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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2010-10-23, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 THEATRE Yves Desgagnés boucle son propre cycle Tchékhov chez Duceppe Page E 3 MUSIQUE Passage trop rare d’un vieux sage àl’OSM Page E 8 m ALLIANCE VIVAFILM Le jeune comédien Robert Naylor dans une scène du film 10 1/2.Bousculer l’indifférence Vendredi prochain, après son lancement en ouverture du Festival du nouveau cinéma, 10 1/2 prendra l’affiche en salle.Second long métrage de Podz, après Les Sept Jours du talion, celui-ci pose un regard sur la détresse et la révolte d’un enfant, avec lueur d’espoir au bout.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les comédiens Claude Legault et Robert Naylor, accompagnés de Podz, réalisateur du film 10 1/2.ODILE TREMBLAY CA est un jeune garçon brisé qui / fait battre le pouls de 10 1/2.En braquant surtout sa caméra sur le huis clos d’un centre de rééducation, où un enfant sauvage (Robert Naylor) vocifère et casse tout, Podz, alias Daniel Grou, a voulu bousculer une indifférence collective.«C’est la société qui doit se remettre en cause, estime-t-il, dans sa façon de traiter ses marginaux, ses vieux, les handicapés, les enfants à problème.On aime mieux prendre un verre, regarder Sex in the City, que d’affronter l’ombre.J’ai voulu montrer un état de fait, sans juger, en disant: voici!» Duel entre Tommy qui hurle sa vie et un éducateur (Claude Legault) parfois exaspéré, surtout désireux de tirer «le garçon irrécupérable» de son gouffre, le film, tourné dans l’ancien centre de Boscoville, s’appuie sur une fragile ligne de confiance au bord de la rupture.Au départ: une idée, quelques lignes.Le scénariste Claude Lalonde a déjà travaillé comme éducateur dans un centre d’accueil et voulait en parler.Le producteur Pierre Gendron, engagé dans un projet sur l’ex-juge à la Chambre de la jeunesse Andrée Ruffo, était déjà sensible au sort des jeunes en difficulté.11 a tout de suite pensé à Podz pour diriger 10 1/2, tant son univers lui paraissait adapté à celui du petit révolté, au centre de l’action.«Le film m’apparaît en définitive comme la continuité du Leolo de Jean-Claude Lau-zon», dit le producteur.Le jeune Robert Naylor, né en 1996, aura fait un saut rapide dans le XX® siècle, mais, à force de doubler des films depuis cinq ans, de jouer dans des pubs aussi, il a fini par connaître la musique et souhaite faire une carrière de comédien.11 est d’ailleurs à la distribution du film américain Im- «Les enfants font tout pour provoquer.Ils cherchent aussi l’affection dont on les a privés.» — Raymond Legault mortals, de Tarsem Singh.Quand même.Tommy est son premier vrai rôle.Crier, donner des coups, l’expérience fut éprouvante et épuisante.«Le soir, t’es brûlé.Tout en jouant un garçon qui ne me ressemble pas, je le comprenais.Je ne suis pas un colérique, mais faire autant de bruit m’a porté à m’intéresser aux enfants en difficulté.Ils veulent juste survivre.» Robert Naylor, à l’encontre de Podz et de Claude Legault, n’est pas allé dans un centre de rééducation pour connaître le milieu.«J’avais peur de trop m’inspirer des histoires des autres et préférais rester le plus naturel possible.» Podz compare Tommy au petit garçon dans L’Exorciste.«Au Moyen Age, il aurait été considéré comme possédé.Difficile de s’occuper d’enfants aussi violents que Tommy.Claude Legault dans la peau de Gilles, l’éducateur, pète parfois les plombs.C’est humain.Il a des montées d’émotion, mais se tiendra quand même à ses côtés.» Le cinéaste a situé son action en 2001, à une époque où les méthodes étalent plus violentes dans les centres de réadaptation.«Les éducateurs sont quand même davantage à l’écoute aujourd’hui.Les lieux ressemblent moins à une prison.Il y a des sorties, une communication plus humaine.Mais pour les garçons plus vieux, ça se passe souvent très mal encore.Comparé à ce que j’ai vu et entendu sur la question, mon film est soft» Aux yeux de Claude Legault, qui a assisté durant une journée des éducateurs avant de jouer le rôle de l’un d’entre eux, son personnage ne pouvait se permettre d’être trop émotif.«Les enfants font tout pour provoquer, dit-il.Ils cherchent aussi l’affection dont on les a privés.J’ai construit Gilles, mon personnage, à partir du texte en causant avec le scénariste pour chercher des mots qui sonnaient vrai.Mon rôle est celui d’un être patient face à un impatient Gilles décide de s’attaquer à l’élément le plus dur du groupe: ce Tommy, dont personne ne veut II crée un contact avec lui, mais parfois le bouscule fort Et le petit réagit à son agressivité.» Pour Legaulf ce fut un rôle de maturité.«Podz m’envoie dans toutes sortes d’avenues nouvelles.constate le comédien, qui portait à bout de bras son précédent film très dur.Les Sept Jours du talion.On peut faire de la répression envers les bandits, mais il importe d’abord d’effectuer un travail en amont en aidant les parents.Sauf que le gouvernement coupe dans tous les secteurs d’assistance à la population.10 1/2 est un cri dans le désert, mais un cri pareil» Podz a refusé l’appui de la musique, qui sert au cinéma à indiquer les passages intenses.«On n’est pas au spectacle.Tout ce que vit Tommy est dur.Pourquoi souligner?» L’interprète du rôle du père de Tommy, Martin Dubreuil, est excellent On déplore qu’il ne soit pas plus longtemps à l’écran, tout comme la mère (Fe-lixe Ross), à peine entrevue.«Il y avait davantage de scènes en flash-back, répond Podz, mais tout devenait trop explicatif, trop didactique.Une scène de party avec la mère a été coupée.Pourquoi en mettre trop?Personne ne s’est occupé d’aider les parents non plus.A quoi bon les charger?C’est comme pour les autres enfants.On a donné un ami à Tommy, mais sans développer beaucoup les autres personnages des enfants du centre, avec une volonté de concentration.» Cinéaste et scénariste ont apporté au film une fin abrupte, ouverte, poussant le spectateur à poursuivre le travail.«Un film, c’est une fenêtre, une pointe de tarte.Apportez le débat chez vous.Réfléchissez-y», suggère Podz.Le Devoir E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 CULTURE Suivez le poisson-chat ! ^ Odile Tremblay Êm Le poisson-chat esf un grand ambassadeur de la poésie.A suivre, ce vidangeur à barbillons, dans ses abîmes pour deux événements culturels montréalais, vrais sommets d’onirisme.D’abord, la projection dimanche, au Festival du nouveau cinéma, d’Oncle Bonmee Who Can Recalls his Past Lives du Thaïlandais au nom imprononçable Apichatpong Weerasethakul — mais le bu du bu consiste à le proférer d’un seul trait, enbe deux sifbotements.Le blm, d’un lyrisme surréaliste, fut palmé d’or à Cannes, ovationné par ses fans éblouis (j’en suis) et descendu en bammes par les esprits cartésiens en quête de logique et de repères: concepts inaccessibles là où des fantômes et des incarnations antérieures, dont un singe aux yeux rouges phosphorescents, hantent un mourant au milieu des murmures d’une jungle ensorcelée.Une des scènes les plus magiques du blm est la fécondation d’une princesse par un poisson-chat, en une ébeinte sauvage d’un érobsme déroutant Le second poisson-chat de la semaine, non moins sublime, serpente sur un étang bctif à la Tohu, où il trouble un ermite, irrité par ses assiduités.L’ermite en question, dans une extraordinaire cabane de fin du monde appelée à se disloquer sous nos yeux, est joué par le mime, acrobate, musicien et danseur français James Thierrée.Et comme son Raoul est un des spectacles les plus inspirés à se poser en tournée sur nos terres, y suivre le poisson-chat signibe ouvrir une porte sur le merveilleux, comme Alice au pays des merveilles entrant dans le terrier du lapin pressé.Que James Thierrée soit le petit-bls de Charlie Chaplin n’est pas anodin, car il lui rend souvent hommage dans Raoul, tout en assurant le conbaire aux journalistes.Son personnage de vagabond entouré d’accessoires d’hier, dont un vieux gramophone, semble émerger de l’époque de la Crise économique, source d’inspirabon du célèbre aïeul pour Les Temps modernes et La Ruée vers l’or.ï^ou-tez des gestuelles communes, le choix du muet Le voici condamné à demeurer le pebt-bls du grand Chariot pour la postérité, malgré une griffe très personnelle.Mais quand on emprunte des voies analogues, comment l’éviter?Sa mère, Victoria Chaplin, est une costumière de haut niveau (derrière les hardes de Raoul), mais, comme son mari comédien Jean-Baptiste Thierrée, une arbste de cirque avant tout.James, élevé en enfant de la balle, allait devenir par ses spectacles inclassables la coqueluche de Paris.D’où cebe hâte de voir un show précédé d’un pareil parfum d’encensoir, en songeant que bon sang ne saurait mentir.Vrai! Pas un inconnu auparavant, car déjà renconbé devant l’écran, ce James Thierrée.On l’avait vu au cinéma dans plusieurs blms, dont Liberté de Tony GaÜif, où il incarnait le merveilleux simple d’esprit de sa communauté tzigane.11 vient de tourner au Québec pour Claude Miller dans Voyez comme ils dansent.Mais son génie éclate vraiment sur scène, où il a tout imaginé, des mécaniques complexes de cet abri de solitude — qui bent au départ d’une sorte de voilier en attente de naufrage — aux bêtes étranges et féeriques: poisson-chat, poisson-argent, méduse à la dégaine lantomatique, éléphant, sque-lebe d’oiseau, créatures actionnées par un comparse quoique apparemment tirées d’un songe.Thierrée joue du violon, fait le moonwalk comme le mime Marceau, bondit, se contorsionne, s’accoude aux accents de la musique lancinante.Dans cette plongée dans l’inconscient nourrie de poésie et d’humour fou, dernier refuge de l’anachorète halluciné, le show se fait allégorie de la solitude absolue, en abente d’un Raoul qui se défile, alors qu’autour, peu à peu, tout s’écroule.Puis nobe homme s’envole.On lévite sous ce chapiteau à sa suite, avant de s’enfoncer dans la nuit, encore émerveillés, souriant aux anges ou aux poissons-chats.C’est selon.S SOURCE FILMS SEVILLE James Thierrée dans La Liberté, de Tony Gatlif Univers d’errances J’ai blé cebe semaine dans le Vieux-Monbéal à la galerie Pangée, voir une expo de photos du grand cinéaste iranien Abbas Kiarostami, intitulée Chemins, en place jusqu’au 20 novembre.Les routes de montagne hantent l’œuvre du réalisateur du Goût de la cerise, qui signa d’ailleurs le documentaire Les Chemins de Kiarostami en 2004.Devant cette douzaine de photos en noir et blanc, croquées en Iran enbe la bn des années 70 et nos jours, renaît son unîvers d’errances en scènes bxes, touchantes, poétiques, plus esseulées qu’en 24 images à la seconde.De l’une à l’aube, ces photos monbent des chemins serpentant enbe les monts Alborz, des routes de campagne au milieu des arbres ou blant à la renconbe des nuages, des voies parallèles dans la blancheur d’une plaine en hiver.Photos scannées, imprimées puis encrées avant de devenir chemins métaphores de l’existence.Mais où mènent-ils?Parfois vers un village au loin, parfois nulle part apparemment.Et qui s’en plaint?C’est la toute première fois que Kiarostami expose ses photos dans une galerie privée nord-américaine.Seuls de grands musées américains en avaient posé sur leurs cimaises.Elles sont même ici à vendre (10 000 $ pour un moyen format.Quand même! Mieux vaut avoir un nom!) Pour tout dire, l’expo devait s’inscrire dans un grand ensemble: rétrospective à la Cinémathèque, programmation au FNC de Copie conforme, le dernier blm de Kiarostami qui a valu à Juliette Binoche le prix d’interprétation au Festival de Cannes.Mais le cinéaste, en repérages, ne pouvait venir à Montréal pour présenter tout ça.Alors, l’armature s’est écroulée.Ne reste sur son îlot du Vieux-Montréal que le segment photos, sentier plutôt qu’autoroute.Qn l’emprunte en songeant que Kiarostami ne détestait pas non plus les chemins qui bifurquent.otremblay@ledevoir.corn Festival du monde arabe Une programmation mnsicale dérontante YVES BERNARD Sur le thème «Arabitudes», le Festival du monde arabe propose une programmation musicale sous le signe des brouillages de pistes.Qpéra de chambre du Liban, cow-boys soubs, classique occidental passé dans la moulinette électro, allers-retours entre le trad québécois et le trad moyen-oriental, musiques de banse et d’extase: du 29 octobre au 14 novembre, des artistes maghrébins, orientaux et occidentaux s’appliqueront à renverser les codes établis.«On est censés appartenir à un seul monde, affirme Joseph Nakhlé, le directeur artistique du EMA.Arabitudes, c’est pour casser ces identités qui resurgissent et qui font qu’on regarde le monde comme un monde cloisonné.Aujourd’hui, l’image est aussi terroriste que les terroristes eux- mémes.Arabitudes, c’est pour contester cette catégorisation.» Trois grands événements marqueront la présente édition.D’abord, Zajal, l’opéra de chambre écrit en arabe dialectal par Zad Moultaka, le compositeur libanais qui remet en question les fondements de la musique classique universelle.«Il s’aventure à créer un opéra à partir du zajal, l’une des formes populaires les plus primitives du Levant», explique Nakhlé.Zajal sera interprété par l’ensemble français Ars Nova, la chanteuse Fadia Tomb El-Hage et le comédien Gabriel Yammine.Puis, la création originale Je me souviens 2.0, qui est une version plus élaborée que celle de l’an dernier.Composé par les Monbéalais NizarTabcharani et Sean Dagher, le projet permet la renconbe des univers québécois et moyen-orientaux, alors que la gigue et la valse se fondent dans la dabké et que le chant tradi- USINE 0 DU 2 AU 13 NOVEMBRE 2010 EN ATTENDANT LE SONGE.de Irina Brook d'après l'oeuvre de William Shakespeare WWW.USINE-C.COM 514 521-4493 USINE C_ 1345 AVENUE LALONDE (MÉTRO BEAUDRY) ADMISSION 514 790-1245 I ADMISSION.COM PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ QUEBEÇQB.tionnel québécois se mêle aux envolées lyriques de la dalouna.En clôture, le festival met en scène les cow-boys soubs du groupe Debu, ces Américains et ces Britanniques transplantés en Indonésie, convertis au soubsme et qui favorisent une expression très ouverte déclinée en plusieurs langues.Chœurs soubs, bamenco aux cordes arabes ou en rumba, folklore oriental, chants espagnols et mélodies romantiques caractérisent ce répertoire unique.Pour lancer le bal L’honneur de lancer le bal revient cebe année à Djmawi Africa, célébré en Algérie, qui mélange le gnaoui, le rock, le chaa-bi et le reggae en injectant du rap aux effets électroniques et d’autres formes de poésie.«C’est un peu l’étre moderne en nous, qu’il soit arabe ou occidental Les scènes musicales dans le monde arabe ne sont pas étanches à ce qui se passe en Occident, et vice et versa», résume Joseph Nakhlé.Fidèle à son habitude, le FMA opte pour une panoplie de découvertes passionnantes, plus que pour les stars établies en Décident.En voici quelques autres: les Frères Khalifé, fils de l’icône Marcel, révolutionnent la musique classique à coups de percussions et d’élec-tro.La chanteuse syro-armé-nienne Lena Chamamyan puise avec une infinie délicatesse dans les genres les plus anciens et dans le jazz.L’ensemble Shanbehzadeh plonge dans les musiques de banse et de guérison.Le guitariste Francis Goya partage la scène avec QktoE-cho, lequel offre aussi le conte musico-cinématographique avec le réalisateur Alain Saint-Hilaire.Sans compter les Jongleurs de la Mandragore en mode andalou.Bambara Trans, une véritable révélation montréalaise, Mehdi Nabti avec Nass Lounassa pour un jam de tambours sans frontières, Nour-Eddine Saoudi, empreint de flamenco, et plusieurs aubes.Un menu à dérouter les plus insatiables.Collaborateur du Devoir FESTIVAL DU MONDE ARABE Au théâbe Maisonneuve, à la Cinquième salle et au Studio-théâbe r.OCTOBRE |G 19h30 APRES LA FIN Théâtre La Manufacture Mise en scène : Maxime dénommée Texte : Dennis Kelly / Traduction : Fanny Britt Avec : Maxime Dénommée et Sophie Cadieux .Théâtre , Outremont Outremont Montréal 1248 avenue Bernard Ouest Information 514 495-9944 www.admission.com 514 790-1245 Trois auteurs, trois cultures, trois continents La Coopérative Les ViVaces (Québec), La Cie Graines de Soieil (France) et le Collectif Éclats de Lune (Maroc) présentent: de la Place des Arts.À L’Astral, au théâbe Corona, à la maison de la culture Frontenac, au Saint-Ciboi- re et au Quai des Brumes.Du 29 octobre au 14 novembre.Renseignements: www.festivalarabe.com SOURCE FMA Les cow-boys soufls du groupe Debu en spectacle Du 19 au 30 octobre 2010 (Complet les 21,22,23 octobre à 20 h et les 27 et 28 octobre) Mise en scène: Khalid Tamer, Julien Favart Auteurs: Louis-Dominique Lavigne (Québec), Koffi Kwahulé (Côte d’ivoire), Nadège Prugnard (France) Distribution: Angélique Boulay (France) • Annick Fontaine (Québec) • Zakariae Heddouchi (Maroc) Olivier Parisis (France) «Jean-Leon Rondeau (Québec) ;-— Ouâx B VIDÉOTRON - „ UiK»iï97ibd.QiKCNKrMKl!i C^lâ)€Cu MontrÉalO Montréal© ^ Desjardins ISbI CaÎKe d'économie Bolidaire Québec ^ ON JOUE AU [pROSPERÔ] i 14^1 «.s t.a ^ 1371 rue Ontario Est Montréal Billetterie: 514-526-6582-Admission: 514-790-1245 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 E 3 CULTURE théâtre JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le dramaturge et metteur en scène Olivier Choinière continue à traquer les divers ramollissements qui nous guettent dans Chante avec moi.La seule même longue musique de nos vies MICHEL BELAIR VOUS pensiez vraiment qu’Olivier Choinière allait se mettre à la comédie musicale?Olivier Choinière?Ou peut-être qu’il allait proposer ime version de Tout comme elle avec 50 chanteurs sur scène?Rassurez-vous, vous vous trompiez.Ouf.Choinière est toujours aussi Choinière et se livre encore à une dénonciation en règle dans Chante avec moi, sa plus récente création, qui prend l’affiche mardi à l’Espacce libre.Ce coup-ci, il s’attaque à rien de moins qu’à ce qui, pour lui, ressemble à une sorte de soumission plus ou moins consciente: l’obéissance.Dénoncer le conditionnement Les années nous marquent tous, bien sûr, mais Olivier Choinière n’a pas beaucoup changé depuis qu’André Brassard montait l’un de ses premiers textes.Autodafé, à la fin des années 1990: à peine un peu plus «enveloppé», il a toujours le même air de baveux sympathique.Notre première rencontre remonte à un spectacle-terrasse de série B, comme il les appelait; sa «tragédie météorologique» Jocelyne est en dépression.Depuis, selon le répertoire du CEAD, Choinière a écrit une trentaine de textes et même tâté allègrement de l’absurde dans ime série de petites pièces moins connues durant à peine parfois cinq ou dix minutes.Tout cela sans oublier des traductions remarquables de textes-chocs comme Howie le Rookie, Cette fille-là et Tête première pour La Manufacture.Olivier Choinière est un touche-à-tout, un chercheur de poux.Il y a dix ans, il fondait sa compagnie ARGGL! pour Activité répétitive grandement grandement libératrice, rebaptisée depuis, simplement, L’Activité.Dix ans à ne rien faire comme les autres, à creuser à plusieurs reprises les limites et les possibilités du «théâtre déambulatoire» ou, comme il disait alors, du «récréotourisme initiatique, qui fait de vous un spect-acteur».Mais depuis ParadiXXX, que l’on a d’abord vu au Eestival du jamais lu, une sorte de virage s’est amorcé dans l’œuvre d’Olivier Choinière.«Maintenant, ce qui m’intéresse, dit-il, c’est de creuser le lien entre le fantasme et la rédité tout en continuant à faire en sorte que le spectateur sente qu’il a toujours un rôle actif, créatif dans ce qui se passe sur scène.» Bon.Mais pourquoi réunir 50 comédiens qui chantent sur le plateau?«Pour avoir une vue d’ensemble, une sorte de microsociété.La chanson est une métaphore ici.Chante avec moi n’a rien à voir avec le travail choral; ce n’est pas un “musical”, un show de chansons.Au contraire, c’est un show qui repose sur le fait que la chanson nous envahit sournoisement: tout le monde chante dans sa tête à un moment ou un autre.Il y a là une sorte d’envahissement souterrain dont on se rend à peine compte.Ce n’est pas la performance qui m’intéresse: c’est la dénonciation du conditionnement!» Le spectacle repose en fait sur une seule longue chanson écrite par Choinière et que le directeur musical du spectacle, Philippe Braulfi a découpée puis habillée en mélodies et en airs différents.Le dramaturge, qui signe aussi la mise en scène avec Alexia Burger, veut ainsi dénoncer l’envahissement sonore total qui nous dirige et nous éteint tout à la fois.Le bruit est constamment dans nos têtes: des mots, des passages musicaux réj^tés sans cesse, des bouts de phrases décrivant des images, le tout souvent porté par un air tout simple qui ne veut plus nous quitter.Même si nous vivons dans des sociétés qui tolèrent mal les messages de contrôle, c’est par petites doses quotidiennes presque invisibles que le ramollissement s’installe.«La chanson est la métaphore de tout ce à quoi on obéit.librement», dira Choinière en prenant son air de sphinx du mardi matin.En plus sournois Dans la grande salle de répétition de l’Espace libre, la conversation s’est animée.Choinière est en forme, il parle de Guy Debord qui a vu si juste en prévoyant l’avènement de la société du spectacle dans laquelle nous vivons maintenant.Il revient à ce lien, qu’il dit vouloir approfondir, entre le fantasme et la réalité: un territoire riche situé entre ce que l’on voudrait faire et ce que l’on faifi à peine.Il revient aussi sur l’importance des images et des figures mjdhiques qu’ü a commencé à déboulonner dans Félicité et qu’il poursuit ici, passant de la dénonciation du pouvoir de nivellement de la télévision et de l’image à celui du bruit qui, lui aussi, amène les gens à vivre par procuration.Le bruit qui agit plus sournoisement encore que les images.Plus par en dessous.«Nous sommes tous physiquement très “poreuT’à la musique et à la chanson, poursuit-il.Le son agit d’autant plus qu’il semble inoffensif pourtant, la majorité des messages véhiculés dans les chansons populaires sont des stéréotypes auxquels on en vient tous à essayer de se conformer à force de se les répéter sans arrêt ‘Les oreilles n’ont pas de paupières”, comme disait Pascal Quignard.J’ai vu là une belle occasion de dénoncer notre rapport à l’obéissance et au conditionnement “soft!’.C’est ça que je veux faire.Maintenant, comment je l’ai fait, c’est une autre question, qui relève de ce que j’appelle mes partis pris théâtraux.» Olivier Choinière dira ainsi qu’il a tiré beaucoup de leçons de son expérience du théâtre déambulatoire.Entre autres, que le spectateur doit constamment être placé en état d’attente et que l’on doit le surprendre en jouant aussi sur l’ambiguïté de la situation.Comme, par exemple, lorsque l’on monte un spectacle dénonçant le fait que le spectacle est partout dans nos vies.Et même que nous avons de plus en plus tendance à nous mettre en état de spectacle en abordant les autres et la simple vie quotidienne ordinaire.Chantons donc tous ensemble! Le Devoir CHANTE AVEC MOI Texte et mise en scène: Olivier Choinière.Une production de LActi\ité présentée à l’Espace libre jusqu’au 6 novembre.514 5214191.Yves Desgagnés conclut son cycle Tchékhov MARIE LABRECQUE C> était écrit dans le ciel quYves Desgagnés finirait par monter La Cerisaie.Son cinquième rendez-vous avec Tchékhov depuis 1993, son quatrième à la compagnie Jean-Duceppe.Et la dernière grande pièce du maître russe qui manquait à son tableau de chasse.Le metteur en scène y pensait depuis que, étudiant de 17 ans, il a été initié à Tchékhov par André Brassard.«Je m’étais dit: quand j’aurai 50 ans, je le ferai.» Même si, admet-il, on ne peut jamais être vraiment prêt à monter ce «chef-d’œuvre absolu».«Tchékhov a tout dit dans cette pièce, et il n’y a pas d’auteur qui ait ajouté quoi que ce soit sur la condition humaine.Il a dit ce dont on est en train de se rendre compte en 2010: nous vivons très, très mal.Notre paresse, notre cupidité font qu’on est dans l’aveuglement total, et qu’on vit très mal avec ce que la nature généreuse nous offre sur un plateau d’argent.» La première n’a pas eu lieu qu’il parle déjà d’y revenir, plus vieux (en fait, il rêverait de reprendre les cinq Tchékhov en rafales), de revisiter cette œuvre ultime «qui prend la couleur d’où l’on est rendu, de notre réflexion sur la vie».Comme toujours en verve.Desgagnés la résume de façon aussi simple qu’implacable: «On est niaiseux! [rires] Comment ça se fait que j’ai 52 ans et que je ne me suis pas ouvert les yeux plus tôt?Avant, je courais après ma queue.J’ai raté des occasions formidables parce que j’étais incapable d’être dans l’instant présent.Pourtant, c’est ce que nous apprend le théâtre.Mais j’étais pris par mon égoïsme, l’appât du gain.» Le temps a fait son œuvre.«Et cet auteur m’a enseigné beaucoup de choses sur le fait d’être soi-même.Il est tellement moderne, Tchékhov.En lisant La Cerisaie, on ne peut pas croire que ç’a été écrit il y a 100 ans.C’est incroyable: le magnifique personnage de Trofimov, le révolutionnaire, nous dit que c’est scandaleux que la classe bourgeoise vive à crédit, exactement comme aujourd’hui.Et que les gens en haut de la pyramide économique méprisent ceux d’en bas, les gens qui en réalité les font vivre!» La totale Le dramaturge a écrit son chant du cygne théâtral en 1904, à l’aube du premier grand soulèvement russe, dans «un monde en tranfformation, très semblable» au nôtre.Un monde évoquant le Titanic: pendant qu’on joue, tout s’écroule.«La pièce dit qu’on passe notre temps à se plaindre.De tout.Mais qu’on n’agit pas.Ou si on agit, c’est pour notre pe- \ - ¥ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Yves Desgagnés, le metteur en scène de La Cerisaie tit confort personnel, jamais pour l’ensemble de la collectivité.Des velléitaires.Exactement comme la société québécoise.D’ailleurs, moi je soupçonne que Tchékhov est québécois!» C’est pourquoi le metteur en scène a envie de rire quand il lit qu’il faut «dépoussiérer» Tchékhov.«Il n’est pas poussiéreux.On entend ça: est-ce que tu vas faire une relecture?D’abord, il faut le lire pour ce qu’il est.Et c’est une méchante job.Ses structures dramatiques sont hallucinantes: il défie complètement les lois du genre.» Avec son domaine ruiné racheté par un ancien serf devenu nouveau riche, qui rasera la magnifique cerisaie afin d’y construire des chalets, la pièce offre une lecture écologique évidente.«Est-ce qu’au nom du progrès il faut sacrifier la beauté?Tchékhov dit aussi qu’on ne peut pas avancer si on ne règle pas une fois pour toutes le passé qu’on traîne comme un boulet.N’est-ce pas assez le Québec?» Mais Desgagnés compare surtout l’auteur russe à un gâteau feuilleté aux nombreuses couches, qui contient une chose et son contraire.«Et le grand défi avec Tchékhov, c’est de ne rien laisser échapper.C’est à la fois triste, tragique, léger, lourd, c’est tout en même temps, continuellement.On pourrait faire une mise en scène très politique de Tchékhov.On pourrait faire une lecture sociologique.Ou uniquement humaniste.On pourrait faire une mise en scène existentialiste, à la Beckett, où les personnages errent dans un monde qu’ils croient posséder mais qui leur échappe complètement.Mon défi, c’est de les faire toutes! Parce que, s’il n’y a pas une chose et son contraire en même temps sur scène, ce n’est plus du Tchékhov.On appauvrit le texte, et l’expérience est diminuée.» Œuvre à interpréter plus qu’à lire (Desgagnés rappelle ses épiques difficultés pour recruter des comédiens à l’époque &’Ivanov), «extrêmement bien écrite pour le théâtre», elle doit subir l’épreuve du jeu pour qu’on en déchiffre tous les sens.«C’est un exercice olympien pour les acteurs.Il n’y a pas d’auteur équivalent.Shakespeare, que j’adore, donne des coups de canon à chaque réplique.Lui, c’est du petit point continuellement.Et si l’acteur n’est pas dans l’état, la qualité d’écoute qu’il faut, ça ne marche pas; tout a l’air d’une banalité sans saveur.» Tableau naturaliste Yves Desgagnés a monté La Cerisaie «comme un petit orchestre de chambre».Il travaille dans un esprit de dépouillement afin de mettre en valeur les quinze interprètes.Les Maude Guérin, Michel Du-monfi Catherine Trudeau, Normand D’Amour et compagnie parleront dans une langue qui nous ressemble.Exaspéré «qu’on passe par la France pour entendre Tchékhov, une attitude moyenâgeuse de colonisé culturel», il a confié la version française à Elizabeth Bourget.Et le metteur en scène a réuni une distribution basée sur les ressemblances physiques ou de tempérament, où les acteurs «apportent 99 % du personnage juste en se présentant sur scène».Une façon d’éviter la caricature, la tentation du surjeu qui accompagne les rôles de composition.Ce qu’il appelle «faire des bonshommes»! «On fait un grand travail de simplicité.Il faudrait qu’un passant puisse entrer dans la salle de répétition et qu’il ait l’impression que la vie continue.Tchékhov a écrit à une époque où il n’y avait ni cinéma ni télévision — s’il vivait aujourd’hui, je suis sùr qu’il se serait intéressé au naturalisme que donne cette forme.Rappelons que Stanislavski a été obligé d’inventer une méthode pour pouvoir jouer Tchékhov.Aujourd’hui, ça paraît banal, puisque tous les acteurs nord-américains jouent selon cette méthode — qu’ils la renient ou pas.» Grâce à ce jeu non appuyé, «l’acteur ne joue pas sous un faux stress de théâtre.Ça libère une infinité d’émotions.Et ça crée un tableau aux petites touches.Simple, naturel et vrai.C’est ça, le défi.» Ses quatre précédents Tchékhov l’ont mené là.Yves Desgagnés confie: «Je vis mes plus beaux moments professionnels.» Collaboratrice du Devoir LA CERISAIE Texte d’Anton Tchékhov mis en scène par Yves Desgagnés.Au théâtre Jean-Duceppe, du 27 octobre au 4 décembre.Chante avec moi TEXTE ET MISE EN SCÈNE OLIVIER CHOINIÈRE COMISE EN SCÈNE ALEXIA BÜRGER • DIRECTION MUSICALE PHILIPPE BRAULT CHORÉGRAPHIE LINE NAULT • DISTRIBUTION CINQUANTE INTERPRÈTES PRODUCTION L'ACTIVITÉ • CODIFFUSION ESPACE LIBRE DU 26 OCTOBRE AU 6 NOVEMBRE 2010 espace LIBRE rrn SAISON DETHÉÂTRE 2010-2011 BILLETTERIE-»514 521-4191 + espaceUbre.qc.ca 1945 RUE FULLUM À MONTRÉAL THEATRE www.denise-peMetier.qc.ca SAISON 2010-2011 De Michel Tremblay Adaptation et mise en scène de Serge Denoncourt Une production de Jean-Bernard Hebert Inc.presentee par le Theatre Denise-Pelletier Avgc Josee Beaulieu, Catherine De Lean, Isabelle Drainville, Muriel Dutil Sébastien Huberdeau, Lynda Johnson, Danielle Lépine, Manon Lussier, Marie-Ève Milot, Sylviane Rivest-Beauséjour, Geneviève Schmidt Cela faisait longtemps que je n avais été aussi divertie au théâtre.(.) Les comédiennes sont tout simplement lumineuses.(V.Cléroux.i04.7FM.août 2010) ^ i^ÉCOlE SALtEDtNISt-PtlLEntR Etflil'l'llm / 514-790-1245 ^ 1-800-361-4595 ADMISSION.COM AU7DtCEWlBROT Photo : ValériG OueliGt BILLETTERIE 514 253-8974 E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 CULTURE Photo de famille du rap québécois La compilation du site HHQc.com rassemble plus de cinquante rappeurs du Québec à travers une quinzaine de rencontres inédites PHILIPPE PAPINEAU T our de force et coup d’éclat, le site Web HHQc.com, spé- cialisé dans la culture hip-hop du Québec, a fait paraître mardi ime compilation de musique rap regroupant, à coups de multiples collaborations inédites, pas moins d’une cinquantaine de rappeurs.Nommé La Force du nombre, le disque rassemble des artistes de tous les «clans» et de toutes les villes d’origine, et permet peut-être de définir pour la première fois le son du rap québécois.La compilation de HHQc.com ressemble à une grande photo de famille.Une famille élargie.les Coups de Theatre l'estival intemational des arts jeune public 11® edition 15 au 28 novembre 2010 montreal 22 productions colloques / ateliers WWW» coiipsdetlieat re • com Billetterie Articulée : 514 844-2172 ¦ .Québec CbMeinteart* nn otdMtoffcB» DD Québ ?Patrimoino Canadian Québec El El 1^1 canadien Heritage Montréal Québec ?SbiMrâai Québec ?Qu^ecuEi LE DEVOIR bletlsfio W Articulée ^ang®ntë| =o m BiilB un brin dysfonctionnelle, mais qui le temps d’un mariage laisserait de côté les points de vue divergents, les chicanes et n’hésiterait pas à se serrer la main.Parce que, pour La Force du nombre, l’équipe d’HHQc.com a ratissé très large.Il y a les gros noms qui jouent à la radio, les nouveaux venus, ceux qui jouent d’audace, ceux qui sont davantage de la vieille école, ceux qui sont plus «mauvais garçons» et ceux qui sont plus «genüemen».Les quinze premières chansons sont faites de duos ou de trios inédits, et la dernière pièce rassemble une quinzaine d’autres rappeurs.En tout, plus d’une cinquantaine d’artistes — sans compter les fabricants de rythmes — se côtoient pour la toute première fois.Parmi ces réunions impromptues, mentionnons celles entre Yvon Kre-vé et Buzzy Bwoy, entre Sir Pa-thétik et Taktika, entre Poirier et Mic Life, entre Samian, Soké et Mocy, ainsi que celle entre Sans Pression, Koriass et Jenny Salgado.Sacré choc des sons en tout genre.«Quand on a demandé aux artistes de nous soumettre des chansons, on n’a pas vraiment donné de direction artistique, on voulait surtout ne pas les mettre dans leurs zones de confort, raconte Carlos Munoz, le directeur de marketing du site HHQc.com, fondé il y a sept ans par Raphaël Théber-ge.Ft ce qui m’a étonné, c’est que, pour la première fois de ma vie depuis que j’écoute du rap québécois, je trouve qu’il y a un son.Pas hard, ni gangster, mais un son sec.Fn gros, on arrive à un son que je qualifierais de son québécois.» Diffusion et promotion Pour lancer La Force du nombre, le site HHQc.com a créé sa propre étiquette de disque et paraphé une entente avec le distributeur DEP, permettant ainsi à l’album d’être diffusé à grande échelle.Mais l’équipe n’a pas l’intention de signer des contrats avec des artistes, même s’ils ont déjà reçu quelques demandes.«Le pain et leur beurre du site, c’est d’avoir une place neutre dans la communauté hip-hop; alors, ce serait un peu problématique de signer avec des artistes, raconte Carlos Munoz.L’idée est plutôt de faire des projets d’envergure, de rendre le hip-hop plus fort, de le professionnaliser, de permettre une plus grande diffusion, de sortir des sentiers battus, de toucher le grand public le plus possible.» Carlos Munoz, qui navigue dans le rap depuis 1996 et qui dirige aussi les productions Silence d’Qr, trouve que le hip-hop québécois est en quelque sorte dans son adolescence.«Il y a tout de même une dizaine de maisons de disques qui font du bon boulot, qui ont de bons standards de qualité, du côté du son, des vidéoclips, des relations avec les médias.Je pense entre autres à Iro Productions, à 7‘ ciel, à AbuzivMuzik.Ce sont toutes des maisons de disques avec huit ou neuf ans d’expérience, qui ont appris la business sur le tas et qui commencent à rivaliser avec ce qui se fait dans le reste de l’industrie.» En parallèle du lancement de La Force du nombre, HHQc.com prépare une mise à neuf de son site Internet, une troisième mise à jour depuis sa fondation en 1993.L’accent sera davantage mis sur le contenu, et veut recruter plus de personnel rédactionnel pour couvrir les spectacles ou faire des critiques de disques avec plus d’assiduité.Le Devoir Les petits frères des Pauvres La famille des personnes âgées seules 1.866.627.8653 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 E 5 CULTURE DANSE CHRIS RANDLE Femme territoire ou 21 fragments d'humus est une pièce à numéros, organique, faite de petites buiies qui remettent en question ie territoire, i’amour, ia mort, Part et la politique.De la musique avaut toute chose CATHERINE LALONDE \ A Ottawa, le chorégraphe Tedd Robinson construit autour des Dichtçrliebe de Robert Schumann.A Montréal, la musicienne Joane Hétu, accompagnée de Susanna Hood à la danse, compose sa Femme territoire.De la musique, et live, avant toute chose.On ne sait pas vraiment que le chorégraphe Tedd Robinson, avant de se spécialiser dans les solos qui ont fait sa renommée, s’est d’abord penché sur la musique.«C’est ce que j’ai étudié à l’université avant d’aller vers la danse.Le Dichterliebe (Les Amours du poète), de Robert Schumann, é-tait déjà un de mes cycles préférés.Cette musique a flotté autour de moi pendant vingt ou trente ans.» Mais c’est dans le corps qu’il a enraciné sa recherche, profitant tout de même du 200® anniversaire de naissance de Schumann pour présenter la version déhnitive de cinq danseurs, des insertions solos dansées par le chorégraphe et la musique live portée par le pianiste Jean Desmarais et le baryton Denis Lawlor.XIX® contre XXI® siècle La gestuelle est inspirée parfois des mots de Heinrich Heine, parfois de la musique, parfois du corps même.«J’ai composé des solos, des duos, des doubles duos, des lignes de blocage théâtral.Il y avait ce défi de composer des séquences très courtes, car la plupart des chansons ne durent que deux minutes.Mais je laisse de l’air entre les morceaux.Je crois que le public du XXI" siècle a besoin d’un break de tout ce son XIX‘ siècle!», avoue en riant doucement le chorégraphe.«La façon dont je dirige mes danseurs est très différente de la façon dont je me gère moi-même.Je suis très allumé par la facilité des danseurs qui sont forts techniquement, faime les défier en leur donnant un vocabulaire beaucoup plus rapide, beaucoup plus entrelacé que ce que je ne pourrai jamais faire», admet Tedd Robinson de sa vok délicate.Il se garde par contre les accessoires, qu’on retrouve dans pratiquement toutes ses pièces.Ici, éventail, verres à martini, écran, fleurs.Funambule danseur «Les objets justifient le mouvement, lui donnent une signification et l’empêchent d’être décoratif» Le rapport avec les objets, croit-il, impose une lecture claire: «Si je tiens quelque chose en équilibre sur ma tête ou sur mon dos, le spectateur comprend immédiatement la précarité, cette bataille pour l’équilibre.Il sait que ça peut tomber — et ça arrive effectivement.J’aime cette instabilité qui me permet, en représentation, de me concentrer sur la tâche que j’ai à accomplir plutôt que sur le fait que je suis en représentation.» Le temps et les comètes Saxophoniste et chanteuse, aussi codirectrice des Productions SuperMusique et cofonda- «Je crois que le public du XXI® siècle a besoin d’un break de tout ce son XIX® siècle! » trice de la maison de distribution de disques DAME, Joane Hétu mène depuis trente ans son bonhomme de chemin de musicienne.Elle s’est frottée à la danse en composant, accompagnant ou improvisant pour O Vertigo, Danse-Cité ou Andrew Harwood.Et elle écrit ses propres spectacles, y cherche la friction entre les genres, le réel interarts.«On aime beaucoup les comètes, en art, mais m’intéressent surtout les gens qui ont une pratique très longue, qui mûrissent, qui font ce travail de peaufiner leur langage, admet avec philosophie la musicienne.On n’a pas tous le même rôle en art.Si j’avais le choix, je ferais la musique que le monde aime, et je ne sais pas pourquoi je suis “pognée” avec ce parcours d’avant-garde, ce travail dans l’ombre, à repousser tranquillement les frontières.C’est mon rôle, ma fonction.Tout ce que j’ai à faire, c’est d’être à l’écoute, de respecter l’art qui émane de moi, de lui donner sa chance.» Cette fois, ce sont des textes qui ont inspiré à Joane Hétu cette Femme territoire ou 21 fragments d’humus.Shakespeare, Tchékhov, Rilke et le poète grec Constantin Cavafy.«Je voulais porter ces textes, ils devenaient essentiels, il m’était impératif de les partager», précise-t-elle.Des textes dits de sa voix de cinquantenaire, de celle de la danseuse, chanteuse et chorégraphe Susanna Hood, dans la quarantaine, et des jeunes tonalités d’Alice Tongas St-Jak, musicienne de quelque vingt ans.S’ajoutent les musiciens Isaiah Ceccarelli et Jean Derome, et la vidéo de Mélanie Ladouceur.«J’aime les équipes bigarrées, avec des gens de tous les âges.Je voyais, pour le spectacle, une troupe de nomades qui se promène, des musiciens qui jouent avec très peu d’instruments, une musique ténue, atmosphérique.» Musique de rien, de voix et de corps aux présences travaillées avec une autre chorégraphe, Catherine Tardif.En résulte, dit la directrice artistique, une pièce à numéros, organique, faite de petites bulles qui remettent en question le territoire, l’amour, la morL l’art et la politique.«Cette femme territoire est immense.L’idée de territoire, c’est autant la Terre, ma chambre, le Québec, mon âme.une femme qui devient vastitude.» Un projet dit la créatrice, charnière poiu elle, qui pourrait l’entraîner dans une nouvelle direction.Le Devoir FEMME TERRITOIRE OU 21 ERAGMENTS D’HUMUS Pe Joane Hétu A Tangente, du 28 au 31 octobre R^ DE ET AVEC TEDD ROBINSON Avec Susie Burpee, Michael Caldwell, Jennifer Dallas, Masaharu Imazu, linnea Swan et les Mashed Potato Mashers Au Centre national des arts d’Ottawa, du 28 au 30 octobre MEDIAS Une drôle de bibite à Radio-Canada Patrick Beauduin devient directeur général de la radio STEPHANE BAILLARGEON Une onde de surprise intriguée a accompagné cette semaine l’annonce de la nomination de Patrick Beauduin comme grand patron de la radio de Radio-Canada.Dans son milieu, on parlerait d’un beau coup de pub, d’un geste public et publicitaire qui porte et qui marque.Parce qu’en voilà un drôle de zig pour se retrouver là.H entrera en fonction début décembre.Patrick Beauduin, né et formé en Eiuope, arrivé ici il y a quinze ans, est encore pour quelques semaines vice-président principal, chargé de la création de l’agence de publicité Cossette.11 a aussi participé à la création du diplôme supérieiu en communication marketing à HEC, où il enseigne toujours.On l’entend régulièrement comme chroni-queiu dans les médias et il siège à des conseils d’administration artistiques, dont ceux du Conseil des arts, de la compagnie de danse Marie Chouinard et du Eestival TransAmériques.On répète: une drôle de bibite, capable de passer de la création de la campagne de «communication convergente™» des restaurants McDonald’s à l’administration d’une troupe artistique d’avant-gar4e, et à la direction de la radio d’Etat.Comment ceci compose-t-il avec cela?«Il y a une partie de l’explication que je ne connais pas: elle est dans la tête de Sylvain Lafrance», dit M.Beauduin en entrevue téléphonique au Devoir, faisant référence au vice-président principal de Radio-Canada, celui qui l’a embauché.«Il ne m’a pas tout dit.Mais c’est vrai, dans l’historique de cette grande marque, les hauts postes vont généralement aux gens qui ont grandi dans l’entreprise.C’est normal étant donné la spécificité de ce produit Mais je ne suis pas un inconnu non plus à Radio-Canada.Ça fait plus de dix ans que je collabore à des émissions comme chroniqueur.» «Marque» et «produit»: son vocabulaire témoigne d’un ancrage assumé dans une discipline précise où il a notamment appris à maîtriser «les enjeux de la révolution numérique en cours qui affecte la radio comme tous les médias», résume-t-il.Une révolution est en marche et Patrick Beauduin n’est pas précisément un contre-révolutionnaire.«C’est un peu ma marque de commerce de réfléchir à l’orientation des médias, et particulièrement aux contenus par rapport à l’explosion des plateformes, poiu-suit-il.Mais quand on s’appelle Radio-Canada et qu’on fait les audiences qu’on fait, il n’y a pas de quoi se poser des questions dramatiques.Cette radio va très, très bien.Les scores de Radio-Canada rejoignent d’ailleurs ceux des autres radios publiques dans le monde.Une des raisons de cela, à mon avis, c’est que les radiodiffu-seurs publics deviennent un des derniers refuges de l’information et de la culture au sens noble du PaUick Beauduin est le nouveau grand paUon de la radio de Radio-Canada.JACQUES NADEAU LE DEVOIR terme.Dans la multiplication des plateformes commerciales, c’est une exception dont la démocratie a besoin.» Serpents et échelles On connaît la rengaine des in-tellos-critiques.L’émission Desautels demeure l’exception surélevée au quotidien de la Première Chaîne.Présent dimanche.Les Annéesdumière ou Samedi et rien d’autre montent les échelles le week-end.Par contre, d’autres émissions glisseraient sur les serpents, avec du service, du people et des reprises à toutes les cases.Espace Musique s’épivarde dans les genres musicaux, mais ne parle jamais arts et culture.Eranchement, les autres radios publiques, celles des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Erance ou de l’Allemagne, offrent autre chose à leurs honnêtes citoyens-contribuables cultivés.«Laissez-moi arriver à Radio-Can pour affiner mon diagnostic, commente le nouveau directeur général.France Culture ou PBS sont sur des territoires très pointus.A côté de France Culture, il y a France Inter ou France Musique.Nous, nous avons deux grandes chaînes.La Première donne de l’information au sens large, avec un rôle civique extrêmement important.Fspace Musique, son nom donne le ton.Avec le numérique, on peut aller plus loin, vers le plus pointu.On le voit avec Bande à part Je regarderais donc vers l’avenir pour dire qu’il y a un énorme potentiel.Les critiques, je ne les prends pas comme des constats qui sclérosent, mais comme des stimulations pour une entreprise qui fait déjà très bien.Le Bigot fait 37 % d’audience le dimanche avec Jean Fugère qui parle de livres pendant vingt minutes, André Champagne qui parle d’histoire pendant vingt minutes et une entrevue sur le Big Bang, comme on en a entendu une récemment Après, Joane Ar-cand fait deux heures d’actualités nationales et internationales.C’est remarquable, et il y a quand même du stock.» 11 promet siutout de multiplier o-u V* m e n t* «-ontemporair wAVw.ngen e.qc.c Joane Hetu LA FEMME TERRITOIRE OU 21 FRAGMENTS D’HUMUS 28, 29, 30 OCTOBRE 2010 À 19 H 30 31 OCTOBRE À 16 H 840, rue Cherrier, Montreal métro Sherbrooke Québecnîi 1*1 O Mélanie Ladouceur www.tangente.qc.ca Billetterie 514-S25-1S00 les occasions de diffusion.«Le cœur des contenus devient numérique.Les contenants, les tuyaux, subsistent, mais avec des points de contact La radio, elle, n’a pas de contrainte de support depuis ses origines.File demeure extraordinairement flexible et le consommateur exige cette adaptation constante par rapport aux contenus, aux formats, aux moments.» M.Beauduin forge alors l’exemple concret d’une émission sur l’Afghanistan écoutée siu iPhone.Des applications devraient permettre de visualiser une carte du pays ou d’obtenir une biographie des personnes interviewées.Une «tonne» d’Es-pace Musique serait accompagnée d’une entrevue avec le chanteur ou d’une proposition de visionnement d’un vidéo sur YouTube.«C’est un élargissement de l’expérience radiophonique en tenant compte de la façon dont les auditeurs la consomment Ça ne veut pas dire qu’on va faire de la télé à la radio.Ça veut dire qu’on va enrichir le contenu propre à ce média.Ft la planète est à nous: les possibilités semblent illimitées.» M.Beauduin jure par contre que, même si Cossette a comme client le journal La Presse depuis des années, son passage à Radio-Canada ne favorisera pas ce média, déjà réputé pour être surreprésenté en ondes.«Je connais bien du monde à La Presse comme au Devoir, ré-plique-t-il.Je pourrais renvoyer l’argument: je connais bien Josée Boileau, la rédactrice en chef du Devoir, est-ce que ça veut dire qu’en arrivant à Radio-Canada je vais changer des alliances?Je ne travaille pas comme ça.Je garde mon indépendance.» La drôle de bibite précise aussi ne pas s’engager sur cette nouvelle voie professionnelle par dépit, bien au contraire.11 ajoute ne pas quitter un navire en perdition, même si l’agence Cossette a perdu beaucoup de plumes avec la crise économique, 45 % de sa valeiu en fait.Depuis sa prise de contrôle par une compagnie américaine l’an dernier, elle a fermé son biueau de New York, perdu le contrat de Bell Canada, licencié des dizaines d’employés.«Ça n’a rien à voir avec ma décision, dit-il finalement.Sinon, je serais parti il y a un an, au moment de la vente de l’entreprise.J’ai fait un choix de passion et je suis dans un très grand état d’excitation.» Le Devoir DANSE r CINQUIEME f SALLE ET ¦ CIE YVAN JUMEAUX_______ DU 10 AU 13 novembre Un Québécois.Un Français.Deux mondes qui s'apprivoisent et s'entrechoquent.Chorégraphies : Harold Rhéaume et Yvann Alexandre.clnqulemesalle.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Place des Arts ni IA QT^ DES ARTS 7ACEDOOK.COM/CINQUIEMESAL1.E m GnquiàiTKi Snllo est prisentfo dsbPbce desAfti, E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 mm D’inspirantes mares poisseuses TASTING DUST Angèle Verret Maison de la culture Côte-des-Neiges, 5290, chemin de la Côte-des-Neiges, jusqu’au 14 novembre JÉRÔME DELGADO La peinture d’Angèle Verret est une de celles qui miment l’image photographique ou, du moins, qui tentent de reprendre ses effets plastiques, ses obsessions à propos de la représentation du réel.Depuis quinze ans, l’artiste n’en est pas moins l’auteure de tableaux abstraits où la reconnaissance des signes et des motifs est laissée à l’imagination de chacun.Avec elle, on nage dans les eaux troubles du doute et de l’inconnu.On est dans un monde où rien n’est acquis.Surfaces miroitantes, entre opacité et transparence, riches textures nées de l’accumulation de matière (de l’acrybque), traitement en monochrome.Les tableaux d’Angèle Verret nécessitent, pour être appréciés, un regard attentionné.Et même si chacun a sa singularité, c’est ensemble, tel un tout, qu’Us font effet.C’est de nouveau le cas de la série en vue à la maison de la culture Côte-des-Neiges, un cinquième solo pour elle en trois ans (!).Poussière et grisaille C’est la poussière et sa grisaille qui sont au cœur de cette série presque exclusive à 2010 — deux tableaux, sur sept, datent de 2009.La poussière, et son goût, plus particulièrement, tel qu’avancé par le titre de l’exposition.Tasting Dust.Un peu à la Nicolas Baier, qui s’est attardé à des miroirs défraîchis — mais de manière inverse puisque lui fait de la photographie quelque chose de pictural —, les compositions de Verret sont âpres, rugueuses, voire monocordes.Ou fades et insipides, selon les mots choisis par l’artiste elle-même.«Ces tableaux ont été travaillés avec une conscience aiguë de ce que peut signifier la fadeur, l’insipide ou le poussiéreux», a-t-elle confié cette semaine lors d’un bref échange par courriel.Elle dit en avoir trouvé l’inspiration dans son environnement immédiat, soit son atelier, au plancher couvert d’une fine poussière blanche, vite devenue une «mare poisseuse».Rebutant, son art?Du tout.Au contraire, il séduit, apaise même.Mais pas seulement.En prenant la poussière comme sujet de représentation — encore faut-il être doué pour la reconnaître, cette poussière —, Angèle Verret soulève la question du goût en peinture.Les canons esthétiques, ce qui est beau et bien, demeurenL après des décennies de débats, des guides de jugement.Bien sûr, elle n’est pas la première à jouer dans ces cordes — il fallait voir cette semaine, au Eestival du nouveau cinéma, le documentaire qu’a réalisé Sophia Eiennes sur le peintre allemand Anselm Kiefer.Contrairement à ce grand artisan de l’image de la ruine, qui se sert de la poudre de pierre et des cendres comme véritable matière, Verret ne fait qu’évoquer la présence de la poussière.Que donner l’idée de son apparence (on est bien dans un simili photographique) et de ses possibilités narratives, aussi troubles soient-elles.La mare poisseuse est source de plus d’un miroitement.Dans Répertorier le vague (ou «la» vague?), les lignes se font ondulantes.Dans Recoudre l’image, elles semblent avoir été creusées, taillées dans le roc, un roc très lisse, comme le marbre.Toujours aussi poétiques, ses titres donnent des pistes de lecture, tout en restant imprécis.Traîner dans un souvenir,.qui en découle.Les premières heures, la maigreur.Il en ressort un point commun: le temps s’écoule.Une manière pour l’artiste de rappeler que son approche repose sur un (îo^) processus, sur une observation des effets que produit la rencontre de deux éléments (une surface et un pigment, ne seraient-ce que ceux-là).C’est une question de déplacement, du mouvement provoqué par ces réactions à la fois chimiques et physiques.Devant Répertorier le vague, on a la forte impression de se trouver devant la surface si instable de l’eau — d’où le doute sur l’article déhni dans le titre.Autrement, ses premières années, Verret les décrit comme un travail sur «les procédés de décantation».Décanter, l’art de laisser reposer.Si, à cette époque, la peintre mélangeait ses couleurs avant de les appliquer, aujourd’hui.% Répertorier le vague, d’Angèle Verret et depuis deux ans, elle les pose une après l’autre, les superpose.Le geste, répété par conséquent plus d’une fois, est d’ailleurs plus palpable dans ces récentes peintures acryliques.Dans certaines, le tracé est à ce point présent qu’il commande trop la lecture.Dans les meilleures.Les Premières Heures., par exemple, il s’agit davantage de traînées plus inconstantes et, visiblement, moins contrôlées, com- RICHARD-MAX TREMBLAY me une flaque d’huile qui s’étiole et qui imbiberait docilement un tissu.C’est dans ces cas que rien ne semble acquis.Que tout est permis.Collaborateur du Devoir LIVRES Un (beau) survol de l’histoire de l’art PAUL BENNETT Depuis quelques années se multiplient sur le marché les panoramas de l’histoire de l’art somptueusement illustrés et vendus à petit prix parce qu’imprimés en Chine pour de «gros» éditeurs (style Ta-schen ou Phaidon), qui rentabilisent leur investissement en vendant les droits d’édition et de diffusion dans chaque pays à des éditeurs locaux.Un genre de sous-traitance où tout le monde semble trouver son compte, y compris le consom- mateur.C’était le cas l’an dernier pour Les 1001 tableaux qu’il faut avoir vus dans sa vie et c’est le cas cette année pour Tout sur l’art, publié ici par Hurtubise.La (belle) brique de 576 pages est la traduction d’un ouvrage édité d’abord en Grande-Bretagne et réalisé par une équipe d’une trentaine de spécialistes, presque tous britanniques ou américains.Tout sur l’art se veut un genre de musée en modèle réduit et à portée de main, aux choix plutôt consensuels, qui propose un survol de l’histoire de l’art, depuis la préhistoire jusqu’à l’art numérique contemporain, aussi bien en peinture qu’en photographie, en sculpture qu’en céramique.Chaque période ou mouvement est condensé dans un texte concis et accessible, illustré de quelques œuvres représentatives et accompagné en bas de page de repères chronologiques utiles.Ces textes génériques sont complétés par l’illustration pleine page de l’œuvre maîtresse de deux ou trois ar- tistes phares, par exemple Cézanne, Seurat et Van Gogh pour le postimpressionnisme.L’œuvre choisie est à son tour «découpée» en plusieurs détails commentés en page de,droite.À mi-chemin entre le livre de table et l’ouvrage de vulgarisation, Tout sur l’art a tout de même l’avantage d’avoir été conçu par des spécialistes, sous la direction des historiens de l’art Stephen Earthing et Richard Cork, et permet au lecteur de démêler rapidement l’écheveau des différentes écoles, chapelles et tendances qui parcourent l’histoire de l’art, ,ancienne comme récente.À ce prix (34,95 $), pourquoi bouder son plaisir?Le Devoir TOUT SUR UART Mouvements ET chefs-d’œuvre Collectif sous la direction (Je Stephen Farthing Editions Hurtubise Montréal, 2010,576 pages MOVVEMEMYS et CHEFS-D'ŒUVRE G A L E R I St-Laurent t H 1 L L DANIELE ROCHON Vernissage : Jeudi 21 octobre, 2010 17h00 - 20h00 Exposition : 21.10.10 - 03.11.10 293 Dalhousie Ottawa, ON K1 N 7E5 i nf o@gstl.info www.gsti.com DENIS RaUSSEAU PERCEVOIRTIRVISIBLE Commissaire : Danielle Raymond Jusqu’au 21 novembre 2010 Visite commentée : dimanche 24 octobre.14 h Entrée libre MAISON DES ARTS I Montmorency DE LA\/'AL H3”ou450662-4440 www.ville.laval.qc.ca (onglet Culture) Québec\ QUEBECOR présente Jacques EftosmON PHOTO^ ClUlTUÜiîELLES juiqutti, e .Q ( % VIB lllft ¦ ) OCTOBRE NOVEMBRE M A A A JL GRANDFOYERCUITUREL PIACEDESAKTS ‘ > PHOTOGRAPHE LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 E 7 DE VISU Bestiaire ludique et dérangeant JON PYLYPCHUK Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Saint-Catherine Ouest Jusqu’au 2 janvier 2011 MARIE-ÈVE CHARRON Le travail de Jon Pylypchuk dégage une atmosphère glauque que le parcours de l’exposition dévoile peu à peu.Il y a d’abord une toile colorée de facture lyrique, une vidéo et des figurines en argile composant une colonie d’oiseaux pour le moins disgracieux.Le cœur de l’exposition est situé dans la salle où le ton est franchement donné.S’y trouvent deux installations, disposées aux murs et au sol, qui campent des univers sordides et inquiétants.Pourtant, force est d’admettre que ces œuvres séduisent aussi par leur charme suranné.Elles ont également quelque chose de naïf et d’enfantin, voire de ludique, grâce surtout à la présence des poupées en tissu qui animent l’installation Press a Weight Through Life and I Will Watch This Crush You (2006).Au moyen d’un assemblage de fragments de bois et de planches récupérées, l’artiste a édifié une structure qui ressemble à une ville miniature.Un bidonville plutôt, tant la précarité prévaut; conçue morceau par morceau et par agglutination, la construction dresse des abris de fortune.Les poupées en sont les habitants, des personnages hybrides amalgamant des aspects humains et animaliers.Par cet étrange bestiaire, Jon Pylypchuk semble raconter le sort d’un monde en déroute.Les matériaux bruts employés par l’artiste contribuent à l’attrait de cette installation qui permet au regard de circuler dans ses méandres.L’échelle réduite de l’œuvre anticipe le point de vue dominant du re-gardeur, qui assiste impuissant à une scène dont il est exclu, mais qui le concerne néanmoins.Cela est davantage visible dans la sculpture en bronze Untitled (elephant fight) (2008), où deux éléphants, mi-humains, s’affrontent dans un corps à corps musclé.Comme une fable, l’œuvre tient lieu de morale ou d’enseignement.Fiction anthropologique Heureusement, le travail de l’artiste n’est pas moralisateur pour autant.Il revisite de manière personnelle certains codes rattachés à des fables et à des mythes en les détournant de leur imaginaire rassurant et de leur portée édifiante.Pylypchuk ne cherche pas non plus à renouer sérieusement avec des origines lointaines.La série de masques intitulée The War (2009) en propose plutôt une parodie crue.Fixés en nombre important sur deux murs de la salle, comme un accrochage de salons du XVIIP siècle, ces visages monstrueux et grimaçants rappellent des masques «primitifs».Sans mal, ils volent la vedette au reste de l’exposition.Alors que ces masques exploitent un langage qui s’apparente aux arts dits premiers, ils sont faits de matériaux synthétiques et rétro-éclairés de lumière artificielle dont les fils électriques sont visibles.Ce sont des masques composés de rebuts, bricolés de matériaux divers, qui trahissent les travers de la surproduction et de la sur- % The War, 2009, de Jon Pylypchuk, matériaux divers AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE ET DE LA GALERIE ERIEDRICH PETZEL, NEW YORK consommation.Noires, lisses ou boursouflées, ces sculptures murales rappellent le pétrole et ses dérivés, ou d’autres matières industrielles pour lesquelles aujourd’hui les humains se livrent des guerres.Faussement nostalgiques, ces œuvres semblent imaginer les restes laissés par les civilisations occidentales.Il faut donner raison à François LeTour-neux, commissaire de l’exposition, qui écrit dans le catalogue que cette série procède à une remise en cause Ae «[.] la représentation rassurante de l’ouverture à l’autre et du progressisme [.]».Les fictions qui en ressortent sont à la fois dures, c’est-à-dire de nature à confronter, et amusantes, à cause de leur facture bricolée et de leur anthropomorphisme.C’est pourquoi les œuvres de Pylypchuk peuvent susciter un sentiment de séduction dérangeante, ce qui en constitue leur portée critique.De Winnipeg à Los Angeles Cette exposition ne couvre qu’une période restreinte de la production de l’artiste.La vidéo Shut You Cockface Up, présentée au début du parcours, fait exception.Datée de 1998, elle remonte aux premiers débuts de l’artiste et se veut déjà porteuse de l’univers qu’il fera sien, quoiqu’elle semble être restée marginale dans sa pratique.Il en est de même pour la réalisation de costumes et d’accessoires, dont la photographie Of Those Who Will Survive.A Nice Evening Based on An Idea by Sibylle Berg and Raphael Gy-gax (2008) témoigne dans l’exposition.Bien que l’on puisse deviner la parenté de ce travail avec les œuvres de l’artiste — la forme théâtrale et le traitement rudimentaire des matériaux —, son rôle n’est pas explicité au sein de l’exposition, ni dans le catalogue.La sélection n’inclut pas non plus d’exemples de dessins et d’œuvres comportant des éléments textuels, part, semble-t-il, importante du travail de l’artiste.A tout le moins, le dessin fut central lors de la formation de Pylypchuk à l’Université du Manitoba à Winnipeg, sa ville natale.Il y a d’ailleurs cofondé en 1996 le collectif Royal Art Lodge regroupant d’autres artistes comme lui fervents des matériaux pauvres.En faisait partie Marcel Dzama, à qui d’ailleurs le Musée, friand on dirait de cette filière, a consacré une exposition l’année passée.Jon Pylypchuk est maintenant basé à Los Angeles, où se trouve aussi Mike Kelly, artiste actif depuis les années 1980, avec qui il est tentant de rapprocher son travail.Les œuvres de Pylypchuk s’avèrent toutefois moins outrageantes et relativement plus sages.Collaboratrice du Devoir AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’ARTISTE ET DE LA GALERIE CHINA ART OBJECTS, LOS ANGELES Untitled (elephant Gght), 2008, de Jon Pylypchuk, bronze Jacques Hurtubise Paysage routier Exposition du 20 octobre au 20 novembre 2010 GALERIE SIMON BLAIS www.galeriesimonblais.com T.514 849-1165 Wt ^1-' n* '’ P tj' ü.'Ü ^ î ' vi L'ELOQUENCE DU QUOTIDIEN GABOR SZILASI Au Musee McCord, du 8 octobre 2010 au 6 février 2011 PARTICIPEZ AU CONCOURS PHOTO UN INTÉRIEUR DU QUOTIDIEN PRIX ET RÈGLEMENTS WWW.MUSEE-MCCORD.OC.CA MUSÉE McCord MUSEE D'ART DE JOLIETTE lŒ®! gSSX” INVITATION Exposition et vente de peintures Langdonart Vernissage samedi et dimanche de 14h à 16h Galerie 2456 2456 rue Beaubien Est, Montréal du 18 au 24 octobre 2010 À deux pas du Cinéma Beaubien, face au parc Molson; de 10 h à 22 h, tous les jours ! Comme par magie, Langdonart illustre deux paysages différents dans chaque peinture!! Et, plusieurs panoramas différents dans chaque série Langdonart!! www.langdonart.com PandeLis TsaKpinogLou 514 273-0579 www.pandelis.ca 776, avenue Wiseman Près du métro Outremont Une exposition d’art œntemporain, toute en harmonie, où ies «nus» montrent i’être humain se débattant avec lui-même, avec i’existence, avec son ombre ou son aura, avec le vide et i’infini.Exposition S.G.Stini « Beauté nue et infinie ».Du 25 octobre au 5 novembre 2010.Vernissage mercredi 27 octobre, 17h à 19h.Coiiège André-Grasset — 1001, boui.Crémazie Est, Montréai ÈE Crémazie — Lundi au vendredi, 9h à 18h — Samedi, 10h à 16h (450) 679-7051 steiiosteve@hotmaii.com « Le Devoir, samedi 23 octobre 2010 ». E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Le retour d’un sage L’événement n’est pas si fréquent dans une saison de l’OSM: cette semaine marque le retour discret mais important d’un sage de la direction d’orchestre, Herbert Blomstedt.CHRISTOPHE HUSS Il serait bien dommage que la programmation d’un concerto ressassé détourne les mélomanes du concert donné mercredi et jeudi.Oui, hélas, le 2 Concerto pour piano de Johannes Brahms, donné en première partie avec en soliste Peter Serkin, nous l’avons entendu avec Marc-André Hamelin en 2006, Evgueni Kissin en 2008, Yefim Bronfman en 2009 et — comme si cela s’imposait — nous l’aurons à nouveau au programme la saison prochaine, sous les doigts de Boris Be-rezovski! On peut espérer que Herbert Blomstedt couve ce concerto et le pare de couleurs raffinées.Son sens du timbre, de la couleur d’ensemble, avait frappé immanquablement lors de son précédent passage à Montréal.L’OSM avait joué la 2‘ de Bruckner avec un moelleux et une fermeté dans le registre grave qui laissaient croire à une intense expérience et familiarité de notre orchestre avec cette oeuvre et son style! La performance était d’autant plus impressionnante que la métamor-phose avait été opérée en quelques répétitions par un chef de passage.Un temps pour l’expérience La faculté d’assimilation et la rapidité d’adaptation de l’OSM sont des qualités prioritairement vantées par Kent Nagano quand il parle de son orchestre.Nous en avons vu les effets dans la montée en puissance de rOSM lors des trois concerts du minifestival Mahler achevé cette semaine.En matière de culture orchestrale et d’érudition, Herbert Blomstedt n’est pas le premier venu; son retour au pupitre est une heureuse initiative de la part de la direction artistique.On notera d’ailleurs, de manière générale, que des orchestres avisés vont avoir, dans les prochaines années, un magnifique coup à jouer.En effet, la mode internationale du jeunisme, et la ruée qui s’ensuit, va rendre davantage accessibles certaines baguettes d’expérience susceptibles d’infuser leur culture à ces institutions courageuses.Le travail effectué par Blomstedt dans Bruckner est en train d’être documenté en disque par Querstand, une étiquette hélas fort confidentielle.«Nous venons d’enregistrer les 3® et 4® Symphonies.Il reste la V% la 2® et la 9®- et le cycle sera complet», dit Herbert Blomstedt en entrevue au Devoir.Pour ces enregistrements, avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, il a choisi, comme à Montréal, la rare version originale de la 2 Symphonie, «la plus dense et la plus originale».Pour la 1" Symphonie aussi il optera pour l’originalité de la version initiale, dite de «Linz».Le recours de Blomstedt aux premières moutures bruckné-riennes n’est pas systématique: «Les révisions des trois premières SOURCE CAMI Le retour au pupitre de Herbert Blomstedt est une heureuse initiative de la direction artistique de l’OSM.symphonies les ont rendues moins intéressantes, mais pour la 4® Symphonie, en réécrivant le scherzo, Bruckner a remplacé un ratage par un mouvement parfait.» Cette semaine à Montréal, Blomstedt dirigera en seconde partie la Symphonie Mathis le peintre de Hindemith, compositeur qu’il a enregistré lorsqu’il assumait la direction musicale de l’Orchestre symphonique de San Erancisco.En Californie, Blomstedt s’est aussi beaucoup battu pour le compositeur danois Cari Nielsen et pour la musique du Einlandais Jean Sibelius.«Je continue à me battre pour eux: ils sont très sous-évalués.Sibelius est apprécié dans les pays nordiques, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Japon.Mais en Allemagne [et en Erance, d’ailleurs] la salle est vide quand A MUSICAL BANQUET La monodie en Italie et en Angleterre à l’aube du XVIP siècle Shannon Mercer, soprano Luc Beauséjour, clavecin, orgue Sylvain Bergeron, luth, guitare baroque Amanda Keesmaat, violoncelle baroque r Une production de La Nef a" présente Hydro Québec Lundi le 25 octobre à 19h 30 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts MuSS JLe Qmtuorde JémsaCem Au programme: \ Haydn, Quatuor à cordes eo fa min., op.20, no 5 Hob, III : 35 Deoussy, Quatuor à cordes en sol mineur, op, 10 .Brahms, Quatuor à cordes en ni mineur, op.51, no 1 VioCons, aCto et vioConceCCe Renseignements : promuslca.qc.ca 514-845-0532 Billets en vente à: ©laplacedesarts.com 514 842 2112/1 066 042 2112 Samedi 30 octobre 2010 à 20h Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint-Paul Est, Montréal Billets : Réguliers 25 $ | Aînés 20 $ | Étudiants 10 $ La Nef 514.523.3095 | Admission 514.790.1245 | wrww.la-nef.com etdMfenrs» Québec DD CONSEIL DES ARTS OE MONTRÉAL STANDARD LIFE' Q ^ MUSIQUE 100,7“ ESPACE classique on programme sa musique.Il y a là-bas des préjugés qui remontent à Theodor Adorno, qui n’avait pas compris Sibelius.Pour la grandiose musique de Nielsen aussi, il reste beaucoup de travail à accomplir.» Tradition allemande Né en 1927 aux États-Unis de parents suédois, Herbert Blomstedt a été formé en Suède.Il s’est intéressé à la musique contemporaine à Darmstadt ej à la musique ancienne à Bâle.A la tête d’orchestres à Stockholm et à Copenhague dans les années 60 et 70, il a enregistré de vastes pans du patrimoine musical nordique: Nielen, Rosenberg, Stennhammar et bien d’autres.Mais, plus encore que son mandat au Symphonique de San Erancisco (1985-1995), le chef est surtout connu pour ses passages à la tête de la Staats-kapelle de Dresde (1975-1985) et du Gewandhaus de Leipzig (1998-2005), qui lui ont donné l’image d’un chef de «tradition allemande».Il est aujourd’hui un chef sans attaches, dirige les plus grands orchestres du monde et donne environ 70 concerts par an, un rythme stable malgré ses 82 ans.Il a eu l’honneur, durant son mandat à la Staatskapelle de Dresde, de graver la première intégrale des Symphonies de Beethoven enregistrée par ce prestigieux orchestre.Ce coffret d’un magnifique classicisme est disponible pour une bouchée de pain sur étiquette Brilliant Classics.Le solo de cor du milieu du mouvement lent de la 2 Symphonie en reste un moment mémorable, dû au talent d’un corniste exception- nel, Peter Damm.Blomstedt se souvient bien de ce musicien, qu’il considère comme «l’un des plus grands maîtres du cor au XX‘ siècle».La.particularité de Damm était de «jouer avec un vibrato plus large».Et pour étendre cette couleur à l’ensemble du pupitre, Damm l’avait truffé de ses élèves! Invité chaque année par la Staatskapelle — orchestre remontant à 1548 et dont il est chef honoraire —, Herbert Blomstedt se réjouit de voir la nouvelle génération de musiciens «plus ouverte à de nouvelles idées interprétatives», un changement pour une institution réputée conservatrice.S’il pouvait choisir un répertoire à enregistrer maintenant, il aimerait graver un cycle des symphonies de Brahms et reprendre à zéro les symphonies de Beethoven.«Dans Beethoven, ma vision a changé, car les nouvelles éditions des partitions ont donné de nouvelles clés en matière de tempos et d’articulation.Du point de vue de l’interprétation, beaucoup de vieux réflexes, notamment en matière de tempos des mouvements lents, remontent à une tradition lancée par Richard Wagner.» Blomstedt n’est pas homme à s’encroûter dans des certitudes.Le Devoir HERBERT BLOMSTEDT En concert avec l’OSM, mercredi ZI et jeudi 28 octobre à 20h.514842-9951.Trois digues essentiels: Hindemith: Œuvres pour orchestre.Decca «Trio».Nielsen: Les Symphonies.Decca (deux albums de 2 CD) Grieg: Peer Gynt.Decca L'ORCHESTRE DE CHAMBRE MUSICI DE MONTREAL YULITUROVSKY CONCERT CALA Lundi 25 octobre à 19 h 30 Salle Claude-Champagne Maxim Vengerov, chef d’orchestre Stéphane Tétreault, violoncelle Un début de saison électrisant, en compagnie de l’un des plus grands musiciens au monde.Une soirée à ne pas manquer! Schubert: Symphonie n°8, «Inachevée» Tchaikovsky: Variations sur un thème rococo Mozart: Symphonie n“41, «Jupiter» Biiiets: de 35$ à 200$ 514982-6038 > imusici.com COMMANDmURE PRINCIPAL m @ Canada-Vie LA PARFAITE ALLIANCE COHMUHAUTAIRE'° Québec OGILVY ESPACE V MUSIQUE QuébecH > Comd&sArls CsnsbQjund KREMERATA BALTICA ORCHESTRE DE 27 MUSICIENS GIDON KREMER UN DES MEILLEURS VIOLONISTES AU MONDE 4 novembre *20 h Salle Wilfrid-Pelletier Im série classique de la place des arts laplacedesarts.com 514 842 2112 /1 866 842 2112 îiaue .lambre legra ganmer ms ars 30^ saison 2010-2011 piano Dorothy Fieldman Fraiberg clarinette Simon Aldrich violons Yukari Cousineau Alexander Lozowski alto Elvira MIsbakhova violoncelle Vincent Bernard mezzo-soprano Kathryn Humphries Oeuvres de Johannes Brahms jeudi 28 octobre, 20 heures Salle Pollack, Université McGill Info: 514.935.3933 www.allenrachamh6rmusic.enm L’AGENDA L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR LE DEVOIR LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 E 9 CULTURE CINEMA De Niro à hauteur d’homme STONE De Jolin Curran.Avec Robert De Niro, Edward Norton, Milia Jovo-vich, Frances Conroy, Enver Gjo-kaj.Pepper Binkley.Scénario: Angus MacLachlan.knage: Maryse Alberti.Monfage: Alexandre de Franceschi.Etats-Unis, 2010,105 minutes.MARTIN BILODEAU Le couple est au centre de l’œuvre de l’Américain John Curran.Ce qui ne veut pas dire que Praise, We Don’t Live Here Anymore et The Painted Veil sont des odes au bonheur conjugal.Ce sont plutôt des duels complexes, inégalement construits, sur le pouvoir et la trahison.Stone, le quatrième long métrage de Curran, et sans doute son plus accessible à ce jour, ne fait pas exception à la règle.Sa géométrie, familière, présente deux couples.Il y a d’une part Jack Mabry (Robert De Niro), officier pénitentiaire du Michigan à quelques mois de la retraite, mari vaguement abu-seur anesthésié par la routine, et son épouse Madylyn (Frances Conroy), malheureuse comme les pierres, restée avec son mari sur la foi d’un violent chantage.D’autre part, on retrouve Gerald Creeson, dit Stone (Edward Norton), derrière les barreaux depuis huit ans pour complicité de meurtre, et sa belle épouse Lucetta (Milia Jovovich), qui attend avec impa-tiepce sa remise en liberté.A grand renfort de champs-contrechamps dans le vase clos du bureau de Mabry, Curran focalise son attention sur les deux hommes, coqs à couteaux tirés.SOURCE ALLIANCE Robert De Niro et Edward Norton dans Stone, de John Curran qui chacun à sa façon prévoit sortir de prison bientôt.Le détenu recommencera à vivre.L’officier commencera à mourir.Les épouses ont un rôle plus subtil.Celle de Mabry semble attendre qu’on déverrouille sa cage.Sur la recommandation de son mari, celle de Stone se charge de séduire Mabry afin de rééquilibrer le jeu de pouvoir entre les deux hommes.La rencontre de Stone avec la foi chrétienne remet leur plan en question, envoyant le scénario verbeux valser sur la glace mince.Il faut reconnaître à Curran le courage de présenter des personnages complexes, sans chercher à travers eux à gagner la sympathie des spectateurs.Taillés dans le réel, ils sont de ceux qu’on croise sans les voir dans la rue ou au supermarché.D’avoir ramené Robert De Niro à cette hauteur relève de l’exploit.L’acteur de Taxi Driver habite ici la carcasse d’un homme vidé et brisé par lui-même, si ennuyeux que même les fantômes du passé s’en sont désintéressés.A l’inverse, Norton — l’acteur américain le plus doué de sa génération — se donne habilement en spectacle dans un rôle beaucoup plus extraverti, qui vire capot à mi-parcours.Milia Jovovich épate dans un rôle très ambigu, trop peut-être, tandis que Frances Conroy, pôle émotif du film, lui donne une âme.Et nous donne à nous, spectateurs, une bouée à laquelle nous accrocher avant que Stone ne nous entraîne vers le fond.Collaborateur du Devoir Festival Image + nation : objectif monde Pour sa 23® édition, le festival international de cinéma LGBT de Montréal a misé sur l’ouverture au propre et au figuré en optant pour le thème «Le monde à votre portée».FRANÇOIS LÉVESQUE Le plus ancien festival de cinéma consacré au thème «lesbien, gai, bisexuel et transgenre» (voilà pour le sigle LGBT) du Canada se déroulera à Montréal du jeudi 28 octobre au dimanche 11 novembre.Une 23® édition, donc, qui se veut particulièrement représentative de la production mondiale.Au menu, la planète, grosso modo, et des regards tour à tour graves, tendres, romantiques ou militants, parfois tout cela en même temps, selon le contexte social de chaque pays, selon que l’on peut, ou non, y vivre au grand jour une différence qui dérange encore, parfois.Voici quelques suggestions d’œuvres valant le détour.Du début à la fin Le drame Undertow sera projeté lors de la soirée d’ouverture.Ce beau film péruvien relate les tourments d’un homme marié, simple pêcheur sur le point de devenir père, qui est hanté par le fantôme de son amant récemment décédé.Le cinéaste Javier Fuentes-Leôn, qui sera présent, conjugue ouvertement des éléments de Dona Flor et ses deux maris et de Brokeback Mountain en un mélange séduisant Primé à Simdance, ce premier long métrage a été sélectionné pour représenter le Pérou dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.Pour la soirée de clôture, les programmateurs ont choisi Le Fil, sympathique coproduction entre la Tunisie et la France.De retour chez sa mère quelques mois après la mort de son père, un jeune homme ne se décide pas à lui révéler son homosexualité.Le statu quo aurait pu perdurer, n’eût été la présence d’un nouvel homme à tout faire au charme un peu rustre, et d’autant plus sexy.Mehdi Ben Attia et son coscénariste pigent allègrement dans Maurice, d’E.M.Foster, et mâtinent le drame de beaucoup d’humour.Léger, le fdm se laisse regarder tout seul et bénéficie immesurément de la présence de Claudia Cardinale dans le rôle agréablement nuancé de la mère.Et aussi.Entre ces deux productions, les œuvres intéressantes ne manqueront pas.En vrac, signalons: The Heretics, documentaire intimiste et éclairant sur les collaboratrices de la défunte revue d’art féministe Heresies, publiée de 1977 à 1992; The Fish Child, d’Argentine, récit saphique intriganL bien réalisé et jouissant de fortes interprétations de se§ deux vedettes féminines; des Etats-Unis, le modeste mais poi^ant Handsome Harry, méditation mélancolique sur le regret et le refus de soi-même, avec une touchante composition de Jamey Sheridan, bien secondé par Karen Young, Aidan Quinn, et surtout Campbell Scott; autre distribution cinq étoiles que celle de Howl, biographie d’un jeune Allen Ginsberg, figure mjdhique de la contre-culture, interprété avec fougue et aplpmb par James Franco.A ne manquer sous aucun prétexte.Le Rejuge, magnifique petit opus de François Ozon, ici plus Le temps qui reste que 8 femmes.Tourné avant Potiche, qui nous arrivera prochainement, ce beau cru n’a pas trouvé de distributeur chez nous, ce sera donc une occasion unique.Mettant en vedette une Isabelle Carré enceinte jusqu’aux yeux.Le Refuge relate la reconstruction psychologique d’une toxicomane isolée au bord de la mer qui reçoit la visite du frère du dé-tiint père de son enfant à naître.Une œuvre sensible et délicate.Comme par le passé.Image -L nation se déclinera en plusieurs volets, dont «Voix de l’avenir», qui donne la parole aux jeunes, et «Point d’entrée: les réfugiés LGBT à Montréal», qui réunit sur pellicule les expériences de réfugiés de différents pays d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale; témoignages durs mais privilégiés par les principaux intéressés.On trouvera la programmation complète sur le site du festival: http://www.image-nation, org Collaborateur du Devoir SOURCE EUNEILM Gérard Depardieu en gros Serge Pilardos, colosse simplet, découpeur de viande aux abattoirs et heureux de l’être, qui se voit brutalement acculé à la retraite.Trouver son âme MAMMUTH Réalisation et scénario: Benoît De-lépine et Gustave Kervern.Avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani, Benoît Poel-voorde.Miss Ming, Anna Mou-glalis.Image: Hugues Poulain.Musique: Gaëtan Roussel.Montage: Stéphane Elmadjian.ODILE TREMBLAY Réputés en France comme créateurs de Groland — un univers fictif dans lequel la satire est reine au petit et au grand écran —, mais aussi pour avoir réalisé à quatre mains des films originaux comme Louise Michel, Benoît Delépine et Gustave Kervern ont l’immense mérite de sortir des sentiers balisés où s’enlise trop souvent le cinéma hexagonal.Mammuth s’offre des airs de Borat pour la truculence, l’audace, du Wrestler d’Aronofsky, et un peu du Fils des frères Dardenne pour cette façon de filmer un homme au corps et à la nuque, en plans rapprochés.Ajoutez une poésie surréaliste à la Jeunet avec des jeux de caméras insolites dans des lieux et des postures de grotesque élevé au niveau des beaux-arts.Ici, un Gérard Depardieu renouvelé, épatant, généreux, puissant, dont les chairs éléphantesques s’offrent en pâture dans le plus total abandon, les cheveux en tignasse de rasta, est le clou d’une œuvre aussi drôle que décapante.Les cinéastes ont filmé Mammuth en Super 8 mm, inversant l’image de noir et blanc à la couleur, mais aussi en unissant tendresse et folie.Depardieu en ^os Serge Pilardos, colosse simpleL découpeur de viande aux abattoirs et heureux de l’être, se voit brutalement acculé à la retraite et se cogne la tête sur les murs de l’ennui, dans les jambes de sa femme fincarnée avec force par Yolande Moreau, avec qui il forme un couple pantagruélien).C’est parti, car notre homme, sur une vieille moto, histoire de retrouver des papiers pour sa retraite, parcourt la France dans un road-movie déjanté, qui lui fera croiser des personnages sans queue ni tête.Charge contre l’univers du travail qui bouffe et rejette les gens, mariage d’un monde d’hier avec les nouvelles technologies, à travers un jeu de téléphones cellulaires très SOURCE IMAGE + NATION Une image tirée du drame Undertow.P IRAI VACA Guitare classique de Bolivie Arturo Parra Guitariste et compositeur jOalxxJUt^ www.admission.com du, Ctvi 5240, Avenue du Parc www.lemileend.org LE DEVOIR amusant, mais aussi le dédale internaute qui remplace le contact humain dans sa quête de papiers, Mammuth devient vite une classique quête initiatique, où le héros cherche et trouve son âme.D’Isabelle Adjani, étonnante, eh oui, en fantôme d’un amour passé qui hante le héros, à Benoît Poelvoorde en hystérique chercheur d’argent et de bijoux perdus sur les plages, en passant par Anna Mouglalis en handicapée lubrique et voleuse (un passage aux toilettes est tordant), le parcours est l’occasion de scènes ahurissantes où le corps de Depardieu, énorme, devient le symbole d’une innocence ubuesque et touchante.La relation avec sa nièce (délicieuse Miss Ming), dans une maison entourée d’œuvres naïves et de nains de jardin, sera le point d’orgue d’une cavale où il trouve l’amour «nouvel âge».Une scène où Miss Ming, en entrevue d’emploi, tient candidement des propos ahurissants en dehors de toute rectitude politique est désopilante.Le gros Serge dans sa rivière aussi.Mammuth n’est pas parfait, avec des segments moins forts dans la quête de papiers du personnage et des liaisons parfois mal ficelées; le film apparaît avant tout comme une pierre brute, un morceau de vitalité, de surréalisme et d’humanité qui réjouit le cœur.Le Devoir GRANDE BIBLIOTHÈQUE La bibliothèque de.Venez entendre des personnalités de divers milieux partager leurs coups de cœur littéraires, leur amour des livres et leurs plus belles histoires de lecture.La bibliothèque de.Patrick Leduc Joueur de soccer professionnel pour l’Impact de Montréal et porte-parole de la campagne antidécrochage « Jusqu'au bout », Patrick Leduc nous parle de ses lectures et du plaisir de lire.Le mardi 26 octobre à 19 h 30 La bibliothèque de.P 1 Michel Rivard \ L'auteur-compositeur-interprète | Michel Rivard nous parle de ses écrivains préférés, ceux qui l'inspirent et lui donnent le goût de l'écriture.Le jeudi 28 octobre à 19 h 30 Animation : Guy Berthiaume, président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec À i’Auditorium de ia Grande Bibiiothèque Entrée libre banq.qc.ca ¦ [f][l] \Jche^ Çojvc coi^t^fx/$$ah.ce ! 28oct.-20h 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal 6.® © Berri-UQAM Autobus : 30,15 et 125 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec i ° E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 OCTOBRE 2010 CINEMA LUNDI 25 OCIDBRE 19h30 TROIS TEMPS APRES I Canada (Québec).-Théâtre , Outremont 1248 avenue Bernanl Ouest n» « Infonntitlon 514495-9944 Uutremoirt Montréal® wiMw.admissionxoni 514790-1245 SOURCE WARNER Le tsunami de 2006 sert de toile de fond au plus récent film de Clint Eastwood Ti’ois temps après la mort HEREAFTER (AU-DELÀ) De Clint Eastwood.Avec Matt Damon, Cécile de France, Frankie McLaren, Bryce Dallas Howard, Jay Mohr, George McLaren, àénario: Peter Morgan.Photographie: Torn Stern.Montage: Joel Cox, Gary D.Ro^ch.Musique: Clint Eastwood.Etats-Unis, 2010, 129 minutes.MARTIN BILODEAU Hereafter est l’occasion pour deux hommes, le scénariste Peter Morgan et le réalisateur Clint Eastwood, de sortir de leur zone de confort.Si le résultat n’est pas exceptionnel, le coiua-ge et l’abandon dont ils ont fait preuve forcent l’admiration.Peter Morgan d’abord.Spécialiste des joutes oratoires dans les hautes sphères de l’Angleterre contemporaine (7%e Queen, Frost/Nixon), il signe ici un suspense en soiudine, vaporeux et tissé de silences, alourdi il est vrai par quelques naïvetés et maladresses.Clint Eastwood ensuite.Dru à cuire à l’image (de Dirty Harry à Gran Torino), il touche pour la première fois à un sujet ésotérique, une sorte de «trois temps après la mort» révélant au passage un profond esprit romantique qu’il s’était interdit de montrer depuis of Madison County (soit dit en passant, il renoue ici avec la productrice de ce film, Kathleen Kennedy).Hereafter suit la trajectoire convergente et aimantée de trois individus, en trois lieux distincts: un médium de San Erancisco (Matt Damon, solide et retenu) déterminé à ne plus exploiter son don lui permettant de communiquer avec les morts; une journaliste parisienne (Cécile de Eran-ce, convaincante) qui, en survivant à l’épreuve du tsunami de 2006, a rapporté le souvenir net de l’au-delà où elle a séjourné quelques minutes; enfin, un enfant londonien (épatant Erankie McLaren) désireux d’entrer en contact avec son jumeau mort dans un accident Il eût été facile, avec pareil sujet de sombrer dans l’ésotérisme militant Ou le catholicisme sournois.Morgan et Eastwood évitent habilement ces écueils.Leur vague à l’âme s’ancre dans un récit lent et impressionniste, qui doute de lui-même au même titre que ses personnages, forcés de vivre avec une vérité dérangeante.Le ton solennel privilégié par Eastwood ne suffit pas toujoius à faire accepter quelques hasards un peu forcés, des personnages périphériques grossis à la loupe (Marthe Keller, Jay Mohr, Thierry Neuvic) et un climax quasi farfelu.Mais la sincérité désarmante, l’absence complète de cynisme, ainsi que l’approche antisensationnelle du sujet gardent Hereafter debout Eastwood en signe lui-même la musique, discrète et presque oubliable, mise à contribution avec modestie et mesiue.On retient surtout par la force de la comparaison, le Concerto n° 2 pour piano de Rachmaninov, morceau célèbre fondé sur les étapes d’ime crise intérieure, employé ici (dans une interprétation dépouillée pour orchestre de chambre) comme leitmotiv dans l’histoire du petit garçon.Par sa piueté, ainsi que par l’interprétation très touchante du petit Erankie McLaren, ce volet de la sonate reste le plus sensible et le plus vrai du film.Collaborateur du Devoir Prendre sa place Avec 2 fois une femme, François Delisle poursuit une série non préméditée de portraits conjugués au féminin et offre un premier rôle principal au cinéma à la comédienne Evelyne Rompré.FRANÇOIS LEVESQUE Malgré un temps pluvieux, Erançois Delisle (Le bonheur c’est une chanson triste.Toi) affiche un sourire radieux au moment des présentations.C’est que son plus récent film, 2 fois une femme, vient de recevoir un bel accueil au Eestival du film de Chicago après un passage fructueux à celui de Pusan, en Corée du Sud, où plusieurs distributeurs étrangers en ont acquis les droits.«J’ai commencé le tournage sans savoir si j’aurais l’argent pour le finir», raconte le cinéaste alors que sa vedette, Evelyne Rompré, vient le rejoindre siu la causeuse de la salle de presse du Eestival du nouveau cinéma, où 2 fois une femme est présenté quelques jours avant sa sortie en salle.«Je n’avais eu que la moitié du financement, mais je ne pouvais pas laisser tomber; ça s’inscrivait dans une démarche logique.J’étais persuadé que ce film-là portait quelque chose en lui» Une fois une actrice 2 fois une femme relate la fuite d’une mère et de son fils adolescent après le dernier accès de rage presque meiutrier du mari.Le départ est toutefois prémédité puisqu’un mystérieux organisme de soutien a promis à Catherine, la femme, ime relocalisation dans l’anonymat.Exit la banlieue cossue, direction le bois, quelque part dans le Nord, où Catherine s’appellera dorénavant Sophie.«François m’a offert le scénario comme un cadeau, se souvient Evetyne Rompré avec une reconnaissance palpable dans la voix.Ça m’a tout de suite plu.L’ambiance particulière.Il y a peu de dialogues, mais c’est très chargé sur le plan psychologique, sur le plan de l’atmosphère.» IJn premier rôle de cinéma exigeant qui impliquait de la comédienne ime grande disponibilité émotionnelle et physique.En effet, deux scènes de violence conjugale, particulièrement éprouvantes par leur naturalisme cru, ponctuent le récit.Ailleurs, des séquences plus lyriques où l’héroïne se baigne, ou se lave de son passé, dans une cascade, nue, pansent les plaies du regard éprouvé du spectateur.«Quand on s’engage dans un projet, il faut être entier, reprend la comédienne.C’est un abandon.On ne peut pas se lancer à moitié, être sur la défensive.Sinon, autant rester chez soi et se faire une pièce tout seul dans son sabn!» Vases communicants Bien qu’il soit conscient de la portée sociale du sujet abordé, Erançois Delisle confesse avoir initialement esquissé ce projet en réponse au film Toi, dont le tournage se poursuivait au moment d’écrire 2 fois une femme.«Toi se termine sur une mère démolie physiquement et psychologiquement devant son fils.» 2 fois une femme propose le rapport inverse en s’ouvrant siu im personnage littéralement au sol qui se relève, se «reconstruit» une vie, une identité, au propre comme au figuré.«Je voulais qu’on suive cette femme vers une certaine ouverture, une www»cinema
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