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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2011-01-12, Collections de BAnQ.

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MARCEL TRUDEL 1917-2011 L’un des grands historiens du Québec disparaît Page B 10 ?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.C I I N “ 3 ?LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 1,09$ + taxes = 1,25$ TAN AN SISPANN AN AYITI Tout reste à faire, un au après r -SSi d/ ¦A FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Une jeune commerçante offre ses produits au milieu des débris qui encombrent toujours le centre-ville de Port-au-Prince un an après le séisme.LISA-MARIE GERVAIS Le Devoir en Haïti Port-au-Prince — Il est 15h tapantes à Port-au-Prince et la voiture est prise dans un trafic monstre.La chaleur est suffocante et les vapeurs d’essence empestent.C’est signe que le cœur de la ville a recommencé à battre, plaisantent les chauffeurs de taxi.Pourtant, à la sortie de l’aéroport, de vastes étendues de tentes et de bâches disposées sans ordre aucun sur des terrains vacants empoussiérés rappellent sans tromper qu’il y a exactement un an jour pour jour, un tremblement de terre d’une magnitude de 7 à l’échelle de Richter ébranlait tout le pays.Ici, au camp de Maïgaté 2 — de même que dans les quelque 1200 villages de tentes dans le sud du pays —, des milliers de gens se trouvent encore entassés dans les camps de déplacés sans eau potable ni nourriture ni salaire.Comme si le temps s’était arrêté à 16h53, le 12 janvier 2010, où quelques secondes ont suffi pour faucher la vie de 250 000 personnes et provoquer le déplacement de près de deux millions d’Haïtiens.VOIR PAGE A 10: AYITI ¦ Bev Oda défend le retrait de l’aide militaire canadienne, page A 3 ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 8: L’impatience :2f REUTERS Les violences qui ont commencé à Sidi Bouzid (ci-dessus) ont maintenant gagné Tunis.TUNISIE Les violences s’étendent à la capitale ¦ À lire en B 6 INDEX Actualités A 2 Annonces.B 8 Avis publics.B 7 Carrières.B 4 Culture.B 10 Décès.B 7, B 8 Economie .B 1 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Météo.B 5 Monde.B 6 Mots croisés.B 5 Sudoku.B 7 Télévision.B 9 LA BASSE-COTE-NORD LE QUEBEC DU BOUT DU MONDE S’inventer un avenir Nous ne savons rien ou presque de la Basse-Côte-Nord, pays de 6000 habitants oublié aux confins de la terre québécoise, qu’aucune route ne relie au reste du Québec.Notre collaboratrice Monique Durand s’est rendue cet automne dans cette contrée immense et superbement ignorée.Voici le dernier article d’une série de trois.MONIQUE DURAND Notre avenir ne se dessine plus naturellement comme avant», fait Serena Etheridge.«Avant, les fils devenaient des pêcheurs comme leur père, et les filles allaient travailler à l’usine de poissons comme leur mère», poursuit celle qui est responsable de la culture et du patrimoine à la Fondation Québec-Labrador.Mais depuis le début des années 1990, la mer n’est plus la manne qu’elle était pour la Basse-Côte-Nord.La pêche à la morue va de moratoire en moratoire et les MINISTÈRE DU TOURISME DU QUÉBEC Harrington Harbour, où fut tourné le film La Grande Séduction.La pêche n’apporte plus la manne de jadis sur la Basse-Côte-Nord.quotas de prises de crabes ont été coupés de manière draconienne, par plus de 80 % dans le secteur de Blanc-Sablon.La région est condamnée à diversifier son économie.Pour ce faire, elle compte d’abord sur le développement du tourisme, aujourd’hui à peu près inexistant Jacques Lachance, qui VOIR PAGE A 10: AVENIR Valeurs mobilières Bender s’élève contre le projet de Harper GUILLAUME BOURGAU LT - CÔTÉ Ottawa — Le député conservateur Maxime Bernier s’élève publiquement contre le projet de création d’une commission nationale des valeurs mobilières, une initiative chère au gouvernement Harper.M.Bernier soutient que le projet ne respecte pas la Constitution et constitue un empiétement sur un champ de compétence provincial.Dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui, le député de Beauce et ancien ministre des Affaires étrangères se dit «personnellement convaincu que le domaine des valeurs mo-bilières est de compétence provinciale».Et selon lui, la Cour suprême sera du même avis après étude du dossier.Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a déposé en mai 2010 un projet de commission fédérale visant à remplacer les agences provinciales.Sachant que celui-ci serait controversé, M.Flaherty VOIR PAGE A 10: BERNIER ¦ La lettre de Maxime Bernier, page A 8: Québec défend mal sa cause Maxime Bernier CHRISTIANE CHARETTE EN SEMAINE 9 H Aujourd'hui, Anne Dorval et Serge Denoncourt pour la pièce Projet Andromaque, et la designer Marie Saint-Pierre.Réalisation: Marie-Claude Beaucage #95,1 PREMIERE CHAINE Radio-Canada.ca/Christiane FM 77831302831703 ® ALLER LOIN Décollez du bon pied cette année Le monde est en solde maintenant CANADA: TARIFS ALLER SIMPLE AU DÉPART DE MONTRÉAL.LES VOYAGES DOIVENT PRENDRE FIN AU PLUS TARD LE 15 JUIN 20U, À MOINS D’AVIS CONTRAIRE.AUCUN SUPPLÉMENT DE FRAIS DE CARBURANT.m m ¦¦¦H B m ¦ni m nm Bi ¦¦fil wm n IM DESTINATIONS INTERNATIONALES: LES TARIFS SONT BASÉS SUR UN ALLER SIMPLE ET SONT ASSUJETTIS À L'ACHAT D'UN BILLET ALLER-RETOUR AU DÉPART DE MONTRÉAL.DERNIÈRES DATES DE DÉPART TELLES QU’INDIQUÉES CI-DESSOUS.LES TARIFS INDIQUÉS N'INCLUENT PAS LE SUPPLÉMENT DES FRAIS DE CARBURANT, QUI PEUT ALLER JUSQU’À 212 $ PAR ALLER SIMPLE.DUBLIN LONDRES 12JANV.-8MARS2Cm lfiMARS-3 AVRIL 20U FRANCFORT! MUNICH! 12JANV.-6MAI20U BEIJING SHANGHAI 12JANV.-26MARS20U BUENOS AIRES SANTIAGO 13JANV.-15JUIN20U TOKYO 12JANV.-2MARS20U SYDNEY, AUSTRALIE rAVRIL-8JUIN20U 206^ 255^ 1324^ 1349^ 1374^ 1629 Pour réserver, visitez aircanada.com, appeiez-nous au 1888 247-2262 ou encore, appelez votre agent de voyages.L'offre prend fin le 13 janvier 2011.$ aircanada.com MEILLEUR TRANSPORTEUR AÉRIEN AMÉRIQUE DU NORD Service aux personnes malentendantes (ATS ) : 1800 361-6071.Des frais s’appliquent au deuxième bag^ige enregistré pour certaines destinations.Les billets doivent être achetés au plus tard le 13 janvier 2011.Les taxes, les redevances et les autres frais et suppléments ne sont pas inclus.Les billets sont non remboursables.Les tarifs sont en vigueur au moment de la publication et applicables aux nouvelles réservations seulement Le nombre de places est limité et fonction de la disponibilité Les tarifs peuvent différer selon les dates de départ et de retour L'achat à l'avance peut être requis.Destinations canadiennes: les voyages doivent prendre fin au plus tard le 15 juin 2011, à moins d'avis contraire.Des restrictions quant aux jours s'appliquent.Destinations américaines: les voyages doivent prendre fin au plus tard le 15 juin 2011, à moins d'avis contraire.L'achat 14 jours à l’avance peut être requis.Des restrictions quant aux jours peuvent s’appliquer.À moins d’avis contraire, les vols peuvent être assurés par des appareils d’Air Canada, de Jazz Aviation LP, de United Airlines ou Continental Airlines, membres du réseau Star Alliance'^^, ou des transporteurs aériens United Express (SkyWest Airlines, Chautauqua Airlines, Shuttle America, Trans States Airlines, GoJet Airlines ou Mesa Airlines) ou Continental Express (ExpressJet).Destinations soieil : les voyages doivent être effectués durant les périodes indiquées ci-dessus.L'achat sept jours à l'avance peut être requis.Les tarifs sont sous réserve de l'approbation du gouvernement.Des restrictions quant aux jours peuvent s’appliquer.Destinations internationaies: dernières dates de départ telles qu’indiquées ci-dessus.Un séjour minimal peut être requis.Les tarifs sont sous réserve de l'approbation du gouvernement.Buenos Aires et Santiago: l'achat sept jours à l'avance est requis.À moins d'avis contraire, les vols peuvent être assurés par des appareils d’Air Canada ou de Jazz Aviation LP.^En collaboration avec Lufthansa, membre du réseau Star Alliance^^.^En collaboration avec Swiss International Air Lines, membre du réseau Star Alliance'^^.*'*'^Star Alliance est une marque déposée d’Air Canada au Canada. LE DEVOIR, LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 A 3 , VIEUX-QUÉBEC v eEport-royal-^ hôtel & suites Forfait 1 " Forfait "l ^û$ .couette & café 1 866-417-2777 www.leportroyal.com ACTUALITES La gauche et la droite www.pum.umoiitreal.ca Un an après le séisme en Haïti Bev Oda défend le retrait de l’aide militaire Ottawa a annoncé le financement de nouveaux projets totalisant 93 millions JEANNE CORRIVEAU La ministre fédérale de la Coopération internationale, Beverley Oda, a défendu hier la position du Canada au sujet de la mission des ^militaires canadiens en Haïti.A la suite des critiques formulées, lundi, par un haut responsable des Nations unies à Port-au-Prince concernant le refus du Canada de prolonger la mission d’ingénieurs militaires après le tremblement de terre de janvier 2010, Mme Oda a soutenu que le Canada avait préféré revoir ses objectifs une fois les villes de Léogâne et Jacmel sécurisées.De passage à l’hôtel de ville de Montréal hier pour annoncer le financement de projets d’aide pour Haïti par le gouvernement fédéral, la ministre Oda a rappelé qu’initialement, le rôle des militaires canadiens en Haïti était d’offrir une aide d’urgence.Ces soldats avaient notamment pour mission de dégager les routes encombrées de débris à la suite du séisme.«Quand la situation s’est stabilisée, particulièrement à Léogâne et Jacmel [.], nous avons décidé de faire une transition vers une aide planifiée en collaboration avec la communauté internationale», a expliqué Mme Oda.Mme Oda a convenu que le nettoyage des débris prendrait plusieurs années.Le Canada continue de participer en Haïti et, un an après le tremblement de terre, les forces canadiennes travaillent encore en sol haïtien, a-t-elle précisé.Rappelons que lundi, le chef de la mission de l’ONU en Haïti, Nigel Fisher, avait indiqué à la Presse canadienne que des «demandes pressantes» avaient été faites auprès du Canada pour que les ingénieurs militaires — dont l’efficacité a été THONY BELIZAIRE AGENCE ERANCE-PRESSE La ministre Bev Oda a rappelé qu’initialement, le rôle des militaires canadiens en Haïti était d’offrir une aide d’urgence.«Quand la situation s’est stabilisée, particulièrement à Léogâne et Jacmel [.], nous avons décidé de faire une transition vers une aide planifiée en collaboration avec la communauté internationale.» saluée — poursuivent leur travail sur le terrain.Mais ces demandes, a-t-il dit, sont demeurées lettre morte.Nouveaux projets Mme Oda a eu également à répondre à des critiques provenant, cette fois, d’une coalition d’organismes humanitaires québécois qui, lundi, ont accusé le Canada de n’avoir versé qu’une infime partie de l’aide de 400 millions promise pour la reconstruction d’Haïti.En annonçant hier le financement de nouveaux projets tota- lisant 93,1 millions, la ministre Oda a affirmé que la contribution canadienne s’élevait désormais à 202,5 millions.Les initiatives dévoilées hier permettront,notamment de construire l’Ecole des sages-femmes d’Haïti de même que dix cliniques de maternité (avec la collaboration du Eonds des Nations unies pour la population) et un hôpital aux Go-naïVes.Ottawa hnancera également un projet initié par l’Organisation panaméricaine de la santé qui offrira gratuitement des soins de santé de base à trois millions de personnes.Par ailleurs, le gouvernement canadien contribuera à la construction de 35 écoles semi-permanentes et au hnancement d’un programme d’accès à l’éducation primaire pour 35 000 enfants.Des fournitures scolaires seront données à 35 000 autres enfants.Pinalement, le gouvernement soutiendra des projets visant à faciliter l’accès des entreprises agricoles haïtiennes à un crédit financier et à améliorer le sort de familles d’agriculteurs.Les propos de la ministre Oda ont rassuré Caroline Télémaque, porte-parole d’Action SOS Haïti, qui a assisté à la conférence de presse.«Les problèmes liés à la santé mater-no-infantile et au viol des femmes dans les camps étaient, pour nous, très préoccupants.Mais de savoir que quelqu’un a décidé de faire un effort pour aider ces femmes, c’est très intéressant, a-t-elle indiqué.Si la diaspora haïtienne est partie prenante, je crois que ces projets pourront se réaliser.» Le Devoir Modifié, le projet Vilaj Vilaj fait son chemin La construction du village prototype sera lancée dès le mois de février CAROLINE MONTPETIT Ils ont peut-être troqué l’idée d’utiliser des conteneurs contre celle de bâtir des maisons en ciment antisismique et anticyclone.Mais le projet de l’organisme Vilaj Vilaj de construire sept villages en Haïti fait son chemin.Et le comédien et chanteur Luck Mervil, qui l’a créé, annonçait hier qu’ils allaient en commencer le prototype dès le mois de février, dans la région de Paillant, pas très loin de Port-au Prince.Vilaj Vilaj a pour but de construire des villages sur un territoire à ce jour à peu près inhabité en Haïti.Celui de la région de Paillant pourrait d’abord abriter quelque 5000 personnes, mais on n’exclut pas que sa population puisse un jour atteindre quelque 25 000 personnes.Les villages conçus par Vilaj Vilaj sont prévus pour posséder de l’électricité, de l’eau potable, bien sûr, mais aussi des écoles et des centres de santé.Pour ce qui est de la gestion des écoles, il faudra cependant s’assurer de la coopération du gouvernement en place, rappelle Luck Mervil.L’éclairage utilisé permettrait de produire un éclairage de 100 watts avec seulement 4 watts.Le ciment antisismique utilisé est pour sa part conçu par Patrick Paultre, un Haïtien d’origine enseignant à l’Université de Sherbrooke.Le projet prévoit également un programme de formation des citoyens pour qu’ils participent eux-mêmes à l’élaboration de leur village, qui sera géré comme une coopérative.Ses habitants paieront un loyer pour résider dans leur maison, mais une partie de ce loyer sera accumulée pour que les habitants touchent un bénéfice en cas de hausse du prix de leur maison.On préférera utiliser des matériaux locaux plutôt que de les importer, pour favoriser ainsi la création d’emplois.«Il ne nous manque que de l’argent», lançait hier Luck Mervil au moment de lancer son projet, tout en énumérant la longue liste des entreprises et des institutions qui ont déjà poussé à la roue pour assurer la bonne marche du projet, d’Air Canada à la fondation Paul-Gé-rin-Lajoie, en passant par Vidéotron et l’Université de Sherbrooke.L’organisme Vilaj Vilaj prévoit aussi exporter son expertise dans différents pays du monde, dont l’Afrique du Sud.Exposition photo Par ailleurs, la Tohu présente depuis quelques jours une exposition de photos sur la ville de Port-au-Prince, qui réunit JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le créateur du projet Vilaj Vilaj, Luck Mervil.«Il ne nous manque que de l’argent», a-t-il lancé hier.des photos d’archives et des clichés de Gregory Jean-Baptiste et d’Edwine Seymour.On peut y voir la Port-au-Prince d’autrefois, peuplée d’hommes en chapeaux, et des diligences qui ont précédé les tap-taps.On y découvre l’incendie qui a dévoré la ville en 1908.On y trouve enhn, hnalement, la ville anéantie par le tremblement de terre du 12 janvier dernier, avec ses murs de fatras, son marché déséquilibré par la se- cousse sismique, ses citoyens en crise.L’exposition Port-au-Prince, une histoire controversée se poursuit jusqu’au 12 février prochain.Le Devoir Montréal aidera Port-au-Prince dans sa gestion quotidienne 51 missions se relaieront dans les deux prochaines années JEANNE CORRIVEAU Montréal entend apporter sa collaboration à la reconstruction de Port-au-Prince en dépêchant dans la capitale haïtienne des employés montréalais pour appuyer l’administration municipale durement éprouvée par le séisme.Au cours des deux prochaines années, 51 missions se relaieront à Port-au-Prince pour épauler les Haïtiens dans les domaines de la planih-cation urbaine, du logement et des infrastructures.«Nous allons aider les Haïtiens dans ce que nous connaissons le mieux: la gestion d’une ville au quotidien», a expliqué le maire Gérald Tremblay hier.Lors du séisme qui a secoué Haïti il y a un an, l’hôtel de ville de Port-au-Prince s’était effondré.Désorganisée, l’administration municipale ne jouit pas d’une voix forte auprès des autorités gouvernementales.«À l’heure actuelle, le gouvernement et les organisations non gouvernementales [ONG] ne s’adressent pas à la Ville, comme si elle n’existait pas.Elle est trop faible», a relaté hier Michèle Picard, conseillère en af iaires internationales à la Ville de Montréal, qui dirigera le projet d’aide à Port-au-Prince.L’objectif de la délégation montréalaise sera donc de «remettre sur pied» l’administration municipale de la capitale haïtienne et de l’assister dans plusieurs domaines, dont la planih-cation urbaine.«Haïti travaille déjà sur un plan d’urbanisme et on ne veut pas dédoubler [le travail].On veut seulement s’assurer que le maire, Jean-Yves Jason, soit accompagné et qu’il ait le transfert d’expertise nécessaire pour que son équipe puisse prendre la relève le plus rapidement possible», a expliqué le maire Tremblay.Le projet de 4,2 millions bénéficiera d’un financement de 3 millions par l’Agence canadienne de développement international (ACDI).Un bureau permanent sera établi à Port-au-Prince et chaque mission durera environ un mois.Pendant que Montréal s’occupera de Port-au-Prince, les villes membres de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et de la fédération canadienne des municipalités prêteront main-forte aux villes de Gressier, Léogâne, Petit-Goâve et Grand-Goâve.«Les valeurs fondamentales sur lesquelles on doit baser notre intervention, c’est le respect des communautés haïtiennes et des priorités des élus haïtiens», q insisté le président de UUMQ, Eric forest Le Devoir SOURCE VILAJ VILAJ Les villages conçus par Vilaj Vilaj ne sont plus faits à partir de conteneurs.Il sont prévus pour posséder de l’électricité, de l’eau potable, bien sûr, mais aussi des écoles et des centres de santé.Arthur Quentin SOLDES du 6 au 23 janvier 20% SUR TOUT 50% sur certains produits sélectionnés 3960 Saint-Denis Montréal 514.843.7513 3 9 13 BLEU NUIT SOLDES du 6 au 23 janvier 20% SUR TOUT 50% sur certains produits sélectionnés 391 3 Saint-Denis Montréal 514.843.5702 A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 ACTUALITES Harmonisation de la TPS et de la TVQ Sans compensation, Duceppe votera contre le budget GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa — Sans compensation, ce sera non.Si le gouvernement Harper ne règle pas dans le prochain budget la question de la compensation pour l’harmonisation de la TPS et de la TVQ, Gilles Duceppe prévient que son parti s’opposera au budget.Quitte à provoquer des élections.«Si la compensation n’y est pas, ce sera une raison suffisante pour voter contre le budget», a indiqué le chef du Bloc québécois lors d’un entretien hier.Mais à l’inverse, rien ne garantit que le Bloc appuiera le budget simplement parce qu’il réglerait le vieux litige entre Québec et Qttawa.«Il faudra voir ce que contiendra le budget On ne peut pas dire oui à l’avance.Si Ottawa accorde les 2,2 milliards mais qu’en même temps il y a des coupes en santé, en éducation postsecondaire ou en péréquation, si en bout de ligne ça revient du pareil au même, ce ne sera pas acceptable.» Le Québec a harmonisé les taxes de vente provinciale et fédérale en 1992.La province n’a toutefois jamais reçu de compensation du fédéral pour cette opération, alors que l’Qntario et la Colombie-Britannique — qui ont harmonisé leurs taxes récem-mept—ont obtenu des milliards.À l’instar de ses collègues Michael Ignatieff et Jack Layton, M.Duceppe entame demain ime À l’instar d’Ignatieff et de Layton, M.Duceppe entame demain une tournée de rentrée parlementaire tournée de rentrée parlementaire.11 sillonnera le Québec jusqu’à la reprise du 31 janvier.Pour le chef du Bloc, cette tournée est habituelle.«Je la fais chaque année», rappelle-t-il.Mais il reconnaît que le contexte — gouvernement minoritaire et budget imminent — donne une saveur particulière aux sorties des chefs de parti à l’approche de la rentrée.M.Duceppe parlera notamment d’économie et du prochain budget avec les citoyens, une façon de compléter la consultation prébudgétaire faite à l’automne.En tournée en Qn-tario hier, Jack LajAon a lui aussi discuté d’économie avec les électeurs.Ce sera d’ailleurs le grand thème de son tour du Canada, qui l’amènera dans plusieurs circonscriptions conservatrices.«La récession n’est pas terminée pour la majorité des gens, qui continuent d’avoir des difficultés», dit-il.M.Layton entend notamment discuter d’harmonisation des taxes, du registre des armes à feu {«les gens sont plus calmes maintenant, dit-ik ils sont intéressés aux solutions») ou du soutien aux aînés durant sa tournée.Une façon de mettre la table pour un budget qu’il souhaite audacieux: «Il faut réduire le déficit, c’est clair.Mais il faut aussi continuer de stimuler l’économie», croit-il.Le Devoir Proximité non évoqnée entre Bastarache et un des procureurs du gouvernement ¦ Patrick Girard a travaillé étroitement avec Michel Bastarache à la Cour suprême ¦ «C’était il y a 12 ans de cela.Il n’y a personne qui voyait de difficulté avec ça.» ROBERT DUTRISAC Québec — Un des deux pro-cureius qui représentaient le gouvernement à la Commission d’enquête sur la nomination des juges a travaillé étroitement pendant deux ans avec le commissaire Michel Bastarache lorsque celui-ci était juge à la Cour suprême.Cette proximité n’a pas été évoquée publiquement à l’ouverture, en juin dernier, des audiences de la Commission d’enquête sru le processus de nomination des juges qu’a présidée Michel Bastarache, ni par la suite.M® Patrick Girard, qui appuyait la plaideuse Suzanne Côté dans la défense des intérêts du gouvernement du Québec, fut clerc juridique de la Cour suprême auprès du jugç Bastarache en 1998 et 1999.A ce titre, il était au service exclusif du juge Bastarache, effectuant la recherche juridique pour ce dernier et rédigeant pour lui des notes sur la jurisprudence.Plus généralement, il apportait son concours à la rédaction des jugements et des opinions signés par Michel Bastarache.«Nous avons été tout à fait transparents avec ça, a fait valoir hier M® Girard.Ça a été porté à la connaissance de la Commission.» Le porte-parole de la Commission, Guy Versailles, a confirmé que les procureurs de la Commission étaient bien au fait de la situation, mais personne n’a cru bon d’en informer les participants.«C’était il y a 12 ans de cela.Il n’y a personne qui voyait de difficulté avec ça», a-t-il indiqué.NOUVELLE REGLE APPLICABLE AUX CONTRIBUTIONS POLITIQUES 1 000 $ au lieu de 3 000 $ Depuis le l®" janvier 2011, le total des contributions qu’un électeur peut effectuer au cours d’une année civile est limité à 1 000$ par parti politique provincial, député indépendant et candidat indépendant autorisés.Pour plus d’information, vous pouvez communiquer avec notre centre de renseignements au 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846) ou visiter www.electionsquebec.qc.ca.?G $ LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC MATHIEU BELANGER REUTERS Le rapport de la commission Bastarache, dont ia rédaction est terminée, ne formuiera pas de biâme à i’endroit de Marc Beiiemare et de Jean Charest M® Rénald Beaudry, qui représentait Marc Beiiemare devant la Commission, ne voit pas les choses du même œil.«Ça n’a pas de bon sens.Excusez-moi si je ris, mais je ris de dégoût», a-t-il affirmé au Devoir.Si lui et Jean-François Bertrand, l’autre avocat de M.Beiiemare, l’avaient su, ils se seraient opposés, a-t-il dit.11 a rappelé que Marc Beiiemare a intenté une poursuite en Cour supérieure pour forcer l’annulation de la commission Bastarache; la cause est toujours pendante.«Ça lui fera un argument supplémentaire», croit-il.M® Patrick Girard n’est intervenu qu’une seule journée durant les travaux de la Commission, M® Suzanne Côté se chargeant de la plupart des objections formulées devant Michel Bastarache au nom du gouvernement.M® Girard a exprimé des objections lorsqu’il était question du Tribunal administratif du Québec (TAQ).Dans les cours de justice au Québec, il est d’usage qu’un juge, quand il se trouve à connaître un des avocats des parties devant lui, fasse état publiquement de la situation à l’ouverture de l’audience.Qu encore qu’il en informe auparavant le juge en chef.Si le juge concerné considère que ces liens sont trop étroits, il peut aussi choisir de se récuser pour laisser la cause à un autre juge.En outre, le passage des années fait en sorte que les risques de conflit d’intérêts s’amenuisent.La règle veut qu’un avocat, qui a été clerc juridique, puisse plaider devant la Cour suprême, donc devant le juge pour lequel il a travaillé, deux ans après son départ, a signalé de son côté M® Girard.L’avocat, associé du bureau de Stikeman Elliott, a d’ailleurs déjà plaidé à la Cour suprême devant le juge Bastarache.Pas de blâme La rédaction du rapport de la commission Bastarache est terminée, a confirmé Guy Ver- sailles.11 ne reste plus qu’à l’éditer et à l’imprimer.11 sera remis au gouvernement avant l’échéance du 31 janvier.Le commissaire n’y formule aucun blâme formel à l’endroit de Marc Beiiemare, ni du premier ministre Jean Charest.S’ils avaient fait l’objet d’un blâme, ils auraient reçu un avis afin qu’ils puissent fournir leur réplique.«Est-ce que ça veut dire que tout est beau, que tout est rose, que tout le monde va être de bonne humeur après [la publication du rapport] ?» a avancé Guy Versailles, tout en répondant par la négative.11 ne faut donc pas en déduire que le commissaire Bastarache a prêté foi à la version de Marc Beiiemare: il pourrait simplement affirmer que les allégations de l’ancien ministre de la Justice ne sont pas soutenues par la preuve, ce que lui suggérait d’ailleurs M® Suzanne Côté dans sa plaidoirie.Le Devoir Les professeurs de Concordia dénoncent une gestion «corporatiste» KATHLEEN LEVESQUE L^Association des professeurs de l’Université ' Concordia hausse le ton.Le sjmdicat réclame que le conseil d’administration recentre ses efforts sur la mission scolaire.«La gestion corporatiste s’est peu à peu infiltrée dans la gestion universitaire, l’a détournée quelque peu, voire l’a détournée.[.] Nous devons reprendre le contrôle de notre université», estime la présidente de l’Associatin, Lucie Lequin.Selon cette dernière, «un petit groupe» de membres du conseil d’administration et de la Fondation de l’Université ont la mainmise sur la gestion quotidienne de l’établissement.«C’est un pouvoir occulte qui n’est pas de bon augure», a affirmé hier au DevoirMme Lequin.La démission forcée de la rectrice Judith Woodsworth et de son prédécesseur, Claude La-jeunesse, n’est qu’une illustration de la guerre de pouvoir qui se joue au sein de la communauté universitaire.«Le rôle du conseil d’administration n’est pas de servir d’écran à une décision que l’on soupçonne avoir été prise par quelques-uns», ajoute Mme Lequin.Le projet de loi 38 sur la gouvernance dans les universités risque d’accentuer le problème, juge Lucie Lequin.Selon elle, les membres du conseil d’administration provenant de l’extérieur de la communauté, qui représentent déjà un bloc soudé lors des réunions, pourraient ainsi se voir attribuer une plus grande légitimité d’action.Le sjmdicat, qui représente quelque 1000 professeurs permanents de Concordia, a convoqué ses membres lundi prochain pour discuter de la situation.Le président du conseil d’administration, Peter KrujT, a demandé à rencontrer le syndicat d’ici là.Le Devoir Nouveau commissaire à l’information Vers une plus grande transparence à Québec ?Québec — Le gouvernement du Québec pourrait être invité à faire preuve de plus de transparence quant à la diffusion des documents produits par des organismes publics.C’est ce qu’a laissé entendre le nouveau président de la Commission d’accès à l’information (CAD, Jean Chartier, qui examinera dans les prochains mois la possibilité de recommander au gouvernement de revoir la Loi d’accès à l’information.M® Chartier, qui dispose d’un mandat de cinq ans, a été assermenté hier dans ses nouvelles fonctions.«Il y a des dispositions dans la loi qui permettent l’accès, mais il y a aussi, et ce n’est pas le choix de celui qui vous parle, des dispositions dans la loi qui permettent de refuser l’accès» à des documents, a-t-il reconnu en point de presse.Ainsi, en vertu de la loi actuelle, dans plusieurs circons- tances, un organisme gouvernemental peut facilement refuser à un citoyen ou à un journaliste d’avoir accès à des documents.«Est-ce que le législateur pourrait ouvrir sur certaines dispositions?», s’est-il interrogé, en disant que cette question pourrait être abordée dans le rapport quinquennal de l’organisme qu’il doit déposer en juin.La CAI pourrait donc se pencher sur la pertinence de recommander au lé^slateur de limiter le pouvoir discrétionnaire des organismes publics qui reçoivent des demandes d’accès à leurs documents.«Je suis personnellement pour l’accès.Je suis personnellement pour la diffusion des documents d’information», a-t-il affirmé, sans vouloir en dire davantage.C’est encore trop tôt, a-t-il fait valoir.La Presse eanadienne E N BREF Des fuites de CO2 stocké dans le sol Un couple de fermiers de la Saskatchewan dont les terres se trouvent au-dessus du plus grand projet de capture et stockage de dioxyde de carbone au monde soutiennent que des gaz à effet de serre injectés dans le sol qui devaient y rester pour toujours fuient, tuant des animaux et faisant bouillonner les eaux souterraines.Cameron et Jane Kerr possèdent des terres au dessus du champ pétrolifère Weyburn.Hier, le couple a rendu public le rapport de consultants qui établit des liens entre les concentrations élevées de dioxyde de carbone décelées dans leur sol et les 6000 tonnes de gaz injectées sous la terre chaque jour par le géant de l’énergie Cenovus.Une porte-parole de Cenovus, Rhona Delfrari, a indiqué que son entreprise doutait de l’exactitude de ces conclusions.Elle a fait valoir que de telles conclusions contredisent des années de recherches menées par d’autres scientifiques.- La Presse canadienne porter Toronto.À vous la vie en ville ! Porter atterrit à l’aéroport du centre-ville de Toronto.Vous êtes à deux pas de tout, à pied ou en taxi.À votre tour de jouer les touristes ! L’aérogare est moderne, intime et bien pensée.L’enregistrement et le contrôle de sécurité sont rapides et bien rodés.Vous pourrez passer plus de temps en ville et moins de temps en file.Porter.Raffinée sur toute la ligne.I I _j _j j_ j_ _j _j j_ j_ _j _j j_ j_ ’%' Aéroport centre-ville Toronto 2 km m Vols au départ de Montréal.Réservez avant le 12 janvier.TORONTO 20 par jour HALIFAX ST.JOHN’S SUDBURY THUNDER BAY 109* $134* $149*$ 139*$ 119*$ BOSTON CHICAGO MYRTLE BEACH NEW YORK Dès le 17 fév |199*$|199*$|259*$|121*$ Réservez en ligne, appelez au 1-888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.' 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Maison-Blanche après la plus grave marée noire de l’histoire des Etats-Unis, provoquée par l’ejqilosion de la plateforme exploitée par le ^oupe britannique BP, a publié ses recommandations dans un rapport de plus de 300 pages.«La catastrophe n’exige rien de moins qu’une refonte totale des pratiques de l’industrie pétrolière et de la supervision du gouvernement», affirme le rapport de la commission, qui avait déjà dénoncé des erreurs «systémiques» relevant de pratiques habituelles dans le secteur tout entier.«Les causes sont systémiques, et sans des réformes significatives à la fois des pratiques industrielles et des politiques gouvernementales, cela peut arriver à nouveau», assure le rapport, qui ne remet pas en cause l’exploitation au large en soi.«On ne doit pas abandonner le forage en eaux profondes», dit la commission, codirigée par William Reilly, l’ancien président de l’agence américaine pour l’environnement (EPA) sous Ronald Reagan.La plateforme DeepWater Horizon, qui se trouvait à quelque 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans, était la propriété du groupe suisse Transocean et avait été en partie construite par le groupe américain Halliburton.Son explosion le 20 avril a fait 11 morts et répandu des centaines de millions de litres de brut dans le golfe du Mexique jusqu’à la fermeture du puits, quatre mois plus tard seulement.Les experts ne mâchent pas leurs mots dans le rapport: «Les causes immédiates de l’explosion peuvent être trouvées dans une série d’erreurs identifiables de la part de BP, Halliburton et Transocean, qui révèlent de tels manquements dans la gestion des risques qu’il y a de quoi douter de la culture de sécurité de l’industrie tout entière.» Selon M.Reilly, le taux d’accidents mortels sur les plateformes américaines en mer est bien supérieur à celui des industries pétrolières étrangères.Le rapport de la commission donne une feuille de route au Congrès pour qu’il engage de multiples réformes du secteur.11 sera présenté en commission à la Chambre et au Sénat à partir du 26 janvier.Comme pour le secteur nucléaire après la catastrophe de Three Mile Island en 1979, la commission préconise la création d’une agence indépendante ayant poiu mission, au sein du ministère de l’Intérieur, «de surveiller tous les aspects sécuritaires du forage en haute mer».Concrètement, il s’agirait de scinder en trois l’ancien MMS, le service de gestion des ressources minières, extrêmement critiqué après la catastrophe et déjà rebaptisé Bureau of Ocean Energy Management, Regulation and Enforcement (BOEMRE).La commission presse aussi le Congrès de prévoir «un financement stable et adéquat» de ces nouvelles instances ainsi que des gardes-côtes.Elle s’intéresse également aux dédommagements estimant que l’actuelle limite de 75 millions de dollars — respectée s’il est déterminé qu’il n’y a pas eu faute grave de la part des groupes industriels — est «relativement modeste» et «ne pousse pas l’industrie à améliorer ses procédures de sécurité».Dans le cas de Deepwater Horizon, BP a été d’accord pour aller bien au-delà de ces 75 millions.Un fonds d’indemnisation de 20 milliards de dollars a été mis en place.«Mais il n’est pas garanti que d’autres compagnies fassent de même à l’avenir», s’inquiète la commission.Agence France-Presse lO ^ MOfv „ ' PM f ^ J MICK TSIKAS REUTERS En banlieue de Brisbane, à Milton, deux résidants sauvent leur machine à café du désastre.Les inondations les plus graves depuis 50 ans dans l’Etat du Queensland ont tué 14 personnes en deux semaines, mais la police s’attend à voir le bilan s’alourdir.AUSTRALIE Des milliers de résidants évacués à Brisbane Des crues subites menacent la troisième ville d’Australie ED DAVIES Brisbane, Australie — À la demande des autorités, des milliers d’habitants ont évacué hier la périphérie de Brisbane, troisième ville d’Australie, où d’autres résidants protègent leur maison et stockent des vivres devant les inondations et la menace de nouvelles pluies.Db^ personnes ont péri dans la nuit.À l’ouest de Brisbane, voitures et piétons ont été emportés dans les rues de Toowoomba, submergées après des pluies torrentielles.Plus de 40 personnes juchées sur des toits ont été secourues par hélicoptère, mais 78 sont toujoius portées disparues, selon la police.Les inondations Ips plus graves depuis 50 ans dans l’État du Queensland, dont Brisbane est la capitale, ont tué 14 personnes en deux semaines, mais la police s’attend à voir le bilan s’aloiudir en raison des dernières crues et de nouvelles pluies.Elle craint que beaucoup de personnes n’aient péri piégées chez elles ou dans leiu véhicule.En survolant les environs de Brisbane en avion léger, on découvre un paysage détrempé aux maisons entourées de grands lacs boueux, de sites miniers et d’usines immergés, de routes coupées par des torrents d’eau.Le centre de Brisbane a été la proie d’embouteillages hier, des habitants quittant la ville en voiture devant un début d’inondation.Quatre-vingts faubourgs se préparent aux «Nous devons tout faire pour garder notre calme et rester unis.Si vous êtes à l’abri, c’est le moment de venir en aide à des voisins.» effets de la crue du fleuve Brisbane, qui devrait culminer demain.Le pire est à venir Des familles entières ont afflué dans les centres d’évacuation de Brisbane et de la ville voisine d’ips-wich, dont le tiers semblait en passe d’être submergé dans la nuit.Environ 1500 personnes ont cherché refuge dans les centres.Seize barrages du Queensland commencent à déborder et quatre autres, dont celui de Wivenhoe, déversent de grandes quantités d’eau.Selon la police, 9000 habitations de Brisbane seront inondées d’ici demain et 30 000 propriétés seront touchées.«La situation s’est de toute évidence beaucoup détériorée, a déclaré le maire de Brisbane, Campbell Newman, lors d’une conférence de presse.Aujourd’hui [hier], c’est très important, demain [aujourd’hui] ce sera mauvais et jeudi [demain], ce sera dévastateur pour les habitants et les entreprises affectés.» Les inondations qui ont débuté vers Noël se sont étendues par moments sur une superficie égale à la Erance et à l’Allemagne réunies.Elles ont causé poiu six milliards de dollars de dégâts et inondé 70 villes, quelquefois à deux reprises.Les exportations de charbon à coke du (Queensland sont pratiquement à l’arrêt, l’agriculture et le tourisme y sont durement frappés.Les inondations auront un impact siu la croissance économique, les prix et la consommation.« Rester unis » Les autorités estiment que la situation pourrait se révéler encore pire qu’en 1974, année où le fleuve Brisbane était sorti de son lit pour envahir brutalement des milliers d’habitations, faisant 14 morts dans la capitale du Queensland.«Nous devons tout faire pour garder notre calme et rester unis.Si vous êtes à l’abri, c’est le moment de venir en aide à des voisins [.] et d’offrir un lit pour la nuit», a déclaré Anna Bligh, première ministre du Queensland.Entre les bords du fleuve en crue et le centre de Brisbane, l’eau a em-porté arbres, bateaux et pontons métalliques.Des employés de bureau ont déserté leurs gratte-ciel du centre-ville sous une pluie battante.L’eau ruisselle siu les trottoirs et at-teipt les marches de la bibliothèque d’État du Queensland.«Ça prend de nouvelles proportions de minute en minute», déclarait Gary McGowan, un homme d’affaires de la banlieue ouest.De son côté, Julia Zhu entassait des sacs de sable dans une Mercedes poiu protéger sa boutique de robes: «Nous avons un demi-million de dollars de réserves sans assurance.» Dans un zoo situé à proximité, on attachait les crocodiles pour le cas où leur prendrait l’envie de iiir le déluge.Les inondations ont été attribuées au phénomène climatique de La Nina, qui refroidit les eaux de l’est du Pacifique.Reuters Le Bonhomme Carnaval vire au vert Le Carnaval de Québec s’associe cette année à la Fondation David Suzuki ISABELLE PORTER Québec — Le Carnaval de Québec déroge à sa traditionnelle neutralité politique pour s’associer cette année à la Eondation David Suzuki.Son combat: les conséquences du réchauffement climatique sur l’hiver et la programmation de l’événement.La stratégie de la Eondation Suzuki est claire: se servir du Carnaval poiu faire comprendre aux gens que le réchauffement climatique menace aussi «la culture de l’hiver».«La saison rétrécit, la couverture de neige diminue», a fait valoir le directeur de la Eondation au Québec, Karel Mayrand, lor^ d’un point de presse au Château Erontenac.À l’exception des Jeux de Vancouver, c’est la première fois que la Éondation s’associe aussi directement à un événement de ce genre.Le message n’est toutefois pas nouveau.En 2009, la Eondation avait publié un rapport alarmiste sur la question intitulé «Protégeons nos hivers: les sports d’hiver et les changements climatiques».Le bénéfice pour la Eondation est évident.Mais qu’en est-il du Carnaval?L’organisation n’a-t-elle pas toujours voulu se tenir à l’écart des débats politiques?Le président de l’événement, Jean-Erançois Côté, dit ne pas transgresser de règle, la question n’étant pas politique selon lui.11 souli^e que l’organisation s’est dotée en 2007 d’une politique sur le développement durable et qu’elle offre désormais aux carnavaleux d’accéder aux sites de l’événement avec une navette.D’emblée, la météo de cette année témoigne selon lui du dérèglement du climat.«On le voit jour après jour.Encore une fois cette année, les canons à neige sont arrivés plus tôt sur les Raines.» Lorsqu’on demande au Bonhomme Carnaval s’il a peur de fondre, il répond pour sa part que, de toute façon, «à l’intérieur, il a le cœur chaud».Baptisé «Sommet de l’hiver», l’événement or- ganisé par la Eondation Suzuki aura lieu pendant la fin de semaine du 28 janvier.Sont prévus au programme une conférence gratuite de David Suzuki sur les changements climatiques (le vendredi 28 à l’Université Laval), un banquet de financement pour la Eondation (le samedi 29 au Château) et un match de hockey extérieur mettant en vedette les artistes Ered Éortin, Yann Perreau, deux gars des Trois Accords, Luc Brodeur-Jourdain des Alouettes et nul autre que Georges Laraque (à la patinoire de l’Esplanade le 30).Confiants, les organisateurs parlent déjà de faire du Sommet un rendez-vous annuel et promettent qu’il aura éventuellement une programmation scientifique plus sérieuse.Hier, le directeur du Château est allé jusqu’à parler d’un futur «Davos du réchauffement de la planète pour l’Amérique du Nord».Le Devoir 1 AUJOURD'HUI EN DIRECT DE LA MAISON D'HAÏTI Un an apres le seisme: emission spéciale au cœur de la communauté haïtienne de Montréal.ReaI.-coord.: Sebastien Perron et Philippe Brazeau 1^95,1 PREMIERE CHAINE Radio-Canada.ca/desautels FM LE DEVOIR, LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 A 7 ACTUALITES Recours collectif sur l’eau contaminée à Shannon La science saura-t-elle convaincre injustice?Le cas de Shannon est la cinquième histoire de contamination industrielle majeure au Québec Le recours collectif intenté par les citoyens de Shannon, à côté de Valcartier, contre le ministère de la Défense nationale et SNC Technologies constitue la plus importante poursuite judiciaire jamais intentée au Québec dans un dossier de pollution industrielle.Et c’est le seul où on invoque qu’il y aurait eu morts de personnes.Restera à vérifier si les tribunaux sont désormais suffisamment ouverts pour gérer ce genre de cause.LOUIS-GILLES FRANCŒUR Autorisé en mars 2007, le recours collectif intenté par les citoyens de Shannon commanderait des indemnités qui pourraient se situer entre un et deux milliards s’il est un jour confirmé.Plus de 3000 personnes de Shannon et des ex-mi-litaires de la hase se sont inscrites au recours.Selon la Société pour vaincre la pollution (SVP), un des plus anciens groupes environnementaux du Québec, en plus des 3000 «victimes» de cette pollution de la nappe souterraine locale, on a dénombré 467 victimes de cancers sur place, soit un taux cinq fois supérieur à ce qu’on trouverait dans une municipalité qui n’aurait pas été victime d’une contamination souterraine au trichloréthylène (TCE) et à ses sous-produits comme le chlorure de vinyle.Ce produit chimique, inventé au XIX® siècle, a été utilisé à la base militaire depuis 1930 pour produire des munitions, nettoyer des armes et des équipements, etc., autant par la Défense nationale, ses sociétés de la Couronne que par leurs successeurs privés comme SNC Technologies.Dans sa déclaration d’ouverture, le procureur des requérants a déclaré qu’il entend démontrer que les défendeurs ont utilisé le TCE sans tenir compte de sa toxicité, qu’ils n’ont averti ni les militaires des dangers de manipuler le produit, ni les autorités municipales de Shannon et les citoyens du danger de contamination des eaux souterraines qui alimentent leurs puits et de la possibilité que le toxique aujourd’hui réputé cancérigène pourrait migrer sur de longues distances.Selon les requérants, la Défense a été avisée des risques de contamination et de migration du TCE dans la nappe souterraine dès les années 50.Des procès-verbaux de réunions de militaires, écrits en 2001, font état du fait que la contamination souterraine était connue depuis 15 ans, mais jamais divulguée.C’est en décembre 2000 que la municipalité a enfin été avisée.Dès l’année suivante, le fédéral a accepté de financer un réseau d’aqueduc de plusieurs millions pour que les citoyens cessent de La science reconnaît aujourd’hui comme lien causal des phénomènes qui se situent hors des distributions normales boire cette eau qui les abreuvait, dans certains cas, depuis des décennies.Un lien de cause à effet à établir Le test central de cette cause résidera sans doute dans le lien que les requérants voudront établir entre l’excès de cancers relevé dans cette région par rapport à une autre où aucune contamination du genre n’existe.Des causes importantes comme celle intentée contre les producteurs de mousse d’urée-formaldéhyde dans les années 80 se sont butées à l’exigence des tribunaux d’obtenir un lien de cause à effet direct entre les maux et la présence du contaminant, ce qui est impossible dans certains cas, notamment lorsque le système immunitaire est affecté, ce qui donne lieu à des maladies différentes.Le même obstacle a été rencontré dans la poursuite intentée par les victimes de pesticides voisins de l’agent Orange, un défoliant utilisé au Vietnam.Pourtant, la science reconnaît aujourd’hui comme ben causal des phénomènes qui se situent hors des distributions normales.Devant pareils phénomènes, l’industrie de la pharmacologie, la médecine et plusieurs disciplines environnementales modifient leurs produits et leurs stratégies d’intervention.Le cas de Shannon constituera un im- portant test.Sur le plan juridique, la défense tentera de démontrer qu’elle a agi avec sagesse et diligence dans un contexte réglementaire différent de celui d’aujourd’hui.Le cas de Shannon n’est cependant pas le seul cas de contamination industrielle majeure au Québec.En réalité, c’est le cinquième.Le scandale de la LaSalle Coke dans les années 80 a ébranlé la crédibilité de Gaz Métro, qui s’était contenté d’un enfouissement au rabais de toxiques, enfouis dans des cellules qui fuyaient.Si les rejets atmosphériques de la Noranda, à l’époque la principale source de pollution acide au Québec, lui ont valu de devenir la première entreprise dont les rejets ont été réglementés en Amérique du Nord par le ministère de l’Environnement du Québec, c’est le premier titulaire de ce ministère, Victor Goldbloom, qui avait autorisé à la fin des années 60 l’enfouissement des déchets d’hydrocarbures des raffineries montréalaises dans les lagunes de Mercier, en banlieue de Montréal, le deuxième cas en importance de contamination des eaux souterraines au Canada.Puis ce fut au tour des citoyens de Roxton Pond au Québec de réclamer du fabricant d’outils Stanley par recours collectif un dédommagement pour la contamination de leurs eaux souterraines.Ils ont eu finalement gain de cause dans un règlement à l’amiable.Le Devoir Amiante : le Collège des médecins ne veut pas jouer à l’arbitre LIA LEVESQUE La querelle entre partisans de l’amiante et opposants a franchi une autre étape hier, les deux camps sollicitant le Collège des médecins alors que ce dernier estime que son rôle n’est pas de jouer l’arbitre entre deux groupes de lobby.Après un premier appel de 53 médecins du Québec le weekend dernier, c’était au tour hier de 120 médecins et profession- «Le Collège, ce n’est pas dans sa mission, généralement, de prendre des positions publiques» nels de la santé de 25 pays de demander au Collège des médecins de recommander au premier ministre Jean Charest de ne pas soutenir financièrement la réouverture de la mine d’amiante Jeffrey à Asbestos.Le Collège a accepté de rencontrer aujourd’hui deux médecins québécois signataires de la première lettre.Devant cette demande des opposants à l’amiante, le Regroupement pour l’usage sécuritaire, responsable et contrôlé de la fibre chrysofile a à son tour demandé à rencontrer le Collège des médecins pour lui montrer l’autre côté de la médaille.En entrevue, le secrétaire du Collège des médecins, le docteur Yves Robert, s’est refusé à prendre position pour ou contre l’amiante, affirmant que le rôle du Collège n’était pas de protéger la santé publique, puisqu’il existe d’autres organismes dont,c’est précisément la vocation.Eventuellement, c’est le conseil d’administration du Collège qui devra trancher la question, mais déjà le docteur Robert trace la ligne.«H va jalloir déterminer si et comment le Collège va, ou non, prendre position dans des dossiers de nature po- litique beaucoup plus que publique, qui touchent la santé, dit-il.Parce que si on commence avec ça [l’amiante], là il va y avoir l’histoire de l’uranium à Sept-îles, l’histoire du radon; nommezdes! Le Collège, ce n’est pas dans sa mission, généralement, de prendre des positions publiques.On s’associe parfois à des mouvements publics, comme le mouvement antitabac, mais on n’a jamais pris deposition militante, ni de position de lobby Le Collège n’est pas un organisme de lobby.» Le Collège a quand même accepté de ren-contrer deux médecins opposés à l’amiante, parce qu’il s’agit de ses membres, note le docteur Robert Mais il compte bien leur expliquer le rôle véritable du Collège des médecins.D verra ensuite s’il doit également rencontrer les partisans de l’amiante.«Ce qui est clair, c’est qu’on ne jouera pas le rôle d’un arbitre entre deux lobbys; ça c’est clair.Jusqu’à maintenant, le Collège, ce n’est pas dans sa tradition ni dans sa juridiction de prendre des positions politiques.Habituellement, notre rôle se limite à protéger le public dans un contexte où on délivre des permis, on assure la formation des médecins, on s’assure que chaque médecin exerce selon les règles de l’art», souligne le docteur Robert Du côté du Regroupement pour l’usage sécuritaire, responsable et contrôlé de la fibre chrysofile, Clément Godbout met en question la compétence des médecins à se prononcer sur l’utilisation sécuritaire de ce minerai.«Qu’est-ce qu’ils connaissent, les médecins, dans le domaine de la science des roches, de la différence entre les fibres et de quelle façon c’est traité dans les milieux de travail et en industrie?» La Presse canadienne E N BREF Pour plus psychologues dans le secteur public LAlliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) exhorte le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, à améliorer sans tarder les conditions de travail des psychologues à pied d’œuvre dans le réseau public, qui connaît une pénurie de main-d’œuvre.Si 236 postes de psychologues restent vacants cette année, 400 seront à pourvoir en 2013-2014.«Cette pénurie a de graves conséquences sur la santé de milliers de personnes souffrantes, qui n’auront pas accès à du soutien psychologique.Déplus en plus, on se diri- ge vers des services psychologiques à deux vitesses: rapides pour les riches, lents pour les plus pauvres et la classe moyenne», a affirmé la présidente de l’AP^, Dominique Verreault.- Le Devoir À VOS crayons! Enseignants et futurs ensei-^ants, à vos crayons! L’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE-UQAIN^ a fait savoir hier que la prochaine Grande Dictée Eric-Fournier, visant à aider les enseignants à accroître leur maîtrise du français écrit, se tiendra le samedi 5 mars prochain.Cette quatrième dictée en autant d’années sera lue par Biz de Loco Locass.La période d’inscription prend fin le 27 février.- Le Devoir Affrontement de deux visions de la gastronomie La Commission de la capitale nationale a retiré le foie gras du menu du banquet du Bal de Neige, provoquant le départ du chef Martin Picard FABIEN DEGUISE Le foie gras de canard a fait perdre la tête à la Commission de la capitale nationale (CCN) qui, en retirant ce produit fin du banquet d’ouverture de son Bal de Neige, le 4 février prochain à Ottawa, vient de «donner du poids au comportement extrémiste» des animalistes et confirmer au passage le clivage gastronomique entre francophones et anglophones, déplore le sociologue de l’alimentation Jean-Pierre Lemasson.«Je suis étonné que cela se passe si près de chez nous, a indiqué hier au Devoir le prof de l’Université du Québec à Montréal (jJQiPM).D’ordinaire, ce genre de controverses intervient aux États-Unis.La rivière des Ou-taouais est donc aussi une frontière entre deux conceptions de la gastronomie, l’une festive et l’autre, puritaine.» Cette nouvelle controverse autour du foie gras a été déclenchée en début de semaine quand la CCN a annoncé un changement important à son événement intitulç les Saveurs du Bal de Neige.A l’origine, le chef montréalais Martin Picard, du restaurant Au pied de cochon, célèbre pour sa poutine au foie gras de canard, devait y officier un repas pour 450 convives au Musée canadien de la civilisation.Le repas était sous le thème de la cabane à sucre dans le cadre de ce festival urbain hivernal.Picard a été remplacé^par le chef Miçhael Smith, de l’Ile-du-Prince-Edouard, et son menu aux accents atlantiques.La raison?Peu avant Noël, le cuisinier Martin Picard a préféré se retirer de l’aventure après que la Commission, de concert avec le commanditaire de l’événement, la multinationale américaine American Express, eurent choisi de ne pas mettre de foie gras de canard au programme.Les organisateurs ont ainsi cédé aux pressions d’activistes qui, en apprenant en décembre dernier la venue de Martin Picard, un spécialiste de plats à base de foie gras, ont exprimé leur crainte de voir de produit inscrit au menu.«Nous ne nous attendions pas à être impliqués dans ce débat, a indiqué hier la porte-parole de la Commission, Lucie Caron.ALFREDO ESTRELLA AGENCE FRANCE-PRESSE Pour le sociologue de l’alimentation Jean-Pierre Lemasson, le refus de la Commission de la capitale nationale d’intégrer du foie gras à son banquet prouve qu’il y a «deux conceptions de la gastronomie, l’une festive et l’autre, puritaine».En tant qu’agence responsable de la planification du Bal de Neige, nous voulions nous assurer que tous les participants puissent vivre une expérience positive lors de cette soirée.Nous avons donc convenu de ne pas aller de l’avant avec le foie gras.» Jean-Pierre Lemasson qualifie cette décision de «mauvaise».«Il y a là une profonde incompréhension culturelle exprimée par la Commission, dit-il.Pour un francophone, manger du foie du gras, c’est manger de la culture.Elle a préféré faire fi de cette dimension en accréditant les thèses de groupes extrémistes qui ne voient pas la nourriture comme un prétexte à la réjouissance, mais comme un espace d’expression de valeurs puritaines.» La CCN n’a pas été en mesure hier de chiffrer le nombre de plaintes reçues à son bureau.En décembre dernier, un groupe baptisé Ottawa Animal Defense League a tenu une manifestation en marge de la conférence de presse annonçant la tenue du banquet.Le groupuscule animaliste est connu dans la capitale, où, en mai dernier, il a déjà mené des campagnes contre plusieurs restaurants de la ville ayant du foie gras au menu.Selon eux, le gavage des oiseaux, nécessaire pour obte- Malgré nos appels, il n’a pas nir ce produit fin, est qualifié de été possible de parler à M.Pi-«torture», même si les sciences card hier, naturelles tendent à démontrer le contraire.Le Devoir Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 6ame^ - ^Nomettè JVcmsz temms/e/p ùi(>€iituù*e/ L'AGENDA MODERNE.amenda/ MIGNON.&xxicofn^tm, .Silo ^acüs/etC'.y{ÿfmch>sz, cartes^, artüdesrc^ôtfreaa/ 446, ruezfSiéSu^ice/, H^ieuafiyÆontréal : 6i4 646-^60 d^ouaertu/^ : (Aù OU/aemù'ecû' fOA 00 ày 00 ^samecàs/eùcûma/icAesy (Ay foÂ/ 00 à/ so A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 EDITORIAL Haïti L’impatience C’est aujourd’hui l’anniversaire du tremblement de terre qui, le 12 janvier 2010, a détruit une partie d’Haïti et jeté par terre, littéralement, Port-au-Prince, sa capitale.Combien triste est cet anniversaire qui nous fait prendre la mesure de la vanité des efforts de reconstruction qui ont été faits?Un an plus tard, tout, ou presque tout, reste encore à faire.Q l\ Bernard Descôteaux uébécois et Canadiens ont été généreux dans les heures et les jours qui ont suivi cette tragédie.Ils l’ont été de façon exemplaire, le gouvernement canadien aussi.Cette générosité allait de soi.Haïti ne fait-il pas partie du pays à travers les liens créés par une immigration qui n’a cessé de croître au fil de crises politiques et de désastres naturels?Aussi, c’est tout naturellement que dès le 13 janvier, les ONG, les bénévoles, les militaires et les travailleurs humanitaires d’ici ont afflué vers Haïti.Pour les 10 premiers mois de 2010, l’aide humanitaire apportée par le Canada aura totalisé quelque 150 millions.Cet investissement humain et financier a porté ses fruits.Des vies ont été sauvées et des douleurs physiques et morales ont été soulagées, mais un an plus tard, force est de constater combien peu a été fait pour ce qui est de la reconstruction.Une statistique dit tout: seulement 5 % des débris ont été déblayés à Port-au-Prince jusqu’ici.Pendant ce temps, l’argent promis par les pays donateurs dort dans leurs coffres.L’engagement du Canada à l’effort global de recons-_ truction est de 400 millions.Pour la présente ^ " année, seulement 40 % des 210 millions qu’on avait prévu dépenser a été véritablement enga-^ .gé, dont une partie pour réduire la dette natio- H ^ nale d’Haïti.¦\ À l’aune du malheur qui a frappé Haïti, on peut et on doit se scandaliser que si peu a été fait.Certes, la tâche est titanesque et il faudra de nombreuses années, cinq ans, dix ans, voire beaucoup plus, pour un retour à la normale.Devant cela, nous devons, nous des pays du Nord, dire notre impatience haut et fort, car, plongés encore dans un quotidien incertain, les Haïtiens ont peine à se faire entendre des capitales occidentales dont les efforts ne sont pas à la hauteur de leurs promesses.Le Canada peut faire beaucoup mieux.Il porte une responsabilité particulière, ne serait que par cohérence avec ses politiques qui a amené le gouvernement de Stephen Harper à faire de Haïti voüà déjà quelques années le pôle principal de son intervention en matière d’aide au développement dans notre hémisphère.Il lui faut décaisser les montants en appariement aux dons versés par les citoyens qu’il retient.Des ONG attendent cet argent pour réaliser des projets.Il y a urgence, car elles sont les seules à pouvoir sur le terrain apporter des changements immédiats dans la vie des hommes et des femmes d’Haïti.L’inertie qui prévaut n’est pas que de la seule responsabilité des pays donateurs.Pour une large part, elle tient à l’inefficacité de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH).Coprésidée par l’ancien président américain BUI Clinton et le premier ministre haïtien BeUerice, celle-ci est chargée de coordonner et d’autoriser tous les projets.Unanimement, tous les observateurs lui reprochent sa lourdeur.Le Canada ne doit pas être impassible devant cette situation.Il peut, étant un acteur important en Haïti, sonner le réveil des autres pays partenaires pour que les choses bougent enfin.A contrario, ce sera l’enlisement.Autre constatation très largement partagée est l’absence des Haïtiens dans le processus décisionnel des projets de reconstruction.Certes, le gouvernement de Port-au-Prince est associé directement à la CIRH, comme il se doit, puisque la reconstruction est faite pour les Haïtiens.Or, ce gouvernement n’est pas un véritable gouvernement.Depuis des décennies, il est celui d’une élite ou de castes au profit desquelles il dirige tant bien que rnal un pays qui ne dispose pas de tous les outils qui sont ceux d’un Etat normal.La reconstruction d’Haïti se doit d’être plus que la simple réfection d’équipements physiques.Ce soit être également la reconstruction de l’État haïtien, qui aura l’adhésion de toute sa population.Le processus électoral en cours est une étape importante pour peu qu’ü se déroule en toute transparence et équité.La légitimité du prochain président ou présidente doit être incontestable.bdescoteaux@ledevoir.corn LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU , PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIFEET Directeur, ventes publicitaires JOSÉ CRISTOEARO aiilefcoîsc Au Pu SvStImC Vt HAÏTifN _ Avec u'AiPtl jiA/viei '.flUÜ'.U cMWt rUm: Utif ÊTuPf -~ ' wNRAÎfrfT' (3u‘oN A L£S PcmB McuJ fViRf fRoft'TÊR W lEUA , CeWSîP-W /H* C£NTRfVii-L.t 4; aert-ûi-a Les détraqués politiques Une autre tuerie incompréhensible s’est produite, celle-là à Tucson, en Arizona, le 8 janvier! Le geste insensé, posé par le présumé coupable Jared Lee Loughner, n’est pas sans nous rappeler Iç massacre commis par Marc Lépine, à l’École polytechnique de JVIontréal.A cette époque, un article du Globe and Mail attribuait cette fusillade au climat politico-linguistique du Québec séparatiste.Dans le cas de l’attentat de Tucson, certains observateurs y voient l’influence du Tea Party lié à Sarah Palin.Pourtant, jusqu’à maintenant, les enquêteurs fédéraux américains n’ont découvert aucun lien entre Loughner et des groupes extrémistes.Par contre, ses anciens collègues de classe le décrivent comme un asocial paranoïaque et délirant.De plus, il a été refusé par l’armée en 2008 après avoir échoué à un test de dépistage de drogues.De Poljttechnique à Tucson, il semble facile de tracer un chemin en ligne droite et de poser rapidement le doigt sur la gâchette du contexte sociopolitique qui serait responsable de ces comportements inexplicables.Jusqu’à preuve du contraire, un fait demeure: Loughner et Lépine étaient déjà considérés comme des détraqués ^vant qu’ils posent leur geste inhumain.A ma connaissance, la preuve n’a jamais été faite quant au lien entre l’auteur du geste posé à Polytechnique et le climat séparatiste du Québec.La version officielle de la tragédie de Tucson demeurera-t-elle, elle aussi, le crime d’un détraqué à jamais insondable?C’est à suivre! Henri Marineau Québec, le 11 janvier 2011 LETTRES Le culte de la violence et des «guns» Les États-Unis sont un pays dans lequel on retrouve des êtres d’une culture remarquable et impressionnante, des humains généreux et accueillants.C’est un pays dans lequel il y a, bien évidemment, de prodigieuses différences «régionales».Entre le sud et le nord, pour ne présenter que cet exemple, les «écarts» sont assez remarquables.Aussi, il est notoire que ce pays est imprégné par une culture (ou inculture) de la mort et des armes à feu, par un culte inculte de la violence et de la virilité, laquelle serait conférée par les gros «guns» de toutes sortes.En fait, ij y a, chaque année, de très nombreux Étatsuniens qui meurent, tués par des armes à feu.Les tueries collectives, comme celle qui vient de survenir, s,ont assez fréquentes.Dans de nombreux États, la peine de mort reste un châtiment possible.Cela, même s’il est parfois arrivé que des innocents soient condamnés.Il ne faut pas oublier, comme l’indiquent des esprits éclairés comme Noam Chomsky ou John R.MacArthur, que ce pays à haute prétention démocratique est presque toujours en guerre, est toujours prêt à intervenir dans divers coins du monde pour y établir l’ordre étatsunien, l’ordre du pétrole, l’ordre des intérêts économiques et politiques étatsuniens.Il serait intéressant de savoir combiep d’humains ont été massacrés par des Étatsuniens (depuis 1945) en Irak, en Afghanistan, au Vietnam, en Indonésie et dans de nombreux coins du monde.En fait, la société étatsunienne a un haut potentiel de violence.Et la récente tuerie n’est pas un incident rare, isolé ou exceptionnel.Craignons une certaine inculture, une inculture de la mort! Jean-Serge Baribeau Montréal, le 10 janvier 2011 Un ministre et l’éthiqne Le nouveau ministre de l’Environnement nommé par Harper n’était pas en poste depuis 48 heures que déjà il déclarait que les sables bitumineux sont une ressource «éthique»! Peter Kent n’est rien d’autre qu’un des nombreux «yes men» (béni-oui-oui) de Harper! Comment un ministre de l’Environnement peut-il affirmer publiquement que les sables bitumineux sont une «ressource merveilleuse et éthique»?Il y a un conflit énorme entre cette déclaration et le rôle qu’il devrait remplir en tant que ministre de l’Environnement! Mais cet homme est sûrement trop à la merci de son chef pour s’en rendre compte! Si le critère pour évaluer l’éthique d’une ressource naturelle était seulement qu’elle soit produite dans un pays démocratique, tous les pays démocratiques pourraient librement ravager la planète sans se soucier du fardeau qu’ils laissent aux générations futures! Mais Peter Kent ne semble pas le comprendre.Stephen Harper a encore mis un clown à la tête d’un ministère comme celui de l’Environnement, ce qui indique clairement le peu d’importance qu’il accorde à la question.Federico Bonfiglio Montréal, le 7janvier 2011 LIBRE OPINION Valeurs mobilières : Québec défend mal sa cause MAXIME BERNIER Député fédéral de Beauce et ex-directeur des relations corporatives et internationales pour la Commission des valeurs mobilières du Québec de 1997 à 2000 Cette année, la Cour suprême aura à statuer sur la constitutionnalité d’un projet de loi visant la création d’une Commission nationale des valeurs mobilières.En demandant aux juges de se prononcer, mon collègue Jim Elaher-ty, le ministre des Einances, veut s’assurer que cette initiative du gouvernement fédéral n’enttaî-ne aucune ingérence dans les champs de compétence provinciale.Contrairement au Parti libéral du Canada, qui n’a jamais hésité à empiéter sur les pouvoirs des provinces, notre gouvernement a dit qu’il respectera la Constitution.Comme je l’ai déjà affirmé par le passé, je suis personnellement convaincu que le domaine des valeurs mobilières est de compétence provinciale.C’est ce que devrait conclure la Cour suprême en fonction de la jurisprudence et des éléments de preuves déposés devant elle — si les bons arguments lui sont présentés, il va de soi.Qr, j’ai analysé le mémoire du gouvernement du Québec présenté devant la Cour d’appel dans une cause similaire et je suis déçu et déconcerté par la faiblesse de celui-ci.Le Québec s’appuie sur l’article 92 (13) de la Loi constitutionnelle de 1867, qui traite de «la propriété et les droits civils», pour plaider que les valeurs mobilières sont de compétence provinciale.C’est un argument fondé et reconnu.Mais une fois qu’on a dit cela, on n’a pas dit grand-chose de pertinent Preuve historique En effet même si elle a déjà accepté cet argument, la Cour suprême a précisé à deux reprises qu’elle pourrait changer d’idée si on lui démontre que le commerce des valeurs mobilières est maintenant non plus présumément de nature locale comme à l’époque préconfédérative, mais de nature interprovinciale et même internationale.C’est d’ailleurs ce que plaide le gouvernement fédéral pour justifier la constitutionnalité de son projet de loi.Selon cet argument la nouvelle réalité du commerce des valeurs mobilières fait en sorte qu’il s’agit maintenant d’un champ de compétence fédéral en vertu de l’article 91 (2) de la Loi constitutionnelle de 1867 traitant de «la réglementation du trafic et du commerce».Le plus déroutant est que le Québec, dans son mémoire, fait fi de l’avertissement de la Cour suprême.Il n’apporte aucune preuve historique démontrant que le commerce des valeurs mobilières était en fait déjà, à l’époque préconfédérative, de nature interprovinciale et internationale et que cela était connu des pères de la Confédération.Pourtant, cette preuve historique existe.Qn constate que le commerce des valeurs mobilières constituait déjà une activité économique importante au Canada avant 1867.Le Board of Brokers a été créé en 1848.C’est la première association de courtiers à Montréal qui négocie des valeurs mobilières.La lecture des lois préconfédératives montre que ce commerce évoluait aussi, à l’époque, dans un contexte international.Plusieurs de ces lois contiennent des dispositions qui ont une portée extraterritoriale.Ce n’est certainement pas un hasard si elles prennent souvent soin de prévoir que les titres d’une compagnie pourront être émis et transférés à l’étranger et que les dividendes pourront y être versés.Dans certaines lois, on mentionne des villes comme Londres, Boston et New York, où les livres de souscription pouvaient être ouverts.La mondialisation des marchés financiers n’est pas un phénomène nouveau.Une première phase de mondialisation a débuté vers 1820 et a pris fin en 1914 avec la Première Guerre mondiale.La seconde phase a commencé après la Seconde Guerre mondiale et se poursuit toujours.Ainsi, à l’époque préconfédérative, les marchés financiers internationaux étaient déjà fortement intégrés.Le réseau d’institutions financières établies à Londres a généré d’importants mouvements de capitaux à l’échelle de la planète, qui ont favorisé une croissance rapide des économies de certains pays comme l’Argentine, l’Australie et le Canada.Dans une large mesure, le développement des ressources naturelles chez nous s’est réalisé grâce aux capitaux étrangers.Plusieurs études ont démontré l’importance de la mobilité des capitaux au XfK® siècle.Ce qui a fait dire par exemple à l’ex-président de la Ped Alan Greenspan que «le degré de mondialisation aujourd’hui n’est pas plus grand que celui qui prévalait il y a un siècle».Pères de la Confédération Le mémoire du gouvernement du Québec, en plus d’ignorer ces faits, ne mentionne aucune des études historiques démontrant que les pères de la Confédération connaissaient bien ce domaine.En analysant la biographie des pères de la Confédération, on se rend compte en effet que près des deux tiers avaient étudié en droit et près de la moitié appartenaient au monde du commerce.Trente des trente-six pères s’intéressaient aux différents secteurs financiers, soit à titre d’investisseur, de membre d’up conseil d’administration ou de procureur.A titre de législateurs, ils adoptaient les lois privées nécessaires pour constituer une compagnie à l’époque.Ils savaient que celles-ci avaient le droit d’émettre des actions et des obligations hors du Canada.C’est donc en toute connaissance de cause qu’ils ont confié le secteur des valeurs mobilières aux provinces.Rien n’a fondamentalement changé depuis qui permettrait de transférer ce champ de compétence au gouvernement fédéral.Dans son mémoire à la Cour d’appel, le Procureur général du Québec ne réplique à son homologue fédéral sur aucun de ces points.Il ne présente aucun des arguments nécessaires pour gagner sa cause et risque ainsi de la perdre.Si cela se confirme, on ne pourra pas dire cette fois que le Québec aura été affaibli par un coup de force du gouvernement fédéral, puisque notre gouvernement aura tout fait pour respecter le processus constitutionnel.Il l’aura plutôt été de par sa propre faute. LE DEVOIR LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 A 9 IDEES Haïti tremble toujours GERARD LATULIPPE Président de Droits et Démocratie, l’auteur était directeur du National Democratic Institute en Haïti au moment du séisme n Haïti, on l’appelle «l’événement».C’était il y a un an, le 12 janvier 2010.Je me souviens des maisons qui s’écroulent autour de moi, des morts jonchant les rues, des clameurs s’élevant de la ville durant la nuit.J’ai toujours la vision de cette petite fdle de cinq ans, avec une plaie béante à la tête, que j’ai dû soigner sans moyens, sans médicaments, sur le terrain de stationnement de l’hôtel Villa créole.J’ai toujours l’impression qu’elle s’appelle Alexandra, comme ma petite fille.Ce jour-là, la terre a tremblé en Haïti, entraînant plus de 200 000 pertes humaines, plus de 300 000 blessés et 3,5 millions de personnes touchées par le séisme.Malheureusement, la terre tremble encore pour les Haïtiens qui vivent toujours dans des conditions inhumaines emportées par d’autres catastrophes naturelles, sanitaires ou politiques.Haïti est aux prises depuis plusierus décennies avec une situation perpétuelle de crise sociale, politique et économique.Les effets cumulatifs des inondations de Gonaïves, du séisme du 12 janvier 2010, de l’ouragan Tomas, de l’épidémie de choléra qui a déjà tué plus de 2000 personnes depuis la mi-octobre ont porté la misère humaine à des niveaux intolérables.Séisme électoral Que dire du séisme électoral du 28 novembre dernier?Dans toutes les régions du pays, des observateurs nationaux et internationaux ont rapporté de multiples cas de fraude, de bourrage d’urnes, d’intimidation et de violence.Une crise politique sans précédent résulte d’un processus électoral qui était fortement contesté dès son origine, quoiqu’appuyé par la communauté internationale.Les sondages démontrent l’absence de crédibilité du scrutin dans la population.Un an après le tremblement de terre, on peut non seulement se demander comment Haïti peut se relever du séisme, mais aussi comment la reconstruction du pays peut être socialement, pob-tiquement et économiquement druable.J’ai une admiration considérable pour ces milliers d’initiatives d’Haïtiens, de membres de la diaspora, d’étrangers de par le monde visant à aider le pays à se relever.Qu’il s’agisse d’un hôpital, de silos à grain ou même de l’aide fournie à une famille poru tenter de la sortir de la misère.ALLISON SHELLEY REUTERS Un an après le tremblement de terre, on peut non seulement se demander comment Haïti peut se relever du séisme, mais aussi comment la reconstruction du pays peut être socialement, politiquement et économiquement durable.le courage et la compassion de ces milliers de personnes sont remarquables.Toutefois, la reconstruction du pays tarde trop.Un an après le séisme, la situation en Haïti ressemble beaucoup à ce à quoi elle ressemblait immédiatement après le 12 janvier 2010.La lenteur des décaissements de^ donateurs est alarmante.Depuis longtemps, l’État haïtien souffre de faiblesses structurelles considérables qui engendrent des difficultés importantes dans la fourniture des services publics à la population.11 existe une crise de confiance majerue du peuple haïtien envers la gouvernance de leur pays.Elle a d’ailleurs atteint son comble avec l’inextricable imbroglio du processus électoral actuel.Coordination chancelante 11 y a aussi les QNG.Qn appelle souvent Haïti la «répubbque des QNG».Haïti est devenu, selon l’ancien président Bill Clinton, le pays qui a le plus d’QNG par personne sur la planète.Depuis des décennies, l’aide internationale passe plutôt par les QNG que par l’État haïtien.La coordination fait défaut.L’État ne sait pas qui fait quoi sru son territoire.Quant à eux, les donateurs p’ont souvent pas confiance dans la capacité de l’État à forunir efficacement les services pubbcs.Ce sont les QNG quj remplissent souvent le rôle laissé vacant par l’État.Et il y a la corruption.Année après année.Transparency International classifie Haïti comme étant un des pays où la perception de la corruption est la plus élevée de la planète.Le pays se classait, par exemple, au 131® rang sru 133 en 2003 et au 168® sru 180 en 2009., C’est un cancer de la gouvernance qui affaibbt l’État et handicape sérieusement sa capacité à offrir des prestations de base à la population.f Pas de refondation sans Etat 11 n’y aura pas de reconstruction durable en Haïti sans une gouvernance intègre et légitime.La boime conscience et le décaissement des mil-bards de dollars promis ne suffiront pas à reconstruire le pays et à le placer sru la voie du développement durable.La refondation de l’État haïtien doit être placée au cœur de la reconstruction du pays.Ce q’est pas ce qui se passe.La mise en place d’un État stable, fonctionnel, jouissant d’une légitimité démocratique, soucieux de transparence et du respect des droits de la personne est incontournable.Les citoyens haïtiens doivent être au cœru de la reconstruction de leru pays.11 n’y a pas de développement possible sans adhésion du peuple à son développement.L’histoire d’Haïti en est une d’exclusion et de rupture.11 y a l’exclusion des femmes, des jeunes, des paysans.11 y a la rupture entre le peuple et ses élites, la classe politique.Mobilisation des forces Le processus électoral ne réussira certainement pas à modifier cette djmamique d’exclusion et de rupture.La reconstruction d’Haïti ne peut être un projet émanant seulement du gouvernement haïtien et de la communauté internationale.11 faut une mobilisation des forces vives du pays sur l’ensemble du territoire dans le cadre d’un processus de participation permettant la construction d’un consensus national visant à briser le joug des faiblesses structurelles du pays et reconstruire ce merveilleux pays que j’aime.La communauté internationale doit accompagner, et non diriger, les citoyens d’Haïti à travers les méandres logistiques, techniques et culturels qui sont le propre d’une telle mobilisation.J’ai vécu le 12 janvier 2010 et Haïti est toujorus demeuré présent dans ma vie et dans mes valeurs.C’est la raison pour laquelle je m’exprime aujourd’hui et cette opinion n’implique pas l’organisme poru lequel je travaille.Un État fantôme D DANIEL HOLLY Professeur au Département de science politique de l’UQAM ans une conjoncture de crise, le choix d’une expression pour en indiquer les voies de sortie est souvent révélateur de la pertinence de l’analyse qui en est faite.Les réactions des Haïtiens au lendemain du séisme du 12 janvier 2010 en sont une excellente illustration.Devant l’ampleur des dégâts, les débats se sont orgaifisés autoru de deux pôles.D’un côté, il y a ceux qui parlent de reconstruction et de l’autre, ceux qui posent le problème plutôt en termes de refondation.Poru les tenants de la première interprétation, la légitimité des institutions politiques n’est pas en cause.L’essentiel, c’est que les détenteurs du pouvoir politique se concentrent sur la reconstruction de la capitale nationale et des autres villes touchées par le tremblement de terre.Ce qui, par ailleurs, n’exclut pas la possibilité de critiques assez sévères à l’égard du leadership actuel du pays.Dans cette perspective, la crise n’est pas assimilée à une crise de l’État.En revanche, la légitimité des institutions publiques est au cçeur des revendications du second coiuant.L’État — c’est-à-dire l’appareil étatique et ceux qui en occupent les postes supérieurs — tel qu’il s’est développé historiquement a failli.11 doit dès lors être refondé et de nouvelles structures doivent être mises en place.Cette position a le mérite nous forcer à scruter les performances de l’État haïtien pQiu nous faire pne idée plus précise de sa nature.À l’analyse, l’État haïtien apparaît vide de toute substance.11 n’a de l’État que les apparences.Marasme généralisé , En général, selon la sociologie politique, un État existe quand, dans un pays, les détenteurs du pouvoir (les dirigeants politiques) organisent la reproduction de la société.Ils font ainsi en sorte de générer un dynamisme porteru de changements significatifs pour l’ensemble de la société, quels que soient les secteurs concernés.Les progrès économique, social, culturel et institutionnel à long terme de la communauté sont les objectifs porusuivis.Qu’en est-il de la République d’Haïti?Le chaos observable depuis le récent séisme a des causes plus lointaines.Historiquement, une évidence s’impose: les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays n’ont jamais eu comme préoccupation la promotion de l’intérêt général.Leur inaction dans les principaux domaines de la vie nationale frise l’immobilisme.Alors que le pays connaît, au moins depuis le début des années 1950, un marasme généralisé,,rien ou presque rien n’est fait poru l’en sortir.L’«État haïtien» est introuvable.Tous les secterus importants de la société sont quasiment laissés à eux-mêmes.La dérive économique et sociale La situation de l’agriculture haïtienne et du monde rrual où vit la majorité de la population du pays en offre un bel exemple.L’indifférence Éis-torique des responsables de l’appareil d’État pour l’agriculture haïtienne étoime, car celle-ci a toujorus été proclamée le secteru économique le plus important.L’économiste Mats Lundhal dit, avec raison, que la passivité et la non-intervention dans le domaine de l’agriculture sont des traits caractéristiques de l’attitude des gouvernements d’Haïti depuis le XIX® siècle (Mats Lundhal, Peasants and Poverty.A Study of Haiti, London, St.Martin’s Press, 1979).Cette passivité est encore observable aujourd’hui.Après plus de deux siècles d’indépendance, l’agriculture haïtieime demeure incapable de satisfaire les besoins alimentaires de la très grande majorité de la population, favorisant la dépendance aux importations de l’étranger.Cela aggrave du même coup le déséquilibre de la balance des paiements et entraîne une pauvreté généralisée à la campagne de même que la stagnation économique du pays.La voie définie par les dirigeants a plutôt été favorable à la bourgeoisie traditionnelle minoritaire et sans grands bénéfices pour le monde paysan et a contribué au renforcement du sous-développement du pays.Dès la proclamation de l’indépendançe, en effet, la relance de l’économie du nouvel État s’est posée en des termes qui favorisaient les intérêts d’une fraction de la population composée des chefs de l’armée et des membres prospères et influents des affranchis qui se partageaient les propriétés des colons français.La mise en valeru de ces domaines s’est butée au refus des masses de reprendre le travail des champs, forçant la mise en place d’un système reposant sur le travail autonomy des «paysans», où le contrôle de l’appareil d’État est devenu le moyen de capter le peu de profit qu’il générait.Des taxys et redevances de toutes sortes, prélevées par l’État, ont ainsi ali- L’Etat haïtien est introuvable.Tous les secteurs importants de la société sont quasiment laissés à eux-mêmes.mente des circuits de corruption et d’enrichissement, creusant l’écart entre la minorité privilégiée et le reste de la population.Haïti s’est ainsi privé de ressources qui auraient pu être utilisées si le pays avait disposé d’une politique maîtriséy de développement économique.L’absence d’État ne pouvait mieux se faire sentir.Et cette indifférence a maintenant d’importantes répercussions sociales.Santé publique La pauvreté généralisée est l’une des conséquences majerues de cette situation économique catastrophique.Elle est écrasante à la campagne et dans les quartiers défavorisés des villes.«La population haïtienne est probablement pour 80 % au-dessous de la limite inférieure [du seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale] et est donc pour les quatre cinquièmes dans ce qui est qualifié d’^rême pauvreté», affirme André Corten (JOiabo-lisation et mal politique.Haïti, misère, religion et politique, Montréal/Paris, les éditions du CIDIHCA/Karthala, 2000).Et on ne voit pas de signes d’amélioration notable.Sur le plan de la santé, l’état des lieux est aussi catastrophique.Les infrastructures de santé sont quasiment inexistantes dans la plupart des régions, et le personnel médical introuvable parce qu’il est expatrié ou concentré dans les villes ou par manque de politique cohérente.Aussi, les problèmes de santé publique se posent-ils avec acuité.La mortalité infantile, par exemple, est une des plus élevées en Amérique latine: 54 décès d’enfants de moins d’un an (ou 72 pour ceux de moins de cinq ans) sur 1000 naissances (UNICEE, 2008).Et les cas de malnutrition ^ave (cause importante de ces décès et de déficiences chroniques) sont loin d’être rares.Sans l’aide étrangère, la situation serait pire.Toutefois, il n’y a pas que les enfants qui sont victimes de l’inaction des pouvoirs publics.C’est le monde rural en entier qui pâtit de toutes ces carences.r Education De surcroît, le taux d’analphabétisme est très élevé, se situant aux alentours de 50 % à l’échelle du pays, mais davantage dans les zones rurales.11 y a peu d’écoles et, là où elles existent, elles sont en général mal logées, mal équipées et l’en- cadrement pédagogique est quasiment inexistant.Au bout du compte, l’école est incapable de former les cadres dont Haïti a grandement besoin, perpétuant ainsi le sous-développement et creusant les inégalités sociales.Avec la complicité des dirigeants, un monde à deux vitesses a ainsi été créé au fil des ans.D’un côté, on retrouve une minorité aisée (à peine 5 % de la population), objet de toute l’attendon des dirigeants, qui a accès à un réseau d’écoles privées et à des services de santé diversifiés.De l’autre, il y a les masses populaires, ces éternels laissés-poiu-compte.L’exclusion sociale à ce point généralisée et le mépris affiché à l’endroit des cquches populaires sont des signes de plus que l’État haïtien est une coquille vide, sans substance, sans prise sru le destin national d’Haïti.Et la faiblesse des institutions publiques ne permet pas, pour l’instant, de norurir quelque optimisme que ce soit quant à un redressement éventuel des affaires haïfieimes.Capacité d’intervention quasiment nulle Au-delà des déclarations d’intention, les gouvernants portent peu d’intérêt à la fonction et aux institutions publiques.La reproduction institutionnelle n’a jamais été l’une de leurs principales préoccupations.Leur attitude devant l’adminis-trafion publique, instrument étatique pourtant indispensable, illustre éloquemment ce fait.Malgré les verdicts répétés d’incompétence de l’ad-ministradon publique depuis 1962, les dirigeants haïtiens n’ont montré aucun empressement à la réformer sérieusement.Aucune de leurs initiatives n’a abouti.Ce qui fait qu’un demi-siècle plus tard, nous sommes toujours au stade des projets de réforme, portés par des dirigeants déporuvus de capacités d’intervention sérieuses et qui ne s’en soucient guère.11 n’est nul besoin de dire à quel point tous les secteurs importants de la société sont affectés, de la santé publique à l’éducation en passant par l’économie, la justice, etc.Nous assistons, au ^é des conjonctures, à l’impuissance des pouvoirs publics à administrer l’espace haïtien et à leuf désintéressement suicidaire.Plus encore, l’État haïtien est une fiction.Car plus on le cherche, plus il s’éloigne.11, est évanescent.La communauté haïtienne, cet État au sens du droit international, est encore à construire.¦ Cet article fait partie du dossier Haïti, le choc de la réalité publié dans le numéro de février de la revue Relations.L’EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Marie-Andree Choumard (éditorialiste, responsable de la page Idees), Marco Belair-Cirmo (general), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (société) ,'Se.an Dion (sports), Louis-Gilles Francœur (environnement), lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences), Carohne Montpetit (affaires sociales), Brian Myles (justice), Louise-Maude RiouxSoucy (santé), Philippe Papineau (pupitre) , information politique Michel Dav\A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Guillaume Bourgault-Côte (correspondants parlementaires a Ottawa), Antoine Robitaüle et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec), Alec Castonguay et Kathleen Levesque (reporters) , information culturelle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Baillargeon (médias), Frederique Doyon et Isabelle Pare (reporters), Odile Tremblay (cinema), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) , information économique Gerard Berube (adjoint au directeur de l’information), François Desjardms, Eric Desrosiers et Alexandre Shields (reporters), Dominique Reny (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy 'Ta\\[ei&r (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives) , Diane Precourt (responsable des pages thématiques), Emilie Eohe-Boivm (pupitre) , Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) , Michel Garneau (caricaturiste) , Andreanne Bedard, Michele Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) , Paul Cauchon et Benoît Munger (responsables du site internet), Laurence Clavel (pupitre internet), Marie-Pier Erappier, Emilie Parent-Bouchard et Etienne Plamondon-Emond (commis internet) , Amehe Gaudreau (secretaire a la redaction), Genevieve Tremblay et Sophy Lambert-Racme (commis a la redaction) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Sylvam Gnmard (directeur adjoint) de Büly, Jennifer Boily-Demers, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Stephanie Deziel, Amel Elunam, Véronique Langlois, Sunon Lanoie, Amehe Maltais, Maria M Motta, Claire Paquet, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Marie-Lune Houde-Brisebois , Jean-Robert Divers (responsable promotion) ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Celme Euro y, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Véronique Page, Monique Proteau A 10 LE DEVOIR, LE MERCREDI 12 JANVIER 2011 ACTUALITES AYITI SUITE DE LA PAGE 1 Lyman Leonord était chez lui avec sa femme et ses enfants lorsque la terre a tremblé.«On est sorti en courant avant que le toit ne s’effondre sur nous» y raconte cet enseignant, membre du comité qui s’occupe de la gestion du camp, ce qui implique d’assurer la sécurité et de tenir à jour les registres lorsque des organisations s’adonnent à passer pour offrir de l’aide.Un de ses enfants est mort sous les décombres, en offrande à Dieu, souffle-t-il.Et «maison brisée»y dit-il en ajoutant que rien n’a pu y être récupéré.Les premiers jours au camp Maïgaté ont été difficiles.Spontanément, des milliers de sinistrés traumatisés et affligés par le deuil ont pris d’assaut ce terrain vacant pour dormir à la belle étoile, bercés par le bruit harassant des avions qui atterrissaient à toute heure.Un an plus tard, Lyman Leonord est toujours là.«On ne s’attendait pas à passer tous ces mois-là ici.Dans les pays où l’Etat prend ses responsabilités et assiste la populationy ça ne serait^pas arrivé comme ça.Il n’y a aucune instance d’Etat qui est venue nous voir.Que des ONG internationales qui nous amènent des choses de temps en temps»y raconte l’homme de 34 ans, dont la femme est sur le point d’accoucher.«Un an plus tard, rien n’est fait.Et nous sommes dans les décombres.» A peine 5 % des gravats ont été déblayés.A Pétionville, un quartier de la classe moyenne, le parc qui fait face à la jolie maison «héritage national» du premier ministre de la République a été pris d’assaut par des milliers de sans-logis qui y ont planté leurs tentes, le plus souvent achetées à des revendeurs.Ici, il n’y a que très peu d’installations sanitaires et aucun soin de santé.Orléan Fanfan, le secrétaire général du camp, a perdu ses quatre enfants dans l’écroulement de sa maison.Il s’occupe désormais des problèmes des autres pour oublier les siens.Le bilan, un an plus tard?«Nous sommes encore aujourd’hui, sous la tente, comme des bêtes», laisse-t-il tomber à demi-mot, honteux.«C’est dur.Mais on se résigne.Avons-nous le choix?» souligne l’enseignant de formation.La reconstruction se fait attendre Pendant que la vie reprend lentement au milieu des décombres, les Haïtiens s’interrogent sur la reconstruction de leur pays en lambeaux.Comment faire avancer le processus dans un pays aussi vulnérable?L’espoir est ténu, mais personne ne se laissera faire.«Nous sommes des hommes et nous prendrons les moyens pour nous faire entendre, assure Lyman Leonord.Personne ne pourra tolérer d’être ici dans un an.» Certes, reconnaît Carine Guidicelli, directrice des communications au Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), la reconstruction prendra du temps.«Certains titres de propriété ont été perdus.Et en Haïti, il n’y a pas de cadastres.Il faut donc commencer par le début», explique-t-elle.Les organismes d’aide humanitaire ont souvent les mains liées, déplore une travailleuse humanitaire dépêchée à Petit-Goâve.«On n’avait pas les permis pour construire des latrines ou des centres de traitement d’eau.On ne pouvait pas \ ; H FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Jaen Sony et ses deux enfants dans la tente qu’il a érigée lui-même au camp Canaan, à environ 30 minutes de voiture de Port-au-Prince.Ce camp abrite des milliers de familles et n’a toujours pas d’eau potable.Jaen vivait aux Etats-Unis au moment du séisme et il est venu rejoindre sa femme et ses enfants.s’imposer comme ça.La plupart des propriétaires terriens étaient aux Etats-Unis ou ailleurs.Ça aurait pris une loi spéciale d’urgence», soutient-elle.Dans l’attente du plan d’urbanisme du gouvernement, les propriétaires privés n’osent pas démarrer la reconstruction à leurs frais.«Il faut des plans d’aménagement urbain et pas seulement pour l’année qui vient.Il faut avoir une vision de ce que ça va être dans 20 ans.Ce qui n’a jamais été fait doit être fait maintenant.Il faudra au moins cinq ans à la reconstruction», insiste Mme Guidicelli.Cinq ans, c’est le temps qu’ont mis les pays de l’océan Indien dévastés par le tsunami de 2004 pour recouvrer leurs esprits.Mais cette fois, le séisme a touché le cœur de la capitale.Port-au-Prince est tombée, de même que le tiers de la fonction publique.«Il y a beaucoup de critiques faites au gouvernement haïtien.Mais comment veux-tu t’organiser après ça?», note Mme Guidicelli en rappelant que peu de temps après le séisme, une bonne partie de la classe politique influente — même les ministres — vivait dans des tentes.«Si on imaginait que pareil séisme détruisait Montréal à 75 %.Je ne suis même pas certaine que sur le plan de la résilience, on pourrait surmonter ça.» «Et on ne pourrait jamais penser reconstruire la ville après un an», intervient sa collègue, Chantal-Sylvie Imbeault, pour relativiser les choses.La directrice des services corporatifs au CECI reconnaît qu’il y a beaucoup d’organisations sur place.Mais le réel problème vient davantage du manque de coordination sur le terrain entre les organisations internationales et les ONG, qui n’ont pas toute la même expérience.On estime à 9000 le nombre d’ONG enregistrées.Or, en réalité, elles seraient plus de 20 000.Petites ou grandes, ces organisations ont répondu, dans un élan du cœur, à l’appel de détresse des Haïtiens.Il ne s’agit pas de douter de leur bonne foi, insiste Mme Imbeault.«Il y a un réel cafouillage, un manque de leadership.Certaines organisations connaissent très peu l’humanitaire et le développement à long terme.Ça peut être très dangereux», prévient-elle.Commémoration dans tout le pays Pour commémorer le tragique événement, diverses messes et activités se déroulent aujourd’hui toute la journée dans le pays, en particulier à la capitale et dans la ville de l’épicentre, Léogâ-ne.L’ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean sera à Port-au-Prince, d’abord à l’Université Quisqueya, où elle prendra part à un rituel de recueillement.Puis, en sa qualité d’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti, elle inaugurera au bureau de l’organisation onusienne à Port-au-Prince une exposition d’œuvres photographiques de jeunes lycéens.De grandes marches pacifiques se tiendront dans divers lieux stratégiques de la ville, culminant par un recueillement sur les fosses communes.On lancera un registre d’inscription des personnes décédées lors du séisme.Le président sortant, René Préval, sera de la grande cérémonie sur le parvis de la cathédrale de Port-au-Prince qui a lieu ce matin.Et à 16h53 heure locale, les Haïtiens seront invités à observer une minute de silence et à lâcher des ballons blancs.Dans son village de tentes près de l’aéroport, Lyman Leonord, lui, ne participera à aucune marche ni activité publique.«J’irai vivre mon deuil seul et planter un arbre, à la mémoire de l’enfant que j’ai perdu.» Avec la collaboration de François Pesant Le Devoir AVENIR SUITE DE LA PAGE 1 habite Rivière-au-Tonnerre, vient de créer, avec d’autres, La Coste, une agence de voyages qui se présente comme une coopérative de solidarité en tourisme équitable.«Nous proposons des circuits avec guide et des forfaits à ceux et celles qui recherchent l’aventure douce et des expériences inédites dans une région d’une exceptionnelle beauté sauvage.» Il revient tout juste de Paris, Lyon et Bruxelles, où il est allé proposer à différents «tour-opérateurs», des voyagistes, quelques itinéraires susceptibles d’intéresser leur clientèle.«Les rares lieux d’hébergement qui existent ont été conçus pour accueillir des travailleurs.Pas des touristes.Tout reste à inventer en matière de tourisme chez nous», explique Jacques Lachance.Tandis qu’au Labrador voisin la machine touristique se met en marche avec de plus en plus de succès, galvanisée par le parc national de Red Bay qui attire maintenant 12 000 touristes par année, «le secteur de Blanc-Sablon, lui, peine à en attirer 2000», déplore Serena Etheridge.«Le Labrador a su développer une extraordinaire image de marque», poursuit-elle.«Juste le mot évoque tout de suite les ours polaires, la toundra, les aurores boréales, un bout du monde préservé et qui fait rêver.Rien de tel pour la Basse-Côte-Nord, où d’intenses efforts restent à faire pour la porter à la connaissance du monde.» «Et la province de Terre-Neuve-et-Labrador a reçu beaucoup d’aide du fédéral pour développer le tourisme et construire les infrastructures nécessaires, prétend Anthony Dumas, maire de Blanc-Sablon.Nous, au Québec, on est toujours empêtré dans les chicanes fédérales-provinciales.Et en plus, ici, les municipalités relèvent de Québec!» De nouvelles voies à e^lorer Diversifier son économie signifie aussi pour la Basse-Côte-Nord explorer de nouvelles voies.Exploiter de nouveaux produits de la mer, comme les oursins, les palourdes, les algues.Mettre à profit le continent de toundra dont elle est faite et qui se prêterait à l’exploitation de la tourbe.Récolter et transformer les petits fruits dont elle regorge, et notamment cette petite baie unique, goûteuse et méconnue appelée chicouté.«Mais notre problème numéro un reste le transport de nos produits vers Montréal et les grands centres, soutient Anthony Dumas.On ne s’en sortira pas sans une route pour nous relier au reste du Québec.» «Il faut pouvoir nous vendre comme région globale», soutient Vicki Driscoll, directrice du CEDEC (Community Economie Development and Employability Committee).«Et dépasser l’idée des petites communautés qui travaillent chacune dans leur coin», poursuit-elle.«Nos villages ont vécu et vivent encore isolés les uns des autres depuis si longtemps, explique Brice Fequet, préfet de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, que c’est normal que ça prenne du temps pour asseoir tout le monde à la même table, et avec les mêmes objectifs.Mais il faut que nous y arrivions.» Cultiver Testime de soi La Basse-Côte-Nord, qui se perçoit souvent plus terre-neuvienne que québécoise, se convainc de plus en plus qu’elle gagnera à se rapprocher du Québec.«Après tout, on en fait partie!» lance Brice Fequet, un anglophone qui a du sang inuit et huguenot.Entré récemment en fonction comme préfet, Brice Fequet s’est donné comme priorité d’apprendre le français.Pour mieux s’intégrer à l’ensemble de ses collègues du reste du Québec.Et cesser de faire bande à part à cause de la langue.«Je suis sympathique à la loi 101.Parce que j’ai moi-même perdu ma langue, celle de mes parents inuits.» «La nouvelle génération de jeunes parents envoie maintenant ses enfants à l’école française, affirme le maire Anthony Dumas.Ces parents ne veulent pas que leurs rejetons soient pénalisés comme eux l’ont été pour les emplois au Québec.» «On fait le contraire du reste de la province, poursuit-il avec un brin d’ironie dans la voix, on veut envoyer nos enfants étudier en français!» Deux écoles anglaises ont fermé récemment sur la Basse-Côte-Nord, celle de Middle Bay et celle de Brader.Les jeunes de ces villages sont désormais inscrits à l’école française Lourdes-de-Blanc-Sablon.Ce soir-là, le préfet Brice Fequet vient d’apprendre, en arrivant à l’aéroport de Blanc-Sa- blon, que son vol à destination de Québec a été annulé pour cause de «problèmes techniques».Habitué à ce genre de contretemps, il fait contre mauvaise fortune bon cœur.«Je rêve du jour où nous serons sortis de l’isolement et de la dépendance», lâche-t-il simplement.«Pour y parvenir, nous avons besoin de nous administrer une bonne dose d’estime de nous-mêmes», lance Vicki Driscoll, qui constate chez ses concitoyens une propension à se dénigrer, à tout attendre des autres.«Les gens ont fini par devenir minéraux, comme les paysages», raconte Quentin Béjannin, un jeune finissant en journalisme de l’UQAM qui travaille à la radio communautaire de Blanc-Sablon.«Ils ont un côté résigné, statique.» Vicki Driscoll, à la tête du CEDEC, un organisme de développement économique à Blanc-Sablon, s’est donné la mission de freiner l’hémorragie des jeunes de la Basse-Côte-Nord vers l’extérieur.Parce que c’est là, pense-t-elle, que se joue l’avenir de la région.Un hiver, il y a quelques années, elle s’est lancée sur sa motoneige par monts et par vaux à la rencontre des étudiants de cinq écoles secondaires de la région.Avec une question sur les lèvres: qu’est-ce qui vous inciterait, vous les jeunes, à rester sur la Basse-Côte-Nord pour y faire votre vie?«Pour le moment, il n’y a rien ici pour nous», s’est-elle fait répondre souvent.Même ses deux fils, l’un installé à Gatineau, l’autre à Sherbrooke, ont décidé de faire leur vie ailleurs.«Mais, plus vieux, le goût leur prendra de revenir», Vicki Driscoll en est convaincue.Parce que ce pays reste imprimé pour toujours au cœur de ceux et celles qui y sont nés.Un pays où les habitants, aux racines souvent autochtones, entretiennent un lien spécial avec la terre.Ils y ont des cabanes en bois semées partout dans l’immensité.C’est là qu’ils aiment se retrouver, l’hiver, sous les aurores boréales, au terme de leurs grandes chevauchées en motoneige.«Aller en dedans l’hiver, y a rien qui peut remplacer ça!» s’exclame Lianda Joncas.En dedans?«Oui, en dedans! Dans l’intérieur du continent.» Un continent marié avec un autre: la toundra avec la mer.«On ne mesure pas la liberté qui est la nôtre», conclut Serena Etheridge.Collaboratrice du Devoir BERNIER SUITE DE LA PAGE 1 a demandé à la Cour suprême d’étudier la constitutionnalité de son projet.Les audiences doivent avoir lieu en avril.Fortement opposés à la création d’une commission pancanadienne, le Québec et l’Alberta ont eux aussi demandé à leurs cours d’appel respectives de se pencher sur la question.M.Bernier connaît bien ce sujet: il a notamment été à la fin des années 90 directeur des relations corporatives et internationales pour la Commission des valeurs mobilières du Québec.En 2002, il écrivait qu’un projet de commission pancanadienne serait «malavisé et irréaliste.Rouvrir ce débat tous les cinq ans est une perte d’énergie.C’est inutile: le Québec va toujours défendre sa juridiction, et l’Ontario va toujours favoriser une telle commission, qui va l’avantager vu la taille de son marché».En 2004, M.Bernier a aussi participé aux travaux du Groupe de recherche sur l’histoire des institutions financières (GRHIF), auprès duquel il concluait déjà que le fédéral n’a pas à toucher aux valeurs mobilières.Dans un article publié en novembre 2009, le National Post avait révélé cette information en précisant que Maxime Bernier n’avait pas changé d’avis entre-temps.Toutefois, c’est la première fois que le député affiche aussi clairement sa position, qui plus est en tant que membre du caucus conservateur.Pour, mais contre.Si son intervention d’aujourd’hui est cohérente avec ses prises de position passées^ elle l’est moins avec ses votes en Chambre.A trois reprises — le 11 mars 2008, le 24 février 2009 et le 16 juin 2009 —, M.Bernier a voté Gilles contre des motions deman-dant au gouvernement de re- DUCeppe ne noncer à créer cette commis- comprend sion pancanadienne des va- ^ leurs mobilières.pas trop Celle du 24 février 2009 di- .sait spécifiquement «que le sys- l^S intentions tème actuel de passeports t ^ .[entre les agences provin- Maxime ciales] fonctionne très bien».Bernier C’est là un système dont M.^ ’ Bernier proposait la création qui «a voté en 2002 et vantait abondamment les mérites.contre les Mis au courant de la sortie du député Bernier, le chef du Bloc québécois, Gilles Ducep- Bloc» pe, avouait sa «surprise» hier.«C’est intéressant.Je pensais qu’il s’était rétracté [après 2009].» Mais M.Ducep-pe ne comprend pas trop les intentions de M.Bernier, qui «a voté contre les motions du Bloc» alors qu’il en soutenait vraisemblablement le contenu.«Quand on vote à l’étiquette [en fonction de qui dépose la motion], c’est une insulte à l’intelligence, croit M.Duceppe.Il a agi de la même façon sur la question du pouvoir fédéral de dépenser.» Pour le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, c’est de V«hypocrisie pure» de la part de Maxime Bernier.«Soit il a voté contre ses propres opinions, soit il a changé son fusil d’épaule pour des raisons d’intérêt personnel», croit M.Mulcair, qui s’oppose au projet de M.Flaherty.«J’ai l’impression que “Max la Menace” est en train de se positionner pour après la campagne électorale.Parti comme ça, je ne suis pas sùr qu’il sera candidat.Il attend de se faire montrer la porte du caucus: à partir de là, il essaiera de se positionner comme le vrai suppôt de la droite.» Selon M.Mulcair, la sortie d’aujourd’hui n’est donc qu’un «geste stratégique».Mauvaise défense Dans sa lettre, Maxime Bernier se montre toutefois prudent dans ses critiques.Il félicite ainsi le ministre Flaherty d’avoir fait appel à la Cour suprême: c’est là, selon lui, une différence de taille avec le Parti libéral, «qui n’a jamais hésité à empiéter sur les pouvoirs des provinces».M.Bernier soutient également que le Québec n’aura que lui à blâmer s’il perd sa cause et que la Cour suprême se rend aux arguments d’Ottawa.Le député a étudié le mémoire du gouvernement du Québec présenté à la Cour d’appel et se dit «déçu et déconcerté» par la faiblesse des arguments présentés en faveur du statu quo.Selon M.Bernier, l’argumentaire de Québec ouvre la porte pour que la Cour suprême accepte l’idée que le commerce des valeurs mobilières a considérablement changé depuis la Loi constitutionnelle de 1867, et qu’il est maintenant, non plus «de nature locale comme à l’époque préconfédérative, mais de nature interprovinciale et même internationale».Or, ce serait une erreur, croit-il.M.Bernier rappelle que les marchés financiers internationaux étaient déjà «fortement intégrés» à l’époque préconfédérative, et que les Pères de la Confédération étaient bien au courant de cette situation lorsqu’ils ont décidé de confier le secteur des valeurs mobilières aux provinces.Depuis, «rien n’a fondamentalement changé» pour permettre de transférer ce champ de compétence au gouvernement fédéral, écrit M.Bernier.En oubliant cette réalité historique, Québec s’est privé d’un solide argument, et peut-être d’une victoire, pense le député.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 M Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 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