Le devoir, 26 février 2011, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 EEVRIER 2011 QIIBRBC 201 ] DEVELOPPEMENT DURABLE LE DEVOIR RECYC^QUEBEC La fin de l’écoblanchiment en 2012 ?MONTAGE CAROLINE GUIMOND CYCLE DE VIE L’École polytechnique travaille avec Cascades et ia Société des alcools Recyclage électronique Il faudrait enlever à l’expression «développement durable» le qualificatif «durable».Une telle expression tient du pléonasme: tout développement réel est nécessairement durable.C’est à confondre finance et développement qu’on a pu dans le passé croire qu’il suffisait qu’il y ait profit pour déduire qu’une société, un État, un lieu connaissait un développement, un enrichissement.NORMAND THERIAULT AU temps des ressources abondantes, on a longtemps pu croire que tout était permis.On a ainsi rasé des forêts, avant de devoir admettre que le bois de qualité était devenu une rareté.Et si le résineux suffisait toujours pour produire diverses pâtes, cela alla encore, jusqu’au jour où la demande de tels produits est devenue en baisse.Alors, catastrophe!, d’autant plus qu’en région on mettait aussi la clé sur la porte des scieries.Et il y avait les lacs.Combien de municipalités ne se sont-elles point réjouies devant cette affluence citadine qui permettait, par une vaste implantation de chalets et d’autres résidences secondaires, d’augmenter les re- venus fiscaux?Sans compter que le garagiste local tirait aussi revenus des autoroutes et sentiers de motoneige et que, l’été venu, on se disait qu’un nouveau terrain de golf générerait emplois et autres profits.Et vinrent ces algues vertes et autres bactéries bien nourries par le phosphate répandu sur les pelouses.On constate alors qu’une nature sans lac perd, et de beaucoup, son attrait.Et si ce n’était que cela.Sous couvert de développement, mot alors utilisé de façon abusive quand l’objectif visé était en fait un retour sur l’investissement, ce retour se mesurant en profits générés, une politique de lais-ser-faire a été instaurée qui permettait tous les abus.Ainsi, manger chez McDo et se nourrir au Commensal sont encore vus comme des gestes de même REUTERS qualité aussi longtemps que l’on dépense pour manger.Acheter une Mpe ou se vêtir sont d’égale importance si les sommes déboursées sont équivalentes.Et ce ne sera que récemment qu’un sage quelconque, un «gauchiste», dirait un autre, émettra avis qu’une telle dépense devrait aussi inclure des frais de suite: est-ce à la société de payer pour les frais de santé occasionnés par un mauvais régime alimentaire?Et qui devrait faire les frais d’une production d’objets dont la durée de vie est courte, même si elle met à mal les ressources?Et ainsi de suite.Responsabilité Il n’y a pas de développement sans responsabilité.Ainsi, au Québec, Recyc-Québec agit pour qu’on établisse une réglementation sur la gestion des résidus électroniques: chaque année, ce sont 9500 tonnes de vieux ordinateurs et autres produits de même nature qui prennent la route des dépotoirs.Et cela ira en augmentant, car la fin de la vie utile des vieux téléviseurs et autres consoles approche, l’industrie imposant de nouveaux pro- Banc de parc composé de matières recyclées RECYC QUEBEC duits, et bientôt les émetteurs télévisuels cesseront d’émettre par système analogique, le numérique devenant la norme unique.Et qui récupérera ces produits faits de métaux rares et autres composantes souvent extrêmement polluantes ?L’organisme d’Etat, dont l’avenir est incertain depuis le dépôt d’un projet de loi, voudrait que, dans cette affaire, on ait recours à la logique de la responsabilité élargie des producteurs, selon un programme de l’OCDE qui impose que le coût de la récupération soit à la charge de quiconque met sur le marché un produit dont le cycle de vie est relativement court et dont l’utilisation est limitée à une seule fonction: quoi faire, en effet, avec un ordinateur, un téléphone, un téléviseur quand ils sont devenus caducs ou désuets?Et ce qui vaut pour les vieux pneus d’hiver ou la canette de soda vaut pour aussi pour ces objets-là, d’autant que, dans ces cas-là, la manipulation est plus complexe et que les lieux de distribution ne sont pas fréquentés sur une base régulière.Gain réel Il faut aussi penser à une nouvelle façon de développer.Eondaction, tout comme le Eonds de solidarité ou Investissement responsable Desjardins, assurera un retour moindre à ses actionnaires s’il instaure des mesures où il soutient des entreprises qui ont le respect des Ressources et des travailleurs.A long terme, toutefois, toute la société y gagne.Et voilà que l’Université de Sherbrooke se préoccupe même, dans son plan de développement, de la santé de qui chez elle étudie ou travaille: un développement réel va beaucoup plus loin que la récupération des ordures ou la promotion du transport collectif.Développer, ce n’est donc pas ajouter, ou vendre, quelque chose.C’est beaucoup plus: c’est assurer la pérennité de la ressource, humaine ou naturelle, tout en faisant en sorte qu’il y ait utilisation sans gaspillage.Autrement dit, on ne mange pas pour se rendre malade.Et on ne «brûle» pas la planète tout simplement pour faire avancer un char.Le Devoir EONDACTION Eiyeux économiques et engagements sociaux sont compatibles Page 2 INSTITUT EDS «Il faut repenser la nature du développement économique» Page 4 MISSION ZERO DÉCHET ÉLECTRONIQUE Il reviendrait aux producteurs d’inclure dans les coûts la récupération des vieux appareils Page 5 v-';5 RECUPERATION + EMBALLAGE + PAPIERS CASCADES.COM VERT DE NATURE MC Cascades G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 EEVRIER 2011 DEVELOPPEMENT DURABLE Fondaction et la Global Reporting Initiative Eigeiix économiques et engagements sociaux écologiques sont compatibles Il y a une « obligation morale et éthique de donner du sens à nos actions » Depuis 2006, Fondaction prépare tous les deux ans un rapport de développement durable GRI (Global Reporting Initiative) et se révèle être un pionnier dans ce domaine.En vertu de ce programme, qui a notamment vu le jour à l’initiative des Nations Unies et de leur engagement en faveur de l’environnement, ce sont 4000 entreprises ou établissements à travers le monde qui rendent compte périodiquement de leurs efforts et de leur performance en matière de développement durable.RÉGINALD HARVEY Le fonds de la CSN recueille des cotisations auprès des travailleurs et du grand public dans le but d’administrer des plans de retraite (REER) à leur intention; il est obligé par la loi d’investir au moins 60 % de son actif dans des PME ou d’autres entreprises québécoises de plus forte taille.Dès sa fondation en 1995, Fondaction a manifesté des préoccupations sociales et écologiques, comme le laisse savoir Claude Norman-din, responsable du développement stratégique et de la commercialisation au sein de cette organisation: «On s’est engagé dans le défi du développement lU Un exemple de l’engagement de Fondaction: l’investissement du matériel informatique.SOURCE SOCIETE DE DEVELOPPEMENT ANGUS fonds dans l’entreprise Insertech, une PME d’économie sociale spécialisée dans le recyclage du durable et c’est inscrit dans l’énoncé de mission même.» Dans le dernier rapport publié en 2010, la présidente de BACS VERTS et nombreux programmes de la même couleur en environnement et développement durable BAC en architecture BAC en architecture de paysage BAC en design industriei BAC en design d'intérieur BAC en urbanisme Maîtrises profession neiies en architecture et en urbanisme M.Sc.A.aménagement I Aménagement I Conservation de l'environnement bâti I Montage et gestion de projets d'aménagement I Design et complexité Ph.D.en aménagement BAC en géographie environnementale D.É.S.S.interdisciplinaire en environnement et développement durable I Biogéochimie environnementale I Gestion de l'eau I Gestion de la biodiversité I Enjeux sociaux et gouvernance D.É.S.S.en géographie appliquée en environnement umontreai.ca fb ^ A Université de Montréal « On s’est donné une politique d’achats responsables la CSN, Claudette Carbon-neau, et le président-directeur général de Fondaction, Léopold Beaulieu, ouvrent leur message de cette façon: «Cette mission repose sur la nécessaire conjugaison des enjeux économiques et financiers, sociaux et écologiques.» Mme Normandin apporte cette remarque: «Le terme “conjugaison” est particulièrement intéressant parce que, malgré l’évolution de la perception et de l’interprétation qu’on peut faire de cette forme de développement, elle demeure souvent traitée en silo; premièrement, en matière de définition, celui-ci a longtemps été associé au volet vert ou écologique de la question.Du côté de l’Europe et de plus en plus au Québec, on l’associe à l’impact économique des gestes qui sont faits par des personnes et par des citoyens mais aussi par des entreprises; il est question de retombées économiques, de conséquences sociales et d’impacts écologiques, qui sont les trois piliers de ce développement» Elle étoffe son énoncé: «Le défi pour nous, c’est de conjuguer ces trois concepts et de ne pas les traiter en silo.Dans le rapport et dans la présentation de la démarche de gestion écologique, sociale et économique, on a toujours cette préoccupation de traiter des trois aspects en conjugaison.Chaque activité a des impacts relevant des trois et il faut prendre les meilleures décisions en tenant compte de ceux-ci, autant pour nous comme entreprise à l’interne qu’à titre d’établissement financier qui a un impact comme investisseur sur les PME québécoises.» Les premiers pas.Dans ce sens-là, Fondaction a consenti ses premiers efforts pour le développement à l’intérieur même de l’organisation, au cours des premières années de son engagement dans cette voie; le premier rapport paru en 2006, après dix ans d’existence, en témoigne: «On a vécu au meilleur de notre connaissance ce que cela impliquait de mettre en route de telles pratiques.Evidemment, on a beaucoup parlé, dans les années 2000, des questions de gouvernance dans une perspective de critères ESC (environnement, social, gérance) relatifs à l’investissement responsable.On s’est donné des codes d’éthique et une ligne directrice de gouvernance.» Elle élabore sur la suite du déroulement de l’ensemble de telles activités à l’intérieur du mouvement, avant de signaler que, par la suite, cette entreprise axée sur les services s’est lancée dans l’application du volet écologique: «On s’est penché sur toutes nos pratiques; entre autres, on a mis sur pied un programme très poussé de gestion de nos matières résiduelles, une opération de recyclage et un plan de transport durable auprès des salariés.» Là encore, elle décrit de long en large les moyens d’action qui ont été mis de l’avant.Retombées sur les partenaires Tout ce remue-ménage à l’interne, une fois que les jalons furent posés en cet endroit stratégique, allait finir par déteindre sur les entreprises en af-lâires avec Fondaction, comme l’explique Claude Normandin: «On s’est donné une politique d’achats responsables.On était déjà sensible aux achats locaux et syndicaux mais, en se donnant une politique, il a fallu évaluer l’ensemble des fournisseurs et leur demander d’avoir des comportements plus responsables.Voilà ce qui a fait boule de neige et ce qui a eu un effet domino; on pense qu’on peut avoir une contribution importante à cet égard, au moment où 78 % de nos achats sont locaux, où 50 % sont de provenance syndicale et où environ le tiers sont attribuables à l’économie sociale.» Elle fournit deux autres exemples de l’engagement du fonds: la construction du siège social à Québec, exemplaire à plusieurs points de vue sur le plan écologique, et le recyclage du matériel informatique par l’entreprise Insertech, une PME d’économie sociale justement.Et voilà que, du premier rapport en 2006 jusqu’au dernier paru en 2010, la situation évolue: «On en est rendu à une étape d’approfondissement.A titre d’investisseur dans les entreprises, on sait comment l’industrie de la finance peut avoir une influence sur le comportement de celles-ci, comment elle peut dicter leur vision des affaires selon les priorités qui sont retenues.Avant qu’elles n’obtiennent un investissement de notre part, on se livre à un diagnostic socioéconomique à la fois écologique, social et relatif aux retombées économiques.» Retour, donc, à la fameuse conjugaison; ce sur quoi elle renchérit: «C’est l’obligation morale et éthique de donner du sens à SOURCE OSA IMAGES Claude Normandin, responsable du développement sfratégi-que et de la commercialisation chez Fondaction nos actions; il importe de le faire autant à l’interne qu’au-près de nos partenaires.» Un travail de pionnier Comment réagissent les entreprises?Font-elles preuve de résistance envers toute cette notion sociale et écologique?«C’est la même que celle qu’on retrouve dans la population.C’est une géométrie qui est variable: on va avoir des entrepreneurs qui sont très à l’affût de ces pratiques et d’autres pour lesquelles les motivations sont moindres; pour certaines, cela représente un avantage économique de réduire la consommation d’énergie, d’avoir une meilleure écoconception des produits ou de posséder une meilleure éco-efficacité de fonctionnement de toute la chaîne de production.» Dans cette perspective, Claude Normandin considère que Fondaction a «fait oeuvre de pionnier, on n’avait pas beaucoup d’outils quand on a commencé et on a appris sur le tas, mais c’est avec beaucoup de volonté et de persévérance qu’on s’est rendu là où on se retrouve.On est en 2011 et les chejs d’entreprise sont plus sensibilisés parce que ce sont aussi des citoyens et des consommateurs; ils s’informent et ils subissent des pressions de leurs salariés.Il faut dire aussi que, au Québec, on fait partie des quelques nations à travers le monde à posséder une loi sur le développement durable qui oblige les sociétés d’Etat et l’administration publique à rendre des comptes.Depuis quelques années, on voit qu’il y a des entreprises qui ont choisi Eondaction parce qu’on est engagé dans cette voie-là, ce qui correspond à leurs valeurs, et elles s’attendent à un accompagnement de notre part.» Collaborateur du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 EEVRIER 2011 G 3 DEVELOPPEMENT DURABLE A ¦y.__i 'I ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le programme Certification de produits à contenu recycié créé par Recyc-Québec devrait éventueiiement permettre de retrouver sur ies tabiettes de nos épiceries une étiquette de certification — un iogo — au même titre que ies appareiis éiectriques.Vers une certification planétaire de type ISO pour l’environnement La fin de l’écoblanchiment en 2012 ?Recyc-Québec dépose son programme Certification de produits à contenu recyclé En 2009, l’agence de marketing américaine Terra-Choice a révélé que 98 % des 2200 produits étiquetés «vert» qu’elle a analysés commettaient l’un ou l’autre des sept «péchés capitaux» envers l’environnement! CLAUDE LAFLEUR Une étude préparée par Se-cor pour le compte de Recyc-Québec écrit que «certaines entreprises profitent de la tendance écologique en ayant recours au greenwashing, c’est-à-dire en faisant la promotion de leur marchandise grâce à des assertions écologiques abusives».L’étude ajoute que, à cause de la prolifération des étiquettes vertes, «les consommateurs et les entreprises ne savent plus où donner de la tête et en viennent à s’interroger sur leur fiabilité».Or ces pratiques commerciales — qu’on qualifie d’éco-blanchiment — pourraient s’estomper dès l’an prochain s’il n’en tient qu’au programme Certification de produits à contenu recyclé créé par Recyc-Québec.«Une tierce partie indépendante — le Bureau de normalisation du Québec — vérifiera si une entreprise peut bel et bien affirmer que son produit contient 50, 75 ou 100 % de contenu recyclé», explique Jeannot Richard, vice-président opérations et développement chez Recyc-Québec.Ce système de certification devrait couvrir tous les produits mis en marché au Québec.C’est dire qu’on devrait ultérieurement retrouver sur les tablettes de nos magasins une étiquette de certification — un logo — au même titre que les appareils électriques que nous achetons sont certifiés conformes à la norme CSA de la Canadian Standards Association, ce logo CSA certifiant que l’appareil respecte des normes en matière de sécurité, de protection de la santé et d’environnement.Favoriser le marché du recyclage La certification instituée par Recyc-Québec s’appliquera à tous les produits que nous «consommons», de la bouteille de plastique jusqu’aux matériaux de construction, indique M.Richard.«Le domaine est donc très vaste», dit-il.Cette certification servira non seulement à nous protéger contre les prétentions abusives de certains fabricants, mais elle favorisera l’utilisation de la matière recyclée.«Plus on récupère de matières, plus il faut développer des marchés, fait remarquer Jeannot Richard.Pour ce faire, les consommateurs et les entreprises qui achètent des produits à contenu recyclé ont besoin de repères fiables.» C’est ainsi que, de concert avec le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), Recyc-Québec développe une certification de type ISQ de classe internationale.«Cette année, le BNQ se donne le temps d’élaborer un protocole de certification, dit-il, alors que nous souhaitons implanter le programme dès 2012.» Les entreprises pourront dès lors s’inscrire auprès du BNQ afin que celui-ci procède à leur homologation — comme la CSA certifie les fabricants d’équipe- ments électriques.Les entreprises certifiées pourront ensuite appliquer un logo validant que leur produit a bel et bien la teneur indiquée en matières recyclées.Certifier la planète ?Fait étonnant, M.Richard n’hésite pas à soutenir que cette certification devrait rapidement s’étendre à l’ensemble de la planète.«Lorsque le BNQ développe un programme de certification, il respecte de sévères normes canadiennes et internationales, explique-t-il.C’est dire qu’un programme de certification, une fois développé, bénéficie d’une reconnaissance internationale.» «Et puisque le BNQ est reconnu par le Conseil canadien des normes, que celui-ci est reconnu par ISO International et que cet organisme est implanté partout à travers le monde, notre certification devrait s’appliquer à tous les produits, peu importe qu’ils soient fabriqués en Amérique du Nord, en Europe ou en Asie», dit-il sans hésiter.Jeannot Richard rappelle que le Québec a ainsi créé la norme internationale s’appliquant aux sacs compostables.«On a d’abord développé la certification s’appliquant aux sacs compostables, dit-il.Puis, on a conclu une entente avec le Conseil canadien du compostage pour étendre cette certification au Canada.et maintenant, on a des entreprises certifiées en Italie comme aux Etats-Unis qui fabriquent des sacs compostables portant le logo de certification créé à l’initiative de Recyc-Québec!» Il estime par conséquent que, dès l’instant où existera une certification fiable concernant Les sept péchés capitaux des produits « verts » Ly industrie a souvent pris plus d’un «raccour-' ci» pour rendre «verts» des produits qui ne correspondent pas aux normes admises permettant d’avoir recours à une telle qualification.Ter-raChoice a ainsi repéré de tels recours en les identifiant comme autant de «péchés capitaux».¦ 1" péché: le compromis caché Affirmer qu’un produit est «bon pour l’environnement» alors qu’il serait préférable de moins en utiliser: par exemple, ne pas imprimer ses courriels.même sur du papier recyclé.¦ 2" péché: l’absence de preuve Affirmer qu’un produit est écologique sans toutefois l’avoir testé ou démontré clairement.¦ 3® péché: l’imprécision Faire une affirmation qui sera mal interprétée par le consommateur: «produit naturel» (donc bon pour l’environnement), alors que nombre de poisons sont tout aussi naturels.¦ 4® péché: la non-pertinence Une prétention exacte mais sans importance pour la protection de l’environnement: produits «sans CFC», alors que les CFC sont bannis depuis belle lurette.¦ 5® péché: le moindre de deux maux Un produit pouvant être le «meilleur» d’une catégorie qui est cependant néfaste pour l’environnement: les cigarettes «légères», notamment.¦ 6" péché: le mensonge, ce pêché fort répandu Toute prétention basée sur des données, analyses ou études fausses ou inexistantes, ou encore des prétentions non vérifiées ou invérifiables.Les produits santé et de beauté en sont friands.¦ T péché: la fausse certification Apposer sur l’emballage d’un produit un logo laissant croire que la marchandise a été certifiée «verte» par une tierce partie indépendante.C.L.le contenu recyclé, les entreprises qui vendent à travers le monde de tels produits auront tout intérêt à être reconnues comme telles.C’est dire que Recyc-Québec a bon espoir que, une fois de plus, une certification écologique mise au point au Québec se répandra comme une traînée de poudre.Collaborateur du Devoir 15 ans d’action pour une économie plus performante, plus équitable et plus verte.Fondactioa une institution financière socialement responsable.Consultez le 3® rapport de développement durable de Fondactioa de niveau AL sur www.fondaction.com ou sur www.REERvert.com.fOHùAcrm CSN POUR LA COOPERATION ET L'EMPLOI G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 FEVRIER 2011 DEVELOPPEMENT DURABLE Réfléchir de façon nouvelle Uinterdisciplinarité s’impose « 11 faut repenser la nature du développement économique » L’institut Environnement, développement et société (EDS), rat-taclié à l’Université Laval, a été créé en 2005 à Québec grâce à une subvention d’Hydro-Québec.Il regroupe 57 chercheurs de l’université et sept membres associés qui partagent un intérêt commun pour la recherche en environnement, développement et société, les trois piliers du développement durable.ciété en fonction de l’impératif écologique.Pour cela, il faut aussi s’interroger sur le type d’environnement que nous voulons.La question est de savoir jusqu’où on remet en cause le système et quelle partie du système on remet en cause», ajoute le professeur de science politique, qui suit de près les négociations internationales dans le domaine de l’environnement.ANNE-LAURE JEANSON L> objectif de l’institut EDS ' est de catalyser et d’orienter la recherche interdisciplinaire sur la résolution des problèmes en matière d’environnement et de développement durable.Celle-ci s’articule autour de quatre champs d’étude: vulnérabilité et adaptation aux changements climatiques; dynamique et gouvernance de la biodiversité; gestion des ressources hydriques; stratégies de développement durable.Situé au Pavillon des services de l’Université Laval, l’institut EDS entend développer une nouvelle façon de réfléchir sur le concept de développement durable, «souvent mal compris», selon le directeur de l’institut, Philippe Le Prestre.«ù développement durable est fréquemment ramené à l’environnement ou à un simple problème technique d’équilibre entre l’environnement, le développement et la société.Si on continue à penser en termes d’arbitrage et de contradiction entre ces trois composantes, nous n’irons pas très loin.Il faut repenser la nature du développement économique et l’organisation de la so- Interdisciplinarité «Le développement durable est un processus continu d’amélioration des conditions d’existence des populations qui ne compromet pas la capacité des générations futures de faire de même et qui intègre harmonieusement les dimensions environnementale, sociale et économique du développement», peut-on lire dans le Plan de développement durable du Québec.La perspective du développement durable est une pensée pluridisciplinaire qui tend vers l’interdisciplinarité.«L’institut EDS est un lieu d’échanges, une manière de réfléchir à faire ce qu’on veut faire.Cela implique la participation d’un grand nombre», note Philippe Le Prestre.D’un point de vue pluridisci- SOURCE EDS François Anctil, titulaire de la Chaire de recherche EDS en actions et prévisions hydrolo-^ques plinaire: «Les gens collaborent, mais chacun aborde le sujet sous un angle, sans problématique commune.L’interdisciplinarité exige au contraire le développement de concepts à la frontière de plusieurs disciplines.Tout le monde doit s’y engager», poursuit-il.François Anctil, professeur au Département de génie des eaux et membre de l’institut EDS, évoque les difficultés de travailler ensemble.«On a tendance à fonctionner très en silo.Même à l’intérieur de mon département, il y a des sous-disci-plines avec des barrières assez fortes entre elles.L’institut est un forum où on peut rencontrer des gens d’autres disciplines, mais c’est tout un défi de s’ouvrir à elles, parce que, dans nos carrières, nous sommes évalués selon nos performances disciplinaires.» Il ajoute que «la question du développement durable, c’est de tenir compte de toutes les influences, qu’elles soient sociales, économiques, scientifiques, naturelles, et cela, une personne peut difficilement le faire seule».Droit et génie François Anctil collabore régulièrement avec des météorologues, des agronomes, des statisticiens.«Grâce à l’institut, j’ai des contacts en droit, en sociologie et en sciences de l’éducation que f aurais eu beaucoup de difficultés à établir autrement.Néanmoins, cela nécessite beaucoup d’efforts pour apprendre à se connaître, à s’assurer qu’on comprenne les intérêts disciplinaires de l’autre et à déterminer comment profiter des expertises de l’autre pour faire avancer ses propres intérêts», explique-t-il.L’hydrologue a travaillé avec Paule Halley, professeure en droit de l’environnement, sur la récente loi visant la préservation des ressources en eau du Québec.«Avec elle, fai été encouragé à lire la loi, chose que je n’aurais pas faite seul.Finalement, j’ai pu partager ma lecture avec elle, ce qui s’est avéré intéressant, car j’ai soulevé des points scientifiques qu’elle n’avait pas perçus et, à l’inverse, j’ai apprécié des éléments plus pointus du droit que je n’avais SOURCE EDS Philippe Le Prestre, directeur de l’institut EDS pas pu identifier.» M.Anctil a appris sur la question du droit collectif associé à l’eau.De son côté, il s’est étonné que la notion de quantité d’eau renouvelable n’apparaisse pas dans la loi.«Je vois difficilement comment on peut faire une gestion durable de l’eau sans tenir compte de cette notion aussi simple», a-t-il conclu.D’après Philippe Le Prestre, il importe de réfléchir à plusieurs disciplines dès la débni-tion du problème.«Les recherches partent souvent d’une spécialité.Ce n’est qu’à la fin de l’étude qu’on fait appel à une autre discipline», dit-il.Nourrir le débat L’institut EDS a aussi la mis- sion de renforcer le lien entre la recherche et la prise de décisions publiques.«On ne prend pas position sur une question.On apporte des éléments au débat.Notre profession est de conseiller et non pas de dire comment faire.Nous nous assurons que toute l’information soit rendue lorsque les pouvoirs publics entendent développer une nouvelle ressource énergétique.Ils doivent savoir aussi à quoi ils renoncent», indique Philippe Le Prestre, ajoutant que l’institut est un laboratoire d’idées indépendant.Sur les gaz de schiste, par exemple, les chercheurs de l’EDS ont mis en ligne une page de ressources présentant «des sources d’information fiables, des rapports faits sérieusement».L’institut alimente le débat public par des notes de synthèse, des analyses, des tables rondes et des colloques.Des subventions de recherche pour des questions appliquées et portées vers la résolution de problèmes offrent un autre moyen de nourrir le débat.«La réflexion menée par Paule Halley sur le concept de l’eau comme patrimoine commun de la nation québécoise en est une», illustre M.Le Prestre.Il conclut toutefois que les rapports internationaux font leur petit chemin, «mais c’est très difficile de voir les impacts».Collaboratrice du Devoir Université de Sherbrooke « Durable » est un maître mot Même la santé du personnel et des étudiants est un « enjeu » À l’Université de Sherbrooke, le développement durable n’est plus un programme qui fait bande à part.En effet, le développement durable est maintenant totalement intégré au plan stratégique.Réussir 2010-2015, de l’établissement.PIERRE VALLEE Un simple coup d’œil à la table des matières du plan stratégique de l’Université de Sherbrooke suffit pour convaincre que l’établissement, en partenariat avec la Ville de Sherbrooke, entend devenir la référence québécoise en matière de développement durable.«Nous nous sommes aussi engagés à ce que tous nos étudiants, peu importe leur champ d’étude, reçoivent une formation de base en développement durable», souligne Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales.Mais cette intégration ne s’est pas faite d’un seul coup.Elle est plutôt l’aboutissement d’une série de faits et gestes.«Le tout commence en 2004, lorsqu’on se rend compte qu’on a un problème de stationnement.Au lieu de construire de nouvelles places de stationnement, on choisit plutôt de déclarer un moratoire et on va même jusqu’à hausser les tarijs.Mais, en contrepartie, on négocie avec la Société de transport de Sherbrooke le libre accès au trans- port en commun pour nos étudiants.» Cette mesure existe toujours, bien qu’aujourd’hui on exige une légère contribution de la part de l’usager (27 dollars par trimestre).C’est ce premier geste qui met la puce à l’oreille à l’administration de l’époque.En 2005, bien que l’université ne soit pas assujettie à la loi québécoise sur le développement durable, l’Université de Sherbrooke met en place une politique de développement durable.Cela sera suivi en 2008 par un plan d’action.En 2009, la direction de l’Université de Sherbrooke change, avec l’arrivée de Luce Samoisette au poste de rectrice.«L’arrivée d’une nouvelle direction a servi de pause et nous a permis de pousser plus loin notre réflexion.C’est ce qui nous a permis d’intégrer le développement durable au plan stratégique.» Sur le campus Les effets de ce virage vers le développement durable sont aujourd’hui manifestes sur le campus de l’Université de Sherbrooke.«Nous détournons aujourd’hui du site d’enfouissement 80 % de nos matières résiduelles.ri IJ U JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’Université de Sherbrooke a négocié avec la Ville de Sherbrooke le libre accès de ses étudiants au transport en commun.Nous avons mis en place un important programme de compostage.Nous possédons un composteur de 60 tonnes et nous avons distribué partout sur le campus des petits bacs de compostage.La cueillette de ces bacs se fait avec un véhicule électrique.Même la vaisselle des plats à emporter de la cafétéria est compostable.» On a aussi considérablement réduit les émissions de gaz à effet de serre.«Nous nous étions donné pour cible celle du Protocole de Kyoto, mais, grâce à la collaboration du personnel comme des étudiants, nous avons même dépassé cette cible.» Un programme d’efficacité énergétique a permis à l’Université de Sherbrooke d’éco- nomiser deux millions de dollars par année sur ses coûts énergétiques.«On a creusé de nombreux puits géothermiques qui servent à chauffer et à refroidir plusieurs de nos bâtiments, ce qui réduit de 50 % le recours à une autre source d’énergie.Par exemple, le Pavillon des sciences de la vie, grâce à la géothermie, est autonome jusqu’à une température extérieure de -13 degrés Celsius.» Ouverture vers la collectivité Le plan stratégique prévoit en plus que le développement durable ne doit pas se limiter seulement à l’Université de Sherbrooke et à ses propres installations, mais qu’il doit aussi s’ouvrir sur la collectivité.«Nous ne voulons plus travailler en vase clos et nous cherchons plutôt à agir avec nos partenaires régionaux.Nous croyons que le développement durable doit se faire de manière concertée.» Une table des partenaires institutionnels a été mise en place où siègent, entre autres, la Ville de Sherbrooke, le CHUS, les cégeps régionaux et la Société de transport de Sherbrooke.«L’Université de Sherbrooke croit que son rôle est aussi d’accompagner la collectivité vers le développement durable.» Une vision globale Le plan stratégique de l’Université de Sherbrooke avance une vision globale du développement durable, qui dépasse largement le cadre de gestes à caractère écologique.«Lorsque le CHUS et le pavillon de Lon-gueuil ont exprimé le besoin de s’équiper de nouveaux îlots de récupération, nous avons fait appel, pour leur conception et leur fabrication, à une entreprise de réinsertion sociale, Formétal.» En agissant ainsi, l’Université de Sherbrooke faisait d’une pierre deux coups.«D’un côté, on équipait nos installations d’un outil favorisant la récupération et le recyclage, de l’autre côté, en travaillant avec une en- treprise de réinsertion sociale, on encourageait financièrement l’économie sociale.On est même allé plus loin en permettant à Formétal de commercialiser et de vendre ces îlots de récupération, à condition qu’une partie de la somme de la vente soit investie dans un fonds, ce qui dotait Formétal d’un nouvel instrument financier.» Cette conception large du développement durable explique aussi que l’Université de Sherbrooke a fait de la santé de son personnel et de ses étudiants un nouvel enjeu.«Nous voulons être une entreprise en santé.La santé, ça fait partie de la qualité de vie.Nous faisons nôtre la définition selon laquelle le développement durable n’est pas seulement écologique et doit comporter des volets économiques, sociaux et culturels.Si l’Université de Sherbrooke a choisi de s’ouvrir à la collectivité et de ne plus avancer seule en matière de développement durable, elle tient aussi à ce que le développement durable englobe toutes les dimensions.C’est aujourd’hui la trame de fond qui guide nos actions non seulement en développement durable, mais aussi en ce qui concerne le développement même de l’établissement, comme l’indique le plan stratégique.» Collaborateur du Devoir Institut des sciences de l’environnement UQÀM Au cœur des enjeux environnementaux ^ Formations, recherches et interventions interdisciplinaires ^ Maîtrise et doctorat en sciences de l’environnement intégrant sciences naturelles, humaines et sociales http://maitrise.ise.uqam.ca 1514 987-8260 www.doctoratenv.uqam.ca 1514 987-4096 www.ise.uqam.ca LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 EEVRIER 2011 G 5 DEVELOPPEMENT DURABLE Déchets électroniques Le Québec « produit » et éliniiue chaque auuée 9500 touues de résidus électrouiques Il reviendrait aux producteurs d’inclure dans les coûts la récupération des vieux appareils Le Québec accuse du retard en ce qui concerne la gestion de ses déchets électroniques.Malgré un projet de loi esquissé en 2009, une réglementation se fait toujours attendre.La Mission zéro déchet électronique, un partenariat entre les CFER, Bureau en gros et Recyc-Québec, tente de remédier à ce manque.ETIENNE PLAMONDON EMOND « a tarde», reconnaît Dominique Potelle, vice-presidente administration et programme chez Recyc-Qué-bec, à propos d’une réglementation québécoise sur la gestion des résidus électroniques.Bien que certaines municipalités, comme Québec et Montréal, aient mis sur pied des programmes de récupération, la province accuse un sérieux retard en la matière.Dans sa dernière étude sur les matières résiduelles dans le secteur résidentiel, Recyc-Québec estimait qu’environ 1,3 Idlo de produits électroniques par personne, soit plus de 9500 tonnes dans l’ensemble, étaient acheminés chaque année vers les lieux d’élimination.En comparaison, à peine 100 grammes par personne sont recyclés.Pourtant, 80 % de ces types de produits peuvent l’être.L’Alberta, la Colorpbie-Bri-tannique, la Nouvelle-Ecosse, la Saskatchewan et l’Ontario possèdent déjà des programmes de gestion des résidus des technologies de l’information, tout comme l’ynion européenne et certains Etats américains.En novembre 2009, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a dévoilé sa nouvelle Politique de gestion des matières résiduelles, qui comprenait un projet de règlement au sujet de ce type de rebut.«On s’attendait à ce que la réglementation soit adoptée en 2010, mais là, on est encore en attente.» Toujours à faire Dominique Potelle précise, tout de même, que la réglementation qui entrera en vigueur au Québec devrait vraisemblablement être plus «exigeante» et se collera à la logique de la Responsabilité élargie des producteurs (REP), telle que définie par l’OCDE.Cette démarche désigne les fabricants comme ceux qui doivent s’occuper de la gestion matérielle et écono- mique de leurs produits «à la fin de leur vie utile».Bien que certaines entreprises électroniques aient commencé à reprendre leurs vieux appareils, de grands pas restent à faire.La REP québécoise s’annonce par contre un «peu plus sévère» que celles qui sont mises en branle en Europe ou dans les autres provinces canadiennes.«On est probablement un des premiers [endroits où] on vise des objectifi spécifiques par année et par type de produit.Ça, c’est un peu nouveau», explique Dominique Potelle.Un point qui ne fait pas l’unanimité concerne l’internalisation des coûts.Selon Mme Potelle, la gestion des résidus électroniques «doit faire partie intégrante du coût Ainsi, le producteur est celui qui est visé, qui doit gérer tout ça.Si c’est géré au niveau du détaillant, par exemple, ça déresponsabilise un peu le producteur.C’est ça qui ne fait pas nécessairement l’objet d’un consensus, parce que, dans de nombreux autres endroits, les coûts ne sont pas internalisés.» Les CFER proposent En attendant, un détaillant assume la tâche qui consiste à reprendre les ordinateurs, écrans, portables, numériseurs, télécopieurs, imprimantes, cellulaires, agendas électroniques, caméras et périphériques désuets de la population.Après un appel de l’émission La Vie en vert, les magasins Bureau au gros se sont joints à un projet élaboré par les Centres de formation en entreprise de récupération (CEER).Ceux-ci démantèlent les produits électroniques obsolètes ahn d’acheminer, par la suite, les différentes parties vers des fonderies ou des recycleurs accrédités par Recyc-Québec.Après avoir essayé différents modes de collecte ponctuelle, cet organisme à but non lucratif — dont la mission sociale vise à aider des élèves ayant des difh-cultés à obtenir un diplôme ou une qualihcation — désirait explorer cette possibilité dans la cueillette que pouvait offrir le détaillant.Quatre ans après le démarrage du projet, la Mission zéro déchet électronique a dévié des sites d’enfouissement plus de 2000 tonnes de matériel.«Il y a une progression au niveau de ce qu’on recueille année après année», certifie Dominique Potelle.«Les consommateurs sont plus informés.Si l’avenue leur est donnée [de recycler leurs appareils], je pense qu’ils ne demandent pas mieux.» La caravane du développement du-rable, dans laquelle les étudiants des CEER sensibilisent les gens aux enjeux de la récupération, fera d’ailleurs une tournée printanière dans les Bureau en gros de la province afin de mieux interpeller les clients sur le point de se départir d’un ordinateur pour en acquérir un nouveau.Les limites Un remède, donc, mais pas une panacée.Bureau en gros possède 66 succursales dans tout le Québec.Nous voilà encore loin des 600 points de chute implantés en Ontario pour récupérer le matériel électronique.«C’est vraiment une initiative volontaire pour pallier, en attendant qu’on puisse avoir la réglementation», justihe Dominique Potelle, qui rappelle qu’un règlement est déjà en vigueur en Ontario et que, avant de rendre la collecte «encore plus accessible, il y a des objectijs à réaliser et à viser».Dans le cas de la Mission zéro déchet électronique, Recyc-Québec constitue «le bailleur de fonds pour le manque à gagner au niveau du transport et de la logistique.Plus il y aurait de points de chute, plus le coût augmenterait.» Une vaste cueillette auprès des entreprises ne pouvant être envisagée dans le contexte actuel, la démarche se cantonne donc exclusivement aux consommateurs.«S’il fallait qu’on reprenne tous les écrans des parcs informatiques, ce serait un coût astronomique qu’on ne pourrait pas gérer.» Une action gouvernementale donnerait, par contre, un sérieux coup de pouce.«Dans le cas de la réglementation, ce qui est désigné, ce sont vraiment des produits.Peu importe que ce soit l’écran qui est utilisé à la maison ou l’écran qui est utilisé sur le bureau, [les producteurs] doivent gérer cet ordinateur s’il Des BlackBerry au rebut vient d’un secteur industriel, commercial, institutionnel ou s’il provient d’un consommateur.» Actions nécessaires N’empêche, la Mission zéro déchet électronique s’avère non négligeable, alors que se dessine un nouveau paradigme dans la consommation électronique.L’émergence des écrans plats et le passage obligatoire à la télévision numérique laissent redouter que de nombreux écrans cathodiques se retrouvent en masse dans les poubelles.Ce type d’écran contient entre autres de l’oxyde de plomb, qui peut facilement contaminer les eaux, tant en surface que dans les nappes phréatiques.Avant qu’une réglementation efficace ne soit appliquée, les citoyens pourront se rabattre sur les Bureau en gros et les LUCAS JACKSON REUTERS CPER pour éviter que leurs appareils n’engendrent des ravages écologiques une fois dans les sites d’enfouissement.Du moins, le public pourra assurément les leur conher dans la prochaine année.Ensuite, comme dans bien d’autres dossiers, la possible fusion de Recyc-Québec au MDDEP rend l’avenir incertain.Le Devoir UL CAMPUS DURABLE FAIRE LES CHOSES AUTREMENT Diminuer ie nombre de réactions chimiques requises pour produire une moiécuie, rempiacer ies soivants toxiques par de l'eau et réduire la quantité de résidus.En intégrant les principes de la chimie verte à la production de médicaments, le professeur Thierry Ollevier contribue au développement durable du secteur pharmaceutique.vï S S.] ^ ^ £, O û OH ft, Zn, U + - ^ M(H yi(
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.