Le devoir, 22 février 2011, Cahier A
1 WISCONSIN Un projet de loi du «Moubarak du Midwest» a déclenché la révolte d’une partie de la population Page B 1 w w w .1 e d e V o i r.c o m LE DEVOIR Vol.C I I N “ 3 LE MARDI 22 FEVRIER 2011 I,09$ + taxes = 1,24$ CHUM: un consortium l’emporte par défaut L’un des deux soumissionnaires, un groupe québécois, a été disqualifié pour des raisons financières KATHLEEN LÉVESQUE Il n’y a plus de concurrence dans la course au partenariat public-privé (PPP) pour la construction du Centre hospitalier de LUniversi-té de Montréal (CHUM).L’un des deux soumissionnaires a été disqualifié pour des raisons financières, a appris Le Devoir.Du coup, le gouvernement Charest a entre les mains une seule proposition technique et financière conforme aux balises établies.Il s’agit de la soumission présentée par le consortium formé des entreprises In-nisfree, OHL et Dallda.Le groupe Accès Santé CHUM regroupant des entreprises québécoises, dont les architectes Le-may et Jodoin Lamarre Pratte, n’est plus sur les rangs.Officiellement, le gouvernement a le choix: accorder automatiquement le contrat de trente ans pour la conception, la construction et la construction du CHUM au consortium restant ou annuler le processus en cours.Cette dernière solution a été prévue.Cela implique toutefois le versement d’une compensation financière de 15 millions à chacun des soumissionnaires.Mais le gouvernement a vraisemblablement écarté cette option.Au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, on affirme que «le processus concurrentiel a été respecté», compte tenu du fait que les deux consortiums ont déposé leur proposition technique à la mi-décembre et leur scénario financier le 31 janvier Au cabinet du ministre de la Santé, on affirme que «le processus concurrentiel a été respecté» VOIR PAGE A 8: CHUM OTTAWA Finies les dépenses de luxe pour les députés À lire en page A 2 JACQUES NADEAU LE DEVOIR ENQUETE SUR LE VERIFICATEUR Le maire Tremblay essuie le tir groupé de l’opposition ¦ À lire en page A 3 INDEX Annonces.A4 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.A4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde .B 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 e justic JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le procureur Martin Joly (à gauche) discutant hier au palais de justice de Montréal avec son collègue de la défense Gilles Daudelin.Un prpjet de loi spéciale a été déposé à l’Assemblée nationale pour forcer le retour au travail de 450 procureurs de la Couronne et de 1000 juristes de l’Etat.Québec assomme les procureurs La loi spéciale sera contestée devant les tribunaux La démission de procureurs en chef est rejetée ROBERT DUTRISAC BRIAN MYLES est une crise qu’a déclenchée, hier, le dépôt du projet de loi spéciale qui doit mettre fin à la grève des 450 procureurs et 1000 juristes de l’État.Quatre procureurs en chef et 24 procureurs en chef adjoints, soit une majorité d’entre eux, autant de cadres qui ne sont pourtant pas visés directement par le conflif ont exigé de quitter leurs fonctions pour dénoncer l’état lamentable de l’institution judiciaire.Mais leur patron, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a aussitôt refusé d’accéder à leur demande.«Cest le chaos», a avancé, hier, le président de l’As-sodation des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP), Christian Leblanc, «fai peine à imaginer comment la Couronne va faire pour Actionner sans chefs et sans adjoints.» Cet appui direct de procureurs en chef et de leurs adjoints a su^ris M® Leblanc.«Cest du jamais m.Je ne m’attendais pas à ça.» Dans ces lettres de démission adressées au dÉec-teur des poursuites criminelles et pénales, Louis Dionne, les procureurs en chef et procureurs en chef adjoints demandaient de quitter leur poste de cadre pour redevenir simple procureur.Selon l’APPCP, jusqu’à 40 des 50 procureurs en chef ou leurs adjoints ont manifesté leur intention d’abandonner leur poste.Le ministre de Injustice, Jean-Marc Fournier, n’a pas voulu parler de démissions, mais plutôt éj «éventuelles demandes de réorientation d’affectation».De son côté, Louis Dionne, dans un communiqué diffusé en fin de journée, a refusé net d’accéder aux VOIR PAGE A 8: PROCUREURS ¦ L’éditorial de Josée Boileau, page A 6 : Le gâchis YAN DOUBLET LE DEVOIR François Legault a dévoilé hier le manifeste de la Coalition pour l’avenir du Québec.Legault tente de créer un parti La souveraineté n’a pas de chance de se réaliser à court ou à moyen terme, estime l’ancien ministre péquiste ANTOINE ROBITAILLE uébec — François Legault pourrait transfor-mer sa Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) en parti politique dès la fin de l’année.C’est ce qu’il a soutenu hier matin alors qu’il rendait public, après des mois d’attente et de spéculation, le manifeste de cette coalition, en compagnie de l’homme d’affaires fédéraliste Charles Sirois et de 8 des 12 signataires du manifeste, à Québec.La publication de ce «texte fondateur» marque le début d’une opération de consultation que la CAQ comptç mener avant l’été dans l’ensemble du Québec.A l’issue de celle-ci, a indiqué M.Legault, un «plan d’action» sera présenté.Cela devrait se faire «d’ici l’automne 2011».Si, d’ici la fin de l’année, ce dernier remporte l’appui de la population, la CAQ pourrait alors plonger dans l’arène politique, a indiqué M.Legault.M.Legault n’est plus souverainiste, c’est-à-dire «quelqu’un qui travaille à faire arriver la souveraineté du Québec».Aujourd’hui, «je ne réponds plus VOIR PAGE A 8: LEGAULT ¦ Le milieu de l’éducation veut des précisions, page A3 ¦ La chronique de Michel David, page A 3 : François le bricoleur ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 6 : L’épreuve du réel ¦ Des extraits du manifeste, page A 7 Crise libyenne Les si^es de désintégration dn régime se multiplient MARCO BÉLAIR-CIRINO Le régime de Mouammar Kadhafi a commencé à se fissurer, hier, après plus de 40 ans, tant et si bien que le colonel a dû faire une apparition prétendument «en direct» sur la télévision d’État libyenne afin de mettre fin à la rumeur selon laquelle il avait pris la fuite.«Je veux montrer que je suis à Tripoli, et non au Venezuela.Ne croyez pas les chaînes [de télévision] qui appartiennent à des chiens errants», a lancé à la caméra M.Kadhafi, apparemment devant sa résidence de Bab Al-Aziziya.Mouammar Kadhafi s’exprimait pour la première fois depuis le début des manifestations, il y a une semaine aujourd’hui.Tenant un parapluie à la main, l’homme âgé de 68 ans s’apprêtait à monter dans un véhicule.«Je VOIR PAGE A 8: LIBYE ¦ Ottawa condamne la violence de Kadhafi, page A 2 ¦ Un massacre annoncé, page B 5 ¦ La crise libyenne fait bondir le cours du pétrole, page B 1 Mouammar Kadhafi 77831302830009 A 2 LE DEVOIR LE MARDI 22 EEVRIER 2011 ACTUALITES BLAIR GABLE REUTERS Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a affirmé hier que ia sécurité des 500 Canadiens se trouvant en Libye était sa principaie préoccupation, mais que ie gouvernement ne prévoyait pas, pour ie moment, de pian d’évacuation.LIBYE Ottawa condamne la violence de Kadhafi Ottawa — Le Canada demande à la Libye de mettre fin aux violences contre les manifestants pro-démocra-tie, alors que plus de 200 personnes auraient trouvé la mort lors des manifestations des derniers jours dans ce pays.Le premier ministre Stephen Harper a vivement condamné le recours à la force par le gouvernement libyen, hier, qualifiant ces gestes de «scandaleux» et «inacceptables».«Nous condamnons fortement les actions du gouvernement de ce pays qui a employé la violence contre ses propres citoyens.Nous demandons qu’il cesse immédiatement ces actions», a tranché le premier ministre canadien, de passage à Vancouver.Quelques heures plus tôt, son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, avait lui aussi appelé Tripoli à faire preuve de retenue et à arrêter d’utiliser la force excessive et parfois mortelle contre les protestataires.«Nous exhortons les forces de sécurité libyennes à respecter les droits de toutes les personnes concernées ainsi que leur engagement envers la liberté d’expression et le droit de réunion.Les autorités libyennes doivent faire preuve de retenue et cesser d’avoir recours à une force meurtrière contre les manifestants», a fait valoir le ministre, en point de presse à Wakefield, en Outaouais.Les manifestations pacifiques de la dernière semaine ont cédé aux violences, en Libye, où le gouvernement a choisi d’avoir recours à la force pour mettre un terme au mouve- ment populaire qui réclame le départ du colonel Mouammar Kadhafi, qui dirige le pays depuis plus de 40 ans.500 Canadiens Le ministre Cannon a précisé qu’environ 500 Canadiens se trouvaient présentement dans ce pays d’Afrique du Nord et qu’environ 350 d’entre eux étaient enregistrés auprès de l’ambassade du Canada à Tripoli.Pour le moment, le gouvernement canadien ne prévoit pas de plan d’évacuation, puisque l’aéroport de Tripoli est toujours ouvert et que les vols commerciaux sont toujours en circulation, a-t-il affirmé.Le gouvernement canadien déconseille néanmoins tout voyage non essentiel dans ce pays.M.Cannon a affirmé que la sécurité des Canadiens en Libye était sa principale préoccupation, mais il a aussi exhorté le gouvernement libyen à céder à la pression en faveur de réformes économiques et démocratiques, réclamées tour à tour dans plusieurs pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient depuis quelques semaines.«Nous appuyons la primauté du droit, nous appuyons la liberté, que ce soit la liberté de religion ou d’expression», a fait valoir le ministre.Les Canadiens qui s’inquiètent pour des amis ou des proches qui se trouvent en Libye peuvent contacter le Centre des opérations d’urgence du ministère des Affaires étrangères au 1 800 387-3124.La Presse eanadienne Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Camps d’été DEPUIS 1983 CAMPS D’IMMERSION EN ANGLAIS Pour étudiants de 7 à 17 ans Centre-ville de Montréal et Toronto Camp de jour et résidence www.nnwscamps.com Pour information: à Toronto: (416) 921-6998 à Montréal: (514) 531-4193 ofîice@mwscamps.com Finies les dépenses « de luxe » des députés HELENE BUZZETTI Ottawa — Finis les machines à expresse dignes d’im zinc italien, les téléviseurs de 74 pouces ou les réfrigérateurs multiples.11 sera désormais impossible pour les députés fédéraux d’utiliser leur budget de bureau pour acheter des articles ménagers ou encore «de luxe».Les élus de la Chambre des commîmes ne pourront plus non plus s’acheter aux frais de la reine des objets de décoradon d’une valeur supérieure à 100 $.Le Bureau de régie interne (BRI) de la Chambre des communes est le petit comité ultra-discret de députés qui tranchent les questions relatives à la gestion des budgets des élus.Le bureau s’est penché en novembre dernier sur la «gestion de l’achat des biens» et s’est doté d’une nouvelle politique.Conclusion?«Le Bureau convient de ne pas permettre que soit imputé à quelque budget que ce soit l’achat d’un bien qui n’est pas transférable, raisonnable et normalement nécessaire dans un bureau (par exemple, des articles ménagers, personnels, de luxe ou personnalisés)», est-il écrit dans le procès-verbal de la rencontre.«En bons gestionnaires responsables, on a établi une liste de biens essentiels dans un bureau de député, car on voulait éviter les ^agéra-tions», explique le député libéral Marcel Prouk, membre du BRI.Sans vouloir montrer du doigt qui que ce soit, M.Prouk fait vaguement référence à des élus s’étant acheté trois réfrigérateurs pour leur bureau de circonscription ou encore des machines à café dernier cri «qui coûtent beaucoup d’argent».Il sera encore possible d’acheter un téléviseur, mais de taille raisonnable.«As-tu besoin d’une télé 74 pouces?», demande M.Prouk.Quant à la décoradon, «le Bureau convient également de ne plus permettre que l’achat ou la location d’œuvres d’art soit imputé à quelque budget que ce soit, et que seuls des articles décoratifs de moins de 100$ (coûts d’encadrement inclus) puissent être imputés au budget de bureau du député».Il semble que la Chambre des communes voulait mettre un holà aux achats pas nécessairement judicieux ou de bon goût des élus.C’est la Chambre des communes, et non le député acheteur, qui reste propriétaire des pièces acquises.Une fois le député parti ou défait, la Chambre n’était pas toujours capable de transmettre les pièces à son successeur.La Chambre voyait ainsi sa collection d’indésirables grossir sans cesse.Discrétion Le Bureau de régie interne regroupe sept députés (trois conservateurs, deux libéraux, un bloquiste et un néodémocrate) en plus du président de la Chambre, Peter Milliken.Quatre employés de la Chambre (greffier, conseiller, responsable des finances et secrétaire) assistent aux réunions.Ce qui s’y discute est secret, et les députés, tous partis confondus, répu^ent à raconter la teneur des discussions.Même les procès-verbaux sont des monuments de laconisme.C’est ce comité qui décide, par exemple, si les frais juridiques d’un député faisant l’objet d’une poursuite seront assumés ou non par le Parlement, mais jamais le nom du député obtenant ce soutien financier n’est rendu public.C’est ce même comité qui a décidé récemment de resserrer les règles régissant les envois partisans effectués par les députés aux frais de la Chambre des communes.Ces envois représentent 10 % de tout le budget de 142 millions de dollars de la Chambre des communes.Le Devoir ANDY CLARK REUTERS Le premier ministre Stephen Harper et ie ministre de i’Immigration, Jason Kenney, ont visité hier ie navire Ocean Lady, à hord duquei des réfugiés du Sri Lanka sont arrivés au Canada.Harper vante sa réforme de l’immigration Vancouver — Le premier ministre Stephen Harper a visité hier l’un des deux navires qui ont transporté des centaines de migrants tamouls au Canada au cours des deux dernières années, afin de mettre en avant la réforme de l’immigration voulue par son gouvernement.M.Harper se trouvait à bord du MV Ocean Lady, qui a transporté 76 migrants du Sri Lanka en octobre 2009.Quatre cent quatre-vingt-douze autres migrants sri-lankais sont arrivés à bord du MV Sun Sea en août dernier.De passage en Colombie-Britannique, le premier ministre a affirmé que son gouvernement prenait des mesures plus fermes contre le trafic de migrants et envoyait le message que les tentatives d’abus du système d’immigration ne seraient pas tolérées.En plus de sa réforme de l’immigration, contenue dans le projet de loi C-49, le gouvernement fédéral s’est doté d’un conseiller spécial contre le trafic de personnes et l’immigradon clandestine, a indiqué Stephen Harper.Les détracteurs du gouvernement soutiennent que la réforme de l’immigration voulue par les conservateurs constitue une attaque contre les droits des réfugiés.La Presse eanadienne €ETiDÉDU SOMMET, ON VOIT BEAUCOUP -CLU.S.LDIM POUR RÉSERVER: YVAN ROUTHIER AU 514.249.0714, MICHELINE THIBODEAU AU 514.571.6478 OU DIRECTMENT AUX ENFANTS TERRIBLES AU 514.759.9918 SOMMErSPOURDRJULIEN.CA ©; 1 BRASSERIE 1257 BERNARD 0.(COIN CHAMPA6NEURI.OUTREMONT.MONTRÉAL.H2V IVO Pour annoncer dans œ regroupement, contactez Isabelle Sanchez au 514 985-3454 ou à isaiichez(@ledevoir.coni EN BREF Un séisme frappe Christchurch en Nouvelle-Zélande Wellington — Un puissant séisme a frappé ce mardi Christchurch, la deuxième ville de Nouvelle-Zélande, pour la deuxième fois en cinq mois, faisant plusieurs morts et causant des dégâts importants.Contrairement au précédent séisme de septembre, qui s’était produit tôt le matin lorsque les rues étaient encore vides, le tremblement de terre est survenu à l’heure du déjeuner.Le séisme de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter, survenu à seulement 4km de profondeur, s’est produit à 10km au sud-ouest de Christchurch à 12h51 heure locale, selon rinsdtut américain de veille géologique (USGS).La télévision locale a montré des images de corps dégagés des décombres dans le centre-ville et la police a fait état de «plusieurs victimes».Deux bus ont été écrasés par des débris, plusieurs bâtiments se sont effondrés, des incendies se sont déclarés et des personnes sont actuellement piégées dans des bâtiments, a ajouté la police.- Reuters 50 000 pour la prière à Saguenay Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, s’est dit, hier, «agréablement surpris» de la réaction de la population à son appel à l’appuyer financièrement afin d’interjeter appel du jugement du Tribunal des droits de la personne interdisant la récitation de la prière au conseil municipal.Hier matin, près de 50 000 $ avaient été amassés, a-t-il fait savoir.Un citoyen de Montréal aurait offert la rondelette somme de 5000 $, a précisé M.Tremblay, soulignant que «les Québécois réalisent que leurs traditions et leur culture s’effritent et désirent rallumer la flamme qui les a toujours unis».- Le Devoir Aide à la recherche sur le cancer de la prostate Un projet de recherche québécois pour la prévention du cancer de la prostate vient de recevoir un coup de pouce de près de cinq millions de dollars.L’octroi de 4,7 millions sur cinq ans a été aimoncé, hier à Laval, par la Société de recherche sur le cancer et le gouvernement du Québec.Le projet, qui a été sélectionné à la suite d’un concours, vise à mieux mesurer les répercussions de divers éléments de notre enviroimement sur les risques de développer le cancer de la prostate ou d’en influencer la progression.Des chercheurs de l’Institut national de recherche scientifique-Insd-tut Armand-Frappier et de l’Université de Montréal mèneront la recherche.- La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MARDI 22 EEVRIER 2011 A 3 ACTUALITES François le bricoleur Michel David n juin 1998, Jean Charest, qui sentait approcher les élections, avait voulu donner un petit vernis social-démocrate au parti dont il venait de prendre la direction.Il avait donc invité Claude Ryan à présenter au conseil général du PLQ son tout nouveau rapport sur la pauvreté.Malheureusement, il avait aussi invité Charles Sirois, alors président de Téléglobe, qui avait été chargé de recruter des candidats dans les milieux d’affaires.M.Sirois avait mal choisi son moment pour faire l’éloge de la richesse.Alors que le rapport de M.Ryan déplorait la baisse marquée des revenus des travailleurs, il avait déclaré qu’il fallait soulager les entreprises des trois plaies que constituaient la sécurité d’emploi, les augmentations de salaire et les grèves.Manifestement quelque chose lui avait échappé.M.Sirois, qui admet ne pas avoir l’âme d’un politicien, a encore réussi à brouiller le message hier.Il avait bien compris que sa présence aux côtés de François Legault visait à démontrer que des souverainistes et des fédéralistes pourraient former un gouvernement qui mettrait la question constitutionnelle de côté pour relever les déhs auxquels le Québec est confronté.Le moins que l’on puisse dire est que ce n’était pas très convaincant L’embarras dans lequel l’a plongé une question pourtant très prévisible sur la création d’une commission des valeurs mobilières pancanadien-ne illustrait parfaitement les problèmes auxquels se heurterait un gouvernement mixte.Dans le merveilleux monde du fédéralisme canadien, presque tous les dossiers comportent une dimension constitutionnelle.Le manifeste de la nouvelle Coalition pour l’avenir du Québec établit très bien le rôle néfaste du multiculturabsme canadien, qui empêche le Québec de faire prévaloir sa langue et ses valeurs auprès des nouveaux arrivants autant qu’il le faudrait.«Il faut mettre un terme aux signaux contradictoires qui sèment le doute dans trop d’esprits», peut-on y lire.Sauf que l’on refuse de tirer les conclusions qui s’imposent.Qn aura beau au^enter les ressources consacrées à la francisation des immigrants, il restera toujours qu’ils arrivent dans un pays où l’anglais domine et où le Québec demeure ime simple «province» parmi dix, comme l’a si bien dit M.Sirois.La Charte de la lan^e française a été et demeure ime excellente loi, mais elle a des limites.D’ailleurs, M.Legault refuse d’étendre son champ d’appbca-tion, que ce soit aux cégeps ou aux PME.Pendant des années, M.Legault a plaidé le fait que le Québec avait besoin de tout,son coffre d’outils pour s’épanouir pleinement.À défaut de construire une maison toute neuve, il parle maintenant d’une vaste «rénovation», mais il risque de devoir se contenter d’un simple bricolage.M.Legault est un homme intelligent.Il sait très bien que mettre la question nationale de côté équivaut à consacrer le triomphe du statu quo, c’est-à-dire du fédérabsme.Il sait aussi qu’Qttawa ne cessera pas de travailler à une plus grande homogénéisation du pays, simplement parce que le Québec souhaite faire une pause.Peu importe, il veut être chef coûte que coûte.Le manifeste qui a été rendu public hier n’est sans doute pas à la hauteur des attentes.Les grands objectifs qu’il bxe ont des allures de tarte aux pommes.Qui peut contester la nécessité de «solidifier les fondements de notre société», 61 «assurer la vitalité de notre culture» ou encore 6’«accroître la performance de nos services publics»^ La seule conclusion qu’on peut tirer du dernier sondage Léger Marketing-QMI est que les Québécois n’ont rien contre la vertu.En attendant le plan d’action qu’il promet pour l’automne, il est cependant possible de voir ce que ne serait pas im nouveau parti dirigé par M.Legault.Par exemple, ce ne serait pas un simple clone de l’ADQ.Ceux qui voient en M.Legault un homme résoliunent de droite pourraient avoir des surprises.Les syndicats du secteur public se mébent généralement de ceux qui parlent d’améliorer «l’efficacité des services» et «l’organisation du travail» par une «gestion beaucoup plus rigoureuse».La remise en question impbcite de la sécurité d’emploi des enseignants, en retour d’une rémunération accrue, risque également de faire tiquer.Le manifeste de M.Legault ne contient cependant aucune des manifestations de cet antisjmdica-bsme primaire qui caractérise l’ADQ.S’il est question de décentralisation des décisions et d’une plus grande responsabibsation des acteurs locaux dans le réseau de la santé, il n’est question nulle part d’qccroîùe la place du secteur privé.Si l’Etat doit établir «un climat résolument favorable aux investissements privés», son rôle dans le développement économique n’est pas remis en question.La Coabtion semble plutôt souhaiter que la Caisse de dépôt redevienne plus active dans le maintien des sièges sociaux au Québec.Même si Québécor semble déjà en campagne, M.Legault n’est pas encore premier ministre.Qn croit comprendre de la lecture de son manifeste qu’en contrepartie d’un allégement de la bscalité des entreprises, le fardeau des contribuables pourrait s’alourdir.Déjà, en 2003, Bernard Landry et Pauline Marois avaient dû lui expliquer que faire campagne sur des hausses d’impôt n’était pas une bonne idée.mdavid@ledevoir.corn J.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gérald Tremblay à la séance du conseil municipal hier, à laquelle le contrôleur Pierre Reid devait déposer son rapport portant sur le vérificateur.Enquête sur le vérificateur général de Montréal Le maire Tremblay essuie les tirs groupés de l’opposition Les élus de l’opposition s’interrogent maintenant sur la protection et la confidentialité de leur correspondance électronique JEANNE CORRIVEAU Le maire Gérald Tremblay a dû subir hier soûles attaques groupées des partis d’opposition concernant la polémique entourant le vérificateur général, Jacques Bergeron, lors de la séance du conseil municipal.Interrogé sur la conbden-tialité de la correspondance des élus, le mane a été incapable de dire si les courriels des membres de l’opposition avaient été espionnés par le contrôleur général.Toute cette affabe d’enquête sur le véribcateur a créé un sentûnent de suspicion parmi les élus de l’opposition qui s’ûiterrogent maûitenant sur la protection et la cqnbdentiabté de leur correspondance électronique.À cet égard, le mabe de l’arrondissement du Sud-Quest et membre de Vision Montréal, Benoît Dorais, s’est ûiquiété au sujet de possibles ûitrusions dans les boîtes de courriels des ordbia-teurs ou des téléphones ûitelligents des élus.Son collègue Réal Ménard a demandé au maire si les boîtes de courriels des élus de l’opposition avaient déjà été la cible d’espionnage de la part du contrôleur général, Pierre Reid.«C’est une excellente question, a répondu le mabe.C’est d’ailleurs une des questions qui ont été posées au président du conseil municipal [Claude Dauphûi].Je pense que celui-ci devra y répondre.En ce qui me concerne, je n’ai pas été informé, mais c’est une question qui est tellement importante qu’il faudra se pencher sur ce sujet pour savoir à quelle immunité ont droit les élus.» Plénière ce matin À l’occasion d’une assemblée plénière ce matin, le véribcateur sera appelé à s’expliquer sur les allégations qui pèsent sur lui, notamment en ce qui a trait à deux contrats de traduction qu’il aurait accordés à sa belle-soeur.Reste à déterminer quels sujets pourront être abordés, car si les membres de l’administration Tremblay souhaitent l’interroger sur les faits qui lui sont reprochés, les élus de l’opposition entendent plutôt lui poser des questions sur les intrusions dont sa boîte de courriels a fait l’objet lors de l’enquête menée par le contrôleur général.Hier, on ignorait toujours si le véribcateur se prêterait à cet exercice.Les partis d’opposition ont de nouveau réclamé le congédiement du contrôleur général, Pierre Reid.Ils ont aussi demandé qu’un blâme soit adressé au dbecteur général, Louis Roquef «pour son incapacité à s’assurer que le bureau du contrôleur agisse dans le respect de l’éthique et de Loi et pour avoir induit en erreur le ministère des Affaires municipales dans sa lettre du 15 février».Rappelons que dans sa lettre, M.Roquet afbr-mait que l’équipe du contrôleur ne s’était livrée qu’à quatre ûitrusions pendant toute la durée de l’enquête qui s’est échelonnée sur 10 mois et qu’il ne s’était intéressé qu’aux mandats professionnels octroyés par Jacques Bergeron.Qr, le vérificateur affirme qu’au contraire, les incursions ont été répétées et que des centaines de courriels confidentiels ont été consultés.Le mabe Tremblay a rappelé hier l’intention du ministre Laurent Lessard de modifier la Loi des cités et villes afin de clarifier les méthodes visant à «vérifier le vérificateur».Le mûiistre sera aussi appelé à donner un avis au conseil municipal quant au sort du vérificateur général, a-t-il dit.C’est toutefois le conseil municipal qui devra décider si le vérificateur doit ou non rester en poste.Pour destituer un vérificateur général, les deux tiers des voix sont nécessabes, mais Gérald Tremblay ne détient pas une telle majorité au conseil.Méthodes discutables La chef de l’opposition, Louise Harel, estime pour sa part que les moyens utilisés par Pierre Reid dans son enquête étaient disproportionnés par rapport aux supposés objectifs.«Nous pouvons facilement obtenir tous les contrats du vérificateur général simplement en les demandant comme nous l’avons fait au greffe puisque le président du conseil les dépose».«Rien ne s’est fait dans le respect de la personne de M.Bergeron et de l’institution du Vérificateur général et du conseil municipal», a renchéri le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.Le Devoir Coalition pour l’avenir du Québec Le milieu de l’éducation attend les précisions de François Legault EISA-MARIE GERVAIS MARCO BÉLAIR-CIRINO Même si elle fait de l’éducation sa «priorité absolue», la Coabdon pour l’avenb du Québec (CAQ) devra mieux expliquer ses orientations pour raUier les acteurs-clés du mibeu.Elle peut néanmoins déjà compter sur le soutien de la présidente de la Fédération québécoise des dbections d’établissement d’enseignement, Chantal Longpré, qui a annoncé hier qu’elle se joignait à la CAQ.D’ailleurs, elle ne ferme pas la porte à une éventuelle implication politique si le mouvement lancé par François Legault et Charles Sbois se métamorphose à terme en parti.«J’y réfléchis, la porte n’est pas complètement fermée, car si, pour faire avancer la cause des élèves, il faut faire le saut, je le ferai», affirme-t-elle.Mme Longpré accueille évidemment favorablement la proposition de «donner à l’école les moyens de jouer le rôle qui lui revient».A cet égard, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, exige d’avoir l’heure juste concernant notamment l’avenb des commissions scolaires.«Je ne suis pas en mode panique, mais il faut qu’on réponde à nos questions», a-t-elle dit.«Ils disent qu’il y a trop de bureaucratie, ils disent qu’il y a trop de redditions de compte.Donc, si les écoles deviennent plus autonomes, comment vont-elles gérer tout ça?» Le professeur Claude Lessard, qui est membre du Centre de recherche ûiteruniversitabe sur la formation et la profession enseignante, ne voit rien de nouveau dans le manifeste de la CAQ.Selon lui, M.Legault reprend l’idée des contrats de performances qu’il avait lui-même tenté de mettre en place il y a dix ans, alors qu’il était ministre de l’Educadon (1998-2002).Le salaire Quant à la proposition d’augmenter le salabe des enseignants, M.Lessard indique qu’il n’existe pas d’études, à sa connaissance, qui établisse une corrélation entre une telle hausse et l’engagement dans la profession.«Certains vous diraient que ça attirerait davantage d’hommes.C’est une hypothèse», note-t-il.Il croit somme toute que cette augmentation ne serait que symbolique.«S’il est vrai que les écoles des milieux défavorisés connaissent beaucoup d’instabilité de personnel, pour retenir ces gens et valoriser leur travail, je leur donnerais une plus grande augmentation que [les autres enseignants], ça enverrait un message», propose-t-il.La vision axée sur la performance de la CAQ est en ligne dbecte avec la gestion axée sur les résultats et les dérives du système d’éducation, déplore pour sa part la Centrale des sjmdicats du Québec (CSQ).«Nous sommes à même de constater, aujourd’hui, que les plans de réussite mis de l’avant par M.ùgault, alors ministre, n’ont donné aucun résultat sur la diplomation qui stagne toujours à 70 % depuis 20 ans.Pourquoi nous propo-se-t-il de poursuivre sur cette même voie qui ne fonctionne pas?», soubgne le président de la CSQ, Réjean Parent.Au niveau postsecondabe, les étudiants craignent que «répartir de manière plus équitable [la facture] entre l’Etat et les étudiants» signifie une hausse pour ces derniers.«La proposition de la Coalition équivaut à poursuivre et accentuer la politique actuelle de hausse des frais de scolarité pour s’approcher du modèle canadien, ce qui a eu pour effet d’évacuer les étudiants les plus démunis des bancs d’école», craint le président de la Fédération étudiante universitabe du Québec, Louis-Philippe Savoie.Le Devoir Scepticisme médical La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (EMQQ) accueille avec scepticisme les propositions de la Coalition pour l’avenb du Québec concernant la réorganisation du travail dans le réseau de santé, notamment celle visant à forcer les médecins de famille à s’organiser en groupe, afin de «surmonter [une] crise de confiance croissante».«Dire qu’on doit avoir accès à un médecin de famille et que ça doit se faire à travers de la pratique de groupe, tout le monde est d’accord avec ça.Mais encore faut-il être en nombre suffisant et avoir les ressources pour le faire.C’est deux choses qui manquent actuellement», a affirmé sur les ondes de RDI le président-dbec-teur général de la FMQQ, le D"^Louis Godûi.M.B.-C. A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 2 EEVRIER 2011 ACTUALITES Punaises : Montréal aura sa banque de données Après s’être opposée pendant des mois à la création d’un registre pour répertorier les infestations de punaises de lit sur son territoire, la Ville de Montréal consent maintenant à créer une banque de données qui lui permettra de suivre avec plus de précision l’évolution de l’épidémie.La Ville entend toutefois assurer la confidentialité des données qu’elle recueillera.Cette banque de données détaillera l’intensité, la répartition géographique et l’évolution des infestations, a révélé hier le journal 24 h.Elle sera alimentée par des informations recueillies auprès des inspecteurs de la Ville, des exterminateurs, des citoyens et des grands propriétaires d’immeubles.Le responsable du dossier de l’habitation au comité exécutif, Micheal Applebaum, dévoilera aujourd’hui les détails du ^projet.A maintes reprises au cours des derniers mois, les experts en santé publique et les partis d’opposition avaient réclamé la création d’un registre pour mieux combattre le fléau des punaises de lit, mais M.Applebaum avait balayé du revers de la main cette demande, estimant que la Ville disposait de suffisamment d’informations pour gérer le problème.Les données recueillies par la Ville demeureront confidentielles, car celle-ci craint que les citoyens victimes d’infestations de punaises ne soient stigmatisés.Le journal 24 h fait également état d’un «plan d’action régional concerté» visant à déterminer les responsabilités respectives des locataires, des propriétaires et des autorités gouvernementales et municipales.Le Devoir REUTERS QUEBEC Labeaume menace de multiplier les poursuites ISABELLE PORTER Québec — Se disant victime d’atteintes à sa réputation de la part de certains adversaires et médias, le maire de Québec a annoncé hier que son parti allait dorénavant recourir systématiquement aux poursuites judiciaires.«Nous entendons relever le gant autant de fois qu’il sera nécessaire ou que notre formation politique fera l’objet de fausses allégations», a dit Régis Labeaume dans une déclaration.«La réputation des gens, particulièrement celle des élus, est trop importante pour laisser quiconque dire n’importe quoi.[.] A compter d’aujourd’hui, c’est tolérance zéro.» Le maire réagissait notamment aux propos tenus la semaine dernière par un ancien conseiller de son équipe, Jean Guilbault ainsi que par le prési- dent du syndicat des fonctionnaires, Jean Gagnon.Ce dernier reprochait à l’administration Labeaume de trop donner de contrats à l’extérieur et avait soutenu que les contrats servaient «à remplir les caisses électorales».Quant à M.Guilbault, un ancien conseiller d’Equipe Labeaume devenu indépendant, il avait affirmé qu’après l’élection, le maire avait menacé de «détruire la réputation» de tout conseiller qui serait expulsé de son équipe.«C’est faux, archifaux», a hier tonné le maire, qui dit avoir proféré des menaces seulement dans les cas où un conseiller aurait manqué à l’éthique.Le maire a par ailleurs signalé que les médias aussi pourraient s’exposer à des poursuites.«A l’avenir, nous n’accepterons plus aucune diffamation [ni aucun] propos haineux, et pas d’ambiguïté géante de la part des médias.» Le maire Régis Labeaume Le vice-président au comité exécutif, Richard Côté, a avancé que, dans le passé, ils avaient été «tolérants».«Ce qui est plate, c’est qu’on laisse véhiculer des choses dans la population», a-t-il dit, et que «les citoyens pensent que c’est vrai».M.Côté a donné en exemple une déclaration de Jean Gagnon disant que la Ville perdait chaque année entre 10 YAN DOUBLET LE DEVOIR et 15 millions en raison de retards administratifs.«On a vérifié, puis c’est faux.Donc, on ne peut pas laisser passer des choses comme ça.» Equipe Labeaume a donné 48 heures à M.Guilbault et à M.Gagnon pour se rétracter, à défaut de quoi ils seront ciblés par des poursuites.L’administration Labeaume et le syndicat des cols blancs n’en sont pas à leurs premiers échanges de lettres d’avocats, mais, jusqu’à présent, elles étaient dirigées dans l’autre sens.En novembre, le syndicat des fonctionnaires avait mis en demeure le maire après qu’il eut qualifié les fonctionnaires de «pleutres» et «d’incompétents».Le sujet n’a pas manqué d’échauffer les esprits pendant la séance du conseil municipal.«On pourrait presque écrire un livre sur les manques de respect de la part du maire», a tonné la conseillère indépendante Anne Guérette.«Il n’a de leçon à faire à personne à ce sujet.» Plusieurs conseillers d’Equipe Labeaume sont par la suite intervenus pour défendre le maire.«Mme Guérette s’acharne contre le maire» plutôt que de «servir les citoyens», a déploré la conseillère Suzanne Verreault Le Devoir Des gardes forcées qui ne sont pas toujours justifiées Le comité Action autonomie demande une intervention du ministre de la Santé, Yves Bolduc CAROLINE MONTPETIT Le nombre d’internements ou d’évaluations psychiatriques forcés a augmenté au cours des dernières années.Les personnes souffrant de maladie mentale ne sont souvent même pas avisées qu’elles sont invitées à se présenter à des audiences concernant leur garde en milieu hospitalier.Et une trop forte proportion de personnes internées ou subissant une évaluation psychiatrique forcée ne sont pas les personnes dangereuses pour elles-mêmes ou pour les autres que l’on affirme qu’elles sont.C’est ce que défend le comité Action autonomie, qui remettait hier une lettre au bureau du ministre de la Santé, Yves Bolduc, pour le presser de défendre les droits des citoyens dans ce dossier.Le comité réclame entre autres choses qu’une batterie de services, de la ligne téléphonique d’urgence au suivi psychosocial, soit mise à la disposition des citoyens fragiles avant l’internement «Bien souvent, pendant l’internement, ils ne font qu’évaluer une nouvelle médication.Les personnes internées nous disent souvent que personne ne les a écoutées, que personne ne les a aidées à régler leurs problèmes», relève Johanne Galipeau, du comité Action autonomie.Le comité fait ainsi écho aux recommandations du Protecteur du citoyen qui reconnaissait pour la nième fois vendredi dernier que la Loi sur la protection des personnes présentant un danger pour elles-mêmes ou pour autrui était mal appliquée et mal encadrée.Minorité de personnes dangereuses Selon Mme Galipeau, une étude de Marcel Otero effectuée en 2007 a déjà démontré que seulement une minorité des personnes interpellées Le comité réclame qu’une batterie de services soit mise à la disposition des citoyens fragiles avant l’internement tervention policière et, on le sait, sa seule présence constitue un indicateur d’une situation conflictuelle et un risque de judiciarisation.» Enfin, les auteurs se demandent, «sans nier l’importance des dimensions ''mentales” de la composition des situations problématiques», «comment démêler clairement ce qui relève de la pathologie mentale, du conflit relationnel et de la situation de vulnérabilité sociale».Pour la très grande majorité (83,1 %) des personnes qui subissent un internement ou un examen psy-chiatrique forcés, c’est à dans le cadre de cette loi étaient effectivement dangereuses.En effet, dans cette étude, les auteurs affirment que «les catégories "risque suicidaire” (7 %) et "conflits avec des étrangers” (7,7 %) nous semblent peu présentes par rapport à un dispositif d’intervention qui évoque le danger grave et immédiat pour justifier leur déclenchement».«Toutefois, écrivent aussi les auteurs, dans 26 % des dossiers, autant d’hommes que de femmes, on constate une in- la suite d’une demande d’un membre de leur famille ou de leur entourage.L’épuisement des proches est d’ailleurs souvent un facteur important du dossier.Quelque 2460 personnes ont subi une telle garde forcée au cours de l’année 2008, selon les données d’Action Autonomie.Le gouvernement du Québec est au courant des abus dans ce secteur depuis plusieurs années, précise Mme Galipeau.Jusqu’à présent, il semble qu’il n’ait pas jugé bon d’agir.Le Devoir Assez de spéculation sur le Plateau Mont-Royal JEANNE CORRIVEAU Des associations de locataires pressent Québec de resserrer la loi pour rendre plus difficile la conversion de logements en condominiums.Selon eux, il est facile pour les propriétaires de contourner le moratoire en se débarrassant des locataires sous prétexte de travaux d’agrandissement ou de reprise des logements.Marc Laforest et Sylvie La-pointe occupent leurs logements de la rue Garnier depuis huit et dix ans respectivement.Mais ils pourraient devoir déménager contre leur gré puisque le nouveau propriétaire de l’immeuble souhaite faire partir les six locataires pour augmenter la superficie des logements.Ce prétexte permet aux propriétaires de contourner le moratoire sur la conversion des logements en condos qui existe à Montréal, dénoncent le Comité de logement du Plateau Mont-Royal et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLACQ).Marc Laforest et Sylvie La-pointe savent que leur propriétaire est prêt à leur verser une indemnité pour les voir partir, mais ils n’en veulent pas.«Ce qu’on souhaite, ce n’est pas d’avoir 25 000 $ dans nos poches.On veut que la loi protège les locataires, que les promoteurs soient encadrés par la loi et qu’ils procèdent de façon respectueuse», explique Sylvie Lapointe qui, com- me trois autres locataires, contesr tera son expulsion devant la Régie du logement aujourd’hui.«On joue au Monopoly, pas avec les immeubles, mais avec des locataires qui sont obligés de partir», ajoute M.Laforest.Amir Khadir appuie Appuyées par le député de Mercier, Amir Khadir, les associations de locataires réclament de Québec que les droits des locataires soient mieux protégés.«Nous demandons au ministre [des Affaires municipales] Laurent Lessard de colmater toutes les brèches du Code civil pour qu’on ne puisse plus transformer nos quartiers», a expliqué Erance Emond, porte-parole du RCLALQ, lors d’un point de presse.Pour sa part, le député Khadir souhaite que les règles fiscales soient modifiées afin de rendre ces transformations moins attrayantes pour les propriétaires.Au cours des cinq dernières années, plus de 1000 logements du Plateau auraient été convertis en condos malgré le moratoire en vigueur, estime Paule Lespé-rance, du Comité logement du Plateau.Des situations semblables sont également vécues dans d’autres quartiers montréalais, comme Rosemont, Hochela-ga-Maisonneuve ou Verdun.Le cabinet du ministre Lessard n’a pas voulu commenter le dossier hier.Le Devoir LES PETITES ANNONCES AVIS DE DECES 1 «N •D «E •X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100* 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 • 150 Achat vente échangé 160 • 199 Location 200 • 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat vente échangé 251 *299 Location 300 • 399 MARCHANDISES 400 • 499 OFFRES D'EMPLOI 500 • 599 PROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 • 699 VÉHICULES TERRAINS Constructeur Mirabel St Colomban 34 arpents 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garage 1200$ Mars 514 276 0639 N.D.G.Monkland Village.rénovés, poêle frigo, chauffe 312= 900$, 4 12= 1300$ 514-483-3007 Près tunnel H-Lafontaine - 41/2 Bus a la porte Ac, 4 electros RENOVATION SUPERIEURE céramique, plancher terrazo 900$.Poss.meuble : 1100$ Chauffe et éclairé.514 945-1030 SOUS-LOCATION WESTMOUNT - Mai a Dec.Grand 3 1/2, ent meuble Accès direct metro 1 850$/m paulinealbert@hotmail corn MEUBLES Carre St-Louis, Av.Laval App meuble , court / long terme www maisonrenaud corn 514 282-7797 LAVAL - LONGUEUIL Condo hôtel, 3 1/2,4 1/2 équipés Au mois 514 952-0087 LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit HORS FRONTIERES EUROPE À LOUER PARIS VII - XV Champ-de-Mars Site exceptionnel 2 1/2 rénové 08 Tt équipé, très ensoleille Sur jardin Sem/mois 514 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Cette réponse illustre les limites du choix fait par les instigateurs de la Coalition de construire autour de ce qui les unit plutôt que sm ce qui les divise.C’est ainsi que peu de Québécois seront contre les priorités recensées dans le manifeste.L’éducation, la langue et la culture, les services publics, la prospérité économique sont tous des sujets qui préoccupent les Québécois.Le véritable déljat viendra lorsqu’il faudra cibler les actions à entreprendre.À cet égard, le manifeste nous laisse sur notre faim.Que veut-on dire lorsqu’on affirme ne devoir exclure a priori aucune avenue législative ou juridique pom assurer fe soutien de fa langue française?Cela ira-t-if jusqu’à rendre obligatoire fa fréquentation du cégep en français?Le groupe de François Legault est maintenant de pfain-pied dans fe débat politique en raison de la finalité à peine cachée qu’il poursuit.Ses adversaires voudront contester immédiatement ses propositions.On sera forcément sur un terrain partisan.Néanmoins, de nouvelles idées et de nouvelles perspectives pourront sortir de ce débat.Cela forcera aussi la réflexion dans les autres partis qui ne peuvent ignorer qqe les Québécois souhaitent un renouveau de la pensée politique.À cet égard, la Coalition sera utile.Procureurs de la Couronne Le gâchis actuel affrontement entre les procureurs de la Couronne et le gouvernement n’a rien d’étonnant: cela fait des décennies qu’il perdure, sans égard aux étiquettes politiques.«La rémunération des procu-\ reurs de la Couronne est inférieure de près de 40 % par rapport à celle de leurs collègues ailleurs au pays», écrivait-on déjà en f986.En fait, la disparité considérable entre les ressources financières et matérieffes dont disposent les procurems du Québec et celles offertes dans fe reste du Canada fit f’objet d’un premier rapport en.1978.Le principe d’une correction fut par fa suite appuyé par d’autres études (dont f’une signée d’Affred Rouleau, f’ex-directeur des Caisses Desjardins, en 1985), des associations canadieimes de juristes, fe Barreau du Québec, fa magistrature.On vit même des ministres de Injustice, comme Herbert Marx dans fe gouvernement de Robert Bourassa, témoigner fem sympathie Aâi ' pom fa cause des procmeurs.Y' I Les procureurs, eux, chercheront à se faire • À entendre en usant d’une foule de moyens de 41 pression en 25 ans: journées d’étude, refus de V plaider certaines causes, manifestations, grève ¦ /¦ du zèle, grève iffégafe.If y eut aussi des me- JosÉE naces de démission, des démissions très média- Boileau tisées de procureurs vedettes, des problèmes de relève.Mais, au final, les gouvernements n’ont jamais acquiescé à fems demandes.Tout ce rappel pour souligner que le scénario dans lequel nous nous retrouvons aujomd’hui n’est pas sans précédent.L’insensibilité gouvernementale est toutefois montée d’un cran.D’abord, bien peu de chances ont été laissées à la négociation.La présidente du Conseil du trésor, Michelle Comchesne, a reproché aux représentants des procureurs leur ton vindicatif Mais quand un manque de ressources est avéré, c’est au gouvernement de faire en sorte que les discussions se pomsuivent.Smtouf la loi spéciale est une gifle: reculant sm les propositions salariales présentées au départ, le gouvernement assujettit les procureurs aux mêmes augmentations que pour l’ensemble de la fonction publique.Pom des employés en quête justifiée de reconnaissance, cela relève du mépris.Plus profondément, c’est du désintérêt historique du Québec envers son système de justice qu’il est ici question.Dans notre société que l’on dit de droit, celui-ci est le parent pauvre des services publics.C’est bien après les autres que juges et procureurs ont par exemple eu droit à des ordinatems.Et notre système n’est plus du tout adapté à la sophistication du crime organisé, des crimes économiques, de la cybercriminalité.Seul l’engagement personnel des procmems permet au système de faire face à des dossiers aussi complexes.D’où le gâchis absolu d’en arriver à démobiliser à ce point procmeurs en chef comme syndiqués.Mme Comchesne a dit qu’avec la loi spéciale, il s’agissait de retrouver «un système de justice fonctionnel».Il amait mieux valu que le système fonctionne parce qu’on y accorde de l’importance, qu’on en reconnaît les acteurs et qu’on y met les moyens pour faire en sorte que les postes à ouvrir puissent être pomvus.j boileau@ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO «^Jl V AugA PA
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