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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2011-06-04, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 5 JUIN 2011 ^«^1 LECTEURS ! Que lisent-ils pour la belle saison?Page F 2 LITTERATURE Les meilleurs romans selon ::: Danielle Laurin Page F 3 LECTURES D’ETE P T JACQUES DEMARTHON AEP Sa vie, ses mots, de ad hoc à zut «Le roi Lire» livre sa passion pour les mots dans un abécédaire STEPHANE BAILLARGEON ^ été, tous les médias sont beiges.Ou rose bonbon.C’est léger, ça pétille.C’est sucré-salé.11 n’y a pourtant au-M cune loi universelle pour obliger à ^ faire encore plus bête ep dedans parce qu’il fait beau et chaud dehors.A preuve, ce que raconte le journaliste-animateur Bernard Pivot dans son dernier livre.«Il y eut une période où les dirigeants de la télévision publique trouvaient illogique que, pendant les vacances d’été, le petit écran ne diffusât pas d’émissions littéraires», écrit-il sous l’entrée «Ah!» de son abécédaire biographique.«Les Français ont alors le temps de lire?Eh bien, proposons-leur des livres! C’est ainsi que Marcel Jul-lian puis Claude Contamine me demandèrent de Apostrophes, sous une forme différente, pendant le mois d’août.De 1976 à 1980, je fis donc Ah! vous écrivez?, entretiens de vingt à trente minutes avec le plus souvent des romanciers, enregistrés à leur domicile.» L’émission avec Ernesto Sàbato fut réalisée clandestinement, cet écrivain étant un opposant surveillé de la «sanglante junte militaire au pouvoir» en Argentine.La rencontre eut lieu en 1978, pendant la Coupe du monde de football.Rendu à ce mot, le mégamédiateur culturel redit son admiration totale pour ce sport.«Je dois au football d’avoir forcé ma nature rêveuse à me fondre dans un groupe où j’avais mes meilleurs camarades, et à me battre pour m’y faire une place, écrit-il.C’est du sport que je tiens mon ardeur dans la compétition au travail, mon ambi- «Je dois au football d’avoir forcé ma nature rêveuse à me fondre dans un groupe où j’avais mes meilleurs camarades, et à me battre pour m’y faire une place» tion de réussir dans les tâches qui, souvent avec imprudence, m’ont été confiées.» Sa vie pour les mots, et le foot, et le vin, ou les femmes s’expose donc dans Les Mots de ma vie.Souvent, un terme est exposé, examiné, expliqué par l’auteur de 100 mots â sauver.«Carabis-touille», par exemple, qui désigne en Belgique de petits mensonges, de légères bêtises.D’autres fois, une expression sert d’accroche pour livrer des propos et des confidences.«Je ne voulais pas écrire une autobiographie traditionnelle, confie Bernard Pivot, en entrevue téléphonique.Lorsque j’étais petit garçon, pendant la guerre, dans mon village du Beaujolais, je n’avais â ma disposition que deux livres, une vieille édition du Petit Larousse et Les Fables de La Fontaine.Le premier livre que j’ai lu, ce n’était donc pas un roman, mais un dictionnaire.C’est donc un peu par sympathie pour le petit garçon que j’étais que j’ai adopté la forme de l’abécédaire.La deuxième raison, tout â fait logique, c’est que, si on raconte sa vie de manière chronologique, on oblige sa mémoire â se souvenir de manière chronologique.Or la forme de l’abécédaire convient beaucoup mieux â ma mémoire vagabonde et capricieuse.» Le résultat déborde d’anecdotes et de révélations.On apprend qu’il n’a pas noué d’amitié avec les auteurs interviewés, des milliers de romanciers, d’essayistes, de poètes et de savants.«A part Jorge Semprun, qui est un ami intime, je n’ai effectivement que quelques amis qui sont des écrivains et je les ai tous rencontrés quand ils étaient journalistes en même temps que moi, lors de mes débuts au Figaro littéraire, explique-t-il en entrevue.J’ai créé des liens de courtoisie avec mes émissions, mais pas d’amis intimes, ceux qu’on appelle aux deux jours et avec lesquels on dîne.Tout simplement parce qu’il me semblait que je devais garder mon indépendance au détriment des amitiés que j’aurais pu nouer ici ou lâ avec des écrivains que j’aimais particulièrement, comme Marguerite Duras ou Marguerite Yourcenar.» Le livre révèle aussi qu’il y avait de la vodka dans la théière de Nabokov et un urinoir juste derrière le plateau âîApostrophes parce que le monsieur souffrait de la prostate et avait exigé de pouvoir se soulager rapidement pendant l’émission captée en direct.Sa vessie a tenu le coup, l’urinoir n’a pas servi et la captation a fait date.D’ailleurs, toutes les émissions littéraires de cet homme-livre ont tellement bien marché que Bernard Pivot est devenu une sorte de légende.Ici, Canal Savoir rediffuse des émissions complètes dApostrophes.On peut revoir toute l’exceptionnelle série diffusée de 1975 à 1985 sur le site ina.fr.«L’émission est devenue un mythe, de sorte qu’on n’en rappelle que les réussites et qu’on en oublie les faiblesses, parfois les ratages», écrit l’auteur.11 propose ensuite d’expliquer l’attrait dApostrophes ou de Bouillon de culture par sa propre modestie, qui l’a encouragé à s’effacer devant les auteurs de livres, même les plus médiocres.VOIR PAGE F 2: PIVOT PRANOOIS BLAIS LA NUIT DES MORTS-VIVANTS 174 pages ; 22,95 i PDF numérique ! 18 2 Longtemps, je me suis couché de bonne heure.Mais ce n'est plus possible depuis q^ue je travaille de nuit pour Maintenance des Chutes à titre d'employé d'entretien (classe 2).LinJtantmême wwwinstantmeine.cofTn François Blais La nuit des morts-vivants F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 JUIN 2011 lECTURES DITE Que lisent-ils pendant la belle saison ?Connus ou moins connus, ce sont des lecteurs, des vrais.Ils ont leurs goûts, leurs dégoûts aussi.Que lisent-ils durant Tété?Voici les propositions de quelques lecteurs interrogés par Le Devoir, Tous très occupés, ils n’en trouvent pas moins le temps de lire.Pourtant, du temps, ils n’en ont pas plus que quiconque.Mais ils le savent et, le sachant, ils le prennent.Tout simplement.Pourquoi ne pas faire comme eux?f 'WM ©PANNETON-VALCOURT Nathalie Bondil Directrice du MBAM La directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, comptera cet été ses vacances au compte-goutte.L’ouverture prochaine du nouveau pavillon ainsi que la réinstallation des collections permanentes la garderont dans les salles du musée.Beaucoup de lectures obligatoires, donc, pour préparer les prochaines publications et nourrir les textes qu’elle doit écrire sur l’art européen.Mais l’historienne de l’art glissera dans ses valises, avant de décoller pour un séjour en Provence, un Stefan Zweig, «un rituel de vacances, une hygiène de l’esprit, un bienfait pour l’âme!», indique-t-elle par courriel.Après avoir lu plus tôt cette année Magellan et Nietzsche, elle plongera dans Conscience contre violence (Castor Astral).Ecrit en 1936, le roman suit le conflit entre Sébastien Castellion, partisan de la tolérance, et le théologien fanatique Jean Calvin, pendant la Renaissance.Retour dans le passé encore avec Le Rêve de Champlain (Boréal) de l’historien David Hac-kett Fischer.«Les écrits de Champlain m’avaient profondément marquée par l’humanité, la vision, les convictions dont il faisait preuve dans le contexte de brutalité et de violence inouïes qui était le sien.alors qu’il eût été facile et excusable de flancher, même d’abandonner.» Pour se donner des palpitations, Bondil talonnera l’assassin de Trotski sur chaque page de L’homme qui aimait les chiens (Métailié), où l’auteur Leonardo Padura mêle «fiction littéraire et reconstruction historique des milieux communistes depuis la guerre d’Espagne à la Russie soviétique, croise vérités et mensonges, fanatisme idéologique et désillusion contemporaine avec une critique sensible et percutante de l’embrigadement de la pensée».JACQUES GRENIER LE DEVOIR Mak Koi Lam Avocat Mak Koi Lam lit «tout le temps, depuis toujours», et un peu de tout.«Je n’ai jamais trop aimé cette idée de lectures d’été, explique-t-il au téléphone.Mais là, j’ai passé l’hiver à me farcir Les Frères Karamazov de Dostoïevski.Mes amis m’avaient dit que c’était le meilleur, alors que j’ai de beaucoup préféré L’Idiot, et même Crime et châtiments.» C’est donc la première fois que l’avocat en réassurances ira, de plein gré, vers des pages plus lé gères.«Je viens de télécharger Le Comte de MonteCristo d’Alexandre Dumas.» Car depuis janvier, Lam est adepte de la liseuse Kindle.«Je l’ai piquée à ma blonde, admet-il en riant.Je l’avais achetée pour elle, mais elle ne s’en sert pas.Pour les grandes fresques, c’est vraiment génial! C’est léger, facile à traîner, ça tient dans une main.» Et comme Lam travaillera tout l’été, il lira essentiellement dans le métro, grappillant les phrases au fil de ses déplacements.«J’ai aussi le dernier Philip Kerr, Field Gray.Et The Dark Tower», la série fantasy de Stephen King déployée sur huit tomes, qui serait sinon bien lourde à traîner dans un porte-documents.Lam lit en français comme en anglais, en alternance.«Les livres en anglais, surtout téléchargés, sont beaucoup moins chers.Je le remarque aussi sur les traductions.» Le rapport au papier, à la sensualité du livre ne lui manque pas du tout «Pour les enfants, par contre, c’est autre chose: je le vois avec ma petite fille.Pour elle, le Kindle, c’est une machine, pas un livre.» Autre avantage de la liseuse: l’instantanéité.«J’ai trouvé Mear Anarchy, un Woody Allen dont je ne connaissais même pas l’existence.En librairie, il aurait fallu que je le commande, que j’attende.» Dans la liste des lectures de l’avocat, aussi: The Corrections, de Jonathan Franzen, «la “saveuf du mois, mqis je veux voir par moi-même».A ses yeux, la liseuse n’a donc que du bon?FTesque: «E y a encore peu de livres en français.» MICHEL GAGNE Guy Berthiaume Président de BAnQ Comme président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Guy Berthiaume a tou-jourç trop de lectures devant lui.Evidemment.Il est entouré de livres.Mais peut-on avoir trop de livres autour de soi?IL ne le croit pas.Reste qu’il faut lire! «Ma fonction me permet de croiser plusieurs auteurs que je veux ensuite lire.J’ai toujours un retard important dans mes lectures et l’été devient une période de rattrapage», confîe-t-il.Et cet été, comme tous les étés, il entend bien faire le plein de lectures.Lecteur infidèle, Berthiaume butine entre les genres, du polar à l’essai, du roman québécois aux livres d’histoire.Il ne suit systématiquement que très peu d’auteurs.Deux exceptions peut-être: John le Carré et l’italien Andrea Camilleri.Il entamera la belle saison par L’Homme blanc (Quarta-nier) de Perrine Leblanc.Le livre, dit-il, lui «a échappé à sa parution.En plus, madame Leblanc est une ancienne employée de la Bibliothèque nationale.» Suivra Le Mystère insondable du pâté chinois (Amerik Media) de Jean-Pierre Lemasson.Il s’agit 6ï«une fausse enquête policière pour découvrir pourquoi le pâté chinois se nomme ainsi», par un spécialiste en tourisme gastronomique.Et finalement, cet historien de formation se promet de lire la monographie de Paul-André Linteau consacrée à la rue Sainte-Catherine {La Rue Sainte-Catherine, éditions de l’Homme).Ce livre, richement illustré, relate l’histoire de «la ville opulente / la grande Ste.Catherine Street galope et claque / dans les Mille et une Nuits des néons», comme poétisait Gaston Miron.JACQUES GRENIER LE DEVQIR Catherine Mavrikakis Ecrivaine Auteure et professeure de littérature, Catherine Mavrikakis lit toute l’année pour préparer ses cours et nourrir sa vie.L’été, c’est congé d’obligations, donc, et d’autres choix de lecture, qui débuteront par Des monts célestes aux sables rouges (Payot) d’Ella Maillart, récit de voyage d’une aventurière de 1932 qui traverse à cheval l’Ouzbékistan.De quoi donner envie de partir.Mavrikakis, elle, passera le mois d’août en Arizona, mais elle ne lit «jamais, jamais en voyage».«Lire me coupe des endroits où je suis parce que j’entre dans le monde du livre, et ailleurs je préfère me laisser imprégner.» Dans sa traversée littéraire, elle s’arrêtera sur Les Bonbons chinois (Points) de Mian Mian, «une jeune auteure chinoise maintenant interdite».«Son univers semble un peu rock, comme la vraie jeunesse chinoise, pas celle qu’on nous montre habituellement.» Pour le plein été.N’avez-vous pas froid?(Léo Scheer), des lettres fictives que l’au-teure Hélène Bessette attribue à son mari, pour une maîtresse imaginée.Mavrikakis entend aussi lire Purge (Stock), de Sofi Oksanen, et «une énorme brique du philosophe Peter Sloterdijk, Tu dois changer ta vie» (Libella Ma-ren Sell).«Un livre qui pense comment on peut changer sa vie et comment on ne peut plus continuer dans cette civilisation catastrophique.» Plus léger, l’étrange Gog (Attila), un récit ludique de Giovanni Papini, écrit au début du siècle dernier et qui a resurgi l’an dernier.Comme auteure, Mavrikakis est en vacances: elle vient de finir le boulot sur son prochain livre.Les Derniers Jours de Smokey Nelson, qui sortira chez Héliotrope en septembre prochain.'V* ¦ v.¦ ZIPPO « Dans cet étrange roman, les auteurs tentent visiblement autant de dénoncer que de montrer leurs craintes dans un style haché, économe et en même temps terriblement efficace.Une œuvre aussi effrayante qu’intéressante, et qui ne laisse pas indifférent.» - Mariane Cayer, Le libraire « Plus qu’un roman noir futuriste, ZIPPO loge à la frontière rarement visitée du polar et de la littérature d’anticipation.Voilà un témoignage saisissant de notre début de siècle tourmenté.» - Simon Roy.Solaris (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Québecl Félicitations ! FINALISTE PRIX TRILLIUM Estelle Beauchamp Un souffle venu de loin Estelle Beauchamp Un souffle venu de loin Par la voix de Mirka, une femme au tempérament vigoureux, ce roman lève le voile sur la condition faite aux Tsiganes dans l’Europe des années 30 et 40 et les persécutions dont ils ont été victimes pendant la Deuxième Guerre mondiale.ROMAN *211 PAGES Livre papier: ISBN 978-2-89423-249-1 • prix: 21,95$ Livre numérique: ISBN 978-2-89423-364-1 • prix' 16,95$ Prise , deparole www.prisedeparole.ca En vente chez votre libraire OQ Les balados du Devoir : cinq personnalités racontent leurs lectures Régine Laurent, présidente de la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec), a connu une année fort occupée, à l’occasion du renouvellement des conventions collectives de ses membres.Elle peut maintenant consacrer plus de temps à son amour des livres.Et parmi ses pa,ssions, on trouve les livres d’Eric-Emmanuel Schmitt, dont Ma vie avec Mozart, un texte qui ravit Mme Laurent, également passionnée de Mozart.Ainsi que les biographies de Fidel Castro, parce que «je suis une fan finie de la révolution cubaine», dit-elle.Régine Laurent se confie dans une nouvelle baladodiffusion du Devoir, de la série Dans ma bibliothèque.Cette série fut amorcée à la fin de 2010, alors que Yann Martel et Claude Meunier confiaient au concepteur et réalisateur du projet, Fabien Deglise, leurs coups de cœur littéraires.LE DevoÎr La collection de cinq balados, d’une vingtaine de minutes chacune, se poursuit cette semaine avec Régine Laurent.Elle se terminera en juin avec les entrevues de la chanteuse Diane Tell, ainsi que d’Isabelle Hu-don, présidente de la Financière Sun Life au Québec.Dans ma bibliothèque: page d’accueil sur le site du Devoir, www.ledevoir.com/dans-ma-bi-bliotheque/.On peut également s’abonner par l’entremise d’iTunes au http://bit.ly/eyLOjj.i JACQUES GRENIER LE DEVQIR Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec .ai'V ' JACQUES NADEAU LE DEVQIR Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life au Québec Conversations avec un ami « Un livre d entretiens, donc, que cet ouvrage au ton libre comme l’air, le pur, avec tout ce qu’il faut de complicité (d’amitié ?) pour dire les choses.» - Martine Laval.Telerama.fr « Un récit captivant.» - Anne-Marie Voisard.La Presse 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 JUIN 2011 F 3 LECTURES D’ETE Des valeurs sûres pour l’été Ils nous ont fait vibrer, nous ont chavirés, nous ont allumés.Parmi les romans québécois parus depuis le début de l’année, en voici dix à savourer au rythme des vacances d’été.Danielle Laurin IPour la finesse de l’écriture, • la justesse de ton, alors qu’on plonge au cœur des ténèbres sur fond de nature déchaînée: Rivière tremblante, d’Andrée A.Michaud (Québec Amérique).Un suspense psychologique sur le thème de la disparition d’enfant.Où l’accent est mis sur les proches, les parents, leur détresse.Comment font-ils pour continuer à vivre?2.Pour l’intériorité des personnages, pour la façon dont l’auteure réinvente ce qu’on entend habituellement par saga familiale: La Patience des fantômes, de Rachel Leclerc (Boréal) .Ça se passe en Gaspésie, au sein d’un clan dessoudé.On remonte cent ans en arrière, ça se poursuit sur cinq générations.Mais l’accent est mis sur aujourd’hui.Sur les fantômes du passé qui resurgissent dans la vie du narrateur, aujourd’hui.Il est écrivain, entre prend l’écriture du roman de ses origines.Il tente de se délester du poids de sa lignée, sans pour autant renier ses racines.3.Pour l’inventivité, le dépaysement, pour le meurtre à élucider en ar-rièrœplan et la quête existentielle qui est à l’avant-plan: Poly-nie, de Mélanie Vin-celette (Robert Laffont) .Qui a tué cet avocat de 35 ans, retrouvé mort dans un motel minable d’Iqa-luit?Les fausses pistes abondent.Le jeune frère de la victime enquête, tout en menant sa propre quête d’identité, entouré d’êtres marginaux qui se débattent avec leurs démons, perdus dans le Grand Nord.Intense.et rafraîchissant.4.Pour la façon dont l’auteure scrute le passé à la lumière du présent, pour son talent de conteuse et sa très grande humanité: E pleuvait des oiseaux, de Jocelyne Saucier (XYZ).De grands incendies ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XX" siècle.Que sont devenus les survivants de cette tragédie?Une photographe les traque, les fait parler.En filigrane, une histoire d’amour impossible.Et une autre, tellement tendre, tellement belle, entre une vieille et un vieux qui ont choisi de vivre en liberté dans la nature.5.Pour l’ingéniosité de la structure narrative, la force de frappe de l’écriture, pour le gros boum qui se produit en plein milieu et fait tout voler en éclats: Le Sablier des solitudes, de Jean-Simon DesRochers (Les Her- k bes rouges).Ils sont une douzaine.Ils appartiennent à des milieux différents, ont chacun leur histoire, leur quête, leurs travers, leurs fantasmes sexuels.Ils seront bientôt impliqués, tous, dans un accident de la circulation, en pleine tempête de neige québécoise.Carambolage monstre, spectaculaire.Dé crit à partir de plusieurs points de vue, en accéléré, au ralenti, décomposé plan après plan, comme au cinéma.Après quoi, la vie reprend son cours pour les survivants, mais rien ne sera plus jamais comme avant.Pendant ce temps, en Afghanistan, la guerre continue de tuer.Saisissant.6.Pour l’ingéniosité de la structure narrative, encore là, et parce que c’est un livre, malgré son côté sombre, qui réconcilie avec la vie: Parapluies, de Christine Eddie (Alto).Elles sont trois.Trois femmes.Elles n’ont rien en commun, à première vue.Sinon qu’elles vivent à Montréal, où il n’en finit plus de pleuvoir à ce moment-là.Ce moment-là où un homme disparaît.Un homme qu’elles connaissent toutes les trois, pour différentes raisons.L’une est même mariée avec lui.Tandis que l’enqué te pour retrouver le disparu n’aboutit pas, ces femmes, que tout sépare, vont en venir à s’interconnecter, à s’entraider.Cela pourrait s’avérer une ode à la solidarité féminine.7.Pour le roman dans le roman, l’énigme à résoudre, l’habileté avec laquelle l’auteur nous prend dans ses filets: LInconnue, de Claude Vaillancourt (Québec Amérique).Un écrivain méconnu hérite du manuscrit inachevé d’une écrivaine très connue, qui s’est suicidée.Comment complé ter ce roman à suspense dans lequel un homme est assassiné?Qui est le meurtrier, quel est le motif du crime?Mystère, sur fond de police secrète en Tchécoslovaquie, de camps de concentration nazis et de mouvements indépendantistes québécois.Mystère que devra résoudre l’écrivain.et le lecteur, par conséquent.8.Pour le voyage dans le temps, l’appel de l’ailleurs, l’étrangeté: Dragonville, tome 1: Porcelaine, de Michèle Plomer (Marchand de feuilles).C’est à la fois la Chine d’hier et le Québec d’aujourd’hui, entremêlés.C’est à la fois insolite et J La concordance des temps « [.] Evelyne de la Chenelière signe ici son premier roman.On y retrouve la beauté fluide de son écriture, courant tendre, mélancolique, dangereux, qui porte les personnages à bout de parole, aux limites de leur vulnérabilité.» - Marie-Ève Sévigny, Entre les lignes « Dramaturge prolifique, Evelyne de la Chenelière propose un premier roman court et dense, exigeant et intelligent, libre et rigoureux.Un exercice d’indiscipline.« - Pascale Gauthier, 24 Heures LA PATIENCE Melcinie \ incelctte Polynie Claude Vaillancourt L’Inconnue « Mtn oreille viert m percevwr r«jvelltvikd'4crivaln ch» HélanItVInctItttt.nreqtiej'iienvîe^e Warner» DANYLAFERRIËRE JEAN-SIMON DESROCHERS LE SABLIER DES SOLITUDES LES HERBES ROUGES / ROMAN locelyne Saucier Il pleuvait des oiseaux très ancré.C’est une Québécoise que l’on suit, mais c’est la Chine, ses légendes, ses mystères qui nourrissent son imaginaire.Envoûtant.9.Pour l’originalité de l’approche, la façon toute personnelle dont l’auteure revisite l’Union soviétique en pleine déliquescence: La tête de mon père, d’Elena Botchorichvili (Boréal; traduit du russe par Bernard Kreise).Pourquoi, dans quel contexte, cet homme-là a-t-il perdu la tête, littéralement, quelque part sur une montagne en Géorgie?Cet homme-là avait une femme, une fille et un fils.C’est le fils devenu vieux, établi au Canada, qui écrit.Il écrit une lettre à son propre fils, dans laquelle il remonte le fil des événements, retrace l’histoire rocambolesque de sa famille, de son lieu d’origine.10.Pour la satire sociale, le regard acéré sur la vacuité de l’existence: La Nuit des morts-vivants, de Erançois Blais (L’Instant même).Ils sont deux.Un gars, une fille.Deux à se racon- ter, tour à tour.Ils vivent dans une petite ville où il ne se passe à peu près rien, vaquent chacun de leur côté à leur train-train quotidien.Chacun sa routine, sa vie plate, vaine.Chacun ses échappatoires, sa façon de s’en faire accroire.Où s’en va-ton comme ça?Droit dans le mur.si ce n’était la prose piquante de Erançois Blais.La semaine prochaine: suite et fin de mes suggestions de lecture pour l’été.Collaboratrice du Devoir Presses de l’Université Lavai Louis Cornellier est aux PUL H À plus forte raison.Chroniques de L'Action Dans ses chroniques publiées dans i'hebdo ianaudois L'Action entre 2007 et 2011, LOUIS CORNELLIER fait fièche de presque tout bois, dans un style ailiant fougue et ciarté.(514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec»» 226 pages 19,95 $ A Abonnez-vous à INFO-PUL www.pulaval.com pard Le Devoir lRÈS ' f» Gas = ALM./! Du 23 au 29 mai 2011 Romans québécois 1 A.N.G.E.• Tome 9 Cenotaphium AnneRobillard/Wellan 1/3 2 Au bord de la lirnère • Tome 1 Baptiste Michel David/Hurtubise 2/5 3 Le secret du coffre bleu Use Dion/Libre Expression 4/18 4 Dans mes yeux à moi Josélito Michaud/Libre Expression 3/12 5 Pas ce soir ma chérie, j’ai mai à ia tête Isabelle Dubé/Intouchables 10/2 6 Revenir de ioin Marie Laberge/Boréal 5/31 7 L’escapade sans retour de Sophie Parent Mylène Gilbert-Dumas/VLB 8/8 8 Les héritiers d’Enkidiev • Tome 3 Les dieux aiiés AnneRobillard/Wellan 6/8 9 Le jardin du docteur Des Œiiiets Denis Monette/Logiques -/I 10 Femmes de gangsters • Tome 1 Le compiot de Santa Ana Varda Étienne/Intouchables 9/7 Romans étrangers 1 L’étrange voyage de monsieur Daidry Marc Lévy/Robert Laffont 1/3 2 L’appei de range Guillaume Musso/XO 2/7 3 Quand reviendras-tu ?Mary Higgins Clark/Albin Michel -/I 4 Mini-accro du shopping Sophie Kinsella/Belfond 4/3 5 Le cimetière de Prague Umberto Eco/Grasset 3/5 6 Dérive arctique Clive Cussler j Dirk Cussler/Grasset 7/2 7 Dôme • Tome 1 Stephen King/Albin Michel 5/10 8 Tempête sur Cape Cod.Une enquête de Regan Reiiiy Carol Higgins Clark/Albin Michel 8/4 9 Un si joli visage Lori Lansens/Alto 6/2 10 Duo à trois Emily Giffin/Michel Lafbn 9/2 '?’Essais québécois 1 Mafia inc.Grandeur et misère du cian siciiien au Québec André Cédilot j André Noël/Homme 3/31 2 Poing à ia iigne Normand Lester/Intouchables 2/9 3 Le retour turbuient de Dieu.Politique, religion et laïcité Sami Aoun/Médiaspaul 1/4 4 L’anxiété.Le cancer de l’âme Louise Reid/JCL 6/2 5 J’aurais voté oui, mais j’étais trop petit François Saint-Louis/Editas -/I 6 L’envers de l’assiette Laure Waridel/Écosociété -/I 7 II y a trop d’images.Textes épars 1993-2010 Bernard Émond/Lux 4/3 8 L’état du Québec 2011 Collectif/Boréal 7/8 9 Troisième millénaire.Bilan final - Chroniques impertinentes Jean-François Lisée/Alain Stanké 5/9 10 Le Québec : territoire incertain Henri Dorion | Jean-Riul Lacasse/Septentrion 8/3 ?’Essais étrangers 1 Notre poison quotidien Marie-Monique Robin/Alain Stanké 2/3 2 Les mots de ma vie Bernard Pivot/Albin Michel 1/3 3 Demain, qui gouvernera le monde ?Jacques Attali/Fayard 3/4 4 Indignez-vous ! Stéphane Hessel/Indigène 5/18 5 Une brève histoire de l’avenir Jacques Attali/LGF 6/13 6 L’oligarchie ça suffiL vive la démocratie Hervé Kempf/Seuil 4/16 7 Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers?Stephen William Hawking/Odile Jacob 7/8 8 La voie.Pour l’avenir de l’humanité Edgar Morin/Fayard 9/4 9 Travail, les raisons de la colère Vincent de Gaulejac/Seuil -/I -/I sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Bs^anl et est constitué des relevés de caisse de 171 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patnmoine canadien pour le projet Sa^.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite. F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 JUIN 2011 LECTURES D’ETE LITTERATURE HAÏTIENNE De l’idée au germe Les jardins naissent^ de l’écrivain haïtien Jean-Euphèle Milcé, nourrit le rêve d’une « guérilla verte » à Port-au-Prince CHRISTIAN DESMEULES Le grand tremblement de terre de janvier 2010 n’a pas fini de faire sentir ses secousses.Les centaines de milliers de personnes qui vivent toujours dans des camps de fortune pourraient, au premier chef, en témoigner.C’est sur cette terre fendue que sème Les jardins naissent, le quatrième roman de Jean-Euphèle Milcé.L’écrivain haïtien, né en 1969, aujourd’hui réinstallé en Haiti, a vécu en Suisse romande durant plusieurs années.11 a publié auparavant quelques titres chez Bernard Campiche, un petit éditeur suisse {L’Alphabet des nuits, Un archipel dans mon bain), puis d’autres plus récemment en Haiti {L’Envers des rives et Ease myon kou fait).Marianne, la narratrice de ce court roman campé dans le chaos de Port-au-Prince après la catastrophe, est une petite blonde française d’une trentaine d’années engagée dans «une multinationale de l’humanitaire», le Comité international de la Croix-Rouge (ou CICR).Sa présence en Haiti découle d’un projet global d’aimer le monde et de l’habiter utilement.Or la sensation d’enfermement qui la poursuivait à Paris est encore là.Elle qui ne cherche pourtant qu’à sauver sa peau en participant à sauver celles des autres se retrouve captive de la structure rigide de l’ONG, contrainte par l’économie tordue de l’humanitaire et les mesures de sécurité asséchantes qu’on lui impose.Elle fera par hasard la rencontre d’un artiste haïtien, mis en prison à Port-au-Prince après avoir été expulsé du Canada pour des irrégularités administratives.Daniel, qui a retrouvé sa liberté à la faveur du tremblement de terre, activement recherché par la police, porte sur son visage «la marque de temps sombres».Et sa colère envers les bobos, les homosexuels gauchisants ou les quinquagénaires lubriques qui se sont multipliés dans son pays depuis la catastrophe est infetigable.Une histoire d’amour?Lui, une vision l’anime: l’idée de faire pousser des jardins potagers sur des sites rasés de la ville.Autant de promesses de beauté, de «rêves de cache-cache dans une ville ré- aménagée» — et bonjour patate douce, manioc, mais, pois Congo, aubergine, fleurs de toutes sortes.De la guérilla verte, en somme.Du terrorisme horticole.L’idée, vite germée, atteint des proportions sérieuses {«Le désir d’Haïti est incompatible avec la demi-mesure»).Emballée elle aussi par le projet, mais rapidement sanctionnée pour ses fréquentations, Marianne décide de ne pas rentrer en Europe et de prendre le large avec ses nouveaux amis, allant même jusqu’à faire croire à son kidnapping.Une histoire d’amour?Presque, mais pas tout à fait.Jean-Euphèle Milcé ne cède pas à cette facilité.Sa critique acerbe d’un système décati ne le permettait peut-être pas.L’é- tranger doit partir, puisque «partir d’ici est la règle».Comme un organisme en crise expulse un corps étranger.Pour se soigner, ou pour mourir.A la fois constat lucide contre certains des ravages de «l’industrie» de l’humanitaire, mot d’ordre, cri de ralliement et coup d’œil sans complaisance sur la terrible impuissance haïtienne.Les jardins naissent est un petit livre porteur de révolte et d’espoir.Et l’espoir, «c’est l’attente de demain, qu’il soit déchiqueté ou bien normal».Collaborateur du Devoir LES JARDINS NAISSENT Jean-Euphèle Milcé Coups de tête Montréal, 2011,136 pages BEDE Passé simple et futur alambiqué EABIEN DEGLISE Qui a dit que l’avenir se devait d’être plus intelligent?Certainement pas le duo de bédéistes formé de Erancis Desharnais (le père de Burquette) et de Pierre Bouchard (l’homme derrière le Famine Bidon), qui ont décidé de réfléchir sur le Québec d’aujourd’hui en se transportant dans celui de l’an.2514 et ses environs.Le résultat prend la forme d’un récit de «science-fiction du terroir» forcément désopilant et grinçant intitulé Motel Galactic, troisième créature littéraire de la jeune maison d’édition Pow Pow.L’idée est loufoque.Elle met aussi en scène un certain Pierre Bouchard, deuxième clone d’un Pierre Bouchard qui aurait vécu ici-bas dans les années 1990-2000 avant de périr dans un accident de motonei-ge.Paraît-il.Par ses yeux, le lecteur va découvrir un univers éclaté, à un demi-siècle d’ici, où les gens ont cessé de faire des enfants, préférant se clouer à l’infini pour s’assurer l’immortalité, où les déplacements se font en spatio-jet (quand ils fonctionnent) et où la serveuse de chez Pedro Guedille Cosmique — là où le Zpagnat et la SOURCE POW POW Illustration de Pierre Bouchard pour Motel Galactic Molpon tablette sont légion — a forcément de «grosses boules».«C’est devenu un genre de loi non écrite que toutes les filles devaient se faire modifier de même, explique le clone.C’est cave.Comme les to-tons sont tous de la même taille, on peut pu vraiment apprécier ce que ça vaut.» La preuve est faite, et elle est rassurante: le futur envisagé ici, avec ses répliques d’El-vis, son mausolée André Arthur, son village de Saguenay transporté en banlieue de Du- L'ECHANGE MARGOT CAMPBELL L’habit de lumière Margot Campbell^ 9 ]p CW L habit (le lumi('re/IG' Une réflexion ironique et amusante sur la quête de la jeunesse éternelle.haï, ne donne pas forcément envie d’accélérer la marche du progrès.Mais il a tout pour faire vachement rire du présent et c’est déjà beaucoup.Un retour aux sources Alors que les uns sont pris avec un futur surréel, Harold, lui, préfère renouer avec le passé simple de sa Bretagne d’origine afin d’envisager, en prenant un peu de recul, son passage dans la vingtaine.Marche ou rêve (Dargaud), petit bijou en mode introspection légère, résume ce charmant retour aux sources, imaginé par Laurel et Elric.Avec un coup de crayon ludique et séduisant, on y suit la douce dérive du jeune urbain de 19 ans, perplexe de- vant son existence, sur les chemins de son enfance, ceux qui conduisent à la maison de sa grand-mère ou à celle de Mathilde, la voisine, qui a forcément grandi.11 est question de famille, de secrets de famille, de la découverte de l’autre, de chats, mais également de ces histoires de vie, de ces questionnements sur la condition humaine qui se suivent, se succèdent et se dépassent dans l’espace et le temps.En dévoilant toujours leurs prévisibles similitudes et leur amusante banalité.Le Devoir MOTEL GALACTIC Francis Desharnais et Pierre Bouchard Pow Pow Montréal, 2011,108 pages MARCHE OU RÊVE Laurel et Elric Dargaud Bruxelles, 2011,80 pages à Rosalie Jette et les filles-mères au XIX® siècle GRAND PRIX DU LIVRE DE LA MONTÉRÉGIE 2011 - catégorie essai « [Micheline] Lachance transforme ici son mémoire de maîtrise en récit biographique de Rosalie Cadron-Jetté, fondatrice de l'Hospice de Sainte-Pélagie dite la Miséricorde, où allaient, dans la honte, accoucher les femmes qui se retrouvaient enceintes hors des sacro-saints liens du mariage.» - Le Devoir NICOLAS KOKIS Sergio Kokis effectue un retour en force.en poche.EN BREF Kokis en poche Les romans du prolifique Sergio Kokis sont tous republiés en format poche par la nouvelle enseigne de son ancien éditeur Gaétan Lévesque.L’Art du maquillage, Errances, Le Maître du jeu.Le Pavillon des miroirs.Le Retour de Lorenzo Sanchez, Un sourire blindé etNegao et Dora-lice sont tous réédités par Lévesque éditeur, dans la collection «Prise deux».Discret depuis le changement de propriétaire de son ancien éditeur, Kokis effectue un retour en force.- Le Devoir Les marchés de bibliothèques La Grande Bibliothèque tient son Marché aux livres du 2 au 5 juin dans le hall de l’édifice: 22 000 bouciuins seront vendus.Romans, essais, bandes dessinées, livres jeunesse, CD ou guides de voyages s’écouleront tout au long du week-end, pour un prix variant de 1 $ à 10 $.A noter que le Marché iq’accepte que l’argent comptant.A Notre-Dame-de-Grâce, la bibliothèque Benny tient de son côté son marché le 11 juin.Tous les bouquins sont soldés à 2 $ ou moins.Au 3465, avenue Benny, de 9h30 à 15h.- Le Devoir Le retour des bouquiuistes L’allée des bouquinistes, située derrière la Grande Bibliothèque, dans la ruelle Savoie, est de retour depuis quelques jours.Des libraires spécialisés y proposent des documents anciens à prix doux.Cet espace saisonnier dédié aux livres est ouvert les vendredis de 16h à 22h, les samedis de 12h à 22h et les dimanches de 12h à 18h, et ce, jusqu’au 2 octobre.Un bon endroit pour dénicher, par une belle journée d’été, de vieux livres, mais aussi des cartes postales, des gravures, des affiches, etc.-Le Devoir CARTE BLANCHE - En librairie, 19,95$ (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec aU C^aUes.ims.pjmmÂianâ, Veil cÀ l'aehat de trois, Uores,^ £e tJ)arehemjM, oous.offre.À 15% 20% % de raiuiiâ, mur le.premier lufre.* derabah, sur le.deuxième lùme* de rabais sur le troisième Here*.’.en, eùfuear fuufu'au, 26 pdn 2011 sur préseitiatien de eette amuMee Mulemetti le Parch -ffTy I Mezzanine métro Berri-UQAM, 505, rue Salnte-Cafherine Tél.: 514-845-5243 MAVAVLparchemin.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 JUIN 2011 F 5 LECTURES D’ETE LITTERATURE FRANÇAISE L’écrivain voyageur de l’été GUYLAINE MASSOUTRE Si le journaliste-voyageur-écrivain Pierre Assouline, dans Vies de Job (Gallimard), a su raconter riiistoire d’une histoire, sans poncifs, avec une allégresse propre à sa vie de lecteur, s’il a su motiver le tout en y nouant ses racines, rien d’aussi différent que Si beau, si fragile de son confrère Daniel Mendelsohn.Le critique littéraire américain est pourtant un écrivain voyageur, lui aussi, un sacré lecteur et un raconteur hors pair.Inoubliable, pour qui a ouvert la première page et s’est vu tôt à la dernière, est son enquête insigne, Les Disparus, une histoire familiale effacée dans la Shoah.Le récit, couvrant la toile mondiale de l’émigration, fouille la mémoire des témoins et la restitue avec une rigueur sans pareille.Telle est en effet la biographie «à l’américaine», qui livre un dossier détaillé, à l’instar d’une instruction criminelle.L’enquête a force de vérité, tant la volonté de savoir et de mettre au grand jour rejoint les mots fidèles à la mémoire d’un réel évanoui.Bien l’écrire ajoute ce qui fait la saveur ultime de ces ouvrages.Si beau, si fragile est une somme de cette espèce.Mendelsohn l’a composée avec son esprit critique soucieux du grand public, moins appliqué à former un tout qu’Assouline.C’est au contraire le florilège d’une vie de lecteur, au gré des découvertes et des coups de cœur, dont l’exposé minutieux nourrit une passion sous-jacente.Mendelsohn s’enflamme rarement, mais il a aussi sa collection d’originaux et de détraqués.L’un et l’autre style font de beaux ouvrages.Tous deux donnent envie de lire et constituent d’excellents plaidoyers pour un vaste réseau de lectures d’été./ Eclairages soignés Si beau, si fragile plonge dans la littérature avec force pages fluides de compte rendu objectif.L’information circule, à quoi s’ajoute une évaluation de la valeur littéraire, agréable et aisée à lire.La première personne est là, plus discrète que voyante, intimement accordée à cette facture américaine du journalisme, aux lignes claires dans la vulgarisation.Que la littérature soit tragique, politique, reliée aux conflits de nations ou de la personne, Mendelsohn l’accueille et lui donne une empreinte nette, intelligente, dans une géographie internationale.Cet élé- PIERRE VERDY AEP Daniel Mendelsohn photographié lors de la sortie des Disparus, en 2007 gant tour d’un esprit curieux, soucieux de l’autre, il dit en être redevable à sa culture française.Francophone par l’école, formé à la culture gréco-romaine classique et à la littérature française, il trouve d’ailleurs une meilleure réception de ses livres en, France et au Québec qu’aux Etats-Unis.Serait-ce qu’il y allie deux univers?Dans cet essai, vous découvrirez ses héromes, les héroismes, l’éros qu’il recadre et de grandes œuvres bâties sur les guerres ou les vies privées.Vous y lirez de la critique de théâtre, de films connus et plongerez dans les classiques, tels Cafavy, Oscar Wilde ou Henry James.La vie des écrivains n’y est pas oubliée.ûs Bienveillantes, de Jonathan Littell, occupe un passionnant chapitre.On se souvient que ce gros roman, choquant par sa violence extrême, a campé les perversions d’un nazi cultivé.Quel est l’avis de Mendelsohn, lui qui a été si loin dans la reconstruction de cette époque affi'euse?Positif.S’abstenant de juger l’imaginaire, il demeure fort du fait que la natu- re humaine est inconnaissable.Même les souvenirs, raconte-t-il preuves à l’appui, ne sont pas fiables.La littérature et la biographie ont des points communs.Lire en connaissance de cause Assouline, littell, Mendelsohn: leurs ouvrages fascinent Entre le critique et l’écrivain demeurent les personnages et des situations insondables.Issues de ce puits, les écritures se retrouvent au miroir de ce qui renvoie l’un à l’autre, cette volonté de savoir et ce désir de dire.Notre époque s’y mire au complet Voilà pourquoi il faut les lire, et maintenant, quelques autres suggestions.D’abord, Noir souci, un récit de René de Cec-catty (Flammarion), est une riche biographie «à la française» — presque un essai — sur Leopardi.Cet amoureux romantique, figurant au pinacle des lettres florentines, mort de la peste à Naples, n’a vécu que 39 ans; mais il laisse les poèmes mélancoliques d’une vie d’artiste aux grands sentiments.Ceccatty en fait un ob- jet dramatique aux résonances esthétiques entêtantes.Léger et fantaisiste, Charly 9 de JeanTeulé Qulliard), portrait d’un gamin pleutre responsable du massacre de la Saint-Barthélemy, entraîne son lecteur dans une Renaissance théâtrale: on dirait George Sand donnant le jeu dans son château de No-hant.Enfin, de Jean-Pierre Otte, Un cercle de lecteurs autour d’une poêlée de châtaignes (Julliard), qualifié de roman, réussit le tour de force de citer 90 auteurs dans une grande bouffe verbale, entre andouille, poularde et omelette aux girolles, arrosées de saint-joseph et de médoc.Joyeux festin! Collaboratrice du Devoir SI BEAU, SI FRAGILE Daniel Mendelsohn Flammarion Paris, 2011,428 pages NOIR SOUCI René de Ceccaty Flammarion Paris, 2011,265 pages Vengeance à Buenos Aires Un thriller signé Sergio Kokis Clandestino roman Nuits noires, amour-méfiance et assassinat Photojournalistes en péril Un polar de Guillaume Lapierre-Desnoyers Pour m pas moiirir ( h 80IR Pour ne pas mourir ce soir roman DISTRIBUTION DIMEDIA INC Coumel general@dimediaqcca Site Internet wwwdimediaqcca L evesque éditeur Presses de l’Université Laval LE CONSERVATISME AU QUÉBEC Prix Donald-Smiley 2011 de rAssociation canadienne de science politique pour le meilleur livre publié en français sur un sujet traitant de la politique ou du gouvernement au Canada collection 4 - .- Frédéric Boily Retour sur une tradition oubliée V Frédéric Boily Professeur agrégé de science politique au Campus Saint-Jean à K.FUniversité de FAlberta.Abonnez-vous à INFO-PUL www.pulaval.com POLARS Hong Kong et les dragons de Jérome Bosch MICHEL BELAIR Dans le Quartier chinois de Los Angeles, Harry Bosch enquête sur l’assassinat d’un vieil homme criblé de balles derrière le comptoir de son magasin; son instinct lui fait voir la scène comme ________ une exécution, un «avertissement» des triades chinoises qui rançqnnent le quartier.Étant donné le caractère particulier de l’affaire, Bosch est jumelé à un inspecteur de l’Asian Gang Unit (AGU), David Chu, un homme auquel il arrive difficilement à faire confiance.Les indices sont rares, mais les deux policiers mettent bientôt la main sur un suspect qui s’apprêtait à quitter LA en vitesse.Presque au même moment, Hiéronymus Bosch, dit Harry, reçoit un appel lui suggérant de «laisser tomber».Et comme si ça ne suffisait pas, il trouve aussi une vidéo de 30 secondes sur son téléphone: on y voit sa fille, qui vit à Hong Kong avec sa mère, ligotée à une chaise dans un hôtel de passe, terrorisée, bâillonnée.Comme le dit le quatrième de couverture du plus récent thriller de Michael Connelly: le pire cauchemar de sa vie viept de commencer.Évidemment, Bosch pète les plombs! Il cuisine son suspect encore un peu plus raide, mais il ne réussit pas à en tirer quoi que ce soit, même après avoir plus tard fouillé son appartement déguisé en fantôme.Convaincu d’un lien entre les deux affaires, convaincu aussi d’une fuite à l’intérieur des rangs de la police, il décide de tirer d’abord sa fille Madeline des mains de ses ravisseurs et il saute dans un avion pour Hong Kong.Dès qu’il met le pied au pays des neuf dragons, les choses se précipitent: Eleanor, l’ancienne agente du «Bu- reau», mère de Madeline, l’attend, prête à se lancer elle aussi dans cette course contre la montre.L’action est plantée: on ne vous en dira pas plus.Sauf, bien sûr, pour souligner qu’avec un Harry Bosch égal à lui-même, toujours vif, toujours étonnant dans ses «statements» sur la bêtise bureaucratique ou l’évolution du rôle de la police dans la société moderne, Connelly nous fait plonger dans un monde étrange.Un monde étranger plutôt.Derrière les tours du centre-ville puis plus loin, derrière les enfilades de canyons de 40 étages de la monstrueuse mégalopole qu’est devenue Hong Kong, on passe rapidement aux fonds de ruelle embrumés de Blade Runner et à un fébrile climat d’intrigues immémoriales et de flottements en tous genres tout droit surgis du Tat Pan ou de La Noble Maison de James Clavel.La quête de l’inspecteur Bosch se transforme rapidement en un menaçant choc des cultures.Abordant presque le sujet comme le journaliste qu’il fut avant de devenir célèbre, Connelly nous apprend des choses fascinantes sur l’hydre qu’est devenue Hong Kong, sur les triades aussi et les codes qui les régissent.Tout comme sur les hommes, bien sûr, avec leurs innommables petitesses quotidiennes et leurs grandeurs insoupçonnées.Comme chaque fois que l’on fait un bout de chemin avec Harry.Le Devoir LES NEUF DRAGONS Michael Connelly Traduit de l’américain par Robert Pépin Seuil Policiers Paris, 2011,404 pages L’AVENTURE DE VOTRE ETE M\uTiN Fourni] r m AVKNTURtS DE RADISSON t • L’enfer ne brûle pas AUSSI DISPONIBLE EN FORMAT PDF « On termine ce roman historique (qui est en fait un roman d’aventures aussi incroyables que véridiques) en se disant; Daniel Boone et Davy Crockett peuvent aller se rhabiller ! Dès les premières pages on est saisi par les tribulations d’un jeune Parisien qui débarque aux Trois-Rivières, en 1651, et qui est rapidement capturé par les Iroquois.Rocambolesque, mais vrai.» Paul jAcauES, Le Clap @0 FEUILLETAGE EN LIGNE: 3078 6^SEPTENTRI0N.QC.CA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Le Mamywata « Claude Grenier [.] propose un regard de l’intérieur sur un monde complexe, où la magie et l’instinct de survie se côtoient dans la lumière vibrante et les couleurs chatoyantes.[.] Derrière cette fascination pour l’Afrique, il y a aussi un véritable travail d’écrivain, une écriture fluide et sans esbroufe, une histoire prenante et des personnages loin d’être unidimensionnels.» - Josée Lapointe, La Presse (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec aQ F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 JUIN 2011 LECTURES D’ETE Les bombes et la Toile comme armes Louis Cornellier Auteur du succès de^ librairie Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours (Lux, 2006), le célèbre historien et intellectuel de gauche américain Howard Zinn était boqibardier pendant la Seconde Guerre mondiale.A la mi-avril 1945, il déversait du napalm sur la ville française de Royan, près de Bordeaux, afin d’anéantir une garnison allemande.De retour dans son pays quelques mois plus tard, il se réjouit quand il apprend qu’une bombe atomique a été larguée sur Hiroshima, le 6 août 1945.Pour lui, cet événement annonçait la fin de la guerre et sa démobilisation.Un an plus tard, il lira un reportage de John Hersey, un des premiers journalistes américains à se rendre à Hiroshima après le bombardement, paru dans le New Yorker.Les témoignages de survivants recueillis par Hersey bouleverseront Zinn.Il découvrira alors l’horreur absolue des bombardements aériens et fera tout pour partager sa prise de conscience avec ses compatriotes.L’immoralité des bombardements L’opuscule La Bombe, qui paraît en français à titre posthume puisque Zinn est mort en 2010, contient deux courts essais qui illustrent la profonde immoralité de la stratégie des bombardements aériens.Le premier, publié en 1995, traite du cas d’Hiroshima et le second, publié en 2010, revient sur le bombardement de Royan.«Il ne s’agit pas, insiste l’historien, que de réfléchir à un drame irréparable, appartenant au passé et ayant touché autrui: la question nous concerne tous, aujourd’hui témoins d’atrocités qui, bien qu’elles s’en distinguent par leurs détails, équivalent moralement à celles qu’ont subies Hiroshima et Nagasaki.» Des civils, en effet, meurent aujourd’hui, en Afghanistan et en Libye, sous les bombes de l’OTAN.Le Canada, membre de cette organisation, s’apprête à dépenser des milliards pour acheter des avions de guerre.Les fascistes suscitaient l’indignation, rappelle Zinn, parce qu’ils se livraient à des bombardements aveugles de civils.Les Alliés, en Allemagne et au Japon, en ont fait autant.«Si le terme “terroriste” a la moindre signification, précise l’historien, il s’applique parfaitement aux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki», comme à ceux de Cologne, de Francfort et d’Hambourg.Justifiés par une logique de représailles, ces bombardements font «comme si l’attaque de Pearl Harbor avait été commise par les enfants d’Hiroshima ou que les chambres à gaz avaient été administrées par les réfugiés s’entassant à Dresde».Cette violence de masse, a-t-on dit alors comme on continue de le dire aujourd’hui, était nécessaire pour combattre le fascisme.«Nous devrions maintenant savoir, réplique Zinn, que l’horreur des moyens est toujours certaine tandis que la pertinence des fins ne l’est jamais.» L’historien montre, en effet, que, à l’été 1945, les Japonais cherchaient à capituler sans perdre la face et que l’horreur atomique n’était pas nécessaire.Les Etats-Unis ont donc «exterminé 200 000 personnes dans le but d’affirmer leur puissance» et de tester leurs nouvelles armes.A Royan, de même, les Allemands étaient prêts à se rendre.L’attaque au napalm de la ville était donc stratégiquement inutile.Pour l’historien, toutefois, l’enjeu de cette discussion est d’abord moral.«Peut-on, deman- de-t-il, justifier les atrocités que les bombardements massifs caractéristiques des guerres modernes infligent à des centaines de milliers d’étres humains par des “nécessités” d’ordre militaire, stratégique ou politique?» Si nous croyons, comme Zinn, que la réponse est non, parce que la vie des autres vaut la nôtre, nous avons le devoir, avec nos modestes moyens de citoyens, de le faire savoir à ceux qui commettent ces atrocités en notre nom.Aux commandes de son avion, au cœur de l’action, le bombardier Zinn répandait la mort la conscience tranquille.C’est comme citoyen qu’il a pris conscience de l’immoralité de ses actions militaires.En racontant son évolution morale avec clarté, intelligence et émotion, il nous invitait, encore un mois avant sa mort, à briser notre indifférence meurtrière.Grenades virtuelles Les Etats-Unis n’ont pas eu besoin de bombarder la Tunisie et l’Egypte pour renverser les régimes dictatoriaux de ces pays.Le «printemps arabe», cette révolte spontanée des masses écrasées, aura suffi.Est-ce si simple?Physicien, enseignant et journaliste montréalais d’origine algérienne.Ahmed Bensaada ne partage pas cette analyse.Dans Arabesque américaine.Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe, il tente de mettre au jour la «présence d’une main américaine derrière ces révoltes».Selon Bensaada, de riches organismes américains, comme la USAID, la NED, Freedom House et l’Open Society Institute de George Soros auraient, avec la connivence du gouvernement étatsunien et l’aide de Google et Twitter, largement financé la formation des cyberdissi-dents à l’origine du «printemps arabe».Déjà testée lors des «révolutions colorées» dans les pays de l’Est (Serbie, Géorgie, Ukraine, Kirghizistan), cette méthode de déstabilisation des gouvernements étrangers, notamment inspirée par «l’idéologie de résistance individuelle non violente» théorisée par le philosophe américain Gene Sharp, aurait été reprise presque telle quelle dans les pays arabes.Bensaada reconnaît que «le peuple de la rue arabe a été courageux et [que] beaucoup de militants se sont sacrifiés», mais il montre aussi «que cela ne s’est pas fait sans l’aide^ considérable et de longue haleine des États-Unis».Il craint donc des lendemains décevants puisque la politique étrangère des Américains «n’a jamais été un modèle de philanthropie».Solidement documentée, quoique s’appuyant parfois sur des sources douteuses, reconnues pour leur antiaméricanisme primaire Qean-Guy Allard, Michel Chossu-dovsky, Thierry Meyssan), l’analyse de Bensaada force la remise en question de l’interprétation romantique du «printemps arabe».louisco@sympatico.ca LA BOMBE De l’inutilité des bombardements aériens Howard Zinn Traduit de l’anglais par Nicolas Calvé Lux Montréal, 2011,96 pages ARABESQUE AMÉRICAINE Le rôle des États-Unis dans les révoltes DE LA RUE ARABE Ahmed Bensaada Michel Brûlé Montréal, 2011,120 pages PHILOSOPHIE Difficile laïcité La sécularisation ne saurait être confondue avec un idéal de protection de la liberté de conscience GEORGES LEROUX Les débats sur la laïcité, au Québec comme ailleurs, mobilisent plusieurs intellectuels et on peut se réjouir de voir s’y engager des historiens, comme Yvan Lamonde, et des philosophes, comme Charles Taylor et Jocelyn Maclure.Leur contribution permet de compenser le repli médiatique sur des enjeux parfois très limités, comme le port des signes religieux, au détriment de questions complexes, comme l’jntégration ou le soutien de l’État aux écoles confessionnelles.Grâce à eux, la discussion se montre ouverte à la poursuite d’un meilleur consensus sur les principes de la laïcité et l’évolution du modèle le plus susceptible d’y satisfaire.C’est sur cet horizon, à la fois sociologique et philosophique, que Jean Baubérot et Micheline Milot proposent le résultat de leur réflexion.L’un et l’autre ont une longue expérience du débat public, ils ont participé à des commissions importantes, ici et en France, et leur travail les a conduits à développer une approche qui se signale par deux traits essentiels: d’une part, parce que leur connaissance du terrain les a rendus sensibles à la complexité de chaque situation, ce livre propose une ap- proche nuancée, critique de toutes les positions radicales, de l’accommodement tous azimuts à la laïcité républicaine autoritaire.La recherche d’une via media est certes le chemin le moins commode, c’est néanmoins celui qu’ils ont choisi.D’autre part, cette approche a l’ambition de se poser au-delà des circonstances particulières et les auteurs développent divers modèles, ou paradigmes, dans le but de fournir une interprétation cohérente des conflits et des luttes qu’ils observent dans les sociétés pluralistes.Un riche équilibre Ces deux traits composent un riche équilibre, car en dépit du fait que leur recherche les conduit à une position d’ouverture, mise en avant dans la promotion d’une laïcité de reconnaissance, on ne trouvera pas dans ce livre une approche doctrinaire: la réflexion sur les principes rend en effet possible un dépassement des positions conflictuelles et constitue un appel au dialogue.Fondée sur une connaissance méticuleuse du débat européen et québécois (avec une ouverture sur la situation américaine), cette réflexion nous renvoie à une exceptionnelle bibliographie, qui par elle-même témoigne de la complexité de leur effort f J La chasse aux étoiles « L’écrivaine aime avant tout expiorer ies reiations entre les individus, ies rencontres liées au hasard.[.On y retrouve les enquêtes, mystères et révélations soudaines présents dans plusieurs de ses romans.Le rythme soutenu en fait une lecture divertissante.» - Marie-Claude Girard, La Presse (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com Le livre est divisé en six parties, qu’on peut lire séparément La première est consacrée à l’histoire d’un idéal qui a émergé dans l’Europe des guerres de religion et qui, de Locke à Condorcet, a permis de dégager la primauté du principe 4e la neutralité de l’État et le droit de la liberté de conscience.Le premier but de la laïcité, en tant que mode d’organisation politique, est la protection de cette liberté et de l’égalité de tous les citoyens.On trouvera dans la deuxième partie une importante analyse du concept, qui permet aux auteurs de dégager six modèles (ou idéaltypes) de la laïcité: ces modèles se différencient selon la place laissée à la séparation des pouvoirs et selon l’engagement de la laïcité dans le processus de sécularisation, qui n’en est pas toujours clairement distingué.Lequel de ces modèles se révèle le plus apte à respecter les finalités?Critiques 4’une pure laïcité de séparation, les auteurs don- Une synthèse accomplie de vingt années de recherche en matière de laïcité nent de bons arguments pour privilégier une laïcité de reconnaissance et de collaboration, mais ils mettent en garde contre l’adoption de solutions toutes faites.La troisième partie est la plus concrète, et constitue un essai en soi.Les auteurs proposent une réflexion sur le pluralisme des sociétés démocratiques et ils analysent, selon les catégories mises en œuvre dans leurs modèles, les conflits, à la fois ouverts et latents, entre le refoulement séculier de toute appartenance religieuse visible et, réciproquement, les revendications d’un rôle accru des religions dans le débat public.Très critiques des solutions simplistes, notamment en ce qui concerne les limitations proposées aux droits individuels par les tenants d’une laïcité de pure séparation, Baubérot et Milot soulignent à juste titre l’importance des enjeux d’intégration, dans un contexte oû les majorités ont souvent tendance à oublier l’historicité de leurs privilèges.Cet exposé re- marquable s’appuie non seulement sur l’analyse des principes, mais sur une expertise sociologique nuancée.Les droits de la conscience La sécularisation et la laïcité font souvent l’objet d’une discussion confuse et les auteurs ne font pas mystère de leur lecture de cette confusion: souvent délibérément promue au motif d’une éducation libératrice des préjugés archaïques, la sécularisation ne saurait être confondue avec un idéal de protection de la liberté de conscience.Déjà, Pierre Bayle avait reconnu les 4roits de la conscience errante dans une société libre et rien ne semble plus contraire à la liberté que l’imposition d’une conception séculière par le moyen de la laïcité.On trouvera donc ici un exposé fidèle aux idéaux modernes et une discussion rigoureuse de la sécularisation compie processus de la modernité.A cet exposé, la cinquième partie apporte un complément important, en proposant une analyse des seuüs de laïcisation dans les sociétés pluralistes.Cette analyse historique présen- te peut-être le défaut d’un certain historicisme, mais elle a l’avantage de s’appuyer sur des indicateurs sociologiques précis.La dernière partie sera sans doute utile à tous ceux pour qui le modèle de la laïcité française semble le seul disponible; les auteurs y analysent les grandeurs du pacte laïque résultant de la loi de 1905, mais ils en montrent aussi les apories dans le contexte contemporain.Experts reconnus et intervenants actifs dans le débat actuel, Jean Baubérot et Micheline Milot offrent ici une synthèse accomplie de vingt années de recherche.Leur approche nuancée et leur dialogue avec la réflexion transnationale font de ce livre un outil indispensable pour tous ceux, et en particulier les responsables politiques, qui s’intéressent à l’avenir 4u pluralisme dans nos sociétés.Collaborateur du Devoir LAÏCITÉS SANS FRONTIÈRES Jean Baubérot et Micheline Milot Seuil, «La couleur des idées» Paris, 2011,339 pages Gaspard" LE TOUT NOUVEAU SERVICE D'ANALYSE DE VENTES DU LIVRE FRANCOPHONE! 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