Le devoir, 16 février 2011, Cahier A
PRIX ALIMENTAIRES La Banque mondiale observe une hausse de l’extrême pauvreté Page B 1 GREVE Procureurs et juristes s’attendent à une loi spéciale vendredi Page A 2 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.en N°33 ?LE MERCREDI 16 EEVRIER 2011 1,09$ + taxes = 1,24$ Pétrole : changement de cap à Québec Malgré Anticosti, l’État est prêt à investir dans l’industrie, dit Normandeau ROBERT DUTRISAC ALEXANDRE SHIELDS Après le démantèlement de la liliale gazière et pétrolière d’Hydro-Québec, ce qui a conduit à la vente de ses droits sur le pétrole de l’île Anticosti, le gouvernement Charest change de cap et projette de faire d’importants investis- sements dans cette filière prometteuse.Ainsi, Hydro-Québec détient un intérêt pouvant s’élever à près de 40 % dans le projet Old Harry dans le gobe du Saint-Laurent.Non seulement le gouvernement Charest ne forcera pas Hydro-Qpébec à céder cet intérêt au secteur privé, mais l’État envisage de prendre des participations dans d’autres gisements gaziers et pétroliers au Qué- bec, a affirmé, hier, la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau.La vice-première miijistre a indiqué que l’engagement financier de l’État dans l’industrie gazière et pétrolière pourrait dépasser les prises de participation de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) dans plusieurs sociétés comme Talisman, Pétrolia, Gastem et Junex.«Est-ce qu’on peut aller plus loin dans nos participations?Je dis: non seulement la question se pose, mais je pense que ça pourrait être une excellente idée.Tout ça pour maximiser les retombées et la façon dont on pourrait contrôler nos ressources naturelles», a-t-elle déclaré dans un point de presse.VOIR PAGE A 8: PÉTROLE Juges: Charest se réserve un veto C’est désormais le premier ministre qui apposera les post-it, soutient l’opposition ANTOINE ROBITAILLE Québec — Jean Charest prendra connaissance avant le Conseil des ministres des choix de candidats que son ministre de la Justice entend faire à la magistrature, selon les nouvelles mesures annoncées hier par le gouvernement.Ceci lui donnerait «plus qu’un droit de regard, un veto sur la nomination des juges au Québec», a tout de suite dénoncé le Parti québécois.Lors d’une conférence de presse convoquée hier matin à 9h pour 9h30, Jean-Marc Fournier a annoncé huit mesures «intérimaires», pouvant être adoptées tout de suite par règlement (et non par loi), visant à faire évoluer le processus de nomination des juges dans l’esprit de la commission Bastarache.Il s’agit là d’une première étape dans la révision du processus de nomination, passé au crible par la commission Bastarache, dont le rapport déposé à la mi-janvier comportait 46 recommandations.Lors de cette commission, plusieurs observateurs s’étaient dits surpris d’apprendre que le VOIR PAGE A 8: JUGES Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier HAMAD I MOHAMMED REUTERS BAHREÏN Des milliers de manifestants sonlignent la mort de jennes cliiites ¦ À lire en page B 5 OTTAWA L’opposition vent la tête de Bev Oda ¦ À lire en page A 3 avec la chronique de Manon Cornellier INDEX Actualités.A 2 Annonces.B 6 Avis publics .A4 Carrières.B 4 Culture.B 8 Décès.B 6 Éditorial Idées .Météo.Monde.A6 .A7 .B3 .B5 Mots croisés.A 2 Sudoku.B 5 Économie .B 1 Télévision.B8 MENACES CLIMATIQUES SUR LES INVESTISSEURS NATALIA KOLESNIKOVA AGENCE ERANCE-PRESSE Le risque associé aux catastrophes naturelles, comme les incendies de forêt en Russie l’été dernier (ci-dessus), et aux changements climatiques est bien moindre pour les investisseurs que celui lié aux choix des gouvernements en matière d’environnement, estime une étude de la firme Mercer.L’hésitation poUtique coûte cher L’incertitude entourant les décisions environnementales des gouvernements pourrait représenter 10 % des risques totaux d’investissement ERIC DESROSIERS Les atermoiements et le manque de coordination des gouvernements en matière de changements climatiques risquent de coûter des milliers de milliards de dollars aux grands investisseurs au cours des 20 prochaines années, prévient Mercer.«Les changements climatiques ont des répercussions fondamentales sur les stratégies d’actif les risques et le rendement des placements.Les investisseurs institutionnels devraient inclure des fac- teurs à long terme, comme les changements climatiques, dans leur planification stratégique», a déclaré hier Andrew Kirton, chef du placement chez la grande firme spécialisée en consultation, en impartition et en investissements, au moment de dévoiler une étude sur le sujet.Les inondations en Australie et au Pakistan ou encore les incendies de forêt en Russie ont récemment montré les dizaines de milliards que pouvaient coûter des catastrophes naturelles comme celles qui devraient se multiplier avec les changements climatiques.Le coût total des des- tructions d’infrastructures de transport, de récoltes, ou de sources d’eau potable pourrait dépasser les 4000 milliards d’ici 2030, estime l’étude, avant d’augmenter en flèche à partir de 2050.Les connaissances scientifiques sur ce genre de phénomènes ne permettent toutefois pas encore d’intégrer ces pertes potentielles dans les modèles d’analyse stratégiques utilisés par les investisseurs institutionnels, rapporte l’étude de 132 pages réalisée en collaboration avec un VOIR PAGE A 8: RISQUES Les 29''® Rendez-vous du cinéma québécois Fable aigre-douce en entrée Aujourd’hui démarrent les 29'’ Rendez-vous du cinéma québécois: 293 films, dont 80 primeurs et une rétrospective 2010, des rencontres, des leçons de cinéma.Un hommage à Pierre Falardeau avec lecture d’un texte inédit: La Job.Grand ramdam autour du quart de siècle du Déclin de l’empire américain de Denys Arcand.Les dix joius de la manifestation, en plein Quartier latin de Montréal, se veulent joyeux, éclatés.Mais avant tout cinéphiles, bien entendu.ODILE TREMBLAY Nous voici gâtés en ce soir d’amorce.En terrains connus de Stéphane Lafleur, un de nos cinéastes les plus singuliers, ouvre le bal des Rendez-vous au cinéma Impérial en première canadienne, après son lancement à la Berlinade.Succulent morceau de départ, qui prend l’affiche dès vendredi en salle.Qn le sent appelé à faire son chemin sur la route d’autres festivals, à glaner des prix.Ce fdm démontre une fois de plus que c’est l’audace jumelée au talent qui pousse notre septième art vers les cimes.Le grain de folie aussi.VOIR PAGE A 8: EABLE SOURCE LES EILMS SEVILLE Michel D’Aigle, Francis La Haye et Sylvain Marcel dans la scène du dîner de famille de En terrains connus, deuxième long métrage de Stéphane Lafleur.77831302831708 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 16 EEVRIER 2011 ACTUALITES «Leur position, c’est non à tout» Les procureurs de la Couronne et les juristes de l’État voient se profiler une loi spéciale, qui pourrait être déposée dès vendredi BRIAN MYLES Les procureurs de la Couronne et les juristes de l’État sont en deuil.Ils se préparent à revenir au travail sous le coup d’une loi spéciale qui pourrait être déposée dès vendredi à l’Assemblée nationale.La loi serait déjà écrite, ce qui expliquerait la faible volonté du Conseil du trésor à poursuivre les négociations, a affirmé hier le président de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP), Christian Leblanc.Québec a rompu les négociations lundi avec l’APPCP et hier avec l’Association des juristes de l’État.Toutes les offres auraient été retirées, affirment les représentants syndicaux des deux associations.Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, assure au contraire que le gouvernement est disposé à poursuivre les pourparlers.La solution négociée demeure le «plan A, sur lequel nous travaillons», a-t-il assuré hier.Après une semaine de grève, les 450 procqreurs et les 1000 juristes de l’État appréhendent pourtant un nouveau coup de force du gouvernement CharesL «Leurposition [au Conseil du trésor], c’est non à tout, et ne nous rappelez pas si vous n’avez pas quelque chose de différent à proposer.Il est évident qu’on ne veut pas négocier un processus de rattrapage salarial», déplore M® Leblanc.En matinée, le ministre Fournier a manifesté les premiers signes d’une impatience polie à l’égard des procureurs.Sans parler ouvertement de l’adoption d’une loi spéciale, M.Fournier a rappelé que la grève n’était pas sans conséquence pour la population, entre autres en raison du Le ministre de ia Justice, Jean-Marc Fournier, assure que poursuivre ies pourpariers avec ies 450 procureurs et ies 1000 report de nombreuses causes.«On a besoin d’eux [les procureurs et les juristes] mais, en même temps, les citoyens ont besoin d’une justice qui fonctionne», a commenté M.Fournier.Les procureurs et les juristes réclament un rattrapage salarial d’environ 36 %, ce qui ferait passer leur salaire au sommet de i:échelle de 103 000 $ à 140 000 $.A ce jour, les procureurs ont reçu l’appui de trois fraternités des policiers (Québec, Gatineau et Montréal) et de l’Association des policiers provinciaux du Québec.Non au chantage La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a reproché au gouvernement Charest d’avoir tenu un simulacre de négociations, lors de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale.«On est en droit de se demander si le gouvernement n’a pas écrit une pièce de théâtre dont il connaît l’acte final: une loi spéciale», a suggéré Mme Marois.Le gouvernement n’a jamais évoqué publiquement l’adoption d’une loi spéciale.Christian Leblanc est cependant convaincu de l’existence de ce plan B qu’il apparente à une forme «d’intimidation».11 va même jusqu’à mettre en doute la volonté de négocier du Conseil du trésor.L’imposition d’un deuxième décret fixant les conditions de travail des procureurs (après l’adoption de la loi 44 en 2005) sera préjudiciable pour l’appareil judiciaire, estime M® Leblanc.«On ne craint pas une loi spéciale, mais on craint les dommages à l’institution pour les deux prochaines générations», affirme-t-il.Les procureurs garderont la tête haute.Ils préfèrent retourner au travail sous le coup d’une loi spéciale plutôt que JACQUES NADEAU LE DEVOIR le gouvernetpent est disposé à juristes de l’État.d’accepter des conditions de travail bien en dessous de leurs revendications.Le porte-parole de l’Assopia-tion des juristes de l’État, Éric Dufour, a tenu un discours similaire.«Les juristes ne négocieront pas sous la menace», a-t-il fait savoir par voie de communiqué.Insatisfait de la tournure de,s événements, un avocat de l’État respecté suggère aux procureurs et aux juristes de démissionner si une loi spéciale est adoptée.«La démission en bloc serait une démonstration claire de notre sérieux et de notre rigueur, ce qui serait ensuite une garantie de notre indépendance dans l’exercice quotidien de nos fonctions», écrit-il dans une lettre qui circule sous le manteau.Avec la collaboration de Robert Dutrisac Le Devoir La réorganisation clinique soulève des inquiétudes au CUSM LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le redéploiement du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) force le mégahôpital anglophone à revoir un certain nombre de services, parmi lesquels la dialyse, les suivis gynécologiques et certains services en dermatologie.L’exercice a été soumis hier au comité des usagers, qui réclame des garanties pour les patients qui feront les frais de cette réorganisation.Ce branle-bas de combat s’inscrit dans une longue réflexion entamée il y a plus d’un an pour redéployer les services autour des soins plus complexes qui sont au cœur du mandat d’un établissement universitaire comme le CUSM, explique le D’Tim Meagher, chef du développement clinique.«Nous avons pour mandat de bonifier notre offre de soins tertiaires et quaternaires.Dans un contexte où les revenus sont fixes, il nous faut faire des choix.» Est-ce à dire que, si le mode de financement changeait pour passer par exemple à un financement à l’acte comme le prône le D’Arthur Porter, directeur général du CUSM, le futur mégahôpital pourrait maintenir tous ses services?«En effet, le problème n’est en pas un d’espace, mais de budgeU, confirme le D’ Meagher.Comme Québec ne semble pas chaud à la proposition du D’Porter, qui partage cette vision avec le directeur général Les usagers font valoir que les soins de première ligne seront difficiles, voire impossibles à obtenir ailleurs n LES RENDEZ-VOUS DU CINÉ MA 0 UÉBÉCO IS MONTREAL 16-27 FEVRIER 2011 RVCQ.COM SAO nCOUABORAnONAVEC am) RADIQiTtltVISIONllNIBUEr LES RENDEZ-VOUS DU CINÉMA QUÉBÉCOIS RENDENT HOMMAGE À DEUX GRANDS ARTISTES ENGAGÉS Samedi 19 février, 20h30 SALUT FALARDEAU! LA JOB Lecture publique de La job, scénario inédit et mis en scène par Luc Picard avec la participation d’Alexis Martin, Denis Trudel et de nombreux invités spéciaux.EN COLLABORATION AVEC âr[\£ Lundi 21 février, 20 h 30 CANTOUQUE POUR GODIN Hommage à Gérald Godin, suite à la présentation du documentaire Godin (Simon Beauiieu), animé par Emmanuel Bilodeau avec Pierre Curzi & Marie Tifo, Amir Khadir, Chloé Ste-Marie, Mara Tremblay et autres invités spéciaux.SOIRÉES GRATUITES AU BISTRO SAQ DE LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE 335, bout de Maisonneuve Est I MÉTRO BERRi-UQAM A Congédié ?4' François Gendron ‘ ^ avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montreal 514.845.5545 MOTS CROISES 1 23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 RVCQ.COM CC.iNlds.Arto CnadsCCtoiid Montréal© QuébecSS HORIZONTALEMENT 1.Poète et romancier américain.2.Mesures agraires -Projectile.3.Singe de Bornéo -Élimés.4.Dégradations.5.Englouti - Remet debout.6.Se parle en Inde - On y parle anglais - Nappe d'eau.7.Partie de l'année -Sang-froid.8.Salve - Aber - Petit reptile.9.Qui sort d'un milieu après l'avoir traversé.10.Venu au monde - Hors dici ! - Pas amateur.11.Élaboré - Image de miroir.12.Sous pression -Naturel.VERTICALEMENT 1.Elle a écrit Orgueil et préjugés.2.Grand perroquet d'Amérique latine -Réellement.3.Introduit une explication - Il brille.Lettre grecque -Bouquinés - Disque.Pronom interrogatif -Instruments à claviers.Remués - Lisses.Enjoués - Lieu mystérieux.Cubitus - S'oppose au progrès - Lieu de départ.Fréquent - Résine d'odeur fétide - Avant sol.10.Sous le bras -Habitude.11.Ce qui donne accès -Chauves-souris d'Amérique tropicale.12.Sortes - Retire.9.9 101112 1573 SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO du Centre hospitalier de l’Uni-versité de Montréal (CHUM), un «léger changement de cap» a été entrepris.Celui-ci a donné lieu à une série de 160 recommandations qui devront chacune faire l’objet d’une «évaluation serrée» avant d’être retenue, explique le D"^ Meagher.Précisons que les scénarios présentés hier touchent surtout aux soins de base, dits soins de première ligne, qui peuvent être donnés dans un autre établissement et même dans un CLSC ou une clinique.C’était la troisième fois hier que les têtes dirigeantes du futur CUSM rencontraient les usagers pour discuter de ces questions qui suscitent beaucoup d’inquiétude et de résistance chez les patients touchés.Le comité des usagers fait valoir à raison que ces soins seront difficiles, voire impossibles à obtenir ailleurs tant le réseau montréalais est surchargé et fermé.L’inquiétude est aussi palpable chez certains médecins du CUSM.Certains ont confié leur appréhension à The Gazette, qui a levé le voile sur cet exercice de révision hier.Dans une lettre obtenue par le quotidien, les der-matologistes Linda Moreau et Denis Sasseville déplorent le peu d’intérêt porté à leur discipline.Ils s’inquiètent également de voir leurs patients devoir aller en clinique privée, sonnant la fin des services gratuits.Le chef du développement clinique du CUSM est conscient que sa révolution ne lait pas l’una-nimité chez les médecins.Mais il entend tout faire pour les convaincre de saisir l’occasion qui est donnée au CUSM de passer à un centre hospitalier universitaire digne des soins les plus modernes.Le CUSM s’est donné quatre ans pour trouver des «solutions de partenariat sur Vile», de concert avec Licence de la santé et des services sociaux de Montréal, ajoute le D"^ Meagher.«Nous n’abandonnerons pas nos patients.Nous n’envisageons d’ailleurs aucun transfert au privé.Notre objectif est clair.Il faut que les soins demeurent de même qualité, sans que cela coûte quoi que ce soit aux patients.» Le Devoir E N BREF Une nouvelle planète?Alors que l’on commençait tout juste à assimiler l’idée que notre système solaire ne comportait que huit planètes puisque Pluton n’est en vérité pas une planète à part entière, voilà que deux scientifiques de l’Université de Louisiane à Lafayette croient avoir découvert une nouvelle planète géante aux confins de notre système solaire.C’est le modèle mathématique qu’ils ont conçu pour expliquer la trajectoire particulière qu’empruntaient les comètes à leur entrée dans notre système solaire qui a révélé l’existence de cette nouvelle planète gazeuse ayant une masse quatre fois plus grande que celle de Jupiter.Cette planète, qu’ils ont nommée Tyche en l’honneur de la divinité grecque de la fortune, de la prospérité et de la destinée d’une cité, se cacherait à la périphérie externe du nuage d’Qort qui constitue la frontière du système solaire.L’orbite de Tyche se situerait donc à une distance 375 fois plus grande du Soleil que celle de Pluton.Selon les chercheurs, le télescope spatial Wide-Field Infrared Survey Explorer (WISE), que la NASA a lancé dans l’espace en 2009 et dont les premières données seront disponibles en avril prochain, devrait apporter les preuves de l’existence de cette nouvelle planète que les chercheurs imaginent composée d’hydrogène et d’hélium avec une atmosphère semblable à celle de Jupiter et entourée de lunes comme la plupart des planètes les plus éloignées du ^o-\éA.-Le Devoir LE DEVOIR, LE MERCREDI 16 EEVRIER 2011 A 3 ACTUALITES VIEUX-QUÉBEC ^ EE PORT-ROYAL^ ^ hôtel & suites Forfait | ^Q$ ^ couette gourmande J.1 866-417-2777 www.leportroyal.com Abus de mensonges Manon CORNELLIER Les bonnes manières parlementaires interdisent aux députés de s’accuser de mentir.Alors, avec ce brin d’hypocrisie propre à l’arène politique, ils se rabattent sur des euphémismes pQur éviter de dire les choses comme elles sont.À ce jeu, certains, en particulier au sein du gouvernement, en viennent à croire qu’ils peuvent nous faire avaler toutes sortes de couleuvres.La dernière en titre vient de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, et de son refus en 2009 de renouveler le financement de l’organisation humanitaire Kairos.L’affaire avait fait du bruit à l’époque parce que la première explication était venue du ministre Jason Kenney.De passage en Israël, il avait affirmé que Kairos avait perdu son financement à cause de sa position trop critique à l’égard d’Israël.La ministre et son secrétaire parlementaire ont rectifié le tir, affirmant plutôt que les activités de Kairos ne correspondaient plus aux priorités du gouvernement et de l’Agence canadienne de développement international ACDI).Pendant des mois, ils ont laissé entendre que la décision découlait d’ime analyse approfondie réalisée par les fonctionnaires.Bref, que la conclusion relevait aussi d’eux.Mais la recommandation finale de l’ACDI au sujet de Kairos a fini par être rendue publique en octobre dernier grâce à la Loi siu l’accès à l’information.L’évaluation, paraphée par la ministre, la présidente et un des vice-présidents de l’ACDI, disait clairement que le financement devait être renouvelé.Du moins, avant qu’un «not» (ne pas) manuscrit soit ajouté, changeant complètement le sens de la recommandation en faveiu de Kairos.La modification n’était pas paraphée et, lorsque le Comité des affaires étrangères a tenté en décembre de savoir qui avait pu ajouter cette marque, la ministre a dit l’ignorer.Quant aux deux bureaucrates, ils ont précisé qu’elle n’apparaissait pas au moment où ils avaient signé le document.Invité à se prononcer sur le sujet, le président de la Chambre, Peter Milliken, a manifesté son inquiétude.«Toute personne raisonnable mise au fait de ce qui semble s’être produit serait certes extrêmement préoccupée, voire outrée, et pourrait même se mettre à douter de l’intégrité de certains processus décisionnels.En particulier, les hauts fonctionnaires concernés de l’ACDI doivent être profondément perturbés de voir qu’on semble leur faire porter la responsabilité d’avoir signé un document trafiqué», a-t-il dit jeudi dernier.Sentant la soupe chaude, la ministre a fini par dire lundi que l’altération avait été faite à sa demande afin de refléter son opposition au renouvellement du financement de Kairos.Elle essaie maintenant de nous faire croire qu’elle a signé une recommandation favorable sans l’altérer elle-même, qu’il a fallu qu’un membre de son personnel ajoute la négation à sa demande afin de refléter la position du gouvernement.De la bouillie pour les chats! La façon pour un ministre de refuser une recommandation de ses fonctionnaires est de ne pas la signer, pas de la modifier en catimini pour nous prendre pour des valises par la suite.Et le premier ministre qui approuve.On a une ministre qui demande qu’on falsifie un document, qui refuse de prendre la pleine responsabilité de sa décision en laissant croire au Parlement que ses fonctionnaires y sont pour quelque chose, qui affirme en comité ne pas savoir qui a altéré la recommandation finale, qui donne une nouvelle version en Chambre quand elle est mise au pied du miu.Malgré tout cela, Stephen Harper la défend en disant qu’il revient aux ministres de prendre les décisions financières.Pas un mot sur les mensonges, les demi-vérités et les esquives.Qu’est-ce qui empêchait Mme Oda de dire dès le départ qu’elle rejetait la recommandation de ses fonctionnaires et d’expliquer pourquoi?Bien des hypothèses sont permises.Peut-être qu’après avoir dit oui, elle a reçu l’ordre de son patron de reculer, peu importe la méthode.Peut-être qu’on voulait cacher quelque chose.Mais quoi?Ou peut-être que le ministre Kenney avait simplement raison et que le gouvernement n’avait pour seul motif de rejet de la demande de financement que son antipathie pour une organisation trop critique d’Israël.Peu importe la raison, le résultat final est une longue succession de mensonges qui illustre le manque de respect du gouvernement poiu le Parlement et les électeurs.Une autre preuve que, poiu lui, tout est permis poiu imposer ses vues.On ne sanctionne donc pas le ministre de l’Industrie, Tony Clement, quand il laisse entendre que Statistique Canada approuve les changements au recensement, poussant le statisticien en chef Munir Sheikh à démissionner pour rectifier les faits.Quand des membres du conseil de Droits et Démocratie dénigrent la gestion de l’ancien directeur, le défunt Rémy Beauregard, et qu’un rapport de vérification leur donne tort, les administrateurs fautifs ne sont pas rappelés à l’ordre et aucune excuse n’est exigée poiu rétablir à titre posthume la réputation de M.Beauregard.Au contraire, le gouvernement récompense deux de ses toiumenteius en renouvelant leur mandat.Le mensonge est devenu une habitude poiu ce gouvernement et il n’en est même pas gêné.Quand il est pris sur le fait, il hausse les épaules et continue son chemin.C’est une honte.mcornellier@ledevoir.corn Financement du groupe Kairos refusé par la ministre L’opposition veut ia tête de Bev Oda Libéraux, bloquistes et néodémocrates veulent que cesse la «culture de la tromperie» HELENE BUZZETTI Ottawa — Dans un rare moment d’unité à la Chambre des communes, les trois partis d’opposition ont demandé hier la tête de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, poiu leiu avoir «menti» et avoir «trafiqué» un document gouvernemental.L’opposition estime qu’il faut mettre un terme à la «culture de la tromperie» qui prévaut sous le règne de Stephen Harper.Le premier ministre a défendu sa ministre et son droit de donner des directions politiques à la fonction publique fédérale.«La ministre de la Coopération internationale a coupé les vivres à une organisation religieuse respectable, elle a ensuite trafiqué un document de ses fonctionnaires pour donner l’impression qu’ils étaient d’accord avec elle alors qu’ils ne l’étaient pas, puis elle a induit la Chambre des communes en erreur.Ce comportement est indigne d’une ministre», a lancé le chef libéral, Michael Ignatieff.Ce n’était que la première salve.Tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique ont emboîté le pas.Tous estiment que la ministre leiu a menti.«Le premier ministre va-t-il démettre de ses fonctions la ministre de la Coopération internationale pour avoir induit la Chambre en erreur?», a demandé le chef bloquiste, Gilles Duceppe.«Dans la plupart des endroits, on appelle contrefaçon» ce que la ministre a fait, a poiusuivi le néodémocrate Paul Dewar.La ministre Oda n’a répondu à aucune question.Le premier ministre Stephen Harper s’est porté à sa défense systématiquement.«Lorsque le gouvernement dépense de l’argent et verse des subventions et contributions, ce sont les ministres qui prennent ces décisions et ils en portent la responsabilité.Ce n’est pas la décision d’un fonctionnaire nommé, ce n’est pas un droit acquis pour les organisations extérieures.Il revient au ministre de s’assurer que l’argent des contribuables est utilisé efficacement en aide étrangère et c’est ce qu’elle [Mme Oda] a fait» Pour les partis d’opposition, là n’est pas la question.Le problème, selon eux, est que le gouvernement a voulu cacher la nature politique de sa décision en faisant faussement croire que les fonctionnaires de l’ACDI l’appuyaient.Un «not» rajouté L’organisme Kairos, un regroupement religieux oecuménique, développe des programmes d’aide un peu partout sur la planète et recevait depuis 1973 des subventions d’Ottawa pour son travail.En décembre 2009, Ottawa a refusé de renouveler son financement de 7 millions de dollars sur quatre ans.Au départ, la ministre avait indiqué que cette décision était partagée par son ministère.«Après un examen rigoureux, les responsables ont décidé que la proposition de Kairos ne respectait pas les normes gouvernementales», avait dit Mme Oda en Chambre.Dans une réponse écrite officielle, elle déclarait même que «la décision de l’ACDI de ne pas renouveler le financement de Kairos était basée sur une évaluation globale et CHRIS WATTIE REUTERS L’opposition accuse Bev Oda de ieur avoir «menti» et d’avoir «trafiqué» un document gouvernementai.«Le premier ministre va-t-ii démettre de ses fonctions ia ministre de ia Coopération internationaie pour avoir induit ia Chambre en erreur?», a demandé ie chef bioquiste, Giiies Duceppe.non un critère en particulier».Les médias ont ensuite mis la main sur la recommandation de l’ACDI proposant au contraire d’approuver le financement.Un «not» a toutefois été ajouté à la main à la recommandation anglaise qu’a signée la ministre.Les partis d’opposition entament une bataille de procédure pour faire condamner la ministre pour outrage.Le libéral Bob Rae espère que les Canadiens sauront voir au-delà des enjeux procéduriers de cette histoire.«Voici un gouvernement qui a beaucoup de difficulté à dire la vérité, un gouvernement qui cache de l’information et des faits, un gouvernement qui ensuite fabrique des histoires et des “spins” lorsqu’il se fait prendre.Ce n’est pas une histoire de processus, c’est un grand récit de moralité.» La machine à signer?Dans les coulisses conservatrices, une explication émerge.On indique à qui veut l’entendre que ce n’est pas la ministre elle-même qui a signé le mémo modifié, mais plutôt son «bras» robotisé, machine imitant la signature du ministre afin de la soulager de cette tâche fastidieuse.La ministre, alors à l’extérieiu d’Ottawa, aiuait donné par télé- phone la consigne à ses adjoints politiques de modifier le mémo, de manière à refléter son désir de ne pas approuver la demande de financement, puis le tout aurait été envoyé au bras.En affirmant ceci, la ministre peut donc dire que, techniquement, elle n’a pas menti lors de sa comparution en comité parlementaire lorsqu’elle a soutenu ne pas savoir qui avait ajouté le mot «not».Cette version invalide aussi la thèse voulant que Mme Oda avait approuvé le financement de Kairos, mais que quelqu’un agissant sous les ordres du premier ministre aurait par la suite ajouté le mot «not», transformant l’approbation en refus.Kairos a été accusé d’antisémitisme par les conservateurs dans le passé, accusation que réfute avec véhémence le groupe.Les conservateius font également valoir que la méprise découle du fait que la forme des mémos ne permettait pas à la ministre d’indiquer clairement son refus sans avoir recours aux notes manuscrites.Un nouveau formulaire a été depuis adopté siu lequel la ministre a le choix de cocher une case «oui» ou «non» poiu indiquer sa décision.Le Devoir Gel des avoirs de Trabelsi: Ottawa maintient la confusion L’ambassade de Tunisie au Canada aurait déjà entrepris les démarches nécessaires GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa — Le gouvernement fédéral a-t-il reçu une demande officielle de la Tunisie pour procéder au gel des avoirs de Belhassen Trabelsi, le beau-frère du président déchu Ben Ali actuellement réfugié au Canada?L’ambassade tunisienne affirme que oui, mais le ministre Lawrence Cannon maintient une certaine ambivalence.Dans un communiqué de presse publié le 26 janvier, l’ambassade de Tunisie au Canada indique que «les démarches nécessaires ont été entreprises par l’ambassade auprès des autorités canadiennes compétentes pour geler et sauvegarder les biens meubles, immeubles et avoirs bancaires» détenus par Ben Ali et les membres de sa famille — dont M.Trabelsi, réfugié dans la région de Montréal.Or, le gouvernement fédéral refuse toujours de confirmer clairement la réception de cette demande ou l’amorce d’une action pour y répondre.Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, entretient le doute à cet égard.Lundi, il a déclaré en réponse à une question du Bloc québécois que la demande d’intervention «doit venir du gouvernement tunisien».Mais il a plus tard précisé qu’Otta-wa «travaille avec les autorités du gouvernement tunisien pour pouvoir en arriver à une solution qui ferait en sorte de geler les avoirs» du clan Ben Ali.Hier, le Bloc est revenu à la charge en citant le communiqué de l’ambassade et en demandant à M.Can- «II y a de bonnes chances que quand ils vont avoir pris leur décision [.il n’y ait plus rien» non comment il pouvait maintenir sa version voulant que la demande officielle n’ait pas été faite.Le ministre s’est alors levé pour affirmer qu’il ne parlait pas de la Tunisie la veille, mais bien.du gouvernement égyptien et du dossier Moubarak, brièvement évoqué dans le préambule de la question du député Jean Dorion.Cela a soulevé l’ire du chef Gilles Duceppe, qui a pris un tour de parole supplémentaire pour questionner M.Cannon.«Le ministre ne peut pas prétendre qu’il n’a pas compris, puisqu’il [a cité] le gouvernement tunisien» dans sa réponse, a fait valoir M.Duceppe, qui semblait furieux des esquives de M.Cannon.], En point de presse après les échanges, M.Duceppe n’avait pas décoléré.«Si un ministre arrête [d’écouter une question] dès le préambule, c’est un comportement inquiétant.» Selon le chef bloquiste, il n’y a aucune raison justifiant que l’Europe puisse bloquer très rapidement les avoirs des proches des présidents déchus en Eg5q)te et en Tunisie, mais pas le Canada.«On peut le faire de façon provisoire pour éviter que l’argent parte dans les paradis fiscaux, dit-il.Il y a de bonnes chances que quand ils vont avoir pris leur décision, si jamais ils en prennent une, il n’y ait plus rien.Et pourquoi donc?Qui protègent-ils?» Le ministère n’a pas répondu à nos questions hier, arguant que les relations entre Etats sont confidentielles.Le Devoir Dépenses publiques Le Parlement en voie de perdre le contrôle, dit Kevin Page GUILLAUME BOURGAULT-COTE Ottawa — Le Parlement risque bien de «perdre le contrôle de ses responsabilités» relatives aux dépenses publiques si le gouvernement continue de cacher autant d’informations cruciales, estime le directeur parlementaire du budget, Kevin Page.De passage devant le Comité des finances hier matin, M.Page a fait remarquer que «ces dernières années, le Parlement a été invité à approuver des modifications à des lois sur la criminalité sans qu’on lui fournisse l’information ou les données financières» permettant de mesurer l’impact budgétaire de ces mesures.De même, les parlementaires ont «avalisé des autorisations financières concernant des contraintes opérationnelles sans qu’on lui don- ne accès à un plan gouvernemental», a ajouté M.Page.Résultat: il devient difficile poiu le Parlement de s’acquitter des «responsabilités relatives aux autorisations de dépenser prévues par la Constitution».Dans le noir, le risque de dérapage est réel, dit-il.M.Page plaide donc pour une «plus grande transparence budgétaire et une analyse budgétaire plus approfondie», un thème qu’il martèle depuis plusieius mois et qui lui vaut des accrochages réguliers avec le gouvernement Harper.Le critique libéral en matière de finances, Scott Brison, a d’ailleurs soulevé en Chambre la semaine dernière une question de privilège dénonçant l’incapacité du Parlement à bien faire son travail de chien de garde des deniers publics.Selon Kevin Page, la décision du gouvernement de garder secret son plan détaillant les res- trictions de dépenses qu’il faudra faire poiu équilibrer le budget d’ici 2016 est injustifiée.Il a rappelé qu’en 2006, «le présent gouvernement a transmis au Parlement des données sur les restrictions de dépenses ventilées par ministère, tout comme l’avait fait le gouvernement précédent en 2005.» «Pourquoi l’application du secret du cabinet visant les mesures de restrictions semble avoir été modifiée en si peu de temps?», demande-t-il.Le recours réciurent au «secret du cabinet» a pour ef fet d’empêcher les parlementaires de faire leur travail, dit M.Page.Ce dernier a aussi réitéré hier que le déficit actuel est structurel au Canada, et qu’il sera de près de 10 milliards en 2015-2016, année visée par le gouvernement poiu un retour à l’équilibre.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 16 EEVRIER 2011 ACTUALITES Deltell s’oppose à la loi 101 au cégep ANTOINE ROBITAILLE Québec — L’Action démocratique s’oppose à ce que la loi 101 soit appliquée au niveau collégial.Elle veut que l’Assemblée nationale désavoue, sur cette question, le Parti québécois, qui compte intégrer cette mesure à son nouveau programme, lequel sera adopté à son congrès d’avril.Le chef adéquiste, Gérard Deltell, forcera les parlementaires à débattre de cette question aujourd’hui alors qu’il déposera une motion se lisant ainsi: «Que l’Assemblée nationale affirme l’importance de laisser à tous les Québécois la liberté de choisir la langue d’enseignement dans les cégeps, et qu’elle réitère que les dispositions de la loi 101 ne doivent pas être étendues aux établissements d’enseignement collégiaux, tel qu’adopté en 1977 par le gouvernement du Parti québécois de René Lévesque.» Le député péquiste Pierre Cur-zi, qui a mené la bataille au sein de son parti pour qu’il s’engage dans cette voie, s’est dit «content» de l’occasion que lui offre l’ADQ d’exprimer son point de vue.La formule de M.Deltell en la matière est «un Québec français et des Québécois bilingues».Au PQ, on rétorque qu’une bonne partie des Québécois sont d’accord avec sa position.On cite un sondage Repère Communication datant de mars 2010 qui indique que deux Québécois sur trois appuyaient cette mesure.Selon le sondage, 41,2 % étaient tout à fait d’accord et 23,9 %, plutôt d’accord, alors que 14,3 % se disaient plutôt en désaccord et 18,9 %, tout à fait en désaccord.Le Devoir EN BREF L’OIF rendra hommage à Jean-Marc Léger Paris — Le nouveau siège parisien de l’Organisation internationale de la Francophonie (01F) consacrera un lieu à la mémoire du Québécois Jean-Marc Léger, décédé en début de semaine à Montréal.Le secrétaire général de l’OlF, Abdou Diouf, l’a confirmé hier, en faisant part de sa «très grande tristesse» et de sa «profonde émotion» après la disparition «d’un grand militant de la francophonie et d’un père pour la Francophonie institutionnelle».«La vivacité de notre mouvement, son rayonnement à travers le monde, le rôle que la Francophonie a acquis dans le domaine des relations internationales, sont le fruit de ce projet visionnaire auquel la contribution de ce grand francophone a été essentielle, parce que fondatrice», a déclaré l’ancien président sénégalais.- La Presse canadienne FORFAIT DÉTENTE olâQôemdos t-$77-^22-2623 www.factaureaiLcom ¦ Hôtellerie Champêtre GAZ DE SCHISTE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC SIMON lANOIE AU514 985-3502 OU SLANOIE @LEDEVOIR.COM Colmater les puits à long terme pourrait coûter des milliards au Québec LOUIS-GILLES ERANCŒUR Il en coûtera «des milliards» au Québec pour colmater à long terme les puits de gaz de schiste quand l’industrie aura cessé de les surveiller, car les «bouchons» de ciment, recouverts de terre, seront d’autant Les structures des puits « se dégraderont en milieu de salinité extrême, loin dans le substratum de toute possibilité d’inspection et d’entretien» moins éternels que les puits vont être grugés par les éléments salins des profondeurs.C’est ce que soutient l’ingé-nieur-géologue Marc Durand dans une deuxième expertise sur les problèmes à long terme engendrés par une exploitation intensive des gaz de schiste au Québec.L’ingénieur-géologue a enseigné longtemps au Département des sciences de la Terre de l’UQAM avant de prendre sa retraite en 1999.Dans une première epqiertise publiée il y a une semaine, l’ancien universitaire démolissait les prétentions de l’industrie des gaz de schiste qui a soutenu devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) que la fracturation des shales à deux kilomètres sous la surface terrestre ne pouvait pas créer de chemins ou de failles susceptibles de rejoindre la surface ou les eaux souterraines.Pour l’ancien professeur, c’est d’autant plus possible que les industriels n’ont aucune idée des failles présentes dans le sous-sol qu’ils vont fracturer, sans compter que les strates au-dessus des shales sont dans certains cas moins compactes, donc plus fragiles.Dans son deuxième avis, publié hier sur Internet, Marc Durand explique: «Si on gardait à perpétuité les têtes de puits accessibles plutôt que de restaurer les sites, écrit-il, on aurait déjà une tâche moins complexe car on pourrait ausculter et voir venir la catastrophe.Mais personne ne propose ça nulle part.On indique qu’on devra restaurer le site à la fin de l’extraction.Fn fait, ça veut juste dire enterrer le problème et l’oublier jusqu’à ce qu’il nous éclate en plein visage.Trouver une solution à ce problème à ce mo-ment-là sera une tâche impossible à réaliser, tout comme il est impossible d’effacer un puits» qui a pris 400 000 ans à se colmater totalement Les structures des puits, composées de ciment et de métal, «se dégraderont en milieu de salinité extrême, loin dans le substratum de toute possibilité d’inspection et d’entretien», poursuit le spécialiste.Ce dernier ajoute: «Ça veut dire quoi, en clair?Des mégaproblèmes à chacun des puits, des moyens de mitigation à mettre en place, des études complexes à entreprendre pour tenter de trouver une solution.Ft des commissions du BAPF pour chaque site?[.] Il y en aura beaucoup sur les 20 000 puits projetés: peut-être entre 250 et 500 nouveaux cas par décennie dans une génération.Des milliards à prévoir dans le budget du Québec», soit des milliers de fois les maigres bénéfices que le Trésor public aura récoltés avant que les exploitants privés ne remettent les sites à leur propriétaire légal, le gouvernement du Québec, qui deviendra alors responsable de la suite des choses.Il est impossible, précise l’in-génieur-géologue, que des puits, conçus pour «une durée de vie très courte» ne se mettent pas un jour à fuir par des failles créées par la fracturation ou par les faiblesses structurelles du béton et de l’acier des puits grugés par les eaux salines des grandes profondeurs.Aux Etats-Unis, dit-il, des puits arrivés en fin de vie utile au terme d’une ou deux générations font «de plus en plus de victimes d’explosions en raison des gaz qui remontent».Le même problème, écrit-il, va inéluctablement survenir ici un jour sous les zones habitées ainsi exploitées.Les industriels, explique en- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L’ingénieur-géologue Marc Durand estime que les puits vont être grugés par les éléments salins des profondeurs.fin cet ingénieur-géologue qui a enseigné pendant 25 ans, ne récoltent que 20 % du gaz.Le reste va continuer à faire pression sur des structures conçues pour l’exploitation, mais qu’on va soudainement convertir en un «bouchon» qui ne peut pas durer à perpétuité.Plus la fuite surviendra tard, plus le problème sera difficile à réparer, selon Marc Durand.Et cela ne tient pas compte du coût de la contamination de certaines nappes d’eau souterraines par les eaux salines et le gaz, qu’il sera à peu près impossible de décontaminer, posant des défis majeurs aux cours d’eau et à des collectivités entières.Le Devoir Québec-Windsor L’étude sur le TGV bloquée par la Ville de \\%idsor ISABELLE PORTER Québec — Selon le cabinet du maire Labeaume, l’étude de la Société nationale des chemins de fer de France (SNCF) sur le projet de TGV entre Québec et Windsor ne peut toujours pas être rendue publique parce que la Ville de Windsor a demandé à ses auteurs de nouvelles précisions.Iæ document porte sur la rentabilité d’un éventuel train à grande vitesse (TGV).Il devait à l’origine être diffusé à l’automne 2009, mais depuis il collectionne les reports.Questionné à ce propos l’automne dernier, le maire de Québec, Régis Labeaume, s’était engagé à diffuser l’étude après Noël.Qr il faudra apparemment attendre encore.«Ils veulent pousser l’analyse un petit peu plus loin», a expliqué l’attaché de presse du maire de Québec, Paul-Christian Nolin, à propos de la Ville de Windsor.L’étude, dont le coût s’élève à 350 000 $, a été commandée conjointement par les six villes du parcours, soit Québec, Montréal, Laval, Toronto, London et Windsor.En plus des exigences du maire de Windsor, les retards sont dus, selon M.Nolin, au fait que certaines villes du trajet (Toronto, London et Wipdsor) étaient en élection l’automne dernier.À l’automne 2009 aussi, les villes avaient retenu l’information en prétextant avoir besoin de précisions.Dans le cas présent, la Ville de Windsor veut en savoir davantage sur le trajet qu’emprunterait l’éventuel TGV dans son secteur.Hier, le bureau du maire de la ville, Eddie Francis, n’a pas rappelé Le Devoir.Pendant ce temps, les médias s’impatientent.«Quand exactement allez-vous construire cette ligne?», demandait le 4 février l’éditorial du Windsor Star.«McGuinty [le premier ministre ontarien] comme le premier ministre Charest appuient la proposition.Malgré tout, ça ne semble aller nulle part.» Par ailleurs, en plus de l’étude de la SNCF, on attend la mise à jour des études sur le TGV des années 1990 commandée par les premiers ministres Charest et McGuinty ainsi que le gouvernement fédéral.Les résultats de cette mise à jour au coût de 3 millions devaient pour leur part être remis en février 2010.Le Devoir E N BREF Ottawa encourage l’achat de numériseurs d’empreintes digitales Qttawa — Le gouvernement fédéral encourage les corps policiers à se doter de numériseurs d’empreintes distales, qui accéléreraient la vérification des dossiers criminels, mais Qttawa ne paiera pas la note.Le gouvernement conservateur soutient que les entraîneurs, les bénévoles et les travailleurs qui s’occupent des enfants auraient accès à des vérifications policières plus efficaces et plus rapides à l’aide de cette technologie du lecteur biométrique mise au point par la GRC.Selon le gouvernement, les appareils réduiraient le temps nécessaire pour vérifier les antécédents de ceux qui désirent travailler auprès des enfants ou des vulnérables.- La Presse canadienne AVIS LEGAUX ET APPELS D’OFFRES Prenez avis que Éric DUFOUR, en son vivant domicilié au 1397, rue du Repos, Saint-Alexandre, Québec, est décédé le 9 novembre 2010 Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés au bureau de Me Magali Dussault-Brodeur, notaire, situé au 252, rue Laurier, Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec AVIS DE DEMANDE DE DISSOLUTION PRENEZ AVIS que la compagnie ENTREPRISES NEWTON INC, matricule no 1162991500, ayant son siège social au 1010, rue Sherbrooke Ouest, bureau 605, Montréal, province de Québec, H3A 2R7, demandera au Registraire des entreprises la permission de se dissoudre et à cet effet dépose au registre des entreprises individuelles, des sociétés et des personnes morales l'avis requis par les dispositions de l'article 37 de la Loi sur la publicité légale des entreprises individuelles, des sociétés et des personnes morales ET J'AI SIGNÉ à Montréal, ce 4iéme pur de février 2011 Henri CANTIN, secrétaire CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE TERREBONNE COUR SUPERIEURE No 700-05-015649-092 SOUS-MINIS-TRE DU REVENU DU QUEBEC Partie demanderesse UMBERTO MAUTONE Partie défenderesse PRENEZ AVIS que le 28/02/2011 à 10 00 AU 140, VAL D'AJOL LORRAINE seront vendus par autorité de justice, les biens et effets de UMBERTO MAUTONE, saisis en cette cause, soit APPAREILS D'ENTRAINEMENTS, SET DE CUISINE, SET DE SALON, BUFFET, ORDINATEURS, ETC CONDITIONS ARGENT OU CHEQUE VISE JESSICA MERCIER HUISSIER DE L'ÉTUDE PHILIPPE & ASSOCIÉS HUISSIERS DE JUSTICE 165, DU MOULIN ST-EUSTACHE QUEBEC J7R 2P5 TEL 450-491-7575 CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT D'IBERVILLE C OC (CH CIV) ST-JEAN RICHELIEU No 755-02-005062-083 SOUS-MINISTRE DU REVENU DU QUEBEC Partie demanderesse SYLVIE SICOTTE Partie défenderesse PRENEZ AVIS que le 28/02/2011 à 11 00 AU 93, CHE-NEVERT ST-JEAN-SUR-RICHE-LIEU seront vendus par autorité de lustice, les biens et effets de SYLVIE SICOTTE, saisis en cette cause, soit TOYOTA SOLARA, ÉLECTROMÉNAGERS, REFROIDIS-SEUR D'EAU, TV, LECTEUR DVD, ETC CONDITIONS ARGENT OU CHEQUE VISE ERIC MOREL HUISSIER DE L'ÉTUDE PHILIPPE & ASSOCIÉS HUISSIERS DE JUSTICE 165, DU MOULIN ST-EUSTACHE QUEBEC J7R 2P5 TEL 450-491-7575 CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO 500-22-176251-109 COUR DU QUÉBEC (CHAMBRE CIVILE) 9212-2217 QUÉBEC INC Demanderesse C MICHEL HART Défendeur ASSIGNATION ORDRE est donné à MICHEL HART de comparaître au GREFFE DE LA COUR au 1, NOTRE DAME EST LOCAL 1 120 À MONTRÉAL dans les 30 jours de la date de la publication du présent avis dans le Journal Le Devoir La requête introductive d'instance sera présentée devant le tribunal le 29 mars 2011, à 09h00 en salle 2 06 au palais de Justice de Montréal Une copie de la requête introductive d'instance, avis de présentation, inventaire de pièces & pièces a été remise au greffe de la cour à l'aftention de MICHEL HART Montréal, le 7 février 2011 MARIE-FRANCE DEVLIN Greffier djoint JD 2513 CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE LAVAL No 540-22-015366-114 COUR DU QUÉBEC - CHAMBRE CIVILE COMMISSION DE LA CONSTRUCTION DU QUÉBEC, Partie demanderesse c RIMAJO CONSTRUCTION INC.Partie défenderesse ASSIGNATION (139 C.p.c.) [1] Avis est donné à la partie défenderesse, que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec / Chambre civile du district de Laval une Requête introductive d'instance Une copie de cette Requête introductive d'instance, de l'avis à la partie défenderesse et les pièces P-1 à P-4 ont été laissées à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Laval, situé au 2800, boul St-Martin Ouest Il est ordonné à la partie défenderesse de comparaître dans un délai de trente (30) jours de la publication de la présente ordonnance [2] À défaut de comparaître dans ce délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expiration de ce délai [3] Soyez aussi avisée que la Requête introductive d'instance sera présentée pour décision devant le tribunal le 7 avril 2011 à 9h30 en la salle 210 du palais de justice de Laval À Laval le 11 février 2011 (s) Nicole Duchesne Greffière adjointe operationenfantsoleil Canada COUR DU QUÉBEC Province de Québec Chambre civile District de Montréai Division des petites créances Localité Montréal ORDONNANCE (Art.139 C.p.c.) il est ordonné aux défendeurs ci-dessous mentionnés d'informer le greffier de l'option choisie dans un délai de trente (30) jours de la publication de la présente ordonnance.Des copies de la demande et de l’avis des options du défendeur ont été laissées au greffe de cette cour à votre intention.A défaut de ce faire, jugement pourra être rendu contre vous sans autre avis ni délai.N° dossiers Demandeurs Défendeurs 500-32-095248-060 Ville de Mpntréal Noel Belakian, 500-32105680-070 Louis Boufsiquot Michel Wethely, 500-32-109454-084 Jean Trépanier 9159-9167 Québec Inc., 500-32-114322-086 Services Financiers Anjum Muhammed Esnat (2000) Inc.Jawad, 500-32-120214-095 Expert-Fondations Khameil Seemangal, 500-32-123208-102 François Robillard Martin merlin Avocat Inc.Lambert, 500-32-123509103 Christian Giard Chantal-Marie Demore, 500-32-123767-107 Jean-Marc Grenier Roger Leblanc, 500-32-124096-100 Mon Temps Service Anne Barbara Financier Liée Guillaume, 500-32-124103-104 Mon Temps Service Financier Liée Armel Pierre Canel, 500-32-124362-106 Leticia Padilla Darouiche Najem, 500-32-124578-107 Martin J.Skiar The Global Fashion House Corporation, 500-32-124741-101 Videita, Richard, Shirley Martinea, Avocats Succession de feue Ramona Serrano Martinez 500-32-124819-105 Stephan Nadeau Christian Grenier, 500-32-124967-102 2858-5644 Québec Inc.Joseph Hall, 500-32-125263-105 Greenspoon Perreault Lucie Cabana, LLP 500-32-125361-107 Yvon Lefresne Clara Pereyra, 500-32-125609-109 9117-9176 Québec Mario Haman, Sandra Inc.Raymond, 500-32-125869-109 Mon Temps Service Financier Liée Myrlande Mardy Le 08 février 2011 MARIOARAALBASTROlU Greffier adjoint AVIS LEGAUX & APPELS D'OFFRES HEURES DE TOMBEE Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour pubiication deux (2) jours pius tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Te'/.; 514-985-3344 Fax; 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels^-offres Courriel : avisdeviledevoir.com Avis aux créanciers de la première assemblée Dans l'aflaire de la faillite de EDWARD POLAK Avis est par les présentes donné qu’une ordonnance de séquestre a été tendue contre EDWARD POLAK le 21 janvier 2011, et que la première assemblée des créanciers sera tenue ie 25 lévrier 2011, à11 h 00, au bureau du syndic, situé au 3333, boul.Graham, Suite 400, Montréal (Québec).Gaetano DI Guglleimo, CA CGA CIRP Responsable de l’actif PSB BOISJOLI INC.Syndic de rqiujte 3333, boul.Graham, bureau 400 Montréal (Québec) H3R 3L5 Téléphone : (514) 341-5511 Télécopieur : (514) 807-5310 AVIS AUX CREANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE AVIS est par la présente donné que g20&5408 QUÉBEC INC.- un corps politique dûment incorporé selon la Loi, ayant fait affaires sous «ALLIANCE BENEFITS» et ayant eu son bureau chef et principale place d’affaires au 2391A, av.Benny, Montréal (Qc) a déposé une cession le 25 janvier 2011 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 22 février 2011 à 10h30 au bureau du syndic, 1, Westmount Square, bureau 925, Montréal (Qc), (514)932«t115.DONNÉ à Montréal, le 16 février 2011.Appel & Cie Inc., Syndic Robert Takash, cirp Syndic désigné AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s’il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s’y serait glissée.En cas d’erreur de l’éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.L'ENGAGEMENT À LONG TERME VOUS FAIT PEUR?Soyez famille d'accueil! La Société pour la Prévention contre la Cruauté envers les Animaux (SPCA) recherche des familles d'accueil pour héberger à court terme chiens, chats, lapins et autres animaux sympathiques jusqu'à ce qu'ils puissent être placés pour l'adoption.Le service de soins vétérinaires est disponible en échange d'une contribution minime.La nourriture et l'équipement peuvent également être fournis.L'hébergement peut durer quelques jours ou plusieurs mois.Pour en savoir plus sur le programme des familles d'accueil de la SPCA, visitez www.spcamontreal.com ou téléphonez au 514.735.2711, poste 2237. LE DEVOIR LE MERCREDI 16 EEVRIER 2011 A 5 ACTUALITES Gynécologie : les sages-femmes encore exclues LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY a crise en g5niécologie force ^Québec à revoir son offre e fond en comble.Une ré-1 exion dont les sages-femmes se sentent injustement écartées.En conférence de presse hier à Trois-Rivières, la Coalition pour la pratique sage-femme a dénoncé l’attentisme du ministre de la Santé, Yves Bol-duc, qui n’a, selon elle, «ni réponse claire ni engagement financier» à offrir aux femmes qui désirent donner naissance autrement.Hier, la Coalition a fait suivre les noms de 13 000 personnes réclamant le droit de choisir le lieu de naissance de leur enfant sous la supervision du professionnel de leur choix.Présentement, à peine 2 % des femmes accouchent avec une sage-femme au Québec.Le principe fait pourtant partie intégrante de la Politique de périnatalité 2008-2018, qui prévoit l’ouverture de 13 nouvelles maisons de naissance, toujours dans les limbes.La situation perdurera tant et aussi longtemps que leur financement dépendra en partie des agences de la santé et des services sociaux, croit Claudia Faille, présidente du Regroupement les sages-femmes du Québec.«Les agences n’ont pas d’argent pour le développement.Il faut que le financement vienne à 100 % du ministère, autrement rien ne va bouger.» Des obstacles insurmontables Au cabinet du ministre Bol-duc, on fait valoir que c’est aux communautés de se mobiliser, en collaboration avec les agences de la santé.Les gens font ce qu’ils peuvent, mais les obstacles sont insurmontables, rétorque Lysane Grégoire, du Groupe MAMAN.«Les groupes de citoyennes dans toutes les régions du Québec qui réclament l’accès aux services de sage-femme se heurtent à une multitude d’étapes à franchir qui rappellent les 12 travaux d’Astérix.» Pourtant, «il n’y a aucun projet en attente au ministère», note l’attachée de presse du ministre Bolduc, Karine Rivard.«C’est faux! Si les projets n’arrivent pas sur le bureau du ministre, c’est que des murs se dressent devant eux.[.] Je compte au moins 14 projets en préparation», se désole Mme Faille.C’est le cas notamment en Montérégie, dans Lanaudière, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Gaspésie, à Montréal, à Laval, en Beauce ou dans les Hautes-Laurentides.Les horizons sont aussi bouchés du côté de la relève, dénonce la Coalition.«Actuellement, le manque de consolidation et de développement de maisons de naissance mène les 14 finissantes au chômage malgré les besoins évidents en soins de maternité», déplore Ariane Blais, étudiante sage-femme qui terminera son baccalauréat en mai prochain.Le ministre en est conscient, répond son attachée de presse.11 jongle présentement avec l’idée d’ouvrir des postes ce printemps pour les finissantes.«Mais dans les maisons existantes.» La proposition est mal accueillie par la Coalition, qui juge que ce n’est pas une solution acceptable pour donner un élan véritable aux services sages-femmes.«Ce sont des miettes, commente Mme Faille.Présentement, il y a des sages-femmes qui sont forcées de travailler à mi-temps parce qu’on manque de postes à temps complet.Et puis, ça va aggraver les disparités régionales.» Le Devoir Montréal a espionné son vérificateur général Le ministre Lessard dénonce la méthode d’enquête de la Ville JEANNE CORRIVEAU Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a condamné l’espionnage auquel s’est livrée la Ville de Montréal pour enquêter sur son vérificateur général.Selon lui, fouiller dans les courriels confidentiels de Jacques Bergeron n’était pas la méthode appropriée pour mener à bien une telle enquête.Interrogé à l’entrée du caucus hier, le ministre Lessard a indiqué qu’un vérificateur ne doit pas faire «l’objet de pressions».«Il doit avoir les coudées franches et être libre dans ses actions.Le vérificateur est là pour vérifier l’administration et non pas pour être vérifié par l’admi-nispation», a-t-il dit.Etonné par les méthodes utilisées par le contrôleur général, Pierre Reid, dans le cadre de l’enquête, le ministre Lessard a demandé au sous-ministre Marc Lacroix de s’enquérir de l’ensemble du dossier auprès de la Ville.«Si ça s’est passé comme ça, ce n’est pas la méthode à suivre, a-t-il précisé.On ne peut pas vérifier quelqu’un pendant 10 mois [.] si on a des doutes sur un fractionnement de contrat.J’ai demandé que le sous-ministre me fasse rapport On va constater les faits, mais nécessairement, il faudra préciser le cadre dans lequel un vérificateur peut faire l’objet d’une enquête.» Guerre de tranchées ?Pour sa part, le vérificateur a transmis hier matin à tous les élus du conseil municipal une lettre dans laquelle il dénonce le traitement qui lui a été réservé.«De par sa durée et son ampleur, cette intrusion, voire cette ingérence, s’apparente à des activités d’espionnage systématiques I » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le vérificateur général de Montréal, Jacques Bergeron, a dénoncé hier dans une lettre le fait que la Ville ait espionné pendant 10 mois ses courriels confidentiels.Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, s’est indigné que le maire Tremhlay persiste à plaider l’ignorance dans ce dossier.«La défense du niaiseux qui ne sait jamais rien, elle n’est plus acceptable.» et à une véritable partie de pêche qui visaient de toute évidence à monter un dossier contre le vérificateur général», écrit M.Bergeron, qui est à couteaux tirés avec l’administration de Gérald Tremblay depuis des mois.Reste que le rapport qui sera déposé lundi fait état d’entorses à la Loi sur les cités et villes et aux règles d’éthique des employés municipaux.Le vérificateur aurait notamment accordé deux contrats à sa belle-sœur et, à deux reprises, il aurait demandé à des fournisseurs de scinder des contrats de plus de 25 000 $ pour éviter le recours à des appels d’offres.11 se serait aussi adressé directement à un journaliste afin de l’inciter à écrire un article sur la polémique concernant la ligne éthique.Rappelons qu’une plainte anonyme est à l’origine de l’enquête qui a conduit l’équipe de Pierre Reid à analyser tous les courriels de M.Bergeron de juin 2010 et à janvier 2011.Parmi ceux-ci figurait la correspondance liée aux dossiers confidentiels de vérification sur lesquels M.Bergeron travaille dans le cadre de ses fonctions.C’est le président du comité de vérification de la Ville, André Harel, qui a reçu la plainte et qui l’a ensuite transmise à M.Reid.«Si c’était à refaire, j’agirais de la même façon», soutient M.Harel, qui juge sérieuses les irré- ^larités commises — à répétition, précise-t-il — par Jacques Bergeron.«Le travail de M.Reid a été très bien fait.C’est malheureux qu’on s’attaque au messager plutôt qu’au fatàif [.] Pourquoi [le vérificateur] se sent-il à ce point autonome qu’il peut se placer au-dessus des lois et des règles internes?» Le maire Gérald Tremblay n’a pas commenté l’affaire hier.«Il ne se prononcera pas tant que le rapport ne sera pas rendu public lundi prochain», a indiqué son attaché de presse, Bernard Larin.Qutrés par les méthodes d’enquête de Pierre Reid, les partis d’opposition ont réclamé son congédiement.«Le maire Tremblay ne peut pas cautionner le comportement de Pierre Reid.Il doit sanctionner un tel geste répréhensible puisque la confiance est rompue», estime la chef de l’opposition, Louise Harel, qui s’est d’ailleurs interrogée sur la liberté que pourrait prendre la Ville à espionner les boîtes de courriels des élus de l’opposition.De son côté, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, s’est indigné que le maire Tremblay persiste à plaider l’ignorance dans ce dossier.«La défense du niaiseux qui ne sait jamais rien, elle n’est plus acceptable, a-t-il lancé.S’il ne savait pas, c’est scandaleux; s’il savait, c’est scandaleux.» L’Association des vérificateurs généraux municipaux a aussi dénoncé l’intrusion de la Ville, qui «viole les principes d’indépendance et d’autonomie dont le vérificateur général a besoin dans l’accomplissement de son mandat».Avec la collaboration d’Antoine Robitaille Le Devoir porter Halifax.Votre voyage ne finit jamais en queue de poisson.Du départ à l’arrivée, Porter vous fait goûter la légendaire hospitalité des Maritimes.L’enregistrement est fluide et efficace, le salon d’attente est luxueux et confortable.À bord, vous vous détendez et profitez d’un service attentionné.Vous débarquez à Haiifax avec ie vent dans ies voiles.Porter.Raffinée sur toute la ligne.Vols au depart de Montreal.Reservez avant le 16 février.TORONTO 20 par jour HALIFAX ST.JOHN’S SUDBURY THUNDER BAY Réservez en ligne, appelez au 1-888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.' 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Car le vérificateur général, c’est d’abord et avant tout cela: une institution dont la caractéristique centrale est l’indépendance.Toute enquête touchant le titulaire de la fonction doit donc veiller à ne pas entacher celle-ci.La confidentialité, des échanges comme des documents qu’il traite, est indispensable.Sinon, ce poste n’a aucun sens.La bande d’amateurs et leur chef, Pierre Reid, contrôleur général de la Ville, qui se sont excités à jouer les James Bond pendant dix mois, n’en avaient cure.Enhardis par lein plainte anonjune, ils n’ont même pas songé à vérifier les méthodes de professionnels, ceux qui savent mener des enquêtes délicates (si tant est qu’on est dans un tel cas, ce qui reste à démontrer!).Ils amaient pu par exemple se tourner vers Ottawa où, en 2003, le commissaire à la protection de la vie privée, poste à l’indépendance politique coulée dans le béton, avait été visé par une telle enquête.Les allégations d’abus de confiance, de dépenses inconsidérées et de problèmes administratifs à l’encontre du titulaire de l’époque, M.George Radwanski étaient autrement plus sérieuses que celles touchant M.Bergeron, et il se défendait farouchement.Le bineau de la vérificatrice générale Sheila Eraser, qui a écopé du dossier, n’a malgré tout pas mené de partie de pêche, ni fouillé en cachette la correspondance.11 y eut plutôt des demandes formelles de production des documents et des rencontres d’employés.Ce fut rigomeux, respectueux et efficace. Montréal, quelqu’un a-t-il même songé à demander officiellement à M.Bergeron de produire les litigieux contrats de traduction qu’il aurait accordés à sa belle-scem?Et comment croire que pour espionner un poste aussi névralgique que celui du vérificateur, personne, au cabinet du maire, n’ait été mis au courant?Laîfaire est très grave.Gérald Tremblay a des explications à nous donner et des sanctions à appliquer, et le respect des institutions à retrouver.j boileau@ledevoir.corn Affrontements en Iran Le braquage U lendemain des affrontements entre Iraniens et forces de l’ordre, incluant les redoutés miliciens, les parlementaires du pays ont illustré encore une fois lein penchant prononcé pour la répression dans sa forme la plus san^inaire.Par 222 voix sin 290, ils ont voté une proposition stipulant que Medi Karroubi et Mir Hos-sein Moussavi, chefs de file de l’opposition, étaient des êtres «corrompus sur terre.» En clair, qu’ils doivent être condamnés à mort.Le braquage physique dont ces personnalités font l’objet annonce, comme si besoin était, une suite beaucoup plus brutale des événements que ce qui a été observé jusqu’à présent en Tunisie et en Egypte.Pour s’en convaincre, il suffira de décliner la série de mesures décidées récemment par le gouvernement: des politiciens, des journalistes et un économiste en vue ont été arrêtés.Un avocat militant pour les droits de la personne a été condamné à ü ans de prison.Surtout, depuis un mois la milice ___ des bassidj mène une campagne agressive de jj^" recrutement.Et tout cela parce qu’à peine les 0 V jeunes Tunisiens descendaient dans la rue que ¦ le ministère de l’Intérieur ordonnait une inten-\ sification des châtiments à l’endroit de tout ce 7 “ - que les satrapes de Téhéran considèrent corner ^ me des déviants.durcissement particulièrement musclé a pour moteur, entre autres raisons, une décom-position récente de l’économie.Depuis le renversement du shah en i979, le régime des ayatollahs subventionne la consommation intérieure d’énergie en injectant des milliards et des milliards de dollars poin étouffer toute augmentation des prix.En 20i0, cette subvention a atteint ÜO milliards.Et alors?Le mois dernier, le président Mahmoud Ahmadinejad a décidé de mettre un terme à cet artifice financier, les caisses du pays étant vides.Au lendemain de cette décision, tenez-vous bien, le prix à la pompe a augmenté de 75 %, celui du diesel de 2000 %, celui du pain a été multiplié par 4, l’eau, l’électricité, en fait tous les produits de consommation cornante et les soins de santé vont enregistrer des hausses salées.Cette déliquescence économique sin fond de chômage très élevé chez les 45-24 ans (30 %) fait craindre au sein de la caste dirigeante une greffe.Ses membres appréhendent en effet qu’une masse de déshérités n’ayant rien à perdre viennent gonfler les rangs de l’opposition «officielle» du Mouvement verL fondé au lendemain de l’élection de 2009.Aux variables économiques il faut ajouter les luttes intestines qui ont cours depuis plusieurs années entre la présidence et les Gardiens de la révolution d’un côté, le clergé et l’armée de l’autre.Entre eux, ils s’étripent parce que les premiers veulent réduire le pouvoir des seconds, et vice-versa.Ces joms-ci, ils s’étripent avec d’autant plus d’énergie qu’Ahmadinejad a été démis de la fonction qu’il occupait à la Banque centrale.Au Parlement également, la sphère d’influence de l’actuel président a été quelque peu gommée.Quand on sait combien l’homme est fanatique, au point d’inquiéter jusqu’au guide suprême, on peut redouter qu’il opte pour la fuite en avant avec le soutien des Gardiens.Le contraire constituerait une divine smprise.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO aufJ'AiPEuf ûnf MonTeLÉPHuIIE Respecter la générosité Marie, préposée en résidence, reçoit le salaire minimum.Elle envoie une partie de ses économies en Haïti.La concurrence entre les agences de transfert lui permet de payer de trois à six fois moins cher que mon voisin Paul, qui envoie de l’argent au Congo, là où une agence a le monopole.Les banques et les mandats postaux sont encore plus chers.Ces exemples reflètent une analyse de la Banque mondiale au sujet des transferts d’argent de personne à personne.Chaque année, 43 milliards de dollars sont perdus en frais de transfert, alors qu’au moins deux milliards de personnes vivent encore avec moins de 2 $ par jour.En 2009, le G8 a fixé l’objectif dit «5x5» visant à réduire le coût moyen des transferts de fO % en 2008 à 5 % cinq ans plus tard.Conséquemment, fOO $ de plus seraient disponibles aux proches de Paul chaque année, assez pour scolariser un enfant ou pour traiter un malade.La santé et l’éducation influencent la productivité et l’avenir d’un pays.Elles sont préalables à la réduction de la taille des familles, ce qui ralentit la croissance démo-^aphique et améliore les chances de stabiliser l’environnement physique et social.Hélas, atteindre l’objectif «5x5» réduirait les profits et la valeur des actions en Bourse des agences de transfert d’argent.11 doit bien y avoir moyen de délester les plus pauvres des frais trop élevés tout en faisant atterrir en douceur la valeur des actions.Pamela Walden-Landry Montréal, le 14 février 2011 Et la justice.Depuis lundi dernier, les procureurs de la Couronne sont en grève.Le gouvernement, malgré un retard salarial de 40 % par rapport à leurs homologues canadiens, a choisi l’inexplicable: les contraindre à la grève.Résultat, le système judiciaire, déjà engorgé par le manque de ressources, que ce soit au niveau des LETTRES juges ou des 200 postes de procureur de la Couronne manquants, va s’essouffler un peu plus.Les victimes qui ont le courage de dénoncer leur agresseur vont devoir endurer le stress du processus judiciaire plusieurs mois de plus.Quel argument valable le gouvernement peut-il invoquer pour justifier cette situation?Depuis le début de la grève, on entend que si les procureurs de la Couronne ne sont pas contents, ils n’ont qu’à démissionner.Dans le même discours, plusieurs vont se plaindre que les délais à la cour sont trop longs.Malgré un manque cruel de ressources, les intervenants de la justice ont maintenu à bout de bras le système de justice criminelle québécois.Que dire de la multiplication des cas de mauvaise gestion, de fraude, d’abus de fonds publics en raison du manque de res^source de l’appareil judiciaire?Etre procureur de la Couronne, ce n’est pas un travail ordinaire, c’est une mission.L’objectif de ces hommes et de ces femmes est de combattre, au nom de ceux qui ne peuvent le faire, les pires atrocités.Vous n’avez qu’à penser un instant au plus sordide des crimes, le procureur le combattra à au moins une reprise dans sa vie.Un travail, qui à l’époque où je pratiquais le droit, était très populaire et recherché, est maintenant un des moins convoités, sauf par quelques courageux.Aujourd’hui, nous sommes aux prises avec un problème criant de recrutement pour un travail que plusieurs de mes collègues essoufflés ont dû abandonner.Le système judiciaire est trop important pour être négligé ainsi.Je lance donc un appel pour que «justice soit faite».Ami Bureau Avocate, enseignante en techniques policières et ex-bâtonnière du Barreau de VAbitibi-Témiscamingue Le 14 février 2011 De la suite dans les idées De nombreux citoyens s’opposent à ce que la ville de Québec se dote d’un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pour rem- placer son vieux Colisée.Étant en démocratie, c’est leur droit et leur privilège de donner leur opinion sur un tel sujet.Je souhaite seulement que ces opposants soient conséquents dans leurs opinions lorsqu’un projet d’aréna, de salle de spectacle, de stade sportif, de patinoire, de salle de concert ou autre projet du genre financé par des fonds publics leur sera présenté dans leur municipalité ou leur quartier.Et cela comprend les projets de remise à neuf et de remplacement d’équipements qui ont rendu de bons services, mais qui sont désuets.Et si les opposants veulent en faire plus encore, je leur suggère de faire une pétition pour arrêter la construction de l’aré-na de Saint-Georges-de-Beauce, construite selon le modèle 45/45/iO de financement public.Ça ou la salle de l’OSM, l’entretien du Stade olympique, la Place des Arts, etc.On est dans le rouge, coupons tout ça! Hubert Roy-Gosselin Lévis, le 14 février 2011 Les voies du Seigneur Le maire Tremblay de Saguenay a déclaré dernièrement dans un quotidien qu’il commençait à se faire une tête sur le dossier des signes religieux à l’hôtel de ville.Rendons grâce à Dieu si cela s’avère authentique! Maintenant, souhaitons qu’il se mette à s’en servir afin que les contribuables n’aient pas à débourser davantage d’argent pour satisfaire ses obsessionnelles lubies.Je m’interroge quand même.Lui qui n’est point homme à jeter l’éponge si facile-menf qu’est-ce qui l’a décidé tout à coup à lâcher du lest?L’ordonnance du Tribunal des droits de la personne lui enjoignant de débarrasser la salle du conseil de ses symboles religieux?Impossible! Jean Tremblay se considère investi d’une mission divine sur la Terre.Le saura-t-on un jour?Les voies du Seigneur sont impénétrables.Odette Chicoine Saguenay, le 14 février 2011 LIBRE OPINION Le roi est nu JEAN-FRANÇOIS BISSONNETTE Ottawa Il y a de ces moments où le tissu des évidences qui habille notre quotidien se déchire, laissant apparaître à travers l’échancrure cette possibilité toujours latente, la liberté.Le temps est suspendu, l’habitude fait place à l’étrangeté, et affleure alors à la surface du jour, perçant à travers des couches d’humiliations sédimen-tées, le désir de se réapproprier la vie.Qu’est-ce qui fait advenir de tels moments?Par quelles voies mystérieuses la liberté s’avère-t-elle?11 aura fallu qu’un homme laisse son désespoir s’enflammer, un jour de décembre sous les jasmins de Tunisie, pour que de son corps immolé s’exhale un par-fnm de promesse.Ce feu qui le consuma s’est depuis répandu d’un bout à l’autre du monde arabe, feu de joie et de colère, et de ses cendres renaît, ailée, la parole d’un peuple trop longtemps étouffée.Plus rien ne tient de ce qui, hier enco- re, paraissait immuable.Le fardeau de la nécessité que les années avaient alourdi ne pèse plus, et des millions d’échines pliées sous son joug se redressent soudain.Nulle violence ne parvient à ébranler leur refus.Aussi buté qu’une mule, le peuple s’arrête et fait d’une place où d’ordinaire tout circule, le lieu où désormais l’ordinaire s’échoue.Les vieux dictateurs auront bien cherché à amadouer la foule en laissant tomber, de-ci, de-là, quelques concessions, autant de miettes dont ne veulent plus que les chiens dociles.Ils n’auront pas compris que le peuple ne mange plus de ce pain-là, car il n’y a plus que l’espoir pour combler le vide des estomacs.Et de l’espoir, il n’y en a guère à la table des puissants.La liberté qui éclôt, c’est la vérité qui triomphe.La domination ne se soutient que des illusions qu’elle distille et qui la font paraître irrécusable.Or, voici que le monstre sacré qu’il fallait craindre se révèle n’être qu’un fantasme.Le roi est nu.Sa magie n’opère plus, et il se montre enfin tel qu’il est, tel qu’il a toujours été: rien, ou rien d’autre, du moins, que la créance qu’on lui a trop longtemps accordée.Le roi est nu.Dans le conte d’Andersen, c’est l’enfanf à qui on n’a pas encore enseigné la peur et la convoitise, qui clame ce que chacun feignait de ne pas voir.Dans les foules du Caire et de Tunis, la même innocence juvénile, la même pureté des commencements, et peut-être, aussi, le même besoin de se tourner vers un père pour qu’il confirme ses impressions.Se peut-il que la révolution en vienne à s’illusionner à son tour?Que l’effervescence du soulèvement conduise à la torpeur?Que le désir de liberté appelle une autre servitude?Le tjnan tombé, déjà la vie reprend son cours.Le vent de la protestation avait décoiffé le régime, on lui refait une nouvelle tête.On promet une «transition ordonnée», on calme les inquiétudes, on temporise.Et peu à peu se referme l’espace qui s’était ouverÇ et où, fugacement, on entrevit que tout était possible. LE DEVOIR.LE MERCREDI 16 FÉVRIER 2011 A 7 IDEES 0 II MATHIEU DUPUIS Photo tirée de la production Le temps des muffins actuellement présentée à la Maison Théâtre.La «salle de spectacle pour les jeunes de tous âges» et la Commission scolaire de Montréal (CSDM) ont conclu, en mai 2010, une entente de collaboration permettant aux enfants de la CSDM d’assister, tout au long de leur cheminement scolaire, à une série de spectacles.Culture et éducation Accès inégal aux arts pour les élèves du Québec SYLVAIN MASSÉ Président du Conseil québécois du théâtre et codirecteur artistique du Théâtre Motus évrier est le mois de la culture à l’école à travers les réseaux d’éducation préscolaire, primaire et secondaire du Québec.Ce mois de la culture à l’école représente une occasion propice pour s’interroger sur l’état de situation de l’accès aux arts et à la culture par les éléves du Québec.Cette interrogation s’inscrit aussi dans un contexte où la culture devrait occuper une place de première importance dans les priorités du gouvernement québécois.En effet, ce dernier a récemment amorcé une démarche mobilisatrice pour l’adoption de l’Agenda 21 de la culture, cadre de référence qui place la culture au cœur des priorités de tous les ordres de gouvernement du fait de son influence bénéfique sur le développement personnel et l’intégration sociale de tout citoyen.Donc, au-delà du discours politique et des principes vertueux, les politiques et programmes en place permettent-ils véritablement un accès égalitaire des élèves du Québec aux arts et à la culture?Il semble bien que non.H a été maintes fois reconnu que l’éducation artistique est au cœur de la mission générale du système scolaire et que l’école constitue un lieu privilégié pour la transmission de la culture et l’éducation artistique.Ces principes représentent le fil d’Ariane de la déclaration gouvernementale Pour les jeunes, les arts et la culture de 2000 et sont également des aspects fondamentaux de la politique culturelle du Québec de 1992, de la politique de diffusion des arts de la scène de 1996 et de l’énoncé de politique éducative du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) de 1997.Pour mettre en œuvre ces politiques, le gouvernement québécois a aussi créé différents programmes dont l’objectif vise à favoriser un accès régulier des jeunes aux arts et à la culture en milieu scolaire.Parmi ces mesures, on retrouve principalement La culture à l’école, un programme issu d’un partenariat entre le MELS et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCE), doté d’une enveloppe de 3 millions de dollars qui vise à soutenir financièrement la réalisation de projets à caractère artistique et culturel.Outre ce programme, le MCCCE a aussi mis en place la mesure de soutien aux sorties scolaires en milieu culturel afin de favoriser l’accès des écoliers aux lieux professionnels de production et de diffusion des arts de la scène.Accès inégal Ces mesures contribuent à une approche des élèves aux arts et à la culture, mais elles ne garantissent pas un accès équitable pour tous les élèves dans toutes les régions du Québec.Cet accès demeure toujours très inégal et souvent sporadique d’une région à l’autre.Nous nous limiterons ici à deux facteurs explicatifs.D’une part, l’existence des activités culturelles et artistiques reste largement dépendante de la volonté des commissions scolaires, des directions d’école et des enseignants sur lesquels repose l’organisation de ces activités.C’est trop souvent l’enseignant qui, en plus de sa charge habituelle de travail, doit en assumer la mise en œuvre.Ainsi, en l’absence d’un réel engagement au sein de la commission scolaire, la tenue des activités repose sur l’initiative des enseignants.D’autre part, les nombreuses écoles situées en dehors des grands centres urbains et soucieuses d’organiser une sortie culturelle pour leurs élèves se retrouvent confrontées à de nombreux obstacles de nature logistique et financière, dont des frais de transport élevés, qui grugent une part disproportionnée d’une enveloppe financière limitée.Ces sorties s’avèrent alors inabordables.Résultats inquiétants Une étude menée par le Conseil québécois du théâtre auprès de 167 diffuseurs sur la fréquentation du théâtre par les élèves du primaire et du secondaire dans le cadre des sorties scolaires illustre d’ailleurs cette situation problématique.Au secondaire, par exemple, on estime que 62 % des élèves inscrits dans les 15 régions administratives situées à l’extérieur des grands centres que sont Montréal et Québec n’ont pas assisté à une représentation théâtrale dans le cadre de sorties scolaires en 2007-2008.Il est encore plus préoccupant de constater que ces régions administratives regroupent près de 70 % de l’effectif national de ce cycle d’études.Dans certaines de ces régions, les taux de fréquentation sont hautement préoccupants: seulement 3 % des élèves en Estrie ont assisté à une représentation théâtrale, 10 % en Mauricie et 1 % en Abitibi-Témiscamingue.Des situations similaires sont également présentes au cycle primaire.Eorce est de constater qu’en dépit des efforts louables qui ont été mis en œuvre afin de favoriser l’accès aux arts et à la culture aux élèves, cet accès n’est toujours pas égalitaire sur l’ensemble du territoire et ne fournit pas toutes les mêmes chances d’éducation aux jeunes citoyens québécois.Ces activités, qui représentent pourtant un volet fondamental dans l’éducation, restent dispersées et aléatoires puisqu’elles ne sont toujours pas intégrées aux programmes d’études.Afin de garantir une véritable démocratisation de la culture pour tous les élèves du Québec, il est indispensable que la fréquentation régulière et assidue des arts soit affirmée et renforcée à l’échelle de l’ensemble du système scolaire et qu’elle constitue un véritable projet de société.Jean-Marc Léger 1927-2011 Vision, passions et réalisations , JEAN-LOUIS ROY Président du conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques et ancien secrétaire général de l’Agence intergouvemementale de la Francophonie ean-Marc Léger nous a quittés.La vérité est plus complexe.Quelque chose de lui nous manquera à tout jamais, son panache, son élégance, son amour pour la langue française, sa voix rare, ses mots choisis avec soin, vibrants, engageants, généreux, souvent drôles, quelquefois ironiques mais jamais vides.Jean-Marc Léger avait horreur du vide.Quelque chose de lui demeurera avec nous aussi loin que l’on puisse voir dans l’avenir.Sa vision de la fragilité des communautés francophones dans le monde et l’absolue nécessité de leur rassemblement dont il fut le premier architecte à l’échelle internationale.Ce rassemblement porte à tout jamais sa signature.Nous lui devons le premier regroupement des universités de langue française, l’actuelle Agence universitaire de la Erancophonie.Nous lui devons aussi, excusez du peu, l’actuelle Organisation internationale de la Erancophonie.En effet, c’est à «monsieur Léger», comme on le désigne encore à Paris, Genève, Bordeaux, Antananarivo, Rabat, Dakar, Niamey, Yaoundé et partout sur le continent africain, que Senghor, Bourguiba, Diori et Malraux ont confié, voilà un demi-siècle, la mission de donner sens et substance au premier regroupement d’États francophones dans l’histoire.Il a alors conjugué sa vision à la leur et placé dans la longue durée le destin de notre «Monsieur Léger» SOURCE DENIS CHALIFOUR langue et des cultures qu’elle exprime, anime et crée.Je l’ai rappelé précédemment, Jean-Marc avait horreur du vide.Cet esprit droit, fécond et indépendant quittera sa fonction de premier secrétaire général de la Erancophonie quand il lui apparut que l’on voulait réduire à peu de chose le grand dessein qui était le sien.Le temps lui donnera raison et redressera l’idée et l’idéal de la communauté francophone internationale.Passion et exigences D’autres diront mieux que moi sa passion pour le Québec, qu’il a représenté à Bruxelles et qui explique tout de sa vision et de ses réalisations.Pour ma part, j’ai été témoin de ses passions pour la langue française, de ses exigences à l’endroit de ceux qui la parlent, de ses enthousiasmes et de ses craintes concernant son avenir dans ce temps dit de mondialisation.J’ai aussi été témoin de sa passion pour l’Afrique dont il avait une connaissance intime, ancienne et actuelle.Dans son bel ouvrage Afrique française, Afrique nouvelle publié en 1958 et dans ses Mémoires publiés en 2000, ces passions se déploient avec force, clarté et intelligence.Le journaliste de La Presse et du Devoir avait plus que du métier.Il était l’homme d’une loyauté, l’homme d’une fidélité.J’ai rappelé certaines des réalisations de Jean-Marc: une très grande cuvée incontestablement.Mais mon souvenir est aussi personnel.Devenu son successeur à l’Agence intergouvemementale de la Erancophonie en 1990, on nous disait alors dans deux camps opposés.Je le vois encore, debout dans mon bureau du quai André Citroën et l’entend me dire dans son style unique: «Mon cher Jean-Louis, il ne faut pas croire ces rumeurs idiotes.Dites-moi ce que je puis faire pour la réussite de votre mandat.» En suivi, j’ai bénéficié de sa loyauté indéfectible et de ses conseils précieux.Le Québec vient de perdre l’un de ses fils les plus éminents.Mais sa vision, ses passions et ses réalisations lui assurent une place dans la mémoire, les esprits et le cœur d’un grand nombre dans le monde.S’il la connaissait, ce grand nombre venu de tous les horizons lui chanterait «Mon cher Jean-Marc.» et, les yeux brillants et la tête haute, il dirait sans doute: «Ce n’est pas sérieux.» D L’anti- ainéricanisme de Michael Ignatieff LAWRENCE CANNON Ministre des Affaires étrangères ans sa lettre «Périmètre de sécurité: ne négociez pas notre souveraineté», publiée dans Le Devoir la semaine dernière, le chef du Parti libéral Michael Ignatieff a tenté de marquer des points politiques en attaquant l’initiative des gouvernements canadien et américain visant à sécuriser notre frontière commune tout en favorisant le commerce créateur d’emplois et de prospérité entre nos deux pays.Malheureusement, M.Ignatieff fait passer la politique avant la prospérité, et les campagnes de peur avant la sécurité.Ce faisant, il déforme les faits à des fins partisanes.Les économies canadienne et américaine sont intimement liées, quelque 1,6 milliard de dollars de marchandises transitant chaque jour par notre frontière commune.L’initiative annoncée par le président des États-Unis et le premier ministre du Canada contribuera à développer cette relation déjà prospère.Comme la reprise économique mondiale demeure fragile, une meilleure circulation des biens et des personnes à la frontière avec notre plus important partenaire commercial favorisera la croissance économique et créera des emplois.Collaboration Depuis les événements du 11 septembre 2001, nous sommes aux prises avec des menaces et des risques de plus en plus complexes pour la sécurité de nos deux p^ys.Pour combattre ces menaces, le Canada et les États-Unis ont travaillé ensemble sur un grand nombre de programmes, notamment les programmes pour les voyageurs et les négociants dignes de confiance ainsi que les initiatives transfrontalières intégrées d’application de la loi.Afin que les horribles événements du 11-Sep-tembre ne se reproduisent jamais, cette coopération doit se poursuivre.Si la collaboration pour trouver des solutions aux problèmes communs est au centre de l’initiative, cette dernière reconnaît clairement le droit de chaque pays d’agir de façon indépendante au besoin, et respecte tous les cadres constitutionnels et législatifs en vigueur.La meilleure assurance pour notre souveraineté consiste à assurer notre prospérité et notre sécurité.Autrement dit, il est tout à fait justifié ÿe préserver et d’étendre notre relation avec les États-Unis en définissant un périmètre commun pour accélérer la circulation légitime des personnes, des marchandises et des services tout en tenant à l’écart les menaces criminelles et terroristes.Début d’un processus Alors que nous nous employons à renforcer notre relation de coopération avec les États-Unis et que prend forme le plan d’action pour la déclaration, nous comptons entreprendre des discussions et des consultations avec les Canadiens avant d’entamer le nouveau chapitre d’une relation remarquable qui est sans égale dans le monde.Mais pour qu’un tel débat puisse avoir lieu, il importe d’établir correctement les faits.Les campagnes de peur, que ce soit au sujet de l’immigration, des visas ou de l’identité canadienne, portent atteinte non seulement à notre plus important partenaire commercial et plus proche allié, mais également à la situation de l’emploi et à la prospérité au Canada, et ce, au moment où il importe avant tout de consolider la reprise mondiale.La déclaration annoncée par le président Barack Obama et le premier ministre Stephen Harper est un document public qui représente le début d’un processus.Le premier ministre Harper et le président Obama l’ont annoncée publiquement le 4 février 2011, et elle sera publiée en ligne pour que tous les Canadiens puissent en prendre connaissance.Les Canadiens seront consultés sur ce document visant à leur assurer un avenir plus sûr et plus prospère.Le chef libéral devrait faire passer l’intérêt du Canada avant la politique, et mettre fin à l’antiaméricanisme contre-productif qu’il a lui-même décrié par le passé.Ch AGENCE FRANCE-PRESSE Le pont Ambassadeur, qui relie les villes de Detroit et de Wjndsor, est le principal lien routier entre les États-Unis et le Canada.L’EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude Rioux Soucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel T)aY\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters).Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Tafdeier(reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site internet), Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier, Emilie Parent-Bouchard et Etienne Plamondon-Emond (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction); Geneviève Tremblay et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBLICITÉ Sylvain Grimard (directeur adjoint),iean de Billy, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 16 FEVRIER 2011 ACTUALITES PETROLE SUITE DE LA PAGE 1 C’est au ministre des Finances, Raymond Ba-chand, que revient la tâche de déterminer les meilleures façons de maximiser ces retombées, avec ou sans une participation directe de l’État.«Il y a plusieurs façons de faire les choses et parfois [ce sont] les redevances où on ne prend pas le risque d'investir des milliards en fonds publics»y a-t-il souligné hier.Mais d’autres avenues sont à explorer.«Il faut devenir riches en réduisant nos risques et il y a beaucoup d’outils financiers pour faire cela»y a dit Raymond Bachand.Dans cet ordre d’idées, Hydro-Québec a obtenu, en versant 500 000 $ à Corridor Resources en 2003, une option pour acquérir entre 18,75 % et 40 % du projet Old Harry et de celui de Cape Ray, a confirmé, hier, Hydro-Québec.Old Harry est le gisement pétrolier et gazier qui présente le plus important potentiel au Québec.Pour exercer son option, Hydro-Québec serait appelée à investir de 25 % à 50 % des frais de forage, un investissement graduel de plusieurs centaines de millions.Or le gouvernement libéral a décrété un moratoire jusqu’en 2012 sur l’exploration du gisement Old Harry, le temps de procéder à des évaluations environnementales stratégiques qui portent sur le bassin de la baie des Chaleurs, le bassin d’Anticosti (nord du gobe du Saint-Laurent) et le bassin de Madeleine (sud du gobe).Hier, tant Nathalie Normandeau que le premier ministre Jean Charest défendaient la décision de démanteler Hydro-Québec pétrole et gaz, ainsi que la vente des réserves pétrolières de l’île Anticosti, réserves qui pourraient valoir des milliards de dollars.La filiale de la société d’État prévoyait dépenser 330 millions entre 2002 et 2010; elle n’a investi que 30 millions de 2002 à 2005.«Le rôle du gouvernement y ce n’est pas de jouer au casino avec l’argent des contribuables pour des activités d’exploration» y a dit Mme Normandeau.Selon la ministre, ces investissements de 30 millions «n’ont pas donné de résultats qui auraient convaincu le gouvernement d’aller plus loin».Quant à la vente des droits sur l’île Anticosti à la société Pétrolia, la ministre a avancé, sur les ondes de Radio-Canada, ç{\x’«on ne connaissait pas encore la technique de fracturation pour extraire le gaz de notre sous-sol».En fait, la technique de fracturation hydraulique était déjà utilisée aux États-Unis depuis une décennie.« Le meilleur des deux mondes » Même si l’État peut investir dans l’industrie, le gouvernement Charest continue de miser sur le secteur privé.«Est-ce qu’on peut arrêter au Québec de démoniser le secteur privé?C’est créateur de richesse et c’est créateur d’emplois»y a soutenu Mme Normandeau.«On a le meilleur des deux mondes» y a fait valoir, hier, Jean Charest à l’Assemblée nationale.Des royautés pour Hydro-Québec et des redevances pour l’État, sans les risques.«Les contribuables québécois n’ont pas à prendre des risques dans une industrie à très, très haut risque»y a-t-il dit.De son côté, la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, a tenté de savoir à quel prix Hydro-Québec avait cédé ses droits, ce que le gouvernement refusait toujours, hier, de révéler.«Le premier ministre a tout vendu à rabais en plus d’avoir liquidé l’expertise interne que nous avions à Hydro-Québec»y a-t-elle déploré.Le président de Pétrolia, André Proulx, a par aibeurs répété que l’entreprise savait dès 2008, soit au moment de l’acquisition des permis de la société d’État, qu’elle avait mis la main sur un secteur représentant un très bon potentiel pétrolier.Et selon lui, «Hydro-Québec savait la même chose que nous».L’action de Pétrolia a profité directement du débat entourant le contrôle des ressources pétrolières qui seraient enfouies dans le sousrsol d’Anticosti.En à peine deux jours de séances à la Bourse de Toronto, le titre de l’entreprise a gagné plus de 50 %.Preuve que l’attention médiatique a du bon, la même action avait grimpé d’à peine 2 % la semaine dernière, dans la foulée de l’annonce des résultats positbs des travaux d’exploration menés l’été dernier.Bref, tout ce débat constitue une bonne nouvelle pour une société qui souhaite recueillir plus de 100 mibions pour poursuivre ses travaux.Le Devoir ¦ Gaz de schiste: colmater les puits pour longtemps coûtera cher au Québec, page A 4 JUGES SUITE DE LA PAGE 1 premier ministre consultait la courte liste de candidats choisis par le comité de sélection.Désormais, le premier ministre se contentera de prendre connaissance des raisons pour lesquelles son ministre de la Justice a fait son choix et pourra échanger avec lui.Il décidera s’il soumet la nomination au Conseil des ministres.M.Fournier a expliqué avoir officialisé en cela le mode de nomination auquel il s’est lui-même soumis en novembre et décembre, peu de temps après qu’il eut accédé à son poste: «Je fais la recommandation au premier ministre y j’explique pourquoi je fais cette recommandation-là et y si le premier ministre l’indique à l’ordre du jour du Conseil des ministres y puisqu’il est le président du Conseil des ministres {.]y à ce mo-ment-lày la recommandation est soumise pour approbation auprès des membres du Conseil des ministres»y a expliqué Jean-Marc Fournier hier.Mesure anti-Chantal Landry D’autres pratiques changeront toutefois.Désormais, les membres du personnel politique du cabinet du ministre ainsi que ceux du cabinet du premier ministre «ne seront pas informés du choix du candidat retenu et ne seront pas impliqués dans le processus de sélection».La chef de cabinet adjointe, Chantal Landry, responsable des nominations, avait avoué lors de son témoignage devant Michel Bastarache qu’elle apposait parfois des autocollants pour indiquer l’allégeance politique des candidats se trouvant sur la courte liste afin d’en informer le premier Québec Québec llPHOmSDlNOII/imîlONDESUJCtS MATHIEU BELANGER REUTERS Le gouvernement Charest a commencé à réviser le processus de nomination des juges à la suite de la publication du rapport Bastarache.ministre.Autre changement, il sera maintenant explicitement interdit aux membres du Conseil des ministres et aux députés de «faire des démarches pour favoriser un candidat».L’ancien ministre de la Justice Marc Bellemare avait souligné les pressions «cordiales» exercées sur lui en 2003 et en 2004 par ses collègues Norm MacMillan (dans le cas de la nomination de Marc Bis-son), Michel Després (dans le cas de Line Gosselin-Després) et Jean-Marc Fournier, l’actuel ministre de la Justice.Le candidat de ce dernier n’avait pas franchi l’étape de vérification par la Sûreté du Québec.De plus, il sera spécifié que «le ministre ne fera aucune consultation auprès de personnes en raison de leur appartenance à un parti politique».Le ministre Fournier a précisé que cela ne l’empêchera pas de consulter une personne qui est «par ailleurs membre d’un parti politique» — un «souscripteur», par exemple — qui connaîtrait bien les «qualités intrinsèques» d’un candidat.Mais ce n’est pas en cette qualité de «souscripteur» qu’il le consultera: «Je ne sais pas si vous voyez la nuance?»y a-t-il lancé aux journalistes.Membres formés Pour l’instant, le ministre Fournier a décidé de ne pas accroître le nombre de membres des comités de sélection, actuellement composés de trois personnes: un représentant du Barreau, un de la magistrature ainsi qu’un membre du public.Ce dernier était jadis proposé par le cabinet du ministre de la Justice, ce qui a souvent donné des nominations aléatoires.Le nouveau règlement fera de l’Office des professions la responsable de cette étape.Une formation sera aussi donnée aux membres du comité sur la «fonction judiciaire en général ainsi que les qualités recherchées pour la fonction de juge».Les changements aux règlements comportent aussi des règles quant à la publication d’un formulaire pour soumettre sa candidature.« Frime » Le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, a qualifié l’opération de
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