEMBRE 2011 ET OBTENEZ 100$ DE RABAIS LES GRANDS VOYAGES DE CULTURE DE 23 JOURS ET PLUS W^YAAEC 3627, rue SAINT-DENIS w « MONTRÉAL, QC.CULTURELS h2X3L6 T.514-844-0407 • 1-866-481-4425 V I P WWW.VOYAGESCULTURELSVIP.CA r O.WWNW ROGAN WARD REUTERS Des manifestants participaient hier à Févénement Walk the Future dans les rues de Durban, en Afrique du Sud.Conférence sur le climat à Durban Kent sera ferme avec les pays émergents Ottawa — Le ministre de l’Environnement, Peter Kent, dit qu’il est prêt à être ferme avec les pays en développement et les économies émergentes au cours des discussions mondiales sur le climat qui doivent débuter aujourd’hui en Afrique du Sud.M.Kent affirme que les pays non industrialisés doivent oublier leurs revendications concernant les émissions historiques, et cesser d’utiliser le passé des pays riches comme une excuse pour ne pas agir à l’avenir.Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, le ministre soutient que tous les pays doivent s’engager dans un pacte global de réduction des émissions, et se tenir prêts à présenter leurs progrès au reste du monde.Bien que plusieurs pays désirent bâtir sur les fondations du protocole de Kyoto qui doit bientôt arriver à échéance, M.Kent a indiqué que le Canada ne signerait jamais une telle entente.Selon lui, cet accord n’inclut pas les principaux émetteurs et s’est montré inefficace pour réduire les émissions mondiales.Le porte-parole de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) André Bélisle s’inscrit en faux contre cette affirmation.Selon lui, la question de Kyoto est inévitable et il faut déjà prévoir la suite de ce protocole.«Kyoto n’est que la première étape d’une démarche plus importante.Il faut aller plus loin et malheureusement, le Canada est malhonnête et ne veut pas assumer ses responsabilités», a affirmé André Bélisle.L’AQLPA fait observer que dans les pays qui ont décidé d’aller de l’avant, l’économie a profité du virage vert.Des emplois ont été créés et des procédés industriels ont été améliorés par la force de l’innovation.«Les problématiques sont de plus en plus évidentes et nous imposent de l’action.Par contre, la politique et la logique ne se rejoignent pas toujours, mais nous souhaitons un virage du Canada et des Etats-Unis», de poursuivre M.Bélisle.Les délégués de plusieurs groupes environnementaux seront d’ailleurs nombreux, à Durban, pour tenter d’influencer les décideurs politiques et exercer des pressions sur les pays dits détracteurs des actions de Kyoto.Un peu à la blague, le ministre Kent a dit souhaiter rapporter de cette rencontre un peu moins de prix Eossile-du-jour que ne l’ont fait ses prédécesseurs.Ces prix sont remis par des écologistes visant à pousser les gouvernements à l’action en les humiliant.La Presse eanadienne ¦ lire autre texte en page B 6 Les espèces de la planète recensées grâce à nne innovation tectmiqne canadienne ALISON AULD Halifax — Des scientifiques ont découvert une série d’applications d’une innovation technique canadienne.Celle-ci pourrait les aider à identifier de fausses herbes médicinales, à étudier du per-gélisol de 30 000 ans ou à découvrir des espèces envahissantes avant qu’elles ne franchissent une frontière.Les chercheurs du monde entier sont en train d’identifier presque toutes les espèces de la planète en prenant des échantillons d’ADN et en les classant dans une sorte de bibliothèque de référence.L’ADN crée un genre de code-barres qui peut identifier les ingrédients contenus dans un aliment, analyser rapidement la qualité de l’eau et découvrir comment un environnement a changé au cours d’un millénaire.Professeur à l’Université de Guelph, en Ontario, Bob Han-ner affirme que cette technique donne aux gouvernements, aux entreprises et à la population des moyens pour savoir ce qu’ils mangent réellement, ce qu’ils importent ou ce qu’ils achètent.Elle pourra aussi aider les scientifiques à mieux comprendre les changements climatiques ou la biodiversité et à compter éventuellement le nombre d’espèces existant sur la planète.M.Hanner a ajouté que le gouvernement américain et certaines agences canadiennes avaient déjà adopté cet instrument.«Nous avons un outil très puissant pour identifier les espèces dans des produits transformés que nous ne pourrions nor- La technique a été adoptée par des agences du Canada et des / Etats-Unis Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au 514 985-3456 - jdebilly@ledevoir.com L Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 maternent pas identifier à l’aide des méthodes morphologiques traditionnelles», a-t-il dit.Des chercheurs de dizaines d’institutions travaillent actuellement à bâtir la banque de données de codes-barres en utilisant de courtes séquences génétiques provenant de spécimens d’oiseaux, de poissons, de mammifères, d’insectes et d’autres formes de vie dans les herbiers, les musées et d’autres installations.Ceux-ci espèrent pouvoir obtenir un jour une liste maîtresse des espèces de la planète qui peuvent être utilisées pour des intérêts commerciaux et des agences gouvernementales dans une liste croissante d’applications.Depuis le début de son développement à Guelph à 2003, la technique a été adoptée par la Eood and Drug Administration américaine comme un outil de régulation et a été utilisé pour identifier des poissons abor- dables faussement vendus dans des restaurants américains comme étant des espèces plus chères.Une équipe a également découvert la présence de rares rhinocéros laineux, de bisons et d’orignaux à partir d’un spécimen de sédiment tiré d’un extrait de pergélisol sibérien datant de 15 000 à 30 000 ans.David Schindel, du Consortium for the Barcode of Life, au Smithsonian Institute, a déclaré que de tels spécimens de pergélisol les ont amenés à examiner la façon dont l’environnement et les espèces ont changé au cours des siècles.Les chercheurs espèrent également que cette méthode permettra également de répondre à l’une des questions les plus insolubles de la science.«Je vois cette méthode comme pouvant relever l’un des plus grands défis de la biologie, soit répondre à la question “Combien d’espèces y a-t-il sur la planète?”», a déclaré M.Hanner.La Presse eanadienne Résultats des tirages du : 2011-11 -26 “02 18 23 09 35 47 48 compl.Prochain gros lot (approx.) : 3 000 000 $ 12 15 18 23 25 32 m» EitlU 6996515 Résultats des tirages du : 2011-11 -25 Prochain gros lot : 10 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité Votre magazine d'information juridique LE DROIT DE SAVOIR Ce soir : Le harcèlement psychologique au travail Tous les lundis 20 h, également en rediffusion COPRODUCTION : Barreau q ^"Québec A Télé-Québec SUR LES ONDES DE : y canal SAVOIR déjà 25 ANS > POUR TOUT SAVOIR : WWW.CANALSAVOIR.TV PARTENAIRES MÉDIA : LE DEVOIR LE DEVOIR, LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 A 5 ECONOMIE { \ Éric Desrosiers PERSPECTIVES Convergence Plusieurs pays en voie de développement affichent une si belle croissance économique qu’ils rattrapent à grands pas les pays riches.Ils ont désormais les moyens d’accorder plus d’attention à l’affaiblissement de la cohésion sociale dans leur société.Il n’en va pas seulement du principe.Il en va aussi de leurs chances de poursuivre sur leur lancée.Plus de 83 pays ont affiché, au cours des dk dernières années, un taux de croissance économique par habitant équivalant à plus du double de celui des pays développés contre seulement 12 durant la décennie précédente, rapportait la semaine dernière un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).Ces pays, que l’on qualifie de «convergents» parce que leur croissance leur permet de réduire l’écart qui les sépare des pays riches, se trouvent partout.Ils comptent évidemment dans leurs rangs la Chine, l’Inde et les autres vedettes des économies émergentes.Mais on y retrouve aussi de nombreux pays d’Afrique ainsi que la presque totalité des pays d’Asie et d’Amérique du Sud.Qualifié de «basculement de la richesse», ce phénomène de rattrapage est bien entendu une bonne nouvelle pour l’humanité, note l’OCDE dans ce premier rapport annuel sur les Perspectives du développement mondial.Malheureusement, il ne s’accompagne généralement pas d’une amélioration équivalen-J te, ou même très éloignée, du / f niveau d’éducation des populations ou de leur sentiment de bien-être, tel qu’il est mesuré par les sondages.Cela tiendrait, disent les auteurs, essentiellement au fait que cette expansion économique admirable s’est accompagnée d’une aggravation des inégalités, de l’exclusion de la société de pans entiers de la population, du chômage massif des jeunes et du maintien d’une forte proportion d’économie informelle — «autant de facteurs délétères pour la cohésion sociale».Cette frustration populaire bouillirait particulièrement dans le cœur de la classe moyenne qui est en pleine explosion dans ces pays et qui se compare de plus en plus, avec envie, avec les classes moyennes des pays développés.Ce problème ne pourrait aller qu’en grandissant, la moitié des deux milliards de personnes disposant d’un revenu compris entre 10 $ US et 100 $ US par jour (définition de la classe moyenne) se trouvant déjà dans des pays convergents, ce nombre devant tripler d’ici 2030.Avoir les moyens Le meilleur moyen de relever le niveau de cohésion sociale, dit le rapport, est de mettre en place des politiques de santé, d’éducation ou encore de protection sociale permettant une véritable amélioration des conditions de vie de la population, une réduction de l’exclusion sociale et une meilleure mobilité vers le haut dans l’échelle socioéconomique.Plusieurs des pays convergents commencent d’ailleurs à avoir les moyens de s’offrir ce genre de programmes sociaux qu’on croyait autrefois réservés aux pays développés.Leurs recettes fiscales sont passées de l’équivalent de 20 % de leur produit intérieur brut (PIB), en 2000, à 27 %, en 2008.Cette moyenne est encore loin de celle de 35 % des pays de l’OCDE, et l’on ne parle pas de l’écart en matière de PIB par habitant, mais tout de même.Il existe des façons moins chères, mais néanmoins efficaces, de mettre en place de premières politiques sociales.Le rapport cite l’exemple des prestations sociales versées aux familles pauvres du Brésil, d’Indonésie ou du Mexique à la condition qu’elles gardent leurs enfants à l’école.Il rappelle que plusieurs pays convergents entretiennent, d’autre part, des programmes extrêmement coûteux et fortement régressifs, comme les subventions aux carburants.Ces réformes doivent être élaborées et mises en place dans un processus de participation populaire où toutes les parties prenantes auront vok au chapitre, dit-on sans doute à l’adresse des autocrates de Pékin, Moscou, Riyad ou Lagos.«Les mesures qui sont adoptées lors d’un tel processus [démocratique] sont considérées comme plus légitimes et recueillent davantage l’adhésion des citoyens, ce qui se révèle déterminant pour leur efficacité.» Parce que si l’on doit faire tout cela, ce n’est pas seulement pour une question de principe, ou par grandeur d’âme.Une cohésion sociale qui s’effrite augmente les risques d’erreur des gouvernements et d’échec de leurs politiques.La frustration populaire qui en découle peut aussi tellement grossir qu’elle finit par explose en troubles sociaux, comme on l’a récemment vu avec les manifestations prodémocratiques en Thaïlande et le Printemps arabe, rappelle l’OCDE.Ces facteurs apparaissent d’autant plus «cruciaux» que le contexte international s’aimonce nettement moins favorable à la poursuite de leur croissance fulgurante, avec les pays riches qui n’arrivent toujoius pas à s’arracher de leur morosité économique.Une prudente transition vers des cadres assiuant une plus grande cohésion sociale, dit-on, «permettra de remédier à des inégalités ancrées, de développer un système de protection sociale plus inclusif, de créer un sentiment d’appartenance et, ainsi, de renforcer le potentiel d’une trajectoire de croissance durable».On ne peut pas s’empêcher de penser que toutes ces histoires d’inégalités croissantes, d’insatisfaction de la classe moyenne, de mouvements de colère populaire et de besoin de refondation de la cohésion sociale pour assurer une croissance économique durable, ne vont pas sans rappeler certains côtés d’autres pays, plus riches ceux-là.I ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pierre Gauthier: «Uautomobile ne disparaîtra pas, mais il faut absolument rationaliser son utilisation.Les entretiens Concordia - Économie et développement durable L’échangeur Turcot ne tient pas la route CLAUDE TURCOTTE Dans un mémoire présenté en 2009 à la commission chargée de l’examen du projet de reconstruction de l’échangeur Turcot, Pierre Gauthier, détenteur d’un doctorat en planification urbaine et professeur associé en lu-banisme à l’Université Concordia, soutenait que ce projet comportait de graves lacunes et disait espérer que des modifications y seraient apportées.En 2011, que pense-t-il de la mouture de ce projet maintenant évalué à 3 milliards de dollars?«Dans la perspective d’un aménagement urbain, une occasion en or a été ratée et on engage des milliards pour élaborer une solution du passé.» Le jugement de ce spécialiste qui s’intéresse à cette question, et plus largement à l’importance des routes dans l’aménagement urbain, est clair et net.Y aiuait-il un moyen de limiter les dégâts?«Trop tard.Il y a un problème de gouvernance.La conception a été faite en vase clos par des gens qui se préoccupaient uniquement du transport autoroutier.Le dossier a évolué et on comprend mieux maintenant, en voyant ce qui se fait avec les investissements en infrastructure routière.Il y a un manque de ressources au ministère des Transports.C’est sans doute une des causes de n’avoir pas envisagé une nouvelle façon de planifier le transport dans la région métropolitaine», explique M.Gauthier, en ajoutant ceci: «Quand on donne en sous-traitance à des firmes d’ingénieurs le mandat de concevoir un projet de remplacement d’une autoroute urbaine, on ne peut pas s’attendre à ce que ces consultants, si compétents soient-ils, changent leur manière de faire.» Le professeiu déplore le fait que personne n’ait reçu le mandat d’envisager une nouvelle façon de concevoir la mobilité, en partant d’une approche intégrée qui implique tous les partenaires, dont ceux du transport en commun, les municipalités et la population en général.«Il faut repenser la façon dont on développe la ville.Les quartiers centraux ont été mis à mal par les autoroutes urbaines dans les années 60 et 70.La désindustrialisation de certains secteurs crée des occasions de développement pour les emplois et l’habitation.Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a retenu certaines critiques, mais il n’a pas voulu se pencher sur la question de la mobilité à l’échelle métropolitaine.Il a interprété son mandat de façon relativement étroite et s’est prononcé uniquement sur le projet autoroutier», ajoute-t-il.Selon lui, il aurait fallu concevoir un nouvel échangeur en tenant compte du fait qu’une autoroute urbaine devrait essentiellement être réservée aux gens qui veulent entrer ou sortir de la ville, pour aller d’une région à une ^utre ou dans des centres industriels, vers les États-Unis par exemple, mais pas du tout à des fins de circula- tion de «l’auto individuelle», c’est-à-dire quelqu’un qui matin et soir utilise son véhicule pour se rendre à son travail, même si sa résidence se trouve dans une banlieue.La même réserve devrait s’appliquer envers ceux qui empruntent l’autoroute pour un coiut trajet de quelques kilomètres en ville.Poiu toutes ces persoimes, la solution logique est le transport en commun.«L’automobile est le nerf de la guerre.Elle contribue à 40 % des gaz à effet de serre, et c’est en augmentation.On construit des autos moins énergivores, mais il y a augmentation du kilométrage.» Rationaliser l’utilisation de l’automobile En somme, il aurait fallu un nouveau projet Turcot, qui comprendrait des voies réservées au transport en commun et qui ne maintiendrait une autoroute que dans l’axe nord-sud.M.Gauthier constate que l’autoroute passant par le pont Champlain et le boulevard Décarie est tout à fait essentielle pour l’économie du Québec.Mais il en va autrement pour la mobilité est-ouest, qui devrait être facilitée par une offre accrue du transport en commun, en diminuant la capacité routière et même en remplaçant l’autoroute 720 allant vers le centre-ville par un nouveau réseau de voirie et un boulevard urbain à haute capacité, ce qui contribuerait à rétablir des liens de vie communautaire dans ces secteius en faisant disparaître la barrière quasi infranchissable que constitue une autoroute.«Malheureusement, le chantier de Turcot est emblématique à cet égard.C’est un lien essentiel au cœur du réseau montréalais», se désole celui qui souhaitait l’application d’une solution du XXI® siècle.(On a un aperçu général de son projet en visionnant la vidéo Turco 375 sur Internet.) Le cas de Montréal n’est pas unique.Le problème des infrastructures de transport se pose partout en Amérique du Nord.En fait l’autoroute n’a pas été conçue à l’origine poiu le déplacement dans la ville, mais pour ^ler d’une région à une autre ou d’ime ville à une autre.Par ailleurs, on a inventé les villes satellites appelées «garden cities».La première a vu le jour dans les aimées 1930 au New Jersey.Ce fut le début des villes de banlieue, avec des maisons ayant chacune leur cour ou jardin.Ce changement de comportement est venu en réaction à la ville industrielle polluée.On tenait alors pour acquis que l’automobile individuelle serait le mode de transport privilégié dans les villes, lesquelles étaient encore des environnements de faible densité où la vie de quartier prédominait.Toutefois, le réseau de rues allait dorénavant être conçu pour accueillir les autos qui se rendaient au centre-ville.«Ce modèle prévaut encore en 2011 et il n’est pas la solution aux défis de la ville postindustrielle, notamment en ce qui concerne les défis environnementaux.Les villes se sont transformées en zones étanches, pour les activités commerciales, rési- dentielles ou les lieux de travail.On se déplace en auto d’une zone à l’autre.Maintenant qu’on en voit les impacts sur la santé et l’environnement, ça ne tient plus la route», affirme M.Gauthier.Cela étant dit, le professeur se fait quand même un peu rassurant pour les mordus de l’auto: «L’automobile ne disparaîtra pas, mais il faut absolument rationaliser son utilisation.» Au demeurant, les banlieusards ne perdront pas leur banlieue et ils prendront leur auto pour se rendre à un point de chute, pour y emprunter le transport en commun jusqu’à leur lieu de travail en ville, par exemple.Même si la crise économique de 2008 a reporté le défi écologique au second plan, le planificateur urbain demeure convaincu qu’on ne pourra pas échapper au virage ver L d’autant moins qu’un jour ou l’autre le prk du pétrole deviendra un goulot d’étranglement pour les banlieusards ayant besoin d’au moins deux autos pour se rendre au travail.«C’est une question de temps.Par ailleurs, il y a ce paradoxe que le Québec est idéalement positionné pour tirer son épingle du jeu, mais il ne saisit pas les occasions économiques», affirme-t-il.D’une part, il a l’électricité; d’autre parfi il y a Bombardier qui construit des trains électrifiés qu’il vend partout dans le monde, mais beaucoup moins ici.«Cela montre les écueils d’une approche technocratique très étroite et fait ressortir la nécessité d’approches intégrées dans le transport et l’aménagement du territoire, de façon à ce que les différents acteurs interagissent pour qu’on puisse faire collectivement des choix plus porteurs pour l’avenir, des projets à valeur économique, environnementale et sociale.» En attendant, le projet Turcot va de l’avant.«Peut-être que dans 10 ou 20 ans on conclura qu’il s’agissait d’une erreur monumentale.Il ne faut pas que de telles erreurs se répètent», insiste M.Gauthier, qui voit tout de même des lueurs d’espoir dans le dialogue qui a prévalu depuis quelques années chez les populations habitant dans les quartiers avoisinant l’échangeur Turcot, le canal de Lachine, Saint-Henri et Côte-Saint-Paul.«Il n’y a pas eu de syndrome “pas dans ma cour” dans le dossier de Turcot, les gens se sont montrés ouverts, mais il n’y avait pas de débat à l’échelle régionale», souligne cet universitaire, qui voit dans le plan métropolitain de transport présenté récemment un exercice prometteur pour la tenue de débats plus larges.Mais cela sera-t-il suffisant?«Il faudrait que les énergies soient mobilisées en amont, que le gouvernement soit un leader.Il faut souhaiter que le gouvernement et le ministère des Transports s’inspirent de cet exercice pour adapter leurs pratiques, car c’est dans les pratiques que le bât blesse.Ça prend du leadership politique pour générer ce genre de transition.» Collaborateur du Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 EDITORIAL Crise de l’euro La Dame d’acier Ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali vient de résumer le sentiment que partagent bien des politiciens européens concernant Berlin en avançant: «Aujourd’hui, c’est de nouveau au tour de l’Allemagne de tenir dans sa main l’arme du suicide collectif du continent.Si Angela Merkel refuse encore et toujours de modifier le mandat de la Banque centrale européenne (BCE), la catastrophe aura lieu», de conclure l’auteur de Tous minés dans dix ans?.L Serge Truffaut a chronologie des faits récents et inhérents à la tempête monétaire qui souffle sur le continent européen est si abracadabrante que c’est à se demander si ses dirigeants ne sont pas en train de tisser le lit de la déraison.Reprenons cette chronologie.A peine parachutés à la tête de l’Espagne et de l’Italie, les nouveaux dirigeants de ces pays promettent d’injecter la dose d’austérité prescrite, c’est à retenir, à l’extérieur proche, soit Berlin et Paris, et à l’extérieur lointain, soit le FMI.Au surlendemain de ces engagements qui annoncent des troubles sociaux, que constate-t-on?Que le taux d’intérêt imposé a augmenté.Dans le cas de l’Italie, il a même dépassé les 7 % et donc pénétré dans le territoire de tous les dangers.Presque simultanément, on apprend que Berlin a imité peu ou prou ce qu’Athénes avait effectué il y a quelques années, soit «oublier» de comptabiliser certaines dépenses.Résultat, on se rend compte que le déficit de la «vertueuse» Allemagne enregistré lors de l’exercice 2010 n’était pas de 3 %, mais bien de 5,2 %.Tout logiquement, la main invisible digère ce vice quantifié et inflige un revers de fortune à Merkel en acquérant 60 % seulement des obligations émises au milieu de la semaine.Tout aussi logiquement, ce coup de poing financier aiguise à la nanoseconde les inquiétudes des Européens.Que l’Allemagne luthérienne perde son avantage sur le front des taux d’intérêt, que l’Allemagne besogneuse se voie imposer un loyer laissant présager des lendemains difficiles a eu ici et là l’effet que l’on prête au knock-out.Cette avalanche de dépressions financières avec les conséquences politiques cahoteuses qui lui sont prévisibles a noyé davantage la maison Europe.Qn insiste: le feu de paille se répand à la vitesse grand V.Que fait Merkel?Elle refuse systématiquement la création d’euro-obligations.A la moindre évocation d’une transformation de la BCE en banque de dernier recours, elle se pince le nez.En d’autres mots, elle maintient fanatiquement la stratégie de la corde raide qu’elle a confectionnée tout en feignant d’ignorer que l’Allemagne, cela ne se dit pas assez, est la nation à qui l’euro a le plus profité.Point! Lors du énième sommet tenu dans l’urgence à Strasbourg avec Sarkozy et l’Italien Mario Monti, elle a écarté toute modification du mandat de la BCE pour mieux défendre ce qui est devenu sa marotte: amender les traités.Qn voudrait illustrer le retour de ces égoïsmes nationaux qui ont tant saigné l’Europe qu’on ne s’y prendrait pas autrement.De quoi s’agit-il?L’Allemagne étant le pays le plus peuplé, la proposition avancée par Merkel, si elle était avalisée évidemment, se traduirait par une hausse du poids que détiennent les députés allemands au Parlement européen et donc du pouvoir sur la Commission, sur Bruxelles.La posture de Merkel a eu pour contrecoup la réaction suivante du gouvernement britannique: il a ordonné aux banques anglaises de prendre des mesures calquées sur la fin de la monnaie unique.Qn sait également que la Banque des règlements internationaux a fait de l’implosion de l’euro son hypothèse numéro un.Quoi d’autre?Au lendemain de l’échec de Strasbourg, la Belgique a été décotée et les bons du Trésor hongrois ont été envoyés dans la classe dite des obligations de pacotille.Le mot de la fin appartient à Jean Pisani-Ferry, professeur à l’Université Paris-Dauphine: «C’est quitte ou double.L’heure n’est plus aux bricolages.Soit on renforce vraiment l’intégration économique et politique de la zone euro, soit on ira de crise en crise, avec au bout le risque d’éclatement.La désintégration de la zone euro entraînerait un cortège de faillites et une chute profonde de l’activité, elle aurait des répercussions politiques très dangereuses.Il faut de l’audace.» Et du courage pour mieux mettre entre parenthèses les démons nationalistes.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO U Royal l 1 Les indignés de la langue et ceux de la finance Lors de son passage à Paris, le maire La-heaume s’est indigné de voir tant d’affiches en anglais dans la capitale française.Et il a parfaitement raison.La France doit donner l’exemple pour protéger le français.Maintenant qu’il est revenu chez nous, notre maire va certainement continuer de s’indigner s’il remarque des choses semblables chez nous.11 va sans doute surveiller l’affichage des commerces, l’usage du français au Salon de la femme, au Festival d’été, à la parade des jouets et que sais-je encore.Comme nous sommes chanceux d’avoir un premier magistrat aussi vigilant! L’avenir nous appartient.Il y a aussi les indignés de la finance qui ont été chassés de la place de l’Université du Québec, comme ceux d’une majorité des villes d’Amérique du Nord.Ces indignés manifestaient pourtant paisiblement.Notre maire a montré beaucoup d’énergie à faire croire que le message avait été compris et qu’il fallait passer à autre chose.Si le message a été compris, il serait intéressant de voir où et comment.Y a-t-il quelque chose de changé dans le monde de la finance depuis le début des manifestations?Faudrait-il en conclure que les occupations pacifiques ne sont pas suffisantes pour faire changer les choses?Ce serait extrêmement dommage que l’on doive sombrer dans les manifestations violentes pour faire comprendre le message.Marcel Dupont Le 24 novembre 2011 Le temps de céder la place Madame Marois, Un autre sondage (Crop-La Presse) indique une tendance très lourde au Québec: LETTRES non seulement vous ne deviendrez jamais la première femme à occuper le poste de première ministre du Québec, mais au contraire, tout semble indiquer que vous serez le dernier chef du PQ en le conduisant directement au cimetière des partis politiques québécois.Par surcroît, ce même sondage indique aussi pour une énième fois consécutive que Gilles Duceppe ferait non seulement mieux que vous comme chef du PQ, mais aussi que les Québécois en feraient leur premier ministre, faisant passer le PQ de son corbillard actuel au pouvoir.Il est temps que vous mettiez un orgueil mal placé de côté.Madame Marois, et que vous remettiez votre démission sur-le-champ.Votre position est devenue intenable et un prolongement de votre entêtement actuel vous fera porter sur les épaules un poids terrible devant l’Histoire.Est-ce vraiment ce que vous voulez?Si vous êtes toujours chef du PQ au début de la semaine prochaine, il nous faudra en conclure que oui.Normand Perry, ex-président du PQ de Soulanges Le 25 novembre 2011 C-10 et les chiffres sur la criminalité Le problème des études des spécialistes des sciences humaines, autrefois dites «sociales» auxquelles on a ajouté les humanités, dont la philosophie et autres, est qu’elles utilisent ad nauseam les données de Statistique Canada.Or ces données en matière de justice et de criminalité visent pour l’essentiel les crimes violents.Il manque tout le secteur des infractions reliées aux drogues et autres substances illicites.Pourquoi a-t-on commis cette omission?On les considère comme des crimes non violents.Peut-on aussi raisonnablement penser qu’un certain «lobby» en faveur de la décriminalisation a réussi à se faire entendre?Je soulevais l’argument de ce trou statistique à l’occasion d’une émission de la SRC à Citoyens avertis en compagnie de Me Gilles Ouimet et de l’animateur Simon Durivage.Par ailleurs, à voir les opérations policières se multiplier contre les trafiquants de drogue et le crime organisé en général, il apparaît que, si la criminalité «primaire» diminue (vols de dépanneur, agressions contre les plus vulnérables), la criminalité dite «secondaire» ou organisée, elle, prend de l’expansion, mais elle plus difficile à démontrer: je le répète, les statistiques en lien avec les substances illicites et le gangstérisme sont presque inexistantes.Dans ma pratique au Service correctionnel du Canada, je constatais au quotidien que l’immense majorité des crimes violents sont causés par des personnes intoxiquées: il est difficile de ne pas faire de lien entre la consommation et la violence.Mais cette violence est de moins en moins dans la rue, donc moins visible, et davantage au sein des gangs.et dans le milieu familial (violence conjugale et entre parents et enfants).Facile à vérifier, faites l’exercice: les ressources en désintoxication débordent au Québec, de même que les refuges pour femmes violentées et les Centres Jeunesse.Me Claude Laferrière, avocat et ex-agent de libération conditionnelle fédéral à la retraite Le 23 novembre 2011 LIBRE OPINION Avec C-10, comment avancer en arrière.LUC GENEST Travailleur social Mon travail m’amène depuis 25 ans à intervenir auprès des jeunes âgés de 12 à 17 ans qui ont commis un acte criminel.En vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents, mes collègues et moi accompagnons ces adolescents dans l’accomplissement de mesures réparatrices auprès de la collectivité et auprès des personnes victimes d’actes criminels.Plusieurs données et études contredisent l’approche envisagée par le gouvernement fédéral en matière de justice pénâe.Dans le débat politique actuel concernant le projet de loi omnibus C-10, comme travailleur social, je me sens concerné par le virage inutilement punitif que veut prendre le gouvernement conservateur à Ottawa.Inutile en ce sens que, selon moi, la sécurité des rues et des communautés ne passe pas nécessairement par des peines plus longues de détention.Oui, bien sûr, pendant le temps purgé en prison, l’auteur d’un crime est neutralisé.Or, il faudra bien qu’il en sorte un jour.L’examen d’une cinquantaine d’études dans le cadre d’une méta-analyse a démontré que l’incarcération ne réduit pas la récidive.En effet, le taux de récidive des délinquants emprisonnés était semblable à celui des délinquants condamnés à une peine communautaire.En outre, on n’a établi aucun lien entre des peines de longue durée et la réduction de la réci- dive.En fait, il semblerait plutôt que ce soit le contraire: les longues peines étant associées à une augmentation de 3 % de la récidive.Un autre élément à considérer, si discutable soit-il, est le taux de criminalité.En 2007, selon Statistique Canada, le taux national de criminalité a chuté à son point le plus bas en 30 ans.Par ailleurs, le taux de crimes violents a chuté de 3 % pour se fixer à son plus faible niveau depuis 1989 alors que le taux de criminalité chez les jeunes a chuté de 2 % en 2007.Toujours selon l’organisme fédéral, pour la quatrième année consécutive, l’Ontario et le Québec ont emegis-tré les taux de crimes déclarés par la police les plus faibles en 2007.Par contre, les plus forts taux de criminalité ont été emegistrés par les provinces de l’Ouest.En dépit d’une baisse de 4 %, la Saskatchewan a affiché le taux le plus élevé parmi les provinces pour la dixième année d’affilée, suivie du Manitoba, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.En prenant connaissance de ces données, il est légitime de se questionner sur les méthodes d’intervention en justice pénale utilisées dans ces provinces canadiennes par rapport à l’approche du Québec.Ce que l’on saiL c’est que le Québec fait bande à part par rapport aux autres provinces canadiennes.Notre province fait bonne ligure au chapitre du taux de criminalité, car il a misé sur une approche orientée vers des programmes de prévention et de réhabilitation évalués.Cela n’exclut pas pour autant l’emprisonne- ment et la neutralisation de personnes criminellement dangereuses.D’autre parL le postulat selon lequel le durcissement de la loi a pour but de protéger la société et de dissuader les autres de commettre des actes similaires ne tient plus la route depuis fort lon^emps.Cet argument ne fonctionne pas et a maintes fois été étudié par le passé.«Les adolescents comme les adultes ne commettent pas des infractions en fonction de la sévérité d’une loi.L’intention dissuasive de la peine n’a que peu d’effet sur les récidivistes.L’effet dissuasif de la peine semble plus probable chez les citoyens portés à se conformer aux lois, caractéristique non partagée parle délinquant.» Dans la mesure où le projet de loi C-10 deviendrait réalité, les jeunes âgés de 14 ans et plus, 16 ans au Québec, ayant commis des crimes graves, seraient dirigés vers les centres de détention pour adultes.Le système de justice pour les adultes est-il si efficace qu’il faille y recourir pour nos jeunes?Le résultat le plus notoire de nos prisons, en matière d’éducation et de réhabilitation, puisque l’on peut penser qu’un adolescent a encore des besoins de cet ordre à son âge, est d’apprendre aux délinquants les moins endurcis à devenir des criminels presque irrécupérables.Concernant l’idée de publier l’identité de certains jeunes contrevenants, ceux ayant commis des crimes graves, je ne saisis tout simplement pas la logique derrière cette proposition.Ainsi, publier les noms serait à mon avis, très stigmatisant et pourrait favoriser l’identification des jeunes à une personnalité délinquante.La publication des noms pourrait également faire obstacle aux chances de réussite de la réinsertion sociale des jeunes contrevenants.Je crois que le gouvernement actuellement en place à Ottawa fait fausse route et devrait envisager des pistes d’intervention plus efficaces pour les jeunes Canadiens que les mesures préconisées par le projet de loi C-10.Plusieurs facteurs associés à la criminalité, tels que le chômage, le décrochage scolaire, la violence familiale, les pratiques parentales inadéquates, la toxicomanie et la santé mentale de nos jeunes, devraient faire l’objet d’un meilleur soutien de nos gouvernements à travers les communautés et les différents organismes d’aide à l’enfance.C’est ce que l’on appelle agir en prévention.Ce sont souvent ces facteurs qui contribuent à l’agir délictuel de nos jeunes.Je suis convaincu que la démarche actuelle du gouvernement en matière de justice pénale pour les adolescents ne peut qu’être défavorable à l’obtention de communautés plus sûres.Les politiques en matière de justice pénale pour les adolescents devraient faire en sorte qu’un plus grand nombre de jeunes possible puisse bénéficier de toutes les chances de devenir des membres à part entière de la société lorsqu’ils atteindront l’âge adulte.Je suis loin d’être convaincu que le projet de loi C-10 y parviendra. LE DEVOIR LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 A 7 IDEES Itinérance De la détresse à l’accueil AMELIE DESCHENEAU-GUAY Secrétaire de rédaction à la revue Relations ous les croisons dans la rue, ces êtres aux traits durcis, anxieux, aux mains sales et à l’haleine fétide.Nous pressons le pas, mal à l’aise devant tant de détresse humaine, ne sachant comment réagir devant cette misère si concrète, chez nous.Les itinérants nous déstabilisent, remettent en question nos attitudes et nos convictions, mettent à l’épreuve nos solidarités.Figures emblématiques de désafhliation, de rupture avec le monde et la société, ils nous renvoient à l’effritement du lien social, à ce fossé si grand entre nous et «eux», à notre sentiment d’impuissance devant leur réalité, fruit de carences, de dépendances, de silences.Alors qu’on croyait que le phénomène avait disparu avec l’avènement de la société de consommation, en 1960, l’itinérance croît, et son spectre s’élargit depuis les années 1980: aux hommes vieillissants s’ajoutent maintenant des Autochtones, des femmes, des jeunes, des immigrants, et ce, autant dans les grands centres urbains qu’ailleurs dans les différentes régions du Québec.Ils sont de plus en plus nombreux à être refoulés vers des zones de rupture sociale et à effectuer de nombreux allers-retours entre les hôtels miteux, les maisons de chambres, l’urgence des hôpitaux, les établissements psychiatriques, les prisons, les centres de désintoxication, les parcs et la rue elle-même.Certains dorment dans des refuges, d’autres papillonnent dans des piqueries et autres lieux insalubres.C’est ce phénomène de «transit» qui semble caractériser l’itinérance en 2011, rendant une partie du phénomène invisible.Société productrice d’exclus Certes, le clochard, le vagabond ont toujours existé.Des membres du clergé séculier, de congrégations religieuses et des laïcs sont longtemps venus en aide aux «désœuvrés».Le mouvement communautaire a pris le relais,, notamment à la suite du désengagement de l’Etat, qui s’en remet aujourd’hui de plus en plus au système judiciaire poru «gérer» les populations paupérisées.Cette précarisation est l’une des conséquences du néolibéralisme, dont l’écart croissant entre riches et pauvres est l’un des sjunptômes les plus perceptibles.La croissance de l’itinérance est aussi révélatrice du fait que nos sociétés libérales capitalistes produisent de plus en plus d’exclus d’un système basé sur le culte de la performance.Etrange paradoxe: autant la fragilité et la vulnérabilité caractérisent de plus en plus la vie de nombreux êtres humains, autant celles-ci sont de moins en moins acceptées, dans nos sociétés axées sur la réussite, comme étant inhérentes à la condition humaine.Ce culte de la performance engendre l’effacement de l’humanité, son «oubli» pour reprendre les termes de Michel Simard dans ce dossier; il recouvre toute fragilité, toute faiblesse.«L’être social JACQUES NADEAU LE DEVOIR La présence des itinérants nous ébranie, car iis nous rappeiient, dans ce monde aseptisé et géré au quart de tour, notre propre humanité — sa part obscure, faiiiibie.tout occupé à réussir, à se développer, à prendre soin de lui et à se prémunir contre les incertitudes et les dangers, a son humanité en oubli.Il n’a plus le temps pour l’accueil, c’est-à-dire le désintéressement.Il lui faut réussir, se développer, s’accomplir, etc.».Or, ce souci, cette reconnaissance et cet accueil de la fragilité humaine sont les conditions pour que jaillissent la solidarité et la justice.L’accueil de l’autre permet de nous «déprendre» de nous-mêmes, de nous libérer du culte de la réussite personnelle et du succès individualisé.11 permet de sortir de soi pour se tourner vers l’autre et, en même temps, appelle au meilleur de soi.Cet accueil de la fragilité et de l’humanité est indispensable au relèvement et à la sortie de la rue d’un grand nombre d’itinérants.Leurs vies ont été jonchées d’abandons, de reniements, d’oublis, d’exclusions de toutes sortes, et c’est pourquoi ils ont tant besoin d’être accueillis, considérés.Ce «monde-là» Accueillir, c’est plus que «gérer» les lits d’un refuge, c’est soutenir, reconnaître, être sobdaire.Sœiu Nicole Forunier, de l’Accueil Bonneau, af-brme ainsi qu’on ne peut baisser les bras en disant: «Il n’y a rien à faire avec ce monde-là.» Ce «monde-là», ce sont des humains qui ont soif de liens, de sens.Comme nous tous, ils cherchent, ils doutent, ils espèrent.Ils tentent des expériences pour reconquérir leur dignité et être reconnus comme membres à part entière du genre humain.Accueillir l’humanité de l’autre, c’est rétablir le ben de conbance avec la société et faire de la rencontre un beu de la responsabbité et de la sobdarité.C’est au cœur des fractures — et des brisés — du monde que l’humanité se révèle.Là, dans cette zone de guerre contre la déshumanisation, il n’y a pas de résultats à atteindre, ni d’objectifs à poursuivre, ni de formulaires à remplfr, ni de fonction sociale à occuper, ni de méfaits ou de risques à rédufre.11 n’y a qu’une commune appartenance au monde, une humanité et une fragilité dans l’existence qui nous lient.La présence des itinérants nous ébranle, car ils nous rappellent, dans ce monde aseptisé et géré au quart de tour, notre propre humanité — sa part obscure, faillible.N’y a-t-il pas, chez ces êtres qui déambulent sous nos regards affairés, quelque chose qui nous ressemble?Et si la reconnaissance de leur humanité permettait d’accueillfr davantage la nôtre?Cet article fait partie du dossier «L’itinérance: de la détresse à l’aeeueih publié dans le numéro de décembre de la revue Relations.Projet de loi C-10 Des normes internationales de protection de l’enfance L’adoption du projet de loi C-10 représenterait une violation des engagements juridiques internationaux contractés par le Canada A NADJA POLLAERT Directrice générale du Bureau international des droits des enfants l’égard des jeunes «contrevenants», le gouvernement conservateur semble juger que le Québec adopte des politiques de réadaptation plutôt marginales.Or, au regard des normes et standards internationaux, c’est plutôt le Canada de Stephen Harper qui est en passe de se marginaliser.Le présent débat sur l’approche en matière de justice juvénile n’est pas nouveau.Déjà, au XIX® siècle, les débats de société sru la jeunesse «délinquante» se cristallisaient autour de deux approches: faut-U punir et abisi protéger la société?Ne faut-il pas plutôt éduquer ces jeunes qui entrent en conflit avec la loi et sont souvent en marge de la société?Le droit international et les développements récents en matière de normes internationales ont donné raison au deuxième camp à la suite de l’évaluation d’expériences qui ont démontré entre autres que l’incarcération est contre-productive.L’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) par les Nations unies en 1989 (ratibée par le Canadq en 1991) sbpule explicitement l’obbgabon des Etats à l’égard des entants en conbit avec la loi: «L’arrestation, la détention ou l’emprisonnement d’un enfant doit être en conformité avec la loi, n’être qu’une mesure de dernier ressort, et être d’une durée aussi brève que possible.» (Arbcle37 b) CDE).La raison première de ce traitement parbcuber conféré aux mbierus dent au fait que, d’un point de vue psychologique.Us n’ont pas abeint leur plebi développement.Par ailleurs, nombre de jeunes «conbevenants» ont souvent eu des trajectofres difbcUes, du fait de mUieux famUiaux dysfoncdon-nels.Si le projet de loi GIO à l’étude n’abobt pas le système de jusdce poru minerus, U ouvre la porte à un durcissement en dormant l’bnpression que serbe la puibdon par l’bi-carcéradon arua rm effet dissuasb.fautes comnbses, ces approches exbajudiciaires, fondées sru des recherches poussées, restent la meblerue protecdon que la société puisse se donner à long terme.11 faut permettre aux jeunes de se racheter, par l’éducation et des programmes ciblés, plutôt que d’immédiatement les stigmatiser poru le reste de leru vie.Il faut permettre Des exemples venus d’ailleurs Qn sait désormais que partout où ebe fut privilégiée, cette approqhe punitive s’est soldée par un échec.À cet égard, le meilleur exemple en reste le Texas.Cet Etat américain, qui avait opté pour une approche répressive en matière de crbninabté, connaissait en 2004 le taux d’bicarcération le plus élevé au monde pendant que son taux de criminabté diminuait beaucoup moins rapidement que la moyeime américaine.L’échec est tel que plusierus représentants répubb-cains plaident poru un vuage draconien.Un nombre croissant de pays, partout dans le monde, choisissent maintenant de combattre la crbnbiabté des jepnes en misant sru des mesures extrajudiciaires.À titre d’exemple, en mars 2010, le gouvernement du Yémen a pris un virage majeur poru réformer son système de justice juvénile basé sur la répression en développant des programmes de prévention du crime et de sensibbi-sation par l’éducation.S’b faut bien sûr punu les aux jeunes de se racheter, par l’éducation et des programmes ciblés Des énoncés clairs Dans un énoncé du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, il est clauement dit que, pour respecter l’intérêt supérieur de l’enfant (article 3), l’État doit, dans le cas de mineurs débnquants, utiliser la réadaptation et la justice réparatrice plutôt que la répression.Dans le cas où la privation de bberté du mineur est nécessaire, elle doit constituer un dernier recours et être de courte durée, adn de respecter le droit à la vie, à la survie et au développement (article 6) et d’être en conformité avec l’article 37,b).Le Comité rappelle également aux États lerus obbgations en matière de respect de la vie privée (article 16 et 40 2 b) vii)), ce qui implique I’biterdiction de pubbcation de l’identité de tout mbieur en conflit avec la loi.Alors que la réputation du Canada de «champion des droits de l’homme» s’effrite graduellement, l’adoption du projet de loi C-10 représenterait une violation des engagements juridiques internationaux contractés par le Canada et une régression en ce qui a trait à la protection des droits de l’enfant.L Médicaments anticancéreux Des ententes bienvenues avec les pharmaceutiques MÉLANIE BOURASSA EORCIER Professeure à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, chercheuse associée au CIRANO ainsi qu’à la Chaire en droit de la santé et gouvernance e 18 novembre 2011, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) publiait un projet pilote sur l’évaluation de quatre médicaments anticancéreux (trois en réalité).Ce rapport permet de calmer la grogne qui avait résulté du refus de l’INESSS de recommander l’inscription de l’Afinitor (carcinome rénal), de l’iressa, de l’Alirnta et du Terceva (tous pour le cancer du poumon).Ces quatre médicaments sont remboursés dans d’autres provinces canadiennes, notamment en Qntario, en Alberta et en Colombie-Britannique.L’INESSS avait refusé de recommander leur remboursement, non pas parce que leur valeur thérapeutique n’est pas démontrée, mais plutôt parce que leur coût est trop élevé par rapport aux bénédces que leur remboursement procure, tant au patient qu’à la société («bénéflce social») .Ce refus avait suscité beaucoup de mécontentement, particulièrement de la part des groupes d’intérêt représentant les patients atteints du cancer qui ont rapidement effectué une pression considérable auprès du ministre de la Santé pour qu’il revoie sa décision de suivre la recommandation de l’INESSS.Partage de risques Vraisemblablement, cette pression a eu des retombées positives pour les patients atteints du cancer (heureux sont ceux qui bénéficient de la voix de groupes d’intérêt bien organisés.).Le rapport publié par l’INESSS vise ainsi à ce que trois des quatre médicaments (le Terceva étant exclu) mentionnés plus haut soient soumis à un projet-pilote qui assujettit l’inscription des médicaments à la conclusion d’ententes de partage de risques avec les compagnies qui distribuent ces médicaments au Québec.Ainsi, l’Afinitor sera soumis à une entente prévoyant son inscription conditionnelle au développement d’une preuve subséquente quant à ses bénéfices, et ce, sur un horizon de trois ans.Les deux autres médicaments touchés par le projet pilote, soit l’iressa et l’Alimta, seront essentiellement sujets à des ententes «prix/vo-lume» qui auront pour effet de limiter leur coût pour le système de santé.La décision du Québec d’aller de l’avant avec des ententes confidentielles de partage de risques qui permettent l’inscription de nouveaux médicaments, en principe trop chers, est une première.Jusqu’à présent, le gouvernement s’était refusé à conclure de telles ententes bien que ces dernières soient de plus en plus utilisées par les gouvernements d’autres provinces et d’autres pays.Nous nous rappellerons d’ailleurs que le gouvernement du Québec avait dénoncé la pratique de l’Qnta-rio à, précisément, conclure des ententes confidentielles avec des compagnies, limitant ainsi l’efficacité de la politique de prix de vente garanti au Québec.Cette politique exige que les compagnies novatrices offrent, pour leur médicament, le prix le plus bas parmi toutes les provinces canadiennes.Nécessairement, les ententes de partage de risque ont pour effet de créer un prix public artificiel sur lequel il est impossible de se baser pour établir le prix de vente réel d’un médicament dans une juridiction donnée.Un léger frisson.La décision de l’INESSS d’aller de l’avant avec des ententes de partage de risques était, à terme, incontournable dans la mesure où nous souhaitons, comme société, bénéficier d’un accès raisonnable et équitable à de nouveaux médicaments dont la valeur thérapeutique est démontrée.La création d’ententes de partage de risques est nécessairement appelée à croître, particulièrement avec l’arrivée de soins de santé personnalisés qui sont à nos portes.Par ailleurs, il est certain que ces ententes représentent des risques financiers et ont comme principale critique leur manque de transparence.La transparence est une valeur importante chez nous et l’INESSS le reconnaît dans son rapport.Profitons de notre retard à conclure des ententes de partage de risques pour, dès maintenant, prévoir explicitement les conditions qui feront d’elles des ententes légitimes et bien encadrées.La mise en place d’une entente-cadre et transparente, prévoyant ces conditions, permettait de répondre à ces objectifs et éviterait nécessairement les litiges (juridique ou sociaux) associés au caractère décisionnel actuellement imprévisible du gouvernement d’accepter ou non le remboursement de médicaments qui sont, en principe, trop chers.Enfin, oui, les ententes entre le gouvernement et des compagnies pharmaceutiques nous donnent un peu le frisson, nous les avons tellement critiquées.Mais, comme disent les anglophones, let’s not the perfect kill the good.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l’information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y^\&ci D&gh.s&(societe), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Dsa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy et Amelie Daoust-BoisvertLstïw^eJ , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Guillaume Bourgault-Côte et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'TaûXeier (reporters) ,A&axi-V\eTr& Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm {pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger, Philippe Papineau et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier et Genevieve Tremblay (commis internet) , Amelie Gaudreau (secretaire a la redaction), Karl Rettmo-Parazelli et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal Ram ville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martme Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Morm, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Maxun-Ohvier Leclerc (responsable par interim service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Bnsebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Büyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euroy, Ghislame Lafleur, Claudme Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 28 NOVEMBRE 2011 ACTUALITES LEPAGE SUITE DE LA PAGE 1 monde qui parlait anglais sur la rue!» Même lui, avec ses amis anglophones, il peut «''switcher” de langue» à Toccasion, raconte-t-il.Avec rhumoriste québécois d’origine indienne Sugar Sammy, par exemple.«On est nés dans la même ville, lui et moi.J’ai pas mal plus en commun avec lui qu’avec d’autres Québécois francophones d’ailleurs au Québec.Donc, j’apprécie qu’il me parle en français et lui apprécie que je m’adresse à lui en anglais.J’appelle ça une relation de courtoisie.» Le «service essentiel» en français, c’est dans les commerces, insiste-t-il.Du reste, les anglophones qui fréquentent le restaurant du Vieux-Montréal, Accords, dont il est copropriétaire avec la comédienne Chantale Fontaine, n’ont rien à craindre: «S’ils veulent être servis en anglais, ça ne me dérange pas pantoute, évidemment.» I Want To Pogne Les questions linguistiques ont souvent inspiré RBO dans le Québec des années 1980 de l’entre-deux-référendums.Les membres de la génération X, qui adorent et adulent le groupe après toutes ces années, se souviendront par exemple aisément de ce sketch d’un Québec qui aurait été assimilé où Félix Leclerc chanterait L’hymne au printemps avec des accents elvissiens et où Gilles Vigneault-DMC nous rapperait La danse à Saint-Dilon, la ponctuant par «the chicks are hot»l II y a aussi cette parodie classique de 1988 où Guy A.Lepage joue le rôle d’un chef nazi de la loi 101 «torturant» les anglophones de Montréal en les forçant à manger de la «poutine» et à répéter «ta-barnac» en chœur.Il s’agissait à l’époque de caricaturer les inquiétudes des éditorialistes et militants radicaux de la communauté anglophone.Le premier ministre Robert Bourassa avait invoqué la fameuse clause nonobstant pour protéger la loi 101 d’un jugement de la Cour suprême.RBO avait présenté Bourassa sous les traits d’un chef politique mou du nom de Her Fouhrer, toujours prêt à ménager la chèvre et le chou.Mais le sketch de RBO à saveur linguistique le plus connu est évidemment cette chanson acide, I Want To Pogne, par laquelle il se payait la tête des chanteurs québécois, tels The Box, qui avaient décidé d’abandonner le français.L’humour était implacable: «I am the Judas of the French Canada» / «America is a big market» / «K there is more public» / «There is more money in my pocket-e» / «Frogs in the USA», etc.Aujourd’hui, Guy A.n’a-t-il pas envie de taquiner avec un I Want To Pogne l’auteur-composi-teur-interprète Pascale Picard, par exemple, une fille de la Beauce qui compose et ne chante qu’en anglais?«Un francophone qui vise le marché international et qui chante en anglais, je peux comprendre, mais un franco qui chante en anglais pour un marché local, je trouve ça encore étrange.» Simple Plan est selon lui dans la première catégorie.Ce groupe de francophones qui chantent en anglais avait d’ailleurs entonné «I Want To Pogne» en 2009, lors d’un hommage à RBO.«D’ailleurs, j’aimerais bien que les gars de Simple Plan viennent faire une toune en français au spectacle de la Fête nationale», glisse Guy A.en passant.Avec le temps, il estime s’être adouci sur ces questions.«Je suis en paix avec ces choix-là [de chanter en anglais].Le Québec a changé.» I Want To Pogne, c’était, souligne-t-il, avant que les artistes québécois, comme le Cirque du Soleil ou Céline Dion, se mettent à «rayonner dans des pays autres que francophones».Guy A.lui-même chante aussi parfois en anglais avec le groupe les Porn Flakes.«Mais j’ai monté 35 chansons avec eux, dont la moitié en français.Ce qui les fait tri-per.Et moi aussi», m’écrit-il dans un courriel après l’entrevue.Comme bien des Québécois, Guy A.dit qu’il aimerait mieux maîtriser l’anglais.Jeune, il confie avoir eu un réflexe de plusieurs Montréalais francophones de sa génération: rejeter l’anglais.«C’est seulement quand on s’est mis à exporter Un gars, une fille que je me suis amélioré en anglais», raconte-t-il.«Mon fils de 20 ans est parfaitement bilingue.Il parle mieux français et anglais que moi.Je le trouve chanceux, lance-t-il.En même temps, si je l’entendais parler en anglais avec ses chums francophones dans la cuisine, je le sortirais avec un coup de pied au cul!» «Paradoxale», sa position sur la langue?Peut-être que c’est de ça qu’elle aura l’air, convient-il.Résultat des tensions propres à la condition québécoise.La loi 101 est fondamentale, conclut-il, mais semble «dépassée par les événements.Elle continue de protéger notre culture.Parce qu’on n’a pas réussi à aller au bout de nos convictions».Le Devoir Guy A.Lepage en cinq dates 30 août 1960 : naissance à Montréal 15 mai 1981: naissance du groupe Rock et Belles oreilles J.9831 diplôme en communications àl’UQAM 2004 : début de Tout le monde en parle 22 novembre 2011: rbo reçoit la médaille de l’Assemblée nationale CANCER SUITE DE LA PAGE 1 également la présidence de l’Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec.«Ce ne sont pas elles qui décident de nos chevaux de bataille.» Elle ajoute: «Nous ne sommes pas un lobby pharmaceutique.» Pour Mme Rodrigue, assurer la survie de la coalition grâce à l’argent de cette riche industrie ne transgresse pas l’éthique.«Est-ce pire que les chaînes de fast-food qui financent les hôpitaux pour enfants?200 000 $ sur les profits qu’ils font.Ils peuvent bien donner.» Elle explique que dénicher du financement est difficile.«Si nos commandites viennent des pharmaceutiques, ce n’est pas parce que c’est ça qu’on veut.C’est ça qu’on a.» Un symposium sur le thème des médicaments Chaque année, la coalition tient un colloque.Aujourd’hui, elle présente à Montréal un Symposium sur l’accès éthique aux médicaments et aux traitements de pointe en cancer.Depuis sa création, la coalition s’est positionnée dans de nombreux débats touchant les per- sonnes atteintes de cancer, comme la constitution d’une agence de lutte contre le cancer, la pénurie d’isotopes médicaux, les erreurs diagnostiques dans le cancer du sein, la pénurie de radio-oncologues et le registre du cancer.Nathalie Rodrigue souligne que l’accès aux médicaments représente une fraction de leur lutte seulement.C’est en 2010 que la coalition commence à parler davantage de médicaments.En décembre 2010, elle dénonce pour une première fois le piètre accès à certaines molécules de pointe au Québec.Quelques mois après, le ministre de la Santé Yves Bolduc s’engage à améliorer la situation et à donner plus de poids à l’avis des oncologues.En octobre dernier, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux, l’INESSS, se garde d’étendre la couverture publique à quatre médicaments anticancer qu’elle juge trop coûteux pour leurs avantages thérapeutiques, soit l’Afinitor, l’Iressa, le Tarceva et l’Alimta.Des refus que la Coalition dénonce vertement lors d’une conférence de presse, le lendemain.A titre d’exemple, l’Iressa coûte 1539 $ pour 21 jours de traitement.S’il est plus cher, il est moins toxique que les autres traitements disponibles tout en présentant une efficacité comparable.Une étude du fabricant de l’Alimta publiée dans The Lancet montre que, en moyenne, les malades qui le reçoivent survivent environ trois mois de plus que ceux qui reçoivent un placebo.Rapidement, le ministre de la Santé Yves Bol-duc promet d’agir.Le 12 octobre, il rencontre les experts de l’INESSS à ce sujet.Le 23 novembre, l’INESSS revient sur sa décision.Québec remboursera, dans le cadre d’un projet pilote, l’Afinitor, l’Iressa et l’Alimta, mais pas le Tarceva.L’Institut prévient toutefois dans son rapport que, si Québec en venait à modifier à la hausse le seuil coût-utilité à partir duquel il assume la facture des médicaments, «l’effet global serait un impact budgétaire très grand sur des ressources de santé limitées» et cela pourrait mettre en danger d’autres secteurs du système de santé.C’est, sauf erreur, la première fois que l’IN-ESSS, anciennement le Conseil du médicament, revient sur une de ses décisions sans que les compagnies pharmaceutiques fournissent de nouvelles données probantes sur l’efficacité de leurs traitements.En dix ans, la Coalition priorité cancer s’est taillé une crédibilité certaine, et ses porte-parole s’expriment fréquemment dans les médias sur les différents enjeux touchant les personnes atteintes de cancer et leurs familles ainsi que sur les politiques gouvernementales.Des dizaines d’organismes, comme l’Association pulmonaire du Québec ou la Centrale des syndicats du Québec, en sont membres.Le Devoir LONDRES SUITE DE LA PAGE 1 d’une transformation progressive de plusieurs quartiers, et d’une volonté politique qui ne s’est pas démentie depuis que le nouveau maire, Boris Johnson, a battu en 2008 son prédécesseur, Ken Livingston, dit Le Rouge en raison de ses convictions socialistes.Non seulement le nouveau maire, qui a doté Londres de 6000 vélos Bixi montréalais cette année — que la population a rebaptisés «Boris Bikes» —, n’a pas remis en question le «Congestion Charge» au centre-ville, mais il en a augmenté le prix de 50 % parce qu’il cible lui aussi une réduction globale des émissions de sa ville de 60 % pour 2025 par rapport à 2010.D’où les deux briques qui énoncent sa stratégie pour faire de Londres un des leaders du C-40 Cities, un club sélect de 30 mégapoles de plus de 3 millions, dont Toronto est le seul membre canadien.Et Montréal, pas même un membre affilié.Transport for London a augmenté la fréquence des services d’autobus et leur nombre.Avec les dizaines de millions que rapporte le «Congestion Charge» — on a évité avec un humour très british de l’appeler «Congestion Tax», parce que le mot n’est pas populaire et que les diplomates, qui pullulent au centre-ville, en auraient été exemptés! —, TFL a financé au coût de 16 milliards un train rapide qui reliera les deux banlieues les plus éloignées de la région, qui traversera dès 2018 toute la ville dans un long tunnel et qui augmentera la capacité du réseau public de 10 % d’un coup.De plus, on construira l’été prochain un premier téléphérique urbain qui permettra à 2500 passagers à l’heure de traverser la Tamise par tous les temps, sans le moindre rejet de GES, une idée à laquelle Montréal devrait songer, selon Mme Dix.Réduire les GES Londres, comme si elle assumait les obligations d’un pays, a réalisé un inventaire global de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), et pas seulement des services municipaux, comme Montréal l’a fait.Ainsi, elle rejetait en 2008 quelque 44,71 millions de tonnes (Mt), soit 8,5 % des émissions de la Grande-Bretagne alors qu’elle génère pourtant 19 % du PIB.Ce bilan a fait aussi découvrir aux Londoniens que 80 % de leurs émissions de GES provenaient du chauffage des maisons et des lieux de travail.Les transports, en comparaison, ne sont responsables que de 22 % des émissions.Mais sans un ambitieux coup de barre, les émissions londoniennes se retrouveraient en 2025 à seulement 11 % sous le niveau de 1990, ce que le maire Boris TOBY MELVILLE REUTERS Londres s’est doté de 6000 vélos Bixi montréalais cette année.Johnson juge incompatible avec le «rôle de leader international», écrit-il, que sa ville doit jouer.Pour maintenir le cap sur une réduction de 60 % de ses propres GES d’ici 2025 par rapport à 1990, TFL va exiger de tous les opérateurs privés de son réseau d’autobus qu’ils se dotent d’ici cinq ans d’autobus à freins régénératifs, c’est-à-dire qui transforment en électricité l’énergie généralement perdue au freinage, pour la réutiliser en accélération.Cette technologie et le passage aux autobus hybrides d’ici quelques années devraient susciter une réduction de 30 % des émissions.Les nouvelles rames de métro, qu’on installe pour 40 ans, devront aussi être équipées de freins régénératifs, ce que Montréal a oublié dans sa récente commande.Et tout le réseau de trains au diesel sera électrifié.S’ils conservent leur forme arrondie, aussi classique que le chapeau melon, les Black Taxis devront passer rapidement au mode hybride, voire au tout électrique, ce que prépare TFL avec un constructeur.Très bientôt, Londres va retirer 2200 de ses 22 000 Black Taxis, qui consomment et polluent trop.Repenser la ville Mais comme l’essentiel du bilan énergétique de Londres est attribuable aux maisons, mal isolées et souvent chauffées avec des énergies riches en carbone, comme le gaz et le pétrole, un plan majeur de restauration énergétique est mis en place, dont certains critiquent d’ailleurs la lenteur.Selon le plan du maire Johnson, 80 % des édifices actuellement construits seront encore là en 2050.Leur inefficacité pourrait donc empêcher de nouveaux gains dans 20 ou 30 ans.Un premier programme.Retrofit, vise à améliorer d’ici 2020 l’enveloppe thermique de 1,2 million de logements dans une approche, rue par rue.Jusqu’ici, 11 000 ont été restaurées et, au printemps prochain, leur nombre aura atteint 55 000.Ce programme s’appuie sur un programme assez similaire au plan national, le Green Deal, dont une partie se finance avec les économies d’énergie réalisées.Un autre programme touche les «lieux de travail».Jusqu’ici, ce type de mise à niveau énergétique a suscité des épargnes annuelles de 1,5 million de dollars par an aux 42 édifices rénovés.Deux cents autres sont dans la mire pour 2012, dont on modifiera notamment les chauffages pour les adapter notamment à des énergies plus vertes, comme des achats d’électricité éolienne pour réduire leur empreinte environnementale globale.Londres a aussi désigné dix quartiers, ou «zones d’intervention», où l’on entend s’attaquer à toutes les facettes de l’empreinte écologique pour recréer le «village» d’antan par une transformation globale du mode de vie: commerces de proximité, pistes cyclables, rénovations énergétiques des maisons, éloignement ou élimination des voitures, télétravail, etc.Sur la lancée du Bedding-ton Zero Energy Development (BedZED) en 2002, le premier où l’on a tenté une intégration des dimensions humaines, sociales et environnementales, trois autres projets encore plus complets ont vu le jour dans les agglomérations de Darlington, Worcester et Peterborough.Mais si ces modèles se multiplient dans la région londonienne, explique Stephen Joseph de Campaign for Better Transport, le gouvernement conservateur de Westminster n’a aucun plan pour stimuler systématiquement l’aménagement urbain dans les autres grandes villes.Les centres commerciaux en périphérie s’y multiplient et on laisse libre cours aux promoteurs pour étaler les villes en banlieues, ce qu’on considère comme un excellent moteur économique.Ce qui explique que, contrairement à Londres, le nombre de voitures augmente partout ailleurs.«Londres n’est pas le problème, explique Stephen Joseph.On y a fait échec à plusieurs projets d’autoroute et à l’agrandissement de l’aéroport d’Heathrow.Mais les autres villes ne veulent pas de péages urbains et laissent les opérateurs privés de transport en commun dicter la fréquence et la qualité du service en fonction du profit.Comme le gouvernement, elles font le pari que l’amélioration technique des voitures va suffire.Elles seraient prêtes à faire comme Londres, qui envisage la mise en place d’un réseau de recharge de milliers de bornes.Mais pas de repenser la ville, même si elle risque de devenir une hypothèque qui va bloquer l’avenir par une incompressible facture d’énergie.» Le Devoir Notre journaliste était invité par le Foreign Office de Grande-Bretagne.SYRIE SUITE DE LA PAGE 1 Le régime de Bachar al-Assad n’a pas tardé à dénoncer une trahison de la part des autres pays membres de la Ligue arabe.Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait même accusé samedi les Arabes de favoriser une «intervention étrangère» en Syrie, après leur décision de faire appel à l’ONU pour les aider à trouver un règlement.La Ligue arabe avait sommé Damas de cesser la répression, puis d’ouvrir ses frontières à des observateurs arabes, mais en vain.«Pour nous, l’important est que le gouvernement syrien se rende compte qu’il y a une position arabe qui veut régler la question de manière urgente», a poursuivi M.Jassem al-Thani, réclamant «l’arrêt des massacres, la libération des prisonniers et le retrait des chars [des villes syriennes]».En annonçant l’adoption des sanctions arabes, la télévision publique syrienne a souligné, sans autre commentaire, qu’il s’agit à’«une mesure sans précédent», tandis que plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés sur une grande place de la capitale pour les dénoncer.Le journal du pouvoir, Al-Thawra, a accusé la Ligue arabe de vouloir prendre «des sanctions économiques et commerciales qui visent le peuple syrien», une mesure «en contradiction avec les règles de la coopération arabe».En revanche, les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent la mobilisation antigouvernementale sur le terrain, les ont saluées par voie de communiqué.Ils ont également pressé la Ligue arabe à’«établir des mécanismes de contrôle sévères pour leur application faute de quoi elles seront contournées par le régime».L’organisation réexaminera les sanctions si Damas met en œuvre le plan arabe de sortie de crise, soit le retrait des chars des rues syriennes ainsi que l’envoi d’observateurs étrangers sur place, auquel il avait pourtant donné son accord, a indiqué le diplomate égyptien.Au Canada Pour sa part, le chef de la diplomatie canadienne, John Baird, exhorte les Nations unies à isoler davantage le régime «violent et illégitime» du président Bachar al-Assad, tout en pressant les ressortissants canadiens qui se trouvent encore en Syrie d’en sortir immédiatement.M.Baird a déclaré sur Twitter que l’organisation internationale devait imiter ce qu’il qualifie de décision courageuse de la part de la Ligue arabe.Plusieurs redoutent que les sanctions de la ligue arabe plongent le pays dans la guerre civile — qui pourrait dépasser les frontières et déstabiliser toute la région —, plutôt que de mettre fin aux violences.D’ailleurs, au moins 20 civils ont été tués, alors que 25 autres ont été blessés hier par les tirs des forces de sécurité syrienne, essentiellement dans les régions de Homs et de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).Un nombre croisr sant d’affrontements entre des déserteurs ou des civils armés et forces de sécurité ont été signalés.Plus de 3500 personnes sont mortes dans la ré-pression depuis le début du mouvement de contestation en mars, selon les Nations unies.Le Devoir D’après La Presse canadienne, TAP et TAFP Rectificatif Dans le texte de Louis-Gilles Francœur publié samedi 26 novembre en page A1, sous le titre «Une responsabilité historique», une erreur d’édition nous a fait écrire que la Grande-Bretagne avait réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 617 millions de tonnes (Mt) par année entre 1990 et 2008.En réalité, comme le précisait le texte original, en 1990, la Grande-Bretagne émettait 781 millions de tonnes de GES et, en 2008, elle avait réduit ses émissions à 617 Mt.LE DEVOIR www.ledevoir.corn Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel Bureau de Quebec 514-985-3333 514-985-3360 redaction @ledevoir com 418-643-1541 La publicité Au telephone 514-985-3399 Par telecopieur 514-985-3390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-985-3344 Par telecopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir corn Les petites annonces et la publicité par regroupement Au telephone 514-985-3322 Par telecopieur 514-985-3340 Les abonnements Au telephone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par telecopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir corn Extérieur de Montreal (sans frais) 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