Le devoir, 19 janvier 2011, Cahier A
\ CALVAIRE D’OKA Le ministère de la Culture ne veut pas acheter les œuvres deux fois Page B 8 DROGUE Davantage d’adolescentes que d’adolescents consomment Page A 2 w w w .1 e d e V o i r.c o m LE DEVOIR V 0 L .C I I N “ 9 ?LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 1,09$ + taxes = 1,25$ Écoquartiers : les promoteurs de Québec hésitent ISABELLE PORTER Québec — Aussi séduisants soient-ils, les grands projets d’écoquartiers du maire La-beaume se butent à toutes portes de résistances dans le milieu immobilier.A Québec, beaucoup hésitent à se lancer dans Laventure.D’après un coup de sonde mené auprès des promoteurs immobiliers actifs dans la capitale, la plupart sont réticents à participer aux projets présentés par la Ville en décembre dernier.Certains jugent le processus trop complexe, plusieurs craignent de ne pas avoir les reins assez solides.D’autres ont tout simplement accordé la priorité à d’autres projets.Le Devoir a joint dix des quatorze promoteurs immobiliers qui ont assisté au Colloque sur l’innovation au début décembre.Organisé par la Ville, cet événement visait justement à soumettre les projets d’écoquar-tiers aux promoteurs afin de les convaincre de faire des propositions dans le cadre d’un «appel de propositions préliminaire».Sur les dix, seulement trois envisagent de soumettre une offre à la Ville: Logisbourg, Allégro et l’industrielle Alliance.Les sept autres ne sont VOIR PAGE A 8: ÉCOQUARTIERS JACQUES NADEAU LE DEVOIR REER OBOGATOIRE Castonguay réplique à ses détracteurs ¦ À lire en page A 7 ¦ L’éditorial de Josée Boileau, page A 6 ¦ Le non des gestionnaires de fonds, page B 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR EMISSIONS DE GAZ La ministre Normandeau serait dans le champ ¦ À lire en page A 4 INDEX Actualités A 2 Annonces.B 6 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Avis publics .A4 Météo.A 4 Carrières.B 4 Monde.B 5 Culture.B 8 Décès.B 6 Mots croisés.B 8 Sudoku.B 8 Économie .B 1 Télévision.B 7 Illl fl , , laiu 11 B , J _j ijjjjjjjjji.illJ J]]]]]]i]]J!ll' liJJJJJIIl SSHÎ ilJJLJJlJ JJL' HECTOR RETAMAL AGENCE ERANCE PRESSE Jean-Claude Duvalier entouré de policiers, de gardes du corps et journalistes lors de son arrivée au parquet de Port-au-Prince, hier.Son cas est maintenant entre les mains d’un juge d’instruction.En attendant, l’ancien dictateur est libre.La justice rattrape Duvalier L’ancien dictateur d’Haïti fait face à des accusations de vol, d’abus de pouvoir, de corruption et de détournement de fonds LISA-MARIE GERVAIS Le Devoir en Haïti Port-au-Prince — La saga Duvalier se poursuit alors que l’ex-dictateur a aujourd’hui été accusé de vol, d’abus de pouvoir, de corruption et de détournement de fonds pour avoir volé le trésor public en 1986 lorsqu’il a dû quitter le pouvoir.Jean-Claude Duvalier demeure libre pour l’instant, mais son cas est maintenant entre les mains d’un juge d’instruction qui devra étudier les preuves pour déterminer s’il y aura procès.Cette procédure pourrait durer trois mois.A sa sortie du parquet, en fin d’après-midi hier, M.Duvalier n’a commenté aucune de ces accusations et est plutôt rentré au chic hôtel Karibe, où il loge, dans un convoi escorté par des soldats de la Mission des nations unies pour la stabilisation en Haiti (MINUS- TAH) et des agents de la police nationale.M.Duvalier, qui s’était autoproclamé «président à vie» durant son règne de 1971 à 1986, est sorti de son interrogatoire dans une bousculade monstre, entouré de journalistes et de photographes qui le bombardaient de questions.Celui qu’on surnomme «Bébé Doc» n’a pas bronché.Le teint livide, les VOIR PAGE A 8: DUVALIER Messages de désespoir dans les pays arabes Les tentatives d’immolation par le feu — parfois réussies — se répandent depuis le geste d’un jeune chômeur qui a déclanché la révolte tunisienne MARCO BÉLAIR-CIRINO Après le jeune diplômé chômeur tunisien décédé au début du mois après qu’il se fut immolé par le feu à la mi-décembre — lançant un mouvement de protestation sans précédent menant à la chute de l’autocrate Zine el-Abidine Ben Ali —, au moins dix autres actes semblables ont été signalés dans des pays arabes.Est-ce à dire que les dirigeants doivent craindre des répliques au séisme tunisien?En Egypte, Ahmed Hashem el-Sayed a succombé à ses blessures, hier, après avoir tenté de s’immoler par le feu dans la ville portuaire d’Alexandrie.L’homme âgé de 25 ans était sans emploi depuis un an et souffrait d’une dépression.Son décès survient alors que plusieurs tentatives de suicide par le feu ont eu lieu dans le pays.Hier, deux hommes ont tenté de s’immoler par le feu en plein centre-ville du Caire, alors que la veille Abdou Abdel-Moneim Hamadah avait tenté de VOIR PAGE A 8: MESSAGES Ces actes sont «clairement inspirés par les événements de Tunisie » REUTERS La mère de Ahmed Hashem el-Sayed montre la photo de son fils, un chômeur de 25 ans dépressif qui s’est immolé par le feu, hier, à Alexandrie.CHRISTIANE CHARETTE EN SEMAINE 9 H Aujourd hui, la vie virtuelle apres la mort.Réalisation: Marie-Claude Beaucage #95,1 PREMIERE CHAÎNE Radio-Canada.ca/Christiane FM 77831302831704 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 ACTUALITES Loto-Québec a séduit 28 000 joueurs en ligne KATHLEEN LEVESQUE Moins de deux mois après avoir lancé son site de jeu en ligne, Loto-Québec a convaincu 28 000 personnes de s’inscrire pour jouer au poker, à la roulette, au baccara et autres black jack.Dans son bulletin hebdomadaire qu’elle a fait parvenir à ^es membres lundi, la société d’Etat affirme, en regard des 28 000 inscriptions, qu’il s’agit d’un «début d’année Jéstifi>.Loto-Québec a vraisemblablement atteint son premier objectif qui était de réussir à attirer 20 000 clients dans les premières semaines d’activités.Loto-Québec a ouvert Espacejeux le premier décembre dernier après avoir plaidé depuis plusieurs années pour que le gouvernement légalise le jeu en ligne.Québec a donné le feu vert l’hiver derniep permettant ainsi à la société d’Etat de faire «sa place au soleil» dans l’industrie de V«iGaming», comme le disaif il y a quelques mois, le p.-d.g.de Loto-Québec, Alain Cousineau.Loto-Québec refuse toutefois de donner des détails sur cette nouvelle clientèle.S’agit-il davantage d’hommes que de femmes?Y a-t-il beaucoup de jeunes?Est-ce la première expérience de jeu des membres?Combien d’argent les joueurs engloutissent-ils dans ces jeux?Ces données seront révélées «en temps opportun», assure Marie-Claude R^vef porte-parole de la société d’Etat.Cette dernière ajoute que «même si elles sont inscrites, les 28 000 personnes n’ont pas nécessairement joué».Ces données seront éventuellement transmises au comité de suivi qui a été mis en pla- Loto-Québec refuse de donner des détails sur cette nouvelle clientèle ce pour tenter de lutter contre la dépendance au jeu et ainsi calmer les nombreux détracteurs du jeu en ligne.Ce comité, présidé par la professeure de psychologie Louise Nadeau, connue pom ses travaux sur la consommation d’alcool, s’est mis au travail récemment.11 bénéficie d’un budget de 1,1 million de dollars pour les deux prochaines années.Le travail ne s’annonce pas facile, notamment en regard des sites illégaux de jeu.«On est sur un terrain miné.On est là où était l’alcool en 1850, avec peu de données.Depuis 100 ans, on sait comment évolue la consommation d’alcool, alors que nous n’avons pas de données sur la consommation de jeu en ligne.Ça rend les choses très difficiles», explique Mme Nadeau, qui estime qu’il circule davantage d’opinions que de véritables données scientifiques.Quoi qu’il en soit, le professeur et chercheur du Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu de l’Université Laval, Serge Sévigny, évalue que l’offre de Loto-Québec de jeu en ligne amènera les Québécois à développer de nouvelles habitudes de jeu.Jusque-là, ils étaient freinés par l’illégalité des jeux.«L’accessibilité au jeu représente un des facteurs de risque du jeu pathologique et les rares données existantes suggèrent un taux de joueurs problématiques très élevé parmi les joueurs en ligne», soulignait le mois dernier M.Sévigny, qui rendait publics les résultats d’un sondage concernant Espacejeux.Le Devoir La drogue happe les jeunes filles Les adolescentes sont plus nombreuses à se droguer que les garçons du même âge CAROLINE MONTPETIT Les adolescentes sont désormais plus nombreuses que les adolescents à consommer des drogues dures.Ce constat porurait être inquiétant à l’avenir, du fait entre autres que les femmes sont plus vulnérables à la dépendance aux drogues que les hommes et qu’elles s’y accrochent plus rapidement.C’est ce que constatait la chercheuse américaine Wendy Lynch, du Département de psychiatrie de l’Université de Virginie, lors d’une conférence sur les différences entre les hommes et les femmes en matière de santé mentale, organisée par l’hôpital Louis-H.Lafontaine à Montréal la semaine dernière.La prédominance des adolescentes consommatrices de drogues s’est déclarée au çours des dernières années aux Etats-Unis.Les hommes sont par aillerus toujours majoritaires parmi les consommateurs adultes.«Nous ne savons pas si ces adolescents forment une nouvelle cohorte, qui se maintiendra à l’âge adulte», explique Wendy Lynch.Les filles moins jugées La chercheuse observe également une érosion des facteurs socioculturels qui gardaient jusqu’à présent les filles et les femmes plus loin des drogues dures.«La consommation de drogues était plus stigmatisée chez les filles que chez les garçons.Et c’est en train de changer.Il n’est plus mal vu pour une adolescente de consommer de la drogue ou de perdre le contrôle d’elle-même», dit-elle.Wendy Lynch signale également que l’œstrogène augmenterait l’effet gratifiant des VLADIMIR SUVOROV REUTERS Selon la chercheuse américaine Wendy Lynch, du Département de psychiatrie de i’Université de Virginie, i’œstrogène augmenterait i’effet gratifiant des drogues sur ies femmes, ce qui ies rendrait pins dépendantes.drogues sur les femmes, ce qui les rendrait plus dépendantes.Cette tendance s’observe également dans les activités sans consommation, comme le jeu, par exemple.Aucune étude n’a cependant été menée sur la consommation de drogues durant la ménopause, une période où la quantité d’œstrogènes diminue dans le corps féminin.Selon les données avancées par Mme Ljmch, 5,4 % des adolescents américains consommeraient des drogues illicites (excluant le cannabis) contre 6,1 % des adolescentes.Les adolescentes américaines consomment également plus d’alcool que les adolescents (18,3 % contre 17,4 %) et sont plus nombreuses à fumer la cigarette ( 12,5 % contre 12,2 %).Schizophrénie Parallèlement, les femmes et les hommes présentent également des symptômes différents de schizophrénie, soutenait pour sa part Mary See-man, psychiatre de l’Université de Toronto.Les sjunptômes de schizophrénie chez la femme sont souvent accompagnés de comportement maniaque ou de dépression, tandis qu’ils s’accompagnent d’apathie chez l’homme.«Cela rend la schizophrénie plus difficile à diagnostiquer chez la femme», explique Mary Seeman.Par ailleurs, dans la population en général, où la plupart des cas de schizophrénie se déclarent au début de l’âge adulte, les hommes deviennent malades en moyenne un ou deux ans plus tôt que les femmes.Par ailleurs, on observe un nouveau sommet de déclaration de la schizophrénie chez les femmes autour de la ménopause, sommet qui n’existe pas chez les hommes.«Aussi, l’état schizophrène tend à s’amenuiser chez les hommes autour de la cinquantaine, alors qu’à cet âge il a tendance à s’aggraver chez les femmes», dit-elle.Mary Seeman note par ailleurs qu’à ce jour, les traitements pour la schizophrénie ne diffèrent malherueusement pas chez les hommes et chez les femmes, et ce, même si les effets secondaires se manifestent plus intensément chez les secondes que chez les premiers.Le Devoir ^A wk s O b n i é t; é.pour oolro La Clinique Nouveau Départ est une clinique privée offrant des services internes et externes spécialisés pour les personnes aux prises avec des problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie, ou d’autres formes de dépendances.Depuis plus de 25 ans, la Clinique est reconnue pour offrir les services suivants • Une approche multidisciplinaire intégrant les aspects médicaux, psychiatriques, pharmacologiques et thérapeutiques pour le traitement des diverses dépendances par l’entremise d’un programme personnalisé selon les besoins • Service desoins infirmiers 24h/24 — ~7 jours par semaine • Support et écoute pour les familles ainsi que les proches CLINIQU^|vgQU^g/\LJ départ Le T: 514.521.QD23 Sans frais: 1.BBB.4BB.2B-11 1110, avenue Beaumont Ville Mont-Royal [Québec] H3P 3E5 info@cliniquenouveaudepart.com www.cliniquenouveaudepart.com Itinérance : moins de contraventions, mais pins de profilage social CAROLINE MONTPETIT Si le nombre de contraventions données aux personnes en situation d’itinérance a baissé depuis les sommets constatés en 2004, les intervenants observent toujorus un certain profilage social dans les rues de Montréal, qui se traduit souvent par une surreprésentation policière.C’est ce qu’expliquaient hier les représentants du RAPSIM, le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, au moment de lancer leurs objectife polu 2011.Le RAPSIM tiendra d’aillerus un forum le 11 février prochain sur ce thème et sur celui de la Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 .'A ’ ' '¦ MODE ^ SANTÉ'S^bIaUTÉ ; ' [ i Les incontournables^ •'^'.O ' / • dMeondoS 1-$77-^22-2623 www.(actaureau,com ¦ Hôtellerie Champêtre Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Simon Lanoie 514 985-3502 ou slaiioie@ledevoir.com défense des droits concernant l’espace public.Qn remarque que plusieurs personnes itinérantes ont commencé à migrer du centre-ville de Montréal vers d’autres quartiers: Hochelaga, Verdun, le Sud-Quest par exemple, où l’on doit aussi travailler à leur intégration.Par ailleurs, le RAPSIM a de nouveau réclamé au gouvernement du Québec une politique globale en itinérance, qui prévoirait un arrimage solide des différents ministères qui interviennent dans ce dossier.Une annonce de la ministre déléguée aux services sociaux, Dominique Vien, est d’ailleurs attendue à ce sujet dans les prochaines semaines.Parmi les mesures qui pourraient aider les personnes en situation d’itinérance à Montréal, on signale évidemment de meilleurs budgets accordés au logement social, tant à Qttawa qu’à Québec.Le RAPSIM souhaite également que soient créés à Montréal des services d’injection supervisée.Le Devoir E N BREF Le crime organisé à la FTQ-Construction?Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, le président de la ETQ-Construction, Yves Mercure, critique les pratiques d’affaires du syndicat qui compte 80 000 membres.11 affirme que le crime organisé est présent dans l’industrie et les syndicats représentant les travaillerus de la construction.Selon l’émission Enquête, l’élection de l’équipe d Yves Mercrue aurait été rendue possible grâce notamment aux pressions exercées par des Hells Angels.Mais le principal intéressé soutient que si le crime organisé a été mêlé à l’élection, cela aruait été fait «complètement à son insu».Dès les premières allégations dans l’industrie de la construction, la ETQ-Construction s’est alignée sur la stratégie gouvernementale qui misait sru la police.Yves Mercure affirme que cela était une er-reiu.- La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 A 3 ACTUALITES .VIEUX-QUÉBEC y lÆ PORT-ROYAL-^ ^ hôtel & suites Forfait "l ^0$ —^ ^ couette & café A ^ _ 1 866-417-2777 www.leportroyal.com Ça promet ! # ^ ' ' A.Manon CORNELLIER Les conservateurs répètent sur tous les tons qu’ils ne veulent pas d’élections ce printemps et que leur dernière opération publicitaire ne vise qu’à en dissuader leurs adversaires.Un avertissement, en somme, de ce qui les attend si le prochain budget est défait.Le résultat est inquiétant: des publicités virulentes, voguant allègrement entre le mensonge, les demi-vérités et la mesquinerie, en particulier dans le cas du chef libéral Michael Ignatieff.Son parti a disparu du portrait.Le chef est la seule cible, à coups d’attaques personnelles, de citations tronquées et prises hors contexte.Si les messages publicitaires rendus publics lundi par les conservateurs donnent un véritable avant-goût de ce qui s’annonce lors de la prochaine campagne électorale, on risque de souffrir d’une sérieuse crise d’urticaire.Le ton de ces publicités dénuées de toute civilité relève de la politique de ruelle.Oubliez le débat politique réfléchi, on est dans les gouttières, de celles dont bien des Américains voudraient se sortir.Certains disent que ce genre de publicités doit bien fonctionner puisqu’on continue à en faire.Si c’est le cas, c’est préoccupant.Mais doit-on s’étonner qu’elles perdurent quand le parti qui les finance a élevé au rang de grand art le dénigrement de ses adversaires et le mépris de l’intelligence des citoyens?Tous les partis prennent des libertés avec la vérité et se permettent d’égratigner avec férocité leurs opposants, mais les conservateurs ont poussé la pratique plus loin que quiconque, aidés en cela par des caisses bien garnies et un chef impitoyable.Les publicités que seul le Parti conservateur est capable de s’offrir ne sont qu’une manifestation de cette approche.Le premier ministre et ses ministres mettent volontiers la main à la pâte.Pour déformer les faits, induire les citoyens en erreur et nous faire peur.Lors de son passage à D or val la semaine dernière, Stephen Harper a évoqué pour la énième fois le soi-disant contrat d’achat de 65 avions F-35 que son gouvernement aurait conclu et que les libéraux voudraient annuler.«Annuler ce contrat serait irresponsable», a-t-il déclaré avant de vanter les retombées importantes pour l’industrie aérospatiale canadienne.«Les partis d’opposition doivent cesser de faire de la politique partisane avec ce contrat» et «penser aux conséquences pour les travailleurs, leurs familles».Le hic est qu’il n’y a rien à annuler puisque aucun contrat n’a encore été signé.Rien ne sera signé avant 2013.Les libéraux, quant à eux, préconisent de procéder par appel d’offres pour trouver un remplaçant aux CF-18.FinalemenL si les compagnies canadiennes obtiennent déjà des contrats de sous-traitance poru le F-35, c’est parce que le Canada a obtenu ce droit en contri-buauL depuis 1997, au développement de l’avion de chasse en question.Et ce, sans même être obligé d’en acheter un seul.Des détails, des détails, diront certains, mais révélateurs d’une façon de faire, d’une manie de manipuler les faits quand les enjeux sont trop complexes poru être démêlés en quelques déclarations de quelques secondes dans les médias.Le procédé est habile, mais trompeur.Comme une mauvaise publicité.Stephen Harper est prêt à beaucoup pour déjouer et même écraser ses adversaires, surtout les libéraux.Ainsi, il a toujours dans sa mire la subvention de deux dollars par vote versée aux partis politiques.Il veut en faire un enjeu de la prochaine campagne électorale.Il promet s’il obtient un mandat majoritaire, d’y mettre fin.Ayant obtenu plus de votes que les autres partis aux dernières élections, le Parti conservateur perdrait davantage au change.Mais comme les autres partis n’ont pas son succès en matière de financement populaire, ils en sortiraient plus lourdement handicapés.Et c’est sans parler des partis qui, à cause de notre mode de scrutin, n’arrivent pas à faire élire de députés, mais obtiennent un nombre substantiel de votes.Sans cette subvention, leur voix serait encore plus étouffée, leur survie, compromise.On peut toujours débattre du montant de la subvention, mais l’éliminer équivaudrait à miner la diversité du choix démocratique.Or ce que ne dit pas le chef conservateur, c’est que son talent à récolter des dons auprès des particuliers a un prix pour les contribuables.Par l’entremise des impôts, le gouvernement rembourse 75 % des dons de 400 $ ou moins, soit le ^os de la cagnotte conservatrice.Il y aurait matière à débat car, après tout, la subvention en fonction du nombre de votes reflète la vigueur démocratique des partis alors que ce crédit d’impôt est un bonus aux grosses machines bien huilées.Mais, comme par hasard, M.Harper ne parle pas d’y toucher.Et comme par hasard, encore, il ne dédaigne pas d’utiliser les fonds publics pour faire sa publicité positive et promouvoir ses réalisations.Le programme de relance économique a beau tirer à sa fin, le gouvernement a recommencé à diffuser des publicités vantant ses mérites.Et la semaine prochaine, plusierus ministres, selon l’agence Bloomberg, vont se disperser à nos frais à travers le pays poru défendre les baisses d’impôt accordées aux entreprises le 1®" janvier dernier.Une politique que dénoncent les trois partis d’opposition et qui risque d’être un enjeu de la prochaine campagne.Et on nous affirme qu’elle n’est pas commencée.mcornellier@ledevoir.corn JACQUES GERNIER LE DEVOIR Le ministre Boiduc ne veut pas que ies services offerts par ies sages-femmes soient touchés par ies compressions dans ie milieu de la santé.Sages-femmes: Bolduc rejette une baisse des services «Aucune rupture de service ne sera tolérée» LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, est formel.Les centres de santé et de services sociaux (CSSS) aux prises avec un rééquilibrage budgétaire, comme ceux de Gatineau et de Saint-Jérôme, ne pourront pas toucher aux services offerts par les sages-femmes.Toute décision en ce sens «ne sera pas avalisée par le ministère», a fait savoir hier Karine Rivard, l’attachée de presse du ministre Bolduc.Au cabinef on fait valoir que les CSSS ne peuvent pas se rétracter une fois que les services sont offerts.Même s’il faut rééquilibrer les budgets.«Aucune rupture de service ne sera tolérée.Le ministre pense au contraire que la sage-femme peut apporter une offre de service intéressante et diversifiée, et il encourage son développement», a fait valoir Mme Rivard.Au CSSS de Saint-Jérôme de même qu’à celui de Gatineau, on assure qu’aucune compression ou transformation de postes ne sera engagée en dépit des informations contraires qui circulent dans le milieu de la périnatalité.«Nous avons une maison des naissances toute neuve, qui est un modèle et qui fait l’envie.[.] On a même noté une augmentation des suivis», indique la responsable des communications du CSSS de Saint-Jérôme, Nathalie Nolin.Il n’est donc pas question de restreindre les activités de la Maison de naissance du boisé, même s’il faut s’attendre à de «petits ajustements» au sein du CSSS.Ceux-ci se feront sans rupture de service, au moyen «d’exercices de rationalisation et de réorganisation qui n’auront pas d’impact sur la clientèle», promet Mme Nolin.Même certitude au CSSS de Gatineau.«Le budget de la maison de naissance n’est pas touché.«Ne jouons pas sur les mots, c’est une compression» - Claudia Faille, de la RSFQ Les suivis seront tous maintenus», affirme le directeur des communications, Sylvain Dubé.Après trois ans de croissance, qui ont permis de faire passer à 7 % le nombre de suivis des sages-femmes dans la région (bien plus que la moyenne québécoise de 2 %), le CSSS prévoit une stabilisation poru 2011.M.Dubé convient que la transformation de postes à temps complet en postes de 28 heures est bel et bien envisagée.Mais dans une optique tout autre, soit l’intégration d’une sage-femme supplémentaire, d’où la nécessité de repartager les herues travaillées.«Notre budget est fixe.Il y aura toujours le même nombre de suivis, mais il faut comprendre que nous ne pouvons pas ajouter des heures à une sans en enlever à d’autres», explique M.Dubé.Le doute subsiste quand même, dit la présidente du Regroupement les sages-femmes du Québec (RSEQ), Claudia Faille, qui entend suivre la situation de près.«J’ai parlé à la responsable des services sages-femmes de Saint-Jérôme et elle m’a certifié qu’ils ont dû abolir 0,4 poste pour payer des heures supplémentaires, faute de budget prévu à cet effet Ne jouons pas sur les mots, c’est une compression.» Tout ce que souhaite maintenant Mme Faille, c’est que la prise de position ministérielle «fera assez de bruit» pour protéger les acquis, mais aussi pour convaincre les intervenants concernés de la «nécessité de développer les services sages-femmes au Québec».À cet égard, le ministre Bol-duc rappelle la nécessité d’une impulsion citoyenne.«Le ministère est prêt à faire son bout de chemin, mais cela doit aussi venir de la communauté», a rappelé son attachée de presse.Le Devoir CHSLD et résidences pour aînés Les visites-surprises n’ont pas tout réglé LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Lancées en 2004 en réaction aux événements tragiques de Saint-Charles-Borromée, les visites d’appréciation des milieux de vie destinés aux aînés ont permis une diminution marquée de la violence physique, verbale ou psychologique.Mais il reste encore beaucoup de travail à abattre, plaide le Conseil pour la protection des malades, qui dénonce la persistance de pratiques douteuses et l’état déplorable de certaines installations.Certes, le Conseil relève qu’il y a «moins de constats graves de lieux sales ou complètement inadaptés».Mais les infections nosocomiales continuent à inquiéter et il reste une bonne dizaine d’établissements en si piteux état qu’il faudrait les «relocaliser d’urgence», a dénoncé hier le président du Conseil, M® Paul Brunet.Le Conseil s’inquiète aussi de voir que le recours à la contention reste trop répandu au Québec.Il note également qu’il reste beaucoup de travail à faire poru que les résidents puissent faire valoir leurs droits.«Le commissaire aux plaintes n’est pas assez accessible.Il s’agit d’une clientèle vulnérable avec des limitations importantes, c’est à lui d’être physiquement là pour recevoir les plaintes», plaide M® Brunet.Les visites menées dans 506 centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) ou res-soruces intermédiaires et familiales depuis 2004 ont aussi révélé des gestions parfois «déconnectées» du quotidien des résidents.«J’ai vu des responsables de soins inconnus des résidents.Sortez de vos bureaux! C’est pour ces gensdà que vous travaillez!», a pressé M® Brunet.Des changements importants Le bilan dressé hier par le Conseil montre néanmoins que les visites d’appréciation ont permis des changements importants.«Les recommandations non réalisées ou en voie de l’être sont beaucoup moins nombreuses que celles qui Vont été.A cet effet, je dis d’ailleurs chapeau aux agences [de santé et de services sociaux] qui ont pris cet exercice très au sérieux.» Le Conseil s’inquiète toutefois de l’avenir de ces visites, dont la nécessité est remise en doute par l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).La directrice générale de l’association.Lise Denis souhaiterait que les visites d’appréciation soient plutôt arrimées aux visites d’agrémenfi qui sont obligatoires et plus régulières.Cela éviterait les dédoublements et minimiserait les tracasseries biueau-cratiques, déjà importantes dans le réseau.Les établissements en ont aussi contre la formule des visites-surprises annoncées 24 heures à l’avance.«Nous jugeons qu’elles n’apportent rien de plus», fait valoir Mme Denis.Ce n’est pas l’avis de M® Brunet, qui les juge au contraire essentielles pour capter «l’atmosphère du lieu».Au cabinet de la ministre déléguée aux services sociaux, Dominique Vien, on indique que le processus fait l’objet d’une réflexion.Chose certaine, «il est hors de question d’abolir ces visites d’appréciation ou encore de les arrimer aux visites d’agrément», a indiqué hier son attachée de presse, Louise Quintin.Parmi les scénarios envisagés, on compte plutôt une modification ou même une intensification des visites d’appréciation.«Nous sommes à en évaluer la pertinence», a indiqué Mme Quintin.La ministre Vien a par aillerus invité l’AQESSS à la rencontrer la semaine prochaine dans l’espoir de trouver un consensus.Une annonce est attendue dans les prochaines semaines, voire les prochains mois.Le Devoir Possible remplacement du pont Champlain Les experts souhaitent un comité consultatif KATHLEEN LEVESQUE Les experts mandatés pour étudier le remplacement du pont Champlain recommandent qu’un comité consultatif soit formé afin de suivre la réalisation du projet a appris Le Devoir.Dans l’étude de préfaisabilité menée par le consortium BPR, CIMA-i-, Dessau et Egis Structures et Environnement poru les gouvernements fédéral et québécois, on retrouve une proposition poru mettre en place une stratégie de consultation.Les experts estiment que, dès qu’Qttawa arua doimé son aval à la construction d’une nouvelle structure enjambant le fleuve Saint-Laruent à côté du pont Champlain, il faudrait mettre sur pied un comité consultatif.Ce comité, qui ne serait pas décisionnel, serait formé de représentants de la société fédérale Les ponts Jacques-Cartier et Champlain ainsi que du ministère québécois des Transports.S’ajouteraient des porte-parole des organismes décisionnels de la région métropolitaine, comme les agglomérations de Montréal et Longueuil, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), les sociétés de transport de Montréal et de la Rive-Sud (STM JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les travaux effectués depuis 2009 par les experts ont démontré une usure telle du pont Champlain, le plus achalandé du Canada, qu’une réfection coûterait plus cher que son remplacement et RTL) ainsi que l’Agence métropolitaine de transport.Les travaux effectués depuis 2009 par les experts ont démontré une usure telle du pont Champlain, le plus achalandé du Canada, qu’une réfection coûterait plus cher que son remplacement Le consortium estime que le scénario du nouveau pont coûterait 1,32 milliard alors que la construction d’un tunnel ferait monter la facture à 2 milliards.Cette dernière option n’est toutefois pas privilégiée.Comme le révélait hier Le Devoir, il s’agit toutefois de coûts préliminaires qui ne prennent pas en compte des éléments importants comme, par exemple, les approches routières, la construction d’une emprise ferroviaire pour un système léger sur rail (SLR), le remplacement du pont de l’île des Sœrus ainsi que les études d’avant-projet (plans préliminaires et définitifs).Ainsi, le projet pourrait coûter au moins 6 milliards de dollars.Une fraction de la facture pourrait être refilée au gouvernement du Québec poru l’utilisation d’une partie du nouveau pont poru le transport collectif.L’étude de préfaisabilité fait état également des études et des plans régionaux produits au corus des dernières années.La revue de la documentation tend à démontrer, entre autres, qu’un accroissement de la capacité autoroutière de l’axe nord-sud qu’est le pont Champlain irait à l’encontre des objectifs du gouvernement du Québec en matière de réduction des gaz à effet deserre (GES).Qr le scénario privilégié jusqu’ici par les experts est un pont de huit voies plutôt que six, comprenant une voie réservée pour le transport en commun.Hier, le cabinet du ministre des Transports, Sam Hamad, a confirmé son grand intérêt d’investir dans un projet de transport collectif sur le nouveau pont.Du côté du cabinet du ministre fédéral des Transports, Chuck Strahl, on attend officiellement le dépôt de l’étude d’ici quelques semaines.Qn précise que le choix entre la rénovation ou la construction d’un pont ou d’un tunnel n’est pas arrêté.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 ACTUALITES Est-ce la tête d’Henri IV?PAULINE GRAVEL Une rumeur courait que la tête d’Henri IV avait disparu du tombeau abritant la dépouille de ce roi de France reposant aux côtés de ses prédécesseurs et de ses successeurs dans la basilique,Saint-Denis, en région parisienne.A l’instar des autres tombes royales, celle d’Henri IV aurait vraisemblablement été profanée par les révolutionnaires en 1793.Le cadavre du souverain aurait été décapité, voire morcelé avant d’être jeté dans une fosse commune, où les marchands de reliques s’empressaient de récupérer quelques restes de ces personnages.H n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité du journaliste-documentaliste français Stéphane Gabet, qui se lance en 2008 à la recherche de la tête de ce célébré roi qui divorça de Marguerite de Valois pour épouser Marie de Médicis, et qui cautionna les premiers voyages de Samuel de Champlain en Amérique du Nord.A partir des pistes que lui fournit l’historien Jean-Pierre Babelon, biographe d’Henri FV, Stéphane Gabet retrouve avec son collègue Pierre Belet, un retraité octogénaire propriétaire d’une tête momifiée qu’il croit être celle de ce roi de France qui régna de 1589 à 1610.Avec l’accord de ce collectionneur passionné d’histoire qui a caché la présumée tête d’Henri FV pendant 50 ans, les deux journalistes ont recours à l’expertise du médecin légiste Philippe Charlier pour procéder à l’authentification de cette tête étonnamment bien conservée.Ce dernier s’entoure d’une équipe de 19 scientifiques spécialisés en génétique, en toxicologie et en imagerie médicale notamment pour arriver à son verdict final.Le film documentaire Le Mystère de la tête d’Henri IV, qui relate la palpitante enquête qu’ont menée les deux journ^istes, avec le soutien de l’agence Galaxie Presse, était présenté hier à la presse de Montréal en avant-première mondiale dans l’espoir que des diffuseurs y verront l’intérêt de le présenter aux téléspectateurs québécois.Le Devoir ¦ Le Devoir reviendra sur cette palpitante aventure historico-scienti-fique dans l’édition de samedi./ t JACQUES NADEAU LE DEVOIR Nature Québec a calculé que les 600 puits de gaz de schiste que pourrait abriter la Rive-Sud émettraient l’équivalent des éructations de 6000 vaches.f Emissions des vaches et des puits de gaz La ministre serait dans le champ LOUIS-GILLES FRANCŒUR La ministre des Richesses naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, serait dans le champ quand elle affirme qu’une vache émet plus de CO2 qu’un puits de gaz de schiste.C’est ce qu’a soutenu hier Nature Québec, qui a demandé à deux agronomes, Jeanne Camirand et Jérémie Vallée, de vérifier si la ministre disait vrai quand elle affirmait: «Ecoutez, une vache émet plus de CO2 dans l’atmosphère qu’un puits.Je veux dire que c’est factuellement prouvé.» Nature Québec a donc utilisé l’analyse de trois puits sur les 31 inspectés par le ministère de Mme Normandeau et pour lesquels il existe des données assez complètes pour être vérifiées par les agronomes de Nature Québec.Selon les calculs de ces trois professionnels, les émissions fugitives de ces trois puits correspondent, non pas aux «pets» de trois vaches, mais à ceux de 107 vaches sur une base annuelle.Nature Québec a aussi, sur les mêmes bases, calculé que les 600 puits que pourrait abriter la Rive-Sud un jour émettraient l’équivalent des éructations de 6000 vaches.Les agronomes qui ont fait ces calculs pour Nature Québec s’en sont pris à une autre dimension de la thèse normandienne sur les gaz intestinaux des vaches.Ainsi, ils notent que ces paisibles ruminants, qui dérangent rarement leurs voisins et servent à l’alimentation humaine, n’émettent en réalité que 1 % de leurs rejets gazeux sous forme de gaz intestinaux ou en association avec la biodégradation de leurs fumiers.En réalité, ils émettent surtout des rots ou des «éructations» puisque c’est dans leur estomac et non dans leurs intestins que se forment les gaz de méthane qu’ils rejettent dans l’atmosphère.Selon le groupe environnemental, la ministre devrait plutôt financer la récupération de ce méthane d’origine agricole.Ce n’est pas la première fois qu’un commentaire de la ministre Normandeau lui attire des répliques assassines.Pour défendre les gaz de schiste, elle avait promis de faire passer le Québec du pétrole au gaz naturel d’ici 10 ans.Mais il fut démontré que Québec n’avait aucun plan en ce sens.La ministre avait aussi justifié le développement de la nouvelle filière gazière en affirmant que ses retombées financeraient les garderies à 7 $.Mais les retombées envisagées par les industriels se sont avérées beaucoup plus modestes.Le Devoir Chasse au phoque Le Parti vert dénonce l’accord avec la Chine LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le Parti vert du Canada (PVC) a dénoncé hier l’accord passé il y a quelques jours entre le Canada et la Chine pour garder ouvert cet immense marché asiatique aux produits de la chasse au phoque.En plus d’invoquer des arguments économiques, le PVC a repris les thèmes des animalistes qui condamnent cette chasse pour des motifs moraux, invoquant la «cruauté» de cette chasse et parlant de «massacre commercial».Au Québec, les groupes écologistes ne s’opposent pas à cette chasse traditionnelle qui ne met aucunement l’espèce en péril.Le troupeau dépasse les 5 millions de tête et son exploitation se fait présentement de façon artisanale par des chasseurs autochtones, terre-neuviens ou ma- delinots.Présentement, la plus importante menace potentielle est sans contredit le réchauffement du climat, qui fait disparaître les glaces sur lesquelles les femelles mettent au monde leurs petits.Mais les groupes animalistes font toujours porter leurs campagnes sur la chasse aux bébés phoques, que plus personne ne chasse depuis 20 ans.«Il est grand temps que le Canada cesse de gaspiller l’argent des contribuables pour ranimer l’industrie agonisante de la chasse au phoque commerciale.n n’existe aucun marché domestique pour la fourrure ou la viande de pfioque et la plupart des autres pay^ ont fermé leurs frontières aux produits du phoque en raison de la cruauté et des pertes associées à la chasse au phoque commerciale», a déclaré Georges La-raque, le chef adjoint du PVC.Selon ce parti, la valeur totale de la récolte annuelle à Terre-Neuve en 2009 et 2010 s’établit à seulement 2 millions de dollars.«Pendant ce temps, les données du gouvernement fédéral révèlent que les subventions octroyées à l’industrie de la chasse au phoque pour la même période s’élevaient à 9 millions», ajoute M.La-raque.Le PVC reproche aussi au gouvernement fédéral d’avoir poursuivi l’Union européenne devant l’OMC pour avoir interdit la vente des produits de cette chasse sur son territoire.Pour sa part, la chef du PVC, Elizabeth May, a expliqué au Devoir que le problème n’était pas la menace de voir le troupeau disparaître, mais bien les dépenses, inutiles du fédéral dans ce dossier.A son avis, Ottawa utilise aussi la chasse au phoque «pour faire diversion et faire oublier sa responsabilité dans le déclin de la morue» dans les provinces maritimes.Le Devoir Équité salariale Cinq mois pour réclamer son dû JEANNE CORRIVEAU Les travailleuses ont jusqu’au 30 mai prochain pour se prévaloir de leur droit à l’équité salariale.Quinze ans après l’adoption de la loi qui visait à ajuster la rémunération des femmes occupant des emplois à prédominance féminine, la Commission de l’équité salariale estime qu’à ce jour 500 000 Québécoises ont pu bénéficier d’un rattrapage salarial.L’exercice d’équité salariale a pris fin le 31 décembre dernier et, selon la Commission, les sommes versées en guise de rattrapage représentent moins de 1,5 % de la masse sdariale pour 70 % des entreprises touchées.Pour les employées qui œuvrent au sein d’entreprises privées, cet ajustement atteint en moyenne 6,5 %.La Commission évalue toutefois qu’environ 115 000 travailleuses supplémentaires pourraient profiter d’un rattrapage salarial, même si sa présidente, Marie Rinfret, ne peut préciser combien d’entreprises ne se sont pas encore conformées à la loi.Les salariées ont cinq mois pour porter plainte à la Commission si elles jugent qu’elles sont victimes de discrimination fondée sur le sexe.Les plaintes seront traitées confidentiellement, a assuré Mme Rinfret La Commission lancera d’ailleurs une vaste campagne de publicité à compter du 24 janvier afin d’informer les travailleuses des recours mis à leur disposition.«Si la Loi sur l’équité salariale est complexe pour les employeurs, le concept d’équité salariale est aussi complexe pour les travailleuses.Il faut leur expliquer que l’équité salariale, [.] ce n’est pas un salaire égal pour un travail égal, mais un salaire égal pour un travail équivalent», a rappelé Mme Rinfret Les employeurs qui auraient omis de se conformer 4 la loi s’exposent à des pénalités importantes.A l’ajustement salarial rétroactif (depuis 2001) s’ajouteront les intérêts de 5 % et une indemnité additionnelle.La Commission pourrait aussi intenter des poursuites contre les entreprises récalcitrantes et les amendes prévues varient entre 1000 et 45 000 $, a précisé Mme Rinfret.«Ça peut coûter cher de ne pas respecter la Loi sur l’équité salariale», a-t-elle dit S’il souscrit aux objectifs de la Loi sur l’équité salariale, le Conseil du patronat n’est pas convaincu de la pertinence d’imposer aux employeurs une évaluation du maintien de l’équité salariale tous les cinq ans.«Je considère que cette réglementation va trop loin, estime le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas D or val.Maintenant que l’exercice d’équité salariale est complété, on devrait penser que les employeurs vont faire les choses correctement.De toute façon, il y a des mécanismes pour exercer des plaintes si ce n’est pas le cas.» Selon lui, le gouvernement alourdit la bureaucratie inutilement et 80 % des formulaires remplis par les employeurs «iront dormir sur les tablettes», croit-il.Le Devoir AVIS LEGAUX ET APPELS D’OEFRES AVIS A TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s’il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s’y serait glissée En cas d’erreur de l’éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution Sept-Mes -8/-18 Mê^ Baie-Comeau 9/-1 Saguenay 15/-24 Quebec Trois-Rivieres'^^'^ ® -6/-17 Val d’Or -20/-26 Srterbrooke 317-17 Lever du soleil 7h28 Coucher du soleil 16h43 Montreal Gatmeau Canada Edmonton Moncton Saint-Jean Toronto Vancouver Winnipeg Montréal Aujourd-hui -6 Nuageux ©MeteoMedia 2011 Auj.Demain Le Monde Auj Demain Nei 8/ 23 Nei 2/6 Londres Var 5/2 Nua 5/4 Mel 2/-11 Nei -5/-13 Los Angeles Sol 21/11 Sol 22/10 Plu 2/-10 Nei -5/-11 Mexico Var 22/4 Sol 22/4 Nei -6/-14 Var -6/-14 New York Mel 5/-5 Sol -1/-2 Sol 4/3 Plu 7/6 Pans Sol 6/1 Nua 4/1 Nei -11/-25 Sol -20/-25 Tokyo Sol 8/5 Sol 7/2 Ce soir -16 Quelques tld-cons pdp 40% Demain -8/-16 Ciel varfeble Québec Aujourd-h^ -4 Ciel var -19 -9/-18 Ciel variaWe Quelques ffo-^ cons pdp 60% Vendrai -10/-21 Faible ne pdp 80% Vendredi -8/-23 Faible ne! pdp 80% Samedi -16/-23»^ Quelques ffo-^ cons pdp 40% S^edi ^5/-2r.Quelques ffo- " cons pdp 80% Gatineau Aujourd-hup -9 Quelques flo cons pdp 40% Ce soir -15 Quelques fTo cons pdp 40% Demain -12/-1! Ciel var Vendredi -10/-24 Faible ne pdp 70% Samedi -16/-2 Cie va Ce texto pourrait s’avérer très important.Textez votre ville (ex.: Alma) au 68896 pour recevoir les alertes et prévisions météo sur votre mobile?^Premier mois gratuit.3,00 $ par la suite.Météo Média Avis public Régie de l'énergie DEMANDE DE MODIFIER LES TARIFS DE SOCIÉTÉ EN COMMANDITE GAZ MÉTRO À COMPTER DU 7“ OCTOBRE 2011 (DOSSIER R-3752-2011) La Régie de l'énergie (la Régie) entreprend l'examen, en audience publique, de la demande de Société en commandite Gaz Métro (Gaz Métro) pour modifier ses tarifs à compter du 1“ octobre 2011.Elle procédera à cet examen en deux phases.La phase 1 porte sur les mesures liées à l'implantation de la solution intégrée et des dispositions transitoires à la suite de la décision D-2010-144.La phase 2 portera sur toutes autres demandes du présent dossier tarifaire, incluant celles soumises au processus d'entente négociée prévu au mécanisme incitatif à l'amélioration de la performance de Gaz Métro en vigueur.DEMANDES D'INTERVENTION Tout intéressé souhaitant participer au processus d'audience doit faire parvenir à la Régie une demande d'intervention au plus tard le 26 janvier 2011 à 12 h.Cette demande doit être faite conformément au Règlement sur la procédure de la Régie de l'énergie et aux instructions de la Régie dans sa décision D-2011 -004 et être transmise à Gaz Métro dans le même délai.La demande de Gaz Métro, le Règlement sur la procédure de la Régie de l'énergie de même que les décisions de la Régie peuvent être consultés sur son site internet (http://www.regie-energie.qc.ca).Pour toute information, il est possible de communiquer avec la Régie, par téléphone, par télécopieur ou par courrier électronique.Le Secrétaire Régie de l'énergie 800, place Victoria, bureau 2.55 Montréal (Québec) H4Z 1A2 Téléphone : 514 873-2452 ou sans frais 1 888 873-2452 Télécopieur : 514 873-2070 Courriel : greffe@regie-energie.qc.ca Québec S O AVIUlGÂUUAPPIbDmDHfURbDHOMBff Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi ré/,,514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres CANADA PROVINCE DE QUE BEC DISTRICT DE MONTREAL COUR DU QUEBEC (CHAMBRE CIVILE) CAUSE 500 22 169737 106 LOCATION D'OUTILS BROS-SARD INC, Partie demanderesse FRANÇOIS TREMBLAY, partie défenderesse AVIS PUBLIC DE VENTE EN JUSTICE PRENEZ AVIS qu en vertu d un bref d execu tion les biens de FRANÇOIS TREMBLAY seront vendus par huissier le 1er février 2011 a 10 00 heures au 1298 Victoria #1 Greenfield park conformement au dit bref Biens a vendre television Legend a écran plat ordinateur fauteuil en cuir noir moto Honda Civic et plus encore Conditions argent comptant ou cheque vise PASCAL MALENFANT HJ Dis trict de Montreal Permis #0771 Foisy Labrecque Huissiers de Jus tice SENC 356 90e Avenue LA SALLE OC CA H8R 2Z7 Tel (514) 368 8219 Fax (514) 368 2486 Avis est par les présentes don ne que la compagnie ICL corn munications internet Inc® corn pagnie constituée en vertu de la partie IA de la Loi sur les corn pagnies (Quebec) ayant son siege social au 4422 rue Tan guay Laval province de Quebec H7R 5Z5 demandera au Regis traire des entreprises (Quebec) la permission d obtenir sa disse lution en vertu des dispositions de I article 28 de la Loi sur les compagnies (Quebec) Montreal ce 17 janvier 2011 Me RICHARD TETREAULT avocat CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE LAVAL CAUSE NO 540-17-004337-118 COUR SUPÉRIEURE (Chambre civile) SOCIÉTÉ HYPOTHÉCAIRE SCOTIA Demanderesse CAROLINE MAINVILLE Défenderesse ASSIGNATION ORDRE est donne a CAROLINE MAINVILLE de comparaître au greffe de cette cour situe au 2800, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval, Quebec, dans les 30 jours de la publication du present avis dans le journal LE DEVOIR, À defaut de comparaître dans ce delai, un jugement par defaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l’expiraton de ce délai Soyez avisé que la présente REQUÊTE INTRODUCTIVE D'INSTANCE EN DELAISSEMENT FORCÉ POUR LES FINS DE VENTE SOUS CONTRÔLE DE JUSTICE, AVIS AUX DÉFENDEURS DEMANDE DE TRANSFERT RELATIVE À UNE PETITE CRÉANCE sera presentee pour deasion devant le tnbunal le 22 février 2011, à 8h45, en salle 2 02, au palais de justice de Laval Une copie de la procedure décrite ci-dessus a ete laissée au greffe de cette cour à l’intention de CAROLINE MAINVILLE.Laval, le 17 janvier 2011 JOSIANE HAMELIN GREFFIER ADJOINT AVIS Nous procédons a la fermeture de la Succession Bella Wein traub épousé de feu Joseph Steinschreiber durant son vivant dans les cite et district de Mon treal domiciliee et résidant au 5725 av de Westbury app 324 decedee a Montreal le 18 août 2002 Toute creanciere ayant une re clamation valable et légitimé doit soumettre leur reclamation au soussigné Liquidateur le ou avant le 24 février 2011 Dorénavant ledit Liquidateur fera la distribution des actifs de la Succession ayant egard seu lement aux reclamations legiti mes et biens fondées alors ver sees auprès dudit Liquidateur le tout sans aucune obligation de sa part envers toute creanciere MONTREAL ce 18 janvier 2011 Me Pinja E Blitt Liquidateur de la Succession Bella Weintraub Suite 312 4770 av Kent Montreal Qc H3W 1H2 CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE LAVAL NO 540 22 015150 104 COUR DU QUEBEC/ CHAMBRE CIVILE COMMISSION DE LA CONSTRUCTION DU QUEBEC, Partie demanderesse c RIMAJO CONSTRUCTION INC Partie défenderesse ASSIGNATION [1 ] Avis est donne a la partie de fenderesse que la partie de manderesse a depose au greffe de la Cour du Quebec / Cham bre civile du district de Laval une Requete introductive d instance Une copie de cette Requete in troductive d instance de lavis a la partie défenderesse et tes pie ces P 1 a P 8 ont ete laissées a I intention de la partie defende resse au greffe du tribunal au palais de justice de Laval situe au 2800 boul St Martin Ouest II est ordonne a la partie defen deresse de comparaître dans un delai de trente (30) jours de la publication de la présente ordon nance [2] A defaut de comparaître dans ce delai un jugement par defaut pourrait etre rendu contre vous sans autre avis des I expiration de ce delai [3] Soyez aussi avisée que la Requete introductive d instance sera presentee pour decision de vant le tribunal le 3 mars 2011 a 9h30 en la salle 2 10 du palais de justice de Laval A Laval le 14 janvier 2011 (s) Josiane Hamelin Greffiere adjointe GAGS AVIS DE CLOTURE D'INVENTAIRE DE SUCCESSION En vertu de I article 795 du Code Civi! du Quebec Avis est donne quen date du 16 décembre 2010 par Paul Andre Ouellet a ete dresse un inven taire des biens et dettes de feu Donald Ouellet en son vivant domicilie au 3505 Ste Famille appartement 809 a Montreal (Quebec) H2X 2L3 et decede le 28 juillet 2010 Tel avis de cloture d inventaire a ete depose au Registre des droits personnels et reels mobi liers Ledit inventaire peut etre consul te par qui y a droit pendant les heures d ouverture a I etude de Me Dominique Lettre notaire 370 Chemin Chambly bureau 400 Longueuil (Quebec) J4H 3Z6 Signe a Longueuil ce 17 janvier 2011 Me DOMINIQUE LETTRE notaire AVIS DE CLOTURE D'INVENTAIRE Conformement a I article 795 du Code civil du Quebec PRENEZ AVIS quun inventaire des biens de Richard LEMIEUX en son vi vant retraite decede a Mon treal le 4 décembre 2010 a ete reçu devant Me Amelie RIVARD Notaire et peut etre consulte a I etude dudit notaire au 1350 rue Royale bureau 1000 Trois Ri vieres Province de Quebec G9A4J4 LEBLANC MARTIN & ASSOCIES NOTAIRES Par Me Amelie RIVARD Notaire Avis de cloture d inventaire Prenez avis que Pierre Perron en son vivant domicilie au 3950 Marie Victorin Varennes Que bec J3X 1P7 est decede a So rel Tracy Quebec le 17 août 2010 Un inventaire de ses biens a ete dresse conformement a la loi et peut etre consulte par les interesses a I etude de Me Marie Le François notaire pratiquant au 1637 rue de I Eglise Saint Laurent Qc H4L 2J2 Donne ce 14 janvier 2011 Florence Je doin liquidateur MR Dystrophie musculaireCanada iMafcUcfl muê$lée 1.800.567.2236 www.muscle.ca IL FAUT UNE ACTION, UNE ACTION MUSCLÉE ! LE DEVOIR LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 A 5 ACTUALITES Accès refusé pour quatre sikhs au parlement ROBERT DUTRISAC Québec — Quatre membres de la Work Sikh Organization of Canada (WSO), venus présenter leur mémoire relatif au projet de loi 94 sur les accommodements raisonnables dans l’administration publique, se sont vu refuser l’accès au parlement parce qu’ils ne voulaient pas se départir de leur kirpan.Pour la direction de la sécurité de l’Assemblée nationale, il n’était pas question d’accorder un accommodement aux quatre sikhs, venus de Toronto, d’Ottawa et de Montréal, qui devaient comparaître devant la Commission des institutions et la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, qui parraine le projet de loi 94.«C’est la politique de l’Assemblée nationale», a expliqué le directeur de la sécurité, Pierre Duchaîne.«Que le kirpan soit un symbole religieux ou pas, ça demeure une arme blanche.Nos règlements se font sans égard aux valeurs religieuses.» Selon M.Duchaîne, n’importe quel individu affublé d’ime barbe et d’un turban pourrait arriver au parlement avec un kirpan sans être un sikh.L’Assemblée nationale ne pourrait pas non plus se prémunir contre un forcené.«Ce n’est pas parce que vous êtes un membre d’une religion XouYque vous ne pouvez pas avoir des problèmes mentaux», a-t-il fait valoir.Le port du kirpan est interdit dans les avions de ligne, a ajouté M.Duchaîne.Le conseiller juridique Bal-preet Singh, un des quatre membres de la WSO refoulés hier matin, s’est dit très surpris de la position de l’Assemblée nationale, même si le secrétaire de la Commission l’avait avisé la veille que les sikhs devaient laisser leur kirpan à la consigne pour être admis.M.Singh a soutenu que leur religion les obligeait à porter leur kirpan en tout temps.Au Canada, il semble bien que l’Assemblée nationale soit le seul parlement à interdire le port de ce symbole religieux dans son enceinte.La direction de la sécurité du parlement canadien n’y voit aucun problème, a-t-on d’ailleurs confirmé hier.M.Singh croit que l’Assemblée nationale doit changer ses règles.11 existe toutefois un précédent.En février 2010, 20 membres d’ime communauté religieuse sikhe ont tenu une cérémonie au parlement, dans un des salons privés du restaurant Le Parlementaire.Dix-neuf d’entre eux ont accepté de déposer leur kirpan à la consigne.Leur chef religieux, qui portait deux kirpans, s’est départi du plus long pour ne garder qu’une arme de trois pouces afin d’officier la cérémonie.11 fut toutefois escorté par un constable.Kathleen Weil a dit vouloir rester «neutre» dans cette affaire.«Il faut respecter l’indépendance des institutions», a-t-elle affirmé.Par ailleurs, les consultations publiques sur le projet de loi 94 ont pris fin hier.la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a comparu: elle s’est montrée critique.Son président, Gaétan Cousineau, a rappelé que les ac-commo dements n’étaient pa.s des privilèges consentis par l’Etat, mais uqe obligation pour lui.Aussi, l’Etat ne peut pas imposer de façon absolue à tous ceipi qui reçoivent des services de l’Etat de le faire à visage découvert, d’autant plus que le projet de loi 94 vise, sans les nommer, les femmes musulmanes.«Stigmatiser ainsi la femme de religion musulmane à visage couvert peut entraîner du profilage racial», écrit la CDPDJ dans son mémoire.Dans sa mouture actuelle, le projet de loi 94 présente des «effeû pervers» et pourrait «exacerber l’exclusion» des femmes portant le niqab.Le Devoir CHRIS WATTIE REUTERS Thomas Mulcair et Jack Layton promettent quelques candidatures de renom pour faire des gains à Montréal lors d’une éventuelle élection fédérale.Stratégie électorale au Québec Le NPD vise les régions bilingues GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa — À chacun sa cible.Si les conservateurs entendent concentrer leur énergie sur une dizaine de circonscriptions «adverses» au Québec lors des prochaines élections, le NPD visera pour sa part six circonscriptions où il tentera de profiter de ses soutiens élevés dans les clientèles anglophone et francophone.«Nos meilleures chances de victoire sont dans les circonscriptions où il y a une concentration variée de population, indique le chef adjoint du parti, Thomas Mulcair.Contrairement au Bloc, qui concentre son vote chez les francophones, et aux libéraux, qui dominent chez les anglophones et les allophones, nous tirons très forl dans les deux», dit-il.À l’échelle du Québec, les derniers sondages créditent le NPD d’un appui d’environ 20 %, à égalité avec les libéraux, mais loin derrière le Bloc.Chez les francophones, le dernier sondage Léger Marketing place le NPD deuxième à 19 %, alors qu’il est troisième chez les non-francophones (16 % d’appuis, les libéraux dominant avec 41 %).«On se maintient dans les deux camps, dit M.Mulcair.On va provoquer des courses à quatre dans plusieurs circonscriptions.» M.Mulcair promet quelques candidatures de renom pour faire des gains à Montréal.Concrètement, le NPD pense avoir de bonnes chances dans Westmount-Ville-Marie, où le libéral Marc Garneau l’a emporté avec 46 % et 9000 voix d’avance en 2008.La circonscription de Notre-Dame-de-Grâ-ce-Lachine, détenue par la libérale Marlene Jennings depuis 1997, serait aussi prenable, croit-on: Mme Jennings jouit toutefois d’un fort soutien populaire, élue avec 12 400 voix d’avance en 2008.Dans Outremont, la lutte s’annonce épique entre Thomas Mulcair et l’ancien ministre libéral Martin Cauchon, de retour en politique.Un gain dans une circonscription située sur le Plateau-Mont-Royal est aussi possible, croit M.Mulcair.En dehors de Montréal, les efforts se concentreront dans la région de l’Outaouais, où l’ancienne députée libérale Erançoi-se Boivin tentera de reconquérir le siège perdu en 2006 aux mains du bloquiste Richard Nadeau.En 2008, sous les couleurs néodémocrates, elle a chauffé M.Nadeau — terminant deuxième avec 1500 voix de retard.Une dernière circonscription est ciblée dans cette région: Hull, actuellement détenue par le libéral Marcel Prouk.«Plusieurs personnes auraient voté pour Mme Boivin s’ils avaient su qu’elle avait vraiment des chances de l’emporter», estime Thomas Mulcair.Selon lui, le message est en train de passer qu’il y a «moyen de gagner ses élections en votant pour le NPD».11 s’appuie sur la progression constante du vote néodémocrate au Québec depuis l’élection de 2000 (les appuis sont passés de 1,8 % à 12,2 % en 2008) pour conclure qu’avec une campagne bien ciblée, des gains nets sont possibles.Le Devoir E N BREF Une manifestante acqnitée Une jeune femme arrêtée lors du sommet de Montebello, en août 2007, a été acquittée lundi des accusations portées contre elle.Leila Martin était accusée d’entrave au travail des policiers pour être restée assise par terre, en guise de protestation, après que les agents eurent ordonné à la foule de se disperser.Un juge de la Cour du Québec, Réal Lapointe, a estimé que l’arrestation, de Leila Martin était illégale.À son avis, les policiers ont violé les droits fondamentaux des manifestants.Le président du Sjmdicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), Dave Coles, qui était présent au sommet du Partenariat pour la sécurité et la prospérité, exige de savoir qui donnait les ordres de disperser et d’arrêtçr les manifestants pacifiques.À son avis, la décision de la Cour du Québec «assène le coup de grâce aux responsables de tout ce camouflage».Le SCEP a réitéré sa demande au gouvernement Harper afin que soit tenue une enquête indépendante sur les arrestations massives de Montebello.- Le Devoir L.Jacques Ménard chancelier de Concordia L’homme d’affaires L.Jacques Ménard a été nommé chancelier de l’Université Concordia, a annoncé le président du conseil d’administration de l’établissement, Peter Kruyt.La décision a été prise il y a plus d’un mois par le C.A.de l’université, mais n’a été rendue publique qu’hier en raison, selon plusieurs, de la commotion suscitée par le départ de la rectrice Judy Wood-sworth.Le président du C.A.de BMQ Nesbitt Burns et président de BMQ Groupe financier au Québec était chancelier délégué de l’Université Concordia depuis 2009.- Le Devoir porter Halifax.Votre voyage ne finit jamais en queue de poisson.Du départ à l’arrivée, Porter vous fait goûter la légendaire hospitalité des Maritimes.L’enregistrement est fluide et efficace, le salon d’attente est luxueux et confortable.À bord, vous vous détendez et profitez d’un service attentionné.Vous débarquez à Haiifax avec le vent dans les voiles.Porter.Raffinée sur toute la ligne.Vols au départ de Montréal.Réservez avant le 19 janvier.TORONTO 20 par jour HALIFAX ST.JOHN’S 109* $134'$149*$ BOSTON CHICAGO MYRTLE BEACH Dès le 17 fév NEW YORK 199*$ 199*$ 259*$ 129*$ Réservez en ligne, appelez au 1-888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.* Réservez avant le 19 janvier 2011 pour vos trajets avant le 26 juin 2011.Porter peut exiger un achat jusqu’à 21 jours à 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inexpliquée, les REER échappent totalement à ce type d’analyse.Chaque année, ils sont présentés comme l’outil d’épargne par excellence, le passage obligé pour s’assurer d’une bonne retraite.Et pourtant, année après année, seul le quart des Québécois (et le tiers des Canadiens) y cotise.Quant aux Québécois de plus de 65 ans, ils tirent moins de 2 % de leius revenus de ces REER censés leiu garantir une retraite agréable.Qn sait par contre que nos régimes publics sont remarquablement efficaces: leiu taux de remplacement du revenu «est parmi les plus élevés des pays analysés».Cela signifie qu’il y a moins de gens pauvres parmi la population âgée du Québec que parmi «la population en âge de travailler, contrairement à la plupart des pays étudiés où c’est la situation inverse qui prévaut».Ces faits sont tirés de l’analyse «Le point sur les pensions» que Claude Castonguay a produite poiu le CIRANQ et dont la conclusion finale porte siu la création d’un REER obligatoire poiu les gens qui gagnent entre 25 000 $ et 80 000 $ par année.Mais ils auraient pu mener à une tout autre conclusion.Qn pourrait dire ainsi que la démonstration est faite: depuis leiu création en 1957, les REER ne sont utiles qu’aux revenus supérieius.Poiu-quoi alors les vanter à tous les vents?Que les régimes publics sont un succès sur lequel il faut continuer de miser puisqu’ils sont arrivés à sortir les vieux de la grande misère qui les guettait autrefois.Que la classe moyenne doit moins s’en faire avec sa retraite pour plutôt revoir son rapport à la consommation, d’abord pour diminuer son effarant endettement actuel, ensuite poiu se préparer à réduire son train de vie quand elle cessera de travailler.Un document qui fait le point siu les pensions aiuait dû aussi citer les sondages qui demandent aux gens poiuquoi ils ne cotisent pas aux REER.Manque de liquidités, répondaient l’an dernier, quelle surprise!, les deux tiers des non-cotisants.M.Castonguay n’en fait pas état.Au contraire, il y va plutôt de jugements très dius envers les individus.C’est par des facteius extérieius (mobilité de la main-d’œuvre, concurrence féroce) qu’il explique pourquoi les em-ployeius ne veulent plus assumer de responsabilité quant à la retraite de leurs employés.Mais c’est par des mots comme manque de volonté, excès de confiance, irresponsabilité, insouciance qu’il explique poiuquoi les gens n’épargnent pas pour leiu retraite.Il y a un parallèle à dresser avec la série Naufragés des villes à venir SIU RDI, dans laquelle deux personnes vivent avec moins de 20 $ par jour, le tarif de l’aide sociale.Les plus riches ont si souvent dit aux pauvres qu’il s’agit simplement de vouloir pour s’en sortir.Il vaut la peine de tester dans la vraie vie de telles théories.Et dans la vraie vie, comment un expert arrive-t-il à économiser pour la retraite avec un revenu de 50 000 $ par année quand il faut payer l’hjqDothèque, la voiture, l’épicerie, les services de garde-études-vêtements-loisirs des enfants, et autres factures?Qn attend toujoius la démonstration.Attentat à Bagdad Le pion de l’Iran lors que les manifestations se poiusuivent en Tunisie et en Algérie, certes avec moins d’intensité, voilà qu’un fait sanglant vient nous rappeler, comme si besoin était, combien l’Irak est loin d’être pacifié.Hier encore, un kamikaze a entraîné dans la mort une cinquantaine de personnes en plus d’en blesser 150.Tous étaient des policiers ou des apprentis policiers.Si l’attentat n’a pas encore été revendiqué, tout laisse croire, de la méthode employée à la cible, qu’il a été planifié par les radicaux sunnites.Chose certaine, au cours des dernières semaines, le sentiment d’inquiétude a grimpé en flèche au sein de la communauté sunnite.Une personne en symbolise la cause comme le moteur: Moqtada al-Sadr, figure de proue de l’opposition chiite à la présence américaine, chef de la milice l’Armée du Mahdi, financée et entraînée par l’Iran, est revenq de l’exil qu’il s’était imposé pendant plus de trois ans.Qù était-il?À Qom, ville sainte du chiisme.Pour tous les sunnites, ce retour est celui d’un homme qui a fait couler le sang de bien de leurs coreligionnaires par l’intermédiaire de sa milice entre 2003 et 2007, qui les a expulsés de bien des quartiers de Bagdad et des principales villes du pays et qui est surtout devenu le faiseur de rois.En effet, n’eut été son soutien, Nouri al-Maliki n’aurait pas été reconduit au poste de premier ministre l’automne dernier.Qr il se trouve que ce dernier, un chiite, n’a rien trouvé de mieux que de s’allouer, outre son titre de chef de gouvernement, les portefeuilles de l’Intérieur, de ^ —1 p=^- la Défense et du Çonseil national de sécurité.Bref, V ‘’le monopole d’Etat de la violence est entre ses " seiiles mains.À cette emprise sur les ministères régaliens greffer un tourment qui laisse présa-ger un avenir politique plutôt sombre.Récemment, les sunnites ont appris que Téhéran avait bel et bien ordonné à al-Sadr et aux 40 élus qui lui sont acquis d’apporter leur soutien à un Maliki empêtré dans des négociations laborieuses consacrées à la formation d’une coalition.Après coup, les sunnites ont également appris que pour services rendus, les Iraniens s’attendent à ce que Maliki aligne sa politique pétrolière sur celle fixée par le régime des ayatollahs.Concrètement, ces derniers veulent que l’Irak vote pour une hausse du prix de l’or noir couplée à une réduction de la production lors des prochaines discussions entre les membres de l’OPEE Ce n’est pas tout Par l’intermédiaire d’al-Sadr, Téhéran entend agir de manière à ce que l’armée irakienne ne se dote pas d’armes sophistiquées mode in USA.Quoi d’autre?Ils veulent que leur fondé de pouvoir en Irak s’oppose farouchement à une éventuelle demande de prolongation de la présence américaine si jamais les violences reprennent avec plus d’intensité d’ici leur départ, prévu pour le 31 août prochain.Conclusion?La prévision formulée par certains experts à la veille de l’offensive américaine en 2003, selon laquelle l’Iran serait le principal bénéficiaire du renversement de Saddam Hussein, est en train de se concrétiser sous nos yeux.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO Crimes haineux Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, trois synagogues, une école et une garderie juives ont été vandalisées dans l’ouest de Montréal.Une telle action concertée n’est pas une coïncidence: il s’agit clairement d’actes racistes perpétrés par, les mêmes gens.A mon avis, cette mini «Nuit de cristal» est totalement inacceptable.Qn peut fermer les yeux, se dire qu’après tout personne n’en est mort, que ce ne sont pas des bombes, que c’est seulement quelques dommages matériels insignifiants, mais on aurait bien tort puisque nous sommes en présence d’actes haineux.Qr la haine, elle a toujours un début, mais elle n’a jamais de fin.Nous sommes tous Québécois, peu importe notre religion ou notre groupe etlj-nique.Si quelqu’un a des ^iefs contre l’État d’Israël, il peut s’exprimer librement, mais il n’a pas à tenter de se venger sournoisement sur les Québécois de religion hébraïque ou sur les institutions juives du Québec.Voulons-nous voir des actes d’intimidation pousser des Québécois appartenant à des ethnies impliquées quelque part dans le monde dans des conflits — Juifs contre Arabes, chiites contre sunnites, sikhs contre Indiens, Arméniens contre Turcs, etc.— sentir le besoin de créer leur propre milice armée pour se protéger?Voulons-nous voir la multiplication des permis pour port d’arme?Laissons s’installer un sentiment d’insécurité, et c’est exactement ce qui va arriver.Le pharmacien Gaston Beauchesne, de Hull, est décédé dans l’explosion du vol 182 d’Air India perpétré par des terroristes sikhs du Canada pour se venger de l’assaut de l’armée indienne contre un temple dans lequel des rebelles sikhs armés étaient retranchés.Qn a donc tort de croire que la violence interculturelle ne touche que les groupes concernés.Par conséquent, que les peuples qui se détestent règlent leurs LETTRES différends chez eux, pas ici.Quant aux auteurs de ces actes de vandalisme, je souhaite une punition exemplaire qui fera réfléchir tous ceux qui seraient tentés de les imiter.Jean-Pierre Martel Montréal, le 17janvier 2011 Équilibre budgétaire Comme tout le monde, j’ai entendu l’Alliance sociale recommander de retarder le retour à l’équilibre budgétaire.Selon elle, sabrer les dépenses risque de nous replonger dans la crise.Cette affirmation est exagérée et leur recommandation est carrément irresponsable.Le Québec a traversé la crise.A preuve, j’apprenais de Statistique Canada la semaine dernière que le taux de chômage au Québec était à 7,6 % en décembre 2010, soit l’équivalent de la moyenne canadienne, et que 102 000 emplois y ont été créés au cours de la dernière année, la meilleure performance en matière d’emploi depuis 2002.Le Québec doit plutôt diminuer ses investissements qui alourdissent la dette, qui est déjà fort imposante.De plus, les dépenses gouvernementales n’ont jamais été aussi élevées, enregistrant une hausse de 62 % entre 2000 et 2010, alors que le coût de la vie au Québec augmentait de 19,2 % et la population de 7,5 % au cours de la même période.Une dette élevée fragilise un peu plus le Québec chaque jour.En février 2010, un document du ministère des Finances portant sur la dette nous apprenait que le Québec se situe au 5® rang des nations les plus endettées parmi les économies industrialisées.Sa dette brute atteint 94,0 % du produit intérieur brut (PIB).Cette statistique inquiétante classe le Québec notamment derrière l’Italie (114,4 %) et la Grèce (102,6 %), et devant le Portugal (75,2 %) et l’Irlande (48,5 %).Je tiens à vous rappeler que la Grèce et l’Irlande ont fait l’objet cette année d’un plan de sauvetage de l’Union européenne et que l’Italie et le Portugal n’en sont pas loin.Devant ces chiffres, je ne peux concevoir qu on puisse meme envisager qu’il n’y ait pas de problème à continuer à alourdir la dette du Québec en retardant le retour au déficit zéro.Le gouvernement ne doit pas écouter les doléances de l’Alliance sociale.L’exemple d’Electrolux illustre bien l’importance de donner un milieu propice à l’investissement des entreprises au Québec.Si le gouvernement ne fait rien pour limiter ses dépenses, il ne pourra se doter d’une marge de manœuvre pour le faire au cours des prochaines années.D’autres entreprises pourraient partir et des emplois seront perdus, dont certains syndiqués.Est-ce cela que souhaitent les syndicats pour leurs membres et le Québec?J’espère que non.Françoise Bertrand Présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec Le 17 janvier 2011 Le droit de choisir Avec la réduction des services psychologiques dans les hôpitaux publics, les patients devront «passer au privé» (une option accessible uniquement pour quelques-uns) , ou n’auront pas d’autre choix que de prendre des médicaments.Cette décision est basée sur la notion controversée que la vie psychique de l’humain peut être réduite à la biologie et viole le droit d’un citoyen de choisir un traitement.Par défaut, une adolescente suicidaire, par exemple, sera obligée de suivre un traitement exclusivement pharmacologique sans avoir la possibilité d’explorer ses pensées et devenir consciente et responsable des conséquences de ses actes.Le fait d’enlever le droit de choisir est une violation des bonnes pratiques cliniques, et aura d’immenses répercussions humaines et sociales à long terme.Le gouvernement devrait revenir sur cette politique et augmenter les services psychologiques dans le secteur public.Carina Saragovi, PhD Le 17 janvier 2011 LIBRE OPINION Les victimes comptent.Vraiment?DAVID HENRY Coordonnateur aux programmes et aux communications, Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ) Vous aurez sûrement remarqué ces affiches et ces messages publicitaires oû le gouvernement du Canada vante son action envers les victimes d’actes criminels.Et que les membres de ce gouvernement répètent toujours la même phrase: «Nous sommes pour les victimes et non pour les criminels».Qutre le fait qu’opposer systématiquement le droit des victimes et le droit des détenus est parfaitement ridicule en effet, ce n’est pas en réduisant les droits des uns qu’on améliore ceux des autres.Les victimes ont besoin d’être traitées avec considération et respect, d’être mieux informées du fonctionnement du système de justice, d’être rassurées et aidées pour faire face aux conséquences du crime.Mais les contrevenants, dont la majorité se retrouve- ra dans la communauté, doivent aussi recevoir de l’aide pour leur permettre de se réinsérer dans cette communauté tout en évitant la récidive.Le plus scandaleux dans cette campagne de publicité est le mensonge qu’elle véhicule.Le gouvernement conservateur dit se soucier des victimes, mais qu’en est-il vraiment?Subventions supprimées En effet, des millions de dollars ont été supprimés en subventions pour les services et pour divers projets venant en aide aux victimes de crime, comme le rappelait l’ex-ombudsman des victimes d’actes criminels, M.Steve Sullivan, dans une entrevue exclusive à l’agence QMI en avril dernier.Selon lui, les mesures sévères envers le crime ont peu d’impact sur la vie des victimes.«En se concentrant à envoyer les criminels en prison plus longtemps, on n’aide pas nécessairement les victimes.Les sentences font partie des mesures visant à appuyer les victimes, mais il y a bien plus que ça.» Au mois de novembre, les médias nous ont appris que le gouvernement a dépensé seulement la moitié du fonds d’aide aux victimes, et ce, à cause d’un manque de personnel pour administrer le programme.Le ministère de la Justice prévoyait dépenser 8,8 millions de dollars en 2009-2010 dans le fonds d’aide aux victimes et n’a en réalité dépensé que 4,9 millions au cours de cette période.D’un autre côté, le gouvernement conservateur a dépensé près de 6 millions de dollars cette année en publicité pour promouvoir ses actions en matière de justice pénale et en matière d’aide aux victimes, dont la fameuse campagne: «Les victimes comptent».Il est scandaleux que les victimes soient instrumentalisées à des fins politiques et partisanes.Que le gouvernement passe de la parole aux actes et agisse réellement pour les victimes en leur offrant les services dont elles ont besoin et en assurant la sécurité de la communauté en offrant les services nécessaires aux personnes judiciarisées. LE DEVOIR LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 A 7 IDEES Obliger à épargner pour la retraite Une question de solidarité CLAUDE CASTONGUAY Fellow invité au CIRANO e crois utile de commenter certaines réactions à la suite de la publication de mon étude sur les pensions.Je continue de croire, comme tout au long de ma carrière, qu’une société développée et prospère doit assurer à ses citoyens un minimum de revenus.Pour les aînés, cela signifie un revenu leur permettant de maintenir leur niveau de vie.11 s’agit là d’une question fondamentale de solidarité.Présentement, chez les 65 ans et plus, un demi-million de Québécois n’ont pas ce minimum et sont incapables de se suffire à qux-mêmes.Ils doivent recevoir l’assistance de l’Etat.Comment peut-on accepter une telle situation dans une société d’abondance comme la nôtre?Qu’en sera-t-il avec l’arrivée à la retraite des baby-boomers moins portés sur l’épargne et la prévoyance que leurs prédécesseurs?11 faut se rendre à l’évidence.Les REER et les régimes d’employeurs, établis sur une base volontaire, ne constituent pas la solution.Malgré tous les efforts déployés et les avantages consentis, deux travailleurs sur trois, soit plus de deux millions et demi, se dirigent vers une importante baisse de leur niveau de vie à la retraite.Pour ces travailleurs et pour notre société dans son ensemble, ce n’est pas acceptable.Devant une telle perspective, comment réagissent le gouvernement et les partis d’opposition?Le gouvernement propose le statu quo, c’est-à-dire absolument rien.De leur côté, les partis d’opposition répondent par des vœux pieux.De la part de ministres et de députés qui vont bénéficier de généreuses pensions, c’est pitoyable.Réaction précipitée En effet dans les heures suivant la publication de mon rapport les ministres Eournier, Boulet et Normandeau ont réagi, sans réfléchir, et en faisant fi de la lon^e tradition du Parti libéral du Québec en matière de politique sociale.Malgré l’expérience négative concluante des dernières décennies, ils proposent de faciliter la création de régimes dans les petites entreprises.De plus, ils ne semblent pas conscients de l’existence de centaines de milliers de travailleurs autonomes et d’employés de moyennes et grandes entreprises qui ne bénéficient d’aucune protection autre que celle des régimes publics.Certains affirment ne pas être en accord avec l’obligation d’épargner et se disent pour la liberté individuelle.Pourtant ma proposition ne constitue qu’un minimum qui laisse bien de la marge à ceux qui souhaiteraient faire davantage.Certains voient dans ma proposition une forme de taxe ou d’impôt.Ce n’est absolument pas le cas.11 s’agit d’épargnes qui seront placées, sans frais administratifs, dans les comptes de ceux qui ont cotisé et qui serviront exclusivement au paiement de leur pension.Mes détracteurs sont-ils conscients que si rien n’est fait, ce sont ceux qui auront lait preuve de prévoyance et les travailleurs de demain, en nombre réduit, qui paieront pour les imprévoyants?Enfin, si le débat en cours suscite des propositions crédibles, ce que je souhaite, je serai le premier à m’en réjouir.m * “ l üit* k Hu Jintao à Washington, partenaire ou concurrent ?L BARTHELEMY COURMONT Directeur associé, sécurité et défense, chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM), chercheur associé à l’IRIS et rédacteur en chef de la revue Monde chinois.E a récemment publié La Tentation de l’Orient.Une nouvelle politique américaine en Asie-Pacifique (Septentrion) a visite d’Etat du président chinois à Washington doit-elle être perçue comme le signe d’une meillepre coopération entre la Chine et les Etats-Unis, ou masque-t-elle au contraire la réalité d’une compétition de plqs en plus,vive?Rarement la visite d’un chef d’Etat aux Etats-Unis a divisé à ce point les observateurs, et au sein même de l’administration Qbama, on hésite à définir la Chine comme un partenaire indispensable, ou au contraire comme un rival naturel.Et jamais, depujs la visite historique de Deng Xiaoping aux Etats-Unis en 1979, la présence d’un président chinois à Washington n’a été tant préparée, témoignant de l’importance que les dirigeants américains accordent désormais à Pékin.Les préparatifs furent d’autant plus justifiés que le rapport de force semble désormais déséquilibré.Côté américain, les élections de mi-mandat ont considérablement affaibli Barack Qbama, qui aborde la deuxième partie de son mandat avec la nécessité de retrouver un crédit auprès des électeurs américains.Une bonne gestion des dossiers de politique étrangère, discipline dans laquelle il s’est montré habile depuis son arrivée à la Maison-Blanche, est à cet égard une occasion de se relancer.Côté chinois, Hu Jintao s’apprête à transmettre le pouvoir à une nouvelle génération de dirigeants dans des conditions idéales.La crise économique internationale n’a pas affecté la Chine autant qu’on pouvait le craindre, et l’empire du Milieu, désormais la deuxième puissance économique mondialç devant le rival historique japonais, a déjà les Etats-Unis dans sa ligne de mire.Tous les analystes s’accordent sur le fait que la Chine sera la première puissance économique mondiale d’ici deux décennies.De quoi mettre le président chinois en position de force dans les rivalités économiques et commerciales, d’autant que la balance commerciale entre les deux pays est plus à l’avantage de Pékin que jamais.Reste que les deux pays sont quasi interdépendants économiquement (même si la Chine diversifie de plus en plus ses partenaires), et que les rencontres de Washington seront placées sous le signe de la coopération dans Ip domaine comrpercial.La Chine a besoin des Etats-Unis, et les Etats-Unis ne peuvent se passer de la Chine et de ses immenses réserves en bons du Trésor américain.Des tensions palpables Cependant, et malgré l’importance des échanges commerciaux, force est de reconnaître que c’est à peu près la seule chose sur laquelle les dirigeants des deux premières économies de la planète peuvent s’entendre.Les récentes déclarations du président chinois sur le système monétaire international, dont il appelle à la réforme en profondeur et qu’il qualifie de «produit du passé», sont révélatrices des offensives décomplexées de la Chine par rapport au dollar et des tensions entre les deux pays.Car devant ces attaques de Pékin, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, continue d’appeler à une réévaluation du jman, les efforts chinois étant jugés insuffisants.En bref, et Hu Jintao l’a annoncé lui-même, les deux pays peuvent être partenaires, mais cela n’exclut pas les désaccords.En matière de politique, les tensions n’en sont pas moins palpables.Dans un discours au Département d’Etat en marge de la visite du président chinois, Hillary Clinton a une nouvelle fois invité la Chine à des réformes politiques qu’elle qualifie d’indispensables pour une puissance du XXI® siècle.Et Barack Qbama, qui avait déjà reçu le dalaï-lama, s’est entretenu avec des dissidents chinois dans le Bureau ovale.À cette divergence de fond viennent s’ajouter des problèmes de coordination sur des questions épineuses, que ce soit le nucléaire nord-coréen et iranien, ou la lutte contre le réchauffement climatique.Qbama attend de son homologue une plus grande coopération, mais il serait naïf de croire à des concessions de la part d’un pays chaque jour de plus en plus sûr de sa place sur la scène internationale.Nouvelle guerre froide?Dans le domaine stratégique, la récente visite de Robert Gates en Chine, placée elle aussi sous le signe de la coopération, masque difficilement l’ampleur de la rivalité.Malgré des discours très optimistes à Pékin, le secrétaire à la Défense a, à peine rentré à Washington, fait état des inquiétudes sur la modernisation des forces armées chinoises, dans laquelle de nombreux experts du Pentagone voient une menace pour la suprématie militaire américaine en Asie-Pacifique.Si la concurrence est déjà forte, elle sera bientôt critique.Certains observateurs voient dans cette rivalité les signes d’une nouvelle guerre froide.Mais toute comparaison avec la confrontation entre Washington et Moscou est excessive.D’une part, l’Union soviétique n’avait pas la puissance économique de la Chine d’aujourd’hui et ne menaçait pas la suprématie américaine dans ce domaine.D’autre part, les relais de puissance de Moscou étaient limités aux luttes idéologiques, tandis que le modèle chinois semble chaque jour s’exporter un peu plus aux quatre coins du globe.Enfin, la différence fondamentale tient au fait que Washington a compris que la Chine sera prochainement un acteur de premier plan, tqndis que les dirigeants chinois voient dans les Etats-Unis une puissance irrémédiablement engagée dans la voie du déclin.En d’autres termes, la Chine est un rival nettement plus coriace, et derrière le nécessaire dialogue avec Washington, la compétition est impitoyable et porte sur tous les fronts.M Monopole syndical en agriculture Contre l’idée d’un référendum ROMÉO BOUCHARD Coordonnateur de la coalition SOS-Pronovost adame Josée Boileau, dans son éditorial de lundi, a fait un bon bout de réflexion sur la nécessité de mettre fin au monopole syndical de l’Union des producteurs agricoles (UPA), mais elle n’a pas suffisamment réfléchi, à mon avis, quand elle appuie la proposition d’un référendum consultatif avant de la laire.Cette proposition, qui n’a toutefois pas été confirmée de source gouvernementale, si démocratique puisse-t-elle paraître à première vue, ne dent pas la route.Tout d’abord, il suffit de fréquenter le milieu agricole pour comprendre qu’il serait difficile, sinon impossible d’organiser un référendum consultatif valable sur l’accréditation unique en agriculture: comme la génération actuelle d’agriculteurs n’a pratiquement pas connu autre chose et est en quelque sorte captive à tous égards du sjmdicat unique actuel, le résultat d’un tel référendum serait forcément biaisé, même s’il était organisé par le Directeur des élections.Un peu comme si on demandait aux membres du Parti communiste chinois s’ils sont pour des élections libres! Ce n’est pas pour rien que personne n’en veut.Mais surtouL dans l’optique du rapport Prono-vosL la fin du monopole sjmdical en agriculture est une nécessité et concerne un droit fondamental dont l’application n’est pas facultative.Une nécessité d’abord, pour la diversification de notre agriculture et la représentation adéquate de tous les agriculteurs, donc pour le succès de la réforme proposée.Un droit fondamental ensuite, celui de choisir librement l’association qui nous représente et qui négocie pour nous.Qr les droits fondamentaux ne se gèrent pas par référendum: ils sont des droits autant pour les minorités que pour les majorités.Imposer un sjmdicat unique au détriment de la liberté de choix, même sous prétexte de garantir un meilleur rapport de force, c’est ce qu’on appelle de la dictature; de plus, c’est se priver de la richesse qu’apporte la diversité et c’est s’exposer à des excès et à des abus de pouvoir de la part d’un syndicat unique.Nous en avons la preuve.En maintenant l’obligation de tous les agriculteurs d’appartenir et de cotiser à un syndicat, Prono-vost préserve amplement le rapport de Jorce des agriculteurs sans pour autant créer un Etat dans l’Etat avec un sjmdicat unique tout puissant.Un cas unique Précisons que ce qui est en cause, c’est l’accréditation unique et non la formule Rand (obligation de cotiser au syndicat accrédité), ni même l’obligation d’appartenir à un sjmdicat comme on vient de le dire.L’accréditation unique a été inscrite dans la loi de 1972 sans référendum: le référendum qui a suivi portait sur l’obligation pour tous les agriculteurs de cotiser à l’association unique, l’UPA en l’occurrence, puisqu’elle était la seule existante et regroupait plus de la moitié des apiculteurs.Mais contrairement à ce que prétend l’UPA, l’accréditation unique n’est pas la règle au Québec.L’UPA est un cas unique au Québec et dans le monde.Au Québec, l’accréditation unique et la formule Rand s’appliquent à l’échelle de l’entreprise et non à celle de tout un secteur d’activité comme dans le monde agricole, et l’allégeance sjmdicale peut être remise en question lors de chaque renouvellement de la convention collective de travail, ce qui n’est pas le cas pour les agriculteurs.Même dans le secteur de la construction, où l’accréditation aurait difficilement pu se faire par entreprise, les travailleurs choisissent tous les trois ans entre cinq syndicats affiliés à des centrales différentes et, dans le contexte actuel, on aime mieux ne pas imaginer ce qui se produirait s’il n’y avait qu’un seul sjmdicat! Pourtant, c’est ce qui existe dans le secteur agricole et les résultats ne sont pas moins inquiétants.Par sondage Si le gouvernement veut avoir une idée de l’opinion des agriculteurs au sujet de l’accréditation unique, il a bien d’autres moyens de le faire, que ce soit par sondage scientifique ou toute autre forme de consultation.De plus, puisqu’il s’agit d’un enjeu de société, il doit aussi tenir compte de l’avis des autres secteurs de la société qui sont concernés par l’agriculture et de tous ceux qui ont à cœur la vie démocratique au Québec.En fin de compte, c’est au gouvernemenfi comme législateur, qu’il revient de corriger la loi de 1972 et de faire respecter la liberté d’association et le droit à la représentation dans le monde agricole d’aujourd’hui, un secteur totalement différent du monde ouvrier, ne l’oublions pas, puisqu’il s’agit de nos jours d’entrepreneurs et de travailleurs autonomes répartis sur tout le territoire, dans des secteurs de production souvent totalement différents.Et la meilleure façon de le faire est d’appliquer intégralement la très sage recommandation 47 du rapport Pronovost.La société québécoise a tout à gagner d’une relance de la vie démocratique dans le monde apicole.Un référendum consultatif sur l’accréditation unique auprès des seuls agriculteurs n’apporterait que de la confusion et des retards inutiles dans les décisions qui doivent être prises par le gouvernement au nom du bien commun et des droits fondamentaux.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Marco Bélair-Cirino (général), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société) ,Ie.an Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (éducation), Pauline Gravel (sciences), Caroline Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) ; information politique : Michel Dav\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côté (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine RobitaÜle et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Alec Castonguay et Kathleen Lévesque (reporters) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et Isabelle Paré (reporters), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins, Éric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Emilie Folie-Boivin (pupitre) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bédard, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site internet), Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Frappier, Emilie Parent-Bouchard et Étienne Plamondon-Émond (commis internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Geneviève Tremblay et Sophy Lambert-Racine (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noel (Québec) .PUBOClTE Sylvain Grimard (directeur adjoint),'Se.axi de BÜly, Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Stéphanie Déziel, Amel Elimam, Véronique Langlois, Simon Lanoie, Amélie Maltais, Maria M.Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISl'KATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Pagé, Monique Proteau. A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 JANVIER 2011 ACTUALITES DUVALIER SUITE DE LA PAGE 1 yeux fixant droit devant lui, il a avancé, tel un zombie, sans prononcer un mot «Libérez Duvalier, arrêtez Préval!» Sous les cris d’encouragements de quelques centaines de manifestants, M.Duvalier est monté dans Tune des voitures du convoi, qui s’est aussitôt mis en branle.Celui-ci a été pris en chasse par des partisans et des reporters qui ont dû savamment éviter quelques pneus en feu et des manifestants agités.De part et d’autre de la route du Canapé vert qui mène à Pé-tionville, des Haïtiens criaient et agitaient les mains à la vue du convoi.A son arrivée à l’hôtel Karibe, M.Duvalier a été escorté à l’intérieur et les forces de l’ordre ont été déjouées par certains journalistes qui ont pu s’immiscer à l’intérieur.Là encore, dans la cohue et les flashs des caméras qui fusaient de toutes parts, l’ex-président est demeuré de glace, sans mot dire.Il a disparu par une petite porte au fond d’une salle.Non loin de là, un buffet privé se préparait pour des gens de l’hôtel, mais aussi des amis de M.Duvalier et de sa femme.Procès ou pas?Plus tôt dans l’aprèsrmidi, les spéculations allaient bon train lors de l’interrogatoire de M.Duvalier.Interceptés alors qu’ils sortaient de la salle d’audience où les journalistes n’étaient pas admis, des membres du Parti unité nationale (PUN) de Duvalier n’avaient que très peu à dire aux journalistes.L’avocate Mona Bernadeau, candidate au Sénat pour le parti de Duvalier, avait nié que «Bébé Doc» avait été arrêté.«Ce n'est pas une arrestation.Alors, on ne peut pas parler de libération.M.Duvalier est dans son pays et il a le droit d'y être», a-t-elle dit L’ancien président n’était effectivement pas menotté lorsqu’il a été emmené et il a été transporté au palais de justice dans une voiture banalisée.Les avocats en soutien à M.Duvalier ont allégué que le délai de prescription pour enregistrer une plainte, qui est notamment de 10 ans en matière criminelle, était déjà passé, «Bébé Doc» ayant passé 25 ans en exil en France.Selon Michèle Montas, une journaliste haïtienne et ancienne porte-parole de Ban Ki-moon aux Nations unies, il y aurait eu deux plaintes valides pour détournement de fonds, dans les délais prescrits.«Et autant que je sache, pour ce qui est des crimes commis pour avoir violé les droits de la personne, Haïti est signataire de la Convention interaméricaine des droits de l'Homme.Mais il appartient au procureur de la République de prendre la décision de l'accuser ou ST-FELIX EVENS REUTERS «Libérez Duvalier, arrêtez Préval!» criaient des centaines de manifestants, hier, devant le parquet de Port-au-Prince.pas», a dit Mme Montas, qui est la veuve du célèbre journaliste Jean Dominique, qui a lutté férocement contre la dictature et qui a été assassiné en 2000.Elle a expliqué à la radio haïtienne qu’elle porterait plainte dans les prochains jours, notamment sur la torture et l’exil auxquels elle et plusieurs journalistes ont été contraints à l’époque où Duvalier régnait en maître et roi.Durant les années Duvalier, les tortures et les exécutions ont été monnaie courante.Une milice paramilitaire, les tontons macoutes, a joué un rôle prépondérant dans la répression des journalistes et des militants des droits de la personne.«Bébé Doc» avait fini par fuir le pays devant le soulèvement populaire qui avait été réprimé dans le sang et la violence.«Après Dieu, c^est lui» Hier matin, des journalistes et quelques partisans ont fait le pied de grue devant l’hôtel Karibe dans l’attente d’une conférence de presse qui devait y avoir lieu.Au lieu de cela, des avocats, commissaires de la police et du gouvernement et un juge de paix se sont présentés tour à tour à l’entrée de 1 Jiôtel sans faire de déclaration.Un peu avant midi, M.Duvalier est finalement descendu dans un escalier à aire ouverte.A côté de sa femme tout sourire, il a alors salué la foule en forçant un sourire, ce qui avait semé la confusion sur la question de son arrestation.«Duvalier a tout fait pour nous.Après le Bon Dieu, c'est lui», a soutenu Pauline Leclerc à la sortie de l’hôtel Karibe.«Il nous a donné du travail», a indiqué pour sa part un maître d’hôtel, qui voit d’un bon œil le retour de «Bébé Doc».«Avec lui, l'agriculture c'était bon et on a besoin de ça.» Un tel événement n’arrive pas souvent, ont reconnu plusieurs journalistes haïtiens.Claude Gilles, président du Centre opérationnel des médias, a indiqué que si le gouvernement a tardé à réagir, c’est qu’il était désorganisé.«En arrivant à l'aéroport, Duvalier a surpris tout le monde, y compris le gouvernement.[Celui-ci] n'a pas pu faire autrement que de donner des instructions pour au moins garantir la sécurité, mais il ne pouvait procéder à son arrestation», a-t-il expliqué.Une conférence de presse devrait avoir lieu en début d’aprèsrmidi.Le Devoir Cannon satisfait Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s’est dit heureux des accusations de corruption et de détournement de fonds portées hier contre l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, félicitant les autorités d’Haïti d’avoir dûment appliqué la loi.«Nous voulions voir le système judiciaire faire ce qu'il à faire et suivre le processus légal et c'est ce qui est en train de se passer», a-t-il déclaré sur la CBC, indiquant que son gouvernement «est ravi» de ce développement.-AEP ÉCOQUARTIERS SUITE DE LA PAGE 1 tout simplement pas intéressés.C’est le cas par exemple de Patrick Gilbert, de Gilbert Immobifier.«Au départ, je trouvais ça intéressant et ça me disait de travailler là-dessus, mais les attentes étaient élevées et nous avons déjà un autre projet qui demande beaucoup de temps.» Claude Beaudet, de Beaudet et associés, adore le concept des écoquartiers, mais n’est pas convaincu par l’approche de la Ville.«Il y a deux ou trois éléments qui m'indisposent suffisamment pour ne pas y aller», explique-t-il.Le fait que le tramway ne soit pas construit avant le quartier, mais après, le dérange tout particulièrement «Le concept d'écoquartier, c'est super brillant sauf qu'on part à l'envers.» Certains estiment ne pas être dans le bon créneau; d’autres n’ont pas les reins assez solides pour l’aventure.«On n'a pas l'envergure pour réaliser un projet comme ça», croit Virginie Poussin de l’entreprise familiale du même nom.«Ce n'est pas notre créneau pour l'instant», dit pour sa part Philippe Martel d’Immostar.«Peut-être dans le futur s'il y a d'autres projets, mais pas pour l'instant.» Même chose pour Miradas, dont la branche immobilière est encore trop jeune, nous dit-on.La Société immobilière du Québec n’a participé au Colloque que pour se tenir au courant Quant au bras immobilier de la SSQ, il est déjà fort occupé avec son propre projet d’écoquartier privé, la Cité verte.Le promoteur GM Immobilier, qui a joué un rôle clé dans la revitalisation du quartier Saint-Roch et a obtenu le contrat de l’immeuble du gouvernement fédéral qui déménage dans l’écoquartier D’Estimau-ville, a refusé de nous parler.Pas de réponse non plus de la part de Logisco, de Cominar et du Groupe Saint-Pierre.Avoir les reins solides Chez Logisbourg par contre, on est carrément enthousiaste.«C'est sûr qu'on est très intéressés», explique Marie-Hélène Côté.L’entreprise, qui se spécialise dans la location d’appartements et d’immeubles commerciaux, a une compagnie sœur, Peikko, qui a participé au développement d’Ham-marby, un écoquartier suédois considéré comme la référence dans le domaine.«C'est très risqué, fait remarquer Mme Côté.Donc, ça risque d'intéresser des promoteurs qui ont soit de l'expérience, soit les reins assez solides.» A Québec, elle lorgne surtout du côté de l’écoquartier D’Estimauville.Chez Allégro, le promoteur Claude Gilbert dit préparer un partenariat avec «une grosse société montréalaise» qui, contrairement à lui, «a les reins assez solides pour se lancer là-dedans».Le groupe voudrait participer à «une partie du projet», idéalement dans l’écoquartier de Pointeaux-Lièvres.Ni Logisbourg ni Allégro n’ont en- core soumis de proposition formelle à la Ville.Le bras immobilier de la compagnie d’assurances l’industrielle Alliance se dit pour sa part «en réflexion».«Les écoquartiers, c'est surtout du résidentiel et nous, notre créneau, c'est le placement immobilier à long terme sur des édifices à bureaux», explique le vice-président aux placements immobiliers, Claude Tessier.Une chose est certaine, le groupe ne sera pas «maître développeur» du quartier, souli^e-t-il.En ajoutant l’étape de «l'appel de propositions préliminaires» avant celle de l’appel d’offres en bonne et due forme, la Ville a voulu se donner de la marge de manœuvre.«On veut voir ce que les financiers ont à offrir», avait lancé le maire Régis Labeaume lors du Colloque sur l’innovation.Convaincu qu’il y a de «l'appétit pour ça», le maire avait alors dit souhaiter recevoir le plus de propositions possible.«S'il y a une proposition pour D'Estimauville et que c'est sur un lot, on va y penser.Si on a 27propositions sur quatre lots, on va voir lesquelles sont les meilleures et lesquelles peuvent s'agencer ensemble.» Par ailleurs, la Ville de Québec n’a pas caché qu’elle comptait solliciter des promoteurs étrangers qui connaissent mieux le concept d’écoquartiers.D’après nos informations, elle est actuellement en quête d’un promoteur principal avec des moyens financiers importants pour piloter chacun des deux projets, qui totaliseraient des investissements d’un milliard et demi de dollars.Le Devoir Les juges veulent voir le rapport Bastarache avant sa publication ALEXANDRE ROBILLARD Québec — La Conférence des juges du Québec estime que le gouvernement l’empêche d’effectuer son travail adéquatement en lui refusant un accès au rapport Bastarache avant sa publication.L’avocate qui a représenté le regroupement devant l’enquête publique, Chantal Châtelain, a déclaré hier que le ministère de Injustice lui a «récemment» signifié une fin de non recevoir, sans fournir de raisons.«On a fait des démarches pour obtenir copie du rapport avant sa diffusion publique mais ces démarches se sont avérées infructueuses», a-t-elle dit lors d’une entrevue téléphonique à La Presse Canadienne.Hier, l’ex-ministre de Injustice, Marc Bellemare, dont les allégations de trafic d’influence dans la nomination des juges ont été au centre des travaux de l’enquête publique, a accusé le gouvernement de manquer d’équité en lui refusant de prendre connaissance du rapport final avant sa publication, prévue aujourd’hui.Selon Mme Châtelain, en obtenant un exemplaire au préalable, la Conférence des juges aurait pu plus facilement contribuer à préserver la confiance du public envers la magistrature, un objectif exposé par le regroupement dans sa demande de statut de participant à la commission, en juin dernier.Ln Conférence aurait souhaité que toutes les parties représentées devant le commissaire Michel Bastarache puissent avoir accès à ses conclusions avant qu’il en fasse part, de manière à pouvoir offrir rapidement aux médias une réaction éclairée.Après s’être opposé à ce que les procureurs des participants puissent avoir accès au document lors d’un huis clos qui précédera de quelques heures sa publication, le gouvernement est cependant revenu sur sa décision, hier.Le rapport du commissaire Bastarache a été remis hier avant-midi au conseil exécutif, le ministère du premier ministre.Le conseil des ministres doit s’en saisir aujourd’hui, ce qui permettra ensuite de le rendre public.Malgré des appels répétés au bureau du premier ministre Jean Charest, depuis lundi, il a été impossible de savoir qui aura accès au document entretemps.En plus de M.Bellemare et de la Conférence des juges, le gouvernement du Québec, M.Charest, le Parti libéral du Québec (PLQ), le Barreau du Québec et le Tribunal administratif du Québec (FAQ) avaient obtenu le statut de participant La Presse canadienne E N BREF Publicités conservatrices: la SRC se dit lésée Le Parti conservateur n’a pas demandé à CBC/Radio-Canada la permission de se servir de son contenu pour sa plus récente campagne publicitaire, une offensive politique lancée cette semaine et qui reprend pourtant des extraits du radio-diffuseur public dans trois publicités.Dans deux publicités anglophones, on ressort des propos tenus par le chef libéral, Michael Ignatieff, en 2001 et en 2005, tandis qu’une publicité francophone cite les paroles de son député montréalais Justin Trudeau à son sujet, lors de sa course à la chefferie à l’automne 2006.Or, la société d’Etat s’oppose à ce que son contenu soit repris dans de tels messages publicitaires.Elle exige maintenant que son contenu soit retiré des publicités mises en ligne et diffusées à la télévision depuis lundi.Le Parti conservateur n’a pas rappelé La Presse canadienne, hier, malgré de nombreux appels placés aux bureaux du parti.- La Presse canadienne MESSAGES SUITE DE LA PAGE 1 mettre fin à ses jours de la même façon devant le parlement afin de protester contre le fait que les professionnels n’ont pas le droit d’acheter du pain subventionné.En Algérie, pays limitrophe de la Tunisie, une femme âgée d’une quarantaine d’années a essayé de s’immoler par le feu, hier, à Sidi Ali Benyoub.Elle venait d’apprendre que les services sociaux de la commune lui refusaient une aide pour restaurer son logement insalubre.Elle s’est alors aspergé le corps avec un liquide inflammable avant de craquer une allumette.Le maire de la municipalité, située à 600 kilomètres à l’ouest d’Alger, et des fonctionnaires lui sont venus en aide rapidement, si bien qu’elle ne s’est brûlée qu’aux doigts.Le président de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika, a ordonné une enquête sur les sept tentatives d’immolation par le feu, dont une fatale, signalées depuis samedi, rapportait le quotidien Liberté, hier, en citant «des sources bien informées».«Les services de gendarmerie et de police ont été instruits pour établir un rapport détaillé sur les raisons profondes qui sont derrière les cas des personnes qui ont tenté de se suicider par le feu; leur situation sociale, leur tendance politique et un rapport médicopsychologique», selon le journal.LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 En outre, d’après L/ferté, «le président [.] a instruit le gouvernement de prendre des mesures urgentes pour contrer ce phénomène de détresse sociale».La montée au créneau de M.Bouteflika — alors qu’il était resté muet pendant les émeutes qui ont se-coué l’Algérie il y a une quinzaine de jours — semble témoigner d’une inquiétude grandissante chez les autorités.Ces immolations par le feu témoignent du «désespoir total» d’une grande partie des populations arabes et de l’incapacité des régimes autoritaires qui dominent ces pays d’y répondre, estime Amr Ham-zawi, du Centre pour le Moyen-Orient de la fondation américaine Carnegie.Ces actes sont «clairement inspirés par les événements de Tunisie», où le suicide par le feu de Mohamad Bouazizi, 26 ans, a déclenché les révoltes ayant abouti vendredi à la fuite du président Zine el-Abidine Ben Ali, ajoute-t-il.«Il y a déjà eu des cas de suicides motivés par des protestations en Egypte, mais c'est la première fois que l'on voit des immolations», relève pour sa part le politologue Amr al-Chobaki, du Centre d’études Al-Ahram.Pour Hefny Kedri, professeur de psychologie politique à l’Université Ain Shams du Caire, il s’agit d’un message de désespoir dans une région où la vie politique et sociale n’offre souvent pas d’exutoire aux mécontentements.«Il n'y a pas de différence entre un suicide par noyade ou un suicide par immolation, mais ce dernier contient un messa- Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-985-3390 1 800 363-0305 ge pour le pouvoir qui est de dire: fe proteste".C'est cela qui est important d'un point de vue psychologique», affirme-t-il.«[Par ailleurs], l'islam interdit catégoriquement le suicide sous quelque raison que ce soit et ne permet pas de se séparer de son corps pour exprimer un malaise, une colère ou une protestation», a fait remarquer le porte-parole de la plus haute institution d’enseignement de l’islam sunnite, Al-Azhar, Mohamed iSfa’a al-Tahtawi.«Al-Azhar ne pouvait commenter les cas des personnes qui se sont immolées par le feu, étant donné qu'il peut s'agir d'individus dans un état mental ou psychologique les ayant poussés à faire cela dans un état d'instabilité mentale», a-t-il ajouté dans une déclaration reproduite par l’agence de presse officielle égyptienne Mena.À Tordre du jour d^un sommet économique arabe Au lendemain de la chute de 3,1 % de l’indice de référence de la Bourse du Caire en raison de l’inquiétude d’investisseurs de voir l’exemple tunisien être contagieux et de toucher notamment l’Egypte, les participants au 2"^ Sommet économique arabe qui se tient aujourd’hui à Charm el-Cheikh discuteront des conséquences pour les pays arabes de la situation en Tunisie.Plusieurs pays de cette région souffrent de maux comparables à ceux de la Tunisie, en particulier sur le plan social avec un fort taux de chômage et des hausses successives des prix de produits de première nécessité, à l’origine de multiples manifestations récemment.«Des pays se désintègrent, des peuples mènent des insurrections [.] et les citoyens arabes se demandent: ''est-ce que les régimes arabes actuels peuvent répondre à ces défis de manière dynamique?"», a reconnu le chef de la diplomatie koweïtienne, Mohammad al-Sabah.Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a quant à lui appelé les 22 membres de l’organisation à «saisir la leçon tunisienne» pour s’attaquer aux défis sociaux et économiques.Le directeur des Cahiers de l'Orient, Antoine Sfeir, est néanmoins convaincu qu’il n’y aura pas de répliques au séisme tunisien ailleurs dans l’espace arabe «dans la mesure où le cas tunisien est spécifique».«Comme on le dit souvent, ce sont les classes moyennes qui font les révolutions, et c'est la classe moyenne tunisienne qui a basculé, qui a commencé à la faire réellement après l'immolation de ce surdiplômé chômeur obligé à être marchand ambulant.Néanmoins, il peut y avoir des situations comme en Algérie [qui] commencent à ressembler à cet entonnoir renversé, avec une classe indécemment riche et une paupérisation de la population», a affirmé hier le spécialiste du monde ara-bo-musulman sur les ondes de la radio France Inter.Le Devoir D'après VAFP et TAP Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Le Devoir peut, a l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele Le Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9" etage, Montreal, (Quebec), H3A 3M9 II est imprime par Imprimerie Mirabel Inc, 12 800 rue Brault, St-Janvier de Mirabel, Quebec, division de Québécor Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l’imprimerie du Journal de Quebec, 450 avenue Bechard, Quebec qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612 rue Saint-Jacques, Montreal — Enregistrement n° 0858 Dépôt legal Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007
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