Le devoir, 22 octobre 2011, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 OCTOBRE 2011 I THEATRE L’Opsis poursuit son cycle italien., avec un fait divers sordide Page E 5 m .3.J MEDIAS Une nouvelle plateforme, le webdoc, f se penche sur Chatila ihi SOURCE EMA Les trois magnifiques avec Poudiste Naseer Shamma, le sitariste Ashraf Sharif Khan et le guitariste Romero Iglesias.Le monde arabe se soulève et les espoirs émergent comme les angoisses.Une nouvelle génération crie son indignation, proclame son identité l’âme dans l’urbanité.Parallèlement, plusieurs continuent de transmettre le flambeau de l’héritage et de l’ouverture.Sur le thème «Charabia», tous ces courants sont bien vivants au sein de la programmation musicale de la 12® édition du Festival du monde arabe (FMA), qui se déroule dans plusieurs salles montréalaises du 30 octobre au 13 novembre.i PATRICK RYAN Le compositeur et interprète Simon Shaheen Cette annee, FESTIVAL DU MONDE ARABE Spectacles présentés du 30 octobre au 13 novembre au théâtre Maisonneuve, à la Cinquième salle et au Studio-théâtre de la Place des Arts, au Cabaret du Mile-End, â la maison de la culture Frontenac, au Petit Moulinsart, â la Sala Rossa et au théâtre Corona.Renseignements: www.festivalarabe.com YVES BERNARD NOUS avons choisi le thème avant le printemps arabe, affir-me Joseph Nakhlé, le directeur du FMA.Charabia incarnait ce sentiment de perte de repères, de désordres imprévisibles.Au début du printemps arabe, cela nous a r^ouis de voir cette jeunesse s’affirmer, mais cet enchantement fut de brève durée.Le chaos qui s’installe est inquiétant; Charabia reflète cette inquiétude, mais aussi le besoin de la dépasser.» Cette année, les jeunes occupent une place de choix au FMA.L’Algérien Baâziz chante la liberté d’expression à grands coups de guitare sèche et d’humour mordant.La Tunisienne Emel Mathlouthi, qui renouvelle également la chanson à texte, a porté son chant au milieu de la foule des insurgés.Le rappeur libyen Khaled M s’inspire fortement du mouvement révolutionnaire de son pays.Alsarah se gave avec ses Nuba-tones des musiques hypnotiques du nord de l’Afrique, portées par la souffrance de son peuple soudanais.Il y a aussi Caméléon, le groupe qui fait un tabac en Algérie avec son mélange de chaâbi, de raï, de gnawa, de jazz et de rock alternatif.En plus rock, le groupe libanais The Kordz a fait hgure de pionnier, projetant sa révolution aussi bien dans ses textes que dans sa musique.Il sera de la création Charabia, qui propose de marier plusieurs tendances en apparence opposées, tout comme les compositeurs Katia MakDissi-Warren, la chorégraphe Kadia Faraux et quelques autres, dont le chanteur soufi Abdel Karim Shaar, du pays des cèdres comme The Kordz.«Je pense que c’est la première fois qu’une création fait se rencontrer un groupe rock et SOURCE FMA les jeunes occupent une place de choix au FMA.Le chanteur algérien Baâziz.un chanteur soufi de cette envergure», explique Joseph Nakhlé.La spiritualité du multi-instru-mentiste Omar Faruk Tekbilec est empreinte de transe souhq, de yoga et de tai-chi.À la soirée d’ouverture, il partagera la scène et quelques pièces avec le violoniste oudiste virtuose Simon Shaheen.Maintenant new-yorkais, ils sont les seuls du FMA à avoir prohté d’une reconnaissance certaine dans les circuits de la world music.«Omar connaît la musique turque et plusieurs éléments du répertoire arabe, ce qui le rend très intéressant Et sa religiosité est fantastique», afhr-me Simon Shaheen.Autant dans ses compositions que dans ses interprétations, Shaheen accorde la même importance à ses deux instruments de prédilection.Arrivé dans la Grosse Pomme de la Palestine en 1980, il a créé une impressionnante trilogie artistique: de la musique savante arabe la plus pure possible avec le Near Eastern Music Ensemble, de la fusion mâtinée de jazz et de ponctions de musique latine, avec son groupe Qantara, de la musique classique occidentale avec quatuors à cordes ou orchestres symphoniques.Parfois, les trois se rejoignent.Il fut aussi l’un des premiers à enseigner l’art arabe aux Etats-Unis.«En 1980, les Américains ne connaissaient de nous que le baladi.Je me suis rendu compte que mes performances n’étaient pas suffisantes, qu’il fallait les accoupler avec un travail d’éducation.» Il partage aujourd’hui son temps à parts égales entre l’enseignement et sa musique.D’aucune façon, les événements du 11-Septembre n’ont influencé son art, affirme-t-il.«J’ai une vision plus ample de la création et cela m’a au contraire poussé à donner plus de formation et plus de concerts.Les gens me demandent souvent si l’effondrement des tours jumelles a modifié mon discours.Je leur demande pourquoi on ne me pose jamais de questions au sujet de mon travail entre 1981 et 2001.» Il a accueilli le printemps arabe avec enthousiasme.«J’ai toujours partagé la vision des jeunes d’aujourd’hui.Mon prochain projet.Songs for the People -The Renaissance of Arab Music, est composé de chansons de liberté écrites dans les années 1950 et 1960.Elles auraient pu être composées hier, tellement elles sont d’actualité.» Les époques se fondent les unes dans les autres comme les styles et les croyances.Ainsi, au FMA, l’oudiste Naseer Shamma, le sitariste Ashraf Sharif Khan et le guitariste Romero Iglesias remettent ça avec leur splendide projet des Trois magnifiques, alors que le guitariste Pedro Soler et l’oudiste Georges Kazazian proposent une création commune.Sans compter le jazz arabe de Randa Ghossoub, les essences yémé-nites de Marie Trezanini et les métissages de Kinan Azmeh avec Dinuk Wijeratne, de Layali Al Andalus, de Minor Empire, de Saometis, de Suh-Yogi et de la Mandragore.Preuve d’une arabité pour le moins ouverte.Collaborateur du Devoir E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 OCTOBRE 2011 CULTURE Angoisses et indignations Odile Tremblay Voici que le tonnerre commence à gronder dans notre Québec si longtemps assoupi, sur fond d’éclairs annonciateurs d’orage.Voyez! Des indignés campent au square Victoria parmi la brise d’automne.Ecoutez! Des artistes livrent des oeuvres engagées.Signe de santé.Signe que rien ne va plus.Signe que la chape de cynisme et d’inertie secoue enfin ses puces.11 était temps.Faudrait pas s’en donner tout le mérite.Tous seuls, couchés sur notre fleur de lys en dépression, on aurait peut-être continué à dormir, mais l’énergie mondiale des contestations diverses se propage, nous happe au passage.Tant mieux! Ici, ça gagne timidement la rue donc, mais des créateurs parlent aussi, jetant les enjeux québécois dans le brasier.En témoignent des livres, des films.Des voix crient: «Ça suffit! Discutons! Bougeons!» Reste à les écouter.J’ai plongé dans le recueil d’entretiens De quoi le Québec a-t-il besoin?, publié chez Leméac.Avec transcription d’interviews sur le plateau de l’émission Bazzo.tv, l’ensemble paraît inégal, forcément.N’empêche! Les invités, de tous les horizons et de tous les âges, cherchent des voies de solutions politiques, écologiques, artistiques, nomment nos freins: un complexe d’infériorité, le cynisme, le chialage, etc.On salue les envolées de Dany Laferrière.11 affronte la question de la spiritualité, depuis trois générations poussée sous le tapis.Aussi la voix de la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette appelant à des idéaux plus grands que la question nationale.René-Daniel prend le taureau linguistique par les cornes: «C’est-tu vrai qu’on veut continuer à parler en français?B y a la moitié de la population qui ne sait pas lire, et tout le monde s’en crisse!» En vrac, le Québec aurait besoin d’une vision, d’une passion, d’un projet collectif, de réflexion, d’un leader charismatique, d’une ouverture au monde, d’un système d’éducation digne de ce w Manifestation des indignés au square Victoria, à Montréai nom.Alouette! Du moins, ça cause, ça cherche.La marmite bouillonne.Même remue-méninges, en mieux concentré, dans l’excellent documentaire d’Hugo Latu-lippe.République, un abécédaire populaire.Ce film, né de la colère et du désarroi du cinéaste devant notre triste contexte politique, jette dans l’arène 53 personnalités qui traquent de nouveaux modèles.Sous leurs mots se dessine un Québec riche pdajunior © SÉRIE DE LA PLACE DES ARTS SUR LA ROUTE DE LA MUSIQUE PERDUE Sons & Brioches Présenté par la Place des Arts et Vision Diversité Musique 23 OCTOBRE 3 ans + 11 h Moment magique sur des rythmes du monde alliant découverte de nouveaux instruments, rythmes fascinants, conte théâtral et animation.Un grand voyage vers des sons d'ailleurs qui sont pourtant bien de chez nous ! hONDAI ION DEIAIBKHBDESARTS PROGRAMMATION COMPLÈTE PDAJUNIOR.COM laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 « Pippo Delbono sait piquer le cœur à vif.TELERAMA.FRANCE > «de ^ et avec I RECITS DE JUIN D’après William Shakespeare, Sarah Kane et Paolo Pasolini PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE DU 26 AU 29 OCTOBRE 2011 ^USINE C - 1345, AVENUE LALONDE ^BILLETTERIE 514 521-4493 ^WWW.USINE-C.COM de ressources et de potentiel, mais en quête de son feu.Par ici, les valeurs éthiques à instaurer, un héritage culturel, architectural et naturel à protéger, un système d’éducation à réinvestir! Et des questions à la pelle.Que conserver d’un passé balancé dans l’insouciance?Quels mécanismes à créer pour devenir un modèle de société écologique?L’anthropologue Serge Bouchard invite à transformer nos habitudes de consommation, à mettre la main au bourbier pour sculpter une société.Ce Québec-là ne peut plus revendiquer l’enfermement, attelé à la roue des problèmes planétaires: la quête du profit et ses impasses, les enjeux environnementaux.Qn rame avec les autres en pleine galère, mais il faut imposer nos propres marques.Le réveil sonne et, comme lance Pierre Cur-zi: «Les artistes annoncent que la vague arrive, mais ils la précèdent de très peu.» Qr ils prennent la parole, ces artistes-là, devant cette vague qui monte.Quant au documentaire de Mathieu Roy Survivre au progrès (en salle dans deux semaines), il lance un signal d’alarme planétaire, tant financier qu’écologique, rappelant à quel point le cerveau humain n’a guère évolué depuis 50 00 ans.Avec des neurones de chasseurs-cueilleurs, l’humanité possède des moyens techniques pour s’autodétruire.Alerte rouge! Réveillons-nous et agissons! Pareils appels vibrants n’ont pas résonné depuis longtemps.Qui peut encore ignorer leurs clameurs?Grande est la tentation de relier les vagues d’indignation à celles qui ont balayé l’Qccident au cours des années 60 et 70.«You dont need a weatherman to know wich way the wind blows», chantait Dylan en une autre ère géologique que la nôtre.JACQUES NADEAU LE DEVOIR De Paris à San Francisco, de Prague à Montréal, les ondes de choc fracassaient alors les frontières.Mais les baby-boomers en fleurs s’appuyaient sur la force du nombre, des emplois à la volée.L’avenir serait lumineux, promis! L’ère du Verseau allait allumer les esprits, la révolution sexuelle, libérer les corps, l’imagination, prendre le pouvoir, l’art, révolutionner la vie.Qh yé! Huit tonneaux de désenchantement et de cynisme plus tard, d’autres contestataires se réveillent, mais comme le paysage a changé.Les indignés d’aujourd’hui se battent désormais sur la terre noire: une planète en péril, une économie au bord du gouffre, des perspectives d’emploi en peau de chagrin.De quoi demain sera-t-il fait?Mystère, mais comme il fait peur! Ça se joue dans un village encore plus global qu’hier.Tout a commencé dans le Maghreb et le Moyen-Qrient, des régions du monde qui se taisaient jusqu’alors.Nouvelle onde, nouvelle vague, moins purement générationnelle.Une Internationale des damnés de la terre.Partout, ces soulèvements se collent à des crises nationales: la Grèce en déroute absolue, le Moyen-Qrient boutant ses tyrans dehors dans le sang, des indignés new-yorkais campant devant un Wall Street qui plongea l’Amérique dans une crise économique jamais jugulée.Alors, on espère que nos problèmes québécois de corruption et de commission d’enquête bidon viendront, mariés aux considérations financières et planétaires en ancrage commun, nourrir aussi les hauts cris de nos propres indignés.En demandant la tête de nos dirigeants, par exemple.otremblay@ledevoir.corn y c CHAQUE texte AVEC r- îft s BERNARD [ BOSSÉ.VINCENT-GUILLAUME OTI$ et MARIE TIFO 4559 Papineau, Montréal / theatrelalicorne.com / Billetterie: 514 523.2246 etctesfettres , Québec ?CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts Télé-Québec LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 OCTOBRE 2011 E 3 CULTURE EXPOSITIONS BGL à la croisée des chemins New York dans la tête, des tableaux à l’esprit, le collectif BGL se prépare à explorer de nouveaux territoires JEROME DELGADO BGL, le fantasque trio de Québec formé de Jasmin Bilodeau, de Sébastien Giguère et de Nicolas Laverdière, plane vers de nouveaux horizons.Pendant qu’à Montréal on festoie cet automne avec la Triennale québécoise du Musée d’art contemporain (MACM), les trois amis, eux, exposent à Paris.En attendant de «zieuter du côté des States».Ça fait 15 ans déjà que les trois sculpteurs s’effacent derrière cet acronjune — lorsqu’on leur parle, c’est une seule entité qui répond.«Tu dois écrire “BGL dit"», précise le porte-parole, avec l’humour caractéristique au collectif.Dès 1996, diplômes de l’Université Laval en poche, BGL frappe l’imaginaire avec des structures toutes en bois: un chalet (l’œuvre Peine débuté, le chantier fut encore, 1997), une charpente d’église {Chapelle mobile, 1998), une piscine sans eau {Perdu dans la nature, 1998), une architecture sans murs (Villa de regrets, 1999) et combien d’autres.Les titres loufoques et sérieux donnent le ton.La société de consommation est une cible, la santé de la nature, un souci.Avec A l’abri des arbres (2001), majestueuse installation créée au MACM, puis avec Postérité (2009), un marché aux puces monté dans la galerie Parisian Laundry, BGL prouve que la démesure sert sa cause.Ce n’est pas près de s’arrêter.En fait, BGL serait à la croisée des chemins.Le Québec ne suffit plus, il mise sur l’étranger et sur des œuvres plus petites, plus vendables.«Nous espérons [continuer] jusqu’à notre mort.La locomotive roule et on ne veut pas qu’elle s’arrête.Mais ça fait 15 ans que nous sommes notre boss, que nous sommes toujours “borderline", financièrement.Nous croyons que sortir, faire des tableaux, nous aidera», dit.BGL.Spectacle parisien Le collectif ne pouvait trouver meilleur automne pour célébrer ses 15 ans.Invité par le MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne, «à 10 minutes de Paris», BGL a créé une autre de ses audacieuses propositions pleines d’illusions et d’ardents commentaires sur notre civilisation.L’installation Spectacles + Problèmes simule un bûcher avec des flammes factices faites de rubans colorés.Elle a d’abord été vue dans un gymnase au pied de Montmartre lors de la Nuit blanche, au début d’octobre.Elle se retrouve dès aujourd’hui au MAC/VAL, dans une version légèrement remaniée, pour une exposition en bonne et due forme.La conservatrice en chef de ce musée inauguré en 2005, Alexia Eabre, a un faible pour BGL.Et pour le Québec.Mi- k SOURCE NUITS BLANCHES PARIS 2011 L’installation Spectacles + Problèmes simule un bûcher avec des flammes factices faites de rubans colorés.chel de Broin y a exposé en 2008 et l’expo Emporte-moi, en 2009, découlait d’une collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec.«Depuis longtemps, écrit-elle dans un courriel, nous étions intéressés par BGL, par son universalité et sa résonance avec ce qui se fait en France.» Pour Alexia Eabre, l’œuvre de BGL correspond aux réalités contemporaines, tant dans son cynisme que dans sa distance critique vis-à-vis de l’art.«Sa façon de mettre en oeuvre l’illusion pour mieux la déjouer, de travailler sur le leurre, devrait entraîner, estime-t-elle, à poser les bonnes questions.» Sortir à tout prix Que la deuxième Triennale québécoise vienne de prendre son envol sans lui n’offusque pas BGL.«Il faut laisser la place aux autres», dit celui qui exposait il y a un an, dans le hall du MACM, une usine de sapins — l’œuvre Postérité-les-Bains.Le collectif a tout de même fait son apparition sur le site de la Place des Arts, dans l’enceinte de la Maison symphonique.L’installation C’est sûrement des Québécois qui ont fait ça a été réalisée dans le cadre du programme du «1 % artistique».Aérienne et aux formes circulaires, pour évoquer les ondes sonores, l’œuvre est visible de l’extérieur bu bâtiment.Sortir est désormais l’objectif de BGL.Sortir du Québec, s’entend.«Mais on ne mise pas du tout sur la France», dit-il.Si l’invitation du MACAAL leur a fait grand plaisir, Bilodeau, Giguère et Laverdière savent d’expérience que l’Europe est peu sensible à leur charme.C’est la cinquième fois qu’ils y exposent, et même la deuxième à Paris, après un solo en 2008 au Centre culturel canadien.«On s’est toujours beaucoup investis.Chaque fois, il n’y a jamais eu la moindre retombée, le moindre petit signe d’intérêt», dit le groupe, qui admet néanmoins qu’avec cette nouvelle tentative, «ça peut basculer».Les espoirs hors frontières cje BGL sont tournés vers les Etats-Unis.Le «rêve» New York, d’abord, puis Boston, Buffalo et ailleurs.La galerie montréalaise de BGL, Parisian Laundry, a brisé la glace lorsqu’elle l’a emmené en mars 2011 à la foire Volta de New York.11 n’y a pas eu de vente, mais des contacts, si, et une commande d’un collectionneur.parisien.Avant de s’établir dans la Grosse Pomme, BGL bénéficiera d’une autre vitrine: l’exposition Oh, Canada, attendue pour mai 2012 au Massachusetts Museum of Contemporary Art.Mieux connu comme le MASS MoCA, l’établissement de North Adams est devenu incontournable depuis son ouverture en 1999.BGL y sera donc parmi une grosse délégation d’artistes canadiens.«Ça nous touche, reconnaît-il.[La commissaire] Denise Markonish a visité 400 ateliers et choisi une soixantaine d’artistes.Cette expo sera parmi nos plus importantes.» Le groupe n’a pas encore défini l’œuvre qu’il créera, mais déjà il sait qu’il s’agira d’une intervention minimale à même les vitres, visible de jour et de nuit.La véritable inconnue viendra après.BGL n’en est pas effrayé, lui qui carbure aux défis.Exposer en galerie marchande, comme il le fait depuis 2006, en est un.11 s’agira maintenant d’entamer «une autre quête esthétique», celle du petit format.«Les gens qui ont envie d’avoir un BGL ne peuvent pas tous s’acheter un quatre-roues [l’œuvre Jouet d’adulte, 2006] ou un ski-doo [Artistique feeling, 2008].» L’objectif, le trio ne s’en cache pas, c’est de vendre plus.Mais BGL restera BGL, féru de bois et de bricolage.Pour sa bifurcation de type peinture, le collectif travaillera sur le vieillissement de la matière.«On veut faire des tableaux d’images modernes, mais qui pèlent», dit-il.Collaborateur du Devoir Biographie Jasmin Bilodeau, né à Lac-Mégantic en 1973.Sébastien Giguère, né à Arthabaska en 1972.Nicolas Laverdière, né à Québec en 1972.Tous trois vivent à Québec et à Montréal BGL est représenté par les galeries Parisian Laundry (Montréal) et Diaz Contemporary (Toronto).Finaliste du prix Sobeyen 2006, demi-finaliste en 2010, prix Graff en 2006, bourse Plein Sud en 1999.L’installation Spectacles + Problèmes est présentée jusqu’au 31 décembre au MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne, www.macval.fr C’est sûrement des Québécois qui ont fait ça est la quatrième œuvre d’intégration à l’architecture de BGL.Les autres sont à voir dans le bâtiment de la Télé-université à Québec, au bru-eau d’arrondissement de Loretteville et à la Cité de la santé de Laval.www.hravohgl.ca Leur parcours en quelques dates 1996: Déchets d’œuvres, première expo individuelle, dans im bâtiment désaffecté de Québec.1999: Se réunir seul, première expo à Montréal, à la maison de la culture Côte-des-Neiges.2003: première présence en Europe, dans le cadre de l’exposition collective Le ludique, au Musée d’art moderne Lille Métropole.2006: Se la jouer commercial, première exposition dans une galerie privée, à Art mûr, à Montréal.2009: parution de la monographie BGL, textes d’Anne-Marie Nincas et Catherine Dean, une édition de la Manifestation internationale d’art de Québec.Janvier 2012: prochaine expo à Montréal, à la Parisian Laundry.m % I SOURCEBGL Uœuvre Petit bûcher, 2010 i r du PO sm COLLAGE ET MISE EN SCENE DENIS MARLEAU AVEcCarl Béchard | Pierre Chagnon Bernard Meney | Danièle Panneton TEXTES Italo Calvino I François Caradec I François Le Lionnais Jean Lescure I Denis Marteau I Flarry Mathews I Georges Peree Raymond Queneau I MiehelTremblay ÉQUIPE DE CRÉATION Angelo Barsetti | Martin Émond Jean Duchesneau I Dominique Gagnon | Jean-François Gélinas Isabelle Larivière I Gaétan Leboeuf UBUCC.CA & ESPACE GO 18 OCTOBRE AU 12 NOVEMBRE 2011 514 845-4890 E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 OCTOBRE 2011 CULTURE I ROBERT ETCHEVERRY Simon Courchel, le nouvel interprète de Bras de plomb DANSE Rêves d’envol Pour les 30 ans de sa compagnie, Paul-André Fortier lègue son solo de plomb au jeune interprète Simon Courchel FREDERIQUE DOYON Dis-moi si tu voles dans tes rêves et je t’offrirai une danse.Ainsi pourrait se raconter, poétiquement, la transmission du solo Bras de plomb de Paul-André Fortier à l’interprète français Simon Courchel, à l’occasion des 30 ans de la compagnie Fortier Danse Création.«Depuis toujours, je fais des rêves où je vole, confie au Devoirle chorégraphe-danseur québécois.fai même inventé en rêve un ^terne pour planer.» Jolie coïncidence, révélée au moment de l’entrevue à trois: Simon Courchel aussi.Peut-être était-ce là, incons- ciemment, un prérequis pour incarner de plomb.L’imaginaire de l’envol — son rêve et son impossibilité — nourrit ce solo créé en 1993 et emblématique de l’œuvre de Fortier.C’est là que s’impose l’usage des bras si distinctif de sa gestuelle.«Comme on reconnaît un Pollock ou un Braque au musée, on peut reconnaître un bras de Paul-André Portier», estime Simon Courchel.Une signature, que le chorégraphe doit un peu à l’artiste Betty Goodwin, dont l’œuvre marquée par l’image du corps humain avait déjà nourri les précédents solos, La tentation de la transparence (1991) Aies mâles theatre de OUAT’SOUS FAIRE DES ENFANTS UNE PRODUCTION DU THEATRE DE QUAT’SOUS 18 octobre au 13 novembre 2011 TEXTE ÉRIC NOËL GAETAN PARE OLIVIER GAUDET-SAVARD MVLÈNECHAIROL LINDA IRUNELLE CLAUDE COURNOYER SUZANNE TRÉPANIER JEAN-FRANÇOIS GAGNON AVEC DANY BOUDREAULT SONIA CORDEAU LUDGERCÔTÉ NORMAND DAOUST DANIEL GADOUAS MARC-AN DRÉ GOULET RACHEL GRATON HÉLÈNE MERCIER ijjiiiiuilUiUïaià ' 't’HÉATRE de QUAT'SOUS 1QQ.AVEMUE D£S PINS EST | MONTRÉAL BILLETTERIE 514 «45-7277 QUATSOUS.COM LES NOCTAMBULES Discussion entre le public, les artistes et des invites spéciaux, animee par Julie Laferrière, apres la representation INVITES Vincent Bolduc, auteur comedien et porte parole du GRIS Montreal Maxime-Olivier Moutier, auteur et psychanalyste Jimmy Théberge psychologue 27 octobre 2011 1 activité gratuite L'HEURE DU CONTE Pendant que parents ou grands-parents sont a la representation dans la grande salle, les enfants de 5 a 9 ans assistent a un spectacle de contes dans la salle de repetition Avec lannicko N'Doua-Legaré 30 octobre 2011 1 activité gratuite pour les enfants des spectateurs RESERVATION REQUISE heures (1989).C’est elle qui a repéré et nommé «les bras» dans la danse de Fortier, proposant en peu de mots d’en frire toute une chorégraphie dans Bras de plomb.«f avais envie de lui rendre hommage parce que c’est rare que des artistes de ce calibre travaillent en collaboration avec des chorégraphes et c’est toujours des aventures extraordinaires de confronter des imaginaires et des pratiques, affirme le chorégraphe.Ça ouvre la porte à toutes sortes de découvertes et d’apprentissages.Ça m’a profondément changé comme artiste.Une rencontre comme on en vit peu dans une vie.» Quatre métaphores Sur une plateforme et dans des costumes imaginés par Goodwin, un homme subit une lente métamorphose en quatre tableaux.Il brandit d’abord des bras blancs d’innocence, qui sœ ront bientôt attachés à son corps contraint, puis d’énormes bras de plomb, aussi majestueux que massifs, se transmuteront en ailes dorées.«[Les bras de plomb], c’est le tableau qui me parle le plus parce qu’on se sent immense et en même temps on est appuyé par ce poids, il y a cette opposition: on prend un espace démesuré mais qui nous écrase», raconte Simon Courchel, danseur français que Fortier a rencontré au Ballet de Lorraine en 2005.«Ça ressemble à tellement de choses qu’on vit aujourd’hui.le sentiment d’impuissance devant les scandales», ajoute le chorégraphe.Le chorégraphe avait trouvé en Simon Courchel un complice naturel de son langage.Mais les deux artistes se sont perdus de vue pendant cinq ans.Jusqu’à l’an dernier, en pleins préparatifs du 30® anniversaire de Fortier Danse Création.Paul-André repère alors Simon au premier rang des passants new-yorkais curieux de voir son Solo 30x30, présenté dans les rues de Manhattan.Bras de plomb a trouvé son alter ego.La transmission d’un solo qu’on a toujours incarné soi-même exige toute une gymnastique.mentale, en plus d’une appropriation plus physique de la gestuelle par le nouvel interprète.UNE CRÉATION DU THÉÂTRE DE L'OPSIS LES ENFANTS DELA PLEINE LUNE AVEC LOUISE CARDINAL STEVE iAGNON JACQUES L'HEUREUX CATHERINE FAQUIN BÉCHARD RÉSERVATIONS COLIABORATEÜRS ERWANN BERNARD JULIE BRETON CATHERINE GADOUAS KATHLEEN GAGNON CLAIRE L'HEUREUX OLIVIER LANDREVILLE DAVID TROniER AU THÉÂTRE LE T H i T n -D E ' L ) P S T S "" H tuéAtPF l*71,tUEOM»MO »ILLHTERIESI4.52«.4 PROSPERO Québec SH QuébecHH prsh.lvÉtIa Québec Un processus auquel collabore largement la répétitrice et complice de Fortier, Ginelle Chagnon.«Quand on construit un solo, ça va directement du cerveau aux muscles; là, je dois traduire mon imaginaire avec des mots à un interprète qui n’a jamais vu la pièce live», explique le chorégraphe, qui se réjouit de la «virginité» de Simon Courchel expression «aidant naturel» ' éveille des sentiments nobles mais cache une réalité qui n’a rien d’idyllique.Alors que l’on se demande parfois où est passé ce fameux village destiné à élever un enfanL le parent ou le conjoint qui doit veiller sur un être cher désespère souvent de trouver un soutien dans cette tâche harassante.La documentariste Martine Asselin coiffe son portrait d’un tiùe qui souligne l’ambiguïté autour de l’expression.«Ceux qui sont là» le sont souvent par amour, mais certains le sont aussi par obligation, voire par fatalité.HeureusemenL ce n’est pas le cas de Monique, la figure centrale de cet hommage à la dévotion de ces protecteurs portant tous les chapeaux, à la fois infirmiers, psychologues et motivateurs, mais qui ne reçoivent qu’un bien maigre salaire, surtout sjmibo-lique, pour leurs efforts.Monique est au chevet de son conjoint Denis, encore capable de faire quelques pas mais le plus souvent cloué à son fauteuil roulant, balbutiant parfois de courtes phrases sorties d’une mémoire défaillante qui n’enregistre que les choses immédiates.Cette femme au grand cœur peut compter sur l’aide de ses deux enfants (dont Martine, que l’on soupçonne être la cinéaste, mais le film n’offre rien de clair et précis, si ce n’est le nom de famille, poiu établir ce lien) et sur celle de Nancy, une préposée dont la générosité a fait d’elle un membre de la famille.Ce petit clan se livre au fil de ses activités quotidiennes, souvent centrées sur le bien-être de Denis, mais chacun sait aussi s’aménager des plages de tranquillité ou de plaisir, que la caméra capte avec bonheur.En parallèle, Thérèse, une autre soignante, parle de façon courageuse du cancer qui la ronge, mais ce segment s’arrime mal à l’ensemble, si ce n’est sur le plan thématique, et encore.Dans un refus quasi total de tout expliquer, la cinéaste cède très peu à la béquille de l’entrevue et préfère observer les interactions entre tous ces individus forcés de composer avec les limites des autres, et aussi les leurs.Ceux qui sont là ne prêche pas un modèle unique mais illustre, pendant un an, l’évolution d’une maladie dans le corps et l’âme d’un être fragile, et les séquelles qu’elle provoque chez ceux qui le soignent.Le regard est sobre et respectueux, et consolera tous ceux et celles dont le cœur balance entre la frustration et la dévotion.Martine Asselin dévoile avec tendresse la vraie nature des aidants naturels.Collaborateur du Devoir fi SOURCE CINEMA DU PARC Ceux qui sont là illustre, pendant un an, l’évolution d’une maladie dans le corps et l’âme d’un être fragile.REPRESENTANT DU CANADA AUX OSCARS® 2012 DES PRODUCTEURS DE INCENDIES GAGNANT MEILLEUR FILM CANADIEN GAGNANT PRIX DU PUBLIC PRIX VARIETY GAGNANT PRIX DU PUBLIC PRIX SPÉCIAL DU JURY LES FILMS CHRISTAL PRÉSEIfTE UNE PRODUCTION MICRO-SCOPE MONSIEUR LAZHAR UN FILM DE PHILIPPE FALARDEAU AVEC FELLAG LE* FILM* CHRISTAL .^g MICRO SCORE MONSIEUR LAZHAR .S PHILIPPE FALARDEAU ^ FELLAO SOPHIE NÉLISSE ÉMILIEN NÉRON DANIELLE PROULX SRIOITTE POUPART LOUIS CHAMPAONE JULES PHILIPTCS: NATHALIE BOUTRIE EMANUELLE BEAUGRAND-CHAMPAQNB CONSTANCE MMONTOY .JSSIIS RONALD PLANTS C*C-=S: EMPrtANUEL FRÉCHETTE FRANCESCA CHAMOERLAND —> STÉPHANE LAFLEUR _ PIERRE BERTRAND MATHIEU BEAUDIN SYLVAIN BELLEMARE BERNARD OARIÉPY STROBL âges MARTIN LÉON :s=e&e ERIK DANIEL "«esCLAUOE PAIEMENT'^LUC OÉRV KIM McCRAW SS BASHIR LAZHAR .EVELYNE OELACHENEUÉRE StS27IS£;iEl, PHILIPPE FALARDEAU Qmonsieurlazhar www.monsieurlazhar.com B Déchargé www.remstarfilms.com CRemsCaP ffrK?WÊ PRÉSENTEMENT À LWFFICHE VEUILLEZ CONSULTER LES GUIDES-HORAIRES ]  L’AFFICHE DÈS LE VENDREDI 28 OCTOBRE ! 1 B LES HUMS CHRISTAL
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