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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2011-05-14, Collections de BAnQ.

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Été culturel : De Gaspé à Montréal comme Louise Penny : une success story Yukon : En roulant à Québec, des musées pour un été de culture rêvée.Le crime est son affaire.Cahier G Cahier Livres www.ledevoir.com4- sur Dempster Highway Cahier Plaisirs LE DEVOIR Vol.CII N°107 4 LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 2,63$ + TAXES = 2,99$ Entrevue exclusive Duceppe, un homme blessé L’ex-chef du Bloc envoie un message au PQ : sous-estimer la défaite serait une erreur A lire en pages A 6 et A 7 Uéditorial de Bernard Descôteaux Parler moins, écouter plus, page B 4 /'.'l AGENCE ERANCE-PRESSE PERSPECTIVES Mitterrand canonisé ¦ À lire en pages B 1 et B 4 JUSTICE Deux démissions à ia Cour suprême ¦ À lire en page A 3 INDEX Actualités.A3 Annonces.C 10 Avis pubiics.C 6 Bourse.C 2 Carrières.C 4 Décès.C 10 Economie.Cl Éditorial.B 4 Idées .B 5 Monde.C 7 Mots croisés C 11 Météo.C 8 Perspectives.B 1 Philosophie.B 6 Sports.C 11 Sudoku.D 5 Plan Nord Le «PlanNord» de 1912 n’est pas encore complété Jean Charest n’est pas le premier chef libéral à faire rêver les Québécois avec le «formidable potentiel du Nord».Il y a un siècle, c’est un véritable premier Plan Nord que Lomer Gouin échafaudait avec l’annexion de l’Ungava.Développer le Nord semble toutefois plus facile à dire qu’à faire: 100 ans plus tard, ce premier Plan Nord n’est pas encore complété! ANTOINE ROBITAILLE Québec — Les historiens n’aiment pas l’expression «l’histoire se répète», mais on dirait bien parfois q\i’«au pays de Québec, rien n’a changé.Rien ne changera», selon les mots de Louis Hé-mon au début de Maria Chapdelaine.Il faut relire les débats et articles autour de l’annexion par le Québec de l’Ungava (appelé par la suite Nouveau-Québec, vocable en voie de disparition, qui recoupe le Nunavik et le nord de la Jamésie) et les discours de Lomer Gouin de 1909 à 1912 pour prendre conscience, à un siècle de distance, que l’histoire semble vraiment bégayer.«Le gouvernement profite de la prolongation de la session pour annexer l’Ungava une troisième fois.E paraît que c’est la dernière» raille le correspondant du Devoir ]eaa Dumont, le 2 avril 1912.«M.Gouin fait tout comme si c’était la première fois.E nous inflige encore un discours sur le sujet», ajoute-t-il, caustique.L’annexion de l’Ungava, cette portion de territoire VOIR PAGE A 12: PLAN ¦ Un risque pour les finances publiques, à lire en pages A 8 et A 9 ARCHIVES NATIONALES DU QUEBEC Lomer Gouin, premier ministre du Québec de 1905 à 1920 Sondage Léger Marketing-Læ Devoir L’appui à la souveraineté ne fléchit pas ¦ Le PQ formerait un gouvernement majoritaire ¦ L’ADQ gagne quatre points pour atteindre 18 % ROBERT DUTRISAC Québec — Même si les Québécois ont voté en masse à la dernière élection pour un parti fédéraliste, le Nouveau Parti démocratique, donnant une dégelée au Bloc québécois, leur appui à la souveraineté n’a pas fléchi d’un iota.C’est ce que montre le dernier sondage Léger Marketing-Ze Devoir.Ainsi, 41 après répartition voteraient pour la souveraineté du Québec si un référendum avait lieu, un appui semblable à celui reflété dans un sondage effectué par la même firme juste avant les élections fédérales du 2 mai, soit 43 %.Le sondage a été réalisé par Internet entre le 9 et le 11 mai auprès de 1000 personnes.Un sondage probabiliste avec un tel échantillon aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.«Le facteur le plus haut dans le sondage, c’est la souveraineté à 41 %.Et le Parti québécois comme le Bloc n’arrivent pas à démontrer aux souverainistes que l’appui à leur parti est nécessaire», a commenté, hier, le président de Léger Marketing, VOIR PAGE A 12: APPUI 70 des répondants L’insatisfaction envers le gouvernement Charest a diminué de 11 points en deux mois 64® Festival de Cannes Un pape mort de trac Nanni Moretti concourt avec Habemus Papam ODILE TREMBLAY Le Devoir à Cannes Le Saint-Siège n’a pas condamné le fibn urbi et orbi lors de sa sortie en salles italiennes le mois dernier.Radio Vatican n’y décela «aucun sarcasme, aucune caricature».Aucune mise à l’index n’a donc suivi, contrairement à Da Vinci Code.L’appel au boycottage lancé par L’Avvenire, le jour- _ nal de la Conférence des évêques catholiques dTtalie, a fait chou blanc et les ( gens ont adoré le fibn, vrai succès public.Certains ecclésiastiques ont même salué l’humanité de ce pape de peUicule.«Les intégristes existent dans toutes les religions, dira Nanni Moretti, VOIR PAGE A 12: MORETTI ¦ Le Love Story de Gus Van Sant, page C 9 ¦ Nos ambassadeurs sur la Croisette, à lire dans le cahier Culture 77831302834820 Audi Vorsprung durch Technik m I • k » » k Imagination et ingénierie ne font qu'un.Du cerveau de nos ingénieurs est issu un véhicule de luxe d'un tout nouveau genre.Un véritable coupé cinq portes dont se dégage tant d'émotions que vous en serez remué, même à l'arrêt.La nouvelle A7 : tout ce que nous avions imaginé a pris forme, exactement.La nouvelle Audi A7 audi.ca © 2011 Audi Canada.Modèle européen montré.« Audi », « A7 », « Vorsprung durch Technik » et l'emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de AUDI AG.Pour en savoir plus sur Audi, voyez votre concessionnaire, composez le 1 800 3B7 AUDI ou visitez-nous à www.audi.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 A 3 ACTUALITES RVM’J ta frequence ! RADIOVM.COM ADRIAN WYLD REUTERS Les juges de la Cour suprême: (en avant, dans l’ordre habituel) Marie Deschamps, William lan Cornell Binnie, Beverley McLachlin, Louis LeBel, Morris Fish, (derrière) Marshall Rothstein, Rosalie Silberman Abella, Louise Charron et Thomas Cromwell.Deux juges de la Cour suprême parteut plus tôt que prévu À la fin de son mandat, Harper aura nommé six des neuf juges GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa — La Cour suprême du Canada aura un visage bien différent à la fin du mandat majoritaire du gouvernement conservateur, en octobre 2015: l’annonce, hier, du départ prématuré des juges Louise Charron et lan Binnie fait en sorte que M.Harper aura nommé au moins six des neuf juges du plus haut tribunal du pays lorsque les prochaines élections seront déclenchées.Nommé à la Cour suprême en 1998, M.Binnie aurait pu siéger jusqu’au 14 avril 2014, jour de son 75® anniversaire.Son départ annoncé pour le mois d’août n’est pas une surprise en soi, précise-t-on à la Cour suprême: près de la moitié des juges quittent leur poste avant la fin de son terme.Mais la décision de Louise Charron de suivre son collègue Binnie apparaît plus étonnante.Nommée en 2004, Mme Charron aurait pu siéger jusqu’en 2026.«Toute la communauté ju- ridique est surprise», a affirmé hier une source.Dans un communiqué diffusé par la Cour suprême, Mme Charron évoque des raisons personnelles pour expliquer son choix.«J’ai eu 60 ans récemment.Mon époux et moi sommes en bonne santé.Je suis juge depuis 23 ans et le septième anniversaire de ma nomination à la Cour suprême me semble le moment idéal pour passer à autre chose.» Quant à M.Binnie, il a indiqué que «le temps est venu de retourner à Toronto et de renouer avec certains aspects de [son] existence antérieure».M.Binnie était un plaideur réputé au moment de sa nomination à la Cour suprême.«Un vide important» Ces deux départs créeront un «vide important au sein de la Cour», a écrit hier le juge en chef, Beverley McLachlin.Mme McLachlin s’est dite «certaine que le gouvernement canadien fera de la nomination des deux nouveaux juges une priorité et agira avec tout le soin et toute la diligence nécessaires dans les circonstances».Ces propos rappellent que le processus de nomination des juges ne comporte pratiquement aucune règle fixe.La Cour peut d’ailleurs siéger avec un nombre restreint de juges (le quorum est de cinq).«Par convention, les deux nouveaux juges devraient venir de l’Ontario, comme M.Binnie et Mme Charron, indiquait hier un porte-parole de la Cour suprême.Mais pour le reste, c’est au premier ministre de décider.» M.Harper a dévoilé en soirée le processus qui sera suivi.La communauté juridique sera consultée et même le public pourra faire des suggestions.Un comité de cinq députés, dont deux de l’opposition, étudiera la liste.Mais c’est le comité de sélection de la Cour suprême qui évaluera les candidats et fournira au premier ministre une liste de six noms.Les deux personnes choisies par M.Harper seront ensuite entendues devant un comité parlementaire spécial.Selon Sébastien Grammond, professeur de droit à l’Université d’Ottawa et ancien recherchiste pour le juge Antonio Lamer, il n’y a pas lieu de craindre des nominations partisanes.«Les deux nominations faites par M.Harper étaient tout à fait valables, dit-il.Ce sont d’abord de bons juristes, pas des idéologues.Il n’y a rien qui indique que M.Harper voudra nommer des gens radicaux», croit M.Grammond.Ce dernier a surtout hâte de voir si M.Harper tiendra compte du projet de loi néodémocrate (A232 sur le bilinguisme des juges à la Cour suprême au moment de faire son choix, même si les conservateurs s’y sont opposés.Outre M.Binnie et Mme Charron, Stephen H^er devra aussi remplacer les juges Morris Fish en novembre 2013 et Louis LeBel un an plus tard.Les mandats de Beverly McLachlin, de Rosalie Silberman Abella et de Marie Deschamps se terminent respectivement en 2018, en 2021 et en 2027.Le Devoir Jugement de la Cour suprême Les agendas des ministres resteront secrets Ottawa — Les premiers ministres du Canada et leurs ministres pourront garder leurs secrets: la Cour suprême a décidé que leurs agendas n’ont pas à être dévoilés au public.Ils n’auront pas non plus à rendre publics leurs itinéraires passés, leurs notes personnelles et leurs courriels internes, a tranché le plus haut tribunal du pays dans un jugement unanime rendu hier.Les neuf juges ont ainsi confirmé que les cabinets des ministres et le bureau du premier ministre ne sont pas soumis à la Loi sur l’accès à l’information.Les documents politiques qui s’y trouvent sont donc inaccessibles aux citoyens, sauf pour les documents qui pourraient aussi être accessibles aux employés des divers ministères.«Un pas en arrière» C’est la Commission d’accès à l’information du Canada qui mène cette bataille jmidique de front depuis une dizaine d’années, pom que le public ait accès à ces documents.Il a été plaidé que les Canadiens ont le droit de les voir pour savoir comment leurs élus dirigent le pays, et qui tente d’influencer le gouvernement.Mais c’est le gouvernement qui aura eu raison dans ce bras de fer qui dure depuis plus de 10 ans.«C’est un pas en arrière», a déclaré d’emblée la commissaire à l’information, Suzanne Legault.Selon elle, la décision restreint la portée de la Loi sur l’accès à l’information.Les Canadiens ne pourront plus consulter bon nombre de documents gouvernementaux, estime-t-elle.«Il faut s’assurer que les décisions importantes au niveau de l’administration publique soient disponibles aux Canadiens à travers l’accès à l’information pour que les Canadiens puissent tenir leurs gouvernements imputables de leurs décisions», a-t-elle expliqué.Sans cela, «ils n’auront aucune idée de ce qui est décidé en leur nom», a-t-elle précisé.Dans leur décision, les neuf juges ont établi un test pour déterminer ce que le premier ministre et ses ministres sont tenus de rendre public en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.Leurs documents n’ont pas à être dévoilés, sauf si un haut fonctionnaire d’un ministère a pu en demander copie et l’obtenir.Par exemple, si le sous-ministre des Transports a pu avoir accès à un document qui se trouve au cabinet de son ministre, celui-ci peut être divulgué, puisqu’il est alors sous le contrôle du ministère.«Il n’existe aucune présomption d’inaccessibilité», a tenu bon de préciser la Cour sous la plume de la juge Louise Charron.Les agendas Mais c’est une autre histoire pour les agendas.Il est impossible — en tout temps — d’y avoir accès.Et cela, parce qu’ils contiennent des renseignements personnels.Normalement, les employés et les cadres des ministères sont tenus de divulguer leurs cahiers de rendez-vous, car ils contiennent de l’information clairement reliée à leur travail et leurs fonctions.Mais le premier ministre et les ministres ne sont pas considérés par la loi comme des employés, ni des cadres, a tranché la Cour suprême.La juge Charron a pris soin de préciser que la décision n’est pas une réflexion sur le bien-fondé de garder ces documents secrets.Il s’agit uniquement d’une interprétation de la loi actuelle.Justement, Mme Legault est d’avis que la loi devrait être modifiée.Car elle n’est pas du tout convaincue du test établi par la Coin suprême.Il n’est pas clair, selon elle, et va mener à une situation d’analyse au cas par cas.«Ce qui va mener à potentiellement beaucoup plus de litiges et beaucoup plus de coûts pour les Canadiens en matière d’administration de l’accès à l’information», craint-elle.La Presse eanadienne EN BREF Prudence avec le prix de l’essence Le premier ministre Jean Charest invite à la prudence en ce qui concerne l’idée de fixer un prix plafond à l’essence au Québec, comme vient de le faire la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick, qui a établi le prix maximum pour la province à 1,24 $ le litre d’essence ordinaire.Pendant ce temps, à Montréal hier, le prix du litre d’essence tournait autour de 1,42 $ après avoir atteint 1,46 $ la veille.Le premier ministre Charest a manifesté peu d’intérêt pour une telle intervention au Québec.«On ne veut pas, en fixant un prix plafond, finir par fixer un prix plancher que les Québécois vont payer trop cher parce que le marché aura changé.On ne veut pas faire une solution à court terme qui va nous coûter plus cher à long terme», a objecté M.Charest.- La Presse canadienne Les conservateurs perdent un siège à Rivière-du-Loup Le parti conservateur vient de perdre son siège dans la circonscription de Montma-gny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.Après dépouillement judiciaire, le siège revient au néodémocrate François Lapointe, qui gagne par 9 voix sur son adversaire.Le 2 mai dernier, le député conservateur Bernard Généreux avait été déclaré vainqueur par 110 voix, alors que le dépouillement officiel a donné la victoire au parti de Jack Layton.Les conservateurs n’ont désormais plus que cinq députés au Québec.Il reste encore trois dépouillements judiciaires dont l’issue est encore inconnue, dans les circonscriptions ontariennes d’Etobicoke-Centre et de Nipissing-Temiskaming ainsi que dans Winnipeg-Nord, au Manitoba.- Le Devoir Achetons immédiatement tableaux canadiens et européens.Antiquités haut de gamme.Grande valeur offerte.Dallaire Perron Fortin Gagnon KrieghofF Franchère 35".ajjxüversaire Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Côté et autres.Êvtduation verbale gratuite pom les noms d-haut mentionnés, selon la disponibilité.Cklude Lâfitte; évaluateur et expert œnseil itte depuis 1975 • 514.842.1270 2160 rue Crescent, Montréal, www.lafitte.com SOLDE MI-SAISON Jusqu'à 30% de rabais COMPLETS À partir de 269,99$ Tailles fortes et élancées À partir de 299,99$ VESTONS SPORT À partir de 139,99$ Tailles fortes et élancées À partir de 149,99$ CHEMISES HABILLÉES À partir de 29,99$ Tailles fortes et élancées À partir de 34,99$ CHAUSSURES Pointures 7 à 12 À partir de 79,99 $ RETOUCHES GRATUiTES par nos tailleurs sur les 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A 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gérard Deltell ACTION DEMOCRATIQUE DU QUEBEC Une première charge contre les syndicats Québec — Gérard Deltell s’insurge contre les syndicats de l’enseignement, à qui il reproche d’utiliser les écoliers à des fins de propagande syndicale.Le chef de l’Action démocratique a tiré hier une première salve contre les syndicats à la veille d’un conseil général au cours duquel les délégués adé-quistes discuteront des moyens à prendre pour réduire l’influence des grandes centrales.En entrevue à la Presse canadienne, M.Deltell a dénoncé les méthodes employées par des membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) pour inviter les citoyens à un «grand rassemblement populaire» prévu aujourd’hui devant l’Assemblée nationale à Québec.Le chef adéquiste a dit trouver odieux que des enseignants aient jugé bon de glisser des cartons d’invitation à l’intention des parents dans le sac des écoliers.«Cest tout à fait scandaleux.Ce n’est pas vrai que l’on peut se servir des enfants pourfaire de la propagande syndicale.On veut que les débats se fassent correctement, que les gens puissent manifester, mais quand on est rendu à se servir des enfants pour demander aux parents de venir, c’est scandaleux», a fulminé M.Deltell.Cet épisode conforte la conviction du chef adéquiste voulant que les organisations syndicales aient «dérivé» de leur mission première en épousant diverses causes politiques et sociales sur le compte des cotisations des travailleurs.Les délégués réunis en conseil général en fin de semaine à Trois-Rivières se pencheront d’ailleurs sur une proposition visant à limiter les cotisations syndicales aux strictes activités de négociation des conventions collectives et de défense des conditions de travail.Pour sa part, la Fédération des syndicats de l’enseignement reconnaît que «quelques enseignants» de la région de Québec ont remis des cartons d’invitation à des écoliers, mais affirme qu’il s’agit de gestes isolés.11 n’y a eu aucun mot d’ordre à cet effet a assuré une porte-parole, Sylvie Lemieux.La Presse eanadienne Les îles du Saint-Laurent sont protégées La ministre Normandeau dépose son projet de loi interdisant l’exploration pétrolière et gazière sur les îles de l’estuaire ALEXANDRE SHIELDS Après avoir promis en septembre dernier qu’elle interdirait toute exploration pétrolière et gazière sur les îles de l’es-tuaîre du Saint-Laurent, la ministre Nathalie Normandeau a finalement déposé cette semaine un projet de loi afin de concrétiser son engagement En entrevue au Devoir hier, elle a indiqué que tous les permis seraient révoqués de façon «permanente» dès l’adoption du projet de loi.En plus des îles, le ht du fleuve entre Québec et Trois-Rivières est présentement visé par des permis détenus par l’entreprise Junex.Les entreprises ne pourront par ailleurs pas effectuer de forages à partir de la rive du Saint-Laurent si ceux-ci servent à forer par la suite à l’horizon pour se rendre sous le Ht du Saint-Laurent Le projet de loi ne prévoit toutefois pas de révoquer les permis d’exploration en vigueur sur l’île de Montréal et à Laval.Ces permis sont détenus par une entreprise dont le premier actionnaire est italien.Mais pas question d’autoriser de travaux, a tenu à préciser Mme Normandeau.Qui plus est a souligné la ministre, le gouvernement n’offrira pas de compensation aux entreprises qui avaient acquis leurs droits d’exploration en respectant les règles édictées par le ministère des Ressources naturelles.11 n’a toutefois pas été possible hier d’obtenir de réaction de la part des entreprises qui se verront retirer leurs permis.Celles-ci pourraient par exemple intenter des recours contre le gouvernement afin d’obtenir une indemnité financière.Selon ce qu’avait révélé Le Devoir en septembre dernier, les plus belles îles de l’estuaire du Saint-Laurent sont visées par des permis d’qxploration pétrolière et gazière: l’île-aux-Qies, l’isle-aux-Grues, l’Isle-aux-Coudres, l’île Verte, l’île du Bic et l’île Saint-Barnabé.Les groupes environne- mentaux qui interviennent sur le Saint-Laurent ont salué hier le dépôt du projet de loi 18.Ils ont du même souffle demandé à la ministre de faire preuve de prudence avant de s’avancer sur une éventuelle exploitation pétrolière dans le golfe, ce qui semble être le souhait du gouvernement Charest.Une évaluation environnementale stratégique est en cours pour cette portion du Saint-Laurent Elle est menée par la firme Genivar, qui a acquis ses derniers mois une entreprise alber-taine spécialisée dans la conception et la gestion d’installations pétrolières et gazières.Le Devoir Exploitation des gaz de schiste Québec défend le comité responsable de l’EES ROBERT DUTRISAC Québec — Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a défendu bec et ongles la composition du comité responsable de la réalisation de l’évaluation environnementale stratégique (EFS) visant l’exploitation des gaz de schiste.Selon la porte-parole du ministère, Hélène Simard, il est «erroné sinon tendancieux» d’écrire, comme le faisait Le Devoir dans son édition d’hier, que 8 des 11 personnes qui composent ce comité représentent le secteur privé et le gouvernement.Qn ne peut pas non plus affirmer qu’aucun écologiste n’y participe.Le comité est composé de trois représentants des trois ministères touchés — soit son pré-sidenf Robert Joly, du MDDER qui est écologiste de formation, Sébastien Desrochers, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, et Lucie Ramsay, du ministère des Affaires municipales et de l’Qccupation du territoire — et de deux représentants de l’industrie, soit Jean-Yves Lavoie, de Junex, et de Marianne Molgat, de Talisman Energy.Le comité comprend aussi deux représentants du monde municipal et deux représentants de la société civile.Un des deux représentants de la société civile, Michel Lamontagne, ne provient pas du secteur privé, a soutenu Mme Simard, bien qu’il soit administrateur d’un regroupement de l’industrie environnementale.Réseau environnement.M.Lamontagne, qui détient une maîtrise en écologie, fut le premier président du Bureau d’audiences pu- bliques sur l’environnement (BAPE).11 a été pendant neuf ans directeur des Muséums nature Cardin botanique.Planétarium, Insectarium et Biodôme) à la ViUe de Montréal.Recommandés Enfin, les deux représentants du monde municipal ont été recommandés par rUnion des municipalités du Québec (UMQ) et par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), a souligné le ministère.Jean Perras est conseiller au sein de la firme de comptable Rajunond Chabot Grant Thornton.11 a été maire de la municipalité de Chelsea, en Qutaouais.Quant à Pierre Boucher, il est un i^énieur qui a été actif à l’Association canadienne du ciment et chez Innergex.Le BAPE a fourni une liste de candidats au ministre Pierre Ar- cand, qui a fait son choix à partir des recommandations du ministère.«On a travaillé à partir des recommandations du BAPE en ajoutant la présence de représentants de la société civile, a indiqué Mme Simard.Un des défis, c’était d’avoir un comité avec des expériences pertinentes, mais surtout complémentaires.» La députée de Vachon et porte-parole de l’opposition officielle, Martine Quellet, a réclamé que la responsabilité de mener à bien l’EES soit confiée au BAPE.«Ça n’a pas de bon sens que les gazières soient juges et parties», a-t-elle fait valoir.Selon elle, l’EES ne doit pas servir de prétexte pour procéder à d’autres fracturations de puits au Québec, un avis que défend un collectif de 149 scientifiques québécois.Le Devoir Prix Reconnaissance UQAM 2011 L’UQAM célèbre la réussite des diplômés qui contribuent à l’avancement de la société.ESG UQAM Ginette Charest mba 96 Présidente-directrice générale Opération Enfant Soleil SCIENCE POLITIQUE ET DROIT Marlene D.Jennings llb.86 Députée sortante Notre-Dame-de-Grâce-Lachine ARTS SCIENCES Catherine Major bmus.(interprétation populaire) 03 Auteure-compositrice-interprète I [J COMMUNICATION Céline Muloin BA Animation culturelle 81 Présidente et directrice générale Fondation Tel-jeunes Marilou Cousineau B.Sc.Intervention en activité physique 04 Coordonnatrice de la formation préparatoire et enseignante d’acrobatie École nationale de cirque SCIENCES DE L’ÉDUCATION Lorraine Lamoureux Beauchamp B.Sp.Ens.(éducation physique) 75 Personne-ressource et responsable Carrefour national de l’insertion professionnelle en enseignement SCIENCES HUMAINES Maryse Alcindor o.Q.B.Sp.Histoire 73; M.A Histoire 78 Administratrice d’état www.prixreconnaissance.uqam.ca Assurance Mélodie Monnex L’effet UQÀM porter Au menu, un rabais tout garni, 30 % sur tous les vols Porter.Un rabais garni avec ies meiiieurs ingrédients : service chaieureux, confort à bord, consommations et coiiations gratuites.Régaiez-vous ! 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valable pour les nouvelles réservations seulement.•Les tarifs aller simple incluent les services de NAV Canada, les frais d’assurance et les frais d’amélioration aéroportuaire (FAA), mais excluent les taxes et frais gouvernementaux.Les tarifs à destination de Montréal peuvent être différents.flyporter.com A 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 MAI 2011 A 7 ENmVÜB EXCIDSIÏE AVEC GILLES DDCEPPE Gilles Duceppe un homme blessé L’ex-chef du Bloc envoie un message au PQ : sous-estimer la défaite serait une erreur GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Laval — On le remarque à son teint pâle, mais aussi à sa voix.Moins vibrante, presque trop discrète pour cet homme.Une voix capable de dominer le brouhaha des Communes, mais qui cette fois peine à franchir la table.Gilles Duceppe est aujourd’hui un homme blessé.Un cartésien désorienté par une défaite cinglante, inattendue, sans appel.Absolument pas remis de la raclée du 2 mai, Gilles Duceppe est apparu fragile, mercredi, alors qu’il accordait au Devoir la seule entrevue prévue pour souligner son départ.Fragile.mais néanmoins lucide.Assez pour lancer un avertissement au mouvement souverainiste: ce revers du Bloc ne doit pas être pris à la légère.Ceux qui le considéreront comme un simple accident de parcours feront une erreur.Le député pé-quiste Bernard Drainville affirmait par exemple cette semaine que la défaite du Bloc ne représentait pas une sanction un pays du projet souverainiste.M.Duceppe craint ce genre de discours aux lunettes un peu roses.«Quand tu es souverainiste et que tu gagnes, c’est une bonne chose.Mais tu ne peux pas dire que c’est une bonne chose de perdre.» Une défaite est une défaite, rappelle-t-il.«Le PQ doit faire l’analyse de cette situation.Il ne faut jamais tenir les choses pour acquises.Ce n’est pas parce qu’une chose n’existe pas réellement qu’elle ne peut pas exister un moment donné.Il y a eu le NPD, mais il y a aussi François Legault qui fait des scores extraordinaires sans exister.Le PQ n’a pas le choix d’en tenir compte.Il a deux ans pour s’ajuster: ça veut dire travailler très fort, consolider son monde, mener les bonnes batailles.Il n’y a jamais rien qui nous tombe dans les mains.» Le prochain grand rendez-vous des souverainistes, celui à ne pas manquer, sera donc l’élection provinciale, dit celui qui était jusqu’ici le leader souverainiste le plus apprécié des Québécois.«Il est très clair que le PQ doit remporter la prochaine élection.On ne pourrait pas dire avec une défaite que le mouvement souverainiste vient d’avancer.Il faut qu’il gagne.» «Il faut travailler le discours souverainiste pour aller plus loin que le slogan “On veut Ça, les jeunes le crient toutes les deux minutes dans les assemblées.Mais il faut les impliquer plus.» Jeunes C’est notamment pour aider le PQ à y arriver que Gilles Duceppe souhaite que le Bloc demeure en place à Ottawa et au Québec.«Il faut rester aux aguets et donner le maximum pour que le PQ soit élu.Nous avons des militants et des moyens que personne d’autre n’a au Québec», croit M.Duceppe.Reste qu’avec une présence aussi discrète au Parlement fédéral — quatre députés, pas de droit de parole automatique lors de la période de questions, aucun budget de recherche, une attention médiatique très diminuée —, le Bloc devra surtout faire un «travail de terrain», pense le chef démissionnaire.Questionné à plusieurs reprises sur la profondeur de la remise en question que doit faire son ancien parti, Gilles Duceppe est demeuré vague.Il ne veut pas «jouer aux belles-mères», un créneau populaire chez les ex-leaders souverainistes.«C’est aux militants de décider des orientations du parti», dit-il.Sauf qu’il y a un élément incontournable, croit M.Duceppe: le mouvement souverainiste doit mieux savoir approcher les jeunes s’il veut progresser.«Il faut travailler le discours souverainiste pour aller plus loin que le slogan “On veut un pays”.Ça, les jeunes le crient toutes les deux minutes dans les assemblées.Mais il faut les impliquer plus.» «Les jeunes ont des sensibilités différentes [de celles des plus vieux électeurs]; ils n’ont pas nécessairement la même mémoire du passé», indique aussi M.Duceppe.Une façon de reconnaître que les sorties de Jacques Parizeau et Gérald Larose à la fin de la campagne électorale n’étaient pas l’idée du siècle pour convaincre les jeunes de voter Bloc plutôt que NPD.Tant M.Parizeau que M.Larose ont évoqué la nuit des longs couteaux, le rapatriement de la Constitution ou l’échec de l’accord du lac Meech, des événements qu’une large part de l’électorat de 2011 n’a pas connus.Les fantômes Cela dit, Gilles Duceppe ne s’explique toujours pas complètement les raisons de la défaite du 2 mai.Jamais il n’avait envisagé pareil scénario.Les stratèges bloquistes avaient bien vu que le NPD prenait du galon d’élection en élection: 158 000 votes en 2004, et 441 000 en 2008.C’est notamment pour cette raison que le Bloc a tenté d’attirer d’anciens candidats néodémocrates, une initiative qui n’a pas eu beaucoup d’impact.Mais même là, M.Duceppe reconnaît que ça n’aurait probablement pas changé grand-chose.La «poudre du changement» était prête à embraser le Québec, et c’est Jack Layton qui avait l’allumette.Du chef néodémocrate, Gilles Duceppe avoue une admiration pour le «courage».Mais il en a contre les promesses, jugées irréalistes, de M.Layton.«Je ne suis pas d’accord avec l’incohérence de promettre des choses qui ne relèvent pas d’Ottawa, comme les médecins en région, dit M.Duceppe.Et que ses candidats n’aient même pas fait campagne.» Ça, il n’en revient pas: «Nous, on était présents même dans le West Island, sans aucune illusion sur nos chances de victoire!» lance-t-il.Durant l’entrevue, le chef démissionnaire reviendra ainsi souvent sur le «manque de respect» de ceux qui n’ont pas visité leur circonscription en 37 jours de campagne, ou des candidats qui parlent un français laborieux (Ruth Ellen Brosseau et Tyrone Benskin).On sent chez lui la frustration sourde de ne pas avoir pu mener la campagne qu’il souhaitait.D’abord parce que Jack Lay-ton était inattaquable, dit M.Duceppe.«Quand M.Layton est revenu en Chambre pour les votes juste avant la dissolution [il venait d’être opéré à la hanche], j’étais avec Louis Pla-mondon [doyen du Bloc et un des quatre députés élus].Il m’a dit: “Tu crois qu’il sera capable de faire la campagne?” Mais pour moi, la question était claire.J’ai dit à Louis: “Le problème, ce n’est pas ça.Le problème, c’est que ça va lui attirer tellement de sympathie.’’Alors, il a fallu faire attention de ne pas trop l’attaquer, parce qu’on aurait eu l’air de s’attaquer à quelqu’un de bien, de souriant, de courageux.En même temps, il faut bien poser des questions.Ce n’est pas facile à jouer.Et quand on a voulu débattre avec d’autres néodémocrates, on a trouvé des fantômes.» Le manque d’expérience de la députation néodémocrate le laisse perplexe et songeur.«Dans ma circonscription, la nouvelle députée [Hélène Laverdière] a dit que le principal problème de Laurier-Sainte-Marie était le transport en commun.Écoutez: il y a six stations de métro et 25 lignes d’autobus dans 9 km^! C’est comme si je disais qu’il faut arrêter les coupes à blanc dans le parc Lafontaine.Mais c’était le changement: c’est très dur de se battre contre ça.» Se refaire une santé Gilles Duceppe l’a dit en conférence de presse mercredi: une défaite comme celle du 2 mai est «très dure pour le moral».«Mes enfants m’appellent deux fois par jour pour s’assurer que je vais bien.Je leur dis oui, mais je ne dois pas être très convaincant parce qu’ils rappellent toujours.Ils me sentent fragile», raconte-t-il en entrevue.Il faut dire que le changement est brutal.Depuis 20 ans, sa vie a été rythmée par le calendrier de la Chambre des communes, les luttes à mener, la mission souveraineté.Depuis 14 ans et son élection comme chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe a été sous les feux de la rampe, au cœur de l’action et de l’actualité politique.La moindre parole était scrutée par les médias nationaux, la moindre sortie, commentée.Et puis: plus rien.Du jour au lendemain, on tire le rideau.«Oui, il y a un sentiment de rejet, même si les gens viennent me dire que ce n’est pas ça.Mais je suis fait comme ça: je prends tout sur mes épaules.Yolande [son épouse] me dit que je devrais être fier.Mais quand tu as perdu, tu as perdu.Et ce n’est jamais plaisant de perdre», dit-il en ajoutant que cela fait partie de la politique et que ses victoires à lui ont aussi été des défaites pour d’autres.«Quand on donne des coups, il faut savoir en recevoir.» Encore sonné et abasourdi, Gilles Duceppe veut prendre le temps de se «reshaper» avant d’envisager quoi que ce soit d’autre.Première étape: «réorganiser [sa] vie».Hier et jeudi, il a ainsi passé plusieurs heures à vider son bureau et son appartement à Ottawa.Dans l’état actuel des choses, ce sont des détails qui lui pèsent beaucoup.«Tous ces petits “guédis” à régler.J’hais ça.» Surtout que ça implique de dire au revoir à tous les employés de soutien du Bloc, qui perdent aussi leur emploi, de son chauffeur aux attachés de presse.«C’est difficile pour tout le monde.Mais c’est la vie.» En attendant les vacances annuelles de sa femme directrice d’école, M.Duceppe se consacrera au vélo, à la cuisine (il a au moins gardé ce statut de chef), à la lecture, à l’écoute de musique.Tout pour évacuer «la fatigue accumulée, autant physique qu’émotive».Pour le reste, il verra.Il dit «sincèrement» n’avoir aucune idée de la suite des choses.Le PQ?Il ne ferme pas la porte, mais ne l’ouvre pas non plus.«Quand on me demandera [de participer de quelque façon que ce soit au mouvement souverainiste],/g verrai.Si on me le demande.J’aime autant ne pas me faire d’idée: je m’en étais fait une des résultats du 2 mai, et ce n’était pas la bonne.» Le Devoir L ’ ^ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les dates importantes de la carrière de Gilles Duceppe 1968-1969: vice-président de l’Union générale des étudiants du Québec.1983-1990: conseiller syndical et négociateur à la CSN.13 août 1990: premier député élu sous la bannière du Bloc québécois.Il bat le jeune candidat libéral Denis Coderre dans Laurier-Sainte-Marie.1996: il assure l’intérim à la tête du Bloc entre le départ de Lucien Bouchard et l’élection de Michel Gauthier.Mars 1997: Gilles Duceppe est élu chef du Bloc québécois.Il est chef de l’opposition officielle jusqu’en juin.Juin 1997: sa première campagne comme chef est difficile.L’épisode du «bonnet» lui colle à la peau.Le Bloc passe de 54 à 44 députés.Novembre 2000: devancé par les libéraux au Québec lors des élections générales, le Bloc conserve 38 sièges.JACQUES NADEAU LE DEVOIR SHAUN BEST REUTERS Juin 2004: le scandale des commandites — mis au jour en partie par le Bloc — propulse Gilles Duceppe et le Bloc, lequel remporte 54 sièges.Été 2005: au sommet de sa popularité, Gilles Duceppe refuse de se lancer dans la course à la succession de Bernard Landry.11 mai 2007: Gilles Duceppe annonce qu’il participera à la course à la chefferie du PQ, contre Pauline Marois.12 mai 2007: Duceppe fait volte-face et revient à Ottawa: les militants du Bloc lui renouvellent leur confiance.Octobre 2008: le Bloc perd quelques appuis lors des élections, mais conserve 49 sièges.Août 2010: Duceppe célèbre les 20 ans de son élection.2 mai 2011: le Bloc s’effondre aux élections, balayé par le Nouveau Parti démocratique.Quatre députés survivent.Battu dans sa circonscription, M.Duceppe annonce sa démission.Photos: (1) Gilles Duceppe célèbre sa nommination à la tête du Bloc le 15 mars 1997.(2) Été 2005, il est au sommet de sa popularité.(3) Le 2 mai 2011, Duceppe vient de perdre les élections et annonce sa démission du Bloc québécois le soir-même.(4) Duceppe aux côtés de Bernard Landry, qui était alors chef du Parti québécois.(5) Le 13 août 1990, Gilles Duceppe est le premier député élu sous la bannière du Bloc québécois (ici en compagnie du député de Rosemont, Benoît Tremblay).JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ce qu’il en dit : JACQUES NADEAU LE DEVOIR Stephen Harper: «C’est un cartésien.On a ça en commun.Il est animé d’une haine viscérale envers les libéraux.Là, il doit être content.Il a segmenté l’opinion publique en décidant de façon claire, nette et précise de gagner à tout prix.Et ça, c’est dangereux.Parce qu’on peut oublier les objectifs fondamentaux de la démocratie.C’est ce qui donne les armes de destruction massive de Bush.» Deux erreurs de sa campagne : «On a fait une tournée de 11 jours en région au début de la campagne.C’était peut-être une erreur [de partir aussi longtemps] parce que ces événements sont moins couverts par les médias.Mais on n’avait pas le choix: nous avons dû passer plusieurs jours à Montréal au départ parce que nos autobus n’étaient pas prêts.On s’est déjà fait prendre à deux reprises [en préparant des autobus pour rien] et on a perdu près d’un demi-million là-dedans.» «Si le fond des choses était vrai, la forme n’était pas bonne quand j’ai dit à Jack Layton qu’il ne serait jamais premier ministre.J’aurais dû me fier à Yogi Berra et respecter ma ligne: ne jamais faire de prédictions qui concernent l’avenir! C’est une carte qui a pu jouer pour donner l’impression qu’on mésestimait le NPD.» Le 11 mai 2007, GUles Duceppe annonce qu’il se lance dans la course à la succession d’André Boisclair.Vingt-quatre heures plus tard, il renonce à l’idée.Il raconte sa volte-face : «J’étais déterminé à ne pas y aller.Mon communiqué était écrit.Mais j’ai eu une dernière rencontre [avec un proche] qui devait me confirmer qu’il fallait que je reste à Ottawa.Sauf qu’au contraire, il m’a complètement “boosté” à y aller.Je l’ai annoncé.et j’ai compris dès lors que j’avais fait une erreur et que j’allais perdre.— Qui était ce proche?—Je ne le dirai pas.» Ce qui le rend le plus fier en 20 ans : «Avoir modernisé le projet souverainiste en imaginant ce que deviendrait chaque pouvoir fédéral dans un Québec souverain.Il y a aussi le fait d’avoir réussi à mettre en avant que la souveraineté ne se fera pas contre le Canada.Il n’y a pas une nation supérieure à une autre, le Canada est un grand pays.Je suis fier également de notre mémoire déposé à la commission Bouchard-Taylor.» Ce qui va lui manquer le plus: «Les réunions stratégiques tôt le matin à Ottawa, là oû on choisit les lignes éditoriales de la journée.On a eu des discussions politiques fort intéressantes.» I Certificat en gestion philanthropique DEVELOPPEMENT SOCIAL + COLLECTE DE FONDS + COMPETENCES ETHIQUES Faculté de l'éducation permanente ADMISSION AUTOMNE 2011 514 343.6090 www.fep.umontreal.ca/gestionphilanthropique A La Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et dipiomatiques et i’Association for Borderiands Studies présentent BARRIÈRES, MURS et FRONTIÈRES État d’insécurité ou insécurité de l’Ètat?UQAM M Conseil de recherches en Social Sciences and Humanities sciences humaines du Canada Research Council of Canada 1^1 Defense nationale Canada North Amencan Centtr forTran
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