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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2011-05-03, Collections de BAnQ.

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WWW.ledevoir.com4- LE DEVOIR Vol.C I I N ° 9 7 LE MARDI 3 MAI 2011 I,09$+taxes= 1,24$ GAUCHE ET DROITE FACE A FACE PLC Bloc Vert Parti conservateur NPD 103 + 67 sièges + 24 sieges 43 sieges - 44 sieges + 1 siege à 0h50 % ¦ Un gouvernement conservateur majoritaire ¦ Tornade néodémocrate ¦ Effondrement du Bloc, du PLC et de leurs chefs GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ce n’est pas tant une vague orange qu’un véritable tremblement de terre politique qui a frappé hier le Canada: la poussée irrésistible du NPD, qui a délogé les libéraux comme opposition officielle, a permis à Stephen Harper de se fau-fder et de remporter le grand pari d’obtenir une majorité.Au Québec, c’est l’hécatombe pour le Bloc québécois, pratiquement rayé de la carte.Battu dans sa circonscription, Gilles Duceppe a immédiatement annoncé sa démission comme chef du parti, un geste qu’il n’envisageait pas il y a encore quelques jours.Michael Ignatieff a lui aussi été battu dans Etobicoke-Lakeshore, alors qu’EIizabeth May est devenue la première élue verte de l’histoire.Autre première: à mi- ÉDITORIAL CHRIS WATTIE REUTERS Le chef conservateur, Stephen Harper, à Calgary hier.Il a finalement gagné son pari.nuit, le taux de participation avoisinait à peine les 51 %.Le portrait de la carte électorale VOIR PAGE A 10: EACE À EACE Rêves réalisés ^ JACQUES NADEAU LE DEVOIR DEMISSION Soutenuj)ar sa conjointe, Yolande Brunelle, Gilles Duceppe a annoncé hier soir sa démission comme chef du Bloc québécois après sa défaite-surprise dans Laurier-Sainte-Marie.LAirl r Elections fédérales 2011 Le Bloc > Durement secoué, Gilles Duceppe quitte son parti Pages A 2 et A3 La chronique de Michel David > La vraie fin d’un cycle, Page A4 Les verts > Elizabeth May fera son entrée au ParlemeuL Page A 2 Les néodémocrates > Jack Lajdon à la tête d’une opposition de gauche Page A3 Les libéraux > K.-0.avec Ignatieff, Page A 4 La chronique de Manon Cornellier > Marée basse, marée haute, Page A 3 La carte politique du pays > L’ensemble des résultats, région par région et les 75 circonscriptions du Québec Pages A 6 et A 7 ledevoir.com Toutes les nouvelles de dernière minute en ligne REUTERS Le chef du NPD, Jack Layton, et son épouse, Olivia Chow, réélue dans Trinity-Spadina, surveillant les gains néodémocrates, hier soir, à Toronto.Stephen Harper rêvait depuis des années à ce jour où le Parti conservateur formerait un gouvernement majoritaire, lui donnant tous les outils pour réorienter durablement les politiques de ce pays vers les valeurs morales qu’il défend.Voilà, c’est fait, grâce au hasard d’une mathématique électorale imprévisible.7 Cette majorité, elle est là.Solide! Qu peut être certain qu’il s’en servira, estimant qu’avec 40 % des suffrages il a la légitimité nécessaire pour agir.Qn sait que c’en est lait du registre des armes à feu d’épaule et que son «bouquet» de projets de loi prescrivant la loi et le bon ordre au Canada Bernard Descôteaux sera adopté rapidement.L’achat des P-35 se réalisera.Le Sénat deviendra électif.Et les entreprises auront leur réduction d’impôt D’emblée, il faut toutefois rappeler à Stephen Harper qu’il est le premier ministre de tous les Canadiens.Que cette majorité, il la doit à la division du vote du centre et de la gauche, qui lui a per-— mis de se faufiler.Que 60 % des Canadiens n’ont pas voté poiu son parti.Que le Parlement est le cœur de notre système démocratique et qu’il doit respecter l’opposition, dont le mandat est de parler au nom de tous ces citoyens qui ont une vision de VOIR PAGE A 10: RÊVES Ben Laden piégé dans le plus grand secret Même les autorités pakistanaises ne connaissaient pas les détails de l’opération MAJED JABER REUTERS SYRIE Le coup de filet dans les milieux démocrates se poursuit À lire en page B 7 INDEX Annonces.B 7 Avis publics.B 4 Culture.B 10 Décès.B 7 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Idées .A 9 Météo.B 8 Monde .B 6 Mots croisés.B 8 Sudoku.B 4 Télévision.B 9 CLAUDE LEVESQUE C> est au terme d’une opération préparée pendant des mois dans le plus grand secret qu’Qussama ben Laden est mort au Pakistan d’une balle dans la tête tirée par un commando américain chargé de l’éliminer.Survenant près de dix ans après les attentats du 11-Sep-tembre, le décès du terroriste le plus recherché de la planète a été salué dans le monde avec un enthousiasme prudent.Ben Laden a été tué dans la nuit de dimanche à hier par des membres du corps d’élite des Navy Seals dans l’imposante propriété qu’il occupait près d’une base et d’un hôpital militaires à Abbottabad, une ville de garnison cossue située à 60 kilomètres au nord de la capitale, Islamabad.VOIR PAGE A 10: BEN LADEN EAROOQ NAEEM AGENCE ERANCE-PRESSE L’imposante propriété qu’occupait Oussama ben Laden près d’une base et d’un hôpitai miiitaires à Abbottabad, à 60 kiiomètres au nord de ia capitaie pakistanaise, Isiamabad.¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 8: La méfiance d’Obama ¦ Marchés boursiers: l’inquiétude n’est pas morte avec Ben Laden, page B 1 ¦ Al-Qaïda vit encore, page B 6 ¦ Des Américains toujours sur le qui-vive, page B 6 77831302830019 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI S MAI 2011 LES PARTIS Le Bloc québécois encaisse un dur coup Au fur et à mesure que les résultats étaient dévoilés, le visage des partisans s’allongeait KATHLEEN LEVESQUE Soirée d’incertitude et de morosité pour le Bloc québécois.Au terme d’une campagne difficile, le Bloc a enregistré une déconfiture importante, qui a même emporté le chef Gilles Duceppe, qui a annoncé qu’il quittait son poste de chef du parti.«On avait oublié que la politique, c’est un sport extrême», a lancé Vivan Barbot, candidate dans Papineau et vice-présidente du Bloc.Selon elle, le Bloc a été pris dans un combat imprévisible, mais elle refuse de voir dans l’élan du NPD le rejet du Bloc québécois.Mme Barbot n’entend pas baisser les bras pour l’avenir.«On ne peut pas voir une organisation qu’on a bâti pendant tant d’années s’effondrer sans que cela nous fasse quelque chose.Ce n’est pas la fin du monde.On a déjà été un!» Une analyse des résultats s’impose, dit-elle.«Que des électeurs votent pour des gens du NPD qui ne sont même pas présents, dont ils ne connaissent pas « C’est sûr qu’on va prendre une débarque, mais on va relever la côte » le programme, c’est surprenant parce qu’il n’y a pas eu de signes avant-coureurs avant la mi-cam-pagne.Personne n’aurait pu prévoir une telle déconfiture.» L’organisateur de la campagne du Bloc, le député sortant Mario Laframboise d’Argen-teuil-Papineau-Mirabel, se disait «fébrile».«Se battre contre des fantômes, certains candidats du NPD n’ont pas fait campagne et n’avaient même pas de pancarte, c’est difficile.Il faut respecter le choix des électeurs.Ce n’est pas une campagne traditionnelle.C’est un mouvement», a déclaré M.Laframboise.Au fur et à mesure que les résultats étaient dévoilés, réservant une déception après l’autre pour les bloquistes, les visages des partisans s’allongeaient, les regards étaient remplis d’incompréhension.En début de soirée, les partisans espéraient encore faire mentir les sondages qui ont prédit une dégringolade.«Ce n’est pas de l’inquiétude, mais de l’incertitude parce qu’on ne sait pas trop ce qui 0 f Les bloquistes, moroses, se demandaient hier soir ce qui s’était passé.JACQUES NADEAU LE DEVOIR s’est passé», a commenté la députée sortante de Beauhar-nois-Salaberry, Claude De Bel-lefeuille.Selon elle, la soirée électorale prenait l’allure d’une boîte à surprise.Le rassemblement des mili- tants s’est fait lentement et sans l’enthopsiasme des scrutins passés.À la fermeture des bureaux de vote, quelques rares partisans se sont rendus au théâtre Teins, attendant le verdict des électeurs.Comme DU 2 AU 8 MAI LASANTE MENTALE EN PARLER C’EST BON POUR LA SANTÉ! A LA RAD 0 A LA TELEV S ON SUR LE WEB Raaio-Canada.ca/ma ade Vendredi 6 mai, 19h30 MALADE! PREMIERE CHAINE Du 2 au 6 mai, 13h UAPRES-MIDI PORTE CONSEIL Plusieurs artistes se réunissent pour une émission humoristique sur la santé mentale.avec Dominique Poirier RADIO TELEVISION INTERNET leur chef Gilles Duceppe, lorsqu’il est allé voter en matinée et déclarait ressentir «des papillons», les bloquistes réunis cachaient difficilement leur inquiétude.«C’est sûr qu’on va prendre une débarque, mais on va relever la côte.Quand les gens vont se rendre compte que sans M.Duceppe à Ottawa pour défendre leurs intérêts, ça n’ira pas très bien, ils vont déchanter.Le chef du NPD, c’est pas fort!» s’est ex-clapié Carmel Bernard.A la table d’à côté, Rose-Marie Leclerc venait de finir sa journée de bénévolat à motiver les électeurs bloquistes à aller voter dans l’ouest de Montréal.«Je ne serais pas surprise que le taux de participation soit plus élevé que les années passées.C’est un bon signe pour la démocratie», a-t-elle souligné.M.Duceppe a suivi la soirée électorale avec ses proches dans une suite d’hôtel.Son arrivée au rassemblement bloquis-te n’était prévue que tard, aux environs de minuit, lorsque les résultats donneraient le portrait le plus juste possible.La campagne du Bloc québécois a pourtant commencé sans heurts apparents comme les précédents scrutins fédéraux.Le chef tablait alors sur la nécessité de bloquer une majorité conservatrice.11 a misé sur la différence gauche-droite.Tout semblait aller rondement; Gilles Duceppe avait même le temps de lire des romans, à l’arrière de son autobus.Puis sont arrivés les débats.Gilles Duceppe est apparu sûr de lui, rapide à réagir.La question nationale a été abordée; M.Duceppe y a plongé avec aisance.Quelques jours plus tard, il prononçait un discours sur la souveraineté lors du ^congrès du Parti québécois.À ce mo-ment-là, les sondages laissaient voir une certaine ascension du NPD, sans plus.Puis le mouvement a pris de l’ampleur et les sondages ont démontré la dégringolade du Bloc québécois.L’effet fut dévastateur.Happé dans une zone de turbulences que ni lui ni son équipe n’avaient prédite, Gilles Duceppe a tardé à répliquer.Pendant quelques jours, il est resté presque sans voix.Lors de son passage au Devoir, en entrevue éditoriale, le chef bloquiste est resté sur la défensive.La façon de rebondir fut de faire appel à l’ancien premier ministre Jacques Parizeau puis à Gérald Larose qui préside le Conseil de la souveraineté.Lof fensive avec des figures de proue du mouvement souverainiste s’est rapidement muée en dérapage.Le Devoir Elizabeth May fait son entrée au Parlement LOUIS-GILLES ERANCŒUR Elizabeth May, la chef du Parti vert du Canada (PVC), était en voie de remporter son pari, au moment de mettre sous presse hier soir.En concentrant ses efforts dans sa circonscription de Saani-ch-Gulf Islands, en Colombie-Britannique, Mme May, une ancienne directrice générale du Sierra Club du Canada, semblait en voie de ravir sa circonscription au ministre conservateur Gary Lunn.Avec 60 bureaux de scrutin sur 245, Mme May menait avec 7320 voix contre 5497 pour Gary Lunn.En Colombie-Britannique, où se situe la circonscription de Mme May, le Parti vert a obtenu 6,5 % du vote général, soit à peu près ce que ce parti obtenait à l’échelle canadienne en 2008.Mais à l’échelle canadienne, en 2011, le PVC obtient tout juste 3,3 %, soit nettement moins que les 6,8 % du vote en 2008.11 semble que la poussée de hèvre orange ait aussi frappé ce parti à l’échelle nationale.Dans Central Nova, où Elisabeth May s’était présentée en 2008, Matthew Chisholm récoltait hier 3,7 % des voix.En 2008, Elisabeth May récoltait 32 % dans la même circonscription.La chef du Parti vert du Canada (PVC) avait décidé cette année, à l’invitation de son parti, de miser sur une campagne centrée sur la conquête de sa nouvelle circonscription, complètement située sur l’autre versant du Canada où elle a élu domicile l’an dernier.Elle n’a consacré que neuf jours à la campagne nationale de son parti.D’après les analyses du Parti vert du Canada l’an dernier, c’est dans cette circonscription qu’un plus grand nombre de personnes se déclaraient prêtes à passer aux verts.Cette circonscription avait donné aux verts plus de 10 % des voix lors de la dernière élection.Au Québec, le PVC a pour ainsi dire été absent du décor électoral.Son chef adjoint, l’ancien hockeyeur Georges Laraque, a décidé de ne pas faire acte de candidature.Contrairement à 2008, la chef du PVC n’a pas été invitée cette année au débat des chefs, car son parti n’avait plus aucun député aux Communes.En 2008, par contre, Mme May avait pu y participer parce qu’un député libéral transfuge avait décidé de représenter les verts quelques semaines avant l’élection.Et, cef te année, les enjeux électoraux n’ont mobilisé ni l’attention des médias ni l’attention des chefs.D’autre part, aucun des partis marginaux officiellement reconnus au niveau fédéral n’a obtenu au moins 10 000 voix à l’échelle canadienne.Le parti animaliste n’avait récolté que 301 voix au moment de mettre sous presse, soit moins que le Parti Pirate avec ses 302 voix.Le Devoir NOUVELLE-ECOSSE Enquête sur un vol d’urne électorale New Glasgow—La police du nord de la Nouvelle-Ecosse enquêtait, hier soir, sur le vol présumé d’une urne électorale, après qu’un citoyen eut pris l’une des boîtes de scrutin d’un bureau de vote de la circonscription de Central Nova, où le ministre conservateur Peter Mac- Kay sollicite un nouveau mandat.Ken MacDonald, de la police de New Glasgow, a déclaré que le suspect était entré vers 18h et s’était enfui dans la rue.11 a indiqué que la personne sautait sur la boîte lorsqu’un employé électoral l’a récupéré.- La Presse canadienne LE DEVOIR LE MARDI MAI 2011 A 3 POUTIOIILS Marée basse, marée haute A fr - ¦ ' Manon CORNELLIER I n 1993, le Parti conservateur s’est retrouvé avec seulement deux sièges, lui qui en I avait arraché 169 en 1988, et le Nouveau Parti démocratique n’en avait plus que neuf, lui qui avait fait élire un nombre record de députés (43) cinq ans plus tôt.Personne n’avait, à l’époque, prédit une telle dégelée.À la veille des élections d’hier, les sondages prédisaient que ces deux partis se disputeraient la première place, pendant que les deux partis qui formaient le gouvernement et l’opposition of-hcielle il y a moins de 20 ans — le Parti libéral et le Bloc québécois — se débattraient pour garder la tête hors de l’eau.Les leçons du passé illustrent le danger de vouloir prédire l’avenir ou encore de faire l’éloge funèbre des partis en difbculté, mais les oracles ont eu raison et le réalignement promis de l’échiquier politique canadien et québécois a eu beu.11 faudrait plus d’une élection poru confirmer un mouvement profond et druable en faveru d’un parti fédérabste au Québec et d’un abandon définitif du Parti bbéral.Mais la dégelée des bloquistes et des bbéraux est trop moniunentale et la victoire conservatrice, trop définitive pour ne pas imposer à ces deux partis une remise en question profonde.La montée du NPD est historique, mais l’histoire des 30 dernières années montre que rien ne peut être tenu pour acquis, en particulier au Québec.Les néodémocrates se retrouvent avec la lourde responsabilité de défendre les intérêts des Québécois avec une équipe de néophytes, certains étant même peu au fait de la réabté québécoise.Qr, c’est beaucoup grâce au Québec que Jack Layton se retrouvera fort probablement chef de l’opposition officielle face à un gouvernement presque absent du Québec.Les tests viendront très vite pour le NPD, en particulier avec le budget.Que fera le NPD si les conservateurs y inscrivent la compensation de 2,2 milliards pour l’harmonisation de la taxe de vente au Québec?L’appuieront-ils?Et quand l’Assemblée nationale mettra en avant des positions contraires à celles du reste du pays, comment tranchera M.Lajtion?L’absence du Bloc porurait se faire sentir rapidement.La performance du Parti conservateru en Atlantique et au Québec aruait pu mettre les conserva-teius devant lerus propres bmites et blustrer combien était risqué le pari de Stephen Harper de tout miser sur une majorité.Mais b l’a remporté.Les rares fois où la droite canadienne a pris le pouvoir sans partage au Canada, c’est lorsqu’elle a bénéficié d’une sjnnpathie des Québécois.John Diefenbaker en avait profité en 1958 alors qu’il obtenait 53,6 % des voix et 208 sièges.En 1984, Brian Mutoney faisait aussi bien avec 50 % des voix et 211 sièges.Qr, depuis cbiq ans, plus de 60 % des Canadiens refiisent d’appuyer les conservateurs.Au Québec, c’est maintenant 80 % des gens qui s’y opposent.Sans le Québec, les appuis de la droite ont rarement dépassé le seub des 40 % au fil des ans, tous partis confondus.Même en combinant les voix des progressistes-conservaterus et des réformistes-al-liancistes de 1993 à 2000.Au moment de mettre sous presse, Stephen Harper naviguait autour de 40 % d’appuis, mais b savait que ça lui suffira pour avou sa majorité, ga-^ée avant tout aux dépens des libéraux en Qnta-rio.Grâce à la redoutée division du vote entre le PLCetleNPD.M.Harper se réjouua sûrement de la sévère déconfiture libérale, lui qui rêve depuis longtemps de déloger le PLC au titre de parti naturel de gouvernement.Mais si le Parti bbéral est relégué au rang de tiers parti, c’est parce que le NPD l’a délogé.Et il y est parvenu en grande partie grâce aux conservateurs qui, au fil des cbiq dernières années, ont polarisé le débat politique comme jamais auparavant, ce qui a nourri la résolution de ceux désireux de le défaue.Ces électeurs ont profité de cette élection — que Stephen Harper disait inutile — pour trouver un véhicule commun à leur opposition.Ils ont choisi dans ime large proportion le NPD, en partiabier au Québec et dans ime mobidre mesrue en Qntario.Dans certaines régions, en particulier dans la coruonne torontoise, se toruner vers le NPD poru défaire les conservaterus semble avoir contribué à faire ébre davantage de députés du PC, mais les b-béraux ne pourront pas s’arrêter à cette analyse poru expbquer leru délaite.Ils devront faire des devoirs qui tardent à être faits depuis.1993.Coupé de l’Quest depuis l’adoption en 1980 de la Pobtique nationale de l’énergie de Pierre Trudeau et d’une bonne portion du Québec depuis le rapatriement de la Constitution en 1982, le parti a sous-estimé la faiblesse qui se cachait derrière des majorités obtenues grâce à la division du vote de la droite en Qntario.Jean Chrétien a accordé beaucoup d’attention au Québec, de façon souvent discutable, et Paul Martin et Michael Ipatieff ont fait quelques efforts timides poru rabier l’Quesf mais bs manquaient de profondeur.Le travab devra être plus profond et, contrairement à ce qu’ont trop souvent tendance à croire les bbéraux, rme nouvebe coruse à la chefferie ne résoudra pas tout.Et ebe n’est pas nécessaire, leru chef Michael Ignatieff s’étant porté volontaire hier poru le guider druant la traversée du désert mcornellier@ledevoir.corn Le NPD chasse le Bloc Libéraux et conservateurs ont aussi souffert de la vague orange ALEC CASTONGUAY Lorsque la vague orange a touché terre hier, elle s’était transformée en tsunami qui a dévasté le Bloc québécois, qui n’a même plus le statut de parti officiel aux Communes (12 sièges), ce qui le privera d’un budget de recherche et d’un temps de parole aux Communes.Le NPD de Jack Layton a ainsi fait une percée historique au Québec, alors que pas moins de 60 candidats étaient élus ou en avance dans les 75 circonscriptions de la province.Un résultat plus fort que le Bloc québécois lors de sa mebleure élection, en 1993 (54 sièges).Le Bloc québécois a subi hier une immense défaite aux mabis du NPD, alors que le parti souverainiste n’était pas en mesure de conserver plus de trois ou quatre sièges.Même son chef, Gbles Duceppe, s’est fait montrer la porte par les électeurs de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal, alors que la néodémocrate Hélène Laverdière l’a facbement emporté.La faiblesse de la machine nqodémocrate n’a donc eu aucun impact hier soir.À 23h45, le NPD récoltait 43,4 % des suffrages au Québec, devant le Bloc (23,2 %), le Parti conservateru (17,7 %) et le Parti libéral (12,9 %).11 s’agit du plus faible résultat du PLC au Québec dans son histoue.En 2008, le Bloc avait recueibi 38 % des voix, devant le PLC (24 %), le PC (22 %) et le NPD (12 %).Les deux autres partis fédéralistes ont aussi fait les frais de la montée du NPD, alors que le Parti conservateur aura seulement six députés du Québec à Qttawa, soit le gouvernement majoritaire le mobis représenté dans la province dans l’histoue.Les mbiistres Lawrence Caimon, Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner ont perdu leurs sièges, ainsi que les députés Sylvie Boucher et Daitiel Petit.Au moment de mettre sous presse, les six conservaterus qui uont à Qttawa sont: Deitis Lebel, Christian Paradis, Steven Bla-ney, Jacques Gourde, Maxime Bernier et Bernard Généreux.Du côté libéral, seulement six candidats étaient élus ou en voie de l’être, soit huit de moins que le 26 mars dernier.Les députés qui uont à Ottawa sont Justin Trudeau (Papineau), Denis Coderre (Bourassa), Stéphane Dion (Saint-Laurent-Cartierville), Massimo Pacetti (Saint-Léonard-Saint-Michel).Des grosse pointures, comme Marc Garneau (Westmount-Vibe-Marie), Merlene Jennings (Notre-Dame-de-Grâ-ce-Lachine) et Pablo Rodriguez (Honoré-Mer-cier), ont été emportées par la vague.La catastrophe au Bloc Du côté du Bloc québécois, c’est l’hécatombe.Au moment de mettre sous presse, à peine trois circonscriptions avaient survécu: Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia Üean- Prançois Eortin), Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord (Michel Guimond) et Richmond-Arthabaska (André Bellavance).Maria Mourani, dans Ahuntsic, échangeait la tête constamment avec la néodémocrate Chantal Reeves.Si elle l’emportait, elle serait la quatrième élue du parti.Des poids lourds, comme Louis Plamondon, Pierre Paquette, Daniel Paillé, Bernard Bigras et Christiane Gagnon, ont perdu leurs sièges.Le Bloc passe de 47 sièges, à 3 ou 4 députés.La vague du NPD apporte à Qttawa quelques candidats néodémocrates de qualité en provenance du Québec.Qutre Thomas Mulcair, Prançoise Boivin (Gatineau), Nycole Turmel (Hull-Aylmer), Roméo Saganash (Abi-tibi-Nunavik-Baie-James-Eeyou), Claude Patry Gonquière-Alma), Tjuone Benskin Geanne-Le Ber), Alexandre Boulerice (Rosemont-La Petite-Patrie) et Hoang Mai (Brossard-La Prauie) devraient faire bonne figure dans la capitale canadienne.Malgré le fait qu’elle s’exprime difficilement en français, qu’ebe n’a pas fait campagne et qu’elle a passé une partie des élections en vacances à Las Vegas, la candidate néodémocrate Ruth-Eben Brosseau a été élue dans Berthier-Maskinongé, avec 5000 voix d’avance.Le Devoir J ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Thomas Mulcair, élu sous la bannière néodémocrate pour la première fois en 2007, ne sera plus le seul représentant québécois de sa formation après les élections d’hier.On le voit ici avec ses partisans venus au Rialto le féliciter pour sa troisième victoire, cette fois contre le libéral Martin Cauchon.L’autobus de Jack Layton s’arrêtera devant Stornoway À Toronto, les partisans néodémocrates ont célébré une percée historique MARCO BELAIR-CIRINO Toronto — La vague orange a frappé, et elle a frappé fort, si bien que l’autobus de campagne du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, s’arrêtera aujourd’hui devant la résidence officielle du chef de l’opposition, Stornoway.L’ambiance était à la fête, hier soir, dans la sabe «Constitution» du Palais des congrès du Toronto métropolitain, alors que le NPD a vu son nombre de sièges à la Chambre des communes faue un bond de géant, passant de 36 à 103.Ce sont plus de 2000 sympathisants qui y étaient réunis en fin de soirée, attendant fébrilement les résultats définitifs «from coast to coast».Ils ont notamment réservé des applaudissements nourris à la diffusion des résultats dans les cu-conscriptions du Québec, où le NPD a poussé dans ses derniers retranchements le Bloc québécois de Gbles Duceppe et le Parti bbéral de Michael Ignatieff et éjecté de leur fauteuil la plupart des ministres conservateurs.Au moment de mettre sous presse, le NPD était en avance dans 61 cuconscriptions, le Parti conservateur dans 6, le Bloc québécois dans 2 et le Parti bbéral dans 6.En revanche, ils ont accuebb avec des huées bien senties l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire.En début de soirée, tous croyaient que le NPD pouvait s’attendre à un résultat historique fracassant le record des élections générales de 1988.Sous la gouverne d’Ed Broadbenf le NPD avait alors fait élue 43 députés.Leurs espous n’ont pas été déçus.«Je sens qu’il y a eu plus d’énergie aujourd’hui que le 14 octobre 2008 et le 23 janvier2006», a affirmé Zacha- ry Tucker-Abramson, qui compte deux autres soirées électorales avec les néodémocrates à son actif.Le «pire des scénarios», selon lui, c’est-à-dire l’élection d’un gouvernement conservateru majoritaire, s’est n était une fois Outremont et Thomas Mulcair.ALEXANDRE SHIELDS C> est un Thomas Mulcair triomphant qui s’est présenté hier en fin de souée au théâtre Rialto, à Montréal, après avou remporté les fa-verus des électeurs dans la cuconscription d’Qutremont poru une troisième fois en mobis de quatre ans.«“Travaillons ensemble”.Avec ces deux mots, notre chef Jack Layton a donné le ton à notre campagne et nous avons compris votre profond désir de faire les choses autrement à Ottawa», a-t-b lancé aux centaines de partisans entassés dans le théâtre de l’avenue du Parc.11 a du même souffle énuméré les grandes priorités des néodémocrates au cours des prochains mois: mettre les travableurs à l’avant-plan, éliminer la pauvreté chez les aînés, tenir tête aux grands polluerus et cesser de «mettre dans le sac à dos des générations futures le fardeau de la dette nationale».Les sondages des derniers jours laissaient présager une très bonne performance du NPD au Québec, et les partisans néodémocrates débordaient visiblement de joie hier au Rialto, où ils s’étaient donné rendez-vous pour la soirée.Et tous ont chaudement applaudi l’arrivée de la vague orange qui a bttéralement déferlé sur le Québec.Au moment de mettre sous presse, le beutenant du NPD au Québec, Thomas Mulcair, venait de remporter une troisième élection en moins de quatre ans dans la ckconscription d’Qutremont, cette fois face à l’exministre bbéral Martin Cauchon.Mais srutouf M.Mulcair était certabi de ne pas repartir seul vers Qttawa.Malgré une machbie électorale modeste, plusierus ont salué l’ampleru des appuis dans la province.Les partisans rencontrés au Rialto ont aussi dit croke que les Québécois avaient bien toruné le dos «aux vieux partis».Ils ont d’ableurs laissé éclater leur joie en constatanf vers 22hl5, que le NPD abait former l’opposition offi-cieUe à la Chambre des communes.Et avant 23h, bs ont eu l’occasion de hurler leur joie à plusieurs reprises après avoir vu le NPD rafler toute ime série de circonscriptions québécoises, notamment dans la région montréalaise.Le Devoir toutefois concrétisé.«Et, dans ce cas, peu importe si Jack Layon est chef de l’opposition, les conservateurs pourront faire adopter tout ce qu’ils voudront», dif résigné, le sjunpathi-sant âgé de 25 ans.«Nous traverserons des années difficiles», ajoute son ami, Chris Horkins, tout en twittant.Pas loin d’eux, Tehra, pompons orange à la main, affirme qu’un re-toiu sur les banquettes de la troisième opposition aruait été désastreux.Au moment de mettre sous presse, le NPD détenait 103 des 308 cuconscriptions (90 sûres, 13 en voie de l’être) et comptait sur l’appui de 30 % des voix exprbnées au Canada.«A chaque élection, nous nous approchons un peu plu^ de notre but ultime», lance-t-elle.À la dissolution de la Chambre des communes, le parti de Jack Lajùon possédait 36 sièges.Jack Layton n’était toujours pas monté, à 23h40, sur la tribune afin de s’adresser aux mbitants, mais devait le faue d’une minute à l’autre.Ceux-ci ont toutefois pu l’apercevou sur les écrans géants regarder la souée électorale à partir d’une suite de l’hôtel Intercontinental.11 était notamment accompagné de sa femme, Qlivia Chow, qui a été réélue dans la cuconscription de Trinity-Spadbia.«Avec notre équipe forte à Qttawa, votre voix sera entendue à Qttawa», a-t-elle déclaré à une foule en liesse.«Je suis si fière d'être une néodémocrate.[.]Jesuis, avant tout, si fière de notre leader, Jack Lay-ton.Jack a dirigé une campagne historique en véhiculant un message positif que les choses pouvaient changées à Ottawa» Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 3 MAI 2011 m PARTIS P0IJTTQI48 L’hécatombe JS ' L Michel David ¦ élection fédérale de septembre 1984 ^ avait marqué un véritable changement de paradigme au Québec en mettant fin à la domination presque ininterrompue que le Parti libéral du Canada y exerçait depuis l’époque de Wilfiid Laurier.Les sondages des dernières semaines étaient unanimes à annoncer que le nouveau cycle politique inauguré par Brian Mulroney, quand il avait relevé le défi du «beau risque» lancé par René Lévesque après la double défaite du référendum de 1980 et du rapatriement de la Constitution, arrivait également à son terme, mais la façon dont le Bloc a été pulvérisé laisse sans voix.Il se peut que le soudain engouement pour le NPD de Jack Layton soit aussi passager que l’a été le flirt avec l’ADQ de Mario Dumont.Certains «poteaux» décevront sans doute, mais le Bloc ne se relèvera pas de cette hécatombe.Non seulement le chef, mais ses deux dauphins, Pierre Paquette et Daniel Paillé, ont été terrassés.Sans statut ni ressources, le Bloc n’existe tout simplement plus.L’irruption du Bloc dans le paysage politique était survenue à la faveur d’une crise, mais une crise qui s’éternise sans provoquer de rupture du système devient une sorte de normalité.Que le Bloc ait survécu aussi longtemps à la mise en veilleuse de la souveraineté constitue même une sorte d’exploit Tous les souverainistes qui se sont tournés vers le NPD ne sont pas devenus soudainement fédéralistes, mais bon nombre de ceux qui avaient boudé le Canada depuis 20 ans sont arrivés à la conclusion qu’en attendant un jour qui n’arrivera peut-être jamais, s’exclure du jeu ne les avance à rien.Au lendemain de la quasi-victoire du 30 octobre 1995, bon nombre de souverainistes étaient convaincus que ce n’était qu’une question de temps.Le Bloc avait tout naturellement conclu que son rôle était de tenir le fort en attendant l’assaut final.C’était sans compter avec ce qu’engendre souvent le passage du temps: la lassitude, que l’on préfère généralement présenter sous un angle plus positif en parlant de «goût du changement».?Certes, ce n’est pas à Ottawa que se réglera la question nationale, mais l’approche devra être revue du tout au tout.Pour sauver les meubles, Gilles Duceppe a pris le risque de placer la souveraineté au centre de sa campagne.Elle ne peut qu’être très affaiblie par ce retentissant échec.Au-delà des excès de langage de Gérald Laro-se, c’est toute la rhétorique du complot qui a été rejetée.La création du Bloc par Lucien Bouchard et ses victoires répétées depuis 1993 ont été le résultat de la colère.Pour un nombre croissant de Québécois, la trahison de la «nuit des longs couteaux», le coup de force constitutionnel de 1982 ou même l’échec de l’accord du lac Meech ont rejoint la bataille des plaines d’Abraham, la pendaison de Louis Riel et la crise de la conscription au rayon des mauvais souvenirs que l’on préfère oublier.Depuis 1993, l’occupation du terrain par le Bloc a toujours été au centre de la stratégie souverainiste.Depuis que le PQ est retourné dans l’opposition, avec la précarité de moyens que cela suppose, les abondantes ressources mises à la disposition du, Bloc, ont également été un précieux apport.A l’automne 2004, un protocole d’entente prévoyait même l’installation d’un véritable pipeline entre les deux partis.On a beau savoir que la conjoncture politique est une chose capricieuse, ce revirement tient presque du prodige.Le 15 mai dernier, alors qu’une autre victoire du Bloc semblait encore relever de la formalité, Pauline Marois et Gilles Duceppe invitaient les délégués au congrès national du PQ à préparer la deuxième période, c’est-à-dire l’élection d’un gouvernement péquiste à Québec.«Tout redevient possible», disaient-ils.?Au congrès, les militants péquistes ont donné à Mme Marois toute la latitude nécessaire pour mettre en œuvre sa stratégie dite de la «gouvernance souverainiste», mais l’écroulement du Bloc permettra à Ottawa d’en contester la légitimité.Certes, Jack Layton s’est engagé à réunir les «conditions gagnantes» qui permettront éventuellement de ramener le Québec dans le giron constitutionnel canadien, mais pas à faire le jeu d’un gouvernement souverainiste dont l’objectif avoué serait de le séparer du Canada.En créant le Bloc après l’échec de Meech, Lucien Bouchard avait voulu éviter la répétition du scénario de 1982, quand Pierre Elliott Trudeau avait pu légitimer le rapatriement de la Constitution en faisant valoir qu’il avait fait élire 74 députés sur 75 au Québec.Il sera maintenant bien difficile de convaincre le Canada anglais que la question constitutionnelle présente encore un quelconque intérêt au Québec même.Les souverainistes chercheront à se consoler à l’idée que les Québécois ne se reconnaîtront pas dans un gouvernement conservateur majoritaire dont ils seront pratiquement absents.Gilles Duceppe a toujours dit que la politique est la pire des politiques, mais encore faut-il qu’il y en ait une autre possible.mdavid@ledevoir.corn MIKE CASSESE REUTERS Souriant malgré tout, Michael Ignatieff a suivi le déroulement de la soirée électorale en compagnie de sa femme, Zsuzsanna Zsohar.Le Parti libéral est anéanti Le chef Michael Ignatieff ne réussit pas à se faire élire HELENE BUZZETTI Toronto — Le Parti libéral de Michael Ignatieff a été aplati par les rouleaux compresseurs conservateur et néodémocrate hier soir, concédant à l’un sa troisième victoire et passant à l’autre le statut d’opposition officielle à la Chambre des communes.Il enregistre le pire résultat de son histoire, ne réussissant même pas à faire élire son chef, Michael Ignatieff.Il restera quand même en poste pour rebâtir le parti.Les mines étaient basses au Sheraton Centre de Toronto hier soir, où se réunissaient les libéraux pour écouter la soirée électorale.A peine une poignée de militants s’étaient déplacés et seuls les stratèges de tout acabit sillonnaient la salle, mine sombre et regard ébahi par l’ampleur du revirement Au moment de mettre sous presse, les résultats n’étaient pas encore tous compilés.(Pour tout savoir, consultez notre site au www.ledevoir.com).Le NPD était toutefois en avance dans trois fois plus de circonscriptions que les troupes de Michael Ignatieff.Pour la première fois de son histoire, le Parti libéral ne formera même pas l’opposition officielle à Ottawa.Le PLC menait ou avait gagné dans à peine 31 sièges, contre 107 pour le NPD.Tous les gros noms sont tombés au combat, que ce soit Pablo Rodriguez au Québec (Honoré Mercier) ou Ken Dryden en Ontario.Irwin Coder était en avance dans sa circonscription de Mont-Royal, que le Parti conservateur lorgnait.Justin Trudeau est aussi resté en place.Quant à Michael Ignatieff, il avait perdu son siège dans Etobicoke-Lakeshore.Michael Ignatieff a pris la parole à 23hl5.Il a offert ses félicitations à Stephen Harper et à Jack Layton.«La démocratie nous enseigne des leçons difficiles, a-t-ü dit d’une voix profonde, mais sereine.On doit être assez grand, avoir le cœur assez grand pour toutes les accepter.Les chejs doivent être assez grands pour accepter les défaites historiques.J’accepte mes responsabilités pour ce qui est arrivé.» M.Ignatieff s’est dit malgré tout «très fier de la campagne» qu’il a menée.«Nous avons tenté de faire une campagne différente».«Il y avait un désir de changement, a analysé M.Ignatieff.On peut être fier du rôle que nous avons joué pour initier ce changement.Malheureusement, nous n’en avons pas été le bénéficiaire.» Il a laissé entendre qu’ü resterait en poste tant que le parti le voudra.«Je vais jouer quelque rôle que le parti voudra bien que je joue», a-t-il conclu, sous les applaudissements de la petite foule.«Je ne suis pas venu en politique pour voir cette tradition [libérale] mourir.Je vais avoir besoin de l’aide de tous les libéraux pour rester avec moi pour reconstruire ce parti.Je vais servir tant et aussi longtemps que le parti voudra que je serve.Je vais contribuer à faire ce travail.» Dans les quatre provinces atiantiques, le Parti libéral avait pourtant tenu à peu près le fort.Des 17 sièges qu’ü avait au moment de la dissolution dp Parlement, ü semblait en voie d’en conserver 12.A Terre-Neuve, il avait conservé 4 de ses 6 sièges.Le NPD a fait un gain, pour un total de 2 sièges, et le Parti conservateur a pris l’autre avec à peine 231 voix d’avance.Visiblement, lesTerre-Neuviens n’ont pas encore pardonné à Stephen Harper d’avoir rompu sa promesse à propos de la péréquation.Dans les trois autres provinces, les libéraux ont obtenu 8 sièges, contre 11 en 2008, sur les 25 en jeu.Les sièges restants sont allés aux conservateurs (13) et aux néodémocrates (4).Les libéraux ne se faisaient pas d’illusion quant à ces résultats dans les Maritimes.Tous les sondages internes indiquaient que les choses étaient stables dans l’Est.C’est en Ontario que le pire était à craindre, et le pire est survenu.Le PLC avait gagné ou était en avance dans à peine 11 circonscriptions.Au moment de la dissolution, il détenait 37 sièges.Le Devoir Nos 25 courses: vers la ligne d’arrivée Québec Abitibi-Baie-James- Nunavik-Eeyou xRomeo Saganash NPD Jean Maurice Matte PC Yvon Levesque BQ Leandre Gervais PLC Johnny Kasudluak PV Ahuntsic Chantal Reeves NPD Maria Mourani BQ Noushig Eloyan PLC Constantin Kiryakidis PC Ted Kouretas PV Beauport-Limoilou xRaymond Cote NPD Sylvie Boucher PC Michel Letourneau BQ Lorraine Chartier PLC Louise Courville PV Brome-Missisquoi xPierre Jacob NPD Denis Paradis PLC Christelle Bogosta BQ Nolan LeBlanc Bauerle PC Benoit Lambert PV Brossard-La Prairie xHoang Mai NPD Alexandra Mendes PLC Marcel Lussier BQ Maurice Brossard PC Kevin Murphy PV Jeanne-Le Ber xTyrone Benskin NPD Thierry StCyr BQ Mark Bruneau PLC Pierre Lafontaine PC Richard Noel PV Jonquière-Aima xClaude Patry NPD Jean Pierre Blackburn PC Pierre Forest BQ Claude Ringuette PLC France Bergeron PV Lavai xJose Nunez Melo NPD Nicole Demers BQ Eva Nassif PLC Robert Malo PC Jocelyne Leduc PV Louis-Hébert 5177 3036 1866 1413 502 6970 6932 3832 1131 208 5134 2934 1901 813 200 12 842 5983 5709 3565 629 8874 5091 3656 2496 337 4155 2059 1503 821 254 19 152 15 121 7701 839 532 10 029 5280 4157 2844 498 Jean Beaupre PLC 4547 xDenis Blanchette NPD 13 686 Michelle Fontaine PV 620 Pascal Pierre Paille BQ 7841 Pierre Paul Hus PC 7251 Papineau xJustin Trudeau PLC 7390 Marcos Radhames Tejada NPD 5148 Vivian Barbot BQ 4007 Shama Chopra PC 932 Danny Polifroni PV 355 Pontiac Simcoe-Grey Kellie Leitch PC Katy Austin NPD Alex Smardenka PLC Helena Guergis IND Jace Metheral PV York-Centre Mark Adler PC Ken Dryden PLC Nick Brownlee NPD Rosemary Frei PV 21 2609 8368 5127 4677 2608 12 742 8818 4597 623 xMathieu Ravignat NPD Lawrence Cannon PC 11 606 7889 Colombie-Britannique Maude Tremblay BQ 2521 Saanich-Guif Islands Cindy Duncan McMillan PLC 2459 Elizabeth May PV 2678 Louis Philippe Mayrand PV 402 Gary Lunn PC 1866 Portneuf-Jacques-Cartier Edith Loring Kuhanga NPD 644 xElame Michaud NPD 7249 Renee Hetherington LIB 258 Andre Arthur IND 5187 Surrey-Nord Richard Cote BQ 3433 Jasbir Sandhu NPD 984 Rejean Theriault PLC 1150 Dona Cadman PC 979 Claudine Delorme PV 467 Shinder Purewal PLC 381 Bernadette Keenan PV 127 Ontario Vancouver-Sud Wai Young PC 1540 Ajax-Pickering Ujjal Dosanjh PLC 1386 Chris Alexander PC 16 532 Meena Wong NPD 860 Mark Holland PLC 14 173 Jean de Dieu Hakizimana PV 128 Jim Koppens NPD 5989 Mike Harilaid PV 1073 Nouvelle-Ecosse Brampton-Springdale South Shore-St.Margaret’s Parm Gill PC 7520 xGerald Keddy PC 17 740 Ruby Dhalla PLC 4463 Gordon Earle NPD 14 883 Manjit Grewal NPD 2996 Derek Wells LIB 6885 Mark Hoffberg PV 649 Kris MacLellan PV 1596 Guelph île-du-Prince-Édouard Frank Valeriote PLC 7851 Egmont Marty Burke PC 6146 xGail Shea PC 10 467 Bobbi Stewart NPD 3507 Guy Gallant LIB 5998 John Lawson PV Kingston et les îles 1078 2369 Jacquie Robichaud NPD Cari Anthony Arnold PV 320 Ted Hsu PLC Alicia Gordon PC 16 185 15 167 Terre-Neuve Daniel Beals NPD 10 196 Random-Burin-St.George’s Eric Walton PV 1830 xJudy Foote LIB 12 914 Kitchener-Waterloo John Ottenheimer PC 8322 Peter Braid PC 16 981 Stella Magalios NPD 4466 Andrew Telegdi PLC 14 728 Tanya Gutmanis PV 306 Bill Brown NPD 7254 Résultats disponibles Cathy MacLellan PV 2080 à 23hl5 hier, Richard Walsh Bowers IND 111 voir ledevoir.com Denis Coderre souligne le poids du Québec annonce de l’accession du Nouveau Parti ' démocratique (NPD) au statut d’opposition officielle à la Chambre des communes a eu l’effet d’une douche froide dans la salle où étaient réunis les partisans du candidat libéral sortant Denis Coderre.Tout en reconnaissant qu’ü s’agissait d’une journée triste pour le Parti libéral du Canada (PLC), l’ancien lieutenant québécois de Michael Ignatieff a déclaré que ces résultats avaient le mérite de mettre en lumière X«incontour-nabilité» du Québec.Mais, selon lui, les résultats, qui continuaient hier soir d’évoluer en défaveur du PLC au Québec, témoignent également de la lassitude des électeurs à l’égard du Bloc québécois, qui «prend une débarque», fait valoir M.Coderre.Le PLC, dont la cote de popularité est demeurée famélique tout au long de la campagne électorale au Québec, luttait pour conserver ses acquis dans la grande région montréalaise en cette soirée électorale.Dans certaines circonscriptions, les candidats sortants étaient toutefois en voie d’être reconduits dans leurs fonctions, notamment Stéphane Dion (Saint-Laurent-Cartierville), qui a été réélu avec plus de 10 000 voix devant la néodémocrate Maria Ximena Flores.Justin Trudeau conserve également sa circonscription de Papineau.Quant à Denis Coderre, il menait dans la circonscription de Bourassa au moment de mettre sous presse avec plus de 2000 voix d’avance sur son principal concurrent Par contre, Pablo Rodriguez (Honoré-Mercier) était devancé de plus de 1000 voix par la néodémocrate Paulina Ayala.Selon les derniers sondages, la circonscription de Westmount-Ville-Marie, représentée par le lieutenant québécois de Michael Ignatieff, Marc Garneau, risquait de passer entre les mains de la candidate néodémocrate Joanne Corbeil.Le Devoir Avec La Presse canadienne Denis Coderre porter Ne manquez pas la parade ! 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A 10 LE DEVOIR LE MARDI 3 MAI 2011 ACTUALITES FACE A FACE SUITE DE LA PAGE 1 canadienne se trouve donc complètement bouleversé ce matin.Avec 167 sièges et 40 % des votes, les conservateurs obtiennent le gouvernement «stable» que Stephen Harper n’a cessé de réclamer durant la campagne électorale.Pour lui, c’est la concrétisation d’une décennie d’efforts pour unir la droite et reprendre le pouvoir, tout en affaiblissant les libéraux.En 2008, les conservateurs avaient obtenu 143 sièges.Derrière M.Harper, le NPD réalise une percée historique pour s’emparer du titre d’opposition officielle.Les troupes de Jack Layton récoltent 103 sièges et 30 % des votes, un résultat inespéré qui aurait fait sourire tout un chacun il y a encore trois semaines.La progression est gigantesque par rapport aux 37 circonscriptions remportées en 2008.Jamais le NPD n’avait obtenu plus de 43 députés: c’était en 1988.Jamais non plus les libéraux fédéraux n’avaient-ils été relégués au rang de deuxième groupe d’opposition.Malgré une bonne campagne électorale, Michael Ignatieff enregistre des résultats catastrophiques, pires que ceux de Stéphane Dion en 2008 (77 députés) ou de John Turner en 1984 (40 députés).Les libéraux ont remporté 34 circonscriptions: la défaite est historique.Dans un discours prononcé à 23h30, M.Ignatieff a indiqué vouloir demeurer à la tête de son parti.si les militants le veulent bien.«La démocratie nous enseigne des leçons difficiles» y a-t-il exprimé devant ses partisans dépités.«Les chefs doivent être assez grands pour accepter les défaites historiques.J’accepte mes responsabilités pour ce qui est arrivé.» Bloc québécois Quant au Bloc québécois, qui a perdu son statu de parti officiel, c’est pour lui un véritable naufrage.Au moment de mettre sous presse, le parti ne conservait que 3 des 47 sièges qu’il détenait auparavant.Le chef Gilles Duceppe n’a pas résisté au mouvement de fond, quelques mois après avoir fêté le 20"^ anniversaire de son arrivée au Parlement.Depuis sa première élection en 1993, le Bloc avait toujours obtenu 38 députés ou plus dans la province.C’est le NPD qui a complètement balayé le Bloc de la carte québécoise, obtenant des résultats que jamais le parti fondé par Lucien Bouchard n’a obtenus.Jack Layton aura une députation québécoise de 60 personnes.Seuls 6 libéraux (Denis Coderre, Lrancis Scarpaleggia, Irwin Cotler, Justin Trudeau, Stéphane Dion et Massimo Pacetti) ont résisté.Chez les conservateurs, Denis Lebel, Christian Paradis, Steven Blaney, Jacques Gourde, Maxime Bernier et Bernard Généreux ont conservé leurs sièges.Josée Verner a été battue, de même qu’André Arthur.Tous les gros noms du Bloc sont ainsi passés à la trappe: seules les circonscriptions de Haute-Gaspésie-La Métis-Matane-Matapédia (Jean-Lrançois Lortin), Bas-Richelieu (Louis Plamon-don) et Richmond-Arthabaska (André Bellavan-ce) demeuraient dans le giron du Bloc au moment de mettre sous presse.Emu, M.Duceppe a pris acte des résultats en démissionnant.«Je vous quitte, mais d’autres suivront», a-t-il lancé.Selon M.Duceppe, les Québé- Libâa MIKE CASSESE REUTERS Le chef libéral, Michael Ignatieff, défait hier, s’adressant à ses partisans à Toronto.Il a indiqué vouloir demeurer à la tête de son parti.cois sont «maintenant en droit de s’attendre à des changements, à une renaissance complète du Québec.Toute avancée du Québec sera bienvenue.La démocratie a parlé, je respecte ce choix.Et je l’assume».Ontario Comme à Montréal, les libéraux ont essuyé de cuisants revers dans plusieurs de leurs bastions en Ontario.Dans la grande région de Toronto, les troupes de M.Ignatieff ne conservent que 8 sièges, alors qu’elles en détenaient 33.Les conservateurs font des percées partout et remportent 27 sièges (contre 12 en 2008).La longue campagne de charme menée auprès des populations immigrantes ou juives de certaines circonscriptions a porté ses fruits: York-Centre, Brampton-Springdale et Elgington-La-wrence sont toutes passées dans le camp conservateur.Plus largement en Ontario, où 106 sièges étaient en jeu, les conservateurs ont remporté 72 victoires (et 68 % du vote).C’est ici qu’ils ont consolidé leur majorité, avec une progression de 21 sièges par rapport à 2008.Le NPD remporte 22 circonscriptions (+ 5) et les libéraux 12 (- 25).Pas de changement en Saskatchewan (13 conservateurs et 1 libéral) ou en Alberta, où les conservateurs conservent leurs 27 sièges alors que le NPD maintient celui d’Edmonton-Strathcona.Au Manitoba, les conservateurs dominent avec 11 victoires, contre 2 pour le NPD et 1 pour les libéraux.May élue En Colombie-Britannique, les conservateurs menaient dans 20 circonscriptions.Ils en ont perdu une.qui permettra à la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, de devenir la première élue verte de l’histoire canadienne.Le NPD aura 13 députés dans cette province, et les libéraux 2.Pour Mme May, c’est le triomphe d’une stratégie risquée: elle a choisi de concentrer les énergies de sa campagne dans sa circonscription.Le parti a perdu la moitié de ses appuis nationaux, mais aura un représentant sur la colline parlementaire.C’était le grand objectif des verts.Maritimes Dans les Maritimes, les conservateurs ont fait trois gains nets pour remporter 14 des 32 circonscriptions.Le NPD remporte aussi 3 nouveaux sièges, passant de 4 à 7.Les libéraux sortent grands perdants, avec 11 sièges au lieu des 17 obtenus en 2008.A Terre-Neuve-Labrador, les conservateurs — blanchis en 2008 — ont réussi à faire un gain dans une forteresse libérale.Labrador.Mais Stephen Harper espérait une vague de sympathie plus large, notamment à cause de son engagement à appuyer financièrement le projet du Bas-Churchill.Les libéraux ont aussi perdu leur siège de St.John’s Sud-Mount Pearl.Le NPD obtient donc 2 sièges, contre 4 pour les libéraux.Aucun changement à rîle-du-Prince-Edouard, où les libéraux conservent leurs 3 sièges, de même que les conservateurs, avec le siège de Gail Shea.Au Nouveau-Brunswick, les conservateurs ont fait deux gains sur les libéraux (Mada-waska-Restigouche et Moncton-Riverview-Diep-pe).Ils détiennent ce matin 8 des 10 circonscriptions, Dominic Leblanc (PLC) et Yvon Godin (NPD) ayant été réélus.Un seul mouvement en Nouvelle-Ecosse, alors que le NPD a ravi Dartmouth-Cole-Harbour aux libéraux.Ceux-ci conservent 5 sièges, contre 2 pour les conservateurs (notamment le ministre Peter MacKay) et 3 pour le NPD.Le Devoir RÊVES SUITE DE LA PAGE 1 progrès pour ce pays, différente de celle du gouvernement.Le danger est qu’il veuille se venger des difficultés que n’a cessé de lui faire l’opposition ces cinq dernières années, alors qu’elle était majoritaire.Cette élection, Stephen Harper l’avait voulue à ce moment, sachant qu’une fenêtre d’opportunité se présentait à lui.Il est un homme de stratégie.Il estimait avoir tout à gagner.Dans le pire des cas, il restait au gouvernement, mais une autre fois minoritaire.Ou mieux, il arrivait à gagner la douzaine de circonscriptions judicieusement ciblées pour arriver au chiffre magique de 155.La chose qu’il n’avait pas prévue est cette montée du NPD qui a permis au Parti conservateur de se glisser encore plus facilement en tête.?Jack Layton a lui aussi réalisé son rêve en faisant du NPD l’opposition officielle au Parlement Ce rêve, ce parti l’entretenait depuis 1961, alors qu’il prenait la succession du CCL, son ancêtre.Il s’agit là d’une révolution qui pourrait marquer profondément l’échiquier politique canadien à plusieurs égards.Tous nos repères traditionnels sont changés.L’effet de cette élection est de marquer la polarisation droite-gauche sur la scène fédérale.D’un côté, le Parti conservateur, idéologiquement ancré à droite, avait déjà réussi à s’imposer comme un grand parti national après avoir déclassé de la première position le Parti libéral.De l’autre côté, le NPD, qui porte un programme social-démocrate, a repoussé hier les libéraux en troisième position.I^ grand parti de sir Wilfrid Laurier, qui gouvernait traditionnellement au centre, est devenu un simple tiers parti.Toute une humiliation! Le deuxième effet est de substituer le NPD au Bloc québécois pour défendre à Ottawa les intérêts du Québec.La défaite du Bloc québécois est encore plus humiliante que celle subie par le Parti libéral.n est littéralement éliminé de la carte politique.Ce parti a réalisé trop tard l’engouement des Québécois envers le parti de Jack Layton.Trop sûr de lui, il n’a pas pris conscience de la lassitude de ses partisans traditionnels à la recherche d’un nouveau discours et de nouvelles figures, ce que leur présentait Jack La^tton.Pour le mouvement souverainiste, cette défaite est catastrophique et obligera à un réalignement.Ce qu’a fait le chef néodémocrate pour gagner les votes des Québécois est ce qu’ont fait avant lui Stephen Harper à l’élection de 2006 et Brian Mulroney en 1984.A son tour, il leur a promis de réparer l’injustice libérale du rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982 — à laquelle son parti avait contribué.Une partie de l’électorat québécois demeure ambivalente au sujet de l’appartenance au Canada, ce que le résultat d’hier démontre une nouvelle fois.Aujourd’hui, Jack Layton savourera sa victoire.Il devra néanmoins vite revenir à la réalité, car tout cela demeure fragile.L’appui qu’il a reçu, notamment du Québec, repose pour beaucoup sur un coup de cœur.Le désenchantement pourra venir rapidement.Pour être nombreuse, sa députation québécoise est inexpérimentée.Quant à son discours d’ouverture au Québec, il devra l’étoffer.Montrer qu’il tient parole.Par ailleurs, il aura fort à faire, car, comme chef de l’opposition officielle, il lui reviendra de freiner les ardeurs de Stephen Harper.La vraie partie commence pour le NPD.BEN LADEN SUITE DE LA PAGE 1 Après avoir observé un silence embarrassé, les autorités pakistanaises ont admis hier qu’elles ignoraient les détails d’une opération dans laquelle elles n’ont apparemment joué aucun rôle.Tout indique qu’elles n’en avaient même pas été averties.Pendant ce temps aux Etats-Unis, c’était la liesse dans plusieurs villes, dont évidemment New York et Washington, où la plupart des 3000 victimes du 11-Septembre ont trouvé la mort.L’exécution d’Oussama ben Laden représente une grande victoire pour Barack Obama.Elle prouve la justesse de sa stratégie antiterroriste, qui repose beaucoup moins sur le déploiement de troupes que celle de son prédécesseur et davantage sur le renseignement et les opérations ciblées.Par ailleurs, ce plan d’attaque accorde autant, sinon plus, d’importance au Pakistan, où l’on soupçonnait depuis longtemps Ben Laden de se cacher, qu’à l’Afghanistan.Obama a d’ailleurs baptisé sa stratégie Af-Pak, pour Afghanistan-Pakistan.La mort d’Oussama ben Laden ne changera pas nécessairement la donne dans le monde arabo-musulman; elle ne constitue peut-être pas le coup de grâce à al-Qaida, en perte de vitesse depuis plusieurs années, mais tout de même coriace à cause de son caractère de nébuleuse insaisissable.Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’elle redonne confiance aux Américains en ces temps d’incertitude économique et qu’elle restaure la popularité du président harcelé à tout propos par une opposition souvent démagogique.Barack Obama a apparemment donné sans hésiter vendredi le feu vert à une opération bien montée, mais forcément risquée.Et il a gagné son pari, contrairement à Jimmy Carter qui avait autorisé en 1980 une tentative de libération d’otages américains en Iran, laquelle a tourné au désastre.L’élimination du chef d’al-Qai-da constitue également un beau fleuron dans la carrière de Leon Panetta, cet ancien parlementaire qui dirige la CIA depuis janvier 2009 et qui succédera bientôt à Robert Gates à la Défense.Des détails de Popération Les autorités américaines ont fourni hier quelques détails sur l’opération et sa préparation.Un messager de Ben Laden que la CIA recherchait depuis des années aurait été localisé à Abbottabad en août dernier.Les services secrets pakistanais ont affirmé hier avoir contribué à cette avancée en fournissant à leurs homologues des données brutes obtenues par écoute téléphonique, ce qui n’a pas été confirmé du côté américain.Tout au plus le président Obama a-t-il dit dimanche soir que «la coopération avec le Pakistan en matière de contre-terrorisme [avait] contribué» à REUTERS/MAISON BLANCHE Le président américain, Barack Obama, participant à une rencontre portant sur l’opération contre Oussama ben Laden, le 1®" avril, à la Maison-Blanche.trouver le chef terroriste.A partir de la mi-mars, le président américain et son équipe de sécurité nationale ont préparé un plan pour éliminer Oussama ben Laden, qu’ils ont approuvé de façon définitive vendredi.Contredisant les affirmations de certains responsables pakistanais, dont le premier ministre Gilani, une source gouvernementale, américaine a affirmé que les Etats-Unis «n’ont partagé leurs renseignements sur le complexe [la résidence de ben Laden] avec aucun pays, y compris le Pakistan».Les Américains ont longtemps soupçonné les gouvernants et les militaires pakistanais de jouer double jeu, voire de protéger sciemment Ben Laden, tout en prétendant qu’il ne se trouvait pas sur leur territoire.L’accusation a encore été portée hier à Washington.Les Pakistanais vont devoir «prouver qu’ils ne savaient pas que Ben Laden était là», a tonné le sénateur indépendant du Connecticut, Joe Lieberman.lœ principal conseiller de Barack Obama en matière de contre-terrorisme, John Brennan, a dit lors d’un point de presse qu’il était impossible, à son avis, que Ben Laden ait pu séjourner aussi longtemps au Pakistan sans y bénéficier d’une forme quelconque de soutien, ajoutant que le gouvernement américain enquêtait là-dessus.L’équipe héliportée des Seals a investi le bunker du célèbre terroriste à la faveur de la nuit.Le raid aurait duré envi-ron quarante minutes.Des sources américaines ont préci- sé que Ben Laden avait été atteint à la tête après avoir essayé de résister.Un de ses fils de même que deux autres hommes et une femme auraient également été tués.Le corps de Ben Laden aurait été placé dans un des hélicoptères et emmené en Afghanistan, où l’on aurait prélevé des extraits d’ADN.Il aurait ensuite été jeté «dans la mer», selon des sources américaines.Les Etats-Unis, semble-t-il, voulaient ainsi respecter la coutume musulmane qui exige que les défunts soient enterrés dans les 24 heures suivant leur décès, tout en évitant l’enterrement dans un lieu susceptible de devenir un sanctuaire.Satisfaction dans le monde Dès l’annonce de la mort du terroriste, avant même sa confirmation par Barack Obama, des milliers d’Américains ont afflué vers la Maison-Blanche et Ground Zero, certains y passant la nuit.La mort d’Oussama ben Laden a été saluée par la plupart des pays du monde, qui redoutent toutefois de nouvelles actions terroristes.«Nous devons rester vigilants pour complètement démanteler le réseau al-Qaida», a affirmé la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.«Le Canada reçoit la nouvelle de la mort d’Oussama ben Laden avec sobre satisfaction», a déclaré le premier ministre canadien Stephen Harper, avant de rappeler que 24 Canadiens étaient morts dans les attentats du 11 septembre 2001.Pour le premier ministre britannique, il s’agit «d’un grand soulagement pour les peuples du monde», mais pas de «la fin de la menace du terrorisme extrémiste».Le président français a quant à lui rendu hommage à la «détermination» de son homologue américain au sujet d’al-Qaida.La plupart des pays arabes ont salué la nouvelle, quoique l’Egypte se soit abstenue de la commenter.L’opération visant à trouver et à tuer Ben Laden près de dix ans après le 11-Septembre démontre que les Etats-Unis ne renoncent jamais à obtenir justice, a affirmé la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.Cette dernière a qualifié la disparition de Ben Laden de «jalon» dans une guerre contre le terrorisme qui n’est cependant pas terminée.Les mesures de, sécurité ont été relevées aux Etats-Unis en prévision de représailles.«Des terroristes vont très probablement essayer de le venger, a déclaré hier le patron de la CIA, Leon Panetta.Nous devons rester vigilants et résolus.» Les mesures de sécurité ont été resserrées un peu partout dans le pays.Le département de la Sécurité intérieure a parlé de «vigilance élevée», ajoutant néanmoins qu’aucune menace imminente n’avait été portée à son,attention.Le Département d’Etat a pour sa part mis en garde les Américains voyageant à l’étranger contre de possibles violences dirigées contre eux.Le Devoir Avec VAgence France-Presse LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 a 17h Renseignements et administration 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone Par telecopieur Par courriel La publicité Au telephone Par telecopieur Extérieur de Montreal (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Les 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