Le devoir, 30 juin 2011, Cahier A
FESTIVAL DE JAZZ Anouar Brahem, de liberté et de libération Page B 8 -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.CII NM45 ?LE JEUDI 30 JUIN 2011 I,09$+taxes= 1,24$ TMX : faute d’appuis, Londres lâche prise « Dans Maple, il y a plusieurs joueurs de calibre, et ça ne laisse pas indifférent », note un spécialiste FRANÇOIS DESJARDINS Tout ça pour ça.Sentant que les actionnaires du TMX n’allaient pas donner l’appui suffisant à son projet de mariage lors du vote crucial prévu aujourd’hui, la Bourse de Londres se retire.Fermée à double tour depuis des semaines, la porte est maintenant ouverte aux discussions que le Groupe Maple souhaite entamer avec le conseil d’administration du TMX, qui a jusqu’ici refusé tout ce que Maple proposait.Présenté comme une occasion en or de créer un nouveau géant boursier axé sur les sociétés de ressources naturelles, les minières et l’énergie, le projet londonien prévoyait un échange d’actions d’environ 3,3 milliards auquel avait récemment été ajouté un dividende spécial de 660 millions aux actionnaires des deux compagnies.Outre la bénédiction des actionnaires à hauteur de 66,6 %, la proposition aurait nécessité l’approbation de l’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF), de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario et d’industrie Canada.Mais la campagne de relations publiques organisée par Maple — et l’opinion tranchée de certains joueurs de l’industrie, comme Stephen VOIR PAGE A 8: TMX U SOIREE DU AKI 3 i ^ H-• «il :«t • • '•A'' f* D ' i 4^ '.BFC.oi ' i h/,:' ¦C F • « U, V ^ ¦ //I.A .' l -t • *: - '.Ai it-._.¦ .1 jsif.Benjamin Rochon (à gauche) et Emmanuel Bouchard font la démonstration de leur talent au aki-fliet.en simple 12 années de suite entre 1998 et 2009.Oui à l’appel du pied ! Montréal est devenue la mecque du aki-filet ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Ce dernier a été couronné champion du monde JEAN DION Shtataf.A moins que ce ne soit chtataf?Ou schtataf?Peu importe l’orthographe, ils se comprennent.Comme quand ils causent de scoff, de sweep, de toe-jam ou de roll-spike, ou de dizaines d’autres termes semblables pour désigner leurs coups.Bienvenue dans l’univers du aki-filet, un sport émergent à la commu- nauté tricotée serré et dont les adeptes sont des passionnés.Vraiment.On le sent dans leurs voix.En ce mardi, une poignée de joueurs se sont réunis au parc La Fontaine pour une séance d’entraînement.Une soirée du aki, en quelque sorte, comme ils en tiennent des dizaines chaque été, et même chaque hiver puisqu’ils poursuivent le jeu en salle.François Depatie Pelletier, président d’Aki Québec, un organisme sans but lucratif fondé en 2008, a choisi de rester sur les lignes de côté afin de ménager ses forces en vue de l’Aki-sphère, le tournoi annuel de Montréal qui sera présenté en fin de semaine dans ce même parc La Fontaine.Il faut dire que le week-end dernier, il est allé remporter une compétition à Eugene, en Oregon.Et qu’en mai, il a décroché la Green VOIR PAGE A 8: AKI Énergie atomique du Canada vendue pour une bouchée de pain Otta^va a injecté 2,5 milliards de dollars dans EACL au cours des cinq dernières années HELENE BUZZETTI Ottawa — Près de trois ans après les premières rumeurs et quatre ministres des Ressources naturelles plus tard, Ottawa passe enfin à l’action: il a vendu jiier à la québécoise SNC-Lava-lin une partie d’Energie atomique du Canada (EACL) pour la modique somme de 15 millions de dollars.«Farce» ou arrêt de l’hémorragie financière?Chose certaine, le gouvernement fédéral continuera à débourser gros malgré la vente.L’annonce a été faite hier en fin de journée à Toronto, alors que tous les yeux étaient rivés sur l’arrivée imminente en sol canadien du jeune couple royal.La diffusion des documents d’informations techniques a été repoussée en soirée.Le nouveau ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, a annoncé que SNC-Lavalin prendra possession de trois secteurs d’activité reliés d’EACL: les services d’entretien des réacteurs CANDU déjà vendus dans le monde, la prolongation de leur vie utile et la construction de nouveaux réacteurs.«La transaction mettra la technologie CANDU entre bonnes mains pour l’entretenir et la déployer au Canada et à l’étranger», indique le ministre par voie de communiqué de presse.Les documents disent que le prix de vente «pourrait atteindre 15 millions», laissant entendre qu’il pourrait aussi être moindre.Le gouvernement fédéral conservera la propriété intellectuelle des CANDU — une invention de la société de la Couronne — et touchera VOIR PAGE A 8: ÉNERGIE ¦ Ottawa donne son feu vert à la réfection de Gentilly-2, page A 2 «De toute évidence, les conservateurs ne sont pas fans des sociétés de la Couronne» ECONOMIE île d’Anticosti: des barils de pétrole par dizaines de milliards ¦ À lire en page B 1 BON CONGÉ! Le Devoir ne sera pas publié demain, jour de la Fête du Canada.De retour samedi.D’ici là, suivez l’actualité surwww.ledevoir.com INDEX Annoncos.B 5 Idées .A7 Avis publics !.B4 Météo .A4 Bourse .B 2 Monde .A5 Culture .B 8 Mots croisés .A4 Décès .B 5 Sports ,B6 Économie.B1 Sudoku ,B6 Éditorial .A 6 Télévision ,B7 Montréal veut racheter Bine Bonnets La Ville pourrait devoir débouser 100 millions pour un terrain qu’elle a vendu 15 millions en 1997 KATHLEEN LÉVESQUE Quatorze ans après avoir été forcée de vendre l’hippodrome Blue Bonnets au gouvernement du Québec dans une tentative avortée de sauver l’industrie des courses de chevaux, la Ville de Montréal souhaite reprendre cet immense terrain pour y créer un nouveau quartier résidentiel, a appris Le Devoir.Depuis la faillite, l’année dernière, du gestionnaire privé de l’industrie, l’hippodrome de Montréal est à vendre.Il appartient officiellement à la Société nationale du cheval de course (SQ-NACC), un organisme public qui n’attend que de se départir de l’hippodrome pour se faire hara-kiri et rembourser ses dettes au gouvernement (44 millions).La SQNACC espère obtenir 100 millions pour le site évalué à 32 millions (19 millions pour le terrain et 13 millions pour les bâtiments qui sont maintenant à l’abandon).De nombreux promoteurs immobiliers VOIR PAGE A 8: HIPPODROME I) lun JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 1991, Montréal a acheté l’hippodrome par l’entremise de la Société d’hahitation et de développement de Montréal (SHDM).La transaction s’est élevée à 50 millions.77831302832427 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI SO JUIN 2011 ACTUALITES ENERGIE NUCLEAIRE Ottawa donne son fen vert à la réfection de 6entUly-2 PATRICE BERGERON Québec — Les autorités fédérales donnent le feu vert à la réfection de la seule centrale nucléaire du Québec, Gentilly-2, malgré la contestation et les inquiétudes suscitées par l’accident de Fukushima au Japon.La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a en effet annoncé, hier, le renouvellement du permis d’exploitation de la centrale, qui prévoit aussi sa rénovation.Le permis autorise aussi l’installation de stockage de déchets radioactifs.Le permis est valide pour cinq ans, du l^juillet 2011 au 30 juin 2016.La CCSN a pris cette décision à la suite des consultations publiques tenues à Ottawa et à Bé-cancour, des audiences qui ont été marquées par des coups d’éclat.Estimé à environ deux milliards de dollars, le projet de réfection mobilise opposants et partisans.L’opposition péquiste ainsi que des groupes écologistes comme Greenpeace prônent la fermeture pure et simple des installations, ce qui coûterait au bas mot 1,6 milliard, selon Hydro-Québec.D’un autre côté, le gouvernement et des groupes d’affaires privilégient le scénario de prolonger la vie utile de la centrale.Hydro avait reporté son projet de réfection de 2011 à 2012, notamment en raison de l’explosion des coûts de la réfection en cours à la centrale de Pointe Lepreau au Noqveau-Bruns-wick, du processus de vente d’Energie atomique du Canada limitée (EACL), ainsi que des incidents nucléaires survenus au Japon à la suite du tsunami du 11 mars.Hydro-Québec a réagi.Dans une entrevue téléphonique, lajelationniste Isabelle Thellen a dit que la société d’Etat est «satisfaite», puisque la décision «correspond à la demande initiale» qu’elle a formulée «afin de poursuivre l’exploitation» et d’autoriser «éventuellement les conditions de remise en service».Mme Thellen a toutefois rappelé que le dernier mot revient au gouvernemenL qui a demandé tous les renseignements nécessaires de la part d’Hydro en mars et qui devra autoriser le projet de réfection.Ces renseignements n’ont pas eqcore été fournis au gouvernement par la société d’Etat Québec ne commente pas La ministre responsable d’Hydro, Nathalie Normandeau, a quant à elle refusé de faire des commentaires.Son attachée de presse, Marie-France Boulay, a fait savoir qu’elle préférait prendre connaissance de l’intégralité de la décision avant de se prononcer.Dans sa décision, la CCSN soutient qu’Hy-dro-Québec «est compétente pour exercer les ac- tivités autorisées par le permis renouvelé et fusionné et que, dans le cadre de ces activités, elle prendra les mesures voulues pour préserver la santé et la sécurité des personnes, protéger l’environnement, maintenir la sécurité nationale et respecter les obligations internationales que le Canada a assumées».L’organisme fédéral demande aussi à Hydro d’arrêter son réacteur avant le 31 décembre, pour ensuite qbtenir l’autorisation de le relancer.La société d’Etat devra aussi arrêter son réacteur au plus tard le 31 décembre 2012 pour réfection.D’une capacité de 675 mégawatts, la centrale fournit près de cinq térawattheures d’énergie par année, soit environ 3 % de la production totale d’Hy-dro-Québec et suffisamment d’électricité pour alimenter plus de 270 000 clients résidentiels.La Presse eanadienne LAVAL Le covoiturage électrique à l’essai JEANNE CORRIVEAU La Société de transport de Laval (STL) et l’Agence métropolitaine de transport (AMT) ont lancé hier un projet-pilote de covoiturage qui permettra à 40 Lavallois de partager 10 voitures électriques pour faire le trajet entre leur domicile et une station de métro ou une gare de train de banlieue.Cela faisait deux ans que la STL travaillait à ce projet La STL et l’AMT feront l’acquisition de 10 Chevrolet Volt électriques et à compter de l’automne prochain, elles les mettront à la disposition d’équipages composés de quatre participants qui effectueront matin et soir, la navette entre leur lieu de résidence et les stationnements incitatifs des stations Cartier et Montmorency et de la gare Sainte-Dorothée.Ils disposeront d’une place de stationnement réservée dotée d’une borne de recharge.Les participants au projet-pilote paieront un supplément de 29 $ au coût de leur titre de transport mensuel, soit un montant global de 142 $ qui correspond au titre de transport métropolitain TI?AM 5.Chaque équipage comptera un conducteur désigné.«En reconnaissance de ses responsabilités de conducteur et de gardien de la voiture, le conducteur pourra utiliser, gratuitement, la Volt à des fins personnelles pour un kilométrage mensuel maximum de 200 kilomètres», a précisé Jean-Jacques Beldié, président de la STL.Les partenaires du projet Hydro-Québec et GM Canada, verseront respectivement 145 000 $ et 100 000 $ pour le projet.De leur côté, la STL et Î’AMT de- vront se partager une facture de 450 000 $.Jean-Jacques Beldié évalue à 12 000 $ la part des frais d’exploitation annuels que devront assumer les deux organismes de transport.D’autres projets Lors d’une conférence de presse en présence du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, hier matin, le ministre québécois des Transports, Sam Hamad, a indiqué que le projet de covoiturage correspondait aux initiatives que le gouvernement souhaitait voir réalisées dans le cadre de son plan d’électrification des transports.«Notre objectif, c’est que d’ici 2030 95 % des déplacements des citoyens dans les réseaux de transports en commun soient électrifiés», a-t-il dit.Le président-directeur général de l’AMT, Joël Gauthier, signale que d’autres projets du même type pourraient voir le jour ailleurs dans la région métropolitaine.«On a eu des discussions avec d’autres partenaires.On est très ouverts à appuyer la démarche, a-t-il dit.Pour nous, l’électrification des transports est une priorité.On a déjà pris le virage et on a des ententes avec Hydro-Québec pour l’installation de bornes de recharge dans nos stationnements incitatijs.Mais s’il y a d’autres partenaires qui veulent embarquer dans un projet semblable, ça va nous faire plaisir de les accompagner.» Le projet de covoiturage en véhicule électrique de Laval, qui a été baptisé Clic, compte pour l’instant trois équipages sur dix.Les participants ont été recrutés dans les stationnements indtatits appartenant à l’AMT.Le Devoir EN BREF Visite royale: un comité d’accueil à Montréal Le Réseau de résistance du Québécois (RRQ) prépare une «action militante» pour accueillir le duc et la duchesse de Cambridge samedi à Montréal.Le président du I?RQ, Patrick Bourgeois, a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une action du même type que celle prévue à Québec.Dans le cas de Montréal, on ne parle pas d’une «manifestation citoyenne», mais plutôt d’une «action militante», a écrit M.Bourgeois dans un courriel.«On prépare simplement un petit clin d’œil, un genre d’escorte royale si vous voulez», a-t-il conclu.Alors que le I?RQ tient à «réserver la surprise» et refuse de fournir plus de détails quant à la nature de ladite action militante ou du lieu prévu pour le rassemblement, im autre groupe militant a levé le voile, hier, sur son intention d’organiser une «manifestation satirique» lors de la visite du couple royal dans la métropole.Le Mouvement pacifique pour l’indépendance du Québec (MPIQ) a annoncé, dans un communiqué, que William et Kate seront accueillis par des manifestants déguisés en paysans de l’époque médiévale.Histoire, explique-t-il, de souligner le caractère désuet du système monarchique.L’action satirique orchestrée par le MPIQ aura lieu vers 17h30 devant l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec QTHQ), oû William et Kate doivent participer à un atelier culinaire.Quelques heures auparavant, ils visiteront le Centre hospitalier universitaire Saintejusti-ne.-La Presse canadienne T'., Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 % I JAKE WRIGHT COLLABORATION SPECIALE Les navettes sillonnent l’enceinte parlementaire pour transporter parlementaires, adjoints politiques, employés et journalistes d’un édifice à l’autre.Rouler sur la colline Treize chauffeurs d’autobus supplémentaires ont été embauchés pour transporter les députés fédéraux de leur bureau au parlement HELENE BUZZETTI Ottawa — L’heure est peut-être aux compressions budgétaires sur la colline parlementaire, mais pas partout.La Chambre des communes a embauché 13 chauffeurs d’autobus supplémentaires pour transporter les députés de leur bureau au parlement.Le coût?Un demi-mil-lion de dollars par année.La raison?La relocalisation des élus a élargi l’enceinte parlementaire.La décision a été prise par le bureau de régie interne de la Chambre des communes le 6 décembre dernier.Un montant de 522 557 $ supplémentaire sera désormais accordé chaque année pour prolonger le trajet de la navette de la colline parlementaire afin qu’elle desserve aussi les «immeubles satellites abritant maintenant des salles de comité et des bureaux de députés».Ce montant servira à embaucher l’équivalent de sept chauffeurs à temps plein et à payer les dépenses de fonctionnement connexes.Le service s’en trouve doublé.La colline parlementaire abrite non pas un, mais bien deux services de navette: l’un est régi par la Chambre des communes, l’autre par le Sénat.Les petits autobus des élus sont verts, les deux autobus des sénateurs, blancs.Les véhicules sillonnent l’enceinte parlementaire pour transporter parlementaires, adjoints politiques, employés et journalistes d’un édifice à l’autre.Cela permet aux élus et aux sénateurs de se déplacer rapidement d’un endroit à l’autre lorsqu’un vote-surprise les appelle à leur siège ou qu’une séance de comité succède à une autre, quelques cen-taipes de mètres plus loin.A l’heure actuelle, les édifices parlementaires sont soumis à une vaste cure de rajeunissement devant se terminer, si tout va bien, en 2027.L’édifice de l’Quest, abritant surtout des bureaux de députés et des salles de comité parlementaire, a été fermé pour rénovations, entraînant un vaste effet domino immobilier.Les députés et les comités ont été relocalisés un peu plus loin dans les rues Wellington et Queen, prolongeant les distances à parcourir pour les parlementaires.900 mètres Selon Google Map, la distance la plus grande entre différents édifices parlementaires est maintenant d’environ 900 mètres.À titre de comparaison, à la Commission scolaire des Portages-de-l’Qutaouais, à Gatineau, le transport scolaire n’est offert que Au total, le service de navettes de la Chambre des communes coûte un peu plus d’un million de dollars par année si l’enfant doit marcher plus de 1,6 kilomètre pour se rendre à une école primaire et 2,5 kilomètres pour se rendre à une école secondaire.À la Commission scolaire de Montréal, les enfants de la maternelle, de la première et de la deuxième année sont admissibles au transport scolaire s’ils doivent marcher plus d’un kilomètre.Les autres élèves du primaire s’y qualifient à une distance de 1,6 kilomètre.Au total, le service de navettes de la Chambre des communes coûte un peu plus d’un million de dollars par année.Le coût des deux autobus du Sénat n’est pas connu parce qu’il est noyé dans le coût total de la flotte du Sénat (fourgonnettes et camion de livraison).Anecdote cocasse: les chauffeurs de l’un sont moins payés que les chauffeurs de l’autre! Les deux poupes ayant un employeur distinct, les gnlles salariales ne sont pas arrimées.Les chauffeurs des autobus verts touchent entre 36 900 $ et 46 700 $ tandis que ceux des autobus blancs reçoivent entre 37 295 $ et 47 191 $.Le Devoir IMMATRICULATION Harel dénonce la surtaxe MARCO BÉLAIR-CIRINO Les automobilistes résidant sur l’île de Montréal devront assumer à compter de demain une taxe supplémentaire de 45 $ sur l’immatriculation qui n’a ni queue ni tête, selon l’opposition officielle de la Ville de Montréal et CAA-Québec.La chef de Vision Montréal, Louise Harel, dénonce que la taxe vouée à améliorer le transport en commun cible strictement les Montréalais et les résidants des 15 villes liées.«Le maire Tremblay avait promis, en décembre 2010, de faire pression pour que la nouvelle taxe sur l’immatriculation soit étendue au territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) [mais] il a abdiqué sa responsabilité en renonçant à son engagement», a-t-elle déclaré à la veille de l’entrée en vigueur de la contribution obligatoire.«Les problèmes de circulation et l’amélioration de l’offre en transport collectif ont une portée métropolitaine et les Montréalais n’ont pas à être les seuls à payer pour un enjeu qui touche toute la région», a ajouté son bras droit en matière de finances, Pierre Lampron.Élargir la portée de la taxe Le maire, Gérald Tremblay, doit arracher un accord afin d’élargir la portée de la taxe avec les autres élus de la ^an-de région de Montréal, qui ont refusé d’emboîter le pas à la Ville de Montréal et aux 15 villes liées.«On me dit qu’il y a toujours des discussions au niveau de la CMM», s’est contenté d’affirmer, hier après-midi, le responsable du transport au comité exécutif de la VÛle de Montréal, Michel Bissonnet.L’attachée de presse de la mairesse de Lon-gueuil, Catherine Bérubé, a confirmé hier que la question fera l’objet de discussions «au cours des prochaines semaines».«Si cette taxedà était appliquée à la CMM, plus à Saint-Jérôme, ça rapporterait 83 millions de dollars [par année]», a fait remarquer M.Bissonnet.Mais, pour l’instant, ce sont 32 millions qui renfloueront chaque année les coffres «servant exclusivement à promouvoir le transport en commun à Montréal et, en même temps, à améliorer la fluidité de la circulation automobile», a-t-il rappelé.«Cette nouvelle taxe est injuste et incohérente», a lancé Sophie Gagnon de CAA-Québec.«Les automobilistes de l’île de Montréal sont pénalisés même s’ils utilisent déjà le transport en commun.Aussi, il ne faut pas oublier le fait qu’ils assument déjà leur part pour le financement de celui-ci, particulièrement avec la taxe spéciale sur l’essence de 3 é le litre déjà en vigueur dans la région de Montréal», a-t-elle ajouté.Le club local de l’Association canadienne des automobilistes (CA^ fait valoir qu’«î7 est temps de repenser non seulement le financement du transport collectif, mais aussi celui de la mobilité générale des Québécois».Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI SO JUIN 2011 A 3 ACTUALITES Peter Stastny et le Plan Nord Charest tente de convaincre les parlementaires européens CHRISTIAN RIOUX Le Devoir à Bruxelles Ly ancien joueur des Nordiques Peter Stastny, f aujourd’hui député européen, ne pouvait pas manquer la visite du premier ministre du Québec à Bruxelles.Il était donc au premier rang de la trentaine de députés qui ont accueilli hier Jean Charest au parlement européen.Au troisième joru de sa mission en Eruope, le premier ministre québécois a tenté de convaincre les parlementaires que son Plan Nord sera respectueux de l’environnement et des cultures des peuples autochtones.Invité par la Délégation pour les relations avec le Canada, il a dû répondre poru la première fois à quelques questions de fond sur le bien-fondé de sa démarche.Le vice-président de la Délégation, Wolf Klinz, a souligné que le premier ministre avait donné l’impression que le Plan Nord était largement soutenu par les populations autochtones.Pourtant, ajoute-t-il, «on a quand même l’impression que le monde moderne n’est pas nécessairement dans l’intérêt des populations indigènes.Elles peuvent y perdre leur culture».Le premier ministre québécois a fait valoir que «l’avenir de ces Premières Nations dépend de leur capacité de se donner une base économique».Il a rappelé qu’«î7 y a dans le Plan Nord justement des dispositions sur la culture».En point de presse, le premier ministre a affirmé que «90 % des nations autochtones qui vivent sur le territoire du Plan Nord appuient formellement le plan».La députée slovaque Jordan Cizelj s’interrogeait quant à elle sru les conséquences du développement minier sru les émissions de gaz à effet de serre.«J’ai eu une réponse claire, dit-elle.Ces questions seront prises en considération.» Le premier ministre a provoqué des réactions plus controversées en afhrmant que le passage du Nord-Ouest était en territoir,e canadien.Une affirmation contestée par les Etats-Unis, mais aussi par l’Union européenne, et notamment la Norvège, qui a ses propres revendications territoriales.Wolf Klinz parlait d’ailleurs àé«un territoire international».La mobilité et l’Europe Hus tôt Jean Charest avait rencontré le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, qui vient de déposer un livre vert sur la reconnaissance des qualifications professionnelles entre les 27 pays de l’Union.Le commissaire s’est dit ouvert à l’idée de s’inspirer de l’entente sur la mobilité négociée entre le Québec et la Erance poiu l’accord de libre-échange en voie d’être conclu entre le Canada et l’Union eiuopéenne.Le premier ministre fédéral belge, Yves Leterme, s’est aussi montré intéressé par ime telle entente.Advenant que la mobilité de la main-d’œuvre ne soit pas incluse dans l’accord Canada-Union eruopéenne, il n’est donc pas exclu que le Québec propose d’élargir à la Belgique la démarche de reconnaissance des diplômes et compétences amorcée avec la Erance.Les négociations de libre-échange Canada-Union eruopéenne entrent dans leru phase hnale.«C’est la partie la plus difficile» qui commence, dit Jean Charest.«Ça va négocier serré!» Il croit cependant possible d’inclure dans l’entente une disposition assruant la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.Le Québec jouit à ce propos de l’appui de la Erance.La Flandre plus autonomiste?En hn de journée, Jean Charest a rencontré le ministre-président de la Elandre, Kris Peeters.Mais il a refusé de commenter la crise politique belge.Depuis plus d’un an, la Elandre paralyse le gouvernement fédéral ahn de faire avancer ses revendications autonomistes.Le premier ministre québécois disait ne pas connaître suffisamment la situation politique belge.Une affirmation contredite par Kris Peters lui-même, qui affirmait sur un ton famiber que «Jean connaît très bien la situation en Flandre et en Belgique».Alors que la Handre réclame plusierus nouvelles compétences, Jean Charest disait hier que le Québec était plutôt dans «l’affirmation» de ses compétences.Contrairement à son homologue flamand, il se dit «satinait des pouvoirs que nous avons qui ont produit des résultats».Pour l’occasion, la Maison Errera qui abrite la présidence flamande avait hissé un drapeau québécois plus ^and que tous ceux vus depuis le début de cette mission.Avant de quitter le parlement européen, Jean Charest s’est entretenu avec Peter Stastny.L’ancien joueur de hockey en a prohté poru déclarer qu’il ne doutait pas que Québec obtienne une équipe de la Ligue nationale.«Ça va arriver plus tôt que beaucoup de monde le pense», dit-il.Il se dit «triste» que Winnipeg ait damé le pion à la Vieille Capitale.«Je pense que Québec méritait [une équipe] avant Winnipeg.» Correspondant du Devoir à Paris SOURCE BUREAU DU PREMIER MINISTRE Jean Charest en compagnie de l’ex-hockeyeur Peter Stastny.H ïi JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 2009, le gouvernement du Québec a mis sur pied un bureau de projet chargé d’examiner le prolongement de trois lignes de métro, soit la ligne bleue vers Anjou, la ligne jaune à Longueuil, et la ligne orange à Laval.Mais les maires des trois villes ne s’entendent pas sur les lignes à prioriser.Le privé à la rescousse du métro ?L’AMT estime qu’un partenariat pour le prolongement du métro permettrait d’en diminuer les coûts et d’en réduire les échéanciers JEANNE CORRIVEAU Les prochains projets de prolongement du métro de Montréal pourraient se réaliser en partenariat avec le secteur privé.C’est ce qu’a suggéré hier le p.-d.g.de l’Agence métropolitaine de ûans-port, Joël Gauthier, qui a fait valoir qu’une alliance avec le privé permettrait non seulement de diminuer les coûts poru le gouvernement du Québec, mais également de réduire les échéanciers.«Il ne faut pas sciure d’emblée les méthodes alternatives pour financer les infrastructures et, dans ce sensdà, s’il y avait des modes alternatifs qui étaient acceptables pour tous les partenaires, ça pourrait accélérer la réalisation des projets», a expliqué M.Gauthier, en marge d’une conférence de presse sru un projet de covoiturage à Laval.S’il refuse de parler de la formule de partenariat public-privé (PPP) traditionnel, Joël Gquthier évoque d’autres types d’alliances.À titre d’exemple, la construction des tunnels pourrait être hnancée par le secteru privé qui en demerue-rait propriétaire, et la Société de transport de Montréal (STM) ferait rouler ses rames de métro selon une entente de location d’une diuée de 30 ou 40 ans, a expliqué M.Gauthier: «Il y a aussi des types de construction clés en main qui permettent de réduire les coûts et les échéanciers.Plusieurs scénarios sont sur la table.» «Ça se fait partout dans le monde», a-t-il poiusui-vi en citant les projets de métro de Londres, Paris, New York etToronto réalisés avec des partenaires privés.Selon lui, le Québec accuse un retard en cette matière: «Ça fait 40 ans qu’on fait les choses de la même façon.Donc, on continue comme ça et le gouvernement paie 100 % de la facture.En réalité, on est un peu en retard sur la façon de construire et de financer nos infrastructures.Je pense que la réalisation du pont de la 25 est un très bon temple.Ce pont a été construit à l’intérieur de l’échéancier et à l’intérieur du budget et tout le monde est heureux de cette injfastructuredà.» Dans ce contexte, le métro pourrait être prolongé plus rapidement qu’anticipé.«Je pense que le 375‘ anniversaire de la Ville de Montréal [en 2017] pourrait être une bonne cible», avance M.Gauthier.Et d’autres projets de métro dans la région métropolitaine pourraient même être envisagés, croit-il.Rappelons qu’en 2009, le gouvernement du Québec a mis sur pied un bureau de projet chargé d’examiner le prolongement de trois lignes de métro, soit la ligne bleue vers Anjou, la ligne jaune à Longueuil, et la ligne orange à Laval.Mais les maires des trois villes ne s’entendent pas sur les lignes à prioriser.Alors que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, plaide pour le prolongement de la li^e bleue, la mairesse de LongueuU, Caroline St-Hilaire, estime que la Rive-Sud a été trop longtemps négligée.Quant au maire de Laval, Gilles Vaillancourt, il croit possible de réabser les trois projets sbnultanément.«Ça se fait partout dans le monde», assure le p.-d.g, de l’Agence métropolitaine de transport en citant les projets de métro de Londres, Paris, New York et Toronto réalisés avec des partenaires privés La décision reviendra au Conseil des ministres.«Par contre, on cherchera à avoir un consensus entre l’AMT, les partenaires municipaux et le ministère», a dit M.Gauthier.Accueil prudent Les partenaires municipaux en question accueillent avec prudence l’évocation d’un partenariat avec le privé.«C’est sûr que si cette méthode de financement peut faire en sorte qu’on ait notre ligne bleue plus rapidement et à moindre coût, ça serait peut-être un scénario intéressant à analyser, a commenté Ariane Lareau, attachée de presse du responsable des transports à la Ville de Montréal, Michel Bissonnet.Par contre, c’est quand même un projet piloté par le gouvernement du Québec.C’est à lui de prendre ses décisions.» Du côté de Laval et de Longueuil, on a tenu sensiblement le même discours.«Nous sommes favorables à tous les modes de réalisation qui vont permettre de répondre aux besoins de la croissance de la population et qui correspondent à l’esprit d’urbanisme et de mobilité durables que nous avons mis en place depuis le mois de mai», a bidi-qué l’attaché de presse du maire Vaillancourt, Jean Maurice Duddin.«On a besoin d’un prolongement de métro pour la Rive-Sud.C’est la priorité numéro un, a rappelé Catherine Bérubé, du cabbiet de Carolbie St-Hilaire.Comment on va le faire?Ce n’est pas nécessairement la Ville de Longueuil qui va dire quelle est la meilleure méthode.» À Québec, on préfère laisser l’AMT exambier différents scénarios.«A ce moment-ci, on ne peut pas statuer sur la forme que prendrait le financement du prolongement du métro.[.] Pour l’instant, ce n’est pas une orientation gouvernementale.On est trop tôt dans le processus», a dit Harold Eor-tin, attaché de presse du ministre Hamad.Hier, le ministre a d’ailleurs signalé qu’il sera impossible de réabser tous les projets de transport en commun souhaités par les makes de la région de Montréal.«On a des grands défis de financement à Montréal.Les demandes sont autour de 25-30 milliards, mais les budgets sont moindres que 25 milliards sur quelques années.Le défi sera de déterminer qçiels sont les projets prioritaires», a-t-il expliqué.À eux seuls, les trois prolongements de métro représentent des investissements de 6,5 mibiards.Le Devoir Financement illégal : le DGF blanchit Tomassi ALEXANDRE ROBILLARD Québec—Après plus d’un an d’enquête, le Directeur général des élections (DGE) a conclu qu’aucune mfraction n’a été commise relativement à des activités de hnancement dans la circonscription de l’ex-ministre Tony Tomassi.En mai 2010, le DGE avait ouvert une enquête pour déterminer si l’agence de sécurité Bureau canadien d’investigations et d’ajustements (BCIA) avait utilisé des prête-noms pour contribuer à la caisse électorale de M.Tomassi, en 2007 et 2008.Le DGE avait pris cette décision ahn de véri-ber si le patron de BCIA, Luigi Coretti, avait donné à certains de ses employés des billets pour participer à une sokée de hnancement du Parti libéral du Québec dans la ckconscription de La-Eontabie, représentée par M.Tomassi.M.Tomassi, qui lait toujours l’objet d’ime enquête pobcière de la part de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), avait lui-même admis qu’ü était possible qu’ü ait remis des bülets pour une activité de financement à M.Coretti, im de ses amis.Hier, un porte-parole du DGE, Denis Dion, a affirmé que les enquêteurs mandatés n’ont trouvé aucune infraction.Lors d’une entrevue, M.Dion a refusé de donner plus détails sur l’enquête, notamment si des vérifications de chèques ou d’autres documents comptables ont été effectuées.«Ce qu’il y a de plus important, c’est que nous, enquêteurs, qui avions toutes les pièces du jeu entre les mains, nous sommes les seuls à être allés au fond des choses.Nous, on a constaté qu’il n’y avait pas matière à porter des accusations et déposer un constat d’infraction, a-t-ü dit.Nous avons vérifié s’il y avait eu du financement corporatif illégal et la réponse est non.» En vertu de la Loi électorale, les entreprises ne peuvent pas financer des partis pobtiques.Seuls les électeurs peuvent le fake, et ce, à partk de leurs propres biens, sans contrepartie.Le premier mbiistre Jean Charest a congédié M.Tomassi du Conseü des mkiistres et l’a expulsé du caucus libéral, l’an dernier, après avok appris que son ministre de la Eamiüe avait détenu une carte de crédit appartenant à BCIA Concernant ces faits, les pobciers de la Sûreté du Québec intégrés à l’UPAC poursuivent leur travail, a indiqué la porte-parole Nathalie Pitre.«Quand une enquête est en cours, les travaux se poursuivent», a-t-eüe dit.Depuis son expulsion du caucus libéral, M.Tomassi siège comme député indépendant II ne s’est cependant présenté à aucune activité parlementaire à l’Assemblée nationale.M.Tomassi, dont la ck-conscription est située dans le nord-est de l’üe de Montréal, n’a pas donné suite à une demande d’entrevue de La Hesse canadienne, hier.La Presse eanadienne E N BREF Deux soldats canadiens accusés d’homicide involontaire Qttawa — Le Service national des enquêtes des Porces canadiennes a accusé hier deux membres des Eorces canadiennes relativement à un incident ayant fait un mort et quatre blessés dans un champ d’entraînement en Afghanistan, le 12 février 2010.Le major Darryl Watts, officier responsable, et l’adjudant Paul Ravensdale, officier de sécurité du tk, font face à six chefs d’accusation abisi qu’à cbiq chefs d’accusation sous forme alternative en ben avec la mort du caporal Joshua Caleb Baker, et quatre autres soldats blessés.L’organisme d’enquête de la pobce mUitake des Porces canadiennes a notamment retenu un chef d’accusation pour homicide bivolontake coupable, un de négbgence dans l’exécution de tâches mUitakes et quatre autres chefs d’accusation pour avok bifiigé iüégalement des lésions corporeües contre le major Watts et l’adjudant Ravensdale.L’affake sera jugée par un tribunal mib-take.- La Presse canadienne Michel David Notre chroniqueur est actuellement en vacances.Sa chronique sera de retour dans cette page le 30 août. A 4 LE DEVOIR, LE JEUDI 30 JUIN 2011 ACTUALITES Traitement de la sclérose en plaques Ottawa teste la « méthode Zamboni » Ottawa — Après sept mois d’études scientifiques, Ottawa estime avoir assez d’informations pour procéder à des essais cliniques d’un traitement controversé contre la sclérose en plaques.La.ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a annoncé hier que le gouvernement fédéral financerait les premiers essais cliniques d’un traitement contre la sclérose en plaques qui traite les patients en débloquant leurs veines cervicales.«Notre gouvernement a été clair sur le fait que nous étions prêts à préparer des essais cliniques, mais seulement lorsque nous aurions suffisamment d’information médicale et scientifique pour appuyer le fait que nous procédions de façon sécuritaire», a plaidé la ministre en point de presse au Parlement.Assez de preuves Le président des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Alain Beaudet, a expliqué, aux côtés de la ministre, que les études scientifiques de l’organisme avaient offert assez de preuves, pour le moment, que la sclérose en plaques semble effectivement liée à un problème de mauvais drainage sanguin du cerveau — comme l’a plaidé le médecin italien Paolo Zamboni, qui est à l’origine du traitement controversé.Les résultats sont encore «préliminaires», a-t-il concédé, mais ils tendent à suggérer qu’il «puisse y avoir une corrélation» et l’IRSC les a jugés suffisants pour entamer des essais cliniques.«Cela nous permet de ne pas perdre de temps», a argué le D'^ Beaudet.Le Zamboni propose de traiter ses patients atteints de la sclérose en plaques en leur faisant subir une veinoplastie, c’est-à-dire que les veines bloquées sont dégagées à l’aide d’un petit ballon ou d’une prothèse vasculaire.Plusieurs patients canadiens se sont déplacés à l’étranger pour subir ce traitement, qui n’est pas offert au Canada.La théorie du D" Zamboni a cependant été contredite par certaines études cliniques qui ont notamment conclu que cette condition vasculaire ne jouait pas un rôle de première importance dans les causes de la sclérose en plaques.Le D" Beaudet estime néanmoins que les résultats de ses propres études donnent raison à son comité de recherche d’avoir recommandé, à l’unanimité, à la ministre Aglukkaq de lancer des essais cliniques.D’autres études des IRSC seront nécessaires, a-t-il avoué, au terme desquelles «on va vraiment avoir cette fois une évidence assez définitive de cette association ou non», selon le président.D’ici là, les chercheurs ont décidé de procéder à un «essai réduit» sur de petits groupes ne dépassant pas quelques centaines de personnes et qui devrait pouvoir débuter en début d’année prochaine.Des années Les premiers résultats pourraient cependant se faire attendre plusieurs années, un délai nécessaire avant de procéder à la dernière phase d’essais cliniques, qui implique un plus grand nombre de patients.«La recherche clinique prend du temps.Mais vous ne voulez pas soumettre des patients à un traitement qui n’a pas été éprouvé et vous ne voulez pas mener des essais cliniques sur des patients sans avoir les preuves scientifiques à l’appui pour le faire, a défendu le D"^ Beaudet.Alors, je pense que l’on procède de la manière qui nous est dictée par la science.» La ministre Aglukkaq n’était pas en mesure d’indiquer l’enveloppe que prévoit consacrer le gouvernement à ces essais cliniques.Il faudra attendre que l’appel de demandes soit complété pour connaître les détails de la procédure et donc le financement nécessaire, a-t-elle plaidé.Du côté du Québec, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, s’était dit ouvert à des études cliniques pancanadiennes l’an dernier, mais il avait néanmoins fait preuve de prudence, arguant que de nouveaux traitements s’avéraient parfois inutiles en définitive.La Société canadienne de la sclérose en plaques, qui s’est engagée à consacrer un million aux essais cliniques et qui réclame haut et fort un financement fédéral, s’est dite heureuse de l’annonce d’Ottawa, par voie de communiqué.La Presse canadienne puBucrrÉ Les Premières Nations éclaboussées par Eska FABIEN DEGLISE De l’eau et une controverse.La nouvelle campagne publicitaire pour l’eau minérale Eska, mise en bouteille par Eaux Vives Water, soulève l’ire des plusieurs représentants des Premières Nations, qui dénoncent «une utilisation dégradante des autochtones» pour promouvoir cette eau.Paradoxalement, l’Eska, désormais propriété d’une grosse caisse de retraite américaine, est puisée à Saint-Mathieu d’Harricana, au cœur du territoire traditionnel des Algonquins, qui demandent à la compagnie de mettre un terme à cette campagne.«Par respect pour les rapports harmonieux et constructif qui se tissent au quotidien entre les peuples de l’Abitibi-Témisca-mingue [d’où provient cette eaul, nous osons croire que vous réviserez votre stratégie marketing en cessant fie diffuser ces publicités», écrit Edith Cloutier, di- lAUTRE JOUR, JULIEN A MÉLANGÉ SON JUS À DE L’EAU ESKA BYE BYI II JUS A IULIEX 0SK3 » a pureté b en protegee B JACQUES NADEAU LE DEVOIR La publicité d’Eska se retrouve notamment au petit écran et dans les abribus.rectrice du Centre d’amitié autochtone de Val-D’Or, dans une lettre ouverte adressée cette sœ maine à Jim Delsnyder, président d’Eaux Vives Water, l’em-bouteilleur de l’Eska.Cette pu- MOTS CROISÉS 8 9 1011 12 blicité ternit les liens et porte ombrage à tous les efforts déployés pour casser les préjugés tenaces à l’égard des autochtones».Depuis quelques semaines, l’eau Eska, une entreprise dont l’actionnaire majoritaire est la Morgan Stanley Strategie Investments, une banque d’affaires de New York impliquée dans l’effondrement des marchés en 2008, interpelle les consommateurs, au petit écran et dans les arrêts d’autobus, par l’entremise d’une campagne mettant en vedette des «sauvages», de type guerrier amazonien, qui défendent l’eau pour la protéger de la tentation des jus de fruits.Le slogan «Eska: la pureté bien protégée» vient sceller le concept publicitaire.Et c’est là que le bât blesse.Tout en rappelant que l’eau «est un symbole puissant chez les Premiers Peuples à travers les Amériques», le Centre d’amitié autochtone, dénonce cette campagne qui «entretient le mythe de l’Indien sauvage qui fait peur» et qui dépeint les premiers occupants du territoire comme des «indigènes primitifs incarnés en guerriers Eska aux allures de nonos, prêts à tuer pour protéger la pureté de l’eau depuis 8000 ans».«Nous comprenons que les concepteurs ont misé sur l’humour pour accrocher le consommateur, ajoute Mme Cloutier.Malheureusement, plutôt que d’être sympathique, votre publicité crée un malaise et en blesse plusieurs.» Hier, par voie de communiqué, le président d’Eaux Vives Water, Jim Delsnyder, s’est dit «désolé d’apprendre que la publicité ait offensé» la représentante du Centre d’amitié.Depuis son bureau de Toronto, l’homme précise que son entreprise a porté «une attention particulière» pour que cette campagne ne comporte «aucune référence culturelle propre à quelque nation que ce soit dans l’habillement et le style des personnages», dit-il.Sans statuer sur le sort de cette campagne, avec ces «personnages imaginaires», l’entreprise dit analyser actuellement la plainte et promet d’y répondre de manière plus complète «prochainement».Le Devoir HORIZONTALEMENT 1.Science de l'être en tant qu'être.2.Métaphore -Érythropoïétine -Praséodyme.3.Apéro - Renseigner secrètement.4.Roche qui se divise en plaques - Déchiffrer un texte.5.Ville d'Italie - Perdre la vie.6.Grizzli - Mélancoliques.7.Pour désigner quelqu'un - Bouche cornée.8.Pariée - État d'Afrique.9.École française - Pacte contemporain - Ville du Japon.10.Camarade - Écrire sur un calepin.11.Pas aujourd'hui -Mesurent du bois.12.Nomade - Habite.VERTICALEMENT 1.Empereur Japonais -Cordon qui prend feu aisément.2.Chef arabe - Installation sanitaire.3.Se faire attendre -Détruire à la base.4.Argent - Bien charpentée - Force paramilitaire irlandaise.5.De faible hauteur -Éclairage.6.Détériorent - Contrôle périodique.7.Mode des années 60 -Montagne de Thessalie.8.Bain bouillonnant à remous - Broyer.9.Chanter comme un Tyrolien - A cours en Suède.10.Sert à enlever les bottes.11.Stérilisé - Flaire.12.Glander - Brève.2 3 4 5 6 7 8 9 1011 12 I I |T|0|Y|A|B|L| I L I ¦¦Ml LE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 _______________________ 1685 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO U R A dElEZi] dBQd m DIS mm oiEin m s mmm mm mm A G A M E M U T 1 L P E S E E E Ç.RHB-L UlRlE M Mê^ Val d’Or 23/11 Sept-lles 14/12 Lever du soleil 5h09 Coucher du soleil 20h47 Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd-huâi^ 22 ^ Averses i&oléfes pdp 40% Baie-Comeau 17/1 Saguenay ^_0/14 3 Quebec Trois-Rivières^^^^ Montreal 22/16 rbrooke Gatineau MM utilise des données d'Environnement Canada Le Monde Londres Los Angeles Mexico New York Pans Tokyo Demain Demain Ave 17/9 Ave 18/10 Nua 20/10 Nua 21/10 Ora 23/15 Ave 21/13 So 22/16 So 22/17 Ave 20/13 Ave 20/13 Plu 16/13 Plu 19/12 Sol 25/13 Sol 27/19 Sol 27/17 Sol 28/20 Pu 8/11 Var 18/13 Nua 20/10 So 21/10 Ora 30/19 Ave 26/15 Ora 29/25 Ave 28/24 Dimanch Ce soir Demain 17 26/18 Ciel variable , Ciel vari Québec Aujourd;Jjm 20 Orages pâp 80% Gatineau AujourdJiui .24 Passages^ nuageux Ce soir 14 Averses fëolées, pdp 80% Ce soir 15 Passages nuageux Demain Passage^ nuageux Samedi 28/22^ Passages’"' nuageux Samedi 24/19' Passages’'' nuageux Samedi 28/19 Passages^ nuageux Averses léblëes pdp 60% Dimanche 26/16 , ^ Averses i^lées pdp 60% Dimanche.29/18 .^ Averses labiées, pdp 40% C’EST COMME AVOIR UN MÉTÉOROLOGUE DANS VOTRE POCHE.Obtenez la météo pour emporter avec meteomedia.com Météo Média FLOTTILLE DE LA LIBERTE ^ JACQUES NADEAU LE DEVOIR REUNIES hier soir au centre-ville de Montréal, 150 personnes ont témoigné leur solidarité, notamment en fredonnant le refrain «U était un petit navire», avec les passagers de la «Elottille de la liberté» qui compte mettre le cap sur la bande de Gaza dans les prochaines heures.Une poignée de Québécois feront partie de l’équipage formé de participants de plus de 20 Etats qui tentera de briser le blocus imposé par Israël.La militante de Québec solidaire (QS) Manon Massé et l’avocate à la Ligue des droits et libertés Marie-Ève Rancourt seront du nombre.La co-porte-parole de QS, Erançoise David, a profité de l’occasion pour dénoncer les propos du chef de l’Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, qui a accusé sa formation politique de chercher bien plus à «provoquer» Israël, le seul gouvernement démocratique de la région, qu’à porter main-forte aux Gazaouis.Pro-Palestiniens et pro-Israéliens s’affrontent sur le Web JEFFREY HELLER Jérusalem — Les bateaux de la flottille à destination de la bande de Gaza n’ont pas encore quitté leur port d’attache en Grèce, mais la bataille entre activistes pro-palestiniens et Israël fait déjà rage sur Internet.Les organisateurs de la «Flottille pour la liberté II» ont déjà investi les réseaux sociaux Face-book et Twitter, et ont créé un site Web {www.freedom-jlotilla.eu) pour expliquer les fondements humanitaires de leur projet après les incidents meurtriers qui avaient marqué une entreprise similaire l’an passé.De leur côté, les Israéliens commencent à organiser des contre-feux sur la toile, accusant les militants de vouloir fomenter des actions violentes.Un message texte envoyé lundi à la presse par le cabinet du premier ministre Benjamin Nétanyahou cite des «responsables israéliens» affirmant que les organisateurs de la flottille pourraient utiliser des armes chimiques contre les soldats chargés de les intercepter.Mardi, une accusation similaire a été relayée par l’armée israélienne, qui a reçu l’ordre d’empêcher les militants d’atteindre l’enclave côtière palestinienne sous blocus de l’Etat hébreu depuis 2006.Ces allégations ont été démenties sur la page Facebook de «US Boat to Gaza», l’association affirmant qu’Israël «invente des histoires d’horreur à propos de centaines de civils sans armes qui participent à la flottille».Le blocus imposé depuis cinq Un message texte cite des «responsables israéliens» affirmant que les organisateurs de la flottille pourraient utiliser des armes chimiques contre les soldats chargés de les intercepter ans se justifie aux yeux des autorités israéliennes par la nécessité d’empêcher l’approvisionnement en armes des militants du Hamas qui refusent de reconnaître Israël.L’an passé, un convoi humanitaire organisé par une ONG turque avait été intercepté par des commandos israéliens qui avaient tué neuf militants.La tension avait alors été vive entre la Turquie et Israël et l’indignation exprimée par la communauté internationale avait incité les Israéliens à assouplir les mesures du blocus terrestre.Reuters Cinq Saoudiennes arrêtées an volant Riyad — Cinq Saoudiennes au volant ont été arrêtées à Jeddah en Arabie Saoudite pour la première fois depuis le début de la campagne défiant l’interdiction faite aux femmes de conduire dans le royaume ultraconser-vateur, ont annoncé hier des militants et des sites Internet.Les arrestations ont été faites mardi tard le soir, selon ces sources.Elles n’ont pas été confirmées par les autorités.«Une jeune femme qui était au volant en compagnie de son frère dans le sud de Jeddah a été conduite au poste de police», a rapporté le journal électronique Sabaq.Les policiers ont bloqué sa voiture puis procédé à un contrôle d’identité de la conductrice et de son frère avant de les emmener au commissariat pour interrogatoire.Un citoyen avait alerté la police après avoir «vu une jeune femme non voilée conduisant une voiture», poursuit le journal en ligne.Sabaq n’a pas précisé si la jeune femme était toujours détenue.Des militants ont pour leur part fait état sur leur page Face book de l’arrestation par la police religieuse — les «brigades de la promotion de la vertu et de la prévention des vices» — de quatre jeunes femmes au volant dans un complexe réservé aux seuls résidents dans le nord de Jeddah.Le 17 juin, 42 Saoudiennes avaient répondu à un appel pour défier l’interdiction de conduire, selon les organisateurs de la campagne Women2drive.Jusqu’ici les femmes ayant pris le volant avaient fait l’objet d’un rappel à l’ordre par des policiers.Aucune loi n’interdit aux Saoudiennes de conduire, mais les autorités se fondent sur un édit religieux (fatwa) promulgué dans le royaume et invoquent l’opposition des puissants religieux et des milieux conservateurs.Les femmes doivent engager un chauffeur ou, si elles n’en ont pas les moyens, dépendre du bon vouloir des membres masculins de leur famille.Dans le royaume, dont les lois s’inspirent d’une version rigoriste de l’islam, les femmes sont en outre obligées de sortir complètement voilées et ne peuvent voyager sans autorisation de leur mari ou d’un autre homme de leur famille, ni manger seules au restaurant.Agence France-Presse LE DEVOIR, LE JEUDI SO JUIN 2011 A 5 LE MONDE La France a parachuté des armes aux rebelles libyens 100 millions ont été versés dans le fonds de soutien Tripoli — Des avions français ont parachuté dans des montagnes au sud de Tripoli des armes légères destinées aux rebelles libyens, qui ont par ailleurs reçu 100 millions de dollars dans le cadre d’un fonds de soutien spécial.L’état-major des armées françaises a confirmé hier une information du journal Le Figaro qui écrivait que Paris avait recouru à de tels parachutages pour donner un coup de pouce à la rébellion.Le quotidien, qui cite «une source française haut placée», fait notamment état de lance-roquettes, de fusils d’assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars Milan.Début juin, la situation humanitaire était précaire dans le Djebel Nafoussa, au sud-est de la capitale libyenne, a expliqué l’armée française.«On a procédé à des largages d’aide humanitaire, de vivres, d’eau et de fournitures médicales», a dit le porte-parole de l’état-major, le colonel Thierry Burkhard.«Pendant les opérations, la situation des civils au sol s’est dégradée.Nous avons également largué des armes et des moyens pour leur permettre de se défendre, essentiellement des munitions», a-t-il ajouté.11 s’agissait, a précisé le porte-parole.A’«armes qui peuvent être maniées par des civils, de l’armement léger d’infanterie de type fusil».«La situation sécuritaire s’étant dégradée, on a complété les livraisons humanitaires de quelques armes», a-t-il souligné, évoquant «quelques largages ponctuels, sur plusieurs jours, pour éviter que les civils soient massacrés».Une source officieuse proche du dossier avait auparavant confirmé que la France avait fait passer dans cette région des armes, 40 tonnes au total, en particulier «quelques chars légers», par des parachutages et par les frontières terrestres avec des pays voisins de la Libye.En revanche, la Grande-Bretagne a fait savoir hier qu’elle ANIS MILI REUTERS Les munitions prises dans ies dépôts d’armes de Kadhafi ne suffisent pas à combier ies besoins des rebeiies.n’était pas favorable à la livraison d’armes aux rebelles libyens.«Non, la Grande-Bretagne n’envisage pas de fournir des armes à l’opposition en Libye.Nous pensons que cela soulève un certain nombre de questions.Ce n’est pas quelque chose que nous devrions faire», a déclaré le secrétaire d’Etat britannique à la Défense, Gerald Howarth.Les insurgés, qui ne sont plus qu’à une cinquantaine de kilomètres de Tripoli, se sont de leur côté emparés mardi d’un important dépôt de munitions dans une zone désertique à 25 km au sud de Zenten, au sud-ouest de la capitale.Par ailleurs, l’organe pobtique de la rébellion, le Conseil national de transition (CNT), s’est vu remettre 100 millions de dollars dans le cadre d’un fonds de soutien spécial, a annoncé hier le chef de la diplomatie britannique, William Hague.«La semaine dernière, il a reçu les 100 premiers millions de dollars de dons internationaux pour payer les salaires et acheter du carburant, par l’intermédiaire du mécanisme de financement temporaire mis en place par le groupe de contact», a dit M.Hague à la Chambre des commîmes.Le groupe de contact sur la ybye, qui comprend tous les Etats participant à la campagne de l’OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi, avait fait état, en mai, de la création d’un fonds spécial, devant notamment être alimenté par des avoirs bloqués du dirigeant libyen et de ses proches, pour aider les rebelles.Les rebelles, dont les responsables sillonnent plusieurs pays, en particuber occidentaux, à la recherche de soutiens pobtiques et surtout financiers, continuent en outre de marquer des points au niveau diplomatique: trois nouveaux Etats, la Bulgarie et la Croatie, et, hier, la République tchèque, ont ainsi reconnu le CNT en tant que représentant légitime du peuple bbyen.Le ministre bbyen de la Santé Ahmed Hijazi a, pouç sa part, ef fectué une visite en Egypte pour demander la fourniture d’une aide médicale afin de répondre à la pénurie à Tripob.Le conflit a fait depuis le 15 février des milliers de morts, selon le procureur de la CPI Luis Mo-reno-Ocampo, et entraîné la fuite à l’étranger de près de 650 000 Libyens et le déplacement à l’bi-térieur de la Libye de 243 000 autres, selon l’ONU.Agence France-Presse E N BREF Ukraine : Timochenko en conr Kiev — Le procès de l’ancienne première ministre ukrabben loubaTbnochenko, accusée d’abus de pouvoir, s’est ouvert hier suscitant l’inquiétude des Occidentaux sur les engagements démocratiques du président Viktor lanoukovitch.Après une heure de disputes sur la procédure, l’audience a été ajournée jusqu’à lundi.Tbno-chenko, qui estime que ce procès constitue une vengeance personnebe de lanoukovitch, est apparue combative, refrisant de se soumettre aux formabtés de la procédure judiciaire.Lorsque le juge Rodion Kireïev lui a demandé de décbner son identité, ebe a répondu: «Je vous ai donné mon passeport Lisezde vous-même.» Le ministère pubbc estime que Timochenko, qui occupa à deux reprises les fonctions de chef du gouvernement, a abusé de son pouvoir en signant en 2009 un accord d’bnportation de gaz avec la Russie.- Reuters Yémen: 48 morts Aden—Quarante-huit personnes, dont trente mbitaires, quatorze insurgés et quatre civils, ont été tués hier dans des opérations mbitaires aux alentours de Zinjibar, une vble du sud du Yémen tenue depuis un mois par al-Qaïda.D’intenses combats, déclenchés dans la matinée, se sont poursuivis dans l’après-midi.Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) est très actif dans le sud et l’est du Yémen, où plus de 100 soldats ont été tués depuis que des extrémistes armés, présentés comme des combattants du réseau, ont pris le 29 mai le contrôle de Zinjibar où bs ont depuis encerclé le 25® batablon mécanisé.Cette unité est la cible d’attaques de la part de ces islamistes, qui se font appeler les «Partisans de la charia» (loi islamique).-AFP MOHAMED ABD EL-GHANY REUTERS Des centaines de jeunes Égyptiens demandaient hier que ies procès des proches de Mouharak soient accéiérés.Le climat politique est tendu Violents affrontements au Caire Le Cafre — De violents affrontements ont opposé policiers et manifestants au Cafre dans la nuit de mardi à hier, suivis par des échauffou-rées dans la journée, dans un climat de fortes tensions politiques et de critiques croissantes contre le pouvoir militaire.Les heurts ont opposé toute la nuit quelque 4000 manifestants aux forces anti-émeutes dans le centre du Caire, en particulier sur la place Tahrfr, épicentre des rassemblements qui ont poussé le président Hosni Moubarak à la démission en février.Selon le ministère de la Santé 1036 personnes ont été blessées, la grande majorité légèrement.Parmi elles 120 ont été soignées à l’hôpital, où 16 personnes se frouvaient encore mercredi après-midi.Des échauffourées plus limitées ont continué hier entre quelques centaines de manifestants qui ont brûlé des pneus et jeté des pierres sur les nombreux policiers déployés aux abords du ministère de l’Intérieur.Ces derniers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.Ces heurts sont parmi les plus graves survenus au Cafre depuis le départ le 11 février de M.Moubarak.Une source mibtaire a indiqué qu’une cinquantaine de personnes avaient été arrêtées et déférées devant la justice.Les premiers incidents ont éclaté dans des circonstances confuses en marge d’une cérémonie, dans un théâtre du centre du Caire, à la mémofre des victimes du soulèvement qui a renversé le président Moubarak.Selon des témoins, des famibes de victimes se seraient vu empêcher d’entrer par les gardes de sécurité, déclenchant des incidents, mais d’autres mettent en cause des hommes de main proches des cercles pro-Moubarak venus pour provoquer des heurts.Les partisans des mouvements pro-démocratie sont alors descendus par centaines à Tahrir pour manifester en lançant des slogans en faveur de réformes et en critiquant le pouvoir militaire, face à un déploiement policier important.Selon des témoins, des «éléments loyaux à l’ancien régime» ont alimenté les tensions.L’armée, qui dirige le pays depuis le départ de l’ancien raïs, a pubbé sur Eacebook un communiqué çlénonçant une tentative de «déstabilisation» de l’Egypte.Ces accrochages surviennent dans un climat pobtique tendu, marqué la semaine dernière par une manifestation violente de partisans de M.Moubarak au Cafre.L’ancien chef d’Etat est actuellement hospitalisé à Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge, en attendant l’ouverture de son procès prévue le 3 août.Ces affrontements se sont également produits quelques heures après l’annonce de la dissolution par la justice des conseils municipaux élus sous M.Moubarak et massivement dombiés par les partisans de l’ancien régbne.L’armée est par ableurs de plus en plus ouvertement critiquée pour la manière dont ebe gère la transition par les mouvements issus de la révolte du début de l’année.Agence France-Presse Claude Lévesque REPERES Blocus En temps normal, des milliers de camions et des dizaines de milliers d’automobiles franchissent quotidiennement les ponts reliant l’île de Montréal au reste du monde.Certains d’entre eux sont obstrués et déjà des citoyens et des entrepreneurs crient famine.La bande de Gaza, avec sa population comparable vivant sur une superficie également comparable, n’est approvisionnée que par un peu plus de 200 camions chaque jour.Et c’était beaucoup moins avant que le blocus soit «allégé».Les militants propalestiniens, comme ceux qui s’apprêtent à naviguer jusqu’à Gaza, crient à la «catastrophe» humanitaire tandis que l’ÔNU parle d’une situation «préoccupante», dans la langue de Ijois qui la caractérise.Pour l’État d’Israël et ses alliés, évidemment, b n’en est rien.Il est vrai que l’approvisionnement de l’enclave palestinienne se fait un peu plus généreux depuis quelque temps.En fait, depuis le drame du Mavi Marmara en mai 2010.Le sacrifice de neuf yies turques et de l’bna-ge de l’État juif aura au moins servi à cela.Samedi dernier, le New York Times a pubbé un article faisant état d’un boom de la construction dans la bande de Gaza.Il y est notamment question d’hôtels de luxe et d’un centre commercial.D’autres médias et plusieurs blogueurs ont fait écho à ce texte, en n’en retenant que le début, qui donne l’impression d’une situation idyllique, et en oubliant que l’étalage du luxe est justement le propre des sociétés où la majorité manque de l’essentiel.En fait, le reporter écrit aussi que des milliers de maisons détruites pendant la guerre de A 2008-2009 n’ont pas été reconstruites, que l’électricité est intermittente et que le nombre de personnes vivant avec moins de 1,60 $ par jour a triplé depuis quatre ans, c’est-à-dire depuis le début du blocus.Cette partie de son tableau correspond à celui que les Nations unies ont brossé ce mois-ci.Si la plupart des denrées en provenance d’Israël entrent à Gaza en plus grande quantité qu’avant, il en est autrement du ciment et d’autres matériaux de construction.Curieusement, le «boom» observé n’est donc possible que grâce à la contrebande accrue via les tunnels creusés , sous la frontière avec l’Égypte, dont les nouvelles autorités ne sévissent pas contre ce genre d’activité.Le «printemps arabe» n’a d’ableurs pas épargné la Palestine.«Les Palestiniens ont manifesté pour exiger que les deux grands partis politiques, le Fatah et le Hamas, fassent la paix, a noté le journaliste jor-dano-palestinien Rami Khouri en entrevue au Devoir.Cette division, de même que la corruption et la mauvaise gestion, représentent des enjeux importants pour les Palestiniens, sauf qu’à la différence des autres peuples arabes, c’est l’occupation israélienne qui demeure pour eux le premier enjeu.» En bons politiciens, les responsables islamistes du Hamas se vantent du prétendu boom économique dans l’enclave qu’ils contrôlent, ce en quoi ils rejoignent les ténors de la droite israélienne.Ils y sont bien obligés.Pourquoi?Les sondages indiquent que les Gazaouis commencent à leur préférer leurs rivaux laïques du Patah.Le Devoir AEGHANISTAN Otages pendant 18 mois Les deux journalistes français ont été libérés Paris — Les deux journalistes français, Stéphane Ta-ponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan depuis 18 mois, ont retrouvé la liberté hier, ont annoncé les autorités françaises, qui ont assuré n’avoir versé aucune rançon pour cette libération.Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, qui travaillaient pour un magazine de la chaîne de télévision pubbque Prance 3, avaient été enlevés le 30 décembre 2009 à 60 kbomètres de Kaboul, région dont sont chargées les troupes françaises dans le cadre de la coalition.Les deux journalistes français ont pris l’avion pour la Érance où ils sont attendus ce matin, selon une source proche du dossier.L’interprète afghan des deux journalistes, Reza Din, a également été relâché.Les deux journalistes sont «dans un état de santé physique et moral étonnamment bon», a déclaré un responsable de l’ambassade de Erance à Kaboul, où se trouvaient les deux hommes.Les deux reporters de Erance 3 ont été «récupérés quelque part dans la province de Kapisa [au nord-est de Kaboul], qu’ils n’ont jamais quittée depuis leur enlèvement», selon cette même source.Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a dit, lors d’une brève déclaration, que le président afghan Hamid Kar-zaï avait beaucoup aidé à leur libération.Le président Nicolas Sarkozy a remercié son homologue afghan qui, de son côté, a fébcité la Erance pour cette bbération.«Ils arriveront demain matin à Villacoublay [près de Paris] et je serai bien évidemment là pour les accueillir», a déclaré Béatrice Coulon, compagne d’Hervé Ghesquière.«On est passé des larmes au rire», a raconté la journaliste Plo-rence Aubenas, ex-otage en frak et marraine du comité de soutien aux otages, qui participait à Paris au rassemblement pour les 550 jours de leur captivité, quand a éclaté l’annonce de la bbération des deux journabstes.Même émotion du côté de la mère de Stéphane Taponier, également présente, qui a raconté avoir appris la nouvelle par téléphone.«C’est le président Sarkozy.Ils étaient libres et ils arrivaient demain.Voilà, c’est merveilleux c’est tout ce que j’ai à vous dire.» Joie, soulagement, plaisfr et hommage au travaü des journabstes en zone de conflit, la déferlante de réactions était unanime après l’annonce de cette bbération.Agence France-Presse REUTERS Stéphane Taponier (à gauche) et Hervé Ghesquière A 6 LE DEVOIR LE JEUDI SO JUIN 2011 EDITORIAL Crise grecque Le répit Pour la deuxième fois en autant d’années, le Parlement grec a accouché d’un plan d’austérité aux forceps.De fait, le défaut de paiement qui inquiétait au plus haut point les dirigeants des pays membres de l’Union européenne (UE) ainsi que les acteurs financiers a été écarté.Pour combien de temps?Nul ne le sait.P ar une faible majorité, le gouvernement du premier ministre Georges Papandréou a fait adopter une forte dose de rationnements financiers qui prévoit la greffe d’une empilade de réductions salariales combinée à une hausse des impôts à celles fixées il y a un an.Ce faisant, la Grèce va percevoir les sommes promises sous conditions par le Fonds monétaire international (FMI) et l’UE qui lui permettront de s’acquitter de ses obligations financières dans le courant du mois de juillet.Voilà pour la facette facile du dossier.Passons à la «compliquée-complexe.» Cet échange de milliards entre un pays soumis à un stress financier énorme et des organisations supranationales effrayées par un éventuel défaut de paiement est attribuable, en partie, à ce qu’il faut bien appeler une contorsion financière qui a Paris pour origine.Des semaines durant, Angela Merkel a soufflé le chaud et le froid en évoquant l’idée d’une restructuration de la dette grecque, et donc de la participation obligée des établisse-^_ ments financiers détenteurs de la dette en \ question.Cette proposition, ni le président de ^ Banque centrale européenne (BCE) Jean- J Claude Trichet, ni le gouvernement français V ne voulaient en discuter jusqu’à.™ Jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy avance le compromis suivant la semaine dernière: la participation des banques devra se faire sur une base volontaire.Les titans français du capital ayant fait écho à sa suggestion, certains parmi les Allemands ont emboîté le pas.Ces derniers ayant convenu de modifier les termes afférents à la dette, ils vont se livrer à une restructuration, certes légère, mais à une restructuration tout de même.Si les dirigeants de la zone euro ont pris un soin méticuleux à ne pas prononcer le mot qui fâche, d’autres, et non des moindres, n’ont pas été dupes.Il s’agit bien évidemment des marchés et surtout des agences de notation.Dans les semaines, voire les jours qui viennent, Moody’s et consorts vont se prononcer.Si elles jugent suffisante ce(te restructuration qu’elles jugeaient inéluctable, les chefs d’Etat européens vont articuler un om/sonore.Dans le cas contraire, autrement dit si elles l’estiment insuffisante, alors une énième décote s’ensuivra qui étendra la crise de l’euro.En fait, lorsqu’on s’attarde aux problèmes rencontrés par le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et ces jours-ci l’Italie, c’est à se demander comment la zone euro va étouffer la crise.Prenons l’Italie.Aujourd’hui même, le Parlement doit étudier un autre plan d’économies totalisant 60 milliards.Au Portugal comme en Espagne, on vient tout juste d’additionner des restrictions aux restrictions.Idem en Irlande.Bref, partout on commande des politiques qui logent à l’enseigne de la réduction, de la compression.Ces choix ont eu pour conséquence tout aussi récente l’allongement du nombre d’économistes qui appréhendent une autre récession.Leur argument?Ces choix effectivement dictés par une nécessaire discipline budgétaire ont pris un tel ascendant qu’ils étouffent la croissance économique.Décidément, l’Europe est prise entre l’arbre et l’écorce.Serge Truffaut Visite royale Notre vrai roi Bernard Descôteaux e prince William et la duchesse Kate Middleton entreprennent aujourd’hui une visite de huit jours au Canada.Dans les provinces anglophones, on se ré-, jouit de la venue de celui qui, un jour encore lointain, sera roi du Canada.La modernité qu’affiche ce jeune couple princier redynamisera l’image surannée projetée par la reine Elizabeth II, reine du Canada depuis 59 ans déjà.Au Québec, leur séjour suscite par contre une indifférence généralisée, quand ce n’est pas de la dérision ou de la contestation, inspirées par une relation historique avec la Couronne britannique qui n’a pas toujours été facile.On aimerait bien se débarrasser de ce symbole.Se départir de la royauté n’est toutefois pas à l’ordre du jour, même si à chaque visite de la reine ou d’un membre de la famille royale quelques rares personnes soulèvent la question.Les Canadiens en forte majorité adhèrent à la présence d’Elizabeth II comme incarnation de l’autorité suprême du Canada et nos politi-— ciens sont d’autant moins enclins à ouvrir un tel débat qu’ils sont les premiers à profiter du statu quo.^ Abolir la royauté obligerait à mettre en pla- I ^ ce un véritable chef d’Etat qui serait bien en- I -¦'V il tendu un Canadien qui devrait être élu.Pour 11 jjg p^g bousculer notre système, cette élection ne serait pas faite au suffrage universel, peut-on penser, mais faite par le Parlement, c’est-à-dire par les député^ et les sénateurs réunis en congrès.Cela donnerait au chef de l’État une légitimité et certainement plus de pouvoirs qu’en a actuellement le gouverneur général, qui représente la reine dans l’exercice de son rôle.Si cela arrivait, cela ne manquerait pas d’affecter )es pouvoirs du premier ministre qui, s’il n’est pas le chef de l’État en titre, l’est dans les faits.Le vrai roi du Canada, c’est lui.Ses pouvoirs sont énormes.Le premier ministre au Canada, comme dans les provinces canadiennes, n’est plus le primus inter pares, comme le veut la formule traditionnelle.Il n’est plus le premier entre des égaux au sein du Conseil des ministres.Il est le primus tout court, celui qui décide de tout et régit tout dans le gouvernement, ce qui conduit à une forme d’absolutisme qui se garde de dire son nom.Cela est encore plus vrai depuis que Stephen Harper est devenu premier ministre en 2006.Les ministres n’ont plus d’autonomie.Ils doivent faire approuver le moindre de leurs gestes par le «PMO», le Prime Minister’s Office où tout se décide.Stephen Harper s’attribue même des rôles ministériels, comme il vient de le faire en prenant la présidence du Comité permanent sur la sécurité nationale qu’il vient de créer.Quant au Parlement, il est sous ses ordres maintenant qu’il est majoritaire tant à la Chambre des communes qu’au Sénat.D’avoir un roi ou une reine d’opérette au-dessus de lui convient parfaitement à Stephen Harper.Cela l’assure de pouvoir gouverner en toute quiétude.Alors quand la famille royale s’amène au pays, aussi bien l’accueillir avec pompe, histoire de bien entretenir le mythe.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO NoÎT yvi ^>) de détention des prisonniers.Qr, en 20p7, Q’Con-nor reconnaissait lui-même qu’aucun Etat n’était en en mesure de demander à ces organisations une tâche qui excédait leur mandat.Il en allait donc de la responsabilité du gouvernement canadien et de l’armée canadienne de vérifier que tous les détenus transférés par nos militaires soient bien traités par les autorités afghanes.Dès 2007, Amir Attaran, professeur à la Eaculté de droit de l’Université d’Qttawa, avait alerté la population canadienne sur la base de documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.A la suite d’autres révélations publiées la même année par le Globe and Mail, Gordon Q’Connor, alors ministre de la Défense, avait affirmé avoir obtenu un nouvel accord avec les autorités afghanes garantissant à l’armée canadienne de pouvoir visiter les centres de détention afin de s’assurer de la condition des détenus.Mal^é touL en 2009, les allégations de Richard Colvin, qui a occupé de hautes fonctions diplomatiques en Afghanistan d’avril 2006 à octobre 2007, allaient relancer le débat Selon Col-vin, il y avait de sérieuses raisons de croire à im recours systématique à la torture.Les allégations de Colvin allaient déclencher une controverse qui devait se terminer provisoirement par la prorogation du Parlement en décembre 2009.Enfin, le dernier épisode de cette s^a remonte à juillet 2010, au moment où un comité d’anciens juges et un comité spécial de parlementaires libéraux, bloquistes et conservateurs de NPD n’ayant pas accepté de faire partie du processus, jugeant celui-ci condamné à l’échec en raison de ses faibles prérogatives), se sont penchés pendant des mois sur près de 40 000 pages afin de chercher des éléments de preuve au sujet de deux allégations, la première étant au sujet du traitement des prisonniers par les autorités afghanes et sur les possibilités de torture, la seconde au sujet de la connaissance par le gouvernement canadien de telles pratiques.Après avoir laissé planer le doute sur la survie du comité après les élections de 2011, les conservateurs ont finalement décidé de mettre un terme à ses activités.Et maintenant?Le NPD, comme il l’a toujours fait, réclame une enquête publique, mais il y a fort à parier qu’elle n’aura jamais lieu, tant et aussi longtemps que nous continuerons de penser le fonctionnement du gouvernement comme étant pour l’essentiel l’affaire du seul parti au pouvoir.j^rès dix ans de soi-disant «lutte contre le terrorisme», il serait temps que les Canadiens se mobilisent pour revendiquer le retour à un véritable Etat de droit que ce soit sur la scène nationale ou internationale.Au Québec, l’engouement du grand public pour les questions internationales est rare, voire inexistant.Nos médias n’aident guère, plus préoccupés en cette période estivale à interviewer une vedette locale pour parler de son amour pour les carottes râpées ou du prochain téléroman dans lequel elle jouera.Pendant ce temps, au Canada anglais, il existe encore — mais pour combien de temps — des émissions comme The Current ou Power & Politics, qui ont consacré des émissions entières à la question des documents déposés en Chambre la semaine dernière.Toutefois, force est d’admettre que dans l’ensemble, les Canadiens opposés au gouvernement Harper et ceux qui ont voulu dénoncer les injustices perpétrées au cours de cette guerre se montrent épuisés par les dernières élections et se désintéressent de plus en plus d’une guerre qu’ils n’ont jamais voulu regarder en face.Ils se résignent au pire devant la toute-puissance d’un gouvernement majoritaire et demandent au NPD de sauver l’honneur, à défaut de pouvoir sauver autre chose.Pourtant, ni le NPD, ni les syndicats, ni les organisations militantes, ni les membres des médias qui prennent encore leur métier au sérieux ne peuvent a^ s’ils ne se sentent pas appuyés par la société civile.Le drame du sort des prisonniers afghans tombera rapidement dans l’oubli si nous ne nous préoccupons pas de savoir quel type d’acteurs nous sommes devenus sur la scène internationale.D’un autre côté, une affaire aussi grave que celle du sort de ces prisonniers afghans ne risque pas de disparaître d’elle-même, comme l’a rappelé récemment le professeur Amir Attaran.Si la société canadienne est lasse d’entendre parler de la guerre, les vestiges de celle-ci réapparaîtronL et peut-être ce moment n’est-il pas si lointain.Sortir de la torpeur Les conservateurs de Harper feront probablement moins les matamores lorsque nous en saurons plus sur cette affaire.Certes, la voie parlementaire semble bloquée pour au moins quatre ans.Mais les partis d’opposition doivent travailler dès maintenant à la reconstruction politique du pays.Un premier pas dans la bonne direction serait d’exiger des réformes sérieuses aux lois canadiennes au sujet des enquêtes publiques, de manière à ce que l’initiative d’une telle procédure ne soit pas entre les mains du parti au pouvoir, mais puisse être faite à la demande de la majorité des partis.Un jour viendra où la société civile sortira de sa grande torpeur et reprendra possession de ses institutions, s’il le faut en les révisant de fond en comble pour optimaliser leur potentiel démocratique.Tôt ou tard, ce gouvernement devra rendre des comptes.Mais nous devrons alors nous demander pourquoi nous l’avons laissé aussi libre d’agir à sa guise.Cette ^erre n’est pas celle des conservateurs, ni des libéraux, ni celle des grandes corporations, ni celle de l’armée canadienne.Cette guerre, peu importe notre opinion à son égard, est celle de tous les citoyens canadiens.Pour exiger l’imputabilité de notre gouvernement, nous devons nous-mêmes prendre au sérieux nos responsabilités.NPD et syndicats Norman Spector ès que Jack Layton a obtenu son mandat pour déménager à Stornoway, l’attention des médias de langue anglaise s’est rapidement détournée des résultats des élections du 2 mai.Malgré la défaite cinglante du Bloc québécois, les journalistes anglophones ont préféré mettre l’accent sur les défis du NPD au Québec.Et les Canadiens d’un océan à l’autre ont pu se régaler d’histoires soulignant le jeune âge et l’inexpérience de certains de ses députés nouvellement élus dans la Belle Province.Cette couverture a occulté im autre problème auquel le NPD devra faire face.Comme on a pu le constater la fin de semaine dernière, les liens qu’entretient le parti avec le mouvement syndical peuvent s’avérer un obstacle beaucoup plus important à la formation d’un gouvernement à Ottawa.Les difficultés du NPD au Québec pourraient demeurer théoriques au cours des quatre prochaines années.Tout dépendra du programme du gouvernement Harper.M.Layton a déjà abaissé les attentes en matière de réforme constitutionnelle.Quant à Stephen Harper, s’il a réaffirmé son appui aux arrangements asymétriques avec le Québec, il a indiqué au congrès du Parti conservateur qu’il n’a aucune intention de suivre l’approche de Pierre Elliott Trudeau en matière de fédéralisme.Par contraste, les liens du NPD avec le monde syndical sont fondamentaux.Plus que de l’ar-genti les syndicats donnent au NPD son muscle organisationnel — des ressources particulièrement appréciées le jour du scrutin.Lors de son congrès à Vancouver, M.Layton a refusé de renoncer aux liens qui lient son parti aux syndicats.Qr, ce mouvement est de plus en plus dominé par les syndicats du secteur public, et les intérêts divergents des électeurs-contribuables continueront donc d’entraver la voie du parti au pouvoir à Qttawa.C’est ce clivage que les conservateurs ont exploité en intervenant dans le différend à Postes Canada.Et, hormis le nombre relatif de députés du gouvernement et du NPD aux Communes, c’est ce même clivage qui est responsable de l’échec de l’obstruction législative du week-end dernier.Certains reprochent maintenant au NPD de s’être engagé dans un combat qu’il ne pouvait pas gagner.Ridicule.Nul besoin d’expliquer à M.Layton que l’opposition officielle ne sera pas capable de défaire des projets de loi, encore moins le gouvernement Harper, et ce, pour les quatre années à venir.Mais il aurait été impensable que les néodémocrates baissent les bras devant une loi touchant ses partisans de la base.Heureusement pour M.Layton, l’intervention rapide de M.Harper a fait en sorte que le syndicat n’a pas eu le temps de provoquer la colère des Canadiens.Par conséquent, le NPD ne paiera pas un prix énorme les manœuvres de ses flibustiers qui auront duré 58 heures.Heureusement pour lui, le syndicat semblait lui-même très désireux de rentrer au travail.Ce ne sera pas toujours le cas au cours des quatre prochaines années.Si M.Layton joue ses cartes ha-bilementi il n’aura pas à se désespérer de ne jamais occuper le 24, promenade Sussex.Son défi sera de toujours montrer le gouvernement Harper sous son mauvais jour.Alors qu’il doit faire de son mieux pour convaincre plus de Canadiens que le NPD est prêt à gouverner, il doit garder en tête qu’une victoire électorale ne pourra être obtenue qu’en veillant à ce que son parti demeure la seule solution de rechange sérieuse aux conservateurs.Beaucoup a été dit et écrit à propos de l’intention de M.Harper de remplacer le Parti libéral comme «parti gouvernant naturel du Canada».Mais les déclarations récentes des conservateurs suggèrent que M.Harper n’a pas encore décidé si la meilleure stratégie à court terme est de tuer le Parti libéral ou de le laisser vivre affaibli afin de diviser le vote.Par contre, pour Jack Layùon, la voie vers le pouvoir est claire.Le NPD doit éliminer les libéraux — soit par une prise de contrôle, soit par une fusion — pour ne laisser aux électeurs qu’une seule option quand ils se lasseront des conservateurs.Ce qui, tôt ou tard, sera inévitable.nspector@globeandmail.ca Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.Il sera de retour en cette page en août.Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel {redaction@lede-voircom) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Dominique Reny (adjointe au directeur de l’information), Marie-Andree Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cinno (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quehec)Y2)o\&ci Deglise('s«3«e?eJ, Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Carokne Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), {NcAovae.RobitaïUe et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , informationéconomique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardms, Eric Desrosiers et Alexandre Shields {reporters), Gerald DaUaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thematiquesf, Emilie Eohe-Boivm {pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Benoît Munger et Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier, Étienne Plamondon-Emond (commis internet) , Amehe Gaudreau (secretaire a la redaction), Genevieve Tremblay et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION GiUes Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE , Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elunam, Véronique Langlois, Sunon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal RamviUe, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Morm, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web)(RaxiseX Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Carohne Sunard (responsable service a la clientèle), Nancy Beauheu, Manon Blanchette, Nathalie Eihon, Marie-Lune Houde-Brisebois ,Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euro y, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 30 JUIN 2 0 11 ACTDALITES AKI SUITE DE LA PAGE 1 Cup en double avec son partenaire Luc Legault, à San Francisco.Et que fin juillet, ils seront une dizaine à mettre le cap sur Helsinki, en Finlande, pour la Coupe du monde.Le aki-filet ne paie guère, mais il fournit l’occasion de faire le tour d’une bonne partie de la planète.Le ald-filet?Dans tous les pays où la discipline est prisée, en Amérique du Nord et du Sud et en Europe, on entendra plutôt parler de «footbag».Mais il y a longtemps qu’on ne joue plus avec un sac, cette poche de toile remplie de fèves inventée en Oregon en 1972 et qui a donné naissance à l’expression «Hack the Sack», puis à la marque de commerce Hacky puis à sa francisation en «aki».Le aki-filet, apparu chez nous dans les années 1980 et qui a beaucoup évolué depuis, précise bien qu’il ne s’agit pas de aki-cercle, où l’on cherche simplement à maintenir l’objet dans les airs le plus longtemps possible, ou du aki style libre, où l’esthétique compte avant tout Une surface de jeu de la même dimension qu’un terrain de badminton, avec un ou deux joueurs de chaque côté.Au centre, un filet disposé à cinq pieds du sol.L’objet une balle de cuir artificiel, de la taille approximative d’une clémentine, à l’intérieur de laquelle sont placées des billes de plastique.Le but du jeu: en se faisant des passes, expédier le aki dans le territoire de l’adversaire sans que celui-ci puisse le récupérer.Particularité: interdiction d’utiliser toute partie du corps autre que les pieds et les jambes en bas des genoux, ce qui contraint à une certaine gymnastique, on le comprendra.Et le résultat est proprement spectaculaire.On dirait un mélange de volleyball et d’arts martiaux.Cela n’est pas sans rappeler le sepak ta-kraw, cette discipline si populaire dans le Sud-Est asiatique et sport national en Thaïlande.Confrérie Sur le terrain improvisé du parc, on ne retrouve pas n’importe qui.Emmanuel Bouchard a été champion du monde en simple sans interruption entre 1998 et 2009.Maude Landreville a réalisé le tour du chapeau à Berlin, il y a deux ans, lorsqu’elle a arraché le titre mondM en simple dames, double dames et double mixte.Martin Côté a été l’un des pionniers du sport au Québec.«Montréal, dit François Depatie Pelletier, est la Mecque du aki-filet» C’est en effet ici que l’on peut croiser une bonne partie de ses étoiles et qu’on a rapporté le plus grand nombre de championnats.Dans un entrefilet publié sur le site Web ESPN.com, le journaliste Gideon Rubin est même allé jusqu’à qualifier Aki Québec de «Manchester United» de la discipline.Malgré la ferveur de ceux qui le pratiquent, le aki-filet demeure un sport largement méconnu.Cela ne les empêche toutefois pas de travailler à le répandre, comme le fait régulièrement le vétéran Côté en tenant des sessions d’entraînement à l’intention des novices.Et la présence d’Internet a grandement contribué, ces dernières années, à l’essor de la discipline, qui compte maintenant 427 clubs dans 45 pays.«Des gens au bout du monde en entendent parler, et s’y mettent Récemment, on a assisté à une explosion en Colombie et au Venezuela.On a appris l’existence d’une ligue en Inde.On défriche une nouvelle sphère sportive», dit Depatie Pelletier, un convaincu.Maude Landreville, qui joue depuis 15 ans, aimerait pour sa part que plus de femmes soient rejointes: à l’heure actuelle, 10 % seulement des joueurs réguliers à travers le monde sont des joueuses.Mais comment diable font-ils pour sillonner la planète alors que leur sport ne leur procure pas grand-chose d’autre que le plaisir d’y jouer?«On se débrouille avec les moyens du bord, dit François Depatie Pelletier.Souvent, on est accueillis par les joueurs locaux qui nous offrent le logis.Dans notre milieu, tout le monde se connaît.On forme une grande famille.» Exemple de cette confrérie: un autre joueur, lanek Regimbald, mentionne qu’il y a quelque temps, à l’occasion d’un tournoi en Suisse, on lui avait offert de résider chez l’ami d’un ami.«Il ne pouvait être à la maison à mon arrivée, raconte-t-il.Il m’a dit qu’il allait laisser la clé sous le paillasson.Je ne l’avais jamais vu de ma vie.» Sur le terrain, Emmanuel Bouchard fait la démonstration de sa spécialité, le roll-spike, l’équivalent de la bicyclette au soccer, pieds par-dessus tête.Son habileté ne laisse pas d’impressionner.Le spectateur est conquis, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire.shtataf.Le Devoir ENERGIE ¦U *1 «i SUITE DE LA PAGE 1 une redevance sur chaque nouveau réacteur vendu à l’avenir, redevance dont le calcul n’a pas été fourni hier.Ottawa estime cependant que la «valeur actualisée nette» de celles-ci et de la vente d’eau lourde pourrait atteindre 285 millions.Le gouvernement indique que cette transaction permettra de préserver l’emploi de 1200 Canadiens, ce qui laisse planer un doute sur le sort des 800 autres employés de la division commerciale d’EACL.Collectiviser les pertes.Ottawa ne vend par ailleurs pas tout ce qui est relié aux trois secteurs d’activité ciblés.Il se garde.les activités grandement déficitaires de mise à niveau de cinq réacteurs: Gentilly au Québec, Point Lepreau au Nouveau-Brunswick, les réacteurs 1 et 2 de Bruce en Ontario et un autre en Corée du Sud.A lui seul.Point Lepreau pourrait coûter près de 2 milliards de dollars, selon certaines évaluations.Ottawa cède aussi à SNC-Lavalin la nouvelle génération de réacteurs CANDU 6, dont la conception est sur le point d’être complétée.Le gouvernement estime avoir investi 476 millions de dollars dans ce projet depuis 2003-2004.Il s’engage à y investir encore jusqu’à 75 millions de dollars, pourvu que SNC-Lavalin verse sa part de 32 millions.Après quoi, l’entreprise pourra promouvoir cette technologie sur la scène internationale et en tirer profit.La somme de 15 millions de dollars risque de faire fortement réagir les contribuables, et pour cause.Le NPD parle d’une «vente de feu».Une source bien informée dans l’industrie nucléaire a qualifié la transaction de «farce».C’est qu’Ottawa a injecté 2,5 milliards de dollars dans EACL au cours des cinq dernières années, dont 1,2 milliard dans la branche cédée hier.Seulement en 2010, EACL a essuyé une perte nette de 80 millions de dollars en dépit des 948 millions de dollars injectés par le gouvernement, selon son rapport annuel.A elle seule, la branche «réacteurs CANDU» a enregistré des revenus de 439 millions, mais des dépenses deux fois plus élevées pour un déficit de 479 millions.L’injection de fonds fédéraux a permis de ramener cette perte à 104 millions.Cela n’empêche pas le gouvernement conserva- IIM PT a La salle de contrôle de la centrale de Chalk River teur d’affirmer dans son communiqué de presse que cette vente «est conforme à l’approche globale du gouvernement orientée vers la responsabilité financière».«C’est sûr que les gens vont sursauter en constatant à quel point le montant de la vente — 15 millions de dollars — est bas», reconnaît Duane Bratt, professeur au Mount Royal College de Calgary et expert de l’industrie nucléaire.Il a publié en 2006 le livre La Politique des exportations de CANDU.Selon lui, le gouvernement canadien procède à cette vente pour se débarrasser de cette société déficitaire.«Le point de vue du gouvernement est qu’il veut cesser d’avoir à payer pour ça.» .et privatiser les profits M.Bratt croit que SNC-Lavalin fait un calcul différent.L’entreprise, selon lui, estimerait que ces injections massives d’argent public dans les dernières années pour développer une nouvelle génération de réacteurs et pour prolonger la durée de vie des autres sont sur le point de porter ses fruits.Par exemple, les tentatives onéreuses d’amélioration à Point Lepreau auraient permis de tirer des leçons qui pourront être mises à profit pour l’entretien d’autres réacteurs dans le monde.«Ils pensent donc qu’il y a là une occasion d’affaires.» Mais si ces investissements sont sur le point de rapporter des profits, pourquoi Ottawa ne conserve-t-il pas ces activités pour profiter lui-même de la manne?«Le gouvernement doit surtout décider si REUTERS c’est un secteur d’activité dans lequel il veut rester impliqué, pense le professeur.Bratt.De toute évidence, les conservateurs ne sont pas fans des sociétés de la Couronne.» Il rappelle qu’au cours des dernières années, EACL a été la source de mauvaises nouvelles: arrêt du réacteur de recherche à Chalk River entraînant une pénurie mondiale d’isotopes médicaux, congédiement de la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire Linda Keen, échec du développement du réacteur de recherche de rechange MAPLE, etc.«Ils veulent juste se débarrasser de ce dossier.» SNC-Lavalin pour sa part s’est félicitée de l’acquisition de ces pans d’EACL et des employés y étant rattachés.«Nous sommes impatients de créer de nouveaux débouchés par l’application de la fameuse technologie CANDU dans des projets sur toute la planète»,^ écrit dans le même communiqué de presse conjoint Pierre Duhaime, président-directeur général du Groupe SNC-Lavalin inc.SNC-Lavalin était seule dans la course, les autres joueurs de l’industrie s’étant soit désistés, soit pas manifestés du tout.C’est le cas de la française Areva.La vente ne touche pas le réacteur en fin de vie de Chalk River et les activités de production d’isotopes médicaux.Tout indique donc qu’Ottawa restera responsable dans la poursuite qui l’oppose à MDS Nordion pour rupture de stock d’isotopes.Le Devoir HIPPODROME SUITE DE LA PAGE 1 souhaiteraient mettre la main sur cette parcelle de terrain.La Ville entend toutefois exercer le droit de premier refus qu’elle détient depuis la vente de l’hippodrome en 1997.«La chose est évoquée.La Ville pourrait redevenir propriétaire du site et le mettre en valeur en confiant à des promoteurs des parties du terrain», a affirmé au Devoir Alain Trudeau, responsable du dossier au sein du Bureau de gestion des grands projets, à la Ville.Comme l’explique M.Trudeau, «si l’hippodrome appartient à Montréal, ce sera pour avoir un meilleur contrôle sur son développement».Les titres de propriété assureront le maintien de la qualité des projets immobiliers sur une période de 20 ans.La Ville de Montréal souhaite depuis longtemps donner une nouvelle vocation au site qui longe le boulevard Décarie.Il s’agit de 5 millions de pieds carrés de terrains non contaminés et situés à un jet de pierre du centre-ville.En 1991, Montréal a acheté l’hippodrome par l’entremise de sa société paramunicipale, la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM).La transaction s’est élevée à 50 millions.Deux ans plus tard, la SHDM signe un bail avec les hommes de chevaux dans l’objectif de mettre fin aux activités hippiques dix ans plus tard.Mais pendant cette décennie, les courses de chevaux périclitent.En 1997, le gouvernement du Québec intervient pour relancer l’industrie et forcer Montréal à vendre l’hippodrome.La vente s’est conclue à 15,1 millions, à laquelle somme se sont ajoutées des compensations, notamment pour la perte du loyer.Montréal essuie alors une perte comptable immense qui entraîna le maire de Montréal d’alors, Pierre Bourque, dans une crise politique qui le laissa minoritaire au conseil municipal.En contrepartie de cet effort de Montréal, le gouvernement du Québec devait investir dans des infrastructures pour désenclaver le site de l’hippodrome.Rien ne fut fait.C’est là aujourd’hui l’un des défis qui attendent Montréal.En effet, la Ville revient à la charge avec l’idée de construire un nouveau quartier dans ce secteur.«Le problème qui se pose concerne l’accessibilité, a indiqué Alain Trudeau.La clé de la mise en valçur du site, c’est le transport collectif.» A cet égard, Montréal a entrepris une planification détaillée du dossier.Deux études concernant les transports sont en cours, dont l’une qui sera complétée à la fin de l’été.«On veut faire un quartier moderne qui soit une vitrine exemplaire pour ce qui est du transport collectif», a souligné M.Trudeau.L’automne dernier, la Ville soutenait que le chantier immobilier (jusqu’à 8000 logements) pourrait démarrer au début de 2011.On parle maintenant d’un projet qui ne pourra prendre forme avant cinq ans.«Il y a déjà un projet résidentiel important dans le secteur Namur-Jean-Talon, à proximité de l’hippodrome.On veut éviter la compétition.De toute façon, il reste encore beaucoup de travail de planification à faire», a rappelé M.Trudeau.D’ailleurs, la transaction avec la SONACC est loin d’être chose faite.La Ville de Montréal doit faire une présentation officielle de ses intentions en septembre prochain auprès du ministère des Finances, duquel relève la SONACC.«On aura en main une synthèse des études (transport, logement, marché des bureaux et commerces), des recommandations à formuler et une vision d’aménagement à défendre», a précisé M.Trudeau.Toutes les études ont été entreprises à la demande du gouvernement afin d’ajouter de la valeur au terrain ainsi que des balises claires de développement.De son côté, le propriétaire actuel, la SONACC, a mandaté les courtiers de BMO Marchés des capitaux pour trouver un acheteur.Le prospectus de vente n’a pas été publié.Tant que l’hippodrome n’est pas vendu, le gouvernement du Québec doit maintenir en place la SONACC et s’assurer que l’organisme public respecte ses obligations financières (taxes municipales, frais d’exploitation).Québec n’est plus officiellement impliqué dans l’industrie des courses de chevaux depuis 2006, mais il a englouti 44 millions dans la SONACC.Le Devoir TMX «Nous espérons maintenant que le Groupe Maple mettra de Favant une plateforme efficace pour permettre à l’industrie canadienne de se développer» SUITE DE LA PAGE 1 Jarislowsky — semble avoir eu de l’effet.«La majorité des actionnaires qui ont voté par procuration avant la date limite du 28 juin 2011 ont appuyé la résolution relative à la fusion; toutefois, il est évident que le seuil des deux tiers requis pour approuver la fusion ne sera pas atteint», a écrit le Groupe TMX dans un communiqué.Les termes de leur entente prévoient que le TMX — qui possède les Bourses de Toronto et Montréal — doit maintenant envoyer un chèque de 10 millions à Londres.Il devrait aussi une somme additionnelle de 29 millions si le TMX se laisse acheter par le Groupe Maple.Grandes batailles La bataille pour le contrôle du TMX appartient déjà aux grands bras de fer de l’histoire commerciale du pays, une catégorie qui comprend notamment la tentative d’Onex et d’American Airlines d’acheter Air Canada à la fin des années 1990, et celle de Teachers de mettre la main sur Bell Canada en 2007-2008.«En ce qui concerne le résultat du vote, j’ai parlé avec pas mal de monde à Bay Street récemment et je ne savais plus trop à quoi m’attendre», a dit hier Louis Gagnon, professeur associé à l’Université Queen’s qui, dans une ancienne vie, était cadre supérieur et stratège à la Banque Royale.«Dans Maple, il y a plusieurs joueurs de calibre, et ça ne laisse pas indifférent.» Au cours des dernières semaines, la direction londonienne avait multiplié les rencontres avec les actionnaires du TMX, parmi lesquels figurent toutes les grandes banques, les investisseurs institutionnels et des dizaines de firmes de courtage.Or elle n’était pas seule à leur faire de beaux yeux: le Groupe Maple, composé de 13 établissements financiers, dont des banques, des firmes de courtage et un assureur, traversait lui aussi le pays d’un bout à l’autre.L’offre de Londres était présentée comme une
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